CAT — 7 November 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2023-11-07
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante-trois
minutes)
Président (M. Schneeberger) : Alors, un bon matin à tous. Ayant le quorum, je
déclare la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte.
La commission
est réunie aujourd'hui afin de poursuivre les études détaillées du projet de loi n° 31, Loi
modifiant diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
M. le directeur... le secrétaire, pardon, est-ce
que nous avons des remplaçants aujourd'hui? Je pense que oui.
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata)
est remplacée par Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré); M. Gagnon
(Jonquière) est remplacé par M. Martel (Nicolet-Bécancour).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, lors de la fin des travaux jeudi passé, nous étions au bloc
n° 4. Je répète le titre, c'est Préserver et accroître l'offre de
logements, faciliter la réalisation de projets d'habitation et assurer une
meilleure gestion des logements sociaux, abordables et communautaires.
Alors, Mme la ministre, je pense que nous en
étions à la lecture de l'article 14, si mes informations sont bonnes.
Voilà.
Mme Duranceau : Bonjour, M. le
Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Bonjour.
Mme Duranceau : Alors donc, je vais
lire l'article 14. Il y aura un amendement que je lirai après. Donc,
l'article 221.2.3 de cette loi est modifié :
1° par le remplacement, dans ce qui précède
le paragraphe 1°, de «a été construit, acquis, restauré ou rénové dans le cadre d'un programme d'aide à l'habitation
du gouvernement, du gouvernement fédéral ou de l'un» par «, y compris un fonds de terre, ayant une affectation
sociale ou communautaire, a été acquis, construit, restauré ou rénové,
aux fins de cette affectation, grâce à une
aide en matière d'habitation octroyée à cette coopérative par le gouvernement,
le gouvernement fédéral ou l'un»;
2° par l'ajout, à la fin, de l'alinéa
suivant :
«Le premier
alinéa s'applique également à une coopérative qui acquiert un immeuble visé à
cet alinéa lorsque cette dernière est liée par l'entente portant sur
l'aide en matière d'habitation conclue par le cédant.»
Donc, ça, c'est l'article tel que proposé.
Et, l'amendement qui est là, on dit : À
l'article 14 du projet de loi :
1° supprimer, dans le paragraphe 1°,
«à cette coopérative»; puis
2° supprimer le paragraphe 2°.
Donc, le présent amendement modifierait l'article 14
du projet de loi, lequel modifie l'article 221.2.3 de la
Loi sur les coopératives. Il vise à uniformiser
cette loi aux dispositions similaires prévues à la
Loi sur les
compagnies, incluant les changements introduits à cette loi par
l'article 12 du projet de loi tel qu'amendé.
Alors, c'est
la continuité de ce qu'on a discuté la semaine dernière, là, sur
l'article 12, là. C'est les... Je pense que c'était la
Loi sur les
compagnies qu'on modifiait dans l'article 12. Là, c'est la
Loi sur les
coopératives, pour que ce soit cohérent entre les deux lois. Ça fait que
c'était très administratif et technique comme modification. Peut-être que je
vais laisser notre juriste, peut-être, exposer un peu ou remettre en contexte,
peut-être, pour que ce soit plus clair pour tout le monde, là, pour revenir
dans le...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, j'ai besoin du consentement de la table pour que madame... Me Leduc
puisse intervenir. Est-ce qu'il y a consentement?
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, Me Leduc, vous nommer, et avec votre titre.
Mme Leduc (Véronique) : Véronique
Leduc. Je suis juriste à la Direction des affaires juridiques de la SHQ.
Donc, la modification proposée à
l'article 14 est, essentiellement, le pendant de l'article 12 tel
qu'amendé, à ceci près qu'il est aussi
proposé, à l'article 14, de remplacer l'exigence que l'aide financière
soit versée dans le cadre d'un programme, pour que ce soit... que ce
soit toute aide versée en matière d'habitation, et donc ainsi harmoniser, dans
le fond, la
Loi sur
les coopératives à la
Loi sur les compagnies. Et donc l'article 12 visait
aussi, peut-être pour rappeler ce que ça prévoyait, là, la précision par
rapport au fait que les fonds de terre sont aussi visés par les deux lois,
et non seulement le bâtiment qui serait construit sur un terrain.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Est-ce que ça va, Mme la ministre? Vous souhaitez intervenir?
Président (M. Schneeberger) : Non? Ça va? OK. Alors, est-ce que nous avons des
questions sur l'amendement qui est proposé à l'article 14? Mme la
députée de Mille-Îles. Bonjour, bon matin.
Dufour : Bon matin, M. le Président. J'aimerais juste
comprendre pourquoi on veut enlever l'aide à... Tu sais, parce que, là, l'amendement...
L'article 14 initial disait... parlait d'une «aide en matière d'habitation
octroyée à cette coopérative», et là
on enlève «à cette coopérative» dans l'amendement qui a été déposé. J'aimerais
comprendre pourquoi on retire ça.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Parfait. Alors, Me Leduc.
Mme Leduc (Véronique) : En fait, à
la suite des consultations particulières, il a été choisi de maintenir le statu
quo quant au fait que l'aide financière, elle vise un immeuble et non pas le
propriétaire... la personne qui a reçu l'aide financière. Donc, le retrait de
la précision «à cette coopérative» vise à s'assurer que l'aide est vraiment
liée à l'immeuble et pas à la personne qui l'a reçue. Donc, on maintient, en
fait, ce qui existe actuellement dans la loi. C'était la même chose qui était
prévue à l'article 12 du projet de loi.
Mme Dufour : Mais je ne saisis pas,
parce que... Je ne comprends pas, parce qu'on...
L'article 221.2.3 de la
Loi sur les coopératives parle d'une coopérative d'habitation, dont un... Ça
fait que j'essaie juste de comprendre. Je comprends quand on parle de l'immeuble,
mais ça reste que c'est la coopérative qui est visée par l'article.
Mme Leduc (Véronique) : Bien, c'est
peut-être plus facile de comprendre quand on voit la mention dans son contexte.
Si vous voulez, je peux le lire, ce que ça donne au final.
Mme Dufour : Bien, je le lis, là, je
l'ai devant moi, mais c'est ça que j'essaie de comprendre. Dans le fond,
pourquoi on ne dit pas, d'abord : Grâce à une aide en matière d'habitation
octroyée, bien, pour l'immeuble par le gouvernement? En tout cas, c'est difficile
pour moi de saisir pourquoi on élimine cette portion-là, là, de l'article, là,
qui était dans la version initiale.
Puis je ne saisis pas non plus le «supprimer le
paragraphe 2°» de... On disait...
Le paragraphe 2°, j'imagine, c'est : «Le premier alinéa s'applique
également à une coopérative qui acquiert un immeuble visé à cet alinéa lorsque
cette dernière est liée par l'entente portant...» Ah! OK. Ça, celui-là, je le
saisis. Ça, c'est le cédant qu'on a jasé avant. OK.
Mme Leduc
(Véronique) : Exact. Mais il avait également été apporté une
modification au premier alinéa pour s'assurer qu'également, dans le
premier alinéa, l'aide soit liée à la personne qui l'a reçue et non pas à
l'immeuble. Donc, on a tout simplement
retiré cette mention-là en supprimant le deuxième alinéa. Et c'est ça qui est
prévu actuellement, là. Donc, ça ne modifie pas ce qui est présentement
dans la loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de Mille-Îles, est-ce que ça va?
Mme Dufour : Je vais laisser mon collègue,
parce que j'essaie de comprendre.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Bonjour, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Bonjour, M. le Président, Mme la ministre,
collègues, monsieur. J'aimerais, moi aussi, mieux comprendre. Donc, l'article 221.2.3, si je
comprends bien, vise à établir les obligations d'une coopérative
d'habitation, donc, constituer une réserve,
de nommer un vérificateur, procéder à une inspection de l'immeuble, établir une
planification quinquennale, entre autres. Donc... Et là on vise à effectuer des
changements dans la partie... dans l'introduction de cet article, qui établit
des obligations, pour... afin d'inclure la question du fonds de terre.
J'essaie de
voir quelle est la... Je comprends bien, là, que l'aide accordée, ce n'est pas
seulement une aide à un bâtiment,
mais ça comprend les fonds de terre. Expliquez-moi la mécanique. Qu'est-ce que
vient changer concrètement cette inclusion du fonds de terre dans cet
article-là qui vient établir des critères pour une coopérative... des
critères... des obligations, plutôt?
Le Président (M. Schneeberger) : Me Leduc.
Mme Leduc
(Véronique) : En fait, c'est une précision quant à la portée de
l'immeuble pour être certains que les organismes sachent s'ils sont assujettis
ou pas à cette section-là de la loi, parce que, comme vous l'avez mentionné, ça vient avec plusieurs obligations, puis il y a
aussi des sanctions quand même assez sévères en cas de non-respect de la
section de la loi. Par exemple, un immeuble qui va
être visé va devoir faire l'objet d'une autorisation de la ministre
avant d'être aliéné.
En cas de défaut, bien, la conséquence, c'est la nullité
de la transaction. Ça vient aussi avec beaucoup de responsabilités en matière
de préservation de l'affectation sociale et communautaire. On doit faire des
évaluations, des bilans de santé à tous les cinq ans, etc. Donc, c'est
important que l'organisme, il sache s'il est ou pas assujetti à cette section-là de la loi. Et donc de préciser est-ce
que les fonds de terre sont bien visés, dans le fonds, vise à... C'est
plus une mesure qui est peut-être préventive, là, pour permettre aux organismes
de bien comprendre s'ils sont ou pas assujettis aux dispositions de la loi.
M. Fontecilla :
Donc... Parce qu'ici on ne parle pas d'aliénation dans cet article-ci. Ça
se trouve ailleurs.
Mme Leduc
(Véronique) : Effectivement.
Fontecilla : Donc, mettons-nous dans les cas de figure où une
coopérative, pour différentes raisons, décide
d'aliéner son immeuble, son seul et unique immeuble, on va dire. Si j'ai bien
compris, il a besoin d'aliéner, donc, vendre,
et il a besoin de... Pour ce faire, il a besoin de l'autorisation de la
ministre, selon une procédure établie ailleurs dans la
Loi sur les
coopératives, là. De quelle façon le fait de ne pas avoir mentionné auparavant
la question du fonds de terre aurait pu compliquer cette opération-là ou la
faciliter?
Mme Leduc
(Véronique) : Ça ne va pas la faciliter. L'idée, c'est plus de faire
en sorte que, si on est dans un cas, par exemple, de cession de terrain, parce
que ce n'est pas toujours le bâtiment qui va être cédé, ça pourrait être une
partie du terrain... bien, s'assurer qu'il soit clair que cette cession de
terrain là soit assujettie à la loi.
M. Fontecilla :
Parfait. Donc, c'est... Par
exemple, la cession d'une... La coopérative pourrait procéder... ne
pourrait pas procéder à la cession d'une portion du terrain à... je ne sais
pas, à un entrepreneur privé, par exemple, mais est-ce qu'il pourrait le céder
à une autre coopérative, par exemple?
Mme Leduc
(Véronique) : Il pourrait le faire, mais ça prendrait quand même une
autorisation.
M. Fontecilla :
Très bien. Tant que ça demeure
dans le domaine du coopératif, il pourrait y avoir des transactions de
cession de fonds de terre.
Mme Leduc
(Véronique) : Oui, ça peut être possible. Il faut rappeler que...
Fontecilla : Avec l'autorisation de la ministre.
Mme Leduc
(Véronique) : Oui. Puis le fonds de terre, bien évidemment, il doit
avoir reçu une aide en matière d'habitation, là. Mais, dans cette mesure-là,
oui, ça pourrait être possible avec l'autorisation de la ministre.
Fontecilla : Lorsqu'on dit «avoir reçu une aide»... En général,
lorsqu'une coopérative se construit, bon, on
achète un terrain, éventuellement, un bâtiment qui a été bâti là. Ce
bâtiment-là est conservé ou pas, il peut être démoli. Donc, lorsqu'on dit de l'aide, c'est... ça
comprend... Parce que les cas de figure... Est-ce que ça existe, un cas de
figure où est-ce qu'une coopérative reçoit une aide qui ne comprend pas le
fonds de terre? Ça me semble difficile à concevoir.
Mme Leduc (Véronique) : Bien, la mesure, en fait,
elle porte... c'est l'acquisition, la construction, la restauration, la
rénovation. Donc, ça peut être possible qu'il y ait une aide, effectivement,
Fontecilla : L'ancienne version de cet article-là permettait, par
exemple, à une coopérative d'acheter seulement un bâtiment et non pas le fonds
de terre.
Mme Leduc (Véronique) : Bien, en fait, ça ne vise
pas l'achat du fonds de terre. Tout ce que ça dit, c'est que, si vous avez reçu une aide en matière d'habitation à
des fins d'une affectation sociale et communautaire pour l'acquisition,
la construction, la restauration ou la rénovation, vous êtes assujetti à cette
section-là de la loi. Après ça, pour arriver à cette acquisition-là ou cette
construction-là, normalement, il y a un programme d'aide financière ou une aide
financière, une subvention qui va être versée à la suite d'une autorisation
gouvernementale, par exemple, par décret.
M. Fontecilla :
Ce que j'essaie de comprendre,
c'est que... Avant, la notion de fonds de terre, elle était comme
implicite dans l'ancienne version, et là on la rend explicite.
Mme Leduc
(Véronique) : Exact.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça, député de Laurier-Dorion? Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres
questions? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que l'amendement de
l'article 14 est adopté?
Président (M. Schneeberger) : Adopté. Maintenant, alors, je vais mettre aux voix
aussi, s'il n'y a pas d'autre question, l'article 14 tel qu'amendé.
Est-ce que l'article 14, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Alors, maintenant, nous en sommes à l'article, si je ne me trompe pas,
11. Oui. Oui, députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : On avait accepté de
soumettre à l'avance toute la série d'amendements concernant le zonage différencié. Bien là, on arrive à un qui était
dans la liste. Donc, je vais simplement le lire et... si tout le monde
accepte de le suspendre immédiatement, mais
juste s'assurer qu'il soit au procès, là, au procès-verbal, qu'il a été déposé.
Excusez-moi, ma voix est en train de me lâcher.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Là, vous voulez déposer. J'ai bien compris?
Dufour : L'amendement a été envoyé à l'avance, mais là
c'est le moment que j'en dépose un, effectivement. Il y a eu une série,
là, d'amendements qui ont été envoyés, j'imagine.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, on vous écoute.
Mme Dufour : C'est le 14.1, c'est
pour ça.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Allez-y.
Mme Dufour : Il a été envoyé. Donc,
je vais le lire.
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
venez de l'envoyer ou il avait déjà été...
Mme Dufour : Non, non, il avait déjà
été envoyé.
Président (M. Schneeberger) : Bon, alors, à ce moment-là, il a déjà été envoyé,
là, et les gens, les députés l'ont. Voilà.
Mme Dufour : Oui, tout à fait. Donc,
l'article 14.1, 221.2.3 de la
Loi sur les coopératives : Insérer,
après l'article 14 du projet de loi, l'article suivant :
14.1.
L'article 223.2.3 de cette loi est
modifié par l'insertion, dans ce qui précède le paragraphe 1° et après «organismes», de «ou qui a bénéficié d'une
dérogation en application de l'article 14 de la Loi modifiant
principalement la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme afin de permettre aux municipalités d'adopter un règlement relatif
au zonage différencié visant à
accroître et à pérenniser l'offre de logements sociaux ou abordables (indiquer
ici l'année et le numéro de
chapitre de cette loi) ou d'un zonage
différencié en application de la
section X.2 du
chapitre IV du
titre I de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme
(chapitre A-19.1)».
L'article se lirait comme suit :
«221.2.3. Une coopérative d'habitation dont un
immeuble a été construit, acquis...» Là, évidemment, ça n'a pas pris en compte ce qui vient d'être modifié, là. «Une
coopérative d'habitation dont un immeuble a été construit, acquis,
restauré ou rénové dans le cadre d'un programme d'aide à l'habitation du
gouvernement, du gouvernement fédéral ou [d'un] de leurs ministères ou
organismes ou qui a bénéficié d'une dérogation en application de l'article 14
de la Loi modifiant principalement la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme afin
de permettre aux municipalités d'adopter un
règlement relatif au zonage différencié visant à accroître et à pérenniser
l'offre de logements sociaux ou abordables (indiquer ici l'année et le
numéro de
chapitre de cette loi) ou d'un zonage différencié en application de
la
section X.2 du
chapitre IV du
titre I de la
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme (chapitre A-19.1) doit :
«1° constituer une réserve suffisante pour assurer
la gestion saine et prudente, l'entretien et la préservation de l'immeuble;
«2° nommer un vérificateur conformément au
deuxième alinéa de l'article 135; et
«3° faire procéder à une inspection de
l'immeuble par un expert au moins tous les cinq ans et présenter le rapport de
l'expert à l'assemblée de la coopérative qui suit son dépôt; et
«4° établir une planification quinquennale des
travaux d'entretien et de préservation de l'immeuble ainsi que [les] budgets y
afférents;
«5° en plus des exigences prévues à
l'article 132, faire état, dans son rapport annuel, de la date de la
dernière inspection de l'immeuble, des travaux d'entretien et de préservation
réalisés et des budgets liés à la planification quinquennale.»
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
que vous aviez des explications ou quoi que ce soit?
Mme Dufour : Bien,
en fait... En fait, c'est ça, c'est que... Je ne sais pas, peut-être que vous
n'étiez pas présent quand c'est
arrivé, mais, dans le fond, on a accepté, là, de déposer en bloc les
amendements liés à l'introduction du zonage différencié dans le projet
de loi, mais tous ces articles-là vont être discutés plus loin dans le bloc...
le thème 4. C'est juste que je voulais m'assurer qu'il soit inséré au bon
endroit, vu qu'on traite du même article, tout simplement, pour cette
portion-là. Voilà.
Le Président
(M. Schneeberger) : Parfait. C'est bon.
Mme Dufour :
Alors, je pense qu'on suit.
Mme Dufour : C'est
ça. Exact.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Ça fait que, là, vous voulez le suspendre automatiquement pour la suite.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Alors, suspension... Consentement?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui, consentement. Parfait. Ça fait qu'à ce
moment-là c'est... c'est fait. Alors, Mme la ministre, on poursuit avec
l'article 11.
Mme Duranceau :
Bon, oui, on poursuit avec l'article 11, qui devrait être simple,
donc : L'intitulé de la
section III.2 de la
partie III de la Loi
sur les compagnies est modifié par le remplacement de «construit, acquis» par
«acquis, construit».
Alors,
je pense qu'on en a parlé la semaine dernière, là, c'était juste une rédaction
pour être cohérent partout dans la
loi sur comment... comment les choses
sont décrites.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Parfait. C'est un
article de concordance, si on peut l'appeler comme ça.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait. Alors, est-ce vous avez des questions? Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Ce n'est pas vraiment un
article de concordance, là. C'est juste que... Ce
que j'ai compris, là, c'est qu'il y avait
une crainte que ce soit... ça puisse être mal, disons, interprété de dire que
c'est construit et acquis versus acquis et construit, juste l'ordre
logique. Mais ce n'était pas une concordance par rapport à un autre article.
Le Président
(M. Schneeberger) : OK. Parfait. C'est bon.
Mme Duranceau :
Je veux offrir un commentaire.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, allez-y.
Duranceau :
L'article 11 du projet de loi est une modification de
concordance nécessaire à la suite de l'inversion des termes «construit» et
«acquis» à l'article 227.7 de la
Loi sur les compagnies, tel que proposé
par l'article 12 du projet de loi.
Le Président
(M. Schneeberger) : OK. Ça va?
Mme Dufour :
Juste comprendre...
Le Président
(M. Schneeberger) : Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Est-ce que ça aurait changé quelque chose de ne pas le changer à
l'article 11?
Mme Duranceau : On veut que ça... tout
concorde. On s'est obstinés sur d'autres choses, là, déjà. Là, on
s'assure que tout soit cohérent dans la loi, dans toutes les lois sur la
manière dont les choses sont décrites.
Le Président (M. Schneeberger) : Un
débat de virgules.
Mme Duranceau :
C'est ça, exactement.
Président (M. Schneeberger) :
Alors, est-ce que nous avons
d'autres questions sur l'article 11? S'il n'y a pas d'autre
question, alors, est-ce que l'article 11 est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, nous poursuivons avec l'article 13.
Mme Duranceau : Alors, dans la
même logique, l'article 13 : L'intitulé de la sous-section 2 de
la
section I du
chapitre IV du
titre II de la
Loi sur les coopératives est modifié par le remplacement de
«construit, acquis, restauré ou rénové
dans le cadre d'un programme d'aide à l'habitation» par «acquis,
construit, restauré ou rénové grâce à une aide en matière d'habitation».
Donc,
l'article 13 du projet de loi propose une modification de concordance afin
que l'intitulé de la sous-section visée
par cet
article reflète les modifications proposées à l'article 221.2.3 de
la
Loi sur les coopératives par l'article 14 du projet de loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce que nous avons des questions sur l'article 13? Je ne vois
pas... Alors, oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Deux questions
de précision. Ça a déjà été dit, mais j'aimerais ça que vous me le... Il y a deux... Donc, on met... Fondamentalement, on met
«acquis» avant «construit», alors que c'était «construit, acquis», là.
Quelle est la logique, là? Pourquoi fait-on fonctionner une commission
parlementaire pour le changement de... inverser les termes?
Mme Duranceau : Pardon. Je n'ai
pas entendu ce que vous... Je comprends ce que vous avez dit, mais...
M. Fontecilla : Avant,
c'était «construit, acquis». Maintenant, c'est «acquis, construit». Quelle est
la... Expliquez-nous la logique de ce simple changement de termes.
Mme Duranceau : Écoutez,
vous vous imaginez bien, là, que je ne déchirerais pas ma chemise sur ce
changement-là, là. Alors, je vais laisser notre juriste vous préciser le
bien-fondé de ça.
M. Fontecilla : Très bien.
Le Président (M. Schneeberger) : Me Leduc.
Mme Leduc
(Véronique) : C'est qu'en fait le sens des mots pourrait donner
l'impression qu'il faut construire avant d'acquérir quelque chose, et,
en apportant la précision par rapport aux fonds de terre, bien, on s'est
assurés de fermer toutes les portes qui pourraient donner une interprétation
qui est contraire à ce qu'on souhaite, soit que les fonds de terre pourraient
ne pas être assujettis à l'application de la loi. C'est tout simplement ça. Et
donc, dans le contexte de l'article 13, bien, c'est le
titre de la
section
qui est modifié, là. Donc, on fait la concordance.
M. Fontecilla : Je vois moins le
lien explicite entre les fonds de terre et la notion de construit et acquis,
là. Pouvez-vous être plus précise?
Mme Leduc (Véronique) : Bien, en
fait, c'est vraiment le sens des mots. En prévoyant qu'il faut construire avant
d'acquérir quelque chose, ça pourrait peut-être... Je n'ai pas un cas précis à
vous soumettre. L'idée, c'est vraiment que c'est préventif. On veut s'assurer
que la portée de la loi, elle soit claire. Et donc, tant qu'à modifier la
disposition de la loi, bien, on s'est assurés de faire toutes les modifications
qu'on jugeait... qu'on jugeait pertinentes, là, pour s'assurer que les fonds de
terre soient visés. Puis on va voir, un petit peu plus loin dans le projet de
loi aussi, que la version anglaise de la loi pourrait porter à confusion. Donc,
l'ensemble de ces modifications-là permet, à notre avis, de s'assurer que le
fonds terre et le bâtiment est visé par la loi.
M. Fontecilla : Très bien. Est-ce
qu'on pourrait nous expliquer quelle est la nuance entre... enfin, je crois la
comprendre, mais j'aimerais ça l'entendre de votre bouche, là, entre restaurer
ou rénover?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Est-ce que maître... Il y a une question de M. le député de Laurier-Dorion.
Par contre, là, je ne sais pas si c'est la ministre ou madame... Me Leduc qui
va répondre. Est-ce que... Me Leduc.
Mme Leduc
(Véronique) : La différence, elle est relativement ténue. On
pourrait dire que, rénover, on... Restaurer, on remet quelque chose en
état. Rénove, on pourrait apporter des améliorations.
M. Fontecilla : Rénover...
Leduc (Véronique) : Mais, au final, je ne suis pas certaine qu'il y
ait une grande distinction qui soit faite dans l'application, là.
M. Fontecilla : Est-ce qu'ailleurs
dans cette loi, la
Loi sur les coopératives, ou dans une autre loi il y aurait
une définition plus précise de «restaurer» ou «rénover», ou...
Mme Leduc
(Véronique) : À ma... Pas dans la
Loi sur les coopératives ou
les compagnies. À ma connaissance, non.
Il faudrait faire la recherche. Dans la
Loi sur la SHQ, il y a un objet où
est-ce qu'on parle de permettre la construction, l'acquisition, l'aménagement, la restauration d'habitations, mais il n'y
a pas plus de définitions dans la
Loi sur la SHQ.
M. Fontecilla : Est-ce que
restaurer, ça a un lien, par exemple, avec tout l'aspect du caractère
patrimonial d'un immeuble?
Mme Leduc
(Véronique) : Bien, comme il n'y a pas de définition, dans le
fond, pas nécessairement. Mais on prévoit
la restauration, effectivement, dans un caractère patrimonial. Je pense que
l'idée du libellé, c'est que ce soit le plus large possible pour prévoir
toutes les situations où il y aurait une forme de rénovation, restauration, des
changements qui seraient apportés.
Fontecilla : Vous avez dit tantôt que, pour vous, restaurer,
c'est de remettre en l'état et rénover, c'est apporter une amélioration
à l'immeuble. C'est la nuance que vous avez faite tantôt.
Mme Leduc (Véronique) : C'est la
nuance que j'ai faite, mais la loi ne comporte pas de définition. Donc, je ne
pense pas que ça ait fait l'objet nécessairement de débats dans l'application.
En prévoyant les deux termes dans la loi, bien, ça permet, justement, d'éviter
que toutes les situations où on restaure, à des fins patrimoniales ou pas, on
rénove, on fait des améliorations... que ce soit visé, dans le fond.
M. Fontecilla : Très bien. Est-ce
que cette nuance-là pourrait, selon vous, être interprétée d'une façon ou d'une
autre de façon litigieuse, c'est-à-dire... C'est ça que j'essaie de voir.
Mme Leduc (Véronique) : À mon avis,
non. Il pourrait y avoir débat s'il y avait juste un des deux termes, mais, en
mettant les deux, je pense qu'on couvre toutes les possibilités.
M. Fontecilla : Très bien. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
s'il n'y a pas d'autre question, nous allons adopter... en tout cas, mettre aux
voix l'article, pas l'adopter, mais le mettre aux voix. Alors, est-ce que
l'article 13 est adopté?
Président (M. Schneeberger) : Adopté. Parfait. Alors, je pense qu'il y avait un
amendement, le 13.1. Alors, députée de Mille-Îles, allez-y.
Mme Dufour : Oui, M. le Président,
donc, encore une fois, pour le zonage différencié. Celui-là va être plus court
à lire. Donc,
article 13.1... Dans le fond, c'est parce qu'on vient
insérer dans la loi... Tout à l'heure, c'était dans la
Loi sur les compagnies.
Là, c'est la
Loi sur les coopératives. Donc, l'article 13.1,
sous-section 2 de la
section I du
chapitre IV du
titre II, Loi
sur les coopératives : Insérer, après l'article 13 du projet de loi,
l'article suivant :
13.1. L'intitulé de la sous-section 2 de la
section I du
chapitre IV du
titre II de la
Loi sur les coopératives
(chapitre C-67.2) est modifié par l'ajout, à la fin, de «ou d'une
dérogation ou d'un zonage différencié en vue de favoriser le logement social ou
abordable pérenne».
L'article se lirait comme suit :
«1. Dispositions générales ou d'une dérogation
ou d'un zonage différencié en vue de favoriser le logement social ou abordable
pérenne».
C'est complet. Et, pour les gens à la maison,
c'est absolument incompréhensible, ce que je viens de lire, mais ça fait son
sens quand on regarde le projet de loi dans son ensemble.
Le Président (M. Schneeberger) : Je
peux vous dire que moi aussi, j'ai... Ça prend un petit peu d'attention pour
suivre. Alors, est-ce que, là, vous le déposiez, et puis on le...
Mme Dufour : Oui. Bien, il est
suspendu. On va le suspendre aussi.
Président (M. Schneeberger) :
Ah! et le suspendre. C'est ça? Parfait. Alors, j'ai besoin d'un
consentement pour la suspension.
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Schneeberger) : Consentement. Parfait. Alors, nous poursuivons avec
l'article 12.1.
Mme Duranceau : Tout à fait. Alors,
insérer, après l'article 12 du projet de loi, le suivant :
12.1.
L'article 227.10 de cette loi est
modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, de «un état certifié de l'Officier de la publicité foncière des charges
qui grèvent l'immeuble» par «une copie à jour de la fiche immobilière établie pour cet immeuble au registre foncier
faisant état des charges le grevant et couvrant une période minimale de
35 ans».
Alors, le présent amendement introduirait dans
le projet de loi un nouvel
article 12.1, lequel modifierait
l'article 227.10 de la
Loi sur les compagnies afin de prévoir la
présentation d'une copie à jour de la fiche immobilière
d'un immeuble lors du dépôt d'une demande d'autorisation auprès de la ministre
responsable de l'Habitation. Cette demande est requise avant
l'aliénation ou la modification de l'affectation d'un immeuble qui a été acquis, construit, restauré ou rénové grâce à une
aide en matière d'habitation. Ce document serait présenté en
remplacement d'un état certifié de l'Officier de la publicité foncière. La
fiche immobilière devrait faire état des charges grevant l'immeuble pour une
période minimale de 35 ans.
Alors, l'objectif de ça, c'est vraiment
d'alléger, pour les OBNL, la procédure de demande d'autorisation d'aliénation,
d'établissement d'une emphytéose ou de changement d'affectation ainsi qu'en
accélérer le traitement. On s'attend à ce
que ça réduise les coûts et les délais associés à l'obtention d'un état
certifié de l'Officier de la publicité foncière des charges qui grèvent
un immeuble.
Alors, une fiche immobilière de l'index des
immeubles du Registre foncier du Québec est suffisante pour ce type de
transaction, car le Code civil du Québec lui confère un caractère authentique
et une force probante. La fiche immobilière ferait état des charges grevant
l'immeuble et couvrirait une période minimale de 35 ans.
Alors, la consultation du site Internet étant
instantanée, les organismes n'auraient plus à attendre la réponse de l'Officier
de la publicité foncière pour l'obtention d'un état certifié des charges,
permettant ainsi de réduire le délai de production des documents et
informations exigés par les articles 227.10 de la
Loi sur les compagnies.
Oui. Les frais de consultation sont de 1 $.
Et, malgré ce que prévoit la
Loi sur les
compagnies, le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie et la
Société d'habitation du Québec demandent actuellement la fiche immobilière
plutôt que l'état certifié des charges. Donc, les modifications législatives
proposées à cet égard viseraient à régulariser la situation.
Alors, en pratique, on fait déjà ça pour
simplifier les choses, parce que l'on considère que le document... le document est
déjà... est déjà pertinent et qu'il a force probante. Alors, on vient juste
inscrire dans la loi ce qui est déjà pratique courante, encore là, dans une
perspective de souplesse et d'efficacité.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça? Peut-être juste faire mention, notre secrétaire nous dit, qui est
sans faille et qui voit tout, que la numérotation de l'article devrait plutôt
être de 12.0.1 étant donné qu'il y a déjà un
article de 12.1 qui est à l'étude
présentement et qui, je pense... qui est suspendu. C'est bien ça? Parfait. Alors,
c'était juste une précision, là, pour les... au niveau juridique, on peut dire,
pour l'article. Voilà. Alors, nous... poursuivre les échanges là-dessus.
Mme Dufour : M. le Président, 12.1,
c'est un
article du zonage différencié, justement.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Parfait.
Mme Dufour : Peut-être...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y.
Mme Dufour : ...une question par
rapport à l'amendement qui nous est proposé ici par la ministre. J'essaie de comprendre la... en fait, juste la mécanique
d'une période de 35 ans, là. Comment ça se fait, au registre foncier,
d'avoir l'information sur les 35 prochaines années, exactement? Tu sais,
c'est juste... juste comprendre la mécanique.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
maître... Me Leduc, pardon.
Mme Leduc (Véronique) : C'est les
années passées, les 35 années passées, là, pas les années futures.
Mme Dufour : OK. C'est parce que ce
n'est pas précisé. OK. Excusez. Quand je le disais, je pensais les
35 prochaines années. Pourquoi on ne précise pas les 35 dernières
années, à ce moment-là, pour ne pas qu'il y ait aucun... aucune...
Mme Leduc
(Véronique) : Bien, je pense qu'un peu comme vous l'avez inféré
ce serait difficile de prévoir le futur, là.
Mme Dufour : Bien, excusez-moi, on
parle de charges grevant... Tu sais, c'est
parce que moi, je ne sais pas, j'avais en tête, je pensais, par exemple, à une
emphytéose où il y a comme une entente qui est pour, mettons, les 50 prochaines années ou... J'essaie... Je ne
sais pas pourquoi j'avais ça en tête. Là, si on veut... Ce qu'on veut, c'est
retourner 35 ans en arrière, mais je ne comprends pas pourquoi on ne
voudrait pas savoir c'est quoi, tu sais, les engagements.
Leduc (Véronique) : Sauf que l'inscription va être... va avoir été
faite dans les 35 dernières années, là. Dans le fond, ce qu'on veut,
c'est permettre à la ministre d'avoir en main l'information qui lui permet de
prendre sa décision d'autoriser ou pas l'aliénation, le changement
d'affectation ou l'établissement de l'emphytéose, puis, pour ça, bien, elle a besoin de l'information,
certaines informations qui sont à l'index des immeubles, notamment s'il y a
des charges, s'il y a des hypothèques.
Mme Dufour : OK.
Donc, le fait qu'une hypothèque... par exemple, qu'il reste 20 ans à
payer, ce n'est pas ça qu'on veut savoir. On
veut juste savoir qu'il y a une hypothèque. C'est pour ça. Quand je l'ai lu, honnêtement, c'est ça que je pensais. Je
pensais qu'on parlait des 35 prochaines années, des charges qui vont être
imputées à l'immeuble, mais ce n'est pas de ça qu'on parle, là.
Mme Leduc (Véronique) : Bien, en fait, selon ce
qu'on va découvrir à l'index, ça pourrait influer la décision de la
ministre, puis c'est ça qu'on veut savoir. Donc, est-ce qu'il y a une
hypothèque? Est-ce qu'il y a une emphytéose? Je pense que c'est une information
qui pourrait être pertinente.
Mme Dufour : OK.
Mais l'hypothèque... Quand on consulte le registre, l'hypothèque, on a le
terme. Est-ce qu'on a le... l'échéance, là, dans le fond, là. Est-ce qu'on...
Mme Leduc
(Véronique) : On peut l'obtenir.
Mme Dufour : OK.
Mais ça, on le voit, là, au registre.
Mme Leduc (Véronique) : Il y a un lien où est-ce
qu'on peut cliquer puis obtenir l'information pour un coût.
Mme Dufour : OK.
Ça fait que ça pourrait être une hypothèque qu'il reste 40 ans, par
exemple, ou il reste 30 ans, mais ça n'a pas rapport avec le 35 ans.
Mme Leduc
(Véronique) : Ça n'a pas rapport avec le 35 ans. Le 35 ans,
si je peux donner une explication à ce sujet-là, c'est que, normalement, sauf
exception, une hypothèque s'éteint après 30 ans. Donc, il est de pratique
un peu courante, dans les instructions qui
sont données aux notaires, de faire des validations sur 30 ans. Puis ici
on a mis 35 ans parce qu'il y a beaucoup d'aide qui a été accordée
dans le cadre des programmes de la SHQ, et les conventions d'aide financière,
elles sont souvent sur une période de 35 ans. Donc, on propose 35 ans
pour couvrir ces situations-là.
Mme Dufour : Question... Mais, tu sais, on l'a vu au niveau
résidentiel, il y a eu, dans les derniers temps, des gens que les
hypothèques se sont étirées sur une plus longue période parce qu'ils ne
payaient, en fait, que la portion des intérêts, puis que, là, le capital, ça
s'éloigne, ça s'éloigne, ça s'éloigne, et il y a certains cas que ça va monter
à 40 ans. Peut-être que ce n'est pas un
cas possible dans le cas ici, mais je me demandais, tu sais, pourquoi, rendu
là, on va juste... tu sais, 50 ans, puis, voilà, on couvre tous les
cas de figure pour ne pas avoir à rouvrir la loi. En tout cas, je...
suggestion, là, je veux dire, mais c'est juste que je me dis :
Actuellement, ce qu'on voit, il y en a, des cas de plus de 35 ans dans le
marché résidentiel, évidemment, là, mais... privé, là.
Duranceau : Ça va être prospectif, là. On va les capturer, parce que
c'est moins 35. Ça fait que, dans les
35 dernières années, si on a des hypothèques pour plus que 40 ou
50 ans, on va les capturer. En
tout cas, moi, je... à moins
que notre juriste ait quelque chose.
Mme Leduc
(Véronique) : Bien, dans le fond, dans le contexte où une institution
financière ferait une hypothèque, à la 30e année, il faudrait qu'il la
renouvelle. Donc, on pourrait le voir à l'index.
Mme Dufour : OK.
Je crois que vous avez... Ah! OK. C'est bon.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce que ça va?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, est-ce que nous avons d'autres questions
sur l'amendement? Alors, est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Parfait. Alors là, par contre, vu que c'est un
amendement supplémentaire... Mais il n'y avait pas d'article 12. Alors,
nous poursuivons sur l'article 15.
Duranceau : Exactement. Donc, l'article 15, c'est :
L'article 221.2.6 de cette loi est modifié par le remplacement,
dans le premier alinéa, de «tout programme d'aide visé» par «d'une aide visée».
Donc,
l'article 15 du projet de loi apporterait à l'article 221.2.6 de la
Loi sur les coopératives une modification de concordance liée à l'élargissement de la portée de
l'article 221.2.3 de cette loi, proposé par l'article 14 du projet de
loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, allez-y avec l'amendement.
Mme Duranceau : Alors, remplacer
l'article 15 du projet de loi par le suivant :
L'article 221.2.6 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «tout programme d'aide visé» et de «un état certifié
de l'Officier de la publicité foncière des charges qui grèvent l'immeuble» par,
respectivement, «d'une aide visée» et «une copie à jour de la fiche immobilière
établie pour cet immeuble au registre foncier, faisant état des charges le
grevant et couvrant une période minimale de 35 ans».
Alors, je
pense, ce sont vraiment des modifications, là, de concordance. Je peux offrir
le commentaire si ça intéresse mes collègues des oppositions. Donc, le
présent amendement modifierait l'article 15 du projet de loi, lequel
modifie l'article 221.2.6 de la
Loi sur les coopératives, afin de prévoir
la présentation d'une copie à jour de la fiche immobilière relative à un
immeuble lors du dépôt d'une demande d'autorisation auprès de la ministre
responsable de l'Habitation et du ministre responsable de l'application de
cette loi. Cette demande est requise avant l'aliénation ou la modification de
l'affectation d'un immeuble qui a été acquis, construit, rénové ou rénové grâce
à une aide en matière d'habitation. Ce
document serait présenté en remplacement d'un état certifié de l'Officier de la
publicité foncière. La fiche immobilière devrait faire état des charges
grevant l'immeuble pour une période minimale de 35 ans.
Alors, encore là, c'est pour rendre
l'application de cet
article cohérente avec la modification proposée à l'article 14 du projet de loi, qui prévoit de
ne pas limiter à l'aide reçue dans le cadre d'un programme
l'assujettissement de certains immeubles de... à la
Loi sur les coopératives.
C'est alléger aussi, pour les coopératives
d'habitation, la procédure de demande d'autorisation d'aliénation,
d'établissement d'une emphytéose ou de changement d'affectation ainsi qu'en
accélérer le traitement. Donc, je le répète, une modification de concordance.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement? Bon, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : En quoi la
formulation «d'une aide visée» est meilleure que de ce qu'on va biffer, «de
tout programme d'aide»? Des précisions sur cette formulation-là. Pourquoi vous
avez choisi cette formulation-là?
Mme Duranceau : Oui. Alors, c'est
le...
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Référer à un
programme, ça voudrait dire référer à AccèsLogis, référer au PHAQ, alors qu'une aide visée, ça réfère à un programme, en
plus, ça va référer à des décrets qui auraient pu être faits pour donner
une aide financière. Ça va viser aussi les fonds fiscalisés, tout ce qui est
passé par les fonds fiscalisés. Alors, c'est plus englobant que se limiter à ce
qui est financé à travers les programmes.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
Fontecilla : Donc, à l'article 221.2.3, on spécifie... on
spécifie... Attendez une minute. «Dans le cadre d'une aide visée à
l'article 221.2.3». Quels sont... Quel est ce... le cadre spécifié par
l'article 221.2.3? On doit se promener dans le Code civil.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : J'ai une question,
Fontecilla : En fait, quelles sont... Quelle est la définition,
là, des aides visées, là? Est-ce que c'est la définition que vous venez
de donner, Mme la ministre?
Mme Duranceau : C'est l'explication
que je viens de vous donner. Je vais laisser notre juriste préciser.
Le Président (M. Schneeberger) : Me
Leduc.
Mme Leduc (Véronique) : Donc, c'est
exact. La seule distinction, c'est que l'aide, comme Mme la ministre l'a dit,
n'a pas besoin d'être versée dans le cadre d'un programme, mais ça pourrait
être beaucoup plus englobant et prévoir d'autres formes d'aide financière. Puis
c'est comme ça aussi dans la
Loi sur les compagnies présentement. Donc, il y a
aussi un aspect d'harmonisation entre les deux lois.
M. Fontecilla : Très bien.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre question,
est-ce que l'amendement de l'article 15 est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Alors
là, est-ce que l'article 15, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Alors, nous en sommes à l'article 16.
Duranceau : OK.
L'article 16, on est toujours dans la
même logique. Donc, l'article 246.1 de cette loi est modifié par le remplacement, dans les paragraphes
4° et 5°, de «construit, acquis, restauré ou rénové dans le cadre d'un programme d'aide à l'habitation» par «acquis,
construit, restauré ou rénové grâce à une aide en matière d'habitation».
L'article 16 du projet de loi apporterait à
l'article 246.1 de la
Loi sur les coopératives des modifications de
concordance avec les articles 13 à 15 du projet de loi.
Le Président (M. Schneeberger) : Voilà.
Est-ce que vous avez un amendement sur l'article 16?
Duranceau : Oui, vous avez raison. Donc, l'article 246.1
de cette loi est modifié... Alors, on remplacerait l'article 16 du
projet de loi par le suivant :
L'article 246.1 de cette loi est
modifié :
1° par le remplacement, dans le paragraphe 4°,
de «construit, acquis, restauré ou rénové dans le cadre d'un programme d'aide à
l'habitation sans l'autorisation du ministre» par «acquis, construit, restauré
ou rénové grâce à une aide en matière d'habitation sans l'autorisation
conjointe des ministres»;
2° par le remplacement, dans le paragraphe 5°,
de «du ministre» et de «construit, acquis, restauré ou rénové dans le cadre d'un programme d'aide à
l'habitation» par, respectivement, «conjointe des ministres» et «acquis,
construit, restauré ou rénové grâce à une aide en matière d'habitation».
Donc, le
présent amendement remplacerait l'article 16 du projet de loi afin de
modifier les paragraphes 4° et 5° de l'article 246.1 de la
Loi sur
les coopératives par cohérence avec l'autorisation conjointe de la ministre
responsable de l'Habitation et du ministre de l'Économie, de l'Innovation et de
l'Énergie, requise à l'article 221.2.5 de cette loi.
Alors,
cohérence législative, là, entre les différentes dispositions de la
Loi sur les
compagnies... des coopératives.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce que nous avons des questions sur l'amendement? Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. J'essaie juste
de comprendre pourquoi l'autorisation du ministre... Tout à l'heure... Tu sais,
la semaine passée, on parlait beaucoup de l'allègement, qu'on voulait faciliter
les choses. Là, on parle, tu sais, dans le
fond, d'avoir deux autorisations de ministres. Peut-être juste préciser,
d'ailleurs, lesquels, ministres. J'imagine, la ministre de l'Habitation en fait partie, mais quel autre ministre? Ah!
je viens de le lire, excusez-moi, et de l'Économie. Excusez-moi. Je
n'avais pas vu ce bout-là. Mais, c'est ça, pourquoi c'est nécessaire que les
deux l'autorisent dans ce cas-ci? Pourquoi la ministre de l'Habitation ne
pourrait pas l'approuver elle-même?
Duranceau : C'est parce que la
Loi sur les coopératives relève
du ministre de l'Économie. Ça fait que, là, il faudrait exclure certaines dispositions de la
Loi sur les
coopératives pour les rendre... que certaines dispositions relèvent
uniquement de la ministre de l'Habitation, puis, bon, ce n'est pas ce qui a
été... Ce n'est pas ce qui est souhaité, là.
Mme Dufour : Ça aurait été plus
simple comme ça.
Mme Duranceau : Je suis d'accord
avec vous. Je suis d'accord avec vous, mais, des fois, il y a des batailles qui
ne valent pas la peine d'être menées.
Mme Dufour : D'accord. C'est bon.
Mme Duranceau : En tout cas, il faut
choisir le bon moment.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va comme ça?
Mme Dufour : Oui. Bien, peut-être
juste...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, députée de Mille-Îles.
Dufour : Par curiosité,
comment ça fonctionnait avant? Parce qu'avant c'était l'autorisation du
ministre. Donc, la ministre de l'Habitation, avant, n'avait pas son mot à dire,
entre guillemets.
Mme Duranceau : Non.
Il l'a toujours eu en matière de... relativement aux coopératives d'habitation.
Il y avait... Ça fait que, là, je
pense qu'il y a des concordances qui sont ajoutées, là, mais c'était toujours
une autorisation conjointe. Peut-être, notre juriste peut préciser.
Le Président (M.
Schneeberger) : Me Leduc.
Mme Leduc
(Véronique) : En fait, initialement, avant qu'il y ait des
modifications qui soient faites à la
Loi sur les compagnies, c'était seulement
une autorisation du ministre de l'Économie qui était requise.
Mme Dufour : Donc, le ministre qui ne connaissait pas les
programmes, qui ne connaissait pas les organismes, c'est lui qui
l'autorisait, mais la ministre qui, elle, chapeautait les programmes, elle,
elle n'avait pas son mot à dire. OK. Au moins, maintenant, elle aura son mot à
dire. C'est bon.
Le Président (M.
Schneeberger) : OK. Ça va?
Mme Dufour :
Mais par contre...
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui. Juste une... Parce que, dans l'explication,
on l'explique, c'est quels, les ministres, mais, dans l'article, on ne le précise pas. On
dit «l'autorisation conjointe des ministres» puis «prévue à
l'article 221.2.5». Est-ce qu'à l'article 221.2.5
on précise c'est quels ministres? On comprend qu'il y a aussi... il y a le
ministre de l'Économie, mais est-ce que c'est précisé, l'autre ministre?
Le Président (M. Schneeberger) : ...on
va suspendre, étant donné qu'il y a des discussions, là. Peut-être...
Ils veulent juste suspendre pour le
besoin... Vous reposerez votre question par la suite. Alors, nous suspendons
quelques instants.
(Suspension de la séance à
10 h 40)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Peut-être juste,
par souci que tout le monde ait bien compris, reposer votre question, Mme la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Merci, M. le Président. On est en ondes, là, c'est ça, on est revenus?
Le Président (M.
Schneeberger) : ...
Mme Dufour : Parfait. Donc, dans le fond, je voulais juste
qu'on... m'assurer... Parce que, dans l'amendement qu'on propose, on
dit : «l'autorisation conjointe des ministres». On sait que la
Loi sur les
coopératives relève du ministre de l'Économie, donc, que lui, il fait
partie
des... d'un des ministres. On ne dit pas les... Mais le deuxième ministre, il n'est pas précisé dans l'article, et
donc... Tu sais, je comprends que c'est peut-être implicite, mais est-ce
que... Tu sais, vu que ça dit «l'autorisation conjointe des ministres», ça
peut-tu être deux, trois ministres, puis n'importe quel autre ministre?
Pourquoi ce n'est pas précisé, tout simplement?
Duranceau : Bien, on va... on va demander à notre...
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau :
On va demander à notre juriste
pour ça, là, parce que, là, on prend l'article de loi hors contexte.
Probablement que les autres références réfèrent aux bons ministres, en
l'occurrence Économie et Habitation.
Peut-être
une précision. 246.1, ce n'est pas en vertu de ça que l'autorisation est
demandée. Ça, c'est un
article pour imposer des pénalités, là. Et
l'autorisation pour demander... ou la demande pour une autorisation de disposer
qui doit être approuvée par le ministre de l'Économie puis le ministre de
l'Habitation, c'était déjà là. Ça fait que, tantôt,
quand... Alors, tantôt, quand vous avez dit : C'est le ministre de
l'Économie qui approuve quelque chose dont il n'est vraiment,
ultimement, pas tant que ça responsable, bien, ce n'est pas vrai, là. Les
modifications avaient déjà été faites, et puis c'est... Je me souvenais avoir
approuvé des choses conjointement avec lui cette année.
Alors,
pour des dispositions, déjà, la ministre de l'Habitation était habilitée à
intervenir en même temps que le ministre
de l'Économie, donc, une autorisation conjointe, mais cet article-là n'avait
pas été mis à jour pour refléter ces modifications-là. Alors, c'est ce
qu'on est venus faire ici, en incluant tous les petits autres ajustements, là,
sur l'ordre des mots. Alors, c'est ça. Donc, je voulais offrir cette
précision-là.
Maintenant, on réfère
bien aux bons ministres dans le contexte plus global, là?
Le Président (M. Schneeberger) : Me Leduc.
Leduc (Véronique) : Dans la
Loi sur les coopératives, dans le fond,
quand on réfère au ministre, c'est le ministre
qui est responsable de l'application de la loi. C'est prévu à 328 de la loi,
quel est le ministre, qui est le ministre de l'Économie. Et donc, quand
on parle de la ministre responsable de l'Habitation, bien là, c'est spécifié
pour la distinguer du ministre responsable de l'application de la loi.
Dufour : Et c'est écrit à quel
article que c'est la
ministre de l'Habitation pour la
Loi sur les coopératives?
Mme Leduc (Véronique) : De
l'Habitation, c'est dans l'article.
Mme Dufour : OK. C'est bon. Je ne
l'ai pas devant moi, mais... OK. Parfait. Merci. Je vais aller le vérifier.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Justement... Merci,
M. le Président. Je lis l'article 221.2.5. Donc, c'est la formulation
telle qu'elle apparaît aujourd'hui, là.
C'est : «Doivent être autorisés [...] par le ministre», donc,
le ministre responsable de la
Loi sur
les coopératives, qui est le ministre de l'Économie, «conjointement
par le ministre et par le ministre des Affaires municipales, des Régions
et de l'Occupation». C'est juste une question de... comment dire, de comment
nommer le ministre, mais je ne vois pas la ministre de l'Habitation, si vous
permettez, madame...
Duranceau : Oui. Je peux offrir une réponse. Alors, merci au
député de Laurier-Dorion, là, de s'intéresser aux pouvoirs de la
ministre de l'Habitation pour s'assurer qu'ils sont bien respectés. Donc, par
décret, quand j'ai été nommée ministre de l'Habitation, il y a certains éléments
des lois qui ont été, par décret, transmis, là, sous ma responsabilité, puis
ça, c'est un des éléments qui a été dévolu à la ministre de l'Habitation. Donc,
il faudrait aller lire le décret pour comprendre que cet article-là réfère à la
ministre de l'Habitation. Alors, c'est très juridique, là. Et on peut vous
fournir le numéro du décret si vous voulez aller au fond des choses.
Fontecilla : Je vous fais confiance, Mme la ministre. Mais,
s'il y a litige... Parce que cet article-là, à la base, là, c'est un
article qui définit des... qui peut être passible d'une infraction, si je
comprends bien, et là on réfère à l'article 121.2.5.
Est-ce que quelqu'un va... Comment se fait le lien entre un
article de la Loi
sur les coopératives et le décret? Je pense que des avocats de votre
ministère vont dire : Ça ne se réfère pas, il faut se référer au décret
numéro tel, etc., là. C'est ça, là. Comment fait-on le lien entre la loi et le
décret, là, concrètement, en cas de litige?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Je vais vous avouer,
là, que moi, j'ai été plus préoccupée par faire sortir le logement que vérifier
ces concordances-là. Alors, je vais référer à ma spécialiste en la matière.
Le Président (M. Schneeberger) : Me Leduc.
Mme Leduc (Véronique) : Est-ce que
vous pouvez répéter la question? Je suis désolée.
M. Fontecilla : Ici, dans la loi,
c'est écrit que la... c'est le ministre responsable de la loi, donc, le
ministre de l'Économie, et le ministre des Affaires municipales, des Régions et
de l'Occupation du territoire. Je ne sais plus si le ministère, ça s'appelle comme ça, tel qu'il est aujourd'hui, là, mais
comment se fait cette... Et là la ministre m'informe qu'il y a eu un
décret qui officialise la chose, mais le décret et la loi, c'est deux corps
différents, là. Comment on fait le lien, là, à un moment donné, s'il y a des
questionnements, un litige, etc., là?
Mme Leduc
(Véronique) : Bien, en fait, les lois, elles ne sont jamais
modifiées quand il y a des responsabilités qui sont confiées à d'autres
ministres. Puis ça peut... Il y a souvent une mention, là, si vous allez sur
Légis Québec, quel est le bon ministre, pour clarifier lequel qui a la
responsabilité en question. Ça ne cause pas de problème, là, en pratique. Puis,
s'il y a un litige, on peut retracer quel est le bon ministre.
M. Fontecilla : Très bien. Ça va.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons mettre aux
voix l'amendement de l'article 16. Est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Est-ce que l'article 16, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Alors, nous en sommes maintenant à l'article 17. Mme la
ministre.
Duranceau : Oh! alors, on sort notre anglais. Alors, cette loi est
modifiée par le remplacement, dans le texte anglais, de «a building» et de «the
building» par, respectivement, «an immovable» et «the immovable», partout où
cela se trouve.
L'article 17
du projet de loi vise à corriger la version anglaise de la
Loi sur les
coopératives, qui emploie présentement le terme «building» afin de
référer à un immeuble. Il est proposé de le remplacer par «immovable» afin que
la version anglaise de la loi concorde avec la version française de celle-ci.
Donc, vraiment, c'est
pour éviter toute confusion sur l'application des dispositions de la loi à un
immeuble qui a été acquis, construit, restauré ou rénové grâce à une aide en
matière d'habitation.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Questions sur l'article 17? M. le député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
La traduction exacte
d'«immeuble», c'est «immovable». C'est ça, là. C'est pour référer...
pour faire une traduction la plus précise possible.
Mme Duranceau :
Bien, c'est pour la cohérence,
là. La version française de la loi utilise le terme «immeuble» et non
«bâtiment». Donc, si on convertit... En anglais, «building», c'est «bâtiment».
Ça fait qu'on veut quelque chose de plus englobant. Donc, «immovable» le
serait.
Le Président (M.
Schneeberger) : Ça va? Oui, le député de...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui.
Mme Duranceau :
...précision additionnelle. Puis
la notion d'«immovable» permet d'inclure les fonds de terre. Vous vous
souviendrez qu'on a ajouté ça dans les modifications aux articles 12 et
14. Ça fait que c'est ça, la logique.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Vous avez une question, députée de Mille-Îles?
Mme Dufour : Oui. Bien, en fait, je voulais juste, c'est ça,
commenter que «building», c'est vraiment l'édifice, traduction pure, c'est «édifice», alors que, dans
le cas ici, on parle aussi du terrain de... Tu sais, c'est
qu'«immeuble», ça va plus loin que juste un building, juste un édifice. Donc,
c'est ça.
Le Président (M.
Schneeberger) : C'est ça, un projet dans l'ensemble.
Le Président (M.
Schneeberger) : C'est le projet dans l'ensemble.
Mme Dufour : Oui, bien, c'est ça.
Bien, tu sais, quand on parle d'immeuble, là, ce n'est pas nécessairement du... quelque chose qu'on peut toucher. Donc,
c'est pour ça... tu sais, quelque chose qui ne peut pas se déplacer, mais pas
nécessairement quelque chose qu'on peut toucher, comme le fonds de terre, ce
que disait la ministre, là. C'était juste pour préciser.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Merci pour les précisions. Alors, est-ce que l'article 17 est
adopté?
Le Président (M.
Schneeberger) : Adopté. Parfait. Alors, maintenant, nous en sommes à
l'article 12.2, qui est un amendement pour introduire un article. Mme la
ministre.
Duranceau : Oui. Alors, insérer, après l'article 12.1 du projet
de loi tel qu'amendé, ce qui suit :
Loi sur les
compétences municipales
12.1.
La
Loi sur les compétences municipales (chapitre C-47.1) est modifiée par
l'insertion, après l'article 93.1, du suivant :
«91.4. Toute
municipalité locale peut accorder une aide aux fins de la réalisation d'un
projet d'habitation visé par une entente conclue entre un ministère ou un
organisme du gouvernement et un tiers.
«La
Loi sur
l'interdiction de subventions municipales (chapitre I-15) ne s'applique
pas à une aide accordée en vertu du [présent] alinéa.»
Cet amendement
propose d'introduire dans la
Loi sur les compétences municipales un nouvel
article 91.4, lequel permettrait à toute municipalité locale d'accorder
une aide pour la réalisation d'un projet d'habitation visé par une entente
conclue entre un ministère ou un organisme du gouvernement et un tiers.
nouvel
article prévoit une dérogation à la
Loi sur l'interdiction de
subventions municipales, ce qui permettrait que l'aide soit versée à une
entreprise de nature commerciale.
Donc,
l'explication de ça ou les objectifs poursuivis, c'est vraiment de permettre
aux municipalités d'accorder une aide à un projet d'habitation du simple
fait qu'un projet est soutenu dans le cadre d'une entente conclue entre le gouvernement et un partenaire, comme, entre
autres, avec les fonds... le Fonds FTQ et le Mouvement Desjardins, puis c'est d'exempter ce type d'aide par une
municipalité de l'application de la
Loi sur l'interdiction de subventions
municipales.
Alors, sincèrement,
on réussissait à s'y retrouver ou à atteindre les objectifs, là, mais ça va
vraiment faciliter le montage financier des
projets immobiliers qui sont soutenus par des partenaires du gouvernement,
entre autres les fonds fiscalisés.
Alors, c'est pour rendre ça plus simple dans la loi plutôt qu'être obligé de
passer par un programme spécifique pour faire aboutir l'argent qui va
aux fonds fiscalisés.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour les explications. Est-ce qu'il y a des questions sur l'amendement?
Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Évidemment, quand on parle de permettre à une municipalité de verser une aide à
une entreprise de nature commerciale, c'est
toujours délicat. Mon passé de Laval en fait foi. Donc, il faut toujours
s'assurer d'avoir les bretelles et la
ceinture dans des cas comme ça. Donc, moi, je veux juste m'assurer qu'il n'y a
pas possibilité qu'on sorte du bien commun et qu'il n'y ait pas de
bien... qu'il n'y ait pas de profit privé favorisé par une telle disposition.
Et là on parle d'un projet d'habitation visé par une entente conclue entre un
ministère et un organisme du gouvernement — c'est,
somme toute, assez vague — et
un tiers, ce tiers-là étant une entreprise de nature commerciale. Là, on réfère probablement juste à Desjardins, parce
que, j'imagine, la FTQ... quoique, oui, la société Ivanhoé Cambridge,
ils doivent probablement faire
partie d'une nature commerciale. Mais, bref, je
crains qu'on ouvre une brèche et que ça puisse aller, disons, ailleurs.
Tu sais, on sait, par
exemple, que la SHQ, quand elle offre des aides, on en a parlé avec
M. Foster la semaine dernière... que
c'est quand même encadré, puis il y a une vision. Mais là, ici, c'est plus
large. C'est une entente conclue entre un ministère ou un organisme du
gouvernement. Donc, ça peut être un peu n'importe quoi, là. Et donc est-ce
qu'on pourrait se ramasser, dans le fond, à permettre à des municipalités de
subventionner du logement privé, ce qui... Comme je vous l'ai dit, dans un
passé pas si lointain, là, c'était assez incroyable, ce qu'on permettait de
faire chez nous, à Laval, là, à des promoteurs, et tout ça. Ça fait que je veux
juste m'assurer qu'on a vraiment les ceintures puis les bretelles, puis là je
ne les vois pas dans cet amendement-là.
Donc,
moi, j'ai une certaine crainte et je me demandais pourquoi on n'était pas allé
plutôt... Parce que, même tous ces
projets-là, les projets Desjardins, moi, ce que j'entends, c'est que, même si
c'est financé par Desjardins, il y a quand même un organisme qui le
gère, qui gère le projet. Ce n'est pas Desjardins qui construit, là. Ils font
affaire avec un organisme, un OBNL. Donc, pourquoi on n'est pas allé, plutôt,
de subventionner l'OBNL au lieu de permettre de subventionner Desjardins? C'est... Pour moi, il y a quelque chose de...
En tout cas, j'ai besoin de précisions là-dessus.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. Est-ce que... Mme la ministre, oui.
Duranceau : Oui. Même préoccupation que vous. Dieu sait que je sais ce
qui s'est fait à la ville de Laval et que j'ai suivi ça. Ceci dit, dans ce
cas-ci, là, on vient de permettre... habiliter dans la loi ce qu'on fait déjà,
là, c'est-à-dire permettre aux municipalités de contribuer dans les projets
d'habitation qui sont visés par une entente conclue entre un ministère ou un
organisme du gouvernement et un tiers. Alors, on a déjà le ministère, disons,
ou l'organisme du gouvernement, là, donc, la
SHQ dans ce cas-ci, donc, la SHQ, qui aurait une entente avec un tiers.
Donc, un tiers sera qui ce sera, mais il va falloir que ça respecte les normes
des programmes, là. Sinon, il n'y aurait pas d'entente
possible entre la SHQ et un tiers. Donc là, on vient inférer que la SHQ
pourrait s'acoquiner avec n'importe qui, là.
Mme Dufour : Non,
je n'ai pas dit ça.
Duranceau : Bien non, mais c'est ça que ça sous-entend.
Mme Dufour : Non, parce que j'ai dit : Vu que ça... J'ai
dit : Au contraire, si c'était précisé que c'était la SHQ, je
serais rassurée.
Duranceau : Bien, un organisme du gouvernement, encore là, on ne veut
pas venir énumérer tout le monde. Un organisme du gouvernement, il me semble
que ça doit...
Mme Dufour : Bien,
il y a beaucoup d'options possibles. Je vais vous demander : Est-ce que le
ministère... Ce n'est même pas précisé, quel ministère. Est-ce que ça peut être
le ministère de l'Économie pour un projet de développement d'habitation que
Northvolt voudrait faire pour loger ses employés?
Duranceau : Ce serait une bonne idée.
Mme Dufour : Bien, je ne suis pas sûre. Est-ce qu'on veut, en
plus, que les villes financent en plus les logements pour les
travailleurs qui vont arriver là? Il me semble qu'ils reçoivent déjà assez de
subventions, là, du gouvernement pour venir s'installer au Québec, là. Donc là,
moi...
Mme Duranceau : Bien
là, on s'entend, là, on ne mélangera pas les choses, là. L'habitation, ce n'est
pas pour Northvolt. Ça va être pour
les citoyens résidents du Québec qui veulent se loger à proximité de
l'entreprise en question.
Mme Dufour : Bien
là, on parle de... Northvolt va devoir faire venir les employés d'ailleurs.
Duranceau : Bien, écoutez, vu qu'encore une fois, là, on...
Le Président (M.
Schneeberger) : ...vous vous interpelez trop, là. Là, je vous laisse
aller, là, mais là c'est sûr que, quand vous parlez les deux en même temps, ça
devient dur pour comprendre. Alors, juste essayer que l'autre finisse de parler
pour entreprendre la conversation. Sinon, bien, je vais intervenir, là, en vous
nommant puis je trouve que ça prolonge pour rien. Voilà. Alors, je ne sais pas,
peut-être juste laisser Mme la ministre finir, puis après ça Mme la députée de Mille-Îles
poursuivra. Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui. Bien, écoutez, je n'ai pas
grand-chose à ajouter, là, à part que... Je pense que ce serait, encore une fois... Vous voyez comment c'est
compliqué, changer une loi, là. Ça fait que, si... On vient dire, ici :
«Toute municipalité locale peut accorder une aide aux fins de la réalisation
d'un projet d'habitation visé par une entente conclue
entre un ministère ou un organisme du gouvernement et un tiers.» Si, là, on
vient encore restreindre, je pense qu'on ne se sert pas, là, dans le contexte où il y a urgence d'agir et que ça
prend de la souplesse. C'est quoi, votre proposition?
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Bien,
qu'on précise qu'on parle... Et merci du rappel, M. le Président. Je me suis...
J'ai de l'émotion, hein? Quand on parle de ce qui s'est passé dans mon passé
lointain de Laval, ça vient me chercher.
Mais, quand... Si on
venait préciser que c'est une entente où la SHQ est impliquée, là, on parle du
ministère de l'Habitation, là, déjà là, là, on vient circonscrire, là. Ce n'est
pas n'importe quoi, de n'importe quel organisme du gouvernement ou... puis là on ouvre à n'importe quel... Parce que c'est
quand même une brèche importante de permettre aux municipalités d'offrir
des subventions à des privés, à des entreprises de nature commerciale. On a
toujours voulu le circonscrire pour que ce soit très bien encadré. Il y a quand
même 1 181 municipalités au Québec, là. Ce n'est pas vrai qu'on sait partout ce qui se passe. Et donc,
là, de venir le circonscrire, moi, je serais beaucoup, beaucoup plus
rassurée.
Je comprends
l'intérêt, là, de venir soutenir les projets qui sont faits par les... avec les
fonds fiscalisés, mais il reste que... Tu sais, c'est pour ça que je disais, au
début, que, si, au moins, on mentionnait la SHQ, qu'on sait que, dans sa
mission, c'est un certain type de logement, et dans... avec une... c'est ça,
qu'il y a une mission claire... Là, on ouvre ça un petit peu trop, à mon avis.
Il y a des gens très, très, très créatifs pour interpréter nos lois, qui
pourraient trouver ça... C'est ça. Puis, je pense, c'est ça, il faut
circonscrire ça beaucoup plus.
Même là, je me
demande encore... J'ai posé la question, mais je n'ai pas eu la réponse. Mais,
par rapport au... Pourquoi que ce ne serait pas l'organisme qui gère le projet
qui recevrait l'argent de la ville, plutôt que le fonds fiscalisé? Tu sais, je
ne comprends pas pourquoi les villes devraient, mettons, donner un chèque à
Desjardins plutôt qu'à l'OBNL. Et là on dit «de nature commerciale», là, mais
tout ce que j'ai compris, c'est que tous les projets avec les fonds fiscalisés
ou presque, c'étaient tous des projets qui étaient gérés par des OBNL, au bout
du compte, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Duranceau : Il n'y a pas de chèque envoyé par la ville à Desjardins,
là. Ça s'en va, effectivement, dans les OBNL qui produisent les projets.
Je pense qu'il faut
partir avec la prémisse que le gouvernement va agir de bonne foi, là, parce que
c'est ça que ça prend, ça prend une entente entre le gouvernement puis un
tiers. Alors, il faudrait présumer. Ça va mal, là. Si on présume que le
gouvernement n'agit pas de bonne foi, bien là, on a d'autres problèmes, là.
L'autre chose, moi,
je ne voudrais pas restreindre à un ministère, parce que... Prenez l'exemple de
toute l'économie sociale. C'est sous l'égide du ministère de l'Économie, ça.
Bien, il peut émaner de belles choses ou de nouvelles approches de financement
en lien avec l'économie sociale, en lien avec l'habitation. Donc, je ne
voudrais pas que, pour des projets à venir,
s'il y avait une entente entre le ministère de l'Économie puis un tiers X pour
un projet d'habitation... qu'on... Ça
demeure assez hypothétique, là, parce que l'habitation, au gouvernement du
Québec, ça passe par la SHQ. Ça pourrait passer en
partie par le
ministère des Affaires municipales. Là, j'ai donné un exemple où ça pourrait passer par Économie. Je ne pense pas
qu'il est souhaitable d'énumérer tous les ministères possibles puis tous
les organismes possibles. C'est une compétence qui est générale et qui, de
toute façon, doit être liée à une entente que le gouvernement aura convenue
avec un tiers. Ça fait que, déjà, elle est là, notre mesure de protection,
quant à moi, là.
Mme Dufour : Bien
non, il n'y a aucune mesure de protection, quant à moi, là-dedans. Mais est-ce
que vous avez... La ministre a mentionné...
Duranceau : OK. Mais, M. le Président...
Le Président (M.
Schneeberger) : Bien, c'est juste peut-être... C'est important.
Vous... Bon, je ne veux pas qu'on insinue des choses, là, mais, en même temps,
c'est important de préciser des choses, alors, pour la bonne suite des travaux,
là. Vous aviez quelque chose à rajouter, Mme la ministre?
Duranceau : Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui, allez-y.
Mme Dufour : J'étais
en train de parler, par contre, M. le Président, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Bien... OK. Je vais vous... finir de laisser Mme la
députée de Mille-Îles... Parce que, si vous
voulez amener quelque chose, vous pouvez le faire. Maintenant, on ne peut pas
sous-entendre des choses et... Vous comprenez? Alors, Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Bien,
ce que je dis, c'est que... et je l'ai souligné, que, dans l'article qu'on a
là, on n'a pas les ceintures et les bretelles du tout. C'est très ouvert. Je
comprends qu'on ne veut pas préciser tous les ministères, mais, quand on dit «un organisme du gouvernement et un
tiers», c'est très, très, très... ça peut être tout, un peu n'importe
quoi, et sans présumer de bonne foi ou quoi que ce soit.
Mais par contre ce que
je voulais revenir, c'est que Mme la ministre a parlé de... que c'est vrai que
c'est des OBNL et que les villes ne vont pas
faire un chèque à Desjardins, mais plutôt la subvention va aller à l'OBNL. Si
c'est le cas, pourquoi est-ce qu'on vient dire qu'on permettrait que l'aide
soit versée à une entreprise de nature commerciale? C'est ça que l'article nous
propose de faire. C'est le commentaire qui est écrit, là, à la fin : «Cet
article prévoit une dérogation à la
loi sur l'interdiction de subventions municipales,
ce qui permettrait que l'aide soit versée à une entreprise de nature
commerciale.» C'est là, moi, mon enjeu, c'est qu'on permette à des villes de
verser une aide ou une subvention à des entreprises de nature commerciale. Il
est là, mon enjeu. Donc, moi, si on me dit que ça s'en va à un OBNL, je n'ai
pas d'enjeu, mais ce n'est pas ça que ça dit, là, ici.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
pour les commentaires, explications. Est-ce que nous avons... Est-ce que
vous souhaitez qu'on suspende quelques instants pour... Parce que, là, ça ne me
semble pas...
On va... nous allons
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 06)
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, nous reprenons. Mme la ministre, c'est à vous.
Mme Duranceau :
OK. Je le répète, ce qu'on
cherche, là, dans tout ce projet de loi là, c'est de la souplesse puis de l'agilité. Je comprends le commentaire
sur il ne faut pas ouvrir de brèche puis qu'on se retrouve dans une
nouvelle commission Charbonneau, mais, ici, on...
Le principe, c'est
qu'il y a une entente entre le gouvernement puis un tiers, et ce qu'on a en
tête, là, avec ça, ce sont les fonds
fiscalisés. Donc, c'est entente entre la SHQ ou le ministère des Affaires
municipales puis Desjardins ou Fonds de solidarité. Ça pourrait être la
Caisse de dépôt. Donc... Et, en vertu de ces ententes-là, les entités en
question font des projets d'habitation et respectent les critères du Programme
d'habitation abordable Québec. Et, dans ce programme-là, il y a possibilité de
soutenir des projets privés avec des grilles, Dieu sait, contraignantes, mais
qui permettent d'avoir de l'habitation. Puis
ce sera aux municipalités de décider s'ils soutiennent ce projet d'habitation
là ou pas dans leur municipalité. Et les contraintes sont telles que
l'abordabilité doit demeurer, là, entre 10 et 35 ans, selon le montant de
la subvention qui est offert par le gouvernement du Québec. Alors, tout est
déjà balisé puis encadré pour qu'il n'y ait pas d'abus.
Donc, sincèrement,
moi, je pense que je privilégie la souplesse dans ça. Il n'y a personne qui va
donner de subvention au privé sans que ce soit à l'intérieur d'un programme qui
est déjà normé de manière très stricte par le gouvernement. Alors, je pense que
c'est bien de poser la question. Je pense que j'y ai répondu.
Mme Dufour : Oui, mais, M. le Président, je dois souligner que
la ministre... Et je comprends l'objectif de viser les fonds fiscalisés, mais ce n'est pas ce que
l'article dit. Ça ne vise pas les fonds fiscalisés. Ça ouvre à toute entente
conclue entre un ministère, quelconque
ministère, et un organisme du gouvernement, quelconque organisme du
gouvernement, et un tiers, quelconque tiers. Donc, je ne vois pas les bretelles,
je ne vois pas les... la ceinture et je ne vois pas qu'ici ce ne serait pas une
possibilité.
J'ai
donné l'exemple Northvolt parce que ça parle, mais je ne vois pas que ce ne
serait pas une possibilité que, finalement, une ville vienne en plus à
subventionner des logements pour des travailleurs étrangers qui viendraient
combler des postes, parce qu'on s'entend qu'ils vont en avoir besoin, des
postes... des gens de l'extérieur, donc... Donc, moi, je ne le vois pas. Je
pense qu'on aurait intérêt à venir préciser qu'on parle du PHAQ ou qu'on parle
de la SHQ, mais un élément de plus, parce qu'ici ça ouvre vraiment la place à
beaucoup, beaucoup d'éléments.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci. Est-ce que, Mme la ministre, vous souhaitez
intervenir? Oui.
Mme Duranceau : Je vais offrir un
dernier commentaire, peut-être un exemple. On a besoin de logements pour les travailleurs de la santé. Si le ministère
de la Santé, là, décide de faire... de lancer une initiative pour du
logement pour les infirmières en région, puis qu'ils ont
des sommes à attribuer à ça, et qu'il y a une entente avec un tiers, donc, le
gouvernement, à ce moment-là, peut-être, c'est la Santé qui fera une entente
avec un tiers, puis que la ville en question a bien besoin de travailleurs pour
son hôpital, bien oui, on vient permettre de contribuer. C'est ce que les
municipalités nous ont demandé tant et plus, d'avoir de la souplesse puis de
les laisser gérer sur leur territoire ce qu'ils pensent être pertinent.
Encore une fois, il y a une entente avec un
ministère puis un organisme du gouvernement et le tiers. Donc, l'entente, elle
est déjà balisée, selon les critères que le gouvernement trouve acceptables.
Alors, ça ne peut pas être un tiers qui part avec une idée farfelue, puis qu'il
n'y a pas les balises que le gouvernement impose. Alors, ça, c'est la prémisse
de base, et s'ajoute à ça une possibilité de subvention municipale.
Moi, je veux
garder la flexibilité là-dedans. Je vous ai nommé trois cas, là. Vous-même,
vous en avez évoqué un. Il y aura
plein d'options possibles. Il faut laisser... Ça, ça permet aux municipalités
d'agir si elles le veulent. C'est tout.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Est-ce que vous souhaitez... Oui, députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui, une question.
Lorsque les logements pour... modulaires pour les travailleurs de la santé ont
été annoncés, est-ce que la SHQ était impliquée dans ce projet-là?
Mme Duranceau : Bien, tout à fait.
Mme Dufour : Voilà. Alors, le
projet... l'exemple que vous venez de donner pourrait très bien s'appliquer
avec la SHQ. Donc, ça revient à ce que je disais. En précisant la SHQ, on
viendrait quand même se donner beaucoup de latitude mais pas se permettre tout
et n'importe quoi. Parce que Mme la ministre est à ce poste-là, mais elle a
plein d'autres ministres qui sont ailleurs, qui ont peut-être des visées
différentes et qui vont peut-être s'entendre avec une ville puis dire :
Bien, aïe! tu vas aller subventionner ça. Alors, actuellement, ce n'est pas
possible. Tu sais, c'est juste que, là, on ouvre la brèche, puis on l'ouvre
très grande. Moi, j'ai un très, très grand malaise.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Bon, je pense que... Oui, député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Merci, M. le
Président. Il y a des craintes légitimes qui sont soulevées par cet article-là.
Tout d'abord, j'aimerais poser une question de précision, là. En 2001, on a
adopté le PL... le projet de loi n° 49, là, qui prévoit, entre autres, là,
que les municipalités locales peuvent adopter un programme d'aide financière
visant à favoriser la construction,
rénovation, location annuelle de logements locatifs servant à des fins
résidentielles. Ici, on a mis au...
on n'est pas allés avec beaucoup de précautions. La Société d'habitation du Québec n'est pas dans cet... n'était pas considérée, en tout cas, dans ces articles-là,
très précisément. Et, carrément, les municipalités pouvaient
subventionner le développement de logements, de logements locatifs, plus
précisément, là. Quelle est la différence entre ce qui est... ce qu'on est en
train de discuter ici et ce qui a été adopté dans le PL n° 49 en 2001...
en 2021, pardon?
Duranceau : Ici, là, on vise les fonds fiscalisés, c'est ça
qu'on vise, alors que, dans le PL n° 49, c'est de l'aide... je pense que c'est des crédits de taxes, hein, entre autres,
qui étaient possibles. C'était une mesure temporaire, là, dans le
contexte de la COVID. Donc, c'est deux types d'aide, là. Tout est régi, là, sur
les aides que les municipalités peuvent donner. Donc... Mais, ici, c'est
vraiment dans le contexte d'ententes avec les fonds fiscalisés, puis qu'on veut
un peu plus souples, là, pour ouvrir la porte à d'autres options, s'il y a
lieu.
M. Fontecilla : Très bien, là. Donc,
dans le PL n° 49, là, c'était jusqu'en 2027. Donc, il y avait une limite
temporaire et temporelle. On s'entend, là, les fonds fiscalisés ne sont qu'un
véhicule pour produire du logement.
En parallèle, il y a le programme PHAQ, là, qui
a été initialement conçu pour inciter le secteur privé et les promoteurs privés à se lancer dans la construction
du logement locatif destiné aux populations à plus faibles revenus, ce
qu'ils ne faisaient pas du tout, préférant se concentrer, et on peut le
comprendre, dans les logements locatifs de haut de gamme, là, où est-ce qu'on a
beaucoup plus de gains intéressants, là. Et, à ma connaissance, et la ministre
pourrait peut-être nous confirmer cela, dans le programme PHAQ, il n'y a...
finalement, il y a eu comme... Comment dire? Je ne veux pas... Je veux utiliser
les bons termes, mais la réalité a fait en sorte de faire perdre un peu la
visée principale du programme PHAQ, là, le Programme d'habitation abordable du
Québec, parce que la plupart des projets ne sont pas privés, mais une très grande majorité, et la ministre pourrait
peut-être nous confirmer, ont été présentés, en fait, par des organismes
communautaires, des OSBL d'habitation, des coopératives et peut-être aussi la Société
d'habitation du Québec, là, via les offices municipaux d'habitation. C'est à
confirmer, mais, en quelque sorte, il a fallu faire une... Devant le peu
d'intérêt du secteur privé, là, à se lancer dans un programme... dans le
programme PHAQ, le communautaire a présenté beaucoup de projets, la plupart,
des projets qui avaient été initialement conçus dans le programme AccèsLogis,
mais, devant l'impossibilité d'avoir des fonds du programme AccèsLogis pour le
logement social, ils ont réaménagé leurs projets pour les présenter dans le
programme PHAQ. Et, ici, on ne parle pas des fonds... des fonds fiscalisés.
Ce qui est important, M. le Président, là, oui,
c'est produire du logement, là, mais c'est produire du logement, aussi, qui va rester dans le giron du... ce qu'on
qualifie de logement hors marché, là. Et, dans ce sens-ci, il y a deux
critères, là : faire en sorte que l'aide gouvernementale aille... produise
un effet concret, donc, de la production de logements surtout destinés à des
ménages à plus faibles revenus, mais aussi qui est d'assurer la pérennité par
la nature même de ces
logements-là, donc, qu'il reste du logement, on va le dire, entre guillemets,
du logement social, hors marché, sous les formes de HLM, OSBL d'habitation
ou coopératives.
Mais, ici, la ministre ouvre la porte à ce que
ce soit du logement nettement privé qui reste dans le secteur privé, là, à très long terme et qui, après une
période de... après une période où les loyers vont être, disons, réglementés,
vont être maintenus plus bas, là, mais ces logements, pour le... Le prix de ces
logements-là locatifs, là, pourrait, dans l'avenir, n'être soumis à aucun type
de réglementation. Donc, en quelque sorte, par les fonds fiscalisés, la
ministre se donne la possibilité d'agrandir de façon importante les aides au
secteur privé pour du logement privé, alors que la nécessité aujourd'hui, c'est de conformer, de construire un parc de
logements qui reste sous une forme hors marché, là.
Donc, pourquoi la ministre ne vise pas à aider
surtout les secteurs qui construisent du logement hors marché, là, au lieu de
privilégier des aides à l'entreprise privée?
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Duranceau : Oui. Écoutez, je
pense qu'il y a beaucoup de choses qui sont amalgamées, là, dans cette déclaration-là. Ici, là, on vise à permettre aux
municipalités de soutenir des projets d'habitation sur leurs territoires
dans la mesure où ces projets-là sont déjà financés par le gouvernement et un
tiers. Donc... Puis je pense que je vais laisser mon sous-ministre adjoint
commenter, là, sur les présomptions qu'il faut avoir quand le gouvernement
embarque dans un projet, parce que, là, on sort vraiment... ou on prête
beaucoup d'intentions au législateur.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
M. Savoie, vous vous présentez avec votre titre. Et j'ai besoin du
consentement de la table. Consentement?
Le Président (M. Schneeberger) :
Consentement.
M. Savoie (Jocelyn) : Jocelyn
Savoie, sous-ministre adjoint aux impacts climatiques, fiscalité, finances et
infrastructures. Oui. On a changé d'affectation lundi. Il faut que je me
souvienne de mon titre.
Simplement pour contextualiser, les façons dont
les dossiers fonctionnent à l'intérieur du gouvernement en habitation, le ministère des Affaires municipales
et de l'Habitation, comme il est responsable de ce champ d'expertise là,
est systématiquement interpelé dans le contexte des approbations d'entente
entre un tiers puis un autre pour des fins d'habitation. Donc, le ministère va
être amené à commenter les projets d'entente et faire un avis, et, à ce
moment-là, la ministre responsable de l'Habitation se retrouve à être
interpelée par le biais, là, de l'organe administratif.
Donc, dans le
fonctionnement du gouvernement, je ne vous dirai pas que... Normalement, ce qui
va se produire, c'est un ministère va conclure une entente avec un
tiers, disons, en habitation pour atteindre un projet. L'élément va devoir être
entériné par le Conseil des ministres. Très peu de ministères ont des
compétences en habitation. Ils vont donc être en dehors de leur champ d'action
normal. Ils vont donc devoir aller au Conseil des ministres. Il va y avoir avis du ministère, puis là la raisonnabilité, là,
du projet va être étudiée puis examinée en détail pour être certain que
le projet concorde avec les objectifs poursuivis par le gouvernement. Puis les
objectifs poursuivis par le gouvernement sont habituellement exposés soit via
les plans en... par exemple, le plan gouvernemental en habitation, qui va être
publié prochainement, ou d'autres prises de position publiques, là, du
gouvernement.
Dans le cas
présent, la disposition vise à permettre aux municipalités, là, de pouvoir
subventionner un tiers. Puis on parle des fonds fiscalisés, parce qu'on
peut imaginer que, dans la liste des entreprises ou des organismes qui vont
faire l'objet d'un financement via le fonds fiscalisé, il pourrait y avoir une
entreprise privée qui fait un projet, puis, à ce moment-là, avec la LISM, elle
ne peut pas le financer. Donc, elle ne pourrait pas contribuer.
La façon dont
ça a été contourné en ce moment, c'est que ça a été fait via un programme de la
SHQ, mais c'est un programme qu'on
pourrait qualifier de factice. Ça crée une lourdeur administrative qui est
inutile dans les circonstances. La
disposition vient donc régler ce problème-là. Sinon, on s'obligerait à créer
des programmes, à chaque fois, qui ne servent qu'à faire transiter de
l'argent. Ce n'est pas une méthode qui est recommandée, là, en gestion des
affaires publiques.
Donc, la mesure vient habiliter en... Dans la
Loi sur les compétences, qui est une loi, là, générale, donc, la plupart des
compétences sont énumérées de manière générale et large, puis elle se trouve,
de facto, limitée par la façon dont le gouvernement va adopter ces ententes-là
entre un ministère et un tiers, qui va venir garantir que le sujet est conforme
aux orientations du gouvernement. C'est tout ce que j'ai.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci pour les explications. Est-ce qu'il y a
d'autres questions sur l'amendement? Ça va? Ça va comme ça? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui. Tantôt, Mme la
ministre nous expliquait qu'il y avait... que ce programme-là pourrait financer des logements produits via des ententes
avec plusieurs ministères. Ça peut être le ministère de l'Économie, par exemple, le ministère de la Santé. Donc, on pourrait
se retrouver dans une situation où plusieurs ministères développent,
selon leurs besoins particuliers ou leurs visées particulières, là... comment
dire, je sais que le mot «programme», là, peut
poser des problèmes, là, mais des miniprogrammes, si je peux m'exprimer ainsi,
là, où la société... un miniprogramme dans lequel la Société
d'habitation du Québec n'a aucun rôle. Par exemple, le ministère de l'Économie
pourrait aider des compagnies à développer
du logement. Par exemple, Northvolt pourrait accueillir des travailleurs et
travailleuses. Le ministère de la Santé pourrait avoir un
programme ou... pour construire des logements en région éloignée pour
accueillir des travailleurs et travailleuses, qui appartiennent... qui
appartiendraient au privé, là.
Donc, est-ce que la
ministre ne craint pas, là, une multiplication de ces programmes selon la
nécessité, sans aucune intervention de la Société d'habitation du Québec, qui
pourrait avoir une idée d'ensemble et sur les besoins et sur les modalités, mais
aussi sur les véhicules qui sont utilisés et la destinée à long terme de ces
bâtiments-là, donc, de financer à gauche et à droite, pour différents types de
programmes, le secteur privé, sans avoir aucune garantie que ces logements vont
rester... vont rester dans la finalité où est-ce qu'on les a construits et
qu'ils vont avoir des loyers accessibles à long terme? Donc, ne craint-elle pas
qu'il y ait une multiplication de ces programmes-là selon les différents
ministères?
Le Président (M. Schneeberger) :
Mme la ministre.
Duranceau : Bien, je peux
juste vous dire que c'est des... Il y en a déjà, là, des initiatives dans les
différents ministères. Puis on est toujours
impliqués, parce qu'on a le leadership de s'impliquer puis de vouloir savoir ce
qui se passe, mais, des fois, trop
centraliser, ce n'est pas optimal non plus. Donc, on n'est pas en train de
créer rien, là. Ça se fait déjà.
Là, ce qu'on vient de
dire, c'est que la municipalité qui voudra aider le ministère de la Santé, qui
est le gouvernement qui va avoir conclu une entente x, bien, la
municipalité peut le faire. Ça fait qu'on vient répondre à une demande des
municipalités d'aider sur leurs territoires et on pense qu'on est protégés, que
ce sera des ententes dont la finalité sera dans le respect, le respect des
champs d'intervention du gouvernement, puisque ça prend, à la base, une entente
entre un tiers et le gouvernement. Donc, il faudra que ce se soit respecté.
Puis il y a une finalité, à chacune de ces ententes-là, qui doit être
respectée, et la municipalité aura le choix d'y contribuer ou pas.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Oui. Les explications nous
informent... En fait, le libellé de l'amendement, là, c'est une entente
conclue entre le ministère ou un organisme du gouvernement et un tiers. On
suppose que c'est le gouvernement du Québec. Qu'arrivera-t-il... Est-ce que cet
amendement-là concerne... Est-ce qu'il est permis, par exemple, qu'une
municipalité accorde une aide, aux fins de réalisation d'un projet
d'habitation, là, à un organisme ou une entité privée, là, qui fait... qui a
obtenu des fonds, là, du gouvernement fédéral, en vertu d'un programme fédéral?
Est-ce que cet article-là permet cette possibilité-là aussi?
Duranceau : Bien là, on parle du gouvernement du Québec ici, là. C'est
une entente entre un ministère du gouvernement du Québec puis un... ou un
organisme du gouvernement du Québec et un tiers. Moi, je ne viens pas légiférer
sur le fédéral, là.
M. Fontecilla :
Donc, c'est... On a... Je veux
juste m'en assurer, là. Cela permet que nos municipalités financent un
projet qui est financé par le gouvernement fédéral, essentiellement, là.
Duranceau : Là, on parle du Québec ici, le gouvernement du Québec ici.
Fontecilla : Donc, cette possibilité-là existe. Est-ce qu'une
municipalité peut financer un projet financé par le gouvernement fédéral?
Mme Duranceau :
À l'intérieur de son champ de...
de ses champs de compétence, je présume qu'ils ont le droit, là. Je ne
le sais pas, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Me Savoie... maître...
M. Savoie
(Jocelyn) : Pas maître.
Le Président (M.
Schneeberger) : Bien non. M. Savoie.
M. Savoie
(Jocelyn) : En fait, la disposition qui est ici vise le gouvernement
du Québec, mais on pourrait imaginer qu'un projet fait l'objet d'un financement
parallèle par le fédéral. Ça peut se produire. Il faut se rappeler qu'il y a
différents programmes fédéraux au mérite et autres pour lesquels le
gouvernement du Québec n'a pas nécessairement le contrôle, puis le fédéral
distribue son argent. Puis, à ce moment-là, quand ça concerne un organisme
municipal ou autre, il va y avoir une décision M-30 qui va être rendue en
vertu, là, de la
Loi sur le MCE pour autoriser, là, le fait d'obtenir la
subvention fédérale.
Mais, dans le cas du
privé, ils peuvent passer sans autorisation du gouvernement. On pourrait
imaginer un cas de figure où, peut-être, il
y aurait une portion d'argent fédéral. Mais la disposition qui est ici vise les
ententes entre le gouvernement du Québec et un tiers, pas le
gouvernement fédéral. Enfin, là, ce n'est pas de même que c'est libellé.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Parfait. D'autres questions? Députée de... Oui, députée de Mille-Îles.
Duranceau : M. le Président, je veux peut-être juste... Je
vais déposer un amendement... sous-amendement, pardon, un
sous-amendement à l'amendement de la ministre. Là, je pense qu'il est en train
de partir.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Alors, nous allons suspendre, là, pour en prendre connaissance.
(Suspension de la séance à 11 h 29)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous sommes revenus en ondes. Alors, à ce moment-là, suite aux discussions qu'il y a eu, la ministre souhaite
retirer l'amendement qu'elle a déposé, qui est l'article 12.2, pour en
soumettre un nouveau. Alors, Mme la
ministre, premièrement, j'ai besoin du consentement pour retirer l'article...
l'amendement. Consentement? Oui.
Dufour : M. le Président, juste une précision. Quand on a
quitté, j'étais en train de déposer un amendement. Je voudrais juste
souligner que je ne le déposerai pas parce qu'il y a eu beaucoup de discussions
pour que, dans le fond, il y ait une modification suite à ma proposition. Donc,
je voulais juste le souligner, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Ça va. Super.
Mme Dufour : ...mais je ne le
déposerai pas, mon amendement.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, c'est pour ça que... Suite à ça, il y a eu des discussions, et la
ministre retire l'amendement pour déposer... Alors, j'ai besoin du consentement
pour le retrait de l'amendement.
Des voix : Consentement.
Président (M. Schneeberger) : Et maintenant, Mme la ministre, je vous laisse
déposer le nouvel amendement 12.2.
Mme Duranceau : Oui. Alors donc, on
va insérer, après l'article 12.1 du projet de loi tel qu'amendé, ce qui
suit, donc, c'est sur la
Loi sur les compétences municipales :
12.2. La
Loi sur les compétences municipales est
modifiée par l'insertion, après l'article 91.3, du suivant :
«91.4. Toute
municipalité locale peut accorder une aide aux fins de la réalisation d'un
projet d'habitation, visé par une entente conclue entre un ministère ou
un organisme du gouvernement et un tiers, qui comprend des logements sociaux ou
abordables ou des logements destinés à des personnes aux études.
«La
Loi sur l'interdiction de subventions
municipales ne s'applique pas à une aide accordée en vertu du premier alinéa.»
Donc, on est
venus préciser que ce contexte-là d'aide des municipalités devra se faire dans
le contexte d'ententes existantes entre le gouvernement et un tiers,
mais que ces ententes-là doivent viser la construction de logements sociaux ou abordables... ou comprendre la
construction de logements sociaux ou abordables ou de logements destinés
à des personnes aux études. Alors, je pense que les préoccupations des
oppositions, là, sont prises en compte dans l'amendement proposé.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce qu'il va y avoir des questions? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui, M. le
Président. Moi, je voudrais revenir sur la question de la définition de
«logements sociaux». J'ai cru comprendre auparavant, là, qu'il n'y avait pas de
définition exacte et j'aimerais aborder cette question-là. Voilà.
Président (M. Schneeberger) : Oui. Par contre, il y avait une entente pour
suspendre nos travaux plus tôt, qui était de 12 h 30 à midi.
Alors, maintenant, si je comprends bien, ça reste comme ça, là, l'entente,
l'accord.
Ça fait que je vais suspendre les travaux, et
nous allons revenir après la période de questions.
(Suspension de la séance à 12 h 02)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. Alors, je rappelle que la Commission de l'aménagement du
territoire est réunie ici pour le projet de loi n° 31, Loi modifiant
diverses dispositions législatives en matière d'habitation.
avant la suspension ce matin, nous en étions à l'amendement de
l'article 12.2 qui venait d'être déposé, et le député de Laurier-Dorion avait des questions. Alors, c'est à vous, M. le député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Oui. Merci, M. le Président. On a aujourd'hui une visite, une visite
inattendue. Il s'agit d'une citoyenne de la circonscription de notre collègue
de Jean-Lesage, Mme Porter, qui est assise derrière la salle. Elle est
venue nous voir parce qu'elle va être rénovictée l'année prochaine. Elle a
67 ans. Elle a plusieurs... Elle a toutes les caractéristiques pour être
protégée par... sauf quelques éléments, là, par la loi Françoise David, et
j'aimerais savoir si la ministre est prête à rendre une décision. Elle nous
avait montré de l'ouverture à étudier les amendements concernant une meilleure
protection des locataires aînés. J'aimerais savoir si elle est prête à nous
donner une réponse et peut-être rassurer Mme Porter, qui vit beaucoup de
stress de ce temps-ci.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Merci. Mme la ministre.
Mme Duranceau :
Oui. Merci, M. le Président.
Bien, écoutez, M. le député de Laurier-Dorion, je l'ai mentionné en
Chambre tantôt, on est en train de regarder la proposition que vous avez faite.
Alors, on va vous revenir quand l'analyse sera terminée.
Le Président (M.
Schneeberger) : Parfait. Oui.
M. Fontecilla :
Très bien, M. le Président. Et,
si on suit l'ordre tel que prévu, on m'informe qu'aujourd'hui on pourrait arriver à étudier aussi l'amendement
présenté par notre collègue de Mille-Îles, donc, j'aimerais savoir si c'était... qui
a été présenté, et non pas suspendu, je crois. J'aimerais clarifier le statut
de cet amendement-là sur le 65 ans. C'est ce que...
Fontecilla : ...1959.1. J'aimerais juste clarifier mon... l'ordre des
choses.
Le Président (M.
Schneeberger) : Bien, député de Laurier-Dorion, on peut vérifier.
Normalement, si ma mémoire est bonne, c'est
des amendements qui ont été présentés et qui ont été suspendus pour revenir
ultérieurement. Alors, nous y reviendrons, là, en temps opportun, quand on sera
rendus au niveau des blocs ou des sujets qui seront rendus. Est-ce que ça va
être aujourd'hui? Ça va dépendre de l'avancement des travaux. Alors, je ne peux
pas... Je ne prédis pas l'avenir. Sinon, je serais très riche, je peux vous le
dire. Alors...
M. Fontecilla :
Bien, justement, justement, nous,
ce qu'on se dit, c'est qu'il apparaît sur le site Greffier, comme quoi
il va être... il y a une possibilité qu'il puisse être étudié aujourd'hui. Mais
ce ne serait pas convenable qu'on étudie tous ces amendements-là en même temps,
lorsque Mme la ministre de l'Habitation va nous annoncer une... bien, une
décision concernant les amendements qu'on a présentés, qui tournent autour du
même sujet, là? Il y en a un qui est comme à l'avance, là. On procéderait
aujourd'hui à étudier un des trois éléments qui ne... Est-ce qu'il... Ne
vaudrait-il pas la peine de le suspendre formellement?
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Bien, ça, c'est nouveau. Je veux dire, là, vous
posez la question. Tu sais, je veux dire, il
n'y a personne qui a été mis au courant de ces questions-là tantôt. Alors, je
ne peux pas vous répondre, moi. Nous, on a une... Je pense que ça avait
été préétabli d'avance. Tout le monde avait dit que c'était correct au niveau
du bloc.
Maintenant,
bien, on est à la suite des blocs. On... Dans le fond, on suit le bloc actuel.
On était à l'article 12.2. Vous aviez une question là-dessus en
finissant les travaux, puis, bien, je vous invite à la poser. Pour ce que vous
demandez présentement, bien, comme je vous ai dit, on ne peut pas... on y
reviendra quand on sera rendus à ces blocs-là, là. Alors, je vous invite à
poursuivre au niveau de l'article 12.2, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Très bien. Donc, on était à... Pour la mémoire de tout le
monde, c'était l'article qui vise à changer — laissez-moi... — la
Loi sur les compétences municipales, là, l'article 81.4. C'est un nouveau
libellé. C'est un
article qui stipule que
«toute municipalité locale peut accorder une aide aux fins de la réalisation
d'un projet d'habitation, visé par une entente conclue entre un
ministère ou un organisme du gouvernement et un tiers, qui comprend des
logements sociaux ou abordables ou des logements destinés à des personnes aux
études».
Moi, la question que
je me posais, parce que c'est... Il y a eu une nouvelle formulation afin
d'ajouter «qui comprend des logements sociaux ou abordables». J'ai cru
comprendre que la définition de «logements sociaux», en fait, soit qu'elle
n'existait pas soit qu'elle posait problème, et on préférait utiliser d'autres
types de définitions, comme du logement abordable, qui existe dans d'autres
lois, habitation à loyer modique, coopérative d'habitation ou habitation en
OSBL. Et, si je comprends bien, logements sociaux, il n'y a pas de définition
en tant que telle, là. C'est un nom générique qui n'existe pas, entre autres,
dans le Code civil, là. Est-ce que j'ai raison de penser comme ça?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Duranceau : Vous voulez savoir
la définition de «logement social et abordable». C'est ça?
Fontecilla : Social, en particulier, parce qu'on a «qui comprend
des logements sociaux».
Duranceau : Bien, on a eu cette discussion-là il y a une semaine, là,
je pense.
M. Fontecilla :
Bien, voilà. Mais la réponse qu'on avait eue, si j'ai bien compris, c'est
que les logements sociaux n'existaient pas
en tant que tels. Il y avait d'autres définitions qui étaient «logement de
coopérative d'habitation», «habitation en OSBL», «habitation de loyer
modique». Ça, ça a une définition. Mais le logement social, est-ce que ça a une
définition?
Mme Duranceau : Bien, je vais demander à notre juriste de préciser, là. Je sais qu'on
référait à loyer modique, loyer... faibles revenus, puis que tout ça, ça
englobait le logement social, je pense, mais je vais référer à la bonne... la
bonne définition, là, si vous voulez.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, je sous-entends que c'est madame... Me Leduc. Alors, allez-y.
Mme Leduc
(Véronique) : Il n'existe effectivement pas une définition, dans la
loi, de «logement social». La dernière fois qu'on en a parlé, c'était dans le
contexte de la
Loi sur la SHQ puis des offices d'habitation, qui ont le pouvoir
de faire du logement abordable. Donc, c'est dans ce contexte-là que ça avait
été discuté. Quand on parle de logement social, si on y va selon le sens
courant, on parle de HLM puis de PSL, donc, des gens qui ont des faibles
revenus, en deçà des PRBI.
M. Fontecilla :
Donc, merci beaucoup. La question
qui se pose... C'est un nom générique, là, mais qui n'a pas une assise
juridique, là, si je comprends bien. Est-ce que l'utilisation de ce terme-là
dans une telle... la
Loi sur les compétences
municipales est appropriée ou il faudrait trouver une autre formulation pour
dire... se référer exactement à ce dont on veut se référer?
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce que c'est Mme Leduc ou la ministre qui
parle?
Duranceau : Mme Leduc.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme Leduc.
Duranceau : Non? Bien, Mme Leduc ou tout autre juriste qui peut
commenter sur la
Loi sur les compétences municipales, à savoir si de référer à
«logement social», c'est une problématique dans la
Loi sur les compétences
municipales puis si ça va porter à confusion sur le type de logement qu'on
pourrait voir construit en lien avec cette dénomination-là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, parfait. Est-ce que... Attendez-moi
un instant. Me Cantwell. C'est-tu, ça?
Le Président (M.
Schneeberger) : Cantwell, oui. Alors, excusez-moi la prononciation.
Alors, juste vous nommer. Et puis j'ai besoin du consentement de la table pour
prendre la parole aussi. Alors, je pense que j'ai le consentement. Oui. OK. Et
puis... Alors, vous nommer avec votre titre, puis vous êtes... vous avez la
parole, pardon.
M. Cantwell
(Philip) : Oui. Bonjour. Merci, M. le Président. Philip Cantwell. Je
suis avocat au ministère de la Justice.
Je pense que
l'expression «logement social» a un sens, un sens courant qu'on peut... qui
fait en sorte qu'on peut l'utiliser dans une loi municipale à portée générale,
comme la
Loi sur sur les compétences municipales, sans nécessairement la
définir. Je pense que ce serait la première occurrence, là, de «logement
social», dans cette loi-là.
Mais, dans d'autres
lois, je pense, notamment, à la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme, là, on a
introduit des pouvoirs qui visent le logement social, le logement abordable, le
logement familial sans imposer à même la loi une définition, et je pense que ça
fait en sorte que la municipalité a une marge de manoeuvre, dans son programme,
pour déterminer elle-même les critères, dans la mesure où ça demeure cohérent
avec le sens courant de «logement social»,
où la municipalité peut déterminer les critères d'admissibilité à une aide et
déterminer, pour elle, ce qui constitue un projet de logement social ou
un projet de logement abordable qui est admissible à une aide municipale.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion, autres questions?
Fontecilla : Oui, M. le Président. Il y a aussi une définition du
logement social dans le cadre de référence sur le soutien communautaire et...
sur le soutien communautaire, mais c'est un cadre de référence, là. Ce n'est
pas une loi. Et évidemment, lorsqu'on parle
de logement social, tout le monde a... Sauf que c'est important
quand même, dans une loi, d'avoir certaines
définitions, parce que, là, aujourd'hui, déjà, déjà, on est en train
d'introduire une différence entre logements sociaux ou abordables.
question qui pourrait se poser... Puis la question est importante, parce que
c'est une municipalité pour... qui sont financées par un organisme du
gouvernement et un tiers. Est-ce qu'une municipalité peut financer des
logements sociaux, et on fait la différence, et abordables? Il y a deux
catégories, et je trouve, M. le Président, que, depuis le début de ce projet de loi, on nage dans ces deux catégories
sans vraiment... sans vraiment les définir. On a défini des loyers
abordables, des logements... Des logements sociaux, c'est une dénomination
courante, un sens général, mais, encore là, on ne le sait pas, là. Et il me
semble que c'est la tâche du législateur de définir mieux les termes.
Ceci étant dit, moi,
je ne m'opposerai pas à utiliser «des logements sociaux ou abordables», mais,
selon moi, il serait opportun, là, à un
moment donné, là, bien, de savoir à quoi exactement l'on se réfère lorsqu'on
dit «logements sociaux» et lorsqu'on dit «abordables». Est-ce qu'un
logement abordable est un logement social? Est-ce qu'un logement social est un
logement abordable ou c'est deux choses complètement différentes? Et qu'est-ce
que c'est, chacun, là? Pour l'instant, on nage dans la confusion.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce qu'on a... C'est un commentaire. Il n'y a pas
de question en tant que telle, alors... Oui, députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le Président. Je partage les
appréhensions de mon collègue par rapport à la définition. Par contre, je pense qu'on a quand même une avancée,
là, avec la modification qui a été faite, puisqu'auparavant il n'y avait rien
de ça. Donc, ça aurait pu laisser la porte ouverte à faire des... à offrir des
aides municipales à des projets d'habitation privés, donc, privés, privés,
privés, sans but social ou abordable. Ça fait qu'au moins on a un gain. Mais je
suis d'accord avec mon collègue que le terme «abordable» aurait besoin d'être
précisé pour l'ensemble des lois. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
s'il n'y a pas d'autre question, est-ce que l'amendement de
l'article 12.2 est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Alors, adopté. Alors, nous en sommes maintenant à l'article 12.3,
qui introduit un amendement, si je ne me trompe pas.
Duranceau : Bon, alors, 12.3 : Insérer, après l'article 12.2
du projet de loi tel qu'amendé, le suivant :
12.3.
L'article 101 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
premier alinéa, de «et 88, à l'article 91» par «, 88, 91 et 91.4».
Cet amendement
propose de modifier l'article 101 de la
Loi sur les compétences
municipales afin de permettre à une municipalité régionale de comté d'accorder
une aide visée à l'article 91.4 de cette loi, proposé par
l'article 12.2 du projet de loi tel qu'amendé.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
c'était pour la présentation. Est-ce qu'on avait des questions sur...
Oui.
Mme Duranceau :
Alors, peut-être, M. le
Président, juste pour donner l'objectif de la mesure, là, c'est vraiment
pour permettre aux MRC d'accorder une aide du simple fait qu'un projet est
soutenu dans le cadre d'une entente conclue par le gouvernement avec un
partenaire, en l'occurrence ceux qu'on a discutés ce matin, là... dont on a discuté ce matin, c'est-à-dire les fonds
fiscalisés. Donc, on a permis à la municipalité d'intervenir puis là,
maintenant, on permet à la MRC d'intervenir
si elle le souhaite, modification grandement demandée et attendue de la part
des MRC aussi.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce qu'il y a des questions sur
l'amendement 12.3?
Mme Dufour : Oui,
M. le Président. Est-ce qu'on a...
Le Président (M.
Schneeberger) : Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Merci, M. le Président. Est-ce qu'on a regardé la nécessité de faire la même...
la même précision que dans... que dans l'article 12.2? Je suis en train de
le vérifier, mais je me demandais si la
partie gouvernementale avait fait cet
exercice-là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Duranceau : Je vais demander aux juristes de préciser, là. Je
comprends que les modifications ou les références
vont tenir compte de la modification qu'on a faite, parce que 12.2 réfère...
12.2, il modifie 91.4, puis, à 12.3, on réfère à 91.4. C'est ce qu'on
vient d'ailleurs ajouter, l'article 91.4. Alors, il est déjà modifié, tel
qu'on vient de l'adopter. Ça fait que je pense que les nuances vont être là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Est-ce que ça va comme ça?
Mme Dufour : Oui.
Excusez. C'est quand même, hein... Vous comprendrez que ce n'est pas toujours
facile à suivre, là.
Mme Duranceau : Quand même complexe.
Mme Dufour : Ça fait que je voulais
juste être sûre qu'on le faisait.
Mme Duranceau : Non, non, non, bon
point.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres... Oui.
Mme Duranceau : Alors, c'est la
teneur de 12.3.
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Bon, est-ce que ça va comme ça? Alors, est-ce que l'article... l'amendement qui
introduit l'article 12.3 est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Bon, maintenant, nous en sommes, si je suis, à l'article n° 10.
Mme Duranceau : Ça, il y aura un
amendement qu'on va me donner. OK. Alors, je commence par l'article tel qu'il
avait été présenté, puis il y aura amendement pour tenir compte de nos
conversations de ce matin.
L'article 153.1 de la loi est modifié par
l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Elle peut
rembourser à une telle municipalité toute contribution que celle-ci verse pour
un projet d'habitation qui n'est pas visé au premier alinéa.»
Donc là, on va aller lire l'amendement qui va
être déposé.
Le Président (M. Schneeberger) : ...a
été déposé? Oui. Il est au...
Le Président (M. Schneeberger) : OK.
Alors, nous allons suspendre, le temps d'en prendre connaissance, parce que le
transfert se fait. Alors, nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
Président (M. Schneeberger) : Alors, nous reprenons les travaux. Mme la
ministre, je vous laisse commenter et présenter votre amendement.
Mme Duranceau : Alors, l'amendement,
puis ça, c'est à l'article 10, l'article... l'article 10 du projet de
loi,
article 153.1 de la
Loi sur la Communauté métropolitaine de
Montréal : Remplacer, dans l'article 10 du projet de loi, «contribution que celle-ci verse pour un projet
d'habitation qui n'est pas visé au premier alinéa» par «autre
contribution que celle-ci verse pour un projet d'habitation qui comprend des
logements sociaux ou abordables ou des logements destinés à des personnes aux
études».
Donc là, si on regarde l'entièreté... OK. Alors,
le premier... Voulez-vous des commentaires ou...
Mme Dufour : ...parce qu'on avait
déjà un amendement 10 que moi, j'avais dans... ici, mais, je réalise, ce
n'est pas le même.
Mme Duranceau : Bien là, on vient de
le remplacer, notre amendement, pour tenir compte de la discussion de ce matin.
Mme Dufour : OK. Je cherchais...
Mme Duranceau : Puis il y a deux
volets à l'amendement, là. Le but de ça, c'est de, premièrement, permettre à la
CMM de rembourser aux villes leur contribution à des projets d'habitation.
Initialement, elle pouvait seulement rembourser la contribution de base dans un
projet d'habitation. Là, on vient dire que la CMM peut rembourser une
contribution additionnelle quand les coûts des projets augmentent, comme on a
amplement vu. Bien, les villes, des fois,
remettent un montant, puis cette... ce deuxième montant là, vu qu'il ne se
qualifie pas de remboursement de
contribution de base, c'est une contribution additionnelle. Ça fait qu'on vient
prévoir qu'elle peut être remboursée. C'est ça qu'on fait par cet
article-là. Et...
Duranceau : Oui. OK. Puis la même clarification que ce matin. C'est
Le Président (M.
Schneeberger) : ...avez-vous des questions? Députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Ce n'est pas des questions, des commentaires. Dans le fond, quand le projet de
loi avait été déposé, c'est un élément sur lequel j'avais quand même amplement
posé des questions et commenté. J'avais posé des questions, notamment, aux gens
de la CMM, je crois, s'il y avait un enjeu de parler... d'être plus précis que
juste «projet d'habitation», que je trouvais qui laissait de la place à
beaucoup d'interprétations puis, justement, à du logement privé. Donc, c'est
ça, moi, j'avais un amendement qui était prêt, là, sur... pour venir modifier
ça. Donc, c'était sensiblement, là... C'était un peu différent de celui-là,
mais ça... on a le même objectif, donc, ça me va, pour que, dans le fond, c'est
ça, on limite les sommes. Encore une fois, la CMM, ce sont des fonds publics
qui sont payés par les villes, bien, que ça aille au logement... qu'il y ait un
legs public, entre guillemets. Donc...
Puis l'autre enjeu
que... On sait que... C'est qu'il y avait cette demande-là, c'est qu'à
l'époque, avant le changement, ici, de l'article, c'était... il fallait que ce
soit lié à une entente avec la... un programme de la SHQ. Et là ce que je
comprends, c'est qu'il y avait beaucoup de projets, comme des projets d'UTILE,
qui étaient... qui, en fait, ne rentraient pas dans les programmes de la SHQ et
qui... Là, les villes auraient voulu contribuer, mais elles ne pouvaient pas se
faire rembourser par la CMM leurs contributions. Donc, ça, ça viendrait
solutionner. C'est pour ça qu'il y a l'élément aussi des logements destinés à
des personnes aux études. Puis d'ailleurs on a tout un bloc qui va venir parler
de ça tout à l'heure ou plus tard, là, je ne sais pas quand. Mais, les études,
on va venir le définir aussi. Donc, merci, M. le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci pour les commentaires. Est-ce que ça va comme
ça? Oui? Alors, est-ce que l'amendement de l'article 10 est adopté... Oui.
Fontecilla : ...de ma compréhension, là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président.
J'aimerais bien être sûr de ma compréhension. Donc, «elle peut
rembourser à une telle municipalité toute contribution que celle-ci verse pour
un projet d'habitation qui n'est pas visé au premier alinéa». Au premier alinéa, les projets d'habitation qui sont visés,
c'est un organisme à but non lucratif,
aussi connu comme OSBL, à un
office d'habitation ou régional... «à un office municipal ou régional
d'habitation [et] à une coopérative [...] qui réalise un projet conformément à
un programme mis en oeuvre par la Société d'habitation du Québec», là. On a trois formes, et qui sont... et qui sont
mises en oeuvre par la SHQ. Donc, ça permet, maintenant, la réalisation
par des fonds fiscalisés et par des promoteurs privés via le PHAQ, si je
comprends bien. Les trois fonds... Maintenant, ce qui s'ajoute, là, c'est que ça
permet cette... ce remboursement-là pour des projets réalisés par les trois
fonds fiscalisés et des promoteurs privés qui réalisent via le PHAQ.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Duranceau : Oui. Le premier alinéa vise les programmes mis en oeuvre
par la Société d'habitation du Québec. Alors, le Programme d'habitation
abordable est visé par le premier alinéa.
Le deuxième alinéa
viendrait viser, effectivement, les fonds fiscalisés. Donc, on ne veut pas
pénaliser une municipalité qui aura la chance de développer un projet avec un
OBNL ou un promoteur privé à travers les ententes avec les fonds fiscalisés, de
pouvoir recevoir une contribution de la ville.
Fontecilla : Et vous projetez combien de logements créés par les fonds
fiscalisés, Mme la ministre?
Duranceau : Bien, on a annoncé...
Fontecilla : 11 700, si je ne me trompe pas.
Mme Duranceau :
On a annoncé 1 000 avec Desjardins,
1 000 avec le... Fondaction puis 1 000 avec le fonds de
solidarité. C'est nos annonces jusqu'à ce jour.
M. Fontecilla :
Et il n'y a pas ce... Dans ces
fonds-là, il n'y a pas d'obligation de... qu'ils soient... ça peut
être... que ce soit une coopérative d'habitation ou un OSBL, là. Ça peut être
du logement... d'autres types de logements, là.
Mme Duranceau :
Tous les projets doivent
respecter les critères du Programme
d'habitation abordable Québec.
Fontecilla : Un certain niveau de...
Mme Duranceau : D'abordabilité.
M. Fontecilla : ...d'abordabilité.
Très bien. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Alors, est-ce que l'amendement de l'article 10 est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Est-ce que l'article 10, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Parfait. Ça fait que nous en sommes maintenant à l'article 8.
Mme Duranceau : Parfait. Alors,
l'article 8...
Le Président (M. Schneeberger) : ...un
amendement avant l'article 10?
Mme Duranceau : Est-ce qu'on peut
suspendre? Non, oui?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
si nous avons...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui.
Mme Dufour : ...on a quelques
amendements à 10, là, oui, donc, on a... toujours pour le zonage différencié,
ce qu'on... ce qu'on a parlé plus tôt aujourd'hui. Il y a plusieurs amendements
dans le 10, donc, 10.1, 10.2, 10.3, 10.4, 10.5, 10.6, 10.7, 10.8, 10.9, que je
vais devoir vous lire pour les soumettre officiellement.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Allez-y.
Mme Dufour : Donc, je vais
commencer. Ça va prendre un petit... Donc, l'article 10.1,
article 2.2.1 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme : Ins