House Proceedings — 6 June 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-06-06
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
bonjour à toutes, bonjour à tous. Nous allons débuter nos travaux, donc
je vous invite à prendre place.
Nous
sommes bel et bien à la rubrique Déclarations de députés, et, sans plus tarder,
je reconnais Mme la députée de Bonaventure.
Mme Blouin : Merci beaucoup, M. le
Président. Aujourd'hui, c'est une journée très importante pour la Gaspésie
parce qu'on célèbre la 18e édition de
la Journée de la Gaspésie, Gaspesian Day, Gespe'gewa'gi, une occasion toute
spéciale pour mettre à l'honneur notre belle région, ses habitants et
tous ceux qui chérissent notre coin de pays.
Cette journée fait
maintenant
partie de nos traditions et nous permet de témoigner notre amour et
notre si fort sentiment d'appartenance.
Gaspésie est un véritable joyau du Québec, riche de ses paysages à couper le
souffle, de ses délicieux produits du terroir et de son patrimoine culturel
unique. C'est aussi une terre de solidarité, où les communautés se serrent les
coudes pour s'entraider et bâtir un avenir prometteur pour notre belle région.
J'invite
tout le monde à participer à la vague bleue et à faire rayonner notre beau coin
de pays. Peu importe où on se trouve,
on peut faire
partie de la vague gaspésienne en sortant nos vêtements bleus, en
écoutant de la musique gaspésienne ou en prenant part aux activités de
cette fête rassembleuse.
Bonne Journée de la
Gaspésie! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Bonaventure. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, M. le Président. C'est
avec grand plaisir que je me lève dans cette Chambre pour rendre hommage
à M. John Halpin, le directeur général
sortant du John Abbott College, qui m'a guidé dans plusieurs dossiers chauds
depuis mon élection en 2018.
John
joined John Abbott in 2014, after a five-year term as Dean of Faculty and
Academic Affairs at Champlain St. Lawrence
College. John was then hired at John Abbott to serve as director general, a
role he took on with his usual grace and
finesse, putting the parts together and designing a college that is a gem of
the West Island community and an academic hub for which we all can be
proud.
Chaque fois que j'ai l'occasion de revenir au collège John-Abbott, on m'accueille
avec chaleur, par John et son équipe.
Votre savoir-faire et savoir-être m'a permis de représenter l'intérêt de mes
citoyens auprès du collège et de comprendre pourquoi certaines décisions
ne devraient pas... certainement prises.
So, John, thank you very much for all
your service to the community and all the work you did for John Abbott College. Happy trails, happy retirement!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. Et je reconnais maintenant Mme la
députée de Huntingdon.
Mme Mallette :
M. le Président, c'est avec grand plaisir que je mets en lumière
aujourd'hui la qualité de nos producteurs de cidre et de vin dans la
circonscription de Huntingdon.
J'ai
fait, dernièrement, la rencontre des artisans de l'entreprise, vins et poirés,
Domaine des Salamandres, reconnue entre autres pour son célèbre Poiré plat. Ce
vin de poire éclipse la concurrence. Lors de la Coupe des nations, la récolte 2022
a remporté le coup de coeur du public lors du festival Cépages en fête. Elle
s'est également mérité la Médaille grand or
lors de la Compétition nationale des vins et alcools du terroir cette année. Le
Poiré de glace du Domaine des Salamandres s'est vu octroyer la même
Médaille grand or dans la même compétition.
reconnaissances sont trop nombreuses pour les énumérer ici, mais je vous invite
fortement à aller les visiter cet été. Le domaine se situe sur le fameux chemin
de Covey Hill, à Hemmingford. Ce lieu bucolique regorge d'endroits merveilleux.
Membre du Circuit du paysan, vous pourrez en profiter pour faire le parcours qui
vous convient. Cet été, je vous invite à visiter le plus beau des comtés,
Huntingdon. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Huntingdon. Et la parole
revient maintenant à M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : En mars dernier, je suis
loin d'être le seul à avoir été choqué d'apprendre la mise à pied soudaine des
employés du Centre justice et foi et la
suspension des activités du centre, incluant la publication de la revue Relations ,
la plus ancienne revue culturelle au Québec, qui avait jusqu'alors été
publiée sans interruption depuis 83 ans.
Centre justice et foi est une organisation unique où la recherche académique et
l'expertise des milieux communautaires
s'entrecroisent. Il apporte une réflexion et des analyses sur de nombreux
enjeux au Québec afin d'engendrer un débat critique sur les choix qui fondent
une société juste, inclusive, écologique et démocratique. Il crée un espace d'échange autour d'enjeux multiples, allant
de la décolonisation à la citoyenneté active, à la crise climatique ou encore
au racisme systémique.
C'est
pourquoi nous sommes nombreuses et nombreux à demander au conseil
d'administration du Centre justice et foi de s'ouvrir aux solutions et de tout
mettre en oeuvre pour préserver cet important organisme. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
Merci, M. le député de Maurice-Richard. La parole revient maintenant à
M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Asselin : Je tiens aujourd'hui, M.
le Président, à souligner le mois de l'AVC, organisé à chaque année par la
Fondation des maladies du coeur et de l'AVC.
Pour
l'occasion, je veux saluer la présence de Marc-André Parenteau et Michelle
Brisebois, tous deux représentants de la fondation.
Au cours des
20 dernières années, le nombre de personnes vivant avec des séquelles d'un
AVC est en constante augmentation. À l'heure
actuelle, nous estimons que plus de 208 000 Québécois vivent avec de
telles séquelles, alors que plus de 26 000 AVC se produisent
chaque année au Québec.
J'en profite
également pour souligner la campagne VITE, alors : Visage, est-ce que
c'est affaissé? Incapacité des deux bras à se soulever normalement. Trouble de
la parole, est-ce qu'il y a des difficultés avec la prononciation? Extrême
urgence, appelez le 9-1-1.
Alors, je tiens à
remercier et féliciter les gens de la Fondation des maladies du coeur et de
l'AVC pour leur travail auprès des personnes
touchées. Votre travail est apprécié. J'en sais quelque chose. Moi-même, j'ai
déjà fait un AVC. Alors, merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Vanier-Les Rivières.
Et merci aussi à vous qui êtes
ici parmi nous, avec nous.
La prochaine
déclaration revient à Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass :
Merci, M. le Président. Du 1er au 7 juin, nous célébrons la
28e édition de la Semaine québécoise des
personnes handicapées. C'est l'occasion de reconnaître et de valoriser les
contributions des personnes en situation de handicap dans tous les aspects de la vie, au Québec, car chaque jour ces
individus apportent une richesse d'expérience et de perspective à notre
société.
thème de cette année, Ouvrons le dialogue , souligne l'importance de
briser les barrières et de favoriser une culture d'inclusion. Trop souvent, les personnes en situation de handicap sont
confrontées à des obstacles qui vont bien au-delà des défis physiques ou
cognitifs. L'incompréhension, la stigmatisation et la discrimination
constituent des barrières significatives à leur participation.
ouvrant le dialogue, nous créons des ponts entre les différentes perspectives,
expériences et réalités et nous donnons aux 15 % de la population québécoise qui s'identifient étant comme
handicapés la possibilité de faire entendre leur voix, de partager et faire valoir
leur expérience et de contribuer pleinement à la construction d'une société
plus juste et inclusive pour tous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de D'Arcy-McGee. La parole
revient maintenant à Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Laforest : Oui, merci, M. le
Président. Alors, depuis près de 35 ans, le caricaturiste du journal Le Quotidien ,
M. Mario Lacroix, dessine les têtes d'affiche de notre région, le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Sans jamais les ridiculiser, M. Lacroix laisse aller son talent afin de
décrire dans un dessin le moment de l'actualité qui l'a marqué.
Il a débuté sa
carrière en 1989 au journal Le Quotidien , et rien n'indique qu'il est
sur le point d'arrêter de se payer amicalement la tête de ses principales
victimes, dont moi-même.
Alors, Mario Lacroix
a réalisé au-delà de 12 500 caricatures au fil de sa carrière, et je
peux vous dire que j'ai été la cible à
plusieurs reprises. Les anciens rédacteurs en chef et éditorialistes du
quotidien lui ont fait confiance avec sa première caricature de l'ancien
chef libéral Claude Ryan. Une image valait mille mots. Il est un des rares
caricaturistes à publier son talent régulièrement dans un média situé en
région.
Alors, félicitations,
M. Lacroix!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Chicoutimi. Et la parole
revient maintenant à M. le député de Gaspé.
M. Sainte-Croix : Merci, M. le Président. Chers
Gaspésiens et chères Gaspésiennes, en cette Journée de la Gaspésie, je vous
invite à célébrer ensemble tout ce qui fait de notre magnifique région un
endroit si unique et inspirant.
Gaspésie, c'est bien plus que des paysages grandioses habités de gens à
l'accueil légendaire. La Gaspésie, rebelle et insoumise, c'est notre chez nous. C'est ici que nos racines sont
profondément ancrées, où nos valeurs prennent vie et où nos souvenirs se
forgent.
Vivre
en Gaspésie, c'est habiter un pays et développer un sentiment d'appartenance
indéfectible, qui nous pousse à nous surpasser et à bâtir un avenir
meilleur pour nos enfants et les générations à venir.
Soyons
fiers d'être Gaspésiens et célébrons notre culture. Partageons notre amour pour
notre région et continuons à la faire rayonner.
Bonne journée, à tous
et toutes, de la Gaspésie! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Gaspé. Et la parole revient maintenant à M. le député de
Montmorency.
M. Simard : Alors, M. le Président,
je souhaitais, aujourd'hui, souligner le 35e anniversaire de fondation
d'une organisation qui est au coeur
de la vie sociale du grand Montmorency, la Corporation de développement
communautaire de Beauport, communément appelée la CDCB.
Cette
organisation parapluie regroupe 41 organisations communautaires qui
mobilisent des centaines de bénévoles, dont les services touchent les
territoires de Sainte-Brigitte-de-Laval, de Beauport et maintenant de l'île
d'Orléans.
La magie de cette
organisation, c'est qu'elle est davantage que la somme de ses parties. Comme
député, j'ai quotidiennement la chance de voir comment elle forme un tout qui
amène le milieu communautaire à aller plus loin et à créer de l'innovation
sociale.
L'un
des groupes qui réfléchit le mieux, au Québec, les questions du logement et de
l'itinérance, c'est la CDCB. L'un des
groupes qui réfléchit le mieux, au Québec, la question du dépannage
alimentaire, de l'aide humanitaire, de la santé mentale positive, c'est
la CDCB.
Pour toutes ces
raisons et bien plus encore, bravo, CDCB!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Montmorency. Au tour,
maintenant, du député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Le gouvernement du Québec
met sur pied des outils pour que nos élus puissent travailler dans la meilleure
ambiance possible, et cela, sans entrave.
L'intimidation, les violences verbales, la haine doivent être condamnées
collectivement.
élus ont tous cette même volonté, au fait, cette même ambition de bien
représenter sa communauté et de vivre sainement
cet engagement pour le bien commun. Il est souhaitable qu'un climat de respect
puisse favoriser l'exercice de cette fonction importante.
saison estivale est à nos portes. Prenons donc un moment pour remercier nos
élus, leur donner une tape dans le dos et les remercier pour les
compromis nécessaires.
En cette fin de
session parlementaire, je tiens à remercier les 45 maires de Côte-du-Sud,
les 270 conseillers, les équipes
municipales et fédérales ainsi que les trois préfets de Montmagny, L'Islet, Kamouraska.
Vous jouez un rôle clé pour notre société et dans la préservation des
valeurs démocratiques.
Je salue le climat
d'ouverture et d'authenticité que nous avons instauré. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Côte-du-Sud.
profite pour rappeler à chacun des collègues que la durée d'une déclaration est
d'une minute. Donc, merci de respecter le temps imparti à ce segment de
nos travaux.
Je reconnais
maintenant M. le député de René-Lévesque.
M. Montigny : Merci, M. le Président. Aujourd'hui,
je veux souligner les 40 ans d'existence du Centre d'action
bénévole Le Nordest.
Centre
de jour, friperie, popote roulante, travailleurs de milieux pour aînés,
transport et accompagnement font
partie de la liste de ce que le centre
d'action bénévole peut offrir aux gens de la MRC de La Haute-Côte-Nord.
Pour
Le Nordest, le bénévolat est un instrument de développement personnel, social,
une ressource significative pour la
population en besoin d'aide matérielle et humaine. Pour nous tous ici, le
développement de l'action bénévole, c'est précieux, et ça l'est aussi pour Le Nordest, qui vise à être un
carrefour de l'action bénévole et d'entraide communautaire.
Les gens de ma
circonscription sont chanceux de pouvoir compter sur des gens engagés et
concertés. Bravo et surtout merci pour cette
implication pour les citoyennes et les citoyens de la Haute-Côte-Nord, et ce,
depuis plus de 40 ans! Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de René-Lévesque. Et la parole revient maintenant à M. le
député de Papineau.
M. Lacombe : Merci, M. le Président.
Je souhaite profiter de la tribune qui m'est offerte aujourd'hui pour souligner
le travail qui est réalisé au quotidien par le personnel du réseau de la santé
de ma région, l'Outaouais.
Depuis plusieurs
semaines, des voix de professionnels du milieu se font entendre, avec raison,
pour mettre en évidence la précarité du
réseau, qui est causée notamment par le départ de collègues qui font le choix
de s'expatrier en Ontario. Au cours
des derniers jours, j'ai sillonné les hôpitaux de l'Outaouais pour prendre le
pouls de gens qui chaque jour répondent présent pour soigner notre monde. Et,
M. le Président, je souhaite vous assurer que nous mettrons tout en oeuvre
pour maintenir et améliorer les services à
la population de l'Outaouais. Plusieurs mesures ont récemment été mises en
place, et les ministères concernés sont mobilisés pour en trouver
d'autres.
conclurai en soulignant la mobilisation citoyenne qui voit le jour aujourd'hui
en Outaouais, une coalition qui est
portée par la Fondation Santé Gatineau, qui va rassembler des citoyens et des
organismes communautaires qui souhaitent, comme mes collègues et moi,
d'ailleurs, un avenir meilleur pour les soins de santé dans notre région.
Je l'ai dit et je le
répète, le personnel médical et les citoyens peuvent compter sur mon soutien
indéfectible. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Papineau. Alors, voilà qui
met fin à la rubrique Déclarations des députés.
Je suspends les
travaux quelques instants, tout en remerciant chacun d'entre vous pour vos
déclarations.
(Suspension de la séance à 9 h
Présidente : Bonjour, tout le monde. Distingués invités,
mesdames messieurs, bienvenue. Bienvenue chez vous. Le parlement du
Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
J'ai le plaisir de souligner la présence, dans
les tribunes, des boursières et du boursier de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui compléteront dans les
prochains jours leur stage de 10 mois à l'Assemblée nationale. Les
jumelages avec les parlementaires,
les rencontres stimulantes, je l'espère, les missions exploratoires et l'essai
que vous avez rédigé sont des
occasions qui vous ont été... permis de vous intégrer à la vie parlementaire.
Alors, je ne doute pas que vous garderez de bons souvenirs de
l'expérience pratique et unique que vous avez vécue. Merci pour votre travail.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente. Je vous demande d'appeler
l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Présidente : À l'article a du feuilleton, M. le ministre
de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie présente le projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des
ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives.
M. le ministre.
Fitzgibbon : Mme la Présidente, ce projet de loi confie de
nouvelles fonctions au ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, dont celle d'établir
et de mettre en oeuvre un plan de gestion intégrée des ressources énergétiques.
Il clarifie également la mission du ministre.
Le projet de
loi modifie la mission de la Régie de l'énergie et prévoit certaines modalités
propres à sa composition, à son fonctionnement ainsi qu'à l'exercice de
ses fonctions et pouvoirs. Il prévoit le processus et les modalités suivant lesquels la régie fixe des tarifs et des
conditions de service de même que la manière dont ces tarifs et ces conditions
sont rendus publics. Il permet, entre
autres, selon certaines conditions, qu'un distributeur de gaz naturel distribue
de l'énergie par un moyen autre que
son réseau de distribution de gaz naturel et que la régie puisse tenir compte
des coûts qui en résultent lorsqu'elle
fixe les tarifs. Il octroie à la régie le pouvoir de fixer les tarifs et les
conditions de service d'un réseau public de recharge rapide pour véhicules électriques établi par Hydro-Québec. Il
prévoit des modalités propres à la planification des approvisionnements
et à la reddition des comptes du transporteur d'électricité et des titulaires
d'un droit exclusif de distribution d'électricité ou de gaz naturel.
À l'égard des contrats d'approvisionnement en
électricité d'Hydro-Québec, le projet de loi retire l'obligation de cette dernière de procéder par appel d'offres,
à moins que le gouvernement n'en décide autrement, et prévoit que ces contrats peuvent être conclus avec l'autorisation
de la Régie de l'énergie, tout en établissant les cas où une telle autorisation
n'est pas requise. Il précise les modalités
applicables lorsque le ministre délivre des autorisations de distribuer de
l'électricité à un titulaire qui n'a pas l'obligation d'effectuer une
telle distribution.
Le projet de
loi prévoit que le gouvernement peut indiquer à la régie, à l'égard de toute
matière, ses préoccupations économiques, sociales et environnementales dont
cette dernière doit tenir compte dans ses décisions. De plus, il
assujettit un titulaire d'une licence de
stockage au sens de la
Loi sur le stockage de gaz naturel et sur les conduites
de gaz naturel et de pétrole à certaines dispositions de la
Loi sur la
Régie de l'énergie.
Le projet de loi édicte la Loi concernant un
programme d'aide financière visant à limiter l'impact de la hausse des tarifs de distribution d'électricité
d'Hydro-Québec pour la clientèle domestique en instituant le Fonds d'aide à la
clientèle domestique d'Hydro-Québec.
Cette loi édictée prévoit notamment que le gouvernement établit les modalités
d'un programme d'aide financière, que ce programme est administré par
Hydro-Québec et qu'un fonds est créé et affecté au versement des sommes
nécessaires à Hydro-Québec pour l'administration du programme.
Le projet de loi hausse à 100 mégawatts,
dans la
Loi sur le régime des eaux, le seuil de puissance d'une centrale hydroélectrique attribuable à la force hydraulique
du domaine de l'État en deçà duquel le gouvernement peut louer cette force hydraulique. Il prévoit aussi, dans cette
loi, que le gouvernement peut déterminer, par règlement, les loyers et autres
frais exigibles pour cette location.
Le projet de loi... dans le Règlement concernant
la quantité de gaz de source renouvelable devant être livrée par un distributeur, les définitions de gaz
naturel renouvelable et de gaz de source renouvelable. Il précise également,
dans ce règlement, les modalités suivant lesquelles le gaz est considéré
comme distribué.
projet de loi modifie la mission d'Hydro-Québec et prévoit qu'elle est tenue
d'approvisionner en électricité d'autres titulaires d'un droit exclusif de distribution d'électricité. Il abaisse
le nombre de membres de son conseil d'administration et en modifie la composition. Il abroge
l'obligation pour Hydro-Québec de maintenir ses tarifs d'énergie à un niveau
suffisant pour assumer certains
frais. Il prévoit le cas et les conditions suivant lesquels Hydro-Québec peut
effectuer des opérations ou des
travaux. Il précise que tout préposé d'Hydro-Québec peut pénétrer sur tout
immeuble à certaines fins, telles que celles de réaliser des travaux
préparatoires ou dégager de toute végétation les poteaux et les fils du réseau
de transport ou de distribution
d'électricité. Il retire l'obligation d'obtenir l'autorisation du gouvernement
pour que le ministre de l'Économie,
de l'Innovation et de l'Énergie, le ministre des Ressources naturelles et des Forêts ou le ministre de
l'Environnement, de la Lutte aux
changements climatiques, de la Faune et des Parcs, chacun suivant sa compétence, puisse mettre à la disposition d'Hydro-Québec des immeubles ou des forces
hydrauliques du domaine de l'État. Il prévoit les cas ou les conditions suivant
lesquels Hydro-Québec ou l'une de ses filiales peut notamment acquérir ou
détenir des actions d'une personne morale ou des parts d'une société.
Le projet de
loi permet au gouvernement d'autoriser la fermeture d'un puits à certaines
conditions et malgré certaines dispositions déterminées en vertu des lois
applicables.
Enfin, le
projet de loi apporte des modifications de concordance et comporte des
dispositions diverses, transitoires et finales. Merci.
Présidente : Et, à
titre informatif, à cette étape-ci les élus
ont le droit d'applaudir. Et je reconnais M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de faire un rappel amical, très amical, ce matin. Ça
fait plusieurs fois, parce que c'est très
important, ça fait plusieurs fois que l'information assez détaillée circule
dans l'espace public avant même que les projets de loi soient présentés en
Chambre. Alors, Mme la Présidente, la ligne est très mince entre notre privilège, en tant que parlementaires,
de connaître l'ampleur des projets de loi... Après, c'est le droit du ministre
et de la
partie gouvernementale de faire les relations publiques qu'ils
souhaitent.
Ceci étant
dit, nous souhaitons l'ouverture du gouvernement de la tenue de consultations
particulières élargies. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je reconnais le
leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, je suis d'accord avec le leader
de l'opposition officielle. Effectivement, ce sont les parlementaires qui
doivent recevoir les informations en premier. Et vous comprendrez que je doute
que le ministre de l'Énergie ait contacté lui-même M. Gerbet pour
lui donner des informations.
Alors, Mme la Présidente, on va attendre votre
liste de groupes pour tenir des consultations.
La Présidente : Alors, est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
La Présidente : Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
des Finances.
M. Girard (Groulx) : Oui. Mme la
Présidente, permettez-moi de déposer le rapport annuel 2023-2024 de Loto-Québec, le rapport annuel 2024 de la Société québécoise du cannabis
ainsi que le rapport annuel 2024 de la Société des alcools du Québec. Merci.
La Présidente : Ces documents sont
déposés. M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Fitzgibbon : Mme la Présidente, permettez-moi de déposer le
rapport 2024 sur l'état des puits d'hydrocarbures inactifs au
Québec. Merci.
La Présidente : Ce document est
déposé. M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Bonnardel : Mme la Présidente,
permettez-moi de déposer le bilan du déploiement de la mesure du bracelet
antirapprochement 2022-2024.
La Présidente : Ce document est
déposé. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui. Mme la Présidente, je dépose la réponse du
gouvernement à la pétition déposée en Chambre le 9 avril 2024 par le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Merci.
Présidente : Ce document est déposé.
Pour
ma part, je comprends qu'il a été convenu qu'à
titre de président du comité
Zéro harcèlement à l'Assemblée nationale
le troisième vice-président procédera, à ce moment-ci, à un dépôt de documents.
Est-ce qu'il y a consentement? Consentement. M. le troisième
vice-président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la Présidente. Je dépose aujourd'hui le rapport annuel 2023-2024
des activités en matière de prévention et
traitement des situations d'incivilité, de conflits et de harcèlement
psychologique et sexuel au travail à l'Assemblée nationale.
Présidente : Ce document est déposé.
la rubrique Dépôt de rapports de
commissions, M. le président de la
Commission de l'aménagement du territoire et député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je dépose le rapport de la Commission de
l'aménagement du territoire qui, les 23 mai ainsi que le 4 et 5 juin
2024, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 45, Loi modifiant la
Loi sur la sécurité dans les sports afin principalement de renforcer la
protection de l'intégrité des personnes dans les loisirs et les sports.
La commission a adopté le texte de loi avec des amendements.
Présidente : Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, je reconnais maintenant M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Merci, Mme la Présidente. Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 610 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les fins invoquées
sont les suivants :
«Considérant que le
prix [...] de spectacle au Québec explose en raison de l'industrie de la
revente en ligne;
«Considérant les
conséquences néfastes que peuvent avoir les sites de revente sur
l'accessibilité à la culture;
«Considérant
que tous les laissez-passer du Festival d'été de Québec 2024 ont été
vendus en à peine deux heures et que les 20 000 billets
affichés en prévente se sont écoulés en à peine cinq minutes;
«Considérant
que le gouvernement du Québec ainsi que les gouvernements fédéral et municipal
financent une
partie du Festival d'été de Québec;
«Considérant
qu'à l'instar de l'édition 2023 des centaines de résidents et de
résidentes de Québec n'ont pas pu mettre la main sur des laissez-passer pour le
Festival d'été 2024 en raison d'une trop grande affluence lors de
l'ouverture de la billetterie;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'octroyer
l'autorité et les ressources nécessaires à l'Office de la protection du
consommateur pour faire appliquer la loi
interdisant la revente de billets de spectacle ou d'événement sportif ou
culturel à un prix supérieur au prix qu'autorise le producteur du
spectacle ou de l'événement;
prendre les mesures nécessaires pour qu'une
partie des laissez-passer du
Festival d'été de Québec soient réservés aux résidents et résidentes de
la ville de Québec.»
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
J'ai
été avisée qu'après la période de questions et réponses orales il pourrait y
avoir un vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de
l'Assemblée.
vous avise également qu'après la période de questions et de réponses orales
seront tenus les votes reportés sur l'adoption des projets de loi n° 65 et n° 57.
Nous en sommes
maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole, en question principale, au chef de l'opposition officielle.
Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. On le sait, la
CAQ gère mal les fonds publics, il y a une perte de contrôle des finances publiques. Pour le premier ministre, un déficit
record, cette année, de 11 milliards de dollars, c'est
raisonnable. Mme la Présidente, on n'est pas du tout à la même place que lui.
Rappelons que ce déficit record fait suite aussi
d'une erreur. En novembre dernier, mise à jour économique, le ministre des Finances disait : Le déficit, ce
sera 3 milliards de dollars. Moins de trois mois après, on est passés
de 3 milliards à 11 milliards de dollars, ce qui est tout
à fait inexact. Et, en ce sens-là, cette erreur-là démontre la perte de
contrôle.
Les agences de cotation DBRS, Moody's ont dit,
je les cite : «Les perspectives financières se sont clairement détériorées...»
Il n'y a pas de plan de retour à l'équilibre budgétaire. Le premier ministre
dit : Bien, donnez-moi ma septième
année, puis l'an prochain j'arriverai avec un plan que je rendrai public. Il n'y a pas de plan et il n'y a plus
d'argent. Il en est réduit, après
avoir accusé Québec solidaire avec ses taxes orange... il en est réduit
lui-même à augmenter les taxes, ce
qu'il a fait avec la hausse de la taxe sur le gain en capital. Où s'en va la
CAQ? Les Québécoises et Québécois ont le droit de savoir.
Le 11 avril dernier, le premier ministre, à
une de mes questions, a dit ce qui suit : «Le ministre des Finances [...]
va, en mai, rencontrer les agences de notation.» Fin de la citation. C'est
impossible, Mme la Présidente, que le ministre des Finances se soit présenté là-bas, face à un déficit historique de
11 milliards de dollars, les mains vides. On a le droit de savoir.
Qu'a-t-il déposé lors de ces rencontres?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Oui. Mme la Présidente, contrairement au
gouvernement libéral, le choix qu'on a fait, c'est de bonifier les conditions
de travail, entre autres, des employés en santé puis en éducation.
Faut-il rappeler, je n'ai même pas besoin de le
rappeler, le Parti libéral a invité Philippe Couillard pour parler d'austérité, le dernier... week-end dernier. Nous,
on est contre ça de faire des coupures en santé puis en éducation. Au
contraire, on pense qu'il faut
améliorer les salaires, entre autres, de nos enseignants, de nos infirmières
pour être capables d'être plus attractifs.
Mme la
Présidente, on a vécu aussi, au cours des deux dernières années, des taux
d'inflation très élevés. Ça a amené, on
l'a vu, une augmentation des prix des logements. Évidemment, même les
propriétaires, à cause des taux d'intérêt, ont eu des augmentations sur leurs
paiements mensuels. Donc, on a fait le choix, Mme la Présidente, de réduire les
impôts de 4,6 millions de personnes au Québec.
Donc, Mme la
Présidente, oui, ça a amené un déficit, qui est temporaire. Déjà, on a un plan
pour régler 80 % du déficit. Et, au cours de la prochaine année, on
va déposer un plan additionnel pour retrouver graduellement l'équilibre
budgétaire, sans faire d'austérité comme le gouvernement libéral.
La Présidente : Première
complémentaire.
Tanguay : Mme la Présidente, à l'époque, quand le
gouvernement de Philippe Couillard a quitté, le gouvernement libéral, en 2018,
on avait des surplus budgétaires. Et, plus important que ça, Mme la Présidente,
les services étaient meilleurs. On attendait trois heures de moins dans
les urgences. La liste d'attente pour les chirurgies était beaucoup moins
longue qu'aujourd'hui. Ils ont déposé trois plans de rattrapage puis ils ne
sont pas capables. Alors, il fait les déficits, puis les Québécoises, Québécois
sont doublement perdants, ils n'ont pas les services.
Ma question,
il n'y a pas répondu : Oui ou non, le ministre des Finances, est-ce
qu'il a rencontré les maisons de cotation?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien, Mme la
Présidente, je le sais, que, le chef de l'opposition officielle, son idole,
c'est Philippe Couillard et son austérité.
Moi, je l'invite à rencontrer l'ancien ministre
des Finances Carlos Leitão, à
rencontrer l'ancien ministre de la Santé Gaétan Barrette. Tous les deux ont dit que ça n'avait pas de bon sens,
qu'il y avait eu beaucoup trop de coupures, sous le gouvernement
libéral, en santé et en éducation.
Maintenant, Mme la Présidente, je rappelle les
chiffres. Pour l'année courante, on a un déficit qui représente 1,5 % du
PIB. Dans deux ans, donc avant la prochaine élection, on prévoit avoir un
déficit qui représente...
La Présidente : En terminant.
Legault : ...0,3 % du PIB. Ça nous place parmi les meilleurs
États au monde.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Vous comprendrez, Mme la Présidente, qu'on n'est
pas du tout rassurés, ici, quand il dit : On prévoit. Je veux dire, il n'est pas capable de prévoir, ça
fait six ans qu'il n'est pas capable de prévoir. Il n'était pas capable de
prévoir, en novembre, que le déficit,
ce ne serait pas 3, mais 11 milliards de dollars. Francis Vailles a
dit : «...2024 restera dans l'histoire comme l'année où le Québec
est redevenu plus endetté que son voisin.» Il parlait de l'Ontario et du ratio
dette-PIB.
reviens à ma question, Mme la Présidente, je n'ai toujours pas eu de réponse,
parce qu'il s'était trompé dans les dates, il ne le savait pas, puis il
avait corrigé le tir le 11 avril.
Le ministre des
Finances a-t-il rencontré les maisons de cotation en mai?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, je rappelle, Mme la Présidente,
qu'effectivement on a fait le choix d'augmenter les salaires, au
minimum, de 17,4 %, puis il y a une
partie qui était dans l'année
précédente, parce qu'il y avait du rattrapage à faire à cause de l'inflation de
la dernière année, de la dernière convention collective.
Maintenant,
mon collègue le ministre des Finances a rencontré les agences de notation. On devrait
avoir les résultats d'ici la fin du mois.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Parfait.
Donc, ma dernière question, il les a rencontrés, on devrait avoir les résultats
d'ici la fin du mois : Le premier ministre peut-il s'engager devant les Québécoises et les Québécois, qui font les frais de sa mauvaise
administration, 11 milliards de dollars et pas capables d'avoir les
services... s'engage-t-il à la plus grande transparence? Parce que, là, il n'est pas capable d'avoir un
plan. Ça, c'est une réalité de la vie. Il nous demande une septième année pour
déposer un plan de retour à l'équilibre budgétaire et nous donner des
clarifications. S'engage-t-il donc, d'ici la fin du mois, à rendre
publics les résultats? Mais, dans l'intervalle, qu'est-ce que...
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, on a une approche très différente, le Parti libéral puis la
CAQ. Le Parti libéral, pour équilibrer
le budget, a choisi de faire des coupures immenses dans le réseau de la santé,
dans le réseau de l'éducation. Ce
n'est pas le choix qu'on a fait. Au contraire, on a décidé de mieux payer nos
enseignants, mieux payer nos infirmières, parce que plus que jamais
c'est nécessaire d'en attirer plus pour donner des meilleurs services.
Donc,
Mme la Présidente, on n'a pas du tout la même approche. Donc, je laisse
l'austérité à M. Couillard et au chef de l'opposition officielle.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant le député de Marguerite-Bourgeoys. La parole est à vous.
Beauchemin : Mme la Présidente, le bilan en finances publiques de ce
gouvernement de comptables se résume en deux
mots : déficit record. Il y a eu la décision historique de donner
7 millions aux Kings de Los Angeles, et ensuite la CAQ nous a signé un déficit historique, déficit record de
11 milliards de dollars. Après avoir détourné l'argent au Fonds des générations, l'an passé...
Jolin-Barrette : ...
Présidente : M. le leader du gouvernement. Je vais vous écouter et...
Jolin-Barrette : ...
La Présidente : Attendez que je me
rassoie. Je vous cède la parole.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, c'est un mot qui est au
lexique, le député doit le retirer, en plus de prêter des intentions,
l'article 35, des propos blessants. Il ne peut pas faire ça...
La Présidente : C'est beau, M. le
leader, je vous ai bien entendu. Je suis debout. Monsieur...
Présidente : M. le
député, je vous entends. M. le député, veuillez retirer le mot que vous avez
dit, il est au lexique. On ne peut
pas dire ce mot, ce verbe que vous avez employé. Retirez-le et poursuivez, je
vous prie. Il vous reste 36 secondes.
La Présidente : Il est au lexique.
M. Beauchemin : Ah! D'accord.
La Présidente : Vous le retirez?
M. Beauchemin : ...retirer.
Au mois de
mars dernier, la CAQ a pris de l'argent dans le Fonds des générations... non,
la CAQ a rempli la carte de crédit des prochaines générations sans plan de
retour à l'équilibre budgétaire. Et, pour nous dire que ce n'était pas grave, le premier ministre nous a dit : Le
Québec a été capable de faire un financement après le budget. Mais ce que la
CAQ souhaite garder secret, c'est
que, pour réussir ce financement, les Québécois ont emprunté à un taux
supérieur de l'Ontario, une première depuis des années.
Mme la Présidente, un déficit record, payer plus
cher pour se financer, c'est ça, le legs de la CAQ.
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Bien, il s'est dit
plusieurs choses douteuses, alors je vais répondre, doucement.
Alors, au budget, nous avons fait le choix
d'investir en santé et en éducation parce que nous sommes au service des Québécois. Alors, il y a des gestes en
infrastructures, des bonifications salariales en échange de flexibilité, il y a
des réformes au niveau de la
gouvernance, des données probantes pour prendre des bonnes décisions. Et, oui,
ça a un impact budgétaire, et on le
gère, on s'en occupe. Alors, il y avait des gestes immédiats. Alors, on a
réduit des crédits d'impôt qui dataient d'une autre époque. Nous avons
annoncé un examen des dépenses fiscales et budgétaires. Et puis on continue, avec les zones d'innovation puis nos secteurs
stratégiques, à pousser le Québec à un autre niveau, économiquement. Et,
bien sûr, on a toujours des revendications au niveau des transferts fédéraux.
Alors, tout
ça fait que nous serons en position de déposer un plan de retour à l'équilibre
budgétaire dès le prochain budget. Et c'est ça...
La Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : ...une bonne
gestion, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Beauchemin : Mme la Présidente,
la CAQ a décidé de suivre le fédéral et augmenter l'impôt sur le gain en capital, la taxe CAQ contre les propriétaires
de plex, contre l'innovation, contre nos entreprises. Une autonomie fiscale,
c'est à nous, c'est notre champ de
compétence, mais la CAQ a abandonné. L'Alberta, moins autonome que nous, a
refusé d'augmenter cette taxe, une taxe rétroactive contre
l'entrepreneuriat, un autre beau legs de la CAQ.
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
Girard (Groulx) :
Oui. Bien, Mme la Présidente, la taxation différenciée
sur le gain de capital existe depuis 50 ans et puis elle a fluctué entre 50 % et 75 %. Ça, c'est le taux
d'inclusion, ça, ce n'est pas le taux d'imposition, là. Et tous les
gouvernements québécois, notamment plusieurs gouvernements libéraux, se sont
toujours harmonisés avec la législation fédérale, sur le gain de capital. Et puis vous ne pouvez pas nous
accuser en même temps d'avoir un déficit trop élevé et de faire une
mesure pour réduire le déficit. Alors, soyez cohérents.
Quant
aux agences, lorsqu'on rencontre des agences, parce que je pense que le chef de
l'opposition manque d'information, c'est sur la base du budget qui a été déposé,
en toute transparence, et, bien sûr...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Beauchemin : La CAQ s'est trompée sur
l'inflation. La CAQ s'est trompée sur ses prévisions économiques. La CAQ
s'est trompée sur son déficit de trois, qui, finalement, est arrivé à
11 milliards de dollars. La CAQ prévoit maintenant que les revenus
autonomes vont être 50 % plus élevés que pense l'institut du Québec. Personne
ne croit ce gouvernement, car la CAQ a perdu le contrôle des finances
publiques, Mme la Présidente. C'est ça, le legs de la CAQ.
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) :
Oui. Bien
là, c'est vraiment particulier, Mme la Présidente. Mais je vais finir, je vais
finir.
Alors,
vous nous demandiez de divulguer les résultats des analyses des agences. Bien,
les agences sont indépendantes, Mme la Présidente. Bien sûr qu'ils vont
divulguer le résultat de leurs analyses. Et tout ça est fait dans une
transparence.
Quant à la
question : Est-ce qu'il aurait fallu déposer un plan tout de suite?,
alors, la croissance, au Québec, Mme la
Présidente, en 2023, il n'y en a pas eu, 0,0 %, parce que ça a été extrêmement
difficile pour les Québécois en raison de la hausse des taux d'intérêt.
Alors, si on avait déposé un plan, comprimé les dépenses...
Présidente : En terminant.
M. Girard (Groulx) : ...qu'est-ce qu'on aurait
accompli, Mme la Présidente? On aurait provoqué une récession.
Présidente : En question principale... En question principale, je
reconnais maintenant...
La Présidente :
Je vous prie! En question
principale, je reconnais maintenant le député de l'Acadie. On vous écoute.
M. Morin : Mme la Présidente, hier,
j'étais aux côtés du chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador,
M. Ghislain Picard, des chefs
Flamand et Mckenzie, dans le cadre du bilan du gouvernement de la CAQ présenté
par les membres des Premières
Nations. Le constat est clair. Dans plusieurs dossiers, la note inscrite au
bulletin est «échec». Cela arrive après que plusieurs chefs ont fait
part de nombreux cas ou des dossiers importants qui ont été bloqués par le gouvernement de la CAQ : respect de
l'autonomie, reconnaissance des droits des peuples autochtones, traité de
Petapan. Les échecs s'accumulent. Comme le dit si bien le chef
Picard : «La performance actuelle du gouvernement n'est pas suffisante
pour obtenir la note de passage et des mesures de redressement devront être
prises avant la prochaine session parlementaire.»
Ma question au
ministre : Va-t-il apporter les correctifs nécessaires ou doubler son
année?
La Présidente :
La réponse du ministre
responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit. On vous écoute.
M. Lafrenière : Merci, Mme la Présidente.
Il y a 80 ans aujourd'hui, le débarquement de Normandie avait lieu. Comme
vétéran, comme député d'un comté à forte histoire militaire, j'ai une pensée
toute particulière pour nos héros de guerre, Mme la Présidente, comme
Léo Major. Je me souviens.
Hier,
j'étais si heureux de voir l'opposition officielle se lever puis enfin poser
une question sur les affaires autochtones, je me suis dit, Mme la
Présidente : Enfin, ça revient un sujet d'actualité. Mais malheureusement
j'ai vu la conférence de presse par la suite puis j'ai compris que c'était une
chorégraphie.
Madame, je suis tout,
tout, tout sauf gêné de notre bilan, Mme la Présidente. Puis je vois mon
collègue en face de moi. On est présents sur
le terrain comme jamais. 55 communautés, Mme la Présidente, le tiers du
caucus qui est allé sur le terrain.
On est là, Mme la Présidente. On agit comme jamais. Six ententes de nation à
nation, Mme la Présidente. 300 millions pour répondre à 600 recommandations. On est là, Mme la Présidente.
On a déposé trois projets de loi, Mme la Présidente. Depuis 1975,
combien qu'il y en avait eu? Ne cherchez pas, c'est zéro comme dans zéro.
Alors,
oui, on ose, Mme la Présidente. J'accepte la critique, mais, de me faire dire
qu'on ne fait rien, je ne suis pas d'accord. Alors, moi, la note que je nous
donne, c'est «a» comme «avançons»; «y», parce que j'avoue qu'il n'y en aura
pas de facile, c'est vrai. Puis je nous donne un beau pouce en l'air...
La Présidente : En terminant.
M. Lafrenière : ...parce qu'on
travaille, Mme la Présidente.
La Présidente : Eh! Pas
d'applaudissements. On garde le silence. C'est votre période de questions. On
revient au calme, je vous prie, s'il vous
plaît. J'aimerais entendre la première complémentaire du député de l'Acadie.
Monsieur.
M. Morin : Mme la
Présidente, la réponse du ministre : C'est une chorégraphie. Je n'en
reviens pas. Les chefs étaient ici, à l'Assemblée nationale, on leur dit
qu'ils ont fait une chorégraphie. C'est du jamais-vu.
Mais je vais vous en donner un autre, exemple du
manque d'écoute. La reconnaissance du Principe de Joyce, hier le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan,
Sipi Flamand, disait qu'il ne se sentait pas entendu par le gouvernement.
Le Principe de Joyce vient de sa communauté.
Comment le ministre peut se dire à l'écoute des
Premières Nations après de tels propos?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Lafrenière : Oui, Mme la
Présidente. Premièrement, pendant qu'hier il y avait... Puis, quand j'ai parlé
de chorégraphie, il a très bien compris que
je parlais des oppositions. Pendant qu'il y avait cet événement-là, Mme la Présidente,
moi, je signais une entente avec une
communauté, la communauté innue d'Unamen Shipu. C'est ça, avancer puis être
pragmatique, Mme la Présidente.
Je vais être honnête avec vous, c'est venu me
chercher, quand j'ai vu le bilan hier. Je me suis dit : Mais comment ça
s'est passé, avec le passé? Parce que le précédent gouvernement était très bon.
Alors, Mme la Présidente : Projet de loi n° 106 : le
gouvernement Couillard persiste dans son attitude méprisante . L'Assemblée
des Premières Nations accuse Couillard de se
traîner les pieds . Insatisfaits
des excuses du ministre Barrette, les autochtones réclament sa démission . Ça fait que, Mme la Présidente, quand on se compare, on se console.
Puis ce qui m'a rassuré, c'est de voir que nous autres, on avance.
Et, Mme la
Présidente, quand on parle de projets de loi, la loi n° 79,
même s'il y avait l'APNQL qui était en désaccord, on a avancé, puis ça,
c'est pour le bien...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Morin : Mme la Présidente...
La Présidente : Attendez, je suis
debout. On écoute la question, je vous prie. M. le député.
M. Morin : Mme la Présidente, ça
fait six ans que le gouvernement est au pouvoir. Ce que les Premières Nations veulent, c'est du respect. Ils sont là,
ils veulent être écoutés. Ils veulent une relation avec l'État qui soit
conforme à leurs droits, qui reconnaisse leur statut, qui reconnaisse les
principes de relations de nation à nation. Ce n'est pas juste une pub.
Alors, le
bilan du ministre, je le répète, c'est un échec. À quand un véritable dialogue
avec les Premières Nations?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Lafrenière : C'est surréel, Mme
la Présidente. En 2015, Anne Panasuk fait un reportage pour décrier ce qui se
passe avec les enfants autochtones. En 2015, Mme la Présidente, on se rend
compte que des enfants sont disparus, décédés.
Qu'est-ce qui s'est passé, quand on nous dit qu'eux autres étaient dans
l'action? Je vais vous le dire tout de suite, Mme la Présidente : zéro, comme dans rien, point barre. Ça a pris
l'arrivée de notre gouvernement au pouvoir pour qu'ensemble on fasse une
loi, puis aujourd'hui tout le monde est d'accord.
J'accepte la critique. De me faire
dire qu'on ne fait rien, ce n'est pas vrai, Mme la Présidente, je vous le
confirme. À cette époque-là, en 2015, ils ont fait quoi? Zéro. Alors, nous, on
avance, on va continuer de même. C'est ça que les gens nous demandent sur le terrain, Mme la Présidente.
Il n'y a pas une réalité autochtone, il y en a plusieurs. On est à l'écoute de
tout le monde. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Vous connaissez la règle...
La Présidente : Messieurs,
mesdames, vous connaissez la règle. Pas d'applaudissements, pas de bravo, pas
de tape sur les bureaux. Il nous
reste une séance et demie de période de questions, ce serait bien de la
terminer de façon respectueuse pour tous.
Maintenant, c'est au
tour d'entendre la question principale du chef du deuxième groupe d'opposition.
On vous écoute, monsieur.
Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente. Le projet de
loi sur les
évictions devrait être adopté aujourd'hui. Il était temps. En cinq ans, je ne
sais plus combien de fois on s'est levés ici pour parler de la détresse des gens, au Québec, qui sont menacés d'éviction. Il
était temps que cette Assemblée pose un geste fort pour aider ces gens-là.
y a des dizaines de milliers d'aînés qui vont être protégés, et on va aussi
gagner trois ans de répit contre les évictions. Et ces trois années-là doivent servir à poser des gestes forts, d'autres
gestes pour régler enfin la crise du logement au Québec.
la Présidente, Québec solidaire vient justement de déposer un nouveau projet de
loi. Le logement, ce n'est pas une marchandise comme les autres. Le logement,
ce n'est pas un bien spéculatif ou une occasion de faire du profit. Le logement, au Québec, c'est un droit. Ça devrait
être un droit aussi essentiel, aussi fondamental que tous les autres droits
dans notre charte québécoise des droits et libertés. Le projet de loi de Québec
solidaire va enfin faire reconnaître le droit au logement pour tous les
Québécois, toutes les Québécoises, et reconnaître ce droit, bien, ça obligerait
le gouvernement à le défendre.
Ma question, ce
matin, pour le premier ministre, est très simple : Selon lui, est-ce que
le logement est un droit, oui ou non?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, il n'y a pas de différence
entre Québec solidaire et la CAQ sur le fait que c'est un besoin essentiel,
d'avoir un logement. Par contre, à l'impossible nul n'est tenu. On a investi
6,3 milliards pour du logement abordable. Il manque d'employés en
construction, on est en train de faire des formations accélérées.
Mais, là où on a un
désaccord, Mme la Présidente — je vois le chef qui s'attend à ce que je
vais lui dire — c'est
qu'on a actuellement 560 000 immigrants temporaires. On en avait 100 000,
on en a 560 000.
Pour
loger 560 000 logements... immigrants temporaires, ça prend 200 000 logements.
Juste au cours de la dernière année, il y a eu une augmentation de
174 000 immigrants temporaires.
Comment loger
174 000 immigrants temporaires de plus en un an? Bien, Québec
solidaire a trouvé la solution, on va déposer un projet de loi disant que tout
le monde a un droit au logement. C'est ça, la solution qui est proposée par
Québec solidaire. Franchement, ce n'est pas sérieux.
Présidente : Première... Première complémentaire.
La Présidente :
Je suis debout. Nous demeurons
respectueux, nous gardons le silence. J'aimerais entendre votre deuxième
complémentaire.
Nadeau-Dubois : Il n'y a pas une seule solution à la crise du
logement. Le projet de loi, le bon projet de loi
qu'on va adopter tantôt, il est bon, mais il ne réglera pas à lui seul la crise
du logement, celui de Québec solidaire sur le droit au logement non
plus. Ne faisons pas preuve de simplisme ici.
question, elle est toute simple, pour le premier ministre. Je ne comprends pas,
il a l'air d'avoir comme un malaise avec
le mot «droit». J'aimerais ça qu'il nous le dise, selon lui, au Québec, est-ce
que le logement, c'est un droit. Oui ou non?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente, on est tous d'accord
qu'en 2024, au Québec, tout le monde doit avoir un logement. Mais ce que j'aimerais entendre de
Québec solidaire, c'est qu'est-ce qu'ils proposent concrètement, à part un
projet de loi. Comment on fait pour construire des logements en un an pour
174 000 personnes de plus? J'aimerais ça qu'il me donne le
début du commencement d'une proposition concrète.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Des propositions
concrètes, on en fait depuis des années. D'ailleurs, les plus récentes viennent
d'être incluses dans un projet de loi que la CAQ a déposé. C'est bien la preuve
qu'on n'a pas juste des mauvaises idées.
Ceci étant dit, le
premier ministre tourne autour du pot, il n'est pas capable de répondre à ma
question. Elle est pourtant très simple.
Est-ce que, selon lui, le logement au Québec, c'est un droit, oui ou non?
Depuis tantôt, il n'est pas capable de répondre. J'aimerais que cette
fois-ci il le fasse.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien,
on a tous vu que le chef de Québec solidaire n'a rien à proposer. Il a proposé
un moratoire sur les évictions pour que les
personnes qui en ont un, logement, ne soient pas évincées. On a accepté ça.
Mais qu'est-ce qu'on fait avec les 174 000 personnes qui sont
arrivées au Québec depuis un an? On fait quoi? On fait quoi?
Québec
solidaire n'a rien, rien, rien à proposer. Il serait temps que Québec solidaire
soit un peu plus pragmatique.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant le député de Laurier-Dorion. Nous vous écoutons, monsieur.
Fontecilla : Merci, Mme la Présidente. Les Québécois et les Québécoises,
en particulier les Montréalaises, ont un
sentiment d'insécurité qui est en hausse, selon les sondages. Les données
prouvent que leurs craintes sont fondées : hausse de la criminalité de 12 % à Montréal, dont une nette
augmentation de voies de fait et de vols de véhicules. En fait, à peu près la
seule donnée encourageante, en ce moment, c'est la baisse de la violence par
arme à feu. Et ça, tous les intervenants
sont d'accord, c'est dû en bonne
partie aux projets appelés Collectifs, une
escouade de policiers et policières communautaires du SPVM dont le
travail est axé sur la prévention.
2022, lors de la dernière flambée de violence, le ministre de la Sécurité
publique a ajouté quelques centaines de policiers à Montréal. Par contre, on ne
peut pas engager plus rapidement des policiers que Nicolet est capable de
former.
Le ministre va-t-il
changer d'approche et investir finalement davantage dans la prévention de la
violence?
Présidente : La réponse du ministre de la Sécurité publique. On vous
écoute.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, rapidement, là,
je suis content que le député me pose cette question, il y a un équilibre à
trouver entre répression et prévention. Je pense que mes critiques dans
l'opposition le savent très bien, mon discours est resté le même. Contrer
la violence armée, côté répression, il fallait faire un investissement majeur,
voilà deux ans déjà, pour augmenter le
nombre de policiers à Montréal et même à Laval. On fait quoi, après ça? Il faut
être capable de les former, ces nouvelles recrues. Grâce au ministre des
Finances puis au premier ministre, c'est 60 millions de dollars
additionnels qu'on a donnés à l'École nationale de police pour former plus de
policiers et policières. On est passé de 650 à un objectif de 1 000. Cette année, on va être
près de 1 100, 1 100 policiers, policières qui seront formés
pour l'ensemble du territoire.
Il me parle de
prévention. Bien, je vais lui parler de Montréal, spécifiquement Montréal. Je
dis qu'il y a un équilibre à trouver, mais, en termes de prévention, 2018‑2019, on investissait combien? Zéro. Un organisme
communautaire, 1,5 million, six ans plus tard, en prévention, on
est à 11,6 millions seulement pour Montréal et on est à 5,5 millions pour les organismes communautaires. On fait un pas
majeur pour supporter la prévention, supporter nos organismes, pour baisser
la violence armée...
Présidente : En terminant.
Bonnardel : ...et aussi baisser la petite criminalité.
La Présidente : Et je vous rappelle
que vous vous adressez à la présidente. Première complémentaire.
Fontecilla : De toute évidence, l'ajout de quelques centaines
de policiers n'a pas suffi. Et allez demander aux Montréalais, et surtout aux Montréalaises, Mme la
Présidente, si elles trouvent que le gouvernement investit assez dans la
prévention.
En février
dernier, le ministère de la Sécurité publique annonçait la fin du financement
de l'Équipe de concertation communautaire
et de rapprochement du SPVM, privant ainsi la communauté montréalaise de
l'expertise de 33 policiers et policières communautaires.
Alors que l'insécurité augmente, est-ce que le
ministre va revenir sur sa décision...
La Présidente : La réponse du
ministre.
Bonnardel : Mme la Présidente, je pense que c'est important de
répéter ce que je viens de dire. Pour moi, il est important, depuis le
début de mon mandat, de trouver un équilibre entre prévention et répression. Je
pense que personne ne peut dire ici, côté
répression, là, qu'on n'a pas fait le travail. On donne des policiers
additionnels à Montréal, on en donne à
Laval puis on en donne partout sur le territoire québécois. Puis on voit une
baisse des statistiques pour la violence armée.
Le défi de
prévention, c'est de s'assurer que nos jeunes de 15, 16, 17 ans qui
portent l'arme... bien, de les ramener sur le droit chemin. Puis on fait ça
comment? On investit en prévention. Puis je le répète, en prévention, pour
Montréal, organismes communautaires, 2018, c'était 1,5 million au
total.
La Présidente : En terminant.
M. Bonnardel : Six ans plus tard,
c'est 17 millions de dollars.
Est-ce que c'est parfait? Non. Est-ce qu'on
fait...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Fontecilla : C'est loin d'être parfait, Mme la Présidente.
Travailleurs de rue, financement du communautaire, médiateurs culturels dans les parcs, politique de
l'habitation axée sur la revitalisation urbaine et l'intégration des familles
et de leurs enfants, lutte au décrochage scolaire et à la pauvreté, implication
des parents de jeunes contrevenants : des approches qui ont fait leurs
preuves et qu'il faut financer beaucoup plus. La prévention est le parent
pauvre de la sécurité publique.
Est-ce que le ministre peut s'engager à financer
durablement les approches préventives?
La Présidente : C'est un peu bruyant,
à droite, là. J'aimerais entendre la réponse du ministre uniquement.
Bonnardel :
Prévention est le parent pauvre. Prévention est le parent pauvre. On est passés
de 16 millions d'aide aux différents
corps de police, en 2018, 16 millions, à 112 millions,
112 millions. L'aide pour la ville de Montréal, juste la ville de Montréal, en prévention, c'était
zéro dollar. On est à 11,6 millions aujourd'hui. Donc, on fait tous les
efforts.
Et, soit dit en passant, les équipes mixtes, que
mon collègue aide à financer, c'est près de 70 équipes mixtes qu'on a sur le territoire québécois pour
l'ensemble des corps de police. On est bien fiers, donc, de supporter la
prévention puis d'empêcher et de réduire la petite criminalité sur le
territoire québécois.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Le gouvernement se plaint que trop de demandeurs d'asile ont recours à l'aide sociale, au Québec. Or, pour l'immense
majorité de ces gens, qui arrivent souvent ici sans absolument rien, leur
premier choix, ce n'est pas du tout d'aller se mettre sur l'aide sociale. Au
contraire, ils veulent travailler. Le problème, c'est que le fédéral n'est pas capable de leur livrer des permis de
travail. Ça prend souvent des six, huit, jusqu'à 10 mois avant que le permis ne soit émis. C'est donc le retard
du fédéral à délivrer les permis de travail qui gonfle artificiellement les
demandes à l'aide sociale.
Pourtant, une
solution très simple existe. Le gouvernement du Québec peut exercer son pouvoir
dans son champ de compétence du
travail, de l'emploi et de l'immigration et en délivrer, des autorisations de
travail. C'est correct, c'est légal, il peut le faire. Ce serait innovant, ce
serait nationaliste et ça réglerait... ça aiderait à régler la pénurie de
main-d'oeuvre au Québec.
Lors
de l'échange des crédits, la ministre de l'Emploi avait dit qu'elle était
ouverte à ça, qu'elle allait étudier la question. Donc, après réflexion,
la réponse, c'est quoi? C'est oui ou c'est non?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration.
Fréchette : Oui, merci, Mme la Présidente. Écoutez, j'aimerais
profiter de l'occasion pour rappeler que le
Québec a fait plus que sa part dans l'accueil des demandeurs d'asile. Depuis
l'année 2017 que le Québec accueille des demandeurs d'asile au-delà
de son poids démographique au sein du Canada, et il est grand temps que ça
change. Donc, on a mis une pression fort importante sur le fédéral ces derniers
mois pour faire en sorte qu'il y ait une répartition des demandeurs d'asile dans l'ensemble du Canada, et
ça, ça vise notamment à faire en sorte de réduire le poids financier que
ça exerce sur nos programmes gouvernementaux, notamment l'aide de dernier
recours.
Maintenant, on est à
29 % des prestataires de l'aide de dernier recours qui sont des demandeurs
d'asile. C'est quatre fois plus de
prestataires... de demandeurs... de prestataires d'aide sociale qui sont
demandeurs d'asile que durant la période prépandémique. C'est énorme. C'est
trop, c'est démesuré. Alors, c'est pourquoi on attend du fédéral à ce qu'il répartisse les demandeurs d'asile pour réduire à
la source l'ampleur du problème. C'est important d'intervenir en amont
du problème et non pas une fois que les gens
sont ici. Une fois qu'ils sont ici, ils ont tout un panier de services qui leur
est offert, et on est à la hauteur...
Présidente : En terminant.
Mme Fréchette :
...mais, maintenant, la capacité d'accueil, elle est atteinte. Merci.
Présidente : Première complémentaire.
M. Leduc :
On peut très bien faire les deux
en même temps, Mme la ministre. Vous dites que vous êtes autonomiste, vous dites que vous voulez les pleins pouvoirs en
immigration. Bien, exercez-les. Il n'y a rien qui vous empêche de donner
des autorisations de travail temporaires au
Québec. Quand le premier ministre Duplessis a décidé d'aller récupérer des
points d'impôt, là, pour le Québec, il n'a pas attendu la permission du
fédéral. Il l'a fait, puis ça a marché.
Vous, vous attendez
quoi? La permission de Justin Trudeau?
La Présidente :
Et moi, je vous rappelle que vous
vous adressez à la présidente quand vous posez vos questions.
Présidente : Silence, de ce côté-ci. La réponse de la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Bien, j'aimerais
rappeler au député qu'en matière d'émission des permis de travail on a fait des
pressions importantes, l'année passée, sur le fédéral pour faire en sorte de
réduire les délais pour l'obtention de permis de travail pour les demandeurs d'asile. Il y a un an, la période
d'attente était d'environ 11 à 12 mois. Après nos pressions, il a été mis en place un système accéléré,
beaucoup plus efficace, plus rapide, depuis... instauré depuis novembre 2022
par le gouvernement fédéral et qui
nous a permis... en fait, 2023, pardon, et qui nous a permis de réduire à à peu
près 80 jours la durée d'attente
pour les permis de travail pour les demandeurs d'asile. Alors, pour nous, il y
a là un bond important en termes d'amélioration. On s'attend à ce que ce
soit poursuivi d'autres mesures.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Leduc :
20 jours, c'est bien trop
long. Ils sont ici, ils peuvent travailler, ils veulent travailler. Les
entreprises cherchent du personnel partout. Qu'est-ce qu'on attend pour faire
le geste nationaliste qui s'impose? À un moment donné, Mme la Présidente, si la CAQ ne veut pas le faire,
ce geste-là, on ne pourra pas blâmer le fédéral ou blâmer l'immigration
temporaire pour tous les problèmes du Québec. Ce sera de votre faute, si les
demandes à l'aide sociale explosent, parce que vous ne voulez pas agir
sur le dossier.
J'ai
eu un bel échange, pendant les crédits, avec la ministre de l'Emploi, elle a
dit qu'elle allait étudier la question. Qu'est-ce qu'on a comme réponse
aujourd'hui sur ce sujet?
La Présidente : Et je vous rappelle
que vous me posez la question et que la ministre y répond.
Mme Fréchette : Oui. Écoutez, l'émission
des permis de travail, ça se fait au fédéral. Le Québec ne va pas dédoubler un
système qui existe déjà au fédéral, un système qui s'est, reconnaissons-le,
amélioré du côté de la durée de l'émission des permis.
Donc,
nous, on demande l'ensemble des pouvoirs. On veut faire en sorte d'autoriser,
d'une part, l'ensemble des travailleurs étrangers temporaires qui viennent au
Québec et également réduire de manière significative, très importante le nombre
de demandeurs d'asile qui arrivent au Québec, parce que notre capacité
d'accueil, elle est dépassée.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef
du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, on le sait, depuis son arrivée au pouvoir la CAQ est la
championne incontestée des contrats
donnés de gré à gré. Bien avant la pandémie, elle avait déjà battu les records
des gouvernements précédents. Pendant la pandémie, on s'est mis à donner
des contrats à des entreprises fantômes, sans aucun suivi pour récupérer notre
argent. Et, plus récemment, le nombre de contrats octroyés de gré à gré a
augmenté, tenez-vous bien, Mme la
Présidente, par 30 %. Et, on le sait très bien grâce à la commission
Charbonneau, ce type de contrat accentue les risques de collusion et de gonflement du prix des contrats. Mais la CAQ
choisit de déposer un projet de loi, le 62, qui aura vraisemblablement
l'effet de faciliter ces contrats de gré à gré. Elle le fait sans avoir tenu
compte des conclusions de la commission
Charbonneau, sans aucune étude ni analyse au préalable. Comme dans tant d'autres
dossiers gérés par la CAQ, ça a été fait sur le coin d'une table.
même moment, l'Autorité des marchés
publics constate de plus en plus la
présence du crime organisé, de la collusion
et du partage des territoires dans le cadre de ses activités de surveillance.
La même AMP nous dit que le projet de
loi n° 62 comporte des brèches,
notamment dans le cas d'un appel d'offres qui n'aurait pas trouvé preneur et
qui débouchera, vous l'aurez deviné, sur un contrat de gré à gré.
Ma question au
premier ministre : Avec l'AMP qui s'inquiète et de nombreux experts qui
sonnent l'alarme, peut-il retourner faire
son travail avec rigueur, en considérant les conclusions de la commission
Charbonneau, avant de poursuivre l'étude du 62?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
d'abord, j'invite le chef du troisième groupe d'opposition à aller regarder un
peu ce qui se fait ailleurs, ce qui se fait en Ontario, ce qui se fait dans les
différents pays, en Europe en particulier, au Royaume-Uni. Il verrait,
s'il faisait cette analyse, que la façon de donner des contrats a beaucoup
changé au cours des dernières années.
Pourquoi, Mme la Présidente? Parce que, quand on fait un appel d'offres puis
qu'on donne le contrat au plus bas soumissionnaire, bien, les
entreprises viennent couvrir leurs imprévus en mettant des provisions. Donc, on
se retrouve dans une situation où on paie plus cher que s'il y avait un partage
du risque avec des négociations, avec une présélection de certains
soumissionnaires.
Donc,
la plupart des pays industrialisés dans le monde vont vers le partage de
risques. Un, ça va plus vite, et, deux, ça coûte moins cher.
Donc,
j'invite le chef de l'opposition officielle à aller voir un petit peu ce qui se
fait ailleurs. Il va voir que des contrats de gré à gré, ce n'est pas
nécessairement mauvais si c'est bien fait, s'il y a un vrai partage de risques.
moi, j'ai totalement confiance à la présidente du Conseil du trésor. On se
souvient qu'elle était à la commission Charbonneau. Je ne pense pas que
c'est le genre de personne à dire : On va relancer la corruption au
Québec.
Présidente : Il s'agit du chef du troisième groupe d'opposition. M. le
chef, première complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : J'entends l'invitation du
premier ministre. Moi, je l'invite à consulter les conclusions de la commission
Charbonneau et ce que nous dit l'AMP. Martine Valois, membre du comité de suivi
des recommandations de la commission Charbonneau, nous dit : «C'est
comme si on s'était dit : "Ils ont oublié. La commission Charbonneau,
c'est fini, ça fait 10 ans."» L'AMP nous dit que c'est de plus en
plus fréquent que les entreprises se coordonnent pour ne pas répondre à l'appel d'offres de manière à obtenir un contrat de
gré à gré qui est plus lucratif. Il y a de réels risques avec le projet
de loi n° 62.
Est-ce que le premier
ministre va retourner...
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, on a bien analysé ce qui se fait dans les différentes
juridictions ailleurs dans le monde puis on
est convaincus que le projet de loi n° 62, c'est un projet qui vient
moderniser la façon de construire nos
infrastructures. Puis c'est important, Mme la Présidente, parce
qu'effectivement il n'y a pas eu cette modernisation au Québec depuis
plusieurs années.
Donc,
Mme la Présidente, je pense qu'il faut être ouverts au changement. Mais je vois
encore que le PQ est là pour défendre le statu quo.
Présidente : Deuxième complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais
le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Le premier ministre nous dit : Allez voir ce
qui se fait à l'extérieur. Nous, on dit : Allez voir ce qu'on a fait au
Québec, la commission Charbonneau. J'ai demandé hier au ministre : Est-ce
qu'on a considéré la commission Charbonneau
avant de présenter ce projet de loi là? La réponse, c'est non. Est-ce qu'on a
une analyse des risques de collusion? La réponse, c'est non.
Est-ce
que le ministre va retourner faire ses devoirs et va nous produire ces
analyses-là afin qu'on puisse sérieusement procéder à l'analyse d'un projet de
loi très important? C'est les milliards des Québécois qui vont être dépensés
à travers ce projet de loi là.
Présidente : La réponse du ministre responsable des Infrastructures.
M. Julien : Oui, merci, Mme la Présidente. Effectivement, on a
eu ces questions-là, mais ce n'est pas les réponses que j'ai données, bien au
contraire. On a travaillé ce projet de loi là étroitement, naturellement, avec
ma collègue présidente du Conseil du
trésor, et il n'y a pas d'augmentation de risque. Et non seulement ça, l'AMP, l'Autorité des marchés publics, mentionne clairement que l'utilisation des modes
collaboratifs n'entraîne pas d'augmentation de risques. C'est des appels
d'offres publics, qui n'est plus basé sur le
plus bas soumissionnaire mais sur l'expertise, les compétences, et
naturellement ça nous permet de sauver des coûts et de sauver des
délais.
L'AMP
a mentionné, cependant, qu'il y a un article, le 13.1, dont on a amendement,
l'amendement que vous ne voulez pas étudier... qui vient dire :
Celui-là, il faudrait le corriger...
Présidente : En terminant.
M. Julien : ...et,
en plus, ils nous recommandent qu'est-ce qu'on devait faire. On est prêts à
l'appliquer.
Présidente : En question principale...
Présidente : Vous oubliez rapidement le règlement. Silence, je vous
prie.
question principale, je reconnais maintenant la députée de Robert-Baldwin. Et
on l'écoute. Mme la députée, la parole est à vous.
Mme Garceau :
Merci, Mme la Présidente. L'industrie québécoise des effets visuels et de
l'animation emploie plus de
8 000 personnes, au Québec, et génère des revenus de
1,4 milliard de dollars pour notre économie. Grâce au travail des différents gouvernements du Québec depuis
20 ans, le Québec est devenu l'un des trois principaux pôles mondiaux du
secteur.
dans le cadre de son dernier budget, le gouvernement a décidé, sans faire de
consultation au préalable, de couper les crédits d'impôt de l'industrie de
28 % et, du même coup, met à risque un joyau de notre nation. Cette baisse
de crédits est entrée en vigueur le
31 mai dernier. Si le gouvernement ne fait rien, Mme la Présidente, c'est
70 % des emplois dans le domaine des effets visuels et de
l'animation qui seront disparus d'ici le mois d'août 2024.
Est-ce
que le ministre de la Culture va corriger son erreur et repousser la date de
cette mesure au 1er janvier 2025?
Présidente : La réponse du ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Bien, je suis content de parler de cette mesure parce qu'elle était
dans le budget du 12 mars. Et là j'ai une question là-dessus.
Alors, on dépensait, pour
ces trois crédits d'impôt, plus de 1,5 milliard par année, effets
spéciaux, jeux vidéo, crédit d'impôt
affaires électroniques. Ces crédits d'impôt ont été créés à une époque où le
taux de chômage était de 10 %, au Québec. Or, il est aujourd'hui de
5 %.
Vous dites qu'on n'a pas consulté. On a fait une
consultation des experts économiques du Québec à la mise à jour. Que nous ont-ils recommandé? De recentrer
nos crédits d'impôt basés sur les salaires vers des crédits d'impôt ou de
l'aide pour favoriser les investissements.
Alors, on a analysé la compétitivité, l'intégrité, les retombées fiscales de
tous ces crédits d'impôt et on a pris une décision courageuse de les
recentrer.
La Présidente : Première
complémentaire.
Garceau : Mme la Présidente, c'est la réputation du Québec à
l'international qui est mise à mal par la décision de laisser tomber
notre secteur des effets visuels et de l'animation.
Moi, je
vise... ma question vise le ministre de la Culture. Il aime se targuer d'être
un grand défenseur du rôle que la culture québécoise doit jouer sur la scène
internationale. Est-ce qu'il est d'accord avec la décision de son ministre et
les effets dévastateurs qu'il va y avoir dans l'industrie, de cette
coupure?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) :
Oui. Bien, Mme la Présidente,
j'ai de la misère à suivre l'opposition, là. Ils nous disent : Le déficit est trop élevé, vous n'avez pas de
plan. Là, nous, on consulte des experts, on recentre des crédits d'impôt, et là
l'opposition n'est pas d'accord.
D'ailleurs, la
commission Godbout avait identifié ces crédits d'impôt là comme très
dispendieux, et le gouvernement libéral les avait réduits. Et ensuite
quoi? Ils ont manqué de courage, ils ont reculé.
Alors, nous,
on a reconsulté les experts, on a analysé les retombées fiscales, les retombées
économiques. Et qu'est-ce qu'on nous
suggère? De les réduire. Et c'est ce qu'on fait, Mme la Présidente. Et nos
crédits d'impôt demeurent compétitifs.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Mme la
Présidente, c'est à
titre de porte-parole de la région des Laurentides que je
m'adresse au ministre de la Santé aujourd'hui, car l'état du réseau dans la
région fait craindre pour la santé et même potentiellement
la vie des citoyens des Laurentides. Ça fait des années que des groupes et
organismes de la région interpellent le
gouvernement afin de le sensibiliser de la très grande précarité du réseau de
la santé. Encore récemment, on apprenait que l'Hôpital de Mont-Laurier
était en situation de crise : taux d'occupation des urgences, 139 %
ce matin, désuétude des installations,
conditions de travail difficiles qui menacent la sécurité du personnel et des
patients, exode du personnel soignant.
La région des
Laurentides mérite mieux, Mme la Présidente. Que prévoit faire le ministre de
la Santé à court terme pour rétablir la situation?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
Dubé : Merci, Mme la Présidente. Puis j'apprécie beaucoup
cette question-là, parce qu'en cette fin de session je pense que je veux
expliquer aux Québécois et les rassurer sur ce qui va se passer au cours des
prochaines semaines avec, entre
autres, la venue des équipes volantes, qui sont en train de se mettre en place,
qu'on a promis pour la fin... pour la fin du mois. Je pense qu'il est
important de réaliser qu'on est en action partout au Québec, partout au Québec.
Oui, la situation dans les Laurentides est
difficile, mais j'ai souvent expliqué, au cours des derniers mois, tous les facteurs aggravants qui nous ont frappés et
qui continuent de nous frapper. Mais je voudrais rassurer la population,
incluant celle des Laurentides, qu'on
va tout faire en notre possession au cours des prochaines semaines, prochains
mois, pour mitiger l'impact de toutes ces... de ces choses-là qui nous
affectent.
Et je dirais,
en terminant, que je veux en profiter pour remercier tous les professionnels de
la santé du réseau qui travaillent
dans ce contexte-là.
Malgré ce qui peut être dit, oui, on peut noter qu'il y a
des endroits que c'est plus difficile, on peut avoir des cas
d'exception, mais, Mme la Présidente, reconnaissons les efforts de tout notre
personnel...
La Présidente : En terminant.
Dubé : ...pour faire la
meilleure situation possible en ces temps difficiles. Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
Présidente : Alors, cela met fin à la période de questions et de
réponses orales. Demeurez en place pour la tenue de votes reportés, tel qu'annoncé.
Et j'y reste.
Donc, à la rubrique
Votes reportés, comme annoncé précédemment, nous allons maintenant procéder au
vote reporté sur la motion de Mme la ministre responsable de l'Habitation proposant que le projet de loi
n° 65, Loi limitant le droit d'éviction des locateurs et renforçant la
protection des locataires aînés, soit
adopté. Vous êtes tous prêts? Vous êtes là? Le vote est maintenant
ouvert.
La période de vote
est maintenant terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 109
Présidente : La motion est adoptée. En conséquence...
La Présidente :
La motion est donc adoptée. En
conséquence, le projet de loi n° 65, Loi limitant le droit d'éviction des locateurs et renforçant la
protection des locataires aînés, est adopté.
Nous allons
maintenant procéder au vote reporté sur la motion de Mme la ministre des
Affaires municipales proposant que le projet de loi n° 57, Loi édictant la
Loi visant à protéger les élus municipaux et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant
diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal, soit adopté.
Le vote est maintenant ouvert.
Voilà. La période de
vote est terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 109
La Présidente :
Alors, la motion est adoptée. En
conséquence, le projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à
protéger les élus municipaux et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs
fonctions et modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine
municipal, est adopté.
À la rubrique Motions
sans préavis toujours, M. le premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, je propose, après consultation avec les partis d'opposition,
les députés indépendants :
«Que conformément aux
articles 104, 104.1 et 105 de la
Loi sur l'accès aux documents des
organismes publics et sur la protection des
renseignements personnels, Mme Sophie
Giroux-Blanchet, secrétaire générale adjointe et avocate, [à la] Commission
d'accès à l'information, soit nommée,
suivant la procédure de sélection des personnes aptes à être nommées membres de la Commission d'accès à l'information établie par règlement du Bureau
de l'Assemblée nationale, membre de
la Commission d'accès à l'information, affectée à la
section
juridictionnelle, pour un mandat de cinq ans à compter du 2 juillet 2024 et que sa rémunération et
ses autres conditions de travail soient celles contenues dans le document
ci-annexé que je dépose.»
Présidente : Alors, je rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour
être adoptée, cette motion doit être approuvée par au moins les deux tiers des
membres de l'Assemblée. Elle doit donc être suivie d'un vote électronique.
mets donc aux voix la motion de M. le premier ministre telle que lue à
l'instant. Le vote est maintenant ouvert.
La période de vote
est maintenant terminée. M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 106
Présidente : La motion est donc adoptée.
Toujours à la motion
rubrique sans préavis, eh bien, je comprends qu'il y a consentement pour la
présentation d'une motion supplémentaire
ayant... avant celles prévues aujourd'hui et que vous consentez à ce que je la
lise pour vous, compte tenu du sujet. Consentement?
Des voix : Consentement.
La Présidente :
Consentement. Ainsi, je vous lis
cette motion présentée conjointement par tous les groupes parlementaires
et les députés indépendants :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le 80e anniversaire du débarquement de Normandie;
«Qu'elle
souligne le courage de nos soldats qui sont débarqués sur la plage Juno, le
6 juin 1944 afin de libérer la France et pour défendre nos
valeurs de liberté et de démocratie;
«Qu'elle
reconnaisse que comme Québécoises et Québécois, nous avons une dette éternelle
à tous les soldats qui ont fait preuve d'une bravoure exceptionnelle, au
péril de leur vie, pour défendre notre civilisation;
«Qu'enfin elle
observe une minute de silence à la mémoire de tous les soldats qui ont péri au
front.»
Est-ce qu'il y a
consentement pour débattre de cette motion?
M. Caire : Mme
la Présidente, il y a consentement, sans débat.
Présidente : Consentement, sans débat. Naturellement... Naturellement,
oui. Cette motion est-elle adoptée?
La Présidente :
Adopté.
Tel que prévu pour ce
type de motion et cette journée historique, nous allons observer une minute de
silence.
• (11 h 18 — 11 h 19 )
La Présidente :
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Pour la suite des
motions sans préavis, je cède maintenant la place au troisième vice-président
de l'Assemblée nationale. Merci beaucoup pour votre attention.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la Présidente.
Nous
sommes toujours à la rubrique des motions sans préavis, et la prochaine motion
revient à un membre du groupe formant l'opposition officielle. Et je
reconnais maintenant M. le chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, M. le Président. Vous allez me
permettre, d'entrée de jeu, de saluer la présence, dans nos tribunes,
des membres de la famille et des proches de M. Jean-Pierre Ferland.
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec le premier ministre,
le chef du deuxième groupe d'opposition, le chef du troisième groupe
d'opposition, la députée de Vaudreuil, le député d'Arthabaska :
«Que
l'Assemblée nationale rende hommage à la mémoire de monsieur Jean-Pierre
Ferland, décédé le 27 avril dernier à l'âge de 89 ans;
«Qu'elle
souligne la riche carrière de cet auteur-compositeur-interprète qui a légué au
Québec et à la Francophonie un vaste héritage musical de plus de
450 chansons;
«Qu'elle
rappelle toute l'affection que lui témoignait la nation québécoise et la place
toute particulière qu'occupent de nombreuses de ses oeuvres dans le coeur du
public québécois, notamment l'album Jaune , une révolution pour la
musique québécoise lors de sa sortie en 1970;
«Qu'elle rappelle les nombreux prix et honneurs
reçus par Jean-Pierre Ferland tout au long de sa carrière, notamment sa
nomination à
titre de chevalier de l'Ordre national du Québec et à
titre
d'officier de l'Ordre du Canada;
«Qu'elle offre ses plus
sincères condoléances à sa famille et à ses proches;
«Qu'enfin,
elle observe une minute de silence à la mémoire de ce grand Québécois et de ce
véritable "petit roi" de la chanson québécoise.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Caire : Oui,
M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes par
intervenant dans l'ordre suivant : le chef de l'opposition officielle,
le premier ministre, le chef du deuxième groupe d'opposition et le chef du
troisième groupe d'opposition.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
je comprends qu'il y a consentement pour qu'il y ait un débat de deux minutes
maximum. Et je cède maintenant la parole à M. le chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, M.
le Président. M. Jean-Pierre Ferland est décédé, donc, le 27 avril
dernier à l'âge de 89 ans. Il était né
le 24 juin 1934 à Montréal. Il a travaillé à la Société Radio-Canada dans
les années 50, et, en 1958, il
forme Les Bozos avec d'autres grands artistes : Clémence
DesRochers, Jacques Blanchet, Hervé Brousseau, André Gagnon, Claude
Léveillée et Raymond Lévesque.
Il a écrit ses
premières chansons dans les années 60 et, on le dit dans la motion, il est
auteur-compositeur-interprète prolifique. Il avait à son actif 30 albums
en carrière et plus de 450 chansons. Parmi les chansons dont on se
rappellera toujours, M. le Président, il
y a bien évidemment Le petit roi , Un peu plus haut, un peu plus loin ,
Marie-Claire , Une chance
qu'on s'a , T'es belle . Ça
faisait dire à Marie-Denise Pelletier ce qui suit : «C'est un gars en
amour, en amour avec les femmes, mais en amour avec la vie. Il était
tout le temps dans un état d'amour.»
En 1970, révolution, on le dit, album Jaune ,
qui est une révolution dans la chanson québécoise en raison de sa modernité et de la qualité de l'enregistrement.
Ariane Moffatt a dit ce qui suit : «L'album Jaune a transformé la
vision de tellement d'artistes. Un geste radical, audacieux et
entièrement habité qui m'a toujours donné envie de me dépasser. Chapeau
Ferland.»
Il s'est vu
décerner, M. le Président, plus d'une trentaine de prix, de distinctions
et d'hommages au Québec et à l'étranger.
Les Québécois aiment profondément son oeuvre.
Ils aiment Jean-Pierre Ferland. Il aura profondément marqué la nation
québécoise pour toujours. À sa famille et à ses proches, nous exprimons nos
plus sincères condoléances.
J'aimerais, M. le Président, laisser le mot de
la fin à celle qui a exprimé par un témoignage très touchant et qui traduit bien l'amour que les Québécoises et
Québécois portent à M. Ferland. Les mots qui suivent sont ceux de Clémence DesRochers : «Je voudrais quitter la
tristesse, pour mieux me souvenir de toi, comme je t'aperçois parfois dans
mes rêves, mon tendre ami poète Jean-Pierre.»
Merci, Jean-Pierre Ferland.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le chef de l'opposition officielle. La parole revient maintenant à M. le
premier ministre.
M. Legault : Oui, merci, M. le
Président. Effectivement, le grand Jean-Pierre Ferland nous a quittés le
27 avril dernier, puis je veux réitérer
mes condoléances à sa femme Julie Anne, à ses enfants, Julie, Bruno, à toute la
famille, à son ami le réalisateur Pierre Séguin, qui est ici pour deux
choses aujourd'hui.
Je dois avouer, j'ai toujours aimé Jean-Pierre
Ferland, même si je ne le connaissais pas. On le voyait — là, je vais montrer mon âge — à l'animation de certaines émissions. Je le voyais
en entrevue. C'était un gars pas prétentieux, un gars gentil, un gars
très drôle. Et c'était une impression que j'avais, mais, en parlant avec sa
famille vendredi dernier puis ce matin,
quand j'ai remis le drapeau qui était en berne la journée des funérailles,
bien, ils m'ont tous confirmé un par un qu'effectivement il était très
drôle aussi en privé puis qu'il était un bon gars, comme on dit au Québec.
Jean-Pierre
Ferland, c'est 30 albums, 450 chansons, 60 ans de carrière.
C'est impressionnant. Bon, évidemment, là,
encore là, je vais dévoiler mon âge, mais j'ai été vraiment marqué quand
l'album Jaune est sorti, en 1970 — je
vois des jeunes, là, qui n'étaient
sûrement pas là — et,
bien, évidemment, entre autres, la chanson Le petit roi . Puis je ne
ferai pas comme le ministre de l'Éducation, je ne chanterai pas, mais
quelques phrases du Petit roi :
«Dans mon âme et dedans ma tête
«[...]Tu diras aux copains du coin
Ne dis rien à Marie-Hélène
«J'ai laissé mon jeu
d'aquarelle
Est-ce que c'est assez beau? Pour moi, c'est un
chef-d'oeuvre, ces paroles-là.
Évidemment, Jean-Pierre Ferland chantait
l'amour, l'amour des femmes, 16 ans avec Julie Anne, quand même, mais, bon, on se souvient de ses chansons avec
Ginette Reno, T'es mon amour, t'es ma maîtresse . Ma mère n'avait pas
aimé ça parce que ça finissait par «de la tête aux fesses», mais ça, c'est
d'autre chose. Et, bien, j'ai pris le temps, cette semaine, d'appeler Ginette Reno pour la remercier, parce que, même si
elle a des problèmes de santé, elle a accepté de faire une vidéo, puis, je pense, ça a été un des moments touchants des
funérailles, samedi. Puis évidemment, encore là mon âge, sur le mont Royal, 1975, Ginette Reno qui
chante Un peu plus haut, un peu plus loin , écoutez, moment mémorable, j'étais
là, et puis, je pense, c'était le
meilleur moyen de tomber en amour avec le Québec. Et je suis même un peu triste
de penser qu'il y a des jeunes qui n'ont pas vécu ça, en 1975.
L'autre
grande chanson, bien, c'est Une chance qu'on s'a . Et puis, samedi, Julie
Anne, avec Mélissa Bédard, ont fait
une performance extraordinaire. Puis, encore là, quelques mots, hein, parce
qu'il y a un passage, moi, qui m'a toujours touché :
Sans d'abord me passer sur le corps.»
C'est-tu assez beau comme déclaration d'amour?
Parce que protéger ceux qu'on aime, c'est aussi ça, l'amour.
Donc, je
termine en vous disant : En 60 ans de carrière, Jean-Pierre Ferland a
touché beaucoup de Québécois, puis je suis convaincu que, dans
60 ans, il y a encore des Québécois qui vont chanter du Jean-Pierre
Ferland.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le premier ministre. Et la parole
revient maintenant à M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le
Président. À mon tour de me lever pour offrir nos condoléances solidaires aux proches de Jean-Pierre Ferland, à mon tour de
témoigner de l'attachement collectif du peuple québécois à l'homme et à
son oeuvre.
La contribution de Jean-Pierre Ferland au
patrimoine musical québécois est tout simplement monumentale. Des boîtes à chansons de la fin des années 50
au plateau de La Voix , il y a quelques années à peine, Ferland n'a
jamais cessé d'explorer, d'innover et de se réinventer au rythme d'un
Québec en plein changement.
Avec son oeuvre l'album Jaune , avec son
chef-d'oeuvre l'album Jaune , Ferland est l'architecte d'une musique québécoise nouvelle, moderne, décomplexée. Comme
l'un... comme les plus grands poètes, il trouvait toujours les mots
justes. Comme les plus grands artistes, il s'est rendu indissociable de nos
grands et de nos petits moments.
Qu'on se
souvienne des grandes célébrations de la Saint-Jean dans les années 70 sur
le mont Royal ou des petits moments
de tendresse passés avec ceux qu'on aime, Ferland était toujours là, à sa
place. Il faisait partie, en quelque sorte, de la trame sonore de nos
vies personnelles et de notre vie collective, au Québec.
Aujourd'hui, nous disons adieu à un grand
amoureux. Ça été dit avant moi. Son amour des femmes traverse son répertoire, mais son amour du Québec nous
lègue certaines de nos plus belles chansons. Par-dessus tout, il aimait son
public. Et, chaque jour encore, et pour longtemps encore, son public grandit.
Chaque jour, une nouvelle génération de Québécois et de Québécoises découvre sa
tête et ses chansons.
Merci, Jean-Pierre Ferland. On ne vous oubliera
jamais.
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Et je reconnais maintenant M. le chef du troisième groupe d'opposition.
St-Pierre Plamondon : Merci, M. le Président. C'est toujours difficile, c'est
très dur de perdre un grand de la culture québécoise, mais en même temps il y a
une forme de beauté à entendre différentes générations s'exprimer puis avoir un
témoignage très senti. Donc, je suis un peu plus vieux que le chef du deuxième
groupe mais plus jeune que le premier ministre, et j'ai mon propre témoignage
pour ce monument de la chanson, de notre culture, de notre langue.
Il a suivi les traces des plus grands. Il a su
conquérir le coeur des Québécois et des Québécoises, des Français également, il faut le souligner, avec des
compositions dans la plus pure tradition de la chanson française. Évidemment,
et je n'étais pas né, mais, avec la sortie de l'album Jaune , en
1970, c'est important de le mentionner, plusieurs musicologues considèrent que c'est un des meilleurs albums de
l'histoire de la musique populaire au Québec. Avec cet album, il a su gagner le coeur des
Québécoises et des Québécois. Mais ce qu'il y a de plus intéressant, de mon
point de vue, c'est sa manière de se
renouveler dans la créativité, dans la sonorité, de manière à toucher sept
décennies différentes, sept décennies à toujours être présent dans nos
vies et toujours être aussi apprécié.
Jean-Pierre Ferland a eu un succès qui ne s'est
jamais démenti et un talent qui a rejoint tous les publics. Il y a quelques
chansons que je veux mentionner parce que ce sont mes préférées, donc, Je
reviens chez nous , Une chance qu'on s'a , T'es belle — ma
préférée.
Ce serait très réducteur, également, de ne
parler que de la chanson, parce qu'il y a tout ce qu'il a fait en radio, en télévision. J'étais assez vieux pour l' Autobus
du show-business , Station soleil , plus récemment La Voix .
Donc, vraiment, aussi, un talent qui
est très, très polyvalent, très, très unique dans ses multiples manières de
toucher les Québécoises et les Québécois.
Mais, en terminant, aussi, je veux mentionner
que Jean-Pierre Ferland a toujours été attentif au Québec, à notre culture, à notre langue. Et je n'ai pas pu
vérifier l'information, peut-être qu'on pourra m'aider, j'ai un souvenir très
précis de Jean-Pierre Ferland qui se
bat pour un micro d'une radio commerciale en disant : On ne fait pas assez
de place à la chanson québécoise et à
la culture québécoise, ce qui est en soi très visionnaire si on considère les
débats et les constats en matière de culture québécoise aujourd'hui.
J'ai
également... Je ne peux pas passer sous silence la chanson Pissou .
J'invite tous les élus, peu importent les partis, à écouter cette
chanson-là. C'est une chanson coup-de-poing, mais elle est toujours pertinente.
Et, sur une
note plus positive et optimiste, j'aimerais rappeler sa déclaration du
31 octobre 1995, j'ouvre les guillemets : «On va continuer, on
va recommencer et on va l'avoir un jour ou l'autre.»
Donc, pour tout, toute cette richesse et toute
cette grandeur, merci, Jean-Pierre Ferland. Et, évidemment, mes condoléances à
la famille. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, nous allons maintenant observer une minute
de silence à la mémoire de M. Jean-Pierre Ferland.
• (11 h 38
11 h 39)
Vice-Président (M. Benjamin) :
Je vous remercie. Et la prochaine motion revient au deuxième groupe
d'opposition. Je reconnais Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci, M. le Président. Je demande le consentement
de cette Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec la
députée de Notre-Dame-de-Grâce, le député de Jean-Talon et la députée de
Vaudreuil :
«Que l'Assemblée prenne acte de la mobilisation
de l'Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain, qui
manifeste aujourd'hui devant l'Assemblée nationale;
«Qu'elle rappelle que le quatrième plan de lutte
à la pauvreté doit être déposé d'ici le 30 juin 2024;
«Qu'elle
affirme que la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale est essentielle
et que le Québec doit poursuivre son travail pour lutter contre la
pauvreté;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'améliorer les conditions des
prestataires des programmes d'assistance sociale à travers son plan de
lutte à la pauvreté.» Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Caire : Il y a un consentement,
sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Consentement,
sans débat. Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Adopté.
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Leduc : M. le Président, est-ce qu'on peut envoyer copie
de cette motion à l'Association de défense des droits sociaux, Québec
métropolitain, au Collectif pour un Québec sans pauvreté et au Front commun des
personnes assistées sociales du Québec? Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Ce
sera fait, M. le leader. La prochaine motion revient au troisième groupe
d'opposition, et je reconnais M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : M. le Président, je sollicite le consentement des
membres de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte du rapport du comité fédéral sur la sécurité
nationale et le renseignement, particulièrement des informations à l'effet que
tous les niveaux politiques sont à risque d'ingérence étrangère;
«Qu'elle
demande la mise en place d'une commission parlementaire pour évaluer les risques
d'ingérence dans nos processus politiques et électoraux.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Caire : Il
n'y a pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Il
n'y a pas de consentement. Alors, la prochaine motion revient au gouvernement,
et c'est M. le député de Beauce-Sud qui va vous la présenter.
M. Poulin : Merci
beaucoup, M. le Président. Tout d'abord, j'aimerais saluer la présence, dans
nos tribunes, de l'auteur et comédien Claude Meunier, de son épouse, Virginie
Coossa, de la productrice Monique Lamoureux et de Pierre Séguin, réalisateur de
La petite vie . Oui, on peut applaudir.
M. Poulin : Alors, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de
Robert-Baldwin, le député de Jean-Lesage, le député de Matane-Matapédia et la
députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le 30e anniversaire de l'émission La
petite vie , un phénomène télévisuel sans précédent au Québec;
«Qu'elle reconnaisse
l'apport inestimable de [...] Claude Meunier, et de ses nombreux artisans, à la
culture québécoise et à notre paysage télévisuel;
«Qu'elle
souligne les multiples records de cotes d'écoute, depuis 30 ans, dépassant
même le 4 millions de téléspectateurs;
«Qu'elle note les
nombreuses distinctions remportées par La petite vie , au fil du temps;
«Qu'elle mette en
relief le succès de cette émission grâce à une distribution de comédiens parmi
les plus marquantes de l'histoire du Québec;
«Qu'elle
profite de ce 30e anniversaire pour rappeler son apport inestimable à
notre patrimoine culturel québécois.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Caire : Oui,
M. le Président, bien sûr, il y a consentement pour un débat de deux minutes
par intervenant dans l'ordre suivant, donc :
le député de Beauce-Sud, la députée de Robert-Baldwin, le député de Jean-Lesage
et le député de Matane-Matapédia.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
je comprends qu'il y a un consentement pour un débat de deux minutes et
je cède tout de suite la parole à M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, l'Assemblée nationale souligne un
phénomène télévisuel sans précédent au
Québec et l'oeuvre de ses artisans. Imaginez, nous étions 7 millions de
Québécois, à une certaine époque, et
plus de 4 millions, soir après soir, suivaient en direct le quotidien de
la famille Paré. Plus de la moitié des Québécois se retrouvaient donc devant la télé. Le temps en famille s'arrêtait, le
trafic diminuait, et même la fréquentation aux urgences aussi, M. le
Président. C'était et c'est encore du jamais-vu.
Grâce à la vision de
Claude Meunier, en 1993, et de ses nombreux artisans, La petite vie est
rapidement entrée dans les maisons et le
coeur des Québécois. Aujourd'hui, avec le recul, nous constatons également la
puissante distribution de comédiens
de haut niveau qui, encore à ce jour, marque notre paysage télévisuel. Il faut
dire qu'avec le temps la famille Paré est devenue un peu de notre famille. On
pouvait s'identifier à eux. Ils évoluaient comme nous, au rythme de notre
société, de ses complexités, de la relation
entre les hommes et les femmes, de l'acceptation de la différence, de l'amour,
des amitiés et de la compétition.
Ils étaient aussi le
reflet d'une classe moyenne où l'humour nous permettait de traverser bien des
déceptions et des défis. Comme une
grand-messe, chacun des personnages nous parlait. Oui, il y avait les vidanges
de Popa, la dinde à Moman, le pâté
chinois, Pinson et la caisse populaire, Lison, appelée Creton, mais La
petite vie , c'est bien plus que ça, c'est un peu de notre identité.
De la Beauce à Montréal, tout le monde pouvait s'y retrouver. Et aussi ça
rassurait bien des parents, qu'une famille, parfois, c'est tout sauf parfait.
Au début de l'année 2024, de
nouveaux épisodes ont été disponibles à Radio-Canada. Plus modernes dans les
thèmes, le ton demeure, et les acteurs, aussi drôles. On peut donc dire que la
vie de La petite vie est loin d'être petite. Elle est grande et,
surtout, traverse le temps.
30e anniversaire à tous les artisans. Au nom des Québécois et de mes
collègues, merci pour les rires, les réflexions
et la passion. Et on se souhaite des reprises et encore des reprises, car le
miroir d'une société passera encore et toujours par sa culture. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Beauce-Sud. Et je reconnais maintenant Mme la députée de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Merci beaucoup, M. le Président.
Aujourd'hui, à mon tour, j'ai le grand plaisir de souligner le 30e anniversaire d'une émission culte du
Québec, La petite vie . Créée par Claude Meunier et diffusée pour la
première fois en octobre 1993, les
péripéties de la famille Paré sont rapidement devenues une
partie importante du
paysage québécois. Que ce soit Thérèse et son steak, blé d'Inde,
patates, Ti-Mé et ses vidanges ou bien le lit vertical de Popa et Moman, La petite vie a transcendé les générations, rassemblant parents et enfants devant le
petit écran par des scènes et dialogues d'une grande tendresse et d'une
ironie inégalée.
n'est donc pas étonnant que le succès fut aussi retentissant :
23 Gémeaux, trois Félix, un Olivier, la première série canadienne à
franchir la barre des 4 millions de téléspectateurs, en 1995, et un record
la même année avec une cote d'écoute de
4 098 000 téléspectateurs. Considérant que la population du
Québec, à l'époque, était d'un peu plus de 7 millions, on voit
vraiment l'ampleur qu'a eue la série sur nos vies et notre société.
célébrant ce 30e anniversaire, nous rendons donc hommage à une oeuvre qui,
par son humour et sa créativité, a su unir et divertir les Québécois. La
petite vie demeure une pièce maîtresse de notre héritage culturel, rappelant
à tous l'importance de la famille, de la simplicité et du rire.
En terminant, je veux
prendre le temps de remercier Claude Meunier, Monique Lamoureux, Pierre Séguin,
les comédiens et tous les membres de
l'équipe technique pour leur contribution indéniable à une série parmi les plus
marquantes de l'histoire du Québec. Joyeux anniversaire à cette icône de la
télévision québécoise et longue vie à La petite vie !
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Robert-Baldwin. Et je
reconnais maintenant M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, M. le Président.
Si on parle encore de La petite vie aujourd'hui, 30 ans après la
première diffusion, c'est qu'au fond c'est plus qu'une simple émission de
télévision. Il y a au moins, au moins trois raisons qui expliquent son
succès populaire immense.
D'abord, La petite
vie a touché les Québécoises et les Québécois par son humilité. La
prétention, au Québec, ça ne pogne pas bien,
bien. On a de la misère avec ça et on a de la misère à se reconnaître
là-dedans. Cette modestie-là, qu'on retrouve jusque dans le
titre de la
série, on aime ça. Ça semble toujours plus vrai, plus authentique et plus sage.
autre raison du succès de l'émission, c'est l'autodérision. C'est un dérivé de
la modestie et c'est une des manières qu'on aime pour parler de nos
qualités et de nos travers avec amour et légèreté.
Mais La petite vie ,
c'est aussi une émission visionnaire. Visionnaire parce qu'il y a 30 ans
on ne comprenait pas trop pourquoi Popa
était aussi préoccupé par ses vidanges. Mais aujourd'hui, hein, alors que,
collectivement, on est plus sensibles à la gestion des matières résiduelles, on
comprend qu'il y a là-dedans beaucoup de richesse à valoriser. Popa,
c'était, au fond, un écologiste visionnaire.
tiens donc à remercier Claude Meunier et toute son équipe de création d'avoir
su persévérer pour qu'une idée en apparence farfelue au début naisse... que de
cette idée naisse l'une des émissions les plus populaires de l'histoire
télévisuelle québécoise. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Jean-Lesage. La parole revient maintenant à M. le député
de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci, M. le Président.
Célébrer le génie comique de Claude Meunier. Cette oeuvre, à elle seule,
pourrait être décorée d'un doctorat en sociologie québécoise. C'est magistral.
Dire que La petite vie est un phénomène télévisuel au Québec est un euphémisme. En fait de cotes
d'écoute, La petite vie n'avait qu'un seul vrai compétiteur à la télé
québécoise, et c'était La soirée
du hockey , juste après. C'est dire à quel point Claude Meunier a régné sur
le petit écran avec ses amis pendant
des années. Mais le véritable exploit est d'avoir su porter à un tel niveau
l'humour absurde des Lundis des Ha! Ha! , de Ding et Dong et des Voisins pour en faire un reflet de la
société québécoise où toutes les familles pouvaient se reconnaître.
Claude
Meunier avait l'audace de traiter de tous les sujets, dans La petite
vie , et, en ce sens-là, la famille Paré a même, on peut le dire,
préparé la voie au progrès social sur des questions aussi sensibles que la
santé mentale et l'homosexualité. Et comment
oublier, pour nous, les élus, le débat des chefs entre Caro et Rénald, entre
deux projets de société aussi distincts que l'avenir, c'est demain, puis
demain, c'est l'avenir. Je m'en souviens encore et je pense que mes collègues
aussi.
Pour
ça aussi, on peut saluer l'oeuvre de Claude Meunier. Son humour n'a jamais été
gratuit et facile. C'est un auteur de grand
talent, je le répète, l'entièreté de son oeuvre est magistrale. Il a toujours
porté un regard critique mais tellement empreint d'affection sur notre société que les Québécois ne pouvaient
s'empêcher de rire et de réfléchir à la fois pendant La petite
vie .
Claude
Meunier, c'est aussi, selon moi, quelqu'un qui est très fidèle en amitié. Ses
amis l'ont toujours accompagné dans toutes les aventures. Il a toujours su les
magnifier, mais surtout nous permettre d'en apprendre davantage sur
leurs talents.
Et vous me
permettrez, M. le Président, par votre entremise, de demander à M. Meunier
de transmettre toute notre amitié, notre
affection et notre amour à Serge Thériault, son fidèle acolyte, lui dire
que nous l'aimons et qu'il a contribué beaucoup
au succès de La petite vie . Alors, je transmets, au nom de mes
collègues, cette vague d'amour pour Serge Thériault et pour toute l'équipe de La petite vie ,
qu'ils soient devant l'écran ou derrière l'écran. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Merci,
M. le Président. Je fais motion, M. le Président :
«Que, conformément à
l'article 178 du règlement de l'Assemblée nationale, soit constituée une
commission spéciale sur les enjeux reliés aux impacts des écrans et des réseaux
sociaux sur la santé et le développement des jeunes, notamment sur :
«Le temps d'écran
chez les jeunes;
«Les
mesures d'encadrement des écrans, notamment à l'école et sur le Web, y compris l'accès
aux outils numériques d'apprentissage;
«L'accès aux réseaux
sociaux, y compris via les jeux vidéo;
cyberintimidation, y compris le partage de matériel sexuellement explicite;
«L'accès des mineurs
à la pornographie sur le Web;
«Les mécanismes
visant à créer une dépendance utilisés par certaines applications;
«La publicité
destinée aux enfants sur les plateformes et les applications;
«Que la dénomination
de cette commission soit "Commission spéciale sur les impacts des écrans
et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes";
«Que la commission
soit composée de douze membres ainsi répartis :
«Sept députés du
groupe parlementaire formant le gouvernement, incluant la présidence de la
commission;
«Trois députés de
l'opposition officielle, incluant la vice-présidence de la commission;
«Un député du
deuxième groupe d'opposition;
«Un député
indépendant siégeant sous la bannière du Parti québécois;
«Que chaque groupe
parlementaire transmette à la directrice des commissions parlementaires la
liste de ses membres de la commission, y
compris le nom de la présidence et de la vice-présidence, dans les sept jours
suivant l'adoption de la présente motion;
«Que la commission
permette à tout député indépendant ne siégeant pas sous la bannière du Parti
québécois de participer à ses travaux selon les modalités prévues à
l'article 132 du règlement de l'Assemblée nationale;
«Que le comité directeur
de la commission soit constitué de la présidence, de la vice-présidence, du
membre du deuxième groupe d'opposition, du
membre indépendant siégeant sous la bannière du Parti québécois et du
secrétaire;
«Que la commission
puisse tenir des séances de travail à compter de l'adoption de la présente
motion;
«Que
la commission puisse tenir des consultations en ligne conformément à
l'article 173.1 du règlement de l'Assemblée nationale;
«Que la commission
puisse procéder à des consultations particulières et auditions publiques;
«Que la commission
puisse, de plus, procéder à des auditions en séance de travail ou à huis clos à
la demande d'un témoin;
«Que la commission
puisse recourir à l'utilisation de la [vidéoconférence] dans le cadre [de ces]
auditions;
«Que la commission
puisse tenir des auditions et des séances de travail virtuelles pourvu que les
décisions se prennent à l'unanimité;
«Que la commission
puisse se déplacer et se réunir à l'extérieur des édifices de l'Assemblée
nationale;
«Que le comité
directeur détermine les personnes et les organismes qu'elle souhaite entendre;
«Que le comité
directeur puisse déterminer la durée totale de chaque audition ainsi que la
durée de l'exposé et des échanges avec les membres de la commission;
«Que l'organisation des travaux soit
confiée au comité directeur, notamment l'aménagement de l'horaire selon les
éventuelles demandes de changement des personnes et des organismes;
«Que
la commission soit convoquée par son président conformément à
l'article 148 du règlement de l'Assemblée nationale, même s'il
s'agit d'un mandat confié par l'Assemblée;
«Que
la commission ne soit pas limitée aux trois jours francs, après la fin des
consultations particulières, pour déterminer en séance de travail les
observations, conclusions et recommandations, le cas échéant, qu'elle entend
formuler dans son rapport;
«Que la commission
dépose son rapport au plus tard le 30 mai 2025;
«Que
les règles de procédure relatives aux commissions permanentes s'appliquent à la
commission dans la mesure où elles sont compatibles avec les
dispositions de la présente motion;
«Que la Direction des
commissions parlementaires assure le soutien nécessaire au bon fonctionnement
de cette commission;
«Que
la commission dispose des ressources nécessaires à la réalisation de son
mandat, notamment en matière de soutien à la recherche et de publicité.»
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
puisqu'il s'agit d'une motion supplémentaire, que M. le leader adjoint du
gouvernement vient de présenter, j'aurais préalablement besoin d'avoir le
consentement pour cette...
Des voix :
Consentement.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Consentement. Et j'ai besoin aussi du
consentement pour qu'il y ait débat sur la motion. Est-ce que j'ai le
consentement?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Consentement, sans débat. Merci.
Alors, pour ma part,
je vous avise... Ah oui! La motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de la santé et des services
sociaux se réunira en séance de travail aujourd'hui, à la salle Louis-Joseph-Papineau, après les affaires courantes, vers 11 h 15 jusqu'à 13 heures,
afin de poursuivre l'étude des observations, conclusions ou recommandations de
la commission à la suite des consultations particulières et auditions
publiques ainsi que des rencontres tenues dans le cadre du mandat d'initiative visant à étudier les moyens
facilitant le don d'organes et de tissus, notamment l'instauration de la
présomption du consentement, et, de 13 heures à 13 h 30,
afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant sur la création d'une
commission parlementaire itinérante sur l'urgence d'agir en Outaouais afin de
maintenir un niveau sécuritaire dans l'offre de services et de soins de santé à
la population.
M. le leader adjoint
du gouvernement, vous avez des avis à me faire part?
M. Caire :
Oui, M. le Président. Donc,
j'avise cette Assemblée que la Commission des finances publiques poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 62, Loi visant principalement à diversifier les stratégies d'acquisition des
organismes publics et à leur offrir davantage d'agilité dans la réalisation de
leurs projets d'infrastructure,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de
14 heures à 18 heures et de 19 heures à 21 heures, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le leader adjoint du gouvernement.
Je vous informe
qu'aujourd'hui, au bureau de Son Honneur la lieutenante-gouverneure, aura
lieula sanction du projet de loi suivant, le
projet de loi n° 57, Loi
édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans
entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal, à 14 h 15.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Oui, M. le Président.
Pourriez-vous appeler l'article 5 du feuilleton, s'il vous plaît?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 5 du feuilleton, M. le ministre de la Sécurité publique propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 66, Loi visant à renforcer le
suivi des personnes faisant l'objet d'un verdict de non-responsabilité
criminelle pour cause de troubles mentaux ou d'inaptitude à subir leur procès.
Je reconnais comme premier intervenant M. le
ministre de la Sécurité publique.
M. Bonnardel : Merci, M. le
Président. Je suis très heureux d'avoir déposé ce projet de loi, voilà quelques
jours déjà, vous l'avez nommé, mais je le
répète, ce projet de loi n° 66 qui s'intitule ainsi : la Loi visant à renforcer le suivi des personnes faisant l'objet d'un verdict de
non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux ou d'inaptitude
à subir leur procès.
Il faut
comprendre que le fruit de ce travail, le fruit de ce travail a débuté voilà
quelques mois déjà. Malheureusement, deux
tragédies nous ont... ont frappé le Québec, nous ont frappés. Il y a eu un
malheureux décès, la sergente Maureen Breau, qui est décédée... qui est
décédée en mai 2023, mais, juste avant son décès, il y a eu aussi trois
personnes, trois citoyens qui ont été tués
de façon aléatoire par quelqu'un qui avait des problèmes de santé. On a eu donc,
en août 2022, cette tragédie où trois
personnes ont perdu la vie de façon aléatoire, la sergente Maureen Breau, qui a
perdu la vie, elle, en mai 2023. Et, suite
à cette première tragédie, la coroner Kamel a débuté, donc, son enquête et a
dévoilé... a dévoilé son rapport en février 2024. Mais déjà j'avais avisé, puis,
je me souviens, j'avais eu une question en Chambre, j'avais avisé déjà les
oppositions qu'à peine trois semaines... je vais dire trois semaines
après le décès de Maureen Breau, qu'on devait se mettre au travail et ne pas attendre les conclusions d'un autre rapport
du coroner parce que, pour moi, il était important qu'on prenne le taureau par
les cornes rapidement et qu'on trouve des pistes de solution, que je vais vous
énumérer dans quelques... dans quelques minutes.
Ça voulait dire quoi, rapidement? J'ai dit à mon
sous-ministre qu'on devait mettre en place un comité interministériel, et aussi
tous nos partenaires, pour être capables de définir ce qui allait être... ce
qui allait être le fruit... donc, cette loi
qui a été déposée voilà quelques jours déjà. Donc, autant du côté des Services
sociaux, autant du côté du ministère de la Justice, du DPCP, de la
Commission d'examen des troubles mentaux, nécessairement, le ministère de la
Sécurité publique, Commission des services juridiques, et autres, on a fait un
constat, on a fait un constat, puis, juste en parallèle, déjà, la coroner Kamel
disait, dans son rapport suite au décès de ces trois personnes que j'ai
mentionnées plus tôt, qu'il fallait mettre
une structure en place pour être capables d'avoir... une structure d'agents de
liaison, mais agents de liaison dans
la structure du ministère de la Sécurité publique et de la
Loi sur les services
correctionnels, ça n'existe pas.
Donc, on a identifié... on a identifié quelques
points qui, pour nous, étaient importants pour améliorer le travail des policiers. Le nerf de la guerre, je l'ai
souvent dit, c'est l'information qu'on est capables d'avoir en amont, avant de
répondre à un appel 9-1-1 ou autre, et
de connaître la personne, en tout cas, le plus possible, le comportement de la
personne de l'autre côté de la porte.
Un des premiers points intéressants, c'est la modification de la
loi sur les
renseignements sur la santé et les services sociaux.
Ça veut dire
quoi, concrètement? C'est qu'avant, le policier qui souhaitait obtenir de
l'information, parce que, bon, il y a
un appel 9-1-1 au 14, rue Limoges, il y a un dénommé Bonnardel de l'autre
côté de la porte, le policier ne pouvait pas avoir cette information, il ne
pouvait