CRC — 27 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CRC 2018-04-27
Quebec — Committees
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Matte) : Donc, étant donné que j'ai expliqué le déroulement,
nous allons débuter avec les remarques
préliminaires de M. le ministre. Vous disposez de 12 minutes. Je m'excuse, là, sur le temps, ça peut
jouer parce qu'il y a eu des ajustements ce matin, mais je
vous confirme que vous avez 12 minutes pour les remarques préliminaires. C'est à vous la parole, M. le ministre.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Très bien.
Bien, merci beaucoup, M. le
Président. Tout d'abord, salutations à vous, à l'équipe
de la commission. Il me fait plaisir de vous retrouver. On avait passé beaucoup
de temps ensemble lors de l'étude du projet de loi n° 143, mais ça
avait été du travail très productif, et j'imagine qu'il en sera de même aujourd'hui.
Et évidemment saluer les collègues parlementaires qui sont avec nous, la députée de
Joliette, la députée
de Louis-Hébert, député de Côte-du-Sud, député de Mégantic, député
d'Orford et la députée de Richmond. Alors, je constate que les collègues de l'Estrie sont aussi très sensibles et
très intéressés par les enjeux touchant la famille, alors très content de
revoir les collègues de ma région ici. Je
voudrais saluer le personnel de mon cabinet ministériel qui m'accompagne
aujourd'hui, les gens du ministère de la
Famille, sur qui je peux compter à chaque jour dans l'exécution de mes tâches,
qui sont des gens dévoués et
compétents, les gens de Retraite Québec également qui sont avec nous
aujourd'hui et les gens du Curateur public également.
Alors,
M. le Président, aujourd'hui nous entamons l'étude des crédits du ministère de
la Famille. On va voir qu'on a des
sujets très diversifiés parce que nous avons des services également très
diversifiés, et pas seulement les services de garde. Effectivement, les services de garde occupent une grande place
dans notre quotidien dans ce que nous accomplissons pour les familles du Québec, mais il y a beaucoup de
choses qui se font de notre côté, qu'on pense, justement, aux services
du Curateur public, toutes les questions
également qui touchent la conciliation famille-travail-études. Vous savez qu'on
en a fait une priorité, comme gouvernement. J'imagine qu'il en sera question
ici aujourd'hui.
Mais
à travers tous les gestes que nous posons, toutes les actions que nous faisons,
comme gouvernement, nous avons
toujours également en tête et dans notre coeur les enfants qui sont les plus
vulnérables dans notre société. On a eu la chance de poser plusieurs
gestes récemment, comme gouvernement, en ce sens-là. D'abord, je pourrais vous
parler, M. le Président, de la stratégie
pour les 0-8 ans que nous avons lancée en janvier dernier avec le collègue le
ministre de l'Éducation, avec le
premier ministre également. Et le grand objectif de la Stratégie 0-8, c'est de
favoriser l'égalité des chances pour
nos enfants, de détecter tôt, également, certains problèmes dans le
développement des enfants et agir tôt pour qu'on puisse, justement, donner à ces enfants toutes les chances de
réussir dans la vie, toutes les chances de pouvoir réussir,
éventuellement, à l'école. Alors, c'était vraiment au coeur de nos
préoccupations.
Nous avons posé d'autres gestes également dans
le budget, donc plus récemment, M. le Président, pour les enfants vulnérables. Je pense, entre autres, aux
23 millions que nous avons annoncés pour la Fondation du Dr Julien
pour pouvoir
développer les centres de pédiatrie sociale en communauté partout à travers le
Québec. Vous savez, on avait un objectif
ambitieux d'avoir 42 centres, et il y en a déjà 30 présentement. Il y en aura
sept nouveaux cette année, et avec les investissements que nous faisons
au cours des quatre prochaines années, mais on sera certainement en mesure de dépasser notre objectif de 42 centres et offrir
des services de santé et de services sociaux à des enfants qui sont dans
des milieux défavorisés et qui ont bien
besoin de ces services-là, M. le Président. Il faut dire également que la
Fondation du Dr Julien, la
pédiatrie sociale, c'est plus que des services de santé, c'est également
s'assurer que les droits des enfants sont respectés et qu'ils vivent
dans un environnement qui est propice à leur développement.
Une autre
annonce que j'ai faite récemment, M. le Président, et, je pense, qui est très
importante pour l'accès aux services de garde éducatifs à l'enfance pour
les enfants défavorisés, c'est le fait qu'on va rendre les services gratuits cinq jours par semaine pour les enfants dont les
parents sont soit à l'aide de dernier recours ou dans des programmes de réinsertion en emploi. Depuis 1997, M. le
Président, ces services-là étaient gratuits deux journées et demie par
semaine, et dorénavant, à compter de cet été, ces services-là seront gratuits
cinq jours par semaine parce qu'on veut éliminer une barrière, on souhaite que ces enfants-là puissent avoir accès aux
services éducatifs de qualité, et, encore là, c'est dans une perspective
d'égalité des chances pour ces enfants.
Un des gestes
très importants que nous avons posés, comme gouvernement, depuis que nous avons
repris le pouvoir en 2014, c'est un
geste que nous avons posé en 2016, c'est l'instauration du supplément pour
enfant handicapé nécessitant des
soins exceptionnels. Donc, c'est une aide financière que l'on apporte à des
familles à chaque mois, une aide qui est quand même substantielle pour aider les parents à rencontrer certaines
obligations à l'égard de leur enfant lourdement handicapé, que ces parents-là puissent également
passer davantage de temps avec leurs enfants. Et jusqu'à
présent, bien, vous savez, M. le Président, il y a 1 833 enfants qui ont été acceptés au programme,
donc environ 46 %
de taux d'acceptation. C'est plus
élevé que ce qu'on avait anticipé au départ. Et c'est important de noter
également que les critères d'admissibilité
ont été déterminés par des professionnels de la santé, les cas sont évalués
également par des professionnels de la santé et non pas par la fonction
publique ou par le pouvoir politique — ça, je pense que c'est
important de le rappeler — et également que ce n'est pas une enveloppe
fermée, que tous les enfants qui rencontrent les critères sont admis à
ce programme-là.
Ceci étant
dit, M. le Président, ça va faire bientôt deux ans que le programme existe, et,
tout étant perfectible dans la vie, je pense qu'il y a lieu d'apporter
des modifications, des améliorations au supplément pour enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels. Et c'est
pourquoi, M. le Président, comme c'est un sujet qui me tient bien à
coeur, j'ai choisi ce matin pour vous faire une annonce de quatre mesures qui
va s'appliquer à ce programme-là.
Tout d'abord,
M. le Président, nous sommes en train d'examiner la situation particulière,
présentement, de certains enfants qui
ont été refusés au SEHNSE, mais qui étaient tout près, tout près de l'avoir. Et
ce sont des enfants qui sont quand même
lourdement handicapés et qui ont des besoins, alors dans un souci d'équité et
de justice sociale pour ces enfants-là, j'ai mandaté Retraite Québec de faire l'analyse des dossiers avec les
autorités concernées, notamment au ministère des Finances, et ces dossiers-là vont être regardés, et nous allons apporter
les ajustements nécessaires au SEHNSE pour que ces enfants-là soient admis. Et on parle d'environ une centaine
d'enfants qui pourraient être admis au SEHNSE en vertu de cette
modification-là, M. le Président, et l'examen sera complété au mois de juin.
Donc, très prochainement, il pourrait y
avoir de bonnes nouvelles pour ces enfants qui seront admis au supplément pour
enfant handicapé nécessitant des soins exceptionnels.
Pour les
autres enfants qui ne sont pas admissibles au SEHNSE, j'ai mandaté Retraite
Québec de travailler avec ses
partenaires, de faire l'analyse des besoins de ces enfants-là, de faire
l'inventaire des services qui leur sont offerts à l'heure actuelle, de voir ce qui se passe ailleurs
dans le monde, de rencontrer des groupes pour qu'on puisse, justement, faire un bilan plus exhaustif, plus précis de
notre mesure et éventuellement, évidemment, de nous faire des recommandations
pour qu'on puisse faire des modifications si
nécessaire, toujours dans ce souci de mieux servir ces enfants et ces
parents du Québec. Et j'attends ces
recommandations-là, les observations d'ici la fin de l'automne, donc d'ici les
fêtes, M. le Président.
La troisième
mesure que je souhaite annoncer, c'est la suivante, ça fait suite à des
commentaires que j'ai reçus de beaucoup
de parents que j'ai rencontrés au cours des derniers mois, depuis que je suis
ministre de la Famille, le 11 octobre dernier, c'est qu'on nous dit : Bien, des fois, on sent qu'on
pourrait avoir plus d'accompagnement de la part de Retraite Québec pour, justement, remplir les documents,
pour faire la demande et on pourrait peut-être utiliser un autre ton
dans les réponses qui nous sont données par écrit lorsqu'il y a un refus. On
peut comprendre que notre enfant n'est pas admissible,
mais des fois c'est dans la façon de le dire. Alors, dans une perspective
d'améliorer toute cette relation-là et parce
que les gens de Retraite Québec sont des gens très sensibles, très dévoués, ils
ont manifesté beaucoup d'ouverture à la demande que je leur ai faite, alors ont accepté de faire des rencontres
avec les parents. Il y a une cinquantaine de parents, dont la majorité n'auront pas... dont leur enfant
n'aura pas été admis au SEHNSE, mais d'autres pour qui l'expérience a été plus positive seront rencontrés au mois de
juin. Les parents seront sélectionnés en complémentarité avec l'Office
des personnes handicapées du Québec parce
qu'on veut avoir leurs commentaires. Qu'est-ce qu'on devrait faire,
justement, pour améliorer la relation avec
les parents? Alors, en ce sens-là, là aussi, il y aura des observations, des
recommandations qui en ressortiront, et ça nous permettra d'améliorer la
qualité des services offerts à ces parents-là.
Finalement,
M. le Président, la dernière mesure que je souhaite annoncer, elle aussi fait
suite à des conversations que j'ai
eues avec des parents dernièrement. Parce que, vous savez, la mesure s'applique
aux enfants de 18 ans et moins, et,
à partir de 18 ans, bien, ces enfants-là sont admissibles au Programme de
la solidarité sociale. Mais évidemment il y a un passage entre les deux, et moi, je souhaite qu'on puisse faciliter la
vie des parents, qu'ils n'aient pas nécessairement à remplir encore toute la paperasse lorsque leur
enfant arrive à 18 ans pour être admissible au Programme de la
solidarité sociale. Alors, il y a eu une
belle ouverture, d'une part, de Retraite Québec et du ministère de l'Emploi et
de la Solidarité sociale
qu'on mette en place cette passerelle-là pour ces enfants qui arrivent à
18 ans. Parce qu'il faut le reconnaître, M. le Président, là, c'est une démarche qui peut être
lourde, c'est une démarche qui peut être douloureuse pour les parents de
faire cette prise de conscience là de tous
les obstacles que rencontrent leurs enfants, alors on souhaite leur éviter de
revivre cette expérience-là une fois de plus. Et c'est pourquoi nous
travaillons présentement avec le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale à établir cette
passerelle-là pour ces enfants. Et je peux vous dire qu'il y a beaucoup
d'ouverture de part et d'autre, alors ça devrait se faire très prochainement,
M. le Président.
Alors, c'est
ce que je souhaitais pouvoir vous exprimer, M. le Président, concernant le
supplément pour enfant handicapé
nécessitant des soins exceptionnels. Vous voyez, c'est un sujet qui me tient
particulièrement à coeur parce que je
pense que, peu importe notre allégeance politique, nous sommes tous des êtres
humains, nous sommes tous des parents ou des grands-parents dans
certains cas, et je pense qu'on a tous notre sensibilité à l'é