CAT — 21 October 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2014-10-21
Quebec — Committees
Le Président (M.
Auger) : Nous reprenons nos travaux. M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Bon, là, ce qu'on s'entend, c'est que je retire mon amendement, et je vais
laisser le ministre poursuivre par la suite.
Le Président (M. Auger) : Donc, je
comprends que vous demandez le consentement pour retirer votre amendement?
Une voix :
Oui, oui, consentement.
Le Président (M.
Auger) : Consentement. Donc, M. le ministre.
M. Moreau :
Bon, essentiellement, là, pour que les gens qui suivent les travaux puissent
cheminer avec nous, l'amendement qui avait
été proposé par le député de Sanguinet proposait trois éléments : le
premier, d'obliger de présenter la
part du déficit par groupe de participants. Nous nous sommes convenus, et je
pense que mon collègue de la deuxième opposition également, que
l'obligation ici n'est pas souhaitable. Ce qu'on va faire, c'est qu'on
introduira plus tard un amendement à
l'article 8 pour offrir la possibilité que le déficit soit présenté par
groupe avec une mécanique pour rendre la chose accessible.
Le deuxième élément qui était
introduit par l'article 3, c'était de reconnaître la présence de
comptabilités distinctes, qui va un peu à l'encontre de l'économie de la
loi, où on a une comptabilité par régime.
le troisième élément de l'amendement du député de Sanguinet visait à préciser
le contenu de l'actif du régime à prendre en compte pour le calcul du
déficit, ce qui est une bonne idée, et que nous introduirions par un amendement
qui ajouterait un
article immédiatement après l'article 3, qui serait
l'article 3.1.
Alors,
compte tenu du consentement et du retrait de l'amendement proposé par le député
de Sanguinet, il n'y a plus, je comprends, d'amendement à
l'article 3. On serait rendus à l'étape d'adopter l'article 3 tel
qu'amendé, parce qu'il y avait eu un amendement d'introduit et de voté, et on
pourrait passer après à 3.1. Mais je vois mon collègue qui veut intervenir.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. Juste pour vous dire, M. le Président, que j'avais
un amendement à l'article 3, que je ne présenterai pas à cause des explications du ministre et pour lesquelles
on avait eu la chance d'échanger. Merci.
Le Président (M.
Auger) : Oui, M. le ministre.
Moreau : Bien, je constate que, des fois, on suspend, puis ça
fait avancer plus rapidement, alors on est là-dedans. Ce n'est pas un
sujet simple.
Le Président (M.
Auger) : Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'article 3 tel qu'amendé. Est-ce que
l'article 3, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté. Merci. M. le ministre.
M. Moreau :
Bon. Alors là, on introduirait 3.1. Je sais que l'opposition officielle a une
copie, mais on va... Est-ce qu'on peut distribuer?
M. Moreau :
Alors, j'ai des surprises. C'est bon.
M. Moreau :
O.K., mais distribuons 3.1.
Président (M. Auger) : Donc,
s'il vous plaît,
article 3.1, c'est... Merci. Donc, procédez...
monsieur ou madame, les copies. Oui. Merci.
Moreau : M. le
Président, je vous suggérerais... on distribue 3.1, là. Je réalise, et je m'en
excuse auprès des autres membres de
la commission, que tous ne l'ont pas eu, alors on va suspendre pour quelques
instants pour leur permettre d'en prendre connaissance.
Le Président (M.
Auger) : Donc, je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 54)
Le Président (M.
Auger) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. Alors, avant de le lire, l'objectif de l'amendement, c'est de s'assurer
que tous les éléments d'actif sont pris en compte pour réduire le déficit à
partager. Essentiellement, c'est ça. Alors, la rédaction législative serait la
suivante : Ajouter, après l'article 3, le suivant :
«3.1.
Aux fins du calcul des parts des déficits imputables aux participants actifs,
aux retraités et aux organismes municipaux en application de la présente
loi, les gains accumulés dans la réserve à l'égard du service antérieur au 1er janvier 2014, les montants accumulés dans
le fonds de stabilisation à l'égard du service postérieur au
31 décembre 2013 et, le cas échéant,
ceux accumulés dans un fonds de stabilisation dont il est question à
l'article 52, devront être soustraits des déficits constatés dans l'évaluation actuarielle établie avec les
données arrêtées au 31 décembre 2013, dans celle établie avec les
données arrêtées au 31 décembre 2014 ou dans celle établie avec les
données arrêtées au 31 décembre 2015. Toutefois,
le fonds de stabilisation constitué conformément au paragraphe 3° du
premier alinéa de l'article 5, ne doit pas être pris en compte dans
l'évaluation actuarielle établie avec les données établies au 31 décembre
2015.»
amendement a pour but de s'assurer que le calcul de la part des déficits
imputables à chaque
partie est basé sur
l'évaluation la plus exacte possible de ces déficits. Cet objectif est atteint
en y soustrayant la valeur de la réserve ou du fonds. Comme les
retraités n'ont pas contribué au fonds de stabilisation prévu à l'article 5, sa
valeur ne doit pas être prise en compte pour
établir leur part du déficit constaté dans l'évaluation de 2015, qui précède
une éventuelle suspension de l'indexation de la rente de ses retraités.
Voilà.
Le Président (M. Auger) : Est-ce
qu'il y a des interventions? M. le député de Blainville... M. le député de
Sanguinet? M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le ministre, bon, ce que vous avez dit, d'entrée de
jeu, c'est que vous voulez que toutes les sommes servent à réduire le
déficit, là.
M. Moreau : Tous les éléments
d'actif, oui.
Laframboise : Tous les
éléments d'actif. Ça, ça veut dire que, si je comprends bien, la ville
de Québec, qui avait
un compte à part qui n'avait pas été appliqué sur le déficit, en réduction du
déficit, est-ce que ça va être compris dans ça ou ça ne sera pas
compris dans ça?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : C'est une bonne question.
L'objectif serait, effectivement, que, s'il s'agit d'un élément d'actif attribuable au régime, il puisse être pris en
compte parce que, là, on est assez spécifiques dans le texte de
l'amendement.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Est-ce qu'on
pourrait, M. le Président, rajouter «et tout autre élément d'actif rattaché»,
je ne sais pas, rajouter, faire un
amendement? Moi, ça ne me dérange pas de le proposer, là, mais je voudrais être
bien sûr que tous les éléments
d'actif sont touchés, là, parce qu'effectivement dans ce qu'on lit, ça a l'air
très spécifique, mais moi, j'aurais tendance à rajouter «et tout autre
élément d'actif relié»...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : On va faire une
petite vérification. Juste un moment, s'il vous plaît.
M. Moreau : ...suspendre,
oui.
Le Président (M. Auger) : Je vais
suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 1)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre.
M. Moreau : Oui. Alors, en réponse à la question
très pertinente qui a été posée par le député
de Blainville, on se rappellera, M. le Président, que la ville de Québec, et notamment les représentants des cols blancs de la ville de Québec, et je pense que les retraités aussi de la ville de Québec, sont venus faire
des représentations à l'effet que, dans sa comptabilité, la ville avait déposé des sommes dans des fonds
particuliers qui ne sont pas dans le régime de retraite. Alors, la
commission parlementaire n'a pas à débattre à savoir si ces sommes-là sont au
bon endroit, bon.
La question que pose le député de Blainville est
de dire : Est-ce que ces fonds-là, s'ils devaient être versés au régime, seraient pris en considération dans le
calcul de l'article 3.1? C'est la question que vous posez,
essentiellement. La réponse à cette question-là, c'est oui. Pourquoi? Parce que
l'article 3.1 que nous venons de déposer décrit tous les éléments d'actif possibles du régime de retraite.
Ça ne règle pas un potentiel litige entre Québec et ses employés à
savoir si les sommes versées dans d'autres comptes doivent s'y retrouver ou
pas.
Cependant, la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite et les dispositions des
règlements applicables en vertu de la
Loi sur les régimes
complémentaires de retraite permettent à quiconque qui estime qu'une somme due
par un employeur ou par un groupe d'employés n'est pas versée de s'adresser à
la régie pour obtenir le redressement de cette situation-là.
De sorte
qu'il y a deux possibilités : ou la ville de Québec a raison et elle
dépose ces sommes-là dans des comptes aux fins de sa contribution future
au régime de retraite au moment où ces sommes-là seront dues, ou les cols
blancs et les retraités ont raison et la ville de Québec est en défaut de son
obligation de verser. Dans l'un et l'autre cas, si elle était en défaut de son obligation de verser,
les versements qui seraient faits à partir de ces sommes-là le seraient
dans un des comptes qui sont décrits à
l'article 3.1 et qui deviendraient un élément d'actif. Et ce débat-là est un
débat qui est réglé par les
dispositions générales de la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite et
les règlements d'application.
Et, si vous
voulez qu'on vous donne les dispositions précises qui s'appliquent, les
juristes sont en train de le faire, puis on va vous donner l'information
ultérieurement.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Oui. Bien, je vais accepter les informations que vous
allez nous donner. Mais, pour bien qu'on se comprenne, il y a un litige
présentement, par rapport à ces sommes-là, à Québec. C'est ça que vous êtes en...
M. Moreau : Il y a un débat.
Moi...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : ...pour répondre
plus précisément à votre question, là : pour qu'il y ait un litige, ce
serait qu'il y ait des procédures d'engagées, là, au sens juridique du terme.
M. Moreau : Il y a un débat,
à tout le moins. Je ne pense pas qu'il y ait un litige dans le sens où un
groupe de retraités ou les cols blancs ont
intenté des procédures pour faire reconnaître que ces sommes-là devaient être
versées, mais il y a un débat qui a été évoqué devant nous, où on dit :
Bien, là il y a de l'argent, dans un compte à la ville de Québec, qui devrait
être versé au régime. La ville de Québec dit : Non, ces sommes-là sont des
provisions pour être versées ultérieurement.
Alors, le moment du versement... ou ce débat-là sur cette question-là est réglé
par les dispositions générales de la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite, de sorte que, s'il y avait un
litige et que ce litige-là était tranché en faveur, par exemple, des
retraités ou des cols blancs, ce sur quoi je ne me prononce pas, bien entendu,
la ville aurait l'obligation de le verser dans l'un ou l'autre des éléments
d'actif qui sont visés à l'article 3.1, de sorte que le texte de l'article 3.1
vise tout ce qui peut être un élément d'actif aux fins de réduire le déficit
éventuel d'un régime.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Merci, M. le Président. Est-ce que j'ai bien compris quand
vous avez dit : Il pourrait y avoir demande, auprès de la régie, de
trancher? Est-ce que c'est ça, la...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Laframboise : La régie pourrait
trancher sur ces sommes-là, ou...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
M. le Président, c'est ce qu'on m'explique. Alors, les juristes de la régie
sont en train de me sortir les dispositions législatives de la loi
générale qui permettraient de trancher ce litige-là. Et, si je comprends bien,
ce serait la régie qui, à la limite...
M. Jean
(Denys) : Les parties ont obligation de verser ce qu'ils doivent au
régime.
M. Jean
(Denys) : À défaut de le faire, nous, nous intervenons...
M. Moreau : O.K. Effectivement. Alors,
les parties ont l'obligation de verser ce qu'ils doivent aux fins du
régime. À défaut de le faire, la régie intervient pour imposer cette
obligation.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Merci, M. le Président. Est-ce qu'on sait s'il y a déjà
une demande de faite auprès de la régie ou il n'y en a jamais eu?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Ah! on m'informe
qu'il n'y en aurait pas.
M. Laframboise :
Parfait. Donc...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Merci, M. le
Président. Donc, ça veut dire que, si c'est un actif, tout est prévu; il n'y a absolument rien de pas prévu. Là, ce que vous nous
dites dans le texte qui nous est donné présentement : Tout ce qui
est actif officiel, déclaré, c'est prévu puis ça doit être imputé...
Laframboise : ...contre le passif... Contre le passif. C'est ce que
vous nous dites par l'amendement que vous nous faites. Il n'y a rien...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : C'est
l'information que l'on me donne. Alors, pour être clair, 3.1 vise tous les
éléments d'actif possibles du régime qui
doivent être pris en compte pour réduire le déficit au maximum. Et, si des
sommes ne sont pas versées dans ces éléments d'actif là sur la base
d'une mésentente et qu'il y a litige, le litige est tranché par les
dispositions générales de la loi par la régie comme organisme administratif.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, M. le ministre, c'est parce que vous
nous dites : À ma connaissance, là, ou vous avez utilisé un terme,
là... Parce que moi, j'aurais peut-être...
M. Moreau : M. le député a un
doute?
Laframboise : Non, bien, c'est parce que j'aurais peut-être apprécié
d'ajouter un sous-amendement qui dirait «et tout autre élément d'actif»,
parce que vous faites une énumération assez détaillée, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
La raison pour laquelle on ne le fait pas, c'est parce qu'il n'y a pas d'autre
élément d'actif possible. Les sommes versées par la ville... Exemple,
là, dans le cas de Québec, si la ville avait à verser des sommes, ce qu'on
m'explique, c'est que ces sommes-là seraient versées... Attendez un peu, là, si
on reprend la...
M. Laframboise : Les biens accumulés
dans la réserve à l'égard...
M. Moreau : C'est ça. Ce serait soit dans le fonds de
stabilisation, soit dans le fonds de stabilisation visé à 52, soit dans
l'autre élément d'actif, là — il y en avait trois, là — soit la
réserve du service antérieur. C'est ça.
M. Moreau : Mais le fait
qu'elle l'ait versé ou pas — c'est
ce que j'explique, là — ça,
c'est extérieur à notre dossier. Et cet
élément-là qu'elle doive le verser ou pas, c'est tranché par les dispositions
générales de la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite, de
sorte que, si je me rendais à votre suggestion, ou je reconnais qu'il y a un
autre élément d'actif, ou je parle pour ne rien dire... en fait, le législateur
aurait parlé pour ne rien dire, ce qui ne se fait pas, vous le savez.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Donc...
M. Moreau : En fait, ce qui
n'est pas souhaitable.
M. Laframboise : Donc, vous retirez
«à ma connaissance», parce que vous avez dit : «À ma connaissance». Ça
veut dire que...
M. Moreau : Non. Selon les...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Merci. Alors, selon les informations qui me sont
transmises par la régie, là... Le «à ma connaissance», c'était lié à
quoi, à l'élément qu'il y ait un litige ou pas?
Laframboise : Non, c'est par rapport...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Alors, ce
que je vous dis, là, alors, comme déclaration d'explication, de commentaires du
ministre, les éléments d'actif qui sont
décrits à l'article 3.1 sont les seuls qui peuvent exister aux fins
du régime. C'est ce que vous souhaitiez avoir comme éclaircissement?
Laframboise : Oui, voilà.
M. Moreau :
O.K. Merci.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Merci, M. le Président. Alors, à mon tour de saluer les collègues de la commission
ainsi que les gens qui participent à la commission, M. le ministre et
toute votre équipe qui vous accompagne, ainsi que le secrétariat.
Bien,
M. le Président, ma question au ministre. On sait, souvent, là,
le diable se cache dans les détails, alors, sans douter, là, des règlements que le ministre nous dit, là, que les gens de
la régie lui... tentent de nous expliquer, là, on sait que c'est un peu complexe, là, ça doit toucher
plusieurs articles, mais, si ces mesures-là, O.K., dont on parle, qu'on
dit : On n'a pas besoin de
rajouter, tel que le disait le député de Blainville, «tout type de
déficit ou d'actif», pourquoi qu'aujourd'hui on entend, en commission
parlementaire, des groupes venir... dans le cas de Québec, là, c'est quasiment
seulement qu'eux, ils ont pris la peine de
venir nous voir, de nous sensibiliser et de crier quasi à l'injustice, là, de
leur manière de le faire, de dire : Bien, ça n'a pas de bon sens
que ces sommes-là n'ont pas été déposées?
Ceci
dit, les gens nous sensibilisent... M.
le ministre, les gens de la régie
nous disent : Il y a déjà quelque
chose dans la réglementation, qu'ils doivent
le prendre en compte ou en tenir compte, puis là nous, on s'en va, supposément
à la fin de notre projet de loi, de dire : On va départager les
actifs comme il le faut pour savoir qui doit quoi. Puis, dans votre explication, M. le ministre, vous nous
dites : Bien, qu'ils l'aient versé ou pas, ça, c'est extérieur. Sauf que
la journée qu'on sera rendus à départager le calcul exact des groupes,
bien, si la réglementation est réelle puis elle existe, pourquoi qu'aujourd'hui
on a un groupe qui vient nous dire que, depuis des années, ces sommes-là ne sont
pas placées dans les fonds de retraite?
Alors,
je me permets de garder un doute et de poser la question quand même au
ministre, là : Le tout type d'actif, s'il est si clair dans la
réglementation, pourquoi qu'on l'a, cette problématique-là, en ce moment, là?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Sur la chute
de la question, je ne suis pas sûr que je vous ai suivi, mais je vais essayer...
je vais vous faire un élément de réponse, vous me direz si ça vous
satisfait. Lorsque la régie reçoit l'évaluation actuarielle de n'importe quel régime, c'est vrai pour la ville de
Québec comme de n'importe quelle autre municipalité au Québec, elle vérifie, sur la base de l'évaluation actuarielle,
si l'employeur a versé les sommes qui devaient être versées aux régimes
aux fins de la loi. Et, selon l'évaluation qui est faite par la régie, pour la
dernière évaluation actuarielle qui touche les régimes administrés par la ville
de Québec — puis
Québec, il y a six régimes — la
régie estime que la ville a versé toutes les sommes qu'elle devait verser aux
fins de ses obligations en vertu de la loi.
à quoi vous référez, c'est les témoignages que nous avons entendus, moi, je
pense que les deux sont venus, là,
autant les retraités que les cols blancs... à ma mémoire, les deux sont venus
nous dire qu'eux pensaient qu'il y
avait des sommes qui se trouvaient dans des comptes ou dans des éléments de
comptabilité de la ville externes aux régimes de retraite qui auraient dû être versées aux régimes de retraite. Ce n'est
pas l'opinion de la régie sur la base des obligations faites par la ville en vertu des dernières évaluations
actuarielles qui ont été déposées par celle-là aux fins des six régimes
qu'elle administre.
Maintenant,
ce que j'ai dit au député de Blainville, c'est que, si les associations, que ce
soient les retraités, que ce soient les cols blancs, estiment qu'il y a
des sommes qui auraient dû être versées par la ville et qui ne l'ont pas été, ils ont des recours, devant la régie, en vertu des
dispositions générales de la
Loi sur les régimes complémentaires de
retraite et de ses règlements d'application. Et la réponse additionnelle que
j'ai donnée, c'est : Est-ce que, oui ou non, il y a un litige ou il y a
une cause pendante devant la régie à l'égard de ces sommes-là? La réponse,
c'est non.
Donc,
non, la régie n'estime pas que la ville de Québec doit des sommes
additionnelles. Non, il n'y a pas de litige pendant devant la régie sur
le versement des sommes à la demande soit des cols blancs, soit des retraités
ou de tout autre groupe qui peut avoir un
intérêt dans les régimes de retraite administrés par la ville de Québec. Et, en
conséquence, ce que nous avons entendu, la
même chose que vous, c'est de dire : Bon, il y a des opinions divergentes,
mais il n'y a rien qui est fait à
l'égard de ça autre que les déclarations qui nous ont été faites et qui
constituent peut-être éventuellement un litige sur lequel, moi, comme
ministre, je n'ai pas à me prononcer.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Bien, écoutez, je suis votre logique, M. le ministre,
là, dans ce que vous expliquez. Je n'ai pas
trop de problèmes avec ça. Je veux juste m'assurer qu'on... Parce que vous avez
commencé en disant : La régie
estime que la ville a versé les sommes dues. Donc, les sommes dues par rapport
à une négociation, que l'on dit, le côté patronal ou la ville a à
déposer une quote-part ou de maintenir sa part dans le régime ainsi que les
employés paient leur quote-part. Là-dessus,
je vous suis, sauf que... Puis je ne me souviens pas exactement, là, de tout le
plaidoyer des gens qui ont venu nous parler
de ce compte-là à part qui disaient que la ville n'en tenait pas compte puis
ils devraient en tenir compte. Sauf que, si je me souviens bien, puis
peut-être vous pouvez me rafraîchir la mémoire, M. le ministre, ce n'était pas
un programme spécial ou une loi spéciale qu'on avait sorti dans le cas des
fusions avec eux.
Alors, si ça,
ça a sorti par une réglementation spéciale pour donner la possibilité à la
ville de Québec de faire ce calcul-là
puis d'avoir un fonds consolidé à part, bien, je veux juste m'assurer, parce
que je crois comprendre dans vos explications,
de dire : Bien, même si ça, c'est le cas... on a donné la permission de
réclamer un certain montant x pour toutes sortes de raisons qui étaient valables dans le temps... si ça, c'est le
cas, aujourd'hui il y a quand même des règles dont, vous dites, les juristes sont en train de nous sortir
pour, si les gens ne sont pas d'accord où est-ce que l'argent est mis présentement, mais il y a quand même déjà des
recours possibles. Alors, si les gens ont venu, puis je ne pense pas que
vous visiez les gens, mais de dire aux
gens : Mais, si vous n'êtes pas d'accord avec ça, suivez la
réglementation, elle existe déjà,
pour cette dite reconnaissance pour dire que c'est des actifs ou que ça serait
dans le bon régime que l'argent serait mis. Si je vous suis bien, là, M.
le ministre.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Oui. Je pense que vous me suivez bien. En fait, on me pointe l'article 248 de
la
Loi sur les régimes complémentaires
de retraite, où «la régie peut rendre une ordonnance prescrivant au comité de
retraite, à celui qui a été délégué des pouvoirs ou à toute
partie au
régime de retraite de prendre, dans les délais et conditions fixés, toute
mesure régulatrice qu'elle indique lorsqu'elle est d'avis que...»
Puis là il y a une énumération de six
paragraphes — bien,
en fait, de cinq parce que le paragraphe 4 a été abrogé — dont
je vais vous faire grâce.
Puis enfin on dit : «La régie peut aussi,
lorsqu'elle l'estime nécessaire dans l'intérêt des participants et des bénéficiaires, ordonner à une personne qui a en sa
possession, sous sa garde ou sous son contrôle des fonds, titres ou
autres biens qui font
partie de l'actif d'un régime de retraite, de ne s'en
départir qu'avec son autorisation et aux conditions qu'elle fixe.»
Elle pourrait donc émettre une ordonnance pour
dire : Ce n'est pas à la bonne place, vous devez le mettre au bon endroit. C'est une des dispositions
applicables. Alors, ça illustre, je pense, le fait de dire que, dans la
Loi sur
les régimes complémentaires de retraite, la régie a des pouvoirs
d'arbitrage sur les obligations faites aux parties de verser des fonds aux
régimes. Et c'est pour ça que l'explication que je donnais au député de
Blainville, c'est de dire, lorsque ces sommes-là
sont dues et qu'elles doivent être versées aux régimes, elles ne peuvent se retrouver ailleurs
qu'aux endroits prévus dans l'énumération de l'article 3.1 que nous
suggérons.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci,
M. le Président. Donc, je comprends très bien,
là. Je pense que, comme vous dites, là, juste en
expliquant un peu l'article 248, on voit bien, là, qu'il y a des précisions là-dessus.
Je voudrais juste m'assurer, par exemple, là... c'est que, lorsqu'on dit qu'on avait
accepté à la ville de Québec, c'est-u une réglementation ou une loi
spéciale qu'on avait acceptée que ces
gens-là puissent aller retirer des sommes, avec les fusions, là, on avait
compris que c'était par rapport aux fusions. Donc, je veux juste m'assurer que, dans cette réglementation-là ou dans cette procédure-là, on ne les exclut pas des articles
dont on vient parler, par exemple.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Alors, dans
l'historique de la ville de Québec, on parle de l'ancienne ville de Québec
avant les fusions municipales, donc avant le regroupement avec Sainte-Foy et
les relations qui existent maintenant avec Saint-Augustin et L'Ancienne-Lorette comme villes liées. Je pense
qu'elles ont un statut de villes liées, à L'Ancienne-Lorette et Saint-Augustin, ou d'agglomération, là; je ne veux
pas vous induire en erreur. Et donc il
y a des éléments de comptabilité
liés aux actifs de l'ancienne ville de Québec, mais ça ne change rien à la situation
de l'obligation de la ville, quelle que soit l'époque concernée, à l'égard des
fonds de pension applicables aux époques concernées. Alors, que ce soit l'ancienne ville
de Québec, la ville de Québec depuis les fusions, les obligations liées à la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite
s'appliquent.
Alors, on me donne une explication sur le
déficit initial, là. On me dit : Le déficit actuariel initial des régimes de
l'ancienne ville de Québec doit être financé selon une cédule de résorption
fixée par des dispositions du projet de loi 271 de 1986 qui a modifié la Charte de la ville de Québec et qui
s'échelonne jusqu'en 2045. Alors, ce
qu'on a fait, c'est qu'on a fait un compte à part pour les déficits
actuariels liés aux régimes de l'ancienne ville de Québec. Alors, ça, c'est un projet de loi... c'est une loi... le
projet de loi 271, qui est devenu probablement le
chapitre x des lois de
1986. Donc, il y a une résorption jusqu'en 2045.
cotisations prévues à cette cédule croissent de façon rapide, particulièrement
en fin de période. Afin d'éviter que cela
se traduise par une augmentation prononcée du fardeau des contribuables, la
ville a créé, en vertu des dispositions introduites dans sa charte en 2006, une réserve
financière visant à niveler la taxation par souci d'équité
intergénérationnelle. Et vraisemblablement
que les comptes auxquels on se réfère, ce sont les réserves financières qui
font en sorte que, comme la cédule de
remboursement va en croissant jusqu'en 2045, pour assurer un nivellement des
obligations financières de la ville, et
donc pour pas qu'il y ait un choc d'imposition, la ville utilise les fonds
accumulés dans ses réserves financières pour réduire l'obligation
fiscale de ses contribuables au fur et à mesure que nous nous dirigeons vers
2045 parce que les obligations financières croissent rapidement. C'est ça?
Moreau : O.K. C'est parfait. Et on nous dit enfin : Il n'y
a donc pas lieu de prévoir des dispositions législatives particulières
pour donner suite aux commentaires reçus à propos des sommes conservées par la
ville de Québec pour ses régimes de retraite.
C'est
ce qui fait que je vous disais tantôt que la régie estime qu'aux fins des six
régimes administrés par la ville de Québec la ville de Québec a payé
100 % des sommes qu'elle devait et que ce dont on parle, de cette
comptabilité ou de ces réserves financières,
vise à pourvoir aux obligations de la ville dans la cédule de résorption
du déficit actuariel qui a été gelé en 1986 et qui appartenait à l'ancienne
ville de Québec.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Deux choses sur vos explications, M. le ministre. La
première chose : Est-ce que je crois comprendre... Parce que je pense que
c'est assez clair, je dois comprendre que, dans le projet de loi 271, là, qu'on n'a pas tout lu, donc qu'il n'y
a pas d'exemption à tout autre calcul, exemple, d'actif ou quoi que ce soit ou qui serait soustrait à certaines
obligations? J'imagine que non, là. Juste pour m'en assurer, là, avec les
juristes.
M. Moreau :
Ou de relation...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. Ou de relation avec les régimes actuels, la réponse est non.
M. Leclair :
La réponse est non, O.K. L'autre...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauharnois... M. le ministre, oui, vous
pouvez compléter.
Moreau : En d'autres
termes, on a cristallisé dans le temps la situation juridique liée au
déficit actuariel des régimes de
retraite de l'ancienne ville de
Québec. On a permis à la ville de Québec, en 2006, de se constituer des réserves pour rencontrer la
cédule d'amortissement qui se termine en 2045. Et, comme les éléments ou comme
les coûts inhérents à la cédule d'amortissement croissent au fur et à mesure parce
qu'il y a une accélération des
remboursements, elle utilise ses réserves
financières aux fins d'amoindrir le choc fiscal qui serait transféré aux
contribuables de la ville de Québec. Alors, ça, c'est un régime qui est cristallisé à
partir du projet de loi n° 271
et des amendements faits à la Charte de la Ville de Québec en 2006. Le régime dont on parle ici et les six
régimes dont il est question sous administration de la régie sont dans
un univers juridique complètement différent.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Merci, M. le Président. O.K., puis je comprends bien, là, ce que vous
expliquez, M. le ministre. Donc, si on parle de ladite réserve,
ladite réserve, ça pourrait être possible aussi, je pense qu'il y avait du bon vouloir dans tout ça, on crée une réserve
puis on dit... dans le projet de loi
n° 271, jusqu'en 2045, devrait finir par stabiliser cet
endettement-là ou régulariser, à tout le moins, la situation.
M. Moreau :
Le payer, le remboursement.
M. Leclair :
Exact. Donc, est-ce que cette réserve-là aurait des possibilités, aujourd'hui,
à l'heure où on se parle ou dans les
prochaines années, ou peut-être avec les krachs boursiers qu'on a vus dans les
années 2008, est-ce que c'est
possible que ça soit déficitaire? Et même le contraire : Est-ce que c'est
possible qu'il y ait de l'excédentaire dans ces comptes-là avec des bons placements? Si la réponse est oui ou non,
versus un des autres ou... Je ne sais pas trop comment c'est fait, là, je ne suis pas un spécialiste,
mais est-ce que ces excédents-là pourraient être capitalisés ou, si c'est
déficitaire, est-ce que ces fonds-là aussi sont calculés dans un déficit futur
avec le projet de loi dont nous parlons aujourd'hui?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Alors, non, c'est un régime qui est complètement
fermé, c'est-à-dire que... imaginez une courbe ascendante, parce que
c'est le rythme des remboursements sur l'ancien régime de la ville de Québec
jusqu'en 2045. Comme
il y a une accélération des remboursements, si la ville n'avait pas constitué
de réserve, il y aurait une augmentation des taxes où on devrait aller taxer les contribuables de l'ancienne
ville de Québec de façon plus importante d'année en année, jusqu'en
2045, pour prévoir la cédule de remboursement qui vise à rembourser totalement
le déficit actuariel lié à l'ancien régime,
lequel sera totalement résorbé en 2045. Il y a une obligation pour la ville de
se rendre à ça. Le fait qu'elle constitue une réserve lui permet de
compenser l'augmentation des coûts d'année en année de remboursement jusqu'en
2045 en attribuant une
partie de la réserve à amoindrir ou à rembourser le
déficit lié à ce régime-là.
Alors,
c'est un univers fermé, au plan juridique, qui n'a rien à voir avec les régimes
de retraite de l'actuelle ville de Québec. Les six régimes de retraite
de l'actuelle ville de Québec, c'est la ville de Québec selon le territoire que
l'on connaît. Et la raison pour laquelle on a fait ça, c'est qu'on a voulu
avoir, j'imagine, une règle d'équité envers les contribuables parce que ce
passif-là appartenait à l'ancienne ville de Québec, qui avait une assiette
fiscale différente de la nouvelle ville de
Québec, puis on ne voulait pas faire imposer, par exemple, les gens de
Saint-Augustin ou les gens de Sainte-Foy pour un déficit qui avait été
accumulé sur le territoire de l'ancienne ville de Québec, ce qui est, je
dirais, une gestion assez courante en
matière de fusion ou de regroupement de territoires. On essaie d'établir
l'actif et le passif de chacun des territoires avant le regroupement
pour faire en sorte qu'il y ait une équité fiscale entre les contribuables.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauharnois encore, oui? M. le député de
Beauharnois.
Leclair : Merci, M. le Président. Je comprends que tout ce
système-là a été mis pour une question d'équité face aux contribuables,
sauf que la seule place où j'ai un doute, puis c'est peut-être ma
compréhension, là, de ce monde financier
là : Pourquoi que ce compte-là ou ces placements-là, jusqu'en 2045,
pourquoi qu'eux autres sont sûrs et certains? Ils ne peuvent pas avoir
eu, eux autres, une perte dans les placements économiques ou...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Oui, mais s'il y en avait une... En d'autres termes, ces réserves-là ne servent
pas à payer 100 % du déficit. Jusqu'en
2045, on va payer 100 % du déficit. La réserve sert à amoindrir le choc
fiscal pour la résorption du déficit.
Si la réserve était insuffisante pour payer le déficit, l'excédent nécessaire
pour rencontrer l'obligation annuelle jusqu'en
2045, la ville de Québec a l'obligation de taxer sur la base de son ancienne
assiette fiscale, qui correspondait à celle qui existait au moment où le
régime a été administré, O.K.?
M. Leclair :
Oui. Merci, M. le ministre.
Le Président (M.
Auger) : Ça va? M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. Bien, je trouve ça intéressant, M. le ministre,
parce que ça m'éclaire par rapport à ça.
M. Moreau :
Je trouve ça dommage que vous trouviez ça si intéressant que ça!
Des voix :
Ha, ha, ha!
Laframboise : Non, mais c'est parce que, là, vous avez dit, M. le
ministre, que c'est un monde fermé, ce montant-là
est un monde fermé, comme. Est-ce que notre loi qu'on apporte va changer la
règle ou ça va rester la même chose? Ce monde fermé là va être exclu de
notre loi?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. Et, dans le fond, vous avez bien fait de vous intéresser parce qu'il y a
une réponse directe à votre question, c'est
l'article 54 du projet de loi n° 3, qui dit : «Les déficits
initiaux des régimes de retraite des villes de Montréal et de Québec pour lesquels des mesures d'étalement sur une
période de plus de 20 ans ont été consenties ne sont pas considérés
dans le calcul des déficits d'un régime aux fins de l'application de la
présente loi.» C'est le premier alinéa de l'article 54.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : C'est ce que je voulais que le ministre me réponde.
Merci.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Merci, M. le Président. Si vous permettez, je
vais juste essayer, là, d'éclaircir la démarche proposée par
l'article 3.1. Bon.
M. Moreau :
Oui, l'amendement de... l'article, oui, O.K., 3.1.
Therrien : Oui,
c'est ça, l'article 3.1 que vous avez rajouté. D'abord, nous, on a avait
proposé, il y a jadis, d'introduire une réserve dans l'actif. Je pense que
c'est une question... pas futile, mais je veux juste m'assurer, là, de votre démarche, là. C'est ça, nous, on avait proposé
de mettre la réserve dans l'actif parce que, généralement, je pense, dans les
lois, c'est ce qu'ils proposent — j'ai regardé les lois, entre autres, qui
étaient issues de 2006 — et vous, vous proposez tout simplement de
diminuer le déficit du montant. Je ne pense pas que ce soit une grosse
différence, mais qu'est-ce qui vous inspire à faire ça, là?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Merci. On me dit
que c'est parce que c'est la pratique à la régie. On réduit le passif de
l'actif.
M. Marceau : C'est les
vieilles chaussettes, les vieilles chaussettes de la régie.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
O.K. Bien, tu sais, je vois bien qu'en bout de ligne, là, en bout de piste, il
n'y a pas grand-chose qui diffère, là, mais c'est juste que je voulais
m'assurer de pourquoi on faisait ça de cette façon.
M. Moreau : C'est l'opération
mathématique.
Therrien :
C'est ça. Ça me satisfait amplement. O.K. Puis là vous parlez ensuite des
réserves, là, de ce qu'il faut
éliminer du déficit, là, vous avez parlé de trois choses. Je veux juste
m'assurer que j'ai bien saisi, là. On parle, donc... «Accumulés dans la
réserve». Ça, la réserve, c'est ce qu'on retrouve, entre autres, avec la PED.
M. Moreau : Les gains
accumulés dans la réserve.
Therrien : C'est
ça. Ça, c'est correct. «À l'égard du service antérieur au 1er janvier
2014», ça, ça va. «Les montants accumulés...
M. Moreau : Dans le fonds de
stabilisation.
Therrien :
...dans le fonds de stabilisation à l'égard [des services postérieurs] au 31
décembre 2013», ça veut dire que ce qu'on va avoir mis dans le fonds de
stabilisation en 2014, ça va être considéré comme étant un... pas un gain
actuariel, mais, en tout cas...
Une voix : Un élément
d'actif.
Therrien : ...un
élément d'actif qui sera soustrait. O.K. Ça, ça va.
Là, vous rajoutez : «...et, le cas échéant,
ceux accumulés dans un fonds de stabilisation dont il est question à l'article
52...» Juste me clarifier ça pour être certain que je comprenne... Je pense que
je comprends, mais juste confirmer, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : C'est les vieux
fonds.
Therrien : Oui,
c'est... M. le ministre, si vous voulez laisser parler, moi, je n'ai pas de
problème avec...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
O.K. Alors, les fonds dont on parle à 52, c'est le fonds de stabilisation qui
existe déjà. Alors, attendez un petit
peu, j'essaie juste de vous le sortir dans l'article, là. C'est ça. C'est le
premier alinéa de 52. On dit : «Lorsqu'une entente concernant un régime conclue entre un organisme municipal et une
partie ou la totalité de ses employés au cours des trois années
précédant la sanction de la présente loi...»
Therrien : Ça, ce
n'est pas le bon
article que vous lisez.
Therrien : C'est en
bas.
M. Moreau : Ah! mais votre
3.1 réfère à 52 amendé?
M. Moreau :
Ah! O.K., O.K., O.K.
Therrien : C'est
juste en bas, là.
M. Moreau : «Lorsqu'un fonds
de stabilisation est constitué dans un régime, le fonds visé au
paragraphe 3° du premier alinéa de l'article 5 est réputé constitué.
Les règles prévues à la présente loi s'appliquent à l'égard de ce fonds à compter de la date de prise d'effet de
l'entente intervenue entre les parties ou de la décision arbitrale en application du
chapitre III.
«Le service antérieur à la constitution de ce
fonds est réputé être le service antérieur de ce régime aux fins de la présente
loi.»
Mais le fonds
dont on parle, c'est le fonds de stabilisation déjà constitué dans un régime.
C'est ça? Le premier élément de l'article 52 tel
qu'amendé.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien : Donc,
dites-moi...
Une voix : Fait à la date de
l'entente.
Therrien : Mais, dites-moi, M. le ministre, par rapport à l'article 52, c'est par rapport aux ententes qui
ont déjà été effectuées entre différents intervenants puis qui satisfont
l'ensemble...
Therrien : ...l'ensemble — juste
pour clarifier, là — des
dispositions que vous proposez dans le projet de loi n° 3, et vous leur donnez un moment pour, justement, dire
qu'eux vont négocier en 2016. Et donc, s'ils avaient prévu un fonds de
stabilisation au préalable, avant l'adoption éventuelle du p.l. n° 3...
M. Moreau : Ça vient réduire
le déficit.
Therrien : Parfait.
Ça, j'ai très bien compris. Et donc tous ces fonds-là de stabilisation qui sont
issus des ententes qui allaient dans le sens du p.l. n° 3 vont être
considérés comme étant...
M. Moreau : C'est un actif.
Therrien :
...des actifs qui seront soustraits au déficit antérieur. O.K. Donc, ça, j'ai
bien compris ça. O.K. Là, vous dites
aussi... c'est, par rapport à... «Toutefois, le fonds de stabilisation...» On
avance, là. Ça clarifie bien des choses,
là. C'est parce que je veux être sûr de mon coup, là. «Toutefois, le fonds de
stabilisation constitué conformément au paragraphe 3° du premier alinéa de l'article 5 ne doit pas
être pris en compte dans l'évaluation actuarielle établie avec les données établies au 31 décembre 2015.» Là,
dites-moi si je me trompe. Ça, c'est pour les gens qui sont...
L'évaluation du 31 décembre 2015 va
toucher deux types d'individus : les retraités qui avaient un déficit en
2013 et qui se font réévaluer en 2015, puis ceux qui se feront évaluer à
partir... comme l'article 52, qui s'adressait à eux, ceux qui vont
négocier en 2016 des ententes. Ces gens-là
vont négocier à partir du 31 décembre 2015. Est-ce que c'est bien ça que
j'ai compris?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
Parfait. Alors donc, si c'est 31 décembre 2015, ça veut dire que le fonds
de stabilisation, comme le prévoit la
loi, qui sera ramassé en 2015 ne sera pas considéré comme un actif qu'on pourra
soustraire au déficit. Est-ce que je me trompe, ou c'est ça?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Je n'ai pas suivi
votre dernier bout, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
Je vais répéter. Ça veut dire que... Parce que, là, vous dites que ces fonds de
stabilisation constitués conformément au paragraphe 3° premier
alinéa de l'article 5...
Moreau : Oui. Ça, c'est...
Therrien : Ça, c'est le fonds de stabilisation que vous avez
instauré, là, que vous instaurez dans votre projet de loi. Ça veut dire qu'en
2015, l'année où est-ce qu'eux vont avoir amassé un fonds de stabilisation de
10 %, minimum de 10 %, ce fonds de stabilisation là ne devra pas être
considéré comme un actif qu'on pourra soustraire au déficit.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
L'évaluation actuarielle établie avec les données au 31 décembre 2015,
c'est l'évaluation actuarielle faite aux fins d'établir l'état du régime pour
savoir si on peut suspendre ou non l'indexation des retraités. Elle ne sert
qu'à ça.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Mais, donc, ça veut dire que ceux qui négocient
en 2016, ils ne négocieront pas sur la base du 31...
M. Jean
(Denys) : C'est 31 décembre 2014.
M. Moreau :
Allez-y, M. Jean.
Therrien :
C'est 2014? Oui, bien, j'ai besoin d'information, là. Ceux qui négocient en
2016... Parce que vous avez donné un léger
délai, là, pour ces gens-là qui respectent une
partie de la loi, là. Bon, bien,
eux, ce n'est pas le 31 décembre 2015 qu'ils font évaluer... Je me
suis trompé, O.K., ce n'est pas ça.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Le 31 décembre 2015, ça ne touche que la
situation des retraités, parce qu'on dit : Pour les retraités, on veut que ce soit une mesure de dernier recours,
donc on va faire une évaluation au 31 décembre 2015, et, si
l'évaluation au 31 décembre 2015 estime
qu'il y a un déficit, là ils pourront, à compter du 1er janvier 2017,
suspendre l'indexation des retraités.
Donc, quand on réfère ici à l'évaluation actuarielle établie avec les données
établies au 31 décembre 2015, on parle de l'évaluation actuarielle
aux fins de déterminer si l'organisme municipal pourra ou non suspendre
l'indexation des retraités à compter du 1er janvier 2017. «Am I right»?
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
O.K. Donc, j'avais compris pas mal, mais j'avais un... je pensais que ça
s'adressait aussi à un autre groupe d'individus. Bon, c'est correct. Moi, j'ai
bien compris. Là, j'ai une question à vous poser par rapport à ça. Moi, je suis un retraité d'une ville
quelconque. Le 31 décembre 2013, j'arrive, et mon déficit, mettons, le
déficit est... pas le déficit, mais j'arrive avec un taux de
capitalisation de 90 %, pour donner un exemple simple, là, j'ai 90 %
de taux de capitalisation en 2013.
M. Moreau :
Vous êtes un retraité, vous. O.K.
Therrien :
Je suis un retraité, oui, un jeune retraité. Vous pouvez rajouter ça, ça me
ferait plaisir!
Moreau : Non, c'est parce que vous avez déjà enseigné. C'est
comme si vous faites une question d'examen, alors je vérifie les
éléments de la question qui peuvent être susceptibles d'être bons au niveau de
la réponse.
Therrien :
Donc, ça veut dire qu'il serait à 90 %. Puis là je me mets un peu sur le
qui-vive, je me dis : Bien, il me reste une chance, c'est que le régime
s'amieute, puis qu'on arrive — je sais que ça ne se dit pas, mais ce n'est pas grave — en 2015 avec une situation où est-ce qu'on
pourrait avoir un déficit qui serait annihilé, et donc on aurait une
capitalisation de 100 %. Ça, ce serait une...
M. Moreau :
Au 31 décembre 2015.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Therrien :
Oui. Bon, et, non, ce n'est pas une question, je veux juste...
Le Président (M. Auger) :
O.K. M. le député de Sanguinet.
Therrien : Je raisonne avec le ministre.
M. Moreau :
Non, non, mais je le suis, là. Alors, vous me dites, au 31...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Je m'excuse. Au 31 décembre 2013, vous êtes un
jeune retraité, puis vous constatez que vous êtes sous-capitalisé de 10 %, vous avez 90 %
de capitalisation. Là, vous dites : Oh! il me reste une chance. Vous
arrivez, vous êtes un peu plus comme retraité, mais, au 31 décembre
2015, là, vous êtes capitalisé à 100 %. C'est ça?
Le Président (M.
Auger) : M. le député.
Therrien :
Bien, c'est que j'espère être capitalisé à 100 %.
M. Moreau :
Non, mais, dans votre hypothèse, c'est ce que...
Therrien :
Oui, oui, oui, exact.
M. Moreau :
O.K., je vous suis. Ensuite?
Therrien :
Bon, sauf que, là, admettons que mon régime s'améliore, là, il devient plus en
santé. S'il fait des gains actuariels... Parce qu'entre 2013‑2015, s'il
s'améliore, c'est parce qu'il y a des gains actuariels. Est-ce que je me trompe? Ça va? Ces gains actuariels là,
est-ce qu'ils vont être dans une réserve quelconque? Comment on va faire
pour évaluer ce gain actuariel là si on ne
tient pas compte, dans la loi, dans le projet de loi... Qu'est-ce qu'il va
arriver avec ce projet... tu sais? Si,
mettons, il s'améliore de 10 %, c'est parce qu'il y a des gains actuariels
qui sont faits. Où est-ce qu'on les met, ces gains actuariels là?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Dans la réserve, me dit-on.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : O.K. Donc, si c'est dans la réserve, est-ce que
cette réserve-là, elle va être considérée le 31 décembre 2015? On
revient au début de l'article, où est-ce qu'on parle de réserve, de PED, entre
autres, qui va faire en sorte... Et donc, de
cette façon-là, moi, si je suis retraité puis que la situation s'améliore, on
verra l'amélioration de cette situation-là à l'intérieur d'une réserve
qui va se gonfler. C'est ce que j'ai...
M. Moreau :
Exact. La seule...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Exact. Et la dernière phrase... et le seul élément d'exception lié à
l'évaluation actuarielle qui n'est applicable qu'aux retraités au
31 décembre 2015, pour ne pas que l'on tienne compte des fonds de
stabilisation constitués avant.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Parce que ce fonds de stabilisation là n'est pas financé par les retraites.
M. Moreau :
Il ne leur appartient pas. Exact.
Therrien :
C'est ça, il n'est pas financé par le retraité.
Therrien :
O.K. Bon, bien, ça répond à mes questions.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
En d'autres termes, on prend l'actif appartenant à ceux qui l'ont constitué
puis on dit : Tous les éléments d'actif appartenant à ceux qui l'ont
constitué va être considéré aux fins de réduire la valeur du déficit au moment
de l'évaluation. Correct?
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Parfait.
Dernier... Oui, j'ai une petite question encore, mais ça commence à
s'éclaircir, là. La réserve... Là, c'est
écrit : «...la réserve à l'égard du service antérieur au 1er janvier
2014...» Si on écrit : «...la réserve
à l'égard du service antérieur au 1er janvier 2014», ça veut dire que le
gain actuariel entre 2014‑2015, il n'est pas là?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Refaites votre...
Therrien : Vous me
suivez?
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
O.K., alors, je vais répéter. Si on suit, là... Parce que, là, je vous ai posé
la question, vous me dites : Le
gain actuariel va être mis dans la réserve, la réserve est évaluée. Parfait.
Là, je vous ai... Bien, c'est comme le dit la troisième ligne, là, vous m'avez dit oui. Sauf que la troisième ligne,
c'est : «...les gains accumulés dans la réserve à l'égard du service antérieur au 1er janvier 2014...»
Ça veut dire que les gains actuariels après ne sont pas considérés dans
cette...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Avec votre
permission, je vais laisser M. Jean répondre.
Le Président (M. Auger) : Donc,
monsieur... pour les fins de l'enregistrement, vous identifier.
M. Moreau : Pouvez-vous vous
identifier, monsieur? Il y a... à côté de moi.
M. Jean (Denys) : Denys Jean,
président-directeur général de la Régie des rentes.
On parle des
gains actuariels générés par les fonds antérieurs au 1er janvier 2014.
Donc, on n'ajoute pas au capital des retraités, là, on part du capital
au 31 décembre 2013. Ce capital-là génère des gains actuariels et il se
retrouve dans la réserve.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
M. Marceau : Et il est pris
en compte.
M. Jean (Denys) : Oui, et il est
pris en compte.
Therrien : C'est
une erreur de ma part, vous avez absolument raison. Ça veut dire que... oui,
oui, c'est le montant, là, qui va tout
simplement s'amplifier. O.K., bien, à ce moment-là, ça répond à mes questions.
Peut-être laisser la parole à mon collègue.
Le Président (M. Auger) : J'aurais
le député de Blainville.
Laframboise : Oui, M. le Président, M. le ministre, moi, ça va être
sur la dernière
partie de 3.1, là, le fonds de stabilisation qui ne sera
pas calculé. Le fait de ne pas le calculer, ça va avoir un impact, dans le sens
où...
M. Moreau : Sur la dernière
phrase, vous parlez?
Laframboise : Non, bien, c'est-à-dire que les dernières trois... les quatre dernières lignes :
«Toutefois, le fonds de stabilisation
[...] ne doit pas être pris en compte dans l'évaluation», là. Si ce n'est pas
pris en compte... Je comprends ce que vous voulez dire, parce que...
Mais ça va avoir un impact, ça va...
M. Moreau : Ça n'amoindrira
pas le déficit des retraités parce que les retraités n'y ont pas contribué.
M. Laframboise : Oui, sauf que...
M. Moreau : Quand vous
regardez, là, le deuxième alinéa de la note explicative que vous avez...
M. Laframboise : Oui, oui, non, je
comprends.
M. Moreau :
...on dit : Les retraités n'ont pas contribué au fonds de stabilisation
prévu à l'article 5, donc je ne peux pas prendre en compte sa valeur pour
établir leur part du déficit constaté en 2015.
Laframboise : Sauf que ça va avoir comme effet d'utiliser plus le gel
d'indexation par rapport... dans le fonds, là.
M. Moreau :
Oui, mais il y a une question...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Oui, M. le Président. Oui, mais il y a une question d'équité. Je ne peux pas prendre...
je ne peux pas leur attribuer un élément d'actif auquel ils n'ont pas
contribué.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : Bien, vous avez reporté de 2014 à 2017 pour cette
raison-là.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Non, non, j'ai... Non. J'ai reporté de 2014 à 2017 pour tenir compte de
l'amélioration possible de leur situation
entre 2014 et 2017... en fait, en... l'évaluation actuarielle au
31 décembre 2013 et l'évaluation actuarielle au 31 décembre
2015. On a même introduit, puis on va le voir plus tard, une disposition qui
fait en sorte que, si on est en situation
déficitaire aux deux dates, on va prendre le plus faible des deux déficits qui
leur est attribuable. Mais là je ne
peux quand même pas me rendre jusqu'à prendre un élément d'actif qui n'est pas
le leur pour leur en faire bénéficier aux fins de réduire leur
contribution.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : Bien, c'est parce que, M. le Président, en reportant de
2014 à 2017, il y a quand même des éléments
des participants actifs qui vont servir aussi à déduire, parce que, quand vous
reportez, vous vous en servez un petit peu, là.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Oui, mais ça
devient, je vous dirais, dans le flot du régime, alors que, là, j'irais
chercher un élément d'actif
spécifique et identifié auquel je sais pertinemment qu'ils n'ont pas contribué
et je viendrais réduire leur obligation liée à ça. Là, il y a une
question d'appropriation, là, qui devient un petit peu difficile à justifier.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, j'ai soulevé le point, tout simplement.
M. Moreau :
O.K., merci.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
M. Moreau :
Vous pouvez être tout à fait satisfait de toutes les explications qui ont été
données jusqu'à maintenant.
Marceau : Non, en
fait, c'est ça, il y a un petit bout qui n'était pas clair pour moi, là,
mais je suis sur le même point que mon collègue de Sanguinet.
Donc, les actifs dans
le fonds général ou dans la réserve constituée avant le 1er janvier 2014
qui génèrent des gains entre le
1er janvier 2014 puis le 31 décembre 2015 vont être pris en compte
dans la nouvelle évaluation actuarielle au 31 décembre 2015. Et ce
qui ne sera pas pris en compte, ce sont les éléments d'actif constitués à
partir du 1er janvier 2014 puis les gains qui pourront être faits. C'est
bien ça? Ça, c'est bien clair?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
Marceau : O.K.
C'était le bout qui n'était pas parfaitement clair pour moi. Pour le reste,
j'étais encore en... excusez-moi, j'ai été surpris. Non, moi, ça va.
Président (M. Auger) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement et l'introduction de l'article 3.1? Donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement...
Oui, M. le député de Sanguinet.
Therrien : Avant l'adoption, de suspendre, juste pour nous
laisser un peu de temps pour réfléchir à ce qu'on avait discuté tantôt,
là, par rapport... si ça ne vous dérange pas, là...
M. Moreau : Ça ne me dérange
pas.
Therrien : Regarde,
on mange cinq minutes de... Bien, c'est juste parce que...
M. Moreau : On finit-u à
midi, M. le Président?
Le Président (M. Auger) : Oui, M. le
ministre.
Therrien : Oui, c'est ça, juste si ça ne vous dérange pas,
parce que... pour nous laisser un peu de temps, là, pour digérer de ce
qu'on a discuté tantôt, pour être bien sûr...
M. Moreau : Vous n'avez pas encore dîné, vous n'avez pas à
digérer. Et j'imagine que vous avez, comme moi, déjeuné très tôt ce
matin.
Therrien : Oui, mais c'est parce que, tu sais, j'ai mangé
un bon déjeuner, puis, tu sais, ça prend quatre heures, digérer. Si ça
ne vous dérange pas, on va...
M. Moreau : Vous avez une
digestion lente.
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Auger) : Donc, nous
allons suspendre les travaux de la commission.
(Suspension de la séance à 11 h 55)
Le Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux. Je vous rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 3, Loi favorisant la
santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal.
Lors de la suspension de nos travaux, cet
avant-midi, nous en étions à l'étude de l'amendement introduisant l'article 3.1
du projet de loi. M. le ministre, la parole est à vous ou M. le député de
Sanguinet?
M. Moreau : Moi, j'ai compris
qu'à la suspension il restait une vérification à faire au député de Sanguinet
et qu'on était prêts à voter 3.1.
Le Président (M. Auger) : Donc, s'il
n'y a pas d'autre intervention... Il n'y a pas d'autres interventions?
Therrien :
Donnez-moi juste 10 secondes, que je me retrouve dans mes hosties d'affaires,
Le Président (M. Auger) : Oh!
M. Moreau : C'est que votre
micro était ouvert.
Une voix : Non, non, il était
fermé.
Une voix : Il était fermé.
M. Moreau : O.K. Vous avez
demandé d'avoir 10 secondes pour vous retrouver dans vos affaires.
Une voix : Dans ses jolies
affaires.
M. Moreau :
Dans ses jolies affaires!
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Oui, c'est à moi, là, semble-t-il. Oui, les gens m'attendent, ils sont pendus à
mes lèvres, et puis là mes lèvres ne savent pas quoi dire. Écoutez... et
voilà. Est-ce qu'on peut... juste une minute, suspendre une minute?
Le Président (M. Auger) : Oui, oui.
Therrien : Ce ne
sera pas long, là, juste régler quelque chose.
Le Président (M. Auger) : Je
suspends les travaux quelques instants.
M. Moreau : Une minute, vous
dites.
(Suspension de la séance à 15 h 41)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. M. le député de Sanguinet.
Therrien :
O.K. Question rapide. Je vous demande une situation, une situation concrète
puis je veux avoir vos commentaires,
O.K.? Admettons qu'on a un passif... le 31 décembre 2013, en tout cas, quand
vous faites les évaluations, là, en 2013, vous avez un passif de 130,
vous avez un fonds de stabilisation de 10 puis une réserve de 10. Ça veut dire
qu'on se trouve à avoir un déficit total de 10.
M. Moreau : Fonds de
stabilisation de 10.
Therrien : Oui,
puis une réserve de 10.
M. Moreau : Réserve de 10,
c'est ça?
Therrien : Réserve
de 10.
M. Moreau : Le passif est de
130?
M. Moreau : L'actif,
l'avez-vous?
Therrien :
Bon, ça veut dire que vous avez un déficit de 130, vous avez un actif de 100...
excusez, un passif de 130, un déficit... Je recommence : un passif
de 130, un actif de 100, fonds de stabilisation de 10 et réserve de 10.
M. Moreau : Un actif de 100...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Non, je veux
juste le suivre, là.
Le Président (M. Auger) : Oui, O.K.,
c'est beau. M. le député de Sanguinet.
M. Moreau :
Vous avez un actif de 100, vous avez un passif de 130, vous avez un fonds de
stabilisation de 10 puis une réserve de 10.
Therrien : C'est
ça. O.K.?
M. Moreau : Donc, le déficit
est de 10.
Therrien : Oui. Si,
par exemple, on arrive au 31 décembre 2015, mettons pour les retraités, là...
Therrien : O.K., on
regarde les retraités.
M. Moreau :
Pour les retraités, ça, c'est la situation au 31 décembre 2013.
Therrien : Si les retraités, ils ont encore un passif de
130, ils ont une réserve de 10... mais ils ne se trouvent plus à avoir
de fonds de stabilisation. Est-ce que je me trompe? Si la situation ne
changeait pas, là.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Et avec un actif de 100...
Therrien :
C'est ça.
Moreau : Mais, c'est-à-dire que... Non, mais je comprends sa
question. Lui, il dit : Le fonds de stabilisation, constitué
conformément au paragraphe 3°, ne doit pas être pris en compte dans
l'évaluation actuarielle. Si son fonds de
stabilisation, dans son exemple, a été
constitué conformément au paragraphe 3° du premier alinéa de l'article
5, leur situation au 31 décembre 2013 serait un déficit demain.
Moreau : O.K.
Oui, O.K. Parce qu'on sépare les retraités des cotisants
actifs, donc ils ne pourront pas avoir de fonds de stabilisation au départ. C'est ça, la réponse technique à la
question qui ne se répond pas suivant l'exemple que vous donnez là, là,
parce qu'il n'y aurait pas de fonds de stabilisation.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
O.K. Bien, c'était ma question. Alors, on peut procéder. Je laisse la parole au
ministre ou...
M. Moreau :
Bien, on serait rendus, normalement, là, à voter l'article 3.1 qui est proposé
par l'amendement.
Président (M. Auger) : Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Est-ce que l'amendement introduisant le nouvel
article
3.1 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté. M. le ministre,
article 4.
Moreau :
Article 4. Il n'y a
aucun amendement. Alors, l'article 4, c'est l'article 4 tel que déposé au projet de loi n° 3 :
«Les
modifications qu'il sera convenu d'apporter au terme du processus de
restructuration entrepris conformément au présent
chapitre devront
porter distinctement sur le service postérieur au 31 décembre 2013 et sur celui
qui prend fin à cette date.»
présente disposition a pour effet de créer un compte pour le service antérieur
au 1er janvier 2014, qui reflète la situation
du passé, et un compte pour le service à compter du 1er janvier 2014, qui
reflète le service courant. Ces deux comptes sont régis par des règles
différentes qui seront établies dans la suite du projet de loi.
Le Président (M.
Auger) : Est-ce qu'il y a des interventions?
Le Président (M.
Auger) : Il n'y a pas d'interventions? Est-ce que l'article 4 est
adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté.
Article 5. M. le ministre.
M. Moreau :
Article 5, là, il y a un amendement. Oui, je suis trop loin, je sais. Je vais
vite, je vais vite...
M. Moreau :
Pouvez-vous nous donner une seconde?
Le Président (M.
Auger) : Oui, M. le ministre.
Le Président (M. Auger) : Je suspends
les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 48)
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le ministre. Nous reprenons nos travaux. M. le ministre,
article 5.
M. Moreau : Oui. Alors, M. le
Président, à 5, il y a un amendement. L'amendement consiste à remplacer l'article 5. Alors, je vais lire l'article 5. Ce
qui est remplacé essentiellement, c'est le deuxième alinéa de l'article 5 tel
que je vais le lire, et je vais vous lire l'article de remplacement. Alors, 5,
à l'origine, dit ceci :
«Tout régime de retraite doit être modifié afin
d'y prévoir qu'à compter du 1er janvier 2014 :
«1° la cotisation d'exercice est partagée à
parts égales entre l'organisme municipal et les participants actifs;
«2° le déficit
afférent, le cas échéant, est assumé à parts égales entre l'organisme municipal
et les participants actifs;
«3° un fonds
de stabilisation alimenté par une cotisation de stabilisation et ayant pour but
de mettre le régime à l'abri d'écarts défavorables susceptibles de
l'affecter ultérieurement est constitué.»
L'alinéa suivant est celui qui va être visé par l'amendement :
«Le 1er
janvier 2014, la somme de la cotisation d'exercice et de la cotisation de
stabilisation ne doit pas excéder 18 % de la masse salariale des
participants actifs au régime. Cette somme est de 20 % pour les policiers et
pompiers.
«Malgré le paragraphe 1° du premier alinéa,
lorsque les participants actifs contribuent à la cotisation d'exercice dans une
proportion de 35 % ou moins le 31 décembre 2013, le régime peut être modifié de
sorte que leur participation soit augmentée,
de façon graduelle, de 10 % de cette même cotisation d'exercice au plus tard le
1er janvier 2017 et qu'elle atteigne 50 % au plus tard le 1er
janvier 2020.»
L'article 5 serait remplacé par le suivant, et
l'amendement se lit comme suit :
«5. Tout régime de retraite doit être modifié
afin d'y prévoir qu'à compter du 1er janvier 2014 :
«1° la cotisation d'exercice est partagée à parts
égales entre l'organisme municipal et les participants actifs;
«2° le
déficit afférent, le cas échéant, est assumé à parts égales entre l'organisme
municipal et les participants actifs, à l'exception des régimes auxquels
aucun nouveau participant ne pouvait adhérer après le 31 décembre 2013;
«3° un fonds
de stabilisation alimenté par une cotisation de stabilisation partagée à parts
égales entre l'organisme municipal et les participants actifs et ayant
pour but de mettre le régime à l'abri d'écarts défavorables susceptibles de
l'affecter ultérieurement est constitué.
«Malgré le
paragraphe 1° du premier alinéa, lorsque les participants actifs contribuent à
la cotisation d'exercice dans une
proportion de 35 % ou moins le 31 décembre 2013, le régime peut être modifié de
sorte que leur participation soit augmentée,
de façon graduelle, de 10 % de la cotisation d'exercice au plus tard le 1er
janvier 2017 et qu'elle atteigne 50 % au plus tard le 1er janvier
2020.»
C'est tout.
Alors, dans les commentaires, cet
article énonce les modifications qui devront
impérativement être apportées à tout
régime de retraite pour le service débutant le 1er janvier 2014. Il s'agit
essentiellement du partage à parts égales
de la cotisation d'exercice et du déficit afférent et de la mise sur pied d'un
fonds de stabilisation alimenté par une cotisation de stabilisation.
proposition d'amendement introduit une nouvelle disposition au paragraphe 2° du
premier alinéa en soustrayant les régimes qui n'admettent plus de
nouveaux participants à compter du 1er janvier 2014 de l'obligation de
participer au déficit futur. Une
augmentation graduelle de la participation à la cotisation d'exercice est
prévue dans le cas où les participants cotisent actuellement dans une
proportion de 35 % ou moins. Une modification de forme est proposée à l'article 5, tel qu'énoncé dans le projet de loi,
pour retirer la disposition concernant le plafonnement de la part de la
masse salariale qui peut être consacrée au
régime de retraite. Un nouvel article, 5.1, traite de ce sujet, 5.1 dont nous
suspendrons l'étude pour tenir compte des commentaires que souhaite nous faire
la deuxième opposition.
Une mesure transitoire est prévue à l'article
50. L'augmentation de la part de cotisation des participants sera assumée par l'organisme municipal jusqu'à la
conclusion de l'entente ou de la sentence arbitrale. J'ajoute un
commentaire : cette somme versée en
trop sera utilisée par la municipalité pour payer ses cotisations de l'année
postérieure et évitera que les
participants ne doivent verser les cotisations rétroactivement. De même,
les sommes versées en trop par les participants, le cas échéant — hein,
la
partie intérimaire — pourront
aussi servir à payer les cotisations de l'année ou des années postérieures. Je
pense que ça fait le tour.
Président (M. Auger) : Merci. Est-ce qu'il y a des interventions? M.
le député de Rousseau? Non, Sanguinet.
Therrien : Bien,
d'abord, je voudrais revenir à l'alinéa 2°, là. Je ne sais pas si je vais y
aller de façon méthodique, là, mais, en tout cas, ce qui me saute aux yeux, là,
puis que...
M. Moreau :
L'alinéa 2° de
l'article 5 ou de l'amendement?
Therrien :
Bien, en bas, là, «l'article 5 est remplacé par les suivants», là. Je travaille
avec ce qui est en bas, là.
Therrien : Bon.
Vous dites : «...à l'exception des régimes auxquels aucun nouveau
participant ne pouvait adhérer après le 31 décembre 2013...»
J'aimerais ça que vous élaboriez là-dessus.
M. Moreau : Là, vous êtes
dans le deuxième paragraphe du premier alinéa.
Therrien : Deuxième
paragraphe, oui.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Therrien : Est-ce
qu'on peut y aller de même ou il faut y aller alinéa par alinéa?
M. Moreau :
Non, non, non. C'est juste parce que vous avez dit : Le deuxième
paragraphe... le deuxième alinéa...
Therrien : Ah!
Excusez-moi! Deuxième alinéa, oui.
M. Moreau : ...puis on est
dans le deuxième paragraphe du premier alinéa.
Le Président (M. Auger) : C'est le
paragraphe du premier alinéa. M. le ministre.
M. Moreau : Oui, c'est ça.
Alors donc, on exclut les régimes auxquels aucun nouveau participant ne pouvait
adhérer après le 31 décembre 2013, ce qui visait — attendez
un petit peu — les...
O.K., on a identifié trois régimes actifs
qui sont fermés aux nouveaux adhérents, soit le régime... — bon, je vais vous passer les numéros, là, je
pense, ça n'a pas d'importance — le régime des policiers et des pompiers de
la ville de Westmount, l'association de bienfaisance et de retraite de la police de Montréal et les
contremaîtres de la ville de Montréal. Vous vous rappelez, le maire Coderre
est venu nous parler des contremaîtres. À
cela s'ajoutent 13 régimes d'ex-banlieues de Montréal et un régime
d'ex-banlieue de Longueuil
n'accueillant plus de nouveaux participants, mais dont les régimes sont en voie
d'être fusionnés aux régimes de la ville de Montréal ou de la ville de
Longueuil, selon le cas.
Finalement, il y a deux régimes qui semblent
être fermés aux nouveaux adhérents, mais le texte du régime ne permet pas de l'établir avec certitude. On va donc
faire les vérifications sur ces deux régimes. Il s'agirait du régime des
employés désignés de la Société de transport
de Montréal, qui compterait seulement deux retraités, et le régime des
cols bleus de la ville de Saint-Hubert, qui
n'a eu aucune adhésion au cours des quatre dernières années. Alors, c'est
vraiment des cas d'exception où les régimes
sont fermés et où il n'y a plus grand monde là. Alors, je prends l'exemple, là,
celui de la Société de transport de Montréal, on me dit qu'il y aurait
deux retraités seulement.
Donc,
l'amendement, qui est — vous l'avez bien identifié, là — à la fin du deuxième paragraphe du premier
alinéa, c'est donc : «...à l'exception
des régimes auxquels aucun nouveau participant ne pouvait adhérer après le 31
décembre...» Donc, c'est trois plus 13 plus deux, sous réserve de vérification.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
J'aimerais ça... Là, une autre précision que j'aimerais avoir, là, par rapport
aux déficits afférents. Les passifs
et les actifs, il y a-tu un... Comment vous allez traiter ça, le déficit? Parce
que vous dites : «2° Le déficit afférent, le cas échéant, est
assumé à parts égales», bon, blablabla. Mais est-ce que le déficit afférent...
M. Moreau : Vous êtes
toujours dans le deuxième paragraphe?
Therrien : Oui,
oui, toujours, je suis au début, début, là.
Therrien :
J'aimerais ça que vous me parliez, là, du déficit afférent. Est-ce que c'est
tous les participants actifs et retraités ou on ne fait que parler des
participants actifs? Est-ce qu'il y a une précision à apporter pour que ce soit
équitable pour tout le monde ou c'est...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
O.K. Ici, on est aux participants actifs. Alors, l'article 4, qu'on a adopté,
là — je
reviens dans le temps, là, parce
qu'on l'a passé vite, là — à l'article 4, on est venus dire qu'on faisait deux régimes, un
pour les actifs puis un pour les retraités. Vous voyez? En fait, les
dispositions ont pour effet de créer un compte pour le service antérieur au 1er janvier 2014, qui reflète la
situation du passé, et un compte pour le service à compter du 1er janvier, qui
reflète le service courant. Ici, on est au service...
Therrien :
Le
titre du chapitre, c'est ça.
M. Moreau :
Ah! le
titre du chapitre, c'est : «Service postérieur au 31...» J'aurais
peut-être dû le lire, par exemple.
L'article 5 dont on parle est dans la
section II, «Service postérieur au 31 décembre 2013». C'est donc le futur.
Therrien : De
facto, à cause de sa présence dans la loi, ça nous garantit qu'on ne parle que
des actifs?
Therrien :
Donc, on n'est pas obligés, selon ce que vous me dites, d'introduire, mettons,
le déficit afférent des participants actifs.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Non, exact. 4 établit l'architecture
pour la suite des choses. Il dit : Il y a deux éléments. Il y a avant, le service antérieur au 1er janvier 2014, le service à compter du 1er
janvier 2014. Il est adopté. On arrive maintenant à la
section
II, et là on est dans une des situations examinées pour la
section I, c'est-à-dire le service postérieur au 31 décembre 2013, et donc, l'article 5 étant dans cette section-là, on va voir plus
tard, à l'article... Quand est-ce qu'on arrive au service antérieur? Je ne l'ai pas... À l'article
8, on arrive à la
section III, «Service antérieur au 1er janvier 2014». Alors
là, de 5 à 8, on est pour le service postérieur au 31 décembre 2013.
Therrien : O.K.
Donc, vous...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien : Moi, je n'ai pas de problème. Si vous me dites
que, de par sa position à l'intérieur du texte de loi, ça garantit que le déficit afférent est aux
participants actifs, moi, ça... Parce que je voulais introduire un sous-amendement, mais là ça devient, à ce moment-là,
un peu inutile. Ça, ça va de mon côté. J'avais une petite inquiétude à ce
sujet-là.
Therrien : Moi, je
laisserais peut-être la parole à... s'il y en a d'autres qui veulent
intervenir, puis je vais peut-être revenir plus tard.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville, ça va? M. le député de Rousseau.
M. Marceau : Oui. Juste un
commentaire sur le deuxième paragraphe...
M. Moreau : De l'amendement toujours?
M. Marceau : Oui, oui, je... Oui, vous avez raison, dans la
partie du bas, là, de la page qui nous a... du cartable. Simple commentaire puis, après ça, une question.
Mais, simplement, tant qu'à faire, si on suppose qu'on parle seulement des participants actifs puis qu'on est toujours
dans le service postérieur, on aurait pu enlever le mot «actifs» aussi. Je
trouve qu'il y a des... des surplus de précision ne font pas de
mal toujours. C'est ce que je voulais dire, simplement. On
aurait pu inscrire «le déficit afférent aux participants actifs», et puis ça
n'aurait pas été mauvais. Vous comprenez? Dans la même phrase, on dit...
M. Moreau : Oui, oui... le
mot «actifs»...
M. Marceau : On aurait pu dire... Tant qu'à faire l'économie
de mots, là, on aurait pu dire : «2° le déficit afférent,
le cas échéant, est assumé à parts égales entre l'organisme municipal et les
participants.»
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Marceau : C'est simplement
de la...
Président (M. Auger) : M. le député de Rousseau, vouliez-vous ajouter quelque chose pendant qu'ils réfléchissent?
M. Marceau : Non, je vais
attendre. Là, je fais juste vous dire... un surplus de précision.
M. Moreau : Vous vouliez me
le dire? Est-ce que le fait de me l'avoir dit vous a libéré un poids?
M. Marceau : Un petit peu, mais je voulais juste qu'on
convienne que, d'être précis, même si on est dans la
section «service
postérieur», ça ne serait pas grave. Moi, je pense que ça aiderait. Voilà.
Maintenant, ma
question portait sur le deuxième alinéa.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Je veux juste bien comprendre. C'est à mon tour. Je veux juste bien comprendre
le député de Rousseau. Ce qu'il dit, le député de Rousseau, c'est : Comme
on est dans le service postérieur au 31 décembre 2013, l'utilisation du mot
«actifs» après «participants» est superfétatoire.
M. Marceau :
Tout autant qu'elle le serait, comme vous disiez, dans le cas de «déficit
afférent». Cela étant, nous étions plus
rassurés, puis on trouvait que la rédaction était plus claire, elle serait plus
claire, si on parlait du déficit afférent aux participants actifs...
M. Moreau :
Juste ne pas...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Je ne veux
pas m'insérer dans l'esprit et la tranquillité du légiste, je veux juste
m'assurer... Est-ce que vous êtes capable de vivre avec ça?
M. Marceau :
Oui, mais moi, je... Si je peux me permettre...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui. Si je
peux me permettre, moi, je serais plus heureux avec plus de précisions qu'avec
moins de précisions. Comme l'avait dit mon
collègue de Sanguinet, moi, j'aurais précisé «déficit afférent aux
participants actifs» en disant que ce sont, par la suite, les
participants actifs qui paient avec l'organisme municipal. Je trouve que ça
aurait été plus clair.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Voulez-vous
la répéter, votre formulation? Seriez-vous plus à l'aise, M. le député de Rousseau, avec une formulation qui serait celle que
M. Jean, de sa voix de ténor, va nous livrer à l'instant?
Le Président (M.
Auger) : M. Jean.
Jean (Denys) : «Le déficit
imputable aux participants du régime, le cas échéant, est assumé à parts égales
entre l'organisme municipal et les participants.»
Le Président (M.
Auger) : M. le député...
Jean (Denys) : «Le déficit
afférent aux participants du régime, le cas échéant, est assumé à parts égales
entre l'organisme municipal et les participants.»
M. Moreau :
Et ceux-ci.
M. Jean
(Denys) : Et ceux-ci.
M. Moreau :
«Le déficit afférent aux participants du régime...»
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
«Le déficit afférent...» On ajouterait «aux participants du régime».
Une voix :
On se comprend, «aux participants du régime».
M. Marceau :
Et, si vous ajoutez...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. Si vous mettiez le mot «actifs» quelque part dans le premier élément, là,
dans votre première proposition subordonnée, ce serait encore meilleur, là.
Président (M. Auger) : M. Jean.
Jean (Denys) : «...imputable
aux participants actifs du régime, le cas échéant, est assumé à parts égales
entre l'organisme municipal et ceux-ci.»
M. Moreau :
Là, êtes-vous à l'aise avec ça?
M. Marceau :
On converge. Dans mon métier, on dit : On converge.
M. Moreau :
Vous êtes en train de défaire l'harmonie chez les légistes.
M. Marceau :
Si vous voulez, je peux...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. Mon questionnement portait par ailleurs sur le deuxième alinéa, puis je
vois que...
M. Moreau :
Deuxième alinéa, «malgré le paragraphe 1°»?
M. Moreau :
«Malgré le paragraphe 1° du premier alinéa...»
Marceau : Alors, c'est l'alinéa où on prévoit que la cotisation
d'exercice va pouvoir graduellement augmenter pour rejoindre 50 %.
M. Moreau :
50-50, mais, quand ils sont loin...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : ...quand ils sont loin de l'objectif de 50-50, on
donnait souvent l'exemple des policiers de Montréal, qui participent à,
je pense, 74-26 ou à peu près, là... — c'est ça, 74-26? — 74-26,
bien, eux on dit : Vous avez plus que 35 %, donc vous avez jusqu'au
1er janvier 2020 pour arriver à 50-50.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
Marceau : Oui. La question que je me posais, puis... En fait,
est-ce qu'il ne serait pas plus indiqué de prévoir la hauteur des pas
qui peuvent être franchis à l'intérieur des années? Je sais qu'en 5.1, mais
dans le contexte précis des policiers puis des pompiers, vous avez prévu
quelque chose, mais, dans le cas plus général, il n'y a pas de... à moins que
je me trompe, là.
M. Moreau :
Oui, oui, je pense que vous vous... Vous voulez dire...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Oui, M. le Président. Vous parlez d'établir la graduation de la progression
vers 50-50?
Moreau : Elle est là. Regardez, je vous ai donné l'exemple des
policiers parce que c'était un cas qui collait à cet exemple-là, mais ce
n'est pas strictement pour les policiers. Tous ceux qui auraient un écart de
35 % par rapport à l'objectif de partage 50-50 bénéficient de cette
disposition-là.
Alors,
on dit : «...lorsque les participants actifs contribuent à la cotisation
[...] dans une proportion de 35 % ou moins — il y en
a même... on a eu des régimes à, je pense, 18-82, là — le 31 décembre 2013, le régime peut être
modifié de sorte que leur participation soit
augmentée, de façon graduelle, de 10 % de la cotisation d'exercice au plus
tard le 1er janvier 2017 et qu'elle atteigne 50 % au plus tard le
1er janvier 2020.» Et là on leur dit : Bien, voici, vous aurez à
déterminer le rythme de votre rattrapage. On a un exemple.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Donc, si on était à 12 % de contribution, on va augmenter de 1,2. C'est ça
que je comprends?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Je n'ai pas compris votre question, j'étais en train de lire un exemple qu'on
m'a donné.
M. Marceau : Bien, regardez,
mettons...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Rousseau.
M. Marceau :
Mettons que quelqu'un verse 10 % de son... bien, on va prendre un chiffre
plus... on va prendre 12 %. Mettons que quelqu'un verse 12 %
de son salaire à son régime de retraite, est-ce que ça veut dire que ça va
augmenter de 1,2?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Marceau : C'est-u ça que
ça veut dire?
M. Moreau : Bon, bien,
expliquez-lui donc, il va plus, peut-être, vous suivre que moi.
Le Président (M. Auger) : M. Jean.
M. Moreau : Moi, je vais
suivre dans mon exemple que j'ai ici, là.
Le Président (M. Auger) : M. Jean.
M. Jean
(Denys) : M. le Président, ce n'est pas le pourcentage du salaire
qu'on regarde, c'est plus, sur le coût total,
c'est quoi la part relative que le participant verse. Prenons un exemple. Par
exemple, si vous avez une cotisation d'exercice totale, fixons-la à
1 000 $ par année, puis que la contribution du participant actif est
350 $, puis celui de l'employeur est
650 $, alors la contribution du participant est de 35 %. Et là le
travail, c'est en deux étapes. Tel que décrit par le ministre, c'est
d'amener la contribution du participant à 500 $ et celle de la
municipalité à 500 $. Ça se fait en deux temps, 2017, 2020.
M. Marceau : O.K. Donc...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Rousseau.
M. Marceau : O.K. Je croyais
qu'il y avait quelque chose que je n'avais pas compris puis, en fait, je
l'avais compris, mais c'est donc que vous n'avez pas compris ce que moi, je
disais. Moi, ce que je vous disais, c'est que...
M. Moreau : Je n'ai pas
compris...
M. Marceau : ...le passage de
350 $ à 50... de 350 $ à 500 $...
M. Marceau : ...on aurait pu
prévoir qu'il se fasse par pas de 25 $ par année ou bien par pas de
38,75 $ par année, on aurait pu prévoir
ça. Et je pense que, dans certains régimes, le pas à franchir risque d'être
très élevé, et je sais que vous avez
déjà prévu, à la page... enfin, dans le 5.1, la hauteur maximale du pas à
franchir dans certaines situations. Je me demandais encore une fois
pourquoi, dans ce cas-ci, on a simplement prévu le point d'arrivée, mais pas la
vitesse ou le rythme auquel on doit y parvenir.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Non, non. 5.1...
M. Marceau : À moins que je
ne comprenne toujours pas, là, mais...
M. Moreau : 5.1, c'est...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Oui, M. le
Président. 5.1, ce sont des facteurs d'ajustement du plafond pour tenir compte
de la composition des régimes, selon qu'il y a une majorité de femmes ou encore
la maturité du régime.
M. Marceau : Oui. O.K., O.K.
M. Moreau : Ce n'est pas la
même chose.
Marceau : Mais ça revient un peu...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Oui. O.K.
M. Moreau :
C'est vraiment là où on est...
M. Marceau :
Ça va, ça va. C'est correct, pas de problème. Je voulais juste...
Le Président (M.
Auger) : M. le député.
M. Marceau :
Ça ne change pas que ma question, je trouve qu'elle est pertinente, là, même si
5.1 ne fait pas exactement ce que je pensais. Je vous donne un exemple. Vous
savez, la cotisation d'équilibre au Régime des rentes du Québec
n'était pas à la bonne hauteur. Ça a été augmenté à l'époque, trois ans, je
pense. Ça augmente de 0,15 point par année pendant six ans, de façon
à ce qu'on arrive à la cotisation d'équilibre. Donc, on a prévu le pas à
franchir à chaque année. On pourrait très bien avoir cet équivalent-là
dans le régime ici.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
C'est-à-dire que, dans la période entre le début de la correction, 2017 et
2020, il devrait y avoir deux époques d'évaluation actuarielle, et c'est la
raison pour laquelle on dit : Il y a deux étapes de correction. Dans l'exemple qu'on vous donne, là, l'exemple que vous
donnait M. Jean, là, la cotisation d'exercice totale est de 1 000 $,
le participant est à 350 $, puis
l'employeur, à 650 $. On veut les ramener tous les deux à 500 $. Là,
on dit : Ça va se faire en deux étapes. Pourquoi? Parce qu'au cours
de l'étape qui va nous amener à la date ultime prévue au dernier alinéa de l'article 5, c'est-à-dire 2020, il y aura eu deux évaluations actuarielles, et
donc deux possibilités de correction pour ramener ce qui était, par
exemple, de 35-65, dans notre cas, à 50-50.
7289 M.
Marceau : O.K. Je vais...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
Marceau : Je pense
que, pour qu'on se comprenne bien, là... Mais partons d'une situation
où on est à 32 %, O.K., on est à
32 % aujourd'hui, là, puis donc l'employé cotise pour 320 $, puis
l'employeur, pour 680 $. Dites-moi ce qui va se passer à travers le
temps, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Bon. Alors, dans un premier temps, alors, il va y
avoir deux éléments d'écart de façon graduelle. La première, il va y
avoir 10 % de la cotisation d'exercice au plus tard le 1er janvier 2017,
puis il va y avoir une deuxième correction pour atteindre 50 % au 1er
janvier 2020. C'est ce que prévoit la disposition.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
Marceau : O.K. Alors, est-ce que je dois comprendre que, d'un
coup sec, on va augmenter à 350 $ en 2017 ou bien qu'entre
maintenant et 2017 il va y avoir des augmentations annuelles?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Ils peuvent s'entendre. Ils peuvent s'entendre pour arriver à 50-50 en 2020,
mais la première correction devrait minimalement être de 10 %...
Le Président (M.
Auger) : M. le député...
M. Moreau :
... parce qu'on doit...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : ...parce qu'il peut y avoir plusieurs cas de figure.
La première correction peut être de 10 %. L'objectif est d'arriver
à 2020 à 50-50. Mais ils pourraient répartir de façon égale les deux éléments
de correction, 10 % étant un plancher.
M. Marceau :
Ça fait que, donc, si je reviens à ma...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Excusez-moi. Donc, si je reviens à mon exemple où on était à 32 % minimalement,
on va être à 42 % le 1er janvier 2017. C'est ça que vous me
dites. Puis le rythme maximal d'augmentation pendant ces années-là,
c'est au choix.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Oui. Bien, je
comprends, là. Juste sur la discussion sur ce dernier point là, nous avions
analysé nous aussi. Il y a peut-être plusieurs façons de le faire. Nous, on
avait discuté par pourcentage de la proportion de partage puis on...
M. Laframboise : ...ou par point de pourcentage.
On a accepté de se rallier à la position du gouvernement, je voudrais juste que mes collègues
le sachent, là. On a analysé cette situation-là. Les deux vont
arriver au... en tout cas, on va atteindre l'objectif. C'est qu'on
peut passer par quelques chemins pour atteindre l'objectif.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Le bonnet aura
vraisemblablement la même couleur.
M. Laframboise : Oui, c'est ça.
Le Président (M. Auger) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci, M. le
Président. Je suis au même endroit que mon collègue de Rousseau, là, premier paragraphe. On dit : «...lorsque les participants
actifs contribuent à la cotisation d'exercice dans une proportion de 35
% ou moins...» Donc, le ministre dit, lui, que... De la manière que vous
expliquiez tantôt, M. le ministre, vous disiez :
Il va y avoir au minimum deux étapes. Il pourrait être négocié autre chose,
mais il y en aura une, étape, en 2017, qui va être, minimum, 10 %.
Sauf que, dans la deuxième phrase du paragraphe, on dit : Ça, c'est juste
à condition qu'on ait 35 % et moins. Donc, c'est... Que quelqu'un... un
employé...
M. Moreau : L'écart est
important.
M. Leclair :
Exact. Ça veut dire que quelqu'un qui serait, je vous donne ça comme exemple, à
40 %, ça serait 40-60. À 40-60, le 10 % minimum ne s'applique
plus?
M. Leclair :
Expliquez-moi-le, juste pour comprendre.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Alors, si vous
êtes à 40-60, vous avez un effort de 10 à faire, vous allez être à 50-50.
M. Leclair : C'est quand même
M. Moreau :
Bien, c'est parce que l'objectif, c'est d'arriver à 50-50. Et on dit...
L'objectif de l'alinéa que vous lisez là est de permettre d'étaler dans
le temps l'objectif d'arriver à 50-50. Alors, on a dit : S'il y a
35 % d'écart, c'est considérable.
Exemple, la situation des policiers à Montréal, c'est 26-74. Alors, on
dit : Vous pourrez franchir deux étapes, vous pourrez passer à 36 à
la première étape puis, après ça, franchir le pas qui vous sépare pour vous
rendre à 50 à la deuxième étape.
Dans
l'exemple que vous m'avez donné, vous êtes à 40-60. Alors, déjà, le minimum qui
est prévu là vous amènerait à un partage de 50-50. Alors, c'est pour ça
qu'on ne le prévoit pas.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Mais c'est juste que j'ai... Je comprends ce que le
ministre m'explique, mais, lorsque je lis mot pour mot ce qui est écrit
dans le paragraphe, le minimum... la gradation de 10 %, c'est simplement lorsque l'exercice est dans une proportion de
35 % ou moins. On ne spécifie pas : Dans tous les cas, ça... le
premier jump, excusez l'anglicisme, va être de 10 %.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Le premier effort
de récupération pour se rendre à 50-50.
Le Président (M. Auger) : M. le
député.
M. Leclair : Moi, je le lis beaucoup plus... Parce que,
tantôt, vous me disiez, M. le
ministre : Le but ultime
du paragraphe, c'est de dire que, le 1er janvier 2020, on atteigne 50-50.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Tout le monde est là, quelle que soit leur situation au point de départ, lors
de la restructuration du régime.
Cependant, on dit : Il y en a qui ont des efforts plus considérables à
faire, compte tenu de la situation actuelle, et on constitue une étape
pour atteindre l'objectif de partage à 50-50.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Beauharnois.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Donc, dans ma compréhension... Je vais revenir à
plusieurs choses qu'on a dites dans
le passé. Malheureusement, on n'a encore pas les chiffres, ça fait qu'on n'est
pas capables d'évaluer combien de régimes ont cet écart de 35 et moins
ou... On n'a pas encore eu les chiffres de tout ça, là, vous attendez que ça
soit déposé. Ça, c'est la première chose.
La deuxième
chose, c'est que, si je vous suis... Puis j'entends les groupes qui ont venu
nous voir, ils nous ont dit : Nous,
ce qu'on demande, c'est de la latitude. Est-ce que 2020, ça les comble
suffisamment ou non? On peut s'obstiner sur cette date-là. Mais, si je pars avec point de
départ que... supposons qu'on s'entend sur 2020, ça pourrait être 2030,
2010, 2018, là, mettons qu'on part avec cet... Qu'est-ce qu'il y a d'écrit ici,
c'est 2020...
M. Moreau : Ça, c'est
l'année.
M. Leclair : L'année que, là,
on dit, là : En 2020, là, on aimerait, notre souhait, en tout cas, en ce
moment...
M. Moreau : Que ce soit à
50-50.
M. Leclair :
...que ce soit 50-50 avec tout le monde dans tous les régimes. Ça fait que, si
on part avec ça puis, pour donner de
la latitude, que la plupart des gens nous demandaient, je me dis, exemple,
qu'on part avec quelqu'un qui
est justement à 35-65, là, je suis peut-être d'accord avec vous, de dire : Là, lui, il
faudrait qu'il ait une augmentation de 10 %.
M. Leclair :
Exact, il monte à 45, comme ça, il se rapprochera. C'est-u en 2017, si c'est...
Là, c'est ça qu'il y a d'écrit. Mais,
pour tous les autres, dans le fond, le but, c'est qu'en 2020 on atteigne 50-50.
Alors, j'imagine que... ou je ne sais pas comment vous, vous l'imaginez,
M. le ministre, mais, à une table de négociation x, y entre employeurs et
travailleurs, on est assis puis on dit : Bon, bien, nous, on a juste un
écart, on est déjà à 45-55...
M. Moreau : Ils n'iront pas
jusqu'en 2020, eux autres.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : 2020, ça s'applique pour tenir
compte des gens qui ont un écart considérable, qui est de 35 % et plus.
M. Moreau : O.K.? Si vous
avez 5 % d'écart, vous êtes 45-55, c'est tout de suite que vous allez à
50-50, ce n'est pas en 2020.
M. Leclair : O.K. Ça fait que
le but n'est pas...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Beauharnois.
M. Leclair : Le but ultime
n'est pas qu'en 2020 tout le monde est 50-50.
M. Moreau :
Le but est que tout le monde ait 50-50, et ceux qui ont, à l'heure actuelle, un
rattrapage considérable à faire, on leur donne une étape additionnelle
pour le faire et, eux, on leur donne jusqu'en 2020. Mais, si vous êtes à un pourcentage de 40-60, l'effort pour vous rendre à
50-50, vous devez le faire lors de la restructuration du régime.
L'effort doit être fait immédiatement.
M. Leclair : Je comprends ce
que vous m'expliquez, M. le ministre.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
La seule chose que je me dis... Si le but ultime, c'est qu'en 2020 tous les
régimes soient à 50-50, bien, pourquoi qu'on exige ceux qui sont à 42-58
de tout de suite compenser pour aller à 50-50? Pourquoi on ne leur donne pas le
temps, eux aussi, d'ici 2020, de négocier?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : C'est parce que
vous prenez la mesure d'allègement puis vous en faites la règle générale. On
recommence.
M. Leclair : On recommence.
M. Moreau : L'objectif, c'est
qu'ils soient à 50-50 «now», maintenant, tout de suite.
M. Leclair : Oui, dans nos
règles.
M. Moreau : Non, non, dans la
loi qui va éventuellement être adoptée.
M. Leclair : Ce n'est pas ça
qui est écrit, c'est 2020.
M. Moreau : Non, mais...
M. Leclair : Je vous suis, M.
le ministre.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre, s'il vous plaît.
M. Leclair : Allez-y, je vais
vous écouter, là.
M. Moreau :
C'est ça, on va faire ça étape par étape. L'objectif, c'est qu'il y ait un
partage 50-50 immédiatement, mais on
est conscients du fait que, dans certains cas, l'écart de participation est
tellement grand... Je vous donnais l'exemple, tantôt, qui n'est pas fictif, il y a un régime où j'ai vu que le partage
était 18-82. Pour les monter à 50, là, il y a un step à faire qui est
considérable.
Alors, on dit : Vous aurez une pause... un
étalement...
Une voix : Est-ce qu'il y a
un vote?
M. Moreau :
Je ne le sais pas, le secrétaire va nous le dire. Alors, il y aura un
étalement. Cet étalement-là tient compte du fait que vous avez un écart
considérable pour vous rendre au partage à 50-50, l'écart considérable étant dans la loi, ici, établi à 35 %. Si vous êtes
en deçà de cet écart-là, vous êtes capable de l'atteindre tout de suite, et on
vous dit : Atteignez-le tout de suite. C'est la restructuration pour la
majorité des cas.
Le Président (M. Auger) : Je vais
suspendre les travaux quelques instants, parce que nous avons...
M. Leclair : M. le Président,
je n'ai pas terminé.
Le Président (M. Auger) : ...un
appel des députés.
(Suspension de la séance à 16 h 23)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci, M. le
Président. Alors, nous en étions toujours sur l'article 5...
Une voix : L'amendement.
M. Leclair : ...amendé, l'amendement de l'article
5, au premier paragraphe. Alors, tantôt, notre compréhension...
Le Président (M. Auger) : Deuxième
alinéa.
M. Moreau : Au deuxième et
dernier alinéa, qui commence par «malgré». C'est ça?
M. Leclair :
On est à la même place, M. le ministre : «Malgré le paragraphe 1° du
premier alinéa...»
M. Moreau : C'est ça. Ça,
c'est le dernier alinéa de l'article 5.
M. Leclair :
J'en étais, avant le vote, à discuter que ma compréhension... que le ministre
semblait me dire qu'elle n'était pas
tout à fait exacte, que le but, c'est qu'on atteigne... tel que stipule la
dernière ligne, «qu'elle atteigne 50 % au plus tard le 1er janvier
2020», dans les autres conditions stipulées dans les lignes d'avant.
Alors, ma
prétention ou mon idée était qu'on dit que ça va augmenter de façon graduelle
de 10 % de la cotisation. Alors, je me demandais... puis là on n'a
même pas embarqué dans l'autre thèse, là; là, on est d'accord qu'on parle du
service postérieur au 31 décembre 2013... on dit qu'en 2020 on aimerait ça
qu'au minimum tout le monde soit rendu à 50-50. Tant mieux si on atteint plus
rapidement 50-50.
Moi, je me
dis, si un groupe est à 20-80, là, tel que stipulé dans la deuxième phrase, on
est en bas d'une proportion de 35 %. Donc, par après, on dit que
l'augmentation graduelle va être, c'est sûr, le premier coup, de 10 %,
donc, eux, un minimum serait de passer à
30-70. Ça, ça serait pour le 1er janvier, au plus tard le 1er janvier 2017.
Donc, ils auraient trois ans pour
négocier, pour trouver une façon que ça augmente soit graduellement par année,
parce que lorsqu'on parle de 2017, on
est en 2014, exemple, que le projet de loi prend forme aujourd'hui, donc, en
2015, si les groupes s'assoient puis disent :
Bien, en 2017, il faut qu'on ait augmenté de 10 %, je prends toujours un
exemple d'un groupe qui est 20-80, donc, eux peuvent se donner deux ans, là. Ils peuvent se donner, en 2016, un
5 % puis en 2017, le deuxième 5 %, ils vont avoir atteint le 10 %. Donc, il resterait un
20 % à aller chercher entre 2017 et 2020, qu'ils pourraient prévoir encore
là d'aller chercher quelques pourcentages, mais différés. Le but ultime,
c'est d'atteindre 2020.
Où est-ce que
j'ai de la misère à suivre la logique de ce paragraphe-là, c'est :
Quelqu'un qui est à 45-55, bien, lui n'a pas cet espace de jeu là de
dire : Bien, on peut aller chercher 1 % par année jusqu'en 2020, puis
on augmentera de 5 %; en 2018‑2019 on aura atteint nous aussi notre 50-50.
C'est quoi l'urgence de passer de 45-55, de se rendre à 50 avant tout le monde?
Puis là on n'a même pas pris comme résultat final... ils sont peut-être
capitalisés à 130 % en plus. Mais là on n'embarquera pas là-dedans parce
qu'on ne finira plus.
Mais, bref,
moi, je trouve qu'à 2020, pourquoi qu'on ne se donne pas ça comme barème, puis
justement donner la latitude? Peut-être qu'on peut garder... ceux qui
sont en bas de 35 %, bien, qu'ils augmentent au minimum de 10 % d'ici 2017, mais les autres, les autres, c'est...
Puis, même encore là, c'est plus ou moins vrai ce que je vous dis, parce
qu'on peut être à 20-80 puis être à 130 % de capitalisation, alors il n'y
a même pas de stress. Alors, on pourrait s'en aller puis dire : D'abord qu'à 2020 on soit à 50-50 on donnerait à tout
le monde un six, sept ans pour se réajuster, surtout si je suis
pleinement capitalisé. Mais, bref, c'est le commentaire que je voulais
apporter, alors...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Bien, je viens de
comprendre qu'il s'agissait d'un commentaire.
Le Président (M. Auger) : D'un
commentaire.
Président (M. Auger) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
D'autres interventions? Oui, M. le député de Sanguinet, j'avais
quasiment... j'ai failli quasiment l'oublier, hein?
Therrien : Oui.
C'est parce que je suis très discret. Alors donc...
M. Moreau : Il est timide,
mais il se corrige.
Therrien : Merci,
M. le Président. Écoutez, j'ai peut-être des petites questions puis des
commentaires, là. Mais, par rapport à
l'augmentation prévue, là, jusqu'en 2020, vous en avez parlé tantôt, là, en
2011, la Régie des rentes a augmenté les cotisations. Ça a passé de
9,9 % et ça prévoyait passer, en six ans, à 10,8 %. C'est ça, hein?
Je ne me trompe pas, là? J'ai le spécialiste devant moi. Je pense que je ne me
trompe pas.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Sauf qu'il veut vous corriger en disant que ce n'est pas la Régie des rentes,
c'est le gouvernement du Québec qui a fait ça.
Therrien : O.K.
Bien, mais ce n'est pas grave, il va pouvoir m'aider quand même, parce qu'ils
ont établi l'augmentation à 0,15 %
par année. Je veux juste avoir un peu d'information là-dessus, parce que là on
passe de 0,15 % par année, et, dans le cas qui nous concerne ici,
là, le pas est beaucoup plus grand, beaucoup, beaucoup, beaucoup plus grand. Tu sais, on parle, là, je prends des cas
d'espèce, là, bien simples, où est-ce
que c'est deux tiers-un tiers, là,
puis, tu sais, tu augmentes de 6 % à 9 % en... tu augmentes de 3 %
en six ans. Donc, c'est 0,5 % par année, c'est beaucoup plus élevé que ce que vous aviez prévu, là, par rapport
à la RRQ, peu importe c'est qui qui a passé la commande. Quand vous avez
passé le 0,15 %, sur quoi vous vous basiez? Est-ce que c'est vous qui avez
participé à la décision?
Président (M. Auger) : M. le ministre.
Therrien :
Je ne sais pas si j'ai le droit de poser la question comme ça, de façon aussi
directe.
Le Président (M. Auger) :
M. le ministre.
M. Moreau :
Je suis convaincu que M. Jean, avec son expérience, s'il estime que la réponse
tombe dans le domaine politique ou de l'opportunité des décisions, il va
certainement vous le dire. S'il peut répondre à la question dans la mesure où
c'est un élément factuel, parce qu'il est tenu à sa réserve comme haut
fonctionnaire de l'État, il va le faire aussi.
Une voix :
O.K. Parfait. O.K.
M. Moreau :
Je n'ai aucun doute là-dessus.
Le Président (M.
Auger) : M. Jean.
Jean (Denys) : M. le Président, dans le cas de figure dont vous
parlez, M. le député, c'est qu'on est un peu dans un autre monde. C'est-à-dire que le Régime des rentes du Québec
établit aux trois ans l'état de situation. On établit le taux d'équilibre à long terme, taux d'équilibre
qui permettrait d'avoir une réserve suffisante pour assurer les
cotisations, O.K.? Alors donc, pourquoi le
gouvernement a décidé d'ajuster le taux de cotisation qui, en passant, est
partagé 50-50, là...
Une voix :
Oui, oui, oui.
M. Jean
(Denys) : ...ajuster le taux de cotisation pour le monter à 10-80 en
2017, là, c'est justement parce qu'il y
avait un différentiel entre le taux d'équilibre, prévu à l'évaluation
actuarielle pour assurer la santé financière du Régime des rentes, et le
taux de cotisation qui était officiel à l'époque.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Comment vous avez... Bon, ça, je comprends bien
que vous aviez, là, par rapport aux estimations que vous avez faites, là, vous aviez à combler un écart de 0,9 %,
là, mais pourquoi prendre six ans? Ça aurait-u pu être un an, deux ans? Sur quoi vous vous basez pour
dire : Bien, les individus qui sont impliqués, la plupart des Québécois,
là, qui sont impliqués là-dedans, bien, ils
doivent supporter 0,15 %. Cette augmentation-là, est-ce qu'elle est
calculée ou, bon, comment vous avez établi que ce retard-là, par rapport
à la situation idéale, prendrait six ans? Pourquoi pas deux ans, un an, quatre
ans, trois ans?
Le Président (M.
Auger) : M. Jean.
Jean (Denys) : Bien, je pense que d'abord on a établi l'écart qu'il
manquait pour essayer d'atteindre notre taux. Et puis il y avait
différents scénarios d'augmentation sur plusieurs années. Et là je sors de ma
zone de fonctionnaire, là, mais on tombe
vraiment dans un arbitrage plus global, parce que qui dit augmentation du taux
de cotisation du Régime des rentes... c'est quand même un effet sur la
taxation sur la masse salariale, alors c'est une décision d'opportunité
d'étaler l'augmentation sur six ans.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
O.K. Je vais poser la question puis je pense que ça va être plus M. le ministre
qui va pouvoir répondre à ça, là. Étant
donné que ce qu'on propose dans certains cas où ce que le changement est quand
même assez élevé, là, j'imagine qu'on
estime qu'il y aura une réponse des employeurs ou des employés quant à la
rémunération globale. Ça veut dire que, si l'employé décide — bien,
décide, il n'a pas le choix, là — qu'il augmente sa part de...
Une voix :
Sa contribution.
Therrien :
...oui, sa contribution, ça veut dire que sa rémunération globale, possiblement
qu'ils vont négocier quelque chose ailleurs
pour compenser cet effort-là. Donc, j'imagine que vous vous êtes dit : Ce
changement un peu... Mais là je ne veux pas
aller mettre des mots dans votre bouche, là, mais, tu sais, vous avez sûrement
dit : Bien, même si c'est un
changement quand même assez important, on considère que, d'un autre côté, la
rémunération globale peut faire en sorte que les employés supportent ce
choc-là.
M. Moreau :
Ils seront...
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. Alors, essentiellement, c'est qu'après... Comme on le verrait plus tard
pour le 18 % et le 20 %, c'est un
élément de départ. Après ça, ils tombent en libre négociation. La
restructuration est faite, l'objectif est atteint, le régime est en
santé ou en voie de l'être, sa pérennité est assurée ou en voie de l'être.
Après ça, ils négocient leurs conditions de travail, et la rémunération globale
en fait partie.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
Donc, en tout cas, ils peuvent, d'un certain côté, là, compenser avec cette
rémunération globale, puis vous n'étiez pas contre l'idée
nécessairement, mais c'est pour ça que, durant la commission parlementaire...
Encore là, je ne veux pas vous mettre des mots dans la bouche, mais, tu sais,
pendant la commission parlementaire, nous,
on insistait beaucoup sur la rémunération globale, parce que, justement, ça
nous permet d'obtenir certains ajustements au niveau du régime de
retraite, là.
Moi, j'aurais une question qui me... Je suis
content d'être devant vous, parce que je sais que je vais obtenir la réponse.
Mais c'est... Non, mais je suis... C'est parce que...
M. Moreau : Je n'aime pas ce
genre de préambule.
Therrien :
Non, bien, c'est que là on parle de 2017, de 2020, ainsi de suite. Moi, j'ai
une question : Qu'est-ce qui va
se passer après 2020? Par exemple, je suis policier, je suis 25-75, puis, bon,
on nous demande de faire un effort, bon, finalement on fait l'effort,
ainsi de suite, et là on arrive en 2020 — un effort brutal, s'il en est
un, pour ces gens-là, là — on a réussi à avoir du 50-50. Qu'est-ce qui
va arriver après? C'est-u une question
que vous... Je ne sais pas. Tu
sais, après 2020, là, qu'est-ce qui arrive avec ça, là?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Après, bien, dans
leur cas, vous parlez des policiers de Montréal?
Therrien : Entre
autres, là.
M. Moreau :
Bon. Dans le cas des policiers de Montréal, techniquement, sur la base des
chiffres que nous avons là, ils ont déjà un régime qui est pleinement
capitalisé, légèrement supérieur à 100 %. Ils vont avoir un fonds de stabilisation qui va être constitué ou qui va être
en voie de l'être — bien, en
2020, normalement, il devrait l'être — et ils vont avoir un partage de 50-50. Donc, non
seulement un régime en santé, mais un régime qui est restructuré. Et ils
vont partager les déficits à venir sur une base 50-50; les cotisations, 50-50.
Ils vont être en équilibre.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
Et donc, pour l'éternité, ils vont rester avec ces... bien, à moins qu'il n'y
ait une autre loi, là, mais ils vont rester avec ces...
M. Moreau : L'éternité, on ne
légifère pas sur les...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : On ne légifère jamais
sur l'éternité.
Therrien : Non. Mais, ce que je veux dire, c'est
qu'admettons qu'on est ceteris paribus, là. En tout cas, le Canada,
c'est comme...
Therrien : Ceteris
paribus : toutes choses étant égales par ailleurs.
M. Moreau : Oui, oui, oui.
Therrien : Ça veut
dire que, si...
M. Moreau : Alors, allons-y
en latin, je n'ai pas de problème. Propter...
Therrien : Ah!
bien, ça...
M. Moreau : ...fragilitatem
sexus.
Therrien : Non,
c'est correct.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Ça va
aller, ça va aller, ça va aller. Vous m'impressionnez, M. le ministre.
M. Moreau : Non, non, non. Je
ne veux pas...
Therrien : On peut
appeler Bernard Landry, si vous voulez.
M. Moreau : Oh! oui, oui.
Therrien : Alors,
moi, je reviendrais là-dessus.
M. Moreau : Il n'y a plus
personne qui ne va rien comprendre.
Therrien : Oui, c'est
ça. Bien, écoutez, après 2020, donc vous dites : Bien, on va être 50-50, ça
va être pleinement capitalisé. Donc, est-ce qu'ils pourraient
revenir à une situation... Est-ce
qu'il pourrait y avoir une
cassure, mettons, dire : Bien, à partir de 2020, on peut rétablir, mettons, 30-70 ou... Il y a-tu
une obligation pour qu'ils restent, pendant du long terme...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : C'est
ça. C'est-à-dire que l'économie,
bien, l'économie... Le projet
de loi, s'il était adopté
avec les amendements que nous proposons, prévoit qu'à l'avenir le
partage va être sur une base 50-50. Alors, ça prendrait donc, pour que l'hypothèse
que vous soulevez se produise, une modification législative.
Therrien : O.K.
Donc, c'est ce que je voulais savoir. Ça veut dire que votre... les prémisses...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien :
Excusez-moi, M. le Président. Ça veut dire que les prémisses qui sont
instaurées à partir de ce projet de loi là vont tenir...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Oui, sauf qu'il y a des éléments d'application de la loi qui sont ponctuels et
qui ne se répercutent pas dans le temps. Mais, ça, le principe du
partage 50-50 est un principe qui est un principe pérenne.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet. Oup! M. le ministre.
M. Moreau :
Alors, par opposition, par exemple, au pourcentage par rapport à la masse
salariale, qui est un élément contenu
dans le projet de loi, mais qui est d'application immédiate pour le début de la
restructuration et qui ne s'impose pas, malgré les demandes qui nous ont
été faites, notamment, je pense, par le maire de Montréal...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de...
M. Moreau : ...en commission
parlementaire.
Le Président (M. Auger) : ...de
Sanguinet.
Therrien : Pour
l'instant, moi, ça ferait le tour. Je ne sais pas si...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Mercier.
M. Khadir : Ah oui! Merci, M.
le Président. Il y a un ex-premier ministre qui nous a fait connaître une autre
locution latine, si je me rappelle bien : audi alteram partem. Je ne sais
pas s'il y a de la place dans ce projet de loi pour écouter...
M. Moreau : Audi alteram
partem, oui.
M. Khadir : ...pour écouter
l'autre partie.
M. Moreau : Mais, de minimis
non curat lex, non.
M. Khadir :
O.K. Maintenant, expliquez-moi, parce que, moi, le latin, hein...
M. Khadir : Bah! Écoutez, cet
article du projet
de loi, de notre point de vue de Québec solidaire, ce n'est
pas le principal irritant, ou irritant
majeur du projet de loi. Mais nous, on le place quand même dans un contexte
plus général des autres éléments
qu'on a eu l'occasion d'aborder il y a deux semaines lorsque nous sommes
intervenus sur le sujet. Et là ça donne
cette impression que le gouvernement a fait, bien sûr, c'est son droit, mais
des choix politiques qui ne relèvent plus
de son argumentaire, par exemple, qu'il invoque souvent, devant la population,
sur la nécessité d'assurer la pérennité des régimes de retraite.
D'aucuns se rappelleront, alentour de cette table, que le rapport D'Amours ne
faisait pas la promotion du partage 50-50.
M. Khadir : Bien, pas à ma connaissance.
J'aimerais bien qu'on me dise où le rapport D'Amours mettait cet accent
sur la cotisation à parts égales, 50-50, comme une nécessité sine qua non ou
une nécessité importante pour assurer la pérennité
des régimes, parce que, quand on prend l'évaluation de ça de l'autre bout,
c'est-à-dire cette assurance, donnée à maintes
reprises par le gouvernement, que ce gouvernement n'a pas l'intention de diminuer la rémunération globale de ses employés... Ce
n'est pas le but, d'accord? Alors, quel est le lien, à ce moment-là, si les syndicats... Si les syndicats,
dans les négociations, n'obtiennent pas une
partie de leur rémunération par une
cotisation plus grande que 50 % de la part des employeurs à leur fonds de retraite parce que la loi ne leur permet pas
de le faire, ils vont faire un rattrapage salarial ailleurs.
Alors, pour cet aspect des choses que vous
évoquez souvent en disant : C'est qu'on veut tenir compte de la capacité à payer des contribuables, de la capacité
à payer des contribuables à travers les négociations qui sont faites par
la
partie patronale, que ça consiste à
donner plus de salaire ou l'équivalent en cotisation dans les fonds de
retraite, en quoi est-ce que ça dérange le gouvernement et le
contribuable?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Mais l'article
dont on parle ici, là, ça n'a rien à voir avec une réduction de la masse
salariale. On parle du partage des coûts, et
donc des risques, entre l'employeur et l'employé. C'est de ça que parle
l'article 5 — et
l'article 5 tel qu'amendé. Alors, il n'y a pas de récupération sur la masse
salariale. Et je pense que c'est en réponse au député de Sanguinet, qui posait
la question il y a un instant en disant : Bien, évidemment, est-ce que ça,
ça va s'appliquer toujours pour l'avenir? La
réponse, on dit : Oui, le partage 50-50 s'applique pour l'avenir. Mais,
dans l'avenir, même si le partage
50-50 s'applique, il va y avoir d'autres négociations de conventions
collectives au cours desquelles les parties
pourront négocier entre elles l'ensemble des éléments, y compris leur
rémunération. Alors, il n'y a pas de lien entre ce que vous dites ou
l'effet que pourrait avoir l'article 5, de un.
De deux, je
sais qu'on cherche le passage, mais je suis en — respectueusement — total désaccord avec ce que vous avez
dit en introduction, où vous indiquez que le rapport D'Amours ne parlait pas du
partage 50-50 dans le cas des régimes
publics. Il est clair que le rapport D'Amours recommandait — puis on va vous trouver le passage — que, dans le cas des régimes publics,
il y ait un partage 50-50.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Mercier.
M. Khadir : Je suis encore
d'avis que, pour les cotisations d'exercice, le rapport D'Amours ne proposait
pas ça comme une avenue. Je reviens encore...
c'est sûr qu'on peut ne pas y voir un lien, mais, si la rémunération globale
doit rester intacte, alors que les salariés
aillent chercher leur rémunération sous forme de salaire ou sous forme de
cotisation supplémentaire dépassant le 50 %
par leur employeur, ça reste égal, comme contribution du contribuable. Et donc
imposer ça comme une règle qui s'impose mur à mur, à notre avis, est non
nécessaire, ne résout rien. Il faut s'atteler à assurer la pérennité des régimes qui ont des problèmes. On peut le faire de
différentes manières. Nous, nous insistons encore, nous revenons que, si
les deux principes doivent coexister, 50-50 plus conserver la rémunération
totale des employés, il n'y a pas de... on n'y gagne rien, personne ne gagne
rien, là, c'est une espèce de carcan inutile qu'on s'impose, qu'on impose aux
travailleurs.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Bon. Alors, c'est
son opinion, moi, je ne suis pas d'accord avec ça, pour plusieurs raisons qu'il
serait probablement trop long d'énumérer
ici. Mais moi, je ne vois pas comment, quand le partage se fait à 75-25, 75
étant la municipalité, puis 25 étant les cotisants au régime, de le ramener à
50-50, il n'y ait pas un bénéfice pour le contribuable. Là, j'avoue que vous
avez une mathématique qui m'échappe, et peut-être...
M. Moreau :
Bien, j'espère, en tout cas, que vous ne transposez pas cette façon de calculer
dans vos posologies, parce que ça doit être dangereux en tabarouette de
prendre votre médecine.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Mercier.
M. Khadir : M. le Président,
je ne sais pas ce que vous pensez de la dernière
partie de la remarque du ministre,
mais je pense...
M. Moreau : Bien, je ne le
disais pas méchamment...
M. Khadir : Non, non, vous
n'êtes pas méchant, je sais, je sais...
M. Moreau : ...mais je vous
dis franchement : 80-20, là, 80-20...
M. Khadir : Non. Mais, si...
M. Moreau : ...puis on passe
à 50-50, juste l'opération mathématique simple, là... Bon.
M. Khadir : Je comprends que,
comme avocat...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Mercier.
M. Khadir : Je comprends,
comme avocat trop longtemps en contact avec le politique, le ministre a perdu
certains sens de la réalité du terrain tel que négocié par les travailleurs
avec leurs employeurs.
M. Moreau : Ah! «all right».
M. Khadir : Parfois, on
demande à... on consent de ne pas avoir des augmentations de salaire, on se
prive de salaire... En fait, toute la notion de ces régimes, depuis 50 ans, a
été bâtie comme ça. Mais je comprends que certains libéraux, comme ils sont
tellement éloignés des préoccupations des travailleurs et leur réalité, ne sont
pas capables de comprendre ça. Mais il y a,
il y a de moult... de nombreux exemples de régimes de retraite négociés en
vertu de baisses consenties dans la
rémunération par les travailleurs; en retour, l'employeur... En fait, c'est un
encouragement à l'épargne et à la
prévision à long terme, à une vision de la retraite, d'accord? Bon, maintenant,
si le ministre préfère ici feindre ne pas comprendre cette relation-là,
ça lui appartient.
Ce que je
voudrais maintenant... parce que c'est important. On est en train de faire ça,
d'imposer ça au moment où nous, les
députés, on paie 21 % de nos cotisations. On paie 21 % de la
cotisation