Institutions — 1 April 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2021-04-01
Quebec — Committees
Donc, c'est la
distinction que je voulais apporter pour la réflexion de la députée de
Notre-Dame-de-Grâce. Si elle veut soumettre quand même son sous-amendement «par
règlement», moi, je vais voter contre parce que je veux le faire le plus rapidement possible, puis, dans le fond, j'ai la
flexibilité administrative de le faire si c'est par programme, tandis
que, par règlement, il va falloir que j'attende plus longtemps pour l'implanter
à la grandeur du Québec.
Mme Weil :
Je comprends, mais on va le déposer quand même parce que ça va nous permettre
de parler de qu'est-ce que ça peut faire «par règlement», parce que les paroles
du ministre sont importantes de toute façon pour les explications, la vision
qu'on a... qu'on établit dans ce programme d'urgence. Alors, on va déposer
l'amendement, et il y aura des échanges. Le ministre pourra s'exprimer, je
pourrai m'exprimer, puis on votera.
Le Président
(M. Bachand) : Donc, vous nous faites parvenir le
sous-amendement?
Mme Weil :
Oui. Alors, on l'attend. Donc, c'est... essentiellement, on va le voir.
Le Président
(M. Bachand) : Parfait. On va suspendre... M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Donc,
peut-être pour donner des explications en attendant que le sous-amendement soit
écrit, là, un des objectifs du programme d'urgence, c'est vraiment de faire en
sorte, comme je le disais à la séance précédente, là, de s'assurer que les
personnes victimes qui sont dans une situation d'urgence, une situation
toxique, qu'elles puissent quitter
rapidement. Alors, peu importe par qui elles sont référées, que ce soit par les
CAVAC, le réseau des CALACS, le
CIUSSS, les maisons... les services policiers, la personne va pouvoir appeler
la ligne pour le programme d'aide
financière d'urgence, donc un numéro central qui est confié à SOS Violence
conjugale, puis c'est SOS Violence conjugale qui va faire
l'admissibilité directement au téléphone pour la personne.
Puis, on l'a vu dans le cadre du projet de loi,
dans le fond, le programme d'urgence, il est offert à tout le monde, peu importe que vous soyez ou non une
personne victime. Donc, on ne fait pas votre... vous n'avez pas besoin d'être qualifié comme personne victime pour
bénéficier du programme comme dans les autres aides financières. C'est
sur le coup, vous appelez, vous dites : Je suis dans une situation
difficile, je dois quitter mon domicile. Et tout de suite SOS Violence
conjugale va vous admettre dans le cadre du programme. Vous n'avez pas besoin
d'être qualifié de personne victime au sens du projet de loi n° 84. Et là
vient le programme d'aide financière d'urgence, donc le transport,
l'hébergement, la nourriture. Et tout de suite on va diriger la personne vers
l'IVAC.
Donc, comme je le disais, je viens de déposer un
amendement qui est en ligne droite avec ce que la députée de Sherbrooke
souhaitait lors de la précédente séance, où on remplace le «peut établir» par
«établit». Puis je disais, dans le fond, que l'admissibilité va être faite dès
le moment de la ligne téléphonique à 1 800... PAFU, dans le fond, par
SOS violence conjugale. C'est eux qui vont faire l'admissibilité
directement, et là, à ce moment-là, dans toutes les régions, éventuellement, il
va y avoir des partenariats.
Et ce que je disais, c'est que la députée de
Notre-Dame-de-Grâce va déposer un sous-amendement qui va le faire... qui
souhaiterait y aller par règlement. Moi, je disais que ce n'est pas une bonne
idée d'y aller par règlement, parce que le règlement va m'obliger à faire en
sorte de retenir le programme le temps que tout soit offert dans chacune des régions,
tandis que, sur le volet d'un programme, comme on le fait, on établit un programme,
bien, dès qu'il y a une région qui va être prête, je vais pouvoir le démarrer.
Sinon, si on y va par règlement, ça va beaucoup être plus long, il va falloir
que tout soit fait partout à la grandeur du Québec. Notre objectif, c'est
d'aller là. Mais, si on veut l'avoir à court, court terme, bien, par programme,
c'est beaucoup plus facile administrativement.
Mme Weil : Est-ce que
l'amendement est déposé? Est-ce qu'il...
Le Président (M.
Bachand) : ...pas encore reçu, non.
Mme Weil : En tout cas,
on va continuer parce qu'on sait de quoi il s'agit. N'y aurait-il pas
possibilité d'agir par région, mais projet pilote en attendant, donc, que le
règlement soit fixé et applicable partout au Québec? Donc, si, disons qu'une
région est prête et puis vous... le ministre a ses idées par rapport aux
orientations et les conditions de succès,
là, de cette approche de protection des femmes, des enfants ou des personnes en
situation d'urgence, est-ce que le ministre pourrait procéder pour
justement répondre à sa préoccupation, soit d'être, comment dire, bloqué pour
agir dans les régions qui seraient prêtes?
M. Jolin-Barrette : Mais, encore là, le programme
pilote, il faut qu'il soit mis en place par volet réglementaire dans la proposition
que la députée de Notre-Dame-de-Grâce nous fait. Avec un programme qui est mis
en place par le biais de la loi, là, quand on
dit : «Le ministre établit un programme d'aide en situation d'urgence», ça
veut dire : On a tout de suite l'habilitation, puis on peut le
faire, puis ça donne la souplesse pour le faire vraiment rapidement. Alors,
même un programme pilote, ce n'est pas vraiment ça qu'on souhaite. On souhaite
avoir un programme général à l'ensemble du territoire québécois.
Mme Weil : J'aimerais
entendre le ministre sur, quand même, les avantages d'un règlement. Bon, il y a
la prépublication, ça permet aux gens de réagir. Il y a beaucoup d'experts sur
le terrain un peu partout. Les régions sont différentes, elles ont des enjeux
différents. Et une prépublication permettrait... Je comprends l'urgence, hein,
ça, c'est sûr. On souhaiterait que le gouvernement puisse agir de façon urgente, mais aussi de façon correcte, et bien,
puis très... comment dire, en ayant pris en compte les situations peut-être
divergentes. Et ça, c'est sûr qu'il y a des diversités d'enjeux dans les
régions.
Et d'avoir la voix des experts sur le terrain
dans toutes les régions pourrait être... moi, je pense que c'est plus que
pourrait, serait extrêmement valable. Comment le ministre va aller chercher
cette expertise terrain?
M. Jolin-Barrette :
En fait, M. le Président, si je peux répondre à la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
c'est déjà ça qu'on fait actuellement. Puis, je l'ai dit à la précédente
séance, là, actuellement, il y a un groupe de travail qui comprend l'Association des directeurs de police du Québec, l'Association
québécoise Plaidoyer-Victimes, la
Concertation des luttes contre
l'exploitation sexuelle, la
Fédération des maisons d'hébergement pour femmes, Femmes autochtones Québec, Info-aide violence sexuelle, le
regroupement des maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence
conjugale, le Regroupement des organismes québécois pour hommes agressés
sexuellement, le Réseau des centres d'aide aux victimes
d'actes criminels, les CAVAC, le réseau québécois des centres d'aide de lutte
contre les agressions à caractère sexuel et la violence faite aux femmes, les
RQCALACS, SOS Violence conjugale et la Sûreté du
Québec, le Module d'assistance aux
victimes. On travaille avec les corps de police, mais aussi on travaille avec
les différents organismes,
très, très serré, en
fonction des différentes régions.
Donc, le comité qui est en place va... travaille sur la grille d'admissibilité aussi pour le programme.
Donc, déjà, on est déjà au travail pour le programme à être mis en
place.
Donc, voyez-vous,
tout est consulté, tout le monde est mis dans le bain. L'idée, là, c'est de
livrer ça le plus rapidement possible. Donc, le programme va être taillé sur
mesure en fonction de ce que les organismes nous disent. Mais, moi, mon
souhait, c'est que le programme, dans le maximum de régions possible, soit mis
le plus rapidement possible. Alors là, si on va par voie réglementaire, il y a
le délai de prépublication, ensuite, l'édiction, donc, ça nous repousse vraiment
plus que là, là.
Mme Weil :
Et comme...
Président (M. Bachand) : ...le sous-amendement est déposé sur
Greffier. Donc, je ne sais pas si vous voulez en faire une lecture.
Mme Weil :
Oui, écoutez... bon, ce serait : «Le ministre peut établir, par règlement,
un programme d'aide en situation d'urgence qui permet aux personnes dont la vie
ou la sécurité ou celle de leur enfant...»
Modifier l'amendement
par l'ajout, après «établi», des mots «, par règlement,». Merci.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
Oui, j'allais dire, donc... Donc, le ministre va consulter tous ces groupes.
Ces groupes ont des sous-groupes par région pour avoir la couleur des enjeux
dans chacune des régions. Est-ce qu'il y a une rétroaction par rapport... Donc, est-ce que le ministre va recevoir les commentaires, donc, pendant ce processus?
Combien de temps ça peut prendre pour établir ce programme?
Et donc les organismes,
c'est comme autour d'une table virtuelle, mais, une fois que le programme...
disons que les orientations du programme sont établies après ces consultations
et le travail, ils peuvent... ils ont toujours voix au
chapitre jusqu'à ce que
le règlement... pas le règlement, excusez-moi, le programme est établi.
Donc, il y a comme
des débats, des discussions, des échanges, l'information du terrain. Et, une
fois que le programme est établi, le ministre a la certitude que toutes les
voix ont été entendues qui doivent être entendues.
M. Jolin-Barrette : Tout à
fait, puis, dans le fond, c'est une discussion en continu. Puis, même le programme, bien,
on va l'ajuster en cours de route. Puis c'est ça, la beauté du programme, parce
que, si on y va par voie réglementaire, dans le fond, à chaque fois qu'il va
falloir faire une modification, il va falloir passer par le processus
réglementaire pour l'ajuster, qui est beaucoup plus lourd.
on veut de l'agilité dans un programme pour celui-ci pour dire : En
fonction de chacune des régions, il faut travailler avec chacun des
partenaires dans chacune des régions. Ça prend de la flexibilité, puis c'est ça
qu'on a avec le programme.
Puis là, conformément
à ce qui nous a été demandé par la députée de Sherbrooke, on dit... Il n'y a
pas de débat à savoir : Il va-tu y
avoir ou il n'y aura pas de programme? Ce n'est pas «peut», c'est «établit»
maintenant, donc on va l'établir. Puis déjà, là, on travaille avec les
partenaires de Laval, la Montérégie, donc les cellules d'intervention rapide,
les maisons d'hébergement, les policiers.
Donc,
l'idée, là, c'est de, toutes les régions, une après les autres, le faire le
plus rapidement possible. Donc, moi, je ne veux pas avoir un volet réglementaire
qui fait en sorte que ça va repousser les délais pour mettre en place ce
programme d'urgence là.
Mme Weil : ...les paroles du ministre sont... c'est sûr,
c'est très important. Et je réitère, c'est sûr que l'avantage d'un règlement...
je comprends le problème de délai, tout à fait, surtout qu'on parle d'un
programme d'urgence, mais la rétroaction,
c'est ça qui est important. Donc, le ministre est... c'est-à-dire, comment dire, est certain, assuré qu'avec
tous les organismes qui sont autour de la table et le fait qu'il y a une
consultation aussi au niveau local, le ministre aura toute l'information dont
il a besoin pour faire un programme cohérent. Moi, je pense que je laisserais peut-être
d'autres collègues prendre la parole pour...
M. Jolin-Barrette :
Bien, juste là-dessus, pour rassurer la collègue, dans le fond, on bâtit le
programme avec eux. Donc, ce sont eux qui connaissent les situations d'urgence.
Puis on travaille avec tous les partenaires, les 14 partenaires que je vous ai dits puis, en plus, on consulte les
gens régionalement pour l'établissement. Donc, il n'y a pas d'inquiétude
à avoir.
Mme Weil : Mais, dans ces processus, parce que j'en ai vécu,
il y a comme une rétroaction, donc c'est-à-dire...
bien, parce que le programme aura différentes dimensions, peut-être pas
tellement, mais il y aura plusieurs chapitres, disons, à ce programme, et il y aura une validation. Genre de
cocréation, hein, qui est très, très populaire actuellement au gouvernement, la
cocréation, c'est un peu ce que vous allez faire avec ce comité, qui permet une
rétroaction rapide. Je pense, c'est vraiment
ça, l'essentiel, s'il n'y a pas de règlement. Moi, c'est ce que je vois, là. Parce que c'est
complexe, ces programmes à bâtir.
M. Jolin-Barrette :
Oui, bien, juste pour être clair, là, nous, on veut démarrer les programmes le
plus rapidement possible puis on bâtit le programme en fonction de ce que les organismes
nous disent, les gens sur le terrain. Ça fait qu'on travaille avec eux. Puis, dans
le fond, au fur et à mesure aussi, on va ajuster le programme en fonction de la
réalité vécue, ça fait que la rétroaction va être là. L'idée, là, c'est de
pouvoir pérenniser le programme le plus
rapidement possible, l'étendre à la grandeur du Québec aussi, dans les
meilleurs délais. Alors, vous comprendrez l'urgence et l'importance de
le faire, là, rapidement.
Mme Weil : Donc, fluide
et adaptable.
M. Jolin-Barrette : Oui, tout à
fait.
Mme Weil : Bon, je
laisserais peut-être mes collègues, M. le Président, prendre la parole.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? Mme la députée de Sherbrooke,
s'il vous plaît.
Mme Labrie :
Merci, M. le Président. Je suis vraiment contente que le ministre se soit rangé
à mes arguments de durabilité du programme qu'il veut mettre en oeuvre.
Donc, j'accueille ça très positivement, comme sa volonté de procéder rapidement. C'est sûr qu'en général on
préfère tout ce qui est dans la loi puis, en deuxième temps, ce qui sera
dans un règlement, mais là je comprends que,
dans les circonstances, on veut procéder rapidement. Donc, je... Comme
le ministre s'est rangé à mes arguments pour
modifier l'article, je me range au sien pour qu'on ne procède pas par
règlement pour cette question-là.
Par contre, ce que j'aimerais lui demander,
c'est peut-être une petite faveur. Il y a ma collègue la députée de Joliette
qui avait manifesté mardi dernier... avoir plusieurs questions encore sur cet
article-là. Et, en ce moment, elle n'est pas avec nous. Je m'excuse de le
nommer, mais je le demande, pour qu'on puisse peut-être suspendre cet
article-là, puis y revenir quand elle sera présente afin qu'elle puisse elle
aussi poser toutes ses questions.
M. Jolin-Barrette : Bien, moi,
M. le Président, je n'ai pas d'enjeu là-dessus. Si ça permet de renseigner puis
de sécuriser tout le monde, on peut suspendre l'article. Peut-être qu'on
pourrait voter par contre les amendements, puis ensuite suspendre l'article,
pour donner le bénéfice à la députée de Joliette, si elle a des questions, de
les poser.
Mme LeBel : Moi, ça m'irait
comme proposition.
Président (M. Bachand) :
Merci. Donc, interventions sur le sous-amendement? M. le député de
LaFontaine.
M. Tanguay :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, quelle est la différence entre déployer
ce programme-là par règlement... le
ministre dit : On ne sera pas arrivé à la même place d'une région à
l'autre, versus les autres programmes qui découlent, et qui vont être
prévus par règlement... qui découlent du projet de loi n° 84?
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, à partir du moment où je publie un règlement sur le programme, je dois
l'offrir simultanément partout au Québec. Donc, il y a certaines régions qui
vont être prêtes avant d'autres. Ça fait que le fait de le mettre dans la loi
établit un programme d'aide. Mon programme, je vais pouvoir l'offrir avec les
premières régions qui sont prêtes dès le départ, donc, je vais pouvoir l'offrir...
Supposons, les deux régions les plus avancées, c'est Montérégie, Laval
actuellement, donc, je vais pouvoir démarrer là-dessus. Mais, par contre, si
j'ai un règlement, je vais être obligé de l'offrir à la grandeur du Québec.
C'est le souhait qui est recherché et c'est ce
que je vais faire avec le programme, mais le projet de règlement va faire en
sorte que je serais obligé de l'offrir dès le jour 1 de la sanction... dès
l'édiction du règlement, tandis que, dans le cadre du programme, bien, je peux
y aller progressivement. Ça nous donne plus d'agilité pour le faire.
Donc, c'est soit qu'on attend que tout, tout,
tout soit prêt à la grandeur du Québec puis, pendant ce temps-là, bien,
j'aurais la possibilité de l'offrir dans certaines régions, puis là je ne peux
pas l'offrir, ou on y va de l'autre côté, on y va par programme, puis on ajuste
le programme, puis, dès que les régions sont prêtes, bien, on les débute.
M. Tanguay : Ça, ça veut
donc dire que ce n'est pas le gouvernement qui serait le maître d'oeuvre. Qui
serait le maître d'oeuvre, l'aide à la réorganisation? Ça serait les organismes
communautaires, les organismes...
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, comme je l'ai dit tantôt et à la séance précédente, la gestion de
l'admissibilité du programme est donnée à SOS Violence conjugale. Donc, vous
appelez à SOS Violence conjugale, c'est eux
qui font l'admissibilité. Et là il y a déjà les partenariats. Dans chacune des
régions, il va y avoir les hôteliers, les centres d'hébergement... on va
déjà savoir pour les transports, tout ça. Donc, l'IVAC, c'est elle qui paie les
frais, mais c'est administré par SOS Violence conjugale.
M. Tanguay : Et ce n'était
pas des cas fictifs, c'est réellement Montérégie et Laval qui sont, à l'heure
où on se parle, prêtes...
M. Jolin-Barrette : Bien,
actuellement, dans le cadre des discussions, c'est les plus avancées.
M. Tanguay :
Les plus avancées. Est-ce qu'elles seraient dans une situation, selon
l'évaluation du ministre et ce qu'il en sait, à... Est-ce qu'elles seraient
effectives très, très rapidement, ou, elles sont les plus avancées, ça veut
dire qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire pour...
M. Jolin-Barrette : ...pas
beaucoup de chemin à faire...
M. Jolin-Barrette : ...c'est
les plus avancées. Mais, moi, comme j'ai dit à la séance précédente, je
souhaite faire toutes les régions le plus rapidement possible. Donc, dès qu'il
y a une région qui va être prête, que tous les partenaires vont être attachés, que les dispositions vont être faites,
on va lancer chacune des régions une après l'autre.
M. Tanguay : Je pense
quand même... puis on va voter l'article, là, on va voter évidemment pour notre
amendement, puis le ministre, j'entends
qu'il va voter contre, mais je pense quand même que, par règlement, il y
aurait eu moyen d'avoir un déploiement qui soit différencié par... d'une région
à l'autre. En prévoyant dans la rédaction d'un règlement, ça peut se voir, ça,
que le déploiement se fait quand c'est possible, parce qu'il y a des programmes
qui sont prévus par règlement, des programmes comme ça qui sont prévus par
règlement, là, l'encadrement, à tout le moins, est prévu par règlement, là.
L'encadrement... tel programme, lorsqu'il existera, devra contenir ça, ça, ça.
Il y a beaucoup d'éléments qui auraient pu se retrouver dans un règlement, là,
qui auraient fait l'objet d'une publication puis d'un débat, là.
M. Jolin-Barrette : Mais il y a
déjà un débat actuellement sur le programme, non pas à l'article, déjà les
partenaires sont consultés pour la construction du programme puis ils sont très
satisfaits de l'échange qu'il y a. Le volet réglementaire, ça nous impose de le
rattacher beaucoup plus tard.
M. Tanguay : Est-ce que...
M. Jolin-Barrette : Donc, avec prépublication de 45 jours,
ensuite ça remonte au Conseil des ministres, ensuite il y a édiction.
Donc, le délai, là, c'est...
M. Tanguay : Et une fois
qu'on a ça, par contre, puis le ministre va être d'accord avec moi, c'est qu'il
y a... la différence entre, justement, le règlement et le programme, comme
prévu à l'article 81, c'est qu'il serait beaucoup plus facilement
malléable par un trait de plume du ministre, je ne dis pas lui, mais du
ministre au sens théorique, le programme, même s'il y a des ententes, il ne
pourrait ne pas être renouvelé à telle hauteur, et ainsi de suite, là. La
modulation hors règlement est beaucoup plus facile, puis elle pourrait malheureusement,
dans certains contextes, puis je ne vise personne, être à la baisse.
M. Jolin-Barrette : Bien, la réponse à cette question-là, oui, sauf
que, au contraire, ce que ça va nous permettre de faire, c'est le
bonifier puis l'ajuster sans avoir passé par voie réglementaire aussi.
M. Tanguay : On prend
bonne note que le ministre, donc, a l'intention d'utiliser ça dans le bon côté
de l'approche, autrement dit, que la flexibilité va aider à améliorer les
délais puis à atterrir dans les régions qui seront prêtes puis ne pas aller,
autrement dit, à la vitesse du plus lent.
M. Jolin-Barrette :
Effectivement.
M. Tanguay : Et ça, on
en prend bonne note puis on aura l'occasion peut-être de faire les suivis
nécessaires avec le ministre, qui sait, en période de questions, là, le cas
échéant.
M. Jolin-Barrette : Le cas échéant, je suis convaincu que le député
de LaFontaine va être vigilant, M. le Président.
M. Tanguay : Je vais
essayer. Des fois, je suis gêné, M. le Président. Mais je suis prêt, on a dit
ce qu'on a à dire sur le sous-amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Donc, nous allons mettre le sous-amendement aux voix. Mme la secrétaire, s'il
vous plaît.
Secrétaire : Pour,
contre, abstention. Pour les membres de l'opposition officielle,
M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Contre.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement,
M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
Mme Labrie : Abstention.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, le sous-amendement est rejeté. Donc, on revient à l'amendement
du ministre. Interventions, s'il vous plaît.
M. Tanguay : Et l'amendement
du ministre est : changer «peut établir» par «établit», hein, c'est ça?
Pour être à la même page. O.K. C'est bon.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement du ministre? Donc, nous allons procéder à sa
mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement,
M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement à l'article 81
est adopté. Merci beaucoup. Donc, on revient à l'article 81 tel
qu'amendé... des discussions concernant...
M. Jolin-Barrette : ...ce qu'on
pourrait faire... on pourrait, dans le fond, le voter, puis on pourrait y
revenir par la suite, quand la députée de Joliette va venir, puis, s'il y a
nécessité de le rouvrir, on le rouvrira.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Je préférerais
qu'on le suspende, je pense que je serais plus en sécurité avec ça. Je suis
certaine qu'elle aura des questions, assurément, donc je préférerais qu'on le
suspende, mais...
M. Jolin-Barrette : Je propose
qu'on suspende l'article 81, et on y reviendra.
Le Président (M.
Bachand) : Est-ce qu'il y a consentement
pour suspendre 81 tel qu'amendé?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Donc, suspendu. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Tanguay : ...82, il
va de pair à 81, on devrait suspendre 82 aussi.
M. Jolin-Barrette : En fait, pour l'article 82, M. le Président, je vais avoir un amendement, et on va retirer l'article 82.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Le Président (M. Bachand) : Donc, M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui, amendement... Bien, premièrement, l'article 82, M. le Président : «L'article 16 s'applique à l'aide en
situation d'urgence, avec les adaptations nécessaires.»
Et là on a un amendement :
Retirer l'article 82 du projet de loi.
Donc,
l'article 82 prévoit l'application de la disposition d'exception au
versement des aides financières quand une personne victime a participé à la
perpétration de l'infraction criminelle ou qu'elle a contribué à son atteinte
ou à l'atteinte ou au décès d'une autre personne victime.
dans le contexte des aides qui seraient fournies dans le cadre du programme
d'aide en situation d'urgence,
l'application de cette disposition d'exception s'avère inappropriée.
En effet, dans le
cadre de ce programme, non seulement les personnes victimes qualifiées au sens
du projet de loi pourraient bénéficier des aides prévues mais également
toute personne dont la vie ou la sécurité est menacée. Le
maintien de la disposition d'exception applicable uniquement aux personnes victimes qualifiées
en vertu du projet de loi crée un régime discriminant ces personnes alors
que, pour toutes les autres personnes, aucune exception ne serait
applicable.
Donc,
on retire l'article 82 parce qu'on dit : Bon, la faute lourde ne
pourra pas être invoquée, puis, dans
le fond, pour la personne victime,
celle qui était qualifiée... Dans le
fond, l'idée générale du PAFU, là,
c'est de faire en sorte que, que vous
soyez victime ou que vous ne soyez pas victime au sens de la loi, bien, vous
ayez droit au programme. Donc, on ne viendra pas mettre des
exceptions au PAFU, c'est une portée générale pour tout le monde, de la même
façon.
Président (M. Bachand) : Merci. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
L'acronyme vient d'être donné par le ministre, la PASU, ou ça existait déjà, le
PASU?
M. Jolin-Barrette :
Le PAFU, Programme d'aide financière d'urgence.
M. Tanguay :
PAFU. Programme d'aide situation d'urgence, ça, ça va-tu être le PASU?
M. Jolin-Barrette :
Programme d'aide financière.
M. Tanguay :
D'aide? Ah! je regardais le... tel que rédigé dans le projet de loi, mais c'est
correct. Mais ça existe déjà? Est-ce que c'est déjà en application?
M. Jolin-Barrette :
Bien, dans le fond, c'est ce qui a été lancé par ma collègue la ministre de la
Condition féminine, puis ici on vient le pérenniser.
M. Tanguay :
Dans les derniers jours, là.
M. Jolin-Barrette :
Non. Elle l'a lancé quand? L'année passée?
M. Jolin-Barrette :
En décembre.
M. Tanguay :
O.K. Puis c'est là où on a pu voir les premières applications en Montérégie et
à Laval, j'imagine. Il est lancé, mais il n'existe pas.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça. Il est en cours de création. C'est les deux régimes les plus avancés.
M. Tanguay :
Mais on a l'acronyme.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Tanguay :
Des fois, un acronyme, ça veut dire : Ah! il y a de quoi, il y a une... il
y a de quoi derrière. Parce qu'il y a des jours où on n'en invente pas. C'est
bien, mais je pense que c'est bien aussi de ne pas... de sortir, justement, là,
de l'article 16 qui... même qu'il avait été amendé, l'article 16, là,
mais qui nous faisait discarter des gens à cause de fautes lourdes, puis il y
avait des analyses, puis tout ça. C'est bien.
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement? Donc, nous allons procéder à sa mise aux voix.
Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) :
Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, l'amendement est adopté. Donc, l'article 82 est donc
supprimé. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui. Donc,
l'article 83, M. le Président. Là, on se retrouve dans la situation du
titre V, Recouvrement d'une aide financière.
«Une personne victime qui a reçu une aide
financière à laquelle elle n'a pas droit ou dont le montant excède celui auquel
elle a droit doit rembourser au ministre les montants reçus sans droit.
Toutefois, une aide financière déjà versée n'a pas à être remboursée, à moins
qu'elle n'ait été obtenue de mauvaise foi, lorsque :
«1° le ministre reconsidère sa décision
parce que celle-ci a été rendue avant qu'un fait essentiel n'ait été connu ou
qu'elle est fondée sur une erreur relative à un tel fait ou parce que celle-ci
est entachée d'un vice de fond ou de procédure de nature à l'invalider;
«2° lorsque, à la suite d'une révision ou d'une
contestation, le ministre ou le Tribunal administratif du Québec rend une
décision qui a pour effet d'annuler ou de réduire le montant d'une aide
financière.
«Le ministre peut recouvrer cette dette dans les
trois ans du versement de l'aide ou, en cas de mauvaise foi, dans les trois ans
de la connaissance de cette mauvaise foi.»
L'article 83 prévoit l'obligation pour une
personne victime de rembourser tout montant d'aide financière auquel elle n'a
pas droit.
corollaire, la disposition prescrit la possibilité pour le ministre de
recouvrer cette somme dans les trois ans de son versement ou, si elle
avait été obtenue par mauvaise foi, dans les trois ans de la connaissance de la
mauvaise foi.
Une exception est toutefois prévue afin qu'une
personne ne soit pas tenue de rembourser une somme qui aurait été accordée de
bonne foi mais erronément et dont l'erreur est corrigée dans le cadre de la
reconsidération, de la révision ou de la contestation de la décision.
Donc, vous voyez, ici, on fait le pont avec 74
de la semaine dernière qu'on a vu. Donc, la personne qui était de bonne foi, qui avait fourni un renseignement involontairement faux ou inexact, elle, n'aura
pas à rembourser jusqu'au moment où
il y aura reconsidération de la décision. Donc, lorsqu'il y a une nouvelle
décision, là, les paramètres vont être ajustés, mais, pour l'argent qui
avait été versé puis que la personne était de bonne foi, il n'y a pas de
récupération.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Des petites
questions de... pardon, de compréhension. «83. Une personne victime qui a reçu
une aide financière à laquelle elle n'a pas droit ou dont le montant excède
celui auquel elle a droit doit rembourser au ministre les montants reçus sans
droit. Toutefois, une aide financière déjà versée n'a pas à être[...], à
moins...» O.K. «...une aide financière à laquelle elle n'a pas droit ou
dont le montant excède celui auquel elle a droit...»
Autrement dit, ça veut dire que... on comprend
l'excédage... l'excédant, on comprend l'excédent auquel il n'a pas droit, on va
aller le récupérer si elle est de mauvaise foi. Si, exemple, 1 000 $
était donné à monsieur pendant six mois, mais on se rend compte qu'il y a eu
une erreur, ce n'est pas 1 000 $ à
titre de remplacement de revenu
ou, je dis n'importe quoi, ça aura été un 1 000 $ à un autre titre.
De ce que je comprends de l'article tel que rédigé, là, en français, c'est que
c'est du un pour un, oui, il lui a été donné, le montant, sous le mauvais
chapitre, mais on se rend compte qu'on aurait dû faire ça autrement puis lui
donner le même montant sous un autre chapitre. On n'ira pas récupérer, là, à ce
moment-là.
M. Jolin-Barrette :
O.K., c'est ça. Si c'est une erreur puis qu'on ne pouvait pas s'apercevoir de
ça, on n'ira pas récupérer la somme.
M. Tanguay :
O.K., mais mon point, c'est que, s'il a reçu un montant d'argent en raison de
la clause a puis, erreur, il aurait dû recevoir le même montant d'argent en
raison de la clause b, c'est «even», on n'ira pas le chercher. C'est juste ça.
M. Jolin-Barrette :
Non, c'est ça, on n'ira pas. Si la personne ne le sait pas, que c'est une
erreur, on n'ira pas. Si ce n'est pas de mauvaise foi, on n'ira pas. C'est une
erreur, c'est une erreur, on n'ira pas récupérer la somme.
M. Tanguay :
O.K. Vous revenez toujours en arrière, mais je n'en suis pas là, j'en suis
juste sur les montants d'argent, juste sur les montants, là, à l'addition des
choses.
M. Jolin-Barrette : Bien, dans le fond, là, s'il n'y a pas de
mauvaise foi de la personne, on n'ira pas le récupérer.
M. Tanguay :
Bon. O.K. Il y a mauvaise foi de la personne, pour clairer ça de la chambre,
là, il y a mauvaise foi de la personne, parfait, on va aller le récupérer. Ce
1 000 $ là lui a été donné sous le
chapitre a, mauvaise foi, il
n'aurait pas dû l'avoir, mais...
M. Jolin-Barrette :
La réponse, c'est L Est-ce qu'on va balancer les comptes?
M. Tanguay : ...mais on se rend
compte, son dossier, nonobstant, il aurait dû avoir un 1 000 $ sous
le
chapitre z. On n'ira pas le récupérer, on va lui donner son
1 000 $. Il n'aura pas droit à ce qu'il a droit en vertu de la loi,
même s'il a été de bonne foi.
M. Jolin-Barrette : ...le
ministre va devoir faire une reconsidération de sa décision. Donc, si la... Tu
sais, dans le fond, il va avoir une reconsidération de la décision, mais si, la
personne, elle est admissible sur son autre aide financière, bien oui, on va
lui laisser, mais elle n'aura pas le droit... Supposons qu'elle avait déjà
eu... Supposons qu'elle avait le droit à un 1 000 $ dans l'aide
financière ici puis à un 1 000 $ dans l'autre aide financière, O.K.,
puis que là, les deux versements ont été faits, mais ici elle n'y avait pas
droit, là, on va la récupérer parce qu'elle est de mauvaise foi, mais on ne lui
enlèvera pas son autre 1 000 $. Puis, si, dans l'exemple du député de
LaFontaine, elle a droit à 1 000 $ ici, mais elle a eu 1 000 $
ici, puis elle n'y avait pas droit, puis elle a fait des fausses
représentations là-dessus, on va établir compensation puis on va lui laisser.
M. Tanguay : O.K. On va
lui laisser même si elle était de mauvaise foi.
M. Jolin-Barrette : Oui, même
si elle était de mauvaise foi, parce que la personne a droit au traitement...
M. Tanguay : C'est ça.
M. Jolin-Barrette : ...a droit
à l'aide financière.
M. Tanguay : Ce qui nous
ramène à dire que j'ai rêvé... je n'ai pas lu à quelque part qu'une personne qui,
justement, dans le 80, 74, peu importe, j'ai... Il n'est nullement dit à nulle
part qu'une personne qui, justement, fait un geste de mauvaise foi, bien, on le
retire carrément. Il est de mauvaise foi, on va le récupérer pour ce qu'il a
obtenu et qu'il n'aurait pas dû obtenir de mauvaise foi, et, même s'il est de
mauvaise foi, on ne va pas le «kicker out» de l'IVAC, on va lui donner ce à
quoi il a droit.
M. Jolin-Barrette : On va lui donner ce à quoi il a droit, mais
toujours dans les dispositions pénales, qui sont peu utilisées
actuellement, il y a toujours un outil pour dire...
M. Tanguay : Oui, en
plus.
M. Jolin-Barrette : ...pour dire : Bien, écoutez, bien oui, vous
avez droit, mais vous avez fait une déclaration fausse. Supposons dans
le but de frauder, là, tu sais, la personne, là, elle y a droit, mais en plus
elle fraude, bien, elle va avoir ces sommes, sauf qu'il y a toujours la
possibilité de la disposition pénale.
M. Tanguay : Est-ce que
ça se peut, opérer compensation pour une disposition pénale, genre, on lui doit
des sommes, mais il y a une disposition pénale, on lui donne une amende de
5 000 $, on lui devait 5 000 $, on se paie, ou c'est deux
choses différentes?
M. Jolin-Barrette : C'est deux
choses distinctes, là, à moins qu'on me corrige, parce qu'une disposition
pénale, c'est la cour qui vous condamne.
M. Jolin-Barrette : Dans le fond, ça dépend, c'est sûr que, si la
personne plaide coupable, dans le fond, il y a un constat...
M. Tanguay : La dette
est due.
M. Jolin-Barrette : La dette
est due. Là... Mais, tant que la personne n'admet pas sa culpabilité...
M. Tanguay : On ne va
pas retenir les sommes.
M. Jolin-Barrette :
Non. C'est ça.
M. Tanguay :
O.K. De ce que je comprends, je pensais lire... Au premier alinéa, premier
paragraphe et deuxième paragraphe, je
pensais lire... Bon. «1° le ministre reconsidère sa...» Toutefois... Je suis à
la fin du premier alinéa, le premier alinéa : «Toutefois, une aide
financière déjà versée n'a pas à être remboursée, à moins qu'elle n'ait été
obtenue de mauvaise foi, lorsque :
«1° le ministre
reconsidère sa décision parce que celle-ci a été rendue avant qu'un fait
essentiel n'ait été connu [...] ou parce que celle-ci est entachée d'un vice de
fond...» Autrement dit, lorsque le ministre reconsidère sa décision, c'est dans
ce contexte-là qu'on se rend compte qu'il y a une mauvaise foi, on va aller
récupérer la somme. Autrement dit, ce que
nous dit le paragraphe 1°, c'est
dans le contexte où on découvrirait la mauvaise foi, c'est là qu'on va
aller récupérer la somme. Et le 2° : «lorsque, à la suite d'une révision
[...] contestation, le ministre [...] le tribunal [...] rend une décision qui a
pour effet d'annuler ou de réduire», c'est dans ce contexte-là où on modifie
et, qui plus est, on ajoute, ça a été modifié dans un contexte où on a vu au
grand jour la mauvaise foi, là on va aller le récupérer. Dans le même contexte,
en plein jour, on ne voit rien qui fait état de mauvaise foi, on n'ira pas le
récupérer, c'est ça?
M. Jolin-Barrette :
Oui, c'est ça.
M. Tanguay :
Et puis là, dans le fond, l'impact du dernier alinéa c'est : «Le
ministre peut recouvrer [...] dans les trois ans [...] l'aide [...] en cas
de mauvaise foi [...] dans les trois ans de la connaissance de cette
mauvaise foi.» J'allais dire, ici, on fait
écho de la prescription générale de trois ans en matière civile, mais on
semble, puis on pourrait peut-être m'informer là-dessus...
M. Jolin-Barrette :
Bien, on ajoute le critère, dans le fond, c'est à partir... ou également de la
connaissance de la mauvaise foi.
M. Tanguay :
Oui, qui est un peu aussi...
M. Jolin-Barrette :
Donc, pour éviter que ça soit prescrit, dans le fond, dans le délai général, si
l'IVAC s'en rend compte après quatre ans qu'elle s'est fait frauder par la
personne, bien là, c'est trois ans de la connaissance de la mauvaise foi
de la personne.
M. Tanguay :
C'est ça, puis c'est la même chose en droit du Code civil, c'est de l'acte
générateur de droits, connaissance de mauvaise foi, je vous poursuis, ma
prescription part à ce moment-là, trois ans, là. C'est bon.
Président (M. Bachand) : Merci. Autres interventions sur 83?
Donc, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous
plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres... oui, pardon, pour les membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'article 83
est adopté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président.
L'article 84 : «Le ministre met en demeure le
débiteur par un avis qui énonce le montant
et les motifs d'exigibilité de la dette et le droit du débiteur de demander la
révision de cette décision.
«La dette est
exigible dès que la décision la concernant devient exécutoire.»
Donc, cette
disposition prescrit que le ministre débute le processus de recouvrement des
sommes versées en trop par une décision avisant la personne victime de la
situation.
Le Président (M. Bachand) :
Merci. Interventions? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Donc, si on part du deuxième alinéa : «La dette est exigible dès que la
décision la concernant devient exécutoire», ça, c'est la première étape. Une
fois qu'elle est exigible pour pouvoir, le cas échéant, réaliser ce qui est exécutoire, bien, il y a une étape
additionnelle de mise en demeure, là, comme on voit dans les rapports
privés, civils, là, mise en demeure.
M. Jolin-Barrette : Oui. Et
comme c'est dans la LATMP.
M. Tanguay : O.K. C'est
les accidents de travail, c'est ça?
M. Jolin-Barrette : Hum-hum.
M. Tanguay : «84. Le
ministre met en demeure», quand on dit «par un avis», dans tous les états de
cause, parce qu'on se rappelle, on a travaillé ensemble sur le 75 puis sur le
32 avec la prédécesseure du ministre, «avis» ça veut dire qu'on va s'assurer
que la personne, quoi, soit signifiée, notifiée?
M. Jolin-Barrette : Bien, par un
avis, dans le fond, on va aviser, dans le fond, le débiteur, comme on rend les autres décisions, parce que, dans le fond, le ministre rend une décision, dans le fond, on dit : Bien, écoutez, je vous avise de ma nouvelle décision,
puis cette décision-là peut être révisée comme n'importe quelle autre décision.
Dans le fond, c'est une décision administrative qui est rendue, comme quand on
a accordé de l'aide.
M. Tanguay : Donc, 84
exclut le deuxième paragraphe de l'article précédent, là, quand on parlait du
résultat du TAQ, du résultat du TAQ. Ça exclut la contestation devant le TAQ,
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Dans le fond, c'est une nouvelle décision, donc ça renaît à chaque fois, le
processus de révision.
M. Tanguay : O.K. Mais
la nécessité de mettre en demeure, à 84, ne s'applique pas. Si d'aventure le
ministre bénéficiait d'une décision du TAQ en faveur du régime, ça ne
s'applique pas à ce moment-là, 84.
M. Jolin-Barrette : Alors, oui,
même si on a une décision du TAQ, à cause que c'est un acte administratif, ça
s'applique quand même.
M. Tanguay : O.K. Ça
fait que ma question, dans le fond, la première fois, je l'ai verbalisé,
deuxième alinéa, le mot «décision» réfère...
M. Jolin-Barrette : ...à la
décision du ministre.
M. Tanguay : ...à la
décision du ministre et à la décision du TAQ.
M. Jolin-Barrette : Non, mais
même s'il y a une décision du TAQ, nous, on va l'aviser également qu'on
récupère le montant.
M. Tanguay : Mais pas en
vertu de 84. On va l'aviser probablement en vertu de la procédure liée au TAQ.
C'est ça, mon point. Autrement dit, «la dette est exigible dès que la décision la
concernant devient exécutoire», ici, on ne
parle pas de la décision du TAQ, mais on... On ne parle pas de la décision du
TAQ et de la décision du ministre, on ne parle que de la décision du
ministre.
M. Jolin-Barrette : Ça serait
logique, là.
Le Président (M.
Bachand) : J'aurais la députée de Sherbrooke, en attendant, s'il
vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme Labrie : Dans le fond,
juste pour clarifier, au moment où la personne reçoit l'avis, l'avis, il déjà
exécutoire, ça ne devient pas exécutoire après, par exemple, l'expiration d'un
certain délai que la personne aurait pour contester, là, ça devient exécutoire,
c'est tout de suite, dès la réception de l'avis.
M. Jolin-Barrette : Oui, exactement.
M. Jolin-Barrette : ...contester.
Mme Labrie :
Donc, elle commence à payer puis elle conteste en parallèle.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
Président (M. Bachand) : Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Le Président
(M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Ça ne sera pas bien long, M. le Président, juste une petite seconde.
M. Jolin-Barrette :
Donc, oui, même si c'est une décision du TAQ, un coup qu'on a la décision du
TAQ, on rend... Dans le fond, le ministre avise avec une décision de lui de récupérer la
somme, puis là ça permet à la personne de demander la révision de cette décision-là. Donc, même si le TAQ
dit : Vous n'étiez pas admissible... Dans le fond, on n'est
pas sur le montant, le quantum, on n'est pas le... Le TAQ ne va pas se
prononcer, supposons, sur : Vous aviez droit à 5 000 $ ou vous
aviez droit à 800 $...
M. Tanguay :
...il peut le faire.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Généralement, il ne le fera pas. Ce qu'il va faire, il va dire :
Est-ce que vous avez droit à l'aide financière ou non? Et là, à ce moment-là,
un coup qu'on a la décision du TAQ, on avise l'administré qu'on rend notre
décision, puis qu'il doit rembourser les sommes.
M. Tanguay :
O.K. C'est ça. On parlait l'autre fois de nos amours de jeunesse, le droit
administratif. Le TAQ ne prendra pas la
décision qui aurait dû être rendue dans l'application du règlement, mais va
dire : Il y avait droit, contrairement
à ce que vous dites, ou il n'avait pas droit, s'il vous plaît, allez refaire
vos devoirs et établissez le montant, prenez acte de cela. Et c'est de
là qu'une autre décision, à la lumière des directives du TAQ, émergera du
ministre, et cette même décision-là pourrait revenir, le cas échéant, au TAQ
aussi. O.K.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Tanguay :
Mais je n'avais pas compris ça, que le TAQ ne pouvait pas embarquer dans les
souliers et dire : Écoutez, j'applique la loi, puis c'est... j'applique le
90 %. C'est vrai que le TAQ n'est pas... doit respecter la spécialité de
l'IVAC à administrer sa loi, puis il n'a pas cette expertise-là, le TAQ. Je
comprends. C'est bon, M. le ministre. M. le Président, ça va.
Président (M. Bachand) : Autres interventions sur
l'article 84? Alors, nous allons procéder à sa mise aux voix. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'article 84 est adopté. M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Article 85, M. le Président :
«Lorsque le débiteur est encore bénéficiaire
d'une aide financière prévue par la présente loi, le ministre peut opérer compensation jusqu'à concurrence de
25 % de tout montant d'aide
financière si le débiteur n'a aucune personne à charge, de 20 %
s'il a une personne à charge et de 15 % s'il a plus d'une personne à
charge, à moins que le débiteur ne consente à ce qu'il opère compensation pour
plus.
«Les définitions prévues au premier alinéa de
l'article 13 s'appliquent aux dispositions du présent titre.»
Une somme
versée en trop pourrait être recouvrée par l'opération d'une compensation quand une personne
victime serait toujours bénéficiaire d'une aide financière. Cette compensation
serait modulée afin qu'il reste à la personne victime un versement minimal,
selon sa situation.
Donc, à la
Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, il y a également
une disposition similaire.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui, merci,
M. le Président. Les... ces taux-là, je... ce n'est pas... Tu sais, on enlève 5 %
par personne à charge qui s'additionne,
c'est... Est-ce que cette norme-là existe dans d'autres régimes, 25 %,
20 %, 15 %?
M. Jolin-Barrette : Bien, à la
LATMP, à l'article 434 de la
Loi sur les accidents du travail et les
maladies professionnelles : «Si le
débiteur est aussi créancier d'une indemnité de remplacement du revenu et que
sa dette est exigible, la Commission
peut opérer compensation jusqu'à concurrence de 25 % du montant de cette
indemnité si le débiteur n'a aucune personne à charge, 20 % s'il a
une personne à charge et 15 % s'il a plus d'une personne à charge, à moins
que le débiteur ne consente à ce qu'elle opère compensation pour plus.»
M. Tanguay : Quel serait
l'intérêt pour le débiteur, ça sert à quoi de mettre ce bout-là? Quel serait
l'intérêt du débiteur de dire : Oui, oui, je vais donner gratuitement pour
plus, là?
M. Jolin-Barrette : Bien... il
doit de l'argent en trop, donc il pourrait dire : Prenez... je vous remets
tout ce que j'ai reçu en trop, donc je vous permets d'opérer compensation pour
tout.
M. Tanguay : C'est le
bon Samaritain. En vertu de la loi, on serait limité comme régime aux
pourcentages qui sont là, puis lui, volontairement, il ferait le don d'une
dette. On appelle ça une dette qui n'est pas exigible, mais c'est une dette...
M. Jolin-Barrette : ...mais,
non... Mais ça, c'est la mesure de compensation. Dans le fond, là, supposons,
là, que vous avez eu une aide financière de 1 000 $ puis, finalement,
vous n'y aviez pas droit, si on mettait 100 %, bien, on pourrait compenser
100 %, ça fait qu'on retient votre prochain chèque, ou mettons ça plus
simple, là, vous avez 2 000 $ par mois puis vous devez, je ne sais
pas, là... vous devez 1 800 $, O.K., ça fait que, là, ce qu'on dit,
c'est que le mois suivant, vous n'allez pas pouvoir récupérer le
1 800 $ au complet sur le versement de 2 000 $. Donc, c'est
un plafond en matière de compensation, mais la personne va être obligée de le
redonner, là.
M. Tanguay :
Entièrement, en bout de piste.
M. Jolin-Barrette :
Entièrement. Entièrement.
M. Tanguay : O.K. Je
comprends, là. «Les définitions prévues au...» Et c'est...
M. Jolin-Barrette : ...le
bénéficiaire pourrait consentir à 100 % pour dire : O.K., prenez-le
au complet sur le prochain mois, puis, après ça, je n'en entendrai plus parler.
Il pourrait le faire, mais ça ne le libère pas. Cette disposition-là ne le
libère pas des sommes, là.
M. Tanguay : Et, quand
on dit, à 85, «une aide financière», on a vu qu'il y avait différents titres
dans la loi, il y avait le montant forfaitaire, il y avait revenu, il y
avait... 85 s'applique à tout ce qui est montant d'argent, que ce soit en vertu
du
titre III, I, II, 128, c'est tout ce qui est argent.
M. Jolin-Barrette : Oui.
M. Tanguay : C'est sûr
que le forfaitaire, là, c'est «one shot». C'est sûr que le forfaitaire, l'État va
se payer entièrement, c'est comme ça qu'il faut le... C'est quand il n'y a pas
de tempérament puis de périodicité, l'État va se payer à 100 % sur le...
ce qui est envoyé par forfaitaire, n'est-ce pas? Il faut le lire comme ça.
M. Jolin-Barrette : Bien là, le
forfaitaire est déjà donné, supposons, dans votre exemple, donc là il va devoir
le récupérer d'une autre façon.
M. Tanguay : Il pourrait
ne pas être déjà donné, on pourrait déjà avoir eu des sommes, de mauvaise foi,
avant d'être consolidé puis d'avoir le forfaitaire.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Tanguay : Puis là,
bien, ça veut dire... forfaitaire, puis c'est un seul paiement, je veux dire...
M. Jolin-Barrette : On a vu,
jusqu'à 24 mois. Jusqu'à 24 mois.
M. Tanguay : Ah! à moins
qu'il y ait un plan de 24 mois, oui. On est rendu expert, là, on est rendu
expert, là, quand on a ce réflexe-là de dire : Ah! le forfaitaire, on peut
élire entre 12 et 24 mois, mais vous ne pouvez pas en avoir 10, vous ne
pouvez pas en avoir 26. Tu sais, il y a... comme en chimie, là, rien ne se
perd, rien ne se crée, mais on... surtout que le premier bout, on n'en perd
pas, là, hein?
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, le député
de LaFontaine va devenir un expert en matière d'indemnisation
des victimes d'actes criminels.
M. Tanguay : Oui. Ça
fait qu'on va tout checker, tout ce qu'il a dit, là, puis là on va tout
vérifier ça, puis, à un moment donné, on va se lever, en période de questions,
puis on va dire : Ce n'est pas ça.
Le Président (M. Bachand) :
Merci. J'aurais la députée de Sherbrooke, s'il vous plaît, oui.
M. Jolin-Barrette : ...M. le
Président, ça aura voulu dire que le projet de loi aura été adopté, M. le
Président.
M. Tanguay : Ah oui,
c'est sûr. C'est sûr.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Il chemine bien,
le projet de loi, il devrait être adopté.
Mme Labrie : Est-ce qu'il y a
la possibilité... Et ça, c'est la situation où la personne est encore
bénéficiaire d'une forme d'aide financière
quelconque. La situation où la personne, elle n'en reçoit plus, d'aide financière, c'est
fini, mais on se rend compte, par exemple, quelques années plus tard, qu'elle
doit quelque chose, est-ce qu'il y a moyen quand même de prendre une entente de
paiement ou bien c'est unilatéralement, là, en un seul versement?
M. Jolin-Barrette : Non, bien,
supposons que la personne n'a plus d'aide financière, on ne peut pas opérer
compensation parce que, tu sais, dans le fond, l'article pour la compensation,
là, pour opérer...
Mme Labrie : Dans le fond, la personne,
est-ce qu'elle peut dire : Écoutez, vous me dites que, là, je vous dois
5 000 $. Peut-être que la personne ne peut pas le payer en un
versement, est-ce qu'elle peut prendre une entente pour dire : Je vais
vous le payer sur six mois ou...
M. Jolin-Barrette : Oui, oui, oui. Ça, il n'y a pas d'enjeu, il y a toujours...
il peut y avoir des ententes de paiement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Intervention?
Donc, nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 85. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention.
Donc, l'article 85 est adopté. Merci beaucoup. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
À défaut du... Pardon, M. le Président.
Article 86 : «À défaut du remboursement
de la dette par le débiteur, le ministre peut, dans les 30 jours suivant
la date d'exigibilité de la dette ou dès cette date s'il est d'avis que le
débiteur tente d'éluder le paiement, délivrer un certificat qui atteste :
«1° les nom et
adresse du débiteur;
«2° le montant de la
dette;
«3° la date de la
décision définitive qui établit l'exigibilité de la dette.»
Cette disposition
prévoit la possibilité de recouvrer une somme perçue en trop par le biais de la
délivrance d'un certificat attestant la dette.
Et donc il y a une
disposition similaire à l'article 435 de la
Loi sur les accidents du
travail et les maladies professionnelles :
défaut du remboursement de la dette par le débiteur, la commission peut,
30 jours après la date d'exigibilité de la dette ou dès cette date si elle est d'avis que le débiteur tente
d'éluder le paiement, délivrer un certificat qui atteste :
«1° les nom [...]
adresse du débiteur;
«2° le montant de la
dette; et
«3° la date de la
décision finale qui établit l'exigibilité de la dette.»
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de
LaFontaine.
M. Tanguay :
...le ministre peut peut-être m'informer, la différence entre 86 et 84.
M. Jolin-Barrette :
Donc, à 84, ça, c'est... on dit...
M. Jolin-Barrette : O.K. Donc, 84, c'est la décision du ministre.
Dans le fond, c'est la décision administrative, de dire : Je rends la décision que vous me devez x montant
d'argent. Donc, ça, c'est l'acte. À 84, c'est l'acte administratif qui
peut être contesté, qui peut être passible... susceptible de révision par
l'administré.
À 86, c'est la
procédure pour aller récupérer la somme. Donc là, on dresse le... c'est ça,
c'est la procédure judiciaire déposée au greffe du tribunal compétent qui
permet d'exécuter la décision sur le surpayé.
M. Tanguay : Donc, 84, c'est la décision et l'avis pour en informer
formellement, de la décision, l'administrer, 84.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Tanguay :
Et 86, c'est de dire : Écoutez, là, on est en mode récupération puis on a
une étape préalable, qui est de l'aviser formellement. Puis, après ça, bien, ce
qui s'ensuit, c'est qu'on peut mettre ça entre les mains des huissiers, le cas
échéant, pour faire des saisies.
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, l'article 86 fait en sorte que le certificat qui établit la
créance va être déposé au greffe du tribunal
compétent, et on va pouvoir l'exécuter. Dans le fond, vous avez l'acte
administratif à 84, la décision :
monsieur, madame, vous avez eu du surpayé de 500 $, supposons. Ensuite, il
y a la possibilité d'aller en révision. La personne nous rembourse ou non. Puis 86 arrive par la suite pour
dire : Bien, la personne, supposons, elle n'a pas payé. Mais là, à ce moment-là, on dresse le constat, le
certificat, puis on envoie ça au greffe du tribunal qui dit : Bien,
voici, monsieur, madame doit x montant
d'argent au régime public. Voici, on le dépose, puis ça fait en sorte qu'on peut l'exécuter.
M. Tanguay :
Exécution des jugements, donc les huissiers, puis tout ça. Je comprends que ça
va être dans des cas extraordinaires. Mais,
par contre, le ministre doit être d'avis que le débiteur tente d'éluder le
paiement. Si vous n'avez pas cette certitude-là ou cette perception-là,
vous ne pourrez pas vous prémunir de 86, c'est ça, hein?
M. Jolin-Barrette : Bien, dans
le fond, 86 va avec 87. Dans le fond, c'est l'exécution du jugement. Donc, dans le fond, ça équivaut
à une décision finale d'un tribunal.
M. Tanguay :
Mais contrairement... Parce qu'on ne voit pas ça ailleurs, là, puis on me
corrigera si j'ai tort, peut-être dans les autres régimes, mais dans...
M. Jolin-Barrette :
Bien, dans la LATMP, c'est comme ça.
M. Tanguay : Non, c'est ça, dans les autres régimes. Mais,
dans la vie courante, là, des débats judiciaires, il y a une dette qui est exigible, payée maintenant.
Le débiteur tente d'éluder le paiement, ça veut dire que le régime ne se
mettra pas en mode exécution... La dette,
elle est due, là. Écoute, il doit
500 $, puis il n'y a pas de problème, la dette est due, c'est
clair, les délais d'appel sont expirés. Mais on voit qu'il n'a pas d'argent, je
veux dire, il ne tente pas d'éluder, là, il ne nous niaise pas, il ne l'a pas,
l'argent. Ça meurt là tant qu'on a... Quand on n'a pas la certitude qu'il tente
d'éluder le paiement, on ne va pas en exécution.
Le Président (M. Bachand) : M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette :
Bien non. Dans la première
partie de l'alinéa : «À défaut [de]
remboursement de la dette par le débiteur,
le ministre peut, dans les 30 jours suivant la date d'exigibilité de la
dette ou dès cette date s'il est d'avis que le débiteur tente d'éluder le paiement, délivrer un certificat qui
atteste...» Donc, on attend 30 jours pour aller, mais ensuite on a un jugement, l'équivalent d'un
jugement. Le dépôt du certificat au greffe du tribunal fait en sorte que
c'est comme si on avait un jugement.
M. Tanguay :
Oui. Mais mon point, là... puis j'aimerais ça qu'on me corrige si j'ai tort,
là, mais la seule façon de le lire : «À défaut du remboursement de la
dette par le débiteur, le ministre peut, dans les 30 jours suivant la date
[...] ou dès cette date — là,
on fait une coupure — s'il — là,
on ajoute une condition — est
d'avis que le débiteur tente d'éluder le paiement», ah! bien là, c'est un
certificat. Ma question, c'est qu'on n'aura pas de certificat puis on ne sera
pas en mode exécution si on n'a pas la conviction que le débiteur, il tente d'éluder
le paiement, là? Si c'est juste parce qu'il n'a pas d'argent, on n'ira pas le
chercher.
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, le principe de base, là, c'est qu'on peut... Dès le moment où on
rend la décision, c'est exigible. Donc, on peut demander à la personne victime,
bien, ou à la personne qui a reçu la somme de rembourser dès le moment de la
décision parce qu'elle est exécutoire.
Président (M. Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
Bien, c'est ça. Dans le fond, le processus normal, là, c'est qu'on doit
attendre 30 jours, avant d'aller au greffe du tribunal, déposer la
décision. Par contre, si... à partir du moment où j'ai rendu la décision de 84,
là, la personne, là, elle doit de l'argent, mais, si, suite au moment où on a
rendu la décision, O.K., le jour 1 ou le jour 2, suite à la décision,
vous me devez 500 $, O.K., puis la personne, elle se met à vendre tous ses
actifs, à ce moment-là, on peut y aller plus rapidement que le 30 jours.
Président (M. Bachand) : J'aurais la députée de Sherbrooke,
s'il vous plaît.
Mme Labrie :
Oui, dans ma grande méconnaissance de tout ça, qu'est-ce qu'il se passe, là,
quand vous dites : C'est déposé au
greffe du tribunal, ça devient... après ça, c'est quoi qu'il se passe après que
c'est déposé au greffe du tribunal, qu'est-ce que ça veut dire
concrètement?
M. Jolin-Barrette :
Bien là, ça veut dire qu'on peut aller saisir les biens chez la personne. Dans
le fond... C'est la même chose, là, supposons, que quand vous allez devant le
tribunal. Vous avez un litige, supposons que vous avez un litige avec le député
de LaFontaine parce que le député de LaFontaine ne vous rembourse pas les 20 $
qu'il vous a empruntés. Donc, vous allez avoir des intérêts au taux légal
aussi, peut-être des dommages punitifs aussi, M. le Président. Et donc là vous...
M. Jolin-Barrette :
...là, M. le Président, vous allez devant le tribunal, vous plaidez votre
dossier, le juge détermine, effectivement, le député de LaFontaine doit 20 $
à la députée de Sherbrooke, et là, vous, bien, vous avez votre jugement, vous
allez vous retourner vers le député de LaFontaine, vous dites : Vous me
devez 20 $.
M. Jolin-Barrette :
Pardon?
Mme Labrie :
Il le savait déjà.
M. Jolin-Barrette :
Il le savait déjà, mais peut-être qu'il ne veut pas payer.
M. Tanguay :
Là, j'en doute. Je vends mon condo, je vends ma maison...
M. Jolin-Barrette :
Oui. C'est ça.
M. Tanguay :
...je ne veux pas payer le 20 $.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mais, dans le fond, pour pouvoir faire exécuter le jugement, il faut que, dans
le fond, vous alliez au greffe, puis, dans
le fond, vous prenez l'huissier pour faire exécuter votre jugement, pour aller
saisir ses biens, pour éviter qu'il dilapide ses biens.
C'est un peu le même principe. Pour l'IVAC, dans le fond, ce qu'on fait... dans
le fond, le ministre rend la décision : Vous nous devez l'argent, puis là,
dans le fond, ce qu'on veut, c'est pouvoir faire exécuter la décision que j'ai.
Donc, le fait de le déposer au greffe du tribunal, ça va amener l'équivalent de
la décision du tribunal, et là on va pouvoir faire l'exécution du jugement,
donc saisir les biens de la personne.
Mme Labrie : L'État ne peut pas
envoyer d'huissier, dans le fond, s'il n'a pas fait cette étape-là.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : ...j'ai
encore du lousse, j'ai encore du temps. Donc, O.K., là, je le lis, comme il
faut, je le lis, comme il le faut, la disposition. Il faut la scinder en deux,
mais je ne la coupais pas à la bonne place. À défaut du remboursement de la
dette... Le premier scénario : à défaut du remboursement de la dette, le
ministre peut, dans les 30 jours, suivant la date d'exigibilité de la
dette, délivrer un certificat qui atteste, ainsi de suite. Autre
scénario : à la date d'exigibilité, s'il est d'avis que le débiteur tente d'éluder,
là, il peut délivrer plus tôt un certificat qui atteste...
M. Jolin-Barrette : C'est, ça.
M. Tanguay : C'est de
même qu'il faut le lire. O.K.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Donc, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous
plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'article 86 est adopté.
Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. 87, M.
le Président : «Sur dépôt du certificat visé à l'article 86 au greffe
du tribunal compétent, la décision du ministre ou du Tribunal administratif du
Québec devient exécutoire comme s'il s'agissait d'un jugement définitif de ce
tribunal et en a tous les effets.»
Le certificat confirmant la dette serait déposé
au greffe du tribunal compétent, lequel serait à la Cour du Québec, dans la
majorité des cas, vu le montant des sommes à recouvrir. Ce dépôt équivaudrait à
un jugement définitif et le ministre pourrait alors entamer les saisies
possibles pour récupérer les sommes. Donc, à l'article 436 de LATMP, c'est
la même chose.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il
vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'article 87 est adopté.
Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Article 88, M. le Président : «Une mise en demeure du ministre
interrompt la prescription prévue au troisième alinéa de l'article 27 et
au deuxième alinéa de l'article 83.»
Cette disposition prescrit qu'une mise en
demeure du ministre interrompt la prescription de trois ans pour que le ministre intente un recours subrogatoire en
vertu de l'article 27, recours qui lui permet de récupérer de
l'auteur de l'infraction criminelle les sommes qu'il a versées à
titre d'aide
financière en vertu de la présente loi.
De même, une mise en demeure du ministre
interrompt la prescription de trois ans pour récupérer une somme versée en
trop en vertu de l'article 83.
Donc, l'idée, c'est de faire en sorte de
protéger les droits de l'État à la fois contre... dans le cadre d'un recours
subrogatoire et à la fois dans le cadre d'une somme versée en trop. Ça veut
dire que la personne qui... Dans le fond, l'agresseur, dans le fond, pour ne
pas qu'il bénéficie du délai de prescription, si l'État s'en rend compte, il
lui envoie une mise en demeure, puis ça fait en sorte de stopper la
prescription, donc ça permet au ministère d'agir. Puis, même chose aussi, si on
envoie une mise en demeure à une personne qui aurait reçu des sommes en trop,
là, ça met fin... ça suspend la prescription.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui, M. le
Président. Je ne suis pas spécialiste de la subrogation, mais on a déjà vu ça
dans nos cours. Lorsque vous êtes subrogé, vous n'avez pas moins, mais pas plus
de droit que la personne. Donc, le délai pour poursuivre...
M. Jolin-Barrette : C'est le
même délai...
M. Tanguay : ...c'est le
même que la personne pour laquelle vous être subrogé.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mais ce qu'on vient faire, par contre, c'est qu'on vient dire : Si vous
envoyez la mise en demeure, ça suspend le délai.
M. Tanguay : Le reste,
je comprends. C'est juste que je voulais voir le contexte de 27, où il n'y avait
pas vraiment de délai. 88 à la sauce 83, je comprends, là, on parle du
trois ans, puis je dis 27, subrogation.
O.K. la subrogation, pourquoi «une mise en
demeure...» Pourquoi la mise en demeure du ministre, qui dit : On vous a
donné des sommes en trop, on vous met en demeure de les récupérer, en quoi ça
pourrait avoir un impact dans un recours subrogatoire?
M. Jolin-Barrette :
Pourriez-vous répéter votre question?
M. Tanguay : Ah oui! Je n'ai... Autrement dit, l'impact de
88... puis le ministre me corrigera si j'ai tort, mais, dans le contexte subrogatoire, l'impact de 88, c'est de
dire à la personne victime qui a un dommage total de 100 000 $ à faire valoir devant une cour... Par exemple, on lui a
donné 20 000 $ et, nous, on est subrogés pour 20 000 $
contre son agresseur. On se rend compte qu'on lui a donné
5 000 $ de trop, on envoie l'avis. Donc, on est subrogés plus à
20 000 $, mais à 15 000 $,
le cas échéant. Mais, comme on veut que cette prétention-là, elle soit statuée,
parce que c'est notre prétention, ça
va peut-être finir 15 000 $ ou 20 000 $, ça va avoir un
impact sur la subrogation puis le montant qu'on va demander.
C'est juste qu'on ne sait pas encore. C'est la
prétention du ministre qui pourrait être contestée ou pas, j'imagine, mais
rendu à 88, c'est exécutoire, là. Rendu à 88, c'est exécutoire.
M. Jolin-Barrette : Bien...
M. Tanguay : Ça fait
qu'il n'y a plus de contestation, c'est final, le débat a eu lieu, on a payé
5 000 $ en trop. Dans ce contexte-là, en quoi ça va avoir un impact
dans la subrogation?
M. Jolin-Barrette :
Non, mais, à 83, c'est exécutoire. À 27, là, on dit : «[Dans] la
présentation d'une demande de qualification,
le ministre est de plein droit subrogé aux droits de la personne victime
jusqu'à concurrence du montant qu'il pourra être
appelé à lui verser. Il peut, en son nom ou en celui de la personne victime, continuer
ou exercer une poursuite civile.
«Si la personne
victime choisit de se prévaloir d'une aide financière prévue au présent titre,
les ententes ou les compromis qui peuvent intervenir entre les parties
relativement à la poursuite civile et au droit à telle poursuite sont sans
effet jusqu'à ce qu'ils aient été ratifiés par le ministre; le paiement du
montant convenu ou adjugé ne peut être fait que de la manière que le ministre
indique.
«La personne qui
prive volontairement le ministre de son recours subrogatoire doit rembourser le
montant de l'aide financière reçue du ministre. Ce dernier peut recouvrer cette
dette dans les trois ans de la privation du recours.
«Un montant recouvré
en vertu du présent
article est versé au fonds consolidé du revenu.»
Donc, notamment, le
fait d'envoyer une mise en demeure là-dessus, ça interrompt la prescription de
trois ans.
M. Tanguay :
Dans le fond, ce qui nous intéresse à 27, c'est le troisième alinéa, c'est ça?
M. Jolin-Barrette :
C'est ça.
M. Tanguay :
O.K. «La personne qui prive volontairement le ministre de son recours
subrogatoire doit rembourser le montant de l'aide [...] reçue du ministre — O.K.
Ce dernier peut recouvrer cette dette dans les trois ans de la privation
du recours.»
Quel est le lien
entre... Ça, ça me semble être un cas différent... la mise en demeure du cas de
88 qui découle. Mais 88, là, et les articles précédents peuvent — dans
le fond, est-ce que c'est ça qu'il faut comprendre? — être
fils ou filles d'un débat qu'il y aurait eu lieu en vertu de 27. Autrement dit,
on veut récupérer des sommes parce qu'on s'est rendu compte qu'on voulait être
subrogé, mais que, par son agissement fautif, il limite la subrogation. Donc,
je rends une nouvelle décision, il y a contestation, là, selon les
articles 83 et suivants, et j'envoie... et le... Juste ça que je veux
comprendre.
M. Jolin-Barrette :
Parce que vous avez deux régimes. À 27, là, c'est la subrogation. Je
prends fait et cause, mais la personne victime, là, a fait en sorte, là, de me
priver du recours subrogatoire. Donc, ce que 88 vient dire, c'est que j'ai
trois ans pour aller poursuivre la personne qui m'a privé de mon recours
subrogatoire. Mais le fait d'envoyer une mise en demeure, ça suspend ce délai
de trois ans là, à l'article 27.
M. Tanguay :
Puis la mise en demeure de 88 : «Une mise en demeure...» O.K. Autrement
dit, mon point, 88 ne découle pas des articles précédents, on parle de... 88,
là, on aurait pu l'isoler ailleurs, une mise en demeure qui n'est pas
préalablement définie. Il y a «une mise en demeure... interrompt...» O.K.
M. Jolin-Barrette :
C'est ça, c'est ça. Donc, pour interrompre... pour suspendre la prescription
dans le cas de 27 ou dans le cas de 83, c'est une mise en demeure.
M. Tanguay :
Parce que, là où il est placé, l'article 88, je pensais qu'il découlait de
tout le processus du certificat. La dette est exigible, le débat judiciaire a
eu lieu. Là, on envoie une mise en demeure disant : Le jugement est
exigible. Là, je disais : O.K., ça suspend le trois ans, là, ça va
être... Non, non, non. La subrogation, ça me prend une mise en demeure, puis je
suspends. Là, c'est...
M. Jolin-Barrette :
Ça permet de suspendre.
M. Tanguay :
...on aurait pu sortir 88 puis le mettre à 27.1, puis ça...
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Tanguay :
Carrément le mettre, dernier alinéa de 27, l'envoi d'une mise en demeure
suspend le délai. O.K., je comprends.
Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
Secrétaire : Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'article 88
est adopté.
M. Jolin-Barrette :
Oui. «89. Le ministre peut, en tout ou en partie, faire remise de toute dette
prévue au présent
titre lorsqu'il juge que le montant ne peut être recouvré ou
s'il le juge équitable en raison notamment de la bonne foi du débiteur ou de sa
situation financière.»
Le ministre pourrait
éventuellement radier la dette d'une personne victime en regard des sommes
perçues en trop. Donc, il y a l'équivalent à l'article 437 de la
Loi sur
les accidents du travail et les maladies professionnelles. Donc, la remise, ça
veut dire que je renonce à ma créance.
Président (M. Bachand) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Ça, M. le Président, il n'y a pas... il n'y a pas... C'est l'exercice d'un
pouvoir discrétionnaire, là, du ministre, il n'y a pas de... Ça ne sera pas
encadré par un jugement jusqu'à concurrence de tel montant, papi, papa. C'est
du cas par cas. Ça peut être, dans certains cas, 50 $ puis, dans d'autres,
ça pourrait même être 10 000 $. C'est vraiment du cas par cas. Puis le
ministre a discrétion. Évidemment, ça ne sera pas le ministre comme tel, l'élu,
le ministre, qui va le faire, mais ça va
être le système à l'interne qui va proposer ça, c'est... Quel est le niveau
d'autorisation?
M. Jolin-Barrette :
En fait, on pourrait le faire par directive, avec des balises, là, dans
certaines situations. Voici, voici, voici. À l'interne.
M. Tanguay :
...ministre n'en sera pas informé. L'élu, le ministre qui siège au salon bleu
n'en sera pas informé.
M. Jolin-Barrette :
Non.
M. Tanguay :
C'est par fiction de la rédaction législative qu'on dit ça, là.
«Notamment»,
«notamment de la bonne foi», donc c'est... Les directives pourront prévoir
d'autres choses, là, l'aspect humanitaire aussi, et ainsi de suite. C'est bon.
Président (M. Bachand) : Interventions sur 89? Oui, monsieur.
M. Tanguay :
Peut-être juste... La façon dont ça va être constaté, ça, ce sera... La
personne sera avisée? Ça va être au dossier? Il y a... 89 ne prévoit pas la
façon dont ça sera constaté, par un avis envoyé ou par un certificat, na, na,
na, mais la directive va prévoir tout ça, puis la personne va en être informée.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Tanguay :
Administré. C'est bon.
Président (M. Bachand) : Merci. S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'article 89
est adopté. Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : 90, M. le
Président : «Un montant recouvré en vertu du présent
titre est versé au
fonds consolidé du revenu.»
Cet
article reprend le principe consacré à la
Loi sur l'administration financière que les sommes perçues par le ministre
doivent être versées au fonds consolidé du revenu.
Cette règle est réitérée par le fait qu'en vertu
de l'article 105 du projet de loi les sommes requises pour administrer le
régime des aides financières versées en vertu de la présente loi proviennent du
fonds consolidé du revenu. Il est donc impératif que les sommes perçues à
titre
d'aide financière versée indûment retournent à ce fonds.
Ça fait que, dans le fond, ce qu'on dit, c'est
que ça va dans le fonds général, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui. Merci.
C'est ça, c'était ma question, et le ministre a répondu. Donc, si ça revient
là, c'est parce que ça partait de là. Question. Là, à 44, là, quand je regarde
à 104, 105, ma copie du projet de loi, il y a comme des crochets à 104, 105.
C'est juste une...
Le Président (M.
Bachand) : ...
M. Tanguay : Ah! Ah oui,
hein? Alors, instruisez-moi donc ça, là-dessus, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Je l'ai appris juste avant la rencontre
d'aujourd'hui.
M. Tanguay : Vous avez
posé la même question?
Le Président (M.
Bachand) : Non, on m'a informé.
M. Tanguay : Ah oui? Ça,
ça veut dire...
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Donc, ça
doit être recommandé par Son Honneur le lieutenant-gouverneur, là. C'est ça?
M. Jolin-Barrette : Bien, pas
maintenant, là, mais on va le faire au bleu, là.
M. Tanguay : O.K. Parce
qu'on aurait demandé au député de Matane-Matapédia de se joindre à nous s'il
fallait se lever pour le lieutenant-gouverneur. Il aime bien ça.
M. Jolin-Barrette : Bien, le
député de Jean-Lesage aussi, il apprécie particulièrement cela.
M. Tanguay : Bien oui,
il aime ça se lever. Puis ça a l'air qu'on va renouveler nos voeux différemment
aussi, là, nos...
M. Jolin-Barrette : Je sens parfois, M. le Président, une génuflexion difficile chez mes collègues du
deuxième et du troisième groupe d'opposition souvent.
Mais ça, voyez-vous, M. le Président, lorsqu'on
aura terminé ceci et qu'on aura d'autres heures, ça serait intéressant de faire une discussion entre le
député de LaFontaine,
avec le député de Jean-Lesage, sur la Loi constitutionnelle de 1867 et de
1982, on aurait beaucoup de plaisir.
M. Tanguay : Le
rapatriement.
M. Jolin-Barrette : Pardon?
Mme Labrie : Il attend juste
ça, mon collègue de Jean-Lesage.
M. Jolin-Barrette : Bien, je le sais, je le sais, mais moi aussi,
mais, comme, faisons le 84 pour pouvoir le faire.
M. Tanguay : ...84, puis
là il y a le 86 aussi, M. le Président, qui va vous intéresser...
M. Jolin-Barrette : La
dévolution de la couronne.
M. Tanguay :
Oui, oui, oui. Il va y avoir des consultations. Là, j'en suis à la rubrique
Renseignements sur les travaux. Il va y avoir des consultations, à un moment
donné, sur le 86, sur les pouvoirs de la couronne?
M. Jolin-Barrette : Bien, en
fait, je ne sais pas si ça a été demandé...
M. Jolin-Barrette : Ça a été
demandé, des consultations?
M. Jolin-Barrette : Bien, oui,
on va faire ça.
M. Tanguay : Le Parti
québécois et Québec solidaire avaient une liste. Nous, notre liste était très
courte, d'auditions.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Avez-vous demandé Sa Majesté en consultation?
M. Tanguay : Non, on
a... On est prêts à procéder, nous, là-dessus.
Alors, mon point c'est que, lorsqu'on arrivera
article
par article, à ce moment-là, on pourra peut-être avoir des débats sur le
rapatriement de la Constitution, puis...
M. Jolin-Barrette : Mais, malheureusement,
ce n'est pas moi qui pilote ce projet de loi là.
M. Tanguay : Ah non, hein? C'est ça.
Président (M. Bachand) :
...en passant, Sa Majesté ne peut pas être convoquée, mais ça, c'est une autre
affaire.
M. Tanguay : Ah! c'est
bon.
Le Président (M.
Bachand) : On ne peut pas convoquer Sa Majesté.
Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur 90? Alors, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il
vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention, M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire : Mme Labrie
(Sherbrooke)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'article 90 est adopté.
Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
L'article 91, M.
le Président, donc, Effet d'une déclaration de culpabilité, on est dans le
titre VI :
«Si une personne est déclarée coupable d'une
infraction criminelle, cette déclaration constitue, pour cette infraction, une
présomption selon laquelle la personne déclarée coupable est, aux fins de la
présente loi, responsable de l'atteinte à l'intégrité de la personne victime et
des préjudices [de] cette dernière subit en raison de l'infraction criminelle
et une présomption que la valeur de cette [amende] et celle de ces préjudices
équivalant minimalement aux montants versés par le ministre à
titre d'aide
financière à la personne victime.»
Donc, l'article 91 crée une présomption
selon laquelle la personne déclarée coupable serait responsable de l'atteinte à
l'intégrité de la personne victime et des préjudices de cette dernière. Les
dispositions prévoient que l'atteinte de la personne victime et ses préjudices
équivaudraient minimalement aux montants versés par le ministre à
titre d'aide
financière en vertu de la loi.
Donc,
ici, ce qu'on fait, c'est qu'on vient insérer, M. le Président, une présomption
qui va pouvoir faciliter le recours du procureur général pour aller récupérer
les sommes auprès de l'agresseur.
Donc, on dit :
Si la personne est reconnue coupable dans une cour criminelle, supposons, de
voie de fait, puis que nous, l'IVAC, on a
versé à la victime, je ne sais pas, en tout et partout 30 000 $ en
aide financière de remplacement de revenu, en aide psychothérapique, en
réhabilitation physique chez le physiothérapeute, chez le chiro, tout ça, bien,
avec cet article-là, on a une présomption de preuve pour faire en sorte de
dire : Bien, le fait que vous avez été reconnu criminellement responsable,
nous, ça va faciliter notre preuve sur le recours civil. On va dire : Les
montants qu'on peut vous réclamer, en partant, il y a une présomption que les
deux sont reliés au niveau du lien causal.
Président (M. Bachand) : Merci. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Ça, ça existe déjà dans le régime actuel?
M. Jolin-Barrette :
Non, ça n'existe pas.
M. Tanguay :
Ça n'existe pas. On fait... On se permet de faire de la législation nouvelle.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Puis l'idée derrière ça, entre autres, c'est de faire en sorte de venir...
Puis, tu sais, les recours subrogatoires, puis tout ça, c'est balisé en
fonction de ce qu'on a discuté aussi préalablement, là, on l'a vu, là, mais
l'idée aussi, c'est de faire payer en
partie les personnes qui ont commises les
infractions criminelles.
M. Tanguay : Puis le choix qui a été fait de rendre la
présomption — un mot
que le ministre affectionne — réfragable; elle n'est pas
irréfragable, la présomption. C'est un choix que vous avez fait consciemment ou
inconsciemment?
M. Jolin-Barrette :
Bien, il y a des enjeux lorsqu'on fait une présomption irréfragable, il y a des
plus grands enjeux. Mais l'objectif de l'article 91 aussi, c'est d'éviter
de revictimiser aussi la victime, pour éviter de redevoir faire la preuve
relativement aux dommages, tout ça.
M. Tanguay :
Mais la présomption pourrait être...
M. Jolin-Barrette :
...irréfragable. Mais là on rentre dans la...
M. Tanguay :
...contestée par tout autre moyen de preuve?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Tanguay :
Dans le contexte d'un recours civil.
M. Jolin-Barrette :
Mais parce que, si on allait sur une présomption irréfragable, à ce moment-là,
on...
M. Tanguay :
C'est sûr.
M. Jolin-Barrette :
...sur le plan constitutionnel, c'est plus difficile.
M. Tanguay :
La constitution, M. le Président. Je comprends le... «Si une personne est
déclarée coupable, cette déclaration...» «Si une personne est déclarée coupable
d'une infraction, cette déclaration constitue, pour cette infraction...»,
évidemment, l'infraction en lien avec l'article 13, puis tout ça, la
victime, là, la fameuse infraction, là, puis tout ça. Donc, c'est en lien,
c'est ça, avec évidemment l'infraction qui a vu naître le recours en vertu de
l'IVAC, là, on parle toujours de la même infraction, bien évidemment, là?
M. Jolin-Barrette :
Oui, c'est la même infraction.
M. Tanguay :
Évidemment. Je veux juste comprendre le petit bout vers le milieu :
«...responsable de l'atteinte à l'intégrité [...] et des préjudices que cette
dernière subit en raison de l'infraction...» Ça, c'est correct. Là, c'est là où...
«...et une présomption — donc
c'est une autre présomption — que la valeur de cette atteinte et celle
de ces préjudices équivalent minimalement
aux montants versés par le ministre à
titre d'aide financière...» Autrement
dit...
M. Jolin-Barrette :
Ça veut dire que le... Dans le fond, on vient dire...
M. Tanguay :
On se couvre pour ce qu'on a payé, nous, le régime.
M. Jolin-Barrette : C'est ça. Ça veut dire, le minimum... je lui ai
versé 30 000 $, à la personne victime, bien, le minimum, on
crée une présomption aussi que le dommages et intérêts est de
30 000 $.
M. Tanguay :
O.K. Autrement dit, on a une présomption que la personne qui est reconnue...
qui est déclarée coupable... Et ici, «coupable», on ne précise pas devant une
cour de justice, devant une cour criminelle, devant une... dans le contexte
criminel, coupable...
M. Jolin-Barrette : «Coupable
d'une infraction criminelle», donc nécessairement c'est devant le tribunal.
M. Tanguay : O.K., O.K. Le ministre a raison. Alors, une personne déclarée coupable, il y a une présomption qu'il y
a... qu'elle est responsable de l'atteinte, autrement dit, qu'il y a un lien
causal, présomption du lien causal, et après ça il y a présomption du montant.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
M. Tanguay : S'il y a déjà
présomption du lien causal et présomption pour le montant qu'on a payé, ça veut
dire qu'on n'a pas besoin... , à moins de preuve contraire, on n'a pas besoin
de déposer une preuve, ça fait foi à sa face même, une présomption. S'il n'y a
pas de preuve contraire, le juge va condamner pour le montant.
M. Jolin-Barrette : C'est bien
ça? Oui, c'est bien ça.
M. Tanguay : O.K. Par contre, on fait le choix
que, pour le montant qui excède... Et cette présomption-là — autrement dit, je vais revirer ça de
bord — ne
bénéficierait pas à la victime qui, le cas échéant, serait codemanderesse pour l'excédent
du montant pour lequel le ministre est subrogé. Le ministre a-tu compris ma
question?
M. Jolin-Barrette : Oui. Dans
le fond, ça signifie que la présomption est en faveur des sommes qui ont été
déboursées par l'État.
M. Tanguay : C'est ça,
mais la personne, dans un débat judiciaire, ça pourrait être... parce que c'est
un
article nouveau, mettez-vous... Le ministre est la victime, puis moi, je
suis le régime. Le ministre... On est devant ma cour, puis la personne qui est
la défenderesse a été condamnée au criminel pour le coup de poing. Le ministre
dit : Moi, j'ai des dommages de 100 000 $, le régime m'a donné
20 000 $. Moi, je suis là pour 20 000 $, puis le ministre
est là pour 80 000 $, puis on poursuit... Moi, moi, là, dans le même
débat, j'ai une présomption pour que l'acte qu'il a causé, c'est cet acte-là qui a créé les préjudices, puis on a une
présomption pour mon 20 000 $.
Vous comprenez que vous, malheureusement, vous n'avez pas de présomption
pour votre 80 000 $. Ça fait que, tu sais, on aurait pu aussi peut-être
étirer la présomption pour la victime qui, le cas échéant, est
codéfenderesse... ou demanderesse, pardon.
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, là, on le fait en vertu de la loi, mais, dans le fond, le recours de la
victime, il est pris en vertu du Code civil. Donc, on vient donner une
particularité pour récupérer la somme vu qu'elle a déjà été payée, c'est un
régime étatique qui a été payé.
M. Tanguay : Mais on
aurait pu étirer.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Compte tenu de
l'heure, je suspends les travaux jusqu'à 14 heures. Bon lunch.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M.
Bachand) : Bon début d'après-midi. La Commission des institutions
reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 84, Loi visant à aider les
personnes victimes d'infractions criminelles et à favoriser leur rétablissement.
Lors de la suspension de nos travaux à
13 heures, nous étions rendus à l'étude de l'article 91. Il y avait
la députée de Sherbrooke qui m'avait demandé la parole. Mme la députée, s'il
vous plaît.
Mme Labrie : Oui, j'avais
demandé la parole pour poser une question sur le «minimalement». Dans le fond,
pour quelle raison ce mot-là est inscrit? Est-ce possible que le gouvernement
réclame des sommes supérieures à celles qui ont... qui correspondent à l'aide
financière versée à une victime?
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui, bien, dans
le fond, c'est pour faire en sorte que, la personne victime, elle puisse également
récupérer des sommes supplémentaires pour elle quand son dommage, à la personne
victime, il est plus grand. Donc, nous, ce que ça fait, c'est que «minimalement»,
c'est comme une présomption de dire : Le dommage qui a été payé par l'État
québécois au niveau de l'IVAC, c'est minimalement ça puis ça s'assure de
pouvoir dégager en supplément... C'est comme si on
repartait à zéro la fourchette pour la personne victime qui, elle,
entreprendrait le recours contre l'agresseur. Donc, elle, elle ne sera pas
pénalisée par le fait que ça a été payé.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions sur 91? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il
vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire : Mme Labrie
(Sherbrooke)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'article 91 est adopté. Merci
beaucoup. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui, l'article 92, M. le Président. Donc, on rentre dans le
titre VII, Dispositions administratives et financières,
chapitre I,
les ententes.
«92. Le ministre peut, conformément à la loi,
conclure une entente relative au soutien et à l'aide financière des personnes
victimes d'infractions criminelles avec un gouvernement au Canada ou à
l'étranger, l'un de ses ministères ou de ses organismes, une organisation
internationale ou un organisme de cette organisation.»
Cette disposition prévoit que le ministre
pourrait conclure une entente avec le gouvernement fédéral, avec un autre gouvernement
provincial, avec le gouvernement d'un territoire ou un gouvernement étranger
relativement au soutien des personnes victimes d'infractions criminelles ou
l'aide financière qui leur est offerte. Donc, on reprend les articles 27 et 28 de la LIVAC et les
articles 21, 22 de la
Loi sur l'aide aux victimes d'actes criminels avec
cet article-là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci, M. le ministre. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci, M.
le Président. On ne précise pas la nature de ce que seraient de telles
ententes. On fait juste donner un pouvoir habilitant, mais on pense à quel type
d'entente ici?
M. Jolin-Barrette : Exemple,
les ententes hors Québec pour que les régimes se parlent, dans le fond, quand
vous allez dans les autres juridictions canadiennes, là, pour que les régimes
puissent discuter entre eux.
M. Tanguay : O.K., oui,
c'est ça. C'est juste qu'il n'y avait comme pas le sujet de... Relativement à
l'application ou conformément à la loi... Oui, relativement à son application,
c'est juste qu'on n'avait pas de... On ne précise pas... On peut avoir...
M. Jolin-Barrette : C'est
large.
M. Tanguay :
Ça, ça se prend, ce pouvoir large là, habilitant, pour que le ministre puisse
le faire. Nonobstant ça, ça pourrait être difficile?
M. Tanguay : O.K., mais,
quand on dit «gouvernement au Canada», évidemment, c'est les autres provinces,
c'est le fédéral.
M. Jolin-Barrette : Bien, avec
un gouvernement au Canada, c'est fédéral, ou autres provinces, ou territoires,
ou à l'étranger.
M. Tanguay : C'est
correct.
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions sur 92? Mme la députée
Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil :
...comprendre. Est-ce que c'est par rapport aux articles qu'on a vus, où
l'infraction aurait pu avoir lieu dans une autre province?
M. Jolin-Barrette : Entre
autres, ça peut être ça.
Mme Weil : C'est quels
articles déjà? Est-ce qu'on...
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est
les articles 72 et suivants.
Mme Weil : 72 et
suivants? Donc, c'est des ententes soit générales ou des ententes précises,
c'est-à-dire suite à un événement?
M. Jolin-Barrette : Bien,
exemple, là, par rapport à l'Ontario, on a eu la discussion, là, quand le crime
est commis en Ontario, mais, pour pouvoir discuter avec... Je pense, là-bas,
c'est une commission pour l'indemnisation des victimes d'actes criminels pour
avoir... pour que les régimes puissent se parler, entre autres.
Mme Weil : D'accord.
Donc, c'est toujours... Il y a toujours un geste qui est posé pour réessayer
d'avoir des ententes avec certaines juridictions ou d'autres pays. Ce n'est pas...
M. Jolin-Barrette : Exactement.
C'est le pouvoir habilitant de pouvoir parler avec les autres.
Mme Weil : C'est ça,
O.K. Je comprends.
Président (M. Bachand) :
D'autres interventions? Donc, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme
la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'article 92 et adopté.
Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
L'article 93 : «Le ministre peut conclure avec toute personne ou
[...] tout organisme public ou privé une entente relativement à l'application
de la présente loi.
«Une personne ou un organisme
partie à une telle
entente peut exercer, selon les modalités qui y sont prévues, tout pouvoir ou
toute responsabilité que la présente loi confère au ministre. Cette personne ou
cet organisme peut de même poser tout acte que permet la présente loi.
«Cette personne ou cet organisme est alors
investi de toutes les obligations qui incombent au ministre en vertu de la
présente loi.»
L'article prévoit que le ministre pourrait
conclure avec toute personne ou tout organisme public ou privé toute entente
par laquelle il conférerait l'application de la présente loi. La personne ou l'organisme
aurait donc tous les pouvoirs, toutes les obligations et toutes les
responsabilités que la loi confère au ministre, le tout selon les modalités
prévues à l'entente.
Le Président (M.
Bachand) : Ça va? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui, on
pense... Est-ce qu'à l'heure actuelle, dans le régime actuel, il existe de
telles ententes?
M. Jolin-Barrette :
Ça, c'est l'exemple avec la CNESST. Donc, nous, présentement, ce qu'on va
faire, par le biais d'une entente avec la CNESST, on va mandater la DGIVAC, par
un contrat de service, par le biais de l'article 93,
pour être responsable du régime. Mais, cela étant, je pourrais décider de le
rapatrier au ministère de la Justice ou de faire un contrat avec une autre
entité pour, supposons, donner les contrats. La différence avec le régime
actuel, c'est que, dans le régime actuel de l'IVAC, c'est indiqué nommément que
c'est la commission... la CNESST et la DIVAC qui sont responsables de la
gestion du programme.
Donc là, nous, ce
qu'on fait, c'est qu'on enlève ça de la loi, on ramène ça au ministère de la
Justice, puis là on habilite par entente à pouvoir faire en sorte que la DGIVAC
va venir donner les services. Donc, ça, cet article-là va pouvoir faire en
sorte d'avoir une reddition de comptes supplémentaire puis d'exiger ce que je
souhaite en termes de qualité, pour les personnes victimes, relativement au
service à la clientèle, notamment.
Président (M. Bachand) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Est-ce qu'on pourrait dire que cet article-là est pertinent et nécessaire,
notamment pour notre programme d'aide en situation d'urgence, là, notre
article 81?
M. Jolin-Barrette :
La réponse, c'est oui, parce que ça nous permet de conclure une entente avec
tout organisme public ou privé.
M. Tanguay : Parce que ma question aurait été, si je
n'étais pas sauté directement à cette deuxième question-là : Est-ce qu'il pourrait y avoir des ententes avec des entités privées? Puis la réponse
est oui, avec 81, ça serait un cas d'espèce.
M. Jolin-Barrette :
...avec des organismes autochtones. On en a déjà discuté préalablement, là, tu
sais, exemple, là, quand on voulait offrir... On en a parlé quand on a dit... Tu
sais, par rapport aux services d'aide psychologique ou
psychique, supposons, dans le Nord, on pourrait dire : Bien, écoutez, on
fait une entente avec le centre de santé autochtone qui va mettre à la
disponibilité des psychologues sur une réserve, supposons.
M. Tanguay : O.K., puis ça, ces ententes-là n'ont pas pour effet de décharger le ministre de sa
responsabilité, hein? On dit : «Cette personne — à la
fin — ou
cet organisme est alors investi de toutes les obligations qui incombent au
ministre en vertu de la présente loi.» Mais évidemment la responsabilité du
ministre, là, n'est pas éludée par ou diluée par de telles ententes, là.
M. Jolin-Barrette :
Non, puis, ultimement, c'est comme s'il devenait notre mandataire.
M. Tanguay :
Oui, c'est ça. Puis c'est toujours intéressant, M. le Président, parce qu'hier
on était sur le 64, là, la protection des renseignements personnels. C'est
clair que, là, évidemment, il y aura, entre autres, tout ce qu'on fait par
rapport au 64 pour venir encadrer le transfert d'informations, de
renseignements personnels, qui va être au coeur
de ce qui va être discuté de part et d'autre. Est-ce qu'à
part les exemples
dont on a parlé, les trois exemples, il y en a d'autres dans la tête du
ministre?
M. Jolin-Barrette :
Bien, il pourrait y en avoir d'autres. Il faudrait voir avec... Si jamais on
décidait de conférer certaines applications du programme... Dans le fond, c'est
un
article général qui nous permet de...
M. Tanguay :
Vous en n'avez pas d'autres, dire : O.K., oui, ça, je le sais, ça s'en
vient, là. Non?
M. Jolin-Barrette :
Bien, vite comme ça, non, là, mais c'est à ça que je pense présentement.
M. Tanguay :
O.K., parce que, pour mettre en application la loi n° 84,
il n'y aura pas... à prime abord, il n'y a pas besoin de dire :
Bien, ce pan-là, ça va être nécessairement... à
part les articles... les
exemples dont on vient de parler, là, je veux dire.
M. Jolin-Barrette : À première vue, non, mais, tu sais, il faut
assurer une certaine flexibilité aussi pour le futur. Donc, si jamais il
y avait d'autres modalités, d'autres ententes qu'il faudrait conclure, on va
pouvoir passer par 93.
M. Tanguay :
Pour ce qui est de la gestion, là, le coeur de la gestion, donc, le ministre
confirme que ça va être rapatrié au sein du ministère de la Justice, hein,
c'est ça?
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, ce qu'on fait avec la DGIVAC, là, c'est que, dans le fond, ça va
être par le biais d'une entente de service. Donc, maintenant, on va dire :
Nous, on devient le client. Donc, tu sais, dans l'ancienne loi, administrativement, ça ne relevait pas du ministère de
la Justice. C'était la CNESST qui le gérait. Il y a eu certains enjeux
qui ont bien été exposés en commission parlementaire. Alors là, la gestion
revient au MJQ. Alors, on va avoir des exigences relativement à l'entente.
Donc, il va être beaucoup plus redevable envers nous.
M. Tanguay :
Physiquement, ils ont pignon sur rue. Au-delà du fait qu'ils sont avec la
CNESST, ils n'étaient probablement pas sous le même toit que la CNESST.
Physiquement, ils sont où?
M. Jolin-Barrette : À Montréal,
sur Bleury.
M. Tanguay :
Sur Bleury? Il n'est pas prévu qu'ils déménagent, mais j'imagine qu'il est
prévu qu'ils prennent de l'expansion avec le volume qui va arriver, entre
guillemets.
M. Jolin-Barrette : Bien, il va
y avoir davantage d'employés qui devront être embauchés pour répondre à la
réforme que l'on fait. Donc là, il faudra voir avec la CNESST comment... où
seront-ils déployés.
M. Tanguay : Oui, avec
vous, parce que vous, vous allez récupérer tout ça, là.
M. Jolin-Barrette : Ce que je
veux dire, c'est que l'unité administrative reste à l'intérieur de la CNESST,
la DGIVAC, mais il y a un contrat de service. C'est comme notre mandataire, là,
pour l'instant.
M. Tanguay : Donc, l'employeur
va demeurer la CNESST?
M. Jolin-Barrette : L'employeur
demeure la CNESST.
M. Tanguay : Ah oui?
O.K. Je pensais qu'on allait les sortir formellement de cela.
M. Jolin-Barrette : Non, on ne
rapatrie pas les ressources, comme ça donne la possibilité de... Dans le futur,
si jamais on ne voulait plus faire affaire avec la CNESST puis on voulait
embaucher nos propres ressources au MJQ, on pourrait le faire.
M. Tanguay : Probablement
qu'à un moment donné il va y avoir une migration naturelle qui va se faire à quelque
part, là, à un moment donné.
M. Jolin-Barrette : Bien, il
faudra voir, mais, tu sais, à court terme, il faut améliorer ce qu'on a. Mais,
si on prend d'autres orientations un jour,
on va avoir la possibilité de le faire, parce que c'est le MJQ, maintenant, le
gestionnaire du régime de l'IVAC.
M. Tanguay : Est-ce que
ça veut dire que, vous, ça vous limiterait dans votre interaction, non, avec
cette entité-là, formellement, sous l'employeur CNESST, mais via laquelle vous
auriez une entente? Mais ça veut-tu dire que vous pouvez aussi bien prendre le
téléphone, comme ministre, ou les gens autour de vous, puis de vous adresser directement
à ces employés formels, là, de la CNESST, ou il y a comme une sorte de petite
gêne qui va se garder?
M. Jolin-Barrette : Maintenant,
c'est balisé par une... Ça va être balisé par une entente, très clairement. Auparavant,
le lien hiérarchique, il était véritablement comme ça. Puis l'IVAC, bien, dans
le fond, MJQ, n'avait pas grand-chose à dire, parce que le ministre responsable,
c'était le ministre du Travail. Là, c'est différent. Ça va devenir le ministre
de la Justice qui est responsable. Donc, l'imputabilité, la responsabilité
ministérielle, même si le service est donné dans une autre unité, revient au
ministre de la Justice.
M. Tanguay : Ça revient
un peu comme les distinctions, en droit, là, le mandant, mandataire, lorsque le
mandant donne des directives très précises. Là, vous allez donner les
directives : Vous allez marcher ça... dans tel cas, vous faites ça, vous tournez à gauche, vous tournez à droite. Le
lien formel d'emploi va être avec la CNESST, mais le lien fonctionnel et
au jour le jour va être avec vous, là, directement, là.
Le Président
(M. Bachand) : Mme la députée de Sherbrooke, s'il vous
plaît.
Mme Labrie : À quel endroit dans le projet de loi est-il inscrit que ça va être transféré au ministère de la Justice?
M. Jolin-Barrette : Qu'est-ce
qui va être transféré au ministère de la Justice?
Mme Labrie : Tout ça, à quel
endroit c'est écrit dans le projet de loi que ça va passer sous
l'administration du ministère de la Justice?
M. Jolin-Barrette : Dans le
fond, le pouvoir, il est au ministère de la Justice. Dans l'ancienne loi, ça
disait : Bon, la DGIVAC est sous la responsabilité du ministre du Travail.
Maintenant, le régime d'indemnisation, c'est le ministre de la Justice qui est
imputable, qui est responsable de ça. Donc, l'article 189 de la loi fait
en sorte que c'est le ministre de la Justice qui est responsable de la loi,
puis il n'y a pas d'autre délégation. Donc, tous les services qui sont
rattachés à l'IVAC, c'est le ministre de la Justice qui est responsable. Et là
le 93 va nous permettre, avec une entente, de pouvoir faire une entente de
service pour la fourniture de services.
Mme Labrie : Là, vous ne serez
pas surpris que j'accroche sur le mot «privé», là. C'est sûr qu'il y a toutes
sortes d'organismes privés, là. Le ministre a nommé des choses tout à l'heure.
M. Jolin-Barrette : SOS
Violence conjugale, c'est un organisme privé.
Mme Labrie :
Oui. Est-ce que c'est possible d'inscrire «privé à but non lucratif»?
M. Jolin-Barrette : Non, parce
qu'il pourrait arriver, dans certaines situations, où on doit faire affaire
avec une corporation qui n'est pas à but non lucratif. Donc, je ne peux pas
faire en sorte que la constitution de la forme juridique du véhicule soit
limitée à un OBNL.
Mme Labrie : Est-ce que le ministre
peut nous donner des exemples de situations où ça pourrait arriver?
M. Jolin-Barrette : Bien,
supposons qu'on donnait à un centre de psychologie qui serait incorporé... Dans
mon exemple, là, pour... Supposons, sur une réserve autochtone, ça pourrait
être des inc., où est-ce qu'il y a un regroupement de psychologues, puis on dit : Bien,
écoutez, considérant le milieu qui est plus isolé, considérant qu'il y a
un seul bureau de psychologie, supposons, on vous donne un contrat directement.
Mme Labrie : Un contrat directement
à eux pour faire les évaluations?
M. Jolin-Barrette : Oui, pour offrir les services de psychologie.
Vous avez des sociétés en nom collectif aussi.
Mme Labrie : Mais pourquoi un
contrat directement à eux plutôt que de rembourser la victime pour...
M. Jolin-Barrette : Parce qu'on
a vu tantôt que, pour... dans le fond, dans la séance précédente, que... Supposons l'exemple que je donnais. Dans
le fond, supposons qu'il n'y a pas de disponibilité, beaucoup de psychologues, on pourrait décider de
dire : Bien, pour cette région-là, voici, vous offrez les services de
psychologie pour faciliter la victime... Si elle veut s'adresser à cet endroit-là
pour obtenir du soutien psychologique, elle n'aura pas à rechercher un
psychologue, tout ça. Il va y avoir une offre active qui va être faite. Les
services vont être couverts.
Mme Labrie : Et donc c'est dans
l'intention du ministre de procéder de cette manière-là, d'éventuellement
s'associer avec des corporations privées qui offrent certains types de
services, par exemple, en santé mentale.
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est
l'exception, dans le fond. Le principe de base, c'est la victime qui fait ses
choix, puis on rembourse à la victime. Mais il pourrait y arriver certaines situations
où il y a un territoire où est-ce qu'il manque de services, puis, dans le fond,
on trouve une façon d'offrir des services de soutien psychologique, supposons.
L'idée, c'est toujours de faciliter la vie à la victime.
Mme Labrie : Est-ce qu'on peut
prévoir une disposition pour que ça soit exceptionnel, ce type d'entente là,
avec des corporations privées à but lucratif?
M. Jolin-Barrette : Non, parce
qu'il y a une foule de modalités qui peuvent survenir. Donc, exemple, supposons
qu'on avait un contrat avec des hôteliers pour l'hébergement temporaire, bien,
c'est des corporations privées, mais il y a...
Mme Labrie : O.K., mais ça,
c'est dans le cadre du programme.
M. Jolin-Barrette : Mais je
veux juste rassurer la députée de Sherbrooke, là. Il n'est pas question de
favoriser le privé indûment puis de faire de l'impartition, là. Ce n'est pas le
sens de la loi.
Le Président (M. Bachand) : Interventions? M. le député de LaFontaine? Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme Weil : ...bien
comprendre. Donc, «le ministre peut conclure avec» une personne... «toute
personne ou [...] tout organisme [...] une entente relativement à l'application
de la présente loi.» Donc, c'est l'étendue de la loi à partir de l'évaluation
et la détermination des... Donc, par exemple, dans le cas d'une nation
autochtone, d'une communauté autochtone, ça pourrait aller plus loin que tout
simplement, bien, qu'un service particulier, ça pourrait être vraiment tout le
kit, c'est-à-dire l'évaluation, détermination, si la personne est vraiment une
victime. Est-ce que c'est vraiment tout ça? Parce qu'en vertu des pouvoirs du
ministre en vertu de la loi, c'est quand même étendu.
M. Jolin-Barrette : ...la loi
en général.
Mme Weil :
Parce que j'imagine que ça serait très intéressant, éventuellement, mais c'est
toute une expertise, hein, toute une expertise à avoir, l'organisme qui
signerait cette entente, cette délégation de pouvoirs.
M. Jolin-Barrette : Non, mais
ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas... Non, mais deux choses, là.
Exemple, là, pour la DGIVAC, là, bon, mais, eux, c'est au niveau de
l'administration du programme de l'IVAC. Mais, exemple...
Mme Weil :
...nations aussi, des...
M. Jolin-Barrette : Ça dépend.
C'est au cas par cas. Dans le fond, lorsque je parlais des Premières Nations,
c'était, supposons, pour offrir des services de santé, supposons, santé
mentale, santé psychologique. Mais l'objectif est de faire en sorte de pouvoir
répondre aux besoins des personnes. Donc, c'est pour ça que, dans le fond, on
peut conclure des ententes au bénéfice... mais c'est en fonction de la loi.
L'objectif de la loi, c'est d'offrir du soutien aux personnes victimes. Donc,
ce qu'on dit, c'est qu'on est habilités à conclure des ententes avec des organismes
publics et des organismes privés.
Mme Weil : O.K., mais, quand
même, tout pouvoir, donc, ou toute responsabilité qu'actuellement le ministre a
peut... tout ça peut être délégué à cet organisme, hein, selon cette entente.
C'est quand même vaste.
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est vaste, mais, dans le fond, dans le sens où c'est balisé par le biais d'une entente, ce
n'est pas différent que quand on dit, dans une loi habilitante : Le ministre
peut faire des ententes avec... que ses pouvoirs sont ceux-là, et il peut faire
une entente pour x, y raisons, là.
Mme Weil : Donc, c'est
dans les modalités, finalement. Tout est dans les modalités.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Exemple, avec les communautés autochtones, on pourrait signer une entente avec
la commission de santé et de services sociaux des Premières Nations du Québec
et du Labrador.
Mme Weil : C'est ça.
Donc, c'est quand même assez ciblé.
M. Jolin-Barrette : Bien, c'est
en lien avec la loi. Ça fait que, tu sais, l'objectif de la loi, c'est de
fournir des services aux personnes victimes. Donc, les ententes...
Mme Weil : Dans ce
cas-là.
M. Jolin-Barrette : ...et
adaptées à leur réalité. Ça fait que, tu sais, c'est ça, le but de l'article.
Mme Weil : O.K., merci.
Le Président (M.
Bachand) : Autres interventions sur l'article 93? Sinon,
nous allons procéder à la mise aux voix. Ah! Mme la députée de Sherbrooke, oui.
Mme Labrie : C'est juste
qu'effectivement, là, le ministre, il a essayé de me rassurer, mais l'article
est tellement large que le régime au complet, là, pourrait être confié à une
organisation privée à but lucratif, là, en ce moment.
Moi, j'ai de la misère à me réconcilier avec ça. Je peux comprendre que, dans
certaines circonstances spécifiques, ça peut être approprié. Le ministre
a donné des exemples qui me semblent valables, mais l'article, ici, là, il est
vraiment très, très large. Est-ce que c'est possible, minimalement, de baliser
un petit peu plus le recours au privé, de prévoir au moins, je ne sais pas, un
règlement qui va baliser dans quelles circonstances ça peut être fait? Là, de
la manière dont moi, je lis l'article, l'ensemble de tout le projet de loi
pourrait être confié à une organisation privée. Ça ne me semble pas adéquat,
M. Jolin-Barrette : Bien non,
mais, dans le fond, les responsabilités du ministre vont toujours incomber au ministre. Donc, l'idée, c'est d'avoir de l'agilité
pour, dans le temps, pouvoir faire évoluer les choses en fonction des
besoins des personnes victimes. Ce n'est pas différent des habilitations
générales qu'il y a dans d'autres lois, alors que le ministre peut conclure une entente. L'idée, c'est qu'on veut s'assurer
que les personnes victimes aient les services requis.
Mme Labrie : «Une personne ou
un organisme
partie à une telle entente peut exercer, selon les modalités qui y sont prévues — donc, à l'entente — tout pouvoir ou toute responsabilité que la
présente loi confère au ministre.» Ça veut dire que ça pourrait être
confié à un organisme privé d'identifier quelles victimes sont admissibles, par
exemple. Tu sais, c'est aussi large que ça, là. Moi, je trouve que c'est trop
large.
M. Jolin-Barrette : Ça ne sera
pas ça. Mais, quand on parle d'organismes privés, là, un organisme à but non
lucratif, c'est un organisme privé.
Mme Labrie : Oui, puis c'est
pour ça que je nommais tout à l'heure : Est-ce qu'on peut spécifier que ça
pourrait être juste les organismes à but non lucratif?
M. Jolin-Barrette : Mais non, à
cause des raisons que je vous ai énoncées préalablement.
Mme Labrie :
C'est ça, mais c'est très large, là. Moi, est-ce que ma lecture est erronée? On
dit : «...tout pouvoir ou toute responsabilité que la présente loi
confère au ministre.» Ça veut dire aussi l'admissibilité des victimes.
M. Jolin-Barrette :
Ça pourrait être l'admissibilité des victimes.
Mme Labrie : Donc, c'est tout,
là, c'est l'ensemble de la loi. Moi, je trouve que c'est trop large, là. J'ai quand même un malaise avec ça. J'ai entendu les
exemples, là. J'adhère à ça. Je comprends que SOS Violence conjugale,
c'est une organisation privée puis que, dans certaines circonstances, c'est
pertinent d'y avoir recours. Mais «tout pouvoir ou toute responsabilité que la
présente loi confère au ministre», moi, je trouve que c'est beaucoup trop large
puis je suis certaine qu'il y a une façon de baliser un peu plus le recours au
privé.
M. Jolin-Barrette : Bien, moi,
je vous le dis, je suis très à l'aise. Une des problématiques qu'on a eues avec
l'IVAC, c'est que c'était, dans certains
cas, confié à un régime particulier. Alors, il faut avoir de la souplesse. Si jamais il y a quelque chose
qui ne marche pas, il faut avoir la possibilité de se retourner, au bénéfice
des personnes victimes.
M. Jolin-Barrette : Mais ça
prend une infrastructure technologique importante, ça prend du personnel en
grande quantité. Donc, on ne pourrait pas, demain matin ou même dans un an,
envoyer ça à n'importe quelle entreprise privée, supposons, la gestion entière
du programme. Puis ce n'est pas le souhait, puis ce n'est pas ça qu'on va
faire. Alors, la députée de Sherbrooke en a ma parole.
Mme Labrie : Je remercie le
ministre de le dire au micro.
M. Jolin-Barrette : Et, comme
le député de LaFontaine tantôt l'a dit, elle pourra se lever en Chambre pour me
questionner si jamais je faisais une telle chose.
Mme Labrie :
Est-ce que je pourrai même dire que le ministre avait menti si jamais il ne
respectait pas sa parole?
M. Jolin-Barrette : Non, ça,
par contre, ce n'est pas permis à l'Assemblée nationale...
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Jolin-Barrette : ...et, M.
le Président, j'en rugirais.
Mme Labrie : Je n'en doute pas,
on a entendu ça ce matin.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Autres
interventions sur 93?
M. Jolin-Barrette : Ça vient de
mon fond, comme on dit.
Le Président (M.
Bachand) : Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire :
Mme Labrie (Sherbrooke)?
Mme Labrie : Abstention.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'article 93 est adopté.
Merci. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette :
L'article 94, M. le Président :«Le ministre prend entente avec la Société
de l'assurance automobile du Québec et la Commission des normes, de l'équité,
de la santé et de la sécurité du travail pour établir un mode de traitement des
demandes d'aide financière en vertu de la présente loi dont les circonstances
impliquent des situations
ou des matières également couvertes par la
Loi sur l'assurance automobile
ou par la
Loi sur les
accidents du travail et les maladies professionnelles.
«Cette entente doit
permettre :
«1° de distinguer les
attentes, les préjudices et les séquelles qui sont régis par l'une ou l'autre
des lois;
«2° de déterminer le
droit et le montant des aides financières, des indemnités, des prestations ou
des autres avantages pécuniaires payables en vertu de chacune des lois
applicables;
«3° de déterminer les
aides financières, les indemnités, les prestations et les autres avantages
pécuniaires que doit verser chacune des autorités concernées et de préciser les
cas, les montants et les modalités de remboursement entre elles;
«4° de régler les
différends qui peuvent survenir entre le ministre et les organismes mentionnés
au premier alinéa dans l'application des régimes de ces lois.»
Donc, le commentaire.
Cette disposition oblige le ministre, la Société de l'assurance automobile du
Québec et la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité
du travail à établir, par entente, un mode de traitement
des demandes lorsque les circonstances qui entouraient celles-ci impliqueraient
des situations visées à la fois par
la présente loi et par la
Loi sur l'assurance automobile et la
Loi sur les
accidents du travail et les maladies professionnelles.
Cette entente
distinguerait les atteintes, les préjudices et les séquelles qui seraient reconnus
en vertu de l'une ou de l'autre des lois et elle déterminerait les montants des
aides financières, des indemnités, des prestations et des autres avantages
pécuniaires qui seraient versés en vertu de chacune des lois. Ainsi, dans
chaque cas, il serait déterminé les montants attribuables à l'un ou l'autre de
ces régimes.
Donc, c'est lorsque
ça touche plus d'un régime, M. le Président, ça établit qu'on doit fixer ça par
ente