House Proceedings — 6 October 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-10-06
Quebec — Debates (Hansard)
La pandémie a un
impact majeur dans le réseau de l'éducation, et, depuis des semaines, voire des
mois, les équipes-écoles se sont dédiées à
préparer l'école pour qu'elle soit sécuritaire pour les enfants, mais aussi
pour toujours créer un lieu où est-ce
que c'est encore ludique d'apprendre. Alors, je sais que, plusieurs enfants, on
leur a demandé des sacrifices importants, mais je tiens à dire merci à toutes
les équipes-écoles, aux enseignants, au personnel de soutien, aux professionnels de soutien, dans le réseau public,
de nous aider à bâtir le Québec de demain et de s'assurer que nos jeunes
restent raccrochés à l'école. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec M. le
député de Richmond.
M. Bachand :
Merci beaucoup, M. le Président. Le Camp musical d'Asbestos fêtera bientôt son
60e anniversaire d'existence.
Cet organisme forme la jeunesse musicale du Québec. Année après année, il offre
la meilleure qualité d'apprentissage possible.
De plus, avec la fondation mise sur pied il y a quelques années, des bourses
sont offertes à des jeunes musiciens et des musiciennes de partout au
Québec.
Chaque année, le camp
musical reçoit environ 375 jeunes, qui y effectuent un séjour de deux
semaines afin d'y recevoir une formation
spécialisée en musique d'harmonie. Le camp musical, c'est aussi un centre de
vacances qui accueille des groupes pour la pratique de leurs activités
préférées. Ce sont des milliers de visiteurs qui, chaque année, profitent des
installations du site, ce qui en fait un attrait touristique majeur de la MRC
des Sources.
Bravo
à toute l'équipe, qui rend la musique accessible à nos jeunes! Longue vie au
Camp musical d'Asbestos! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Nous poursuivons avec M. le
député de Viau.
M. Benjamin :
Merci, M. le Président. Lorsqu'il s'agit des besoins en logements sociaux pour
la circonscription de Viau, le
diagnostic posé par la table de concertation Vivre Saint-Michel en santé, le
Bureau Info Logement de Saint-Michel et plusieurs partenaires
communautaires est bel et bien réel : les besoins sont immenses.
Mais
aujourd'hui je veux saluer, M. le Président, l'association des locataires des
habitations de Saint-Michel Nord, qui
a été très présente pour les Michelois lors des circonstances difficiles dues à
la pandémie. Cette association continue de porter aussi bien les besoins
et les préoccupations des locataires de ce secteur mais avec engagement et
détermination.
Je salue donc les
efforts et le grand travail de cette merveilleuse équipe, qui voit même à
l'accueil de nouveaux locataires. Merci à
Mmes Magalie Gaston, Monique Sauvageau, Marianne Contreras, Fatima Hamim,
Rachida El Fraygui, M. Hamid
Terzi et Mme Marie-Dominique Dorvélus, que j'appelle affectueusement «Manmi Do»,
pour leur contribution à l'intégration sociale dans ce secteur. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Nous poursuivons avec M. le
député de Trois-Rivières.
M. Boulet :
M. le Président, j'aimerais souligner le travail réalisé au cours des derniers
mois par le comité de relance économique de Trois-Rivières dans le
contexte de la pandémie.
9 septembre dernier, la ville de Trois-Rivières a présenté son plan de
7,6 millions de dollars pour assurer une relance de l'économie, dont 4,2 millions provenant de
notre gouvernement. La relance sera guidée par 18 actions concrètes afin de soutenir l'entrepreneuriat et
la compétitivité des entreprises, en plus de stimuler les transitions numérique
et écologique des PME.
s'agit de l'aboutissement de plusieurs mois de travail acharné du comité de
relance, composé de 17 Trifluviens provenant de tous les domaines. Je suis fier de cette belle
collaboration. J'encourage vivement les initiatives mises en place afin de minimiser les impacts de la pandémie sur
l'économie de la ville et de la région. Merci pour votre implication. Vous
pouvez compter sur mon appui pour relever ce défi. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Nous poursuivons avec M. le
député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci, M. le Président. Est-ce qu'il y avait une insurrection appréhendée au
Québec en octobre 1970? Est-ce que le
gouvernement de Robert Bourassa et le maire Drapeau avaient raison de demander
l'aide de l'armée canadienne au gouvernement fédéral? Est-ce que le
gouvernement fédéral avait raison d'utiliser la
Loi sur les mesures de guerre?
Est-ce que le Conseil des ministres fédéral avait raison de suspendre
les libertés civiles de la population? Est-ce que le premier ministre canadien
avait raison de permettre des arrestations et des détentions sans mise en
accusation?
Qui peut répondre,
encore aujourd'hui, oui à ces questions?
Près
de 500 citoyennes et citoyens innocents ont été arrêtés, violentés,
traumatisés; des poètes, des chanteuses, des militants de la justice
sociale et de l'indépendance nationale. «Just watch me», qu'il a dit.
demande aujourd'hui des excuses au gouvernement canadien pour avoir laissé ses
tanks fouler le sol de notre pays et terroriser la population
québécoise.
Le Vice-Président
(M. Picard) : ...député. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Saint-François.
Mme Hébert :
Merci, M. le Président. J'aimerais vous partager mon coup de coeur pour
l'escouade sanitaire de Sherbrooke, une belle initiative de la ville de
Sherbrooke.
Cette escouade était composée de 10 étudiants
qui avaient pour rôle de désinfecter les parcs, les écoles, les bâtiments
des arrondissements de la ville où il y
avait des camps de jour. Cette équipe dynamique se déplaçait dans les lieux
fréquentés par les enfants des camps
afin de désinfecter les surfaces, et ce, à raison de trois fois par jour. Ils
ont sensibilisé et mis en application
les règles sanitaires et de sécurité exigées par la Santé publique dans le
contexte de la COVID-19 du 29 juin jusqu'à la fin de la période
estivale.
Je veux remercier
personnellement ces 10 jeunes héros, qui ont joué un rôle important en
temps de pandémie : Kély-Ann Dupont, Étienne Francis, Élie et Nolan
Gobeil, Allyson et Raphaël Lambert, Ismaël Léveillé Sanchez, Allyson Mc Kinley, Nathaniel Pelletier et
Vincent Toussaint. Sachez que votre dévouement et votre travail rigoureux ont
permis aux enfants de Sherbrooke de profiter de leurs activités estivales en
toute sécurité. Félicitations pour cette belle implication!
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Nous
poursuivons avec Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier :
Merci, M. le Président. Je prends aujourd'hui la parole en mon nom mais aussi en celui des
élèves de sixième année de l'école
Sainte-Claire et du Centre des femmes de Longueuil, qui souhaitent joindre
leurs voix à la mienne pour réclamer
justice pour Joyce Echaquan et l'ensemble des Premiers Peuples avec qui nous
partageons le territoire du Québec.
Depuis
25 ans, ce sont plus de 700 recommandations qui ont été formulées à la suite de différentes
commissions d'enquête. Comme société,
nous savons ce que nous avons à faire et, comme élus, nous avons tout en main
pour agir. Nous avons la responsabilité d'assurer la sécurisation
culturelle dans les institutions publiques et de réformer le programme
d'éducation pour y inclure des apprentissages beaucoup plus poussés et fidèles
à la réalité autochtone.
Nous
avons aussi la responsabilité de reconnaître le racisme systémique à l'égard
des Premiers Peuples, consacré par la
loi canadienne sur les Indiens.
Cette loi odieuse doit être abolie et remplacée par une vraie gouvernance de
nation à nation, ce qui nous permettra enfin d'entamer une véritable
réconciliation. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) : Merci, M. le Président. Today, I would like to pay tribute to Mr. Harold
Young, a citizen of Lotbinière-Frontenac who celebrated
his 100th birthday on October 4th.
I want to recognize Mr. Young's
contribution as a committed and dynamic volunteer. Mr. Young, despite his age, is an active member of the
English-speaking community of the Thetford Mines region and, to this day, he's
still a member of the board of directors of the Mégantic
English-speaking Community Development Corporation.
It is a great honor for me to offer
him my congratulations, to thank him for all these years of dedication, and to
wish him a happy birthday.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Et je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Alors, depuis le 17 décembre 1985, chaque premier lundi du mois d'octobre
se veut la Journée mondiale de l'habitat et, par conséquent, un moment de
réflexion sur l'état et l'organisation de nos villes et sur le droit
fondamental de tous à un logement adéquat.
logement adéquat, c'est bien plus qu'un toit, c'est favoriser la santé, le
bonheur, la durabilité environnementale, la cohésion sociale et le
développement économique, qui devraient être les points de départ de la
planification de notre développement urbain.
Rien n'excuse qu'au Québec, en 2020, le droit au logement ne soit pas au rang
de nos principales préoccupations,
particulièrement en ces temps de pandémie. C'est le moment pour nous élever à
la hauteur des défis que nous imposent nos responsabilités.
Je profite de
l'occasion pour souligner le rôle central que jouent nos différents organismes
dans le milieu de l'habitation, dans
l'atteinte des objectifs, afin de fournir un logement décent et abordable à des
familles et/ou des personnes vulnérables. Travaillons tous ensemble pour
faire avancer, année après année, cette Journée mondiale de l'habitat.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Cela met fin
à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 51)
Président : Mmes et
MM. les députés, content de vous retrouver. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Je vous remercie.
Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bonjour, M. le Président. Permettez-moi
de déposer les réponses du gouvernement aux pétitions présentées en Chambre le
26 mai par les députés de Jean-Lesage, d'Hochelaga-Maisonneuve, de Dubuc,
de Rosemont, de Beauharnois et de Notre-Dame-de-Grâce, le 27 mai par les députées de Sherbrooke, de Vaudreuil, de
Rouyn-Noranda—Témiscamingue, de Westmount—Saint-Louis et de Saint-Laurent, le 28 mai par le député
de Rimouski, le 3 juin
par la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
le 9 juin par les députés de Chomedey et de Saint-Jean, le 11 juin
par la députée de Sherbrooke et le 12 juin par le député de
Jacques-Cartier. Merci.
Le Président :
Merci. Ces documents sont déposés.
J'ai reçu préavis d'une motion qui sera inscrite
dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de l'opposition,
conformément à l'article 95.1 du règlement. Je dépose le texte de ce
préavis.
À la rubrique Dépôt de
pétitions, Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
620 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que l'expansion du dépotoir de Sainte-Sophie aura des conséquences sociales et environnementales majeures, au nombre
desquelles on compte la destruction de 18 hectares de milieux humides, le déboisement de 39 hectares de forêts, l'émission
d'importantes quantités de GES et la mise en danger de la nappe phréatique;
«Considérant
que le BAPE, dans son rapport rendu public le 27 mai dernier, émet des
recommandations qui négligent de considérer l'absence d'acceptabilité
sociale de ce projet;
«Considérant
qu'en vertu des importants pouvoirs discrétionnaires que la
Loi sur la qualité de l'environnement lui confère
le ministre de l'Environnement et de
la Lutte contre les changements climatiques a toute la latitude requise pour mettre un frein au projet;
«Considérant
que la révision en cours du plan de gestion des matières résiduelles de la MRC
de La Rivière‑du‑Nord implique un important processus de consultation
publique permettant à la population de se prononcer sur l'importation massive
et inéquitable de millions de tonnes de déchets à Sainte-Sophie;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministre de
l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de surseoir au décret autorisant le projet d'ici à
ce que soit révisé le plan de gestion des matières résiduelles de la MRC de
La Rivière-du-Nord de façon à ce qu'il
s'applique à l'actuelle demande de Waste Management d'enfouir 18,6 millions de tonnes supplémentaires de
déchets.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses
orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou
de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole à la cheffe de
l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président,
à la rentrée parlementaire, nous avons affirmé que nous rentrions dans la deuxième vague, mais le premier ministre a alors
préféré faire un débat de sémantique. Il y a même des gens dans son équipe qui
ont fait des vidéos pour montrer qu'on n'était pas vraiment rendus dans la
deuxième vague. Ça fait à peine trois semaines, M. le Président. Que
d'énergie gaspillée!
Le 25 août dernier, le premier ministre avait promis aux Québécois qu'il avait un plan et qu'il était prêt. Pourtant,
à la lecture des articles,
à la revue de presse que l'on peut faire, on se rend compte que ce n'était pas
le cas : confusion dans les
messages du gouvernement, rétractations, corrections nécessaires.
Nous avons été les pires dans la première
vague, nous voici maintenant les pires dans la deuxième vague. Les
statistiques le prouvent. Et, surtout, de plus en plus de Québécois se posent la même question :
Comment en est-on arrivés là?
Lorsque vous
regardez le tableau, M. le Président, qui est ici, vous voyez qu'à partir du
15 septembre il y a une croissance en flèche des cas, au Québec,
par rapport aux autres juridictions. Le Québec rapporte plus que le double de nouveaux cas de l'Ontario et de l'Alberta en
proportion de sa population. En comparaison avec la Colombie-Britannique, c'est cinq fois plus
de cas. Le gouvernement avait le devoir d'être prêt.
Comment en sommes-nous arrivés là?
Le Président : M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, quand on regarde nos
voisins, il faut regarder tous nos voisins. Quand on regarde les États du Nord-Est des États-Unis,
on voit que Détroit, et le Michigan, est au même niveau de décès, mais deux
fois plus de cas. Même chose à
Chicago. Si on regarde le Massachusetts et New
York, on voit, puis je vois son
collègue qui a joué dans la Ligue nationale, là, les quatre équipes, les
Original Six, là, et... plus Montréal, c'est soit comparable, soit, pour le Massachusetts
et New York, c'est deux fois plus de décès, trois fois plus de cas.
Donc, M. le Président, oui, il y a une exception, dans les six équipes, là. Toronto
performe mieux, et on aimerait bien savoir ce qu'il y a de différent.
Donc, la
cheffe de l'opposition officielle doit être prudente, quand elle fait des
comparaisons, puis de comparer avec tout le monde, pas comparer juste
avec les endroits qui font son affaire.
M. le Président, quand on regarde la préparation, cet été, actuellement le Québec fait plus de tests par million d'habitants que le
reste du Canada. On a ajouté 7 000 employés dans les
CHSLD, c'est sûrement plus que ce qui a été fait chez nos voisins.
Donc, M. le Président, on agit. Il y a une situation qui est difficile. Ce n'est pas unique au Québec,
c'est comme ça à peu près partout dans le monde. Donc, j'invite la cheffe
de l'opposition officielle à regarder un petit peu partout ce qui se
passe ailleurs.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le
Président, depuis quand, au Québec,
on se compare aux pires? Depuis quand on se compare à des juridictions qui vont extrêmement mal et on se contente de ça? Depuis quand est-ce qu'on n'est pas capables de regarder ceux qui font mieux et essayer de
voir comment amener le Québec plus haut? Depuis quand, M. le Président?
Patrick Déry
écrivait cette semaine : «On reste avec l'impression que nos décideurs ont
été pris de court et qu'ils ont agi pour agir, n'ayant pas prévu que ça
repartirait et ne sachant plus quoi faire pour que ça [arrête].»
La réalité est que le gouvernement est...
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, je trouve ça assez spécial que la cheffe de l'opposition
officielle, en parlant de Détroit, de
Chicago, de New York, de Boston, a dit : On se compare aux pires. Prenons
juste Boston, là, qui a deux fois plus de décès qu'au Québec, toutes
proportions gardées. C'est sûrement un des États les plus riches, avec le
meilleur système de santé, et parmi
un des meilleurs au monde, M. le Président. Donc, faisons attention, encore là,
de tourner les coins ronds, quand on fait des analyses.
M. le Président, le Québec a été le
premier endroit à fermer les bars, les restaurants, les gyms. Ça n'a pas été
fait dans le reste du Canada.
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
Donc, moi, j'aimerais ça que la cheffe de l'opposition officielle nous fasse
une suggestion.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Vous savez, M. le Président, les gens, aujourd'hui, là, ils sont chez eux, là,
puis ils se posent cette question-là :
Comment on est arrivés là? Comment on est arrivés avec cette courbe-là? C'est
ça qu'ils se posent comme question
aujourd'hui. Il n'y a personne qui se dit que, dans les autres juridictions, ça
va tellement moins bien qu'au Québec. Ils
le savent parce qu'ils le vivent au quotidien dans leurs chaumières, chez eux,
avec leurs enfants, avec leurs parents, avec leurs familles. Ils savent
qu'on a des enjeux, au Québec.
Quand est-ce que le
gouvernement va se ressaisir?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, les gens qui sont chez eux puis qui regardent la période de
questions se demandent qu'est-ce que
la cheffe du Parti libéral aurait fait de différent si elle avait été à notre
place. Qu'est-ce qu'elle aurait fait de différent? Elle n'est pas capable de nous donner une idée, une
suggestion, juste du chialage. M. le Président, il est temps, là,
qu'on travaille ensemble...
Président : Je vais vous demander, s'il vous plaît... Il y a
des termes qui sont inutiles, celui-là n'est pas nécessaire non plus. M. le premier ministre, je vais vous
demander d'être prudent dans les termes à être utilisés, dans celui-là
notamment. L'opposition joue son rôle, le gouvernement joue son rôle. Je
pense qu'on est en période de questions, et c'est légitime.
M. Legault :
M. le Président, on a fait plus de tests, on a ajouté plus de personnel, on a
agi plus vite pour arrêter certaines activités. Que suggère la cheffe de
l'opposition officielle?
Le Président :
Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, le premier ministre se doit de se ressaisir et démontrer aux
Québécois qu'il peut reprendre le
contrôle. On ne peut plus dire aux Québécois que l'avion est en train d'être
bâti en plein vol. On ne peut plus dire
aux Québécois que c'est la faute des autres puis qu'il n'y a pas eu des
propositions, parce qu'il y en a eu plusieurs, de ces propositions, qui
ont été faites, notamment dans les dernières semaines, de tous les collègues
ici.
Le temps des excuses
est terminé. Les Québécois veulent avoir un pilote dans l'avion.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, la cheffe du Parti libéral doit se ressaisir. Les Québécois s'attendent de la cheffe de l'opposition
officielle à ce qu'elle soit
constructive, qu'elle fasse des propositions. Après trois questions, elle n'a pas été
capable de nous faire une proposition. On pourrait-u en avoir juste une?
Le Président :
Question principale, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : M. le
Président, avant d'être député ou même sportif, je suis un père. Ma plus
grande préoccupation est la santé et
la sécurité de mon fils et de tous les jeunes du Québec. La meilleure façon de
les protéger est de leur faire comprendre les impacts du virus, et, pour ça, ça
prend un ministre qui est conséquent. Les différentes volte-faces du
ministre de l'Éducation sans preuve probante
laissent les parents, les écoles, les entraîneurs, les fédérations sportives et
surtout nos jeunes athlètes, au mieux, sceptiques et, pire, en colère.
le Président, les parents ne veulent pas savoir, ils veulent le voir. J'ai
envie de dire au ministre aujourd'hui : Aidez-nous à vous aider. Est-ce
que le ministre va déposer ces rapports qui justifient ses prises de décision
et les avis de la Santé publique?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, je remercie mon collègue pour cette question parce que c'est
important, le sport et l'activité physique à
l'école, bien sûr. C'est pour ça qu'on l'a maintenu si longtemps. C'est pour ça
qu'on a travaillé si fort pour garder encore nos cours d'éducation
physique, on a 5 000 profs d'éducation physique qui font bouger nos
jeunes à toutes les semaines. C'est pour ça
qu'on a travaillé si fort aussi pour s'assurer qu'il y ait deux récréations par
jour au primaire, parce que, il faut
le dire, sous les précédents gouvernements ils toléraient qu'il y ait des
écoles primaires où on n'allait pas dehors
de tout l'après-midi. On a rétabli ça. Et c'est pour ça qu'on travaille pour
maintenir des programmes de sport-études.
ne sont pas fermés, les programmes de sport-études et les concentrations. On
veut que ça se passe à l'intérieur du
groupe-classe. Et, si ce n'est pas possible de le faire à l'intérieur du
groupe-classe, on peut faire des activités sportives en sport-études en
accueillant des élèves de d'autres groupes mais en maintenant cette distance de
deux mètres. On a travaillé très fort, on a
discuté avec des enseignants, on a discuté avec les gens de la Santé publique
pour aménager des voies de sortie
pour préserver les cours d'éducation physique, les récréations et même certains
programmes sport-études, bien sûr,
sans faire des matchs, sans faire des compétitions, mais en gardant le
sentiment d'appartenance à nos jeunes, parce que c'est très important
pour nous.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Pour la transparence, M. le Président, on repassera. Aujourd'hui, il y
a des dizaines de milliers de jeunes
athlètes qui se retrouvent sans leur passion et leur raison d'être. Le ministre
de l'Éducation dit qu'il respecte toujours les avis de la Santé publique. Or, il y a deux semaines, on a prouvé le
contraire. Le ministre a pris une décision malgré l'avis contraire de la
Santé publique dans le sport scolaire.
Je répète : Est-ce que le ministre
peut déposer ces rapports qui justifient ces prises de décision avec les avis
de la Santé publique? Parce qu'en ce moment les parents ont de la difficulté
à le croire, M. le Président.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : M. le
Président, je pense que mon collègue
devrait réviser ses interprétations des faits. Il nous dit qu'il a besoin d'information. En ce moment, dans le réseau, il y a plus de 1 647 personnes
qui sont à la maison, bien sûr, mais
qui sont porteurs, diagnostiqués avec la COVID. Donc, ce sont des membres du
personnel, surtout des élèves. 1 647. Il y a près de
930 classes qui sont fermées au moment où on se parle. Bien sûr, il y a beaucoup
plus de classes qui sont ouvertes, mais il y
a un fait qui est têtu ici : 930 classes fermées. Il y a
729 écoles dans lesquelles il y
a au moins un cas positif. Ça
appelle des gestes courageux, et on les a posés.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. Ciccone : Pas plus tard qu'hier le ministre disait ceci dans son point de presse, et je
cite : «L'école n'est pas un vecteur
du virus.» Et sa collègue a confirmé en disant que les jeunes athlètes
avaient été exemplaires et extraordinaires, avant de tout fermer. La semaine
dernière, j'ai demandé à la ministre déléguée si elle avait pensé à des
alternatives pour nos étudiants athlètes
advenant un reconfinement du sport. Une semaine plus tard, on annonce cette
fermeture. Et quelles sont les solutions de rechange? Zéro. Absolument
rien, M. le Président.
M. le ministre,
pourquoi vous êtes toujours en retard?
Le Président :
À la présidence, on s'adresse toujours à la présidence. M. le ministre.
M. Roberge : M. le
Président, je vais répéter pour mon collègue,
écoutez bien attentivement : Les programmes, les
concentrations, les projets pédagogiques particuliers, les concentrations
arts-études, sport-études ne sont pas fermés, ne sont pas interdits, on
peut les faire en groupe-classe. Et bien souvent les écoles regroupent ces
élèves-là pour des questions d'horaire. On peut les faire même avec des
élèves de différents groupes-classes, en prenant de grandes précautions, c'est vrai, c'est normal, on est en temps de pandémie, mais
ce n'est pas interdit, ce n'est pas proscrit, parce qu'on a pu trouver des
voies de passage. Merci.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Je suis un peu étonnée que le premier ministre demande une suggestion alors qu'en éducation ça a été une panoplie de suggestions,
que ce soient des camps pédagogiques — on
n'a jamais eu de réponse, ça n'a jamais
été fait, finalement — que ce soit plus d'argent pour la ventilation dans
les écoles — c'est
arrivé, finalement, tardivement — que ce soit l'ajout de ressources
additionnelles juste, là, pour nettoyer les écoles.Au mois de mai, je me suis
levée en cette Chambre, le ministre
nous a regardés, a dit : On est prêts pour nos écoles. Alors, pourquoi que
c'est finalement hier qu'on ajoute plus d'argent pour nous dire qu'on a
besoin de 750 concierges?
mois de mars, j'ai appelé le ministre
de l'Éducation pour dire : On a
besoin de tablettes, faites des achats massifs, pour apprendre que, le 1er juin,
une école comme Lucien-Pagé a reçu une tablette, alors qu'ils en avaient
gravement besoin. Aujourd'hui, on est rendus où, là, pour faire face à un
risque éventuel de fermeture des écoles, juste au niveau des tablettes
puis du branchement des familles québécoises?
J'ai personnellement mis en contact le ministre délégué à la Transformation numérique et des entreprises
de Saint-Laurent qui sont prêtes à brancher des familles gratuitement.
est votre bilan en matière de connexion des familles ainsi que le nombre de
tablettes? Où sont-elles rendues, de façon spécifique?
Président : M. le ministre de l'Éducation. On s'adresse toujours à la présidence, c'est
une règle que vous connaissez.
M. Roberge :
M. le Président, ma collègue a parlé de beaucoup de sujets. Elle a parlé des
camps pédagogiques. Je suis heureux qu'elle
appuie les actions qu'on a posées en juin, et au mois de juillet, et au mois
d'août, parce qu'on les a mis en place, ces camps
pédagogiques. Ça veut dire que des élèves vulnérables, des élèves qui avaient
des difficultés scolaires ont pu en
bénéficier. Je suis heureux qu'elle nous dise qu'elle est satisfaite de nos
achats en termes de tablettes et d'ordinateurs, parce qu'on est capables de prêter des tablettes, on a créé
une réserve ministérielle pour être capables de faire face aux imprévus,
et il nous en reste encore. Oui, on en a prêté dans des écoles, mais il nous en
reste encore. On est équipés, on a fait nos
devoirs. On est capables aussi, même, de fournir des clés Internet pour donner
accès à Internet à des familles qui n'avaient pas les moyens de se payer
Internet, si jamais on doit fermer une école, si jamais
on doit fermer une classe. Pour les
élèves de secondaire IV et V, qui devront fréquenter l'école un jour sur
deux, on est capables aussi de fournir des liaisons Internet pour ces
familles-là.
Donc,
nos devoirs sont faits. Et je remercie ma collègue d'aller dans la même
direction que le gouvernement sur les camps pédagogiques, sur la liaison
Internet, sur les achats de tablettes, d'ordinateurs et la création de la
réserve ministérielle.
Le Président :
...complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Le 1er juin, oui, effectivement, le ministre de l'Éducation a annoncé les camps pédagogiques, mais il oublie
que, le 3 juin, il a dû les annuler parce que ce n'était pas attaché avec
le réseau d'éducation.
Pour revenir aux
tablettes, ma crainte, c'est que le réseau de l'éducation subisse exactement le
même traitement que les CHSLD avec les
masques. On dit : Oui, oui, il y
a des masques, mais ils sont sous
verrou. Au niveau des tablettes, je me suis renseignée directement sur
le terrain. À l'école Lucien-Pagé, dont je vous ai déjà parlé, il manque toujours
90 ordinateurs. 167 élèves doivent
partager un ordinateur, 98 élèves sont sans connexion. Et c'est sans
parler de 330 000 familles
qui n'ont toujours pas Internet dans le reste du Québec.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, on a fait toutes les vérifications avec les centres de
services scolaires, ils ont l'équipement
nécessaire. Quand on doit fermer une classe de manière temporaire, c'est toute
la différence, quand on ferme une
classe, on sait tout de suite qu'on va la réouvrir dans deux semaines,
malheureusement, parce qu'il y a une éclosion dans cette classe-là. Quand on doit, malheureusement,
fermer une école — c'est
arrivé beaucoup moins souvent, fort heureusement, mais c'est arrivé, qu'on doive fermer une école
temporairement, pendant un certain laps de temps — on est capables de prêter les ordinateurs, les tablettes pendant la durée de cette
fermeture. Et on serait capables aussi de prêter les ordinateurs et
tablettes aux élèves qui en ont besoin, pour les élèves de secondaire IV
et V. On a fait toutes nos validations.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Il précise «pendant cette fermeture». Moi, je veux savoir : Dans
l'éventualité que, malheureusement, on doive fermer plusieurs écoles en
même temps, sommes-nous prêts? L'école Marie-Rivier n'a reçu que, finalement,
cinq tablettes. Bienville a fait une commande de 60 tablettes, elle n'en a
reçu que huit.
le Président, c'est vraiment important que les parents ne se retrouvent pas
exactement dans la même situation qu'au mois de mars et au mois d'avril,
on ne veut pas revivre dans ce film-là. Je lui demande, là, de prendre acte
que, présentement, ce qu'il dit puis ce qui se passe dans le réseau, ce n'est
pas la réalité.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : M. le
Président, ma collègue y va école par
école, elle oublie qu'il y a quelque chose qui s'appelle le réseau de l'éducation, le réseau scolaire. Les
centres de services scolaires supervisent plusieurs écoles sur un
territoire, et, quand on doit, malheureusement, fermer une classe, parce que c'est arrivé, pendant une durée temporaire...
Si, dans une école donnée, on doit
fermer, malheureusement, pour deux semaines, il nous manque cinq, 10,
50 outils, bien, à l'intérieur du
centre de services scolaires, on est capable de prêter ces ordinateurs-là, ces
tablettes-là, parce qu'ils appartiennent au centre de services
scolaires.
Donc,
il ne s'agit pas de savoir classe par classe est-ce qu'on a assez de tablettes
si jamais on devait fermer cette classe-là. L'idée, c'est d'être capable
de faire face aux imprévus.
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
Et le réseau tient bon, on a fait nos devoirs.
Le Président :
Question principale, M. le député de Rimouski.
M. LeBel : Merci, M.
le Président. Aujourd'hui, environ 330 000 foyers québécois, soit un ménage sur 10,
n'ont pas accès à Internet haute vitesse. En 2017, ils étaient
340 000. La progression se fait donc à très, très basse vitesse.
Pourtant,
en campagne électorale, la CAQ promettait de donner un accès Internet
haut débit à tous les Québécois d'ici
la fin de son mandat. La ministre du
Développement économique régional, plus prudente, promettait, elle, que ça se
ferait dans cinq ans, et puis, en y repensant, que ça se ferait peut-être en
sept ans.
réalité vécue, c'est que, pendant la première vague de la pandémie, des
milliers de Québécois se sont retrouvés isolés, sans avoir accès à Internet. Les entreprises de nos régions ont
été fortement pénalisées, incapables de passer en mode numérique. À l'heure du télétravail, de
l'enseignement à distance et de l'information diffusée en ligne, nos régions
font encore les frais d'une promesse brisée.
Deux
ans, quatre ans, sept ans. Est-ce qu'on pourrait avoir l'heure juste? S'il y a
un projet qui aurait dû être accéléré, c'est bien le déploiement d'Internet
haute vitesse.
Est-ce
que la ministre peut nous expliquer pourquoi il n'y a rien de prévu dans ce
sens-là dans le projet de loi n° 66?
Le Président :
Mme la ministre déléguée au Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Merci, M. le Président. Merci aussi pour cette
question.
Hier
soir, à RDI économie , Mme Claire Bolduc, préfète de la MRC de
Témiscamingue, disait que c'est navrant, ce qui se passe en ce moment,
puis je lui donne raison.
En 2003, Jean Charest
nous disait : Avant la fin de ce mandat, des connexions Internet à haute
vitesse seront disponibles dans toutes les
régions du Québec. Dans l'histoire plus récente du Québec,
en 2016, la cheffe de l'opposition nous disait... était responsable de
l'économie, à l'époque, puis elle s'occupait du branchement Internet.
Quand
on est arrivés en poste, de notre côté, on a vu l'ampleur des dossiers qui
n'étaient pas branchés. On a accéléré le
pas, on a mis toutes les ressources impossibles et inimaginables pour reprendre
le temps perdu par l'ancien gouvernement
à ce niveau-là. Depuis ce temps, on a mis en place un comité, composé de Bell, Hydro-Québec, toutes les télécommunications, pour accélérer les dossiers. Ce
qu'il reste à brancher, au Québec, ce n'est pas des... c'est des dossiers quand
même très complexes, puis on va de l'avant.
Par exemple, on a annoncé un investissement de 400 millions. On n'a pas
attendu le fédéral pour investir. On a fait un appel de projets...
Le Président :
En terminant.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : ...au printemps puis on va de l'avant avec les
projets. C'est déjà commencé.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rimouski.
M. LeBel : J'aimerais ça juste rappeler qu'on parle de votre
engagement, c'est de votre engagement qu'on parle actuellement. Le 16 juillet 2020, c'est cet été, en Gaspésie, le premier ministre comprend le message qu'il faut brancher les gens à Internet et promet de nouveau la haute
vitesse pour tout le monde avant la fin de son mandat, affirmant : Ça va
être fait d'ici maximum
deux ans. Il l'a dit en Gaspésie. Pourtant, au ministère de l'Économie, on se
disait... on savait qu'ils ne seraient jamais capables.
Est-ce que
la ministre peut confirmer aux Québécois qui attendent des
services Internet haute vitesse qu'ils peuvent croire le PM quand il dit
que ce sera fait d'ici 2022?
Le Président :
Mme la ministre du Développement économique régional.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : Je vais dire oui, mais je ne m'en tiendrai pas à cette
réponse. L'objectif est maintenu, nous
allons aller de l'avant, d'ici 2022, à ce que tout le monde connaisse la date
de son branchement, puis idéalement tout le monde va être branché. Ça,
c'est nécessaire. On l'a dit, on va le faire. On fait ce qu'on dit, de notre
côté.
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : On a été proactifs, depuis 2018...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : On a été proactifs, depuis 2018. On s'est allié le
milieu municipal, on s'est allié les
compagnies de télécommunications. On a travaillé ensemble à résoudre les enjeux
reliés à la connexion Internet dans les coins les plus difficiles du
Québec. On y tient, c'est un engagement électoral clair qu'on a. On veut aller
de l'avant...
Le Président :
En terminant.
Mme Proulx
(Côte-du-Sud) : ...avec cet engagement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. LeBel :
On joue toujours sur les mots. Là, en 2022, on va savoir la date : en
2024, 2025, 2026. Il faut rappeler qu'une
des régions dont elle est responsable, le Bas-Saint-Laurent, le déploiement
d'Internet haute vitesse est une priorité prioritaire à court terme. On veut rappeler aussi que, l'accès à
Internet haute vitesse, ça empêche des villages de se développer. Ça crée des iniquités sociales en privant des populations
non branchées de l'égalité des chances, ce qui est inacceptable en ces
temps de pandémie. Puis au-delà des embûches, puis au-delà de se lancer la
balle, quand est-ce qu'on va livrer la marchandise? 2022?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, il y a actuellement 340 000 maisons au Québec qui ne
sont pas branchées. On a rencontré les
différentes entreprises. Ils nous disent qu'ils sont tous prêts à signer pour
les 340 000 maisons, mais ils ne sont pas capables, en particulier
Bell, Bell. Puis, dans certains cas, c'est d'autres entreprises, mais qui ont
besoin des poteaux de Bell. J'ai
demandé au président de Bell, Mirko Bibic, de le rencontrer, le 19 octobre
et j'ai bien l'intention d'essayer de le convaincre que tout soit fait
pour l'automne 2022, comme promis.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Depuis le début de la pandémie, la santé mentale des
Québécois et Québécoises pique du
nez. Les mesures de confinement sont justifiées, mais elles font mal à l'âme.
On le sent tous, on le voit tous et toutes autour de nous.
La semaine
dernière, une enquête de l'Université de Sherbrooke a confirmé nos pires
craintes. C'est un adulte sur cinq
qui a vécu de l'anxiété ou de la dépression majeure dans les dernières
semaines, un jeune adulte sur trois.
Et ça, c'était avant les 28 jours sans voir notre famille, nos
amis, nos proches.
Le premier ministre est assez bon pour annoncer des nouvelles règles, mais, pour aider les
gens qui vivent l'impact de ces
nouvelles règles là, qu'est-ce qu'il offre aux Québécois et Québécoises,
M. le Président? Quand on n'a pas le sou pour aller consulter au privé, il y a
des listes d'attente de six mois, un an, deux ans pour avoir de l'aide, du
soutien, dans le réseau public. C'est un constat d'échec, mais partout,
surtout, c'est une bombe à retardement pour le Québec.
J'ai deux questions pour le premier ministre :
Est-ce qu'il reconnaît que le Québec traverse présentement une grave crise de santé mentale? Et, deuxièmement, est-ce qu'il va faire tout pour que tout le monde, peu importe l'épaisseur du portefeuille, puisse consulter dans
un délai raisonnable?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le
Président, la cheffe du deuxième groupe d'opposition touche un dossier qui est effectivement très important. On considère qu'avant la pandémie il y avait
2 % des Québécois qui souffraient de santé mentale. Aujourd'hui, on calcule que c'est 15 %,
15 %.
Donc, à deux
reprises depuis le début de la pandémie on a ajouté de l'argent. Entre autres, on s'est donné comme objectif d'ajouter 300 ressources
additionnelles. Moi, je suis le dossier, là, à chaque semaine. On a actuellement
trouvé 254 des 300 personnes.
Effectivement, ce n'est pas toujours facile de trouver le personnel compétent en santé
mentale, mais, M. le Président, on va
continuer de le faire, parce qu'effectivement c'est très inquiétant de voir les délais d'attente
en santé mentale actuellement au Québec.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : Sur le terrain, la
santé mentale est en train de prendre le bord. Il nous manque des centaines de psychologues dans le réseau, et le gouvernement a l'intention d'envoyer ceux qui restent faire de la vaccination et du
dépistage. J'ai une proposition pour le premier ministre :
permettre à nos professionnels de la santé mentale de faire leur job.
Va-t-il
s'engager à mettre fin au délestage des professionnels et les garder
au service de la population du Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le
Président, c'est peut-être
une question pour mon collègue de la Santé, mais effectivement il y a un
arbitrage à faire. Actuellement, il y a une urgence d'ajouter du personnel pour faire
plus de prélèvements, pour analyser les cas de COVID-19, mais on a
besoin aussi de plus de personnel. Effectivement, les psychologues qui sont au privé
peuvent être une belle source, là, de personnel additionnel. Comme je le disais
tantôt, sur 300 personnes qu'on cherche, on
en a trouvé 254. Donc, pour ceux qu'il nous manque, on regarde cette
possibilité-là d'aller chercher des psychologues au privé. Évidemment,
il faut regarder toute la question de la rémunération de ces personnes-là pour
être attractifs.
Le Président : En terminant.
M. Legault : Donc, ça fait
partie des défis du ministre de la Santé.
Le Président : Deuxième complémentaire,
Mme la cheffe du deuxième groupe.
Mme Massé :
Je suis très heureuse de l'entendre, parce que, sous les libéraux, c'est
450 psychologues qui sont partis de
notre réseau public pour aller dans le réseau privé. Alors, effectivement, ça
parle de quoi? Ça parle de conditions de travail, ça parle de conditions de pouvoir exercer son métier. Et nos
psychologues sont prêts à faire leur job dans le réseau public dans la
mesure où on leur offre des bonnes conditions de travail et une autonomie
professionnelle.
le Président, est-ce que le premier ministre s'engage à mettre ça dans son plan,
et dès maintenant, parce que ça presse?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, moi aussi, j'apprécie beaucoup la question de la cheffe de la deuxième
opposition, parce que mon collègue le
député est vraiment sur ce dossier-là. Et je crois qui faut penser que,
l'argent dont le premier ministre a fait référence, qui a été mis l'an dernier, qui a été mis au mois
de mai, qui va nous permettre, M. le Président, d'aller chercher les ressources
naturelles... pardon, les ressources qu'on a
besoin pour être capables de faire ce que vous demandez, c'est très important
pour nous. On ne peut pas prendre de risque
en santé mentale. Et mon collègue, je le rappelle, est en train de travailler
pour aller chercher les gens au privé. Alors, on est là-dessus,
présentement. Merci.
Le Président : Question
principale, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : Merci, M. le
Président. Justement, les Québécois cherchent des réponses sur la crise de
santé mentale, et, de toute évidence, ils ne
les auraient pas eues jusqu'à date. Comme c'est dit, il y a un adulte sur cinq,
au Québec, aujourd'hui, qui souffre de l'anxiété et de la dépression
assez importantes pour nécessiter une évaluation clinique.
Depuis des
mois, l'alarme sonne sur la crise en santé mentale qui accompagne notre crise
sanitaire. Les Québécois demandent à leur gouvernement de faire preuve
d'anticipation, de planification pour éviter, dans quelques mois, de payer le
gros prix pas juste en dollars, mais en vies brisées, en espoirs anéantis.
Depuis le début de la pandémie, en dépit des promesses, les délais s'allongent
et les délestages se multiplient.
Le ministre
est-il capable de nous expliquer les délais dangereux pour consulter un
psychologue? Est-ce qu'il va répondre à cette crise sans délai?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, tout à l'heure, je ne me souvenais pas du comté du député de Taillon,
puis je m'en excuse, que j'ai mal répondu à la question de la deuxième cheffe
de l'opposition. Mon collègue le député de Taillon est vraiment
préoccupé par cette question-là...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Non, non. S'il
vous plaît! Continuez votre réponse, M. le ministre.
M. Dubé : Alors, mon collègue
le député de Taillon et le ministre délégué à...
M. Dubé : Je m'excuse, c'est
difficile, peut-être, de...
Le Président : Soyons
attentifs aux questions et réponses. C'est à vous de répondre, M. le ministre,
allez-y.
M. Dubé : Bien, voilà. Merci. Alors, mon collègue
travaille très fort sur cet aspect-là en
ce moment. Nous avons mis des
sommes importantes. Puis je pense que l'élément d'aller chercher des ressources
dans le privé pour venir nous accompagner, en ce moment, ça fait
partie des solutions. C'est pour ça que nous avons mis les
dollars nécessaires pour être capables de le faire, M. le Président. Alors, je pense qu'on a vraiment cet objectif-là. Puis j'espère que mon collègue pourra venir répondre, à un moment
donné, quand il sera en Chambre.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum : M. le
Président, solutions, pas sûr. Ce gouvernement a suspendu le déploiement
national du programme d'accès à la psychothérapie, programme
qui s'annonçait très prometteur. Le programme n'a pas repris depuis.
Pourquoi
attendre à ce que les gens en détresse souffrent davantage, au risque de voir
leurs symptômes s'aggraver? Pourquoi
attendre que ces gens aient besoin d'une équipe de psychiatres dans un an plutôt
que l'accès à la psychothérapie dès maintenant?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Bien, écoutez, ce que je vais répondre, puis j'apprécie la question, encore une fois, du député de D'Arcy-McGee, je
pense que mon collègue
a mis, entre autres, une bonification de l'Info-Social, lorsqu'il a annoncé le
programme, en mai, pour 31 millions. On a annoncé l'embauche temporaire de
professionnels en services psychosociaux. On a mis à contribution l'expertise des professionnels du secteur privé
et communautaire. Puis en plus il y a eu une prise de contact téléphonique auprès des personnes qui en
avaient vraiment besoin, il y a 325 000 personnes qui ont été rejointes.
Alors, je le
répète, c'est un dossier qui est excessivement important pour mon collègue,
puis je pense que vous allez voir des actions très concrètes dans les
prochaines semaines. Merci.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député.
M. Birnbaum :
M. le Président, nos jeunes confinés, victimes invisibles de cyberintimidation,
nos aînés en dépression, les gens
foudroyés par un deuil inattendu sont tous confrontés par les délais de
consultation, qui ont triplé depuis le
début de la pandémie. Ce matin, on apprend que les psychologues risquent d'être
délestés pour faire du dépistage, du dépistage. Oui, c'est important,
mais la santé mentale de nos jeunes, nos aînés, nos voisins, nos familles...
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Alors, j'ai expliqué, puis je vais l'expliquer plusieurs fois au cours des
prochaines semaines, M. le Président, que, lorsqu'on a donné des orientations
aux différents P.D.G. des CISSS et des CIUSSS à savoir quel pouvait être le
délestage qui pouvait être fait, c'est certain qu'on a demandé à
minimiser l'impact sur la santé mentale, parce que c'est un enjeu important. Est-ce que la réponse sera la même dans
chacune des régions? La réponse, c'est non, parce que nous avons besoin...
et nous avons besoin de personnel pour être capables de faire différentes
activités. Mais je crois que d'associer le dépistage avec la santé
mentale, pour moi, ce n'est pas la bonne chose à faire.
Le Président : En terminant.
M. Dubé : Et c'est ça que nous
avons demandé de faire, le bon équilibre, à nos P.D.G..
Le Président : Question
principale, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M.
le Président. Chaque jour, on
présente des nouveaux chiffres, de nouveaux records de personnes atteintes de la COVID-19,
la progression est mesurable. Ce qu'on ne voit pas, ce qui n'est pas documenté,
c'est le nombre de victimes
silencieuses, ces Québécoises et ces Québécois qui se retrouvent de plus en plus nombreux en
état de détresse psychologique.
Restaurateurs, commerçants, artistes, étudiants, aînés, enseignants,
professionnels de la santé et patients, tous sont confrontés à des situations
anxiogènes importantes.
Ce dont les Québécois
ont besoin aujourd'hui, c'est des services gratuits et de l'écoute. Or,
les services sont pratiquement
inaccessibles. La machine est paralysée, et les listes d'attente s'allongent
dans le réseau public. On doit tendre la main, rejoindre les Québécois
et leur offrir dès maintenant les outils nécessaires pour traverser cette
période trouble.
Est-ce que
le ministre peut s'engager à retenir notre proposition et à
déployer des équipes de soutien en santé mentale formées de professionnels compétents directement dans les milieux à
risque, notamment dans les hôpitaux et les CHSLD, les écoles
aussi?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Bien, écoutez, dans le même sens, M. le Président, je vais répondre ce que j'ai
répondu tout à l'heure, puis
j'apprécie beaucoup cette question-là parce qu'on a fait des annonces
excessivement importantes. J'ai parlé de l'annonce qu'on a faite, au mois de mai, pour
31 millions, pour avoir l'aide que j'ai parlé au niveau de l'Info‑Social,
le 8-1-1, mais on a aussi demandé aux
autres professionnels de la santé, par exemple, au niveau de tous ceux qui
pouvaient venir nous aider pour être capables de faire une différence.
Mais
en ce moment je pense que les gens qui nous écoutent doivent réaliser comment
le système de santé a été mis à mal et où on était avant la première vague, ce
que la première vague a fait et où on est rendus maintenant, dans le début
de la deuxième vague. Et ça, il faut que les
gens le réalisent, que c'est une situation où on a un manque de personnel
important.
Est-ce
qu'on va devoir faire des choix déchirants au cours des prochains mois? M. le
Président, la réponse, c'est oui. Il
ne faut pas se le cacher, on va avoir à faire des choix déchirants. Mais,
lorsqu'on a à soigner des gens qui sont très malades, je pense que les
gens s'attendent à ce qu'on les soigne, et c'est ça que nous allons faire, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député.
M. Arseneau :
Ce qu'on demande, c'est des actions ciblées. On a annoncé hier des restrictions
concernant le sport scolaire et la suspension des activités
parascolaires en zone rouge, mais on n'a rien annoncé pour soutenir nos ados à la suite de ce choc. Pendant que le ratio varie de
1 300 à 2 500 élèves pour un psychologue, actuellement, voilà ce
que vivent nos jeunes : perte de motivation, difficultés dans la
réussite scolaire, isolement, anxiété. Et j'en passe.
Est-ce
que le ministre peut s'engager à bonifier l'aide psychologique et mettre sur
pied des escouades d'intervention en santé mentale directement dans les
écoles?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
Merci bien, M. le Président. La semaine dernière, on faisait une annonce
conjointe, le ministre délégué à la
Santé et moi, pour annoncer un 30 millions d'argent récurrent, qui va
revenir année après année : 15 millions pour mieux financer les organismes communautaires qui sont
très près des jeunes, qui ont une façon différente d'intervenir auprès des jeunes, pour faire entrer les organismes
communautaires, mieux les financer et leur permettre d'entrer dans les écoles,
de soutenir les enseignants, évidemment
de soutenir les élèves et d'intervenir directement; un autre 15 millions pour embaucher
plus de 260 personnes qui vont être là année après année aussi pour
intervenir autant pour la santé mentale et la prévention des
dépendances. Nous sommes très proactifs pour soutenir nos jeunes en termes de
santé mentale.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. Arseneau :
C'est beau, les millions de dollars, mais ça doit se traduire par des
actions sur le terrain. Depuis six mois,
l'angle mort de cette pandémie, c'est la détresse psychologique des Québécois.
Dans le fameux plan du gouvernement
pour la deuxième vague, rien n'a été prévu spécifiquement pour l'accès aux services en santé mentale pendant cette période
de crise. C'est un manque flagrant de préparation et de vision.
Est-ce
que le gouvernement peut mettre en place de façon urgente des
escouades de soutien psychologique dans les milieux à risque?
Le Président :
M. le ministre de la Famille.
M. Lacombe :
Merci beaucoup, M. le Président. J'ai envie de souligner, parce qu'on n'en
parle pas souvent, qu'on soutient aussi nos organismes communautaires Famille,
et on le fait depuis déjà plusieurs mois, depuis le début de la pandémie, notamment avec le projet Priorité
Parents, la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille, un
projet qui permet de mettre en contact les parents qui ont des besoins, qui ont
des enfants, par exemple, qui vivent une détresse, qui eux-mêmes vivent de la détresse et qui ont besoin de
parler. Il y a la LigneParents qui reçoit aussi du soutien, une ligne à
laquelle les parents peuvent téléphoner pour avoir du support, qui est
accessible 24 heures sur 24.
Donc, mon collègue le
ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux en a fait beaucoup, a fait
beaucoup d'annonces pour soutenir les familles. Évidemment, le ministère de la
Famille...
Le Président :
En terminant.
M. Lacombe :
...en tant que ministre, j'en ai aussi beaucoup fait, et on peut compter sur
nos partenaires sur le terrain.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, 4 000 aînés sont
décédés en CHSLD depuis mars dernier. 4 000 familles qui pleurent encore
leurs aînés morts seuls, déshydratés et dans la souffrance, un des pires bilans
de la planète. Une demande essentielle a
été faite au gouvernement, une enquête publique neutre et indépendante pour la
population du Québec en deuil de ses aînés. Pourquoi? Parce qu'on ne
sait toujours pas ce qui s'est véritablement passé, quelles sont les raisons
des décisions politiques prises au cours de la première vague, sur quoi le
gouvernement s'est basé. Parce que le gouvernement a une responsabilité morale envers les 4 000 familles
qui ont perdu un parent, un ami et parce qu'il ne faut plus jamais, jamais
que l'on revive ce qu'on a vécu dans les CHSLD.
M. le Président,
ma question est simple : Pourquoi le ministre de la Santé refuse une
commission d'enquête neutre et indépendante?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Je pense, M. le Président, qu'au
contraire on a montré énormément d'ouverture avec la commission
de... avec la Commissaire à la santé, à qui a été confiée une enquête où
elle a tous les pouvoirs pour être capable de faire l'analyse de ce qui s'est
passé dans la première vague. Je rappellerais, M. le Président, à la députée
que cette dame-là, Mme Castonguay, elle
a non seulement toute la connaissance pour être capable de...
elle travaille dans le secteur de la santé depuis plusieurs années, mais
elle s'est adjoint aussi deux personnes qui sont excessivement compétentes.
Et ce que
nous voulions faire, c'est d'avoir des réponses pratiques. On ne voulait pas
avoir une commission qui durerait pendant plusieurs années. On
a demandé d'avoir des résultats qui vont se faire au cours de la prochaine
année, au plus tard au mois de septembre 2021.
Alors, je pense qu'elle a toute la latitude pour
faire la lumière sur la situation et nous faire les recommandations appropriées. Si elle juge qu'elle doit aller plus
loin, si elle juge qu'elle doit amener des témoins, elle le fera, elle a toute
la latitude, M. le Président, pour faire la lumière sur la situation.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Le ministre le dit, et sa collègue responsable des CHSLD
me l'a déjà servi, également. Ce qu'ils ne nous disent pas, c'est que le mandat de la commissaire, il est limité. En étude de
crédits, la commissaire a nommé ici même les limites de son mandat, et le ministre de la
Santé l'a bien entendue.
M. le Président, les familles méritent d'avoir
des réponses, de comprendre les décisions de la CAQ et méritent surtout une commission
d'enquête publique indépendante. Pourquoi on leur refuse?
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Bien, écoutez, je lui ai quand même parlé, à Mme Castonguay,
quelques fois, parce que, chaque fois qu'elle
se pose des questions, si elle peut avoir accès à tel ou tel document
ou à telle personne, on est en contact régulièrement avec elle, avec
notre sous-ministre à la Santé, Mme Savoie, puis moi, je dois
dire. Et je réponds aux Québécois que, chaque fois qu'elle a besoin d'information, elle a toute la latitude, elle a toute notre collaboration, pour être certains que, les questions qu'elle
a, elles seront répondues. Et je m'assurerai que, lorsqu'elle fera son rapport,
la pleine lumière aura été faite sur la situation dans nos résidences pour aînés.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée.
Mme Sauvé : M. le Président, au
gouvernement de la CAQ, on a permis dès le mois de mars de transférer des patients des hôpitaux vers les CHSLD, on a interdit l'accès aux proches aidants
auprès de leurs parents alors que des bénévoles pouvaient y avoir accès, on a toléré le mouvement de personnel d'un
CHSLD à l'autre alors qu'il était strictement interdit en
Colombie-Britannique.
4 000
familles pleurent encore leurs proches. Le ministre doit s'engager aujourd'hui
à faire toute la lumière, parce qu'il ne faut plus que ça arrive, plus
jamais.
Le Président : M. le ministre
de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Je ne peux pas m'empêcher, M. le Président... D'entendre le Parti libéral, aujourd'hui,
venir nous faire des reproches sur
les résidences pour aînés et toute la situation que nous avons héritée lorsque
nous avons pris le pouvoir, je pense que c'est un peu gênant. Par
contre, de nous dire qu'on ne fera pas la lumière sur la situation, ça, je
pense que c'est encore plus gênant, parce qu'on a donné un mandat très clair à
Mme Castonguay, et je pense qu'elle a toute la latitude pour être capable
de répondre aux questions qui se posent.
Mais nous avons fait
notre travail, depuis la première vague, nous nous sommes préparés, et nous
allons nous assurer que les aînés sont bien traités...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...pendant cette deuxième vague là. Merci, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Je vous remercie, M. le Président. La situation, elle est critique. Le nombre
de cas continue d'augmenter tous les jours,
il y a quatre fois plus d'hospitalisations qu'il y a un mois, il y a quatre
fois plus de gens aux soins intensifs qu'il y a un mois, le nombre de
décès augmente tous les jours.
gouvernement a eu tout l'été pour se préparer, mais, prise 2, comme au
printemps, ils sont toujours en réaction, ils sont toujours en retard. Le ministre a baissé les bras sur le
transfert de personnel. Le dépistage est encore problématique, les délais sont encore à 10 jours dans
plusieurs régions pour avoir des résultats. Le réseau de la santé est épuisé.
Il n'y a toujours pas de plan de déploiement pour les tests de dépistage
rapides.
est à bout de tout ce qui est en train de se passer. Et, en temps de crise, on
a besoin d'un gouvernement qui sait où
il s'en va, d'un ministre de la Santé qui sait où il s'en va, et ça, en ce
moment, personne ne le sent, surtout quand on regarde les points de
presse du ministre.
Le Président :
M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé :
Écoutez, M. le Président, je respecte les commentaires de la députée de Maurice-Richard. Moi, je pense qu'au contraire... je pense
que non seulement on était prêts, mais je suis content qu'on se soit préparés,
parce que, cette vague-là que l'on va connaître dans les prochaines semaines,
elle est très différente de la première. Puis je pourrais vous dire qu'on en a fait, des choses, là, dans
les derniers mois. Alors, de dire qu'on n'est pas prêts puis qu'on n'a pas de
plan... Je vais vous donner un exemple.
Qu'est-ce qu'on a fait, par exemple, au niveau des centres de dépistage?
Qu'est-ce qu'on a fait avec les préposés aux bénéficiaires? Qu'est-ce qu'on a
fait avec nos zones d'alerte pour mieux expliquer à la population? Qu'est-ce qu'on a fait, par exemple,
dans nos PCI, nos systèmes de protection et de contrôle des infections, dans
tous nos CHSLD? Qu'est-ce qu'on a fait, M.
le Président, pour mettre un responsable dans chacun des CHSLD, alors que
le gouvernement précédent avait coupé 1 300 personnes, dont les
responsables dans les CHSLD?
Alors, je voudrais
qu'elle y pense deux fois avant de reposer des questions, de dire que nous
n'étions pas prêts. C'est eux qui nous ont mis dans le trouble où on est, puis
nous, on va le régler, le problème, M. le Président.
Président : Première complémentaire, Mme la cheffe de
l'opposition officielle. La parole n'appartient qu'à vous.
Mme Anglade :
M. le Président, le premier ministre voulait une proposition, une proposition.
En voici huit que nous avons
formulées : cliniques de dépistage mobiles, reprise des rencontres hebdomadaires avec les oppositions, camps de fraternisation pour les écoles, investissement
dans la ventilation de toutes les écoles, augmentation des concierges pour
les écoles, projets ratios pour les
infirmières dans le réseau de la santé, accès aux soins psychologiques pour les
Québécois, interdiction de transfert de personnel.
Combien
de propositions est-ce que le PM, M. le premier ministre, aimerait avoir? Qu'il
nous donne son chiffre, parce que nous serons au rendez-vous.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, je n'ai pas eu le temps de prendre les huit, là, mais j'aurais
aimé ça parce que, les huit, il y aurait des commentaires à faire sur
les huit.
Bon, d'abord, parlons des cliniques de
dépistage, c'est important, puis on en a ajouté. Puis, encore là, regardez ce
qui se passe ailleurs, c'est nous,
actuellement, qui faisons, par million d'habitants, le plus de tests. Donc, je
comprends qu'on pourrait en faire
encore plus, là, mais on a ajouté beaucoup des cliniques, entre autres dans les
régions nouvellement très atteintes.
cheffe de l'opposition officielle nous dit : Ce qui serait bon, c'est de
faire une rencontre hebdomadaire pour... comme on faisait avant, quand il n'y avait pas de période de questions.
M. le Président, on faisait une rencontre avec les chefs de l'opposition
parce qu'il n'y avait pas de période de questions. Mais ça ne veut pas dire que
la cheffe...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...parce qu'on a une rencontre, va avoir plus de propositions.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Je vous remercie, M. le Président. Ce qui est bien avec le premier ministre,
c'est que, quand on lui fait des propositions, il ne les prend pas;
quand on... Puis il nous dit qu'on n'en fait pas.
Mais je veux juste
revenir sur le commentaire qu'il a fait au début de la première... du début de
la période de questions, quand il reprochait
à la cheffe de l'opposition officielle de chialer. Moi, je veux juste lui
rappeler que tous les Québécois, à
l'heure actuelle, les experts, les parents, les familles se posent les mêmes
questions qu'on vient poser en cette Chambre,
et ce qu'il dit, c'est que les Québécois sont des chialeux puis chialent parce
qu'ils posent ce genre de questions là.
Le Président :
S'il vous plaît! Sur ce terme-là, on...
Le Président :
Oui, M. le leader du gouvernement. Mais on... Je vous écoute.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, la députée de Maurice-Richard vient
d'insulter l'ensemble des Québécois. Vous avez demandé au premier ministre,
tout à l'heure, d'être prudent...
Président : Oui, écoutez, je suis intervenu, je pense que ça a
été... M. le leader du gouvernement, je pense... je vous ai entendu.
Président : S'il vous plaît! Je suis intervenu sur ce mot tout
à l'heure. Je pense, c'était assez clair, ce que j'ai dit, puis je pense que
tous l'ont bien compris également. J'interviens de la même manière,
aujourd'hui. Alors, je veux dire, déjà je suis intervenu, je ne sens pas
le besoin d'intervenir deux et trois fois. J'espère que vous avez compris.
Il vous reste quatre
secondes, madame.
Mme Montpetit :
Je pense que mon point a été fait là-dessus, M. le Président.
Le Président :
Réponse? M. le leader du gouvernement, s'il vous plaît, sur la question.
M. Jolin-Barrette :
Bien, M. le Président, dans le cadre de la période des questions, le
gouvernement souhaite répondre aux Québécois, et c'est ce qu'on fait à tous les
jours, le premier ministre, le ministre de la Santé se présentent devant les Québécois. Et j'espère que, pour la
suite de nos débats, nous aurons une attitude constructive, notamment de la
part de la députée de Maurice-Richard, pour faire en sorte, M. le Président, de répondre le mieux possible. On
doit faire corps, on doit faire cohésion ensemble parce qu'on a une
responsabilité envers les Québécois. Et, vous savez, le bilan que nous avons présentement, on en est tous responsables, et il faut s'assurer,
M. le Président, de lutter contre la deuxième vague...
Président : S'il vous plaît!
M. Jolin-Barrette : ...de lutter contre les difficultés que les personnes vivent en
situation de précarité mentale. Alors, il faut travailler ensemble, M. le
Président, pour réussir à survivre à cette deuxième vague là.
Le Président :
Cela met fin, sans commentaire, à la période de questions et de réponses
orales.
Nous allons maintenant passer à la
rubrique des motions sans préavis. À la rubrique Motions sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant la cheffe de
l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Alors, merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale se rappelle que, de 1963 à 1970, le Front de libération
du Québec a commis plusieurs vols et posé [plus] de 200 bombes
qui ont causé la mort et des blessures graves à des dizaines de personnes;
«Qu'elle
se souvienne que cette poussée d'actions terroristes a culminé, en octobre
1970, avec l'enlèvement du diplomate James Cross et du
ministre du Travail Pierre Laporte;
«Qu'elle
souligne la contribution exceptionnelle de Pierre Laporte à l'essor du Québec à
titre d'avocat, de journaliste puis de ministre au sein
des gouvernements de Jean Lesage et de Robert Bourrassa;
«Qu'elle se souvienne avec une
tristesse indélébile que Pierre Laporte a été assassiné et retrouvé dans un
coffre de voiture le 17 octobre 1970;
«Qu'elle
reconnaisse que, dans la foulée de ces événements dramatiques, la ville de
Montréal, le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada avaient le devoir d'agir de manière
décisive et mesurée pour mettre un terme à [cette] violence;
«Qu'elle
reconnaisse également que, dans le cadre des opérations militaires et
policières mises en branle au cours de la crise d'Octobre 1970, des centaines de
personnes innocentes ont été arrêtées et détenues injustement, ou ont été
visées par des perquisitions abusives;
«Qu'elle affirme sans équivoque
que, dans une société de droit, fondée notamment sur le respect des libertés
individuelles, personne ne devrait craindre pour sa sécurité en raison de ses
allégeances politiques;
«Qu'elle
dénonce avec véhémence le recours à la violence comme moyen de faire avancer
une cause sociale ou politique dans une société
démocratique;
«Qu'elle
demande à la ville de Montréal, au gouvernement du Québec et au gouvernement du
Canada de présenter des excuses aux personnes innocentes arrêtées ou
perquisitionnées en octobre 1970;
«Qu'enfin,
elle offre ses plus sincères condoléances à la famille de Pierre Laporte et
observe une minute de silence à sa mémoire.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Pas de consentement.
Je reconnais maintenant Mme
la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : Oui, merci, M. le Président. Je demande le
consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le premier ministre, la cheffe de l'opposition officielle, le
chef de la troisième opposition, la députée de Marie-Victorin et le député de
Chomedey :
«Que l'Assemblée nationale présente ses plus
sincères condoléances envers les membres de la famille, ami‑es et proches de Joyce Echaquan, mais également
envers la communauté de Manawan, envers les Atikamekw et les autochtones;
«Qu'elle reconnaisse que cette mort a été
précédée par des propos racistes, inacceptables et dégradants;
«Qu'elle
reconnaisse que Joyce Echaquan n'était pas la première à faire l'expérience de
racisme dans le milieu de la santé, mais que sa mort, comme les autres, en est
une de trop et [qu'en] conséquent, il est plus qu'urgent d'agir pour enfin
changer cette réalité;
«Qu'elle
reconnaisse que le congédiement des individus ayant perpétré ces gestes était
nécessaire, mais demeure insuffisant pour reconnaître l'enjeu que met en
lumière le triste décès de Joyce Echaquan;
«Qu'elle reconnaisse le rôle de l'État québécois,
en tant que leader, pour construire des ponts entre les nations;
«Que tous les
membres de l'Assemblée nationale présentent leurs excuses à la famille de Joyce
[...] ainsi qu'aux membres de la
nation atikamekw et à l'ensemble des autochtones pour les conséquences
irréparables du racisme vécu dans les institutions de santé du Québec;
«Qu'enfin, l'Assemblée nationale observe une
minute de silence afin d'honorer sa mémoire.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
...consentement, sans débat.
Le Président : Consentement,
sans débat. Je demande maintenant aux leaders parlementaires de m'indiquer le vote de leurs groupes sur cette motion, suivi
des députés indépendants. Et je commencerai par M. le leader du deuxième
groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion étant adoptée, je vous demande de vous lever pour observer une
minute de silence.
• (14 h 57
14 h 58)
> 15725 Le Président :
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Je reconnais
maintenant M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet :
M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec la
députée de Maurice-Richard, le leader parlementaire du deuxième groupe
d'opposition, le député de Chomedey, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte de la décision du gouvernement du Québec d'aller de
l'avant avec l'utilisation d'une application de notification des contacts;
«Qu'elle lui demande
d'interdire à quiconque d'en obliger le téléchargement et de discriminer sur
cette base un individu dans l'exercice de ses droits, notamment dans les
domaines de l'emploi et du logement;
«Qu'elle
demande au gouvernement de déposer les études ou toute autre forme de données
démontrant l'efficacité d'une telle application dans la lutte contre la
pandémie;
«Qu'elle
demande au gouvernement, tel que recommandé par les experts entendus lors des
consultations parlementaires sur ce sujet, de maintenir le traçage
manuel des cas de COVID-19;
«Que cette motion
soit un ordre de l'Assemblée nationale.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Président : Consentement, sans débat. Je vous demanderai, MM.
les leaders, de m'indiquer le vote de vos groupes respectifs, suivi des
députés indépendants. M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. Je reconnais maintenant M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui, M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
débattre de la motion suivante conjointement avec la cheffe de l'opposition
officielle, la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le chef du troisième
groupe d'opposition, le député de Chomedey et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que le gouvernement du Québec a demandé au
Bureau du coroner de procéder une enquête publique sur les causes et les
circonstances tragiques du décès de Mme Joyce Echaquan;
«Qu'elle réitère que
les propos tenus à son égard avant son décès sont complètement inacceptables et
[qu'elle rappelle] l'importance de lutter contre le racisme sous toutes ses
formes;
«Qu'elle
demande au gouvernement du Québec d'offrir ses excuses à la famille, aux
proches et aux membres de la communauté de Mme Joyce Echaquan;
«Qu'enfin, elle observe
une minute de silence afin d'honorer sa mémoire.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : ...pour un débat de deux minutes par intervenant
dans l'ordre suivant : le premier ministre, la cheffe de l'opposition officielle, la cheffe
du deuxième groupe d'opposition ainsi
que le chef du troisième groupe
d'opposition.
Président : Je
comprends qu'il y a donc consentement pour un débat d'à peu près deux minutes. Et nous commencerons donc ce débat par M. le
premier ministre. M. le premier ministre, à vous la parole.
M. Legault : Oui. M.
le Président, il y a
une semaine, on apprenait tous les circonstances horribles dans lesquelles
Mme Echaquan est décédée. L'enregistrement de ses derniers moments est difficile à supporter. Il y a
toute la souffrance de ses plaintes,
mais il y a surtout la haine, le racisme dans la voix des
employés à ses côtés. Comme Québécois, ça fait mal d'entendre ça. Ça fait mal de
savoir qu'une chose pareille peut arriver ici, chez nous.
ne doit pas avoir peur de le dire, le service public québécois
a failli à son devoir envers Mme Echaquan. L'État a le devoir d'offrir la
même dignité, le même respect à tout
le monde. Peu importe son origine,
peu importe son sexe, peu importe la
couleur de sa peau, tout le monde a le droit au respect. Donc, aujourd'hui, je veux, au nom de l'État québécois, offrir mes excuses à la famille, aux
proches et à la communauté de Joyce Echaquan.
Aujourd'hui, on présente donc des excuses pour Mme Echaquan, mais, malheureusement, ce n'est pas un cas isolé. Il
continue d'y avoir beaucoup d'autres actes racistes contre des personnes
autochtones au Québec, et ce n'est pas un hasard. Pendant des décennies, les peuples autochtones ont
fait l'objet de discrimination par les différents paliers du gouvernement. Qu'on pense seulement
à la
Loi sur les Indiens du gouvernement
canadien, qui s'est déjà intitulée la
Loi des sauvages. Ça montre à
quel point on revient de loin.
M. le Président, les choses ont changé, mais ça a laissé des blessures profondes, ça a
laissé des traces chez beaucoup
d'individus, et ces relents de notre passé
continuent d'exister sous forme de discrimination envers les autochtones. Il y a certains
Québécois qui parlent de racisme systémique, il y en a
d'autres qui refusent ce concept. M. le
Président, ce n'est pas le
temps de se diviser autour d'un concept, c'est le temps d'agir pour lutter
contre le racisme.
s'entend tous, M. le Président, que les membres des Premières Nations font
l'objet de racisme. Ça existe dans la police, ça existe dans la justice, mais ça existe aussi en dehors des institutions gouvernementales, notamment en
matière d'emploi et en matière de logement. Je veux être bien clair, ça
ne veut pas dire que la nation québécoise est raciste. Au contraire, moi, je pense que la nation québécoise
est très ouverte, n'est pas raciste. Mais ce qu'il s'agit de faire, c'est de
reconnaître que la discrimination contre les
autochtones, dans les dernières décennies, les derniers siècles, a laissé des
traces.
Je sais, M. le
Président, que les excuses, les paroles ne vont pas effacer ce qui est arrivé à
Joliette, mais j'espère que ça va apporter
un peu de réconfort aux proches de Mme Echaquan et surtout qu'on va, dans
les prochaines semaines, dans les
prochains mois, enfin agir. M. le Président. On va travailler très fort, au
cours des prochains jours, des prochaines semaines, pour rencontrer, entre autres, les chefs attikameks, les chefs
des Premières Nations, les Inuits. Il faut entretenir un dialogue de
nation à nation, on doit travailler ensemble pour grandir ensemble comme
peuple.
va aussi ensemble combattre le racisme sous toutes ses formes partout où il se
trouve. On y travaille déjà en faisant
un suivi sur les recommandations du rapport Viens. On a aussi un groupe de
travail qui va déposer des recommandations au cours des prochaines semaines. Et je suis déterminé à transformer ça
en actions concrètes pour que, dans cinq ans, dans 10 ans, le drame de Mme Echaquan reste comme un
tournant, pour qu'on s'en souvienne comme du moment où on est enfin
passés l'action collectivement. Merci, M. le Président.
Le Président :
Je donne la parole à Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
M. le Président, Joyce Echaquan avait 37 ans. Elle était plus jeune que la
majorité d'entre nous présents ici,
en cette Chambre. Joyce était une femme attikamek, une maman de sept enfants,
la conjointe de Carol Dubé, une amie, une cousine, une source de bonheur
pour plusieurs.
Lundi
le 28 septembre 2020, Joyce est pourtant décédée dans des circonstances
tragiques, cruelles et inhumaines à
l'hôpital de Joliette, et ça a été une onde de choc qui a alors traversé tout
le Québec. Nous avons toutes et tous découvert avec horreur et dégoût les propos épouvantables qui ont été tenus par
les membres du personnel soignant à l'égard de Joyce. Ces mots sont les derniers qu'elle aura entendus
alors même qu'elle agonisait et demandait de l'aide. Ces images vont rester
marquées dans notre mémoire. Les derniers
mots entendus par Joyce n'étaient autres qu'un condensé de préjugés racistes
auxquels les autochtones du Québec sont, hélas, habitués et confrontés au
quotidien.
Bien
entendu, il y a eu des congédiements, mais on ne peut en rester là, M. le Président. Les excuses que présente aujourd'hui le premier
ministre au nom de l'ensemble des
Québécoises et des Québécois sont nécessaires. Elles sont essentielles pour exprimer la contrition de tout
un peuple devant le traitement réservé à Joyce Echaquan. Elles sont nécessaires
pour exprimer une fois de plus notre rejet le plus complet du racisme
systémique que subissent les autochtones, le racisme,
ce mal pernicieux, diffus, présent en filigrane dans diverses structures de
notre société, devant lequel nous ne devons jamais abdiquer, nous avons le devoir de nommer et de combattre sans
relâche. Elles sont nécessaires pour tenter d'apporter un soupçon de sérénité, de paix et combler ainsi
une infime
partie du vide qui a été créé par le départ de Joyce au sein de sa
communauté, de sa famille et auprès de ses
enfants. Mais ces excuses ne doivent pas rester que des mots, elles doivent
être accompagnées d'actions, d'une
volonté affirmée et assumée de changer de paradigme dans nos relations avec les
Premières Nations,
d'un leadership fort afin d'endiguer les trop nombreuses manifestations de
racisme qui affectent et déciment encore les communautés autochtones.
mesures à déployer ne manquent pas. Nous avons eu deux rapports, celui de
l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues
et assassinées ainsi que le rapport Viens, de la Commission d'enquête sur les
relations entre les autochtones et certains services publics. Il y a dans ces
rapports les appels à la justice, à l'action qui ont un potentiel de faire une grande différence, de tenter de réparer et
surtout de redonner aux communautés autochtones toute la dignité qui
leur revient de plein droit.
Agir
dans le but de changer réellement le cours des choses, avec humilité, avec
courage et de concert avec les peuples de
Premières Nations, c'est la seule façon d'honorer réellement la
mémoire de Joyce Echaquan. Nous le lui devons, nous le leur devons, nous le devons à ses enfants, à
nos enfants, face à qui nous portons la responsabilité d'oeuvrer à
l'édification d'une société
meilleure, plus juste, et afin que le décès de Joyce ne soit pas en vain. Nous
sommes ici 125 députés, dans cette
Chambre. Nous avons collectivement une obligation de résultat. Nous en sommes
capables, nous en avons le devoir. Merci, M. le Président.
Le Président :
Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition, à vous la parole.
Mme Massé : Merci, M.
le Président. Pendant que nous sommes
en train de faire cet échange sur la situation vécue par
Joyce, c'est présentement ses funérailles. Le chef de la communauté m'avait
invitée, mais j'ai eu un choix déchirant à faire, celui de dire que je n'allais pas transporter la COVID
dans une communauté, parce que je suis en zone rouge, et ils sont
préservés encore pour le moment.
J'ai tenu, ce matin, à présenter cette motion-là parce que
je voulais absolument — je
sais que le premier ministre en a fait de même — faire, disons, le tour de cette question
pour être capable de laisser derrière ce qui doit rester derrière et mettre dans l'ici et maintenant
ce qui doit être dans l'ici et maintenant. Et je pense que, dans l'ici et maintenant,
bien, bien sûr, dans un premier temps, j'offre mes condoléances
à son conjoint, ses enfants, ses amis, sa famille, ses parents, sa communauté, aux Attikameks, mais aussi à
l'ensemble des autochtones, puisqu'on le sait, que le racisme systémique touche
beaucoup... En fait, je ne connais pas un autochtone qui n'a pas vécu un jour ou
l'autre dans sa vie des gestes, des paroles, du dénigrement. Et d'ailleurs, le premier
ministre le disait, d'entrée de jeu
ils sont soumis à la
Loi sur les Indiens, qui est une loi
discriminatoire.
Alors,
j'ai trouvé ça important de faire ça parce que je me suis rappelé
les paroles du premier ministre lorsqu'il s'est excusé en notre nom
collectif, l'an dernier, où il disait : Ça ne peut pas durer, on s'excuse
pour le passé. Alors, je me suis
demandé : Bien, quand le premier
ministre a posé ce geste-là en notre
nom, en mon nom, en notre nom, en fait, il s'est excusé pour quoi? Pour
des gestes de nos ancêtres, pour des lois assimilatrices votées dans le passé,
pour des attitudes coloniales des dirigeants
du passé envers nos frères et soeurs autochtones... ou il s'est excusé aussi
pour chacun des gestes qui sont posés aujourd'hui, qui sont l'héritage
qu'on a de ce passé colonial là, que nos frères et nos soeurs autochtones
vivent, bien sûr, jusqu'à Joyce, qui a eu le courage de s'enregistrer au moment
fatal de sa vie, jusqu'au quotidien d'une multitude d'autochtones qui à chaque
jour, à chaque jour vivent un autre de ces effets du colonialisme sur nous?
Alors, je souhaite
profondément, je le souhaite pour nous mais surtout pour nos frères et soeurs
autochtones, premièrement, simplement qu'on reconnaisse qu'ils ont des
droits. Ça a l'air fou, là, mais actuellement ce n'est pas le cas.
Deuxièmement, les rapports en sont pleins, on le sait depuis la commission
royale d'enquête, dans les années 90, il faut agir, il
faut agir. Et, je pense,
dans la commission Viens, il y avait plein de pistes, et elles
sont encore là, plein de pistes qu'on
peut mettre en action, le gouvernement peut choisir de mettre en action, aurait pu
choisir de mettre en action. Et je pense
que c'est ça que les gens des
Premières Nations attendent de nous. Mais, dans le «nous», là, il y en a qui
décident, puis il y en a d'autres qui décident... qui sont dans
l'opposition.
Alors,
moi, je vais continuer mon rôle d'opposition, M. le premier ministre, parce
que, oui, le racisme systémique existe,
parce que, oui, les solutions existent; parce que, si je refuse que le racisme
systémique existe, ce n'est pas parce que je dis que les Québécois sont racistes, bien non, c'est parce que je dis
que les autochtones, eux, vivent une discrimination que moi, je ne vis
pas. Et ça, dans le Québec auquel moi, j'aspire, ça n'a pas sa place.
Alors, je
suis heureuse que l'ensemble de l'Assemblée nationale porte nos excuses à Mme Echaquan, à sa communauté, aux autochtones. Puis je nous appelle à garder
le cap, parce qu'il y a de la job à faire en tabarnouche.
Le Président : M. le chef du
troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le
Président, elle s'appelait
Joyce Echaquan. Dans un geste désespéré, son dernier, qui plus est, elle
nous aura tous confrontés à une réalité plus dure, plus cruelle qu'on n'osait
l'imaginer, une réalité difficile à admettre, mais qui n'est rien en
comparaison de ce qu'a vécu Mme Echaquan.
Cette mère,
cette conjointe, cette amie a connu une fin indigne de tout ce qu'on souhaite
pour n'importe quel citoyen
du Québec. On l'a beaucoup dit ces derniers jours, il ne faut plus jamais que ça se reproduise. Je le
dis et je pèse mes mots, je les
conçois et je les pense, une personne en détresse a non seulement le droit,
mais elle mérite de recevoir des soins adéquats prodigués par des gens
attentionnés et respectueux. C'est la moindre des choses.
En ce sens,
nous avons tous un devoir de remise en question, de nous demander si,
consciemment ou non, nous avons tous déjà pris part à la stigmatisation de l'un
ou l'autre de nos pairs, si nous avons déjà été les témoins silencieux d'une
forme de discrimination, quelle qu'elle soit, car c'est d'abord à l'échelle
individuelle que nous devons travailler. C'est par le questionnement, la
réflexion, la sensibilisation et l'éducation que nous vaincrons le racisme. Le
changement viendra; progressivement, mais il viendra. Un jour, peut-être, nous
serons fiers de nous, ils seront fiers de nous.
En attendant, nous ne pouvons qu'offrir nos plus
sincères condoléances à toute une communauté. Au nom du Parti québécois, je les
leur présente humblement.
Nous devons reconnaître que nous avons failli,
que Mme Echaquan a vécu l'inacceptable, l'odieux et que la responsabilité de ce drame est collective, parce
qu'elle n'est pas la seule, le rapport de la commission Viens le démontre,
à la lumière de nombreux témoignages.
Une enquête
aura lieu. Elle est nécessaire. À défaut de justifier, espérons qu'elle apporte
des explications satisfaisantes, qu'elle mette nos lacunes en évidence
pour qu'on puisse s'améliorer, humblement.
Je rêve du
jour où tous les êtres humains seront traités sur un pied d'égalité sur cette
terre du Québec. Certains me qualifieront d'idéaliste,
mais moi, j'y crois. C'est possible si on a la volonté. Et, lorsque ça se
produira, je penserai à Joyce Echaquan. Son
appel, sa douleur n'auront pas été vains, ils auront contribué à éveiller les
esprits. Souhaitons, maintenant,
que le sien repose en paix enfin. Merci, M. le Président.
Président : Je vais
vous demander, maintenant, de vous lever pour observer une minute de silence
en mémoire de Mme Joyce Echaquan.
• (15 h 16 — 15 h 17) •
Le Président : Je vous
remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Sur cette
même motion, en application de l'ordre spécial, j'invite les leaders
parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes respectifs. M. le
leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Cette motion
est donc adoptée.
motion sans préavis ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire
formant le gouvernement, je demande s'il y a
consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis.
Consentement? M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, je demande le consentement pour déroger à l'article 84.1 de
notre règlement afin de déposer une motion de consultations
particulières donnant suite à une entente entre les leaders et les députés
indépendants.
Je fais motion,
conformément à l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale,
afin :
«Que la Commission
des finances publiques, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 66,
Loi concernant l'accélération de certains
projets d'infrastructure, procède à des consultations particulières et tienne
des auditions publiques le mardi 20 octobre 2020 de 10 heures à
11 h 50, de 15 h 30 à 17 h 55 et de
19 h 30 à 21 h 05, le mercredi 21 octobre [...]
après les affaires courantes jusqu'à 13 h 05 et de 15 heures à
17 h 25 et le jeudi 22 octobre 2020 après les affaires courantes
jusqu'à 13 h 05 et de 15 heures à 17 h 25 et le
mardi 27 octobre 2020 de 10 heures à 11 h 35, de
15 h 30 à 17 h 55 et de 19 h 30 à
21 h 05;
«Qu'à
cette fin, la commission entende les personnes et organismes suivants :
l'Autorité des marchés publics, le Comité de suivi public des recommandations
de la commission Charbonneau, l'Association de la construction du Québec,
la Coalition contre les retards de paiement
dans la construction, l'UMQ, la FQM, la Fédération des chambres de commerce
du Québec, le Centre québécois du droit en
environnement, Équiterre, la Vérificatrice générale du Québec, la Protectrice
du citoyen, le Bureau de l'inspecteur général de la ville de Montréal, le
Barreau du Québec, l'Assemblée des premières nations
du Québec et du Labrador, le Regroupement [national] des conseils régionaux de
l'environnement du Québec, le Mohawk Council of Kahnawake, G15+, Corporation
des entrepreneurs généraux du Québec, Ordre des ingénieurs du Québec, l'Association des constructeurs de routes
et de grands travaux du Québec, Me Louis Beauregard, [de] Beauregard avocats, l'Institut de développement durable des
premières nations [du Québec et du Labrador], Vivre en ville, Innu Takuaikan
Uashat mak Mani-Utenam;
«Qu'une période de
12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de la
manière suivante : 6 minutes au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 4 minutes au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 1 minute au deuxième groupe d'opposition et 1 minute au
troisième groupe d'opposition;
«Que
la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi :
17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
11 minutes 40 secondes pour l'opposition officielle,
2 minutes 55 secondes pour le deuxième groupe
d'opposition et 2 minutes 55 secondes pour le troisième groupe
d'opposition;
«Qu'une suspension de
5 minutes soit prévue entre les échanges avec chaque personne et
organisme;
«Que
la ministre responsable de l'Administration gouvernementale et présidente du
Conseil du trésor soit membre de ladite commission pendant la durée du
mandat.»
Président : Je comprends donc qu'il y avait consentement pour
la lecture de la motion. Y a-t-il consentement pour en débattre?
M. Jolin-Barrette :
Oui.
Président : Consentement. Je vais demander à chacun des leaders
de m'indiquer le vote de leurs groupes respectifs. M. le leader du
gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Donc, adopté.
Nous
passons maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. J'avise cette Assemblée que
la Commission de l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi visant
principalement à améliorer la flexibilité du régime d'assurance parentale afin de favoriser la conciliation
famille-travail, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 18 heures
et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle Pauline-Marois;
La Commission des
finances publiques poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 53,
Loi sur les agents d'évaluation du crédit, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 18 heures, à la salle du Conseil législatif;
La Commission de la
santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet de loi
n° 52, Loi visant à renforcer le régime
d'examen des plaintes du réseau de la santé et des services sociaux notamment
pour les usagers qui reçoivent des services des établissements privés,
aujourd'hui, de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Marie-Claire-Kirkland.
Président : Pour ma part, je vous avise que la Commission des
finances publiques se réunira en séance de travail aujourd'hui, à 19 h 30, pour une période
de 30 minutes, à la salle du Conseil législatif, afin de poursuivre
l'organisation du mandat prévu à
l'article 292 du règlement concernant l'étude de la politique budgétaire
du gouvernement et l'évolution des finances publiques.
Nous
en sommes à la rubrique Renseignement sur les travaux de l'Assemblée. Je vous
informe donc que demain, lors des
affaires inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion
inscrite par le député de D'Arcy-McGee. Cette motion se lit comme
suit :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que la pandémie de COVID-19 et tous les
bouleversements qu'elle a créés, ont augmenté les seuils d'anxiété dans toutes
les couches de la population et ont eu des effets néfastes chez un grand
nombre de Québécois;
«Qu'elle
reconnaisse que, notamment, les jeunes, les étudiants, les femmes, les
travailleurs, les entrepreneurs et les aînés ont vu leur santé mentale
fragilisée au cours des derniers mois;
«Qu'elle rappelle que
les problématiques de santé mentale, si elles ne sont pas prises en charge
rapidement, peuvent avoir de nombreuses conséquences tant sur le plan personnel
que professionnel et sociétal;
«Qu'elle prenne acte
de la hausse importante du temps d'attente pour l'accès aux soins de santé
mentale depuis les six derniers mois et de la nécessité de régler
prioritairement cet enjeu très important;
«Qu'elle confirme
l'urgence de tenir une commission parlementaire pour entendre des experts
concernant les conséquences de la pandémie sur la santé mentale des Québécois;
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement caquiste de prendre dès maintenant toutes les
mesures nécessaires pour bonifier l'accès aux soins de santé mentale offerts
aux Québécois, et ce, dans toutes les régions du Québec.»
La période des
affaires courantes étant maintenant terminée, nous allons passer aux affaires
du jour.
Je suspends donc pour
quelques instants. Merci à toutes et à tous.
(Suspension de la séance à
15 h 23)
Vice-Président (M. Picard) : Nous reprenons nos travaux aux affaires du jour, et je cède la parole à
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Merci,
M. le Président. Alors, je vous
demanderais, pour débuter nos affaires du jour, d'appeler l'article 4
du feuilleton.
Vice-Président (M. Picard) : À l'article 4, Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants propose l'adoption du principe du projet de loi n° 56, Loi visant à
reconnaître et à soutenir les personnes proches aidantes et modifiant diverses dispositions législatives. Je cède maintenant la
parole à Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Avant d'aller
sur une note plus personnelle, permettez-moi, M. le Président, de vous
parler de ce projet de loi n° 56. Nous en sommes
aujourd'hui à l'adoption de principe d'un projet de loi qui est nécessaire,
fédérateur, historique; nécessaire,
car il presse de reconnaître l'apport inestimable des personnes proches
aidantes dans notre société. Aucun gouvernement jusqu'ici ne s'est
concentré de façon spécifique sur les personnes proches aidantes.
Ce projet de
loi ira plus loin que les engagements que nous avions pris à la Coalition
avenir Québec. Il ira au-delà des
cycles électoraux, au-delà de toute partisanerie et il rendra l'action pérenne.
En effet, il importe de prendre conscience que chaque personne proche aidante est une personne à part entière qui
doit être traitée avec dignité, bientraitance et sollicitude.
gouvernement du Québec, tout comme l'ensemble de la société, doit affirmer sa
volonté de se mobiliser afin de
mettre en oeuvre solidairement des actions concertées visant à faire
reconnaître la contribution des personnes proches aidantes et à les soutenir dans leur rôle. Ce rôle
de personne proche aidante, rappelons-le, s'accompagne de responsabilités qui
peuvent entraîner des répercussions
significatives sur la qualité de vie de ces personnes, sur leur santé globale
et financière.
Ces personnes proches aidantes doivent être
reconnues dans la diversité des réalités qu'elles vivent, dans leur parcours de vie, selon les contextes dans lesquels
elles assument leur rôle. C'est pourquoi nous avons privilégié une définition
inclusive, laquelle invite les personnes proches aidantes à se reconnaître et à
exprimer leurs besoins. À cet égard, le projet de loi n° 56
soutient toutes les personnes proches aidantes, sans égard aux incapacités de
l'aidé.
J'aimerais
remercier les groupes que nous avons reçus pendant ces quatre jours
d'auditions, les nombreux autres groupes qui ont déposé des mémoires et
remercier également les collègues députés de l'aile parlementaire, mais aussi
des oppositions, pour leur contribution. Ces
consultations nous ont démontré que ce projet de loi est fédérateur,
favorablement accueilli et qu'il aura une incidence des plus positive
chez les personnes proches aidantes du Québec.
Rappelons que
ce projet de loi a pour objet de guider le gouvernement dans la planification
et la réalisation d'actions visant à faire connaître et reconnaître la
contribution des personnes proches aidantes et à les soutenir dans ce rôle. À cette fin, elle prévoit notamment que le
gouvernement doit adopter une politique nationale pour les personnes proches
aidantes ainsi qu'un plan d'action
pour la mettre en oeuvre. Elle prévoit aussi l'institution du Comité de
partenaires concernés par le soutien
aux personnes proches aidantes ainsi que l'Observatoire québécois de la proche
aidance, que les ministères doivent tenir
compte de l'impact des personnes proches aidantes lors de nouveaux projets de
loi ou de modifications réglementaires ainsi que la reconnaissance d'une
semaine nationale des personnes proches aidantes.
Concrètement,
ce projet de loi permettra la mise en place d'une action gouvernementale
favorable à l'accomplissement du rôle
de personne proche aidante dans le but de préserver une qualité de vie; visera
le respect des volontés et des capacités des personnes proches aidantes
quant à la nature, à l'ampleur de leur engagement; catalysera les partenariats
au sein de la société québécoise et, de
façon plus marquée, entre les ministères et les partenaires des différents
secteurs ayant le pouvoir d'influencer les déterminants individuels, sociaux,
économiques et environnementaux de la santé et du bien-être des personnes proches aidantes; reconnaîtra
l'expérience des personnes proches aidantes et leur savoir, ainsi, les
considérera comme de réels
partenaires. Ce partenariat pour et
avec les personnes proches aidantes est au coeur de ce projet de société.
Je rappelle,
M. le Président, l'importance de soutenir ce projet de loi en vue de son
adoption avant la fin de la présente session
parlementaire. Et par ailleurs les commentaires constructifs des groupes
entendus, des mémoires déposés et de mes collègues de l'opposition nous mèneront à apporter certains ajustements.
Nous aurons l'occasion d'y revenir lors de l'étude détaillée.
Mais, M. le
Président, sur une note personnelle, je suis revenue en politique parce que
j'ai été proche aidante de mon mari.
Je pense que tout le monde le sait maintenant, je l'ai répété souvent. J'ai
vécu ce que c'était que d'être une personne proche aidante. Et, quand j'ai écrit un livre, De la proche aidance à
la bienveillance , bien, dans le dernier chapitre, à la suite d'histoires de
vie que j'avais recueillies, à la fois d'organismes mais aussi de personnes
proches aidantes, j'exhortais les partis politiques à prendre action
pour une politique nationale des proches aidants.
Nous étions à
la veille d'un début d'élection provinciale. Je n'ai jamais fait la promotion
du livre parce que je suis sortie
littéralement du dernier
chapitre et que je me suis jointe à l'équipe de notre
premier ministre aujourd'hui, qui est le député de L'Assomption. Il a cru à une politique nationale des proches
aidants. Il a cru à un plan d'action. Il a cru que les Québécoises et
les Québécois avaient besoin de répit. Il a cru aussi qu'il fallait faire des
maisons des aînés, qu'il fallait héberger nos personnes de façon différente,
dans une nouvelle structure, qu'à l'intérieur de ces maisons, il y aurait un
appartement pour les proches aidants et que les proches aidants seraient les
bienvenus.
Alors, c'est tellement intéressant pour moi de
vous parler aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, parce que c'est rare qu'on sort d'un livre. Je suis sortie
littéralement du dernier
chapitre du livre puis je suis ici devant vous, moi
qui étais à la retraite, très bien
dans sa campagne. Aujourd'hui, ce sont les feuilles d'automne, je pourrais y
être, mais je suis là parce que je
crois fondamentalement qu'on est en train de poser une pierre importante dans
l'histoire du Québec. Plus jamais un gouvernement
ne pourra reconnaître l'apport inestimable des proches aidants. Plus jamais on
ne pourra instrumentaliser les proches aidants.
Quelle est la
frontière entre les soins et les services que la santé doit prodiguer à une
personne malade versus ce que proche aidant ou la personne proche aidante peut
faire? Quand la personne proche aidante sent qu'elle est fatiguée, à
bout, bien souvent, elle continue et elle
décède même avant la personne qui est aidée. Eh bien, là, on va tenir compte de
sa santé, de son bien-être. Dans un rapport qui sera déposé à tous les
cinq ans, on doit tenir compte de l'impact de la santé et du bien-être
de la personne proche aidante. Comme je le mentionnais, tous les ministères
devront tenir compte de l'impact de personnes
proches aidantes dans leurs nouveaux projets de loi. Moi, je pense que c'est une petite révolution ici, au Québec.
Vous savez, on parle d'un projet de loi, mais il y a très peu de juridictions à travers le
monde qui ont adopté un projet
de loi.
Alors,
je suis convaincue qu'avec les oppositions... Parce
que je reconnais la députée de
Fabre qui est ici. Elle a à coeur les personnes proches aidantes, elle a à coeur les personnes aînées. Quand on est ensemble dans des
débats de projet de loi,
elle les soutient, elle défend son bout. Et, pour ces raisons-là, je la
respecte, parce qu'on a un but commun : soutenir les aînés et soutenir les personnes proches aidantes. Alors, je suis convaincue
qu'ensemble nous pourrons faire un magnifique projet de loi qui va changer l'histoire non seulement du Québec... Mais
ce n'est pas parce que moi, je veux m'inscrire dans l'histoire du
Québec, mais c'est parce que c'est un projet de loi pour toutes les personnes
proches aidantes du Québec. Et c'est ça qui
est merveilleux quand on fait de la politique, parce que la politique, M. le
Président, c'est difficile, mais c'est le
seul véhicule que nous possédons pour faire avancer des dossiers de société
comme les dossiers des proches aidants par le biais de lois.
Alors, M. le
Président, je vous remercie de m'avoir écoutée. C'est une belle journée pour
toutes les personnes proches aidantes du Québec. Merci.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la ministre.
Avant de
poursuivre le débat, je vous informe que deux débats de fin de séance se
tiendront aujourd'hui. Le premier débat portera sur une question
adressée par M. le député de Marquette au ministre de l'Éducation au sujet des
multiples volte-face du gouvernement sur le sujet du sport scolaire. Le
deuxième débat portera sur une question adressée par Mme la députée de Saint-Laurent au ministre de l'Éducation concernant le
manque de préparation et l'indisponibilité des outils technologiques au
sujet de l'enseignement à distance.
Je suis maintenant prêt à reconnaître Mme la
députée de Fabre.
Mme Sauvé : Merci beaucoup, M. le Président. Écoutez,
évidemment, on en est à l'étape du débat sur le principe du projet de loi n° 56, Loi visant à reconnaître et à soutenir les
personnes proches aidantes et modifiant diverses dispositions législatives.
D'entrée de jeu, je veux vous dire, M. le
Président, et en cette Chambre que nous serons collaborateurs. Nous sommes en appui au projet de loi. Effectivement,
la ministre l'a bien nommé, c'est un projet de loi qui est important pour les
proches aidants du Québec. Je pense que c'est un pas dans la bonne direction,
pour reprendre les mots qu'ont utilisés plusieurs groupes, qui se sont
tous montrés favorables au projet
de loi. Clairement,
je veux saluer la ministre, je veux saluer les collègues. Je veux saluer aussi mes collègues
qui, comme moi, vont intervenir sur ce débat du principe et parler de cet
important jalon qui permettra de reconnaître vraiment les proches aidants du Québec, parce qu'ils sont nombreux, ils sont importants.
Leur rôle, il est humanitaire, et c'est la qualité et... le bien-être
de nos aînés auquel ils contribuent dans le quotidien qui est le leur.
Et, pour reprendre des mots qui ont été nommés
lors de la présentation par le Collège des médecins, les proches aidants
s'oublient souvent. Alors, les proches
aidants oublient qu'ils sont proches aidants et ils s'oublient souvent. Alors, faisons de ce débat très
constructif autour du projet de loi, à partir de maintenant et pour la suite de
nos travaux, un débat qui fait en sorte
qu'on n'oublie pas les proches
aidants et on fait en sorte qu'ils
n'oublient pas qu'ils sont des proches
aidants. Mais faisons-le pour que ce projet
de loi puisse être dans une volonté,
je dirais, indéfectible d'offrir aux proches
aidants le soutien qu'ils méritent, les mesures, le soutien financier, les ressources,
qu'on puisse faire en sorte que nos proches
aidants, au Québec, se portent mieux. Parce que vous savez, M. le Président, à la fin de la journée, on a souvent posé la question,
et j'ai souvent posé la question : Qu'est-ce
que le projet de loi va changer, à la
fin de la journée, pour nos proches
aidants? Quelles sont les mesures concrètes qui vont faire que leur quotidien
va être plus viable, va faire en sorte que les
proches aidants vont avoir du soutien, vont pouvoir évidemment
continuer d'offrir tout le soin à leurs proches, aux aînés qu'ils
aiment, mais avec une dose d'oxygène additionnelle? Alors, il faut vraiment que,
ce projet de loi, qui est le pas dans la
bonne direction, on puisse être à même, dans un premier temps, de
s'inspirer de ce que les groupes, nombreux, sont venus nous dire, et je vais les saluer dans quelques
instants, mais aussi se dire qu'au centre de notre conversation, dialogue,
coconstruction d'un projet de loi qui va améliorer le bien-être des proches
aidants, on va clairement
se soucier, à chacune de nos journées
de travaux, on va se soucier de se dire : Est-ce qu'on est en train de
faire une différence dans le quotidien de
nos proches aidants? Et je pense que la ministre
m'a bien entendue souvent le nommer, alors je pense qu'elle n'est pas surprise de l'attention que je porterai à cette
préoccupation-là qui est la sienne, qui est la nôtre et qui sera celle,
j'imagine, bien sûr, de l'ensemble des collègues.
Je veux prendre le temps de vraiment saluer
l'ensemble des groupes qui sont venus, prendre ce temps, parce qu'ils ont pris tout le temps de s'attarder au projet de loi, de
réfléchir, de consulter leurs membres, de faire en sorte qu'ils soient, bien sûr, dans l'analyse du projet de loi, du
libellé du texte de loi, mais surtout d'être dans des propositions qui vont
faire en sorte qu'on va plus loin, parce que, s'il y a des éléments
intéressants qui méritent d'être regardés, je pense qu'il faudra ajouter
plusieurs éléments aussi pour faire en sorte qu'on puisse bonifier l'aide aux
proches aidants du Québec.
Ils sont nombreux. Quand je regarde...
D'ailleurs, c'est quand même assez incroyable. Puis je ne parlerai pas beaucoup de chiffres dans mon débat, M. le
Président, parce que je veux parler des personnes, des proches aidants, de ces
êtres humains qui aident d'autres êtres humains dans ce grand geste
quotidien d'humanité, mais je vais juste nommer ces quelques chiffres là parce
qu'ils sont importants. L'Appui pour les proches aidants d'aînés dit
ceci : «Au moins 2,2 millions
d'adultes québécois posent chaque semaine un geste de proche aidant à l'égard
d'un aîné, et 630 000 d'entre eux
y consacrent plus de cinq heures par semaine.» C'est l'estimation qu'ils ont
faite. Alors, parfois, on connaît tous, autour de nous, des gens qui sont proches aidants, mais de voir ces chiffres,
le nombre de personnes qui sont dans ce don de soi quotidien, ça vient
nous chercher. Ça vient nous montrer aussi l'importance du rôle qu'ils ont dans
notre société.
Malheureusement,
M. le Président, il y a comme un éclairage qu'on a derrière la tête, alors
qu'on débute les travaux, et cet
éclairage derrière la tête, c'est, bien sûr, et les groupes sont venus en
parler, ce que les proches aidants ont vécu durant la pandémie. Évidemment, ça
fait
partie de ce qu'on a vécu avec eux et ce qu'ils ont vécu. On peut juste
imaginer, en fait, ce qu'ils ont vécu, à se voir refuser l'accès à leurs
proches, durant la pandémie, pour ensuite pouvoir retrouver l'accès. Honnêtement,
on a lu et on a entendu les témoignages déchirants de ces proches aidants alors
qu'ils voulaient tout simplement accompagner
les leurs dans leur dernier souffle de vie, des aînés qui sont morts, bien sûr,
seuls au monde, sans leurs proches aidants. Chose certaine, c'est que
l'éclairage de cette première vague nous a aussi démontré à quel point, lorsqu'ils pouvaient revenir et avoir accès à
leurs proches, à quel point l'humanité et le bien-être qu'ils leur apportaient
faisaient une telle différence dans
leur quotidien et dans leur étape
difficile de fin de vie. Alors, il faut se dire que, oui, c'est un projet de
loi tellement important, mais il
faut être humble en adressant les travaux qui sont devant nous et il faut toujours
avoir cet éclairage derrière la tête
qui nous rappelle à quel point ils sont tellement importants, à quel
point on les a oubliés et il faut ne plus jamais les oublier.
Alors, je
vais maintenant prendre le temps, M. le Président, pour nommer
les groupes. Vous savez, moi, je vous dirai,
et là on se parle entre nous, donc je vais me permettre, mais... je vais y
aller sur une touche un peu personnelle. Moi, j'aime beaucoup les tables des consultations particulières, en commission parlementaire, parce qu'on a une idée, on voit le projet de loi devant nous, et les groupes qui viennent, surtout quand on a une
richesse de propos comme celle qu'on a eue à ce moment-ci... Et aussi parce que ces groupes, ce sont tous
des experts. Mais, quand on a une telle représentativité de l'ensemble de la
réalité de ce que vivent les proches aidants, on a eu...
Puis il y a une chose que je veux absolument, absolument
nommer, là. Avant d'aller plus loin, je fais une petite parenthèse. Quand on parle des proches
aidants, on parle bien sûr des aînés
qui sont près de leurs aînés, mais il y a toute la réalité des parents qui sont auprès de leurs enfants handicapés. Et
je sais que ma collègue de Westmount—Saint-Louis va en parler, mais, d'entrée de jeu, comme porte-parole pour les aînés et les proches
aidants, je trouvais important de le
nommer.
Donc, je
reviens à ce moment, là, très important, que j'aime particulièrement, parce qu'on a notre idée, on regarde le projet de loi, on fait notre propre analyse, avec nos collègues,
et là on lit les mémoires attentivement, les gens viennent présenter, et finalement, dans l'agenda de la discussion, s'invitent des
invités insoupçonnés, et ça, je vais en parler plus tard, des éléments qu'on n'avait pas prévus mais qui
nous font dire : Mais oui, pourquoi pas, que c'est intéressant!, on peut
aller plus loin et on nous amène ailleurs. Et c'est tellement riche parce que, honnêtement, moi qui me retrouve aujourd'hui
à faire une allocution sur le principe, je suis enrichie de tout ce que ces
groupes sont venus dire. Et clairement, s'ils n'avaient
pas été là... Non seulement je ne
suis pas l'experte, mais pas du tout, j'ai un rôle de législateur, mais... Je
ne suis pas experte des proches
aidants, eux le sont. Alors, je reconnais toute leur contribution, déjà, et
j'ai le plus grand respect pour la réflexion qu'ils ont eue.
Alors, c'est
pour ça que je me vais me permettre de les nommer, M. le Président. On connaît
bien le réseau FADOQ, qui est venu,
bien sûr, avec son mémoire faire la présentation,
très intéressante — je
reviendrai sur les propos, je veux juste les nommer dans un premier temps; le Regroupement des aidants naturels du Québec,
ça allait de soi; la Société québécoise de la déficience intellectuelle; L'Appui
pour les proches aidants; le Conseil pour la protection des malades, Me Brunet;
Philippe Voyer, bien évidemment,
professeur titulaire à la Faculté des sciences infirmières de l'Université Laval; l'Organisation québécoise
des personnes atteintes du cancer; le Curateur
public; la Fédération québécoise de
l'autisme; la Conférence des tables régionales de concertation des aînés
du Québec; le Réseau de coopération des entreprises d'économie sociale en aide à
domicile, qu'on appelle... vous
savez, il y a des acronymes, hein, dans le jargon, alors... on nomme souvent les EESAD — bien, ce sont eux, les EESAD, qui offrent du
soutien à domicile; l'Association médicale canadienne; l'Association
québécoise des centres communautaires pour aînés; Mme Sophie Éthier, qui
est professeure titulaire à l'École de
travail social et de criminologie de l'Université Laval; Me Danielle Chalifoux,
présidente de l'Institut de
planification des soins du Québec; le Protecteur du citoyen et plusieurs,
également, qui sont venus. Alors donc... Il y a eu Parents, aussi,
jusqu'au bout! — là,
je me retrouve dans mes feuilles, vous m'excuserez, M. le Président, je ne veux
oublier personne — et le Collège des médecins, qui sont venus
clôturer nos consultations particulières. Beaucoup de groupes ont pris
le temps de nous acheminer leurs mémoires, alors on en a pris compte. Et
clairement ce sont des éclairages additionnels. Mais, voyez-vous, M. le Président,
on a eu des représentants en défense de droits, on a eu des groupes communautaires qui sont venus, on a eu évidemment
des partenaires essentiels et on a eu aussi des représentants du réseau de la santé, donc une représentativité très riche
et qui nous amène aujourd'hui à se dire : Nous sommes prêts. Nous sommes
prêts à amorcer les travaux avec la
ministre, avec les collègues, et faire en sorte que nous puissions
collectivement bonifier ce projet de loi.
Un des éléments que tous ont nommé clairement, et,
je l'ai dit d'entrée de jeu, tous étaient favorables, mais, en même temps, tous ont un peu dit : On
attend la politique. Parce que, la politique, on l'attendait depuis automne
dernier, et là on a un projet de loi. Donc, parfait. On s'est posé la
question : Les mesures qui sont présentement dans le projet de loi n° 56, est-ce que ça
méritait d'avoir un projet de loi? Est-ce qu'une politique et un plan d'action
auraient été suffisants? Peut-être que oui, mais on est devant un projet de
loi, puis on va être collaborateurs, comme je l'ai nommé. Mais clairement
c'était une question à poser. Est-ce
qu'on n'aurait pas pu déposer, dans
un premier temps, et recevoir, et analyser une politique?
Je pense que, quand les groupes sont venus nous
dire que, le projet de loi, bien qu'intéressant et fondamental, il manquait des mesures concrètes, vraiment
plusieurs nous l'ont dit... je pense que c'était en même temps en référence
avec l'attente et de trépigner
d'impatience de voir bientôt une politique arriver, mais le projet de loi le prévoit. Alors, on sera très attentifs à la loi, mais on
attendra très certainement la politique et le plan d'action.
Vous savez,
si on regarde un peu, et là je vais y aller... je vais vous dire un peu... Parce
que mon propos va être quand même...
dans le temps, va s'étendre un peu, alors, question de garder l'attention, je
vais vous dire un peu les différentes parties de mon propos. Je vais commencer par l'aspect plus
technique, donc on va regarder un peu le projet de loi dans ses grands
principes, les principes fondateurs, et puis
ensuite on va regarder un peu de façon plus détaillée ce que les groupes sont
venus nous dire. J'ai appelé cette
portion-là de mon propos Quel bel éclairage! Ensuite, on va vraiment...
Et je vais vous nommer, à ce
moment-là, quand je vais parler de l'éclairage qu'on a reçu, justement les
aspects qui se sont invités dans le débat et qu'on n'avait peut-être pas vus venir, dans le fond, alors des éléments
fort pertinents sur lesquels on va pouvoir travailler. Donc, Quel bel éclairage! , ce sont ces
belles surprises, je le dirai comme ça, ces belles surprises des consultations
qu'on va regarder ensemble. Ensuite, ça va être la portion : On survole.
Et là on va vraiment alle