Transportation and the Environment — 24 May 2006 (37th Legislature, 2nd Session)
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37 e législature, 2 e session
(14 mars 2006 au 21 février 2007)
Le mercredi 24 mai 2006 - Vol. 39 N° 13
Consultations particulières sur le projet de loi n° 23 - Loi permettant d'assurer l'agrandissement du parc national du Mont-Orford, la préservation de la biodiversité de territoires limitrophes et le maintien des activités récréotouristiques
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Table des matières
Auditions (suite)
Conseil régional de l'environnement de l'Estrie (CREE)
Tourisme Cantons-de-l'Est
Document déposé
Document déposé
Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
Nature Québec-UQCN
Document déposé
Intervenants
M. Claude Pinard, président
M. Claude Béchard
M. Jean-Pierre Soucy
M. Pierre Reid
M. Pierre Paradis
M. Stéphane Bergeron
M. Claude Boucher
M. Janvier Grondin
M. Thomas J. Mulcair
* M. Jean-Guy Dépôt, CREE
* M. Pierre Dépôt, idem
* M. Jacques Robidas, Tourisme Cantons-de-l'Est
* M. Alain Larouche, idem
* M. René Roy, FTQ
* M. Marc Bellemare, idem
* M. Daniel Proulx, idem
* M. Pascal Taschereau, idem
* Mme Mélanie Desrochers, Nature Québec-UQCN
* M. Harvey Mead, idem
* Témoins interrogés par les membres de la commission
Journal des débats
(Quinze heures trente-quatre minutes)
Le Président (M. Pinard): À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, je constate le quorum et je déclare la séance ouverte.
Je rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre les auditions publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi n° 23, Loi permettant d'assurer l'agrandissement du parc national du Mont-Orford, la préservation de la biodiversité de territoires limitrophes et le maintien des activités récréotouristiques.
Avant de demander au secrétaire d'annoncer les remplacements, je voudrais aviser toutes les personnes en cette salle de bien vouloir fermer définitivement votre téléphone cellulaire. Et permettez-moi, chers collègues, de saluer la présence parmi nous d'un ancien parlementaire, M. le député Robert Benoit. M. le député.
Alors, M. le secrétaire, avons-nous des remplacements cet après-midi?
Le Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Lafrenière (Gatineau) est remplacé par M. Bernard (Rouyn-Noranda ? Témiscamingue); Mme L'Écuyer (Pontiac) est remplacée par M. Reid (Orford); et M. Deslières (Beauharnois) est remplacé par M. Bergeron (Verchères).
Le Président (M. Pinard): Merci. Je vais vous donner la lecture de l'ordre du jour. Nous débutons nos travaux avec le Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, qui sera suivi de Tourisme Cantons-de-l'Est, de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, et nous terminerons, cet après-midi, avec Mme Mélanie Desrochers, qui représente Nature Québec.
Auditions (suite)
Alors, sans plus tarder, j'inviterais les gens qui sont devant nous, qui sont du Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, de bien vouloir se présenter pour fins d'enregistrement. Et je vous rappelle que vous avez un temps de parole de 15 minutes pour nous présenter votre mémoire, et par la suite il y aurait échange d'une durée de 15 minutes avec les représentants du côté ministériel et également 15 minutes avec les députés formant l'opposition officielle, ainsi que M. le député de l'ADQ. Alors, à vous, messieurs.
Conseil régional de l'environnement
de l'Estrie (CREE)
M. Dépôt (Jean-Guy): Merci, M. le Président. Mon nom est Jean-Guy Dépôt, je suis président du Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, et je suis accompagné cet après-midi par mon fils, Pierre Dépôt, qui est mon recherchiste et conseiller dans ce dossier.
Je représente ici un des 16 conseils régionaux au Québec. Nous représentons la région de l'Estrie, c'est-à-dire les trois MRC, Granit, Coaticook, Haut-Saint-François, le Val-Saint-François, Asbestos et Memphrémagog, en plus de la ville de Sherbrooke.
Le Conseil régional de l'Estrie s'intéresse depuis plusieurs années à l'augmentation du pourcentage des aires protégées... en Estrie évidemment. La première campagne de sensibilisation au dossier des aires protégées date, chez nous, de l'an 2000, et on a formé un comité dont l'objectif est de faire en sorte qu'on atteigne, chez nous, le 8 % aires protégées et idéalement 10 %, comme il est prévu de le faire pour le reste du Québec.
Ce projet a été réalisé en collaboration avec des gens du Département de géographie et de télédétection, à l'Université de Sherbrooke, et bref on a fait une carte des aires protégées de l'Estrie identifiant les 32 aires protégées de l'Estrie, avec un numéro, une désignation, un nom, une catégorie UICN. Selon ce projet, la superficie totale des aires protégées en Estrie équivaut à seulement 2,46 % du territoire.
Nous remercions les membres de la commission d'avoir eu l'amabilité de nous inviter, avec 25 autres individus et organismes, pour présenter notre exposé et participer par la suite à des échanges avec vous. Nous développerons notre argumentaire, dans ce mémoire, en tenant compte de trois sortes d'impacts du développement durable, à savoir les impacts environnementaux, sociaux, économiques.
En septembre 2002, les membres du conseil d'administration du CREE ont été les deuxièmes intervenants à s'intéresser à l'important dossier du parc du Mont-Orford, parce qu'il faut que je vous mentionne que c'est nous, de l'Association des propriétaires riverains du lac Bowker, et Pierre et moi, qui avons été les premiers, en septembre, à être mis au fait, par Mme Blais, de ce dossier de changement de limites du parc du Mont-Orford.
Le Conseil régional de l'environnement a toujours exigé le respect de la Loi des parcs et s'est toujours opposé à la vente d'une
partie du parc, ce qui est selon nous une menace à l'intégrité écologique et territoriale du parc national du Mont-Orford. Bref, nous avons déposé un mémoire à la première consultation publique, les 6 et 7 décembre 2002. Il y avait, à ce moment-là, 54 mémoires, dont 40 étaient opposés, c'est-à-dire 75 %. Par la suite, bien les membres aussi du C.A. ont adopté une résolution pour demander à l'unanimité qu'on ait des audiences publiques, des audiences du BAPE, qui ont eu lieu en décembre 2004 pour la première
partie et en février 2005 pour le dépôt des mémoires.
(15 h 40)
Au printemps 2005, nous avons été consultés, en région, par M. Léopold Gaudreau pour tenter de trouver une solution acceptable à ce dossier. Et on doit, selon nous, protéger absolument l'intégrité territoriale du parc national du Mont-Orford, comme le disait si bien M. Thomas Mulcair le 24 mars 2005, au moment du dévoilement du rapport du BAPE.
Nous commençons par les impacts environnementaux. Depuis le début de sa fondation, le CREE a toujours souhaité l'agrandissement des limites du parc national du Mont-Orford, parce qu'on a personnellement mentionné, à plusieurs occasions depuis 1979... parce qu'il y avait eu une consultation à cette époque, et j'avais participé à cette consultation, on a demandé que le parc soit agrandi, mais jamais on n'a demandé qu'il soit doublé et que l'on procède par expropriation, encore moins d'en vendre une partie.
Nous avons été très surpris d'entendre, lors d'une période de questions à l'Assemblée nationale, qu'on me nommait puis qu'on disait que j'étais en faveur de l'agrandissement du parc. Il faut peut-être préciser, là, que jamais je n'ai été en faveur d'agrandir le parc de la façon que le projet n° 23 le propose.
Je mentionne ici dès le départ que ce n'est pas un bon projet, et on va expliquer pourquoi. À la lecture de ce projet, on réalise que le législateur a tenté de nous distraire, pas seulement de distraire l'intérêt, mais de nous distraire, de nous étourdir en proposant de retrancher 579 ha sur soit le terrain sous bail, c'est-à-dire le terrain de ski et le golf, au parc du Mont-Orford. Nous, ce qu'on retient, c'est que l'article 5 de cette même loi stipule que les terrains font
partie d'un parc et ne peuvent faire l'objet de vente ou d'échange. Rappelons que le milieu environnemental ? je suis très impliqué depuis bientôt 42 ans ? était très heureux, au lendemain du 14 septembre 2003, en apprenant que les militants du Parti libéral du Québec avaient adopté à l'unanimité une résolution, n° 28, qui engageait le gouvernement à ce qu'il « interdise clairement, sans ambiguïté, toute possibilité d'abolir un parc, de le réduire [...] d'échanger des terrains faisant
partie d'un parc, et ce, à perpétuité, pour le bénéfice des générations actuelles et futures » . En passant, je vous mentionne que j'étais celui qui avait proposé et défendu cette résolution. Mais, malheureusement, nous avons déchanté, le 3 mai 2006, en lisant le projet de loi n° 23.
Maintenant, on veut faire des propositions et commentaires, parce que c'est ce qu'on souhaite, quoi! Nous, on souhaiterait que le parc demeure comme il est actuellement. On comprend qu'il doit se faire des travaux.
Bref, dans notre première proposition, ce qu'on propose, espérant que le parc national du Mont-Orford demeure toujours public, nous nous engageons avec tout le milieu environnemental qui voudra bien nous accompagner, à éventuellement proposer une corvée, comme on connaissait dans notre jeune temps, une corvée annuelle avec les nombreux amis du parc du Mont-Orford ? on en a indiqué 70 000, là, mais je pense qu'ils sont rendus à 76 000, et ça augmente tout le temps, enfin ? pour reboiser et réparer les dommages environnementaux occasionnés par le domaine skiable dans les années quatre-vingt-dix.
Ce qu'on souhaite, c'est que ça pourrait être une activité familiale, avec pique-nique; le MRN pourrait fournir les arbustes, et, dans le but d'augmenter le sentiment d'appartenance de tous les citoyens du Québec, bien on pense que cette activité-là serait grandement valable. De toute façon, ce parc nous appartient toujours.
On peut vous mentionner aussi que le ski, malheureusement, est menacé en Estrie. Vous avez peut-être lu l'article du Devoir du 28 mars; on l'a mis en
annexe I. Puis malheureusement nous sommes les seuls à souligner le fait qu'avec cette étude des quatre chercheurs de l'Université de Waterloo portant sur les changements climatiques l'industrie du ski, surtout dans la région d'Orford, à cause du réchauffement, ça frappera le plus fort chez nous.
Ensuite, on parle de l'étalement urbain. Selon nous, permettre un projet d'étalement urbain dans un petit parc national n'est pas du développement durable, ni la vente de forêt mature contenant des érables, des pins rouges, des chênes rouges, etc., qui ont 70 à 100 ans. Nous, on croit que, si on permettait ainsi, ça ferait une augmentation de ce qui est devenu une dérogation majeure au profit d'un unique développeur immobilier.
Et notre maire, Pierre Rodier, a parfaitement raison de s'opposer à ce projet, comme nous, car comment pourrait-il, lui, comme maire, ou la conseillère qui est ici aujourd'hui, faire respecter une dérogation mineure ailleurs sur le territoire de la municipalité, si on permet cette dérogation, ce qu'on appelle une dérogation majeure?
Nous, on déplore aussi que, dans un projet de cette ampleur, il n'y ait pas eu d'étude d'impact globale en environnement. On pense que c'est absolument nécessaire, parce que ça risque malheureusement, ce projet, d'avoir des incidences tragiques sur le système hydrique du ruisseau Castle, on aura beaucoup d'érosion, et bref on se retrouvera à davantage de sédiments dans le lac Memphrémagog, qui est le réservoir d'eau potable pour la majorité des Estriens, près de 160 000 personnes, à Magog et à Sherbrooke.
Rappelons qu'il y a un manque chronique d'eau ? ça, ce serait intéressant que vous teniez compte de ça; il y a un manque chronique d'eau ? potable dans le secteur sud du canton d'Orford. Au cours des derniers mois de l'année 2005, la municipalité, où on paie les taxes, nous, a dû verser 20 000 $ à l'entreprise Laforest Nova Aqua pour la recherche d'eau souterraine et l'étude de capacité de puits existants. Et ce n'est pas avec le projet proposé par le n° 23 qu'on va améliorer et trouver une solution à ce projet-là.
L'autre point, c'est la fabrication de la neige artificielle. Il faut que vous sachiez que, chaque année durant huit semaines, du 15 novembre au 15 janvier, on pompe ? on va le dire en gallons parce que c'est peut-être plus familier pour vous ? 60 millions de gallons d'eau, c'est-à-dire un million par jour, pour fabriquer la neige artificielle. On pompe cette eau-là du petit étang aux Cerises. Et on nous a donné des chiffres lors des audiences du BAPE: c'est 47 litres/seconde, et c'est déjà trois fois trop que le débit acceptable de 17,6 litres/seconde.
Et, avec les changements climatiques, nous, on pense que ce sera augmenté, malheureusement, et on se demande ? on l'écrit ici: Est-ce qu'il faudra construire éventuellement un pipeline pour aller chercher l'eau peut-être au lac Memphrémagog?
Encore là, on vous souligne l'article de Louis-Gilles Francoeur, dans Le Devoir , où on disait: « La disponibilité de l'eau à proximité des stations de ski pourrait bien constituer un facteur éliminatoire dans certains cas. » Et ce serait le cas, comme je viens de l'expliquer, au Mont- Orford en raison de la raréfaction des ressources en eau autour de la station.
Nous passons... J'accélère un peu parce que le temps passe. Les impacts sociaux. Je vous résume qu'on dit que le parc national du Mont-Orford a été créé en 1938 ? il faut faire un peu l'histoire, là ? par le Dr Bowen et de ses collègues, dont Louis-Arthur Giroux, qui, en 1937, ont fait l'acquisition de... Ils ont acheté des terrains par souscription privée. Ils ont fait une collecte de fonds, qui a été organisée dans 27 conseils municipaux de la région.
Magog a fourni 4 000 $; Sherbrooke, 10 000 $; Granby, 3 000 $; et 24 autres petites municipalités ont contribué, à ce moment-là, avec des dons variant de 50 $ à 1 000 $. Il faut rappeler que 50 $ à 1 000 $, dans ce temps là, là, c'était beaucoup d'argent à l'époque, et au total ils ont ramassé 24 349 $, précis. Plus tard, la loi 70 fut sanctionnée, le 8 avril 1938. Et le parc...
Et on note exactement ce qui s'est dit à ce moment-là: « Le parc du Mont-Orford est donc créé dans l'esprit d'un véritable parc national: milieu naturel soustrait à toute exploitation [forestière et], conservé pour le bénéfice des générations actuelles et futures. »
Je saute un peu. On doit parler aussi du vieillissement de la population. Nous, on considère que, malheureusement, de vouloir absolument maintenir le centre de ski ouvert pour des nombreuses années à venir, c'est un peu être utopique et ce n'est pas être réaliste. D'ailleurs, on vous cite ici, là, un commentaire de Claude Péloquin, qui est le président-directeur général de l'association des centres de ski, qui mentionnait, il y a deux ans, que, le fait qu'il y ait un large vieillissement de la population, il y aura une baisse de 30 % dans l'industrie du ski.
Donc, si on rajoute ça aux changements climatiques ? il y a possibilité de manquer de neige ? peut-être qu'on devrait envisager à faire autre chose que ce projet-là.
Nos critiques du projet de loi n° 23, on y va d'une façon précise. On parle d'acquisition et d'expropriation. Lors de l'annonce des intentions du gouvernement, le 6 mars 2006, au Jardin des Sables, nous étions présents ? même si nous n'avions pas été invités ? et nous avons compris à cette époque que la superficie serait doublée avec l'acquisition de 5 500 ha, et on n'aurait pas d'expropriation. Maintenant, on se rend compte que, dans le projet de loi, c'est l'inverse. Et, plus loin, bien on parle aussi de faire en sorte qu'on vendra les immeubles, mais on pourra se retrouver avec deux propriétaires.
Je saute un peu des passages. Je vais laisser la parole à mon fils, là...
M. Dépôt (Pierre): Oui.
M. Dépôt (Jean-Guy): ...qui va parler de la suite.
n (15 h 50) n
M. Dépôt (Pierre): Oui. C'est à propos du... Un des objets du projet de loi n° 23 finalement, c'est de vendre la montagne pour mieux la revégétaliser. Et puis ce qui est paradoxal, c'est que, si la montagne est vendue et qu'il y a des condos qui sont construits dans les stationnements actuels, comme M. Béchard l'a dit en entrevue à TVA quand il est venu au mont Orford, ce qu'il n'a pas dit, c'est que de nouveaux stationnements compensatoires vont devoir être aménagés pour remplacer les stationnements actuels de 6 ha. Et ces stationnements compensatoires là, c'est une superficie de 7 ha de terrains qui vont devoir être déboisés, donc des arbres matures de 70 à 90 ans, et ça, on le déplore.
Ce qu'on déplore aussi dans le projet de loi n° 23, c'est qu'il n'y a pas d'engagement formel à doubler la superficie du parc; c'est seulement un engagement d'agrandir le parc.
Une autre chose aussi, on en a fait mention dans les médias, dans Le Journal de Montréal notamment, le lac La Rouche qui n'est pas inclus dans le futur parc, ça, on trouve ça déplorable, parce que ce lac-là, d'une certaine façon, le ministre Béchard se donne comme raison qu'il n'a pas été inclus parce que ce n'est pas... le lac, il constitue un lot entier, et, quand il y a de la villégiature, bien il n'agrandit pas le parc dans ces secteurs-là. C'est faux. Le lac La Rouche est situé dans trois lots... dans quatre lots en fait, mais il y a trois lots qui n'ont pas du tout de villégiature.
C'est seulement le secteur nord du lac La Rouche, où il y a l'accueil pour la famille Bombardier, que là il y a de la villégiature. Donc, il y a une bonne
partie du lac La Rouche qui aurait pu être incluse dans l'agrandissement du parc du Mont-Orford, comme le lac Fraser et comme le lac Stukely ont aussi été inclus, en partie, non pas totalement, mais disons qu'ils sont ceinturés des zones de villégiature par le parc. Donc ça, on déplore ça aussi.
Une autre chose, c'est que, le 18 avril dernier, il y a eu une conférence de presse de M. Bergeron sur les terrains dévastés de la Greif Containers, où il y a eu des coupes forestières, et M. Béchard disait que « je n'avais pas eu besoin d'aller marcher ces terrains-là, en fait il aurait pu me sauver deux, trois jours de marche en échange de deux, trois jours de ski » . Ces terrains-là, finalement je lui ai demandé ses photos, il me les a envoyées, et on a pu constater que ces terrains-là sont déboisés au nord de la route 222, Le Journal de Montréal en fait état aujourd'hui, donc c'est des superficies très importantes.
Quand M. Béchard disait, aujourd'hui, en Chambre que c'est des coupes de jardinage, bien les photos qu'il m'a envoyées, c'est très bien spécifié que c'est des coupes totales et partielles, et vous les avez, ces photos-là, dans le mémoire. Donc, c'est le point qu'on voulait développer. C'est déplorable, d'une certaine façon, qu'on vende la montagne pour des terrains qui ne compensent pas la valeur de la montagne. Merci.
Le Président (M. Pinard): Alors, merci beaucoup, messieurs. Alors, il y aura sûrement des discussions assez intenses, parce qu'effectivement il y a des propos qui ont été tenus qui ne semblent pas révéler exactement ce qui a été dit.
À partir de maintenant, nous allons débuter le 15 minutes, et, s'il y a des membres du côté ministériel qui désirent prendre la parole, tout simplement me le signifier. Alors, M. le ministre.
M. Béchard: Oui, merci. Bonjour, MM. Dépôt et Dépôt. Bienvenue. Et je veux, sur un certain nombre de points que vous avez amenés... Parce qu'il y a quand même deux choses dans ce que vous discutez: il y a le projet comme tel, qui est déposé dans son entier, et le projet de loi n° 23. Et je veux être bien clair: vous êtes contre les deux, vous êtes contre le projet tel qu'il a été présenté le 6 mars, mais aussi contre le projet de loi n° 23; les deux, là. Il n'y a pas un des deux qui peut trouver quelque chose de satisfaisant, que ce soit en termes de réhabilitation de la montagne, ou quoi que ce soit.
Et, moi, ce que j'aimerais savoir, dans ce cas-là, c'est quoi, votre option, c'est quoi, votre solution, à vous, là? Parce que vous parliez d'une corvée, vous parliez d'aller planter des arbres, et tout ça. Ce que j'en comprends aussi, c'est que vous nous parlez du fait que dans le fond on devrait peut-être démanteler le ski aussi, parce que l'avenir du ski est un peu menacé. J'aimerais savoir c'est quoi, le projet que vous aimeriez voir sur la table aujourd'hui?
M. Dépôt (Jean-Guy): Nous, on voudrait maintenir le statu quo pour une période de 10 à 15 ans, parce que selon nos recherches on a découvert que, un, il y a un vieillissement de la population important, comme on a eu le temps de le mentionner tantôt, 30 % prochainement, et aussi il va y avoir un manque de neige éventuellement, et ce ne sera pas dans 40 ans, comme vous l'avez mentionné, M. le ministre, là, mais ça peut arriver dans 10, 15 ans qu'on va avoir un manque de neige, et ce serait assez frustrant. Hein, je le répète parce que vous n'écoutiez pas, là, c'est dans 10, peut-être, que ça va arriver, le manque de neige, plutôt que 40 ans. Et, si...
Le Président (M. Pinard): M. Dépôt, je vous arrête tout de suite.
M. Dépôt (Jean-Guy): Oui.
Le Président (M. Pinard): Nous allons établir une règle. Nous avons une règle, en commission parlementaire, que les gens doivent continuellement s'adresser à la présidence. Ça évite des dialogues, et vous vous adressez, de cette façon-là, à l'ensemble des membres de la commission.
M. Dépôt (Jean-Guy): O.K. Je m'excuse, M. le Président.
Le Président (M. Pinard): Alors, c'est la même chose pour le ministre, qui s'adresse également à la présidence. Alors, M. Dépôt.
M. Dépôt (Jean-Guy): Ce qu'on mentionne dans notre mémoire, à la page 4, c'est que le parc actuel appartient à tous les Québécois, et c'est la même chose pour les 22 autres parcs du Québec. Et, nous, on pense qu'on ne doit pas faire un cas d'espèce avec le parc du Mont-Orford, parce qu'on va être dans le trouble encore plus qu'on l'est actuellement avec les 22 autres parcs. Donc, on pense, nous, que la loi doit être respectée, et on est d'accord qu'actuellement il y a peut-être... On est allé visiter, nous, hein, en personne, là, récemment encore; il y a des travaux à faire.
Mais, parce qu'il y a une si large volonté des Québécois à vouloir protéger le parc, on aimerait que le ministre en profite et qu'il nous appuie, dans un processus de corvée, l'an prochain pour aller reboiser ce qui doit être reboisé. Et on n'a pas besoin de vendre, à ce moment-là, la montagne pour faire ça.
Le Président (M. Pinard): Merci. M. le ministre.
M. Béchard: Dans votre projet, là, on peut... les chiffres sont... moi, je me fie sur les chiffres que j'ai vus de Samson Bélair, il y a toutes sortes de solutions ou de propositions ou de contestations de ces chiffres-là, mais... en tout cas, on sait que la situation ne semble pas être facile au niveau des gestionnaires actuels du parc.
S'il advenait l'éventualité où ils disaient: Bien, nous, ça ne nous intéresse plus, on vous remet les clés, ce serait quoi, l'option que vous privilégieriez à ce moment-là: qu'on les paie selon le bail, et on peut s'en aller en cour pendant longtemps pour savoir si c'est 10, 12, 15 ou 18 ou 20 millions? Eux nous demandent 20 millions. Alors, c'est sûr qu'avant de sortir 20 millions on pourrait contester pendant un bon bout de temps. Mais ce serait quoi, votre solution, à ce moment-là? On trouve un autre opérateur? On paie le bail? On repart ça sous un autre nom?
Comment vous voyez ça, la problématique qu'il y a là, là?
Le Président (M. Pinard): M. Dépôt.
M. Dépôt (Jean-Guy): M. le Président, nous, on a toujours souhaité qu'on mette fin au bail. Parce que ce bail-là, on est bien d'accord, il va peut-être falloir arrêter de reprocher à qui que ce soit qu'il y a eu ce bail-là qui a été mal signé; on n'aurait pas dû signer ce genre de bail là, on est bien d'accord là-dessus. Mais pourquoi pas arriver avec un projet de loi qui briserait ce bail-là? Puis, moi, j'aimerais bien qu'on dise: On part à 10 millions. Tu sais? Parce que, là, là, si on dit qu'on part à 20 millions, moi, j'aimerais bien qu'on nous donne des preuves que c'est 20 millions.
Parce que, nous, on a vu les travaux qui ont été faits, puis on ne comprend pas qu'on grossisse le chiffre, qui passe de 10 à 20 millions. Parlons donc plutôt de 10 millions et prouvons-nous que c'est 10 millions, et on souhaiterait que le gouvernement règle pour 10 millions, et on n'aurait pas à vivre encore 44 ans avec un bail qui à notre sens n'est pas le bail souhaitable.
Et le promoteur aussi, on pense que ça devrait plutôt être... Et là ça répond directement à la question du ministre: Nous, on pense que les gens du milieu, qui souhaitent tant que ce soit maintenu, on est d'accord que ce soit maintenu tant et aussi longtemps que ce sera viable. Mais ça devrait être un organisme sans but lucratif, puis on peut vous dire que déjà il y a un organisme qui travaille là-dessus pour voir si on ne pourrait pas former un OSBL, quoi, qui prendrait la responsabilité de maintenir autant le ski et le golf pour une période donnée, le temps que ça va valoir la peine de maintenir ça en fonction.
Mais, nous, ce qu'on ne souhaite pas, mais pas du tout, c'est qu'on fasse beaucoup de manoeuvres pour maintenir ça ouvert, pensant que ça va durer 25, 30, 50 ans, et, à un moment donné, là, on va se rendre compte qu'on a sacrifié un territoire de parc, on a changé la Loi des parcs et pour se rendre compte que, woup!, on s'est trompé, on manque de neige ou on manque de skieurs.
M. Béchard: Est-ce que vous pourriez aller... M. le Président, est-ce que ça veut dire qu'on pourrait aller jusqu'au démantèlement? Parce que vous dites il y a des circonstances qui, dans les prochaines années, feront en sorte qu'on n'est pas sûrs de ce qui peut se passer au niveau du ski. Est-ce que vous iriez jusqu'à proposer qu'on démantèle et que, je ne sais pas, avec la vente des équipements, on restaure la montagne et que ça redevienne un parc, tout simplement?
Parce que tout le monde s'est entendu sur une chose ici, là, ce que les gens identifiaient comme étant le coeur du parc, là, le coeur du parc qui est dans un état assez particulier, puis je pense que vous en êtes témoin, vous connaissez encore plus que moi le territoire. Alors, il y a là cette situation-là.
L'autre chose que j'aimerais savoir aussi, est-ce que vous êtes d'accord, oui ou non, sur le fait qu'on double la superficie du parc? Parce que je vous entends, j'ai vu les photos, on peut regarder ça de toutes sortes de façons. Oui, il y a eu des coupes. On a eu des coupes de jardinage, on peut étendre la définition, ne pas s'entendre sur la définition, mais est-ce que, oui ou non, vous êtes d'accord sur le fait qu'on a l'intention de doubler la superficie du parc?
Le Président (M. Pinard): M. Dépôt.
M. Dépôt (Jean-Guy): M. le Président, il y a comme deux questions, là...
M. Béchard: Oui.
n (16 heures) n
M. Dépôt (Jean-Guy): ...je vais répondre à la première puis Pierre répondra à la deuxième. Pour la question, là, de maintenir le centre de ski, nous, on a vu des projets comme Mirabel, Magnola, Gaspésia. Quand on arrive à un point, là, où ça n'a plus de bon sens, là, tu sais, c'est un trou béant, on met de l'argent, on met de l'argent, puis on dit: Écoute, on ne trouvera jamais la fin. Bien, nous, on craint qu'il ne faudrait bien pas que ça arrive, avec ce projet-là, qu'un jour on manque de neige puis qu'on manque de skieurs.
Et, bref, avant de risquer d'être rendus à cette échéance-là, bien on pense qu'on devrait être plus prudents et de maintenir en fonction ce qui est là, le statu quo. Mais, si, un jour, on est obligés de fermer, bien on fermera.
Le Président (M. Pinard): M. Pierre Dépôt.
M. Dépôt (Pierre): ...pour préciser, la page 26 de votre politique sur les parcs, c'était bien écrit: « Étant donné leur impact considérable sur l'intégrité écologique, les parcours de golf et les centres de ski alpin ne sont plus implantés dans le réseau des parcs québécois. Ces activités sont maintenues uniquement dans les parcs où elles sont déjà offertes, et ce, en raison d'un état de fait. » Ça, c'est la reconnaissance dans le fond qu'un centre de ski dans un parc, il ne faut pas que ça prenne de l'expansion. Il faut maintenir ça tel que c'est là.
C'est comme un genre de droit acquis, et il ne faut pas chercher non plus à maintenir ça si ça va à l'encontre de l'intégrité écologique du parc, puisque votre propre politique sur les parcs constate que ça porte... premièrement, ce n'est plus développé, les centres de ski, dans un parc, et c'est juste reconnu comme un état de fait. Donc, ce n'est pas quelque chose qu'il faut développer ou qu'il faut maintenir en vie artificiellement à même les fonds publics.
Concernant la volonté de doubler la superficie du parc, pourquoi, M. Béchard, ne pas l'avoir incluse dans le projet de loi spécifiquement, clairement? C'est seulement écrit que vous avez la volonté d'agrandir le parc, et vous l'agrandissez sur des terres basses qui ? on peut démontrer à partir des photos que vous m'avez envoyées; qui ? n'ont pas du tout la valeur écologique que vous prétendiez que ces terres-là pouvaient avoir.
Le Président (M. Pinard): Merci. M. le ministre.
M. Béchard: Oui. Bien, je veux juste gentiment spécifier, là, qu'aux articles 4 de la loi n° 23 et aux articles 8, on identifie très clairement la volonté bien sûr d'agrandir. Mais, avec les descriptions de l'eau, qui sont à l'annexe A, on décrit exactement le territoire qui va permettre de doubler la superficie du parc, donc c'est aux articles 4 et 8 du projet de loi n° 23, où c'est identifié de façon très claire les territoires qui vont servir à doubler la superficie du parc.
Un des points sur lequel je veux revenir, parce que vous dites: Les terrains qu'on veut se servir ou qu'on veut acheter pour doubler la superficie du parc, ça n'a pas de valeur écologique, j'aimerais savoir sur quoi vous vous basez pour dire ça, parce qu'à peu près tous les gens du ministère, chez nous, reconnaissent qu'il y a une valeur extrêmement intéressante au niveau de ces territoires-là. Et, comme je le disais tantôt, même la compagnie Greif veut nous vendre plus de territoires. On est justement en train de regarder, voir si ces territoires-là ont une valeur aussi.
Alors, j'aimerais ça: sur quoi vous vous basez, là? Il y a les photos, mais, la protection d'un territoire, c'est basé entre autres sur les reliefs, c'est basé sur les caractéristiques. On parle de la serpentine qu'on retrouve aussi dans ces territoires-là. J'aimerais ça que vous me disiez sur quoi vous vous basez pour dire que ces territoires-là n'ont pas de valeur?
Le Président (M. Pinard): M. Dépôt.
M. Dépôt (Jean-Guy): M. le Président, on l'a dit tantôt. On est d'accord pour agrandir le parc, mais on ne voit pas absolument la nécessité d'agrandir le parc comme le projet le propose. Si on nous avait consultés ? puis je regrette de ne pas avoir apporté la carte 4 pi par 5 pi que nous avons, nous, au CREE et où on a identifié toutes les aires à protéger en Estrie pour atteindre le 8 %; si on nous avait consultés ? là, on aurait peut-être choisi de meilleurs terrains que les terres basses qu'on vient d'expliquer.
Parce qu'il faut dire une chose. C'est qu'on est d'accord, nous, à ce qu'on agrandisse dans le marais du lac Brompton. Le Mont des Trois Lacs, le mont Carré, ça, c'est des... puis, même, il y a des secteurs abrupts le long du lac Bowker, où on demeure, qui mériteraient d'être dans le parc, mais on n'a jamais eu l'occasion de conseiller qui que ce soit pour intégrer ces terrains-là.
L'autre chose qu'on doit mentionner à propos de Greif Containers ? M. le ministre en parle ? c'est que, je comprends que Greif veut peut-être vendre plus grand que ce que vous voulez avoir, parce que, si vous n'en achetez qu'une partie, eux, ça hypothèque la valeur de leurs terres à bois, hein? Et il faut que vous compreniez que... Moi, j'ai eu un document qui m'a été remis par Me Gilles Fontaine, qui ? puis là je n'ai pas eu l'occasion, à la page 8, on en parle, là, on explique ça plus longuement, là; qui ? est propriétaire de la station Mont des Trois-Lacs, et M.
Fontaine ne veut pas vendre, et puis à certains égards il rejoint de nos idées. Et je l'ai cité: tout ce qui est en italique, là, c'est lui qui a écrit ça. Et il mentionne là-dedans qu'on va créer des emplois au sud du parc alors qu'on va en perdre au nord.
Parce qu'il faut que vous sachiez, M. le ministre, que, dans ce secteur-là où est Greif Containers et où est le terrain de Fontaine et Desmarais, là, qui est la propriété de M. Gilles Fontaine, station Mont des Trois Lacs, c'est tout près de Domtar, et c'est la source de matière ligneuse de Domtar, tout proche. Et là, si ça, ça devient un parc parce qu'il faut, tu sais, agrandir puis doubler, là, bon, pour montrer qu'on fait un geste, là, important, la matière ligneuse, on va être obligés d'aller la chercher très loin. Et on veut diminuer les gaz à effet de serre.
Moi, là, je pense qu'on n'est pas corrects, là, on devrait agrandir en acquérant ce qui est bon, mais on devrait choisir d'autres terrains puis garder les terres basses pour la matière ligneuse.
M. Dépôt (Pierre): Si je peux faire une précision?
Le Président (M. Pinard): Merci, M. Dépôt. Un complément de réponse?
M. Dépôt (Pierre): Oui, un complément de réponse.
Le Président (M. Pinard): Rapidement.
M. Dépôt (Pierre): Si effectivement les terrains que vous voulez acquérir ont une valeur écologique et ils sont en
partie dégradés et que vous jugez que c'est une bonne raison de les annexer au parc, bien c'est aussi une bonne raison de garder le territoire que vous voulez vendre du mont Orford, de la montagne, de le conserver dans le parc, puisque ces terrains-là, s'ils sont en
partie dégradés et qu'ils ont une valeur écologique, bien c'est le même argument qui prévaut, ces terrains-là méritent aussi d'être maintenus dans le parc, puisque vous allez acquérir des terrains qui sont en
partie dégradés, eux aussi.
Le Président (M. Pinard): Merci, M. Dépôt. M. le député de Portneuf.
M. Soucy: Oui. Merci, M. le Président. Évidemment, j'avais levé ma main il y a quelques instants, donc il y a quelques questions qui ont été répondues. Parce que, M. le Président, à la page 5 du mémoire, il est indiqué que... dans le deuxième paragraphe, enfin celui qui suit le titre, qui s'appelle Les impacts sociaux , on indique là-dedans que « la loi 70 fut sanctionnée le 8 avril 1938 » , et là, entre guillemets, on voit que « le parc du Mont-Orford est donc créé dans l'esprit d'un véritable parc national: milieu naturel soustrait à toute exploitation commerciale, conservé pour le bénéfice des générations actuelles et futures » .
Donc, ma question, c'était à savoir: Est-ce qu'on peut qualifier le golf et le ski comme opérations commerciales, pour vérifier si c'est au bon endroit? Pourquoi, à ce moment-là, avoir accepté, avant la création du parc ? je ne dis pas que vous étiez là à l'époque, là; mais pourquoi avoir accepté ? cet état de fait là qui était contraire à la loi, d'une part?
Puis, d'autre part, bien le commentaire que je ferais par rapport à la valeur écologique, il y a différents spécialistes qu'on a rencontrés en commission parlementaire...
Le Président (M. Pinard): Très rapidement, M. le député, très rapidement.
M. Soucy: ...oui, qui disaient que les changements climatiques étaient...
Le Président (M. Pinard): On va oublier les commentaires...
M. Soucy: ...plus perceptibles en direction nord, c'est là où on voyait les plus grands effets, puis on nous a dit aussi qu'il y avait 17 espèces menacées qu'on retrouvait dans la proposition d'agrandissement de parc. Alors, je trouvais, là aussi, intéressant de l'agrandir.
Le Président (M. Pinard): M. Dépôt, s'il vous plaît? Rapidement.
M. Dépôt (Jean-Guy): Oui. Pour répondre à cette question, c'est que, quand le parc a été formé ? puis on le dit bien, hein, on l'a mis en gras, là, bon, et, nous, on souhaiterait que ça, ce soit respecté, parce que c'est comme un testament, ça, là, hein, puis on pense que, nous, là, pour respecter la volonté de nos ancêtres, hein, ceux qui ont donné de l'argent, qui ont permis la création de ce parc-là, on devrait un peu respecter leur volonté ? ce n'était pas contraire à la loi à l'époque, de un, hein, il faut comprendre ça.
Et, de deux, il faut bien comprendre que, lorsque ces gens-là ont voulu faire un centre de ski ou un golf, c'était très petit, mais, au cours des ans, bien ça a pris de l'ampleur, puis peut-être que ça en a pris... je veux dire, ils doivent se retourner dans leurs tombes, eux autres, là, ils ne pensaient jamais que c'était pour prendre une telle ampleur, puis c'est peut-être ça qui cause problème. Mais là on voudrait en prendre encore davantage, d'ampleur, puis, nous autres, on dit: Écoutez, respectons donc la volonté de nos ancêtres, gardons ça petit.
M. Dépôt (Pierre): Si je peux rajouter un complément...
Le Président (M. Pinard): Merci. Écoutez...
M. Dépôt (Pierre): Bien, c'est parce que je voudrais dire...
Le Président (M. Pinard): ...très rapidement, là, parce qu'on a déjà, là, outrepassé le temps.
M. Dépôt (Pierre): Oui. En 1938, il n'y avait jamais autant de pistes qu'il y en a présentement puis il n'y avait pas d'enneigement artificiel non plus. Et, sur les terrains de golf, il ne devait pas y avoir de pesticides non plus.
Le Président (M. Pinard): Merci, monsieur. On va vous permettre, M. le député d'Orford.
M. Reid: ...bref. Je voulais juste être sûr d'avoir bien compris. J'ai compris tout à l'heure que la solution que vous proposiez à l'avenir du centre de ski du mont Orford, c'était que le gouvernement annule le bail, que le gouvernement dépense 10 millions de dollars pour annuler le bail et qu'il remette le centre de ski à un organisme à but non lucratif pour qu'il l'administre. C'est ce que j'ai compris qui était votre solution?
M. Dépôt (Jean-Guy): Oui...
M. Reid: Merci beaucoup.
M. Dépôt (Jean-Guy): ...pour 10, 15 ans maximum.
Le Président (M. Pinard): ...du côté ministériel? Alors... Oui, M. le député de Brome-Missisquoi.
M. Paradis: Avec le consentement. Juste pour clarifier la question de la valeur écologique des terrains comme telle, est-ce que la Division du patrimoine écologique du ministère de l'Environnement a en main des études ou un résumé ou des analyses d'études dont les membres de la commission pourraient prendre connaissance, là, pour qu'on en ait une idée claire?
Le Président (M. Pinard): M. le ministre.
M. Béchard: Oui. Je tiens à rassurer mon collègue de Brome-Missisquoi: on a ces études-là, et c'est avec beaucoup de joie qu'on va les déposer à la commission dans les prochaines heures ou dès demain matin.
Le Président (M. Pinard): Merci beaucoup, M. le ministre.
M. Bergeron: Juste une question, M. le Président, par rapport au point du député de Brome-Missisquoi.
Le Président (M. Pinard): D'accord.
n (16 h 10) n
M. Bergeron: Quand on parle des études, là, est-ce qu'on parle des études sur la valeur écologique des terrains qu'on s'apprête à acheter ou la valeur écologique des terrains qu'on s'apprête à vendre?
M. Paradis: Je n'ai pas d'objection à ce qu'on dépose tout. Mais le but de ma question, c'étaient les terrains qu'on s'apprête à acquérir.
Le Président (M. Pinard): Est-ce qu'il y a moyen...
M. Bergeron: Est-ce que le ministre pourrait également déposer l'étude sur la valeur écologique des terrains qu'on s'apprête à vendre?
M. Béchard: L'étude de M. Hall, là? Sans aucun problème.
M. Bergeron: Mais, vous, la division en question de votre ministère...
M. Béchard: Bien, oui. On a l'étude... On a commandé une étude, de M. Geoffrey Hall, et qu'on peut déposer sans aucun problème.
Le Président (M. Pinard): Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, nous débutons un autre bloc, et, sans plus tarder, je cède la parole au critique officiel de l'opposition en matière de faune et parcs, M. le député de Verchères. M. le député.
M. Bergeron: Alors, M. le Président, la présentation des représentants du Conseil régional en environnement de l'Estrie a de quoi faire frémir quant à la perspective de survie des opérations de ski à moyen et à long terme. Et, dans la perspective de ce qu'on s'apprête à faire, il y a certainement un certain nombre de questions qui surgissent à notre esprit lorsqu'on met ça en perspective avec le portrait pour le moins sombre que vous venez de dépeindre.
Ma crainte ? et je l'ai évoquée à quelques reprises hier; ma crainte ? c'est de voir un promoteur faire l'acquisition de ces terrains, de construire les condos au bas de la pente, d'empocher l'argent subséquent à la vente de ces condos, de fermer la station de ski, ce qui va peut-être devenir finalement une obligation par la force des choses, et d'aller couler des jours meilleurs ailleurs. N'est-ce pas là un scénario qui, selon les perspectives que vous avez brossées, risque fort de survenir?
Le Président (M. Pinard): Alors, M. Dépôt.
M. Dépôt (Jean-Guy): M. le Président, moi, je réponds oui à cette question. Puis on n'est pas heureux de cette situation-là. Mais ce n'est pas nous qui disons qu'il va y avoir une baisse de 30 %, c'est l'industrie du ski eux-mêmes. Avec tous les baby-boomers, là, qui vont venir nous rejoindre, là, dans le club des 60 ans et plus, là, on va passer à peu près de 12 % à 27 %, là, prochainement dans la population.
M. le premier ministre lui-même l'a dit, qu'actuellement on est cinq qui travaillons pour deux qui ne travaillent pas, puis bientôt ça va être l'inverse. Bien, dans ce cadre-là, hein... Puis aussi, on peut rajouter: manque de neige, vieillissement de la population. Imaginez-vous, si le prix de l'essence augmente éventuellement, puis comme en parle, à 2 $, toute la donne, là, toute la donne de l'économie et du tourisme va être changée complètement. Mais on dirait qu'on est seulement que nous, les environnementalistes, à avoir une vision de ce genre-là.
Là, là, il faudrait qu'on commence à écouter davantage les environnementalistes et les scientifiques et un peu moins les gens d'affaires pour avoir une bonne vision de ce qui va survenir dans cinq, 10 ou 15 ans.
Le Président (M. Pinard): M. le député de Verchères.
M. Bergeron: M. le Président, non seulement il y a un certain nombre de facteurs que vous venez d'évoquer ? le manque de neige, le vieillissement de la population ? mais on retrouve également dans le projet de loi des articles qui viennent, si je puis dire, court-circuiter ou mettre en péril les activités de ski ? pour le mieux-être de l'environnement, il faut le reconnaître ? mais qui vont quand même poser un certain nombre de problèmes aux activités de ski.
Je pense à l'article 12.1°f, sur le maintien du niveau d'eau requis de l'état de la rivière aux Cerises, qui va faire en sorte que le nouvel opérateur ne pourra plus pomper à loisir l'eau dont il a besoin pour enneiger les pistes de ski. Est-ce que ça ne va pas précipiter la fin des opérations de ski au mont Orford?
M. Dépôt (Pierre): Bien, c'est justement ça qui est inquiétant. C'est que, s'il y a moins de neige naturelle et s'il y a plus de pluie, et si c'est déjà un avant-goût de ce qu'on a eu cet hiver, bien il va falloir augmenter la capacité de production de neige artificielle. Donc, il va falloir aller puiser encore plus d'eau dans l'étang aux Cerises pour contrer l'effet des changements climatiques. Donc ça, ce n'est pas souhaitable.
M. Dépôt (Jean-Guy): Déjà, on en pompe trois fois trop. C'est écrit, là, puis ce n'est pas nous qui l'avons dit. Ça, c'est quelqu'un du MRN qui a déposé un document et... je ne sais pas si j'ai sorti le papier, mais qui est venu déposer un document lors du BAPE et qui nous a révélé, à notre grande surprise, que déjà on pompe trois fois trop d'eau de l'étang aux Cerises.
Et il faut que je vous raconte un petit fait. C'est que l'étang aux Cerises, c'est le début de la rivière aux Cerises. Actuellement, il y a une usine d'épuration qui traite 900 m³ d'eau. Après le traitement, on rejette à la rivière aux Cerises 600 m³ d'eau, à condition qu'il coule de l'eau dans la rivière, pour qu'il y ait dilution avant que ça arrive dans le lac Memphrémagog.
Mais, moi, je ne suis pas certain que, quand on pompe du 15 novembre au 15 janvier, si, dans le mois de janvier, il reste suffisamment d'eau dans l'étang aux Cerises pour qu'il y ait un cours d'eau acceptable dans la rivière et qu'il y ait le phénomène de dilution. En d'autres mots, est-ce qu'au moment du début de l'année on lance dans le cours d'eau 600 m³ d'eaux usées puis que ça s'en va dans le lac Memphrémagog, qui est le réservoir d'eau potable, moi, je pense, là, que ça, cette solution-là, elle est très peu abordée.
Il faut vous dire aussi qu'actuellement on manque d'eau dans le secteur sud. Nous, on demeure dans le secteur nord, ce n'est pas un problème, là, il y a 14 lacs dans la municipalité d'Orford. Mais, dans le secteur sud, tout ce beau monde, là, qu'on nomme les hôtels Chéribourg, Estrimont, Jardin des Sables, les Jeunesses musicales, le centre de ski, le golf, tout ça, là, hein, le village de Cherry River, ils sont tous sur la nappe phréatique. Et souvent des gens que je connais qui demeurent à Chéribourg prennent leur douche, mais ils arrivent pour se rincer, puis là ils manquent d'eau.
Est-ce que c'est en construisant 800 condos qu'on va améliorer la situation? Moi, je ne comprends plus, là. Il y a des gens, là, qui poussent sur un projet mais qui ne connaissent pas tous les facteurs, malheureusement.
Le Président (M. Pinard): Merci.
M. Bergeron: Mais je reviens à ce que je viens d'évoquer, M. le Président. À l'article 12, il y a des dispositions concernant le maintien du niveau d'eau de l'étang aux Cerises. Évidemment, du point de vue environnemental, c'est éminemment souhaitable, parce qu'on va cesser le pompage excessif d'eau dans la rivière aux Cerises. Mais, d'un autre côté, est-ce que ça n'aura pas pour effet d'accélérer la fin des opérations de ski au mont Orford et conséquemment la fin des opérations récréotouristiques du propriétaire qui aura fait construire des condos au bas de la pente et qui les aura vendus puis qui aura empoché les profits?
Le Président (M. Pinard): M. Dépôt.
M. Dépôt (Jean-Guy): Bien, moi, M. le Président, je vous invite à lire, là, dans l'annexe I, l'article de Louis-Gilles Francoeur, le dernier paragraphe au bas de la page 12, et c'est exactement ce que M. le député vient de dire. On va se retrouver, d'une façon précise, à Orford, avec un manque d'eau pour fabriquer la neige. Et là, là, si on a permis des condos... Puis ce n'est pas évident que tous les condos vont se vendre; on en a déjà, des condos, à vendre, là, à côté de l'hôtel de ville, puis il n'y a pas une grosse demande.
Et on sait qu'à Bromont il y a une compagnie de l'Ouest qui construisait des condos, ils ont fait la phase I, les solages de la phase II sont en place, mais on a arrêté parce que ça ne se vend plus. Ça fait qu'à un moment donné, là, ce n'est peut-être pas la solution des solutions, là, ce n'est pas parce qu'on va construire des condos que les gens vont se lancer à en acheter un ou deux, là.
Le Président (M. Pinard): Merci. M. le député.
M. Bergeron: M. le Président, le ministre évoquait tout à l'heure le fait qu'aux articles 3 et 8 on donnait la... 4 et 8, pardon, on donnait la liste des terrains qui étaient mis en réserve. Je reviens à cet argument, que vous avez invoqué il y a quelques instants, simplement pour vous permettre de clarifier, parce que ça m'a laissé un peu perplexe. Ce n'est pas parce qu'on donne la liste de territoires mis en réserve que ça veut nécessairement dire que ces territoires mis en réserve vont éventuellement être adjoints au parc national du Mont-Orford.
À preuve, je pense, c'est M. St-Pierre, hier, qui évoquait le fait qu'il avait donné des territoires pour le bénéfice de l'agrandissement du parc national du Mont-Orford, puis ils sont restés sur réserve pendant, quoi, 10 ans? Alors, est-ce que c'est une preuve que ça va nécessairement faire l'objet d'un agrandissement?
Et, qui plus est, le projet de loi me semble assez muet également sur l'échéance. On ne fait que dire, à l'article 9, qu'au plus tard deux ans après l'entrée en vigueur du projet de loi on va faire rapport de l'état de l'agrandissement du parc national du Mont-Orford, ce qui ne veut pas nécessairement dire qu'on l'aura doublé durant ces deux ans-là.
Le Président (M. Pinard): M...
M. Dépôt (Pierre): Si je peux répondre? Justement, c'est déjà très mal parti, parce qu'il y a une bonne
partie du territoire mis en réserve dans le Bloc C, à Bonsecours. Vous savez, ces propriétaires-là ont protesté contre l'avis de mise en réserve, puis là ils ont reçu... ils sont sensés recevoir un avis de levée de mise en réserve. Donc, il y a déjà... Puis, les motifs qui sont invoqués par le ministère, c'est que ces terrains-là n'ont pas de valeur écologique. Donc, il y a déjà une
partie du territoire convoité qui ne sera pas... ici, là, dans ce secteur-là, là, du Bloc C, à Bonsecours, donc ces gens-là, ça ne servira pas à agrandir le parc. Les autres propriétaires de terrains, ils ont juste à invoquer le même argument, de prétendre que leur terrain n'a pas la valeur écologique, et puis de se mobiliser publiquement, puis le gouvernement va peut-être reculer face à la levée de boucliers. Donc, l'engagement de doubler la superficie du parc, c'est déjà très mal parti avec ce qui vient de se produire dans le Bloc C, à Bonsecours.
n (16 h 20) n
M. Dépôt (Jean-Guy): Moi, j'ai le document, ici, là, de Me Gilles Fontaine, là, O.K., puis il m'a remis ça, puis il voulait que je me serve de ça, puis j'ai tenté de l'écrire un peu, là, brièvement, là, dans le document. M. Fontaine ne veut absolument pas vendre, et c'est ce terrain de M. Fontaine, qui est situé juste au nord du lac Fraser, qui devait faire le lien entre l'ancien parc et le nouveau parc. Puis M. Fontaine, que je connais bien, bonne chance si vous voulez acheter son terrain, vous allez devoir l'exproprier et payer un montant assez élevé.
Nous autres, on entend des chiffres, hein, parce qu'on est un réseau d'informateurs, là; le cellulaire puis le téléphone puis le fax, là, chez nous, puis l'ordinateur, ça ne dérougit pas, là, hein? Nous, on est informés que le gouvernement veut payer 6 000 $ à 7 000 $ l'hectare, et il y a des terrains qui valent beaucoup plus cher que ça. Moi, j'en possède, des terrains, puis, jamais, à ce prix-là, je ne les vendrai. Donc, tout ça pour dire que l'histoire de dire qu'on va doubler le parc, bonne chance, ce n'est pas fait.
M. Dépôt (Pierre): D'ailleurs, pourquoi que les gens accepteraient de vendre leurs terrains au parc si les Bombardier, eux, bénéficient d'un petit club privé enclavé dans le parc, un beau lac qui ne sera pas accessible aux masses populaires? On sait justement qu'avec les changements climatiques bien il va falloir se tourner vers des activités plus estivales. Et puis on pense à la fréquentation des plages des lacs Stukely et Fraser. Le lac La Rouche, ça aurait été un lac intéressant, ça, pour développer des activités estivales, puis il ne sera pas accessible aux masses populaires.
Pourquoi que les gens autour du lac La Rouche, eux autres, devraient céder des terrains quand les gens de Bombardier vont garder le lac pour eux autres?
Le Président (M. Pinard): Merci, M. Dépôt. M. le député.
M. Bergeron: M. le Président, il y a un autre élément que vous avez souligné et soulevé qui a suscité ma perplexité, c'est le fait que, contrairement à ce que le ministre a affirmé hier en Chambre ? alors ou bien il a été mal informé ou bien manifestement il n'a pas voulu donner les faits tels qu'ils sont; contrairement à ce que le ministre a affirmé hier en Chambre ? il ne s'agit pas d'un seul lot mais bien de quatre lots, selon nos prétentions. Êtes-vous en mesure de soutenir ce que vous avancez, d'une part?
Et, d'autre part, M. le Président, j'aimerais revenir également sur le jardinage qui a cours actuellement dans les 250 ha de Greif, qui, selon vous, affecte la qualité écologique de ces terrains. Est-ce qu'on ne devrait pas, puis vous l'avez évoqué il y a quelques instants, invoquer le même argument pour dire, bien, si ces terrains, qui sont dévastés, endommagés, d'après les photos que vous nous avez soumises, peuvent être mis sous réserve pour faire l'objet d'un parc national et être remis en état, pourquoi ne ferions-nous pas la même chose avec les terrains dévastés dans le domaine skiable?
M. Dépôt (Jean-Guy): Moi, M. le Président, je veux répondre là-dessus, là. Quand on parle de coupe de jardinage, là...
Le Président (M. Pinard): Excusez-moi, monsieur...
M. Dépôt (Jean-Guy): Oui?
Le Président (M. Pinard): Excusez-moi, M. Dépôt, là, un point d'ordre. M. le ministre voudrait se prévaloir de l'article 212.
M. Bergeron: Question de privilège?
M. Béchard: Ah bien, peu importe, ça va prendre 10 secondes, ce n'est pas...
Le Président (M. Pinard): Oui, mais je vous le redonnerai. M. le ministre.
M. Béchard: O.K. Juste parce que, sur ce qui a été dit sur les lots, il y avait effectivement... je pense que c'est trois ou quatre lots, mais il y a eu une réforme cadastrale, ce qui fait qu'aujourd'hui il y a un seul lot. On sait qu'il y a eu une grande réforme cadastrale, au Québec, où on a mis des lots ensemble, ce qui fait qu'au moment de la mise en réserve aujourd'hui il y a un seul lot. Il pouvait y avoir plusieurs lots avant, mais ce qu'on a fait comme vérifications immédiatement après les affirmations de M. Dépôt, et aujourd'hui il y a un seul lot, après la réforme cadastrale.
Le Président (M. Pinard): Excusez-moi...
M. Dépôt (Pierre): Est-ce que vous avez fait l'acquisition des terrains au lac Fraser et à Jouvence, au lac Stukely? Il y en avait, des installations, là, il y en avait, des chalets. Pour le lac La Rouche, là, il y a seulement qu'un petit chalet sur une île. Tout le lac autour, il n'est pas habité, puis il y a un chalet d'accueil, ça pourrait faire
partie du parc, ça, éventuellement, pour un accès aux visiteurs du parc. Il n'y a rien qui... Ce n'est pas un précédent, il y a déjà Jouvence puis il y a déjà des installations au lac Fraser, ce serait une continuité.
Le Président (M. Pinard): Merci, M. Dépôt. M. le député de Verchères, vous poursuivez, et votre temps vous est remis.
M. Bergeron: Il reste combien de temps?
Le Président (M. Pinard): Il reste trois minutes, et là-dessus...
M. Bergeron: Très rapidement, j'aimerais...
Le Président (M. Pinard): ...je dois conserver 1 min 30 s pour l'ADQ.
M. Bergeron: Mais j'aimerais laisser du temps à mon collègue de...
Le Président (M. Pinard): Alors, M. le député de Johnson.
M. Bergeron: M. le député de Johnson.
M. Boucher: M. Dépôt, hier, M. Raymond Cloutier est venu ici faire un témoignage nettement favorable au projet ministériel. On sait que M. Cloutier a travaillé pour M. L'Espérance. Est-ce que vous pouvez nous en parler un peu plus, parce que je pense que vous connaissez l'état de ses travaux?
M. Dépôt (Jean-Guy): Oui. Moi, j'ai connu Raymond Cloutier en 1991, lors de la première consultation du BAPE sur la question de l'ensablement des plages du lac Memphrémagog. J'ai travaillé après ça avec lui, en 1994, pour faire fermer un site d'enfouissement, que vous devez connaître, à Sainte-Anne-de-la-Rochelle. Et par la suite bien il est devenu membre du Conseil régional de l'environnement de l'Estrie et, jusqu'à l'an dernier, y siégeait.
Et, quand on a passé des résolutions, là, autant pour me donner un mandat de défendre l'intégrité territoriale du parc du Mont-Orford, ce que je fais depuis trois ans et demi, là, depuis septembre 2002, il était là, et je comprends que depuis un an il n'est plus au Conseil régional de l'environnement de l'Estrie. Et il a bien le droit de travailler pour M. L'Espérance pour gagner sa croûte.
Le Président (M. Pinard): Merci, monsieur.
M. Boucher: Je vous remercie.
Le Président (M. Pinard): Autres questions?
M. Bergeron: Est-ce qu'on a encore le temps?
Le Président (M. Pinard): Alors, M. le député de Verchères, une dernière.
M. Bergeron: M. le Président, très rapidement, le ministre ne cesse d'invoquer le 20 millions de dollars ? ou 10 millions, selon vous, là ? comme une espèce d'épouvantail, l'agite comme un épouvantail pour dire: Il ne faudrait pas, on serait obligés de payer ce montant-là. D'abord, depuis hier, il y a un sérieux doute sur la validité des chiffres, compte tenu du fait qu'on a vu que les investissements avaient été faits à l'extérieur du parc, je ne vois pas pourquoi le gouvernement éventuellement serait appelé à rembourser ça.
Puis d'autre
part le député de Brome-Missisquoi évoquait à juste
titre que certains de ces investissements sinon la totalité ont été effectués dans le cadre de SPEQ et ont donc été remboursés par l'État déjà. Mais est-ce que vous ne considérez pas que, loin d'être une dépense pour les contribuables, le fait de débourser ce 10, 20 millions de dollars, si tant est qu'on doive le faire, est plus un investissement? Parce qu'il y a des actifs qui vont venir avec ces montants-là, là, ce n'est pas une dépense nette, là.
M. Dépôt (Jean-Guy): Nous...
Le Président (M. Pinard): Alors, monsieur.
M. Dépôt (Jean-Guy): M. le Président, nous, on est d'accord avec ce qu'on vient de dire, c'est qu'on connaît très bien ce territoire-là, hein? Il faut savoir que, nous, on est voisins du parc du Mont-Orford, et c'est notre terrain de jeu depuis ma naissance, moi, puis mon fils connaît tout ce secteur-là, il fait du ski de fond, il fait de la raquette, bon, et on est allé visiter les aménagements.
La gondole devait coûter 4 millions, on nous dit que ça a peut-être coûté 7 millions. Le tapis roulant pour les jeunes... Je cherchais l'article, on a eu un
article déjà dans le journal La Tribune , tu sais, on disait que ça avait coûté 1 million. Les fameuses yourtes, là ? moi, j'appelle ça des Tempo luxueux, là ? qu'il y a sur le dessus de la montagne, qui sont supposées d'être temporaires, hein, mais qui sont faites sur slabs de ciment, imaginez-vous donc...
M. Dépôt (Pierre): Il y a un restaurant.
M. Dépôt (Jean-Guy): ...il y a un restaurant là-dedans. Lundi, pas de cette semaine, lundi de la semaine passée, Pierre et Lucille, mon épouse, sont montés pour aller là. Tout ça pour vous dire qu'on ne croit pas du tout, nous, à moins que vous nous ameniez une preuve ou que le ministre nous apporte une preuve claire, nette et précise, que c'est plus que 10 millions. Et c'est pour ça que ça me choque un peu, moi, d'entendre 20 millions, parce qu'écoutez, là, quand on est négociateur, on commence bas, quitte à monter à 12, mais, si on commence à 20 millions, on va se rendre tantôt à 25 millions. Moi, ça m'inquiète un peu, là, je n'investirais pas ça de même.
Le Président (M. Pinard): Merci. M. le député de Beauce-Nord.
M. Grondin: Merci, M. le Président. Alors, moi, je suis surpris de voir dans vos documents que le ministère de l'Environnement, il est en dérogation, parce que, s'il prend plus d'eau dans la rivière qu'il doit en prendre, alors il est fautif. Il y a des municipalités, il y a des citoyens qui sont poursuivis pour ça. Alors, il va falloir regarder le ministère de l'Environnement comme il faut.
Et puis aussi la question des dérogations mineures, je vois mal... si on donne des dérogations de cette ampleur-là à une municipalité, il va falloir regarder aussi les autres, au Québec, qui en veulent, parce qu'on doit être équitables envers toute la population. C'est une question que je me pose.
Mais j'aimerais vous entendre, moi, sur la forme qu'on pourrait... pour essayer d'arrêter de mettre du gaz sur le feu, là, quelle forme d'association qu'on pourrait faire, au mont Orford, pour que ça reste aux résidents, aux gens de la place, puis que ce soit rentable, là, que ce ne soit pas un puits sans fond, là?
Le Président (M. Pinard): Alors, M. Dépôt.
M. Dépôt (Jean-Guy): M. le Président, j'aime la question parce que ça va me permettre un peu de toucher à la conclusion que nous avons. Nous, on veut que le projet de loi n° 23 soit mis de côté et qu'on nous amène un projet de loi qui va briser le bail.
Et, moi, j'ai déjà eu l'occasion de parler même à l'adjoint de M. Béchard et qui me disait que, le bail, c'était un problème, et je considère que c'est un problème. Parce que, écoutez, on ne peut pas vivre encore 44 ans avec un bail. Si M. le ministre dit que c'est 20 millions aujourd'hui, dans 25 ans, c'est-u 50 millions, puis dans 50 ans, est-ce qu'on sera rendus à 100 millions? Écoutez, ça n'a pas de bon sens, là, on est aussi bien de régler le cas tout de suite.
Et le gouvernement a tous les pouvoirs. Selon mon ami Louis-Gilles Francoeur, pourquoi ne pas régler ce problème-là, prendre le courage politique? Évidemment, ça va coûter 10 millions. Moi, je souhaiterais que le gouvernement, que le ministre mette 10 millions sur la table puis dise à M. L'Espérance: Écoutez, là, on va trouver quelqu'un qui va maintenir ça ouvert puis ça va être des gens de la région, hein, un OSBL de la région, avec les gens d'affaires, avec les hôteliers, ils vont faire fonctionner ça tant et aussi longtemps que ça va être logique.
J'ai donné des exemples tantôt, là, Magnola, Gaspésia puis Mirabel. Tu sais, il ne faudrait pas se ramasser une espèce d'éléphant blanc qu'on a créé de toute force pour sauver le centre de ski, puis éventuellement qu'on se rende compte, bien, qu'on aurait dû écouter les MM. Dépôt parce qu'ils étaient visionnaires, eux.
M. Dépôt (Pierre): ...scientifique...
n (16 h 30) n
Le Président (M. Pinard): Alors, merci beaucoup, MM. Dépôt, Pierre et Jean-Guy. Les membres de la commission auront sûrement retenu certains de vos propos, et nous aurons l'occasion de revenir lors de l'étude du projet de loi
article par article. Alors, merci. Et je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 16 h 31)
(Reprise à 16 h 33)
Le Président (M. Pinard): Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! J'inviterais maintenant Tourisme Cantons-de-l'Est, qui est représenté par M. Jacques Robidas, président du conseil d'administration, et M. Alain Larouche, directeur général, à se présenter. Alors, bienvenue, messieurs.
Alors, vous connaissez les règles du jeu, vous avez 15 minutes pour présenter votre mémoire ? et, bien entendu, si vous prenez moins de 15 minutes, le temps n'est pas perdu, loin de là ? 15 minutes d'échange du côté ministériel, 15 minutes avec l'opposition officielle. À vous.
Tourisme Cantons-de-l'Est
M. Robidas (Jacques): Merci, M. le Président. Ma voix est un peu fatiguée, mais je vais vous présenter ça assez vite. La façon qu'on va procéder, je vais faire une entrée en matière; Alain, qui est le directeur général chez nous, va suppléer à mon manque de voix, et on va travailler de même, en concertation.
Premièrement, Tourisme Cantons-de-l'Est, c'est l'association régionale qui est reconnue et mandatée par le gouvernement du Québec comme interlocuteur en matière de tourisme. On regroupe 550 membres et 700 entreprises. Et ce sont toutes des entreprises en milieu familial pour la plupart, à 95 %. Ce que je vous présente aujourd'hui, c'est entériné par mon conseil d'administration à l'unanimité.
Donc, M. le Président, le 3 mai, c'est en très grande surprise que nous avons appris l'annonce de la solution gouvernementale au dossier du Mont-Orford. Et, après de nombreuses consultations qui ont mené à une amorce de coalition, Tourisme Cantons-de-l'Est réagit au projet de loi n° 23 en proposant un projet récréotouristique intégré au milieu et qui pourrait être une solution d'avenir porteuse pour notre région, notre environnement, notre équilibre socioéconomique et notre potentiel touristique.
Bien que les objectifs du projet de loi soient louables, les moyens identifiés pour les réaliser sont bien souvent inadéquats, irréalistes et disproportionnés. Les conditions favorables à la venue de promoteurs sont annulées par les conditions excessives imposées. De plus, le fait de refiler la réhabilitation des milieux dégradés aux promoteurs privés envoie le message que dorénavant la protection et la réhabilitation des milieux naturels sont des réalités mieux desservies sur un terrain privé que par un parc national, en plus de créer une obligation financière disproportionnée au nouveau promoteur.
La vente du domaine skiable pour atteindre les objectifs visés n'a jamais été revendiquée ni discutée en région, a soulevé une désapprobation généralisée tant dans les Cantons-de-l'Est qu'au Québec et fragilise plutôt qu'elle n'avantage la solution que l'on souhaite mettre de l'avant.
Finalement, les nouvelles redevances, estimées à plus de 1,5 million ? redevances environnementales et taxes foncières ? alourdiront sensiblement les frais d'opération du promoteur tout en créant une pression encore plus forte pour générer les revenus issus de l'activité immobilière.
Vous avez notre mémoire, je vous lis simplement les entrées en matière pour aller plus vite aux faits. Tourisme Cantons-de-l'Est va plus loin que l'invitation qui a été lancée par la commission, et bonifie les articles du projet de loi, et propose plutôt une vision du développement portant sur cinq volets. Je vais commencer par la première, Alain va poursuivre.
Nous préconisons de maintenir le domaine skiable, Orford et Giroux, dans le parc sous bail, en faire une station de ski à caractère plutôt national qu'international et réhabiliter les milieux dégradés.
Nous proposons le concept de village de montagne avec un fort caractère de produit vert... devrait y prendre place et bien plus étroit... et en direct avec le parc national et ses activités. Plusieurs exemples probants prouvent que l'exploitation d'un centre de ski à l'intérieur des limites d'un parc national est possible, peut être viable et même rentable et s'avère même souhaitable dans le positionnement du produit touristique. Il faut cependant ramener le poids de l'exploitation à un niveau plus réaliste. Dans ce contexte, deux sommets, moins lourd à développer que trois. Alain, je te demanderais de poursuivre.
M. Larouche (Alain): Merci, Jacques. Moins lourd à développer, moins lourd à exploiter, deux sommets plutôt que trois. La deuxième option que nous proposons au ministre comme proposition qu'on aimerait, qu'on souhaiterait qui soit étudiée, retirer Alfred-DesRochers ? non seulement le sommet, tout le mont Alfred-DesRochers ? du domaine skiable, en démanteler les équipements de ski et redonner le mont Alfred-DesRochers au complet à la première vocation du parc qui est les activités quotidiennes: la randonnée pédestre, le ski de fond, la raquette, le vélo. Dans le fond, on suit...
On a fait une synthèse exécutive, dans le fond. Vous allez retrouver les mêmes éléments dans le mémoire, mais on a préparé une synthèse exécutive pour accélérer le processus de présentation et pour que l'idée se tienne de façon plus serrée.
Donc, deux sommets seulement dans le centre de ski alpin, qui reste sous bail. Alfred-DesRochers sort du centre skiable, demeure dans le parc intégralement et est retourné à la nature pour les activités quotidiennes de sport, de plein air et d'observation.
On demande de soustraire le terrain de golf, qui amène peu d'attraits au parc comme tel et qui, ramené comme un coeur de développement en lui-même, comme soutien et support au développement... La municipalité d'Orford, O.K. ? ses commerces, son coeur de village, les trois auberges qui sont là actuellement ? redevient un centre d'intérêt et de développement à partir du concept d'instituer une destination golf à Orford.
Actuellement, on a un parc, un centre de ski, un camping, et, à Orford, il y a trois auberges actuellement qui se sont implantées, le manoir, le Chéribourg et l'Estrimont, qui se sont implantées comme dans un champ. À partir d'un miroir qui était là depuis une trentaine d'années, il y aura un potentiel international qu'on va faire. Et ces trois hôtels-là n'ont jamais trouvé leur vocation propre, puisque tout le potentiel ne se réalise pas. Donc, en remettant le golf comme un coeur de développement, il y aurait automatiquement deux golfs au village d'Orford, trois hôtels.
On sait qu'il y a déjà au moins un promoteur qui a des plans sur la table pour faire un autre hôtel, qui avait un projet de golf, et on fait d'Orford une dynamique de développement propre autour des golfs. Orford n'est pas en montagne, Orford est dans le champ, et peut devenir facilement une belle destination golf, et retrouve, à ce moment-là, une vocation touristique pleine.
Troisièmement, soustraire les limites... Et, avant, dans le golf ? excusez; avant, dans le golf ? les fonds, ça génère des fonds, ils retournent prioritairement au rétablissement des lieux endommagés dans le parc et surtout à la montagne et à l'acquisition de nouveaux terrains.
n (16 h 40) n
Troisièmement, soustraire un terrain, qu'on estime actuellement aux alentours de 30 ha, au pied du mont Orford et DesRochers, qui est inclus dans le 85 visé du gouvernement actuellement, et d'implanter là un concept de village de montagne. On ne parle pas d'un village de condos, on ne parle pas d'un village de ski, on parle d'un village de montagne comme on en connaît plusieurs exemples. À l'entrée des parcs nationaux, il y a souvent un village de montagne. C'est un concept différent, c'est parfaitement intégré en environnement.
Ça ne ressemble pas à du victorien, je n'ai jamais vu ça, ça ressemble à un village de parc et de montagne. Et, ce faisant, ce village de montagne contient essentiellement au moins un hôtel, une auberge, O.K., des chalets et des condos, dans une balance acceptable qu'on est prêts à continuer d'évaluer.
Et, dans ce village de montagne, on souhaite implanter une entrée, un centre de services du parc national du Mont-Orford. Actuellement, l'accès au parc national du Mont-Orford est dans le coin de la rivière aux Cerises. On sait qu'il y a des projets d'expansion. C'est très difficile, parce qu'ils sont quasiment sur une rivière et totalement dans un marécage. Donc, ce sont des milieux fragiles, et agrandir là-dedans, c'est compliqué.
Si vous allez faire du ski de fond dans le parc du Mont-Orford, vous devez souvent, le samedi, le dimanche, stationner à un kilomètre de la porte d'entrée, il n'y a pas de place dans le stationnement. Donc, on ramène une porte d'entrée principale du parc au pied de Desrochers, dans le village de ski, on y implante les entrées pour le ski de fond, la raquette, la randonnée, le vélo et l'observation de la nature. Ce qui reste à l'autre accès, qui est déjà trop petit, le camping et la baignade. Et ça, ils sont capables de supporter ça avec les équipements actuels facilement, et ça se fait facilement.
Dans les terrains à soustraire aussi ? on parle toujours du même 85 ha que, nous, on a évalué depuis un an ? la portion ? excusez, je parle fort un peu, je pense, je vais me calmer; la portion ? qui est au sud de Giroux jusqu'à vers l'autoroute, le long de la 141, il y a effectivement des terrains qui sont là et construisibles qui pourraient... qu'on pourrait envisager de vendre en offre publique, parce que... Si on les évalue comme nécessaires au financement de l'opération totale, là on peut faire des condos. Le village de montagne ne s'applique plus là.
C'est déjà une porte du parc qui est endommagée, qui a un drôle de style, parce qu'il y a déjà un petit village, un tout petit village, il y a déjà des condos de toutes sortes de couleurs. Ça fait une drôle d'entrée de parc, et on pourrait, si besoin d'argent, le continuer. Et c'est un concept tout à fait différent des quelques hectares qu'on demande au pied du mont Alfred-DesRochers pour en faire une porte d'accès et un vrai village de montage qui ressemblerait à un parc.
On demande aussi de clarifier la résiliation du bail actuel et de procéder à un appel de projets. Pourquoi? Actuellement, dans le projet de loi, ce qu'on en a compris en tous les cas, c'est que la fin du bail va être négociée possiblement ultérieurement, si ce n'est pas le même promoteur. Ça nous fait penser un peu à: vous laissez un héritage puis vous dites aux héritiers: Bien, vous séparerez ça entre vous autres.
On craint beaucoup que, si le gouvernement devait aller jusqu'au bout de la démarche qui est proposée actuellement, si c'était le cas, ce qu'on ne souhaite pas, pas dans le modèle actuel, on devrait absolument clarifier jusqu'au bout combien va nous coûter le bail et dans quelles modalités le bail serait terminé, le cas échéant. Sinon, on craint beaucoup un dédale, une période d'incertitude juridico-légale. On la craint, en tout cas. Puis, vous savez, on a déjà, en termes de dédale d'incertitude...
Comme industrie touristique, là, nous autres, on entend beaucoup de monde aujourd'hui parler de tourisme, puis c'est le fun, parce que tout le monde est allé en voyage, puis tout le monde a fait des hot-dogs sur le barbecue. Tout le monde parle de tourisme avec beaucoup d'émotion et de plaisir. Dans l'industrie, c'est toujours le fun. Jacques me disait en s'en venant que, dans la police, là, il n'y a personne qui parle des polices, parce que c'est l'autorité, puis personne ne connaît ça, c'est une boîte fermée. Mais, dans le tourisme, là, c'est le fun d'en parler.
Donc, c'est sûr que vous avez entendu beaucoup de concepts, beaucoup d'idées, mais il faut garantir la transparence de l'opération qui s'en vient, quel que soit le choix que vous fassiez. Et le dossier souffre d'une suspicion depuis huit ans, nous autres, parce que, quand M. Magnan a laissé les clés, il y a eu deux ans de syndic, c'est sûr que le ski a baissé. Comment voulez-vous qu'on fasse de la promotion avec un syndic? Après ça, il y a eu l'achat d'un propriétaire qui a déposé un plan, puis là, lui, il n'était pas un gars de ski, M. L'Espérance, là.
Moi, je sais un peu ce qu'il faisait avant, mais c'est sûr qu'il n'était pas dans le ski. Ça fait que, quand on lui parlait de promotion de ski, bien c'était un autre voyage, là. Comprenez-vous? Et, pendant ce temps-là, bien notre produit, notre offre touristique a souffert et a décliné, et aujourd'hui le produit qu'on a eu pendant 30 ans, sur tous les marchés américains, est mort. Le produit ski dans l'Est interchangeable, il est mort.
Mais ce n'est pas grave, on a d'autres ressources. Mais le ski a baissé, ce n'est pas à cause de la température, en passant. Dans les années quatre-vingt-dix, on nous a prédit aussi qu'il n'y aurait plus de neige. 2000, 2001, 2002, on a eu des très beaux hivers de neige, puis, cet hiver, la neige s'est transportée dans le nord puis à Charlevoix, puis il y en a eu moins chez nous, puis je ne serais pas surpris, parce que ça me... Ce qui surprendrait le plus, ce n'est pas qu'on ait de la neige l'année prochaine. Ça peut arriver, il y a des cycles.
Ce n'est pas des cycles nécessairement des glaciers, c'est des cycles au-dessus de... Nous autres, on est sur le courant de Boston, on n'est pas sur les courants de Wisconsin, et ça arrive souvent qu'il y ait des redoux. Mais je ne serais pas surpris que, l'année prochaine, on ait beaucoup de neige puis que ce soit d'autres qui en aient moins, comme dans les Laurentides il y a deux ans. Ça peut arriver. Mais je ne suis pas en train de prédire que le ski va arrêter d'ici quelques années, ça, ce n'est pas dans nos cartes. Les prophéties, ce n'est pas dans nos cartes.
Donc, on souhaite donc qu'on clarifie toute la dynamique de résiliation du bail, si on devait y arriver, pour que ce soit clair.
M. Robidas (Jacques): Ceci étant dit, ce qu'on vous dit là... Pardon. Il me reste encore une minute, je crois?
Le Président (M. Pinard): Deux minutes, monsieur.
M. Robidas (Jacques): Deux minutes? Donc, ce qu'on vous apporte comme éléments, le fait de résilier le bail, ou de modifier, ou de reconnaître les clauses, ça nous permettrait d'avoir des promoteurs qui viendraient faire... qui permettrait à la région de recueillir des promoteurs, de recevoir des promoteurs et d'amener une expertise, des gens qui seraient capables de promouvoir des choses dans un concept de développement touristique régional revu par la région. Parce que c'est là qu'on est rendu. Quand on parlait de coalition, tout à l'heure, c'est qu'on est...
Le fait d'avoir la loi n° 23 à l'horizon a permis au milieu de se dire: Bien, qu'est-ce qu'on fait maintenant? Est-ce qu'on laisse ça aller ou bien donc on se reprend en main puis on dit: La situation du parc du Mont-Orford, on la voit d'une façon régionale et on apporte une vision régionale, et les gens qui vont venir bâtir là vont bâtir dans une vision régionale et non dans une vision mercantile? C'est ça. C'est ce qu'on avait à vous livrer comme message. Maintenant, on est prêts à répondre à toutes vos questions et... On est prêts.
Le Président (M. Pinard): Bien, merci beaucoup, monsieur. Et merci d'avoir déposé devant les membres de la commission. Et, sans plus tarder, je vais céder la parole au ministre du Développement...
M. Béchard: Oui. Merci, M. Robidas, M. Larouche. Bienvenue à la commission. Et je veux d'entrée de jeu vous remercier bien sûr pour le mémoire et éclaircir une chose. Vous nous proposez un certain nombre de choses, mais vous ne demandez pas de délai, vous ne dites pas: Retardez tout ça, là. Parce que je me souviens de vous avoir lu, où vous nous avez dit: Ça fait assez longtemps qu'on attend, il faut que le gouvernement se branche et il faut qu'on prenne une décision. Je pense, c'est en février dernier, M. Larouche, vous mentionniez ça, là: il faut qu'il se passe quelque chose. Alors, vous êtes toujours d'accord là-dessus, qu'il faut qu'il se passe quelque chose? On va partir du début.
M. Robidas (Jacques): Il faut qu'il se passe quelque chose, mais il faut que la chose se passe avec une espérance de résultats viables, et c'est là qu'on est rendu.
M. Béchard: M. le Président, quand les gens de Tourisme Cantons-de-l'Est... Parce que je veux être sûr de bien comprendre, vous nous dites qu'on devrait éliminer complètement le ski alpin de la
partie inférieure du mont Alfred-DesRochers. Selon vous, quels en seraient les impacts sur le ski, si on enlève des pistes? Pour vous, ça n'aurait pas d'impact sur l'attrait, ou quoi que ce soit, ou...
M. Robidas (Jacques): Présentement, la montagne dont on parle, c'est d'une désuétude absolument à faire peur. O.K.? Il y a une très grande quantité d'argent à mettre là pour restaurer ça, et ça fait une pression énorme sur le promoteur à restaurer les trois montagnes. Et ce que, nous, on dit, c'est que, si cette montagne-là est remise dans le parc, son attrait pour le produit vert est de mille fois supérieur à ce qu'il peut être pour le ski alpin. Alain, est-ce que tu veux compléter?
M. Larouche (Alain): Oui. Effectivement, ce flanc-là n'est pas un flanc déterminant pour l'activité ski ou l'attraction du ski alpin. Les monts Orford et Giroux ont le dénivelé et le potentiel nécessaires pour bien réaliser notre offre touristique, alors que le mont Alfred-DesRochers est beaucoup plus propice à l'activité de parc, à proprement parler, et quatre saisons. Alors, ça distingue les deux produits de façon claire.
Et en plus, effectivement on allège le coût d'investissement, ce qui réduit le nombre de bâtiments à faire, et le coût d'opération, ce qui va réduire le nombre d'employés puis d'Hydro, et aussi, ce dont on a parlé tantôt, l'enneigement: deux flancs à enneiger ou deux montagnes plutôt que trois. On réduit tout et on ramène... Le centre de ski, qu'on sait déjà être viable dans des conditions normales, augmenterait sa viabilité.
M. Béchard: Vous amenez des points... Quand vous nous parlez de soustraire le golf, là, du périmètre du parc, c'est que vous reconnaissez dans le fond qu'on peut jouer dans les limites d'un parc, là. Vous dites: Dans le fond, le golf, là, on pourrait le vendre, tout simplement, et le sortir de là. Ça, on s'entend là-dessus.
Vous êtes aussi d'accord sur le fait qu'il doit y avoir du développement immobilier au pied des trois monts. Vous dites de le réduire au minimum. Mais je vous ai entendu quand vous parliez du village de montagne, puis vous dites: Ça, là, dans le fond, on réduit au minimum, aux 85 ha dont on parle, là, au minimum, on permet certaines constructions d'habitations là, mais on ajoute aussi d'autres équipements dont vous parlez, toujours à l'intérieur de ce 85 ha là. Et vous dites: Ça, on le vend, on vend cette partie-là. On s'entend bien là-dessus?
n (16 h 50) n
J'aimerais ça, vous entendre sur le village de montagne, parce qu'hier on a entendu les gens du CLD, les gens de la chambre de commerce, qui nous ont parlé d'un projet récréotouristique. Pour vous, là, ça pourrait en être un, exemple d'éléments qu'on pourrait ajouter dans le processus, que ce soit dans l'appel d'offres ou peu importe, là, qui seraient dans les caractéristiques à observer au moment de la vente, dire: On veut la création de ce village-là.
Et j'aimerais que vous me disiez un peu, je ne sais pas, là, en termes économiques, c'est quoi, la valeur de ce village-là, par rapport à construire des condos, ou quoi que ce soit. Est-ce qu'on est dans les mêmes eaux, dans les mêmes valeurs, ou ça a plus de valeur ou moins de valeur?
Le Président (M. Pinard): M. Robidas.
M. Robidas (Jacques): Dans le concept, quand on parle d'un village, on parle de l'échelle humaine, des gens qui vivent, qui viennent là passer une semaine de temps, qui... C'est une auberge, c'est un hôtel qui a du personnel qui sont là à temps plein et qui gèrent une infrastructure, avec de la restauration et un échange... Et, dans le concept que, nous, on préconise, c'est essentiel. C'est l'essence même du tourisme, c'est l'échange entre humains. C'est pour ça qu'on dit: Hôtels, chalets locatifs, puis à la limite des condos. Mais on est beaucoup plus axés sur ce qui est interactif.
Et, dans ce cadre-là, le village de montagne, ça crée un microdomaine où les gens sont là pour échanger et participer. Ils voyagent, ils communiquent entre eux autres, et ça fait un effet de synergie, contrairement aux condos, que les gens sont là, puis c'est anonyme. Alain, est-ce que tu veux compléter?
M. Larouche (Alain): Oui.
Le Président (M. Pinard): Un complément de réponse, monsieur?
M. Larouche (Alain): Oui. Si vous permettez, M. le Président. Effectivement, le concept de village de montagne et son attrait n'est pas du tout le même que les hôtels qu'on a actuellement dans les ensembles qu'on appelle des « resorts » de villégiature et qui font actuellement surtout du corporatif parce c'est une niche où le pain et le beurre suffit à les faire vivre actuellement, n'étant pas bien intégrés à toute la... touristique internationale.
Et le concept dont on parle, si on le limite sur ces 25 ou 30 ha qui sont collés au pied des pentes, là, au chalet de ski, jusqu'au pied de la montagne du mont DesRochers... ils vont naturellement dans la direction d'un village comme ça. Qu'on pense à Duchesnay, par exemple, où il y a un hôtel principal, des chalets, ça a une couleur. Et Duchesnay n'est pas dans la SEPAQ. Il est opéré par la SEPAQ, mais il n'est pas dans les parcs. C'est une idée de village où les gens qui vont faire de l'observation de la montagne demeurent là-dedans, et ça ne nuit en rien à tout le reste du développement.
C'est pour ça qu'on sépare les deux plateaux de développement à la montagne et au village, qui sont deux choses différentes. Ils sont séparés de trois ou quatre kilomètres, on peut les séparer.
Et actuellement on s'est faussé la vison en regardant tous le gros miroir de la station internationale puis à essayer de tout mettre dans le même pot, et ça ne se peut pas. Et effectivement on est ouverts à vendre le terrain le moins possible, et là on est conscients que 25, 30 ha, on peut y arriver, là. Et le reste, c'est une autre décision qu'on doit prendre, mais, dans tous les cas, les terrains qui sont vendus font
partie de ce que le promoteur qui va acquérir... Le promoteur ou le groupe qui va acquérir s'engage à opérer la montagne aussi sous bail, dans le parc. Écoutez, on n'est pas très loin de ce qu'on avait étudié il y a un an, pendant le cours du BAPE.
Le Président (M. Pinard): M. le ministre.
M. Béchard: Je veux juste revenir là-dessus, je trouve très intéressante, là, l'idée du village de montagne. Les gens parlent d'un projet davantage récréotouristique, vous en avez un exemple. Cependant, sur le fait de faire ça et de laisser la montagne sous bail, il y a un risque, qui a été soulevé hier par le député de Verchères quand vous donniez l'exemple de La Crapaudière.
Parce que, même si le territoire est sous bail, même s'il y a l'obligation d'opérer le centre de ski, actuellement le bail qui est signé, il est signé pour 50 ans, et, en juin dernier, il nous a envoyé une lettre puis il disait: Moi, je veux... Donnez-moi 20 millions, vous ne remplissez pas vos obligations, puis je vous remets les clés, c'est fini. Même si on vend en bas, même si on vend en bas puis on dit: Il y a une obligation, mais on demeure propriétaire, quelle garantie on peut avoir que, je ne sais pas, moi, que... On a entendu parler tantôt des gens... M.
Dépôt qui disait que, dans 20 ou dans 25 ans, il n'y aura peut-être plus assez de neige, puis qu'on va fermer le centre de ski, ou quoi que ce soit.
Qu'est-ce qui fait en sorte qu'une fois le village construit, une fois les condos construits... Une fois que, comme vous le disiez hier pour La Crapaudière, le gars ou la fille ou la corporation a fait son argent, il dit: Moi, je n'opère plus le centre de ski. Puis là il vient nous voir, puis il dit au gouvernement: Ça n'a pas de bon sens. Puis là il organise une marche, puis il rassemble tout le monde, il dit: Il faut que le gouvernement opère le centre de ski, sinon mon village va fermer. Il n'y a pas grand-chose qui nous met à l'abri de ça.
Et c'est pour ça, moi, je vous dis, moi, en partie, là, je trouve l'approche que vous avez bien intéressante puis je trouve ça intéressant que vous veniez nous demander aussi de bouger, parce que je me souviens, là ? puis je suis en train de le voir ? le 14 février 2006, quand vous disiez que vous en aviez ras-le-bol face au gouvernement, qui semblait incapable de se brancher... Alors là, on a branché, là, ça fait passer le bon niveau de courant, c'est ça que je comprends aujourd'hui.
Mais j'aimerais vous entendre sur le risque que je vous ai soulevé, là. Parce que, même si on a un bail, même si on a les meilleures obligations ? on les a actuellement ? il y a toujours cette menace-là qui peut planer quand même, et, à ce moment-là, est-ce que vous viendriez marcher pour nous demander d'opérer le centre de ski?
Le Président (M. Pinard): Sans prendre d'engagement à marcher, on va vous céder la parole, M. Robidas.
M. Robidas (Jacques): Je ne m'engagerai pas... Ce que je peux vous dire à ce niveau-là, c'est que le projet qu'on vous propose, contrairement à un projet où toute la montagne est vendue à un seul promoteur, n'est-ce pas, qui part avec les billes, et qui devient le propriétaire des lieux, et qui a des problèmes financiers compte tenu de la charge qu'il y a là... Nous autres, on pense qu'en fractionnant ça, qu'en ayant un village de montagne au pied de la montagne justement, qui va avoir une implication limitée... La viabilité d'un village de montagne, compte tenu du parc qu'il y a à côté...
Le potentiel de développement, il est très grand parce qu'il ne se limite pas à l'aspect ski. Et, dans cette optique-là, le village de montagne aura toujours une valeur, et il y aura toujours un preneur, je pense, pour gérer et administrer. Et je vous dirai, M. le Président, que, quand on parle de vendeur, moi, je vous dirai tout simplement que vous avez un organisme qui s'appelle la SEPAQ, qui, dans mon livre à moi et dans notre livre de l'industrie, gère très bien des infrastructures semblables, qui pourrait très bien gérer le village de montagne et la montagne, tout ça en demeurant dans le domaine public.
Le Président (M. Pinard): Rapidement, M. le ministre, avant que je cède la parole au député d'Orford.
M. Béchard: Mais là c'est parce que je veux juste être sûr. Là, on s'entend, là, vous nous dites dans votre mémoire que le village en bas, là, pourrait être vendu, sera vendu. Là, vous venez de me dire que la SEPAQ pourrait l'opérer. Je veux bien, mais on s'entend sur une chose, le 85 ha, là, vous l'avez dit tantôt, pourrait aussi être vendu, là. O.K.
Une voix: C'est une option.
M. Larouche (Alain): Dans notre proposition, dans notre mémoire, on est ouverts ? à votre question que vous avez posée tantôt; on est ouverts ? à la revente de ce terrain-là le minimum possible. Et le premier minimum, c'est le 25, 30 ha au pied du mont DesRochers, qui permet d'établir le village de montagne. Et, encore une fois, même si la catastrophe ski se présentait, ce dont je doute fort... Ça me surprendrait, moi, que ce réchauffement-là se jette seulement sur Orford, là, il doit y avoir des conditions qu'on ne connaît pas.
Donc, le village de montagne qui est dans un parc, n'importe comment on le considère, il est quatre saisons et il donne accès au parc en bicycle, à pied, en raquette ou en ski de fond. Il constitue en soi... Et c'est un problème qu'on n'a jamais réussi à régler dans notre coin, la saisonnalité, on est saisonnier. Ce que SEPAQ nous fournit comme exemple, c'est l'assurance que, conçu comme ça, c'est rentable. Vous avez une quinzaine d'exemples dans votre réseau de la SEPAQ, conçu comme ça, c'est rentable. Et le domaine de ski comme tel, à deux montagnes et réduit comme il est, il est viable. C'est sûr que...
Le Président (M. Pinard): Merci. M. le député d'Orford.
M. Larouche (Alain): Merci.
M. Reid: Merci, M. le Président. C'est intéressant de vous entendre, avec beaucoup d'enthousiasme, parler d'un projet que vous avez travaillé. Les positions qu'on a entendues ou qu'on a pu lire et qu'on va entendre cette semaine d'autres groupes de la région qui ont fait dire à des médias qu'il y avait un début de consensus ou d'une voie en tout cas qui était proposée... On fait, dans ces autres propositions là, état de quelque chose qui n'allait pas aussi loin, qu'on appelait appel d'offres de projets récréotouristiques.
On a l'impression, à vous écouter, que vous arrivez avec un projet récréotouristique plus défini, bon, pour lequel... Évidemment, appel d'offres demande aussi des financements, demande des éléments. Là-dessus, à la fin de votre document, on se demande si vous demandez un investissement gouvernemental, dans ce que vous appelez le bras ou la puissance du gouvernement, pour lequel la région pourrait en profiter.
Mais ma question est surtout: Pourriez-vous nous expliquer un petit peu... Vous connaissez bien votre projet, vous avez par ailleurs bien lu, entendu et compris les propositions qui ont été faites ou les recommandations qui ont été faites par le CLD, par la chambre de commerce ? j'imagine qu'il y a des membres de votre association qui sont aussi membres de la chambre de commerce, même si ça couvre plus large que le territoire de la chambre de commerce ? et la proposition de la MRC, qui est connue également, qui n'a pas encore été expliquée ici.
Pourriez-vous nous expliquer comment votre projet, là, se compare ou s'intègre à ces projets-là, ou si c'est autre chose? On a l'impression que vous allez dans la même voie mais que vous allez plus loin ou plus dans le détail. Est-ce que ça ressemble à ça ou si on est dans des choses radicalement différentes?
Le Président (M. Pinard): M. Robidas.
M. Robidas (Jacques): M. le Président, ce n'est pas un fait du hasard. Nous, on a cessé de parler depuis le dépôt de la loi parce qu'on a réfléchi, on a consulté. On a parlé à tout notre monde en région, on les a rencontrés, et ce que vous avez entendu, ça s'en va tout dans la même direction. C'est qu'autant la MRC que le CLD, et tout ça, on s'entend pour dire que ça prend un projet récréotouristique structurant. Et ce qu'on vous apporte là, on en a discuté avec les différents partenaires, parce qu'on travaille en partenariat, et je vais dire que tout le monde adhère à cette vision-là de la chose.
C'est bien sûr qu'il reste à arrimer tout ça ensemble, mais on s'entend sur le principe que ça prend un village récréotouristique, ça prend de quoi qui est moteur sur 12 mois par année et qui ne sera pas à revenir dans trois ans, à recommencer éternellement la même chose. On s'entend tous là-dessus. Et tout ce que ça prend, c'est quelque... pas grand temps, mais on est capables d'arrimer ça d'une façon assez simple.
Le Président (M. Pinard): Merci. M. le député Chomedey.
n (17 heures) n
M. Mulcair: Merci beaucoup, M. le Président. À mon tour, il me fait extrêmement plaisir de souhaiter la bienvenue au Tourisme Cantons-de-l'Est et de les remercier beaucoup pour le travail réfléchi qui à mon sens est le fruit d'un travail déjà de concertation sur le terrain. Ça se voit bien qu'il y a des compromis, il y a des positions très nuancées dans ce qu'on a entendu. On a entendu, par exemple, une référence à la SEPAQ, et j'abonde dans le même sens que vous. Ayant déjà été responsable de la SEPAQ, je ne peux que louanger la très grande qualité de leur gestion à l'intérieur du domaine public.
J'aimerais, puisque le temps presse et qu'il y en a d'autres qui veulent intervenir, je veux juste vous entendre sur une échelle du temps, justement. Il y a eu une première question qui est venue pour dire: Bien, vous nous demandez, au mois de février, de bouger. Là, je vous ai entendu, à la toute fin, en réponse à un de mes collègues, dire: Un court laps de temps.
C'est une question qui est restée posée, mais il y a un fil conducteur que, moi, je décode dans la vaste majorité des interventions de la région, c'est que les gens de la région veulent avoir le temps pour s'asseoir et trouver une solution qui rencontre les priorités de développement durable, un projet viable, pour reprendre le terme de vos attendus. À peu près combien de temps? Est-ce que, si on disait: Rendez-vous à l'automne, vous pensez qu'avec l'été vous auriez eu le temps d'arriver avec quelque chose qui reflète une volonté du milieu?
Pour moi, en termes de développement durable, un fort appui du milieu est une condition de base, une condition sine qua non. Et je l'ai vu dans beaucoup de dossiers, en 2006 ça n'existe plus, des projets imposés du haut vers le bas. En 2006, il faut que la base soit là si on veut que quelque chose bouge.
Mais, au-delà de votre phrase de tantôt où vous avez dit « pas trop de temps » , est-ce que vous êtes capables de le préciser un petit peu plus pour que tout le monde soit sur la même page et qu'on ne soit pas en train de vous interpréter après? Parce que d'aucuns n'ont trouvé rien de nouveau hier, moi, j'ai trouvé quelque chose de rafraîchissant et de nouveau dans ce que vous avez dit aujourd'hui.
Le Président (M. Pinard): M. Robidas.
M. Robidas (Jacques): M. le Président, nous, on pense que, d'ici, disons, le 15 septembre, la région est capable de se brancher d'une façon unanime derrière un projet structurant qui va rencontrer les préoccupations de tous nos gens en région. Si j'annonce ça, ce n'est pas une projection, je n'ai pas une boule de cristal, je pense qu'il y a suffisamment présentement de gens qui ont pris conscience de toute l'envergure que ça représente. Et surtout de se faire dicter par l'extérieur ce qu'on devrait faire chez nous, je pense que ça a piqué beaucoup de monde.
Et c'est pour ça que je dis que la volonté est là pour à très court terme. Et, quand je dis dans trois mois, je ne pense pas rêver en couleurs.
Le Président (M. Pinard): M. le directeur général.
M. Larouche (Alain): Merci. Effectivement, quand mon président dit que, jusqu'au mois de septembre, on en a assez, savez-vous, ça fait quatre ans, nous, qu'on est en exploration, hein? Depuis que la montagne est en vente, on nous a demandé à trois reprises d'explorer nos positions sur des projets qu'on nous présentait. Même cette fois-ci, c'est encore ça. C'est pour ça qu'on a décidé d'aller plus loin. On a besoin de très peu de temps parce que tous les leaders de la région auxquels on a parlé depuis un mois... C'est le seul moment où on a commencé à parler, on n'avait, avant ça, qu'une orientation.
Et, il y a deux semaines, on a eu le projet de loi, trois semaines. Tous les gens qu'on a rencontrés, dans le fond, avec le gouvernement, on est à une montagne de différence. Ce qui n'a pas passé, ce n'est pas gros, là, je veux dire... Ce n'est pas l'Everest, quand même, c'est l'Orford...
Le Président (M. Pinard): Rapidement, monsieur.
M. Larouche (Alain): ...
Le Président (M. Pinard): Rapidement, s'il vous plaît.
M. Larouche (Alain): Et nos gens sont... tous les gens qu'on a rencontrés sur les orientations d'un concept qu'on vous dépose là sont très à l'aise avec ça. On pense être capables d'arriver et on veut être capables de déposer un appel de propositions. Et, d'après nous, même si le projet va de l'avant, s'il y a quelques modifications, on est capables de continuer à travailler à établir ça. On aimerait mieux en dehors du projet de loi, puis on l'a dit au gouvernement, mais on est capables, dans le cadre du projet de loi... on a besoin d'aller en appel de propositions ensemble. Est-ce que...
Le Président (M. Pinard): Alors, d'accord, monsieur. Merci beaucoup.
M. Larouche (Alain): Conclusion...
Le Président (M. Pinard): Merci. Alors, ceci termine le premier bloc de 15 minutes. J'ai même donné une extension importante que vous allez récupérer, votre groupe également. Alors, immédiatement, M. le critique officiel de l'opposition, M. le député de Verchères.
M. Bergeron: Merci, M. le Président. M. le directeur général aura certainement l'occasion de compléter sa réponse à travers les différentes questions qui lui seront posées. M. le Président, pour le bénéfice de l'ensemble des membres de la commission, j'aimerais déposer le document auquel faisait référence M. Dépôt tout à l'heure, qui est la réflexion de M. Fontaine sur la situation actuelle, que M. Dépôt n'avait pas eu l'occasion de déposer. Alors, si je puis me permettre.
Document déposé
Le Président (M. Pinard): Dépôt. Alors, merci beaucoup, M. le député de Verchères.
M. Bergeron: Alors, merci, M. le Président. Un peu comme le député de Chomedey, je trouve la présentation qui vient de nous être faite très nuancée. Et je pense que, s'il y avait une volonté de la part de l'ensemble des parlementaires de cesser de se braquer sur des positions respectives, on aurait là, je pense, et avec un certain nombre d'autres propositions évoquées par la région, je dirais, une base sur laquelle commencer à réfléchir sur ce que pourrait être l'avenir du parc du Mont-Orford.
Hier, les gens de la coalition SOS Parc Orford nous disaient qu'ils n'étaient pas fermés à l'idée d'envisager ce genre de solutions mais que ce n'étaient pas des solutions clés en main, puis qu'il fallait prendre le temps de s'asseoir pour en discuter. Et j'ai quelques minutes devant moi pour discuter de votre proposition, et j'aimerais pouvoir le faire.
Lorsque vous dites: Maintenir le domaine skiable dans le parc, je veux revenir sur les questions qui ont été posées par le ministre il y a quelques instants. Est-ce que, dans votre esprit, le domaine skiable, en excluant bien sûr la
partie du mont Alfred-DesRochers, le domaine skiable serait géré par un propriétaire privé, un gestionnaire avec lequel on aurait conclu un bail, ou est-ce que ce serait géré par la SEPAQ?
M. Robidas (Jacques): Les deux options sont possibles. Nous, on dit: Compte tenu du contexte, compte tenu des charges qui vont être nécessaires si on résilie le bail, il y aura une décision à prendre, et ça peut très bien... Dans l'éventualité où on ne peut pas vendre, en tout cas, pour une raison ou pour une autre, ça peut être la SEPAQ. On dit: Si ce n'est pas la SEPAQ qui est retenue, promoteur privé, on exclut la
partie skiable, on garde la
partie inférieure, on fait un village de montagne, et c'est administré par la même personne. On ne peut pas faire deux entités, c'est invivable, c'est impossible de rentabiliser ça, c'est des conflits continuels. C'est dans cette direction-là qu'on s'en va.
Le Président (M. Pinard): M. le député.
M. Bergeron: J'aimerais revenir également, dans la foulée du ministre, sur la question du village de montagne. Si j'ai bien compris la réponse que vous avez donnée, le village de montagne pourrait tout aussi bien être maintenu dans les limites du parc et géré par la SEPAQ ou être vendu, dans votre esprit, à un promoteur privé qui pourrait le développer et gérer ça en partenariat, si je puis dire, avec la SEPAQ, puisqu'on parle d'une entrée au parc à l'intérieur de ce village de montagne. C'est bien cela?
M. Robidas (Jacques): Exactement.
M. Bergeron: Maintenant, j'aimerais peut-être me faire l'avocat du diable et vous poser un certain nombre de questions par rapport à d'autres propositions qui ont circulé ou d'autres objections qui ont circulé par rapport à cette proposition-là. Est-ce que le gouvernement, en vendant ? et c'est le député de Brome-Missisquoi qui à juste
titre le soulignait hier; est-ce que le gouvernement, en vendant ? une
partie du parc national au bas des pentes, ne confère pas un avantage comparatif un peu, je dirais, inégal à l'égard des autres complexes hôteliers qui, eux, n'ont pas pu bénéficier de cette opportunité de s'installer au bas des pentes lorsqu'ils ont décidé de se lancer en affaires? Et est-ce que ça ne va pas avoir pour effet de réduire le taux d'occupation de ces complexes hôteliers, qui présentent un taux de vacance déjà très élevé?
Le Président (M. Pinard): Alors, M. le président.
M. Robidas (Jacques): Bon, je comprends bien votre question. Pour ce qui est de réduire le taux d'occupation, on ne croit pas, parce que, si on arrive avec un produit intégré... Puis notre prétention, c'est que le village de montagne, c'est un concept, donc c'est une clientèle bien particulière qui va aller occuper ces chambres-là, et ça va avoir un pouvoir attractif pour la région encore supérieur. Donc, en ayant plus de gens qui viennent dans la région, les autres établissements hôteliers vont voir leur clientèle être relevée en même temps.
Donc, c'est le principe de plus il y a de monde, plus les gens consomment. Et en ayant de quoi d'organisé... À partir du jour où on cesse de parler de façon négative du mont Orford et de ce qui l'entoure, on va avoir plus de monde dans la région. Et, à partir du moment où on a un produit touristique intégré, on va avoir plus de monde dans la région. C'est ce qu'on dit, nous autres, tout simplement, c'est: Arrêtons de se chicaner, mettons un projet qui fait l'aval de la région, qui a un consensus en région, et on a tous les éléments gagnants pour faire en sorte que la clientèle se retrouve amplifiée.
Donc, tout le monde en a pour son argent. Autrement dit, tout le monde en a plus et tout le monde est content. Là, ce n'est pas ça qu'on vit, là.
M. Bergeron: Et quant à l'avantage comparatif un peu inégal?
M. Robidas (Jacques): Bien, je veux dire, inégal, c'est une façon de le voir. Il n'y a personne qui s'est précipité à date pour construire de quoi là. Et, tant qu'on va avoir les mêmes normes qu'on a présentement, je ne pense pas qu'il va y avoir grand monde qui va se précipiter là pour le faire. Moi, à date, il n'y a personne qui m'a appelé pour me dire: Jacques, c'est-u intéressant, appliquer sur le projet de loi n° 23 pour acheter ça? Personne. Et je pense que, si on met des conditions favorables, ça va prendre des gens qui ont une expertise dans le milieu pour être capables de le faire. Sinon, c'est voué à l'échec.
Le Président (M. Pinard): M. le député...
n (17 h 10) n
M. Larouche (Alain): Effectivement, ce sont des questions qu'on s'est posées, parce que beaucoup de nos membres sont des hôteliers, et a priori ça les a inquiétés. Sauf que, depuis le début, il y a un projet d'hôtel au pied, et il n'y en a pas un qui s'est prononcé contre, comme dit le président, mais... Et c'est pour ça, c'est une des raisons pour lesquelles on scinde en deux l'intérêt touristique de ce milieu-là qui est sous l'oeil de Dieu depuis 25 ans. La montagne et le parc, c'est quelque chose de très particulier, puis les gens de la SEPAQ le savent bien.
Les gens qui vont, par exemple, aux Chic-Chocs ou à Mont-Albert, là, c'est une clientèle... c'est quasiment des spirituels. Et, dans le parc d'Orford, on est capables d'avoir accès à une clientèle... Bien, les gens de la SEPAQ rient un peu, mais c'est surprenant. Et la clientèle de ski, on est dans une clientèle... nos cibles de marché, c'est des familles qui partent des revenus simples jusqu'à des revenus assez élevés.
Et les hôtels autour d'Orford sont déjà des hôtels de golf, mais on n'a jamais pu consacrer le coeur et le sujet du développement qui n'est pas en montagne, qui n'est pas dans le parc, même si ça y a toujours été attaché comme par vision magique, c'est... Si ça devient un complexe de golf... Regardez l'exemple de Bromont. Quand le propriétaire du Château Bromont a acquis l'auberge, il s'est mis à rénover le golf, et rénover l'auberge, et participer aux investissements des magasins à côté, dans l'autre rue, ça a été un succès.
C'est encore un succès, c'est le meilleur taux d'occupation de notre région parce qu'ils ont consacré leur vocation, puis ils l'ont établie, puis investi dedans.
C'est ce qui manque à Orford. Donc, les hôteliers, je pense, quand on leur explique comme il faut ce qu'ils risquent de vivre, c'est-à-dire une augmentation de valeur... Parce que corporatif et golf, ça va très bien ensemble. Corporatif puis éveil à la nature, là, ce n'est pas tout à fait la même clientèle. Alors, on les scinde puis on les développe au maximum, les deux.
Le Président (M. Pinard): Merci, M. Larouche. Alors, M. le député.
M. Bergeron: Comment réagissez-vous à cette autre proposition qui a circulé dans la région à l'effet de construire ce que vous appelez maintenant le village de montagne non pas au pied immédiatement des pistes de ski, mais quelque 600 mètres plus loin, en établissant évidemment une chaise spéciale directe vers... au pied des pentes de ski? Est-ce que c'est quelque chose que vous pourriez éventuellement envisager? Est-ce que ce serait une formule de compromis qui vous apparaîtrait intéressante et acceptable?
Le Président (M. Pinard): M. Robidas.
M. Robidas (Jacques): Donc, je vais laisser Alain répondre.
Le Président (M. Pinard): D'accord. M. Larouche.
M. Larouche (Alain): On a vu passer ces options-là, on les a évaluées, et, que ce soit celle qui nous amène jusqu'à l'autoroute ou que ce soit celle qui nous amène jusqu'au village, on ne pense pas... ça va constituer un autre plasteur sur un bobo qui ne guérira pas. Je pense qu'on doit consacrer des vocations dans des ensembles touristiques. Ce qu'on dépose au gouvernement, nous, c'est un concept. Notre concept, là, il se fait ailleurs, il est validable. On a besoin d'un tout petit peu de temps et on est sûrs qu'on peut y arriver.
Tous les leaders puis les gens d'affaires avec qui on a parlé sont ouverts et d'accord avec nous. Alors, on ne pense pas qu'on doit aller vers des solutions comme ça qui vont... Ça s'applique mal à notre région et ça va créer un espoir de deux, trois ans.
Vous savez, M. le ministre en est sûrement conscient, dans les Chic-Chocs, là ? puis c'est là qu'on a besoin d'un petit peu de temps de réflexion; dans les Chic-Chocs ? quand ils ont établi le système d'auberges qu'ils ont mis, là, ce n'est pas une décision gouvernementale, c'est une réflexion milieu-gouvernement pour voir quelle est la meilleure solution, et on est rendus là, nous.
Le Président (M. Pinard): Alors, M. le député.
M. Bergeron: M. le Président, votre projet prévoit la résiliation du bail actuel. Le ministre, ce qui le préoccupe beaucoup ? puis on peut comprendre que ça puisse le préoccuper ? c'est le fait que le gouvernement devrait, à ce moment-là, assumer les 10, 20 millions de dollars ? tout ça est remis en question, là ? qu'il faudrait à ce moment-là payer au promoteur, au gestionnaire actuel.
Dans votre proposition, vous êtes bien conscients du fait que quelqu'un devra éventuellement rembourser le gestionnaire actuel si tant est qu'il y a preuve qu'il y a des investissements qui n'ont pas déjà été remboursés par l'État puis que ce sont des investissements qui ont été faits dans le parc. Est-ce que c'est au gouvernement, selon vous, à rembourser ça ou est-ce que vous avez une autre proposition de montage financier pour permettre le remboursement des investissements effectués dans le cadre du bail?
Le Président (M. Pinard): Alors, M. Robidas.
M. Robidas (Jacques): Non. C'est une chose qu'il va falloir regarder, mais, nous, on pense que le bail, c'est sine qua non. Il faut revoir le bail, il faut à notre sens le résilier. Et je vous ferai remarquer ceci, le parc Orford, présentement c'est le troisième parc le plus rentable au Québec, n'est-ce pas? Donc, ça fait, nous, 30, 40 ans, par la péréquation des parcs de la SEPAQ, qu'on aide tous les autres parcs au Québec à améliorer leurs infrastructures, n'est-ce pas? Je ne dis pas de fausseté en disant ça.
Ce que je dis, si jamais on doit rembourser 5 000 $, 8 000 $ ou 10 000 $, je ne sais pas, il faudra l'établir, je pense qu'il y aura moyen de voir par cet aspect-là ? et il y en a peut-être d'autres ? comment établir une façon de rembourser ce bail-là, parce que c'est une entrave à tout ce que, nous, on veut faire présentement, à moins que ça retourne... Même si on retourne au domaine public, il faut résilier ce bail-là pour compenser les personnes qui étaient là ou l'entreprise qui était là. Mais, via la SEPAQ, je pense qu'il y a une avenue qui est à explorer. Puis il y en a peut-être d'autres à explorer.
Donnez-nous trois mois, puis ils vont vous en donner, des solutions. Mais pour l'instant je vous dis, à première vue, quand on l'a regardé, c'est l'option qui nous est apparue réalisable et faisable.
Le Président (M. Pinard): Deux minutes. M. le député.
M. Larouche (Alain): ...vous permettez, M. le Président, là-dessus? Ce qu'on dit en page 10 de notre mémoire ? est-ce que c'est permis, oui...
Une voix: Oui
M. Larouche (Alain): ... ? « clarifier la rési