Transportation and the Environment — 14 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2018-03-14
Quebec — Committees
M. Fortin (Pontiac) : Ce que je
comprends, effectivement, là, c'est que, même pour les compagnies ou les coopératives d'ambulanciers qui, effectivement,
font un choix de se prémunir de pneus avec une traction supplémentaire, ces pneus-là n'ont pas les mêmes caractéristiques,
ne sont pas reconnus comme ayant le fameux pictogramme des pneus
d'hiver, là, auquel on fait habituellement référence.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le député. Ça va? M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui, merci, M. le Président. Alors, effectivement, M. le Président, nous avons
quitté, j'allais dire, le purgatoire pour se retrouver à la salle ici.
On était assis... C'est une très belle salle, remarquez, la 1.38, la salle des
Premiers-Ministres, mais très heureux que les gens puissent nous suivre
directement, là, à la caméra.
Ce que
soulève mon collègue de Deux-Montagnes et les réponses que j'entends du
ministre, M. le Président, me laissent
un peu sur ma faim, non pas les questions mais les réponses. Lorsqu'on entend
de la part de gens qui conduisent des véhicules,
qui peuvent par moments... puis évidemment on s'adapte aux conditions
routières, mais par moments avoir certaines
accélérations, décélérations, certaines urgences à couvrir, donc, c'est des
véhicules d'urgence... Ça me laisse un peu
sur ma faim, la réponse du ministre, en ce sens que je pense que nous avons le
devoir de trouver une solution pour pallier à cette difficulté-là. Un
véhicule... Parce que ce qu'on a entendu ici, bon, il y aurait peut-être des
vérifications supplémentaires à faire, et
j'invite le ministre à les faire, mais ce qu'on a entendu ici de la part des
gens qui sont venus nous en parler, notamment les conducteurs, les
paramédics, c'est qu'il n'y a pas de pneus d'hiver sur les ambulances, mais il y a certaines ambulances qui ont quand même des
pneus, appelez-les comme vous voulez, qui sont plus adaptés aux conditions routières hivernales que nous avons au
Québec. Alors là, moi, j'invite le ministre à réfléchir à une solution à
cela. On ne peut pas se retrouver dans une
situation où des véhicules où il y a une... Je vous dirais, ce n'est peut-être
pas optimal, ce qu'ont présentement
comme offre au niveau des pneus les compagnies qui fabriquent lesdits pneus,
mais, si on est capable d'avoir une
optimisation quant à la sécurité routière de l'ambulance en question, bien, je
ne sais pas, moi, assurons-nous que tout le monde puisse avoir accès, et
même l'obligation d'aller chercher cette option-là.
Alors, moi,
M. le ministre, bien amicalement, je ne peux me satisfaire de la réponse que
vous venez de donner et je nous
invite peut-être... On peut prendre un peu de temps, on peut le tasser, on peut
peut-être le mettre sur pause, cet article-là.
Faites des recherches, demandez à votre équipe de faire des recherches, comment
on peut arriver à une solution où on
va réussir, je vous dirais, à répondre aux préoccupations des paramédics qui
sont venus nous dire : Écoutez, il y a des ambulances qui ont des pneus d'hiver, ce n'est pas obligatoire, au
Québec, pour les pneus d'hiver sur les ambulances, mais, s'il y en a qui
en ont, des pneus d'hiver, s'ils ne sont peut-être pas homologués comme étant
pneus d'hiver, mais la traction permet une
meilleure sécurité, sur nos routes, des ambulances, prenons cette option-là
pour le moment et voyons si... Dans
les mois ou dans les années à venir, peut-être que les entreprises qui
fabriquent lesdits pneus en feront, et là ce sera déjà inclus que, lorsqu'ils seront disponibles, on
pourra les mettre. Mais au moins qu'on mette des pneus adéquats aux
ambulances qui présentement ne prennent pas cette option-là qui n'est peut-être
pas l'option tout à fait optimale.
M. Fortin
(Pontiac) : M. le Président, je comprends bien la préoccupation du
député. C'est certain qu'on veut assurer
d'une sécurité maximale pour les utilisateurs de véhicules d'urgence. Je vais
peut-être, si ça ne vous dérange pas trop,
permettre à Lise Fournier, qui est l'experte, disons, en pneus au ministère des
Transports, de vous expliquer un peu de la façon qu'on interagit avec
certaines de ces compagnies-là par rapport aux pneus en question, en ce moment,
puis peut-être qu'on pourra bâtir sur ce qu'elle nous apprend collectivement.
Le Président (M. Iracà) :
Merci. Alors, je comprends que j'ai le consentement de M. le député de
Berthier?
Le Président (M. Iracà) :
Simplement vous nommer ainsi que votre
titre avant de répondre à la question.
Mme Fournier
(Lise) : Bonjour. Je suis Lise Fournier, ingénieure au ministère des
Transports. Donc, je travaille depuis plusieurs années dans le domaine
des pneus et des pneus d'hiver.
Alors,
effectivement que la définition ou l'encadrement des pneus d'hiver pour les
véhicules lourds n'avait pas été une
préoccupation, lorsqu'on avait adopté, là, l'obligation des pneus d'hiver pour
les véhicules de promenade. C'est sûr que,
pour les véhicules de promenade, un pneu d'hiver se définit très facilement,
puisqu'on y retrouve le pictogramme, alors
que, pour ce qui est des véhicules lourds, en ce qui concerne le pneu conçu
pour l'hiver, ça existe également, mais ça ne se traduit pas par des repères d'identification qu'on a déjà pour les
autres types. Donc, ce sont des pneus traction. Et actuellement, sur le marché, les propriétaires de véhicule lourd, c'est
ce qu'ils vont rechercher, s'ils ont à effectuer de la circulation, surtout, au Québec,
donc de faire de l'interurbain ou du transport régional, de s'assurer d'avoir
un maximum de traction avec ce qu'on appelle un pneu traction, qui offre
une traction maximale dans les conditions de neige.
Donc, pour définir ce pneu-là, il faudrait quand
même évaluer, faire effectivement de la concertation, de la consultation auprès des manufacturiers mais aussi
des détaillants, des différents détaillants, parce qu'effectivement, un pneu
qui porte un pictogramme conçu pour les véhicules lourds ou les ambulances, ça
n'existe pas sur le marché au Québec. Donc, il faudrait revoir comment
on peut ficeler une définition de «pneu» qui permettrait, là, de...
Le Président (M. Iracà) : M. le
député de Berthier.
M. Villeneuve :
Dans la catégorie véhicule lourd, bon, le pictogramme n'existe pas, mais on
comprend qu'il y a différents types de
pneus, dont certains sont probablement plus adéquats pour la période hivernale.
C'est ce dont probablement nous
parlaient les paramédics qui sont venus nous dire : Nous, on a une
ambulance avec des pneus qui ont une
meilleure traction. Bon, à l'époque, on a peut-être confondu... Bien, à
l'époque... Ça ne fait pas tellement longtemps. On a peut-être confondu avec le fait qu'on parlait de pneus d'hiver,
mais vous nous dites et vous nous précisez que, pour ces véhicules-là,
ça n'existe pas, mais qu'on peut obtenir des pneus avec une meilleure traction.
Et ça, c'est prouvé scientifiquement, que la traction est meilleure? C'est ce
que vous me dites? Et est-ce que... Il y a, quoi... il y a quatre, huit, 12... Il y en a combien, de sortes de pneus,
par rapport à... Si on parle de la moins bonne traction, l'hiver, versus
la meilleure, il y en a combien, on a combien de choix?
Mme Fournier
(Lise) : Bien, en fait, les pneus pour les véhicules lourds, ça dépend
de leur utilisation. Il y a des pneus
pour les longs trajets, la grande route, il y a des pneus qui sont plus pour
interurbains, il y a des pneus qui sont pour de la circulation locale. Et donc, pour ces dernières applications, le
propriétaire d'un véhicule lourd va chercher, lui... puisqu'il travaille au Québec, il fait aussi de la
circulation locale, d'avoir, sur son essieu directeur, des pneus traction pour
avoir, donc, le maximum de traction. Et ces
pneus-là, donc, dans tous les catalogues des détaillants, il y a un vraiment un
type de pneu qui correspond à ce besoin-là.
M. Villeneuve : Mais,
si, vous, madame, vous aviez à conduire une ambulance... et soyez bien à
l'aise, je ne veux pas vous mettre en boîte,
loin de moi, là, l'idée, mais, si vous aviez à conduire une ambulance, avec les
conditions qu'on connaît au Québec... Je
comprends que, dans le sud du Québec, ils sont peut-être sur l'asphalte plus
souvent, mais il n'en demeure pas moins
que tout le Québec... en fait, le Québec n'est pas à l'abri, peu importe où on
s'y trouve, d'une tempête et de plusieurs tempêtes durant l'hiver. Si
vous aviez à choisir, en termes de sécurité pour les gens qui sont à bord, vous-même et les gens qui sont à bord,
est-ce que vous prendriez les pneus qui ont été un peu décriés, je dirais,
par les gens... Les paramédics sont venus
nous dire qu'il y a des pneus qui sont beaucoup moins adaptés, mais il y a
d'autres modèles qui le sont plus. Vous feriez quoi, en tant qu'experte? Est-ce
que vous prendriez... est-ce que vous feriez un choix, d'abord?
Mme Fournier (Lise) : Bien, il
y a un choix à faire, puis je pense que, déjà, ce qu'on décèle auprès de nos consultations, c'est que les propriétaires de
véhicule lourd qui ont, comme je le disais, à travailler au Québec vont
rechercher ces types de pneus là pour avoir le maximum de traction. Maintenant,
c'est aussi de choisir le bon moment dans la période aussi.
M. Villeneuve :
Je veux juste qu'on distingue, M. le ministre, véhicule lourd et ambulance.
Pourquoi? Parce qu'un véhicule lourd,
en général, il n'a pas à décélérer, accélérer de façon brutale, il n'y a pas
non plus un patient à bord qui n'est
déjà peut-être pas en bon état, là, et il se retrouve dans un véhicule
d'urgence. Alors, moi, je veux juste qu'on ne mêle pas les pommes et les oranges. Moi, je voudrais que les débats...
puis libre à vous de le faire ou non, mais j'aimerais que le débat porte
sur comment on règle le problème des ambulances, au Québec, qui n'ont pas la
meilleure semelle, finalement, pour, finalement, rouler sur les routes du
Québec dans des périodes hivernales.
M. Fortin
(Pontiac) : Mais, vous savez, vous savez, M. le député... Et je ne
suis pas en désaccord avec ce que vous
dites par rapport à l'importance pour les ambulanciers, entre autres, d'avoir
la meilleure traction possible sur les routes. Je pense que, quand vous parlez de véhicules d'urgence, ça peut très
bien s'appliquer à d'autres groupes, les camions de pompiers, par
exemple...
M. Fortin
(Pontiac) : Oui, oui, mais on parle des véhicules lourds quand même,
là, les ambulances sont catégorisées comme
un véhicule lourd. Donc, les camions de pompiers qui répondent à des appels de
détresse pourraient tomber dans une catégorie
comme celle que vous décrivez, qui serait à part, de grands véhicules lourds
auxquels... on voit plus souvent sur
nos autoroutes, par exemple, là. Mais en même temps je crois que ce
que Mme Fournier est en train de mettre de l'avant, c'est qu'elle
commence justement elle-même, à l'intérieur du ministère, des consultations
avec ces différents groupes d'usagers là
pour s'assurer de bien comprendre, un, leurs besoins, ce qui est disponible sur
le marché, comment on peut s'assurer d'avoir une meilleure réponse,
justement, aux besoins de ces différentes entreprises ou coopératives là. Et en même temps, en même temps, de
mettre une clause à l'intérieur du Code
de sécurité routière en ce moment, alors que les pneus ne sont pas nécessairement homologués ou
reconnus de façon appropriée comme étant des pneus ayant une meilleure traction en période hivernale, ça me semble
prématuré. Il me semble que c'est peut-être un objectif louable, auquel on pourrait arriver, mais que l'exercice auquel
Mme Fournier se prête, au ministère, est quelque chose qui est
nécessaire avant d'en arriver à une telle conclusion.
M. Villeneuve :
O.K. Bien, moi, je n'ai pas de problème à ce que... On parle souvent d'avoir
des données probantes, là. Je n'ai pas de
problème, c'est la base même de tout changement et de... Je veux juste
m'assurer que, dans le projet... On
l'a dit, on l'a répété, le projet de loi qu'on a devant nous, ça fait plus
d'une décennie qu'on n'y avait pas touché, et on s'aperçoit à quel point c'était urgent de le faire. Là-dessus, M.
le ministre, bravo! Belle initiative. Moi, je veux juste m'assurer, M. le Président, que, oui, il y ait un
travail de fond qui se fasse pour aller chercher la meilleure semelle
possible pour que nos ambulances soient équipées de façon sécuritaire, en tout
cas, avec ce qui existe.
Comment
on fait pour s'assurer que, lorsque cette étude-là sera terminée, ce soit dans
la loi? Moi, je suis ouvert à tout
amendement possible de la part du ministre pour qu'on s'assure, lorsque nous
aurons les données probantes et qu'en leur
qualité d'experts ils se seront prononcés en disant : Les véhicules... les
ambulances au Québec doivent nécessairement avoir ce type de pneus là du 1er décembre à je ne sais pas plus
quelle date au mois d'avril... Mais je veux juste m'assurer que ça ne dépendra pas d'un... j'allais dire d'un
caprice législatif d'ouvrir ou de ne pas ouvrir une loi, là, juste
m'assurer qu'on va pouvoir l'insérer dans la loi.
M. Fortin
(Pontiac) : Ce qu'on pourrait potentiellement faire, M. le député, et
j'y réfléchis pendant que je vous le
dis, là, on essaie de trouver une solution à la problématique que vous mettez
de l'avant, qui est bien réelle, on pourrait donner le pouvoir au ministre, dans le projet de loi, quitte à ne pas
être obligé de le rouvrir, comme vous dites, à chaque fois, disons, pour des véhicules lourds d'un certain
type, une fois que l'exercice de Mme Fournier serait complété et
qu'on aurait tel type de pneus qui pourrait
être, disons, considéré comme étant sécuritaire et plus sécuritaire en période
hivernale, on pourrait donner le pouvoir au
ministre de changer le règlement par lequel une telle obligation serait liée.
C'est la solution la plus simple qui me vient en tête rapidement.
M. Villeneuve :
Oui, je suis... Vous savez, c'est plutôt rare qu'un législateur de l'opposition
est d'accord à donner plus de pouvoirs au
ministre, mais, pour cette disposition-là seulement, mais seulement cette
disposition-là, moi, je suis tout à
fait d'accord. J'imagine que, dans le processus, on va inclure aussi une
période, donc, Gazette officielle , les gens vont pouvoir se
prononcer, hein, la mécanique habituelle.
M. Fortin
(Pontiac) : Comme on le fait habituellement.
M. Villeneuve :
La mécanique habituelle. Mais, si... Et moi, je suis tout à fait d'accord,
effectivement, qu'on insère cette disposition-là, je pense que c'est
nécessaire de le faire.
ailleurs, je ne sais pas, est-ce qu'on a, madame dont j'oublie le nom... est-ce
qu'on a une date approximative pour le résultat? Est-ce que c'est avant
l'hiver prochain? Question simple.
Mme Fournier
(Lise) : Bien, on est déjà dans nos travaux, là, de consultation.
C'est certain que le temps de... ça pourrait être prêt.
Maintenant,
c'est aussi l'application. Donc, ça demande de faire connaître les nouvelles
règles. Mais, au niveau de l'évaluation et de la consultation, les
travaux sont déjà en cours.
M. Villeneuve :
D'accord. Alors, moi, je laisse à la discrétion du ministre de préparer
l'amendement et de l'insérer là où il veut dans le projet de loi. Je
suis tout à fait d'accord. Je ne sais pas si mon collègue de...
Président (M. Iracà) : Oui. Alors, j'ai le député de
Deux-Montagnes qui attendait patiemment son tour. M. le député de
Deux-Montagnes, la parole est à vous.
M. Charette :
Bien, juste pour compléter la discussion, parce que j'aime l'évolution, là, de
la discussion que nous avons.
Donc,
un pictogramme spécifique pour les pneus d'hiver, ça existe. Peut-être, pour
notre gouverne, est-ce que ce sont
des pictogrammes qui ont été conçus spécialement suite à l'adoption, au Québec,
de la loi ou ce même pictogramme-là est reconnu internationalement?
Mme Fournier
(Lise) : C'est un pictogramme qui a été adopté en 1999, donc, par
l'industrie canadienne du caoutchouc et
l'industrie américaine dans le même domaine. Et donc, avec des essais, ils ont
convenu d'un pictogramme pour
reconnaître des pneus qui offraient une traction supérieure dans des conditions
de neige sévères. Alors, c'est ce qui a été la base aussi de la définition des pneus d'hiver dans la législation
fédérale que nous avons adoptée, parce que ça existait. Maintenant,
c'est adopté depuis très peu aussi en Europe, mais l'origine de ça est vraiment
canadienne et américaine et date de 1999, donc bien avant l'obligation des pneus
d'hiver.
M. Charette :
Et donc on comprend que l'industrie s'est adaptée, en quelque sorte, aux
demandes des différentes législatures. Et, sinon, en termes de pictogramme, il
n'en existe pas actuellement pour des pneus à plus grande traction,
sans que ce soit des pneus d'hiver, c'est ce que je comprends. Pareil
pictogramme n'existe pas?
Fournier (Lise) : Ça existe un petit peu en Europe. Donc, il y a des
manufacturiers qui offrent le pictogramme
pour des pneus pour véhicules lourds — c'est
actuellement un bassin très restreint, si on peut dire — qui ne
sont pas disponibles ici, en Amérique du Nord.
Charette : Et, si on se
réfère à l'exemple européen des pays qui ont reconnu ce pictogramme-là, est-ce que c'est une utilisation qui est faite essentiellement en hiver ou
c'est uniquement une traction améliorée, là, peu importe
qu'on soit en période estivale, hivernale ou peu importent les conditions
météorologiques?
Fournier (Lise) : C'est vraiment
pour la période hivernale. Mais, à ce pictogramme-là, aussi, ce qui peut
être en complément, c'est qu'il est demandé
d'avoir, par exemple, une appellation «mud and snow». Donc, ça
reconnaît que c'est déjà un
pneu qui offre une traction supérieure par
rapport à un pneu qui n'aurait pas
cette appellation-là. Et c'est à partir de ces informations-là aussi que
nous, on fait la consultation et la recherche pour voir qu'est-ce qui existe et
comment ce serait possible de définir un tel pneu ici.
M. Charette :
Et, dans les pays où ce pictogramme est en vigueur, où il est reconnu, est-ce
que les gens qui utilisent ce type de pneu
changent deux fois par année leurs pneus? C'est-à-dire qu'ils ont ce pneu-là en
particulier en période hivernale et changent pour un pneu quatre saisons
pour le reste de l'année?
Mme Fournier
(Lise) : Bien, c'est comme ici, dans le fond, il y a une période où ce
pneu est obligatoire. Maintenant, ça ne dit
pas qu'on doit l'enlever, alors c'est un élément qui est très difficile à
vérifier davantage aussi dans les pays, là, européens.
Charette : Mais à tout le moins il y a une période où ce type de pneu
là en particulier est obligatoire pour les véhicules lourds?
Mme Fournier
(Lise) : Dans certains pays, oui.
Charette : Parfait. Bon, on voit qu'il y a une expérience
internationale, là, qui s'est développée. Elle sera sans doute enrichissante, là, pour les propres
vérifications que nous ferons ici, au niveau du Québec. Mais j'aime l'idée
d'un amendement qui pourrait laisser l'évaluation au ministre, et il aura par
la suite la possibilité de nous revenir, là, suite à cette consultation
lorsqu'elle sera complétée.
Fortin (Pontiac) : Bien sûr. Je crois que l'amendement est en
rédaction, si je comprends bien, en ce moment. Donc, on devrait l'avoir
dans quelques instants.
Le Président (M.
Iracà) : Alors, M. le ministre...
M. Fortin
(Pontiac) : Ce ne sera pas très long.
M. Villeneuve :
Bien, M. le ministre, on peut quand même continuer à discuter...
Villeneuve : Oui, ça va très bien. On peut continuer à
discuter, si vous voulez, parce qu'il y a toute la période, la date qui
change, et puis moi, j'aurais peut-être quelques questions de gens qui m'ont...
Le Président (M.
Iracà) : ...toujours à l'article 110, c'est ça?
Villeneuve : Toujours sur l'article 110, M. le Président.
Parce que, je ne me trompe pas, là, je pense qu'on parle de changer la
date, hein, c'est ça, donc, du 15 décembre au 1er décembre?
Villeneuve : Et je ne sais pas vous, mais, moi, dans mon comté,
les gens m'en ont parlé beaucoup. Et on sait que le Québec, encore là,
l'hiver est différent tout dépendamment où on se trouve au Québec. Alors, des
fois, il est moins rude à certains endroits.
M. Fortin
(Pontiac) : Tout à fait.
M. Villeneuve :
Remarquez que mère Nature, par moments, est capricieuse et change parfois aussi...
Fortin (Pontiac) : C'est vous-même qui disiez tantôt : On n'est
jamais à l'abri d'une tempête, peu importe où on est au Québec.
M. Villeneuve :
Mais la meilleure façon d'apprécier une tempête, M. le ministre, c'est d'être
bien à l'abri. Je crois que c'est le...
comment il s'appelle... Ducharme. Je pense que c'est Réjean Ducharme qui
écrivait ça... ou je ne suis pas sûr
si c'était lui, je ne veux pas lui attribuer... Mais, bon, tout ça pour vous
dire que les gens se demandaient : Pourquoi le 1er décembre? Pourquoi pas le 15 novembre? Bon. Alors, le
débat est lancé, M. le ministre. Pourquoi le 1er décembre?
M. Fortin
(Pontiac) : D'abord parce que ça nous apparaissait nécessaire selon
notre évaluation des accidents au Québec.
La période hivernale, vous le savez, disons, est peut-être moins prévisible
qu'elle l'était un certain temps où... avec les grandes fluctuations qu'on connaît, mais il n'est pas inhabituel,
peu importe où on se trouve au Québec, d'avoir une tempête sévère avant le 15 décembre. Et
c'était le cas encore cette année, d'ailleurs. Il y en avait eu quelques-unes,
déjà, à plusieurs des endroits au Québec.
Mais, si on regarde les statistiques qui nous
disent, selon le nombre d'accidents... Donc, je vais tenter de vous l'expliquer du mieux que je peux, là. À chaque
mois, le ministère répertorie le nombre d'accidents, de victimes — je vais utiliser le nombre de victimes d'accidents, c'est plus facile, les
chiffres sont comme ça — entre le 15 d'un mois et le 14 de l'autre, donc entre le 15 novembre et le 14 décembre, par
exemple, ou entre le 15 décembre et le 14 janvier. Pour la
période du 15 novembre au
14 décembre, on voit que la majorité des accidents se situent entre le 1er
et le 14 décembre, et ça, c'est considérant
que, même rendu au 1er décembre,
une grande portion des Québécois ont déjà fait le changement de leurs pneus d'hiver. Donc, sachant qu'il y a
une date du 15 décembre, les gens n'attendent pas toujours
jusqu'au 14 décembre pour faire le changement. Mais entre...
M. Fortin (Pontiac) : Non, exactement,
il ne faut pas. Mais, entre le 1er décembre et le 14 décembre, on
voit qu'il y a plus d'accidents que
dans les 15 jours précédents. Donc, même si on est dans une période où il y a de plus en plus d'automobilistes qui auront
mis leurs pneus d'hiver, on voit que la période d'accidents est plus grande.
Donc, on se dit : Il serait logique,
selon nous, de permettre aux gens de trouver un moyen additionnel d'éviter les
accidents en ayant leurs pneus d'hiver déjà installés.
Villeneuve : O.K.,
bien, oui, ça me convient. Est-ce que vous avez analysé aussi le facteur
température? Parce qu'il y a une
température où le pneu d'hiver est... c'est préférable d'avoir un pneu d'hiver
à une certaine température. Ça l'est
moins à haute température parce qu'il va s'user très rapidement, puis ce n'est
pas nécessaire, là. Mais il y a... Je ne sais pas, vous avez dû analyser ce côté-là aussi de la chose, parce
qu'on a des températures, au mois de novembre, qui requerraient, d'une certaine façon, à partir du 15
jusqu'au 1er... qui requerraient même des pneus d'hiver, parce qu'outre
les tempêtes mère Nature a plus d'une arme,
là, dans son sac, alors c'est un blizzard, c'est une toute petite pluie
verglaçante ou une pluie qui se transforme en pluie verglaçante.
M. Fortin (Pontiac) : Absolument.
Villeneuve : Mais ce que je vous dis là, M. le ministre... Puis
je veux juste qu'on s'assure parce que je veux être capable de répondre aux gens qui m'interpellent sur le sujet. Donc,
des gens me disent : Regardez, M. Villeneuve... Excusez, je ne
suis pas...
M. Fortin (Pontiac) : Non, non, ça
va. On va vous le permettre, n'est-ce pas, M. le député?
Le Président (M. Iracà) : Oui, oui,
absolument, absolument.
M. Villeneuve : M. le
Président est occupé à la gestion de...
Le Président (M. Iracà) : D'horaire.
M. Villeneuve : Alors donc,
il y a la température. Est-ce que c'est considéré dans votre analyse?
M. Fortin
(Pontiac) : Bien, là où la température vient en jeu — et je comprends votre question par rapport à
l'usure des pneus, là — bien, c'est que, quand la température est
trop élevée, l'usure des pneus se fait plus rapidement. Je suis bien
d'accord avec vous, pour les gens qui, par exemple, laissent leurs pneus
d'hiver jusqu'au 15 mai, si, le 15 mai, il fait 20°, il y a une usure extrêmement prématurée du pneu. Mais là on
parle quand même d'une période de temps où souvent le froid a commencé. Dans plusieurs régions du
Québec, il y a eu beaucoup de tempêtes rendu là. Donc, peut-être qu'il
va y avoir une usure un peu prématurée sur certaines journées si on installe
des pneus d'hiver plus tôt. Mais, en même temps,
ce n'est pas un enjeu qui compromet la sécurité comme le fait de ne pas avoir
ses pneus d'hiver lorsqu'il y a une tempête. Donc, pour nous, l'enjeu de
la sécurité prime sur quelques jours peut-être d'usure supplémentaire du pneu.
Villeneuve : Mais ma question, M. le ministre, c'est :
Pourquoi pas le 15 novembre?, étant donné le facteur température.
Je ne sais pas si... On a une experte, on peut peut-être, je ne sais pas, lui
demander de...
M. Fortin (Pontiac) : Non, non, je
vous entends bien.
Villeneuve : Oui, vous avez... Oui.
M. Fortin
(Pontiac) : Je vous entends bien. Nous, on a surtout considéré le
facteur accident, qui peut être dû à toutes sortes de facteurs. Ça peut être
des tempêtes, ça peut être autre. La température peut-être peut jouer dans ces
statistiques-là. Mais, quand on regarde le nombre d'accidents, on voit qu'il
est beaucoup plus grand entre le 1er et le 14 décembre
qu'entre le 15 et le 1er décembre, le 15 novembre et le
1er décembre. Donc, oui, on peut regarder tous les facteurs qui sont derrière ça, mais la période qui
nous semble la plus problématique, c'est celle du 1er au
14 décembre.
M. Villeneuve :
Parfait. Moi, ça me va.
Le Président (M.
Iracà) : Ça va?
Président (M. Iracà) : Toujours à l'article 110, questions,
commentaires, interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention pour
l'article 110...
Une voix :
...amendement?
M. Fortin
(Pontiac) : ...un peu plus complexe que certains des autres qu'on a
rédigés.
Président (M. Iracà) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Parce
que je vois qu'il y a a, b, c, d. Ça va?
Donc, je vais
attendre... je vais suspendre les travaux quelques instants, le temps de faire
les photocopies et la distribution de l'amendement. Je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à
12 h 9)
Président (M. Iracà) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre nos travaux. Nous avions
suspendu le temps de faire rédiger un amendement. Alors, M. le ministre, je vais
vous laisser la parole.
Fortin (Pontiac) : Merci. Amendement
à l'article 110 : Insérer à l'article 110 du projet de loi le paragraphe suivant :
3° par l'ajout,
à la fin de cet article, de l'alinéa suivant :
ministre peut, par règlement, prévoir des catégories
de véhicules lourds, de véhicule-outils ou de machines agricoles à qui
l'interdiction prévue au premier alinéa s'applique.»
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup. Questions, commentaires, interventions? C'est suite aux discussions que vous avez
eues. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Villeneuve : Tout simplement pour dire, M. le Président, que, pour ma part, je suis très heureux. Alors,
on prend de l'avance. On sait que, là, on
règle des cas du passé avec un projet
de loi qui n'avait pas été ouvert
plus d'une décennie, mais là on prend
de l'avance pour s'assurer de suivre l'évolution des technologies et permettre à nos paramédics et aux
conducteurs, donc, de pouvoir conduire et, évidemment, le public en général,
d'être plus sécuritaire sur nos routes, M. le Président.
Président (M. Iracà) :
Excellent. M. le député de Berthier est heureux. Est-ce que le député
de Deux-Montagnes est heureux également?
M. Charette :
Je suis de nature heureuse, M. le Président.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup de le confirmer. Alors, ceci... Puisqu'il n'y a pas d'autre
intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à
l'article 110 est adopté?
Le Président (M.
Iracà) : Amendement adopté.
l'article 110 comme tel, est-ce qu'il y a d'autres interventions et/ou questions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'article 110, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Iracà) :
Article 110 adopté. Article... Oui?
M. Villeneuve : Si vous me permettez, j'aimerais déposer un amendement, à ce stade-ci. J'en fais lecture, et vous pourrez faire la
distribution par la suite?
Président (M. Iracà) : Oui,
bien, juste avant de débuter la lecture, là, parce qu'on a les copies ici, pour
que les gens puissent suivre, là, on va distribuer l'amendement.
M. Villeneuve :
D'accord.
Le Président (M.
Iracà) : Et moi aussi, je vais pouvoir suivre.
M. Villeneuve :
Ça va, M. le Président?
Le Président (M.
Iracà) : Ça va, allez-y.
M. Villeneuve : Donc, amendement,
l'article 110.1 : Ce code est modifié par l'insertion, après le sous-paragraphe
b) introduit par le paragraphe 1° du premier
alinéa de l'article 328, du sous-paragraphe suivant :
«
c) si le ministre
met en place un projet pilote pour fixer la vitesse limite autorisée a
120 km/h.»
Alors, je ne pense
pas, M. le Président, faire une surprise, là, je pense...
Le Président (M.
Iracà) : On a tous lu les mêmes journaux.
Villeneuve : Oui, les
journaux et les réseaux sociaux aussi, présentement, M. le
Président, qui sont très
actifs par rapport à cette proposition-là que nous faisons. Vous allez me permettre, M. le Président, d'élaborer un peu plus sur l'idée derrière cela.
Le Président (M.
Iracà) : Allez-y.
Villeneuve : D'abord,
on sait que présentement, sur les autoroutes, il y a
une tolérance. Vous avez vu comme moi
sur les panneaux, sur les autoroutes, c'est 60 minimum, maximum 100 kilomètres-heure.
Hier, c'est un peu de là qu'est venue
l'idée, hier, avec des questions
qu'on a posées au ministre, on a appris... bien, on a appris... on a eu une
confirmation que les policiers, même avec
les radars photo, donc, le déclencheur est toujours au-dessus de la limite de
100, alors... Même que ce qu'on a
appris, puis on nous l'a confirmé, c'est que non seulement elle est au-dessus
de la limite de 100, mais il y a
aussi une modulation au niveau de la météo. Donc, si la route n'est vraiment
pas belle et quelqu'un roule... le policier, normalement, laisserait passer à 118 ou 119, bien, si la météo n'est pas
belle puis que quelqu'un roulait à cette vitesse-là, le policier
pourrait se prévaloir du droit qu'il a, c'est-à-dire d'infliger une amende, une
pénalité au conducteur.
Alors,
M. le Président, ce qu'on propose ici, c'est non pas... Bien, certains pourront
dire : On veut augmenter la vitesse
sur les autoroutes, mais, en réalité, soyons francs, on ne l'augmenterait pas.
Ce qu'on ferait, M. le Président, c'est qu'on se collerait à la réalité
actuelle. C'est-à-dire que présentement il y a une tolérance à 118, 119, voire
même 120 kilomètres-heure, les
policiers n'arrêtent pas... en tout cas, ce n'est pas systématique, n'arrêtent
pas les conducteurs qui roulent,
donc, au-dessus de la vitesse de 100 kilomètres-heure sur les autoroutes.
Et là je ne suis pas en train de dévoiler un secret, si ce n'est le fait
que c'est un secret de Polichinelle. Tout le monde sait cela.
Alors,
l'idée, M. le Président, ce serait de regarder hein... Je parlais de... je
parle souvent au ministre de données probantes.
Avant de prendre une décision comme législateur, bien, ce serait de mettre en
place un projet pilote, un projet pilote
qui évidemment... l'objectif premier, ce serait de vérifier, si on allait à une
vitesse maximum, je dis bien maximum de 120 kilomètres-heure sur les routes du Québec, modulé en fonction
de la météo... Et on n'est pas en train de réinventer la roue, M. le Président. C'est ce qui se passe dans plusieurs
États à travers le monde, notamment en Europe, où la plupart des pays c'est 130. Et là on ne parle pas de tolérer
121 ou 124. Nous, ce qu'on dit : Un projet pilote qui ferait en sorte que, dès que vous dépassez le 120 kilomètres-heure,
automatiquement vous avez une
contravention, tolérance zéro au-delà
de 120.
là on est collés, mais collés réellement sur ce qui se passe réellement.
Un journaliste, ce matin... Puis je
vais le dire ici, M. le Président, je suis
en train de m'incriminer et je vais le faire, je vais le faire et j'en subirai les conséquences. Oui, je l'ai déjà fait sur les... le fait que je
me stationne parfois sur des chemins d'accès limité que sont les
autoroutes, mais je vais le refaire à
nouveau : Je roule 110 sur l'autoroute et, je vous dis, je suis
pratiquement... j'allais dire je suis pratiquement nuisible, hein, parce
que des gens me dépassent, puis il y a même des gens qui insistent pour ne
dépasser.
Bon,
alors là, évidemment, il y a des questions environnementales qui se
posent, il y a des questions de sécurité publique qui se posent, de sécurité routière. Est-ce que
de rouler, M. le Président, à 118... Je vous donne l'image suivante, on fonctionne souvent par images. Vous roulez à
118 et vous voyez, à un demi-kilomètre... si vous êtes vraiment attentif, là, à la conduite, vous allez voir, à un demi-kilomètre, qu'il y a
une autopatrouille qui est en place. Vous roulez à 118. Et là, hein, j'imagine, les gens, ils lèvent le pied,
parce qu'on le voit souvent, on est obligé de ralentir parce que
les gens en avant ralentissent, puis
c'est parce qu'il y avait justement un radar, photoradar, ou une autopatrouille. Est-ce que c'est plus sécuritaire, la façon
dont on fonctionne présentement sur nos routes du Québec, en tolérant une
vitesse...
Puis hier le
ministre, M. le Président, n'a pas pu nous confirmer elle était quoi, la
tolérance, mais moi, je ne nommerai pas
personne, mais beaucoup de gens me disent : Bien, écoute, à 118 je
ne me fais jamais arrêter. Bon. Certains disent : Jusqu'à 120, il n'y a
pas de problème. C'est peut-être des légendes urbaines, mais c'est drôlement
répandu, parce que je l'entends beaucoup. Alors, M. le Président, est-ce que c'est plus sécuritaire de faire ce qu'on fait là — bon,
je trouve le mot «hypocrisie» un peu fort — c'est-à-dire fixer un règlement
dans une loi et dire : Vous n'avez pas le droit de rouler plus vite que 100 kilomètres-heure, mais on va tolérer que vous rouliez à 120 puis
on va faire comme si on fermait les
yeux? Et là vous avez la répercussion, M.
le Président. Et la personne qui voit
une autopatrouille, elle roule 120, elle voit l'autopatrouille, elle lève le pied. Qu'est-ce qui arrive en arrière? Tout le monde lève le pied. Et c'est là qu'il y
a des risques et des dangers parce que,
là, on change la vitesse d'un véhicule, qui a une répercussion sur tous les
véhicules à l'arrière. Moi, je pense qu'on doit, M. le Président, comme société,
se pencher sur cela.
je sais, sur les réseaux sociaux, on voyait beaucoup de réactions,
dire : Ah! mais là c'est sûr, si on met ça à 120, on va tolérer 140. Non, non. Nous, la proposition qu'on fait, M. le Président... Les modalités, là, du projet pilote, je pense qu'il y a assez d'experts au Québec, on va discuter avec
eux puis on verra quelles modalités, comment on met ça en place. On pourrait le mettre sur un tronçon de la
40 entre Trois-Rivières et Montréal, exemple, je donne un exemple. On pourrait faire un essai à un autre endroit sur une
autre autoroute. Parce que, là, on parle d'autoroute, là, on ne parle
pas de faire ça sur le chemin du Roy, là, hein, on parle des autoroutes, M. le
Président.
Puis, en passant, j'invite le ministre
à réfléchir à ça aussi : Le minimum 60, là, avez-vous déjà roulé à
60 kilomètres-heure sur
l'autoroute, M. le ministre? Non? Je ne vous le conseille pas, ce n'est pas
une bonne idée. Mais pourtant on met 60.
Est-ce que c'est plus sécuritaire, mettre un
minimum 60, que de mettre un maximum 120? Enfin, la question se
pose.
Alors,
M. le Président, l'amendement qu'on dépose aujourd'hui, c'est un amendement
qui se veut collé à la réalité que
l'on vit présentement sur les autoroutes du Québec.
Ça se veut un amendement qui, avec la mise en place d'un projet pilote,
va permettre de vérifier d'abord... Parce
qu'un projet pilote, M. le Président, ça pourrait très bien commencer par l'analyse de la situation actuelle, hein, où on tolère 120 malgré que c'est
maximum 100. On pourrait commencer par voir ce que ça donne. Et le projet
pilote, lui, est mis en place avec l'autorisation de rouler, donc, à une vitesse maximale de 120 kilomètres. Eh bien,
le projet pilote permettrait justement de regarder... Parce que
je veux être très clair, là, puis je sais que M. le ministre est d'accord avec moi là-dessus, on ne fera aucun compromis sur la sécurité
routière au Québec. C'est clair.
On vient de passer un amendement, là, M.
le ministre a accepté d'adopter un amendement
que, dès qu'il y aura des pneus
disponibles pour les ambulances, qu'on puisse avoir des ambulances sécuritaires
sur nos chemins de façon
optimale. Et je pense que tout le projet de loi, les amendements qu'on a adoptés jusqu'à
maintenant ou les modifications et même les articles
déjà dans le projet de loi ont toujours comme objectif, M. le
Président, qu'il n'y ait pas de compromis sur la sécurité
au Québec. Et donc ce serait, je pense, drôlement
intéressant de vérifier si justement il n'y
aurait pas lieu que ce qui se
fait présentement, de façon autorisée indirectement, se fasse de façon légale
par la loi.
Villeneuve : Oui, bien, j'ai posé la question au ministre hier
et je peux la lui reposer aujourd'hui : C'est quoi, le pouvoir
discrétionnaire, ou c'est quoi, la vitesse qui est tolérée par nos policiers
sur les routes du Québec? Enfin, j'ouvre la discussion comme ça, M. le
Président...
Le Président (M.
Iracà) : Bien, moi, si vous me permettez, on va discuter de
l'amendement.
M. Villeneuve :
Oui. Tout à fait.
Président (M. Iracà) : Puis à ce moment-là le ministre pourra... Mais
je pense que vous l'avez bien expliqué.
Villeneuve : Oui, bien, je tenais à l'expliquer comme il faut,
M. le Président, parce que je sais que ça a créé des incertitudes dans la population. Puis là je l'ai dit tantôt,
certaines personnes pensent qu'on va tolérer 140. Nous, on dit : Non, projet pilote, maximum 120,
tolérance zéro en haut de 120. Alors, je veux juste que ce soit clair.
Modulation selon la météo, ça aussi, je veux
que ce soit clair. Ça se fait dans d'autres États à travers le monde, ça se
fait au Canada, dans d'autres États
au Canada, donc on n'est pas en train, sans jeu de mots, de réinventer la roue,
mais on est en train de s'assurer justement que les choses se fassent en
concordance avec nos lois qui nous gouvernent.
Président (M. Iracà) : Excellent. Vos explications étaient très
bonnes, et c'était très clair, l'amendement que vous venez de déposer. J'ai des interventions, alors les questions vont
venir peut-être à vous, M. le député, alors on renverse ça de bord. J'ai
le député de Deux-Montagnes, j'ai le ministre qui veut intervenir. Alors, M. le
ministre ou...
M. Fortin
(Pontiac) : Bien, comme vous voulez. Allez-y, M. le député de
Deux-Montagnes, je n'ai pas de...
Le Président (M.
Iracà) : M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Bien, tout simplement pour mentionner, un petit peu comme
on l'a fait hier, peut-être, au niveau des
cours de conduite, l'emplacement lui-même de l'article importe peu, c'est de
convenir du principe, dans un premier temps.
Et, pour notre part, on est tout à fait d'avis qu'un projet pilote, à ce
moment-ci, pourrait être intéressant. Reste à déterminer ses balises, reste à déterminer comment procéder. Mais l'idée
de se pencher sur la question qui revient dans l'actualité de façon
récurrente nous semble raisonnable et même souhaitable à ce moment-ci.
Le Président (M. Iracà) :
Excellent. Merci beaucoup, M. le député de Deux-Montagnes. Vous avez un allié
déjà, M. le député de Berthier, avec votre plaidoirie. Alors, on va entendre le
ministre.
Fortin (Pontiac) : Merci, M. le Président. D'abord, je veux dire que,
si les travaux vont bien, depuis le début de l'analyse, je pense que c'est parce qu'on se penche sur des façons
d'améliorer la sécurité routière et que tout le monde semble travailler
dans cette direction-là sur des... Et M. le député fait raison de le mentionner
à plusieurs reprises : Est-ce qu'on a
des données probantes qui nous amènent à telle ou telle décision? Je pense que,
dans le cas présent, où on parle
d'une augmentation de la limite de vitesse sur un type de tronçon bien
particulier, il faut se pencher exactement sur ça.
veux juste, d'abord, aborder, si vous le permettez, M. le Président, l'aspect
législatif.
L'article 329 du Code de sécurité routière, en ce moment, permet déjà ce que le député propose.
Donc, l'amendement tel qu'il est rédigé ne nous semble pas pertinent simplement parce que c'est déjà permis.
L'article 329 dit que «le ministre des Transports peut modifier les limites de vitesse prévues aux paragraphes 1° à 4° du premier alinéa de l'article 328, pour tous
les véhicules routiers [et] pour
certaines catégories d'entre eux», et que c'est la signalisation qui fait preuve
de la décision du ministre. Alors, si on voulait, demain matin,
dire : Sur tel ou tel tronçon, c'est 120 kilomètres-heure, on
pourrait le faire, donc.
Deuxième
chose : Puisque, lorsque nous, on propose des mesures, des articles, on
revient souvent sur la question de ce
qu'on a entendu en consultations ou des données probantes qui sont devant nous,
je me demande si le député a fait cet exercice-là lui-même, par exemple,
de consulter la Sûreté du Québec. Ce qu'il propose, d'après moi, mènerait à des
enjeux légaux, si on dit effectivement...
Parce que, si on dit que la limite, c'est 120, c'est 120, et qu'on a un
policier qui, disons, donne une
contravention pour 121, comme l'exemple que le député vient juste d'utiliser,
ça pourrait mener à un nombre important de contestations judiciaires,
entre autres.
Ensuite,
je me demande si on a fait l'exercice, du côté du député de Berthier, à savoir
est-ce qu'il y a des études qui
disent effectivement que d'abaisser ou d'augmenter... permettez-moi
l'expression, mais d'augmenter la limite de vitesse de 20 kilomètres-heure mène à une
amélioration de la sécurité. Il fait référence, dans ses explications, à un
type d'incident bien
particulier : on voit une voiture de police, on pèse sur les freins pour
ralentir, pour éviter d'avoir une contravention. Même dans la situation où il décrit... où la tolérance est à 120, quand même,
selon ce qu'il entend, mais est-ce
qu'il a des données qui nous disent
que, si lui, par exemple, qui roule à 110 en ce moment, se met à rouler à 120
pour suivre la limite... est-ce qu'il
a une donnée qui lui dit que la route devient plus sécuritaire, que l'ensemble
des usagers est plus sécuritaire? Je me permets d'en douter.
études qu'on a, nous, de notre côté, nous disent que, lorsque ça a été étudié,
une augmentation... Et c'est une étude
américaine mais... Je vais la lire en anglais, si vous le permettez, M. le
député, parce que c'est en anglais le texte que j'ai devant moi, là : «A 5 mph increase in the maximum speed limit was associated with an
8% increase in fatality rates on interstates and freeways and a 4% increase on
other roads.» Donc, je me
demande si on a fait l'exercice de réellement se pencher sur ce qui a
été fait dans d'autres juridictions et ce que ça a amené comme résultat.
D'ailleurs, la
Colombie-Britannique a fait l'exercice que propose le député en ce moment, et
le professeur d'ingénierie de l'Université
de la Colombie-Britannique, M. Sayed, en février 2016, donc deux ans après
le début de l'étude, a noté
lui-même : «Overall,
the results showed that the sections of roadway where the new speed limits were imposed experienced an increase
in the number of severe — so, fatal and injuries — crashes
of 11,1%.» Donc, on parle d'au-delà
de 10 % d'augmentation des accidents
sévères. Donc, ça nous apparaît comme une mesure qui va peut-être, selon
nous et selon la lecture initiale qu'on a de la chose, aller à l'encontre de
l'amélioration de la sécurité routière.
Enfin,
le député fait référence à l'augmentation... aux facteurs environnementaux. Ce
qu'on comprend, c'est que de passer
de 100 à 110 kilomètres-heure, et j'imagine que c'est la même chose entre
110 et 120 kilomètres-heure, fait augmenter l'émission de gaz à effet de
serre d'environ 15 % pour un véhicule moyen.
Donc,
voilà ce que nous, rapidement, on a pu trouver suite à la proposition du député
de Berthier et de son collègue de René-Lévesque, si je ne m'abuse. Mais,
en fait, ma question pour le député, c'est : A-t-il consulté la Sûreté du
Québec? Est-ce que leur position reflète sa proposition? Et a-t-il fait un
exercice plus grand que celui qu'on a fait en quelques minutes, là, pour voir
les données probantes d'interventions comme celles-là?
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Je savais que vous auriez des
questions, M. le député.
M. Villeneuve :
M. le ministre, on va commencer par la Colombie-Britannique. Effectivement,
nous avons pris connaissance de
l'étude, et le professeur, entre autres, il signale à la fin que
malheureusement, sur une année, ça ne fait pas des données très probantes. Ceci étant dit, il dit aussi que
l'augmentation d'accidents sur le tronçon ou les tronçons qui ont été étudiés, donc projet pilote, n'ont pas
connu une hausse plus grande ou très peu par rapport aux autres endroits
où il n'y a pas eu le projet pilote. Donc,
il y a comme une augmentation partout. Alors, ce n'est pas dû au projet pilote,
ce n'est pas dû à... Donc, encore là, je
réitère qu'il a conclu que, finalement, il n'y avait pas assez de données pour
pouvoir... Bon.
Est-ce
que j'ai consulté la Sûreté du Québec, les policiers? Non, mais j'ai consulté
des centaines de Québécois, M. le
ministre, et je pense que c'est aussi valable, d'une certaine façon. Et ce
qu'on dit, et puis je tiens à le répéter, M. le Président, nous ne proposons... Bien, c'est sûr que, dans l'absolu, oui,
on propose une augmentation de la limite de vitesse à 120, dans l'absolu, mais, dans la réalité, c'est
déjà le cas. Alors, si le ministre me dit que, demain matin, un mot
d'ordre va être envoyé aux agents de la
Sûreté du Québec — mais
avant aussi on va aviser tous les Québécois, là — que maintenant, là, la tolérance, c'est 100 kilomètres-heure...
Et, si M. le ministre me dit que, oui, il peut y avoir des contestations
s'ils dépassent à 101, vous m'avez dit hier
que les appareils étaient rendus d'une précision extraordinaire, alors, si
c'est 121, soit, ça sera 121.
Alors, ce que je veux dire, en quelque
part, M. le Président, j'aimerais avoir de la part du ministre, on
s'entend bien, le projet de loi va bien,
mais de l'ouverture, une ouverture. Mais, s'il n'y a pas cette ouverture, si ce
n'est qu'une fermeture, qu'il applique la loi, qu'il applique la loi
telle qu'elle est inscrite. Sinon, à quoi ça sert de faire des lois?
Alors,
c'est démontré, les gens roulent... Et puis, en passant, oui, je veux juste
revenir sur l'étude de la Colombie-Britannique,
M. le Président. Il a aussi été démontré que les gens qui ne roulaient pas à
une vitesse supérieure à la limite permise
ou la nouvelle... ils n'atteignaient pas nécessairement la nouvelle vitesse,
donc ils gardaient la vitesse moyenne. Donc,
au niveau des gaz à effet de serre, au niveau... Encore là, ça, ça reste à
démontrer parce que présentement ceux qui roulent à 118, 120 le font à
tous les jours, et ceux qui roulent à 100, 110 le font aussi.
ce qui est démontré aussi, M. le Président, c'est que l'exemple que je donnais
tantôt n'est pas anodin, il n'est pas innocent, à savoir que, si un
véhicule, je vais l'appeler un véhicule de tête, se rend compte qu'il roule à
118 puis qu'il y a un patrouilleur à un
demi-kilomètre et qu'il lève le pied, tout le monde lève le pied, donc il y a
une décélération, il va y avoir par la suite une accélération, alors que
c'est démontré par l'étude de Colombie-Britannique qu'une vitesse moyenne donne des résultats supérieurs en termes
de GES, alors, si vous roulez à une vitesse moyenne, si vous roulez de
façon égale, vous avez... au lieu d'avoir une décélération, accélération.
Alors
là, présentement, on est dans une situation où les gens roulent à 118, puis
c'est toléré, donc, c'est toléré, et il
y en a qui roulent à 110, c'est toléré, mais le facteur coercitif existe
toujours. Ils savent que c'est à la discrétion du policier. Et ça amène des situations qui peuvent être, d'une
certaine façon, M. le Président, préjudiciables pour la sécurité de
tous.
Alors, moi, ce je
demande au ministre, M. le Président, c'est de ne pas rejeter du revers de la
main cet amendement-là. Et j'annonce au
ministre que, si jamais c'est le cas, nous, comme formation politique, nous en
faisons un engagement, nous allons faire un
projet pilote. On n'est pas en train de dire que demain matin, sur toutes les
autoroutes du Québec, on va pouvoir rouler à
120 kilomètres-heure, on est en train de dire que, sur un tronçon ou deux
tronçons préétablis, bien balisés,
bien documentés, bien surveillés, on va faire un projet pilote. Et les études
probantes pour être capables d'agir, bien,
on les aura à ce moment-là. Et je ne veux pas non plus déjà annoncer que le
projet pilote va aller dans telle ou telle direction. Je ne le sais pas. Alors, l'idée, c'est de faire un projet
pilote pour, justement, collecter les différentes données, qui seront des données probantes, assurément, pour
pouvoir, à ce moment-là, à la fin du projet pilote, voir s'il y a
reconduction du projet pilote ou s'il y a des éléments qui nous amènent à
croire que ce n'est pas une bonne idée. Mais je pense qu'il faut le faire.
Vitesse
maximale, M. le Président, là, dans l'ensemble canadien, en Alberta, c'est
110 kilomètres; Colombie-Britannique,
120; Île-du-Prince-Édouard, 90... Puis ils n'ont pas d'autoroute, c'est ça, ils
n'ont pas d'autoroute, là, alors... Manitoba,
100. Nouveau-Brunswick, 110. Nouvelle-Écosse, 110. Alors, je ne suis pas en
train de dire qu'on veut appliquer ça sur les endroits où on n'a pas
d'autoroute. Au contraire, nous, on veut, M. le Président...
M. Villeneuve :
Bien, ce n'est pas sur les autoroutes, les chiffres que je vous donne, ce n'est
pas sur les autoroutes. O.K.? Donc,
ils roulent déjà en haut de 100, puis ce n'est pas sur les autoroutes. On ne
veut pas ça sur la route nationale au Québec.
Moi, là, André Villeneuve, il ne veut pas ça sur la route nationale au
Québec. Ça, c'est clair. Mais, par contre, puis je donne un exemple parce que c'est ma région, est-ce qu'entre
Trois-Rivières et Montréal on peut faire un projet pilote qui va pouvoir nous permettre de collecter
des données probantes et qui va pouvoir nous permettre, comme société,
de prendre une décision éclairée pour la suite?
Le Président (M. Iracà) :
Merci beaucoup, M. le député de Berthier. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement? Oui, M. le ministre.
M. Fortin (Pontiac) :
Oui. M. le Président, écoutez, j'apprécie l'échange, là, qu'on a en ce moment,
mais il y a deux choses dans
l'argument du député qui me posent problème. D'abord, il dit, O.K. :
L'étude de la Colombie-Britannique était sur une période trop courte
pour nous permettre d'avoir des données probantes.
Fortin (Pontiac) : Non, mais je fais référence à ce que le chercheur
dit, donc. Vous reprenez ses propos à travers de votre plan.
L'étude américaine, qu'on pourra très
certainement lui faire parvenir s'il le veut, fait état de résultats qui ont
été compilés sur 20 ans. Donc, sur
20 ans, on a vu, qu'en moyenne une augmentation de cinq milles à l'heure
mène à une augmentation des décès de 8 %, donc ce qui veut dire que,
même dans son projet pilote, dans son projet pilote, si on augmente la limite de vitesse de
20 kilomètres-heure, on peut s'attendre à des décès supplémentaires, si je
ne fais que me fier sur les résultats de l'étude américaine en question.
Déjà là, ça m'apparaît mettre la sécurité des usagers à risque.
Ensuite,
ce que le député avance, c'est qu'on ne devrait pas laisser la discrétion aux
forces policières...
M. Villeneuve :
M. le Président, si j'ai bien compris, est-ce qu'on me prête l'intention de
mettre la vie des Québécois en danger, là?
M. Fortin
(Pontiac) : Ce n'est pas ce que j'ai dit.
M. Villeneuve :
Ce n'est pas ce que vous avez dit?
M. Fortin (Pontiac) :
Ce que j'ai dit, c'est que ça ne m'apparaît pas un projet qui augmente la
sécurité mais un projet qui met à risque la sécurité.
M. Villeneuve :
M. le ministre, c'est déjà le cas.
Le Président
(M. Iracà) : Non, mais je vais... Oui, mais les...
M. Villeneuve :
C'est déjà le cas, les gens roulent à 120.
Le Président
(M. Iracà) : Bien, écoutez, je vais laisser le ministre finir son
explication. Après ça...
M. Villeneuve :
O.K., oui, allez-y.
M. Fortin (Pontiac) : Écoutez, je peux
terminer ça, mais, sur ce point-là, l'étude dit qu'une augmentation de
la vitesse permise mène à une augmentation
des décès, c'est tout ce que ça dit. Vous pourrez lire l'étude pour vous-même,
vous pourrez lire l'étude pour vous-même, M. le député.
Le Président
(M. Iracà) : On va laisser le ministre finir. Après ça, je vais
vous donner...
M. Fortin
(Pontiac) : Deuxièmement, ce que vous êtes en train de dire, c'est
qu'on ne devrait pas laisser la tolérance
aux policiers pour juger de la situation. Donc, à ce niveau-là, est-ce que ça
veut dire qu'un policier, qui utilise de son bon jugement dans
99 % des situations et/ou à 100 % des situations, pour bien des
policiers, utilise son bon jugement pour dire... Par exemple, si
M. le sous-ministre adjoint décide de traverser la rue à un feu rouge, à
minuit, quand il n'y a personne autour,
est-ce que le policier va automatiquement lui donner un constat, à un piéton? Probablement pas, probablement pas. Bien, si vous roulez à 32 kilomètres-heure dans
la zone résidentielle chez vous, est-ce qu'il va vous donner un ticket
de vitesse? Probablement pas.
Alors, ce que
vous êtes en train de faire, c'est de dire qu'à certains endroits au Québec la
limite va être celle qui est affichée
et à certains endroits au Québec on va continuer de pouvoir rouler à 10, 15, 20,
dans votre exemple, kilomètres au-dessus de la limite. Donc, par extension, ce que vous proposez, c'est,
si, disons, on accepte que le projet
pilote ait lieu partout sur les autoroutes du Québec...
Non, mais disons que le projet
pilote, selon vous, aurait des
données probantes qui mèneraient à ce
que ce soit 120 sur toutes les routes du Québec. À terme, est-ce qu'on
va proposer que la limite dans une zone scolaire soit 45? Parce que
c'est probablement ce qu'on tolère. Est-ce que vous êtes en train de dire que,
dans une zone résidentielle à 50, ça devrait être 65? Parce que c'est probablement
ce qu'on tolère.
Ce que vous jugez, en ce moment, c'est la
période... ou le seuil de tolérance du policier, mais, le policier, peu importe
que ce soit un policier de la Sûreté
du Québec sur l'autoroute ou un
policier de la force municipale sur la rue ou dans la zone scolaire, ce policier-là juge de la situation,
utilise de son bon jugement et effectivement ne donne probablement pas de contravention à quelqu'un qui roule 102 sur
l'autoroute. En même temps, M. le
Président, toutes les mesures
qu'on a prises dans le Code de sécurité routière, c'est pour s'assurer
que les gens, entre autres, répondent de façon positive aux dispositions qui sont déjà mises de l'avant, pour
s'assurer que les gens respectent la sécurité dans un corridor scolaire,
s'assurer que les gens respectent la
sécurité dans un chantier. Mais, quand vous dites ensuite que ça prend plus de
policiers dans telle ou telle zone, ce n'est
pas au ministre des Transports à aller dire aux policiers où s'installer non
plus. Je ne dis pas que c'est ce que
vous dites, mais vous dites : Plus de policiers dans un tel ou tel
endroit, c'est ce qui était dans votre point de presse ce matin. Donc,
ce n'est pas au ministre des Transports de dire ça.
Est-ce qu'on
aimerait peut-être plus de surveillance à certains endroits? Effectivement.
Est-ce que les photoradars sont une
des façons de le faire? Effectivement. Mais est-ce que c'est à nous à juger où
ces policiers doivent être et le seuil de tolérance qu'ils doivent avoir selon la situation? Pour nous, ça
n'apparaît pas utile au point de vue de la sécurité publique.
Le Président (M. Iracà) : ...
M. Fortin (Pontiac) : Si vous le
permettez, une dernière chose, M. le Président...
Le Président (M. Iracà) : Oui. Oui.
Allez-y.
M. Fortin
(Pontiac) : ...pour le fond
de l'article, le fond de la proposition qu'il fait, on
considère que c'est déjà dans le Code de sécurité routière. Alors, je ne veux pas vous dire qu'on rejette du
revers de la main l'amendement
que vous faites, on considère que c'est déjà possible à l'intérieur du Code de
sécurité routière actuel.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre.
Villeneuve : Je vais
débuter sur ce point-là. D'abord, notre article, je pense qu'il est
recevable, M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : Absolument.
L'amendement... Oui, oui, oui.
Villeneuve : Il est
recevable. Et on n'est pas à un doublon près, là, on n'est pas à un doublon
près. On en a parlé hier. O.K.?
Alors, je vous demandais comment on ferait pour... Bon. On n'est pas à un
doublon près. La différence importante, c'est qu'on voit le mot «projet pilote» apparaître. Le projet pilote apparaît dans ce que nous, on dépose. Et
donc ça annonce... En quelque part, à un moment donné, les mots ont un sens, M.
le Président, là, et ça annonce qu'il y aura la mise en place d'un projet
pilote éventuellement concernant l'enjeu dont on parle ce matin.
M. le Président, je veux dire au ministre que l'étude qu'il cite, l'étude américaine qu'il
cite, ça, c'est toujours dans
la mesure où on roule à
100 kilomètres-heure, mais ce n'est pas le cas, M. le ministre, ce n'est pas le cas. On ne parle pas... Je le sais, que, dans l'absolu, on va me dire :
Oui, mais vous pouvez économiser une augmentation... Non. Oui, dans l'absolu, mais, en réalité, ce que je dis, collons-nous sur
la réalité qui est celle qu'on connaît ou bien appliquons la loi comme il se
doit.
Alors, moi,
j'invite le ministre, M. le
Président, je ne suis pas pressé,
j'invite le ministre à y penser, à y réfléchir. Et je pense que ce serait une saprée bonne idée, vous
savez, parce que, je le dis et je le répète, est-ce que présentement, avec minimum 60,
maximum 100, qui n'est pas respecté au niveau du 100 — une
chance que le 60 est respecté, c'est déjà
ça, mais, au niveau du
100 kilomètres-heure, on comprend que ce n'est pas respecté — la
sécurité est plus grande, actuellement,
sur les routes du Québec,
qu'elle ne le serait si on avait vraiment une loi appliquée qui dirait :
Maximum 120? Puis oui pour la précision, je suis d'accord avec le ministre,
je suis prêt à aller à 121, mais je vous le dis, là, je ne laisserai pas... personnellement, je ne tolérerai pas qu'on accorde un discrétionnaire de
20 kilomètres-heure de plus au 120 comme c'est le cas. Le un kilomètre de plus, à la limite,
je suis d'accord, laissons une marge
de manoeuvre d'un kilomètre.
Hier, le ministre nous précisait que les outils sont rendus d'une
précision extraordinaire. Parfait.
Alors, moi, M. le Président, j'invite le ministre... S'il veut, on peut suspendre. Je veux qu'il
réfléchisse, je veux qu'il réfléchisse.
Je sais qu'il y a des députés qui disent de ne pas embarquer là-dedans,
M. le ministre, vous avez des conseillers, puis c'est correct, mais, moi, je vous dis, prenez
le temps d'y penser, parce que présentement — je sais que ça a été employé, le
terme, à la radio ce matin — on
est un peu dans un système d'hypocrisie, où on laisse aller les choses jusqu'à 120 kilomètres-heure sans intervenir.
Alors, moi, M. le Président, j'invite le ministre à y réfléchir
sérieusement. Puis je veux laisser la parole aussi à d'autres, je pense que...
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député de Berthier. Non, le député
de Deux-Montagnes me fait signe qu'il ne désire plus intervenir. M. le
ministre? Est-ce qu'il y a d'autres...
M. Villeneuve : ...une
dernière donnée, M. le Président.
M. Fortin (Pontiac) : ...d'autre
chose. Allez-y, oui, allez-y.
M. Villeneuve : Une dernière
donnée, puis les gens qui sont... si la caméra peut le prendre, là, ça, là,
c'est la vitesse en Europe, et les distances
sont pas mal moins grandes à parcourir. Bien, en Europe, peut-être pas, mais
dans les pays d'Europe. Et la
plupart, là, France, Allemagne, Angleterre, Italie, sont à 130, et tous les
autres, sauf... à l'exception d'un, sont
à 120 kilomètres-heure. Il y a le Danemark aussi à
130 kilomètres-heure. Évidemment, on comprend que ce n'est pas sur
les routes secondaires. On parle toujours de routes à accès limité, on en a
parlé hier, donc des autoroutes.
Et il faut
aussi dire, M. le Président, un dernier... Bien, un dernier point, un autre
point que j'ai oublié de mentionner, c'est
qu'évidemment il y a des panneaux, là. Je veux dire, vous êtes allé en France,
vous avez vu comment ça fonctionne dans
certains pays, où on va indiquer la vitesse, M. le Président, selon la météo.
Donc, il faut rouler de façon sécuritaire, et la météo est évidemment quelque chose qui nous oblige, nous force à
adapter... Ce n'est pas la météo qui va s'adapter à notre conduite, c'est le conducteur qui doit
adapter sa conduite à la météo. Et donc il y a des panneaux, encore là,
pour la caméra, il y a des... C'est à Londres?
Une voix : Ça, c'est
l'exemple américain, je crois.
Villeneuve : Bon, américain. Ce serait aux États-Unis. Alors,
M. le Président, un projet pilote pourrait sans contredit inclure en son sein, si je peux le dire
de même, un élément panneau indicateur pour que les gens sachent d'abord
qu'ils sont dans une zone projet pilote, mais aussi pour leur dire que c'est
modulé selon la météo.
Puis, vous savez, on pourrait imaginer
différents scénarios, là, il n'y a pas de...
Une voix : Ça existe déjà à
Saint-Michel-de-Bellechasse.
M. Villeneuve : Ou. À
Saint-Michel-de-Bellechasse, c'est déjà en vigueur. À Saint-Michel-de
Bellechasse, il y a déjà...
Une voix : À vitesse
variable.
Villeneuve : ...à vitesse variable, concernant la météo. Alors,
c'est quand même assez particulier. Ça existe déjà. Alors, voilà.
Puis, juste
pour finir, moi, je dis au ministre : Les mots ont leur importance, puis
on n'est pas à un doublon près. Si le
ministre est prêt à accepter... À moins qu'il décide de voter contre notre
amendement, si le ministre est prêt à accepter qu'on l'inclue dans la loi... Et évidemment, à ce moment-là, je
comprends que c'est un geste politique, M. le ministre, mais c'est aussi
un geste qui va nous permettre d'aller chercher toutes les données probantes.
Et je ne veux pas conclure, moi, ce
matin que le projet pilote va arriver à telle conclusion, je ne le sais pas,
mais on aura des gens, des experts qui
pourront se concentrer... Vous savez, les experts, hein... J'allais dire :
Les enfants aiment les bonbons, mais,
les experts, c'est les chiffres, hein, puis c'est les statistiques. Alors là,
ils auront de quoi finalement nous éclairer pour une possible suite des
choses.
Le Président (M.
Iracà) : Sur l'amendement déposé par le député de Berthier, est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
M. Fortin
(Pontiac) : Une dernière, si vous... Bien, c'est une dernière, si vous
le permettez, M. le Président.
Le Président (M.
Iracà) : Allez-y.
Fortin (Pontiac) : À la lueur des études américaines, qui nous disent
qu'il y aurait davantage de décès sur les routes du Québec en augmentant la limite de vitesse, à la lueur de
l'expérience en Colombie-Britannique, où on a choisi de retirer certains endroits où le projet pilote
était en place parce qu'on jugeait que c'était trop dangereux, à la lueur du
fait que, selon nous, c'est permis déjà,
dans le Code de la sécurité routière, d'aller de l'avant avec un tel projet de
loi et surtout, M. le Président, dans
l'optique où nous-mêmes... et je comprends la position de sa formation
politique et la position de la Coalition avenir Québec, mais, dans la
position où nous-mêmes, on n'a pas l'intention d'aller de l'avant avec un tel projet pilote — et je comprends l'intention du député, si un
jour son parti prend le pouvoir, d'aller de l'avant avec un tel scénario... On croit qu'il y a tous les outils en
place pour le faire, même si, selon nous, ça remettrait en question la
sécurité routière des usagers. On ne voit pas de raison de voter en faveur de
l'amendement qui est proposé par le député.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, sur l'amendement,
d'autres interventions? M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui. Je veux juste revenir sur l'étude américaine.
C'est parce que le ministre, il dit que l'étude américaine précise qu'en augmentant la vitesse à plus de
100 kilomètres-heure voici les risques auxquels nous courons tous, mais on ne l'augmente pas. C'est la réalité
dont je veux qu'on parle. C'est ça présentement au Québec. Donc, on n'augmente pas les risques. Les gens roulent déjà
à cette vitesse-là. À la limite, si le ministre veut être cohérent, bien,
qu'il réduise la limite de... bien, qu'il
applique la loi à 100 puis qu'il laisse un ou deux kilomètres de plus, là. À la
limite, si je suis son raisonnement,
si vraiment il croit à l'étude puis il est convaincu de cette étude-là, puis
que ce serait bon, bien, qu'il fasse
cette proposition-là, M. le Président. Parce qu'on n'est pas en train de dire
qu'on augmente, on est en train de... on constate, finalement, que,
depuis plusieurs années, voire des décennies, au Québec, pour toutes sortes de
raisons, il s'est établi une tolérance. Puis
je ne veux pas qu'on enlève le pouvoir discrétionnaire aux policiers, c'est
parfait, c'est bien, puis ils
l'exercent correctement. Moi, je n'ai pas de doute là-dessus, je ne veux pas
qu'on touche à ça. Mais, en quelque part, quand on est rendus qu'on tolère 20 kilomètres... Aïe! c'est 20 %,
ça, c'est ça. 20 % de plus, c'est beaucoup, 20 %, qu'on tolère. Mais les gens sont toujours dans une
situation où je roule à 118, il y a une autopatrouille, je lève le pied, tout
le monde lève le pied en arrière. On est
dans une situation où, dans le fond, il y a peut-être aussi là un enjeu de
sécurité, de laisser la situation
telle qu'elle est aujourd'hui. En tout cas, à tout le moins, c'est ce que je
pense. Et donc un projet pilote nous
permettrait, M. le Président, de faire l'état actuel de la situation, de un, et
nous permettrait, dans un deuxième temps, de pouvoir aller chercher les données probantes que nous donnerait, nous
procurerait la mise en place d'un projet pilote.
Mais
je comprends que le ministre n'est pas du tout ouvert à ce qu'on introduise
l'amendement qu'on a déposé, M. le
Président, de faire un projet pilote. Il n'est pas du tout... il n'a pas cet
entrain-là, j'oserais dire, d'aller de l'avant.
Alors,
M. le Président, moi, à ce moment-ci, je prendrais une gorgée d'eau, je
prendrais une pause. Je ne sais pas si le ministre veut passer
immédiatement au vote ou s'il veut y réfléchir encore. S'il préfère ne pas y
réfléchir et passer au vote, moi...
M. Fortin
(Pontiac) : Bien, je vois mal... et sans parler du fond du dossier,
là, mais je vois mal l'utilité de l'amendement puisque, selon nous, le projet
de loi permet déjà d'aller de l'avant.
Fortin (Pontiac) : ...oui, la loi, pardon, nous permet déjà d'aller de
l'avant avec une... permettrait déjà d'aller de l'avant avec un tel projet. Alors, ça me semble superflu, disons, de
prolonger le débat sur l'amendement du député quand on considère déjà
qu'un tel projet pilote serait possible dans la loi actuelle. Alors,
effectivement, M. le Président, on serait prêts à passer au vote.
Président (M. Iracà) : Merci. Alors, d'autres interventions en lien
avec l'amendement déposé par le député de Berthier, un amendement qui
stipule l'ajout de l'article 110.1? S'il n'y a pas d'autre intervention,
je vais procéder à la mise aux voix.
M. Villeneuve :
...vote par appel nominal, M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : D'accord.
Merci beaucoup, M. le député de Berthier. Alors, Mme la secrétaire, je vais
vous faire travailler. Un vote par appel nominal.
La Secrétaire :
Donc, pour, contre ou abstention. M. Villeneuve (Berthier)?
La Secrétaire : M. Fortin
(Pontiac)?
M. Fortin (Pontiac) : Contre.
La Secrétaire : M. Bolduc
(Mégantic)?
La Secrétaire : M. Bourgeois
(Abitibi-Est)?
La Secrétaire : M. Habel
(Sainte-Rose)?
La Secrétaire : M. Simard
(Dubuc)?
La Secrétaire : M. Charette
(Deux-Montagnes)?
La Secrétaire : Et M. Iracà
(Papineau)?
Le Président (M. Iracà) :
Abstention. Alors...
La Secrétaire : 2 pour,
5 contre, 1 abstention.
Le Président (M. Iracà) :
L'amendement proposé par le député de Berthier est rejeté.
Nous
poursuivons l'étude du projet de loi. Nous sommes à l'article 111. À la
lecture, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Fortin (Pontiac) : Oui, merci, M.
le Président.
L'article 442 de ce code est modifié
par l'insertion, après «routier», de «ou une bicyclette».
L'article 111
du projet de loi propose une modification de concordance à l'article 442
du code afin de prévoir que la règle
de circulation soit également applicable aux cyclistes. Ainsi, un cycliste ne
pourra circuler si un passager, un animal ou un objet lui obstrue la vue
ou gêne sa conduite. Cette règle s'harmonise avec celle obligeant à tenir
constamment son guidon, prévue à
l'article 477 du code, dans un objectif de sécurité et afin de permettre
un maximum de manoeuvre en situation d'urgence. Elle s'harmonise
également avec la règle obligeant un siège fixe pour le transport de passager,
article 485 du code.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. 111. Questions, commentaires, interventions?
M. Villeneuve : ...de
concordance, tout simplement, c'est ce que je comprends, question de
concordance?
M. Fortin
(Pontiac) : Je vais lire l'article, là : «Nul ne peut conduire un
véhicule routier ou une bicyclette...» En fait, c'est important pour nous d'inclure la bicyclette pour ne pas que
quelqu'un, disons, s'assoie sur le guidon ou qu'on ait un chien avec
nous ou autre chose, donc.
Président (M. Iracà) : Alors, je comprends qu'il n'y a pas d'autre
intervention à 111. S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais
procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 111 est adopté?
Le Président (M. Iracà) : Adopté.
112. À la lecture, s'il vous plaît.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci, M. le Président.
L'article 112 : Ce code
est modifié par l'insertion, après l'article 443, de la
section
suivante :
«Section V. Distractions au volant.
«443.1. Il est interdit à tout conducteur d'un
véhicule routier et à tout cycliste de faire usage d'un appareil électronique
portatif ou d'un écran d'affichage, sauf dans les cas suivants :
«1° le
conducteur du véhicule routier fait ou reçoit des appels téléphoniques en
utilisant un dispositif mains libres;
«2° le conducteur du véhicule routier ou le
cycliste consulte l'information affichée sur un écran d'affichage, y compris celui d'un appareil électronique
portatif, ou active une fonction de l'écran si celui-ci satisfait à l'ensemble
des conditions suivantes :
«
a) il
affiche uniquement des informations pertinentes pour la conduite du véhicule ou
liées au fonctionnement de ses équipements usuels;
«
b) il est intégré au véhicule ou installé sur
un support, amovible ou non, fixé sur le véhicule;
«
c) il est placé de façon à ne pas obstruer la
vue du conducteur du véhicule routier ou du cycliste, nuire à ses manoeuvres, empêcher le fonctionnement d'un
équipement ou en réduire l'efficacité et de manière à ne pas constituer
un risque de lésion en cas d'accident;
«
d) il est positionné et conçu de façon à ce que
le conducteur du véhicule routier ou le cycliste puisse le faire fonctionner et
le consulter aisément.
«Pour
l'application du premier alinéa, le conducteur du véhicule routier ou le
cycliste qui tient en main, ou de toute autre manière, un appareil
électronique portatif est présumé en faire usage.
gouvernement peut, par règlement, préciser les modalités d'application du
présent article, notamment définir le sens de certaines expressions. Il
peut également prévoir d'autres exceptions à l'interdiction qui y est prévue
ainsi que d'autres normes applicables aux écrans d'affichage.»
M. le Président, l'article 112 du projet de loi introduit au
titre 8 du code relatif aux règles de circulation routière la
section V, qui comprend les articles 443.1
à 443.7 qui concernent les distractions au volant. Le nouvel
article 443.1
introduit la règle générale qui consiste à
interdire à tout conducteur du véhicule routier et à tout cycliste l'usage d'un
appareil électronique portatif ou d'un écran d'affichage, sauf les exceptions
qui y sont mentionnées. Il habilite aussi le gouvernement à prendre un règlement pour préciser l'application de cet article. À cet
égard, l'article 209 du projet de loi apporte certaines précisions jusqu'à
ce qu'un règlement soit pris.
J'aurai également un amendement à déposer, M. le
Président, si vous le permettez.
Le Président (M. Iracà) : Oui, absolument.
Juste un petit instant.
Président (M. Iracà) :
Alors, je vous... on va le distribuer. Alors, pour la distribution, s'il vous plaît. Ce qu'on va avoir le temps
de faire, avant l'heure du dîner, c'est de vous laisser lire l'amendement, M. le ministre, et on va pouvoir l'étudier en après-midi.
M. Fortin (Pontiac) : En fait, M. le
Président, si je comprends bien, là, l'article en question, l'article 112,
a plusieurs sections. Donc là, j'ai lu
443.1, mais il y en a d'autres. Voulez-vous que je vous fasse la lecture de ça
ou que j'aille directement à l'amendement?
Le Président (M. Iracà) : Bien, habituellement, on y va par... Parce que la
demande avait été faite au début de l'étude du projet de loi, on va y aller
section par section, là, 443.1, un à la
fois et... Alors, vous avez un amendement pour 443.1?
M. Fortin (Pontiac) : Exact.
Le Président (M. Iracà) : Et 443.2,
qui est dans le même amendement. C'est ça?
M. Fortin (Pontiac) : Exact.
Le Président (M. Iracà) : Alors, je
vous suggère de dire jusqu'à 443.2, l'article.
M. Fortin (Pontiac) : O.K. Ça
marche. Merci, M. le Président.
Donc,
l'article 112 : Remplacer les articles 443.1 et 443.2 du Code de
la sécurité routière proposés par l'article 112 du projet de loi
par les suivants :
«443.1. Il est interdit à tout conducteur d'un
véhicule routier et à tout cycliste de faire usage d'un téléphone cellulaire ou de tout autre appareil portatif
conçu pour transmettre ou recevoir des informations ou pour être utilisé à
des fins de divertissement, ou de faire usage d'un écran d'affichage, sauf dans
les cas suivants :
«1° le conducteur du véhicule routier utilise un
dispositif mains libres;
«2° le conducteur du véhicule routier ou le
cycliste consulte l'information affichée sur un écran d'affichage, y compris celui d'un appareil portatif, ou
actionne une commande de l'écran alors que celui-ci satisfait à l'ensemble
des conditions suivantes :
«
a) il
affiche uniquement des informations pertinentes pour la conduite du véhicule ou
liées au fonctionnement de ses équipements usuels;
b) il est intégré au véhicule ou installé sur un
support, amovible ou non, fixé sur le véhicule;
il est placé de façon à ne pas obstruer la vue du conducteur du véhicule
routier ou du cycliste, nuire à ses manoeuvres,
empêcher le fonctionnement d'un équipement ou en réduire l'efficacité et de
manière à ne pas constituer un risque de lésion en cas d'accident;
«
d) il est positionné
et conçu de façon à ce que le conducteur du véhicule routier ou le cycliste
puisse le faire fonctionner et le consulter aisément.
«Pour
l'application du premier alinéa, le conducteur du véhicule routier ou le
cycliste qui tient en main, ou de toute autre manière, un appareil
portatif est présumé en faire usage.
gouvernement peut, par règlement, préciser les modalités d'application du
présent article, notamment définir le sens
de certaines expressions. Il peut également prévoir d'autres exceptions aux
interdictions qui y sont prévues ainsi que d'autres normes applicables
aux écrans d'affichage.»
Le Président (M.
Iracà) : Merci, M. le ministre. Alors, ce qu'on fera, en revenant du
dîner, c'est d'étudier paragraphe, là, par paragraphe le...
Le Président (M.
Iracà) : Oui, pour dîner.
Alors, compte tenu de
l'heure, je suspends les travaux jusqu'à 15 heures. Merci. À tout à
l'heure.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Président (M. Iracà) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons nos travaux. Merci de bien vouloir
éteindre la sonnerie de vos appareils électroniques.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 165, Loi modifiant le Code de la sécurité routière et d'autres
dispositions.
avant-midi, lors de la suspension des
travaux, nous en étions à l'article 112. Le premier amendement
avait été lu. Il avait été distribué, vous en
avez une copie. Alors là, je réfère à l'article 443.1, qui réfère à
l'article 112. Sur l'amendement...
Et j'ai retenu la proposition du député de Masson, qui est venu me voir à la
pause du dîner, pour faire ça pour
que ce soit plus simple à suivre et plus facile, d'y aller amendement par
amendement, là. Donc, on va commencer, même si c'est dans la même page,
là, seulement avec l'amendement 443.1 en lien avec l'article 112.
Sur l'amendement,
est-ce qu'il y a des questions, interventions? M. le député de Masson.
M. Lemay :
Oui, M. le Président. J'aimerais avoir des précisions. Dans le premier paragraphe
et deuxième paragraphe, j'ai noté, en lisant
l'amendement, qu'on venait retirer la notion de «fait ou reçoit des appels
téléphoniques», ainsi, dans le deuxième
paragraphe, qu'on a retiré la notion d'appareil électronique, là. J'aimerais
juste savoir en quoi ça rendait
l'article plus clair en éliminant ces quelques mots, là, parce que dans
l'ensemble ça reste le même esprit. Donc, ce serait plus... simplement
pour avoir des précisions.
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Fortin
(Pontiac) : Effectivement, là, je prends... je pense que le député
était à 443.1, au premier alinéa : «1°
le conducteur du véhicule routier fait ou reçoit des appels téléphoniques en
utilisant un dispositif mains libres.» On a enlevé la référence à «fait ou reçoit des appels téléphoniques».
Honnêtement, c'était juste parce que ça nous apparaissait limitatif dans la description de la chose. Ce
qu'on dit, dans le fond, c'est que, quand tu utilises un mains-libres, ça va,
là. Donc, on ne voulait juste pas limiter à
la chose, là. Ça peut être un texto, là, que j'utilise avec un dispositif vocal
qui me permet d'écrire le texto
pendant que je parle. Donc, c'est ça, on ne voulait juste pas le limiter, dans
notre premier alinéa.
Dans le deuxième
alinéa, je veux juste... C'était quoi, votre question, encore?
M. Lemay :
Bien, on avait retiré la notion de «électronique» à «appareil».
M. Fortin
(Pontiac) : Si vous regardez dans le paragraphe d'introduction, le
paragraphe d'introduction, lui, est plus précis que celui qui avait été
initialement proposé. Donc, avec cette précision-là, il faut enlever le même
terme, là, dans la deuxième partie. Mais essentiellement ça dit la même chose,
Le Président
(M. Iracà) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Deux-Montagnes.
M. Fortin
(Pontiac) : C'est plus facile de... pardon, mais c'est plus simple le
mettre dans l'article général plutôt que dans le cas d'exceptions,
disons.
Le Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette : Juste
pour bien comprendre toujours l'esprit de l'article et de ses modifications, la
transmission de données, est-ce que ça peut
être tout simplement de la musique? Est-ce qu'un appareil qui n'a pas de
connexion cellulaire mais qui transmet de la musique est considéré comme
un appareil qui transmet des données?
M. Fortin
(Pontiac) : Vous êtes où, là, exactement, là? Peut-être juste
m'indiquer à quel alinéa vous faites référence, là, M. le député.
M. Charette :
En fait, tout simplement 443.1, dans le premier segment : «Il est interdit
à tout conducteur d'un véhicule
routier et à tout cycliste de faire usage d'un téléphone cellulaire — ça, on s'entend — ou de tout autre appareil portatif
conçu pour transmettre ou recevoir des informations...»
M. Fortin
(Pontiac) : Oui, effectivement, là, quand on parle de divertissement,
on fait référence à la
musique, donc si je me mets à jouer pour changer les chansons sur mon
dispositif, là.
M. Charette :
Un appareil qui n'a aucune, aucune donnée cellulaire est aussi proscrit, là, en
vertu de l'article en question.
M. Fortin
(Pontiac) : Un iPod, par exemple, là, est effectivement proscrit.
Président (M. Iracà) : Merci. D'autres interventions sur
l'amendement 443.1 en référence à l'article 112? S'il n'y a
pas d'autre intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 443.1 en référence à l'article 112 est
adopté?
Le Président
(M. Iracà) : Amendement adopté. À la lecture, s'il vous plaît, M.
le ministre. 443.2, pour l'amendement.
M. Fortin
(Pontiac) : Pour l'amendement ou pour l'article principal?
Le Président
(M. Iracà) : Alors, vous le remplacez au complet? Alors,
l'amendement.
M. Fortin
(Pontiac) : Oui, effectivement. O.K. Très bien.
«443.2. Le conducteur
d'un véhicule routier et le cycliste ne peuvent porter aucun écouteur.
«Pour l'application
du premier alinéa, ne constitue pas un écouteur l'appareil qui est intégré dans
un casque protecteur et qui permet à ceux qui le portent de communiquer entre
eux sans les empêcher de capter les bruits de la circulation environnante.
«Le gouvernement
peut, par règlement, prévoir des exceptions à l'interdiction prévue au premier
alinéa.»
M. le Président, en ce qui concerne
l'article 443.2 du Code de la sécurité routière, cet amendement vise à
préciser l'interdiction concernant le port
d'écouteur. Il permet également au gouvernement de prévoir par voie
réglementaire des exceptions à cette
interdiction. À cet égard, l'article 209 du projet de loi sera modifié par
amendement afin qu'un agent de la
paix ou un conducteur de véhicule d'urgence soit autorisé à porter un seul
écouteur dans l'exercice de ses fonctions.
Le Président
(M. Iracà) : Merci beaucoup, M. le ministre. M. le député de
Masson.
M. Lemay :
Oui, M. le Président. Je suis ravi que le ministre apporte un amendement à cet
article-là parce que j'avais, moi aussi,
un amendement en lien. Comme que je mentionnais, à la pause, au ministre, on
est très proches. Le but visé par
l'amendement est le même, là, c'est de pouvoir permettre qu'on ait un seul
écouteur de type oreillette Bluetooth ou connecté avec un micro, que ce soit avec fil ou sans fil. Je pense que
c'est une préoccupation que certains groupes étaient venus nous voir.
contre, la manière que c'est inscrit, je ne suis pas sûr... En fait,
j'aimerais, si c'est possible à ce stade-ci, qu'on regarde l'article 209.
Est-ce que, dans les commentaires du ministre, je dois comprendre que vous
allez déposer un amendement à l'article 209? Parce que dans vos
commentaires...
M. Fortin
(Pontiac) : Je m'excuse, pouvez-vous répéter votre question, M. le député?
M. Lemay :
C'est parce que vous mentionnez que vous allez faire... Ce que je comprends,
dans vos commentaires, c'est qu'à l'article 209 le projet de loi
sera modifié par amendement. Ça veut-u dire que vous avez l'intention de
déposer un amendement? Peut-être, s'il est déjà disponible, on pourrait le
regarder, ce qui nous permettait de mieux comprendre, à ce stade-ci,
l'article 443.2 introduit par l'article 112 du projet de loi.
Le Président (M. Iracà) : Vous
pouvez le distribuer et le déposer plus tard, hein? Vous n'êtes pas obligés de
le déposer. Juste le distribuer, c'est correct aussi.
M. Fortin
(Pontiac) : Peut-être
qu'on peut faire ça, on peut simplement le distribuer, quitte à le déposer plus
tard, comme M. le président le propose.
Moi, ça me convient, là. Je veux juste m'assurer que ça va pour tout le monde,
que c'était bien le texte final de l'amendement qui sera proposé.
Le Président (M. Iracà) :
Alors, je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 14)
Le Président (M. Iracà) : À
l'ordre, s'il vous plaît! Nous étions toujours à l'amendement 443.2 en
référence à l'article 112. M. le député de Masson, vous aviez quelques
questions en lien avec l'amendement.
M. Lemay : Oui. Alors, merci. Pendant la courte suspension,
on a pu voir c'est quoi, les intentions sur l'article 209, là. Ce n'est pas un... Ce n'est pas déposé, à ce moment-ci, mais ça nous permet de mieux comprendre l'article
qu'on étudie présentement.
Donc, ma question
pour le ministre, c'est la suivante. Ce que je comprends, c'est
que, si quelqu'un... Parce
que, là, les auditeurs ne l'ont pas vu,
mais, si quelqu'un qui porte un seul écouteur... ça va
être inscrit dans un règlement qui n'est pas encore publié, les modalités qui pourront permettre cela, parce que
présentement, de la manière que c'est écrit, là, l'article 443.2,
dans l'amendement qui est proposé, on dit que le conducteur d'un
véhicule et le cycliste ne peuvent porter aucun écouteur. Ça, on vient dire : C'est interdit. Puis après ça
on dit : Par règlement, on va pouvoir prévoir des exceptions.
En faisant la
lecture des intentions à l'article 209, je réalise que les exceptions ne sont
pas couvertes là-dedans. On mentionne que, dans le cas d'un agent de la paix
ou d'un conducteur de véhicule d'urgence, eux sont autorisés à porter un
seul écouteur, mais, pour le restant des
utilisateurs, ce que je comprends, c'est que ça viendra par règlement
plus tard.
M. Fortin
(Pontiac) : Je ne pense pas
que vous et moi, on a compris la même
chose, là. Nous, ce qu'on dit,
c'est que le cycliste... bien, vous et moi,
si on va faire du vélo ensemble puis on décide de mettre un écouteur et d'avoir
une conversation téléphonique, disons, ou
écouter de la musique, ou peu importe, hein, ce ne sera pas permis dans le
Code de la sécurité routière.
M. Lemay : Avec un seul
écouteur, ce ne sera pas permis.
M. Fortin
(Pontiac) : Exact. Notre
prétention, avec cet article-là, c'est que, quand on est cycliste, on a
besoin de l'ensemble de nos capacités pour se concentrer sur ce qui se
passe autour de nous. Comme on l'a dit plus tôt dans le projet de loi à
travers le principe de prudence, on est un usager vulnérable, et donc on a
besoin de l'ensemble de nos capacités, que ce soit oculaires ou
auditives.
M. Lemay : Donc, ça veut dire qu'on est... Moi, j'aurais...
Ça veut dire que, dans le fond, on n'est pas sur la même longueur d'onde tout à fait, parce que
je m'étais dit que quelqu'un qui est cycliste et qui reçoit un appel ou, à la
limite, qui écoute de la musique avec un
seul écouteur, tu sais... On comprend que, si on permet un seul écouteur, ça
veut dire qu'il va pouvoir faire autre chose que recevoir des appels,
Donc, vous
dites que c'est non sécuritaire et que ça
va être interdit en tout temps? Même
par règlement, on n'aura jamais d'exception qui va
permettre ça, là?
M. Fortin
(Pontiac) : Je comprends qu'effectivement il y a eu des groupes qui sont venus nous dire que
c'était quelque chose qui était souhaitable, entre autres certains des groupes de cyclistes, mais l'INSPQ, elle, quand elle
était venue en commission parlementaire, nous avait dit que ce n'était pas
souhaitable, selon eux, selon les données qu'ils avaient entre les mains, donc
on a suivi leurs recommandations à ce niveau.
M. Lemay : Alors, maintenant, j'aimerais ça qu'on me rassure. Si on parle
d'une technologie bien
spécifique, quelqu'un qui a une oreillette
de type Bluetooth qui est connectée avec son téléphone intelligent pour
recevoir des appels, la manière que
c'est écrit, est-ce que ça veut dire que ça interdit l'utilisation d'une
oreillette Bluetooth? C'est ce que je dois comprendre avec les
explications du ministre?
M. Fortin
(Pontiac) : Non, effectivement. Effectivement, je pense que vous avez
eu la bonne compréhension. D'après moi, le Bluetooth s'apparente à un
port d'écouteur à une seule oreille, donc serait interdit également.
M. Lemay : Et c'est vrai...
Mais je ne sais pas si, Benoit, tu veux...
M. Charette :
Peut-être juste pour être certain d'avoir la même compréhension pour l'article
en question, c'est autant le véhicule
routier que le cycliste? Est-ce que, donc... Pour le cycliste, là, on comprend,
avec l'explication que vous nous
donnez, que ce serait effectivement interdit, mais même le conducteur d'un
véhicule routier, avec l'oreillette Bluetooth, ne serait pas autorisé à
l'utiliser?
M. Fortin
(Pontiac) : Donnez-moi une petite seconde, je veux juste m'assurer
qu'on a effectivement... Une courte suspension, s'il vous plaît.
Le Président (M. Iracà) : Oui.
Je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 24)
Le Président (M. Iracà) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Nous allons reprendre nos travaux. Toujours sur l'amendement 443.2,
M. le ministre, je pense qu'après discussion vous avez des modifications à
apporter.
M. Fortin
(Pontiac) : Oui, merci.
Après discussion, entre autres, avec le député de Masson,
qui de toute évidence avait l'appui
du député de Dubuc, on va présenter un amendement
à l'article... en fait, remplacer l'article 443.2
du Code de la sécurité routière proposé par l'article 112 du projet
de loi par le suivant :
«443.2. Le
cycliste ne peut porter aucun écouteur. Le conducteur de véhicule routier ne
peut porter qu'un écouteur à une seule oreille.
«Pour l'application du premier alinéa, ne
constitue pas un écouteur l'appareil qui est intégré dans un casque protecteur
et qui permet à ceux qui le portent de communiquer entre eux sans les empêcher
de capter les bruits de la circulation environnante.
«Le gouvernement peut, par règlement, prévoir
des exceptions à l'interdiction prévue au premier alinéa.»
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. Question de procédure, j'ai simplement besoin du consentement pour retirer le premier amendement qui avait été
déposé. Hochements de tête? Ça va. Alors, 443.2, le premier amendement
est retiré.
Le deuxième
amendement, comme le ministre en a fait la lecture, est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Masson. Et, après, M. le député de Dubuc.
Lemay : Bon, bien, après discussion, je remercie le ministre, là, pour
son écoute. Effectivement, je crois que c'est plus approprié, de la
manière que l'amendement est formulé maintenant.
Président (M. Iracà) : Merci beaucoup. Bien, vous avez une bonne part
que vous avez contribuée pour faire cet amendement, M. le député de
Masson. M. le député de Dubuc.
Simard : M. le Président, je voudrais remercier le député de Masson.
Je n'aurai pas besoin de changer mon auto. Merci beaucoup.
Des voix : Ha, ha, ha!
Président (M. Iracà) : Bon, vous venez de faire économiser plusieurs
milliers de dollars au député de Dubuc.
Mais il n'est
pas encore adopté. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, je vais
procéder, roulement de tambour, à la
mise aux voix. Est-ce que l'amendement 443.2, en référence à
l'article 112, tel que lu par M. le ministre, est adopté?
Président (M. Iracà) : Adopté. 443.3, en référence à
l'article 112. À la lecture, s'il vous plaît, M. le ministre.
M. Fortin (Pontiac) :
Article 443.3 : «Un agent
de la paix suspend sur-le-champ, au nom de la société et pour une période de trois jours, le permis visé à
l'article 61 d'une personne qui conduit un véhicule routier en
contravention [avec] l'article 443.1 si elle a été déclarée
coupable d'une telle infraction au cours des deux années précédant la
contestation de l'infraction.
«La durée de la suspension est portée à sept
jours si, au cours des deux années précédant la constatation de l'infraction, la personne a été déclarée coupable
de deux infractions à l'article 443.1. Dans le cas où cette personne a
été déclarée coupable de plus de deux infractions au cours de cette même
période, la suspension est alors d'une durée de 30 jours.
«Dans le cas
où la personne déclarée coupable d'une infraction à l'article 443.1 n'est
pas titulaire d'un permis ou est
titulaire d'un permis délivré par une autre autorité administrative, les [deux
premiers] alinéas s'appliquent, avec les adaptations nécessaires, à son
droit d'obtenir un permis visé à l'article 61.»
M. le Président, le nouvel
article 443.3
prévoit, concernant l'utilisation d'un appareil électronique portatif ou d'un
écran d'affichage, une suspension sur-le-champ pendant trois jours du permis de
conduire du contrevenant qui a été déclaré coupable d'une telle infraction dans
les deux années précédentes. La suspension est portée à sept jours en cas de
deux déclarations de culpabilité dans les deux années précédentes et à
30 jours en cas de trois déclarations de culpabilité ou plus.
Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. Questions, commentaires? S'il n'y a pas
d'intervention, je vais procéder à... Non, excusez-moi, nous allons
poursuivre l'étude des sous-articles de l'article 112. Alors, 443.4.
M. Fortin (Pontiac) : «443.4. Le conducteur d'un véhicule routier dont
le permis ou le droit d'en obtenir un est suspendu pour une période de 30 jours conformément à
l'article 443.3 peut obtenir la levée de cette suspension d'un juge
de la Cour du Québec exerçant en chambre de
pratique en matière civile après avoir établi qu'il ne conduisait pas le
véhicule en contravention à l'article 443.1.»
M. le Président, le nouvel
article 443.4 prévoit la possibilité pour le conducteur d'obtenir la levée de la suspension de son permis s'il démontre à un juge de la Cour
du Québec qu'il n'a pas fait usage d'un appareil
électronique portatif ou d'un écran d'affichage ou, selon le cas, qu'il
en a fait un usage permis par l'article 443.1.
Le Président (M. Iracà) : Merci beaucoup.
Alors, questions, commentaires en lien...
Villeneuve : Ce n'est
pas de l'ordre de la justice naturelle de pouvoir le plaider tel quel... ou il
faut l'inscrire?
M. Fortin
(Pontiac) : Bien, en fait,
c'est simplement parce
que c'est une suspension
qui est sur-le-champ, alors...
M. Villeneuve : Oui, exact,
c'est ça. Mais, oui...
M. Fortin
(Pontiac) : Donc, il faut
prévoir... Dans ce cas-là, effectivement,
il faut prévoir le recours nécessaire parce qu'il n'y a pas de
déclaration de culpabilité à ce moment-là, donc il faut prévoir le recours.
Villeneuve : Je pensais que, de justice naturelle,
automatiquement la personne pouvait le faire, mais, enfin... Nul n'est
reconnu coupable avant d'avoir eu un procès, là.
M. Fortin
(Pontiac) : Oui, effectivement. Mais peut-être que c'est plus clair,
justement, au niveau de l'instance...
M. Villeneuve : O.K. Non, ça
va. Moi, plus c'est clair, mieux c'est, alors... Mais, de justice naturelle...
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député de Berthier. D'autres
interventions, 443.4? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais
demander au ministre de poursuivre l'étude de l'article 112 avec 443.5,
s'il vous plaît.
M. Fortin (Pontiac) : Oui, M. le
Président. «Les articles 202.6.1, 202.6.7 et 202.7, le deuxième alinéa de l'article 209.11 et l'article 209.12
s'appliquent dans le cas d'une suspension de permis visée à
l'article 443.3, avec les adaptations nécessaires.»
Le nouvel
article, M. le Président, 443.5 permet d'appliquer à la nouvelle suspension
pour distraction au volant les diverses modalités actuellement
applicables à l'égard d'autres suspensions sur-le-champ telles que la remise
d'un procès-verbal de suspension au conducteur par l'agent de la paix et la
procédure applicable à la demande de levée de suspension.
Le Président (M. Iracà) : Merci
beaucoup. 443.5, questions, commentaires, interventions? S'il n'y a pas
d'intervention, je vais demander au ministre de poursuivre la lecture, l'étude
avec 443.6, s'il vous plaît.
M. Fortin (Pontiac) : Bien sûr.
«443.6. Les
dispositions de la présente
section s'appliquent non seulement sur les chemins
publics mais également sur les
chemins soumis à l'administration du ministère des Ressources naturelles et de
la Faune ou entretenus par celui-ci, sur
les chemins privés ouverts à la circulation publique des véhicules routiers
ainsi que sur les terrains de centres commerciaux et autres terrains où
le public est autorisé à circuler.»
M. le
Président, le nouvel
article 443.6 prévoit que les interdictions prévues
aux articles 443.1 et 443.2, soit celles relatives à l'utilisation d'appareils électroniques portatifs et écrans
d'affichage et au port d'écouteurs, s'appliquent non seulement sur les chemins publics, mais également
sur les chemins ou lieux où le public est autorisé à circuler, par exemple
le stationnement d'un commerce ou d'une ville.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Juste une
question. Quand on dit l'administration du ministère des Ressources naturelles
et de la Faune, on comprend tous ce que ça veut dire, mais le vrai titre, ce
n'est pas ça. Ça ne change rien ou ça change quelque chose?
M. Fortin (Pontiac) : Vous avez
entendu la réponse?
M. Villeneuve : Bien, pour
les gens qui nous écoutent...
Fortin (Pontiac) : Oui. En fait, c'est ça, le vrai
titre du ministère,
c'est le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Mais, comme vous
le savez, là, ça arrive souvent, dans les... que ce soit un remaniement ou
autres, là, qu'on change également le
titre du ministre, mais le vrai
nom du ministère, c'est le ministère des Ressources naturelles et de la Faune.
M. Villeneuve : Parfait.
Président (M. Iracà) :
443.6. S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais demander au ministre
de poursuivre avec 443.7, s'il vous plaît.
M. Fortin (Pontiac) : Merci.
«443.7. Les articles 443.1 et 443.2 ne
s'appliquent pas :
«1° à un conducteur d'un véhicule routier, si
son véhicule est stationné de manière à ne pas contrevenir aux dispositions du
présent code ou d'une autre loi;
«2° à un cycliste, s'il est immobilisé en
bordure de la chaussée ou sur l'accotement de façon à ne pas gêner la
circulation.»
M. le Président, le nouvel
article 443.7 prévoit que ces interdictions ne
s'appliquent pas au conducteur de véhicule routier si son véhicule est
stationné légalement, par exemple dans un espace réservé à cet effet, et au
cycliste s'il est immobilisé en bordure de la chaussée ou sur l'accotement et
qu'il ne gêne pas la circulation.
Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. Questions, commentaires? 443.7. S'il n'y a pas
d'intervention, je vais procéder à la mise
aux voix de l'article 112. Alors, est-ce que l'article 112,
tel qu'amendé et tel que lu par M.
le ministre, est adopté?
M. Iracà :
Article 112, adopté.
Alors, juste
avant de débuter l'article 113, vous avez tous reçu un amendement
concernant l'article 65. Alors, c'est un amendement... Je suggère qu'on le fasse maintenant
pour ne pas qu'on l'oublie plus tard. C'est un amendement en lien avec
un
article de concordance, un
article qu'on avait retiré. Alors, M. le ministre,
je vais vous laisser l'expliquer.
M. Fortin (Pontiac) : Oui, merci, M.
le Président. À l'article 65, on propose de retirer le paragraphe 2° de l'article 65 du projet de loi tel qu'adopté.
En guise d'explication, là, à l'article 103 du projet de loi, on avait retiré...
en fait, on avait retiré l'article 103 du projet de loi par amendement,
et, donc, l'alinéa 2° de l'article 65 faisait référence à l'article 414
qui était visé par l'article 103 du projet de loi.
Le Président (M. Iracà) : Question
de concordance. Ça va? Alors, ça me prend simplement, question de procédure, le
consentement pour réouvrir l'article 65 qui avait déjà été adopté.
Consentement?
Et, sur l'amendement, s'il n'y a pas
d'intervention, je vais procéder à la mise aux voix. Alors, est-ce que
l'amendement en lien avec l'article 65 est adopté?
Président (M. Iracà) :
Adopté. Excellent. Alors, oui, effectivement, nous allons... je vais procéder à
la mise aux voix sur l'article 65.
À moins qu'il y ait d'autres interventions? Pas d'autre
intervention. Alors est-ce que
l'article 65, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Iracà) :
Adopté. Nous allons revenir à l'article 113. M. le ministre, à la lecture, s'il vous plaît.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci, M. le Président. J'ai un amendement pour l'article 113. Je commence par l'article en question.
Article 113 :
L'article 453 de ce code est
modifié par l'insertion, après «de la chaussée», de «ou sur l'accotement».
M. le Président, l'article 113 du projet de loi propose de
modifier l'article 453 du code afin de préciser la
possibilité pour les piétons de circuler sur l'accotement.
Le Président (M. Iracà) : Sur
l'amendement, s'il vous plaît.
M. Fortin (Pontiac) : Oui. On
propose de remplacer l'article 113 du projet de loi par le suivant :
L'article 453 de ce code est
modifié :
1° par l'insertion, après «la chaussée», de «ou
sur l'accotement»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Malgré le
premier alinéa, un piéton peut circuler dans le même sens que la circulation — sur
une courte distance notamment — afin
d'éviter de traverser la chaussée à plus d'une reprise [...] après s'être
assuré qu'il peut le faire sans danger.»
Président (M. Iracà) :
Merci, M. le ministre. Vous avez tous reçu une copie de l'amendement.
Évidemment, sur l'amendement, je vais vous entendre si vous avez des questions,
interventions. Oui, M. le député de Masson.
Lemay : Oui. J'aimerais
juste avoir plus de précisions sur... Quand on dit qu'on peut traverser la
chaussée à plus d'une reprise sur une courte distance, est-ce qu'on a des
exemples?
Président (M. Iracà) : Merci, M. le député de Masson. Je ne suis pas
certain que le ministre était très attentif parce qu'il avait des choses
à...
M. Lemay : Je vais répéter la
question.
M. Fortin
(Pontiac) : ...en fait, on pourra revenir à la question du député de
Masson, mais je veux juste m'assurer... Donnez-moi une petite seconde,
M. le Président.
Le Président (M. Iracà) : Je vais
suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 heures)
Le Président (M. Iracà) : Nous
allons reprendre nos travaux. Alors, suite à la suspension, M. le ministre a peut-être
une petite correction vers la fin de l'amendement.
Que vous voulez reprendre au niveau de la lecture? Peut-être
nous situer, là, dans le...
M. Fortin (Pontiac) : ...le deuxième
paragraphe se lirait :
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Malgré le
premier alinéa, un piéton peut circuler dans le même sens que la circulation,
afin d'éviter de traverser la chaussée
à plus d'une reprise sur une courte distance ou afin de circuler du côté
éclairé du chemin public ou du côté où l'accotement est le plus large,
après s'être assuré qu'il peut le faire sans danger.»
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. Alors, questions, commentaires? M. le député de Berthier.
Villeneuve : Écoutez,
ça correspond exactement à ce dont on avait discuté il y a quelques
semaines déjà. Alors, moi, je suis tout à fait à l'aise
avec cela.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le député. D'autres interventions? M. le député de Masson.
Lemay : Oui. J'aimerais
juste avoir des précisions, là, quand on dit qu'on peut «traverser la chaussée
à plus d'une reprise sur une courte
distance», parce que ça me semble un jugement qualitatif, là. Donc, est-ce qu'on a des exemples?
M. Fortin
(Pontiac) : Effectivement, le «courte distance», effectivement, là, nécessite le bon jugement de la part des citoyens et du policier. Mais je vous donne un
exemple. Entre ma maison et celle de mon voisin immédiat, je me vois mal traverser la rue, qui pourrait être une rue où
il y a beaucoup de trafic, disons, faire une maison et
retraverser la rue, là. Donc, sur une
courte distance, ça peut être ça. Ou, par
exemple, si on habite sur la 138,
la 138 du député de Berthier, si on ne fait qu'aller voir son voisin, on peut marcher d'une maison à l'autre
sans traverser une route achalandée à deux reprises.
Le Président (M. Iracà) : Merci. M.
le député de Berthier.
M. Villeneuve : Si je peux me
permettre un complément d'information, suite à la discussion qu'on avait eue, M. le député, c'est que... je pense que c'était beaucoup plus restrictif au
départ, où on ne permettait pas de marcher dans les deux sens, soit face à face ou de dos, tandis que, là, bien... On
comprend que, dans un village, ce n'est pas toujours... dans les petites rues d'un village, marcher sur un
bord ou l'autre... Bon, les gens ont l'instinct de marcher de façon
d'être en sécurité, puis je pense que ça permet cela.
Le Président
(M. Iracà) : Merci. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions, ça
va, à l'article... l'amendement?
Oui, M. le député de Masson.
Lemay : En fait, bien, on
voulait... moi aussi, je voulais saluer cet amendement parce que
c'était effectivement une préoccupation qui avait été apportée, qui pouvait mener à des situations
désolantes au niveau de certaines contraventions qui ont pu être
émises par le passé. Donc, je voulais dire que nous étions en faveur de cet amendement.
Le Président
(M. Iracà) : Merci. Alors,
un amendement salué. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention en lien avec l'amendement, je vais procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'amendement à l'article 113 est adopté?
Président (M. Iracà) : Adopté.
Sur l'article 113, puisqu'il est en totalité remplacé, j'imagine qu'il n'y a
pas d'autre intervention, et je vais être
obligé de faire la mise aux voix. Est-ce que l'article 113, tel qu'amendé,
est adopté?
Le Président (M.
Iracà) : Adopté. 114. À la lecture, s'il vous plaît, M. le ministre.
Fortin (Pontiac) : Merci.
Article 114 : Ce code est modifié
par l'insertion, après l'article 453.1, du suivant :
«453.2. Un
piéton ne peut traverser la chaussée d'un carrefour giratoire ou circuler sur
son îlot central.»
M. le Président, l'article 114 du projet de loi propose
d'introduire un nouvel
article au code afin de préciser les règles de
circulation que devront observer les piétons dans un carrefour giratoire.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre.
Article 114. Questions, commentaires? M. le député de Masson.
Lemay : Bien, c'est simplement...
Je comprends exactement le sens de cet article-là, mais, en fait,
habituellement, dans un carrefour giratoire,
s'il y a une traverse piétonne de bien indiquée, à ce moment-là ça va être permis. Parce que,
là, ça dit : «...ne peut traverser la chaussée d'un carrefour giratoire»,
mais on s'entend que, si c'est bien identifié que la traverse piétonne
est à cet endroit, dans le carrefour giratoire, c'est permis, là.
Fortin (Pontiac) : Bien sûr,
la traverse piétonne, qui habituellement, cependant, est à l'extérieur du carrefour giratoire, là, va être sur les avenues qui mènent au carrefour, va être
simplement juste à l'extérieur. Mais, effectivement, là où il y a
passage piétonnier, le piéton est permis de circuler.
M. Lemay :
Parfait. Merci.
Le Président (M.
Iracà) : Oui, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Qu'est-ce qu'on fait avec l'îlot, là, qui nous a été rapporté, où il y avait un
parc au centre du carrefour?
M. Fortin
(Pontiac) : ...oublié, celui-là. Donnez-moi une petite seconde, là.
Fortin (Pontiac) : La
réponse, c'est qu'on n'a jamais trouvé où il était, ce rond-point là en question,
on n'a jamais été capables de l'identifier.
M. Villeneuve :
Existe-t-il? Vous ne l'avez pas trouvé? Qui nous avait apporté cette
information-là? C'est quelqu'un qui était... un intervenant, hein?
M. Fortin
(Pontiac) : Oui, c'était un intervenant, mais...
M. Villeneuve :
Une intervenante, une intervenante.
Une voix :
Une personne malvoyante.
M. Fortin
(Pontiac) : Une personne malvoyante, effectivement.
Villeneuve : M. le Président... On peut retrouver la personne, lui demander qu'elle nous situe l'endroit,
vérifier?
Le Président (M.
Iracà) : On va le retrouver, oui.
Villeneuve : On le
suspendrait et puis... À moins qu'on finisse aujourd'hui. On l'adoptera peut-être,
là, mais...
M. Fortin
(Pontiac) : ...je ne sais pas comment vous voudriez traiter de cette question-là,
quand même, là.
Villeneuve : Oui, je ne sais pas. Bien, je ne sais pas. Bien là, vous allez annoncer aux gens... s'il
existe vraiment, vous allez annoncer
aux gens qu'ils vont devoir... On ne peut pas laisser un parc en place, si
c'est interdit d'y aller, on va devoir, à mon avis, le démanteler, si
tel était le cas, là. Enfin...
Fortin (Pontiac) : Oui, je comprends ce que vous dites. On pourra continuer, voir si la personne
avait un cas bien précis en question
et si effectivement ce parc-là est encore en place, là. Je vois mal
comment on pourrait, cependant, permettre...
M. Villeneuve :
Au pire, on l'adopte, et on le rouvrira s'il y a de quoi, là. Il n'y a pas de problème
avec ça.
M. Fortin (Pontiac) : Oui, O.K., ça marche.
C'est bon.
Le Président (M. Iracà) : Sur
consentement, on peut réouvrir, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Oui, tout à
fait, tout à fait. Ça me va très bien.
Le Président (M. Iracà) : Alors...
Le Président (M. Iracà) : Bien, on
va essayer de notre côté aussi, là.
M. Fortin (Pontiac) : Tout le monde
se met à la tâche.
Président (M. Iracà) : Nous,
on peut peut-être trouver le nom de la personne,
Mme la secrétaire. On va essayer de
trouver le nom de la personne référée au ministère pour qu'on puisse
trouver exactement l'endroit. Et, si elle est à notre écoute,
cette personne, nous l'invitons à communiquer avec la secrétaire de la commission.
Villeneuve : M. le Président, pensons seulement à la fontaine de... ici, en face de l'Assemblée nationale. Ce n'est
pas un parc, mais les gens vont là beaucoup, beaucoup, beaucoup, et là ils traversent en plein centre du
carrefour.
M. Fortin (Pontiac) : Est-ce que
c'est un carrefour giratoire? Parce qu'il y a juste deux voies.
Villeneuve : Ah oui!
C'est vrai. Ce n'est peut-être pas dans la définition exacte d'un carrefour
giratoire, vous avez raison.
M. Fortin (Pontiac) : Bon exemple,
là, mais...
M. Villeneuve : Non, mais
vous avez... On ne peut pas tourner, c'est ça, on ne peut pas.
Une voix : Il y a des voies
radiales.
M. Villeneuve : Oui. O.K.
Oui.
Le Président (M. Iracà) : Alors, on comprend
que le ministère va faire des recherches et...
Villeneuve : Parce que,
là, on risque d'avoir une plainte du président de l'Assemblée nationale, là. M. Chagnon va venir plaider la cause
ici.
M. Villeneuve : Oui, c'est
Le Président (M. Iracà) : M. le
député de Masson, avez-vous trouvé la réponse?
M. Lemay : Non, mais j'avais une
autre interrogation.
Le Président (M. Iracà) : Ah!
Allez-y.
M. Lemay : Alors, par définition — là,
tu sais, je veux juste m'assurer qu'on a bien réfléchi à toutes les possibilités, là — quelqu'un qui arrête avec son véhicule, c'est un... il fait
un entretien des fleurs ou, tu sais, de ce qu'il y a dans le carrefour
giratoire, qui est bien identifié et tout, puis que, là, il va se rendre dans
l'îlot central pour... tu sais, on s'entend que, par définition, ce
n'est pas un piéton parce que...
M. Fortin (Pontiac) : D'après moi,
c'est la même définition qui s'appliquerait d'un travailleur qui viendrait travailler sur une bouche d'égout puis qui
circulerait à pied pour s'y rendre, là. Même si la bouche est sur le chemin
public, cette personne-là a le droit parce que c'est un...
M. Lemay : C'est ça. Parfait, c'est
bon.
M. Fortin (Pontiac) : C'est ma
compréhension de la chose, là.
Le Président (M.
Iracà) : Alors, merci. Je suggère que l'on adopte 114. Et, comme le député
de Berthier l'a mentionné, s'il faut réouvrir, on le fera de consentement.
M. Villeneuve : Mais
n'oublions pas de faire la recherche.
M. Fortin (Pontiac) : Non, nous
allons effectivement rechercher, comme vous le proposez.
Le Président (M. Iracà) : Est-ce que...
On l'invite effectivement à communiquer avec la secrétaire de la commission,
sans aucun problème, pour qu'on puisse...
Président (M. Iracà) : Exactement.
Alors, est-ce que l'article 114, tel que lu par M. le ministre, est adopté?
Le Président (M. Iracà) : 114, adopté.
115...
M. Fortin
(Pontiac) : M. le Président, si vous me permettez, juste en réponse à une question qui avait été
posée hier, avant de se rendre à l'article 115,
on avait promis l'information, je crois que c'était au député de
Berthier, qui nous avait
demandé les normes concernant le pavage des accotements, quand elles avaient
été adoptées. Les premières normes concernant le
pavage des accotements ont été adoptées en 1985. Et, dans les plans d'action
ministériels en matière de sécurité publique, des mesures correctives devaient être prises
dans le plan 1996‑2000 pour
l'asphaltage des accotements lorsque
l'endroit s'avérait accidentogène. Il y avait eu cible pour pavage
d'accotements dans des plans d'action ministériels subséquents
également. Voilà.
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. À la lecture, s'il vous plaît, pour l'article 115.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci, M. le Président.
Article 115 :
L'article 460 de ce code, modifié par l'article 53 du
chapitre 14 des lois de 2008, est de nouveau modifié :
1° par l'insertion, dans le premier alinéa
et après «routier», de «ou un cycliste»;
2° par le remplacement du deuxième alinéa
par le suivant :
«Le premier
alinéa ne s'applique pas à un conducteur d'un véhicule routier et à un cycliste
lorsqu'ils croisent un autobus ou un
minibus affecté au transport d'écoliers sur une chaussée adjacente séparée par
un terre-plein ou un autre dispositif physique surélevé.»
M. le Président, l'article 115 du projet de loi propose des modifications à l'article 460 du code
afin d'étendre aux cyclistes
l'obligation d'immobiliser leurs véhicules à plus de cinq mètres d'un autobus
ou d'un minibus affecté au transport des
élèves lorsque des feux rouges intermittents sont en marche. Il prévoit
toutefois une exemption lorsque la chaussée adjacente est séparée par un
terre-plein ou un autre dispositif surélevé. Voir la figure 2.
Président (M. Iracà) : Merci, M. le ministre. 115, questions,
commentaires, interventions? M. le député de Deux-Montagnes...
M. Fortin
(Pontiac) : Bien, en fait, peut-être juste... On aurait un amendement
pour... à présenter, je m'excuse, M. le Président, là, j'ai un
amendement à présenter, donc, si vous me le permettez.
Président (M. Iracà) :
D'accord. À ce moment-là...
Je n'ai pas
reçu l'amendement, donc je vais suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 16 h 13)
Le Président (M. Iracà) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Nous allons reprendre nos travaux. Nous sommes à l'article 115,
et il y a un amendement à déposer. M. le ministre.
M. Fortin (Pontiac) : Merci, M. le
Président. Remplacer l'article 115 du projet de loi par le suivant :
L'article 460
de ce code, modifié par l'article 53 du
chapitre 14 des lois de 2008,
est de nouveau modifié :
1° dans le premier alinéa :
a) par l'insertion, après «routier», de «ou
un cycliste»;
b) par le remplacement, dans le
texte anglais, de «shall not proceed in either direction until» par «shall not meet or pass it until»;
2° par le
remplacement du deuxième alinéa par le suivant :
premier alinéa ne s'applique pas à un conducteur d'un véhicule routier et à un
cycliste lorsqu'ils croisent un autobus
ou un minibus affecté au transport d'écoliers sur une chaussée adjacente
séparée par un terre-plein ou un autre dispositif physique surélevé.»
Le Président (M. Iracà) : Merci, M.
le ministre. Sur l'amendement en tant que tel, est-ce qu'il y a des
interventions, sur l'amendement? M. le député de Berthier? M. le député de
Deux-Montagnes?
Villeneuve : Une question, tout simplement. Je croyais que c'était...
Parce que ce que je lis là, c'est... Je croyais que c'était obligatoire, même si c'était un boulevard avec un îlot
central, je croyais qu'un autobus scolaire imposait l'arrêt à tous les
véhicules. Non? C'est ça?
M. Fortin (Pontiac) : Non,
effectivement, s'il y a un terre-plein, ça ne s'applique pas.
M. Villeneuve : O.K. Je
croyais que... Bon, c'est bien de le savoir.
M. Fortin (Pontiac) : M. le député
de Deux-Montagnes.
M. Charette : Je comprends bien la
portée de l'amendement. Je profiterais plutôt de l'article pour avoir des éclaircissements sur le projet pilote qui a été
proposé au niveau des autobus scolaires notamment. On n'a pas eu
l'occasion d'en rediscuter depuis l'annonce
de ce projet pilote là. Peut-être nous parler un petit peu du contexte. Parce
qu'au niveau des consultations,
effectivement, ça avait été évoqué, là, par certains groupes, certains en
exprimaient le souhait. On sait que ça
se vit du côté de certains États américains, en Ontario notamment. Donc,
personnellement, bien heureux qu'on en soit arrivé à l'idée de ce projet
pilote là, mais quelle est la force du projet pilote? À savoir, si des
commissions scolaires se montrent
réticentes, par exemple, est-ce qu'il y a possibilité de contraindre une commission
scolaire d'aller de l'avant avec le projet pilote? Bref, juste nous
parler un petit peu du contexte. Peut-être que j'aurai des questions par la
suite.
M. Fortin
(Pontiac) : En fait, le projet pilote traite de l'installation sur
13 autobus, dans plusieurs commissions scolaires... ou, en fait, par plusieurs transporteurs scolaires un peu
partout à travers la province de caméras qui également ont un
dispositif, si on veut, qui s'apparente à celui des radars installés sur les
feux rouges, qui permet de détecter les automobilistes
qui ne respectent pas l'obligation de s'arrêter lorsque le feu clignotant et le
panneau d'arrêt d'un autobus est en place et donc quand les enfants
peuvent traverser la rue.
L'idée étant
seulement de recueillir les données, pour l'instant, là, il n'y a aucune force...
Donc, le conducteur fautif ne recevra
pas un constat pendant le projet pilote, c'est simplement pour nous permettre
de recueillir les données, à savoir