House Proceedings — 12 November 2014 (41st Legislature, 1st Session)
2014-11-12
Quebec — Debates (Hansard)
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, Mme la députée de Hull, pour votre
déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de Berthier
pour la sienne. À vous.
Villeneuve : Bonjour, M. le Président. M. le Président, depuis
maintenant sept ans, novembre est le Mois de l'économie sociale et, partout au Québec, des activités viennent le
souligner. Je tiens à rappeler que l'économie sociale, dont l'objectif
est la rentabilité sociale plutôt que le profit, regroupe plus de 7 000
entreprises, représentant 150 000 emplois
et un chiffre d'affaires dépassant les 17 milliards de dollars au Québec
seulement. En fait, l'économie sociale, M. le Président, répond aux besoins souvent exprimés par les gens du
milieu. Cela explique la très forte résilience des organismes, notamment lors des soubresauts du
monde économique. Et, comme je le dis souvent, il ne faut pas mettre en opposition l'économie sociale avec l'économie
dite traditionnelle; au contraire, elles sont complémentaires. Je nous invite donc à être, toutes et tous, des
ambassadeurs de l'économie sociale, et pas seulement un mois dans l'année, M.
le Président, mais bien à l'année longue. Chapeau et longue vie aux
organismes de l'économie sociale.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député de Berthier, pour votre
déclaration. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré
pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, récemment, le Triathlon de Charlevoix
a reçu le méritas événement de l'année 2014 — 800 participants et
moins de la fédération triathlon Québec. Se déroulant à la base de plein air du
lac Nairne, dans la municipalité de Saint-Aimé-des-Lacs, fierté de sa mairesse,
Mme Claire Gagnon, le Triathlon de Charlevoix constitue un parfait exemple de
mobilisation du milieu. Il exige plus de 3 000 heures impressionnantes de bénévolat et se traduit par des retombées
économiques directes qui atteignent 1 million de dollars, selon une étude
et les budgets de l'organisation.
S'échelonnant sur trois jours d'activités et présentant une clinique
d'initiation, une traversée du lac et
un triathlon des enfants de trois à 10 ans, l'événement a comme mission de
donner une opportunité aux participants de relever le défi d'un premier
triathlon.
tiens à féliciter les comités fondateur et organisateur du Triathlon de
Charlevoix, particulièrement sa fondatrice
et directrice générale, Mme Nicole Lefrançois, et à remercier les partenaires
et commanditaires qui font de cet événement un
franc succès. Rendez-vous du 24 au 26 juillet 2015 pour la prochaine édition.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Beauce-Nord pour sa déclaration
d'aujourd'hui. M. le député, à vous la parole.
Spénard : Merci, M. le Président. C'est avec plaisir que
j'ai assisté, le 5 novembre dernier, à la 36e édition du souper annuel
des gens d'affaires du CLD Nouvelle-Beauce, à Sainte-Marie. Cette soirée fut
l'occasion de rendre hommage à trois
personnalités d'affaires de mon comté. Tout d'abord, MM. Louis et Patrice
Faucher, respectivement président fondateur et directeur général de
Mekanika, ont été honorés à
titre de copersonnalités d'affaires de l'année.
Célébrant son 50e anniversaire de fondation, l'entreprise est un modèle de
réussite en affaires, mais surtout de relève entrepreneuriale. Mekanika a su
s'adapter aux nouvelles réalités pour devenir un chef de file dans le domaine
de la conception et de la fabrication de
machinerie industrielle en développant des procédés et des technologies
d'automatisation.
début de soirée, le Club des bâtisseurs de la Nouvelle-Beauce a accueilli un
52e membre, soit Me Jean-Guy Parent, avocat bien connu en Beauce, mais
aussi un vaillant bénévole oeuvrant au sein des différentes organisations
locales pour les jeunes.
vous trois je dis merci de votre contribution au développement de la communauté
beauceronne de Beauce-Nord. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole
à M. le député de Côte-du-Sud pour sa déclaration de ce matin. M. le
député.
Morin : Merci, M. le Président. Je désire, aujourd'hui, souligner
le travail exceptionnel de Mme Line
Laurendeau, qui a été décorée par
l'honorable David Johnston de l'Ordre du mérite militaire à Ottawa
le 7 novembre dernier. Ayant vécu
ses premiers contacts militaires avec l'Escadron 761 du corps de cadets de
Kamouraska, Mme Laurendeau oeuvre depuis
1993 au sein de la marine canadienne. Ayant pris part à plusieurs
exercices de marque, dont celui de la ceinture du Pacifique de 2012,
Mme Laurendeau agit maintenant à
titre de capitaine d'armes sur le NCSM
Edmonton, navire chargé de la protection des côtes canadiennes.
L'Ordre du mérite
militaire est l'un des plus grands honneurs qu'il soit donné de recevoir pour
un soldat canadien. Cette décoration
reconnaît les services exceptionnels de membres des Forces armées canadiennes
ayant fait preuve d'un dévouement exemplaire et d'une assiduité
dépassant de loin ce qui leur était exigé par le devoir. Je suis extrêmement
fier de rendre hommage à cette femme, elle qui est un exemple de dévouement
pour sa patrie. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci,
M. le député de Côte-du-Sud, de votre déclaration. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Saint-Jean pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le
député, à vous.
Turcotte :
M. le Président, il est très rare que je manque un match de football des
Géants. Je suis un fier partisan, et ce, avec raison.
L'équipe
du cégep Saint-Jean-sur-Richelieu est riche d'une tradition qui remonte maintenant
à plus de 40 ans, marquée par
neuf conquêtes du Bol d'or. En demi-finale samedi dernier, devant une foule
record de 1 070 partisans, les
Géants ont battu les Titans de Limoilou,
champions du dernier Bol d'or, 35 à 18. Cette victoire spectaculaire permet aux
troupes de l'entraîneur Alex Surprenant de
se tailler une place à la finale du Bol d'or pour une deuxième année
consécutive.
vous avais dit l'année passée : Si je vous ai bien compris, vous êtes en
train de nous dire : À la prochaine fois.
La prochaine fois, c'est cette année et c'est chez nous que ça se passe.
Vendredi prochain, à 19 heures, au Stade Alphonse-Desjardins, on met nos tuques, nos mitaines, on apporte
nos couvertes, on apporte notre énergie puis on va encourager Simon,
Kevin, Olivier, Nicola et toute notre équipe. Allez, les Géants!
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député, on sera là. On cède
maintenant la parole à M. le député de Vimont pour sa déclaration
d'aujourd'hui. M. le député de Vimont, à vous.
Rousselle : Merci, M. le Président. Dernièrement, un jeune
athlète de la circonscription de Vimont, Cédric Adams, brillait lors du
dernier championnat du monde de la World Karate & Kickboxing Commission
présenté à Dublin, en Irlande. Il est devenu
champion du monde en karaté en raflant la médaille d'or en «soft style» et est
sorti de cette compétition avec au
total trois médailles. Ce jeune homme âgé de seulement 12 ans excelle dans
ce sport qui demande beaucoup de discipline et de concentration. Il avait
d'ailleurs déjà remporté deux médailles lors du précédent championnat en
Italie.
Je crois que Cédric
Adams n'a pas fini de faire parler de lui grâce à son entraînement acharné aux
Centres de karaté Sunfuki de Deux-Montagnes.
Il atteindra sûrement avec succès tous les objectifs qu'il s'est fixés. Je
tiens à lui offrir mes sincères félicitations et à lui souhaiter
plusieurs autres belles victoires. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci pour votre déclaration, M. le
député. Je cède maintenant la parole à M. le député de Drummond—Bois-Francs
pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous la parole, M. le député.
Schneeberger :
Merci, M. le Président. Veuillez excuser ma voix ce matin, elle est un petit
peu enrouée. L'hiver est arrivé à Québec.
Alors, les familles
en difficulté doivent avoir accès à de l'accompagnement parce qu'elles sont les
premières cellules à l'intérieur desquelles
nos enfants commencent à apprendre à vivre en société. J'aimerais souligner le travail de deux organismes apparentés, situés à Drummondville, qui contribuent à l'enrichissement,
et à l'expérience parentale, et au bien-être des enfants : la
Maison de la famille Drummond et La Parenthèse, Service Droits d'accès.
Le programme par
engagement de la Maison de la famille s'adresse aux enfants et aux parents
confrontés à des difficultés découlant de
contextes de grande vulnérabilité. Il se réalise en partenariat avec le CSSS
Drummond et le Centre jeunesse
Mauricie—Centre-du-Québec.
La Parenthèse, Service Droits d'accès, procure un milieu neutre et sécuritaire
permettant à l'enfant de garder un lien avec
chacun de ses parents. Peu importe la situation familiale, elle offre des
visites et des échanges de garde
supervisés. Je voudrais féliciter la directrice générale des deux organismes,
Mme Françoise Dumais, ainsi que toute son équipe.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci beaucoup, M. le député, mais c'est toujours
important de ne pas trop dépasser le temps imparti, pour des questions
d'équité. Alors, merci pour votre déclaration.
cède maintenant la parole à M. le député de Chomedey
pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le
député, à vous.
Ouellette :
Merci, M. le Président. Je tiens à souligner l'implication sociale
exceptionnelle du lieutenant-colonel Richard Jourdain, présent avec nous ce
matin dans les tribunes, que j'ai côtoyé à plusieurs reprises au sein du
quatrième Bataillon Royal 22e Régiment de Laval.
à Rouyn-Noranda en 1962, il a gravi tous les échelons de la hiérarchie militaire
au cours de ses 35 années de service
au sein du Royal 22e pour occuper jusqu'à récemment le poste de commandant
adjoint en plus d'être officier de liaison
régional pour les Laurentides. Le 1er novembre dernier, son engagement a été
souligné lors d'un dîner régimentaire mixte au manège militaire de
Laval, auquel assistaient les députés lavallois.
Dans la vie de tous
les jours, Richard Jourdain a enseigné l'éducation physique au niveau
secondaire pendant plus de 21 ans en plus
d'être directeur adjoint à l'école secondaire des-Studios de Saint-Jérôme. Des
remerciements bien sentis à sa conjointe et complice de vie, Mme Sylvie
Martel. Laval se souvient, lieutenant-colonel Jourdain, de votre sens du devoir, de vos accomplissements, qui
représentent pour nous tous une source de motivation, d'inspiration et un
exemple à suivre. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, la présidence vous salue. Bienvenue ici, à l'Assemblée
nationale. C'est chez vous.
cède maintenant la parole... Merci, M. le député. On cède maintenant
la parole à Mme la députée de Laporte
pour sa déclaration d'aujourd'hui. Mme la députée de Laporte, à vous.
Mme Ménard : Merci, M. le
Président. Alors, permettez-moi aujourd'hui de souligner le 50e anniversaire
d'existence de la Fondation de l'Hôpital Charles-LeMoyne, situé à Greenfield
Park, au coeur du comté de Laporte.
Depuis 1964,
la fondation travaille afin d'offrir un centre hospitalier de haut
niveau de spécialisation et des services de qualité pour la population de la Montérégie. Le dévouement et l'engagement exceptionnels des
bénévoles et du personnel soignant
ont réussi à récolter plus de 49 millions
de dollars en 50 ans, ce qui a permis
de réaliser de grands projets, dont l'objectif premier est toujours le bien-être
des patients et la qualité de vie du milieu. Bravo à toute l'équipe de la Fondation
de l'Hôpital Charles-LeMoyne pour leur 50e anniversaire! Je
suis convaincue que les destinées à venir seront toutes aussi couronnées
de succès. Bravo!
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, Mme la députée, de votre déclaration d'aujourd'hui. Cette
dernière déclaration met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Donc, les travaux sont suspendus pour quelques
instants. Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à 10 heures)
Le Président : Bon mercredi.
Nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci, veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
Le Président : Tu t'es fait
prendre au jeu, hein?
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Fournier : Je vous
demanderais d'appeler l'article a, M. le Président.
Président : Alors, à l'article a du feuilleton, M. le ministre
de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations présente le projet de loi n° 19, Loi
modifiant la
Loi sur les coopératives et d'autres dispositions législatives. M.
le ministre.
Daoust : Oui. Alors, M. le Président, je dépose le projet de loi n° 19
qui est la Loi — comme vous
le disiez — modifiant
la
Loi sur les coopératives et d'autres dispositions législatives.
C'est un projet de loi qui modifie la
Loi sur
les coopératives en ce qui a trait aux exigences administratives requises pour le dépôt de requêtes et de statuts
de coopératives auprès du ministre responsable de cette loi. Il prévoit des
règles concernant la correction de statuts
et donne au ministre le pouvoir de déterminer les modalités de signature des
documents technologiques devant lui… produits ainsi que ceux de rectifier les
documents qu'il a dressés.
Le projet de
loi précise que les sommes dévolues à une coopérative doivent être affectées à
sa réserve et que cette dernière ne peut être entamée de quelque
manière.
Le projet de
loi introduit des mesures de protection du patrimoine des coopératives
d'habitation dont un immeuble a été construit, a été acquis, restauré ou
rénové dans le cadre d'un programme gouvernemental d'aide à l'habitation, notamment en obligeant la coopérative à préserver
l'affectation sociale ou communautaire de l'immeuble, en assujettissant l'aliénation d'un tel immeuble ou la modification
de son affectation à l'autorisation préalable du ministre et, en cas de
liquidation de la coopérative, en obligeant la dévolution du sol de l'actif à
une coopérative de même nature.
Le projet de
loi modifie les règles applicables aux coopératives de travail pour donner à
leur directeur général ou à leur
gérant le pouvoir d'imposer aux membres des mesures administratives ou
disciplinaires autres que le congédiement.
Le projet de loi revoit les dispositions pénales
de cette loi en prévoyant des amendes plus élevées lorsqu'une contravention à
cette loi affecte le patrimoine et la réserve d'une coopérative.
Finalement,
le projet de loi apporte d'autres modifications techniques à cette loi ainsi
que des modifications de concordance.
Le Président :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Mme la
leader.
Maltais :
Oui. M. le Président, vu l'importance du secteur coopératif dans notre
économie, est-ce qu'on va pouvoir tenir des consultations particulières?
Le Président :
M. le leader.
Fournier : Je propose qu'on ait des échanges sur le sujet,
d'abord le ministre avec le porte-parole, pour voir le contenu, puis par
la suite on pourra avoir des échanges sur la question.
Le Président :
Alors, est-ce adopté?
Le Président :
Adopté. M. le leader.
M. Fournier :
L'article b, M. le Président.
Président : Alors, à l'article b du feuilleton, M. le ministre
de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations présente le projet de
loi n° 22, Loi donnant suite aux conclusions du Rapport du groupe spécial
constitué en vertu de l'Accord sur le commerce intérieur concernant les
articles 7.1 et 7.2 de la
Loi sur les
produits alimentaires. M. le ministre.
Daoust : M. le Président, le projet
de loi n° 22, comme vous venez de le désigner, c'est
un projet de loi qui modifie la
Loi sur les produits alimentaires afin d'y retirer les
dispositions interdisant de mélanger un produit laitier ou un constituant d'un
produit laitier et un succédané de produits laitiers et de préparer, d'offrir en vente, de vendre, de
livrer, de transformer, de détenir,
d'exposer et de transporter en vue de la vente un succédané de produits laitiers qui n'est pas désigné par un règlement du gouvernement.
Le Président : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être
saisie de ce projet de loi? Mme la leader.
Maltais : Nous demandons des consultations
particulières, M. le Président.
Le Président : M. le leader.
Fournier : On aura des
échanges. Je tiens à rappeler à notre collègue qu'il s'agit d'un projet de loi
qui vise à répondre à un jugement
rendu par un tribunal d'arbitrage et qui, par
conséquence, est assez connu de l'opposition
officielle. Mais je suis sûr qu'à la lecture du projet de loi on pourra
avoir des échanges qui seront assez faciles à tenir.
Le Président : Mme la leader.
Maltais : …on reconnaît qu'on demande des
consultations particulières, M. le Président.
Le Président : Ça va bien, mais est-ce adopté?
Le Président : Adopté. M. le leader.
M. Fournier :
Article c,
M. le Président.
Président : Alors, à l'article c
du feuilleton, M. le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire présente le projet de loi
n° 23, Loi modifiant la Charte de la Ville de Montréal relativement à la
composition du comité exécutif. M. le ministre.
Moreau : M. le Président,
alors le projet de loi retire de la Charte de la Ville
de Montréal la disposition qui exige que
le maire de la ville désigne, pour siéger au
comité exécutif, un minimum de sept membres du
conseil et un maximum de 11.
Le Président : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être
saisie de ce projet de loi? Mme la leader.
Maltais : Quelques consultations très
particulières, M. le Président, pour ce projet de loi.
Le Président : M. le leader.
M. Fournier : Très particulières, M. le Président.
Le Président : Est-ce adopté?
Le Président : Adopté. M. le leader.
M. Fournier : Je vous demanderais
d'appeler l'article d, M. le Président.
Président : Alors, à l'article d du feuilleton, j'ai reçu le rapport de la directrice de la
législation sur le projet de loi
n° 201, Loi concernant la Ville de Westmount. La
directrice de la législation a constaté que les avis ont été faits et
publiés conformément aux règles de fonctionnement des projets de loi
privés. Alors, je dépose ce rapport.
conséquence, M. le député de D'Arcy-McGee, que je remercie, présente le projet
de loi d'intérêt privé n° 201, Loi concernant la Ville de
Westmount.
L'Assemblée
accepte-t-elle d'être saisie de ce projet de loi?
Président : Adopté. Il y en a
qui demandent une consultation générale sur le sujet.
Ce n'est pas nécessaire? O.K. M.
le leader du gouvernement.
Fournier : Conformément au premier alinéa de l'article 267 de notre
règlement, je fais motion afin que ce projet
de loi soit déféré à la Commission de l'aménagement du territoire et pour que
le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation
du territoire en soit membre.
Le Président : Est-ce adopté?
Le Président : À la rubrique Dépôt de documents, M.
le leader du gouvernement.
Fournier : Avec votre
permission, je dépose la réponse du gouvernement à la pétition déposée par le
député de Borduas le 21 octobre 2013.
Le Président : Ce document est déposé.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Toutefois, à la
rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 1 395
pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu que la
participation au marché du travail des personnes handicapées demeure faible et
précaire malgré la Loi assurant l'exercice des droits des
personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire,
professionnelle et sociale;
«Attendu
qu'À part... égale, politique adoptée en 1985, stipule que les personnes
handicapées auront accès à une part
égale du marché du travail lorsque, sans discrimination ni privilège, l'écart
entre elles et les personnes n'ayant pas d'incapacité sera comblé;
«Attendu
que la Stratégie nationale pour l'intégration et le maintien en emploi des
personnes handicapées vise à réduire de 50 % l'écart du taux
d'emploi des personnes handicapées avec celui des personnes sans incapacité;
«Attendu qu'À part
entière, politique adoptée en 2009, vise à réduire le manque de financement de
la mesure Contrat d'intégration au travail, compromettant l'atteinte des
objectifs énoncés;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
citoyennes et citoyens du Québec, demandons à l'Assemblée nationale du Québec
de convaincre le gouvernement de :
Suspendre les gels ou coupures dans le financement des programmes de soutien à
l'intégration et au maintien en emploi des personnes handicapées pour
leur permettre d'accéder, à part égale, au marché du travail;
«2. Faire modifier
les lois applicables pour responsabiliser les employeurs et, notamment, imposer
des quotas d'embauche, solution au sous-emploi persistant des personnes
handicapées;
Voter des crédits budgétaires additionnels pour financer pleinement la mesure
Contrat d'intégration au travail et
répondre durablement à tous les besoins d'intégration et de maintien en emploi
des personnes handicapées dans toutes les régions du Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant Mme la députée
de Richmond.
Vallières :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 1 179 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le diabète de type 1 est une
maladie auto-immune qui se manifeste lorsque le pancréas d'une personne cesse de
produire de l'insuline, une hormone qui est essentielle à la survie;
«Considérant
que, selon les recherches, il est
prouvé que le traitement par pompe à insuline contribue à maintenir une glycémie normale, donc éloigne les
complications à court terme — hypoglycémie
sévère — et
à long terme pouvant être
néfaste sur les reins — néphropathie — les
yeux — rétinopathie — le
système neurologique — neuropathie — le
coeur — infarctus — et
les vaisseaux sanguins — hypertension,
[…];
«Considérant
que le contrôle d'une glycémie
normale éloigne les complications à court terme — hypoglycémies sévères — et à
long terme;
«Considérant
que l'accès à la pompe à insuline en
est malheureusement limité à ceux qui disposent d'une couverture
d'assurance médicale privée ou qui sont fortunés;
«Considérant
que ce programme est discriminatoire
en âge puisque les diabétiques de type 1 âgés de plus de 18 ans ne peuvent y adhérer;
«Considérant
que les bénéficiaires du programme ont accès au traitement de la pompe à
insuline pour toute leur vie,
confirme donc qu'à long terme la pompe est essentielle peu importe l'âge, mais
est discriminatoire pour les autres diabétiques de type 1 ne
pouvant bénéficier du programme pour la même maladie;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Pour
toutes ces raisons, nous demandons au gouvernement du Québec que le programme
de remboursement de pompe à insuline
soit accessible pour toutes les personnes diagnostiquées diabétiques de
type 1, peu importe leur âge, si médicalement prescrit.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. J'invite maintenant M. le député de
D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 116 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que, depuis plusieurs années, les employés de l'Hôpital général juif ont
exprimé leur besoin d'avoir une garderie sur place. Au fil du temps,
leur élan a augmenté et, en 2009, l'Hôpital général juif s'est impliqué dans le
processus de demande d'un permis de garderie subventionnée par le gouvernement;
«Considérant
que cette demande a été soumise au ministère de la Famille en février 2012 et
refusée en décembre de cette même
année et qu'une deuxième demande a été présentée en juin 2013 et refusée en
mars 2014 une fois de plus;
«Considérant
que les résultats d'un sondage de l'Agence de la santé et des services sociaux
de Montréal — CROP, juillet
2009 — démontrent
qu'une garderie sur place favorise le recrutement et la rétention du personnel
sur l'île de Montréal et
encourage la conciliation travail-famille;
«Considérant
que le personnel de l'Hôpital général juif ainsi que les trois syndicats au
sein de l'hôpital — Les Professionnel-le-s
en soins de santé unis, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de
l'Hôpital général juif, CSN, et l'Alliance
du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, APTS — appuient
l'implantation d'une garderie sur place;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec et au ministère
de la Famille d'accorder un permis
de garderie à l'établissement de l'Hôpital général juif pour faciliter la
conciliation travail-famille de ses employés.»
Donc, je certifie que
cet extrait est conforme au règlement et à l'original de la pétition.
Président : L'extrait
de cette pétition est déposé. J'ai reçu de la part de Mme la députée de Richmond une demande
de dépôt d'une pétition non conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. Mme la
députée, nous vous écoutons.
Vallières :
Merci à nouveau, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 814 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes de la municipalité d'East Broughton.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Attendu
qu'en 2011 le passage de l'ouragan Irène a causé des dégâts considérables dans
les tunnels de la mine abandonnée de Québec Asbestos située sur le territoire
de la municipalité d'East Broughton;
«Attendu qu'aucun
travail de réhabilitation n'avait jamais été effectué;
«Attendu que la municipalité
n'avait d'autres pouvoirs que de demander à la MRC à ce que des travaux
d'urgence soient effectués en vertu de la
Loi sur les compétences municipales;
«Attendu que la MRC
des Appalaches a effectué des travaux au coût de 2,7 millions de dollars;
«Attendu que la MRC
des Appalaches réclame un remboursement de la part de la ville d'East
Broughton;
«Attendu
que la ville d'East Broughton gère un budget annuel de 3 millions de dollars et qu'elle devra refiler la facture aux Broughtonnais et que le
paiement augmenterait considérablement notre fardeau fiscal;
«Attendu
que le premier ministre du Québec s'est engagé, le 2 avril lors de la
campagne électorale, à aider la région de Thetford Mines;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, citoyens d'East Broughton, demandons que le gouvernement du Québec
défraie les coûts des travaux de réhabilitation minière occasionnés par
le passage de l'ouragan Irène, il y a trois ans.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni de questions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales. Et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Bédard : Merci, M. le Président. Comme nous le savons tous,
l'effet libéral continue de sévir au Québec. La recette caquiste appliquée par le Parti libéral du Québec a eu un
résultat concret, M. le Président, on a battu un record de médiocrité, il faut quand même le souligner, qui
datait de 1991. On a perdu, en sept mois, 82 000 emplois à temps plein.
Bravo! Bel effort! C'est une belle illustration
évidemment que nous, on sait, de ce côté-ci, la réputation surfaite du Parti
libéral en matière d'économie.
Mais
ce qui est plus grave, c'est que le premier ministre et son ministre des
Finances disent des choses qui sont complètement
différentes. Le ministre des Finances, lui, il dit : Tout va bien — oui, vous, M. le ministre des Finances — tout va bien, nous, on est contents de la création d'emplois. Alors, et le
premier ministre dit : Bien non, moi, je maintiens ma cible. Et le ministre des Finances de lui
répondre : Bien, on ne va rien faire pour développer l'emploi. Alors,
voilà le premier ministre. Voilà le dialogue de sourds qu'ils ont tous
les deux.
Mais,
ce qui est plus grave encore, le premier ministre le laisse faire, peut-être
parce qu'il est insécure en matière d'économie.
Mais ce qu'on apprend aujourd'hui, c'est que le ministre des Finances, il
dit : Moi, je continue parce que ça va bien. Évidemment, il est convaincu que ça va bien. Alors, qu'est-ce
qu'on fait quand ça va bien? On continue. Alors, on prévoit augmenter les taxes, les tarifs des gens pour les familles,
baisser les crédits d'impôt, continuer à s'enfoncer. Ça, c'est parfait.
C'est une belle illustration de quelqu'un qui est enfermé dans sa réalité.
nous coûte cher, cette façon de faire nous coûte très cher en termes d'emplois,
en termes de création économique. Ce
que je demande au premier ministre, c'est de mettre fin à cette incertitude,
rappeler à l'ordre son ministre des Finances et dire que ces hausses de
taxe ne se produiront pas lors de la mise à jour…
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, il
faut le dire, et je sais que ce n'est
pas agréable pour nos collègues, là, mais la plus grande incertitude qui pesait sur l'économie du Québec,
l'incertitude politique qui pesait sur le Québec a été levée, le
7 avril dernier, par la population de façon très claire, très claire.
Maintenant,
effectivement, on voudrait qu'il y ait plus de création d'emplois puis on va tout faire pour que ça se produise, mais il y a quand
même des faits qui doivent attirer
notre attention. D'abord, c'est que les principaux indicateurs de croissance économique, d'investissement privé,
de vente au détail, de revenus de l'État sont dans la zone positive, ce qui est un bon signe. Cependant, on voit les
chiffres d'emploi de Statistique Canada, certainement, mais on voit également
le paradoxe que, le mois dernier, il y avait, je crois, 38 000 emplois disponibles
sur le site d'Emploi-Québec. En moyenne, c'est 50 000, puis on a
besoin de centaines de milliers de nouveaux travailleurs d'ici 2020.
Alors,
également, lorsqu'on se promène dans le Québec, ce que je fais régulièrement,
comme mes collègues, et qu'on parle aux entrepreneurs, ils ne nous
parlent pas de problème... d'autre que de trouver des travailleurs pour les emplois disponibles. Alors, c'est sur cet
aspect-là qu'on va travailler. On va faire en sorte de travailler, M. le
Président, pour répondre au fond de
la question de notre collègue, à la fois sur le redressement des finances
publiques — et là je
dois dire qu'il y a une part de responsabilité
qui leur revient, il le reconnaît, je crois, mais qui revient également à
l'ensemble du Québec, tout le monde
fait sa part — mais de
mesures également de relance économique, qui sont très précises, qui
sont dans le budget, que nous allons continuer à mesurer et à améliorer lorsque
ce sera nécessaire.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : La seule stabilité qu'on voit actuellement, là,
c'est le refus d'agir du premier ministre sur la création d'emplois, sur le développement économique. C'est
un entêtement idéologique incarné par son ministre des Finances et son président du Conseil du trésor. Là, on
dit : Écoute, il faut se réveiller, là. L'équipe économique, là, est à
plat actuellement. Ça fait que, si le
premier ministre, lui, ne se rend pas compte de ça, ceux qui perdent leur
emploi, eux s'en rendent compte. Et la recette libérale que vous avez
appliquée jusqu'à maintenant donne de mauvais résultats.
qu'on vous demande, c'est ne pas augmenter les taxes pour les familles et
mettre fin à l'incertitude pour les entreprises. Allez-vous le faire?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, M. le Président, on a dit très clairement qu'on voulait non
pas… ne pas augmenter le fardeau
fiscal des familles, mais, au terme du mandat, l'avoir diminué, notamment
avec la taxe santé qui, en passant, était une contribution uniforme que l'opposition
a transformée en contribution modulée, ce qui est fort intéressant, on aura l'occasion
d'y revenir. Mais je voudrais également répéter que l'incertitude politique,
elle était là, elle était présente. Les investisseurs du monde entier se demandaient bien où le Québec
s'en allait et si on allait s'enfarger encore
une fois dans un référendum
puis l'incertitude politique et économique. Heureusement, la population a dit
non clairement.
Maintenant,
on travaille sur l'économie, on travaille sur l'emploi, on travaille sur les finances
publiques, c'est notre priorité de tous les jours, de tous les instants.
Et, M. le Président, on y travaille…
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : …ensemble, en équipe.
Merci.
Président : Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard :
C'est incroyable, hein? Le Parti libéral incarne l'instabilité, et c'est le cas
réellement pour les entreprises qui ont décidé de ne pas investir, de retarder
leurs projets d'investissement, puis ça a un impact sur l'emploi. Le premier
ministre, il dit : On continue,
nous autres. On continue dans cette voie. Puis ce n'est pas un plan dans cinq
ans que ça nous prend, c'est un plan maintenant, parce que les emplois, ils se perdent là. Pendant ce temps-là,
l'Ontario fait des
mamours à nos entreprises pendant qu'on se croise les bras puis on veut
couper l'aide aux entreprises. C'est ça, le résultat libéral actuellement.
Alors,
ce que je lui demande : mettre fin à l'incertitude, dire qu'il n'y aura
pas de taxe famille et qu'il ne baissera pas les crédits d'impôt pour
les entreprises.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Il est clair, M. le Président, et j'en ai eu des témoignages multiples, que, le
jour où le Plan Nord a été jeté aux oubliettes par le gouvernement précédent, ça a fait plaisir aux entreprises d'Ontario. C'est
clair, parce que les investissements qui se dirigeaient vers le Québec
se sont dirigés un peu plus vers l'ouest. Heureusement, il n'est pas trop tard, on a réussi à renverser la
vapeur. Les gens savent maintenant que le Plan Nord est de retour.
Mais
il y a des indicateurs que je voudrais citer à notre collègue, attirer son
attention là-dessus, quand même, parce qu'il
dit : Les investissements des entreprises ne se font pas. Or, les
investissements en machinerie et en équipement ont augmenté, au deuxième trimestre, pour la première
fois en cinq trimestres consécutifs, or, ce qui est un excellent indicateur
parce qu'à l'époque où on parlait d'emploi,
alors que j'étais dans son fauteuil, on voyait que les revenus de l'État
avaient fortement chuté…
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : …alors que les revenus de l'État augmentent, M. le Président, ce qui
est bon signe et annonciateur de…
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : C'est bon signe pour qui? Les revenus augmentent
parce qu'ils ont baissé les crédits d'impôt puis augmenté les taxes du
monde. C'est normal que les revenus augmentent, du gouvernement. C'est
ridicule. Oui, on a renversé la vapeur parce
qu'en 2013 il s'est créé 47 800 emplois, puis là on en a perdu 83 000
à temps plein depuis sept mois. Oui, on l'a renversée.
premier ministre, il doit se réveiller. Lui, il dit d'une voix : Moi, je
maintiens ma cible de création d'emplois, puis son ministre des Finances dit : Non, non, bien, moi, je ne
fais rien parce que je suis content. Alors, qu'il se réveille, qu'il le
soumette au ballottage ou qu'il le renvoie à la CAQ, à son club-école, mais que
lui, il prenne les décisions…
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je pense qu'on fait beaucoup d'honneur au deuxième
groupe d'opposition. Non? Non, merci? Bon.
Alors,
en fait, M. le Président, ce qu'on voit — puis je voudrais quand même attirer, encore
une fois, l'attention du collègue
là-dessus — c'est
que les impôts des sociétés augmentent. Alors qu'ils avaient diminué, d'avril à
juillet 2013, de 12 %, ils
augmentent maintenant de 5 %. Ça veut dire que les entreprises
fonctionnent. Lorsqu'on parle aux banquiers, ils nous disent que leurs activités de financement des entreprises
augmentent. Lorsqu'on regarde les ventes au détail…
M. Couillard : C'est difficile d'affronter la réalité parfois, M. le Président. Les
ventes au détail ont augmenté pour la première fois depuis longtemps.
L'espoir et l'optimisme renaissent.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Maintenant, est-ce qu'on est satisfaits? Est-ce qu'il faut faire mieux?
On n'est pas assez satisfaits puis on veut faire beaucoup mieux,
M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, dans une étude préparée par la firme Secor-KPMG, on apprend
que le projet d'oléoduc Énergie Est de
TransCanada pourrait avoir de graves conséquences sur notre économie. La firme
a évalué l'impact du pipeline sur six
grands projets d'investissements. Le rapport conclut qu'en réduisant la
capacité d'approvisionnement en gaz naturel de 19 %, le pipeline de
TransCanada menace la réalisation de cinq projets industriels majeurs.
M. le Président, si
le projet de TransCanada va de l'avant, le Québec pourrait perdre des
investissements de 3 milliards de dollars et les 42 000 emplois qui
vont avec. M. le Président, TransCanada pourrait amputer le PIB du Québec de 10 milliards de dollars. Alors, M.
le Président, non seulement le gouvernement n'a pas de plan économique, mais,
en plus, en appuyant ce mauvais projet, il applique la recette parfaite pour
nuire à notre économie, à la création d'emplois et à l'investissement.
Alors, M. le
Président, comment le ministre des Finances peut-il appuyer ce si mauvais
projet?
Le Président :
M. le ministre des Ressources naturelles.
Arcand :
M. le Président, le projet de TransCanada, nous avons eu l'occasion de le
dire à plusieurs reprises, il y a eu des analyses qui démontraient que
ce projet était positif pour l'économie du Québec et il y a eu des analyses qui ont dit que ça n'apportait rien à l'économie
du Québec. Nous sommes en train d'analyser cela. Également, nous savons qu'il y a un enjeu sur l'approvisionnement gazier,
M. le Président, et j'ai demandé à la Régie de l'énergie de me produire un rapport d'ici la fin du mois de novembre pour
justement s'assurer que nous ayons un approvisionnement gazier qui
serait suffisant pour l'avenir, d'ici au moins 2030.
Alors, nous allons analyser cette situation,
nous allons regarder cela de façon très claire. Nous savons qu'il y a actuellement
des discussions entre Gaz Métro et TransCanada
pour s'assurer qu'il y ait un approvisionnement gazier acceptable. Les négociations se poursuivent et nous allons nous assurer,
M. le Président, qu'il y ait du gaz à profusion au Québec pour des
années à venir, M. le Président.
Le Président : Complémentaire, M. le député de
Marie-Victorin.
M. Drainville : M. le
Président, non seulement les libéraux n'ont pas de plan économique, mais ils appuient un projet TransCanada qui va détruire de la richesse économique. 3 milliards
d'investissements compromis, 42 000
emplois menacés, 10 milliards de PIB perdu, c'est ça, le projet de pipeline de TransCanada.
Pourquoi le
gouvernement libéral est-il prêt à sacrifier l'économie des Québécois, les
emplois des Québécois, l'environnement, le
territoire puis le fleuve des Québécois juste pour enrichir l'économie
pétrolière de l'Ouest du Canada?
Le Président : M. le ministre des Ressources
naturelles.
Arcand : M. le Président, je suis surpris de
voir le député de Marie-Victorin. C'est un document de 30 000 pages
qui a été déposé à l'Office
national de l'énergie la semaine dernière, et déjà le Parti québécois a
une position, une position très claire, très nette sur ce projet. Nous,
M. le Président, il est...
Le Président : M. le ministre.
Arcand : ...M. le Président. Nous, il est très
clair que nous voulons, dans ce projet, des bénéfices économiques pour le Québec. Nous voulons que, sur le plan
environnemental, ce soit acceptable, et nous voulons également régler la
question de l'approvisionnement gazier. Nous l'avons dit, M. le Président, depuis le début : Nous allons regarder
ça. TransCanada n'aura pas de chèque en blanc, M. le Président, c'est
très clair…
Le Président : En terminant.
Arcand : …il faut que ce soit bon pour le
Québec, M. le Président.
Le Président : Deuxièmement complémentaire, M. le
député de Marie-Victorin.
M. Drainville : M. le
Président, le rapport de Secor est catégorique :
ce sont les régions de Bécancour, Valleyfield, Asbestos, Thetford Mines qui vont payer
parce que ce sont ces régions qui doivent accueillir les usines qui sont menacées par le projet de TransCanada. Le plan économique des libéraux, c'est
d'enrichir Fort McMurray, Edmonton, Calgary, et d'appauvrir Bécancour,
Valleyfield, Asbestos et Thetford Mines.
Si vous n'êtes pas
capables de relancer l'économie du Québec, pouvez-vous au moins ne pas nuire en
disant clairement : Au Québec, on n'en veut pas, du projet de TransCanada?
Le Président : M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je pense que nous
apprécions, dans les échanges qui se font à l'Assemblée, qu'il y ait des
questions et qu'il y ait des
réponses. Nous écoutons les questions, ce serait bien d'écouter les réponses.
Notre collègue vient de dire de façon
très claire qu'un des guides — un des guides, il
y en a bien d'autres — c'est de nous assurer du gaz à profusion
pour les projets que le député a dit. Donc,
il ne peut pas dire, en même temps, que nous sommes contre les projets. On travaille à ce qu'il y en ait, justement. Donc, la question ne dirige pas... ne
prend pas compte de la réponse qui a été donnée.
Premièrement, ce
qu'il est important pour nous de dire, l'environnement,
l'économie, tout cela doit être au rendez-vous, et pas les moratoires qui
bloquent le développement économique. On veut s'assurer...
Le Président : En terminant.
Fournier : ...de l'économie et
de l'environnement, et pas simplement dire: Non à tout, on bloque tout, on ne
veut rien savoir.
Le Président : Principale, M. le député de Rimouski.
LeBel : M. le Président, Solidarité rurale, c'est 23 ans à développer
une véritable expertise en matière de réalité rurale. En coupant le financement de cet organisme, le gouvernement
libéral souhaite faire taire ceux qui, jour après jour, portent la voix
des régions, ceux qui dynamisent la ruralité, ceux qui développent nos villages
et ceux qui assurent un avenir prospère pour
les familles qui choisissent de vivre en région. Il faut rappeler au ministre
que Solidarité rurale n'est pas un
lobby. Il s'agit d'un organisme-conseil reconnu par la Politique nationale de
la ruralité, un organisme qui permet d'entendre la réalité rurale de
partout au Québec. Dans toutes les régions du Québec, des développeurs, des
leaders régionaux, même d'anciens députés
libéraux se sentent délaissés, abandonnés par ce gouvernement qui manque de
vision pour les régions. C'est urgent, il
faut maintenant arrêter le saccage.
est passée la sensibilité du gouvernement pour
les réalités des régions, comme le demande le président du Parti libéral dans Gaspé,
M. Beaudin, qui vient de dire au
Parti libéral que c'est de plus en plus gênant d'être
libéral en région, et je le comprends?
Le Président : M. le ministre des Affaires
municipales.
Moreau : M. le Président, je
remercie le député de sa question. Ça me permet de rappeler que, dans le pacte
fiscal transitoire, nous confirmons
100 % des sommes qui sont dédiées à la politique
de la ruralité. 100 % du budget est maintenu. Alors, quand on commence à parler, là, de saccage puis de
personnes qui sont insensibles, là, il faut regarder le pacte pour ce qu'il
est. Et
j'invite le député de Rimouski à regarder attentivement
le pacte fiscal transitoire. Il verra que 100 % des budgets en
matière de politique de la ruralité sont maintenus.
Maintenant,
en ce qui a trait à Solidarité rurale, c'est un groupe qui avait été reconnu
comme un groupe-conseil. Le groupe de
Solidarité rurale emmenait 800 000 $ dans la politique de la
ruralité. L'an passé, ils ont fait un déficit de 30 000 $.
Pour corriger la situation, ce qu'ils ont fait, ils ont augmenté leurs salaires
de 60 000 $. Alors, ce que nous estimons,
nous, c'est qu'on doit maintenir une politique de la ruralité qui soit forte.
On va prendre les sommes, on va les donner à la Fédération québécoise
des municipalités et à l'Union des municipalités du Québec et on va fonder une
chaire de recherche sur la ruralité. C'est ça qu'on va faire.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rimouski.
LeBel : Ce qu'on voit depuis le débat sur les CLD puis le
développement des régions, c'est un mépris pour les gens qui travaillent
en région, qui s'impliquent dans les régions.
L'autre
jour, le ministre du Développement économique nous disait que les bénévoles qui
s'impliquent en région, ça coûte
cher. ce n'est pas vrai que ça ne coûte rien, ça coûte cher. Ça coûte cher en
papier pour faire les ordres du jour puis
faire les procès-verbaux. C'est ça, leur vision des gens comme Solidarité
rurale puis des développeurs, des gens qui s'investissent dans le développement des régions. C'est ça, leur vision
des régions, c'est une des régions... c'est des régions délaissées.
Moi, ce que
je dis : Il faut que quelqu'un se ressaisisse, que quelqu'un du caucus du
Parti libéral se ressaisisse, qu'il parle au gouvernement que c'est
fini, le saccage des outils de développement dans le milieu...
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
M. Moreau : Le leader
rappelait, dans une réponse précédente, que c'est une période de questions,
mais de réponses. Il est difficile de soutenir, dans un préambule de question,
qu'il s'agit d'un saccage lorsque, d'une part, on maintient 100 % des budgets en matière de pacte... de politique de
la ruralité, lorsqu'on annonce que les sommes seront dirigées vers la
Fédération québécoise des municipalités, qui regroupe à peu près toutes les
municipalités rurales au Québec et les
municipalités régionales de comté, vers l'Union des municipalités du Québec, qui
regroupe l'ensemble des autres
municipalités au Québec, et que nous entendons fonder une chaire de recherche
sur la ruralité. Dans tout ça, là, avec quoi vous n'êtes pas d'accord
exactement?
Le Président :
Complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Bédard : Il y a
beaucoup de choses avec lesquelles on n'est pas d'accord puis, s'il était en
région, il le constaterait. S'il lisait Le
Quotidien , tous les journaux au niveau régional, il verrait que les gens,
ils constatent une grande centralisation.
Solidarité rurale, c'est des gens sur le terrain, ça. C'est des gens qui se
dévouent au développement régional, ce n'est pas des gens partisans,
puis ils n'ont pas, actuellement, d'oreille auprès du ministre.
Moi, ce que
je demanderais au premier ministre,
qui est un député de région : de les rencontrer aujourd'hui pour
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je salue tout le monde dans les tribunes, y compris, bien sûr, les
représentants auxquels notre collègue
a fait allusion. Mais moi, également, j'y vais dans les régions, j'y vais dans
mon comté, chaque semaine, et, quand
je parle aux préfets et aux maires, ce que j'entends actuellement, c'est
beaucoup de satisfaction, merci.
M. Couillard : Oui, oui. Bien oui,
c'est la triste réalité pour vous, parce que les gens disent : Enfin, on a
un gouvernement qui s'intéresse
véritablement aux régions, qui donne les ressources aux régions, qui fait
confiance aux élus pour que les
décisions se prennent en région, avec tout l'argent pour les entrepreneurs pour
créer de l'emploi. Et c'est ce
qui était attendu depuis des années, M. le Président. Enfin, à Québec, il y a un gouvernement qui prend des décisions dans l'intérêt des
régions.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président, actuellement, le gouvernement demande à tous les acteurs de la société québécoise de faire des sacrifices pour qu'on atteigne l'équilibre budgétaire, et on est d'accord avec ça. Maintenant,
M. le Président, on
pense, à la Coalition avenir Québec, que, par cohérence, les élus ici, à l'Assemblée nationale, on doit aussi faire un effort.
Dans un projet de loi, le projet de loi n° 3, le gouvernement demande à tous les employés municipaux de
partager de façon égale, 50-50, leur contribution aux régimes de
retraite. Or, actuellement, là, tout
le monde ici, les députés, on a le
régime le plus généreux, beaucoup
plus généreux que ce qu'on a en moyenne dans les municipalités. On ne contribue
qu'à 21 %, 21 % seulement pour nos régimes de retraite. Donc, on
propose, à la coalition, de prêcher par l'exemple puis de ramener la
contribution des députés à 50 %.
Ma question
est très simple au premier ministre : Est-ce qu'il est d'accord pour que
les députés de l'Assemblée nationale ramènent leur contribution à 50 %
pour leur régime de retraite, oui ou non?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, je commencerais par souligner, avec appréciation, que notre collègue
partage l'objectif de retour à
l'équilibre budgétaire et les conséquences et les décisions difficiles qui
parfois doivent être prises. Et là-dessus je pense qu'on est sur la même
longueur d'onde.
Je suis également d'accord avec lui lorsqu'il
dit que tous les secteurs de la société font actuellement leur part pour l'atteinte de cet objectif, qui est
incontournable, y compris, bien sûr, les employés du secteur municipal qui sont
visés par le projet de loi n° 3
sur le régime de retraite; d'accord avec ça, aussi. D'accord également pour
dire que les députés devront avoir des conditions de régime de retraite
qui sont similaires à ce qui sera accordé… ou demandé, plutôt, aux employés du
secteur municipal.
Et je
rappelle à notre collègue que le projet de loi n'est pas encore adopté, il y a
encore des réflexions à faire, il y a encore
des conversations à avoir entre les différents partis. Et je peux garantir une
chose, c'est qu'à l'instar de ce qui est demandé aux employés du secteur
municipal les membres de l'Assemblée nationale feront également leur part pour
l'atteinte de l'équilibre budgétaire.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
je vais répéter une question très simple, très claire. On demande aux employés municipaux de contribuer à 50 %, dès
maintenant, à leur régime de retraite. Moi, ce que je veux savoir, là,
c'est : Si c'est bon pour les employés municipaux, est-ce que le
premier ministre ne pense pas que ça devrait être bon aussi pour les députés? Donc, est-ce qu'il est d'accord, oui ou
non, pour que, dès maintenant, on ramène la contribution des députés à
leur régime de retraite à 50 %, oui ou…
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
il y a quand même une précision à… adopter : c'est à l'expiration des
conventions collectives que ces
dispositions entrent en vigueur, ce n'est pas «dès maintenant». Et, en plus, le
projet de loi n'est pas adopté encore, que je sache, à moins que j'aie
manqué quelque chose, M. le ministre des Affaires…
Couillard : Alors, il y aura
des conversations puis j'engage son parti politique à participer à ces
conversations-là.
Mais, à sa question,
je vais répondre la même chose : À l'instar de ce qui sera demandé aux
employés du secteur municipal, les
membres de l'Assemblée nationale feront également le même effort pour atteindre
l'objectif de l'équilibre budgétaire.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition… deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le projet de loi n'est peut-être pas adopté, là, mais je pense
qu'il y en a une couple, là, quand on regarde dans les rues, qui ont
compris que la demande du gouvernement, c'était de rétablir 50-50.
On a déposé
une motion très claire aujourd'hui. Moi, je voudrais savoir, là : Est-ce
que le premier ministre est prêt à
envoyer un signal très clair aux employés municipaux qu'on va, nous aussi,
augmenter notre contribution à 50-50, oui ou non?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, je ne pense pas qu'un gouvernement responsable doit gouverner en
fonction de la rue ou des sondages.
On gouverne en fonction de l'intérêt général du Québec maintenant et également
des prochaines générations et, en passant, des prochains employés
municipaux pour lesquels on veut préserver l'accès aux régimes à prestations déterminées.
Il y a une
motion qui a été déposée, il y a fait allusion. Moi, je la trouve bonne, sa
motion. Il va y avoir un débat cet après-midi, il y aura un vote; qu'il
attende.
Le Président : Principale, M.
le député de Johnson.
Lamontagne : M. le Président, dans le dossier du projet de la
cimenterie à Port-Daniel, déjà controversé pour les centaines de millions d'argent public investi et la décision de ne
pas le soumettre à un BAPE, on apprenait, en début de semaine, que les États-Unis préparent une
contestation du projet devant l'OMC. Ils affirment qu'investir dans un projet
destiné à l'exportation via les accords de commerce internationaux...
Deux experts
consultés par Radio-Canada estiment que les Américains pourraient avoir gain de
cause. Pour le professeur de droit
Richard Ouellet, «la principale difficulté pour Québec "est de justifier
qu'on investit dans un projet presque
entièrement pour vendre à l'étranger. Ça, ce n'est pas légal."» Quant à
lui, le conseiller en relations commerciales Peter Clark affirme :
«Les deux types d'intervention, soit les prêts garantis et la participation du
gouvernement, sont problématiques, parce que le premier objectif est
d'exporter. "C'est interdit, point final."»
Le ministre dit qu'il est confiant dans la
position du gouvernement. Peut-il déposer les avis d'experts et avis juridiques
qui supportent ses affirmations?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
Daoust : Merci, M. le Président. D'abord, écoutez, l'entreprise qui a
le plus à perdre dans ça, c'est bien sûr McInnis, et ils ont fait faire ce genre d'étude là. Mais, de notre côté
à nous, et je tiens à le répéter puis je suis content que vous me donniez l'opportunité de le faire, c'est
que, dans cette transaction-là, tant le tarif électrique est un tarif standard,
tant les prêts qui sont faits sont à des
taux standards, et, quand on utilise le mot «prêts garantis», là, il faut faire
attention avec la définition de
«garantis», ce n'est pas une garantie de prêt, c'est un prêt qui est fait à un
taux commercial. Et les actions que
nous avons acquises à l'intérieur de ce projet-là sont des actions régulières, ce ne sont pas des actions
qui sont traitées différemment.
Alors, il va falloir me convaincre beaucoup que, tant du côté des actions que des
tarifs électriques, que des prêts,
l'apport gouvernemental dans ça est différent de celui d'un investisseur normal, d'un investisseur habituel.
Quand je
regarde, par exemple, un investisseur institutionnel, il se dit : Bon… Et
la majorité du financement est faite
de cette façon-là. L'investisseur institutionnel, il dit : C'est payant,
ça vaut la peine d'embarquer dans ce projet-là. Bien, on a eu le même réflexe, voyez-vous. On s'est dit : Oui,
voici un projet payant pour le privé, voici un projet payant pour le
public. On ne donne pas d'avantage à ce projet-là…
Le Président : En terminant.
M. Daoust : …autre que celui de le
réaliser pour le bénéfice des Québécois.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Johnson.
M. Lamontagne : M. le Président, je
suis content d'entendre le ministre, mais il reste que plusieurs experts affirment que les Américains pourraient avoir gain
de cause devant l'OMC. Ces faits-là sont très inquiétants parce qu'on a
des centaines de millions de dollars qui sont mis à risque dans ce projet-là.
Alors, je
répète ma demande au ministre : Peut-il nous déposer les avis d'expert et
avis juridiques sur lesquels il s'appuie pour dire que le projet est
béton et qu'il n'y a aucun problème légal avec ce projet?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Daoust : Alors, comprenons bien
que la contestation américaine actuellement… Et j'ai eu l'occasion de rencontrer le consul américain sur ce sujet-là, à
qui j'ai expliqué ce que je viens de résumer dans ma réponse précédente.
Essentiellement, les Américains, ce qu'ils
ont vu et ce qui m'a un peu surpris dans la lettre était à l'effet que… «We saw
clips.» Ils ont vu des petites coupures où
ils pensent qu'on est subventionnaires, où ils ont besoin d'avoir plus
d'information.
Avant de
penser qu'on a perdu devant les tribunaux, là, est-ce qu'on ne pourrait pas
tout simplement regarder de notre
côté à nous pour savoir si effectivement c'est bon pour le Québec? Et on pense
que c'est bon pour le Québec et on pense que c'est bon pour la Gaspésie.
Le Président : En terminant.
M. Daoust : Et, je vous le dis, là,
actuellement on n'a aucun traitement différent de ceux qu'on…
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Johnson.
Lamontagne : M. le Président, c'est justement ça que je demande au
ministre, qu'on regarde chez nous. Alors, il
y a des gens qui nous disent que ça
pourrait être problématique. Moi, ce que je dis au ministre,
c'est que, pour être sûrs de notre
position, on doit avoir des avis, des gens qu'on a consultés qui nous
confirment qu'on est dans une bonne situation.
Alors,
je demande au ministre : Est-ce
qu'il peut déposer des avis qui
confirment la solidité de notre position?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Daoust :
M. le Président, on a fait, au cours de la dernière année, à travers
Investissement Québec, probablement
1 200 dossiers et on n'a pas demandé un avis juridique à chaque fois à
savoir si on avait le droit de faire un prêt à une entreprise. Toutes
les juridictions le font actuellement…
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : M. le Président, l'article 79 dit que la réponse
à une question doit être brève, se limiter au point qu'elle touche. Ça fait trois fois qu'on pose la
même question. Est-ce qu'il y a, oui ou non, M. le Président… Est-ce que…
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : C'est évident que la période à laquelle nous sommes
s'appelle la période de questions, mais, j'ai eu l'occasion de le dire
tantôt, on offre aussi des réponses. Il faut juste que vous nous permettiez de
la donner plutôt que d'interrompre puis ne
pas l'écouter. On est rendus à 15 secondes sur 45. Est-ce qu'on peut
écouter notre collègue en train de
dire que la Gaspésie puis l'économie du Québec, c'est important? Si ça ne vous
intéresse pas, ce n'est pas notre problème. C'est important pour nous.
Le Président :
M. le ministre, veuillez poursuivre.
Daoust : Merci, M. le Président. Et, en réponse à la question, ce que
je disais, c'est que, depuis longtemps, il a été établi au Québec que, quand on fait une aide à une entreprise… Et
rappelons-nous d'une chose : dans ce dossier-là, on n'est pas
subventionnaires nulle part, on est des investisseurs normaux. Et depuis quand
les accords mondiaux de commerce, les
accords internationaux, disent que, quand on fait un investissement sur une
base régulière, comme tout investisseur institutionnel, ça devient
illégal? Vous avez raison, monsieur, je pense que mon dossier est béton.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M. le Président. Sur le dossier du pont
Champlain, le gouvernement canadien a mis en scène la grande diversion. La grande diversion du
fédéral, c'est d'essayer de nous faire croire avec un nouveau nom que ce n'est
pas un pont de remplacement mais un nouveau pont qui sera construit. Un nouveau
nom pour un nouveau pont pour évidemment nous imposer un péage. Une tactique
tordue pour justifier l'imposition d'un péage aux citoyens de la Rive-Sud et de
Montréal, un péage néfaste pour l'économie de la région métropolitaine.
tactique est grossière, mais le premier ministre libéral, son ministre des
Transports ainsi que la CAQ ont sauté dedans à pieds joints, reniant du
même coup notre histoire et notre mémoire.
Est-ce
qu'aujourd'hui le ministre des Transports peut corriger son erreur, et prendre
officiellement position pour le maintien du nom de Champlain, et exiger
le retrait du péage?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Poëti : M. le Président, je suis un peu étonné de la question,
en ce sens qu'on a dû manquer une
partie des nouvelles depuis une semaine, parce qu'à ce que j'ai bien compris du
gouvernement fédéral le nom n'est plus un enjeu. Ce que nous, on cherchait, M. le Président, comme gouvernement du
Québec, c'était un pont, pas un nom. Alors, le pont, on va l'avoir. Le pont s'en vient, il s'en vient
plus rapidement que prévu, et ce qui est important dans l'exercice, bien,
ça a été très clair.
Et, pour le péage, je vais le répéter
une autre fois, parce que ça aussi, peut-être plusieurs bulletins de nouvelles
en arrière… notre position est claire, elle
est claire, on l'a toujours dit, nous ne voulons pas de péage sur le pont
Champlain. Et j'ai même rajouté dans
un autre bulletin de nouvelles que je vous enverrai que le fédéral lui-même,
quand il a regardé son analyse et son
étude, ils lui ont dit que d'avoir un péage sur Champlain, ça causerait un
problème. Moi, j'ai dit : Je n'avais pas besoin d'une étude pour le
savoir. Nous voulons un pont, nous allons l'avoir. Merci.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Je pense que le ministre des Transports a raté
ses propres allocutions lui-même parce
que, la semaine passée, il a annoncé
qu'il voulait mettre un comité de consultation pour le changement de nom. Ça fait que nous lui demandons de ne pas
mettre en place ce comité de consultation là pour le changement de nom qui est directement en ligne avec la stratégie fédérale. Et on lui demande d'arrêter de
servir le fédéral, mais plutôt de servir les Québécois en appuyant
officiellement le maintien du nom de Champlain, notre…
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Poëti : En fait, M. le Président, je remercie encore quelqu'un de l'opposition. C'est vrai, on est fédéralistes. C'est vrai qu'on va continuer à travailler en
partenariat. Et l'autre chose qui est importante, M. le
Président, lorsqu'on prend un
bout de phrase, trois mots, quatre mots, puis on se forge une idée, ça donne ce
genre de question là, qui est un peu boiteuse, disons-le. Et, à la
sous-question sur le fait… est-ce qu'on a une opinion sur le pont, est-ce qu'on
veut un comité, la seule chose qu'on a dite
et qui était claire, les citoyens ont l'occasion de s'exprimer, ça s'appelle la démocratie,
et les citoyens se sont fortement exprimés, et le fédéral a très bien écouté.
Alors, je vous
réinviterais à réécouter un petit peu les nouvelles de la semaine passée, vous
allez être à jour.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : Alors, M. le Président, c'est un petit peu consternant que le ministre des Transports et de
la métropole n'arrive pas à suivre le
dossier. D'abord, son ami Denis Lebel n'a pas dit que c'était
réglé, il a juste dit que ce ne serait pas
Maurice Richard, il continue à chercher un nom. Lui, il a dit qu'il y aurait
une consultation. Alors, aujourd'hui, on demande au gouvernement d'être clair
avec le nom du pont Champlain.
Est-ce que
le gouvernement peut parler d'une seule voix, ce sera le pont
Champlain, point à la ligne? Ce n'est pas compliqué, ce qu'on vous
demande.
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Poëti : Ce qui est
consternant, M. le Président, c'est que le député ne sait pas que
c'est un pont de juridiction fédérale.
Alors, on va devoir lui expliquer. Deuxièmement, ce que le
député ne sait pas, c'est que le pont
n'est pas encore en construction et qu'il va être en construction. Il y
a trois ans, trois ans où est-ce que l'eau va passer encore sous le pont
Champlain. Est-ce qu'on a besoin du nom aujourd'hui ou on a besoin du pont? On
a besoin du pont.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Il n'y a pas qu'au Québec que la religion et la
scolarisation à domicile soulèvent des interrogations. Le ministre de l'Éducation, sait-il que le stratagème
de scolarisation à domicile par des radicaux religieux soulève des débats en Europe, notamment en France, que des
sénateurs français ont affirmé que la scolarisation à la maison «ne peut
être un prétexte d'une désocialisation
volontaire, destinée à soumettre l'enfant, particulièrement vulnérable, à un
conditionnement psychique, idéologique ou
religieux»? Fin de la citation. Entendons-nous bien, M. le Président, nous
ne sommes pas contre la scolarisation à la
maison, on est contre son utilisation pour laisser le champ libre à des
radicaux religieux.
Le ministre
réalise-t-il qu'il est tombé dans le panneau, qu'il a ouvert grande la porte
aux radicaux religieux?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, nous sommes d'accord, ça prend de la
socialisation, il faut suivre le régime pédagogique. Pour démontrer notre sérieux, la semaine dernière
j'ai rencontré la commission scolaire anglophone de Montréal, qui m'a assuré que les enfants seraient suivis de façon
très minutieuse et qu'ils devraient suivre le programme.
M. le Président, on a une alternative, c'est-à-dire l'instruction à la maison. Pour nous, c'est une
alternative qui est raisonnable en
autant qu'on suive le régime pédagogique. Et je tiens à répéter à la
députée : Ce qui est le plus important, c'est le bien de l'enfant. Et je vous le répète encore : le bien de
l'enfant. Avant d'utiliser des mots comme «radicaux», s'il vous plaît,
pensez donc aux enfants.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : M. le Président, la semaine dernière, nous avons demandé qui enseignerait le français
et les sciences aux jeunes qui
fréquentent l'institution Yeshiva Torath Moishe. Le ministre
a été pris de court, il avait répondu, et je cite : «Ça ne veut pas dire que les parents vont
enseigner le français, mais on va s'assurer que ces enfants puissent avoir des
cours de français.»
Est-ce que, oui ou
non, il y a une entente entre la commission scolaire et les parents pour que
les 168 jeunes suivent des cours de sciences et de français? Qui va
enseigner les sciences et le français, M. le ministre?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : M. le Président, nous avons une entente entérinée par un juge
entre la communauté et également les différents représentants, tout simplement parce qu'ils vont devoir suivre le régime pédagogique, ils se
sont engagés à suivre le régime pédagogique.
De plus, au moins, on va savoir quels sont ces enfants, avec des noms et des
adresses. Donc, M. le Président, c'est très important. Dans le
cadre des écoles illégales, souvent
on ne sait même pas qui étudie dans
ces écoles illégales. C'est un dossier qui évolue bien, c'est un dossier qui va
se faire en collaboration. Peut-être
que, si vous aviez plus de tolérance, ça aurait été des dossiers qui auraient
été acceptés auparavant.
Le Président :
Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
M. le Président, ce sont des propos blessants, il doit les retirer.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Ce n'est pas la moitié du quart du huitième de ce
que l'opposition dit. Si elle veut parler de propos blessants, qu'elle
écoute des «replays» de la période...
Président : Une chose est certaine, c'est que l'imputation de
motifs de part et d'autre n'est pas à sa place ici. Vous avez terminé
votre réponse, M. le ministre? Non? M. le ministre, c'est à vous, terminez.
Bolduc
(Jean-Talon) : …mon commentaire, M. le
Président, j'en appelle à la tolérance. Et les qualificatifs par rapport
à une communauté qui ont été utilisés...
Le Président :
En terminant.
Bolduc
(Jean-Talon) : ...sont tout simplement grotesques.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
M. le Président, c'est une entente hors cour. Et, dans le communiqué du
ministre, ils ont dit : «…l'académie s'engage notamment à ne pas tenir ou
exploiter un établissement d'enseignement visé par la
Loi sur l'enseignement
privé, [...]à ne pas offrir de services d'enseignement au primaire et au
secondaire…»
Qui va enseigner aux
enfants le français et la science, M. le ministre?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Bolduc
(Jean-Talon) : Monsieur, la réponse est très
simple, c'est que, tout simplement, ils vont avoir leur instruction à la maison. Donc, comme de fait,
comme de fait, M. le Président, avec la commission scolaire anglophone, on va s'entendre que les cours de français, les
cours de sciences doivent être suivis. Et, M. le Président, j'ai rencontré la
commission scolaire, et je peux vous dire qu'ils sont très, très sérieux, le
régime pédagogique devra être suivi.
vous n'avez pas assez d'originalité pour comprendre qu'on peut avoir autant de
l'enseignement à la maison, qu'il y a
des gens qui puissent aller donner de l'enseignement du français, je pense que
vous avez un blocage psychologique.
Le Président :
Bon, bon, bon...
Le Président :
Oui, madame.
Maltais :
Le ministre de l'Éducation récidive réponse après réponse. Il doit commencer à
respecter ses collègues, retirer ses propos blessants. Ça fait deux fois, on en
a assez.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Tout simplement
dire, M. le Président, que j'entends, j'entends la collègue
leader de l'opposition. Je
fais simplement dire que nous pourrions, à chaque intervention de
l'opposition, faire le même geste qu'elle vient de
poser. Alors, je veux juste qu'on comprenne que ça se joue des deux côtés.
Président : Bon, ça va, là?
Nous sommes, évidemment, dans un débat contradictoire. Un débat
contradictoire, ça amène aussi quelques minima pour être respecté, dont
le respect des uns et des autres dans la façon dont on se comporte et dans la façon dont on parle. Alors,
ceci étant dit, c'est pour l'ensemble des membres de cette Assemblée, là, que je
vous interpelle à ce moment-ci.
Il y a une question
qui s'en vient? M. le député de Borduas...
Le Président :
Je m'excuse.
Maltais : Le député a dit quelque chose d'inacceptable à
notre collègue. Nous nous attendons à ce qu'à tout le moins vous souligniez qu'il ne faut pas que le ministre répète
des propos blessants envers des collègues. Qu'il retire ses propos.
Président : C'est évident que tous propos blessants ici sont de
trop, ils ne doivent pas être dits. Ceci étant fait...
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
M. le député de Borduas, en principale.
Jolin-Barrette : M. le Président…
Le Président :
Avez-vous une question à poser, M. le député de Borduas?
Jolin-Barrette : J'ai…
Le Président :
Je voudrais vous écouter.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
la Coalition avenir Québec croit que le Québec doit exercer les pleins pouvoirs sur son immigration pour réussir
l'intégration des quelque 52 000
immigrants qui enrichissent la société québécoise chaque année. Les pleins pouvoirs en immigration
sont constitués de la sélection des immigrants économiques, des réfugiés
humanitaires et politiques, et surtout le
Québec devrait pouvoir sélectionner les individus de la catégorie de
regroupement familial, qui échappe actuellement à son contrôle.
En 2013, pour
les 52 000 personnes qui ont immigré au Québec, environ 70 % ont été
sélectionnés par le Québec et
30 %, par le gouvernement fédéral. Pour ces raisons, nous demandons le
rapatriement des pleins pouvoirs en immigration sous la responsabilité
du Québec par le biais d'une nouvelle entente administrative.
M. le
Président, est-ce que le gouvernement est d'accord avec la demande de la
coalition de rapatrier du gouvernement fédéral tous les pouvoirs en
matière d'immigration?
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Weil :
M. le Président, comme vous savez, bon an, mal an, c'est environ 50 000
immigrants qui viennent enrichir le
Québec avec leurs talents, leurs compétences et contribuer au développement
économique, social et culturel de nos villes et de nos régions.
La majorité
de ces immigrants sont de la catégorie «sélectionnés», ce qu'on appelle les
travailleurs économiques, et c'est
des personnes qui parlent français, qui sont jeunes, scolarisées, qui ont les
compétences et les qualifications qui sont en demande.
Pour ce qui est des réfugiés, vous le savez,
c'est selon des conventions internationales que les réfugiés sont désignés, et le Canada et le Québec sont
partie
prenante de ces conventions. De dire que les réfugiés sont sélectionnés,
franchement c'est drôle à dire.
Pour ce qui
est du regroupement familial, il faut comprendre qu'il fait
partie aussi de
l'immigration humanitaire de tout
temps. Pourquoi? Parce que de laisser des familles divisées, écartés les uns
des autres, à part… Ça fait
partie de l'immigration
humanitaire, qui fait en sorte qu'on veut réunir les familles, et le Québec
autant que le Canada, que les pays d'immigration sont totalement engagés
à réunir les familles.
Le Président : En terminant.
Mme Weil : Alors, l'accord
Canada-Québec…
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le Président, ce pouvoir devrait être exercé par
le Québec. La ministre semble croire que l'intégration des immigrants se porte à merveille. Or, ce n'est pas le
cas. Le Québec ne réussit pas à intégrer adéquatement l'ensemble des nouveaux arrivants sur son
territoire. Des milliers d'immigrants arrivent ici sans que le gouvernement du
Québec n'ait son mot à dire. En tant que
nation, le Québec doit posséder les pleins pouvoirs en matière de sélection des
immigrants.
Pourquoi la
ministre de l'Immigration refuse-t-elle de considérer le rapatriement de tous
les pouvoirs de sélection en immigration pour le Québec?
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Weil : L'accord
Canada-Québec qui a été signé en 1990 est un accord historique négocié par
notre ancienne collègue Monique
Gagnon-Tremblay, et je tiens à saluer sa vision, sa détermination à signer cet
accord historique qui a donné au Québec les pouvoirs que le Québec
recherchait depuis des années.
C'était un
consensus, c'était sur les travailleurs qualifiés que le Québec voulait avoir
un mot à dire. Le regroupement familial,
ça a toujours été accepté que c'est un travail conjoint qu'on fait pour réunir
les familles. Et il faut comprendre que le regroupement familial est le
reflet des travailleurs qualifiés qu'on a sélectionnés auparavant.
Le Président : En terminant.
Mme Weil : Donc, il n'y a
aucun problème, on est très satisfaits de l'accord et de l'état du droit
actuel.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le
Président, ce que la ministre nous dit, c'est qu'elle est satisfaite de
seulement pouvoir sélectionner
70 % des immigrants. La ministre refuse toujours de voir la nécessité
d'obtenir les pleins pouvoirs en matière de sélection. Si le Québec avait ces pleins
pouvoirs, ce serait lui assurer le plein contrôle sur l'évolution de sa démographie, la préservation et la protection de
la langue française, une meilleure planification des ressources destinées
à l'accompagnement, à la formation et à l'intégration des nouveaux arrivants.
Est-ce que la
ministre s'engage à rapatrier les pleins pouvoirs en matière d'immigration au
Québec par le biais d'une nouvelle…
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Weil :
Écoutez, je pense qu'il y a peut-être une mauvaise compréhension du mot
«sélection». Lorsque le Canada ou
tout autre pays d'immigration… Et vous savez que le Québec a son mot à dire
même pour le regroupement familial,
on émet un certificat d'acceptation du Québec, on travaille conjointement.
Parce que ce n'est pas des mesures de
sélection comme les travailleurs qualifiés, on ne regarde pas l'âge, la
compétence, etc. On regarde l'âge en autant qu'ils ont moins de 18 ans, mais, pour le reste,
pensez-vous que le Canada rejette des
membres de familles qui veulent venir? Les
seuls critères, c'est la sécurité… C'est la sécurité qu'ils regardent, et la
santé. Alors, c'est les mêmes critères que le Québec choisirait. Donc, il
n'y a aucun problème. Je pense...
Le Président : En terminant.
Mme Weil : ...qu'il y a une
mauvaise compréhension du mot «sélection».
Le Président : Principale, M.
le député de Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier : Merci,
M. le Président. La ministre de la Justice a décidé de poser un geste grave, M. le Président, en annulant le processus de nomination des juges pour écarter la
candidature de Me Steve Magnan. C'était la première fois qu'une telle intervention se faisait depuis
les recommandations de la commission Bastarache et depuis la fin de l'époque du
système de post-it. Alors, on a demandé à la ministre de s'expliquer, mais elle
refuse toujours de le faire.
Alors, on
cherche des explications, et, comme par hasard, on se rappelle que, le 11
octobre 2011, des accusations de
fraude et d'abus de confiance ont été portées contre Tony Tomassi, et, comme
par hasard, le dossier contre Tony Tomassi était piloté par nul autre
que Me Steve Magnan.
Alors, M. le Président, devons-nous conclure que
c'est le retour des hasards au Parti libéral?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Je comprends qu'on peut manquer de questions, mais,
franchement, surtout pour quelqu'un qui aspire à occuper les plus hautes
fonctions de son parti, c'est particulièrement bas comme question.
Le Président : Alors, cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, s'il vous plaît! Alors, nous en sommes à la rubrique des motions sans
préavis, et, pour les entendre, ça prend un peu plus de silence parce que je ne
les entendrai pas. Alors, merci.
Aux motions
sans préavis, selon nos indications, c'est un membre du groupe formant
l'opposition officielle qui doit
présenter la première motion, et je reconnais M. le député de Saint-Jean pour
la présentation de sa motion sans préavis. M. le député, à vous la
parole.
Turcotte : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec le
député de Groulx et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de préserver la mission
actuelle des carrefours jeunesse-emploi en maintenant la possibilité
pour tous les jeunes de 16 à 35 ans de recourir aux services de leur carrefour
jeunesse-emploi et qu'il maintienne le financement lié à la mission des
carrefours jeunesse-emploi.»
Le Vice-Président (M.
Gendron) : S'il vous plaît. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Sklavounos : …M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, il n'y a pas...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Il
n'y a pas consentement. Alors, un membre...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Non, non, il n'y a pas consentement.
Vice-Président (M. Gendron) :
Bien, s'il y avait eu plus de silence, peut-être que vous le sauriez qu'il n'y
a pas consentement.
Un membre du
deuxième groupe d'opposition, et je reconnais maintenant M. le député de Groulx
pour la présentation de sa motion sans préavis. M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, je demande le consentement pour déposer
la motion suivante conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des nombreuses dérives financières dans les
projets de développement et de gestion informatique, de technologie, et
de communication des ministères et organismes du gouvernement;
«Qu'elle
reconnaisse qu'il s'agit d'un problème grave et persistant dont l'ampleur exige
de prendre des mesures fortes afin d'en identifier les sources et de
trouver les solutions appropriées;
«Qu'elle demande au gouvernement de déclencher
dans les plus brefs délais une commission d'enquête sur l'octroi et la gestion
des contrats publics dans l'industrie des technologies de l'information et des
communications.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre…
Le Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Il n'y a pas de consentement. Un membre du groupe formant le gouvernement,
je reconnais M. le ministre de l'Emploi et
de la Solidarité sociale pour la présentation de sa motion sans préavis. M. le
ministre, à vous la parole.
M. Blais : Merci, M. le Président.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec mes collègues le député de Rimouski, et le député
de Groulx, et la députée de Gouin :
«Que l'Assemblée nationale souligne le 20e
anniversaire du Club des petits déjeuners;
«Qu'elle
reconnaisse l'importance de l'intervention de ses bénévoles auprès des jeunes,
dans toutes les régions du Québec et dans le reste du Canada.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Nous
proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Adopté. Je reconnais maintenant…
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Je reconnais maintenant un… Est-ce qu'il y a d'autres
personnes qui ont une motion sans préavis à présenter?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Il
n'y a plus de motions sans préavis à présenter, alors nous en sommes maintenant aux avis touchant les travaux des
commissions, avis du gouvernement. M. le leader adjoint du gouvernement,
pour vos avis.
Sklavounos :
Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de la santé
et des services sociaux poursuivra les consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 10, Loi modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services
sociaux notamment par l'abolition des agences régionales, aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée de
deux heures et de 15 heures à 19 heures, à la salle du Conseil législatif;
La Commission
de l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 3, Loi favorisant la santé
financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du
secteur municipal, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13
heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 11,
Loi sur la Société du Plan Nord, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine :
La Commission
des finances publiques poursuivra, elle, l'étude détaillée du projet de loi
n° 15,
Loi sur la gestion et le
contrôle des effectifs des ministères, des organismes et des réseaux du secteur
public ainsi que des sociétés d'État, aujourd'hui, de 15 heures à 18
heures, à la salle 1.38 b de l'édifice Pamphile-Le May;
Et finalement
la Commission des institutions procédera à des consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 17,
Loi modifiant la
Loi sur le Barreau, la
Loi sur le notariat et le Code des
professions, aujourd'hui, de 15 heures à 16 h 45, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci. Nous en sommes maintenant à la rubrique Renseignements sur
les travaux de cette Assemblée. Y a-t-il des demandes de renseignements? Je
n'en vois pas.
Alors, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant procéder
aux affaires du jour, et je cède à nouveau la parole à M. le leader
adjoint du gouvernement pour qu'il nous indique les affaires du jour.
Sklavounos : Oui,
M. le Président, merci. Je vous demande d'appeler l'article 8, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors,
l'article 8, c'est l'Assemblée qui reprend… Ce n'est pas «reprend», c'est l'Assemblée qui prend en considération le
rapport de la Commission des finances publiques sur le projet de loi
n° 12, loi concernant la mise en
oeuvre de recommandations du comité de retraite de certains régimes de retraite
du secteur public et qui modifie certaines dispositions législatives. Je
suis prêt à entendre les interventions s'il y en a. M. le ministre…
M. Coiteux :
Le projet de loi n° 12, qui concerne la mise en oeuvre de recommandations
du comité de retraite de certains régimes de retraite du secteur public
et modifiant diverses dispositions législatives, s'engage donc dans sa dernière étape du processus législatif avant son
adoption, et je tiens à saluer l'esprit de collaboration entre tous les parlementaires
depuis la présentation de ce projet de loi.
Alors,
rapidement, je tiens à rappeler quels sont les objectifs essentiels de ce
projet de loi. D'abord, le renouvellement de la dérogation à la Charte canadienne des droits et libertés dans
certains régimes de retraite; deuxièmement, la mise en oeuvre de certaines modalités d'ententes conclues
avec les syndicats et les associations de cadres; et, troisièmement, des
ajustements de nature technique visant à clarifier certaines dispositions des
régimes de retraite.
Alors, il
s'agit de modifications essentiellement mineures, mais, dans la mesure où les
dispositions des régimes de retraite
sont enchâssées dans des lois, même ces modifications mineures doivent quand
même faire l'objet d'un projet de loi.
Après consultation auprès des acteurs concernés,
ce projet de loi fait consensus. Je tiens à spécifier que les modifications techniques s'inscrivent dans la
foulée d'ententes convenues avec les syndicats et les associations de cadres.
Les comités de retraite des régimes
concernés sur lesquels siègent des représentants des retraités, des syndicats
ou des associations de cadres partagent aussi les objectifs du projet de
loi.
Je termine donc en spécifiant que
toutes les mesures prévues dans ce projet de loi n'occasionneraient aucun
impact financier pour le gouvernement
et n'auraient pas d'effet non plus sur le taux de cotisation des participants
aux régimes concernés.
remercie donc mes collègues de l'opposition pour la collaboration dont ils ont fait preuve depuis le début de ce
processus législatif. Encore aujourd'hui,
je compte sur eux et elles afin que nous adoptions rapidement ce projet de loi.
Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie, M. le président du
Conseil du trésor, de votre intervention. Et, pour la poursuite du
débat, toujours sur ce rapport de la Commission des finances publiques, je cède
maintenant la parole au porte-parole de
l'opposition officielle en cette matière, M. le député de Sanguinet. M. le
député de Sanguinet, à vous.
Therrien : Merci, M. le Président. Écoutez, je dois d'abord
saluer le ministre, qui a bien piloté le dossier. Je dois le remercier
aussi parce qu'il nous a permis d'avoir un briefing technique qui nous a
également permis de bien comprendre les portées de ce projet de loi là. Je dois
aussi saluer le député de Groulx, avec lequel on a eu une belle collaboration,
et la députée d'Iberville aussi qui était présente lors de l'étude
article par
article.
Écoutez,
en gros… Je ne reviendrai pas, absolument pas, sur tous les aspects que le
ministre a mentionnés avec raison,
mais on doit dire que ce sont des changements mineurs qui sont apportés à des
régimes de retraite. Ça consiste, entre
autres, à moderniser l'application. C'est à coût à peu près nul. On avait
discuté à maintes reprises là-dessus, puis il semble évident que c'était
coût nul ou à peu près nul, très, très mineur.
Et donc nous saluons, justement, l'adoption de ce
projet de loi, qui va permettre, justement, à des régimes de retraite de pouvoir continuer à être applicables malgré la charte
des droits et libertés, qui fait en sorte qu'on doit utiliser des clauses
dérogatoires. Alors donc, je vous dis que
c'est avec plaisir qu'on est prêts à adopter le projet de loi. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Bien, merci, M. le député de Sanguinet, mais je
rappelle que c'est le rapport, donc on n'est pas à la dernière étape. Ce
n'est pas grave, là, c'est le rapport. Donc, voilà, vous vous êtes exprimé.
Est-ce
qu'il y a d'autres intervenants? Alors, je ne vois pas d'autres intervenants
qui veulent s'exprimer. Alors, est-ce
à dire que le rapport de la Commission des finances publiques portant sur le
projet de loi n° 12, Loi concernant la mise en oeuvre de recommandations du comité de retraite de certains
régimes de retraite du secteur public et modifiant diverses dispositions
législatives… est-il adopté?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Il est adopté. M. le leader adjoint, pour la poursuite
de nos travaux.
Sklavounos : Alors, M. le Président, je vous demanderais de
suspendre nos travaux jusqu'à 15 heures pour la tenue du débat sur
les affaires inscrites par les députés de l'opposition, s'il vous plaît. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Oui. Oui, c'est ça. Moi, je suis obligé
d'attendre quelques minutes, là, parce que… Oui, il faut suspendre quelques minutes pour épuiser le délai que vous
connaissez concernant les débats de fin de séance.
Alors,
les travaux sont suspendus pendant quelques minutes, et nous allons revenir
pour constater s'il y en a ou il n'y
en a pas. Alors, les travaux sont suspendus pour quelques minutes, et on
avisera après ça de la suite des choses. Merci. Les travaux sont
suspendus.
(Suspension de la séance à
11 h 28)
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on avait dit, lorsqu'on a suspendu, qu'il
fallait revenir pour laisser aux parlementaires… parce
que c'est de ça qu'il s'agit, s'ils avaient l'intention d'inscrire des débats de fin de séance, il
fallait leur laisser le temps
imparti. Alors, on a l'information qu'il y
a une formation politique
qui souhaite avoir un débat de fin de
séance, et, comme on ne peut pas le faire mercredi, je vous informe que j'ai
reçu une demande de débat qui se tiendra demain, parce qu'on ne le fait
pas mercredi. Le débat sera une question adressée par M. le député de Rosemont
à M. le ministre responsable de la
région de Montréal concernant le maintien du nom «Champlain» pour le pont de
remplacement entre la Rive-Sud et Montréal.
Lorsqu'on
a suspendu et qu'on est revenus, c'était pour ce que je viens de faire. Comme
nos travaux sont terminés, puisque le
leader nous avait indiqué de demander la suspension jusqu'à 15 heures,
alors je vous indique que nos travaux sont suspendus jusqu'à
15 heures, cet après-midi. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 49)
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, bon après-midi, chers collègues. Veuillez prendre place.
Nous en
sommes aux affaires inscrites par les députés de l'opposition et, à l'article
17 du feuilleton, aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition, M. le député de Deux-Montagnes propose la motion suivante :
«Que les membres de l'Assemblée nationale acceptent
de participer à l'effort de retour à l'équilibre budgétaire et
contribuent à 50 % de leur régime de retraite;
«Qu'ils le fassent dans les mêmes délais prévus pour la
hausse de contribution des employés municipaux à leurs propres régimes;
«Que toute augmentation potentielle de leur
salaire ne s'applique qu'à partir de la prochaine législature.»
Alors, la
présidence ayant déjà été informée que les députés indépendants ne
participeraient pas à ce débat, je vous informe que la répartition du
temps de parole pour le débat restreint sur cette motion s'effectuera comme
suit : 10 minutes de réplique sont
réservées à l'auteur de la motion; environ 55 minutes sont allouées au groupe parlementaire formant le
gouvernement; environ 31 min 15 s sont allouées au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle; environ 23 min 45 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition. Et, dans ce cadre, le temps non utilisé par l'un
des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires selon les proportions établies précédemment.
Enfin, les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps.
Alors, M. le député de Deux-Montagnes, je vous
cède la parole.
Charette : Merci beaucoup, M. le Président. Déjà, pour faciliter nos travaux, vous aviser que je
vais partager le temps de parole de
notre formation avec mon collègue de Blainville, qui va se joindre à nous dans les prochains
instants.
Et vous me
permettrez, M. le Président, de commencer par une citation, une référence qui
est toute récente, qui date du
6 novembre dernier. C'est le leader du gouvernement qui disait ceci,
qu'il était important de donner ou d'essayer «de se redonner un certain niveau de confiance à l'égard de la
démocratie, de nos élus [et] de notre administration publique».
Je vais être bien honnête avec vous, M. le
Président, cette citation, cette déclaration ne s'est pas faite dans le contexte actuel, je dois la mettre en
contexte : c'est la semaine dernière, lorsque le ministre
et leader du gouvernement a annoncé sa volonté de réformer la
loi sur l'accès
à l'information. Ceci dit, le contexte a beau être différent, les propos
qu'il a tenus sont très éclairants. Non seulement, je dois avouer, je me réjouissais de sa volonté de réformer les institutions démocratiques, notamment à travers la
loi sur l'accès à l'information,
mais je me réjouissais aussi de la volonté du gouvernement de redonner confiance à la population
dans nos institutions. Ce n'est pas le sujet du jour, mais j'espère
qu'il inspirera nos échanges cet
après-midi, parce que, cet après-midi, le débat, il est aussi lié,
intimement lié à la confiance de la population
à l'égard de ses élus. Il est intimement lié à ce cynisme, malheureusement, ambiant qui permet à la population
de nous regarder avec un regard sceptique.
Donc, oui,
nous devons donner l'exemple, et c'est dans cette perspective-là que nous
déposons la motion que vous avez lue il y a quelques
instants maintenant, une motion qui se résume en trois volets. En quelque sorte, une contribution à hauteur de 50 % du régime de retraite des élus de l'Assemblée nationale calquée
un petit peu sur les exigences que nous adressons aux employés municipaux à travers le projet de loi
n° 3... Deuxième volet, c'est justement en référence au projet de loi n° 3. C'est dire : Cette volonté
que nous devons affirmer haut et fort cet après-midi, elle doit être appliquée
dans les mêmes délais prescrits et prévus
dans le projet de loi n° 3 pour les employés municipaux. Et ultimement,
parce qu'il est question de
rémunération globale des élus dans ce débat, il serait tout à fait inapproprié,
M. le Président, à ce moment-ci, que
les députés, les élus de l'Assemblée nationale conviennent d'une hausse de leur
salaire. Non pas que le travail des députés
ne le commande pas. Non pas que la rémunération actuelle, elle soit exagérée ou
sinon injuste. Tout simplement qu'il
doit... nous devons, plutôt, considérer l'état actuel des finances publiques.
Il y aurait une incompréhension dans la population si à ce moment-ci on
devait convenir d'une hausse de salaire de la part des élus.
Peut-être
vous parler un petit peu du contexte plus général de cette motion. On parle
beaucoup, depuis quelques mois, de la
nécessité de rétablir l'équilibre budgétaire, de rétablir les finances
publiques. C'est un discours qui est cher à la Coalition avenir Québec, c'est un des discours fondateurs, d'ailleurs,
de notre formation politique, donc nous en sommes, bien évidemment.
Bien
évidemment, au cours des dernières années, pour ne pas dire des dernières
décennies, les deux vieux partis se
sont échangé le pouvoir en ajoutant, année après année, budget après budget, de
nouvelles mesures, de nouvelles structures qui sont venues largement,
mais largement handicaper notre capacité d'agir. Le résultat en 2014, il est
effarant, il est effrayant, en fait :
une dette publique qui est non seulement non contrôlée, mais qui handicape
littéralement notre quotidien. Le
dernier budget du ministre des Finances est assez éloquent à ce niveau-là, on a
franchi des records qui ne sont pas à notre
avantage au niveau notamment des intérêts sur la dette publique. On parle
essentiellement de 10 milliards de dollars sur un budget global. C'est très, très, très
handicapant. C'est ni plus ni moins le troisième poste budgétaire du
gouvernement du Québec à travers ses
budgets, et ce, depuis quelques années maintenant. Donc, on n'a pas à s'en
enorgueillir. Et ça devient ni plus
ni moins notre héritage pour les générations qui vont nous suivre, et c'est
très honteux. Nous avons soit des
enfants, des petits-enfants, et, lorsqu'on pense à cet héritage qu'on s'apprête
à leur donner, ça commande une réaction qui soit ferme. Et c'est un peu ce que propose la coalition dans ce
programme, mais aussi à travers la présente motion. Il y a eu un manque de vision manifeste au cours
des dernières années, il y a un courage qui a fait défaut très, très
certainement, mais il est temps de corriger la situation.
le mentionnais tout à l'heure, une dette... des intérêts, plutôt, sur la dette
de 10 milliards, ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'en payant ces
10 milliards là on n'a pas payé un seul sou sur la dette
elle-même, donc ce sont des services publics
auxquels on tient qui, actuellement, sont menacés. C'est notre capacité d'agir comme
société, littéralement, qui est affectée. Donc, oui, il faut réagir.
L'année
2014‑2015 sera le sixième exercice consécutif où le solde
budgétaire de l'État sera négatif. Donc, ce n'est pas nouveau de cette année : on peut reculer,
donc, aux dernières années du gouvernement libéral précédent, on peut reculer également aux années du gouvernement péquiste. Donc, il y a un cycle, manifestement, qui ne cesse de se
perpétuer et qu'il faut cesser,
littéralement. Et, malgré les efforts des différents acteurs économiques, des
différents gouvernements aussi, on n'y parvient pas.
gouvernement, au moment de son élection, a mentionné, et on
l'encourageait à suivre cette voie, qu'il
y aurait une révision systématique de
tous les programmes. Nous en sommes; c'est un petit peu le discours que nous
répétons depuis la
fondation… D'ailleurs, nous sommes, aujourd'hui, le 12 novembre...
la Coalition avenir Québec va célébrer son troisième anniversaire après-demain, mais, depuis le tout,
tout début de notre formation politique, c'est le discours que nous avons
réitéré.
là il y a un besoin de cohérence, maintenant, qui nous revient, il y a un besoin de donner l'exemple qui nous revient. Tout ceci, dans un contexte
particulier : oui, celui des finances publiques, je l'ai mentionné, mais
également à travers un projet de loi qui est devenu un projet de
loi phare du gouvernement, c'est-à-dire le projet
de loi n° 3 sur les régimes
de retraite des employés municipaux. La
question se posait avant le dépôt de ce projet de loi là, mais nous
devons l'adresser et la poser avec plus d'acuité, compte tenu de ce
contexte-là.
Essentiellement,
les employés municipaux, comme tous les acteurs de la société québécoise,
seront invités, au cours des prochaines années, à faire leur effort, et
pourquoi nous, de notre côté, on ne produirait pas ce même effort là? Il s'agit
essentiellement d'équité, de cohérence naturellement, et actuellement ce qu'il faut rappeler et il
faut le rappeler avec
insistance : on demande aux employés municipaux de contribuer à hauteur de
50 %, oui, je le mentionnais, mais il faut se rappeler, et ce n'est pas mauvais de le faire, il faut se rappeler qu'actuellement le propre régime de retraite des députés de l'Assemblée nationale commande une contribution des élus de 21 %.
Donc, on demande 50 % aux employés municipaux et, nous, actuellement, nous contribuons à peine à 21 %. Il y a
différents commentateurs et même, et j'y reviendrai dans quelques instants, même les auteurs d'un rapport
important qui a été déposé l'année dernière, le rapport L'Heureux-Dubé,
leurs auteurs comparaient notre régime de retraite à une Ferrari ou sinon à une
Cadillac.
qu'il faut savoir par contre : oui, il y a la contribution des
députés eux-mêmes, mais la contrepartie, ce n'est pas l'État désincarné
qui assure la contrepartie de 71 %... même pas à 79 %, c'est
réellement le contribuable; c'est le contribuable qui assure cette
contrepartie-là. Donc, dans nos décisions, il faut avoir cette pensée pour le
contribuable.
projet de loi n° 3, c'est une belle mise en contexte, qui nous
commande, je le disais tout à l'heure, une plus grande rigueur, aborder le sujet d'aujourd'hui avec une plus
grande acuité, mais, ultimement, ce projet
de loi là, il est aussi fondamental pour la société québécoise, pour la
pérennité, eux-mêmes, des régimes de retraite à prestations déterminées
dans le milieu municipal.
notre discours à nous, M. le
Président, il n'est pas nouveau.
D'ailleurs, il y a quelques entrevues qui se sont données, aujourd'hui, par l'entremise soit de notre chef, le chef de la
Coalition avenir Québec, donc chef de la deuxième opposition officielle, j'ai eu l'occasion de faire quelques entrevues
également aujourd'hui, et certains journalistes nous ont demandé : Pourquoi déposer pareille
motion aujourd'hui? Est-ce que vous essayez de mettre un petit peu
de pression, ou sinon dans l'embarras
le Parti libéral ou le Parti
québécois? À ça, notre réponse a été claire et simple : La réponse, elle
est, bien évidemment, non.
Ce n'est pas un
nouveau discours que nous tenons aujourd'hui, M. le Président. Dès le dépôt du
rapport L'Heureux-Dubé, l'année dernière, la coalition s'était prononcée sur la
nécessité justement des députés de contribuer à
hauteur de 50 %. Donc, c'est un débat qui est dans l'air depuis quelque
temps. Lorsque le gouvernement précédent a eu l'occasion de saisir la balle au bond, d'adresser le
problème, d'y trouver une réponse, malheureusement, on n'a pas dénoté, on n'a pas perçu ce courage-là, et aujourd'hui on a un nouveau gouvernement, une nouvelle formation politique au pouvoir. Donc, c'est à travers une motion comme celle d'aujourd'hui qu'on aura l'occasion de voir s'il y a eu cheminement de leur côté. Et même, depuis l'arrivée de ce nouveau
gouvernement, de notre côté, on a relancé l'idée dans le débat
public à quelques reprises. Je me
souviens, au moment de notre caucus présessionnel, il y a
quelques mois maintenant, fin août, sinon début septembre, on a lancé l'idée. On attendait une réponse, que
ce soit de la part du parti gouvernemental ou de l'opposition
officielle, et actuellement, malheureusement, cette réponse tarde à venir. Et nous espérons
être sincèrement surpris,
agréablement surpris au moment du vote, cet après-midi, parce que
notre souhait n'est pas d'isoler le Parti
libéral, notre souhait n'est pas
d'isoler non plus le Parti québécois. On enverrait un signal extrêmement fort à
la population si nous devions tous
appuyer cette motion. Encore une fois, ce principe d'équité serait réitéré de
façon très forte, et c'est ce qui est à souhaiter.
Au niveau des
députés, on doit, oui, contribuer, je l'ai mentionné, mais il faut savoir… il
faut prendre peut-être quelques
instants pour résumer actuellement le régime auquel ils ont droit. Je vous ai
parlé de Cadillac, je vous ai parlé de Ferrari. Essentiellement, au 1er avril dernier,
l'indemnité annuelle de base de député, on le sait, c'est du domaine public,
elle est de 89 950 $. Le partage
de la cotisation d'exercice versée au régime de retraite est de 21,79 %,
je l'ai mentionné tout à l'heure,
donc 21 % pour le député, 79 % pour le gouvernement. Ce qui est
important de rappeler, le gouvernement... le député, c'est-à-dire, verse 9 % de son salaire brut à son régime
de retraite. Donc, en 2014, sa cotisation totale correspondait à 8 096 $, mais la contrepartie du gouvernement
pour cette cotisation-là, elle, s'élève à 30 457 $. Donc, on
voit un écart qui est important.
Tout à
l'heure, oui, je répétais les propos de certains qui qualifiaient notre régime
de retraite de Cadillac ou de Ferrari.
En répétant ces propos-là, je ne les fais pas miens, on ne les fait pas nôtres.
Je ne veux pas dénigrer le travail qui est
celui du député. Au contraire, on est tous conscients ici, dans cette Chambre,
que c'est un travail qui est exigeant, avec des responsabilités qui sont importantes, avec un respect aussi qui doit
être assuré. Donc, en réitérant ces chiffres-là ou cette réalité-là, on ne veut pas dénigrer ce
travail-là, mais, en même temps, on se dit : Il faut, il faut réagir,
parce que, si on veut que la population nous regarde autrement, c'est un
exemple à donner.
Au niveau maintenant… si je vous donne quelques
autres chiffres, le taux d'accumulation du crédit de rente, actuellement, il est à 4 %. C'est 2 %
supérieur à ce que l'on retrouve, oui, de façon globale dans la fonction
publique, mais également chez les
hauts fonctionnaires de l'État. Donc, déjà, il y a un écart qui est
significatif. Et, si on regarde dans les autres législatures, parce que
ce n'est pas mauvais de regarder ce qui se passe au niveau canadien, dans les
autres provinces, ou sinon même au niveau du
gouvernement fédéral, actuellement, notre crédit de rente n'est pas plafonné,
en ce sens qu'il peut aller jusqu'à
100 % si jamais on fait un certain nombre... en fait, 25 ans de service.
Mais, dans les autres provinces, il
est plafonné, et ça oscille entre 70 % et 75 %. Bref, ce sont tous
des exemples qui démontrent la générosité de notre régime, et ce sont tous des exemples qui avaient été relevés
dans le rapport L'Heureux-Dubé au moment de son dépôt.
Il y avait
des recommandations qui étaient nécessaires, qui étaient pertinentes dans ce
rapport. On l'a d'ailleurs salué. Ce
que les auteurs recommandaient, c'était notamment de réduire le taux
d'accumulation du crédit de la rente de moitié, c'est-à-dire passer de 4 % à 2 %, ce qui équivaudrait,
pour les députés, de réduire de 42 % à 21 % le coût du régime en proportion de la masse salariale. On
recommandait également de maintenir à 9 % le taux de cotisation du régime.
On demandait ou on évoquait de prévoir
que tout député participant ne pourrait accumuler une rente de retraite
supérieure à 70 %, un petit peu
pour se coller à ce qui se fait dans les autres parlements. On évoquait aussi
la possibilité de fixer le nombre
maximal d'années de cotisation au régime de retraite en conséquence avec le
pourcentage maximal. On proposait de
fixer l'âge maximal, cette fois, de participation au régime de retraite à 71
ans. Et enfin on demandait d'assurer que ces engagements ne soient pas
rétroactifs.
Bref, ce sont
des recommandations qui ont été bien
accueillies. On a salué, je le mentionnais tout à l'heure, ses auteurs au moment du dépôt du rapport, mais en même temps on ne peut pas, à ce
moment-ci, se coller à ce rapport, pour différentes raisons.
Au niveau de la hausse de la contribution au régime de retraite, je le mentionnais, le
rapport propose de passer de 21 % à 41 %. C'est un effort qui est
louable, mais en même temps ce 41 % est encore loin du 50 % que l'on
exige des employés municipaux. Donc, il y a une cohérence qui fait
défaut à ce niveau-là.
Et ce même
rapport faisait état et recommandait une augmentation tout de même
substantielle de la rémunération des
élus. Là, ici, ce n'est pas qu'on ne la mérite pas, ce n'est pas que la
question ne se pose pas, mais c'est le contexte que j'évoquais tout à l'heure au niveau des finances publiques. Ce
serait tout à fait indéfendable aux yeux de la population de passer du 89 000, essentiellement, au
136 000 ou 137 000 que proposait le rapport L'Heureux-Dubé. Donc,
déjà, au niveau du lien de confiance,
ce serait bien difficile d'imposer cette augmentation alors qu'on demande des
efforts très légitimes et justifiés à bon nombre d'acteurs de la
fonction publique et des services publics.
Mais autre
élément qui doit guider notre réflexion à ce niveau-là, on serait très bien mal
reçus si on s'accordait, comme
individus, une hausse de salaire. Donc, la proposition qui était incluse dans
la motion, c'est de dire : Oui,
éventuellement, une évaluation juste
de la rémunération des élus, et, si on devait convenir d'une hausse, cette
hausse-là ne pourra d'aucune façon
être applicable à la présente législature. Donc, ce ne sont pas les
parlementaires ici présents, les parlementaires de la 41e législature, qui s'octroieraient une augmentation
de salaire, ce qui serait mal reçu, comme je le mentionnais, mais bien plutôt prévoir pour les prochains
législateurs, donc nos successeurs, en quelque sorte. On ne serait pas les
bénéficiaires de cette mesure-là.
Depuis que nous avons lancé le débat, on a eu
trois types d'échos chez les opposants, parmi les collègues. Essentiellement,
on nous servait trois types d'objections, trois types d'argumentations.
La première, qui est liée à la rémunération, ce qu'on s'est
fait dire, et certaines fois publiquement :
On ne peut pas penser hausser notre
contribution à notre régime de retraite s'il n'y a pas une hausse salariale en
contrepartie. C'est malheureusement le discours de certains collègues. À
ça la réponse, elle est bien simple : On
demande aux employés municipaux une
contribution à 50 %, mais d'aucune façon on leur propose de compenser cet
exercice ou cet effort supplémentaire
là par une hausse de salaire. Donc, notre discours serait mal reçu, et ce
serait un contrediscours, littéralement,
si, d'un côté, on dit : Oui, 50 % sera dorénavant notre contribution au
régime de retraite, et qu'en même temps on s'octroie une augmentation de salaire qui viendrait
compenser l'effort exigé. Donc, ce type d'argument, on ne peut malheureusement
pas le recevoir, et juste l'évoquer, malheureusement, enlève la crédibilité à
la réflexion que l'on doit tenir.
J'ai cru
entendre ce matin le whip de l'opposition officielle dire qu'il serait aussi
très malaisant ou malhabile que les
députés statuent sur leurs propres salaires. Je ne veux pas présumer de la
réponse du Parti québécois, je ne veux pas présumer qu'ils voteront contre la motion, mais ce type d'argument me
rend également inconfortable parce qu'il fait
partie de la même famille des opposants, en quelque
nationale, comme si le BAN était une
instance désincarnée qui avait le loisir et le pouvoir de trancher. Ce que
j'aime bien rappeler,
ce que nous avons rappelé à plusieurs reprises, c'est que le BAN est composé
exclusivement d'élus de l'Assemblée nationale,
donc l'instance n'est pas désincarnée, et il y a un manque… Je ne dis pas qu'il
y a certains travaux qui doivent se
tenir à huis clos, mais le BAN a ceci comme caractéristique : ses travaux sont à huis clos, ne font pas
l'objet de comptes rendus. Donc, moi,
j'aime mieux qu'à visière levée les différents députés se prononcent sur une
motion de cette importance-là qu'on
tranche un petit peu derrière des portes closes sans que la justification, sans
que le raisonnement soit rendu public. Donc, ce deuxième type
d'argument, qui amènerait peut-être certains collègues à voter contre, on n'y
adhère pas non plus.
ultimement, autre argument qui n'est pas non plus, à notre sens, recevable,
c'est que les lois fédérales actuelles,
au niveau de l'impôt notamment,
empêcheraient de passer de 41 % à 50 %. Effectivement, il y a une
règle au niveau de l'Agence du revenu
qui stipule qu'on ne peut pas contribuer, à
même notre salaire, à plus de 9 %. En
fait, il n'y a pas plus de 9 %
de notre salaire qui peut être utilisé pour financer un régime de retraite. La
loi le dit clairement, c'est vrai. Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'à
plusieurs reprises et régulièrement il y a des demandes de dérogation qui sont
faites auprès de l'Agence du revenu.
Ça se fait à chaque fois qu'une convention de retraite est de nouveau étudiée,
on appelle ça une convention de
retraite, justement, et ça s'est fait pas plus tard que l'année dernière à
travers le RREGOP. Donc, cet argument-là, n'en déplaise à nos amis du Parti québécois qui voient dans le
fédéral tous les arguments pour servir leur projet, oui, il y a possibilité de négocier avec le gouvernement
fédéral. Et, dans ce cadre-là, la réponse, elle est généralement favorable.
Et ultimement
peut-être souligner… Ce matin, le premier ministre, pendant la période de
questions, a dûment mentionné qu'il trouvait
important que les députés contribuent à hauteur de 50 %. Je trouve que
c'est un geste dans la bonne
direction. On n'a pas pu obtenir, par contre, de réponse à savoir si nos
collègues du gouvernement allaient appuyer la motion, on le souhaite bien
certainement. On n'a pas eu d'écho de nos collègues de l'opposition officielle,
on souhaite également leur appui.
Bref, pour conclure, M. le Président, ce serait un très, très beau signal à
envoyer à la population de dire que
non seulement on est cohérents, mais qu'on donne l'exemple au niveau du
rétablissement des finances publiques. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Deux-Montagnes. Je cède maintenant la parole à M. le whip en chef du
gouvernement et député de Huntingdon. À vous la parole.
Billette : Merci beaucoup, M. le Président. Il me fait plaisir de
prendre la parole sur un sujet vraiment important. Je me souviens, voilà près d'un an, on était ici à
discuter exactement des mêmes choses par un
article de loi qui s'appelait
la loi n° 33. On était assis de l'autre
côté, mon collègue ici, à ma gauche, de Beauce-Nord, était responsable du
dossier… de Beauce-Sud, excusez-moi,
M. le député. Et, je vais dire, on ne pensait pas revoir ce débat-là ici. Il y
a eu beaucoup de choses qui se sont
déroulées depuis ce moment, et on revient aujourd'hui, un mercredi après-midi,
redébattre ici, en Chambre, de cette situation.
motion qui a été déposée par le député de Deux-Montagnes, je vais dire, est on
ne peut plus claire. Je pense qu'il y a même eu interpellation lors de
la période de questions à ce sujet. Donc, vous en avez fait une bonne lecture, M. le Président, je ne referai pas cette
lecture-là, mais je pense qu'il y a lieu d'échanger aujourd'hui et répondre au
député de Deux-Montagnes. Est-ce
qu'ils vont voter pour? Est-ce qu'ils vont voter contre? Je pense qu'il faut
laisser place au débat. On est
125 parlementaires ici qui sont représentés. C'est un dossier qui nous
touche chacun et chacune d'entre nous, dont
vous, M. le Président, dont mes collègues, ma présidente de caucus ici à
l'arrière, les gens du Parti québécois, du premier groupe d'opposition
officielle, du deuxième groupe d'opposition officielle. Donc, avant de présumer
d'une décision, je pense…
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Oui. Alors, c'est ça. C'est... Allez-y.
Maltais :
Il n'y a qu'une seule opposition officielle ici. Il n'y a pas un premier groupe
et un deuxième groupe, nous sommes l'opposition officielle. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Effectivement, ça fait deux
fois que je l'entends. Alors, veuillez poursuivre, M. le député de
Huntingdon.
M. Billette :
Vous transmettrez le message à qui de droit, M. le Président. Merci.
donc, je pense, c'est important de débattre. Comme je disais, il y a
125 parlementaires ici, puis je pense qu'il est important…
M. Billette :
Est-ce que je pourrais avoir la parole, M. le Président, s'il te plaît?
J'entends des voix à l'avant.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, voilà, le député a raison.
Je demanderais que tout le monde puisse bien entendre le député de Huntingdon. Ça a été le silence pour le député de
Deux-Montagnes, alors je demanderais la même chose pour le M. le whip en
chef du gouvernement. Veuillez poursuivre.
M. Billette :
Merci beaucoup, M. le Président, parce que c'est un débat très important, je
pense qu'il y a lieu d'écouter. Et ce n'est
pas une question de partisanerie, c'est une question de nos conditions
salariales, d'un dossier qui perdure
depuis maintenant plusieurs années, qui a fait place à plusieurs débats, débats
émotifs également, lorsqu'on parle de
conditions salariales… pas juste au niveau salarial, conditions également qui
vont avec l'emploi de parlementaire ici, à l'Assemblée nationale. Donc,
ça nous touche tous personnellement.
Et, si on
regarde au niveau de l'historique, de l'historique de ce qui s'est fait au
cours des dernières années, on a prioritairement ici, à l'Assemblée
nationale, souvent des décisions qui ont été prises au niveau politique
et — je
vais peut-être utiliser un terme — de conflit d'intérêts. On décidait
nous-mêmes de nos propres conditions salariales, M. le Président.
Au niveau
municipal également, c'est le plus bel exemple. Dans la circonscription de Huntingdon,
on a 29 municipalités. J'ai des
maires, c'est 3 000 $, 4 000 $ par année qu'ils gagnent. Et
moi, je vais vous lancer une question, M.
le Président. Je ne sais pas si vous connaissez beaucoup d'entreprises qui ont
un chiffre d'affaires un petit peu comme une municipalité, de 1 million, de 2 millions, que le
président est payé 3 000 $ ou 4 000 $ par année. C'est peu.
Et ça, on en est venu à la situation
qu'on se retrouve présentement au niveau municipal, le recrutement dans
certaines municipalités est devenu
très difficile, et par le fait que, pour des questions politiques, ils
prenaient eux-mêmes la décision de ne pas augmenter leurs conditions de rémunération, conditions de régime de
retraite, toutes les conditions qui vont avec aussi bien le poste de conseiller que de maire, on voit
donc la situation qui est difficile. C'est des sommes qui sont minimales par
rapport à un budget municipal, mais on voit qu'au cours des années
c'est