CRC — 11 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CRC 2020-02-11
Quebec — Committees
Lacombe : ...par l'article 80, on commence par ça?
La Présidente (Mme
Chassé) : Nous sommes de retour. Je vous rappelle... Je vous invite...
La Présidente (Mme Chassé) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, les
discussions ont eu lieu. Nous sommes à l'article 81. Ce que je
comprends, c'est que Mme la députée de Westmount—Saint-Louis va retirer son
sous-amendement.
Maccarone : Exactement.
La Présidente (Mme
Chassé) : Est-ce qu'il y a consentement?
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Ensuite, M. le ministre va retirer son amendement
à l'article 81.
M. Lacombe :
Tout à fait.
La Présidente (Mme
Chassé) : Exact. Donc, y a-t-il consentement?
Présidente (Mme Chassé) : Fantastique. Nous sommes revenus à
l'article 81. Et là, M. le ministre, vous déposez un amendement.
M. Lacombe :
Oui. J'y vais.
La Présidente (Mme
Chassé) : Allez-y, lisez-le.
M. Lacombe :
D'accord. Donc,
article 81 : Remplacer l'article 81 du projet de
loi par le suivant :
81. Ce code est
modifié par l'insertion, après l'article 2166, du suivant :
«2166.1.
Le mandat peut notamment indiquer les volontés du mandant en matière de soins
ou de milieu de vie. Toutefois, les
volontés en matière de soins médicaux exprimées dans des directives médicales
anticipées prévalent en cas de conflit avec celles indiquées au
mandat.
«Le mandat peut également indiquer la volonté du
mandant d'être soumis périodiquement à des évaluations médicale et
psychosociale, et fixer les délais dans lesquels il sera réévalué.
«Le mandat doit indiquer la personne à qui le
mandataire doit rendre compte ainsi que la fréquence de la reddition de compte, laquelle ne peut excéder trois ans. À
défaut de désignation de la personne à qui le mandataire doit rendre compte
ou lorsque la personne désignée pour
recevoir le compte ne peut agir, le tribunal peut désigner une personne qui le
recevra. Le Curateur public peut être désigné pour recevoir le compte,
tant par le mandant que par le tribunal.»
Donc, l'amendement proposé à l'article 2166.1
du Code civil précise que le mandant peut indiquer, dans son mandat de protection, sa volonté d'être soumis
périodiquement à des évaluations médicales et psychosociales et que le tribunal
est notamment compétent pour désigner
une personne à qui le mandataire doit rendre compte, à défaut de désignation
faite par le mandant.
prévoit également que le mandant doit indiquer à quelle personne le mandataire
doit rendre compte et à quelle fréquence
il doit le faire. Cette personne peut notamment être un proche du mandant, un
professionnel du milieu financier ou juridique ou le Curateur public. De
plus, cet amendement vise à retirer le changement de nom du Curateur public.
L'amendement propose, avec celui apporté à l'article 82 du projet de loi, de déplacer l'article 2166.2
à l'article 2167.4 du Code civil. Ce déplacement permettra une présentation des articles
en matière de mandat de protection dans un ordre en favorisant la
compréhension.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Merci, M. le ministre. Y a-t-il des interventions
à l'amendement? Oui, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, allez-y.
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. On a demandé, hors micro, pourquoi
trois ans? Peut-être le ministre
peut nous expliquer pour le bénéfice des gens qui nous écoutent.
Présidente (Mme Chassé) : Oui, M. le ministre.
M. Lacombe : Je dirais que c'est une latitude qu'on s'est
donnée. Donc, on ne partait, rappelez-vous, la dernière fois, de rien, là. Maintenant, on y va à trois
ans. On dit que c'est maximum, au maximum trois ans. Évidemment,
ça peut être moins que ça si la personne souhaite avoir une reddition de
comptes qui est plus fréquente que ça.
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, Mme la députée.
La Présidente (Mme
Chassé) : Ah! Donc, Mme la députée de Vaudreuil désire prendre la
parole. Allez-y.
Mme Nichols : Oui, merci. Je veux être certaine de bien
comprendre. Dans le fond, quand vous dites «laquelle ne peut excéder
trois ans», est-ce que ça veut dire que, pour la première reddition de comptes,
il faut qu'elle soit faite dans les trois ans? Ce n'est pas ça, hein, que ça
veut dire? Mais je vois un...
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui, allez-y, M. le ministre.
M. Lacombe :
Merci, Mme la Présidente. Il faut que ça soit fait au maximum dans les trois
années. Donc, dans le mandat, il peut être
prévu de dire : Bien, moi, je veux une reddition de comptes annuelle.
Mais, si on souhaite que ce soit plus
étendu, bien, ça peut être aux trois ans, mais ce n'est pas seulement pour la
première, c'est pour toutes celles qui
vont suivre, là. Donc, le délai maximal est de trois ans, mais... En fait, je
recommence. On peut spécifier le délai qu'on souhaite dans le mandat,
mais il ne peut excéder trois ans.
La Présidente (Mme
Chassé) : Donc, Mme la députée, oui.
Mme Nichols : Merci, je m'excuse. Donc, c'est la fréquence,
trois ans? C'est la fréquence qui ne peut pas être plus que trois ans ou
c'est...
Mme Nichols :
... — c'est
ça — ou
c'est la durée?
M. Lacombe :
C'est la fréquence.
Mme Nichols :
C'est la fréquence qui ne peut pas... O.K.
M. Lacombe :
Bien, je peux peut-être reformuler pour être sûr qu'on est bien clairs.
Mme Nichols :
Oui, bien, c'est juste parce qu'on dit «laquelle»... Oui.
M. Lacombe : Donc, dans le mandat de protection, ce qu'on
souhaite, maintenant, à la suggestion de nos collègues,
c'est qu'il y ait une reddition de comptes obligatoire. Cette reddition
de comptes là, la fréquence de cette reddition de comptes, elle est définie par la
personne qui fait le... par le mandant, il ne faut pas que je me mélange, donc
elle est définie par le mandant, mais
elle ne peut excéder trois ans. Donc, s'il souhaite que ce soit le plus long
possible avant que la personne, par
exemple son conjoint ou sa conjointe,
ait à faire une reddition de comptes, bien, il peut aller jusqu'au maximum, c'est-à-dire à tous les trois ans. S'il souhaite que ça soit à toutes
les années, ça peut être à toutes les années si c'est prévu comme ça au mandat.
La Présidente (Mme
Chassé) : Très bien. Ça clarifie?
La Présidente (Mme Chassé) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, Mme
la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Oui. Juste une autre question pour mieux comprendre
comment ça fonctionne, mais généralement un
mandant est responsable pour combien de temps? Si on parle d'une homologation,
par exemple quelqu'un qui est plus âgé, ça peut durer combien de temps?
La Présidente (Mme
Chassé) : Le ministre consulte son équipe. Oui, M. le ministre.
Lacombe : Bien, en fait, je
dirais, grosso modo, c'est valide jusqu'à ce qu'il y ait un changement dans le...
Mais est-ce que vous pouvez répondre, Me Marsolais, parce que ça, c'est
plus du droit...
La Présidente (Mme Chassé) : Oui, alors on doit... D'abord, est-ce qu'il y a consentement à inviter le curateur à se joindre à nous, à se joindre à la discussion? Très bien,
il y a consentement. Je vous invite à vous présenter de nouveau
et à nommer votre fonction, puis à démarrer.
M. Marsolais
(Denis) : Alors, bonjour. Mon nom est Denis Marsolais, Curateur public.
Alors, le mandat peut toujours
être modifié tant et aussi longtemps que la personne qui fait le mandat de protection
est apte. Alors, moi, je peux décider, aujourd'hui, de nommer ma conjointe mandataire si jamais je devenais inapte,
mais, si, par malheur, je me sépare
de ma conjointe, bien, je voudrais nommer une autre personne. Donc, c'est comme
un testament, c'est toujours
le dernier mandat qui prévaut.
L'habitude, c'est que les gens ne font pas
42 mandats, là, ils en font un. Et donc, tant et aussi longtemps
que l'aptitude est là, le mandat peut
être changé, mais, à partir du moment où on devient inapte, c'est cristallisé
par l'homologation devant le
tribunal, et là le mandataire agit en fonction des dispositions du mandat que
j'aurai signé. Et c'est dans ce mandat-là que je vais préciser la personne à qui ma conjointe, par exemple, va faire une reddition de
comptes, va déposer une reddition de
comptes, et c'est aussi dans ce
mandat-là, une fois l'entrée en
vigueur du projet de loi s'il est adopté, que je vais préciser la fréquence de la reddition de comptes : Est-ce que
je vais vouloir que ma conjointe dépose à mon beau-frère à tous les ans,
à tous les deux ans ou à tous les trois ans?
Trois ans, pour nous, c'est vraiment la période la plus longue. Je ne sais pas
si je réponds bien à votre question.
Maccarone : Bien, c'était
plus pour avoir une idée de c'est quoi, la moyenne. Ça fait qu'on demande
auprès du mandant combien de fois il
va falloir qu'il va soumettre, mettons, une reddition de comptes, par exemple. Parce que je comprends votre
point de vue, on veut alléger les tâches aussi, respecter les
droits civils, j'ose croire que la Commission
des droits de la personne et des droits de
la jeunesse va être vraiment contente de cette modification-là, et merci encore
au ministre pour l'ouverture, mais c'était
juste pour avoir une idée, est-ce qu'il y a une moyenne à peu près. Pas
vraiment?
La Présidente (Mme
Chassé) : Allez-y, M. le ministre.
M. Lacombe :
Merci. Je regarde la petite lumière, là, pour...
La Présidente (Mme
Chassé) : Oui.
M. Lacombe : Bien, je ne pense pas qu'on peut dire qu'il y a
une moyenne, hein, parce que c'est tellement variable à quel moment est-ce que la personne devient
inapte puis que le mandat est homologué. Il y a des personnes âgées... il y a
des personnes qui sont âgées lorsque le
mandat est homologué parce qu'ils en ont besoin. Il y a des gens qui sont
beaucoup plus jeunes, il y a des gens
qui vont mourir plus jeunes, il y a des gens qui vont vivre très vieux. Donc,
ça dépend vraiment.
La Présidente (Mme
Chassé) : Le curateur désirait rajouter un commentaire.
Marsolais (Denis) : Bien, peut-être pour fin de clarifier davantage,
c'est qu'on a ajouté un délai, il n'y en existait pas, dans l'amendement, là. On a rajouté un délai
justement pour ne pas qu'il y ait d'exagération, pour ne pas qu'un mandant
puisse dire à tous les cinq ans : Je nomme ma femme, là, mais je ne veux
pas la bâdrer avec ça, je vais la nommer... je
vais lui dire de faire une reddition de comptes à tous les cinq ans. On voulait
limiter un temps maximum. C'est ça, l'objectif.
Maccarone : ...protection sous curatelle, j'ose croire que c'est plus
court.
M. Marsolais
(Denis) : Quelqu'un qui est sur... Un tuteur privé doit une reddition
de comptes annuelle.
Maccarone : O.K., parfait. Merci.
La Présidente (Mme Chassé) : Excellent. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions à l'amendement proposé à l'article 81? Oui, M. le
député de Viau, la parole est à vous.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Dans le dernier paragraphe de
l'amendement, Mme la Présidente, donc, question
d'éclaircissement, donc, quand on dit : «À défaut de désignation de la
personne à qui le mandataire doit rendre [des comptes] ou lorsque la personne désignée pour recevoir le compte ne
peut agir, le tribunal peut désigner une personne...», ce que je me demandais, en fait, par
expérience : Qui saisit le tribunal? D'habitude, est-ce que c'est le
curateur? Est-ce que c'est un membre de la famille? Qui saisit le
tribunal, à ce moment-là?
Présidente (Mme Chassé) : Oui. Est-ce que c'est le ministre ou le...
qui prend la parole ou... Oui, allez-y.
M. Lacombe :
Bien, on me dit que c'est le mandataire.
La Présidente (Mme
Chassé) : O.K. C'est le mandataire. Oui, M. le député de Viau. Oui,
oui, allez-y.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. Donc, cet amendement-là, on parle
toujours en fonction de l'exemple qu'a
donné, tout à l'heure, M. le curateur, donc l'exemple que le mandataire, à ce
moment-là, est encore apte à saisir le tribunal. Est-ce que c'est ce que
je comprends?
Lacombe : Bien là, il ne faut pas se mélanger entre le mandant et le
mandataire, là. Le mandant est la personne