House Proceedings — 25 November 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-11-25
Quebec — Debates (Hansard)
Mme Gaudreault : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je souligne
le 150e anniversaire de fondation du collège Saint-Joseph de Hull.
1870, mère Élisabeth Bruyère, fondatrice des Soeurs de la Charité d'Ottawa,
achète un terrain qui abritera un logement
pour les religieuses, un pensionnat et
une école privée, qui portera le nom d'académie Notre-Dame-de-Grâce. Au
fil des années, nombreux changements de
vocation seront apportés au bâtiment, qui remplacera celui qui a été
complètement détruit par le feu en 1888.
n'est qu'en 1970 que l'école secondaire pour filles Saint-Joseph de Hull a été
accréditée par le ministère de
l'Éducation. Grâce à sa tradition d'excellence, cette institution a actualisé
les rêves de ses fondatrices. En effet, depuis quelques années, ce collège se classe parmi les meilleurs au sein du
palmarès des meilleures écoles privées du Québec, obtenant cette
année une note parfaite de 10.
Longue
vie au collège Saint-Joseph de Hull, qui fait l'orgueil des gens de
l'Outaouais, et joyeux 150e anniversaire! Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le
député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup,
M. le Président. Aujourd'hui, je tiens à rendre hommage à un grand
homme, décédé le 14 novembre dernier, qui a porté sur ses épaules le
destin de la nation huronne-wendat, M. Magella «Max Oné Onti» Gros-Louis.
Grand chef de la
nation wendat à Wendake pendant 33 ans, il a marqué son histoire et aussi
celle du Québec. Ici comme partout ailleurs dans le monde, Max Gros-Louis
a fait rayonner la culture huronne-wendat et ses traditions comme aucun
ambassadeur n'avait su le faire auparavant.
Sa contribution inestimable à la défense et à la
promotion des droits des autochtones a refaçonné et surtout amélioré notre
compréhension de l'histoire du Québec. En suivant le parcours de ce géant, nous
avons redécouvert les traces de notre histoire commune.
D'une
impressionnante stature, au sens propre comme au sens figuré, son départ laisse
un grand vide, et ses réalisations nous rappelleront son illustre passage.
«Max Oné Onti»
Gros-Louis, reposez en paix. Et, pour tout ce que vous nous avez légué,
«tiawenhk».
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à
M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, M.
le Président. J'ai eu le grand
plaisir d'assister, la semaine dernière, à l'événement de clôture de la
17e édition de l'École d'été de l'Institut du Nouveau Monde, qui a permis
à quelque 400 jeunes de pouvoir développer leurs compétences citoyennes.
Plus
qu'un simple événement, cette tribune a été un moment où tous ces jeunes
participantes et participants ont pu
nous présenter le fruit de leur travail et réflexion sur des enjeux d'actualité
et d'intérêt pour nous tous. Trop nombreux pour tous les nommer, cette
incroyable jeunesse a tour à tour exposé des enjeux variés portant sur
l'environnement, le vivre-ensemble, la
parité, la démocratie numérique. Je tiens à souligner leur travail et féliciter
en même temps toute l'équipe de l'Institut du Nouveau Monde.
J'aimerais
terminer cette déclaration en évoquant, M. le Président, Lauriane Gorce, une des jeunes participantes, qui nous a rappelé les mots du
philosophe bouddhiste et grand humaniste japonais Daisaku Ikeda :
«D'un coeur guéri et
en paix naît l'humilité.
«De l'humilité naît
une volonté d'écoute de l'autre.
«De l'écoute naît la
compréhension mutuelle et de cette compréhension mutuelle naît un monde en
paix.»
Vice-Président (M. Picard) : ...M. le député. Nous poursuivons avec Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Foster :
Merci, M. le Président. C'est avec une immense fierté que je dédie ma
déclaration d'aujourd'hui à la municipalité
de Saint-Irénée, qui a remporté le premier prix et une bourse de
10 000 $ dans le cadre du concours Inspiration MMQ en gestion
des risques qui est tenu par La Mutuelle des municipalités du Québec depuis
trois ans maintenant.
L'événement
annuel La Magie bleue, organisé dans le cadre de la fête nationale, a vraiment
tout pour plaire et attirer. Si vous
êtes déjà passés dans ce magnifique village, vous savez de quoi je parle. La
plage de Saint-Irénée, c'est un endroit rêvé pour partager un repas
entre le fleuve et les montagnes, c'est absolument sublime.
popularité grandissante de l'événement étant devenu un enjeu de sécurité, il
n'en fallait pas moins pour que la municipalité puisse développer un
projet constitué de plusieurs volets dans le but d'améliorer cet aspect sur la
sécurité. Donc, c'est à ce
titre qu'elle a
été récompensée, et je tenais aujourd'hui à la féliciter d'avoir été proactive
en posant des gestes concrets pour assurer le bon déroulement de ces
festivités. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je
cède maintenant la parole à M. le député de René‑Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je souhaite saluer le
travail de sensibilisation accompli par les corps policiers et leurs équipes,
qui sont en mode prévention en ce temps de pandémie, tout particulièrement
aux patrouilles préventives sur la
Côte-Nord, qui portent assistance au ministère de la Santé et des Services
sociaux dans le cadre de l'application de la
Loi sur la santé publique.
sécurité publique fait un travail remarquable auprès de la population lors des
opérations de sensibilisation auprès des usagers de la route afin de limiter
les déplacements entre les régions de différents paliers de couleur, lors des
interventions dans les établissements licenciés dans le cadre de l'application
de la
Loi sur la santé publique et lors de la prévention dans les écoles et des
espaces publics pour les règles et consignes, et tout le travail effectué
visant à faire appliquer les règles liées à la COVID-19.
mon nom et en celui des citoyens de la circonscription de René-Lévesque, je
tiens à vous remercier de faire
partie de cette chaîne humaine pour
aider les gens dans le respect des mesures en place, dont notamment celle de
limiter les déplacements non essentiels entre les régions. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Nous poursuivons avec
Mme la députée de Lotbinière‑Frontenac.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je tiens
à rendre hommage posthume à un des grands contributeurs de la vie
culturelle de la MRC des Appalaches, M. Germain Nadeau.
En 1968, à
l'âge 20 ans seulement, il a cofondé la Troupe de théâtre Les Cabotins, à
Thetford Mines. C'est donc toute sa
vie que Germain Nadeau a vouée au théâtre, sa grande passion. D'ailleurs, avec
son talent exceptionnel, son énergie passionnée
et sa créativité, il a su instiguer le goût du théâtre à plusieurs générations
au cours de la cinquantaine d'années qu'il a vouées à la vie culturelle
et théâtrale de sa région.
M. Nadeau
nous a quittés trop tôt, soit le
19 avril 2019, et je crois que le plus grand hommage qu'on puisse lui
offrir, ce sont nos sincères remerciements pour ce grand héritage
culturel qu'il nous a légué.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci. C'est aujourd'hui que commencent les
12 jours d'action contre les violences faites aux femmes, une
campagne qui vise l'élimination des violences systémiques envers les femmes.
Trop souvent,
ça a été le seul moment de l'année où on en parlait, mais cette année on a
abordé plus que jamais l'enjeu des
violences faites aux femmes. Les risques accrus de la violence conjugale dans
le contexte de la pandémie, par
exemple, ont été abondamment nommés, et plus que jamais on a fait
connaître les ressources.
On a aussi
vécu une nouvelle vague de dénonciations d'agressions sexuelles. Plusieurs
hommes ont découvert avec stupeur les
inconduites subies régulièrement par les femmes ou ont pris la mesure de
l'impact très grave de comportements qu'ils jugeaient inoffensifs.
Je tiens aujourd'hui à remercier toutes ces femmes et les alliés qui nous ont permis
d'avancer. C'est grâce à vous si on est rendus là, grâce aux victimes qui
dénoncent courageusement, grâce au travail acharné de militantes depuis des
décennies.
On a franchi
de très grands pas, mais le chemin de l'élimination des violences faites aux
femmes est encore très long, et j'espère que le gouvernement va
continuer d'être à l'écoute pour qu'on accélère le rythme. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup,
M. le Président. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler des Serres urbaines
Notre-Dame, un projet communautaire en
développement au coeur du comté de Chapleau, qui est très important pour moi
et qui permettra la revitalisation du secteur de la rue Notre-Dame.
Les Serres
urbaines Notre-Dame s'affairent à construire un important complexe aquaponique
de près de 20 000 pieds
carrés sur un terrain gracieusement offert par Produits forestiers Résolu, dans
lequel des fruits, des légumes et des poissons seront produits et
transformés. Il s'agit d'un organisme communautaire qui contribuera grandement
à l'autonomie alimentaire et à l'achat local
dans Chapleau, à Gatineau et en Outaouais, puisque ses produits seront en vente
à sa boutique, mais également dans les épiceries locales.
Cette entreprise d'économie sociale permettra
aussi de réduire l'empreinte carbone des produits alimentaires consommés
localement. C'est pour ces raisons que j'ai décidé de m'associer en tant que
président à la toute première campagne
d'émission d'obligations communautaires des Serres urbaines Notre-Dame.
D'ailleurs, je vous invite à y participer.
Finalement,
je tenais à remercier la présidente, Mme Lyne Bouchard, et toute son
équipe pour leur excellent travail auprès de la communauté. Bon succès à
vous!
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Et, comme dernière déclaration, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Thank you, Mr. Speaker. It's with great sadness that I announce the
passing of Antoinette Scarano, two weeks
ago, at the Teresa Dellar Palliative Care Residence, after a fight with cancer.
Antoinette was one of those people you just said, «How do you have so
much time in a day to do all the volunteer work that you do?»
She served our school board
for many years, and her passion was really serving youth at risk. She worked
very hard with the
Chamber of Commerce of the West Island and youth employment services to try to
find opportunities for at-risk youth in the West Island. She was also extremely
passionate with the Light a Dream foundation and so many other causes.
But, most importantly, she was a
really big volunteer for the riding of Jacques-Cartier and she was the true Italian mother that... She made sure all
the volunteers were always happy, had a hot cup of coffee while they were making
calls, muffins abound, but also that...
She was just a friend to many. And I will miss my friend Antoinette, and I know
many other people in the West Island will, too.
Antoinette, and to your family, my condolences, and rest in peace.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Cela met fin à la rubrique
Déclaration de députés.
Je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Président : Mmes et MM. les députés, je vous souhaite un bon
mercredi à toutes et à tous. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
Nous en sommes à la
rubrique Dépôt de documents.
ce moment-ci, je dépose la liste des membres et des présidents et
vice-présidents de la Commission de
l'administration publique et des commissions sectorielles, ainsi que la
liste des présidents de séance. M. le premier vice-président de l'Assemblée
nationale et député des Chutes-de-la-Chaudière.
Vice-Président (M. Picard) : M. le Président, je demande
le consentement de l'Assemblée pour présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée reconduise, pour deux ans, la composition ainsi que le mandat des
présidents et vice‑présidents de la Commission de l'administration
publique et des commissions sectorielles en adoptant la liste des membres et
des présidents et vice-présidents de la Commission de l'administration publique
et des commissions sectorielles déposée précédemment;
«Que l'Assemblée
reconnaisse le mandat des présidents de séance et approuve la liste des
présidents de séance déposée précédemment;
«Que le président de
l'Assemblée puisse déposer immédiatement les rapports visés au deuxième alinéa
de l'article 174 du règlement ainsi que les rapports visés à l'article 4.4
des règles de fonctionnement.»
Le Président :
Merci. Est-ce qu'il y a consentement?
application de l'ordre spécial, je vais vous demander vos votes de vos groupes
respectifs, bien sûr. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président : Je vous
remercie. La motion est donc adoptée.
Et, en
conséquence, je dépose les procès-verbaux des séances de travail des
commissions non suivies d'une séance publique ainsi que les
procès-verbaux des réunions du comité directeur de la Commission de l'Assemblée
nationale.
Je dépose
également le rapport du Commissaire
au développement durable faisant
partie du rapport du Vérificateur
général du Québec à l'Assemblée nationale pour l'année 2020-2021, tome de
novembre 2020.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Nous en sommes à la rubrique Dépôt de pétitions,
et je reconnais Mme la députée de Westmount—Saint‑Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 481 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Attendu que le maire de Montréal est aussi le
maire désigné pour l'arrondissement de Ville-Marie;
«Attendu que, depuis 2009, l'arrondissement de
Ville-Marie est le seul arrondissement de Montréal où les citoyens n'ont pas le
choix d'élire leur propre maire;
«Attendu que
le conseil d'arrondissement de Ville-Marie est composé de
six représentants, dont deux sont nommés par le maire de Montréal;
«Attendu que
la moitié des voix au conseil d'arrondissement de Ville-Marie est donc exprimée
par des représentants qui ne sont pas directement élus par les citoyens
de l'arrondissement;
«Attendu que le maire, compte tenu de l'ampleur
de ses responsabilités envers la ville de Montréal et ses arrondissements, ne peut pas être adéquatement
présent dans l'arrondissement de Ville-Marie pour veiller à son bon
développement;
«Attendu qu'il y a un besoin criant pour une gouvernance
locale, efficace et inclusive dans l'arrondissement de Ville-Marie;
«Attendu que l'arrondissement de Ville-Marie
nécessite un maire à temps plein, choisi par les citoyens de Ville-Marie, qui
sera présent dans l'arrondissement et répondra aux besoins de la communauté;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«De soutenir notre droit à la démocratie locale
et à une représentation égale aux autres résidents de Montréal en leur accordant
le droit d'élire leur propre maire;
«De supprimer
l'alinéa deux de l'article 17 de la Charte de la Ville de Montréal qui stipule que le maire de Montréal est
aussi le maire désigné de l'arrondissement de Ville-Marie.»
Je certifie que cet extrait est conforme de
l'original de la pétition. Merci.
Le Président : Merci. Cet
extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 14 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant l'augmentation exponentielle des
cas de COVID-19 au Québec;
«Considérant que les élèves,
principalement au secondaire, sont des vecteurs importants de transmission du
virus;
«Considérant qu'il
s'avère impossible de s'assurer que les élèves du secondaire respectent, en
tout temps, les mesures sanitaires;
«Considérant que le
port du masque à l'intérieur des classes ne sera pas suffisant pour limiter la
propagation;
«Considérant
que l'éducation à distance, pour une certaine période, devrait permettre
d'assurer la réussite scolaire des jeunes;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons que le ministère de l'Éducation autorise l'enseignement à
distance pour les élèves du
secondaire qui le demandent, particulièrement pour ceux qui reçoivent leur
enseignement dans les établissements situés en zone rouge.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est également déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui. M. le Président, je vous demanderais de me reconnaître sur une
question de directive, avant la période
de questions, juste sur une question qui touche... Et mon intervention sera
brève, mais c'est une question qui touche les fondements de notre façon
de nous gouverner ici, dans cette enceinte.
Hier,
vous l'avez reconnu, M. le Président, la période de questions ne s'est pas
terminée de la façon que quiconque l'aurait
souhaité ici. Il y a eu ce qu'on peut tous qualifier de débordements
malheureux, et je réfère bien évidemment aux propos répétés de la ministre déléguée aux Petites et Moyennes
Entreprises en réponse aux questions tout à fait légitimes de mon collègue de Nelligan. Les propos qu'elle a
répétés, pas une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, M. le Président,
je vais la citer pour emphase, là : «...son
propre parti [...] devrait faire une commission d'enquête, puisque le député de
Nelligan est allé à la radio pour dire aux gens de ne pas tenir les mesures
sanitaires...»
le Président, il n'y a aucun doute dans notre esprit que la ministre a attaqué
la conduite du député, que ses propos étaient contraires à
l'article 35 de notre règlement et que, selon le règlement, elle ne peut
pas agir de la sorte.
Vous
êtes intervenu, M. le Président, à plusieurs reprises pour demander à la
députée, à la ministre de corriger le tir, de s'excuser, même, que c'est... pour utiliser votre propos, pour lui
demander de collaborer, que ses propos commandaient une assise solide, mais jamais, à quatre reprises,
M. le Président, à quatre occasions, la ministre n'a retiré ses propos, jamais
elle n'a présenté d'excuses à mon collègue pour une situation et pour des
propos qui, à nos yeux, sont inadmissibles, inacceptables
dans le cadre de nos débats, ici, parlementaires. C'est vrai que nos débats
sont animés, c'est vrai que parfois on
peut errer, mais, dans la très grande majorité du temps, les gens acceptent
leurs erreurs et acceptent de retirer leurs propos.
Alors,
M. le Président, on ne doit pas accepter, au détriment des droits des députés
dans cette Assemblée, d'ainsi procéder. Alors, puisque le règlement vous
confère, M. le Président, tous les pouvoirs pour en assurer l'application,
c'est‑à-dire de maintenir l'ordre et d'exercer les pouvoirs nécessaires à cette
fin, de faire observer le règlement, d'exercer
tous les autres pouvoirs nécessaires à l'accomplissement de ses fonctions et au
maintien des droits et privilèges de l'Assemblée et de ses membres, M. le
Président, c'est votre prérogative, mais c'est aussi, selon notre estimation,
votre responsabilité, puisqu'il en va de l'autorité de la présidence ici, en
cette Chambre, on doit respecter les principes des règlements qui dictent nos
travaux, et, si vos directives ne sont pas respectées, M. le Président, nos
travaux seront malheureusement désordonnés. C'est vous qui en êtes le gardien,
de cet ordre-là.
Alors,
pour la gouverne, M. le Président, pour la suite des choses, pour que les
prochaines semaines, les prochains mois
se déroulent dans un climat acceptable et que nos travaux se déroulent de façon
respectueuse, il nous apparaît essentiel, M. le Président, d'une part, de
vous rappeler que vous avez toute notre confiance, que vous êtes l'unique
gardien de ce règlement-là. Et, M.
le Président, nous réitérons notre
demande à la ministre déléguée de poser le seul geste honorable, à la suite de toutes les vérifications qu'elle a pu
faire par rapport aux propos du député de Nelligan, bien, de rectifier
ses propos de façon publique ici, à l'Assemblée nationale, et de
laisser entendre très clairement que le
député de Nelligan
n'a jamais tenu des propos tels qu'elle a sous-entendus. Je vous
remercie, M. le Président.
Le Président :
Je reconnais M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
M. le Président. Même si ma formation politique n'a pas été
directement impliquée dans les
débordements que mon collègue de l'opposition officielle vient de raconter,
c'est important pour moi de vous dire quelques mots, puis il y a
essentiellement trois commentaires que je veux vous faire.
Le premier, c'est que, lors de la période de
questions, hier, vous avez rappelé à l'ordre... ou, en tout cas, à la prudence ma collègue cheffe parlementaire de la
deuxième opposition, qui était assise à ce pupitre et qui a tenu des propos
que vous avez jugés
imprudents, vous l'avez appelée à la prudence, et immédiatement ma collègue a
reformulé ses propos pour répondre à votre directive. C'est la chose à
faire quand le président de l'Assemblée nationale nous rappelle à la prudence puis nous rappelle au respect de notre
règlement. Je pense que tous les députés en cette Chambre devraient se
comporter comme ça quand vous émettez une telle directive, un tel conseil,
quand vous lancez une telle invitation.
Hier, lorsque
la ministre déléguée au Développement économique régional s'est fait rappeler à
l'ordre par vous, ce n'est pas ce
qu'elle a fait. Elle a à deux, trois, quatre reprises répété ou, en tout cas,
reformulé de manière insatisfaisante les mêmes propos que vous veniez de
lui reprocher. Ça, M. le Président, c'est un précédent que je souhaite qu'il ne
se reproduise pas, parce qu'à l'Assemblée nationale, comme dans une
partie de
hockey, il y a un arbitre. On a le droit d'être
en désaccord avec la décision de l'arbitre par moments. Ça m'arrive, comme
leader, d'être en désaccord avec une décision
que vous prenez, je vous le dis. Si vous maintenez votre décision, elle est
exécutoire, elle est sans appel, et vous restez l'arbitre, il faut
respecter vos décisions. Et moi, je vous invite à prendre les moyens pour que,
du côté des ministres, du côté du leader du
gouvernement, vos directives, elles soient respectées, parce que, qu'on soit
d'accord ou pas, elles ne sont pas
optionnelles, vos directives, elles doivent être respectées. Et on ne peut pas
créer des précédents ici où, parce
que ça ne fait pas notre affaire, on décide à deux, trois, quatre reprises de
ne pas suivre vos indications. Moi, quand on se parle en caucus, à Québec solidaire, c'est quelque chose qu'on se
rappelle : Des fois, le président, il va prendre des décisions que peut-être on n'aimera pas, ce n'est
pas grave, il faut les respecter quand même. Je vous invite à lancer cette
invitation-là également au gouvernement.
Puis, troisième commentaire, en terminant, on
est au milieu d'une crise sanitaire gravissime, et je pense qu'on devrait tous et toutes ici tracer une ligne rouge,
et cette ligne-là, ça devrait être de ne jamais impliquer que l'un ou l'autre
des partis représentés ici, que l'un ou
l'autre des parlementaires a comme intention de nuire à notre lutte collective
contre la COVID-19. Ça, ça devrait
être une règle morale qu'on se donne ici, de ne jamais sous-entendre qu'il y a
un député qui veut battre la pandémie
plus que l'autre. On débat ici des moyens à prendre pour lutter contre la
pandémie, mais jamais on ne devrait sous-entendre qu'on a un désaccord
sur l'objectif, c'est de sortir le Québec de cette crise historique. Merci.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Caire :
Merci, M. le Président. J'ai bien écouté mes collègues et je dois vous dire que
je suis un peu interloqué, ce matin. Puis j'ai écouté, hier, la période
de questions avec beaucoup d'attention. Vous avez, comme vous le faites à
l'habitude, dirigé les travaux avec le doigté qu'on vous connaît. Ma collègue
la ministre déléguée au Développement économique
a eu une intervention sur la base d'une entrevue qui a été donnée par mon
collègue de Nelligan, et il y a une jurisprudence
abondante, à l'Assemblée nationale, sur le droit des parlementaires de
commenter et d'avoir des opinions, avec lesquelles on peut être en
désaccord ou non, mais c'est ce que ma collègue a fait. Sur la base de ce
qu'elle a entendu, elle a commenté et elle a
émis une opinion, comme on le fait ici, M. le Président, depuis des décennies,
depuis des décennies. Alors, M. le
Président, je pense que votre intervention était la bonne et les suites que
vous avez données étaient les bonnes.
Ceci étant
dit, M. le Président, ceci étant dit, le règlement est très clair. Si le
collègue de Nelligan pense que ses droits
et ses privilèges ont été violés, il y a une procédure qui existe, qui est très
claire. Et je vous annonce d'emblée que nous allons plaider très fort sur le fait qu'en aucun temps ces droits
et ces privilèges n'ont été violés par les actions de ma collègue, et il
y aura, là-dessus aussi une jurisprudence très abondante.
Sinon, M. le
Président, il y a un autre
article qui existe dans le règlement, qui est
l'article 71, sur un fait personnel, qui permet au député de Nelligan de prendre la parole et de corriger les
propos qui auront été tenus par un autre parlementaire parce qu'il juge
que ces propos-là ne reflètent pas ce qu'il a dit.
Donc, le
règlement, il est très clair. La façon de faire, elle est très claire. M. le
Président, je ne comprends absolument pas l'intervention du leader de
l'opposition de ce matin.
Président : D'abord, je
vais vous dire que... M. Ouellet... Je m'excuse, monsieur, je vous ai
appelé par votre nom au surplus. Merci. Alors, première problématique.
M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui. Très court, M.
le Président. Je veux juste rappeler en cette Chambre que, comme leaders parlementaires, nous avons à coordonner nos équipes, à les mettre sur la glace, à
donner quelques mises en échec, mais le grand maître de cette joute,
c'est vous. Donc, je veux juste rappeler à tous les collègues ici, à l'Assemblée
nationale : quand le président demande quelque chose, exige quelque chose,
ce n'est pas le leader qu'il faut écouter, c'est vous, M. le Président. Et ça, je
pense que c'est nécessaire de le rappeler. Dans la joute, il y a
des indications, de notre côté, mais il
y a surtout une directive et une
direction offertes par votre présidence. Et je m'attends que tous les parlementaires... lorsque le président se lève, les parlementaires s'assoient, et, lorsque le président dirige, bien, les parlementaires se taisent. Merci.
Président : Merci. D'abord,
je vous dirai qu'évidemment le rôle du président sera toujours
de défendre le rôle et le travail de l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale, de l'ensemble des députés. Je vous entends très
clairement. Lorsque des propos remettent en question
la légitimité du comportement d'un député, que ces propos sont jugés blessants
ou offensants, j'ai le devoir d'intervenir,
j'ai le devoir d'intervenir et de faire respecter nos règles, celles que vous
connaissez aussi maintenant.
Le président sera toujours là, donc, pour prendre parti, pour faire en sorte que des choses semblables ne se produisent pas. Il en va du bon
fonctionnement, également, de nos travaux.
Je le dis
souvent, je le dis très fréquemment, le respect mutuel est essentiel à la bonne
marche du salon bleu. Les députés doivent donc se porter un respect
mutuel. C'est le fondement même de notre travail.
J'ai le rôle
de faire respecter le règlement. J'ai le sentiment qu'un rappel des principes
s'impose pour le bien de nos travaux et le suivi de nos travaux. Fondamentalement, c'est mon désir le plus cher. Alors, dites-vous que je serai toujours là pour intervenir. Je comprends
bien vos arguments, je comprends bien votre vision. Je partage cette volonté,
et j'espère qu'on la comprend tous, de faire en sorte que pareille situation ne
se produise pas. C'est vrai pour tous. Je continuerai à le faire.
Et je rappelle qu'il est inadmissible de tenir
des propos qui remettent en question la légitimité du travail d'un député dans
son rôle. Et, lorsque les propos sont jugés dérangeants et blessants, vous me
verrez toujours intervenir.
Mais là, au terme de l'exercice, j'ose espérer
que le respect mutuel fera en sorte qu'on acquiesce à la vision qu'exprimera la présidence. On a trois semaines,
on a trois semaines encore de travaux. En fait, il en restera deux par la
suite. D'ici là, on a des débats importants,
et je pense qu'on est capables de les tenir sans aller dans ce genre d'échange,
qui, à mon avis, ne reflète pas ce
que l'on souhaite tous vouloir tenir et comme propos et comme travail ici, au
salon bleu, au nom et pour les Québécoises et les Québécois.
Alors, je
vais demander de ne plus aller dans ce sens-là. Je vous rappelle le désir
profond que j'ai d'être là pour chacun d'entre vous, mais, dans des
circonstances comme celles-là, je ne peux permettre que des propos comme ceux‑ci
soient tenus. Je pense que, pour l'instant,
ça résume bien ma volonté, ça résume bien la collaboration que je vous demande
à toutes et à tous. Je pense qu'on va être
en mesure de pouvoir poursuivre mais avec cette toile de fond et cette volonté
que j'exprime et que je vous demande
également de respecter partout dans le salon bleu. Mais sachez que je demeure
là pour défendre et votre travail et votre rôle.
Et, sur ce, je débute la période de questions et
je donne la parole à Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci, M.
le Président. Hier, je questionnais
le premier ministre à savoir s'il y avait des mesures pour freiner la propagation du virus dans le cadre
de son contrat moral, mais aucune réponse n'a été formulée. Pendant ce temps, son ami Doug Ford annonçait le déploiement
de 1,3 million de tests rapides. Où ça? Dans les hôpitaux,
en zone rurale, dans les foyers de
soins de longue durée et dans d'autres lieux de travail. Cette stratégie de
dépistage en Ontario va les aider, évidemment, à éclairer les décisions qui s'en viennent pour
la suite. Qu'en est-il au Québec? Des centaines de milliers de tests
rapides encore parqués quelque part, non utilisés.
Le contrat
moral du premier ministre semble de plus en plus confus, et de plus en plus
on voit des petits caractères apparaître
en bas de page. Comment le gouvernement va s'assurer que nos aînés vont véritablement
retourner dans leurs résidences en toute sécurité? Est-ce que les tests
qui seront offerts seront également offerts aux personnes qui sont asymptomatiques? Je le répète, le Dr Fauci
disait qu'il fallait tester et continuer à tester, même les personnes
asymptomatiques.
Le point de
presse du premier ministre hier, plutôt que d'éclaircir la situation,
a ajouté une grande dose de confusion.
M. le Président, quel est le plan du gouvernement pour faire respecter son contrat moral, mais
surtout est-ce que ce contrat moral tient toujours la route?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Bien, le contrat moral qu'on a proposé
aux Québécois dernièrement et, donc, qu'on a
réitéré depuis, c'est le contrat... on l'a dit et on l'a répété, on a proposé
aux Québécois une fenêtre
d'opportunité pour pouvoir revoir des gens de leur entourage, que ce soient des
membres de leurs familles ou des membres de leur entourage plus élargi,
amis ou autres.
M. le
Président, on l'avait dit à plusieurs
reprises auparavant, les Québécois, ça va faire, à Noël, 10 mois qu'ils vont
avoir fait des efforts pour la pandémie, qu'ils vont s'être limités dans leurs
contacts, qu'ils vont s'être contraints de toutes les manières
possibles, et on s'était engagés à leur offrir cet espoir concret, balisé,
précisé et prudent, mais cet espoir auquel
ils peuvent se raccrocher, désormais, de pouvoir revoir des membres de leurs
familles de manière, encore une fois, balisée, contrôlée et prudente.
On a offert
quatre dates. On a amené des précisions à l'effet que, oui, il y a
quatre dates, mais on souhaite qu'on profite de deux de ces quatre journées-là. Et ce qu'on a fait hier, M. le Président, c'est apporter des précisions au contrat moral, qui, par ailleurs, est toujours
valide, et je pense que la cheffe de l'opposition
officielle devrait saluer les efforts
de précision et de clarté qu'on amène à ce contrat moral.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Je pense que les Québécois, aujourd'hui, ils ne trouvent rien de clair dans ce qui a été soi‑disant balisé,
précisé et prudent, plutôt tout l'inverse, M. le Président. On parlait de
quatre rassemblements, la semaine dernière. Hier, en point de presse, le premier
ministre a dit : Ah! ce serait
plutôt deux rassemblements que je recommanderais. Ah! mais le Dr Arruda, lui, a dit : Ah! ce
serait finalement un rassemblement. Alors, en termes de précision, je pense
qu'il faudrait revenir sur la table à dessin.
M. le Président, à défaut d'avoir un plan clair, est-ce que, oui ou non, on va
tester les personnes asymptomatiques au Québec?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. M.
le Président, on a déjà une capacité
de tester qui est beaucoup, beaucoup plus grande qu'à la première vague. Le Parti libéral en conviendra, on teste déjà énormément. Les tests de dépistage rapide
font l'objet de projets pilotes, actuellement, dans deux hôpitaux,
à Maisonneuve-Rosemont et à Saint-Eustache. Et donc on teste déjà énormément, M.
le Président.
l'opportunité de tester des gens asymptomatiques, on a été très
clairs sur le fait que l'avis de nos experts de Santé publique, c'est de ne pas tester les gens asymptomatiques, pour
deux raisons : d'une part, ça prive les gens qui ont de réels fondements de vouloir être testés, c'est-à-dire symptômes ou contact direct avec des gens infectés, d'avoir la priorité
dans les tests, et, d'autre part, ça offre un faux sentiment de sécurité.
Donc, notre stratégie
de dépistage est déjà très efficace, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : On avait déjà entendu ce type de réponse lorsqu'il
s'agissait des masques, M. le
Président. Là, on est rendus dans les tests asymptomatiques. Je
vais citer le Dr Fauci, le 20 novembre dernier : «Nous devons être en mesure de tester largement dans la communauté les
propagateurs asymptomatiques de l'infection. Si vous ne testez que les personnes
symptomatiques, vous allez manquer un très large contingent de la propagation
de l'infection dans la communauté.»
Est-ce que, oui ou
non, la vice-première ministre est d'accord avec les propos tenus par le Dr
Fauci?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. M.
le Président, effectivement, c'est important, la capacité de tester. La cheffe de l'opposition officielle
donne l'exemple des masques, et j'ai souvent dit ici que le matériel est un autre bon exemple
de progrès substantiels depuis la
première vague. On a eu un facteur limitant au niveau du matériel dans la première vague. Maintenant, on n'en
a plus, on en a en quantité suffisante. On
testait moins lors de la première vague, on teste énormément durant la deuxième
vague. Donc, M. le Président, on est déjà en mesure de tester énormément.
l'idée, avec le plan Noël, et je le répète, c'est d'offrir un espoir aux Québécois
auquel ils pourront se raccrocher. J'espère
que la cheffe de l'opposition
officielle convient du fait que les Québécois
méritent de pouvoir se raccrocher à un certain
espoir et qu'elle reconnaît avec nous que les Québécois ont été extrêmement collaborateurs et extrêmement mobilisés dans cette deuxième vague.
Le Président :
Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le
Président, il n'y a
pas eu de réponse à ma question. Il y a un contrat moral qui change de jour en
jour. Il y a de la confusion et de l'incohérence. Il y a des insatisfaits,
aussi, qui augmentent.
question était très simple : Est-ce que,
oui ou non, la vice-première ministre du Québec est d'accord avec les
propos tenus par le Dr Fauci qu'il nous faut tester les personnes
asymptomatiques?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. M.
le Président, j'ai déjà
répondu sur le fait qu'on teste énormément et qu'il est dans notre avis, l'avis de la
Santé publique, qu'on ne doit pas tester les personnes asymptomatiques, pour
deux raisons que j'ai spécifiquement précisées tout à l'heure : faux sentiment de sécurité et priorité aux asymptomatiques plutôt qu'aux
personnes qui ont un réel fondement de vouloir être testées.
Mais
est-ce que la cheffe de l'opposition est d'accord sur le fait que, les Québécois,
ça va faire 10 mois qu'ils font des efforts, qu'ils sont
découragés, qu'ils ont besoin d'un plan clair, d'un espoir clair auquel se
raccrocher, sur lequel il faut être précis,
il faut être prudents? On amène des précisions au contrat moral, mais il reste
que, M. le Président, dans le
respect de tout le monde, l'idée, c'est de minimiser les contacts au maximum.
Personne n'est obligé de se rassembler, et, si on le fait, on le fait de
manière limitée et prudente.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : M. le
Président, avec le plan qui a été
présenté par le gouvernement, il y a plusieurs catégories de Québécois
qui ne pourront pas fêter Noël et voir leurs familles parce qu'il leur est impossible
professionnellement de respecter la
période de quarantaine qui est imposée avant le 24 décembre. Pensons
notamment aux travailleurs de la santé.
Puis permettez-moi de
vous lire un message que j'ai reçu hier, un parmi plusieurs, mais qui illustre
bien la situation : «Je me nomme
Isabelle, je suis infirmière aux soins intensifs et j'ai travaillé dur depuis
mars pour vaincre cette pandémie.
Nous, les professionnels de la santé, ceux qu'on a si longtemps appelés les
anges gardiens, on est épuisés. Nous sommes
en état d'alerte depuis mars et nous avons, nous aussi, besoin d'un temps pour
prendre une pause et voir nos proches. Or,
le contrat du gouvernement ne nous inclut pas. Il n'y a aucune reconnaissance
pour les professionnels de la santé, qui se donnent corps et âme depuis mars pour faire face à cette pandémie.
Nous sommes des humains, nous avons, nous aussi, besoin d'une pause.»
le Président, est-ce que le gouvernement peut confirmer qu'avec son plan des
dizaines de milliers de travailleurs de
la santé sont exclus de son contrat moral et ne pourront pas célébrer Noël?
Ont-ils droit, eux aussi, à l'espoir auquel fait référence la
vice-première ministre?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. Je remercie la députée de Maurice-Richard, là, de son empathie face à nos employés du réseau de la santé. Comme
vous pouvez l'imaginer, j'ai moi-même plusieurs amis et même des membres
de ma famille qui sont affectés par ces
décisions-là. Je tiens à remercier tous les employés du réseau de la santé, qui
font un travail incroyable depuis maintenant neuf mois pour soutenir le réseau et pour s'assurer que les choses vont
bien dans notre réseau de la santé.
Maintenant,
ce que la Santé publique nous a accordé, ce n'est pas négociable, et ce
n'est pas négociable parce que
ça peut être dangereux pour la population.
Vous le savez, déjà, en janvier, nos hôpitaux sont dans des états
critiques, en général.
On ne peut pas se permettre de réaugmenter le nombre d'admissions pendant la
période des fêtes. Puis la
partie qui
est importante, dans le plan gouvernemental que le premier ministre a énoncé, c'est vraiment ce sept jours de confinement avant et
après. C'est comme ça qu'on va s'assurer de limiter les infections pendant les
quatre jours où il va y avoir des célébrations.
Donc, il faut
vraiment se tenir au plan, il faut continuer comme ça. Je sais que la situation
est difficile pour nos employés du réseau de la santé. J'y ai moi-même fait partie. On fait des sacrifices, on fait des
sacrifices pour la population, pour toutes les Québécoises et les Québécois,
pour les garder en santé.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Les étudiants aussi en ont fait, des sacrifices.
Les étudiants aussi, là, en ce moment, là, ils souffrent puis ils aimeraient ça avoir de l'espoir. Mais, dans le calendrier, là,
qui nous a été présenté, il n'y a personne qui a attaché quoi que ce soit
avec le réseau universitaire et collégial.
Alors,
comment se fait-il qu'il y a des examens le 17, le 18 et le 19 décembre,
à quatre jours avant Noël? Est-ce
le gouvernement peut nous confirmer, là, que, finalement,
des milliers d'étudiants, collégial et universitaire, ne pourront pas célébrer Noël?
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Oui, M.
le Président. Merci pour la question.
Effectivement, les 17, 18, 19, il pourrait y avoir des examens. On travaille actuellement avec les établissements du réseau
de l'enseignement supérieur pour minimiser, évidemment, la tenue des examens en présence, mais, dans
certaines disciplines, ça va être difficile, comme par exemple la médecine,
comme par exemple le génie.
Alors,
on est actuellement en discussion avec les établissements, M. le Président,
puis on va vraiment tenter de minimiser
le nombre d'examens à distance... en présence, pardon, qui vont se tenir. Il
faut dire, M. le Président, que les établissements
d'enseignement supérieur, les universités et les cégeps, ont fait d'énormes
efforts, justement, pour accommoder les étudiants le plus possible.
Donc, on va continuer ces efforts pour la période dont il est question.
Le Président :
M. le député de Jacques-Cartier, pour la deuxième complémentaire.
M. Kelley :
Les élections scolaires sont le 20 décembre. Christmas
with the family or vote. But I'll give you my
opinion, Mr. Speaker. The intention of this Government is much more sinister.
They don't want the community to vote. They
want to suppress our voice. This Government wants to make sure these elections
don't work so they can prove their court case against the community.
Alors, est-ce que le gouvernement peut confirmer que son intention,
c'est que tous les anglophones qui votent ne peuvent pas célébrer la
Noël?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Oui, merci, M. le Président. Bien, en fait, concernant les élections scolaires,
la plupart, en fait, plus de 85 % des
postes ont été pourvus par acclamation. Donc, évidemment, on est encore en
train de faire des aménagements pour s'assurer que tous puissent tenir
les élections dans les meilleures conditions possible.
Le Président :
Question principale...
Le Président :
S'il vous plaît! Question principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui. M. le Président, le gouvernement fermera les écoles primaires et
secondaires à partir du 17 décembre jusqu'en janvier, mais il exigera que
les services de garde demeurent ouverts. Un enfant qui fréquente la maternelle quatre ans n'aura plus d'école à partir
du 17 décembre, mais un enfant qui est en CPE, par exemple, lui, il
continuera d'aller dans son service de garde jusqu'à la veille de Noël.
Il pourra même y aller entre Noël et le jour de l'An.
mars dernier, les services de garde pour les 300 000 enfants et les
dizaines de milliers d'éducatrices ont fermé, tout comme les écoles, et ce n'était pas négociable, en mars. Mais là
c'est négociable, en décembre, contrairement à ce que vient d'affirmer le ministre délégué à la
Santé. M. le Président c'est incohérent de maintenir les services de garde
ouverts et de fermer les écoles.
Comment,
d'une part, le gouvernement peut-il expliquer cette incohérence? Et, ce
faisant, le gouvernement peut-il
confirmer son intention que des dizaines de milliers d'éducatrices ne puissent
pas fêter Noël avec leurs proches?
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Le Président :
S'il vous plaît! La parole n'appartient qu'à la ministre.
Mme McCann :
Oui, M. le Président. Bien, écoutez, M. le Président, moi, je suis heureuse de
répondre, là, pour mon collègue le ministre de la Famille là-dessus.
On ne ménage pas nos efforts,
évidemment, pour soutenir les gens qui travaillent dans les services de garde
puis on comprend qu'il y a des sacrifices à faire, là, au niveau de la
période des fêtes cette année. Évidemment, tout le support nécessaire va être donné, là, aux services de
garde, mais effectivement on a besoin qu'un minimum reste ouvert, là, pour
certains parents qui en ont besoin.
Alors,
mon collègue ministre de la Famille travaille avec les services de garde. Il y
a effectivement cette période où on
doit respecter les consignes de la Santé publique mais aussi faire certains
aménagements pour vraiment respecter les mesures sanitaires, mais aussi permettre à des travailleurs essentiels
d'aller au travail. Alors, M. le Président, mon collègue ministre de la
Famille y travaille très fortement actuellement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
M. le Président, encore une fois, on voit l'injustice et l'incohérence de ce
gouvernement, avec des mesures à la
pièce. Après plusieurs mois à perdre des revenus, plusieurs commerces espèrent
pouvoir enfin atteindre la rentabilité. Ça veut dire aussi que plusieurs
d'entre eux devront travailler jusqu'au 24 décembre.
le Président, est-ce que le gouvernement peut confirmer que son intention,
c'est que tous ces entrepreneurs, ces commerçants, ces travailleurs ne
puissent pas célébrer Noël?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : Écoutez... Bonjour, M. le Président. Écoutez, je
veux parler en termes d'assistance, évidemment, pour les commerçants, les heures d'ouverture ont été élargies, on essaie
de pouvoir permettre aux consommateurs
d'avoir accès à un achat local, mais
on va compenser avec les heures d'ouverture puis on va compenser aussi avec des
programmes pour aider à couvrir les frais fixes.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui. M. le Président, hier, le premier ministre lui-même a donné une
directive très claire aux Québécois : Si vous ne pouvez pas vous isoler à partir du 17 décembre, évitez
les fêtes de famille à Noël. Mais, M. le Président, c'est le gouvernement lui-même qui place des gens dans
une situation où ils vont devoir sortir. Les éducatrices en service de
garde vont devoir travailler. Les entrepreneurs et leurs employés vont devoir
se présenter au travail. La communauté anglophone est appelée à voter. Les
étudiants ont des examens en personne.
Est-ce que c'est bien
l'intention du gouvernement de dire à tous ces gens-là, à leurs conjoints, à
leurs enfants, qu'ils ne pourront pas célébrer Noël?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Bien, M.
le Président, depuis le début de la
pandémie, c'est la santé publique qui prime, donc c'est la protection de
la santé de tous nos citoyens. Pendant la période des fêtes, on va être exposés,
avec nos parents, nos grands-parents. C'est
leur santé qui prime. Il faut éviter de les infecter et qu'une catastrophe
arrive. Donc, c'est superimportant de maintenir l'isolement volontaire
et aussi, je tiens à le rappeler à tout le monde, les trois principes de
base : l'isolation physique, le masque
et surtout se laver les mains régulièrement.
C'est important, je le répète à tous les Québécois, on compte sur eux.
Ça va être une période charnière, la période de Noël. Il faut passer à travers.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, ça fait des semaines que je soulève les
problèmes liés aux programmes d'aide aux PME ici, en Chambre, et dans
les médias, des problèmes, je rappelle, qui sont soulevés par les entrepreneurs
eux-mêmes. Hier, il fallait juste ouvrir la
télévision pour voir et entendre le cri du coeur des restaurateurs du Québec
sur tous les canaux de diffusion.
Pourtant, tant les réponses du ministre que du premier ministre continuent
d'être insensibles à leur sort. On ne
sait plus sur quel ton le demander. Les programmes d'aide doivent être
complètement revus pour faciliter la gestion des entrepreneurs, qui
n'est vraiment pas facile en ce moment.
J'ai
fait des suggestions constructives à maintes reprises : alléger les
formulaires, assouplir les critères, élargir l'aide aux entreprises en
zone orange et jaune, enlever les cautions personnelles.
Quand le ministre de l'Économie va répondre
positivement aux demandes des entrepreneurs?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, je profite de l'occasion pour réitérer notre désir le plus
cher d'aider nos entrepreneurs durant
la période difficile. Nous avons décidé de se servir des FLI des MRC parce
qu'ils ont proximité avec les commerçants dans le programme d'AERAM. J'ai mentionné aussi qu'il y a eu au début
des ratés, il faut l'avouer, mais aujourd'hui force est d'admettre que le rythme auquel les dossiers
sont approuvés et les chèques sont faits a augmenté de façon significative.
Ce matin, d'ailleurs, la ville de Montréal
vient d'annoncer que nous avons donné 10 millions de plus et qu'ils sont
capables de commencer à faire des
chèques dans les prochains jours. Le temps de réponse, maintenant, à la ville
de Montréal et la ville de Québec, est d'une semaine, quand la demande
est reçue, et le paiement peut être fait.
Alors,
je pense que le programme qu'on a mis en place avec les MRC et les FLI est la
meilleure façon de pouvoir aider nos entreprises qui sont présentement
en alerte rouge.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, avec les propos tenus par le premier
ministre hier, j'en comprends que
la CAQ blâme les entrepreneurs pour leurs propres malheurs. Le premier ministre affirme que
les propriétaires refusent de fournir des documents pour toucher l'aide.
question serait donc la suivante : Depuis quand cet amour soudain de la
CAQ pour plus de bureaucratie et plus de paperasse?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le
Président, il est clair que nous
avons décidé que l'aide directe, les subventions, passerait par une procédure de prêt pardon,
et il faut comprendre que 80 % du prêt va être pardonnable sur
justificatif.
formulaire auquel la députée réfère, je l'ai devant moi, ici, il a cinq pages,
et on demande tout simplement au commerçant de fournir ses états
financiers maison, on demande de fournir une copie du bail, montrer les
dépenses. Alors, le formulaire est relativement simple à remplir. D'ailleurs,
on a permis, même, aux MRC d'avoir 3 % de leur allocation de fonds d'aide
en ressources externes pour aider les entrepreneurs à pouvoir remplir les
formules.
Donc, je pense que la
procédure pour utiliser le prêt est très saine et je pense que c'est une
rigueur importante pour...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, le ministre parle d'un seul formulaire.
Chaque MRC a sa façon de fonctionner,
présentement, et ses propres formulaires, et ses propres garanties qui sont demandées
aux propriétaires. Je demande au
ministre de l'Économie, là, de lâcher un peu LinkedIn puis les réseaux sociaux
puis se concentrer sur la survie de nos PME. C'est ça, la priorité.
sait que le ministre a toujours du temps pour appeler les P.D.G. des grandes
entreprises. Peut-il consacrer la même énergie pour nos entreprises en
difficulté?
Le Président :
Et je vais vous rappeler de faire attention dans vos propos. On a eu une
discussion au début avec ça. Alors, soyons tous prudents, je le demande, votre
collaboration. M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, premièrement, j'aimerais juste remettre à l'heure les faits. Il
y a seulement un formulaire, maintenant, qui est requis, qui a cinq
pages, qui est très simple.
Deuxièmement,
le gouvernement de la CAQ, c'est le gouvernement des PME, contrairement à ce
qu'on a vécu depuis plusieurs années. Pourquoi? Nous avons utilisé les
MRC et les FLI, les fonds locaux d'investissement, le programme PAUPME, accès entreprise Montréal. Nous sommes le
gouvernement des PME. Et je peux assurer toutes les PME que le programme qui a été mis en place, il est
disponible. D'ailleurs, nous sommes la seule province canadienne qui, à ce jour,
a pu prêter
1,1 milliard, donc 5 000 entreprises, PME, qui ont reçu
140 millions de dollars de liquidités, nous sommes la seule
province au Canada qui a pu faire ça.
Le Président :
En principale, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
M. le Président, 2020, ça n'a pas été une année facile pour personne, hein? Les
Québécois, les Québécoises l'ont eue dure. Je pense que c'est pour ça
que beaucoup de gens au Québec ont hâte à la fenêtre de quatre jours où ils vont pouvoir retrouver leur famille, vont pouvoir
passer un peu de temps enfin avec les gens qu'ils aiment.
Sauf que ce
n'est pas tout le monde qui va pouvoir fêter Noël cette année. La réalité des
infirmières, des préposés mais aussi
des policiers et de bien des travailleurs, travailleuses essentiels, au Québec,
cette réalité-là, elle ne marche pas dans
le plan de match, dans le contrat moral du gouvernement, parce que, sur le
terrain, comment ça marche, bien, souvent, ces gens-là, on leur demande
de travailler soit le 25 décembre soit le jour de l'An.
Alors, le
gouvernement voulait sauver Noël. On est d'accord. Sauf que, là, son contrat
moral oublie les gens qui ont le plus besoin d'un peu de réconfort
durant le temps des fêtes.
Ce matin, je lance un appel à la compassion.
Est-ce que la CAQ va faire un pas, au moins, vers ces gens-là? Est-ce que la vice-première ministre, au nom de
son gouvernement, peut s'engager à au moins rencontrer les représentants
des travailleurs, travailleuses essentiels pour trouver une solution pour
qu'ils puissent, eux et elles aussi, fêter Noël?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui, merci, M. le Président. Bien, je salue toute
la sensibilité du député de Gouin, du leader du deuxième groupe... deuxième ou... excusez, deuxième groupe d'opposition,
que je partage, parce qu'effectivement, effectivement, il a fallu faire
des choix difficiles, là, comme depuis neuf mois, d'ailleurs, dans le cadre de
cette pandémie. Et je suis aussi ministre de
la Sécurité publique, donc j'ai beaucoup de ces travailleurs au sein de mon
ministère, en affaires policières, en
sécurité civile, etc., et donc... Mais il a fallu faire des choix, M. le
Président. On a cette fenêtre de quatre
jours à l'intérieur de laquelle nous espérons que la majorité des familles vont
pouvoir se trouver une façon d'arranger leurs événements et leurs rassemblements, aussi modestes soient-ils,
encore une fois, à l'intérieur de ces quatre journées. On fait appel à la flexibilité des employeurs
nous-mêmes, chez nous, comme employeur, au ministère, et autres endroits quand
c'est possible, bien sûr. Quand on parle de
services d'urgence, de services de réseau de la santé, d'ambulanciers, etc., il
faut que les services soient assurés,
on ne doit pas avoir de rupture de services nulle part sur le territoire, mais
on fait appel à toute la flexibilité
possible de la part des employeurs concernés et on espère que la majorité des
gens pourront se gouverner à l'intérieur de cette fenêtre.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader du deuxième groupe.
M. Nadeau-Dubois :
Je veux être très clair, M. le Président : Il n'y a personne ici, surtout
pas moi, qui dit que c'est simple, il n'y a personne qui nie que c'est
un casse-tête. Sauf que la première pièce du casse-tête qu'il faudrait placer, c'est celle des travailleurs, travailleuses
essentiels. Pourquoi? Parce que ces gens-là, et les ministres devant moi le
savent très bien, ça a été les gens
qui ont été au front, ils ont travaillé, ils ont fait plus de sacrifices que
bien d'autre monde au Québec, y compris nous, les députés et les
politiciens. Ces gens-là ont risqué leur vie.
Est-ce que la ministre peut au moins s'engager à
s'asseoir avec leurs représentants pour trouver une solution?
Le Président : Mme la
vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui, M. le Président. Bien, comme je l'ai
expliqué, on a dû faire certains choix. Et, quand je dis «on», évidemment, je parle de la Santé publique,
parce que nos décisions sont continuellement basées sur les recommandations
de la Santé publique. Plusieurs scénarios ont été évalués, et celui qui a été
retenu, c'est celui-là. On offre néanmoins une fenêtre de quatre jours, ce qui va permettre, oui, aux travailleurs essentiels mais à tous ceux qui ont d'autres enjeux familiaux,
des gardes partagées, etc., de pouvoir se gouverner à l'intérieur d'une fenêtre
d'opportunité de quatre jours, en accord avec
les recommandations de la Santé publique. Il faut toujours
soupeser la balance des inconvénients, on en parle souvent. Et le fruit de cette équation, c'est ce qu'on a
proposé aux Québécois, le contrat moral du 24 au 27 décembre
inclusivement...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault : ...avec des rassemblements
limités et prudents.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Je vais donner un exemple, un exemple vécu. Je
vais vous parle d'Émilie, qui est une éducatrice spécialisée en centre
jeunesse. Elle s'occupe des enfants vulnérables à longueur de journée, elle
donne son 200 % depuis des mois.
Hier, hier, elle a travaillé de 7 h 30 le matin à 23 heures le
soir. En ce moment, elle est à l'horaire, Émilie, le 25 décembre prochain. Ça veut dire que, selon
le contrat moral actuel, cette jeune femme là ne pourra pas voir ses proches,
ne pourra pas voir sa famille.
travailleurs, travailleuses essentiels, ils n'ont pas besoin de mercis puis de
tapes dans le dos, ils ont besoin d'une solution. Est-ce que le
gouvernement est prêt à s'asseoir pour au moins essayer d'en trouver une?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : M. le Président, je veux assurer le leader du
deuxième groupe d'opposition qu'on est en continuelle réflexion et en
continuelle évaluation des avantages et des inconvénients des scénarios
auxquels on est continuellement confrontés, dans les décisions qu'on doit
prendre, depuis neuf mois. Et, les scénarios qui ont été étudiés pour Noël, il y en a plusieurs qui ont été étudiés. On doit
tenir compte, oui, du besoin normal de la population d'avoir un espoir auquel
se raccrocher, dont j'ai parlé tout à
l'heure, mais aussi des effets malheureusement négatifs que ça pourrait avoir
sur la situation épidémiologique. On
doit soupeser tout ça, entre autres, pour le bien des travailleurs de la santé.
Je pense qu'il n'y a personne ici qui
veut avoir une troisième vague ardente et pénible, après Noël, que les mêmes
travailleurs de la santé vont devoir porter à bout de bras. Donc, c'est
l'équilibre qu'on a trouvé, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, depuis huit mois, on demande au gouvernement de mettre en
place des mesures d'aide directe pour accompagner les petites et
moyennes entreprises. Lors de l'arrivée de la deuxième vague, le premier ministre nous a dit : Ah! on a un plan, on
est prêts. Mais ce que l'on a constaté, c'est qu'au moment où on devait aider
les entreprises le ministre de l'Économie s'est levé en cette Chambre
puis a dit : Bien, écoutez, ça fait deux jours que je travaille sur un plan, puis on va soutenir nos
entreprises de cette manière-là. Deux jours, M. le Président, alors
qu'il aurait pu travailler pendant tout l'été pour s'assurer d'être prêt
pour nos entrepreneurs qui ont besoin d'aide.
ministre se veut rassurant, mais il ne rassure personne. On n'a qu'à regarder
les médias sociaux du ministre pour s'en
rendre compte, il ne rassure absolument personne. Alors, au lieu de mettre des
programmes en place, au lieu d'essayer d'accompagner nos entreprises, les
gestes n'ont pas été posés. Et ce n'est plus le temps, M. le Président, de
manquer d'empathie. Les programmes sont vides, les entrepreneurs sont
anxieux, les appels ne cessent de se multiplier.
Que va faire le très
bienveillant ministre de l'Économie?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, merci pour la question. Ça me permet de réaffirmer ce que nous avons fait depuis un
bout de temps.
Encore une fois, de toutes les provinces canadiennes, nous sommes la seule province qui a réussi à
mettre autant de liquidités dans les entreprises aujourd'hui. J'ai dit
tantôt que nous avons, à ce jour, plus de 900 entreprises qui ont eu 940 millions
de dollars d'assistance, on a eu 4 000 PME qui ont reçu 136 millions
de dollars de liquidités. Nous avons mis, avec le tourisme, un programme de
pardon de prêt pour l'industrie hôtelière et touristique. Nous avons mis un
programme de remboursement de frais
fixes, et, encore une fois, je pense que c'est un programme qui est très percutant, qui est très
costaud, qui va coûter des centaines de millions de dollars.
rappellerais aussi à la chef du Parti
libéral que, dans l'aide au loyer
fédérale, nous sommes la seule province qui a accordé un montant aux
propriétaires immobiliers, on a 200 millions de dollars qui a été dépensé à
ce jour, on est la seule province qui a fait ça.
Alors,
je pense que les programmes que le gouvernement a mis en place sont appropriés, sont pertinents.
Et, au même moment, le programme
existant, de l'AERAM, on va regarder s'il a besoin d'une modification. Donc, nous avons, je pense, fait les choses appropriées pour
nos entrepreneurs.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
M. le Président, les programmes mur à mur du ministre, très clairement, ça ne marche
pas. Dans un Facebook live, j'ai discuté
avec trois entrepreneurs dans le domaine des cabanes à sucre, j'ai
entendu des histoires très touchantes.
Ce sont des gens qui se sentent abandonnés par les caquistes. Par exemple, à Lévis, Christine Tardif, de l'Érablière du Cap, nous a confié avoir perdu environ 70 % de ses revenus. Pourtant, elle ne reçoit
aucune aide directe de son gouvernement.
M. le Président,
pourquoi le ministre maintient-il son approche mur à mur, qui est clairement
inefficace?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Je répéterais que ce n'est pas tout à fait mur à mur, parce que le programme de
l'AERAM est un programme qui a été
établi par le gouvernement pour adresser le remboursement des frais fixes des
entreprises en alerte rouge.
Deuxièmement,
le programme fédéral de subvention au loyer et le programme qui a été amendé à
notre recommandation pour l'aide au
loyer fonctionnent, et, le rôle du gouvernement du Québec, dans cette
envergure-là, avec mon collègue ministre des Finances, on va colmater
les brèches.
Donc,
je pense que le programme de l'AERAM va bien fonctionner, il va adresser plus
de 30 000 entreprises du Québec.
Et moi, je suis confiant qu'on va pouvoir continuer à ajuster nos programmes.
Et, à ce jour, la situation est acceptable.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
M. le Président, la situation, aujourd'hui, elle est là, dans cet
article de
Radio-Canada. La situation, M. le Président : les coffres sont
vides. À Montréal et à Québec, il n'y a plus d'argent.
Donc,
M. le Président, les entrepreneurs attendent depuis le 1er octobre de
l'argent. Qu'est-ce qu'on leur annonce, on apprend dans l'article,
aujourd'hui, de Radio-Canada? Patientez, attendez. Il n'y a pas de fonds, on
attend que le gouvernement envoie de l'argent.
le Président, il répond quoi, le ministre de l'Économie, à ces entrepreneurs? Il leur dit quoi, aujourd'hui? Patientez encore?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon : J'aimerais corriger ce que le député de Nelligan
vient de dire, parce que, justement, quand on regarde la publication de la
ville de Montréal, le ministère de l'Économie a accordé 10 millions de
dollars additionnels, il y a 10 jours, à la ville de Montréal, à accès PME MTL, il y en a six qui s'occupent de nos entrepreneurs
dans l'AERAM. La ville avait dit, à ce moment-là, qu'elle ne
peut pas accepter l'argent avant le 17 décembre parce que
son conseil municipal a lieu
là. Ce matin, la ville a annoncé qu'ils vont prendre leurs fonds propres, parce
que, nous, l'argent est déboursable.
Donc,
au moment où on se parle, tous les entrepreneurs, tous, de Montréal,
ont accès au programme en l'espace d'une semaine. La directrice
générale de la ville de Montréal
a confirmé hier que, pour elle, une semaine, demande, le paiement va
être fait. Donc, le système fonctionne, maintenant.
Le Président :
Question principale, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, M.
le Président, dans le dossier du REM,
on fait face à une situation complètement absurde. Alors
que le gouvernement prétend vouloir relancer l'économie
dans le contexte de la COVID et qu'il dépose son plan sur l'économie
verte, on a une institution publique importante, la Caisse de dépôt et de placement, dont l'un des
sous-traitants laisse aller en Ontario 600 tonnes de matières dangereuses
plutôt que de les faire décontaminer de manière écologique ici, au
Québec, par des entreprises québécoises.
Pourtant,
toutes les planètes étaient alignées. On
a besoin de faire travailler notre monde, on a la loi la plus sévère, on a des entreprises performantes, on a une
expertise et des technologies de pointe. Encore une fois, ce qui a dominé,
c'est juste des considérations
financières à court terme. On va laisser s'enfouir des centaines de tonnes de
matières dangereuses en Ontario parce que
les règles, là-bas, sont moins strictes, quitte à hypothéquer le passif environnemental des générations futures. C'est choquant, désespérant.
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : M. le
Président, je suis familier un peu
avec la situation. Je vais parler au nom de mon collègue
ministre de l'Environnement et
le ministre des Finances, qui s'occupe de la Caisse de dépôt.
Premièrement,
ce sont les entrepreneurs qui font
partie de la construction du REM qui doivent
décider qu'est‑ce qu'ils font
avec les matières résiduelles. Effectivement, il y a des technologies québécoises
qui existent présentement, qui sont malheureusement plus onéreuses que
les sites d'enfouissement en Ontario. Donc, l'entrepreneur a décidé de prendre ce qui était le plus approprié pour lui au niveau
des coûts d'opération, le point étant, par contre, très bien
reconnu que je pense que c'est le
rôle du gouvernement, et mon collègue en Environnement en est conscient aussi, il
faudrait encourager les entreprises québécoises
à utiliser des processus québécois. Dans le cas du REM en particulier, l'entrepreneur
en construction a choisi la façon la plus rentable de le faire dans les règles
établies par nos provinces.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : On parle d'un contrat public de plusieurs
milliards de dollars. Ce qu'on veut savoir, c'est comment on va empêcher
600 tonnes de matières dangereuses d'être enfouies en Ontario. Comment on
va corriger ça pour le futur?
Est-ce que le
gouvernement peut nous dire que la Caisse de dépôt sera exemplaire et qu'elle va
donner un ordre de marche très clair dans ses appels d'offres pour que
les sols contaminés soient traités ici?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon : J'aimerais réitérer
que la Caisse de dépôt est une entreprise indépendante du gouvernement. Le point qui est soulevé par le député est un
point valable, je le reconnais, et je pense qu'avec le ministre de
l'Environnement on est en droit de regarder le contexte des offres qui seront
faites... ou les appels d'offres, plutôt, de la Caisse de dépôt, mais, dans le contexte particulier auquel vous référez,
malheureusement, c'est une décision qui a été prise par l'entrepreneur, et
l'entrepreneur, encore une fois, choisit la
façon la plus légale, la moins chère et a choisi d'enfouir ses résidus en
Ontario.
Le Président : Deuxième
complémentaire M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
On parle d'un projet qui risque d'atteindre 8 milliards de dollars. Avec
l'adoption éventuelle du projet de loi n° 66
sur l'accélération des infrastructures, il va y en avoir encore des tonnes, de
sols contaminés.
Qu'est-ce que
le gouvernement va faire? Parce que, là, présentement, ce qu'on a comme
exemple, c'est que son nationalisme économique, bien, il est enfoui en
Ontario. Est-ce que ça va changer?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Je trouve le commentaire totalement inapproprié. Et je dirais... j'irais plus
loin que ça. Le ministre de
l'Environnement a été très clair dans son plan. Il y a deux éléments du plan. Le
premier, c'est l'électrification des transports, avec lequel je travaille étroitement avec lui, et, le deuxième, comment
traitons-nous nos résidus. Et des annonces vont s'en venir bientôt. Je
pense que ces deux piliers-là sont au coeur du plan vert du ministre de
l'Environnement.
J'ai entendu
le point que vous avez fait, alors on va le prendre en considération, mais, au
moment où on se parle, le projet auquel vous référez a été fait dans la
légalité.
Le Président : Question
principale, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, parlons de ce fameux plan vert, M. le Président.
Ça a été déposé ici, dans cette
Assemblée... publiquement, pas dans cette Assemblée, malheureusement, lundi le
16 novembre. M. le ministre de l'Économie vient de nous
parler des deux grands piliers de ce plan vert, mais où est la relance verte?
Où est bâtir une économie verte, comme le
disait le ministre des Finances en mars 2020? Bâtir une économie verte, on ne
trouve pas ça dans le plan qui a été déposé ici.
En fin de compte, c'est un demi-plan. C'est
n'est pas vraiment un plan, c'est un demi-plan. C'est comme, M. le Président, si on s'engageait dans
un long marathon mais en nous donnant seulement la moitié du tracé, en fin de
compte, 40 % du tracé, en cours de route, là,
on verra bien, vous allez tourner à gauche ou à droite, on verra. Ça ne marche
pas comme ça, M. le Président. Comme dirait
l'autre, nous sommes en 2020. Franchement, la crise climatique, il faut
l'adresser.
Alors, comment est-ce
que ce gouvernement peut prétendre que ce plan répond à quoi que ce soit?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Je remercie le député de Robert-Baldwin
pour la question, parce
que je pense que les Québécois n'auront jamais vu autant de
relations entre l'environnement et l'économie, au point que, je le mentionne souvent,
l'environnement nourrit les projets économiques.
Je sais que l'opposition a de la misère à comprendre ça, là, mais c'est la
réalité.
Premièrement, dans le
plan du ministre de l'Environnement, le côté électrification va requérir des
sommes massives, qui vont être investies par
Investissement Québec, par les fonds propres du gouvernement. On va travailler
avec toute la filière batterie, qui va être une grande composante du
plan vert.
Deuxièmement,
toute la question de la manipulation des résidus, autant comestibles que
commerciaux, il y a des projets qui
s'en viennent, d'ailleurs il y en a une couple qui vont être annoncés bientôt,
qui vont démontrer que l'économie est
au coeur du plan vert et que le plan vert va avoir non seulement le respect des
normes qu'on veut atteindre, mais aussi une contribution économique
importante pour le Québec.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, M. le Président. Lorsqu'on a un plan non ambitieux, inévitablement, il y
a des secteurs qui sont omis ou tout simplement rejetés du revers de la main.
Alors que la CAQ ne cesse de dire qu'elle veut que le Québec soit la batterie de l'Amérique du Nord, on vient de l'entendre,
elle refuse de faire preuve d'exemplarité. Les comités d'experts recommandaient que 50 % de la
flotte des véhicules lourds soient 100 % électriques, une recommandation
rejetée par la CAQ. Même chose pour que 100 % des immeubles publics
soient chauffés à l'énergie renouvelable.
Pourquoi la CAQ
refuse-t-elle réellement d'être ambitieuse en matière d'électrification?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Écoutez, toute la planification qui a été faite dans le plan vert pour
l'électrification des transports a été faite
en étroite collaboration avec le ministère des Transports, le ministère de
l'Économie et, évidemment, le
ministère de l'Environnement. Nous avons déterminé, dans ce plan-là, puis ça va
être annoncé bientôt, les règles vont être
annoncées au printemps, dans le premier trois mois de 2021, qu'il y a certains
véhicules commerciaux qui vont devoir être
électriques parce qu'ils sont disponibles aujourd'hui. Dans d'autres cas, ça
peut être de l'hydrogène, d'autres formes de sources d'énergie.
Alors,
je pense que le plan, il est très costaud; non seulement costaud, mais il tient
compte de notre habileté ici, au Québec,
de produire des véhicules électriques ou ce qui existe dans le monde. Alors,
moi, je vis très satisfait avec ce plan-là.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Viau à nouveau.
M. Benjamin :
Les comités d'experts ont proposé un projet qui est certes ambitieux, mais qui
aurait été bénéfique pour nos jeunes
et bénéfique pour l'environnement, soit de verdir l'ensemble des cours d'école
du Québec. Pourtant, le premier ministre a rejeté du revers de la main
la proposition, qui n'était pourtant pas inapplicable.
Au nom des élèves et
des enfants du Québec, pourquoi... comment justifier que cette recommandation
n'ait pas reçu l'aval du premier ministre alors que sa réalisation n'est pas
difficile et ses bienfaits, évidents pour l'ensemble des élèves du Québec?
Le Président :
Mme la vice-première ministre.
Mme Guilbault : Oui. M. le Président, c'est parce que, quand
j'entends le Parti libéral nous questionner sur notre plan vert, ça me fait le même effet que quand je
les entends nous demander pourquoi Internet n'est pas branché partout au
Québec.
M. le
Président, notre Plan pour une
économie verte est clair, il est chiffré, il est ambitieux. 6,7 milliards
sur cinq ans, c'est plus du double des sommes du plan précédent du
précédent gouvernement, gouvernement qui a investi dans une cimenterie
extrêmement polluante, à son époque, qui a raté ses cibles de réduction
d'émissions de gaz à effet de serre.
Donc,
M. le Président, notre plan, on en est fiers. Mon collègue de l'Économie a
montré à quel point ça allait contribuer,
par ailleurs, à la relance. Alors, M. le Président, on aura été le gouvernement
le plus ambitieux depuis longtemps pour la lutte contre les changements
climatiques.
Le Président :
Je vais vous demander, encore une fois, d'être attentifs, tant aux questions
qu'aux réponses. Est-ce que vous souhaitez entendre les réponses également?
M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
M. le Président, cette pandémie est une épreuve interminable pour nous tous,
mais imaginez l'enfer vit par le toxicomane,
l'alcoolique ou l'individu en détresse, qui est à risque aigu d'en devenir. Ces
problèmes touchent les femmes au
foyer, les aînés, les étudiants en crise d'anxiété. Surtout en période de
pandémie, nous sommes tous vulnérables. Comment aider ces gens en
détresse? Comment aider les organismes communautaires qui essaient de répondre
présent sur la ligne de front? Le
100 millions d'annoncé par le ministre délégué? «Jusqu'à maintenant, il
n'y a rien pour nous», dit l'Association
québécoise des centres d'intervention en dépendance. «C'est presque comme si on
était laissés à nous-mêmes», dit Marie au Devoir . Marie est prise
avec des pensées d'assassinat troublantes. Présence, prévention accompagnement,
compassion, action, c'est ça qu'ont besoin les personnes en détresse et les
organismes qui essaient de les épauler.
Est-ce que ce
gouvernement va, à un moment donné, répondre présent?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. Je remercie le député de D'Arcy-McGee pour sa question,
qui va me permettre de réexpliquer la réorganisation des services en
santé mentale qu'on est en train de faire.
Premièrement, on l'a
dit, on a demandé un travail plus important des services sociaux généraux.
Quand je parle d'appeler le 8-1-1,
Info-Social, c'est vraiment la porte d'entrée quand on a de la détresse
psychologique. Il y a des psychologues qui
sont là, il y a des équipes de crise qui sont là, il y a des travailleurs
sociaux qui sont là. Toute l'équipe est là pour vous accompagner
24 heures par jour, sept jours par semaine.
Deuxièmement, on est
en train de déployer le Programme québécois pour les troubles mentaux et en
train de l'arrimer avec le guichet d'accès en santé mentale. Là, avant, ce qui
se passait, pour avoir un accès, il fallait voir son médecin de famille. Là, on va donner la chance à tous les intervenants
du réseau de pouvoir référer et prendre soin des gens qui ont des problèmes de santé mentale pour
faciliter l'accès et enfin diminuer les listes d'attente, listes d'attente qui,
je vous le rappelle, étaient inconnues avant qu'on arrive au
gouvernement.
Donc,
c'est superimportant pour nous de comprendre ce changement-là. On investit des
sommes. On est en train de travailler
avec l'Ordre des psychologues également pour avoir des listes, qui devront être
disponibles à partir de fin novembre, début décembre. Les services vont
s'améliorer pour tout le monde, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Bon, M.
le Président, le ministre
offre une explication; c'est de l'action qui est requise. Souvent, ce sont les organismes communautaires sur
le terrain qui sont les derniers espoirs pour les individus en détresse, mais
ces organismes en arrachent pour faire leur part pour sauver
les vies. L'État s'est déchargé d'une mission aussi cruciale sur les épaules d'organismes communautaires dont
le financement, déjà insuffisant, n'est même pas récurrent. C'est le
syndicat de l'action collective, entre autres, qui vous parle. Votre
réponse, M. le délégué?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Très bon point. Le rôle des organismes
communautaires et comment l'arrimer avec le réseau de la santé, c'est ça, notre défi, M. le Président, qui n'a jamais été fait auparavant. Donc, nous, ce qu'on a fait, la
première chose que j'ai annoncée,
c'est 17,6 millions de dollars pour aider les organismes communautaires.
Dans le 100 millions, on a également... s'assurer que ça dure
jusqu'au mars 2022 en ajoutant un 10 millions.
Maintenant,
il faut que ces organismes communautaires là... Vous savez, les soins par
étapes, la première étape, c'est les autosoins, et ces organismes
communautaires ont tout ce qu'il faut pour pouvoir donner les autosoins. Donc,
nous, on va les mettre en contact avec les services sociaux généraux, avec le
guichet d'accès en santé mentale pour qu'ils jouent un rôle plus important
dans la prise en charge de nos patients avec des problèmes de santé mentale. On
va y arriver, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : M. le
Président, les problèmes de
consommation, la dépression majeure, l'anxiété chronique, une fois diagnostiqués, entraînent souvent des
difficultés récurrentes. Le 100 millions
de dollars du ministre responsable n'est pas récurrent, ça
termine le 31 mars 2021. Pour les gens en détresse chronique, le 31
arrivera trop vite et très vite. Ils ont très peur d'être délestés pas
juste aujourd'hui, mais surtout demain.
Est-ce que le ministre
délégué peut les réconforter, en quelque part?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Oui, je vais les réconforter tout de suite, M. le Président. Dans le budget 2020‑2021,
on avait investi 90 millions de dollars en santé mentale. Le 100 millions qui a été
annoncé nous amène jusqu'en mars 2022, 31 mars 2022. Donc, il faut
être rassuré.
plus, M. le Président, je travaille tous les jours avec mon collègue
des Finances pour que, dans les deux prochains budgets qui vont arriver
avant le 31 mars 2022, on puisse penser à la santé mentale.
santé mentale a été sous-investie pendant des années, avant notre gouvernement. On est en train de corriger les choses. C'est sûr qu'on ne peut pas investir 400 millions, 500 millions de dollars d'un coup, mais on fait les choses dans
l'ordre pour rétablir un service de santé pour tous les Québécois, M. le
Président.
Le Président :
Question principale, M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M.
le Président. Depuis le début de son
mandat, le ministre de l'Économie ne cesse de nous étonner. Il a d'abord nommé un ami à la tête d'Investissement Québec en doublant son salaire, il a donné de notre
argent à Flying Whales, qui ne vole
pas, il a donné de l'argent à Birks, il a donné de l'argent à Heinz, la semaine
dernière, et puis il a banalisé un
rapport de la Commissaire à
l'éthique qui le visait. La dernière
frasque : le ministre, sur les réseaux sociaux, insulte et
culpabilise un investisseur floué dans Nemaska.
avril 2019, le ministre a dit que, si sa présence était perçue comme
négative ou comme une embûche à ce que le premier ministre voulait
accomplir, il allait démissionner. Est-ce
qu'on est rendus là, M. le Président? Est-ce qu'il trouve ça positif, vraiment, pour son gouvernement et
pour nous, les parlementaires, que d'insulter un investisseur floué sur les
réseaux sociaux?
Président : Je vais vous demander, encore une fois, d'être
prudent sur les propos qui sont utilisés. Nous sommes sur un terrain glissant, faut-il vous le rappeler?
Je vais vous demander, M. le ministre de l'Économie, de répondre à cette
question.
M. Fitzgibbon :
Alors, M. le Président, merci de la question, ça me permet de peut-être refaire
la ligne du temps.
Dans
le projet auquel le député de Rosemont réfère, il s'agit du projet Nemaska,
Nemaska, c'est un projet qui a été un désastre financier parce qu'au
printemps 2018 une somme de 400 millions de dollars a été levée en
actions, qui a été perdue au complet, parce que, neuf mois après, moins
que neuf mois après, la direction annonce une hausse de 40 % des
coûts.
Fait
intéressant à noter, c'est que les actions ont été achetées principalement par
des institutions financières, au mois
de mai 2018, et qu'au mois de juin 2019 il n'y avait plus
d'institution financière, seulement des investisseurs de détail avaient
investi, de «retail», qu'on appelle communément.
Moi,
je suis sorti public le 1er juin 2019, disant que ce projet-là ne
fonctionnait pas. Au mois de septembre 2019, j'ai mentionné qu'il
fallait sauver le projet, et à partir de ce moment-là les actions ont baissé.
Alors,
c'est un projet qui a été mal ficelé, des investisseurs ont perdu
400 millions de dollars, je suis très conscient de ça, et je pense
que c'est important de noter que c'est un désastre et que ça a été mal
structuré.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Nous
passons maintenant à la rubrique des motions sans préavis, et je reconnais, à
ce moment-ci, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement afin de présenter la
motion suivante conjointement avec la
ministre responsable de la Condition féminine, la députée de Sherbrooke, la
députée de Gaspé, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne les 12 jours d'action contre la violence
faite aux femmes qui se déroulent du 25 novembre au
6 décembre;
«Qu'elle
souligne que cette semaine d'action débute avec la Journée internationale pour
l'élimination de la violence à l'égard des femmes, aujourd'hui le
25 novembre;
«Qu'elle rappelle
qu'une femme sur trois dans le monde a subi une forme de violence dans sa vie;
«Qu'elle
rappelle que le Québec ne fait pas exception à ces données troublantes
concernant la violence faite aux femmes;
«Qu'elle
réitère que les récentes vagues de dénonciations ont mis en évidence qu'encore
aujourd'hui, trop de femmes sont victimes de violence sexuelle, physique
ou psychologique;
«Qu'elle
souligne que la pandémie a accentué cette réalité pour plusieurs femmes qui ont
été confinées pendant des semaines à la maison avec leur bourreau;
«Qu'elle
réitère l'importance d'offrir plus de ressources à ces femmes pendant la
période du temps des fêtes, mais aussi pour le reste de l'année.» Merci,
M. le Président.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Je pense, M. le Président, que vous aurez compris
qu'il y a consentement pour un débat de deux minutes, selon l'ordre suivant : Mme la députée de
Verdun, Mme la ministre responsable de la Condition féminine, Mme la députée
de Sherbrooke et Mme la députée de Gaspé.
Président : Je comprends donc qu'il y a consentement pour qu'il
y ait quatre intervenants et pour que la durée des interventions soit
limitée à deux minutes chacune. Nous commençons avec la première intervenante.
Madame.
Mme Melançon :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, nous soulignons les 12 jours d'action
contre la violence faite aux femmes
qui se déroulent du 25 novembre au 6 décembre. Cette semaine
d'actions débute avec la Journée internationale pour l'élimination de la
violence à l'égard des femmes aujourd'hui, le 25 novembre.
Vous
le savez, M. le Président, pour plusieurs, le temps des fêtes, c'est un moment
de bonheur. Même en contexte de COVID, même avec des rencontres limitées, pour
la plupart des Québécois, cette période est un moment de repos, de
plaisir. Mais pour trop de femmes c'est une tout autre histoire. Pour les
femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants, Noël, c'est un
véritable cauchemar. Noël en confinement, ce sera l'horreur.
printemps dernier, quand le gouvernement a ordonné le premier confinement, ces
femmes sont devenues les prisonnières
de leurs conjoints violents. Elles ont subi violence, agressions, harcèlement
dans le silence, sans que personne ne
leur tende la main. Ce deuxième confinement fait craindre le pire. Nous avons
le devoir, comme société, de tout mettre en place pour les aider, les accompagner pour les sortir de l'enfer. Pour
ce faire, il faut mettre en place plus de ressources pour accueillir les
femmes victimes de violence.
Ce matin encore, le
journal LeDroit nous apprenait que les maisons d'hébergement pour femmes
victimes de violence en Outaouais doivent
refuser l'accès à environ 40 femmes par semaine en raison du manque de
ressources. Chaque année, au Québec,
les maisons d'hébergement refusent 15 000 demandes d'aide par manque
de places. Ça représente environ
40 refus par jour, c'est trop.
été, j'ai rappelé à la ministre responsable de la Condition féminine qu'il
manquait minimalement 1 000 places dans le réseau. Le
gouvernement a fait des choix depuis son arrivée en poste, il a fait des choix
lors de la mise à jour économique d'il y a
quelques jours. Je demande au gouvernement de faire le choix des femmes
victimes de violence conjugale et de leurs enfants.
pleine pandémie, en confinement, à la veille de la période des fêtes, ces
femmes comptent sur vous, comptent sur
nous. J'invite le gouvernement à passer à l'action pour souligner ces
12 jours d'action contre la violence faite aux femmes. Il faut
agir, le temps presse. Merci, M. le Président.
Le Président :
Merci. Mme la ministre de la Condition féminine.
Mme Charest :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, il est particulièrement important de
prendre la parole et de donner l'occasion à toutes les formations politiques de
prendre la parole, parce que le phénomène de la violence faite aux
femmes nous touche toutes et tous.
Nous soulignons aujourd'hui le lancement des
Journées d'action contre la violence faite aux femmes, qui se poursuivront
jusqu'au 6 décembre. Pendant 12 jours, des organismes des quatre coins du
Québec se mobiliseront pour sensibiliser notre population à cette problématique
importante, qui est malheureusement toujours d'actualité en 2020.
trouve important de souligner que la violence faite aux femmes peut prendre
plusieurs formes. C'est, bien sûr, la violence conjugale, mais c'est
aussi toute forme de violence, la violence sexuelle, l'abus, le harcèlement,
dont sont majoritairement victimes les femmes.
Notre gouvernement et particulièrement moi, à
titre de ministre responsable de la Condition féminine, sommes extrêmement
préoccupés par cet enjeu, ce n'est pas un secret. Au dernier budget, nous avons
posé un geste fort en annonçant des
investissements records de 120 millions sur cinq ans pour permettre aux
maisons d'hébergement de bonifier leur
offre de services. J'en suis extrêmement fière, c'est un investissement
historique. Et très prochainement nous aurons l'occasion de vous dire comment, avec la collaboration des maisons
d'hébergement, nous allons concrètement aider les femmes. Le travail qui est fait par les maisons
d'hébergement est exceptionnel et primordial. Les intervenantes qui y
travaillent sauvent littéralement des vies, et je les remercie de tout
mon coeur.
Nous devons aussi mettre des moyens en place
pour aider les femmes qui désirent sortir de cette spirale de la violence. Comme société, comme gouvernement, il y
a une foule d'autres actions qu'on peut poser pour protéger les femmes, notamment en collaboration avec les corps
policiers et les organismes sur le terrain. C'est pourquoi, en plus du
financement accordé aux maisons d'hébergement, notre dernier budget prévoyait
aussi près de 60 millions pour financer diverses mesures pour prévenir la
violence conjugale et sécuriser les femmes afin d'intervenir avant qu'elles ne
soient forcées de demander une place en maison d'hébergement. Très bientôt,
nous allons faire des annonces à ce sujet.
Je salue l'engagement et la grande unanimité de notre Assemblée nationale envers les
femmes et particulièrement envers les victimes de violence. Je l'assure que
je partage cette préoccupation et que notre gouvernement est en action
pour sensibiliser, éduquer, prévenir
la violence et, bien sûr, sécuriser les femmes qui en sont victimes.
Jamais auparavant il n'y
a eu autant d'actions prises par les parlementaires pour contrer la violence faite aux femmes : le comité
transpartisan pour l'accompagnement des victimes, la Commission spéciale
sur l'exploitation sexuelle, le travail conjoint pour donner suite au rapport de la commission
Viens, nos actions en violence sexuelle et en violence conjugale. Ces gestes
importants confirment que nous tous sommes
solidaires et mobilisés pour les femmes québécoises. Et c'est avec grand
plaisir que je vais continuer de travailler avec l'ensemble de mes collègues de
l'Assemblée nationale pour faire avancer ce dossier important. Merci.
Le Président : La parole
appartient à Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M.
le Président. Je remercie mes collègues de me donner l'occasion de m'exprimer,
aujourd'hui, pour souligner les 12 jours d'action contre les
violences faites aux femmes.
Cette année,
l'objectif, c'est de mettre en lumière les dimensions systémiques de ces
violences. «Systémique», c'est un mot qui rend certaines personnes
inconfortables, mais, moi, ce qui me rend inconfortable, c'est de savoir que la
façon dont notre société fonctionne
génère de la violence envers les femmes. On peut penser, par exemple, aux
victimes d'agression sexuelle, qui
témoignent souvent, très souvent que le plus difficile, ce n'est pas
l'agression qu'elles ont subie, c'est de passer à travers le système de justice. Ça, c'est de la violence systémique.
Même chose pour les victimes d'exploitation sexuelle, qui ne sont pas
admissibles au programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels. Ça
aussi, c'est de la violence systémique, de leur refuser cette aide-là.
Je pense aux victimes de violence conjugale qui
trouvent le courage de dénoncer leur conjoint violent, de se défaire de son emprise et qui finissent par se
battre avec le système pour retrouver la garde de leurs enfants parce que, trop
souvent, leur dénonciation de la violence
conjugale est considérée comme de l'aliénation parentale, la garde est confiée
au père. Ça aussi, c'est de la
violence systémique. Quand 40 % des femmes qui appellent une maison
d'hébergement se font mettre en attente pour une place, c'est aussi de
la violence systémique.
Ça, c'est les
violences les plus évidentes, mais il y en a d'autres. Je pense aux conditions
de travail des travailleuses dans le
secteur public. On refuse encore l'équité salariale à des milliers, des
milliers de travailleuses. On en maintient certaines dans la pauvreté, par exemple les éducatrices en
milieu familial. Même chose pour les travailleuses communautaires, qui sont sous-payées à cause du sous-financement
public du communautaire. La violence économique, c'est aussi de la violence.
On impose
aussi des conditions inhumaines à des nombreuses travailleuses, par exemple
avec le temps supplémentaire obligatoire, qui est devenu carrément un mode d'organisation
du travail. C'est de la violence systémique. Je pense aux femmes qui sont de plus en plus nombreuses à être forcées
de devenir mères au foyer parce qu'il n'y a pas assez de places en service
de garde. C'est de la violence économique, c'est de la violence systémique.
gouvernement ne peut pas toujours empêcher les individus de commettre de la
violence envers les femmes, mais c'est
sa responsabilité de contrer la violence systémique en s'assurant que ses lois,
ses politiques publiques, ses pratiques, les services, les conditions de travail qu'il offre n'engendrent pas de
violence envers les femmes. Et, malgré tout le chemin qu'on a parcouru dans les dernières années pour
lever le voile sur les violences subies par les femmes, grâce au courage des
victimes et à la persévérance des militantes et des alliés, on est obligés de
constater aujourd'hui qu'il y a encore un énorme travail à faire de la part de
l'État pour éliminer la violence systémique. Et ça, bien, c'est notre responsabilité
à tous et toutes ici. Ça ne suffit pas qu'on
soit nous-mêmes, comme parlementaires, exemplaires dans notre comportement,
ça ne suffit pas qu'on sensibilise la population, qu'on fasse connaître les
ressources. Notre rôle, comme élus, c'est de s'attaquer
à la violence systémique envers les femmes comme à toutes les autres formes de
violence systémique. C'est un appel à l'action que je lance aujourd'hui
à mes collègues de tous les partis, et j'espère qu'il va être entendu.
Le Président : Mme la députée
de Gaspé, nous vous écoutons.
Mme Perry Mélançon : M. le
Président, on a tous en tête les images troublantes de Polytechnique. Il ne
faut jamais oublier ce qui s'est passé
là-bas le 6 décembre 1989. Elles étaient 14, et nous devons honorer leur
mémoire. Honorer leur mémoire, cela signifie aussi être conscients que la
violence contre les femmes, elle prend mille visages. Elle n'est
pas toujours visible. Elle peut être dans
les mots autant que dans les gestes, elle peut être physique, psychologique,
financière, sexuelle. Elle peut atteindre jusqu'aux personnalités les
plus populaires, qu'on pensait à l'abri des abus, qu'on croyait invulnérables
parce que connues et aimées de tous, alors qu'il n'en est rien.
Au Québec,
nous sommes choyés, notre société dénonce la violence sans ambiguïté. Nous
avons fait de grands pas, mais du chemin reste à faire.
À cet égard, la situation des femmes autochtones
constitue un dur rappel. Il s'agit d'une réalité bouleversante à laquelle nous devons répondre avec empathie,
écoute, respect et avec coeur. J'ai confiance qu'on y arrivera, qu'on pourra
protéger toutes les femmes, toutes les
victimes de violence. Pour ce faire, il faut commencer par les convaincre de
dénoncer et leur offrir les
ressources nécessaires le temps d'une transition vers une vie meilleure. Ça
nous concerne tous en tant que législateurs mais aussi en tant que
citoyens. Nous devons sans cesse nous remettre en question, revoir certaines
façons d'agir pour mieux incarner au
quotidien les principes d'égalité qui nous sont chers et que nous défendons.
Nous devons être davantage attentifs
aux autres, être à l'écoute et nous rendre disponibles en cas de besoin,
surtout ces temps-ci, alors que plusieurs
personnes vivent de l'isolement, voire de la détresse, car la violence est
parfois insidieuse et elle peut toucher tout le monde, toutes les
femmes, et le Québec a besoin de tout son monde, de toutes ses femmes.
Leur présence dans toutes les sphères d'activité
et à tous les échelons de notre société est plus qu'un indice de progrès, elle en est la condition. L'avancement
des femmes et l'évolution du Québec sont intimement liés. Chaque fois que le Québec a
fait un geste pour améliorer la condition des femmes, chaque fois qu'on a fait
un pas de plus vers l'égalité, c'est toute
la société québécoise qui a progressé. Nous pouvons être fiers de nos
réalisations, mais nous devons éviter de nous en contenter. Merci, M. le
Président.
Président : Merci. En application de l'ordre spécial, j'invite les
leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur cette
motion, suivi des députés indépendants. D'abord, M. le leader de l'opposition
officielle?
Le Président : M. le leader
du gouvernement?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Cette motion
est donc adoptée. Mme la députée de Sherbrooke, la parole est à vous.
Mme Labrie : Merci. M. le
Président, je demande le consentement de l'Assemblée pour débattre de la motion
suivante conjointement avec la députée de
Saint-Laurent, le député de Bonaventure, la députée de Marie-Victorin et le
député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'imposer un seuil minimal
d'activités en présence dans tous les programmes collégiaux et
universitaires lors de la session d'hiver;
«Qu'elle
demande aux établissements d'enseignement supérieur de rendre accessibles des
espaces de travail sur les campus, tout en suivant les règles de [la]
santé publique;
«Que
l'Assemblée nationale encourage les établissements d'enseignement supérieur à
organiser des activités destinées à briser l'isolement des étudiant-e-s.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Président : Pas de
consentement. J'écoute maintenant M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : M. le Président,
je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Pontiac, le député
de Rosemont, le député de Chomedey et la députée de Marie‑Victorin, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle la motion adoptée à l'unanimité le
13 novembre 2019 demandant au gouvernement de créer un poste
de directeur parlementaire du budget;
«Qu'elle
rappelle l'importance de doter le Québec d'une telle institution afin de
brosser un portrait objectif de l'état des finances publiques et des
prévisions budgétaires du gouvernement;
«Qu'elle constate
qu'à l'occasion de la présentation, le 12 novembre 2020, du point sur
la situation économique et financière du Québec, le ministre des Finances a
reconnu compter sur une hypothétique hausse du Transfert canadien en
matière de santé pour équilibrer les finances publiques;
«Qu'elle
demande au gouvernement de nommer un directeur parlementaire du budget avant le
dépôt du budget 2021‑2022; et
«Qu'elle lui demande, pour ce faire, de
s'inspirer du projet de loi n° 192 déposé lors de la 40e législature
par l'actuel ministre de la Santé et député
de La Prairie, des projets de loi n° 396 et n° 397 présentés lors de la 41e législature respectivement par l'actuel ministre des
Transports et député de Granby et par l'ex-député de Rousseau, M. Nicolas Marceau, et du projet de loi
n° 496 déposé par l'actuel député de Rosemont lors la
42e législature; et
«Que cette motion soit un ordre de l'Assemblée
nationale.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Pas de
consentement, M. le Président.
Le Président : Pas de
consentement. Je reconnais maintenant M. le ministre de l'Économie et de
l'Innovation.
M. Fitzgibbon : M. le Président, je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le député de Robert-Baldwin, le député de Rosemont,
la députée de Gaspé, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rende hommage aux organisations lauréates des prix
Performance Québec 2020, la plus
haute distinction remise annuellement par le gouvernement du Québec à des
entreprises privées et des organismes publics qui se distinguent par
l'excellence de leur gestion, et dont la cérémonie s'est tenue le
19 novembre dernier;
«Qu'elle
félicite les 12 organisations provenant de 7 régions du Québec et
oeuvrant dans des secteurs variés qui se sont distinguées lors de cette
cérémonie;
«Qu'ainsi,
elle félicite les organisations suivantes : Hydro-Québec Distribution, STI
Maintenance, La Financière agricole
du Québec, Rotoplast, Aligo Innovation, Komutel, Groupe Technosub, Locweld, Spypoint,
Manufacture Adria, Vergers Leahy et Dimonoff;
«Qu'enfin, elle reconnaisse leur contribution à
l'avancement des meilleures pratiques d'affaires.» Merci.
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président : Je vais vous
demander vos votes respectifs, bien sûr. M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée.
Nous en sommes aux
avis touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de déroger à l'ordre spécial adopté le 17 mars 2020 et convoquer la
poursuite de l'étude détaillée du projet de loi n° 66, Loi concernant
l'accélération de certains projets
d'infrastructure, à la Commission des finances publiques aujourd'hui, au lieu
du débat sur la mise à jour économique.
J'avise cette
Assemblée que la Commission des finances publiques poursuivra l'étude détaillée
du projet de loi n° 66, Loi concernant
l'accélération de certains projets d'infrastructure, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, à salle du Conseil législatif;
La Commission de la
culture et de l'éducation poursuivra les consultations particulières sur le
projet de loi n° 69, Loi modifiant la
Loi sur le patrimoine
culturel et d'autres dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes, pour une durée de
1 h 35 min, et de 15 h 50 à 17 h 25, à la
salle Pauline-Marois;
La Commission des
institutions poursuivra les consultations particulières sur le projet de loi
n° 75, Loi visant à améliorer
l'accessibilité et l'efficacité de la justice, notamment pour répondre à des conséquences
de la pandémie de la COVID-19, aujourd'hui, après les affaires courantes,
pour une durée de 1 h 35 min, et de 15 heures à
17 h 25, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
Commission de l'aménagement du
territoire poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 67,
Loi instaurant un nouveau régime
d'aménagement dans les zones inondables des lacs et des cours d'eau, octroyant
temporairement aux municipalités des
pouvoirs visant à répondre à certains besoins et modifiant diverses
dispositions, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et
de 15 heures à 18 heures, aux salles Louis‑Joseph‑Papineau et Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Président : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour déroger à l'ordre spécial adopté
le 17 mars 2020 concernant la Commission des finances
publiques, relativement au débat sur la mise à jour économique? Consentement.
Est-ce
qu'il y a consentement également pour déroger à l'article 143 du règlement
concernant cette fois l'horaire des travaux des commissions?
Consentement.
Nous en sommes à la
rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
période des affaires courantes étant maintenant terminée, nous allons passer
maintenant aux affaires du jour, et je suspends les travaux pour
quelques instants. Merci de votre précieuse collaboration.
(Suspension de la séance à
11 h 28)
Vice-Président (M. Picard) : Veuillez vous asseoir. M. le leader
du gouvernement, pour la suite de nos travaux.
M. Schneeberger :
Oui. Bonjour, M. le Président. Alors, je vous demanderais d'appeler
l'article 7 du feuilleton pour débuter nos travaux.
Vice-Président (M. Picard) : À l'article 7, M. le ministre
des Transports propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 71 sur les véhicules hors route. Et je cède maintenant la parole à M.
le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
Merci, M. le Président. Très heureux d'intervenir pour l'adoption de principe
du p.l. VHR, du projet de
loi sur les véhicules hors route, le projet de loi
n° 71. C'est un projet de loi qui était attendu. C'est une réforme qui
aurait dû être faite voilà plusieurs années déjà. Et le principal point de
cette loi, c'est la sécurité, et je m'explique.
Depuis
les 10 dernières années, le bilan en termes de décès, en termes
d'hospitalisations de blessés graves et de blessés légers est important. On a perdu près de 600 personnes qui
sont décédées dans les 10 dernières années, M. le Président, en motoneige ou en VTT, près de 10 000 hospitalisations dans les hôpitaux,
6 000 du côté des VTT et 3 000 quelques du côté des
motoneiges, puis c'est un bilan beaucoup trop lourd.
malheureusement, l'alcool est
partie prenante aussi de ce résultat. 60 %
des ces hospitalisations, de ces décès, il y avait une consommation d'alcool.
Sur 60 %, il y en avait 40 % là-dessus qui avaient un taux
d'alcoolémie au-dessus de la limite permise.
fait quoi quand on a un résultat comme celui-là? On regarde la loi et on se
dit : Il faut être plus sévère. Et c'est ce qu'on a décidé de faire
pour être capables d'améliorer le bilan dans les prochaines années.
première chose qui est importante, que tout le monde a entendu parler, c'est
l'obligation, à partir de maintenant, d'avoir
un permis de conduire pour piloter une motoneige ou un VTT. Au-delà de tout ça,
il y a des jeunes de 16, 17 ans, la
question se posait, qui ont un permis de cyclomoteur. Ces jeunes pourront
conduire un VTT ou une motoneige s'ils suivent une formation spécifique
donnée par les deux principales associations.
Soit
dit en passant, je fais un petit aparté, là, je les remercie. Pendant nos consultations particulières, on a reçu la Fédération québécoise des clubs quads, les clubs de motoneige du Québec,
on a eu la FQM, les pourvoiries du Québec, et ce fut L'Union des producteurs agricoles aussi, qui sont passés nous voir,
qui ont amené des points intéressants pour la suite des choses puis des amendements additionnels qu'on
apportera pour, encore une fois, améliorer la loi. Il y a eu une très
grande ouverture de mon côté avec les partis d'opposition pour prendre les
points qu'ils apporteront, qui... je le dis humblement, je pense qu'on a réussi
à déposer une loi qui fait pas mal consensus, qui répond aux principaux
problèmes.
là je reviens à la sécurité en vous disant : Le portrait est sombre, et, là-dessus,
on se devra d'améliorer le bilan. Au-delà du permis de conduire, ce qui
est particulier, c'est que les gens ne savaient pas que, si on faisait un excès
de vitesse sur un sentier de VTT, sur un
sentier de motoneige, bien, les points d'inaptitude ne s'appliquaient pas. Si
vous étiez pris... vous aviez pris
une bière de trop dans un relais à 10 heures, 10 h 30, vous
reveniez avec un taux d'alcoolémie plus élevé, bien, on n'appliquait pas
le Code de la sécurité routière dans les sentiers.
Alors,
je le disais respectueusement : Pour ceux qui prennent une bière de trop,
pour ceux qui font de la vitesse, bien, ce party est terminé dans les sentiers.
On va appliquer le Code de la sécurité routière à partir de maintenant. On va
appliquer, donc, des points d'inaptitude. Et je reste persuadé que la majorité
des motoneigistes et des propriétaires de quads respectent les lois, mais on se devait de répondre de certains
récalcitrants qui ne veulent pas suivre ces lois. Donc, obligation du permis de conduire; pour les 16, 17 ans,
une formation obligatoire; l'application des points d'inaptitude. Ça, c'est le
premier point.
Tout
le monde se souvient malheureusement de l'accident malheureux des touristes
français, là, qui ont perdu la vie l'année passée. On a travaillé très
fort avec ma collègue du tourisme aussi pour être capables de répondre à un
besoin spécifique de formation, formation du côté du locataire, de touristes ou
même de Québécois qui voulaient louer une motoneige ou un VTT et de partir en
excursion pour être capables de découvrir les différentes régions du Québec. Il
n'y avait pas de politique spécifique.
Ce qu'on va faire
dans la loi, c'est qu'on va demander une formation minimale, minimum pour être
capable d'expliquer à ce locataire voici comment fonctionne une motoneige,
voici comment fonctionne un VTT, et l'obligation, encore une fois, d'avoir un permis de conduire. Vous arrivez d'un autre
pays, vous venez visiter le Québec, vous n'avez pas de permis de
conduire, vous ne pourrez pas louer une motoneige pour visiter les différentes
régions du Québec. L'obligation d'un permis va s'appliquer aussi pour ceux qui
souhaitent louer. Ça sera la même chose aussi pour les 16, 17 ans, et on acceptera l'équivalent d'un permis de conduire
international. Pour ceux qui ont déjà voyagé et puis utilisé ce permis
de conduire international, on va accepter, donc, ce point.
L'autre
côté, ce sera la formation des guides. Encore une fois, comme je le
mentionnais, on a travaillé avec ma collègue du Tourisme pour être
capable de s'assurer que les guides seront mieux formés. Je le dis
respectueusement pour eux, qu'ils soient
capables de bien saisir les particularités de terrain, géographiques et autres,
des différentes régions du Québec pour
s'assurer qu'un guide ait, en bonne et due forme, la formation. Qu'ils soient
en Abitibi, qu'ils soient dans le territoire des monts Valin, dans le parc, ou en réserve faunique des Laurentides,
en Gaspésie, peu importe, je veux que les guides au Québec aient la formation la plus adéquate, que ce
soit comme secouriste ou autre. Quand on aura un guide avec nous, on va
s'assurer que cette personne a bien été formée. Donc, ça, c'est les principaux
points, M. le Président, pour être capable d'assurer que le bilan va
s'améliorer dans les années futures.
Tout le monde se
souvient, les partis d'opposition, la
partie gouvernementale, l'année passée,
j'ai déposé, encore une fois, un projet de loi pour l'immunité de poursuite
pour s'assurer encore une fois que cette immunité soit prolongée d'une autre année. Et j'avais dit aux autres partis de
l'opposition que j'allais déposer une de loi en bonne et due forme, avant la fin de cette année, pour mettre
fin à cette immunité de poursuite qui était déposée autant par le Parti libéral
de l'époque que même par le Parti québécois quand ils étaient au pouvoir.
Donc,
avec cette loi, on va pouvoir... on sera capable de s'assurer que... je
vais l'appeler le réseau supérieur, le réseau supérieur qui touche autant les quads que les
motoneiges, on parle d'à peu près 33 000 kilomètres, sera, entre
guillemets, protégé. C'est ce réseau
supérieur qui se connecte entre les différentes régions du Québec et sur lequel
on sera capable de s'assurer encore une fois que ce réseau sera reconnu
comme, je vais dire, légitime.
y aura toujours la possibilité, M. le Président, pour des riverains, des
propriétaires qui considèrent qu'il y a de l'abus... Et, s'il y avait abus, bien, ces propriétaires pourront
contester, devant la loi, le fait que certains motoneigistes ou propriétaires de VTT ne respectent pas la loi,
comme tel. Et, quand je parle d'abus, je vous parle d'un point précis, puis
je l'ai mentionné aux oppositions, puis, pour moi, ce sera une bataille de tous
les instants. Quand on parle d'abus en motoneige,
plus souvent qu'autrement c'est le tuyau d'échappement qui est modifié, M. le Président,
qui est remplacé par un tuyau qui
fait plus de bruit, et qui cause beaucoup, beaucoup, beaucoup de problèmes. Et,
plus souvent qu'autrement, c'est un motoneigiste, un quadiste sur 10 qui
change ce tuyau d'échappement et qui cause un problème pour toute l'industrie parce qu'il revient tard le soir,
21 heures, 22 heures, et c'est un bruit incroyable qui affecte la quiétude de ces riverains.
Donc, on va
être très sévères en termes d'amendes, on va être très sévères en termes de
normes spécifiques que l'on
va appliquer et des pouvoirs qu'on va donner aussi aux agents de surveillance.
Au-delà des agents de la paix qui pourront donner des contraventions, je veux que les agents de surveillance aussi,
nos bénévoles dans les sentiers soient capables aussi de faire ce constat et
demander, par la suite, à un agent de la paix de donner une contravention.
Donc, M. le Président, grosso modo, voici les principaux points. Je ne vais pas vous énumérer
tout ce qui est écrit dans la loi parce
que je veux laisser les oppositions
aussi s'exprimer. Je sais déjà pas mal les points qu'ils pourraient soulever. Maintenant, j'amène un point qui est important, que je ne veux
pas oublier. Pour certains, avec cette loi, plusieurs pensaient qu'un jeune de
16 ans et moins, sur une terre privée, ne pouvait plus circuler. C'est
faux. Alors, des jeunes qui se voient
offrir, pour Noël, une petite motoneige ou un petit VTT pourront le faire, mais
sous supervision de parents, de leurs parents et des parents qui ont un
permis de conduire en bonne et due forme. On ne pourra pas juste laisser aller
le jeune sur une terre et se dire :
Bien, il est parti, je ne le vois plus. Vous devrez vous assurer de bien suivre
et de bien superviser ce jeune. Donc,
sur une terre privée, les jeunes pourront piloter, conduire leur motoneige ou
leur VTT. Alors, c'est une précision, là, que je voulais faire, parce
qu'il y avait peut-être un peu d'imbroglio sur ce point précis.
Donc, voilà, M. le Président. Très heureux de déposer cette loi. On sera très ouverts pour les
amendements que les oppositions
pourront apporter. Et je souhaite qu'on soit capables d'adopter ce principe le plus rapidement possible. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions? M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand : Merci infiniment, M. le Président. On vient de
vivre un moment important à l'Assemblée
nationale où, lorsque les députés de l'opposition se lèvent, on entend
des applaudissements. C'est très bien, très bonne pratique.
Écoutez, de
toute façon, je pense que les applaudissements se prêtent bien, aujourd'hui, à
ce dont on va parler, parce que, s'il
y a un moment, à l'Assemblée nationale, où on doit se dire : On va
travailler en équipe, on va tous travailler en équipe de la meilleure façon possible, c'est bien sur la question de
cette
Loi sur les véhicules hors route. Je pense que du côté de l'opposition... je pense que je peux le
dire également avec mes collègues de l'opposition, je pense qu'on peut dire
qu'on veut travailler pour qu'il y ait une loi qui puisse faire en sorte qu'on ait vraiment un meilleur contrôle sur les
activités de ces véhicules qui ont causé... en fait, il y a eu beaucoup
de dommages au Québec.
Je faisais
simplement un retour un peu sur ce qui s'est passé durant l'hiver, par exemple,
puis j'ai des articles ici. L'accident
de motoneige à Iberville, un homme dans un état critique, et on disait :
Le motoneigiste ne portait pas de casque, selon un communiqué de presse dévoilé par la Sûreté du Québec. On avait ici, ça, ça date du mois de février, Violent accident
de motoneige en Mauricie : une mère de
cinq enfants succombe à ses blessures . Et on voit, encore une fois, que possiblement ces accidents-là
auraient pu être évités.
Quelques jours plus tard, deux nouveaux
accidents de motoneige, dont un mortel. Moins d'une semaine après l'accident qui avait coûté la vie à une mère de
famille, un autre motoneigiste a perdu la vie en Mauricie, une femme de 56 ans qui avait subi de graves blessures
lors d'un accident qui était survenu à Saint-Alexis-des-Monts. Alors, vous
voyez encore une fois une série, évidemment,
d'accidents. Ici, vous voyez un Français qui