House Proceedings — 12 March 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-03-12
Quebec — Debates (Hansard)
Mme la Présidente,
l'APICA organise des événements au bénéfice, oui, des commerçants du secteur,
mais également de la population entière et
de notre vie communautaire. Alors, félicitations pour les 40 dernières
années! Bravo au président, François
Sylvestre, et à tous ceux qui l'ont précédé, aux membres et au conseil
d'administration également, et longue vie à l'APICA! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Pontiac. Et la prochaine déclaration sera celle de M. le député de
Mégantic.
Jacques : Merci, Mme la Présidente. Je tiens aujourd'hui à saluer une
initiative mise de l'avant à la circonscription de Mégantic visant à
favoriser l'achat de produits locaux.
La signature Produit
étoile du Granit a été conçue en partenariat avec la MRC du Granit et création
de saveurs Cantons-de-l'Est. Elle vise à permettre d'identifier facilement les
produits d'entreprises agroalimentaires et agrotouristiques
du Granit. Jusqu'à présent, la mention Produit étoile du Granit est déployée
dans plusieurs commerces de la
région. Cette initiative permet non seulement de promouvoir l'achat local, mais
de propulser la notion d'achat de produits locaux et de développer un sentiment de fierté à
la fois chez les commerçants et dans la population. Il m'importe de souligner
les efforts qui favorisent le rayonnement des produits de chez nous et le
savoir-faire local.
Grâce à Produit étoile du Granit, nous pouvons
découvrir et redécouvrir ce qui se fait de bon chez nous et le partager à tous
les visiteurs de la circonscription de Mégantic. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, M. le député. Et maintenant je cède la parole à Mme la
députée de Saint-François.
Hébert :
Merci, Mme la Présidente. Je suis fière de mettre à l'honneur une entreprise de
Coaticook qui fait le bonheur des
familles partout dans la province et même de mes collègues ici, à Québec.
Fondée en 1940 par MM. Bédard, St-Cyr
et Gérin, la Laiterie de Coaticook, reconnue pour son excellent fromage et sa
célèbre et savoureuse crème glacée, fête ses 80 ans.
Elle
déménageait, en 2004, dans son nouveau bâtiment trois fois plus grand que
l'usine initiale. Au même moment apparaissait son bar laitier, qui,
encore aujourd'hui, permet aux gens de la communauté, aux touristes et même à
leur députée d'y savourer une délicieuse crème glacée. C'est, pour moi, un pur
plaisir à chaque visite.
Mme la
Présidente, je ne peux passer sous silence l'apport inestimable de la famille
Provencher, et ce, depuis 1976. Une troisième génération s'implique
désormais au sein de l'entreprise familiale. Félicitations à chacun d'entre
vous!
En cette
année spéciale, je vous souhaite, de même qu'à vos précieux employés, de
poursuivre une belle croissance. Je suis convaincue que vous n'avez pas
fini d'innover et de nous surprendre. Bon succès!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je
cède la parole à M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Bon matin, Mme la Présidente. Je prends
la parole ce matin pour rendre hommage à un véritable héros de ma circonscription, M. Danick Paquet. M. Paquet a sauvé,
samedi dernier, une citoyenne coincée dans sa maison en feu.
Dans la nuit du 7 au 8 mars, un incendie a
ravagé la résidence de Chandler où vivait Yvonne Grenier, une Gaspésienne de 76 ans atteinte d'alzheimer.
Guidé par son instinct et mettant sa propre vie en danger, M. Paquet, qui
passait par là après son quart de
travail, est entré dans la résidence. Le jeune père de famille de 29 ans a
dû réveiller la résidente en plus de
descendre au sous-sol pour récupérer son fauteuil et finalement
l'extirper des flammes. En quelques secondes, le brasier a augmenté et
s'est propagé rapidement avant l'arrivée des secours. Si ce n'était du geste de
M. Paquet, Mme Grenier serait probablement décédée.
En tant que
député de Bonaventure, je souhaite remercier M. Danick Paquet au
nom de la fille de Mme Grenier, Mme Nathalie
Beaulieu, et au nom de tous les Québécois représentés ici, à l'Assemblée nationale.
Monsieur, votre courage vous honore.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Bonaventure. Maintenant, je reconnais M. le député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je suis particulièrement fier de rendre hommage à une citoyenne
de la région de Maskinongé qui se dévoue corps et âme pour les gens et les
causes qui lui tiennent à coeur. Je nomme ici Mme Sylvie Noël.
Cette femme d'exception a su, au fil des
30 dernières années, s'impliquer dans une multitude de causes et
associations qui font que la circonscription de Maskinongé est un endroit si
merveilleux à vivre. Mme Noël s'est plus particulièrement impliquée pour
la Fondation des étoiles, dont elle était bénévole pour les 20 dernières
années, mais aussi pour le Relais de la vie pour la Société canadienne du
cancer pour la MRC de Maskinongé.
Et maintenant,
depuis plus 13 ans, elle oeuvre à ce que l'équipe de hockey de la région
de Maskinongé, en séries actuellement, le Bellemare de
Louiseville dans la ligue sénior AAA du Québec, soit une organisation bien structurée par son implication et son dévouement.
Par son engagement
et sa constante fidélité à se démarquer dans la communauté, Mme Sylvie
Noël mérite nos salutations et nos applaudissements. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Maintenant, je
cède la parole à Mme la députée de Taschereau.
Mme Dorion : Merci,
Mme la Présidente. Cher CAPVISH,
bonne fête! C'est un honneur de vous avoir avec nous, dans cette
Assemblée, aujourd'hui.
Le CAPVISH
est un organisme qui fait avancer les droits des personnes
handicapées et qui a 40 ans aujourd'hui.
Et je leur ai
demandé : Pour votre anniversaire, vous voudriez que je dise quoi, qu'est-ce qu'il est important que je dise dans cette Chambre en votre nom? Et ils
m'ont dit : On a une liste de mesures simples qui pourraient grandement
améliorer notre vie et qui ne sont pas si compliquées. Un plan d'urgence pour
prévoir des mesures pressantes comme celles-ci, l'augmentation du nombre de
logements applicable au Programme de supplément au loyer, un service de recherche de logements privés accessible aux
personnes à mobilité réduite, un assouplissement des règles et critères pour
la qualification des appartements au Programme de supplément au loyer, des
mesures d'incitation pour les locateurs à
livrer davantage de logements accessibles et adaptés se qualifiant
pour un programme de supplément au loyer et une bonification du
Programme d'adaptation de domicile pour permettre aux locataires d'adapter leur
logement, c'est ainsi qu'ils peuvent développer une pleine autonomie.
Merci, bonne fête et continuez votre bon
travail! C'est un honneur encore une fois de vous avoir.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Et nous vous souhaitons la
bienvenue à l'Assemblée nationale. Maintenant, je cède la parole à M. le
député de Chauveau.
Lévesque (Chauveau) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je souligne
aujourd'hui le rôle important au sein
du diocèse de Québec d'un natif de Notre-Dame-des-Laurentides, Mgr Martin
Laliberté, nommé évêque auxiliaire à la fin de 2019 par le pape
François.
La foi est
une affaire de famille chez les Laliberté, car son père Claude et son frère
Daniel ont, eux aussi, été très actifs à l'intérieur de l'Église catholique.
Après des années d'études à l'Université Laval et à l'Université Saint-Paul
à Ottawa, il est ordonné prêtre en 1995.
Avant même de devenir prêtre, il est missionnaire à Haïti et ensuite au Brésil
après son ordination. C'est donc après
pratiquement 30 ans comme missionnaire qu'il est de retour chez lui, où il
a, à ce moment, la responsabilité du
diocèse avec Mgr Marc Pelchat durant l'absence du cardinal Cyprien Lacroix.
Comme le démontre son parcours, Mgr Laliberté est un homme de terrain et
près des gens.
Félicitations pour votre dévouement et votre
parcours admirable! Nous vous souhaitons le meilleur pour les nombreuses années
à venir. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député.
Maintenant, pour clore cette rubrique de déclarations, je cède la parole
à Mme la députée de Prévost.
Mme Blais (Prévost) : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens à souligner le travail exemplaire de l'organisme
Entraidons-nous, dont l'une des fondatrices habite dans ma circonscription.
Fondée en 2018, Entraidons-nous est un réseau
sociothérapie créé par et pour les personnes atteintes de maladies dégénératives comme le parkinson. Leur
mission est d'aider la population à mieux comprendre cette maladie et d'encourager les gens qui en sont atteints à
exercer leur pouvoir d'agir plutôt que de subir pour ainsi démontrer que
la vie ne s'arrête pas à un diagnostic. Cet
organisme permet aux gens atteints de troubles neurologiques de briser
l'isolement en faisant des activités
cognitives et sportives qui répondent à leurs besoins. L'important est de
rester actif et de s'investir pour vivre une vie riche et équilibrée.
Aux fondateurs, Chantal Pelletier, Nadia
Tagliabracci, ici présentes, Linda Bérard, François Guérin, Pierre Croteau,
merci pour votre implication. Vous avez toute mon admiration.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Et nous vous souhaitons, à vous aussi, la
bienvenue à l'Assemblée nationale. Ceci met fin à la rubrique des
déclarations de députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 51)
Le Président : Mmes et MM.
les députés, bon jeudi. Nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : M. le Président,
permettez-moi de déposer les versions française et anglaise des propositions d'amendements au projet de loi n° 51, Loi
visant principalement à améliorer la flexibilité du régime d'assurance
parentale afin de favoriser la conciliation famille-travail. Merci, M.
le Président.
Le Président : Le document
est donc déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions présentées en Chambre le 21 novembre par la députée de
Mille-Îles et le 6 février par la députée d'Abitibi-Ouest. Merci, M. le
Président.
Le Président : Ces documents
sont déposés.
Pour ma part, je dépose des décisions du Bureau
de l'Assemblée nationale.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions encore, M. le président de la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
et député de Masson.
M. Lemay :
M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles qui, les 18 et 20 février, 10 et
20 mars 2020, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 48, la Loi visant
principalement à contrôler le coût de la taxe foncière agricole et à simplifier
l'accès au crédit de taxes foncières agricoles. La commission a adopté
le texte du projet de loi avec des amendements.
Le Président : Ce rapport est
déposé.
Nous en sommes à la rubrique Dépôt de pétitions.
Je reconnais le député de Masson. M. le député.
M. Lemay : Bien sûr. Alors, je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
199 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Et les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que la politique de l'adaptation scolaire, adoptée en 1999, a comme objectif
l'intégration des élèves handicapés en difficulté d'adaptation ou
d'apprentissage — EHDAA;
«Considérant que cette politique a pour objectif
d'aider l'élève handicapé ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage à
réussir sur les plans de l'instruction, de la socialisation et de la
qualification;
«Considérant
que cette réussite éducative peut se traduire différemment selon les capacités
et les besoins des élèves;
«Considérant
que de nombreux parents doivent se battre pour que les services, les
adaptations et la compréhension soient respectés par les directions
d'école, les spécialistes et les enseignants;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'évaluer la mise en place de
la politique de l'adaptation scolaire par
les écoles du Québec afin de les inciter à apporter les changements nécessaires
à son application.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 114 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la grossophobie est définie
comme — et je
cite — "l'ensemble
des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses, en surpoids ou
obèses" et qu'il s'agit d'un phénomène accepté socialement;
«Considérant
que cette discrimination est en grande
partie basée sur la croyance que le
poids corporel est le fruit de choix personnels, malgré que la science
ait démontré le contraire;
«Considérant
que [...] l'Organisation mondiale de la santé — l'OMS — la discrimination envers les personnes
grosses a des effets socioéconomiques
importants sur ces individus, notamment au niveau de l'accès et de la qualité
des soins de santé, de l'emploi, de la rémunération et du taux de
diplomation;
«Considérant
que, selon l'OMS, la stigmatisation des personnes grosses, notamment par leurs
proches et dans les médias, contribue
à l'isolement social de celles-ci ainsi qu'à la détérioration de leur santé en
plus d'augmenter leurs chances de développer différents problèmes de
santé physique et psychologique;
«Considérant
que la discrimination liée à l'apparence et/ou à des caractéristiques physiques
est déjà considérée illicite à
plusieurs endroits, soit en France, en Espagne, en Finlande, au Michigan, à
Washington DC et à San Francisco;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec de modifier l'article 10 de la Charte
des droits et libertés de la personne afin
d'y inclure la discrimination basée sur tout critère lié à l'apparence
physique, incluant la taille et/ou le poids des individus.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 622 pétitionnaires.
Désignation: citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le bateau [Héritage] I, construit en 1973 et toujours [...] bien
entretenu par la corporation de navigation des Basques, gérée par le
milieu, a besoin de travaux sur la structure avec le remplacement de certaines
plaques d'acier qui sont en fin de vie utile;
«Considérant
que plus de 38 000 personnes ont utilisé la traverse pendant la
saison 2019, qui a été prolongée pour répondre à la demande
croissante, entre autres en raison des déboires de la Société des traversiers
du Québec;
«Considérant
que le service de la traverse est apprécié des voyageurs, qui peuvent réserver
à l'avance leur voyage et vivre une expérience de traversée unique;
«Considérant
que les communautés riveraines de la traverse doivent déjà composer avec des
défis énormes en ce qui a trait à la démographie, l'économie et
l'emploi;
«Considérant que la
traverse permet des échanges d'une rive à l'autre et est un moteur d'activités
dans [une communauté] que rien ne pourrait remplacer;
«Considérant
que la traverse Trois-Pistoles—Les Escoumins a été le lien maritime le plus fiable, et parfois l'unique
lien maritime, en 2019 entre la Côte-Nord et le Bas-Saint-Laurent;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«Qu'il
octroie les sommes nécessaires pour les réparations sur L'Héritage I dans
l'urgence, avant que la saison 2020 ne soit totalement compromise;
«Qu'il
s'engage à maintenir le service de traversier entre Trois-Pistoles et Les
Escoumins dans une éventuelle révision de la couverture des services de
traversier dans l'Est du Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Rousseau.
Thouin : Merci, M. le Président. Au nom de ma collègue la députée de
Les Plaines, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 158 pétitionnaires.
Désignation: citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits
invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, selon une étude réalisée en 2014 par l'Université du Colorado, le risque
d'infarctus du myocarde et [des] crises cardiaques augmente d'environ
25 % durant la semaine qui suit un changement d'heure;
«Considérant
que d'autres études indiquent que le changement d'heure augmente le risque
d'accident de la route de 8 % au
printemps [...] de 16 % [à l']automne et que les enfants font plus
d'activité physique lorsqu'il fait clair plus tard le soir;
«Considérant
que le changement d'heure est un signe d'une importante perturbation sur notre
rythme biologique et que la
consommation de médicaments, notamment les psychotropes, [augmente] de
19 % au moment du changement d'heure;
«Considérant
que la Saskatchewan ne change jamais d'heure et que la Colombie-Britannique
veut mettre fin à cette pratique et maintenir l'heure avancée de manière
permanente;
«Considérant qu'aux États-Unis, au moins
30 États ont récemment déposé un projet de loi pour mettre fin au
changement d'heure ou en étudier ses effets;
«Considérant que les effets négatifs sur le
moral de tous sont bien présents à l'automne;
«Considérant
qu'on ne peut pas négliger les nombreuses études scientifiques sur les effets
néfastes du changement d'heure sur la santé;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'être parmi les provinces
avant-gardistes, et [abolir] le changement d'heure, et rester à l'heure
avancée, et ce, pour la santé de tous.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé. M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 286 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant
que la pertinence des bonis après rémunération dans le domaine public et
parapublic doit être remise en cause;
«Considérant
que des primes de toutes sortes sont présentement versées sans véritable
fondement et/ou selon des conditions hautement discutables;
«Considérant
que, selon un [...] rapport de la Vérificatrice générale du Québec, il existe
un manque flagrant de rigueur au niveau de ces mêmes primes, bonis et
politiques de rémunération offerts aux hauts dirigeants;
«Considérant
que le total de ces sommes pourrait être réinvesti dans les services de
première ligne, directement aux citoyens, aux usagers, aux clients;
«Considérant, [...]entre autres, une meilleure
qualité de vie dans le secteur public peut être avantageusement comparée à la
rémunération qui prévaut dans le secteur privé;
«Considérant
que certains groupes d'employés, à travers leurs conventions collectives, aient
choisi ce mode de rémunération et
qu'il pourrait facilement, à l'échéance de ces dernières, être remplacé par un
autre mode plus transparent et équitable;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«De mettre un terme à ces pratiques, avec
diligence, le plus rapidement possible;
«D'encadrer et de clarifier les politiques de rémunération
dans toutes les sphères de l'État;
«De mettre à
jour les politiques et les décrets permettant de toucher [les] primes offertes
aux hauts dirigeants en s'assurant de servir le bien commun et non
uniquement l'individu qui la perçoit.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé. À nouveau, M. le député de Rosemont.
Marissal : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 552 pétitionnaires.
Désignation : citoyens, citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant qu'il y a des lacunes importantes en matière de protection des renseignements personnels de la part de divers organismes
et entreprises privées;
«Considérant le nombre croissant de vols d'identité au Québec
et l'impact que ce méfait engendre dans la vie des citoyens;
«Considérant le Code criminel et la
Loi sur la
faillite et l'insolvabilité;
«Considérant le manque de connaissances flagrant
en matière de fraude de la part de la population;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'amender la
Loi sur
la protection du consommateur et infliger des amendes exemplaires aux entreprises
délinquantes ayant fait l'objet de vol de données et dont leur négligence est
en cause;
«D'obliger les
personnes reconnues coupables de fraude de rembourser leurs victimes sans avoir
des moyens d'éviter à leurs obligations;
créer une carte d'identité provinciale, émise par le Directeur de l'état
civil, comportant certains éléments de sécurité,
obligeant les institutions financières à vérifier la carte d'identité du
consommateur avant d'avoir accès à l'instrument de crédit pour lequel il
a fait la demande au préalable;
«De proposer un programme
de formation sur la fraude dans les institutions d'enseignement et en milieu de
travail. L'objectif de cette formation
viserait à sensibiliser et à éduquer les consommateurs sur ce qu'est la fraude,
le vol et l'escroquerie.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci,
M. le Président. Alors, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
1 259 pétitionnaires.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que des problématiques de vivre-ensemble telles que l'intimidation, le harcèlement, le vandalisme et [les bruits exagérés] sont
observées dans plusieurs habitations;
«[Concernant] que les problématiques ci-dessus mentionnées relèvent souvent de
relations interpersonnelles et
peuvent parfois être difficiles à prouver avec des pièces justificatives;
«Considérant
que la politique de transfert de l'Office municipal d'habitation de
Québec — OMHQ — n'a pas été révisée et modifiée par
le conseil d'administration depuis janvier 2013;
«Considérant
que le comité de sélection de l'OMHQ, composé de cinq membres, ne comprend
qu'un seul membre élu par les locataires;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«De modifier la Loi
sur la Société d'habitation du Québec afin d'encadrer la mise en place d'une
politique de harcèlement, ainsi que d'un plan de communication pour la
promouvoir auprès des résidents dans tous immeubles de logements sociaux;
s'assurer que le processus de plaintes de l'OMHQ soit plus convivial afin que
les résidents se sentent bien accompagnés et ne soient pas seuls à
porter le fardeau de la preuve;
«Que
la politique de transfert de l'OMHQ s'assouplisse dans les cas où la santé
physique ou mentale ou la sécurité du locataire est compromise et que le
lien entre la situation et le logement a été établi;
modifier le Règlement sur l'attribution des logements à loyer modique afin
d'assurer que le comité de sélection soit composé à 50 % de membres
élus par les locataires.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Et cet extrait de pétition est déposé. J'ai reçu
une demande de M. le député de René-Lévesque pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement
pour la présentation de la pétition? M. le député de René-Lévesque, à
vous la parole.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par
4 989 pétitionnaires, désignés citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le bateau [Héritage] 1, construit en 1973 et toujours très bien
entretenu par la corporation de navigation
des Basques, gérée par le milieu, a besoin de travaux sur la structure avec le
remplacement de certaines plaques d'acier qui sont en fin de vie utile;
«Considérant
que plus de 38 000 personnes ont utilisé la traverse pendant la
saison 2019, qui a été prolongée pour répondre à la demande
croissante, entre autres en raison des déboires de la Société des traversiers
du Québec;
«Considérant
que le service de la traverse est apprécié des voyageurs, qui peuvent réserver
à l'avance leur voyage et vivre une expérience de traversée unique;
«Considérant
que les communautés riveraines de la traverse doivent déjà composer avec des
défis énormes en ce qui a trait à la démographie, l'économie et
l'emploi;
«Considérant
que la traverse permet des échanges d'une rive à l'autre et est un moteur
d'activités dans nos communautés que rien ne pourrait remplacer;
«Considérant
que la traverse Trois-Pistoles—Les Escoumins a été le lien maritime le plus fiable, et parfois
l'unique lien maritime, en 2019 entre la Côte-Nord et le
Bas-Saint-Laurent;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«Qu'il
octroie les sommes nécessaires pour les réparations sur L'Héritage 1 dans
l'urgence, avant que la saison 2020 ne soit totalement compromise;
«Qu'il
s'engage à maintenir le service de traversier entre Trois-Pistoles et
Les Escoumins dans une éventuelle révision de la couverture des
services de traversier dans l'Est du Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est maintenant déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole au chef de l'opposition officielle.
Arcand :
M. le Président, depuis hier, le nombre de cas de coronavirus a malheureusement
doublé au Québec. Nous entrons
présentement dans une phase inévitable d'accélération. Nous devons ralentir
cette progression pour éviter un engorgement massif de notre système de santé.
Et les experts, M. le Président, sont clairs, le meilleur moyen pour y arriver est de dépister rapidement les nouveaux
cas. Actuellement, l'analyse des tests de dépistage est concentrée dans
seulement quelques centres. Il faut donc rendre disponibles ces tests de
dépistage sur l'ensemble du territoire. La population,
M. le Président, doit avoir accès rapidement à des prélèvements et aux
résultats. C'est urgent. Demain, le premier ministre a un rendez-vous incontournable avec le gouvernement fédéral.
Ça prend un plan de match concret, des demandes concrètes. L'Italie a
perdu le contrôle en seulement quelques semaines. Nos voisins du Sud sont
rendus à prendre des décisions drastiques. Hier, ils ont fermé les portes à
l'Europe.
premier ministre peut-il nous dire ce qu'il compte demander au
fédéral demain pour assurer la sécurité des Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, d'abord, je veux remercier le chef de l'opposition officielle pour sa collaboration,
pour le ton de sa question.
Je pense, c'est important que les 125 élus ici, on travaille ensemble. Les prochains mois vont
être très difficiles, très difficiles pour notre réseau de la santé, très
difficiles pour l'économie du Québec. En plus, les deux prochaines semaines
vont être critiques du côté de la santé. Donc, il faut effectivement avoir des
dépistages qui soient les plus accessibles, les plus rapides possible. On
continue d'ouvrir des cliniques. Donc, la
partie santé, c'est la partie,
là, qui est la plus prioritaire. Évidemment, on va avoir des annonces à faire
du côté économique aussi.
Oui,
demain, il y a une rencontre à Ottawa avec tous les premiers ministres des
différentes provinces et le premier ministre
du gouvernement fédéral. On va discuter, entre autres, de la situation
concernant nos frontières. On ne peut pas rester sans réponse à l'annonce importante qui a été faite hier par le
président des États-Unis. Évidemment, on va discuter aussi de financement, c'est-à-dire les coûts
additionnels au réseau de la santé, les compensations qui seront à donner aux
personnes qui perdent leur emploi, l'aide pour les entreprises qui auront des
difficultés dans les liquidités, puis les mesures aussi d'accélération...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...de certaines mesures, entre autres, dans les infrastructures.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand :
M. le Président, on est en présence d'une pandémie, et le Québec n'est pas
d'une autre planète. Nos voisins, eux, ont des fonds pour outiller les
entreprises, pour limiter les dégâts. Ils ont un plan de match pour la tenue
d'événements, pour les restrictions aux frontières, pour le transport intérieur
et pour les travailleurs en isolement.
Alors, M. le
Président, c'est quoi, grosso modo, le plan de match du premier ministre?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, bien, comme je le disais, d'abord, la priorité, c'est la
santé. Donc, à 11 h 45, ce matin, j'aurai l'occasion de répéter des directives qu'on a déjà données,
d'ajouter des recommandations pour les Québécois, entre autres les Québécois qui ont voyagé à l'étranger. Et, M.
le Président, actuellement, on travaille déjà sur un plan de soutien économique
pour les individus, pour les entreprises puis pour l'économie
en général, puis il
y aura des annonces au cours des prochains jours.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Arcand :
M. le Président, ce matin, les experts sur le terrain font des demandes. Entre
autres, la Fédération des médecins
spécialistes veut un plan global d'isolement des voyageurs, limiter les
déplacements et limiter les rassemblements. Ce sont, à mon avis, des
questions légitimes.
Qu'est-ce
que le premier ministre va également faire dans les CHSLD? Doit-on également en
faire davantage dans nos frontières? Doit-on promouvoir davantage le
télétravail?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui, M. le Président. Tous les sujets qui ont été touchés par le chef de
l'opposition officielle seront touchés
dans la conférence de presse à 11 h 45, donc quelles sont les mesures
concernant l'isolement des personnes, en particulier les personnes qui travaillent, dans nos réseaux public et
privé, auprès des personnes âgées. On aura aussi de nouvelles directives
concernant les rassemblements, surtout les rassemblements à l'intérieur. Il y
aura aussi des mesures additionnelles qui seront envoyées non seulement aux
CHSLD, mais à tous les centres privés où il y a des personnes âgées.
Le Président :
Troisième complémentaire.
M. Arcand :
M. le Président, l'Ontario, les États-Unis sont sur un pied d'alerte. La santé
publique recherche des dizaines d'utilisateurs du métro de Montréal. Des
dizaines d'employés de l'Hôpital Notre-Dame sont actuellement en quarantaine.
Ma question est très
simple : Êtes-vous d'accord avec nous qu'on doit préciser maintenant à
chaque jour les directives aux citoyens?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui, M. le Président, je suis d'accord avec le chef de l'opposition officielle.
J'ai annoncé hier qu'il y aura maintenant
une conférence de presse à chaque jour. Donc, évidemment, les consignes vont
évoluer. Qu'est-ce qu'on fait avec
nos écoles? Qu'est-ce qu'on fait avec tous les voyages à l'étranger? Qu'est-ce
qu'on fait avec nos frontières? Les
choses vont évoluer parce que les deux prochaines semaines vont être critiques.
Donc, il faut tout faire, tout le monde ensemble, pour éviter qu'on se
retrouve dans une situation, par exemple, comme on connaît en Italie.
Le Président :
Question principale, M. le député de Pontiac.
M. Fortin :
Oui, M. le Président. La ministre de la Santé nous répète depuis des semaines
maintenant que le gouvernement est prêt, que toutes les mesures nécessaires
sont en place pour faire face même aux plus alarmistes des scénarios. Mais heureusement on n'en est pas là.
Il y a seulement neuf cas confirmés de coronavirus au Québec, mais déjà les ressources ne suffisent pas. La
ligne 8-1-1, c'est la ligne où le gouvernement dirige tous les Québécois
qui pensent avoir des symptômes du
coronavirus. Partout, sur toutes les tribunes, on dit aux Québécois : Si
vous avez des symptômes, appelez le
8-1-1. Mais hier la ligne 8-1-1 était à la limite de l'inaccessible. Le
temps d'attente moyen était de 48 minutes. Des citoyens ont dit attendre plus de 1 h 30 min, ce qui
est le temps d'attente en ce moment. D'autres citoyens ont dit avoir dû
appeler deux, trois, quatre fois avant de finalement pouvoir rejoindre
quelqu'un.
Diriger
des citoyens inquiets, malades, potentiellement contagieux vers une ligne
téléphonique engorgée pendant des heures, ça ne marche pas. La ministre
doit régler le problème tout de suite.
Combien de ressources additionnelles elle
prévoit ajouter aujourd'hui?
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Oui. M. le Président, effectivement, c'est un service majeur,
là, pour la situation qu'on vit actuellement avec le coronavirus. On a eu une
augmentation très importante des appels, et nous y voyons maintenant. À partir d'aujourd'hui, le service va être
amélioré, on va ajouter 20 postes, graduellement, le plus rapidement
possible parce qu'il faut donner cette réponse le plus rapidement
possible à la population.
On sait
que le 8-1-1, c'est là qu'on appelle quand on a des symptômes, qu'on est
inquiet, quand on revient de voyage, par
exemple, et qu'on pense qu'on pourrait avoir le COVID-19. Et là on a une
évaluation par une infirmière, qui va nous diriger, si tel est le cas, si c'est nécessaire, vers une clinique,
quand il y a des cliniques dans le secteur où on habite, ou vers un hôpital, à l'urgence. Et cette infirmière
va prévenir l'urgence ou la clinique, va prendre un rendez-vous à la clinique
ou va prévenir l'urgence de l'hôpital que la personne va venir pour avoir un
test du COVID-19.
Alors, on va faire ces améliorations très
rapidement, M. le Président, et le délai va s'améliorer.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député.
Fortin : M. le Président,
mettez-vous deux secondes dans la peau du citoyen, là. Lui, il est malade, il
ne file pas bien, son gouvernement
lui dit : Appelez le 8-1-1, on est prêts, on va vous recevoir, c'est la
place où le faire. Alors, il prend le
téléphone, il attend 10, 20, 30, 40, 50, 60 minutes, on est rendu à
1 h 30 min, M. le Président. J'entends ce que la ministre
nous dit. Aujourd'hui, elle a fait le constat qu'elle a besoin de
20 ressources supplémentaires.
Hier, on a
posé la question, sans réponse. Mais c'est quoi, le temps d'attente qu'elle
souhaite? Parce qu'à partir de 10, 15, 20 minutes il y a des
citoyens qui raccrochent.
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann : Oui. M. le Président,
on est conscients qu'il y a un certain temps, là, que les gens sont prêts à
attendre mais qu'il ne faut pas dépasser. Alors, notre objectif, c'est vraiment
d'avoir une réponse, là, la plus rapide possible
au 8-1-1. On a aussi un autre numéro, hein, qui est à Services Québec, qui est
le 1 877 644-4545. Et, moi, ce que je veux dire aux citoyens, c'est que, si c'est pour des informations
générales, appelez au numéro 877 644-4545, parce qu'il faut garder le 8-1-1 vraiment pour des gens
qui sont inquiets de leurs symptômes. Et le service va être plus rapide
très rapidement.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député.
Fortin : M. le Président, la
ministre va faire une annonce tantôt, mais, si elle fait une annonce
aujourd'hui, après que le problème
est survenu, c'est clairement que, la ligne 8-1-1, on n'était pas prêts au
volume d'appels. Le 8-1-1, là, c'est
la première ligne, c'est le premier test du gouvernement. Ensuite, ça va être
les centres de dépistage, là où passent les citoyens après le 8-1-1. Celui
ouvert à Québec hier, il était déjà à pleine capacité. Si ça continue, ils ne
seront pas suffisants, eux non plus. Puis ensuite ça va être les hôpitaux.
Est-ce qu'on a assez de lits d'hospitalisation? Si on se prépare vraiment au
pire scénario, combien on en a besoin?
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
McCann : Oui. M. le Président, c'est sûr qu'on va ouvrir aussi
d'autres cliniques de dépistage. On en a de prévues, dans les prochains jours, pour Laval. Sainte-Justine vient d'en
ouvrir une, également Vaudreuil. On en a une déjà en Montérégie qui
ouvre lundi, et on en a une à Québec, puis il y en a une à Montréal également.
Mais
effectivement le service de première ligne est majeur, on va améliorer le
8-1-1. Et on se prépare, on a un plan,
M. le Président, pour les services hospitaliers avec les différentes
possibilités de citoyens qui seraient affectés par le coronavirus.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : M. le Président, le 27 février dernier, nous avons eu le
premier cas probable de coronavirus ici, au Québec. Il a fallu attendre une semaine plus tard pour avoir une lettre
de la part du sous-ministre de l'Éducation, une lettre qui
malheureusement ne comportait pas de directive claire.
conséquent, il y a un certain flou qui s'est installé dans le réseau de
l'éducation. Et, quand je dis «flou», c'est, par conséquent, qu'on a eu plusieurs mesures disparates à travers le
réseau. Par exemple, une enseignante en provenance d'Italie a pu
retourner dans sa classe avant de finalement être retournée à la maison. Dans
une autre école, 18 élèves en provenance
de Chine sont retournés à l'école pour finalement, deux jours plus tard, se
faire dire : Retournez à la maison. Et je peux continuer ainsi.
Clairement, on a besoin d'un ministre qui envoie une directive claire, non
équivoque.
sait très bien que la situation évolue de jour en jour, d'heure en heure, mais
à l'heure actuelle on veut avoir une mesure claire, non équivoque et
uniforme pour l'ensemble du réseau scolaire.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
Roberge : Merci bien. Je partage cette préoccupation avec ma collègue.
Effectivement, tout le monde doit avoir l'heure juste et la même
information, c'est pour ça que la lettre est
partie dimanche. On s'entend bien
qu'entre dimanche et jeudi les choses ont
évolué. Cependant, tout le monde a eu cette même information, tout le monde a
eu cette information que les gens qui proviennent de pays ciblés comme
étant à risque doivent rester à la maison pour une quarantaine... en fait, c'est une quinzaine, on parle de deux semaines,
que ce soient des élèves ou des membres du personnel. Donc, cette mesure
est appliquée.
Il y a
d'autres mesures qui s'en viennent parce
que, écoutez, on suit les consignes de sécurité publique, l'éducation comme les autres réseaux. Mais, quand je dis
«éducation», c'est aussi enseignement supérieur. On se conforme à toutes
les mesures qui vont nous permettre de
protéger le Québec, les Québécois et nos réseaux. On sait que, dans nos écoles,
il y a beaucoup de gens qui se rassemblent.
On ne veut pas que ce soit un endroit de propagation, on veut que ce soit un
endroit sécuritaire.
donc hier soir encore le sous-ministre discutait avec des directions générales,
qui posent des questions, on est là pour répondre aux questions. La
directive, elle était claire, dimanche, elle était limpide...
Le Président :
En terminant.
M. Roberge : ...et il y en aura d'autres parce que la
situation a évolué depuis. Une autre lettre très claire sera envoyée
très bientôt.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée.
Mme Rizqy :
M. le ministre, je ne veux pas m'obstiner avec vous sur les mots.
Rizqy : Par contre, ici, dans votre lettre, ce n'est pas marqué
«doivent», c'est une recommandation. Et même que l'Italie n'est pas recommandée pour une isolation immédiate, alors
que c'est le deuxième pays où on a vu les risques d'éclosion les plus importants, en ce moment, sur
l'échelle mondiale. Je demande au ministre d'établir un protocole très strict, de l'envoyer de façon immédiate, parce que
de toute évidence c'est loin d'être clair, et aussi d'établir un registre
des voyageurs pour être en mesure de vraiment s'assurer d'où viennent tout
notre personnel.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, un protocole très clair est en préparation, il sera envoyé
incessamment.
Une chose qui a
changé aussi, depuis dimanche, et il y a une autre lettre qui est
partie hier,
qui a été envoyée de la Santé publique,
c'est ce qui concerne les voyages scolaires. Donc, ce n'était pas le cas,
dimanche, mais maintenant c'est bien
clair, il n'y a plus de voyage d'élèves, il n'y a plus de voyage d'étudiants.
On peut faire des voyages à l'intérieur du Québec, à l'intérieur du Canada, mais ce qui était prévu comme
visites, comme visites scolaires ou comme voyages, où des fois des gens s'impliquent pour faire de
l'aide humanitaire, tout ceci est annulé jusqu'à nouvel ordre, la directive
est très claire.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée.
Rizqy : M. le Président, en ce moment, ce qui est indiqué, c'est qu'on
vous recommande de vous isoler, et je cite, on vous déconseille des
voyages. Ici, ce n'est pas une indication claire où est-ce qu'on vous dit
clairement : Annulez certains voyages
dans ces pays à haut risque. On vous demande que, si vous êtes de retour, par
exemple, de Chine, d'Italie... de
vous isoler immédiatement, pas de laisser ça à la discrétion individuelle.
Aujourd'hui, l'heure est à l'action.
Le Président :
M. le ministre à l'Éducation.
Roberge : M. le Président, la situation évolue, et une nouvelle
directive sera envoyée aujourd'hui. Parce que ce que ma collègue nous dit, c'était la directive de dimanche, une
nouvelle directive sera envoyée aujourd'hui. Pour ce qui est des voyages, c'est
très, très clair, là, que ce soient les missions, les voyages étudiants, donc,
à la fois pour le personnel mais aussi, évidemment, les élèves, les
étudiants. On a mis un frein à tout ça. Et on suit la situation et, à chaque fois que ça change, on précise et on
l'envoie à tout le monde, avec une communication unique à tout le réseau,
qui sera suivie. Je pense que les Québécois peuvent être rassurés.
Le Président :
Question principale, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
M. le Président, ma question au gouvernement va commencer par une question à l'ensemble
des collègues ici présents. Levez la main si
dans une ancienne job ou dans celle-ci vous êtes déjà rentrés au travail alors
que vous étiez un peu malades, que
vous aviez une petite toux. Soyez honnêtes, soyez honnêtes, c'est déjà
arrivé à tout le monde. Ça, ça
porte un nom, c'est un phénomène étudié et documenté, ça s'appelle le
présentéisme.
Mais,
moi, si je tousse, j'ai le choix de rester chez nous parce que je n'ai aucune
conséquence financière, parce que je
suis un député. Pour beaucoup de travailleurs, c'est moins facile. Quand les
normes du travail te permettent seulement deux congés de maladie rémunérés par année, en prendre un troisième,
c'est un pensez-y-bien. À mesure que le COVID-19 se propage, beaucoup de gens vont se poser une question difficile :
Est-ce que je vais au travail ou est-ce que je reste chez nous?
Rappelons
que les experts parlent d'une période d'incubation et de contagion pouvant
s'étaler sur plusieurs jours. Notre travail à nous, c'est que les gens
arrêtent de se poser la question et restent chez eux, si nécessaire.
Quel
est le plan du ministre du Travail pour lutter contre le présentéisme et
prévenir la propagation du coronavirus au travail et en route vers le
travail?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : Oui. M. le Président, je pense que le député
d'Hochelaga-Maisonneuve a tout à fait raison. Il y a des personnes qui ont l'habitude, quand ils ont une
grippe, d'aller quand même travailler. Et actuellement, à cause de la situation,
il faut que ces personnes-là restent à la maison.
Donc,
évidemment, il faut être capable de compenser financièrement les personnes qui
restent à la maison. Je demande au député d'Hochelaga-Maisonneuve d'être
patient, on va, dans les prochaines heures, être capables d'annoncer des mesures. Mais je suis tout à fait d'accord
avec lui, il faut que les personnes n'aient aucune raison, là, d'aller
travailler, s'ils ont des symptômes ou s'ils reviennent de voyage à
l'étranger, d'être obligées d'aller travailler pour des raisons financières puis de risquer d'infecter d'autres
personnes. Donc, je suis tout à fait d'accord avec lui. Je lui demande juste
d'être un peu patient, on va annoncer des mesures qui répondent à cette
préoccupation.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député.
Leduc : C'est des bonnes nouvelles, M. le Président. Le gouvernement
fédéral a déjà agi, on a appris ce matin qu'il allait bonifier
l'assurance-emploi. Ça, c'est pour les gens qui sont malades. Il faut aussi
agir en prévention. Prévenir, ça veut
dire, au travailleur qui pense être malade : Reste chez toi, va vérifier,
tu n'auras pas à t'inquiéter pour ta fin de mois. C'est le message que
j'entends. J'imagine qu'on aura des résultats similaires dans la présentation
plus tard.
Donc,
notre levier à nous, ce sont les normes du travail. Est-ce que le ministre va
considérer de bonifier rapidement le nombre de congés de maladie
rémunérés?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Boulet : Merci, M. le Président. Évidemment, le phénomène du
présentéisme est important. Moi, je réitère les propos du premier ministre : Il faut, dès qu'on détecte des
symptômes, éviter d'être en contact avec des collègues de travail. Et, quand vous référez à la
Loi sur les
normes du travail, il y a déjà des droits, pour les salariés, de ne pas être
présents au travail, de ne pas se
rendre au travail, et il y a des périodes de temps qui sont prévues, pouvant
aller jusqu'à 26 semaines, au-delà
des deux jours dont faisait état mon collègue. Il faut faire attention, il faut
prévenir, il faut être extrêmement prudents. On est extrêmement
sensibles à la situation...
Président : En terminant.
M. Boulet :
...et on va prendre toutes les mesures qui s'imposent. Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
Leduc : M. le Président, il y a les travailleurs, travailleuses qui
sont malades, mais il y a aussi leurs proches. Si c'est sa mère, son conjoint
ou sa fille qui présentent des symptômes, c'est le même dilemme qui se pose,
c'est le même choix déchirant d'aller travailler ou de rester chez soi
pour s'occuper d'un proche. Je comprends qu'il y a des annonces. Ça me réjouit, on a hâte de les voir en détail. S'ils font un
projet de loi d'urgence pour y travailler, bien, le premier ministre et
l'ensemble du gouvernement peuvent compter sur notre collaboration.
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Boulet : Merci, M. le Président. J'apprécie le commentaire de mon
collègue. Évidemment, nous n'avons que des
intérêts communs. Tout ce qui concerne le coronavirus nous interpelle tous,
dans cette Assemblée. Nous allons faire tout ce qui s'impose. Et les salariés peuvent être rassurés, on va les
accompagner. Les entreprises, la même chose. Nous demeurons en contact avec les entreprises, les
associations patronales, les syndicats et on aura un plan d'action qui sera
cohérent, qui sera complet et qui permettra au Québec d'être à l'avant-plan de
ce qui doit se faire dans le contexte actuel. Merci, M. le Président.
Le Président :
Question principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, le monde vit des heures difficiles. Les
Québécois et les Québécoises sont inquiets face à une menace sournoise
et grandissante. Comme nation, on devra être forts, on devra être préparés, on
devra être responsables, on devra être patients.
Je veux profiter de
l'occasion qui m'est donnée pour saluer le fier personnel du réseau de la santé
du Québec, qui est déjà à pied d'oeuvre pour nous soigner, pour s'assurer que
ça se passe bien dans les circonstances.
On devra tout mettre
à contribution pour passer à travers cette crise, cette pandémie, mais il se
trouve que certains moyens ne sont pas à la
disposition du Québec. Le Québec ne contrôle pas ses frontières, c'est un
pouvoir qui est dévolu à une autre nation, la nation canadienne.
Aujourd'hui, je veux demander au premier ministre s'il va appuyer notre motion qui demande expressément qu'on puisse tester les voyageurs qui arrivent à
l'aéroport Dorval et qui arrivent à nos frontières quotidiennement, surtout ceux qui proviennent
de pays où il y a un enjeu sensible
quant à cette pandémie. Il me semble que cette demande urgente devrait
être accueillie par le gouvernement fédéral pour protéger notre population,
pour protéger notre nation.
Alors,
cette motion, elle est déposée, et j'aimerais entendre du premier ministre s'il
considère, lui aussi, que c'est une mesure que son homologue fédéral,
qu'il rencontrera demain, devrait appliquer dans les prochaines heures.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, d'abord, je veux remercier le chef du deuxième groupe
d'opposition pour sa proposition, les propositions qu'il nous fait,
qu'il pourra nous faire dans les prochaines semaines.
suis d'accord aussi avec lui qu'il faut saluer, encourager tout le personnel du
réseau de la santé, qui vivra des périodes difficiles. On a besoin d'eux
autres, on a besoin de vous autres dans le réseau de la santé.
Concernant les frontières, évidemment, c'est une
préoccupation que j'ai, surtout suite à la décision qui a été prise par le président des États-Unis hier. Je ne
pense pas, par contre, que c'est le temps d'aller jouer de façon unilatérale
avec les autres provinces
puis avec le gouvernement canadien. On a l'occasion de se voir demain. C'est un
sujet important, qui va être à
l'ordre du jour. Je pense qu'il ne faut absolument pas exclure de fermer nos
frontières à certains voyages. Donc,
ça sera discuté demain. Mais, je pense, c'est important qu'on en discute,
plutôt que d'imposer de façon unilatérale notre point de vue.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, en tout respect pour le premier ministre, il s'agit ici de
tester et non de fermer. Pour les
nôtres qui sont sur notre territoire, qui sont inquiets et qui pourraient
éventuellement avoir cette fatalité d'être atteints de ce virus, et je pense particulièrement aux
enseignants et aux enseignantes, qui se questionnent à l'effet que, s'ils se
placent elles-mêmes ou eux-mêmes en
quarantaine, est-ce qu'ils seront privés de salaire, ça a été évoqué depuis le
début de la journée, est-ce qu'on a l'assurance
que, pour les employés de l'État, il n'y a pas de problème pour payer ces
personnes?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
Oui. M. le Président, il faut être prudent, quand on parle de tester aux
aéroports, parce que, selon le
directeur de la santé publique, un voyageur pourrait être testé négatif et,
deux jours plus tard, être testé positif. Ce qui est important, c'est de dire clairement à tous les
voyageurs qui arrivent de vérifier les symptômes et, au besoin, d'aller se
faire tester. Donc, M. le Président, c'est ce qu'on va discuter aussi avec le gouvernement
fédéral pour que toutes ces informations soient données dans tous les
aéroports.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du troisième groupe.
M. Bérubé : M. le Président, je
vais préciser à nouveau : Dans le cas de la Chine, dans le cas de
l'Italie, je ne prendrais aucune chance avec
l'ensemble des passagers. Maintenant, les moyens à la disposition du
gouvernement du Québec pour faire face économiquement à cette crise, si
d'aventure le gouvernement devait faire une mise à jour précipitée de son budget pour s'ajuster à cette crise puis aux moyens
nécessaires, il peut compter sur notre collaboration. Je l'invite à considérer cette option, compte tenu
des sommes importantes qui devront être engagées pour s'assurer que
notre nation puisse continuer à vivre collectivement.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
Oui. M. le Président, je pense qu'il faut distinguer isolement à l'arrivée des
passagers et tester les passagers. Je
pense, c'est important, effectivement, de se poser la question : Est-ce
que tous les passagers devraient être isolés ou non? Évidemment, là, on
aura l'occasion de répondre à cette question-là. C'est une très bonne
proposition.
Maintenant, j'accueille avec beaucoup de plaisir
l'appui du chef de la deuxième opposition pour des budgets additionnels, parce qu'effectivement on a une
réserve des 14 milliards, puis il y a des possibilités qu'on soit obligés
d'en utiliser une
partie rapidement.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, des aînés de mon comté m'ont
parlé du crédit d'impôt de soutien à domicile qu'ils reçoivent.
Imaginons Mme Tremblay, qui a un faible revenu de 18 000 $ par
année puis qui reçoit son petit chèque de
770 $ par mois. Saviez-vous qu'il y a 300 000 aînés autonomes
comme elle qui ont peu de revenus puis qui ont un trop faible retour du
gouvernement? Comme la grande, grande majorité des aînés, ils souhaitent rester
chez eux, dans leur chez-soi, tant que la santé le permettra.
J'ai voulu
changer tout cela avec mon collègue de Robert-Baldwin et le réseau national des
OBNL d'habitation. Nous avons
travaillé à changer le calcul du crédit d'impôt pour soutien à domicile afin
qu'il tienne compte du revenu des personnes,
pour donner davantage aux personnes plus vulnérables. Le 4 mars, lors d'un
reportage de TVA, nous avons fait la
demande de 104 millions au gouvernement. Dans le fond, Mme Tremblay,
là, avec cette proposition, elle aurait 924 $ de plus dans ses
poches. Ça compte.
Le budget est déposé. Est-ce que la ministre
peut nous dire...
Président : Mme la ministre responsable des Aînés et des
Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, j'aime beaucoup la question de ma
collègue de Fabre parce qu'effectivement c'est une préoccupation. Et actuellement il y a toute une équipe qui
travaille sur la révision du crédit d'impôt pour maintien à domicile des personnes âgées de 70 ans et
plus. Ce crédit d'impôt n'a pas été révisé depuis quelques années, mais nous
travaillons et nous voulons faire en sorte qu'il soit modifié.
Cette
année, lors du budget, le ministre des Finances a vraiment fait un pas de géant
concernant le crédit d'impôt pour les
personnes proches aidantes, qui était demandé, et nous avons aussi réalisé
notre engagement, demandé par plusieurs organismes de personnes âgées, de pouvoir aller jusqu'à
2 500 $ pour le crédit d'impôt. Et, vous savez, les budgets ne sont pas terminés, et nous sommes très conscients
que nous devons améliorer les conditions de vie des aînés. Et, dans le
budget, il y a eu beaucoup d'amélioration pour nos personnes âgées.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée. Vous êtes la seule à avoir la parole.
Mme Sauvé :
M. le Président, ici, je ne parle pas du crédit d'impôt pour les proches
aidants, je parle du crédit d'impôt pour le soutien à domicile. Le
19 mars 2019, extrait d'une lettre au ministre des Finances que je
déposerai : «...je [souhaite]
solliciter votre collaboration afin que nous puissions travailler de concert à
l'amélioration de l'aide fiscale pouvant être apportée aux personnes en
perte d'autonomie, [...]ainsi qu'aux plus démunis financièrement.
«[...]il m'apparaît
opportun que la révision de ce crédit d'impôt constitue la première priorité.»
Et c'est signé : «La ministre...»
Président : Y a-t-il consentement pour le dépôt du document?
Consentement. Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches
aidants.
Blais (Prévost) : Oui, M. le Président. Écoutez, ma collègue vient de
dire : On ne parle pas du crédit d'impôt pour les proches aidants. Pourtant, ça a été demandé, puis il me semble
qu'on devrait se réjouir d'avoir un crédit d'impôt moins compliqué, plus
simple, un crédit d'impôt qui s'adresse à toutes les personnes âgées de
18 ans et plus. Il me semble qu'on devrait se réjouir.
Maintenant,
je me pose la question, à savoir : Pour quelle raison, lorsque le Parti
libéral du Québec était au pouvoir, il n'a pas modifié le crédit d'impôt
pour les personnes aînées concernant le maintien à domicile?
Le Président :
S'il vous plaît! On s'adresse à la présidence.
Blais (Prévost) : Vous ne l'avez pas revisé depuis plusieurs années,
et nous sommes en train de le faire, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire. La parole appartient au député de Robert-Baldwin.
Leitão : Merci, M. le Président. Alors, nous parlons du crédit d'impôt
pour maintien à domicile. Pour nous, ce crédit d'impôt, présentement, est inéquitable parce qu'il ne tient pas
compte des différences de revenus entre les aînés. Des marges de manoeuvre, il y en a avait au
budget, M. le Président, et le gouvernement aurait pu prioriser cet enjeu. Nous
travaillions sur une réforme de ce crédit
d'impôt au printemps 2018. Est-ce que le ministre des Finances peut maintenant
compléter ce travail?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Girard (Groulx) : Bien, merci, M. le Président. Et merci pour la
question. Et c'est clair qu'au niveau des crédits d'impôt des aînés la situation que nous avons
obtenue est un peu complexe, là, on en totalisait plus de 14, avec des
différents volets. Et donc la réforme
des crédits d'impôt aux aînés, c'est un travail complexe, qui implique
plusieurs groupes. Et là, cette
année, avec ce budget, ce qu'on a fait, c'est s'occuper du crédit d'impôt pour les
proches aidants. Il y avait quatre volets, il y en a deux maintenant.
problématique du crédit d'impôt de maintien à domicile, nous la reconnaissons,
nous en sommes conscients, vous la reconnaissez, et c'est sûr qu'on veut
s'en occuper. Il faudra attendre un prochain budget.
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci, M. le Président. Depuis des mois, on se mobilise pour
démontrer une autre urgence, celle d'augmenter
les services pour les victimes de violence conjugale. En décembre, la pression
était tellement forte que le premier
ministre a senti le besoin de confier officiellement le dossier à la ministre
de la Condition féminine, qui était déjà pourtant en charge de mettre en oeuvre le plan d'action contre la
violence conjugale. J'ai rencontré la ministre, j'étais certaine qu'elle avait compris l'urgence de la
situation. Et, dans les médias, elle a elle-même élevé les attentes envers le
budget. Mais, quand on place la barre haute, il faut être capable de
sauter par-dessus, et, dans le budget, on apprend qu'il n'y a absolument aucune
nouvelle place en maison d'hébergement, aucune.
Je reconnais
qu'il y a une augmentation du financement, mais les ressources étaient
tellement précaires que c'est à peine
ce que ça prenait pour les maintenir ouvertes. Il y a des dizaines de milliers
de femmes, l'année dernière, qui se sont fait refuser des places dans les maisons d'hébergement parce qu'il n'y
en avait pas suffisamment, des femmes qui se sentent en danger chez
elles au point d'appeler à l'aide.
Comment la ministre peut penser qu'elle a agi
pour mettre en sécurité ces femmes si elle n'ouvre aucune nouvelle place en
maison d'hébergement?
Le Président : Mme la
ministre de la Condition féminine.
Charest : Oui, merci, M. le Président. Merci pour la question. En
fait, ce qu'on a fait, avec ce plan d'action pour lutter contre les violences conjugales, c'est qu'on a plus que
doublé le montant qui était déjà octroyé pour voir de quelle façon on va améliorer la condition des
femmes. Donc, d'une part, le financement pour les maisons d'hébergement a augmenté de 40 %, et, d'autre part,
d'autres mesures... parce qu'on sait que, oui, il faut absolument sécuriser les
femmes qui sont dans l'urgence
d'avoir des services, mais il y a aussi d'autres mesures qui doivent être mises
en place pour sécuriser les femmes,
je pense notamment aux cellules d'intervention, je pense aussi aux premiers
répondants dans les CIUSSS et dans
les CISSS, alors différentes mesures qui sont mises en place. Alors,
181 millions qui ont été ajoutés aux 86 millions qui
existaient déjà pour lutter contre les violences conjugales.
Alors, on va
voir de quelle façon on va optimiser ces ressources avec les maisons
d'hébergement, parce que je pense que le travail doit se faire de concert avec
les intervenants qui sont sur le terrain. Mais je vous garantis qu'on a
travaillé de façon concertée pour faire en sorte de sécuriser les femmes parce
qu'on a vu l'urgence d'agir.
Le Président : Première complémentaire,
Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : J'ai parlé à la maison
d'hébergement de Sherbrooke. Juste chez nous, c'est une trentaine de nouvelles
places que ça prendrait, en maison d'hébergement, pour répondre à la demande,
qui est passée de 2 000 à 3 200 appels
l'année dernière. L'urgence pour les nouvelles places, elle est là maintenant,
mais on ne peut pas en créer avec un
financement qui n'est pas récurrent, c'est confirmé seulement pour cinq ans. Si
on veut vraiment pérenniser les services,
est-ce que la ministre peut nous confirmer aujourd'hui que le financement qui
est annoncé, il va être récurrent et va s'ajouter à la mission globale
des organismes?
Le Président : Mme la
ministre responsable de la Condition féminine.
Charest : Oui, merci, M. le Président. Je pense que, dans une optique
d'urgence, la première chose qu'on a
faite, c'est vouloir dégager des sommes pour pouvoir agir maintenant avec les
maisons d'hébergement, avec les différents intervenants. Alors, je le répète, 181 millions qui s'ajoutent aux
86 millions qui étaient déjà octroyés pour lutter contre les
violences conjugales.
Maintenant,
la façon dont ce sera déployé, bon, évidemment, il faut travailler avec la SHQ,
avec la Santé, avec la Sécurité
publique, avec différentes personnes. On va voir comment de nouvelles places
vont pouvoir être octroyées aussi.
Mais, dans un premier temps, ce qu'on voulait faire, c'est de sécuriser les
femmes, de leur donner des ressources pour pouvoir appeler quelqu'un si
elles sont en danger.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée.
Mme Labrie :
...ce qu'on fait avec des fonds qui ne sont pas récurrents? On fait des projets
qui sont temporaires, par exemple des projets de sensibilisation, qui
attirent encore plus de demandes vers les centres d'hébergement. Mais on ne
peut pas ouvrir des nouvelles places avec des fonds qui ne sont pas récurrents.
Moi, je vais
répéter ma demande parce que c'est très important, la réponse de la ministre va
orienter ce que les organismes vont
faire avec les fonds : Est-ce que les fonds annoncés dans le budget, ils
vont être récurrents et ajoutés au financement à la mission des
organismes?
Le Président : Mme la
ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Charest :
Oui, merci, M. le Président. Bien, d'une part, je répète, la première priorité,
c'était de sécuriser les femmes, mais
il y a une portion aussi du budget, donc 17 millions, qui sont pour la
récurrence des fonds. Alors, dans un premier temps, la première chose,
c'est de sécuriser les femmes. Dans la récurrence des fonds, bien, on travaille
là-dessus aussi parce que, justement, on ne
veut pas être dépendants des plans d'action. Alors, il y a une portion qui a
été prévue. Mais, je le répète, notre première priorité, c'est de faire
en sorte que les femmes soient en sécurité.
Le Président : Question
principale, M. le député de Viau.
M. Benjamin :
M. le Président, la tragédie entourant le décès de la jeune Athéna Gervais, en
mars 2018, suite à une consommation excessive d'une boisson sucrée alcoolisée
avait bouleversé tout le Québec. Ça fait plus d'un an que l'opposition officielle interpelle le gouvernement
sur l'urgence de la situation. Aujourd'hui, les experts en santé publique
mais surtout les parents d'adolescents et
d'enfants d'âge mineur sont inquiets, inquiets par le manque d'empressement
démontré par ce gouvernement pour intervenir et prévenir les intoxications à
l'alcool chez nos jeunes.
M. le
Président, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux a mentionné à
maintes reprises, et je le cite : «Le
cannabis, ce n'est pas banal.» Je renchéris alors, M. le Président, que
l'alcool non plus n'est pas un produit banal.
Est-ce que le
ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux ou la ministre de la
Sécurité publique peuvent nous dire
quand ils comptent agir et finalement procéder à la révision des règlements sur
la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de
boissons alcoolisées sucrées?
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Merci. Merci, M. le Président. Merci au collègue
de Viau. Ça fait quelques fois qu'il m'interroge là-dessus. C'est un sujet, effectivement, très important. À la suite du
décès de la jeune Athéna Gervais, mais même en général aussi, on sait que plusieurs de nos jeunes ont été affectés par
des histoires de boisson, dans le passé. Et, comme le sait aussi le député, avant même notre arrivée,
donc, son propre gouvernement ou, du moins, le précédent gouvernement formé par son propre parti avait déjà retiré certaines boissons alcoolisées très
populaires chez nos jeunes des tablettes des épiceries et de la Société des
alcools du Québec aussi. Donc, déjà, il y avait
un premier pas intéressant qui avait été fait par le précédent gouvernement en retirant ces produits de nos tablettes. Et, comme il le sait probablement aussi, la Régie des alcools,
des courses et des jeux pilote un
comité important formé de tous les partenaires concernés directement ou indirectement par la question, qui devait se pencher, entre autres choses, sur
ce qu'on appelle la promotion croisée, la publicité croisée, entre
autres, qui fait en sorte que de
l'alcool aussi peut être vendu de manière, disons, peut-être
excessive, entre autres, chez nos jeunes. Donc, ce comité va me remettre
son rapport très,
très bientôt, dans les prochaines
semaines. J'aurai l'occasion d'en rendre compte et, par la suite...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault :
...de prendre les décisions sur la base du contenu de ce rapport.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci,
M. le Président. Ce qu'on demande à
ce gouvernement, c'est de poursuivre, c'est de compléter les gestes qui ont déjà été amorcés. Saviez-vous
qu'entre sept et 14 jeunes sont hospitalisés par jour, au Québec,
pour des raisons d'intoxication à
l'alcool? La consommation de ces boissons est un véritable fléau chez nos
jeunes. Ça fait plus d'un an qu'on demande au gouvernement d'agir. C'est un gouvernement qui fonctionne à
vitesse variable. Il s'empresse de relever l'âge du cannabis mais demeure
passif sur la consommation excessive des boissons alcoolisées. Pourquoi,
et ma question s'adresse au ministre
de la Santé... délégué aux Services
sociaux, pourquoi la sourde oreille
aux parents et aux...
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Merci beaucoup, M. le Président. Bien, je suis d'accord avec le
collègue de Viau, c'est très inquiétant,
c'est même alarmant de constater qu'encore des jeunes sont intoxiqués de
manière abusive par l'alcool ou autres produits,
d'ailleurs. Mais, comme je lui ai dit, on est en train de travailler... en fait, on a travaillé, puisque le comité arrive
à la fin de ses travaux, un comité que
réunit, entre autres, Éduc'alcool, qui réunit les producteurs d'alcool,
les vendeurs d'alcool, les
fournisseurs, les tenanciers de bar, qui réunit énormément de gens concernés
par la vente d'alcool au Québec
sur, entre autres, la publicité
relative à l'alcool, la disponibilité de l'alcool sur nos tablettes. Je l'ai
dit et je le redis, et le député peut
en prendre un certain crédit, puisque son gouvernement avait déjà franchi un pas important en retirant certains
produits de nos tablettes...
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault : ...qui sont très populaires chez les jeunes, on
va continuer d'en faire plus, puis j'aurai le rapport...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Bien, justement, relativement à ce comité-là qui a été mis en place en décembre
2018, l'institut de la santé publique a quitté la table. Et je la
cite : «Le comité a perdu de vue l'objectif initial qui était de trouver
des solutions pour éviter que des cas comme
celui d'Athéna Gervais se reproduisent.» Fin de la citation. Alors, quand vous
dites que ce comité va nous remettre le rapport
dans les prochaines semaines, j'espère que vous allez tenir compte que
l'institut de la santé publique a quitté la table. Alors, nous attendons
clairement de savoir ce que vous allez faire pour protéger les enfants.
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann : Oui. M.
le Président, je veux rassurer la collègue.
Certainement que c'est un dossier de santé publique, c'est clair que c'est un dossier de
santé publique. Et effectivement la Direction de la santé publique, l'institut
de la santé publique se penchent actuellement activement sur le dossier et vont faire des recommandations dans le
cadre des travaux dont ma collègue de la Sécurité publique a parlé. Et
donc c'est un dossier de santé publique sur lequel la direction et l'institut de santé publique se penchent, et des
recommandations vont nous être transmises en lien avec la sécurité
publique au printemps.
Le Président :
Question principale, Mme la députée d'Acadie.
Mme St-Pierre : Merci,
M. le Président. M. le Président, je
veux attirer votre attention sur une situation totalement
inhumaine que vit un résident de ma circonscription à la suite d'une décision de la Société d'assurance automobile du Québec. M. Marcel Dubeau a
subi, en 2006, un grave accident de voiture lors d'un face-à-face dont il n'était
pas responsable sur le pont Jacques-Cartier et qui l'a laissé tétraplégique. À
46 ans, sa vie a complètement basculé.
Après détermination,
et avec une force de caractère incroyable, et l'aide d'un physiothérapeute,
M. Dubeau a réussi à faire quelques
progrès lui donnant un peu de mobilité, ce qui lui permettait de continuer de
demeurer à son domicile adapté à sa
condition. Or, une décision inattendue de la SAAQ a décidé de ne plus couvrir
ses frais, sous prétexte qu'il n'y a
plus d'amélioration possible, contrairement à l'avis de son médecin, selon
lequel la physiothérapie a des impacts positifs sur sa santé mentale et
aide à éviter l'apparition de douleurs chroniques.
J'ai
écrit au ministre des Transports le 12 décembre dernier afin qu'il ordonne à la
SAAQ de reconsidérer cette décision. Qu'a-t-il à dire à...
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel : Oui, M.
le Président, je suis bien au fait de
la situation de ce monsieur. Mon équipe a travaillé avec le monsieur en question, avec le bureau de
comté de la députée. C'est un dossier qui est complexe, qui n'est pas évident
et qui est, dans une certaine mesure, judiciarisé. La députée me demande
d'intervenir aux dépens de la SAAQ pour favoriser
une décision, je conviens, qui n'est pas acceptable peut-être
pour le monsieur ni pour la députée, mais, encore une fois, je ne peux demander à la SAAQ de changer
cette décision quand le député... pas le député, mais le monsieur en question peut très, très bien être devant le
Tribunal administratif pour contester cette décision qui, je le sais, n'est pas
adéquate et acceptable pour lui.
Alors, j'en conviens,
que ça peut être extrêmement difficile à accepter pour le monsieur, mais je
continue, encore une fois, de travailler pour être capable de trouver une piste
de solution pour réconforter, encore une fois, cet homme qui accepte
difficilement la décision de la SAAQ.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée.
Mme St-Pierre : M. le
Président, M. Dubeau ne pouvait
pas marcher, et maintenant c'est possible à l'aide d'une marchette. Bien que cela ne le rende pas autonome,
cette amélioration est très significative pour lui. Sans traitements, sa
situation va régresser, il va se retrouver au CHSLD.
M. Dubeau
a logé, effectivement, un appel au Tribunal administratif, ce qui peut
prendre des mois. M. le ministre
peut-il ordonner à la SAAQ de maintenir des traitements en attendant cette
décision?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel : M. le
Président, c'est un dossier qui est
très complexe. Il y a beaucoup de gens qui nous écrivent, à mon ministère, pour changer des décisions que la SAAQ pourrait
prendre ou a prises concernant certains citoyens qui se considèrent
lésés face à une décision de la Société de l'assurance automobile du Québec.
y a des suivis avec le Tribunal administratif qui sont possibles.
Malheureusement, je sais que ce seront des délais qui seront peut-être inacceptables pour la députée
et pour le monsieur en question, mais il faut suivre ce processus. Je ne
peux répondre à toutes les personnes qui m'écrivent parce que vous comprendrez
que ce serait impensable, mais je vais tout
faire pour être capable de supporter ce monsieur. On l'accompagne, on a parlé
au bureau de circonscription de la députée pour leur expliquer comment
on procède et on...
Le Président :
Mme la députée, deuxième complémentaire. Mme la députée.
Mme St-Pierre :
M. le Président, M. Dubeau nous écoute présentement de son domicile. Il
refuse de se retrouver dans un CHSLD, car les petits gains qu'il avait
réussi à faire vont s'estomper, sans traitements de physiothérapie.
décision de la SAAQ est insensée et inhumaine. En lui refusant de défrayer les
coûts de ses traitements, la SAAQ s'apprête à briser à nouveau la vie de
cet homme. M. le ministre, vous pouvez agir.
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Bonnardel :
M. le Président, je comprends que certaines décisions peuvent être
difficilement acceptables pour certains citoyens qui se considèrent
lésés face aux engagements que la Société de l'assurance automobile du Québec devrait avoir face à des accidentés de la route.
Je l'ai répété, on a accompagné ce monsieur, on lui a parlé, on a parlé au
bureau de circonscription. Je sais, Mme la députée, vous m'avez donné le
dossier, ce dossier a été acheminé à mon équipe
pour être capable de voir de quelle façon on pouvait travailler pour aider ce
monsieur. Oui, je sais que c'est très, très long, je sais qu'il y a un
processus administratif aussi que le monsieur pourrait suivre, je sais que,
pour lui, c'est difficilement acceptable,
mais, dans les circonstances, on se doit de tout faire pour l'accompagner et
être capables de lui donner des réponses adéquates et le suivi adéquat.
Le Président :
Ceci met fin à la période de questions et de réponses orales. Merci à tous.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, puisqu'il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique des motions sans
préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, je vais
céder la parole à M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Bérubé :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec
la ministre de la Santé et des Services sociaux, le chef de l'opposition
officielle, la cheffe du deuxième groupe d'opposition et la députée de
Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Canada de mettre en place un
véritable protocole de détection du
coronavirus (COVID-19) chez toutes les personnes entrant au Canada en outillant
notamment le personnel des services frontaliers.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Maintenant,
y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle
adoptée? M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : Mme
la Présidente, en remplacement de notre leader, je demande le vote par appel
nominal.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : C'est très bien. Alors, nous
avons une demande de vote par appel nominal, et je crois que nous pouvons passer au vote immédiatement. Que les
députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. LeBel (Rimouski), Mme Hivon (Joliette),
M. Gaudreault (Jonquière), M. Roy (Bonaventure),
M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Chassé (Châteauguay),
M. Girard (Groulx), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson), M. Simard (Montmorency), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), M. Roberge (Chambly), M. Bonnardel
(Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson), M. Carmant
(Taillon), Mme Blais (Prévost), M. Caire (La Peltrie),
M. Lefebvre (Arthabaska), M. Dubé (La Prairie),
Mme Laforest (Chicoutimi), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Skeete (Sainte-Rose), Mme Hébert (Saint-François),
M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx
(Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Julien (Charlesbourg), Mme Proulx
(Côte-du-Sud), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Émond (Richelieu),
M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle (Huntingdon), M. Chassin
(Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger (Orford), Mme Picard
(Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle), M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois), Mme Dansereau (Verchères),
M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin (Rousseau), M. Tremblay (Dubuc),
Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Campeau (Bourget), Mme Tardif
(Laviolette—Saint-Maurice), M. Caron (Portneuf), Mme Grondin
(Argenteuil), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Girard (Lac-Saint-Jean),
M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal
(Beauce-Nord), M. Jacques (Mégantic).
M. Arcand (Mont-Royal—Outremont), M. Leitão (Robert-Baldwin),
M. Barrette (La Pinière), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre (Acadie), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Rousselle (Vimont),
Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), M. Fortin (Pontiac), Mme Nichols
(Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley
(Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis), M. Benjamin (Viau),
M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Sauvé (Fabre), Mme Rizqy
(Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).
Mme Massé
(Sainte-Marie—Saint-Jacques),
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Zanetti
(Jean-Lesage), Mme Labrie (Sherbrooke), Mme Ghazal (Mercier),
M. Marissal (Rosemont), Mme Dorion (Taschereau), M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve).
Mme Fournier
(Marie-Victorin).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il des députés contre
cette motion ou des abstentions?
Alors, Mme la
secrétaire générale, pour le résultat du vote.
La Secrétaire : Pour : 101
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un instant. Je crois que M. le chef du troisième groupe d'opposition s'était levé. C'est pour la même
chose, j'imagine? Non?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Très bien. Alors, est-ce qu'il y a consentement
pour permettre à Mme la députée d'Iberville d'enregistrer son vote? Consentement?
Mme la députée d'Iberville.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Bon, d'accord, c'est très
bien. Alors, il y a consentement pour permettre à tout le monde d'enregistrer son vote.
Le Secrétaire adjoint : M. Ouellet
(René-Lévesque), M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Samson (Iberville),
M. Tanguay (LaFontaine), M. Nadeau-Dubois (Gouin).
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, pour le résultat du vote final, Mme la
secrétaire générale.
La Secrétaire : Pour : 106
Contre :
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée. Et je cède la
parole à M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Donc, on aimerait transmettre une copie rapidement, pour la rencontre de demain, au premier ministre du Canada ainsi qu'aux chefs des partis fédéraux à la
Chambre des communes, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, et je peux confirmer que ce
sera fait.
Maintenant, pour la prochaine motion, je vais
céder la parole à Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin : Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de
Vaudreuil, la députée de Sherbrooke, la députée de Joliette
et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale exprime sa profonde sympathie aux proches
d'Océane Boyer qui est décédée dans des circonstances tragiques le
26 février [dernier];
«Qu'elle affirme sa solidarité avec les communautés
d'Argenteuil et particulièrement de Lachute qui ont été fortement ébranlées par
ce tragique événement;
«Qu'elle réitère notre devoir à tous de protéger
nos enfants;
«Qu'enfin, les membres de cette Assemblée
observent une minute de silence en sa mémoire.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Consentement, sans débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Je vais vous demander
de vous lever afin que nous puissions observer une minute de silence à
la mémoire d'Océane Boyer.
• (11 h 12 — 11 h 13)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Et nous
allons passer à la prochaine motion sans préavis, et je cède la parole à Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci, Mme la Présidente. Je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le député de Rimouski et la députée de
Marie-Victorin :
«Considérant que nous
vivons présentement une crise du logement au Québec et qu'à
titre d'exemple le
taux d'inoccupation des logements dans le Grand Montréal est à 1,5 %, une
première en quinze ans;
«Considérant
que l'impact du marché locatif à court terme de type Airbnb amplifie la
diminution de logements disponibles;
«Considérant
que les évictions suite à des rénovations sont une problématique grandissante
qui contribue aussi à la crise du logement;
«Considérant
que les investisseurs étrangers occupent une
partie du marché résidentiel,
principalement à Montréal, ce qui contribue également à la rareté des
logements disponibles;
«Considérant qu'à Montréal seulement près de
23 000 ménages sont sur une liste d'attente pour un logement à l'Office
municipal de l'habitation;
«Considérant
que la situation est urgente et qu'il est essentiel de réunir l'ensemble des
intervenants du milieu de l'habitation afin de discuter de solutions
globales et cohérentes pour résorber la crise actuelle;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement caquiste de mettre sur pied un
grand sommet national sur l'habitation en utilisant au besoin les
technologies appropriées, et ce, au plus tard le 30 avril prochain.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Pour la prochaine motion, je vais reconnaître Mme la
députée de Mercier.
Ghazal : Mme la Présidente, je demande le consentement de la Chambre
pour débattre de la motion suivante conjointement avec le député de
La Pinière, le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée de
Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que les usagers du train de Deux-Montagnes
subiront un arrêt de service
dès le 30 mars prochain;
«Qu'elle
constate que les mesures d'atténuation mises en place vont doubler le temps de
transport des usagers;
«Qu'elle
constate que plusieurs usagers seront contraints de prendre leur voiture et que
cela provoquera plus de congestion, donc plus de pollution;
«Qu'elle
reconnaisse que la situation a un impact majeur sur la vie professionnelle, sur
la vie familiale et sur la santé mentale des citoyens et [des] citoyennes;
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement de reporter la
fermeture du tunnel Mont-Royal jusqu'à
ce que des mesures d'atténuation
convenables, notamment des temps de déplacement raisonnables, soient
mises en place.» Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Mercier. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Pour la prochaine motion sans préavis, je vais céder la
parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Schneeberger :
Oui, alors, Mme la Présidente, je demanderais le consentement pour déroger de
l'article 84.1 de notre
règlement afin de déposer une motion de consultations particulières donnant
suite à une entente entre les leaders et les députés indépendants...
projet de loi n° 50, pour prévenir la question.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, une motion sans
préavis ayant déjà été
présentée par votre groupe parlementaire, je demande s'il y a consentement pour permettre la lecture d'une
deuxième motion. Il y a consentement. La parole est à vous.
M. Schneeberger : Oui, alors, Mme la Présidente, je fais
motion, conformément à l'article 146 du règlement de l'Assemblée
nationale, afin :
«Que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles dans le cadre du projet de loi n° 50, Loi
concernant la location d'une
partie des forces hydrauliques de la rivière
Shipshaw, procède à des consultations
particulières et tienne des auditions publiques le mercredi 25 mars 2020
après les affaires courantes jusqu'à 12 h 30, [et] de 15 [...] à
18 heures;
«Qu'à cette fin, la commission entende les
personnes et organismes suivants : ville de Saguenay, MRC du Fjord-du-Saguenay, Syndicat Unifor, Centre de
recherche sur les matériaux renouvelables, Produits forestiers Résolu;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires
répartie de la manière suivante : 6 minutes pour le groupe parlementaire
formant le gouvernement,
4 minutes au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, [et] une minute au
deuxième [et] troisième groupe d'opposition;
«Que la durée maximale de l'exposé de
chaque organisme soit [d'une durée] de 10 minutes et l'échange avec les
membres de la commission soit d'une durée
[...] de 35 minutes partagées ainsi : 17 minutes 30 [au] groupe
parlementaire formant le gouvernement, 11 minutes 40 [au groupe
parlementaire formant] l'opposition officielle, 2 minutes 55 [...]
pour le deuxième [et] troisième groupe d'opposition;
«Que le ministre de
l'Énergie et des Ressources naturelles soit membre de ladite commission pour la
durée [de son] mandat.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, je me
dois de vous demander s'il y a consentement pour débattre de cette
motion.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, la motion est adoptée.
Nous
allons maintenant passer aux avis touchant les travaux, et je vais recéder la
parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui, alors, j'avise cette Assemblée que la Commission des finances publiques
poursuivra l'étude détaillée du projet de
loi n° 23,
Loi sur la dénomination et les responsabilités de certains
ministres et de certains ministères
et édictant la
Loi sur le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs,
aujourd'hui, à compter de 15 heures ou immédiatement au terme de la
réplique du représentant du troisième groupe de l'opposition, conformément au
quatrième alinéa de l'article 87 du règlement de l'Assemblée nationale, jusqu'à
18 heures, à la salle Pauline-Marois;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 43, Loi modifiant la
Loi sur les
infirmières et les infirmiers et d'autres dispositions afin de favoriser
l'accès aux services de santé, aujourd'hui, à compter de 15 heures ou
immédiatement au terme de la réplique du représentant du troisième groupe d'opposition, conformément au quatrième alinéa de
l'article 87 du règlement de l'Assemblée nationale, jusqu'à 18 heures,
ainsi que le mardi 17 mars 2020, de 10 à midi, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 44, Loi visant principalement la gouvernance
efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser
l'électrification, aujourd'hui, à compter de 15 heures ou immédiatement au
terme de la réplique du représentant du troisième groupe d'opposition, conformément au quatrième alinéa de
l'article 87 du règlement de l'Assemblée nationale, jusqu'à 18 heures,
à la salle Marie-Claire-Kirkland, ainsi que le mardi 17 mars, de 10 à midi, à
la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission de l'économie et du travail entreprendra les consultations
particulières sur le projet de loi n° 51, Loi visant principalement
à améliorer la flexibilité du régime d'assurance parentale afin de favoriser la
conciliation famille-travail, le mardi 17 mars, de 10 à 11 h 45,
à la salle Pauline-Marois. Voilà, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Pour ma part, je vous
avise que la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs se
réunira en séance de travail aujourd'hui, de
13 heures à 15 heures, à la salle Pauline-Marois, afin d'organiser
les travaux de la commission.
ailleurs, je vous avise que la Commission de l'aménagement du territoire se
réunira le mardi 17 mars 2020, à la
salle Marie-Claire-Kirkland, en séance de travail, de 9 h 30 à 10 h 30,
afin de préparer les auditions publiques dans le cadre du mandat sur
l'étude du rapport sur la mise en oeuvre de la
Loi sur l'éthique et la
déontologie en matière municipale déposé en
février 2019 à l'Assemblée nationale, et en séance publique, de 10 h 30
à midi, afin de procéder à des consultations particulières et auditions
publiques sur ce même rapport.
Nous
en sommes maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux des
commissions.
Alors, s'il n'y a pas de demande de
renseignements, je vous informe qu'il y aura sanction du projet de loi n° 57, Loi n° 1 sur les crédits, 2020‑2021,
aujourd'hui, à 14 heures, au bureau de Son Honneur le lieutenant-gouverneur.
Je vous rappelle que, lors de
l'interpellation prévue pour demain, vendredi 13 mars 2020, M. le député de
Rimouski s'adressera à Mme la ministre déléguée au Développement
économique régional sur le sujet suivant : Le manque de vision et l'obsession
du gouvernement pour la centralisation nuisant au développement économique de
nos régions.
Je vous avise de plus que
l'interpellation prévue pour le vendredi 20 mars 2020 portera sur le sujet
suivant : La nécessité d'assurer
la protection du caribou forestier au Québec. Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue s'adressera alors à M. le
ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour.
aux affaires du jour, aux affaires prioritaires, à l'article 1 du feuilleton,
l'Assemblée entreprend le débat sur la
motion de M. le ministre des Finances proposant que l'Assemblée approuve la
politique budgétaire du gouvernement.
Conformément à l'article 273 du
gouvernement, je cède la parole au représentant de l'opposition officielle, en
lui rappelant que son temps de parole
est d'une durée maximale de deux heures. Alors, M. le député de Robert-Baldwin,
la parole est à vous.
M. Leitão : Très
bien, Mme la Présidente, merci beaucoup. Deux heures, alors on va y aller
rondement parce que... Et ça, Mme la
Présidente, je dois vous dire que ce n'est pas une chose à dire à un
économiste, qu'il a deux heures pour parler, parce que ça risque de prendre
ce temps-là.
M. Leitão :
Même pour un avocat, bien sûr, surtout pour un avocat.
Mais allons-y, commençons. Plusieurs
choses, bien sûr, qu'on doit mentionner sur ce budget. Je vais parler d'abord,
donc, d'une introduction de ce qui est les
équilibres budgétaires, on va parler d'économie, on va parler de santé, on va
parler d'environnement, on va parler de
dette, de contrôle de la dette, et puis à la fin on amènera une conclusion
générale.
En tout début, en partant, j'aimerais
revenir sur mes propos d'hier ici, en période de questions, et qui ont soulevé
un certain intérêt de la part de nos
collègues de la
partie gouvernementale. J'avais dit, hier et aussi en
conférence de presse, que je trouvais
que ce budget avait été déposé et il était déjà périmé lors de son dépôt et
que, si c'était moi, bien, j'aurais reporté
ce budget. Ça a généré, encore là, certaines réactions de la part de nos
collègues. Je dois vous dire que je l'aurais reporté, bien sûr, mais de quelques semaines. Je n'étais pas pour le
reporter aux calendes grecques, loin de là. Je l'aurais reporté de quelques semaines pourquoi, Mme la
Présidente? Parce que, présentement, nous sommes en pleine période de
très grande incertitude.
a vu, encore aujourd'hui, encore ce matin, en cette période de questions, M. le
premier ministre qui nous a dit, lors
d'une de ses réponses à notre chef,
que les prochains mois seront très difficiles pour l'économie
du Québec. Donc, ça,
c'est le climat actuel dont nous nous trouvons. D'ailleurs, ne serait-ce
qu'aussi ce matin, Mme la Présidente, le ministre
des Finances lui-même a dit, en conférence de presse... Vous
savez, ce n'est pas mon habitude de lire ces choses dans les petits écrans, je suis plutôt
une personne papier, mais je m'adapte, je m'adapte, alors c'est pour ça que ça a pris un peu de temps
pour amener le texte à l'écran. Alors, M. le ministre des Finances, ce matin,
en point de presse, tel que rapporté par le journal La Presse ,
il dit que, maintenant, il n'exclut pas de faire un déficit et que, donc, il
est prêt à intervenir, et tout ça, et qu'en
effet il trouve que la croissance de 2 % de l'économie du Québec est à
risque — ce sont
ses termes — et
qu'à ce stade-ci il faut donc s'attendre à avoir la croissance... un rebond, mais
plus tard.
Donc,
tout ça pour dire quoi, Mme la Présidente? Tout ça pour dire que le moment
était vraiment venu, le 10 mars, de
prendre une petite pause, de repenser à nos équilibres budgétaires. J'avais
aussi demandé, en début de semaine, qu'on mette en place une réserve pour... pas une réserve, une provision pour
éventualités à la hauteur de 1 milliard de dollars. Parce que c'est très clair qu'aujourd'hui on peut
penser à plusieurs programmes, mais il y a tellement d'autres choses qu'on
n'aurait pas dépensé le milliard tout de
suite, mais que cette action-là de mettre en place une provision pour
l'éventualité de 1 milliard de
dollars aurait été très loin dans la direction de rassurer les agents
économiques, de rassurer les marchés et surtout de rassurer la population et nos entreprises en disant que, voilà, l'État est prêt à intervenir et l'État
a les moyens d'intervenir. Donc,
c'était ça, l'idée derrière notre proposition, et que de reporter le budget de
deux ou trois semaines, ça n'aurait rien changé. On l'aurait fait, en
tous les cas, avant la fin de l'année fiscale si on l'avait fait vers la fin du
mois de mars. On aurait pu changer un peu
les grands équilibres, mais sans nécessairement aller très loin. Et, je pense,
ça aurait été bien avisé de faire une telle
chose, Mme la Présidente, ça nous aurait donné beaucoup plus de latitude
pour intervenir par la suite, parce qu'en effet nous vivons des moments,
à toutes fins pratiques, qui sont sans parallèle.
Moi,
je peux me rappeler, en 2003, de la crise du SRAS, mais ce n'était pas tout à
fait la même chose. Les cas étaient plus graves d'un point de vue médical, mais
la contagion, le rythme de contagion n'était pas aussi élevé que
maintenant avec le COVID-19. Je me rappelle aussi, un peu plus tard, l'événement
de H1N1, qui avait aussi généré beaucoup
d'incertitudes et comme ça avait changé très vite. Il y a eu, malheureusement,
le décès d'un jeune homme en Ontario,
et par la suite ça a vraiment déclenché un mouvement, une espèce, presque, de
panique, et l'État québécois, les autres
provinces canadiennes ont dû réagir très vite, mettre en place des cliniques de
vaccination, etc. Donc, nous avons vécu
des événements un peu semblables à celui-ci. Et là je vais laisser les experts
en santé publique mettre en place les mesures
qu'ils jugeront nécessaires. Je ne suis pas un expert dans ce domaine-là et je
trouve que nous avons de très bons experts de la santé publique au
Québec, donc on doit leur faire confiance et leur laisser toute la latitude
pour qu'ils puissent faire leur travail.
Mais,
d'un point de vue économique, cet événement a aussi des répercussions majeures,
c'est ce que nous disions lors de nos
commentaires sur le budget, parce que ce à quoi on assiste, potentiellement,
c'est surtout un choc de l'offre. C'est-à-dire,
s'il y a un problème économique, il viendra surtout du fait que les entreprises
vont arrêter de produire, vont arrêter de fonctionner parce que les
employés seront à la maison, parce que les marchés seront fermés, parce que les
personnes, les consommateurs resteraient aussi loin du marché, donc les
entreprises ne produisent pas. Dans un tel environnement,
de soutenir la demande avec des injections massives, donc, de stimuli fiscaux,
peut-être pas la meilleure chose à
faire. On devrait peut-être y aller
plutôt du côté du soutien direct aux entreprises et aux travailleurs qui se
trouvent sans travail.
Et donc c'est pour ça qu'on avait jugé que les
perspectives de croissance économique inscrites au budget, surtout 2 %
pour cette année, pour l'année 2020, on trouvait ça vraiment très, très,
très ambitieux, à la limite, même, irréaliste.
Et, selon les propos du ministre des
Finances de ce matin aux médias, je
pense que, maintenant, lui aussi, il trouve que sa prévision est très, très, très à risque. Donc, ça va avoir fort
probablement un effet sur les revenus de l'État pour cette année, et donc ça va changer le point de
départ du prochain cadre financier quinquennal. Si le point de départ est
plus bas en termes de revenus, ces répercussions vont se faire sentir sur le
reste du processus.
Ce que j'ai
trouvé un peu plus difficile à comprendre, c'étaient les explications qui nous
étaient données par le gouvernement, pourquoi ils avaient choisi d'aller de l'avant
avec le dépôt du budget tel quel. Et surtout le ministre nous avait parlé du processus budgétaire. Donc, le
budget était, à toutes fins pratiques, bouclé, terminé, depuis déjà quelques
semaines. Oui, bien sûr, généralement, c'est
comme ça que ça se fait. Et donc le processus ne permettrait pas d'ajouter des choses à la dernière minute. C'est pour ça que
j'ai dit : Dans ce cas-là, on va le reporter de quelques semaines pour
pouvoir faire certaines modifications qui iraient quand même assez loin dans la
direction de rebâtir la confiance ou maintenir
la confiance de la population et donner à l'État les moyens d'intervenir parce
que, quand on met une... il y a quand
même une différence. Quand on met une
provision pour éventualités, on l'inscrit dans le budget.
Donc, ces ressources financières sont
disponibles. Donc, on peut très rapidement les mobiliser pour les utiliser aux fins qu'on
peut avoir mises en oeuvre... de nouveaux programmes, etc., de nouveaux
soutiens.
Si on ne
fait pas ça, si on ne fait pas cette provision-là, et si on décide, par la
suite, de créer de nouveaux programmes,
on peut le faire, bien sûr, le ministère des Finances peut toujours agir, mais ça prend un peu plus de temps. Donc, ça aurait été plus
agile de le faire comme ça, d'inscrire cette provision-là. Et j'ai trouvé un
peu préoccupant que la raison pour laquelle
on ne s'est pas donné cette agilité-là, c'est parce que le processus était déjà
arrivé à terme, et donc on était un peu prisonniers du processus. Moi il
me semble que le processus doit s'adapter à la réalité. Ce n'est pas le
contraire. Ce n'est pas la réalité qui doit rentrer dans le processus. C'est le
processus qui doit s'adapter à la réalité. La réalité change, donc le processus doit changer parce que, vous savez quoi, Mme la Présidente, si on n'est pas capable d'être
agile pour prendre ces décisions-là,
ça veut dire qu'on devient fragile. Ce n'est pas la même chose «agile» et
«fragile». Et c'est ça, le risque auquel on fait face. On fragilise
notre capacité d'intervenir si on ne se donne pas ces moyens-là.
Alors donc,
la croissance économique de 2 % cette année, ça je pense que, maintenant,
c'est assez consensuel que ce ne sera pas 2 %. D'ailleurs, j'ai ici
juste un exemple, c'est la Banque de Montréal qui a publié des prévisions économiques pour les provinces canadiennes le
6 mars. C'est les dernières que j'ai trouvées. Je sais que tous les autres
collègues sont en train de les revoir aussi.
Mais, déjà le 6 mars, la BMO avait comme croissance économique, pour le
Québec, pour cette année, 2020, 1,3 %.
Donc,
l'environnement change, l'environnement change rapidement. Oui, en effet, c'est
le travail des économistes d'ajuster
leurs prévisions en continu. Et c'est le travail des gouvernements, quand ils
préparent un budget, de prendre les prévisions
les plus réalistes et les plus conservatrices possible pour «designer»... pour
établir, plutôt, je devrais dire, le cadre financier à moyen terme.
Ça avait été
dit aussi hier que, si on en avait agi comme ce que nous, on proposait, donc de
créer cette réserve... pas réserve,
ce fonds de prévoyance de 1 milliard de dollars, ça aurait voulu dire
qu'on aurait dû couper des dépenses qui étaient déjà programmées de 1 milliard de dollars. Non, ce n'est
pas nécessaire de faire ça. On aurait pu très bien maintenir le rythme de dépenses. Et on va y arriver, au rythme
de dépenses, mais on aurait pu très bien le laisser là où il était. Et donc,
juste ajouter cette provision pour
éventualités, ça se serait terminé, à la fin, par un déficit si c'était
1 milliard de dollars. Mais, en
situation d'urgence, d'avoir un déficit, Mme la Présidente, il n'y a personne
qui va critiquer un gouvernement. Surtout
qu'au Québec avec la mécanique du Fonds des générations ce déficit-là aurait été bien inférieur à la
contribution au Fonds des
générations. Donc, non, ça n'aurait pas été... la provision de 1 milliard
n'aurait pas demandé des réductions de dépenses de 1 milliard dans
l'année courante, ça aurait pu s'ajouter à cela.
Alors donc,
ça, c'est pour la situation à très court terme, donc pour cette année. Le point
de départ est, donc, un point de départ qui est fragile avec une augmentation
de revenus qui, à mon avis, ne va pas se matérialiser. Et donc, fort
probablement, et d'ailleurs M. le ministre l'a aussi mentionné ce matin dans
son point de presse, que, s'il faut faire un
déficit cette année, bon, on fera un déficit cette année. Et moi aussi, je lui
dis d'ores et déjà que ce n'est pas ça qui va nous énerver, Mme la
Présidente.
Maintenant,
l'autre enjeu qui est aussi important dans tout ce contexte, c'est bien sûr
au-delà de juste le court terme, de
juste cette année, parce que les questions auxquelles nous faisons face sont
aussi de nature économique, sont aussi des questions de long terme, des
questions de structures, des questions de concurrence avec nos voisins et des
questions d'amélioration de notre niveau de vie d'une façon durable.
Alors donc,
dans le budget qui a été déposé le 10 mars, il y a des dépenses, des
dépenses qui sont inscrites au budget, il
y a une augmentation assez rapide des dépenses que nous... appelons-les les
dépenses de programme, les dépenses de portefeuille.
Je pense qu'on est à 5,1 %
d'augmentation. Et ce qui nous a été aussi dit après le budget, quand on
discutait de ces choses, et M. le
premier ministre lui-même aussi a répété cette question plusieurs fois, le
ministre des Finances aussi, qu'une des raisons pour laquelle ils étaient à l'aise avec leur
projection de croissance de 2 % pour cette année, c'est que, ah! mais il y a des dépenses. L'État va
dépenser. On va augmenter les dépenses de 5 %. C'est 2 milliards de
plus de dépenses, etc. Et donc ça, ça va stimuler l'économie.
Donc, les
économistes du secteur privé, quand ils faisaient leurs prévisions, ils ne
savaient pas encore que l'État québécois
allait dépenser ces montants additionnels, et donc c'est pour ça que la
prévision du 2 % était pertinente, et les économistes du secteur
privé n'avaient pas toute l'information.
Là, j'ai un
peu de problèmes avec cette façon de voir les choses parce que, bien sûr,
l'État, un État, n'importe quel État,
peut stimuler l'économie, et, en dépensant... donc, les dépenses publiques de
l'État peuvent contribuer à accélérer la
croissance économique. Mais ce n'est pas toutes les dépenses de l'État qui
peuvent contribuer à accélérer la croissance économique.
Si les
dépenses... Ce qu'il faut regarder, ce n'est pas tellement le niveau absolu des
dépenses, mais le changement d'une
année à l'autre. Bien, on peut dire : Bien, on va dépenser, cette année,
125 milliards, donc ça va stimuler l'économie. Non. Qu'est-ce qu'on va dépenser cette année
versus ce qui était dépensé l'année passée, donc c'est cette différence-là qui
peut constituer un stimuli pour l'économie.
Quand ces
dépenses additionnelles là sont dirigées aux programmes sociaux, à nos dépenses
de programmes, nos grandes missions
de l'État, santé, éducation, justice, famille, etc., ces dépenses-là ne doivent
pas s'effectuer dans un souci de
stimuler l'économie. Ce n'est pas pour stimuler l'économie qu'on dépense en
santé. Ce n'est pas pour stimuler l'économie qu'on dépense en éducation.
On dépense en santé et en éducation, en famille, justice parce que c'est nécessaire de le faire, parce que ce sont des
services publics, et on a besoin... au Québec, nous avons le droit d'avoir des
services publics performants. C'est pour ça
qu'on dépense dans ces fonctions-là ou dans ces missions de l'État. Ce n'est
pas un programme de stimuli économiques pour faire croître l'économie, c'est
pour nous fournir des services publics auxquels nous avons le droit.
D'ailleurs,
d'ailleurs, Mme la Présidente, c'est ce que nos amis, surtout aux États-Unis,
ils parlent beaucoup de ça et ils le
disaient d'une façon un peu péjorative, mais c'est le «tax-and-spend». Donc, on
va taxer pour dépenser. Moi, je ne vois pas ça du tout comme étant
péjoratif, c'est très bien, oui. Oui, on veut dépenser, investir dans les
services publics, donc il faut aller
chercher des revenus, donc «tax-and-spend». Mais quand on fait ça, quand on
«tax» et on «spend», ce n'est pas ça
qui va soutenir l'économie, parce que la
partie dépense, oui, elle peut être
productive, mais il y a la
partie revenus,
taxes, qui, elle, est négative. Donc, si un budget est équilibré, si on fait du
«tax-and-spend», l'effet multiplicateur, l'effet d'entraînement d'économie est très minime. Ce qui stimule une
économie, de la façon dont un État peut stimuler la croissance
économique, c'est en engrangeant un déficit, c'est en dépensant plus que ce
qu'il va chercher en taxes et impôts et
surtout, aussi, en dirigeant ses dépenses additionnelles vers des secteurs
prioritaires, en transférant de l'argent directement aux citoyens,
des allocations pour enfants ou des allocations pour adultes. Donc, des
transferts directs, oui, ça va stimuler l'économie, surtout les dépenses
en infrastructures. Oui, ça aussi, ça peut stimuler l'économie. Mais d'augmenter les dépenses de santé ou d'éducation, ce n'est pas ça qui va stimuler l'économie. Alors, de nous
dire que notre projection de 2 % était tout à fait raisonnable parce que
l'État allait dépenser, ce n'était pas une bonne explication, à mon
avis.
Deuxièmement,
et ça, c'est le premier ministre surtout qui mentionnait à plusieurs
reprises : Mais n'oubliez pas les
infrastructures. 130 milliards de dollars d'infrastructures. Et c'est
important. Et on parlera des infrastructures. J'ai des choses à dire
là-dessus aussi. Mais ce n'est pas 130 milliards cette année, c'est
130 milliards sur 10 ans. Cette année, l'année 2020, c'est 11 milliards. C'est ce qui est inscrit
dans le budget, dans le PQI, dépenses en infrastructures, qui est le
même montant que l'année passée. Donc, les dépenses en infrastructures sont
élevées. Mais, d'une année à l'autre, il n'y
a pas une hausse soudaine des dépenses d'infrastructures. C'est le même
montant, le même 11 milliards. C'est important, c'est substantiel, mais ce n'est pas ça qui va
donner un souffle additionnel à l'économie. Mais il y a 15 milliards de
plus sur les 10 ans. C'est vrai,
il y a 15 milliards de plus sur les 10 ans. Ils vont arriver dans le
deuxième quinquennat. Ils vont arriver
après 2024‑2025. Et c'est utile. Je ne dis pas que c'est mauvais. C'est très
bien. Mais ce n'est pas ça non plus qui va contribuer à la croissance
économique cette année, l'année où l'économie risque d'être en difficulté.
Pour cette année, l'année où l'économie risque
d'être en difficulté, ce qui peut soutenir l'économie, c'est, disons-le carrément, c'est de faire un déficit et
c'est de mettre en place des mesures temporaires, des mesures temporaires pour
soutenir les entreprises qui auront perdu l'accès aux marchés, qui n'ont pas...
leurs employés sont à la maison, sont malades,
etc. Donc, de façon temporaire, on les aide, les entreprises, à passer à
travers ce mauvais moment. Et puis par la suite on revient à la case
départ.
Donc, c'est
ça qui peut soutenir l'économie. C'est ça qui n'était pas dans le budget. Mais
c'est ça qu'on ne trouve pas dans le budget et c'est de ça, ce qu'on
parle maintenant, le premier ministre, le ministre des Finances et tous les gouvernements, d'ailleurs. On a vu le gouvernement
fédéral aussi qui a fait des annonces et qui fera d'autres annonces
aussi. Alors, c'est là où nous nous trouvons tous, où l'économie des pays de
l'OCDE se trouve.
On a vu aussi cette semaine le gouvernement du
Royaume-Uni qui a annoncé quand même une intervention majeure. Je pense, c'était 30 milliards de livres
sterling. C'est beaucoup de sous. Donc, c'est là où on est. Je ne demande
pas au ministre des Finances de
mettre 30 milliards dans un programme au Québec, mais je réitère, je réitère mon idée
de mettre de côté 1 milliard de dollars parce que je pense que ça aurait
été très, très utile.
Donc, ça m'a
aussi un peu préoccupé que, dans ce processus
d'explication de pourquoi ce n'était pas tellement un enjeu, que la
croissance de 1 % était encore
raisonnable, et tout ça, on avait dit, le gouvernement avait expliqué
que l'impact du ralentissement économique
mondial sur l'économie du Québec serait marginal. Je m'excuse, ça... je ne
pense pas que ce sera marginal. Je
pense qu'on est ici à l'ordre même d'au moins un point de pourcentage du PIB,
peut-être même plus
que ça. On verra bien. Donc, c'est quand même un choc, un choc important. Il
faut le tenir en considération. Et je pense
que, maintenant, le gouvernement comprend ça. Et je pense que, maintenant, le
gouvernement mettra en place ces mesures-là.
Mais c'est dommage qu'on a eu un budget qui, à mon avis, comme je l'ai dit
hier, est déjà périmé et qui n'a pas, donc, déjà prévu ces choses-là.
Bon, j'avais
dit que j'avais plusieurs sujets que je voulais couvrir. Ça a déjà pris
24 minutes, qui ne faisaient pas
partie
de mon plan initial, Mme la Présidente. Donc, ça risque d'aller un peu loin.
Excusez-moi, je vais chercher... Ce n'est
pas que je me cache, je vais chercher le document du budget parce qu'en effet
c'est un document que... Et j'invite tous
les citoyens du Québec à avoir ça à leur chevet et puis, avant de se coucher,
de lire ça. On va dormir mieux. C'est une
histoire d'horreur. Non, non, non, c'est une blague, une blague. Ce n'est pas
une histoire d'horreur. Mais donc on doit regarder ça.
Et aussi je
dois féliciter aussi le ministre des Finances parce que, dans les documents qui
nous ont été déposés lors du budget, il y a aussi... Ça, c'est une
tradition qu'il y avait avant, Mme la Présidente. Je pense, le gouvernement
précédent aimait beaucoup les fascicules. On avait beaucoup de fascicules sur
des sujets particuliers. L'année passée, il n'y avait pas de fascicule dans le
budget. J'étais un peu triste à cause de ça. Cette année, il y a un bon
fascicule sur l'économie verte. Et, encore
une fois, je conseille à tout le
monde à lire ça. On arrivera au...
J'espère qu'on va avoir le temps d'arriver à la
partie de l'environnement
dans le temps qui m'est alloué.
O.K. Donc, parlons maintenant des choses un peu
plus long terme et regardons surtout... J'aimerais surtout regarder d'un peu plus près les dépenses, les
dépenses de l'État, les dépenses de portefeuille. Et là je nous réfère, nous
tous, parce que je suis sûr que nous avons tous le budget à portée de
main, et je nous réfère tous à la page A.23, où, justement, on parle des
dépenses de...
M. Leitão : Merci
beaucoup, c'est très prévoyant de
votre part. Merci. Ça, c'est une bonne prévision, d'ajouter un verre
d'eau avant même que... C'est une bonne provision pour éventualités. Merci.
Donc, on parlait de dépenses. On parlait de
dépenses, on parlait de dépenses de portefeuille, on a parlé des dépenses de l'État, et ici, autant dans mes premières
20 minutes j'avais dit que, écoutez, je ne vais pas trop m'énerver sur un déficit cette année parce qu'il y aurait une situation d'urgence, il y a la COVID-19, toute
l'incertitude, l'économie qui risque vraiment de s'arrêter net, les
marchés financiers qui sont complètement déboussolés, donc, dans une telle
situation, on ne va pas s'énerver avec un déficit...
Mais, si on
regarde ça maintenant d'une façon un peu plus structurelle, comme j'ai
dit aussi avant, les dépenses des missions, les dépenses des
portefeuilles de l'État, Santé, Éducation, etc., doivent être financées avec
les revenus récurrents. De faire des
déficits pour payer l'épicerie, pour payer les dépenses des grandes missions,
ce n'est pas une bonne idée. C'est
comme ça que le Québec s'est retrouvé dans une situation
très, très précaire financièrement dans les décennies
passées où on payait les services courants avec de la dette, en empruntant.
Maintenant,
quand on regarde, donc, l'évolution des dépenses de programmes dans les
budgets, avec toutes les... pour cette année, on voit qu'en 2019‑2020,
selon... à la page A.23, on avait une augmentation des dépenses de
portefeuille de 7,4 %. Bon, il y
a des questions concernant le point
de départ des dépenses non réalisées qui sont remises un peu plus tard, mais, quand même, 7,4 %, en 2019‑2020,
5,1 % en 2020‑2021, et dans ces deux années-là, en 2019‑2020,
nous avons des dépenses de
7,4 %, nous avons des revenus autonomes de l'État de 1,3 %. Tout un
écart entre dépenses et revenus. L'année 2020‑2021,
donc l'année qui commence maintenant, il y a 5,1 % d'augmentation des
dépenses de portefeuille, et puis il
y a 3 % d'augmentation de revenus autonomes. Et je doute qu'on puisse
arriver à 3 % avec l'économie qui va probablement ralentir.
Donc là, Mme la Présidente, il ne faudrait pas, il ne faudrait pas que cela se projette à
l'avenir. Il ne faudrait pas que cet
écart entre revenus autonomes et dépenses de missions demeure à ces niveaux-là.
Si on s'en va dans cette direction-là, on
va arriver à 2022‑2023 exactement dans la même situation où on était en
2012‑2013. Et je ne pense pas qu'on veuille y aller. Il n'y a personne, je pense, je
n'ai pas parlé à nos collègues des autres oppositions, mais je pense qu'il n'y a personne... pas
sûr. Bien, disons qu'il y a très peu de personnes qui souhaiteraient ça.
Disons-le comme ça.
Alors, ce qui
est aussi important à noter à la page A.23 du budget, c'est que je pense que le
ministre des Finances est quand même
un peu conscient de ça. Alors, on voit déjà, dans les documents budgétaires,
qu'après cette période de croissance
rapide des dépenses, les 7 % et puis les 5 %, en 2021‑2022, c'est
déjà projeté par le gouvernement qu'il y aura une hausse des dépenses de missions de 3 %, et, en 2022‑2023, cette
hausse va être de 2,8 %. Donc, c'est déjà bâti, incorporé dans le cadre financier, une décélération assez
importante des dépenses de portefeuille pour les garder plus ou moins en
ligne avec les revenus attendus, qui seront
aussi de l'ordre de 3 % par année, à peu près, donc, pour maintenir
l'équilibre.
Maintenant, moi, il me semble qu'une telle
décélération, si prononcée que cela, va causer des frictions dans les différentes missions de l'État. Surtout