Health and Social Services — 31 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2016-05-31
Quebec — Committees
(Quinze heures vingt-six minutes)
Président (M. Tanguay) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services sociaux
ouverte. Je demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de vos téléphones cellulaires.
Le mandat de
la commission est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 92,
Loi visant à accroître les pouvoirs de la Régie de l'assurance maladie
du Québec et modifiant diverses dispositions législatives.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys) est remplacé par
Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger).
Le Président (M. Tanguay) :
Merci beaucoup. Avant de débuter par les remarques préliminaires, j'aimerais déposer un document de la société
Hoffmann-La Roche, il s'agit de commentaires qui ont été envoyés aux
membres de la commission la semaine dernière, ainsi que le mémoire du
Barreau du Québec. Ces documents sont donc déposés.
Sans plus
tarder, nous en sommes maintenant aux remarques préliminaires, et je cède la
parole, pour une période n'excédant pas 20 minutes, au ministre de
la Santé et des Services sociaux.
M. Barrette :
Merci, M. le Président. Alors, je n'aurai que des très brèves remarques
préliminaires. On comprendra, M. le
Président, l'origine de la démarche qui nous a amenés à le faire, quant à la
volonté d'accroître les pouvoirs de la Régie
de l'assurance maladie du Québec. Alors, on connaît le contexte, ça a été
largement commenté au fil des dernières années. Je rappellerai simplement que la
Loi sur l'assurance maladie,
c'est une loi qui a plus de 40 ans d'exercice, d'existence, et que la situation a évolué d'une
telle manière que l'on a vu se mettre en place un certain nombre de dérives,
dérives qui nécessitent à ce que l'on fasse
des ajustements dans notre corpus législatif. À ça se sont ajoutés des
commentaires et des critiques ou, je
dirais plutôt, des critiques et des commentaires, pour les dire dans le bon
ordre, je dirais, d'institutions indépendantes
et très signifiantes que sont la Protectrice du citoyen et, évidemment, la
Vérificatrice générale. Et nous avons jugé
qu'il y avait lieu, qu'il était temps de mettre à jour cette loi-là, et nous le
faisons aujourd'hui en ayant déposé le projet de loi n° 92, qui a
été l'objet de consultations particulières.
Comme vous le savez, M. le Président, nous en
sommes à l'étude détaillée. Alors, comme nous l'avons dit précédemment, nous aspirons à ce que ce projet de
loi là soit le plus approprié possible, nous aurons quelques amendements
à proposer, très peu, et nous souhaitons,
nous espérons pouvoir cheminer rapidement dans cette étude détaillée de façon
à ce qu'idéalement on puisse l'adopter d'ici la fin de la session.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci beaucoup, M. le ministre. Maintenant, pour
ses remarques préliminaires, pour une période de 20 minutes
maximum, je cède la parole à notre collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Merci beaucoup, M. le Président. Bienvenue à tous, collègues députés et
également collaborateurs, à l'élaboration et à l'étude détaillée de ce
projet de loi.
Alors, le projet de loi n° 92 rejoint des
priorités, je pense, qui sont communes, celle de faire en sorte que la Régie d'assurance maladie du Québec, qui est
responsable quand même de la gestion d'à peu près 15 % de l'ensemble
du budget du Québec, puisse avoir les
instruments les plus appropriés pour exercer ses nombreux rôles. Parce qu'elle
a plusieurs rôles, en fait. Elle a le rôle un peu d'un tiers, comme un
assureur, mais elle a aussi une responsabilité de faire en
sorte que chaque dollar qui est
investi dans la rémunération des professionnels soit le plus profitable à la
population du Québec. Et, dans ce
sens-là, je pense que nous avons la responsabilité d'actualiser, clairement,
les instruments que nous mettons à sa
contribution, parce que ces instruments doivent tenir compte de nouveaux
contextes, de nouvelles réalités qui entourent le travail des professionnels, que ce soit par les ententes qui sont
faites, ententes avec des fédérations médicales, avec les associations
professionnelles, entre le ministère et ces associations, également des
contextes où des tiers extérieurs, donc des joueurs... parfois des joueurs
internationaux viennent maintenant graviter autour des pratiques
professionnelles des professionnels
du Québec. Alors, on a vraiment un besoin d'actualiser ce projet... les
capacités et les actions de la Régie d'assurance maladie du Québec.
Donc, on
a entendu 15 groupes. On a reçu plusieurs mémoires, deux mémoires qui se
sont ajoutés, donc 22 mémoires, si
ma compréhension est juste. Il y a des extraits, effectivement, du projet de
loi n° 92 qui reprennent le projet de loi n° 491 que j'avais déposé en octobre 2015, qui
prévoyait justement de donner des outils un peu plus mordants à la Régie
d'assurance maladie du Québec pour être capable de mieux procéder à son
devoir de vigie au niveau des ressources, également
pour, aussi, avoir un peu plus de dents par rapport à l'effet dissuasif qu'elle
doit imprégner lorsqu'elle note des
difficultés ou des anomalies dans les facturations qui lui sont transmises.
Alors, nous sommes en faveur du projet de loi n° 92. Et nous allons
avoir des amendements et nous avons certainement, quand même, certaines...
certainement certaines vérifications à
faire. Je pense qu'on va devoir tenir compte de la représentation que certains
groupes, certains organismes sont
venus faire en commission parlementaire, il y avait des préoccupations qui
étaient récurrentes. Alors, quand ce
sont des préoccupations qui viennent d'un seul organisme, on peut se
dire : Bon, peut-être que c'est seulement un point de vue particulier, parfois ça mérite d'être pris en
considération même quand ça vient d'un seul, mais, quand ça vient de trois, quatre, cinq, qui vont tous
dans le même sens, je pense qu'on a un devoir de regarder les amendements
qui sont nécessaires, pour plusieurs raisons
mais certainement pour faire, en fin de compte, un projet de loi qui est le
plus approprié, le plus respectueux
aussi des autres lois, c'est le devoir qu'on a comme législateurs, et
l'objectif de bien atteindre ce qu'on
s'est fixé comme but avec cette modification législative. Je note quand même
plusieurs éléments du projet de loi qui
ont fait consensus et qui devraient nous permettre, là, d'évoluer correctement
et rapidement à travers ce projet de loi.
On reste
préoccupés... Pour moi, j'ai côtoyé beaucoup, donc, la Régie d'assurance
maladie, depuis plusieurs années, et
il est sûr que ce qu'on s'apprête à lui donner comme pouvoirs constitue jusqu'à
un certain point, je dirais, une révolution interne en termes de responsabilités, d'objets à surveiller. Jusqu'à
maintenant, je pense que ce qui était compris de la part de la RAMQ, c'était surtout de surveiller des
actes, et là on se rend compte qu'il y a des mesures incitatives, qu'il y a des
nouveaux enjeux qui débordent de la simple
supervision des professionnels qui ont été demandés comme nécessaires pour
gérer, entre autres, des problèmes que les
ordres professionnels traduisent de plusieurs façons. Et c'est sûr que, les
ordres professionnels, pour avoir été au Conseil interprofessionnel du
Québec, il y a des ordres qui ont de petits budgets parce qu'ils ont peu de membres, peu de cotisations, et ça, quand ils
s'adressent à des joueurs majeurs, des joueurs de calibre international ou juste des joueurs
beaucoup plus... mieux financés qu'eux, eh bien, ça vient vraiment brimer la
capacité d'un ordre d'exercer son pouvoir de
protection du public. Donc, je pense que, dans ces enjeux-là, il faut que,
maintenant, le gouvernement du Québec prenne
des mesures qui viennent en soutien à ces nouveaux constats, qui viennent
interférer avec les ordres professionnels. Et on l'a vu dans la commission Charbonneau, on l'a vu dans plusieurs
ordres du domaine de la santé, et des gens de ces ordres sont venus
témoigner devant nous en commission parlementaire. Alors, nous devons faire en sorte que la RAMQ puisse mieux intervenir,
intercepter ces stratégies, parfois des stratégies de marketing, des stratégies d'occupation d'un
territoire, pour être sûrs qu'on va garantir la bonne utilisation des
ressources fournies par les
Québécois. Alors donc, on doit être vigilants à ce niveau-là. Et je pense qu'on...
j'espère qu'on aura la collaboration du ministre pour voir à ce que
certains amendements puissent tenir compte de ces demandes qui ont été
clairement, clairement et de façon répétitive demandées par plusieurs ordres,
donc des ressources supplémentaires au niveau de la RAMQ qui devront
éventuellement suivre.
Et on espère
qu'à travers le projet de loi n° 92 mais aussi... J'aimerais bien que le
ministre s'engage, avec le projet de
loi n° 691 que j'ai déposé la semaine dernière, à vraiment fermer le
dossier des frais accessoires, à faire en sorte que la RAMQ puisse avoir les leviers nécessaires pour
sanctionner de façon significative les professionnels qui au cours des ans,
pour toutes sortes de considérations, ont
amené une véritable dérive qui nuit à un principe fondamental qui est le
caractère universel de l'accès aux soins médicaux au Québec. Et ça,
c'est un principe auquel les Québécois tiennent beaucoup.
Alors donc, j'assure ma plus grande
collaboration, mais je pense que nous avons besoin de réfléchir très, très adéquatement à chacun des alinéas qui a été écrit
pour être sûrs, dans le fond, qu'on donne les bons pouvoirs à la RAMQ, mais qu'on ne l'expose pas non plus à des
poursuites ou à des contestations qui ont déjà été évoquées dans les
commissions parlementaires. Alors, je pense qu'on doit avoir les
approches les plus appropriées possible.
Donc, je
remercie toute l'équipe qui va nous accompagner, et qui va certainement nous
aider à prendre les meilleures décisions possible.
Et, juste
avant de débuter l'étude détaillée, M. le Président, je souhaite vous aviser
que je vais déposer une motion en vertu de l'article 244 de notre
règlement pour entendre à nouveau la Régie d'assurance maladie du Québec.
Président (M. Tanguay) : D'accord. Alors, maintenant, pour ses
remarques préliminaires, je cède la parole au collègue de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Ce sera court. Le projet de loi n° 92 est un projet important,
je pense que la majorité des intervenants que nous avons entendus en
conviennent, conviennent que la mise en place de nouveaux pouvoirs pour la Régie d'assurance maladie du
Québec répond à un besoin pressant, la régie qui a un devoir, évidemment,
de vérification, d'intervention,
d'application. Je pense que c'est à la demande même de la régie et, au-delà de
ça, des groupes qui sont venus nous rencontrer également.
Nous aurons aussi des amendements à proposer
histoire de bonifier le projet de
loi sur lequel on discutera; on discutera de façon, évidemment, constructive. Des
préoccupations ont été exprimées. Je salue tous mes collègues, bien sûr,
le ministre, son
équipe, les collègues du gouvernement, la collègue de l'opposition et son
équipe également. Mais, bref, tout ça pour vous dire que nous aurons
donc des discussions constructives et quelques amendements qui permettront de clarifier des éléments, de faire en sorte qu'on
rassure et qu'on taise certaines inquiétudes, et lever également le flou sur
certains articles, histoire de mieux informer également.
Alors, nous le
disons, nous donnons notre collaboration, entière collaboration au ministre
dans la mesure où ensemble, bien, on sera en
mesure d'avoir des discussions franches et faisant en sorte qu'on puisse
avancer sur un dossier aussi important. Alors, nous serons là de manière
constructive, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup, collègue de Lévis.
Maintenant, j'entends... Bon, première des choses, y a-t-il d'autres collègues qui veulent faire des remarques
préliminaires? L'opportunité vous est donnée. Je n'en vois pas.
Alors,
collègue de Taillon, vous avez annoncé la présentation d'une motion
préliminaire en vertu de l'article 244. Vous l'avez sous forme
écrite. Je vais suspendre une minute, le temps d'en faire la distribution.
Alors, on suspend nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 40)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour en ondes. Et, pour la présentation de votre motion, collègue de
Taillon, la parole est à vous.
Mme Lamarre :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, j'aimerais déposer une motion en vertu
de l'article 244. Il est proposé
«qu'en vertu de l'article 244 de nos règles de procédure, la Commission de
la santé et des services sociaux tienne, avant d'entreprendre l'étude
détaillée du projet de loi n° 92, Loi visant à accroître les pouvoirs de
la Régie de l'assurance maladie du Québec et
modifiant diverses dispositions législatives, des consultations particulières
quant aux amendements proposés par le
ministre audit projet de loi et qu'à cette fin elle entende la Régie de
l'assurance maladie du Québec».
Le Président (M. Tanguay) :
Merci. Alors, sur votre motion.
Mme Lamarre :
Quelques minutes, oui. Alors, on a eu quand même quelques... plusieurs
représentations de plusieurs organismes qui
ont exprimé des préoccupations par rapport, entre autres, au secret
professionnel. Et j'ai même perçu, du
côté du ministre, un peu la même chose que de mon côté, c'est-à-dire qu'on est
préoccupés par le secret professionnel.
En même temps, on veut être sûrs que la RAMQ pourra procéder à des enquêtes et
à des inspections dans un contexte
qui est approprié aux besoins qu'elle a. Et malheureusement, quand on a reçu la
RAMQ, évidemment, on avait un choix,
le choix de l'accueillir comme premier organisme, et je pense que c'était tout
à fait justifié, mais il reste qu'il
y a des choses qui ont été soulevées pendant les auditions en commission
parlementaire dont on n'a pas eu la possibilité de reparler avec la
Régie d'assurance maladie du Québec.
Alors, je tiens tout
de suite à préciser, la motion dit : Avant l'étude du projet de loi
n° 92, mais, par souci de collaboration
et d'efficacité, on est prêts à ce qu'on les rencontre, si c'est ce soir qu'ils
sont disponibles ou demain, mais clairement,
la
partie du secret professionnel étant vue à partir de l'article 7, il faudrait
que ce soit assez rapidement, comme le soulignait mon collègue le député
de Lévis également.
y a d'autres enjeux. Il n'y a pas seulement le secret professionnel, il y a les
enjeux de la subrogation. Donc, quand il
y a des poursuites, quand il y a des conséquences d'une hospitalisation d'un
patient qui causent des frais importants, de quelle façon la RAMQ
peut-elle bien gérer ça?
Moi,
j'ai aussi la préoccupation de vérifier, quand il y a des grands dossiers, par
exemple ceux de McKesson avec les
pharmacies, qui se sont réglés hors cour à 40 millions de dollars, comment
on peut faire en sorte que, ces dossiers-là, on soit sûrs que la RAMQ a
tous les outils qu'il faut pour bien réagir à ça?
Alors,
ce sont des enjeux qui, je pense, méritent qu'on réentende la RAMQ pour être
sûrs, qu'elle nous dise : Dans le
projet de loi actuel, j'ai tout ce qu'il me faut, ou : Il m'en manque des
petits bouts, ou : Je pense que je pourrais aller jusque-là dans le secret professionnel, comment on
procède actuellement pour les enquêtes. Peut-être qu'il y a d'autres organismes similaires qui ont déjà
des façons de faire qui permettraient... dont on pourrait s'inspirer et que la
RAMQ pourrait partager avec nous, ce qui n'a
pas vraiment été du tout soulevé lorsqu'on
les a rencontrés, au tout début, comme première
organisation qu'on a reçue dans le cadre de notre commission parlementaire. À un
moment donné, je me souviens que le ministre a lui-même dit que ça aurait été éclairant de pouvoir avoir
la RAMQ pour nous donner son expérience avec certaines situations qui
ont été rapportées par les ordres professionnels.
Alors, pour ces raisons, mais, encore une fois
je le répète, avec l'attitude de dire : On ne veut pas retarder les travaux, je
pense que d'entendre pendant une
période qui pourrait être d'une heure la RAMQ... Évidemment, une heure, ça veut dire que chacun,
on a quelques minutes, là, pour le faire. Donc, ce n'est pas une heure chacun,
c'est une heure en tout, ce n'est
déjà pas beaucoup. Mais je pense qu'au moins on pourrait poser des questions
plus précises, plus spécifiques qu'on n'avait peut-être pas à l'esprit
au tout début des rencontres, alors que, là, on a vu que de nombreux groupes se
préoccupaient... Moi, je pense à l'Ordre des comptables, qui est vraiment venu
nous dire qu'ils étaient préoccupés par le
secret professionnel, le Barreau qui l'évoque, l'Ordre des optométristes,
l'Ordre des pharmaciens. Alors, je pense que ça mérite qu'on soit
prudents, pour plusieurs raisons, pour écrire le meilleur projet de loi qui va,
encore une fois, respecter notre objectif de
base, qui est vraiment de donner plus de capacités à la RAMQ de bien faire ses
enquêtes, mais aussi pour ne pas nous
exposer inutilement à des procédures de contestation, de poursuite sur le fait
qu'on brimerait le secret
professionnel de tous les ordres. Et ça, bien, ça pourrait faire l'effet
contraire de ce qu'on souhaite, c'est-à-dire que s'embarquer dans des procédures judiciaires qui paralyseraient la RAMQ
par rapport à son processus d'enquête et d'inspection, ça pourrait tout simplement annuler ce qu'on
essaie d'améliorer, dans le fond, par notre législation actuelle. Alors, voilà
l'explication, M. le Président, pour la motion sur l'article 244.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Juste avant de céder la
parole au ministre, j'ai trois questions de compréhension quant à la
nature de la motion, pour être sûr que l'on sache ce sur quoi nous allons
statuer.
Vous dites
donc que techniquement, d'ici à l'article 7 des débats, ça ne toucherait
pas à la substance des questions que vous voulez poser aux gens de la
Régie d'assurance maladie?
Mme Lamarre : ...non, je pense
qu'on pourrait avancer avec les premiers articles.
Le Président (M. Tanguay) :
O.K. Et, le cas échéant, on pourra voir, si on ne les voit pas d'ici
l'article 7.
Deuxième des
choses : Quand vous dites, dans votre libellé de motion, «quant aux
amendements proposés par le ministre», j'entends que vous n'attendez pas le
dépôt d'amendements, en ce sens que vous avez déjà votre ligne de
questions et les points que vous avez à évoluer, et ce n'est pas tributaire
d'amendements à être déposés, là.
Mme Lamarre :
Oui, c'est sûr que les amendements du ministre pourraient nous éclairer,
j'imagine que le ministre aura
peut-être fait des amendements en lien avec le secret professionnel, mais on ne
serait pas plus à même de les juger ou d'en apprécier la pertinence si on
n'a pas d'abord la...
Président (M. Tanguay) : D'abord, c'est ça. C'est ce que je
voulais savoir. Autrement dit, on n'a pas besoin d'avoir les amendements
et après ça statuer pour voir la régie. Donc, on pourrait déjà rencontrer la
régie et...
Mme Lamarre : Bien, c'est sûr
que...
Président (M. Tanguay) : ...indépendamment du dépôt d'amendements
ultérieurement, que l'on n'a pas, là.
Mme Lamarre :
Oui, mais je vous dirais par contre que, si le ministre a déjà des amendements
sur la
partie du secret professionnel et la subrogation...
Le Président (M. Tanguay) : O.K.
Mais ce sera...
Lamarre : ...c'est sûr que ce serait intéressant de les avoir, mais ce
n'est pas une condition sine qua non. Mais
c'est sûr que ça nous aiderait, de se poser tous les questions au même moment,
quand on aurait les représentants de la RAMQ qui seraient ici.
Président (M. Tanguay) : C'est ça, c'est bon. Ça lui appartient,
mais je voulais juste m'assurer qu'on n'était pas tributaires du dépôt
d'amendements pour rencontrer la régie.
Et dernier
élément : Vous proposez une heure en tout? Parce que ce serait peut-être
important de le savoir, ce sur quoi on va s'entendre.
Mme Lamarre :
Bien, on est ouverts, mais c'est sûr que, compte tenu qu'on a chacun des
petites minutes, là, 20 minutes,
si on veut donner le temps à la RAMQ de vraiment nous répondre... On l'a vu, on
l'a vue une heure en commission parlementaire
au tout début, alors à trois groupes, avec le temps des réponses, ça ne donne
pas beaucoup, beaucoup de temps. Alors, moi, je pense qu'une heure,
c'est un minimum, là. Mais ça pourrait être suffisant.
Président (M. Tanguay) : Juste pour qu'on puisse... Ça peut être
suffisant. Parfait. M. le ministre, sur la motion.
M. Barrette : Bien, sur la motion, évidemment,
je suis content de voir que ce sera ce texte-là, mais sa signification ne sera pas le texte, là. Ce n'est pas
conditionnel à ce qu'on dépose des amendements, d'une part, et ce n'est pas un frein à l'entreprise
de nos travaux, on commence nos travaux.
Maintenant,
je n'aurai pas d'objection à deux conditions, où je ne consentirai pas à moins
que... Voici : Ce sera un
maximum d'une heure, parce que je
pense qu'une heure, c'est amplement
suffisant, une fois. Et, si nous nous rendons à l'article 7, je
pense qu'on peut convenir que les
autres articles, là... Le sujet que veut traiter la députée de
Taillon, je pense
que c'est un sujet qui a une certaine pertinence, évidemment,
mais je ne pense pas qu'on va arrêter à 7, parce qu'on ne pourra pas avoir ces gens-là aujourd'hui ni ce soir, alors il faut qu'on puisse s'entendre sur la continuation des
travaux.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Je vais permettre...
M. Barrette : Sinon, on paralyse la commission
dans une demi-heure, là, parce que, la RAMQ, on ne les aura pas là puis on ne
les aura pas ce soir.
Président (M. Tanguay) :
O.K. Alors, je permets peut-être à la collègue de Taillon de répondre sur ces deux...
Mme Lamarre : Ce n'est pas mon objectif
du tout, au contraire. Je pense qu'on veut que ça fonctionne bien.
Je voudrais,
à ce moment-là, juste dire que peut-être qu'on devrait garder la possibilité
d'ouvrir... Je sais que par consentement on peut tout faire, vous nous
le dites régulièrement, M. le Président, mais je pense, par exemple, à l'engagement du fabricant, l'Ordre des comptables
qui est venu nous dire qu'on pouvait prévoir des mécanismes en amont de ce qui était déjà fait. Alors, si jamais ça se
place entre le 6 et le 7, puis qu'on est rendus au 10, je ne voudrais pas qu'on
soit pénalisés de ne pas pouvoir... Parce
que, là, j'ai donné deux grands thèmes, secret professionnel et subrogation,
mais il peut y avoir quelques autres
éléments sur lesquels je voudrais questionner la RAMQ, mais qui vont entrer
dans le temps que le ministre nous confie.
Le Président (M. Tanguay) : De
ce que je comprends de la proposition du ministre, c'est qu'on les entende maximum une heure une fois, les sujets abordés, le
temps vous appartient, vous abordez les sujets que vous voulez, vous n'êtes pas forclos d'aborder un sujet, mais que,
le cas échéant aussi, si d'aventure on ne les a pas vus après l'adoption
de l'article 6, c'est que l'on puisse
suspendre ou sauter et poursuivre. À moins que vous me disiez : Non, ce
sera impossible de sauter d'autres articles pour faire avancer nos
travaux
article par article.
Mme Lamarre :
Alors, on est tout à fait d'accord pour sauter 7 et prolonger, mais, dans un
même élan, je dirais que, si jamais,
après notre conversation avec la RAMQ, il y a quelque chose qui nous dit que,
par exemple, l'engagement du
fabricant, on pourrait donner plus de pouvoirs à la RAMQ, et que ça, ça devait
s'inscrire entre l'article 4 et 5... bien, qu'on ait aussi
l'ouverture de repositionner un amendement, ou un nouvel alinéa, ou un nouvel
article antérieur à ça.
Président (M. Tanguay) : Je comprends. Par contre, je ne pourrai
pas lier le ministre quant à ça, là. Ça, ça fera
partie des débats
parlementaires. Je ne pourrai pas le lier quant à ça.
Mme Lamarre : Donc, c'est lui
qui devrait se lier.
Président (M. Tanguay) : Alors, c'est ma compréhension, M. le
ministre. Donc, une heure, une fois. Et, si nous arrivons à 7 avant
d'avoir entendu la régie, il y aura lieu de suspendre et d'avancer sur d'autres
articles.
M. Barrette :
De suspendre 7 et d'avancer sur la suite. Alors, nous allons faire les
vérifications de la disponibilité, ils vont être disponibles, là, mais
du moment où ils viendront, on espère demain.
Le Président (M. Tanguay) :
C'est clair. J'aimerais maintenant entendre le collègue de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Uniquement
pour dire, M. le Président, qu'on est en accord avec cette proposition,
effectivement, dans le temps et sur un sujet crucial comme celui-là, dans le
but de faire en sorte qu'on puisse avancer puis
avoir le meilleur projet de loi possible. Sur une notion qui a été maintes fois
abordée, notamment par les ordres, au chapitre, entre autres, du secret
professionnel, je pense qu'il est bienvenu de voir si effectivement, du fait
qu'on ait entendu la Régie de l'assurance maladie en tout début d'auditions...
qu'on puisse maintenant savoir si ce qui est écrit répond aux besoins et aux inquiétudes qui ont été exprimées. Alors, tout
à fait d'accord de commencer sur des articles, de suspendre, au besoin, et de continuer sur d'autres, et de participer
à cette période d'une heure avec les gens de la Régie de l'assurance
maladie.
Président (M. Tanguay) : Parfait. Merci. Alors, je crois que, de
votre côté, collègue de Taillon, vous êtes en train de reformuler ou de préciser le texte de la motion. Alors, je
suspends quelques minutes, réellement une courte période pour bonifier selon l'entente que nous avons eue,
la compréhension, dois-je dire, que nous avons eue, et après ça on verra,
on passera au vote.
Alors, je suspends nos travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 15 h 54)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour en ondes. Et, pour la lecture de votre motion
amendée, je cède la parole à notre collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, la motion en vertu de l'article 244
telle qu'amendée après nos échanges :
est proposé qu'en vertu de l'article 244 de nos règles de procédure, la
Commission de la santé et des services sociaux
entende, en lien avec l'étude détaillée du projet de loi n° 92, Loi visant
à accroître les pouvoirs de la Régie de l'assurance maladie du Québec et modifiant diverses dispositions
législatives, la Régie de l'assurance maladie du Québec pour une durée
maximum d'une heure dans les meilleurs délais.»
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, nous avons eu le
débat sur la motion, nous sommes maintenant prêts à voter ladite motion.
La motion est-elle adoptée?
Président (M. Tanguay) : Adopté. Et je vous informe que le
secrétariat, donc, communique dans les meilleurs délais avec les représentants de la Régie de l'assurance maladie. Et
j'entends aussi que des communications parallèles seront faites à la
régie pour que dans les meilleurs délais soit un fait de la vie.
Alors, merci
beaucoup. Y a-t-il d'autres motions préliminaires? Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
J'aimerais tout simplement demander que nous procédions à l'étude
article par
article alinéa par alinéa.
Président (M. Tanguay) : Alinéa par alinéa, oui. Donc, il n'y
aura pas de problème. Alors, nous allons procéder, en vertu de l'article 245, je crois, de notre
règlement, alinéa par alinéa, ce qui veut dire — et ça, c'est ce qui est demandé et
c'est ce qui sera le cas — que
chaque alinéa permet un temps de parole de 20 minutes à chacun des
collègues.
Alors,
à moins qu'il y ait d'autres motions préliminaires, nous sommes maintenant
rendus à l'étude
article par article, et je cède la parole pour la
lecture de l'article 1 au ministre.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, vous voulez que je le lise aussi...
Le Président
(M. Tanguay) : Oui, le lire et nous l'expliquer.
M. Barrette :
Mais vous voulez que je le lise alinéa par alinéa?
Président (M. Tanguay) : Non, vous lisez l'article entièrement,
puis on calculera le temps de cette façon-là, alinéa par alinéa. Mais là
vous lisez en entier l'article 1.
M. Barrette :
Très bien, M. le Président. Alors donc ici,
Loi sur l'assurance maladie,
article 1 :
L'article 1 de la
Loi sur l'assurance maladie (chapitre A-29) est modifié par
l'insertion, après le paragraphe p du premier alinéa, du suivant :
«p.1)
"dispensateur" : toute personne qui fournit un service assuré
visé au cinquième, sixième, septième ou huitième alinéa de l'article 3 et qui peut exiger d'une personne assurée ou
de la régie, selon le cas, le coût déterminé par règlement pour un tel
service.»
Le Président
(M. Tanguay) : Merci. Avez-vous des explications?
M. Barrette :
Alors, M. le Président, c'est un point essentiellement de concordance puisque,
dans le projet de loi... bien, dans la loi, on doit identifier qui sont
les dispensateurs. Et, comme on introduit la notion de dispensateur, on
doit la définir, et c'est ce que l'on fait par le paragraphe en question.
Président (M. Tanguay) :
Merci beaucoup. Y
a-t-il des commentaires sur l'article 1? Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
En fait, c'était une question, M. le Président. Je vois qu'on indique, le
dispensateur, «toute personne», et on
inscrit entre parenthèses, dans les commentaires, «établissements, laboratoires ou
distributeurs». Est-ce qu'on n'aurait
pas lieu d'écrire «toute personne physique ou morale»? Parce qu'on a des personnes qui sont des
établissements, là, qui sont des...
Alors, peut-être que mon incompréhension est incomplète, mais il me semble que
d'habitude on écrit «personne physique
ou morale», lorsqu'on a un établissement ou un distributeur, et donc ça peut
être une organisation internationale, même.
Le Président
(M. Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette : Dans le
merveilleux monde juridique, le mot «personne» inclut les personnes physiques
et les personnes morales.
Mme Lamarre : O.K. Mais «qui
fournit un service»?
M. Barrette : Bien, c'est comme
Mme Lamarre : O.K. Et je
voulais savoir, si vous permettez, M. le Président...
Le Président (M. Tanguay) :
Oui, collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Là, je vois qu'on a mis une certaine énumération d'organisations ou de personnes qui n'étaient pas nécessairement là. Est-ce que
les grossistes seraient également considérés?
Le Président (M. Tanguay) : M.
le ministre.
M. Barrette : Non, les grossistes, M. le Président, ils n'ont pas de contact avec le bénéficiaire. Bien, le grossiste,
il n'a pas de contact, là.
Mme Lamarre : Mais quels sont
les distributeurs qui auraient des contacts, dans ce cas-là?
M. Barrette : Il y a des distributeurs dans certaines fournitures qui
peuvent, mais là le grossiste, lui, normalement, il n'a pas de lien... Il ne donne pas de
services assurés, le distributeur... pas le distributeur mais le grossiste.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Mme Lamarre : Oui. Bien, en
fait, puisqu'on parle des orthèses et des prothèses, moi, je pense, là, à des centres comme Médicus, qui ne sont pas nécessairement des professionnels de la santé mais qui sont des organisations. Alors, ça, ça en serait un, distributeur?
M. Barrette : C'est des distributeurs. «Distributeur», ça
s'applique essentiellement, dans le monde de la RAMQ, à ceux qui vendent, fournissent des aides
techniques, ça fait que c'est les appareils auditifs, c'est les
béquilles, c'est les chaises roulantes, c'est tout ça, là.
Mme Lamarre : Les équipements
de stomie, par exemple?
M. Barrette : Par exemple. Mais
ce n'est pas les grossistes qui font ça, là.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Mme Lamarre : Oui. Il
peut y avoir des grossistes... Stomo-phlebo, par exemple, qui est un grossiste
qui distribue...
M. Barrette : Moi, je n'ai
jamais vu un grossiste vendre directement aux patients. C'est des grossistes.
Mme Lamarre :
Bien, c'est à mi-chemin. C'est parce qu'il y a des grossistes qui sont
également distributeurs, là.
M. Barrette : M. le Président,
puisqu'il semble y avoir une question d'interprétation juridique, je pourrais,
s'il y a consentement, passer la parole à mon collègue ici.
Président (M. Tanguay) : Oui. Alors, y a-t-il consentement pour
entendre le représentant de l'aile juridique du ministère? Y a-t-il
consentement? Oui, consentement.
Alors, pour
les fins d'enregistrement, je vous demanderais, s'il vous plaît, de préciser
votre nom, vos fonctions, et la parole sera à vous. En bref, on débutera
un échange.
M. Darveau (François) : Oui.
Alors, François Darveau, affaires juridiques et RAMQ.
Ce qu'on
entend par «distributeur» ici, c'est strictement les personnes qui distribuent
des aides de suppléance à l'audition...
Mme Lamarre : À l'audition?
M. Darveau
(François) : ...oui, qui
sont identifiées dans la réglementation concernant les aides techniques et qui sont désignées comme les personnes qui peuvent
distribuer des aides de suppléance à l'audition. Alors, c'est strictement
ça qu'on entend par
«distributeur» ici, c'est une notion qui est bien particulière dans le contexte
du programme des aides techniques. Alors, c'est ceux
qui distribuent aux personnes assurées des aides de suppléance à l'audition.
Mme Lamarre : Et je m'excuse,
mais pourquoi pas des aides aussi à la vue? Qu'est-ce que...
M. Darveau
(François) : Parce que
les aides à la vue ou les prothèses visuelles, selon la réglementation et selon la
Loi sur l'assurance maladie, c'est exclusivement les
établissements qui peuvent les distribuer.
Mme Lamarre : Comme les remplacements de cristallin, par exemple, là, il peut y avoir différentes sortes de cristallin ou...
M. Darveau
(François) : Ça, les remplacements de cristallin, c'est plus du ressort d'une intervention chirurgicale,
donc on entre dans le domaine des professionnels
de la santé, alors qu'ici on est dans le domaine des dispensateurs, et les
dispensateurs ne sont pas des professionnels
de la santé. Les dispensateurs sont ceux qui dispensent les services assurés
dans le programme des aides
techniques, qui est administré par la Régie
de l'assurance maladie, et le programme
des aides techniques comprend des
aides... des fauteuils roulants, des orthèses, prothèses, des prothèses
auditives, des prothèses visuelles. Et, pour chacune de ces aides
techniques là, il y a des personnes identifiées pour dispenser le service.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Oui, collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Et je vais juste faire le parallèle, là, mais les
aides à l'audition, par rapport à un optométriste ou un opticien d'ordonnance qui, lui, donne des aides à la vue... Parce
qu'il y a certains services qui sont remboursés par
la RAMQ au niveau des aides à la vue, à la vision.
M. Darveau (François) : Bien,
les services qui sont rendus par les optométristes, certains sont couverts, les
optométristes sont des professionnels de la
santé au sens de la loi, là, mais ce n'est pas une couverture universelle.
Certains sont couverts à
titre de
services assurés rendus par un professionnel, mais ce qui est le volet
prothèses visuelles, là, et c'est très technique, là, ce sont les établissements
seuls qui sont habilités à dispenser les services.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Y a-t-il d'autres questions? Oui, collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Je veux juste que ce soit clair. On ajoute le mot
«dispensateur» et on fait référence en disant : On le fait parce qu'on veut entre autres, même plus spécifiquement, inclure les
aides à l'audition. Alors, pourquoi les aides à la vision, là, quand on parle des lunettes, des lentilles cornéennes...
C'était déjà inclus? Pourquoi le mot «dispensateur» s'applique spécifiquement aux aides à l'audition?
Parce qu'il me semble que ça aussi, c'est seulement des audioprothésistes
qui peuvent fournir des aides à l'audition. J'essaie de voir la différence
entre les aides à l'audition fournies par l'audioprothésiste qui justifient
qu'on mette le mot «dispensateur» et les aides à la vision qui sont les
lunettes ou les lentilles cornéennes, qui, elles, ne s'associent pas au mot
«dispensateur».
M. Darveau
(François) : C'est-à-dire que, oui, les dispensateurs en aides visuelles dispensent des appareils
pour corriger des déficiences visuelles, c'est ça qu'ils font. Les
dispensateurs pour les déficiences auditives, eux autres, comme vous dites, ce sont les audioprothésistes,
ils vont dispenser des aides à l'audition, et ce sont les audioprothésistes
qui sont habilités à le faire en vertu de la réglementation applicable.
Le Président (M. Tanguay) :
Merci.
Mme Lamarre : Et pourquoi on
n'appelle pas... Pourquoi on n'ajoute pas les audioprothésistes?
M. Darveau (François) : Parce
que les audioprothésistes sont des dispensateurs au sens de la définition. La
définition de «dispensateur» vient inclure les audioprothésistes parce que les
audioprothésistes peuvent exiger d'être rémunérés pour un service assuré, en
vertu de la réglementation, lorsqu'ils dispensent des aides auditives.
Alors, les
dispensateurs, là, ce sont des personnes définies dans la réglementation déjà. C'est déjà une réalité, là, c'est déjà quelque chose
qui se passe, mais on vient la consacrer dans la loi, parce qu'il y a un règlement
sur les aides auditives, il y a un règlement sur les aides visuelles, il y a un
règlement pour les aides de suppléance à une déficience physique, là, qui comprend les fauteuils roulants, les orthèses, les
prothèses. Alors, il y a une réglementation pour chacun des programmes d'aides techniques, et, à l'intérieur de cette réglementation-là, on vient spécifier qui dispense le service
pour chacune des aides techniques. Par exemple, dans le cas des aides auditives, ce sont les audioprothésistes ou, lorsqu'on est
en aide de suppléance à l'audition, ce sont les distributeurs, il y a
une définition de «distributeur» dans la réglementation. Je ne sais pas si ça répond...
Le Président (M. Tanguay) :
Alors, y a-t-il d'autres interventions sur l'article 1? Collègue de
Taillon.
Mme Lamarre : Bien, je vois qu'on ajoute «dispensateur», là,
puis, «dispensateur», on dit : Établissement, laboratoire, audioprothésiste ou distributeur. Pourquoi on ne met pas une
section
spécifique pour audioprothésistes, puisque ce sont des professionnels de la santé, tandis que les
autres sont des établissements, des laboratoires ou des distributeurs? Pourquoi
on ne fait pas une vraie
section
audioprothésistes si c'est un groupe de professionnels comme les optométristes,
comme les pharmaciens, les médecins,
qui sont prévus, là, dans les... Parce
que, là, on est dans la
Loi sur
l'assurance maladie, on est dans l'article 1
qui dit les professionnels qui sont visés, et là on inclut des
audioprothésistes, qui sont des professionnels, comme des simples
dispensateurs.
Le Président
(M. Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette : Là, M.
le Président, si vous me permettez,
là, je constate que la députée de Taillon semble accrocher sur une
énumération qui est dans les commentaires, mais c'est...
Mme Lamarre :
...les commentaires...
M. Barrette :
... — oui,
mais je vais juste finir ma phrase, là — alors que les commentaires
ont une visée explicative, pour la
compréhension du parlementaire lecteur, et c'est tout, là, alors que, le texte
de loi, le dispensateur, comme mon collègue
vient de le dire, c'est une question de cohérence du texte de loi, et le commentaire vient simplement jeter une lumière explicative.
Alors
là, la ligne que prend la députée de Taillon, c'est d'introduire le commentaire dans le texte de loi, ce qui est évidemment une chose qu'on ne
fait pas, là. Je ne suis pas sûr, là, que... Autrement dit, M. le Président, je
sens des inquiétudes sémantiques qui, je pense,
sont, à mon sens, bien expliquées par mon collègue et qui ne sont peut-être
pas fondées, là.
Le Président
(M. Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Bien, je vous dirais que les commentaires sont essentiels pour comprendre la volonté du législateur quand il introduit une modification. Pour nous, là, qui sommes à l'opposition et qui prenons connaissance des changements, il y en a qu'on déduit par nous-mêmes,
mais il y en a d'autres où le commentaire nous aide
explicitement à comprendre la pertinence de ce que le législateur
introduit.
moi, je veux bien ajouter un «dispensateur», mais, la façon dont on l'indique, il me semble que, si on veut que les audioprothésistes soient inclus dans les
dispensateurs, on aurait intérêt à les mettre dans les professionnels de la santé qui sont visés. Parce que
ce qu'on va vouloir sanctionner éventuellement, ce n'est pas le rôle de dispensateur, c'est
le rôle de professionnel. Ce sont des professionnels,
les audioprothésistes, de la même
façon que les optométristes ou...
Alors, sinon, qu'on m'explique.
Le Président
(M. Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette : Bien, je n'ai pas beaucoup de choses à rajouter,
M. le Président, autrement que l'amendement qui est
proposé ici, là, c'est un amendement pour fermer les trous. Alors, dans l'état
de la loi actuelle, dans l'état du texte législatif qui existe actuellement, entrer ça permet
de fermer des échappatoires, et il
n'y a pas lieu, selon nous, d'aller
dans un plus grand niveau de détail.
Encore
une fois, je comprends les inquiétudes exprimées par la collègue de Taillon,
M. le Président, mais j'ose lui dire de ne pas s'inquiéter, là, parce que l'intention ici est
d'être cohérent avec notre texte. «Dispensateur», notre collègue ici vient de
le dire, ça couvre tout.
Le Président
(M. Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Bien, j'essaie de voir, là, la référence... Cinquième, sixième, septième et
huitième alinéa de l'article 3, est-ce
qu'on parle bien de d, e, f et
l'autre paragraphe qui suit, donc, qui commence par «le coût des
services déterminés par règlement»? Parce que, si c'est ça, on a
médecins, les services de planification familiale, les services d'insémination,
les services requis à des fins de préservation de fertilité, puis le coût des
services, ensuite, couvre les dentistes, mais il n'y a pas les
audioprothésistes. Est-ce que les alinéas cinq, six, sept et huit de l'article 3...
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, M. le ministre.
M. Barrette :
Me Darveau va continuer.
Le Président
(M. Tanguay) : Me D'Arbour.
Le Président
(M. Tanguay) : Darveau? Darveau, pardon. Me Darveau.
M. Darveau
(François) : On réfère ici,
là, aux cinquième, sixième, septième et huitième alinéas... Ce sont les alinéas de l'article 3 qui traitent
spécifiquement des appareils qui font
partie du programme d'aides techniques
qui est administré par la régie.
Mme Lamarre :
Pouvez-vous le préciser? Ce sont lesquels, les alinéas cinq, six, sept et huit?
M. Darveau
(François) : O.K., oui. Bien là, vous étiez, là, à b ou c, je crois.
Mme Lamarre :
À d, e, f.
M. Darveau (François) : À d, e, f? Ah! c'est plus loin que ça, là. Là, on
est dans les paragraphes, là, c'est plus loin que ça. Si vous comptez les alinéas, quand vous allez arriver au
cinquième, là, c'est celui qui commence par : «La régie assume pour
le compte d'une personne assurée dont l'âge est celui fixé...»
Mme Lamarre :
Un alinéa, est-ce que...
M. Darveau (François) : C'est celui qui commence par : «La régie
assume pour le compte d'une personne
assurée dont l'âge est celui fixé à ces fins par [le] règlement...» Je
ne sais pas si vous pouvez l'identifier.
Mme Lamarre :
«La régie assume aussi, conformément aux dispositions de la présente loi...»
C'est ça?
M. Darveau (François) : Non, c'est le suivant. «La régie assume pour le compte d'une personne assurée dont
l'âge est celui fixé à ces fins par règlement
le coût des services déterminés par règlement et des appareils ou autres équipements qui suppléent à une déficience physique...» Ici, on
parle des fauteuils roulants, des orthèses, prothèses. Il y a une
réglementation qui règle spécifiquement les conditions d'attribution des fauteuils roulants,
des orthèses, prothèses et la rémunération
à laquelle ont droit les dispensateurs qui dispensent ces services-là. En
l'occurrence, ce sont les établissements et les centres de réadaptation.
Le Président
(M. Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Donc, cinq, six, sept et huit, ça inclut ces éléments-là.
M. Darveau (François) : Six, vous avez les aides visuelles, sept, vous
avez les aides auditives, et, huit, les aides à la communication. Donc, c'est
des aides techniques, ce ne sont pas des services rendus par les professionnels
de la santé au sens de la
Loi sur l'assurance maladie.
Mme Lamarre :
Même quand il s'agit de l'ajustement d'un appareil, d'une prothèse auditive par
un audioprothésiste?
M. Darveau (François) : Un audioprothésiste, au sens de la
Loi sur
l'assurance maladie, la définition de professionnel de la santé, n'est
pas un professionnel de la santé au sens de la
Loi sur l'assurance maladie.
Mme Lamarre :
Ce ne serait pas le temps de corriger la situation?
M. Darveau
(François) : Ce n'est pas à moi à répondre à ça.
Mme Lamarre :
Il me semble qu'un audioprothésiste, c'est un professionnel de la santé.
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, M. le ministre.
M. Barrette :
Bon, disons que cet élément-là ne se résolvera pas ici aujourd'hui ni dans
l'étude de ce projet de loi là.
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Bien, avec les paragraphes qui ont été précisés, les alinéas qui ont été
précisés, c'est plus clair. Je vous remercie.
Président (M. Tanguay) : Y a-t-il d'autres interventions sur
l'article 1? (Interruption) Alors, excusez-moi, collègues, c'est
l'émotion.
M. Barrette :
L'article 1, l'émotion, en général, c'est l'autre bord.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Président (M. Tanguay) : Alors, chers collègues,
l'article 1, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder au vote.
L'article 1 est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) :
Adopté. M. le ministre, l'article 2, je vous en prie.
M. Barrette :
Merci, M. le Président. Ça va toujours?
Le Président
(M. Tanguay) : Oui, ça va bien. Vous ne perdrez pas votre
président après-midi.
M. Barrette :
Article 2 :
L'article 7 — un
article dont on a parlé
précédemment — de cette
loi est modifié par le remplacement,
dans le deuxième alinéa, de «selon une formule dont le contenu est prescrit par
la régie» par «en utilisant le formulaire fourni par la régie».
Alors là, M. le
Président, là, comme tout le monde l'a lu dans les commentaires, c'est une
question, ici, de concordance avec les
articles 25 et 38 du projet de loi, qui prévoient qu'un règlement n'est
plus requis pour déterminer le contenu des formulaires de la régie,
parce qu'avant il y avait ça, là, et qu'évidemment la régie peut exiger de
toute personne qui lui fait une demande qu'elle utilise le formulaire
approprié, que la régie fournit. Ça, ça fait référence essentiellement, M. le Président, au fait qu'on s'en va dans divers
modes, dont des modes numériques, là, qui peuvent être imprimés et
envoyés à la régie, et ainsi de suite. C'est purement administratif.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Sur l'article 2, y
a-t-il des interventions? Je ne vois pas d'intervention. Collègue de
Taillon?
Mme Lamarre :
Est-ce qu'il n'y a pas lieu de prévoir le moment où ce formulaire-là sera
disponible?
M. Barrette :
Non, parce que l'objectif de la chose est d'avoir la souplesse nécessaire pour
déterminer les formulaires quand ce sera... et les changer, là, et ainsi de
suite, là.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci. Y a-t-il d'autres commentaires? Collègue de
Taillon.
Mme Lamarre :
Parce que ce que je comprends, c'est que, tant que le formulaire ne serait pas
disponible, ça pourrait faire en sorte que ça positionnerait...
Le Président
(M. Tanguay) : Oui, la parole est à vous.
Mme Lamarre :
Là, on parle... «Une personne qui quitte le Québec pour s'établir dans un autre
pays cesse, dès son départ, d'être une personne qui réside[...].
«Une
personne qui possède le statut légal de résident permanent dans un pays autre
que le Canada est présumée ne pas
être domiciliée au Québec à moins qu'elle ne démontre à la régie qu'elle est
domiciliée [...] et qu'elle ne lui produise une déclaration assermentée
à cet effet selon une formule dont le contenu est prescrit par la régie.»
Donc, il
y a quand même une urgence à ce
que le formulaire fourni par la régie redevienne disponible rapidement,
là, parce que, là, quelqu'un qui écrirait une lettre, ça ne compterait
pas.
M. Barrette : Bien, par définition... Bien, le formulaire, je pense
que la régie, dans sa gestion, a intrinsèquement l'obligation d'avoir à
la disposition des demandeurs les formulaires appropriés, là.
Mme Lamarre :
Mais pas jusqu'à maintenant, c'est nouveau, on l'introduit par ça.
M. Barrette :
Bien, moi, je pense que...
Lamarre : Parce que,
là, ce qu'on avait, c'était une formule dont le contenu était prescrit par la
régie, mais qui n'était pas nécessairement un formulaire imprimé en trois copies ou...
M. Barrette : Je
comprends, je comprends, mais je pense qu'il est intrinsèque que la Régie d'assurance maladie doit avoir des
formulaires disponibles, là. Je ne comprends pas l'inquiétude, là.
Mme Lamarre :
Bien, juste parce que normalement on devrait déjà commencer, à la régie,
mettons, là, qu'on dit ça, à faire en
sorte que le formulaire, il soit déjà en train d'être imprimé. Si on veut que
la loi entre en vigueur dans deux mois puis que le formulaire, il soit déjà disponible pour les gens, bien, il
faudrait presque que la RAMQ soit déjà dans ce contexte-là, là.
M. Barrette :
Je comprends, là, mais, si on rentre dans des cas hypothétiques, alors, il est
parfaitement possible pour la régie, par exemple, de mettre sur son site
le formulaire à être imprimé et à être envoyé.
Alors
là, quel est l'objectif, là? Est-ce que, l'objectif, on doit avoir un
amendement qui dit que... on va avoir un amendement qui va dire que la
régie doit avoir en permanence à la disposition du public des formulaires?
Mme Lamarre :
Non, mais on pourrait ajouter «qui devra avoir été rédigé et rendu disponible
avant l'entrée en vigueur de la loi».
M. Barrette :
Bien oui, mais c'est parce que c'est implicite, là. Quand on dit «en utilisant
le formulaire fourni par la régie»,
c'est bien évident que, quand la loi va être promulguée et opérationnalisée, il
doit y avoir des formulaires, par définition, de disponibles, là.
Mme Lamarre :
Moi, j'ai déjà été à court de formulaires, là, dans...
M. Barrette : J'en suis
convaincu.
Mme Lamarre : Vous aussi, je
suis sûre.
M. Barrette : Oui. Je suis allé
à la cour avec... Oui.
Mme Lamarre : Donc, ce n'est
pas si évident que ça.
M. Barrette :
Des fois, il y a des mystères administratifs, là, qui sont assez surprenants.
Mystérieux, justement.
Le Président (M. Tanguay) :
Merci beaucoup. Alors, sur l'article 2, y a-t-il d'autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder au vote sur l'article 2. Alors, l'article 2 est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) :
Adopté. M. le ministre, sur l'article 3.
Barrette :
Article 3, un
article très simple :
L'article 9.1.1 de cette loi est modifié par le remplacement, dans
le deuxième alinéa, de «200 $ à 1 000 $» par «500 $ à
5 000 $».
Alors, on se
rappellera, M. le Président, qu'un des objets de la loi n'est pas simplement de
donner de nouveaux pouvoirs... en
fait est de donner de nouveaux pouvoirs, dont le pouvoir dissuasif. Et à cet
égard on a prévu non pas changer la teneur des articles, mais bien les
montants à être appliqués en termes d'amende.
Le Président (M. Tanguay) :
Merci. Sur l'article 3, y a-t-il des commentaires? Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Bien, moi, je suis d'accord avec les changements. Je veux juste avoir une idée
de comment ça s'applique
concrètement, là, parce que... une question de possession d'une carte
d'assurance maladie. Est-ce que, dans les
hôpitaux, il y a des gens qui sont en mesure, là, de dire : Woups! ta
carte d'assurance maladie n'est pas la bonne, ce n'est pas la bonne personne qui est là? Qu'est-ce qu'elles peuvent faire
pour faire en sorte qu'on puisse retracer ces gens-là par la suite? J'imagine que, quand les gens se
sentent repérés avec une fausse carte, ça doit être... ou une carte qui ne leur
appartient pas, là... Juste pour qu'on comprenne de quelle façon ça s'applique
concrètement, ça.
M. Barrette :
Concrètement, évidemment, il y a essentiellement deux cas de figure. Il y a la
personne qui est prise sur le fait,
qui, donc, se présente à un point de service quelconque, que ce soit un
hôpital, une urgence, un bureau de médecin, peu importe, à la pharmacie, et on identifie cette personne-là comme
étant porteuse d'une fausse carte. Alors là, évidemment que la personne devra quand même s'identifier,
avoir une adresse, et ainsi de suite. Sinon, ce sera le résultat d'enquêtes.
Il est arrivé dans le passé, à la Régie de
l'assurance maladie, qu'il y a eu des enquêtes sur l'utilisation frauduleuse
par des groupes organisés, et il y a
même eu des découvertes fortuites, on se rappellera une découverte fortuite
assez spectaculaire il y a quelques
années, alors que la Gendarmerie royale du Canada enquêtait sur autre chose, et
ils sont tombés sur un trafic d'utilisation de carte frauduleuse.
Et c'est
comme ça que ça s'applique. Alors, évidemment, comme toujours, dans la fraude, il faut constater la fraude et
retracer la personne, et là on tombe dans les enquêtes policières. Et ici cet article-là
traite de l'application de l'amende
lorsqu'un contrevenant a été identifié.
Lamarre : Donc,
concrètement, quand il y a cette observation-là, les gens appellent... l'hôpital
appelle la police, ils n'appellent pas la RAMQ, là.
Barrette : Bien, c'est-à-dire qu'encore là il y a plusieurs chemins. Alors, si, dans un hôpital,
par exemple, on constate
que quelqu'un utilise une fausse carte, ce qui n'est pas
évident, là, parce qu'une fausse
carte, c'est une photo qui correspond
à la personne mais pour laquelle on a un soupçon de, bien, l'hôpital, si on
prend l'exemple de l'hôpital, je l'ai vécu
moi-même personnellement, là, on avise la régie, qui, elle, fait son enquête,
d'une façon conjointe ou non avec la police, c'est comme ça que ça
fonctionne. Alors, je peux...
Mme Lamarre : O.K. Si le patient est
hospitalisé, là, donc il est un peu captif. Mais si c'était dans un GMF,
mettons, là.
Barrette : Bien, mettons que c'est dans un GMF, si on a la chance
d'avoir une vraie adresse en même temps, alors là ça passe par aviser la
régie de la chose, qui, elle, déclenche ses enquêtes administratives et/ou
policières.
Lamarre : Donc, la régie est appelée, puis c'est elle qui détermine si
c'est la police qui doit se rendre ou non.
M. Barrette : Bien, c'est...
Mme Lamarre : C'est juste
que, si on vote quelque chose, je veux que ça ait le plus d'impact possible,
là, ça...
Barrette : Alors, si on est pour voter quelque chose, je suis bien
d'accord, mais discutons du quelque chose. Là, actuellement, là, c'est l'amende, et la question qui m'est posée,
c'est : Comment vous faites vos enquêtes Jobidon? Alors là, moi, je veux bien répondre aux enquêtes
Jobidon qui sont... et je le dis de façon humoristique, là, mais on parle
d'une enquête, alors qu'ici l'objet de l'article, c'est le montant.
Alors, le quelque chose sur lequel on vote, c'est
le montant. Alors, M. le Président, si notre collègue dit qu'elle veut comprendre
ce pour quoi elle vote, bien, l'objet de ce pour quoi on va voter là, là, c'est
l'article 3, c'est le montant de l'amende, et non la
manière de faire l'enquête.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Bien, je pense qu'il faut quand même le mettre dans le contexte de l'article 3,
qui modifie l'article 9.1.1 d'une loi, et l'article 9.1.1, il
dit : «Nul ne peut avoir en sa possession une carte d'assurance maladie ou
une carte d'admissibilité...» Là, je
pense qu'il faut... Ce n'est pas juste la sanction, il y a une compréhension.
Et, si on est rendu à modifier 9.1.1, bien, si on peut le bonifier, moi,
je pense qu'on ne doit pas s'en priver. L'objectif, c'est que...
Barrette : M. le Président, là, je veux bien qu'on discute, c'est
toujours agréable de discuter ensemble, mais l'objet, là... Quand on met une amende, là, bien, c'est une amende qui
est en lien avec une infraction. Et l'infraction, là, admettons que tout le monde qui nous écoute ainsi
que nous ici présents, là... Quand on reçoit un ticket de vitesse, là, c'est
écrit sur le ticket de vitesse : Vous
allez payer 200 $ parce que vous avez enfreint tel règlement, puis, le
règlement, ça va être écrit, par
exemple : Vous avez excédé la limite de vitesse permise de 30 à
40 kilomètres-heure, ce qui vous rend passible de telle amende. C'est écrit dans les tickets de
vitesse. C'est même écrit dans les contraventions de stationnement. Stationner
entre telle heure et telle heure, le règlement municipal dit... C'est
toujours de même.
Alors,
ça, c'est un
article qui dit : Si vous contrevenez à ça, c'est-à-dire
avoir en votre possession une carte d'assurance
maladie ou une carte d'admissibilité qui ne correspond pas à votre identité en
vue d'obtenir ou de recevoir un
service visé — en
français, vous vous présentez en quelque part avec une fausse carte pour avoir
un service — vous
êtes passible d'une amende de 500 $ à 5 000 $.
Mme Lamarre :
Puis ce qu'on va voir dans les règlements plus tard, dans les autres articles,
c'est qu'on va également sanctionner la personne qui avait cette carte, qui l'a
rendue disponible. C'est prévu plus tard.
Barrette : Et, pour paraphraser notre collègue, M. le Président, on
comprend bien ce pour quoi on vote là, là. On vote pour une amende en
fonction de la possession d'une fausse carte.
Le Président (M.
Tanguay) : D'autres interventions sur l'article 3?
Le Président (M.
Tanguay) : S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder
au vote sur l'article 3. Est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté.
Article 4. M. le ministre.
Barrette :
Article 4, M. le Président : Les
articles 9.2 à 9.4 de cette loi sont modifiés par le remplacement de
«d'au moins 200 $ et d'au plus 1 000 $» par «d'au moins
500 $ et d'au plus 5 000 $».
Même logique, même
mécanique, même application que le dernier débat.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. Y a-t-il des interventions sur l'article 4?
Alors, s'il n'y a pas d'intervention sur l'article 4, nous allons procéder au vote. Alors, je mets
aux voix l'article
L'article 4 est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté.
Article 5. M. le ministre.
Barrette :
Article 5, M. le Président :
L'article 9.5 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le
deuxième alinéa, de «50 $ à 500 $» par «250 $ à 2 500 $»
et de «100 $ à 1 000 $» par «500 $ à 5 000 $».
Même logique, même
application, même mécanique.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
sur l'article 5, y a-t-il des interventions?
S'il n'y a pas d'intervention sur l'article 5,
nous allons procéder au vote. Alors, chers collègues, l'article 5 est-il
adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté.
Article 6.
Mme Lamarre :
J'aurais un article... un amendement à 5.1, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Oui. Alors, nous allons suspendre le temps
d'en faire des copies. Nous suspendons nos travaux.
(Suspension de la séance à
16 h 36)
Président (M. Tanguay) :
Nous sommes de retour en ondes. Je cède maintenant la parole, pour la
présentation de son amendement, à la collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Merci, M. le Président. Alors, il s'agit d'un amendement à la
Loi sur
l'assurance maladie.
Article 5.1 : Insérer, après l'article 5 du
projet de loi, l'article suivant :
5.1. La loi est
modifiée par l'ajout, après l'article 9.0.5, de l'article suivant :
«9.0.6. Toute
personne assurée qui se verra dispenser un service par un médecin pratiquant à
l'intérieur ou à l'extérieur d'un
établissement ou de ses installations à la suite de l'utilisation d'une carte
d'assurance maladie ou d'une carte
d'admissibilité, se verra remettre un récépissé décrivant la nature des
services rendus en utilisant le formulaire fourni à cet effet par la
régie.»
Alors,
il s'agit, M. le Président, d'une proposition d'amendement qui fait suite au
dépôt du document du Regroupement provincial des comités des usagers, le
RPCU. Alors, le RPCU a présenté un mémoire en commission parlementaire où il
faisait référence à la pertinence de faire participer l'usager dans ce
processus de surveillance de la facturation
qui est faite par les différents... par les Québécois, et je pense que
c'était une proposition qui était tout à fait appropriée.
ne peut pas prétendre que la RAMQ va, même en augmentant ses pouvoirs par notre
projet de loi, contrôler l'ensemble des actes, et on pense que d'avoir des usagers qui
participeraient à cette vigilance des actes facturés, ça aurait vraiment
deux incitatifs. D'une part, ça aiderait les usagers à mieux comprendre la
liste des interventions qu'ils ont reçues dans un établissement de
santé, dans un GMF, dans un CLSC, ça les rendrait aussi plus aux aguets, je
pense, ça ferait apprécier la valeur de ces
actes-là qui leur sont donnés, la valeur thérapeutique mais également
la valeur monétaire des examens et
des traitements qu'ils ont reçus, mais ça ferait également... ça permettrait
donc à l'ensemble des professionnels de savoir qu'il y a quelqu'un qui
jette un regard sur ce qui été facturé.
Alors,
pour rappel, juste préciser que la Protectrice
du citoyen a à très juste titre, Mme Saint-Germain, Protecteur du citoyen, rappelé que la régie contrôle la
rémunération de 41 300 professionnels, 281,1 millions de demandes
de paiement pour un total de près de 11 milliards
de dollars, ce qui représente 15 % du budget total des dépenses du Québec.
Alors, je pense qu'on essaie, dans le
projet de loi, de donner un certain pouvoir de la Régie de l'assurance maladie,
mais on a également
la possibilité, dans le
titre du projet, de modifier diverses dispositions législatives qui peuvent contribuer à
faire en sorte qu'on ait un meilleur contrôle sur les coûts.
Alors,
notre amendement s'inspire très, très largement de celui qui était proposé par
le RPCU. Alors, je cite, là, juste
quelques lignes en préambule dans leur rapport, dans leur mémoire :
«Encore une fois, le projet de loi ignore le rôle que l'usager pourrait
avoir dans le contrôle des coûts.
seul qui sait si les services ont été rendus est l'usager lui-même. Pourtant,
il n'a aucune trace des services reçus.
Ne serait-il pas temps que l'usager reçoive une attestation quelconque des
services qu'il a reçus d'un professionnel de la santé?
«Cette méthode est
facile à mettre en place.
«[...]on
pourrait nous répondre que l'usager ne paie pas pour les services qu'il reçoit.
[Mais] ce n'est pas [...] exact car
les Québécoises et les Québécois paient beaucoup d'impôts pour le système
public de santé et de services sociaux.
«Nous
proposons d'ajouter, à la
Loi sur l'assurance maladie, un
article à la suite de
l'article de 9.0.5, qui se lirait comme
suit — et ça
reprend à toutes fins pratiques, là, le libellé : "Toute personne
assurée qui se verra dispenser un service..."»
Eux,
ils avaient énuméré une consultation, une référence, une prescription pour un
traitement ou un médicament. Alors,
nous, on dit «la nature des services rendus», incluant les médicaments, mais ça
peut être des examens d'imagerie médicale,
ça peut être différents autres services, tout ce qui aura été, finalement,
facturé pendant un épisode de soins, que ce soit à l'hôpital, dans un
GMF, un CLSC, à la pharmacie, chez un optométriste.
Alors,
je pense que ça créerait vraiment un état de veille beaucoup plus complet et je
pense qu'il y aurait des gains certainement
significatifs et peut-être beaucoup plus importants encore que ceux recherchés;
une fraude qui n'est pas si fréquente.
Je pense qu'il peut y avoir tout simplement une multiplication de services, de
surdiagnostics, de surtraitements qui s'appliquent, et qui rendrait tout
le monde à l'intérieur d'un épisode de soins beaucoup plus vigilant.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. M. le ministre.
Barrette : Bon, M. le Président, je vais être bref, là, parce que je
sens qu'on va rester longtemps... Je vais juste faire une seule
intervention, évidemment.
Alors, c'est
vrai, là, que le projet de loi a pour objectif de modifier des dispositions
législatives, mais on comprend que ça, en général, c'est de la
concordance, là. Et ici c'est un projet de loi qui à la base est un projet de
loi qui vise à augmenter les pouvoirs
d'inspection, les pouvoirs de la Régie d'assurance maladie. Je comprends qu'il
y a très marginalement un lien avec
le projet de loi, mais je pense qu'on est un petit peu à l'extérieur de l'objet
du projet de loi.
Maintenant,
je comprends ce que la députée de Taillon nous explique et ce qu'elle vise.
Maintenant, et je vais le dire de la
façon la plus claire possible, je ne veux pas faire de débat là-dessus, M. le
Président, là, nous n'allons pas complexifier
le travail de tout le monde dans le réseau à cette étape-ci pour atteindre
l'objectif de divulguer une énumération des services et le coût des services, pour une raison qui est bien
simple, M. le Président. Je suis bien d'accord, un jour, de pouvoir
faire ça, là, mais, au moment où on se parle, là, mettre ça en place à la
promulgation d'une loi, je n'ai pas le système informatique, je n'ai pas le
système de traitement de données, là, qui me permet ça. On n'a pas ça, là.
Alors, ce qu'on m'invite à faire, là, c'est de
mettre un
article qui va induire au gouvernement du Québec une complexité assez grande aujourd'hui, là, peut-être
pas dans le futur mais aujourd'hui, de mécanique informatique pour faire ça, d'une part. Et, d'autre part, on va
évidemment, parce que ce sera manuel, là, alourdir le mode de fonctionnement
de tout, là. Parce qu'ici l'amendement, M. le Président, là, c'est un service
par un médecin pratiquant à l'extérieur ou à
l'intérieur d'un établissement. Là, c'est tout, là, tout, tout, tout, là, ça ne
finit plus, là. Alors, c'est quoi, là? Ça va être : Je vous cède une prescription, vous avez été
malade à telle heure, puis on va donner tel médicament? Ça ne finit plus, là.
Alors,
peut-être qu'un jour, lorsqu'on sera informatisé, M. le Président, qu'on aura
juste à peser sur une clé, sur une
touche, sur un ordinateur qui aura été programmé pour le faire, on le fera,
moi, je suis bien confortable avec ça, mais là on n'est pas là. Puis la
meilleure démonstration qu'on n'est pas là, M. le Président, c'est que
l'article 22.1.1 de la Loi d'assurance
maladie, là, essentiellement dit ceci... pas essentiellement, c'est un court
article : «Toute personne assurée doit
être informée du coût des services assurés qu'elle reçoit, selon les modalités
prévues par règlement.» Le coût, en même temps, amène évidemment l'énumération. Et cet article-là n'a jamais été
mis en vigueur. Il a été déposé en 1999 par le Parti québécois, n'a jamais été mis en vigueur et n'a pas été remis en
vigueur lorsqu'ils étaient au pouvoir, pour une raison simple, M. le Président, que je viens de
dire : C'est lourd, on n'est pas là. Un jour on va arriver là. Puis, le
jour où on sera là, ça va me faire plaisir de faire quelque chose qui
ressemble à ça, mais pas aujourd'hui.
Ça fait que,
là, un, on n'est pas dans le projet de loi. Deux, on propose quelque chose qui
aujourd'hui générerait des coûts et
des obligations et aurait des conséquences en termes d'alourdissement de la
pratique, de la dispensation des soins et des services sociaux au
Québec. Je ne suis pas enclin à aller là aujourd'hui, là.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Oui. Simplement dire que ça a déjà existé, alors, puisque ça a été mis là, il y
a déjà eu des envois de profils, qui ont été envoyés à des patients sur
ce qui avait été facturé en leur nom. Ça n'a peut-être pas duré très longtemps,
mais ça s'est fait. Donc, c'est possible.
Et moi, je suis convaincue que la plupart des
Québécois seraient d'accord avec ça, parce que les Québécois constatent que cette non-connaissance, ce
non-suivi de ce qui est facturé en leur nom est problématique, parce qu'on ne
sait pas, on ne sait pas combien ça a coûté. Moi, je suis certaine que beaucoup
de Québécois ont un épisode de soins à
l'hôpital qui coûte 20 000 $, puis ils n'en sont pas conscients. Par
contre, on le sait aussi, là, l'accès à l'urgence peut coûter... Juste le simple fait de s'inscrire à
l'urgence d'un hôpital peut coûter entre 250 $ et 500 $. Les gens ne
sont pas au courant. 30 % des gens quittent. Il y aurait une
autorégulation qui est tout à fait possible.
Alors, moi,
je suis convaincue que les Québécois souhaitent ça pour améliorer vraiment le
niveau de surveillance des sommes qui
sont impliquées. Ça rejoint également la notion de surdiagnostic et de
surtraitement. Et je suis tellement sûre
que je suis prête à dire au ministre : Un simple échantillon significatif,
ça pourrait être un sur 1 000, mais le simple fait de savoir que ça existe... Et c'est possible,
je suis certaine que c'est possible de cumuler à l'intérieur d'une
hospitalisation... Dans le cas d'un
GMF, c'est encore plus facile. Dans le cas d'un CLSC, dans le cas d'une
pharmacie, c'est possible. Alors, on
dit : Un échantillon, une personne sur 100, une personne sur 1 000
reçoit cette... et on avise les gens qu'il y aura certains citoyens qui recevront ce genre de relevé là.
C'est le comité des usagers qui nous le recommande. Je pense qu'on doit
tenir compte de cette recommandation et je pense qu'il n'y a que des bénéfices.
Et tantôt on
parlait de ce qu'on va devoir investir au niveau de la RAMQ en augmentation
d'effectif, en augmentation de surveillance.
Je pense que simplement de faire ce genre d'échantillonnage là pour un certain
nombre de citoyens, ça aurait un
effet incroyable d'abord d'appréciation des Québécois par rapport à leur
système de santé, à tout ce qu'ils
reçoivent dans leur système de santé, mais également de surveillance, de
surveillance mutuelle, de comparaison, un
élément qui contribuerait à vraiment faire en sorte qu'on aurait une plus
grande réflexion avant de represcrire des tests. Beaucoup de citoyens, moi, me disent qu'on leur refait faire les tests
parce qu'on dit, bon : C'est trop compliqué, on va les refaire faire. Mais, si on savait qu'il va y
avoir un indice puis que, quand on va avoir le relevé, on va voir qu'on a eu
trois fois le même test pour évaluer la même chose, pas parce qu'on voulait
faire un suivi mais juste parce que c'était plus
facile de le represcrire que d'aller chercher l'information ailleurs, bien,
moi, je pense qu'on démontrerait des économies réelles, on démontrerait
clairement qu'on est préoccupés par le suivi et par une saine utilisation des
ressources.
Alors, je
vois qu'il est déjà là, mais mettons-le en action avec un échantillon. Alors,
moi, je suis prête à amender, à
changer mon amendement et à proposer au ministre que ce soit seulement pour un
échantillon, un certain nombre de patients.
Le Président (M.
Tanguay) : C'est le collègue de Lévis qui veut intervenir.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. Bien, c'est un amendement intéressant, c'est un amendement intéressant parce qu'il est aussi éducatif, il y a
aussi cette volonté-là. Il y a cette volonté de partenariat avec les objectifs
de la régie, alors je ne peux pas, aussi, dire : Ça ne fait pas sens.
Puis, des
exemples, on en a tous les jours. Moi, je connais des gens qui... sans reculer
bien loin, encore aujourd'hui, quelqu'un
qui est allé rencontrer un médecin puis qui ne sait pas trop, trop ce qui s'est
passé après, une personne âgée, qui
est très lucide et très allumée, mais parce qu'à un moment donné il se fait des...
On n'est pas conscients de tout ce qu'un
médecin peut faire, de tout ce que ça peut représenter. Il y a la notion de
suivi, de qualité des soins, bien sûr. D'impliquer le patient dans le processus également, je trouve
ça manifestement intéressant, puis il y a un aspect aussi de vigilance et de
participation collective à un objectif commun, je trouve ça intéressant.
Assurément, je me questionne aussi. Et là la
collègue députée de Taillon dit : Peut-être qu'on peut faire un échantillonnage. Je comprends, cependant,
également le ministre, qui dit : Là, c'est un outil à créer, alors il y a
probablement une lourdeur, des coûts
associés. Mais je vous dirai que, sur le principe, les notions sont
intéressantes. Et je pense que les citoyens
qui se servent du système de santé auraient tout intérêt un jour, en tout cas,
sinon demain matin, mais à un certain moment
donné, d'avoir ces connaissances-là pour apprécier, de un, pour juger, de deux,
et, en trois, pour être peut-être capables d'intervenir aussi et
d'ajouter à cette vigilance commune qu'on aura dans un objectif comme celui-là.
Et là la
députée dit : Bien, peut-être un échantillonnage. Je me questionne aussi.
Est-ce que le fait de bâtir l'outil en échantillonnage, bon, finalement,
supposerait également des investissements? Est-ce que c'est applicable? Est-ce
que c'est faisable rapidement? Est-ce
qu'on ne peut pas se dire que c'est un objectif important que l'on entend
mettre en place dans une période
donnée, c'est-à-dire qu'on signifie l'intention de faire en sorte qu'on puisse
arriver à un aboutissement comme
celui-là mais dans une période donnée, sachant pertinemment que, pour demain,
ce n'est peut-être pas possible non plus que la gestion des coûts puis
l'application? Je lance l'idée également.
Mais, sur la
base, je dirai qu'on a tout intérêt éventuellement à faire en sorte que le
patient puisse aussi être
partie prenante de son épisode de soins mais
aussi de la vigilance concernant les soins qu'il a à recevoir.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
M. le ministre.
Barrette : M. le Président, à chaque commission parlementaire, tu
sais, on est un peu comme dans l'Entreprise, dans l'émission que l'on connaît tous et toutes, de mon âge, là, Patrouille
du cosmos , là, Star Trek en anglais, là, et dont la devise était, là : «To boldly go where no one
has gone before», là. Alors,
quand la CAQ parle, c'est «to boldly go where never the
CAQ has gone before», là. Là, le député de Lévis, là, dans toutes ses
interventions, veut nous augmenter la bureaucratie constamment, là. M. le
Président, là, ce n'est pas le principe, là.
Moi, je peux
vous dire une chose, M. le Président, là, puis ça va être mon dernier
commentaire là-dessus, je ne peux pas
en faire d'autre, il n'y en a pas d'autre à faire : Si ça me coûtait zéro
sou aujourd'hui, là, pas de problème, si ça coûtait zéro sou en infrastructures, en informatique, en personnel, en
papier, en tout ce que vous voulez, là. Mais là on me propose de mettre en place un système qui va me
coûter des dizaines de millions de dollars, c'est assuré, là, alors... Même
avec l'échantillonnage, là. Pour faire un
échantillon, il faut quand même avoir un système à l'avance. Là, là, M. le
Président, on déborde de l'objet du projet de loi, et c'est tout ce que
j'ai à dire.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Collègue de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Vous savez, M. le
Président, probablement que dans une émission comme Patrouille du
cosmos , des fois, tu es très attentif, tu manques un bout de dialogue ou bien
tu en comprends un. J'imagine que le ministre a perdu un bout du dialogue ou en tout cas de la conversation, des
propos que j'ai tenus. Je dis que, sur le principe, c'est intéressant, ça vaut la peine d'être... c'est
intéressant, ce qui est proposé, là. Je viens de dire aussi que, dans son
application, ce n'est pas évident,
puis qu'il y a des coûts associés à ça, puis on se questionne sur le fait... si
c'est faisable dans un laps de temps
x. Alors, je comprends bien que le ministre s'en va, là, directement... là il a
trouvé la planète Y puis il s'y rend direct, là, mais, je veux dire, dans mon cas, ce n'est pas ça, on est en
train de naviguer avec une idée qui est intéressante.
Ceci dit,
vous savez, ne serait-ce que de faire en sorte que des éléments comme ceux-là
puissent nous permettre de juger du
potentiel surdiagnostic, par exemple... On le sait, à ce chapitre-là ce n'est
pas la première fois qu'on entend dire
que le surdiagnostic représente des coûts élevés, c'est en milliards de dollars
selon l'Association médicale du Québec. Alors, si ça nous permettait de faire des économies concernant ne
serait-ce que le surdiagnostic, je ne suis pas sûr qu'on ne rentre pas
dans notre argent, là, peu importe ce que le ministre pourrait peut-être dire.
Mais je conçois que, sur l'application pour
demain, il y a une notion qui est manifestement difficile là. Sur le principe, cependant, il ne faut pas balayer du
revers de la main puis rejeter du revers de la main une idée qui me semble
en tout cas intéressante et pour
l'utilisateur de services, et pour notre système, et pour générer
éventuellement des économies. J'ose espérer que le ministre aura bien
compris notre position à ce moment-ci.
Le Président (M. Tanguay) : D'autres
commentaires? Collègue de Taillon.
Lamarre : Oui. M. le Président, je rappelle que la RAMQ gère 15 %
du budget du Québec, du Québec. Alors, je suis étonnée que, sur un enjeu comme
celui-là, avant même d'avoir estimé correctement les coûts... Parce que je vous rappelle que la Loi visant à accroître les
pouvoirs de la régie, là, ça va coûter plus cher aussi, là. On va engager
des gens, c'est sûr. Si on veut que ce qu'on est en train d'adopter
dans le projet de loi n° 92 ait vraiment un impact, ça va prendre beaucoup
plus que seulement quatre médecins qui font l'inspection, à la Régie de l'assurance maladie, sans mettre en doute les compétences et les efforts qui sont
faits, mais clairement je pense qu'on ne peut pas... Donc, il y a des emplois
importants.
Quand j'ai
siégé à la Commission de l'administration publique, on a parlé d'une refonte
des systèmes de rémunération à l'acte
et d'un système, le système SYRA, il me semble, de mémoire, qui doit faciliter
la transmission de l'information,
l'accumulation. Les gens de la RAMQ nous ont dit qu'ils étaient déjà capables
d'avoir accès à différentes données
qui leur permettaient même de voir si un professionnel facturait plus qu'un
autre sur des actes. Donc, il y a certainement des façons d'aller
chercher des épisodes de soins. Quand l'hôpital envoie ses facturations au
gouvernement, c'est sûr qu'il y a également une façon qui peut déjà être tracée
pour améliorer cette facturation-là.
Alors, moi,
je pense sincèrement qu'on est rendus là et que c'est un élément déterminant
qui nous a été recommandé par le
Regroupement provincial des comités des usagers, qui traduit, là, ce que M. et
Mme Tout-le-monde se dit le dimanche autour
de la table, en disant : Moi, il me semble que, si on le savait, combien
ça a coûté, là, on ferait plus attention. D'une part, comme Québécois, on ferait peut-être plus attention, puis
peut-être que l'ensemble des professionnels — puis là on ne vise pas juste les médecins, on vise tous les professionnels, tous
les techniciens qui sont impliqués dans un épisode de soins — tout
le monde, on ferait plus attention.
Alors, moi,
je pense qu'il y a vraiment un arrimage, là, urgent à faire avec ça. Et on aura
beau... On va le voir, là, tout au
long du travail qu'on va faire avec la RAMQ, pour améliorer les pouvoirs de la
RAMQ on veut créer une forme d'autorité
beaucoup plus importante au niveau de la RAMQ, lui donner du pouvoir. Mais on
n'aura jamais plus... Même si le
ministre débloquait des budgets incroyables, puis tout à coup, au lieu d'avoir
quatre médecins, on en avait 50 sur le terrain,
on n'aura jamais le même impact que de donner la possibilité au patient
partenaire de regarder plus concrètement, de comprendre un peu mieux ce qu'il génère comme coûts et ce qui a été
généré autour de lui comme coûts dans le système de santé.
Alors, moi,
je pense que c'est vraiment important. Je suis prête à prévoir un délai, un
délai, par exemple, d'ici deux ans,
parce que je pense que c'est quelque chose qui est possible, mais je pense
qu'on doit activer ça. Alors, je suis prête
à diminuer, à faire un sous-amendement avec un échantillon, donc, au lieu que
ce soit pour l'ensemble des Québécois, pour
un échantillon, à travers chaque hôpital, qu'il y ait quelques patients par année
qui reçoivent ça. Puis je vous garantis que les gens vont s'en parler. Et, à travers des GMF, des CLSC, centres
de réadaptation, des pharmacies, des optométristes, il y a vraiment des informations très pertinentes à
partager, et ça fait
partie d'une responsabilité qu'on a tous, je pense,
si on veut prétendre améliorer la gestion.
Alors, un
échantillon puis un délai d'ici deux ans, il me semble que mon amendement
devient réaliste tout à coup, d'autant
plus que le ministre nous a dit qu'il voulait aller au financement à
l'activité. Le financement à l'activité, ça veut dire qu'on va suivre un patient par rapport à son épisode de soins.
Alors, il me semble qu'on devrait être synchronisés, là, pour être
capables de trouver ces données-là.
Et, encore une fois, ce n'est pas une vraie
facture, là, il peut y avoir une petite différence de quelques dollars. C'est un indicateur, mais un indicateur qui va
être quand même très révélateur et qui fait vraiment une différence par rapport
au contrôle des coûts.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Sur l'amendement de la collègue de Taillon, y a-t-il d'autres
interventions?
M. Barrette : Un dernier
commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Il y a, au Québec, plus de 50 millions de services
rendus à la population du Québec, il y a des services qui sont rendus au même moment. Il y a, en termes
de visites médicales chez les médecins de famille, des dizaines de
millions de visites médicales par année, M. le Président.
Alors, je
vais rappeler simplement à tout le monde le prix d'un timbre. Et, s'il fallait
envoyer un petit compte rendu, là,
pour informer la population à chaque fois qu'il y a une visite, là, c'est au
bas mot 20 millions de dollars que ça coûterait. Fin de la
discussion en ce qui me concerne.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Collègue de Taillon.
Lamarre : Bien, je pense
que le ministre nous a habitués à avoir plus d'ouverture que ça sur les
nouvelles technologies. Et, si on demande au patient son consentement,
quand il est hospitalisé, en lui disant : On pourrait vous envoyer la facture par courriel, est-ce que vous
accepteriez qu'on vous envoie un récépissé, là, donc une espèce de relevé
de ce que ça a coûté?, je pense qu'il n'y a pas beaucoup de patients qui diraient non. Sincèrement,
là, je pense que ce serait vraiment, vraiment
quelque chose de très apprécié, les gens en voudraient. Et donc
je pense que c'est tout à fait possible et
que ça ne coûterait pas des timbres pour tout le monde, mais, encore une fois, je
pense que, dans un contexte qu'on ait
une période donnée dans un hôpital
ou un certain nombre de patients, que ce soit un patient sur 100 ou un patient
sur 1 000, à qui on fait
suivre ce genre d'information là... je suis convaincue que ce serait très,
très, très apprécié.
Alors, moi,
je pense qu'on a matière à faire en sorte que ça se concrétise. J'ai l'ouverture
de dire : Allons-y avec un échantillonnage, je laisse le ministre
décider par règlement l'importance de cet échantillonnage-là. Et je pense également qu'on peut
prévoir un délai, mais, deux ans, là, si on le vote aujourd'hui, on va être
très contents d'être là en 2018, sincèrement.
Et je dirais
même que ça pourrait devenir un outil très intéressant pour la RAMQ aussi,
parce qu'elle verrait, là... S'il y a
une multiplication de facturation de certains examens, on le verrait
concrètement. Et ça peut, à ce moment-là, ne pas être juste un problème avec un médecin, ça peut être une série de
professionnels de la santé, dans un épisode de soins, qui redemandent
des tests à outrance ou qui font de la duplication ou de la triplication
d'examens, et ça, ça engendre énormément de
coûts. Alors, moi, je pense qu'il y a un côté vraiment très positif et très
rationnel et un impact très, très significatif sur les coûts du système
de santé au Québec.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
D'autres interventions sur l'amendement de la collègue de Taillon?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder au vote sur l'amendement. Alors, chers collègues, l'amendement est-il
adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Rejeté.
Mme Lamarre : Excusez. Appel... Par
vote nominal, M. le Président, je m'excuse.
Président (M. Tanguay) : Le vote avait déjà été, par contre, prononcé.
En vertu de la jurisprudence, je ne peux
pas revenir en arrière quand le vote est déjà commencé. Alors, j'ai entendu
«rejeté», alors l'amendement est rejeté.
Alors, chers collègues, l'objet du débat...
Mme Lamarre : ...un sous-amendement,
M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) : Non, pas
un sous-amendement, un amendement.
Mme Lamarre : Un amendement.
Le Président (M. Tanguay) : Avant
l'article 6?
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Alors, nous allons suspendre nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 17 h 8)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour. Et, pour la présentation de son amendement, je cède la parole à notre
collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Merci, M. le Président. Alors, l'amendement se lit comme suit,
article 5.1 : Insérer, après l'article 5 du projet de
loi, l'article suivant :
5.1. La loi est modifiée par l'ajout, après
l'article 9.0.5, de l'article suivant :
«9.0.6. Un
échantillon de personnes assurées qui se verront dispenser un service par un
médecin pratiquant à l'intérieur ou à l'extérieur d'un établissement ou
de ses installations à la suite de l'utilisation d'une carte d'assurance maladie ou d'une carte
d'admissibilité, recevront un récépissé décrivant la nature et le coût des
services rendus en utilisant le
formulaire fourni à cet effet par la régie d'ici (insérer la date suivant de
deux ans la date d'entrée en vigueur du projet de loi).»
Le Président (M. Tanguay) : Oui, des
explications.
Lamarre : Alors, c'est en lien vraiment avec la recommandation du
Regroupement provincial des comités des
usagers. C'est en lien aussi avec une volonté ferme de mieux contrôler les
coûts de notre système de santé, de mieux prendre conscience des dépenses qu'on impute au système de santé, que ce
soit de la part des citoyens que des professionnels. Et je pense que cet amendement donne la latitude
souhaitée pour faire en sorte qu'on ait ce résultat-là concrètement d'ici
deux ans.
Le ministre a
privilégié certains outils informatiques avec la RAMQ, le projet SYRA va faire
en sorte qu'on va avoir une façon de
codifier les actes, de facturer les actes plus facilement. Il nous a parlé du
financement à l'activité. Moi, je
pense que tous les éléments, tous les ingrédients sont là pour être capable,
d'ici deux ans, d'envoyer ne serait-ce qu'à un citoyen
sur 1 000 un relevé de ce qui a été facturé et de ce qui s'est passé lors
d'un épisode de soins qu'il a eu, que ce soit une otite pour un enfant,
ou une appendicite, ou un traitement de chimiothérapie.
Alors, il y a
quelque chose de très, je pense... qui a une grande valeur, valeur d'éducation
des patients mais valeur aussi
de surveillance des actes et d'autodiscipline des professionnels pour éviter
les duplications et s'assurer le plus d'actions.
Sinon, c'est un peu comme si on avait un bar ouvert, personne n'est responsable
de renouveler l'inventaire, l'inventaire
se renouvelle automatiquement, et c'est un puits sans fond. Or, on le voit, il y a
des décisions déchirantes qu'on est
obligés de prendre parce qu'on n'a plus de ressources. On a eu la fécondation in
vitro, on a des délais dans les chirurgies en oncologie, on a des délais à différents endroits au niveau de l'accès
à des médecins de famille. Bien, moi, je pense que l'argent doit être
mis au bon endroit. Et, si on a une façon de repérer des duplications, de
sensibiliser l'ensemble des Québécois à ce que nous générons comme coûts, à ce dont on
bénéficie et à une meilleure rigueur dans nos dépenses, je pense que ça
commence par cet élément-là.
C'est un
élément, certainement, qui parle aux gens qui nous écoutent actuellement. Les Québécois le comprennent, ils se disent : Oui, ça a de l'allure, je pense qu'avec ça ce
serait intéressant de voir qu'est-ce
que ça a vraiment
coûté, et on ferait peut-être
plus attention ou on questionnerait peut-être plus. Et, dans les équipes de soins, certainement qu'on serait plus vigilant également.
Alors, moi,
je pense qu'il y a une source d'économies très significatives.
Et je pense que j'ai fait preuve de
souplesse en donnant un délai de deux
ans et en modifiant la demande du RPCU, qui était pour tous les usagers, en
disant : Bien, faisons un échantillon et on fera confiance aux
gens, ils se partageront l'information entre eux, certainement, et ça aura
un effet éducatif certain mais également
un effet d'autorégulation pour l'ensemble des professionnels et de tous ceux
qui génèrent des actes et donc des coûts dans le système de santé.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. M. le ministre.
Barrette : Je n'ai rien à
ajouter par rapport à ce que j'ai dit précédemment, M. le Président. Clairement, là, à sa
face même, on n'est pas dans l'inspection, là, on est dans l'information du public, dans une relation avec le public. Ce n'est pas l'inspection, là, ce n'est pas ça du
tout, on n'est pas là-dedans, là. Là, on fait de la politique
au sens où on choisit des mesures
pour informer, éveiller la population à des coûts, c'est ça qui est l'objectif.
Ça n'a rien à voir avec l'inspection et ça a un coût. Un jour peut-être, pas dans cette loi-là. Et, comme elle l'a déjà
fait, M. le Président, la députée
de Taillon peut très bien
présenter un projet de loi, le député
de Lévis aussi, à cet égard-là, mais ça n'a rien à voir avec l'inspection.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Collègue de Taillon.
Lamarre : Bien, moi, je
pense qu'on doit avoir une ouverture quand on aborde un projet de loi. Et, ce projet de loi là,
c'est le ministre qui l'a choisi, il a choisi de mettre en priorité
un élément qui va aider à contrôler les coûts. Et je crois que, les gens qui viennent en commission parlementaire, on les écoute parce qu'on est convaincus
qu'on n'a pas le monopole des bonnes
idées et qu'à travers ce que nous, on souhaite les groupes qui viennent nous
apportent des idées. Je pense que
c'est notre responsabilité de prendre
ces bonnes idées et de leur trouver une place dans notre projet de loi quand elles ont un lien, et il y a un lien, il y a
un lien parce que, la Régie de l'assurance maladie du Québec, moi, je suis
certaine qu'elle aimerait ça avoir ce genre
de données là également et pouvoir en profiter. Et je pense qu'à travers ça on
identifierait beaucoup de situations qui pourraient faire l'objet d'une plus
grande surveillance.
Je vous le
dis, on veut augmenter les pouvoirs de la RAMQ, là, mais ce qu'on leur demande
de faire, avec le projet de loi
n° 92, là, c'est énorme, on leur demande d'aller à la pêche sur plein de
choses et on ne leur donne pas nécessairement tous les instruments qu'il faut pour aller au bon endroit et faire les
bonnes actions au bon moment. Alors, moi, je pense que de générer des observateurs
multiples qui seraient les citoyens qui ont reçu des soins, que la Régie de
l'assurance maladie puisse bénéficier de ce
type de prospection là, c'est-à-dire qu'on pourrait comparer également, on
pourrait avoir des données qui nous
permettraient de repérer plus facilement... moi, je n'aime pas nécessairement
parler de fraude, mais peut-être des
comportements un peu négligents par rapport à la vigilance qu'on doit avoir
quand on impute des frais, quand on utilise l'argent des citoyens dans
notre système de santé.
Alors, je suis vraiment en lien avec notre objectif. Et, notre objectif, on va le voir, là,
dans nos règlements et dans nos...
c'est-à-dire dans nos différents alinéas qu'on va adopter, dans nos différents
articles et alinéas qu'on va adopter, ce n'est pas juste l'inspection qu'on vise, il y a différents autres enjeux
qu'on vise dans ce projet de loi là, notre objectif ultime étant une utilisation la plus rationnelle
possible, le contrôle des coûts et des dépenses dans le système de santé. C'est
ce que la Suède a fait avec grand
succès pour une population à peu près équivalente à la nôtre. Ça prend des
instruments de contrôle des coûts et des dépenses quand on a 15 %
du budget qui passe à la santé et qu'on n'a pas un système aussi performant que
ce qu'on devrait avoir.
Alors, moi, je crois sincèrement que le ministre
devrait considérer cet amendement-là. Et je pense qu'il aura encore la latitude, pendant deux ans, de prendre
des mesures, mais certainement, même dans son objectif du financement à l'activité, il y aura des croisements qui
pourront être faits pour s'assurer que, dans deux ans, on arrive à la
possibilité de produire ce genre de
relevé de ce qu'un patient a reçu comme soins, en tout cas ce qui a été
facturé, ce qui a été facturé en son nom et ce qui a été son parcours dans un
épisode de soins, encore une fois je répète, que ce soit à l'hôpital,
dans un GMF, un CLSC, dans une pharmacie.
Alors, moi,
je pense qu'il y a des éléments très positifs à retenir de ça et j'aimerais
bien que le ministre considère cet
amendement dans ce projet de loi que nous faisons, et qui inclut de nouvelles
responsabilités à la RAMQ, mais, dans ces nouvelles responsabilités là, moi, je pense
qu'il faut leur donner les bons instruments, et ça, c'est certainement un
instrument qui servirait non pas seulement à la population, mais également à la
RAMQ.
Dans
un autre ordre d'idées, plusieurs fois on a évoqué... et les groupes qui sont
venus l'ont dit : Pour que la RAMQ puisse bien accomplir ce qu'on prévoit dans le projet de loi
n° 92 — et là on
est vraiment là — il va
falloir avoir un système de
protection. Il va falloir avoir un système, d'abord, de déclaration, il va
falloir que des gens dénoncent, et un système de protection des dénonciateurs. Alors, moi, je trouve que, dans ce
contexte-là, plutôt que d'avoir des dénonciateurs, on est bien mieux d'avoir des indicateurs. Ayons les
deux. Dans certains cas, ça prend un dénonciateur qui dit : Woups! moi,
je pense qu'à tel endroit, dans tel contexte,
il se passe telle chose, puis ça facture trop cher, mais moi, je crois beaucoup
plus au fait que, si les professionnels se
sentent plus surveillés par rapport à ce qu'ils facturent, par l'envoi d'un
échantillon, on va créer de
l'autorégulation, ce qui va faire moins d'ouvrage pour la RAMQ, qui pourra se
concentrer sur les vrais cas d'écarts
volontaires, à ce moment-là, et non réparables. Moi, je pense que, par cette
mesure-là, on peut travailler très, très bien au niveau de
l'autorégulation, amener des économies.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Sur l'amendement de la
collègue de Taillon, y a-t-il d'autres... M. le ministre.
M. Barrette :
Oui. On comprend, M. le Président... C'est très impressionnant, mais vraiment
très impressionnant de voir la
députée de Taillon qui, au nom de sa formation politique, en l'occurrence le
Parti québécois, insiste tellement sur
le fait, et d'une façon très éditoriale... sur l'importance d'éveiller les gens
aux coûts du système de santé, des les inviter à faire des dénonciations, inviter la RAMQ à faire des analyses de
coûts, m'inviter, moi, à faire tout ça, tout ça sous le parapluie, sous le chapeau, sous le thème de la
transparence et la rigueur, alors que c'est le gouvernement qui a déposé
un budget sans crédits et que c'est le
gouvernement qui, en campagne électorale, n'a pas été capable de dire à la
population qu'on s'en allait vers un
déficit de 7 milliards de dollars. Je constate que la députée de Taillon,
quand c'est le temps de discuter
pendant de longues minutes, lors d'une étude détaillée d'un projet de loi, de
rigueur, ce n'est pas exactement le même
poids et la même mesure que lorsqu'ils prennent ou prendront des positions
budgétaires en campagne électorale. Moi,
je trouve ça assez impressionnant de voir cette attitude-là; louable, au fond,
mais à quel point, évidemment, que c'est circonstanciellement appliqué. Et, quand arrive le temps de parler du
budget de l'État, bien, ça, il n'y a pas de problème, on ne s'occupe pas
de la rigueur.
Alors,
ici, c'est très amusant de voir la députée de Taillon, au nom de sa formation
politique, rejeter les argumentaires
qui sont basés sur le fait que dans toute cette approche-là il y a une question
de coûts, et la question de coûts, évidemment, ne compte pas.
Alors, M. le
Président, j'ai terminé mes interventions sur cet amendement.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci. Alors, sur l'amendement, y a-t-il...
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
M. le Président, je pense qu'on utilise le mémoire du RPCU, qu'il est venu
présenter en commission
parlementaire. Alors, le ministre ne veut probablement pas parler de ce qu'on a
entendu, on va juste regarder ce que
lui propose avec les amendements qu'il propose. Moi, je vous dis, j'entends les
gens quand ils viennent, je considère que
les gens qu'on invite sont importants. Puis, comme on ne leur donne pas
beaucoup de temps, je pense qu'ils concentrent beaucoup leur message, et, que ce soit le RPCU sur cet enjeu-là ou que
ce soient les ordres sur le secret professionnel, je pense qu'on doit
être vigilants. On n'a pas la science infuse, tout le monde, tout d'un coup, et
je pense qu'il y a d'excellentes idées qui sortent et qui nous sont amenées par
les gens qui présentent en commission parlementaire.
D'autre
part, quand le ministre va si large que ça, bien, je comprends que mes
arguments doivent être bons et que, dans
le fond, il est obligé de revenir à quelque chose qui est très, très loin
maintenant de la réalité. La réalité, c'est qu'on essaie de faire mieux tous ensemble pour l'avenir
et un avenir le plus proche possible, parce qu'on n'a pas tant de jeu que ça à
faire au niveau de notre système de santé. On veut protéger ce système de santé
là, c'est un système de santé public. Partout
où je vais pour faire des présentations, des rencontres, les gens nous disent
comment ils tiennent au système public de santé. Et on a, à ce
moment-ci, une situation d'urgence où il faut que chaque dollar soit bien
utilisé. Alors, je suis convaincue que la proposition est au bon moment au bon
endroit et qu'elle reflète ce que beaucoup de Québécois représentent et ce que
les usagers demandent aussi.
Alors, je ne sais pas
s'il y a d'autres commentaires.
Le Président
(M. Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
...rappeler à la députée de Taillon qu'elle n'est pas le relais de tous les
groupes qui viennent en commission
parlementaire, et qu'à partir du moment où elle dépose un amendement elle en
prend fait et cause au nom de son
parti, et, au nom de son parti, elle a aussi la responsabilité, je pense, comme
parlementaire, de faire des propositions qui prennent en compte la situation, les impacts économiques et
budgétaires du gouvernement du Québec. Et à cet égard-là, M. le Président, je suis tellement, encore une
fois, étonné de voir que, quand arrive le temps de parler des finances
publiques, le bar est ouvert, pour
employer une expression qu'elle a utilisée, M. le Président, et, quand il
arrive le temps de prendre des décisions qui ont un impact financier,
bien, il n'y a absolument aucun intérêt de regarder avec rigueur la situation
économique du Québec.
J'ai exposé très clairement, M. le Président,
un, premièrement, le fait que ça, ce n'est pas dans les pouvoirs d'inspection, c'est de l'analyse, c'est de la
rétroaction. Ce dont la députée de Taillon parle, c'est de la rétroaction, ce
n'est pas du contrôle.
Deuxièmement,
et je l'ai dit, là, je ne peux pas le faire, ça, aujourd'hui. Alors, le mettre
dans la loi, je pourrais le faire,
mais ça va coûter très cher. Et, le mettre dans la loi, ce n'est pas le moment,
à mon avis. Un jour peut-être, mais pas là. C'est tout.
Alors, on peut encore passer plusieurs heures,
là, ça me va très bien, M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) :
Alors, sur l'amendement de la collègue de Taillon... Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Oui, M. le Président. Juste vous rappeler, ça fait à peine deux heures qu'on a
commencé l'étude d'un projet de loi,
là. Je pense que quand même, le ministre... Je comprends son impatience, là,
mais on va quand même faire les
choses comme il faut. Quand on adopte une loi, ce n'est pas quelque chose de
banal, c'est quelque chose qui est important.
Le ministre a
dit que ce n'est pas du contrôle, c'est de l'analyse et de la rétroaction,
mais, moi, je vais vous dire, comment
on peut contrôler et comment on peut demander à la régie de contrôler ce qu'on
ne connaît pas? Et la Vérificatrice générale
a été très, très claire, et les gens de la RAMQ étaient d'accord avec la
Vérificatrice générale pour dire qu'il y avait plein de paramètres qu'on ne pouvait pas contrôler, par exemple au
niveau des activités incitatives, parce qu'on n'avait pas de données, on
n'avait pas de chiffres, on n'avait pas de statistiques.
Alors, moi, je pense qu'il y a un
investissement, je voudrais que le ministre me dise à combien il évalue l'augmentation des coûts du projet de loi
n° 92. Parce qu'on s'entend tous, là, qu'on demande énormément plus à la
RAMQ. Alors, quel budget a été prévu, en application du projet de loi
n° 92, en augmentation d'effectif, en augmentation de professionnels, en augmentation de surveillance?
Et, quand je regarde le projet SYRA, il y a eu déjà des investissements qui ont été faits, donc il y en a, de l'argent,
pour certaines priorités, quand le ministre les considère importantes. Et ça,
c'est sa prérogative. Moi, je suis là
pour traduire ce que les gens sont venus nous dire en commission parlementaire,
pour éveiller son ouverture à entendre aussi ce que les gens peuvent
avoir comme bonnes idées.
Et également,
avant de dire que ça a des coûts astronomiques, moi, je voudrais vraiment qu'on
le vérifie, parce que je pense qu'on
a déjà, dans le système, des indicateurs qui nous permettraient d'avoir une
très bonne idée de certains épisodes
de soins. Et, je le répète, ça s'est déjà fait, il y a déjà eu une période où
des citoyens ont reçu des relevés de ce qu'ils avaient coûté quand ils
avaient été hospitalisés, ça s'est déjà fait, ça.
Donc, je
pense qu'on est tout à fait en situation d'ouverture et de souplesse en
disant : On ne le demandera pas pour
tout le monde. Le RPCU le demande pour tout le monde.
L'article de la Loi de
l'assurance maladie auquel le ministre a attiré mon attention, 22.1.1., dit : «Toute personne assurée doit
être informée du coût des services assurés qu'elle reçoit, selon les modalités prévues par règlement.» Alors,
moi, je ne suis même pas là, je lui dis : Trouvons un échantillon, un
échantillon significatif, et donnons-nous
deux ans pour mettre en branle des mesures qui vont nous permettre de le faire,
et qui vont certainement contribuer, oui, à l'analyse, à la rétroaction,
mais ensuite à des contrôles et à des investigations beaucoup plus efficaces, du côté de la RAMQ, parce qu'on aura mis en
évidence les écarts qui sont peut-être plus facilement identifiables et puis on pourra régler des
situations de façon beaucoup plus systémique, c'est-à-dire que, si, dans un
hôpital donné, on voit qu'il y une
récurrence d'un certain type de demande de test ou certaines répétitions de
tests qui coûtent cher, bien, on
pourra stabiliser tout ça et faire des recommandations plus générales. Alors,
moi, je pense que c'est tout à fait réaliste et tout à fait logique de
proposer ça à ce moment-ci.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement de la collègue de Taillon?
Mme Lamarre : Vote par appel
nominal, M. le Président, avant que...
Le Président (M. Tanguay) :
Oui, on va procéder par... Oui, il n'y a pas de problème.
Alors, je constate qu'il n'y a pas d'autre
intervention. Alors, nous allons procéder au vote par appel nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Mme Lamarre
(Taillon)?
La Secrétaire :
M. Paradis (Lévis)?
M. Paradis (Lévis) : Pour.
La Secrétaire :
M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
Mme Montpetit (Crémazie)?
La Secrétaire :
Mme Sauvé (Fabre)?
La Secrétaire :
M. Busque (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
Le Président (M. Tanguay) :
Abstention.
La Secrétaire : L'amendement
est rejeté.
Président (M. Tanguay) : Alors, l'amendement est rejeté. L'objet
du débat redevient donc l'article 6 au projet de loi. M. le
ministre, pour en faire une lecture.
M. Barrette : Oui, M. le
Président. Alors,
article 6 :
L'article 9.7 de cette loi est
modifié :
1° par l'ajout, à la fin du premier alinéa, du
paragraphe suivant :
«4° elle a reçu les services assurés à la suite
de l'utilisation d'une carte d'assurance maladie ou d'une carte d'admissibilité qui a été confiée, prêtée, donnée,
vendue ou autrement aliénée contrairement au premier alinéa de
l'article 9.1, ou qui ne correspond pas à son identité.»;
2° par l'insertion, après le premier alinéa, du
suivant :
«Est
également tenue de restituer les sommes dues, solidairement avec la personne
ayant reçu sans droit des services assurés :
«1° toute
personne qui, contrairement au premier alinéa de l'article 9.1, a confié,
prêté, donné, vendu ou autrement aliéné sa carte;
«2° toute
personne qui, contrairement à l'article 9.2, a aidé ou encouragé
l'inscription sans droit à la régie de la personne qui a reçu les
services assurés.»;
3° par l'insertion, dans le troisième alinéa et
après «cette personne», de «ou une autre personne visée [par le] deuxième
alinéa».
Voilà. Alors,
M. le Président, ici on vise évidemment l'application de la réglementation
lorsqu'il y a eu irrégularité, tant
de la part de la personne que des personnes qui ont aidé une personne à
frauduleusement recevoir des services alors que la personne qui a reçu les
services n'était pas éligible à recevoir des services sous le couvert de la
carte d'assurance maladie.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Y a-t-il des interventions sur l'article 6? Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Oui, ce seraient plus des questions
d'information. Est-ce
qu'on a une idée de combien il y en
a, de ces situations-là, à peu près, dans une année?
M. Barrette : Alors là... Il y en a, là. Maintenant, de combien? Alors, M. le
Président, s'il y a
consentement, je vais laisser la personne responsable de ça,
Me Darveau...
Mme Lamarre : Oui, monsieur
peut... Il y a consentement.
Président (M. Tanguay) :
Alors, si nos experts demandent une suspension, on peut suspendre un instant.
On va suspendre?
Alors, je suspends nos travaux un instant.
(Suspension de la séance à 17 h 45)
Le Président (M. Tanguay) :
Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
M. Barrette : Alors, M.
le Président, après avoir recueilli quelques
informations, la seule précision que je peux donner, c'est
sommairement
le nombre d'enquêtes qu'il y a à la RAMQ, environ 250 par année, mais pas le
nombre d'individus concernés. Alors, il y a des situations de fraude qui
peuvent regrouper un individu, qui touchent plusieurs personnes; des fois c'est
des familles, des fois c'est des individus. On n'a pas d'indication précise sur
le nombre.
Le Président (M. Tanguay) :
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Puis, sur les enquêtes, il y en a combien qui ont démontré... pour lesquelles
on est capables d'avoir... Puis je vais demander aussi le prix, peut-être juste
à peu près la moyenne de ce qu'on...
Barrette : Le problème, M. le Président, puisqu'on revient là, le problème, c'est que la plupart des gens qui ont été
identifiés étaient des non-résidents, donc on n'avait pas de recours contre eux
autres légalement. Partis.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci.
Mme Lamarre :
Est-ce qu'on aurait plus de recours avec ce qu'on est en train d'adopter?
M. Barrette :
On aurait... La réponse, c'est oui.
Le Président
(M. Tanguay) : M. le ministre, oui. La parole est à vous.
M. Barrette : Oui. La réponse, c'est oui, parce que,
là, avec cette situation-là, on pourrait aller jusqu'à revenir au détenteur légitime de la carte qui aurait, lui,
utilisé sa carte pour, par exemple, la prêter à quelqu'un, la modifier,
l'utiliser frauduleusement, par exemple.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci. Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Ce qui n'était pas le cas actuellement.
M. Barrette :
Ce qui n'était pas le cas avant.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci. Alors...
Mme Lamarre : Mais vous auriez quand même approuvé, par exemple, que quelqu'un n'a pas perdu sa carte ou ne se l'est pas
fait voler.
Le Président
(M. Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette : Bien là, là, on tombe dans l'enquête, effectivement, là, on tombe dans le niveau de preuve et toutes les règles de
preuve. Alors, il faut prouver...
Mme Lamarre :
Mais au moins vous avez l'option de vous rendre jusqu'au propriétaire de la
carte.
M. Barrette :
Jusqu'à la sanction, si la preuve est faite.
Lamarre : Et juste pour...
Dans des cas où vous avez réussi, là, à aller jusqu'au bout, est-ce que c'était
dans des cas d'opération, de chirurgie, ou si c'étaient des cas de soins
optométriques ou de soins... de médicaments?
Président (M. Tanguay) :
Juste pour la bonne conduite de nos travaux, si vos questions
s'adressent au ministre, c'est le
ministre qui va répondre. Sinon, si vous désirez entendre quelqu'un
d'autre, il faudrait peut-être
formuler la demande, parce que, là, on parle par personne interposée.
Alors, M. le ministre.
M. Barrette : Et en
même temps, M. le Président, c'est parce que, là, on n'est plus dans l'analyse
de l'article, on est dans une
séance d'information, là. On est dans la curiosité plutôt que dans l'analyse,
Le Président
(M. Tanguay) : O.K. Alors, collègue de Taillon, quelle était
votre intervention?
Mme Lamarre :
Bien, M. le Président, c'est justifié, parce que tantôt on a parlé des
sanctions, on a parlé de l'ampleur des
sanctions, là, qu'on montait de 200 $ à 1 000 $,
qu'elles étaient avant, 500 $ à 5 000 $, mais, si les causes
moyennes, c'est des chirurgies qui valent
200 000 $, on se rend compte que l'effet dissuasif, il n'est pas là.
Donc, la question, elle est pertinente en lien avec la moyenne des
situations, là, où il y a eu de l'abus de carte ou d'utilisation de carte.
concernait quel type d'intervention? Et de quel ordre de grandeur, à peu près,
les coûts qui étaient pour ça?
Le Président
(M. Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, là je peux répondre, ayant siégé sur cette
administration-là dans le passé. Je n'ai pas de moyenne, mais je peux
certifier ici que l'étendue des services rendus peut aller de quelques dollars
à des centaines de milliers de dollars.
Président (M. Tanguay) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Donc, pour des chirurgies très spécialisées qui ont coûté très, très cher.
C'est ça?
M. Barrette :
J'ai même vu dans mon hôpital l'utilisation frauduleuse d'une carte d'assurance
maladie pour un traitement complet de greffe de moelle osseuse, et on
sait que ça, ça coûte cher.
Mme Lamarre :
Puis il n'y a pas de moyen, dans nos sanctions, là... Parce que, là, on a
déterminé des montants fixes, ce
serait comme 5 000 $, là, pour une greffe de moelle qui aurait coûté
plusieurs centaines de milliers de dollars, là.
M. Barrette :
M. le Président, si on peut faire une pause, là...
Le Président
(M. Tanguay) : Oui. Alors, nous allons suspendre quelques
instants.
(Suspension de la séance à
17 h 50)
Le Président
(M. Tanguay) : Alors, nous sommes de retour, chers collègues.
L'objet du débat est l'article 6. Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 6?
Mme Lamarre : Non, le ministre nous a fourni des informations appropriées.
L'objet de mon intervention était plus
dans la proportion des amendes, des sanctions qu'on essaie de trouver, et on se
rend compte que, dans plusieurs projets
de loi, bien, le barème, l'échelle des amendes qui est prévue, on l'a vu, là,
on passait de 100 $ à
1 000 $, on est passé de 500 $
à 5 000 $. Mais, si l'infraction est de plusieurs centaines de
milliers de dollars, bien, l'effet dissuasif qu'on recherche est moins présent, alors c'était un peu ça. Mais
ça semble être, pour l'instant, des échelles qui sont convenues. Il y aura
peut-être lieu de les revoir éventuellement.
Je pense que ma question était pertinente, mais les explications du ministre
m'ont satisfaite.
Président (M. Tanguay) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions
sur l'article 6? Sinon, nous allons procéder au vote. Alors,
l'article 6 est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) :
Adopté.
Et, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 19 h 30. Merci.
(Suspension de la séance à
18 heures)
Président (M. Tanguay) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de la santé et des services sociaux reprend ses travaux.
vous rappelle que le mandat de la commission est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 92, Loi visant
à accroître les pouvoirs de la Régie de l'assurance maladie du Québec et
modifiant diverses dispositions législatives.
demande à toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir éteindre
la sonnerie de vos téléphones cellulaires.
crois comprendre, avant de débuter l'analyse de l'article 7, que la
collègue de Taillon, vous avez un amendement introduisant un nouvel
article 6.1.
Mme Lamarre :
Exactement, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Alors, copie a été donnée. Je vous
demanderais de bien vouloir nous le lire et nous en donner explication.
Merci.
Mme Lamarre :
Alors, il s'agit d'un amendement dans la
section
Loi sur l'assurance maladie.
Article 6.1 : Insérer, après l'article 6 du projet de
loi, l'article suivant :
6.1. La loi est
modifiée par l'ajout, après l'article 14.2.3, de l'article suivant :
«Toute
personne peut dénoncer à la RAMQ ou à l'ordre professionnel concerné, le cas
échéant une infraction à la
Loi sur
l'assurance maladie ou à la
Loi sur l'assurance médicaments qui a été commise,
est sur le point de l'être ou qu'il lui a été demandé de commettre.
«Cette
personne qui effectue la dénonciation d'une infraction peut le faire malgré la
Loi sur l'accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des renseignements personnels, la Loi
sur la protection des renseignements personnels
dans le secteur privé, toute autre restriction de communication prévue par
d'autres lois du Québec et toute obligation
de loyauté ou de confidentialité pouvant la lier, notamment à l'égard de son
employeur ou de son client. Les ordres
professionnels concernés et la RAMQ doivent également prendre toutes les
mesures nécessaires afin de s'assurer que l'anonymat de la personne qui
a effectué une dénonciation soit préservé.
est interdit à quiconque d'exercer des mesures de représailles contre une
personne qui fait une dénonciation ou encore de menacer une personne de
mesures de représailles pour qu'elle s'abstienne de faire une dénonciation.
Sont présumées être des mesures de représailles la rétrogradation, la suspension,
le congédiement ainsi que toute sanction disciplinaire ou autre mesure portant
atteinte à son emploi ou à ses conditions de travail.»
Le Président
(M. Tanguay) : Donc, des explications supplémentaires.
Mme Lamarre :
Oui, tout à fait. Alors, M. le Président, pendant les commissions
parlementaires, on a eu plusieurs organismes,
le Protecteur du citoyen, certains ordres, l'Ordre des comptables, l'Ordre des
pharmaciens, qui sont venus souligner
l'importance de protéger les dénonciateurs, de favoriser les sonneurs d'alerte,
dans une perspective où on essaie de
contrôler le mieux possible, encore une fois, les sommes qui sont utilisées
dans notre système de santé. Donc, il
nous apparaît pertinent d'ajouter
cette dimension-là. C'est une sécurité pour les gens qui observent, dans le fonctionnement de leur lieu de travail, des comportements qui sont répréhensibles ou
qui amèneraient des abus ou des détournements de sommes prévues au
niveau de ce que la RAMQ rembourse.
Alors, ça nous
apparaît être un amendement qui dit bien ce qu'il a à dire et qui prévoit aussi
toutes sortes de représailles éventuelles
contre des sonneurs d'alerte, parce
que les sonneurs d'alerte, souvent,
c'est des gens qui mettent leur
emploi en jeu, c'est des gens qui peuvent facilement être ciblés. Alors,
je pense que ça nous permettrait de couvrir très correctement, avec suffisamment de détails les enjeux qui sont visés par la
protection des délateurs, des dénonciateurs.
Le Président
(M. Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette : Alors, M.
le Président, je vais proposer, s'il y a
consentement, de suspendre l'amendement. On est d'accord
avec le principe, on va le rédiger pour qu'il soit cohérent avec le reste de la
législation. Actuellement, le premier paragraphe et le deuxième paragraphe
n'ont pas leur... ce n'est pas nécessaire. Le principe est correct, mais ce n'est pas
nécessaire. Essentiellement, là, c'est la dernière ligne du deuxième paragraphe
et le troisième paragraphe qui ont un effet opérant dans la loi puis
dans notre secteur d'activité.
Alors,
je suis d'accord avec le fond. Alors, je propose de suspendre
l'étude de l'amendement, on va revenir avec un libellé qui va
aller dans ce sens-là.
Le Président
(M. Tanguay) : Merci. Collègue de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Bien, simplement vous dire, M. le Président, que, sur le fond, également, on est d'accord. D'ailleurs, la députée
de Taillon et moi-même avons fait de
la télépathie, parce qu'on en a un mais moins long qui porte exactement
sur les mêmes choses, alors, qui serait...
M. Barrette :
Alors, vous pourriez nous le donner pour qu'on... Sans le déposer, là, vous
pourriez le faire circuler, là.
M. Paradis (Lévis) : Bien, il est vraiment très court. Il est carrément...
Il est vraiment calqué sur la recommandation du Protecteur du citoyen.
M. Barrette :
Pas une autre convergence!
M. Paradis (Lévis) : Non, c'est de la saine diffusion d'information, de la saine convergence. Bref, d'accord avec ça. Et
puis, oui, le ministre propose de faire des modifications, alors d'accord également.
Le Président
(M. Tanguay) : C'est bon. Collègue de Taillon, sur la demande de