Culture and Education — 23 March 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CCE 2022-03-23
Quebec — Committees
(Onze heures quinze minutes)
La Présidente (Mme Guillemette) : Bonjour,
tout le monde. Donc, votre attention, s'il vous plaît. Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation
ouverte.
La commission est réunie aujourd'hui afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 96,
Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Foster (Charlevoix–Côte-de-Beaupré) est remplacée par
M. Lévesque (Chapleau); Mme St-Pierre (Acadie) est remplacée par
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee); Mme Dorion (Taschereau) est remplacée par
Mme Ghazal (Mercier); et Mme Hivon (Joliette) est remplacée par
M. Bérubé (Matane-Matapédia).
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
Mme la secrétaire. Donc, aujourd'hui, nous en sommes à l'étude de
l'article 63 du projet de loi, qui propose deux articles. Donc, nous
débutons par l'article 88.14, qui avait été présenté lors de la dernière
séance par M. le ministre. Donc, je vous cède la parole, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. 88.14,
Mme la Présidente. Alors, est-ce que je l'avais lu ou non? Non...
M. Jolin-Barrette : Oui? O.K. Alors,
peut-être, pour les commentaires, on va commencer par 88.14. Ça, je pense que
je n'avais pas lu ça. Donc, commentaires à 88.14... Bien, en fait, 88.14
dit : «Toute loi doit être interprétée dans le respect des droits visant à
protéger la langue française conférés par la présente loi.»
Commentaires :
L'article 88.14 de la
Charte de la langue française que propose l'article 63 du projet de loi a
pour objet que les lois du Québec soient interprétées dans le respect des
droits qui sont conférés par cette charte et qui visent à protéger le français.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Donc, des commentaires sur cet article? Pas de commentaire? Donc, s'il n'y a
pas de commentaire, nous pouvons passer au 88.15, M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Donc : «88.15. Les dispositions du
titre I, de même que celles des
chapitres IV et V du
titre II de la présente loi prévalent sur celles de
toute loi postérieures au (indiquer ici la date de la sanction de la présente
loi) qui leur seraient contraires, à moins que cette dernière loi n'énonce
expressément s'appliquer malgré la présente loi.»
Commentaires :
L'article 88.15 de la Charte de la langue française que propose
l'article 63 du projet de loi vise à accorder certaines... à
certaines dispositions de la charte de... Pardon.
L'article 88.15 de la
Charte de la langue française que propose l'article 63 du projet de loi
vise à accorder à certaines dispositions de la charte la prépondérance sur les
dispositions d'autres lois lorsque ces dispositions sont postérieures à la
sanction du projet de loi en cas de conflit entre ces dispositions et celles de
la charte.
Les dispositions qui deviennent ainsi
prépondérantes sont celles relatives au statut du français, comprenant les
articles 1 à 98 de la charte, de même que celles relatives à la conformité
de l'administration et à la francisation des entreprises, comprenant
respectivement les articles 128.1 à 134.6 et 135 à 154.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le ministre. Des commentaires? Pas de commentaire. Donc, nous pouvons donc
mettre aux voix... Est-ce qu'il y a des commentaires, par contre, sur les
intitulés de cet article? Et, s'il n'y a pas de commentaire, je pourrais mettre
aux voix l'article 63. Est-ce que l'article 63 est adopté?
Présidente (Mme Guillemette) : Merci. Donc,
l'article 63 étant adopté, nous passons à l'article 64. M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette :
L'article 64 :
L'article 89 de cette charte est modifié par l'ajout, à la fin de l'alinéa
suivant :
«Le premier alinéa n'a pas pour effet
d'autoriser un organisme de l'administration à déroger aux obligations qui lui
incombent en vertu de l'article 13.1.»
Commentaires :
L'article 64 du projet de loi ajoute un alinéa à l'article 89 de la
Charte de la langue française dans l'objectif d'éviter qu'il soit interprété
comme une autorisation à utiliser de façon systématique une autre langue en
plus du français.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires sur cet article? Oui, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Petit commentaire,
parce que plus on étudie le projet de loi, plus on voit des liens entre les
articles et on comprend l'architecture. Je me souviens que, par rapport aux
entreprises, à un moment donné, le ministre m'a répondu : Quand il n'y a
pas le mot «exclusif», ça veut dire qu'on peut continuer à employer à la fois
la langue officielle et une autre langue, ce que nous retrouvons dans la charte
actuelle de la langue française.
L'article 89 est très clair
là-dessus : «Dans les cas où la présente loi n'exige pas l'usage exclusif
de la [langue française] — de
la langue officielle, c'est synonyme — on peut continuer à employer
à la fois la langue officielle et une autre langue.»
Et je me souviens que vous m'avez fait
exactement cette réponse-là, mais là j'ai trouvé de quoi vous... à quoi vous vous référiez, cet
article 89 de la
charte actuelle. Mais vous ajoutez — ça,
c'est nouveau, dans la modification — vous
ajoutez que ça n'a pas pour effet d'autoriser un organisme de l'administration.
Donc, vous répétez que l'article 13.1, qu'on
a voté, bon, c'est par rapport à l'administration, eux ne peuvent pas déroger à
ces obligations, même s'il n'y aurait pas le mot «exclusif». Est-ce que
je comprends?
M. Jolin-Barrette : Vous avez
tout à fait raison. Dans le fond, la modification qu'on apporte à
l'article 89, c'est expressément fait pour ne pas faire... en fait, pour
ne pas permettre une interprétation de l'article 89 qui viendrait
contrecarrer les obligations de l'exemplarité de l'État. Donc, 89 dit :
Lorsque ce n'est pas écrit «exclusif», donc, vous pouvez utiliser une autre
langue que le français. Cependant, en matière d'exemplarité de l'État, le
principe de l'exemplarité de l'État, c'est l'exclusivité en français, donc on
ne veut pas que l'article 89 serve à invalider la
partie sur l'exemplarité
de l'État.
Mme David : Donc, a contrario,
l'article 89 demeure, donc il s'applique pour les autres cas que ceux liés
à l'exemplarité de l'État. C'est pour ça que vous m'avez répondu, quand j'ai
posé la question... Et je me souviens très bien d'avoir dit : Il y a le
mot «exclusif» ou il n'y a pas le mot «exclusif». Vous avez dit : Quand il
n'y a pas le mot «exclusif», ça veut dire qu'il peut y avoir une langue autre.
Vous référiez...
M. Jolin-Barrette : À
l'article 89.
Mme David : ...je ne me
rappelle pas que vous me l'ayez dit, mais vous référiez à l'article 89. Et
là j'ai retrouvé, donc, la source de votre réponse, qui est l'article 89
de la charte actuelle.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Mme David : Et donc ça, ça
reste, c'est-à-dire que ce qui n'est pas organisme de l'État, organisme de
l'Administration, on a, à ce moment-là, l'article 89 qui reste en vigueur,
on n'exige pas l'usage... Quand on n'exige pas
l'usage exclusif de la langue officielle, on peut continuer à employer à la
fois la langue officielle et une autre langue, ce qui répondait à des
questions et des inquiétudes, si je me souviens bien, par rapport à des entreprises
qui font affaire avec d'autres provinces ou... Je ne me souviens plus
exactement du contexte, mais il me semble que c'était ça, leur inquiétude : Oui, mais il y a des cas où je
vais devoir employer l'anglais. Alors, vous avez répondu en fonction de cet
article-là. Je comprends qu'il demeure, mais vous prenez, disons, la
précaution de dire : Attention, ça ne touche pas 13.1.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Mais donc le régime de l'exemplarité de l'État, il est clair en soi, mais on
vient apporter ce deuxième alinéa-là à 89
pour bien marquer le fait que l'intention du législateur n'est pas, avec
l'interprétation de 89, de venir déstabiliser le régime de l'exemplarité de
l'État, là. Le régime de l'exemplarité de l'État, il est très, très clair, là.
Les nouvelles dispositions qu'on vient d'introduire, c'est l'exclusivité du
français pour l'administration.
Donc, vous avez raison de dire que 89 pourra,
pour le reste la charte, continuer à servir pour dire : Lorsque ce n'est
pas écrit «exclusivement en français», une autre langue peut être utilisée.
Vous avez raison de le dire. Mais là on fait un geste positif, si jamais il y
avait une question d'interprétation sur l'article 89, on vient clairement
dire... le législateur dit : Écoutez, le régime d'exemplarité de l'État,
c'est exclusivement en français, sauf les exceptions qui sont prévues aux
articles 13.1 et suivants. Donc, c'est un régime en soi.
Et donc, dans la Charte de la langue française,
il y a plusieurs régimes qui s'appliquent en fonction des différentes
disparités. 89 demeure, sauf que, pour l'État, il y a un régime particulier,
c'est le régime particulier qui prévaut. Et c'est pour ça qu'on vient apporter
la spécification à 89, alinéa deux, pour dire très clairement qu'en
matière d'exemplarité de l'État ça se passe en français. Et 89 ne peut pas être
utilisé pour venir contrecarrer le régime d'exemplarité de l'État. Dans le
fond, on vient mettre des bretelles avec la ceinture.
Mme David : Il m'enlève les
mots de la bouche. Et il pourrait même ajouter qu'il apprécie et qu'il trouve
exemplaire la curiosité de la députée de Marguerite-Bourgeoys à fouiller
tellement, à retrouver les articles auxquels il se réfère dans la charte
actuelle.
M. Jolin-Barrette : Bien,
tout à fait. Et ça démontre que les explications que je donne, elles sont
écoutées et elles sont utilisées.
Alors, je me sens, Mme la Présidente, dans une situation où tout ce que je dis
pourrait être retenu contre moi.
Mme David :
Voilà, je ne pourrais pas mieux dire.
La Présidente
(Mme Guillemette) : D'autres commentaires sur l'article 64?
Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre aux voix
l'article 64. Est-ce que l'article est adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
l'article 64 étant adopté, nous passons à l'article 65. M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
65. Cette charte est
modifiée par l'insertion, après l'article 89, du suivant :
«89.1. Aucune
disposition de la présente loi ne peut être interprétée de façon à en empêcher
l'application à toute entreprise ou à tout employeur qui exerce ses activités
au Québec.»
Commentaires :
L'article 89.1 de la Charte de la langue française que propose
l'article 65 du projet de loi a pour objet que les dispositions de la
charte soient appliquées aux entreprises et aux employeurs qui exercent leurs
activités au Québec, et ce, sans égard à ce qu'ils relèvent de la compétence du
Parlement du Canada ou du Québec.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Oui, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Bien,
juste pour dire que ça confirme les nombreuses motions et autres discussions
qui ont eu lieu précédemment, et je dirai, bon, on verra la suite par rapport à
ça, entre le ministre et le gouvernement et d'autres instances fédérales, mais
je pense qu'en ce qui nous concerne nous sommes dans un projet de loi, nous ne
sommes pas nécessairement dans la position des relations
fédérales-provinciales.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. D'autres commentaires? Oui, M. le ministre.
Jolin-Barrette : Oui, juste un point, et je veux le dire dans le
micro, parce que, très certainement, nos propos
seront fort probablement étudiés. Et, sur le territoire québécois, le
législateur québécois choisit d'assujettir l'ensemble des entreprises à qu'une seule juridiction, celui
de la langue officielle de l'État québécois et celui de la langue
commune.
Pourquoi est-ce que
le législateur québécois décide de faire ça? Le régime linguistique qui doit
s'appliquer au Québec est celui de la loi 101. Les travailleurs québécois
ont le droit de travailler en français et ils ont tous les mêmes droits. Peu
importe qu'ils soient dans une entreprise de juridiction fédérale ou une
entreprise de juridiction québécoise, le fait de garantir aux travailleurs
québécois le droit de travailler en français n'entrave pas les compétences
d'une entreprise. Et ça, c'est fondamental. Toute personne qui travaille au
Québec a le droit de travailler en français, et il n'est pas question d'avoir
un régime à double dualité, ce sont les compétences du Québec qui s'expriment.
Et, sur la finalité,
dans un régime comme le nôtre où toute l'importance de la valorisation du
français, du déclin du français et surtout du péril qui existe par rapport au
marché du travail... il est tout à fait légitime pour la nation québécoise de
souhaiter en son sein, sur son territoire, que le marché du travail se déroule
en français. C'est pour cette raison-là, notamment, que nous assujettissons
l'ensemble des entreprises à la juridiction de la loi 101. Et je vous
dirais même, Mme la Présidente, et ça va faire plaisir, probablement, à la
députée de Marguerite-Bourgeoys, c'est un principe inhérent au fédéralisme que,
dans les différentes entités fédérées, il y ait des modalités d'application
différentes, et ça respecte les spécificités propres au Québec.
Alors, voici pour la
disposition. Et le gouvernement du Québec est très clair qu'il est souverain
dans ses champs de compétence, il les exercera jusqu'à l'entière limite de
l'exercice de ses champs de compétence. Et on sera extrêmement fermes sur ces
points, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci, M. le ministre. Oui, j'ai le député de
Matane-Matapédia qui m'a demandé la parole. Donc, après, ce sera à vous, Mme la
députée.
M. Bérubé : Merci,
Mme la Présidente. Alors, le gouvernement sera très ferme jusqu'aux limites qui
sont celles qui lui sont imposées par le gouvernement du Canada et aussi par la
limite de nationalisme qu'on lui a imposée.
Écoutez, je souscris
totalement avec les propos du ministre quant au fait que le Québec devrait
disposer seul de tous les leviers pour faire la promotion, la protection,
assurer le rayonnement de la langue française. Or, ce n'est pas le cas. Vous
vous souvenez probablement, vous, ou une présidence qui vous a précédée, ou les
collègues parlementaires autour de la table, que j'ai mis en garde le ministre
contre le fait qu'on peut bien souhaiter des choses, mais ça ne veut pas dire
qu'elles vont arriver parce qu'on les évoque.
Autrement dit, sur
l'application de la Charte de la langue française aux entreprises fédérales, le
ministre a toujours été convaincu qu'il ne s'agissait que de l'indiquer dans la
loi et que ça allait se faire. Et moi, je lui ai dit : Le gouvernement
fédéral n'a pas abdiqué ses responsabilités. J'avais raison, malheureusement.
En fait, moi, je ne suis pas surpris du régime canadien, je n'ai pas d'espoir
quant au régime canadien, je ne suis pas un ami du régime canadien, moi, je
suis un ami du Québec. Et la nouvelle Politique sur les langues officielles a
rappelé cruellement, notamment, au ministre, que, si je comprends bien, puis
c'est là-dessus que va porter ma question, il y a préséance de la loi fédérale.
Donc, ma question au
ministre, s'il veut bien lui répondre : Si je comprends bien, le seul fait
d'indiquer dans notre loi, parce que ça va être notre loi, une fois adoptée...
Ça, c'est un réflexe qu'on devrait tous avoir, d'ailleurs, hein : quand
une loi est adoptée au Québec, c'est notre loi, on la défend puis on défend les
prérogatives de l'Assemblée nationale. Ça va se faire. Mais, quand j'entends la
ministre Petitpas, avec ses grands sabots, dire que, non, ça va être la loi
fédérale qui a préséance, qu'est-ce qu'il faut que je comprenne, finalement?
Que finalement ce n'est pas nous autres qui décide, qu'on va aller en cour, que
c'est le fédéral qui a préséance? J'aimerais ça savoir comment ça va s'opérer,
parce que, là, eux autres aussi tiennent leur bout.
Et puis là, avec l'actualité politique, ça tend
à démontrer que, jusqu'en 2023, les deux partis fédéraux pour lesquels le
premier ministre ne voulait pas qu'on vote, bien, ils ont décidé de se réunir.
Imaginez le cauchemar pour le gouvernement de la CAQ. Jusqu'en 2023...
M. Bérubé : 2025? Encore pire, 2025.
Mon erreur. Désolé, Mme la députée. Jusqu'en 2025, les deux partis
centralistes, qui n'en ont rien à cirer des aspirations nationalistes que nous
partageons à des degrés divers, vont gérer ça. Bonne chance. Alors, est-ce
qu'on peut le faire, comme le ministre l'indique, uniquement en votant la loi
ou l'affirmation récente de la ministre Petitpas fait en sorte que, finalement,
elle nous rappelle cruellement que c'est le Canada qui décide, ultimement?
La Présidente (Mme Guillemette) : M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
le projet de loi auquel fait référence le député de Matane-Matapédia, au
fédéral, est un projet de loi. Écoutez, je vous le dis, la loi 101 va
s'appliquer à l'ensemble des entreprises de juridiction fédérale. Il y en a
déjà, des entreprises de juridiction fédérale qui s'y assujettissent de façon
volontaire, et ça va très, très bien. Pourquoi? Parce que l'OQLF à tous les
outils pour accompagner les différentes entreprises. Et pour les entreprises,
elles sont gagnantes de faire affaire avec l'OQLF. Pour les travailleurs, ils
sont gagnants de faire affaire avec l'OQLF, de s'assujettir et que ça soit très
clair que la langue normale du travail, au Québec, ça soit le français. Alors,
on invite des entreprises comme Air Canada, dès maintenant, à s'y assujettir,
parce qu'à partir du moment où le projet de loi n° 96 va être sanctionné
la loi va s'appliquer.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Bérubé : Prenons le cas fictif
suivant, mais réaliste : une entreprise aérienne qui décide que c'est très
contraignant d'opérer en français ou de parler français, que ce soit pour ses
dirigeants, ou pour ses contremaîtres, ou pour ses employés, ou pour la
signalisation dans son entreprise dit : Bien, écoutez, la loi fédérale,
lorsqu'elle sera adoptée elle aussi, me permet d'avoir beaucoup moins de
contraintes, alors c'est celle-ci que je vais choisir. Quelle est la réponse du
gouvernement du Québec? Il peut bien offrir le service avec l'OQLF, il peut
bien parler des expériences positives qui sont celles qu'on vit actuellement,
où les entreprises à charte fédérale décident d'elles-mêmes... Et d'ailleurs,
on devrait les saluer. On devrait en nommer, de temps à autre, de ces
entreprises qui ont décidé de le faire, pour faire de l'émulation. Donc,
prenons le cas de cette entreprise aérienne. Qu'est-ce que le ministre pourrait
dire si elle décide de se réfugier vers la loi fédérale, qui leur est plus
avantageuse à certains égards?
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Ils seront
assujettis à la loi québécoise, et le gouvernement du Québec, par le biais de
l'OQLF, va faire appliquer la loi. Alors, j'invite toutes les entreprises de
juridiction fédérale, dès maintenant, à ne pas tarder. Écoutez, les gens de
l'OQLF sont disponibles dès maintenant pour vous accompagner, pour vous soutenir
dans les démarches de francisation, pour les programmes de francisation, pour
le certificat de francisation. Alors, il y a des gens qui vous attendent à
l'OQLF, et ils vont accompagner vos entreprises. Alors, très certainement, moi,
je pense que ça vaut la peine de se préparer. Le projet loi n° 96,
éventuellement, va être sanctionné, peut-être très bientôt, on ne le sait pas,
ça dépend de mes collègues d'en face, mais...
M. Bérubé : O.K. Alors, j'aime bien
prendre le train pour me rendre dans la région métropolitaine, particulièrement
à Saint-Lambert. Lorsque je vais prendre le train, je vais tous les avertir,
les employés de Via Rail : Préparez-vous, la loi s'en vient, c'est le
Québec qui va décider, c'est le temps que vous respectiez les règles. J'ai hâte
de voir le degré d'enthousiasme. Et j'espère qu'ils vont se conformer.
D'ailleurs, je demande au ministre, avec les
services qu'il a, s'il pouvait nous rendre disponible la liste de celles qui
ont décidé de se conformer. Moi, je trouve que ça mériterait d'être connu et
d'être diffusé par la positive. Probablement qu'on a ça à quelque part. Mais
moi, ça m'intéresserait beaucoup. J'en ai, sur mon territoire, hein,
saviez-vous ça? Un chantier maritime, par exemple, Chantier Maritime Verreault,
de Les Méchins. C'est une entreprise à charte fédérale qui est à l'extrémité
est de mon comté, 200 travailleurs, travailleuses.
Donc, moi, j'aimerais ça dire à celles qui
seront réfractaires, parce que je soupçonne celles qui vont l'être, j'ai une
bonne idée de ça : Bien, voici celles qui ont décidé de s'y conformer
avant même la sanction de la loi. C'est quand même pas mal.
Alors, on pourrait faire
ça, peut-être le ministre, dans une opération quelconque avec un média choisi,
là, pourrait nous donner cette liste-là. Ça serait intéressant. J'ai terminé,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le député. Donc...
M. Jolin-Barrette : Mais,
écoutez, il y a des entreprises comme Telus, Bell, la Banque Nationale, la
Banque Scotia, la Banque TD, Cogeco, Vidéotron, TVA qui ont décidé de
s'assujettir, puis ils font bien les choses. Et d'ailleurs je remercie le
député de Matane-Matapédia pour son offre de propager et d'informer les
différents organismes que la loi 101 va s'appliquer. Mais, moi, je suis
pas mal convaincu que les employés qu'il va croiser, dans le train de VIA Rail
ou dans les wagons, ils vont être très heureux d'avoir le droit qui leur est
garanti de travailler en français. Et on va s'assurer que les entreprises de
juridiction fédérale comprennent très bien qu'ils seront assujettis à la loi
québécoise.
Bérubé : Juste un
ajout...
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
M. Bérubé : ...un oeil sur
Radio-Canada à Montréal parce qu'il y a de l'anglicisation rapide. C'est quand
même sur notre territoire. C'est assez fédéral, merci. Dans le cas d'une
société de la couronne, je pense que c'est comme ça qu'on peut la définir, moi,
je dis qu'il faut avoir un oeil aussi sur Radio-Canada. Je ne sais pas si c'est
une des entreprises, entre guillemets,
sociétés d'État volontaires. J'aimerais ça que le ministre puisse se garder un
oeil là-dessus, CBC surtout, en fait.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
M. Jolin-Barrette : Et puisque
nous serons lus fort probablement, Mme la Présidente, je vous rappelle que
six premiers ministres du Québec ont appuyé le fait d'assujettir les
entreprises de juridiction fédérale. Donc, on parle de M. Philippe
Couillard, de Mme Pauline Marois, M. Jean Charest, M. Lucien
Bouchard, M. Daniel Johnson et M. Pierre Marc Johnson également,
en plus du premier ministre actuel, Mme la Présidente, et ça a rallié beaucoup.
Alors la proposition, elle est fort importante.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Bérubé : C'est bien que
l'ex-premier ministre Lucien Bouchard, originaire de votre région, de
Saint-Coeur-de-Marie, soit cité en exemple par le ministre en matière
linguistique, parce que souvenez-vous de nos épisodes précédents où il en avait
beaucoup à dire sur son inaction en matière linguistique. Alors, il
disait : Bon, pourquoi il n'a rien fait, tout ça? Sans le nommer. Moi, je
trouvais ça important. J'ai pris la liberté de lui en parler. Alors, il sera
sûrement heureux que là vous l'ayez cité ce coup-là. Alors, je veux m'assurer
que nos travaux, comme c'est écrit, que c'est discuté, ça puisse circuler. J'ai
pris cette liberté-là, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le député. D'autres commentaires? Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys, ça
Mme David : Ça va très bien.
La Présidente (Mme Guillemette) : Parfait.
Donc, je vais mettre aux voix l'article 65. Donc, est-ce que
l'article 65 est adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) :
L'article 65
étant adopté, M. le ministre, présentez-nous l'article 66, s'il vous
plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
L'article 91 de cette charte est
modifié par l'ajout, à la fin, des alinéas suivants :
«Lorsque, conformément au premier alinéa, un
texte ou un document est rédigé en français et dans une autre langue, la
version française doit pouvoir être comprise sans se reporter à une version
dans une autre langue.
«En cas de divergence entre la version française
et celle dans une autre langue d'un tel texte ou d'un tel document, l'adhérent
ou le consommateur, lorsqu'il s'agit d'un contrat d'adhésion ou d'un contrat de
consommation, ou, dans les autres cas, la personne qui ne l'a pas rédigé, peut
invoquer l'une ou l'autre des versions, selon ses intérêts.»
Commentaire :
L'article 91 de la
Charte de la langue française prévoit que, lorsqu'elle autorise la rédaction de
textes ou de documents à la fois en français ou dans une autre langue, le
français doit figurer de façon au moins aussi évidente que toute autre langue.
L'article 66 du projet de loi propose
d'ajouter deux alinéas à cet
article 91.
Le premier de ces nouveaux
alinéas ajoute une condition relative à l'intelligibilité des textes ou des
documents rédigés à la fois en français et dans une autre langue à celle déjà
prévue par l'article 91, relative à leur présentation.
Le deuxième de ces nouveaux alinéas vise à
permettre à la personne qui se fait imposer ou qui ne rédige pas le texte ou le
document rédigé à la fois en français et dans une autre langue de se prévaloir
de la version la plus favorable à ses intérêts, sans égard à sa langue.
La Présidente (Mme Guillemette) : Des
commentaires? Oui, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Bien, je trouve ça
très intéressant ces ajouts-là. Je ne le dis pas à chaque article, là, mais
dans ce cas-ci, ce que je trouve intéressant, c'est que là on parle de la
qualité de la langue. On en parlait hier, mon collègue de D'Arcy-McGee en
parlait, voilà un endroit... Il faut peut-être se forcer un peu pour faire le
lien que je fais, peut-être que le ministre même va trouver ça exagéré, mais je
pense que sa motivation, dans cet ajout-là, c'était de parler de la qualité du
français. Ce n'est pas tout de... Si on lit l'article 91 actuel, actuel
non modifié, ça dit, dans la charte actuelle qui a cours : «Dans les cas
où la présente loi autorise la rédaction de textes ou de documents à la fois en
français et dans une ou plusieurs autres langues — vous le savez, on
achète un iPhone, on a toutes les langues possibles, y compris le mandarin,
disons, je ne suis pas capable de juger si c'est la bonne traduction, mais donc
«le français doit figurer d'une façon au moins aussi évidente que toute autre
langue — ça,
on est sur la grosseur des caractères.» Mais ce que le ministre ajoute, c'est
que «lorsque, conformément au premier alinéa, un texte ou un document est
rédigé en français et dans une autre langue, la version française doit pouvoir
être comprise sans se reporter à une version dans une autre langue». Bien ça,
je trouve que ça a bien du bon sens, parce que combien de fois tous d'entre
nous avons eu besoin d'aller, certains peut-être en espagnol, d'autres, plus
souvent nous autres, en anglais pour dire : C'est-tu vraiment ça? Parce
que, là, on parle de contrats de consommateurs. Alors, la laveuse, sécheuse que
j'achète, je voudrais bien être sûre que le français... Alors, là-dessus, je
félicite le ministre d'avoir pensé à mettre de la qualité de la langue. Mais je
pense que, et mon collègue et moi, on va être attentifs à ça pour d'autres
articles parce qu'il faut que ça soit, disons, une motivation importante qui
traverse le projet de loi, pas seulement la quantité de mots en français, la
qualité de mot.
Et ce que je comprends du deuxième alinéa, c'est
que la personne qui voudrait... Puis là, c'est le droit des compagnies, et
tout. Je n'ai jamais été à ce point... jusqu'en cour pour contester une
mauvaise traduction pour ma laveuse à linge ou de quelque chose qui ferait que
j'ai pesé sur le mauvais piton, etc., mais ce que je comprends, c'est qu'on
peut invoquer la version française puis on n'est pas obligé d'invoquer la
version originale ou, à la limite, quelqu'un d'origine asiatique qui lit très,
très bien le mandarin pourrait invoquer cette langue-là aussi. Parce que vous
dites «l'une ou l'autre des versions», alors là, je ne veux pas chercher de
midi à 14 heures des exemples qui risquent d'être assez rares, j'en
conviens, mais ce que je comprends, c'est que ça peut être l'autre langue
plutôt que l'une qui serait la langue principale du fournisseur.
M. Jolin-Barrette : Effectivement.
Mme David : Donc, les
langues... les traductions, ce n'est pas seulement la traduction française? Je
ne sais pas. J'ajoute ça en question additionnelle, mais ce n'est pas la
priorité. Mais, au moins, la version française doit être au moins aussi
intelligente que la version anglaise et bien traduite.
M. Jolin-Barrette : Oui. Et
c'est surtout qu'on permet au consommateur de faire en sorte selon ses
intérêts. Dans un premier temps, il faut que la qualité de la traduction en
français, supposons, soit d'une qualité supérieure, dans le fond, et le consommateur québécois puisse l'utiliser, mais, si
jamais il advenait que la version, supposons, dans une autre langue soit rédigée d'une façon à permettre
davantage de droits au consommateur, il va pouvoir prendre cette version-là.
Mme David : Vous souvenez-vous,
M. le ministre, quand on a rencontré l'ordre des traducteurs et traductrices du
Québec? Ils nous avaient dit, en matière de santé, ça m'a même étonnée, que ça
ne représentait que 2 % à peu près de toutes leurs traductions et que,
donc, ils étaient très ouverts à offrir leurs services et qu'on réfère un peu
plus à eux. J'oserais dire que peut-être, dans ce cas-ci aussi, ça va leur
donner un peu plus de travail, d'avoir des traductions qui tiennent la route.
Mme David : Ça va. C'étaient mes
commentaires.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Donc, s'il n'y a pas de commentaire, d'autre commentaire, je vais mettre aux
voix l'article 66. Est-ce qu'il est adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
l'article 66 étant adopté, je passe à l'article 67. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. Alors,
à l'article 67. Et puisqu'on se dirige aussi... je voulais vous informer
qu'on a déjà déposé des amendements, aussi, à l'article 73, qui sont déjà
sur Greffier, alors pas de prise par surprise.
L'article 92 de cette
charte est modifié par l'insertion, à la fin, de «, de même que pour citer un
énoncé formulé dans une autre langue que le français».
Commentaires :
L'article 67 du projet
Loi propose de modifier l'article 92 de la Charte de la langue française
afin de préciser que rien dans la charte telle qu'elle est modifiée n'empêche
de citer un énoncé formulé dans une autre langue que le français sans qu'il ne
soit traduit.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires sur l'article? Pas de commentaires? Donc, je vais mettre aux
voix l'article 67. Est-il adopté?
Présidente (Mme Guillemette) :
L'article 67 étant
adopté, M. le ministre, présentez-nous l'article 68, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
L'article 97 de cette charte est modifié :
1° par le remplacement, dans le deuxième alinéa,
de «Annexe» par «annexe 1»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Le gouvernement peut, de plus, fixer par
règlement les cas, les conditions et les circonstances dans lesquelles un ordre
professionnel est autorisé à déroger au premier alinéa de l'article 35 à
l'égard d'une personne qui réside à l'extérieur du Québec et n'y exerce sa
profession que dans une telle réserve, un tel établissement ou de telles
terres.»
Commentaires :
L'article 68 du projet
de loi propose d'apporter deux modifications à l'article 97 de la Charte
de la langue française.
La première de ces modifications remplace un
renvoi à l'Annexe par un renvoi à l'annexe I par concordance avec le
remplacement de l'Annexe proposé par l'article 119 du projet de loi.
La deuxième modification vise quant à elle à
permettre au gouvernement d'autoriser un ordre professionnel à déroger à
l'article 35 de la charte, relatif à la connaissance du français par ses
membres, afin de permettre l'exercice d'une profession dans une réserve, un
établissement où vit une communauté autochtone ou sur certaines terres.
L'exercice d'une telle profession en dérogation
de l'article 35 de la charte ne peut être autorisé qu'à l'égard des
professionnels qui ne résident pas au Québec.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le ministre. Des commentaires sur cet article? Oui, Mme la députée de
Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Bien, ça me rappelle des
longues discussions qu'on avait eues quand on était au gouvernement par rapport
à l'exercice par des professionnels dans des réserves, ou dans des
établissements, ou, comme dit l'article, «de telles terres». Maintenant
qu'apporte... Mais ça, c'était sur la condition des actes réservés. On n'est
pas dans le domaine des actes réservés ici, on est dans le domaine de la
permission de pouvoir parler une langue autre que le français quand on est dans
certains lieux où, justement, peut-être que la langue seconde et non pas
première n'est pas le français. Maintenant qu'ajoute l'amendement «fixer par
règlement les cas, les conditions et circonstances où un ordre professionnel
est autorisé à déroger»? Qu'est-ce qu'il n'y a pas déjà ou qu'est-ce que ça
ajoute?
M. Jolin-Barrette : Je vous donne un
exemple. Ça, c'est le cas, supposons, d'Akwesasne, où est-ce que la réserve est
sur trois territoires en même temps, donc État de New York, Ontario,
Québec. Et donc, pour, supposons, les résidents qui sont sur la réserve et qui
résident du côté du Québec, dans le fond, c'est pour permettre aux
professionnels, supposons, de l'Ontario de pouvoir pratiquer sur la réserve. En
fait, il réside dans un autre endroit. Supposons, un professionnel de l'Ontario
va pouvoir venir à Akwesasne sur le territoire québécois comme professionnel
s'il donne des soins ou s'il donne des services professionnels sur la réserve
uniquement. Donc, c'est pour permettre une flexibilité, justement, par rapport
aux différentes communautés quand le professionnel ne réside pas au Québec.
Donc, ça répond à des difficultés de recrutement de personnel dans le domaine
de la santé et des services sociaux.
La Présidente (Mme Guillemette) : Ça
va, Mme la députée? Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, je vais mettre
aux voix l'article 68. Est-il adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
l'article 68 étant adopté, nous passons à l'article 69. M. le
ministre.
M. Jolin-Barrette :
L'article 98
de cette charte est modifié par le remplacement de «Annexe» par «annexe I».
Commentaires :
L'article 69 du projet
de loi propose de modifier l'article 98 de la Charte de la langue
française par concordance avec le remplacement de l'Annexe par l'annexe I
proposé par l'article 119 du projet de loi.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires? Oui, allez-y, Mme la députée.
Mme David : Je voudrais que le ministre se félicite, nous
terminons le tome I de ce projet de loi avec cet article-là.
La Présidente (Mme Guillemette) : Et
je féliciterai tout le monde.
Mme David : Et je passe au
tome II.
M. Jolin-Barrette : On avance, Mme
la Présidente, on avance.
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
de ce que je comprends, il n'y a pas d'autre commentaire. Donc, je vais mettre aux
voix l'article 69. Est-ce qu'il est adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) :
L'article 69
étant adopté, nous passons à l'article 70. Merci, tout le monde, pour
votre collaboration. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Mais,
juste en obiter, Mme la Présidente, là, c'est bien, mais il y a 201 articles.
Alors, on en a 70.
La Présidente (Mme Guillemette) : On
continue.
M. Jolin-Barrette : Oui, on
continue. L'intitulé du titre... Je suis un positif, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) : Tout
à fait. J'aime ça.
M. Jolin-Barrette : 70. L'intitulé
du
titre II de cette charte est modifié par l'insertion, après
«Toponymie», de «, la conformité de l'Administration».
Commentaires :
L'article 70 du projet
de loi propose de modifier l'intitulé du
titre II de la Charte de la
langue française par concordance avec le remplacement, proposé par
l'article 73 du projet de loi, du
chapitre IV de ce titre, relatif à
la francisation de l'Administration par un nouveau
chapitre IV relatif à
la conformité de l'Administration avec les dispositions de la charte.
La Présidente (Mme Guillemette) : Des
commentaires sur l'article 70? Donc, je vais mettre aux voix
l'article 70. Est-il adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) :
L'article 70
étant... excusez, adopté, nous passons à l'article 71.
M. Jolin-Barrette : 71. Cette charte
est modifiée par l'insertion, après l'article 123.1, des suivants :
«123.2. Le quorum aux réunions de la commission
est constitué de la majorité de ses membres.
«Les réunions sont présidées par le président,
qui a voix prépondérante en cas de partage.»
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires? Ça va pour ça. Donc, je mets aux voix l'article 71.
Est-il adopté?
M. Jolin-Barrette : Ah! Attendez,
Mme la Présidente, c'est juste... il y a deux...
La Présidente (Mme Guillemette) : C'est
vrai.
M. Jolin-Barrette : Oui.
La Présidente (Mme Guillemette) : On
est à... 123.2. J'allais trop vite, là. Donc, on est à 123.2, introduit par 71.
Donc, comme les discussions sont terminées, nous passons à 123.3.
M. Jolin-Barrette : Oui. «123.3. La
commission peut tenir ses réunions n'importe où au Québec.
«Les membres peuvent participer à une réunion à
l'aide de tous moyens techniques, notamment le téléphone, permettant aux
participants de communiquer oralement entre eux.»
Commentaires : À l'instar de
l'article 123.2, l'article 123.3 de la Charte de la langue française
que propose l'article 71 du projet de loi prévoit, pour la Commission de
toponymie, des règles relatives aux lieux où peuvent être tenues ces réunions
et aux moyens à l'aide desquelles ses membres peuvent y participer, lesquelles
sont les mêmes que celles prévues pour l'Office québécois de la langue
française par l'article 165.2 de la charte.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Le ministre va trouver
que je suis de bonne humeur, mais je trouve qu'il pourrait être encore plus
moderne que ça, être de son temps. Et probablement que l'article était écrit
avant la pandémie, mais le téléphone, ça commence à être déjà vieux jeu. Je trouvais
qu'à l'époque, c'était peut-être une belle, belle avancée technologique, mais
là ça peut être visio. Il y a des Teams, je pense. Il y a toutes sortes de
choses autres que le téléphone.
M. Jolin-Barrette : Mais, en fait,
je suis d'accord avec vous. C'est pour ça qu'on dit : «Les membres peuvent
participer à une réunion à l'aide de tout moyen technique, notamment le
téléphone...»
Mme David : Mais, je trouve, ça fait
vieux jeu quand même. Si vous me permettez, pour votre âge, là, vous pourriez
être un peu plus moderne que ça.
M. Jolin-Barrette : Je sais. Je vais
vous raconter une anecdote. Vous savez que j'ai un deuxième enfant, puis là on
a ressorti les jouets du premier enfant, puis il y a notamment un téléphone
Fisher-Price. Vous savez, là, le téléphone rouge comme ça, à l'oreille. Ma
fille de cinq ans, quand on a sorti le téléphone, elle m'a dit : C'est
quoi, ça?
Mme David : Bien, que je vous dise,
je suis d'accord avec votre fille. Je vais l'appeler pour lui dire que son papa
est vieux jeu.
La Présidente (Mme Guillemette) : M.
le ministre ne dort pas la nuit, il travaille beaucoup, un jeune bébé.
La Présidente (Mme Guillemette) : Est-ce
qu'il y a d'autres commentaires sur...
Mme David : Bien, il est chanceux
que je ne propose pas d'amendement, parce que c'est moi qui devrais être vieux
si on tenait compte des générations, et je trouve que, «notamment le
téléphone»... C'est parce qu'ils ne se sont pas relus, ils sont bien occupés à
d'autres choses, là, et donc, normalement, si ça avait été écrit récemment, Mme
la Présidente, ça aurait été «notamment par visioconférence», disons.
M. Jolin-Barrette : Mais l'objectif
est de pouvoir... En fait, c'est le son que nous souhaitons notamment
permettre. Alors...
Mme David : C'est un grand progrès
de l'humanité d'avoir déjà une permission de faire autrement qu'en personne.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mme David : C'est un grand progrès.
M. Jolin-Barrette : Mais c'est par
«tout moyen technique», et ça, ça signifie, oui, la visio, mais, écoutez, dans
le futur, si jamais on a des hologrammes, ou tout ça, ça va être permis.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Donc, il n'y a pas d'autre commentaire. Donc, je vais mettre aux voix
l'article 71. Est-ce qu'il est adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Donc, l'article 71 étant adopté, nous passons à l'article 72.
M. Jolin-Barrette : Cette charte est
modifiée par l'insertion, après l'article 126, du suivant :
«126.1. Un organisme de l'Administration
transmet sans délai à la commission tout nom qu'il attribue à un lieu.»
Commentaires :
L'article 126.1 de la
Charte de la langue française que propose l'article 72 du projet de loi
vise à ce que la Commission de toponymie soit avisée des noms attribués aux
lieux.
La Présidente (Mme Guillemette) : Commentaires
sur l'article? Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Pour avoir été
responsable de la toponymie, je voudrais faire un compliment à la Commission de
la toponymie, parce que je trouve que c'est un parent pauvre de nos discussions
publiques et souvent des ministères qui en ont la charge. Ce sont des gens
extrêmement motivés. Vous le savez, je pense, vous les avez déjà rencontrés. Et
ça n'a l'air de rien, nommer une place, de nommer un...
plein de lieux, c'est une commission de la mémoire et de la valorisation du
Québec. Alors, je veux juste leur rendre hommage, profiter de ça pour dire
qu'ils n'existent pas pour rien. Puis on rit sur le téléphone, etc., mais c'est
une commission extrêmement importante dans notre appareil gouvernemental
étatique, notre nation.
M. Jolin-Barrette : Je seconde la
députée de Marguerite-Bourgeoys, Mme la Présidente. Et l'objectif, juste pour
expliquer pourquoi est-ce qu'on met la disposition, c'est notamment par le fait
que la Commission de toponymie a juridiction sur les éléments qui sont
québécois, mais, par contre, les municipalités elles-mêmes peuvent désigner certains lieux. Mais, souvent, la Commission de
toponymie court après municipalités pour avoir la désignation des lieux.
Alors, par souci de cohérence, c'est
important que les municipalités, lorsqu'ils renomment, supposons, une rue
municipale, un parc, ou quelque chose comme ça qui est sous leur juridiction,
ils informent la Commission de toponymie.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Donc, d'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre
aux voix l'article 72. Est-ce que l'article 72 est adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci. Donc, l'article 72 étant adopté, M. le ministre, présentez-nous
l'article 73, et ensuite on passera aux amendements.
M. Jolin-Barrette : Oui.
L'article 73 : Le
chapitre IV du
titre II de cette charte,
comprenant les articles 129 à 133, est remplacé par le
chapitre
suivant :
«La conformité de l'Administration
«Organismes de l'Administration auxquels
s'applique la politique linguistique de l'État.
«1. Procédure de traitement des plaintes.
«128.1. Un organisme de l'Administration auquel
applique la politique linguistique de l'État doit adopter une procédure de traitement
des plaintes relatives aux manquements aux obligations auxquelles il est tenu
en vertu la présente loi.
«128.2. Un organisme transmet annuellement au
ministre un rapport sur l'application de la procédure de traitement des
plaintes qu'il est tenu d'adopter en vertu de l'article 128.1, détaillant
notamment le nombre de plaintes reçues et traitées.
«Une institution parlementaire transmet son
rapport au Commissaire à la langue française.»
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
M. Jolin-Barrette : Donc, pour
notre commentaire, Mme la Présidente, ça ne sera pas long.
Alors, commentaires :
L'article 73 de
ce projet de loi propose un remplacement de l'actuel
chapitre IV du
titre II de la Charte de la langue française, un nouveau
chapitre relatif
à la conformité de l'Administration avec les dispositions de la charte.
Les dispositions de la
section I de ce
chapitre visent les organismes de l'Administration auxquels s'applique la
politique linguistique de l'État alors que celles de la seconde
section ne
s'appliquent qu'aux organismes du réseau de
la santé et des services sociaux, aux organismes scolaires de même qu'aux
organismes reconnus en vertu l'article 29.1 de la charte qui
cesseraient d'être reconnus.
L'article 128.1 de la Charte de la langue
française que propose l'article 73 de loi a pour objet de responsabiliser
les organismes de l'Administration assujettis à la politique linguistique de
l'État à l'égard de leur conformité aux dispositions de la charte. À cette fin,
il prévoit que ces organismes doivent ajouter une procédure de traitement de
plaintes relatives aux obligations auxquelles ils sont tenus en vertu de la
charte. Il s'ensuit que ces organismes peuvent donc être les premiers informés
de leurs propres manquements et prendre les correctifs nécessaires sans tarder.
Et l'amendement que nous avons...
La Présidente (Mme Guillemette) : L'amendement,
on va plus loin.
M. Jolin-Barrette : Ah! il est
plus loin, il est plus loi, excusez. C'est bon.
La Présidente (Mme Guillemette) :
On va au 128.8, donc on peut faire le 128.1 puis on y reviendra en cours de
route.
Donc, est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'article 128.1 introduit par l'article 73? Pas de commentaire. Donc,
nous pouvons passer à l'article suivant, M. le ministre. 128.2.
M. Jolin-Barrette : Oui. «Un
organisme transmet annuellement au ministre un rapport sur l'application de la
procédure de traitement des plaintes qu'il est tenu d'adopter en vertu de
l'article 128.1, détaillant notamment le nombre de plaintes reçues et
traitées.
«Une institution
parlementaire transmet plutôt son rapport au Commissaire à langue française.»
Commentaires :
L'article 128.2 de la
Charte en langue française que propose l'article 73 du projet loi complète
l'article 128.1 de cette charte et prévoit la reddition de comptes à
laquelle sont tenus les organismes de l'Administration qui doivent adopter une
politique de traitement des plaintes.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires sur cet article-là? Pas de commentaire. Donc, nous passons à
l'article 128.3.
M. Jolin-Barrette : Oui.
«Lorsque le ministre est d'avis qu'un ministère, un organisme gouvernemental ou
un organisme municipal auquel s'applique la politique linguistique de l'État ne
satisfait pas à une obligation à laquelle il est tenu en vertu de la présente
loi, le ministre peut lui ordonner d'élaborer les mesures nécessaires pour
remédier à la situation et de les mettre en oeuvre dans le délai qu'il indique.
«Le ministre peut agir de sa propre initiative
ou après avoir été informé d'un manquement par l'office ou par la Commissaire à
la langue française.
«Avant de rendre sa décision, la ministre doit
notifier par écrit au ministère ou à l'organisme un préavis dont la teneur est
celle du préavis prescrit par l'article 5 de la
Loi sur la justice
administrative et lui accorder un délai d'au moins 15 jours pour présenter
ses observations.»
Commentaires :
L'article 128.3 de la
Charte de la langue française que propose l'article 73 du projet de loi a
pour objet la mise en oeuvre des dispositions de cette charte. À cette fin, il
confère au ministre la Langue française le pouvoir d'ordonner à certains
organismes de l'Administration d'élaborer les mesures nécessaires pour remédier
à un manquement ou à une obligation qui leur incombe en vertu de la charte et
mettre en oeuvre ces mesures.
L'article 128.3 prévoit que la ministre
peut exercer ce pouvoir aussi bien de sa propre initiative qu'après avoir été
informé d'un manquement. Il prévoit également la procédure préalable à la
décision du ministre.
Les dispositions de l'article 128.3
entreront en vigueur à la date qui suit de trois mois de celle à laquelle est
approuvée la première politique linguistique de l'État, ainsi que le prévoit le
paragraphe 6° de l'article 201.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Y a-t-il des commentaires? Pas de commentaire. Donc, nous pouvons passer à
l'article suivant, qui est le 128.4.
M. Jolin-Barrette : Oui.
«L'office prête son assistance au ministère ou à l'organisme dans l'élaboration
des mesures et dans leur mise en oeuvre ordonnées par la ministre et lui en
fait rapport périodiquement.»
L'article... Commentaires :
L'article 128.4 de la Charte de la langue française que propose
l'article 73 du projet de loi prévoit que l'Office québécois de la langue
française assiste le ministère ou l'organisme tenu d'élaborer et de mettre en
oeuvre des mesures visant à remédier à un manquement à la chartre.
Les dispositions de l'article 128.4
entreront en vigueur à la date qui suit de trois mois celle à laquelle est
approuvée la première politique linguistique de l'État, ainsi que le prévoit le
paragraphe 6° de l'article 201.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires? Pas de commentaire. Donc, nous pouvons passer au 128.5.
M. Jolin-Barrette : Oui. «Le
ministre met fin à l'assistance prêtée par l'office lorsqu'il est d'avis que le
ministère ou l'organisme satisfait de nouveau aux obligations auxquelles il est
tenu en vertu de la présente loi.»
Commentaires :
L'article 128.5 de la
Charte de la langue française que propose à 73 du projet de loi prévoit la fin
de l'assistance prêtée par l'office à un organisme ou à un ministère.
C'est les mêmes dispositions d'entrée en
vigueur.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires? Ça va pour ça. Donc, 128.6.
M. Jolin-Barrette : Oui.
«Section II
«Organismes
du réseau de la santé et des services sociaux, organismes scolaires et
organismes dont la reconnaissance a été retirée
«128.6. Un organisme du réseau de la santé et
des services sociaux ou un organisme scolaire doit, au plus tard 180 jours
après le début de ses activités, transmettre à l'office une analyse de sa
situation linguistique. Cette analyse porte sur la conformité avec les
dispositions de la présente loi de l'utilisation du français au sein de
l'organisme de même que sur la capacité de celui-ci de satisfaire aux autres
obligations qui lui incombent en vertu de ces dispositions.
«Un organisme de l'Administration qui [est] un
organisme ou un établissement reconnu en vertu de l'article 29.1 doit transmettre à l'office une telle analyse au
tard 180 jours après celui où sa reconnaissance lui a été retirée.»
Commentaires :
L'article 128.6 de la
Charte de la langue française que propose l'article 73 du projet de loi
prévoit qu'un nouvel organisme du réseau de la santé et des services sociaux ou
un nouvel organisme scolaire doit effectuer une analyse de sa situation linguistique
et la transmettre à l'office.
Cette analyse a pour objet d'évaluer la capacité
de l'organisme à se conformer à la charte.
En plus de ces organismes nouvellement créés,
l'organisme ou l'établissement qui cesse d'être reconnu en vertu de l'article 29.1
doit lui aussi effectuer une telle analyse et la transmettre à l'office.
L'article 128.6
prévoit un délai de 180 jours à l'intérieur duquel l'analyse doit être
complétée et transmise à l'office.
Les dispositions du
deuxième alinéa de l'article 128.6 entreront en vigueur à la date qui suit
de trois mois celle à laquelle est approuvée
la première politique linguistique de l'État, ainsi que le prévoit le
paragraphe 6° de l'article 201.
Présidente (Mme Guillemette) : Merci. Des commentaires? Oui, Mme la députée de
Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Donc, ma question, elle
est générique et elle va s'appliquer à plusieurs articles qui suivent, incluant
celui-ci, incluant le titre. Donc, là, on a comme trois cas de figure pour
lesquels on dit : On «rewind», on recule, puis on applique ce qu'on a déjà
voté sur l'application de la loi 101 aux organismes. Trois cas de
figure : un nouvel organisme de santé et services sociaux qui n'a pas la
reconnaissance 29.1, un nouvel organisme scolaire qui n'aurait pas non
plus le 29.1, et un organisme ou un établissement qui a perdu le 29.1. C'est
les trois cas de figure pour lesquels tout ce qui va suivre est du
copier-coller sur les mesures déjà en vigueur pour ceux qui n'ont pas le 29.1.
M. Jolin-Barrette : Oui,
effectivement. Et il faut comprendre, là, dans le fond, le ministère de la
Langue française, lui, il va s'occuper des ministères et des organismes, comme
on vient de le voir, et des municipalités, tandis que l'OQLF continue avec les
deux autres réseaux. Donc le réseau de la santé, le réseau de l'éducation,
c'est l'OQLF qui s'en occupe. Et là, parce que c'est le cas actuellement, là,
c'est l'OQLF qui s'occupe réseau de santé, réseau d'éducation, là, dans les cas
d'exemple, c'est un nouvel organisme de santé qui est créé, il y a un nouvel
organisme en éducation qui est créé. Ils vont devoir, dans les six mois,
transmettre l'analyse des données linguistiques à l'intérieur de leur
organisation à l'OQLF. Puis, pour un 29.1 qui perdrait son statut de 29.1, lui
aussi, dans les six mois, va devoir transmettre l'analyse de ses besoins
linguistiques.
Mme David : Et donc commençons par
le commencement. Tous ces gens-là vont référer à l'OQLF comme leur, je dirais, leur miroir. Ceux qui sont déjà
un organisme de santé non reconnu, ceux qui sont déjà un organisme
scolaire.
M. Jolin-Barrette : C'est ça.
Mme David : C'est un... Est-ce que
je comprends... Parce que ça va nous éviter bien du temps si vous me répondez
oui, puis je sais que vous aimez ça, c'est du copier-coller sur des mesures qui
doivent être appliquées pour ceux qui font affaire avec l'OQLF dans...
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme David : Et je vois que votre
collègue répond oui, alors j'ai l'impression que c'est ça. Parce que je lisais
après, puis je dis : Il me semble, c'est pas mal semblable, ce ne sont pas
des mesures différentes, ce ne sont pas des mesures plus ou moins exigeantes,
des délais différents, et c'est pour prévenir, dans le fond, la situation où il
y aura un nouvel organisme, où il y aurait un organisme qui perdrait son
statut.
M. Jolin-Barrette : C'est bien ça.
Mme David : Ça a bien l'air d'être
ça. Maintenant, pourquoi on a besoin de tant de pages pour répéter ce qu'on
sait déjà? C'est-à-dire, pourquoi on ne dit pas simplement : Devront se
soumettre aux articles auxquels leurs amis sont déjà soumis?
M. Jolin-Barrette : Mais, bien,
parce que, là, on est dans un nouveau régime. Dans les premières pages, c'est
notamment les ministères, les organismes puis les municipalités qui, eux, ne
relèvent pas de l'OQLF, mais que ça va être le ministre de la Langue française,
le ministère de la Langue française. Tandis qu'eux, ils conservent, on vient le
prévoir dans le régime, l'aide puis l'accompagnement que l'OQLF leur donne.
Mme David : Que les autres... dont
les autres n'ont pas besoin parce qu'ils ne sont pas des petits nouveaux dans
le régime, c'est ça?
M. Jolin-Barrette : Exactement. Puis
l'autre élément, ça fonctionnait déjà comme ça, mais on vient très clairement
le mettre pour camper. Vous avez ministères et organismes puis vous avez les
autres organismes. Puis là, dans ce cas-ci, c'est les nouveaux organismes.
Mme David : Oui, mais donc vous me
dites : On doit conclure que c'est important d'avoir ces mesures-là dans
le projet de loi. En quoi ça les protège ou ça les aide? C'est que vous
parlez... J'aime bien quand vous parlez du mot «accompagnement». Je trouve
qu'il n'est pas suffisamment présent pour les entreprises. On en reparlera,
mais il est absolument absent par rapport à tout ce que vous dites ici. Mais
donc vous allez... vous voulez les accompagner pour qu'ils puissent faire leurs
démarches.
M. Jolin-Barrette : Mais, dans le
fond, là, ça... un nouvel organisme qui était créé, actuellement, il était déjà
assujetti à la Charte de la langue française. Il était déjà assujetti à ça,
mais le texte de la charte n'était pas si clair que ça. Là, il est très, très
clair, le texte du projet de loi n° 96, par rapport aux nouveaux
organismes.
David : Mais il ne doit... ça n'a pas dû arriver si souvent que ça à
des organismes. Est-ce que ça arrive souvent une nouvelle... un nouveau centre
de services scolaires, un nouvel hôpital?
Jolin-Barrette : C'est... Écoutez, ça peut arriver. Vous avez vu,
l'annexe de l'Administration a évolué entre 1977 puis aujourd'hui.
Mme David : Ah!
on revient à nos entreprises, là, à numéro, puis tout ça, là?
Jolin-Barrette : Exactement. Non, mais là ça ne couvre pas les
entreprises.
Mme David : Mais
non, ce n'est pas eux que ça touche, là.
Jolin-Barrette : Non, mais... non. Ceux qui sont dans le réseau de la
santé, réseau de l'éducation.
Jolin-Barrette : Puis les 29.1.
Mme David : Un
nouveau CIUSSS qui serait créé, parce qu'il y a tellement une démographie
galopante en Abitibi, par exemple, ou ailleurs, ça pourrait être pertinent,
c'est ça?
Jolin-Barrette : Exactement.
Mme David : Et ceux dont la reconnaissance a été perdue. Et là
on parle toujours d'organismes, d'établissements scolaires ou... j'allais dire «ou médicaux», mais... ou hospitaliers ou
de santé, là. Parce qu'on peut perdre une reconnaissance en vertu
de la
loi sur les municipalités, là, le fameux 29.1, c'est les municipalités
aussi.
Jolin-Barrette : Oui, mais, dans le fond, la disposition vient
s'appliquer à tout le monde, là, les anciens, les nouveaux. Puis, dans le fond,
ce processus-là fait en sorte qu'ils doivent transmettre l'analyse de la
situation linguistique à l'OQLF.
Mme David : Attention!
Ça inclut... parce que, là, j'étais trop dans le sentier de la santé et
services sociaux, mais ça inclut aussi les municipalités qui perdraient
volontairement, ou je ne sais trop, leur statut bilingue. Parce que, là, vous
avez des amendements qui vont toucher aussi les municipalités, tout ça, là,
dans vos amendements qui s'en viennent. Je ne sais pas si ça a un lien, mais
vous... ça revient beaucoup, «organisme municipal».
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais les municipalités, dans le fond, leur passage à l'OQLF...
Supposons, les municipalités de 29.1, là, qui perdent leur statut, leur
passage, c'est une transition à l'OQLF. Parce que, dans le fond, tu sais, dans
les organismes reconnus à 29.1, vous avez des municipalités, mais vous n'avez
pas juste des municipalités, mais, pour ceux que c'est des municipalités à 29.1
qui vont perdre leur statut, bon, ils vont transmettre la situation
linguistique à l'OQLF, mais, par la suite, ils vont migrer vers le ministère de
la Langue française.
Parce que les
ministères et organismes, c'est le ministère de la Langue française qui s'en
occupe, incluant les municipalités. L'OQLF, eux, c'est les 29.1 et les...
réseau de santé, réseau de l'éducation, mais, à partir du moment où une municipalité va sortir du giron de 29.1, là...
Tu sais, la municipalité, là, qui perd son statut bilingue ou qui y
renonce, là, bien, elle, oui, elle va transmettre ça à l'OQLF, mais, après ça,
elle va être traitée comme une autre municipalité, donc elle va tomber sous le
chapeau du ministère de la Langue française.
Mme David : O.K. Donc, l'OQLF, le
train s'arrête là quand il s'arrête déjà là pour des organismes de santé ou des
organismes scolaires. Ceux qui
veulent intégrer ou qui ont à intégrer, donc, les dispositions de la
loi 101 qu'elle... modifiées, donc auront... ça restera l'OQLF, tandis que les municipalités, c'est un
arrêt de train, mais il s'en va plus loin, il s'en va au ministère.
M. Jolin-Barrette :
Exactement.
Mme David : O.K.
Mais tout ce qui suit, là, nous... 128.7, 128.8, les autres — je le
répète parce que je n'ai pas le goût de poser la question à chaque fois, là — c'est
pas mal du copier-coller. Écoutez, ça va jusqu'à 134.6. Alors, il y a quand
même beaucoup de dispositions, là. Est-ce qu'on peut dire, à chaque
fois, que c'est pas mal... Parce que moi, je n'ai pas vu tellement de
différences avec les exigences que l'office a pour ceux qui sont déjà reconnus.
M. Jolin-Barrette :
Bien, en fait, les articles, là, qui vont suivre, là, c'est tout ce qui se
fait déjà, mais d'une façon plus claire. Donc, il y avait des pratiques
administratives, notamment à l'office, mais là on vient juste clarifier le tout
dans le texte de loi.
Mme David : Mais...
O.K., alors, dit différemment, vous en avez profité pour faire un meilleur
nettoyage de la maison pour ceux qui arrivent, mais ça veut dire, vous... Ça
serait... c'est moins clair pour ceux qui sont déjà là ou ils vont devoir se
référer à ces articles-là, qu'on va voter, ceux qui sont déjà là?
M. Jolin-Barrette :
Ils vont devoir s'y référer, à ces articles-là également. Donc, c'est
l'ensemble des réseaux : réseau scolaire, réseau de la santé. Donc, ceux
qui sont là, c'est les dispositions qui vont les gouverner, mais également les
nouveaux vont entrer dans ce régime-là également. Dans le fond, on fait du
nettoyage puis on vient clarifier les dispositions, mais c'est essentiellement
les mêmes dispositions.
Mme David :
O.K. Donc, les nouveaux puis les anciens.
M. Jolin-Barrette :
Oui.
M. Jolin-Barrette :
Dans le fond, le nouveau, lui, c'est l'article qu'on est en train d'étudier
pour dire : Bien, écoute, tu es nouveau, voici ce que tu dois faire.
Mme David :
Puis répétez-moi, là, qu'ils vont être bien accompagnés, que...
M. Jolin-Barrette :
Ils vont être très bien accompagnés, service cinq étoiles.
Mme David :
Comme les entreprises, 25 à 49.
M. Jolin-Barrette :
Comme les entreprises. Je ne sais pas si j'ai droit de dire «cinq étoiles»,
parce que je pense que ma collègue a enlevé les panneaux étoilés, hein, dans un
projet de loi.
La Présidente
(Mme Guillemette) : ...du Tourisme a enlevé les panneaux étoilés,
exactement.
Mme David :
Ça va être les statuts Facebook qui vont faire foi de l'hôtel où on veut
aller. Pas sûre que vous allez voyager beaucoup cet été. Bon.
M. Jolin-Barrette :
Moi, j'aime bien faire du camping, vous êtes sûr de la qualité.
Mme David :
Oui, c'est ça, mais il y a des campings étoilés aussi maintenant.
M. Jolin-Barrette :
C'est vrai.
Mme David :
Alors, attention, vous allez perdre vos étoiles, vous allez vous
retrouver...
M. Jolin-Barrette :
D'ailleurs, il y a plusieurs campings dans ma circonscription, si vous avez
envie.
Mme David :
Mais ce n'est pas du grand tourisme, ça. Excusez, mais...
La Présidente
(Mme Guillemette) : Je vous invite chez moi.
Mme David :
Oui! Le Lac-Saint-Jean, Roberval. J'y suis allée à quelques reprises.
M. Jolin-Barrette :
Bien, Mme la Présidente, en ma qualité de ministre régional de la
Montérégie, j'invite tous les Québécois et toutes les Québécoises à venir en
Montérégie. Le tourisme, là, ça dépend d'où on part. Alors, à l'intérieur même
d'une même région, Mme la Présidente, vous pouvez faire du tourisme. Alors...
M. Jolin-Barrette :
Effectivement, ce n'est pas la seule, ce n'est pas la seule.
Bérubé :
C'est une attraction.
La Présidente
(Mme Guillemette) : On va inviter les gens à rester au Québec.
M. Jolin-Barrette :
C'est une circonscription recherchée.
M. Jolin-Barrette :
Je dirais plus «un lieu d'épanouissement».
M. Bérubé : Ça vous va bien.
La Présidente
(Mme Guillemette) : On va inviter les gens à rester au Québec,
cet été, à voyager au Québec. Et, sur ce, on va se ramener sur nos articles. On
en a quand même 200, on a beaucoup de travail devant nous. Donc, M. le
ministre, je vous ramènerais aux articles.
Mme David : Ça va, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Guillemette) : Pas d'autres commentaires
sur le 128.6? Donc, nous allons passer au 128.7.
M. Jolin-Barrette : Oui,
alors : «L'office peut procéder à l'analyse de la situation linguistique
d'un organisme visé à l'article 128.6 lorsqu'il estime que celui-ci refuse
ou néglige d'y procéder.
«L'office peut alors effectuer toute inspection
ou toute enquête nécessaire à cette analyse.
«Avant de procéder à une telle analyse, l'office
doit notifier par écrit à l'organisme un préavis dont la teneur est celle du
préavis prescrit par l'article 5 de la
Loi sur la justice administrative
et lui accorder un délai d'au moins 15 jours pour présenter ses
observations.»
Commentaires :
L'article 128.7 de la Charte de
la langue française que propose
l'article 73 du projet loi complète l'article 128.6 de cette charte et prévoit que l'office peut
lui-même procéder à... et à l'analyse de la situation linguistique d'un
organisme lorsqu'il estime que cet organisme refuse ou néglige d'y procéder.
L'article 128.7 confère à l'office les
pouvoirs d'inspection et d'enquête nécessaires afin qu'il puisse procéder à
cette analyse. Il prévoit enfin la procédure préalable à la décision de
l'office.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires? Oui, Mme la députée.
Mme David : Est-ce que c'est
essentiellement la même chose que des inspections de l'office pour les
entreprises? Il me semble qu'il n'y a pas de préavis de 15 jours. Et, il
me semble, c'est plus... je n'ose pas dire le mot, là, c'est plus... c'est plus
«smooth», c'est plus doux, c'est plus convivial avec les organismes.
M. Jolin-Barrette : Non, mais,
en fait, ce sont des organismes publics, donc ce sont des réseaux. Donc, la
teneur de l'inspection n'est pas la même. Donc, la teneur, c'est notamment...
ici, là, c'est en ce qui concerne l'analyse de
la situation linguistique. Donc, pour les organismes publics, c'est de
dire : Bien, écoutez, fournissez-nous vos données, sinon l'office peut aller faire l'inspection. Mais
on n'est pas dans le même régime. Théoriquement, théoriquement, tous les
organismes publics vont procéder à l'analyse de la situation linguistique.
Vous-même, vous l'avez dit, lorsque j'avais utilisé le terme «sciemment», vous
avez dit : Bien là, c'est des organismes publics, ils vont se conformer et
respecter la loi. Donc, fort probablement que l'office n'aura jamais à utiliser
cet article.
Mme David : Bien, vous avez
raison, mais, si jamais il a à l'utiliser, on ne sait jamais, je constate qu'il
y a une certaine humanité dans le processus, pour ne pas dire délicatesse,
qu'on ne retrouve peut-être pas dans... beaucoup plus loin, quand on va être
sur les inspections et les enquêtes de l'office, le pouvoir de fouille, etc.
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait,
pour l'Administration, là, dans le fond, c'est parce que le rôle qui est confié
à un organisme de l'Administration... Un rôle qui est confié à un organisme de
l'Administration, c'est lui-même de procéder à l'analyse. La responsabilité est
sur la tête, supposons, du CIUSSS. Et là on se retrouve dans une situation où
c'est l'OQLF qui va y aller à la place de l'organisme, donc, d'où le délai de
l'avis que l'OQLF va procéder à l'analyse à la place de l'organisme. Lorsqu'on
est avec les entreprises, c'est un régime qui est un peu différent. Ce ne sont
pas un corps public, donc on se retrouve dans une situation où l'OQLF a un
pouvoir d'ordonnance.
Mme David : Je suis d'accord sur les
mots, le type de pouvoir, mais pouvoir d'ordonnance ne veut pas nécessairement
dire moins d'humanisme, moins de collaboration, d'accompagnement, de
sensibilité.
M. Jolin-Barrette : Non, mais les
entreprises, là, vous le savez, puis la directive est très claire, là, c'est...
Pour les entreprises, là, nous, on déploie toutes les ressources pour
accompagner les entreprises, là. Ce n'est pas... Fort malheureusement, là,
l'OQLF a été souvent... puis on a entendu des témoignages ici, en commission
parlementaire, là, qui étaient, je vous dirais, déplorables, quand on traitait
l'OQLF, là, de police de la langue. Puis honnêtement ce n'est pas ça du tout,
puis l'expérience de l'OQLF l'a démontré. Il accompagne vraiment les
entreprises au niveau des plans de francisation, au niveau des questions, au
niveau de l'affichage. L'OQLF est là vraiment, là, pour amener le visage français
du Québec, pour amener que la langue commune, ça soit le français, pour
outiller les entreprises. Une entreprise, là, qui veut, là, se conformer à la
loi, là, il n'y en aura pas, de problème, là.
Malheureusement,
ce qui arrive, c'est qu'il y en a qui ne veulent pas se conformer à la loi.
Donc, ultimement, à la fin du
processus d'accompagnement, ça peut se traduire par un pouvoir d'ordonnance.
Et, si l'ordonnance n'est pas respectée, ça peut se produire... ça peut se répercuter en sanctions pénales, effectivement,
mais, dans toutes les lois, il y a ces procédures-là.
Et d'ailleurs, souvent, dans les lois, il n'y a
pas de pouvoir d'ordonnance, c'est la sanction pénale tout de suite. Vous ne
respectez pas la loi, sanction pénale. Essayez, avec Revenu Québec, là, de ne
pas respecter la loi. Ils ne vous accompagneront pas, là. Bien, ils vont
peut-être vous accompagner, mais c'est pas mal plus action, réaction, là, tu
sais. Vos... à... sur votre rapport d'impôt, là, vous ne payez pas, là, ce que
vous devez, là, comme on dit en bon québécois, ils ne vous donnent pas un
break, là.
Mme David : Bien,
on en reparlera quand on sera rendus là, mais je suis d'accord avec vous que
l'OQLF peut être un très bon... de très
bonne aide et d'accompagnement. Encore faut-il qu'elle en ait les moyens,
qu'elle en ait les employés, qu'elle en ait... C'est ça, les moyens, les
ressources humaines, particulièrement, mais «des ressources humaines» veut dire
«des ressources financières» aussi, et
qu'ils aient tout le temps nécessaire pour ledit accompagnement. Alors, on en
reparlera.
Mais je pense que vous aviez vous-même de
grandes inquiétudes sur l'accompagnement, en 2013, avec le projet de loi
n° 14. Vous vous inquiétiez beaucoup, beaucoup de l'accompagnement par
l'OQLF et de la lourdeur des procédures,
etc. Donc, on va devoir faire un OQLF, là aussi, peut-être modernisé, mieux
équipé, mieux... qui accompagne mieux, pour alléger un peu le fardeau,
qui vous inquiétait tant et qui doit vous inquiéter encore, de ne pas trop
alourdir les procédures. Mais là on parle des organismes de l'État. Alors, ça
va, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : Pendant qu'on parle de l'OQLF, la dernière fois
que je les ai croisés, c'était dans une interpellation sur la langue. Et
puis on demandait des chiffres depuis longtemps, et, mystérieusement, juste
avant l'interpellation, ces chiffres sont apparus. Je suis sûr que le ministre
sait à quoi je fais référence.
M. Jolin-Barrette : Ce n'était pas
mon interpellation.
M. Bérubé : Non, c'était votre
prédécesseur en matière linguistique. Juste réaffirmer que ce n'était pas
fortuit et que, si on peut permettre de réaffirmer l'indépendance de l'OQLF
face aux politiques, ça serait bien et pas prématuré. Parce que cet épisode-là
a laissé un goût très amer. Il suffisait d'une commande d'un gouvernement, je
n'accuse personne, quoique j'ai un cas concret en tête avec une date. Qu'un
gouvernement puisse dire : Écoutez, si vous sortiez des chiffres au moment
où on en a besoin lors d'une interpellation du vendredi, ça ferait notre
affaire, c'est exactement ce qui est arrivé, ça m'avait profondément courroucé,
c'est moi qui étais là. Et, pour le bénéfice des membres de la commission, je
mettrai en ligne l'extrait tout à l'heure.
Il faut que ça soit indépendant, c'est notre
référence, l'OQLF. Puis c'est de la science, d'une certaine façon, c'est de la
statistique, c'est de la sociologie, c'est des méthodes quantitatives qui nous
permettent d'avoir un portrait. D'ailleurs, c'est un de ces portraits qui nous
a permis, collectivement, de réagir au fameux «Bonjour! Hi!». C'était le recul
du français à Montréal, comme langue d'accueil, on est passé de 82 à 75, si le
chiffre est bon... si les chiffres sont bons. Donc, je veux juste réaffirmer
ça, la totale indépendance de l'OQLF.
Et, souvent, les nominations à la tête de l'OQLF
étaient de gens qui n'avaient pas seulement cette expertise. Quand on nomme
quelqu'un, dans une organisation comme celle-là, ça prend quelqu'un... comme
une expertise. Même chose à la Bibliothèque nationale, Archives nationales du
Québec, ça devrait être quelqu'un qui connaît ça. Je suis sûr que c'est ça que
le gouvernement fait. Alors, je l'invite à faire de même lorsque viendra le
temps, à l'avenir, de nommer quelqu'un à
l'OQLF. Je ne porte pas de jugement sur la personne qui est là, mais il faut
que ça guide nos actions. Merci.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le député. Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Je ne peux m'empêcher,
le député de Matane-Matapédia me fait penser à la proposition no 5 de
notre plan d'action, où on propose, et malheureusement, on ne le retrouve pas
dans le projet de loi, que l'OQLF soit doté d'un C.A., d'un conseil d'administration
indépendant.
La Présidente (Mme Guillemette) : M.
le ministre.
M. Jolin-Barrette : Bien, je partage
le... la sensibilité du député de Matane-Matapédia, que les rapports soient
déposés à date fixe, de l'OQLF, oui. Bien, d'ailleurs, dans l'excellent projet
de loi n° 96, à l'article 191, il est indiqué : «Le prochain
rapport sur l'évolution de la situation linguistique prévu à l'article 160
de la Charte de la langue française, modifié par l'article 96 de la présente
loi, doit, malgré la périodicité qui y est prévue, être transmis au ministre au
plus tard le 30 avril 2024.»
Ça veut dire
que ça va être aux cinq ans, le rapport, et ça va être de façon statutaire, le
rapport devra être aux cinq ans.
Et ça me permet de vous dire, Mme la Présidente,
qu'entre autres, pour être bien certain que, peu importe le gouvernement, il
n'y ait pas de tripotage dans la langue puis par rapport aux données
statistiques, on vient créer un Commissaire à la langue française qui, lui, va
devoir déterminer les indicateurs linguistiques qui devront être analysés,
entre autres par l'OQLF.
Pour être bien certain, là, qu'on ne maquille
pas aucun rapport, qu'on ne maquille pas les données et que le commissaire, qui
va être nommé aux deux tiers de l'Assemblée nationale, ait toute la légitimité
pour dire au bras de l'exécutif, à l'OQLF, au ministère de la Langue
française : Je vous surveille, et sachez que je vais regarder vos données
statistiques, je vais regarder la façon dont vous les récoltez, je vais regarder
la façon dont vous les traitez, Parce que les Québécois ont le droit de savoir
c'est quoi, le portrait de la véritable situation linguistique, en temps
opportun, le Commissaire à la langue française peut déposer des rapports quand
il veut, il a une obligation aux deux ans, cinq ans, et on va venir y donner
les dents nécessaires avec un beau et gros dentier.
M. Bérubé : Et il pourrait
prendre... je me permets, Mme la Présidente, parce que c'est vous, parce que
vous, je me permets, avec votre convivialité jeannoise particulière, il
pourrait y avoir un suivi aussi, parce qu'on n'en a pas parlé,
jusqu'à maintenant, mais, comme le ministre est tellement convaincu que ces
mesures auront un effet substantiel, transcendant
sur la langue, si on était capables d'avoir des indicateurs pour suivre, dans
les premières années, l'évolution de ces mesures en matière
linguistique, ce serait intéressant.
Donc, peut-être que, plus tard, on pourrait
réfléchir à un mécanisme qui nous permet de valider. Voici l'objectif qu'on
s'était donné, voici on est rendu où, et peut-être qu'il faudra, pour les
gouvernements qui suivront, des modifications. Alors, je soumets ça d'avance au
ministre, ça nous permettrait de valider. Moi, j'ai déjà fait ça, dans une
autre vie, avec le premier ministre et chef de parti de M. le ministre, on...
il y avait des contrats de performance dans les universités. C'est comme ça
qu'on avait fait ça, on avait des données puis on validait où est-ce qu'on s'en
allait. On pourrait se trouver une façon de valider de façon... périodiquement
la pertinence des mesures puis leur efficacité. Je vous glisse ça comme ça.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le député. Madame... On va laisser M. le ministre répondre.
M. Jolin-Barrette : Bien, je suis
ouvert à... aux propos du député de Matane-Matapédia. Puis, pour référence, ce
que je disais, là, que les indicateurs linguistiques vont notamment être faits
en concert avec le Commissaire à la langue française, c'est l'article 160
du projet de loi.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Marguerite Bourgeoys.
Mme David : Bien oui, alors, vous me
mettez l'eau à la bouche d'entrer dans ce débat, évidemment, parce qu'il manque
deux choses, il y a deux choses avec lesquelles on pourrait sérieusement
bonifier le Commissaire à la langue française et peut-être soulager un peu
l'OQLF, parce que ça n'a pas sa place à l'OQLF, c'est le volet recherche. Le
volet recherche devrait être au commissaire. C'était même dans les rapports sur
les états généraux et un rapport par Gérald
Larose puis Conrad Ouellon, que des gens du secrétariat, évidemment,
connaissent très, très bien. L'organigramme était différent. Sortir la
recherche... L'OQLF est un organisme de gestion de la loi, d'accompagnement,
tout à coup, il faut qu'ils rentrent dans de la recherche. Pour moi, c'est au
commissaire que ça doit aller, première des choses.
Deuxième des choses, je reviens sur mon C.A.
Donc, on ne peut pas dire qu'on n'aide pas le ministre, là, le député de
Matane-Matapédia et moi, à voir venir les discussions. Mais le C.A. de l'OQLF
aiderait beaucoup, beaucoup à cette indépendance. Et ce n'est pas juste d'avoir
un commissaire, mais d'avoir un C.A. indépendant. Peut-être que le ministre ne
veut pas à ce point d'indépendance, mais c'est parce que c'est normal, en 2022,
d'avoir des C.A., souvent, dans les organismes. Et ils ont là, donc, un chapeau
indépendant. Recherche et C.A., moi, je dépose ça. Je le sais qu'on est hors
d'ordre, Mme la Présidente, mais, quand même, c'est des discussions qui vont
venir.
La Présidente (Mme Guillemette) : On
prépare des discussions futures.
M. Bérubé : ...vous savez
que... Mme la Présidente, qu'on est suivis. Le Devoir vient de
rapporter la promotion du camping que le ministre vient de faire en commission.
Alors, c'est déjà sur Twitter. Le Devoir rapporte ça, puis ça suscite de
l'intérêt à lire ce qu'on y retrouve.
La Présidente (Mme Guillemette) : C'est
la preuve qu'on est écoutés.
M. Jolin-Barrette : Bien oui.
Puis je veux souligner notamment le camping de Rouville, qui est un des
premiers campings au Québec, hein, qui a été développé à Saint-Jean-Baptiste.
Vous avez le Camping Ste-Madeleine, également, quelques autres campings,
également, dans ma circonscription.
M. Bérubé : ...pour
en profiter pour aller sur la route, arrêter manger Chez Cheval, pas tellement
loin, qui est très bien.
La Présidente (Mme Guillemette) : Oui.
M. Jolin-Barrette : Entre
autres, entre autres.
Mme David : Je suis allée
souvent au camping de Rouville pour des raisons personnelles et je dois
confirmer qu'il est bien et qu'il est vraiment extrêmement populaire.
M. Bérubé : Mais du camping,
c'est toujours pour des raisons personnelles, non?
La Présidente (Mme Guillemette) : On
fera la tournée des circonscriptions cet été.
M. Bérubé : On salue les gens
de La soirée est (encore) jeune .
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
je vous ramène à notre
article 128.7. Est-ce qu'il y a encore des interventions? Sinon, nous passons à
l'article 128.8. M. le ministre, vous pouvez nous le présenter, ainsi que
votre amendement.
M. Jolin-Barrette : Oui.
Alors : «Lorsque l'office estime, après examen de l'analyse de la
situation linguistique d'un organisme visé à l'article 128.6, que
l'utilisation du français au sein de cet organisme est conforme aux
dispositions de la présente loi et qu'il satisfait aux autres obligations qui
lui incombent en vertu de ces dispositions, l'office lui délivre une
attestation de conformité.
«L'office fait plutôt rapport au ministre de son
avis prévu au premier alinéa lorsqu'il s'agit d'un organisme de
l'Administration qui était un organisme ou un établissement reconnu en vertu de
l'article 29.1. Lorsque le ministre est d'avis que l'organisme satisfait
aux obligations auxquelles il est tenu en vertu de la présente loi, il en avise
l'office et l'organisme.
«Lorsque
l'office est d'avis qu'il n'y a pas lieu de délivrer une attestation de
conformité, il ordonne à l'organisme d'élaborer et de mettre en oeuvre
un programme de conformité; il lui transmet sans délai une copie de sa
décision.
«L'office fait plutôt rapport au ministre de son
avis prévu au troisième alinéa lorsqu'il s'agit d'un organisme de
l'Administration qui était un organisme ou un établissement reconnu en vertu de
l'article 29.1. Lorsque le ministre est d'avis que l'organisme ne
satisfait pas aux obligations auxquelles il est tenu en vertu de la présente
loi, il lui ordonne d'élaborer et de mettre en oeuvre un programme de
conformité; il transmet sans délai une copie de sa décision à l'office et à
l'organisme.
«Avant d'ordonner l'élaboration et la mise en
oeuvre d'un programme, l'office ou, selon le cas, le ministre doit notifier par
écrit à l'organisme un préavis dont la teneur est celle du préavis prescrit par
l'article 5 de la
Loi sur la justice administrative et lui accorder un
délai d'au moins 15 jours pour présenter ses observations.»
Et l'amendement, Mme la Présidente : À l'article 73 du projet de loi,
remplacer, dans les deuxième et quatrième alinéas de l'article 128.8 de la
Charte de la langue française qu'il propose, «de l'Administration qui était un
organisme ou un établissement» par «municipal qui était».
Commentaires : Cet amendement propose de
modifier le deuxième et quatrième alinéas de l'article 128.1 de la Charte
de la langue française que propose l'article 73 du projet de loi pour ne
viser que les organismes municipaux. Puisque
ces organismes relèvent de la surveillance du ministère, l'Office québécois de
la langue française n'interviendrait... n'interviendra à leur égard que
si leur reconnaissance leur est retirée.
Présidente (Mme Guillemette) : Merci. Des commentaires?
Oui, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Et donc ça, ça
complète les explications que vous m'avez données, tout à l'heure, sur la
question des organismes municipaux par rapport au lien entre l'OQLF et le
ministre de la Langue française, où il va y avoir deux arrêts de train, comme
on dit.
M. Jolin-Barrette : Oui, parce
que les municipalités, dans le fond, relèvent du ministère de la Langue
française, ils ne relèvent pas de l'OQLF.
Mme David : Et donc vos
amendements, parce qu'il y en a plusieurs, mais qui sont de concordance... qui
sont... ça... c'est tout le même concept de clarification, par rapport aux
organismes municipaux, que vous apportez, si je comprends bien.
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est
justement pour faire en sorte, là, clairement, que l'OQLF, lorsqu'elle
transfère ça au ministre, parce que c'est un organisme municipal... Les
organismes municipaux relèvent du ministère de la Langue française, incluant
les ministères... les organismes, mais, pour réseau de la santé, réseau de
l'éducation, ça relève de l'OQLF.
Mme David : Et donc ça va valoir
pour le 134.4, on revient encore à la question municipale, ou le 134.6, le...
Même le... On le verra au fur et à mesure, mais, au moins ces trois-là, je
pense qu'on est dans la même thématique.
M. Jolin-Barrette : Exactement.
Mme David : O.K. Et donc, pour faire
vite, là, la discussion là-dessus. On peut dire : C'est à peu près la
discussion et les explications que vous m'avez données tout à l'heure.
M. Jolin-Barrette : Oui, on peut les
verser.
M. Jolin-Barrette : Les verser.
Mme David : O.K., ça s'applique.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) : Ça
vous va? Merci. D'autres commentaires sur l'amendement de M. le ministre? Donc,
s'il n'y a pas d'autre commentaire, je peux... Est-ce que l'amendement de
l'article 128.8 est adopté?
La Présidente (Mme
Guillemette) : Donc, l'article... l'amendement de l'article 128.8
est adopté. Nous pouvons passer à l'article 129. M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. «Un
programme de conformité prévoit les mesures qu'un organisme entend mettre en
oeuvre afin que l'utilisation du français dans cet organisme soit conforme aux
dispositions de la présente loi et pour satisfaire
aux autres obligations qui lui incombent en vertu des dispositions, notamment
en ce qui a trait aux sujets suivants :
«1° les communications internes;
«2° le recrutement, l'embauche, la mutation et
la promotion du personnel;
«3° les documents et les outils de travail;
«5° les technologies de l'information;
«6° les communications orales et écrites avec
les personnes.
«Le programme précise, en outre, le délai dans
lequel les mesures qu'il prévoit sont mises en oeuvre.»
Commentaires :
L'article 129 de la
Charte de la langue française que propose l'article 73 du projet de loi
précise la teneur d'un programme de conformité.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci,
M. le ministre. Des commentaires? Donc, si...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Oui, Mme la députée, vous pouvez y aller.
Mme David : Je suis mêlée.
Excusez-moi, là, mais est-ce qu'on est à la page 463? Il n'y a pas de
128.9. Après, ça tombe à 129.
La Présidente (Mme Guillemette) : 129,
oui, exactement.
M. Jolin-Barrette : Oui, c'était 129
que j'ai lu.
La Présidente (Mme Guillemette) : 129.
J'ai dit... 129.
Mme David : C'est correct, excusez.
Ça va, pas de commentaire.
La Présidente (Mme Guillemette) : Pas
de commentaire. Donc, nous passons à l'article 130.
Jolin-Barrette : «130. L'organisme
qui élabore un programme de conformité doit tenir compte des
particularités du secteur dans lequel il exerce ses activités et, le cas
échéant, de la reconnaissance obtenue en vertu de l'article 29.1.»
Commentaires :
L'article 130 de la Charte
de la langue française, que propose l'article 73 du projet de loi, vise à
ce que l'élaboration d'un programme de conformité tienne compte du secteur dans
lequel l'organisme qui l'élabore exerce ses activités.
Dans le cas d'un organisme nouvellement créé qui
serait reconnu en vertu de l'article 29.1, l'organisme doit également
tenir compte de cette reconnaissance qui lui permet d'utiliser une autre langue
en plus du français.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires sur cet article? Pas de commentaire. Donc, nous pouvons passer
au suivant, M. le ministre. 131.
M. Jolin-Barrette : Oui.
«L'organisme tenu d'élaborer un programme de conformité doit le transmettre à
l'office dans les trois mois suivant la réception de la copie de la décision de
celui-ci ou du ministre.»
Commentaires :
L'article 131 de la
Charte de la langue française que propose l'article 73 du projet de loi
fixe le délai dans lequel le programme de conformité doit être transmis à
l'office.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires? Mme la députée.
Mme David : J'ai entendu le trois
mois, là. On est au même trois mois que le trois mois qu'on va retrouver pour
les entreprises?
M. Jolin-Barrette : Pour les
entreprises... Dans... Vous voulez dire, pour la mise en vigueur?
M. Jolin-Barrette : Les entreprises,
c'est trois... pour l'affichage, supposons, c'est trois... ou le 25, 49?
David : Non, quand il faut qu'ils se conforment, là, il y
a un truc de... vous... ils avaient six mois, puis là vous avez mis ça à
trois mois pour établir un programme, je pense, de francisation, ou quelque
chose comme ça.
Jolin-Barrette : On va... on vous revenir, on va vérifier.
Jolin-Barrette : Alors, on me dit oui, c'est à l'article 139.
Donc, c'est vrai, c'était dans les six mois, puis maintenant c'est dans les
trois mois que c'est la... Oui, c'est l'attestation de la date de délivrance de
cette attestation d'inscription. Effectivement, c'est trois mois également pour
les entreprises.
Mme David : Donc,
mon oeil de lynx a bien vu que, dans les deux cas, on passe plus ou moins de
six mois à trois mois.
Jolin-Barrette : Oui.
Mme David : Donc,
si on n'est pas d'accord pour les entreprises, on devrait ne pas être d'accord
pour...
Jolin-Barrette : Pour l'Administration?
Mme David : Oui.
Est-ce que l'Administration est mieux dotée, mieux accompagnée, mieux...
Jolin-Barrette : Non, mais, dans les deux cas, c'est pertinent de
réduire le délai à trois mois, parce qu'à chaque
fois que... Comment je pourrais dire? Il faut, si on veut changer la situation
linguistique, dire : Bien, c'est important, puis ça ne prend pas
six mois faire cette analyse-là.
Mme David : On
ne sera pas d'accord. Je vous avertis, là, on aura donc un amendement à
l'article 139. Alors, je ne vois pas
pourquoi on serait plus d'accord avec l'organisme de l'Administration, parce
que peut-être que, justement, lui aussi aurait besoin... comme c'est...
Si je comprends bien, c'est du droit nouveau, là, j'essaie de voir...
L'article 131 n'existait pas dans le projet de loi actuel... dans la
charte actuelle. Donc, je me demande combien ils avaient de temps.
Jolin-Barrette : Relativement au programme de conformité, il y avait
combien de temps? Avec l'article 73,
131, actuellement, quand un organisme était tenu... Parce qu'il faut
comprendre... Un problème de conformité, dans le fond, c'est quand ils
sont en dérogation. Donc, l'office dit : Bien, écoutez, vous allez
développer un programme de conformité. Donc là, on leur donne trois mois pour
le faire.
Mme David : Tandis
qu'à 139 c'est : «Dans les trois mois — ça, c'est votre amendement — de la
date de délivrance de cette attestation d'inscription, l'entreprise transmet à
l'office une analyse de [la] situation linguistique.» Ils ne sont pas rendus
encore à être punis, mais ils ont trois mois pour... Ils se sont inscrits à
l'office. Ils ont trois mois pour fournir leur analyse de la situation
linguistique.
Jolin-Barrette : Exactement.
Mme David :
C'est pour ça que je vous pose la question. Est-ce qu'on est dans du miroir
pour les organismes ou, dans le 133, on est dans... «Lorsque l'office
n'approuve pas un programme de conformité...» Attendez, non, on est dans le
131, là, on n'est pas dans le 133 : «L'organisme [est] tenu d'élaborer un
programme de conformité...» Est-ce que c'est l'équivalent, un programme de
conformité, à une analyse de la situation linguistique?
Jolin-Barrette : Pour les entreprises, c'est le programme de
francisation qui doit être transmis dans les trois mois au lieu de six mois
désormais, tandis que, là, à 131, c'est le programme de conformité parce que
c'est un organisme de l'Administration. Ce n'est pas le même régime qui
s'applique.
Mme David : Mais
c'est quoi, la différence entre un programme de conformité puis une analyse de
la situation? Est-ce qu'on est à la même étape du processus?
Jolin-Barrette : C'est ça. Alors, pour les fins des explications,
l'analyse de la situation linguistique, c'est ce qui arrive au début. Au début,
supposons, l'organisme est créé, je dois faire une analyse de la situation linguistique
à l'intérieur de l'organisme de l'Administration, supposons. Là, ensuite, votre
analyse de la situation linguistique, vous la transmettez à l'office, supposons
que vous êtes un organisme scolaire ou un organisme du réseau de la santé,
O.K.? Là, un coup que vous l'avez transmis, l'office regarde ça, puis supposons
que vous avez... supposons que ce n'est pas parfait puis il y a des choses à
corriger, là, l'office va se retourner vers vous, et on va dire : Écoutez,
il va falloir que vous développiez un programme de conformité parce qu'eu égard
à l'analyse de la situation linguistique il y a des problématiques en
conformité avec la loi. Donc, vous devez vous rendre conformes, puis, pour
faire ça, on vous donne trois mois pour développer un programme de conformité
que vous allez devoir resoumettre à l'office.
Mme David : Donc,
c'est l'étape deux quand l'étape un n'est pas satisfaisante, parce qu'on
vient de...
Jolin-Barrette : Exactement, puis, actuellement, dans la charte, il
n'y a rien sur le programme de conformité.
Mme David : Bien là, je ne comprends pas, là. Ça fait depuis
1977 qu'on vit avec cette charte-là. Comment ça marche? Actuellement, un
organisme qui doit avoir, j'imagine, une attestation de conformité, bien, comme
c'est tout du droit nouveau, comment il se
comporte jusqu'à maintenant? Comment l'office travaille avec les organismes de
l'Administration?
M. Jolin-Barrette : Actuellement,
quand le programme... quand l'analyse de la situation linguistique est conforme,
il y a une attestation de la situation linguistique qui est correcte. Lorsque
vous êtes dans une situation où il y a dérogation, c'est une interprétation
davantage administrative. Et là, à ce moment-là, l'OQLF avise l'Administration
et dit : Bien, écoutez, vous devez corriger telle et telle situation.
Mme David : Mais je comprends que...
parce que je reviens à 128.6. De qui on parle? De qui on parle, là? On parle
d'organismes, santé et services sociaux, ou scolaires, ou quelqu'un qui perd son
29.1 doit transmettre une analyse. Donc, c'est un organisme qui n'est pas,
jusqu'au jour, disons, de la sanction de la loi, inscrit, donc, un nouvel
organisme de santé, un nouvel organisme scolaire, un nouvel organisme... donc,
comme une nouvelle entreprise ou comme une entreprise qui n'était pas
assujettie et qui va l'être.
M. Jolin-Barrette : Mais là eux, ils
ne sont pas dans les entreprises, là. Là, on est dans le régime des organismes
de l'Administration.
Mme David : Oui, mais on est dans le
régime des nouveaux organismes de l'Administration.
M. Jolin-Barrette : Non, également
ceux qui sont déjà accrédités... Ceux qui sont déjà là, là, ceux qui sont déjà
là aussi...
Mme David : Donc, sont-ils
accrédités, ceux qui sont déjà là?
M. Jolin-Barrette : De l'Administration?
M. Jolin-Barrette : Oui, c'est quoi
qu'ils ont comme...
M. Jolin-Barrette : Alors, ceux qui
sont déjà là, on me dit qu'ils sont visés par les dispositions transitoires qui
sont à la fin du projet de loi, mais déjà, supposons, un hôpital ou supposons
un CISSS ou un CIUSSS, il a déjà son certificat de francisation...
M. Jolin-Barrette : Alors, pour les
organismes de l'Administration qui existent déjà, O.K., exemple, supposons, là,
vous avez le CISSS de Montérégie, supposons, bien, lui, il a son certificat de
francisation, supposons, alors, lui, les dispositions, c'est les dispositions
transitoires, puis, lorsqu'on va être rendus là, on va voir qu'est-ce qui lui
arrive, pour se raccrocher à l'exemplarité de l'État puis à l'Administration.
Donc, il y a déjà un processus relativement à
l'obtention du certificat de francisation des organismes qui sont déjà en
place. Là, ici, dans... ce à quoi vous faisiez référence, supposons, ça, c'est
les nouveaux. Donc, vous avez raison de dire : Un nouvel organisme
scolaire, un nouvel organisme en matière de santé ou un 29.1 qui n'est plus un
29.1, bien, voici ce qui va arriver. Il va faire sa situation linguistique.
Lorsqu'il produit le rapport sur sa situation linguistique
à l'OQLF, l'OQLF le regarde, et là l'OQLF dit : Bien, écoutez, il y a une
problématique, et donc produisez-moi un
rapport de conformité, et vous devrez le faire à l'intérieur de trois mois,
vous devrez nous le transmettre. Actuellement, il n'y a pas de délai
pour ça, et là nous, on vient mettre le délai de trois mois.
Mme David : Mais ce que je
comprends et qui m'étonne de vos commentaires, c'est... On n'a pas de réponse
précise sur, depuis 50 ans, comment on se gouverne pour donner un
certificat de conformité aux milliers d'organismes de l'État puisqu'ils sont
accrédités. Je n'aime pas le mot, là, mais...
M. Jolin-Barrette : ...c'est
que c'est les articles 129 et suivants, qui sont là depuis 1977, qui n'ont
jamais été modernisés. Donc, il y a... d'une façon administrative, notamment,
il y a une mécanique qui fonctionne à l'OQLF, et là on veut clarifier le tout.
Donc, certificat de francisation, mais il n'y a pas de délai précis dans la loi
pour dire : Voici ce que vous faites, là. Maintenant, on dit :
Analyse la situation linguistique. Un coup que l'OQLF l'a, l'OQLF dit : Écoutez, il y a un problème, ça vous prend un
programme de conformité, faites-le et produisez-le à l'intérieur de trois
mois. C'est quoi, les articles... C'est ça, les articles 129 et suivants.
Mme David :
Je viens de les trouver, mais la différence, c'est... Effectivement, il n'y
a pas de délai ni de trois mois ni de six mois, si je comprends bien.
«Un organisme de [l'Administration] doit, au plus tard 180 jours après le début de ses activités — ça,
c'est un nouveau — [...]un rapport comprenant une analyse de [la] situation
linguistique.» 180 jours, Mme la Présidente, c'est six mois, ça,
je pense, c'est la moitié d'une année. Ça, je pense que vous ne le dites pas.
Vous, est-ce que vous dites que c'est six mois aussi après le début des
activités? On parle d'un nouvel organisme.
M. Jolin-Barrette :
Oui, pour le nouvel organisme, c'est six mois après le début.
Mme David :
«Si l'office juge insuffisantes les mesures prises ou envisagées, il doit
donner aux intéressés l'occasion de présenter leurs observations...» C'était
généreux à l'époque. Vous gardez cette générosité. «Il prescrit au besoin...»
«Un organisme qui refuse d'appliquer les correctifs commet une infraction.» Et
c'est là qu'il n'y a pas de délai, effectivement, donc, c'est là dans la loi
actuelle.
M. Jolin-Barrette :
La loi 101 ou la loi n° 96?
M. Jolin-Barrette :
Mme David : Et c'est ce que... Je
comprends que vous me dites que vous venez abroger pour faire
complètement des articles nouveaux, mais c'est parce que vous abrogez
complètement les anciens 129, 130, 131, 132, 133, 134, c'est ça que vous
faites, puis vous faites des nouvelles formulations. Là, je comprends, j'ai mes
réponses.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Donc, d'autres commentaires? Nous pouvons passer à l'article 132.
M. le ministre.
M. Jolin-Barrette : Oui. «132. L'office
approuve le programme de conformité qui lui a été transmis conformément
à l'article 131, lorsqu'il est d'avis que ce programme est conforme aux
dispositions de la présente section; il transmet alors à l'organisme concerné
une attestation d'approbation du programme.»
Commentaire :
L'article 132 de la Charte de la langue française que propose
l'article 73 du projet de loi prévoit l'approbation du programme de
conformité par l'office. C'est donc à lui qu'il incombe de s'assurer que le
programme est conforme aux dispositions de la charte.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Des commentaires? Pas de commentaire. Donc,
présentez-nous l'article 133.
Jolin-Barrette : «Lorsque l'office n'approuve pas un programme de
conformité, il peut élaborer le programme que devra, sous sa surveillance,
mettre en oeuvre l'organisme concerné.
«Avant d'élaborer un
tel programme, l'office doit notifier par écrit à l'organisme un préavis dont
la teneur est celle du préavis prescrit par l'article 5 de la
Loi sur la
justice administrative et lui accorder un délai d'au moins 15 jours pour
présenter ses observations.»
L'article 133 de
la Charte de la langue française que propose l'article 73 du projet de loi
prévoit que l'office peut élaborer le programme de conformité qu'un organisme
devra mettre en oeuvre lorsqu'il n'approuve pas de programme pour cet
organisme. Une telle situation peut se produire lorsque le programme n'est pas
conforme ou parce que l'organisme ne l'a pas élaboré et transmis dans le délai
fixé à l'article 131.
Le deuxième alinéa de
l'article 133 prévoit la procédure préalable à la décision de l'office
d'élaborer un programme de conformité.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Des commentaires? Oui, Mme la députée.
Mme David : Bien,
je vais juste me rappeler du mot... du chiffre 133 quand on sera rendus à
un autre chiffre, qui est 139 puis qui s'en vient bientôt, quand même, pour
dire à quel point il y a beaucoup de compassion pour les organismes de
l'Administration, peut-être un peu moins de compassion et plus de coercition
avec les entreprises.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Donc, 133, les discussions sont terminées. 134.
M. le ministre.
Jolin-Barrette : Oui. «134. L'organisme doit se conformer aux mesures
prévues par le programme de conformité approuvé ou élaboré par l'office; tant
qu'il s'y conforme, l'organisme est réputé se conformer aux dispositions de la
présente loi auxquelles le programme doit l'amener à se conformer.»
Commentaires :
L'article 134 de la Charte de la langue française que propose l'article 73
du projet de loi oblige l'organisme à se conformer aux mesures prévues par le
programme de conformité qui lui est applicable. Tant qu'il s'y conforme,
l'organisme est réputé se conformer aux dispositions de la charte auxquelles le
programme doit l'amener à se conformer.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Merci. Des commentaires? Oui, Mme la députée.
Mme David : Je
teste mes compétences en droit un peu nouvellement acquises, mais, quand même,
c'est intéressant, la formulation «tant qu'il s'y conforme, l'organisme est
réputé». Le mot «réputé» revient. Il n'est pas présumé, il est réputé. Donc, ça
veut dire qu'on ne touche pas à ça, on n'intervient pas tant qu'il se conforme.
Alors, un jour, on va se lever puis on va dire que, là, il ne s'y conforme plus
puis qu'il ne sera plus réputé. «Réputé» est assez protecteur, je dirais, pour
un organisme.
M. Jolin-Barrette : Alors, votre
question précise, c'est...
Mme David : Bien, c'est tant qu'il
s'y conforme, il est réputé. C'est une drôle de formulation parce que, quand on
dit le mot «réputé», ça veut dire qu'on ne touche pas à ça, là. Il est réputé
jusqu'à fin de ses jours. Quand tu es un professionnel, maîtriser la langue
française, parce qu'il a été admis par l'office au début de sa carrière, il
était réputé. Là, il n'est plus réputé, le professionnel. Ici, il est réputé
tant qu'il s'y conforme. Ça, ça veut dire tant qu'il n'y a pas de plainte, tant
qu'il n'y a pas de...
M. Jolin-Barrette : Non, parce que,
quand il y a une plainte, c'est 134.6 qui s'applique, puis là on peut agir
puis, dans le fond, on l'accompagne. Quand il est dans son programme de
conformité, bien, puis qu'il est en train de le respecter, bien, dans le fond,
il est réputé.
David : Et donc, c'est ça, c'est tant qu'il s'y
conforme... Donc, tant que l'Administration avec un grand A ou l'office avec un O majuscule ne... soit ne reçoit
pas de plainte, ou ne fait pas un programme d'inspection, ou je ne sais
pas, moi, comme vous aurez pour des entreprises, ça peut être des programmes
d'inspection aux 10 ans ou... On a ça dans les ordres professionnels. On
passe tous, à un moment donné ou à un autre, par notre inspection
professionnelle, alors, mais c'est quasiment des tirages au sort ou ça peut être
aux 10 ans. Mais là j'imagine que quelqu'un va, à un moment donné,
regarder s'il se conforme ou pas, mais tant qu'il n'y aura pas de cause, il est
réputé. C'est ce que je comprends?
M. Jolin-Barrette : Oui.
Mme David : Puis celui qui va aller
regarder, ça peut être soit via une plainte d'un citoyen...
M. Jolin-Barrette : S'il y a une
plainte ou il y a une inspection.
Mme David : ...ou une inspection,
O.K.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Mme David : Mon cours de droit est
en train de porter fruit, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
D'autres commentaires? Il n'y a pas d'autre commentaire. Donc, M. le ministre,
présentez-nous l'article 134.1.
M. Jolin-Barrette : Oui.
«L'organisme tenu de mettre en oeuvre un programme de conformité transmet à
l'office, tous les 12 mois, un rapport de cette mise en oeuvre.»
L'article 134.1 de la Charte de la langue
française que propose l'article 73 du projet de loi prévoit la reddition
de comptes périodique à laquelle est tenu l'organisme qui met en oeuvre un
programme de conformité. Donc, ça, c'est le suivi avec l'OQLF.
La Présidente (Mme Guillemette) : Des
commentaires sur l'article 134.1? Pas de commentaire. Donc, M. le
ministre, 134.2.
M. Jolin-Barrette : Oui.
«L'organisme diffuse auprès de son personnel le programme de conformité qu'il
doit mettre en oeuvre, de même que chaque rapport transmis à l'office en vertu
de l'article 134.1.»
L'article 134.2 de la Charte de la langue
française que propose l'article 73 du projet de loi prévoit la diffusion
auprès du personnel d'un organisme du programme de conformité de cet organisme
et des rapports de celui-ci lorsqu'il transmet à l'office.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci.
Des commentaires? Pas de commentaire. M. le ministre, 134.3, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette : Oui.
«L'organisme qui prévoit ne pas avoir complété la mise en oeuvre d'un programme
de conformité dans le délai qui y est prévu peut en demander la prolongation à
l'office.
«La demande doit être transmise à l'office au
plus tard trois mois avant l'expiration du délai.»
Commentaires :
L'article 134.3 de la
Charte de la langue française que propose l'article 173 du projet de loi
permet à l'office de prolonger le délai à l'intérieur duquel la mise en oeuvre
du programme de conformité doit être complétée. Il précise de plus le délai
minimal dans lequel la demande de prolongation doit être transmise à l'office.
La Présidente (Mme
Guillemette) : Des commentaires? Oui, Mme la députée de
Marguerite-Bourgeoys.
Mme David : Est-ce qu'on doit
conclure que, dès que la demande est déposée, automatiquement, l'office accepte
le délai?
M. Jolin-Barrette : Non.
David : Donc, l'office a des critères pour dire : Oui
ou non, as-tu droit à un délai, deux délais, trois délais?
M. Jolin-Barrette : Non, mais
l'objectif, c'est que l'organisme se conforme à son plan de conformité, mais,
tu sais, ce n'est jamais... Il y a eu de l'accompagnement, l'OQLF a été là,
puis que l'organisme, dans le fond, il a les deux pieds sur le frein, là, qu'il
ne fait rien, là, ça se peut que l'OQLF dise : Non, non, là, comme vous
n'avez rien fait au cours de la dernière année, là, ce n'est pas vrai qu'on va
vous prolonger votre plan, là.
Mme David : Donc, c'est l'OQLF qui
exerce, on pourrait dire, son jugement sur la pertinence ou pas de demander un
délai, parce qu'au contraire on pourrait donner l'exemple d'un organisme qui,
pour toutes sortes de bonnes raisons...
M. Jolin-Barrette : Effectivement.
Mme David : ...n'est pas prêt, ou
alors l'OQLF, pour toutes sortes de bonnes raisons, n'a pas pu l'accompagner
autant qu'il voulait. Moi, c'est ce que je crains le plus, là. Et donc tout ça
a pris des retards, et puis, d'un commun accord, quasiment, ils disent :
On va donner six mois de plus.
M. Jolin-Barrette : Oui, puis, entre
autres, c'est le gros bon sens aussi de... sur le plan administratif, là. Ce
qui est important aussi, tu sais, un organisme, l'Administration, respecter son
programme de conformité, ça devrait aller de soi, là.
David : Je sais, mais ce qui n'ira peut-être pas de soi,
c'est la présence suffisante de tout cet accompagnement nécessaire. Puis, je pense, l'OQLF n'aura pas
juste l'Administration à s'occuper, là. Il va avoir toutes les entreprises
aussi.
M. Jolin-Barrette : Non, mais je
suis d'accord. Et, vous savez, il y a les entreprises, mais, lorsqu'on est un corps public, au premier chef, l'Administration,
l'État, avec l'exemplarité de l'État, là, il y a un signal qui est envoyé,
Mme David : Tout à fait.
M. Jolin-Barrette : Donc, comment je
pourrais dire, l'accompagnement de l'office envers les différents réseaux, bien
sûr, il est là, mais un réseau scolaire...
Mme David : Ils ont des
gestionnaires pour être capables de gérer ça. Je comprends ce que vous voulez
dire. Donc, ça ne devrait pas arriver trop souvent.
M. Jolin-Barrette : Puis c'est un
réseau public payé avec des fonds publics. Ça fait
partie de l'Administration
de l'État. Je pense que le niveau d'appui... En fait, l'autonomie des
différents réseaux leur permet justement de consacrer les ressources requises à
cela.
Mme David : O.K., ça va.
La Présidente (Mme Guillemette) : Ça
va? Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire, M. le ministre, présentez-nous
l'article 134.4 ainsi que votre amendement.
M. Jolin-Barrette : ...amendement.
«134.4. Lorsque l'office est d'avis, à la suite de la mise en oeuvre complète
d'un programme de conformité par un organisme, que l'utilisation du français au
sein de cet organisme est conforme aux dispositions de la présente loi et qu'il
satisfait aux autres obligations qui lui incombent en vertu de ces
dispositions, l'office lui délivre une attestation de conformité.
«L'office fait plutôt rapport de son avis prévu
au premier alinéa au ministre lorsqu'il s'agit d'un organisme de l'Administration qui était un organisme ou un
établissement reconnu en vertu de l'article 29.1. Lorsque le ministre est
d'avis que l'organisme satisfait aux
obligations auxquelles il est tenu en vertu de la présente loi, il en avise
l'office et l'organisme.»
Commentaires :
L'article 134.4 de la Charte
de la langue française que propose l'article 73 du projet de loi prévoit
la fin de la mise en oeuvre du programme de conformité. L'office délivre alors
à l'organisme une attestation de conformité. Cependant, s'il s'agit d'un
organisme ou d'un établissement qui était reconnu en vertu de
l'article 29.1, l'office ne délivre pas d'attestation, mais communique son
avis au ministre puisqu'en ces cas c'est lui qui détermine si l'organisme ou
l'établissement satisfait aux obligations auxquelles il est tenu en vertu de la
charte, y incluant le devoir d'exemplarité prévu à l'article 13.1.
dispositions du deuxième alinéa de l'article 134.4 entreront en vigueur à
la date qui suit de trois mois celle à laquelle est approuvée la première
politique linguistique d'État, ainsi que le prévoit le paragraphe 6° de
l'article 201.
Et l'amendement, Mme
la Présidente : À l'article 73 du projet de loi, remplacer, dans le
deuxième alinéa de l'article 134.4 de la Charte de la langue française
qu'il propose, «de l'Administration qui était un organisme ou un établissement»
par «municipal qui était».
Commentaires :
Cet amendement est de même nature que celui apporté par l'article 128.2 de
la Charte de la langue française que propose l'article 73 du projet de
loi.
Il propose de
modifier le deuxième alinéa de l'article 134.4 de cette charte que propose
l'article 73 du projet de loi pour ne viser que les organismes municipaux
puisque ces organismes relèvent de la surveillance du ministre. L'Office
québécois de la langue française n'interviendra à leur égard que si leur
reconnaissance leur est retirée. Donc, ça, c'est par concordance par rapport à
ce qu'on a fait tantôt.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, M. le ministre. Des commentaires sur
l'amendement?
Mme David :
Je comprends qu'effectivement c'est le miroir de ce qui a été fait
précédemment. Alors, je pense que, là-dessus, on se comprend.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Parfait. Donc, est-ce que l'amendement est
adopté? Adopté, donc, l'article 134.4 amendé. Et donc nous passons à
l'article 134.5.
M. Jolin-Barrette :
Oui. «L'organisme de l'Administration auquel une attestation de conformité
a été délivrée en vertu du premier alinéa de l'article 128.8 ou 134.4
doit, tous les cinq ans à compter de cette délivrance, faire par rapport, par
écrit, à l'office de sa conformité avec les dispositions de la présente loi et
des mesures qu'il met en place pour s'assurer du respect de ces dispositions.
«Le rapport traite,
en outre, des sujets visés au premier alinéa de l'article 129.
«L'office, lorsqu'il
a des motifs de croire qu'un tel organisme fait défaut de se conformer à la
présente loi, peut lui demander de faire un tel rapport. L'organisme doit, dans
le délai fixé par l'office, lui transmettre ce rapport.»
Commentaires :
L'article 134.5 de la Charte de la langue française que propose
l'article 73 du projet de loi prévoit que l'organisme auquel une
attestation de conformité a été délivrée doit, tous les cinq ans, faire rapport
à l'office de sa conformité à la charte.
rapport doit au plus... de plus traiter des sujets dont doit traiter un
programme de conformité visé à l'article 129.
En plus de ce rapport
quinquennal, l'office peut demander à un organisme de produire un tel rapport dans
le délai qu'il fixe lorsqu'il a des motifs de croire que l'organisme ne
respecte pas la charte.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Des commentaires sur l'article 134.5?
Pas de commentaire. Donc, M. le ministre, présentez-nous l'article 134.6
ainsi que votre amendement.
M. Jolin-Barrette :
Oui. «134.6. Lorsque l'office estime, après examen du rapport prévu au
premier alinéa de l'article 134.5 ou à l'occasion du traitement d'une
plainte, que l'utilisation du français au sein de cet organisme n'est plus
conforme aux dispositions de la présente loi ou qu'il ne satisfait [pas] aux
autres obligations qui lui incombent en vertu de ces dispositions, l'office
peut suspendre l'attestation de conformité qu'il lui avait délivrée en plus de
lui ordonner, en vertu de l'article 128.8, d'élaborer et de mettre en
oeuvre un programme de conformité.
«L'office peut
également suspendre l'attestation de conformité lorsque l'organisme ne se
conforme pas à une ordonnance rendue par le ministre en vertu de l'article 128.3
ou par l'office en vertu de l'article 177.
«Les autres
dispositions de la présente
section sont alors applicables, compte tenu des
adaptations nécessaires.»
Et l'amendement, Mme
la Présidente : À l'article 73 du projet de loi, remplacer, dans le
premier alinéa de l'article 134.6 de la Charte de la langue française
qu'il propose, «de cet organisme» et «l'attestation de conformité qu'il lui
avait [été] délivrée» par, respectivement, «d'un organisme de l'Administration
auquel une attestation de conformité a été délivrée en vertu du premier alinéa
de l'article 128.8 ou 134.4» et «cette attestation».
Commentaire :
Cet amendement corrige une imprécision dans le texte de l'article 134.6.
En effet, dans cet article, l'expression «cet organisme» ne permet pas
de déterminer l'organisme dont il s'agit. Il est donc proposé de viser un
organisme de l'Administration auquel une attestation de conformité a été
délivrée, comme cela se fait à l'article 134.5.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci, M. le ministre. Des commentaires sur
l'amendement de M. le ministre? Pas de commentaire. Donc, est-ce que
l'amendement au point 134.6 est adopté?
La Présidente
(Mme Guillemette) : Donc, l'article étant adopté, nous pouvons
passer au vote sur l'article 73, mais avant j'aimerais savoir est-ce qu'il
y a des commentaires sur les intitulés de l'article 73. Pas de
commentaire. Donc, je vais mettre aux voix l'article 73 amendé. Est-ce que
l'article est adopté?
Présidente (Mme Guillemette) :
L'article 73 amendé est adopté. M. le ministre, présentez-nous
l'article 74.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Donc : Cette charte est modifiée par l'insertion, après
l'intitulé du
chapitre V qui précède l'article 135, de ce qui suit :
Commentaires :
Par concordance avec l'article 89 du projet de loi, qui propose
l'introduction dans le
chapitre V du
titre II de la Charte de la
langue française une
section III comprenant les articles 59 et 150,
l'article 74 du projet de loi propose de faire de l'article 135 de la
section I... de ce
chapitre relatif à son champ d'application.
Présidente (Mme Guillemette) : Est-ce qu'il y a des
commentaires sur l'article 74? Non, pas de commentaire. Donc,
l'article 74 est adopté?
La Présidente (Mme Guillemette) : Donc,
nous passons à l'article 75.
M. Jolin-Barrette : Cette
charte est modifiée par l'insertion, après l'article 135, de ce qui
suit :
«Francisation des entreprises employant
25 personnes ou plus.»
Commentaires :
Par concordance avec l'article 89 du projet de loi, qui propose
l'introduction dans le
chapitre V du
titre II de la Charte de la
langue française d'une
section II comprenant les articles 59 et 150,
l'article 75 du projet de loi propose de faire des articles 136 à 148
de la charte la
section II de ce chapitre, relative à la francisation des
entreprises employant 25 personnes ou plus.
La Présidente (Mme Guillemette) : Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 75?
David : Je vais prendre
26 secondes pour vous dire que j'aurai des commentaires importants, ainsi
que mon collègue, au retour, Mme la
Présidente, et que nous entamons un tout nouveau chapitre. Alors, c'est très
important de le faire à tête reposée,
en ayant un peu de sustentation physique, et nous allons revenir après en
pleine forme pour discuter des entreprises.
La Présidente (Mme Guillemette) : Merci
beaucoup, Mme la députée.
Effectivement, compte tenu de l'heure — merci
pour votre collaboration — la
commission ajourne ses travaux sine die. Merci, tout le monde, encore une fois.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M. Poulin) : Alors,
votre attention, s'il vous plaît! La Commission de la culture et de l'éducation
reprend ses travaux. Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de loi
n° 96,
Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le
français
Lors de la suspension de nos travaux, nous
étions à l'étude de l'article 75 du projet de loi, et, Mme la députée de Marguerite-Bourgeoys,
vous souhaitiez intervenir, je crois.
David : Je souhaitais intervenir? Encore faudrait-il
que... parce que l'article 75, Francisation des entreprises...
Mme David : Ah! 76. O.K. Bien oui.
Excusez, je pensais qu'on était à 75.
Le Président (M. Poulin) : Ah! c'est
peut-être moi qui vous a induite en erreur. On est au 76?
Le Président
(M. Poulin) : On est sur 75?
D'accord. Mais si vous voulez qu'on vote 75 et qu'on a 76, Mme la
députée, c'est vous qui décidez.
Mme David : Bien, «Cette charte est
modifiée...», ça a été lu, tout ça, là, par le ministre, là?
Le Président (M. Poulin) : Oui.
Mme David : Il a lu le titre, et
tout ça, oui? Je vous fais confiance, hein, parce que moi, j'en ai... j'ai
d'autres chats à fouetter, là.
Donc, non... bien, évidemment, je n'ai pas de
commentaire. C'est sur le titre, alors ça va.
Le Président (M.
Poulin) : D'accord. Est-ce qu'il y a