Public Finance — 13 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2016-04-13
Quebec — Committees
(Quinze heures cinq minutes)
Président (M. Bernier) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des finances publiques ouverte. Et, bien sûr, je demande,
comme d'habitude, à toutes les personnes dans la salle d'éteindre la
sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Conseil du trésor des crédits budgétaires du portefeuille Conseil
du trésor et Administration gouvernementale pour l'exercice
financier 2015-2016.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Fortin (Pontiac) est remplacé par M. Simard (Dubuc) et
M. Spénard (Beauce-Nord) est remplacé par M. Caire (La Peltrie).
Président (M. Bernier) : Merci beaucoup. Tout d'abord, je veux
souligner le ministre des Finances qui est ici et qui est devenu ce
matin le président du Conseil du trésor également. Je veux vous féliciter pour
votre nomination de ce matin.
Je veux
saluer les collègues gouvernementaux qui sont là, également du côté de
l'opposition officielle : M. le député de Gaspé, qui est avec nous
pour cet après-midi et ce soir, M. le député de La Peltrie, qui est avec
nous également, porte-parole du deuxième groupe d'opposition. Bienvenue,
messieurs, de votre participation.
Je veux
saluer également le personnel qui vous accompagne et le personnel du
Secrétariat du Conseil du trésor qui sont
ici présents — bienvenue,
messieurs — saluer
M. Luc Meunier et M. Denys Jean aussi, qui sont ici présents, et
le secrétaire général du Conseil du trésor, bienvenue à cette commission.
Nous allons donc débuter par les remarques
préliminaires, puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes,
incluant les questions et les réponses. Et je vais m'assurer de balancer le
temps entre questions et réponses par
rapport au temps qui est accordé. La mise aux voix des crédits sera effectuée à
la fin... qui est alloué, de l'étude de ce volet. Donc, la fin, c'est ce
soir.
Puisque nous
avons débuté nos travaux à 15 h 5, nous allons demander un
consentement pour les terminer à 18 h 5. Consentement?
Consentement. C'est beau.
Donc, sans plus tarder, M. le ministre, pour vos
remarques préliminaires, vous avez un bloc de 17 minutes.
M. Leitão :
Très bien. Merci, M. le Président. Alors, chers collègues du côté ministériel,
M. le député de Gaspé, M. le député de La Peltrie, bien sûr, M. le
Président, bonjour.
Comme vous l'avez mentionné, je viens d'être
assermenté, un peu plus tôt ce matin, comme ministre des Finances et ministre responsable de
l'Administration gouvernementale, de la Révision permanente des programmes
et président du Conseil du trésor. Donc,
c'est tout récent. Alors, ça veut dire, entre autres choses, que je n'hésiterai
pas à passer la parole à mes
collègues du Secrétariat du Conseil du trésor pour des précisions aux réponses
qui viendraient des députés.
Alors, je
veux aussi souligner, donc, la présence de toute l'équipe de fonctionnaires,
qui est très dédiée et qui va certainement être en mesure de répondre
aux questions qui leur seront posées.
L'étude des
crédits en commission parlementaire constitue un exercice capital, essentiel à
la transparence et la surveillance de
l'action gouvernementale. C'est donc avec tout le sérieux et la rigueur que
mérite cette démarche que je procède
avec vous à l'étude des crédits du Secrétariat du Conseil du trésor et des
organismes qui font
partie du portefeuille du Conseil du trésor et de
l'Administration gouvernementale.
D'abord, permettez-moi,
M. le Président, de vous présenter les gens qui m'accompagnent aujourd'hui pour
m'appuyer lors de ces études de crédits
budgétaires 2016-2017. Bien sûr, M. Yves Ouellet, secrétaire du
Conseil du trésor, ici, à ma gauche.
Il y a aussi le président-directeur général du Centre de services partagés du
Québec, M. Denys Jean; le président-directeur
général de la Société québécoise des infrastructures, M. Luc Meunier; le
président de la Commission de la fonction publique, M. Marc
Lacroix. Je tiens également à remercier les équipes de chacun des organismes
présents aujourd'hui pour cet exercice,
ainsi que les membres de mon cabinet qui m'accompagnent, dont M. Cormier,
Dominic Cormier, qui est à ma droite.
D'entrée
de jeu, il m'apparaît essentiel de vous rappeler le contexte des crédits
présentés par le gouvernement. Dès
son entrée en fonction, notre gouvernement s'est engagé à redresser les
finances publiques et à remettre le Québec sur la voie d'une solidité financière et d'une prospérité durable. Nous
avions promis d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015-2016 et nous
avons respecté cet engagement. Je suis également très fier de souligner que,
pour une deuxième année consécutive, en
2015-2016, nous avons respecté notre objectif de dépenses de programmes. Ça,
c'est une première en 23 ans. Au cours des deux dernières années, la croissance
des dépenses a été de 1,6 % et
1,7 %, respectivement. Au passage, je signalerais que ces taux sont comparables, voire même supérieurs à
ceux de l'Ontario, qui n'est pas encore en équilibre, ou de la
Colombie-Britannique, au moment où cette province retournait à l'équilibre.
Maintenant
que nous avons assaini les finances publiques, nous revenons à des taux de
croissance des dépenses un peu plus
élevés, mais qui doivent demeurer supportables à long terme, soit 2,7 % en
2016-2017 et 2,8 % en 2017-2018. Et, en passant, je veux que ce
soit très clair, M. le Président, nous n'allons plus revenir dans les eaux
passées, où la croissance des dépenses était
plus rapide que celle des revenus. Le contrôle responsable des dépenses permet
également d'avoir une marge de manoeuvre
pour faire face aux incertitudes de l'économie et à des imprévus. Nous sommes
dans un contexte économique mondial
incertain. Encore ce matin, la Banque du Canada nous l'a bien rappelé avec sa
décision sur une politique monétaire. Nous
devons composer notamment avec l'évolution de l'économie chinoise et celle des
pays émergents, la dépréciation du dollar canadien et la baisse des prix des
matières premières, pas seulement le pétrole, mais toutes les matières
premières.
vieillissement de la population fait aussi
partie des enjeux que nous devons
relever. Maintenir une bonne santé financière est impératif si nous
voulons dans le futur réussir à maintenir des services de qualité pour la
population du Québec. En adoptant une saine
gestion des dépenses, nous bénéficions d'une marge de manoeuvre pour réinvestir
dans les priorités que sont l'éducation, la santé, la famille et l'économie.
Pour y parvenir, il faut innover, il faut moderniser le fonctionnement de
l'État afin de préserver sa capacité à jouer un rôle de levier de la croissance
économique et du développement social.
Considérant
tous les enjeux qui transforment la société actuelle, il est incontournable de
requestionner l'efficacité et l'utilité
de nos programmes publics. À cette fin, un comité ministériel sur la révision
des programmes présidé par le premier ministre a été constitué afin
d'énoncer les orientations et les priorités du gouvernement en matière de
révision des programmes.
Au cours de
l'année 2016-2017, le gouvernement poursuivra la révision des structures
et des organismes amorcée en 2015-2016.
Depuis le 1er janvier 2016, la Commission administrative des régimes
de retraite et d'assurances et la Régie des rentes du Québec sont
regroupées en un seul organisme, nommé Retraite Québec. Le regroupement permet
de réaliser un gain d'efficience important quant à la prestation des services
offerts, ce qui générera des économies de 20 millions de dollars par année
à compter de 2018.
Aussi, depuis
le 1er janvier 2016, la Commission des normes du travail, la
Commission de l'équité salariale et la Commission de la santé et de la
sécurité du travail sont regroupées au sein de la Commission des normes, de
l'équité, de la santé et de la sécurité du
travail. Cette réorganisation permet au personnel de ces organismes de mettre
en commun leur expertise et leur
expérience, d'améliorer la qualité des services offerts, notamment en ce qui
concerne la simplification des démarches, ainsi que de générer des
économies annuelles de 8 millions de dollars par année après trois ans.
Comme annoncé dans l'excellent
budget 2015-2016, le gouvernement a aussi procédé au regroupement des tribunaux administratifs dans le domaine du
travail. La Commission des lésions professionnelles et la Commission des
relations du travail ont été fusionnées au
sein du Tribunal administratif du travail le 1er janvier 2016. Ce
regroupement permet d'assurer une gestion
plus efficiente et responsable des activités des tribunaux administratifs, mais
aussi d'offrir une meilleure couverture sur l'ensemble du territoire
québécois. À partir de la troisième année, une économie de gestion récurrente
de 6,9 millions de dollars est prévue.
Quant au
ministère de la Culture et des Communications, il poursuit ses travaux afin
d'intégrer la Régie du cinéma au sein
du ministère. Ses mandats et ses orientations pour les années à venir seront
révisés afin de favoriser la mise en commun des ressources et de
l'expertise tout en veillant à une meilleure efficience des services offerts.
À cette
révision de structures, il faut aussi ajouter la réorganisation de Services
Québec, le repositionnement de la Société
québécoise des infrastructures ainsi que celui du Centre de services partagés
du Québec, qui a d'ailleurs présenté son plan de transformation l'année
dernière.
Ces chantiers
s'inscrivent dans l'optique de recentrer ces organismes dans leur mission
essentielle, d'accroître l'efficacité et la qualité de leurs offres de
services et de mieux utiliser les ressources mises à leur disposition.
Dans notre
recherche continue d'une plus grande efficacité et productivité de l'État, il
est incontournable de se pencher
également dans la gestion des ressources qui oeuvrent au sein de l'État
québécois. La rémunération des employés de l'État constitue à elle seule environ 60 % des dépenses de
programmes, soit une somme annuelle de près de 40 milliards de dollars. 40 milliards, c'est
40 000 millions. Afin d'assurer une meilleure surveillance de
l'évolution des effectifs et des dépenses
de rémunération dans l'appareil public, le gouvernement poursuit sa mise en
oeuvre de la
Loi sur la gestion et le contrôle
des effectifs. L'année dernière, nous avions annoncé des objectifs ambitieux de
réduction de l'ordre de 2 % par rapport
à 2013-2014. Les données prévisionnelles pour 2015-2016 montrent que le
gouvernement est en voie de dépasser significativement
son objectif global avec une baisse de 7 158 effectifs à temps
complet. Ce résultat montre un renversement majeur de la tendance depuis plusieurs années, alors qu'on constatait
une hausse annuelle moyenne d'environ 5 000 effectifs à temps
complet. Donc, on passe d'une augmentation de 5 000 par année pendant
plusieurs années à une diminution, à une baisse de 7 158.
Parmi les
actions réalisées lors de la dernière année, j'aimerais aussi souligner le
renouvellement des conventions collectives
des employés de l'État. Ces ententes négociées assurent aux employés de l'État
une croissance raisonnable de leur rémunération tout en respectant la capacité
de payer des contribuables. Ces ententes apportent un cadre de stabilité
pour nos dépenses et une stabilité
favorables à la croissance économique. À ce jour, nous avons une entente de
principe avec 500 000 des
533 000 syndiqués des secteurs public et parapublic, dont près de
400 000 font
partie du front commun. Les négociations se sont déroulées dans un contexte où le gouvernement
s'était engagé à atteindre l'équilibre budgétaire et à respecter la
capacité de payer des contribuables et le principe d'équité.
Les contribuables souhaitent que les impôts et
les taxes qu'ils paient leur permettent d'obtenir des services de qualité et de bénéficier d'infrastructures en bon
état. C'est pour cette raison que notre gouvernement a fait tous ces
efforts au cours des deux dernières années
pour assainir les finances publiques. Je tiens à les rassurer que ces efforts
se poursuivront.
Cette
discipline dont nous faisons preuve dans la gestion des finances publiques nous
permet notamment d'inscrire des
investissements de l'ordre de 88,7 milliards au Plan québécois des
infrastructures 2016-2026. Ça, c'est une augmentation de
300 millions par rapport au plan 2015‑2025. Pour l'année
financière 2016-2017, ces investissements seront de 9,6 milliards de dollars. De nouvelles
initiatives totalisant 2,4 milliards font
partie du plan 2016-2026.
Mentionnons, entre autres, pour le
secteur de l'éducation primaire et secondaire, des sommes de 1,2 milliard,
dont 700 millions en argent neuf, au
cours des trois prochaines années pour améliorer la qualité des écoles. Des
sommes importantes sont aussi inscrites au PQI pour la mise en oeuvre de
nos grandes stratégies de développement économique, telles le Plan Nord, la
Stratégie maritime et le plan d'électrification des transports. Ces
investissements arrivent à point pour soutenir notre économie et générer des
emplois de qualité pour le Québec.
Je souhaite également profiter de cette tribune
pour réitérer l'intérêt de notre gouvernement à appliquer les recommandations du rapport de la Commission
d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans
l'industrie de la construction. Parmi les
recommandations formulées par cette commission, 14 concernent le
Secrétariat du Conseil du trésor.
Parmi celles-ci, 10 seront réalisées d'ici la fin de 2016 alors que les autres
le seront au début de 2017. Je répète, M.
le Président, parce que c'est important, des 14 recommandations de la
commission Charbonneau qui concernent le Secrétariat du Conseil du trésor, 10 seront réalisées d'ici la fin de
2016 alors que les autres le seront au début de 2017.
Je tiens à souligner qu'avant même le dépôt du
rapport de la commission Charbonneau, le 24 novembre dernier, des mesures étaient déjà mises en place pour
faciliter l'accès aux contrats publics. Le 30 octobre 2015, le
gouvernement a lancé le Passeport
Entreprises comprenant 24 mesures pour faciliter l'accès aux contrats de l'État,
mais aussi pour améliorer le
processus d'appel d'offres. L'une des mesures prévoyait la création d'une
fonction de commissaire aux contrats publics. Et là, on est en... au 30 octobre 2015, hein? Dans son rapport,
la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des
contrats publics dans l'industrie de la construction formulait plutôt l'idée de créer une autorité des
marchés publics. Le gouvernement
a annoncé le 24 mars dernier son intention de créer cette autorité qui
deviendrait le chien de garde de l'ensemble des contrats de l'État québécois.
Je rappelle
que notre gouvernement a aussi déposé, le 2 décembre dernier, le projet de
loi sur la divulgation d'actes répréhensibles
afin d'améliorer le régime de protection des lanceurs d'alerte. Ce projet de loi répond à une recommandation majeure
de la commission Charbonneau. L'objectif de ce projet de loi est de permettre à toute personne de divulguer des actes répréhensibles commis ou sur le point d'être
commis au sein d'un organisme public, tout en assurant la protection des
divulgateurs. Une personne qui a le courage
de dénoncer des actes répréhensibles doit pouvoir bénéficier d'une
protection contre toute mesure de représailles.
En terminant,
avant de passer bien sûr aux questions des membres de la commission, je tiens à dire
que toutes ces actions en matière de saine gestion des dépenses
convergent vers un même objectif, celui d'assurer la pérennité des services et des missions essentiels de l'État québécois.
Il faut agir pour l'avenir pour demeurer maître de nos choix, et c'est ce que nous faisons. Je suis fier de me
faire un des porteurs de cette démarche, et c'est avec plaisir, M. le Président, et honneur que je viens la
soumettre à l'étude de cette commission. Merci beaucoup.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. le ministre, de votre présentation. Nous allons donc passer du côté
de l'opposition officielle. M. le député de Gaspé, vous avez 10 minutes.
M. Lelièvre : Merci,
M. le Président. Je tiens à saluer M. le ministre et le féliciter pour ses nouvelles fonctions. Je salue également
tous les collègues du parti du pouvoir et également de la deuxième opposition.
Écoutez,
c'est ma première expérience à l'étude
des crédits au niveau du Conseil du trésor. J'ai lu le plus
possible, j'ai pris connaissance le plus
possible de l'ensemble des dossiers. Comme on peut le constater, le Trésor est
un ministère intersectoriel, hein,
qui transcende l'ensemble des différents ministères, donc beaucoup de sujets
extrêmement importants. Je vais
annoncer d'emblée que, je dirais, les dossiers prioritaires que je vais tenter
d'aborder si le temps le permet sont notamment les dossiers, bien sûr,
de l'économie, hein, la situation économique du Québec actuellement au niveau
de l'emploi, au niveau également des autres
paramètres, notamment la dette, la santé également, toutes les
modifications au système de santé qui ont
été apportées dans les dernières années, et peut-être celles qui sont en cours
d'implantation, et des futures à venir, beaucoup d'impacts notamment
dans les régions.
L'éducation, un défi de taille tant au niveau
des infrastructures, oui, mais aussi au niveau de l'enseignement, au niveau de l'éducation dans, je dirais, sa forme
la plus pure, c'est-à-dire l'enseignement aux étudiants, l'enseignement
aux hommes et aux femmes, aux jeunes et moins jeunes qui ont décidé, par choix
ou pour d'autres raisons, de suivre des formations, que ce soit au niveau du
cheminement régulier ou au niveau du cheminement professionnel, un domaine extrêmement important, hein? À l'ère de l'économie
du savoir, on est une société qui doit continuer à investir au niveau de
l'éducation, c'est l'une de nos priorités.
Également,
la question du développement régional, local et aussi de l'occupation du
territoire sont des éléments incontournables. Pour être un acteur du
développement depuis une trentaine d'années, c'est clair que c'est un des
éléments qui a motivé ma percée en politique puis c'est clair que je vais
continuer à défendre toute la question de l'occupation
du territoire, notamment pour les régions dites éloignées ou ressources. Donc,
ce sera un thème à aborder.
M. le ministre a abordé, dans la fin de sa
présentation, toute, je dirais, la question des suites de la commission Charbonneau, hein, de l'industrie de la
construction, donc un élément extrêmement important. On a procédé au dépôt d'un rapport avec une
soixantaine de recommandations en novembre 2015, donc il m'apparaît extrêmement
pertinent puis important de questionner les suites qui seront données à cet important
rapport qui marque le Québec.
Donc, ce sont
les principaux dossiers, et d'autres, je
dirais, complémentaires qui suivront,
là, au niveau de mes
interrogations. Je vous dirais que toute la question de la situation économique
du Québec m'inquiète puis inquiète mon parti
également. Quand on regarde les prévisions, bon, qui ont
été annoncées par le gouvernement au
niveau de la dernière campagne électorale et quand on regarde à mi-mandat
les résultats, c'est sûr qu'on ne peut faire autrement que questionner, questionner les moyens qui ont été mis de l'avant par
le gouvernement actuel. Et, quand on compare avec les objectifs de la campagne versus les résultats
qu'on obtient à mi-mandat, c'est évident que l'écart est énorme à
plusieurs niveaux, hein, notamment au niveau de l'emploi.
Je crois que
l'emploi est un bon indicateur économique dans toute société. Et, quand on regarde,
bon, l'objectif notamment de 250 000 emplois, qui aujourd'hui est pratiquement mis de côté, oublié, parce que, finalement,
c'est clair que ce ne sera pas atteint, et on regarde les prévisions de
création de 30 000 emplois, des prévisions révisées à la baisse énormément
pour 2016 et 2017, donc c'est clair que c'est un indicateur qui en dit long sur
la situation économique
du Québec, de façon globale, autant dans les grands centres, Québec, Montréal, mais
également dans les régions.
Donc, ce sont
ces éléments-là que j'aimerais aborder plus en détail au cours de la
présentation, ainsi que quelques autres. Donc, ça complète, M. le
Président, mon introduction, et j'ai hâte de tomber dans le coeur du sujet.
Président (M. Bernier) : Merci, M. le député de Gaspé, pour votre présentation. M. le député de La Peltrie, vous avez un bloc de sept minutes qui est à
votre disposition. Vous préférez le conserver pour les échanges?
Caire : ...garder
ça pour des échanges, oui, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
On va le conserver pour les échanges, M. le député. Il n'y a aucun problème.
Donc, nous en sommes maintenant aux échanges
avec le ministre et les représentants des divers organismes. Donc, nous allons
débuter bien sûr par la tradition, l'opposition officielle. Vous avez un bloc
de 10 minutes, M. le député de Gaspé.
M. Lelièvre : Merci, M. le...
Le Président (M. Bernier) :
20 minutes, excusez, 20 minutes.
M. Lelièvre : 20 minutes? Merci, M. le Président. Je
débuterai la présentation ou le questionnement au ministre par un sujet qui m'est
plus familier, qui est la question du développement local, développement
régional, occupation du territoire et transport. Donc, j'aimerais que le ministre
nous fasse état... Dans ses prévisions budgétaires pour l'année en cours, on retrouve à peu près les mêmes sommes que l'an dernier au niveau de ce qu'on appelle l'enveloppe de l'occupation du territoire. C'est-à-dire que, d'une enveloppe de 180 millions
qui était historiquement attribuée aux régions, on a vu cette enveloppe-là
réduite autour de 115 millions cette année. Plusieurs projets, plusieurs
volets, plusieurs programmes importants, entre autres l'aide aux municipalités
dévitalisées, les programmes de soutien pour la concertation et le développement régional sont disparus depuis... C'est la deuxième année.
Les budgets également attribués... Quand je dis : Organisme de concertation et de développement, je pense à Solidarité rurale, qui recevait tout près de 1 million
de dollars du gouvernement. Les budgets ont été également coupés.
Donc, vous
savez, les... On a confié aux municipalités la responsabilité du développement local et régional, mais on a oublié de leur confier les budgets qui venaient avec, les moyens. Hein, on
leur a dit : Voici le coffre à outils pour assumer votre rôle de
développeur en région, mais malheureusement, quand on a ouvert le coffre, on
s'est rendu compte qu'il n'y avait pas grand
outils dedans, c'est un coffre plutôt vide. Les besoins sont pourtant nombreux,
et importants, et même urgents dans
les régions, qu'on pense à la démographie... On voyait, par exemple, que, la
région de la Côte-Nord, dans les
10 dernières années, c'est la plus grande diminution au plan démographique
sur la Côte-Nord, l'Abitibi également, des diminutions importantes, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, les
Îles-de-la-Madeleine, donc à peu près toutes les régions ressources. Les
statistiques de Statistique Québec le démontraient récemment, donc un défi
énorme au niveau de la démographie.
Puis, quand
la démographie se porte mal, bien souvent c'est parce que c'est un indicateur
que l'économie va mal. Quand l'économie va bien dans une région,
normalement les gens s'y installent, s'y implantent, y demeurent. Mais, quand l'économie ne va pas bien, quand il y a des
pertes d'emploi, bien souvent on doit quitter pour travailler à
l'extérieur. C'est malheureusement l'historique de beaucoup de régions dites
ressources au Québec.
Donc, la diminution de 180 millions à
115 millions fait mal dans les régions pour une deuxième année, puis
je pense que c'est la pire année, cette
année, parce que, durant la première année des coupures, il y avait des budgets
résiduels, il y avait des fonds de tiroir
qu'on a épuisés, mais cette année, c'est la première année financière où
vraiment les coffres sont vides. Et
les municipalités, les organismes de développement ont vraiment, pour une
première année, là... je dirais, n'ont pas le minimum pour assurer leur
vocation, leur vocation de soutenir le développement économique dans les
régions.
Donc,
j'aimerais savoir, de la part du ministre responsable du Conseil du
trésor : Selon vous, quels sont les outils, quels sont les budgets, quelles sont les ressources dans le budget
actuel qui, j'espère, vous permettent de croire que les régions vont pouvoir continuer à assumer leur
développement malgré la diminution extrêmement importante, là, du budget
relié au développement local, régional et à l'occupation du territoire?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Très bien.
Merci de la question. Écoutez, il y a plusieurs éléments. Je commencerais par peut-être un petit pas en arrière. En effet, il
y a eu une restructuration profonde,
et d'ailleurs certains d'entre nous se rappelleront, parce que nous étions
dans ces discussions-là au projet de loi n° 28, quand on a restructuré
tout ce qui avait un lien avec le développement
économique régional, les CRE, les CLD, toutes ces structures-là. Le changement
a été fait, et l'objectif de ce
changement-là était, bien sûr, d'obtenir des économies récurrentes en termes de
frais d'administration. Mais deux choses d'autres qui étaient le plus important : d'abord, de maintenir les
fonds, donc les fonds d'investissement, les fameux FLI, le fonds local d'investissement, ces fonds-là sont
maintenus, ont été maintenus, et ça demeure, et de passer
l'administration de ces fonds-là aux
administrations locales, aux MRC, parce qu'en fin de compte nous avons fait le
choix, nous avons fait le pari que ce
sont les élus locaux qui sont les plus aptes à représenter leur population et
donc prendre les décisions nécessaires et
utiles pour l'investissement régional. Donc, ça, c'est une
partie du changement
structurel important, comme j'avais dit au début, dans ma présentation.
Nous
sommes en train de transformer l'État du Québec. Il faut que l'État,
l'administration publique, soit viable à court, moyen et à long terme. Pour cela, il nous fallait mettre en place
d'abord un organisme permanent de révision de programmes et des mesures importantes pour nous assurer que nous sommes
capables de contrôler la croissance des coûts de programmes, ce que nous
avons fait au cours des deux dernières années.
Maintenant,
puisque nous avons repris le contrôle des finances publiques, ça nous permet de
dégager certaines marges de
manoeuvre, et nous avons vu, dans le budget du 17 mars, plusieurs mesures,
plusieurs mesures qui justement sont
d'une grande utilité pour les régions du Québec. J'en conviens bien avec le
député de Gaspé que les économies régionales passent par une période difficile, en grande
partie étant donné le choc
qu'il y a eu, le choc des prix des matières premières. Que ce soit dans le secteur forestier, que ce soit
dans le secteur minier, secteur de l'énergie, la baisse importante de
ces prix-là a eu des répercussions dans les économies régionales.
Alors,
dans le budget du 17 mars dernier, nous avons pris plusieurs mesures,
particulièrement un programme, un plan
d'appui au secteur forestier, qui est, à mon avis... écoutez, depuis longtemps
qu'on ne fait pas ça, c'est pratiquement 230 millions de dollars pour le secteur forestier, sur un certain
nombre d'années. Et ça a été fait basé sur une analyse détaillée,
rigoureuse des conditions objectives auxquelles fait face cette industrie, qui
est encore très importante au Québec.
Dans les documents du
budget, nous avions aussi publié un petit fascicule qui examinait en grand
détail la problématique à laquelle fait face l'industrie du secteur forestier,
et donc c'est basé sur cette analyse que nous avons développé ces mesures, qui sont, encore une fois, très
appropriées. Il y a le remboursement pour les coûts des chemins
multiressources, par exemple, il y a aussi un financement progressif du coût de
protection de la forêt, il y a aussi le soutien
à l'innovation, enfin toute une série de mesures qui concernent
la forêt publique, mais aussi et surtout la forêt privée.
Je vous vois, M. le
Président, alors...
Le Président (M.
Bernier) : Vous pouvez poser votre sous-question. Moi, j'essaie de
balancer les temps de questions et réponses, M. le ministre.
M. Lelièvre :
Il reste combien de temps, M. le Président?
Président (M. Bernier) : Il
vous reste environ... bien, j'ai ajouté du temps. Il vous reste environ
14 min 30 s.
M. Lelièvre :
Merci. M. le ministre, vous avez, bon, abordé un peu le sujet en question, tout
le volet des programmes d'aide à l'occupation du territoire,
au développement local et régional, mais, comme je vous le
mentionnais, on parle d'une diminution majeure. On parle d'une diminution de
180 à 115 millions au niveau du budget global sur l'occupation du territoire. Les intervenants municipaux, mais aussi les
autres intervenants économiques, là, sont unanimes pour dire que ça fait mal dans les régions. Et,
bon, je comprends que l'objectif derrière tout ça, c'est l'assainissement
des finances publiques, c'est l'équilibre du
budget, c'est la diminution éventuellement de la dette, mais il reste que ce
sont les régions, hein, qui paient le prix, je dirais, de cet équilibre
budgétaire.
Comme président du
Conseil du trésor, vous avez un rôle extrêmement important à jouer, et en plus
comme ministre des Finances. Je présume que,
quand la décision a été prise de couper de 180 à 115 millions, ce qui
n'est pas rien... Quand on a pris la
décision d'abolir des organismes traditionnels qui supportaient le
développement, la concertation en région,
je présume que les impacts ont été évalués. J'aimerais vous entendre, à
savoir : Vous, comme président du Conseil du trésor, comme ministre des Finances, comment percevez-vous la
possibilité pour les régions de continuer à prendre en main leur développement avec un coffre à outils
qui a été diminué de la sorte? Et, bon, je dirais, il y a différents
témoignages dans ce sens-là, les unions
municipales l'ont confirmé à maintes reprises, les intervenants économiques
l'ont confirmé.
Donc, moi, ce que j'aimerais entendre
de vous, c'est... Bon, je présume qu'un gouvernement prend des décisions
éclairées en évaluant les conséquences de
ces coupures budgétaires là majeures. 180 à 115 millions, c'est énorme,
là. On parle de tout près de 40 % de diminution de l'enveloppe.
J'aimerais savoir : Est-ce qu'il y a des évaluations de ces impacts-là qui
ont été faites au niveau de la machine gouvernementale? Est-ce qu'il y a des
avenues de solution pour pallier aux
inconvénients qu'on ressent dans les régions présentement? Quels sont vos
outils, là, pour évaluer les impacts d'une telle décision?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Très bien. Écoutez, comme j'avais dit tantôt en réponse à la première question
du collègue, nous avons fait un changement structurel majeur dans tout, si vous
voulez, l'édifice d'aide au développement régional, développement économique régional, en allégeant les structures. Donc,
les réductions de budget auxquelles vous faites allusion sont dans les structures, dans l'administration de ces
programmes-là. Les fonds d'investissement, donc les FLI, ces fonds-là
n'ont pas été coupés, n'ont pas été changés.
plus, dans toutes les régions du Québec, il y a des investissements importants
dans notre PQI, notre programme d'investissement en infrastructures.
Comme j'avais dit tantôt, ce sont 88,7 milliards de dollars sur 10 ans, et
ces 88,7 milliards de dollars se
déclinent, en fin de compte, dans toutes les régions du Québec. Par exemple, si
on veut parler de votre région,
M. le député, bon, il y a pour à peu près 1,1 milliard de dollars en
investissements publics en infrastructures.
Donc,
l'engagement du gouvernement du Québec envers les régions, à mon avis, demeure
très concret, très réel. Puisqu'on
parle de votre région, M. le député, ces montants-là n'incluent pas, bien sûr,
les investissements privés, et nous nous sommes tous... nous nous
rappelons tous de l'engagement de notre gouvernement, depuis le début, envers
la cimenterie McInnis dans votre région.
Donc,
écoutez, nous sommes à l'écoute des régions. Nous sommes toujours engagés dans le processus de soutien au développement économique
régional. Les mesures qui ont été prises, soit du côté des infrastructures,
soit de d'autres mesures budgétaires, le
sont pour le bien, si vous voulez, des régions. Une mesure, dans le budget, de
mars, qui est très... du 7 mars,
et qui, à mon avis, a été très peu mentionnée mais qui est très importante pour
les économies régionales, c'est quand même
quelques centaines de millions
de dollars dans la réclamation de sites miniers. Ce type d'investissement,
c'est un investissement qui génère rapidement des emplois dans les régions en question, pour
faire un travail qui est nécessaire et en même temps maintenir les
personnes à l'emploi pendant que le cycle économique, le cycle minier revient.
Donc,
notre engagement envers les régions est toujours
très important, est toujours très substantiel, et nous allons continuer
dans cette direction-là.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Gaspé.
M. Lelièvre :
Oui, M. le Président. Je n'ai pas, malheureusement, entendu de réponse sur
les outils ou les évaluations qui sont peut-être disponibles en quelque part
dans la machine gouvernementale pour évaluer les impacts majeurs, réels qu'on vit sur le terrain suite à la
diminution de 180 à 115 millions de l'enveloppe d'occupation du
territoire. Dans la réponse du ministre, je
n'ai pas entendu, là, s'il y avait quelqu'un en quelque part qui, avant de
recommander au ministre de couper de cette façon-là... Est-ce que quelqu'un a
évalué les impacts avant et après un deuxième exercice financier qui s'amorce? Est-ce
que quelqu'un, un ministère,
un organisme, est en train d'évaluer ces impacts-là? Parce que moi, je peux vous dire qu'ils sont réels. Les
impacts sont présents, ils sont réels et ils font mal aux régions. Donc,
une telle diminution de l'enveloppe budgétaire des régions dites ressources, à
mon avis, mériterait que quelqu'un évalue les impacts.
Si ça n'a pas été fait auparavant, c'est déplorable. J'espère qu'aujourd'hui on va
se prononcer sur les impacts en cours et faire une évaluation de ça. Parce
qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, vous savez, M. le ministre. Une
décision, ça peut se corriger, surtout quand c'est dans le bon sens.
Vous
avez parlé, maintenant, de... On a parlé de budget d'opération, budget de
fonctionnement sur l'occupation du territoire.
Vous avez parlé un peu, bon, des investissements au niveau des immobilisations,
des infrastructures dans votre réponse.
J'aimerais porter à votre attention le fait que, dans le budget 2016-2017,
on retrouve... Dans les investissements en infrastructures du budget du gouvernement du Québec, on retrouve tout
près de 50 % des budgets, 48 % environ, là, des budgets, qui sont dédiés strictement à la Capitale-Nationale
et à la métropole. On parle de tout près de 50 % du budget dédié en immobilisations, en
investissements, tout près de la moitié dans deux régions ou dans deux villes
majeures, notre capitale et notre
métropole, qui font la fierté de tous les Québécois. Puis je peux vous dire
que, comme député de Gaspé, nous
croyons à l'importance de la capitale, à l'importance du rôle de la métropole,
mais je ne peux pas faire autrement que constater que tout près de
50 % du budget d'investissements dans les immobilisations a été consenti
strictement à deux régions sur 17.
Est-ce
que je peux savoir les critères qui font en sorte... les critères qui dictent
l'attribution, la répartition du budget des immobilisations dans les
investissements au sein de l'ensemble des 17 régions?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Très bien. Avant de répondre à la dernière
partie de la
question du collègue, j'aimerais quand même revenir sur l'occupation du territoire et la soi-disant réduction de
notre engagement financier. Comme j'ai dit tantôt, ces réductions-là sont purement administratives. Les
fonds dédiés à l'investissement, à la croissance, les FLI, les F-L-I,
les fonds locaux d'investissement, ça n'a
pas été touché, et l'administration de ces fonds-là maintenant se fait par les
MRC, le véhicule que nous jugeons être le plus approprié pour prendre ce genre
de décision là.
Maintenant,
revenons aux investissements en infrastructures et le fait que, selon le
collègue, il y a en effet 40 et quelques
pour cent de ces fonds-là qui vont à la Capitale-Nationale et à la région de
Montréal, à la métropole. Écoutez, c'est
en ligne avec le poids démographique de ces deux régions-là, et, en plus, ces
décisions... ou cette allocation-là se fait aussi en fonction des
besoins, des besoins de mise à niveau des infrastructures publiques.
L'échangeur Turcot est à Montréal, il faut
le mettre à niveau, là. Il n'est pas en Gaspésie, il est à Montréal. Il faut le
moderniser, il faut le changer. C'est un investissement majeur.
Donc, dans la
métropole et dans la Capitale-Nationale, mais particulièrement dans la
métropole, c'est là où se trouve une
bonne
partie de l'infrastructure en transport, et c'est ce qui doit être
modernisé. Rappelons-nous qu'en fin de compte l'événement qui a
déclenché notre réflexion gouvernementale de la nécessité de remettre à niveau
nos infrastructures publiques, c'était
l'effondrement du viaduc du chemin du Souvenir, à Laval. Donc, c'est là qu'on
s'est rendu compte qu'en effet on avait un très grand déficit de maintien
d'infrastructures.
Donc, moi, je
ne trouve pas du tout anormal qu'une bonne
partie de ces fonds-là soit dans ces
deux régions-là. Et, soit dit en
passant, là, ces deux régions-là, c'est à peu près 40 % de la population
du Québec et, en termes de PIB, c'est même
plus. Ce serait la moitié du PIB du Québec dans ces régions-là. Donc, ce n'est
pas du tout anormal que la répartition se fasse de cette façon-là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Gaspé.
M. Lelièvre : Merci, M. le
Président. J'aimerais revenir sur le premier élément de la réponse du ministre,
là, concernant quand on... Ça fait plusieurs fois que le ministre soulève le
fait que les budgets qui ont été coupés dans l'occupation du territoire ont été
coupés dans les structures. Bien, moi, au lieu de structures, je
dirais des organes de développement
local et régional. Puis, vous savez, un organe, en termes physiologiques, c'est
un élément essentiel. Donc, quand on parle de...
Le Président (M. Bernier) :
On vous écoute.
M. Lelièvre : Oui? Je ne suis pas
certain que le ministre écoute, mais je suis content que vous m'écoutiez, M. le
Président.
Le Président (M. Bernier) :
Non, on vous écoute.
Lelièvre : Écoutez, quand on parle de coupures strictement dans les
structures, j'aimerais informer le ministre, peut-être le sensibiliser à
l'effet que... Vous savez, un conseil régional des élus, une CRE, un CLD, un
centre local de développement, moi, je peux
vous dire que ce qui a été coupé, ce n'est pas uniquement... c'est la structure
au complet, incluant l'ensemble des fonds. Il n'y a plus rien, il n'y a
plus aucune trace des CRE au Québec, M. le ministre, là. Il n'y a plus de budget d'investissement dans la
région, il n'y a plus de budget pour les équipements, il n'y a plus de
budget pour les professionnels.
Puis, vous
savez, du développement régional, ça se fait avec des fonds de développement,
mais ça se fait aussi beaucoup à
partir de l'animation économique, à partir de la concertation des intervenants
du milieu, à partir du support que les intervenants qui sont à l'emploi
des CRE et des CLD peuvent apporter aux élus municipaux, aux différents intervenants économiques. Donc, quand on coupe les
ressources professionnelles d'un CLD puis d'une CRE, je regrette, mais,
pour moi, ce n'est pas de la structure, ce n'est pas de l'administration.
Vous savez,
pour faire du développement régional, nos élus ont besoin d'être supportés et
d'être conseillés. Nos élus en région
puis un peu partout s'occupent de transport, de santé, d'éducation, de jeunes,
de problèmes de ressources naturelles, d'environnement. Ça fait que
pensez-vous, quand tu es élu maire, que tu es un spécialiste dans tous ces domaines-là? C'est pour ça qu'on avait en région
des organisations qui pouvaient supporter nos élus. Mais là nos élus
sont abandonnés à eux seuls, et l'expertise qui permet aux élus de prendre des
décisions éclairées n'est plus disponible sur place. Donc, ça ne peut pas faire
autrement qu'avoir des conséquences sur le dynamisme du milieu.
Donc,
j'espère que vous allez prendre conscience que ce n'est pas uniquement...
Peut-être que c'est ce qu'on vous a
rapporté, là, mais je vous invite à aller sur le terrain puis rencontrer les
gens, puis ils vont vous dire... Vous allez voir que les gens qui ont été coupés... Je pense à la conférence régionale
des élus où il y avait une trentaine d'employés, des jeunes compétents qui étaient formés dans
différents domaines. Ces gens-là montaient des dossiers bien étoffés pour
mieux supporter les élus et les intervenants
économiques, pour défendre leurs priorités et leurs dossiers. Cette
expertise-là n'est plus présente aujourd'hui. C'est aussi important
qu'un fonds de développement, ça, l'expertise. On est à l'étape de l'économie du savoir dans les régions aussi. Ça ne
se passe pas juste à Montréal puis à Québec. On aimerait ça, dans les
régions aussi, profiter de l'expertise de l'économie du savoir.
Donc, je vous invite à réfléchir là-dessus, M.
le ministre, avec votre équipe. Les conséquences sont beaucoup plus grandes que
vous le pensez. On n'a pas seulement que coupé des postes, là, de comptabilité,
puis de tenue de livres, puis de réceptionniste, puis de photocopieur. Ce n'est
pas ça, la réalité des coupures du 180 à 115 millions, je vous l'assure.
Maintenant,
pour ce qui est de la répartition des budgets dans les grands centres versus
les régions, vous avez parlé de l'aspect démographique, de l'aspect des
besoins, bon, des investissements au niveau des infrastructures. Je comprends.
J'aimerais vous sensibiliser au fait aussi que, oui, il y a des viaducs, des
ponts qui sont en mauvais état à Montréal, puis il y en a plus qu'ailleurs
parce qu'il y en a plus physiquement à Montréal et à Québec, donc ça se
comprend, que les besoins sont énormes...
Le Président (M.
Bernier) : ...l'occasion d'y revenir.
M. Lelièvre :
Merci, M. le Président.
Président (M. Bernier) : M. le député de Gaspé, on aura l'occasion d'y
revenir. M. le député de La Prairie, la parole est à vous. Vous
avez un bloc d'environ 22 minutes.
M. Merlini :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, comme d'habitude, salutations au
ministre et député de Robert-Baldwin, mes collègues ministériels : député
de Portneuf, député de Sainte-Rose et député de Trois-Rivières. M. le député de Gaspé et M. le député de
La Peltrie, considérez-vous salués en cette étude des crédits du Conseil
du trésor.
Dans
votre allocution d'ouverture, M. le ministre, vous avez parlé d'un programme
que le gouvernement a mis en place
dès notre arrivée, c'est-à-dire la Commission révision permanente des
programmes, et on pense... Je crois que, pour les gens qui nous
écoutent... Les gens croient que, depuis le dépôt du dernier rapport de la
commission, tout est arrêté là. Alors, c'est
fini, le rapport a été présenté, le gouvernement a posé des gestes. Mais tout
ne s'arrête pas là. Et, pour remettre un peu de contexte dans cette
idée-là, décennie après décennie, les priorités de tous les gouvernements, tous
les gouvernements confondus, et les programmes qui en découlaient, de ces choix
de priorité, se sont accumulés. Alors, il y
avait un besoin, on créait un programme.
Il arrivait un autre besoin ou une autre situation, on créait un autre
programme. Mais s'ajoutent à ça les coûts de
tous ces programmes-là à l'État québécois, et il
n'y a jamais eu ou presque pas, ou,
à ma connaissance, il n'y
en a pas eu, une véritable remise en question de toute l'efficacité
et le rendement de ces programmes-là, ce
qui faisait, en bout de ligne, que le taux de croissance des dépenses des
programmes ne respectait plus la capacité de payer des citoyens.
vous avez également fait la remarque, dans votre allocution d'ouverture, que
c'est la première fois en 23 ans que nous respectons la cible de croissance des dépenses des programmes. Ce
n'est quand même pas rien d'avoir accompli ça dans les deux premières
années de notre mandat. Alors, il y avait une urgence d'agir lorsque nous
sommes arrivés au pouvoir en 2014, et il
fallait non seulement revenir à l'équilibre budgétaire, il fallait également
mettre en place des mesures pour assurer la suite, le maintien continu
de cet équilibre budgétaire là bien au-delà de l'exercice 2015-2016.
Alors, la commission
a été présidée par l'honorable Lucienne Robillard, également avec deux
économistes, MM. Claude Montmarquette et Robert Gagné, et deux
ex-administratrices d'État, Mmes Michèle Bourget et Mireille Fillion, pour amorcer cette réflexion en
profondeur du rôle et de la taille de l'État. Alors a été créée la Commission
de révision permanente des programmes, et là, immédiatement, à l'été 2014, la
commission s'est mise à contacter les ministères et organismes pour faire cet
exercice de révision.
C'était
quoi, les objectifs? Bien, les objectifs, c'était que les programmes répondent
à un besoin prioritaire des citoyens et qu'ils relèvent des missions
essentielles de l'État, les missions de l'État, aussi que les programmes soient
administrés de manière efficace et
efficiente, et que la structure de gouverne en place soit appropriée, et
évidemment que le mode de financement
de toute l'enveloppe des programmes soit adéquat et cohérent avec la capacité
de payer des citoyens.
Alors,
il y a eu un premier rapport de déposé pour le premier exercice budgétaire et
il y a eu un rapport final qui a été
déposé le 31 août 2015. Alors, en novembre 2014, il y a eu le
premier rapport, qui était un rapport à court terme, qui visait à dégager des économies immédiatement,
parce qu'on connaît tous l'impasse financière dans laquelle se trouvait
le Québec à ce moment-là, et, au mois
d'août 2015, le rapport final visant à instaurer un mécanisme de révision
permanente des programmes et venir en bout
d'instaurer un changement de culture dans l'État, ce qui n'est pas une mince
tâche à faire.
Alors,
j'aimerais vous entendre spécifiquement sur deux choses, bien, entre autres
sur... Parce que, là, on a parlé de la
révision des programmes qui se transforme en évaluation continue des
programmes. Vous avez fait référence dans votre allocution au Bureau de la révision permanente des programmes, qui a été
instauré au sein du Secrétariat du Conseil du trésor, et ainsi que la
création du comité permanent de la révision des programmes, qui est présidé par
le premier ministre lui-même.
Alors,
j'aimerais vous entendre, que vous élaboriez, pour le bienfait de nos auditeurs
aujourd'hui, qu'est-ce qui arrive,
quelle en est la suite. Parce que le rapport, comme j'ai dit, n'a pas dormi sur
une tablette, il n'a pas terminé là. La révision, elle est continue.
Alors, j'aimerais entendre le ministre à ce sujet, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre, parlez-nous de cette commission.
Leitão : Très bien. Merci beaucoup. Avant d'aller directement à votre
question, juste deux choses, pour revenir à la question précédente en termes de dépenses en infrastructures, même
quand certaines dépenses sont comptabilisées, par exemple, dans la grande région de Montréal, je reviens toujours à
l'échangeur Turcot, un projet majeur, là, au-delà de 1 milliard de dollars, ça ne veut pas dire
que c'est seulement pour la région de Montréal. C'est pour améliorer la
fluidité du trafic est-ouest, nord-sud, et
donc ça bénéficie à toute l'économie québécoise, pas seulement l'économie de
Montréal. Ça, c'est une chose.
Deuxième chose, pour ce qui est des dépenses de
programmes, en effet, on est accusés de toutes sortes de choses, de vouloir démolir, détruire, je ne sais
pas trop quoi, l'État du Québec, le modèle québécois. En fin de compte,
ce que nous faisons, c'est tout simplement — ce
n'est pas si simple que ça — de
nous assurer que les dépenses de programmes,
donc nos dépenses publiques, en excluant le service de la dette, demeurent à un
niveau qui soit soutenable à moyen et
à long terme, c'est-à-dire... En 2013-2014, ces dépenses-là, si on exclut le
service de la dette, étaient à 23,2 % du PIB. Ça, c'est un sommet historique. Jamais, dans l'histoire du
Québec, on a... enfin l'histoire moderne, là, je n'ai pas l'information
qui remonterait aux années 60, je ne sais pas, mais j'ai l'impression que ce
n'était pas autant. Donc, dans l'histoire moderne du Québec, on n'avait jamais
dépensé autant, 23,2 %.
Ce que nous
faisons va nous amener, en 2020-2021, à combien? À 22 % du PIB, ce qui est
encore supérieur à la moyenne historique de ces dépenses-là. En
2000-2001, à ce moment-là, ce n'était certainement pas un gouvernement libéral qui était au pouvoir, et on ne peut pas,
je pense, accuser le gouvernement de cette période-là de démolir le
modèle québécois, et, en 2000-2001, c'était
20 %, les dépenses de programmes étaient 20 % du PIB. Elles sont
maintenant 23 % du PIB, et nous voulons les amener à 22 % du
PIB. Donc, quand on parle d'opération de démolition, il faut toujours tenir ça
en considération.
Maintenant,
là, je reviens à votre question. Donc, une des façons de nous assurer, donc,
que nous contrôlons la croissance des
dépenses, c'était de faire un examen approfondi de nos dépenses, comme vous
avez mentionné, par cette commission,
par la commission Robillard, pour qu'on revoie nos programmes, nos dépenses.
Depuis une quinzaine, une dizaine, quinzaine d'années, on a toujours
rajouté des nouveaux programmes et on a très peu réfléchi à la pertinence des
programmes existants, à leur évaluation et donc comment on pourrait faire ça à
l'avenir.
Alors, cette
commission-là qui a mené à la création de ce comité permanent de révision de
programmes, comité qui est présidé par le premier ministre... Et ça, ce
n'est pas accidentel, là. On veut justement que ce comité-là soit au plus haut
niveau, donc c'est le premier ministre lui-même qui préside ce comité pour
s'assurer qu'on donne suite à ces recommandations-là.
Alors, des
mandats ont déjà été donnés à différents ministres, dont moi, par exemple, pour
effectuer des travaux et des travaux de révision importants dans un
certain nombre de domaines, et je vais vous les citer.
Un qui nous
concerne, nous, directement, au ministère des Finances : le renforcement
de l'efficience de la SAQ. Depuis
longtemps qu'on parle de cela, et chose que nous sommes déjà en train de faire
au ministère des Finances pour faire rapport
à ce comité-là, parce qu'on a reçu un mandat très spécifique pour revoir
l'efficience de la Société des alcools du Québec. On pourrait dire, par
exemple, que le projet de loi que nous sommes aussi en train d'analyser à
l'Assemblée nationale, le projet de loi
n° 88, qui concerne la commercialisation des boissons alcooliques
québécoises, ça fait
partie de... ça entre dans ce mécanisme-là, dans
cet ordre d'idées là de revoir, renforcer l'efficience des activités de la SAQ.
La même chose pour l'efficience de Revenu Québec. Évidemment, nous devons fournir deux rapports
d'impôt, donc il y a une certaine
duplication entre le gouvernement
fédéral et le gouvernement provincial, et donc nous avons
un mandat de revoir et de renforcer
l'efficience et... pas seulement l'efficience, mais aussi le travail et le
service qui est donné par Revenu Québec à la population.
J'ai
l'impression qu'on parlera de ça aussi quand cette commission regardera les
crédits du ministère des Finances. On aura l'opportunité de reparler de
cela, bien, avec d'autres éléments aussi, comme le développement d'une vision d'affaires de Services Québec. Aussi, le député de
Gaspé, on a un peu parlé de ça, donc de revoir toute la structure de l'aide au développement économique : le
développement économique régional, le développement économique tout
court, qui est aussi un chantier qui est en
activité. Toute l'approche en matière d'emploi et de formation de la main-d'oeuvre,
dans le budget de mars, on avait lancé
certaines pistes d'action, mais ça fait
partie aussi de cette réflexion-là. La
poursuite des travaux qui avaient déjà été amorcés
dans le cadre des tables sur l'action internationale du Québec, donc toute
notre activité diplomatique, internationale. L'aide à la culture. Aussi, nos
relations avec les municipalités. Nous avons signé un pacte fiscal avec les
municipalités, j'y étais, comme le premier ministre, comme le ministre des
Affaires municipales. Nous nous sommes engagés, entre autres choses, à revoir
le statut de métropole de Montréal, celui de capitale nationale, et il y a
aussi à véritablement considérer les gouvernements municipaux comme
gouvernements de proximité. Donc, il y a toute une réflexion qui se fait aussi
à cet égard-là. Donc, c'est un agenda de travail qui est assez rempli.
Et donc cette
commission a donné lieu à des recommandations très concrètes qui sont en train
de se matérialiser.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. le ministre. M. le député de La Prairie.
Merlini : Merci beaucoup. Merci, M. le ministre, pour cette réponse.
Peut-être, j'aurais une question maintenant pour M. Ouellet, qui est à
votre gauche.
Président (M. Bernier) : Est-ce qu'il y a consentement pour que
M. Ouellet puisse prendre la parole? Donc, en vous identifiant, M.
Ouellet, quand vous prendrez la parole, et votre nom et votre titre. Continuez,
M. le député de La Prairie.
M. Merlini : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, le ministre nous a expliqué le comité permanent de la
révision des programmes, qui est présidé par le premier ministre, et l'autre
volet qui vous affecte plus directement au Secrétariat
du Conseil du trésor, c'est le Bureau de la révision permanente des programmes.
L'arrivée ou la création de ce bureau-là
a fait quoi, essentiellement, au Secrétariat du Conseil du trésor? Parce que
déjà votre tâche est assez... bien, je dirais même, très importante au
sein de l'appareil gouvernemental, mais là, avec l'arrivée de ce Bureau de la
révision permanente, qu'est-ce que ça a
amené comme changements opérationnels par rapport aux ministères et aux
organismes? Est-ce que le modus operandi a
changé? Est-ce qu'il y a d'autres façons que les approbations se donnent?
Est-ce que les dossiers
sont présentés différemment ou est-ce que ça a apporté vraiment cette culture
d'évaluation de programmes dont on a parlé, dont le ministre a parlé
également dans son allocution un peu plus tôt?
Le Président (M. Bernier) :
M. Ouellet.
M. Ouellet (Yves) : D'accord.
Yves Ouellet, secrétaire du Conseil du trésor.
Alors,
effectivement, il y avait deux volets importants, en termes d'organisation puis
de gouverne, au niveau de la révision
des programmes, qui guidaient l'action gouvernementale : il y avait la
création du comité permanent de la révision des programmes, qui est piloté par le premier ministre, et il y a
également la création du Bureau de la révision permanente des programmes
au sein du Secrétariat du Conseil du trésor.
Ce que ça
fait pour le Secrétariat du Conseil du trésor puis pour l'ensemble de
l'Administration gouvernementale, c'est
un message fort à l'intention de l'ensemble de l'administration publique de la
volonté gouvernementale de revoir et d'avoir
une révision des programmes. Le rôle de cette unité-là spécifiquement,
évidemment, c'est de piloter cet exercice-là, c'est de préparer les directives, de préparer les outils de travail qui
sont donnés aux ministères pour qu'ils soient en mesure de faire leur révision de programmes. C'est une
équipe qui est spécifiquement dédiée à ce travail-là et qui accompagne
les ministères dans le cadre de cet exercice-là.
Puis je vous
dirais qu'il y a un concept qui est important, celui de la révision des
programmes. Mais, pour avoir une révision de programmes qui est
efficace, bien, il faut être en mesure d'évaluer les programmes. Puis
l'évaluation de programmes, c'est une
spécialité en soi. Donc, au sein de cette unité-là, il y a des gens qui sont
spécialisés à cet égard-là, qui vont
accompagner les ministères et les organismes dans le cadre de leurs travaux pour faire de l'évaluation de programmes,
dans un premier temps, qui est l'élément majeur et clé pour arriver à
un exercice de révision de programmes. Donc, un message fort, au niveau de l'Administration,
qui se transpose dans la façon qu'on organise le secrétariat.
Le Président (M. Bernier) : Merci. M.
le député de La Prairie.
Merlini : Merci, M. le
Président. À ce moment-là, dans ce travail-là, faites-vous appel, par exemple, aux gens du bureau du Vérificateur général pour vous aider à faire cette
révision de programmes là, de voir à
améliorer les efficiences?
Le Président (M. Bernier) : M.
Ouellet.
M. Ouellet (Yves) : On a toujours
une bonne collaboration avec nos amis du bureau du Vérificateur général, mais c'est deux activités qui sont un peu
différentes. Le Vérificateur général fait évidemment les activités de vérification et des
activités d'optimisation des activités gouvernementales, alors qu'ici on n'est
plus au niveau de la révision des programmes et de l'évaluation. Donc, c'est un peu différent
comme approche, mais globalement il y
a toujours une bonne collaboration
entre le secrétariat et le Vérificateur général.
Le Président (M. Bernier) : M. le
député de La Prairie.
M. Merlini : Merci, M. le Président.
Tout cela, M. le ministre, avait évidemment... l'objectif premier était de réaliser des économies pour revenir à l'équilibre budgétaire. Maintenant que nous y sommes, à l'équilibre budgétaire, comment voyez-vous la suite des choses pour le comité permanent de
la révision des programmes? Est-ce
qu'on cherche encore des économies?
Parce que les
gens nous posent la question. Les gens dans ma circonscription, c'est ce qu'ils
me posent comme question. Dans les
deux premières années, les gens, les citoyens me disaient :
M. Merlini, on comprend ce que vous faites, on comprend l'exercice budgétaire qui est nécessaire pour rétablir...
pour remettre la maison en ordre, comme vous l'aviez si bien dit. Maintenant que nous y sommes, la suite
des choses, la suite du travail du comité permanent de la révision des programmes, comment la voyez-vous? Vous avez dit
tantôt que le premier ministre a donné des devoirs, des exercices à faire à plusieurs ministres, dont vous-même en
tant qu'également ministre des Finances, comment va se passer la suite
des choses pour cette commission-là? Parce que les gens voient les résultats de
l'équilibre budgétaire, la marge de manoeuvre qui est atteinte, le
réinvestissement, comme vous avez dit dans votre allocution, que ça soit au
niveau des infrastructures, que ce soit au niveau de l'éducation. Maintenant,
que va faire... quelle est la suite de ce comité-là?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
Leitão : C'est une très bonne question. Et je pense que ça va vraiment
au coeur de la question. L'exercice qu'on fait, ce n'est pas un exercice purement comptable de réduction de
dépenses. En 2014-2015, 2015-2016, donc le budget de juin 2014, le budget de mars 2015
étaient en effet des budgets très rigoureux parce qu'il nous fallait arriver à
l'équilibre budgétaire. L'état des finances
publiques était tel qu'il nous fallait revenir rapidement à l'équilibre
budgétaire. C'était une question de crédibilité, le Québec s'était
engagé... indépendamment des gouvernements, le Québec s'était engagé à revenir
en 2015-2016 à l'équilibre. Donc, il fallait le faire, ce que nous avons fait.
Maintenant, ce qu'on
va faire à partir d'ici, puisque nous sommes en équilibre, puisque nous avons
donné un sérieux coup de frein à la
croissance des dépenses et nous avons dégagé une certaine marge de manoeuvre,
alors là, on peut vraiment s'engager
dans un processus de révision de programmes fondamentale, structurelle. Donc,
on va examiner la pertinence de certains programmes, pas dans un but
purement comptable d'aller chercher x millions de dollars, mais pour améliorer le service
à la population, pour arriver... pour aider notre réflexion, si les ressources
de l'État sont mieux utilisées dans un tel programme ou dans un autre
programme, donc, pour libérer des ressources pour les réinvestir ailleurs. Donc,
l'objectif de cet exercice-là, ce n'est pas un exercice purement comptable et
de...
n'ai rien contre les comptables, même s'il y a toujours une certaine tension,
là, entre comptables et économistes, mais, enfin, on parlera de ça
après.
M. Leitão :
Voilà! Donc, l'objectif, ce n'est pas un objectif strictement de réduction des
dépenses. Au contraire, c'est un objectif de
révision structurelle pour mieux allouer les dépenses financières... les
ressources financières de l'État,
qui, après tout... Écoutez, ces ressources financières ne nous appartiennent
pas à nous personnellement. Moi, ça fait maintenant deux ans au ministère des Finances, je n'ai pas encore trouvé
une machine à imprimer des sous. Donc, l'argent que nous avons, c'est l'argent des contribuables. Donc, c'est nécessaire
de s'assurer que ces ressources financières sont utilisées de la meilleure façon possible. Et, pour ce faire, un
processus permanent de révision de programmes fait
partie entièrement de
cette activité-là.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de La Prairie, deux
minutes.
M. Merlini :
Deux minutes. Merci beaucoup, M. le Président. Au Conseil des ministres,
évidemment il y a plusieurs ministres, autour de la table, qui ont des
programmes qu'ils souhaitent mettre en place et des objectifs à réaliser, dans
différentes régions du Québec. Quelle synergie a apporté cette vision de la
révision des programmes et d'évaluation des
programmes? Quelles sont les synergies qui ont été créées, qui fait en sorte
qu'on retrouve justement des nouvelles façons de faire qui sont plus
efficientes et qui, dans le fond, finissent par bonifier le service qui est
rendu aux citoyens?
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le ministre.
M. Leitão :
En effet, je pense qu'on doit faire ça rapidement.
Bien,
écoutez, juste le... c'est très important aussi, parce qu'il y a plusieurs
ministères qui s'occupent souvent d'un même champ d'activité. Donc, il y
avait beaucoup de duplications dans nos activités. Un exemple très simple, par exemple, l'Aide au logement : un logement se
trouve à la SHQ, et donc au ministère des Affaires municipales, se
trouve aussi un peu chez nous, aux Finances, avec le crédit d'impôt solidarité.
Donc, il y a toute une série de... Emploi, Solidarité,
aussi. Donc, vous avez ici déjà trois ministères qui oeuvrent un peu dans la
même direction, et des fois — des fois — sans savoir ce que les autres font. Alors
donc, ce processus-là va nous permettre justement de mieux fonctionner
en équipes interministérielles pour nous assurer qu'il n'y a pas de duplication
et pour nous assurer qu'on est vraiment capables de mieux servir les intérêts
de la population.
Président (M. Bernier) : Merci. Nous allons maintenant passer
du côté du deuxième groupe d'opposition avec le député de
La Peltrie. Vous avez un bloc de 23 minutes, M. le député.
Caire :
Merci, M. le Président. D'abord, permettez-moi de saluer mes collègues, le
ministre, ceux qui l'accompagnent, les collègues de la
partie ministérielle, le
député de Gaspé.
le Président, je vais commencer par tout le programme qui a été mis sur la
table il y a un an, par le prédécesseur du prédécesseur du président du Conseil du trésor, sur le volet
informatique. La première chose qui m'a frappé, c'est qu'en 2012 Michelle Courchesne était présidente du
Conseil du trésor — Michelle
Courchesne, ça, c'est la madame qui n'est pas facile — et avait
mis en place le dirigeant principal en informatique qui devait donner les
grandes orientations en matière d'informatique du gouvernement. M.
Lévesque a été nommé, qui a été remplacé par Jean-Guy Lemieux, qui a été
remplacé par M. Ouellet, de façon intérim.
Comment
peut-on expliquer qu'en quatre ans on a trois DPI différents, dont un qui,
depuis un an et demi, est un intérim, donc porte le
titre sans
nécessairement assumer pleinement les fonctions — du moins, j'imagine?
Puis est-ce que le ministre n'a pas
l'impression que les difficultés — oui, je vais rester poli — les difficultés qu'on rencontre, au
niveau gouvernemental, dans la gestion des dossiers informatiques... est en
lien avec l'incapacité du gouvernement à avoir un DPI capable d'assumer cette
fonction-là?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Comme j'ai mentionné en entrée, au début de cette commission,
je viens d'arriver, ça fait quelques heures,
j'ai été assermenté comme président du Conseil du trésor, donc vous allez me
donner au moins quelques... un petit peu
de temps pour adresser cette question du DPI qui... en effet, c'est une
question importante et que nous sommes en train de l'adresser.
Maintenant,
deux choses là-dessus. Premièrement, le fait que M. Ouellet est DPI par intérim
ne l'empêche pas de faire son
travail, et je ne voudrais surtout pas minimiser l'effort qui est fait et le
travail très sérieux qui est fait par l'actuel DPI par intérim. C'est clair que ce n'est pas une situation idéale et
qui va être permanente, bien sûr que non, on trouvera moyen de le régler de façon permanente. Mais,
entre-temps — entre-temps — le travail est accompli d'une façon
très professionnelle et très efficace par M. Ouellet. Donc là, je n'ai aucun problème
là-dessus.
Dans le processus, donc, de recherche d'un
DPI permanent, il y a plusieurs éléments qui entrent en considération. Il
y en a un que, j'en suis sûr, vous comprendrez très bien, c'est l'élément de la
rémunération. Quand on veut nommer quelqu'un
à un tel poste, il faut qu'on soit conscient qu'il va falloir aussi rémunérer
cette personne en conséquence. Alors, je
trouve que, souvent, les partis de l'opposition en particulier, et le vôtre en
particulier, sont extrêmement, comment je dirais... — quel est
le mot parlementaire qu'on pourrait utiliser? — extrêmement... disons qu'ils questionnent
beaucoup la rémunération des hauts cadres de
la fonction publique. Alors, ça, c'est un enjeu qu'on doit adresser dans ce
processus-là.
Entre-temps — entre-temps — vous
avez mentionné «depuis quatre ans», en tout cas...
Le Président (M.
Bernier) : ...on aura l'occasion... Je vous rappelle que, bien
sûr, c'est sur l'Administration. Demain, on
pourra approfondir, d'ailleurs, davantage, on a un bloc spécifique sur les
ressources informationnelles. Donc, vous aurez l'occasion, M. le
ministre, de revenir sur ça. M. le député de La Peltrie.
Caire : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, j'ai un
petit peu de difficultés à suivre le ministre.
Il me dit que l'actuel DPI fait très bien le travail. Pourquoi
cherche-t-il à le remplacer?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Parce qu'il y a seulement
24 heures dans une journée, et une personne aussi bonne et
performante comme M. Ouellet ne peut pas, de
façon permanente, occuper ces deux fonctions-là. Il le fait, il le fait très
bien, mais c'est clair que c'est une situation
qui ne peut pas être permanente. Il va falloir trouver une personne qui
occupera ce poste-là de façon permanente.
Parce qu'il y a deux
enjeux au sujet du DPI : il y a un enjeu, si vous voulez, opérationnel,
donc pour nous assurer que, donc, d'une façon opérationnelle, d'une façon,
disons, au jour le jour, les systèmes fonctionnent, donc, qu'il y ait une meilleure coordination, et tout
ça. Mais il y a aussi un aspect stratégique.
Donc, c'est aussi la fonction d'un DPI, comme c'est le cas dans
l'industrie privée quand on parle de «CIO», «Chief Information Officer, de
planifier, conceptualiser la stratégie en ce
qui concerne les technologies de l'information. Donc, c'est un double mandat,
un double rôle, et donc c'est pour ça qu'on doit prendre notre temps
pour trouver la personne idéale pour ça.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de La Peltrie.
Caire :
Après un an et demi, M. le Président, je n'appelle plus ça prendre son temps.
Je vais...
M. Leitão :
Ça fait un jour que je suis là.
Caire : Je vais
donner un exemple des conséquences de... factuellement. Puis je n'en veux pas
personnellement à M. Ouellet, là, je lui ai déjà dit
sur d'autres tribunes, mais de ne pas
avoir de DPI nommé de façon définitive... Et je vais me référer à ce qui
est le bloc sur lequel je veux vous interroger, là, ce qui est ce document-là
qui a été déposé par le prédécesseur de
votre prédécesseur, la mesure 16 qui dit : «Le dirigeant principal de
l'informatique déposera un cadre de référence
pour déterminer les services que le gouvernement devrait rendre obligatoires à
l'échelle de l'administration publique.
«Un premier service
est identifié, soit la consolidation des centres de traitement informatique.»
Alors, M. le
Président, le... Puis je suis content d'avoir le ministre devant moi, parce que
j'ai l'ensemble du problème et peut-être de
la solution devant moi, puisque le ministre des Finances s'occupe du Revenu et
est maintenant président du Conseil
du trésor. Donc, on pourra l'autoriser à se parler tout seul, ça va peut-être
amener des discussions intéressantes.
Parce que le Revenu
va constituer un 457e centre de traitement de l'information, organisation
qui est sous sa responsabilité, alors que le
Trésor, lui, dit : Il faut les regrouper. Et, si je me fie à cet autre
document ici, non seulement il faut
les regrouper, mais il faut les regrouper pour avoir deux à trois sites. Donc,
passer de 456 à 457 ne m'apparaît pas aller dans le sens de ce qui était
souhaité par le gouvernement.
comment on explique? Peut-être, le DPI pourra-t-il répondre à cette question,
puisque c'est sa mission à lui de mettre
sur la table un plan de regroupement des centres de traitement de l'information. Il est aussi
secrétaire du Secrétariat du Conseil
du trésor, donc en charge de l'application de cette politique-là du gouvernement. Comment se fait-il qu'on va à contresens et qu'on va mettre 18 millions de dollars dans un nouveau centre de traitement de l'information, en contradiction avec la politique
du Conseil du trésor, en contradiction avec le plan du Secrétariat du Conseil du trésor et en contradiction avec la mission qui a
été donnée au DPI de les regrouper plutôt que de les laisser augmenter?
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de La Peltrie, je comprends votre
question, puis votre question est intéressante, là. La seule chose, c'est qu'au
niveau de l'Administration... Quand vous posez des questions en ce qui regarde
l'occupation du poste, ça va carrément dans l'Administration. Ça, je suis d'accord
avec vous. Au niveau des opérations, je veux juste vous rappeler que, demain,
nous allons avoir trois heures à discuter strictement sur les techniques... au
niveau des différentes techniques, au fond.
Caire :
J'en conviens parfaitement avec vous, M. le Président. Et je reste sur le
poste, considérant que, comme je l'ai dit...
Le Président (M. Bernier) :
C'est parfait. C'est juste...
Caire :
...ce document-là...
Le Président (M. Bernier) :
...c'est juste un élément que je voulais vous soulever, M. le député, oui.
Caire : ...ce
document-là relève de l'Administration, nous dit qu'on va procéder au
regroupement, ce document-là nous dit qu'on
va les ramener de deux à trois, et je veux savoir pourquoi
on va plutôt en sens inverse et quel est le rôle du DPI dans l'application
de cette politique-là du Conseil du trésor.
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
Leitão : Très bien.
Je vais répondre, et puis après ça je demanderais à M. Jean d'apporter des
informations complémentaires, mais je...
Le Président (M. Bernier) :
...l'autorisation pour M. Jean.
Président (M. Bernier) : Je vais vous laisser répondre, puis par la suite on demandera le
consentement pour laisser parler M. Jean.
Leitão : Très bien.
J'aimerais juste vous dire une chose... enfin plusieurs choses. Quand on
parle de regrouper les services, ça
ne veut pas dire qu'on va avoir juste un seul mégacentre qui occuperait, je ne
sais pas, moi, trois villes entières,
là. Regrouper, ça ne veut pas dire former un seul centre. L'objectif
est de réduire, pas de tout remettre dans un seul endroit. Ça serait
même absolument contre-productif et dangereux de le faire.
Effectivement, le projet de Revenu Québec
ne va pas à l'encontre de ces orientations-là de regroupement, il est complémentaire. Donc, le nouveau centre... Comme
vous le savez certainement, Revenu Québec, c'est une activité assez spéciale, assez particulière, donc c'est important
que ça soit situé là où c'est. Mais il y a d'autres fonctions de l'État
qui pourront avoir accès à ce centre-là.
Donc, regrouper, ça ne veut pas dire tout éliminer et avoir un seul centre, ça
veut dire réduire, ce que nous
faisons. Et, dans ce contexte-là, le projet de Revenu Québec
ne va pas à l'encontre de la stratégie. Non, il va dans le même
sens de cette orientation de regroupement parce que, justement,
d'autres fonctions auront aussi accès à ce centre-là.
Peut-être que M. Jean pourrait amener certaines
précisions, si...
Président (M. Bernier) : Est-ce qu'il y a consentement pour que M. Denys Jean puisse prendre la
parole?
Le Président (M. Bernier) : Consentement.
M. Denys Jean, en vous présentant et en exposant vos titres.
M. Jean (Denys) : Denys Jean,
président du Centre de services partagés du Québec. Merci, M. le Président.
Alors, comme
l'évoque le ministre, dans le plan de consolidation des CTI gouvernementaux, dont on a le mandat de réaliser, on s'en va vers une solution où on
consoliderait les 450 CTI gouvernementaux dans un réseau de CTI qui
existent actuellement, et qui sont de bon niveau, et qui sont... ils ont une
capacité d'accueil pour recevoir les CTI qu'on veut consolider. Et, dans ce réseau-là, il est tout à fait envisagé que le
CTI de Revenu Québec, d'ailleurs qui n'est pas créé, hein, qui est déplacé d'un étage à l'autre pour
des raisons physiques, là, il est considéré que le CTI de Revenu Québec
fasse
partie du futur réseau gouvernemental de CTI. Là, je confirme donc
l'intervention du ministre.
Le Président (M. Bernier) :
O.K. M. le député de La Peltrie.
Caire :
Merci, M. le Président. À ce moment-là, bien, il y a plusieurs questions, puis
je vais être honnête avec vous, j'ai
l'impression que le Revenu a fait cavalier seul puis que le CSPQ n'était
peut-être pas tout à fait d'accord. Le CSPQ
a augmenté sa capacité électromécanique, a augmenté la taille de son centre de
traitement de l'information. Si je me fie
au document que j'ai ici, c'est un projet de 242 000 $... peut
accueillir, avec les agrandissements, l'équivalent d'un gros ministère et demi. Est-ce que le CSPQ a
approché le Revenu pour que le Revenu installe son centre de traitement
de l'information au CSPQ?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
Leitão : M. le Président, comme j'ai dit au début, la fonction de
Revenu Québec, c'est une fonction qui est particulière et qui est très stratégique pour le gouvernement du Québec.
Si on n'a pas de revenu, on éteint la lumière, là, et on rentre tous à
la maison. Donc, c'est nécessaire que Revenu puisse avoir les outils
informatiques les plus modernes et les plus efficaces possible.
Mais,
ceci étant dit, ça rentre dans la stratégie gouvernementale de réduction du
nombre total de centres, puisqu'il va
faire
partie maintenant, aussi, d'un réseau plus vaste où d'autres activités
gouvernementales pourront aussi avoir accès. Donc, il n'y a aucune contradiction. Moi, je ne
vois pas vraiment où le député de La Peltrie veut aller, parce qu'il n'y
a pas de contradiction entre ce que nous
faisons avec Revenu Québec et la stratégie informationnelle du
gouvernement. C'est très complémentaire.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de La Peltrie.
Caire : ...passer de 456 à 457, je n'appelle pas ça
regrouper, personnellement. Je ne sais pas. Moi, évidemment, je ne suis
pas un spécialiste des chiffres comme le ministre, là, mais, moi, dans mon
livre à moi, quand on passe de 456 à 457, on
augmente. Peut-être que je me trompe. Peut-être que mes notions de
mathématiques sont très loin, mais ça ne s'appelle pas regrouper, d'une
part.
D'autre
part, le CSPQ a augmenté sa capacité d'accueil, serait tout à fait capable de
recevoir les installations du ministère
du Revenu. Soit dit en passant, dans les Faits saillants du rapport
annuel du CSPQ, on voit, ici : «Regroupement de l'ordinateur central de Revenu Québec.» Donc,
l'ordinateur central de Revenu Québec peut aller au CSPQ mais pas son centre de traitement de l'information. Donc
là, je ne sais pas qu'est-ce qui est stratégique pour Revenu Québec puis
qu'est-ce qui ne l'est pas. Peut-être que vous pourriez m'éclairer là-dessus.
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Oui. Je demanderais à M. Jean d'apporter certaines
précisions, surtout quant au nombre de... on ne passe pas de 456 à 457,
en tout cas.
Mais je n'en reviens
pas que le député de La Peltrie ne puisse pas être d'accord avec nous en
disant que les activités du fisc, les
activités de Revenu Québec ne sont pas stratégiques, ne sont pas uniques. Je ne
pense pas que ce soient tous les
ministères qui ont cette responsabilité-là. Alors, selon vous, Revenu Québec,
on pourrait le faire, je ne sais pas, moi, au sous-sol de quelque place
parce que ce n'est pas tellement important?
Le Président (M.
Bernier) : J'aimerais que... Adressez-vous à la présidence,
tout simplement...
Caire :
Oui. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : ...ça va mieux aller.
Caire :
Oui, vous avez raison.
Le Président (M.
Bernier) : Parce que, dans les circonstances, ce serait peut-être
mieux de même. Allez-y, monsieur.
Caire : M. le Président, est-ce que je dois comprendre que
le président du Conseil du trésor, responsable du CSPQ, vient de
comparer le CSPQ à une organisation de sous-sol? C'est-u ça que je viens
d'entendre?
M. Leitão :
Non, c'est vous!
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre. M. le ministre, vous me parlez à
moi.
Leitão : M. le Président, c'est le député de La Peltrie qui,
justement, compare les activités de Revenu Québec à une activité de
sous-sol. Ce n'est pas moi qui avais dit ça.
Caire :
M. le Président...
Le Président (M.
Bernier) : Bon, on va laisser la maisonnée puis on va
continuer. Allez-y, M. le député.
Caire :
M. le Président, est-ce que le président du Conseil du trésor a confiance au
CSPQ?
Caire : Alors, qu'est-ce qui fait que l'ordinateur central
de Revenu Québec peut être au CSPQ mais pas à son centre de traitement
de l'information?
Le Président (M.
Bernier) : M. le ministre.
Leitão : Écoutez, bon, c'est une question opérationnelle. Peut-être,
M. Jean aurait une réponse un peu plus technique
à cet enjeu-là. Mais, encore une fois, nous, ce qui est important pour nous,
c'est qu'on puisse continuer de fournir un service de grande qualité aux
citoyens, parce que les activités de Revenu Québec sont des activités
stratégiques.
Peut-être, M. Jean,
vous avez une autre approche plus technique?
Le Président (M. Bernier) :
Pas de consentement?
Caire :
...raison, M. le Président, c'est que M. Jean est président du CSPQ, et moi, je
m'adresse aux gens de Revenu Québec.
C'est aux gens de Revenu Québec de me dire pourquoi leur ordinateur central
peut aller au CSPQ mais pas le centre de traitement de l'information.
Pourquoi?
Président (M. Bernier) : Comme j'ai dit, M. le député de
La Peltrie, on va avoir également l'opportunité dans l'étude des
crédits du ministère des Finances de recevoir Revenu Québec aussi.
M. Leitão :
Ça me fera un grand plaisir de dialoguer avec vous.
Caire :
J'ai le ministre devant moi, M. le Président.
M. Leitão :
Non, je suis assis en tant que président du Conseil du trésor.
Caire : J'ai le ministre devant moi, M. le Président, je
n'ai pas besoin de personne d'autre de Revenu Québec, la parole du
ministre me suffit.
Le Président (M.
Bernier) : Oui, mais là, cet après-midi, il est président du
Conseil du trésor. Allez-y. M. le ministre, vous avez d'autres commentaires?
M. Leitão :
Juste pour mentionner ça, que nous serons ici, je pense, la semaine prochaine,
justement avec le P.D.G. de Revenu Québec. Alors, ça serait le moment opportun
pour discuter de ces enjeux-là.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de La Peltrie.
Caire : Assez décevant, M. le Président, assez décevant. Alors, je comprends que le ministre,
dans le fond, n'a aucune réponse à nous offrir aujourd'hui. Je comprends qu'on va autoriser une dépense de 18 millions, alors
que le CSPQ aurait la capacité technique d'accueillir ce centre-là.
Ceci
étant dit, j'entends le président du
Conseil du trésor dire : On va passer... On ne peut pas regrouper en
un seul centre de traitement de
l'information. C'est la raison pour laquelle, dans ce document-là, son
document, on dit qu'on va identifier
des CTI en deux ou trois sites principaux à Québec et à Montréal. Donc là, ce
que je comprends, c'est qu'on autorise
cette dépense-là, au Revenu, d'un nouveau centre de traitement de l'information
dans la mise en application d'un plan de regroupement, hein? Parce qu'on
dit : Éventuellement, il va pouvoir servir...
Alors, est-ce qu'il
va déposer ce plan-là pour qu'on puisse effectivement comprendre qu'il s'agit
d'un plan d'ensemble et non pas d'une chicane entre deux ministères?
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Ça me surprend encore plus. Je pensais que rien d'autre ne me surprendrait,
mais je vais de surprise en surprise.
Écoutez, on va
demeurer sur les questions techniques, je pense que c'est important. Et donc je
demanderais à M. Jean, surtout de cette
mention du député de La Peltrie que le CSPQ a la capacité technique... Là,
peut-être, M. Jean, vous pourriez adresser ces questions-là?
Le Président
(M. Bernier) : M. le député.
Caire :
M. le Président, j'ai bien fait lecture ici que c'est le DPI qui est chargé de
la consolidation des centres de traitement de l'information. Alors, peut-être
que le DPI pourrait nous répondre si le président du Conseil du trésor ne peut pas le faire. Est-ce qu'il a un
plan? Est-ce qu'on peut voir ce plan-là? Puis est-ce qu'on peut voir
dans ce plan-là dans quelle direction le gouvernement s'en va?
Parce
que, tu sais, le ministre peut bien jouer la surprise, là, mais la vérité,
c'est qu'on va mettre 18 millions pour un nouveau centre de traitement de l'information en nous disant :
Ça, ça va servir ultérieurement à notre plan de regroupement. Donc, c'est le fait d'une volonté consciente de les
regrouper, c'est un investissement qui va dans le sens de les regrouper.
Moi,
tout ce que je demande au président du Conseil du trésor : Qu'il nous
dépose le plan qui nous fait la démonstration de ça. Sinon, la
conclusion à laquelle nous devrons en arriver, c'est qu'il s'agit d'une chicane
entre le ministère du Revenu puis le Conseil du trésor.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Bien sûr qu'il n'y a pas de chicane, voyons! Encore une fois, c'est une
question importante, une question technique importante, et j'aimerais que
M. Jean puisse expliquer les paramètres de cette décision-là.
Le Président (M. Bernier) : Consentement pour que M. Jean
puisse prendre la parole? Consentement? M. Jean.
M. Jean
(Denys) : Alors, M. le Président, peut-être des informations pour
éclairer les députés. D'abord, le CSPQ ne
peut recevoir le CTI de Revenu Québec étant donné sa dimension, on parle de
2 500 serveurs de toute nature. Donc, il n'y a pas de place au CSPQ pour recevoir les
installations de Revenu Québec. Par ailleurs, on sait que Revenu Québec
a des pressions importantes, notamment du Vérificateur général, pour
relocaliser son centre de traitement, étant donné les enjeux, comme l'évoquait
le ministre, de protection de données.
Je voudrais aussi
préciser aux parlementaires que le projet de rehaussement électromécanique
qu'on a entrepris, et qu'on a réalisé, puis
qui était évoqué, M. le Président, par le député de La Peltrie, c'est un
projet qui ne visait qu'à augmenter, par
exemple, la sécurité incendie, par exemple, les questions de gestion de
température, les équipements d'urgence. On n'a pas augmenté notre
capacité d'accueil des centres de traitement.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de La Peltrie.
Caire : C'est drôle. Dans la description du projet, je
vois : «Augmenter la capacité électromécanique du centre de
traitement informatique du 1500, Cyrille-Duquet — qui est l'adresse du
CSPQ — afin
de permettre d'utiliser l'ensemble de la superficie
du centre de traitement disponible.» Pour des raisons incendie... Ça fait que
vous avez mis quoi, des murs
coupe-feu, vous avez mis des gicleurs? Quand on augmente la capacité
électromécanique, on augmente l'espace disponible, l'espace virtuel disponible.
Puis
ce que vous me dites, M. le Président, ce que le président du CSPQ me dit,
c'est qu'en aucun temps il n'a augmenté
la capacité d'accueil du CSPQ, donc il ne serait pas capable de recevoir, par
exemple, le centre de traitement informatique
de trois petits ministères ou d'un et demi gros ministère. Je donne un exemple
totalement au hasard, là, bien évidemment. Ce n'est pas ça qui s'est
passé là.
Le Président
(M. Bernier) : M. Jean, 30 secondes.
M. Jean
(Denys) : Alors, M. le Président, pour préciser, la superficie du
centre de traitement du CSPQ n'a pas été
modifiée. Elle est utilisée, pas à pleine capacité, c'est justement pour
répondre à des questions comme celle soulevée par le député qu'on a augmenté notre
capacité électromécanique, pour pouvoir accueillir de petits ministères.
D'ailleurs, on est actuellement au travail avec au moins deux organisations
publiques pour transférer leurs installations de chez eux à chez nous.
une chose aussi qu'il faut considérer, si cette capacité électromécanique
n'avait pas été remise à niveau, on n'aurait pas pu accueillir, par
exemple, la plateforme centrale de Revenu Québec, parce que les collègues de
Revenu Québec nous auraient dit : Ça nous prend des installations plus sécuritaires
pour vous transférer nos choses. C'est dans cette perspective-là, M. le
Président, que le projet a été fait.
Donc, on prépare, on met la table pour recevoir des ministères, pour
compléter nos installations au 1500, Cyrille-Duquet.
Président (M. Bernier) :
Merci. Nous allons donc retourner du côté du parti gouvernemental. M. le député de Trois-Rivières,
la parole est à vous.
Girard : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, salutations au ministre,
à son équipe, à tous les collègues ici présents aujourd'hui à cette commission.
Dans un premier temps, je vais prendre quelques minutes pour revenir
sur l'intervention de mon collègue
député de Gaspé lors de son intervention de tout à l'heure concernant le développement économique régional. On a parlé des CLD et des CRE il y a environ une vingtaine
de minutes, et je veux revenir sur ce sujet parce que, pour moi, c'est un
sujet qui me passionne. J'ai aussi travaillé
pendant plus de 25 ans au développement
économique des régions du Québec et je pense qu'il faut remettre les
pendules à l'heure. Il y a toujours deux côtés à une médaille. Donc, je pense
que c'est important pour les gens qui nous écoutent de comprendre ce qui
se passe réellement dans ce secteur-là.
voudrais, M. le Président, faire une brève lecture rapide d'un
article
du Journal de Montréal qui date du mois de février 2015, où le
titre est Des millions de dollars mal
utilisés par les CLD — Le
Vérificateur général
recommande que les règles d'utilisation de ce fonds soient beaucoup
plus strictes :
«Les
43 centres locaux de
développement — CLD — du
Québec ont détourné des millions de dollars qui devaient être investis
dans des entreprises au profit de leur administration courante.
«C'est
ce que révèle le Vérificateur
général[...], Michel Samson, dans son
dernier rapport remis à l'Assemblée nationale[...].
«Un
chapitre complet
de son rapport [...] porte sur les fonds alloués aux CLD. "Des sommes
provenant du Fonds local d'investissement — communément appelé le FLI — n'ont
pas été utilisées aux fins prévues"[...].
«Pour
la seule année 2013, plus de la moitié des CLD [au Québec]
se sont servis à même les actifs [de ce] fonds "pour payer des
frais qui auraient dû, en principe, être assumés à même leur budget de fonctionnement"[...].
Cette année-là, le taux de placement des
actifs du fonds, pour l'ensemble du réseau de CLD, a atteint seulement
53 %, de sorte que des
liquidités de 80,3 millions n'ont pas été investies dans les entreprises.»
m'arrête ici parce qu'il y a encore beaucoup d'autres choses. Donc, il y a des
CLD qui faisaient un excellent travail, mais ce n'était pas le cas de
tous les CLD au Québec, et il faut regarder les deux côtés de la médaille.
Je veux vous
parler d'un autre
article également, qui provient du Courrier Sud , qui
est un journal local de la région de Bécancour, qui date de cette année,
Un bilan exceptionnel et un C.A. entrepreneurial pour le CLD de Bécancour :
«Les
résultats obtenus [...] dépassent largement nos attentes. L'aide financière
apportée aux entrepreneurs est la meilleure
depuis 1998, soit depuis la création [des] CLD. Plus de 1,1 million ont
été investis par le CLD pour soutenir [des] projets structurants qui
permettent de développer l'économie du territoire...»
63 projets ont soutenu... blablabla. Outre
le soutien auprès d'entreprises, les secteurs d'activité de l'agricole,
l'agroalimentaire, etc., ont été soutenus.
«En octobre
dernier — en
octobre 2014 — le
gouvernement du Québec a obligé les MRC à revoir leur modèle d'affaires dans le cadre de leur développement
économique. La MRC [de Bécancour] a demandé aux membres du conseil d'administration du CLD [et] de la MRC [...] de
revoir [l'offre] de service et [de revoir le] modèle de gouvernance
[...] dans le but d'offrir des services de
qualité qui [répondent] aux besoins des entrepreneurs de la région, et ce, en
tenant compte de la nouvelle réalité financière.
«Le CLD prend
[donc] un nouveau virage en se dotant d'un nouveau modèle de gouvernance, soit
en modifiant la composition de son
conseil d'administration constitué maintenant de sept personnes qui sont issues
du milieu des affaires et [de seulement] deux élus. Les administrateurs
ont été approchés en fonction de leurs expériences entrepreneuriales ainsi que [de] leur réussite en affaires. Ils ont
[ainsi] su favoriser le développement de leur entreprise — et du CLD. C'est avec les forces de
chacun que le CLD de la MRC de Bécancour pourra arrimer ce nouveau tournant
d'affaires.»
Donc, ceci conclut
le dossier CLD, comme quoi que, dans certaines régions, la modification qui a
été faite a été pour le meilleur, et
on a des résultats, dans certaines régions, qui n'ont été jamais vus depuis 1998 grâce à la modification.
Et ça ne vient pas de moi, c'est des articles de journaux, qui pourront être
déposés, s'il y a lieu, à la commission.
Ceci étant
dit, M. le Président, je voudrais revenir à la commission
d'aujourd'hui, qui n'est pas le développement économique
régional, le sujet, c'était ce matin, et je participais à cette commission, ce matin, au développement
économique régional. Aujourd'hui, on est avec le Secrétariat du Conseil
du trésor. M. le Président, je dois vous dire que, personnellement, je suis un fervent de la bonne gestion des finances publiques, mais également un fervent défenseur de la relance économique
du Québec. Je crois que les deux peuvent aller de pair.
Vous savez, M. le Président, les entrepreneurs consacrent beaucoup de temps à leurs entreprises. Les
entrepreneurs et les PME sont importants au niveau
du Québec. Et le gouvernement
du Québec alloue chaque
année 20 milliards de contrats publics. Les contrats publics
font souvent l'objet de critiques : difficultés d'accès à ces contrats,
difficultés de soumissionner, difficultés pour nos PME de pouvoir y accéder. Et
souvent, bien, il y a des entreprises qui font des soumissions peut-être pas au
meilleur prix pour le gouvernement, ce qui fait que les coûts pour le gouvernement
sont souvent augmentés.
Et on a des
belles entreprises du Québec, des PME, ce qu'on appelle communément aussi des
«start-ups», des entreprises en démarrage qui vont avoir des contrats à
l'international. Moi, j'ai rencontré des gens sur le terrain. Étant quelqu'un
qui travaille beaucoup au développement
économique des régions et au niveau
des PME, j'ai rencontré des belles petites entreprises du Québec qui ont
des contrats, que ce soit dans le domaine de la santé, dans le domaine de l'éducation ou peu importe, ils ont des contrats à travers le monde avec des gouvernements d'autres pays mais n'ont pas de contrats avec le gouvernement
du Québec. Donc, il est essentiel de pouvoir remédier à cette situation.
La vision du gouvernement, c'est vraiment de faire les meilleures acquisitions possible aux
meilleures conditions possible et, bien sûr,
avoir le meilleur retour sur investissement. Donc, je crois sincèrement qu'accroître la
participation des PME, de nos entreprises
en démarrage, communément appelées nos «start-ups», va être bénéfique pour
notre économie, donc pour nos PME, pour la croissance économique, pour
la création d'emplois au Québec, mais également va être bénéfique pour le gouvernement,
c'est-à-dire qu'on va pouvoir avoir des contrats, avoir des offres à moindre
coût.
C'est donc dans cette optique que le gouvernement
a annoncé — et
j'étais présent à l'annonce à ce moment-là — le 30 octobre 2015, le Passeport
Entreprises. Le Passeport Entreprises vise à faciliter l'accès de nos PME aux
contrats publics. Nos PME qui sont parfois
en démarrage ou en processus de croissance veulent avoir accès à ces contrats,
et il faut améliorer le processus d'appel d'offres.
J'ai avec moi
aujourd'hui le fameux Passeport Entreprises qui a été lancé, et vous me
permettrez de vous donner certains grands axes du Passeport Entreprises.
Et par la suite j'aurai quelques questions pour le ministre. Donc, les trois axes principaux dans le Passeport
Entreprises : premier axe, simplifier l'accès des entreprises aux contrats
de l'État; deuxième axe, informer davantage les entreprises sur les
besoins de l'État; troisième axe, améliorer les pratiques et les processus
contractuels; et, le quatrième, permettre aux entreprises d'exercer des recours
en cas de besoin.
Donc, ce que l'on veut faire avec le Passeport
Entreprises : «S'assurer que les exigences ou [les] conditions contractuelles [soient] bien adaptées aux contrats
à réaliser afin d'éviter [des rejets systématiques] des PME...» On a vu,
exemple, dans le passé, qu'on demandait
10 ans d'expérience. Si on a une «start-up», une entreprise qui vient de
démarrer, elle ne peut pas répondre à ce critère.
Ensuite, on parle de rendre obligatoires pour
les ministères et organismes des offres standardisées. Je ne sais pas, M. le Président, si vous avez déjà vu un
appel d'offres de certains ministères ou organismes, mais c'est plusieurs
dizaines, voire plusieurs centaines de
pages. Souvent, pour une PME ou un petit entrepreneur, c'est lui-même qui fait
la soumission, c'est un temps fou, et les
gens ne sont pas habilités à répondre à ces appels d'offres, ce qui fait qu'on
élimine d'entrée de jeu plusieurs PME.
On parle
également de «gabarit de soumission dans les documents d'appels d'offres», donc
que les appels d'offres des différents ministères et organismes soient
tous bâtis de la même façon pour faciliter l'accès à nos PME.
On parle
d'outil informatique, d'outil informatique pour, justement, uniformiser les
appels d'offres et permettre de faire
des appels d'offres de façon informatique, alors que, dans plusieurs ministères
et organismes, les appels d'offres ne se font que sous forme papier à
l'heure actuelle.
parle également d'inviter au moins une PME par appel d'offres, donc obliger nos
ministères et organismes à avoir au moins une PME dans les entreprises
qui vont faire appel au niveau des services qu'ils auront besoin.
«Offrir dorénavant la possibilité aux
entreprises de soumissionner de façon électronique...» J'en ai déjà parlé.
«Informer
davantage les entreprises.» Donc, souvent, les entreprises ne sont pas
informées sur les besoins des ministères
et organismes, ce qui fait que souvent ce sont les mêmes entreprises qui
décrochent les contrats au niveau
du gouvernement. Donc, «prévoir des espaces d'interaction encadrés [entre] les
entreprises et le gouvernement...»
«Rendre publics
les projets à venir...» Quels sont les projets de nos ministères
et organismes pour que nos PME, nos entreprises du
Québec puissent se préparer à faire face à nos demandes.
Également : «Restreindre l'accès aux documents d'appel
d'offres et sensibiliser le personnel au caractère hautement
confidentiel de ces documents.» J'ai le privilège d'être vice-président de la
CAP, la Commission de l'administration publique,
et ce qu'on a vu dans certains ministères, c'est que l'appel d'offres était
préparé par des consultants, et c'est le même consultant, curieusement, qui remportait l'appel d'offres. Donc,
c'est des choses qu'il faut absolument enrayer.
«Exiger la mise en place de lignes de conduite
visant à prévenir les conflits d'intérêts», pour ne pas que ça se reproduise,
et «mettre en place des mesures visant à assurer la neutralité des membres
des comités de sélection».
Et bien
sûr : «Permettre aux entreprises d'exercer des recours. [...]une fonction
de commissaire aux contrats publics qui
aurait le pouvoir [...] d'exiger des modifications [au] document d'appel
d'offres», ou encore d'annuler l'appel d'offres s'il le considère trop
restreint, qui restreint indûment la concurrence pour l'appel d'offres.
Donc, des processus de transparence, des
processus de traitement des plaintes...
Donc, je veux
vraiment saluer le Passeport Entreprises, qui a malheureusement passé un peu
sous le radar lors de l'annonce. Et
j'aimerais savoir du ministre comment le Passeport Entreprises va pouvoir
permettre à l'État de faire des économies
et comment le Passeport Entreprises va pouvoir permettre également de faire du
développement économique, c'est-à-dire de pouvoir permettre à nos PME de
soumissionner, de pouvoir permettre un développement économique qui va être un développement économique régional.
Souvent, nos PME sont dans les régions du Québec, donc c'est un bel outil pour permettre à nos entreprises qui sont
dans les régions de pouvoir avoir des bons contrats avec l'appareil
public.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, M. le député de Trois-Rivières. M. le ministre.
M. Leitão :
Très bien. Écoutez, je demanderais à M. Ouellet d'aller un peu plus dans
les détails de cela. Mais, avant d'y
arriver, deux choses. Tout d'abord, si on revient à notre discussion précédente,
je veux que ce soit bien clair, là, ici, que tout le monde comprenne très bien qu'il n'y a pas de contradiction
entre le CSPQ et Revenu Québec. Ces deux organismes travaillent ensemble
depuis déjà très longtemps. D'ailleurs, il y a vraiment du trafic, si vous
voulez, dans les deux directions. Revenu Québec, qui utilise...
Le Président (M. Bernier) : Un
instant. Oui, M. le député de La Peltrie?
Caire :
...là, je soulève la pertinence. Si le ministre veut répondre à mes questions
sur les questions de son collègue, je
pense qu'on n'est pas sur le sujet beaucoup. J'aurai l'occasion de reposer mes
questions au ministre et j'aurai aussi,
par ailleurs, un droit de réplique, ce que je n'ai pas quand il se sert du
temps ministériel en ignorant la question de son collègue.
Président (M. Bernier) : En principe, M. le député de
La Peltrie, ce que je permets dans cette commission, c'est qu'au moment où le ministre reprend la
parole... au moment où il quitte... exemple, au moment où vous avez
terminé votre bloc, s'il avait voulu prendre
le temps... puis pouvoir lui répondre, parce qu'il ne lui restait plus de
temps, je le laisse faire. Mais,
cette fois-ci, je vous invite, M. le ministre, à... Vous aurez l'occasion de
revenir avec le député de La Peltrie pour lui fournir les réponses
qu'il a besoin.
Caire : Merci, M.
le Président.
Président (M. Bernier) : Donc, je vous invite à revenir avec le
député de Trois-Rivières au niveau du passeport.
M. Leitão :
Très bien. Alors, parlons de passeport. Donc, oui, il y a deux objectifs
importants ici. Premièrement, c'est
de contribuer à l'essor de nos PME, et, deuxièmement, c'est, en même temps,
d'avoir, de s'assurer que l'État puisse avoir accès aux meilleurs services
informationnels ou autres fournis par des entreprises québécoises. Alors, avec
ce programme, Passeport Entreprises, que le
député de Trois-Rivières a très bien décrit, je pense que nous nous
dirigeons dans la bonne direction. Et
peut-être, M. Ouellet, vous pourriez donner un peu plus d'exemples
spécifiques sur comment ça change la donne en pratique.
Le Président (M. Bernier) :
Consentement pour que M. Ouellet prenne la parole? Consentement.
M. Yves Ouellet, secrétaire du Conseil du trésor, la parole est à vous.
M. Ouellet
(Yves) : Merci, M. le Président. Effectivement, comme le député
l'a mentionné, le gouvernement du Québec,
c'est 20 milliards de dollars de contrats qui sont donnés, donc très
important de la part du gouvernement d'être efficace à cet égard-là. Et surtout, puis c'est l'objet du passeport,
c'est de simplifier l'accès des entreprises aux contrats publics, donc l'objectif
poursuivi par le passeport.
Peut-être, de manière
concrète, vous mentionner quelques mesures qui sont prévues dans le passeport, qui
vont dans cette direction-là. D'abord,
la première mesure, puis qui était très demandée de la part des partenaires du gouvernement, c'est la mise sur pied d'un groupe de travail sur la détermination des
exigences ou des conditions contractuelles. C'est un groupe de travail qui a été mis en place par le gouvernement, auquel on invite les représentants de l'industrie à siéger,
sur ce groupe de travail là, et également
les principaux donneurs d'ouvrage, les principaux donneurs de contrats de la
part du gouvernement. Donc, mise en place d'un forum très stratégique où on
retrouve, par exemple, des représentants de l'industrie
comme l'Association québécoise des technologies, TechnoMontréal, et, du côté du
gouvernement du Québec, on retrouve,
par exemple, la Régie de l'assurance maladie, la Société de l'assurance
automobile du Québec, etc. Donc, un forum
important pour permettre aux entreprises d'être en lien direct avec les
principaux donneurs d'ouvrage du gouvernement. C'était la première
mesure du passeport.
Sans
toutes les mentionner, peut-être juste souligner les plus importantes. La
mesure n° 6, qui consiste à donner davantage de contrats à forfait et surtout de favoriser ce qu'on appelle
l'allotissement des contrats, des contrats plus petits, donc, pour faciliter l'accès, aux PME, aux
contrats gouvernementaux. On le sait, quand que les contrats sont
importants, ça peut être plus difficile pour
les plus petites entreprises de pouvoir accéder au marché public. Donc, avec
cette approche, on favorise les plus petites entreprises, dont les PME.
M. Ouellet
(Yves) : Peut-être, rapidement, d'autres mesures pour assurer,
là, la rigueur du processus contractuel. La mesure 19, par exemple, où on vient «restreindre l'accès aux
documents d'appel d'offres et sensibiliser le personnel au caractère
hautement confidentiel [des] documents» et du processus contractuel. La
mesure 21, par exemple, pour la mise en
place de mesures visant à assurer le fonctionnement efficace des comités de
sélection. Puis peut-être, juste en terminant
rapidement, les mesures 23 et 24 — comme le président l'a mentionné dans son
allocution — qui
prévoient la création d'un commissaire aux
contrats publics qui aurait le pouvoir, à la demande des entreprises, d'exiger
des modifications à un appel d'offres ou d'annuler ou restreindre... qui
pourrait annuler ou restreindre la concurrence.
Déjà,
dans le cadre du passeport, c'était prévu. Évidemment, par la suite, il y a eu
des recommandations qui ont été faites dans le cadre de la commission
Charbonneau qui allaient un peu dans la même direction. Donc, un élément majeur, une initiative très importante qui donne
un forum aux entreprises privées pour pouvoir faire valoir leurs
éléments, faire valoir leurs enjeux en matière de contrats publics.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député de Trois-Rivières.
M. Girard :
Merci, M. le Président. Donc, sur le même thème, vous savez, M. le Président,
j'étais mandaté, dans mon rôle
antérieur, à l'allègement réglementaire. Donc, je pense que ça fait vraiment
partie de l'allègement réglementaire. L'allègement
réglementaire, c'est tous les ministères qui doivent y contribuer, et je crois
sincèrement que le Conseil du trésor
contribue à sa façon à l'allègement réglementaire pour nos PME et au
développement économique de nos PME. On sait que nos PME sont les principaux employeurs au Québec, surtout dans
les régions qu'on a mentionnées tout à l'heure. Donc, c'est important de pouvoir leur donner de l'oxygène, leur
permettre de pouvoir continuer à croître, de pouvoir leur permettre de
continuer à grandir, et tout ceci, comme je le disais tout à l'heure, en
permettant au gouvernement de probablement
avoir des contrats à meilleur prix, avoir plus de soumissionnaires, avoir plus
d'entreprises qui vont soumissionner et avoir, peut-être, des solutions
plus innovantes.
sait que nos entrepreneurs au Québec sont des gens innovants, sont des gens qui
ont des bonnes idées. Et moi, j'ai souvent entendu sur le terrain...
Parce que je me suis promené beaucoup sur le terrain, au Québec, et on a des
entrepreneurs qui peuvent amener des solutions qui vont être très innovatrices
pour le gouvernement dans plusieurs domaines d'activité, que ce soit au niveau
de l'informatique ou de tout autre domaine. Et c'est un pas dans la bonne
direction. Donc, je crois sincèrement que ce ne sont pas seulement que les
structures qui font en sorte que l'on fait du développement
économique dans les régions du Québec, mais ce sont des mesures comme le
Passeport Entreprises qui vont
permettre aux PME, qui vont permettre à nos régions du Québec de pouvoir se
développer et en lien direct avec les besoins du gouvernement.
Donc,
c'est la preuve vivante, le Passeport Entreprises, que l'on peut avoir une
gestion saine des finances publiques, bien
gérer les finances publiques, avoir des contrats qui vont être au meilleur coût
possible pour le gouvernement, donc bien gérer l'argent de nos
contribuables tout en relançant l'économie, c'est-à-dire en faisant travailler
nos PME.
nos PME vont même avoir, grâce au Passeport Entreprises, un rayonnement
international. C'est une belle carte de
visite pour une PME qui a un contrat avec le gouvernement du Québec, lorsque
cette PME là fait de la prospection à l'international,
de dire : Regardez, un de mes clients, c'est le gouvernement du Québec.
Donc, plusieurs facteurs positifs pour
nos PME et plusieurs facteurs positifs pour le gouvernement au niveau du
Passeport Entreprises. Donc, je voulais le souligner et je veux
féliciter le président du Conseil du trésor pour cette belle initiative.
ma dernière question, c'est de voir est-ce que le Passeport Entreprises va
pouvoir être mis en place rapidement, est-ce que tout ça va pouvoir être
fonctionnel bientôt, voir un petit peu, là, comment ça s'enligne pour les
prochains mois, les prochaines années.
Le Président
(M. Bernier) : M. le ministre.
M. Leitão :
Très bien. Rapidement, écoutez, bien sûr, nous sommes déterminés à ce que cela
se fasse le plus rapidement possible. Une
partie importante de ce processus va être la création de l'Autorité des marchés
publics. Pour cela, évidemment, on a besoin de changements législatifs,
et ça fait
partie de mon mandat de le faire le plus rapidement possible.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. M. le député.
M. Girard :
Combien de temps qu'il me reste?
Le Président
(M. Bernier) : Environ deux minutes.
M. Girard :
Deux minutes. Donc, sur ces mots, d'allègement réglementaire — je vais peut-être revenir un petit
peu sur le développement économique régional — plusieurs mesures ont été
mises en place par le gouvernement du Québec.
Et, juste pour m'assurer qu'on se comprenne bien avec mon intervention du
début, on parlait de CRE, de CLD.
Personnellement,
ayant travaillé beaucoup au développement économique, je crois que les mesures
mises en place par le Conseil du trésor jumelées avec les mesures du
dernier budget du gouvernement du Québec vont permettre d'améliorer le
développement économique de nos régions, vont permettre à nos régions de
pouvoir continuer à se développer de façon
importante par l'intermédiaire de nos PME. Parce que notre développement
économique repose sur notre
innovation, repose sur nos PME, qui vont créer à peu près 70 % à 80 %
des emplois à venir au Québec. On a des défis avec nos PME, on a des défis d'innovation, des défis
d'investissement. On a des belles PME qui sont des PME qui sont exportatrices. Il faut continuer à exporter,
et ce que l'on exporte, c'est de l'innovation, c'est des connaissances.
Et, pour pouvoir avoir une belle carte de
visite, bien, on se doit de travailler main dans la main, le gouvernement du
Québec et les PME au Québec, et c'est ce que
l'on va faire grâce à ce qui est mis en place par le président du Conseil du
trésor, qui est par le fait même le ministre des Finances qui a déposé le
deuxième budget équilibré du Québec. Tout ça mis ensemble va nous permettre de vraiment faire avancer l'économie de nos
régions et permettre de développer nos PME. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Bernier) : Merci. Commentaires?
M. Leitão :
Je voudrais aussi mentionner que, je pense, la Fédération canadienne de
l'entreprise indépendante avait récemment
mentionné que le Québec avec la Colombie-Britannique étaient les deux provinces
au Canada où il y avait eu la plus
grande amélioration dans les processus bureaucratiques, et donc dans
l'amélioration de la bureaucratie, et que ça avait été noté par cet
organisme-là, ce qui est très, très valorisant pour nous.
Le Président
(M. Bernier) : Merci, M. le ministre. M. le député de Gaspé, la
parole est à vous.
M. Lelièvre :
Oui, M. le Président. Merci. J'aimerais peut-être, en introduction, revenir un
peu sur l'intervention du député de
Trois-Rivières, qui défend très bien son ancienne vie de chambre de commerce.
Mais je peux vous dire qu'en tout cas, moi, en ce qui me concerne, il ne
m'a pas convaincu. Il a beau essayer, mais disons qu'on n'est pas de la même
idéologie.
Écoutez,
d'abord, il faisait remarquer que c'est ce matin que ça se passait, le
développement régional. Bien, j'ai pris
la peine de vérifier dans l'agenda, j'ai dit : Peut-être que je me suis
trompé. Mais je pense que c'est plutôt lui qui devra réviser son agenda. Ce matin, c'était le
développement et l'entrepreneuriat. Et, cet après-midi, on est au Conseil du
trésor, et ça sera le 22 avril, en
avant-midi, qu'on aura les crédits sur le développement économique régional, M.
le Président. Donc, je vous invite, M. le député, à le mettre à votre
agenda, ce sera sûrement une autre séance très intéressante.
J'aimerais
parler maintenant d'un dossier extrêmement important, un dossier extrêmement
important. Le député de
Trois-Rivières nous a fait la lecture intéressante d'un outil, hein, un
calepin, un calepin qui vient d'être mis en place pour améliorer l'attribution des contrats au
niveau du gouvernement du Québec, je pense, un outil qui a un certain
intérêt, mais j'aimerais qu'on parle des
vrais enjeux du Québec, des vrais enjeux de la transparence, des vrais enjeux
de l'attribution des contrats
publics, au gouvernement, oui, mais aussi au sein de l'ensemble des autres
organisations, notamment dans les municipalités. Et ça nous amène sur le
dossier... les recommandations qui ont été déposées à l'automne 2015 par
la commission Charbonneau.
bon, le ministre, d'entrée de jeu, tantôt, a fait allusion à certaines mesures
qui ont été mises de l'avant par le gouvernement
depuis le dépôt du rapport. Et même, bon, le ministre nous disait qu'il y avait
quelques éléments qui ont été mis de
l'avant ou en place avant le rapport, qui ont précédé le rapport. Mais on parle
d'une soixantaine de recommandations au
niveau de la commission Charbonneau. Et il y a quand même, bon, pas mal de
temps de passé depuis le début des travaux de la commission. On parle de plusieurs dizaines de millions de dollars
qui ont été investis de par le gouvernement et via les contribuables
dans cette commission, hein? On doit friser pas loin de 40 millions.
Donc,
je présume que le gouvernement va se faire un devoir de mettre en place les
recommandations, puisqu'on a pris la
peine de mettre en place une commission aussi importante, qui a donné des
résultats quand même qui méritent qu'on s'y attarde. Et j'aimerais que le ministre nous parle un peu des
éléments qui sont, à ce jour, mis en place, mais surtout de sa vision. Parce qu'on sait que ces recommandations-là
vont coûter de l'argent, vont nécessiter des crédits, des budgets de la part de plusieurs ministères. Et, compte tenu
qu'on a la chance aujourd'hui d'avoir le président du Conseil du trésor,
qui occupe aussi la fonction importante de
ministre des Finances... bien, je pense qu'une grande
partie des
recommandations de la commission Charbonneau sont entre ses mains.
Donc, j'aimerais entendre
le ministre sur les échéances et les recommandations qui feront l'objet d'une
mise en opération de par le gouvernement.
Donc, échéances et aussi le détail des interventions. Moi, je les ai devant
moi, là, on peut en fournir copie
s'il le faut, j'ai les 60 recommandations. Donc, comment le ministre peut
nous rassurer à l'effet que les travaux qui ont été réalisés pendant les
trois dernières années ne seront pas tablettés et que les recommandations vont
être mises en place?
Le Président (M. Bernier) :
M. le ministre.
M. Leitão :
Très bien. Merci, M. le Président. Merci, M. le député. En effet, c'est une
question qui est primordiale. Nous
nous sommes engagés, en tant que gouvernement, à mettre en place toutes les
recommandations de la commission Charbonneau.
Ça a été très clair par notre premier ministre, par notre leader parlementaire
récemment. Et, à la fin de la session dernière aussi, nous l'avions
indiqué très clairement qu'on allait mettre toutes les recommandations en
place.
En ce qui nous concerne, au Conseil du trésor,
il y a, comme je l'ai dit tantôt, 14 recommandations qui nous concernent
directement, et nous allons toutes les mettre en oeuvre, ces 14 là. Elles sont
déjà à différentes étapes.
Et donc, pour
répondre à votre question directement, je vais vous dire que, la recommandation
n° 1 — peut-être
une des principales recommandations, je pense qu'étant la numéro 1 ce
n'était pas par hasard — de
la commission Charbonneau, donc «de créer
une instance nationale d'encadrement des marchés publics», l'AMP, l'Autorité
des marchés publics, nous nous sommes donc engagés à le faire. Et, déjà
même avant le dépôt du rapport de la commission, mon prédécesseur, l'autre avant, le député de Nelligan, avait adressé cette
situation-là, et on avait déjà commencé à évoluer dans cette direction-là. Suite au dépôt du rapport
de la commission, nous avons donc transformé ce qu'on était déjà en
train de faire en création d'une véritable autorité des marchés publics. Et
l'objectif est de déposer un projet de loi ce printemps.
Donc, la Chambre, nos travaux parlementaires se terminent le 10 juin, je
pense. Donc, d'ici là, c'est notre objectif de le faire. Ce projet de loi, qui était déjà en préparation au Conseil
du trésor avant que j'arrive, est déjà à une étape assez avancée, et
donc, oui, je suis confiant que nous serons capables de déposer ce projet de
loi au printemps.
La recommandation n° 2 de la commission
Charbonneau : «D'uniformiser les lois et [...] règlements pour permettre à tous les donneurs d'ouvrage publics de
décider, en collaboration avec l'Autorité des marchés publics et sous sa surveillance, [...]la pondération appropriée
des critères de prix et de qualité dans le processus d'adjudication d'un
contrat lié au domaine de la construction.»
Donc, c'est une révision de ces règles-là. C'est en cohérence aussi avec notre
activité gouvernementale et les municipalités. Et, dans ce cas précis, nous
visons l'automne 2016 pour le faire.
recommandation n° 5 de la commission, c'est : «D'inciter les donneurs
d'ouvrage publics à reconnaître les produits
similaires homologués par d'autres juridictions lorsque pertinents et
d'analyser les exigences qui limitent le nombre de concurrents potentiels dans leur approvisionnement.» Ça, c'est une
question qui a été traitée dans le cadre de ce qu'on a discuté
précédemment, le Passeport Entreprises, et donc nous allons aussi mieux le
préciser à l'automne 2016.
La recommandation n° 6 : «D'assujettir
l'ensemble des sociétés paramunicipales et les OBNL contrôlés ou subventionnés par le régime public ou une municipalité
aux mêmes obligations contractuelles que les organismes auxquels ils
sont liés.» Ça, ça requiert une modification des règles. Et, là aussi, nous
comptons le faire à l'automne.
numéro 7 : «D'adopter des règles permettant à un donneur d'ouvrage
public d'établir [un] délai raisonnable de réception des soumissions en fonction de l'importance financière et de
la complexité du projet...» Ça aussi, ça va faire
partie des
orientations déposées à l'automne 2016.
Numéro 8,
et qui est très importante aussi : «D'améliorer le régime de protection
des lanceurs d'alerte [et ça] pour garantir :
la protection de l'identité de tous les lanceurs d'alerte...» J'avais mentionné
ça dans mes propos d'introduction. Et aussi
ça pourrait même contenir un soutien financier lorsque c'est requis. Ça, c'est
le projet de loi n° 87. C'est un projet de loi qui a déjà été
discuté en commi