Public Finance — 12 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-06-12
Quebec — Committees
(Quinze
heures douze minutes)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je déclarela séance de la
Commission des finances publiques ouverte. Je demanderais à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
téléphones cellulaires.
commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 31, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant
principalement le secteur financier.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Bachand (Outremont) est remplacé par M. Iracà
(Papineau) et M. Dubé (Lévis) par M. Le Bouyonnec (La Prairie).
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci. Alors, bienvenue à tout le monde, bonjour
à tout le monde. Et jevous souhaite
à toutes et tous une très bonne commission. Et nous débutons avec les remarques
préliminaires. M. le ministre, vous disposez d'un maximum de 20 minutes
pour vos remarques préliminaires.
M. Marceau : Merci, M. le Président. Donc, je vous salue, je salue aussi également
la secrétaire de commission.Je vais saluer
les collègues, donc, mes collègues députés de Sanguinet, Rouyn-Noranda—Témiscamingue, Dubuc et puisSaint-Maurice, mes compagnons d'aventure, M. le
Président, qui participaient avec moi depuis quelques jours… On se voit
fréquemment, on va dire ça comme ça.
Une voix :
Plus que les enfants. On se voit plus que nos enfants.
M. Marceau : Oui. Également saluer le député de Viau, députée de Laporte, député de
Papineau évidemment avec le député de La Prairie.
Pour
les travaux que nous entreprenons, je vais être accompagné évidemment des
spécialistes du ministère desFinances
et de l'Économie, en particulier de M. Rhéaume, qui est le directeur général du
droit corporatif et des politiquesrelatives
au secteur financier, de même que de nombreuses personnes de son équipe. Il y a
également avec nous pour nous aider, pour nous accompagner, plusieurs personnes
de l'Autorité des marchés financiers, M. Derek West, Mme Élyse Turgeon,M. Jean-François Routhier, Mme Marie-Christine
Dorval et Mme Suzanne Mercure, qui, pour chacun des dossiers… Enfin, je
vous indiquerai les personnes-ressources, là, pour chacun des dossiers que nous
étudierons.
vais vous présenter… je vais vous faire quelques remarques préliminaires dans
deux secondes, mais, avant cela, je voudrais dire que je vais vous
suggérer rapidement que nous procédions par sujets. On a déjà répertorié, je
crois, huit sujets, et donc je vous
proposerai, M. le Président, et si on a le consentement de l'opposition, que
nous procédionspar sujets. Et, sur
chacun d'entre eux, encore une fois, il y aura des experts qui pourront
répondre aux questions, s'il y en a.
Alors,
écoutez, M. le Président, je suis heureux, premièrement, que le principe de ce
projet de loi ait été adoptéce matin
même et je suis heureux que nous en soyons à l'étude détaillée parce que c'est
un projet de loi important. Voussavez
que ce projet de loi modifie essentiellement de nombreuses lois qui visent à l'encadrement
des marchés financiersavec deux
objectifs toujours : premièrement, s'assurer de la plus grande efficacité
de notre système financier, mais également et de façon toute aussi
importante, la protection du public.
y a, dans le projet de loi, des mesures en particulier qui visent à donner
suite aux recommandations du G20 enmatière
d'encadrement des marchés des dérivés. Il était de la plus grande importance,
M. le Président, que ces dispositions soient adoptées, puisqu'il est de
la plus grande importance que les lois québécoises en matière d'encadrement des
marchés financiers soient à l'avant-garde, soient parmi les meilleures au monde
et comme c'est déjà le cas.
vous dis rapidement que, donc, le projet de loi introduit des dispositions
visant à modifier la
Loi sur l'Autoritédes marchés financiers… à la
Loi sur les valeurs mobilières, à la Loi
sur l'Autorité des marchés financiers, à la
Loi sur lesinstruments dérivés, à la
Loi sur les assurances,
à la
Loi sur la distribution de produits et services financiers, à la
Loi surles entreprises de services monétaires, à la
Loi sur le courtage immobilier et à la
Loi sur les sociétés par actions. J'ai
peut-êtrerépété quelque chose, mais,
de toute façon, vous aurez compris que ça modifie essentiellement toutes les
lois qui encadrent les marchés financiers.
Alors,
essentiellement, c'est cela, M. le Président. Les thèmes seront ceux que je
viens d'énumérer. En fait, jevous
proposerai que nous procédions par l'examen de toutes les dispositions
modifiant une loi, puis, une fois qu'on aura complété un sujet, donc, qui
correspond aux dispositions modifiant une loi, on passe à une deuxième loi.
Alors, c'est comme ça que je procéderai.
Mais, pour l'instant, je vais céder la parole à mes collègues de l'opposition
pour leurs remarques.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le ministre. Je reconnais maintenant M. le représentant de
l'opposition officielle, M. le député de Viau, à faire ses remarques
préliminaires. Maximum, 20 minutes.
Dubourg : Merci beaucoup, M.
le Président. À mon tour de vous saluer, de saluer aussi le ministre des
Finances,de saluer aussi tous les
membres de cette commission, tant du côté gouvernemental, du côté de l'opposition
officielle,deuxième opposition, et
saluer aussi les gens qui accompagnent le ministre, qui sont ici, les
secrétaires et membres de la commission.
Donc, voilà,
nous débutons donc l'étude du projet de loi n° 31, M. le Président,
et, effectivement, c'est un projetde
loi omnibus. Donc, on voit qu'il y a plusieurs autres lois qui vont être
modifiées par le projet de loi n° 31. Je remercieaussi le ministre aussi pour le briefing technique
que j'ai eu sur le sujet. Les gens étaient présents pour répondre à la plupart
de mes questions. C'était très bien.
Et, c'est
vrai, M. le Président, ce matin, nous avons fait l'adoption de principe. Et, au
cours de cette période-là,j'interpellais
à nouveau le ministre des Finances pour lui dire qu'on avait eu des discussions
en décembre dernier en ce qui a trait à certains représentants, là, qui
nous avaient fait des représentations au niveau des courtiers d'assurance. Et j'avais dit aussi, à l'adoption de principe, que j'allais
interpeller le ministre sur ces éléments-là. Parce que je trouve qu'onest en train d'étudier un projet de loi qui touche
le secteur financier, or, on se rappelle, avec l'harmonisation de la TPS,M. le Président, qu'on avait négociée, il y
a un élément qui vise précisément ces courtiers-là. Et le ministre nous avaitdit qu'il allait prendre le temps de
regarder les propositions qui avaient été faites par ces personnes-là et en
particulier le Regroupement des cabinets de courtage d'assurance du
Québec. Et je crois que, M. le Président, moi-même et...
Je devrais commencer par dire : Je pense
que presque tous les collègues, incluant le ministre, nous avons eu des
représentations de ces personnes-là. Moi-même, j'ai plusieurs petites et
moyennes entreprises de mon comté qui m'ont
interpellé pour me dire : Voilà l'impact que cette mesure-là va avoir sur
leur organisation. J'ai des correspondancesreçues, par exemple de Gérard Fortin et Associés, qui nous dit qu'étant
donné qu'ils ne pourront plus profiter des créditssur intrants ça va avoir un impact de
45 600 $ sur leur entreprise. J'ai eu aussi Serge Provost et
Associés, qui m'a donnéle
consentement d'en parler aussi en commission parlementaire, parce que c'est un
impact de 9 474 $ sur leur entreprise. Et l'avant-dernier, c'est
le Groupe SRC, qui nous dit que, pour le cabinet, ça va être une perte annuelle
de l'ordre de 60 000 $, car notre
entreprise ne pourra plus se prévaloir du remboursement de la TVQ payée à l'achat
des biens et servicesnécessaires
pour réaliser leurs activités. Et enfin on a aussi le Groupe Axxium Assurances
qui nous a fait part de la même demande en nous disant que ça va avoir
un impact de 3 400 $ sur leur entreprise.
J'avais parlé
à M. Vaval concernant ce point-là, et spécialement, M. le Président, les pistes
de solution qu'on avaiténumérées, et
que je m'attendais à voir, non pas dans le projet de loi n° 18, ce n'était
pas le cas, alors qu'on en discutaitau
niveau du projet de loi n° 5, on ne l'a pas eu non plus dans le cadre du
projet de loi n° 25… Mais là je me dis que, dans le cadre de ce
projet de loi n° 31, ce serait l'endroit idéal pour qu'on en parle.
Il y a eu
rapidement, M. le Président, trois propositions qui ont été faites au ministre
pour dire : Est-ce qu'on nedevrait
pas utiliser… ou bien tenter d'arriver avec un crédit d'impôt remboursable pour
compenser ou aider ces petitesentreprises
là dans l'impact financier qu'elles vont subir? Il a été question aussi d'un
remboursement partiel de la TVQqui a
été présenté et aussi l'abolition complète de la taxe compensatoire. Donc, on
avait plaidé à l'époque question d'équité envers les contribuables.
On se
rappelle que cette harmonisation-là, bon, on l'avait souhaitée, et puis mon
collègue le député d'Outremont avait travaillé très fort là-dessus, et
effectivement on l'a eue. Mais, en même temps, il peut y avoir des effets
pervers là-dessus. Et je voudrais, quand ça va être le moment, M. le Président,
que le ministre réagisse, par exemple, à cette demande-là qui a été faite par
plusieurs groupes.
En terminant, M. le Président, oui, vous allez
avoir notre consentement pour traiter sujet par sujet de façon à bonifier, à
faire en sorte que ce projet de loi réponde effectivement aux exigences. On
sait que, oui, c'est un projet de loi
omnibus, mais il y a des mesures d'efficacité, il y a des mesures pour la protection
du public aussi qui rentrent en ligne de compte. Donc, nous allons
regarder ces éléments-là de façon, enfin, bien précise, quoi. Donc, voilà.
Donc, sur ce, M. le Président, c'est fini pour mes remarques préliminaires.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci, M. le député de Viau. Et je reconnais maintenant M. le député
de La Prairie, remarques préliminaires d'un maximum de 20 minutes.
M. Le Bouyonnec : Oui, merci, M. le
Président. Et puis mes salutations aux députés de Dubuc, Sanguinet,
Rouyn-Noranda—Témiscamingue
et puis de Viau, Laporte et Papineau.
Alors,
concernant les remarques préliminaires, nous comprenons donc que le
gouvernement a été un peu stimulépar
un sentiment d'urgence pour déposer ce projet de loi omnibus qui recouvre
différents sujets qu'il serait important detraiter. L'approche que nous avons décidé de prendre, effectivement, c'est
de tenter d'intercepter les véritables urgences de ce projet de loi.
Donc, on
comprend que, dans les véritables urgences, le ministre en a glissé un mot tout
à l'heure, c'est celles qui visent à se conformer à certaines dispositions qui
ont été adoptées par les pays du G20 afin de faire en sorte d'avoir un arrimage
et que le
Québec puisse continuer d'avoir un peu un rôle de leadership, là, dans la
progression des marchés financiers puis l'adaptation de ces marchés financiers et de nos organisations à la
réalité que l'on connaît dans le monde financier.
Cependant,
le monde financier est un monde excessivement sophistiqué, qui a connu des
soubresauts, mais qui,de manière
inhérente, là, a en son sein un certain nombre d'équilibres importants entre
les différents acteurs du milieu. Donc, autant nous reconnaissons
probablement l'urgence d'agir dans certains secteurs comme celui que je viens
de mentionner ou peut-être certains secteurs
où il s'agirait d'arrimer la réglementation québécoise à la situation
canadienneafin de créer des
distorsions dans le marché, mais, par ailleurs, nous avons, à la lecture du
projet de loi, considérant quenous
avons eu peu de temps pour l'étudier, remarqué qu'il y avait certains
éléments, certains chapitres même ou certainesdispositions qui nous inquiétaient et pour lesquels nous aurions aimé
soit avoir davantage d'explications, soit avoir desconsultations particulières, à défaut d'avoir des
consultations ou des réponses à nos questions satisfaisantes. Donc, endiscutant avec la
partie gouvernementale puis un
peu aussi avec l'opposition officielle, il y a un certain nombre de sujets
qu'éventuellement… — nous
allons attendre d'abord les explications de base — que nous
aimerions éventuellement retrancher du projet de loi.
Parmi
les éléments aussi qu'il faut considérer, c'est que nous avons vu, compte
tenu... suite à un certain nombrede
scandales, l'évolution des marchés financiers. L'AMF a pris de plus en plus de
place à l'intérieur du système financierquébécois. Et ce n'est pas anormal parce que la plupart des pays ont
suivi aussi ce même cheminement. Cependant, onest toujours, notre groupe parlementaire, préoccupés par de la
réglementation que nous pourrions considérer comme étantsoit de la réglementation abusive, soit une
réglementation qui ne soit pas, dans le cas présent, en regard de ce qu'on
cherche à intercepter, la bonne approche.
Rappelons
que toute loi est intéressante en autant qu'on ait véritablement les moyens de
la mettre en application.Et, en ce
qui a trait, par exemple, à la protection du public ou à d'autres éléments de
cette nature-là, eh bien, il faut avoir la capacité de pouvoir intervenir. Et cette capacité d'intervenir dépend
aussi des moyens que nous mettons à la disposition de l'AMF. Donc, il y
a certains de ces éléments-là que nous aimerions voir discuter.
Puis
aussi on est préoccupés, comme ça arrive très, très souvent, par le jeu de
souque à la corde qui peut se produireentre
différents lobbys en fonction de dynamiques transactionnelles. Donc, on sait
très bien que chaque profession cherche éventuellement à étendre son
champ de pratique, c'est normal, c'est dans la nature humaine, des fois,
empiéter sur un champ de pratique d'une
pratique autre. Donc, on croit, nous, qu'il serait judicieux, si jamais on veut
vraiment modifierles règles du jeu
dans un secteur, d'avoir la possibilité d'entendre les gens qui sont dans des
secteurs connexes, ou des secteurs reliés, ou qui pourraient être
touchés. Donc, je fais allusion, entre autres, aux modifications qui touchent
les courtiers immobiliers, par exemple, pour ne nommer que cela.
Alors, au fur et à
mesure des explications, M. le Président, nous allons revenir et puis davantage
indiquer les endroits où nous avons une
problématique. En fait, je vais le faire maintenant puisqu'on y est, là, tout
simplement. Donc, ce qui concerne le courtage immobilier, comme on le
disait… laissez-moi retrouver la...
L'encadrement
des personnes, alors, ça, ça touche l'AMF puis possiblement que c'est peut-être
un élément quipeut être plus
sensible. La
Loi sur les valeurs mobilières, l'encadrement des personnes ayant
un accès direct aux marchésfinanciers,
donc on aimerait avoir des explications à ce niveau-là parce que ça peut être
assez invasif. Et on comprendqu'ici
il y a une notion de protection du public. Cependant, on crée une nouvelle
notion de participant aux marchés et ondonne éventuellement, dépendamment, des pouvoirs étendus à l'AMF, là,
pour faire en sorte que les joueurs qui ont un accès direct aux marchés
électroniques au nom de tiers, comme des institutions, puissent avoir certaines
obligations réglementaires au-delà de celles
qui existent déjà, et on sait très bien qu'il y en a un certain nombre quand
même qui les régissent, ainsi qu'un pouvoir d'inspection de l'AMF.
a aussi, encore une fois, ce qui touche le courtage immobilier, l'encadrement
des conseillers en hébergement. Alors là, on a carrément une situation
où des corps de métier, des corps d'emploi sont soumis à un jeu de souque à la corde entre différentes responsabilités. On
comprend qu'à un moment le ministre de la Santé et des Services sociaux avaitvoulu davantage réglementer, on comprend que
maintenant il veut moins réglementer. Mais, de nous retrouver dans unesituation où dorénavant des gens qui font
simplement... Des conseillers en hébergement, qu'on associe dorénavant cela àun travail de courtage immobilier, je pense
que quelque
part c'est une extension qui est donnée au courtage immobilierqui fait en sorte qu'on vient de remettre
encore une couche de réglementation qui fait en sorte qu'on limite la capacitépour des joueurs qui ne seraient pas
courtiers en immobilier d'offrir des services à la population même s'ils le
font de manière très professionnelle.
Donc,
vous voyez l'esprit. On est favorables à une certaine réglementation et l'évolution
de cette réglementation-là, mais elle
doit être juste et raisonnable dans les circonstances. Et on ne doit pas, de
manière injuste ou prématurée, défavoriserdes professions en faveur de l'une ou de l'autre des orientations qui
sont données par leurs représentants et les lobbys qu'ils peuvent faire
de manière importante. Alors, j'arrêterais là, M. le Président. Ce sont mes
remarques préliminaires.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Merci beaucoup, M. le député de La Prairie,
pour vos remarques préliminaires. Et maintenant est-ce qu'on a votre
consentement, M. le député de La Prairie, pour l'étude par sujets?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, M. le ministre, je vous laisserais la
parole, en s'entendant bien, là, que,
si on y va par sujets, vous nous présentez le premier sujet, vous identifiez
bien les articles qui sont à l'intérieur de ce sujet-là, et ces
articles-là seront discutés de façon globale.
prends l'exemple, par exemple, de la
Loi sur les assurances, premier sujet,
Polices d'assurance avec participation,c'est les articles 1 à 5. Alors, il y a une discussion globale sur
les articles 1 à 5, et puis on laisse ça là quand il n'y a pluspersonne qui a quelque chose à dire, on passe au
sujet suivant, et, à la fin de la séance, on fera la votation dans un trait.
M. le député de Viau.
Dubourg : Merci, M. le
Président. Juste question de règlement, étant donné que j'ai abordé un certain
nombre de sujets dans mes remarques préliminaires et je sais qu'on a...
M. Dubourg : … — O.K. — 20 minutes
par question, donc je me demandais si le ministre allait réagir à ça, oui.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Oui. Bien, si vous
permettez, avant que nous ne commencions formellement l'étude de chacundes sujets, j'aimerais discuter de la question des
courtiers d'assurance avec les collègues, là. S'ils le désirent, on pourrait
prendre cinq minutes avant de...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Hors micro ou...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, allez-y. Oui, oui.
Marceau : Mais, juste pour
régler notre mode de fonctionnement, on pourrait donc... Moi, je suis à l'aise
avecce que vous avez suggéré, c'est-à-dire
qu'on fonctionne par sujets, qu'on vote à la fin. Cela étant, si, dans le cadre
de la discussion — parce
que je sais que c'est une préoccupation entre autres pour le député de
La Prairie — on
convient de retirer des articles, on conviendra qu'on les retire en
temps et lieu par un amendement approprié. Ça va? O.K.
Alors, moi,
je serais prêt à discuter, si vous voulez bien, juste pour informer le député
de La Prairie. Je sais aussique
c'est une préoccupation du député de Lévis, qui n'est pas ici, mais le député
de La Prairie pourra lui transmettre les informations relatives à
ce sujet.
M. Marceau : Alors, M. le Président, le député de Viau a
abordé la question des courtiers d'assurance, qui ontvu leur situation financière, disons, affectée
essentiellement par l'introduction ou par la mise en place de l'harmonisation
des taxes au Québec. Essentiellement, c'est le plus grand... c'est l'élément le
plus important qui a affecté la situation financière de ces courtiers d'assurance.
Il y a eu
aussi la taxe compensatoire, qui a été, entre autres choses, augmentée dans le
budget du 20 novembredernier.
Mais qu'on se comprenne bien, là, entre 85 % et 90 % du problème, là,
si vous voulez, de la situation financière plus lourde que ressentent
aujourd'hui les courtiers d'assurance, ça découle de l'harmonisation de la taxe
de vente du Québec avec la TPS. 85 %,
90 % du problème découle de cela, puis, disons, un 10 % à 15 %
découle de la taxe compensatoire sur les institutions financières.
Comme je m'y étais engagé, du travail a lieu, a
eu lieu et se poursuit. C'est l'information que je voulais vous donner. Une des choses qui a... Parmi les
nombreuses choses qui ont été faites, on a récolté des données, au ministère
desFinances et de l'Économie, on est
allés se faire... on s'est construit un état de la situation pour bien
comprendre la situationdes courtiers
d'assurance, et on a fait cela dans les derniers mois, et il y a eu des
rencontres récentes entre la directiondu
ministère et les courtiers d'assurance. Et ce que je peux vous dire, c'est qu'on
travaille à identifier des solutions, ladiscussion se poursuit entre autres avec le Regroupement des cabinets de
courtage d'assurance du Québec. Donc, cette discussion se poursuit, et
on va...
Écoutez,
encore une fois, le problème, nous le comprenons et puis on voudrait lui
apporter une solution. Cela étant,je
veux juste vous confirmer que, comme l'essentiel du problème découle de l'harmonisation
puis que cette harmonisationdécoule
d'une entente signée avec le gouvernement fédéral, on ne peut pas revenir sur
cet aspect-là, O.K., on ne peut paschanger
cette partie-là du problème. Alors, là où on peut agir, c'est sur la taxe
compensatoire, et ce sont... des scénarios àcet effet sont à l'examen présentement, puis, encore une fois, il y a
des discussions avec le Regroupement des cabinets de courtage d'assurance
du Québec.
Alors, c'est
ce que je peux vous dire. Donc, je vous confirme que l'engagement que j'avais
pris de faire du travailavec ces
courtiers d'assurance, cet engagement, je le respecte et puis je comprends la
situation. Et puis, encore une fois,dans
la mesure des moyens qu'on a à notre disposition, on va tenter de les aider.
Cela étant, je vous répète, il y a 85 %, 90 %du problème qui vient de l'harmonisation, et ça, j'ai
plus de difficultés, si vous voulez, à résoudre cette partie-là du problème.
Alors, c'est
ce que je voulais vous dire. Évidemment, je suis prêt à répondre à d'autres
questions du député de Viau ou du député de La Prairie s'ils en
ont.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : Oui. Merci, M. le Président. Je veux aussi dire au ministre que je
comprends qu'il ne peut pas revenirsur
cette entente-là qui a déjà été signée, dont nous sommes en accord avec, bien
contents de cette entente-là. Mais toutefois,effectivement, dans ses champs de compétence à lui, c'est ça qu'on
voulait savoir, trois questions rapides, à savoir : Dans l'étude
que vous avez commencée, est-ce que le ministre peut nous dire le nombre d'entreprises
visées et c'est quoi, l'impact, c'est quoi,
le montant qui est en jeu? Et aussi j'aimerais savoir : Est-ce que, dans
les pistes de solution qu'il regarde,est-ce
qu'il peut nous dire... est-ce que ça va venir un peu dans le style de crédits
d'impôt remboursables ou remboursementpartiel?
De quelle façon? Et enfin quand est-ce que ces mesures-là et sous quelle forme
ces mesures-là, d'après lui, vont entrer en vigueur pour ces
entreprises-là?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui. Regardez, je n'ai pas les informations avec moi présentement, là.
Je vais les obtenir... je vais tenter de les obtenir dans les prochaines
minutes. Mais je peux vous dire qu'on est allés chercher des données sur l'ensemble
des courtiers, là. La population des courtiers québécois, on est allés chercher
de l'information à leur sujet. Maintenant,
il y a des choses que je peux vous dire, d'autres choses que je ne peux pas
vous dire. À ce stade-ci, comme jen'ai
pas l'information en main, je ne suis pas capable de vous dire exactement ce
que je vous dirai plus tard. Permettez-moi de vous revenir un peu plus
tard aujourd'hui si vous voulez bien.
Maintenant,
quant aux pistes de solution puis au temps que ça prendra pour les mettre en
oeuvre, là-dessus je suis... je ne pourrai pas, malheureusement, m'aventurer
sur ce terrain-là aujourd'hui. Ce que je peux vous dire par contre, c'est que je reconnais le problème, là. Donc, à
partir du moment où je reconnais le problème, on va tenter de lui apporterune solution. Maintenant, je suis forcé de vous
admettre que ça ne pourra pas être une solution complète étant donné, encoreune fois, que 85 % du problème découle
de l'harmonisation, mais je peux vous dire qu'il y a eu des rencontres encoretoutes récentes entre la direction du
ministère et les courtiers, et je pense qu'il y a un bon esprit de
collaboration, et tout le monde comprend les contraintes auxquelles tout
le monde est exposé.
Alors,
je vous reviens, par exemple, si vous voulez bien, plus tard avec quelques
informations supplémentaires sur les... Vous, vous voulez savoir... vous
voulez que je vous documente les impacts des mesures, que je vous dise de
combien ça a affecté les chiffres d'affaires?
M. Marceau :
Bon. Je vais tenter de vous trouver des informations à cet effet.
M. Dubourg :
D'accord. Et...
M. Marceau :
Combien d'entreprises aussi.
M. Dubourg :
...la population. Et aussi, bien, je reconnais, M. le Président, que le
ministre des Finances a toujours été ouvert
effectivement à faire ces analyses-là, et je comprends. Mais, en même temps,
une question précisepour les
rassurer aussi, à savoir : Est-ce qu'indépendamment du moment que ces
mesures-là vont arriver, vont être mises en place, est-ce que vous allez
tenir compte... C'est quoi, la période qui va être visée? Est-ce que ça va être
depuis l'arrivée de l'harmonisation ou bien
vous n'analysez pas la possibilité de dire, bon, à partir de telle date, par
exemple?C'est-à-dire que ces gens-là,
je crois bien qu'ils aimeraient que les mesures que vous allez proposer
commencent dès le moment de l'harmonisation, c'est-à-dire au moment qu'ils
n'ont plus droit à ces crédits-là.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui. Merci. C'est une excellente question, et je ne suis pas en mesure
d'y répondre parce que jene connais
pas, encore une fois, l'ampleur des montants qui devront être retournés, entre
guillemets, aux courtiers d'assurance.
Et, vous le savez, l'année 2013‑2014 a été l'année la plus exigeante au plan
des finances publiques. C'estune
évidence, là, je pense que, pour 2014‑2015, c'est plus facile. Alors, c'est sûr
qu'a priori ma première réaction, c'est devous dire : On parle probablement de solutions qui entreraient en
vigueur dans le futur plutôt que dans le passé, mais je nesuis pas… je ne vous confirme pas ça, je vous dis
simplement que, d'instinct, c'est certain que des mesures qui impliquentdes frais, qui impliquent des montants de
moins pour le gouvernement, ce n'est pas facile ces temps-ci, là. On est dansune période où il faut faire attention,
mais, pour le futur, c'est envisageable. Mais je ne vous dis pas que ça va être
ça, je vous dis simplement : Première réaction, ce serait ça.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député.
M. Dubourg : Oui, d'accord, mais... Je comprends. Et je veux aussi inviter le
ministre à... effectivement, dansses
analyses, si toutefois il veut nous consulter ou bien il veut regarder
différents scénarios, qu'on est ouverts, de façon à limiter le fardeau
fiscal de ces entreprises-là. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Merci. M. le ministre, sujet 1.
M. Marceau : En fait, M. le Président, je vous suggère que nous commencions par le
sujet 8,
Loi sur les valeurs mobilières, si vous voulez bien, Loi
sur les valeurs mobilières.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : ...les articles, vous pouvez bien identifier les
articles, là.
M. Marceau : Aucun problème. Alors, est-ce que j'ai ça à quelque part? Les articles
qui sont en cause... Là, j'ai tout ça dans... pour la
loi sur... Est-ce
qu'on peut...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Je vais suspendre peut-être deux minutes.
M. Marceau :
Oui, c'est ça.
(Suspension de la séance à
15 h 41)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, on reprend nos travaux. M. le ministre,
sur le sujet 6, la
Loi sur les instruments dérivés.
M. Marceau : Oui. Merci, M. le Président. Alors, dans la Loi — 6 — sur
les instruments dérivés, le premier sujet,Recommandations du G20, les modifications proposées à la
Loi sur les
instruments dérivés visent à donner suite à de récentstravaux du G20 et de l'Organisation internationale
des commissions de valeurs, qui recommandent d'identifier, d'évalueret de gérer de manière distincte les risques
associés aux différentes fonctions au sein des infrastructures de marché. Ces
organismes recommandaient également d'obliger la compensation de produits
dérivés de gré à gré lorsque c'était possible.
Alors, M. le Président, les articles 86 à 90, 93 tel qu'amendé — donc il y aura un amendement, je suppose, à 93 — 96 tel qu'amendé et 98 tel qu'amendé… Donc,
j'imagine que j'ai trois amendements à déposer. Est-ce qu'on a les...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Ils ont été distribués.
M. Marceau :
Ils ont été distribués? Bon. En fait, il y a des amendements à 93, 96 et 98.
M. Marceau : M. le Président, l'article 93 et l'article 98 sont amendés.
Enfin, les amendements aux articles 93 et 98 sont des amendements
visant la version anglaise de la loi.
M. Marceau : M. le Président, vous allez nous expliquer ça, j'ai l'impression. Non,
sans blague, c'est vraiment de la grammaire puis de...
M. Marceau : Oui. C'est des problèmes en anglais. Puis par ailleurs, dans l'amendement
à l'article 96, c'est unamendement
qui vise à supprimer un renvoi superflu aux articles 23 et 24 de la Loi
sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection
des renseignements personnels.
Me Paquin,
est-ce que vous êtes en mesure d'expliquer le... Oui? Donc, si vous voulez...
Bien, je pense que les autres amendements n'étaient pas de nature
importante, mais celui-là peut-être un peu plus. Je ne sais pas, en fait.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a consentement pour entendre
Me Paquin?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Me Paquin, après vous être identifié, vous
avez la parole.
M. Paquin (Mathieu) : Oui, M. le Président. Mathieu Paquin de la Direction des affaires
juridiques, au ministère des Finances
et de l'Économie. Alors, c'est assez simple. En fait, c'est qu'en 2006 il y a
des articles qui ont été ajoutésdans
la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection
des renseignements personnels, notammentà l'article 41.2, qui va prévoir, dans certains cas, pour l'application
d'une loi, la possibilité de transférer des documentsqui contiennent des renseignements concernant des
tiers sans l'autorisation de ces tiers-là, pour l'application d'une loi.
Antérieurement
à l'ajout de cet article-là, une disposition comme l'article 93.1 de la
Loi sur les instruments... c'est-à-dire plutôt comme l'amendement qu'on
introduit avec 93.1, lorsqu'on prévoyait que les articles 23 et 24 ne s'appliquaient pas, on visait à éviter la
transmission d'un avis à un tiers. Or, cet avis-là n'est pas nécessaire avec l'article 41.2qui est ajouté dans la
Loi sur l'accès aux
documents. Essentiellement, c'est qu'on fait un peu de ménage dans les lois
pour enlever une précision qui est inutile parce qu'elle a été prévue
par ailleurs dans la
Loi sur l'accès aux documents.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, M. le ministre.
M. Marceau : Bien, voilà. Donc, trois amendements qui ne sont pas de substance, là,
si on se comprend bien.
Alors,
M. le Président, les modifications, donc, sont de nature à mettre en oeuvre les
recommandations du G20.S'il y a des
questions de l'opposition, je suis accompagné, donc, je le disais plus tôt, de
l'Autorité des marchés financiers, de M. Derek West, qui pourrait
vous en dire un peu plus long sur ce qui était prévu dans le cadre du G20.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : Merci, M. le Président. Donc, dans cette partie-là,
Loi sur les
instruments dérivés, dans ce que leministre
vient de lire, c'est indiqué que... enfin, suite aux récents travaux du G20 et
de l'Organisation internationale descommissions
de valeurs mobilières, il nous dit d'identifier, d'évaluer et de gérer de
manière distincte les risques associésaux
différentes fonctions au sein des infrastructures de marché. Est-ce que le
ministre pourrait élaborer un peu sur les types de risques dont on parle
ici, qu'il faut mieux gérer, s'il vous plaît?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Je vais demander à M. West de venir vous en dire plus long. Ça va
être une réponse certainement plus intéressante et complète que celle
que je pourrais fournir, qui serait nécessairement celle de quelqu'un qui a
reçu l'information. Donc, on va aller directement à la personne qui connaît
bien le dossier.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a consentement pour entendre
M. West?
Des voix :
Oui, consentement.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. West, après vous être identifié, vous
avez la parole.
M. West (Derek) : Merci. Je suis Derek West, directeur principal de l'encadrement des
dérivés à l'Autorité desmarchés
financiers. Quand le G20 a réagi à la crise financière en 2009, ils se sont
engagés, les leaders du G20, pour mitiger...d'essayer de mitiger, réduire le risque systémique, notamment, dans les
marchés. Donc, évidemment, le risque systémique,le risque qui a une série de défauts, qu'il y a incertitude dans les
marchés, tout ça, c'est très important, ça fait
partie des risques qu'on vise avec les modifications, qui
étaient apportées en 2011 et qu'on continue à élaborer avec les règlements
qu'on développe de concert avec mes homologues à travers le Canada.
risques dans le marché, les risques... Évidemment, le risque systémique, c'est
le plus important. Mais égalementil
y a le risque, dans ces marchés qui sont tout à fait opaques — les
marchés de dérivés OTC, c'est des marchés qu'on ne connaît pas — donc
il y a l'incertitude de la vraie valeur des dérivés. Et, dans une crise, ne
sachant pas qu'est-ce qu'il y a dans un
dérivé ou quelle est la vraie valeur d'un dérivé, ça peut causer des grands
problèmes pour les joueursdu marché,
les participants à un marché. Cette transparence va être donnée au marché avec
la reconnaissance et l'utilisationdes
référentiels centraux de données qui existent déjà, on commence à les utiliser.
Avec l'attribution d'un référentiel central dans la définition d'une
entité réglementée en 2011, on permet à l'autorité d'accéder à ces
informations.
Cette transparence
est primordiale non seulement pour le régulateur du marché pour voir le risque
d'une manipulation du marché, d'un accroissement de risque systémique, mais c'est
aussi important pour le régulateur pour mettre
en oeuvre d'autres obligations qu'on aura, comme la détermination qu'un dérivé
particulier doit être compensésous une
chambre de compensation reconnue. On ne peut pas faire cette détermination sans
avoir des informations. Donc, la transparence va réduire le risque qu'on
va créer un fardeau, obliger quelqu'un à transiger ou à faire compenser un dérivé qui apportera trop de risques à la Chambre
de compensation, une
partie de l'infrastructure des marchés financiers
très importante.
Donc,
il y a également la transparence pour le public, comme je disais, détermination
d'un vrai prix d'un dérivé,de savoir
comment ça fonctionne, le marché, de connaître plus sur le marché, où on
investit beaucoup d'argent. C'est très important, je pense.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : Oui. Donc, je vais poser aussi une question à M. West. Merci pour
ces informations. Donc, vousavez
parlé de valeur marchande. Cette valeur marchande là des dérivés, bien ça peut
être... cette valeur-là est fonctiond'un
certain nombre d'éléments. Vous avez parlé aussi de manipulation. Mais quel
élément que vous pensez qu'on devraitmettre
en place? Ou bien ce qui est prévu dans la loi, est-ce que c'est assez pour
permettre d'avoir cette transparence-là? Ilest vrai qu'il est question d'échange d'information, on va en parler,
mais il y a plusieurs facteurs qui rentrent en ligne de compte quand on
parle de valeur marchande des dérivés. Est-ce qu'on a les outils nécessaires
pour y arriver?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre? M. West.
M. West
(Derek) : Effectivement,
oui, je crois, avec les travaux qui sont en cours, ce qu'on a d'outils
législatifsau Québec, je pense que
nous sommes parmi les leaders. On a vraiment mis dans notre
Loi sur les
instruments dérivésle pouvoir sur
ces marchés, qui n'existe pas ailleurs. Donc, même si, à l'article 7 de la
Loi sur les instruments dérivés, on dispense les contreparties
qualifiées de l'obligation d'inscription et d'autres parties de la loi parce qu'on
croyait toujours que ces personnes étaient
des grandes personnes, n'avaient pas besoin de notre aide, mais on avait
toujours la possibilité d'appliquer notre loi, peu importe la
contrepartie.
Donc, il y a toujours question : Est-ce qu'on
encadre les dérivés ou les participants au marché, les institutions financières, qui sont évidemment encadrées par le
fédéral? Mais notre point de vue, c'est qu'on encadre le dérivé. On a
toujours la possibilité de poursuivre quelqu'un, d'appliquer notre loi, peu
importe la contrepartie. Il y a d'autres...
Pour la
question de c'est quoi, la vraie valeur du dérivé, là c'est très important, on
va obliger aux participants aumarché
de savoir c'est quoi, la vraie valeur. Il y aura… Évidemment, avec la
compensation des dérivés, la chambre vadéterminer à tous les jours ou plusieurs fois par jour quelle est la
vraie valeur du dérivé pour avoir les marges, flux marge.Mais également, pour les marchés qui... pour les
dérivés qui ne sont pas compensés, nous travaillons avec l'OICV, l'organisme
international des commissions de valeurs, pour améliorer le système de
validation soit par modèle ou d'autres manières.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Viau.
Dubourg : Merci. Donc, dans
ces études-là, bon, des recommandations, là, qu'on nous demande suite auxrécents travaux du G20, j'aimerais savoir où
est-ce qu'on se situe, nous, par rapport aux autres pays qui sont impliqués.Est-ce qu'on est les pionniers? Est-ce qu'on
est les plus avancés ou bien ces analyses-là ont déjà été faites et nous n'avons
qu'à, d'une certaine façon, les appliquer ici? Où est-ce que nous en sommes
ici?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. West.
M. West
(Derek) : C'est un très
grand sujet. Nous avons des modifications législatives déjà faites,
quelques-unesde proposées. On a des
travaux réglementaires qu'on fait avec nos homologues à travers le Canada pour
mettre en placedes règlements. On n'est
pas les pionniers. Il n'y a rien à gagner à être pionnier vu, évidemment, que
notre marché estrelativement petit
comparativement aux États-Unis ou à l'Europe. Mais quand même c'est un marché
très important pour le Canada, même dans sa petite taille, c'est
vraiment très important pour le Canada.
Donc, où
sommes-nous? Les Américains, avec la loi Dodd-Frank et les règles qui sont en vigueur,
ils sont très avancés, je dirais trop avancés. Les Européens les suivent
de près. Il y a un petit retard de six mois, 12 mois parfois. Il y a d'autres parties de la loi européenne qui
ne vont pas entrer en vigueur avant 2015‑2016. Pour quelques parties, ils sont plus en
arrière. Je dirais, pour les autres pays, on est pas mal avancés.
Dubourg : D'accord. Merci.
Je voudrais, M. le Président, revenir sur la question d'accès aux documents. Je
ne sais pas si c'est M. West ou
bien Me Paquin qui va nous répondre. Tantôt, il nous a parlé de 41.2. Or,
le ministre desFinances, dans le
cadre du projet de loi n° 18, vous vous rappelez, on a fait... on a
passé énormément de temps en ce quiconcerne
la protection des renseignements personnels, et je pense que, dans cette
partie-là, il est question de traitement confidentiel des informations par une partie. Est-ce que vous pouvez
éclairer la commission sur cet échange d'informationqu'on faisait aussi… ce qui existait auparavant et
l'objet d'apporter ces modifications-là au niveau du traitement confidentiel
de l'information?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Je vais commencer,
je vais céder à M. West, pour la suite… Les informations qui vont être
déposéesdans les référentiels
centraux, il n'est pas prévu que ces informations-là soient accessibles à n'importe
qui, là, elles sont...elles vont
être accessibles aux parties qui sont impliquées dans la transaction puis
éventuellement au régulateur, mais c'esttout. Alors, c'est ça, le point, là. Alors, c'est pour ça qu'il y a
certaines… Bien là, je ne sais pas si vous faisiez référence à l'amendement,
mais je ne crois pas qu'il y avait de lien entre l'amendement…
M. Dubourg : Oui, c'est dans l'amendement,
effectivement, il y avait le lien de 41.2.
M. Marceau : L'objectif, là, c'est
que seules les parties liées par une transaction et le régulateur aient accès à
l'information, mais je vais laisser...
M. West (Derek) : Je peux préciser.
M. Marceau : Oui, oui, précisez,
allez-y.
M. West
(Derek) : C'est prévu qu'il
y a la possibilité de transmettre, de publier les informations d'un référentiel
central au public, mais ça ne va pas être les détails que voient les
participants ni le régulateur, ça va être des positions agrégées, des prix comme on voit avec les marchés
de valeurs. Donc, on ne va pas voir que telle ou telle compagnie a
transigé sur quoi. Donc, oui, le ministre a tout à fait raison que la
confidentialité des détails sur les transactions, c'est primordial.
Dubourg : D'accord. Et, en
même temps, M. West, ce traitement confidentiel des informations, c'est la même
chose aux États-Unis, c'est comme ça que c'est traité aussi?
M. Dubourg : Merci. Oui, ça va.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Ça va? Alors, est-ce que ça termine... Ah! Monsieur… Oui, M. le député
de La Prairie. Je m'excuse.
M. Le
Bouyonnec : Oui. Dans l'intention
au niveau, là, des produits dérivés, on a vu les systèmes évoluer, les
systèmes de compensation puis les systèmes, en anglais, qu'on appelle
communément «clearing and settlement», là. Puis,
généralement… Puis c'est vrai pour le marché des valeurs mobilières, incluant
les produits dérivés, mais c'est vraiaussi
pour l'ensemble du système de paiement, incluant les transactions
internationales, les transactions interbancaires,les transactions avec les cartes de crédit, comme
par exemple, le Canadian Payments Association, qui comprend un paquet,
donc, d'organisations sous la Loi des banques canadiennes, supervisées par la
Banque du Canada.
Et, la
dernière fois que le gouvernement fédéral a fait un «task force» pour tenter d'évaluer
quels étaient les coûtspour faire
passer le Canada du statut où on est à un statut supérieur pour effectivement
être en mesure, par exemple, defaire
des compensations plusieurs fois par jour, d'être capable de calculer les
positions nettes plus rapidement, de permettre à des plus petits joueurs d'intégrer le système... Parce que, la
difficulté, dans ce système-là : tu intègres des plus petits joueurs,quelles sont les contreparties, quelles sont
les protections que l'ensemble du système… d'où la discussion qu'on a sur lesrisques systémiques. Et donc ce système-là,
par exemple, pour ne parler que de celui‑là, qui n'est pas le même que ce donton parle, mais je fais un parallèle parce
que c'est la même dynamique, on parlait, à ce moment-là, de milliards de
dollars d'investissement pour pouvoir faire en sorte qu'on arrive à
vouloir faire ce qu'on veut.
Donc, ma
question. C'est intéressant de le dire puis, oui, effectivement, d'avoir des
systèmes que vous appelez des systèmes d'appariement, oui, c'est
intéressant, puis, oui, on devrait y arriver. Mais on sait très bien qu'en bout
de course quelqu'un devra payer, payer la
note de ça. Donc, quelles ont été les discussions avec les intervenants du
marché? Et surtout, lorsqu'on parle
des groupes avec de l'autoréglementation, on souhaite à la fois qu'il y ait un
terrain de jeu qui soit égal pour tout le monde. Donc, on ne veut pas
laisser des joueurs à l'extérieur de ce terrain de jeu là parce qu'on préfère les avoir à l'intérieur. Mais, ce faisant,
il faut quand même avoir des critères, donc une balance au niveau de ces
critères-là.
Puis on voit
quand même que, là, il y a des objectifs de faire en sorte que ça devienne une
obligation de résultatplutôt qu'une
obligation de moyens pour s'assurer que tous les joueurs qui participent, par
exemple, au système soient àl'intérieur
de ce système-là et que l'organisme d'autoréglementation ne mette pas des
barrières indues pour qu'on ait unecohésion
de système. Mais tout ça, ça coûte, en bout de course, énormément d'argent. Et
mon collègue le député de Viau, jepense,
touchait un peu ça en disant : Par rapport aux États-Unis, par rapport à l'Europe,
par rapport à d'autres pays, où en sommes-nous, que devrions-nous faire
pour arriver à ça?
Est-ce que le
gouvernement a eu des discussions pour déterminer si on voulait vraiment avoir
des plateformes decompensation,
évoluer avec le «pricing» réel des produits dérivés avec des compensations
plusieurs fois par jour? Surtout dans le marché canadien, on a plusieurs
fuseaux horaires. Y a-t-il eu des évaluations du coût que l'industrie devrait supporter? Et est-ce que le gouvernement a l'intention
de participer à ces coûts? Est-ce qu'il y a un plan à moyen, à longterme pour tenter... En fait, est-ce qu'il y a eu
des comités de travail sur la question ou on a une approche, là, strictementjuridique mais qui pourrait très bien ne pas
voir le jour dans le concret s'il n'y a pas derrière ça une machine qui s'assure
de mettre en place les systèmes dont on a besoin?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Je vais laisser M.
West, qui...
M. West (Derek) : Je vais demander à
Suzanne Mercure d'en parler, parce que...
M. Marceau : Mme Mercure.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Mercure. Mme Mercure?
Mme Mercure (Suzanne) : Suzanne
Mercure, oui.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a consentement à
entendre Mme Mercure?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, Mme Mercure, après vous être identifiée,
vous avez la parole.
Mme Mercure (Suzanne) : Suzanne Mercure, donc Direction des affaires
juridiques à l'Autorité des marchésfinanciers.
Si je comprends bien, si je saisis bien votre question, je dirais qu'il y a
deux ordres de question dans le problèmeque vous soulevez. Il y a, d'une part, les systèmes de très grande valeur
que vous soulevez, dont vous dites que le gouvernement... au sujet duquel vous dites que le gouvernement fédéral s'est
livré à des études, et c'est exact, vous avez raison, mais on ne parle
pas tout à fait... on ne parle pas de la même chose.
C'est-à-dire que,
lorsqu'on parle des chambres de compensation et des... Quand on parle des
chambres de compensation, la Chambre de
compensation, c'est cette espèce d'entité qui est extrêmement sophistiquée et
qui est de laplomberie hautement
sophistiquée qui fait en sorte que les opérations qui sont conclues sur le
marché sont digérées par lesystème,
les opérations sont appariées, là, l'acheteur et le vendeur se rencontrent, on
sait que c'est la bonne opération, lesmodalités
sont les bonnes. La Chambre de compensation intervient — enfin, je ne veux pas entrer dans tous les
détails — pourindiquer que tous les mécanismes,
finalement, donc, d'établissement de la valeur qui ont lieu, les mécanismes d'établissement des marges qui sont faites sur une base
intrajournalière...
y a les marges initiales, il y a les marges intrajournalières. Toutes ces choses-là
existent déjà. Et donc c'est pris en charge par des chambres de
compensation, qui déjà examinent finalement le risque que les opérations l'amènent
à supporter et qui prennent, donc, les
dispositions pour faire en sorte d'étaler, de répartir ce risque pour éviter,
donc... C'est une question essentiellement de gestion du risque.
Mais
évidemment, donc, les opérations, en fin de journée, les opérations de chacune
des chambres de compensation… Au
Canada, il y a en deux grandes. Il y a la chambre des CDS qui s'occupe des
opérations sur valeuret des
opérations au comptant, et il y a CDCC qui s'occupe des opérations sur dérivés,
qui est liée à la Bourse de Montréal.Et
donc ces systèmes-là, donc, la compensation ayant été opérée, chacune des
chambres de compensation voit, donc, àeffectuer
le règlement des opérations et ensuite, donc, à effectuer... donc à liquider
les dettes et à faire en sorte, donc, à ce que le paiement puisse
intervenir en fin de journée et que tous les comptes puissent être mis à jour.
les systèmes dont vous parliez tout à l'heure sont les systèmes qui
interviennent à un niveau très large, c'estce qu'on appelle le LVTS, le Large Value Transfer System, qui est le
système fédéral et qui intervient, donc, pour fairetransiter les sommes à l'intérieur du Canada, mais
aussi à l'étranger. Donc, il y a vraiment... Donc, les dispositions dontvous faisiez état sont des mécanismes qui
existent déjà, qui sont opérés quotidiennement, couramment, par les chambresde compensation et par les systèmes de
règlement, alors que... Et le système de transfert de grandes valeurs est un
système qui est essentiellement fédéral.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : Effectivement, ça, c'est ce qui existe. Et puis, lorsqu'on... Tout à l'heure,
je faisais référenceaussi au
Canadian Payments Association. Il n'y a pas que le LVTS qui gère aussi. Il gère
aussi les plus petites transactions. Il a comme... Il y a deux niveaux,
il y a deux étages...
Mme Mercure
(Suzanne) : ...c'est ça, il y a deux différents systèmes, oui.
M. Le Bouyonnec : Nous avons aussi des institutions québécoises qui y participent, hein?
Donc, Desjardins, par exemple, est un des joueurs majeurs de ce
système-là, même s'il n'est pas sous la juridiction fédérale puis même si, autrement dit, la Banque du Canada n'a pas… compte
tenu du risque systémique, ne peut pas véritablement enquêter sur le
risque systémique que Desjardins pose.
Mais je réitère ma
question parce que j'ai fait exprès d'indiquer que je faisais un parallèle avec
un autre système, mais qui, dans le fond, en
termes de fonctionnement, est très, très semblable. On parle, puis M. le
ministre va enconvenir, on parle de systèmes
informatiques hypersophistiqués. Et, on l'a vu, tout gouvernement, lorsqu'on
tente d'implanter un nouveau système
sophistiqué ou d'en modifier les tenants et aboutissants, entre autres, en
augmentant leniveau d'information,
des fois ça se traduit par plus de «digits», ça se traduit par des opérations
qui sont davantage entemps réel, ça
se traduit aussi pour : Quel type de collatéral, par exemple, dans les
compensations qui se font? Est-ce qu'on aun système bilatéral, est-ce qu'on a un système multilatéral? Quel
niveau de granularité de joueurs qu'on accepte ou non dans le système?
Moi,
l'impression que ça me donne — et c'est pour ça que j'ai posé la question
puis je la repose — on voit
qu'ona un système, aujourd'hui, qui
fonctionne pour ce que nous avons dans les compensations des produits dérivés,
au même
titre que nous avons un système au niveau du système de paiement
canadien, interbancaire, etc., qui fonctionne. Mais l'idée n'est pas là. Ce qui fonctionne aujourd'hui fonctionne. Il y a eu
des centaines de millions, des milliards qui ont été investis.
L'idée est que, si
jamais on veut passer à une autre étape, là il y a des investissements en
infrastructures qui peuvent être, dans
certains cas, colossaux, d'où mon parallèle avec le système de paiement
canadien, pour lequel d'ailleursles
banques s'arrachent encore la tête et pour lequel le ministre Flaherty n'a pas
voulu pousser, ayant d'ailleurs la problématique, là, de l'organisme de
réglementation unique pour le Canada, ce qui fait que la juridiction
provinciale est importante dans cette discussion-là.
On se retrouve, en
parallèle, avec le même genre de situation ici, compte tenu des juridictions
partagées. Et je repose ma question :
Est-ce qu'il a été prévu, à ce moment-là, si jamais on demande plus de
transparence, si jamais onfait en
sorte qu'on veut accueillir davantage de joueurs en termes de coûts, en terme
de coûts... Et, si jamais ça n'a pas été fait, je pense que ce n'est
peut-être pas un problème, mais ça devrait l'être, en collaboration avec les
membres des organismes autoréglementés. L'évolution
des systèmes que l'AMF souhaite par exemple, quelle est-elle? Avons-nous
une planification puis une vision à cet effet-là?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, madame... M. le ministre.
Marceau : Oui. Là, ce qu'il
faut voir, c'est que les... ce qu'on examine, c'est la mise en oeuvre des recommandations
du G20, puis ça découle évidemment de la crise financière puis de la
matérialisation de nombreux risques, là, qui
sont encore... qui planent encore au-dessus de nos têtes, mais dont on a vu l'impact
dévastateur pendantla crise
financière. Je pense que, dans l'ensemble, les pays, en particulier du G20, ont
convenu qu'il fallait faire en sorte queça ne se reproduise plus. Puis une des façons d'y parvenir, c'est de s'assurer
d'une plus grande transparence. Essentiellement,c'est qu'il y ait plus d'information, une information de meilleure
qualité — je pense
que vous êtes... je ne vous apprends rien
en vous disant cela — et c'est
la raison pour laquelle, effectivement, on veut mettre en place de nouveaux
systèmes informatiques, qui seront certainement coûteux, cela a été une
évidence pour moi aussi.
Maintenant, c'est une demande de l'industrie, c'est
une demande de l'industrie, en ce sens que ne pas aller de l'avant — et c'est un coût encore bien plus
important — ne pas
aller de l'avant, ne pas mettre en oeuvre les recommandations du G20, ne pas se doter de ces nouveaux systèmes qui
permettent une meilleure qualité d'information,c'est marginaliser le marché des dérivés au Québec. C'est ça que ça veut
dire, là. Ça veut dire un marché qui essentiellementva être marginalisé. Les gens vont avoir accès à
des lieux où la qualité d'information va être bien supérieure, et puis on
va être carrément tassés. Donc, on n'a pas vraiment le choix.
L'industrie, effectivement, va être celle qui va
devoir assumer les coûts de la mise en place de ces nouveaux systèmes. Absolument, c'est l'industrie qui va
assumer ces coûts-là. Mais l'industrie voit bien que, là-dedans, il y a sa
survie.Il y a aussi non seulement sa
survie, mais aussi son développement, son expansion dans le futur. Alors, votre
questionest tout à fait bonne, pertinente. Cela étant, ne pas aller du côté de cela, ne pas
donner suite aux recommandations du G20, c'est marginaliser notre
industrie.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Oui. Ça va, M. le député de La Prairie? Mme la députée de Laporte.
Mme Ménard : Merci. Alors, ma
question serait pour monsieur...
Ménard : West. Pardon. Alors, je me demandais... j'étais pour lui
demander si je prononçais bien son nom. Alors, c'est West.
Tantôt, quand
mon collègue de Viau vous a parlé de positionnement, où on se situait, vous
avez répondu : On n'estpas des
pionniers, bon, etc., et vous avez mentionné aussi qu'aux États-Unis ils
étaient trop avancés. Alors, j'aimerais comprendre ce que vous vouliez
dire. Est-ce que vous parliez de leurs systèmes? On vient de parler de
systèmes, là, est-ce que c'est de ça que vous parliez? J'essaie de comprendre
qu'est-ce que vous vouliez dire par «trop avancés»?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Alors, je vais laisser
M. West...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. West.
M. West
(Derek) : Oui, merci pour la
question. Quand j'ai dit que les États-Unis étaient un peu trop avancés,c'est parce qu'eux étaient les pionniers.
Donc, on le voit, avec la loi Dodd-Frank, une loi qui a été adoptée très
rapidement, qui essaie d'encadrer un
marché qui n'a jamais été encadré, qu'on connaissait très peu, ils ont… Dans
mon opinion, ilssont allés peut-être
un peu trop rapidement, sans voir quel serait vraiment l'effet de leur cadre
réglementaire. On le voitdéjà lorsqu'il
y a des conflits entre le cadre réglementaire aux États-Unis et celui qui est
en train de se monter en Europe. Comment traiter une banque américaine
qui était à Londres, qui fait affaire avec une banque en France? C'est des questions comme ça, qui sont des questions
fondamentales, qui n'étaient pas réglées avant de mettre en place le cadre
réglementaire. C'est ce que je voulais dire.
Je crois que
ce qu'ils ont fait, c'est vraiment exceptionnel. Les recherches qu'ils ont
faites, la consultation publique,du
jamais-vu que la Commodity Futures Trading Commission, la CFTC, a fait.
Les lettres-commentaires qu'ils ont reçues pour les «rulemaking» qu'ils ont
faits, ils ont reçu des milliers et des milliers de lettres-commentaires. Nous
sommes un peu débordéspour notre
projet de règlement, «model rule», pour les référentiels centraux au Canada. On
a eu 35 lettres-commentaires,et,
pour nous, c'était impensable. 35, c'était vraiment un grand travail pour
répondre… pour vraiment entreprendre les commentaires.
Donc,
ce qu'ils ont fait aux États-Unis, c'est bien pensé, ils ont fait de leur mieux
dans un temps restreint. Eux, ils étaient plus avancés, donc les délais
étaient pour fin 2012. Il n'y a pas une juridiction qui a respecté l'échéance
de fin 2012 pour avoir les engagements du
G20 en place. Les Américains étaient beaucoup plus avancés, ils se sont donné
une date plus avancée, été 2011, mais finalement il reste des règles à
compléter aux États-Unis.
Tandis qu'au
Canada on est en retard, bien sûr, comme tout le monde. On a priorisé les
référentiels centraux parceque nous
trouvons que c'est la base de toutes les autres règles qu'on va proposer parce
que, sans avoir les informationssur
le marché, on risque de faire les mêmes erreurs qu'aux États-Unis, de créer
quelque chose qui est un fardeau trop élevépour un petit marché ou qui ne tient pas compte d'une caractéristique de
notre marché inconnue en ce moment. Donc, onva, avec plusieurs consultations publiques... on essaie, aux ACVM, de
faire la consultation publique, mais également au Québec. Et je dirais
que le Québec et aussi l'Ontario, là, dans les crédits, nous sommes les plus
avancés. Notre cadre réglementaire est en
place, on peut adopter les règles, les autres provinces doivent attendre que
leurs lois soient changées.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Autres questions, commentaires? Ça va?
Mme Ménard : Ça va, je vous
remercie.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Ça va. M. le ministre, est-ce que... Il n'y a pas d'autre commentaire. Ça veut dire qu'on pourrait passer au sujet 2 de la
loi sur les instruments financiers, l'encadrement des organismes d'autoréglementation, qui couvre les
articles 91 et son amendement et l'article 92.
Marceau : Oui, merci, M. le
Président. Alors, les modifications proposées viennent prévoir que les entitésreconnues doivent permettre la libre
adhésion et l'égalité dans l'accès aux services offerts, et ce, peu importe le
moyenadministratif choisi par l'entité
reconnue. On propose une modification visant à éviter qu'une entité contourne
la loi enadoptant des règles ou des
pratiques contraires aux exigences de cet
article autrement qu'en les prévoyant
dans les documents actuellement visés. L'obligation en devient une de
résultat plutôt que de moyen.
Alors, il s'agit,
donc, comme vous le disiez, des articles 91 tel qu'amendé et 92. Et l'amendement
à 91, je ne saispas si on l'a...
Oui, Me Paquin avait tout prévu. Alors, l'amendement à 91, c'est un amendement
qui vient améliorer larédaction
anglaise du projet de loi. En fait, le mot «by-laws», qui avait été introduit à
l'article 91 en anglais, souffrait d'un manque de trait d'union, M. le
Président, alors on lui ajoute son trait d'union.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Bien, en fait, M. le ministre, vous remplacez «or» par «and». C'est un
gros...
M. Marceau : Puis il y a «by-law»
qui a un trait d'union.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
C'est un gros changement, ça. Il n'y a pas d'erreur... En français, c'était
correct?
Une voix : Pouvez-vous relire
au complet…
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Saint-Maurice.
Trudel : Oui, une question
de directive. Compte tenu qu'il n'y a pas de caméras dans cette salle, est-ce
qu'on peut avoir une tenue qui correspond...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
À la température?
M. Trudel : ...au système en place,
effectivement, à la température également?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : S'il y a un consentement, moi, je n'ai pas de problème si ça ne choque
pas personne. Le veston seulement?
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Trudel : Oui. J'ai bien dit que
je ne souhaitais pas me dévêtir, hein?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Il n'y a pas de problème.
Trudel : On me dit que c'est
une pratique conforme... c'est-à-dire, régulièrement empruntée dans cette
salle. Merci.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, il n'y a pas de problème. Merci. Alors, questions? M. le député
de Viau.
Dubourg : Oui. M. le
Président, vous n'avez pas relu l'amendement comme le souhaitait le député
de... Non? Ça va?
M. Dubourg :
Ça va? D'accord, merci. Une question que j'ai. Dans ce qui est proposé, on nous
dit : Une modification visant à
éviter qu'une entité contourne la loi en adoptant des règles ou des pratiques
contraires aux exigencesde cet
article autrement... bon, ainsi de suite. J'aimerais demander au
ministre : Est-ce qu'il y a des pénalités qui sont prévues au cas
où effectivement une entité contourne la loi?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : En fait, M. le Président, je vais demander à Mme Turgeon,
Mme Élyse Turgeon, de l'Autorité des marchés financiers, de venir
vous expliquer ça, si vous le voulez bien. Ça va être une réponse plus
complète.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a consentement pour entendre
Mme Turgeon?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Consentement. Mme Turgeon, après vous être
identifiée, vous avez la parole.
Mme Turgeon
(Élyse) : Bonjour. Élyse Turgeon, directrice des Affaires
juridiques à l'Autorité des marchés financiers. Donc, oui, il y a plusieurs
dispositions dans la loi qui permettent de prendre des mesures. L'autorité ou
le BDRVM, là, peuvent imposer la conduite à
tenir à une entité. Il y aurait aussi... Dans le cas où il y aurait une
contravention à la loi, il y a
possibilité des sanctions, d'y aller au pénal. Ce n'est encore jamais arrivé
contre une bourse ou une OAR, mais la possibilité est là, et les amendes
sont possibles.
M. Dubourg :
Vous parlez surtout de mesures disciplinaires qui...
Mme Turgeon
(Élyse) : Correctives...
M. Dubourg :
Oui, correctives…
Mme Turgeon
(Élyse) : ...administratives, oui, tout à fait.
M. Dubourg : O.K. D'accord. Parfait.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Ça va? M. le député de La Prairie, ça va?
M. Le
Bouyonnec : Ça va.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Il n'y a pas d'autres questions? Alors, M. le
ministre, troisième sujet, Inspection du fonds de garantie, l'article
M. Marceau : Oui, M. le Président. Afin de protéger les investisseurs, tous les
courtiers doivent participer à un fonds
de garantie que l'autorité juge acceptable, adéquat. L'autorité reconnaît à cet
effet le Fonds canadien de protectiondes
épargnants. La modification proposée vient permettre à l'autorité d'inspecter
ce fonds, pouvoir qu'elle n'avait pasauparavant.
Le Fonds canadien de protection des épargnants indemnise les investisseurs en
cas de pertes dues à l'insolvabilité
d'un courtier en valeurs mobilières. Donc, il s'agit d'un pouvoir d'inspection
qui serait conféré à l'autorité.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Questions? M. le député de Viau.
M. Dubourg :
Une petite minute. C'est 97.
M. Dubourg :
Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : Merci. Bien, étant donné que, c'est ça, dans les notes explicatives…
plusieurs projets de loi, doncc'est
pour ça que j'essaie de me retrouver dans mes notes. Et on parle aussi, dans
cette situation-ci... O.K. On veut permettre,O.K., qu'ils puissent vérifier, effectivement, inspecter ce fonds-là. C'est
dans les situations de faillite, dans les situationsoù… qu'il y a une faillite, par... Ah bien, est-ce
que c'est seulement dans les situations où est-ce qu'il y a faillite ou bien ça
peut être fait, cette vérification-là, de manière régulière?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Oui, je vais laisser...
M. Dubourg :
Allez-y, Mme Turgeon.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Mme Turgeon.
M. Dubourg :
Me Turgeon, allez-y.
Mme Turgeon (Élyse) : Ça pourrait être de manière ponctuelle, O.K., et également en cas de
faillite. Le besoin de pouvoir inspecter le Fonds de protection est
nécessaire. Et je tiens à souligner que cette disposition-là est une... La possibilité d'inspecter le fonds existe
présentement en Ontario, donc, et on aimerait avoir la même possibilité d'inspecterle fonds de protection pour, en fin de
compte, nous assurer d'une coordination également entre juridictions si on voulait
l'inspecter.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député La Prairie.
M. Le Bouyonnec : Concernant, là, cette capacité étendue d'inspecter, est-ce que les
coûts associés à ça ont étéchiffrés?
Puis est-ce que les ententes de collaboration avec les autres provinces, dans
la mesure où souvent c'est le même fonds qui est à la fois d'une
province à l'autre…
Mme Turgeon
(Élyse) : Oui, tout à fait. Présentement, notre Direction des
organismes d'autoréglementation travaille
très prochement avec l'OSC de manière que, s'il y avait une inspection du FCPE,
ça devrait se faire de façoncoordonnée,
à savoir quel est le coût pour... Lorsqu'il y a des inspections de types d'organismes,
notre loi prévoit que ce coût-là peut être recouvré de l'organisme
lui-même. Également, ici, par cette inspection-là, on vise aussi à limiter, là,
certains risques qu'il pourrait y avoir. Donc, c'est le but. Mais on entend
travailler ça de façon coordonnée justement pour
finalement limiter, là, les dérangements ou les coûts qu'il pourrait y avoir au
FCPE. Mais la nécessité est là pour la protection des investisseurs.
Une voix :
M. le Président...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Papineau.
M. Iracà :
Oui. Une question en lien avec le «peut» qu'il y a dans l'article. J'imagine
que, le «peut»… Ce n'est pas «doit» parce qu'il y a une question de coût
là-dedans. Mais le coût n'a pas été chiffré, comme la question, là, du collègue à côté. Si c'était un devoir, ce serait,
en termes de quantité, trop nombreux, si je comprends bien, et en termes
de coûts.
Mme Turgeon (Élyse) : Je crois que, pour l'assujetti, c'est qu'on voudrait pouvoir faire
cette inspection-là encas de
nécessité et non devoir la faire de façon annuelle ou ponctuelle. Donc,
advenant qu'il y ait des manquements, ou un risque de manquement, ou un
doute de quelque chose, ça pourrait être intéressant. Ou, quand on est au
courant de situations qui pourraient être
problématiques, il peut être intéressant d'inspecter certains aspects et...
Mais on ne juge pasqu'il soit
nécessaire de le faire de façon régulière et ponctuelle. Donc, c'est la raison
pour laquelle on propose, du moins, qu'il y ait un «peut» dans la loi au
lieu d'un «doit».
M. Iracà :
Mais, dans la même lignée, la personne qui aura le jugement de dire :
O.K., on inspecte, on va y aller,est-ce
que c'est sous forme de dénonciation? Quand vous parlez de soupçon ou de...
vous jugez opportun de faire unevérification,
est-ce qu'il y a un leitmotiv principal qui va être utilisé, la dénonciation,
ou des doutes par rapport à de la documentation, ou simplement le
hasard?
Mme Turgeon (Élyse) : Le hasard… Je vous dirais, pas de fait particulier, mais vous avez eu,
en fin de compte,peut-être, dans les
dernières années, certaine faillites de courtiers. On pense au cas de MF
Global, aux États-Unis, qui est arrivé, qui aurait pu impliquer
certains déboursés de fonds ou autre. Donc, dans un cas comme ça, la situation…
lorsqu'on fait le postmortem de situations comme ça, ça peut nous donner des
indices sur des points qu'on aimerait inspecter. Donc, c'est un peu comme ça qu'on
entend... qu'on aimerait pouvoir procéder sur ça.
M. Iracà :
Alors, si je comprends bien, il n'y a pas de balises de fixées précises sur
quand on va faire les inspections ou sous quel motif on va les faire.
Mme Turgeon (Élyse) : Non. La
protection de l'investisseur, qui est la mission de notre loi.
M. Iracà :
Oui, je comprends que c'est large, par exemple, là...
Mme Turgeon (Élyse) : Oui, oui, c'est
important.
Une voix : …pouvoir
habilitant.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va? M. le député de La Prairie.
M. Le
Bouyonnec : Je trouve, pour
m'être... À toutes fins pratiques, les courtiers étant contrôlés, là — je
ne sais pas, donnez-moi des ordres de grandeur — en
très grande majorité par les banques canadiennes, le risque systémique inhérent dont on parle… parce que, là, vous venez
de nous répondre en disant : Ce ne sera pas des inspections ponctuelles,
non plus des inspections statutaires, c'est en cas éventuellement d'occurrence
d'un événement quelconque. Mais, en pratique,
là, ce dont on parle, là, à 90 %, 80 %, c'est les fonds de courtiers
qui sont finalement la
partie «capital market» des banques canadiennes ou même de Desjardins, là. Le niveau de risque
réel, là, quel est-il? De combien d'autres boîtes parle-t-on ici, là, en
pratique, là?
Mme Turgeon (Élyse) : Le fonds
protège en cas de faillite pour les investisseurs dans tous les cas. Donc, le pourcentage, je ne pourrais pas vous le donner à
ce niveau-ci, je n'ai pas ce chiffre-là avec moi, mais notre intention est deprotéger tous les investisseurs, qu'ils
soient dans une petite boîte ou une grande boîte. Pour nous, ça a la même
importance.
M. Le
Bouyonnec : Oui, mais on
comprendra que ceux qui sont protégés à l'intérieur du système bancaire, ça
serait... Vous auriez plus de difficultés à les prendre, finalement, au
dépourvu, parce que, justement, compte tenu de leurs risques capitationnels, on peut s'attendre à ce qu'un petit
investisseur floué… Par exemple, si on prend le courtagede la Banque Nationale, on peut s'attendre à ce
que vous... en tout cas, j'espère que vous n'avez pas de problème avec eux.Donc, en réalité, la partie, là, que vous
cherchez… — et là je
ne veux pas lire dans vos pensées, là — que vous cherchez àintercepter, là, c'est : Qui sont ces gens?
Combien sont-ils? Puis avez-vous eu, dans le passé, vraiment des situations qui
font en sorte qu'aujourd'hui vous dites véritablement : Ça aurait été très
utile pour l'AMF d'avoir cet instrument?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Oui. On me dit qu'il
y a 300 firmes, grossièrement, là, qui contribuent au fonds. Là-dessus, évidemment, il y a les grandes banques, là, enfin,
les firmes de courtage des grandes banques, mais donc il y a aussi unefrange compétitive composée de très, très petites
firmes, là, qui existe, et vous pouvez imaginer qu'il y en a, je ne sais pas,
moi, une vingtaine de très, très grosses,
très importantes, puis 280 qui sont très, très petites, là. Alors, c'est
important,ce n'est pas... C'est un
problème véritable. Et il y a eu des cas, effectivement, de courtiers qui se
sont retrouvés insolvables. Alors, ça demeure une vraie problématique.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de La Prairie, ça va? M. le député de Viau.
Dubourg : Oui, bien je veux
prendre la balle au bond du député de La Prairie. On a parlé de risque
systémique.Me Turgeon, on sait que,
bon, là, par ces pouvoirs-là qu'on vient donner à l'autorité, on dit :
Bien, on veut protéger les investisseurs en cas de faillite, là, de courtier.
Donc, on met de côté les grosses boîtes, là, qui sont correctes. Et on a essayé
d'évaluer le nombre.
Mais ce qui
me préoccupe, c'est de dire : En accordant ce pouvoir-là à l'AMF, si
toutefois vous vous retrouvezdans
une situation où est-ce que vous n'avez pas fait d'inspection, et que le fonds
de garantie dont on parle est à plat, et queces investisseurs-là ne peuvent pas être remboursés, ne pensez-vous pas
que l'autorité serait blâmée du fait que l'autorité a un pouvoir qu'elle n'a pas exercé ou bien qu'elle
n'a pas été voir cette population-là et… Est-ce que vous ne pensez pasque l'autorité peut être blâmée là-dessus? Et, de
deux, j'aimerais savoir combien d'inspecteurs sont attitrés à faire cette
tâche-là… ou qui seraient attitrés, plutôt, à faire cette tâche-là.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Je vais répondre à
la première
partie de la question. Je vais peut-être laisser à Me Turgeon le
soinde répondre à la deuxième
partie, même si j'imagine que ce sera... ces responsabilités relèveront du
personnel régulier de l'autorité qui, à l'occasion, de façon ponctuelle,
déléguera de ses employés pour faire cette inspection.
À la première
partie de la question, je pense que le blâme, on va pouvoir se l'attribuer
collectivement en tant queparlementaires
si on ne donne pas à l'autorité le droit, la capacité d'aller faire l'inspection.
C'est sûr qu'à partir du momentoù on
donne ce droit-là, bien là l'autorité va vivre avec les responsabilités qui
sont les siennes, mais, pour l'instant, elle n'amême pas cette possibilité d'aller faire l'inspection. Alors, pour l'instant
l'autorité ne peut pas recevoir de blâme, elle n'apas la capacité de le faire. Pour l'instant, le
blâme, encore une fois, c'est à nous collectivement, les parlementaires, qu'il
pourrait être attribué puisque c'est nous qui avons la... c'est nous qui
aurions refusé à l'autorité la possibilité d'aller faire l'inspection. Donc, si je reprends, moi, je vous propose, et je
pense que vous allez être d'accord, que nous donnions à l'autorité cette possibilité, cette capacité, et
je suis entièrement confiant quant à la manière dont sera exercé ce droit-là
par l'autorité.
Pour
la deuxième partie, je vais laisser à Me Turgeon le soin de répondre, même si,
encore une fois, j'ai l'impression qu'on va
faire ça à l'intérieur des ressources déjà disponibles à l'autorité. C'est mon
impression, mais je laisse Me Turgeon...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Me Turgeon.
Mme Turgeon (Élyse) : Effectivement, présentement, à l'autorité, nous avons des équipes
dédiées à l'inspection.Leur mandat n'est
pas toujours assigné directement à un groupement ou à un inspecté en
particulier. Donc, il n'y aurapas d'équipe
spéciale pour le FCPE, là, qu'on appelle, mais le tout va être travaillé par la
direction des organismesd'autoréglementation
du côté des marchés de valeurs. Et notre intention présentement c'est de mettre
en application la disposition législative quand on va l'avoir. Donc, c'est
le... présentement, mais on a bien confiance d'être en mesure d'assumer cette
responsabilité-là avec nos effectifs courants actuels.
M. Dubourg : Merci. Même si on n'est pas dans la
partie de recommandations du G20,
mais est-ce qu'il y a un lien, effectivement, de faire ces
inspections-là avec d'autres juridictions? Vous avez parlé de l'Ontario. Oui?
Mme Turgeon (Élyse) : Oui. Bien, présentement, notre idée serait... bien, ce qu'on travaille
avec l'Ontario, eux ayant déjà
ce pouvoir de faire ces inspections-là, on travaille avec eux afin de
coordonner ces inspections-là. Donc, enlien avec tout ce qui est nécessaire puis la protection des marchés
financiers, on croit que c'est très important aussi de pouvoir le faire.
M. Dubourg :
Non, je comprends l'impact sur les ressources, merci. Merci.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Merci. On va sur quelle loi maintenant?
M. Marceau : Ça va. Merci à Me Turgeon. Je vous suggère que nous allions sur le 8, M. le Président, à la page 8.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, 8, à la page 8, premier sujet, Encadrement
des personnes ayant un accès direct aux marchés financiers. On verrait
les articles 101, 117 et 118. M. le ministre.
M. Marceau :
Alors, à la page 8 du document qui vous a été remis, c'est la…
M. Marceau : Pardon, oui, c'est le 8, c'est dans le bas, là. Le 8, c'est la
Loi sur
les valeurs mobilières. Je n'ai peut-être pas la même numérotation que
vous. Moi, j'ai 8.
M. Marceau :
Ah! Il y a une version... Excusez-moi, il y a une version... On n'a pas la même
numérotation exactement. Alors, de toute
façon,
Loi sur les valeurs mobilières. Ça va pour tout le monde? O.K. Et
le premier sujet, tel que le président nous le disait, c'est l'encadrement des
personnes ayant un accès direct aux marchés financiers. Je sais, depar mes conversations hors micro, que le député de
La Prairie a des questions à poser là-dessus, et puis, encore une fois,
on va tenter de répondre au meilleur de nos capacités. C'est Me Mercure qui va
m'accompagner pour répondre à vos questions, mais je vais commencer par
présenter le sujet, si vous permettez.
Alors,
certains investisseurs institutionnels disposent, par l'intermédiaire de leur
courtier, d'un accès direct aux marchés financiers. Cet accès ne s'accompagne
pas d'une obligation d'inscription ou d'un pouvoir d'inspection de l'Autorité des marchés financiers. Ces
investisseurs ne sont donc pas soumis à la surveillance de l'AMF malgré les
risques, notamment de manipulation, qu'ils peuvent faire supporter aux
marchés.
projet de loi propose de définir la notion de participant aux marchés pour
viser les investisseurs ayant un accèsdirect
aux marchés. Ceux-ci seraient ainsi soumis à certaines obligations
réglementaires ainsi qu'au pouvoir d'inspectionde l'Autorité des marchés financiers. Le projet de loi propose également
de permettre à l'AMF d'imposer par règlementdes restrictions relatives à la propriété et au contrôle de diverses
entités telles les bourses et les chambre de compensation. Alors, M. le
Président, les articles 101, 117 et 118 sont ceux qui sont impliqués par ce
sujet-là.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : M. le Président, j'aurais souhaité... Je comprends que, M. le ministre,
vous avez lu, là, finalement, le bout de document qu'on avait. Est-ce qu'il
aurait été possible... Parce qu'à prime abord, compte tenu de l'ampleur de ces
modifications-là et de l'impact éventuel sur les marchés et n'ayant pas
suffisamment eud'explications — peut-être nous pourrions les avoir — notre intention première était de déposer
des amendements poursortir de la
discussion, là, les amendements concernant la
Loi sur les valeurs mobilières,
donc les articles mentionnés, là. Donc,
nous avons des amendements de prêts, mais on hésite à les déposer immédiatement
sans avoir eu plus d'explications.
M. Marceau : Je comprends.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Bien, si vous voulez, on peut procéder à la période de questions et d'échange
puis, une fois qu'onaura fait un
petit bout de questions et d'échange, si vous trouvez que c'est opportun ou...
Enfin, on en reparlera, si vousvoulez,
dans cinq minutes. Ça vous convient? Puis, peut-être, je ne sais pas si... Me
Mercure, je ne sais pas si vous voulez faire un premier énoncé
peut-être.
Mme Mercure
(Suzanne) : Présenter un peu...
M. Marceau :
Oui, O.K., puis, par la suite, on pourra procéder à des questions.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Mme Mercure.
Mme Mercure
(Suzanne) : Alors, les raisons qui amènent l'Autorité des marchés
financiers à demander ces modifications-là à
la loi sont plus particulièrement la définition de «participant aux marchés»,
mais cette définition-làest liée, on
l'a vu, à d'autres modifications, par exemple à l'article 151.1.1, par exemple.
La réalité, tout le monde auraconstaté
que les marchés financiers changent, qu'ils évoluent, qu'ils se développent
énormément, qu'ils ont... et notamment,l'apport des technologies de l'information et des systèmes informatiques
est vraiment le nerf de la guerre, c'est un élément extrêmement important. Or,
c'est ce qui fait… C'est ce qui est un peu à la source de la modification qui
est proposée ici, c'est-à-dire... parce que les systèmes informatiques
font en sorte maintenant que les clients...
En règle générale,
jusqu'à maintenant, l'Autorité des marchés financiers avait un pouvoir
réglementaire et un pouvoir de surveillance
et de supervision à l'égard soit des marchés ou soit à l'égard, donc, des
infrastructures de marchédont nous
avons parlé jusqu'à maintenant. Et les participants aux marchés sont, donc,
réglementés par le marché et ilssont
réglementés aussi par un organisme d'autoréglementation, qui est l'organisme
des courtiers, qui est l'OCRCVM.
Mais
le développement des marchés et le développement des systèmes informatiques, l'introduction
des méthodesplus poussées au plan
informatique font en sorte que maintenant les clients des courtiers peuvent, en
utilisant, finalement,les
identificateurs du courtier, peuvent passer soit en... donc, entrer directement
sur les marchés et faire des opérations.Et ça, c'est un phénomène qui est très récent, qui est très nouveau et
dont il faut absolument tenir compte, donc, qu'il fautprendre en considération, parce qu'il y a un
impact direct puisque ces gens-là, eux, ne sont pas des gens qui font partiede l'OCRCVM et ce ne sont pas des gens qui
sont... leur activité n'est pas non plus régie, réglementée par les bourses,
les systèmes de négociation parallèle.
Ce sont généralement
soit des individus extrêmement sophistiqués, des gens qui ont déjà travaillé
dans le domaine, ou alors ce sont des fonds de compensation, ou ce sont des
investisseurs institutionnels qui, vu le volume d'opérations qu'ils sont en
mesure d'effectuer, prennent une entente avec un courtier et peuvent donc, à l'aide
des systèmes informatiques et donc à l'aide
de cet identifiant unique qui est celui du courtier, accéder... Donc, ils
peuventaccéder soit par les systèmes
du courtier et même, par l'identifiant unique, ils peuvent même accéder au
marché directement à l'aide de leur système directement.
donc, évidemment, ça crée un problème de distorsion, ça peut créer un problème
de manipulation du marché.On pense
ici à ce qu'on appelle le «high-frequency trading», le HFTA, qui est un
phénomène... Donc, ces gens-là, donc,ils
interviennent directement dans les marchés. Et c'est ce que l'on essaie de
faire, donc, c'est ce que l'autorité... Il estclair que les marchés ont l'initiative de… ils ont l'initiative
finalement dans les développements technologiques. Et on essaie donc,
par cette modification-là, par la définition de «participant au marché» et par
le fait d'inclure dans la définition de
«participant au marché» les personnes qui ont un accès électronique direct au
marché, de faire en sorte quel'Autorité
des marchés financiers puisse avoir un certain contrôle, puisse notamment,
donc… je l'ai dit tout à l'heure,donc
pouvoir notamment inspecter ces parties-là et veiller à ce que ces personnes-là
respectent les règles qui sont celles des marchés.
Cette
modification-là, juste pour terminer, elle est en lien avec un règlement dont
la première
partie est entréeen
vigueur, qui est le règlement 23-103 sur la négociation
électronique qui est entré en vigueur en mars 2008. Et la
deuxième partie, qui porte précisément sur l'accès électronique direct au
marché, qui est ce dont je viens de discuter, cette
partie-là est en train d'être discutée. Le projet de règlement sera publié
prochainement, le 27 juin, et il est prévu qu'ilentre en vigueur le 1er mars 2014. C'est la raison pour laquelle nous
demandons à l'Assemblée nationale de modifier la loipour permettre à l'autorité d'avoir un certain
contrôle, finalement, sur ces activités, ces phénomènes-là qui sont extrêmement
nouveaux.
voudrais simplement souligner qu'à l'égard de la définition de «participant au
marché» la
Loi sur les instrumentsdérivés
prévoit déjà une définition de «participant au marché», la
Loi sur les valeurs
mobilières de l'Ontario et celles del'Alberta
et de la Colombie-Britannique prévoient déjà une définition de «participant au
marché». Et l'initiative dont je parle, qui est celle du règlement 23-103, ce n'est pas une initiative qui est
proprement québécoise, c'est une initiative qui estpancanadienne, dans le cadre des ACVM, donc des
Autorités canadiennes des valeurs mobilières. Toutes les provincesau Canada vont adopter un règlement au même effet,
et celles qui n'ont pas modifié leur loi pour leur permettre de faire ce
qui est proposé maintenant vont devoir le faire dans l'immédiat.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
Marceau : Si je peux
ajouter, donc, dans cette… Vous savez que l'encadrement des valeurs mobilières
faitl'objet d'ententes d'harmonisation
très, très étroites entre les provinces canadiennes, en particulier le régime
de passeport.Si je comprends bien ce
que vous nous dites, donc, à partir du moment où on veut maintenir et renforcer
et pour faire la promotion de ce régime de passeport, il va de soi que nous
devons aller de l'avant avec cette disposition-là.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : Oui. M. le
ministre, quelle est l'urgence réelle d'adopter cette partie-là immédiatement, compte tenu qu'il semble y avoir des délais pour l'harmonisation?
Parce que j'apprécie la réponse franche, mais c'est un petit peu ce que
je craignais par ailleurs, là, et le manque de temps ne nous permet pas de bien
évaluer l'impact.
Mais on sait
déjà que les courtiers sont soumis à un certain nombre de réglementations, et
là on parle des joueursqui, derrière
les courtiers, effectivement, font des transactions. Mais, lorsqu'on parle de
manipulations, lorsqu'on parled'opérations
qui seraient non conformes aux lois sur les valeurs mobilières, c'est déjà
intercepté. Donc, qu'est-ce qu'on cherche à intercepter? On a encore une
fois une situation où...
Et je ne veux
pas laisser sous-entendre que l'AMF a un peu une tentation, au niveau
réglementaire, d'être un peutentaculaire
et puis d'aller peut-être éventuellement trop loin dans ses formes de
surveillance de marchés, sachant qu'on parle d'institutions, sachant
aussi qu'on parle d'entreprises privées, qu'on parle aussi de gens, des fois,
qui sont des arbitrageurs. On peut leur
parler de la manipulation, mais souvent ils viennent là en arbitrageurs pour
corriger les distorsions de marché. Donc, ce n'est pas nécessairement
que du négatif, c'est du positif.
Alors, la
question... et c'est des questions importantes, parce qu'effectivement,
maintenant, avec les systèmes, avec
les algorithmes automatiques, etc., on sait très bien qu'il y a des
questionnements à très large échelle sur le côté... enfait, le côté équitable des transactions sur les
marchés de manière automatique. Mais il y a, à l'intérieur de cette volonté-là,sans avoir toute l'information que vous
possédez, comme parlementaire, pour moi, une série de questions, et puis je nevoudrais pas retarder la commission ici en
en posant trop, sachant qu'il y a une certaine urgence pour d'autres articles
du projet de loi n° 31. Donc, à moins qu'il y ait une objection, là, d'urgence
absolument essentielle, je pense que ce serait
de l'intérêt des parlementaires d'entendre les principaux joueurs, certaines
institutions qui sont impliquées là-dedans,d'entendre l'OCRCVM, entre autres, sur ces questions-là, et probablement
qu'on arrivera à la même conclusion que celle à laquelle vous arrivez.
Mme Mercure (Suzanne) : Puis-je
répondre partiellement, avec égard?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Mme Mercure.
Mercure (Suzanne) : L'OCRCVM
adopte très exactement la même réglementation pour les courtiers, mais
il faut bien voir que les parties dont nous parlons ne sont pas des courtiers,
et donc c'est précisément pour éviter cette lacune
dans la loi, pour faire en sorte que ces personnes-là, qui ne sont en fait
régies par personne, ni par l'OCRCVM qui encadre les courtiers, ni par
les bourses qui, elles, sont réglementées par la loi et par la réglementation,
donc ces gens-là, considérant les nouvelles
technologies qui permettent d'accéder... En fait, ce que la réglementation, le
projet de règlement 23-103 se propose
de faire, c'est d'assujettir ces personnes-là aux mêmes règles que les marchés
et de s'assurer, en fait, donc, que les règles du jeu... qu'ils
respectent les mêmes règles du jeu que les autres joueurs.
M. Le
Bouyonnec : C'est ça, et d'où
notre questionnement. Parce que, là, c'est une nouvelle tranche de gens quel'on réglemente et qu'on embarque dans une
réglementation additionnelle. Et, à chaque fois qu'on fait ça, je pense qu'ilest naturel de se poser la question si c'est
le rôle, par exemple, de l'AMF... Et probablement que oui, probablement quela réponse est oui, mais... Et c'est la même
question à chaque fois qu'on a une nouvelle taxe, un nouveau règlement,
etc. :Quel est l'équilibre
là-dedans? Surtout que nous parlons d'institutions et surtout que nous parlons
de joueurs qui sont derrière les courtiers de plein exercice qui font ces
transactions-là.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
Marceau : Juste pour vous
dire, le projet de règlement est disponible, en passant, hein? Le projet de
règlement qui serait par la suite publié et adopté est disponible sur le
site de l'Autorité des marchés financiers. Si vous voulez le consulter, vous pourrez y trouver plus d'informations
quant à ce que cela impliquera, là, pour ces participants au marché.
Cela étant,
je ne suis pas certain de comprendre complètement. Je vois que vous avez une
préoccupation, maisje ne suis pas
certain de la comprendre complètement. Il s'agit vraiment de s'assurer que tous
sont — ce
que vous avezappelé tout à l'heure — sur
un terrain de jeu identique, là. Là, pour l'instant, il y a des personnes
qui font des transactions,qui ne
passent pas par un courtier puis qui ont des moyens, des possibilités que d'autres
n'ont pas. En tout cas, certainement,ils
ont le moyen de mener des transactions sans être assujettis à une
réglementation stricte, sans être sujets à des inspections de l'autorité,
puis je pense que ça fait un régime à deux vitesses, là.
Et l'idée, c'est
de s'assurer que toutes les transactions peuvent faire l'objet d'inspections de
l'autorité, de s'assurerque, si
quelqu'un a des mauvaises intentions… Puis malheureusement, vous le savez,
beaucoup de ce qu'on fait présentement, c'est pour s'assurer que ceux
qui ont des mauvaises intentions se voient bloqués puis se voient freinés, là. Donc, si quelqu'un a des mauvaises
intentions, pour l'instant, il y a une autoroute qu'ils peuvent utiliser, qui
est celled'accéder directement au
marché, alors que le chemin traditionnel, qui était de passer par courtier,
celui-là est bien encadré.
Alors, moi, je pense que c'est sage,
mais peut-être que vous... Je comprends la question de la vitesse, puis,
là-dessus, j'en conviens, là, on pourrait très bien passer plus de temps
à étudier cela. Cela étant, moi, ça me semble raisonnable. Maintenant, je vous
laisse continuer vos questions, puis peut-être qu'on va arriver à une entente
là-dessus.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : Regardez, M. le ministre, vous et moi, en ce moment, si on est des
traders expérimentés puissophistiqués,
on passe puis on doit... on doit, de toute façon, passer par un courtier pour
faire nos transactions. Donc, est-cequ'éventuellement,
en admettant que je ne sois pas M. et Mme Tout-le-monde qui fait une petite
transaction une fois detemps en
temps, mais c'est mon gagne-pain, le matin, de me lever puis... et je passe à
travers un courtier. Donc, le courtier,de toute façon, est assujetti aux règles des commissions de valeurs
mobilières. Est-ce que je voudrais nécessairement quele gouvernement m'embarque dans un système de
réglementation additionnel? Puis je comprends qu'il y a toujours desmoutons noirs dans tout système, mais, à chaque
fois qu'on essaie d'étendre puis d'intercepter l'ensemble des individus,on intercepte et puis on rajoute une couche
de réglementation éventuellement et de surveillance à des endroits où il n'y a
peut-être pas une absolue nécessité de le faire.
c'est pour ça ma difficulté de comprendre. Puis le règlement pourrait être là,
il y a quand même... Ça veut dire, pour l'AMF aussi, ça veut dire encore
une fois une mission additionnelle, ça veut dire — et là on a parlé de
plusieurs choses — des
coûts additionnels. Puis je comprends qu'il y a d'autres joueurs, au niveau
canadien, qui semblent aller dans cette
direction-là. Moi, je pense que ce serait intéressant d'en évaluer la portée
puis éventuellement aller dans cesens-là,
mais peut-être mettre certains niveaux de restrictions, de mieux définir ces
autres joueurs là dont on parle, pourlesquels,
là, on a une définition qui est très large, pour atteindre les objectifs sans
avoir à mettre un mur-à-mur au niveau de la réglementation à cet effet.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Le
Bouyonnec : Je ne sais pas ce que les collègues de l'opposition
officielle en pensent, mais...
M. Dubourg :
Oui, mais j'attends que le ministre réponde à votre interrogation. Oui.
M. Marceau : Oui. Je vais me permettre d'aller voir le texte, la rédaction des
articles 101, 117 et 118, pour voirde
quelle manière cette rédaction pourrait être modifiée de façon à préciser… C'est
quoi, c'est l'identité des participants que vous trouvez qui n'est pas
suffisamment précise ou...
M. Le Bouyonnec : Là, pour l'instant, elle est complètement ouverte, elle est
complètement large, et tout joueur qui fait des transactions directes,
en temps réel, sur le marché... Puis, encore une fois, dans le texte aussi on
parle de manipulation, on parle de volumes
importants. Donc, est-ce que ce serait au niveau quantitatif? Puis, vous savez,
c'estvrai que quelqu'un peut
intervenir sur le marché puis bouleverser un marché, mais, si un stock a une
faiblesse quelconque,un arbitrageur
se déplace justement pour réguler ce marché-là, moi, personnellement, je trouve
que c'est de la libre entreprise puis c'est juste normal que ça se
fasse. Je n'en vois pas, de problème là.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Bien, je vais demander à Me Mercure de nous donner des précisions.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Mme Mercure.
Mme Mercure
(Suzanne) : Je voudrais juste préciser que la définition, là, le
passage que vous soulevez, c'est-à-dire donc
la «personne ayant un accès électronique direct aux marchés», c'est un terme
qui est défini dans le projet de
règlement, donc ce n'est pas tout le monde et n'importe qui. En fait, c'est un
petit nombre d'investisseurs mais quisont
effectivement, par leurs fonctions en tant qu'acteurs du marché, des gens
puissants et des gens qui peuvent créer unedistorsion sur le marché. Mais donc ce terme-là, il n'est pas vague et
indéfini. Il y a une définition qui est contenue dans le projet de
règlement pour définir de manière claire et précise qui sont ces parties-là.
M. Le
Bouyonnec : Est-ce que vous l'avez, cette définition?
M. Marceau :
O.K. Moi, je l'ai le projet de règlement, je vais vous le... Donnez-moi un
instant, je vais le chercher sur le iPad. Comment on dit ça, donc? «Participant
au marché»?
M. Marceau : …M. le Président, on va donner une réponse tout ce qu'il y a de plus
précis au député de La Prairie.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : Sincèrement, là, connaissant l'importance pour le
ministre, pour le gouvernement, du projetde loi n° 31, je pense que... En fait, on l'avait annoncé d'entrée
de jeu dans nos remarques préliminaires, on a trois zones pour lesquelles on a
de l'inconfort. Celle-là en est une, on en a deux autres, ce n'est pas beaucoup
sur l'ensemble du projet de loi.
pense que je préférerais, à ce stade-ci, là, parce que d'autres questions me
viennent, déposer les amendementspour
supprimer ces articles-là puis offrir notre collaboration au retour, dès que
possible — de toute
façon, j'ai comprisqu'au niveau de l'harmonisation
il y a 12 mois devant nous — et puis qu'on puisse avoir éventuellement
des consultations particulières sur ces modifications spécifiques.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, vos amendements sont écrits, il reste à
les distribuer. Alors, on va peut-être suspendre pour deux minutes.
(Suspension de la séance à
16 h 56)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, nous reprenons nos travaux. Et nous en
sommes toujours sur le premier sujet de la
Loi sur les valeurs
mobilières, qui regroupe les articles 101, 117 et 118. Et nous avons reçu
les amendements du député de La Prairie, qui ont été distribués et qui sont
déposés...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Ils ne sont pas déposés? De toute façon, on l'a
reçu... Ils sont distribués. Et puis la discussion se continuerait sur
le premier sujet, sur les articles 101, 117, 118. M. le ministre.
M. Marceau :
Bon, M. le Président, les amendements déposés par le député de La Prairie
ont pour effet de supprimer les
articles 101, 117 et 118. Et, de façon à accélérer la discussion, je vous
dis que je vais voter en faveur de ces amendements-là, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Il faudrait commencer par les déposer.
M. Marceau :
Bien, ils ont été déposés, non?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : O.K. Ça va.
M. Marceau : Alors, dans le fond, ça élimine le sujet, puis je propose qu'on passe à
un autre sujet, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'accord. On passe au... S'il n'y a pas d'autre
commentaire, on passe au... Bien, de toute façon, il n'y a plus d'article.
On passe au sujet suivant.
Avant
de passer au sujet suivant, je voudrais vous dire ceci. Dans le premier sujet,
la première loi que l'on a regardée, la
Loi sur les instruments dérivés, le premier sujet, Recommandations du G20, je
vous avais dit : Les articles 86 à 90, 93 telqu'amendé, 96 amendé, 98 tel qu'amendé, il y avait
aussi 94 et 95. Alors, prenez-le en note parce que, étant donné qu'on ne
vote pas tout de suite, si jamais ça suscite d'autres questions, on pourra
revenir sur ce sujet-là.
Alors,
le sujet 2, M. le ministre, Amélioration de l'encadrement de certains produits
dispensés. C'est les articles 102, 104. On est toujours sur la Loi des
valeurs mobilières. M. le ministre.
M. Marceau :
Je suis prêt. Ça va?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Donc, sur l'amélioration de l'encadrement de certains produits
dispensés : La loi prévoit actuellementqu'un prospectus n'est pas exigé pour le placement de certaines valeurs
dont un billet à échéance d'un an ou moins et qui, s'il fait l'objet d'un placement auprès d'une
personne physique, constate une créance d'une somme de 50 000 $ ou
plus.
modification proposée retire ce type de billet à échéance de la liste des valeurs
pour lesquelles un prospectus n'est pas exigé — donc,
un prospectus sera désormais exigé — ce qui permettra à l'AMF d'en
prévoir l'encadrement dans un règlement. L'Autorité
des marchés financiers, en collaboration avec les régulateurs en valeurs mobilières
des autres provinces et des territoires, développe actuellement un
projet de règlement harmonisé à cet effet.
noter que les papiers commerciaux adossés à des actifs, PCAA, sont des billets
à échéance qui bénéficiaient de cette dispense statutaire de prospectus.
Alors, on parle ici
des articles 102 et 104, M. le Président. Voilà, je pense que c'est clair.
Le Président (M. Pelletier,
Rimouski) : Questions,
commentaires? Ça va? Vous avez demandé la parole ou... M. le député de
Viau.
M. Dubourg : Bien, j'aimerais demander au ministre : Étant donné que ça touche
les articles 102 et 104, est-ce que le ministre aussi peut lire les
commentaires à l'article 104, s'il vous plaît, M. le Président?
M. Marceau : Je suis en mesure de faire ça, M. le Président. Moi, je vais faire la
version française, on vous laisse la version anglaise, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : La loi prévoit actuellement que l'autorité... Donc, je lis le commentaire
à l'article 104. La loi prévoit actuellement que l'autorité peut
inspecter un fonds d'investissement, une personne agissant à
titre de
dépositaire, de fiduciaire ou de gestionnaire d'un tel fonds ou tout autre
participant au marché déterminé par règlement.
La modification
proposée vient prévoir plutôt que l'autorité peut inspecter un participant au
marché dont la définition a été introduite
par l'article 101 du projet de loi et qui inclut, entre autres, les entités
énumérées actuellement.
La modification
proposée vient également prévoir que l'autorité peut inspecter le fonds de
garantie auquel un courtier est tenu de
participer en vertu de l'article 168.1 afin de vérifier le respect des
obligations. Afin de protéger lesinvestisseurs,
tous les courtiers doivent participer à un fonds de garantie que l'autorité
juge acceptable, l'autorité reconnaît à cet effet le Fonds canadien de
protection des épargnants.
Alors,
M. le Président, je constate à la lecture qu'il y a un problème, le problème
étant que, si on accepte de retirer l'article 101 du sujet précédent, je crois
qu'il y aura un problème, là, dans l'application de l'article 104. Est-ce que
je me trompe?
M. Dubourg : …parce qu'on parle de «participant au marché», M. le Président, donc,
qui est défini à l'article 101…
Marceau : …de
comprendre, O.K. Alors, même si, dans le commentaire, il y a une référence à l'article
101,ce qui compte, c'est le texte de
la loi tel que modifié. Puis là il n'y a pas d'enjeu, là. En fait, les
participants au marchésupplémentaires
qui avaient été introduits par l'article 101 n'apparaîtront pas dans le texte
de la loi modifié et donc ils n'existent tout simplement pas. Il n'y a
pas d'enjeu.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Marceau :
Excusez-moi, je n'avais pas...
M. Dubourg :
Oui, mais, excusez-moi, mais enfin je veux bien comprendre. Parce que, dans l'article
104, on y retrouve les termes «participant
au marché». Plus précisément à l'alinéa a, on nous parle de : par le
remplacement de«une personne
agissant à
titre de dépositaire, de fiduciaire ou de gestionnaire d'un tel
fonds ou tout autre participant au marché déterminé par règlement» par
«ou un participant au marché».
on est en train de discuter des amendements. On a dit tout à l'heure l'article
101, qu'on allait supprimer. Et, àl'article
101, tel qu'il était proposé, on nous dit : Voilà la définition suivante
de «"participant au marché" : une personneinscrite», et ainsi de suite. Donc, on pourrait
demander à Me Paquin ou… Je ne sais pas, est-ce qu'il n'y a pas un problème de...
M. Marceau :
Vous avez raison de vous en assurer auprès de Me Paquin, donc...
M. Dubourg :
Je sais que vous êtes économiste, donc vous avez...
M. Marceau :
Oui, j'ai des belles qualités, mais pas toutes les qualités.
M. Dubourg :
Pas toutes, voilà. Voilà.
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Dubourg :
Il est modeste.
M. Marceau :
Dit-il, humblement. Dit-il humblement.
Marceau : O.K., M. le Président...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : …on va de rebondissement en rebondissement, M. le Président. Et on va
avoir une vraie réponse finalement, et non pas ma réponse; une vraie
réponse. Donc, Me Turgeon va vous dire ce qu'il en est.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Me Turgeon.
Mme Turgeon (Élyse) : Si vous me permettez. L'amendement qui était proposé à la définition de
«participantau marché» était
également... amenait aussi certaines corrections à la loi. Donc, à l'article
151.1.1 de la loi, la notion departicipant
au marché existait déjà, mais le participant au marché était une personne qui
pouvait être déterminée par unrèglement
du gouvernement. Donc, la loi était déjà structurée de manière à ce qu'on
encadre les participants au marchéet
prévoyait déjà des pouvoirs d'inspection et des pouvoirs d'exiger des documents
qu'on juge utiles à l'accomplissementde
notre mission à tous les participants au marché qui sont déterminés par un
règlement du gouvernement. Donc, on doitlaisser la notion de participant au marché puisqu'elle est déjà dans le
cadre de la loi mais sans la définition peut-être qu'on a… que le
ministre a accepté de retirer du projet de loi plus tôt. Donc, le cadre va
demeurer similaire.
M. Marceau : Donc, on a la vieille définition de «participant au marché» plutôt qu'une
nouvelle qui avait été introduite à l'article précédent qu'on a accepté
de supprimer.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg : Merci. Je reviens parce que je veux clarifier encore une fois. C'est que,
dans l'article 101, tel qu'ila été
proposé dans le projet de loi n° 31, la modification disait qu'on veut
insérer, après la définition d'«organisme deplacement collectif», la définition suivante. Donc, moi, j'avais l'impression
que la définition de «participant au marché»…Bon, cette définition-là de «participant au marché», c'est là qu'on l'introduit
dans le projet de loi n° 31, mais vous dites qu'il existait par
voie de règlement…
Mme Turgeon (Élyse) : On l'introduisait dans les définitions parce qu'elle devenait plus
large, donc elle avaitplus de... Et
l'article 5 est un
article de définition. Donc, les articles de «participant au
marché», qui existaient déjà dansla
loi à 151.1.1 et à 236 de la loi pour pouvoir exiger des documents aux participants
de marché, la notion est déjà là. Enchangeant
la définition, on venait élargir la possibilité d'inspecter ces gens-là et la
possibilité d'exiger des documents d'eux. Donc, il y avait des
amendements corrélatifs qui étaient nécessaires, finalement, à la proposition
de la définition.
M. Dubourg : Mais, Me Turgeon, je veux juste ouvrir une parenthèse. Parce que, là,
vous me dites que, dans 236.1,vous
me dites que, bon, qu'il... — comment
dirais-je? — qu'on
a des pouvoirs d'exiger des documents, alors qu'en mêmetemps dans les articles... Bon, il est vrai qu'on
les a mis de côté pour l'instant, mais il serait question d'inspection. Mais,
enmême temps, avant même ces
articles-là qu'on vient de mettre de côté, 101, 117 et 118, vous pouviez exiger
des documents.
Mme Turgeon (Élyse) : …participant au marché déterminé par un règlement du gouvernement, mais
il n'existe encore aucun règlement du gouvernement qui permet d'exiger
un document d'un participant au marché.
Dubourg : O.K. D'accord.
Donc, on revient donc à cette... D'accord,
je comprends. Mais, je ne sais pas, est-ce que… Comme on avait dit,
est-ce que Me Paquin avait une position par rapport à ça en tant que... c'est
le légiste...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui. La position très simple, c'est qu'on va s'assurer qu'il n'y a pas
d'ambiguïté, que tout est clair au plan juridique et on va vous revenir
un peu plus tard, O.K.?
Maintenant, on
comprend, là, qu'en supprimant 101, 117, 118, on a peut-être posé un petit
problème. On va s'assurer, effectivement...
Il y avait déjà cette notion de participant au marché, mais on veut s'assurer
que tout est rédigé proprement, correctement. Alors, on vous revient un
peu plus tard.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : Oui. M. le Président, si je peux mettre mon grain de sel, là, c'est que
la réglementation prévoit justement, là, des participants au marché. En
retirant les articles, ce qu'on a fait, c'est qu'on a simplement bloqué l'introduction d'une nouvelle catégorie qu'on
mettrait, dans «participant au marché», ceux qui ont un accès direct,
électronique…
M. Le Bouyonnec : C'est
ceux-là. Alors, on dit : Ceux-là, on n'est pas sûrs qu'on veut les
embarquer dans le «basket». Moi, je pense qu'il n'y a pas de contradiction. Et
puis c'est rédigé correctement.
M. Marceau : En
tout cas, sur le fond, il n'y a en pas, on s'entend. C'est sur la forme, là, la
rédaction.
M. Le
Bouyonnec : Et il y a des
participants au marché qui sont réglementés, de toute façon, et il faut que ça
soit comme tel, là, on n'a pas le choix.
Et, si je
peux me permettre aussi, la modification, là, pour 102, 104, évidemment on est
favorables parce que lesdispenses de
prospectus effectivement peuvent entraîner des abus. Et donc ce qu'on comprend
là, c'est qu'en retirant cette dispense de prospectus il va y avoir un
projet, là, d'harmonisation de règlement avec les autres juridictions.
Et j'ose
espérer, et, encore une fois, dans la même lancée concernant trop de
réglementation versus la flexibilitédu
marché des capitaux, j'imagine que ce nouveau règlement harmonisé sera quelque
chose qui sera à mi-chemin entreune
dispense complète de prospectus et un plein prospectus, ce qui ferait du sens,
sinon... Et donc il y a une préoccupationde l'AMF d'avoir le crayon léger quand vient le temps de rédiger un
règlement concernant, finalement, là, des titres à terme, là, de 50 000 $ et plus à échéance d'un
an, dans ce cas-là, qui ne sont pas des produits dérivés mais simplement un
prêt à terme.
Turgeon (Élyse) : Si vous me
permettez de répondre pour l'article 41, qui est l'article 102 du projet de
loi.Cette modification-là a été
nécessaire suite au scandale des PCAA. Donc, il faut enlever cette dispense-là.
Effectivement, il y a un projet des
Autorités canadiennes en valeurs mobilières de faire un règlement. Ce
règlement-là va suivre le processushabituel
de consultation. Donc, on parle de consultations, réception de commentaires,
donc, ajustements. Et effectivement les intérêts des participants au
marché sont pris en compte et sont étudiés, là, au niveau pancanadien. Mais
surtout l'important, c'était d'adresser la question de la dispense, là, qui a
servi pour les PCAA, donc, pour l'article 102.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'autres questions? Ça va? M. le ministre, le prochain sujet,
Recommandations du G20. Les articles 105, 107 à 110 et 119.
M. Marceau : O.K. Donc, je veux
juste vous préciser que je vous reviendrai plus tard si cela est nécessaire.
Évidemment, je ne vous reviendrai pas autrement.
Alors,
écoutez, là, certaines modifications sont faites dans la
Loi sur les
instruments dérivés pour répondre auxrecommandations
du G20, qui doivent être faites en concordance dans la
Loi sur les valeurs
mobilières également. Alors,au
Québec, on a la
Loi sur les valeurs mobilières et la
Loi sur les instruments
dérivés. Et on doit, si je comprends bien, faire les changements dans
les deux lois pour s'assurer de notre pleine harmonisation avec nos partenaires
des autres provinces, entre autres. Je ne sais pas s'il y a...
Turgeon (Élyse) : Oui, tout
à fait. Tout à fait. Vous me permettrez? C'est que ces modifications-là visent
principalement les chambres de compensation. Présentement, notre loi vise les
chambres de compensation, mais vise autant
la Chambre de compensation en tant que dépositaire centrale de titres et de
systèmes de règlement. On parle demodifications
en valeurs mobilières pour la Chambre de compensation de valeurs mobilières et
de modifications à la loisur les
dérivés pour des questions de compensation d'instruments dérivés. Donc, il
devient nécessaire, avec le temps, dedistinguer
les types d'opérations que les chambres de compensation font afin de pouvoir
les encadrer correctement, en lienavec
les recommandations du G20, qui visent à couvrir, en fin de compte, le risque
systémique pour chacune des opérations.
Il y a
également un risque dans le futur qu'on peut voir, comme il existe en Europe
présentement, la possibilitéqu'une
chambre ne fasse que de la compensation et qu'une autre ne fasse que le
règlement de transactions. Donc, ici, tout est réglementé par un seul
corpus. Il est nécessaire de scinder pour prévoir des reconnaissances ou des
encadrements particuliers pour chacune de
ces activités-là. Donc, ça existe déjà en Europe, ça ne veut pas dire qu'on va
l'avoir ici, mais l'encadrement distinct est vraiment nécessaire.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'autres questions? Ça va? M. le ministre, l'article 111,
Communication de renseignements par l'autorité.
Marceau : Merci, M. le
Président. On parle ici de l'article 111 du projet de loi. Alors, écoutez,
la loi prévoit actuellement que l'autorité peut communiquer tout
renseignement, y compris un renseignement personnel, sans le consentement de la personne concernée, à une
personne ou à un organisme qui est chargé, en vertu d'une loi, de prévenir,
détecter ou réprimer le crime ou les infractions aux lois à l'extérieur du
Québec. Les modifications ajoutent certaines personnes et organismes à ceux à
qui l'autorité peut déjà communiquer les renseignements en question.
Alors donc,
article 111, je vais me
rendre...
M. Marceau : Donc, l'article… La modification proposée ajoute
aux personnes visées aux articles 169, 171 et 186.1 dans l'énumération des personnes et des
entités à propos de qui l'autorité peut communiquer tout renseignement…
L'article 169
visait les bourses... vise les bourses, pardon, les chambres de compensation,
les dépositaires centrauxde titres,
les systèmes de règlement, les agences de traitement de l'information, les
fournisseurs de services d'appariement et les fournisseurs de services
de réglementation.
L'article
171 vise les systèmes de négociation parallèle et l'article 186.1, les
agences de notation.
modification proposée... Donc, vous voyez qu'il y avait déjà pas mal de monde,
là, qui pouvaient recevoir cesrenseignements.
La modification proposée ajoute les banques centrales aux entités à qui l'autorité
peut communiquer les renseignements personnels en question.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Autres questions?
M. Dubourg :
M. le Président...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Viau.
M. Dubourg :
Non, bien, je suis en train de... O.K. Donc...
M. Dubourg :
Oui? Me Turgeon, oui, allez-y. Allez-y, oui.
M. Marceau :
Ce qu'elle me disait était fort pertinent, donc je crois que ça va vous
intéresser.
Mme Turgeon (Élyse) : Si vous me le permettez?
L'article 297.1, il y avait une
énumération des personnes avecqui de
tels renseignements pouvaient être échangés. Maintenant, avec la question du
G20, les recommandations du G20, ildevient
de plus en plus nécessaire d'élargir cette liste-là aux participants à divers
types d'entités, en fin de compte, qui n'étaient pas compris à 297.1. On
travaille présentement sur plusieurs ententes internationales, une entre autres
avec la Banque du Canada dans le cadre du
contrôle du risque systémique, pour lequel il est nécessaire d'échanger ces renseignements-là,
et de coopérer ensemble, et d'être en mesure d'être sur un pied d'égalité avec
les autres juridictions.
Autant
on a une entente présentement avec les États-Unis aussi qu'il est nécessaire qu'on
puisse couvrir autant d'entités qu'eux
couvrent dans leur législation pour un contrôle adéquat, en fin de compte.
Parce qu'on comprend qu'avecla
mondialisation les marchés sont globaux, donc il est important de pouvoir
coopérer avec nos juridictions voisines et même éloignées pour prévenir
les risques.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui. M. le député de Viau.
M. Dubourg : Oui, M. le Président. Donc, je comprends que, par cet
article 111 là,
donc, on dit qu'aux articles...on
vient d'ajouter les gens que... Aux articles 169, 171 et 186, c'est-à-dire que,
de par cette modification-là ou bien depar cet
article 111 là du projet de loi, donc on ajoute les bourses, les
chambres de compensation, les dépositaires centraux,ainsi de suite. Donc, ces personnes-là avant n'étaient
pas assujetties ou bien il n'y avait pas de transmission d'information
entre l'AMF et ces groupes-là.
Mme Turgeon (Élyse) : Il y avait d'autres articles de la
Loi sur l'Autorité en tant que
telle, notamment l'article 16qui
peut s'appliquer à certains échanges. Par ailleurs, il devenait nécessaire,
dans notre loi particulière, vraiment de clarifierqu'on pouvait, finalement, échanger avec ces
entités-là. On veut vraiment donner l'assurance à nos collègues internationaux,aux autres régulateurs internationaux que
ces renseignements-là, on peut les échanger. C'est très important d'avoir...
Et,en le précisant comme ça, c'est
très facile pour nous de collaborer, de coopérer avec nos confrères, avec un
article précis qui le dit et qui ne demande pas d'interprétation.
M. Dubourg : Oui. D'accord, merci. Je voudrais, M. le Président, m'adresser au
ministre pour cette partie-là parcequ'il
est indiqué que, bon, l'autorité peut communiquer tout renseignement, y compris
un renseignement personnel et, on nous parle, en vue de prévenir, de
détecter ou réprimer le crime ou les infractions aux lois à l'extérieur du Québec.
comprends ce que Me Turgeon vient de m'expliquer, là, en ce qui concerne des
échanges avec d'autres, mais j'aiune
préoccupation — puis
le ministre est bien au courant — quand
on parle d'échange d'information et de renseignements personnels. On sait
que, récemment, on a adopté le projet de loi n° 18, et nous avons
fait apporter un certain nombre d'amendements,
parce qu'on avait eu en commission parlementaire différents groupes, que ce
soit le Barreau du Québecou l'Ordre
des comptables professionnels agréés, et j'en passe, Protecteur du citoyen
aussi, qui nous disaient que, dansle
cadre d'échange d'information avec l'Agence du revenu du Québec, il fallait
faire extrêmement attention parce qu'on était dans le cadre de secret
fiscal.
Et, si je me souviens
bien, dans ce projet de loi là, le ministre voulait que Revenu Québec puisse
échanger de l'information avec tout ministère et tout organisme public. Et on a
fini par arriver à un amendement. Et, dans cet amendement-là, il y avait un certain nombre de ministères qui étaient
visés, et c'étaient des ministères qui avaient un