CAT — 29 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CAT 2013-05-29
Quebec — Committees
(Onze
heures trente-huit minutes)
La Présidente (Mme Champagne) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement du
territoire ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de procéder aux consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 42, Loi instituant le
Gouvernement régional — juste
une petite minute — d'Eeyou
Istchee — j'espère que je prononce bien, là — Baie-James et apportant certaines
modifications législatives concernant le Gouvernement de la nation crie.
Alors, M. le secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Gadoury-Hamelin (Masson)
est remplacée par M. Ferland (Ungava);
M. Rousselle (Vimont) est remplacé par M. Kelley (Jacques-Cartier);
M. Spénard (Beauce-Nord) est remplacé par M. Deltell
(Chauveau).
La Présidente (Mme Champagne) : Merci. Alors, ce matin, nous allons débuter par
les remarques préliminaires et nous
entendrons le Grand Conseil des Cris Eeyou Istchee tout de suite après. Et cet
après-midi, pour votre information, nous
poursuivrons avec l'audition de la Conférence régionale des élus de la
Baie-James et nous terminerons aujourd'hui avec celle du maire de
Chapais, M. Steve Gamache.
Alors, je cède
immédiatement la parole au ministre délégué aux Régions pour ses remarques
préliminaires. Alors, M. le ministre, la parole est à vous et vous disposez de
six minutes.
M. Lelièvre : Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, estimés collègues de la
Commission del'aménagement du
territoire, chers invités, mesdames et messieurs. First of all, I would like to welcome the representatives of the Grand Council of the Crees as first
participants to be heard in this parliamentary commission, the Grand Chief,
Matthew Coon Come, and his team.
Nous
entreprenons aujourd'hui les consultations particulières et auditions publiques
sur le projet de loi n° 42, loi instituant le Gouvernement
régional d'Eeyou Istchee Baie-James et apportant certaines modifications législatives
concernant la nation crie. Il s'agit d'un
exercice démocratique important pour les communautés cries et jamésiennes,
qui vivent sur le territoire de la Baie-James. Cette commission sur invitation
fait suite à la présentation du projet de loi lors de la séance de l'Assemblée
nationale du 14 mai dernier et de l'adoption de son principe hier, le
mardi 28 mai.
Je tiens à souhaiter
la plus cordiale bienvenue et je remercie les participants pour leur apport au
travail du législateur. Une dizaine d'organisations
ont accepté l'invitation des parlementaires à faire valoir leur point de vue
dans ce dossier. Leur présence témoigne de l'intérêt
que suscite cette initiative. Parmi les intervenants figurent nos
partenaires des quatre villes dites enclavées, soit Chapais, Chibougamau,
Lebel-sur-Quévillon et Matagami. Des représentants des localités de Valcanton, Villebois, et Radisson, et de la municipalité de
la Baie-James, ainsi que de la Conférence régionale des élus de la
Baie-James, et du Grand Conseil des Cris.
La présence d'acteurs
politiques et socioéconomiques de ce vaste territoire nous fournit une belle
occasion d'échanger sur les dispositions et
modalités des pièces législatives destinées à revoir sa gouvernance en
profondeur. Je rappelle que ce projet de
loi vise à mettre en oeuvre l'entente sur la gouvernance dans le territoire d'Eeyou
Istchee Baie-James. Cette entente a été signée par le gouvernement du
Québec et les Cris Eeyou Istchee le 24 juillet 2012.
S'il
était adopté, le projet de loi n° 42 transformerait la gouvernance du
territoire de la Baie-James, notamment en instituant le gouvernement
régional Eeyou Istchee Baie-James qui aurait juridiction sur le territoire
formé des terres de catégorie III.
Cette instance de gouvernance mixte serait codirigée par les Cris et les
Jamésiens, non autochtones. Ce gouvernement
régional viendrait donc remplacer la municipalité de Baie-James dans la gestion
des terres de catégorie II qui en font partie.
Par ailleurs, l'adoption
du projet de loi ferait en sorte que l'Administration régionale crie serait
renommée «Gouvernement de la nation crie» et se verrait confier des compétences
et des responsabilités de la municipalité de Baie-James
sur les terres de la catégorie II. Le territoire de la municipalité de Baie-James
comprend trois localités, ainsi que quelques hameaux, en plus des
populations établies en périphérie des quatre villes dites enclavées dans son
territoire. La population totale de ces
villes et celle de la municipalité de Baie-James s'élèvent à un peu moins de
15 000 personnes.
Pour
leur part, les neuf communautés cries comptent environ
15 000 personnes, qui vivent sur les terres de la catégorie I, sauf une qui fait, pour un temps
encore,
partie du territoire de la municipalité de Baie-James : il s'agit
d'Oujé-Bougoumou. Les terres de la
catégorie I seraient exclues de la juridiction du gouvernement régional,
mais les communautés cries y seraient tout de même représentées, tout
comme les villes enclavées.
Avant
de conclure, Mme la Présidente, j'aimerais dire que l'entente à l'origine de ce
projet de loi constitue une initiative
qui vise à harmoniser les relations entre le gouvernement, les Jamésiens et les
Cris au sujet de la gouvernance du
territoire de la Baie-James. Dans les circonstances, je souhaite ardemment que
nos travaux d'aujourd'hui et de demain contribuent à bonifier ce projet
de loi et à le faire progresser vers sa sanction.
I, again, thank the participants who
responded to Parliament invitation. Their comments and remarks will certainly help us to better fulfill our role as legislators. Je
vous remercie, Mme la Présidente, et bonne séance.
La Présidente (Mme
Champagne) : Merci, M. le ministre. Alors, j'invite maintenant le
porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires autochtones, et
chargé des relations avec la communauté anglophone, et député de
Jacques-Cartier à faire ses remarques préliminaires, également pour une durée
maximale de six minutes. Alors, M. le député, la parole est à vous.
M. Kelley :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. À mon tour, bienvenue au monde de la
commission. Good morning. Wachiyeh aux Cris qui sont avec nous autres ce matin
comme premiers témoins.
C'est vraiment un
grand plaisir pour moi de participer dans l'adoption d'un projet de loi aussi
rassembleur et innovateur. Et nous avons eu l'occasion de discuter ça hier à l'Assemblée
nationale. C'est le fruit d'un travail qui a commencé
en 2010. Alors, il y avait beaucoup de négociations avec le gouvernement
précédent sur les concepts qui sont complexes parce qu'on a un traité,
on a l'héritage des relations entre le gouvernement fédéral et les premières
nations cries, on a nos lois sur les
municipalités et d'autres qui sont assez complexes aussi. Alors, d'essayer d'arrimer
le tout où on n'a pas de modèle, au Québec ni au Canada, d'un genre de
gouvernement paritaire où les autochtones et les autres citoyens de la région vont s'asseoir ensemble, travailler ensemble,
développer une vision de l'avenir commun, je trouve ça... comme j'ai
dit, c'est innovateur, c'est rassembleur et c'est un grand plaisir pour moi de
participer à ces travaux.
Moi,
je suis un petit peu le chien de garde parce que, grâce au Grand Conseil des
Cris… Ils m'ont envoyé une belle copie
de l'entente que nous avons signée au mois de juillet de l'an passé. Alors, je
vais m'assurer qu'on est fidèles aux grands principes que nous avons
énoncés dans l'entente. Mais hier — et merci beaucoup, M. le
ministre — on
a eu l'occasion d'avoir un briefing
technique avec les personnes à la fois au ministère des Affaires municipales,
des Régions et également les
représentants du Secrétariat des affaires autochtones, qui m'ont assuré qu'il y
a une grande concordance, si vous voulez, entre le texte de l'entente
qui était signée...
Alors, je vais
prendre l'occasion... Merci beaucoup au gouvernement actuel pour le travail qui
est fait, mais également il faut noter la
vision de Jean Charest, l'ancien premier ministre du Québec, qui a vraiment cru
dans ce projet. C'est quelqu'un qui a
facilité, s'est assuré qu'on a les personnes disponibles, les ressources
disponibles pour arriver. Et moi, je
me rappelle toujours, après l'entente de principe qui était signée, je pense,
au mois de mai 2011, le premier ministre m'a regardé en disant : On va terminer le tout en six mois. J'ai
dit : Hum! Oui, mais c'est... Oui, patron, oui, patron, mais je savais que c'est un petit peu plus complexe et ça
va prendre un petit peu de temps additionnel. Mais j'étais très
encouragé quand l'entente finale était signée au mois de juillet 2012.
My second message, of course, is to the
Grand Chief, Matthew Coon Come, and his team as well because it's part of an evolution in the thinking that the Cree have always been
very progressive amongst the First Nations in Québec, looking forward, but I think it's a tangible commitment of the Cree to
work with their neighbours, to work together, to develop the North in a way that is faithful to the principles of the
Cree First Nation, but is also an interest to make sure that, for the
young generation of Cree, there will be economic opportunities, there will be
jobs that will help the social development in the communities as well.
So, it's quite a tribute, I think, to
the leadership of the Cree nation, Matthew Coon Come, the Grand Chief, who is here today, and his team. It's their imagination as well
that went into this. They insisted, they pushed, they pushed, they insisted,
always in a very diplomatic way, but they were very insistent in the many
meetings they had with Premier Charest at the time, and I think it's a tribute
to them.
le troisième pilier, comme j'ai dit, c'est le... qu'est-ce qu'on demande aux
maires des municipalités et des présidents
des localités aussi parce qu'on va changer les choses. Et, dans la vie, le
changement, parfois on est réfractaires : c'est beaucoup plus
facile de laisser ça tel quel. Alors, on fait un appel également aux maires de
la région. Je vois le maire Dubé, je vois le maire Lemoyne, qui sont présents,
il y a le maire Gamache et la mairesse Cyr, qui vont venir témoigner; il y a des présidents des localités qui
vont témoigner. On demande beaucoup d'eux autres aussi, mais c'est un
petit peu tributaire à l'engagement des gouvernements du Québec d'établir des
relations nation à nation. Alors, il y a toujours un lien de communication, de
négociation entre le Québec et la nation crie, mais il y a également le bon voisinage qui est nécessaire pour s'assurer que le
gouvernement régional proposé dans le projet de loi n° 42 va
fonctionner.
Alors, ça, c'est
notre objectif ultime que, quand tout le monde, les 22 personnes vont être
autour de la table pour la première fois, on
ait un gouvernement régional qui va fonctionner, qui est toujours l'objectif. Alors,
je sais que ça demande un engagement au niveau des maires et des
présidents des localités, alors je veux les remercier également pour leur soutien à notre projet. On va les
écouter, on va voir s'il y a des modifications que nous devrons apporter
pour s'assurer du bon fonctionnement, mais à la fois, en terminant, la vision
du gouvernement actuel et du gouvernement précédent qu'il faut développer le
Nord ensemble, et c'est l'enjeu qui est très important.
Thanks again to the Crees and the hard
work they have done to develop this model, which is unique, of a new way of doing a regional government between the First Nation and
their neighbours, so congratulations for that. Et finalement, aux maires et présidents des
localités, merci beaucoup pour leur participa