Transportation and the Environment — 18 January 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CTE 2022-01-18
Quebec — Committees
(Neuf
heures trente-trois minutes)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, à l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission des transports et de l'environnement ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 102, Loi visant
principalement à renforcer l'application des
lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages, à assurer une
gestion responsable des pesticides et à mettre en oeuvre certaines
mesures du Plan pour une économie verte 2030 concernant les véhicules zéro
émission.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Caron (Portneuf) est
remplacé par M. Lefebvre (Arthabaska); Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)
est remplacée par M. Zanetti (Jean-Lesage); et M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine) est remplacé par M. Gaudreault (Jonquière).
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le
secrétaire. Donc, lors de l'ajournement de nos travaux hier soir, le débat
portait sur l'article 52 de la loi édicté à l'article 1 du projet de
loi. Est-ce qu'il y a des interventions sur cet article? M. le ministre, oui.
M. Charette :
Bien, tout d'abord, bonjour aux collègues. Bonjour à vous, Mme la Présidente.
Peut-être un petit rappel. On s'était laissé sur des commentaires très
pertinents, là, des collègues, la députée de Verdun, le député de Jonquière
aussi, qui questionnaient un petit peu : Pourquoi on faisait référence au
gouvernement provincial, au gouvernement fédéral, mais qu'on ne mentionnait pas
les gouvernements municipaux? On a précisé que c'était une énumération qui n'était pas exhaustive, mais peut-être
y aller d'une formule de compromis. Et on présentera un amendement, là,
dans les prochains instants, où on enlèverait tout simplement la référence aux
gouvernements provincial et fédéral pour laisser entendre qu'on se réfère à
l'ensemble des lois et règlements, là, qui touchent l'environnement. Donc, avec
votre consentement, on pourrait procéder au dépôt de l'amendement et on pourra
en discuter, là, par la suite.
Présidente (Mme Grondin) : Donc,
avons-nous un consentement pour ce dépôt-là? Parfait. Donc, je vais suspendre
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 36)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous reprenons nos travaux.
M. le ministre, vous proposez un amendement à l'article 52. Donc...
M. Charette : Pour le neuvième paragraphe, effectivement. Donc, ce serait
de remplacer, dans le paragraphe 9˚, du premier alinéa de l'article 52 de la
Loi sur les mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages
proposé par l'article 1 du projet de loi, «fédérales ou provinciales» par «ou
aux règlements».
Cet amendement vise à
référer d'une manière plus générale aux lois et aux règlements pouvant être
concernés, de façon à y inclure plus clairement les règlements municipaux.
Donc, on le lirait
comme suit :
«52. Dans la détermination de la peine, le juge
tient compte des facteurs aggravants. Sont notamment de tels facteurs :
«9˚ le fait que le
contrevenant a, dans le passé, accompli des actes contraires aux lois ou aux
règlements visant la conservation ou la
protection de la santé humaine ou de l'environnement, y compris la végétation
ou la faune;».
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Y a-t-il des commentaires?
Mme la députée de Verdun.
Melançon : Bien, je tiens à remercier le ministre pour son amendement
qui, selon moi, permet de... plutôt que d'exclure, là, on englobe sans nommer,
mais on est beaucoup plus près de ce que je faisais mention hier. Alors, en ce sens là, moi, cet amendement-là me convient
beaucoup mieux que la rédaction qui était faite, donc, au paragraphe 9˚. Et,
pour moi, je suis d'avis que ça va exactement dans le sens de mon commentaire
hier. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions?
Oui, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, moi aussi, là, je vais appuyer cet amendement parce
que je n'aime pas ça que, dans une loi du
Québec... voir apparaître les mots «fédérales» et «provinciales», premièrement.
Et deuxièmement, quand on parle de lois et règlements, bon, bien, ça
couvre de façon large, là, toutes les lois et tous les règlements adoptés,
incluant évidemment les règlements municipaux. Alors, je pense, c'est une belle
formule.
La Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc, s'il n'y a pas d'autres
interventions, est-ce que l'amendement est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, l'amendement est adopté... de
l'article 52. Nous revenons à l'article 52 tel qu'adopté. Y a-t-il
d'autres interventions? Ça va?
Donc, est-ce que
l'article 52, tel qu'amendé, est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Adopté. Donc, M. le ministre,
l'article 53, s'il vous plaît.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente.
«53. Sur demande du
poursuivant, jointe au constat d'infraction, le juge peut imposer au
contrevenant, en outre de toute autre peine, une amende additionnelle d'un
montant maximal équivalent au montant de l'avantage pécuniaire que ce dernier a
tiré de l'infraction, et ce, même si l'amende maximale lui a été imposée.»
Le commentaire :
Cet
article prévoit la possibilité pour un juge d'imposer une amende
additionnelle à celle prévue pour la commission de l'infraction. Le contenu de
cet
article n'est pas nouveau et se retrouve dans plusieurs des lois
concernées. L'abrogation des articles concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Merci, M. le ministre. Y
a-t-il des interventions sur l'article 53? Mme la députée de Verdun?
Melançon : Juste pour être sûre de bien comprendre, puis peut-être on
aime bien avoir les exemples du sous-ministre, à ce moment-ci, pour bien
comprendre, mais ça peut être, j'imagine, à ce moment-ci, sur des terrains qui
ont été contaminés, revendus, où il y a un bénéfice qui est fait. Si l'amende
est en deçà, dans le fond, du bénéfice, on peut aller ajouter une amende, même
si celle-ci est maximale, pour être certaine qu'il n'y ait pas des gains, de
fait, par ceux ou par celles qui auraient eu tendance à contrevenir à une loi.
Présidente (Mme Grondin) : Je vous invite, M. Rousseau, à vous
présenter, s'il vous plaît.
Rousseau (Michel) : Oui. Michel Rousseau,
sous-ministre adjoint. En fait, il y a plusieurs situations, puis je dirais que
c'est un
article que, de plus en plus, nos enquêteurs et les procureurs portent
attention et souhaitent faire des représentations auprès des juges pour avoir
des amendes additionnelles.
Il y a plusieurs
exemples. Il y en a un qu'on a eu une condamnation, là, qu'on vient de
m'envoyer, qui est une sablière qui exploitait sans autorisation. Bien, il y a
eu un montant supplémentaire qui a été demandé parce que, pendant qu'il
exploitait sans autorisation, il y a des revenus qui sont rentrés, et tout ça.
Ça peut être parfois même pour compenser les frais qu'il y aurait eu à faire
une demande d'autorisation. Ça peut évidemment, dans le cas des sols contaminés
ou des choses comme ça... les avantages qu'ils ont eu de déverser ça dans des
endroits qui coûtent beaucoup moins cher. Donc, il y a plusieurs exemples.
Je dirais, l'enjeu
pour nous actuellement, c'est ça qu'on travaille avec les procureurs, c'est... Il
faut le documenter, hein? Il y a une analyse économique à faire et c'est
quelque chose qui va être de plus en plus utilisé. Donc, c'est un
article qui
est quand même important pour nous puis qui est très dissuasif, il faut le
dire.
Présidente (Mme Grondin) : J'ai pris pour
acquis qu'il y avait consentement pour que le sous-ministre puisse intervenir.
Donc, j'ai bien fait, hein, de prendre pour acquis? Oui, merci. Mais non, c'est
moi, c'est moi, monsieur. Donc, ça va?
Mme Melançon :
Ça me convient.
Présidente (Mme Grondin) : Oui? Il n'y a
pas d'autres interventions sur l'article 53?
Est-ce que
l'article 53 est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, il est adopté.
L'article 54.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente.
«54. Dans son jugement, le juge peut ordonner au
contrevenant déclaré coupable d'une infraction à la présente loi ou à l'une des
lois concernées :
«1˚ de
s'abstenir de toute action ou activité susceptible d'entraîner la continuation
de l'infraction ou une récidive;
«2˚ d'accomplir toute action ou d'exercer toute
activité permettant d'éviter la continuation de l'infraction ou de prévenir une
récidive;
d'élaborer tout plan, de le soumettre au ministre pour approbation et de le
respecter lorsqu'il est approuvé;
«4˚ de produire au ministre toute étude, opinion
ou analyse que la situation requiert ou de verser une somme d'argent à la personne ou à l'organisme qu'il
désigne afin de permettre la production de telles études, opinions ou
analyses;
«5˚ de prendre les mesures appropriées pour
remédier aux défauts constatés;
«6˚ de prendre l'une ou plusieurs des mesures
suivantes, en accordant priorité à celles qu'il considère comme étant les plus
adéquates pour atteindre l'objectif de la loi qui a été enfreinte :
«
a) remettre les choses dans l'état où elles
étaient avant que la cause de l'infraction ne se produise;
«
b) remettre les choses dans un état se
rapprochant de leur état initial;
«
c) réparer ou atténuer un dommage résultant de
la perpétration de l'infraction;
«
d) payer, lorsque l'infraction concerne le
défaut, avant la réalisation d'une activité, d'avoir obtenu une autorisation
requise par l'une des lois concernées, la compensation financière qui aurait
été exigée en vertu de cette loi pour la délivrance de cette autorisation,
selon les règles de calcul prévues à cet effet;
«
e) exécuter des travaux d'intérêt collectif,
aux conditions qu'il fixe;
«
f) verser une indemnité de type forfaitaire ou
autre, pour la réparation des dommages résultant de la perpétration de
l'infraction;
«
g) verser, en compensation des dommages
résultant de la perpétration de l'infraction, une somme d'argent au Fonds de
l'électrification et des changements climatiques institué en vertu de l'article
15.1 de la
Loi sur le ministère du Développement durable, de l'Environnement et
des Parcs ou au Fonds de protection de l'environnement et du domaine hydrique
de l'État institué en vertu de l'article 15.4.38 de cette loi;
«
h) verser à
un établissement d'enseignement, selon les modalités qu'il prescrit, une somme
d'argent destinée à créer des bourses
d'études attribuées à quiconque suit un programme d'études dans un domaine lié
à l'environnement;
«
i) mettre en oeuvre toute autre mesure compensatoire;
«7˚ de
fournir un cautionnement ou de consigner une somme d'argent en garantie de
l'exécution de ses obligations;
«8˚ de rendre publiques, aux conditions qu'il
fixe, la déclaration de culpabilité et, le cas échéant, les mesures de prévention
et de réparation dont l'exécution a été imposée;
«9˚ d'aviser à ses frais toute victime indirecte
des faits liés à la perpétration de l'infraction;
«En outre, dans le cas où le ministre, en
application de la présente loi ou des lois concernées, a pris des mesures en
lieu et place du contrevenant, le juge peut ordonner à ce dernier de rembourser
au ministre les frais directs et indirects, y compris les intérêts, afférents à
de telles mesures.
«Le juge peut également, dans son jugement, confisquer
un bien saisi dans le cadre d'une inspection ou d'une enquête. Les règles du
Code de procédure pénale s'appliquent au bien confisqué.»
Le commentaire : Cet
article prévoit
différents types d'ordonnances qu'un juge peut ajouter, en plus du montant
d'amende à payer, à la sentence d'un contrevenant déclaré coupable. Sauf pour
les sous-paragraphes d et e du paragraphe 6˚ et le paragraphe 9˚, le
contenu de cet
article n'est pas nouveau et se retrouve dans plusieurs des lois
concernées. L'abrogation des articles concernés sera proposée plus tard.
La Présidente (Mme
Grondin) : ...M. le ministre. Donc, Mme la députée de Verdun.
Melançon : Merci. On entend que la voix du ministre est un
peu mieux qu'hier soir, sans miel de Jonquière.
Donc, j'aurais deux questions, principalement
sur les paragraphes 6˚ et 9˚, puisque c'est de la nouveauté, là, du côté
de ces deux paragraphes-là. Au 6˚, donc, paragraphe, on écrit de prendre l'une
ou plusieurs des mesures suivantes en accordant priorité à celles qu'il
considère, donc le juge, comme étant les plus adéquates pour atteindre l'objectif de la loi qui a été enfreinte. Bon, là,
remettre les choses dans l'état où elles se trouvaient avant, je pense
que ça va de soi. Remettre les choses dans
un état se rapprochant de leur état initial, moi, le «se rapprochant» et non
pas «telle qu'elle était initialement», j'imagine que c'est parce que,
parfois, il y a des dommages irréparables, donc j'imagine que c'est pour ça,
mais j'aimerais avoir... je voudrais juste m'assurer que ma connaissance est...
que je suis en droite ligne, là, dans le fond avec ce que le législateur veut y
intégrer à ce moment-ci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, il y a consensus pour que
Me Grignon puisse intervenir, et je vous invite à vous présenter. Merci.
Mme Grignon (Karine) : Oui, alors,
bonjour. Karine Grignon, avocate au ministère de la Justice.
Oui, c'est ça. En fait, il y a une différence
entre une remise en état complète. Donc, parfois, il est difficile d'avoir cette
remise en état là dans le même état qu'il l'était initialement. Donc, on va
exiger un état qui s'en rapproche, là, qui permet les mêmes conditions, en
fait, pour la biodiversité qui était présente, tout ça, mais qui n'est pas nécessairement le même que l'état initial, là. Puis il y
a certains exemples, là, qui peuvent s'appliquer, là. In me donne comme exemple, pour la restauration
complète, une restauration d'une frayère, par exemple, puis une remise
en état s'en rapprochant, la restauration
d'une tourbière. Donc, on n'est peut-être pas capable de la restaurer
complètement dans son état initial, mais on peut, à tout le moins, le faire
dans un état qui s'en rapproche, là.
Mme Melançon : C'est parce que...
merci beaucoup, maître. C'est parce qu'à c, après ça, c'est réparer ou atténuer un dommage résultant de la perpétration
de l'infraction. Là, on diminue encore, donc là, on... en tout cas, le c
me cause un peu plus de problèmes, là, puis je voudrais voir la distinction
entre le b et le c à ce moment-ci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Oui, allez-y.
Mme Grignon (Karine) : Oui. Bien, en
fait, là aussi, là, il peut y avoir une mesure de compensation quand c'est plus
difficile d'exiger la remise en état. Peut être que l'entreprise n'est pas
spécialisée pour la remise en état, on va préférer qu'elle fasse une
compensation monétaire, puis c'est quelqu'un d'autre qui va faire la
restauration, par exemple, mais c'est... il accorde une priorité, mais le
paragraphe introductif précise bien que c'est l'une ou plusieurs des mesures
qui pourraient s'appliquer, là, selon un ordre de priorité, là. Donc, ce n'est
pas limité à une seule mesure du paragraphe 6˚, là, ça pourrait être un
ensemble de mesures, là.
Melançon : Parfait, d, ça m'allait. Exécuter des travaux
d'intérêt collectif aux conditions qu'il fixe, on parle de travaux
communautaires. C'est-tu ce que je comprends à peu près?
Mme Grignon (Karine) : Je vais vous
donner un exemple. Oui, on me donne comme exemple remettre en état un parc riverain d'un cours d'eau, par
exemple, donc qui ressemble effectivement à des travaux communautaires,
Mme Melançon : Puis j'imagine que,
si le juge veut aller là, c'est parce que... probablement, à un moment donné,
où il y a moins de... il y a moins de possibilités, justement, que de monter
vers le c, le b ou le a, là, parce que je
vois qu'il y a la gradation, hein, dans tout ça. Donc, j'imagine que c'est ce
que vous souhaitiez faire à ce moment-ci. G, on parle de verser en
compensation des dommages vers deux fonds, le Fonds vert ou le fonds de
l'électrification qui a été renommé, il y a le fonds de protection de
l'environnement. Est-ce qu'il y avait d'autres fonds? Parce qu'il me semble que dans la loi, il y a ces deux-là, mais
est ce qu'on pouvait peut être réfléchir à d'autres fonds en
environnement? Pourquoi est-ce qu'on a choisi ces deux fonds-là?
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, maître.
Grignon (Karine) : Bien, en
fait, c'est les deux fonds, effectivement, dont le ministre de
l'Environnement est responsable. Donc, on a nommé ces deux-là. Pour un autre
fonds qui serait administré par un autre ministre, donc on pourrait passer, par
exemple, par un autre paragraphe, là, le paragraphe c, là, si c'est pour
réparer avec un autre moyen de compensation, là. Donc, ce n'est pas limitatif à
ces fonds-là, là, mais on a nommé spécifiquement les deux fonds dont le
ministre de l'Environnement était responsable, parce qu'il y a des programmes
associés, notamment, à ces fonds-là, là. Si on pense au fonds de protection de
l'environnement, il y a un programme de restauration des milieux humides et
hydriques associé à ce fonds-là, spécifiquement. Donc, ça peut être très
pertinent, là, de le nommer spécifiquement.
Mme Melançon : Et vous dites que ce
n'est pas limitatif?
Mme Grignon (Karine) : Bien, non, en
imposant, en fait, une mesure compensatoire en vertu d'un autre paragraphe, le
juge pourrait dire que la mesure doit être... la compensation doit être déposée
dans tel fonds.
Mme Melançon : Puis est-ce que ça
pourrait être des fonds autres que gouvernementaux?
Mme Grignon (Karine) :
Probablement... un fonds municipal.
Melançon : Ou encore des
intérêts avec... parce qu'il y a des organismes au Québec qui ont aussi des
fonds. Donc, j'imagine que le juge, à ce moment-là, pourrait décider d'aller
dans un fonds appartenant à un organisme?
Mme Grignon (Karine) : ...en effet,
si... toujours, si le fonds permet l'ajout de ces sommes-là à l'intérieur de
son fonds, là, selon le cadre qui s'applique à ce fonds-là, là, le juge,
effectivement, pourrait aller là.
Mme Melançon : D'accord, d'accord.
Le paragraphe 8˚, «de rendre publiques, aux conditions qu'il fixe, la
déclaration de culpabilité [...] les mesures de prévention et de réparation
dont l'exécution a été imposée», de rendre publiques où? Comment? Est-ce que je
pourrais avoir un peu d'information, s'il vous plaît?
Mme Grignon (Karine) : Oui, bien, ça
pourrait être, par exemple, dans une revue spécialisée, là. On a parlé de
professionnels, un petit peu plus tôt dans les discussions. Donc, les revues
spécialisées pour les professionnels, le fait de diffuser cette information-là, tu sais,
peut avoir un certain impact, là, au niveau des entreprises aussi, au
niveau de leur expertise, là. Donc, ça pourrait être dans ce type de médias là,
par exemple, là.
Mme Melançon : Je me rappelle, avant
les Fêtes, lorsqu'on était... je ne me rappelle pas à quel article, on a parlé,
justement, du site Internet, bien sûr, du ministère, sur lequel on retrouvait
beaucoup d'informations. Et lorsqu'il y
avait certaines problématiques, il me semble que c'était avec certaines
municipalités, là, notamment, où on devait
rendre le tout public sur le site Internet. J'aimerais simplement savoir est-ce
qu'obligatoirement, lorsqu'il y a un jugement de la sorte, est-ce qu'on
peut retrouver ça à quelque part sur le site Internet du ministère?
Mme Grignon (Karine) : Je peux y
aller. Bien, en fait, on va le voir plus loin, là, il y a un registre, effectivement, public des déclarations de
culpabilité. Donc, sur le site Internet du ministère, vous retrouvez ce
registre là où toutes les déclarations de culpabilité apparaissent. Donc, le
paragraphe 8˚, c'est en plus de cette diffusion-là, là, sur le site
Internet. Il pourrait y avoir une autre diffusion dans un autre type de médium,
Mme Melançon : Je pose la question
parce que les citoyens sont de plus en plus intéressés, dans le fond, à savoir,
lorsqu'il y a infraction, les gens se font entendre de plus en plus, et, bien
sûr, quand il y a infraction, bien, ils veulent souvent savoir, bien, qu'est-ce
qui est arrivé, qu'est-ce qu'il en est advenu. Souvent, on ne le sait pas,
c'est plus difficile à trouver. Et je pense que d'avoir ce registre-là, d'être
obligé d'aller le verser à l'intérieur du registre, ça m'apparaît quelque chose...
puis on n'en parle pas dans cet article-là. Je me demandais pourquoi.
Mme Grignon
(Karine) : Bien, en fait, c'est ça, on va l'étudier un petit peu plus
loin, il y a une
section de la nouvelle loi, là, qui traite spécifiquement des
registres. Il va y avoir un registre de sanctions pécuniaires, un registre pour
les avis d'exécution et un registre pour les déclarations de culpabilité, là.
Mme Melançon : Je voyais le ministre
vouloir réagir. Oui, j'aimerais bien l'entendre.
Charette : ...information, effectivement, les articles plus loin nous apporteront des précisions
intéressantes. Mais il y a déjà un communiqué de presse qui est diffusé pour
toute condamnation de 1 000 $ et plus. C'est aussi sur le registre.
Pour chacune de ces condamnations-là, à travers les réseaux sociaux, il y a des
communications qui sont faites, et, en
parallèle de tout ça, on est à travailler un chantier au niveau de nos
communications pour les rendre encore plus accessibles, mais, déjà là,
ce sont des informations qui sont communiquées, là, de façon systématique et
qui peuvent être consultées, là, par le public.
Mme Melançon : Parfait, merci. Moi,
ce qui m'inquiète un peu, là, dans l'obligation... «Dans son jugement, le juge peut ordonner au contrevenant déclaré
coupable d'une infraction à la présente loi ou l'une des lois
concernées.» Donc, dans le fond, ici, là, c'est... faites un choix, là. Le juge
peut aller chercher ce qu'il souhaite, ce qu'il veut à l'intérieur des
différentes propositions qui sont faites ici. Moi, dans : «De rendre
publiques, aux conditions qu'il fixe, la déclaration...» Moi, la seule chose
qui me fait craindre, là... puis avec l'explication, Me Grignon, que vous
m'avez donnée, c'est que, parfois, ça devient tellement pointu, ça peut être
une revue, pour des gens, où c'est hyperpointu.
Donc, de savoir qu'il y a le registre avec
l'information supplémentaire que le ministre vient de nous parler, là, bien, je
pense... je ne sais pas, en tout cas, mais moi, je trouve que c'est très, très
large. Puis je comprends qu'on va laisser au
juge le soin de faire le choix, mais je pense qu'il ne faut pas que ce soit
trop pointu, je le dis, parce qu'il y a des microrevues aussi, là. C'est
très, très bien, mais je ne pense pas que ce soit là le souhait du législateur.
En tout cas, ce n'est pas mon souhait à moi, là, quand je lis le
huitième paragraphe.
Dans le fond, ce qu'on souhaite, c'est de
pouvoir atteindre un large public, puis un public, bien sûr, parfois un peu
plus spécialisé, là. Mais il faut juste faire attention quand on parle de
public spécialisé, parce que ça ne devient vraiment que pour des initiés, puis
je trouve ça un peu dangereux. C'est mon commentaire que je souhaitais quand
même amener ici comme législatrice.
Et finalement il y a le neuvième
paragraphe : «D'aviser, à ses frais, toute victime indirecte des faits liés
à la perpétration de l'infraction.» Ça aussi, on en a parlé un petit peu avant
les fêtes, là. Je me rappelle qu'on en avait un peu parlé. Mais ici, là, les
victimes indirectes des faits, on parle de qui? Parce que «victimes
indirectes», là, ça peut être assez large comme définition. Je voudrais savoir
pourquoi est-ce qu'on y va ainsi.
La Présidente (Mme
Grondin) : Qui souhaite intervenir? Donc, M. le
sous-ministre.
M. Rousseau (Michel) :
C'est sûr que c'est un article... Il faut voir, là, qu'effectivement c'est une
bonne liste qu'un juge peut utiliser. Puis, à la limite, il peut ordonner
d'autres choses, hein? Il faut voir que, quand ça a été mis, c'était aussi pour favoriser que, dans les condamnations, on ait
des ordonnances en plus, et le fait de les énumérer, bien, ça donne des
idées au juge. Je vais dire ça comme ça. Bien, ce n'est pas un
article qui
était utilisé souvent, mais, par exemple, quelqu'un qui n'est pas au courant qu'il
y a eu tel problème au niveau environnemental puis qu'il aurait intérêt à le
savoir dans une communauté, je ne sais pas, moi, la nappe d'eau a été
contaminée, etc., ça pourrait d'être obligé à informer chacune des personnes,
finalement, qui est concernée par ce territoire-là. On a un cas récent, là,
quelqu'un qui ne peut plus recevoir des matières parce qu'il a été condamné à
ne pas en recevoir, bien, il pourrait être obligé d'aviser sa clientèle pour
lui dire qu'il n'y a plus... il ne peut plus rendre le service.
Donc,
ça peut être, je dirais, chaque fois qu'on veut que le contrevenant assume ses
responsabilités, c'est-à-dire qu'il fasse non seulement payer,
restaurer, etc., mais aussi informer les gens qui ont été touchés par ça et qui
ont besoin de le savoir. C'est sûr que le
ministère peut jouer ce rôle-là par des communiqués et autres. On s'entend, un
n'exclut pas l'autre, là, mais il y a des fois où le juge souhaite aussi que...
C'est une façon aussi d'éviter la récidive, là. Quand la personne est obligée
elle-même d'écrire, dans un journal précis qui s'adresse à une communauté,
qu'elle était en infraction, puis voici ce
qui est arrivé, voici à quoi que vous vous exposez, voici ce qui a été fait
pour corriger, puis finir avec une phrase qui dit : Je ne le ferai
plus, bien, c'est certain que ça a son effet, là, je pense, dissuasif, là.
Donc, il y a plusieurs exemples comme ça. Ça
pourrait être ces exemples-là. Ça n'a pas été utilisé beaucoup, là, mais le cas
de la clientèle, par exemple...
Mme Melançon : Bien, j'aime beaucoup
l'exemple que vous donnez, justement, l'exemple de la clientèle, où, à un
moment donné, ça devient gênant de dire à ta clientèle : Je contreviens
aux lois du gouvernement du Québec en matière d'environnement, et voici... Mais
il n'y a rien, quand même, qui me laisse, ici, voir ce qu'il peut écrire, hein?
Dans le fond, il pourrait dire : Je suis désolé, je ne vendrai plus de
telles matières, avis à la clientèle, point, sans
dire qu'il a été reconnu coupable de quelque infraction, et il aurait quand
même, tel que je le lis ainsi, là... Il aurait avisé sans nécessairement
dire... parce qu'il a été reconnu coupable, là, il n'y a pas nécessairement
le... à moins que le juge ordonne ce qu'il y a d'écrit pour la clientèle visée,
là, je ne sais pas si ça s'est déjà fait, mais, comme c'est un nouveau
paragraphe, j'imagine qu'on ne l'a jamais vu en action.
M. Rousseau (Michel) : «Aux conditions qu'il fixe», ce que ça vise, c'est que,
finalement, le juge va fixer les conditions dans lesquelles il doit rendre ça
public. Donc, il va y avoir à quel endroit, à qui ça s'adresse et quel est
l'essentiel du message. Donc, tout ça est possible, et tout ça devrait être
éventuellement dans l'ordonnance du juge, et c'est notre procureur qui le
suggérerait, évidemment.
La Présidente (Mme
Grondin) : Ça va, oui?
Mme Melançon : Ça me va pour le
moment, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions
sur cet article? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui, merci, Mme la
Présidente. C'est quand même un
article assez substantiel. Je pense que la députée de Verdun a fait un bon tour. Moi
aussi, j'ai des questions. Là, on n'a pas de mention du «notamment».
Donc, ça veut dire que, dans son jugement, le juge peut ordonner au
contrevenant les gestes qui sont en liste ici de façon exclusive. C'est ce que
je comprends?
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, Me Grignon.
Mme Grignon (Karine) : Bien, en
fait, selon la preuve qui sera présentée aux juges, là... Les demandes qui
seront faites par le DPCP, là, c'est un cadre, mais effectivement, là, ici, ça
vient colorer un petit peu le terrain de jeu du
juge, là, qui se limite un petit peu à ces actions-là, mais pas impossible
qu'une preuve soit présentée pour un élément qui n'apparaisse pas ici
puis que ce soit quand même considéré par le juge. Il faudrait voir, là. Chaque
cas est un cas d'espèce, là.
M. Gaudreault : Mais, dans sa
décision, le juge ne pourrait pas ordonner quelque chose qui n'est pas dans la
liste. Là, ça m'apparaît quand même fermé comme... bien, fermé, ce que je veux
dire, c'est quand même assez large, là, parce qu'on a beaucoup de picots, mais c'est en même temps fermé au sens
où on ne peut pas sortir de cette liste-là si le... J'essaie d'imaginer
quelque chose qui n'est pas dans la liste, là, mais, si le juge voulait
ordonner quelque chose de supplémentaire qui n'est pas dans cette liste-là, il
ne pourrait pas le faire. Il faut soit qu'il interprète, ou qu'il étire un peu
l'élastique d'un des éléments, ou qu'il se concentre carrément dans un des
éléments qui est là.
Mme Grignon (Karine) : ...en
sentence pénale. Donc, c'est ça, ça vient encadrer les pouvoirs du juge. Si on veut pouvoir ordonner autre chose, il faut
respecter les compétences des tribunaux, là. Ça fait que, peut-être, il
faudrait passer par un autre type d'action, là, à ce moment-là, quelque chose
qui n'entrerait pas dans ces choses-là.
M. Gaudreault : O.K. C'est sûr qu'en
même temps c'est rédigé de façon assez large, permettant d'interpréter un certain nombre de choses. Je ne
ferai pas d'amendement, Mme la
Présidente, pour ajouter un
«notamment». Là, je comprends la logique, mais je trouvais ça important d'en
parler.
Je voudrais revenir sur le picot de droit
nouveau, je ne sais pas si ça se dit, mais, en tout cas, qui est 6°, «exécuter
des travaux d'intérêt collectif». Des travaux d'intérêt collectif... J'aimerais
ça que le ministre nous donne des exemples
de ce que peuvent être des travaux d'intérêt collectif dans une sentence ou
dans un jugement, plutôt, de cette nature. Est-ce qu'il faut que ça soit
nécessairement collé à des enjeux environnementaux? Est-ce que ça peut être
d'autre chose? Alors, j'aimerais ça l'entendre un peu plus là-dessus.
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, M. Rousseau.
M. Rousseau (Michel) : Bon, je vais prendre
un exemple puis le transposer s'il était fait par le contrevenant. On a vu
qu'il pouvait, par exemple, verser de l'argent à un organisme. On a eu une
condamnation où de l'argent a été versé à un organisme de bassin versant,
presque le même montant de l'amende qui était donné, mais ça aurait pu être de
faire des travaux au bénéfice de cet organisme de bassin versant là. Supposons
que, je ne sais pas, là, le contrevenant est équipé de la machinerie et
l'organisme de bassin a un projet, et, plutôt que de donner de l'argent, le
procureur trouve que c'est une bonne idée d'aller faire tel type de travaux, ça
pourrait être ça.
Il n'y a comme pas de
limite à la nature des projets, l'idée étant de... Quand on arrive là, souvent,
c'est parce que, bon, soit qu'il n'y a plus rien à restaurer, soit que ce n'est
pas pertinent, mais on veut aller plus loin que l'amende. Bien, à ce moment-là,
on peut penser... On peut être très créatifs par rapport à ce que le milieu a
besoin en termes environnementaux, là. Le plus simple, souvent, c'est de
verser, puis c'est ce qu'on a demandé récemment, là, de verser de l'argent aux gens du milieu qui travaillent sur ces
projets-là. Mais ça pourrait être intéressant, des fois, de demander à l'entreprise d'aller faire le travail
ou de créer un milieu qui est favorable à l'environnement, à la
biodiversité.
Donc, ça serait ce
genre de situation là, mais, pour le faire, bien sûr, il faudrait qu'on ait un
indice puis qu'on alimente notre procureur
que, dans le milieu, il y a tel besoin et que ça pourrait être pertinent. Mais,
dans le cas que je vous parle, l'organisme de bassins de la zone du
Chêne, là, dans Lotbinière, bien, ça a été fait comme ça parce qu'il y avait un
lien entre l'infraction puis le fait de verser des sommes à cet organisme-là,
mais ça aurait pu être des travaux aussi.
Gaudreault : O.K. Bon, je comprends, dans les exemples que donne le
sous-ministre, quand il parle des OBV, que ce soit sous forme de contribution
financière ou de réalisation de travaux, on est dans des domaines qui sont
reliés à l'environnement. Mais ici, on ne le mentionne pas, quand même. Dans le
texte, on dit : «Exécuter des travaux d'intérêt collectif, aux conditions
qu'il fixe.» Ça voudrait dire qu'un juge pourrait dire : J'ordonne à
l'entreprise XYZ de contribuer tel montant à une fondation d'un hôpital,
disons, ou, je ne sais pas, moi, de verser tel montant à un organisme bénévole
d'aide à l'itinérance, ce qui est correct en soi, mais qui n'est pas en lien
avec l'environnement, alors que, là, on est en train de faire une
loi sur un
tronc commun en matière pénale, notamment en matière d'environnement.
Alors, je ne sais pas
si on ne pourrait pas préciser, si on ne devrait pas préciser, puis je reprends
un peu l'expression du sous-ministre tout à l'heure, «exécuter des travaux
d'intérêt collectif favorables à l'environnement et à la protection de la biodiversité, aux conditions qu'il fixe», pour
vraiment préciser qu'il faut que les travaux d'intérêt collectif soient
favorables à l'environnement et à la protection de la biodiversité, entre
autres, et non pas donner une marge de manoeuvre au juge pour... bien que je
respecte toute autre organisation collective ou travaux collectifs, mais je
pense qu'il faudrait que ça soit vraiment relié à la protection de
l'environnement et de la biodiversité. Alors, je ne sais pas comment le
ministre peut recevoir une précision comme celle-là.
Présidente (Mme Grondin) : M. le ministre.
M. Charette :
Avec le consentement des collègues, on pourrait peut-être juste suspendre deux,
trois petites minutes pour se concerter sur cet élément-là et peut-être vous
revenir avec une proposition.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, il y a consentement pour
suspendre les travaux? Ça va? Donc, on suspend.
(Suspension de la séance à
10 h 17)
Présidente (Mme Grondin) : Nous reprenons
nos travaux. M. le ministre, vous souhaitez déposer un amendement à l'article
M. Charette :
En fait, ce que je nous proposerais plutôt, c'est que c'est le député de
Jonquière qui fasse le dépôt, étant donné que la préoccupation, là, venait de
lui. Donc, il aurait une formulation, là, à nous proposer qui me semble tout à
fait convenable dans les circonstances.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc,
M. le député de Jonquière, je vous invite à lire votre proposition
d'amendement.
Gaudreault : Oui, merci. Je veux remercier l'équipe qui accompagne le
ministre au niveau juridique, notamment, pour le soutien et la rédaction d'un
amendement qui est conforme au corpus législatif.
Alors, mon amendement
serait le suivant : À l'article 1 qui vient modifier l'article 54, LMA...
LMA,
loi sur...
Mme Grignon
(Karine) : La
loi sur les mesures...
Gaudreault : Excusez.
Mme Grignon (Karine) :
Loi sur
certaines mesures permettant d'appliquer les lois...
M. Gaudreault : O.K.
Mon Dieu! O.K., en tout cas, cette loi, là, 54, LMA... Je connais le LME, qui
est le London Market Exchange, mais pas le LMA. Enfin.
Article 1, donc : Insérer au sous-paragraphe
e du paragraphe 6e de l'article 54 de la
Loi sur certaines mesures permettant
d'appliquer les lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages
proposé à l'article 1 du projet de loi, et après «d'intérêt collectif»,
«favorables à l'environnement, aux espèces vivantes, à la sécurité des
personnes et des biens ou à la conservation de la biodiversité».
Donc, Mme la
Présidente, pour bien se comprendre, là, c'est un amendement qui vient au
point... à l'alinéa 6°, au sous-alinéa
e... paragraphe e, plutôt, qui vient dire : «exécuter des travaux
d'intérêt collectif favorables à l'environnement, aux espèces vivantes,
à la sécurité des personnes et des biens ou à la conservation de la
biodiversité, aux conditions qu'il fixe».
Alors, je pense que c'est important de préciser
quand même, ici, qu'on vient vraiment, je dirais, caractériser ou on vient vraiment préciser que, si un juge
ordonne à un contrevenant d'exécuter des travaux d'intérêt collectif, il
faut vraiment que ça soit favorable à l'environnement
ou à la protection, la conservation de la biodiversité, des espèces
vivantes.
Le lien avec la sécurité des personnes et des
biens, évidemment, fait référence à la
Loi sur la sécurité des barrages. Vous comprenez qu'un barrage doit être
sécuritaire, en lien avec la sécurité des personnes et des biens. Alors,
ça voudrait dire, peut-être, un contrevenant
à la
Loi sur la sécurité des barrages se verrait ordonner par un juge, peut-être,
de faire un travail d'intérêt collectif qui
serait autour de la sécurité des barrages, soit rehausser une digue, peut-être
financer une organisation de bassins versants autour d'un réservoir en amont
d'un barrage. Ça pourrait être ça, mais il faut que ça soit clairement
mentionné ici que l'objectif, l'intention de cet amendement, c'est vraiment que
les travaux d'intérêt collectif soient dédiés à la protection de
l'environnement ou de la biodiversité et des lois, évidemment, qui sont
concernés par l'espèce de tronc commun qu'on est en train de fabriquer ici.
Alors, c'est ça, et moi, j'invite évidemment les
collègues ici à appuyer cet amendement. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le député. Y a-t-il d'autres interventions
portant sur cet amendement? M. le ministre.
M. Charette : Tout simplement mentionner
que la formulation nous convient. Je remercie le collègue pour sa
collaboration.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il des interventions?
Mme la députée de Verdun, ça va? Donc, est-ce que l'amendement est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Donc, l'amendement est adopté. Nous
revenons à l'article 54 tel qu'amendé. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la
députée de Verdun.
Mme Melançon : Bien, simplement
parce que ça va en droite ligne avec ce que nous discutions tout à l'heure, là,
lorsque j'ai posé la question quant au versement en compensation des dommages
résultant de la perpétration, à g, là, de
l'infraction, une somme d'argent au Fonds d'électrification ou au Fonds de
protection, Me Grignon, vous avez répondu, tout à l'heure, que c'étaient
ceux-là, mais pas uniquement ces fonds-là, hein, on pouvait... Le juge pouvait
décider d'aller ailleurs, parce que, là, c'était en droite ligne avec la
réflexion que je faisais tout à l'heure. Il ne faudrait pas non plus que ça
aille dans des fonds qui ne sont pas en lien avec l'environnement.
C'est drôle, moi, j'aime beaucoup l'amendement,
là, que nous venons d'adopter, là, au paragraphe e, au sixième paragraphe, e.
Cependant, c'est aussi vrai pour les autres possibilités pour des versements de
compensation monétaire. Et là on donne deux exemples concrets, mais c'est quand
même laissé au bon jugement des juges. Mais l'explication, où on veut être en
faveur de l'environnement, il ne faudrait pas qu'on se retrouve dans un fonds
dédié à autre chose. Je ne sais pas ce que le ministre...
M. Charette : ...le questionnement,
là, aussi très légitime de la collègue, mais, étant donné que les deux exemples
qui sont donnés sont en droite ligne avec l'environnement, ça donne
l'orientation. Et ce n'est pas un «notamment» ou autres, donc, c'est... Sans
dire que c'est exclusif, l'orientation est quand même très précise, là, que ça
doit être en ligne avec l'environnement.
Mme Melançon : À partir du moment
où, comme législateur, ça a été dit dans le micro, il y a aussi cette volonté
qui est bien exprimée. Alors, c'était un peu le but de tout ça. Merci beaucoup.
Présidente (Mme Grondin) :
Ça va? Donc, y a-t-il d'autres commentaires sur l'article 54 tel
qu'amendé? Est-il adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci. Donc, l'article 54, tel qu'amendé, est
adopté. Nous poursuivons avec l'article 55.
M. Charette :
...et je précise qu'il y aura aussi un amendement, qui est déjà partagé, là,
depuis plusieurs semaines, aux collègues, là, qui sera lu.
Donc, je vous lis l'article tel que déposé
initialement. Donc, le 55 :
«Le poursuivant doit donner au contrevenant un
préavis d'au moins 10 jours pour toute demande concernant les paragraphes 5° et
6° du premier alinéa de l'article 54, sauf si les parties sont en présence du
juge. Le juge doit, avant de rendre une ordonnance concernant ces demandes et
sur demande du contrevenant, lui accorder un délai qu'il juge raisonnable pour
lui permettre de présenter une preuve relative à la demande du poursuivant.»
Le commentaire : Cet
article prévoit la
transmission obligatoire d'un préavis lorsque le poursuivant entend demander au
juge certaines ordonnances particulières. Il exige notamment qu'un juge
permette au contrevenant de présenter une preuve quant à la demande du
poursuivant.
Le contenu de cet
article n'est pas nouveau et
se retrouve dans plusieurs des lois concernées. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Donc, c'est l'article initial. Je vous ferais la
lecture maintenant de la proposition d'amendement?
La Présidente (Mme
Grondin) : En fait, M. le ministre, comme c'est un
article que
vous ajoutez après l'article 55, on va d'abord régler l'article 55.
M. Charette : Ah! Parfait.
Excellent. On y va comme ça. C'est bien parfait.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, y a-t-il des interventions quant à l'article
55? Est-ce que l'article 55 est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, il est adopté.
À ce moment-ci, vous souhaitez amener un
amendement à l'article... qui ajoute, en fait, l'article 55.1.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Donc, ce serait tout simplement d'insérer, après l'article 55
de la
Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les lois en matière
d'environnement et de sécurité des barrages proposé par l'article 1 du projet
de loi, le suivant. Donc :
«55.1. Lorsque quiconque refuse ou néglige de
faire une chose qui lui est ordonnée par le tribunal, le ministre peut faire exécuter la chose aux frais du
contrevenant et en recouvrer le coût de ce dernier, avec intérêts et
frais.»
Commentaires. Cet amendement vise à corriger un
oubli. Actuellement, le ministre possède déjà un tel pouvoir, notamment en
vertu de l'article 113 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, qui vise à
la fois les ordonnances du ministre et les ordonnances du tribunal.
Comme les
dispositions pénales sont maintenant prévues à la nouvelle loi, il convient de
reproduire le contenu de l'article 113 de la LQE dans un nouvel article.
Présidente (Mme Grondin) :
Merci, M. le ministre. Donc, y a-t-il des interventions sur cet
amendement? Est-ce que l'amendement est adopté?
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, nous avons un nouvel
article 55.1. Nous poursuivons avec l'article
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Donc : «56. Dans la détermination d'une amende supérieure à
l'amende minimale prévue par la présente loi ou les lois concernées ou d'un
délai pour payer tout montant imposé, le juge peut tenir compte de la
difficulté du contrevenant à en assumer le paiement si ce dernier en fait la
preuve en établissant ses ressources et ses charges.»
Commentaires. Cet
article prévoit un élément que
peut considérer le juge dans la détermination de l'entente... de l'amende
applicable pour une déclaration de culpabilité.
Le contenu de cet
article n'est pas nouveau et
se retrouve dans plusieurs des lois concernées. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) :
Merci, M. le ministre. Donc, y a-t-il des interventions sur l'article 56?
Est-ce que l'article 56 est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, il est adopté.
L'article 57, s'il vous plaît.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. «57. Les poursuites pénales pour la sanction des infractions à une
disposition de la présente loi ou des lois concernées se prescrivent, selon le
délai le plus long, par :
«1° cinq ans à compter de la date de la
perpétration de l'infraction;
«2° deux ans à compter de
la date à laquelle l'inspection ou l'enquête pénale qui a donné lieu à la
découverte de l'infraction a été entreprise :
«
a) lorsque
de fausses déclarations sont faites au ministre, à un inspecteur, à un
enquêteur pénal ou administratif, à une personne tenue de les assister
ou de les accompagner ou à une personne autorisée par le ministre en vertu du
deuxième alinéa de l'article 4 ou du premier alinéa de l'article 17;
«
b) dans les autres cas prévus par les lois
concernées.
«Dans les cas
visés au paragraphe 2° du premier alinéa, le certificat du ministre, de
l'inspecteur ou de l'enquêteur constitue,
en l'absence de toute preuve contraire, une preuve concluante de la date à
laquelle l'inspection ou l'enquête a été entreprise.»
Le commentaire : Cet
article prévoit le
délai applicable pour poursuivre un contrevenant. Une fois le délai passé, la
poursuite sera considérée comme prescrite.
Le contenu de cet
article n'est pas nouveau et
se retrouve dans plusieurs des lois concernées. L'abrogation des articles concernés
sera proposée plus tard. Les délais proposés par les lois concernées étaient
toutefois variables d'une loi à l'autre, allant d'un délai d'un an de la
perpétration de l'infraction à un délai de cinq ans, en passant par un délai
plus spécifique calculé à compter de la connaissance de l'infraction.
L'article
57 permet donc d'uniformiser l'ensemble des délais applicables.
À noter que l'article 107 du projet de loi
proposera d'ajouter des cas à
Loi sur la qualité de l'environnement pour
l'application du délai prévu au paragraphe 2°.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, y a-t-il des
interventions? Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Simplement... Parce que, là, ici, on vient donner les délais,
dans le fond, pour les poursuites, pour poursuivre un contrevenant. On parle de
cinq ans à compter de la date de perpétration de l'infraction. Est-ce que cinq
ans est... Depuis quand c'est cinq ans? Je pense qu'on a été à trois ans ou autour de. Le cinq ans a été introduit à
quel moment? Puis, dans le fond, j'aimerais savoir par la suite, peut-être
de la part du sous-ministre, ce cinq ans-là, combien de temps peut durer,
dans le fond, une... quand on fait des enquêtes? Parce qu'il doit y avoir des
durées. Il y a des enquêtes très, très courtes, mais il y en a de plus longue
haleine aussi, là. Juste pour connaître avec le délai puis depuis quand on est
à cinq ans.
M. Rousseau
(Michel) : C'est 2011. En fait, c'est lors de l'entrée en
vigueur, en 2011, lorsqu'on a revu complètement la loi au niveau des mesures de
contrôle puis que les SAP ont été introduites, là. À ce moment-là, le délai est
passé de deux à cinq ans. À l'époque, de mémoire, il y avait un cinq ans,
mais uniquement pour les matières dangereuses, mais là c'est devenu
cinq ans pour tout, pour ce qui est de la perpétration de l'infraction.
Mme Melançon : Parfait. Et à la
question à savoir : Vos enquêtes, dans le fond, les durées des enquêtes,
ça doit être... Bien, ça doit dépendre de chaque enquête, là. Mais les durées
environ, c'est combien? Vous avez vu quoi comme enquête, la plus longue enquête
que vous avez faite?
M. Rousseau
(Michel) : Bien, je dirais
que, quand on va vers le système pénal, c'est clair qu'on sait qu'il va
y avoir des délais souvent en termes d'années. Les durées d'enquête, parfois,
c'est ça qui va être l'élément qui va être le plus long. Parfois aussi, ça va
être le délai au niveau des procureurs, pour toutes sortes de raisons. Parfois,
c'est le dossier qui est reporté aussi en cour. Je dirais que le délai moyen
entre le début d'une enquête puis une condamnation, ça ressemble à deux ans, à
peu près. Il y a des enquêtes... là, je n'ai pas la plus longue en tête, là,
mais je dirais que maximum deux ans, c'est pas mal ça, une enquête.
Les enquêtes parfois sont plus longues, celles
reliées aux milieux humides, parce qu'il faut toujours être en bonne période
pour aller faire les relevés, et tout. Et la période est courte au Québec, là,
pour faire des relevés terrain. Par exemple,
si on veut voir des espèces floristiques qui sont présentes ou pas, elles sont
présentes deux semaines par année, il
ne faut pas manquer notre coup cette semaine-là. Donc, souvent, c'est ceux-là
qui font que c'est un peu plus long.
Mais le cinq ans était vraiment un ajout
qui était très important, qui est utilisé aussi, là, parce que deux ans,
c'était court, on va le dire.
Mme Melançon : Donc, le deuxième paragraphe, là, le deuxième
paragraphe, quand on dit : «deux ans à compter de la date à
laquelle l'inspection ou l'enquête pénale qui a donné lieu à la découverte de
l'infraction a été entreprise», vous, ça ne vous donne pas... il n'y aura pas
de problème, ça ne vient pas en contradiction avec le temps nécessaire pour
bien faire le travail du côté des inspecteurs et des enquêteurs du ministère
pour pouvoir arriver dans un délai où on va pouvoir aller justement devant
devant le juge?
M. Rousseau
(Michel) : Non.
Le paragraphe 2°, le deux ans a été
ajouté, il y a quelques années, pour plusieurs lois. Là, il va être uniformisé.
C'est vraiment dans les cas où l'infraction peut dater de plus longtemps que
cinq ans, mais c'est lors de la découverte de l'infraction. Et ça, ça s'applique
dans le cas des fausses déclarations.
Mais le paragraphe b, qui dit «dans les autres
cas prévus par la loi», on va le voir à l'article plus loin, je pense que c'est 117, là, je ne veux pas me
tromper, où on va avoir des exemples... bien, pas des exemples, mais des
cas prévus par la loi où on pourrait utiliser ce deux ans-là, par exemple, pour
tout rejet de contamination à l'article 20, dépôt d'études
de caractérisation ou des choses comme ça. Donc, il y a des articles pour
lesquels il est possible qu'on découvre l'infraction après le cinq ans,
puis on veut quand même être capables d'intervenir. Mais ces articles-là ont
été quand même ciblés parce qu'on ne pourrait pas se donner, en bon français,
un bar ouvert, là, là-dessus. Ça serait contre les lois, contre les principes,
je dirais, de justice, là. Donc, la découverte de l'infraction va être utilisée
pour certains articles qu'on va voir à 117.
Mme Melançon : Donc, je vais reprendre, je vais reformuler, dans
le fond, ma question. Avec l'article ici, 57, ça donne vraiment coudées
franches à vos inspecteurs, à vos enquêteurs pour bien faire le travail. Puis
vous n'êtes plus contraints dans le temps, là, ou vous ne voyez pas de
problématique où on va dire : On a manqué de temps puis on ne peut pas
aller...
M. Rousseau
(Michel) : Bien, non. L'objectif, vraiment, de réécrire cet
article-là puis maintenant de l'uniformiser, c'est pour justement éviter les
cas qu'on a pu rencontrer. Je dirais que, pour nous, c'est très satisfaisant
avec ces délais-là, là, puis ça rencontre, je dirais, les délais habituels
d'enquête, et de juridique, et autres, là. Donc, on est correct avec ça.
Mme Melançon : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : D'autres interventions? M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. J'ai écouté
l'échange entre la députée de Verdun et le sous-ministre. Je veux bien
comprendre, là, avec le «cinq ans à compter de la date de la perpétration de
l'infraction» versus le «deux ans à compter de la date à laquelle l'inspection
ou l'enquête a donné lieu à la découverte de l'infraction». C'est qu'en matière
environnementale, et, pour moi, il m'apparaît courant qu'une infraction va
être... va donner des résultats, si on peut
dire ça de même, plusieurs années plus tard, parce qu'il peut y avoir, par exemple,
une contamination. Disons, si... on parlait, tantôt, de la
Loi sur la
sécurité des barrages. Le défaut d'entretien d'un barrage, on ne le voit pas nécessairement tout de suite, mais il va peut-être
y avoir une faille qui va se dessiner après cinq ans. Mais l'infraction,
disons, la négligence de bien entretenir le barrage, de faire, je ne sais pas,
moi, une couche de béton, peu importe, elle a été faite il y a plus de cinq
ans, mais la faille apparaît, disons, dans... plus tard.
Alors, je veux bien comprendre comment ça
marche, là, dans le sens qu'il peut y avoir un geste qui a été commis, une
infraction, mais dont les conséquences sont plus tard que cinq ans, comment le
ministère est capable de faire une poursuite pénale dans un contexte comme celui-là,
là. Je veux juste bien comprendre ça, là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, M. Rousseau.
M. Rousseau (Michel) :
Oui. Le cinq ans de la perpétration, c'est, disons, la base et c'est ce qui va
être utilisé dans la majorité des dossiers. Le deux ans à compter de la date où
on constate, ça pourrait être... Bon, à l'article 117...
j'ai dit 117, c'est 107, on a un article, par exemple, qui dit qu'on doit
déposer une étude de caractérisation quand une entreprise cesse
d'exploiter, etc., mais c'est possible qu'on constate la cessation, la fin de
l'exploitation de cette usine-là après le cinq ans. Ça arrive. Bien, à ce
moment-là, ça serait prescrit. Alors là, on va pouvoir utiliser cet article-là
pour dire : On l'a constaté en 2022, donc on a deux ans pour poursuivre.
Même chose pour tout ce qui concerne les
matières dangereuses où quelqu'un qui a oublié de nous... qui a fait une
infraction en vertu de l'article 66 pour des déchets, des déchets qui ont été
déposés à un endroit, puis on les découvre six ans après, bien, à partir du
moment où on va les découvrir, on va pouvoir y aller. Tandis que, si on avait
eu le... on avait seulement que l'article sur la perpétration de l'infraction,
il serait trop tard, ça serait prescrit.
Donc, il y a certains articles qui ont été
ciblés, et ces articles-là, bien, évidemment, c'est ceux que, par expérience, on sait qu'on a besoin parfois d'un
délai basé sur la découverte de l'infraction, mais on ne pouvait pas
mettre tous les articles là-dedans parce que le principe de prescription est
quand même un principe en procédure pénale
qui est assez serré, là, et, pour
ouvrir sur la découverte de l'infraction, il fallait l'encadrer. Donc, à
l'article 107, on va le voir, là.
L'exemple du barrage, bien, l'article, quand on
va arriver aux barrages, on va le voir, c'est une remise en état... pas une remise en état, c'est-à-dire, maintenir en bon état, donc, dès qu'on le constate qu'il n'est pas en
bon état, la perpétration de l'infraction est à ce moment-là. Donc, avec
le délai de cinq ans, on va être correct pour les barrages, là, parce que le
constat du mauvais état va être la date de début de la perpétration de
l'infraction.
M. Gaudreault : Donc, O.K., dans le
cas des barrages, la perpétration de l'infraction, le compteur démarre à partir
du moment où on le constate, même si le défaut d'entretien peut dater de plus
d'il y a cinq ans.
M. Rousseau (Michel) : Bien, compte tenu qu'il y a un
article qui dit que le
barrage... il y a un nouvel
article qui va être introduit, là, on va le voir
plus loin, qu'il doit être maintenu en bon état, bien... (interruption) pardon,
la journée où c'est constaté, s'il n'est pas en bon état, bien, ça va être la
journée de l'infraction, donc on va pouvoir utiliser le cinq ans. Voilà.
Gaudreault : O.K. Donc, le ministre me dit qu'il ne peut pas... le
ministre, le sous-ministre, et le ministre, par voie de conséquence, me dit
qu'il ne peut pas arriver de situation où la découverte de la perpétration de l'infraction, je ne sais pas si je le dis de la bonne
manière, là, où on perdrait le cinq ans ou on perdrait... ça serait prescrit à
partir du moment... Autrement dit, il faudrait juste que la prescription
s'applique si, admettons, c'est le ministère qui a fait défaut de poursuivre ou
d'intenter une démarche. Mais il n'y a pas de scénario qui... Moi, je veux
m'assurer qu'il n'y a pas de scénario qui fasse en sorte qu'on perde un recours
possible, ou un moyen, ou une poursuite possible parce que l'acte a été posé il
y a plus de cinq ans, mais on s'en est aperçu plus tard, là. Vous comprenez ce
que je veux dire?
Rousseau (Michel) : Oui. Je dirais, l'analyse a été faite pour
l'ensemble des articles, et j'ai envie de dire que tout a été couvert. Il a fallu aussi... il fallait aussi avoir une
bonne raison de mettre le deux ans après la découverte, encore une fois,
pour déroger du principe de prescription, là, qui est à partir du moment de la
commission de l'infraction. Ce n'est pas possible d'ouvrir ça «at large».
Donc, les articles
qui ont été mis là, c'est vraiment des articles qui, par expérience, on sait
que ça peut être utile. Donc, j'ai envie de dire que le tour de roue a été
fait. Est-ce qu'il y a un cas, oubli qui pourrait se glisser? Je pense que non. Pour ma part, je pense qu'on a fait
le tour, vraiment, de ce qui est pertinent pour mettre avec le deux ans,
là, ça, je suis assez confiant de ça.
Gaudreault : O.K., le sous-ministre nous dit : C'est
l'article 107 qui est l'autre
article clé, si on veut.
Rousseau (Michel) : Pour la
Loi sur la qualité de
l'environnement, oui, pour...
Gaudreault : 107 ou 117?
Rousseau (Michel) : 107.
Gaudreault : 107, O.K. Maintenant, est-ce qu'on pourrait mettre plus
que cinq ans? Est-ce que le délai de prescription est réellement suffisant?
Est-ce qu'on ne devrait pas l'étendre à 10 ans à compter de la date de la
perpétration de l'infraction? Est-ce qu'on est conforme à... quand même, un
bagage juridique en d'autres matières qui prévoit un délai de prescription de
cinq ans et de deux ans à compter de la date à laquelle l'inspection ou
l'enquête a donné lieu à la découverte, là? Donc, est-ce qu'on est correct?
Est-ce qu'on pourrait, considérant qu'on est dans un domaine particulier qui
est l'environnement, la protection de la biodiversité, etc., est-ce qu'on
pourrait se donner une période un peu plus longue pour être sûr de ne rien
échapper?
Présidente (Mme Grondin) : M. le ministre.
M. Charette :
...se pose avec raison. Cependant, on est dans des principes de justice, et
déjà le Code de procédure pénale, en termes de référence, c'est davantage de
l'ordre de un à deux ans... une seule année, et nous, on propose cinq ans.
Donc, il faut rester dans des balises qui sont reconnues par nos principes de
justice aussi. Donc, nos cinq ans et avec les modalités bien expliquées par le
sous-ministre adjoint, ça nous laisse une bonne marge de manoeuvre, là, pour
retourner en arrière, là, s'il y avait des nouvelles situations qui nous
étaient présentées.
Gaudreault : Ça va aller, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, y a-t-il d'autres
interventions? Non? Donc, est-ce que l'article 57 est adopté?
La Présidente (Mme Grondin) : Adopté. Nous amorçons le
chapitre VI,
Réclamation et recouvrement. M. le ministre, l'article 58.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. Donc : «58. Le ministre peut réclamer de toute
personne le paiement d'une somme qui lui est due en vertu de la présente loi ou
des lois concernées par la notification d'un avis de réclamation.
«Lorsqu'un avis de
réclamation vise plusieurs débiteurs, la responsabilité est solidaire entre
eux.»
Le commentaire :
Ce
chapitre prévoit le processus applicable à la réclamation du montant dû au
ministre et à son recouvrement. Les règles
sont calquées sur le régime prévu à cet effet par la
Loi sur la qualité de
l'environnement. L'abrogation de certaines dispositions relatives aux régimes
existants sera d'ailleurs proposée plus tard.
L'article 58 prévoit
plus spécifiquement que le ministre peut effectuer une réclamation pour un
montant dû en vertu de la loi ou des lois concernées. Il prévoit aussi comment
le ministre doit s'y prendre pour faire une telle réclamation. L'utilisation d'un avis de réclamation est notamment
prescrite.
L'article apporte notamment des précisions sur la
responsabilité des débiteurs lorsqu'il y en a plusieurs.
À noter toutefois
qu'une réécriture est toutefois proposée par rapport aux articles existants
pour scinder les multiples obligations qui se retrouvaient dans ces articles.
Ainsi, la précision sur certaines personnes responsables de l'avis de
réclamation est prévue à l'article 59, le contenu de l'avis de réclamation
est prévu à l'article 61 et les intérêts applicables au montant dû sont
prévus à l'article 60.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le
ministre. Donc, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Alors, ce que je comprends, à ce moment-ci, donc, c'est qu'on
parle tout simplement de l'avis de réclamation. C'est exactement ce à quoi fait
référence l'article 58. «Le ministre peut réclamer de toute personne le
paiement», bon, ça, ça me semble plutôt clair. Moi, c'est surtout sur les...
lorsqu'on vise plusieurs débiteurs, «la responsabilité est solidaire entre
eux». Dans le fond, c'est pour enlever la responsabilité du côté du ministère
de voir que ça va être payé en parties égales? Pourquoi est-ce qu'on arrive
avec cette phrase-là, à ce moment-ci?
La Présidente (Mme
Grondin) : Allez-y, Me Grignon.
Mme Grignon (Karine) : Oui, en fait,
c'est une règle, quand il y a plusieurs personnes qui sont visées par l'avis de
réclamation, s'il y a deux personnes ou plus, pour être sûr qu'une ou l'autre
des deux personnes paie le montant total. Donc, on a besoin d'écrire cette
règle-là, là, que la responsabilité est solidaire entre les débiteurs, là.
Donc, c'est pour écarter un petit peu la règle générale du Code civil. Donc,
une ou l'autre des personnes visées par l'avis va pouvoir payer la totalité de
l'avis de réclamation.
Mme Melançon : Parce que, dans le
Code civil, qu'est-ce qui est indiqué?
Mme Grignon (Karine) : Bien,
souvent, quand il y a deux personnes, ils vont dire que c'est au prorata, là,
selon le pourcentage, là.
Mme Melançon : Alors que nous, dans
le fond, ce qu'on cherche, c'est qu'il y ait un paiement qui soit exécuté, puis
le reste, bien, ils s'organisent entre eux pour que la somme puisse être
versée. Parfait. Et je comprends ici — merci beaucoup — dans
le commentaire, là... parce qu'on voit qu'on va pouvoir aller dans l'avis de réclamation avec les intérêts, on va les voir
subséquemment, là, ici, dans les prochains articles. Les avis de
réclamation, comme ça, il n'y a rien de nouveau, là. On vient juste, dans le
fond, l'ajouter à la nouvelle loi. Et, quand il y a des avis de réclamation comme ça, est-ce que... bien, est-ce qu'à chaque
fois les paiements sont faits? Dans le fond, est-ce que, parfois, on a
des problématiques à se faire payer, comme ministère? Et quels sont les recours
qui peuvent exister pour pouvoir faire atterrir l'avis de réclamation mais
aussi le paiement qui vient avec?
La Présidente (Mme
Grondin) : ...M. le sous-ministre.
M. Rousseau (Michel) : Oui. Dans les prochains articles, on va cheminer,
justement, dans ces différents recours là. Je les résume rapidement. L'avis de
réclamation... par exemple, une sanction administrative, c'est un avis de
réclamation. Il y a d'autres types d'avis de réclamation... donc, bien sûr,
peut être contesté. On parle d'un 20 %, 25 % de sanctions qui sont
contestées. Si finalement, après contestation, c'est confirmé, les gens paient.
S'ils ne paient pas, on peut émettre, on va le voir à l'article 67, un
certificat de recouvrement. Donc, c'est un certificat qui fait... tu sais,
c'est un pouvoir qui est dans la loi, qui fait office d'un certificat légal. On
n'est pas obligé d'aller faire une demande à la cour pour ça, ce qui était le
cas voilà quelques années, et le certificat de recouvrement, bien, est émis. Si
les gens paient, il peut y avoir une entente de paiement, on va le voir aussi
plus loin. S'ils ne paient pas, à ce moment-là, on peut aller en compensations
fiscales avec revenus. Donc, à ce moment-là, il peut y avoir des compensations
fiscales. Là, encore une fois, là, il y a beaucoup... il y a des montants qui
rentrent, là, une vingtaine de cas par année. Et ultimement, bien, ça peut être
un dépôt au greffe, il y a une exécution forcée, donc c'est un dossier qui est
transféré à nos procureurs pour se faire payer.
Donc, il y a quatre étapes, là, quatre moments
où le contrevenant se voit demander de payer et qu'il y a une mesure
supplémentaire de prise pour le forcer avant d'arriver à mettre le dossier
entre les mains des procureurs.
Melançon : Parfait. Merci. Bien, ces quatre étapes-là,
c'était important qu'on puisse bien les avoir en tête, justement, pour s'assurer que les sommes ne soient
jamais perdues, surtout dans le cas d'infractions environnementales. Et
le 20 %, 25 %, parce que j'imagine... puis on va les voir, là, je
pose la question, mais je vois qu'on va voir aussi les intérêts, mais aussi les frais. On voyait les frais, tout à l'heure, je
pense que c'était à 57, où on disait «avec intérêt et les frais qui sont
à payer». Parce que le ministère, dans chaque étape — il y
a quatre étapes — c'est
des coûts pour le ministère, mais ces frais-là sont payés... C'est le
contrevenant, dans le fond, qui va payer des frais supplémentaires avec les
intérêts encourus? Et les frais, habituellement, sont de combien, au ministère,
pour chacune des étapes?
M. Rousseau (Michel) :
Bien, en fait, juste pour bien comprendre, là... parce que, dans le terme
«frais», si on parle des frais pour que nous, on fasse les démarches de
recouvrement, ça, c'est couvert plus par les intérêts, finalement. Par contre,
il y a des frais qui peuvent faire l'objet d'avis de réclamation, par exemple,
les frais d'urgence, lorsqu'on fait des
travaux d'urgence, les coûts associés au personnel qui est là pendant une
journée, deux jours, trois jours et plus, le TAGA, et autres. Ça peut
monter à quelques milliers de dollars. Ça, c'est des frais qui vont être
réclamés à l'étape d'avis de réclamation.
Donc, tous les... ce genre de frais là vont être
réclamés. Pour ce qui est des frais administratifs pour, en bon français, courir après l'argent, bien là, à ce
moment-là, c'est plus au niveau des intérêts, là, c'est là que ça va se
jouer.
Melançon : Puis j'ai une question, là, c'est... on est plus dans...
Dans le fond, pour savoir s'il y a des sommes... parce que, quand il y a des
étapes comme ça, il y a des gens qui travaillent au ministère, mais il y a du
ministère de la Justice, il y a plein de gens... On fait nos frais, dans le
sens où ça ne coûte pas d'argent directement au ministère, ou ça va coûter des
sommes au ministère?
Rousseau (Michel) : On évalue à environ 600 $ en moyenne
lorsqu'on embarque dans un processus de recouvrement. Donc, oui, il y a des
coûts, c'est clair, parce qu'il y a des gens derrière ça. Donc, c'est des frais
qui sont inévitables, mais j'ai envie de dire qu'avec le montant qu'on a, ça
couvre. Et puis évidemment, bien, la
partie qui décide de contester aussi se
voit... voir les intérêts augmenter, donc c'est aussi dissuasif. Mais, oui, il
y a des coûts, puis, justement, on les a estimés environ à 600 $ en
moyenne pour le recouvrement. Mais là on parle de... Ça peut s'arrêter, comme
je vous dis, à chacune des quatre étapes, là, mais, en moyenne, c'est ça.
Melançon : Mais, dans le fond, les coûts sont couverts grâce aux
intérêts, puis habituellement on arrive quand même à équilibrer le tout ou ça
coûte...
Rousseau (Michel) : Ah! il y a des cas...
Excusez. Il y a des cas qu'on peut arriver en dessous, en bon français, mais,
en général, ça équilibre, oui.
Melançon : Parfait. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il
d'autres interventions sur l'article 58? Donc, ça va? Est-il adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, l'article 58 est adopté. M. le
ministre, l'article 59, s'il vous plaît.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «59.
Malgré l'article 58, la réclamation est
faite :
«1° par la personne
désignée par le ministre en application de l'article 17 s'il s'agit d'une
réclamation relative à la transmission d'un avis d'exécution;
«2° par la personne
désignée par le ministre en application de l'article 21 s'il s'agit de
l'imposition d'une sanction administrative pécuniaire.»
Le commentaire :
Cet
article précise que certaines personnes désignées sont responsables des
avis de réclamation lorsqu'ils concernent
les avis d'exécution et les sanctions administratives pécuniaires. Comme les
décisions de ces personnes peuvent faire l'objet d'un réexamen par le Bureau de
réexamen constitué en vertu de l'article 76 de la nouvelle loi, il importe
d'apporter cette précision.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants, à l'exception de la réclamation
concernant un avis d'exécution qui constitue un nouveau pouvoir proposé par la
nouvelle loi. L'abrogation des articles concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, Mme la
députée de Verdun.
Melançon : Oui. J'étais retournée dans mes notes, justement, pour
l'article 17 et 21. On avait longuement passé en revue, là, qui étaient ces
personnes autorisées par le ministre. Il en va de même pour le Bureau de
réexamen, hein, j'imagine, aussi, à l'intérieur de... parce qu'il y avait le
Bureau de réexamen où on avait des personnes
aussi qui pouvaient être nommées, et je crois que c'était le sous-ministre à
l'Environnement, là, pour le Bureau de réexamen. J'imagine que c'est la
même chose, à ce moment-ci, mais, comme on avait passé suffisamment de temps,
je n'ai pas vraiment de commentaire autre, puisque c'est déjà élaboré à
l'article 17 et 21.
M. Charette :
Si on regarde la séquence, là, qui nous attend, l'article 76 va nous
permettre d'aborder, là, cette question-là.
Melançon : Parfait, merci. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, pas d'autre commentaire sur l'article 59? Ça va? Donc, est-il
adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc,
l'article 59 est adopté.
L'article 60.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «Sauf disposition contraire, toute somme due
porte intérêt, à compter du 31e jour suivant la notification de l'avis visé à
l'article 59, au taux prévu au premier alinéa de l'article 28 de la
Loi sur
l'administration fiscale.
«Les intérêts sont
capitalisés mensuellement.»
Commentaires :
L'article prévoit les intérêts applicables à un montant dû. Le taux d'intérêt
sur les créances de l'État, déterminé conformément à l'article 38R2 du
Règlement sur l'administration fiscale, pour le trimestre débutant le 1er
octobre 2021 et se terminant le 31 décembre 2021, est de 5 %.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants, à l'exception de la
capitalisation mensuelle des intérêts qui était prévue uniquement dans la Loi
sur la sécurité des barrages. L'abrogation des articles concernés sera proposée
plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : ...M. le
ministre. Donc, y a-t-il... Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon :
Oui. Je veux simplement
comprendre «capitalisés mensuellement». Pourquoi c'était uniquement prévu dans la
Loi sur la sécurité des barrages?
C'est-tu parce qu'on n'avait pas revu depuis un certain temps,
simplement?
Présidente (Mme Grondin) : Allez-y, Me
Grignon.
Mme Grignon
(Karine) : Oui, exactement, c'est ça.
Melançon : C'est ça. Donc, celle-là était prévue, puis le reste, c'est
déjà prévu ainsi, là, de capitaliser mensuellement lorsqu'il y a les intérêts.
Mme Grignon
(Karine) : C'est prévu dans plusieurs lois au Québec, effectivement,
là. Donc, on calcule les intérêts une fois par mois sur le montant total, là.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc,
je... pas d'autre commentaire sur l'article 60? Est-il adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, l'article 60 est adopté.
L'article 61.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «61. Tout avis de réclamation indique :
«2° les motifs
d'exigibilité de cette somme;
«3° le délai à
compter duquel elle porte intérêt.
«Lorsqu'il
est relatif à l'imposition d'une sanction administrative pécuniaire ou au
paiement de la compensation financière ou des frais visés à l'article
17, l'avis fait aussi mention du droit du débiteur d'obtenir le réexamen de
cette décision devant le Bureau de réexamen et du délai dont il dispose pour en
faire la demande. Dans les autres cas, l'avis fait mention de son droit de
contester la réclamation devant le Tribunal administratif du Québec ainsi que
du délai dont il dispose pour ce faire.
«L'avis contient
aussi des renseignements relativement aux modalités de paiement et de
recouvrement de la somme réclamée. Le débiteur est également informé que le
défaut de payer la somme due pourrait donner lieu au refus de délivrer une
autorisation requise en vertu de l'une des lois concernées ou à la
modification, à la suspension, à la révocation ou à l'annulation d'une telle
autorisation et, le cas échéant, que les faits à l'origine de la réclamation
pourraient aussi donner lieu à un avis d'exécution, à une ordonnance ou à une
poursuite civile ou pénale.»
Cet
article prévoit
le contenu d'un avis de réclamation. Les mesures prévues par le deuxième et le
troisième alinéas permettent notamment d'informer le débiteur sur les modalités
de paiement, sur les contestations qu'il peut entreprendre et sur les autres
mesures qui pourraient être appliquées, s'il ne paie pas le montant dû.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le
ministre. Donc, Mme la députée de Verdun.
Melançon : C'est simple curiosité. Justement, les modalités de
paiement, c'est quoi, les... quelles sont les modalités de paiement, lorsque
quelqu'un reçoit, par exemple, un avis de réclamation? Est-ce qu'on peut
payer... C'est quoi? Quelles sont les modalités, dans le fond? Je suis juste
curieuse de savoir.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, M. le sous-ministre.
Rousseau (Michel) : En fait, au niveau du paiement, les gens
doivent payer... entièreté le paiement ou peuvent faire une entente de paiement
avec notre administration. Généralement, les ententes de paiement sont maximum
deux ans, sauf exception, et payées par mois. Donc, lorsqu'il y a des enjeux à
ce niveau-là, et ça arrive quand même assez souvent, la majorité vont payer
l'entièreté de la somme, mais il est possible de faire des ententes avec notre
administration, avec nos ressources financières.
Mme Melançon : Parfait. Et, quand je parlais aussi de modalités de paiement, c'est que
la personne reçoit une infraction.
J'imagine que, quand on reçoit le tout, ça doit être... je ne sais pas, là,
c'est-tu comme une contravention qu'on reçoit d'une ville, puis on peut
payer ça à notre institution financière directement?
Rousseau (Michel) : Je n'ai pas ce détail-là, mais je peux vous
le donner assez rapidement.
Mme Melançon : Parfait. On peut
peut-être passer à autre chose puis... parce que c'est vraiment par curiosité.
Parce qu'on sait que, des fois, dans les hôpitaux, on marche encore par fax. Je
voudrais juste m'assurer que ce soit plus facile, quand même, d'obtenir... en
tout cas, de faire le paiement, là. C'est vraiment par curiosité.
La Présidente (Mme
Grondin) : Vous souhaitez poursuivre ou ça va pour le moment?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, y a-t-il d'autres commentaires? Est-ce qu'on
peut quand même adopter l'article? Ça va, oui? Donc, est-ce que l'article 61
est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, adopté. En fait, je vous propose une petite
pause de cinq minutes. Ça vous convient?
Donc, je suspends les travaux. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 28)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous reprenons nos
travaux. Nous sommes rendus à l'article 62. Je crois, M. le ministre, vous
ne l'aviez pas encore... C'est ça?
M. Charette : Je ne pense pas. Et je
l'aime, parce qu'il est très court, donc ça me permet de ménager la voix par la
même occasion.
Donc,
article 62 : «La notification d'un
avis de réclamation interrompt la prescription prévue au Code civil pour le
recouvrement d'une somme due.»
Le commentaire : Cet
article prévoit les
règles applicables à la prescription d'une réclamation.
Cet
article reprend ce qui était déjà prévu aux
articles existants. L'abrogation des articles concernés sera proposée plus
tard.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait, merci. Donc, je ne vois pas de main levée
pour... Donc, est-ce que l'article 62 est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait. Donc, nous poursuivons avec
l'article 63.
M. Charette : 63, merci, Mme la
Présidente : «Tout avis de réclamation, autre que ceux notifiés en vertu
des articles 17 et 21, peut, dans les 30 jours de sa notification,
être contesté par le débiteur qui y est visé devant le Tribunal administratif
du Québec.»
Commentaire. Cet
article prévoit un droit de
contestation des avis de réclamation devant le Tribunal administratif du Québec. Il est fait exception des avis notifiés pour
les avis d'exécution et les sanctions administratives pécuniaires étant
donné que ceux-ci doivent d'abord faire l'objet d'un réexamen par le bureau de
réexamen. Ce sera alors la décision en
réexamen qui pourra être contestée devant le tribunal tel que le prévoit
l'article 82 de la nouvelle loi.
Cet
article reprend ce qui était déjà prévu aux
articles existants, à l'exception de la réclamation concernant un avis
d'exécution, qui constitue un nouveau pouvoir proposé par la nouvelle loi.
L'abrogation des articles concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) :
Merci, M. le ministre. Donc, y
a-t-il des interventions? Est-ce que l'article 63 est adopté?
La Présidente (Mme
Grondin) : Il est adopté.
L'article 64, s'il vous plaît.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. «64. Les administrateurs et les dirigeants d'une personne morale qui est en défaut de payer une somme due sont
solidairement tenus, avec celle-ci, au paiement de cette somme, à moins
qu'ils n'établissent avoir faire preuve de prudence et de diligence pour
prévenir le manquement qui a donné lieu à la réclamation.
«Dans
le cas d'une société ou d'une association non personnalisée, tous les associés,
à l'exception des commanditaires d'une société en commandite, sont présumés, en
l'absence de toute preuve que l'un ou plusieurs d'entre eux ou un tiers ont été désignés pour gérer les affaires de la
société ou de l'association, être les administrateurs de la société ou
de l'association.»
Commentaire. Cet
article permet de réclamer le remboursement d'une somme due au ministre
directement auprès des administrateurs et
des dirigeants d'une personne morale qui est en défaut de payer ou auprès des
personnes... auprès des associés, pardon, d'une société ou d'une association.
Cet
article permet
donc de faire abstraction de la personnalité juridique distincte d'une personne
morale et de faciliter le recouvrement.
L'article 317 du Code civil permet
déjà de faire abstraction de la personnalité juridique distincte lorsque cette
personnalité est invoquée pour masquer la fraude, l'abus de droit ou une
contravention à une règle intéressant l'ordre public.
L'article 64 vise à
étendre et confirmer cette possibilité dans le cadre de l'application des
mesures de recouvrement prévues à la loi.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le
ministre. Donc, est-ce que l'article 64 est adopté?
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, l'article est adopté. Nous poursuivons avec
l'article 65. M. le ministre.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «65. Le remboursement d'une somme due est garanti
par une hypothèque légale sur les biens meubles et immeubles du débiteur.»
Commentaire. Cet
article permet de garantir au ministre le remboursement de toute somme qui lui
est due en vertu de la loi ou de ses règlements en lui accordant une priorité
sur le paiement de la somme réclamée.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Commentaires
sur cet article? Est-ce que l'article 65 est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Il est adopté.
L'article 66.
M. Charette :
Mme la Présidente, 66 : «Le ministre et le débiteur d'une somme due
peuvent conclure une entente relative au paiement de celle-ci.
«Une telle entente de
même que le paiement, en tout ou en partie, de la somme réclamée ne constituent
pas, aux fins de toute sanction administrative pécuniaire ou poursuite pénale,
une reconnaissance des faits qui leur ont donné lieu.»
Présidente (Mme Grondin) : Le commentaire?
Avez-vous lu le commentaire, oui?
M. Charette :
Cet
article prévoit la possibilité pour le ministre et le débiteur d'une
somme due de conclure une entente quant à son paiement. Il précise en outre
qu'une telle entente ne constitue pas un aveu du débiteur quant aux faits qui
ont donné lieu à la réclamation.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. La rédaction a toutefois été
légèrement modifiée à des fins linguistiques. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, Mme la
députée de Verdun.
Melançon : Simplement, lorsqu'il y a des ententes comme ça, relatives
au paiement des sommes dues... Parce que, tout à l'heure, lorsque j'ai posé la
question au sous-ministre à propos de l'avis de réclamation, on disait qu'il
fallait qu'il y ait entièreté du paiement puis qu'on pouvait étendre le
paiement jusqu'à deux ans. Ici, lorsqu'il y a des ententes comme c'est prévu
là, est-ce que c'est sur une base très régulière qu'il y a des ententes comme
ça? Puis les montants... J'aimerais juste voir, là, ces ententes-là, parce que,
bien sûr... Puis c'est bien indiqué, ce n'est pas un aveu mais... du fait ou de
la réclamation, là, mais je veux juste savoir... J'imagine que ça doit arriver
de façon assez régulière qu'il y ait des ententes qui sont prises avec le
ministère.
Rousseau (Michel) : En fait, on parle d'environ une dizaine
d'ententes de paiement par année. Donc, c'est sur peut-être 500 avis de réclamation,
donc on parle d'une dizaine d'ententes de paiement qui sont faites. Il peut y
avoir des certificats de recouvrement, là, qui sont l'étape, là, qui va après
l'avis de réclamation. Là, on parle de 70. Donc, il y a l'avis de réclamation.
Supposons, la SAP, elle n'est pas payée, il y a un certificat de recouvrement
qui est émis par quelqu'un de l'administration. Là, c'est 70 cas par année et,
souvent, c'est là que ça paie, et, sur ces 70 là, il va y avoir une dizaine de
cas que ça va être des ententes de paiement. Et, en compensation fiscale, on
peut aller jusqu'à 20, 25 cas par année.
Melançon : C'est moins que je croyais, quand même, les ententes, là.
Une dizaine, là, ce n'est pas quelque chose de très fréquent. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc, ça va? Est-ce que
l'article 66 est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Il est adopté. Nous poursuivons avec
l'article 67.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «67. Le ministre peut, en cas de défaut du débiteur
d'acquitter la totalité de la somme due ou de respecter les conditions d'une
entente conclue en vertu de l'article 66, délivrer un certificat de
recouvrement, selon la situation applicable :
«1° à l'expiration du
délai prévu pour demander le réexamen, devant le Bureau de réexamen, d'une
décision visée par la présente loi ou les lois concernées;
«2° à l'expiration du
délai prévu pour contester, devant le Tribunal administratif du Québec, une
décision du bureau de réexamen ou un [suivi] de réclamation autre que celui
notifié en vertu des articles 17 ou 21 visés par la présente loi ou les lois
concernées;
«3° à l'expiration
d'un délai de 30 jours suivant la décision du Tribunal administratif du Québec
confirmant une décision du Bureau de réexamen ou l'avis de réclamation autre
que celui notifié en vertu des articles 17 ou 21 visée par la présente loi ou
les lois concernées.
«Cependant, ce
certificat peut être délivré avant l'expiration d'un délai prévu au premier
alinéa si le ministre est d'avis que le débiteur tente d'éluder le paiement.
«Le certificat énonce
le nom et l'adresse du débiteur et le montant de la dette.».
Commentaire :
Cet
article prévoit la façon par laquelle le ministre peut recouvrer une somme
qui lui est due en vertu de la loi ou des lois concernées. Le recouvrement se
fait par la délivrance d'un certificat, lequel peut alors se concrétiser à
l'expiration du délai prévu au premier alinéa, selon la situation applicable.
La délivrance d'un
certificat de recouvrement permet au ministre d'utiliser une voie plus
expéditive et nécessitant moins de ressources qu'un litige devant un tribunal
civil.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. La rédaction a toutefois été
légèrement modifiée à des fins linguistiques. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Des
commentaires sur cet article? Donc, est-ce que l'article 67 est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, il est adopté.
L'article 68, s'il
vous plaît.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «68. Lorsque le ministre du Revenu affecte, après la
délivrance du certificat de recouvrement et conformément à l'article 31 de la
Loi sur l'administration fiscale, un remboursement dû à une personne par suite
de l'application d'une loi fiscale au paiement d'une somme par cette personne
en vertu de la présente loi ou d'une loi concernée, cette affectation
interrompt la prescription prévue au Code civil quant au recouvrement de ce
montant.»
commentaire : Cet
article permet au ministre du Revenu de procéder à la
retenue de remboursements fiscaux dus au débiteur à qui un certificat de
recouvrement a été délivré afin que ces sommes bénéficient plutôt au ministre
de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. L'ordre
d'affectation de tels remboursements est précisé dans le Règlement sur
l'administration fiscale, adopté en vertu de la
Loi sur l'administration
fiscale.
L'article précise également que la retenue effectuée par le ministre
du Revenu interrompt la prescription de trois ans prévue à l'article 2925 du Code civil pour le recouvrement d'une créance
pécuniaire. L'interruption de la prescription fait en sorte de faire
recommencer ce délai à zéro.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. La rédaction a toutefois été
légèrement modifiée à des fins linguistiques. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Merci, M. le ministre. Des
interventions sur cet article? Est-ce que l'article 68 est adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, il est adopté.
L'article 69.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «69. Sur dépôt, au greffe du tribunal compétent,
d'une copie de la décision définitive qui établit la dette du débiteur et du
certificat du ministre, cette décision devient exécutoire, comme s'il
s'agissait d'un jugement définitif et sans appel de ce tribunal et en a tous
les effets.»
Commentaire. Cet
article prévoit que, si le débiteur d'une source due au ministre omet de la lui
payer, ce dernier peut déposer le certificat de recouvrement au greffe du
tribunal compétent, c'est-à-dire la Cour du Québec, si la
somme est inférieure à 85 000 $, ou à la Cour supérieure si la somme
réclamée y est égale ou supérieure. Ce dépôt équivaudra
alors à un jugement, ce qui permet par la suite d'entreprendre des procédures
d'exécution forcée du paiement, notamment par la saisie des biens ou des
revenus du débiteur, selon les règles prévues au Code de procédure civile.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. La rédaction a toutefois été
légèrement modifiée à des fins linguistiques. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, je ne
vois pas d'intervention. Est-ce que l'article 69 est adopté?
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, il est adopté.
L'article 70.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «70. Le débiteur est tenu, dans les cas et aux
conditions déterminées par un règlement du ministre, au paiement de frais de
recouvrement engagés par celui-ci.»
Le commentaire :
Cet
article permet au ministre de prendre un règlement fixant des frais de
recouvrement que le débiteur sera tenu de
rembourser au ministre. Il pourrait s'agir, par exemple, de frais liés à une
poursuite en justice.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. La rédaction a toutefois été
légèrement modifiée à des fins linguistiques. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, est-ce que l'article 70 est
adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Il est adopté.
L'article 71.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente. «71. Le ministre peut, par entente, déléguer à un
autre ministère ou à un organisme tout ou
partie des pouvoirs se rapportant au
recouvrement d'une somme due en vertu de la présente loi ou des lois
concernées.»
Commentaire. Cet
article permet au ministre de conclure une entente avec un autre ministère ou
avec un organisme afin de lui déléguer des pouvoirs liés au recouvrement d'une
somme due.
Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. L'abrogation des articles
concernés sera proposée plus tard.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée
de Verdun.
Melançon : Merci, Mme la Présidente. Simplement, ici, j'imagine qu'on
parle plus spécifiquement du ministre du Revenu, là, comme on l'a vu dans les
articles précédents, mais est-ce qu'il y a d'autres ministres... À qui d'autre
on peut penser? Est-ce qu'on a des exemples concrets pour nous?
Rousseau (Michel) : Bien, en fait, le ministère de Travail,
Emploi, Solidarité sociale, c'est un ministère qui offre ce service-là. Revenu
est probablement aussi un joueur très intéressant. Puis je dirais qu'au
ministère actuellement il y a des réflexions en cours, là. Donc, ça se fait, je
pense, dans plusieurs ministères, là, par rapport à la possibilité que Revenu
Québec joue ce rôle-là, mais il y a d'autres ministères. Le MTESS, c'en est un
qui fait
partie de l'équation puis de la réflexion.
Melançon : J'essaie juste de comprendre comment.
Rousseau (Michel) : Ça peut être à différentes étapes. Par
exemple, on pourrait confier l'ensemble de l'oeuvre de recouvrement comme on
pourrait, à une étape clé, dire : C'est eux qui vont prendre des démarches
de recouvrement avec les techniques de recouvrement qui existent, là, des
appels ou... Il y a des gens qui se spécialisent là-dedans. C'est des listes
qui sont fournies, c'est des ententes. Évidemment, il y a des frais. Donc, pour
le ministère aussi, il faut voir est-ce que c'est payant de faire ça. Est-ce
que ça coûte beaucoup plus cher que de le faire chez nous ou, au contraire,
moins cher? Est-ce que ce qu'on va récupérer de plus va amener vraiment un
gain? Donc, c'est ça qui fait
partie actuellement de la réflexion puis c'est,
je pense, une volonté que les différents ministères réfléchissent à ça. Donc,
on est en plein là-dedans actuellement.
Melançon : Dans le fond, ce que vous êtes en train de nous dire,
c'est : On est en train de voir si, justement, on est capables d'aller,
avec un ministère, là où il y a le moins de coûts possible, là où ils ont
l'expertise pour le faire aussi, j'imagine. Puis je pense que ce serait
intéressant, en effet, que le gouvernement puisse se pencher sur cette
démarche-là pour éviter qu'il y ait des frais supplémentaires qui soient faits
par le ministère, mais aussi qu'on puisse avoir notre champion, je vais appeler
ça comme ça, là, le ministère champion, pour pouvoir faire le recouvrement de
sommes. Parce que j'imagine qu'on n'a pas nécessairement les experts à chaque
fois à portée de la main au ministère de l'Environnement, mais, d'avoir le
ministère champion là-dessus, je pense que ce serait une bonne chose, plutôt
que de s'éparpiller un peu dans la fonction publique.
M. Rousseau (Michel) : Oui. Puis je n'ai
pas le détail, là, mais il y a un projet de loi, là, qui a été déposé par le
Conseil du trésor, je pense, c'est le projet de loi n° 30,
qui vise justement à ce que Revenu Québec puisse faire du recouvrement pour
d'autres ministères. Donc, c'est sûr que c'est regardé sérieusement et c'est de
voir à quelle étape, là, à quelle étape du recouvrement, parce que ça dépend...
Comment je dirais ça? Il y a des étapes où ça rentre... Tu sais, 80 % ou
90 % des réclamations rentrent en partant. Bien, cette étape-là, on peut
la faire chez nous, mais c'est après, quand ça se corse, là...
Donc, il y a toute
une réflexion à faire, voir si, par rapport à ce projet de loi là, on pourrait
s'immiscer, mais là je ne veux pas aller trop dans le détail là-dedans. Je la
connais moins, mais c'est la loi visant la récupération des sommes dues, là. Il
y a des travaux qui vont se faire là-dessus.
Mme Melançon : Puis là je vais vous poser une question puis je ne veux pas que vous
vous fassiez d'ennemis, loin de là. Si, par exemple, on demande à Revenu
de faire du recouvrement pour le ministère de l'Environnement, est-ce que
Revenu se garde un pourcentage? Est-ce qu'il charge quelque chose au ministère
de l'Environnement?
Rousseau (Michel) : Je n'ai pas le... Tu sais, on est dans la
spéculation. Puis honnêtement, je ne connais pas
assez le projet de loi, là, qui vise la récupération, là. C'est vraiment...
J'imagine que, dans ce projet de loi là, il y a des conditions, mais
c'est très rare, là, qu'un ministère va le faire sans avoir les compensations
qui viennent avec, là, mais je n'ai pas le détail. Je n'ai pas le détail du
projet de loi n° 30 non plus, là, mais...
Melançon : Non, mais vous comprenez, Mme la Présidente, pourquoi je
pose la question, parce qu'à un moment donné, quand c'est pour le gouvernement
puis que le gouvernement paie des... fait payer des frais à un ministère qui
appartient à un gouvernement, tu sais, à un moment donné, c'est le gouvernement
qui paie le gouvernement, là. C'était simplement ma petite question
administration publique ici, mais on pourra... je pourrai faire vérifier, là.
Je vais demander aux gens de la recherche chez nous de faire les vérifications,
puis on pourra suivre ça de près pour
éviter, justement, qu'il y ait des frais encourus par le ministère de
l'Environnement, parce que ce n'est pas ça, le but. Dans le fond, le but
recherché ici, c'est de pouvoir s'assurer que ceux qui ont enfreint la loi
puissent bien payer puis que les sommes aillent là où ça devrait être
nécessaire, mais pour ne pas que ça devienne, à un moment donné, tellement
lourd et tellement coûteux pour un ministère qui ne souhaite qu'une chose,
c'est de pouvoir assurer le recouvrement des sommes qui lui sont dues. Alors,
voilà. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Alors, merci. Bon, moi, ma préoccupation, c'est que
ce ne soit pas sous-traité non plus, là.
Donc, je suis bien d'accord avec l'idée d'avoir un organe central pour le
recouvrement, un organe central de l'État.
Alors, il faut bien
s'entendre que quand on dit : Le ministre peut, par entente, déléguer à un...
ministère ou à un organisme... un organisme
de l'État, un organisme public, alors il faut s'assurer, là, que «organisme»,
dans ce sens-là, ça ne couvre que les organismes publics, là, au sens de
ministères et organismes d'État. Alors, je voudrais être rassuré par le ministre que «organisme» couvre les
organismes comme l'Agence du revenu, alors qui est un organisme public.
Sinon, si je n'ai pas cette garantie là, moi, je vais le faire modifier pour
m'assurer que c'est un organisme public.
Et le sous-ministre
parlait du projet de loi n° 30 que je ne
connaissais pas non plus dans le détail, même si nul ne doit ignorer la loi,
là. Là, c'est un projet de loi, donc on est correct, je pouvais l'ignorer.
Alors, quand je regarde les notes explicatives, le projet de loi n° 30
exclut le ministère de l'Environnement au moment où on se parle. Alors, à cette fin... bon, en fait, les
notes explicatives du projet de loi n° 30 disent : «Ce
projet de loi vise à regrouper les activités de récupération de
certaines sommes dues à l'État au sein de l'Agence de revenu du Québec.» C'est
exactement ce dont on parle. «À cette fin, le projet de loi confie au ministre
du Revenu la responsabilité de recouvrer les créances gouvernementales du
ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, du ministère de la
Justice, du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et de
la Société de l'assurance automobile du Québec...» Alors, on ne parle pas du
ministère de l'Environnement, ce qui voudrait dire que... puis là je ne sais
pas où est rendue l'étude du projet de loi n° 30,
très franchement, ce qui voudrait dire que, si on n'agit pas maintenant, ça va
prendre un autre projet de loi, là, éventuellement.
Alors, je ne sais pas
s'il est dans l'intention du gouvernement, puis là le ministre peut peut-être
me répondre au nom du gouvernement, là, d'amener une modification
éventuellement dans le projet de loi n° 30 pour
s'assurer que le ministère de l'Environnement pourrait être couvert, là. Alors,
voilà. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Oui, Me Grignon.
Mme Grignon
(Karine) : Oui, c'est sûr qu'ici la notion d'organisme n'est pas
définie, effectivement, là, mais comme elle
est associée au ministère, on peut penser, effectivement, qu'on réfère à des
organismes gouvernementaux, mais l'information n'est pas précisée, là.
Donc, en fait, ça va être interprété parce qu'il y a le mot «ministère» avant,
puis selon, effectivement, les compétences des différents organismes, là, ici,
on ne peut pas non plus déléguer à quelqu'un qui n'a pas de compétences, là, en
matière de recouvrement, là. Donc, tous ces éléments-là vont faire en sorte
qu'on va interpréter la notion d'organisme, là, à l'intérieur des autres
éléments qui sont compris à l'article 71.
Gaudreault : Je suis semi-rassuré. Je suis semi-rassuré, puis ce n'est
pas parce que je n'ai pas confiance ou que
je présume d'intentions du gouvernement, mais je suis à demi rassuré. Je ne
sais pas si on a, au moins, d'autres lois qui
parlent de ministères et organismes et qui couvrent clairement qu'un organisme
est un secteur public. Alors, je ne sais pas si on peut faire cette petite
recherche là ou me rassurer là-dessus. Et sinon, je voudrais savoir, là, si...
parce que le sous-ministre nous disait : Bon, il y a présentement des
discussions pour que ce soit offert dans une seule instance qui pourrait être
l'Agence du revenu. Mais là le projet de loi n° 30 ne
couvre pas le ministère de l'Environnement, comme je disais tout à l'heure.
Est-ce
que le ministre peut nous dire s'il est dans l'intention du gouvernement d'amender le projet de loi
n° 30 pour inclure le ministère de l'Environnement? Sinon, ça veut dire
que, dans une prochaine législature, il faudra remodifier un projet de loi pour
inclure le ministère de l'Environnement, là. Alors, voilà.
La Présidente (Mme Grondin) : Ça va, M. le ministre? Est-ce que vous souhaitez
que je suspende quelques instants?
M. Charette :
Non, non. En fait, je voulais juste m'assurer, là, de transmettre la bonne
information. C'est un projet de loi, là, qui a été déposé effectivement en juin
2019. Donc, au moment de la reprise de son étude, on pourra très certainement
penser à un amendement, là, qui irait dans ce sens-là pour intégrer le MELCC.
Gaudreault : C'est quand même une information importante. Et moi, je
suis porte-parole du Conseil du trésor, donc, éventuellement, c'est moi qui va
se retrouver là, ça fait que... en tout cas, je vais essayer de m'en assurer,
là, mais on va se garder une note parce que j'ai peur qu'on l'échappe. Mais
c'est quand même une information importante. Ça veut dire que le ministre de
l'Environnement est en train de nous dire qu'il va parler à la présidente du
Conseil du trésor, peut-être pour éventuellement, là, amener un amendement pour
couvrir le ministère de l'Environnement.
Alors,
moi, je recommande aux gens du Conseil du trésor de déjà commencer à travailler
un amendement là-dessus, là. Puis, quand on va arriver à l'étude du
projet de loi n° 30, si on finit par y arriver, on va
l'inclure.
Maintenant, pour ce
qui est d'organismes publics, je ne sais pas si on a plus d'infos, là, par
rapport à ce que je disais tout à l'heure.
M. Charette :
...on l'interprète de cette façon-là, mais on a un bel esprit de
collaboration. Pour nous, ce ne sera pas compliqué de faire un amendement et
d'ajouter le mot pour rassurer, justement, les collègues, mais c'est
l'interprétation qu'on en avait. Mais c'est très possible, là, de proposer un
ajout, et, pour ce faire, peut-être une petite suspension de deux, trois
minutes, le temps de faire l'ajustement en question au projet d'amendement.
La Présidente (Mme Grondin) : Avec plaisir, M. le ministre. Donc, je vais
suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
12 h 08)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, nous continuons nos travaux.
M. le ministre, vous souhaitez déposer un amendement à l'article 71 de
l'article 1.
M. Charette :
Merci, Mme la présidence. Pour éviter, là, toute ambiguïté, vous allez le
voir, là, c'est fort, fort simple, c'est l'ajout
d'un mot, le mot «public». Donc, on le lirait ainsi... donc, on insérerait, à
l'article 71 de la
Loi sur certaines mesures permettant d'appliquer les
lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages proposé par
l'article 1 du projet de loi et après «organisme», le mot «public». Donc, on
lirait, tout simplement : «71. Le ministre peut, par entente, déléguer à
un autre ministère ou à un organisme public tout ou
partie des pouvoirs se
rapportant au recouvrement d'une somme due en vertu de la présente loi ou des
lois concernées.»
Présidente (Mme Grondin) : Ça va? Un commentaire? Donc, oui, M.
le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, bien, c'est ça, c'est... tu sais, on ne parle pas
pour ne rien dire, là, c'est quand même une précision importante. Alors, moi,
je suis heureux, là, de voir l'ouverture du ministre pour préciser cette
notion-là. Trop fort, casse pas, comme on dit. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Est-ce
que cet amendement est adopté?
La Présidente (Mme Grondin) : Donc,
l'amendement est adopté. Nous revenons à l'article 71 tel
qu'amendé. Est-il adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc,
l'article 71, tel qu'amendé, est adopté. Nous sommes rendus au
chapitre VII portant sur la reddition de comptes, M. le ministre, avec
l'article 72.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente.
«72. Le ministre tient un registre de
renseignements relatifs aux avis d'exécution transmis en application de la
présente loi, lequel précise :
«1° l'avis d'exécution transmis en vertu du
deuxième alinéa de l'article 17, incluant sa date de prise d'effet;
«2° la date et la nature du manquement ayant
donné lieu à la transmission de l'avis, de même que les dispositions
législatives ou réglementaires sur la base desquelles les mesures ont été
imposées;
«3° le nom de la municipalité sur le territoire
de laquelle le manquement est survenu;
«4° lorsque l'avis concerne une personne morale,
son nom, l'adresse de son siège ou celle de l'un de ses établissements ou de
l'établissement d'entreprise d'un de ses agents;
«5° lorsque
l'avis concerne une société de personnes ou une association non personnalisée,
son nom et son adresse;
«6° lorsque l'avis concerne une personne
physique, son nom, le nom de la municipalité sur le territoire de laquelle elle
réside et, si le manquement est survenu dans le cours des activités de son entreprise,
le nom de cette entreprise et son adresse;
«7° le cas
échéant, la date de réception d'une demande de réexamen, la date de la décision
du Bureau de réexamen et son dispositif;
«8° le cas échéant, la date de l'exercice d'un
recours devant le Tribunal administratif du Québec, de même que la date et le dispositif de la décision rendue
par ce tribunal dès que ces renseignements sont portés à la connaissance
du ministre;
«9° le cas échéant, la date de l'exercice de
tout recours à l'encontre de la décision rendue par le Tribunal administratif
du Québec, la nature de ce recours de même que la date et le dispositif de la
décision rendue par le tribunal concerné dès que ces renseignements sont portés
à la connaissance du ministre;
«10° tout autre renseignement que le ministre
estime...»
M. Charette : Je me demandais si
c'était mon appareil qui se mettait à faire des siennes. Aucun problème. Et là,
du coup, j'ai perdu le fil.
«10° tout autre renseignement que le ministre
estime d'intérêt public.»
Et le commentaire : Cet
article introduit
un registre public des avis d'exécution transmis. Même s'il s'agit d'un nouveau
registre, son contenu est similaire à celui exigé pour le Registre des
sanctions administratives pécuniaires actuellement diffusé sur le site internet
du ministère.
La Présidente (Mme Grondin) :
Merci, M. le ministre. Donc, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci, Mme la
Présidente. Je voulais simplement poser la question, parce que, là, on va
mettre sur pied un nouveau registre, donc c'est une création de registre, ici. Le
but, puis là c'est plus pour le ministre, dans le fond, la question, mais le
but de ce registre-là, c'est la transparence, parce qu'on en a parlé, j'en ai
parlé d'ailleurs un peu plus tôt cet avant midi, c'est par transparence, pour
voir ce qui se passe. Mais est-ce qu'il y a aussi derrière ça... est-ce qu'on
va comptabiliser tout ça? Est-ce qu'on va vouloir faire parler les chiffres?
Par exemple, là, je donne un exemple tout à fait
concret, mais si, par exemple, on s'apercevait que dans, je ne sais pas, moi,
tiens, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
il y avait plus de cas, est-ce qu'il y a quelqu'un qui va en faire une fine
analyse ou on est vraiment là pour dire : Non, non, là, on joue dans la
transparence puis on voulait que les gens puissent aller s'informer de ce qui
arrive, justement, avec les infractions pour l'environnement, quoi?
M. Rousseau (Michel) :
L'article 72 est effectivement... concerne uniquement vraiment la transparence,
l'information est publique et tout ça. Mais, pour répondre à la première
partie
de la question, là, tout comme pour les sanctions administratives, là, oui, il
y une analyse qui est faite à l'interne, à chaque année, du nombre de
sanctions, comment ça se passe entre les
régions. Puis comme j'avais expliqué, avec notre bureau central qui fait cette
analyse-là, ça va être pareil pour les avis d'exécution.
Ce qu'on souhaite puis ce qu'on a obtenu, à
date, c'est une application uniforme dans toutes les régions, donc autant...
comme on le fait pour les sanctions administratives, on va le faire pour les
avis d'exécution. Donc, c'est sûr qu'il y a une analyse qui va être faite, qui
est faite à chaque année, de ces chiffres-là. Moi-même, personnellement, j'en
fais une. Mais là-dessus, sur 72, c'est vraiment pour rendre tout ça public, avec
beaucoup d'informations, puis c'est exactement ce qu'on fait actuellement pour
les sanctions administratives, par exemple. Donc, c'est repris pour les avis
d'exécution.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? M. le député
de Jonquière.
Gaudreault : Quand ce
registre sera-t-il en fonction? Quand sera-t-il mis en application? On sait
qu'il y a eu d'autres délais dans des mises en oeuvre de registres, à
l'intérieur du ministère, alors est-ce qu'on peut s'attendre à ce qu'une fois
que la loi est sanctionnée, paf, le registre sera opérationnel?
Charette : ...peux pas présumer de la suite, là, mais dès la loi
adoptée, dès la loi sanctionnée, c'est un registre qui serait prêt.
Gaudreault : Ok. Donc, tout est prêt pour juste peser sur «enter» puis
qu'il soit en fonction, là.
M. Charette :
Effectivement, là, l'infrastructure est prête pour être mise en service.
Gaudreault : Ok. Ça va aller, pour l'instant, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, est-ce que l'article 72 est
adopté?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, l'article 72 est adopté. Nous
poursuivons avec l'article 73.
M. Charette :
Merci, Mme la Présidente.
«73. Le ministre
tient un registre de renseignements relatifs aux sanctions administratives
pécuniaires imposées en application de la présente loi ou des lois concernées,
lequel précise :
«1˚ la date de
l'imposition de la sanction;
«2˚ la date et la
nature du manquement ayant donné lieu à l'imposition de la sanction, de même
que les dispositions législatives ou réglementaires sur la base desquelles la
sanction a été imposée;
«3˚ le nom de la
municipalité sur le territoire de laquelle le manquement est survenu;
«4˚ lorsque la
sanction concerne une personne morale, son nom l'adresse de son siège ou celle
de l'un de ses établissements ou de l'établissement d'entreprise d'un de ses
agents;
5˚ lorsque la
sanction concerne une société de personnes ou une association non
personnalisée, son nom et son adresse;
«6˚ lorsque la
sanction concerne une personne physique, son nom, le nom de la municipalité sur
le territoire de laquelle elle réside et, si le manquement est survenu dans le
cours des activités de son entreprise, le nom de cette entreprise et son
adresse;
«7˚ le montant de la
sanction imposée;
«8˚ le cas échéant,
la date de réception d'une réception d'un réexamen, la date de la décision du
Bureau de réexamen et son dispositif;
«9˚ le cas échéant,
la date de l'exercice d'un recours devant le Tribunal administratif du Québec
de même que la date et le dispositif de la décision rendue par ce tribunal dès
que ces renseignements sont portés à la connaissance du ministre;
«10˚
le cas échéant, la date de l'exercice de tout recours à l'encontre de la
décision rendue par le Tribunal administratif du Québec, la nature de ce
recours de même que la date et le dispositif de la décision rendue par le
tribunal concerné dès que ces renseignements sont portés à la connaissance du
ministre;
«11˚ tout autre
renseignement que le ministre estime d'intérêt public.»
Commentaire :
Cet
article introduit un registre des sanctions administratives pécuniaires
imposées en vertu de la nouvelle loi et des lois concernées. Cet
article reprend
ce qui était déjà prévu aux articles existants. Le registre actuellement publié
sur le site Internet du ministère sera ainsi poursuivi, mais pour l'ensemble
des lois concernées et l'abrogation des articles concernés sera proposée plus
tard.»
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée
de Verdun, il nous reste à peu près deux minutes.
Melançon : Deux minutes, oui, bien sûr. Pardonnez-moi. Je veux juste
revenir à 72, une fraction de seconde, là. J'ai pris pour acquis, puis je pense
que tout le monde ici a pris pour acquis que l'article 72, lorsque c'est le registre sur les avis d'exécution, ça va se
retrouver sur le site Internet du ministère. C'est bel et bien là que le
registre... parce qu'on n'en fait pas mention, hein, on ne l'a pas mentionné
nulle part à l'intérieur de l'article 72 que c'est sur le site du ministère.
Donc, je voulais juste m'en assurer. Parfait, merci.
Et c'est la même
chose, à ce moment-ci, là, pour l'article 73. Puis j'étais justement sur le
site, là, puis on trouve très facilement, à
l'intérieur de l'encadré à droite, les registres : Déclarations de
culpabilité; Registre des évaluations environnementales; les SAP, bien
sûr; l'Urgence-Environnement; et Autres. Donc, il va se créer un onglet,
j'imagine, tout simplement pour les avis d'exécution, et puis on vient juste
remettre, à l'article 73, ce qu'on était en train de faire dans la présente
loi.
Donc, pour moi, ça
va, mais je voulais juste m'assurer que c'était bel et bien sur le site
Internet parce que, comme je le répète, là, à 72, on n'en avait pas fait
mention.
Présidente (Mme Grondin) : Alors, ça va?
M. le ministre.
M. Charette :
...connaissance de tous, l'article 75 nous permettra d'aborder aussi la
question du site Internet. Donc, possiblement, cet après-midi, là, avec
l'article 75, on y reviendra aussi.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc,
compte tenu de l'heure... Je vous remercie avant, là, pour votre collaboration,
et, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 14 heures
cet après-midi.
(Suspension de la séance à 12 h 30)
Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des transports et de
l'environnement reprend ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 102, Loi visant principalement à renforcer l'application
des lois en matière d'environnement et de sécurité des barrages, à assurer une
gestion responsable des pesticides et à mettre en oeuvre certaines mesures du
Plan pour une économie verte 2030 concernant les véhicules zéro émission.
Lors de la suspension de nos travaux, cet
avant-midi, la discussion portait sur l'article 73 de la loi édicté à l'article
1 du projet de loi. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Melançon : Oui. Je crois, le 73,
que nous n'avions pas voté, mais sur lequel tout le monde s'était rendu d'accord, je pensais même qu'on était pour
le voter avant de partir. Mais on est allés rondement, on est allés
manger.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'article 73 est
adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, M. le ministre,
article 74, s'il vous plaît.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. «74. Le ministre tient un registre de renseignements relatif aux
déclarations de culpabilité à des infractions à la présente loi ou aux lois
concernées, lequel précise :
«1° la date de la déclaration de culpabilité;
«2° la nature de l'infraction et les
dispositions législatives ou réglementaires sur la base desquelles la
déclaration de culpabilité a été prononcée;
«3° la date de la perpétration de l'infraction
et le nom de la municipalité sur le territoire de laquelle elle a été commise;
«4° si le
contrevenant est une personne morale, son nom, l'adresse de son siège ou celle
de l'un de ses établissements ou de l'établissement d'entreprise de l'un
de ses agents;
«5° lorsque l'infraction concerne une société de
personnes ou une association non personnalisée, son nom et son adresse;
«6° lorsque l'infraction concerne une personne
physique, son nom, le nom de la municipalité sur le territoire de laquelle elle
réside et, si l'infraction a été commise dans le cours des activités de son
entreprise, le nom de cette entreprise et son adresse;
«7° lorsque l'infraction concerne un
administrateur ou un dirigeant d'une personne morale, d'une société de
personnes ou d'une association non personnalisée, le nom de cet administrateur
ou de ce dirigeant, le nom de la municipalité sur le territoire de laquelle il
réside ainsi que, selon le cas, le nom et l'adresse du siège de la personne
morale ou celle de l'un de ces établissements ou de l'établissement
d'entreprise de l'un de ses agents, ou le nom et l'adresse de la société ou de
l'association;
«8° la peine imposée par le juge;
«9° le cas échéant, la date de l'exercice de
tout recours exercé à l'encontre du jugement rendu, la nature de ce recours de
même que la date et le dispositif de la décision rendue par le tribunal
compétent en la matière, dès que ces renseignements sont portés à la
connaissance du ministre; et
«10° tout autre renseignement que le ministre
estime d'intérêt public.»
Commentaire : Cet
article introduit un
registre des déclarations de culpabilité à des infractions prévues par la
nouvelle loi et par les lois concernées.
Cet
article reprend ce qui était déjà prévu aux
articles existants. Le registre actuellement publié sur le site Internet du
ministère sera ainsi poursuivi, mais pour l'ensemble des lois concernées.
L'abrogation des articles concernés sera proposée plus tard.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Bonjour, Mme la
Présidente. Heureuse de vous retrouver.
J'aimerais savoir... Sur le site, actuellement,
lorsqu'il y a, justement, des déclarations de culpabilité, on retrouve ces
déclarations sur une durée de combien de temps? C'est-à-dire que quelqu'un qui
va avoir été reconnu coupable, ça dure... c'est là un an, deux ans, trois ans,
je ne sais pas, combien de temps?
M. Charette : ...la petite
vérification, ça ne sera pas tellement long.
M. Charette : Il n'y a pas
d'expiration. C'est depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, donc depuis
2012, qu'on peut retracer, là, les différentes... en fait, l'historique de ce
registre-là.
Mme Melançon : C'est donc dire qu'on
peut retrouver quelqu'un qui, depuis 2012, a été en infraction, a été reconnu
coupable. Dans le cas actuel, c'est des déclarations de culpabilité. Et donc on
peut traîner ça sur plusieurs années. Donc,
quelqu'un qui souhaite, disons, faire une vérification sur une madame X, bien,
peut aller faire les vérifications, puis peut-être qu'il y a plusieurs
déclarations de culpabilité, mais on est capables de faire... Et c'est le
souhait, bien sûr, du ministère de continuer comme ça pour les déclarations de
députés, de les laisser là, à partir du moment où la déclaration... où le juge
a déclaré coupable, et ce, jusqu'à la fin des temps.
M. Charette : En fait, c'est un
registre avec son historique. Donc, oui, donc il y a possibilité de retourner
là, et ça sera toujours possible de retourner plusieurs années en arrière.
Mme Melançon : Très bien. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Est
ce qu'il y a d'autres interventions? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention,
est-ce que l'article 74 est adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
L'article 74 est adopté. M. le ministre, l'article 75, s'il vous plaît.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. «75.
Sous réserve des restrictions au droit d'accès prévues aux articles 28, 28.1 et 29 de la
Loi sur l'accès aux
documents des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels, les documents et les renseignements contenus dans les registres
constitués par les articles 72 à 74 ont un caractère public, à l'exception des
renseignements concernant la localisation d'espèces menacées ou vulnérables.
«Le ministre publie avec diligence ces documents
et ses renseignements sur le site Internet de son ministère.»
Commentaire : Cet
article prévoit que les
renseignements contenus dans les différents registres mentionnés précédemment
possèdent un caractère public. Les seules exceptions à cette règle concernent