Labour and the Economy — 29 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2024-10-29
Quebec — Committees
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
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27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 29 octobre 2024
Vol. 47 N° 74
Étude détaillée du projet de loi n° 71, Loi visant à améliorer l’accompagnement des personnes et à simplifier le régime d’assistance sociale
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-neuf minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour
tout le monde ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 71, Loi visant à
améliorer l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime d'assistance
sociale.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Dufour (Abitibi-Est) est remplacé par Mme Poulet (Laporte); Mme
Malette (Huntingdon) est remplacée par Mme Blais (Abitibi-Ouest); Mme Tremblay
(Hull) est remplacée par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice); Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé) est remplacée par Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce); Mme
Lakhoyan Olivier de (Chomedey) est remplacée par Mme Prass (D'Arcy-McGee); et M.
Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par Mme Labrie (Sherbrooke).
• (9 h 50) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Avant de débuter les remarques...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...les
remarques préliminaires, je dépose la mémoire et les documents reçus depuis la
fin des auditions.
Nous débutons avec les remarques
préliminaires. Mme la ministre responsable de la Solidarité sociale et de
l'Action communautaire, vous disposez de 20 minutes.
Mme Rouleau : Je vous
remercie beaucoup, Mme la Présidente, et je souhaite la bienvenue à toutes et à
tous à cette étude détaillée du projet de loi n° 71.
On arrive avec le début de cette étude détaillée.... en fait, nous arrivons
dans le vif du processus législatif qui entoure tous les efforts de
modernisation de l'assistance sociale. Nous sommes réunis autour d'une volonté
commune de moderniser l'assistance sociale et de le rendre plus conforme aux
réalités et aux enjeux actuels. Alors, nous voilà arrivés au moment de regarder
point par point les mesures qui sont proposées dans le cadre du projet de loi n° 71.
J'aimerais d'abord saluer les membres de
cette commission et les remercier pour leur engagement et tout le sérieux avec
lequel nous abordons nos échanges et nos travaux. Avec l'ensemble des
dispositions du projet de loi n° 71, il y a beaucoup de travail devant
nous pour mener à bien cette étape du processus législatif.
Je sais que toutes les députées et les
députés qui sont présents abordent ce travail avec l'idée d'en arriver aux
meilleurs résultats possibles, au bénéfice, bien sûr, des personnes qui
reçoivent le soutien à l'assistance sociale. C'est un travail des
parlementaires qui peut se réaliser grâce aux efforts de nombreuses autres
personnes, dont il faut également souligner la contribution.
D'abord, Mme la Présidente, je pense aux
personnes et aux organismes qui ont pris le temps de nous déposer un mémoire ou
encore venir nous rencontrer à l'étape des consultations. Je salue également
l'engagement qui transparaît de leurs propos et la volonté d'améliorer la
société dans laquelle on vit au-delà des divergences de certaines visions sur
certains points.
Je veux également saluer le travail de mon
collègue qui est assis à ma droite, M. Francis Gauthier, qui est sous-ministre
adjoint à la Solidarité sociale et à l'assurance parentale et, bien sûr, le
travail des équipes du secteur de la solidarité sociale et e l'assurance
parentale, de la Direction des affaires juridiques, des équipes du ministère,
avec qui j'ai eu le plaisir de travailler, ces derniers mois, pour cette...
élaborer cette proposition législative. Ce sont des professionnels dévoués qui
ont joué un rôle essentiel dans la préparation du projet de loi et ils continuent
de le faire tout au long du processus législatif.
Permettez-moi aussi, Mme la Présidente, de
saluer les équipes du ministère partout sur le territoire du Québec, des gens
qui travaillent au quotidien auprès des prestataires de l'assistance sociale et
que j'ai eu la chance de rencontrer au cours des tournées à travers le Québec
que j'ai pu faire. Leur grande humanité me touche, et je sais que certaines des
mesures que nous discutons aujourd'hui comptent beaucoup pour ces équipes parce
que nous nous sommes inspirés des nombreuses discussions que nous avons eues.
J'espère que ces... toutes les mesures sauront les mobiliser encore davantage
dans le soutien qu'elles donnent aux prestataires chaque jour.
J'aimerais aussi reconnaître le travail
effectué par mes prédécesseurs, plus particulièrement le professeur François
Blais, qui est un ancien ministre libéral et qui a su, par le passé, ajuster la
loi pour améliorer le sort des gens avec contraintes sévères en introduisant le
programme de revenu de base. Il a aussi su ajuster certains programmes d'aide
sociale en introduisant le programme Objectif Emploi, qui est certainement une
grande source d'inspiration pour l'approche de cette modernisation du régime
social.
Il y a eu un travail important des interventions
considérables au régime d'assistance sociale au cours des dernières années, et
nous voulons poursuivre sur ces bases... sur ces bases pour moderniser le
régime que propose le projet de loi n° 71.
J'aime aussi me rappeler que les mesures
qui constituent le régime sont interreliées. Elles doivent être lues non
seulement dans le contexte du régime lui-même, mais aussi dans le contexte plus
large des différents programmes gouvernementaux et du régime fiscal, entre
autres.
Je pense qu'il est utile de se rappeler
que le projet de loi fait
partie de tout un travail qui se poursuit depuis deux
ans pour renouveler et améliorer l'action du gouvernement en matière de lutte
contre la pauvreté et l'exclusion sociale. C'est un travail qui a commencé par
l'écoute et la consultation, et au fil d'une tournée de toutes les régions du
Québec, j'ai eu l'occasion de discuter avec plus de 300 représentants
d'organismes communautaires à travers le Québec. J'ai aussi échangé avec
plusieurs partenaires des alliances pour la solidarité. J'ai discuté avec des
personnes vivant de prestations d'aide sociale et je les remercie d'avoir pris
le temps pour ces échanges. Et je pense à un certain...
Mme Rouleau : ...Michel, du
Bas-du-Fleuve, que je salue. Il était important pour moi d'avoir un portrait
clair des réalités et aussi celles qui... celles des personnes, les réalités
des personnes qui bénéficient du soutien au quotidien. Nos efforts visent à
bien cadrer et orienter nos actions. Le ministère de l'Emploi et de la
Solidarité sociale a également réalisé toute une série d'activités pour cerner
les enjeux et notamment pour préparer le plan de lutte contre la pauvreté et
l'exclusion sociale, que j'ai pu déposer au mois de juin dernier. Une
consultation publique en ligne avec une participation de
2 530 personnes, six ateliers thématiques avec plus de
50 intervenants, des entretiens avec 83 personnes sur la situation de
la pauvreté et l'exclusion sociale. Un processus où on a reçu
273 mémoires, 207 questionnaires thématiques qui ont été complétés.
Donc, des propositions qui ont été formulées en tenant compte... formulées par
notre gouvernement, pour... en tenant compte d'un très large dialogue et en
tenant compte, bien sûr, d'une série de contributions et de recommandations.
Le contenu du projet de loi s'inscrit donc
en cohérence avec les résultats de ces consultations et avec tout le travail
d'élaboration et de mise en œuvre du plan d'action gouvernemental visant à la
lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. L'action du gouvernement du
Québec dans ce domaine est prioritaire et comporte bien des facettes. Il
résulte de 71 actions portées par 21 ministères et organismes
gouvernementaux pour agir sur les causes de la pauvreté et de l'exclusion
sociale. Le caractère évolutif du plan a montre d'ailleurs que nous ne
souhaitons plus que l'action gouvernementale soit figée dans le temps pour cinq
ans et nous voulons continuer à cheminer et nous adapter à renforcer notre
action en actualisant le plan de lutte, en utilisant les bons leviers en temps
opportun.
Le plan d'action vise à intervenir de
manière structurante tant par la recherche et le développement. Au niveau, par
exemple, de la sécurité alimentaire, Mme la Présidente, c'est
140 millions de dollars qui seront investis et
3,5 milliards de dollars mis en œuvre en matière d'habitation et de
lutte à l'itinérance. On parle d'actions structurantes qui veulent répondre à
long terme à des problématiques qui ont gagné en importance au cours des
dernières années. Et le projet de loi n° 71 vient poser des jalons
supplémentaires dans ces efforts de lutte à la pauvreté et l'exclusion sociale.
Le projet de loi vient concrétiser la volonté du plan d'action à accompagner
plus de 50 000 prestataires de l'assistance sociale vers une démarche
vers l'emploi et d'autres formes de participation sociale en tenant compte de
leurs difficultés particulières. Les mesures proposées doivent être considérées
comme une part de tout cet ensemble de mesures et d'investissements publics. Et
nous comprenons bien les réalités auxquels font face un grand nombre de
Québécoises et de Québécois et nous agissons de façon à pouvoir y répondre.
Pour bien mettre en perspective les
éléments spécifiques sur lesquels nous allons nous pencher au cours des
prochaines heures et prochains jours, je veux d'abord rappeler les grandes
lignes et les principes de ce projet de loi. Les mesures qui sont proposées se
situent autour de quatre grands axes, améliorer l'accompagnement des personnes,
notamment en proposant des plans d'intervention individualisés ou en augmentant
la portée des programmes d'aide et d'accompagnement social, favoriser
l'intégration en emploi en ouvrant à un plus grand nombre de personnes l'accès
au programme Objectif emploi, mais aussi en accordant un supplément pour les
études menant à l'obtention d'un diplôme d'études secondaires et une prime à la
diplomation pour mieux outiller les personnes qui sont actuellement sans
diplôme. On veut humaniser l'assistance sociale en adoptant des approches plus
souples, en réponse à des enjeux spécifiques, et on veut simplifier les
modalités d'application des programmes, entre autres en fusionnant les
programmes d'aide sociale et de solidarité sociale.
• (10 heures) •
En nous penchant de façon détaillée sur
chacun des articles, notre but sera de considérer comment les propositions
s'alignent avec ces axes et ces objectifs. Je crois fermement, Mme la
Présidente, que les mesures proposées représentent des progrès à plusieurs
chapitres dans le soutien offert aux personnes qui se retrouvent à l'assistance
sociale. Je suis convaincue qu'il existe de grands bénéfices à la contrainte
santé — la nouvelle disposition, Mme la Présidente. Il y a beaucoup d'éléments
positifs qui apparaissent quand on vise à permettre une meilleure prise en
compte des enjeux auxquels les personnes peuvent faire face, et je pense
particulièrement aux processus de reconnaissance des contraintes, dont le but
est de mieux comprendre le profil des prestataires et leur profil spécifique,
leurs besoins spécifiques pour leur donner accès à des mesures et un soutien
adapté à leurs besoins. Ce sont des façons d'améliorer l'accompagnement et...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) Mme Rouleau : ...d'ouvrir de
nouvelles possibilités pour avancer, pour se mettre en mouvement. Je constate
également une reconnaissance très positive pour les autres mesures visant à
améliorer l'accompagnement des prestataires et à ajuster nos façons de faire en
réponse à leur réalité individuelle. Et à ce propos, je vais insister, encore
une fois, sur la volonté du projet de loi de lever certains obstacles qui
peuvent compliquer le cheminement des personnes quand elles veulent se mettre
en mouvement vers l'emploi ou accroître leur participation sociale.
Et ce que nous proposons, c'est justement
d'opter pour un versement individuel de la prestation, c'est de revoir les
mécanismes qui peuvent contribuer à des situations de surendettement, c'est d'abolir
la contribution parentale lorsque le jeune adulte n'habite pas chez ses
parents. Toutes ces mesures sont des améliorations très concrètes qui méritent
d'être mises en œuvre pour mieux soutenir les personnes aux prises avec des
situations difficiles et pour les aider dans leur mise en mouvement.
Mme la Présidente, à la lumière des
discussions que nous avons eues jusqu'à maintenant, notamment dans le cadre des
consultations particulières, j'ai toute l'ouverture d'entendre les propositions
de mes collègues. Je souhaite aussi proposer certains ajustements.
J'ajoute par ailleurs que les travaux de
la commission visent l'examen des dispositions législatives et c'est donc sur
ces dispositions que nous allons nous concentrer. Les changements réglementaires
qui complètent l'élaboration et l'application d'une loi sont un chantier en soi
et sont menés suivant les travaux parlementaires, en s'alignant avec la loi et
ses objectifs. Ces règlements et les composantes administratives qui s'y
rattachent seront ainsi élaborés en fonction de la nouvelle loi une fois que l'Assemblée
nationale aura complété son travail.
Dans le cadre de nos travaux, je me ferai
toutefois un plaisir de bien situer les articles et les mesures qui y sont liés
afin que le résultat souhaité de notre travail législatif soit aussi clair que
possible. Mais je peux clairement vous identifier que nous ne comptons
aucunement laisser tomber les personnes les plus vulnérables au Québec.
Les intentions réglementaires viseront
notamment la création d'ajustements et de prestations spéciales complémentaires
aux dispositions législatives proposées dans le projet de loi. Notamment, ces
ajustements permettront de mieux soutenir financièrement ou de manière
équivalente les personnes victimes de violence vivant en maison d'hébergement,
les proches aidants, les parents ayant un enfant handicapé. De plus, le fait d'être
enceinte d'au moins 20 semaines et jusqu'à la 18 ᵉ semaine suivant l'accouchement
donnerait le droit à une allocation pour contraintes de santé.
Mme la Présidente, je ne veux prendre...
je ne veux pas prendre plus de temps à cette étape, sachant tout le travail qui
nous attend pour mener à bien cette étude détaillée d'un projet de loi complexe
et aux multiples volets. De nouveau, merci infiniment aux collègues
parlementaires et aux équipes ministérielles qui travailleront tous très fort
dans ce dossier. Merci encore aux groupes qui ont participé en personne ou en
soumettant des mémoires, des mémoires qui rentrent encore.
Merci d'avoir participé à ces
consultations particulières. Je connais et j'apprécie grandement le sérieux
avec lequel cette commission travaille et je sais qu'elle nous permettra de
faire avancer le projet de loi de façon positive. Merci à mes collègues de ce
côté-ci que je salue. Et voilà, Mme la Présidente, nous pouvons... nous
pouvons démarrer.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la ministre. Je vous assure que vous avez fait un éloge d'un collègue qui n'est
pas de votre parti. C'est la première fois que j'en suis témoin. C'est tout à
votre honneur. Merci infiniment. C'est comme ça qu'on travaille à l'Assemblée
nationale, parfois en collégialité avec les anciens députés et les députés présents.
Mme la ministre, je vous remercie
de... de votre temps de parole. Maintenant, j'invite la... l'opposition
officielle, la députée de Notre-Dame-de-Grâce, pour faire ces remarques
préliminaires d'une durée de 20 minutes maximum. La parole est à vous.
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Et d'ailleurs, je salue la ministre, son équipe du ministère, les
collègues de la banquette ministérielle, aussi les collègues de ce côté en
opposition, la députée de Sherbrooke, le député de Jean-Talon aussi qui ont
participé, à nos côtés, lors des consultations particulières ainsi qu'à l'adoption
du principe, et maintenant nous sommes à l'étude détaillée. Je veux aussi
saluer tout le travail du ministère et aussi le secrétariat de la commission
pour... pour leur appui précieux.
Je veux aussi saluer la ministre de bonne
foi...
Mme McGraw : ...je sais qu'on
n'a pas le droit de souligner l'absence des collègues, mais puis-je souligner
la présence des collègues? Et j'ai remarqué que la ministre était présente
pendant le débat complet sur l'adoption du principe. Ce n'est pas toujours le
cas. Alors, moi, je tiens à la souligner, l'écoute de la ministre, c'est très
apprécié, et je... C'est aussi apprécié d'entendre son ouverture à faire des...
bon, je pense qu'elle a dit des ajustements. Alors, je pense que c'est une
bonne chose. Parce qu'on veut... je pense qu'on veut tous et toutes s'assurer
que les bonnes intentions de la ministre et les bonnes intentions du projet de
loi se concrétisent et ne soient pas contredites par les impacts, ça fait qu'on
rassure les bonnes intentions pour les concrétiser dans ce projet de loi. Et je
pense qu'il y a de la bonne volonté, justement, dans ce sens-là.
Je voulais aussi souligner... Et j'entends
la ministre sur les règlements. On comprend qu'on ne peut pas présenter les
règlements tout de suite, j'ai bien écouté ce qu'elle avait dit. Je souligne
quand même que les intentions réglementaires, qui ne sont pas les règlements
eux-mêmes, auraient été appréciées, juste pour faire en sorte que, notre
travail de législateur, de législatrice, on ait plus d'informations pour bien
faire notre travail. C'est de notre devoir. Donc, je trouve que c'est dommage,
qu'on n'a pas les intentions, mais j'apprécie aussi le fait que la ministre
souligne le fait qu'on va être aussi claire que possible. Quand même, on aurait
bien aimé avoir les intentions, mais je pense qu'on l'a déjà souligné.
Donc, le contexte dans lequel on se trouve
pour aborder ce projet de loi, je pense que c'est... Il faudrait quand même
souligner plusieurs éléments. Premièrement, on a vu que le Bilan-Faim Québec
est sorti... qui vient de sortir, effectivement, en 2024, et il y a quand même
des constats importants. On constate, effectivement, que bien des Québécois vivent
une insécurité, même une précarité financière qui se traduit... qu'il y a
beaucoup d'enjeux, qui se traduit dans une... bien plus qu'une insécurité
alimentaire, mais une détresse, une vraie détresse alimentaire. On voit aussi
qu'il y a des nouveaux visages de la pauvreté. On voit dans les statistiques
les données qui sont présentées dans ce bilan. 940 et plus mille Québécois ont
été aidés à travers tous les services offerts par les banques alimentaires en
un mois. Depuis 2021, c'est une hausse de 53 %. Je sais que la ministre
connaît bien les données, mais je pense que... je tiens à les souligner parce
que c'est le contexte pour notre travail, parce qu'on ne peut pas juste être en
mode réaction. C'est sûr qu'il faut appuyer les banques alimentaires et répondre
à la demande. Mais on est là, vraiment. Le projet de loi n° 71, c'est une
opportunité en or pour proposer des mesures et des gestes structurants. On
souligne au fait que 2,9 millions de demandes d'aide alimentaire sont
répondues à chaque mois. C'est une hausse de 55 % depuis 2021 et de 13 000
depuis l'année passée. Il y a des familles, il y a... 35 % des
bénéficiaires sont des enfants, 43 000 sont des enfants de plus... de plus
qu'en 2021. Il y a des étudiants qui s'ajoutent et même il y a des personnes
qui ont des salaires, des emplois qui se présentent aussi. D'ailleurs,
20 % des ménages qui bénéficient du dépannage alimentaire ont un emploi
comme revenu principal... source d'emploi... source de revenus, pardon. Donc,
c'est quand même des faits qui sont choquants. Je pense qu'on est tous et
toutes d'accord qu'au Québec ce n'est pas cette réalité-là qu'on... que trop de
Québécois vivent et que la situation est vraiment urgente. Donc, c'est contexte
point numéro un.
Je voulais aussi souligner le fait qu'on
est en... Donc, c'est une belle opportunité de vraiment poser des mesures
structurantes pour s'attaquer à la source. On comprend qu'il y a d'autres
enjeux, logement et autres, qui ont une influence, évidemment, un impact direct
sur...
Mme McGraw : ...et des gens
qui se trouvent en cette situation-là, mais quand même, on peut poser des
gestes structurants avec ce projet de loi.
• (10 h 10) •
Je pense qu'on va aussi... on se doit de
le souligner aussi, le fait qu'il y a eu... on est dans un contexte budgétaire
déficitaire historique de 11 milliards de dollars, ce qui pourrait
limiter les possibilités pour le gouvernement. Mais on souligne qu'on ne peut
pas faire des économies sur le dos des groupes vulnérables. Ce n'est pas une
valeur québécoise. Alors, il faut trouver une voie de passage dans ce contexte
déficitaire pour ne pas pénaliser davantage les plus vulnérables.
On souligne aussi le fait que c'est une
somme... c'est... on voit une approche de somme nulle qui fait en sorte qu'il y
a des gagnants puis des perdants dans ce projet de loi là. Et pour certains
groupes vulnérables, c'est vraiment des pertes des acquis très importants, et
ça représente pour ces groupes-là des pertes, des reculs, bien que, pour le
gouvernement, c'est un exercice à coût nul, ce n'est pas pour la société un
coût nul, il y a des vrais coûts pour des vraies personnes et des personnes
vulnérables. Alors, avec certains changements clés qui sont amenés par ce
projet de loi, il y a des reculs importants.
Et... et je souligne... je dois le
souligner, on comprend aussi que le projet de loi n° 71
est en préparation quand même active depuis deux ans. Ça donne suite au
quatrième Plan d'action gouvernementale visant de lutter contre la pauvreté et
l'exclusion sociale. On comprend que ce plan a été lancé le 21 juin,
c'est-à-dire le vendredi avant la Saint-Jean, avant la fête nationale, ça fait
que je pense que c'est important d'en parler de ce plan-là qui donne... qui...
qui... qui s'approche des lois qui donnent suite à ce plan d'action-là. Mais on
trouve que les circonstances, justement, c'est... c'est des manques de
financement, c'est quatre fois moins de financement que les les plans et les
plans antérieurs, et sans prendre en considération même l'inflation. Alors ça,
on tient à le souligner.
J'ai parlé des groupes vulnérables, je
vais revenir là-dessus, mais ça dans ce groupe-là on compte les familles
monoparentales, on compte les proches aidants, les parents qui sont des proches
aidants pour des enfants qui ont... vivent avec des handicaps ou des
déficiences. Et ma collègue en a parlé davantage. On parle des victimes de
violence conjugale et aussi des proches, ce que j'appelle les proches aînés de
58 ans et... à 64 ans. Et dans tous ces groupes-là, les femmes sont
surreprésentées. Alors, je pense qu'il est important de faire une analyse basée
sur la différence entre les genres, l'impact de ce projet de
loi sur les femmes
et les genres. Donc, cette analyse, je pense, s'impose parce que ces... les
femmes sont surreprésentées dans les groupes vulnérables qui se retrouvent avec
des reculs et des pertes d'acquis importantes. Donc, voilà pour un peu le
contexte.
On voit quand même qu'il y a cette l'idée
d'une triple crise socioéconomique donc au niveau de le coût de la vie, le
déficit mais aussi pénurie de main-d'oeuvre où, c'est ça qu'on veut, que les
gens... tous les gens qui ont la capacité de travailler — puis là on
fait la distinction entre la capacité et la volonté — alors tous ceux
qui ont la capacité de travailler sont d'accompagnés et appuyés pour s'insérer,
pour l'insertion, mais aussi le maintien au travail.
Alors, je pense quand même qu'il y a des
positifs dans ce projet de loi. On les a soulignés. Par contre, chaque élément
positif, il y a quand même des bémols. On on trouve que c'est une bonne chose
d'avoir créé des projets-pilotes. Et d'ailleurs la ministre a souligné la
participation de l'ancien ministre, de son... de son... de son prédécesseur,
pardon, François Blais, que, justement, il a proposé quatre projets-pilotes
très intéressants. On souligne aussi le fait qu'il y a des plans
individualisés...
Mme McGraw : ...pour la
participation sociale et l'insertion en emploi, pour les bénéficiaires qui le
demandent, on va revenir là-dessus pour s'assurer que ces plans sont vraiment
individualisés, personnalisés, mais surtout qu'on va rejoindre les personnes
qui pourraient bénéficier davantage. Et souvent, ces personnes qui, par
exemple, vivent l'itinérance, est-ce qu'ils vont vraiment demander ces plans
individualisés? Alors comment s'assurer que c'est offert à tous et à toutes et
qu'ils ont un droit de refuge sans se faire pénaliser, par exemple.
On prend note du fait qu'il y ait une
création de réseaux régionaux d'accompagnement de bénéficiaires. On trouve ça
intéressant. On sait qu'il y a des enjeux de composition, il y a des enjeux de
coordination, il y a... C'est plusieurs groupes qui ont soulevé d'éviter le
dédoublement, donc c'est à voir. On trouve aussi le fait de... des avancées sur
des dates à l'aide sociale, c'est des avancées. Le fait qu'on a pour la vie
maritale une personne, un chèque. Mais, bien que le montant ne change pas, on
avait demandé l'analyse de l'impact de, si le montant changerait, comme avec
les personnes qui ne sont pas mariées, quel serait l'impact et financier et
social parce que c'est important de prendre des données basées sur... les
décisions basées sur les données. Donc, on aimerait demander au gouvernement de
présenter et de faire cette analyse-là. Et on trouve aussi intéressant
d'étendre la période pour la grossesse de 20 semaines jusqu'à huit,
18 semaines après, après la naissance, mais pas au départ des enfants de
0,3 jusqu'à cinq ans non plus, qui... c'est... Ces jeunes familles là, il y en
a qui vont perdre des acquis. On trouve aussi que le supplément pour les études
est intéressant. On voudrait voir... encore élargir. On a entendu beaucoup de
groupes qui ont parlé d'élargir la reconnaissance.
Au niveau d'autres enjeux qui... qu'on
surveille de près, puis on va discuter, c'est... Comme je dis, côté plus
négatif, qu'on espère qu'on va pouvoir rectifier, c'est cette perte d'acquis
importants pour les populations vulnérables, je les ai déjà nommées, et que...
le fait que les femmes soient surreprésentées dans ces catégories. Il y a
aussi... qui est très, très, très important, c'est l'abolition de la notion de
contrainte à l'emploi qui est remplacée par une notion plus restreinte,
effectivement, de contraintes de santé, qui, selon les groupes qu'on a
entendus, ne tiennent pas nécessairement compte d'enjeux psychosociaux. Ça fait
que, si c'est l'intention, que ça tienne compte de ces enjeux-là, il faudrait
être très clair dans le projet de loi, là.
On a entendu aussi parler des enjeux
environnementaux. Je ne parle pas nécessairement de la nature, mais plutôt le
marché, l'économie, des enjeux ou des facteurs qui... dont les prestataires et
les personnes n'ont pas vraiment de contrôle. Et on a entendu dire que la
pauvreté est elle-même une contrainte, peut elle-même être une contrainte à
l'emploi. Parce qu'on a eu des témoignages vraiment extraordinaires des
personnes qui vivent ces réalités-là, puis moi, j'ai porté une attention, je ne
suis pas la seule, je pense qu'on a tous à porter une attention très
particulière aux témoignages des personnes avec de l'expérience vécue, puis on
a compris que... si on ne savait pas déjà, que les gens qui sont démunis avec
des situations précaires, financières précaires, ils passent plus de leur temps
à combler leurs besoins de base tels les aliments, les vêtements, le logement
que les autres où... dont les moyens sont... avec plus de moyens. Alors, je
souligne le fait que, oui, il y a plus de professionnels de santé qui vont
pouvoir faire une évaluation sur un ensemble, mais sur un ensemble de capacités
ou... pardon, de contraintes plus restreintes. Alors, c'est sûr qu'on va
revenir là-dessus.
Évidemment, il y a le fusionnement de
programmes, de Programme d'aide sociale et de Programme de solidarité sociale.
On... Les deux... ce que nous, on appelle les deux piliers des quatre
programmes présentement, c'est-à-dire le programme de revenu de base que le
gouvernement a introduit en janvier 2023 suite à... c'était une initiative du
ministre...
Mme McGraw : ...effectivement,
mais on salue encore le gouvernement d'avoir mis en œuvre ce programme. On
aurait voulu voir plus d'éléments de ce programme de revenu de base informer
les autres programmes en assistance sociale. Et on souligne aussi le fait que
l'objectif, le programme d'Objectif emploi, qui est aussi en 2016, a été une
initiative surprise sur un gouvernement libéral. On cherche à bonifier ce
programme-là.
• (10 h 20) •
Par contre, les deux autres programmes, un
peu entre les deux, on a un fusionnement du programme d'aide sociale et de
solidarité sociale. On a des préoccupations parce que, si on comprend
l'intention, c'est de simplifier le système. La question qui s'impose, c'est
simple, plus simple pour qui? Faut que ça soit plus simple pour les
prestataires et les bénéficiaires. Ça ne peut pas juste être un exercice
administratif pour simplifier la chose ou le régime pour le fonctionnariat. Et
je souligne cette tendance centralisatrice des gouvernements du gouvernement
caquiste qui ne va pas nécessairement améliorer ni la qualité, ni la... ni la
quantité des services.
Là, je parle dans d'autres domaines, Mme
la Présidente, mais il y a cette tendance -là qui nous préoccupe. Alors...
alors, voilà. Donc, fusionnement-là, on trouve ça dommage et on aimerait
revisiter car on n'a pas parlé de gains de travail. Il y a un 10 %, mais
les gains de travail, nous, on est... évidemment donc ce n'est pas vraiment
abordé. Il a été augmenté de 10 % par voie réglementaire. Mais nous, nous
avons demandé à ce que le programme de solidarité sociale permette aux
prestataires d'avoir des revenus de travail annuels équivalents à ceux qui...
aux prestataires du programme de revenu de base et que le calcul soit cumulatif
et annuel. Pourquoi pénaliser chez ces gens avec des contraintes sévères, temporaires
puis qui pourraient peut-être devenir permanentes? Après, on évalue après le
72 mois. Pourquoi les pénaliser pour aller s'ils sont la capacité d'aller
chercher un peu plus d'argent qu'un 200 $ par mois? C'est... c'est bon
pour la personne, pour leur... se valoriser aussi, pour gagner un peu plus
d'argent avec le coût de la vie très élevé. C'est bon pour l'économie, surtout
en pénurie de main-d'œuvre, et c'est excellent pour la société. Alors, est-ce
qu'on peut revoir? Alors, on pourrait voir.
On parle de déshumanisation...
déshumanisation — pardon, j'ai tout le temps des problèmes avec ce
mot — il manque d'accompagnement. Alors, on va vraiment s'assurer
qu'il y a un vrai accompagnement et qu'on accompagne aussi les petites et
moyennes entreprises à accompagner les gens en insertion, mais aussi en
maintien au travail. Ça, on a entendu la Fédération des chambres de commerce,
entre autres. Et il faut s'assurer qu'il y a vraiment... une vraie coordination
entre les trois secteurs : public, privé et communautaire, et éviter le
dédoublement. On va rentrer dans tous les détails pendant l'étude détaillée.
Ceci, c'est mes remarques préliminaires,
mais je me souviens qu'on avait... on allait justement appuyer l'adoption du
principe parce qu'on pense que c'est un projet de loi qui répond à un besoin
qui est important de réviser la
loi sur l'aide aux personnes et aux familles.
C'est nécessaire pour la moderniser. On va travailler de bonne foi pour
bonifier le projet de loi, pour s'assurer que les bonnes intentions se
concrétisent dans les articles et ne soient pas contredites... contredites dans
les faits selon les expériences vécues, les témoignages des personnes qu'on a
entendus, et les groupes et les experts aussi. Alors, on va s'attarder à ces
sujets-là. Donc j'ai bien hâte de poursuivre notre travail ensemble, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, Mme la députée. J'invite maintenant la porte-parole du deuxième
groupe d'opposition et députée de Sherbrooke à faire ses remarques
préliminaires pour une durée de 20 minutes...
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Je vais être plus brève, mais je veux quand même prendre quelques
minutes pour parler de toute l'importance que ça a pour moi le travail qu'on
fait ici en ce moment. Le régime d'assistance sociale, c'est le dernier filet,
hein? C'est le dernier filet, puis les gens qui s'y retrouvent en général ont
vécu des grosses difficultés dans leur vie. On peut penser à des personnes qui
ont eu, par exemple, des problèmes de dépendance qui ont mené à des pertes
d'emploi. Des fois, c'est suite à des séparations difficiles. On pense à des
gens qui se sont retrouvés parents d'enfants handicapés par exemple. J'ai
croisé des gens sur l'aide sociale qui avaient épuisé toutes leurs prestations,
toutes, d'assurance maladie...
Mme Labrie : ...qui
combattaient un cancer. Il y a des gens qui ont vraiment des parcours de vie
d'une grande difficulté qui se retrouvent sur l'aide sociale. Il y a des gens
qui n'ont pas réussi à trouver de place en service de garde, qui ont épuisé
toutes leurs économies, des familles monoparentales en particulier, des
personnes qui ont vécu un traumatisme important qui, à la fin des prestations
d'IVAC, se retrouvent sur l'aide sociale. Donc, c'est le dernier filet. Et
c'est pour ça que c'est très, très important, le travail qu'on fait ici, de
s'assurer qu'on va au moins rattraper ces personnes-là à la fin, dans le
contexte de grandes difficultés qu'ils vivent. Je trouve ça vraiment important
qu'on s'y penche.
Puis c'est sûr que la lutte à la pauvreté,
c'est la ministre qui en est responsable. Ce n'est pas juste dans sa cour à
elle, là, je dirais que c'est aussi le travail de ses collègues, de son... de
s'occuper de ça, notamment en matière de logement. Je regarde les chiffres que
j'ai sous les yeux, puis, les prestataires des programmes d'assistance sociale,
il y en a seulement 12 % qui vivent dans un HLM ou une coopérative
d'habitation, donc tous les autres n'ont pas accès à des logements de cette
nature-là. C'est sûr que ça, quand ils doivent être sur le marché privé
locatif... ça les rend beaucoup plus vulnérables et c'est des tarifs qui
viennent les appauvrir encore plus. Donc, ça, ce n'est pas seulement la
ministre qui est devant nous qui doit s'occuper de ça, c'est aussi sa collègue.
Je pense aux familles qui n'ont pas accès à une place en service de garde et
qui se retrouvent très précaires à cause de ça. Bien, ça, c'est la
responsabilité de la ministre de la Famille. Donc, tous les ministères ont un
rôle à jouer. Le ministre des Services sociaux également. Quand il n'y a pas
suffisamment d'aide pour une famille qui a un enfant avec des besoins... un
enfant ou même un enfant devenu adulte avec des besoins très particuliers, cette
personne-là devient extrêmement précaire à cause de l'absence de services. Vous
savez, j'ai rencontré des gens très qualifiés avec des formations
universitaires, mais qui n'avaient pas assez de soutien pour leur enfant
handicapé ou autiste, qui ne pouvaient pas travailler, là. Quand l'école vous
appelle quatre fois par semaine pour vous dire : Venez chercher votre
enfant, on n'est pas capable de s'en occuper, vous ne pouvez pas avoir un
emploi, là, même si vous avez un bac, là. Ça fait qu'il y a des gens qui sont
dans cette situation-là qui se retrouvent là à cause des lacunes qui relèvent
de différents autres ministères et qu'on doit réussir à attraper avec les
programmes d'assistance sociale.
Donc, c'est très important, pour moi, le
travail qu'on fait ici. Ce que je constate, c'est qu'au fil des décennies le
nombre de personnes prestataires des programmes d'assistance sociale a diminué
considérablement parce qu'il y a toujours eu des mesures qui ont été prises
pour faire diminuer le nombre de ces personnes-là, notamment en les ramenant
sur le marché du travail. Pour bon nombre de personnes, ça a de toute évidence
fonctionné. Mais je pense qu'on est rendus à un point où les personnes qui
sont... qui sont encore là sont dans une situation d'extrême précarité, pour
lesquelles ça va être très difficile de les ramener sur le marché du travail.
Puis l'ancien ministre François Blais est venu ici devant nous puis il en a
d'ailleurs parlé, à quel point, quand il avait créé le programme Objectif
Emploi, il avait pris la
partie la plus facile, si on peut dire, là, de...
bien, je pense... en fait, c'était ça, ses mots, pour réintégrer des gens sur
le marché du travail. Parce que, là, ceux qui restent, c'est les gens les
plus... les plus poqués. On a eu des témoignages extrêmement pertinents de gens
qui sont venus nous dire à quel point c'est la précarité financière qui finit
par poquer les gens et les rendre de plus en plus incapables de retourner sur
le marché du travail, ou, en tout cas, pas à temps plein ou pas de manière
régulière, hein, parce qu'ils finissent par développer même des problèmes de
santé ou de santé mentale à force de vivre en mode survie. Donc, moi, j'ai ce
souci-là, qu'à travers le projet de loi on saisisse toutes les opportunités
possibles pour réduire la précarité dans laquelle vont se retrouver les
personnes qui, malheureusement, n'ont pas le choix d'aller chercher cette
aide-là. Personne ne va là avec plaisir, hein? C'est... Ils ont honte, ils
savent toute la vulnérabilité que ça va... que ça va créer dans leur situation
de vie. Donc, ayons au moins l'humanité de s'assurer qu'ils ne vont pas en
sortir plus amochés qu'ils y sont entrés, parce qu'ils y entrent déjà, pour la
plupart d'entre eux, en très mauvaise posture. Donc, c'est le souci que j'ai.
• (10 h 30) •
On va avoir beaucoup de propositions à
faire pour s'assurer qu'on mette en place les meilleures modalités. C'est sûr
qu'on a entendu beaucoup de gens plaider pour l'élargissement du revenu de
base, qui est un programme qui fait ses preuves. C'est une recommandation à
laquelle on adhère aussi. Moi, je pense que c'est la direction qu'on doit
prendre, hein? Ça fait quand même quelques décennies que c'est ça qui est
essayé tout le temps, là, de dire : on va appauvrir un peu plus les gens,
en diminuant les prestations, ça va les inciter à aller travailler. Bien, on
est peut-être rendus à essayer une autre stratégie, là, je vous dirais, là, de
donner le minimum nécessaire pour vivre à ces personnes-là pour peut-être leur
donner l'élan, la capacité de retourner travailler. Par ailleurs, si on veut
que ça reste attractif, le...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Labrie : ...marché du
travail, il faudra réfléchir à hausser le salaire minimum. Ça ne relève pas de
la ministre qui est devant nous, mais ça relève de ses collègues. Et puis j'espère
qu'il y a des pourparlers à cet effet là parce qu'on veut effectivement que ça
devienne intéressant de retourner travailler, puis il y a des gens pour qui, en
ce moment, le salaire minimum ne permet pas de vivre, hein?
Si on a un Québécois sur 10 qui a recours
aux banques alimentaires en ce moment en sachant qu'une proportion importante d'entre
eux est sur le marché du travail souvent à temps plein, ça veut dire que les
normes de salaire minimum ne sont pas suffisantes, là. Donc, gardons ça à l'esprit.
Donc, j'espère avoir de l'accueil positif pour mes propositions pour amener le
projet de loi. Moi, mon objectif, c'est vraiment qu'on sorte le plus de gens
possible de la précarité, et je pense que c'est en le faisant qu'on va leur
donner l'élan nécessaire à se remettre sur pied, puis éventuellement à se remettre
au travail. Puis, comme je l'ai dit, bien, c'est sûr qu'on aura beau peaufiner
au mieux ce programme-là, les leviers qu'on a pour réduire la pauvreté et l'éliminer
relèvent aussi de tous les autres ministères, donc on va faire de notre mieux
ici avec ce projet de loi là. Mais j'espère qu'il y a du travail qui se fait en
parallèle très sérieusement pour que les autres éléments qui normalement
devraient empêcher les gens de se retrouver dans ces programmes-là soient aussi
améliorés. Donc, je m'arrête ici, j'ai hâte de travailler avec mes collègues,
puis voilà.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Y a-t-il d'autres membres qui souhaiteraient faire
ces remarques préliminaires? Mme la députée de d'Arcy-McGee. La parole est à
vous.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Moi, je voudrais prendre la parole aujourd'hui, en particulier au
nom des personnes et des familles, des personnes qui vivent avec un handicap et
leurs familles. Je peux témoigner, moi-même en étant maman d'un petit garçon
sur le spectre de l'autisme, à quel point ça prend énormément d'énergie de la
part d'un parent, encore moins quand on est en situation monoparentale. On
pense constamment à notre enfant, on est sur des listes d'attente pour recevoir
des services. Difficile de faire... des fois de faire intégrer nos jeunes dans
les écoles, des bris de services. Donc, un parent qui a déjà la lourdeur
mentale, disons, de devoir s'occuper de leur enfant avec un handicap et là qui
se retrouve en situation où il doit quitter un emploi ou n'a pas le temps, les
moyens d'occuper un emploi et se retrouve avec leur enfant en situation de
précarité financière. Et là, dans ce qu'on propose entre autres, dans le projet
de loi, c'est qu'il ne soit plus admissible. Bien, en fait, on va mettre
annulation... on va annuler les primes pour les contraintes temporaires à l'emploi
que les parents d'enfants à handicap... handicapés reçoivent présentement.
Donc, encore une fois, parent d'enfant handicapé, parent monoparental, femme
victime de violences conjugales, au nom de toutes ces femmes, on demande à la
ministre de vraiment prendre en considération leur réalité et de leur tendre la
main parce que, plutôt que de les pénaliser pour... dans un calcul pour que la
réforme soit à coût nul, il faut davantage s'occuper de ces personnes qui
peuvent développer des enjeux de santé mentale, qui se sentent isolées, qui ne
savent pas vers qui se tourner. Comme je l'ai dit encore une fois, qui... qui
attendent sur des listes d'attente pour que leurs enfants reçoivent des
services. Et il y en a qui entre temps, en attendant ces services, bien,
voudront payer de leur poche pour aller avoir des services pour leurs enfants
mais n'ont pas les moyens, et là ils sont désavantagés d'autant plus.
Également, il y a une incohérence dans...
dans ce qui est proposé. La ministre, avec ce projet de loi, propose que 50 000 personnes
de plus qui se retrouvent sur la solidarité sociale se retrouvent sur le marché
du travail. Mais sa collègue de l'emploi, cet été, a annoncé une coupure de
5 % dans les CIT, les contrats d'intégration au travail qui sont
essentiels justement souvent pour qu'une personne avec un handicap intègre un
emploi. Donc, les contrats d'intégration au travail jusqu'à cet été, le
ministère de l'Emploi payait 45 % du salaire de la personne pour
encourager l'employeur à les recevoir comme employés. Là, on a coupé ce
programme de 5 %. Ça peut ne pas sembler comme beaucoup, mais pour des
entreprises qui eux, vont entreprendre cette responsabilité-là peut-être
doivent faire des accommodements pour une question d'accessibilité. Ils doivent
avoir un accompagnement pour cette personne-là, mais ça fait toute la
différence. Donc, d'un côté, avec ce que la ministre... le projet de loi qu'on
débat aujourd'hui, on veut trouver des moyens pour encourager ces personnes à
intégrer le marché du travail. Mais de l'autre côté, du côté de la ministre de
l'Emploi, en fait, on coupe dans le programme qui permet à ces personnes d'intégrer
un emploi. Donc, il y a une incohérence avec ces deux... avec la volonté de la
ministre et la mesure que sa collègue a...
Mme Prass : ...a coupé cet
été.
Également, le gouvernement... bien, en
fait, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse a... l'année
passée, a publié son rapport pour la mise en œuvre de la
Loi sur l'accès à
l'égalité un emploi dans les organismes publics. La raison pour laquelle je
mentionne ce rapport et je vais aller un petit peu en détail, ce n'est parce
que ce n'est pas juste la volonté de la personne à vouloir intégrer un emploi,
c'est la volonté aussi de l'employeur de vouloir avoir une certaine patience,
peut-être faire des accommodements côté accessibilité ou des accommodements par
rapport à la situation de la personne, et ce qui n'est pas toujours facile. Et
juste pour vous le démontrer, donc le gouvernement s'est donné comme but... une
cible plutôt, que 10,5 %... d'une représentation des personnes handicapées
dans le réseau des organismes du Québec, soit à 10 cinq... 10.5 %. Et
présentement, pour le rapport qui a été fait en 2019 et 2020, il y a un écart
de 9,5 %. Donc, il y a moins de 1 % de la population vivant avec un
handicap qui a un emploi au niveau des organismes publics au Québec, même s'il
y a une loi spécifiquement pour leur intégration et leur mise en œuvre. Et
je voudrais vous lire une citation : «Le taux de représentation des
personnes handicapées est passé de 1 % en 2019 à 0,9 % en 2022. Il
s'agit de la première fois depuis 2001 qu'un taux de représentation d'un groupe
visé est moindre que celui du précédent rapport triennal.»
Donc, encore une fois, la volonté de la
ministre d'intégrer ces personnes dans un emploi, le gouvernement, avec sa
propre loi, n'arrive même pas à atteindre ses cibles. Donc, comment est-ce
qu'on va faire pour aller rejoindre des employeurs qui sont prêts à comprendre
les réalités que ce soit une personne avec un enjeu de santé mentale, avec un
handicap physique, avec un handicap neurodivergent, qui sort d'une situation
d'itinérance et qui est encore en train de se... de se réadapter, disons, à
faire
partie de la société? Ce n'est pas tous les employeurs qui auront le goût
d'ouvrir leurs portes à ces populations-là. Et quand on voit encore une fois
qu'il y a une loi de la part du gouvernement qui a été mise en place et que la
cible, il y a un écart de 9,5 % avec la cible qu'ils se sont donnée, on se
demande comment la ministre, avec ce projet de loi, va vraiment pouvoir
qui sont en train de... qui voudront intégrer ces emplois, mais c'est
d'accompagner les employeurs également.
Pour comprendre, par exemple, puis on a
entendu lors des consultations, une personne sur le spectre de l'autisme, par
exemple, ça se peut que les lumières fortes les dérangent. Ils ne peuvent pas
se concentrer, ils n'arrivent pas à travailler. Les... des sons qui sont forts,
chacun... et justement, quand on parle de plan individuel individualisé, c'est
parce que chacun surtout avec un handicap, que ça soit physique ou
neurodivergent, le vit de façon différente. Chacun est unique. Donc, il faut
prendre en considération toutes ces particularités, et il faut que l'employeur
les comprenne également et soit prêt à être patient et être accommodant pour
bien encadrer la personne dans l'environnement qu'il va... qu'il va intégrer.
On a parlé de contrainte, la notion de
contrainte à l'emploi à contrainte de santé. Moi, de mon côté, avec la Société
québécoise de la déficience intellectuelle, avec la Fédération d'autisme du
Québec, ça fait longtemps qu'ils demandent au gouvernement d'avoir une analyse
psychosociale plutôt que biomédicale justement pour prendre en compte... parce
que, comme on sait par exemple, la santé mentale, l'autisme, ce sont des maladies
qu'on appelle invisibles. Donc, quand on met l'emphase sur le biomédical, on
manque un petit peu le coup à comprendre c'est quoi les réalités et
particularités de ces différentes personnes là.
• (10 h 40) •
Et également moi j'ai parlé avec une maman
par exemple, justement il y a deux semaines, c'est la directrice générale
d'Autisme de l'est du Québec qui a un fils qui est sur le spectre d'autisme et
est en train de vivre ce processus présentement. Et elle, ce qu'elle m'a dit,
c'est qu'à chaque fois que son fils va aller voir, et c'est la raison pour
laquelle on l'a... on l'a amené lors des consultations, mais on va le ramener,
toute la question de formation particulière pour les gens qui vont... les
agents qui vont accompagner les prestataires, parce que donc, cette maman qui
m'a dit : Mais j'ai dû... j'ai dû quitter le travail, bien, j'ai dû sortir
du travail cette journée-là pour accompagner mon fils parce qu'il se faisait
questionner par son agent, puis clairement, lui ne comprenait pas la nature des
questions et elle ne comprenait pas... l'agente ou celle qui faisait...
Mme Prass : ...l'accompagnement
ne comprenait pas que lui ne comprenait pas la nature de ses questions. Il a
fallu que sa mère soit là pour lui expliquer dans une façon qu'il comprendrait
comment répondre aux questions qui lui étaient posées. Mais, à chaque fois,
cette maman doit quitter le travail. Parce qu'à chaque fois c'était un nouvel
agent, donc elle, elle doit quitter son emploi à chaque quelques semaines,
quelques mois pour accompagner son fils parce que les personnes qui posent des
questions à son fils, pour bien comprendre comment le positionner à l'intérieur
d'un emploi, ne comprennent même pas quelles sont ses difficultés à comprendre
les questions qui lui sont posées. Donc, c'est difficile comme début, si déjà
on... la personne qui lui pose des questions comprend qu'on n'a pas
nécessairement la capacité de comprendre leurs questions puis de nous
l'expliquer d'une certaine façon, parce qu'ils comprennent notre réalité, bien,
on part de loin dans ce cas-là. Puis c'est des personnes qui peuvent se
décourager, qui ont déjà de la difficulté côté social à s'intégrer, à être... à
se sentir inclus dans la société de façon large... plus quand c'est des
questions pointues, puis on se dit : Bien, si je ne réponds pas à la
question, bien, je vais être pénalisé, puis là on stresse, puis là on perd
contrôle de pouvoir à vraiment saisir l'exercice qui est devant nous.
Donc, je pense qu'au niveau de
l'accompagnement c'est vraiment nécessaire, que ça soit une personne avec des
enjeux... puis les situations sont toutes différentes, mais que ce soit une
personne avec un enjeu de santé mentale qui sort de l'itinérance, qui habite
dans la rue depuis des années et là a besoin de se réadapter pour vraiment
rejoindre la société de nouveau, que ça soit une personne qui est sur le
spectre de l'autisme ou avec une déficience intellectuelle, une personne avec
un handicap, une personne qui a des traumatismes parce qu'ils ont été victimes
de violences conjugales. Toutes ces réalités-là ne peuvent pas être amalgamées.
Ça ne peut pas être du copier-coller d'une personne à l'autre parce que
justement c'est des situations qui font en sorte que les capacités de la
personne diffèrent en raison de leur vécu. Donc, je pense que la formation...
Pour que l'accompagnement soit vraiment réussi, deux éléments essentiels, que
les gens qui vont... les agents qui vont faire l'accompagnement soient formés
et également qu'il y ait un agent attitré à la personne au long de leur
parcours, parce que devoir recommencer à chaque fois et à expliquer sa
situation, ça peut... c'est difficile, ça peut être traumatique pour la
personne, dépendamment de leur vécu. Donc... Et on perd, on perd cette
croyance-là qu'on est là pour nous aider parce qu'on nous traite un petit peu
comme... tu sais, on est un chiffre, puis là tu vas aller lui raconter ta
réalité, puis là tu vas rencontrer l'autre. Puis tu vas devoir recommencer à
chaque fois. C'est très difficile pour les individus, c'est très difficile pour
leur famille de devoir vivre cette réalité-là également.
Également, dans ce qui est proposé dans le
projet de loi, on dit que ces accompagnateurs-là vont être l'amalgame des
personnes qui travaillent présentement à la solidarité sociale puis pour le
dernier recours. Mais on remarque également que... on mentionne qu'aucune
nouvelle embauche n'est prévue pour mieux accompagner les prestataires. Encore
une fois, si c'est le cas, ce sont des gens qui ont besoin d'avoir une
formation, de comprendre la réalité des personnes qu'ils vont accompagner.
Parce qu'être assis dans un bureau avec un questionnaire avec des questions qui
sembleraient simples, qui doivent être répondues de la même façon par tout le
monde, ce n'est pas vraiment comprendre la réalité des personnes vulnérables.
Également, puis on a entendu lors des
consultations, surtout, encore une fois, personnes avec enjeux de santé
mentale, sur le spectre de l'autisme, une déficience intellectuelle, ce n'est
pas parce que... ils ne peuvent pas nécessairement intégrer un emploi à temps
plein. Donc, je pense qu'il faut qu'il y ait une certaine flexibilité encore en
faisant l'évaluation de la personne et leur capacité de comprendre, que, si
on... on les force à intégrer un emploi à temps plein puis ils n'ont pas la
capacité, bien, ce sera un échec depuis le début. Puis il y a beaucoup de
familles, justement, qui nous disent : Bien, on a peur que notre enfant
intègre un emploi parce que, si ça ne fonctionne pas, bien, là, ils vont devoir
recommencer à zéro et recommencer depuis le début.
Donc, encore une fois, je pense que, pour
que ça soit réussi, il faut vraiment prendre en considération les réalités des
différentes personnes. Et encore, pour revenir à la question des employeurs,
que ça soit un manque de connaissances, que ça soit de la discrimination envers
certaines personnes et situations qui peuvent vivre, je pense qu'il faut un
effort davantage de la part du gouvernement pour les sensibiliser et pour
qu'ils comprennent que...
Mme Prass : ...ça peut sembler
difficile ou du travail de plus de dire : Écoute, on va faire des
accommodements pour que cette personne, compte tenu de leur réalité, puisse
bien intégrer l'emploi, mais c'est quelque chose qui est nécessaire dans le sens
que ces personnes... Nous sommes en pénurie de main-d'œuvre. Chacun qui peut
devrait pouvoir contribuer de sa façon, mais de sa façon. Il ne faut pas mettre
les gens dans une boîte puis s'attendre à ce que chacun ait les mêmes capacités
et puissent entreprendre les mêmes responsabilités. Donc, on ne peut vraiment
pas faire du copier-coller quand on parle de populations vulnérables, puis
c'est justement de quoi on parle avec ce projet de loi.
Également, puis je l'ai mentionné un petit
peu plus tôt, pour la question de l'investissement, bien, on voit qu'il n'y a
aucun nouvel investissement dans ce projet de loi. Et même la mairesse de
Montréal est sortie hier avec un cri... excusez-moi, dimanche soir, à Tout le
monde en parle, pour demander au gouvernement du Québec de créer un vrai plan
de lutte nationale à la pauvreté. Je sais que celle de la ministre a été
publiée... est sortie cet été, mais clairement, avec aucun investissement, ce
n'est pas comme ça qu'on... il faut investir dans les gens pour pouvoir les
sortir de la pauvreté. Et ce qu'on fait avec ce projet de loi, c'est... on
pénalise certaines personnes pour en accueillir d'autres, puis ce n'est pas la
solution. Et, quand la mairesse de Montréal demande un plan de lutte nationale
à la pauvreté, c'est que, clairement, ce que la ministre a déposé cet été ne
répond pas aux réalités de... aux réalités des personnes qui se retrouvent en
situation de pauvreté pour pouvoir les faire sortir de cette situation. Puis,
comme ma collègue l'a mentionné, que ce soit avec la ministre du Logement, avec
le ministre des Services sociaux, avec la ministre de l'Emploi, je pense qu'il
faut vraiment avoir une concertation auprès du gouvernement, parce qu'on se
retrouve... Que ça soit la crise du logement, que ça soit l'inflation qu'on a
vécue dans les dernières années, sortir de la COVID, il y a énormément de
personnes qui se retrouvent dans des situations qui ne se seraient jamais
attendu à être. Les personnes aînées sont parmi les personnes les plus
vulnérables maintenant de se retrouver en situation d'itinérance en raison de
la crise du logement, en raison de leur revenu qui est fixe, en raison du coût
de la vie. Puis c'est vraiment pénible quand on voit une personne de
82 ans qui dit : Pour la première fois de ma vie, moi, je me retrouve
dans la rue puis je ne me serais jamais, jamais imaginé dans une situation
comme ça. Donc, il faut tout mettre en œuvre pour s'assurer, justement, que ces
personnes qui sont déjà vulnérables ne se voient pas désavantagées, d'autant plus
parce qu'elles sont dans une situation de précarité puis elles se sentent
délaissés, elles sentent qu'il n'y a pas de main tendue de la part du
gouvernement. Donc, réforme à coût nul, c'est vraiment... ça va dans le sens
contraire de ce qui devrait être la position du gouvernement. Parce que les
gens sont en situation de précarité plus qu'ils ne l'ont jamais été. Donc,
c'est maintenant, vraiment, qu'il faut investir pour s'assurer qu'ils ne se
retrouvent pas justement dans une situation, par exemple, d'itinérance.
Et, plus tôt, j'ai mentionné la volonté de
voir des évaluations psychosociales plutôt que biomédicales. Et je vais
mentionner l'exemple de... En juillet 2022, la ministre a fait un exercice avec
son ministère pour regarder la liste des diagnostics évidents, pour voir ce qui
pourrait être retiré. Il y a plus de 50 diagnostics qui ont été retirés, y
compris l'autisme. Et ce sont des évaluations qui... c'est un travail qui s'est
fait sur une base biomédicale et non sur une base psychosociale. Et, vous
comprendrez, oui, l'autisme est un spectre, oui, il y a des gens qui sont aptes
au travail, il y a des gens qui ne le sont pas. Moi... Je connais des gens qui
sont sur le spectre qui vont au cégep. Moi, mon fils n'ira jamais au cégep.
Moi, mon fils ne sera jamais apte au travail. Donc, je pense qu'une personne
aussi qui est apte au travail va préférer... bien, va préférer intégrer un
emploi puis avoir un salaire plutôt que de vivre sur quelques centaines de
dollars que le gouvernement leur offre par mois. Donc, je ne pense pas que
c'est réaliste de dire : Bien, toi, tu as l'autisme, mais... puis, comme
tu sais que c'est un diagnostic évident, bien, toi, tu vas profiter du
gouvernement pour être sur la solidarité sociale, mais tu as la capacité de
travailler. Je trouve que c'est vraiment une façon inverse à... une façon
inverse à laquelle il faut penser.
• (10 h 50) •
Puis la ministre m'a mentionné, par
exemple, qu'elle avait rencontré des gens À pas de géant à Montréal qui étaient
sur le spectre de l'autisme et qui avaient intégré un emploi là-bas. Bien,
j'aurais voulu que tous les emplois et tous les environnements pour les
personnes sur le spectre de l'autisme comme... soient comme Pas de géant. Mais
Pas de géant...
Mme Prass : ...eh bien, justement,
parce qu'ils œuvrent dans cette réalité-là, eux, ils comprennent la réalité des
personnes sur le spectre de l'autisme, donc ils vont les accompagner d'autant
que possible que ça soit, tu sais, à temps partiel ou dans un environnement qui
est tamisé, ou quoi que ce soit. Donc, je ne peux... je ne pense pas... et
encore une fois, on parle de préjugés et de discrimination. Un employeur qui
sait : Ah! bien, j'ai une personne sur le spectre de l'autisme qui s'en
vient travailler pour moi, pourrait avoir certains préjugés qui ferait en sorte
qu'il ne va pas vouloir que cette personne intègre un emploi chez lui, il ne va
pas vouloir lui faire des accommodements, il va dire écoute : C'est trop
de travail pour moi ou quoi que ce soit. Donc, encore le point que j'ai ramené
tantôt, il est très, très, très important de faire un travail auprès des
employeurs pour les sensibiliser, pour les accompagner, pour qu'eux ils
puissent vraiment construire un environnement, que ça soit physique ou avec les
personnes autour d'eux qui vont leur parler d'une certaine façon, qui vont leur
expliquer les choses d'une certaine façon. Il faut que toutes ces réalités
soient prises en considération pour vraiment que ça soit un succès, parce que
sinon, les gens sur le spectre de l'autisme qui ont de la difficulté justement
à comprendre des... des... de comment socialiser certaines fois, mais ils ne
vont pas comprendre qu'une personne ne prenne pas le temps de leur expliquer.
Ils vont recevoir une directive, ils ne vont pas nécessairement la comprendre,
ils ne vont pas nécessairement avoir la capacité de poser la question.
Donc je remercie pour mon temps, et tout
ça pour dire : Les personnes dont on parle aujourd'hui sont des personnes
qui se retrouvent dans différentes situations de vulnérabilité puis, notre
responsabilité, c'est de leur tendre la main, les essayer de...
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci...
merci beaucoup, c'est tout le temps que nous avions.
Nous en sommes aux motions... aux motions
préliminaires.
Mme Rouleau : Mme la
Présidente...
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
Mme Rouleau : ...puis-je vous
demandez de... non. Ah!
La Présidente (Mme D'Amours) :
Il y a une motion...
Mme Rouleau : O.K.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que vous avez une motion préliminaire...
Mme Rouleau : Non.
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
Parfait. S'il n'y a pas de motion préliminaire, nous allons immédiatement
commencer l'étude
article par article, et je suis prête à vous entendre
maintenant, Mme la ministre.
Mme Rouleau : Je voulais
simplement vous demander une suspension de quelques secondes pour que je puisse
m'adresser à mes collègues à micro fermé.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 10 h 52
(Reprise à 10 h 53
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux et nous en sommes maintenant à l'étude des articles du
projet de loi. Mme la ministre. Veuillez, s'il vous plaît, faire la lecture de
l'article 1.
Mme Rouleau : Bien, merci,
Mme la Présidente.
L'article
L'article trois de la
Loi sur l'aide aux
personnes et aux familles (chapitre A-13.1.1) est modifié par le remplacement
de «d'aide financière établie en vertu du
titre II» par «d'assistance
sociale établie en vertu du
titre II et les programmes spécifiques établis
en vertu du
titre II.1.
L'article 1 du projet de loi modifie
l'article 3 de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles à des fins
de concordance avec les articles 17, 34 et 40 du projet de loi. En effet,
cette modification vise à tenir compte du remplacement de l'expression
«programme d'aide financière» par «programme d'assistance sociale «et du
déplacement des programmes spécifiques du
titre II au
titre II.1 de
la loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a des commentaires? S'il n'y a pas de commentaire à
l'article 1, est-ce que l'article un est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Prass : Moi, j'ai un
amendement...
La Présidente (Mme D'Amours) : Pardon?
Mme Prass : J'ai un
amendement à proposer pour l'article 1.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 10 h 55
Haut de la page
11 h (version non révisée)
(Reprise à 11 h 01)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et je cède maintenant la parole à la députée de D'Arcy-McGee
pour nous faire la lecture de son amendement, s'il vous plaît.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente.
Donc, nous proposons pour l'article 1 de modifier l'article 1 du
projet de loi par le remplacement de «sociale» par «et d'accompagnement
social».
Donc, l'article modifié se lirait ainsi :
L'article 3 de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles (chapitre A-13.1.1)
est modifié par le remplacement «d'aide financière établis en vertu du
titre II»
par «d'assistance et d'accompagnement social établis en vertu du
titre II
et les programmes spécifiques spécifiques établis en vertu du
titre II.1».
Ce qu'on propose, et comme la ministre le
met de l'avant dans le projet de loi d'ailleurs, c'est qu'on veut... Au bout de
la ligne, on veut accompagner ces personnes-là à pouvoir sortir d'une situation
de pauvreté. Donc, plutôt qu'«assistance sociale», qui, premièrement, est un
terme que certaines personnes ont des préjugés puis leur font sentir d'une
certaine façon, parce que la connotation que peut avoir le terme «assistance
sociale»... bien, «assistance et accompagnement social», on pense que c'est
quelque chose qui, premièrement, est une meilleure réflexion de ce qui est
proposé dans le projet de loi parce qu'on met énormément d'emphase sur l'accompagnement
de la personne. Et également c'est une question de leur donner un petit peu
plus d'espoir aussi, qu'on... encore une fois, qu'on veut les accompagner à
sortir d'une situation de précarité financière. Donc, pour pouvoir montrer
une... premièrement, mieux décrire ce qui leur est offert, parce que ce n'est
pas juste de l'assistance, mais de l'accompagnement également, nous proposons
cette modification.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement de la... Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : Bien, déjà, l'assistance
inclut l'accompagnement. On parle beaucoup d'accompagnement, et c'est pourquoi
on parle d'accompagnement à l'intérieur de programmes. Mais maintenir
«assistance»... C'est pour éviter qu'il y ait... que ce soit trop complexe,
parce que, déjà, c'est «assistance» qui est utilisé par le gouvernement, les
gouvernements précédents. C'est un terme, disons, générique qui est plus
propice à la simplification des programmes, parce que, si on change le terme,
on complexifie le programme, il va y avoir des... on pourrait moins bien
comprendre d'autres programmes qui sont inclus, là, dans la loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme Prass : Oui. Bien, la
ministre vient de dire, elle-même : L'accompagnement fait
partie de l'assistance
sociale. Donc, encore une fois, le but étant d'accompagner les personnes à
sortir d'une situation de précarité financière, pourquoi est-ce qu'on ne leur
donne pas justement cette explication-là dans le
titre du programme? Parce qu'être
sur l'assistance sociale, ça peut être décourageant, on se dit : O.K.,
bien, tu sais, là, j'ai besoin de l'aide de l'État pour survivre, mais
«assistance et accompagnement», bien, au moins, ça donne à la personne l'idée
que, O.K., je ne serai pas seule là-dedans, je vais avoir quelqu'un qui va m'aider,
qui va m'aider à naviguer justement, de sortir de ma situation ou d'intégrer un
emploi, ou quoi que ce soit. Donc, pour nous, «assistance et accompagnement», c'est
donner plus à la personne, c'est leur donner plus d'espoir, disons, puis avoir
une meilleure perception d'être sur assistance et accompagnement social plutôt
que juste sur assistance sociale, qui peut avoir une connotation négative pour
certaines personnes.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre aux voix l'amendement.
Est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
Nous revenons à l'article 1...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'article 1? S'il n'y a pas de commentaire,
est-ce que l'article 1 est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) :
L'article 2,
Mme la ministre, s'il vous plaît!
Mme Rouleau : Mme la
Présidente.
L'article 2 stipule que :
L'article 8 de cette loi
est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «favorisant
l'insertion sociale et communautaire des personnes et des familles» par
«permettant l'insertion sociale, l'intégration en emploi et la participation
active dans la société des personnes».
L'article 2 du projet de loi modifie
l'article 8 de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles afin de
préciser les matières sur lesquelles peuvent porter des projets-pilotes
réalisés par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale en vertu du
titre I de la loi.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires? Mme la députée.
Mme Prass : J'aurais un
amendement à proposer.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 06
(Reprise à 11 h 09
La Présidente (Mme D'Amours) : ...s'il
vous plaît. Nous reprenons nos travaux et, Mme la députée de D'Arcy-McGee,
pouvez-vous nous faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît?
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Donc, nous proposons de modifier l'article deux du projet de loi
par le remplacement, après le mot «permettant» de «l'insertion» par
«l'inclusion».
L'article modifié se lirait ainsi :
L'article 8 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «favorisant l'insertion sociale et communautaire des personnes et
des familles» par «permettant l'inclusion sociale, l'intégration en emploi ou
la participation active dans la société des personnes».
• (11 h 10) •
Donc, nous faisons cette proposition parce
que je pense que ce qu'on recherche tous dans notre société, c'est justement
l'inclusion de chaque personne puis surtout des personnes qui peuvent se sentir
marginalisées ou en situation de vulnérabilité...
Mme Prass : ...«insertion
sociale», ça veut juste dire mettre la personne dans une certaine situation,
mais «l'inclusion», c'est tout autre parce que c'est tout ce qui vient avec
l'inclusion : comprendre la situation de la personne, accommoder la
situation de la personne. Donc, pour nous, il y a quand même une nuance à faire
entre insertion qui... tu sais «insertion», tu rentres dans une salle, on ne
sait pas ce qui arrive par la suite, mais «inclusion» a une portée beaucoup
plus large pour des personnes en situation de vulnérabilité, et donc la raison
pour laquelle on fait cette proposition d'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, Mme la ministre?
Mme Rouleau : J'attends
quelques informations.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
attendez quelques informations. Est-ce que d'autres collègues ont des
commentaires sur l'amendement? Je vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 11
(Reprise à 11 h 12 )
Mme Rouleau : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Un
instant, Mme la ministre. Nous reprenons nos travaux. Mme la ministre,
commentaires sur l'amendement?
Mme Rouleau : Oui. En ajoutant
l'inclusion sociale, on élargit légèrement la portée des projets-pilotes qui
sont déjà inscrits dans la loi, mais il n'y a pas... il ne semble pas y avoir
d'enjeu particulier, donc nous acceptons.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
D'autres commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre commentaire, je
vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Maintenant, nous revenons à l'article 2 tel qu'amendé? Est-ce qu'il y a
des commentaires? Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : J'aurais
également un amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 13)
(Reprise à 11 h 18
La Présidente (Mme D'Amours) : Mesdames,
nous allons reprendre, s'il vous plaît. Nous reprenons nos travaux, et je vais
demander à la députée de Sherbrooke de bien vouloir nous lire son amendement,
s'il vous plaît.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Donc, l'article 2 du projet de loi est modifié ainsi :
1° un par le remplacement de «ou» par «,»;
2° par l'insertion, après «la société des
personnes» des mots...
Une voix : ...
Mme Labrie : ...«par la
participation active dans la société des personnes ou l'amélioration des
modalités des programmes d'assistance sociale».
Donc, l'article 2 du projet de loi tel
qu'amendé se lirait ainsi :
L'article 8 de cette loi est modifié par
le remplacement, dans le premier alinéa, de favoriser l'insertion sociale et
communautaire des personnes et des familles» — bon, là, entre temps,
ça a été modifié — par «permettant l'insertion sociale, l'intégration
en emploi, la participation active dans la société des personnes ou
l'amélioration des modalités des programmes d'assistance sociale».
L'objectif, c'est de permettre des
projets-pilotes qui serviraient, par exemple, à tester des nouvelles modalités.
On peut penser aux gains de travail, on peut penser aux enjeux de la vie
maritale et toute autre modalité en fait, pour lesquelles la ministre voudrait
tester des nouvelles façons de faire, voir l'impact que ça a. Je pense que
peut-être le projet-pilote serait une bonne manière de procéder et je pense
qu'on devrait permettre que la ministre dispose de cet outil-là. Moi, à la
lecture de ce qui est prévu, je n'ai pas l'impression que ça le permettait
déjà, en fait, là, de toucher aux modalités des programmes. Donc, c'est la
raison pour laquelle on se met un amendement, c'est vraiment pour rendre ça
possible.
• (11 h 20) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci...
La Présidente (Mme D'Amours) : ...Merci.
Mme la ministre, commentaires?
Mme Rouleau : Oui, un
commentaire, Mme la Présidente. En fait, les projets pilotes se retrouvent à
l'article 18 pour précisément permettre ce genre d'amélioration de
modalité. Alors, ici, c'est plutôt un
article qui existe déjà dans la loi, et
qui permettait jusqu'à maintenant au secteur de l'emploi d'avoir des projets
pilotes, et qui n'était pas utilisé par la solidarité sociale, et là on permet
à la solidarité sociale d'exercer certains projets pilotes. Mais, à
l'article 18, c'est précisément sur les projets pilotes que nous allons
travailler. C'est pour ça que je proposais qu'on fonctionne par blocs.
Mme Labrie : Donc, si je
comprends la ministre, elle me répond qu'à l'article 18, en fait, ça va
être spécifié, que ça va être possible pour elle de faire des projets pilotes
sur différentes modalités.
Mme Rouleau : Oui. Donc, je
rejetterais cet amendement parce que ça existe déjà à l'article 18.
Mme Labrie : Ça me convient,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
que vous retirez votre amendement, Mme la députée, ou si on... on le passe aux
voix?
Mme Labrie : Puisqu'on me
confirme que mon objectif est atteint ailleurs, je le retire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Vous
le retirez. Est-ce que j'ai le... le consentement pour retirer l'amendement?
Mme Rouleau : Consentement.
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
avons le consentement. Donc, nous retirons l'amendement. Nous revenons à
l'article 2 tel qu'amendé. Est-ce que j'ai des commentaires? Si je n'ai
pas de commentaire, est-ce que l'article 2, tel qu'amendé, est adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
L'article 3. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : J'ai un... Ah!
pas tout de suite. Je lis d'abord l'article. À l'article 3, Mme la
Présidente : Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 8, du
suivant :
«8.1. Le ministre — ou la
ministre — mène des actions concertées ou y participe, en
collaboration avec les autres ministères et organismes concernés, afin d'offrir
des services continus et intégrés permettant de répondre aux besoins des
personnes.
«Avec le consentement de la personne
concernée, ces actions concertées peuvent être mises en œuvre notamment dans le
cadre d'un plan de services.»
L'article 3 du projet de loi
introduit l'article 8.1 à la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles.
Ce nouvel
article permettra d'offrir, à la
clientèle de l'assistance sociale ainsi qu'à celle des services publics
d'emploi, des services plus intégrés avec ceux fournis par les autres
ministères et organismes. Cela favorisera une coordination des interventions et
une continuité des services entre les différents réseaux impliqués, par
exemple, les réseaux de la santé et des services sociaux ou de l'éducation.
De plus, ce nouvel
article prévoit que ces
actions concertées pourront être mises en œuvre au moyen d'un plan de services.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Et vous avez un amendement.
Mme Rouleau : J'ai un
amendement à déposer.
La Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce
qu'il est sur Greffier?
Des voix : ...
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 23)
(Reprise à 11 h 26)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Mme la ministre, si vous voulez bien nous faire la
lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme Rouleau : Oui, Mme la
Présidente. À l'article 3,
article 8.1 de la
Loi sur l'aide aux personnes
et aux familles : Ajouter, à la fin de l'article 8.1 de la
Loi sur
l'aide aux personnes et aux familles, proposé par l'article 3 du projet de
loi, l'alinéa suivant :
«Les ministères et organismes concernés
s'échangent les renseignements personnels nécessaires à la mise en œuvre de ce
plan.»
L'amendement vise à préciser que les
parties pourront s'échanger des renseignements personnels sur la personne visée
par le plan, ce qui devrait faciliter la mise en œuvre du plan de services
élaboré pour répondre aux besoins de celle-ci. Ces échanges seront évidemment
effectués dans le respect des dispositions de la
Loi sur l'accès aux documents
des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement? S'il n'y a pas de commentaire... Mme la députée,
vous avez des commentaires?
Mme McGraw : Oui. Sur
l'ensemble de l'article ou sur...
La Présidente (Mme D'Amours) : Sur
l'amendement.
Mme McGraw : J'aimerais...
Est-ce que c'est possible de parler avec les collègues?
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 27)
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11 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 11 h 31
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, la parole est à
vous.
Mme McGraw : Mme la
Présidente. Alors, on avait plusieurs questions suite à cet ajout proposé par
la ministre. Alors donc, vraiment juste est-ce qu'on peut préciser les
ministères qui seraient concernés, dans ce cas-là, d'exemples de ministère qui
seraient...
Mme Rouleau : Bien, est-ce
que je réponds maintenant?
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
Mme la ministre, allez-y.
Mme Rouleau : Bien, on parle,
par exemple, des Services sociaux, on peut parler de l'Éducation, on peut
parler d'organismes comme l'OPHQ qui a déjà des plans de services. Alors, c'est
une... c'est pour avoir des services mieux intégrés, mieux coordonnés et c'est
de permettre soit d'initier ou soit de participer à ces plans de services de la
part de la Solidarité sociale.
Mme McGraw : Vous savez, vous
avez nommé un organisme. Est-ce qu'il y a d'autres exemples d'organismes qui
pourraient être concernés?
Mme Rouleau : Des organismes
qui...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Des organismes
publics qui offrent des plans de services. C'est pour... Un plan de service va
permettre soit différentes activités. Ça peut être du transport, une personne
qui a besoin de transport, une personne qui est... qui... qui va avoir une
formation dans un service scolaire, donc le ministère de l'Éducation, des
Services sociaux qui peuvent avoir différents services. C'est vraiment une
question de mieux coordonner et de s'assurer une continuité dans ce plan de services,
qu'il n'y ait pas de... qu'il n'y ait pas de coupure.
Mme McGraw : Est-ce qu'on
parle donc bien d'organismes publics seulement? Est- ce que ça pourrait être
des organismes communautaires, par exemple, ou si c'est vraiment juste les
organismes publics?
Mme Rouleau : Si le plan de
services inclut des organismes communautaires, puis c'est pour revenir sur
quelque chose que vous avez mentionné dans votre... lors de l'ouverture, là, et
qui a été entendu aussi pendant les consultations, les gens qui doivent répéter
plusieurs fois leur histoire, ça, ça élimine cette partie-là. Les gens n'auraient
plus à répéter leur histoire d'une... d'un ministère à l'autre ou d'un
organisme à l'autre. Il y aurait des échanges d'informations sur cette
personne, sur son... sur son contexte, sur la personne, et évidemment en
fonction des lois qui... qui protègent les informations personnelles, là. Mais
l'échange d'information se ferait entre les différents ministères et organismes
sur la personne. Ça fait que ça vient aider la personne qui n'a plus... qui n'aura
plus à répéter son histoire.
Mme McGraw : Donc, juste pour
revenir, pour partager — oui, j'ai d'autres questions sur les
renseignements personnels — mais juste pour clarifier. Donc les
ministères, il y en a plusieurs qui seraient... Éducation, Services sociaux,
entre autres, et les organismes selon la personne...
Mme Rouleau : En fait, ce
sont les... c'est les services avec le réseau public, plans de services avec le
réseau public. Alors, les organismes communautaires ne sont pas nécessairement...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Oui, c'est ça.
Là, on est dans le plan de services, puis il y aura plus tard... on pourra voir
plus tard les plans d'accompagnement. Alors là, les organismes seront
impliqués, mais ici, ce sont les... c'est les réseaux publics.
Mme McGraw : O.K. Peut-être que
ça vaudrait la peine de préciser parce que les organismes publics, évidemment
les ministères, sont sujets peut-être à d'autres contraintes par rapport à
partage de données, des lois qui vont protéger les informations. Donc, je me
demande si on sait déjà, pour les plans de services, que ça va vraiment être
des organismes publics. C'est peut-être quelque chose à réfléchir. On va peut-être
revenir là-dessus.
En parlant des informations, donc je
comprends que... donc, si je comprends bien, Mme la... Mme la Présidente, l'intention
de la ministre ou de cet... de cet ajout-là, c'est vraiment de... d'échanger
les renseignements personnels...
Mme McGraw : ...personnels
pour minimiser à ce que la personne répète des fois des histoires pénibles,
complexes, etc. Est-ce qu'on peut vous entendre... Parce que ça a été justement
amené, ça a été... on est revenu souvent là-dessus, je l'ai souligné, mais
c'est sûr qu'on a entendu beaucoup de groupes qui en ont parlé. Donc, quels
seraient, par exemple, les renseignements personnels qui seraient partagés?
Est-ce que c'est complètement ouvert? Est-ce qu'il y a des catégories? Est-ce
que... Comment est-ce qu'on va... Donc, la nature des renseignements qui
seraient partagés ou échangés.
Mme Rouleau : Mais c'est dans
le respect des dispositions de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des renseignements personnels. Donc, je ne peux...
Une voix : ...
Mme Rouleau : Oui, état de
santé, contraintes. Est-ce que la... est-ce que la personne a vécu un événement
particulier, un accident, une agression?
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Mme la députée.
Mme McGraw : Est-ce qu'on
a... Oui? Merci. C'est je n'ai plus de temps?
La Présidente (Mme D'Amours) : Non,
non, allez-y.
Mme McGraw : Ah! O.K. Merci,
merci. Donc... donc est-ce qu'il faut clarifier que, justement, ça serait
assujetti ou est-ce que c'est...
Mme Rouleau : ...
Mme McGraw : Pardon?
Mme Rouleau : Bien, c'est
les...
Une voix : ...
Mme Rouleau : C'est clarifié?
Une voix : Oui.
Mme Rouleau : C'est dans
le...
Une voix : Oui.
Mme Rouleau : Oui, c'est déjà
clarifié.
Mme McGraw : Bien, c'est la
protection des informations. Moi, je ne suis pas experte dans cette matière-là
du tout, et peut-être la ministre, elle l'est ou pas, mais ça serait important
parce que c'est des renseignements personnels. Et je comprends que l'intention,
c'est de simplifier les choses pour les personnes, les prestataires, les
bénéficiaires, mais c'est quand même des renseignements personnels. Donc, il
faudrait juste clarifier ou s'assurer que c'est vraiment... ces échanges soient
vraiment assujettis aux lois pertinentes.
Mme Rouleau : On parle de
plan de services du réseau... des réseaux publics, et tous les organismes, tous
les ministères sont assujettis aux lois d'accès à l'information.
Mme McGraw : Et les
organismes, les organismes...
Mme Rouleau : Organismes
publics.
Mme McGraw : ...qu'on va
préciser...
Mme Rouleau : Organismes
publics, je parle de réseaux publics, d'organismes publics, je ne parle pas
d'organismes communautaires.
Mme McGraw : Et je ne sais
pas si les organismes communautaires qui, je comprends, ne sont pas impliqués
ici...
Mme Rouleau : Dans le plan de
services, ils ne sont pas impliqués dans le plan de services. Ce sont des... Ce
sont des plans de services qui sont offerts par le réseau public, ministères de
l'Éducation, Santé et Services sociaux, Solidarité sociale, l'OPHQ, par
exemple.
Mme McGraw : Donc si c'est
est... parce qu'on comprend que les organismes...
Mme Rouleau : Ça fait que
c'est au niveau... au niveau des ministères et organismes qu'a lieu cet échange
d'informations.
Mme McGraw : Et si je
comprends bien, puisque les organismes publics sont assujettis à des lois
pertinentes, mais pas nécessairement des organismes, par exemple,
communautaires, mais je comprends que ce n'est pas le... mais ça vaudrait
peut-être la peine de le préciser donc si c'est vraiment des organismes
publics. Parce qu'on parle de renseignements personnels, ça serait...
Mme Rouleau : Bien, on parle
les ministères et organismes concernés s'échangent les renseignements
personnels nécessaires à la mise en œuvre de ce plan, plan qui est issu du
réseau gouvernemental, réseau public.
Mme McGraw : C'est que je
lance ça comme ça parce qu'on on comprend l'intention que c'est vraiment les
organismes concernés sont de nature ou d'ordre public et donc ils sont
assujettis à ces... les lois... aux lois pertinentes. Mais ça vaudrait
peut-être la peine, parce qu'on parle de renseignements personnels, de vraiment
préciser que ça... et c'est vraiment des... les organismes concernés sont des
organismes publics. Je ne sais pas comment la ministre entrevoit...
Mme Rouleau : Votre
proposition est de préciser que c'est pour les ministères et organismes
publics.
Mme McGraw : Si les... si je
comprends bien, si je comprends bien la ministre, les organismes concernés sont
des organismes publics.
Mme Rouleau : Oui, ministères
et organismes.
Mme McGraw : Si c'est...
uniquement, uniquement public...
Mme Rouleau : Oui.
Mme McGraw : ...ils sont donc
assujettis aux lois pertinentes?
Mme Rouleau : Oui.
• (11 h 40) •
Mme McGraw : Si c'est le cas,
parce que je pense que d'organismes, par exemple, communautaires, ne sont pas
nécessairement assujettis, je ne suis pas experte, je ne sais pas, mais ça
serait peut-être plus prudent de souligner que ce sont des organismes publics.
Si c'est vraiment le cas, que ce soit vraiment des organismes concernés. Sinon,
il faudrait, je pense, préciser que...
Mme McGraw : ...tout, le tout
est assujetti aux lois, etc.
Mme Rouleau : Il est... il
est déjà... pensez inclus que ministères et organismes sont des organismes
publics qui sont assujettis à ces lois. C'est déjà... c'est comme... c'est
comme ça, c'est déjà comme ça que ça fonctionne, c'est un fait, une réalité.
Mme McGraw : En tout cas,
je... parce qu'on parle de renseignements personnels, et c'est... ça va être
des renseignements personnels privés, on va dire sensibles, de vraiment
s'assurer que... En tout cas, pour moi, ça serait utile de souligner le fait
que de façon explicite, que ce sont des organismes publics. On comprend que les
ministères le sont, mais les... organismes, c'est un mot assez large, et ce
n'est pas tous les organismes qui sont assujettis bien que je comprends que
c'est le cas, mais en tout cas, je lance ça comme ça, comme un...
Mme Rouleau : C'est une
expression consacrée, c'est dans la loi, c'est déjà dans de multiples lois.
Mme McGraw : O.K.
Mme Rouleau : On parle des
ministères et organismes, ça signifie que ce sont des organismes du réseau
public.
Mme McGraw : Et donc qui sont
nécessairement assujettis aux lois pertinentes.
Mme Rouleau : Nécessairement
assujettis.
Mme McGraw : Revenons donc
aux renseignements personnels, ça aurait l'air de quoi, ces renseignements
personnels qui seraient pertinents pour mettre en œuvre un plan? Par exemple.
Mme Rouleau : Bien, ça peut
être la personne... Par exemple, l'OPHQ a des plans de... des plans de
services. La personne a besoin d'un transport de par sa condition physique, a
besoin d'un transport, veut aller étudier dans tel ou tel ou tel niveau, le
ministère de l'Éducation sera impliqué. Ce sont des plans de services pour
répondre aux besoins de la personne qui a l'intention de réaliser quelque
chose. Alors, les plans de services existent déjà. Ce qu'on cherche à faire
ici, c'est, d'une part, simplifier les choses pour la personne, qu'elle n'ait
pas à répéter son histoire constamment auprès des différentes organisations
gouvernementales qui vont... qui font
partie du plan de services et, d'autre
part, assurer une meilleure coordination de ces plans de services. Alors, le
ministère de la Solidarité sociale... Emploi, Solidarité sociale peut initier
un plan de services qui peut être inclus dans le plan de services. C'est ce que
ça mentionne ici.
Mme McGraw : Mais est-ce que
les renseignements personnels, je pourrais avoir des exemples très concrets, ça
serait le nom, le prénom, un numéro de carte d'assurance? Je veux dire quels
seraient les... je veux juste de savoir de façon plus concrète quels seraient
les renseignements personnels qui seraient nécessaires à mettre en œuvre
justement pour alléger...
Mme Rouleau : Par exemple, le
parcours scolaire.
Mme McGraw : Oui.
Mme Rouleau : Par exemple,
les contraintes de santé, par exemple, l'histoire de vie. Cette personne-là vit
quelque chose de particulier, sa situation personnelle. Pourquoi cette personne
souhaite avoir ce plan de service? Alors, des informations de ce type qui font
qu'elle n'aura pas à répéter. À chaque fois, elle répète. Elle n'aura pas à
répéter son histoire personnelle à chaque fois. On l'a bien entendu en
consultation, c'est un enjeu. Les gens ne... ne souhaitent pas à avoir à
répéter à chaque fois. Alors, c'est pour clarifier cette situation et permettre
l'échange d'informations entre les ministères et les organismes publics qui
sont impliqués dans le plan de services.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires?
Mme McGraw : Oui, pardon,
j'ai... je vais...
Une voix : ...
Mme McGraw : Donc, quand
même, si je comprends bien, donc le parcours scolaire, évidemment des données
qui sont de base : le nom, la date de naissance, etc.
Mme Rouleau : Oui.
Mme McGraw : Parcours
scolaire, contraintes, histoire personnelle. Pourquoi ils veulent avoir accès à
ces services? Alors, c'est vraiment des informations de nature qualitative. Il
y en a qui sont comme très objectives, on va dire le nom, la date de naissance,
mais c'est surtout des informations qualitatives et l'information pour...
Mme McGraw : ...comment on va
obtenir ces informations-là? L'obtention, est-ce que c'est... ça va être qu'une
discussion avec un agent? Est-ce que ces personnes-là vont être formées? Je
veux juste obtenir et, ensuite, même avant l'échange de ces informations-là.
Mme Rouleau : Je vais...
C'est d'abord avec le consentement de la personne concernée. C'est de donner
les informations qui vont permettre d'obtenir le service. Quel est le service
qu'on tient à obtenir et de donner les informations qui sont pertinentes pour
ce plan de service?
Mme McGraw : Et est-ce que...
Mme Rouleau : Avec le
consentement, évidemment.
Mme McGraw : Bien sûr, à
ce... c'est important et c'est essentiel même. Donc, au niveau de... Est-ce
que... est-ce que vous... est-ce qu'on a déjà réfléchi à... à... comme la...
pas juste avec qui, mais le mode. Est-ce qu'il va y avoir comme un
questionnaire structuré, semi-structuré pour avoir une certaine, bon, structure
pour... pour le tout? Vous êtes... On n'est pas encore rendus là. Comment...
Mme Rouleau : Bien, pour poser
les bonnes questions, il y a déjà... il y a sûrement un questionnaire qui sera
adéquat. Mais déjà, dans les plans de service qui existent, par exemple avec
l'OPHQ, ils ont... ils ont un certain formulaire, et c'est une personne qui
pose les questions à la personne qui demande le plan de services.
Mme McGraw : O.K. Et est ce
qu'il y a des bonnes pratiques qui pourraient inspirer cet exercice-là, qui
pourrait... d'autres ministères ou même au sein du ministère, soit au
gouvernement, ou au sein du ministère, qui seraient peut-être envisageables
pour faire en sorte que c'est très efficace, c'est très humain. Je ne sais pas
s'il y a des bonnes pratiques qu'on regarde au sein du ministère ou ailleurs.
Mme Rouleau : L'OPHQ. L'OPHQ actuellement
a des projets pilotes justement pour faire en sorte d'utiliser les meilleures
pratiques dans... pour ces plans de services.
Mme McGraw : Au niveau des
données, juste pour revenir sur les renseignements pour la... pour garder ces
données, la continuité, est-ce qu'il y a des... j'imagine que c'est dans la
loi. Encore une fois, je ne suis pas experte, mais on prévoit garder ces
données-là. Est-ce qu'on pourrait faire des ajouts ou des ajustements selon,
évidemment, l'expérience vécue de la personne? Est-ce qu'on prévoit faire ça
dans une fréquence prévisible ou selon la personne? Est-ce que c'est axé sur la
personne et son expérience ou de façon systématique, à chaque année, on
entrevoit à faire des ajustements ou des mises à jour? Ou je ne sais pas si
c'est...
Mme Rouleau : Je comprends
mal la question.
Mme McGraw : Parfait.
J'essaie de...
Mme Rouleau : ...
Mme McGraw : Pour mettre à
jour le dossier des renseignements d'un prestataire...
Mme Rouleau : Oui.
Mme McGraw : ...est-ce que...
puis je ne suis pas familière avec les... C'est peut-être très clair dans la
tête de la ministre ou OPHQ, comment ça fonctionne exactement si on se base
là-dessus? Mais juste pour peut-être mettre ça très concret, pour obtenir, même
avant l'échange de ces informations-là, obtenir les renseignements, et je
comprends are ce que la ministre n'a pas nécessairement les réponses. Je sais
que c'est très... Je me rends dans le précis, mais je ne sais pas si on a des
réponses de savoir pour obtenir ces données pour... avant même les échanger,
est-ce qu'il y a des processus en place? Et aussi au niveau de la fréquence,
est-ce que c'est axé sur la personne s'il y a quelque chose, un changement dans
sa vie qui est majeur par exemple, ou est-ce que c'est donc à chaque année ou
ça...
Mme Rouleau : Non. Bien déjà,
si on se base sur l'OPHQ qui est notre modèle, c'est un modèle qui est qui
utilise les meilleures pratiques, là, en projet-pilote d'ailleurs, et s'il y a
une information nouvelle concernant la personne, bien, elle est... elle
vient... cette information permettra de modifier le portrait, là, de cette
personne.
Mme McGraw : Et?
Mme Rouleau : On peut
actualiser. Ce n'est pas...
Mme McGraw : O.K.
Mme Rouleau : ...ce n'est pas
canné pour... à l'infini, là, c'est... il peut y avoir certaines informations
qui peuvent être rajoutées.
Une voix : C'est centré sur
le besoin des personnes...
Mme Rouleau : Oui, oui.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires?
• (11 h 50) •
Mme McGraw : Donc, si je
comprends bien, juste qu'à la lumière de ce qu'on vient de dire, c'est... le
plan étant vraiment en plan... en temps réel, c'est vraiment...
Mme McGraw : ...adapté ou...
adapté et puis mis à jour en temps réel si je comprends bien les...
Mme Rouleau : Ça dépend du
besoin de la personne.
Mme McGraw : O.K. Je pense
que ça me...
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Jusqu'à combien
de temps dans le passé vous allez... vous allez remonter jusqu'à combien de
temps dans le passé pour demander ces plans? Donc, par exemple, une personne
vient faire une demande, mais ça fait cinq ans qu'il y a un plan de service qui
a été développé pour eux dans un ministère. Est-ce que pour vous c'est toujours
à jour? Est-ce que c'est toujours pertinent de prendre ces informations-là
encore une fois, dépendamment de la situation de la personne?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Rouleau : Oui. On
répond... Par le plan de services, on répond aux besoins de la personne. Si
c'est un plan de services qui existe depuis cinq ans et que ça répond à la
personne, bien, ça répond aux besoins de la personne.
Mme Prass : Mais disons qui a
été rédigé il y a cinq ans, il n'a pas été mis à jour depuis, est-ce qu'il va y
avoir un exercice pour que, premièrement, la personne concernée, est-ce qu'ils
vont être renseignés que l'agent a possession de leur plan de services?
Mme Rouleau : Que l'agent n'a
pas...
Mme Prass : Non. Est-ce que
donc... donc...
Mme Rouleau : C'est avec le
consentement de la personne.
Mme Prass : O.K. C'est ça ma
première question.
Mme Rouleau : Oui.
Mme Prass : D'accord.
Mme Rouleau : Ce qui est
inscrit dans la loi.
Mme Prass : Et là, à ce
moment-là, est-ce que la personne peut dire justement : Bien, disons — je
sais que ma collègue a demandé une question similaire — mais ma
situation a évolué depuis, et en fait le plan de service que vous avez entre
les mains n'est plus à jour, donc il faut qu'on refasse l'exercice pour
répondre.
Mme Rouleau : C'est ce que
j'ai répondu à votre collègue.
Mme Prass : O.K.
Mme Rouleau : Oui.
Mme Prass : Et est-ce que les
agents qui vont... bien, qui vont recevoir ces rapports-là, est-ce qu'eux...
toutes ces informations-là, est-ce qu'eux, ils vont recevoir une formation pour
bien l'interpréter? Parce que si on n'est pas familier avec un plan de services
pour une personne sur le spectre de l'autisme, la santé mentale, ça peut être
difficile de... d'interpréter ce que ça veut dire de façon réelle sur le terrain.
Donc...
Mme Rouleau : La réponse est
oui.
Mme Prass : La réponse est
oui. Et est-ce que c'est indiqué dans le projet de loi que ces personnes vont
recevoir ces formations-là ou cette sensibilisation-là pour pouvoir bien
interpréter les renseignements qu'ils vont recevoir?
Mme Rouleau : Ce n'est pas
indiqué dans la loi. Ce sont des mesures administratives pour s'assurer que les
personnes soient bien formées évidemment, formées et informées.
Mme Prass : Est-ce que c'est
quelque chose que... Quand vous dites «mesures administratives», est-ce que
c'est quelque chose que vous mettrez dans le règlement qui va être vraiment
écrit noir sur blanc pour... pour ceux qui vont recevoir les informations?
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la ministre.
Mme Rouleau : Lorsque la
personne fait la demande d'un plan de services, on lui explique les tenants et
aboutissants, on lui explique de quelle façon on va procéder, que lorsqu'elle
donne des informations, ces informations, avec son consentement, pourront...
pourront circuler, être transmises aux autres ministères ou organismes qui sont
impliqués dans son plan de services. Et par les mesures administratives, on
s'assure, on s'assure que les personnes soient bien, bien formées et informées
des situations et de ce qu'il y a... de ce qu'il y a à faire pour qu'il n'y
ait... On veut offrir un plan de services pour rendre service à cette personne
qui a des besoins et des besoins particuliers. Alors, on veut s'assurer que...
En fait, par... par cet article, c'est vraiment s'assurer de la meilleure
coordination par les différents intervenants ministériels et organismes et un
continuum des services.
Mme Prass : Et j'imagine dans
le même sens qu'il y a un échange de renseignements. Si l'agent, la personne a
des questions, a davantage de questions, ils peuvent communiquer avec le
ministère ou l'organisme. Il peut avoir une conversation, disons : J'ai
besoin que vous m'éclaircissiez ce que vous voulez dire par là. Donc, ce n'est
pas juste un morceau de papier qui va être transmis, il y a quand même une
communication qui est ouverte.
Mme Rouleau : Il y a une
communication d'un agent à la personne pour expliquer quelles sont les...
Mme Rouleau : ...quelles sont
les possibilités? De quoi avons-nous besoin comme informations? Comment...
comment tout le processus va se... va se passer? Et les agents sont dûment
formés pour répondre adéquatement aux besoins.
Mme Prass : O.K. Et quand
vous dites il faut donner... la personne doit donner son consentement, encore
une fois on parle de certaines personnes qui ont certaines vulnérabilités, qui
n'ont pas toujours la capacité de donner un consentement. Donc, dans ces
cas-là, comment est-ce que vous voyez aller de l'avant...
Mme Rouleau : Bien...
Mme Prass : ...avoir leur...
avoir un consentement de leur part?
Mme Rouleau : Alors, par
procuration. Si la personne ne peut pas, ne peut absolument pas répondre aux
questions, par procuration, une autre personne pour répondre aux questions.
Mme Prass : Qui est donc la
personne qui est légalement...
Mme Rouleau : Qui sera la
personne qui... Ça peut être le parent. Ça peut être le proche aidant.
Mme Prass : D'accord. Parce
qu'on se comprend, surtout avec des renseignements personnels, il faut que ça
soit une décision éclairée...
Mme Rouleau : Tout à fait.
Mme Prass : ...qui est faite
par la personne, puis comprendre les conséquences.
Et j'imagine, les renseignements vont
faire
partie du plan qui va être développé pour la personne, parce qu'il y a
certaines choses qui ne peuvent pas être mesurées, par exemple, attitude. Tu
sais, on parle, comme j'ai dit, d'enjeux de santé mentale. Par exemple, il y a
certaines choses qu'ils ne peuvent pas mettre... qui ne peuvent pas être
mesurées. Don, j'imagine que l'agent, ça, ça va être... ça va faire
partie de
l'information qu'ils ont en main, mais ça ne se limite pas à ça. Ils vont quand
même, s'ils trouvent nécessaire, tu sais, avoir une conversation à la personne,
avoir une certaine évaluation surtout en espérant qu'ils auraient eu cette
formation-là. Donc, ça fait
partie des éléments qui vont faire en sorte que le
plan de services va être fait de façon individuelle pour eux. Mais ça ne
s'arrête surtout pas à ce que... à ce qui leur ce qui va leur être fourni. Je
veux juste m'assurer que ce n'est pas. Ce n'est pas juste sur les
renseignements qu'ils vont recevoir des ministères et organismes. Ils vont quand
même regarder la personne puis voir s'il y a d'autres éléments à ajouter. Ce
n'est pas question de mettre le plan à jour, mais c'est question qu'on ne se
limite pas uniquement à regarder ce qui a été fait, ce qu'est le plan parce
que, comme j'ai dit, il y a des choses qui ne peuvent pas être mesurées. Donc,
quand tu rencontres ces personnes0là, tu sais, tu as une idée de c'est quoi
leurs capacités, c'est quoi leurs habilités. Donc moi, je veux juste m'assurer
que les agents ne vont pas uniquement regarder les renseignements qu'ils vont
recevoir et se baser sur ça, ils vont quand même regarder la personne devant
eux et la réalité de cette personne-là en considération quand ils vont
évoluer.... quand ils vont développer plutôt leur plan.
Mme Rouleau : Ça fait
partie
de l'humanisation, mais c'est... les plans de services existent déjà. Ce
qu'on... ce qu'on ajoute, là, c'est de s'assurer que les actions soient
pleinement concertées, que... et pour le ministère soient d'initier, soient de
contribuer à un plan de services.
Mme Prass : Et est-ce que...
J'imagine, ça doit être déjà le cas dans d'autres... d'autres lois, et que cet
échange de renseignements se fait.
Mme Rouleau : C'est...
Pardon?
Mme Prass : J'imagine que ça existe
déjà dans d'autres programmes, projets de loi, que cet échange de
renseignements se fait entre les différents organismes.
Mme Rouleau : Oui.
Mme Prass : Oui. O.K. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'amendement de la ministre? S'il n'y a pas d'autre
commentaire, est-ce que l'amendement est adopté ou rejeté? Adopté.
Nous revenons à l'article 3 tel
qu'amendé. Est-ce que j'ai des commentaires? Si je n'ai pas de commentaire,
est-ce que l'article 3, tel qu'amendé, est adopté? Mme la ministre?
Mme Rouleau : Adopté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous sommes maintenant à l'article 4 tel...
Mme McGraw : C'est parce que
j'avais demandé. Mme la Présidente, en tout respect, de parler de
l'article 3 dans son ensemble. On m'avait dit qu'il fallait se concentrer
sur l'amendement. Il faudrait revenir sur l'article 3 en général parce que
nous, on a des...
• (12 heures) •
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
je... je comprends votre commentaire, mais je pose la question et je vous
regarde, et il y a quelques secondes avant que je prenne une autre question en
disant : Est-ce que l'amendement à l'article, tel qu'amendé, est adopté?
Nous poursuivons nos travaux, et là vous, vous m'interpellez. Je vous regarde
toujours parce que c'est à vous que je m'adresse quand je pose cette question.
Alors, étant donné que j'ai posé la question deux fois, et que la ministre a
demandé... m'a dit que c'était...
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12 h (version non révisé
e) La Présidente (Mme D'Amours) : ...adopté.
Je demande à la ministre : Est-ce qu'on peut revenir en arrière et
discuter de l'article 3 tel qu'amendé pour le bénéfice de notre collègue
de Notre-Dame-de-Grâce?
Mme Rouleau : On peut.
La Présidente (Mme D'Amours) : On
peut. Alors, nous revenons sur nos pas. Mme la députée, c'est à vous la parole
sur l'article 3 tel qu'amendé.
Mme McGraw : Alors, on
avait... oui. Alors, on voulait. On entend beaucoup de groupes qui ont parlé justement
de l'article 3, et on avait nous-mêmes...
Une voix : ...
Mme McGraw : Alors, je pense
que ça vaut la peine de souligner des interventions des groupes lorsqu'on a
entendu par... pendant les consultations, parce qu'on a aussi nous-mêmes l'intention
de déposer un amendement par rapport à l'article 3.
La Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
vous avez aussi l'amendement à déposer. Je suspends les travaux quelques
instants afin que la députée puisse déposer son amendement.
Mme McGraw : Oui.
(Suspension de la séance à 12 h 01
(Reprise à 12
h 11)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Et maintenant, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, si
vous voulez bien nous faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
Mme McGraw : Oui, tout à
fait. Avec plaisir. Alors, on propose d'insérer dans l'article 8.1 tel que
proposé par l'article 3 du projet de loi après «au besoin», et de deux, l'ajout
deux, «aide à la capacité».
Donc, cette loi est modifiée par
l'insertion après l'article huit du suivant :
«8.1. Le ministre mène des actions
concertées ou y participe, en collaboration avec les autres ministères ou
organismes concernés, afin d'offrir des services continus et intégrés
permettant de répondre aux besoins et à la capacité des personnes, etc.
La Présidente (Mme D'Amours) : Commentaires,
Mme la ministre?
Mme Rouleau : Bien, en fait,
ce que je comprends, là, c'est qu'on veut ajouter un mot, sauf que les besoins
de la personne, en fait les besoins, découlent de la capacité de la personne.
Alors, c'est déjà inclus, Mme la Présidente, dans le temps, dans la loi, une
loi qui sert à briser les silos, une loi qui sert à éviter les chevauchements,
à éviter les dédoublements. Alors, je pense que c'est rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Mme
la députée de D'Arcy-McGee.
Mme McGraw : Je suis
désaccord avec la... Je suis en désaccord avec la ministre, besoins et
capacités sont deux choses différentes. La capacité, c'est l'habilité de la
personne à pouvoir faire certaines choses, intégrer certaines.
Bien, en fait, je voudrais faire une
petite liste des différentes réalités qu'engendre le mot «capacité». Donc, il y
a la capacité de travailler... du travail qu'une personne peut accomplir. Il y
a la capacité physique — excusez-moi — de pouvoir
travailler un certain temps. Il y a la capacité d'une personne de pouvoir comprendre
ce qui leur est demandé. Il y a la capacité d'une personne de travailler dans
certains environnements. Il y a la capacité mentale d'accomplir certaines
tâches ou intégrer certains environnements. Et on l'a entendu énormément lors
des consultations, la question de la capacité des personnes, et c'est quelque
chose qui se discute tout le temps quand on parle dans les communautés, on
parle de personnes avec un handicap physique ou neurodivergent.
Capacité et besoin, moi, surtout en étant
la maman d'un petit garçon sur le spectre l'autisme, je ne vois pas du tout que
les que... que ces mots veulent dire la même chose. Mon fils a besoin que je
l'accompagne pour s'habiller le matin, mais ses capacités vont au-delà de juste
le simple exercice de faire une action physique.
Et comme je viens de vous énumérer un,
deux, trois, quatre,