CAT — 28 January 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2025-01-28
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 28 janvier 2025
Vol. 47 N° 86
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 86, Loi visant à assurer la pérennité du territoire agricole et sa vitalité
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures cinquante et une minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tout le monde. Ayant le quorum, je déclare la Commission de l'aménagement
du territoire ouverte. Je vous souhaite la bienvenue. Et j'aimerais juste
vérifier... que vous vérifiiez vos sonneries des appareils électroniques.
Alors, la commission est réunie afin d'entreprendre
les consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n°
86, Loi à... visant à assurer la pérennité du territoire et... agricole et sa
vitalité.
Est-ce que nous avons des remplaçants, Mme
la secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Girard (Lac-Saint-Jean) est remplacé par M. Rivest
(Côte-du-Sud); M. Ciccone (Marquette), par M. Fortin (Pontiac); Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont)...
La Secrétaire : ...par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis); et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) par M. Grandmont
(Taschereau).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, ce matin, nous débutons les remarques préliminaires et puis
nous poursuivons avec les premiers échanges avec l'Union des producteurs
agricoles, la Fédération de la relève agricole du Québec et l'Institut
Jean-Garon. Alors, tout de suite, j'invite le ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation à faire ses remarques préliminaires pour un
temps maximum de six minutes.
M. Lamontagne : Merci
beaucoup, M. le Président. Écoutez, bonjour, tout le monde. Très, très, très
heureux d'être ici ce matin. Je veux saluer naturellement, là, tous mes
collègues de la
partie gouvernementale, en même temps, mes collègues de
l'opposition officielle, de la deuxième opposition. C'est un plaisir de vous
accueillir. Puis aussi, naturellement, tous les partenaires du secteur
agricole, municipal, environnemental qui ont été mis à contribution pour cette
grande démarche là.
En décembre, j'ai déposé le projet de loi
n° 86, qui est la Loi modifiant... visant à assurer la pérennité du
territoire et sa vitalité. Puis on se rappellera que, ce dépôt-là, ça a été un
peu comme l'aboutissement d'une très, très longue démarche puis une
consultation vraiment nationale sur le territoire agricole puis les activités
agricoles.
C'est une démarche qui a permis à terme de
rencontrer plus de 600 intervenants puis partenaires, où on a eu tout près
de 160 mémoires qui ont été déposés, des centaines de courriels qu'on aura
pu recevoir, des webinaires qui ont été... qui ont été présentés. Tout ça pour
vous dire que ce que j'ai fait, quand j'ai lancé cette consultation-là, là,
c'est de prendre... j'ai misé sur le fait, là, que tous les intervenants au
Québec, là, un, avaient à cœur notre territoire agricole et étaient prêts en
2025 à se réengager, que notre société soit prête à se réengager envers
l'importance de protéger notre territoire agricole. Puis le projet de loi que
j'ai déposé, bien, il met en lumière le consensus des intervenants envers
l'importance de la protection du territoire agricole puis le développement des
activités agricoles.
On sait que c'est... Depuis 1978, il y a
eu quelques modifications qui ont été apportées à la loi, mais de loin, c'est
vraiment la révision la plus importante qui est proposée suite à cette grande
consultation-là. Puis ça s'inscrit dans un contexte où, naturellement, les
terres agricoles, bien, elles ont un caractère stratégique pour l'économie de
plusieurs territoires, pour le dynamisme des communautés rurales. Mais aussi
c'est important de rappeler que le territoire agricole, bien, il est essentiel
pour assurer ultimement notre autonomie alimentaire parce que c'est sûr que ça prend
des terres pour nourrir les Québécois puis les Québécoises.
Puis, en même temps, c'est important de se
rappeler que le territoire agricole, c'est quand même un territoire qui est une
ressource qui est limitée. Si on parle de superficie cultivable au Québec, là,
c'est moins de 2 % de la superficie totale du Québec qui est vraiment une
superficie qui est cultivable. Puis, si on prend tous les pays de l'OCDE, là,
par habitant, c'est le Québec qui a le moins de superficie cultivable par
habitant, alors c'est quelque chose à se retenir.
En même temps, le projet de loi
n° 86, bien, venait répondre à certains commentaires de la commissaire au
développement durable, là, qu'elle a publiés il y a un peu plus d'un an et
demi.
Avec le projet de loi, c'est sûr qu'on
vient répondre à des enjeux contemporains auxquels fait face le territoire
agricole. Puis on cherche vraiment à adapter le régime actuel pour assurer sa
pertinence, assurer sa pérennité, mais aussi éviter sa désuétude. Parce
qu'ultimement le programme, le système qu'on a en place, il faut qu'il y ait
l'adhésion des gens. Il faut que les gens y croient, il faut que les gens y
adhèrent. Puis, ce qu'on a pu observer depuis 46 ans, c'est que notre
société a changé, puis tout ça, puis il était... il était temps de se rasseoir
avec tout le monde pour... de s'assurer que le véhicule qu'on a pour protéger
notre territoire agricole, bien, est vraiment pertinent puis suscite l'adhésion
de tous les partenaires.
Ça fait qu'on... Pour le milieu agricole,
on propose des avancées qui sont vraiment très, très concrètes : mise en
place d'un mécanisme qui va permettre le suivi des transactions, des outils
aussi pour s'attaquer à la spéculation foncière, là, par le contrôle de
certaines transactions foncières, aussi toute la question d'enjeux d'accès à la
terre, notamment pour la relève agricole. Alors, les mécanismes qu'on va mettre
en place, on est confiants qu'à terme vont venir être aidants au niveau de
l'accès à la terre.
On souhaite aussi également veiller au développement
des activités agricoles de proximité. Il est question aussi de venir... de
venir encadrer de façon améliorée, si on veut le tout, la question
d'agrotourisme, en favorisant la mise en commun d'infrastructures agricoles, en
prenant en considération la contribution de ces entreprises-là à la viabilité
des entreprises agricoles, mais aussi à toute la question de l'économie
régionale. Puis aussi, bien, on vient bonifier les pouvoirs d'inspection de la
CPTAQ.
Le projet de loi est aussi une réponse
équilibrée aux demandes, un peu, ou aux constats que les milieux municipaux ont
pu faire. On vient...
M. Lamontagne : ...éliminer le
mur-à-mur en accordant davantage d'importance aux particularités régionales. En
même temps, on vient... on vient valoriser la planification territoriale des
MRC tout en améliorant la cohérence en aménagement du territoire, entre la Loi
de l'aménagement et de l'urbanisme puis la Loi de protection du territoire
agricole et des activités agricoles, et l'harmonisation au niveau des
orientations gouvernementales et de l'aménagement du territoire. Puis le projet
de loi va contribuer aussi à simplifier, si on veut, l'application de la loi, à
simplifier puis à alléger l'administration du régime de protection du territoire
agricole. Puis l'idée, dans tout ça, c'est aussi de donner à la Commission de
protection du territoire agricole, bien, davantage d'agilité en venant
simplifier certains aspects.
Alors, M. le Président, tu sais, le projet
de loi qu'on commence à étudier aujourd'hui avec les consultations
particulières, honnêtement, l'objectif, c'est de faire en sorte, là, que...
quand on va arriver à terme, c'est d'avoir cet engagement-là, M. le Président,
de toute la société québécoise envers l'importance de protéger notre territoire
agricole, l'importance du dynamisme de nos entreprises agricoles sur le
territoire, puis de faire en sorte, là, qu'il y ait une adhésion de tous les
partenaires. Moi, je... tu sais, les gens qui vivent dans la zone agricole, les
gens qui sont influencés par la zone agricole, les gens qui ont le pouvoir
d'influence sur leurs zones agricoles, bien, que tous ces gens-là soient
impliqués et soient vraiment en adhésion avec les modifications qu'on va faire.
Alors, très heureux de commencer ces travaux-là, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : ...de
l'opposition officielle. Et j'entends le député de Pontiac, pour un temps de
4min 30s.
M. Fortin : Merci. Merci, M. le Président. Bonjour à vous. Bon retour
aujourd'hui à Québec. Bonjour à tous mes collègues, M. le ministre, Mme ma
collègue de Westmount-Saint-Louis, MM. les députés des autres formations de
l'opposition. Merci. Merci d'être là. Puis j'en profite pour souligner la
présence de ma collègue de Westmount-Saint-Louis. On le disait tantôt, ce n'est
peut-être pas un automatisme de penser qu'une collègue de Westmount ou qu'un
collègue de la ville de Québec pourrait se présenter à la commission de la... à
la commission de l'aménagement du territoire pour parler des questions
agricoles, mais savez-vous quoi, M. le Président? Eux autres aussi, ils ont
faim, rendu à midi. Et donc, si on veut s'assurer que la population québécoise
au grand complet adhère à un projet comme celui-là, bien, je crois que les
gens... les gens, non seulement en région mais les gens en territoire urbain,
doivent également comprendre toute l'importance de nos terres agricoles.
Maintenant, le projet qui est devant nous,
c'est... comme le disait le ministre, c'est une révision importante du cadre de
protection du territoire agricole au Québec. C'est un dossier qui se doit
d'être prioritaire. C'est un dossier pour lequel on doit avoir une vision, une
stratégie nationale, mais également des stratégies régionales, des stratégies
locales pour préserver le territoire agricole, si on veut en faire non
seulement une bonne utilisation, mais la meilleure utilisation possible, du peu
de territoire qui est accordé à l'agriculture au Québec. Mais, en même temps
qu'on dit qu'on doit protéger le territoire agricole, il y a une préoccupation
qui va nous habiter tout au long de l'étude de ce projet de loi là, c'est qu'il
faut également protéger et épauler nos agriculteurs. C'est une chose de vouloir
encadrer l'utilisation de la terre agricole, mais il faut, à travers tout ça,
penser à ceux qui vivent de notre agriculture, ceux qui investissent mais qui
ne réussissent pas à vivre de notre agriculture, ceux qui voudraient vivre de
notre agriculture. Et là je ne fais pas uniquement référence, là, à tous les
gens qui se retrouvent dans une période un peu précaire, en ce moment, parce
qu'ils avaient des projets qu'ils souhaitaient mener à terme, des projets dans
lesquels ils ont investi, des projets dans lesquels ils se sont lancés et ont
mis toutes leurs énergies, au cours des dernières années, et là ils se
retrouvent avec une grande période d'incertitude, mais je pense aussi aux
pièges qui sont tendus quand on dépose des projets comme ceux-là, c'est-à-dire
la surréglementation, la surcomplexité.
• (10 heures) •
Faire affaire avec la Commission de la
protection du territoire agricole, pour un agriculteur, ce n'est pas toujours
simple, c'est parfois très dispendieux, c'est parfois très long, et je nous
encourage collectivement tenir compte de la réalité des agriculteurs qui font
des demandes à la Commission de la protection du territoire agricole,
particulièrement dans le contexte, le contexte international qu'on connaît en
ce moment, avec des tarifs qui pendent au bout du nez de plusieurs de nos
agriculteurs. Nous devons mettre en place tout ce qu'il est possible de faire
pour simplifier le contexte réglementaire auquel font face nos agriculteurs,
pour réduire leurs coûts, pour les rendre davantage compétitifs. Si on fait
face à une...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Fortin : ...menace comme celle-là, notre gouvernement, collectif,
là, notre Assemblée, le gouvernement du Québec doit s'assurer que nos
agriculteurs ont tous les outils en main pour être le plus compétitif possible.
Alors, je vous dirais, M. le Président, que, de notre côté, du côté du Parti
libéral du Québec, on aborde l'étude de ce projet de loi là comme une occasion,
c'est une occasion à ne pas rater pour mettre tout ce qu'on doit mettre en
place, oui, pour protéger nos... notre territoire agricole, mais surtout pour
protéger nos agriculteurs. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le député de Pontiac. Nous allons maintenant du côté de la deuxième
opposition, et j'entends le député de Taschereau pour une minute 30.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. À mon tour, donc, de souligner... de saluer mes collègues qui sont
de retour avec moi, là, à l'Assemblée nationale. J'espère que tout le monde a
passé des bonnes vacances bien reposantes. On va avoir beaucoup d'action dans
les prochaines semaines, les prochains mois, avec ce qui se passe notamment au
sud de la frontière et éventuellement aussi au niveau fédéral.
J'aimerais d'abord saluer le travail qui a
été fait, là, pour le dépôt du projet de loi qu'on va étudier ensemble en
commission. Il y a plusieurs avancées. Québec solidaire considère qu'il y a des
enjeux là-dessus sur lesquels on a beaucoup travaillé nous-mêmes pendant
plusieurs années et qui, finalement, se retrouvent à l'intérieur de ce projet
de loi là, j'aimerais quand même en nommer quelques-uns, notamment tout ce qui
touche l'accaparement des terres. Je pense que c'est un enjeu qui est souligné,
martelé depuis longtemps par Québec solidaire, et on arrive à... on a réussi à
l'inscrire, avec plusieurs autres acteurs, évidemment, dans l'espace public, et
ça se retrouve dans le projet de loi. Il faut travailler sur la spéculation,
évidemment, qu'on voit de façon trop importante dans le milieu agricole. Ma...
Mon ancienne collègue... en fait, je n'ai jamais travaillé avec elle, là, mais
l'ancienne députée solidaire Émilise Lessard-Therrien avait travaillé sur cet
enjeu-là, avait déposé un projet de loi qui visait à limiter la spéculation et
l'achat par des fonds d'investissement. Ça a été redéposé récemment par ma
collègue députée de Verdun. Je suis content que ça se retrouve là. On va
évidemment travailler à améliorer ce projet de loi là. Il y aura des choses sur
lesquelles on va vouloir proposer des amendements, mais on est très contents
de... du travail qui a été fait jusqu'à maintenant. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. En terminant, j'ai une demande du député de Matane-Matapédia pour qu'il
puisse faire des remarques préliminaires. Est-ce que j'ai le consentement? Consentement.
Alors, M. le député, vous avez une minute.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. M. le ministre, chers collègues, vous avez compris que, pour le
Parti québécois, cet enjeu est d'une plus grande importance. Je suis fier de
faire
partie d'une formation politique qui a eu le courage d'adopter une loi
essentielle et nécessaire en 1978, la
Loi sur la protection du territoire
agricole, sous Jean Garon. Cet enjeu est important pour nous parce qu'il s'agit
d'une grande fierté nationale, l'agriculture. Il s'agit aussi de la ruralité.
Je suis un député issu de cette ruralité. Je salue le travail qui a été fait,
des avancées importantes. Je note, entre autres, la présence d'un... d'une
forme de registre de la propriété, qui, je pense, n'est pas étrangère aux
échanges que j'ai eus avec le ministre. Nous avons plusieurs questions à poser,
notamment sur la question de la propriété. Et l'exercice que la MRC de La Mitis
a fait dans ma circonscription tend à démontrer que certains propriétaires
peuvent acquérir énormément de terres, et je ne suis pas convaincu qu'on peut y
répondre dans ce projet de loi. Alors, je suis heureux d'y participer avec mes
collègues.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, M. le député de Matane-Matapédia. Alors, nous débutons les auditions
publiques. Alors, nous recevoir ce matin, en premier groupe, l'Union des
producteurs agricoles. Alors, je vous salue, vous quatre. Je vous invite à vous
présenter et enchaîner directement avec votre présentation.
Mme Levasseur (Stéphanie) : Merci.
Merci, M. le Président, Mmes, MM. les députés, M. le ministre. Mon nom est
Stéphanie Levasseur. Je suis deuxième vice-présidente générale de l'Union des
producteurs agricoles. Je suis productrice de pommes à Frelighsburg, dans les
Cantons-de-l'Est. Avec moi aujourd'hui, j'ai M. Charles-Félix Ross, qui est
directeur général de l'Union des producteurs agricoles, Mme Ghalia Chahine, à
ma droite, qui est coordonnatrice à l'aménagement du territoire à l'UPA, et Mme
Gaëlle Janvier, tout au bout, qui est aménagiste à la direction des... de
recherches et politiques agricoles. Alors, merci de nous permettre d'exposer le
point de vue des producteurs et productrices agricoles aujourd'hui concernant
le projet de loi n° 86.
L'UPA, comme vous le savez, représente
quelque 42 000 agriculteurs et agricultrices, soit près de 29 000 entreprises
agricoles qui sont implantées dans toutes les régions de la province et près de
30 000 producteurs forestiers au Québec. Vous comprendrez donc que le
projet de loi n° 86 revêt une grande importance pour nous et tous nos membres
qui habitent et travaillent sur ce territoire au quotidien.
Au dépôt du projet de loi en décembre
dernier, vous mentionniez, M. le ministre, qu'une des visées de cette
modification, et je vous cite, «permettra de préserver notre capacité à nourrir
notre monde» et que le gouvernement propose avec ce projet de loi de...
Mme Levasseur (Stéphanie) : ...répondre
aux attentes de tous les intervenants consultés qui demandaient à, et je vous
cite à nouveau, «renouveler notre engagement collectif pour protéger nos terres
agricoles et assurer leur vitalité.» Notre objectif, dans notre intervention
d'aujourd'hui, c'est de voir à ce que ces propos et ces intentions se reflètent
réellement dans le texte de loi à l'étude sur la protection du territoire et
des activités agricoles. Le p.l. no 86 amène plusieurs modifications
intéressantes à la LPTAA, qui répondent aux demandes du milieu exprimées depuis
plusieurs années et qui sont consensuelles, comme vous l'avez déjà mentionné.
Parmi celles-ci, nommons la mise en place
d'un registre de transactions et d'un mécanisme de contrôle de certaines
transactions; le renforcement des pouvoirs de la CPTAQ pour mieux déceler et
sanctionner les infractions; l'autorisation de surtaxer les terres agricoles
exploitables, mais non exploitées; l'augmentation des exigences et
l'amélioration de la qualité de planification régionale en fonction des
nouvelles OGAT; l'interdiction de construire une deuxième résidence sur les
superficies bénéficiant de droits acquis; l'annulation des usages non
agricoles, connus sous le terme UNA, qui ne sont pas mis en œuvre; et la
meilleure prise en compte dans les critères d'analyse du dynamisme du territoire
agricole.
Nous espérons que les modifications
apportées sur ces points permettront un meilleur suivi de l'accaparement des
terres et de la spéculation en zone agricole, une meilleure capacité de
surveillance des infractions, ainsi que la mise en place de moyens pour pallier
aux pressions indues sur les terres agricoles ou leur sous-exploitation.
Cela étant dit, notre propos d'aujourd'hui
se concentrera sur quatre éléments préoccupants ou manquants qu'il nous semble
essentiel de souligner. Premièrement, l'élargissement des demandes à portée
collective pour les groupes de MRC D, E et F, dans l'article 40 du projet
de loi, constitue, selon nous et plusieurs partenaires, une brèche majeure. Il
est très important de rappeler qu'il y a actuellement plus de 39 900 constructions
résidentielles déjà autorisées à travers le Québec par le biais du processus de
demandes à portée collective existant. Il est surprenant que le gouvernement
veuille élargir les capacités d'implanter d'autres résidences, alors que lui-même
admettait, dans son premier fascicule de consultation, qu'en l'absence de bilan
exhaustif transmis par les MRC il n'est pas possible de connaître le nombre
total de résidences qui ont été construites à la suite de ces autorisations.
L'ajout proposé va entièrement à l'encontre du principe établi par le
gouvernement lui-même dans sa politique nationale d'architecture et
d'aménagement du territoire de 2022, qui confirmait l'effet néfaste de ce type
d'usage sur le maintien et le développement de l'agriculture. Le retrait de cet
article serait donc nécessaire.
Deuxièmement, nous nous inquiétons de
l'élimination d'une étape fondamentale dans le processus d'analyse et de
participation citoyenne à la CPTAQ, soit de permettre à cette dernière de
rendre des décisions favorables sans d'abord passer par l'étape de production
d'une orientation préliminaire. Selon nous, la recherche d'efficience ne doit
en aucun cas compromettre l'exécution du mandat d'analyse de toutes les
demandes déposées à la CPTAQ. La modification proposée affectera près de
25 % des demandes reçues qui seraient dorénavant traitées selon une
procédure expéditive. Une telle modification réduit la capacité d'analyse de
l'ensemble de la documentation déposée dans un délai acceptable et limite les
possibilités de contestation des décisions, les parties non consultées ne
pouvant pas présenter de preuve nouvelle ou complémentaire au TAQ. C'est
pourquoi le retrait de l'article 44 est nécessaire.
• (10 h 10) •
Troisièmement, la possibilité d'implanter
certains usages jugés sans impact, sans obtenir l'autorisation de la CPTAQ nous
préoccupe. Entre 2000 et 2010, selon l'Institut de la statistique du Québec,
plus de 4 500 hectares
de terres agricoles ont été perdus au profit de milieux naturels en Montérégie seulement.
Il faut savoir que ceux-ci, ces milieux naturels, peuvent générer des impacts
négatifs sur les activités agricoles avoisinantes simplement en termes de
cohabitation des usages. Il nous apparaît donc hasardeux que ces modifications
d'usages passent complètement sous le radar et s'ajoutent ainsi aux nombreuses
autres données manquantes que dénombrait la Commissaire au développement
durable dans son rapport d'avril dernier.
Et enfin, nous souhaitons relever deux
omissions préoccupantes dans le p.l. no 86. Tout d'abord, le projet de loi
n'aborde aucunement l'encadrement de l'implantation de projets énergétiques, et
ce, malgré la pression croissante et les impacts majeurs qu'aura ce type
d'infrastructure sur le territoire agricole. Pour faire face de façon
responsable à cette pression...
Mme Levasseur (Stéphanie) : ...pression
croissante associée à l'implantation de projets énergétiques. Nous demandons un
élargissement à l'ensemble du Québec de la démonstration des espaces appropriés
et disponibles pour ce type d'UNA. Nous jugeons d'ailleurs que l'effet
cumulatif de tout type d'UNA doit devenir un critère d'analyse et d'évaluation
des demandes déposées à la CPTAQ.
La seconde omission est celle d'une action
proactive pour assurer la protection et le dynamisme des activités agricoles.
Le p.l. n° 86 ne propose aucune mesure pour encadrer provincialement les
pouvoirs municipaux applicables à la zone agricole. Pourtant, lors de la
consultation, le MAPAQ a mis en lumière une grande disparité réglementaire,
dont plusieurs dispositions s'avéraient infondées et nuisibles aux activités
agricoles. Dans la perspective d'une meilleure gestion des activités agricoles
partout au Québec, les instances municipales devraient obligatoirement se
référer et s'en tenir aux balises ou aux normes provinciales établies par le
gouvernement en matière agricole, afin d'éviter les excès et les dérapages
réglementaires.
En terminant, un mot sur la Fiducie
agricole UPA-Fondaction, qui est une fiducie d'utilité sociale créée en 2020
par l'UPA et Fondaction afin d'offrir une solution à l'enjeu de la préservation
des terres agricoles et de leur mise en valeur par les agriculteurs. Sachez que
les producteurs agricoles soutiennent cette fiducie d'utilité sociale, qui est
la meilleure entité juridique pour détenir les sols cultivables qui ne sont pas
la propriété d'entreprises agricoles familiales. Malheureusement, le soutien
financier gouvernemental adéquat pour amplifier et déployer cet outil de
préservation des terres et des activités agricoles ne s'est toujours pas
concrétisé. Le projet de loi propose des dispositions qui permettront, selon
les décisions du ministre, de diriger des ressources vers les fiducies
d'utilité sociale agricole afin de mieux préserver le territoire agricole, et
nous ne pouvons que nous en réjouir. Ainsi, nous croyons que la fiducie
agricole d'utilité sociale UPA-Fondaction devrait donc être soutenue
financièrement par le gouvernement et jouer un plus grand rôle, dans l'avenir,
comme alternative à des scénarios de perte de superficie agricole.
En conclusion, comme nous l'avons précisé
dès l'annonce de la consultation en juin 2023, l'exercice que propose le
gouvernement du Québec doit être vu comme une occasion historique de réaffirmer
notre engagement collectif à protéger nos terres agricoles, et à assurer leur
vitalité, et d'élever la protection de notre garde-manger au rang de véritable
priorité nationale, et c'est dans ce cadre que nous avons formulé nos
recommandations. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors
merci beaucoup pour votre présentation. Nous débutons maintenant une période
d'échange, en débutant avec le ministre. Vous avez 16 min 30 s.
M. Lamontagne : 16 min 30 s?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
M. Lamontagne : Parfait.
Merci, M. le Président. Bien, merci beaucoup, Mme la vice-présidente, pour
votre présentation. Je dois vous confesser que j'ai lu votre mémoire avec
beaucoup d'intérêt et une grande curiosité, parce que, quand même, on peut se
le dire, il y a eu vraiment beaucoup d'échanges entre les responsables du... du
MAPAQ, l'Union des producteurs agricoles, notre cabinet, on a travaillé quand
même étroitement ensemble depuis... depuis des mois et des mois, si on veut,
sur... sur le projet de loi qu'on a devant nous. Alors, merci beaucoup pour...
pour vos commentaires.
Tu sais, vous avez... vous avez manifesté,
à... multiples reprises, là, l'importance de... d'assurer un meilleur
encadrement, un meilleur contrôle au niveau des... des décisions d'UNA, pour
des... des décisions pour l'utilisation non agricole de portions de territoires
agricoles, et puis on s'entend qu'avec... avec le projet de loi... Un, des UNA
là, on le sait, de façon générale, là, il y en a que ça peut porter... bien,
il y en a un nombre important... ça porte sur les activités de sablières, de
gravières qu'on peut avoir sur le territoire. En même temps, on peut avoir...
quand il y a une ligne électrique qui passe sur le territoire agricole,
naturellement, bien, il y a toute une portion importante de territoire qui est
identifiée pour un usage non agricole. Alors, ça, ce sont des... des portions
importantes, si on veut. En même temps, bien, on a, naturellement, plusieurs
types d'UNA qui doivent être renouvelées après un certain nombre d'années, si
on veut.
Puis ce qu'on... ce qu'on cherche à faire
avec... avec le projet de loi, c'est de venir encadrer de façon beaucoup plus
serrée l'utilisation d'usages non agricoles. La première chose...
M. Lamontagne : ...ce qu'on vient
faire, naturellement, bien, c'est de faire en sorte de mettre une clause
crépusculaire, si on veut, sur tous les UNA qui ont pu être accordés depuis des
années et des années. Alors, il y a cinq ans qui vont être autorisés, là, pour
se manifester, et puis, après ça, bien, je veux dire, on repart le compteur, si
on veut, là.
Alors, on vient mettre en place différents
outils avec le projet de loi pour faire en sorte, là, qu'on vient encadrer de
façon plus serrée puis avoir aussi davantage d'informations sur les usages qui
vont être non agricoles qui vont être autorisés. Ça fait que j'aimerais vous
entendre sur ces mesures-là, là, qu'on vient introduire avec le projet de loi
au niveau des usages non agricoles.
Mme Levasseur (Stéphanie) : Bien,
écoutez, on a... on a salué la clause crépusculaire, là, dans notre mémoire. On
était bien contents d'entendre que celles qui ont été autorisées, là, il y a
plus de cinq ans, vont... vont finalement s'éteindre, parce que... par manque
d'activité, en fait, là, donc, et le territoire va revenir à la zone agricole
sans usage autre.
Je ne sais pas, Ghalia, si tu as d'autres
critères à rajouter, là, là-dessus. On pense que le cumul de ces UNA là,
l'impact du cumul des usages non agricoles n'est pas tellement bien encadré,
là, dans le projet de loi, là. Ça fait que, Ghalia, je te laisserais expliquer
un peu, là, la technicalité.
Mme Chahine (Ghalia) : Bien,
c'est sûr que c'est intéressant d'avoir une clause crépusculaire. L'effet,
comme vous dites, l'effet cumulatif des UNA sur le territoire est assez
important et c'est quelque chose qui n'est pas nécessairement analysé dans le
cadre de ce p.l. là. Il y a aussi... Il faut faire attention à tous les
assouplissements que le p.l. permet en ce moment. Donc, il y a... il y a quand
même une certaine réouverture du territoire qui nous inquiète particulièrement.
Donc, c'est bien de clore les anciennes, mais il ne faut pas ouvrir des
nouvelles. Et il faut toujours considérer que, tout usage non agricole, il n'y
en a pas qui n'ont pas d'impact sur le territoire agricole. Il y a toujours un
enjeu de cohabitation, de pressions, de pression de voisinage, mais aussi de
pressions d'usages qui peuvent avoir lieu. Donc, dans ce cas-là, les UNA, très
intéressant en terme de les faire éteindre, mais il y a quand même une petite
préoccupation par rapport à l'effet cumulatif et à certains assouplissements
que le p.l. amène.
M. Ross (Charles-Félix) : Dans
les 22, 24 dernières années, c'est 60 000 hectares de terres
qu'on a perdus pour les UNA, donc des usages non agricoles dans la zone
agricole. Donc, on n'exclut pas ces terres-là de la zone agricole, donc ça
reste zoné, ça passe un peu sous silence, mais on parle d'environ
2 500 hectares par année. C'est énorme. Puis, la plupart de ces UNA
là, on ne peut pas revenir en arrière. Donc on perd vraiment l'usage du
territoire agricole pour l'éternité. Donc, c'est... c'est... c'est vraiment la
brèche, le cheval de Troie, là, de notre régime de protection du territoire,
des activités agricoles. Et, dans le p.l. 86, malgré la clause crépusculaire,
on ouvre la porte encore plus grande à une prolifération de ces usages-là non
agricoles en zone agricole, avec les impacts que ça peut avoir aussi sur les
activités agricoles environnantes.
• (10 h 20) •
M. Lamontagne : Oui. Quand...
Parce qu'on s'entend que, quand il y a des UNA qui sont... qui sont accordés,
comme j'expliquais, il y en a que ça peut être, tu sais, pour le transport
d'énergie, il y en a que ça peut être... on en a plusieurs, plusieurs...
beaucoup de superficie, c'est des sablières, qui sont des gravières qui sont...
qui sont exploitées, qu'un moment donné, il y a... il y a une vie utile à ces
sablières, gravières-là, après ça, il y a un moment, il y a un retour à la
fonction, entre guillemets, agricole du territoire. Est-ce que... Est-ce que...
Puis naturellement, c'est la commission, les commissaires qui ont l'habilité
d'évaluer puis de porter une appréciation sur l'impact sur le potentiel
agricole de ces terres-là, là parce qu'ultimement c'est... c'est... c'est
l'usage agricole pour nourrir nos gens. Comment vous qualifieriez l'approche de
la commission dans ce sens-là, le travail que la commission fait dans ce
sens-là, au niveau de son appréciation de l'impact de ses décisions d'UNA, là,
sur le potentiel agricole?
Mme Levasseur (Stéphanie) : Bien,
une des préoccupations qu'on a, c'est... il y a déjà eu des assouplissements
importants, là, avec le règlement qui a été adopté en 2022, 2023, le R 1.1, là,
donc, où on ouvrait déjà la porte, là, à plusieurs usages ou à plusieurs façons
d'assouplir, là, ce qu'on est capables de faire, là, sur le territoire. Et le
fait qu'on continue de compiler...
Mme Levasseur (Stéphanie) : ...et
la donnée de territoire agricole protégé, en excluant seulement ce qui a été
vraiment exclusion, mais que les UNA continuent à faire partie, c'est comme si
on n'y touchait pas, alors que, dans les faits, il y a quand même des impacts
importants et il y a aussi, là, toute une panoplie d'usages non agricoles qui
sont autorisés, qui sont de nature un peu plus commerciale, ou des bâtiments
qui sont transformés en commerce, ou des choses comme ça. Donc, à un moment
donné, c'est qu'on ne peut plus... comme Charles disait, on ne peut pas revenir
en arrière, une sablière ou une gravière quand elle arrive à la fin de sa vie
utile, ce n'est pas vrai qu'on va être capables de planter de la laitue, là. Ça
va être tout un travail de restauration, de possibilités de cultures sur une
zone comme celle-là. Il n'y a plus de terres arables dans ce coin-là, là. Donc,
ce n'est pas... ce n'est pas parce qu'il n'y a plus l'activité de sablière où
l'usage non agricole s'arrête qu'automatiquement on récupère cette portion de
territoire là pour produire. Donc, ce n'est pas un automatisme. Alors, il faut
que la... il faut que l'évaluation des impacts de ces usages là soit faite de
façon aussi formelle et précise que si on pensait à exclure du territoire
agricole et vraiment de voir comment on peut avoir ces usages-là cohabiter avec
ce qui reste en production autour, parce que c'est souvent ça, le problème,
c'est qu'en ayant une activité autre qu'agricole dans le territoire agricole,
bien, comment on cohabite, comment les nuisances vont se faire sentir? Est-ce
que c'est l'activité qu'on permet qui nuit à l'agriculture ou est-ce que c'est
l'agriculteur qui va nuire à cette activité-là? Puis on fait qu'appeler des
conflits, là, en permettant une multiplication de ces usages là. Puis avec un
régime un peu à deux vitesses comme on prévoit dans le p.l., bien, on amplifie
un peu cette problématique-là dans certaines régions aussi de la province.
M. Lamontagne : Excellent.
Merci. Vous parliez de cohabitation. J'aimerais ça vous entendre sur quand il y
a des résidences qui s'implantent en milieu agricole, il y avait aussi, tu
sais, l'idée d'avoir une deuxième résidence, là, des droits acquis en milieu
agricole. Il y a une entente qui avait été signée, là, en 2001 par l'Union des
producteurs agricoles avec les municipalités pour, justement, proscrire, faire
en sorte qu'il n'y ait pas... J'aimerais ça vous entendre sur pourquoi c'est un
enjeu d'avoir l'implantation, là, d'une maison en milieu agricole. Qu'est-ce...
qu'est ce que ça représente, tu sais?
Mme Levasseur (Stéphanie) : Bien,
comme on l'a présenté dans le mémoire, en fait, là, à terme, c'est certain que
nous, si on est... on est... on n'est pas contre l'idée de permettre à un
producteur agricole de se loger sur sa terre, ou à sa relève, ou à permettre
aussi de pouvoir loger les travailleurs qui sont nécessaires à l'exploitation
de son... de sa ferme. On avait un projet pilote là-dessus, là, qui a été un
peu finalisé l'année dernière, mais la demande qu'on avait, c'était plutôt de
permettre, là, pour les travailleurs, des structures temporaires, là, qui
pourraient être retirées facilement puis ainsi ne pas avoir d'impact à long
terme sur le territoire agricole, là, plutôt que de couler du béton qui est
plus difficile à enlever, on se le dira. Et donc, ça, c'était une chose.
Ici, on semble vouloir permettre un peu
plus large, là, que cette demande-là, mais il ne faut absolument pas que ces
constructions-là soient à terme... qu'il soit, à terme, possible de les
séparer, parce que c'est là qu'on va finir par morceler tout le territoire.
Donc, c'est certain qu'il peut y avoir un avantage à permettre de se loger sur
nos terres pour être à proximité de notre activité puis pouvoir loger nos
travailleurs qui nous permettent de faire fructifier nos entreprises, mais il
ne faut pas, absolument pas, que ce soit, à terme, une façon de pouvoir
morceler le territoire.
M. Lamontagne : Mais au-delà
du morcelage, Mme la vice-présidente, l'impact que ça a, là, pour le secteur
agricole, quand on permet une maison, là, je veux dire, j'aimerais ça vous
entendre un petit peu, d'une façon un peu plus large, là. Ou Charles-Félix.
Mme Levasseur (Stéphanie) : Mais
Charles veut répondre, mas...
M. Ross (Charles-Félix) : Principalement,
ça nuit aux activités agricoles. On a des exemples dans notre mémoire. Puis il
y a tout un exercice de planification qui doit se faire. On donne l'exemple de
Saint-Lin dans les Laurentides, où il y a eu un développement en zone rurale
résidentielle important, puis on n'a pas calculé...
M. Ross (Charles-Félix) : ...calculer
les besoins en eau de ces résidences-là. Donc, ça a... Un, les gens qui vivent
dans ces maisons-là ont un problème d'accès à l'eau, puis les activités
agricoles autour aussi. Donc, ça, c'est un exemple concret. Présentement, on
vit une situation, dans le coin de Portneuf, où, à Pont-Rouge, il y a eu un
développement résidentiel important, la population s'est accrue. Il y a un
besoin en eau pour alimenter des résidences, et ça affecte les nappes
phréatiques, ça affecte le système hydrique de cette région-là et ça affecte
les activités agricoles de gros producteurs dans la région de Portneuf, là, qui
ont des problèmes d'accès à l'eau, des problèmes de concentration aussi de
certains... certains engrais ou de certains minéraux au niveau des sols. Donc,
l'implantation de commerces, d'industries, de résidences, ça affecte les
activités agricoles. L'Union des producteurs agricoles, nos syndicats locaux,
ont toujours négocié avec les MRC des ententes 59 pour établir, parce qu'il y a
un besoin d'établir des citoyens aussi sur le territoire, mais à des endroits
où ça a le moins d'impact possible sur les activités et le territoire agricole.
Et on salue également dans le projet de loi l'idée, le concept, là, de
dynamisme... il y a des zones agricoles qui sont plus dynamiques que d'autres,
et là il faut éviter absolument, dans les zones agricoles dynamiques, d'avoir
l'implantation de résidences ou d'UNA ou autre. Donc, on...
M. Lamontagne : Parfait.
Merci. Un sujet que, souvent, on entend parler, du monde municipal, c'est la
question des puits, de pouvoir avoir accès à de l'eau. Et puis les
municipalités, c'est souvent manifeste qu'ils sont... ils ont vraiment les
mains liées, il peut arriver qu'il y ait des puits agricoles qui sont
installés... qui seraient installés en zone agricole, ils ne peuvent pas avoir
accès à l'eau qu'ils auraient besoin, tout ça. J'aimerais ça vous entendre sur
cet aspect-là, toute la question des puits puis des demandes, un peu, du monde
municipal, là, par rapport aux puits et à la zone agricole, là.
Mme Chahine (Ghalia) : Par
rapport au puits, il y a plusieurs enjeux. Il y a non seulement le nombre mais
aussi la capacité. Donc, la capacité est calculée par rapport aux besoins, et,
quand on implante plus de résidences, plus d'habitations, la population
augmente. Il y a une pression qui est accrue, non seulement pour avoir plus de
puits, donc c'est... l'activité agricole se structure autour de ces
installations-là, et là on vient ajouter une pression de plus. Donc, quand on a
un puits, on a des reculs, en termes de règles d'épandage autour de chacun des
puits pour respecter ça. Donc, le plus il y a de puits, le plus on fait reculer
l'activité agricole. C'est un lien de causalité.
Et la ressource eau, bien, on vient la vider
un peu plus quand il y a une pression qui augmente. Quand la population
augmente, bien, la pression pour le besoin en eau augmente, et là on multiplie
les enjeux et on fait reculer l'agriculture.
M. Lamontagne : Puis,
aujourd'hui, la façon dont les demandes pour les puits sont traitées, tout ça,
comment... comment vous évaluez ça? Comment...
Mme Chahine (Ghalia) : En
notant que les activités agricoles sont considérées directement lorsqu'on
analyse l'implantation d'un puits, il n'y a pas d'enjeu, mais c'est sûr qu'il y
a quand même des difficultés, et ce travail-là n'est pas toujours fait de façon
la plus proactive pour le secteur agricole, du côté municipal.
• (10 h 30) •
M. Lamontagne : O.K.
Excellent. Dernier point, toute la question de l'agrotourisme. Tu sais, il y a
une définition de l'agrotourisme, qui dit que c'est une activité qui est
complémentaire à l'agriculture. On a beaucoup d'entreprises, avec l'agriculture
de proximité, qui présentent des modèles de plus en plus dynamiques, si on
veut, d'agrotourisme, qui leur permet aussi d'accroître le revenu et qui leur
permet d'attirer davantage de gens pour favoriser cette proximité-là entre les
consommateurs et puis les producteurs. Puis, tu sais, j'entends que vous avez
beaucoup de réserves par rapport à toute modification qu'on voudrait apporter
et qui touche l'agrotourisme. J'aimerais ça, vous entendre à ce niveau-là.
Le Président (M. Schneeberger) : ...secondes.
Mme Chahine (Ghalia) : Bien,
premièrement, on a toujours été en faveur de l'agrotourisme, là, puis de
rapprocher le consommateur du producteur, là. Ça a toujours fait
partie de
nous, de nos chevaux de bataille. L'enjeu, c'est : quand est-ce que ça
arrête d'être de l'agrotourisme puis que ça devient commercial? Donc, c'est...
La ligne est fine, et, pour nous, c'est important que l'agrotourisme demeure
une façon de mettre en valeur la production et les activités agricoles d'une
entreprise, mais pas de devenir une possibilité, là, pour être le magasin
général d'une région entière sur une entreprise agricole. On peut faire ça en
zone commerciale.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous allons du côté, maintenant, de...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Le Président (M. Schneeberger) :
...l'opposition officielle. Et j'entends le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Bonjour. Un bonjour aux
gens de l'UPA. Je suis content qu'on puisse commencer nos discussions avec vous
parce que, depuis le... Depuis le temps que, moi-même, je suis député en région
rurale, en région agricole, je reconnais que l'UPA est bien souvent, disons, le
gardien des terres agricoles. Et ayant, et je le salue, là, ayant moi-même un
président régional qui nous rappelle l'importance de la protection du
territoire agricole, presque au quotidien, j'apprécie l'apport important qu'il
a dans chacun des débats autour des questions de la protection du territoire
agricole.
Je veux juste peut-être commencer par la
fin de votre échange avec le ministre sur l'agrotourisme. Vous n'êtes pas sans
savoir, là, qu'il y a beaucoup... il y a beaucoup de projets à travers le
Québec d'agrotourisme qui ont de la difficulté à se développer au cours des
dernières années à cause, entre autres, de la réglementation, à cause d'un
cadre qui est très... qui est très rigide, très fixe, avec ses bons et ses
mauvais plis, là. Je veux juste bien comprendre votre dernier propos, là. Vous
avez dit : Ces projets-là peuvent très bien se développer en zone
commerciale plutôt qu'en zone agricole? Est-ce... Corrigez-moi si j'ai tort,
Mme Levasseur (Stéphanie) : Non.
Non. Ce que... Ce que j'ai dit, c'est que quand c'est un projet d'agrotourisme,
on n'a aucun problème à ce qu'il s'implante en zone agricole parce qu'effectivement
ça va permettre à l'entreprise de faire valoir son savoir-faire, ses produits à
elle, ses activités agricoles. Quand ça devient un projet qui... qui ouvre la
porte à devenir un projet plus commercial ou un... où on vend des toutous, des
tasses, des coussins, des... Bien, à un moment donné, ce n'est plus un...
une... Ce n'est plus complémentaire à l'activité agricole qui se passe sur
cette entreprise-là. C'est là où il faut faire attention puis s'assurer qu'on
parle vraiment d'agrotourisme, et pas de commerce. Et ce type d'activité là,
que je décris avec les toutous, les tasses et les coussins, ne devrait
probablement pas avoir lieu en zone agricole.
M. Fortin : O.K. Je vous entends. Je vous entends puis j'entends la...
À travers votre propos, là, j'entends quand même une certaine préoccupation, je
pense, du fait qu'il y a beaucoup de gens au Québec qui s'éloignent des zones
agricoles, c'est-à-dire qu'il y a de moins en moins de Québécois qui connaissent
le quotidien de l'agriculture. Puis l'agrotourisme, c'est une des façons de
faire connaître ce qui se passe dans le milieu agricole. Alors, ça... Pour
nous, d'avoir une certaine ouverture à une certaine flexibilité pour l'agrotourisme,
on voit ça d'un bon oeil, mais je comprends votre préoccupation pour que ça
demeure de l'agrotourisme et pas autre chose.
Votre... Votre point de vue sur, appelons
ça l'opportunité manquée du projet de loi, d'encadrer l'implantation des
projets énergétiques. Je suis d'accord avec vous. On aurait pu le développer. C'est
un des grands enjeux qui ont été... qui a été discuté au cours des dernières...
des derniers mois, des dernières années autour de la protection du territoire
agricole, et on dirait qu'il a été mis de côté un peu, cet enjeu-là. Si je vous
permets à l'UPA de nous dire non seulement que c'est une opportunité manquée,
mais ce que vous auriez aimé voir dans le projet de loi à ce niveau-là.
Mme Levasseur (Stéphanie) : C'est...
Je peux comprendre que c'est un enjeu difficile à cerner. Puis ça, ça implique
plus que seulement le monde agricole, là. Quand on parle des projets
énergétiques, il y a des demandes qu'on fait, là, par ailleurs à d'autres
endroits, là, pour s'assurer d'avoir un meilleur encadrement, là, de ce qui va
se faire en matière d'éolien, par exemple, ou des choses comme ça. Mais pour ce
qui est de l'implantation en territoire agricole, c'est certain qu'on aurait
aimé voir une précision qui... qui venait empêcher de toucher particulièrement
au territoire dynamique ou... Mais on ne l'a pas vu. Mais bon, c'est sûr que la
commission va devoir se pencher, là, sur toutes les demandes, puis il y en aura
de plus en plus, là, avec les projets énergétiques qui sont déjà annoncés, puis
ceux qui vont venir, là.
Malgré qu'on va peut-être arrêter d'en distribuer aux
Américains, mais ça, c'est un autre sujet. Mais autrement, là, je ne sais pas
si...
M. Ross (Charles-Félix) : En
fait, on parlait d'UNA. Les lignes de transport, les éoliennes, c'est des UNA,
qu'on avait souhaité, tu sais, une disposition dans la loi qui dit que la CPTAQ
peut réglementer sur les règles visant l'implantation de ce type d'UNA en zone
agricole. Si on installe une éolienne, c'est quoi les critères, là, de...
M. Ross (Charles-Félix) : ...par
rapport à la distance, par rapport aux bâtiments, il y a toute une
réglementation, un cadre, là, par rapport à l'implantation de ces
infrastructures-là pour minimiser les impacts sur le territoire agricole et les
activités agricoles, puis il pourrait y avoir une réglementation relevant d'une
disposition de la loi qui vient encadrer le déploiement de ces UNA là en zone
agricole. C'est ça qu'on aurait souhaité, là, une disposition comme ça dans la
loi qui permet à la CPTAQ d'encadrer réglementairement ce type, là, d'UNA en
zone agricole.
M. Fortin : Donc, un certain cadre qui ne viendrait pas dicter les
décisions des municipalités nécessairement, mais qui viendrait juste établir
certains paramètres pour que ce soit admissible à une décision positive ou
négative d'une municipalité.
M. Ross (Charles-Félix) : Exactement.
M. Fortin : O.K. Je vous encouragerais quand même à peut-être préciser
certaines des recommandations que vous avez en ce sens-là, parce qu'en lisant
votre rapport je comprends bien que vous nous dites : Bien, c'était une
possibilité, on aurait aimé ça le voir, mais vous êtes pas mal ceux qui, en
termes de défense du territoire agricole, là, pouvez nous épauler le plus
possible dans ces choses-là. Alors, je suis d'accord avec vous qu'on aurait pu
y aller, mais j'aimerais ça entendre ce que vous nous proposez pour la suite
des choses.
M. Ross (Charles-Félix) : O.K.
M. Fortin : Je reviens à l'enjeu de la deuxième résidence, là, que le
ministre a amené un peu plus tôt, et je fais le lien avec ça, avec les propos
que... qu'on a émis d'entrée de jeu par rapport à non seulement la protection
du territoire agricole, mais la protection ou la... l'aide aux agriculteurs
eux-mêmes. La question de la relève qui peut... C'est souvent... Quand on parle
d'une deuxième résidence en territoire agricole, là, ça... c'est souvent, entre
autres, pour la relève, le fils qui veut reprendre éventuellement l'entreprise
agricole, la fille qui veut reprendre éventuellement l'entreprise agricole de
ses parents. Oui, il y a un enjeu. Il faut couler du béton pour avoir une
deuxième résidence, comme vous l'avez dit, mais, en même temps, ces
agriculteurs-là n'ont pas nécessairement les moyens d'aller s'acheter un
terrain à 150 000 $, 200 000 $ pas loin de la terre
agricole. Alors, si on veut s'assurer que les agriculteurs ont les moyens de
réussir aussi, est-ce que... est-ce que le fait que ce soit un agriculteur,
quelqu'un impliqué dans la terre, quelqu'un qui y travaille au quotidien, change
la dynamique autour de cette question-là?
Mme Levasseur (Stéphanie) : Bien,
écoutez, la préoccupation qu'on a, nous, c'est de, à terme, morceler le
territoire. Pour l'instant, la loi permet l'implantation de résidences. Ce
qu'elle ne permet pas, c'est de séparer un petit bout de terrain que tu peux
vendre à quelqu'un d'autre qui va finir par te dire : Bien là, tu es trop
proche, puis va cultiver un peu plus loin, puis je veux une zone tampon de tant
autour de mon petit carré de terre que j'ai grugé dans le territoire agricole,
là. C'est... C'est à ce niveau-là, là, nous, que la préoccupation se situe.
Donc, il n'y a pas d'interdiction pour une relève, pour l'instant, de
s'installer. Si effectivement elle prend la relève puis elle vit de... elle
gagne sa vie avec la ferme, la possibilité est déjà là, là. Donc, l'enjeu d'une
deuxième résidence à l'intérieur d'un droit acquis, c'est une demande de longue
date et c'était pour empêcher justement de créer des distances séparatrices
plus grandes, là, par rapport à l'activité agricole qui est autour.
• (10 h 40) •
M. Fortin : Sur la question des résidences, là, tantôt, M. Ross, vous
avez fait état de certains développements dans certaines municipalités qui...
et vous avez fait référence au cadre... ou, disons, à des territoires qui sont
considérés des terres dynamiques, là. Et là-dessus moi, je vous rejoins
complètement. Il y a une... Les terres dynamiques au Québec, là, les Saint-Lin—Laurentides
de ce monde, là, il faut les protéger et en faire le plus possible pour que la
terre qui a la plus grande valeur puisse être mise à contribution encore
davantage, parce que c'est de là où on peut collectivement en tirer bénéfice.
Mais c'est pour ça que j'étais en même temps un peu surpris et... de lire vos
commentaires par rapport à l'élargissement des demandes à portée collective
pour les MRC de groupes D à F, parce que, selon nous, il faut... il faut les
traiter... Ces MRC là, il y a une raison de les traiter différemment, il y a
une raison de penser à leur réalité de façon différente que les Saint-Lin—Laurentides,
les Mirabel, les Saint-Hyacinthe, les terres autour de... qui sont réellement à
très, très, très grand risque. Alors, j'aimerais juste mieux comprendre votre
point de vue par...
M. Fortin : ...à l'élargissement des demandes à portée collective pour
des MRC les plus... appelons ça, défavorisées, mais où le potentiel agricole
est différent des terres les plus dynamiques.
Le Président (M. Schneeberger) : ...plus
de temps. Alors, en tout cas, je ne sais pas si vous souhaiteriez poursuivre
par la suite, mais je... il n'y a plus de temps, malheureusement. Alors, nous
allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et j'entends le député de
Taschereau.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Bonjour à vous quatre. Merci d'être là. Merci pour votre mémoire et
merci aussi, plus largement, de défendre le milieu agricole comme vous le
faites à l'UPA depuis de nombreuses années. Votre travail est très important.
J'aimerais vous poser une question d'abord sur la première commission que vous
avez identifiée, à 4.1, restreindre le recours au décret par le gouvernement.
On a des exemples ici, dans la région de Québec, notamment avec les terres de
Rabaska, par exemple. Est-ce que ça arrive souvent que finalement le
gouvernement, par décret, passe par-dessus la Commission de protection du
territoire agricole du Québec? Est-ce que c'est un enjeu? Vous proposez des
modifications, mais j'aimerais vous entendre un peu sur la question des décrets
puis quelle menace ça peut poser pour le milieu agricole.
Mme Chahine (Ghalia) : Il y a
eu plusieurs décrets dans les dernières années. On peut penser à l'hôpital sur
la Rive-Sud de Montréal, il y a eu... Google. Il y a plusieurs cas de décrets
qui arrivent. Et ce qui est demandé, de notre côté, c'est de dire que le décret
ne se fasse jamais dans une zone dynamique agricole, parce que ça vient
déstructurer un territoire, un décret, automatiquement, vient déstructurer.
Puis la spéculation est un effet direct de cette intention de développer, outre
que l'agriculture. De l'autre côté, ce qui est préoccupant, c'est ce que le
p.l. essaie de faire, mais on aimerait que ça aille un peu plus loin. C'est une
éteinte automatique de décrets. Donc, s'il y avait un projet, une intention de
développement, qu'elle s'éteigne automatiquement après un certain nombre
d'années, non pas de... en attendant d'autres procédures. Donc, oui, il y a eu
des décrets où ils ont eu un effet de déstructuration ou de déstabilisation du
secteur. Et l'important, c'est que, lorsqu'il y a cette intention, qu'elle se
limite au strict minimum, qu'elle n'aille pas en zone dynamique et qu'elle
s'éteigne automatiquement après un certain nombre d'années qui est déjà
prescrit par la loi.
M. Grandmont : Parfait. On va
sûrement y revenir. C'est vrai que c'est un enjeu très important. J'aimerais
vous entendre sur les fiducies d'utilité sociale. Vous demandez,
essentiellement, là, à travers votre mémoire, un soutien financier, en fait, de
la part du gouvernement. Est-ce qu'au-delà de ça il y aurait besoin d'apporter
des modifications législatives ou réglementaires pour que les fiducies puissent
bien être déployées puis utilisées? Parce qu'effectivement c'est un moyen
finalement de maintenir... de maintenir des terres agricoles puis de favoriser
la relève agricole, notamment, là.
M. Ross (Charles-Félix) : Bien,
en fait, dans le projet de loi, on voulait vraiment que le mot «utilité
sociale», «fiducie d'utilité sociale» soit amendé et ajouté dans le projet de
loi. Mais je vous dirais, au-delà des mesures législatives, ce que la fiducie,
vraiment a besoin, c'est un soutien financier du gouvernement. Puis, en fait,
au moment où, on... Le projet de loi, il parle de surveillance des infractions,
de protection du territoire, de suivi des transactions, mais l'enjeu de la
relève agricole, de l'accès aux terres, au moment où on se parle, il y a
60 % des agriculteurs au Québec qui n'ont pas de relève sur leur
entreprise. Dans les 10 prochaines années, c'est 40 % des
agriculteurs qui vont prendre leur retraite. Donc, on va avoir un enjeu de
transfert. Les actifs agricoles, au Québec, c'est 100 milliards de
dollars. Les terres agricoles, c'est 75 milliards de dollars. Ça vaut une
fortune. Et les agriculteurs ne les ont pas achetés, ils les ont hérités de
leurs parents, mais on va... on va devoir trouver, dans l'avenir, compte tenu
de l'explosion du prix des terres, des moyens original de rendre disponible
l'accès des terres aux jeunes puis à ceux qui veulent prendre la relève en
agriculture...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci...
M. Grandmont : Encore une
fois, je vous remercie pour votre participation.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Excusez-moi, il y a du temps minuté, il faut que je respecte, même si je
dépasse des fois un peu, mais bon. Alors, nous allons maintenant du côté du
député de Matane-Matapédia pour 2 min 38 s.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Le gouvernement du Québec est invité à encadrer l'acquisition des
terres agricoles par des industriels. Je suis bien placé pour vous en parler,
je suis député de la MRC de la Mitis, qui a fait un exercice important avec
l'IREQ, et un certain nombre de recommandations qui s'adressent au ministre,
qui s'adressent aux participants de cette commission. Ça a été déposé en
décembre dernier, ça a fait grand bruit chez nous et il est ici question des
groupes agro-industriels qui achètent plusieurs fermes, qui achètent des
terres, qui sont de plus en plus présents sur notre territoire. Le cas de La
Mitis, c'est fascinant. Si vous avez vu le document, là, c'est un travail qu'on
a fait ensemble avec l'UPA du Bas-Saint-Laurent, qui nous soutient là-dedans et
que je remercie...
M. Bérubé : ...à première vue,
dans le projet de loi, il n'y a rien qui empêche la fin de ce phénomène. Y
avez-vous réfléchi? Est-ce que... et je vais nommer le cas de cette entreprise
parce que c'est de celle-ci qu'il est question, est-ce que le projet de loi
empêche un homme d'affaires qui s'appelle Mario Côté de continuer à acheter
tout ce qui est disponible dans l'est du Québec en termes de termes agricoles
et de fermes?
Mme Levasseur (Stéphanie) : Non.
Pour l'instant, non, puis c'est une préoccupation qu'on avait effectivement. Il
y a plusieurs juridictions dans le monde qui ont adopté des façons de faire
pour tenter de limiter les quantités d'hectares achetés par année, par exemple,
ou des choses comme ça. Mais effectivement, c'est une préoccupation. Je ne sais
pas, Charles, si tu veux rajouter quelque chose.
M. Ross (Charles-Félix) : En
fait, le projet de loi va permettre, par réglementation, de pouvoir limiter la
quantité de terres qu'un industriel achète ou qu'un producteur ou qu'un
propriétaire détient. Donc, le projet de loi va permettre ça, mais il va y
avoir un règlement qui va suivre, donc il va y avoir un débat qui va se faire
autour de ce règlement-là. Mais la loi, le projet de loi n° 86,
prévoit éventuellement... oui, il y a un suivi des transactions, mais va
permettre également, là, au gouvernement d'adopter un règlement qui pourrait
venir limiter la quantité de terres qu'un industriel, qu'un acheteur puisse
acheter.
Donc, ça, nous, on reçoit bien ça, mais,
comme je le disais, ça va prendre aussi d'autres moyens pour transférer des entreprises
agricoles. Parce que l'entreprise dont vous parlez, ce qu'elle a, elle, c'est
beaucoup d'argent, elle a le pouvoir d'acheter des terres, ce que les autres
agriculteurs ne pourront pas faire dans les prochaines années. Donc, on doit
trouver des façons originales de transférer des entreprises agricoles vers la
génération suivante.
M. Bérubé : Je suis étonné
que le gouvernement fasse le choix de ne pas regarder de ce côté-là sous
prétexte probablement que c'est une entreprise québécoise. Chez nous,
l'impact : dévastateur dans la ruralité. D'ici à l'adoption du projet de
loi, ça ne change rien, même après l'adoption, ça ne change rien sur les terres
qui ont été acquises.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le député de Matane-Matapédia. Merci beaucoup. Alors, ce qui met un terme à
nos échanges. Alors, merci beaucoup pour votre apport à la commission. Nous
allons suspendre quelques instants afin d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 49)
(Reprise à 10 h 53)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous poursuivons nos auditions. Nous en sommes maintenant avec la Fédération de
la relève agricole. Bonjour à vous quatre. Dans un premier temps, je vous
invite à vous présenter et, par la suite, enchaîner avec votre présentation.
Vous avez un 10 minutes.
M. Beauvais (David) : Bonjour
à tous et à toutes. M. le ministre, Mmes et MM. les députés, merci de
l'invitation. Mon nom est David Beauvais, je suis président de la Fédération de
la relève agricole du Québec et producteur de brebis laitières en Estrie,
projet que j'ai démarré il y a cinq ans. Je suis accompagné de notre
vice-président, Pierre-Luc Hervieux, qui reprend la maraîchère familiale à
Lanoraie, dans Lanaudière, de notre directrice générale, Véronique
Simard-Brochu, et notre coordonnateur à la recherche et aux politiques
agricoles, Clovis Raymond-La Ruelle.
Je suis très content d'être ici
aujourd'hui pour partager avec vous les principales idées du mémoire présenté
par la Fédération de la relève agricole sur le projet de loi no 86. Pour nous,
c'est évident que ce projet vise à assurer la pérennité du territoire agricole
et à dynamiser nos régions rurales, des objectifs qui nous concernent toutes et
tous parce qu'ils touchent à la fois l'avenir alimentaire de l'ensemble du
Québec mais aussi à la vitalité de nos campagnes. C'est une affaire de tous,
pas seulement des producteurs et des productrices agricoles, mais aussi des
MRC, des villes et de la population en général.
Depuis 1982, la FRAQ se bat pour défendre
les intérêts des jeunes agriculteurs et agricultrices. Elle joue un rôle clé en
facilitant le démarrage et le transfert des entreprises agricoles en faisant de
la promotion et de la formation et en créant des outils pour soutenir la relève.
Aujourd'hui, avec plus de 2100 membres de 16 à 39 ans, la FRAQ reste
un acteur incontournable pour préparer l'avenir de notre agriculture.
Cependant, malgré tout ce qu'on peut
faire, ce que les partenaires et les spécialistes en démarrage peuvent faire,
la relève agricole fait face à d'importantes difficultés pour accéder aux
terres. Je suis persuadé que vous le savez, mais l'augmentation constante du
prix des terres, souvent due à la spéculation et à l'accaparement par les
investisseurs non agricoles complique grandement l'établissement des jeunes
agriculteurs et agricultrices. Et contrairement à ce que l'on peut croire, ce
n'est pas seulement difficile pour démarrer... pour un démarrage comme le mien,
mais ça l'est aussi pour des relais d'entreprises familiales, qui sont pourtant
la colonne vertébrale de notre communauté entrepreneuriale agricole.
La rareté des terres disponibles et la
concurrence avec des acheteurs mieux financièrement armés placent la relève
dans une position de vulnérabilité, et on est en droit de se demander si c'est
vraiment ce que l'on veut pour l'avenir. Même la location, bien qu'étant une
solution temporaire pour certains...
M. Beauvais (David) : ...de
problèmes comme l'absence de sécurité à long terme et les difficultés à obtenir
du financement pour des projets d'envergure. Ces obstacles mettent en péril la
vitalité agricole de nos régions et l'avenir de l'agriculture québécoise.
Oui, on a des commentaires par rapport au
projet de loi, mais globalement, le projet de loi n° 86 apporte des
avancées importantes qui se doivent d'être saluées.
Par exemple, la création d'un registre
pour suivre les transactions foncières en zone agricole est une mesure
essentielle que nous ne serons certainement pas les seuls à dire pendant la
commission. Mais au moins, on a la chance d'être parmi les premiers, donc on en
profite. Ça registre permettra de mieux comprendre les dynamiques de
spéculation qui rendent accès à la propriété des terres de plus en plus
difficile pour la nouvelle génération d'agriculteurs. Le nerf de la guerre sera
toujours, pour le gouvernement, de bien comprendre la réalité du terrain, et,
avec le registre, on en défriche une bonne partie, sans vouloir faire de bons
jeux de mots.
Le projet prévoit aussi la possibilité de
surtaxer jusqu'à trois fois les terres agricoles laissées en friche. C'est une
belle avancée car ça incitera aussi... ça incitera ceux qui les possèdent à
remettre ces terres en culture au lieu de les laisser à l'abandon.
De mieux faciliter... De même, la facilité
apportée à la construction de résidences pour les producteurs et leurs familles
représente un gain concret pour ceux qui souhaitent vivre près de leur lieu de
production.
Malgré ces projets, nous croyons que
certaines... certains aspects méritent d'être améliorés.
Par exemple, la superficie maximale que
peut acheter une personne non résidente devrait être abaissée à un hectare au
lieu de quatre. Cela permettrait de limiter la spéculation et de favoriser les
terres... que les terres soient utilisées pour la production agricole.
Nous demandons aussi une meilleure
régulation de la construction en zone agricole pour éviter que des résidences
trop luxueuses qui augmentent le prix des terres et freinent l'établissement
des jeunes agriculteurs.
En plus, il est crucial de protéger les
terres agricoles non couvertes par le zonage actuel comme celles des
Îles-de-la-Madeleine et certaines zones en Gaspésie. Ces régions méritent le
même niveau de protection que le reste du territoire.
Un autre point qui nous préoccupe
particulièrement concerne l'article 40 du projet de loi. Cet
article
introduit la possibilité pour certaines municipalités de faire des demandes à
portée collective, ce qui pourrait résulter à un affaiblissement de la protection
du territoire agricole en autorisant des dérogations dans des zones desservies
par des infrastructures comme les aqueducs et les égouts. Cet
article risque de
favoriser le développement urbain au détriment des terres agricoles. Cela
créerait un système à deux vitesses où certaines zones agricoles,
particulièrement dans les MRC de groupe D, E et F seraient moins bien
protégées. Ces MRC représentent presque 70 % du territoire agricole, c'est
majeur, nous demandons donc le retrait pur et simple de cet
article afin de
préserver une protection uniforme du territoire agricole dans toutes les
régions du Québec. Nous le répétons, ce projet de loi travaille dans la bonne
direction, mais sur ce point, on se questionne énormément puisqu'il ne concorde
véritablement pas avec tout le reste.
Dans les autres points positifs, il est
vital que la Commission de la protection du territoire agricole ait les moyens
nécessaires pour exercer ses nouvelles responsabilités. Des outils comme les
sanctions administratives, pécuniaires et la simplification des procédures
permettront à la CPTAQ de mieux protéger nos terres agricoles.
• (11 heures) •
En conclusion, je veux vraiment remercier
le travail du MAPAQ et celui du ministre dans le cadre des consultations
nationales sur le territoire. Il y a énormément de mesures qui font consensus
dans ce projet de loi et qui nous... et qui sont des demandes réclamées par
plusieurs. C'est bien la preuve qu'il y a un vrai travail de consultation qui a
été fait. Et, à ça, nous disons bravo.
Je comprends le processus des
consultations en commission. Ça peut être tentant de chercher à critiquer pour
critiquer et pour faire des gains auprès d'électeurs. Mais j'aimerais
encourager l'ensemble des parlementaires à réfléchir à l'avenir qu'ils
souhaitent pour nos campagnes, aux aliments qu'ils souhaitent pour leurs
enfants, que leurs enfants aient dans leurs assiettes et aux visages qu'ils
souhaitent voir dans les champs. Ça peut être tentant de céder à des fiducies
foncières qui cherchent à rentabiliser un investissement. Mais le projet de loi
n° 86 est un moment historique dans l'avenir de la protection du territoire
agricole à ne pas laisser passer... ne les laissez pas passer. Nous devons
garantir que nos terres agricoles restent accessibles et productives tout en
soutenant les jeunes qui souhaitent s'y investir. La
Loi sur la protection est
une loi biaisée, oui, mais...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Beauvais (David) : ...sur
la protection de nos sols cultivables. Il n'y a donc pas de compromis à faire,
car l'avenir de notre agriculture, c'est aussi l'avenir de notre société.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Nous débutons une période d'échange
avec M. le ministre, côté ministériel. Alors, vous avez un 16 min 30 s.
M. Lamontagne : 15 min 30 s?
Le Président (M. Schneeberger) : 16
minutes.
M. Lamontagne : 16 min 30 s.
Merci, M. le Président. Bien, salutations... salutations, M. le Président,
vice-président, les gens de la relève qui êtes présents. Merci beaucoup, puis
merci pour les... les derniers... bien, merci pour toute votre intervention,
mais les derniers commentaires que vous venez de faire... Tu sais, vous avez
dit, David, finalement, tu sais, c'est... c'est quelle sorte de vie on veut
pour nos campagnes, quelle sorte de vie on veut dans nos campagnes, puis vous
avez mentionné...
Tu sais, l'exercice qu'on a fait depuis
juin 2023 là, c'était bien d'entendre les préoccupations, parce qu'ultimement
une fois qu'on a complété cet exercice-là, là, il y a le critère numéro un, là,
qu'il faut avoir partout c'est adhésion, adhésion envers cette loi-là, adhésion
envers l'impact de cette loi-là, puis ça prend l'adhésion pas juste d'un groupe
de personnes, ça prend l'adhésion de tous les gens, de tout le monde, pour
faire en sorte d'avoir une pérennité dans l'application de cette loi-là, puis d'avoir
un consensus que ce qui est là, ça va être bon pour nos campagnes, ça va être
bon pour notre agriculture, ça va être bon pour nos entreprises agricoles. Ça
fait que c'est ça, c'est ça qui est en arrière de la démarche, là, de la
démarche qu'on a faite puis, honnêtement, moi, je suis... je suis bien, bien
confiant qu'ultimement où on va réussir à faire atterrir ça, c'est qu'on va...
on va maintenir, on va mettre en place un équilibre qui va susciter cette
adhésion-là de toutes les parties, au bénéfice de notre territoire agricole
puis de nos activités agricoles.
Ceci étant dit, d'entrée de jeu, vous
parlez de... de la question du... du quatre hectares qu'on retrouve dans la loi
sur l'acquisition de terres par les non-résidents puis vous parlez de l'importance
de réduire... de réduire ce... cette superficie-là. D'abord, on a... on a mis
dans la loi les outils pour faire en sorte qu'on puisse... qu'on puisse, dans
le futur, venir... venir réduire, augmenter et jouer avec... avec ce
chiffre-là. Puis, tu sais, c'est certain que nous, on regarde... chaque fois qu'on
veut poser un geste, bien, c'est l'idée d'avoir la bonne information qui est en
arrière, pour être capables de poser le bon geste, tu sais. Tu sais, on regarde
les transactions qui se passent sur le territoire, là. 90 % des... des
transactions qu'on a, bien, je veux dire, c'est pour des superficies de moins d'un
hectare qui sont dans la zone agricole... 93 %. Tu sais, c'est... tu sais,
ça remonte à avant l'application de la loi, c'est des maisons qui sont en zone
agricole, c'est tout ça.
Alors, tu sais, le quatre hectares a été
fixé, à l'époque, pour la loi d'acquisition de... par... les terres des
non-résidents, puis on était alignés sur... sur cette disposition-là. On se
donne des outils dans la loi. C'est qu'avec le registre, bien on va acquérir
des informations, puis avec ces informations là, on se donne des outils. Si on
juge opportun de venir faire un changement à ce niveau-là, on va pouvoir le
faire. Alors, vous, aujourd'hui, de... de demander un changement, aujourd'hui,
sur cette superficie-là, un peu, qu'est-ce qui est en arrière de cette demande-là,
ou sur... sur quelles informations, mettons, vous vous vous basez pour faire
cette demande-là? Ou qu'est ce qui est recherché, là, pour une... une
application immédiate, là, d'une modification, si on veut?
M. Beauvais (David) : Bien, c'est
une loi visant à assurer la pérennité du territoire agricole, et puis à
protéger le territoire agricole, puis là, on... il y a 5 000 hectares qui
sont détenus par les non-résidents, qui ont... dû à cet... cet article-là. Ça
fait que c'est... c'est là qu'on veut un renforcissement puis une amélioration
là, de... de cette... cette loi-là, pour ça, pour que les... Parce qu'on s'entend
qu'aujourd'hui l'agriculture va changer aussi, puis, à trois hectares, il y
a... j'ai beaucoup de... de membres, beaucoup de producteurs qui sont capables
de bien vivre d'agriculture aussi, puis sont capables de bien... Ça fait qu'à
trois... quatre hectares là, ça commence à être des très grandes superficies,
là, pour être un non-résident, avoir une terre agricole puis ne pas la
cultiver, là.
Mme Simard Brochu (Véronique) : Je
peux... je peux peut-être donner des statistiques de plus, là, pour vous dire
sur quoi... Parce que la question, c'est : Sur quoi est-ce qu'on se base?
Donc... donc, la
loi sur le... à l'Île-du-Prince-Édouard, c'est deux hectares.
Donc, nous, on propose un hectare. Il y a aussi le fait que, dans les... dans
les consultations, il y avait un tableau qui avait été sorti sur le nombre de
lots à quatre hectares et moins, puis il y avait à peu près 2,7 millions de...
de lots de quatre hectares et moins, là... d'unités de lots, pardon, avec
quatre hectares et moins. Ça fait que ça, ça veut dire que, même si, par
exemple, on a 90...
Mme Simard Brochu (Véronique) : ...en
disant : Bon, bien, ces lots-là ne sont pas entretenables ou ne sont pas
de bonne qualité, ça reste quand même qu'on met... il y a
272 970 hectares... excusez-moi, d'unités de lots de quatre hectares
et moins qui ne seront pas protégés. Ça fait que, dans les faits, c'est
énormément de lots qui ne seraient pas protégés par cette loi-là. Des mesures
réglementaires, on y croit, mais, par contre, quand c'est dans la loi, bien,
c'est fixe, c'est solide, ça fait un «statement» politique, ça fait que c'est
exactement ce qu'on vous encourage à faire, au même
titre que l'Île-du-Prince-Édouard.
M. Lamontagne : Excellent,
merci. Je vais passer la parole à ma collègue députée de La Porte.
Mme Poulet : Oui, merci, M. le
ministre. Alors, bonjour à tous. Bonjour à vous quatre. Moi, je vous amène dans
votre mémoire. Vous parlez de l'agrotourisme. Alors, on sait que ça permet de
rapprocher ceux qui consomment avec ceux qui produisent, alors la zone urbaine
vers la zone rurale. Ça permet de valoriser les produits locaux et de dynamiser
les régions. Pouvez-vous élaborer sur votre vision de l'agrotourisme, les
activités complémentaires qu'on trouve dans votre mémoire et les mesures
proposées dans le projet p.l. n° 86?
M. Beauvais (David) : Vous
avez bien exprimé la définition de l'agrotourisme qu'on a, c'est une activité
complémentaire pour valoriser les produits de la ferme. Ça fait que c'est
vraiment la vision qu'on a de l'agrotourisme. Puis la problématique qu'on a
aujourd'hui, bon, je sors un petit peu de votre question, là, mais c'est que
les revenus agricoles ne sont pas assez grands pour en vivre. Donc, on essaie
de trouver des alternatives aux revenus agricoles. Puis il faut faire attention
pour pas que ça devienne la solution à la rentabilité des entreprises, de
dire : On va aller chercher des activités commerciales ou touristiques,
récréotouristiques à une entreprise agricole pour que l'entreprise agricole
vive. Puis, oui, c'est une nécessité puis on se le fait dire par les
agriculteurs, mais on ne règle pas la problématique de cette manière-là. Ça
fait que c'est important pour nous que l'agrotourisme, ça reste de l'agricole
puis de la valorisation de l'agriculture.
Mme Poulet : Je n'ai pas
d'autre question.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
M. le ministre.
M. Lamontagne : Juste pour
continuer dans la même voie, M. le Président, bien, je veux dire, la définition
comme telle qui va être enchâssée dans la loi, c'est vraiment une activité qui
est complémentaire. C'est certain que le souci, bien, on a entendu sur le
territoire beaucoup d'agriculteurs, de producteurs. Moi, pour être sur le
terrain pas mal, en six ans, je me suis fait beaucoup parler du besoin d'avoir
davantage de flexibilité, si on veut, pour permettre davantage l'agrotourisme,
puis que ce soit pour la mutualisation de certains équipements, que ce soit la
mise en commun de certains équipements. On a mis en place par le projet... par
règlement, il y a deux ans... on est venu modifier un peu des possibilités dans
un endroit de pouvoir vendre des produits d'un certain périmètre puis tout ça.
L'objectif, c'est sûr, un, l'agrotourisme, là, c'est de venir mettre en valeur
ce que les gens font, mais, après ça, le premier bénéfice, c'est comment ça
vient souder un peu la relation entre ceux qui produisent puis ceux qui
consomment, hein? Parce que c'est ça qu'on veut. Quand on réussit à les
attacher puis ils comprennent ce qu'on fait, bien, je veux dire, ils reviennent
puis ils nous soutiennent. Ça fait que c'est un petit peu ça.
Puis, après ça, bien, c'est certain que
d'avoir une diversité de revenus pour un producteur et une productrice par le
biais de l'agrotourisme, par une activité qui est complémentaire à sa
production, bien, nous, c'est certain qu'on voit ça d'un bon œil, si on veut,
là, pour la stabilité et puis aussi renforcer, si on veut, je veux dire,
l'activité des entreprises. Puis, après ça, bien, c'est la contribution que ça
a au point de vue vu local. Mais dans un contexte où l'objectif, c'est vraiment
que c'est complémentaire, votre approche puis votre engagement envers
l'agrotourisme, je présume qu'il est présent puis qu'il est total, je présume.
• (11 h 10) •
M. Beauvais (David) : Vous
faites bien de le mentionner, parce qu'en 2022, effectivement, il y a eu
beaucoup d'allègements qui ont été mis en place puis on dirait que ce n'est pas
assez connu. Puis il y a des choses qui sont possibles maintenant qui ne
l'étaient pas il y a deux ans. Puis, ça, c'est... vous avez fait un excellent
travail puis on n'a... je pense qu'on n'a pas besoin d'aller plus loin, là, par
rapport à ça, là.
M. Lamontagne : Bien, dans la
loi, ce qu'on cherche à faire, c'est d'inscrire vraiment la contribution de l'agrotourisme,
la contribution de l'agrotourisme à la capacité de l'entreprise elle-même à
être pérenne, puis la contribution de l'agrotourisme aussi...
M. Lamontagne : ...à
l'économie locale, à l'économie de nos régions. Ça fait qu'on veut s'assurer
que les gens qui ont à décider du bien-fondé ou non de projets d'agrotourisme,
bien, qu'ils soient conscients que ce projet-là vise la pérennité de
l'entreprise, vise aussi une contribution positive à l'économie des régions.
C'est dans ce sens-là qu'on vient... qu'on veut intervenir dans la loi au
niveau de l'agrotourisme, là.
Un autre point. En déposant le projet de
loi, on est venu mettre en place tout de suite des mesures avec un effet
immédiat, là. Puis l'objectif, c'est venir contrer la spéculation, l'achat de
terres par des fiducies au sens de la définition de l'Autorité des marchés
financiers, mais aussi après ça, par des personnes morales qui ne sont pas des
agriculteurs à l'intérieur d'un certain périmètre dans... à l'intérieur d'un
certain... 1 000 mètres à l'intérieur d'un certain périmètre urbain
dans certaines situations. Puis vous êtes intervenus, là, vous avez manifesté
l'importance d'avoir un changement en lien avec ce qu'on a présenté dans le
projet de loi, là. J'aimerais ça que vous nous parliez de votre préoccupation
puis de ce que vous recherchez.
M. Hervieux (Pier-Luc) : Oui,
je peux y aller. C'est qu'il y a eu certains projets qui avaient été déposés
par des gens de la relève, qui n'avaient pas encore de... au MAPAQ, donc, qui
n'avaient pas de revenu agricole, qui ont été bloqués dans leur achat de terres
pour... pour démarrer leur entreprise. Ça fait que c'est de s'assurer que,
quand on va... que la loi va entrer en vigueur, qu'il y ait un moyen pour
permettre à des... Je ne veux pas dire des prêts-relève, là, mais des jeunes
qui ont un projet concret, avec un plan d'affaires, qu'ils puissent s'établir,
même s'ils n'ont pas encore le revenu agricole, mais qui font la preuve qu'ils
vont l'avoir dans un certain laps de temps, là, pour ne pas bloquer peut-être
des non-agriculteurs qui veulent venir pratiquer notre merveilleux métier. Ça
fait qu'il n'y ait pas de transition là-dedans, là, pour ne pas échapper des
jeunes, peut-être, qui perdraient peut-être une opportunité, là, avec ça.
M. Lamontagne : Oui.
Puis ce qu'on a présenté, il y a comme un collatéral, là, que vous avez
identifié qui pourrait être... Mais est-ce que vous, à votre connaissance,
est-ce qu'il y a des projets aujourd'hui qui, depuis le 5 décembre, que
les gens se ramassent un peu dans les limbes, que ça ne peut pas fonctionner à
cause de ce qu'on a mis en place, là, avec des projets...
M. Hervieux (Pier-Luc) : Moi,
j'ai eu vent de quelques projets, là, qui... Soit qui avaient été reportées ou
que... Je n'ai pas entendu personne qui a perdu son projet complètement, mais
que ça a créé, là, des embûches, peut-être, un petit peu, au niveau de
certaines relèves
M. Lamontagne : O.K.
Bien, tu sais, pour vous rassurer, là, c'est certain que l'objectif, l'objectif
qu'on poursuit avec ce qu'on a... c'est vraiment, là, de venir lutter contre la
spéculation, puis ultimement d'avoir des gens qui n'ont pas d'intérêt pour
notre territoire agricole, puis pour nos activités agricoles. Alors, c'est
certain que l'objectif, ce n'est pas de venir nuire à des gens qui veulent
s'investir en agriculture puis d'avoir des projets agricoles. Alors, on va
certainement porter attention à ces... à cette remarque-là.
J'aimerais revenir sur la question du
registre ou de mettre en place... En réalité, c'est un suivi des transactions
agricoles. Tout le monde s'entend que c'est une bonne idée. O.K. Vous autres,
mettons qu'on vous dit : O.K. là, on va avoir un suivi des transactions
agricoles. Bien, juste comme ça, vous voyez que ça va être utile comment? À
quoi vous verriez que ça va servir d'avoir un suivi des transactions agricoles.
Une voix : Bien, nous, c'est
ça. Bien, une fois que vous allez avoir une connaissance de qui possède les
terres, je pense que ça va être une des des priorités, ça va être de limiter
l'achat de terres à des gens qui ont des... qui en possèdent trop, là. Puis
nous, on a lancé le chiffre comme ça, sans savoir exactement c'était quoi,
le... Mais, tu sais, nous, je pense... On pense qu'au-delà de 1 000 hectares,
ce n'est pas nécessaire, là, d'avoir au-delà de 1 000 hectares
possédés pour vivre d'agriculture, là, au Québec dans nos modèles, là,
aujourd'hui, là. Ça fait que ce n'est pas. Ça fait qu'on voudrait limiter cet
achat-là. Puis il y a beaucoup de... Bien, avec la loi que vous avez... que
vous êtes en train de modifier, là, on va pouvoir savoir qui possède ces
terres-là, parce qu'il y a différentes compagnies, différentes co-propriétés de
compagnies. Ça fait que je pense que c'est ça qui serait l'objectif, c'est de
limiter l'achat de terres massif par des gens qui ont... Tu sais, l'objectif de
ces achats massifs, là, quand tu es rendu à des milliers d'hectares,
l'objectif, ce n'est pas de produire plus d'aliments, là, en général. C'est
d'avoir des actifs qui vont avoir du rendement. Puis ce n'est pas... L'objectif
des terres agricoles c'est de produire des aliments.
M. Lamontagne : Puis
c'est certain que la façon dont on procède naturellement, on part d'une
situation où on n'a pas un mécanisme, tu sais, qui est permanent, si on veut,
de faire un suivi au niveau des transactions. On va mettre en place ce
mécanisme-là. Mais en même temps, l'approche qu'on favorise, c'est de faire en
sorte que...
M. Lamontagne : ...ne pas
présumer au départ de décisions qu'on devrait prendre maintenant. On se
dit : On va aller chercher de l'information puis, quand on va avoir toute
l'information, bien, après ça, de prendre des mesures qui vont venir avoir un
impact qui pourrait y avoir sur l'accès à la propriété par certains groupes ou
par certaines organisations ou entreprises, et tout ça. Bien, de le faire, mais
de le faire vraiment en connaissance de cause puis toujours dans un contexte où
on a, tu sais, la Commission de protection du territoire et des activités
agricoles, bien, qui, elle, a à gérer tout ça. Alors, tu sais, faire travailler
ces gens-là, mais les faire travailler d'une façon intelligente aussi, tu sais,
en fonction de faits puis en fonction de ce qu'on peut avoir observé puis ce
qu'on va pouvoir décider. Ça fait que, tu sais, c'est ça, l'approche...
l'approche qu'on préconise, si on veut, avec le projet de loi, là. Comment...
Comment vous voyez qu'on ait justement cette approche-là?
M. Beauvais (David) : Je
pense que c'est... il faut... il faut avoir les chiffres pour pouvoir faire des
règlements. Mais on... le règlement, c'est sûr qu'on va l'attendre assez
rapidement, là. Ça fait une dizaine d'années que je m'implique au niveau
provincial, ça fait une dizaine d'années qu'on a des revendications au niveau
de l'accaparement des terres puis la limitation d'achats des gros
investisseurs, là.
M. Lamontagne : Exellent.
Bien, écoutez, merci beaucoup. Puis merci pour votre contribution. Puis
honnêtement, moi, je reviens à ce que vous avez dit au début, David, tu sais,
c'est dans quelle sorte... quelle sorte de vie on va avoir, tu sais, dans
nos... dans nos campagnes au fil des années à venir. Bien, il y a une
partie
des travaux qu'on va faire, bien, qui vont venir influencer cette vie-là, alors
merci beaucoup pour votre contribution là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le ministre. Nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle et
j'entends le député de Pontiac pour un 10 min 24 s.
M. Fortin : Merci, merci, M. le Président. Bonjour, bonjour à vous
quatre, M. Beauvais, M. Hervieux, Mme Simard Brochu et M. Raymond La Ruelle.
J'apprécie votre... bien, votre participation aujourd'hui, mais surtout, on
apprécie, et je vous le dis, là, le leadership que vous avez pris entre autres
au cours de la dernière année, M. Beauvais. C'est... C'est... C'est
particulièrement apprécié d'avoir... d'avoir une voix à la FRAQ qui n'hésite
pas à dire réellement ce qu'il pense et ce qu'il pense par rapport aux besoins
de la relève agricole, ce qu'il pense par rapport aux programmes, aux actions
du gouvernement, bons et moins bons, mais qui n'hésite pas à prendre la parole
pour le dire lorsque les producteurs de la relève ont quelque chose à dire.
Juste rapidement, M. le ministre, si vous
cherchez des exemples de gens qui sont affectés par le projet de loi et qui,
entre autres, sont incertains par rapport à leur avenir, à leur avenir
économique, l'avenir de leurs projets, vous avez juste à aller voir les
commentaires que les gens ont émis sur le projet de loi, sur le site de
l'Assemblée. Il y en a quelques-uns qui sont particulièrement pertinents et qui
nous donnent des exemples à garder en tête tout au long de la suite... de la
suite de notre étude du projet de loi.
Moi, il y a un thème qui revient souvent
dans votre... dans votre énoncé, là. Et, quand vous parlez de l'acquisition
maximale par des non-résidents, le fameux quatre hectares dont on parlait
tantôt, quand vous parlez de la valeur constructible maximale, quand vous
parlez de nombre d'hectares maximal qu'un propriétaire de terres agricoles
devrait avoir, tout ça, ça revient au même enjeu, là. Tout ça revient à l'enjeu
que... selon moi, là, que les producteurs de la relève ont de la difficulté à
acheter des terres agricoles. Donc, je pense qu'à travers certaines des
propositions précises que vous mettez de l'avant, nous, ce qu'on entend, de
notre côté, là, c'est l'enjeu probablement primordial, pour les producteurs de
la relève, c'est comment est-ce qu'on accède aux terres agricoles. Est-ce que
j'ai raison?
• (11 h 20) •
M. Beauvais (David) : Oui,
effectivement, c'est... c'est notre outil de travail. C'est la base de
l'alimentation, la production animale, de tout, là. C'est l'accès aux biens de
production. Puis si on... Oui, il y a des programmes, puis pour aider à
l'acquisition de terres, puis il y a des programmes pour aider avec les
intérêts, puis tout ça, mais on... le prix des terres augmente tellement que
c'est juste pour patcher l'inflation. Si on est capable de régler le problème à
la base, qui est l'inflation, puis l'inflation... C'est sûr que la terre, c'est
une source non renouvelable, puis on en perd de plus en plus. Ça fait que c'est
sûr que c'est ça qui fait la rareté, qui fait l'inflation. Mais là, le problème
c'est qu'elle est acquérie par des non-agriculteurs qui veulent l'acquérir pour
augmenter la valeur des terres, là. C'est ça, le grand enjeu.
M. Fortin : La... Moi, de façon générale, là, je vous l'accorde, vous
avez... Tu sais, à travers ces propositions-là, je pense que vous reflétez une
des préoccupations de vos membres puis de ceux qui aimeraient être vos membres
mais qui ne sont peut-être pas capables de l'être parce qu'ils ne se rendent
pas jusque là. Mais...
M. Fortin : ...et là je... On entend, là, vous les avez très bien
élaborées, là, vos recommandations par rapport au projet de loi. Si je... parce
que ça demeure votre préoccupation principale, si je sors du projet de loi,
avez-vous un message sur certains des programmes? Est-ce qu'ils sont... Est-ce
qu'il y a des adaptations à faire sur des programmes également, en même temps
qu'on considère certaines de vos recommandations ici, pour l'achat de terres
agricoles, de la part de la relève?
M. Beauvais (David) : Oui,
bien, je pense qu'on n'est pas ici pour ça, là. Il y a des... des demandes
qu'on a faites depuis des années, puis on a des comités pour ça puis des...
puis on est assis avec le gouvernement, pour ça, là, puis ministère de
l'Agriculture. Ça fait fait que, oui, il y a toujours des modernisations à
faire, des actualisations parce que ça... la production change, là, ça fait
que... Mais c'est sûr que, là, ici, bien, on... si on peut... on peut avoir ces
modifications-là, ça va nous aider pas mal pour l'acquisition des terres.
M. Fortin : O.K. Est-ce que le quatre hectares, ça fait... que vous
voulez faire passer à un hectare, là, si j'ai bien compris, est-ce que ce sont
des... Si j'entends, là, de votre propos tantôt, il y a beaucoup de producteurs
qui peuvent en faire beaucoup avec très peu de terre, notamment des...
certaines... certaines personnes qui soit font de l'agriculture différemment ou
qui... ou qui se lancent en agriculture ou qui ont des nouvelles techniques.
Est-ce qu'il y a une préoccupation de votre côté? Parce qu'un hectare... En
regardant la carte, la carte des territoires agricoles, il y a quand même...
appelons ça des... appelons ça des quartiers historiques, là, qui se retrouvent
en territoires agricoles, où il y a bien du monde qui ont des terres de, je ne
sais pas, moi, trois acres, là, où il y a, disons, très peu de production
agricole là-dedans, là, mais qui se retrouveraient inclus dans cette mesure-là.
Je comprends le principe derrière ce que vous proposez, là, mais je me demande
juste s'il y a eu une analyse un petit peu plus approfondie de l'impact que ça
pourrait avoir.
M. Hervieux (Pier-Luc) : En
fait, c'est... C'est plus un ensemble, je vous dirais, de tous les impacts, là.
Parce que, oui, il y a les programmes d'aide du gouvernement, mais, quand on
rajoute de l'argent, bien, veux veux pas, on augmente le pouvoir d'achat des
jeunes. Ça fait que, là, on crée un peu l'effet pervers de... Ça fait que, tu
sais, c'est de jouer avec qu'est-ce qu'on a autant d'un niveau réglementaire
pour empêcher que ça parte, une flambée des prix, puis autant en donnant une
aide qui est placée à la bonne place pus qui va aider les bonnes personnes. Ça
fait que c'est un peu un portrait. Avec ce projet de loi là, on va un peu plus
du côté d'à qui appartiennent les terres puis qui les transigent puis, après
ça, on travaille aussi avec le gouvernement pour où les crédits vont puis
comment qu'on utilise notre argent pour la relève, parce qu'on sait qu'on en
aurait besoin de tout le temps plus puis on est quand même limité. Ça fait que
c'est de s'assurer qu'un ne va pas à l'encontre de l'autre puis que, tiens, on
va essayer de toucher un peu à tout pour essayer de «breaker» un peu, là,
l'augmentation du prix des terres puis, d'un autre côté, de bien utiliser
l'argent du gouvernement.
M. Fortin : Le... Justement, parlant de faire les choses correctement
puis le mieux possible, là, quand l'Île du Prince Édouard, là, qui a un
territoire très limité, disons, là, a fait les modifications pour qu'il y ait
un maximum selon... selon ce que vous venez de dire, de 1 000 acres
pour individu puis 3 000 acres pour une entreprise, est-ce qu'il y a
eu un impact sur la valeur de la terre agricole? Parce que c'est ça, c'est ça
que vous recherchez à la fin de la journée, là. Est-ce qu'il y a eu, à ce
moment-là, un impact sur la valeur des transactions des terres agricoles?
Mme Simard Brochu (Véronique) : Je
ne serais pas... Je ne veux pas vous dire de menteries, ça fait que je vais
simplement vous dire qu'on n'a pas poussé plus loin la recherche. Mais nous, on
cherchait des législations qui étaient similaires puis qui justifiaient, en
fait, là, cette demande-là. Ce qu'on sait, par contre, c'est que des terres de
quatre hectares et moins, c'est difficilement accessible pour une relève
agricole, ce qui fait en sorte qu'ils sont obligés de se retourner vers
d'autres options. Puis je m'étais promis... je n'allais jamais le dire, parce
que ça a été un long débat, mais le morcellement agricole, donc... mais ça...
Le problème, c'est ça. Le problème, c'est qu'il y en a, des lots de quatre
hectares et moins. Il y a des relèves qui aimeraient ça démarrer une entreprise
agricole sur du quatre hectares et moins, mais ils ne sont financièrement pas
accessibles. Puis, d'un point de vue de valeur agronomique, puis ce que tu vas
vendre, puis de la rentabilité de ton entreprise, ça ne fonctionne pas. Ça fait
que, fondamentalement, c'est ça, le problème, c'est à ça qu'on s'adresse avec
ce genre de positionnement-là.
M. Fortin : O.K. Mais je veux... je vous entends bien. Puis, dans le
fond, là, moi, je prends vos recommandations pour ce qu'elles sont, c'est...
c'est des pistes de solutions, puis, tu sais, s'il y a des devoirs à faire, on
a assez aussi autour de nous, là, pour être capable d'aller mesurer l'impact de
chacune de ces mesures-là. Mais... mais j'entends bien votre préoccupation à
travers tout ce que vous proposez. Je pense que ma collègue... ma collègue a
une ou deux questions pour vous également. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Allez-y,
députée, à vous.
Mme Maccarone : Merci. Bien,
moi, les questions sont liées avec la demande de portée collective, parce que
vous avez élaboré beaucoup là-dessus, puis vous demandez qu'on retire
entièrement l'article 40. Il n'y a pas un autre moyen de trouver un juste
milieu pour s'assurer qu'il y a des protections des deux bords? Peut-être vous
pouvez expliquer juste un peu votre position là-dessus pour que je comprenne
mieux ce que vous voulez accomplir.
Mme Simard Brochu (Véronique) : Bon,
écoutez, la loi...
Mme Simard Brochu (Véronique) : ...sur
la protection... ça s'appelle une
loi sur la protection du territoire agricole
et des activités agricoles... s'il n'y a pas de juste milieu à aller chercher.
Le but, c'est de protéger les terres agricoles, ça fait que nous, c'est pour ça
qu'on demande un retrait de cette loi-là. Les MRC... excusez-moi, les groupes
DEF, là, ce critère-là se base sur la vitalité d'une municipalité, d'une MRC,
d'une ville, ça ne se base pas sur la vitalité du territoire agricole.
Ça fait que, pour revenir sur, un peu, la
discussion qu'il y a eu tout à l'heure avec l'UPA, dans les faits, c'est que ce
n'est pas un critère qui devrait établir si le territoire agricole peut ou ne
pas... être protégé ou non. Parce que ce territoire-là, agricole, peut être
hyperdynamique, hyperpertinent, très, très, très bon pour la relève, et tout
ça. Donc, c'est pour ça qu'on demande qu'il y ait un
article 40, puis je
vous... le retrait de l'article 40 du p.l. no 86. Et je vous invite à faire une
recherche sur Google et à marquer «demande à portée collective, territoire
agricole», et vous allez voir la multitude de sites Web de développeurs
immobiliers qui vous expliquent comment faire une demande collective pour avoir
sa maison en campagne. Donc, c'est pour ça, où est-ce qu'on dit : Ce n'est
pas le temps de faire de la demi-mesure, c'est le temps d'être ferme dans la
protection du territoire agricole. Ça fait que c'est pour ça qu'on est à ce
point-là.
Le Président (M. Schneeberger) : ...de
Westmount-Saint-Louis.
Mme Maccarone : Je voulais...
J'ai trouvé curieuse... parce que comme... Je ne l'ai pas mentionné à vous,
mais je m'en souviens, de vous, la dernière fois que j'étais en commission.
Vous savez que mon expérience dans le domaine est un peu limitée, ça fait que
j'apprends avec vous, ça fait que merci beaucoup. Vous avez indiqué aussi que
vous voulez limiter la valeur des résidences, mais, mettons, là, long terme,
pour vous, il n'y aura pas un impact pour vous plus tard, quand vous, vous
voulez faire quelque chose? C'est une demande pour vous, aujourd'hui, mais je
vous imagine 25 ans plus tard, vous aimerez, vous-même, construire quelque
chose, parce que vous avez une famille avec six enfants, par exemple, ça vous
prend quelque chose comme ça. Ça fait que... est-ce que vous êtes en train de
vous autolimiter?
M. Beauvais (David) : Non,
bien, c'est justement pour la prochaine génération, là, qu'on réfléchit. Parce
qu'en ce moment il y a des propriétés de quelques millions de dollars qui se
bâtissent sur une terre agricole de, disons, 100 hectares. Puis, oui, le
producteur, il a de l'argent puis il se fait une grosse, grosse résidence,
mais, ensuite, quand il va vouloir la vendre... le jeune ne peut... ne peut pas
acheter, il ne peut pas rentabiliser la valeur de la maison.
Mme Maccarone : Ça fait que
c'est quoi, le montant?
Le Président (M. Schneeberger) : ...déjà
30 secondes dépassé, là. Je trouvais ça important, mais, à un moment donné, il
y a des limites. Alors, nous allons maintenant du côté du député de la deuxième
opposition, et j'entends le député de Taschereau, pour 3min 28 s.
M. Grandmont : Merci, M. le
Président. Merci à vous pour votre mémoire, votre présence aujourd'hui.
Toujours très éloquent. J'aimerais qu'on embarque rapidement sur l'accaparement
par... l'achat, en fait, par les non-résidents. Vous suggérez de le faire
passer de quatre à un hectare. Pourquoi ne juste pas l'interdire? Vous aviez un
discours très catégorique sur l'importance de protéger nos terres agricoles.
Pourquoi garder cette petite porte d'un hectare alors qu'on veut protéger les
terres agricoles?
M. Beauvais (David) : Bien,
je pense que c'est un règlement qui est correct, que les non-résidents puissent
avoir accès à de la propriété, là, mais on veut la renforcer, là, avec la... en
l'abaissant de quatre hectares à un hectare, là, c'est...
M. Grandmont : Je me posais
la question, par exemple, dans le domaine du logement, le gouvernement fédéral
a mis en place un moratoire avec toutes sortes d'exceptions, mais il est
impossible pour une personne ou une entreprise non résidente d'acheter un
immeuble. Alors, je me demande pourquoi on garde cette porte ouverte là sur les
terres agricoles.
• (11 h 30) •
Mme Simard Brochu (Véronique) : Vous
pouvez être plus extrême que nous, si vous le souhaitez, j'ai envie de vous
dire.
M. Grandmont : Donc, vous
nous encouragez à pousser un peu.
Mme Simard Brochu (Véronique) : C'est
ça. Bien, on fait le travail de bonne foi, là, donc, mais oui, effectivement,
si vous voulez aller plus loin... Mais c'est ça, nous, on a déterminé ça, puis
ça a été une proposition. Nous, toutes nos propositions viennent de la relève,
là, on prend le temps de les consulter directement. Notre travail, c'est de
leur donner une voix, de les appuyer.
M. Grandmont : De rapporter
leurs...
Mme Simard Brochu (Véronique) : Donc,
je vous dirais, c'est... le un hectare, c'est ce qui a été proposé par les membres
de la relève.
M. Grandmont : Parfait. Mon
objectif n'est pas de vous cuisiner, là, c'est juste de bien comprendre votre
intention.
Mme Simard Brochu (Véronique) : Il
n'y a pas de souci.
M. Grandmont : J'aimerais
qu'on parle un peu des terres achetées par des non-producteurs. Vous dites que
ça prendrait un maximum de 1000 hectares pour une personne non productrice...
productrice, pardon, excusez-moi. Alors, est-ce qu'il y a... est-ce qu'il y a
une proposition qui est faite pour l'achat par des personnes qui seraient
non-productrices, des non-producteurs, dans le fond, des personnes qui se
lèvent le matin, qui enfilent leurs bottes de travail et qui s'en vont dans le
champ? Est-ce que vous avez un... est-ce que vous... est-ce qu'il y a... est-ce
qu'il y a des réflexions que vous avez par rapport à ça?
M. Beauvais (David) : Bien,
nous, on pense que les terres agricoles sont faites pour être cultivées par des
producteurs agricoles, sont faites pour être possédées par les producteurs agricoles...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Beauvais (David) : ...ça
fait que, si vous voulez aller marcher dans le champ puis travailler dans le
champ, c'est correct, mais si le but de l'achat de la terre, c'est pour
profiter de l'augmentation de la valeur des terres pour la... quand vous allez
la revendre, on pense que... que ce soit 1, 10 ou 100 hectares, ça ne
devrait pas être possédé, là, par des... des non-agriculteurs qui ne veulent
pas la...
M. Grandmont : Parfait. Je
vous entends bien. C'est très clair. Vous parlez... Concernant les fonds d'investissement,
j'aimerais vous entendre là dessus, vous dites : C'est bien qu'il y ait un
moratoire pour éviter l'achat par des fonds d'investissement notamment. On
comprend bien pourquoi. Votre argumentaire est béton. Maintenant, est-ce que...
Vous nous mentionnez qu'il faut protéger les projets de relève agricole qui
seraient menés par des personnes morales, qui seraient donc... qui pourraient
être bloqués par cette réglementation-là? Avez vous des exemples de projets
menés par la relève qui sont des personnes morales et qui pourraient être
limités par la disposition du projet de loi n° 86 sur les fonds d'investissement?
M. Raymond-La Ruelle (Clovis) :
Bien, tu sais, c'est comme... comme il a été présenté, là, tantôt, là, au
ministre Lamontagne, là, tu sais, il y a des projets de relève qui, en ce
moment, à cause de ce moratoire-là, il y a eu une complexification de leur
processus, ça fait qu'aujourd'hui ils se retrouvent à devoir attendre puis à ne
pas pouvoir acheter une terre tout de suite. Mais, tu sais, personne morale, c'est
simplement quelqu'un qui n'avait pas un mime agricole mais qui était incorporé,
par exemple. Donc, tu sais, ça... c'est ce qui peut arriver, là, il peut
arriver un projet ou quelqu'un démarre, mais là malheureusement, avec le
moratoire... Puis je pense qu'on s'est bien compris aussi.
M. Grandmont : Vous avez des
exemples?
M. Raymond-La Ruelle (Clovis) :
Bien, tu sais, je n'ai pas d'exemple, là, je n'ai pas de personne précise
qu'on nommera, mais il y a des gens quand même qui nous ont contactés puis qui
nous l'ont dit, là. Donc, oui.
M. Grandmont : Parfait.
Merci. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous finissons maintenant avec le député de Matane-Matapédia pour 2
min 38 s.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Bienvenue à la relève agricole. Je suis à même de constater, dans ma
circonscription, dans la Matapédia en particulier, qui est particulièrement
active, et c'est réjouissant pour le député que je suis.
J'ai bien noté que vous avez demandé la
tenue d'une enquête sur le territoire agricole non protégé, et vous mentionnez
la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. Alors, ça m'intéresse beaucoup.
Êtes-vous en mesure d'identifier certains cas, de décrire l'impact sur la
relève agricole, particulièrement dans ces régions, Gaspésie,
Îles-de-la-Madeleine?
M. Hervieux (Pier-Luc) : Oui.
Mais en fait c'est durant nos consultations de nos instances, là, c'est venu de
la part des relèves, du groupe de relève Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine,
là, qui avait soulevé, justement, des problématiques futures, là, qui
pourraient arriver, là, si les terres agricoles n'étaient pas incluses dans le
territoire agricole et qu'elles n'étaient pas protégées à leur juste valeur,
là. Donc, ce n'est pas de le faire automatiquement, mais c'est de procéder à la
consultation puis d'inclure la relève dans ce travail-là, là, pour cibler les
futures problématiques puis qu'est-ce qu'ils vivent présentement.
Mme Simard Brochu (Véronique) : ...devienne
une moyenne... une manière de compenser la perte de territoires agricoles dans
d'autres zones pour réintégrer graduellement les terres agricoles qui ne sont
pas en zone agricole, mais qui sont actuellement cultivées.
M. Bérubé : Très bien.
Acquisition maximale par le producteur vous proposez une limite à 1 000 acres,
c'est bien ça? Hectares, excusez-moi, ce n'est pas pareil pantoute. On a abordé
le cas de La Mitis tout à l'heure, vous l'avez peut-être entendu. Est ce que ce
genre de pratique que vous appelez à limiter... Je ne sais pas si vous
connaissez le cas de la MRC de La Mitis, qui a été documenté, il y a une étude
de l'IREQ. Est-ce que ça vous parle, ce genre de pratiques?
M. Hervieux (Pier-Luc) : J'ai
lu ça la semaine dernière, justement. Puis le 1 000 hectares, c'est
une suggestion, mais avec l'application du registre, on va pouvoir avoir un
meilleur portrait de qui possède les terres agricoles au Québec. Puis ce
chiffre-là peut être ajusté selon le seuil que les gens pourront établir, là.
Si c'est 500 hectares, la moyenne, bien, est-ce qu'on arrête à 500? Est-ce
que c'est 1 500 hectares? On arrêtera à 1 500. Mais avec un
portrait vraiment terrain.
M. Bérubé : Et quelqu'un qui
aurait déjà beaucoup plus d'hectares en sa possession qu'il ne devrait en
avoir, est-ce qu'on devrait lui demander d'en vendre?
M. Hervieux (Pier-Luc) : Ça,
c'est une bonne question. Je ne serais pas prêt à dire qu'on devrait obliger
les gens à vendre des terres, mais, au moins, d'éviter que ces gens-là
continuent de progresser.
M. Bérubé : Je parle de très
gros joueurs dans l'agro, là, tu sais, qui achètent, qui ont beaucoup d'argent.
C'est une minorité, mais ceux qui ont le plus d'argent. Alors, dans ces cas-ci,
il m'apparaît que de limiter... Il y a une question de possession du
territoire, là, qui est fort inquiétante à la grandeur du Québec. Et si d'aventure
vous aviez une réflexion plus précise là-dessus, je serais heureux de l'entendre
et de la partager avec vous, certainement.
M. Hervieux (Pier-Luc) : On
en prend note.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, merci pour votre apport à la commission.
Nous suspendons quelques instants afin d'accueillir
le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 11 h 36)
(Reprise à 11 h 40)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous poursuivons nos échanges. Nous en sommes maintenant avec l'Institut
Jean-Garon. Alors, je vous salue, les quatre personnes qui êtes présentes.
Alors, je vous invite à vous présenter et, par la suite, enchaîner avec votre
présentation.
M. Debailleul (Guy) : Bonjour,
je suis Guy Debailleul, co-président de l'Institut Jean-Garon et j'ai le
plaisir de vous présenter les membres de la délégation. D'abord, Simon Bégin,
qui est porte-parole de l'institut, qui est ex-attaché de presse du ministre
Jean Garon qui, comme on le sait, est le père de la
Loi sur la protection du
territoire agricole, M. Jacques Landry, qui est agronome à la retraite,
l'ex-sous-ministre adjoint de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
et qui a été artisan du projet de loi n° 90, et
Mme Claire Binet, qui...
M. Debailleul (Guy) : ...géographe
et spécialisé dans les questions de protection et d'aménagement du territoire,
qui a œuvré à la fois pour le ministère de l'Agriculture, l'UPA et la... oui,
la CPTAQ.
Une voix : ...
M. Debailleul (Guy) : ...et
Agriculture Canada. Alors, bonjour, M. le ministre. Bonjour, Mesdames et
Messieurs les membres de la Commission de l'aménagement du territoire. Je
voudrais vous remercier d'avoir... de nous avoir invités, en tant qu'Institut Jean-Garon,
à présenter nos observations sur le projet de loi n° 86, Loi visant, comme
on le sait, à assurer la pérennité du territoire agricole et sa vitalité.
Quelques mots, si vous vous permettez,
d'abord, à propos de l'Institut Jean-Garon. Fondé en 2015, l'Institut
Jean-Garon est un organisme à but non lucratif dédié à la réflexion, la
discussion et à la vulgarisation sur les grands enjeux agroalimentaires du
Québec. Son premier président fut M. Jean Pronovost, qui, on s'en souvient, a
présidé la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire du
Québec de 2006 à 2008, et qu'à ce
titre il a...