Culture and Education — 21 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CCE 2023-11-21
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante-deux
minutes)
La Présidente (Mme Tremblay) : Alors,
bonjour, tout le monde. Bien heureux de vous retrouver tous et toutes pour
cette belle semaine. Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
Bon, on est
toujours à l'étude détaillée du projet de loi n° 23, Loi modifiant principalement la
Loi sur
l'instruction publique et édictant la
Loi sur l'Institut national
d'excellence en éducation.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata) est remplacée par Mme Hébert
(Saint-François); M. Rivest (Côte-du-Sud), par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac); et Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
La Présidente (Mme Tremblay) : Parfait.
Merci. Donc, comme je l'ai dit précédemment, on étudie le projet de loi n° 23. Nous en sommes au sujet 4,
donc, Institut national d'excellence en éducation. De façon plus précise, quand
on a ajourné nos travaux le 9 novembre dernier, on était à
l'article 43. Donc, M. le ministre, la parole serait à vous.
Drainville : Oui. Bien, merci beaucoup, Mme la Présidente.
Content de vous retrouver. Salutations à tous les collègues, Mme la députée
de Saint-Laurent et Florence, qui l'accompagne, comme toujours. Je salue mon
équipe. Bonjour, bonjour. Il y en a un certain nombre aussi derrière. Je vous
salue également. Merci d'être de retour.
Alors, Mme la Présidente, nous en étions donc à
l'article 43 : Le
titre de la
Loi sur le Conseil supérieur de
l'éducation (chapitre C-60) est remplacé par le suivant :
«Loi sur le Conseil de l'enseignement
supérieur».
Et donc, comme ça le dit très clairement,
l'article vise à modifier le
titre de la
Loi sur le Conseil supérieur de
l'éducation pour qu'il soit conforme à ses nouvelles responsabilités, tel que
le prévoit le projet de loi.
La Présidente (Mme Tremblay) : Parfait.
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Allez-y.
Mme Rizqy : Bonjour, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Tremblay) : Bonjour.
Mme Rizqy : Bonjour, tout le monde.
On reprend nos travaux. Alors, si vous me voyez avec ma petite laine, c'est
parce que, ce matin, malgré le grand froid, nous étions plusieurs devant le
comité patronal de négociation juste ici,
devant la tour Banque Nationale, sur René-Lévesque, avec les enseignants,
notamment des Deux-Rives, qui étaient bien présents et bien vocaux. Et
évidemment, monsieur... Mme la Présidente, et surtout vous, M. le ministre,
vous comprendrez que j'ai une obligation,
comme élue, de vous faire part de ce que j'entends dans la rue, puis les
enseignants puis aussi le front commun aimeraient aussi vous dire que
les vrais «kings», c'est eux.
Mme Rizqy : Les vrais «kings», là,
c'est eux. Les «kings».
Mme Rizqy : Alors, vous qui avez le
sens de la formule, ça ne peut pas vous échapper.
M. Drainville : Il y a beaucoup
d'écho ici. Je vous entends moins bien qu'à l'autre commission.
Mme Rizqy : Mais je préfère, moi, la
salle Pauline-Marois.
Mme Rizqy : Je préfère la salle
Pauline-Marois.
M. Drainville : Mais,
pour le son, c'est plus facile.
Mme Rizqy : Effectivement.
Drainville : Oui. Mais je vais continuer à porter attention à
ce que vous dites, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci énormément,
surtout que je sais que vous avez eu une belle soirée hier.
Drainville : Oui. Hier, je suis allé voir le film Ru , de
Kim Thúy. D'ailleurs, le député de Vanier-Les Rivières était là également avec moi. Et la salle
était bondée. Et c'était un... c'est un magnifique, magnifique film que je nous
invite tous à aller voir. C'est une très
belle histoire d'amour. C'est une histoire d'amour entre une nouvelle
Québécoise et le Québec qui
l'accueille. Et c'est aussi une très belle histoire d'amour entre le Québec qui
ouvre grands ses bras pour cette
famille vietnamienne et tous ces réfugiés vietnamiens qui fuient la guerre. Et
donc c'est tellement... Ça fait du bien. Ça fait vraiment du bien. Et on
est très chanceux d'avoir Kim Thúy.
On se disait, à micro fermé, Mme la Présidente,
qu'on a plein de nouveaux Québécois et de nouvelles Québécoises qui sont
devenus des Québécois émérites dont on est fiers, qui font une formidable
contribution à la société québécoise, et Kim Thúy en est. Mais la députée de
Saint-Laurent me faisait remarquer qu'on en a beaucoup d'autres, et j'étais
totalement d'accord avec elle. La plupart, d'ailleurs, ne sont pas des gens
connus. C'est des gens qui vivent au
quotidien dans cette nouvelle société qui est la leur. Mais la députée de
Saint-Laurent me disait : Il y a aussi Boucar, Boucar Diouf. C'est un très bel exemple d'un Québécois de
première génération qui fait notre... non seulement notre richesse, mais
qui fait notre fierté et qui fait une formidable contribution à la nation
québécoise.
Alors, tout ça pour vous dire, Mme la
Présidente, parce que la députée de Saint-Laurent me fait la gentillesse de me
tendre cette perche, tout ça pour vous dire que je souhaite ardemment que nous
soyons très nombreux à voir ce film-là, le film de... Et le réalisateur était
là, le producteur était là. Et c'est un très beau film. L'histoire est belle.
La réalisation est magnifique. L'esthétisme de ce film-là, c'est très, très
réussi, Mme la Présidente.
Mme Rizqy : Et, de mon côté, j'ai eu
l'occasion, la semaine dernière, d'être à la première montréalaise. Alors, on a juste eu une petite semaine d'avance
sur vous, à Québec, là. Ne soyez pas trop jaloux. Par contre, il y a un des passages du film... Je ne sais pas si vous
vous rappelez, M. le ministre, à un moment donné, une enseignante demande
à la jeune Kim des mots qui lui rappellent son pays d'origine.
Rizqy : Et elle fait
référence à un événement très traumatisant qu'elle a vu, c'est-à-dire la maman
qui vend du pain avec son bébé et
qui, malheureusement, va décéder sous ses yeux. Ce passage, pourquoi j'attire
votre attention, c'est parce que la réalité est la suivante, puis moi,
je la vis particulièrement à Saint-Laurent, où est-ce qu'on accueille
énormément de nouveaux arrivants, et c'est que la classe régulière n'existe
plus vraiment au Québec. Et ce passage est tellement beau. Un, on voit la
réaction de l'enseignante, remplie d'amour, d'empathie et qui comprend que
l'enfant devant elle a non seulement le défi d'apprendre une langue, mais aussi
des blessures à guérir. Et souvent on oublie
ça dans notre société. On ne fait pas que franciser. On fait bien plus au
Québec. Puis les enseignants sont au coeur non seulement de la
francisation, mais je vais ajouter, même, au niveau du baume sur le coeur de
bien des enfants.
Nous, vous savez, à Saint-Laurent, on a
accueilli parmi les premiers élèves réfugiés ukrainiens, hein? On a aussi eu les Syriens. Donc, c'est énorme, le
travail qui est accompli. Puis, je vous le dis, si jamais un jour vous voulez
voir... La première classe de zoothérapie a été faite à Saint-Laurent pour
apprendre des besoins de base comme l'affection, puis c'est correct de partager
quelque chose avec quelqu'un d'autre.
Mme Rizqy : Oui, mais on part de
loin, hein? Alors, je trouvais ça, ce film, magnifique parce que c'est plein de moments importants, mais il y a toujours eu un
adulte significatif qui a soit aidé l'enfant, ou la maman, ou le papa.
D'ailleurs, on voit les parrains de cette famille, là, qui ont vraiment,
honnêtement, là, ouvert plus que leur maison, là. On va se le dire, ils
ont ouvert leurs coeurs. Alors, je trouve ça magnifique, mais ne pas oublier...
Puis, si vous avez l'occasion de venir voir
une classe de zoothérapie, de ce qu'il y a de beau, de ce qui est fait dans nos
écoles... Vous dites : On parle
du négatif, mais il y a aussi du positif. Puis moi, je vous dis, là, j'en ai,
une école avec une classe de zoothérapie. Vous allez être impressionné
de voir cela.
Drainville : Bien, j'ai inauguré une école à... Je ne me
souviens plus c'est laquelle, là. Je fais beaucoup d'écoles...
Mme Rizqy : ...à 55, M. le ministre.
M. Drainville : Oui, 55 écoles,
oui, exactement, à peu près une par semaine.
Mme Rizqy : Je prends le... Je
fais le décompte pour vous, hein, vous le savez.
M. Drainville : Oui,
c'est ça. Non, mais c'est bon, c'est bon. Et, je ne me souviens plus dans
laquelle école, il y avait, effectivement, une TES avec son chien, et puis elle...
Le chien faisait visiblement
partie de l'équipe-école, Mme la Présidente, et
donc... Ce n'était pas... ce n'était pas, à proprement parler, une classe de
zoothérapie, mais c'était comme un... c'était comme un outil de zoothérapie
pour l'école, puis qui se promenait dans l'école. Puis, si j'ai bien compris,
la TES amenait son chien dans plusieurs classes différentes, probablement, dans
certains cas, parce que j'ai pu discuter
avec elle, là, mais... C'est un lab-école. Donc, je pense que c'est celui de...
je pense que c'est celui de
Maskinongé. Je ne suis pas certain. Mais c'est un lab-école, parce qu'il y
avait Ricardo puis il y avait Pierre Lavoie qui étaient là. Et
d'ailleurs il y a une photo, Mme la Présidente, si les gens veulent savoir de
quoi je parle. On a une photo avec le chien
en question. Je pense que je l'ai mise sur Instagram. Puis le chien est couché
sur le ventre, puis là on est tout un groupe autour du chien avec la TES
maître du chien.
Et puis tout ça pour dire que ça se répand
tranquillement pas vite, cette idée d'utiliser les animaux et la relation avec
l'animal pour enseigner, pour consoler, pour cicatriser des blessures, et tout
ça pour développer, justement, ce lien d'attachement. Alors, bien, c'est ça, ça
fait
partie de toutes ces innovations qui ont cours dans notre système
scolaire, Mme la Présidente, et qui visent essentiellement une chose, c'est de
faciliter la réussite scolaire de nos élèves. Alors, bien, voilà, Mme la
Présidente, c'est très bien. Et...
M. Drainville : Bien oui, il faut en
parler.
La Présidente (Mme Tremblay) : Oui,
tout à fait, une grosse semaine de travail, donc.
Mme Rizqy : Oui, parce que, là, on
va arriver au niveau du Conseil supérieur de l'éducation puis... Non, on enlève
le terme «éducation». Puis, M. le ministre, vous appuyez tout votre propos sur
le travail qui a été fait par le comité qui
avait été mis, à l'époque, sous le ministre M. Proulx, Sébastien Proulx,
mais, dans le rapport, il ne demandait pas l'abolition ni le
démantèlement. Il disait que les deux pouvaient coexister. Moi, j'ai
l'impression qu'en indiquant tout simplement Conseil de l'enseignement
supérieur on vient, justement, de le dénaturer. Il faut que ça se rattache à quelque chose. Le Conseil de l'enseignement
supérieur, bien, n'est plus rattaché à l'éducation. Or, je pense qu'on peut faire
les deux et je crois sincèrement que l'INEE peut coexister sans toucher au Conseil
supérieur de l'éducation.
M. Drainville : Bien, ils vont
continuer à coexister, Mme la Présidente, parce que la présidente du Conseil supérieur de l'éducation va siéger sur le conseil
d'administration de l'INEE, et le où la présidente de l'INEE va siéger sur le conseil d'administration du Conseil supérieur
de l'éducation, donc, il y aura... enfin, du Conseil de l'enseignement supérieur, qu'il va s'appeler maintenant. Et donc
cette... comment dire, cette cohérence ou ce travail d'équipe, si on peut
dire, va se faire. Il va se faire. Moi, j'en ai la conviction profonde.
Mme Rizqy : ...budget ou ça va être
comme le CTREQ?
M. Drainville : Honnêtement, on n'en
est pas là. Mais j'ai eu des discussions avec la présidente du Conseil
supérieur de l'éducation il y a quelques jours, et, honnêtement, Mme la
Présidente, ce ne sont pas des considérations d'ordre financier... un ordre...
d'ordre financier qui nous motivent ici, là. Ce n'est pas ça.
Sincèrement, Mme la Présidente, on veut créer un
nouvel institut p