CAT — 29 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-08-29
Quebec — Committees
Je dois rappeler que
nous, ce qu'on vise, c'est vraiment faire en sorte que les gens qui achètent
une copropriété, même quand ils l'achètent
neuve, qu'on puisse avoir toutes les protections requises et nécessaires,
évidemment. Un pépin, ça peut survenir. Donc, je pense que c'est une recommandation sage qui a été faite par le regroupement. Donc, j'imagine que la raison pour la date, c'est vraiment
pour faire en sorte qu'on puisse avoir plus de délai, de temps pour se
prévaloir de nos droits. C'est le premier questionnement que j'ai par
rapport à la demande du Regroupement des gestionnaires de copropriété.
On avait aussi la
Chambre des notaires qui, elle, demandait, si vous regardez à la page 54
de leur mémoire, la recommandation 1.2.1, de «prévoir que le délai pour la
faculté du dédit prévue à l'article 1785 du Code civil [...] ne
commence à courir que lorsque l'acheteur
aura reçu une note d'information complète. Après la signature de l'acte de vente,
si la note d'information n'a pas été remise ou si elle a comporté des erreurs ou des lacunes qui
ont porté préjudice à l'acheteur ce dernier devrait pouvoir obtenir une réduction du prix de vente, l'obtention de
dommages-intérêts ou l'annulation de la vente. De plus, la responsabilité personnelle des administrateurs — parce qu'on n'en a pas parlé, Mme la Présidente — et du promoteur devrait pouvoir être recherchée lorsque ces
derniers sont des personnes morales.» Je pense que c'est une
recommandation qui n'a pas été retenue. J'aimerais savoir le pourquoi,
évidemment.
on a aussi l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec,
Mme la Présidente, qui, dans les nombreux formulaires qu'ils mettent à
la disposition à chaque fois qu'il y a une transaction immobilière qui se fait,
particulièrement au niveau de la
copropriété, de la déclaration du vendeur, etc., donc, ils disaient, dans leur
mémoire, ça va comme ci : «De
même, l'OACIQ croit que l'ajout d'un deuxième alinéa à l'article 1793 du
Code civil — donc à
l'article 61 du projet de loi — qui prévoit un recours pour l'acheteur qui
n'aurait pas reçu une note d'information, assurera le respect de cette
obligation par les promoteurs, ce qui n'est pas toujours le cas actuellement.
Une mesure coercitive de cette nature, pouvant aller jusqu'à l'annulation de la
vente, sera donc bénéfique à la protection des premiers acquéreurs.»
Donc,
évidemment, Mme la Présidente, pour être conséquente avec le travail que nous
avons fait en commission la semaine passée, puisque ce sont quand même
trois groupes, et pas les moindres, qui font des recommandations à la ministre, j'aimerais savoir l'avis de la ministre
par rapport à ces demandes-là, s'il y a une possibilité d'amendement ou
d'acceptation des recommandations que les trois groupes nous ont faites.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Mme la ministre, je vous cède la parole.
Mme Laforest :
Oui. Alors, oui, on avait eu les demandes, justement, là, des organismes. Il y
a des aspects qui ont été considérés, puis, oui, on est prêts à
travailler avec un amendement.
Sauf qu'au niveau de
la protection des acheteurs, moi, je voulais savoir, parce qu'on parle d'un
délai, ici, d'un à trois ans, je voulais
savoir comment vous voyez ça, vous, au niveau de la protection des acheteurs,
comment vous pensez qu'on pourrait mieux protéger les acheteurs par
rapport aux trois demandes, aux trois groupes qu'on a rencontrés.
je regarde, par exemple, que l'action... si je donne un exemple, l'«action doit
être intentée dans les 90 jours de la date la plus éloignée de l'assemblée de transition ou de la vente», moi,
j'aimerais savoir, le délai de 90 jours, qu'est-ce que vous en pensez. Parce que ça, ça a été discuté
de notre côté, ça fait que c'était... Parce qu'on parlait de 60 jours
également. Ça, je voudrais peut-être discuter avec vous sur ce point-là. Puis,
en fait, oui, on était prêts, parce qu'il y avait des corrections à faire
également, oui.
Mme Thériault : Oui. Mme
la Présidente, évidemment, moi, je pense que plus on peut protéger les
acheteurs, mieux c'est, plus ils ont de
temps pour intenter des recours, mieux c'est aussi. On ne le dira pas assez
souvent, l'acquisition d'une résidence ou d'une copropriété, c'est la transaction la plus majeure
qu'un couple ou qu'une personne va faire dans sa vie. Donc, évidemment, je pense que plus on met des protections, mieux
c'est. Puis je pense que, dans les délais souvent aussi, il faut avoir le temps de se tourner de
bord, de parler avec un avocat, faire les choses qu'on a à faire. Donc, moi,
je n'ai absolument pas de problème, je pense
que c'est une demande qui était très correcte aussi. Plus on rallonge le temps
ou le délai, je pense que mieux c'est, en fait, pour protéger vraiment.
Mme Laforest : C'est bon. Moi,
je proposerais peut-être de suspendre, si c'est bien accepté, parce qu'on
ferait peut-être juste les trois points en un seul amendement.
Mme Thériault : C'est
une bonne idée.
Mme Laforest : C'est bon, on va
suspendre, on va essayer d'être rapides.
Mme Thériault :
Absolument. Ça me va, pas de problème.
La Présidente (Mme Dansereau) :
...suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 45)
La Présidente (Mme Dansereau) :
Nous allons reprendre les travaux. Donc, je vais céder la parole à Mme la
ministre.
Mme Laforest : Oui. Alors,
avant de déposer cet amendement-là, il va falloir qu'on réouvre l'amendement de
l'article 61 qu'on avait travaillé la semaine
passée, le seul amendement qu'on avait réussi à faire passer la semaine
passée. Mais là il faut réouvrir, justement, parce qu'on l'a inséré dans un
même article. Alors, moi, s'il y a consentement...
Présidente (Mme Dansereau) : Alors, Mme la ministre, ça va me prendre consentement pour réouvrir
l'étude de l'amendement à l'article 61. Est-ce qu'il y a consentement?
Une voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Et ça va... vous retirez l'amendement aussi?
Mme Laforest : Je retire l'amendement,
oui.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Donc, ça me prend aussi un consentement pour retirer l'amendement.
Mme Thériault : Il y a
consentement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Consentement. Donc, poursuivez, Mme la ministre.
Mme Laforest : Alors, on va déposer un autre amendement.
Considérant la demande du RGCQ, du CNQ et de la FCQ, on a rassemblé ça
dans un même
article qui se lit comme suit :
L'article 61 :
L'article 1793 de
ce code est remplacé par le suivant :
«1793.
Lorsque la vente d'un immeuble à usage d'habitation n'est pas précédée du
contrat préliminaire ou de la note d'information, l'acheteur peut, s'il en subit un préjudice sérieux, demander la
nullité de la vente et des dommages-intérêts. Si l'acheteur préfère que le contrat soit maintenu, il peut demander une
réduction de son obligation équivalente aux dommages-intérêts qu'il eût été justifié de réclamer. Cette action
doit être intentée [...] dans les 90 jours de la vente, soit dans
les 90 jours suivant l'assemblée extraordinaire prévue à
l'article 1104 du Code civil.
«Il en est de
même lorsque le contrat préliminaire ou la note d'information comportent des erreurs ou des lacunes.»
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Des interventions?
Mme Thériault : Non, ça
me va, Mme la Présidente. C'est vraiment conforme aux discussions qu'on a eues
avec la ministre.
Présidente (Mme Dansereau) : S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que l'amendement, tel qu'amendé, à
l'article 61 est adopté?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Thériault : Mme la Présidente,
peut-être, la ministre nous a mentionné que, dans la version anglaise, il y aurait
une modification, mais qu'elle va arriver plus tard, si je ne m'abuse, le temps
que la traduction soit faite.
Mme Thériault : Donc, juste pour les fins d'enregistrement, étant
donné que ça fait
partie de la législation et que, dans le projet de loi n° 16,
il nous reste encore trois volets, on aura l'occasion de voir passer un
amendement en anglais dans un
article qu'on devra réouvrir.
Mme Thériault : Parfait.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Sinon, on va passer aux voix... Est-ce que
l'article 61, tel qu'amendé, est adopté?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Donc, Mme la ministre, nous allons passer à l'article 62.
Mme Laforest :
L'article 2724 de ce code est modifié par la suppression, dans le...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je m'excuse. Oui?
M. Fontecilla : Oui, j'aurais
un amendement. Avant l'article...
La Présidente (Mme Dansereau) :
M. Fontecilla : À l'article 61,
j'aurais un amendement, 61.1.
La Présidente (Mme Dansereau) :
O.K.
M. Fontecilla : Avant de passer
à l'article 62.
La Présidente (Mme Dansereau) :
O.K. Oui.
M. Fontecilla : Oui? Donc, je vais le lire dans l'immédiat,
là : Ajouter, après l'article 61 du projet de loi n° 16, qui fait
référence à l'article 1896 du Code civil du Québec,
donc :
L'article 1896 du Code civil du Québec est
modifié par le remplacement de «12 mois» par «cinq ans».
Et l'article se lit maintenant comme suit :
Article 1896 du Code civil du Québec : «Le locateur doit, lors de la conclusion du bail, remettre au nouveau locataire
un avis indiquant le loyer le plus bas payé au cours des cinq ans
précédant le début du bail ou, le cas
échéant, le loyer fixé par le tribunal au cours de la même période, ainsi que
toute autre mention prescrite par les règlements pris par le
gouvernement.
«Il n'est pas tenu à cette obligation lorsque le
bail porte sur un logement visé aux articles 1955 et 1956.»
Je pense que ça a été envoyé, comme amendement.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça a été envoyé?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce qu'on a besoin de suspendre? Est-ce que les copies sont prêtes?
Mme Laforest : Je pense qu'on
n'est pas dans le même article.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Non, c'est le...
Mme Laforest : Ça irait dans la
section Régie du logement, je crois.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça serait 61.1.
M. Fontecilla :
C'est ça. Justement, on l'a mis ici parce qu'on suit l'ordre des articles du
Code civil, donc c'est la place où est-ce qu'il... Parce qu'ensuite les
autres articles font référence à des articles ultérieurs.
La Présidente
(Mme Dansereau) : O.K.
Mme Laforest : On va juste
vérifier, parce que ce ne serait pas dans le bon bloc.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Bon, on va...
M. Fontecilla : Nous, on suit
l'ordre du Code civil, mais si vous me dites que...
La Présidente (Mme Dansereau) :
On va recevoir les copies. On va recevoir les copies.
M. Fontecilla : Parfait.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Donc, on va suspendre. On va distribuer les copies et les faire. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 02)
Présidente (Mme Dansereau) : Nous allons reprendre. Je vais céder
la parole au député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Donc, j'avais présenté un amendement, à
l'article 61.1, qui visait à suivre la logique de numérotation du Code civil dans un ordre croissant. Donc,
mon amendement concernait l'article 1896, et on était rendus là, mais ça correspond à une autre
partie du projet de
loi sur la copropriété et, à strictement parler, c'est
un
article qui concerne la Régie du logement
qui va être étudié plus tard. Donc, en entendant la ministre qui nous dit que
cet amendement pourrait être étudié tout
juste avant de commencer... à 67.1 du projet de loi n° 16, tout juste
avant de commencer le
chapitre sur la Régie du logement, je suis prêt à
retirer mon amendement et à le déposer à ce moment-là.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce qu'il y a consentement?
Une voix : Consentement.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça va. Merci. Mme la ministre.
Mme Laforest :
L'article 62 :
L'article 2724
de ce code est modifié par la suppression, dans le paragraphe 3°, de «et des contributions au
fonds de prévoyance».
Alors,
l'article 2724 du Code civil fait
partie d'une série d'articles qui
proposent d'uniformiser la terminologie utilisée pour désigner l'ensemble des dépenses supportées collectivement par les
copropriétaires : les charges communes. En fait, les charges communes, ça avait été discuté également, ça revient à dire que «les seules créances qui
peuvent donner lieu à une hypothèque légale sont les suivantes :
«1° les
créances de l'État pour les sommes dues en vertu des lois fiscales, ainsi que
certaines autres créances de l'État ou de personnes morales de droit
public, spécialement prévues dans les lois particulières;
«2° les créances des personnes qui ont participé
à la construction ou à la rénovation d'un immeuble; et
«3° la créance du syndicat des copropriétaires
pour le paiement des charges communes; puis
«4° les créances qui résultent d'un jugement.»
Alors, on
revient à la définition des charges communes, qui se trouve à l'article 1072
du Code civil, qui dit que ce sont... ça comprend les sommes nécessaires pour faire face aux charges
découlant de la copropriété et de l'exploitation de l'immeuble et aux sommes à verser au fonds de
prévoyance. Elle comprend les sommes à verser au fonds d'autoassurance. Ça, ça avait été discuté ensemble par rapport au fonds d'autoassurance également auparavant, et soit... à l'entrée en
vigueur de l'article 640 de la loi qui encadre le secteur et la
protection des dépôts d'argent et le régime de fonctionnement des institutions.
Alors, ça revient en fait à ce qu'on avait
discuté ensemble au niveau des charges communes, c'est seulement... simplement pour uniformiser la terminologie. Alors
il n'y avait pas... c'était la même chose, si je vois
bien, dans l'ancien projet de loi, c'était indiqué de la même manière,
c'est seulement pour faire une modification. Si je comprends bien, il y a...
c'est complètement identique au projet de loi n° 401. Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, Mme la ministre. Des interventions?
Mme Thériault : C'est identique, Mme la Présidente,
et il y a eu zéro commentaire sur cet article-là de la part des groupes
qui sont venus nous voir. Donc, on est prêts à procéder.
Présidente (Mme Dansereau) : Bravo! Donc, nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que l'article 62 est adopté?
<17913
> 17907 La
Présidente (Mme Dansereau) : C'est beau.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui.
Mme Laforest :
L'article
L'article 63 :
L'article 2729 de ce code est modifié par la
suppression de «ou sa contribution au fonds de prévoyance».
L'article 63. Cet
article fait
partie d'une
série d'articles qui proposent d'uniformiser également la terminologie utilisée pour désigner l'ensemble des dépenses
supportées collectivement par les copropriétaires, les charges communes.
Alors, l'article 2729
tel que modifié : «L'hypothèque légale du syndicat des copropriétaires
grève la fraction du copropriétaire
en défaut, pendant plus de 30 jours, de payer sa quote-part des charges
communes; elle n'est acquise qu'à compter
de l'inscription d'un avis indiquant la nature de la réclamation, le montant
exigible au jour de l'inscription de l'avis, le montant prévu pour les charges
et créances de l'année financière en cours et celles des deux années qui
suivent.»
Alors, c'est également... c'est identique. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Thériault : Simplement dire que c'est de la concordance, Mme la Présidente. Donc, pas de problème, on peut procéder.
La Présidente (Mme Dansereau) :
On va procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 63 est adopté?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Nous poursuivons, Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui.
L'article 64 :
L'article 636 de la Loi
visant principalement à améliorer l'encadrement du secteur financier, la protection des dépôts d'argent et le
régime de fonctionnement des institutions financières (2018,
chapitre 23) est abrogé.
Alors, le projet de loi de l'article 64 propose d'uniformiser la terminologie
utilisée dans le Code civil de manière à ce que l'expression «charges communes» désigne l'ensemble des dépenses qui
doivent être supportées collectivement par les copropriétaires, y
compris éventuellement les sommes à verser au fonds d'autoassurance. Cet
article
propose d'abroger l'article 636 des lois de 2018,
chapitre 23,
puisque ça distingue la contribution, encore là, aux charges communes et
de celle au fonds d'autoassurance.
L'article 1064
du Code civil est modifié par le remplacement de «constitué en
application de l'article 1071» par «et au fonds d'auto
assurance constitués respectivement en application des articles 1071 et
1071.1». C'est bon. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça va? Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Thériault : Oui. Ce n'était pas dans le projet
de loi n° 401, mais je comprends que c'est en concordance avec ce qu'on a fait ainsi que les articles
qui vont suivre.
Mme Laforest : Oui, exactement.
Mme Thériault :
D'accord. On peut procéder, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
On va procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 64 est adopté?
Mme Laforest : O.K. C'est vraiment... O.K. Ah! ça va bien aller. O.K.
L'article 65 :
L'article 640 de cette loi est modifié par le remplacement,
dans le paragraphe 2°, de «deuxième alinéa» par «premier alinéa».
L'article 65,
évidemment, c'est de la concordance. Cet
article
modifie l'article 640 de la Loi visant principalement à
améliorer l'encadrement du secteur
financier, la protection des dépôts d'argent et le régime de fonctionnement des
institutions financières, 2018,
chapitre 23, en concordance avec la modification
apportée par l'article 34 du présent projet de loi concernant l'article 1072
du Code civil. Alors, encore là, c'était pour faire suite à la concordance.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Thériault : Non, ça
va, Mme la Présidente. C'est bon.
Une voix : C'est tellement
clair.
Mme Thériault :
C'est clair.
Présidente (Mme Dansereau) : Donc, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 65 est adopté?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
La Présidente (Mme Dansereau) :
L'article 66.
Mme Laforest : Non, mais ça va tellement
bien, hein?
Mme Thériault : Quand... est
là, c'est plus facile.
Mme Laforest : Quand quoi?
Mme Laforest : Hein? Bon, s'il vous plaît, l'article 66 :
Les articles 646, 647, 649, 651 de cette loi sont
abrogés.
Alors, l'article 66.
Le projet de loi propose d'uniformiser la terminologie utilisée
dans le Code civil de manière à ce que l'expression «charges communes» désigne l'ensemble
des dépenses qui doivent être supportées collectivement par les copropriétaires, y compris éventuellement les sommes à verser au fonds d'autoassurance. Cet
article
propose d'abroger les articles 646,
647, 649 et 651 des lois de 2018,
chapitre 23, puisque
ceux-ci distinguent la contribution aux charges communes de celle au
fonds d'autoassurance. C'est tout, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce qu'il y a des interventions?
Mme Thériault : Ça va, Mme la Présidente. C'est vrai que je pourrais faire une intervention, la ministre pourrait reprendre son souffle, mais ce n'est pas nécessaire,
c'est vraiment de la concordance avec
les ajouts d'articles qui étaient prévus. Donc, on peut passer au vote,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
On va passer au vote. Est-ce que l'article 66 est adopté?
Mme Laforest :
L'article 67 :
L'article 651 de cette loi est modifié, dans le
deuxième alinéa :
1° par le remplacement du «troisième alinéa de
l'article 1072» par «deuxième alinéa de l'article 1072»;
2° par l'insertion, après «l'article 640 de
la présente loi», de «tel que modifié par l'article 65 de la Loi visant principalement
l'encadrement des inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le
remplacement de la dénomination de la
Régie du logement et l'amélioration de ses règles de fonctionnement et
modifiant la
Loi sur la Société d'habitation du Québec et diverses
dispositions législatives concernant le domaine municipal».
Alors, l'article 67, c'est de la
concordance qui vise à assurer la cohérence entre l'article 34 du projet
de loi et l'article 652 des lois de 2018,
chapitre 23, qui concernent
tous les deux l'article 1072 du Code civil.
Mme Laforest : Ah oui! j'ai
dit... j'aurais dû dire l'article 652.
Mme Thériault : Oui. On
avait compris 651.
Mme Laforest : Oui, excusez.
Mme Thériault : Donc,
c'est 652. Parfait.
Mme Laforest : Oui, c'est bien l'article 652.
Mme Thériault : Bien, ça
m'a permis de faire une intervention, hein?
Mme Thériault : Ça m'a
permis de faire une intervention.
Mme Laforest : Ah! bon, tant
mieux.
La Présidente (Mme Dansereau) :
C'est bien...
Mme Laforest : Si c'est
important, alors c'est bien pour vous.
La Présidente (Mme Dansereau) :
...d'échanger.
Mme Laforest : C'est bien
d'échanger. Quand ça va bien, tant mieux. Alors, moi, c'est terminé. C'est
tout.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce qu'il y a des commentaires ou des interventions?
Mme Thériault : Non, on
peut passer au vote, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Nous allons passer au vote. Est-ce que l'article 67 est adopté?
Mme Thériault : Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui?
Mme Thériault : Je veux juste qu'on se rappelle qu'on a des dossiers qui sont en
suspens avant de procéder aux discussions sur les amendements du collègue de Laurier-Dorion. On avait eu une discussion par rapport aux assurances, qui était en suspens, de consentement, sans qu'il
y ait un amendement qui ait été déposé à 35, parce que je n'ai pas déposé d'amendement officiel. On a eu une discussion, la
ministre était en cours de discussion avec son collègue au ministère des
Finances pour proposer une formulation, et
on a dit que, de consentement, nous gardions 35 ouvert, bien qu'il n'y ait
pas d'amendement comme tel, parce que je ne
voulais pas nuire au travail de la ministre. Donc, je comprends que nous
allons devoir revenir.
Il y a en
suspens également le 38.1 par rapport aux gestionnaires, avoir ici pas les
firmes de gestion ou les gérants mais
plutôt les gestionnaires qui vont devoir gérer les sommes d'argent dans le
fonds de prévoyance. C'était toute la formation, donc, c'est à 38.1,
c'est également en suspens.
Et je
comprends que l'article 60 aussi, au niveau de la mixité de la copropriété
par rapport aux droits des gens qui demeurent,
avait été suspendu lors de la séance du 21 août, à 17 h 56.
Donc, c'est ça. Donc, ça, c'était la
semaine passée. Donc, il y a quand même trois articles qui ne sont pas
complets à l'heure où on se parle.
Ma question
sera simple, Mme la Présidente, est-ce que la ministre entend revenir tout
de suite sur ces trois points-là ou
si la ministre entend les garder pour une prochaine séance?
C'est elle, la ministre, c'est correct. Elle a son sous-ministre à côté, que ça me fait plaisir de voir, Me Paradis. Donc, bonjour. Et je
comprends que, si la ministre voudrait disposer de ces trois articles-là qui sont encore en suspens,
ça nous permet de compléter la copropriété aujourd'hui. Si elle n'est
pas prête, bien, peut-être
juste l'expliquer dans le micro, parce qu'il y a des gens qui attendent
la réforme de la copropriété. Évidemment, on a la possibilité de le faire plus loin dans le projet de loi, parce que c'est le même projet
de loi, je le rappelle aux
gens. Par contre, on avait dit qu'on procédait en ordre,
section par section.
Donc, on a tout réglé ce qu'on avait à régler
dans la
section pour les inspecteurs, on est en train de terminer la copropriété. Après, il y aura la Régie du logement, la Société d'habitation du
Québec et, enfin, les dispositions municipales. On a une séance qui est prévue déjà le 3 septembre, donc la semaine
prochaine, et par la suite j'imagine que nos travaux vont reprendre avec la reprise normale des travaux à
l'Assemblée nationale, le 17 septembre, et que la commission sera
convoquée.
Mais il y a
des gens qui attendent par rapport aux trois articles que je vous ai
mentionnés, Mme la Présidente, c'est des
changements de fond qui sont fort importants. Et je veux juste rappeler que ce
serait bien dommage d'avoir travaillé si fort à modifier les règles de copropriété après 50 ans, parce que ça
fait quand même 50 ans cette année que les premières règles ont été adoptées, et qu'on passerait à côté de
trois morceaux aussi importants lorsqu'on parle de l'assurance, lorsqu'on
parle de la formation des gestionnaires et
de la mixité. Donc, si je peux avoir des indications de la ministre, puis après
ça on va voir de quelle manière on continue les travaux, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : Oui. Mme la ministre, la question
est : Est-ce que vous voulez qu'on traite ces trois points-là ou on
le fait à la fin de...
Mme Laforest : On va les faire à la fin. En fait, c'est la
formation des gestionnaires en
copropriété, ensuite ça traitait aussi
de la mixité, avec le côté commercial, que ça implique d'autres personnes,
évidemment, d'autres ministères, et la même chose pour le fonds d'autoassurance, que ça implique également d'autres
personnes. Alors, oui, moi, je voudrais qu'on le déplace vers la fin du
projet de loi.
Mais
je vais en profiter quand même pour remercier tous les gens qui ont été ici
pour le côté copropriété, je sais que
ça a été beaucoup de temps pour vous, ça a été... Merci à tout le monde d'avoir
travaillé sur le bloc de la copropriété. Puis c'est vrai que c'était important de se concentrer sur ce bloc-là, qui
était essentiel. Ça fait longtemps que ça existe au Québec, mais, en même temps, il y avait plus ou moins de
l'encadrement. Alors, c'est ce qu'on a fait depuis des semaines et des mois. Je remercie tout le monde, merci, puis c'est
un beau bloc de passé. Puis, pour les trois points, on va y revenir à la
fin, ça avait été discuté puis ça avait été décidé qu'on allait faire des
consultations et revenir avec ces trois points-là à la fin.
Mme Thériault : Bien, je comprends qu'il y a
engagement de la ministre pour qu'on puisse faire les discussions de
fond et qu'on puisse régler les problématiques qui sont en suspens
présentement...
Mme Laforest : Exactement.
Mme Thériault : ...qu'il
y a une volonté réelle.
Mme Laforest : Il y a
engagement, oui.
Mme Thériault : C'est important, Mme la
Présidente, de pouvoir le mentionner,
parce que lorsque j'entends la ministre dire : Bon, peut-être à la fin du projet de loi, on comprend qu'on en a peut-être pour quelques semaines, parce qu'on n'a qu'une séance qui est planifiée, à
part celle
d'aujourd'hui, pour la Régie
du logement, qui a quand même
aussi une réforme en profondeur, puis
après ça la Société d'habitation du
Québec, les Affaires municipales. Donc, je voudrais juste
rassurer les gens qui attendent. Parce qu'évidemment je suis convaincue que les
gens auraient aimé qu'on puisse boucler la boucle aujourd'hui par rapport aux trois points qui sont là. Je comprends que
le travail de la ministre avec ses collègues députés n'est pas tout à fait complété, mais je voudrais juste
qu'on puisse rassurer les gens en leur disant que, oui, ça aussi, c'est
important, puis, puisqu'on y est, bien, on va le régler, parce qu'il y a un
problème.
Mme Laforest :
Oui. Exactement. Je m'engage, c'est certain, ça avait été décidé, de toute
manière, auparavant. Puis il y a des
dispositions aussi, à la fin du projet de loi, à travailler. On s'était engagés
aussi à les travailler puis à les présenter. Alors, ça aussi, ça va rentrer dans les dispositions transitoires, ça
fait que je pense qu'on est... on va tout mettre ça dans le même bloc.
Merci à tout le monde.
Mme Thériault : Ça me rassure, Mme la Présidente. Donc, il
n'y a pas de problème, on peut passer
à la prochaine section.
La Présidente (Mme Dansereau) :
O.K. Merci. Donc, on va passer sur la
loi sur la Régie du logement. Oui?
Mme Thériault : Mme la Présidente, juste une question de directive, parce que,
bon, la ministre a accepté de faire un briefing technique avec les députés sur les différences entre le n° 401 et le n° 16 pour la Régie du logement. Je comprends que mon collègue de Laurier-Dorion a un amendement qui est déposé et qu'il va ramener à cette
période-ci. Question de directive, comme ça, est-ce que nous ne serions
pas mieux d'avoir le briefing avec la Régie du logement, ce qui pourrait apporter un éclairage supplémentaire à mon collègue
par rapport à ses amendements? Le briefing avait été proposé pour être à 12 h 30 jusqu'à
13 h 15, un 45 minutes. Il est 10 h 30. On a encore
deux heures devant nous, peut-être qu'on pourrait suspendre la séance, le temps d'aller faire le briefing. Je vois que les
gens de la Régie du logement sont là. Peut-être que ça peut donner un
éclairage supplémentaire et que ça va pouvoir permettre à mon collègue
de voir s'il dépose toujours
ses amendements ou pas. Donc, je tends la perche, je pense que, si on suspend
puis qu'on fait un briefing technique, on peut avoir des réponses plus rapides. Ça nous permettrait de
recommencer les travaux ce matin et de continuer cet après-midi sur la Régie
du logement. Ça risque peut-être d'accélérer les travaux, en tout cas, parce
qu'on va répondre à des questions.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vais donner la parole à la ministre pour la suggestion de la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Laforest : O.K. Bien, moi, en fait, qu'est-ce que je préférerais puis qu'est-ce
que je proposerais, ce serait
qu'on continue, parce qu'au niveau des articles qui sont traités
il y a quand même plusieurs articles qui ont été discutés, travaillés. Alors, on a quand même énormément de contenu qu'on
peut continuer à travailler et commencer à travailler. Puis ma raison est simple, c'est que c'est vrai que le temps en
commission, dans les futures semaines, est tout à fait restreint. Alors,
si on peut en profiter pour continuer à
faire avancer des articles et introduire certains amendements, bien, moi,
j'irais comme ça parce que notre
temps est vraiment, vraiment, vraiment, si je peux dire, très court en
commission dans les prochaines semaines. Alors, si on veut procéder, si
on veut avancer, moi, je serais prête à ce qu'on puisse commencer.
Au pire, s'il
y a des articles qu'on doit suspendre ou, comme on a fait avec le bloc de la
copropriété, si on peut les replacer
à la fin, on les replacera à la fin. Parce qu'il y a un briefing technique qui
était prévu ce midi, on va le faire. Là, il est quand même 10 h 30. Je crois que... je pense qu'on peut commencer
à avancer certains... À 12 h 30, il y a un... il va y avoir notre briefing, mais je trouve tellement que notre
temps en commission est précieux, puis on n'a pas beaucoup de temps dans
les prochains jours, moi, j'avancerais tout de suite le bloc de la Régie du
logement, si vous êtes d'accord.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Tout à fait, merci. Donc, dans un esprit de bonne méthode, là, évidemment, il
faut avoir les informations. C'est utile d'avoir les informations générales
avant de commencer le détail, là. Et donc, dans une logique générale, là, c'est mieux d'avoir le briefing
avant de commencer l'étude du
chapitre sur la Régie du logement. Et, juste
savoir, il est prévu combien de temps pour
ce briefing-là? Parce que, si tout va bien, à la limite, on pourrait adopter
l'ensemble des articles. Bon, je m'avance...
Mme Laforest :
Tout à fait d'accord.
M. Fontecilla :
...je m'avance beaucoup, mais on aurait le briefing technique en plein milieu
ou après l'adoption d'une série
d'articles concernant la Régie du logement. Donc, en toute logique, encore une
fois, c'est mieux. Je comprends l'argument,
là, que le temps en commission est compté, mais le briefing technique, là, ça prendrait
combien de temps, là? C'est prévu combien de temps ce midi?
Des voix :
45 minutes.
M. Fontecilla :
45 minutes, là.
Mme Laforest :
Voulez-vous, moi, je peux proposer qu'on prenne... parce que les amendements,
on est pas mal au courant, là, tu
sais, on les connaît. Moi, je les connais par coeur, quand même. Peut-être
qu'on pourrait prendre, d'abord, si
vous y tenez énormément, peut-être 30 minutes, là, puis on procède après?
Parce qu'on peut... Est-ce que vous voulez qu'on prenne un trente
minutes présentement?
Mme Thériault :
Moi, je pense qu'on est mieux de le prendre que de ne pas le prendre.
M. Fontecilla :
De briefing technique?
Mme Thériault :
Oui, oui.
Mme Laforest :
Vous êtes d'accord?
M. Fontecilla :
Ça me convient.
Mme Laforest :
O.K. On y va, 30 minutes, go.
> 1355 Mme Thériault :
Oui, oui. On est d'accord, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Donc, on va suspendre pour une trentaine de
minutes. Merci.
(Suspension de la séance à
10 h 29)
Présidente (Mme Dansereau) : Ça va? Nous allons reprendre les travaux. Tout d'abord, avant, j'aimerais savoir est-ce qu'il y aurait consentement qu'on continue, qu'on poursuive jusqu'à
1 heure, vu qu'il y avait... qu'il devait y avoir...
Mme Thériault :
Non. On a un caucus aujourd'hui...
La Présidente
(Mme Dansereau) : O.K., ça va, c'est beau.
Mme Thériault :
...puis il n'y a pas eu de discussion non plus entre nos bureaux de leaders, je
comprends.
La Présidente
(Mme Dansereau) : O.K., bon. Donc, je vais céder la parole à Mme
la ministre.
Mme Laforest : Oui. Alors, on commence un nouveau bloc, le bloc
sur la Régie du logement, dans le projet
de loi n° 16. Évidemment, c'est un bloc qui était essentiel — je
le répète, était vraiment essentiel — pour
moi, considérant le temps d'attente
et le nombre de causes qui étaient reportées. Alors, le bloc sur la Régie du
logement est vraiment
essentiel pour tous les locataires du Québec.
Ceci
étant dit, j'aimerais vraiment spécifier que, dans notre budget, vous avez sûrement
pris en considération qu'on veut et
on s'engageait à avoir neuf régisseurs de plus, et un à temps partiel, ceci étant pour couvrir toutes les régions du Québec. Alors,
dans notre budget, c'était vraiment déjà pris en considération qu'on augmentait
le nombre de régisseurs, qui se nommeront maintenant des membres dû au
changement de nom de la Régie du logement, si tout se passe bien, pour le
Tribunal administratif du logement.
Alors, pour réconforter tous les gens
qui nous écoutent, je peux vous dire que... tout de suite, aujourd'hui, je peux vous annoncer qu'on a déjà procédé à six régisseurs
d'engagés de plus. On en a nommé six, si c'est bien ça. Alors, il y a déjà
six régisseurs de plus qui sont en poste pour accélérer justement
les causes à la Régie du logement.
Alors, on a déjà pris nos
responsabilités par rapport aux engagements. Il y en a déjà six d'engagés. Puis
la possibilité de travailler, si je peux dire, et d'avoir des régisseurs en région est vraiment essentielle. On a
déjà pris des mesures également pour avoir des régisseurs en région.
Alors,
je suis très heureuse de commencer le bloc sur la Régie du logement, et je vais
laisser la parole à mes collègues avant de poursuivre
article par
article. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la ministre. Je donnerais la parole à
la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente. D'entrée de jeu, Mme la Présidente, vous allez me
permettre de remercier la ministre, son
équipe, ainsi que Me Simard, pour la séance de travail que nous venons d'avoir
concernant les différences entre le
projet de loi n° 401 et le projet de loi n° 16.
C'est sûr que ça aide à la bonne organisation de nos travaux. Ça nous
permet de reprendre plus rapidement sans nécessairement alourdir le processus
de questions qui nous ont été répondues à l'extérieur.
Merci aussi pour le
cahier. Ça nous permet vraiment de voir les nouvelles choses qui ont été
introduites. C'est beaucoup plus visuel, ce
qui fait que même un collègue député qui le lit comme ça est capable au moins d'avancer et de comprendre ce
qu'on fait. C'est magnifiquement fait. Merci beaucoup.
Vous allez me
permettre aussi, Mme la Présidente, de dire aux gens qui nous écoutent que,
dans la
section «Régie du logement», au même
titre que les deux autres sections qu'on a faites, au niveau
de la copropriété et de l'inspection en
bâtiment, je vais me faire la porte-voix des groupes qui sont venus en commission parlementaire, qui nous ont fait des recommandations
qu'on retrouve dans leurs mémoires, afin de voir l'intention de la ministre, de
voir si elle est disposée à faire des amendements.
Donc,
ne soyez pas surprise, Mme la
Présidente, si, au cours de nos
travaux, vous m'entendez vous parler du Barreau du Québec, de l'Association des propriétaires du Québec, de l'APQ, de la
Corporation de propriétaires
immobiliers du Québec, la CORPIQ, du regroupement du comité de logements et des
associations des locataires, qu'on appelle le RCCLAQ... le RCLALQ, pardon, ainsi que le Front d'action
populaire en réaménagement urbain, le FRAPRU, qui sont les groupes soit qui sont venus soit qui nous ont envoyé des
mémoires, et qui attendent, eux aussi, avec beaucoup d'impatience ce
projet de loi qui est devant nous.
sais que la ministre a eu l'occasion de répondre aux groupes : Oui, il y a
des modifications, mais on commence comme
ça parce qu'on veut, dans un premier temps, améliorer le fonctionnement de la
Régie du logement ou du tribunal du logement,
comme on va l'appeler dorénavant. Donc, j'en suis définitivement. Je pense
qu'il faut faire les choses dans l'ordre. Mais j'ai compris aussi que la ministre va continuer de discuter avec
les groupes pour aller un peu plus loin, pour apporter certaines modifications. Mais ne soyez pas surpris
si, moi comme mes collègues des différentes oppositions, nous allons
certainement déposer certains amendements... qui est à la demande des
différents groupes qu'on a entendus.
Donc, Mme la Présidente, merci. Et il est évident
qu'on va travailler dans un esprit de collaboration. Cette réforme-là, elle est tout aussi importante pour la Régie du
logement que pour les milliers de locataires qui... de locataires et de
propriétaires, évidemment, les deux parties, qui ont besoin de recourir aux
services du nouveau tribunal du logement. Donc, voilà. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci. Écoutez, nous entamons une
partie très importante du projet de loi
n° 16, et c'est toute la question sur la Régie du logement.
Évidemment,
la Régie du logement joue un rôle essentiel dans la vie du Québec, là. Juste
vous rappeler quelques chiffres très
rapidement, Mme la Présidente. Il y a 1 362 000 ménages
locataires au Québec, ce qui représente 39 % de tous les ménages au Québec, là, presque 40 %, là.
À Montréal, il y a 492 000 ménages locataires, là, ce qui représente
63 % de la population de Montréal.
Donc,
ça concerne beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde, cette question-là, autant
des locataires, autant des propriétaires.
Mais évidemment, souvent, la population locataire est à plus faible revenu, des
fois à très faible revenu, une population
souvent aussi vulnérable à tous les égards, d'un point de vue socioéconomique,
un niveau de scolarité moins élevé,
etc., toutes sortes de problématiques sociales. Donc, la régie a un équilibre
très difficile souvent à atteindre afin d'assurer une justice tout en tenant compte de l'ensemble
des facteurs qui influencent la question du logement, parce que la vie
se passe dans un logement, se passe avec des voisins. Donc, c'est un tribunal
excessivement important, là.
question des délais, et je pense qu'on va s'y attaquer pendant l'étude de ce
projet de loi, est essentielle dans tout ce processus-là. Les délais sont excessivement longs. Nous espérons et nous
allons appuyer toutes les initiatives qui visent à raccourcir ces délais-là afin d'assurer véritablement
une accessibilité à la justice aux ménages locataires et aussi
locateurs.
Donc,
j'entame avec enthousiasme cette partie-là, parce que ça va concerner beaucoup,
beaucoup, beaucoup de gens, au Québec, j'espère, qui vont bénéficier des
amendements, des modifications qui vont être effectuées. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Est-ce qu'il y a un
amendement... Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Non, il ne déposait pas un amendement? M. le
député de Laurier-Dorion, est-ce que vous aviez un amendement à déposer?
M. Fontecilla :
Oui, tout à fait, tel que présenté.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Si vous voulez en faire lecture, s'il vous
plaît?
M. Fontecilla :
...quelques minutes plus tôt, ça a été envoyé. Je pense que ça pourrait être
distribué.
La Présidente (Mme Dansereau) : Oui, mais, si vous pouvez en faire lecture, puis
on va le distribuer en même temps.
M. Fontecilla :
Tout à fait, tout à fait, pendant qu'il est distribué.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci.
M. Fontecilla : Donc, il s'agit d'ajouter après l'article 61
du projet de loi n° 16 une modification à l'article 1896 du Code civil du
Québec, qui est modifié par le remplacement de «12 mois» par «cinq ans».
Donc,
l'article se lit maintenant comme suit, article, encore une fois, 1896 du Code
civil du Québec : «Le locateur doit,
lors de la conclusion du bail, remettre au nouveau locataire un avis indiquant
le loyer le plus bas payé au cours des cinq ans précédant le début du
bail ou, le cas échéant, le loyer fixé par le tribunal au cours de la même
période, ainsi que toute autre mention prescrite par le règlement pris par le
gouvernement.
«Il n'est pas tenu à
cette obligation lorsque le bail porte sur le logement visé [à
l'article] 1955 et 1956.»
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a...
M. Fontecilla :
Si je peux...
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui, si vous avez des explications...
M. Fontecilla :
Juste deux petites secondes, que je me serve un verre d'eau, madame.
Mme Laforest :
Est-ce que je peux poser une question? Oui?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui, Mme la ministre.
Mme Laforest :
Moi, j'aimerais vous entendre sur le fait... Pourquoi cinq ans? Parce qu'on
sait que l'année... Admettons, c'est quand
même possible de garder certains loyers vides pendant un an pour certains
propriétaires qui veulent justement avoir d'autres visions pour leurs
logements, mais pourquoi autant que cinq ans?
M. Fontecilla :
C'est fondamentalement, Mme la ministre, pour pouvoir constater la trajectoire
du loyer pendant cinq ans. On sait
qu'en général, règle générale, au Québec, les loyers ont une durée d'un an,
c'est un renouvellement annuel. Et
donc, 12 mois, seulement savoir combien a été augmenté le dernier loyer,
là, dans le dernier bail, là, d'un an, ça ne nous donne qu'une infime
partie de l'information qu'un locataire doit savoir pour savoir si le loyer
demandé est abusif, en d'autres mots.
Donc,
on le sait, en ce moment, il y a une pénurie de logements à travers l'ensemble
du Québec, là. Selon la théorie classique
de l'économie, selon la loi de l'offre et de la demande, ça fait naturellement
une pression à la hausse sur les loyers. Et on constate, à maintes reprises, un peu partout au Québec, là, des
hausses abusives des loyers, là, profitant justement de cette pénurie de logements, et que les locataires,
s'ils n'acceptent pas de ces hausses-là, bien, doivent se trouver
quelque chose qui soit d'encore plus cher,
soit d'encore quelque chose qui n'est pas convenable, comme des logements qui
vivent des... qui ont des... dans des situations d'insalubrité, etc.
Évidemment,
il existe des recours, des contestations, là, pour constater et corriger
éventuellement s'il y a une hausse abusive
de loyer, là, mais, pour ça, il faut connaître, et c'est... les dispositions du
Code civil le permettent... le loyer antérieur jusqu'à 12 mois. C'est ce qu'il prévoit, le Code civil, en ce
moment, mais, encore une fois, 12 mois, c'est nettement
insuffisant, là, surtout lorsqu'il s'agit
d'un seul loyer, celui de l'année dernière, pour détecter les pratiques
abusives de certains propriétaires, souvent des...
Donc,
il nous paraît qu'un délai de cinq ans est approprié pour constater la
trajectoire suivie par les locateurs, là, en termes d'augmentation des loyers, et savoir si, oui ou non, il y a une
pratique abusive, là, en termes d'augmentation des loyers, annuelle. C'est fondamentalement pour se donner un
historique des loyers demandés au cours des cinq dernières années.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Mme la ministre.
Mme Laforest :
Je demanderais de suspendre un petit bout de temps, s'il vous plaît.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 25)
La Présidente
(Mme Dansereau) : Donc, nous allons reprendre les travaux. Mme la
ministre.
Mme Laforest : Oui. O.K. Alors, après avoir discuté, justement,
avec mes collègues, on en est venus à la conclusion que... En fait, on ne comprend pas le pourquoi du
cinq ans parce qu'on se dit :
Même si la personne voit, pendant cinq ans, qu'est-ce qui s'est passé au niveau du prix du logement, en fait, parce
qu'il y a énormément... Cinq ans, c'est très, très long, premièrement. Deuxièmement, c'est qu'où est la
justification que la personne qui veut louer un loyer voit pendant cinq
ans le prix du loyer qui a été payé considérant
que la période de cinq ans... Peut-être que, trois ans auparavant, il peut y
avoir eu des rénovations, des rénovations majeures. Ça fait que c'est sûr que,
s'il y a une hausse de loyer deux ans auparavant, sauf que le loyer a été complètement rénové, c'est sûr que le prix va
augmenter. Alors, on se dit : La nécessité d'un cinq ans, c'est...
On ne comprend pas le pourquoi.
L'autre chose, par
exemple, que je tiens à vous mettre au courant, puis c'est sur ça, je pense,
qu'il faut vraiment comprendre, je ne sais
pas si vous êtes au courant, mais on a un comité, on a un nouveau comité
maintenant qui s'est penché sur toute
la structure du bail au complet. Puis ça, au niveau de la... toute la...
Comment je pourrais dire? La manière dont le bail est rédigé, c'est sur
ça qu'il est important de se pencher.
Donc, ce que vous
m'avez amené comme point, de dire : On aimerait ça savoir le prix du loyer
payé depuis les cinq dernières années, moi,
je prends en considération quand même votre inquiétude, mais, en même temps,
considérant que c'est nouveau, là, il y a un
comité vraiment sur le bail, bien, moi, je pense que c'est sur ça qu'il faut
focuser. Puis je pense que, dans la
rédaction comme telle du bail, ça va être important de le mentionner au comité
de travail. Je comprends tout à fait.
Mais, en même temps,
il y a un autre point, juste en terminant, disant que, si on demande à tous les
propriétaires d'indiquer le prix payé des
cinq dernières années, à ce moment-là, je trouve qu'on... personnellement, je
trouve qu'on rentre dans une... pas
une... oui, il va y avoir une crainte par rapport au propriétaire de logements,
à savoir : Bien, voyons! Ce n'est pas
vrai que, pendant cinq ans, je vais être obligé d'indiquer combien le loyer a
été chargé durant les cinq dernières années. Moi, je trouve que c'est
une lourdeur pour les propriétaires de logements.
L'important,
je pense, c'est de voir qu'on a un comité qui est en train de rédiger les
nouveaux baux, puis c'est sur ça qu'il
faut focuser aujourd'hui. Puis je pense que c'est quand même très positif de
voir qu'on a des gens qui vont s'occuper de travailler sur ce comité-là.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Je comprends tout à fait vos raisons pour lesquelles
vous considérez que cinq ans, c'est
excessif. Là, on est dans les points de vue, là. Ce qui est certain, selon moi,
c'est qu'un an c'est trop court, ce n'est pas suffisant, là.
J'aimerais
également rappeler que, dans le formulaire actuel de la Régie du logement, il y
a une
section où il est stipulé d'indiquer
le loyer, même des derniers... le dernier loyer, là, donc des 12 derniers
mois, et que cette section-là est rarement remplie par le propriétaire. Donc, voilà, et même le délai de
12 mois, en règle générale, n'est pas respecté. Donc, il faudrait, en toute logique, rendre cette information-là
obligatoire, ne serait-ce que, peu importe le délai, un an, ou trois ans, ou
cinq ans, mais, selon moi, un an, ça ne permet pas de connaître, justement,
l'historique des augmentations de loyer.
Mme la ministre nous
soumet la question que... la possibilité qu'il y ait eu des rénovations.
Certes, il est fort possible qu'au cours des
cinq dernières années, on va dire, il
y ait eu des rénovations dans un
immeuble, mais on peut se poser la question si à toutes les années il y
a eu des rénovations, c'est-à-dire supposément des rénovations majeures, là,
qui justifient une augmentation substantielle des loyers. Mais là on peut se
poser des questions. Qu'il y ait, une année, des rénovations majeures qui justifient une augmentation, c'est fort
logique, là. Mais, c'est justement, c'est une information qui nous permet de
voir l'historique. Et, en arrière de cet historique-là, il y a
des raisons. Des fois, elles sont justifiées, comme, par exemple, des
rénovations, ou, des fois, il n'y a pas de justification ou cette justification-là
n'est pas suffisante.
Concernant
l'argument sur la lourdeur pour les propriétaires, écoutez, c'est une
information qui est relativement facile à consigner, hein, ce n'est pas une lourdeur excessive, mais c'est une
information qui nous permet de fixer correctement et avoir une idée de ce qui est le loyer juste
demandé par un propriétaire. Donc, ce n'est pas une lourdeur excessive. Oui,
c'est une démarche de plus, mais c'est comme tant d'autres informations qu'on
doit fournir, là. Mais les avantages tirés par cette information-là sont de
loin supérieurs aux faibles lourdeurs qu'elle signifie pour le propriétaire.
Donc,
pour revenir à l'essentiel, la question du délai, cinq ans versus un an, tel
que... cinq ans, ce que l'amendement propose,
un an, tel que c'était stipulé en ce moment, et, même là, ce n'est pas... dans
la plupart des loyers, ce n'est pas une information qui est fournie. Mais il y a de la marge. Peut-être que Mme
la ministre pourrait nous proposer un délai entre les deux, et on
pourrait étudier le bien-fondé de cette idée-là, si elle veut bien s'avancer
dans cette perspective-là.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci, M. le député. J'inviterais le député de
Jean-Talon.
M. Proulx :
Oui, dans le fond, c'est une question de réflexion suite à l'amendement du
collègue. Je relisais l'article en question — je l'ai mis sur mon
téléphone, question d'être moderne, parce que je ne l'avais pas avec moi, vous
m'excuserez, je vais le relire — 1896, et je comprenais d'une des
explications de la ministre, Mme la Présidente, qu'un locateur peut décider par lui-même de reprendre son logement en suivant
les prescriptions de la loi et décider soit d'en changer la destination ou bien, par exemple, de le
conserver libre pendant un certain temps, ce qui lui permettrait de ne pas
être... ne pas se plier... Dans le fond, il
pourrait se soustraire de l'obligation.
L'article 1896, ce qu'il dit, dans
le fond, c'est qu'on a l'obligation de donner le loyer des
12 derniers mois ou celui qui a été convenu par la régie.
Alors,
pour rejoindre — c'est
une suggestion, Mme la Présidente, à haute voix — dans le fond, l'objectif visé par le collègue, de dire : Plus on a
d'information, plus on est capable de déterminer si le logement est abusif,
mais aussi pour maintenir l'équilibre
qui est souhaité, je pense, par la ministre et par la régie, de dire que le
propriétaire doit pouvoir conserver un
certain levier... Et, dans les faits aussi, cinq ans, ce n'est peut-être pas le
juste portrait de la réalité de la rue sur laquelle on habite. Si on a annoncé un métro qui se construit
à deux pas de l'endroit où on a signé notre loyer, ça n'a peut-être pas
le même prix aujourd'hui que ça valait il y a cinq ans.
Est-ce qu'on
ne pourrait pas penser, et peut-être que je me trompe, mais est-ce qu'on ne pourrait
pas penser de revoir la rédaction
pour que, plutôt que le 12 mois seulement ou suite à une prescription de
la régie, qu'on soit dans l'obligation d'inscrire le dernier loyer
convenu par un bail? Ce qui ferait en sorte que, si moi, par exemple, j'ai un
logement, et là peut-être que je me trompe,
mais, si j'ai un logement et que je décide qu'en 2016 je vais le reprendre, il
n'y aura pas de loyer en 2017. Si
aujourd'hui, en 2019 ou en 2020, je voulais le louer, bien, plutôt que de
laisser la
section vide, je serais dans l'obligation d'inscrire le dernier bail que j'ai convenu. On verrait
vraisemblablement un écart dans le loyer, mais, par contre, ça
permettrait peut-être à celui qui va louer, le locataire, de se dire :
Bien, écoute, il y a une raison pour laquelle il n'était pas loué pendant des
années, il y a un écart dans le prix.
Mais
peut-être ce n'est pas la pression nécessaire dont a besoin le collègue, mais
peut-être que ça l'amène au moins à comprendre la logique derrière ça.
Puis je pense que c'est un indicatif pour savoir si, oui ou non, il y a, je
dirais, de l'exagération. Je ne pense pas,
parce qu'on n'est pas obligé de le prendre, mais, au moins, Mme la Présidente,
ça permettrait de savoir ce qui s'est
passé. Et je sais que des propriétaires peuvent décider de conserver le
logement vide pendant un certain temps,
ça permet de se soustraire de l'obligation qui est prévue à la loi, mais si, au
moins, on avait cette information-là, peut-être
que ça permettrait d'équilibrer à la fois la demande, plus d'informations, et
l'équilibre cherché par la ministre et par la régie, de dire :
Bien, il faut laisser un certain pouvoir de gestion au propriétaire. C'est une
suggestion à mettre dans la balance.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest : J'aurais besoin
de discuter, s'il vous plaît. J'aimerais ça suspendre.
La Présidente (Mme Dansereau) :
On va suspendre pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 40)
La Présidente (Mme Dansereau) :
Nous allons reprendre les travaux. Donc, je donnerais la parole à Mme la
ministre.
Mme Laforest :
Oui. Alors, après discussion, c'est certain qu'il y a eu quelques
recommandations intéressantes, sauf que,
comme on le disait auparavant, quand on parle de cinq ans, c'est beaucoup trop.
Alors là, pendant que les légistes sont en train de rédiger, si je peux dire, le nouvel amendement qu'on
déposerait, je ne sais pas si on pouvait continuer ou il y a d'autres amendements, si on pouvait continuer
pendant que les légistes sont en train d'attacher ça avec tous les... Est-ce
qu'on peut revenir...
> 17907 La Présidente
(Mme Dansereau) : Vous voulez suspendre l'étude de l'amendement,
en fin de compte?
Mme Laforest :
Non. Est-ce qu'on peut continuer la rédaction du projet de loi pendant qu'eux sont en train
de rédiger l'amendement?
La Présidente (Mme Dansereau) :
O.K. Donc, on suspend la proposition.
Mme Laforest : Exact. On
suspendrait la proposition.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça me prend un consentement.
Mme Thériault : ...le
temps qu'on ait une nouvelle rédaction. Donc, à ce moment-là, on verra si c'est
un sous-amendement ou si on va retirer
l'amendement du collègue pour pouvoir introduire celui que la ministre a
proposé en dehors du micro et qui
semblait convenir à notre collègue qui a déposé l'amendement. Par contre, oui,
bien, moi, je n'ai pas de problème
pour donner le consentement pour qu'on puisse suspendre cet amendement-là, mais
je pense que le collègue a une autre
série d'amendements, Mme la Présidente. Donc, avant de passer à
l'article 68, là, on vient de suspendre le 67.1, je pense que le
collègue à un...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Bon, là, ça me prend un consentement pour qu'on suspende le 67.1.
Une voix :
O.K. Il y a consentement.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ça me prendrait le consentement aussi du député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Là, ce que je comprends, là, c'est qu'il y aurait suspension de l'amendement
que j'ai soumis en attendant un nouvel amendement, une...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Exact.
M. Fontecilla :
...contre-proposition, si l'on veut, qui viendrait remplacer peut-être le mien.
C'est à voir. Il y aurait suspension, et ils vont nous revenir, bon,
d'ici peu, et, en attendant, on continue l'étude du projet de loi n° 16.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui. Ça me prend votre consentement.
M. Fontecilla : Je le donne.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Donc, on peut...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui?
M. Fontecilla : Je...
l'amendement à l'article 61 également là.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Le 67... 67.1.
M. Fontecilla : ...67, pardon.
Pardon, j'ai mal lu.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Il y a la ministre aussi...
Mme Laforest :
C'est parce que... En fait, je vais recommencer depuis le début. Il y a eu une
proposition du député de Jean-Talon
par rapport à la demande qui était avec l'amendement pour allonger jusqu'à cinq
ans la date de fixation du loyer,
mais, en même temps, on a eu une proposition du député de Jean-Talon. Là, ce
qu'on me dit, c'est qu'on ne peut pas l'introduire
présentement dans l'article en question, sauf qu'on va l'introduire dans un
nouveau chapitre. Et je ne sais pas si on a le numéro du nouveau
chapitre qu'on pourrait l'introduire, sauf qu'on va le garder en considération.
Ce serait...
Mme Laforest : O.K. On va le prendre en note, ça va être introduit
dans le
chapitre V.1 et dans l'article 134. Alors, on va garder ça en note parce
qu'on va l'introduire dans l'article 134.1, c'est bon? Qu'est-ce qu'on a
discuté tantôt avec... Parce qu'on ne
peut pas l'introduire présentement, on va l'introduire dans un autre chapitre,
parce que, là, présentement, c'est ça, ça ne touche pas à la Régie du
logement.
M. Fontecilla : Comme ce que
vous allez nous faire tantôt.
Mme Laforest :
Exactement. Alors là, vous comprenez que ça, on va l'introduire plus tard.
Vous, normalement, vous devrez
retirer votre amendement en considérant que nous, on va introduire la proposition du député de Jean-Talon. Vous ne voulez pas?
M. Fontecilla : Moi, avant de
retirer mon amendement, je préfère voir qu'est-ce qui va être mis sur la table.
M. Fontecilla : Donc, je me
retiens de retirer mon amendement.
Mme Laforest : Pas de problème.
M. Fontecilla : Mais, bon, je
suis tout à fait disposé à le faire si votre proposition nous convient.
Mme Laforest : Vous convient,
O.K., c'est bon.
M. Fontecilla : Mais, ceci dit,
j'aurais un autre amendement.
Mme Laforest : O.K. Allez-y.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bien, je pense que ça va. O.K.? Donc, 67.2,
c'est toujours le député de Laurier-Dorion. O.K.
M. Fontecilla : Voilà. Donc, c'est toujours, Mme la Présidente, dans le même esprit, c'est la question de la fixation du loyer pour éviter des pratiques abusives ou exagérées, selon les mots
utilisés par le député de Jean-Talon, et donc il s'agit d'ajouter, après l'article 67 du projet de loi n° 16, un amendement qui concerne l'article 1903 du Code civil
du Québec, là. Donc, le Code civil du Québec est
modifié par l'insertion, après l'article 1903, de l'article suivant :
«1903.1. Dans
les 30 jours de l'entrée en vigueur du bail, le locateur est tenu
d'inscrire le bail au registre des loyers.
«Le bail est inscrit au registre par la
présentation d'un avis à la Régie du logement — ou Tribunal administratif du
logement.
«Cet avis
identifie le locateur et indique, notamment, la désignation des lieux loués, la
date du début du bail et le loyer. Si le loyer fait l'objet d'une
demande de fixation, celle-ci doit également être indiquée dans l'avis.
«L'avis doit être accompagné d'une copie du
bail.
«Si les lieux
loués sont aliénés, le nouveau locateur doit transmettre, dans les
10 jours de l'entrée en vigueur de l'aliénation, un avis de
changement de locateur.»
Donc, l'article se lit maintenant comme
suit :
«1903. Le loyer convenu doit être indiqué dans
le bail.
«Il est
payable par versements égaux, sauf le dernier qui peut être moindre; il est
aussi payable le premier jour de chaque terme, à moins qu'il n'en soit
convenu autrement.
«1903.1. Dans
les 30 jours de l'entrée en vigueur du bail, le locateur est tenu
d'inscrire le bail au registre des loyers.
«Le bail est inscrit au registre par la
présentation d'un avis à la Régie du logement — ou Tribunal administratif du
logement.
«Cet avis
identifie le locateur et indique, notamment, la désignation des lieux loués, la
date du début du bail et le loyer. Si le loyer fait l'objet d'une
demande de fixation, celle-ci doit également être indiquée dans l'avis.
«L'avis doit être accompagné d'une copie du
bail.
«Si les lieux
loués sont aliénés, le nouveau locateur doit transmettre, dans les
10 jours de l'entrée en vigueur de l'aliénation, un avis de
changement de locateur.»
La Présidente (Mme Dansereau) :
On va suspendre quelques minutes, le temps qu'on distribue les copies.
(Suspension de la séance à 11 h 53)
Présidente (Mme Dansereau) : Nous allons reprendre les travaux. Donc, je cède la parole à Mme la ministre.
Mme Laforest : En fait, bien, j'ai une question très, très
simple. Je ne sais pas, par rapport à votre demande, si vous avez évalué les coûts, parce que,
quand on a fait justement la recherche pour cette possibilité-là, on
regardait qu'est-ce qui s'était passé
dans les autres provinces. Puis, quand on regarde dans les autres provinces, en
majorité... pas en majorité, c'est non
partout, puis ceux qui l'ont introduit, par exemple la Nouvelle-Écosse, ils l'ont aboli tout de
suite, un an après. Puis l'autre province, c'est le... si je descends ici,
l'Ontario, ils l'ont fait, ils l'ont... oui, ils l'ont
rédigé un an, en 1997, ils l'ont tout
de suite aboli, en 1998, parce que
toutes les raisons... puis toutes les autres provinces, c'est non pour le
registre des baux, considérant les coûts que ça peut occasionner.
Alors,
j'aimerais ça... Est-ce que vous avez évalué, vous, les coûts par rapport à un registre des loyers? Combien ça coûterait?
M. Fontecilla : Non, nous, on n'a pas évalué les coûts requis. On
a surtout évalué les bénéfices pour la société en général que pourrait avoir
l'instauration d'un tel registre.
Parce que
je vous rappelle, Mme la ministre, qu'on fait face, surtout maintenant,
à une augmentation généralisée des
loyers, ce qui pénalise fortement non seulement les populations à faibles
revenus, mais aussi des populations des classes moyennes qui peinent à se trouver un logement, surtout dans les centres
urbains un peu partout au Québec, hein? Ça ne concerne pas seulement Montréal,
là, mais ça concerne l'ensemble des villes du Québec, là.
Et, encore
une fois, là, ce n'est pas une question d'un petit service qu'on donne aux
populations à faibles revenus, là, aux
gens, aux familles en situation de pauvreté, ça concerne aussi des familles de
classe moyenne qui ont un bon revenu et qui ont... qui peinent, même s'ils mettent beaucoup
d'argent sur la table, qui peinent à suivre l'augmentation effrénée des
loyers, là.
Donc, oui, ça
peut... Évidemment, comme toute mesure, ça peut comporter des frais
qu'il faut évaluer, mais les exemples que vous m'avez cités dans d'autres provinces, peut-être
qu'ils n'ont pas utilisé tout le potentiel des ressources informatisées qui peuvent être utilisées pour,
comment dire, alléger cette situation-là. Je pense que vous m'avez nommé un cas qui date de 1997. Les moyens technologiques
utilisés à l'époque sont tout à fait... ne sont plus les mêmes que ceux
utilisés aujourd'hui. Donc, il y aurait une possibilité d'alléger
considérablement les frais occasionnés par ce registre-là.
Donc, voilà, nous croyons qu'il est possible
d'instaurer un tel registre en minimisant les coûts, en utilisant les nouvelles
technologies de l'information.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Mme Laforest : Bien, en fait, les coûts, nous, on avait évalué,
à la Régie du logement en 2011, les coûts pour un registre des loyers, puis c'est quand même
en 2011, là, que ça coûterait 6 millions pour avoir un registre des
loyers, seulement en 2011. Ce qui veut dire que, si on regarde en 2019,
les coûts seraient assez... pas mal plus élevés.
L'autre chose
aussi, c'est qu'on ne ferme pas la porte, je dois dire, là, à un registre des
loyers. On ne ferme pas la porte actuellement, mais, considérant qu'il y a
encore des discussions à avoir à
propos du registre des loyers, du registre des baux, en fait, puis par rapport à tout ce qui s'est
passé dans les autres provinces, qu'on a ici, qui ont essayé, qui ont arrêté
tout de suite après un an parce que c'était trop dispendieux, alors nous, on a
comme pris la décision de remettre ça à plus tard. Mais je pense que c'est quand même essentiel, là, de voir que, si on
regarde, 6 millions pour un registre des baux, tout ce que ça peut occasionner en plus de ça, bien, je
pense que c'est quand même important de considérer que c'est des coûts
trop élevés pour l'instant.
Puis,
considérant également qu'on est en train, comme je le disais auparavant, de
revoir notre bail... Alors, comment il
va être rédigé, notre bail? C'est quand même important de savoir que la manière
que le bail va être rédigé, c'est vraiment essentiel. Puis je pense que
ça va de soi que, là, si, en plus, on accepterait la possibilité d'avoir le
registre des baux à ces coûts-là, c'est des coûts vraiment trop élevés. Moi,
j'ai... C'est notre position.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Bon, là, je vais recéder la
parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui, merci, Mme la Présidente. Je
veux juste m'assurer d'avoir bien compris ce que Mme la ministre a dit, parce que j'ai compris : On
ne ferme pas la porte à un registre de loyers. Est-ce que c'est parce que ça
va se faire en même temps que les travaux qui
sont en cours par rapport aux baux? Non? O.K. Donc, si vous ne fermez pas
la porte, vous pensez regarder la question?
Mme Laforest :
Bien, en fait, c'est comme je le dis, en 2011, ça coûtait 6 millions, le
registre des baux. Tu sais, il faut
quand même être assez logique pour dire : C'est vraiment coûteux, c'est
vraiment dispendieux. Alors, à ce moment-ci, on n'est pas du tout ouverts à accepter un registre des baux. Par
contre, les discussions se poursuivent. Ça fait que je ne peux pas dire que, dans notre projet de loi,
maintenant, on va indiquer qu'on est ouverts à la possibilité d'un registre
des baux, parce que, présentement, on n'est
pas ouverts à la possibilité du registre des baux, considérant les coûts, sauf
que c'est quand même dans les discussions, puis on est très conscients de
l'enjeu.
Puis
considérant... Comme je le dis, avec tout ce qu'on amène avec la Régie du
logement, avec tout ce qu'on octroie au
niveau des ressources et d'effectifs dans notre budget par rapport à la Régie
du logement, par rapport à la réfection d'un bail également, je pense
que les mesures sont déjà toutes en place pour aider les locataires.
Puis il y a
d'autres... Oui, c'est vrai, parce que, vous le savez très bien, avec la Régie
du logement, qu'il y a d'autres alternatives
qui sont possibles. Ça fait que moi, bien, je ne suis pas ouverte du tout à
avoir un registre des baux présentement, mais je sais très... je sais
quand même que c'est un enjeu qui est discuté par certaines associations.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vais céder la parole au député de Laurier-Dorion et je reviendrai.
M. Fontecilla : Je cède la
parole à mon collègue.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Monsieur.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Donc, effectivement, donc, moi, j'ai entendu aussi, tout comme ma collègue de Louis-Riel... entendre la ministre
dire qu'elle n'est pas fermée, et elle a parlé d'un comité des baux. Donc,
moi, j'aimerais savoir quel est le mandat de ce comité des baux, donc, quel...
parce qu'il y a effectivement besoin, nécessité qu'il y ait une grande réflexion, donc, puisque je représente aussi une
circonscription où il y a beaucoup de locataires, et ce sont des choses qu'on entend beaucoup souvent,
donc, des problématiques en lien avec des augmentations de bail de
manière exagérée ou même parfois abusive.
Donc, moi,
j'aimerais savoir, en lien... Si elle ferme la porte à un registre des baux,
donc je veux bien, mais quel est le
mandat... Au moins, si on savait au moins le mandat de ce comité-là, ça
pourrait peut-être mieux nous éclairer pour voir est-ce que c'est un
élément, c'est un sujet qui va être abordé. Si oui, comment?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Bien, en fait, je vais répéter qu'est-ce que je disais tantôt par rapport au
coût qui avait été évalué, en 2011, à
6 millions pour avoir un registre des baux. Puis, ceci étant dit, il y a
énormément de montants qui ont été mis dans le budget pour la Régie du logement, puis on est tout à fait conscients
puis on est tout à fait confiants également que tout ce qui a été mis en
place pour la Régie du logement dans le budget...
D'ailleurs, comme je le disais auparavant, on a
déjà six personnes, déjà, d'engagées, qui sont nommées, pour travailler, pour faire accélérer le processus à la
Régie du logement. Le projet de loi, avec le bloc «Régie du logement»,
introduit plusieurs mesures qu'on a
discutées tantôt, auparavant, par rapport au nouveau rôle du Tribunal
administratif du logement. Puis je
pense que tout fait... tout est en place pour prouver qu'on va accélérer les
demandes à la Régie du logement. Les gens vont être mieux écoutés.
Mais
prendre aujourd'hui la décision de donner... bien, on dit 6 millions, ça,
c'est en 2011, là. Prendre la décision aujourd'hui
qu'on va avoir un registre des baux, c'est trop prématuré. Puis, comme je le
dis, oui, je le sais, que c'est discuté. Je suis ouverte à continuer à discuter là-dessus, sur le registre des
loyers, mais pas aujourd'hui, pour dire que, oui, on va en instaurer un.
Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Le député de Viau, vous...
M. Benjamin :
Oui, bien, écoutez, je comprends, en fait, la présentation que la ministre a
faite de l'état de la situation. Mais
en fait ma question plus précise sur ce comité dont elle a parlé tout à
l'heure, le comité des baux, je pense que c'est comme ça qu'elle l'a appelé, quel était le mandat... En fait, ma
question est précise. Quel est le mandat de ce comité-là? Quel est le
cadre de travail, donc les orientations? Donc, c'est de cela surtout que
j'aimerais savoir...
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Bien, en fait, le comité, justement, pour la rédaction du bail, c'est de revoir
complètement tout le contenu du bail,
là. Il est là pour ça, le comité, là. Ça fait qu'en revoyant tout le contenu
c'est certain qu'on touche aussi à l'aspect
des prix payés dans les années antérieures, c'est évident, là. Mais, comme je
vous dis, moi, avec tout ce qui a été donné
comme montants, je ne suis pas du tout ouverte à dire qu'on va... On parle d'un
6 millions il y a des années et des années. Si, admettons, on dit 11, 12 millions aujourd'hui, en 2019,
il faut quand même être assez honnête pour voir tous les montants qu'on
met pour la Régie du logement.
Alors, pour
le registre des baux, considérant que les coûts seront et seraient énormes,
bien, peut-être voir tout ce qu'on met
présentement pour aider les locataires du Québec, puis il faut vraiment voir ça
positivement, tout ce qu'on a mis dans le budget pour les locataires du Québec. Mais, en plus, moi, je ne suis pas
ouverte du tout à dire que... Puis le comité sur le bail, c'est
essentiel, parce que tout part d'un bail, hein, avec les locataires.
Alors, moi,
je pense qu'avec le comité du bail ça va être discuté aussi. Puis le registre
des loyers, bien, ça, on en rediscutera
dans le futur. Mais présentement ce qui est important, c'est de considérer que
les coûts seraient trop énormes, puis que
notre comité qui est en place, avec la structure du bail, bien, ça va nous
aider également à avoir des lignes par rapport à si c'est possible
d'avoir le registre du loyer. Merci.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Je céderais maintenant la parole au député de Jean-Talon.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Juste une question pour la ministre concernant le
comité des baux. Est-ce que je
comprends que, s'il y a une réflexion à l'égard des baux, alors donc du modèle
de bail et de la prescription de ce qui doit s'approuver... que vous envisagez, donc, de faire d'autres
modifications législatives dans l'avenir? Dans le fond, la question, c'est la suivante, c'est : Est-ce
que vous avez déjà des pistes à l'effet que certaines des modifications qu'on
va apporter dans la
section «Régie du
logement» pourraient changer — point d'interrogation — ou bien vous savez déjà qu'il faudra, parce que ce sera un travail inachevé, revoir
éventuellement une portion de la loi, parce qu'inévitablement, si on veut mettre de nouvelles prescriptions, si on ne
peut pas le faire par règlement, il faudra le faire par la loi ou en
amendant le Code civil, par exemple?
Mme Laforest :
C'est ça, c'est exactement la question, c'est que le bail, c'est réglementaire.
Maintenant, au niveau de la loi, c'est une autre chose, le bail. C'est
deux choses complètement différentes.
M. Proulx :
Je comprends que vous pourriez être appelés à remodifier la loi. Là, ce qu'on
fait aujourd'hui, dans le fond,
pourrait être appelé à changer dans une courte de période de temps dans la
mesure où, s'il y avait des conclusions de ce comité qui obligent à
modifier la loi, bien, vous auriez à représenter de nouveaux amendements dans
un autre projet.
Mme Laforest :
Oui, c'est ça. Mais, en toute honnêteté, en toute honnêteté, c'est sûr que la
loi est toujours sujette à changement,
là. Ça, c'est évident, dans tous les projets de loi, oui, c'est toujours sujet
à changement, mais, pour l'instant, à court terme, non.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je céderais la parole au député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Écoutez, je suis ravi d'entendre l'ouverture de la ministre concernant, comment
dire, l'esprit d'une amélioration,
pourrait-on dire, de la question concernant les bails, là, et le registre des
baux ou ce qui se trouve en arrière, c'est-à-dire éviter les
exagérations, les abus, etc.
Et donc
j'aurai une question toute simple, tout d'abord, pour Mme la ministre. Est-ce
que vous seriez... Mme la ministre
serait en mesure de nous donner le mandat donné à ce comité-là pour savoir de
quoi il s'agit? J'entends qu'à court terme
elle n'entend pas faire des modifications suite aux conclusions de ce
comité-là. Mais, si les oppositions pouvaient avoir l'information
concernant le mandat, ce serait d'une grande utilité.
Et maintenant je voudrais apporter quelques
éléments qui viennent justifier la tenue d'un registre des baux, là.
Tout
d'abord, concernant les coûts, Mme la ministre nous a dit que ça coûterait
6 millions. Bon, 6 millions, comparé au budget de l'État, là, de l'État du Québec, là, ce n'est vraiment pas grand-chose. Comparé, peut-être,
au budget de la régie,
on me dit que le budget de la régie, c'est autour de 22 millions de dollars en ce moment, là, enfin, bien, oui, c'est un montant substantiel. Il faut encore savoir, là, si ces 6 millions dont la ministre nous parle, c'est un montant récurrent ou un
montant non récurrent, parce que, comme
toute chose qu'on met en place, il y
a un montant, un investissement initial qui ne revient pas en termes de dépenses de fonctionnement.
Donc, il faut avoir cette information-là.
Juste pour le bénéfice de la ministre, nous
savons également qu'il y a un registre des baux dans la ville de Los Angeles, qui n'est quand même pas une petite
ville. C'est une des grandes mégapoles du monde. Et ce qu'on sait sur ce
registre de baux à Los Angeles, c'est qu'il est administré à coût nul. Et donc
on a d'autres exemples. S'il s'agit de montrer des exemples, il y a
des exemples des grandes villes où ça peut fonctionner même à
un prix très, très compétitif, si l'on veut utiliser le
langage commercial.
Et j'aimerais
aussi apporter à la connaissance du ministre et de nos collègues, là, que l'information concernant les loyers
demandée par le locateur, actuellement, elle est disponible, elle existe. Tous les
locateurs du Québec doivent remplir le relevé 31 adressé au ministère du Revenu. Cette information-là, elle existe.
Donc, elle n'est pas publique, mais il
y a déjà un registre qui collige
cette information-là de façon systématique. Et donc, en quelque sorte, il y a déjà un registre des baux qui figure, qui
existe déjà au Québec, là, qui pourrait éventuellement être utilisé. Et là je
ne vais pas rentrer dans des technicalités, etc., là, mais ça pourrait être... Il
y a déjà un précédent de cet ordre-là.
Et donc il y a plusieurs
exemples qui démontrent la faisabilité d'un registre de baux à un coût moindre
sans exiger une charge, un fardeau excessif pour la Régie du logement.
Il s'agirait peut-être d'être plus imaginatif. Mais j'entends l'ouverture de la ministre, parce que cette question-là,
elle nous renvoie à quoi, Mme la Présidente? Ça nous renvoie à non pas juste une question
commerciale, non pas juste une question comme quoi... dans le sens où
l'habitation est un bien commercial. Oui,
l'habitation est un bien commercial. Ça appartient à un immeuble, ça fait
partie d'un immeuble, ça appartient à des propriétaires qui se sont
endettés, etc. Oui, il y a aspect commercial.
Il y a
surtout un aspect d'investissement qui est souvent juste... parce que, souvent, beaucoup
de propriétaires, ils achètent des
petites propriétés pour assurer une pension à leur retraite. Il y a
d'autres personnes aussi qui s'embarquent dans l'immobilier et dans le locatif, fondamentalement,
pour spéculer. Mais, avant tout, avant tout, Mme la ministre, la question
de l'habitation, c'est une question
de droits. Avoir un toit sur la tête, là, ça appartient à... ça fait
partie des
droits fondamentaux ici et partout à travers le monde.
Donc, notre
tâche, en tant que législateurs, Mme
la Présidente, est de concilier tous
ces aspects-là, comment faire en sorte
de pouvoir donner des... d'assurer l'accessibilité à un toit à un prix convenable, à un logement
décent, dans des bonnes conditions,
tout en permettant à celui ou celle qui offre ce logement-là de pouvoir assurer
son investissement et assurer un certain niveau de
rentabilité sans tomber dans la spéculation, parce que c'est là le problème.
Lorsqu'on tombe dans la spéculation, là, on est train de miner le droit au
logement.
Donc, une des
avenues envisageables, c'est justement le registre des baux. Je pense qu'il y a
moyen de faire une... d'avoir...
porter un regard un peu plus vaste sur ce qui se fait un peu partout à travers
le monde dans des sociétés comparables — évidemment, là, par exemple, en Belgique, on me dit qu'il y a
un registre des baux, en Russie également il y en a un, donc il y a des exemples — et
étudier la question des coûts, étudier ce qui est déjà
fait. Je l'ai déjà mentionné tantôt,
les propriétaires sont obligés de donner cette information-là dans le
relevé 31 adressé à Revenu Québec.
Donc, je suis
ravi encore une fois d'entendre l'ouverture de la ministre
non pas tellement sur la question des fonds, hein, la question de la nécessité de réguler les
prix des loyers, parce que c'est quelque
chose d'éminemment sensible.
Mais, bon, j'entends aussi la réticence de
la ministre sur la question des coûts, donc sur la question
des moyens. Et nous sommes tout à
fait prêts à collaborer avec Mme la ministre pour déblayer ou l'aider à avoir une idée beaucoup
plus nette de ce qui pourrait être fait, là, pour assurer justement la
question du droit de l'accès à un logement décent et de qualité.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Je vais répondre très, très
rapidement, parce
que, quand vous dites :
Avez-vous vérifié les coûts récurrents?,
bien, quand on regardait... quand on s'est informés pour le scénario, qui était
justement avec Revenu
Québec, qu'on estimait à 6 millions en 2011, justement, les coûts annuels récurrents étaient au moins de
1 million. Puis ensuite on ajoutait qu'il allait y avoir des coûts additionnels qui étaient
à prévoir dus aux mécanismes pour vérifier l'exactitude des données transmises par chaque locateur et chaque
locataire. Alors, on parle, en 2011, de 6 millions, plus 1 million minimum de coûts annuels récurrents, plus des coûts
additionnels, pour vérifier l'exactitude des données des locateurs et des
locataires. Alors, moi... C'est ça, oui, les coûts récurrents, il y a des
coûts, suite à ça, additionnels. Merci, Mme la Présidente. Moi, j'ai terminé.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Ça va
aller? Donc, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement
introduisant le nouvel article...
M. Fontecilla : ...l'appel
nominal.
La Présidente (Mme Dansereau) :
...oui, introduisant... est adopté? L'appel nominal? Donc, on va procéder, M.
le secrétaire.
Le Secrétaire :
M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
Le Secrétaire :
Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) :
Contre.
Le Secrétaire : M. Simard
(Montmorency)?
Le Secrétaire : Mme Thériault
(Anjou—Louis-Riel)?
Mme Thériault : Contre.
Le Secrétaire : M. Proulx
(Jean-Talon)?
Le Secrétaire : M. Benjamin
(Viau)?
Le Secrétaire : Mme Dansereau
(Verchères)?
Présidente (Mme Dansereau) : Abstention. Donc, le vote est rejeté... l'amendement, je veux dire, l'article.
Donc, nous allons poursuivre, Mme la ministre. Oui?
M. Fontecilla : J'aurais un
autre amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Donc, je cède la parole au député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Donc, c'est
67.3.
Mme Thériault : Ça va
devenir 67.2 parce que 67.2 n'a pas été adopté.
M. Fontecilla : Ah! vous avez
raison, chère collègue, 67.2, voilà.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui, un nouvel
article qui est 67.2.
M. Fontecilla : Oui. Le Code
civil du Québec est modifié par
l'insertion, après l'article 1945, de l'article suivant :
«1945.1. Dans les 30 jours de l'entrée en vigueur d'une modification du loyer, le locateur doit présenter un
avis de mise à jour du loyer au registre des loyers. Cet avis indique
le nouveau loyer, la date de son entrée
en vigueur et si le loyer a
fait l'objet d'une fixation de loyer en vertu des articles 1947 ou 1950.
«Le locateur peut
indiquer les motifs justifiant la modification du loyer qui n'a pas été fixé
par le tribunal.»
L'article se lit maintenant
comme suit :
«1945.
Le locataire qui refuse la modification proposée par le locateur est tenu, dans le mois
de la réception de l'avis de modification du bail, d'aviser le locateur de son refus ou de l'aviser qu'il quitte
le logement; s'il omet de le faire, il est réputé [d'avoir] accepté la
reconduction du bail aux conditions proposées par le locateur.
«Toutefois,
lorsque le bail porte sur un logement visé à l'article 1955, le
locataire qui refuse la modification
proposée doit quitter le logement à la fin du bail.
«1945.1.
Dans les 30 jours de l'entrée en vigueur d'une modification du loyer, le
locateur doit présenter un avis de mise
à jour du loyer au registre des loyers. Cet avis indique le nouveau loyer, la
date de son entrée en vigueur et si le loyer a fait l'objet d'une
fixation de loyer en vertu des articles 1947 ou 1950.
«Le locateur peut
indiquer les motifs justifiant la modification du loyer qui n'a pas été fixé
par le tribunal.»
C'est déjà envoyé,
madame.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce qu'on l'a reçu, M. le secrétaire? Donc, on va
suspendre pour le distribuer.
Mme Laforest :
Est-ce qu'on doit suspendre? On doit suspendre.
La Présidente
(Mme Dansereau) : On est mieux de suspendre, voir si l'article
est recevable, là.
(Suspension de la séance à
12 h 21)
Présidente (Mme Dansereau) : Nous allons reprendre, et j'aimerais avoir les commentaires des partis
sur la recevabilité de cet amendement, soit Mme la ministre ou...
Mme Laforest :
Ah! moi, je peux parler.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui, allez-y.
Mme Laforest :
Oui, aucun problème. Bien, en fait, c'est parce que cet amendement-là, en fait,
c'est encore concernant le registre des
baux. On a rejeté tantôt la possibilité d'avoir un registre des baux. Alors, évidemment
que ça, toutes les modalités qui sont
présentées concernant le registre des baux, bien, à ce moment-là, ça devient
caduc, ça devient non acceptable, malheureusement ou heureusement. Mais aujourd'hui on ne peut pas traiter cet amendement-là, c'est certain, considérant qu'on a rejeté le registre des baux
tantôt. Merci.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Est-ce que vous voulez rajouter, la députée d'Anjou—Louis-Riel?
Mme Thériault : Simplement
ajouter, Mme la Présidente, que c'est les règles parlementaires qui sont
comme ça à partir du moment où on
rejette un premier amendement. Évidemment, je comprends que le député de Laurier-Dorion avait certainement préparé une série d'amendements pour aller avec le premier, mais, puisqu'on a
disposé du registre des loyers, évidemment on ne peut pas arriver avec
un autre amendement qui traite de quelque chose qu'on a déjà rejeté.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci,
Mme la Présidente. Oui, je profite de
mon temps de parole pour dire qu'effectivement
on revient à la charge avec cette question-là qui nous paraît excessivement importante,
là. En même temps, je profite pour souligner
le fait que, tantôt, je parlais du relevé 31, là, concernant les
informations qui doivent être fournies à Revenu Québec, là, concernant les niveaux des loyers, les prix
des loyers, plus exactement, là.
J'aimerais
savoir si la ministre prend en compte cette information-là dans les travaux qu'elle entend mener sur la question d'un
éventuel registre des loyers. Et également, encore une fois, si elle peut nous
donner le plus rapidement possible — si c'est tout de suite, pourquoi pas — le mandat du comité qui a été créé, dont
nous venons d'apprendre l'existence, et
surtout nous dire est-ce qu'il y a un échéancier pour ces travaux-là. Est-ce
que ça va se faire... Elle a parlé tantôt qu'il n'y avait rien à court terme, mais peut-être qu'à plus... à moyen terme est-ce que
ça veut dire d'ici un an, d'ici six mois, etc., là? Donc, concernant la possibilité d'utiliser les informations contenues dans le
relevé 31, et les mandats, et les échéanciers des travaux du comité
sur les baux qui a été mis en place, là, si la ministre peut nous en informer.
Mme Laforest : Alors, bien, qu'est-ce que je peux...
Comment je pourrais vous informer? En fait, c'est très, très simple. Je peux vous dire que vous avez vu, depuis le début, l'urgence
avec laquelle on a travaillé pour donner des possibilités d'avancement avec la Régie du logement. Vous avez vu toutes
les mesures qu'on a prises pour la Régie du logement. Vous avez vu tout le nombre d'effectifs qui ont été engagés pour la Régie du logement. Vous avez vu également toutes les dispositions qu'on a mises
dans le projet de loi pour la visioconférence, pour travailler en
région avec la Régie du
logement.
Alors, moi, je pense
que, si on regarde, durant le début de notre mandat jusqu'à aujourd'hui, la vitesse à laquelle... et
la qualité de travail qu'on a fait par
rapport à la Régie du logement, moi, je pense que vous devriez être très, très confiant. Et je n'ai pas besoin de vous dire que, oui, on
travaille rapidement. Je ne suis pas une personne
qui va donner une date. Ça, c'est sûr
que moi, je ne ferai jamais ça, je ne donnerai jamais un délai, une date.
Mais vous savez très bien, puis on le dit ici ouvertement devant tout
le monde, qu'on est à la vitesse grand V avec la Régie du logement, puis les
résultats vont se faire sentir prochainement.
Puis, ce que
je peux vous dire, c'est que le comité travaille... Ce n'est quand même
pas... Comment je pourrais dire? Les
gens sont au courant de leurs dossiers. Les gens savent comment faire évoluer
la situation du logement au Québec. Le but du comité par rapport au bail, le mandat
est donné. Alors, moi, j'aimerais ça que vous soyez très, très
confiant, puis faites-moi confiance, parce que
normalement tous les dossiers qu'on travaille au ministère de l'Habitation et des Affaires
municipales, tous les dossiers cheminent quand même très, très bien.
Par contre,
je vais le redire, vous me demandez une date, puis jamais, jamais je ne vais
donner de date puis jamais je ne vais
dire : D'ici un mois, d'ici six mois, d'ici un an... Moi, je peux vous
confirmer quand même que tout se fait en accéléré. Puis ce projet de loi là, de toute manière, était
quand même, si je peux dire, très, très bien étudié. C'est pour ça que ça
va rondement aussi, parce que, les articles,
on les connaissait par coeur. Ça fait que soyez confiant que ça va aller
rondement. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce que ça va? Donc, l'analyse
n'est pas complétée, là, pour ce qui est de la recevabilité. Donc, on va
suspendre. Il est quand même 11 heures.
Présidente (Mme Dansereau) : Bien, le secrétaire nous indique qu'il manque des éléments. Donc, on va
reprendre sur ce... On va avoir les
éléments d'ici le dîner, là. Donc, après ça, bien, je pourrai vous faire le...
vous rendre compte... Ça va?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Nous allons poursuivre les travaux à 2 heures. Bien, 14 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 29)
La Présidente (Mme Dansereau) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Nous allons reprendre les travaux.
Lorsque nous avons quitté, on était sur le point
de la recevabilité ou non de l'amendement du député de Laurier-Dorion.
Je suis maintenant prête à juger de la recevabilité de l'amendement du député de Laurier-Dorion,
qui vise à obliger un locateur à transmettre un avis de mise à jour du
loyer au registre des loyers.
Lors de ses
remarques, Mme la ministre, tout comme la députée d'Anjou—Louis-Riel, a indiqué que l'amendement n'est
pas recevable, puisqu'il porte sur le même sujet qu'un amendement rejeté
précédemment, c'est-à-dire un registre des loyers.
De manière
générale, est irrecevable un amendement qui contredit une démission que la
commission a rendue au sujet d'un
amendement antérieur. Par contre, une motion d'amendement est recevable si son
objet diffère suffisamment de la motion d'amendement précédemment
rejetée.
En l'espèce,
l'amendement rejeté porte sur l'inscription des baux au registre des loyers et
diverses modalités. L'amendement
actuel porte, pour sa part, sur l'inscription d'un avis de mise à jour du loyer
au registre des loyers. Ainsi, l'objet de
l'amendement actuel diffère suffisamment de celui rejeté. Par ailleurs, s'il
devait demeurer un doute quant à la recevabilité de l'amendement, la
jurisprudence veut que la présidence favorise le débat.
Je juge donc que l'amendement du député de
Laurier-Dorion est recevable. Est-ce qu'il y a d'autres... Oui?
Mme Thériault : Bien, évidemment, vous avez rendu
une décision, donc on va tous la respecter, on va s'y plier. On comprend que, oui, l'amendement déposé par le
collègue est suffisamment différent pour le rendre recevable, sauf qu'on
n'a toujours pas créé ledit registre, parce
qu'on a rejeté la motion un peu plus tôt. Ça fait qu'on peut bien faire le
débat, mais moi, je pense qu'on a dit beaucoup de choses à l'amendement
précédent qui a été déposé par le collègue. Donc, vous comprendrez que je pense
qu'il n'y a pas grand-chose à ajouter.
Je comprends
l'essence de ce qu'il fait. Je comprends qu'il a déposé sa motion quand même
parce qu'il voulait être conséquent
avec lui par rapport aux différentes propositions qu'ils ont faites. Donc,
évidemment, je pense qu'il n'y a que le collègue... s'il veut ajouter
des choses, il peut y aller.
Présidente (Mme Dansereau) : Là, on vous distribue l'amendement.
Et est-ce que le député de Laurier-Dorion avait fait la lecture de cet
amendement-là?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui, ça avait été fait, hein? Oui, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Je vous remercie pour votre décision, et, en effet,
nous considérions que notre
amendement était recevable. Vous avez exposé les raisons, mais je ne veux pas
allonger inutilement le débat et je suis prêt, à moins qu'il y ait d'autres interventions, là, mais je suis prêt
à passer au vote et je demande, dans ce cas-là, le vote par appel
nominal.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce qu'il y avait d'autres
interventions? Donc, nous allons procéder au vote. M. le secrétaire.
Le Secrétaire :
M. Fontecilla (Laurier-Dorion)?
Le Secrétaire :
Mme Laforest (Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Girard (Lac-Saint-Jean)?
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Secrétaire :
Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
Le Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
Le Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) :
Contre.
Le Secrétaire :
M. Simard (Montmorency)?
Le Secrétaire :
Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel)?
Mme Thériault : Contre.
Le Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Présidente (Mme Dansereau) : Abstention. Donc, l'amendement est
rejeté. Mme la... Est-ce que vous avez un autre amendement?
La Présidente (Mme Dansereau) :
M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Donc, on est
l'article 67.2, étant donné les différents changements qu'il y a eu.
Ajouter, après l'article 67, le suivant :
67.1.
L'article 1959
de ce code est modifié par le remplacement de «pour subdiviser le logement,
l'agrandir substantiellement ou en changer l'affectation» par «pour
subdiviser le logement ou l'agrandir substantiellement».
Donc, l'article se lit
maintenant comme suit :
«1959. Le
locateur d'un logement peut en évincer le locataire pour subdiviser le logement
ou l'agrandir substantiellement.»
La Présidente (Mme Dansereau) :
Est-ce que c'est cet article-là que vous faites la distribution?
M. Fontecilla : On va... Vous
ne l'avez pas. On me dit que vous ne l'avez pas encore.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ah! O.K.
M. Fontecilla : On va vous
l'envoyer dans les secondes qui suivent.
La Présidente (Mme Dansereau) :
O.K. Donc, il faut l'imprimer, il faut le distribuer.
On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 10)
La Présidente (Mme Dansereau) :
Nous allons reprendre les travaux. Donc, je demanderais au député de
Laurier-Dorion de peut-être donner des explications.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Donc, le contexte, on le connaît, on vit en ce moment
une situation de pénurie aiguë de
logements en location partout à travers le Québec, là. Et, dans ce contexte-là,
mon amendement vise à colmater une
brèche dans le Code civil. Et je m'explique, là.
L'article 1959 dit
substantiellement qu'un locateur peut évincer un locataire pour subdiviser le logement, l'agrandir substantiellement
ou en changer l'affectation. Et nous demandons de retirer concrètement le critère «changer
l'affectation», par exemple, changer l'affectation d'un logement qui est
résidentiel, changer pour une affectation commerciale.
Et je me
réfère à quelques cas concrets qui se sont produits dernièrement. Par exemple,
un fin finaud peut très bien acheter
un immeuble, par exemple un immeuble dont le rez-de-chaussée est commercial
avec des logements en location, les
étages en haut, et demander un changement d'affectation à la ville, à la
municipalité concernée, et transformer l'ensemble des logements en... avec une... les revenus, une
affectation commerciale, évincer les locataires et procéder à la location
de ces mêmes logements sur des plateformes
de location touristique temporaire du
type Airbnb ou d'autres compagnie de ce cas-là. Il y a eu plusieurs cas qui sont arrivés à notre connaissance et il y en a un même qui a fait l'objet d'un
article
en 2017, un cas qui est arrivé en 2017, où
une personne a acheté un immeuble de six logements et a évincé tous les
locataires, dont une madame âgée qui vivait depuis belle lurette dans ce
logement-là.
Donc, dans le règlement qui vient d'être
approuvé par le gouvernement du Québec concernant l'hébergement touristique temporaire, l'attestation d'un site...
d'un logement à des fins touristiques, d'hébergement touristique, est
tributaire du zonage municipal, et c'est le zonage qui détermine ce qu'on peut
faire ou ne pas faire avec un logement.
Je vous rappelle qu'il y a des villes à travers
le monde, pas les moindres, où la question de l'hébergement touristique temporaire suscite de véritables
problèmes et accentue une crise, la crise des logements, dans ces villes-là,
surtout les villes très touristiques où, à
Venise ou dans une ville comme Barcelone, par exemple, on calcule qu'un quart
des logements sont destinés à de l'hébergement touristique temporaire.
Le règlement
qui a été publié par le ministère du Tourisme est certainement un pas dans la
bonne direction parce qu'il met un peu
d'ordre dans ce domaine-là et tend à limiter l'utilisation abusive de
l'hébergement touristique temporaire du type Airbnb. Mais le problème, c'est qu'il revient à l'État, à des
inspecteurs du ministère du Revenu, concrètement, de trouver les locateurs qui se trouvent dans
l'illégalité selon le nouveau règlement et selon les règlements municipaux
qui ont été adoptés dans quelques villes du Québec, alors que ça devrait être
les propriétaires de ces plateformes d'hébergement touristique temporaire comme
Airbnb qui devraient exiger les numéros d'enregistrement imposés par le
ministère du Tourisme dans son dernier règlement, là, pour afficher une annonce
d'hébergement touristique temporaire au Québec.
Donc, cet amendement-là vise à colmater une
brèche dans le Code civil afin d'empêcher tout changement d'affectation de résidentiel à commercial et
protéger ainsi le parc locatif qui est sérieusement menacé par ces nouveaux
types d'hébergement touristique temporaire
sur des plateformes informatiques. Cette situation est contraire à l'esprit du
nouveau règlement concernant l'hébergement
touristique temporaire, là. Et je vous rappelle très brièvement les objectifs
du règlement qui a été annoncé
dernièrement par la ministre du Tourisme, c'est éviter les abus et conserver le
parc locatif actuel dans un contexte surtout de pénurie de logements.
Donc, c'est
une question de cohérence gouvernementale, Mme la Présidente, ne pas permettre
l'existence d'une disposition légale
qui permet ce qu'un règlement gouvernemental vise précisément à éviter, là.
Donc, il faut profiter, selon nous, de l'ouverture du Code civil, dans
le cadre du projet de loi n° 16 en habitation, pour permettre de corriger
cette brèche-là, de colmater cette brèche-là et corriger une situation qui nous
paraît très problématique.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. Je donnerais la parole à Mme la
ministre.
Mme Laforest :
Oui. Alors, en fait, pour ce qui est de cet amendement-là, moi, ce que je tiens
à... je tiens vraiment à saluer, je
suis reconnaissante, vraiment, à ce que vous dites par rapport au règlement que
ma collègue au Tourisme, justement, a travaillé par rapport à la
situation du Airbnb au Québec. Alors, c'est quand même... je vous remercie de
saluer ce travail-là parce que c'est vrai
qu'il y avait des mesures à prendre, puis le règlement était à revoir
également. Alors, je vous remercie parce que c'est bon de voir que vous
dites quand même qu'il y a du positif avec nos mesures qu'on a prises dans le
passé.
Puis également,
quand vous dites... Par rapport au logement, bien, moi, ce que je peux vous
dire, dans la mesure où... Quand je
lis votre amendement, en fait, c'est que je ne peux pas dire... on ne peut pas
obliger un propriétaire à garder toujours la fonction et la nomination
de son immeuble à lui, en fait. Ce qui veut dire que quelqu'un qui a une maison
avec des logements, l'avant doit rester une
maison avec des logements. Alors, c'est comme si on vient... C'est intrusif, on rentre dans la vie personnelle d'un propriétaire d'immeuble ou encore d'un
promoteur, peu importe, de logements. Alors, c'est comme si on vient définir la vocation d'un bien qui
n'est pas le nôtre. Tu sais, ça n'a aucun sens, là, parce que c'est comme si
je dis à tous les propriétaires d'immeuble au Québec : Bien, maintenant,
le gouvernement dit que vos immeubles à logements vont demeurer à vie des
immeubles à logements. C'est tout.
La Présidente (Mme Dansereau) :
M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la Présidente.
Je pourrais répondre, Mme la ministre, là, que l'État, via son Code civil,
la société se donne déjà de vastes pouvoirs afin de restreindre l'utilisation de la propriété privée pour n'importe quelle fin. Concrètement, les municipalités ont déjà des règlements qui
empêchent de faire des commerces, très concrètement, là, dans beaucoup de secteurs commerciaux.
C'est-à-dire, si moi, chez moi, là, je vis dans un secteur résidentiel, j'ai
décidé d'installer un dépanneur, sûrement
qu'il y aurait une autorité publique de la municipalité dans laquelle je réside
qui me dirait : Mais, monsieur,
vous n'avez pas le droit de faire ça, et avec raison, selon moi. Et même que
certaines municipalités vont encore
beaucoup plus loin en disant : Vous devez rénover vos maisons selon ce
type de critère, etc. Donc, les possibilités qu'un pouvoir public, surtout les municipalités, s'octroie le pouvoir de
limiter l'utilisation d'un bien privé sont nombreuses dans notre Code
civil et dans l'ensemble de la société.
A contrario,
ce qu'on est en train de dire, c'est que, dans une situation de crise en ce
moment, là, de pénurie aiguë de logements,
il faut corriger le plus possible le maximum de brèches, là, qui favorisent
l'approfondissement de cette pénurie de logements. Oui, je reconnais, il y a eu un pas dans la bonne direction
dans le règlement de la ministre du Tourisme concernant la
réglementation des plateformes d'hébergement touristique temporaire, mais il
faut aller encore plus loin.
On a, en ce
moment, des cas très concrets. Moi, personnellement, j'en connais deux, dont un
récent du mois de... du début de
l'année, où des spéculateurs, on va le dire, ont acheté des immeubles
résidentiels pour changer l'affectation — bien, il l'a acheté, c'est son bien — évincer les locataires et les transformer en
Airbnb. Heureusement, cette situation n'a pu se concrétiser parce qu'il
y a eu justement une modification au règlement de zonage municipal qui a
empêché cette possibilité-là. Mais on ne peut pas laisser tout le temps le
devoir de corriger cette situation, cette brèche, cette situation problématique aux villes. Il nous apparaît que,
dans le Code civil, il y a une possibilité d'aller... de profiter de cette
brèche-là pour aggraver une crise du logement. Je pense que le législateur doit
répondre aux exigences du moment, et l'exigence du moment, c'est protéger le
parc locatif.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Je donnerais la parole à la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Oui, merci, Mme la Présidente.
J'entends bien l'argumentaire de mon collègue et je vais m'inscrire en
partie dans la lignée de ce qu'il dit par
rapport au fait que le règlement qui a été déposé par la ministre du Tourisme
me semble faire le travail sur le principe
que, dorénavant, pour pouvoir s'inscrire à Airbnb, on doit prouver qu'on est le
principal... que c'est l'adresse principale.
Donc, à mon humble avis, probablement que c'était un cas qui était avant
l'application du règlement. Mais, si
je ne m'abuse, je pense que le règlement de la collègue qui a été déposé, qui
est publié, qui entrera bientôt en adoption... en vigueur, si ce n'est
pas encore le cas, vient faire le travail.
C'est sûr que
je me pose la question sur l'amendement par rapport au fait qu'il y a aussi des
situations inverses qui pourraient
arriver. Et j'ai l'impression qu'on veut tuer une mouche avec un canon en
arrivant avec un amendement comme ça.
Parce qu'il pourrait y avoir des familles qui vont s'agrandir, qui vont vouloir
prendre les hauts de duplex à cause de la quantité d'enfants, parce que la famille s'agrandit, puis, avec
l'amendement qui est proposé par le député de Laurier-Dorion, ça l'empêcherait, à ce moment-là, de pouvoir aller
de l'avant. Moi, c'est une réalité dans mon comté, Anjou. Il y a de plus
en plus de familles nombreuses, je n'ai pas
de nouvelles constructions à Anjou,
je n'ai que des familles qui s'agrandissent et qui vont tendre à prendre les demi-sous-sols, qui vont prendre les hauts
de duplex, ou qui vont prendre tout le premier plancher en ouvrant entre les deux, ou ils vont prendre
deux logements en haut en ouvrant parce que ce sont des familles
nombreuses. Ça fait qu'à mon avis... Je
comprends l'argumentaire de notre collègue de Laurier-Dorion, mais, je me dis, il y a aussi un effet pervers à ce qu'il veut apporter comme modification où je pense que les familles nombreuses ne seraient pas bien
servies par l'amendement qu'il présente.
Donc, évidemment, Mme la Présidente, je
comprends pourquoi il le dépose. C'est vrai qu'Airbnb c'est une problématique. J'ai même fait part, dans la
copropriété, pour le bénéfice du député de Laurier-Dorion, à Mme la
ministre que, oui, effectivement, il
pourrait y avoir des gens qui achètent des copropriétés, qui viennent de
l'extérieur, qui ne sont pas ici, qui
achètent des logements pour leurs enfants, qui achètent des condominiums pour
leurs enfants, puis ce qui fait qu'ils pourraient prendre le contrôle de la
copropriété comme ça parce que tout l'édifice ou une grande portion de
l'édifice, ça peut représenter un bloc de
vote assez important quand tu viens pour faire une assemblée de
copropriétaires. Donc, j'ai demandé à
Mme la ministre, au niveau de la mixité, c'est un des articles qui est en
suspens au niveau de la copropriété, parce que ce sont des nouveaux phénomènes par rapport aux étrangers qui
viennent acheter ici et qui s'en servent pour faire du Airbnb, bien, ça peut être vrai dans les édifices
à condos aussi. Donc, moi, je pense que la ministre, elle est quand même
consciente qu'on a une problématique là.
J'ai peur de faire plus de mal que qu'est-ce
qu'il n'en faut avec l'amendement que le collègue apporte. Donc, évidemment, Mme la Présidente, je pense que c'est
important de s'inscrire dans le débat, il faut garder un juste équilibre
aussi, puis je pense qu'il faut toujours regarder les deux côtés de la
médaille. Donc, voilà mon avis.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vais donner la parole à Mme la ministre.
Mme Laforest :
Oui. Bien, en fait, ce ne serait pas long, je voudrais juste ajouter que, si,
admettons, on acceptait cet amendement-là,
on viendrait aussi... comment je pourrais dire? Les logements ne pourraient
être transférés pour des chambres pour
étudiants, comme les maisons, les résidences ne pourraient être transférées
pour des résidences pour aînés. C'est ça, c'est parce que ça, on viendrait terminer cette possibilité-là, ce
serait vraiment grave si on enlevait ces deux possibilités-là.
L'autre
chose, quand vous dites... Au niveau des logements, moi, je trouve que ce
serait dire aux propriétaires qui veulent
pratiquer la vocation de propriétaire d'immeuble, en fait, à logements... je
pense qu'on leur enlèverait le goût de pratiquer
cette profession-là, parce que les gens, les propriétaires de logements, soit
dit en passant, n'ont pas le droit d'évincer des gens comme ça, et je vais le redire ici : Ça ne se fait pas.
Puis les gens qui sont évincés, bien, à la Régie du logement, il y a déjà des modalités, c'est prévu, justement,
qu'ils puissent travailler avec des gens qui vivent des évictions. Alors,
en même temps, je les invite à aller à la
Régie du logement, parce que c'est interdit qu'un propriétaire évince, peu
importe, un locataire pour des raisons non justifiées.
Puis
qu'est-ce que je voudrais dire également, c'est que moi, je pense, pour
terminer, quand on parle de logement... Vous avez raison, on a vécu les déménagements cet été, en 2019. Moi, ce
que j'aimerais vous apporter, c'est, encore là, de considérer que tous les montants qu'on a donnés
pour AccèsLogis, ça en est, ça, des immeubles qui vont être... qui sont... il y
en a plusieurs qui ont commencé déjà les
constructions. Alors, même à Montréal, il y en a plusieurs qui ont commencé
les constructions. On est en négociation avec justement... la stratégie, avec
le fédéral, on essaie vraiment de faire reconnaître
notre compétence provinciale puis on est en mesure de croire, oui... Puis on
sait qu'on a besoin de logements au Québec.
Mais, en même temps, ce serait très triste d'enlever le goût aux propriétaires
de pratiquer cette profession-là de... parce
qu'on leur enlèverait complètement le goût de travailler avec des gens qui ont
besoin des logements si ceux-ci sont obligés à vie de garder la vocation
d'immeuble à logements dans leurs habitations.
Alors, on ne
peut pas, comme ça, s'ingérer dans... si je peux dire, dans un propriétaire qui
a à coeur des immeubles de logements
pour leur dire : Bien, maintenant, ton immeuble à logements, nous, on
prend la décision qu'à vie on va laisser des logements dans ton
immeuble. On ne peut pas décider ça comme ça quand un propriétaire décide de
pratiquer cette profession-là. Mais je
comprends tout à fait. Mais je veux quand même vous rassurer que tous les
AccèsLogis qu'on parlait, les projets
qu'on a au ministère de l'Habitation, il y en a déjà qui sont commencés, puis
ça va bien se passer. Ça fait que, oui,
on est très sensibles aux besoins des locataires, au besoin d'avoir plus de
logements au Québec. Ça, ne soyez pas inquiet, on a déjà pris
la mesure pour ça. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la ministre. Je vais
redonner la parole au député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Je voudrais dire à Mme la ministre que, d'emblée, je salue tous les
montants, toutes les nouvelles argents qui
sont dédiés à assurer un toit digne à la population du Québec. Selon moi,
bon, ce n'est pas suffisant, on peut aller
beaucoup plus loin, là, mais ça, c'est un autre débat qui sort de l'amendement
que j'ai proposé. J'aimerais répondre quand même à quelques inquiétudes
qui ont été soulevées.
L'amendement
que je propose n'enlève mais absolument pas la possibilité de reprendre un
logement pour loger, par exemple, un
proche ou même agrandir son logement pour sa famille. Moi, je vise le
changement d'affection de résidentiel à commercial. D'ailleurs, l'article... il y a trois éléments dans cet
article-là. C'est qu'un propriétaire peut évincer un locataire pour subdiviser un logement, pour l'agrandir
substantiellement — donc ça
permet de mettre plus de gens, plus de membres de la famille dans un même logement — ou en changer l'affection. Moi, c'est
changer l'affectation que je vise. Ça ne vise nullement à remplacer... à
empêcher une famille nombreuse d'agrandir son logement.
D'autre part,
la question qui a été soulevée, là, la possibilité de changement d'un immeuble
résidentiel en résidence pour
personnes aînées, ça ne change pas non plus cette possibilité-là. Elle n'est
pas affectée. Cette possibilité existe dans la mesure où c'est des compétences, ce que vous savez, dans le domaine
municipal. Il y a des statuts, du zonage, il y a du zonage résidentiel et commercial — il y en a d'autres, mais pour ne s'en tenir
qu'à ceux-là — et, dans
le cadre, dans le contexte où un territoire, une zone a déjà été zonée
comme résidentielle, on peut changer aisément à l'intérieur de cette balise-là.
Parce qu'une résidence pour personnes aînées, c'est toujours du résidentiel,
tout comme pour les familles.
Effectivement,
il existe des recours, à la Régie du logement, pour les cas d'éviction, mais,
dans le cas précis qui nous occupe,
et c'est ça, le coeur de la question, lorsqu'un particulier achète un immeuble
résidentiel pour en changer l'affectation, la régie va se référer, justement, à cet article-là et va dire que
changer l'affectation est permise, donc on peut transformer un immeuble
résidentiel en hébergement touristique temporaire. C'est justement le coeur de
la question, là. Il s'agit d'empêcher cette possibilité qui commence à se
produire de plus en plus dans certaines villes du Québec, en particulier à
Montréal.
Loin
de moi l'idée de vouloir interdire la profession à vie ou la possibilité qu'un
locataire... qu'un propriétaire change la
vocation de son immeuble, sauf que le changement de vocation était strictement
limité et réglementé par des dispositions municipales.
Encore une
fois, on ne peut pas faire ce qu'on veut, là, avec une résidence, avec un
immeuble résidentiel. Toutes les personnes
qui veulent acheter un nouvel immeuble, la première chose qu'ils vont voir,
c'est quoi? Le zonage du territoire où mon
immeuble... que l'immeuble visé, que je veux acheter, est situé. Si je veux
faire un hôtel de luxe, alors que le territoire est zoné commercial, industriel lourd, bien, voilà, on ne peut pas faire
un hôtel dans une telle zone. Si je veux construire un centre commercial dans une zone qui est zonée
résidentielle, bien, voilà, ce n'est... Même s'il achète toutes les maisons,
il ne pourra pas faire ce projet-là. Donc,
encore une fois, le droit de propriété est quand même régi, et puis ça
fonctionne et ça fonctionne relativement bien, la question de zonage,
Donc, il
n'est pas question d'empêcher à vie de changer l'affectation, mais c'est une
compétence du domaine... c'est une compétence municipale. C'est là qu'on
décide si tel territoire va rester résidentiel, commercial ou mixte. Cette possibilité-là existe. Et la brèche que
j'entends... que je voudrais colmater vise justement les zones mixtes, où
est-ce qu'il y a du résidentiel et du commercial, afin d'empêcher et de
protéger les parcs locatifs.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Je céderais la parole au député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Justement, mon intervention concerne justement cet
amendement qui est en cause, justement. Et je vais faire appel, dans un
premier temps, à mon expérience d'élu municipal, expérience d'élu municipal, puisque, quand on regarde la... quand
vient le temps pour une municipalité d'appliquer les règlements, je
pense qu'actuellement, que ce soient des
municipalités comme Montréal, Québec, elles n'ont pas d'entraves, n'ont pas
d'enjeux particuliers pour ce qui a trait à l'application des règlements
urbanistiques en matière de zonage, que ce soit le zonage résidentiel ou commercial. Mais, quand on regarde
l'amendement en lien, notamment, avec le «changer d'affectation», je
pense que c'est là qu'il y a un pépin.
Le pépin,
c'est que la plupart des acteurs qui étaient touchés, que ce soient les
locataires, les municipalités et les entreprises, notamment dans le
domaine touristique — et
là je prends un deuxième chapeau, qui est mon chapeau de porte-parole du dossier du tourisme, dans le
domaine de l'hôtellerie, de la restauration — ce qu'ils nous disaient, entre
autres, tous ces acteurs-là, c'est qu'il
fallait, à côté des efforts qui avaient déjà été accomplis au niveau de la
réglementation, il y a deux ans,
donc, par le précédent gouvernement, bien, qu'il fallait renforcer ce cadre
réglementaire. Or, le cadre réglementaire qui nous a été proposé récemment, par rapport à l'actuel ministre du
Tourisme, me semble avoir reçu un accueil unanime, unanime de la part des différents acteurs qui,
justement, réfléchissent, travaillent sur cet enjeu-là qui est l'enjeu de
changement d'affectation d'un cadre bâti
pour en faire une entreprise commerciale hôtelière, mais maquillée sous,
notamment, les Airbnb, pour ne pas les nommer.
Moi, je pense que ce sur quoi il faut
travailler, qu'il faille travailler actuellement, au contraire, c'est donner la
possibilité à ce cadre réglementaire là,
donc, tel qu'il a été présenté récemment, de voir son application correctement
et ne pas, pour l'instant, toucher, justement, cet article-là qui est dans le
Code civil, donc.
Et je regarde
une municipalité comme la ville de Montréal, beaucoup... plusieurs
arrondissements que je connais, donc,
que ce soit Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension, c'est un arrondissement, je pense,
que le député de Laurier-Dorion et moi, nous connaissons de manière
presque intime, donc, ou encore un autre arrondissement comme celui du Plateau-Mont-Royal, où l'enjeu qu'il y a
actuellement, c'est un enjeu surtout
par rapport à des zones qui deviennent de plus en plus, malheureusement, des zones désertes, des zones commerciales qui
deviennent des zones désertes, où il y a, où il doit y avoir une réflexion, notamment, de la ville centre et aussi des arrondissements sur la
vocation, sur la mission, notamment par rapport à une administration municipale qui,
d'ailleurs, affiche ses orientations en matière de commerce de proximité
résidentiel, pour voir... Il y a une
réflexion à avoir, de la part de la ville de Montréal, donc, par rapport à cet enjeu-là,
par rapport aux déserts que sont devenus
certains secteurs, par rapport à des commerces qui ont quitté, tout simplement.
Et je pense, entre autres, lorsqu'on longe
la rue Saint-Denis du côté de la rue Rachel, par exemple, c'est patent, donc,
pas besoin d'être Montréalais pour le
constater. Et la réflexion, elle est davantage par rapport aux commerces qui
sont vidés, donc... des questions résidentielles.
Mme Thériault : On pourrait redonner les résidences.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme la députée.
Mme Thériault : Oui, s'il vous plaît, Mme
la Présidente. Je trouve que l'intervention de mon collègue, elle est quand même très, très pertinente.
Je pense que c'est là qu'on voit aussi l'expérience terrain qu'il a vécue, avec
sa vie de conseiller municipal, avant. Et il a fait un point qui est
vraiment très, très intéressant.
C'est
sûr qu'on a assisté, au fil des ans, à la conversion de résidences en locaux
commerciaux. Mais là il y a tellement d