Labour and the Economy — 6 October 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2020-10-06
Quebec — Committees
Présidente (Mme IsaBelle) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 51, loi visant principalement à améliorer la
flexibilité du régime d'assurance parentale afin de favoriser la conciliation
travail-famille.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Chassé
(Châteauguay) est remplacée par M. Poulin (Beauce-Sud); Mme Robitaille (Bourassa-Sauvé) est remplacée
par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis); Mme Richard (Duplessis)
est remplacée par Mme Hivon (Joliette).
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Mme la secrétaire, y a-t-il des droits de vote par procuration?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Derraji (Nelligan)
dispose d'un droit de vote par procuration au nom de M. Leitão
(Robert-Baldwin).
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Avant de commencer, je vous informe
qu'en vertu de la motion adoptée par l'Assemblée le 15 septembre
2020 les votes pour ce mandat devront se tenir par appel nominal, et ce,
jusqu'au 9 octobre.
Lors de
l'ajournement de nos travaux, jeudi dernier, nous en étions à l'étude de
l'article 5 du projet de loi. M. le ministre, vous aviez la parole.
Avez-vous d'autres interventions sur cet article?
M. Boulet :
Oui, merci, Mme la Présidente. Bon matin, tout le monde. Heureux de me
retrouver en commission parlementaire. Nous étions effectivement à
l'article 5 et nous avons trois amendements à présenter ce matin. Et moi,
je suis disposé à les lire. Est-ce que ça vous convient?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui.
Est-ce qu'on a...
M. Derraji : ...puis comme ça, on va
suivre, ou bien est-ce qu'ils sont déposés déjà?
M. Boulet : Ils sont transmis?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Est-ce qu'ils ont été transmis?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui.
Alors...
La Présidente (Mme IsaBelle) : On va
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 03)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, à votre tour, M. le ministre. Vous pouvez y aller, vous pouvez faire la
lecture de vos amendements.
Boulet : D'accord, merci.
Donc, le premier amendement à l'article 5, il faudrait insérer, après
l'article 10.1 de la
Loi sur l'assurance parentale, le suivant — donc,
ça deviendrait :
«10.1.1. Lorsqu'un parent est seul mentionné à
l'acte de naissance, à l'exception des cas de décès visés à l'article 17,
cinq semaines de prestations parentales exclusives
lui sont allouées ou, en cas d'option conformément à l'article 18,
trois.»
Donc,
les commentaires : L'amendement vise à introduire une nouvelle mesure, soit cinq
semaines des prestations parentales exclusives pour un parent seul.
Donc,
c'est un débat qui a été engendré par notamment notre collègue... salutations
à notre collègue de Joliette, donc,
par notre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve pour les mères monoparentales de façon plus
particulière. Donc, il y a un cinq
semaines de prestations parentales exclusives qui seraient allouées quand un
parent est seul mentionné à l'acte de naissance.
Ce qu'on me dit, c'est que ça représente à peu près... Le nombre de personnes
concernées, c'est quand même intéressant,
il y a environ 2 200 naissances, au Québec,
qui ont lieu chaque année, père ou mère, mais pour lesquels, par exemple,
aucun autre parent n'est déclaré. Tu sais, par exemple, c'est probablement plus souvent les mères et où aucun père n'est déclaré. Et le
coût estimé de cette mesure-là, c'est 4,4 millions.
Donc,
ça, ce n'était pas prévu dans le projet
de loi n° 51. Je suis quand même
assez fier de dire encore une
fois : On écoute, on s'adapte et on
propose. Puis, pour moi, c'est une avancée qui mérite d'être soulignée, puis je pense que ça colle à une réalité qui
est vécue par malheureusement trop de familles, trop de parents. Donc, c'est
important de le souligner.
Puis on dit «à
l'exception des cas de décès visés à l'article 17», là, parce qu'à 17,
comme vous savez, quand quelqu'un décède, il y a possibilité pour l'autre
d'utiliser ce que la personne décédée n'a pas pu utiliser en termes de
prestations qui lui étaient allouées. Donc, ça, c'est le premier amendement.
Deuxième amendement,
Mme la Présidente : À l'article 5 du projet de loi, insérer, après
l'article 10.1.1 de la
Loi sur l'assurance parentale, le suivant :
«10.1.2. Lorsque chacun des parents a reçu
10 semaines de prestations parentales partageables ou, en cas
d'option conformément à l'article 18, 8 semaines, le nombre de
semaines de prestations parentales partageables est augmenté de 4 semaines
ou, en cas d'option, de 3.»
Commentaires :
Cet amendement vise à introduire dans la loi, plutôt que dans son règlement
d'application, la mesure relative aux
semaines de prestations parentales partageables additionnelles en cas de
partage entre les parents. Et ça, je
le souligne parce qu'on en a parlé à la fin de nos dernières discussions, c'est
très lié au troisième amendement que je vais présenter... ou je le lis
immédiatement, là, je pourrai donner d'autres explications par la suite.
Donc, le troisième
amendement, Mme la Présidente : Retirer l'article 10.2 de la
Loi sur
l'assurance parentale proposé par l'article 5 du projet de loi.
Donc,
cet amendement-là vise à supprimer l'habilitation réglementaire prévue à 10.2
qui permettait au conseil de gestion
d'accorder, par règlement, des semaines de prestations parentales partageables
additionnelles en cas de partage entre les parents. Cette mesure a
plutôt été introduite dans la loi, au nouvel
article 10.1.2, par un
amendement précédent.
Donc,
le deuxième amendement, il reproduit ce que nous avions à l'article 30 du
projet de loi n° 51. Quand on sera rendus à l'article 30, on va l'annuler. Et donc il est transféré tenant compte de l'annulation de
l'habilitation réglementaire au conseil
de gestion. Avant, on procédait de façon un peu... on commençait par le pouvoir
réglementaire puis le droit substantif par la suite. Donc, on élimine le pouvoir réglementaire et on introduit, là où il doit se situer, le droit substantif, c'est-à-dire le quatre semaines en cas de
partage de minimum de 10 semaines par les deux parents.
Encore
une fois, puis je ne veux pas trop faire cliché, là, mais je réitère
l'importance et la grande valeur de nos commissions parlementaires,
parce que nos échanges, nos communications
nous permettent de faire cheminer le projet de loi et de discuter de
nouvelles mesures qui sont proposées, notamment par les partis d'opposition.
moi, je suis prêt à faire une discussion immédiatement, mais j'aurais une
présentation à faire sur le fond, sur l'impact, les scénarios, là, dont
mes collègues faisaient état, là, les effets de la mesure incitative pour les
pères, là, le quatre semaines en cas de partage
minimum entre les deux parents. La volonté, évidemment, c'est d'accroître
l'investissement du père, et je pourrai donner un peu plus
d'explications, là, sur l'analyse que nous avons faite de cette proposition.
Voilà, c'est tout, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, nous allons d'abord discuter
sur le nouveau paragraphe, le 10.1.1., si vous êtes d'accord,
l'amendement à ce nouveau paragraphe. Alors, député de Nelligan, à vous la
parole.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Je ne sais pas comment on va séparer le 10.1.1 des autres parce que
le ministre vient de déposer les trois. Je vais quand même faire ma remarque et
après je vais me focusser sur le 10.1.1, si vous me le permettez.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Tout à fait.
M. Derraji :
Ce qu'on voit avec l'ajout des amendements, c'est que... Je vais commencer avec
le 10.1.2. Là, je comprends que le ministre est convaincu des prestations
parentales partageables et que le nombre de semaines de prestations parentales partageables sera augmenté de quatre semaines.
Ça, on ne l'avait pas dans la première version. Je comprends qu'il amende son article.
Ça, c'est un vrai débat de fond qu'on doit avoir parce que, comme je l'ai
mentionné à plusieurs reprises, pas sûr que c'est la bonne façon d'avoir
l'implication des pères.
Donc, je vais revenir
à 10.1.2 après, je vais me limiter au 10.1.1. Et ma question : Est-ce
qu'avec cet ajout le ministre avait, dans sa tête, répondre aux groupes qui
ciblaient les monoparentales, ça veut dire les 2 200 cas qui... le problème qui a été soulevé par notamment le
Conseil du statut de la femme. Donc, si c'est le cas, j'ai entendu un chiffre. Donc, à combien il
évalue l'impact de cette mesure sur le fonds?
autre chose, j'essaie de... Parce qu'on vient d'avoir le libellé, «lorsqu'un
parent est seul mentionné à l'acte de naissance»,
donc là, clairement, on vient spécifier qu'il s'agit de la catégorie des
monoparentales. Ça, c'est une bonne chose parce que ça répond aux besoins
du Conseil du statut de la femme.
Donc,
j'aimerais bien juste qu'il me clarifie ça. Comme ça, moi, ça va me suffire, le
10.1.1, mais clairement on va avoir beaucoup de discussions par rapport
au 10.1.2.
La Présidente (Mme IsaBelle) : M. le
ministre.
M. Boulet : ...si vous permettez, je
l'ai abordé tout à l'heure, là, le chiffre que nous avons, le nombre de personnes concernées, c'est environ 2 200 naissances qui ont lieu, chaque
année, pour lesquelles, on me dit, aucun père n'est déclaré mais... ou pour lesquelles aucun parent
n'est déclaré, ce serait plus juste, parce que ça peut être un père ou
une mère. Et le coût estimé, c'est
4,4 millions, et ça interpelle effectivement la question des mères,
notamment, monoparentales ou des parents monoparentaux, qui a été
soulevée par le Conseil du statut de la femme et abordée par vous et nos deux autres collègues ici, dans cette commission
parlementaire. Donc, c'est effectivement ce que nous visons à intégrer
dans le projet de loi n° 51.
Mais un
parent seul, ce qu'on me mentionne, qui dépose une demande de prestation au
RQAP, ça ne signifie pas nécessairement qu'il est monoparental. C'est que l'autre
peut simplement ne pas être admissible ou ne pas avoir déposé de demande. Donc, c'est peut-être
un peu plus large, tu sais, de la façon dont on l'a libellé, c'est lorsqu'un
parent est seul mentionné à l'acte de naissance.
Puis, en
2017, c'est intéressant, 21 %
des 74 445 événements couverts par le RQAP ont donné lieu à des
prestations à la mère seulement, 11 % à
des pères seulement et 68 % aux deux parents. C'est quand même
intéressant, 21 % à des mères
seulement, 11 % à des pères seulement, 68 %, évidemment la majorité
des cas, aux deux parents. Donc, je pense que, pour les aspects
statistiques, ça répond à vos interrogations.
Derraji : C'est exactement ce que j'ai exprimé à la dernière rencontre
par rapport à ce point. Il y a toujours le point des parents avec des
enfants handicapés à la naissance, donc ça, on va en revenir après, mais si,
sur le libellé 10.1.1, ça répond à la demande des groupes, donc, bravo de
prendre en compte la demande des groupes. Ça a été une des demandes aussi que nous avons soulevée à plusieurs
reprises, que ça soit lors de nos échanges par rapport au projet
de loi. Donc, merci de prendre en compte la demande du Conseil du statut de la
femme.
Je vais
revenir après, j'imagine, les collègues veulent aussi intervenir, donc, notamment
par rapport au 10.1.2 et ce que j'ai mentionné, avant qu'on se quitte la dernière fois, par rapport aux parents avec des enfants handicapés à la naissance. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Merci.
Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Moi, je voulais
juste commencer par clarifier quelque
chose de procédure, parce que, là, dans le fond, ce que je constate, c'est que M.
le ministre ouvre le fameux débat sur
les semaines supplémentaires par son amendement qu'il dépose, le deuxième, le 10.1.2. Moi, j'ai beaucoup
de choses à dire sur les deux. Est-ce
que ça veut dire que je vais avoir 20 minutes au total des deux, ou on n'a
pas dupliqué, là, les minutes? Parce que, si c'est le cas, moi, je vais
proposer qu'on scinde les deux discussions complètement, là.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Je
vais accorder le 20 minutes à chacun des nouveaux paragraphes.
M. Leduc : D'accord. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Je vais l'accorder, parce que M. le
ministre a désiré présenter tout
l'ensemble, alors qu'on aurait pu dire : On y va paragraphe par paragraphe.
Alors, si vous êtes d'accord, on va l'accorder.
M. Boulet : Pour des raisons de
cohésion, c'était mieux de les présenter les trois en même temps, mais je n'ai
pas de problème à ce que ça soit scindé, là.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Et, de toute façon, il faudra voter chacun des nouveaux paragraphes.
Alors, on va y aller... C'est ça.
Leduc : Vous devinez, Mme la Présidente, que j'ai des amendements, peut-être, pour le 10.1.2, que je vais devoir
rédiger en attendant peut-être...
M. Boulet : ...la seule à deviner,
hein?
Leduc : Non? Parfait.
Suis-je si prévisible que ça, M. le
ministre? Ça me déçoit. Alors,
commençons par le premier, le 10.1.1,
sur la question qu'on a soulevée, en effet, la semaine dernière,
en lien avec le mémoire du Conseil
du statut de la femme. Je salue l'ouverture, je salue la modification, je
trouve ça très bien.
J'ai des questions. Quand vous dites que c'est
des prestations parentales, on parle bien des prestations à couverture de
55 % mais pas de 75 %, si j'ai bien compris?
M. Boulet : Bien, ça dépend du régime de base et du régime particulier, là. Je ne
sais pas combien. En termes de...
Leduc : Parce que vous
dites : cinq semaines de prestations parentales exclusives. Ça, c'est celles à
55 % ou à 75 % de couverture?
M. Leduc :
70 %. Donc, c'est les...
Leduc : O.K.
Parfait. Si c'est clair, tant mieux. Ça a été dit ici, d'ailleurs,
ce sera noté pour la postérité, si jamais il y a contestation.
M. Boulet :
Bien oui, bien sûr. Oui, tout à fait. C'est un autre des aspects utiles de
notre commission.
Leduc : Merveilleux,
n'est-ce pas? J'imagine qu'il y aura amendement, peut-être, à l'article 6, en concordance, pour
les parents adoptants.
Leduc : C'était prévisible,
ça aussi. Merveilleux. Et, bon, peut-être une question
plus large. Bien sûr,
je salue l'avancement. Je pense
toutefois que le Conseil du statut de la femme ne se limitait pas à la question
d'une mère seule à la naissance. Dans
leur mémoire, ils parlaient de mères seules en général. Je pense qu'ils
faisaient référence à une situation de mère
monoparentale, où un père peut être
déclaré, bien sûr, à la naissance mais s'évapore dans la nuit, et c'est quand
même très, très fréquent. C'est une même précarité financière que s'il n'y a
pas de père déclaré à la naissance.
n'y aurait pas... Est-ce qu'il y aurait eu lieu d'élargir ce critère-là de le
déclarer? Est-ce qu'on aurait pu aller sur, je ne sais pas, moi, l'Agence du revenu, par exemple, qui dit un conjoint
de fait... s'il n'y a pas de conjoint de fait déclaré? Déjà, c'est un petit peu plus large comme analyse,
et ça pourrait englober plus de réalités de mères monoparentales plutôt que la réalité des 2 200, qui est déjà un bon
pas, bien sûr, mais qui n'est pas... qui est un peu restrictive dans
l'analyse des mères monoparentales.
Boulet : Bien, je ne suis pas sûr de bien comprendre, là, mais le père
qui est seul... Tu sais, dans le fond, c'est le parent qui est seul à l'acte de naissance. Il dépose une demande de
prestations au RQAP, il peut être un monoparental, mais il se peut que l'autre parent décide... comme je
mentionnais un peu plus tôt, soit qu'il n'est pas admissible ou soit
qu'il ne fait pas de demande au RQAP.
Donc, c'est quand
même une catégorie qui est assez large, puis, comme vous le mentionnez, je
pense que ça va au-delà de restreindre ou de
rétrécir le corridor seulement aux mères monoparentales. Je pense que ça va
au-delà, sur le fond, de ce que le
Conseil du statut de la femme nous entretenait et, comme vous le mentionnez, je
pense que c'est une avancée qui est particulièrement intéressante.
Leduc : Oui, puis je suis bien content qu'on l'ait soulevée puis que
ça ait donné un résultat. Je faisais juste souligner que, dans cette avancée, au final, on a récupéré quand même
beaucoup de situations, mais il y a une situation qu'on ne sera pas capables de récupérer avec le
libellé que vous nous proposez, qui est celle dont un père est déclaré
mais disparaît dans la nuit, là,
c'est-à-dire que son nom est sur l'acte de naissance, mais il n'est plus là
dans les faits, et la précarité financière
de cette mère monoparentale, dans le réel, elle est la même, là, elle est
totale. Donc, c'est cette situation-là, qui n'est pas rare non plus...
on ne la ramasse pas, là, on l'échappe.
Boulet : Qui n'est pas rare, mais, en même temps, on ne peut pas... Tu
sais, il y a une question aussi de capacité de gestion, là. Tu sais, ce serait un fardeau, tu sais, il faudrait se
mettre à faire des enquêtes, puis, bon, je pense qu'il faut avoir une approche qui est pragmatique. Je pense
qu'en se basant sur ce qui est mentionné à l'acte de naissance, déjà là,
c'est un progrès qui est extrêmement
intéressant, mais penser à celui qui disparaît de façon soudaine, là, c'est
peut-être une autre réalité, là, mais je comprends votre point de vue.
Leduc : Bien, je vais me contenter de ça, Mme la Présidente. Je salue
l'amendement déposé, je trouve que c'est une bonne nouvelle puis je suis bien content pour les
2 200 naissances, là, de ces mères-là, qui auront accès à cinq
semaines avec le bon taux, là, de 70 %.
Puis peut-être que, dans une prochaine réforme puis peut-être qu'avec des
projets pilotes il sera possible d'aller voir ce qu'on peut faire pour
la situation qu'on n'est peut-être pas capables, en ce moment, aujourd'hui, de
récupérer. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Députée de Joliette.
Hivon :
Oui, sur cet amendement-là, j'aurai peu de chose à dire sinon que de souligner
cette autre avancée avec laquelle je suis pleinement d'accord.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Est-ce que nous pouvons procéder à
la mise aux voix? Oui, député de Nelligan, pardon.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Le plus que le ministre parle, le
plus qu'il me donne des idées. Donc, du moment qu'il a fait un excellent geste par rapport aux femmes
monoparentales, qu'en est-il par rapport aux jeunes femmes
entrepreneures? Est-ce que ce n'est pas le moment d'en parler, ce n'est pas le
moment de les ajouter, ou il voit ça plus tard?
M. Boulet :
Ça, c'est plus tard, avec l'habilitation réglementaire pour les projets
pilotes. Ce sera opportun et pertinent d'en
discuter à ce moment-là. On essaiera de définir les paramètres qui permettront
éventuellement d'utiliser un pouvoir réglementaire pour faire un projet
pilote, là, mais on va y revenir, mais ce n'est pas dans le contexte ou dans
l'objet de l'article 5.
Derraji : O.K. Donc, je comprends bien l'ouverture du ministre par
rapport aux jeunes femmes entrepreneures avec des limitations
réglementaires pour le conseil de gestion.
M. Boulet :
Je suis ouvert à discuter de tout.
M. Derraji :
Donc, on va réfléchir et on va arriver avec un amendement, Mme la Présidente.
M. Boulet :
Totalement. Ce qui est important, là... Et, oui, il faut discuter, d'ailleurs
c'est l'essence d'une commission
parlementaire, mais il faut tenir compte de nos limites puis notamment de nos
paramètres financiers qui ne sont plus forcément les mêmes. Et, oui,
tout à fait, on sera volontaires.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, nous pouvons procéder à la mise aux
voix. Nous allons pour le nouveau paragraphe 10.1.1. Est-il adopté?
Nous y allons par appel nominal.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
La Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan) pour M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) : Abstention. Alors, le
paragraphe 10.1.1 est adopté. Nous poursuivons l'échange sur le
paragraphe 10.1.2. Alors, y a-t-il des interventions? Député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Bon, est-ce que... Le libellé qui nous est présenté, là, je
prends pour acquis que ça veut dire que le ministre a fait son lit, il a terminé sa réflexion. La semaine dernière,
on essayait de lui tirer les vers du nez, il s'obstinait à ne pas nous
laisser voir sa conclusion. Mais je vous avoue...
fait, si la réponse est oui, puis je devine qu'elle est oui, sinon il n'aurait
pas déposé un libellé comme ça,
je vous avoue que je suis un peu déçu, Mme la Présidente, parce qu'on a tenu des
audiences, on a eu plusieurs personnes qui sont venues nous parler, une seule organisation a soutenu cette méthode de
rajout, de partage de 10-10 avec un plus quatre, une seule. Toutes les autres étaient soit contre le
projet de loi au complet... Mais la majorité des autres organisations l'ont
dit : On comprend où vous voulez aller,
où vous voulez atterrir, mais ce n'est pas le bon chemin, il y aura peut-être
des effets indésirés.
En plus, la semaine
dernière, on a eu la chance d'entendre une présentation des gens du conseil de
gestion, superintéressante. D'ailleurs,
merci de nous avoir permis de discuter, d'avoir de première main, donc, des...
pour pouvoir poser des questions en ce sens-là. Mais on a donc appris
que, dans la propre préparation de ce projet de loi, dans les projections
actuarielles, on ne prévoyait pas une utilisation massive de cette mesure-là.
Donc,
l'objectif qu'on partageait, d'une plus grande présence du père, visiblement,
le résultat ne sera probablement pas très, très au rendez-vous, du moins
pas dans des proportions très intéressantes qui, à mon avis, justifient encore
aujourd'hui ce chemin, alors que d'autres chemins lui ont été proposés.
J'aimerais
peut-être l'entendre, M. le ministre, pour voir comment a-t-il vu cette
réflexion-là, ces discussions-là et pourquoi il atterrit aujourd'hui sur
l'exacte même proposition qu'il avait lors du dépôt de son projet de loi.
Boulet : Deux choses. C'est
important de revenir à la finalité de notre mesure. Elle est fondamentalement un incitatif au père,
pour qu'il consacre plus de temps à l'enfant, et ça, ça passe par un partage
qui est plus équitable entre les deux
parents. L'évaluation qu'on fait, c'est que, si les deux discutent, s'entendent pour partager minimalement
10 semaines, l'incitatif de quatre
semaines va avoir un effet graduel, progressif dans le temps, alors que
l'augmentation des semaines de paternité
aurait, j'en conviens, un effet plus immédiat mais linéaire, c'est-à-dire
stagnant au fil des années, parce que ça serait tout le temps la même
semaine.
En plus, une semaine
de paternité, on a vu, 48 millions. On a vu, deux semaines,
85 millions. L'incidence financière n'est
pas comparable. Et ça, j'aimerais utiliser un tableau. J'aimerais juste faire
une explication pour donner suite à
ce que nous avions présenté la semaine passée. C'est une page. Je vais
transmettre une page. Je vais en faire la présentation, puis, je pense,
ça va lancer la discussion sur cette mesure-là. Puis je pense qu'il faut
prendre le temps parce qu'il y a deux, trois... Tu sais, il va y avoir deux,
trois grandes discussions, là, sur le projet de loi, et celle-là en est une qui
est vraiment importante.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 34)
La Présidente (Mme
IsaBelle) : ...vous pouvez commencer la lecture de votre tableau.
Boulet : Merci, Mme la Présidente. Je pense que ce tableau-là résume bien
l'approche qui nous permettrait d'atteindre
notre objectif, je le répète, que les pères soient plus présents
et qu'il y ait un partage plus équitable entre les pères
et les mères. Donc, ce que nous soumettons dans le projet de loi, c'est que, si
le père et la mère, ou parents A et B, partagent au moins 10 semaines, il
y a un quatre semaines additionnel partageable qui est consenti.
Dans
le premier tableau, en haut, on a l'effet net sur la durée de congé des pères
et des mères. Actuellement, les familles
qui se qualifient à la mesure... Donc, comme on expliquait avec Claudia, notre
actuaire du conseil de gestion, qui est
aussi ici, là — si
jamais il y a des questions plus pointues, elle pourra, bien sûr,
y répondre — il y a 3 000 familles. Donc, à peu près 6 % des familles, ce qui est
très peu, 6 % des familles partagent au moins le 10 semaines
partageable. Ce constat-là est un des déclencheurs nous permettant d'aller dans
la direction qu'on vous soumet. Donc, c'est une famille sur 17.
Avec la
mesure, en 2021, ce qu'on anticipe, puis la façon de calculer, Claudia nous l'a bien
présentée la semaine passée, c'est qu'il y aurait
10 000 familles additionnelles, donc 13 000 familles.
25 % des familles, une sur quatre, partageraient
le au moins 10 semaines pour
avoir accès aux quatre semaines additionnelles. Il y aurait un effet
progressif dans le temps. On ajoute à peu près
1 000 familles par année, ce qui nous mène à 17 000 en 2025, ce
qui représente 33 % des familles, donc une famille sur trois où il
y aurait un partage équitable entre les deux.
Donc, la
deuxième section, ce que ça aurait comme impact sur le nombre de semaines
prises par les pères, pour les 10 000 pères,
il y aurait plus six semaines en 2021 et, pour les plus 14 000, là...
parce qu'on a dit : Plus
10 000 la première année, plus 1 000 familles les années
subséquentes. Donc, il y a 14 000 pères, en 2025, qui prendraient
sept semaines additionnelles. Pour les mères,
le calcul qu'on fait, la première année, pour les 10 000 mères, donc,
ce serait moins deux semaines, deux
semaines de moins. Et évidemment, progressivement dans le temps, on se rendrait
à 14 000 mères qui prendraient l'équivalent, pour ces
14 000 mères là, trois semaines de moins.
Donc, si on
prend l'exemple d'une famille au régime de base, où la mère prend toutes les
prestations de maternité parentales
et où le père ne prend que les prestations de paternité, c'est le modèle assez
classique, 36 000 familles sur les 51 000 familles. Donc, actuellement, le congé de la mère, c'est-à-dire le 18 semaines de maternité puis le 32 semaines
parental partageable, il est 10 fois plus long que celui du père pour ces
36 000 familles-là sur 51 000. Donc, l'écart est de
45 semaines.
Si elle se qualifie à la mesure, le congé de la
mère, donc 50 moins 10 plus quatre, parce qu'on rajoute le quatre semaines, la conduit à
44 semaines, ce qui serait trois fois plus long que celui du père, qui
prendrait son cinq semaines de paternité, son 10 semaines de
parental partageable pour avoir accès au plus quatre. Et donc 15 semaines,
ça serait un écart de 29 semaines entre les deux.
Donc, il y
aurait une réduction de l'écart entre les deux parents de 16 semaines.
Bon, 16 semaines, 45 moins 29, c'est 16 semaines. Un des
éléments que j'ai et que nous avons discuté aussi, c'est que ça permet aux
femmes, puis il y en a plusieurs qui
témoignent à cet effet-là, de... Ça
diminue la discrimination à l'embauche, ça permet aux femmes d'aller
travailler à temps partiel, ça permet aux femmes, parfois, d'être embauchées,
ça réduit les écarts de salaire potentiellement
entre les femmes et les hommes, parce que, malheureusement, les congés du RQAP
peuvent avoir un effet au détriment
des femmes, et ça réduit, selon nous, aussi le risque de déqualification de
certaines mères, notamment celles qui
ont des grossesses consécutives, là, autant chez les salariées, puis je le
souligne aussi pour mon collègue de Nelligan, que chez les jeunes
femmes entrepreneures. Donc, la réduction de l'écart est un des buts visés.
Et, à la fin,
le dernier tableau, c'est la comparaison de l'effet de la mesure sur le temps
de présence des pères auprès de leurs
enfants avec l'ajout, là, d'une semaine de paternité. Ce qui a été proposé, on
ajoute une semaine de prestations de paternité.
C'est une semaine de plus pour les 60 000 pères. La mesure du projet
de loi n° 51, c'est 60 000 semaines, mais six semaines de plus pour 10 000 pères,
et là on y va de façon progressive jusqu'en 2025, 98 000 semaines,
donc sept semaines de plus pour les 14 000 pères qui
participent à cette mesure-là.
Sans égard aux aspects financiers, là... je ne
voulais pas, dans ce tableau-là, trop l'alourdir avec les impacts financiers, mais il n'y a aucune commune mesure
entre l'impact financier, qui, en plus, est graduel, avec la mesure qui
est dans le projet de loi n° 51... alors que l'autre est un effet
financier beaucoup plus brutal.
Donc, je
reviens à la base. Les deux discutent, les deux s'entendent, les deux
contribuent à partager de manière plus équitable, et ultimement ça
favorise un investissement accéléré et plus important du père, là, dans la
sphère familiale. Ça fait que ça complète la présentation du tableau, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci pour les explications. Nous allons
maintenant... Nous laissons la parole au député de Nelligan.
M. Derraji : Bien, merci, Mme la
Présidente. Avant d'aborder le débat de fond par rapport à ça, excellente présentation. C'est un beau portrait, mais
j'aimerais bien savoir l'impact financier des mesures, que ça soit pour
2021 ou 2025. Ça serait bien d'avoir un portrait. Ça va consolider un peu la
suite de ma présentation.
Boulet : Oui, je vais vous les donner, si vous me permettez, une
minute. J'avais le tableau, la semaine passée, devant moi. Je le
récupère et je vous le donne.
Derraji : Mme la Présidente, s'il
y a un document, comme celui-là, à nous partager par rapport à l'impact financier, ça serait bien. Je suis plus visuel, ça va
m'aider à suivre.
M. Boulet : C'est dans notre...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 48)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, à vous, M. le ministre.
Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Donc, la mesure du quatre semaines, incitative, la première année,
c'était 39,8 millions, ce qui était
d'ailleurs dans le document que l'actuaire du conseil de gestion a présenté la
semaine dernière. C'était
40 millions pour l'année 2021 et, au bout de cinq ans, c'est
61 millions. Donc, ça se décline entre 40 et 61 millions par
année pendant l'écoulement de ces cinq ans-là. La semaine de congé de
paternité... Ça va?
M. Derraji : ...une question?
M. Boulet : Oui, bien sûr.
M. Derraji : Désolé. Parce que vous
avez dit 39,8. Ça, c'est la...
M. Boulet : Bien, c'est 40. C'est...
M. Derraji : Oui, oui. Non, ce n'est
pas grave. Ce n'est pas grave. 40 la première année, et le max, c'est...
Boulet : En 2025, c'est
61 millions, donc, parce qu'il va se rajouter des semaines. Donc, je
pourrais dire 44, 48, puis jusqu'à 61 millions en 2025.
M. Derraji : Donc, le minimum, ça
nous coûte, cette opération, 40 millions, et le max, on va l'atteindre en
2025, 60 millions.
Boulet : Exactement. Et, si
on compare avec la semaine de paternité additionnelle, la première année,
c'est 48 millions puis, en 2025, c'est
53 millions durant l'année. Donc, à terme, en 2025, la mesure incitative
qui est dans le projet de loi
n° 51 a une incidence financière
plus importante. La grande différence... Puis il faut prendre une
décision de fond, une décision à impact sociétal. Notre conviction, nous, c'est
qu'en y allant graduellement on modifie la culture de façon progressive et...
Boulet : Oui, bien sûr. Ce qu'on me dit, c'est que, tu sais, la
semaine de paternité additionnelle va continuer de progresser après
2025, mais la mesure incitative aussi, là.
Boulet : Oui, tout à fait, il va y avoir une progression, mais là où
on est capables d'évaluer, c'est 2025. Donc, la semaine, c'est un effet
immédiat, alors que la mesure incitative, c'est un effet graduel dans le temps.
Voilà, pour répondre à votre question.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Y
a-t-il d'autres interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Au final, si notre objectif, c'est que plus de pères passent
plus de temps auprès de leurs enfants, il me semble, encore une fois, que la solution la plus simple, la plus rapide
et la plus universelle, ou presque universelle, c'est la semaine du congé du père. Puis je serais curieux
de faire un ratio heures-père, le ratio h-p. On pourrait déterminer ça
ici maintenant, le ratio h-p. Je suis assez
convaincu, là, puis, encore une fois, là, je ne suis pas actuaire, mais je suis
assez convaincu que la semaine
supplémentaire, ou deux semaines supplémentaires, on pourrait l'étudier aussi,
nous donnerait un plus grand nombre de pères avec plus d'heures auprès
de leurs parents.
Parce que
vous l'avez soumis vous-même, l'année 1 de l'application, ça ne changera
presque rien, parce qu'au-delà des
quelques familles qui sont déjà qualifiables, ceux qui partagent déjà, dans une
moindre mesure, mais qui partagent déjà, vont, vous l'espérez, partager un peu plus pour se qualifier. On n'aura
donc pas vraiment généré un changement de culture. Puis, au bout de cinq ans, la projection, c'est à
peine un tiers des familles qui vont être arrivées là. Je ne trouve pas
ça particulièrement convaincant comme chiffres pour justifier votre décision de
maintenir cette mesure-là.
Cela étant
dit, je regarde la présentation que vous nous avez faite, il y a quelques
instants, sur le nouveau tableau, j'avoue,
Mme la Présidente, que je suis très surpris de l'utilisation de l'argument de
la réduction de l'écart. C'est la première fois que je l'entends. On nous avait servi l'idée de partager, inciter
un partage. En plus de l'objectif de la meilleure présence du père, le ministre rajoutait un meilleur
partage. Mais là je lis, et je constate, et j'ai entendu un objectif de réduire
l'écart du nombre de semaines utilisées
entre le père et la mère. C'est un nouvel objectif qu'on ne connaissait pas,
qui me surprend et
avec lequel je ne suis fondamentalement pas tout à fait en accord, Mme la
Présidente. Parce que pourquoi on veut réduire l'écart et surtout pourquoi on veut le réduire, bien sûr, en montant le
père mais en baissant la mère? C'est quoi, l'objectif de ça? Je ne comprends pas, réduire l'écart. Si l'objectif, c'est d'avoir une plus grande présence de père
et qu'on rajoute des semaines au
père, par définition, il va se réduire, l'écart, mais en montant le père, pas
en baissant la mère. Pourquoi l'objectif précisé puis chiffré, qui nous
est présenté, c'est clairement que la mère ait moins de semaines? Je suis
dépassé.
Et je dois
constater que ce qu'on nous soulignait de la part de plusieurs
groupes, notamment du Conseil
du statut de la femme, Mme Ruth Rose, et autres, qui craignaient
cet effet-là indésiré, peut-être, mais indésirable certainement, bien, visiblement, au-delà de ça, on dirait que
c'est un objectif. Je suis renversé, Mme la Présidente. Je suis renversé.
La Présidente (Mme IsaBelle) : C'est
tout? M. le ministre.
Boulet : Oui, bien, absolument,
pour moi, réduire l'écart, c'est une autre façon d'exprimer l'objectif d'atteindre une meilleure équité dans le partage. Il y a
des groupements féminins qui le revendiquent, ce meilleur partage là.
Forcément, si on a une meilleure équité, l'écart est moins grand entre le
nombre de semaines utilisé par un et l'autre, d'une part.
Puis, d'autre
part, il faut combattre l'espèce de perception chez plusieurs
jeunes pères que le partageable appartient uniquement à la mère. Puis il y a... Il faut changer ce paradigme-là que
le partageable, il appartient à la mère, puis c'est comme un droit de
propriété, puis le père, c'est le paternité.
Et c'est
sûr... Puis moi, je respecte votre opinion là-dessus, puis c'est la raison pour
laquelle je suis prêt à discuter, mais,
en même temps, le congé de paternité, c'est ce qui a été développé au fil des
années, les jeunes pères ont cinq semaines, puis ça finit là. Ils ont six semaines, ils vont prendre le six
semaines, puis ça finit là, ils ne le partageront pas. Bien, c'est ma compréhension, ceci dit, encore une fois, avec
tout le respect que je dois à votre opinion. Puis j'ai entendu, durant
les consultations, les groupes venir plaider, certains en faveur de
l'augmentation d'une semaine de congé de paternité, mais on ne combat pas la
culture, on ne combat pas les paradigmes existants.
Et c'est
essentiellement pour ces raisons-là... Puis j'en rajouterais une troisième. Les
mères, si elles diminuent, pour beaucoup
de jeunes mères, ça va être une opportunité de réaliser qu'elles peuvent
revenir progressivement, qu'elles peuvent travailler à temps partiel, qu'elles peuvent se requalifier, qu'elles
peuvent réorienter leur carrière. Oui, il y a des effets dans ce sens-là
si elles réduisent le nombre de semaines.
Ça fait qu'il
n'y a pas une avenue qui ne comporte que des avantages et aucun inconvénient.
Il faut faire un choix. Nous, encore
une fois, on a fait le choix de la progressivité et du changement de paradigme
social. Voilà la raison pour laquelle... Réduction d'écart, ce n'est pas
une nouvelle... c'est une autre façon d'exprimer en quoi l'équité, pour nous,
entre les deux parents, est un objectif de fond.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Les audiences qu'on
a tenues, là, elles ont été quand
même intéressantes. Il y a beaucoup
de personnes qui sont venues
s'exprimer. Il faut que ça ait un impact, il faut que ça serve à quelque chose. Quand M. le ministre dit : Ah! des femmes ont exprimé, etc., bien, en tout cas, elles ne sont pas
venues l'exprimer ici. Puis les différents groupes ne sont pas venus l'exprimer ici non plus, ils sont venus
préciser l'inverse, qu'ils sont inquiets, ces groupes-là qui
représentent des femmes, qui représentent des salariées. Elles sont inquiètes
de l'effet indésiré et certainement indésirable que je vois puis que je
comprends qui est quasiment un objectif du ministère, puis ça me dépasse.
Quand M. le
ministre dit : Les mères avec un plus court congé pourront se réorienter
et se qualifier, etc., bien, elles peuvent
déjà faire ça, elles peuvent déjà faire ça avec le nombre de semaines actuel
qu'elles ont. Ça ne vient rien changer. Ce n'est pas parce que tu perds quelques semaines dans ton congé que tu
vas plus vite ou mieux réfléchir à ta réorientation puis ton retour au
travail. Je ne comprends pas cet argument-là, je... Non, encore une fois, je
suis dépassé.
Puis, quand
on dit qu'on veut effectuer un changement de société, un changement de culture,
on l'a vu aussi, on l'a étudié ensemble, les statistiques progressent,
pas assez vite à notre goût, mais elles progressent dans l'utilisation des semaines des pères. On a beaucoup plus de pères
qui utilisent le congé paternel qu'il y a une quinzaine d'années et on a
plus de pères qui utilisent des semaines du
congé parental qu'il y a quelques années, pas assez vite, mais ça progresse
déjà. Ça fait que, si l'objectif, c'est un changement de culture, il est en
cours. Poussons une tape dans le dos mais là pas sur le dos des mères.
Ça fait que je
pense qu'on en arrive, Mme la
Présidente, à un moment où je pense
que je vais déposer un amendement pour essayer... et c'est un compromis
que je fais sur mes propres convictions, mais pour essayer d'aller chercher le point commun, qui est l'objectif d'une
meilleure présence du père et en réduisant au minimum ou, en tout cas, le plus possible les côtés indésirables sur la
mère. Alors, l'amendement vous a été acheminé. On peut prendre peut-être
quelques instants pour vérifier sa recevabilité.
Présidente (Mme IsaBelle) : Il y a le député de Nelligan qui voudrait
intervenir. Si vous êtes d'accord, on va le laisser parler aussi puis,
après ça, on ira à votre amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Je
pense qu'il veut intervenir sur le même point.
Présidente (Mme IsaBelle) : Ah! M. le ministre.
Boulet : Un point, juste au collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve. Dans les administratrices et
administrateurs du conseil de gestion qui
ont, de façon consensuelle, contribué à la prise de décision, il y a la CSN qui
est représentée, je ne nommerai pas toutes les personnes, il y a
le milieu des employeurs, il y a les travailleuses et travailleurs syndiqués,
il y a les travailleuses et
travailleurs autonomes, il y a les jeunes entrepreneurs, il y a les travailleuses
non syndiquées et les groupes de
femmes, il y a le Regroupement des jeunes chambres de commerce. Tout le monde
est représenté. Donc, quand je dis : Oui, j'ai entendu les groupes, deux, je ne suis pas fermé, mais ce n'est
pas une solution qui ne comporte que des avantages et des inconvénients.
oui, beaucoup de jeunes mères le disent, ils ont l'impression que ça nous
appartient, ils ne contribuent pas au... Bien, tu sais, vous avez vu les
statistiques que j'ai exposées tout à l'heure, il y a 3 000 familles
qui se qualifient actuellement. Il y a
6 % des familles, une sur 17, où on partage le 10-10. C'est quand même
assez symptomatique. Et les chiffres
que j'ai donnés tout à l'heure, c'est que les prestations de maternité et
parentales sont prises en grande proportion par les mères. Les pères se contentent du cinq semaines de congé de
paternité puis en prennent deux, trois semaines de plus. On avait dit une moyenne d'à peu près huit, neuf.
C'est ça, la... Tu sais, quand on parle de culture, c'est une habitude,
c'est une façon de faire et c'est ce que la société véhicule et permet de faire
dans la réalité. Et les employeurs ont ce préjugé-là,
puis ça, on a entendu des groupes le dire, puis ça perpétue ça, de dire :
On ajoute une semaine de paternité au père, selon moi, ça va avoir un
effet immédiat, mais ça ne contribuera pas à l'évolution des mentalités autant
que la mesure incitative. C'est mon opinion.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. On va laisser le député de Nelligan
intervenir et ensuite on va parler de votre amendement.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Je n'ai pas encore vu l'amendement
du collègue, mais je vais revenir au débat
de fond avec le ministre. C'est qu'on s'entend sur l'objectif. Je pense que
tous, depuis le début des consultations, on s'entend sur l'objectif. Et je l'ai dit à plusieurs reprises, par rapport à avoir une plus grande implication
du père, sur ce point, nous sommes
d'accord. Là où je ne suis pas d'accord, c'est que... le moyen qu'on va
utiliser pour atteindre l'objectif. Et c'est
pour cela que j'ai demandé les chiffres
et le coût associé à cette mesure ainsi que l'effet linéaire que le ministre a
invoqué.
que j'ai noté, c'est que, premièrement, on fait face à un changement de
mentalité. Quand je vois le Regroupement
pour la valorisation de la paternité, eux, ils disaient que le partage proposé
par le ministre afin d'obtenir quatre
semaines de congé supplémentaires serait trop rarement appliqué, là, le groupe
nous a même expliqué... par rapport à la notion du partageable.
J'ai
entendu le ministre parler de l'équité. Bien, l'équité de partager le congé
parental... Et je comprends que le congé
parental, pendant longtemps, les gens, bien, plusieurs pensaient que c'était un
congé qui appartient à la mère. Et le ministre a une volonté de pousser
ou d'amorcer un changement de mentalité pour avoir une bonne implication des pères. Et je reviens à la question de réduire
l'écart. Est-ce que réduire l'écart implique une baisse pour la mère pour
avoir une augmentation pour le père? On est
loin de l'équité. On est très loin de l'équité parce que, si l'équité, et c'est
ce qu'on veut atteindre avec une
implication des pères, bien, c'est au détriment du congé de la mère sachant
que, jusqu'à maintenant, une bonne majorité des familles, c'est la mère
qui utilise ce congé.
Donc,
je pense, Mme la Présidente, que l'objectif du ministre, il est louable,
d'amorcer un changement de mentalité. Encore
une fois, je ne suis pas du tout convaincu... je n'ai pas encore vu
l'amendement du collègue, mais je ne suis pas encore convaincu qu'on se prend... ou bien on utilise le meilleur moyen
pour atteindre l'objectif escompté. C'est là où je demande à M. le ministre plus d'ouverture, parce
que c'est sûr que moi aussi, j'ai des amendements, j'ai des réflexions
par rapport à l'implication du père. Et ce
que je lui demande, c'est avoir cette ouverture, parce qu'on veut l'aider à
résultat.
Ce qui est très bien, c'est qu'il nous a partagé
le coût associé à ça. Et ce que je note, Mme la Présidente, et ça, j'aimerais bien
qu'il me l'explique, sur l'effet progressif de sa mesure, donc, même lui, il
est convaincu qu'on ne va pas atteindre les résultats la première année, ni la deuxième année, ni la troisième
année, mais au bout du cinq ans. Il se donne, avec le conseil, un objectif qui
n'est plus linéaire mais un peu progressif. Donc, même au fond de son
raisonnement, Mme la Présidente, il est convaincu qu'on ne va pas atteindre les résultats la première année,
parce que ça va nécessiter un changement de mentalité.
Donc,
est-ce que le changement... Est-ce qu'aujourd'hui la proposition qu'on doit
avoir... Est-ce qu'aller d'une manière progressive par rapport à
l'objectif... sachant que notre objectif, tous, à l'intérieur de cette commission,
c'est arriver à avoir une bonne implication des pères? Donc, ça, c'est vraiment
le débat de fond, Mme la Présidente.
encore une fois, je ne pense pas qu'il y ait un groupe qui était très à l'aise,
corrigez-moi si je me trompe, de dire que,
oui, pour une implication des pères, mais attention, c'est les semaines de la
mère qu'on va enlever. C'est ça, ce que j'ai entendu. Nous avons assisté à la même commission, M. le ministre. Il n'y a aucun groupe qui ne vous a dit que, clairement,
augmenter l'implication des pères en utilisant le partageable du congé de
paternité... Donc, ça, c'est un débat sur deux
fronts. Est-ce qu'on veut avoir l'implication du père? Ça, j'en suis sûr et
certain que vous aussi. Deux, est-ce qu'on utilise le meilleur moyen en
attaquant les semaines partageables au niveau de la femme? Mais je vais revenir
après, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Il y a la députée de Joliette qui veut parler. Est-ce qu'on dépose l'amendement
avant ou vous...
Hivon : ...avant.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Vous aimeriez mieux parler avant. Allez-y.
Hivon : Mme la
Présidente, je trouve que c'est un
débat absolument passionnant, vraiment fondamental mais très
difficile en même temps. Et moi, je dois vous dire que d'avoir un plus grand
partage, personnellement, je pense qu'il y a quelque chose de positif là-dedans, puis il faut trouver le meilleur
moyen d'y aller. Puis je trouve ça vraiment
intéressant parce que j'ai deux collègues
masculins. Moi, aux dernières nouvelles, je suis une femme et je n'ai pas
nécessairement exactement la même perspective. J'ai trois collègues masculins,
là, mais je parle dans l'opposition. Je trouve ça vraiment embêtant,
puis ce que je trouve particulièrement embêtant, c'est que c'est très difficile
de prévoir l'impact sur les comportements.
Et c'est pour
ça que, quand le représentant de la valorisation de la paternité et... du
Regroupement de valorisation de la
paternité est venu, j'étais vraiment intriguée de savoir pourquoi il stipulait
que ça n'allait rien changer, que tout allait rester pareil quand on
essaie législativement de créer certains incitatifs pour changer les choses.
Donc, je ne l'ai pas, la réponse, mais moi, par
exemple, je trouve qu'il y a un bénéfice à essayer que, oui, il puisse y avoir un partage un petit peu plus
important. Et, comme femme, peut-être de mon expérience personnelle à
cause de ma vie politique où mon conjoint a
pris une grande, grande, grande
partie du congé parental, je pense qu'il y a
quelque chose de sain aussi à tendre à un meilleur équilibre dans le partage.
Et je ne suis pas certaine que, pour moi, c'est une adéquation avec l'idée d'enlever des semaines. Je pense qu'il y a une
réalité, il faut s'arrêter à ça, comment les femmes vont vivre ça,
l'idée de possiblement avoir moins de semaines si le conjoint en prend plus parce qu'il y a un incitatif. Je
pense qu'il faut être très sensible à ça, mais je ne suis pas
certaine qu'il y a une adéquation parfaite à se dire que ça enlève
des semaines aux femmes, parce que le congé parental n'est pas l'apanage de la
mère.
Donc, je pense que ça dénote aussi jusqu'à quel
point c'est ancré dans la philosophie que ces semaines-là appartiennent à la mère, ce qui n'est pas le cas.
C'est une pratique, mais ce n'est pas, en théorie, ce qui est l'obligation
ou ce qui devrait être la réalité, mais, vu
que c'est une pratique et que beaucoup de femmes apprécient beaucoup
cette pratique et pouvoir prendre l'ensemble,
c'est sûr qu'il y a un impact à partir du moment où tu essaies de changer les choses. Puis il peut y avoir des réticences que je comprends
parfaitement, mais ceci dit, je pense que c'est un objectif très important
de tenter de faire en sorte que les pères
s'impliquent davantage dès le départ et je pense que d'avoir plus de semaines
auprès de leurs enfants en est un qui va faire une réelle différence, puis ça,
tout le monde nous le dit.
Ce long
préambule étant fait, qu'est-ce qu'est la meilleure recette? Moi, honnêtement,
je pensais que le ministre nous
arriverait... mais je comprends qu'il y a des coûts, mais j'aimerais ça qu'on
en discute, mais je pensais qu'il nous arriverait
en maintenant son idée d'un incitatif pour le partage mais en réduisant le
nombre de semaines qui doivent être partagées,
donc en disant, par exemple : À partir du moment où il y a cinq semaines
prises par le père et cinq par la mère, on va donner des semaines supplémentaires. Je pense que ça aurait été une
étape intéressante de transition, parce qu'on voit les chiffres puis on voit qu'il y a encore beaucoup...
peu de pères qui utilisent le partageable. Et donc de dire : On crée
un incitatif, par exemple, avec cinq
semaines, je trouve que ça aurait été une mesure qui aurait... je n'ai pas la
science infuse, mais qui aurait
peut-être pu donner un effet plus rapide puis moins, je dirais... complètement
vouloir bouleverser d'un coup la réalité du partage dans le réel. Donc,
ça, je pense que ça aurait pu être vraiment intéressant, donc je le soulève au ministre, là. Je sais que mon collègue a un
amendement, je ne veux pas formaliser les choses outre mesure, mais
j'aimerais ça quand même l'entendre sur ça.
Puis l'autre
élément, bien, il n'y a rien qui dit que d'ajouter une semaine... nous, on
proposait deux semaines de plus, mais
moi, l'idée du partageable qui amène un incitatif, je ne suis vraiment pas
contre ça parce que je pense qu'il faut trouver des moyens de créer de l'intérêt pour que les pères partagent, mais je
pense que ça aurait été intéressant aussi de bonifier le paternité en soi. Je comprends qu'il y a un enjeu
de coût, là, je comprends tout ça, mais, quand je voyais les chiffres,
je ne suis pas sûre que ça m'apparaissait
impossible de jouer sur les deux tableaux. À moins que vous ayez des chiffres
qui nous disent que là, si on fait
une projection avec cinq semaines de partageable, ça augmente beaucoup les
coûts parce que vous estimez qu'il va y avoir beaucoup plus de pères qui
vont s'en prévaloir, mais je serais très curieuse de voir si vous avez fait des
projections par rapport à ça.
Parce que
tantôt, quand je disais au ministre que, des fois, quand on fait monter les
attentes, après, on est déçu, moi,
sincèrement, je m'attendais à ce que le ministre arrive avec une position un
peu de compromis pour dire : C'est vrai que 10, c'est peut-être beaucoup pour essayer d'insuffler un changement,
cinq... Donc, je sais que le ministre se prépare très, très bien, donc
j'imagine qu'il a peut-être fait ces évaluations-là, donc je serais curieuse de
savoir.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Donc,
on laisse la parole à M. le ministre.
Boulet : Oui, bien sûr, les évaluations sont faites. J'aimerais ça
qu'on suspende, je pourrai partager. C'est une question que vous me
posez? Je vais y répondre.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous allons... Vous voulez suspendre ou vous allez répondre
immédiatement?
M. Boulet : Non, on va suspendre
quelques minutes. Je veux juste poser une ou deux questions, mais j'ai les
chiffres devant moi, oui.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, nous allons suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 20)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous recommençons. M. le ministre, à vous la parole.
Boulet : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Donc, pour faire suite à... (panne de son) ...de ma collègue de Joliette, le scénario actuel qui est dans le projet de loi
n° 51, c'est 10-10 donne accès à quatre, donc ce que j'appellerai le 10-4.
Si on allait vers un 5-4, donc 5-5 donne
accès à quatre... Donc, si on allait
dans la direction d'un 5-5 donne accès à quatre, pour l'année 2021,
c'est 45 millions et, pour l'année 2025, c'est 110 millions. Évidemment,
ce qu'on considère aussi, je le soumets
humblement puis je pense qu'elle comprend bien la mécanique, ma collègue
de Joliette, l'encouragement n'est pas le même. C'est
un encouragement qui a moins de vigueur, disons, que le 10-10.
Si on allait
vers un scénario intermédiaire, par
exemple 8-8, ce que j'appelle le 8-4,
il y a une incidence financière à peine
plus élevée, en 2021, 40 millions puis, en 2025, 63 millions. Donc, le 10-4,
c'était 40 millions en 2021, 61 millions en 2025, et, avec le 8-4, on est à peu près
à la même chose en 2021, parce que c'est des
changements de comportement qui ne sont pas immédiats, et, en 2025, 63 millions.
Voilà. Je pense que je réponds à la question de ma collègue. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous déposez toujours votre
amendement?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Votre
sous-amendement, je m'excuse.
M. Leduc : Est-il sur le Greffier?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, le sous-amendement est déjà déposé sur le Greffier.
M. Leduc : Voulez-vous que je vous
le lise?
Présidente (Mme IsaBelle) : Est-ce qu'on est prêts? Est-ce que... M.
le ministre n'en a pas de copie, par contre, mais on... M. le ministre,
est-ce que vous désirez qu'il puisse le lire immédiatement?
M. Boulet : Oui. Ce ne sera pas long.
Leduc : Juste en attendant, pouvez-vous me répéter le chiffre que vous
avez dit à l'instant, M. le ministre, pour les cinq semaines?
M. Boulet : Pour le 5-4, c'est 45,
M. Leduc : 45, 110, O.K.
M. Boulet : Puis, pour le 8-4, 40,
M. Leduc : Je peux lire l'amendement,
madame... le sous-amendement?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, il peut... Oui, allez-y. Il va le recevoir par la suite. Allez-y.
M. Leduc : Le sous-amendement
concerne l'article 5, bien sûr, qui modifie l'article 10 de la
loi : Dans l'article 10.1.2,
modifier le chiffre «10» par le chiffre «5», le chiffre «8» par le chiffre «4»
et rajouter «exclusives au parent qui en prend le moins» après «augmenté
de 4 semaines».
Dans le fond, ma collègue de Joliette a un peu mis la table
pour cette discussion-là, c'est parfait, et je pense que c'est le
compromis ou la piste d'atterrissage la plus intéressante considérant le débat
qu'on a parce qu'on partage l'objectif d'une meilleure présence du père.
S'il y a réduction de l'écart comme effet connexe, moi,
j'en suis. Je suis mal à l'aise à ce que ça soit l'objectif, mais, si
c'est un effet connexe, il n'y a pas d'enjeu, mais je cherche à réduire le
fardeau. Parce qu'il y a des facteurs socioéconomiques
qui expliquent pourquoi c'est les mères qui en prennent le plus. Il y a des
facteurs culturels, bien sûr, mais on
n'a pas assez parlé, dans cette commission, des facteurs socioéconomiques,
notamment qu'on n'a pas encore atteint l'équité salariale dans la
société québécoise. Des femmes font encore 0,87 $ du 1 $ gagné par
l'homme. Ça a changé un petit peu, mais les derniers chiffres qu'on a tournent
alentour de ça, Mme la Présidente.
C'est une
explication, puis on se l'est même fait présenter, entre autres, dans une des
discussions qu'on avait avec l'actuaire
en chef du conseil de gestion du RQAP. Ce n'est pas pour rien que les
projections, quand il y a une semaine de paternité, coûtent plus cher qu'une semaine de maternité aussi. C'est
toutes des explications, qu'on a peut-être un peu mises de côté, qui
expliquent, je ne dis pas justifient, mais expliquent le fait que ça soit les
mères qui prennent davantage le congé
parental. Cela étant dit... Bien, évidemment, il y a toute la question aussi de
l'allaitement, mais bon, ça, on l'a évoquée un peu.
Cela étant dit, moi, je cherche à
réduire l'effet indésiré et indésirable, le fardeau que représentent ces
10 semaines là qui ne seront plus
utilisées par les mères, si elle est utilisée, cette mesure-là, à plus grande
échelle. Baissons un peu ce fardeau-là,
tranchons-le de moitié, de 10 à cinq, et, si notre objectif est toujours
d'assurer une présence du père, bien, les quatre semaines
supplémentaires, on pourrait les réserver au père.
pendant la pause, en discutant avec ma collègue de Joliette, elle me proposait
un libellé, que j'ai modifié. À la place
de dire «au père», on dirait «exclusives au parent qui en prend le moins», pour
une raison très simple : ça arrive. Ça a été mon cas, par exemple, où c'est moi qui utilisais le plus de congés
partageables entre ma conjointe et moi. Et la façon que je l'avais écrit au premier essai, «exclusives au
père», les quatre semaines supplémentaires, aurait donné un bonus à ceux...
aux pères qui étaient déjà plus présents. Ce n'était pas l'effet recherché.
C'est très rare, en effet, que les hommes utilisent
plus de semaines parentales que les mères, mais ça arrive. Alors, en écrivant
ainsi «exclusives au parent qui en prend le moins», on comble cette
petite lacune là.
Alors,
c'est là où j'aurais espéré qu'on atterrisse d'emblée, Mme la Présidente. Moi
aussi, j'avais cru comprendre, dans nos discussions, que le ministre
allait bouger sur le 10 semaines. Je constate qu'il... En tout cas, il ne
l'a pas fait d'emblée lui-même. Peut-être
qu'avec un
article déposé par l'opposition... Celui que j'ai déposé la semaine
dernière s'est révélé être repris
dans d'autres mots par le ministre. Alors, je souhaite ou j'espère, en tout
cas, que ça soit une situation similaire
aujourd'hui pour que ça soit un objectif, plus de semaines pour les pères, plus
de présence du père, mais avec le moins de désavantages possible dans le
réel.
Parce
que personne ne dit que c'est réservé aux mères, les semaines partageables.
C'est des statistiques. Il y a une grande
différence, puis j'insiste là-dessus.
J'insiste parce que peut-être que, dans certains endroits, dans certaines
chaumières, en effet, une personne,
une mère peut dire : Non, c'est à moi, cette semaine-là. D'accord, ça
existe, je ne le nierai pas, mais il
ne faut pas oublier qu'on a mis sur pied cette politique familiale là d'abord
parce qu'il y avait un enjeu pour les femmes, pour les mères, de retour à l'emploi, du maintien du lien d'emploi. On
n'a pas mis sur pied ça pour autre chose que ça. Alors, c'est là où moi, je m'inquiète de cette réduction du nombre de
semaines utilisées par les mères prévue par la mesure.
je me dis, si on parle de chiffres, là, en réduisant à cinq puis en bonifiant
de quatre, pour le père, bien, on est très proches du 10 semaines partagé qui était proposé par le ministre.
On est à neuf plutôt qu'à 10. Et, de l'autre côté, pour la mère, à la
place d'en perdre 10, elle n'en perd que cinq. Et, même si elle en perdait 10
mais qu'elle récupérait les quatre bonus,
elle avait quand même... elle en perdait quand même six. Encore une fois, elle
n'en perd que cinq, hein? Je pense qu'on est gagnant-gagnant dans tous les
côtés, et ça serait vraiment le bon compromis pour clore ce débat-là, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. M. le ministre, vous désirez répondre?
Boulet : Ce que je
comprends, c'est que le quatre semaines, la mesure incitative, elle est, dans
son essence, partageable. Donc, c'est
le choix des deux parents de déterminer comment ce quatre semaines-là sera
partagé. Ce que vous dites, vous,
c'est qu'il devrait, selon une décision de l'État, selon ce qui est prévu dans
la loi, aller forcément à la personne qui a moins partagé. C'est ce que
vous soumettez. O.K. Je le comprends, je vais l'analyser, je vais vous revenir.
Moi,
j'étais convaincu que c'était extrêmement important de laisser aux parents le
soin de déterminer comment ce quatre semaines-là va être utilisé. Parce
que ça pourrait être trois à un puis une semaine à l'autre, alors que, là,
votre amendement fait en sorte que,
forcément, le bloc de quatre va à celui qui a partagé le moins. Donc, c'est
comme si on incitait à partager
moins. À la limite, là, j'exagère un peu, mais de forcément imposer une
solution aux parents A et B, moi, je trouve
que c'est un peu contre nature, contre la nature d'une famille et contre
l'objectif qu'on avait d'inciter les parties aussi à discuter, les parties étant les deux parents, à
discuter, à s'entendre sur un partage qui est plus équitable. Ça
m'apparaît un peu contredire cet
objectif-là, en disant : Forcément, c'est quatre à toi. Parce que tu as
moins partagé, tu vas avoir l'incitatif.
Alors,
je le répète que ça pourrait être 2-2. Ça pourrait aussi être 4-0, ça pourrait
être ça, mais selon la décision des deux
parents, plutôt que nous, comme législateurs, leur dire : Ça
devra être ça. Donc, je pense que vous comprenez mon opinion sur
l'imposition par la loi de comment ce quatre semaines-là va être utilisé.
Ceci
dit, bon, pour le 5-4, évidemment, l'encouragement, selon moi, il est nettement
inférieur avec cinq semaines. 5-5,
l'impact n'est pas le même sur le changement de culture. Puis moi, je suis
convaincu, puis c'est documenté par la littérature
internationale, qu'il y a une perception encore, qui est bien ancrée, tant
dans les milieux patronaux que syndicaux, que ce qui est partageable, c'est la mère. Puis on le voit dans la
réalité. Puis, au-delà de l'aspect académique ou théorique, il faut regarder les données empiriques, la réalité
des faits sur le terrain, soyons pratiques, c'est ça qui se passe. Les
jeunes pères prennent le cinq semaines, puis
ça, ils ne le prenaient pas avant, puis là maintenant ils le prennent. Il y a
une évolution mais qui est extrêmement lente. Ce qui est enraciné dans les façons de faire, c'est : Mon
cinq semaines plus deux, trois, mais le reste, c'est la mère.
Puis
les jeunes mères, moi, me l'ont témoigné, il faut forcer une discussion, il
faut forcer, inciter à un dialogue. Et cette
perception-là, selon moi, elle est encore fortement enracinée, que les jeunes
mères, elles sont affectées aussi. Vous parlez d'équité salariale. Je
pense que le statu quo perpétue une certaine inégalité dans... une certaine
iniquité dans les salaires, parce que c'est deux concepts qui n'ont pas
la même signification, en ne permettant pas autant à la mère de retourner, d'utiliser des semaines pour aller
travailler, d'autant plus qu'on augmente l'étalement, plus de possibilités
pour la mère de fractionner, vous allez me
dire avec le consentement de l'employeur, mais, quand même, de retourner au
travail. Si c'est une jeune comptable,
pendant la période de pointe des impôts, elle peut retourner travailler puis
elle ne se sent pas ciblée négativement parce
que le partageable, il est effectivement partagé avec le jeune père. Donc, il y
a ces deux commentaires-là.
Et enfin, dernier
point, c'est : vous voyez que le 5-4, en l'année 2025, c'est 110 millions,
puis on passe de 45 à
110. Ça fait que, si on fait l'effet
cumulatif, il a, à mon avis, un potentiel déstabilisant pour l'état de la
situation financière du Fonds d'assurance parentale, ce 5-4 là. Voilà.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Commençons par la fin. Il y a quand même un certain paradoxe à
souligner le fait que, si la mesure est moins contraignante, donc plus accessible, elle va coûter plus cher.
Bien... Mais c'est ça. Donc, vous confirmez que votre autre solution va
être moins accessible. Donc...
M. Boulet :
Plus graduelle, plus progressive dans le temps, parce que le 5-5...
Leduc : Bien oui, mais un tiers des familles dans cinq ans, ce n'est
pas terrible. Moi, honnêtement, là, quand je vous ai... Puis là je m'en veux de ne pas vous avoir demandé ces
chiffres-là au tout début de cette discussion-là, au tout début du dépôt du projet de loi. Si j'avais su que
vous aviez un tiers d'objectif, je veux dire, j'aurais rué un petit peu
plus dans les brancards, là. Ce n'est vraiment pas terrible, un tiers.
M. Boulet :
On répond à toutes les questions, cher collègue.
Leduc : Ce n'est pas terrible, un tiers, puis ça démontre que ce n'est
pas la mesure la plus populaire, ça ne va pas introduire un changement de culture significatif, tandis que 5-4, il
est plus facilement utilisable. Si vous voulez que plus de pères s'en servent, c'est ça, l'objectif,
bien, prenez une mesure que tout le monde va utiliser ou que plus de
monde va utiliser. C'est ça, la logique,
puis, en plus, on atteint à peu près le même objectif que vous avez avec votre
mesure à vous.
Quand vous
disiez : Il faut qu'on partage au moins 10-10, puis je donne un bonus de
plus quatre, le père se ramassait avec soit
10 soit 14. Même chose pour la mère, elle baissait de 10 ou de six, si elle
récupérait le quatre. Tandis qu'avec
ce que je vous propose, si le père prend les cinq du partageable puis obtient
un quatre supplémentaire, il arrive à neuf.
Neuf, c'est très proche de 10. Puis même chose pour la mère, si elle n'en perd
que cinq, bien, elle n'est vraiment pas très loin du six, puis encore... C'est certainement mieux que si elle en
perdait 10. Alors, votre objectif d'avoir plus de place pour le père est là, il a neuf semaines plutôt que
10 ou 14, et mon objectif que ça soit moins fait au détriment des
semaines prises par les femmes est là aussi.
On est à cinq plutôt que 10 ou six. Je pense vraiment qu'on arrive à quelque
part, là, on arrive à un terrain milieu où ça se gère.
Après
ça, que ça coûte un peu plus cher après cinq ans, bien, j'espère, j'espère,
c'est mon souhait. On peut regarder peut-être
sur les détails. Est-ce qu'après ça, pour rentrer plus précisément dans vos
chiffres, on devrait baisser à trois semaines supplémentaires plutôt que quatre? Je suis ouvert à discuter, mais je
vais certainement prioriser et préférer une méthode qui va être utilisée par plus de familles qu'un
scénario où on a à peine un tiers des familles qui s'en servent dans cinq
ans. Ça, ça me semble évident.
Boulet : Avec tout respect, 49 millions de différence financière, en 2025, n'est pas un détail. C'est
forcément que le 5-4 est un encouragement
qui a beaucoup plus d'impact parce
qu'il est plus facilement accessible, mais il faut trouver un équilibre
entre la qualité de la mesure incitative et la capacité financière du fonds, je
le répète.
Puis
les questions, posez-les. Puis vous les avez posées, mes collègues de Nelligan,
Joliette les posent, vous les posez.
Les réponses, on va les donner. Même, il y a des scénarios que nous sommes
disposés à faire, mais ce que vous soumettez n'est pas compatible avec
la réalité parentale à laquelle nous témoignons actuellement au Québec.
le répète, le quatre semaines imposé au père par l'État, moi,
malheureusement, je ne suis pas confortable avec ça, alors que c'est possible de le faire quand les
parents le décideront, puis ça peut être un partage autre. Mais de dire :
Tu as moins partagé, tu vas avoir un
incitatif, un bonus ou un incitatif additionnel, ça m'apparaît contre-productif
ou contre-efficace. Puis le 5-4, oui, évidemment, tout peut être logique
puis tout peut être, à quelque part, plus généreux et plus bénéfique, mais il faut trouver un terrain
d'entente, il faut trouver une solution intermédiaire qui est compatible avec
nos objectifs et qui est réaliste au plan financier. Et c'est ce que le 10-4
nous permet d'atteindre, c'est-à-dire cet équilibre entre ce qui est concret,
connecté à la réalité sociale et respectueux de la situation financière du
fonds.
Ceci dit, on va
certainement profiter de la suspension imposée par nos travaux parlementaires
pour faire une nouvelle réflexion et vous revenir.
Présidente (Mme IsaBelle) : Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve. Il
reste quand même près de quatre minutes à l'échange.
Leduc : Oui. Je trouve ça, M. le ministre, un peu étonnant que vous
utilisiez... que vous disiez que vous êtes inconfortable avec le fait d'imposer ça. C'est l'essence même de votre
mesure, d'imposer un partage des 10 partageables. C'est ça, votre
mesure, vous imposez quelque chose.
M. Boulet :
C'est un partage par les parties.
Leduc : Ça fait que vous ne pouvez pas faire ça, puis après ça je
propose une nouvelle façon de le faire, puis dire : Bien non, ça, c'est trop malaisant. Mais, je veux dire,
c'est ça que vous faites, imposer les 10 semaines partageables. Ça
fait que je n'achète pas beaucoup cet argument-là.
Cela dit, là,
M. le ministre m'a tendu la main, il faut être deux pour danser, et j'accepte
son invitation. Si, à 8-4, l'incidence financière est similaire, voire presque la même que le 10-4 et si 5-4, c'est trop cher, je devine
donc que le terrain milieu est quelque part entre six ou sept. C'est soit 6-4 soit 7-4. Il y a
du jeu, là. Alors, j'aimerais qu'on regarde les scénarios.
M. Boulet : Il négocie, là.
Leduc : J'aimerais qu'on
regarde un scénario. Est-ce qu'à 6-4
ou 7-4 on peut jouer? Et auquel cas je pourrai retirer mon amendement,
Mme la Présidente, et en déposer un nouveau.
M. Boulet : Et ça peut être entre...
Ça peut être huit, neuf ou 10 aussi, le scénario intermédiaire.
M. Leduc : C'est trop tard. Vous
avez dit qu'à 8-4, c'était la même chose que 10. C'est trop tard.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Attendez. Alors, il y a le député de Nelligan qui veut aussi parler.
M. Derraji :
Bien, justement, parce que le ministre vient d'ouvrir une bonne porte et... la
même chose que mon collègue, je
l'invite à réfléchir pendant la pause et, au moment où on est prêts à aller de
l'avant, qu'il nous ramène des scénarios.
Mais je comprends la limite, je dirais, du coût total de la proposition, je
suis aussi sensible à cette question, mais j'aimerais bien qu'il nous
dévoile les scénarios et je pense qu'on va trouver un terrain d'entente pour
aller de l'avant.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Il y a la députée de Joliette également.
Hivon :
C'est juste que je veux revenir. Quand le ministre dit : L'effet n'est pas
le même si c'est cinq versus 10,
c'est sûr que, si on vise un plus grand partage, on se dit : Wow! 10.
Déjà, ça fait que le père va être beaucoup plus là que cinq. Mais, en même temps, s'il n'y a presque pas
de pères qui s'en prévalent parce que c'est trop une grosse bouchée,
bien, quel va être vraiment l'effet? Donc, c'est tout ça qu'il faut mesurer.
Donc, j'imagine
que, vu qu'on arrive avec des coûts plus importants, c'est parce que
vous êtes bien conscient que, si c'est
le cinq à partager, bien, la bouchée est un peu moins grosse, puis il va y
avoir beaucoup plus de pères qui vont s'en prévaloir. Donc, il faut aussi, je dirais, tout
soupeser ça parce que notre objectif, c'est que, oui, les pères en prennent
plus, si possible, beaucoup plus, c'est formidable, mais, si la bouchée est
trop grosse, on n'atteindra pas l'objectif parce qu'il n'y aura pas assez de pères qui vont s'en prévaloir. Donc, je pense qu'il y a
encore du chemin pour trouver le plus juste équilibre dans tout ça.
M. Boulet : Oui, on se comprend
bien.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, compte... Merci pour la belle collaboration et l'échange.
Compte tenu de l'heure, nous suspendons les
travaux. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 59)
Présidente (Mme IsaBelle) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'économie et du travail reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51, loi
visant principalement à améliorer la
flexibilité du régime d'assurance parentale afin de favoriser la conciliation
travail-famille.
Lors de notre
suspension ou lors de la suspension de ce midi, nous discutions de
l'article 5 et, plus précisément, le
sous-amendement déposé par le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Est-ce que, M. le
ministre, vous avez des choses à ajouter sur ce sous-amendement déposé
par le député d'Hochelaga-Maisonneuve?
M. Boulet : Non, je n'ai aucun commentaire,
Mme la Présidente, à ajouter.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions concernant le sous-amendement? Alors, la parole est au député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Quand on s'est quittés pour le dîner, Mme la Présidente, on était
à discuter des variations possibles entre
les différentes propositions. Moi, j'aurais une question, en fait, parce que
si, selon les propres estimations du ministère, du conseil de gestion, l'impact à 10-10 plus quatre est, à toutes fins
pratiques, le même que 8-8 plus quatre et sachant que notre objectif, en tout cas, de mon côté, c'était
de réduire le plus possible l'effet indésiré et indésirable de cette
mesure-là sur le nombre de semaines utilisées par les femmes, pourquoi le
ministre n'a-t-il pas jugé intéressant ou utile de déposer d'emblée à 8-8-4
plutôt qu'à 10-10-4?
La Présidente (Mme IsaBelle) : M. le
ministre, avez-vous une réponse?
M. Boulet : La question,
c'est : Pourquoi ne pas déposer à 8-4 plutôt que 10-4? On va prendre...
Avec votre permission, on va suspendre quelques minutes,
s'il vous plaît.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 38)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
...vous la parole.
Boulet : Merci, Mme la Présidente. Comme anticipé, nous aurions un amendement
à déposer, mais évidemment on a deux options : soit que mon collègue
d'Hochelaga-Maisonneuve retire son projet ou que nous votions son projet
et, par la suite, nous déposerions un amendement
qui, dans sa substance, confirme qu'on serait disposés à ce que, sur
partage de huit semaines par les deux
parents, la mesure incitative de quatre semaines partageables soit accessible.
Alors, c'est le projet d'amendement que nous soumettrions. Alors, voilà,
ça complète, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, député
d'Hochelaga-Maisonneuve, est-ce que vous voulez retirer votre
sous-amendement?
M. Leduc : Bien, on va danser, Mme
la Présidente, on va le retirer.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Est-ce qu'on a le consentement de tout le monde pour retirer le sous-amendement
proposé à l'article 10.1.2?
Consentement? Parfait. Alors, M. le ministre, est-ce que votre sous-amendement
à l'article 10.1.2 est prêt, rédigé?
Boulet : Oui, il est rédigé. Et on pourrait vous le transmettre avant
que je puisse en faire la lecture, que tout le monde l'ait devant... Est-ce que vous l'avez reçu? Non? On va suspendre,
à ce moment-là, puis on va vous le transmettre. Ça va prendre une
minute.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, nous suspendons quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 41)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, si je comprends, M. le
ministre, vous voulez retirer votre
amendement déposé ce matin au paragraphe 10.1.2. C'est bien ça?
Boulet : Oui, on se comprend
bien. Donc, avec le consentement de mes collègues des partis d'opposition, nous retirerions l'amendement
soumis ce matin à 10.1.2.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Est-ce que nous avons le consentement? Parfait, nous avons le
consentement. Vous voulez maintenant déposer un nouvel amendement, toujours au
paragraphe 10.1.2.
Boulet : Oui, un nouvel amendement. Donc : À l'article 5,
toujours, du projet de loi, tel qu'amendé, insérer, après 10.1.1, là,
pour le parent seul, le suivant :
«10.1.2 — donc. Lorsque chacun des parents a reçu huit
semaines de prestations parentales partageables ou, en cas d'option conformément à l'article 18, six
semaines, le nombre de semaines de prestations parentales partageables
est augmenté de quatre semaines ou, en cas d'option, de trois.»
C'est
complet. Donc, voilà, même commentaire que ce matin, c'est toujours : la
mesure incitative, en cas de partage entre les deux parents de huit
semaines cette fois-ci, donne accès à un incitatif de quatre semaines
partageables par les deux. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il des interventions? Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : Merci, Mme la Présidente. J'ai des questions techniques. Dans
la projection initiale, là, sur le plan de 10-10 plus quatre, on nous parlait donc d'un quart d'utilisation des
familles en 2021 et un tiers en 2025 avec un coût de 40 millions, 2021; 60 millions, 2025.
Pour le 8-8 plus quatre, ce qu'on nous a présenté tantôt, c'est que, pour 2021,
on était au même chiffre, à
40 millions, donc je présuppose encore 25 % des familles,
d'utilisation, mais, pour 2025, on est passé à 63 millions, si j'ai bien compris, donc une différence de
3 millions. Ça se reflète combien, ça... comment en pourcentage
d'utilisation des familles?
Boulet : En fait, c'est un écart, en 2025, de 2 millions. Donc,
on avait parlé de 61 millions, dans l'état présenté par notre actuaire la
semaine dernière, alors que le 8-4
nous mène à 63 millions en 2025, ce qui représenterait, une hypothèse,
4 % d'augmentation, donc 4 % plus de familles qui participeraient,
donc, qui se qualifieraient à la mesure donnant accès à l'incitatif de quatre
semaines.
M. Leduc :
Donc, 37 %, si on était un tiers avant, 37 %.
M. Boulet :
Oui, tout à fait, exactement.
M. Leduc :
O.K. Autre question technique, Mme la Présidente. Est-ce qu'à 7-7 plus quatre
on était dans des différences significatives?
M. Boulet :
Je n'ai pas de réponse à donner. Je ne l'ai pas, on ne l'a pas estimé, là.
M. Leduc :
O.K. Est-ce que c'est compliqué à estimer?
M. Boulet :
Est-ce que c'est compliqué à estimer, Claudia?
M. Leduc :
Bien, je ne veux pas étirer le temps plus qu'il faut.
M. Boulet :
Bien, c'est parce qu'on est à 8-4, oui.
Leduc : Oui, oui, oui, je
comprends que je ne vous ferai pas bouger plus que 8-4, mais si... De toute façon, moi, je suis curieux de
savoir ces chiffres-là. Ça fait que si vous... Je pourrais y avoir accès plus
tard.
Boulet : Bien, ce qu'on
pourrait faire, c'est vous les transmettre éventuellement, là, moi, je...
on pourrait... Plutôt que de les faire sur le coin de la table, moi, ce
que je propose, si vous voulez absolument avoir cette information-là, on pourrait vous la transmettre. Moi, je suis prêt
à prendre cet engagement-là, mais, pour les fins de diligence de nos
travaux en commission parlementaire, nous vous soumettons un amendement. Et
moi... on sera prêts, bien sûr, à écouter les commentaires mais à passer au
vote par la suite, là, si...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait. Ça vous convient?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous continuons. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement 10.1.2?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix
par vote nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
La Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
La Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan) pour M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Abstention. Donc, l'amendement 10.1.2 est adopté. Nous poursuivons
maintenant avec l'amendement 10.2. Je ne sais pas si vous voulez le
relire, M. le ministre, l'amendement proposé à 10.2.
M. Boulet :
Donc, à 10.2... En fait, on retirait l'article 10.2 de la
Loi sur
l'assurance parentale proposé par l'article 5
du projet de loi n° 51 et donc on supprimait l'habilitation réglementaire qui était prévue, là, qui permettait au conseil de gestion d'accorder par règlement des semaines de prestations parentales partageables
additionnelles en cas de partage
entre les parents. Puis ça avait été introduit, là, par un amendement
précédent, là. Ça fait que c'était de retirer, essentiellement,
l'habilitation réglementaire qui y apparaissait. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Y a-t-il des interventions? S'il n'y a pas
d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix par vote nominal.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
La Secrétaire :
M. Poulin (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Dansereau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
M. Bélanger (Orford)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis)?
La Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan) pour M. Leitão (Robert-Baldwin)?
La Secrétaire : M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire :
Mme Hivon (Joliette)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Abstention.
Donc, l'article 10.2 de
l'article 5 est adopté et donc retiré. Maintenant, nous allons... Oui, y a-t-il des interventions?
M. Leduc : On est toujours sur
l'article 5?
Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui. Alors, maintenant, nous revenons à l'article 5, oui. Alors,
oui... Alors, nous allons y aller avec la députée de Westmount... C'est
pour ça que vous aviez votre main tantôt, hein? C'est pour ça.
Mme Maccarone : Oui, exactement.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Vous l'aviez
levée depuis tantôt. Alors, la parole est à la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : J'aurais un amendement
à déposer, Mme la Présidente. Alors, je vous demande, s'il vous plaît, de suspendre.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Est-ce qu'il a déjà été acheminé?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui.
Nous allons quand même suspendre quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 53)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, députée de Westmount—Saint-Louis,
à vous la parole pour votre amendement.
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Alors, dans l'article 5,
article 10.1.3 : À
l'article 5 du projet de loi, tel qu'amendé, insérer, après
l'article 10.1.2 de la
Loi sur l'assurance parentale, le suivant :
«10.1.3. Lors
d'une naissance d'un enfant qui présente des incapacités très importantes et
multiples, sont allouées à chacun des
parents cinq semaines de prestations parentales exclusives ou, en cas d'option
conformément à l'article 18, trois semaines.»
m'explique, Mme la Présidente. C'est sûr, quand nous avons fait nos remarques
préliminaires, j'avais quand même mentionné que je trouvais que c'était quand même
un projet de loi où on pouvait avoir un peu
d'ouverture pour penser aussi aux
parents qui donnent naissance aux enfants handicapés. Je pense que c'est vraiment la meilleure place où nous pouvons avoir une considération pour ces
familles. Souvent, puis peut-être ce n'est pas dans le cas des enfants qui sont autistes, peut-être ce n'est pas dans le
cas où on a des enfants qui vont avoir un diagnostic plus tard, mais on sait
que souvent, si on va sur Retraite Québec ou la Régie des rentes, il y
a quand même des critères comment déterminons-nous l'admissibilité au
supplément pour enfant handicapé lors d'une naissance.
trouve que c'est un moment opportun. Ces parents-là sont souvent... à la
naissance de leur enfant, sont devenus proches
aidants. À la naissance de cet enfant-là, la détresse pour ces parents débute,
puis souvent ce n'est pas nécessairement parce que l'enfant est malade, c'est parce qu'on a des rencontres
médicales à l'infini pour supporter cet enfant-là, pour trouver des soins et des besoins. C'est très difficile sur
le couple pour les parents qui donnent naissance à un enfant qui a des
difficultés.
Alors,
je dirais que je pense que c'est très à propos qu'on insère un appui, du
support, de l'aide dans un esprit d'un projet
de loi qui veut reconnaître le rôle du père, qui veut reconnaître vraiment un
rôle plus équitable des deux parents. Mais
c'est une façon ici que nous pouvons vraiment reconnaître qu'il y a souvent des
parents qui débutent leur vie parentale avec des difficultés, et ce n'est pas souhaité. Souvent, c'est une
surprise. Ce n'est pas tout le temps que nous sachions, mais, même si nous sachons d'avance, je pense que c'est
une façon de reconnaître qu'on sait que vous allez avoir des épreuves puis on est là pour vous épauler, on est là pour
vous supporter dans la mesure du possible. Alors, j'espère que ce serait
vu d'un bon oeil du ministre pour avoir une ouverture pour aider ces
familles-là qui sont évidemment très vulnérables.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. M. le ministre.
Boulet : Je vais tenter, Mme la Présidente, de résumer ma pensée, un,
d'abord pour dire que j'ai énormément de respect pour cet amendement-là. J'ai, comme vous le savez, beaucoup de
sensibilité pour les parents qui sont confrontés à des problématiques de santé, particulièrement pour
les enfants en bas âge, et je loue
cet amendement-là, là, parce
que je connais votre état, je sais
votre empathie, votre considération pour les parents qui ont à s'adapter à
cette situation-là qui est aussi prenante.
En même temps, dans le contexte du projet
de loi n° 51, cet amendement-là
nous amène à faire l'inventaire de tout ce qui est accessible pour les
parents des enfants qui ont des situations particulières, comme vous dites, qui
ont des incapacités très importantes et très multiples.
réalise, un, parce que je reviens un peu à l'historique du RQAP, il y avait
une loi... il y a toujours une loi fédérale sur l'assurance-emploi. En 2006, il y a eu négociation d'une entente Canada-Québec, et Québec a sorti du régime fédéral pour créer le
RQAP, dont on est particulièrement fiers aujourd'hui. Puis, souvenez-vous, il y
avait aussi une clause d'équivalence. Il
faut s'assurer que les familles, les parents au Québec aient accès, au minimum,
aux mêmes avantages parentaux que les parents dans le reste du Canada.
Et, quand on regarde
cette loi-là, on réalise qu'il y a des prestations pour proches aidants
d'enfants, puis ça accorde des prestations
aux proches aidants, donc aux parents qui ont à donner, à fournir des soins ou
des soutiens à des enfants. Là, le
concept qui est utilisé, c'est «gravement malade». Donc, les parents peuvent
recevoir jusqu'à 35 semaines de prestations
à un taux de remplacement du revenu de 55 %. Puis ce qu'on me dit, c'est
qu'il y a à peu près 600 parents québécois par année qui ont
recours à ces prestations pour des enfants de moins d'un an.
Donc, ça ne couvre peut-être pas la totalité, là, parce que les concepts ne
sont pas les mêmes d'un programme ou d'une mesure à l'autre, mais, selon
Service Canada, la majorité des demandes au Québec ont été faites dans le but
de prendre soin de bébés prématurés ou de
nouveau-nés qui ont une condition médicale grave. Donc, ça englobe, à mon
avis, le concept qui est soumis dans votre amendement.
je sais que c'est un défi pour le conseil de gestion d'assurer un arrimage avec
les prestations versées en vertu du RQAP
pour éviter la duplication ou pour éviter le double versement. Et c'est sûr
qu'on embarque dans un débat qui est tout autre. Puis je réalise aussi,
en demandant l'inventaire de... parce que vous aviez aimablement, là, je vous
le dis, là, annoncé d'avance cet amendement-là,
ce que j'apprécie beaucoup, mais il y a des mesures aussi. Retraite Québec, il y a des suppléments pour enfant handicapé, il y a un
supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels.
Puis
je regardais les conditions, là, avec les différents scénarios, et on couvre
des réalités comme celle que vous évoquez,
là, les enfants qui ont des déficiences ou des troubles, des fonctions mentales
entraînant de graves et multiples incapacités,
c'est exactement le libellé que vous avez utilisé dans votre projet d'amendement, puis on réfère aussi aux parents.
Il y a différentes hypothèses, mais ce supplément-là pour enfant handicapé
nécessitant des soins exceptionnels fait
partie de l'inventaire des mesures accessibles. Il y a aussi d'autres mesures
d'Ottawa, le crédit d'impôt pour personne handicapée, il y a les
prestations pour enfant handicapé.
Donc,
il y a une panoplie de mesures. Je veux vraiment éviter qu'il y ait de la
duplication, puis malheureusement, entre Ottawa et Québec, parfois, il y
en a. Il faut essayer d'éviter les incidences qui peuvent être onéreuses pour
les contribuables, pour ceux qui paient les
cotisations. Il faut en même temps s'assurer que toutes les personnes qui
vivent les situations que vous évoquez
puissent être soutenues financièrement, humainement, au plan technique et au
plan professionnel.
nonobstant l'immense sensibilité et empathie que nous avons, de ce côté-ci, à
l'égard de votre amendement, il va
falloir qu'on analyse, puis ça, ça va prendre du temps. Il va falloir
collaborer avec Retraite Québec, il va falloir que le conseil de gestion analyse l'impact. Et tout ce
que je peux dire à ce stade-ci : Est-ce
que, «down the road», on ne
pourra pas analyser la
possibilité de faire un projet pilote pour couvrir les situations laissées pour
compte ou non couvertes par d'autres types de prestations? Il va falloir y aller de manière délicate et
approfondie, et, pour ça, ça va requérir beaucoup de temps. On me disait deux mois, trois
mois, peut-être plus que ça, là, mais, à ce stade-ci, là, c'est à peu près tout
ce que je peux dire, là.
le fond, on est vraiment au même endroit, mais, quant à la façon d'atteindre
notre objectif, il y
aura peut-être beaucoup d'avenues à
emprunter, là, mais certainement pas, selon moi, là, par la voie d'un
amendement à notre projet de loi n° 51, mais éventuellement par la voie d'un projet pilote ou d'une autre
façon. Mais sachez que ce que vous aurez réussi à atteindre, c'est... au-delà de notre sensibilisation, il va falloir
faire une analyse approfondie de la situation puis s'assurer qu'on
réponde aux besoins de ces parents-là de façon humaine et adéquate. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : M. le
ministre, merci. Oui, vous pouvez poursuivre.
Maccarone : Oui. Merci beaucoup. Je suis contente de voir qu'il y a
une ouverture du ministre pour un projet
pilote. Je voulais juste préciser un peu... parce que le ministre a fait quand
même un survol des... ce n'est pas des services,
mais, quand même, des programmes financiers qui sont
disponibles pour les parents des enfants handicapés, entre autres lourdement handicapés. Mon
intervention, ce n'était pas nécessairement pour de l'argent, c'était plus
pour le temps, le temps pour aider ces
familles, juste pour mieux expliquer la pensée que j'avais en déposant cet
amendement.
Parce que, si
on fait le survol que le ministre a fait gentiment pour nous, la seule place,
dans le fond, où il nous manque un
peu un appui, c'est dans le RQAP. Puis c'est un appui, comme j'ai mentionné,
pas financier qui est souhaité, mais
plus du temps qui est souhaité pour aider ces parents, puis non seulement pour
les parents qui donnent naissance à des enfants qui sont lourdement
handicapés, mais aussi des enfants qui sont handicapés, que ça prend du temps à
avoir de l'aide ou faire application pour avoir un soutien financier.
Et, quand je
dis ceci, je ne veux pas négliger que la demande aussi, à l'intérieur de
l'amendement, ce n'est pas pour l'enfant
nécessairement. Ça, c'est pour les parents. Les soins que les parents
reçoivent, financiers, souvent, c'est pour
aider parce qu'ils ont des besoins ponctuels en matière de santé et services
pour aider leurs enfants, alors pour payer pour des services
professionnels, pour des soins à domicile, pour des équipements, pour des
médicaments, etc.
l'intérieur du projet de loi n° 51, je voyais plus une aide pour les parents, car
ils sont les proches aidants, et on a très
peu de choses pour les parents qu'ils peuvent vraiment appliquer pour dire : Mais voilà, je suis face à quelque
chose, c'est tout nouveau pour moi. Non
seulement que je viens... je suis maintenant un parent, mais je suis face à un
défi qu'à ce moment-là c'est exponentiel.
Puis le
ministre, la semaine passée, quand j'avais mentionné que j'avais une intention
de venir, m'avait demandé... pas
nécessairement de le chiffrer, mais on parle de combien d'enfants. Alors,
j'avais fait un peu de recherche auprès de l'Office des personnes handicapées du Québec, puis, on sait, suite au
dernier recensement, les chiffres de 2017, pour les 0-5 ans, on
parle de 6 700 enfants; pour les 0 à 17 ans, juste pour nous mettre
un peu le positionnement, on parle de 260 000
enfants. Alors, on parle de très peu de personnes, je pense, à l'intérieur d'un
projet de loi qui va avoir un impact sur des milliers, puis des
milliers, puis des milliers de parents.
Quand on
parle de moins de 7 000 personnes qui pourront en bénéficier, je pense que
le coût pour aider ces parents en
leur donnant du temps est minime, avec le retour sur l'investissement, dans le
fond, parce que... c'est ça, parce que, quand les parents vont avoir un cinq semaines qu'ils vont pouvoir
utiliser plus tard... parce que c'est après les congés qu'on propose
qu'ils utilisent ceci pour avoir un peu de flexibilité pour retrouver de
l'aide, pour retrouver des soins ou des services,
pour trouver de l'aide pour eux-mêmes aussi, parce qu'il faut consulter. Mon
collègue, c'est sûr, il va probablement partager qu'on connaît tous des
familles qui se sont séparées lors de l'arrivée d'un enfant handicapé dans leur
vie.
Alors, je
suis contente de savoir qu'on a une ouverture pour un projet pilote. C'est sûr,
j'aurais voulu le voir un peu à
l'intérieur de la loi actuelle, mais je comprends aussi que c'est complexe.
J'aurais voulu trouver, peut-être, une autre manière de le faire pour être plus rapide, pour que ça soit inclus
actuellement, mais je comprends aussi que c'est un défi, puis ce que je demande, c'est peut-être nouveau.
Je serais prête à suspendre l'amendement, le retirer, pour trouver un
autre moment qui est peut-être plus
opportun, de déposer plus tard pour donner du temps, trouver une autre façon de
l'intégrer, s'il faut. Je suis flexible,
parce que, dans le fond, c'est quelque chose, évidemment, qui est souhaité et
cher pour moi, hein, pour aider ces familles.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui.
Député de Nelligan, oui.
Derraji : Mme la Présidente, juste, à la lumière de ce que ma collègue vient de présenter,
j'ai senti, au début, au niveau de la réponse de M. le ministre, de la
sensibilité par rapport à cette question. Au-delà du détail technique, parce que je sais qu'il y a une préoccupation par rapport à ce que le conseil de gestion n'a pas eu le
temps d'explorer l'idée, j'ai senti votre
ouverture par rapport au projet
pilote. Mais, au-delà du projet pilote, ça va nous permettre
d'analyser, pour quelques minutes, la question et interpeler les gens du
conseil par rapport à la question.
Je pense
qu'on a quand même une occasion en or d'inclure au même niveau... parce que je
reviens toujours au libellé. Le
libellé initial, on parle d'une naissance. Là, c'est des naissances, mais des
naissances avec un handicap. Donc, pour moi, là, c'est ça, le principe,
le principe que... est-ce qu'on est équitable, le traitement des naissances?
Au-delà de
tous les paramètres, je suis d'accord avec le ministre, Mme la Présidente,
quand il a... L'ensemble des arguments
qu'il a mis sur la table, c'est que la naissance telle quelle est un événement
heureux pour plusieurs familles, mais fort
à constater que, pour certaines familles, ça devient un fardeau, surtout les
premiers jours, et c'est ce que ma collègue a essayé, depuis tout à l'heure, de mettre et de nous sensibiliser. Nous
avons tous, autour de nous, des familles qui ont souffert, je dirais, du
manque de temps, d'absence d'accompagnement. Ça, c'est des faits.
Je pense que
le ministre a cette occasion, que je qualifie en or, mais même nous tous, au
sein de cette commission, de voir un
moyen. Je ne sais pas, est-ce que... Je n'ai pas accès à toutes les
informations, parce que je n'ai pas parlé avec le conseil de gestion, et je comprends les limites que le ministre nous
a exposées, mais prenons un peu de temps. Je nous invite tous à
réfléchir.
Et je ne veux surtout pas que le ministre pense
qu'on est en train de compliquer la situation, au contraire. J'ai senti sa sensibilité. Je suis sensible à cette
question que ma collègue évoque. Je connais personnellement des cas où
ça a été très difficile. Les gens demandent du temps.
Si ça... pour
aider la réflexion, suspendre un peu et parler entre nous, moi, je suis ouvert,
mais prenons, s'il vous plaît, le
temps, du moment que l'amendement, il est là, d'avoir une réflexion en
profondeur à cette naissance qui nécessite probablement plus
d'attention.
Boulet : Deux commentaires, puis là c'est des... peut-être un
commentaire un peu plus technique. Tu sais, vous mentionniez : Les parents ont besoin de temps, ce n'est pas de
l'argent, ce n'est pas des prestations, c'est du temps, puis je le comprends très bien,
cette réalité-là. Il faut cependant souligner que le RQAP, c'est un régime
d'assurance qui remplace un revenu
pour les parents, un petit peu comme la
Loi sur les accidents de travail,
maladies professionnelles, qui est un régime
d'indemnisation, on verse des indemnités de remplacement de revenu s'il
survient un événement au travail qui génère
soit un accident de travail ou une maladie professionnelle. Et le RQAP est de
même nature, il y a des
cotisations versées par des employeurs et
des travailleurs qui génèrent des prestations en cas de l'événement x, y ou z.
Ça fait qu'il faut juste être prudent. Ça me fait réaliser à quel point
c'est une question que nous devons approfondir véritablement au plan technique.
Puis là je pensais à
des articles de la
Loi sur les normes du travail, tu sais, les 10 jours de
congé maladie, dont deux jours sont
rémunérés. Et le gouvernement qui nous a précédés a la paternité d'un vaste
projet de révision de la
Loi sur les
normes du travail, qui est entré en
vigueur le 12 juin 2018, et vous avez instauré notamment les 10 jours
qui existaient, mais dont deux jours
rémunérés. Et il y a des congés sociaux aussi dans la
Loi sur les normes du travail. Ça m'amène à dire : Il y a peut-être
aussi une réflexion parallèle à faire sur des dispositions nouvelles qui
pourraient potentiellement être intégrées à la
Loi sur les normes du travail,
mais c'est un débat, selon moi, qui est parallèle, là.
Derraji : Mais, en tout
respect, Mme la Présidente, je ne pense pas qu'on parle de la même chose.
Là, on parle de naissance, et le
régime... Et d'ailleurs je vous
félicite pour le nom : la flexibilité. Le nom, il est très bien choisi, M.
le ministre : la flexibilité du régime
d'assurance parentale. Gardons ça en tête, soyons flexibles. Là, on parle d'une
naissance, et ma collègue l'a très bien expliqué, qui présente des incapacités
très importantes et multiples. Donc, on parle d'une naissance qui est... À la définition même de la naissance, elle est un
peu particulière. Et c'est là où ma collègue nous invite à avoir une
attention et une sensibilité particulières par rapport à ce genre de naissance.
Oublions les lois...
Et vous avez raison d'évoquer ces lois et merci
d'évoquer la paternité de notre ancien gouvernement à ce que vous venez de dire. Merci. Il n'y a pas que du mauvais dans les 15 ans
parfois, hein? C'est très bien de le mentionner qu'il y a quelque chose
de très bon. À force d'écouter qu'il n'y a que du mauvais, parfois, il faut
savourer quand le ministre dit qu'il y a du bon.
M. Boulet :
...par faire des bonnes choses, hein?
Derraji : Le régime, je
tiens à le rappeler que ça a été inauguré en 2006, hein? On peut continuer à en
parler, si vous voulez, mais revenons à
l'essence même. Et vraiment je sais que M. le ministre est quelqu'un
d'extrêmement intelligent et il comprend très vite ce que je
veux dire. Là, on parle de deux choses différentes. Une naissance avec
un régime flexible, je pense qu'on a pas mal
répondu, et le projet de loi va répondre à plusieurs cas, y compris
l'implication du père, y compris les congés
partageables. Et il y a un sentiment
d'équité que j'aimerais bien que ce projet de loi atteint, et de
flexibilité par rapport à une catégorie que ma collègue vient de mettre sur la
table.
pose la question à M. le ministre. Est-ce qu'aujourd'hui il est très à l'aise
de dire que, par rapport aux naissances, pour des personnes avec des incapacités très importantes, son projet de
loi, il est équitable, abstraction faite aux lois sur les normes, abstraction faite aux autres congés,
les deux jours? Là, on parle parfois à des naissances avec des
incapacités importantes et parfois multiples. Donc, ce n'est pas une naissance
normale, qui oblige une implication davantage des deux pères, ou du père, ou de
la mère.
Donc,
partons de ça, de cette question, Mme la Présidente, et après on va s'entendre
sur les moyens comment ne pas oublier... Et d'ailleurs, je le salue, il
a très bien répondu à la question des monoparentales, mais je pense que cette
catégorie de personnes mérite aussi une attention particulière.
Boulet : Mme la Présidente, je vais revenir à mon commentaire
précédent. Sur le fond, sur la réalité humaine, évidemment qu'on partage
les mêmes intérêts, évidemment qu'on a la même humanité à l'égard des parents
qui ont à s'adapter à une réalité d'une personne qui... d'un enfant qui est
lourdement handicapé. Puis je sais que ça génère des séparations, j'en ai vu autour de moi. Puis c'est la raison pour
laquelle je reviens sur votre propos, quand vous mentionniez : Ce n'est pas des prestations, c'est du temps. Et
le RQAP, à votre question, oui, il est équitable, oui, il est généreux à
tous égards pour le remplacement du revenu.
Comme je mentionnais, c'est un régime d'indemnisation, on remplace le
revenu, comme la
Loi sur les accidents de travail, maladies professionnelles.
on me rappelait qu'il y a eu un comité qui a été formé avec l'Office des
personnes handicapées du Québec pour donner
du temps. Parce que, là, on parle d'un projet de loi de versements de
prestations parentales, et, en ce qui concerne le temps, ce comité-là devait analyser les façons,
les meilleures façons de donner du temps ou pour conférer du temps aux parents d'enfants gravement handicapés. Puis cette
prestation-là à laquelle je référais tout à l'heure, elle est issue des
travaux de ce comité-là, et ils ont élargi
ce qu'ils appellent le supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins
exceptionnels. Et j'ai regardé les
conditions tout à l'heure, puis ça répond à votre souci d'avoir du temps pour
les parents qui ont des enfants qui sont particulièrement handicapés.
fait que tout ça pour vous dire, il faut faire une analyse beaucoup plus
poussée, il faut faire un inventaire des mesures, tant à Québec qu'à Ottawa, pour soutenir financièrement et
soutenir pour le temps qui est requis, le temps dont les parents ont
besoin. Et ça, ça va aussi nous demander de voir c'est quoi, les impacts, c'est
quoi, les...
c'est la raison pour laquelle moi, je vous passe un message. Les projets
pilotes, on verra dans le temps, après avoir
analysé, fait l'inventaire de tout ce qui est couvert, s'il y a des situations
laissées pour compte, puis là ça peut peut-être ouvrir la porte à un projet pilote où ça sera un remplacement de revenus
et, en plus, pour permettre... pour donner du temps aux parents qui sont
dans cette situation-là. C'est un peu mon raisonnement.
Puis
peut-être qu'un jour on récupérera la portion de la loi fédérale sur
l'assurance-emploi, faire un peu ce qui a été fait en 2006, récupérer ça
puis le gérer de Québec. Moi, je me dis, peut-être que, dans deux ans, trois
ans, c'est la réflexion qu'on pourra partager tout le
monde ensemble. Merci, madame.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Député de Nelligan.
M. Derraji :
Oui. Juste récapituler un peu ce que le ministre vient de dire. Il n'est pas
contre l'idée, si j'ai bien compris. C'est juste, il ne voit pas de place à cet
amendement ici. Est-ce que j'ai bien compris?
M. Boulet :
Vous avez bien compris.
Derraji : Excellent. On va
faire comme dans son ancienne vie professionnelle. Deuxième question :
Vous pensez qu'il y a des situations où
certaines familles seront probablement... ou ne vont pas bénéficier... ou vont
vivre des situations particulières, notamment par rapport à la clientèle
que ma collègue vient d'exposer?
M. Boulet :
Bien, comme je vous ai mentionné, il y a tellement de mesures avec Retraite
Québec, ce que j'ai mentionné tout à
l'heure, le supplément pour enfant handicapé, pour enfant handicapé nécessitant
des soins exceptionnels, il y a les crédits d'impôt, il y a l'allocation
canadienne pour enfant, il y a les prestations...
Bon,
ce qui est dans la loi fédérale sur l'assurance-emploi, c'est les prestations
pour proches aidants. Oui, ça vise cette
situation-là, et, oui, on a, au conseil de gestion, à gérer des situations de
«double-dipping», là, ou de duplication, et on essaie d'assurer, dans la perspective de flexibilité, un arrimage qui
est adéquat pour éviter que des personnes bénéficient d'argent, autant
d'Ottawa que de Québec, pour des situations similaires, oui.
Derraji : ...ma troisième question
et la dernière. Avant, je dois discuter avec ma collègue aussi. Et je comprends l'argument aussi du conseil de la gestion et votre argument. Pour qu'on
soit juste, je dis juste, comment le ministre voit le projet pilote dans
ce cas?
Boulet : Moi, je me dis, le projet pilote, c'est un message
d'ouverture à des réalités sociales ou des réalités humaines nouvelles qui vont naître, qu'on ne peut
peut-être pas imaginer en date d'aujourd'hui. Il y en a que oui, dont on
a fait état au moment des consultations avec
les groupes qui sont venus en commission parlementaire, mais, après
avoir fait l'examen, l'inventaire, les
incidences, est-ce qu'on peut peut-être réaliser, dans deux ans, trois ans, que
la situation qui est soulevée par
notre collègue... bien, on réalise qu'il y a des situations qui ne sont pas
couvertes par les mesures actuelles? Est-ce
qu'on ne pourrait pas mettre en place un projet pilote d'une durée limitée dans
le temps, voir, tester, voir si ça répond effectivement à des besoins? Quelles sont les implications sociales et
financières? Puis après ça on peut, entre guillemets, permanentiser le
projet pilote, mais je pense que ça requiert...
à quoi... Je pense que l'amendement va déboucher sur une analyse. Puis là je ne
peux pas m'engager en termes de
temps, mais peut-être qu'au bout de six mois, peut-être au bout d'un an, un an
et demi, ça va... on va tous ensemble réaliser que ça serait pertinent
de mettre en place un projet pilote, là, en vertu de l'habilitation
réglementaire que le ministre pourra avoir dans la
Loi sur l'assurance
parentale.
Derraji : ...juste pour comprendre la réflexion. Vous voulez que, dans
l'énoncé d'un projet pilote, le conseil de la gestion étudie la question soulevée par ma collègue. Vous allez
vous donner, quoi, six mois, un an d'étude. Après analyse de six mois à
un an d'étude, si la problématique justifie une intervention, là, dans ce cas,
vous allez procéder.
Boulet : On pourrait procéder, puis, en même temps, la réforme... Là,
ce n'est pas que du positif, là, mais la réforme profonde que vous avez faite de la
Loi sur les normes du travail,
qui est entrée en vigueur le 12 juin 2018, vous aviez à analyser ces situations-là, les soins, les
congés pour les parents qui ont à prodiguer des soins à des enfants.
C'est pour ça que vous avez ajouté le deux jours rémunérés, c'est pour ça que
vous avez amélioré les congés sociaux. À la naissance
de l'enfant, il y a des congés qui sont rémunérés puis il y en a qui ne sont pas rémunérés. Vous avez fait cette
analyse-là, et la
Loi sur les normes du
travail, elle est celle dont nous avons hérité quand on est arrivés au pouvoir.
Ça fait que cet examen-là, il a été fait dans le contexte de la révision aussi
de la
Loi sur les normes du travail.
Ici,
ce que je vous dis, dans l'état actuel des choses, parce que c'est un régime de
remplacement de revenus, ce que notre collègue veut, c'est du temps. Bien, il y en a
du temps qui est conféré par beaucoup de mesures existantes. Ce que je dis au collègue de Nelligan : Est-ce que, dans un an et demi, on va avoir réalisé, ou dans un an, qu'il y a
des familles qui ne sont pas
couvertes par ni les mesures fédérales ni les mesures québécoises
et que ça requiert une intervention soit législative dans le contexte de la
Loi sur les normes du travail ou un projet pilote dans le contexte du Régime
québécois d'assurance parentale? Moi, je ne suis pas fermé, mais on va certainement
analyser la situation.
Puis
il va... Puis ce que j'ai mentionné, puis je le redis, peut-être
que ça va déboucher sur une volonté de rapatrier ou de récupérer cette portion-là de la loi fédérale
sur l'assurance-emploi, ce qu'on appelle la prestation pour proches aidants d'enfants. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Maintenant, la parole est à la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Juste pour
corriger, je regrette que j'aie dit le temps, parce que, dans le fond, évidemment, le temps égale
une compensation financière, mais c'est juste dans les yeux des parents, la
façon qu'eux, ils vont voir ça, c'est d'avoir plus de temps pour aider
leurs enfants, plus de temps pour s'organiser, plus de temps pour faire un
deuil, plus de temps en couple pour se
stabiliser. C'était ma pensée. Je comprends très bien qu'évidemment ça égale une compensation
financière.
Puis, de
toute la liste que le ministre a quand même établie pour nous, la façon que je
voyais ça... Puis je comprends, oui,
que c'est complexe puis je comprends qu'il y aura un projet pilote dans le
futur. Mon collègue a quand même établi un peu les critères puis les paramètres, mais il y a très peu pour la
naissance, puis c'est ça qui est manquant. Puis c'était
pour ça que j'étais contente de déposer un amendement, parce que ça va être
complémentaire, je pense. Ce ne serait pas du «double-dipping» nécessairement
pour ces parents.
Quand on est
prêts à aider les parents qui vont donner naissance à une double grossesse ou
des parents qui vont adopter, parce
qu'on sait que c'est quand même des situations qui sont particulières, et on a
besoin d'aider et supporter ces familles,
bien, c'est aussi la même chose pour les parents qui donnent naissance à des
enfants handicapés. C'était la façon que je l'ai vu, parce qu'il n'y a
pas beaucoup de soutien qui sont là immédiatement lors d'une naissance des
enfants.
Puis ce
serait vraiment une belle façon... Ça fait que, si on dit Retraite Québec, on
dit le... le soutien handicapé, le crédit
d'impôt, les prestations pour proches aidants, j'aimerais ça voir le RQAP
aussi. Je pense que c'est ce qui est manquant sur la liste parce que
c'est quand même un temps particulier dans la vie de ces parents, surtout que,
souvent, ils ne s'attendaient pas ou ils ne
savent pas comment se préparer, malgré que ça se peut qu'on le sait d'avance,
mais ce n'est jamais la même chose quand on est face à l'événement.
Alors,
c'était de cette façon-là que je l'ai vu. Ça fait que, honnêtement, je vais
avoir un peu de la misère à parler avec
la communauté dont je représente, si je dis : Oui, oui, on était prêts à
donner plus de temps aux parents qui donnent naissance à des grossesses multiples mais pas nécessairement pour les
parents qui donnent naissance à un enfant handicapé. Ce serait vu de
cette façon-là puis c'est très complexe à expliquer.
Boulet : Non, mais je
comprends très bien. Puis effectivement, tout à l'heure, vous aviez
dit : Ce n'est pas du revenu
dont les parents ont besoin, c'est du temps. Excusez-moi d'avoir cheminé sur
cette déclaration-là, mais ça m'amène à
dire... à raffermir mon opinion que l'hypothèse d'un projet pilote est
plausible, là, parce que, si c'est du remplacement de revenus perdus
en raison de cette situation humainement délicate, il va falloir penser à un
projet pilote. Puis, dans l'habilitation
réglementaire, on parle de règlement et on dit même prévoir des cas où le
nombre de semaines de prestations, soit parentales ou d'adoption, peut
être augmenté.
Ça fait que prévoir des cas, ça implique... Oui,
c'est peut-être un cas qui, après examen... Puis on va le faire, l'examen, là, dans le temps, je le dis puis je le
répète, mais, si ce n'est pas déjà couvert par des mesures soit fédérales
ou québécoises, on va faire... on va établir les paramètres d'un projet pilote
puis on va aller de l'avant.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. On avait une intervention de la députée de Joliette avant. Alors,
députée de Joliette.
Hivon : Oui, je veux juste bien comprendre quand le
ministre fait référence à un possible projet pilote pour le cas qui nous occupe. Moi, dans mon esprit, un
projet pilote, c'est un projet qui peut s'appliquer dans un secteur
donné, avec un petit groupe ciblé, mais je
voudrais juste comprendre. Un projet pilote, dans ce cas-ci, on ne pourrait pas
se mettre à discriminer entre les parents qui pourraient bénéficier du
projet pilote ou non, dans le sens où toute famille qui a, à la naissance, un enfant qui présente un handicap
sévère ou qui se qualifierait, par
exemple, en vertu du type de proposition
d'amendement qui nous est fait, il faudrait qu'elle soit incluse dans le projet
pilote? J'essaie juste de comprendre.
Quand le ministre
dit : On va faire une analyse, je comprends. Quand il dit : Ça
pourrait déboucher sur un projet pilote, je veux juste comprendre ce qu'il a en tête par
un projet pilote. Parce que, pour moi, c'est soit on
l'offre... Je veux dire, il y a
une question d'équité là-dedans, là. On ne se mettra pas à
faire un projet pilote pour une
partie des parents qui ont un
enfant qui naît avec un lourd handicap.
M. Boulet : Non, je suis totalement d'accord,
je pense qu'on parle... puis on a exactement le même langage. Il faudrait faire un examen puis un comparatif des
conditions d'éligibilité ou des conditions d'admissibilité des
diverses mesures de Retraite Québec, puis de Québec, puis de ce qui est consenti en vertu de la loi
fédérale sur l'assurance chômage. Et
on pourrait réaliser qu'il y a une catégorie de parents d'enfants handicapés qui ne
bénéficient pas de rien, parce qu'ils n'ont
pas... ils ne répondent pas aux critères d'admissibilité ou d'éligibilité. Et c'est ce groupe-là, qui pourrait être considéré comme étant laissé pour compte, qui pourrait faire
l'objet d'un projet pilote, mais il ne faudrait pas qu'il y ait
de discrimination. Ça, je suis totalement d'accord, il faudrait que ce
soit un groupe cohérent avec l'unité requise pour mettre en place un projet
pilote.
Mais je ne le
sais pas, c'est purement hypothétique, là, à ce stade-ci. Je ne serais vraiment
pas capable de répondre à savoir...
Puis peut-être, puis je me fie à ma collègue,
qui peut peut-être le prétendre, mais moi, je ne le sais pas, il y a peut-être des parents qui n'ont
accès à rien. Et ça, c'est possible, et ça pourrait faire l'objet d'un projet pilote. Ce serait des cas qui justifieraient de mettre en place un projet
pilote, selon moi, mais, en même temps, il faut toujours ne jamais perdre de
vue que c'est un régime de remplacement de revenus.
Puis là, avec
vos nouveaux propos, je réalise qu'au-delà du temps c'est aussi une prestation,
et là il va falloir aussi considérer l'impact sur la cotisation, puis
quel serait le taux de prestation, et autres.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Donc, nous allons... Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Député de Nelligan?
M. Derraji : ...juste quelques
secondes.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : D'accord. Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 42)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous reprenons. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement de la députée Westmount—Saint-Louis? À vous la parole, d'ailleurs.
Mme Maccarone : Merci beaucoup.
C'est sûr, on ne se connaît pas beaucoup, moi et le ministre, mais...
M. Boulet : ...on se connaît quand
même professionnellement aussi.
Mme Maccarone : Oui, oui, je pense
que... J'étais pour dire que, malgré que peut-être on ne se connaît pas beaucoup personnellement, professionnellement on
se connaît. Puis je pense qu'à ce sujet-là les gens me connaissent
un peu, que c'est une clientèle que je vais
continuer à défendre. C'est très important pour moi personnellement, c'est
très important pour moi dans ce que je fais ici comme travaux à l'Assemblée
nationale.
Alors, pour
mieux travailler de mon côté, j'aimerais savoir un peu... parce que je vais
continuer à travailler en amont avec
le ministre pendant que lui, il va établir les paramètres pour un projet
pilote. Ce serait quoi, les critères que le ministre mettra en place pour un tel projet pilote, comme,
par exemple, un début, une fin? Combien d'argent serait mis de côté pour
ceci? Est-ce qu'il y a des limites dont je devrais être au courant pendant que
je fais les travaux de mon côté? Je veux mieux
me placer quelque part pour travailler ensemble puis pour mieux comprendre
comment le ministre a l'intention de travailler à l'intérieur de ce
projet pilote.
Boulet : Deux commentaires. Un, moi, je fais de la politique aussi
parce que je veux répondre à des situations humaines