House Proceedings — 25 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-05-25
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Bon matin, Mmes et MM. les députés. Je vous
invite à vous asseoir.
Alors,
nous en sommes à la rubrique des déclarations de députés. Et, pour cette
première déclaration, je reconnais M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci, M. le Président.
Le Réseau FADOQ, auparavant La Fédération de l'âge d'or du Québec, rassemble
et représente les personnes de 50 ans et plus dans le but d'améliorer et
de conserver leur qualité de vie. Il est primordial d'avoir ce genre d'institution afin de briser l'isolement chez nos aînés
et leur offrir des installations qui peuvent les garder actifs.
FADOQ de La Pocatière, représentée par Hélène, Yves, Thérèse, Denise, Claudine,
Gaétan, chapeautée par leur directrice
Hélène Ouellet, ont travaillé extrêmement fort pour offrir un établissement au
goût du jour et offrent plusieurs activités pour le bonheur de tous.
D'ailleurs,
je vais pouvoir moi-même profiter de leur nouvel établissement et de leur
dynamisme en tant que président d'honneur d'une activité-bénéfice qui
s'articule autour d'accords harmonieux, bouchées et vin, cette fin de semaine.
Santé aux FADOQ de
Côte-du-Sud!
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Côte-du-Sud. La prochaine déclaration sera
celle de M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M. le Président, presque
au moment même où on célébrait la nouvelle année, la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, la capitale de la montgolfière, et
la 11e ville au Québec, franchissait officiellement le cap des
100 000 habitants. Ça ne
change peut-être pas le monde, mais ça change beaucoup de choses pour une
ville, puisque c'est une sorte de chiffre magique pour plusieurs règles, obligations et responsabilités qui sont
particulières et nouvelles pour les administrations et les élus des
grandes villes.
en parlant des grandes villes, l'Union des municipalités du Québec a fait une
place à la table de son Caucus des grandes villes à Saint-Jean-sur-Richelieu et à sa mairesse, Andrée Bouchard,
que je salue et félicite, dans les circonstances, et que je remercie
pour sa grande ouverture et son habituelle collaboration.
C'est important, la
région, chez nous. Avec mes collègues de Huntingdon et d'Iberville, nous nous
rencontrons à tous les mois, les trois députés du Haut-Richelieu, la mairesse
de la ville centre, la députée fédérale et le préfet de la MRC. J'aime penser et dire que nous travaillons
ensemble pour les intérêts supérieurs du Haut-Richelieu et du Québec. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Saint-Jean. Et je
reconnais maintenant M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, M. le Président.
J'aimerais souligner aujourd'hui le travail d'une vie, celui de Vincenzo Mercadante,
un tailleur italien propriétaire de la
boutique de vêtements pour hommes Selects, qui tient commerce sur la rue
Sainte-Catherine, dans Hochelaga-Maisonneuve, depuis de nombreuses
années.
débute l'art de cette profession en Italie durant son adolescence et, à la
jeune vingtaine, il émigre au Québec et continue de perfectionner son métier jusqu'à ce qu'il devienne
propriétaire de la boutique. En plus du travail de création de vêtements sur mesure, il continue de perfectionner
ses connaissances en collectionnant des diplômes collégiaux et universitaires.
Travaillant
encore et bien au-delà de l'âge de la retraite, il est l'un des plus anciens
commerçants du quartier et un pilier essentiel et incontournable de la
rue Sainte-Catherine, qui a connu son lot de défis.
ailleurs, M. Mercadante n'est pas juste un commerçant. Il aime son
quartier. Il a l'habitude d'organiser une fête citoyenne au courant du mois de juin. Il y expose des voitures
Fiat 500 devant son commerce, il sert des sandwichs et du vin à
tout le monde.
Après autant
d'années de travail et d'implication, M. Mercadante, je vous souhaite une
retraite bien méritée. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve. La prochaine déclaration sera
celle de Mme la députée de Huntingdon.
Mme Mallette : Je souligne
aujourd'hui le 50e anniversaire d'existence d'un organisme de mon comté,
le Club Optimiste de Huntingdon.
C'est à ces
50 années d'engagement bénévole de centaines de membres et de campagnes de
financement annuelles afin d'aider la
jeunesse et favoriser son épanouissement que nous rendons hommage aujourd'hui.
Cet événement, remarquable en soi, est
d'autant plus exceptionnel que deux des membres fondateurs du club oeuvrent
toujours activement dans l'organisation actuelle.
MM. Laurence
Bergevin et Claude Ménard, je veux m'associer à vos citoyennes et citoyens pour
souligner avec force votre
exceptionnelle contribution à notre communauté depuis 1973. Votre implication
dans la vie de centaines, voire de milliers d'enfants et de familles a apporté
une différence positive et constitue un exemple à suivre. Vous et tous les
membres du Club Optimiste de Huntingdon,
vous êtes généreux de votre temps, de vos idées et de votre énergie. Merci de
partager vos belles et inspirantes valeurs au sein de notre collectivité avec
autant d'optimisme.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Huntingdon. Et nous poursuivons avec M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Je souhaite aujourd'hui souligner le travail exceptionnel d'un
organisme du sud-ouest de Montréal,
le Centre d'aide et de soutien aux intervenants et organismes en petite
enfance, mieux connu sous le nom de CASIOPE.
Depuis
15 ans déjà, cette organisation d'économie sociale offre de
l'accompagnement professionnel auprès des intervenants à la petite enfance à travers des consultations, de la
formation et la création d'outils pédagogiques. 15 ans, c'est déjà assez
pour accomplir le travail faramineux de rejoindre plus de 800 milieux de
la petite enfance à travers le Québec et ainsi devenir des acteurs
incontournables de notre écosystème pédagogique. À Saint-Henri—Sainte-Anne, nous sommes fiers d'avoir un
organisme qui fait tout pour soutenir la petite enfance, un milieu si important
pour les familles et les prochaines générations, mais un milieu aussi en
manque de ressources et de pénurie de main-d'oeuvre.
J'invite donc
mes collègues qui le souhaitent à venir célébrer cet anniversaire en me
rejoignant le 15 juin prochain pour
célébrer l'événement CASIOPE, votre repère depuis 15 ans. Il me fera un
grand plaisir de vous recevoir à Saint-Henri—Sainte-Anne.
Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Et nous poursuivons avec M. le député de Gaspé.
M. Sainte-Croix : Merci,
M. le Président. J'aimerais saluer le parcours exceptionnel de Mme Pamela
Rooney, artiste country originaire de Douglastown, à Gaspé, qui continue
de briller sur la scène internationale.
L'année
dernière, elle a remporté deux prestigieux prix lors des Texas Sounds
International Country Music Awards : le prix de l'interprète héritage de
l'année et celui de l'interprète de l'esprit texan de l'année. Ses créations
originales ont atteint la première
place des palmarès au Canada, en Irlande et au Royaume-Uni, démontrant son
talent exceptionnel de chanteuse et de compositrice.
Pamela fait
preuve d'une détermination sans faille dans la poursuite de ses rêves. Cette
année encore, Mme Rooney a été
nominée dans quatre catégories aux Texas Sounds International Country Music
Awards, dont celle de l'artiste de l'année. Ces nominations ainsi que les deux prix qu'elle a déjà remportés lors
de cet événement témoignent de sa grande contribution à la musique
country et de son talent indéniable, qui rayonne au-delà des frontières
québécoises et canadiennes.
M. le
Président, en mon nom, je tiens à féliciter Mme Rooney pour ses
réalisations exceptionnelles. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Gaspé. Et je cède maintenant la parole à M. le député de
Portneuf.
M. Caron : Merci,
M. le Président. J'aimerais souligner l'admirable dévouement d'André Genois, un
citoyen de Saint-Raymond, ainsi que
celui de sa conjointe, Céline Girard, qui pendant près de 30 ans ont
entretenu bénévolement les sentiers de ski du centre du Vieux-Chemin.
Situés dans
un petit coin de paradis en arrière de chez eux, ces sentiers accessibles
gratuitement ont donné bien du plaisir
à des centaines de familles, des pistes qui serpentent à travers des paysages
de toute beauté et qui ont toujours été parfaitement entretenues, beau
temps, mauvais temps.
André et
Céline ont notamment, pardon, été épaulés par quelques complices, comme
Jean-Louis Giguère et plusieurs autres
bénévoles. Des propriétaires de terrains généreux ont également permis
d'accéder librement aux sentiers.
Merci, André
et Céline, pour tout ce travail accompli et les moments de bonheur que vous
nous avez procurés. Vous êtes un exemple de générosité, des bénévoles de
coeur qui se sont investis au profit de toute la communauté.
Vous passez désormais le flambeau. Je vous
souhaite la plus belle des retraites. Et je souhaite un très joyeux
anniversaire à André.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Portneuf. Et la prochaine déclaration sera celle de Mme la
députée de Saint-François. Mme la députée.
Mme Hébert : M. le Président,
M. Michael Goldbloom, qui termine un troisième mandat de cinq ans comme principal et vice-chancelier de l'Université
Bishop's, a donné un nouvel élan à cette importante institution de savoir. Sous
sa gouverne, l'université a augmenté ses effectifs étudiants, équilibré ses
budgets et rénové ses bâtiments.
Sa carrière l'avait bien préparé à relever les
défis de Bishop's. M. Goldbloom avait été P.D.G. du YMCA de Montréal, éditeur des quotidiens The Gazette
et The Toronto Star et vice-principal à l'Université McGill. Il a
présidé, entre autres, Alliance
Québec, le Centre de services sociaux Ville-Marie et la Fondation des YMCA du
Québec. Il a siégé au C.A. de l'Université de Sherbrooke et a présidé la
campagne de Centraide Estrie. Il a présidé aussi le C.A. de CBC et Radio-Canada
et même reçu l'Ordre du Canada pour avoir érigé des ponts entre les communautés
francophone et anglophone.
M. Goldbloom,
je vous remercie chaleureusement pour vos excellents services et votre
engagement dans le milieu. Ce fut un plaisir de collaborer avec vous.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Saint-François. Et nous poursuivons avec M. le
député de Vachon.
M. Lafrenière : Merci beaucoup,
M. le Président. Ce samedi, une athlète déterminée de ma circonscription,
Muriel Lenfant Couët, participera à une course de cinq kilomètres à Ottawa.
Je vous
entends déjà dire que plusieurs personnes réalisent cet exploit et que ce n'est
pas si extraordinaire que ça. Or, le
cinq kilomètres d'une résidente de ma circonscription est vraiment spécial, M.
le Président. Muriel est atteinte d'ataxie, une maladie neuromusculaire
qui affecte des centaines de personnes au Québec, et, à ce jour, elle est
toujours incurable. Elle affecte notamment
la perte de coordination musculaire des bras, des jambes lors de mouvements
volontaires, comme la marche ou la course, par exemple.
En plus de sa
course, l'athlète de 52 ans tient à amasser de l'argent pour Ataxie Canada,
lors de sa course, car elle a elle-même retrouvé une certaine liberté depuis
qu'elle a reçu un déambulateur tout terrain, avec lequel elle peut aller
en forêt et participer à plusieurs événements.
Il suffit de voir son sourire sur ces photos, M.
le Président, pour comprendre ce que ce cinq kilomètres signifie pour elle.
Muriel, tu es un exemple de persévérance. Bonne
course, samedi! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de Vachon. Et nous poursuivons avec Mme la députée de
Brome-Missisquoi.
Mme Charest : Merci, M. le Président.
J'aimerais souligner aujourd'hui l'apport important au monde sportif de
M. Guy Rousseau.
Après
une carrière de hockeyeur, dont un passage avec le Canadien où il fut complice
du 400e but de Maurice Richard, il devient directeur général
de la toute première édition des Jeux du Canada, en 1967. Introduit au Hall
d'honneur des Jeux du Canada en 2011 pour sa contribution au sport amateur
canadien, on peut dire que son travail en marge de la première édition des jeux aura laissé sa marque dans la région de Québec
avec l'ouverture du premier anneau de patinage de vitesse et des infrastructures de saut à ski à Saint-Ferréol-les-Neiges.
60 ans plus tard, les jeux seront de retour à Québec, en 2027. Un
beau clin d'oeil au travail de M. Rousseau.
M. Rousseau nous
ayant malheureusement quittés en 2016, c'est avec honneur que je remettrai la
Médaille de l'Assemblée nationale à sa
famille à
titre posthume. Et je tiens d'ailleurs à souligner la présence de
plusieurs de ses proches dans les tribunes. Bonjour.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci,
Mme la députée de Brome-Missisquoi. Et je souhaite la bienvenue à la
famille de M. Rousseau dans nos tribunes.
Nous enchaînons
maintenant avec la déclaration de Mme la députée de Verchères.
Mme Roy (Verchères) : Merci,
M. le Président. Je souhaite aujourd'hui souligner la Semaine québécoise des
services de garde éducatifs à l'enfance, qui aura lieu du 29 mai au
4 juin 2023. Ce sera l'occasion de mettre en valeur la qualité des
services de milieu de garde et leur contribution au développement de nos
tout-petits.
saisis chaque occasion qui m'est offerte pour remercier notre excellent
personnel pour le travail accompli, nos éducatrices, nos cadres, le personnel
de soutien. Nos services de garde sont le point de départ d'une étape
importante du parcours de la vie de
nos enfants. Notre réseau tire sa force de la qualité des gens qui la
composent. M. le Président, c'est toute la nation québécoise qui
bénéficie de ce réseau qui continue à se développer. On a de quoi être fiers.
Donc,
à tous les parents du Québec, je vous encourage à remercier le personnel de
votre service de garde pour leur travail. Et, à tous les Québécois, célébrons
ensemble notre réseau de services de garde. Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Verchères. Et nous concluons cette rubrique
avec Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le Président,
Je suis fière, aujourd'hui, de souligner l'apport extraordinaire d'un organisme
d'aide aux femmes à Notre-Dame-de-Grâce, soit L'Envol des femmes. Women on the Rise, en anglais.
also want to salute the outstanding leadership of their ED, Nadine Collins, and
her extraordinary team.
Cet organisme réussit à briser l'isolement et connecte les femmes avec
les ressources et les compétences dont elles ont besoin pour s'épanouir et devenir autonomes. La plupart de ces
femmes sont des mères monoparentales, et beaucoup sont des nouvelles
arrivantes au Québec. En aidant les femmes à développer des amitiés et des
réseaux, M. le Président, L'Envol des femmes renforce, par extension, leur
famille et leur communauté.
goal is to help women help themselves by offering non-judgmental, empowerment-based
individual support, group support and resources. It's a unique approach to
childcare, as well, that develops and instills confidence in the children.
Alors,
bravo à L'Envol des femmes!
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Et cela met fin à la
rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Il y a beaucoup de monde,
justement. Distingués invités, bienvenue chez vous, au parlement du
Québec.
Mmes, MM. les élus, Mmes,
MM. les députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie, veuillez vous asseoir.
J'ai le
plaisir de souligner aujourd'hui la présence, dans les tribunes, du consul
général de la République de Corée à Montréal, M. Jae Wan Lee, à
l'occasion de sa visite de prise de poste.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, bonjour, Mme la Présidente. Je vous demande
d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Présidente : À l'article a du feuilleton, la ministre des
Transports et de la Mobilité durable présente le projet de loi
n° 22, Loi concernant l'expropriation. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Ce projet de
loi remplace la
Loi sur l'expropriation. Il établit un nouvel encadrement en
matière d'expropriation de droits qui portent sur un immeuble. À ce titre, il
prévoit que toute expropriation doit faire l'objet d'une décision ou d'une
autorisation du gouvernement. Il dispense
toutefois, sous certaines conditions, un ministre d'obtenir une telle
autorisation. Il établit la procédure d'expropriation applicable à toute
expropriation, en précisant notamment le contenu de l'avis d'expropriation et la nécessité de son inscription
sur le registre foncier. Le projet de loi précise qu'une contestation du droit
à l'expropriation ne suspend pas la
procédure d'expropriation. Il prévoit que l'expropriant doit déterminer pour
toute
partie dessaisie une indemnité provisionnelle initiale et, dans
certains cas, qu'il peut déterminer une indemnité provisionnelle supplémentaire. Le projet de loi octroie au Tribunal administratif du Québec le pouvoir d'autoriser une expropriation totale
ou partielle du résidu d'un immeuble ou le désistement total ou partiel de la
procédure d'expropriation.
Le projet de
loi établit les règles applicables à l'instance en expropriation, en précisant
notamment des règles de preuve et de
procédure applicables aux instances dont la valeur de l'indemnité réclamée ou
offerte est de 500 000 $ ou plus. Il énonce également des conséquences pour une
partie à l'instance de ne
pas déposer de déclaration détaillée ainsi que les règles applicables à l'acquisition d'un droit sur
un immeuble exproprié par un tiers ou au dépôt du versement d'une indemnité
au greffe de la Cour supérieure. Il attribue au tribunal le pouvoir de fixer une indemnité
provisionnelle complémentaire et une indemnité
définitive. À l'égard de cette dernière, il établit les différentes approches
d'indemnisation selon lesquelles l'indemnité définitive est déterminée et définit certains concepts nécessaires à son
calcul, tels que celui de l'usage le meilleur et le plus profitable et celui de la valeur marchande. Le
projet de loi attribue aussi au tribunal le pouvoir de trancher certaines
demandes incidentes et de fixer des dommages-intérêts.
Le projet de
loi octroie également le pouvoir d'effectuer des travaux préparatoires sur un
immeuble ou dans celui-ci à quiconque
peut exproprier cet immeuble, sous réserve de la remise en état des lieux et de
la réparation des préjudices subis. Il
attribue au tribunal le pouvoir d'octroyer des dommages-intérêts et une
indemnité pour le titulaire d'un droit portant sur l'immeuble visé ainsi
qu'au locataire et à l'occupant de bonne foi de cet immeuble.
Le projet de
loi prévoit également le nouvel encadrement de l'imposition d'une réserve, en
précisant la procédure à suivre pour une telle imposition et celle à suivre pour
la contester. Il fixe la durée d'une réserve à quatre ans et attribue au
tribunal le pouvoir d'octroyer des
indemnités au titulaire d'un droit portant sur l'immeuble réservé ainsi qu'au
locataire et à l'occupant de bonne foi de l'immeuble réservé.
Le projet de loi prévoit que, dès le début des
travaux de construction d'un tunnel lié à un projet d'infrastructure de transport, la personne qui peut réaliser une
expropriation pour ce projet devient, sans autre formalité, propriétaire du
volume souterrain occupé par le tunnel et
titulaire d'une servitude légale. Il attribue au tribunal le pouvoir d'octroyer
des indemnités au titulaire d'un droit portant sur l'immeuble visé.
En outre, le
projet de loi encadre le recours en réparation d'un préjudice subi en raison de
son effet de dépossession d'un droit portant sur un immeuble ou de son
effet de suppression de tout usage raisonnable de ce droit qui résulte de certains actes municipaux. Il prévoit que la Cour
supérieure, lorsqu'elle déclare qu'un droit sur un immeuble a fait l'objet d'un
tel effet, doit déterminer l'indemnité à laquelle a droit le titulaire de ce
droit. L'organisme municipal est tenu à la réparation des préjudices déjà subis et doit alors choisir entre se
porter acquéreur du droit et payer l'indemnité d'expropriation
correspondante ou modifier l'acte municipal afin de faire cesser l'effet de
dépossession ou de suppression d'un usage raisonnable.
Enfin, le projet de loi apporte des
modifications de concordance et comporte des dispositions générales,
transitoires et finales. Merci.
Présidente : Je reconnais le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Mme la Présidente, c'est un projet de loi
important qui mérite des consultations particulières avant le début du
principe.
Présidente : M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, j'invite les collègues à nous
envoyer leurs groupes pour la tenue de consultations particulières.
Présidente : Est- ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi?
La Présidente :
Adopté. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : ...je
crois, Mme la Présidente?
Présidente : Alors, à
l'article b du feuilleton, M. le député de Laurier-Dorion présente le
projet de loi n° 494, Loi modifiant le Code civil afin de rendre
sans effet les clauses d'un bail de logement qui tendent à interdire les
animaux de compagnie. M. le député.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. J'ai le
plaisir de présenter le projet de loi n° 494, Loi modifiant le Code
civil afin de rendre sans effet les clauses d'un bail de logement qui tentent
d'interdire les animaux de compagnie.
projet de loi modifie le Code civil afin de rendre sans effet les clauses d'un
bail de logement qui tend à d'interdire les animaux de compagnie.
projet de loi prévoit que le gouvernement doit, dans les 30 jours suivant
la date de son entrée en vigueur, retirer des formulaires de bail obligatoires toute mention d'interdiction
d'animaux devenue caduque par l'effet du présent projet de loi.
En outre, le projet
de loi comporte une disposition transitoire selon laquelle il s'applique aux
baux en cours.
Loi modifiée par ce
projet de loi : Code civil du Québec.
Merci, Mme la
Présidente.
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet
de loi?
La Présidente :
Adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, Mme la ministre de l'Immigration, de la Francisation et de
l'Intégration.
Mme Fréchette :
Mme la Présidente, permettez-moi
de déposer le cahier de consultation en vue de la consultation publique 2023 de la planification de
l'immigration au Québec pour la période 2024-2027 ainsi que le recueil de statistiques
sur l'immigration au Québec de la consultation publique 2023 de la
planification de l'immigration au Québec pour la période 2024-2027. Merci.
Présidente : Ces documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente. Je dépose la réponse à la
question inscrite au feuilleton le 18 avril 2023 par le député
de Laurier-Dorion.
La Présidente : Ce document est
déposé.
Pour ma part,
je dépose le rapport du Vérificateur général du Québec à l'Assemblée nationale
pour l'année 2022-2023, tome de mai 2023.
Je dépose une lettre que m'a adressée le
Directeur général des élections du Québec, M. Jean-François Blanchet, en
date du 18 mai 2023, concernant le rejet d'une demande de contestation
d'élection.
Je dépose
également une lettre que m'a fait parvenir M. le chef du deuxième groupe
d'opposition m'informant de la
nomination de Mme Alejandra Zaga Mendez, députée de Verdun, à la
fonction de whip du deuxième groupe d'opposition. Cette nomination est
effective en date du 26 mai 2023.
Enfin, je
dépose une lettre que m'adressée M. le chef du deuxième groupe d'opposition
dans laquelle il m'informe de la
nomination de la députée de Verdun à la fonction de membre du Bureau de
l'Assemblée nationale et de la nomination du député de Maisonneuve à la fonction de membre suppléant du Bureau de
l'Assemblée nationale à partir du 26 mai 2023.
M. le deuxième vice-président et député de
Chauveau.
Vice-Président (M. Lévesque) : Mme Présidente, je propose
nationale soient adoptées.
La Présidente : Cette motion
est-elle adoptée?
La Présidente : Adopté.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, Mme la présidente de la Commission de
l'économie du travail et députée de Mirabel.
Mme D'Amours : Merci,
Mme la Présidente, je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du
travail qui, le 23 et 24 mai
2023, a tenu des auditions publiques dans le cadre de consultations
particulières sur le projet de loi n° 25, Loi visant
à lutter contre l'hébergement touristique illégal. Merci.
Présidente : Ce rapport est déposé. Mme la vice-présidente de
la Commission des finances publiques et députée de Bourassa-Sauvé.
Cadet : Merci, Mme la Présidente. Je dépose le rapport de
la Commission des finances publiques qui, le 24 mai 2023, a procédé à
l'étude détaillée du projet de loi n° 7, Loi concernant la mise en oeuvre de certaines dispositions du discours
sur le budget du 22 mars 2022 et modifiant d'autres dispositions
législatives. La commission a adopté
le texte du projet de loi avec des amendements.
La Présidente : Ce rapport est
déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 836 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'Assemblée nationale du Québec a reconnu, le 14 mai 2019, le statut
historique et la vocation actuelle du
Village de Montréal comme lieu de refuge et d'émancipation des communautés
LGBTQ+ du Québec grâce à une motion déposée en Chambre et adoptée à
l'unanimité;
«Considérant que les
dynamiques sociales du Village ont été exacerbées et fragilisées durant la
pandémie de COVID-19, dégradant le sentiment de sécurité des résidents,
commerçants, employés et usagers du secteur;
«Considérant
que plusieurs ressources, dévouées et avec l'expertise nécessaire, travaillent
quotidiennement à répondre aux besoins des populations les plus vulnérables,
mais que leurs services ne parviennent pas à répondre à l'ampleur et à
la gravité de la crise, et ce, malgré l'urgence d'agir;
«Considérant
que les leviers des forces de l'ordre pour intervenir auprès des personnes aux
prises avec des problèmes de santé mentale sont limités et souvent peu
efficaces;
«Considérant
que le Village est un moteur de développement social, économique, culturel,
touristique et immobilier du centre-ville[...];
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au ministre responsable des Services sociaux,
M. Lionel Carmant, avec la participation active de la SDC du Village et de la communauté, de coordonner la
création d'un comité permanent intergouvernemental sur les enjeux
prioritaires qui menacent la survie du Village.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de
Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. En saluant la présence dans
nos tribunes de représentants et représentantes
des travailleurs et des travailleuses du secteur public, du secteur de la santé,
je dépose donc l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 8 952 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le réseau public de la santé et des services sociaux offre des services
essentiels à l'ensemble de la population du Québec, peu importe le
revenu;
«Considérant
que l'argent public devrait être utilisé pour financer ces services plutôt que
de contribuer aux profits des entreprises privées;
«Considérant que le
secteur privé a besoin de plus de ressources financières pour effectuer des
actes comparables à ceux posés dans le [service] public;
«Considérant
que le secteur privé crée une concurrence déloyale en s'accaparant le
financement et les ressources humaines du secteur public;
«Considérant
que certains besoins de la population ne sont pas comblés par l'offre actuelle
de soins et de services du réseau public;
«Considérant
que le Québec a les moyens d'investir pour améliorer l'accessibilité et la
qualité des soins de santé et des services sociaux offerts par le réseau
public;
«Considérant
que le réseau de la santé et des services sociaux doit redevenir un employeur
de choix et miser sur l'attraction et la rétention de son personnel afin
de remplir pleinement sa mission;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
renforcer l'accessibilité à une offre de soins et de services dans le réseau
public au bénéfice de l'ensemble de la population du Québec;
mettre fin à toute nouvelle intrusion du secteur privé dans le réseau public de
la santé et des services sociaux et de réduire le recours au privé;
«D'améliorer
substantiellement les conditions de travail offertes dans le réseau public.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Présidente :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député d'Abitibi-Ouest... Est,
pardon.
M. Dufour : Merci, Mme la Présidente. Extrait de pétition
conforme au règlement. Donc, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 27 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que,
pour certains élèves du primaire, recommencer une année serait nécessaire afin
d'acquérir des notions qu'ils n'ont pas intégrées du premier coup;
«Considérant
que ces notions non acquises risquent de devenir un handicap à long terme et
que le fait de ne pas doubler les oblige à traîner un retard qui leur
nuira pour le reste du parcours scolaire, ce qui nuira à leur estime de soi à
long terme;
«Considérant
que recommencer une année permet à plusieurs élèves de poursuivre au régulier,
alors que le contraire les pousse vers un cheminement spécialisé qui
nuit à leur futur en leur coupant l'accès à plusieurs métiers;
«Considérant
que, pour de nombreux élèves, savoir qu'ils risquent de doubler leur donnerait
une motivation à travailler plus fort afin d'avoir de meilleures notes,
développant ainsi de meilleurs acquis et la fierté des efforts fournis;
«Considérant
que rien ne justifie le passage direct de la cinquième année vers le secondaire
spécialisé alors qu'une sixième année rend possible l'accès au
secondaire régulier;
«Considérant
que les acquis obtenus au primaire sont bien plus importants que le nombre
d'années utilisées pour les acquérir;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de mettre en oeuvre des mesures qui
permettront d'offrir un meilleur avenir aux enfants en :
«Obligeant
le doublage d'un élève qui obtient des mauvaises notes en fin de cycle — donc en deuxième ou en quatrième année;
«Interdisant qu'un
élève ayant doublé passe directement de la cinquième année au secondaire.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais saluer ceux
et celles qui nous écoutent, à la maison, qui sont des travailleurs,
travailleuses d'Amazon, qui vivent dans des conditions de travail exécrables.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
7 107 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
entrepôts de l'entreprise Amazon sont des milieux de travail qui présentent des
risques importants de blessures et d'accidents pour les [travailleurs] et les
[travailleuses];
«Considérant que la
Loi sur la santé et la sécurité du travail a récemment été actualisée;
«Considérant
qu'il est nécessaire d'impliquer les travailleuses et les travailleurs dans la
prévention des accidents de travail;
«Considérant
qu'aucun comité paritaire de santé et de sécurité respectant la
Loi sur la santé
et la sécurité du travail n'est formé chez Amazon;
«Considérant
qu'il existe de nombreux témoignages de travailleuses et [de] travailleurs
d'Amazon qui allèguent avoir subi des blessures et des accidents [de]
travail;
«Considérant
qu'il y a des allégations de non-respect par Amazon de ses obligations à
titre
d'employeur, notamment en ce qui concerne la déclaration de tous les accidents
de travail aux instances gouvernementales appropriées;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'ouvrir une enquête
sur les conditions de travail dans les entrepôts d'Amazon;
mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour que l'ensemble des lois du
travail soient respectées par Amazon, notamment
la
Loi sur la santé et sécurité du travail, la
Loi sur les accidents de travail
et les maladies professionnelles et la
Loi sur les normes du travail.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions.
Il n'y a pas
d'interventions portant sur une violation de droits ou de privilèges ou sur un
fait personnel.
je vous avise qu'après la période des questions et réponses orales seront tenus
les votes reportés suivants : le votre reporté sur la motion, telle
qu'amendée, de M. le chef du troisième groupe d'opposition débattue hier aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition et le votre reporté
sur l'adoption du principe du projet de loi n° 24.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et les réponses orales, et je
cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Nous voyons, depuis cinq ans, un gouvernement
caquiste qui brise promesse sur promesse. Il avait dit : Jugez-nous sur
les résultats. Les résultats sont autant d'échecs.
premier ministre, Mme la Présidente, pire, a perdu le contrôle de son équipe.
Le ministre de l'Éducation insulte son
réseau, et ses excuses — il
faut le faire — sont
moins crédibles que celles qu'il a faites sur le troisième lien. Le ministre
du Numérique ne contrôle rien. De un, il est
toujours en poste, et, de deux, il voudrait même qu'on lui fasse des éloges sur
le fiasco de la SAAQ.
Le ministre de la Justice, lui non plus, n'est pas en reste. Il fait nommer
son chum juge, ne le dit pas au premier ministre, ne se retire pas du débat
lors de la décision au Conseil des
ministres, et le premier ministre,
là-dessus, Mme la Présidente, il
trouve ça bien correct. Pire, le ministre
de la Justice trouve toujours le
temps de se chicaner avec la juge en chef du Québec. Perte de contrôle.
Perte de contrôle en
santé. Depuis 2018, on constate que c'est autant de promesses faites, promesses
brisées, en santé. Le fameux 90 minutes, rappelez-vous, Mme la Présidente.
Ce matin, c'est 2 h 41 min pour voir un médecin à l'urgence, pas 90 minutes, tel que promis.
Il avait promis de mettre fin au TSO. Après cinq ans, il n'y a
pas de fin des TSO. On nous
dit : La solution, ça va être le fameux p.l. n° 15,
la réforme du ministre de la Santé, mais ça arrivera juste dans quatre
ans, les fruits.
Que dit le premier
ministre, ce matin? Ne tombez pas malade au Québec?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault :
Le chef de l'opposition officielle est en forme, aujourd'hui, même si c'est
jeudi.
se rappelle tous des 15 années libérales. On se rappelle tous de Jean
Charest qui avait dit : Ça va être fini, l'attente dans les
urgences, avec le gouvernement libéral.
Bon,
le chef de l'opposition officielle dit que j'ai perdu le contrôle des
90 députés. Je ne sais pas, je ne sens pas ça.
La Présidente :
Bon, je suis debout. M. le
premier ministre... M. le premier ministre, messieurs dames des oppositions,
je suis debout. On garde le silence, je vous prie. On a écouté avec...
Présidente : Je vous parle.
Présidente : M. le chef du deuxième groupe d'opposition, M. le chef du
deuxième groupe d'opposition... M. le chef
du deuxième groupe d'opposition, cessez de vous interpeler l'un et l'autre. Je
vous entends, je vous vois. On vous a
écouté, M. le chef de l'opposition officielle, pendant votre question, avec
attention. Je vous ai laissé aller, même si on flirtait ici avec
certaines intentions. Maintenant, j'aimerais qu'on écoute également le premier
ministre.
Donc,
silence, tout le monde, on écoute. On continue dans le respect. Les gens ici
vous écoutent et vous regardent.
M. Legault :
Oui, Mme la Présidente, beaucoup de choses dans la salade du chef de
l'opposition officielle. D'abord, nomination
des juges. Rappelons-nous l'époque libérale où ça marchait par post-it. Si on
était un bon donateur libéral, on
avait des chances. Maintenant, il y a un comité indépendant qui suggère une,
deux ou trois personnes, puis on doit choisir une de ces personnes.
Maintenant,
la santé, bien, je pense que, si on demandait aux Québécois, est-ce qu'on a un
bon ministre de la Santé... Je pense que, si on compare avec Gaétan
Barrette, oui.
qu'on sait aussi, Mme la Présidente... Puis je sais que le chef de l'opposition
officielle fait comme s'il ignorait qu'il y a eu une pandémie partout dans le
monde, partout dans le monde. Il y a un défi partout dans le monde. On a épuisé
les personnes qui ont travaillé dans le réseau de la santé parce qu'il fallait
qu'ils soignent les malades...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...plus les gens avec la COVID.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay :
Bien, Mme la Présidente, ce n'est pas moi qui ai oublié qu'il y avait une
pandémie, c'est le gouvernement qui a oublié qu'il y avait une pandémie, dans
ses promesses. J'en veux pour preuve la liste d'attente, chirurgie, plus d'un an. Promesse du ministre,
juin 2021 : Ça va être réglé en mars 2023. Patate! Ça a été un
échec. Il avait promis que ça allait
tomber à 3 000. C'est encore, aujourd'hui, à 17 500. Repromesse en
avril 2022 : réglé en mai 2023. Ce n'est pas réglé. Puis là il
nous fait une troisième promesse.
C'est eux-mêmes, Mme
la Présidente. Ils ne peuvent même pas se croire entre eux autres.
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
moi je trouve qu'on s'entend bien, et puis on n'a pas de problème de relations
chez nous.
500 000 personnes
de plus, au Québec, qui ont accès à un groupe de médecine de famille. C'est
sûr, on est en train de négocier les conventions collectives, ça va être
important d'avoir la collaboration des syndicats pour qu'on ait une organisation qui est plus efficace, qui est plus
humaine aussi pour les travailleurs, travailleuses, être capables de partager
les quarts de travail qui sont plus difficiles, la nuit, les fins de semaine.
Donc, Mme la
Présidente, je pense qu'on est en train de poser les gestes qui sont
nécessaires...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...avec courage, pour améliorer la situation.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Le gouvernement n'a pas
fait preuve de courage, comme disait le premier ministre dans l'opposition,
pour améliorer le système de la santé. Le système de santé va plus mal sous la
CAQ après cinq ans qu'il y a cinq
ans.
Ce matin, à l'Hôpital
Fleurimont, département de chirurgie, l'infirmière-chef dit, ils sont
désespérés : «Chaque semaine, une personne quitte en maladie ou [en]
épuisement.» Sa réforme, la grande réforme caquiste, là, qui va donner des
résultats dans quatre ans, il dit quoi, à matin, aux patients à Fleurimont? Ne
tombez pas malades? N'allez surtout pas aux...
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, on est jeudi, là, on n'est pas loin de la fin de semaine,
j'invite le chef de l'opposition officielle à
aller consulter les excellents indicateurs de performance qui ont été mis en
place par le ministre de la Santé.
Évidemment, c'était difficile de regarder les indicateurs du temps des libéraux;
il n'y avait pas d'indicateur.
la Présidente, on est en train de former ou, en tout cas, on est en train de
demander à des Québécois d'ajouter entre
3 000 et 5 000 préposés aux bénéficiaires, de la même façon
qu'on l'a fait rapidement en 2020 avec 10 000 nouveaux
préposés aux bénéficiaires. Je pense qu'on pose des gestes dans un contexte qui
est difficile...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...pas
seulement au Québec, mais partout.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, le premier ministre, après cinq
ans de fiasco caquiste, nous dit : On est en train de. Les gens, quand ils ont voté, en 2018, ils
pensaient que le train caquiste était parti, mais là on est en train de dans
cinq ans, puis peut-être dans quatre ans on va avoir des résultats.
parle d'un réseau de la santé qui doit être humain. La présidente du syndicat...
intérimaire du syndicat des professionnels,
Canton-de-l'Est, dit : Ça fait longtemps qu'on le dit, les moyens utilisés
pour garder les gens sont coercitifs. Elle dit : Même, on est
rendus à se demander si on ne va pas fermer une urgence.
C'est ça, les échecs
caquistes. Que vaut la parole du premier ministre?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien, on le voit, Mme la Présidente, là, il y
a une grosse chicane entre Québec solidaire puis le Parti libéral pour savoir qui va être le
porte-parole des syndicats. C'est important pour les deux partis, là, ça va
peut-être se jouer dans les prochains trois ans et demi. Mme la
Présidente, nous, on travaille pour les patients.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
l'Acadie.
M. Morin : Mme la Présidente, un peu
plus tôt cette semaine, le ministre de la Justice nous disait qu'il ne pouvait pas nous expliquer pourquoi il avait
annulé des concours, parce que c'était confidentiel. La confidentialité, c'est
important. Les membres du jury de sélection qui écoutent les candidats et les
candidates doivent garder l'information confidentielle. Les gens qui appliquent
doivent garder ça confidentiel.
Je dois vous
dire cependant, Mme la Présidente, que j'ai été étonné d'entendre, sur les
ondes d'une radio, le ministre dire qu'après le processus il consultait
des gens, des employeurs, des patrons. Alors donc, il semblerait qu'on a une confidentialité à deux vitesses, une pour le jury
de sélection, une pour le ministre. Mais la question se pose : Qu'a appris
le ministre?
On sait qu'il
a annulé plusieurs concours depuis qu'il est ministre. Est-ce que c'est suite à
ses appels à des patrons qu'il a annulé des concours? Les Québécois ont
le droit de savoir, Mme la Présidente.
La Présidente : Pas de commentaire
après la question. M. le ministre de la Justice.
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, j'invite le député de l'Acadie à être prudent dans ses
amalgames, dans ses allégations. On a
un processus de nomination des juges qui est indépendant, qui fait en sorte
qu'il y a un comité de sélection qui
est formé par un juge désigné par la juge en chef de la Cour du Québec, ensuite
de deux avocats qui sont désignés par le Barreau du Québec et, par la
suite, de deux membres du public qui sont désignés par l'Office des
professions.
Mme la
Présidente, le ministre de la Justice doit faire une recommandation au Conseil
des ministres dans le meilleur intérêt de la justice. Ce sont des gens qui
occupent des fonctions importantes, lorsqu'on est nommé juge. Ce sont des
gens qui vont devoir trancher des litiges,
des gens qui vont avoir un impact important sur la vie des concitoyens
québécois, des gens qui doivent avoir
une sensibilité, une humanité et qui sont conscients de leur rôle important
dans le système de justice, parce qu'ils occuperont ces fonctions, et,
le député de l'Acadie le sait très bien, durant plusieurs années, voire pendant
plusieurs dizaines d'années, qui seront sur le banc.
Alors, en
tant que ministre de la Justice, Mme la Présidente, je m'assure de faire le
meilleur choix possible, dans l'intérêt
de la justice, pour faire en sorte que la personne qui sera désignée, qui a été
sélectionnée par le comité de sélection, puisse remplir ses obligations avec tout le professionnalisme et
l'ensemble de prise en considération des intérêts des personnes, des
Québécois, dans le système de justice.
La Présidente : Première
complémentaire.
Morin : Oui, c'est excellent, sauf que ça ne répond pas à
la question et ça ne nous dit pas pourquoi des concours ont été refusés.
Imaginez le scénario suivant : candidat A applique pour devenir juge,
comité de sélection confidentiel. Il n'en
parle pas nécessairement à son employeur, s'il est dans une structure
hiérarchisée, peut-être qu'il ne veut pas en parler. Le ministre, lui,
appelle l'employeur. Imaginez dans quelle situation ça peut mettre le candidat.
Est-ce que le ministre peut l'arrêter, cette
pratique?
La Présidente : M. le ministre de la
Justice.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, encore une fois, j'invite le
député de l'Acadie à être prudent. Il va beaucoup avec des supputations, des allégations, et il
semble connaître l'ensemble de la vérité, il semble connaître tous les faits.
Je comprends que, pour la période des
questions, c'est la joute, mais je l'invite à la prudence dans le cadre de ce
processus-là, Mme la Présidente. Et,
c'est fort important, le règlement fait en sorte, Mme la Présidente, d'avoir un
processus de sélection indépendant.
Et je vous rappellerais, Mme la Présidente, que, même pour les juges à la Cour
suprême, il y a des consultations.
Alors, pour
un poste aussi important, Mme la Présidente, c'est important que le ministre de
la Justice, dans l'intérêt de la justice, s'assure de faire le choix qui est
dans l'intérêt de la justice, au bénéfice des justiciables québécois, parce
qu'on peut être fiers, Mme la Présidente, de la Cour du Québec...
La Présidente : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...qui a une
très large juridiction, avec des juges qui sont compétents, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Morin : Un peu plus tôt cette
semaine, le ministre faisait référence à la commission Bastarache. J'invite la
ministre à relire la recommandation 35 pour la nomination d'un juge en
chef de la Cour du Québec : former un comité indépendant constitué de
juges et de la juge en chef sortants.
Est-ce que le
ministre peut s'engager aujourd'hui, devant la population, à mettre en place
cette recommandation-là pour éviter de nommer un ami?
La Présidente : Pas de commentaire
après les questions. M. le ministre.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, l'ensemble des nominations que
j'ai faites, depuis que je suis ministre de la Justice, elles ont été
faites en fonction de la compétence du candidat, elles ont été faites en
respectant le processus indépendant de
sélection des juges, en fonction des recommandations du comité de sélection,
Mme la Présidente. Toutes les nominations ont été faites au mérite. Et je suis
fier de chacune des nominations et j'assume l'entièreté des choix que
j'ai effectués, parce que, les candidats que
j'ai nommés à la fonction de magistrat, je l'ai fait parce qu'en mon âme et
conscience il s'agissait des
meilleurs candidats dans l'intérêt supérieur de la justice. Je peux vous en
assurer, Mme la Présidente. Et je vais continuer d'agir ainsi...
La Présidente : En terminant.
Jolin-Barrette : ...avec toute l'intégrité que j'accorde à ma
fonction, qui... je peux vous le dire, n'en doutez point.
La Présidente : En question
principale, je reconnais le député de Pontiac.
Fortin : Oui. Mme la Présidente, le ministre nous invite à
la prudence, là, mais moi, je l'invite à la transparence, parce qu'en ce
moment, là, il agit comme si tout lui était permis. Il savait, M. le Président,
là, il savait exactement...
M. Fortin : ...Mme la Présidente, bien sûr, il savait, Mme la
Présidente, bien sûr, exactement ce qu'il faisait. Il savait qu'en ne passant pas... qu'en ne divulguant pas au premier
ministre, à ses collègues, qu'il allait nommer un ami, Mme la Présidente...
s'il savait, s'il ne l'a pas divulgué, c'est pour une raison bien précise.
L'autre
réalité, Mme la Présidente, c'est que le ministre, il annule des concours en
région où il y a des avocats très qualifiés,
où il y a une communauté juridique au complet qui lui demande de ne pas le
faire. En faisant ça, Mme la Présidente, en disant, comme il vient de le faire encore une fois, que c'est dans
l'intérêt supérieur de la justice, c'est une claque en pleine face qu'il envoie à une communauté entière.
Puis ce n'est pas vrai, Mme la ministre, ce n'est pas vrai que c'est du
développement économique régional que d'attirer un juge en région pour avoir
annulé un concours.
Est-ce que le
ministre de la Justice, là... est-ce qu'il peut comprendre juste une chose, que
ce n'est pas parce qu'on est ministre de la Justice qu'on peut...
La Présidente : M. le ministre.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je crois que le collègue fait
référence au concours de Sept-Îles. J'ai eu l'occasion de m'exprimer sur ce point-là pas plus tard qu'avant-hier en
Chambre, également, et j'ai dit que je comprenais la déception des gens de Sept-Îles, qui auraient
préféré avoir quelqu'un qui était issu de leur communauté. Cependant, ce que
prévoit le règlement de sélection, c'est que
c'est le comité de sélection, avec un comité indépendant, avec un juge désigné
par la juge en chef, avec deux avocats
désignés par le Barreau et deux membres du public, qui fait des recommandations
au ministre, qui, par la suite, fait les recommandations au Conseil des
ministres, Mme la Présidente.
Alors, le
juge qui a été désigné, c'est un juge qui est compétent. Et je comprends que le
Parti libéral souhaiterait que je
m'ingère encore dans le processus judiciaire, hein, et souhaiterait... puis
c'est un peu en porte-à-faux avec ce que le chef de l'opposition officielle a posé dans sa question, mais moi, je vais
respecter, comme je le fais toujours, le processus de sélection des
juges et je n'irai pas faire comme les libéraux faisaient à une certaine
époque, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fortin : Avez-vous
entendu, Mme la Présidente, là, avez-vous entendu un début d'explication à
savoir pourquoi le ministre de la Justice a jugé que tous les applicants
qui venaient d'une région n'étaient pas compatibles avec l'intérêt supérieur de la justice? Si ça, ce n'est pas
insultant pour des gens d'une région, Mme la Présidente, je ne sais pas ce qui
l'est. Mais mon collègue a entièrement raison. Pour le ministre de la
Justice, c'est comme s'il y avait de la confidentialité à deux vitesses. Quand c'est pour lui, c'est bien,
bien, bien important, la confidentialité, mais, quand c'est pour les candidats,
c'est bien autre chose.
Présidente : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme la
Présidente, je note que ce n'est pas le député de l'Acadie qui pose les
questions puis c'est le député de...
Présidente : Je suis debout. M. le leader de l'opposition
officielle... Silence, je vous prie! M. le leader de l'opposition officielle,
je vous reconnais, allez-y.
M. Derraji : Je ne sais pas pourquoi ça fait rire les
collègues, les 90 élus caquistes. Mme la Présidente, j'invite le ministre de la Justice à répondre à la question de
mon collègue : Pourquoi il a nommé un chum? Et pourquoi il a nommé
quelqu'un de Longueuil à Sept-Îles?
La Présidente :
Vous n'avez pas à reposer la
question. Ce n'est pas une question de règlement. M. le ministre, répondez.
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme la Présidente,
je note que le député de Pontiac agit comme s'il était chef. Déjà, il pose des questions sur tous les sujets. Alors,
peut-être qu'on a une avant-première de ce que les membres du Parti libéral
vont choisir.
Mais,
à la question, Mme la Présidente, concrètement, le processus est respecté. Dans
le cas de Sept-Îles, j'en suis conscient,
que les gens de Sept-Îles auraient préféré avoir quelqu'un de l'endroit.
Cependant, à la fois le député de Pontiac et le député de l'Acadie y vont beaucoup en conjectures. Et on se
retrouve dans une situation où le comité indépendant fait des recommandations,
et la loi prévoit...
Présidente : En terminant.
Jolin-Barrette : ...que tout avocat de 10 ans de pratique du
Barreau peut soumettre sa candidature pour un concours, peu importe sa
provenance.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : On
ne serait pas trop de tous les députés de l'opposition pour questionner le
ministre de la Justice, parce qu'en
ce moment, là, il est en train de traiter le système de la justice comme son royaume
personnel. Là, envers et contre tous, il est rendu à s'en prendre au...
La Présidente :
M. le leader, j'imagine, du
gouvernement, brièvement. Je vous reconnais, mais allez-y brièvement.
Jolin-Barrette : Bien, on me prête des intentions. Et loin de moi mon
attachement à la royauté. D'ailleurs, d'ailleurs...
La Présidente :
Je suis debout. C'est beau, M. le
leader du gouvernement. M. le député, poursuivez. Il vous reste quelques
secondes. Allez-y.
Fortin : Oui. Dans son royaume, là, il est rendu à s'en
prendre à peu près au concept d'indépendance judiciaire, au concept d'indépendance du Conseil de la
magistrature. Puis, un après l'autre, tout le monde dans la communauté
juridique est
sorti pour lui dire que ça n'avait pas de bon sens, Mme la Présidente. Le seul
allié qu'il lui reste, au ministre de la Justice, c'est celui qu'il a
nommé comme juge.
Présidente : M. le ministre.
Jolin-Barrette : Le député de Pontiac est un homme intelligent. Je lui
suggère de ne pas faire d'amalgame de cette
façon-là, d'autant plus que, s'il respecte l'indépendance judiciaire, il
comprendra les principes de séparation des pouvoirs. Mais je suis convaincu que le député de l'Acadie va pouvoir
lui expliquer en détail, le député de l'Acadie qui est un juriste chevronné,
qui pose des questions avec rigueur et intégrité.
la Présidente, sur la question du Conseil de la magistrature, qui fait l'objet
du projet de loi n° 26, j'ai exposé aux collègues, notamment, les raisons pour
lesquelles nous allions de l'avant avec cela. Il n'est pas normal que, dans une
démocratie, personne ne soit redevable
devant les contribuables québécois. Et ce sont des mesures de bonne gestion que
nous mettons en place. J'espère que vous...
Présidente : En question principale, je reconnais le chef du deuxième
groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Il reste 36 jours avant la crise du logement, au Québec,
avant le 1er juillet, en fait, et les
locataires attendent toujours, eux, justement, des solutions à la crise du
logement. Mais le premier ministre
veut augmenter le salaire des députés de 30 000 $. C'est sa priorité,
pas celle des Québécois. Les femmes, les
hommes qui travaillent dans nos écoles, dans nos hôpitaux attendent un salaire
compétitif, mais le premier ministre veut augmenter le salaire des députés de 30 000 $ par année. C'est
sa priorité, pas celle des Québécois. La hausse du coût de la vie plonge
la classe moyenne dans l'endettement, mais le premier ministre veut augmenter
le salaire des députés de 30 000 $ par année. C'est sa priorité, pas
celle des Québécois.
Mais
il y a une porte de sortie honorable pour le premier ministre. Il veut recruter
des meilleurs candidats la prochaine fois,
en 2026. Dans ce cas-là, il a juste à repousser la hausse de salaire après
2026. D'ailleurs, le Parti québécois s'est rallié à cette proposition-là ce matin. Mais, non, le
premier ministre veut à tout prix, le plus vite possible, augmenter le salaire
des députés de 30 000 $ par année, parce que le changement,
c'est maintenant. C'est son slogan, ça.
premier ministre a brisé sa promesse de réformer le mode de scrutin au Québec
parce qu'il nous a dit, selon lui, que
personne ne se battait dans les autobus pour ça. Qui se bat dans les autobus
pour que les salaires des députés augmentent de 30 000 $ par
année?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, c'est important de réexpliquer le processus qui a été mis en
pour faire un rattrapage qui est nécessaire sur la rémunération des députés.
C'est important de valoriser le rôle des députés à une époque où c'est
rendu difficile, entre autres avec les médias sociaux.
Mme la Présidente,
par M. Jérôme Côté, qui, depuis 25 ans, est spécialiste, est un
expert pour comparer la rémunération de différents groupes d'employés. À ce comité, on a ajouté Lise
Thériault, qui a été longtemps députée du Parti libéral. On a ajouté Martin
Ouellette, qui a été député du Parti québécois. Ils ont déposé leur
rapport, et on a accepté les recommandations totalement.
Ce que nous suggère
actuellement le chef du deuxième groupe d'opposition et maintenant le chef du
troisième groupe d'opposition, c'est de
modifier des parties du rapport. Mme la Présidente, ce serait une erreur que de
commencer à piger dans ce qui fait
notre affaire. Je pense qu'à partir du moment où il y a un comité indépendant
qui fait des recommandations sur un
sujet délicat, mais un sujet important pour valoriser le rôle des députés au
Québec, c'est important, Mme la Présidente. Donc, ce qu'on fait, c'est
qu'on accepte intégralement les recommandations du rapport.
Présidente : Première complémentaire.
Nadeau-Dubois : Le premier ministre se défile, se cache derrière un
comité dont il a rédigé le mandat...
La Présidente :
Non, non, attendez, là. Wo, wo,
wo! M. le chef du deuxième groupe d'opposition, M. le chef du deuxième groupe d'opposition — M. le leader, c'est bien, je vais m'occuper de la
situation — dans
la mesure où vous avez employé un terme qui est non parlementaire, vous
le savez, veuillez retirer le terme.
Présidente : Poursuivez.
M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre se
réfugie derrière un comité dont il a imposé le mandat. Mais qui ne voulait pas que ce comité-là soit décisionnel? Qui
ne voulait pas que ce comité-là soit décisionnel? C'est la CAQ, Mme la
Présidente.
Si le premier
ministre voulait avoir un comité qui prend les décisions à sa place, il avait
juste à écouter Québec solidaire, qui le répète depuis 10 ans. Est-ce
qu'il peut au moins assumer ses décisions?
Présidente : Monsieur...
Présidente : Silence, je vous prie! M. le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, c'est
quand même spécial. On a un homme, le chef du deuxième groupe d'opposition, qui
dit sur toutes les tribunes : Je veux faire de la politique d'une nouvelle
façon, il faut sortir des vieilles façons de faire de la politique. Et, Mme la Présidente, on se retrouve
dans une situation où le Bureau de l'Assemblée nationale a mis en place un comité indépendant, on a offert aux différents
partis d'opposition d'y participer. Il y a deux partis qui ont accepté. Le
Parti libéral a nommé Lise Thériault, le
Parti québécois a nommé Martin Ouellet. Et aujourd'hui, aujourd'hui, Québec
solidaire...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...vient
nous dire : J'ai refusé de participer au comité, mais je n'aime pas le
comité. Franchement!
Présidente : Deuxième complémentaire.
Présidente : Je vous entends. M. le... Il n'y a qu'une personne qui a
la parole ici, M. le député de Matane-Matapédia, qu'une personne, et c'est M.
le chef du deuxième groupe d'opposition. On vous écoute.
Nadeau-Dubois : Ça ne me dérange pas, Mme la Présidente, il a
100 % raison. Mais le premier ministre a fait
des promesses qui n'avancent pas : le temps d'attente aux urgences, les
places en CPE, les logements abordables. Le premier ministre a aussi fait des promesses qu'il a brisées : le
troisième lien et la réforme du mode de scrutin. C'est-tu moi ou il n'a jamais promis ça, en campagne,
d'augmenter le salaire de sa gang de 30 000 $ par année? Il ne l'a
pas promis, ça. Pourquoi...
Présidente : M. le leader du gouvernement. Brièvement.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, le
chef du deuxième groupe d'opposition, un, prête des intentions, mais, deux, il devrait réaliser qu'il est un
parlementaire au même
titre que tous les parlementaires ici, à l'Assemblée. Ce
n'est pas une...
Présidente : C'est beau.
Présidente : M. le leader du gouvernement, M. le leader du
gouvernement...
Présidente : M. le leader du gouvernement! Attention au choix des mots...
La Présidente :
M. le leader du deuxième groupe
d'opposition... Attention! Attendez! Je suis debout. Je vais terminer, je
vais clore là-dessus. On se traite avec respect. Nous sommes tous des élus, ici,
et non des gangs.
M. le chef, il vous restait neuf secondes. M. le
chef.
Nadeau-Dubois : Le premier ministre n'a jamais promis d'augmenter
le salaire des députés de 30 000 $ par année. Pourquoi c'est
rendu, aujourd'hui, sa priorité? Pourquoi?
La Présidente : M. le premier
ministre.
Legault : Mme la Présidente, j'ai entendu à plusieurs
reprises le chef du deuxième groupe d'opposition dire sur toutes les tribunes : Il faut arrêter de
faire de la petite politique, il faut arrêter de faire de la vieille politique.
Bien, c'est exactement ce qu'il fait actuellement.
La Présidente : En question
principale, je reconnais...
La Présidente : Silence! Je
reconnais le député de Laurier-Dorion. Il est le seul à avoir la parole.
Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. Ça fait des années que le
gouvernement de la CAQ refuse de mettre sur pied un registre des loyers
sous prétexte que ça coûte trop cher, que c'est trop compliqué. Bien, j'ai une
bonne nouvelle pour la ministre de
l'Habitation, ce matin : l'organisme Vivre en ville a fait le travail à sa
place. Il y a maintenant un registre des
loyers, au Québec, et il est offert en cadeau au gouvernement de la CAQ. Si la
ministre est sérieuse dans sa volonté de combattre la crise du logement, elle va s'appuyer sur le succès de Vivre
en ville, elle va adopter le registre des loyers. Ça coûte un gros zéro.
Une solution simple et efficace.
Est-ce que la
ministre de l'Habitation peut se lever, ce matin, et s'engager à reprendre le
registre qu'on lui offre sur un plateau d'argent?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable de l'Habitation.
Duranceau : Oui, merci, Mme la Présidente. Écoutez,
effectivement, Vivre en ville a mis sur pied un registre. D'ailleurs, je les rencontrerai prochainement pour
en discuter. Je tiens à dire que c'est une chose, de populer un registre, de
mettre de l'information là-dedans; c'en est
une autre de valider cette information-là, puis de la garder à jour
annuellement, et de s'assurer qu'elle est véridique. Donc, je vais
m'entretenir avec eux puis je verrai comment ils vont pallier à ces
obligations-là, là, par la suite ou comment leur système va couvrir ça.
Je tiens à
rappeler qu'on a le Tribunal
administratif du logement qui
fonctionne bien, là, depuis 40 ans, au Québec, et qui a permis de
maintenir les loyers somme toute à des niveaux qui sont inférieurs à ce qu'on
voit ailleurs au Canada. Alors, on a un défi
d'éduquer la population avec ce qui est disponible comme recours au niveau du Tribunal administratif du logement, puis c'est ce sur quoi on va travailler, d'ailleurs, dans les
prochaines semaines et mois. Alors, je pense que c'est une autre façon de s'assurer que les loyers... ou que les gens
connaissent leurs droits, Mme la Présidente. Alors, voilà pour le
moment.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Fontecilla : Le Tribunal
administratif du logement, jusqu'à présent, est incapable de juguler les
hausses abusives des loyers au Québec. Tout le monde est d'accord, au Québec,
là, avec le registre de la CAQ... avec le registre des loyers, sauf la CAQ. Les locataires le demandent, les villes le
demandent, la ville de Sherbrooke, la ville de Rimouski, la ville de
Gatineau.
Est-ce que la
ministre va le faire pour contrer les hausses abusives des loyers? C'est ça
qu'on veut savoir, des mesures concrètes. Est-ce que la ministre peut au
moins inviter les locataires à inscrire leur loyer sur
registredesloyers.quebec?
La Présidente : Mme la ministre.
Duranceau : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, on a regardé la
notion de registre de loyers. L'Ontario l'avait mis en place, la Colombie-Britannique l'avait mis en place, et ces deux provinces-là
ont laissé tomber le registre des loyers. Nous, on l'a regardé. Financièrement, on pense que ça ne tient pas la
route. Il y a un fardeau administratif qui est trop important relatif à ça. Si Vivre en
ville a une solution qui est parfaite puis qui répond à ces enjeux-là, on verra,
on va regarder ça avec eux. Mais, pour le moment, la réponse, c'est qu'on n'a
pas besoin d'un registre de loyers. On a des mécanismes qui fonctionnent bien
avec le Tribunal administratif du
logement. Et, pour moi, pour le
moment, le registre de loyers, c'est une invitation pour les
spéculateurs à regarder quels sont les immeubles...
La Présidente : En terminant.
Mme Duranceau : ...où les loyers
sont bas puis cibler ces immeubles-là pour des acquisitions et des...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Fontecilla : La transparence est un principe fondamental d'un
marché, là. Il y a un génie de l'informatique au gouvernement de la CAQ, c'est le député de La Peltrie et le ministre du
Numérique. Si un organisme comme Vivre en ville est capable de produire un registre des loyers avec seulement quelques
employés, est-ce que le ministre du Numérique, avec ses milliers
d'employés, ne pourrait-il pas le faire également?
Si le
gouvernement de la CAQ n'implante pas un registre des loyers, ce n'est pas à
cause d'un problème technique ou d'administration, c'est à cause d'un
manque de volonté politique pour régler la crise du logement.
La Présidente : Mme la ministre.
Duranceau : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je pense qu'il
y en a une, volonté politique de changer les choses. D'ailleurs, dans les prochaines semaines, je déposerai un projet
de loi qui vise à régler ou, du moins, rétablir l'équilibre entre
locataires et propriétaires. Donc, on est dans l'action puis on veut changer
les choses.
Et, encore
une fois, le fameux registre de loyers proposé par Vivre en ville, bien, ils
auront l'occasion de me le présenter en personne. On regardera ce que ça
donne. Et c'est ce que je vais dire pour aujourd'hui, Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais la députée de D'Arcy-McGee. La parole est à vous.
Prass : Merci, Mme la Présidente. On le sait, que la
continuité de services, pour les personnes avec des troubles mentaux graves, est extrêmement importante. Le
rapport de la Vérificatrice générale qui vient d'être déposé nous démontre clairement des ruptures de services en santé
mentale. Les constats, sous ce gouvernement, sont accablants. Il est impossible
pour les professionnels de la santé d'avoir accès à toutes les informations des
usagers qui sont nécessaires afin d'assurer une
prise en charge efficace à l'urgence, et les ressources ne permettent pas
d'avoir accès à un hébergement qui convient aux besoins.
Ce n'est pas
la première fois que je me lève dans cette Chambre pour parler du continuum de
services, et le ministre des Services sociaux nous rassure à chaque
fois.
Est-ce qu'il est fier, aujourd'hui, du bilan que
lui dresse la Vérificatrice générale?
La Présidente : Pour sa réponse, le
ministre responsable des Services sociaux.
Carmant : Oui, bien, merci, Mme la Présidente. Je n'ai pas
eu la chance de regarder en entièreté le rapport de la Vérificatrice générale, mais les grands points qui m'ont été discutés
montrent clairement que notre plan d'action interministériel en santé mentale, qu'on a déposé l'an dernier, touche
la cible sur tous les points à venir améliorer dans le réseau de la santé, l'accès aux soins, qui est
vraiment la porte d'entrée unique qu'on met sur pied pour diriger les patients
vers la bonne ressource au bon moment,
l'accès pour les patients qui ont des cas... qui sont des cas plus lourds, qui
ont des troubles mentaux graves, avec
des programmes comme l'hospitalisation à domicile, le suivi dans la communauté,
tous des points qui sont vraiment prioritaires pour nous, et évidemment
l'hébergement, qui est un enjeu que, cette année, j'ai moi-même demandé, lors
de ce mandat actuel, la responsabilité au premier ministre d'avoir la
loi sur
les ressources d'hébergement, incluant l'hébergement en santé mentale, parce
qu'il y avait clairement des changements à faire.
Je suis bien
d'accord qu'il faut faire des changements dans les... où tous les patients sont
vus sous le même angle, que ce soient
des personnes âgées, des personnes avec des problèmes de santé mentale, des
jeunes. Il faut vraiment différencier chaque clientèle, avoir des
critères d'inclusion pour chacune des clientèles...
La Présidente : En terminant.
Carmant : ...et s'assurer que chacun soit logé dans le meilleur type
de logement pour cette problématique, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Prass : Je
ne suis pas sûre qu'on a fait la même lecture de rapport.
L'accès
aux défis médicaux est... L'accès aux services médicaux est un défi. Imaginez
pour ceux qui ont des problèmes de
santé mentale et qui se présentent aux urgences, souvent parce qu'ils n'ont pas
de médecin de famille. Ceux qui sont inscrits
au guichet d'accès pour un médecin de famille attendent beaucoup plus longtemps
que la moyenne pour avoir accès à un
médecin de famille. C'est 709 jours, presque deux ans. Résultat :
engorgement dans les urgences des personnes en détresse.
Est-ce qu'il est fier
de ce constat?
Présidente : M. le ministre.
M. Carmant : Bien, je ne peux pas dire qu'on est fiers de ça, mais on est en train
de changer les choses, Mme la Présidente.
Alors, mon adjointe parlementaire, la députée de Marie-Victorin, a justement
cette mission. Qui a fermé l'accès au
CLSC à la santé mentale? C'est la réforme de 2015, Mme la Présidente. Qui a
transféré toutes les travailleuses sociales dans les GMF, Mme la
Présidente? C'est M. Barrette, Mme la Présidente.
Donc, c'est important
de s'assurer que de réouvrir l'accès aux CLSC pour les problèmes de santé
mentale. On y travaille avec la députée de
Marie-Victorin. On va annoncer bientôt une première ouverture, et on va faire
ça à travers tout le Québec, parce
que tout le monde a le droit d'avoir accès aux services en santé mentale au bon
moment, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Prass : Les
constats de la Vérificatrice générale sont durant les années de la CAQ, je veux
juste préciser.
Hier,
encore une fois, je me suis levée pour parler de la détresse des jeunes. Le
rapport de la Vérificatrice générale, aujourd'hui,
démontre une fois de plus des lacunes du système. On voit que ces lacunes
aggravent les troubles mentaux et font augmenter les hospitalisations
répétées. Ce n'est pas souhaitable pour les patients. En effet, c'est
regrettable.
ministre des Services sociaux ne peut plus me dire que tout va bien. Il doit
agir et redresser la situation très rapidement.
Présidente : M. le ministre.
M. Carmant : Je ne me souviens pas d'avoir dit que tout va
bien, Mme la Présidente. Au contraire, j'ai dit qu'on se retrousse les manches et qu'on continue à
travailler. Ce que j'ai dit hier, c'est que les niveaux de suicides sont plus
bas qu'ils n'ont jamais été, au Québec. Et ça, c'est factuel, factuel.
Maintenant,
ce qui est important pour l'accès aux urgences, je l'ai déjà dit, on a vu
900 000 personnes en services santé mentale, mais il y a eu 3 millions de consultations aux
urgences. C'est pour ça que, cette année, nos efforts sont concentrés sur l'accueil aux services d'urgence, le suivi en
communauté, pour s'assurer que les patients, une fois qu'ils sont pris en
charge aux urgences, ont le suivi qu'ils
requièrent et ne sont pas référés vers d'autres... vers d'autres services ou
avec un rendez-vous au psychiatre dans plusieurs mois.
La Présidente :
En terminant.
M. Carmant : On
travaille là-dessus, Mme la Présidente, c'est une priorité pour nous.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
Rosemont.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Le ministre de la Santé répète tous les jours que
personne ne souhaite le statu quo, au
Québec. O.K. Dire ça, là, c'est comme dire qu'il va faire nuit ce soir. Ce que
le ministre ne dit pas, c'est qu'il
ouvre grand la porte à la santé à deux vitesses au Québec. Radio-Canada a
rapporté, il y a quelques jours, le cas de la clinique Praxis de
Terrebonne. Je cite sa directrice générale : «...certains [clients] ont
des moyens plus faibles [ils] économisent
pour venir chez nous parce qu'ils n'ont pas accès au système public à des
services de santé.» Il y a un père de famille, par exemple, dans le reportage, Yanic
Charland. Il paie 245 $ pour chaque visite au privé pour sa petite de neuf
mois. 245 $ chaque visite de routine parce que son médecin, le
médecin de la petite, il n'est pas disponible.
Pour
le ministre, combattre le statu quo, est-ce que c'est demander à
M. Charland de payer 245 $ pour faire suivre sa petite?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Alors, écoutez, Mme la Présidente, je pense qu'on
l'a vu, durant les discussions qu'on a eues au cours des dernières
semaines, dans le p.l. n° 15, que ce qu'on veut faire puis ce qu'on va
continuer de faire, c'est d'avoir, premièrement, le patient en tête, parce que,
oui, l'utilisation du privé, qui est complémentaire au public, on l'a dit que
c'était possible puis on a dit aussi que ça nous a aidés énormément durant la
pandémie, mais il faut penser aux patients.
C'est
malheureux que des gens aient, en ce moment, à payer pour avoir un service
qu'ils pourraient avoir gratuitement, mais,
en ce moment, le public, pour les raisons qu'on connaît, ne peut pas tout
offrir ces services-là, en ce moment. Alors, ce qu'on fait, c'est qu'on maximise les chances d'être capables de donner
aux patients, à tous ceux qui peuvent le faire, d'avoir accès à un
service de santé. C'est ça, avoir le patient en tête.
Malheureusement,
comme je le dis, notre système public, en ce moment, est fatigué, a eu énormes
difficultés, et on doit continuer à
l'aider. Et c'est pour ça qu'on doit travailler à attirer des gens à venir
travailler chez nous avec des meilleures conventions collectives. Et
c'est ce que ma collègue, en ce moment, la présidente du Conseil du trésor
travaille.
Présidente : Première complémentaire.
M. Marissal :
Le public ne rend pas de service ici, là, le public se sert. Résumons. Les
jeunes de parents de la classe moyenne se privent et économisent parce qu'ils
n'ont pas accès à leurs médecins, puis ils paient 245 $ pour un suivi d'une petite fille de neuf mois. M. Charland
a raison de dire : La santé, ça n'a pas de prix. Mais là la santé, elle a
une étiquette de prix, parce qu'on est en train de laisser le privé
prendre toute la place.
Est-ce
que le ministre est en train de dire à M. Charland et à tous les Québécois
qu'ils vont devoir continuer de payer de leurs poches parce que le
système les a carrément laissés tomber?
Présidente : M. le ministre.
M. Dubé : Écoutez, je pense que, Mme la Présidente,
l'expression de dire que le système les a laissés tomber, je vais laisser ça au
député de Rosemont, de dire ça. Moi, je pense que le système public a fait un
travail extraordinaire, au cours des trois dernières années, dans un
contexte très difficile.
qu'il faut, en ce moment, Mme la Présidente, c'est appuyer le système public le
mieux possible pour que tous les gens aient un accès à un service. C'est ça, en
ce moment, notre... Et, s'il faut ouvrir d'autres cliniques IPS, on s'est engagés, le ministre des Finances nous a donné un
budget important pour ouvrir 23 cliniques où les gens pourront avoir accès
à un service gratuit à des cliniques IPS. Je pense qu'on est dans la bonne
direction, mais on a une transition à faire...
Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...et
on doit aider notre réseau à se rétablir.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Marissal :
Le médecin Vincent Demers nous
apprenait, sur Twitter, qu'un médecin de famille est payé 23 $ par
la RAMQ pour un cas d'infection urinaire. Le même cas, dans une clinique
privée, c'est 245 $, plus de 10 fois.
que le ministre a l'air résigné au fait que les Québécois et les Québécoises
vont devoir continuer d'aller vers le privé
parce qu'ils n'ont pas de place au public, est-ce qu'il pourrait au moins
s'engager à limiter ces abus scandaleux de la part de cliniques qui font
juste de l'argent sur le dos du monde?
Présidente : La réponse du ministre.
Dubé : Écoutez, Mme la Présidente, je vais répéter la
même chose, c'est malheureux, mais, en ce moment, ce qu'on doit faire, c'est de
maximiser les chances que les patients qui peuvent avoir un service puissent
l'avoir en priorité au public et, si, ce service-là, pour les raisons
qu'on connaît, ils ne puissent pas l'avoir, qu'ils l'aient au privé.
Maintenant, ce qu'on sait, c'est qu'il
y a plus de 160 000 chirurgies, Mme la Présidente, qui ont été faites
dans le privé avec la carte de la RAMQ, parce que c'est ça, la
complémentarité qu'on peut avoir, avoir un accès universel pour tous les Québécois, dans un contexte où le réseau
a besoin d'aide. Et c'est ce que nous allons continuer de faire jusqu'à tant
qu'on ait rétabli le réseau, Mme la Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, Mme la Présidente. Ce
matin, la Vérificatrice générale a déposé un rapport, mais un rapport ne doit pas en effacer un autre. Il y a un an
presque jour pour jour, la Vérificatrice générale abordait, dans son rapport,
la question des aînés en disant que
les aînés en grande perte d'autonomie n'auront pas tous accès à des soins de
longue durée publics dans les prochaines années ni à une intensité de
services suffisante.
la Présidente, on va frapper un mur. D'ici 2028, d'ici cinq ans, on aura besoin
de créer 18 000 places pour les personnes aînées en
hébergement. La ministre, il y a deux semaines, a annoncé la rénovation de
19 CHSLD avec 200 nouvelles places. Depuis cinq ans, on a créé
1 100 places. On veut en créer 18 000 d'ici cinq ans.
Comment
va-t-on y arriver et à quel coût? Parce que, si on suit la logique de la
ministre, il faudrait investir 21 millions... milliards de dollars
pour créer 18 000 places. Est-ce que c'est réaliste, Mme la ministre?
Présidente : La réponse de la ministre déléguée à la Santé et
responsable des Aînés.
Mme Bélanger :
Oui. Mme la Présidente, très
contente d'avoir cette question. Puis attention de ne pas faire des
équations avec des chiffres que je n'ai jamais mentionnés moi-même. Je n'ai
jamais mentionné qu'on avait besoin de 18 000 places
d'hébergement au Québec d'ici cinq ans. Nous sommes en train de transformer le
réseau d'hébergement, au Québec. Il y
aura des maisons des aînés, 46 maisons, 3 500 places. Nous
rénovons des CHSLD, ce n'est que le début, c'est la première phase,
19 CHSLD parmi les plus désuets au Québec que nous construisons sous forme
de maisons des aînés. C'est vrai que,
pour ces 19 CHSLD, c'est 200 places de plus. Ce n'est que le début.
Nous allons continuer de rénover nos CHSLD.
voudrais aussi mentionner que nous avons l'intention de privatiser nos CHSLD
privés, et, là aussi, il y a un potentiel, il y a un potentiel d'augmenter le nombre de places parmi les
établissements, les CHSLD privés actuels, qui vont devenir privés
conventionnés.
j'aimerais rappeler que, les aînés, ce qu'ils nous disent, c'est qu'ils veulent
demeurer chez eux lorsqu'ils vont vieillir. Alors, Mme la Présidente,
c'est ce que nous faisons en accentuant...
Présidente : Première complémentaire.
M. Arseneau :
Mme la Présidente, je sais très
bien que la ministre n'a pas dit qu'il y avait 18 000 places à créer.
C'est la Vérificatrice générale qui a fait
ce constat, 18 000 places. On en a créé 1 100 au cours des cinq
dernières années. Est-ce que la ministre
est en train de nous dire qu'on va avoir de 15 000 à
18 000 personnes aînées, dans cinq ans, qui n'auront pas accès à l'hébergement? C'est exactement ce que
veut éviter la Vérificatrice générale. C'est ce qu'on veut éviter également.
Comment va-t-on pouvoir
héberger ces personnes si on n'a pas de places à leur offrir?
Présidente : Mme la ministre.
Bélanger : Mme la Présidente, j'ai mentionné tantôt qu'on est en train
de travailler sur un ensemble de solutions,
notamment les CHSLD privés que nous voulons conventionner. Tantôt, je me suis
trompée dans le mot, j'ai dit «privatiser», vous comprenez que je voulais dire
«conventionner». Nous sommes en train de le faire, et il y a un potentiel
d'augmentation, là, de nombre de places
d'hébergement. N'oublions pas que nous soutenons aussi notre réseau des RPA.
Et c'est important, justement, dans le
vieillissement de la population, qu'on considère toutes les options. Mais
l'autre chose la plus importante,
c'est vraiment le virage du soutien à domicile. Et je suis certaine que le
député des Îles ne souhaite pas qu'on mette toutes les personnes âgées
au Québec dans des centres d'hébergement. Ce n'est pas ça, l'intention.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Arseneau : Mme la Présidente, effectivement, il faut faire le
grand virage des soins à domicile, sauf que la Vérificatrice générale nous dit qu'il y a une absence totale de
planification tant pour les places en hébergement que pour le virage des soins à domicile. Elle estime qu'il faudrait
2 milliards de dollars d'investissement par année dans les soins à domicile. En étude des crédits, il y a deux
semaines, Mme la ministre a dit qu'elle avait obtenu 200 millions de
dollars, donc 10 fois moins de ce qu'on a besoin seulement pour la
prochaine année.
Comment on va y
arriver d'ici huit ans?
Présidente : Mme la ministre.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, écoutez, nous
sommes en train de transformer le réseau d'hébergement, au Québec, nous sommes en train de rehausser
l'ensemble de nos services pour les aînés, au Québec. Nous travaillons avec
les différents organismes communautaires,
les entreprises d'économie sociale, les différents partenaires pour organiser
notre offre de services. C'est
extrêmement important, les services que l'on doit ajuster dans une perspective
de vieillissement de la population.
Et nous sommes là. Notre vision, elle est vraiment claire. Et, pour revenir au
niveau de l'hébergement, je veux le mentionner, virage du soutien à
domicile...
La Présidente :
En terminant.
Bélanger : ...maison des aînés, les établissements privés que nous
allons rendre conventionnés...
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
Pontiac.
M. Fortin : Mme
la Présidente, ça fait des... si le gouvernement de la Coalition avenir Québec
voulait fermer des entreprises productrices de porc en région, au Québec,
il ne s'y prendrait pas mieux, parce que ça fait des mois que le ministre de l'Agriculture nous dit la même chose,
que lui, il attendait l'entente entre les producteurs et les transformateurs.
Bien, l'entente, Mme la Présidente, elle a
eu lieu. Et vous savez quoi? À chaque fois qu'il se vend un cochon d'un
producteur indépendant, au Québec, il perd de l'argent. Et la fameuse
aide individuelle que le ministre promettait, bien, elle n'est simplement pas
au rendez-vous.
Pire
encore, il ajoute l'insulte à l'injure. Il lance des nouveaux programmes d'aide
pour des producteurs pour faire face à l'inflation, et les producteurs
de porc sont exclus de ces programmes-là, ne peuvent simplement pas y
appliquer. Les seules options qu'il leur
reste en ce moment, Mme la Présidente, c'est de fermer les portes ou de perdre
de l'argent à tous les jours. Encourager la décroissance économique,
moi, je m'attends à ça de la part de Québec solidaire, mais je m'attends à
mieux de la part du ministre de l'Agriculture.
Est-ce qu'il va
vraiment abandonner tous les producteurs de porc indépendants au Québec?
La Présidente :
Silence! La réponse du ministre
de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Pêcheries. J'aimerais l'entendre.
Allez-y, M. le ministre.
Lamontagne : Bien, merci, Mme la Présidente. D'ailleurs, je veux
remercier mon collègue de Pontiac de souligner
la réponse exceptionnelle qu'on a donnée au cri du coeur que les agriculteurs
puis les producteurs, les productrices ont
lancé ce printemps en offrant un programme qui va injecter, au cours des
semaines, des mois à venir, près de 100 millions de
dollars dans les différentes entreprises du Québec. Il y a
2 000 entreprises du Québec qui vont pouvoir bénéficier de ce soutien-là. Puis il y a un certain nombre
d'entreprises porcines aussi qui vont pouvoir en bénéficier. C'est un programme
qui est offert à toutes les entreprises qui ont des revenus jusqu'à
1,5 million de dollars.
Ceci
étant dit, Mme la Présidente, j'ai expliqué à de multiples reprises que toute
la question du dossier du secteur porcin
est en train de se réaliser, en train de se transformer. J'ai eu une rencontre,
la semaine passée, avec les éleveurs, avec l'UPA, avec La Financière, et toute la convention qui a été signée il y
a quelques mois repose sur un plan de retrait, et les conditions pour ce plan de retrait là vont bientôt
être connues, et les producteurs vont pouvoir s'engager dans un processus,
oui, pour se retirer d'affaires, pour éliminer une certaine production, mais
avec aussi un soutien qui va venir...
Présidente : En terminant.
M. Lamontagne :
...avec ces initiatives-là, Mme
la Présidente. Alors, tout le secteur, là, est couvert, présentement.
Présidente : Alors, cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Je vous invite à
demeurer en place. Il y aura des votes reportés. Et, pour ce faire, je cède la
place au deuxième vice-président. Merci. Bonne fin de journée à tous.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
Mmes et MM. les députés, à la rubrique Votes reportés, comme annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au
vote reporté sur la motion telle qu'amendée de M. le chef du troisième groupe
d'opposition débattue hier aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale demande au Directeur général des élections du Québec de
divulguer et rendre publics tous les témoignages et documents de la
commission Grenier dans les plus brefs délais.»
Que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin), M. Bérubé (Matane-Matapédia).
M. Legault (L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet), M. Dufour
(Abitibi-Est), M. Girard (Groulx), M. Bonnardel (Granby),
Mme LeBel (Champlain),
M. Roberge (Chambly), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme D'Amours
(Mirabel), M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Proulx (Berthier), M. Charette (Deux-Montagnes),
Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Fitzgibbon (Terrebonne),
Mme Lecours (Les Plaines), Mme Biron (Chutes-de-la-Chaudière),
Mme Roy (Verchères), M. Julien (Charlesbourg), M. Drainville (Lévis), M. Carmant
(Taillon), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie),
Mme Bélanger (Prévost), M. Lamontagne
(Johnson), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Émond (Richelieu),
Mme Blanchette Vézina (Rimouski), M. Lacombe (Papineau), Mme Laforest (Chicoutimi),
M. Lévesque (Chapleau), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
Mme Duranceau (Bertrand), Mme Déry (Repentigny), M. Lafrenière
(Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose), M. Allaire (Maskinongé),
Mme Grondin (Argenteuil), M. Provençal (Beauce-Nord),
Mme Lachance (Bellechasse), M. Jacques (Mégantic), Mme Boutin
(Jean-Talon), M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges),
Mme Jeannotte (Labelle), M. Bachand (Richmond), M. Caron
(Portneuf), M. Sainte-Croix (Gaspé), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Asselin
(Vanier-Les Rivières), M. Bussière (Gatineau), M. Lamothe
(Ungava), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Lemay (Masson), M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque), Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Mallette (Huntingdon), Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Haytayan (Laval-des-Rapides),
Mme Bogemans (Iberville), M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Lemieux
(Saint-Jean), Mme Tremblay
(Hull), Mme Schmaltz (Vimont), M. Gagnon (Jonquière),
M. St-Louis (Joliette), Mme Gendron (Châteauguay),
M. Rivest (Côte-du-Sud).
M. Tanguay (LaFontaine),
M. Derraji (Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin),
Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass
(D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey), Mme Caron
(La Pinière), M. Morin (Acadie), Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
M. Nadeau-Dubois (Gouin),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie (Sherbrooke), M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Bouazzi (Maurice-Richard),
Mme Zaga Mendez (Verdun), M. Grandmont (Taschereau).
Mme Nichols
(Vaudreuil).
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Que
les députés qui sont contre cette motion veuillent bien se lever. Y a-t-il
des abstentions? M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 102
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : La motion est adoptée. M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé : M. le Président, nous aimerions que le résultat de
cette motion soit envoyé au Directeur général des élections du Québec.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Ce sera fait, M. le député de Matane-Matapédia.
Maintenant, pour un
prochain... Nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de M.
le leader parlementaire du gouvernement et
ministre de la Justice proposant que le principe du projet de loi n° 24, Loi donnant suite aux recommandations du rapport
du Comité consultatif indépendant sur la révision de l'indemnité annuelle des
membres de l'Assemblée nationale, soit adopté.
Que les députés en
faveur veuillent bien se lever.
Secrétaire adjoint :
M. Legault (L'Assomption), M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise
(Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Girard (Groulx), M. Bonnardel (Granby), Mme LeBel
(Champlain), M. Roberge (Chambly), M. Boulet (Trois-Rivières),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Proulx
(Berthier), M. Charette (Deux-Montagnes), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Lecours (Les Plaines), Mme Biron
(Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy (Verchères), M. Julien (Charlesbourg), M. Drainville
(Lévis), M. Carmant (Taillon), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé
(La Prairie), Mme Bélanger
(Prévost), M. Lamontagne (Johnson), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Émond (Richelieu), Mme Blanchette
Vézina (Rimouski), M. Lacombe (Papineau), Mme Champagne Jourdain
(Duplessis), Mme Laforest (Chicoutimi),
M. Lévesque (Chapleau), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
Mme Duranceau (Bertrand), Mme Déry (Repentigny), M. Lafrenière (Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose),
M. Allaire (Maskinongé), Mme Grondin (Argenteuil),
M. Provençal (Beauce-Nord), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Jacques (Mégantic), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Bachand (Richmond),
M. Caron (Portneuf), M. Sainte-Croix (Gaspé), Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice), M. Asselin (Vanier-Les Rivières),
M. Bussière (Gatineau), M. Lamothe
(Ungava), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Lemay (Masson), M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque),
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Mallette (Huntingdon), Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Haytayan (Laval-des-Rapides), Mme Bogemans (Iberville), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Tremblay (Hull),
Mme Schmaltz (Vimont), M. Gagnon (Jonquière), M. St-Louis
(Joliette), Mme Gendron (Châteauguay), M. Rivest (Côte-du-Sud).
M. Tanguay (LaFontaine),
M. Derraji (Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys),
Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin),
Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass
(D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey), Mme Caron
(La Pinière), M. Morin (Acadie), Mme Cadet (Bourassa-Sauvé),
M. Ciccone (Marquette).
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Que les députés qui sont contre cette motion veuillent
bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Nadeau-Dubois
(Gouin), M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie
(Sherbrooke), M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Bouazzi (Maurice-Richard),
Mme Zaga Mendez (Verdun), M. Grandmont (Taschereau).
M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin), M. Bérubé (Matane-Matapédia).
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il des abstentions?
M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 90
Le Vice-Président (M. Lévesque) : La
motion est adoptée. Et, en conséquence, le principe du projet de loi n° 24, Loi
donnant suite aux recommandations du rapport du Comité consultatif indépendant
sur la révision de l'indemnité annuelle des membres de l'Assemblée
nationale, est adopté. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président.
Conformément à l'article 243 de notre règlement, je fais motion
afin que le projet de loi n° 24, la Loi donnant suite aux recommandations
du rapport du Comité consultatif indépendant sur
la révision de l'indemnité annuelle des membres de l'Assemblée nationale, soit déféré à la Commission des institutions pour son étude détaillée et que le
ministre de la Justice et leader parlementaire du gouvernement soit membre de
ladite commission pour la durée du mandat.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Adopté.
Alors, à la rubrique
Motions sans préavis, je suis maintenant prêt à reconnaître un membre du deuxième
groupe d'opposition. Et je reconnais M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
M. Leduc : Merci,
M. le Président. Je demande le consentement de cette Assemblée pour présenter
la motion suivante conjointement avec le chef du troisième groupe
d'opposition :
«Que l'Assemblée
déplore les dépenses publiques encourues par l'institution de la monarchie
canadienne, dont l'augmentation salariale annuelle de près de
50 000 $ accordée à la gouverneure générale du Canada depuis 2019;
«Qu'elle rappelle le
devoir d'exemplarité des détenteurs et détentrices d'une charge publique.»
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Il
n'y a pas de consentement. Je suis maintenant prêt à reconnaître un membre
du troisième groupe d'opposition, et je reconnais M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé : M.
le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin
de présenter, conjointement avec la députée de Mercier, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale salue la publication du Bulletin de l'égalité des
chances en éducation de l'Observatoire québécois des inégalités le
24 mai 2023;
«Qu'elle
fasse siens les constats de l'observatoire à l'effet que la segmentation du
modèle scolaire en trois filières distinctes :
privé, public régulier et public enrichi, a des conséquences sur l'égalité des
chances en éducation et contredit le principe d'un curriculum québécois
commun à tous les élèves.»
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) :
Il n'y a pas de consentement. Je suis maintenant prêt à reconnaître un membre du
gouvernement, et je reconnais Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme Déry : Merci
beaucoup, M. le Président. J'aimerais souligner la présence, dans les tribunes
aujourd'hui, de certains membres de l'ACFAS
qui sont avec nous pour le 100e anniversaire. Donc, c'est la directrice
générale, Sophie Montreuil, il y a
certains administrateurs, également, et des membres de la communauté
académique, parce qu'on a...
Mme Déry : Absolument.
On va présenter justement une motion en ce sens, M. le Président.
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, le leader du
deuxième groupe d'opposition, le député de Matane-Matapédia et la députée de
Vaudreuil également :
«Que
l'Assemblée nationale salue le leadership exercé par l'ACFAS dans sa capacité à
réunir et à représenter les chercheuses
et [...] chercheurs d'expression française afin qu'ils puissent participer à
part entière au développement et à l'enrichissement de la société
québécoise;
«Qu'elle
rappelle le rôle clé joué par l'ACFAS à l'échelle du Québec, de la francophonie
canadienne et internationale en matière de promotion de la recherche en
français;
«Qu'elle reconnaisse
la notoriété qu'elle s'est bâtie à l'échelle de la francophonie scientifique
internationale depuis sa fondation, à Montréal, le 15 juin 1923 par le
frère Marie-Victorin, le radiologiste Léo Pariseau et le botaniste Jacques
Rousseau;
«Finalement,
qu'elle rende hommage à l'ACFAS pour ses 100 ans de contribution
exceptionnelle à la promotion et à
l'avancement de la communauté de la recherche ainsi qu'à la transmission des
savoirs en français.» Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, M. le Président, il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Est-ce que cette motion est adoptée?
M. Leduc : Je
vous demanderais un vote par appel nominal, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : D'accord. Donc, le vote par appel nominal est demandé
par M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Alors, que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet),
M. Dufour (Abitibi-Est), M. Girard (Groulx), M. Bonnardel
(Granby), Mme LeBel (Champlain), M. Roberge
(Chambly), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme D'Amours (Mirabel),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Proulx
(Berthier), M. Charette (Deux-Montagnes), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Lecours
(Les Plaines), Mme Biron (Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy
(Verchères), M. Julien (Charlesbourg), M. Drainville
(Lévis), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie),
Mme Bélanger (Prévost), M. Lamontagne (Johnson), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Émond (Richelieu), Mme Blanchette Vézina (Rimouski),
M. Lacombe (Papineau), Mme Champagne Jourdain (Duplessis),
Mme Laforest (Chicoutimi), M. Lévesque (Chapleau), Mme Charest (Brome-Missisquoi),
Mme Duranceau (Bertrand), Mme Déry (Repentigny), M. Lafrenière
(Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Grondin (Argenteuil),
M. Provençal (Beauce-Nord), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Jacques (Mégantic), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Bachand (Richmond), M. Caron (Portneuf),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Asselin
(Vanier-Les Rivières), M. Bussière (Gatineau), M. Lamothe (Ungava), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Lemay (Masson), M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Dorismond
(Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque), Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Mallette
(Huntingdon), Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Haytayan (Laval-des-Rapides),
Mme Bogemans (Iberville), M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Lemieux
(Saint-Jean), Mme Schmaltz (Vimont), M. Gagnon (Jonquière),
M. St-Louis (Joliette), Mme Gendron (Châteauguay), M. Rivest
(Côte-du-Sud).
M. Derraji
(Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin
(Pontiac), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys),
Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin), Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass (D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier
(Chomedey), Mme Caron (La Pinière), M. Morin (Acadie),
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla (Laurier-Dorion),
Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie (Sherbrooke), M. Cliche-Rivard
(Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Bouazzi (Maurice-Richard), Mme Zaga Mendez (Verdun),
M. Grandmont (Taschereau).
M. St-Pierre
Plamondon (Camille-Laurin), M. Bérubé (Matane-Matapédia).
Mme Nichols
(Vaudreuil).
Vice-Président (M. Lévesque) : Que les députés qui sont contre cette motion
veuillent bien se lever. Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire
général...
Le Vice-Président (M. Lévesque) :
Oui, M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Avec la
permission des collègues, si on peut enregistrer le vote du député de Gaspé.
Vice-Président (M. Lévesque) :
Y a-t-il consentement pour permettre au député de Gaspé d'enregistrer son
vote? Il y a consentement. Alors...
Vice-Président (M. Lévesque) :
Alors, M. le député de Gaspé mentionne au passage voter pour. On va le faire à
sa place, on va le faire selon les règles de l'art, chers collègues. Alors, M.
le député de Gaspé, les députés en faveur?
Le Secrétaire adjoint : M.
Sainte-Croix (Gaspé).
Le Vice-Président (M. Lévesque) :
M. le secrétaire général.
Le Secrétaire : Pour : 97
Vice-Président (M. Lévesque) :
La motion est adoptée. Maintenant, je suis prêt à reconnaître un membre formant
l'opposition officielle, et je reconnais Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Alors, permettez-moi d'abord de souligner la présence avec nous des
représentants de Mérule pleureuse Québec, de même que certains sinistrés de la
mérule.
Alors, je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante, conjointement avec le député de Laurier-Dorion, le député des Îles-de-la-Madeleine,
la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse l'immense fléau que constitue la mérule
pleureuse, un champignon se nourrissant de bois et engendrant
l'effritement et la destruction des structures des maisons et des immeubles;
«Qu'elle
constate que ce fléau ravage plusieurs dizaines de bâtiments résidentiels par
année dans toutes les régions du Québec, infligeant un stress financier
et psychologique important sur les résidents;
«Qu'elle
reconnaisse que le programme gouvernemental d'intervention résidentielle de la
mérule pleureuse, mis en place en
2018, est devenu plus restrictif depuis les 2 dernières années, ce qui a
engendré une nette diminution des demandes d'indemnisation malgré des
besoins tout aussi grands;
«Qu'elle
déclare que ce programme doit être revu et amélioré pour en élargir
l'accessibilité aux municipalités et aux propriétaires non-résidents,
pérenniser son financement et bonifier les sommes pouvant être versées en aide
financière;
«Qu'elle
souligne l'apport de Mérule pleureuse Québec, un organisme à but non lucratif
qui informe, soutient et accompagne les sinistrés dans cette épreuve et
dans les démarches administratives liées au programme; et
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement du Québec d'apporter les modifications nécessaires
au programme dans les meilleurs délais.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Lévesque (Chapleau) : Il n'y a
pas de consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) :
Il n'y a pas de consentement. Alors, dans les motions sans préavis, ayant déjà
été présenté par le groupe parlementaire
formant le gouvernement, je demande s'il y a consentement pour permettre la
lecture d'une autre motion sans préavis. Consentement. Alors, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci, M. le Président. Je demande le
consentement pour déroger à l'article 84.1 de notre règlement afin de déposer une motion rétroactive de
consultations particulières donnant suite à une entente entre les
leaders et la députée indépendante de Vaudreuil.
Je fais motion, conformément à
l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
l'Assemblée nationale entérine le mandat confié à la Commission des finances
publiques afin de procéder à des consultations particulières et de tenir des
auditions publiques sur le rapport sur la mise en oeuvre de la Loi facilitant
la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard des organismes publics, déposé
par [la présidente] du Conseil du trésor le 28 mai 2020, le
mercredi 31 mai 2023 après les avis touchant les travaux des
commissions vers 11 h 15 à 13 h 05, le jeudi 8 juin 2023 après les avis
touchant les travaux des commissions vers 11 h 15 à
12 h 50, de 14 h 45 à 18 heures, et de
19 h 15 à 22 h 30 et le vendredi 9 juin 2023
après les avis touchant les travaux des commissions vers 11 h 15 à [midi];
«Qu'à cette
fin, la commission entende les personnes et organismes suivants : Protecteur du citoyen, Syndicat
de la fonction publique et
parapublique du Québec, Fédération
professionnelle des journalistes du Québec, Conseil interprofessionnel du Québec, Syndicat de
professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec, Eric Sesseaud[...],
professeur programme Éthique et compliance des organisations, Université La
Sorbonne, la Centrale des syndicats du Québec, la Fédération autonome de
l'enseignement, la Confédération des syndicats nationaux, la Fédération
interprofessionnelle de la santé du Québec, la Fédération
des travailleurs et travailleuses du Québec, la Centrale des syndicats
démocratiques, l'Association
des ingénieurs du [Québec];
«Qu'une période de 12 minutes soit prévue
pour les remarques préliminaires, répartie de la manière suivante :
6 minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
4 minutes 30 secondes pour l'opposition officielle,
1 minute 30 secondes au deuxième groupe d'opposition;
«Que la durée
maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et l'échange
avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi :
17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire
formant le gouvernement, 13 minutes 8 secondes [opposition]
officielle, 4 minutes 23 secondes [...] deuxième groupe
d'opposition;
«Qu'une suspension de 5 minutes soit prévue
entre les échanges avec chaque personne et organisme;
«Que la
ministre responsable de l'Administration gouvernementale et présidente du
Conseil du trésor soit membre de ladite commission pour la durée du
mandat.»
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? Consentement. Est-ce que cette motion est
adoptée?
Le Vice-Président (M. Lévesque) :
Adopté.
Alors nous en
sommes à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission des
institutions entreprendra l'étude détaillée du projet de loi n° 24, la Loi donnant suite aux recommandations du rapport
du Comité consultatif indépendant sur la
révision de l'indemnité annuelle des membres de l'Assemblée nationale, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et
de 14 heures à 16 h 30, et le mardi 30 mai 2023, de
10 heures à midi, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 16, la Loi
modifiant la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme et d'autres
dispositions, aujourd'hui, de midi à 13 heures, à la salle du Conseil
législatif, et de 14 heures à 16 h 30, à la salle Pauline-Marois;
Commission des relations avec les citoyens poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 11, la Loi
modifiant la Loi concernant les soins
de fin de vie et d'autres dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de
14 heures à 16 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland,
et le mardi 30 mai 2023, de 10 heures à midi, à la salle
Pauline-Marois;
Commission de l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée du projet
de loi n° 19, Loi
sur l'encadrement du travail des enfants, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures à
16 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, et le mardi
30 mai 2023, de 10 heures à midi, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Pour
ma part, je vous avise que la Commission de la culture et de l'éducation se
réunira en séance de travail le jeudi 25 mai 2023, de 13 heures
à 13 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau, afin de statuer sur
la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant
sur la question des clauses d'amnistie au sein des conventions
collectives dans le cadre de l'application de la loi n° 151.
la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous rappelle
que, lors de l'interpellation prévue pour
demain, le vendredi 26 mai 2023, M. le député de Pontiac s'adressera
à M. le ministre responsable du Développement économique régional sur le sujet
suivant : Cinq ans d'échecs caquistes : le coût de l'abandon des
régions.
La période... Oui, M.
le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Question pour nos collègues d'en face. Dans
quelques minutes, nous allons démarrer
l'étude détaillée du projet de loi n° 24. Nous avons demandé
à plusieurs reprises de pouvoir procéder à des auditions, à entendre des
groupes. C'est assez rare, en fait, ici, dans cette enceinte, où nous procédons
à des travaux sur un projet de loi sans
avoir entendu absolument aucune contribution de l'extérieur. Quand c'est le
cas, c'est souvent par consensus, parce
que tout le monde est d'accord pour qu'on procède rapidement, il y a une
unanimité sur le fond de la chose. Or, force est de constater, M. le Président, que l'unanimité, sur ce dossier-là,
on vient juste de le voir avec le vote sur le principe, n'est pas
présente.
me semble que ce serait la chose à faire, du côté gouvernemental, que
d'entendre cette proposition-là d'inviter des groupes. Ce n'est pas obligé d'être une liste, là, de 10, 15 ou
20 personnes, là, on s'entend, ça peut être quelques personnes triées sur le volet, on peut avoir des
échanges sur la pertinence de deux, trois, quatre, cinq groupes, à la limite,
on ne sera pas trop gourmands, M. le
Président. Mais il me semblerait qu'à ce moment-ci, là... Puis c'est un peu la
dernière fois où je peux le faire
ici, au salon bleu, avant qu'on commence l'étude détaillée, comme je le disais,
dans quelques minutes, où le
gouvernement peut se saisir de cette opportunité-là, essayer de baisser la
pression. Ça fait plusieurs semaines qu'on discute de rémunération des
élus. Les chroniques pleuvent, les médias en parlent abondamment, les gens se
plaignent à nos bureaux de circonscription,
des appels, des courriels. Je suis convaincu que les gens d'en face en ont reçu
leur lot plus que les autres.
Qu'est-ce
qui empêcherait de saisir la main qu'on leur tend, aujourd'hui, de dire :
Oui, c'est vrai, on va éventuellement procéder, on va éventuellement faire
l'étude détaillée... Il nous reste encore deux semaines d'intensive, hein, M.
le Président. Des heures de
commission puis de salon bleu, là, il y en aura en masse pour terminer ce
projet de loi là. Et ce n'est certainement pas à 12 députés, là, à Québec solidaire, qu'on va être capables de
ralentir les travaux à telle enseigne qu'on terminerait les travaux ici
en juin et qu'on n'aurait pas adopté ce projet de loi là. Donc, là-dessus, ils
peuvent être rassurés, là, le temps joue de
leur côté. Mais est-ce qu'on pourrait donc profiter de cette occasion-là pour
saisir la main tendue et dire : C'est vrai, on est peut-être allés un peu trop vite, bon, on ne fera pas, là, un
nouveau comité, tel que le réclame Québec solidaire, c'est une chose, mais au
moins on pourrait entendre des groupes, on pourrait entendre des personnalités,
des gens qui ont eu de l'expertise dans le passé, ils pourraient venir
ici, en commission, nous présenter leur point de vue?
Alors,
c'est une dernière occasion que j'ai de tendre la main à mon collègue d'en face
pour voir s'il n'y aurait pas de
l'intérêt de leur côté à prendre cette main-là et faire la chose qui convient
dans les circonstances. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci, M. le leader. M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) :
Oui, M. le Président. Merci beaucoup, là. Je remercie le collègue pour sa
question.
D'abord,
vous dire qu'il y a des discussions, actuellement, entre les leaders sur cette
question spécifique là. On analyse,
évidemment, là, la demande de consultations particulières. Et peut-être le
rappeler, là, puis le premier ministre le disait récemment, là, lors de la période des questions et des réponses
orales, que, justement, on se fie, actuellement, sur un rapport qui nous a... qui a été produit par un
comité d'experts, là, autant un expert en ressources humaines que deux anciens
députés, là, indépendants, qui avait été,
vraiment sur ce rapport-là qu'on se base, actuellement, sur, justement,
ces consultations-là. Merci.
Le Vice-Président (M.
Lévesque) : Oui, rapidement, M. le leader du... du deuxième groupe
d'opposition.
M. Leduc : Oui, pas tout de suite,
le gouvernement, M. le Président, bientôt.
Bien, on fait référence à des discussions entre
les leaders. Je suis le leader, je vous confirme qu'il n'y a pas de discussion, en ce moment, sur les échanges de
groupes. Alors, j'aimerais ça en avoir. Je suis content qu'il y ait de
l'ouverture pour qu'il y en ait. Alors, je vais prendre la parole de mon
collègue pour dire qu'il y en aura.
Là, je comprends que ce ne sera pas
immédiatement. On se dirige en étude détaillée, alors on transportera ces discussions-là, à ce moment-là. Mais j'entends de
l'ouverture. Alors, je suis content, en fait, je sors de cet échange-là avec
un sourire, M. le Président. Et je vous souhaite une bonne journée.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Alors, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et je cède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président. J'aimerais bien qu'on puisse
rappeler l'article 7 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Donc,
à l'article 7 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le
24 mai 2023 sur l'adoption du principe du projet de loi n° 26, Loi
modifiant la
Loi sur les tribunaux judiciaires afin notamment de donner suite à
l'Entente entre la juge en chef de la Cour du Québec et le ministre de la Justice.
Y a-t-il des interventions? Je reconnais Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont.
Setlakwe : Merci, M. le Président. Lors de l'interruption, à
18 h 30, hier, je terminais de citer des passages d'un
article de La Presse sous la plume de
M. Vincent Brousseau-Pouliot, en date du 15 mai 2023, et intitulé Le
ministre de la Justice peut-il laisser la magistrature
tranquille? . Il me restait quelques points à faire. Donc, je n'en ai pas
pour longtemps, mais je souhaitais quand même compléter l'intervention.
La bâtonnière
du Québec, Me Catherine Claveau, propose, et je la cite, «la conclusion d'une
entente prévoyant des règles claires
quant à l'octroi des crédits budgétaires, garantissant ainsi l'indépendance du
Conseil de la magistrature et, ultimement,
l'indépendance judiciaire». Me Claveau va même plus loin en suggérant une
consultation publique à ce sujet. C'est ce que nous demandons également,
à l'opposition officielle, des consultations particulières.
Le ministre
de la Justice pourrait appliquer ce qu'il a appris suivant l'échec de sa
réforme en immigration. Il avait dit
avoir appris, et je le cite, «l'importance de bien consulter». Le ministre de
la Justice devrait appliquer à lui-même ce qu'il disait, en 2018, dans son livre, à la page 96, et je le
cite... je le répète : «Un bon leader sait recourir à l'expertise
d'autrui.» Fin de citation. Aussi, il
a écrit, à la page 20, et je le cite à nouveau : «La démocratie repose
sur des bases très concrètes, elle doit s'incarner dans des institutions.» Fin
de la citation. Nous espérons que le ministre démontrera une ouverture en ce
sens et acceptera de consulter. Nous lui proposons quelques intervenants,
incluant des professeurs.
En terminant,
nous devons agir avec prudence dans ce dossier afin de ne pas compromettre
l'indépendance de la magistrature. Cela est fondamental, M. le
Président. Je vous remercie.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Y a-t-il d'autres interventions? Il n'y en a pas.
Alors, le
principe du projet de loi n° 26, Loi
modifiant la
Loi sur les tribunaux judiciaires afin notamment de donner
suite à l'Entente entre la juge en chef de la Cour du Québec et le ministre de
la Justice, est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le Président. Conformément à
l'article 243 de notre règlement, je fais mot