Transportation and the Environment — 26 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2021-05-26
Quebec — Committees
(Onze heures trente minutes)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, votre attention, s'il
vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
transports et de l'environnement ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 88, Loi
modifiant la... (Interruption) pardon, Loi
modifiant la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune et
d'autres dispositions législatives.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Melançon (Verdun) sera remplacée par M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee); Mme Ghazal (Mercier), par Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue); M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine),
par M. Gaudreault (Jonquière).
Présidente (Mme Grondin) : Merci, Mme
la secrétaire. Peut-être avant d'amorcer nos échanges, je voudrais juste
repréciser comment on fait l'étude détaillée, là,
article par article. Donc,
puisque c'est une loi que l'on modifie, ce n'est pas une nouvelle loi, je vous
rappelle que le temps de parole alloué est de 20 minutes pour l'article...
l'alinéa introductif, et de 20 minutes pour le reste de l'article. Donc,
ça vous convient? Parfait.
Donc,
hier, lors de l'ajournement des travaux de la commission, la discussion
portait sur l'article 6, et il y avait des échanges entre le député de Jonquière et le ministre.
Est-ce que vous souhaitez poursuivre cet échange?
M. Gaudreault :
Bien oui, certainement. C'est ça, c'est qu'on se disait qu'il y avait un problème
dans la rédaction de l'article, qui dit que «le ministre peut acquérir de gré à
gré et accepter en don ou en legs tout bien immeuble», bon. Et moi, j'ai posé
la question qui tue, à savoir qui, au final, décide entre le ministre
responsable de la loi et le ministre des Ressources naturelles.
Puis j'ai notamment
donné l'exemple d'un legs. À partir du moment où quelqu'un qui est propriétaire
d'un bien foncier et qui décide d'en faire un legs testamentaire afin de
conserver à
titre de refuge faunique son territoire, jusqu'à quel point le ministre
des Ressources naturelles et de l'Énergie pourrait refuser, au fond, ce legs.
Et, pour moi, je veux
dire, si l'objectif de l'article et l'objectif de la loi, c'est de s'assurer
que le ministre responsable de la loi que nous sommes en train d'étudier peut
recevoir des legs ou faire des contrats de gré à gré, bien, c'est à lui que… ça
lui appartient, là.
Puis on a constaté
également... en tout cas, hier, moi, je constatais qu'il y avait deux versions.
Le ministre nous disait : Il faut qu'on consulte le ministre de l'Énergie
et des Ressources naturelles. Et le légiste nous a dit : Bien, c'est juste
pour… vu que l'expertise est entre les mains du ministère de l'Énergie et des
Ressources naturelles, c'est pour être capable d'évaluer s'il y a des… si le
lot ou le terrain, par exemple, est grevé de servitudes ou est grevé d'enjeux, là, qui pourraient interpeler le gouvernement. Alors, c'est deux choses différentes, là. Alors, moi, je veux
vraiment avoir la bonne version de la part du ministre, là, par rapport à la
bonne compréhension qu'on doit avoir de l'article 6.
M. Dufour :
Donc, si vous me permettez, Mme la Présidente, je laisserais le juriste… Parce
que, suite à la fin de la rencontre, hier,
justement, on a pris quelques secondes avec le juriste, donc je laisserais le
juriste prendre la parole.
Présidente (Mme Grondin) : J'ai, donc, besoin d'un
consentement. Est-ce qu'il y a consentement?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, je vous invite à vous
présenter, s'il vous plaît.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Gabriel Tremblay-Parent, ministère de la Justice du Québec.
En fait, effectivement, comme je l'expliquais hier, l'objectif de prévoir la
consultation, c'est évidemment de s'assurer, là, qu'il n'y aurait pas de droit, à
titre d'exemple, là, qui pourrait
compromettre l'objectif, là, poursuivi par le ministre des Forêts, de la Faune et des
Parcs, là, qui demeure d'acquérir le terrain ou un autre droit, là, à des fins
de conservation et de mise en valeur de la faune.
Donc, évidemment, le
ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, là, est au courant des
droits miniers ou de d'autres droits, là, d'exploitation qui pourraient porter
sur le terrain, donc va pouvoir indiquer si un tel droit, là, va compromettre
l'objectif, là, qui est poursuivi.
Il pourrait y avoir aussi d'autres
objectifs, là. J'ai évidemment fait des vérifications, là, depuis la séance
d'hier, puis il peut y avoir également la possibilité, par exemple, que le
ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles s'assure qu'il n'y ait pas
de nouveau droit qui grève le terrain, là, notamment par une réserve, là, qui
est possible en vertu de la
Loi sur les mines, là, pour s'assurer également que,
dans la suite des choses, il n'y ait pas de droit, là, qui pourrait
compromettre l'objectif de conservation puis de mise en valeur de la faune.
Donc, c'est quelque
chose qui se fait déjà, évidemment, par le processus actuel, là, celui par
lequel le MERN va acquérir pour le ministre de la Forêt, de la Faune et des
Parcs, mais c'est tout simplement de reprendre cette démarche-là. L'expert en
matière de terres du domaine de l'État au sein du Conseil des ministres, c'est
le ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles, donc, tu sais, c'est tout simplement un objectif de cohérence
gouvernementale. Mais le but essentiel, puis c'est indiqué, c'est une
acquisition qui est nécessaire pour la conservation et la mise en valeur de la
faune, là, ce n'est pas pour un autre objectif, là.
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de Jonquière.
Présidente (Mme Grondin) : Je vous laisse réfléchir
quelques minutes?
M. Gaudreault :
Moi, je veux avoir la garantie que le ministère de l'Énergie et des Ressources
naturelles n'a pas le dernier mot. Moi, je veux cette garantie-là. Puis on
dirait que je ne suis pas capable de l'obtenir clairement par les réponses. Je
veux avoir la garantie que l'objectif n'est que d'aller chercher… de la
consultation, là, n'est que d'aller chercher des informations légales sur les
droits ou les servitudes que peuvent grever… qui peut grever le terrain en
question.
Mais moi, je veux la
certitude qu'au final, s'il est nécessaire d'acquérir pour la conservation et
la mise en valeur de la faune, ou si c'est par legs, ou par don, que le ministère
de l'Énergie et des Ressources naturelles ne peut pas dire non. Je ne sais pas
trop comment l'exprimer mieux que ça, là. Puis on dirait que je ne suis pas
capable d'obtenir ça clairement. Je ne sais pas si on peut revoir la rédaction.
Présidente (Mme Grondin) : M. le député de Bourget.
M. Campeau :
Si je peux me permettre un commentaire, c'est… je partage ce que le député de Jonquière
veut avoir là-dessus. Je comprends ça puis je suis d'accord — merci,
ça va aller mieux comme ça — mais,
en même temps, mettons que quelqu'un veut léguer quelque chose dans un endroit
où on n'en a pas besoin, on ne veut pas nécessairement, absolument, absolument
que le ministère de la Forêt, le MFFP ait raison tout le temps puis que les
autres aient tort tout le temps. Il faut que ce soit une discussion et regarder
au meilleur... la meilleure situation possible pour le Québec.
Alors, j'ai
l'impression que ça va être difficile de trouver les mots qui vont faire que,
oui, on va favoriser la prise en charge d'un legs, par exemple, par le MFFP. Je
suis bien d'accord, mais je me demande comment on va réussir à trouver les
mots, autre chose que cas par cas.
Et, ceci dit, j'ai de
la misère à imaginer qu'il y a bien des cas comme ça au Québec. Alors, il ne
doit pas y en avoir beaucoup. Puis ce que j'en comprends, après en avoir parlé
avec des gens du ministère, il n'y en a pas beaucoup. Alors, je ne suis pas sûr
qu'on va être capable d'arriver à une formulation quelconque, autre chose que
cas par cas, il va falloir le regarder, même
si je partage l'idée qu'on ne veut pas que le ministère des Ressources
naturelles ait raison sur tout par rapport à ça puis que ça reste une
discussion. Je ne vois pas comment on va s'en sortir.
Présidente (Mme Grondin) : M. le ministre.
M. Dufour :
Mme la Présidente, je ferais le parallèle un peu avec les lois municipales
qu'on a, exemple, lorsqu'on veut... Je peux bien vouloir m'installer une
piscine creusée, mais, si mon terrain ne me le permet pas parce que je ne
rencontre pas les lois municipales, automatiquement, je vais être obligé,
peut-être, de me contenter d'une plus petite piscine puis peut-être une piscine
hors terre, parce que je ne respecte pas les règles de tant de mètres de
clôture et de distance. C'est la même chose.
Dans ce cas-ci, c'est
qu'on sait que nous, exemple, on veut acquérir un terrain. On n'a pas le choix
de passer par le ministère des Ressources naturelles pour voir s'il y a des
droits. C'est un peu, là, ce que je disais hier, on doit passer par là pour
juste s'assurer... Ils ne pourront pas dire : Bien, ah! bien, il y a
peut-être un potentiel, mais on ne le sait
pas. Ce n'est pas dans cette optique-là, là, c'est vraiment dans l'optique de
dire : Est-ce qu'il y a des droits miniers qui existent? S'il n'y a
pas de droits miniers, je peux acquérir, puis la... Et c'est pour ça qu'on
parle de consultation.
Donc, je ne peux pas,
je pense, aller plus clairement dans l'explication que ça, là. Ce n'est pas des
peut-être, je veux t'empêcher de faire quelque chose au cas où que,
c'est : il existe-tu un droit qui appartient à quelque chose d'autre ou à
quelqu'un d'autre qui pourrait m'empêcher? Sinon, je peux bouger, là.
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée.
Mme Charbonneau :
À ce moment-là, avec l'explication que vous nous donnez, le mot qui est peut-être
à changer, c'est le principe de consultation. Donc, vous n'allez pas consulter
le ministère, vous allez vérifier avec celui-ci que tout
est conforme pour pouvoir faire la transaction. C'est ce que j'en comprends.
Puisque, quand on dit «consulter», je rejoins mon collègue de Jonquière, qui
dit : Oui, mais, tout à coup qu'au bout de la consultation, ce ministère
vous dit non, et que c'est quand même une bonne transaction puis que ça ne
tombe pas dans les bons termes. À ce moment-ci, ça ne serait pas une
consultation, ça serait après avoir fait une vérification avec le ministère de l'Énergie, et je mets entre parenthèses, parce qu'on ne l'écrit pas comme ça, que
tout est conforme. Votre ministère peut
acquérir de gré à gré, accepter un don ou un legs puisque, dans la démarche que
vous nous expliquez, c'est vraiment celui-ci
qui va vous donner l'expertise de ce qui est le terrain que vous convoitez ou
celui qu'on cherche à vous offrir.
Je le comprends comme ça. C'est peut-être un...
un peu comme le député de Jonquière l'a dit, c'est peut-être un mot, quand on dit «consultation», où notre
inquiétude, c'est : Cette consultation-là peut-elle empêcher une
transaction, ou un legs, ou un don? Et ce que vous nous dites est très logique,
c'est que ce n'est pas une consultation pour empêcher, c'est vraiment pour
s'assurer que tout est conforme. Donc, peut-on l'écrire sous cette forme-là
pour nous assurer qu'on dit les bonnes choses?
M. Dufour : Permettez-vous, Mme
la Présidente, de prendre un petit ajournement, s'il vous plaît?
La Présidente
(Mme Grondin) : Nous allons prendre une pause quelques
instants.
(Suspension de la séance à 11 h 43)
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, nous reprenons nos
travaux. Je cède maintenant la parole à la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Pour amener peut-être la discussion, là, un petit peu
ailleurs, moi, j'avais le goût d'entendre la définition du ministre quand on
parle de conservation, mise en valeur de la
faune. Vous savez, là, dans le premier
article on a défini beaucoup
de termes, là, «acheter», «capturer», etc., mais qu'en est-il de la
conservation et de la mise en valeur de la faune? À partir de quand est-ce
qu'on juge qu'on est dans de la conservation ou encore dans la mise en valeur?
Est-ce qu'il y a des critères? C'est... Comment on le définit, ça?
M. Dufour : Bien, dans la
dynamique du projet de loi, quand on parle… Donc, il faut toujours se référer
que c'est le projet de loi n° 88, là, c'est vraiment en lien avec…
Lorsqu'on parle de conservation, ça va être les espèces menacées et vulnérables,
ça va être des situations particulières à des milieux de conservation. Hier, je
donnais l'exemple d'Héritage Saint-Bernard, qui est plus comme des marais. On
pourrait appeler ça comme ça.
Donc, c'est vraiment des enjeux précis, où on a
des besoins de conservation puis des besoins précis de mise en valeur de cette
faune-là qui est en… qui peut être potentiellement en danger ou qui a une
certaine valeur de protection sur le territoire.
Mme Lessard-Therrien : Mais, en
même temps, tu sais, mettons, là, que vous décidez, O.K., on prend ce legs-là,
ce bout de territoire là, on le met en conservation, en mise en valeur de la
faune... pour la mise en valeur de la faune, il y a l'épidémie de la tordeuse
des bourgeons de l'épinette. Qu'est-ce qu'on fait? Est-ce qu'on envoie… Est-ce
qu'on va aller faire de la coupe forestière pour prévenir? Tu sais, qu'est-ce
que ça veut dire qu'on conserve? Est-ce que ça veut dire qu'on a gelé cette
portion de territoire là puis qu'on ne fera plus d'autres interventions?
M. Dufour : Bien, il faut faire
attention à deux éléments que vous mentionnez. Il y a toujours une intervention
en lien avec la protection aussi du territoire. Comme vous le savez, lorsqu'il
y a de la tordeuse de bourgeons d'épinette, ça peut avoir une incidence majeure
sur un milieu, puis c'est de la défoliation de l'arbre, donc on arrive avec une
grande problématique. Dans ce cas-ci, présentement, on parle vraiment de la
situation de milieux fauniques qui seraient en situation de… en lien avec la loi
et la conservation de la mise en valeur de la faune, directement dans ce
lien-là.
Donc, c'est vraiment dans cette sphère-là de
travail qu'on est, là. Donc, c'est là qu'on en est.
Mme Lessard-Therrien : Parce
que le… Tu sais, le projet de loi actuel, là, concerne beaucoup... tu sais, on
va beaucoup parler du gibier de chasse. Tu sais, on… En tout cas, moi, dans mon
coin, au Témiscamingue, on le sait, les gens chassent beaucoup, entre autres,
dans les bûchers. Dans les bûchers, là où il y a eu de la coupe forestière
parce que les jeunes pousses, bien, c'est de la nourriture qui est en abondance
pour les orignaux. Ça fait que, d'une certaine façon, ça favorise un peu
parfois les populations d'orignaux d'avoir ces coupes forestières là. Ça fait
que, moi, je me pose la question : Quand on parle de mise en valeur de la
faune, comment est-ce qu'on se garantit qu'il n'y aura pas ces activités
industrielles là dans ces portions de territoire là qu'on veut dédier à la
conservation et à la mise en valeur de la faune?
M. Dufour : Comme on le
mentionnait, demain matin, là… Je reprends l'exemple d'Héritage Saint-Bernard.
Demain matin, tu ne peux pas aller commencer à faire de la chasse à l'orignal
sur le site d'Héritage Saint-Bernard.
Donc, c'est vraiment des
milieux, comme on l'a dit hier, des refuges fauniques précis pour lesquels on
veut faire une intervention puis s'assurer que la valeur faunique qui existe
dans ce coin-là, bien, elle soit préservée.
Donc, c'est vraiment l'objectif de l'article de
loi qui est là dans ce projet de loi là, là.
Mme Lessard-Therrien : Bien,
j'ai encore des questions. Tu sais, on n'est pas encore dans les… Tu sais,
quand on parle de conservation et de la mise en valeur de la faune, est-ce que
c'est nécessairement de mettre ce territoire-là soit une réserve faunique, soit
un refuge faunique, ou encore les aires — je ne sais plus comment elles
s'appellent, là — les
aires fauniques communautaires... Tu sais, il y a différents stades. Tu sais,
qu'est-ce que ça veut dire de geler cette portion de territoire là? Parce qu'on
l'a vu, là, je veux dire, vous avez aboli vous-même des mesures de protection
du caribou forestier dans des massifs au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Ça fait que, moi,
ma préoccupation, c'est qu'on verrouille
cette portion de territoire là pour combien de temps? Tu sais, c'est quoi, la
valeur de la conservation puis de la mise en valeur? C'est quoi, la… Quel
statut on va donner à… puis comment vous le définissez? J'en reviens à ça,
c'est : Comment vous le définissez, cette conservation-là puis cette mise
en valeur là?
M. Dufour : Bien, je vais
débuter puis après ça je laisserai la sous-ministre à la Faune chez nous
répondre, si vous le voulez bien. Mais c'est bien important de comprendre que,
lorsqu'on fait une action, une mesure intérimaire quelconque au niveau du ministère
de la Forêt, de la Faune et des Parcs… C'est comme si aujourd'hui, lorsqu'on
dit qu'une mesure intérimaire est faite, qu'elle n'est tout simplement plus
indélogeable, alors qu'il faut bien comprendre qu'une mesure intérimaire, c'est
fait justement pour permettre au ministère de la Forêt, de la Faune et des
Parcs de justifier l'environnement si l'environnement a besoin d'égards et a
besoin d'être développé à plus large échelle.
Donc, c'est un peu l'objectif, dans ce cas-ci,
de l'article de loi, pour nous, c'est de pouvoir aller acquérir sans avoir un processus
interminable pour justement après ça faire en sorte que, si le secteur est justement
bien légitimé d'être un endroit important pour la préservation et la
conservation, bien, on va pouvoir y aller.
Je laisserais peut-être la sous-ministre à la
Faune compléter.
La Présidente
(Mme Grondin) : J'ai besoin d'un consentement.
La Présidente (Mme Grondin) : Il y a donc consentement. Mme Paquette, je vous invite à
vous présenter, s'il vous plaît.
Mme Paquette
(Élise) : Merci. Élise
Paquette, sous-ministre associée à la Faune et aux Parcs par intérim.
Merci.
Alors, comme le mentionnait le ministre, effectivement,
cet article-là a pour objectif de pouvoir acquérir, hein, le terrain. Un peu
plus loin dans l'étude du projet de loi, on va voir aussi à quelles fins. Est-ce
que c'est à des fins de refuge? Est-ce que c'est à des fins de création d'une
zec ou d'un autre territoire... qui est toujours en vertu de la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune.
Et la question qui était demandée : Qu'est-ce
qu'on entend par mise en valeur? Je vous amènerais peut-être dans les
dispositions préliminaires de la loi actuelle qui rappellent, hein, puis c'est
important de le dire, là, que la loi, dans le fond, sur la conservation de la
faune et de son habitat, elle a pour objet sa mise en valeur dans une
perspective de développement durable et la reconnaissance à toute personne du
droit de chasser, de pêcher et de piéger, conformément à cette loi.
Donc, des
fois, on peut faire aussi de la mise en valeur au niveau d'une pêche sportive. On s'assure de permettre des quotas de pêche, mais tout en respectant la
capacité. Tu sais, ça peut être dans cette perspective, là, bien sûr,
mais...
Donc, il y a
refuge, il y a pêche, il y a chasse. Ça fait que la loi vient nous dire, dans
son préambule, qu'est-ce qu'on veut faire.
La Présidente
(Mme Grondin) : Vous avez d'autres questions, Mme la
députée?
Mme Lessard-Therrien : Pas pour
l'instant. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Grondin) : Parfait. Donc, je vais revenir avec le
député de Jonquière, et, par la suite, ça sera vous, Mme la députée de Mille-Îles.
M. Gaudreault : O.K. Merci.
Mais, moi, ça ne me dit pas plus c'est quoi, les critères nécessaires à la
conservation et à la mise en valeur de la faune ou de son habitat. Présentement,
là, si cet
article était en application là, avec quel outil travaillerait le ministère
pour dire que c'est nécessaire à la conservation et à la mise en valeur de la
faune ou de son habitat?
M. Dufour : Je laisserais la sous-ministre
répondre.
La Présidente
(Mme Grondin) : Mme Paquette.
Mme Paquette (Élise) :
...demandé d'avoir... Je n'ai pas besoin de me représenter à chaque fois?
Présidente (Mme Grondin) : Non.
Mme Paquette (Élise) : O.K.
Merci. On a demandé d'avoir la liste, là, des critères précis, qu'on pourrait peut-être
vous présenter, mais, tu sais, je vais y aller, là, par expérience. Lorsqu'on
acquiert un terrain, c'est sûr qu'on va regarder... on va avoir un intérêt de
l'acquérir, donc on va voir... et souvent, c'est dans les cas où il y a des
espèces menacées, vulnérables, qu'on veut protéger ou qu'il y a une valeur. Tu
sais, comme je disais tantôt, c'est un beau lac, il pourrait y avoir... on
pourrait mettre en valeur la pêche ou... tu sais, c'est en fonction de notre
mission, de notre loi. Et puis là il y a les
spécialistes du ministère qui vont donner un avis, tu sais, qu'est-ce que
représente... il y a différents critères, là, qui sont appliqués. Je ne
peux pas tous vous les nommer, là, mais...
M. Gaudreault : Mais est-ce que
ces critères-là sont définis par règlement?
Mme Paquette (Élise) : Non, ce
n'est pas dans des règlements. C'est vraiment en fonction... C'est dans les
pratiques, là, je dirais, des experts du ministère. Tu sais, je prends tout le
temps l'exemple des parcs nationaux, là, mais c'est souvent... Là, on a des
critères en termes de représentativité des régions. Est-ce que c'est des
critères qui vont mettre en valeur telle région ou... Tu sais, il y a un
potentiel de...
M. Gaudreault : C'est comme une
grille? C'est comme une...
Mme Paquette (Élise) : Oui, une
grille d'analyse, je dirais plus.
M. Gaudreault : Une grille
d'analyse.
Mme Paquette (Élise) : Oui.
M. Gaudreault : Puis cette
grille d'analyse là change à quelle fréquence?
Mme Paquette (Élise) : Je ne
pense pas nécessairement qu'elle change, là.
Ce qu'on pourrait faire... parce qu'on l'a
demandé, tu sais. C'est vraiment... Au niveau des professionnels, on a demandé
d'avoir des exemples plus concrets, qu'on pourrait vous donner. Mais là je ne
les ai pas, donc je ne suis pas en mesure de vous le dire. Je peux voir avec
Isabelle si elle a d'autres exemples.
M. Gaudreault : Mais cette
grille-là, si elle existe, ou ces critères-là, est-ce qu'on peut les avoir?
Mme Paquette (Élise) : Bien,
elle me dit que ce n'est pas une grille. C'est comme dans le métier, tu sais,
d'un biologiste ou d'un conseiller au ministère. Quand qu'on offre un terrain,
nous, on va l'examiner sous toutes les coutures puis on va voir quel est le
potentiel. Est-ce que c'est intéressant pour nous en raison de notre mission?
Puis il y a une analyse qui est faite puis
il y a une note qui recommande, dans
le fond, aux autorités d'acquérir ce terrain-là. C'est
vraiment de cette façon-là que ça se fait.
M. Gaudreault : Mais il doit
bien y avoir une liste écrite des critères. Ce n'est pas juste au...
Mme Paquette (Élise) : Bien,
comme je mentionnais tantôt...
M. Gaudreault : ...selon le bon
vouloir du biologiste, là.
Mme Paquette
(Élise) : Là, on
m'indique... Bien, tu sais, la plupart des cas, moi, que j'ai vus, c'est la
présence d'espèces menacées ou vulnérables. Donc, on veut protéger ça. C'est
aussi... ça peut permettre ce qu'on appelle une connectivité écologique.
Donc, vous savez que, dans le Sud, il y a des...
Les animaux, ils doivent se déplacer sur le territoire, et puis, si on peut
faire une connectivité, acheter des terrains qui font que les animaux peuvent
se déplacer, bien, on contribue à la conservation de la faune. Donc, c'est
souvent dans ces cas-là ou dans le cas d'un habitat, un habitat faunique, là,
qui est riche, parce qu'il y a des espèces qui s'y retrouvent, puis il faut le
protéger.
Donc, c'est vraiment les critères qui vont nous
indiquer... Tu sais, c'est en fonction de la finalité de notre loi, là, puis on
fait ce qu'on appelle un inventaire terrain. Tu sais, on va aller voir… C'est
ça, c'est dans ce sens-là que je dis : Les biologistes vont aller sur le
terrain, ils vont faire un relevé, ils vont regarder ce qu'ils voient puis ils
vont monter une note pour informer les autorités puis faire une recommandation.
M. Gaudreault : O.K. Ce que je
comprends, c'est qu'il n'y a pas de... il n'y a pas une... comment je pourrais
dire, une feuille de route, ou une règle écrite, ou une grille avec des
pointages ou…
Mme Paquette (Élise) : Non.
M. Gaudreault : C'est un peu
laissé au jugement des professionnels qui sont appelés sur le terrain.
Mme Paquette
(Élise) : Bien, c'est quand même encadré par un gestionnaire. Tu sais,
il y a comme une pratique, là, qui se
développe, là, puis les professionnels ont une expertise dans comment évaluer la
valeur d'un terrain en fonction de ce qu'on y retrouve. Ils sont formés,
là. Ça peut être des biologistes mais des gens en aménagement, également, là,
des gens qui ont travaillé vraiment le... plus l'aspect terrain, là.
M. Gaudreault : O.K. pour
l'instant, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le député. J'ai donc trois
députés qui souhaitent intervenir : Mme la députée de Mille-Îles, Mme la
députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue
et M. le député de Bourget. Donc, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Je n'étais plus sûre, Mme la Présidente. Merci. Je vais avoir trois questions.
Je ne connais pas encore mon timing, mais je
vais voir, là... Ma première question revient à la dernière intervention, c'est-à-dire si j'ai quelqu'un
qui va évaluer, qui s'assure de cette évaluation, il y a sûrement des écrits.
Donc, si ce n'est pas une grille, c'est une
note explicative. Mais est-ce que cette note explicative là a une évaluation
ou juste des notes de service qui dit : Il y avait un chemin, il y
a cette possibilité-ci ou cette possibilité-là? Ma première question.
Ma deuxième question, c'est : À partir du
moment où je fais une transaction de gré à gré, est-ce qu'au moment où elle ne
concorde plus avec une protection de la faune, j'ai une entente de premier
refus avec celui avec qui j'ai fait la transaction? C'est-à-dire avant de…
Parce que, si j'ai bien compris, le dernier paragraphe des notes explicatives
disent : Quand ça n'a plus de valeur aux yeux du ministère de la Faune...
Puis là ce n'est pas péjoratif, là, quand ça n'a plus de valeur faunique de
protection, je remets les terres au ministère de l'Énergie, et il reprend les
droits de cette terre-là. Est-ce qu'il y a des ententes de gré à gré qui
peuvent se faire pour un droit de premier refus? C'est-à-dire que je retourne
au propriétaire du terrain avec qui j'ai fait une entente de gré à gré puis je
lui dis : Je n'ai plus rien à protéger,
la valeur faunique n'est plus intéressante, et nous, on s'apprête à le remettre
au ministère de l'Énergie à moins que tu me dises, toi, ancien
propriétaire, que tu es prêt à reprendre le terrain aux valeurs qui sont
introduites, là, dans le contrat gré à gré
que j'ai fait avec toi. Je pose la question parce que je l'ai déjà vécu dans
une autre situation.
Ma dernière question est un petit peu... Est-ce
qu'au moment où je remets le terrain au ministère de l'Énergie, il peut en faire ce qu'il veut? C'est-à-dire que j'ai un
terrain intéressant, je pense qu'on peut y faire quelque chose par rapport à la faune, je vous le lègue ou je vous en
fais un don. Et, pour les cinq premières années, il y a là, dans ce
terrain, une protection qui est mise en place, une mise en valeur, même si on
ne voit pas encore, là, c'est quoi, la mise en valeur, mais il y a une mise en
valeur. Mais, après cinq ans, sa valeur n'est plus adéquate. Puis, comme le dit
l'article, bien, je refile le terrain, puisque c'est un bien public, au
ministère de l'Énergie, et celui-ci découvre que, s'il fait une coupe de tous
les arbres qu'il y a sur ce territoire-là, il y a une acquisition intéressante
puisque c'est un terrain public. Puis, on le sait, hein, nos forêts publiques
sont utilisées par nos producteurs.
Donc, est-ce que c'est possible que ce qui est
parti d'une intention de protection puisse se terminer dans un autre ministère,
dans une situation où là, publiquement, les gens pourraient contester la
volonté du gouvernement parce que ça vient de changer complètement la donne
puisque ce n'est plus le même ministère qui a un droit de regard sur ledit
terrain, là, qui a été soit en gré à gré, en don ou en legs?
C'était mes trois questions, Mme la Présidente.
M. Dufour : ...tout se négocie
dans la première phase de gré à gré, là. Je veux dire, si, exemple, la personne
est prête à vous léguer le terrain puis que, par la suite, vous dites dans
l'entente, bien, que, si le terrain n'est pas utilisé à la vocation que vous
avez prévue, exemple ce que disait le député de Jonquière tantôt, un legs par
exemple, bien, vous allez le remettre à ma famille. Ça va avoir été négocié
dans le gré à gré, là. Un gré à gré, ça le dit, ça a toujours été, là, c'est
l'entente qui se crée entre les deux, là.
Donc, moi, de ce côté-là, je ne vois pas de
problématique. Puis je verrais bien mal le ministère de la Forêt, de la Faune
et des Parcs acquérir un terrain juste pour ensuite le recéder au MERN. Si ça
serait le cas, on n'irait pas avec un
article comme ça parce que c'est ce qu'il se passe présentement. Présentement,
c'est le MERN qui négocie pour nous autres, puis, après ça, qui refait
une entente avec nous.
Donc, c'est pour ça qu'on fait l'article dans le
projet de loi actuel.
Mme Charbonneau :
Mais le dernier paragraphe de vos notes explicatives dit : «Cet
article
prévoit cependant que le ministre des
Forêts, Faune et Parcs devra, au préalable, consulter le ministre de l'Énergie
et des Ressources naturelles. De plus, lorsqu'une terre obtenue n'est
plus nécessaire à l'objectif initial, elle est remise par avis à ce dernier.»
Donc, vous faites une remise au ministre de
l'Énergie si le territoire n'est plus dans les valeurs que vous lui apportez.
Puis celui-ci, bien... C'est maintenant une terre publique, c'est une terre du
gouvernement. Donc, il n'y a rien qui me dit, dans mon... dans l'exemple que je
vous donnais que celui-ci ne pourrait pas décider de faire autre chose avec ce
territoire-là puisque ce n'est plus sous votre joug, ce n'est plus sur votre
responsabilité, puisque votre ministère vous
a sûrement recommandé que, bon, il n'y a plus rien à protéger là, ce n'est
plus… ça ne nous appartient plus. On va... Comme l'article le dit,
l'article 11.1, on va le remettre au ministre de l'Énergie.
Donc, je comprends
quand vous me dites : Écoutez, Mme la députée, tu sais, ce n'est pas
vraiment en vertu de… mais c'est ce que
l'article dit, le ministre de l'Énergie peut en faire ou pourrait en faire ce
qu'il veut. C'est-à-dire que
j'acquiers une forêt xyz, je trouve qu'il y a une protection à y avoir, la
grille arrive, je me dis : Bon, bien, il y a... j'ai des soucis, je
ne pense pas que j'aie grand-chose à faire avec ça, je le redonne à celui qui
est le premier propriétaire, c'est-à-dire le ministre de l'Énergie, puis celui-ci, après
recommandation, il décide de creuser parce qu'il y a quelque chose de précieux dans la terre, il décide de couper les
arbres parce qu'il y a quelque chose de précieux dans les arbres, puis…
Alors, ce n'est pas
de mauvaises intentions, je dis juste que l'article ne protège pas ou ne protège
plus à partir du moment où ce n'est plus sous votre joug.
M. Dufour :
Il faut bien comprendre une chose, et puis je pense qu'on l'a dit depuis le
début, le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, dans la nomenclature
gouvernementale, n'est pas un gestionnaire de terrains, à l'exception
d'acquérir des terrains pour la mise en conservation ou la protection de la
faune.
Donc, dépassé ça, je
ne verrais pas pourquoi qu'on continuerait à garder des terrains puis de
commencer à créer une autre façon de faire au niveau du gouvernement. Donc, il
serait possiblement légitime si... dans le gré à gré qu'on a entendu, exemple, avec un propriétaire privé de s'assurer qu'on
agit selon les règles gouvernementales qui existent, actuelles, donc qui dit en
sorte que, normalement, les terres d'État sont au ministère des Ressources
naturelles.
Donc, moi, comme je
vous dis, à la base, nous, c'est d'avoir un
article qui va nous faciliter
l'action et non d'être obligés de passer par le ministère des Ressources
naturelles. Suite à ça, on a le plein pouvoir d'exploiter ça pour, justement,
de la conservation et de la mise en valeur de la faune. C'est ça qui est
l'objectif, parce que, si ce n'est pas ça, l'objectif, on n'ira pas chercher un
terrain juste pour le fun de prendre un terrain, là, pour dire qu'on va
construire quelque chose là-dessus. Puis, suite à ça, bien, on ose espérer que,
oui, qu'il y ait un futur de conservation intéressant. Mais, s'il n'y a plus de
futur de conservation, notre mandat comme ministère de la Forêt, de la Faune et
des Parcs n'est plus tel quel là, là.
Mme Charbonneau :
Je vais compléter mon intervention, Mme la Présidente, sur une seule remarque.
Si le terrain était acquis par le ministère de l'Environnement, je pose la question puis peut-être que vous n'avez pas la réponse, là :
Est-ce que la reconnaissance du propriétaire, c'est le ministère de l'Énergie ou c'est le ministère de
l'Environnement?
M. Dufour :
Bien, si on lit bien dans... Il y a... Le ministère, le MFFP, peut, par avis,
transférer l'autorité sur une terre à un autre ministère du gouvernement afin
que ce dernier exerce, à l'égard de cette terre, les fonctions et pouvoirs dont
il est chargé en vertu de la loi. Donc, il y aurait possibilité de... moi, ce
que je vois, là.
Mme Charbonneau :
Donc, dans le principe de la consultation au ministère de l'Énergie, serait-il
possible d'imaginer que votre consultation, puisque ce n'est pas une
permission, c'est une consultation, qu'elle se fasse d'autant plus au ministère
de l'Environnement pour vous assurer que l'acquisition que vous vous apprêtez
de faire, ou le beau cadeau qu'on veut vous
donner, soit en don ou en legs, là, parce que ça devient comme un beau cadeau,
que ce soit un beau cadeau, qu'il soit récupérable, soit par les terres de
l'État ou soit par le ministère de l'Environnement? Parce qu'à partir du moment
où il ne sert plus à l'aspect faunique, il peut peut-être être plus protégé si
je parle au ministère de l'Environnement que si je parle au ministère de
l'Énergie.
M. Dufour :
Bien, nous... C'est comme je l'ai dit tantôt, l'objectif de notre consultation,
nous, c'est d'aller vérifier si les terrains sont libres de tout droit. Donc,
s'ils sont libres de tout droit... C'est la seule raison pourquoi qu'on
consulte le ministère de l'Énergie et Ressources, c'est à cause de cet
élément-là. S'ils sont libres de tout droit, à partir de là, nous, on exerce
notre action comme ministère, puis c'est... L'objectif, comme j'ai dit tantôt,
c'est d'en acquérir... pas juste pour le fun
d'acquérir des terrains, ce n'est pas notre objectif. Notre objectif, c'est la
conservation et la mise en valeur de la faune. Donc, c'est à ça qu'on va aller,
c'est vers ce champ d'action là qu'on va aller.
Mme Charbonneau :
Mais je ne conteste pas ça, M. le ministre. Ce que je vous dis, c'est qu'à la
fin de votre article, dans les explications, ce que ça nous dit comme
information, c'est qu'à partir du moment où vous avez fait votre consultation,
ils vous ont dit : Tu sais, c'est libre de claims. Il n'y a pas de souci,
tu peux acquérir en gré à gré avec la famille puis la... ou le propriétaire.
Les papiers se font, tout va bien, mais, après cinq ans, il n'y a plus rien à protéger là, là. Il n'y a plus de valeur faunique.
Je ne le prononce peut-être pas bien, là, mais il n'y a plus de valeur
faunique.
Donc, dans ce que je
comprends, vous prenez ce bout de terrain là puis vous le redonnez au ministre
de l'Énergie parce que c'est un bien public, c'est parce que ça devient un
bien. Lui, dans sa façon de faire, il peut faire ce qu'il veut maintenant avec
ce bout de terrain là, ce qui n'était peut-être pas au départ, ce que le legs
voulait faire ou le don voulait faire. Vous comprenez?
Ça fait que je
comprends quand vous me dites : On n'achète pas pour le fun. Je n'en doute
même pas, mais vous faites une acquisition qui peut, avec le temps, ne plus
vous servir ou ne plus desservir l'objectif que vous avez et, par un effet
boomerang, desservir un autre ministère pour une raison qui est plus
commerciale, plus financière. Et, de ce
fait, bien, si le legs, par la suite, allait au ministère de l'Environnement,
bien, je suis assurée, comme propriétaire d'un beau terrain que j'ai le
goût de vous donner, qu'il va être protégé, qu'il ne sera pas utilisé à des
fins commerciales.
M. Dufour :
Bien, comme je l'ai dit, je reviens à... Lorsqu'on fait l'entente de gré à
gré... puis je vais faire une image. Peut-être qu'on va dire que c'est
ridicule, là, mais je vais faire une image. Demain matin, je lègue, moi, à mon
garçon, une bague qui a une telle valeur pour moi, etc. Je décède, mais j'ai
légué, mon garçon a la bague. À partir du moment que mon garçon a la bague...
Moi, j'aurais voulu qu'il la donne à son enfant, mais il a décidé de donner ça
à son meilleur chum. C'est sa volonté à lui.
Donc, tout dépend de l'entente de gré à gré qui
a été faite à la base puis une fois qu'on a légué quelque chose... Puis, comme
je vous ai dit, au ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs, on ne
s'amuse pas à acquérir des terrains pour le fun
d'acquérir puis de dire après ça : Ah! c'est le fun, je vais le refaufiler
au MERN. Ce n'est pas ça qui est notre objectif. Puis, comme je vous dis,
l'objectif de l'article, c'est, justement, pour éviter que ça soit le MERN qui aille acquérir pour après ça qu'il
négocie avec nous autres, c'est pour qu'on puisse être en haut de la
parade.
Donc, je ne
vois pas... Tu sais, une fois qu'il est légué, il est légué, à moins que, dans
l'entente de gré à gré qu'on a faite, qu'on a admis que, regarde, je
veux que le terrain après ça soit redonné à ma famille si vous ne faites rien
avec ou peut-être l'orienter à un autre endroit, mais c'est dans l'entente de
gré à gré qui va être faite.
Mme Charbonneau :
J'aimerais ça arrêter, mais j'ai de la difficulté.
Premièrement, je vais vous dire que faire un
legs ou un don, ce n'est pas comme faire une entente gré à gré.
Donc, si vous avez une entente gré à gré, vous
avez raison, tout peut être écrit, puis je suis contente de savoir que vous
avez même la possibilité de faire le droit de refus à la première offre,
c'est-à-dire que... si vous n'en avez plus besoin. Votre exemple de bague, vous
avez bien fait de la qualifier, parce qu'effectivement ce n'est pas un homme
qui lègue à un autre homme ou à un enfant, c'est une famille qui lègue une
parcelle de terrain qui aurait pu servir autrement qu'à ses enfants ou à un
bien autrement acquis. Ce qui me fait peur, puis je le dis tout simplement,
puis je comprends que tout va être écrit puis il ne devrait pas y avoir de
souci, mais ce qui me fait peur, c'est que, justement, le terrain soit utilisé
par la suite pour des fins à laquelle la famille ne voulait pas qu'il soit
utilisé.
Puis sachez, M. le ministre, avec tout le
respect, je ne pense vraiment pas qu'un ministère achète pour le fun. Donc,
n'ayez pas de souci, je ne crois vraiment pas que vous allez acheter un terrain
pour le fun. Je pense que c'est très sérieux et que les sous que vous allez
investir, vous les investissez au nom des Québécoises et des Québécois. Donc,
je n'ai pas de doute que vous le faites avec beaucoup, beaucoup d'attention.
J'ai juste une difficulté avec ce qu'il arrive quand vous, vous n'en voulez
plus. Puis, quand je le dis comme ça, je ne dis pas que vous le rejetez de la
main, là, je dis juste que, quand ça ne répond plus aux critères que vous avez,
il ne faudrait pas que cette perspective-là fasse en sorte que ça arrive dans
les mains de quelqu'un qui voudrait avoir un aspect commercial. Puis je n'en
veux pas, mais, hier, on a parlé des lignes électriques. On peut parler de
précieux métaux ou de matériaux qui sont à l'intérieur de la terre qui peuvent
être très intéressants, puis que, tout d'un coup, où il n'y avait pas de claim,
il y en a un qui se «call» puis il y a
un trou qui se fait. Puis ce n'était pas dans cette perspective-là que la
famille faisait le don.
C'est plus dans cette vision-là que je vous
interpelais, plutôt que de penser que vous achetez un terrain pour le fun. De
le redonner à quelqu'un d'autre après, je ne pense pas. Autant je ne crois pas
que vous allez faire une piscine sur un terrain trop petit, autant je ne crois
pas que vous allez acheter une piscine pour quelqu'un d'autre. Donc, je ne suis
pas inquiète. Je suis juste inquiète du fait que, dans une volonté d'un don ou
d'un legs, il arrive que ce que le terrain, à quoi on ne voulait pas qu'il
serve, finit par servir à ça, parce que ce n'est plus entre vos mains, c'est
entre les mains du ministre de l'Énergie plutôt que les mains du ministre de
l'Environnement, qui pourrait conserver, protéger et faire en sorte que le
terrain reste intact et naturel.
M. Dufour : Mais, comme je vous ai
dit, puis on a un bel exemple, la semaine dernière, lorsqu'on a agrandi... puis
ça va dans l'enlignement de ce que ma sous-ministre à la Faune disait,
lorsqu'on a agrandi Pointe-Taillon dans le secteur du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
il y a eu, justement, un… il y a eu des entreprises privées qui ont légué des
terres, mais il y a aussi eu le propriétaire privé. Donc, on est vraiment dans
le scénario que vous mentionnez, que, là, il y avait
une valeur, et la valeur a été justifiée, analysée, prise en compte et fait en
sorte qu'aujourd'hui le Pointe-Taillon est agrandi de
5,4 kilomètres. Donc, je pense que ça démontre, justement, l'utilisation.
Mais il ne faut jamais oublier une chose, n'importe quel gré à gré ou n'importe
quel legs peut s'inscrire dans une quelconque entente notariée...
La Présidente
(Mme Grondin) : M. le ministre, je vous invite à enlever
votre masque.
M. Dufour : ...une quelconque
entente notariée. Donc, il est toujours possible, quand même, de... lorsqu'on
fait ces ententes-là, que ça soit bien enchâssé dans un document légal.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci. Donc, ça va, Mme la députée? Donc,
trois... encore trois députés qui souhaitent
intervenir, donc Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, pardon, M. le député de
Bourget, M. le député de Jonquière. Donc, Mme la députée.
Mme Lessard-Therrien : Ça
allait dans le même sens que ma collègue députée des Mille-Îles. C'est ça? Oui.
Alors, j'ai en
partie obtenu réponse à mes questions. Quand même, je voulais
revenir, là, sur la grille d'analyse, ou, en tout cas, les fameux critères, là.
Est-ce que c'est possible de les déposer officiellement, ce que vous pouvez
nous sortir comme critères?
La Présidente
(Mme Grondin) : Mme Paquette.
Mme Paquette (Élise) : Oui. Ce
qu'on m'a dit, c'est qu'il n'y a pas un document qui existe, là, avec des
critères. Mais ce qu'on m'écrit, dans le fond, c'est exactement ce que je vous
ai mentionné, c'est qu'on va évaluer, on va faire un inventaire du terrain,
puis on va évaluer qu'est-ce qu'on retrouve, là, est-ce qu'il y a des espèces
menacées, vulnérables, est-ce qu'il y a des habitats qu'il faut protéger,
est-ce qu'il y a des possibilités de mettre en valeur un lac ou... Tu sais,
c'est vraiment tous les volets en lien avec notre loi et notre mission qui vont
être pris en compte. Et puis il y a une note qui est montée
aux autorités pour recommander d'acquérir le terrain, ou le don, ou le legs.
Donc, c'est toujours comme ça que ça fonctionne.
Mme Lessard-Therrien : Est-ce
que ça arrive... Parce que, tu sais, vous nommez quand même beaucoup de choses.
On dirait que j'ai l'impression que c'est... qu'il doit toujours y avoir
quelque chose à préserver. Est-ce que ça arrive que vous refusiez un legs ou un
don comme ça?
Mme Paquette (Élise) : Bien, il
faut vraiment qu'il y ait quelque chose qui est lien avec notre mission. Mais
c'est sûr que, comme, on donnait l'exemple tantôt de la connectivité, là, on
crée des corridors de connectivité, alors, dans le Sud, il y a des terres que
c'est intéressant. Tu sais, il n'y aurait peut-être pas une espèce menacée, ou
quoi que ce soit, mais ça permet à une espèce de se déplacer. Donc, j'imagine
que ces cas-là... Tu sais, c'est sûr que toutes les terres en soi ont une
valeur, là, mais il faut vraiment voir si... qu'est-ce qu'il en est. C'est
difficile à répondre à votre question, puis je la comprends, mais, en même
temps, tu sais, si on est — je
ne sais pas, j'essaie de penser à cas d'espèce, là — si on est en
territoire agricole, tu sais, il faut voir l'intérêt, là, en lien avec notre
mission. Moi, c'est vraiment comme ça que je le regarderais : c'est quoi,
notre mission, c'est quoi, notre loi, puis est-ce que ça apporte quelque chose,
dans ce sens-là, au ministère, parce que, si on l'acquiert, comme ministère,
c'est parce que ça va avoir un intérêt à être sous notre juridiction.
Mme Lessard-Therrien : Mais
vous n'avez pas d'exemple de terre...
Mme Paquette (Élise) : …qu'on
n'acquérait pas? Ici, ah! on me donne un exemple, qu'on a déjà eu, un terrain
que le ministère des Transports voulait nous offrir, mais il n'avait pas de
valeur faunique. Des fois, c'est des parties de terrain ou des… tu sais, il n'y
a pas d'intérêt quelconque, ça fait que, là, on dit non, parce qu'un coup
qu'on l'acquiert, on est propriétaires, on a des responsabilités. Il faut
assurer la surveillance, l'entretien. On devient vraiment propriétaires, donc
il y a une responsabilité qui vient avec.
Mme Lessard-Therrien : Puis,
bon, là, c'était dans le cas d'un ministère en particulier, mais, si c'était un
particulier, ou un citoyen, ou une famille
qui le léguait, puis que, finalement, vous refusez le legs, qu'est-ce qu'il se
passe?
Mme Paquette (Élise) : Bien, je
pense que la famille peut aussi l'offrir à la municipalité ou peut l'offrir… Tu
sais, il y a d'autres actions qui sont possibles.
Mme Lessard-Therrien : Ça ne va
pas nécessairement entre les mains du MERN?
Mme Paquette (Élise) : Non,
non, parce que... surtout si c'est un legs puis un don. Puis, tu sais, je veux
juste vous assurer que, pour en avoir vu, là, des cas de figure, dans ces
cas-là, les familles nous demandent… et, dans l'entente
qui nous lie, c'est pour fins de conservation. Puis, tu sais, ils vont le
préciser, là, puis là, dans l'entente qui va nous lier, mettons qu'on acquiert pour une somme de gré à gré, ça va
être vraiment précisé : à des fins de conservation.
Mme Lessard-Therrien : Merci.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, M. le député de Bourget.
M. Campeau : Pour une fois,
j'ai pensé à enlever mon masque. Bien, je vois qu'on a un noeud, là, puis
j'essaie de proposer quelque chose pour faire avancer ça. Je vois rien que
de la bonne foi, là, essayer de trouver une solution.
C'est peut-être mon côté pragmatique, un peu terre à terre — j'espère
que vous ne direz pas mon côté plate, en tout cas, c'est peut-être
vrai aussi, mais on n'oserait pas, n'est-ce pas, hein — mais
moi, je suis fatigant quand... c'est ça que la famille me dit, quand je parle
d'environnement, là, mais je vais revenir à ça, c'est quand même le travail du
MFFP, courant, de conserver et mettre en valeur. C'est comme si, quand on veut
regarder pour un legs, comment on va conserver, mettre en valeur, qu'on remet
en doute l'ensemble de ce que le MFFP fait. Je pense qu'ils vont faire aussi
bien que quand ils font leur travail régulier. Ça me semble évident.
Deuxièmement, on parlait d'une grille.
J'aimerais ça, avoir une grille moi aussi, mais, j'imagine, il ne peut pas y en avoir une parce que c'est évolutif, une
grille. Dans cinq ans, dans 10 ans, dans 25 ans, la grille va avoir
changé, parce qu'on va avoir trouvé une
nouvelle espèce, parce qu'il y aura un problème... d'autre chose que la
tordeuse d'épinette, puis il va y avoir quelque chose d'autre. Alors, ça
va être difficile à dire, qu'est-ce que ça va avoir l'air dans 25 ans.
Alors, on touche quelque chose… Tu sais, quand
on parle des aires protégées, on vient de parler qu'on voudrait peut-être viser
30 % en 2030. Ça dépend des règles internationales, et tout. C'est gros,
ça, 1 % de territoire de territoire, c'est énorme. Là, on parle de quelque
chose d'infiniment plus petit que ça, là. Alors, je me pose juste la question,
par exemple, si un legs est accepté par le MFFP, après consultation, puis on
apprend, juste à côté, ou par une… bon, ce
qu'on appelle un «fly over», là, c'est-à-dire, on vole au-dessus, on est
capable de trouver, avec des appareils, qu'il y a des minéraux
stratégiques. Ça existe, ce genre de technologie là. En 2048, un éventuel
gouvernement, il va peut-être décider d'autre chose, mais il faut quand même
leur laisser de la place à décider. Je veux dire, on ne sait pas ce qui va
arriver. Puis ce n'est pas parce que quelque chose a été légué puis qu'il y
avait des bonnes intentions, et tout, qu'il faut se bloquer là puis avoir la
grille d'analyse, et tout ça.
Ça fait que je pense qu'on
parle de quelque chose de très petit, qui est rare, avec des critères
évolutifs. Moi, je dirais : Faisons confiance au MFFP et à nos
successeurs. Ils vont trouver des bons critères, puis actuellement, comme le
MFFP le fait dans son travail régulier. Alors, est-ce qu'on s'inquiète trop? Je
vous lance ça en l'air. Est-ce qu'on s'inquiète trop de quelque chose de petit
et qui va évoluer de toute façon?
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le député. M. le député de
Jonquière.
M. Gaudreault : Non, on ne
s'inquiète pas... on ne s'inquiète pas trop de quelque chose de petit, parce
que c'est toujours quand il arrive un cas spécifique ou un cas qu'on n'avait
pas vu que, finalement, on se dit : Comment ça se fait qu'ils n'ont pas…
que les parlementaires du temps n'ont pas légiféré à ça? Je veux dire, moi, je
me souviens d'avoir déjà vu un gouvernement qui a voulu vendre un parc, tu sais,
le Mont-Orford. Bon, probablement que les gens qui l'ont créé n'aient pas pensé
ça, qu'un jour un gouvernement ferait ça, mais ça a existé, tu sais. Il y a
beaucoup de... Il y a beaucoup de cas.
Moi, ma question, c'est qu'en vertu de
l'article 11.1... bien, 6, là, qui introduit
article 11.1, quand
le ministre va acquérir de gré à gré ou accepter un don ou un legs pour
conserver, mettre en valeur la faune ou son habitat, ça peut être juste… Est-ce
que ça peut être juste en fonction des statuts qui suivent dans la loi? Parce
que, là, je vois, au
chapitre IV de la
Loi sur la conservation et la mise
en valeur de la faune, il y a des territoires structurés,
section V du
chapitre IV, les refuges fauniques,
chapitre IV.5, habitats fauniques. Donc, il y a des zecs, évidemment, il y
a des réserves fauniques, il y a des
refuges fauniques, il y a des habitats fauniques. Est-ce que, nécessairement,
les terrains dont on parle à 11.1 vont se qualifier dans un ou l'autre
de ces critères-là, de ces statuts-là? Je ne sais pas comment les appeler, là.
M. Dufour :
Bien, comme on le disait, là, «se [voit] octroyer un droit réel immobilier
nécessaire à la conservation et à la mise en valeur de la faune ou de son
habitat». Donc, ça peut faire affaire avec refuge faunique, habitat faunique,
on l'a précisé tantôt, les parcs, réserves. Comme je disais, le parc Taillon
est un exemple qui est vraiment... Ce n'est pas pour rien que ça a pris
25 ans, je pense. Donc, le parc Taillon est un exemple, là, justement, de
réussite, mais peut-être qu'avec un projet de loi comme ça, avec un
article
comme ça, on aurait pu accélérer certains éléments, là.
Gaudreault : Mais ce que je veux dire, c'est : à partir du moment
où 11.1 s'applique, ça découle nécessairement soit dans une... le terrain qui
est visé par 11.1 va nécessairement être... va nécessairement verser, je dirais, dans un statut soit de réserve faunique,
de refuge faunique ou d'habitat faunique. Est-ce qu'il pourrait être
transformé en zec? À moins de dire : On va le confier à un organisme,
ça, ce n'est pas pareil, là, mais réserve faunique, refuge faunique, habitat
faunique.
M. Dufour : Il n'est pas automatiquement
attribué à une démarche, c'est ce que ça fait
partie d'une démarche que
le ministère met en place pour aller acquérir un terrain pour pouvoir,
justement, élaborer un concept avec, là, ou... le concept qui est
potentiellement élaborable, là.
M. Gaudreault :
Ce que je veux dire, c'est que les questions qu'on se pose depuis tantôt, là,
est-ce qu'il ne faut pas plutôt les relier aux garanties qu'on a en vertu des
réserves fauniques, des refuges fauniques puis des habitats fauniques? Dans le
fond, ce que je veux dire, c'est qu'à partir du moment où 11.1 s'applique...
Parce que, là, on parle de critères, on parle de grilles, on parle de qu'est-ce
qui fait en sorte qu'on juge que c'est bon à la conservation ou... Moi, ce que
j'essaie de trouver comme piste, c'est : Est-ce que ce n'est pas les
critères des réserves fauniques, refuges fauniques, habitats fauniques qui
s'appliquent?
M. Dufour :
Je laisserais... répondre.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, Me Tremblay-Parent,
c'est ça?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : C'est bien ça. Bien, en fait, oui, là, il faut
voir l'article 11.1 comme un outil pour permettre, là, l'exercice
des attributions du ministère. Puis effectivement je dirais que la création de
refuges fauniques, là, et l'aménagement
d'habitats fauniques des animaux... en fait, de la faune, fait partie, là, des
attributions du ministre. Donc, c'est sûr que l'acquisition en soi ne peut pas
se faire si ce n'est pas pour l'exercice des fonctions du ministre. Puis c'est,
d'ailleurs, pour ça, là, qu'on précise qu'il faut que ce soit nécessaire pour
la conservation et la mise en valeur de la faune. Ça ne pourrait pas être à des
fins de spéculation foncière ou de d'autres éléments, là, ou de, finalement,
permettre un transfert rapide vers un autre ministère, là. Donc, évidemment, le
pouvoir du ministre est limité à ce qui est prévu, là, dans sa loi constitutive
puis la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, dont
notamment les habitats et les autres territoires structurés.
M. Gaudreault : Est-ce qu'on ne
devrait pas faire référence à ça, dans le sens de dire : Accepter en don
ou en legs tout bien immeuble nécessaire à la conservation et à la mise en
valeur de la faune ou de son habitat en vue de...
en vue d'en faire un territoire structuré ou un habitat faunique, selon les
termes du
chapitre IV ou du
chapitre IV.I, là, de la loi? En
tout cas, formuler… Donc, là, à ce moment-là, on vient baliser encore plus
l'acquisition. Et les critères qu'on ne peut pas avoir parce qu'ils n'existent
pas vraiment, c'est... il n'y a pas une grille écrite, il n'y a pas des critères écrits, bien, au moins, on vient qualifier un petit
peu plus ce qu'on est en train de faire à 11.1 en venant l'associer
directement soit à une réserve faunique, à un refuge faunique, à un habitat
faunique, qui, eux, ont des critères. Là, je
ne suis pas dans… je suis allé voir, tantôt, là, les... un petit peu, ce que ça
veut dire «réserve faunique», «refuge
faunique», «habitat faunique». Mais, au moins, ça nous donnerait, à l'intérieur
même de la loi, une procédure un petit peu plus balisée, là. Je ne sais
pas si je me fais bien comprendre, ou je parle dans le vide, là, je ne sais
plus.
M. Dufour : Bien, le ministère,
comme je l'ai dit tantôt, il n'acquiert pas des terrains pour le fun d'acquérir
des terrains. Donc, à la base, son mandat, c'est les refuges fauniques, les
habitats fauniques, les parcs. Ça va être à ça que ça va servir, là. C'est
comme si on essaie de mettre des mots additionnels dans le libellé du texte qui
ne viennent rien changer au bout de la ligne, parce que c'est déjà l'action que
le ministère fait. Puis admettons qu'on veut acquérir une parcelle de terrain
additionnel pour bâtir un bâtiment pour faire de la conservation de quelconque
élément, bien, il ne faut pas non plus se limiter à tout ça. Donc, je veux
dire, c'est... moi, je ne crois pas que l'élément que vous amenez permette
d'améliorer la situation de cet article-là.
La Présidente (Mme Grondin) :
...M. le député?
M. Gaudreault :
Bien, ça ne va pas, mais je n'ai pas d'autre chose à dire pour l'instant, là.
Je continue de réfléchir.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Quand vous faites l'évaluation d'un legs ou quand un terrain est intéressant,
suffisamment, pour faire un gré à gré, on disait tantôt qu'il y a une note de
service. Est-ce qu'il y a une réglementation qui est rattachée à ce qu'il faut
faire quand on évalue le terrain? Il y a-tu une forme de réglementation qui
dit : Bon, bien, un fonctionnaire va aller sur le terrain, va faire
l'évaluation, il faut que ça réponde à, on le disait tantôt, une grille? Mais
j'ai compris qu'il n'y avait pas de grille, mais il y a quand même probablement
certaines recommandations qui sont faites à partir de la valeur de ce que les
gens voient sur le terrain. Est-ce que c'est géré tout simplement par une note
de service, ou il y a une réglementation qui vient avec le principe qui
dit : Voici ce qu'il faut faire quand on a une offre de gré... de faire un
gré à gré, ou quand on a un legs, ou quand on a un don?
Bien, ça fait quelques fois que vous
dites : On n'achète pas pour le fun. Puis je vous le dis, c'est une
mauvaise expression, mais en même temps, je comprends ce que vous voulez me
dire quand vous me dites ça. Mais ça fait en sorte que vous vous assurez que
les choses sont faites correctement. J'ai vraiment… Je veux faire un lien avec
quelque chose d'autre, mais avant de faire ce lien-là, je veux être sûre que je
ne suis pas dans le champ pour rester dans le principe de legs puis de
territoire dans la question que je vous pose.
Donc, quand quelqu'un vous fait une offre, qu'il
appelle au ministère et qu'il dit : On a un terrain qui pourrait être intéressant, on est prêt à le céder
gré à gré, ou on est une famille, on a un territoire x, y, z, on a
l'intention de faire un legs ou un don,
comment se fait cette évaluation-là? Et j'ai compris qu'il y a une consultation
au ministère de l'Énergie, ça, j'ai compris, mais avant, j'imagine que
vous faites une évaluation. Comment ça se fait, cette évaluation-là? Juste pour
bien comprendre.
M. Dufour : Je laisserais la
sous-ministre répondre à cet élément-là, parce qu'on est rendus vraiment dans
les détails à l'intérieur même du ministère et non au niveau du projet de loi.
Mme Charbonneau :
Oui, tout à fait.
La Présidente
(Mme Grondin) : Allez-y...
Mme Paquette
(Élise) : Effectivement, c'est tellement dans le métier du professionnel, là, qui va
effectivement regarder tous les aspects qu'on a nommés tantôt. J'ai comme le
sentiment qu'on a comme un peu répondu depuis tantôt. Ça fait que je vais
essayer de le redire. Un peu comme le ministre l'a dit, quand qu'on acquiert,
c'est vraiment pour réaliser notre mission, la mise en oeuvre de notre loi. À
ce moment-là, on va regarder qu'est-ce que c'est que le terrain. Donc, il va y
avoir un examen. Habituellement, on appelle ça... on va marcher le terrain,
dans nos mots, puis on va aller voir qu'est-ce qu'on y retrouve, est-ce qu'il y
a des espèces menacées vulnérables, est-ce que ça peut être intéressant pour la
collectivité, est-ce que... tu sais, tous les critères qu'on peut avoir dans
notre tête, parce qu'on travaille au ministère, en lien avec notre mission. On
dit : Est-ce que c'est un plus pour le ministère? Tu sais, je résume dans
mes mots.
Et puis, si on dit oui, bien là, c'est sûr qu'il
y a une analyse. Tu sais, un professionnel, il va rédiger, il va mettre des
arguments. Puis il y a une
section Analyse, dans la note, puis une
section
Recommandations. Puis il va mentionner s'il y a des enjeux, tu sais, il va
dire est-ce qu'il y a des enjeux ou pas. Mais c'est certain que c'est pour
les fins de notre mission et de l'accomplissement de notre loi, et puis c'est
la façon de faire, là. Puis il y a vraiment une expertise qui est développée au
ministère parce qu'on le fait souvent puis on a souvent des dons ou des legs.
La seule chose, c'est que, pour y arriver, il
fallait passer par le MERN, le ministère Énergie et Ressources naturelles,
puis, pour nous, cette modification-là à la loi est une simplification
administrative. Elle nous donne plus les coudées franches puis de pouvoir aller
plus rapidement acquérir un terrain pour lequel on considère qu'il y a de la
valeur puis un intérêt. On pensait que c'était comme une bonne nouvelle, là, tu
sais.
Mme Charbonneau :
Oui, oui, oui, vous avez raison. Tout ce qui fait qu'on peut simplifier la vie
des ministères, ça peut être considéré comme une bonne nouvelle. Mais je vous
donne l'exemple que j'avais en tête, c'est-à-dire qu'il y a des critères pour
reconnaître une zone humide, mais, à partir du moment où le ministère passe sur
le territoire, tout d'un coup, l'évaluation, c'est que ce n'est pas
suffisamment une zone humide. Donc, c'est pour ça que je disais : C'est-tu
par un règlement? C'est-tu par une liste de critères?
Puis vous avez raison, vous avez répondu
plusieurs fois à cette question. Mais, dans le fond, c'est dans la façon de
faire, des fois, qui fait que l'inquiétude chez les députés qui ne vont pas...
ou qui doivent travailler le projet de loi suscite un intérêt, parce qu'on se
dit : Bien, pourtant, quand on a pensé aux zones humides, au ministère de
l'Environnement, on avait vraiment une visée logique, puis la volonté était là
de protéger les bons endroits pour les bonnes raisons. Mais, après qu'un fonctionnaire
passe avec une grille, qui est réglée par une réglementation, bien, tout d'un
coup, ce n'est plus reconnu comme une zone humide, et la volonté du milieu,
elle est un peu bousculée.
Mais tout ce qui fait en sorte qu'on simplifie
les choses puis qu'on peut aller, comme le disait le ministre un peu plus tôt,
un peu plus vite dans nos démarches, bien, c'est tant mieux, parce que,
souvent, les milieux attendent longtemps pour que les choses se fassent. Donc,
c'est plus dans cette perspective-là. Donc, ce n'est pas par une
réglementation, c'est vraiment par des notes explicatives que les critères se
déterminent, que l'évaluation se fait et que vous, par la suite, consultez le
ministère de l'Énergie. Un coup que j'ai bien compris, la vie est bonne, mais
il faut vraiment que j'aie bien compris avant de continuer. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, y a-t-il d'autres interventions sur cet article? M. le député de
Jonquière.
M. Gaudreault : Oui. Toujours
dans le même esprit que j'intervenais tout à l'heure, je m'aperçois que, dans
le projet de loi, entre autres à partir des articles 59, on vient modifier
les articles 122, et suivants, là, 122, 122.1, 122.2, 122.3, où l'on parle
vraiment des refuges fauniques. Bon, et un refuge faunique peut être créé à
partir d'une acquisition de gré à gré, ou de don ou de legs, c'est ce qu'on a
établi tantôt. Alors, moi, ce que je propose, c'est qu'on suspende l'adoption
de 6. On va continuer le projet de loi, puis, quand on aura traité de ces
articles-là, 59 et suivants, qui introduisent 122 et compagnie, puis il y en
d'autres, là, parce que, là, j'ai regardé vite, mais il y en a d'autres, bien
là, on aura bien déterminé ce qu'est un habitat faunique. On aura bien
déterminé un refuge faunique, on aura peut-être des… échangé un peu plus sur
les critères, bien là, on verra peut-être si on revient en arrière pour
modifier 11.1 ou si on l'adopte tel quel. Mais c'est comme si… c'est parce que,
là, on nous demande d'adopter 11.1, mais il
nous manque des éléments. Puis ces éléments-là sont entre autres dans les
articles dont je vous parle. Ça fait qu'on peut peut-être le mettre de
côté, continuer le travail, puis on fera un lien, dans ces articles-là, quand
on y arrivera, avec 11.1. En tout cas, moi, c'est une proposition que je fais,
là. Peut-être, ça nous aiderait à mieux comprendre où on s'en va avec
l'article 6 qui introduit 11.1, quand on aura discuté de l'ensemble de
l'oeuvre plus tard.
M. Dufour : Oui. C'est qu'il
faut... Il faut juste faire attention. Je comprends le député de Jonquière dans
les articles qu'il mentionne, mais, dans l'article actuel, là, c'est pour
enlever un élément de processus. C'est ça qu'il faut comprendre, là, c'est
d'enlever un élément de processus qui, actuellement, ne permet pas au MFFP de
faire ce gré à gré là, c'est… il faut que… c'est le MERN qui fait ce
travail-là. Donc, je ne vois pas pourquoi que cette adoption-là cause une
problématique. Dans la définition que vous dites, au niveau des refuges
fauniques, des éléments habitats fauniques qui sont peut-être plus établis dans
certains articles un petit peu plus loin, je pense que, là, il y a peut-être
prise de conscience, mais dans le libellé actuel de cet article-là, c'est
vraiment de déléguer au MFFP la possibilité d'être en premier niveau et non
d'être obligé d'être en dessous du MERN. Donc, je ne vois pas le rapport de
retarder l'acceptation de cet article-là versus plus loin. Par contre, plus
loin, s'il y a des éléments à ajuster, bien, au niveau de la dimension des
habitats fauniques, ça serait beaucoup plus adéquat peut-être.
M. Gaudreault : Oui, bien, je
comprends ce que le ministre veut dire, mais c'est parce que... Moi, je trouve
que c'est une avancée, là, puis c'est correct, là, comme dit le ministre,
d'enlever une étape dans le processus d'acquisition. J'aime mieux que ça soit
le ministère de la Forêt, Faune et Parcs qui puisse le faire directement ou, en
tout cas, plus directement que d'être obligé de passer par le ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles. Ça, je comprends ça. Mais, justement,
vu que c'est un nouveau pouvoir important, je veux être sûr de bien le
comprendre, puis qu'il puisse le faire, puis qu'il ait réellement tous les
outils pour le faire. Alors, moi, c'est dans cette optique-là, là. Je veux
dire, j'ai compris ça, là, que c'est d'enlever des étapes, c'est de passer
directement par le ministère des Forêts, Faune et Parcs plutôt que de passer
par le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles. Mais, je dirais, à
plus forte raison, parce qu'on est d'accord avec ça, il faut s'assurer que ça
ne se fasse pas n'importe comment. Puis c'est dans cette optique-là que moi, je
propose qu'on le suspende. Ça ne change rien. On va clarifier la question des
habitats fauniques et des autres territoires — comment qu'on les appelle, là — spécifiques
ou les territoires structurés puis on reviendra à 11.1. Ça n'enlève pas ça, là.
La Présidente
(Mme Grondin) : J'aurais, donc, besoin d'un consentement
ou… Est-ce qu'il y a…
M. Dufour : Je vais vous
demander un ajournement, madame, pour... Mme la Présidente, pour en discuter
avec mes collègues.
La Présidente
(Mme Grondin) : De toute façon, M. le ministre, je vais…
M. Dufour :
Ah! il est 13 heures.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, compte tenu de l'heure, je suspends les travaux jusqu'à
14 h 30.
(Suspension de la séance à 13 heures)
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, votre attention, s'il vous plaît! La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 88, Loi modifiant la
Loi sur la conservation et la mise en valeur
de la faune et d'autres dispositions législatives.
Lors de la suspension de nos travaux, cet avant-midi,
nous en étions à l'étude de l'article 6. Nous avions donc une proposition
de suspendre l'article 6. J'aurais besoin d'un consentement, s'il y a
lieu.
M. Dufour : Pas de consentement
pour tout de suite.
La Présidente (Mme Grondin) : Il n'y a pas de consentement. Donc, y a-t-il d'autres interventions
sur l'article 6? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Je sais qu'habituellement il n'y a pas
d'explication pour pas consentement, mais, cette fois-ci, là, la volonté du
député de Jonquière, c'était vraiment pour s'assurer qu'au moment où l'article 6 serait adopté on aurait
fait un peu le tour. Donc, je comprends qu'on va revenir,
éventuellement, toujours sur le même sujet,
parce qu'à partir du moment où on ne suspend pas, bien, ça complique les
articles qui vont retoucher cet
aspect-là, mais j'imagine que le ministre en est conscient. C'est tout. Ce
n'est pas plus compliqué que ça.
M. Dufour : Bien, c'est parce
que le... c'est pour ça que j'aimerais ça avoir la chance de rediscuter
quelques minutes avec le député de Jonquière,
lorsqu'il sera présent, donc, de là la raison pourquoi qu'il n'y avait pas de
consentement. Ça ne me dérange pas de le préciser, là, la raison.
Puis on aura
aussi une explication additionnelle du juriste, qui voudra bien peut-être faire
une petite définition, encore là, additionnelle sur l'aspect legs, je
pense que c'est important de le préciser. Puis, après ça, bien, on pourra
écouter, si le député de Jonquière a quelque chose à ajouter.
La Présidente
(Mme Grondin) : Mme la députée.
Mme Charbonneau :
Donc, si vous me le permettez, Mme la Présidente, puisque vous êtes
probablement à l'aube de le demander, on devrait du moins attendre pour passer
au vote sur l'article. Donc, peut-être juste le suspendre jusqu'à tant qu'on
ait, je vais dire, l'ensemble des participants, pour ne pas nommer ceux qui
sont présents ou pas présents. Parce que, vous avez une explication à faire,
puis je sens que c'est une explication qui va au moins nous donner un sens à
votre volonté, donc, si on prend le vote maintenant, on va éteindre la
possibilité de revenir sur le principe de.
Donc, si vous permettez, Mme la Présidente,
je le suspendrais, mais juste... pas pour ad vitam, jusqu'à tant que l'ensemble
des membres de la commission soient là pour entendre les explications.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, j'ai toujours besoin d'un
consentement. Y a-t-il consentement?
M. Dufour : Pour... Le
consentement serait sur?
La Présidente
(Mme Grondin) : Pour le suspendre, le temps que l'ensemble
des…
Mme Charbonneau : Juste le temps que tout le monde soit là pour
entendre l'explication que vous avez à nous livrer.
M. Dufour : Moi, je serais d'accord
pour le consentement, parce que je pense que c'est important, on est dans un
article qui aura peut-être une incidence sur le restant du projet de loi. Mais
c'est sûr que, dans un délai de temps, il
est présentement et trente-cinq, je ne donnerais pas plus qu'à et
quarante-cinq. À un moment donné, il faut aussi…
Mme Charbonneau :
Mais, une précision, Mme la Présidente?
La Présidente
(Mme Grondin) : Nous pourrions poursuivre à l'article
suivant.
Mme Charbonneau :
Exactement. On va poursuivre, là, oui, oui.
La Présidente
(Mme Grondin) : On suspend, le temps que l'ensemble des…
Mme Charbonneau :
On va poursuivre, mais on ne votera pas tout de suite sur l'article 6.
La Présidente
(Mme Grondin) : Ça...
La Présidente
(Mme Grondin) : J'ai donc
consentement pour suspendre de façon… à court terme...
M. Dufour : Oui, court terme,
exactement.
La Présidente
(Mme Grondin) : ...l'article 6?
Mme Charbonneau :
Des voix : Ha, ha, ha!
Des voix : Ha, ha, ha!
La Présidente
(Mme Grondin) : Et donc, est-ce que je... nous pouvons
reprendre l'étude de l'article 6?
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, nous allons reprendre l'étude de
l'article 6. Je crois, M. le ministre, que vous souhaitiez répondre?
M. Dufour : Oui. Bien, comme je
disais, on aurait… je pense que c'est important de… de deux choses,
premièrement, de permettre au juriste de pouvoir peut-être… un petit peu pour
compléter peut-être l'information que vous parliez tantôt sur l'histoire de
qu'est-ce qu'un legs. Donc, je laisserais le juriste, si vous voulez bien, vous
répondre, M. le député de Jonquière.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, j'aurais besoin d'un consentement. Nous… Et j'ai donc un
consentement. Monsieur... Maître, veuillez vous présenter à nouveau, s'il vous
plaît.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Gabriel Tremblay-Parent, ministère de la Justice du Québec.
Oui. En fait,
il y a eu certaines questions qui ont été posées, là, à savoir si c'était
possible... en fait, s'il y avait, dans un legs ou dans un contrat de
vente qui était conclu, là, en vertu de l'article 11.1, si,
éventuellement, le ministre… en fait, le
terrain ou le droit, là, n'était plus nécessaire pour la conservation de la
faune, ou de son habitat, ou de la mise en valeur de la faune, est-ce
que les conditions, un droit de premier refus ou le genre de condition qui
permet, qui obligerait le ministre à réoffrir le terrain au légataire ou au
vendeur, est-ce que le ministre serait tenu de respecter ces conditions-là. La
réponse, c'est oui, effectivement, là, il y a très souvent, là, dans ce type de
contrat là, les legs en particulier, là, ce genre de condition là.
Et puis — même, vérification faite, là,
auprès des notaires de ma direction, là, qui voient plus fréquemment que moi,
là, ce type de contrat là — bien,
il y a des clauses de ce type-là, et ça devrait être respecté, là, par le ministre,
là, avant de céder, au ministre responsable des Terres du domaine de l'État, le
terrain en vertu du deuxième alinéa de cet article-là.
La Présidente
(Mme Grondin) : Est-ce que, M. le
député de Jonquière, ça va?
M. Gaudreault : Bien, ça veut
dire, donc, en clair, que, quelqu'un qui fait un legs d'un terrain au ministère
des Forêts, Faune et Parcs en disant :
Moi, c'est à des fins de conservation, mise en valeur de la faune ou de son
habitat, le ministère est tenu de respecter
cette condition-là et de… Il ne peut pas changer la destination du terrain,
autrement dit?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
En fait, c'est le gouvernement qui serait tenu, là, parce que le ministre est
un représentant, donc, qu'il soit en... dans les mains du ministre des Forêts,
de la Faune et des Parcs ou du MERN, cette condition-là devra être respectée.
M. Dufour : C'était le
complément d'information qu'on voulait apporter.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, y a-t-il d'autres interventions sur
l'article 6?
M. Gaudreault : Bien, moi,
j'avais posé la question tout à l'heure. J'avais fait la proposition plutôt de
le suspendre jusqu'à ce qu'on avance plus dans le projet de loi. J'ai entendu
le ministre, bon, ne pas vouloir faire ça. Je ne sais pas s'il a changé d'idée,
entre son sandwich puis son dessert, tout à l'heure.
La Présidente
(Mme Grondin) : Nous avons convenu et on n'a pas
consentement pour suspendre l'article.
M. Gaudreault : Ah! O.K., c'est
beau.
M. Dufour : …Mme la
Présidente, j'aimerais ça demander une suspension quelques instants.
La Présidente
(Mme Grondin) : Parfait. Donc, nous allons prendre une
pause quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 41)
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, nous reprenons nos travaux. Donc,
nous en étions toujours à l'article 6. M. le député de Jonquière,
vous proposez une suspension de l'article 6?
M. Gaudreault : Bien, je ne
sais plus trop, c'est quoi, la bonne expression, là. De suspendre son adoption,
le... puis on continue de progresser. Puis, après ça, quand on arrivera aux articles
qui concernent les différents statuts, là, que ce soient réserve faunique,
habitat faunique, etc., bien, là, on va avoir l'ensemble de l'information puis
on va pouvoir, le cas échéant, peut-être revenir à l'article 6
introduisant 11.1. Mais moi, je me sentirais plus sécure, comme parlementaire,
si on se donnait cette marge de manoeuvre là.
Et peut-être ça permettrait, d'ici là, aux
employés de... du ministère ou au sous-ministre, et compagnie, de produire,
pour les fins de la commission, des... un petit peu plus, sans que ça soit
exhaustif... un certain nombre de critères objectifs qui guident le ministère
dans ses travaux quand ça vient le temps de... d'évaluer le nécessaire...
conservation... mise en valeur de la faune, puis on pourra le déposer dans les documents
de la commission.
Alors, moi, c'est mon souhait. Puis on verra à
ce moment-là.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Donc, j'aurais besoin d'un consentement pour suspendre l'article 6.
Des voix : Consentement.
M. Dufour : Consentement pour
suspendre, oui.
La Présidente (Mme Grondin) :
Parfait. Donc, nous avons consentement. Nous allons poursuivre avec
l'article 7. M. le ministre, je vous invite à en faire la lecture.
M. Dufour : Oui. Donc,
l'article 12 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, partout où ceci se
trouve, de «visé à l'article 3» par «du ministère des Ressources
naturelles et de la Faune visé aux articles 3 et 13.1 et au troisième
alinéa de l'article 128.2»; et
2° par l'insertion, dans le deuxième alinéa et
après «peut», de «injurier, harceler, intimider ou».
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M. le
ministre. Est-ce que vous allez lire les commentaires? Oui, effectivement.
Parfait.
M. Dufour : Oui. Donc, au
niveau des commentaires, donc : l'article 7 vise d'abord à préciser
que l'infraction prévue à l'article 12 de la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune s'applique dans les situations qui impliquent tous les fonctionnaires qui exercent un rôle
d'inspection et de surveillance en vertu de cette loi.
Cet
article vise également à élargir la portée
de l'article 12. En effet, l'article 12 modifié prévoit qu'une
personne ne peut injurier, intimider ou harceler l'une des personnes visées. À
l'heure actuelle, le deuxième alinéa de l'article 12 interdit uniquement
le fait d'entraver le travail des personnes visées.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci,
M. le ministre. Y a-t-il
des interventions? Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Mme la Présidente, dans tous les travaux qu'on a eus, on a souvent eu des
gens qui ont remercié le ministre pour l'aspect chien de sang. Moi, je veux
prendre quelques secondes pour dire : Toute forme d'intimidation devrait
être dénoncée. Puis je trouve que c'est une très bonne idée de l'inclure dans
la loi pour dire que ça ne serait pas accepté, que ça ne serait pas toléré, et
qu'il y aurait un aspect punitif si la situation se crée. Je pense qu'il faut
protéger notre monde. Puis il faut écrire, partout où est-ce qu'on peut
l'écrire, que ça ne sera pas toléré, donc j'apprécie le fait qu'on ait écrit
dans la loi que personne n'a le droit d'être intimidé. C'est tout.
Présidente (Mme Grondin) : Merci,
Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 7? Je
vais... M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Donc, je comprends que, le premier alinéa, c'est plus de la concordance par
rapport à la modification, je pense, qu'on a incluse — je ne
sais plus dans quel article, là, il y a quelques articles — qui
était concernant les responsables directs du... des agents de la faune, là.
C'est ça, hein? Donc, ça, c'est de la concordance pour s'assurer qu'ils sont
couverts?
M. Gaudreault :
Puis, le deuxième alinéa, moi, je veux dire, ça me sidère, là. Qu'on soit
obligés de préciser qu'on ne peut pas injurier, harceler et intimider, moi, je
pense qu'«entraver» devrait couvrir ça. Ceci étant dit, je comprends qu'il faut
l'ajouter.
Puis, sans l'écrire
dans la loi, dans mon esprit, ça couvre les réseaux sociaux. On en parle
beaucoup, de ce temps-ci, là, de l'intimidation par les réseaux sociaux, là,
mais, tu sais, il peut arriver quelqu'un qui identifie l'agent de la faune puis
il le retrouve sur les réseaux sociaux puis qu'il lui envoie une poignée de
bêtises ou du harcèlement, ou de l'intimidation, ou des injures par les médias
sociaux. Alors, je ne sais pas, si on... s'il faudrait l'ajouter, «nul ne peut
injurier, harceler, intimider, incluant sur les réseaux sociaux, ou entraver
volontairement un agent de protection de la faune», bla, bla, mais, pour moi,
ça va être un phénomène qui va être de plus en plus... si ce n'est pas déjà
existant. Parce que, l'agent de la faune, il doit avoir une petite badge avec
son nom, tu sais.
M. Gaudreault :
Oui, il faut qu'il s'identifie. Donc là, après ça, la personne, le justiciable,
lui, il retient son nom, il va le trouver sur Facebook ou... puis il lui envoie
une poignée de bêtises par Messenger, puis ça devient du harcèlement par les
réseaux sociaux. Alors, pour moi, ça devrait couvrir ça aussi. Je ne sais pas
si c'est suffisant en le disant comme ça ou s'il faut le préciser, mais, pour
moi, ça, c'est important.
M. Dufour :
Bien, si vous me permettez, c'était un point, justement, que, nous aussi, on
avait soulevé lorsqu'on avait eu à discuter du texte à l'époque. Et je peux
peut-être laisser le juriste le confirmer officiellement, mais, nous, ce que...
on nous a vraiment confirmé que ça incluait automatiquement toute intimidation
de tout acabit, donc provenant des médias sociaux, y compris.
Si vous voulez
prendre la parole. Mme la Présidente?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, consentement? Oui. Donc,
maître.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien oui, effectivement, là, ça ne précise pas que c'est
dans la forêt comme telle ou... Donc, tu sais, toute source d'intimidation, là,
qui pourrait être faite à l'égard d'une des personnes visées, que ce soit même,
là, dans d'autres sphères de sa vie, là, serait visée par l'infraction.
Présidente (Mme Grondin) : Ça va, M. le député?
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il
d'autres interventions sur l'article 7? Je vais donc procéder à la mise
aux voix de l'article 7. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Oui. Veuillez répondre pour, contre ou abstention. M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Mme Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire : Et Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Présidente
(Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'article 7 est adopté.
Nous poursuivons avec l'article 8. Je sais que, M. le ministre, vous,
vous souhaitez déposer un amendement, je vais vous inviter toutefois à lire
d'abord l'article 8, tel qu'il est inscrit dans le projet de loi, et, par
la suite, vous pourrez déposer votre amendement.
M. Dufour : Oui. Parfait. Donc,
l'article 8. Donc : «Un agent de protection de la faune ou un
assistant à la protection de la faune peut, à toute heure raisonnable, pénétrer
sur un terrain ou dans un endroit autre qu'une maison d'habitation, dans un
véhicule, une embarcation ou un aéronef lorsqu'il a raison de croire à la
présence d'un animal, d'un poisson, d'un invertébré, d'un sous-produit de la
faune, de la fourrure, d'un objet pouvant servir à chasser ou piéger un animal,
d'une espèce [floriste] menacée ou vulnérable ainsi désignée en vertu de la Loi
sur les espèces menacées ou vulnérables
(chapitre E-12.01) ou de documents afférents à l'application de la
présente loi et de ses règlements ou d'une autre loi ou règlement qu'il
est chargé d'appliquer, en vue d'en faire l'inspection. Il peut être accompagné
par un fonctionnaire du ministère des Ressources naturelles et de la Faune
autorisé par le ministre à cette fin.
«L'agent, l'assistant ou le fonctionnaire du
ministère des Ressources naturelles et de la Faune qui l'accompagne peut
pénétrer dans une maison d'habitation sans le consentement du propriétaire, du
locataire ou de celui qui a la garde des lieux uniquement lorsqu'il a raison de
croire à la présence d'un animal ou d'un invertébré pour lequel le gardien doit
être titulaire d'un permis en vertu d'une loi ou d'un règlement dont un agent
de protection de la faune est chargé de l'application.
«L'agent, l'assistant ou le fonctionnaire du
ministère[... ministre] des Ressources naturelles et de la Faune qui
l'accompagne, identifiable à première vue comme tel selon les moyens déterminés
par le ministre, peut exiger de toute personne qu'elle immobilise le véhicule,
l'embarcation ou l'aéronef visé par l'inspection. Cette personne doit se
conformer sans délai à cette exigence.
«L'agent, l'assistant ou le fonctionnaire du
ministère des Ressources naturelles et de la Faune qui l'accompagne peut, dans
le cadre de l'application du présent
article :
«1° ouvrir tout contenant ou exiger de toute
personne qu'elle ouvre tout contenant sous clé, dans lequel il a raison de
croire que se trouve un animal, un poisson, un invertébré, un sous-produit de
la faune, de la fourrure, un spécimen d'une espèce floristique visée au premier
alinéa de même que tout objet ou document visé à cet alinéa;
«2° prendre connaissance ou exiger des
renseignements et des documents, pour examen ou reproduction;
«3° prendre des échantillons d'un animal, d'un
poisson, d'un invertébré, d'un sous-produit de la faune, d'une fourrure ou d'un
spécimen d'une espèce floristique visée au premier alinéa;
«4° prendre des photographies et réaliser un
enregistrement sonore ou visuel;
«5° exiger de
toute personne présente sur les lieux toute l'assistance possible dans
l'exercice de ses fonctions.»
Commentaires : l'article 8 ajuste les
pouvoirs d'inspection accordés à un agent de protection de la faune, à un
assistant à la protection de la faune ou à un fonctionnaire qui les accompagne.
La principale modification vise à encadrer les
circonstances dans lesquelles un agent de protection de la faune, un assistant
à la protection de la faune ou un fonctionnaire qui les accompagne peut
pénétrer dans une maison d'habitation pour procéder à une inspection sans le
consentement du propriétaire. Pour ce faire, il doit avoir raison de croire à
la présence d'un animal ou d'un invertébré pour lequel le gardien doit être
titulaire d'un permis en vertu de la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune et de ses règlements.
Cet
article vise également à prévoir qu'un
fonctionnaire peut accompagner un agent de protection de la faune ou un
assistant à la protection de la faune lorsqu'il est autorisé à cette fin par le
ministre. En effet, les agents de protection
de la faune ou les assistants à la protection de la faune ont souvent besoin du
soutien technique et scientifique d'un expert du ministère des Forêts,
de la Faune et des Parcs.
Cet
article vise aussi à effectuer des ajustements
terminologiques afin de refléter l'emploi de nouveaux moyens technologiques
lors des inspections.
Dans l'esprit de la Loi concernant le cadre
juridique des technologies de l'information,
chapitre C-1.1, la
reproduction des documents permettra aux personnes autorisées d'utiliser tous
les dispositifs nécessaires qu'elles apportent ou qui se retrouvent sur place
pour reproduire les documents qui s'y trouvent, notamment des écrits ou des
photos, avec l'assistance nécessaire des personnes qui se retrouvent sur les
lieux.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, vous souhaitez déposer un amendement à
cet article?
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, il est affiché, il est sur... déjà
sur le Greffier, déposé sur le Greffier, mais il est affiché ici dans la salle.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, je vous invite à en faire
la lecture.
M. Dufour : Oui. Deux petites
secondes. Je pense que je l'ai même dans mes copies, ici, avec moi. Non, ici.
Donc, l'amendement : Insérer, dans le
deuxième alinéa de l'article 13.1 de la
Loi sur la conservation et la mise
en valeur de la faune proposé par l'article 8 de ce projet de loi et après
«invertébré», «qui représente un risque pour la faune ou son habitat ou pour la
santé ou la sécurité des personnes et».
Donc, aperçu de la modification proposée :
L'article 13.1 de cette loi est modifié
par le remplacement des quatre premiers alinéas par les suivants :
«Un agent de
protection de la faune ou un assistant à la protection de la faune peut, à
toute heure raisonnable, pénétrer sur
un terrain ou dans un endroit autre qu'une maison d'habitation, dans un
véhicule, une embarcation ou un aéronef…»
La Présidente
(Mme Grondin) : …pas nécessaire de relire.
M. Dufour : …je m'excuse. Cet
amendement vise à limiter les inspections dans les maisons d'habitation aux cas
où l'agent, l'assistant ou le fonctionnaire du ministère des Ressources
naturelles et de la Faune qui l'accompagne a raison de croire à ce que l'animal
ou l'invertébré qui s'y trouve représente un risque pour la faune ou son
habitat ou pour la santé ou la sécurité des personnes.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci beaucoup, M. le ministre. Donc
là, nous allons discuter de l'amendement que vous souhaitez déposer et, par la
suite, on reviendra à l'article. Donc, y a-t-il des interventions sur l'amendement
proposé par le ministre? Il n'y a donc aucune intervention? Je pourrais
procéder à la mise aux voix de l'amendement ou je vais trop vite? Donc, c'est…
Ça va, M. le député de Jonquière? Vous…
M. Gaudreault : Oui. C'est
parce que, je ne sais pas, si on peut juste… L'écran, il est comme trop… trop petit ou le texte est trop gros, je ne sais pas.
J'essaie d'aller le chercher sur Greffier, là, puis je gosse un peu, là.
Peux-tu juste le monter un peu? Oh mon Dieu! O.K.
La Présidente
(Mme Grondin) : C'est beau? Parfait. Donc, je vais
procéder à la mise aux voix de l'amendement. Mme la secrétaire, s'il vous
plaît, par appel nominal.
La Secrétaire : Oui. M. Dufour
(Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Mme Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire : M. Gaudreault
(Jonquière)?
La Secrétaire : Et Mme Grondin
(Argenteuil)?
La Présidente (Mme Grondin) :
Abstention. Donc, l'amendement à l'article 7... 8, pardon... C'est bien
ça, hein? L'amendement à l'article 8 — je
suis désolée — est
adopté. Nous revenons donc à l'article 8 tel
qu'amendé. Y a-t-il des commentaires ou des interventions?
Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Au début de l'article, dans le premier alinéa,
«Un agent de protection de la faune ou un assistant [de] la protection de la
faune peut, à toute heure raisonnable», ça ressemble à quoi, une heure
raisonnable? Je suis sûre que vous avez eu le même instinct quand vous avez lu
votre propre loi, mais, ça ressemble à quoi, une heure raisonnable?
M. Dufour : Bien, ce qu'on dit toujours,
c'est une heure raisonnable, là, c'est naturellement quand on est en dehors des
heures de nuit, en principe, là. Mais naturellement que l'objectif derrière cet
élément-là, c'est vraiment le bien-être animal, donc c'est de pouvoir
intervenir. Je pense qu'il y des exemples quand même intéressants qu'on pourra
discuter, là, tant au travers de ça, là, mais je pense qu'il y a des… on l'a vu
l'année dernière, entre autres, avec certains zoos et on l'a vu aussi avec,
voilà quelques années, la MDC. Donc…
Mme Charbonneau :
Puis est-ce que votre définition de nuit, c'est la même définition qu'il y a
dans la loi que... qui... qu'on a devant nous, c'est-à-dire 30 minutes — si je
me souviens bien, c'est 30 minutes après le coucher du soleil — est-ce que c'est la définition qu'on utilise quand on dit : Les heures de la
nuit, ou si on a une heure précise?
M. Dufour : Je laisserais le
légiste répondre à cet élément... le juriste, juriste.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Bien, en fait, l'objectif, c'est de parler plutôt d'heure raisonnable, là.
Donc, tu sais, je pense qu'on... il ne faut pas se rattacher à la lumière du
jour comme telle, là, mais plutôt… parce que des inspections pourraient se
faire en soirée, là. Mais, l'idée, c'est de ne pas réveiller. On n'est pas dans
un processus, là, de perquisition, là, on est dans un processus d'inspection,
donc c'est de s'assurer, là, de ne pas faire ça en pleine nuit, là, pour
déranger la personne concernée.
Mme Charbonneau :
Merci. Auparavant, quand on regardait les responsabilités des agents de la
faune, du fonctionnaire ou de la personne reconnue comme agent de la faune, il
y avait toujours une identification. Quand un agent de la faune est accompagné
d'un assistant, pour des raisons comme vous l'avez bien spécifié, là, qui... où
on doit regarder de façon plus spécifique certains aspects, est-ce qu'il a la
même obligation de se présenter et de s'identifier? Et, si tel est le cas, il
le fait de la même façon, avec une… je dis tout le temps un badge, là, c'est
un… je m'excuse pour tous ceux qui vont m'appeler pour me dire que ce n'est pas
français, mais avec une identification, permis de conduire ou quelque chose,
là, qui…
M. Dufour : Toute interaction
entre un individu et un propriétaire que… sur lequel on irait sur place, tous
les... tout le personnel doit s'identifier. Que ça soit un biologiste, un
vétérinaire, il doit s'identifier.
Mme Charbonneau :
Même s'il accompagne un agent de la faune?
M. Dufour : En accompagnant
l'agent de la faune, exactement.
Mme Charbonneau :
Super. Est-ce qu'à partir du moment où je suis un fonctionnaire... puis c'est…
encore une fois, ce n'est pas parce que j'ai une image préconçue, mais je veux
m'assurer qu'on fait les choses correctement, mais,
si je suis un fonctionnaire, je ne suis pas habillé comme un agent de la faune,
je ne suis pas… on ne me détecte pas aussi
facilement peut-être. Puis peut-être que vous pourrez me corriger sur cet aspect-là,
mais est-ce qu'il y a une différence dans l'intervention? Est-ce qu'on a
circonscrit un peu le rôle du fonctionnaire par rapport à cette… ce mot-là, la
substitution du rôle de l'agent de la faune?
Donc, si je suis un agent de la faune, dans ma
tête, l'image que j'ai de l'agent de la faune, c'est qu'il a une espèce de… je ne veux pas dire «costume», là, mais
il a un habit qui l'identifie, avec une chemise puis son nom dessus ou
quelque chose comme ça. Mais, si je suis un fonctionnaire qui doit prendre, à
pied levé... ou qui prend la substitution du rôle, est-ce qu'on a bien
circonscrit mon rôle pour s'assurer que mon intervention sera… Elle va
nécessairement bousculer, parce que je m'impose sur le terrain de quelqu'un,
mais elle sera comprise et bien expliquée à la personne chez qui je vais me
présenter? Parce que, là, on est toujours à l'extérieur ou à l'intérieur d'un
véhicule qui peut bouger, donc un aéronef, une chaloupe ou une voiture, là,
mais on n'est pas dans une maison.
M. Dufour : Il faut ne jamais
oublier, hein, la terminologie de fonctionnaire, on l'a vue lors de
l'article 1, je pense qu'on en a parlé, donc le fonctionnaire est vraiment
la personne qui est en autorité sur, mettons, les agents de la faune. Donc, lui
aussi, il a un habillement, O.K.? Donc... Et c'est sûr et certain que c'est
très rare. Historiquement parlant, je ne pense pas qu'on a déjà vu ça, le grand
chef arriver seul sur une intervention. Il va arriver avec son équipe de
travail, automatiquement.
Mme Charbonneau :
Et je vous dirais même que ça ne serait pas sécuritaire, si je fais une
intervention où je pense que je vais être un
peu en contact avec quelqu'un d'autre qui ne sera pas agréable, d'arriver là
seule, vous avez raison.
Mme Charbonneau :
Ça va pour moi, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Grondin) : Parfait. Donc, M. le député de
Jonquière.
M. Gaudreault : On a reçu un
mémoire du Protecteur du citoyen qui faisait la recommandation 1, puis
c'est ça que je recherche, là, pendant que je vous parle.
Je l'ai : «Que l'article 8 du projet
de loi n° 88 soit modifié afin de préciser qu'à moins d'une situation urgente risquant de porter atteinte à la santé, à
l'intégrité ou à la vie d'une personne, d'un animal, d'un invertébré,
d'un habitat, de l'environnement, ou encore
à l'intégrité de la preuve, l'agent ou l'agente de la protection de la faune
soit dans l'obligation d'obtenir un mandat de perquisition afin de
pénétrer dans la maison d'habitation d'un citoyen ou d'une citoyenne.»
Est-ce que le ministre peut me dire si la
question du mandat est couverte par l'article 8?
M. Dufour :
M. le député de Jonquière, je laisserais la parole au juriste.
La Présidente
(Mme Grondin) : Maître.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Il faut avoir en tête que l'article 13.1 tel que modifié, mais, même tel
qu'il est à l'heure actuelle, c'est un pouvoir d'inspection, là, donc de
vérification. Puis la modification, puis même tel que c'est présentement, ça
vise à s'assurer, là, que les règles sont respectées, et non pas d'aller
perquisitionner, là, des... de la preuve dans le cadre d'une poursuite. Donc,
l'amendement proposé vise à limiter, justement, la portée de la disposition...
bien, «proposé», adopté vise à circonscrire les inspections aux situations à
risque. Mais il faut avoir en tête qu'on est dans le cadre d'une inspection. Si
jamais le ministère ou des agents voulaient aller chercher de la preuve, bien,
il y a d'autres mécanismes de perquisition, là, notamment, prévus dans le Code
de procédure pénale, là, avec les critères afférents.
M. Gaudreault : O.K. Parce que
la Protectrice du citoyen fait référence à une plainte qu'elle a reçue, qui
nous dit qu'«un citoyen qui gère un élevage de gros gibier s'est adressé au
Protecteur du citoyen à la suite de visites d'inspection de ses installations,
en 2019 et 2020. Ces inspections se déroulaient dans le contexte d'une
opération à l'échelle du Québec. Elles avaient pour but de vérifier la
conformité des installations des éleveurs de sangliers et de cerfs rouges par
rapport aux exigences du Règlement sur les animaux en captivité. Jusqu'à
présent, le traitement de la plainte a permis de poser des constats
préliminaires à l'effet que : les agents reçoivent peu de formation
concernant leurs fonctions d'inspection; aucun guide ou directive n'encadre
l'activité d'inspection, contrairement à l'information et aux consignes mises
en place par le MAPAQ et le ministère de l'Environnement pour les mêmes
activités.»
Donc, la Protectrice du citoyen fait vraiment
référence ici à de l'inspection et non pas pour aller chercher de la preuve. En
tout cas, elle parle d'inspection. Puis là, elle nous dit qu'il faudrait avoir…
«...obtenir un mandat de perquisition». Alors, est-ce qu'on parle de la même
chose?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Bien, en fait, moi, ce que je comprends, là, puis c'est sûr que, là, moi, je
parle de la disposition telle qu'elle est, on est dans un pouvoir d'inspection,
là. Je n'ai pas analysé les mémoires, là, comme légiste, là, mais ce que je
peux vous dire, c'est que limiter la présence à l'intérieur d'une maison
d'habitation en situation de perquisition, c'est, en fait, empêcher des
vérifications puis des inspections dans les maisons d'habitation. Dans le sens
que, si on se retrouve juste au stade de la perquisition, bien, on est au stade
où on recueille de la preuve, tandis que l'objectif du ministère tel qu'il m'a
été soumis, là, c'était d'aller plutôt vers un pouvoir qui permettait de
s'assurer que les règles étaient respectées. Donc, c'est l'objectif de la
disposition, alors qu'une perquisition, ce serait, en fait, de retirer le
pouvoir d'inspection.
M. Gaudreault : Oui, mais ici
on parle… à l'article 8, on parle bien de pouvoir d'inspection, c'est ça?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Mais, si on limite la présence dans une maison d'habitation dans des cas de
perquisition, bien, à ce moment-là, on retire le pouvoir d'inspection parce
qu'on se retrouve dans une situation de cueillette de preuve.
M. Gaudreault : Oui, mais la Protectrice
du citoyen semble dire que, même pour une inspection, on devrait être dans
l'obligation d'obtenir un mandat. Parce qu'elle nous dit :
l'article 8 du projet de loi devrait être modifié pour «préciser, à moins
que ce soit une situation urgente, que l'agent de protection de la faune soit
dans l'obligation d'obtenir un mandat de perquisition avant de pénétrer dans la
maison d'habitation». Vous, ce que vous dites, c'est que, si on fait ça, on
enlève l'inspection, ça ne devient que de la perquisition.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Bien, en fait, là, l'idée, c'est qu'effectivement, s'il n'y a pas de situation
à risque, donc de là l'amendement qui a été déposé par le ministre, bien, à ce
moment-là, il n'y aura pas de vérification possible. Donc, c'est l'objectif de
l'amendement, c'est de limiter le pouvoir d'inspection dans certaines
situations à risque, donc il y a un resserrement du pouvoir d'inspection.
M. Gaudreault :
O.K., dans des situations exceptionnelles, comme celles qu'on a adoptées tout à
l'heure. O.K.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, Mme la... Ça va, M. le député de Jonquière, pour
l'amendement? Oui?
M. Gaudreault : Pour le moment,
oui.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais ça avoir un exemple de... le
paragraphe 3°, qui dit «prendre des échantillons d'un animal, d'un poisson [ou]
d'un invertébré»... Je complète, là. Juste... Qu'est-ce que ça veut dire : prendre un échantillon, puisque... Bien,
donnez-moi des exemples. Je veux juste mieux comprendre. Parce que je comprends, si c'est un fluide, si...
je comprends, si c'est... mettons, la personne est allée à la pêche,
mais, si c'est quelque
chose de vivant, j'ai plus besoin de comprendre, quand on fait cet aspect-là.
Ou je vais peut-être trop vite. Peut-être
qu'il faut faire les autres paragraphes, là. Mais, quand j'arrive à cette
ligne-là, j'aurais aimé avoir un exemple, là.
M. Dufour :
Mme la Présidente, je laisserais peut-être à notre biologiste la chance de
parler, parce qu'on est vraiment dans les détails biologiques, là, biologiques
de l'animal.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, j'aurais juste...
La Présidente
(Mme Grondin) : Je suis
désolée. Donc, ça va être Mme Bergeron, c'est ça, qui va
intervenir? Donc, j'aurais besoin d'un consentement. Et j'aimerais que vous
vous présentiez, s'il vous plaît. Merci.
Mme Bergeron
(Isabelle) : Bonjour. Isabelle Bergeron, directrice au secteur de la
Faune et des Parcs.
Je voudrais juste
bien comprendre votre question. Est-ce que c'est possible de la répéter, s'il
vous plaît?
Mme Charbonneau :
Je vais la reformuler ou mieux la présenter. C'est-à-dire que, dans les
différents aspects, il y a ouvrir des contenants, il y a «prendre connaissance
[et] exiger des renseignements et des documents». Jusque-là, ça va. Je suis
capable de me faire une image de ce que ça veut dire pour vous, comme accompagnateur,
de demander à la personne : Où vous êtes allé?, pour faire une inspection.
Mais, «prendre des échantillons d'un animal, d'un
poisson, d'un invertébré, d'un sous-produit de la faune, d'une fourrure [...]
d'un spécimen d'une espèce floristique visée au premier alinéa», je
voulais avoir une image ou un exemple ou deux de ce que ça veut dire, prendre
un échantillon quand quelqu'un est appelé à aller faire une inspection.
Mme Bergeron
(Isabelle) : Ça pourrait être, par exemple, de prendre un échantillon de
sang ou de salive de l'animal ou tout simplement des poils.
Mme Charbonneau :
Ah! O.K. Merci.
Mme Bergeron
(Isabelle) : C'est un plaisir.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, y
a-t-il d'autres interventions sur cet article? Je vais donc procéder à la mise
aux voix de l'article 8 tel qu'amendé. Mme la secrétaire, s'il vous
plaît.
La Secrétaire :
Oui. M. Dufour, (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement,
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Mme Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire :
Et Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc,
l'article 8, tel qu'amendé, est adopté. Nous poursuivons avec
l'article 9, M. le… le ministre, pardon.
M. Dufour :
O.K.
Article 9 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 13.1, du suivant :
«13.1.0.1. Un agent
de protection de la faune ou un assistant à la protection de la faune peut, par
une demande qu'il transmet par poste recommandée ou par signification à
personne, exiger d'une personne la production, dans le délai raisonnable qu'il
fixe, par poste recommandée ou par signification à personne, de tout
renseignement ou de tout document relatif à l'application de la présente loi ou
de ses règlements.
«La personne à qui cette
demande est faite doit, dans [les délais fixés], s'y conformer, qu'elle ait ou
non déjà produit un tel renseignement, un tel document ou une réponse à une
demande semblable faite en vertu de la présente loi ou de ses règlements.»
Commentaire : l'article 9
vise à prévoir la possibilité, pour un agent de protection de la faune ou pour
un assistant à la protection de la faune, d'exiger la communication de renseignements
pour l'application de la loi. La demande pourra être
transmise par la poste recommandée ou par la signification de la demande directement
à la personne concernée. Cette demande permettra, notamment, d'obtenir des renseignements
qui ne pourraient être obtenus dans le cadre d'une inspection en vertu de
l'article 13.1 de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la
faune telle que modifiée par l'article 8 de ce projet de loi, notamment,
si le document visé se retrouve dans une maison d'habitation et que le critère
prévu à l'article 13.1 pour procéder à une inspection dans une maison d'habitation
sans le consentement du propriétaire n'est pas rempli.
La Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Mme la députée… On
dit de Mille-Îles ou des Mille-Îles?
Mme Charbonneau :
De Mille-Îles.
La Présidente
(Mme Grondin) : De Mille-Îles. Donc, Mme la députée
de Mille-Îles, s'il vous plaît.
Mme Charbonneau :
Merci. Ma première question, elle va vous sembler peut-être farfelue, mais il
est passé où, mon fonctionnaire?
M. Dufour : Bien, dans le cas
présent…
Mme Charbonneau :
Parce que, dans tous les cas que vous avez proposés, il y avait toujours cette possibilité-là.
Parce que ça se peut que, dans un endroit donné, je n'aie pas l'agent de la
faune ou… Et vous m'avez bien signifié, au début du projet de loi, que c'était…
Ce n'est pas... puis vous l'avez bien identifié, tu sais, ce n'est pas un
fonctionnaire en général, c'est vraiment le patron de. Donc, il est passé où,
mon fonctionnaire?
M. Dufour : Je vais laisser le
légiste, là, vous répondre.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Bien, en fait, il faut prendre en considération que c'est une demande qui est
faite à distance, là, donc c'est l'agent qui, de son bureau, évidemment, peut
consulter des collègues, des biologiques, tandis qu'évidemment quand on est
chez quelqu'un dans le cadre d'une inspection, bien là, il faut que toutes les personnes
sur place soient autorisées. Donc, l'article doit préciser tous les gens qui
peuvent être autorisés à effectuer une
inspection... tandis que là c'est à distance, la demande vient d'un agent ou
d'un assistant, mais, évidemment, pour savoir quels documents ou renseignements
ce serait pertinent d'obtenir, bien, l'agent pourrait consulter des collègues,
là, dans la préparation de la demande, là. Mais on n'a pas besoin d'avoir un
fonctionnaire comme tel autorisé spécialement pour le ministre, là, pour
faire une demande de document, c'est dans les attributions des agents de
protection de la faune.
Mme Charbonneau :
Je comprends. Mais je vais vous mettre une... je vais vous faire une petite
mise en situation. S'il arrive que je n'aie pas, à un moment très précis, dans
un endroit très précis au Québec... je n'en ai pas, d'agent de la faune, là, il
est parti à la retraite, puis là je me retrouve avec son patron, qui est son
substitut le temps de trouver les bonnes personnes. Est-ce qu'il n'y a pas lieu
de, par précaution... Parce que je comprends que ce n'est pas juste une demande
à... C'est une demande à un citoyen, là, d'avoir des informations puis d'aller
un petit peu plus loin. Vu qu'il a toujours fait
partie de notre vie jusqu'à
13.1.0.1, notre fonctionnaire, je me disais, bien, de le faire disparaître ne
fait pas en soi qu'on ne se met pas à risque? Mais je comprends que
l'information vient par la poste, puis qu'on peut le voir autrement, mais ça me
reste en tête dans la perspective où je n'aurais pas quelqu'un de la faune de
disponible pour faire la demande, puis que ça pourrait passer par un patron, un
supérieur pour aller à la recherche d'information.
Et, dans le premier alinéa, vous dites qu'on
peut «exiger d'une personne la production, dans [des délais raisonnables] qu'il
fixe». Je reviens tout le temps à la même question, parce qu'à partir du moment
où on parle de délais raisonnables il y a toujours une question qui se
pose : Ça ressemble à quoi? Y a-t-il un règlement écrit avec un délai
raisonnable? Y a-t-il une conformité à laquelle l'agent de la faune se réfère
pour dire : Bien, ça, trois semaines, un mois, 28 jours ouvrables,
fermés, fixes? Un petit peu plus loin, on en a, des délais raisonnables qui
sont écrits. Qu'est-ce qui détermine le délai raisonnable pour pouvoir avoir la
réponse de la personne à qui on demande de donner tout renseignement?
M. Dufour : Peut-être pour répondre
en
partie à la première interrogation, comme vous l'avez mentionné, étant donné
que ça vient par poste recommandée ou signification à personne, normalement, ce
n'est pas le responsable des agents de la faune, là, qui va aller faire cette
rencontre-là. Donc, c'est une des raisons un peu pourquoi que le fonctionnaire
n'est pas tel quel identifié dans le texte proposé.
L'autre élément qui est important, je pense, de
préciser dans la question de délai raisonnable, c'est parce que, lorsqu'on est
dans une situation d'aspect faunique, tout est relatif, dépendamment quel type
d'enjeu qu'on a. Et ça, c'est important.
Si vous vous
souvenez, l'année passée, lorsqu'il y a eu… c'est l'année passée ou voilà deux
ans, lorsqu'il y a eu la situation d'un des zoos qui étaient déficients, bien,
il fallait intervenir beaucoup plus rapidement que lorsqu'on a peut-être une situation
où est-ce que c'est un autre type de situations, exemple, un singe qui serait à
la maison. Donc, il ne cause peut-être pas de danger à la… aux individus, ou le
bien-être animal n'est pas remis en cause tel quel, mais
c'est davantage le fait que tu n'as pas vraiment le droit d'avoir un singe chez
vous. Donc, c'est vraiment plus dans l'élément, et c'est pour ça que c'est
difficile de dire... de définir le corpus, exactement, d'un délai raisonnable,
là, dans la situation, au niveau qui nous préoccupe, au niveau faunique.
Mme Charbonneau :
Bien, je comprends l'explication. Puis effectivement il doit y avoir des situations
où, entre un animal blessé, quelque chose que j'ai attrapé par la chasse puis
je ne devrais pas... Mais, si je prends le temps de vous écrire, c'est parce
que j'ai un peu de temps, même si c'est par poste recommandée, j'ai quand même
un peu de temps.
Donc, qu'est-ce qui définit
les critères des délais? Est-ce qu'il y a une grille à quelque part qui
dit : Si c'est pour un animal qu'on n'a pas le droit d'avoir à la maison,
c'est tant de délais, si c'est une chasse qui n'aurait pas dû avoir lieu, on a
tant de délais, parce que la viande, parce que ci, parce que ça? Est-ce qu'il y
a quelque chose qui définit le principe de l'urgence?
M. Dufour :
Je laisserais la sous-ministre répondre à la question.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, Mme Paquette.
Mme Paquette
(Élise) : Élise Paquette, sous-ministre associée à la Faune et aux
Parcs par intérim. Merci.
Non, il n'y a pas,
comme tel, de grille ou de critère, tu sais, c'est beaucoup l'appréciation, le
jugement professionnel. Le ministre a bien répondu, là, selon la situation dans
laquelle… Tu sais, on me donne des exemples. Par exemple, si on souhaite avoir
la liste des médicaments dans le cadre d'un zoo, là, ou on veut savoir la liste
des médicaments qui sont prescrits, est-ce qu'ils respectent les règles
vétérinaires, par exemple, tu sais, bien, dépendant, si on pense que l'animal
est en péril, on va peut-être dire : On la veut rapidement, là, la liste
des médicaments, mais, si c'est juste une vérification de contrôle ou, tu sais,
pour voir est-ce que c'est bien suivi, tu sais, c'est vraiment selon. Je pense
qu'il y a tellement de situations, c'est difficile de pouvoir mettre un délai
précis qui pourrait nous restreindre dans une action quelconque, là.
Mme Charbonneau :
Merci. Puis, je vais rassurer la sous-ministre, je ne mets jamais en doute la
réponse du ministre. Je comprends que vous dites qu'il a bien répondu, mais ce
n'est pas parce que j'ai un doute sur... Mais, plus, ce n'est jamais moins, ça
fait que, quand on pose des questions, c'est pour aller un peu plus loin.
Qu'advient-il si la personne ne répond pas?
M. Dufour :
Bien là, c'est les procédures, c'est automatiquement les procédures qui
s'engagent au niveau des infractions. Parce que, veux veux pas, nous, la raison
pourquoi qu'on fait, à ce moment-là, cette démarche-là, c'est pour, justement,
s'assurer du bien-être animal. À la base, normalement, c'est souvent relié au
bien-être animal, donc c'est par la suite que va commencer à y avoir la suite
des événements au niveau de l'application de mesures.
Mme Charbonneau :
O.K. Merci.
Présidente (Mme Grondin) : Y a-t-il d'autres interventions
sur l'article? Je vais donc procéder à la mise aux voix de l'article 9.
Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Oui. M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Mme Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Mme Lessard-Therrien :
Pour.
La Secrétaire :
M. Gaudreault (Jonquière)?
La Secrétaire :
Et Mme Grondin (Argenteuil)?
La Présidente
(Mme Grondin) :
Abstention. Donc, l'article 9 est adopté. Nous poursuivons avec
l'article 10. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Dufour :
Oui. Donc, l'article 16 de cette loi est modifié :
par l'insertion, dans le premier alinéa et après «poisson,», de «un
invertébré, un sous-produit de la faune,»;
2° par le
remplacement, dans le quatrième alinéa, de «cet animal, ce poisson, cette
fourrure ou ce spécimen d'une espèce floristique ou l'une de ses parties» par
«le bien saisi».
commentaires : l'article 10 vise à effectuer un ajustement à
l'article 16 de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la
faune afin de préciser que la saisie peut également viser un invertébré ou un
sous-produit de la faune, que le projet de loi propose maintenant de
réglementer.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le ministre. Y
a-t-il des interventions sur l'article 10? Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Charbonneau :
Je vais poser la même première question qu'à l'autre auparavant parce que, là,
je ne suis pas par la poste : Il est passé où, mon fonctionnaire? A-t-il
lieu d'être spécifié? C'est peut-être plus ça que je devrais vous demander. Y
a-t-il lieu de spécifier qu'en plus de l'agent de la protection de la faune, en
plus d'un assistant de la protection de la faune, un fonctionnaire peut, dans
la même façon qu'on le fait depuis le début du projet de loi, là, avoir une
place?
M. Dufour : Oui. Bien, c'est que, normalement... Je comprends très bien votre... le
raisonnement que vous amenez.
Mme Charbonneau :
J'adore la cohérence, M. le ministre.
M. Dufour :
Oui. Par contre, ce n'est pas le fonctionnaire qui va faire cette action-là,
c'est l'agent de protection de la faune. Donc, c'est pour ça que le
fonctionnaire ne se retrouve pas inscrit tel quel dans le texte, tel qu'on le
voit au départ, où est-ce que c'est... Il faut comprendre que, dans certains
articles qu'on a vus, c'est comme s'il y a une équipe de travail qui arrive sur
place. Dans ce cas-ci, ce sont ces agents-là qui vont faire le travail, qui
vont... identifié par rapport à l'article. C'est comme ça que je pourrais vous
le présenter.
Charbonneau :
Puis, si je recule d'un pas puis je m'en vais à l'article 8, mon agent de
la faune, son assistant, il a quand même... là, il y a une intervention que mon
fonctionnaire peut faire. Mais, si j'arrive à l'article 16, ce n'est plus
nécessaire. Je veux juste m'assurer, là, que vous avez compris mon fil
conducteur. Je n'ai pas besoin de vous l'expliquer, mais, pour moi, il y a une
forme de cohérence à faire avec le suivi qu'on fait au projet de loi. Puis je
ne voudrais pas qu'on arrive à un moment donné où on dit : Ah! tiens, on a
juste oublié de redire que cette possibilité-là pouvait être en place si je
n'ai pas d'agent de la faune disponible ou un adjoint.
M. Dufour :
Je laisserais, peut-être, le légiste peut-être compléter l'information que je
vous ai donnée en premier lieu.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, en fait, si on se rapporte, là, à l'article 8,
là, qui a été adopté, on spécifie, justement, là, dans le dernier alinéa
introduit, là, que, même si... c'est une précision, là, qui dit qu'un agent de
protection de la faune ou l'assistant peut procéder à une saisie en vertu de
l'article 16, dans le cadre du pouvoir d'inspection. Donc, l'intention,
c'est toujours que, oui, il peut y avoir, comme l'expliquait M. le ministre, un
soutien technique, on peut le dire comme ça, d'experts du ministère en matière
de biologie, mais qu'en bout de ligne celui qui est responsable, ceux qui sont
responsables d'appliquer la loi, c'est... dans la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune, c'est essentiellement l'agent et l'assistant, là.
Mme Charbonneau :
Merci. On a vu, dans les intervenants qui sont venus présenter plusieurs
mémoires, que les sous-produits animaux, il y en a quelques-uns qui nous ont
interpelés là-dessus en disant : Bien, tu sais, les sous-produits animaux,
c'est peut-être quelque chose qu'il faudrait plus spécifier, notamment dans la…
Mais là, on semble dire : Dans la viande d'ours qui pourrait être infectée
par des maladies. Est-ce que ça serait pertinent de pouvoir avoir plus de spécificités par rapport aux sous-produits
ou de… Parce que, là, on dit : Un invertébré, et on
ajoute : Un invertébré et un sous-produit de la faune. Est-ce qu'il y a
lieu d'être un petit peu plus spécifique pour rassurer les gens qui sont venus
vous voir pour dire : Qu'est-ce qu'on vise au juste quand qu'on parle du
sous-produit animal?
M. Dufour : Par
rapport à ce qui nous avait été
présenté, il faut juste faire attention, hein, parce que, oui, il y a eu un individu qui nous a vraiment
parlé de l'ours, que, pour lui, il avait éliminé ça de son champ d'action de
prises avec repas potentiels. Par contre, ce n'est pas tous les gens qui ont la
même vision sur cet aspect-là, là. Tu sais, il y a des consommateurs d'ours,
là, qui… Au même principe que n'importe