Institutions — 24 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2016-05-24
Quebec — Committees
de Santis : Merci, M. le Président. Chers collègues députés et
invités, M. le Directeur général des élections, toutes les personnes qui vous accompagnent, les membres du Secrétariat
de l'accès à l'information, c'est avec plaisir que je fais ces quelques
remarques préliminaires à l'ouverture des consultations particulières sur le
projet de loi n° 101, Loi donnant suite
aux recommandations de la Commission Charbonneau en matière de financement
politique. Nous entendrons aujourd'hui
des organisations qui pourront certainement nous aider à adopter le meilleur
projet de loi possible, celui qui nous permettra, comme parlementaires,
de contribuer à réduire le cynisme de la population face aux politiciens en
modernisant et assainissant le financement des partis politiques.
Nous
recevrons d'abord le Directeur général des élections, et je me dois de saluer
son importante contribution, mais vraiment importante contribution, à
l'avancement des travaux pour la mise en oeuvre des recommandations de la
commission Charbonneau en matière de financement politique. Merci beaucoup. En
effet, par ses présentations tant à la commission Charbonneau qu'à cette
présente Commission des institutions en février dernier, mais aussi lors des
rencontres de son Comité consultatif, auxquelles j'ai le privilège de
participer, ses propos ont permis de mesurer le besoin et les limites de sa fonction en matière de surveillance, de
vérification et d'enquête sur le financement politique.
mesures proposées dans le projet de loi n° 101 répondent, je l'espère, aux
besoins du Directeur général des élections
pour bien faire son travail. Nous
recevrons aussi... aujourd'hui, j'apprends que c'est uniquement
un groupe, et intéressé par la
question de la démocratie en général, mais aussi au financement politique
en particulier. Je souhaite donc déjà la bienvenue au Directeur
général des élections et aux groupes
et individus que nous allons entendre aujourd'hui. Je les remercie du temps qu'ils ont consacré à la
préparation de leur présentation ainsi que celui qu'ils prennent aujourd'hui
pour venir nous rencontrer. Certains groupes
n'ont pas pu se présenter devant nous aujourd'hui. Moi, je les invite à me faire parvenir leurs
mémoires ou peut-être les faire parvenir à la Commission des institutions, et
je m'engage ici à lire les mémoires avec attention.
M. le Président, je
l'ai dit précédemment, ce projet de loi fait l'objet d'un consensus des partis
politiques qui ont participé au Comité consultatif du Directeur général des
élections du Québec, et c'est très bien. Je souhaite que nous conservions cette même collaboration pour les consultations
particulières et pour l'étude détaillée
article par
article du
projet de loi n° 101. Un des éléments importants de ce projet de loi et des pouvoirs supplémentaires que nous voulons donner au Directeur
général des élections pour faire son
travail est la capacité de récupérer les sommes qui auraient pu être versées aux partis politiques en
contravention avec la Loi électorale. Il importe donc de faire la différence
entre les divers types d'infractions
et la prescription qui gouverne les poursuites pénales et les poursuites
civiles. Il y a, au coeur de certaines discussions avec les partis d'opposition, la
prescription pénale. Pour pouvoir poursuivre un individu en matière pénale, le Directeur général des
élections doit pouvoir préparer une preuve hors de tout doute raisonnable. Nous
proposons de faire passer de cinq à sept ans
la prescription pénale, conformément
à la recommandation de la commission Charbonneau et même de l'avis du Directeur général des élections.
Rappelons-nous que la poursuite pénale ne mènera qu'à des amendes. D'ailleurs, les amendes qui seraient imposées à
des individus fautifs seraient celles en vigueur au moment de la faute.
preuve hors tout doute raisonnable. Rappelons-nous aussi que, présentement, les
documents ne sont conservés que pour une durée de cinq ans et que les banques
n'ont une obligation de conserver les documents que pour sept
ans. On ne pourra pas recréer des documents
s'ils n'existent pas ou n'existent plus. En plus, il y a
un argument supplémentaire
qu'on ne pourra argumenter la charte des
droits de la personne qu'en matière pénale lorsque la prescription extinctive
est acquise. Le défendeur éventuel devrait pouvoir présumer qu'il n'a
plus à craindre une demande maintenant caduque.
De plus, le Directeur général des élections nous a indiqué qu'il ne souhaiterait pas
consacrer des ressources pour entreprendre des procédures qui auraient
très peu de chances de réussite, et, si par chance il réussissait, il ne
pourrait récupérer que des amendes peu
élevées. Si l'objectif est de récupérer les sommes versées illégalement
aux partis politiques, c'est l'article 100 de la Loi électorale
qu'il faut amender, une procédure non pénale mais civile où le fardeau de la
preuve est la prépondérance de la preuve.
Par notre proposition de supprimer l'alinéa
trois de l'article 100 de la Loi électorale, nous supprimons la prescription de cinq ans depuis la perpétration de
la faute, ne conservant que les trois ans depuis la connaissance du DGE,
la prescription de trois de la connaissance
étant usuelle dans les procédures civiles. On me dit que je n'ai que
30 secondes?
Président (M. Ouellette) : On vous dit qu'il ne vous reste plus de temps, Mme la ministre, pour vos remarques préliminaires. Vous allez avoir l'opportunité de vous reprendre
quand on fera les échanges avec M. le Directeur général des élections.
Mme de Santis : Ah! O.K., parfait.
On va être mieux la prochaine fois. Merci.
Président (M. Ouellette) : Merci, Mme la ministre. M. le porte-parole de l'opposition
officielle responsable de la réforme des institutions démocratiques et
député de Marie-Victorin, pour vos remarques préliminaires.
M. Drainville : Merci, M. le Président. Salutations à vous, à l'équipe. Salutations aux
collègues députés de toutes les formations politiques ainsi que les équipes qui
les accompagnent, M. le Directeur général des élections et tous les gens qui vous accompagnent également.
Merci d'être là.
M. le Président, il y a déjà beaucoup de choses qui ont été dites sur ce projet de loi n° 101, notamment lors des allocutions
que nous avons prononcées la semaine
dernière en Chambre sur l'adoption
du principe du projet de loi. Je tiens à redire que la bonne volonté qui nous anime depuis le début de l'étude
des recommandations de la commission
Charbonneau, cette bonne volonté nous
anime toujours. Les discussions qui ont mené à la présentation
de ce projet de loi n° 101 se sont fort bien déroulées, dans le respect, avec cette volonté, donc, de faire
consensus, ce qui a été le cas pour l'essentiel du projet
de loi. Il y aura quelques
discussions sur un certain nombre de dispositions, mais pour l'essentiel, M. le
Président, nous avons su trouver, je dirais, une sorte de terrain
d'entente, «nous» étant la
partie gouvernementale, le Parti libéral, la
Coalition avenir Québec, les représentants de Québec solidaire et nous, de
l'opposition officielle.
Donc, ces travaux se sont déroulés, M. le
Président, comme il se doit lorsqu'on amende la Loi électorale au Comité consultatif du Directeur général des
élections, qui a, encore une fois, fait la preuve de son utilité, M. le
Président. Ça n'a pas été un mécanisme de
blocage, le Comité consultatif. Bien au contraire, ça a été, comme ça a été mon
expérience depuis les tout débuts, depuis les premiers moments où j'ai siégé à
ce Comité consultatif, il a été un outil, le comité, pour justement faciliter la recherche de compromis et l'atteinte de ces
compromis, qui se traduit par le dépôt, donc, de ce projet de loi que nous allons étudier maintenant
afin... je le souhaite et je le redis là-dessus aussi, je suis bien
constant, que nous souhaitons donc faire adopter avant la fin de la session.
On ne peut présumer de rien, M. le Président. Le
processus législatif doit suivre son cours, hein? Maintenant, je ne vois aucune raison pour laquelle nous ne
serions pas capables d'avancer là-dessus et éventuellement d'adopter ce
projet de loi n° 101, qui, je le rappelle, M. le Président, donne suite à
un certain nombre de recommandations de la commission
Charbonneau. Au prix qu'elle nous a coûté, cette commission, M. le Président,
et compte tenu du travail qu'elle a
accompli, qui est un travail considérable, il faut absolument y donner suite.
Je pense que c'est ce que les citoyens du Québec qui nous écoutent attendent de nous. Je pense qu'ils attendent
que cette commission-là ait des suites et qu'on trouve dans ce rapport de la commission Charbonneau les
moyens, qu'on trouve des moyens pour améliorer, je dirais, améliorer par
des mesures très concrètes le climat de confiance entre les citoyens et la
classe politique, qu'on puisse contribuer à faire en sorte que des mesures
d'intégrité soient adoptées, que des mesures de resserrement, de transparence
soient adoptées et, bref, que le système
électoral et que la Loi électorale soient bonifiés. Et j'ai la conviction
profonde, M. le Président, que ce
projet de loi n° 101 va nous permettre d'accomplir cet objectif. Ce n'est
pas parfait, il y a encore des gestes à poser pour la suite des choses,
mais c'est certainement un très bon pas dans la bonne direction. Merci.
Le Président (M. Ouellette) :
Merci, M. le député de Marie-Victorin. J'invite maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition responsable de la
réforme des institutions démocratiques et député de Deux-Montagnes à
faire ses remarques préliminaires.
M. Charette :
Merci, M. le Président. À mon tour d'y aller avec les salutations d'usage à la
ministre, notamment, aux gens qui l'accompagnent, les députés de la
partie gouvernementale, mon collègue de l'opposition officielle, mon collègue de Borduas
également et naturellement les gens du Directeur général des élections, avec
qui on aura le plaisir d'échanger dans quelques instants.
En fait, sans répéter entièrement ce que j'ai pu
mentionner au moment de l'étude de... c'est-à-dire lors de l'accord de principe, là, donné la semaine
dernière au salon bleu, c'est effectivement un beau travail qui a été réalisé
au cours des dernières semaines en
collégialité avec la
partie gouvernementale et l'opposition officielle. Il y a
une volonté manifeste, M. le Président, de donner suite aux
recommandations de la commission Charbonneau. La population nous observe à ce
niveau-là, les attentes sont élevées.
Donc, oui, on peut souligner le travail qui a
été réalisé. Et vous pouvez être assurés, du côté de la deuxième opposition, de la Coalition avenir Québec, donc,
de notre volonté de collaborer de façon très proactive et très
constructive au cours des prochaines étapes de l'étude de ce projet de loi là,
avec les consultations dans un premier temps, mais également avec l'étude
article par article, qui devrait commencer assez rapidement.
Et sans jouer
les rabat-joie, déjà mentionner une inquiétude qui est la nôtre, et on va
espérer que les prochains jours nous
permettent de répondre à cette inquiétude-là au niveau de la distinction, on
l'a évoqué, le pénal, le civil. Au niveau de la prescription notamment, on a eu l'occasion d'échanger à savoir est-ce
que c'était déclaratoire ou pas dans le projet de loi. Donc, pour nous,
ce sont des notions qui sont très importantes et qui sont certainement au coeur
même du projet de loi lui-même, ultimement.
Sans dire à travers un libellé précis nos
attentes, je vous dirais que, pour la Coalition avenir Québec, il est fondamental qu'une formation politique, peu
importe laquelle, qui a recueilli de l'argent de façon frauduleuse par le
passé ait à rendre des comptes de cette
action-là et soit sommée de rendre les argents qui auraient pu être amassés de
façon illicite, et ce, peu importe que le geste ait été posé il y a
troi