House Proceedings — 6 February 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
2019-02-06
Quebec — Debates (Hansard)
Jewish parents, German citizens, had come to Canada in 1937, and young Nathan
was determined to fight the Nazis and defend his adoptive home. He had taken every step at his
young age to become a Canadian citizen, but he died before it could happen. His brother Jon, now 91, and family friend
Gerald Rudick have led a tireless campaign to have him declared
posthumously a citizen. That, sadly, is impossible.
am honored, Mme la Présidente, to take this modest step and enter Sergeant
Dlusy act of bravery and allegiance to his country into
our permanent Assemblée nationale record.
Qu'il soit clair que
Nathan Dlusy, à nos yeux, s'est donné la vie pour son pays.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole au député de Masson.
M. Lemay : Merci, Mme la
Présidente. Dans le cadre de la semaine de la valorisation de la profession de l'enseignement, j'ai aujourd'hui l'honneur de
souligner le travail hors pair d'une enseignante d'arts plastiques de l'école
des Hauts-Bois à Mascouche, soit Marie-Claude Vezeau.
Marie-Claude, c'est une passionnée des
arts qui a récemment été récipiendaire de la bourse provinciale-territoriale.
Il s'agit d'un prix attribué par la
Société canadienne d'éducation par l'art afin de récompenser l'enseignant
d'arts plastiques s'étant le plus
démarqué par son dévouement et qui a su rayonner dans son milieu. La lauréate
ne manque pas d'idées. Sa passion
pour les arts est contagieuse auprès de ses élèves de la première à la sixième
année. Entrez dans sa classe et vous en serez convaincue.
D'ailleurs,
dès le 12 février, et ce, pour deux mois, l'un des projets de l'enseignante et
de ses élèves sera présenté au Musée des beaux-arts de Montréal. On
parle ici de vieux appareils électriques avec de fausses diapositives qui
représentent un moment heureux d'où sortent des mots que les élèves aiment et
d'autres moins.
vous invite donc à aller admirer cette oeuvre artistique conçue par des élèves
et une enseignante qui a à coeur le rayonnement du milieu par le biais
des arts. Bravo, Marie-Claude! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le député de Jean-Talon, la parole est à vous.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Bénévoles d'expertise a remis, en décembre dernier,
son prix Reconnaissance bénévole
expert engagé à M. Denis Lafrance, qui est un expert comptable retraité,
mais toujours actif comme consultant.
Alors,
c'est fort de ses 40 années d'expérience que M. Lafrance a choisi de
s'impliquer au sein de l'organisme Bénévoles
d'expertise afin de transférer ses connaissances et ses compétences à des
organismes à but non lucratif de la grande
région de Québec. Et, au cours des quatre dernières années, c'est 35 mandats
qu'il a réalisés, c'est plus de 300 heures qu'il a investies auprès de
27 organismes de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches.
C'est un bon
communicateur. M. Lafrance se démarque dans sa relation avec les gens par
son savoir, son savoir-faire et un
savoir-être qui incitent ses interlocuteurs à écouter et à passer à l'action.
Je lui exprime ma plus vive reconnaissance pour son engagement
exceptionnel et je vous remercie, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Mme la députée de Verchères, la parole est à vous.
Mme Dansereau : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais
souligner le 45e anniversaire du 57e Groupe de scout de Sainte-Julie, présidé par Mme Valérie
Latulippe. Cette organisation est très présente dans la communauté
du comté de Verchères.
scouts, c'est l'apprentissage par le jeu chez les plus jeunes et par l'action
chez les plus vieux. Le Groupe scout de
Sainte-Julie compte près de 75 jeunes qu'il divise en unités, soit les
castors, les louveteaux, les éclaireurs et les pionniers, sans oublier les adultes bénévoles réguliers et
les nombreux parents qui s'impliquent. Le 22 février prochain, ils souligneront
cet anniversaire durant un camp à la colonie des Grèves de Contrecoeur.
Encore
une fois, toutes mes félicitations au 57e Groupe de scout de Sainte-Julie pour
leurs 45 ans de vie! Merci,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le député de Bourget, la parole est à vous.
M. Campeau : Merci,
Mme la Présidente. Ce matin,
j'aimerais souligner la 10e édition du Carnaval de Guybourg, qui aura lieu ce dimanche dans le comté de Bourget.
L'organisateur est le Centre de loisirs et d'animation culturelle de Guybourg, appelé aussi Le CLAC de Guybourg, qui
offre des services comme des cours de théâtre et d'improvisation.
Depuis
la fermeture de l'école de Guybourg, cet établissement, Le CLAC, offre également
un service d'accueil pour les jeunes
du primaire du quartier, qui est enclavé entre la rue Notre-Dame, telle que
nous la connaissons, et la base militaire
de Longue-Pointe. Il y a une salle de spectacle, Olivier-Guimond, qui peut
être louée avec des services de techniciens du son pour ceux qui le
désirent.
Dans
ce quartier pauvre de l'est de Montréal, Le CLAC de Guybourg est le dernier rempart
contre le dénuement qui menace ces
rues. C'est un dénuement qui a forcé les résidents à mettre sur pied un groupe
citoyen pour la revitalisation du quartier afin d'attirer des commerces
qui étaient disparus.
Pour
conclure, j'aimerais saluer le dévouement des administrateurs et surtout
inviter les gens du quartier à se déplacer pour...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Merci, M. le député. Mme la
députée de Brome-Missisquoi, la parole est à vous.
Mme Charest : Merci,
Mme la Présidente. J'aimerais
profiter de la tribune qui m'est offerte aujourd'hui pour féliciter Julie Zeitlinger et Jérémy Fontana,
propriétaires de la station de montagne Au Diable vert, située dans notre
comté, dans la magnifique région de Glen Sutton.
28 janvier dernier, Au Diable vert s'est mérité le dernier... pardon, le prix
du meilleur lieu de villégiature au pays
2019, au dernier World Travel Awards, pour la nouvelle attraction National
Geographic ObservÉtoiles. Situé à flanc de montagne à plus de 1 000
pieds d'altitude, ObservÉtoiles est
le premier planétarium extérieur de
réalité augmentée au monde permettant
de voir simultanément le véritable ciel nocturne et la superposition digitale
des constellations avec le nom des étoiles et des planètes. Cette
attraction fait rayonner avec fierté notre région au-delà des frontières du
pays.
C'est
donc en mon nom et au nom de tous les citoyens et citoyennes de
Brome-Missisquoi que je souhaite longue vie à la station Au Diable vert.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le député de Matane-Matapédia, la parole est à
vous.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, aujourd'hui, je tiens à transmettre à tous les employés de
la traverse Matane—Baie-Comeau—Godbout un message de soutien pour leur travail
depuis l'arrêt du F.-A.-Gauthier, le 17 décembre dernier.
Depuis
les dernières semaines, près d'une cinquantaine d'employés s'affairent à
déployer et gérer des mesures temporaires
afin d'assurer un service de traverse entre la rive sud et la rive nord. La
mise en place du service aérien, le remplacement
du F.-A-Gauthier par trois autres navires ont demandé et demandent toujours
beaucoup de travail. Ils ont à coeur de servir leurs concitoyens et d'assurer
un service de traverse pour l'ensemble des utilisateurs de notre région.
Ils ne sont nullement en cause dans la
situation actuelle, qui relève davantage de la mauvaise administration de la
Société des traversiers du Québec.
terminant, je tiens à remercier chacune de ces fières travailleuses et fiers
travailleurs pour leur dévouement et leur professionnalisme. Merci à
toutes et tous. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le député de Chauveau, la parole est à vous.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Il me fait plaisir aujourd'hui de rendre hommage à une artiste de Lac-Beauport aux talents
remarquables et remarqués, Mme France Bouchard.
France
est une photographe professionnelle dont la qualité du travail a été maintes
fois reconnue. Et l'année 2018 a été particulièrement faste pour elle puisqu'elle
a été nommée photographe de l'année au Québec deux fois plutôt qu'une. En effet, l'association des photographes
professionnels du Québec ainsi que l'association des photographes
professionnels du Canada,
section Québec,
lui ont toutes deux remis ce titre. C'est-à-dire à quel point la qualité de son travail fait
l'unanimité, y compris par ses pairs.
France
a fait ses études en graphisme, en communications et en photographie. Elle
pratique son art depuis plus de 20
ans dans son studio de Lac-Beauport avec la même passion qu'à ses débuts.
Bravo, France, et continuez votre beau travail! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Maintenant, Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré,
nous vous écoutons.
Mme Foster : Merci, Mme la
Présidente. Ce matin, c'est avec grande fierté que je souligne la création de
la Corporation de mobilité collective de Charlevoix.
Depuis le 3 janvier dernier, les
partenaires et les acteurs de Charlevoix se sont dotés d'un outil indispensable
afin d'améliorer la mobilité sur leur
territoire. Cette organisation vise à développer une expertise forte en matière
de transport de personnes dans un
contexte de changement démographique, de concentration de services et de
développement touristique. Elle vise
à offrir une alternative durable à l'acquisition d'un deuxième ou d'un
troisième véhicule. Elle offrira également aux touristes l'accès à un réseau
de transport pour se déployer vers les nombreux attraits de notre magnifique
région.
Avec ce nouveau
guichet unique, les acteurs sont désormais prêts à saisir ensemble toutes les
opportunités de développement. Ils ont été
innovateurs et ils ont fait du transport de personnes une priorité que je suis
fière aujourd'hui de souligner en cette Chambre.
Dans
notre vaste comté, la mobilité constitue un défi de taille, et la Corporation
de mobilité collective de Charlevoix y répond avec brio. Félicitations!
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci à vous tous. Cela met fin à
la rubrique des déclarations des députés.
suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Président :
Mmes et MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez
vous asseoir.
Beaucoup
de fierté aujourd'hui parce que j'ai le plaisir de souligner la
présence, dans les tribunes, des membres des équipes de football et de cross-country féminin du Rouge et Or de l'Université Laval, vainqueurs en 2018 dans leurs disciplines respectives.
Bienvenue, mesdames messieurs.
Vous
arborez fièrement votre médaille, évidemment, vos titres respectifs. Très
contents de vous avoir avec nous.
Nous poursuivons donc
les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation
de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui. M. le Président, je vous demande d'appeler
l'article a, s'il vous plaît.
Président : À l'article a du feuilleton, Mme la ministre de la
Sécurité publique présente le projet de loi n° 8, Loi modifiant la
Loi sur la sécurité civile concernant l'assistance financière. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Merci, M. le Président. Alors, je dépose effectivement le projet de loi n° 8, Loi
modifiant la
Loi sur la sécurité civile concernant l'assistance
financière.
Ce projet de loi vise
à permettre au gouvernement d'établir un programme général d'indemnisation à
l'égard notamment des sinistres réels ou imminents ou d'autres événements
qui compromettent la sécurité des personnes. Il vise également à
permettre au gouvernement d'établir des programmes d'aide financière ou d'indemnisation
spécifiques lorsqu'il existe un risque qu'un sinistre ou qu'un autre événement
qui compromet la sécurité des personnes survienne.
projet de loi introduit, en outre, une disposition qui confirme le caractère de dernier
recours de l'assistance financière
versée en application d'un programme d'aide financière ou d'indemnisation,
qu'il soit général ou spécifique.
plus, le projet de loi habilite le gouvernement à prévoir, dans ses programmes,
d'autres cas d'inadmissibilité que ceux prévus par la loi.
Enfin, le projet de
loi contient des modifications de concordance.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté.
la rubrique Dépôt de documents, Mme la ministre de la Justice. Pardon, je
m'excuse, M. le leader de l'opposition officielle, je ne vous avais pas
M. Proulx :
Pas de souci, M. le Président. Est-ce que le leader du gouvernement peut nous
confirmer qu'il y aura des discussions pour des consultations
particulières?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Je peux vous confirmer que
nous aurons des discussions. Très certainement,
je vais inviter le leader de l'opposition officielle à nous faire parvenir les
groupes qu'il souhaite entendre dans
le cadre de l'étude détaillée... en fait, dans le cadre des auditions
particulières que nous pourrons tenir dans le cadre du projet de loi
n° 8. Merci.
Le Président :
Merci, M. le leader du gouvernement.
Donc, à la rubrique Dépôt
de documents, Mme la ministre de la Justice.
Mme LeBel :
Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer les rapports annuels de
gestion 2017-2018 des ordres
professionnels suivants, et je sollicite votre patience, il y en a 32 :
Barreau du Québec, Chambre des huissiers de justice du Québec, Chambre des notaires du Québec, Collège des médecins
du Québec, Ordre des administrateurs agréés, Ordre des agronomes du Québec, Ordre des architectes du Québec, Ordre
des arpenteurs‑géomètres du Québec, Ordre des chimistes du Québec, Ordre des chiropraticiens du Québec, Ordre des
comptables professionnels agréés du Québec, Ordre des conseillers et conseillères d'orientation du Québec, Ordre des
dentistes du Québec, Ordre des denturologistes du Québec, Ordre des ergothérapeutes du Québec,
l'Ordre des géologues du Québec, l'Ordre des hygiénistes dentaires du
Québec, l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec, l'Ordre
des ingénieurs du Québec, l'Ordre des ingénieurs
forestiers du Québec, l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec,
Ordre des pharmaciens du Québec, Ordre des podiatres du Québec, Ordre
des psychologues du Québec, Ordre des sages-femmes du Québec, Ordre des techniciens et techniciennes dentaires du Québec,
Ordre professionnel des technologistes médicaux du Québec, Ordre des technologues professionnels du Québec, Ordre
des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec,
Ordre des urbanistes du Québec et Ordre
professionnel de la physiothérapie du Québec. Merci, M. le Président.
Président : Ces
documents sont maintenant déposés. Mme
la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Laforest : Oui, M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport
sur l'application de la loi constitutive de la Société d'habitation du Québec et analyse de l'efficacité de la
performance de l'organisation. Merci, M. le Président.
Président : Ce document est maintenant déposé. M. le ministre
du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet :
M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport actuariel du Régime québécois
d'assurance parentale au 31 décembre 2017. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ce document est déposé.
Pour
ma part, faisant suite à l'adoption du projet
de loi n° 4, Loi entérinant l'Entente relative à la notion de
groupe parlementaire, au
fonctionnement de l'Assemblée et des commissions parlementaires, ainsi qu'aux
aspects budgétaires pour la durée de
la 42e législature, je dépose une
lettre que j'ai reçue de la part de M.
le premier ministre dans laquelle
il m'informe que la députée de
Saint-François et le député
de Chauveau sont désignés pour
agir respectivement à
titre de membre et membre suppléant additionnel du
M. le premier vice-président
de l'Assemblée nationale.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci. M. le Président, je propose que ces modifications à la composition du Bureau de l'Assemblée nationale soient
adoptées.
Le Président : Cette motion
est-elle adoptée?
Le Président :
Adopté.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Beauharnois.
Reid : Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 160 pétitionnaires.
Donc, désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
déplacement de masse est nocif et non désirable pour nos enfants;
«Considérant que le déplacement affectera grandement la santé
psychologique et la réussite scolaire des enfants;
«Considérant que les
écoles primaires doivent demeurer des écoles de qualité, de proximité et de
quartier;
«Considérant que nous
devons conserver la mixité sociale et ses valeurs associées;
«Considérant que plusieurs
professeurs et intervenants scolaires sont défavorables au redécoupage;
«Considérant que le déplacement de masse accentuera considérablement la pression sur le réseau routier de la ville de
Salaberry-de-Valleyfield déjà surchargé;
«Considérant que l'emplacement de l'école Hébert et sa
circulation routière représentent un risque élevé pour la sécurité des
enfants;
«Considérant que
plusieurs projets domiciliaires sont à prévoir et ne sont pas pris en compte
dans le projet de redécoupage du territoire;
«Considérant l'indignation
des élèves et des parents;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec de réclamer à la commission scolaire de la
Vallée-des-Tisserands un statu quo pour l'année scolaire 2019-2020
sur le dossier du redécoupage du territoire des écoles primaires situées à Salaberry-de-Valleyfield de manière à présenter un
nouveau projet juste, équitable, transparent et reflétant la réalité et
les contraintes de la ville.»
Le Président :
Cet extrait de pétition est maintenant déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
Arcand :
Merci, M. le Président. Le premier ministre comme son ministre, hier, n'ont pas
donné l'heure juste aux Québécois. On a assisté à une séance où le premier
ministre a rejeté le blâme sur tout le monde, sauf sur lui et son ministre. Il a
même dit qu'il y avait un sous-ministre libéral... Or, nous avons vérifié.
Premièrement, le sous-ministre en question n'est pas libéral et, deuxièmement, il a été renommé il y a quelques semaines
par le gouvernement de la Coalition avenir Québec.
ministre avait pourtant affirmé qu'il a personnellement autorisé, à la lumière
des questions et des informations qu'il
a recueillies, le congédiement de M. Robert. En plus, le premier ministre se
réfugie derrière un rapport de la Protectrice du citoyen, un mandat, d'ailleurs, qu'elle n'a pas encore confirmé. M.
le Président, alors que le premier ministre dit qu'il faut bien traiter
les lanceurs d'alerte, son ministre, lui, les congédie.
Combien
de fonctionnaires vont devoir perdre leur emploi pour sauver celui du ministre?
M. le Président, pourquoi le premier
ministre refuse-t-il toujours de réintégrer dans ses fonctions le lanceur
d'alerte Louis Robert, le temps qu'un arbitre analyse et tranche
rapidement sur ce congédiement politique?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, le
sous-ministre à l'Agriculture a été nommé par les libéraux, a été reconduit par
le gouvernement de la CAQ. Donc, il y a eu au moins deux gouvernements qui lui
ont fait confiance. Or, ce...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît!
Legault : Ce sous-ministre a décidé de congédier, pour cause, un
employé. Bon, le chef de l'opposition officielle a déjà décidé que ce sous-ministre était coupable,
était incompétent, n'avait pas de bonne raison de poser ce geste. C'est le
choix du chef de l'opposition officielle de prendre parti. Moi, de mon côté, ce que je préfère, c'est de
laisser une personne indépendante, la
Protectrice du citoyen, évaluer si le sous-ministre a eu raison ou
non de congédier l'employé, et, une fois qu'on aura ce rapport, bien, on
pourra agir en conséquence.
Pourquoi le chef de l'opposition officielle
tient-il absolument à blâmer ce sous-ministre? Qu'est-ce que ce sous-ministre
lui a fait pour qu'il arrive à des conditions aussi radicales?
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Le Président : S'il vous
plaît! La parole appartient au chef de l'opposition officielle seulement.
Arcand : Je ne savais pas que
vouloir réintégrer, évidemment, ce lanceur d'alerte, alors qu'il y a de la
confusion totale dans les explications du gouvernement... je ne pensais
pas que c'était radical.
Est-ce que le
premier ministre pense vraiment que la décision de renvoyer M. Robert et de
garder son ministre en poste, c'est la meilleure décision dans l'intérêt
des Québécois?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, on a un sous-ministre qui a décidé de congédier un employé. Le
chef de l'opposition officielle a déjà décidé que le sous-ministre a mal
agi avant même d'avoir l'évaluation d'une personne indépendante nommée aux deux tiers de l'Assemblée. Est-ce que
le chef de l'opposition officielle a de l'information qu'on n'a pas pour être
capable de blâmer ce sous-ministre? Si c'est le cas, bien, qu'il nous donne
l'information.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Les informations sont confuses. Le premier ministre dit :
Personne n'est achetable, aucun de ses ministres ne cède aux pressions
des différents lobbys, et ainsi de suite.
Est-ce que le
premier ministre peut nous assurer que son ministre n'a eu aucune
rencontre avec les lobbys qu'a dénoncés le lanceur d'alerte Louis
Robert?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : Bien, je
suis content, là, le chef de l'opposition
officielle vient dire qu'effectivement notre gouvernement n'est pas achetable. Il a raison là-dessus.
Il a raison. Notre gouvernement n'est pas achetable. Puis que ça soit le lobby
des compagnies de pesticides, que ça soit les commissions scolaires, que ça
soit n'importe quel groupe de lobby, le gouvernement qui est en place actuellement va agir dans
l'intérêt de l'ensemble des Québécois. Il n'est peut-être pas habitué à
ça, mais c'est ça qu'on va vivre pendant quatre ans.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Le premier
ministre a insinué la semaine dernière que son ministre avait d'autres raisons
pour congédier le lanceur d'alerte.
Est-ce qu'il
prend vraiment les allégations de M. Robert au sérieux, le premier ministre? Est-ce qu'il prend au sérieux
le cri d'alarme de ce lanceur
d'alerte? Pourquoi s'entête-t-il de
protéger son ministre qui a menti à la population? Un peu de courage, M. le premier ministre.
Le Président : Attention, s'il vous plaît, encore une fois. La réponse maintenant appartient au leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Une question de règlement, M. le
Président. Le chef de l'opposition officielle sait très
bien qu'il ne peut pas utiliser le terme «mentir». Il doit prendre la
parole d'un député, que ce soit la parole du ministre de l'Agriculture ou la parole du premier ministre. Alors, M. le Président, je vais vous demander que le chef
de l'opposition officielle retire ces propos qu'il a tenus.
Président : M. le chef de l'opposition officielle, je vous demande de retirer ces propos, ces
propos qui ne sont pas parlementaires, s'il vous plaît. M. le leader du
gouvernement.
M. Proulx :
M. le Président, je tiens à noter quand même que le ministre et le premier
ministre ont, jusqu'à maintenant, donné des versions totalement
contradictoires. Alors, j'ai cherché un synonyme, M. le Président. Je ne l'ai pas encore trouvé, mais, promis, si je trouve un
synonyme pour «mentir», je vais vous le donner.
Président : Je vous
redemande de retirer ces propos. Vous le savez, peu importe que vous trouviez
ou non l'équivalent, il n'est pas parlementaire et n'est pas permis. Je vous demande de retirer ces propos, M. le chef de l'opposition.
Le Président :
Retirés. Merci. M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, c'est vrai que le sous-ministre, qui a été nommé par les libéraux, reconduit par
la CAQ, a posé un geste important,
un geste grave de congédier un employé. Selon le sous-ministre, il y avait
des bonnes raisons de le faire. Moi,
jusqu'à preuve du contraire, je lui donne le bénéfice du doute. Pourquoi le chef de l'opposition officielle
a-t-il décidé de ne pas faire confiance à ce sous-ministre? Et y en a-t-il
d'autres, sous-ministres, en qui l'opposition n'a pas confiance? J'aimerais avoir les noms.
Le Président :
Question principale, M. le leader du gouvernement.
Proulx : Oui, M. le Président. On avait, jusqu'à tout récemment, l'affaire du lanceur d'alerte, on a,
je pense, maintenant l'affaire du ministre de l'Agriculture. Même François Cardinal, ce matin, dans La Presse , l'a dit, M. le Président, puis je pense
qu'on a le droit de le citer, parce qu'il a raison : Plus il nous en
donne...«Plus il veut nous rassurer... moins nous le sommes.» Alors, M. le
Président, autant le ministre
que le premier ministre, maintenant, avec ce qu'il a dit hier, donnent des versions contradictoires. Dans le fond, M. le Président, l'enjeu du ministre de l'Agriculture, ce n'est pas un enjeu de
clarté, c'est un enjeu de vérité. Et la Protectrice du citoyen, elle, a reçu le
mandat de faire la lumière sur cette affaire.
Bien,
moi, j'aimerais ça le voir, le mandat, je voudrais connaître les modalités, les
balises qui lui ont été données d'un mandat qu'il initie alors qu'il en
est parti. J'aimerais ça savoir si elle a accepté également ce mandat, et
surtout j'aimerais entendre du ministre ce
qu'il pense de l'article 18 de la
Loi sur la Protectrice du citoyen, qui
dit qu'en matière de relations de travail ou s'il existe d'autres
recours judiciaires elle ne peut pas agir dans de telles circonstances.
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Lamontagne : M. le Président, les questions qui sont soulevées dans la
population par la classe médiatique touchent
toute la question du traitement à un lanceur d'alerte. Toutes ces questions-là
sont très légitimes, puis c'est dans la cour de la Protectrice du citoyen de
traiter de ces questions, M. le Président. Alors, c'est pour ça, pour que les Québécois et
les Québécoises aient toutes les réponses aux questions qui se
posent dans ce dossier, j'ai demandé à la Protectrice du citoyen de faire toute la lumière afin que toutes
les réponses soient fournies.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx :
M. le Président, je le disais tout à l'heure, l'enjeu du ministre, ce n'est pas
la clarté, c'est la vérité. Il peut y
avoir une palette de couleurs sur son bureau, mais il n'y a pas plusieurs
vérités, M. le Président. Il n'y en a qu'une seule, et il va falloir la
trouver.
a dit hier, en débat de fin de séance, qu'il fallait que les Québécois aient
toute la lumière, hein? Je le paraphrase, il a dit : Les Québécois se posent des questions, il va falloir y
répondre. Le problème, c'est qu'avec même l'enquête de la Protectrice on
ne peut pas toucher à tout.
Qui a été
impliqué dans son cabinet? Comment il a discuté de cette question-là avec le
sous-ministre? Toutes ces questions qui touchent une ingérence possible
ne seront pas traitées...
Le Président : M. le ministre
de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
M. Lamontagne : M. le Président,
j'inviterais le député de Louis-Hébert... de Jean-Talon, pardon, de ne pas présumer du champ d'étude que la Protectrice du citoyen va décider. Puis, pour compléter en termes de
relations de travail, je voudrais
rappeler au député qu'il y a un processus d'arbitrage associé à tout ce
dossier-là et qu'ultimement il y a un arbitre
totalement indépendant qui va analyser tous les faits pour
rendre effectivement une décision en matière de relations de travail. Alors, les Québécois
peuvent s'assurer que tout le dossier lanceur d'alerte va avoir été couvert et
tout le dossier des relations de
travail va avoir été couvert. Ils vont avoir les réponses à toutes leurs
questions, et le député de Jean-Talon va avoir réponse à toutes ses
questions.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Proulx : Je l'ai dit, M. le Président, les questions
qui demeurent, au-delà de l'affaire de Louis Robert, ce sont des questions d'ingérence politique possible. Le ministre,
M. le Président, aux yeux de bien des gens, il ne l'a plus, cette
crédibilité pour pouvoir donner ses explications.
Est-ce que
le gouvernement accepterait qu'une commission parlementaire se
réunisse pour que tous les acteurs puissent
librement, pas sur le «payroll» de monsieur, librement s'exprimer sur cette
question et dire ce qui s'est passé, pour
s'assurer de la crédibilité du gouvernement et surtout qu'on puisse répondre à la question la
plus importante : Y a-t-il eu ingérence politique?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît, tout le monde! La parole appartient au leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, en toute transparence, la Protectrice du citoyen est mandatée et va pouvoir enquêter sur le
dossier. La Protectrice du citoyen est une personne qui est complètement
indépendante, nommée aux deux tiers ici. Est-ce dire que le leader de l'opposition
officielle n'a pas confiance en l'indépendance de la Protectrice du
citoyen et en son rôle, qu'elle peut effectuer son rôle d'enquête?
M. le
Président, ce qu'il faut comprendre là-dedans, c'est que le leader de
l'opposition souhaite faire un procès ici, séance tenante, au ministre de
l'Agriculture. Il souhaite judiciariser le processus et se servir de
l'Assemblée nationale comme une cour de justice. Ça n'arrivera pas. La Protectrice
du citoyen va faire enquête...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...va pouvoir
rendre son rapport publiquement et les recours...
Président : On va
écouter ensemble les réponses qui sont données, les questions qui sont données,
pour le bénéfice de ceux et celles qui veulent suivre aussi nos débats,
je le dis encore une fois, des débats respectueux, Alors, conservons cette
attitude, s'il vous plaît.
La parole appartient maintenant à la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : Merci, M. le
Président. L'Estrie se mobilise depuis plusieurs semaines contre un projet d'agrandissement d'un dépotoir au Vermont, qui
présente un risque pour la santé publique de près de
200 000 personnes. C'est l'eau potable de toute la ville de
Sherbrooke et de toute la MRC de Memphrémagog qui pourrait potentiellement
être contaminée. Moi, ça m'inquiète puis ça
inquiète 200 000 personnes en Estrie présentement. Ça inquiète le
maire de Sherbrooke et le préfet de
la MRC de Memphrémagog qui, comme
moi, se sont rendus au Vermont il y a deux semaines pour faire valoir nos préoccupations.
Permettez-moi, M. le
Président, de rappeler la réponse du premier ministre lorsque j'ai posé une
question en Chambre, ici, et je le cite, il m'a dit : J'ai l'assurance
qu'il n'y a aucun risque. Je ne sais pas ce qu'elle veut de plus. Est-ce qu'elle veut que j'appelle Trump? Bien non,
M. le Président, je ne voulais pas qu'il appelle Trump. Ce que je
veux, c'est qu'il y ait de l'intérêt
de sa part pour les 200 000 Estriens
qui utilisent quotidiennement le lac Memphrémagog comme source d'eau potable. Puis ce que je voulais de
plus, c'est de l'intérêt de sa ministre de l'Environnement de l'époque, ce que
je n'ai pas vraiment eu.
Alors,
je pose la question au nouveau ministre de l'Environnement : Partage-t-il
les inquiétudes des citoyens de l'Estrie ou bien pense-t-il comme le
premier ministre que...
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Charette : Merci, M. le Président. Merci à la collègue pour la question.
Oui, effectivement, il y a de l'inquiétude dans la population, et j'ai l'occasion de parler régulièrement à mon collègue d'Orford,
qui suit le dossier de près. Il s'est, tout comme vous, rendu sur place
pour participer à cette consultation publique. Le premier ministre a eu l'occasion
d'échanger avec les autorités du Vermont il y a quelques
semaines, quelques mois. Il est possible, pour ma part, que j'aie
une rencontre dès demain aussi avec des autorités du Vermont. Donc, le
dossier, il est suivi de près. Le ministère de l'Environnement s'ajoute à cette
voix qui fait en sorte que des évaluations scientifiques et valables soient
faites.
Donc, soyez assurés
que le dossier est suivi de très près, et nous avons la collaboration de l'ensemble
des municipalités concernées.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Montpetit : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, je suis très
contente d'entendre que le ministre se préoccupe
de ce dossier. Je présume qu'il est aussi au courant que la commission
environnementale du Vermont rendra sa décision la semaine prochaine.
Donc,
je veux savoir de façon précise qu'est-ce qu'il va faire. Potentiellement une
rencontre, c'est-u une rencontre? Quel
engagement vous allez demander? Quelle assurance vous allez demander? Parce
qu'à l'heure actuelle il n'y a pas de données qui nous sécurisent sur la
contamination possible du lac Memphrémagog.
Donc, que va-t-il
faire précisément au cours de la prochaine semaine?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Charette : Parmi les rencontres, je pouvais aussi mentionner que j'ai
pu échanger avec la ministre fédérale sur cet enjeu la semaine dernière. Un député libéral, le député Paradis, est
également bien impliqué dans le dossier au niveau de la Chambre des communes. Il y a cette
commission Canada—États-Unis qui
a été saisie. Donc, tous les éléments sont là pour rassurer la population. Le gouvernement, le ministère suivent le
dossier de près. Il est vrai qu'il y a un rapport attendu la semaine prochaine. Il est possible que ce
rapport-là vienne poser des conditions également à l'entreprise qui souhaiterait
étendre encore davantage son territoire pour le site de...
Le Président :
En terminant.
Charette : ...pour les déchets en question. Donc, oui, toutes les
mesures sont en place pour assurer le suivi.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Montpetit : Merci, M. le Président. Ça s'appelle le site Coventry,
pour votre information. J'entends beaucoup de mots, je n'entends pas beaucoup de réponses. Vous me citez plein de
gens. Est-ce que vous leur avez parlé? Est-ce que vous avez demandé des
interventions? La situation, à l'heure actuelle, elle est nommée par les
Estriens comme une bombe à
retardement. Il y a une situation qui est potentiellement grave. Il y a une
décision qui va être prise la semaine prochaine. Je veux, de façon
précise, entendre ce que vous allez faire comme ministre de l'Environnement.
Est-ce que vous allez
faire des démarches précises?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Charette : Oui. Bien, les nombreux mots que je me souviens avoir
prononcés visaient justement à répondre à la question de la collègue.
Toutes les interventions visaient à démontrer aux interlocuteurs que nous
sommes bien impliqués dans le dossier en
question. Quand je parlais de la ministre fédérale, quand je parlais à mon
collègue d'Orford, quand je parlais
au ministre... non pas au ministre, mais au député libéral fédéral, lorsque le
ministère est saisi du dossier, ce sont
tous des mots qui démontrent que, oui, nous sommes bien impliqués dans le
dossier et que la réponse de la semaine prochaine sera aussi suivie avec
beaucoup d'intérêt et d'attention de notre côté.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : M. le Président, récemment, on pouvait lire dans un
article
de Radio-Canada que le ministre de l'Éducation
vient tout juste de découvrir que la pénurie de locaux n'est pas seulement un
enjeu, mais bien une crise dans le milieu de l'éducation. Je ne sais pas
où était M. le ministre dans les dernières années, pendant que les commissions scolaires criaient à l'aide, mais je suis contente
qu'il prenne acte de la crise, et j'aimerais lui souhaiter bienvenue dans
la réalité.
Vous savez,
ça ne suffit pas d'être un enseignant pour être un bon ministre de l'Éducation.
Il faut surtout être à l'écoute des
besoins du milieu. Le besoin le plus primaire, c'est d'avoir des locaux pour
recevoir les enfants, et, en ce moment,
il y a des milliers d'enfants dans des espèces de maisons mobiles parce qu'on
manque de place. Le trois quarts des
écoles primaires ont besoin de rénovations majeures, et, au lieu de s'attaquer
à cette crise-là, le ministre se lance dans des réformes de gouvernance. On en a déjà vu, des ministres, faire des
réformes de structure au lieu de répondre aux besoins exprimés sur le
terrain, et on en subit encore les conséquences.
Est-ce que le ministre est conscient qu'il
est en train de reproduire les erreurs qui ont mené à la perte du précédent gouvernement?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge : Merci bien. Alors, dans les 20 quelques
dernières années, j'étais dans les facultés de sciences de l'éducation, j'étais au Conseil supérieur de l'éducation, et j'étais dans les
écoles, et j'étais dans les oppositions à critiquer les décisions des gouvernements qui ont laissé en
très mauvais état le parc-école. Donc, je la rassure, j'ai vécu à peu près à toutes les étapes possibles, là, la mauvaise gouvernance des deux précédents
gouvernements, là, péquistes et libéraux.
Donc, qu'est-ce qu'on fait maintenant? On répare les pots cassés.
C'est vrai
que, sur l'île de Montréal en particulier, il y a une pénurie de locaux.
Qu'est-ce qu'on fait? Bien, on va autoriser
des agrandissements, des constructions, des rénovations, parce qu'il y a aussi
des écoles dont l'état dépérit d'année en
année. On est en mode solution. Puis, oui, c'est vrai qu'à certains endroits il
y a des pénuries de locaux, mais ce n'est pas partout à la grandeur du Québec, je veux le dire, ce n'est pas partout
à la grandeur du Québec. Il y a certains endroits où il y a même des écoles de village qui sont
vides, et c'est dramatique. On ne veut pas les fermer pour autant. Il y a des
endroits où il y a des classes qui sont
libres. On va pouvoir les utiliser en déployant plus rapidement dans certaines
régions la prématernelle quatre ans que dans d'autres. Bref, on va agir
pour réparer...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...les pots
cassés.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : J'insiste, M. le
Président, le ministre doit comprendre que la base, avant de réaliser ses
belles promesses, c'est d'avoir assez de
locaux. On a des écoles qui refusent des élèves dans des vocations parce qu'ils manquent de place, ils doivent aller au privé. On refuse
des inscriptions aux sports parascolaires parce qu'il manque de gymnases.
C'est criant à Montréal et même à
Sherbrooke. Dans des centaines d'écoles primaires, il n'y a plus de locaux
d'anglais ni même de bibliothèques.
Est-ce que le
ministre peut nous prouver qu'il est capable de répondre aux besoins exprimés
par les milieux, avant de se lancer
dans toutes les directions avec des priorités qu'il a inventées tout seul, dans
un coin, comme les maternelles quatre ans?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge : On va travailler à combler le manque de locaux à
certains endroits pendant qu'on va faire d'autre chose. Ce n'est pas vrai qu'on va ajouter des locaux et retaper des
écoles pour avoir de belles écoles sans s'occuper des problèmes du manque de professionnels dans les
écoles primaires, secondaires. Ce n'est pas vrai qu'on va s'occuper des locaux sans s'occuper du manque de conseillers en orientation. Ce n'est pas vrai qu'on va s'occuper des problèmes de locaux en laissant tomber les jeunes qui ne vont
pas assez nombreux en formation
professionnelle. On est capables de
mâcher de la gomme et marcher en même temps.
On va trouver plusieurs solutions, on a quatre ans pour le faire puis on va
ramener de l'espoir dans le réseau.
Le Président :
Deuxième complémentaire...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Aujourd'hui, M. le
Président, on a deux regroupements
qui lancent une mobilisation nationale pour rappeler que les CPE sont le meilleur endroit pour répondre aux besoins
des enfants de quatre ans. Le projet des maternelles quatre ans est dénoncé partout comme non réaliste et
potentiellement nuisible pour les enfants.
Qu'est-ce
que ça va prendre pour que le ministre
de l'Éducation comprenne que son
projet, il n'est pas souhaité ni par
le milieu de l'éducation ni par le milieu de la petite enfance et qu'il y a d'autres priorités en ce moment? Moi, je demande au ministre un moratoire sur son
projet de maternelle quatre ans et qu'il commande les études sur les meilleurs
moyens de favoriser le dépistage précoce.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge : Bien là, M.
le Président, je ne pense pas que ça
soit nuisible pour les enfants de leur offrir davantage de choix, de leur
offrir davantage de places, d'ouvrir des prématernelles quatre ans. Je l'invite à discuter avec les directions
des commissions
scolaires, je l'invite à discuter
avec des enseignants directement sur
le terrain, parce que je leur parle fréquemment,
parler aux parents aussi, la Fédération des comités de parents et les autres
parents, le chercheur bien reconnu Égide Royer, la directrice de la
Faculté des sciences à l'UQAM, Mme Monique Brodeur.
Alors,
faites le tour. C'est vrai que ça ne fait pas l'unanimité, mais on ne fera pas
un moratoire à chaque fois que quelque chose ne fait pas l'unanimité,
là. Habituez-vous. On va avancer quand même au bénéfice des élèves.
Le Président :
Question principale, M. le chef de la deuxième opposition.
M. Bérubé : M. le
Président, le premier ministre a défendu son ministre de
l'Agriculture, qui a congédié un lanceur d'alerte. Oui, c'est lui qui l'a congédié. Il était au
courant du processus, et c'est lui, le patron du ministère de l'Agriculture. On appelle ça la responsabilité ministérielle, il faut le rappeler. Le ministre aurait pu dire non. Il avait cette option. Hier,
le ministre et le premier
ministre ont servi cette
excuse : C'est la faute du sous-ministre, c'est la faute des fonctionnaires. Qui est le patron? Le ministre
ou les fonctionnaires? Il était donc au courant. Il a entériné la
décision de congédier le lanceur
d'alerte Louis Robert. Tout à l'heure, le gouvernement va se réunir en Conseil
des ministres.
Est-ce que
le premier ministre peut lui demander de réembaucher l'agronome Louis
Robert, qui a été victime de représailles pour avoir protégé l'intérêt
public des Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, le chef de la deuxième
opposition a déjà été au gouvernement, donc je suis assez surpris de sa question. Le chef de la deuxième opposition devrait savoir
qu'un sous-ministre a le droit de congédier un employé, pour cause. Je ne sais pas, là. Je sais
qu'au Parti québécois peut-être que ce n'est pas dans la culture de dire :
On peut congédier un employé. Mais il me
semble que ça arrive dans toutes les organisations. Évidemment, il faut que ça soit justifié.
Dans le cas qui nous occupe, c'est effectivement
quelqu'un qui avait lancé une alerte, et c'est pour ça qu'on demande, de façon
exceptionnelle, à la Protectrice du citoyen de revoir si les raisons qui ont
mené le sous-ministre à congédier
un employé étaient fondées, respectaient la nouvelle loi qui protège les lanceurs d'alerte. C'est tout ça que va nous
dire la Protectrice du citoyen. Pourquoi le chef de la deuxième opposition refuse-t-il de
faire confiance à la Protectrice
du citoyen?
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé : Justement, M. le
Président, je crois à la responsabilité ministérielle, un concept qu'il aurait intérêt à répéter à ses ministres. J'ai posé la question au
Protecteur du citoyen hier via Twitter et j'ai eu une réponse : «...notre
décision d'intervenir ou non ne sera pas
rendue publique.» C'est ce que la loi exige. C'est donc une mesure dilatoire,
une ligne de presse pour gagner du temps pour son ministre. C'est la
vérité. Ce qu'on demande, c'est la vérité parmi les quatre versions qui ont été
évoquées.
Comment le
premier ministre explique-t-il que son ministre ait autorisé, une fois informé,
le congédiement d'un lanceur d'alerte?
Le Président : M. le premier
ministre.
Le Président : Monsieur!
M. Legault :
M. le Président, je comprends de la question du chef de la deuxième opposition
que, selon lui, un sous-ministre n'a
pas le droit de congédier un employé. C'est ce que nous dit le chef de la
deuxième opposition. Je ne suis pas d'accord
avec lui. Je ne suis pas d'accord avec lui. Je pense qu'un sous-ministre peut,
s'il a des bonnes raisons, congédier
un employé. C'est important de le faire. C'est important de prioriser la
compétence. Et ce sous-ministre, ce n'est pas quelqu'un qui est
politique, c'est quelqu'un qui est un expert en gestion. C'est pour ça qu'il a
été nommé sous-ministre.
Le Président : En terminant.
M. Legault : Donc, je l'appelle
à réviser les méthodes de gestion du gouvernement.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, la responsabilité ministérielle... Le ministre, il a été
informé. Le ministre, il a accepté. Le
ministre aurait pu dire non. La seule chose à faire, c'est de réintégrer Louis
Robert, dont le seul crime a été de vouloir protéger le public québécois des influences indues de l'entreprise
privée. Et le ministre aurait pu dire non. Il a accepté d'aller de
l'avant. Sa responsabilité ministérielle est en cause, M. le Président.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, je ne sais pas si le chef de la deuxième opposition était dans
les bureaux, caché ou... Comment
a-t-il eu cette information pour affirmer aussi clairement aujourd'hui que le
seul crime de l'employé était d'avoir été
un lanceur d'alerte? C'est sa conclusion. J'aimerais qu'il nous dise d'où
provient cette information. Moi, je fais confiance à la Protectrice du citoyen pour aller au fond du
dossier, puis, quand on aura toute l'information, on agira en conséquence.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille :
M. le Président, la semaine dernière, le Nouveau-Brunswick a renoncé à
accueillir les Jeux de la Francophonie
de 2021. Pour les Acadiens, c'était la chance formidable d'apparaître enfin sur
la scène internationale de la francophonie.
Après les écoles en Ontario, pour les francophones du Canada, c'est une autre
claque en plein visage. Le premier
ministre parle de la fierté d'être Québécois. Eh bien, tout ceci est une belle
occasion pour le Québec de se poser en leader incontesté des
francophones du Canada et travailler avec Ottawa pour sauver ces jeux. En ce
moment, la ministre de la Francophonie reste muette. Je suis profondément déçue. Suite à nos interventions des
derniers jours, la ville de Sherbrooke considère accueillir ces jeux,
moyennant les appuis financiers de Québec et d'Ottawa.
M. le Président, ma question est simple :
Que compte faire la ministre?
Le Président : Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Girault : Merci, M. le
Président. M. le Président, j'aimerais tout d'abord rassurer les
parlementaires, le gouvernement assure un leadership au niveau de la
francophonie. D'ailleurs, à peine 10 jours après sa nomination, le premier ministre, François Legault, s'est déplacé
pour le Sommet de la Francophonie à Erevan. De plus, M. Legault et
moi-même avons rencontré... M. le premier ministre...
Président : Je vous demande tout simplement, Mme la ministre,
de ne pas nommer les gens par leurs noms, mais par leurs titres.
Girault : Merci. Alors, M. le premier ministre et moi-même avons
rencontré la secrétaire générale de la Francophonie lors de notre
dernière mission à Paris.
Maintenant,
pour ce qui est des Jeux de la Francophonie, le Nouveau-Brunswick, vous le
savez, s'est retiré pour une question
de coûts. Depuis le moment où le Nouveau-Brunswick s'est retiré, mon cabinet et
moi-même avons été en contact avec
mes collègues ministres impliqués dans le dossier, avec les collègues ministres
aussi du fédéral et aussi avec le
maire de Sherbrooke. Donc, le maire de Sherbrooke, au départ, avait discuté sur
la possibilité de faire les jeux à Sherbrooke. Actuellement, nous sommes
en communication avec lui. Il y a un rapport qui va être remis la semaine
prochaine, lundi prochain. La date est déjà
dans mon agenda pour une rencontre avec le maire de Sherbrooke. Ils vont
repositionner et réévaluer les coûts, et, à ce moment-là, on prendra les
décisions qu'on devra prendre...
Le Président : En terminant.
Mme Girault : ...en fonction des
différents critères, qui sont, d'une part, les coûts...
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Robitaille : J'aimerais une réponse claire. M. le Président, le
premier ministre parle des relations internationales
essentiellement comme une affaire de deal. De tels propos ne peuvent que
m'alarmer. Ces jeux réunissent des milliers de jeunes francophones de partout.
Ces jeux, au-delà des retombées économiques, permettent au Québec de rayonner sur le plan des arts, sur le plan des
sports, sur le plan humain. L'ambivalence de la ministre de la Francophonie
m'inquiète.
M. le Président, pense-t-elle aussi que
francophonie ne rime qu'avec économie?
Le Président : Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Girault : Merci, M. le Président. Il est évident que la francophonie
est très importante pour le Québec, et je pense qu'on l'a aussi noté et
on l'a aussi prouvé dans les dernières années, au niveau des activités qui sont
faites.
Actuellement,
l'important, ça va être de voir à quel point les Québécois et les Sherbrookois
ont les moyens de se payer les Jeux de
la Francophonie. Entre autres, il va falloir aussi voir à quel point
l'échéancier est raisonnable. Je rappelle que, les Jeux de la
Francophonie, quand ils ont été acceptés par le Nouveau-Brunswick, ils avaient
cinq ans pour les travailler. Aujourd'hui, on est à deux ans de l'échéance.
Donc, il va falloir voir la faisabilité de ce dossier.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : M.
le Président, la ville de Sherbrooke, qui a déjà accueilli les Jeux du Canada en 2013, compte
deux universités ainsi que de nombreuses infrastructures sportives, elle a
donc les outils nécessaires pour accueillir de tels jeux. Pour elle, ce serait l'occasion de moderniser ses
installations et de développer son secteur touristique. Ce serait une
vitrine exceptionnelle pour tous nos jeunes athlètes et artistes québécois.
Comment se fait-il que la ministre déléguée de
l'Éducation, Estrienne elle-même et olympienne décorée, soit-elle aussi muette
sur ce dossier?
Le Président : Mme la
ministre déléguée à l'Éducation.
Charest : Oui. Merci, M. le Président. En fait, nous avons été en discussion avec la ville de
Sherbrooke. Il faut comprendre
que, pour tenir des jeux d'envergure... et je suis d'accord avec mon collègue, évidemment,
des jeux d'envergure, pour moi, ça revêt une
importance capitale, mais, pour tenir de tels jeux, évidemment,
au-delà des retombées ou du legs d'infrastructure, il y a aussi toute la mobilisation d'une communauté,
tous les bénévoles qu'on doit mettre en place, toute la logistique de
sécurité, donc beaucoup d'éléments à tenir en compte.
Comme ma
collègue l'a dit précédemment, lorsque Sherbrooke s'est posée candidate il y a cinq ans, on avait
une fenêtre pas mal plus grande pour pouvoir réaliser ces travaux.
Alors, à deux ans des jeux, il faut s'assurer...
Le Président : Question
principale, M. le député de Jean-Lesage.
Zanetti : Cette semaine,
c'est la 29e Semaine nationale de prévention du suicide. Et, au Québec,
trois personnes s'enlèvent la vie
chaque jour. Le suicide frappe davantage les hommes et les personnes moins favorisées,
mais il frappe tout le monde. Personne n'est à l'abri. Bon, en plus, on sait
que les services ne se rendent pas dans toutes les régions du Québec.
Les régions où le taux de suicide est plus élevé sont le Nunavik, l'Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine. Les professionnels de la santé réclament depuis longtemps
une stratégie nationale de prévention du suicide afin de mieux cibler
les interventions auprès des personnes à risque.
Sachant
qu'une mort par suicide est une mort évitable, est-ce que la ministre de la Santé et des Services sociaux
s'engage à mettre en place une stratégie nationale de prévention du suicide
dans les plus brefs délais?
Le Président : Mme la ministre
de la Santé et des Services sociaux.
McCann : M. le Président, c'est une question extrêmement importante pour le Québec, la prévention du suicide, la prévention aussi des problématiques de santé mentale, alors notre gouvernement est
extrêmement sensible à cette
question. D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de rencontrer des parents endeuillés,
une jeune femme endeuillée dont la mère, malheureusement, s'est
suicidée. Alors, nous avons échangé, de façon importante, très sensible à leur
message aussi.
Je pense
qu'il est très important d'avoir une stratégie nationale de prévention du
suicide. Je pense aussi qu'il faut améliorer
notre approche, notre façon de faire au niveau des problématiques de santé
mentale. Alors, M. le Président, pour nous,
c'est une question prioritaire. Et évidemment nous avons déjà commencé à
consulter des proches aidants, des experts dans le domaine, des gens qui sont touchés par des problématiques de
santé mentale et nous allons nous atteler à ce dossier pour améliorer la
situation...
Le Président : En terminant.
Mme McCann : ...pour les Québécois
et les Québécoises.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.
Zanetti : Je suis rassuré par la bonne foi de la ministre. Je pense
que c'est un sujet qui dépasse la question de la partisanerie puis ces choses-là habituelles, on le sent bien. Et des
fois, par contre, avec la bonne volonté, aussi il faut que suivent les
engagements financiers, sinon ça ne donne rien. Dans les dernières années, on a
grandement amélioré la prévention des morts par accidents de la route. On
pourrait mettre la même énergie dans la prévention du suicide.
Alors, considérant qu'il y a 3,5 milliards
de dollars de surplus qu'on peut envisager, la ministre peut-elle...
Le Président : ...de la Santé
et des Services sociaux.
McCann : Oui. M. le Président, pour nous, ça demeure une priorité.
Nous allons faire une démarche. Nous allons
certainement beaucoup écouter les proches aidants, les personnes qui sont
touchées par des problématiques de santé mentale. Nous sommes très préoccupés de
la situation qui touche nos jeunes et nos jeunes adultes mais aussi nos
adultes, nos aînés. Alors, nous avons
vraiment à travailler beaucoup avec les experts, avec les gens qui sont
touchés, avec les proches aidants
pour vraiment améliorer nos stratégies au niveau des problématiques de santé
mentale, au niveau, là, des besoins...
Le Président : En terminant.
McCann : ...dans le dossier de la prévention du suicide au Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jean-Lesage.
Zanetti : Je ne suis pas certain d'avoir compris si vraiment vous vous
engagez à ce qu'il y ait des sommes, dans
le prochain budget, allouées à la prévention, alors j'aimerais avoir une
réponse là-dessus, mais aussi je voudrais savoir si vous allez vous
engager à travailler, avec les partis d'opposition, avec les autres ministères
concernés, les milieux communautaires, les milieux de la santé, sur une
stratégie nationale de prévention du suicide basée sur les meilleures pratiques
internationales adaptées à la réalité québécoise.
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : M. le Président, mon collègue a tout à fait
raison de dire que c'est une problématique, et nous devons trouver des
solutions de façon transpartisane. Alors, là-dessus, je pense que c'est
l'affaire de tout le monde au Québec. Il y a
une personne sur cinq au Québec qui a des problématiques de santé mentale,
dépression, anxiété, etc., et tous les Québécois ont été touchés par une
problématique de santé mentale dans leur vie. Alors, nous nous engageons à
vraiment améliorer, consolider nos
interventions dans le dossier, en consultation avec les personnes qui sont
touchées par la problématique de la santé mentale.
Le Président :
Question principale, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
Oui. Merci, M. le Président. Tous les députés en cette Chambre ont connu, à un
moment ou à un autre de leur vie, un
jeune en situation de détresse. Pour moi, M. le Président, c'était mon voisin
d'enfance, qui s'est suicidé bien
trop jeune, laissant derrière lui sa soeur, son frère, qui, eux-mêmes, par la
suite, ont fait face à des défis de santé mentale. Mais, des situations comme celles-là, M. le
Président, il continue d'y en avoir beaucoup trop au Québec. En fait,
aujourd'hui, les jeunes sont plus touchés par la santé mentale que
jamais. Les prescriptions d'antidépresseurs chez les jeunes ont augmenté de 50 % en quatre ans. Dans ce
contexte social, M. le Président, on s'attendait, au minimum, à ce que le
gouvernement maintienne l'importance de la santé mentale au sein du
ministère de la Santé.
Dans
le contexte financier, M. le Président, on s'attendait à ce que les premières
nouvelles en lien avec la santé mentale,
ce soit une augmentation du budget. Plutôt, comme premier signal, comme toute
première action, la ministre a choisi
de rétrograder la Direction générale de la santé mentale, de rétrograder son
lien direct avec le réseau de la santé mentale.
Dans quel monde la
ministre peut-elle penser que c'est positif?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Oui. M. le Président, la santé mentale, c'est aussi lié à des problématiques
chez les aînés, chez les jeunes,
c'est lié aussi aux interventions qu'on appelle tous les services sociaux.
Nous, ce qu'on a voulu, c'est que la santé
mentale, ça ne soit plus traité en silo. M. le Président, la direction se
trouve maintenant... la Direction du programme national en santé mentale. C'est une direction qui touche les jeunes,
les aînés, les problématiques en services sociaux, la toxicomanie, l'itinérance. La santé mentale est en
lien avec l'ensemble de ces personnes et de ces programmes. Et, je réitère,
nous allons consolider nos interventions dans le dossier de la santé mentale
pour les Québécois et les Québécoises.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
M. le Président, on ne peut pas se dire préoccupé, d'un côté, par la santé
mentale et, de l'autre, diminuer son importance
à l'intérieur du ministère. Mais ils ont une occasion de se reprendre. Ma
collègue de Marguerite-Bourgeoys a servi au gouvernement une occasion en
or d'entendre les experts, d'ouvrir un vrai dialogue, de trouver ensemble des solutions. Alors, si le gouvernement veut prouver
son audace, c'est le temps de le faire. Vous n'avez qu'à accepter la tenue
d'une commission parlementaire sur la santé
mentale. Sinon, on comprendra que ce sera une très différente forme d'audace
dont vous aurez fait preuve.
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : M. le Président, nous, on est un gouvernement d'action. Nous, on veut agir pour améliorer la
situation, pour améliorer les services en santé mentale. Nous allons faire une
démarche. Nous allons faire une démarche avec les proches aidants, les personnes touchées par des problématiques de
santé mentale, les experts. J'ai déjà commencé à
rencontrer plusieurs de ces personnes. Et nous allons continuer cette démarche
transpartisane et nous voulons vraiment consolider nos services en santé mentale. Mon collègue
aussi, qui est ministre délégué à la Santé et les Services sociaux,
va également être présent pour cette démarche.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui. M. le Président, rétrograder, ce n'est pas le type d'action qu'on recherchait, M. le Président. Tout le monde
parle de santé mentale ces jours-ci. Ceux dans le réseau qui
interviennent auprès de nos jeunes demandent d'en faire plus. Même les
groupes de chasseurs et les municipalités ont fait pression pour augmenter les
budgets en santé mentale. Tous demandent au gouvernement d'en faire davantage, pas d'en faire moins, pas de donner moins
d'importance à la santé mentale.
Mme la ministre, c'est le temps d'en faire plus. Soyez dynamique, rétablissez la
Direction de la santé mentale.
Le Président : Le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
Carmant : Eh! M. le Président, est-ce qu'il peut y avoir plus grand manque de cohérence qu'hier se
lever et se plaindre que l'on veut
couper l'accès au cannabis aux jeunes et, le lendemain, se lever et dire qu'on
s'inquiète de la santé mentale de nos jeunes? Peut-il y avoir plus
grande incohérence?
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Carmant : Ce n'est vraiment pas
banal. Alors, nous, on va...
Le Président : S'il vous
plaît! La parole appartient au ministre délégué.
Président : Est-ce
que vous m'entendez mal? Je vous demande, s'il vous plaît, d'écouter
celui qui a la parole en ce moment,
le ministre délégué à la Santé et Services sociaux.
Alors, tout le monde se calme. On souhaite entendre la réponse.
Vous savez qu'on perd du temps actuellement.
Carmant : Donc, nous, ce
qu'on veut faire dans le futur, et on travaille avec le ministre de l'Éducation, c'est sortir
la prévention des magasins de la SQDC pour la santé mentale et l'insérer là
où elle aurait dû être dès le début : dans nos écoles. Donc, on travaille sur un curriculum. On prend soin de notre
santé physique. Il faut que nos jeunes apprennent à prendre soin de leur
santé mentale, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le ministre... M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci, M. le
Président. Ne me souhaitez pas de mal, s'il vous plaît.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Tanguay : M. le
Président, le 5 décembre dernier, j'ai
demandé à la ministre responsable de l'Accès à l'information
pourquoi elle et ses collègues ministres ne rendaient-ils pas publics leurs
agendas. Le site existe déjà, M. le
Président. La ministre
avait alors justifié le manque total d'information en disant, et je la cite : «...nous sommes
pour la transparence, mais de la bonne
façon[...]. [...]nous sommes en train d'étudier [...] la façon la plus adéquate
pour [le faire].» Le
17 décembre, la ministre s'est rétractée; ils vont utiliser le site déjà
existant. La porte-parole de la
ministre a affirmé,
et je la cite : «On comprend qu'il y a de la pression pour qu'on publie
nos agendas.» Désormais, la CAQ publiera l'information «avec davantage d'uniformité et de cohérence».
Aujourd'hui, M. le Président, on constate qu'il n'y a aucune uniformité
ni cohérence dans l'information versée au site.
Considérant
que, depuis hier, la ministre a moins de responsabilités, qu'elle va en prendre
moins pour en prendre
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme LeBel : Alors, merci, M. le Président, et merci
surtout à mon collègue de me permettre de faire effectivement le point sur ce dossier-là. On a beaucoup évolué. On a pris d'ailleurs
quelques mois pour agir, au lieu de quelques années dans un autre cas. Donc, effectivement, après
étude... Bon, il faut comprendre que ça émanait d'une directive du gouvernement précédent. Donc, avec la venue d'un
nouveau gouvernement, naturellement, il fallait émettre une nouvelle directive, alors c'est ce qu'on a fait. Depuis le
28 janvier, la directive a été émise par le bureau du premier ministre, et
les agendas sont maintenant publics.
Ceci étant
dit, ça fait une semaine, on est en train de mettre nos agendas à jour les uns
après les autres. Le mien est là,
d'ailleurs, et mes collègues sont en train de faire la même chose un après
l'autre, et on va effectivement assurer un suivi très serré sur la cohérence des informations. La transparence,
c'est un enjeu extrêmement important pour notre gouvernement. On va faire en sorte que les Québécois aient l'information
nécessaire pour comprendre ce que leurs ministres font. Après tout, on
est là pour eux.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, uniformité et cohérence. Alors que la ministre de la
Justice déclare être active depuis le
1er novembre dernier, on apprend que le premier ministre, lui, est actif
uniquement depuis le 29 janvier dernier. Et, pire, entre le 26 novembre et le
30 janvier, il n'y a rien d'inscrit. Deux ministres ne déclarent aucune
rencontre, M. le Président. La
ministre de la Santé — 52 % du budget
des dépenses — quand elle révèle, via le site, M. le
Président... quant à elle, elle révèle qu'elle sera à l'Assemblée nationale
aujourd'hui et demain...
Le Président : Mme la
ministre de la Justice.
Mme LeBel :
Bien, écoutez, M. le Président, je trouve ça un petit peu particulier de devoir
expliquer la procédure à mon collègue. Donc, effectivement, il y a des
événements qui sont mis... les événements qui sont publics sont mis à l'agenda de façon... je ne dirais pas «automatique
et simultanée», mais c'est l'objectif qu'on poursuit. Les autres événements,
qui sont des événements, des rencontres, ce
qu'on appelle des rencontres sollicitées par les tiers, sont mis dans un délai de
trois mois.
Effectivement,
il y a présentement, je l'admets, certains délais de mise à jour de tout ça. Mais actuellement, au moment
où on se parle, les agendas du mois d'octobre devraient être mis effectivement
au grand complet sur le site, M. le Président. Et on fera en sorte de faire le
suivi...
Le Président : En terminant.
Mme LeBel : ...pour s'assurer
que transparence rime effectivement avec uniformité et cohérence.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le
Président, en tout respect de ma collègue,
là, c'est un peu n'importe quoi, ce qui est sur le site. Elle parle de respect de certains délais. Celui
qui remporte la palme de la transparence, c'est le ministre
de l'Énergie et des Ressources
naturelles, M. le Président. Il nous informe déjà que le mardi 2 février 2020,
à 1 h 15, il sera en caucus à l'Assemblée
nationale. Au rythme où le premier ministre, M. le Président, procède à des ajustements ministériels, je trouve ça un peu
présomptueux. Quand même, pour moi, il demeure la référence quant à la...
Le Président : Monsieur...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! On complète...
Le Président : Attention, tout
le monde! Un peu de calme. On complète cette période de questions avec une
réponse. Mme la ministre de la Justice, à vous.
Mme LeBel : Très brièvement, M. le
Président. Je considère que, pour
avoir été capable de faire trois questions,
une question principale et deux
sous-questions, c'est parce qu'il y a amplement d'informations. Mais
effectivement on fera les ajustements nécessaires pour s'assurer que ces
informations-là soient adéquates, monsieur...
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales. Voilà.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Nous sommes maintenant...
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon, un peu de silence, s'il vous
plaît! Je ne m'entends même pas parler.
Donc, nous
sommes maintenant rendus à la rubrique des motions sans préavis. En fonction de
nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je
reconnais maintenant un membre formant l'opposition officielle.
M. Ciccone : Mme la Présidente, je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement
avec la ministre déléguée à l'Éducation, la députée de Gaspé, le député de
Jean-Lesage et le député de Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale souligne les
victoires du Rouge et Or de l'Université Laval qui a remporté la coupe Dunsmore et la coupe Vanier en football
masculin ainsi que la médaille d'or aux championnats canadiens, à Kingston,
en cross-country féminin, lors de leur dernière saison;
«Qu'elle
reconnaisse la détermination et la constance
dont ces étudiants athlètes universitaires
ont fait preuve, qui leur ont permis d'être les meilleurs au pays;
«Qu'enfin,
elle rende hommage à ces joueurs et entraîneurs pour leur saison exceptionnelle
et honorable.» Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
comprends qu'il y a consentement pour débattre de cette motion.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Juste un instant, que j'aie juste terminé, pour que la parole vous soit donnée.
Donc, il y a consentement pour débattre de la motion?
Schneeberger : J'allais dire : Consentement pour un débat
de deux minutes, avec, la première intervention, le député de Marquette,
la ministre déléguée à l'Éducation, la députée de Gaspé et le député de
Jean-Lesage.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, je reconnais le député de Marquette. Allez-y.
M. Ciccone : Merci, Mme la Présidente. Je souhaite
premièrement réitérer mes félicitations aux athlètes justement avec nous ici, dans la tribune. Ce sont de jeunes
athlètes dans la fleur de l'âge. Ils font preuve de rigueur, ils sont
vaillants, ils sont courageux. Je sais
tous les sacrifices que ça doit prendre pour justement atteindre ce niveau, des
sacrifices qui sont physiques, des
sacrifices qui sont mentaux, des sacrifices aussi qu'on oublie beaucoup, mais
sociaux. Pendant que nos amis,
pendant que la population en général, les adolescents, les jeunes adultes
s'amusent, ces jeunes qu'on voit dans la
tribune, ici, aujourd'hui sont en train de se coucher de bonne heure, ils
travaillent fort, ils s'entraînent pour se préparer justement à être des athlètes d'excellence. Ils
représentent la discipline. Ce sont des modèles pour notre société. Que la
fierté du Rouge et Or est une fierté pour
l'université, pour la ville de Québec, bien entendu, est une fierté pour le
Québec en entier.
En terminant, Mme la Présidente, je me
lève très rarement dans cette Chambre, mais je suis content de voir que les gens ici ont un sourire et semblent acquiescer
justement à ce que je dis pour le bien-être, justement, de ces athlètes,
et ça prouve une chose : que le Rouge et Or, et le sport, Mme la
Présidente, est rassembleur. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je reconnais Mme la ministre de l'Éducation. La parole
est à vous.
Mme Charest :
Merci, Mme la Présidente. J'abonde dans le même sens que mon collègue de
Marquette. Effectivement, les victoires du
Rouge et Or méritent d'être soulignées, tant celles de l'équipe masculine de
football que celles de l'équipe féminine de cross-country.
D'ailleurs,
le Rouge et Or est à ce jour un des meilleurs programmes universitaires au
Canada. Je vous rappelle quelques faits historiques.
En athlétisme,
plusieurs grands noms canadiens ont porté les couleurs du Rouge et Or au fil
des années.
L'olympienne
Odette Lapierre, en marathon, est sans doute la plus connue, ayant participé
aux Jeux olympiques à deux reprises, soit en 1988 à Séoul et en 1992 à
Barcelone.
Au basketball,
l'équipe féminine du Rouge et Or a remporté 10 fois le championnat
provincial en 11 ans, entre 2007 et 2018.
football, le 23 novembre 2012, le Rouge et Or était devenue l'équipe de
football universitaire canadien ayant gagné
la coupe Vanier le plus grand nombre de fois avec sept conquêtes en
14 ans. Le Rouge et Or est l'équipe la plus titrée du football universitaire canadien, avec 10 coupes Vanier à
son actif. En plus, au cours de son histoire, 63 joueurs du Rouge
et Or ont été repêchés dans les rangs professionnels de la Ligue canadienne de
football.
natation, son équipe fait figure de pionnière. Parmi ses anciens membres, on
compte plusieurs olympiennes, telles Sophie Simard, Nathalie Giguère et
Jacinthe Pineau.
terminant, le 9 novembre 2012, le Rouge et Or remporte la coupe Dunsmore
pour une 11e fois consécutive.
Au total, le Rouge et Or a remporté la coupe Dunsmore à 15 reprises.
profite pour faire un petit clin d'oeil à Aurélie Dubé-Lavoie, qui est la nièce
de mon collègue au Trésor, une athlète
en cross-country. Alors, je tiens à vous féliciter, toutes et tous. Bon succès
dans la suite! Vous êtes effectivement un exemple de persévérance. Et ne
lâchez pas! Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je reconnais la parole à la députée de Gaspé.
Perry Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Mmes et MM. les entraîneurs, les joueuses et les joueurs du Rouge et Or, vous avez gagné, vous êtes les
meilleurs dans les disciplines du cross-country et du football. Vous faites la
fierté non seulement de vos parents, de votre université, qui est aussi la
mienne, mais aussi de tout le Québec.
Vous
recevoir ici, dans l'enceinte du Salon bleu, c'est notre façon à nous de vous
féliciter. C'est tout un exploit, ce que vous venez d'accomplir.
C'est
aussi notre façon de vous remercier, parce
que vous nous avez fait vivre de très
beaux moments. Nous étions avec vous
sur la piste, sur le terrain. Nous vous avons vus triompher, récolter les
fruits de tous les efforts que vous avez investis.
titre de porte-parole de mon groupe parlementaire en matière de sport, de loisirs
et de saines habitudes de vie, je ne peux que vous encourager à
continuer, continuer à être une source d'inspiration pour la jeunesse québécoise.
Je souhaite que le succès vous accompagne encore de nombreuses années. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je reconnais la parole au député de Jean-Lesage.
Zanetti : Merci, Mme la Présidente. Les équipes du Rouge et Or de l'Université Laval sont reconnues à
l'échelle du Canada,
donc à l'échelle internationale, en quelque sorte, pour leur excellence. Les athlètes du Québec,
de la ville de Québec se démarquent, font notre fierté, on n'a qu'à
prendre le pouls dans l'assistance lors des compétitions pour le remarquer,
l'émotion est palpable.
Nous
soulignons aujourd'hui les performances remarquables d'athlètes, de
femmes et hommes impliqués dans leur sport
et dans leurs études. Ce sont vraiment
des personnes inspirantes, des modèles pour la jeunesse et pour tout le monde.
mention particulière, donc, pour l'équipe de cross-country féminin qui a
remporté le championnat national universitaire
l'automne dernier, une première au Québec. Cette année, encore une fois, nous
devons souligner également les efforts de l'équipe masculine de
football, qui a remporté, entre autres, la coupe Vanier sous la neige.
toutes nos félicitations, donc, aux athlètes pour le travail accompli, mais
n'oublions surtout pas de souligner l'implication
dévouée des entraîneuses et entraîneurs, du personnel accompagnateur et
soignant et des familles, qui sont aux premières loges de votre succès. Félicitations!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Alors, motion adoptée.
Nous allons maintenant
passer à la deuxième motion, un membre du deuxième groupe d'opposition. Alors,
je reconnais le...
M. Ouellet : Le député de René-Lévesque. Mme la
Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée de Mercier, la
motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale donne le mandat à la Vérificatrice générale d'enquêter sur le processus d'achat du
navire F.-A.-Gauthier et sur la gestion du dossier par la Société des traversiers
du Québec.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Cette motion est-elle adoptée...
Est-ce qu'il y a consentement pour en débattre? Non? Alors, motion
rejetée. Pas de consentement, évidemment, donc.
Est-ce que... Oui.
Alors, troisième motion, membre du troisième groupe d'opposition.
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le ministre de l'Environnement, le député de Jonquière et le
député de Chomedey ici présents :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des informations contenues dans les comptes
du Fonds vert 2017‑2018, selon
lequel le Fonds vert affiche un bilan de réduction des gaz à effet de serre d'à
peine de plus de 2 % des émissions du Québec depuis 5 ans;
«Qu'elle prenne acte
du retard accumulé par le Québec en matière de lutte aux changements
climatiques;
«Qu'elle
reconnaisse que les gouvernements des dernières années n'ont pas été en mesure
d'atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre exigés
par la communauté scientifique; et
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'agir avec détermination afin de
rattraper ce retard.» Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement
pour en débattre?
Schneeberger :
Consentement, sans débat.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, nous allons... Est-ce que la
motion est adoptée? Adopté? Alors, motion adoptée... Oui, M. le leader.
Un vote par appel nominal? Alors, qu'on appelle les députés.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je mets maintenant aux voix la motion. Comme elle vient
tout juste d'en faire la lecture, alors nous allons procéder immédiatement au
vote.
Alors, que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
Mme Labrie (Sherbrooke),
M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Ghazal (Mercier), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Zanetti
(Jean-Lesage), Mme Dorion (Taschereau).
M. Legault
(L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville),
Mme D'Amours (Mirabel), Mme Chassé (Châteauguay), M. Girard
(Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson),
M. Simard (Montmorency), Mme Lavallée (Repentigny),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), Mme LeBel
(Champlain), M. Bonnardel (Granby), M. Lévesque (Chauveau),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant (Taillon), Mme Blais
(Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie),
Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François),
M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx
(Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien (Charlesbourg),
M. Boulet (Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud),
M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu), M. Bachand
(Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme),
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc),
Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil),
Mme Lecours (Les Plaines), M. Lemieux (Saint-Jean),
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Lamothe (Ungava),
M. Bussière (Gatineau), M. Allaire (Maskinongé), Mme Guillemette
(Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic),
M. Girard (Lac-Saint-Jean).
M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont),
M. Proulx (Jean-Talon), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre
(Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Tanguay
(LaFontaine), M. Rousselle (Vimont), Mme Montpetit (Maurice-Richard),
Mme Melançon (Verdun), Mme Ménard (Laporte), Mme Anglade
(Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols
(Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau),
M. Derraji (Nelligan), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Sauvé
(Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Ouellet (René-Lévesque), M. LeBel (Rimouski),
Mme Hivon (Joliette), Mme Richard (Duplessis), M. Roy
(Bonaventure), M. Gaudreault (Jonquière), Mme Fournier
(Marie-Victorin), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
Mme Perry Mélançon (Gaspé).
M. Ouellette
(Chomedey).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y a-t-il des
députés contre cette motion? Y a-t-il abstention? M. le secrétaire
général.
Le Secrétaire : Pour :
Contre :
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, cette motion est adoptée.
Nous allons maintenant
passer à la quatrième motion, un membre du groupe formant le gouvernement. Mme la ministre de la
Justice, la parole est à vous.
LeBel : Merci, Mme la Présidente. Je demande le consentement pour déposer la
motion suivante conjointement avec le député
de LaFontaine, la députée de
Joliette, le député
d'Hochelaga-Maisonneuve et le député de Chomedey. Elle se lit comme
suit :
«Que l'Assemblée nationale souligne la neuvième
Journée québécoise de la médiation familiale;
«Qu'elle
salue le travail des 1 150 médiateurs familiaux de partout au Québec,
qui contribuent par leur action au règlement à l'amiable des
séparations, et ce, autant dans l'intérêt des enfants que des parents;
«Qu'elle souligne la contribution de la
médiation à un meilleur accès à la justice.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Est-ce qu'il y a d'autres...
Une voix : ...sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Alors, cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Alors, motion adoptée.
Donc là, nous
allons passer à la motion sans préavis. Est-ce qu'il y a d'autres motions sans
préavis? Non? Alors, cela met fin aux motions sans préavis.
M. le leader. Avis touchant les...
Schneeberger :
Avis touchant les travaux des commissions. Alors, j'avise l'Assemblée que la
Commission des finances publiques poursuivra les consultations
particulières sur le projet de loi n° 3, Loi visant l'instauration d'un
taux unique de taxation scolaire, après les affaires courantes jusqu'à midi et
de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Pour ma part, je vous avise que la
Commission des institutions se réunira en
séance publique aujourd'hui, à 15 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de procéder à l'élection de la
présidence de la commission.
Je vous avise également que la Commission des
relations avec les citoyens se réunira en séance publique aujourd'hui, vers 15 heures, immédiatement après
la Commission des institutions, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine,
afin de procéder à l'élection de la présidence de la commission.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous demanderais de sortir en
silence, s'il vous plaît.
Nous allons suspendre
quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 15)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Nous allons reprendre les travaux.
la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, est-ce qu'il y a des
demandes? Alors, je vois qu'il n'y a pas de demande.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader
adjoint du gouvernement.
Schneeberger :
Oui, Mme la Présidente. Alors, je demande à appeler l'article 7 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
À l'article 7 du feuilleton, Mme la
ministre de la Justice présente la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale approuve les recommandations du rapport du
Comité de la rémunération des juges 2016‑2019 concernant le régime de retraite des juges de paix magistrats,
daté du 20 août 2018, et déposé devant l'Assemblée nationale le 6 décembre 2018 en précisant que le
remboursement partiel des frais d'avocats et d'experts engagés par la
Conférence des juges de paix magistrats du Québec est consenti sans admission
quant au pouvoir du Comité de la rémunération
des juges de formuler une telle recommandation et quant à l'évaluation du
montant déterminé par le comité aux fins de remboursement.»
Je cède maintenant la
parole à Mme la ministre de la Justice.
LeBel : Alors, merci, Mme la Présidente. Avant de commencer, je me
dois de vous informer et de souligner que
l'honorable lieutenant-gouverneur a pris connaissance de la présente motion et
qu'il en recommande l'étude à l'Assemblée.
Alors,
je présente à cette Assemblée pour adoption une résolution qui approuve avec
une réserve les recommandations contenues
au rapport du Comité de la rémunération des juges 2016‑2019 concernant le
régime de retraite des juges de paix magistrats, présidé par l'honorable
Pierre Blais.
rapport Blais, remis au gouvernement en août 2018, a été déposé devant cette
Assemblée le 6 décembre 2018, soit dans les 10 jours de la
reprise de ses travaux et conformément à la
Loi sur les tribunaux judiciaires.
C'est le troisième rapport de ce comité
déposé devant cette Assemblée. Celui-ci concerne une modification au régime de
retraite applicable aux juges de paix magistrats.
Avant
de vous entretenir sur cette motion, je vais faire un bref rappel des principes
entourant la détermination de la rémunération des juges.
Cour suprême, dans le renvoi relatif à la rémunération des juges de 1997, a
établi un processus constitutionnel dont
l'objectif est de garantir la sécurité financière des juges, qui constitue
l'une des composantes principales de l'indépendance judiciaire. Ce processus oblige que la
rémunération des juges soit examinée périodiquement par un comité indépendant,
efficace et objectif.
Québec, le Comité de la rémunération des juges a été instauré à la suite de
cette décision de la Cour suprême. En
vertu de la
Loi sur les tribunaux judiciaires, le comité procède à un examen
quadriennal des conditions de rémunération des juges, à savoir les juges de la Cour du Québec, les juges municipaux
à
titre exclusif, soit ceux des cours municipales de Montréal, Laval et Québec, les juges municipaux
rémunérés à la séance, qui siègent principalement dans les autres cours municipales, ainsi que les juges de paix
magistrats. Le comité remet alors au gouvernement un rapport comportant les
recommandations qu'il estime appropriées.
Il a également comme
fonction d'examiner toute modification que le juge en chef de la Cour du
Québec, les conférences qui représentent les
juges ou le gouvernement proposent d'apporter au régime de retraite des juges
ainsi qu'aux avantages sociaux. Le
comité évalue si cette modification est adéquate, en fait rapport au
gouvernement et lui transmet ses
recommandations à cet égard. À cette fin, il peut tenir des audiences et
entendre toutes les parties impliquées pour ensuite formuler des
recommandations.
Il appartient ensuite à l'Assemblée
nationale, par résolution, d'approuver, de modifier ou de rejeter les recommandations. Toutefois, le rejet ou la
modification d'une recommandation doit être justifié par des motifs légitimes
qui respectent la norme de la simple
rationalité élaborée par la Cour suprême. La loi prévoit que cette résolution
doit être adoptée au plus tard le 30e jour de séance suivant ce
dépôt.
Dans
le cas qui nous occupe, le rapport du Comité de la rémunération des juges fait
suite à une demande de la part de la
Conférence des juges de paix magistrats au Québec concernant une modification
au régime de retraite qui leur est applicable. La problématique soulevée
par la conférence émane des recommandations contenues dans le premier rapport du même comité, déposé à l'Assemblée
nationale le 18 octobre 2016, et qui ont fait l'objet d'une résolution par
l'Assemblée nationale le 8 février
2017. Cette résolution a été mise en oeuvre notamment par la loi mettant en oeuvre certaines recommandations
du Comité de la rémunération des juges pour la période 2016-2019.
conférence a demandé au comité une modification de l'article 243.23.1 de la
Loi sur les tribunaux
judiciaires afin de permettre aux
juges de paix magistrats, à l'instar des juges de la Cour du Québec, de pouvoir transférer au Régime de retraite de certains juges du Québec le montant correspondant à la valeur des
prestations acquises au Régime de retraite du personnel d'encadrement avant leur nomination afin d'acquérir le droit à
une pension différée viagère à 65 ans que nous appelons crédit de rente. Considérant que le gouvernement a mis en oeuvre intégralement la recommandation du
premier rapport du comité Blais suivant laquelle les juges de paix magistrats
participent depuis le 1er janvier 2017 au RRJCQ, suivant les mêmes conditions qui s'appliquent aux juges de la Cour du Québec, il s'est montré favorable à la demande de la conférence mais selon certaines modalités, lesquelles ont
été acceptées par la Conférence des juges de paix magistrats du Québec. Donc, le comité a
recommandé ce qui a été proposé par le gouvernement concernant le régime de retraite, soit d'octroyer aux juges de paix
magistrats nommés avant le 7 décembre 2017 le droit de choisir, dans les
180 jours suivant la modification législative, de transférer le montant correspondant à la valeur des
prestations qu'ils ont acquises avant
leur nomination comme juges de paix magistrats vers un crédit de rente au
Régime de retraite des juges de la Cour
du Québec, des juges de certaines cours municipales et des juges de paix
magistrats; que l'exercice de ce choix soit subordonné
à l'exercice du même choix quant au transfert prévu à l'article 224.30
de la
Loi sur les tribunaux judiciaires lorsqu'applicable; que les juges de paix magistrats ayant déjà effectué
un transfert en vertu des articles 224.30 ou 246.23.1 de la même loi ne puissent se servir de la
modification législative pour modifier ce choix; que le transfert soit sujet
aux méthodes et hypothèses actuarielles et aux modalités particulières
selon la situation du juge de paix magistrat.
gouvernement propose d'approuver toutes les recommandations contenues dans le
rapport Blais concernant le régime de
retraite applicable aux juges de paix magistrats puisqu'elles correspondent en
tous points à la proposition du
gouvernement, avec laquelle la Conférence des juges de paix magistrats du
Québec était d'accord. Avec cette décision, nous offrons aux juges de paix magistrats la même possibilité que les
juges de la Cour du Québec en ce qui concerne le transfert de leur
régime de retraite. Il s'agit principalement d'une mesure de concordance.
ailleurs, le comité recommande que le gouvernement verse une somme de
30 000 $ à la Conférence des juges de paix magistrats à
titre de
remboursement des frais d'avocat et d'expert encourus aux fins des travaux du
comité. Il est proposé dans la motion d'approuver cette recommandation
avec la réserve que le remboursement partiel des frais de représentation et
d'expertise encourus par la conférence est consenti sans admission quant au
pouvoir du comité de formuler pareille
recommandation, puisque ce n'est pas prévu à la
Loi sur les tribunaux
judiciaires, et quant à l'évaluation du montant déterminé par le comité
aux fins de remboursement.
En conclusion, Mme la Présidente, le gouvernement
est d'avis qu'il y a lieu d'approuver les recommandations du comité
Blais concernant le régime de retraite des juges de paix magistrats.
remercie le président et les membres du comité Blais d'avoir accepté le mandat
qui leur a été confié et pour le travail
accompli pendant toute la durée de ce mandat. Évidemment, je tiens également à
remercier tous ceux et celles qui ont
contribué à l'analyse de ce rapport, que ce soit au ministère de la Justice ou
au Secrétariat du Conseil du trésor, ces mêmes personnes qui ont pu répondre aux questions de mes collègues de
l'opposition lors d'une rencontre technique sur le rapport. Je les remercie de
leur participation à cette rencontre et j'ose espérer que cette rencontre a pu
répondre à leurs interrogations.
Ainsi, Mme la
Présidente, je propose la motion suivante — et je la relis :
«Que l'Assemblée
nationale approuve les recommandations du rapport du Comité de la rémunération
des juges 2016-2019 concernant le
régime de retraite des juges de paix magistrats, daté du 20 août 2018, et
déposé devant l'Assemblée nationale le 6 décembre 2018 en précisant
que le remboursement partiel des frais d'avocat et d'expert engagés par la Conférence des juges de paix
magistrats du Québec est consenti sans admission quant au pouvoir du
Comité de la rémunération des juges de formuler une telle recommandation et quant à l'évaluation du montant déterminé par le comité aux fins de remboursement.»
Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la ministre de la Justice.
Maintenant, je reconnais le député de LaFontaine. La parole est à vous.
M. Tanguay :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, le débat qui est devant nous
aujourd'hui, et j'aurai l'occasion de revenir sur la motion qui est débattable
aujourd'hui, est un débat qui fait écho des principes importants, majeurs, fondamentaux pour l'État du Québec.
Dans tout système, d'ailleurs, d'origine parlementaire britannique, il
y a une nette séparation des pouvoirs : le pouvoir exécutif,
législatif et judiciaire.
Et j'annonce d'entrée de
jeu, Mme la Présidente, qu'effectivement sur le fond de la proposition qui est
faite aujourd'hui, de la résolution qui est devant l'Assemblée nationale, nous aurons l'occasion, nous, de l'opposition officielle, de confirmer, évidemment, notre accord pour
qu'elle soit adoptée, cette résolution, et donner suite, donc, au
Rapport du Comité de la rémunération des juges 2016‑2019,
rapport qui, et je ferai état de la recommandation un peu plus tard, a été
déposée le 20 août 2018.
Il s'agissait
donc d'un comité ad hoc indépendant qui visait à venir préciser les aspects de
retraite pour des juges, Mme la
Présidente, qui avaient été nommés récemment sous la nouvelle appellation,
depuis le 30 juin 2004, de juges de paix et magistrats et, dans un deuxième temps, des juges qui siégeaient
déjà au
titre de juges aux pouvoirs spéciaux. Et, en faisant cette modification-là, Mme la
Présidente, nous avons eu l'occasion, donc, de constater qu'il y avait un
élément de retraite, une fois la
modification faite... Et j'aurai l'occasion de faire référence au débat qu'il y
avait eu en Cour suprême, décision rendue en 2016.
Mais faisons un pas davantage en amont, Mme la
Présidente, pour regarder les éléments de la séparation du pouvoir, pourquoi c'est important. Pourquoi?
Lorsqu'on parle de la rémunération des juges, leurs conditions de travail,
bien, c'est important que ce soit un comité
indépendant, pas l'exécutif, qui détermine par loi : Vous allez gagner
tant parce que... Et je vais prendre
le temps, Mme la Présidente, parce c'est important pour les gens qui nous
écoutent à la maison, parce qu'il y a l'application là de principes très clairs
en droit constitutionnel... et on a des extraits auxquels nous aurons
l'occasion de nous référer.
Trois piliers
du principe d'indépendance judiciaire, Mme la Présidente. Qu'est-ce que
l'indépendance judiciaire, une fois
qu'on a dit qu'il y a une séparation des pouvoirs? L'exécutif gouverne,
l'exécutif gouverne en respect de la loi et l'exécutif peut, avec le cabinet ministériel, initier les modifications
législatives. Mais c'est le deuxième pouvoir, le pouvoir législatif, qui débat et qui adopte, le cas
échéant, les lois telles qu'amendées, si d'aventure le débat a amené à amender
des lois.
Donc,
exécutif exécute les lois dans le cadre et dans le contexte des lois
constitutionnelles, mais des lois également du Québec et du Canada. L'exécutif gouverne, prend des décisions, peut
initier des projets de loi, et le législatif le statue. Et il y a le judiciaire, Mme la Présidente,
troisième élément de pouvoir, qui va juger si les comportements qui sont portés
devant son attention ont été dérogatoires
par rapport à une loi, donc va sanctionner, le cas échéant, peut donner des
peines d'emprisonnement, peut imposer
des amendes en matière criminelle et pénale mais également en matière civile.
Ce sont les tribunaux qui vont arbitrer, qui vont trancher. Et c'est un élément
extrêmement important d'avoir, donc, une justice totalement indépendante
du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Chacun a une sphère importante.
Comment ça se décline, ça, Mme la Présidente,
cette indépendance-là? L'inamovibilité. L'inamovibilité, Mme la Présidente, la première condition
essentielle. Et je me réfère puis je réfère les gens à la maison à un document.
Je vais citer ce document qui est sur le
site de la Conférence des juges administratifs du Québec. Alors, je m'en suis
inspiré et je vais citer quelques
extraits importants. L'inamovibilité des juges : «La première condition
essentielle d'indépendance est qu'un
juge ne puisse être révoqué pour un motif arbitraire, mais seulement pour une
cause déterminée et raisonnable. Dans
l'arrêt Valente, la Cour suprême du Canada
définit ainsi l'inamovibilité : que la fonction [de] juge soit "à
l'abri de toute intervention
discrétionnaire ou arbitraire de la part de l'Exécutif ou de l'autorité
responsable des nominations".»
Bref :
«L'inamovibilité constitue l'antithèse de la nomination discrétionnaire ou
arbitraire.» Premier élément quant à l'indépendance des juges.
Deuxième
élément, indépendance institutionnelle. C'est une condition où l'indépendance est vérifiée. «[Et] il ne suffit
pas de garantir l'indépendance des juges, [mais] aussi tenir compte de celle
[que] leur tribunal comme institution
[leur accorde].» Et ça, c'est toujours
tiré, Mme la Présidente, du document sur le site de la Conférence des juges administratifs du Québec.
«Pour évaluer "l'étanchéité" d'un
tribunal aux influences extérieures, l'analyse de sa structure et de son statut
s'impose, nous enseigne [donc] la Cour
suprême[...]. Il faut [ainsi]
considérer son degré d'autonomie et d'indépendance administratives dans les décisions qui ont une
influence sur le travail des juges, comme le temps du délibéré ou l'assignation
des causes.
«Dans l'arrêt
Valente — toujours, que j'ai cité un peu plus haut et que le document cite — la
Cour suprême du Canada rappelle — et
nous la citons — que
"le justiciable qui se présente devant un tribunal administratif ou une
cour de justice peut légitimement
s'attendre à ce qu'un arbitre impartial dispose de ses prétentions[...]. Tout
comme dans le cas des tribunaux
judiciaires, l'observateur bien renseigné évaluant la structure d'un tribunal administratif en [viendrait], à l'issue de l'analyse, à l'une des deux conclusions suivantes : il
possédera une crainte raisonnable de partialité ou il en sera dénué."» Fin de la citation. L'indépendance institutionnelle, donc, est une deuxième
caractéristique de cette indépendance judiciaire là suite à l'inamovibilité.
Et maintenant
un troisième élément, Mme la
Présidente, c'est la sécurité
financière. Troisième caractéristique de l'indépendance judiciaire,
condition essentielle quant à leur sécurité financière : «Un décideur ne
peut être véritablement indépendant
que si sa rémunération est prévue par la loi, de manière à le mettre à l'abri
des interventions arbitraires de l'exécutif.
«Dans l'arrêt
Renvoi relatif à la rémunération des juges de la Cour provinciale de
l'Île-du-Prince-Édouard — la ministre en fait
référence un peu plus tôt — la Cour suprême du Canada mentionne qu'il faut que la
magistrature — et je
la cite — "soit protégée contre l'ingérence
politique des autres pouvoirs par le biais de la manipulation financière,
qu'elle soit perçue comme telle et
qu'elle ne devienne pas empêtrée dans les débats politiques sur la rémunération
des personnes payées sur les fonds publics".» Fin de la citation.
«L'essentiel
est que le droit au traitement [prévu en vertu de] la loi et "qu'en aucune
manière l'exécutif ne puisse empiéter — et là on cite toujours la
Cour suprême dans le Renvoi relatif à la rémunération des juges de la Cour provinciale — sur ce droit de façon à affecter
l'indépendance du juge individuellement ou collectivement". Pour les juges
des cours ordinaires, la cour a cependant
prescrit que la loi doit prévoir une commission indépendante — commission indépendante — pour
déterminer la rémunération des juges, dont les recommandations s'imposeront à
toutes fins utiles au législateur.»
aujourd'hui, à la fin du processus, processus qui devait être indépendant... Et
j'ai fait référer, Mme la Présidente, à la décision de la Cour suprême de 1997. Important de mentionner que
cette décision est venue, donc, enchâsser, renforcer ce principe très important d'indépendance des
tribunaux et d'indépendance, au premier titre, des juges, les femmes et les
hommes qui y sont nommés pour rendre
justice. L'apparence est extrêmement importante. Et, oui, ça prend, évidemment,
une indépendance de fait, mais, dans toutes les
apparences également, il doit y être envoyé le message que la justice est
indépendante, ses juges peuvent juger de
l'application ou pas de la loi au cas par cas, sans aucune attache politique,
aucune influence externe.
Et ça, ça
participe, la Cour suprême nous le disait au paragraphe 135 de la
décision, de la confiance du public dans l'indépendance de la
magistrature. Je la cite, au paragraphe 135 : «La confiance du public
dans l'indépendance de la magistrature
serait sapée si les traitements versés aux juges étaient si bas que ces
derniers risqueraient d'être perçus comme étant vulnérables aux
pressions politiques exercées par le biais de la manipulation financière.» Fin
de la citation de la Cour suprême.
Également,
elle nous enseigne, évidemment, que la rémunération des juges doit être
appliquée dans un processus — et la
ministre en faisait référence — tout particulier, un processus lui-même
indépendant, efficace et objectif : «...il n'est en aucune
circonstance permis à la magistrature — non seulement collectivement
par l'entremise d'organisations représentatives,
mais également à
titre individuel — d'entamer avec l'exécutif ou des
représentants de la législature des négociations concernant sa
rémunération.» C'est la Cour suprême qui nous l'enseigne.
Donc, comme
c'est prévu qu'il n'y ait pas de négociation, le pendant de cela pour les
femmes et les hommes qui sont juges,
donc, des cours de justice du Québec, le corollaire de ça, bien, c'est de
permettre, s'il n'y a pas de négociation, qu'un comité... pas contrôlé par
l'exécutif, pas contrôlé par le législatif — vous allez voir, nous, notre action arrive
à la toute fin — mais soit déterminé par un comité
indépendant. Et, en l'espèce, il y a eu un comité indépendant pour venir
confirmer... de venir faire une proposition, Mme la Présidente. La proposition,
elle se retrouve dans le rapport du 20 août
2018, une proposition au législateur, à nous, à l'Assemblée nationale,
d'accepter, même d'amender — la ministre y a fait référence, le
cas échéant, on pourrait amender — ou de rejeter, le cas échéant.
L'analyse est nôtre, et ça participe d'un débat,
évidemment, motion de fond, qui nous permet... Je pense que l'Assemblée nationale, vous le savez, Mme la
Présidente, est un lieu également, par la télédiffusion de nos débats, qui nous
permet également de faire oeuvre utile et de
confirmer en quoi la décision qui sera prise est justifiée ou pas et aux gens
de l'évaluer.
Et ça, vous
me permettrez d'ouvrir une parenthèse, très amicalement, Mme la Présidente. On
aura l'occasion, entre autres, dans
le projet de loi n° 1, de se poser la question, comme Assemblée nationale,
quant à, notamment, la nomination aux deux tiers par cette Assemblée ou
pas — il
y aura un débat — notamment
du DPCP, le Directeur des poursuites criminelles et pénales. On aura
l'occasion, dans le contexte du projet de loi n° 1, de revenir à ces
notions importantes d'indépendance
judiciaire, revenir à ces principes qui ont été clairement identifiés et
déclarés par la Cour suprême dans le
renvoi de 1997 concernant les juges et la rémunération des juges de
l'Île-du-Prince-Édouard. On aura l'occasion, dans le projet de loi n° 1, d'abord en auditions
particulières, en consultations particulières avec des intervenants, des
intervenantes, d'étudier l'impact du
projet de loi n° 1, puis on fera le débat sur cette indépendance d'un
officier de la justice qu'est le DPCP, l'institution du DPCP, qui rend
des décisions, selon plusieurs analystes, de nature quasi judiciaire.
Ça découle du
pouvoir de l'exécutif, Mme la Présidente. Lorsque vous êtes nommé ministre de
la Justice, vous êtes également
Procureur général du Québec. Historiquement, le Procureur général du Québec,
historiquement, l'homme ou la femme
qui était ministre, devait juger, selon ses critères, s'il y avait, dans des
cas bien particuliers, des poursuites ou
pas. Il y avait là une proximité des décisions avant 2007, date de mise en
application de la loi qui a été proposée en 2004 par mon ex-collègue Yvon Marcoux, qui était à l'époque ministre de
la Justice... bien, de faire en sorte qu'en 2007 on s'est dotés d'une institution indépendante, qui
est toujours sous la responsabilité de la ministre de la Justice, mais à
titre
de Procureur général du Québec, il y
a le DPCP. On a sorti ça en 2007, Mme la Présidente, de l'exécutif pour faire
en sorte que la direction des poursuites criminelles et pénales, qui est
nommée selon un processus qui vise aussi à assurer son indépendance, bien, ce soit cette institution, cette personne qui
décide, dans tous les cas d'espèce — puis on a vu des cas qui ont été médiatisés — s'il y a poursuite criminelle ou pas. Ce
n'est plus le ou la ministre, comme à l'époque, qui devait prendre la
décision.
C'est
intéressant de regarder les écrits, les analystes historiques et politiques qui
ont vu l'évolution, où là il était dit
comment le ministre de la Justice devrait-il ou devrait-elle agir lorsqu'il ou
elle décide ou pas de poursuivre dans un dossier. Puis là c'était le Procureur général du Québec, ministre de la
Justice, qui devait se dire : Est-ce que je poursuis dans ce dossier-là? Et là il y avait beaucoup de
littérature, de recherches, d'analyses qui venaient baliser ce pouvoir-là,
qui disaient : Bien, il peut consulter
ses collègues ministres, il peut consulter le premier ministre, mais la
décision lui revient en son âme et conscience.
Alors,
socialement, collectivement, on s'est dit, en 2004, puis ça participait du
désir du gouvernement libéral à l'époque de moderniser l'État... bien,
un projet de loi a été déposé en 2004 pour créer l'institution indépendante.
Aujourd'hui,
la direction des poursuites criminelles et pénales, nommée suite aux
recommandations d'un comité indépendant...
Et ça, personne ne remet en question le fait que le comité est réellement indépendant.
Le projet de loi n° 1 vient même
confirmer, en réaffirmant, en référant directement au comité sans en amender la
composition, que le comité indépendant, il va arriver
avec trois belles, bonnes candidatures. Et là le gouvernement, en cabinet, doit
décider qui il va nommer. Alors, si
le processus, comme le dit le projet de loi n° 1, nous permet d'arriver à
trois bonnes candidatures en bout de piste, il y aura lieu de se poser
la question : Est-ce qu'on veut absolument, après ça, faire un débat
partisan?
reviens à ce que je disais au début, la séparation des pouvoirs législatif,
exécutif et judiciaire. Là, on a le DPCP qui est en marge de l'exécutif et qui participe de l'administration de
la justice en ce qu'il décide ou pas de déposer des accusations qui... Et les procureurs au DPCP, celles et ceux qui sont nommés là, Mme la Présidente, sont nommés sous l'autorité de la directrice qui les nomme. Ce
n'est pas le ministre qui les nomme. Il leur est interdit de toute activité politique.
Il leur est même retiré le droit d'être membre d'un parti politique
ou de faire une contribution. Ce ne serait pas accepté dans notre société,
en vertu de la loi, qu'une personne procureure puisse être impliquée politiquement
pour, justement... C'est une application très tangible de la séparation des
pouvoirs.
Également,
ils sont inamovibles, et l'article 6 de la loi vient mettre des balises
très serrées, très strictes. Si d'aventure le gouvernement désirait suspendre ou destituer la Directrice des poursuites criminelles et pénales, il y a un
processus très strict qui découle de
l'application du principe à l'article 6, qui dit : Bien, la personne,
en partant, sur le principe, elle est inamovible.
Vous ne pouvez pas la congédier au bon plaisir. Ça prend un rapport de la
Commission de la fonction publique, et ainsi de suite, beaucoup de
consultations.
ce sens-là, Mme la Présidente, on peut voir que le DPCP, avec ses procureurs...
Le DPCP relèvera toujours, évidemment,
de la ministre de la Justice, qui va lui accorder son enveloppe budgétaire, qui
devra, lors de l'étude des crédits, permettre — pas «qui devra», pourra permettre, mais
c'est historiquement toujours permis — que la DPCP vienne parler de son organisation générale, mais sans faire du cas
par cas, encore une fois, en application du principe majeur de séparation
législatif, exécutif.
Également,
les pouvoirs qui demeurent à la ministre de la Justice. Qu'est-ce qui lui
reste, comme ministre de la Justice,
Procureur général? Il lui reste le pouvoir de donner des orientations générales
au DPCP quant à la conduite, de façon
très globale et macro, d'un certain type de poursuites et de donner des
orientations générales, jamais du cas par cas. Premier pouvoir qui est
resté à la ministre de la Justice, Procureur général du Québec, suite à
l'adoption et la mise en application, en 2007, de la loi créant, instituant le
DPCP.
Donc,
la ministre peut donner des orientations générales au DPCP. Oui, la ministre
peut confirmer ou pas l'enveloppe budgétaire. Dans certains cas très,
très, très précis, la Procureur général du Québec, en vertu de la loi, conserve le pouvoir... dans des cas très précis,
conserve le pouvoir... si une décision qui est rendue par le DPCP de poursuivre
ou pas ne lui plaît pas, la ministre a
l'occasion, dans un dossier, d'aller consulter la DPCP : Pourquoi vous ne
poursuivez pas dans tel dossier? De façon très extraordinaire,
l'obligation, en vertu de la loi, de consulter.
Dans
un deuxième temps, si la ministre décide : Bien, moi, je veux en porter,
des accusations, l'obligation de le publier
au préalable dans la Gazette officielle du Québec ... Et, en pratique, on
le voit, on s'est donné cette opportunité-là légalement, une sorte de soupape, une soupape de sécurité. Si, dans un
cas très patent, le DPCP, pour x raisons jugées non fondées par la ministre de la Justice, décidait de ne pas
poursuivre, la ministre a ce pouvoir-là. Mais, encore une fois, c'est extrêmement... c'est extraordinaire comme
pouvoir. Je n'ai pas, personnellement, d'exemple récent à vous fournir.
Peut-être qu'il y en a, mais c'est extrêmement rare, et on voit que ce n'est
pas leur rôle. Il y a ce pouvoir-là, parce qu'ultimement c'est toujours elle,
la Procureur général, qui doit répondre, ultimement, de l'administration s'il y
avait d'aventure — puis on l'a vu dans le passé — un volume de certaines accusations qui ne
sont pas... à laquelle on n'a pas statué si on poursuit ou pas.
On l'avait vu en 2017, où il y avait une quantité
énorme d'un certain type de dossiers qui étaient toujours ouverts sur le bureau du DPCP, et là le DPCP... c'est ce
qui était, je vous dirais, souligné à la représentante du DPCP, et il lui était
dit : Bien, pourquoi vous ne
procédez pas dans ces dossiers-là? Pourquoi vous avez x nombres de mois et
d'années dans certains dossiers sur
lesquels vous n'avez pas statué? Et évidemment, toujours en vertu de
l'application de l'arrêt Jordan, où
là il y a une préoccupation, il y avait une décision qui avait été rendue,
c'était d'éliminer, en application de l'arrêt Jordan, une quantité assez
substantielle de dossiers pour lesquels il n'y avait pas eu de décision. Bien,
ça, en commission parlementaire, la
Directrice des poursuites criminelles et pénales est venue répondre de ça, est
venue expliquer, toujours en ne faisant pas du cas par cas.
en ce sens-là, donc, Mme la Présidente, on voit qu'avec le projet de
loi n° 1, qui participe, encore une fois, de l'essence même de la motion qui est devant
nous, où on nous demande... Bien, on va fixer, on va fixer, oui, par notre vote, qui ne va pas déterminer la rémunération, on
ne va pas déterminer comment ça va fonctionner quant aux transferts dans
les régimes de retraite, mais qui va avaliser, le cas échéant, sans préjuger de
la décision de notre Assemblée nationale,
les conclusions, les recommandations d'un comité indépendant. Et ça, on peut le
constater, Mme la Présidente, ça participe de cette séparation-là et de
cette indépendance.
On aura l'occasion de
faire le débat dans le contexte d'une analyse. La direction des poursuites
criminelles et pénales, est-ce qu'on veut
que ça soit nommé par l'Assemblée nationale aux deux tiers? On fera le débat.
Mais on aura l'occasion d'entendre des témoins qui viendront nous
réaffirmer ces principes majeurs, ces principes fondateurs.
ça, dans chaque action que nous posons non seulement comme Assemblée
législative, mais également... c'est la responsabilité du gouvernement, Mme la Présidente, dans chaque action,
puis on l'a vu cette semaine, chaque action qui est posée, il faut
respecter l'État de droit, la règle que nous respectons, l'État de droit, et
qu'il y a des processus.
ne veux pas m'étendre sur ce qui se passe, ce que l'on vit avec le ministre de
l'Agriculture cette semaine, mais on
peut voir qu'il y a eu là des déclarations, à tout le moins, où le ministre
dit : Bien, moi, j'ai décidé de congédier cette personne, basé sur l'exercice de mon pouvoir. On a
vu par la suite qu'il n'avait pas ce pouvoir inhérent là parce qu'il y a un
processus en place. L'exécutif ne peut pas
tout faire seul, il y a des règles de nomination des fonctionnaires, il y a des
règles également de destitution, il y a la
loi sur les sonneurs d'alerte
qui fait en sorte que l'exécutif est encadré et balisé.
Et, en ce sens-là, c'est important de
souligner qu'on a vu, là aussi, un exemple où, lorsque les institutions — dans ce cas-ci, l'exécutif — par rapport à l'application d'une loi qui
encadre le tout par l'Assemblée nationale, lorsque l'exécutif décide de
faire fi de l'application de ces lois-là, bien, à ce moment-là... puis sans
préjuger du dossier, mais, lorsque le ministre
nous dit : Bien, j'ai décidé, moi, en quelque sorte, d'outrepasser la loi...
Ce n'est pas ça qu'il disait, mais, dans les faits, c'est le message qu'il envoyait. Alors, ça, c'est une autre
occasion du danger lorsqu'on essaie de jouer dans une interprétation des lois et faire en sorte de...
comme si elles n'existaient pas. Le législatif a statué et a fait en sorte de
préciser les processus en l'espèce.
Alors,
ici, Mme la Présidente, il y avait eu — et j'en faisais référence un peu plus
tôt — avant
juin 2004, ce qu'on appelle au Québec
les juges de paix aux pouvoirs étendus. Au Québec, les types de juges, si vous
me permettez l'expression, qui sont
nommés par le provincial, par la province de Québec, par le Québec, sont
essentiellement... sont de trois ordres. D'abord, les juges des cours municipales sont nommés par la ministre de
la Justice, sous recommandation de la ministre de la Justice après un processus, mais c'est le Conseil des ministres
qui, ultimement, va accepter ou pas la recommandation de la ministre de la Justice et nommer ou pas une
personne à
titre de juge de la cour municipale. Premier élément, juge de la cour municipale, c'est décidé par Québec,
par l'Exécutif. Les juges de la Cour du Québec, également, tous les juges
de la Cour du Québec sont nommés par Québec
et, anciennement, c'était la troisième catégorie, les juges de paix à pouvoirs
étendus. Cette troisième catégorie de juges
nommés par Québec, Mme la Présidente, juges de paix à pouvoirs étendus,
est l'ancienne appellation de ce qui se faisait avant juin 2004.
Aujourd'hui,
donc, depuis 2004, on doit les appeler les juges de paix et magistrats. Mais
cette modification-là, Mme la
Présidente, c'était plus qu'un changement de nom, a permis législativement, via
des amendements à la
Loi sur les tribunaux
judiciaires... et c'est aux articles 244 et suivants, je crois que la
référence est juste, quant à ce processus-là au niveau du comité de rémunération, mais également pour ce qui est de
leurs fonctions, aux articles 161 et suivants, juges de paix et magistrats, cette fonction était ni plus
ni moins créée. Oui, ceux qui étaient, à l'époque, avant l'amendement, juges
de paix à pouvoirs étendus pouvaient demeurer... continuaient, mais sous la
nouvelle appellation.
Qu'est-ce
que ça a fait? Ça a fait qu'il y a eu légalement des modifications à apporter.
Il fallait que le législateur statue
quant à leurs conditions salariales, leur rémunération, et ça touchait, bien
entendu, les retraites, les retraites, qui est l'objet de la motion et
du débat qui est devant nous.
Alors,
création d'une nouvelle instance, on renomme tout le monde d'un nouveau
titre
de juges, juges de paix et
magistrats. On nomme tout le monde. Ceux qui continuent, évidemment, vont
continuer mais sous la nouvelle appellation. Et la loi avait statué, avait
déterminé, le législateur, la rémunération des juges, également sous les
aspects de régimes de retraite. Et
ça, il y a eu un débat en Cour suprême parce que, quand la loi québécoise fait
cela,