House Proceedings — 4 June 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-06-04
Quebec — Debates (Hansard)
M. le Président, la Journée de la Gaspésie et
des Îles-de-la-Madeleine est l'occasion de partager avec tous les Québécois et Québécoises ma fierté d'appartenir à,
comme le disait Félix Leclerc, ce pays intérieur de chacun de nous.
Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci. Merci, M. le député de Bonaventure, pour votre déclaration. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Mme la députée, à
vous.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, je désire souligner le
80e anniversaire de l'Auberge Baker, située à Château-Richer, sur
la Côte-de-Beaupré.
C'est en 1935
qu'Alvin A. Baker a ouvert The Baker's Inn dans la maison bâtie en 1840
pour Ferdinand Lefrançois et Mary Ann
Brady. Après le décès de M. Baker, au début des années 1960, la relève fut
assurée par sa seconde épouse,
Mme Lucienne Hamel, jusqu'en 1972. M. Gaston Cloutier s'en est porté
acquéreur en 1975, se faisant un devoir
de préserver son authenticité et d'en faire une véritable référence sur la
Côte-de-Beaupré, ce qu'il a parfaitement réussi.
L'Auberge
Baker est la représentation des maisons québécoises d'autrefois et sert à sa
large clientèle des mets typiques de
chez nous en plus de contribuer à la promotion de la Côte-de-Beaupré au Québec,
au Canada et à l'international. Je
salue les investissements et le travail de M. Cloutier, qui a su
sauvegarder une
partie importante de notre patrimoine et transmettre son amour de la région de la
Côte-de-Beaupré, que je partage avec lui. Je souhaite au moins 80 autres
belles années à l'Auberge Baker. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : On
vous remercie de votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député
de Granby pour votre déclaration.
Bonnardel :
Merci, M. le Président. De plus en plus chaque année, le mois de mai rime avec
saines habitudes de vie dans les
écoles primaires de Granby, et cette année je suis très fier de constater
qu'elles ont toutes entrepris de relever le Défi des cubes énergie du Grand Défi Pierre-Lavoie entre le
27 avril et le 25 mai dernier. Ce défi s'emploie à mobiliser le milieu scolaire afin d'amener les jeunes, leurs
parents et leurs enseignants à choisir un mode de vie plus sain sur une
base régulière afin que ces habitudes deviennent la norme pour les générations
de demain.
Je tiens donc
à féliciter chacune des écoles pour les efforts faits ce printemps dans le
cadre de cette activité. Bravo aux
étudiants, aux parents et aux enseignants des écoles Ave-Maria, L'Assomption,
l'Étincelle, Saint-Luc et Saint-Marc, des
Bâtisseurs, Eurêka, Joseph-Poitevin, Parkview — que je vais parrainer pour le Défi
Pierre-Lavoie la semaine prochaine — le Phénix, Saint-Eugène et
Sainte-Marie, Saint-André, Saint-Bernard, Saint-Jean, Saint-Joseph et
Sainte-Famille!
Et, à l'instar
de Granby, le Défi des cubes énergie connaît un tel succès, M. le Président,
qu'en 2014 c'est 103 millions de
cubes qui ont été accumulés par des étudiants d'école primaire partout au
Québec, donc une belle réussite collective. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, M. le député de Granby. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Hull pour sa déclaration. À vous.
Gaudreault :
Merci, M. le Président. Alors, c'est avec fierté que je souligne aujourd'hui le
succès entrepreneurial hors du commun d'une petite entreprise du comté
de Hull, la pâtisserie fine Fidélice.
C'est il y a
25 ans que Ramsey You et sa conjointe, Anne Chabot, fondaient Fidélice.
C'est après avoir vécu de nombreuses
années au Cambodge sous un régime communiste que la famille de M. You
émigre au Québec alors que ce dernier
n'a que 16 ans. Dès son arrivée, Ramsey You fait preuve d'une grande
résilience. Déterminé et ne reculant devant rien, ce dernier obtient son diplôme de cinquième secondaire tout en
prenant des cours à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.
Aujourd'hui,
le succès de M. You inspire les jeunes entrepreneurs de l'Outaouais, dont
plusieurs sont issus des communautés culturelles. Fidélice compte
aujourd'hui trois installations et emploie plus de 60 employés.
Fidélice,
c'est le bonheur de savourer chaque instant. C'est aussi une histoire de
valeurs et de traditions. Joyeux 25e à vous deux, Ramsey et Anne, aux
fidèles clients de Fidélice et à toute l'équipe! Merci.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci pour votre déclaration. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Vachon pour sa déclaration. À vous.
Ouellet : Merci, M.
le Président. J'aimerais souligner aujourd'hui tout le travail réalisé par le Club de soccer de Saint-Hubert auprès de nos jeunes athlètes. Le
Club de soccer de Saint-Hubert oeuvre depuis 35 ans à promouvoir le
soccer en mettant les structures nécessaires
pour le développement de ce sport, et surtout pour développer nos jeunes
sportifs. L'organisme regroupe plus de 230 équipes et compte quatre
volets : le récréatif, l'intercités, l'intervilles et le sénior.
Comme nous le
savons, l'activité sportive procure d'énormes bienfaits sur la santé physique
et mentale pour nos jeunes. Grâce à
une cinquantaine de bénévoles qui travaillent à assurer le bon fonctionnement
de l'organisme, ce sont plus de 3 000 enfants qui peuvent
bénéficier du magnifique travail que fait le Club de soccer de Saint-Hubert.
Merci aux
entraîneurs des différentes équipes pour leur travail, et toutes mes
félicitations à Mme Lisa Veretta, présidente du conseil
d'administration, et toute son équipe pour leur implication pour les enfants de
Saint-Hubert. Joyeux 35e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Soulanges pour sa déclaration. Mme la
députée, à vous.
Charlebois : Merci, M. le Président. Les performances des
équipes de cheerleaders de l'école secondaire Soulanges méritent d'être soulignées. Cette année, l'équipe junior de
niveau 3 est montée sur les marches du podium à chacune de ses compétitions. L'équipe s'est
également classée vice-championne canadienne aux championnats canadiens
de Niagara Falls.
son côté, l'équipe senior de niveau 4 a connu une fiche parfaite en
s'étant maintenue à la première position lors de chacune des
compétitions. L'équipe senior a conclu l'année en remportant le
titre de
championne nationale à Niagara Falls, doublé
du
titre de Grand champion scolaire de sa catégorie. L'entraîneuse des équipes,
Mme Monique Rochefort, mérite une
mention toute particulière pour son implication au cours des huit dernières
années.
Encore une fois,
félicitations aux deux équipes et à Mme Rochefort, et merci à vous tous et à
vous toutes de contribuer à faire en sorte que Soulanges se démarque!
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Masson. Alors, à vous pour votre déclaration
d'aujourd'hui.
Lemay : M. le Président, je tiens à présenter la toute première
édition de l'évocation historique du premier banquet de la Saint-Jean-Baptiste de 1834, une initiative unique au
Québec, organisée en collaboration avec la SODAM, qui se tiendra le
20 juin, de 11 heures à 14 heures, sur le magnifique site du
Jardin Moore à Mascouche.
En marge des
festivités entourant la fête nationale du Québec, nous offrons aux Québécois
l'opportunité de raviver notre mémoire collective et de revivre un moment
charnière de notre histoire.
tiens à saluer le travail exceptionnel de toute l'équipe de la SODAM, du comité
organisateur et des nombreux comédiens
qui incarneront les Duvernay, Viger, LaFontaine, Cartier et Papineau,
précurseurs de ce qu'est devenue aujourd'hui notre fête nationale.
J'invite
les citoyens de la circonscription de Masson à se joindre à nous en grand
nombre pour célébrer, mais surtout pour se rappeler. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : La présidence salue le rappel que vous nous
faites ce matin par le port de... la dimension historique. Alors,
félicitations!
cède maintenant la parole à M. le député de Marguerite-Bourgeoys pour sa
déclaration d'aujourd'hui. M. le député, à vous.
M. Poëti :
Merci, M. le Président. «Buongiorno a tutti». Le 26 avril dernier, j'ai eu
le plaisir d'assister au spectacle de Superfantastico, une belle occasion de
célébrer l'intégration de l'art musical italien.
Cet événement haut en
couleur et en talent nous fait découvrir la richesse de la culture italienne
dans notre belle métropole, et ce, depuis
maintenant 20 ans. Nous avons la chance chaque année de vivre au rythme de
la magnifique musique italienne
interprétée avec brio par nos Italo-Montréalais. Cette année, Oriana Lugo Berardo et Jessica Abbruzzese
sont sorties gagnantes de cette compétition, une victoire bien méritée.
En terminant, M. le
Président, j'aimerais féliciter tous les participants et participantes, tout
aussi talentueux les uns que les autres, et,
bien entendu, les organisateurs de cette belle activité. (S'exprime en italien). Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci pour la musicalité. Merci beaucoup. Je cède la parole maintenant à Mme la députée de Pointe-aux-Trembles
pour sa déclaration d'aujourd'hui. Mme la députée, à vous.
Mme Léger :
Merci. La Fondation Laure-Gaudreault célèbre son 25e anniversaire. Au cours de
ces années, l'organisme a poursuivi l'oeuvre
de cette grande syndicaliste qui a porté la cause des enseignantes et des
enseignants en luttant pour la
défense de leurs conditions de travail ainsi qu'en faisant valoir leurs
revendications professionnelles et, plus tard, leur droit à une
retraite décente.
fondation soutient par ses dons les personnes retraitées et notamment
les jeunes dans le besoin. Elle compte près
de 11 000 membres à travers tout
le Québec, dont certains sont avec nous aujourd'hui dans les tribunes, et je
les salue.
parcours de Laure Gaudreault est plus que remarquable. Institutrice, elle
fonde, en 1936, la Fédération catholique des institutrices rurales. 10 ans plus tard, elle met sur pied la
Corporation générale des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec, laquelle est devenue la
Centrale des syndicats du Québec, CSQ. Elle a aussi fondé, en 1961,
l'Association des retraitées et retraités de l'éducation et des autres services
publics du Québec, l'AREQ CSQ.
bouillante syndicaliste a mené de nombreuses luttes. Elle déclara un
jour : Lorsque les négociations étaient plus ardues et que
Duplessis frappait du poing sur la table, moi...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci beaucoup. Mais j'ai accepté un peu de
dépassement parce que ma mère a resté au Manoir Laure-Gaudreault. Alors,
c'est une raison très convaincante.
Non,
aujourd'hui, c'est un matin un peu spécial, alors je cède... Maintenant, il
faudrait solliciter un consentement. C'est une journée exceptionnelle
pour toutes sortes de raisons. Alors, il y aurait une onzième déclaration, mais
il faut demander le consentement. Est-ce que
vous êtes d'accord pour qu'on puisse la produire? Alors, il y a consentement.
Merci. Alors, nous allons entendre la déclaration de M. le député de
Rosemont. À vous.
Lisée : Merci beaucoup, M. le Président. Merci pour le
consentement. Il me fait plaisir de souligner la Semaine québécoise des
personnes handicapées, qui a pour thème cette année Ensemble, bâtissons une
société plus inclusive!
1er au 7 juin, chacun d'entre nous est invité à poser un geste, un geste
simple, un geste humain, pour accroître la participation de nos
concitoyens handicapés dans le tissu social autour de nous, dans notre vie de
tous les jours. Je félicite, pour leur
engagement, le porte-parole de la semaine, M. Martin Deschamps, ainsi que la
marraine d'honneur, Mme Geneviève Morin-Dupont.
Je profite de cette tribune pour remercier l'Office des personnes handicapées
du Québec ainsi que tous les
organismes communautaires, les bénévoles, les associations qui oeuvrent au sein
de notre réseau de santé et de
services sociaux. Leur dévouement, leurs actions sont essentielles à
l'épanouissement et l'autonomie de ces personnes, elles rendent notre
société plus inclusive.
Finalement
et surtout, je voudrais exprimer ma solidarité envers les personnes handicapées
au Québec, qui font face aux nombreux
défis de l'intégration. Elles font preuve d'un grand courage, M. le Président,
et c'est ce courage que je souligne aujourd'hui avec vous. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député de Rosemont. Exceptionnellement,
un dépôt de document à la déclaration
de députés. C'est rare. Est-ce que vous acceptez le dépôt? Bien oui, parce
qu'on reste dans la même journée spéciale. Alors, oui, M. le député.
Lisée : M. le Président, avec la permission des collègues, je
veux déposer ce document du groupe Ex aequo de handicapés de Montréal, qui donne la recette très simple de comment
aider l'intégration des personnes handicapées. Je suis sûr que mes
collègues le liront avec intérêt.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, document de chevet pour ce soir. Merci beaucoup.
Alors,
cette dernière déclaration met fin aux déclarations des députés. Les travaux
sont suspendus pendant quelques moments.
(Suspension de la séance à 10
heures)
Le Président :
Chers collègues, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles ni
présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
M. le Président, je dépose la réponse du gouvernement à la question inscrite au
feuilleton le 12 mai 2015 par le député de Drummond—Bois-Francs
et adressée au ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Le Président :
Ce document est déposé.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, Mme la présidente de la
Commission de la culture et de l'éducation et députée de Jeanne-Mance—Viger.
Rotiroti : Merci. M. le Président, je dépose le rapport de la Commission de la culture et de l'éducation
qui, le 3 juin dernier, a tenu des
auditions publiques dans le cadre de la consultation particulière sur le projet de loi n° 47, Loi
modernisant la gouvernance de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Le Président :
Ce document est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale, signée par 1 526 pétitionnaires.
Et je souligne la présence d'un groupe de paramédics dans nos tribunes.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
processus de refonte des uniformes des paramédics du Québec est en cours;
«Considérant
que le terme "paramédic" est utilisé pour identifier les intervenants
en soins préhospitaliers d'urgence dans
les institutions d'enseignement du réseau public québécois, dans les médias,
sur les véhicules ambulanciers et dans les protocoles de soins appliqués
par les paramédics;
«Considérant
que la reconnaissance du professionnel paramédic passe par une bonne
identification des intervenants du milieu;
«Considérant que
cette question fait largement consensus chez l'ensemble des paramédics du
Québec, toute allégeance syndicale confondue;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, nous joignons à la Fraternité des travailleurs et travailleuses du
préhospitalier du Québec pour demander
au gouvernement du Québec de remplacer le terme "ambulance" par le
terme "paramédic" sur l'uniforme des paramédics du Québec.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux
pétitions ni d'interventions portant
sur une question de droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Péladeau : Merci, M. le Président. Hier, j'ai interpellé le premier
ministre sur la menace que le gouvernement laisse planer sur les écoles de villages du Québec. Le premier ministre
a nié cette information et s'est même dit fier des mesures mises en
place par son gouvernement pour les garder ouvertes. Visiblement, il n'était
pas au courant de la décision du ministre de
l'Éducation de couper dans les écoles de village à la grandeur du Québec. Eh
bien, je vais l'informer.
mesure problématique est dans la
section Fonctionnement des règles budgétaires,
le paragraphe est intitulé Immeuble
partiellement occupé . On parle de
800 écoles potentiellement touchées, selon la Fédération des commissions
scolaires. Si le premier ministre ignorait la situation, il en est probablement
de même avec les députés de Rouyn, de Laviolette,
de Côte-du-Sud et de Mégantic. Est-ce qu'ils endossent cette décision? À eux de
nous le dire, M. le Président.
petites écoles dans les régions du Québec, c'est le coeur de la collectivité.
Un village sans école, c'est un village qui n'attire plus les familles.
Est-ce
que le gouvernement va faire marche arrière et rectifier cette directive des
nouvelles règles budgétaires?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, le collègue aurait même pu m'ajouter, comme député de
Roberval, à la liste, parce qu'on a
21 municipalités et une communauté autochtone dans la circonscription,
beaucoup de petits villages avec des écoles excessivement importantes pour ces communautés-là. Alors, la règle dont
il parle ne vise pas ces situations-là, et, s'il y a nécessité de la
clarifier, ce sera clarifié. Elle vise d'autres situations dans d'autres
endroits beaucoup plus peuplés au Québec, où
il y a effectivement des immeubles partiellement utilisés qu'on pourrait mieux
utiliser et certainement dans lesquels il faudrait mieux diriger les
fonds publics.
Maintenant,
il est hors de question de faire en sorte, directement ou indirectement, de
mettre la moindre menace que ce soit
envers nos petites écoles de petites communautés. J'y tiens personnellement
beaucoup, comme l'ensemble des membres de cette Assemblée. S'il y a lieu
de clarifier les choses, le ministre de l'Éducation le fera.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, nous apprenons que les
notes des étudiants en difficulté de la commission scolaire de Laval seraient gonflées en généralisant l'usage
de bulletins aux exigences abaissées à toujours plus d'élèves en difficulté. Résultat : comme par magie, le taux de
réussite augmente, et ça justifie de couper 12 classes
spécialisées, comme le gouvernement l'ordonne.
Est-ce
que le premier ministre approuve l'utilisation de ce stratagème de nivellement
par le bas pour exécuter les coupes aveugles de son ministre de
l'Éducation?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je vais quand même, très
brièvement, encore une fois, retrouver ici et signaler ici la contradiction énorme dans les propos de
l'opposition officielle, qui eux-mêmes ont été l'auteur de coupes massives
dans le réseau de l'éducation, dans le réseau
de la santé, les fermetures d'hôpitaux et de lits de soins prolongés. La liste
est très longue. Alors, je comprends qu'on veut aujourd'hui inverser les
rôles, c'est correct, c'est le rôle de l'opposition officielle, mais il faut
également répondre à la question, et je pense qu'on y fait écho ce matin.
Moi, je ne sais
toujours pas c'est quoi, la position du chef de l'opposition officielle sur
l'équilibre budgétaire. Ce n'est pas clair
du tout. Est-ce qu'il pense qu'il devait être atteint cette année, en
2015-2016, comme son parti s'y était engagé?
Est-ce qu'il pense que, pour atteindre cet objectif, il faut prendre des
décisions parfois difficiles? Est-ce qu'il pense comme moi également que
ces décisions doivent toujours faire l'objet d'un suivi approprié? J'espère que
c'est le cas.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Maintenant, dans ce dont il parle, c'est la responsabilité de la
commission scolaire, c'est à eux de prendre leur décision.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. En Mauricie, le gouvernement met
fin au programme Répit-transit, qui aidait
les élèves avec des troubles de comportement. Six professionnels de l'éducation
passent à la trappe. Un expert en adaptation scolaire compare cette
situation à trois années d'interruption dans les campagnes de vaccination.
Est-ce que
le député de Shawinigan est d'accord avec cette décision? Est-ce que
le premier ministre lui demandera d'endosser sa décision de
couper dans un programme qui favorise la persistance scolaire?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, ça devient plus que gênant, là. Est-ce que
les députés du Parti québécois
étaient d'accord pour réduire de
6 % l'enveloppe du ministère de l'Éducation? Est-ce que les députés du
Parti québécois étaient d'accord pour fermer les institutions
d'enseignement et les institutions de services de santé du Québec?
Alors,
oui, c'est le même problème, c'est le même enjeu, c'est le même enjeu, M. le
Président, on veut faire en sorte de
rétablir l'équilibre budgétaire, parce qu'à long terme, je l'ai dit hier et je
vais le répéter, c'est, un, l'abandon de l'enjeu principal préconisé par
le Parti québécois, qu'ils vont sauver le régime d'éducation, et, deuxièmement,
c'est l'équilibre budgétaire, des finances
publiques saines pour l'avenir de nos enfants qui vont réussir à assurer le
financement du réseau de l'éducation. On continue dans cette direction.
Nous, on ne lâche pas, M. le Président.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Alors, M. Michel Perron, sommité québécoise sur la
question de la persévérance scolaire, indique au premier ministre qu'il craint que les jeunes qui abandonnent l'école
soient plus nombreux en raison des compressions imposées par le gouvernement. Une année de perdue, pour ces jeunes, M.
le premier ministre, est une année perdue à jamais, et les dommages
seront irréparables.
Est-ce que le premier
ministre pourrait écouter M. Perron qui lui demande de se ressaisir
pendant qu'il en est encore temps?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, le fait de crier en posant la question ne la rend pas
plus pertinente. Je pense que c'est la première chose que je dois dire.
Deuxièmement,
bien, moi, j'ai parlé à M. Perron, j'ai parlé à M. Perron ce matin
même, puis on a eu une très bonne conversation. On est tout à fait
d'accord — et,
comme je suis le ministre régional, c'est encore plus important pour moi — que ce réseau-là... cette initiative,
pardon, le CREPAS, est exemplaire et qu'elle doit se poursuivre. Les sommes
sont déjà identifiées. M. Perron va
venir au ministère de l'Éducation nous rencontrer. On va s'assurer de continuer
cette belle initiative qui fait des jaloux partout au Québec et qu'on
veut voir s'étendre.
Mais baissons le ton
un peu, on aura une meilleure discussion, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président, à la suite des inondations
au Saguenay en 1996 et la commission Nicolet, le gouvernement a mis sur pied en 2002 le Centre d'expertise hydrique.
Hier, le Commissaire au développement durable a été catégorique, le centre ne remplit pas sa mission, et la gestion des
risques a très peu changé. Le rapport du Commissaire au développement durable est très
inquiétant : réduction importante de la surveillance des barrages, déficit
d'entretien des barrages, absence
d'évaluation de sécurité pour le quart d'entre eux, des mesures d'urgence non
conformes pour 20 % des barrages, et ça continue comme ça.
ministre de l'Environnement a affirmé hier vouloir mettre en oeuvre les
recommandations du commissaire, mais
la réalité le rattrape. La réalité, c'est le contraire, le gouvernement a coupé
17 % du budget du Centre d'expertise hydrique. Les Québécois ne
veulent plus revivre les dégâts des inondations de 1996.
Le ministre de
l'Environnement peut-il expliquer aux Québécois comment des coupures de
17 % du budget peuvent améliorer la sécurité et l'entretien des barrages?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. Tout d'abord, lorsqu'on parle des
barrages au Québec, on parle de 760 barrages
qui sont administrés par le ministère de l'Environnement, et nous surveillons
plus de 6 000 barrages pour l'ensemble
du Québec. Le Vérificateur général, hier, a fait un travail colossal, énorme et
important, et on doit saluer ce travail-là.
Et nous acceptons l'ensemble des recommandations et nous les mettons en oeuvre,
pas nous les mettrons en
oeuvre, M. le Président. Dès hier, j'ai annoncé que nous allions augmenter le
nombre d'inspections, que nous allions également faire un suivi rigoureux en matière de reddition de comptes, que nous allions nous assurer également que les vérifications, au
niveau des plans d'urgence, allaient
se faire de façon plus sérieuse et plus rigoureuse. Nous avons
annoncé également la création d'un comité directeur qui va être
présidé par un ancien vice-président production d'Hydro-Québec, un expert en barrage, également
un ancien du Conseil du trésor sera membre de ce comité directeur là, qui est présentement un expert à la commission Charbonneau, pour revoir non seulement
comment nous gérons nos barrages au Québec, mais accompagner le ministère dans la mise
en oeuvre de l'ensemble des recommandations.
Nous sommes en mode action, nous n'avons pas
coupé un seul poste...
Le Président : En terminant.
M. Heurtel : ...au niveau de
l'inspection des barrages, mais nous allons remédier à la situation.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui, la réalité, M. le Président, là, elle est
bien simple, c'est le commissaire qui le dit, page 22, paragraphe 118 du
chapitre 3, c'est les
réductions importantes de la surveillance des barrages en 2014-2015, en
2014-2015. Alors, le ministre, là,
peut bien parler, là, de son plan d'action, mais la vraie question,
c'est : Avec quel budget qu'il va le mettre en oeuvre?
Est-ce qu'il
nous confirme aujourd'hui que le gouvernement, que le ministre, que le président
du Conseil du trésor renoncent aux coupures de 17 % au Centre
d'expertise...
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président, je vais citer le Commissaire au développement durable hier
après-midi en entrevue à RDI. Il
indique être, et je cite, «très heureux de la décision du gouvernement de donner suite aux recommandations
du Vérificateur général du Québec, que — selon lui — le
ministère prend la situation très au sérieux».
Au niveau de
la sécurité, le commissaire a dit en conférence de presse, et je cite : La
sécurité du public n'est pas prise à
la légère. Le ministère est très préoccupé par la situation. Ce sont des
lacunes de gestion qui ont été relevées dans le rapport. Le ministère a
fait des travaux importants pour les barrages les plus risqués.
Maintenant, si on parle de réalité, M. le
Président, j'aimerais vous rappeler quelques faits. Le programme d'inspection qui est dénoncé dans le rapport, qui
a réduit le nombre d'inspections, c'est qui qui l'a mis en oeuvre? C'est le
gouvernement du Parti québécois le 1er avril 2014.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : M. le Président, le ministre aime les citations, je vais lui en donner une, citation.
Je l'ai questionné, il y a un mois, là-dessus, aux crédits, puis il nous
a dit que, sur la sécurité des barrages, les budgets étaient réalistes et conformes aux besoins. Réalistes et conformes aux
besoins. Il y a un mois, c'est le ministre de l'Environnement qui nous a
dit ça.
Est-ce qu'il
est capable aujourd'hui de nous répéter en cette Chambre, avec le rapport du
Commissaire au développement durable,
que le budget du Centre d'expertise hydrique, avec 17 % de moins, est
toujours réaliste et conforme aux besoins de la sécurité des barrages?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : Encore une fois, je trouve étonnant que le député de
Jonquière, du Parti québécois, ne répond pas à la question fondamentale qui est soulevée par le rapport. Les
inspections ont été réduites suite à une décision qui a été prise sous le gouvernement du Parti québécois.
Nous avons, hier, remédié à cette situation. Et, je vais vous dire, au niveau
des investissements, l'année en cours nous
investirons 37 millions dans les barrages, l'année dernière nous avons
investi 36 millions,
et, durant l'année 2013-2014, sous le gouvernement du Parti québécois,
19,3 millions, M. le Président. Nous prenons nos responsabilités,
nous agissons pour la sécurité des citoyennes et citoyens.
Le Président :
Principale, M. le député de Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, ce n'est pas en criant les réponses qu'on les comprend mieux.
Lisée : Les résidents
de Mont-Joli ont eu une très mauvaise nouvelle dans leur journal local cette
semaine : les deux pharmacies
locales ont annoncé une réduction du nombre d'heures de service, les deux
seules pharmacies locales. Pourquoi? Parce
que le ministre de la Santé, qui a
donné cette année 210 millions
de dollars à ses amis médecins
spécialistes, va prendre dans les poches des pharmaciens 177 millions
de dollars.
ça veut dire, selon une étude récente, qu'une pharmacie sur quatre est poussée
par le ministre en bas du seuil de rentabilité. Une sur
quatre. Pourquoi le ministre veut réduire les services des pharmacies au Québec?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, évidemment, le gouvernement du Québec ne veut pas réduire les
services pharmaceutiques offerts à la population
du Québec, mais on comprend tous, M. le Président, que l'Association québécoise
des pharmaciens propriétaires sont actuellement en négociation. D'ailleurs, M. le
Président, la négociation avance, et dans un rythme accéléré, et j'ose pouvoir dire aujourd'hui
qu'il devrait y avoir un dénouement qui devrait être favorable.
Ceci
dit, je comprends les manoeuvres qui sont en place, ce sont des
manoeuvres tout à fait normales, mais qui sont dans un contexte
particulier qui est celui de la négociation.
suis très heureux de constater, M. le
Président, que j'ai aussi des amis du
côté du Parti québécois parce
que je rappellerai au Parti québécois que la plus grande augmentation annuelle sur deux années de suite en 20 ans
a été donnée aux médecins par le Parti québécois dans une période...
M. Barrette :
...où on était en déséquilibre budgétaire, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Barrette :
Alors, je suis content de...
Le Président :
S'il vous plaît! Il n'y a qu'une personne qui a le droit de parole ici.
Le Président :
Ah! non, non, non. M. le ministre, s'il vous plaît, veuillez conclure.
Barrette : Je comprends qu'on veuille enterrer la vérité, mais c'est la réalité, M. le Président. Alors que les fédérations...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...voulaient étaler, ils ont donné les plus grandes augmentations de l'histoire
de la RAMQ...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
Le Président : S'il
vous plaît, M. le leader de l'opposition. Il n'y a qu'une personne qui a le droit de parole, c'est
le député de Rosemont.
M. Lisée : Effectivement, M. le
Président, les médecins du gouvernement libéral précédent ont donné au ministre
de la Santé actuel et aux autres des augmentations tellement importantes que, s'ils n'avaient pas été là, il n'y aurait pas de compressions cette année, aucune, et il n'y aurait pas
177 millions à aller chercher chez les pharmaciens.
Voici comment
le responsable de Jean Coutu raconte la négociation : «"Le
Dr Barrette nous dit qu'il est inflexible sur l'objectif, mais flexible sur les moyens. Il nous dit qu'il
va nous couper le bras droit, mais il nous demande [où couper]"».
C'est ça, la réalité de la négociation...
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, ce que je comprends du commentaire du député de Rosemont,
c'est qu'il est mal à l'aise avec les
gens qui prennent leurs responsabilités à coeur et qui décident de gérer avec
détermination. Mais ça, on comprend que c'est une valeur étrangère au Parti
québécois.
Et je comprends aussi des commentaires du leader hors d'ondes qu'il a des problèmes
avec l'argent. Il doit donc avoir des problèmes avec son
chèque parce que l'argent existe aussi chez eux. Ceci dit, M. le Président...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Barrette : Ceci dit, M. le...
Le Président : M. le leader
de l'opposition.
Bédard : La pertinence. Je n'ai pas de problème
avec l'argent, mais je prendrais bien sa prime de 1,2 million...
Le Président : Je pense que
ce n'était pas vraiment pertinent.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre, veuillez compléter.
M. Barrette : M. le Président,
revenons aux choses qui intéressent la société québécoise.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre, veuillez conclure, il reste cinq secondes.
M. Barrette : Et ce n'est certainement
pas les déficits générés par le Parti québécois, mais bien le retour à
l'équilibre budgétaire qui va...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Lisée : Écoutez, le
ministre est très divertissant, mais là on parle de l'accès aux pharmaciens et
à la santé publique dans toutes les régions
du Québec qui vont être réduits à cause de sa volonté de réduire les budgets
des pharmaciens. C'est de ça dont on
parle, et Jean Coutu nous dit que c'est la pire décision de santé publique
qu'il a vue en pharmacie depuis 30 ans.
Pourquoi il veut déshabiller les Jean Coutu pour
aider à habiller ses amis, Yves Bolduc et compagnie?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, je pense avoir très bien établi le
contexte dans lequel ces remarques-là se font, et c'est un contexte de saine gestion, et j'irais
même jusqu'à dire de saine négociation. Et je rappellerai au député de Rosemont
qu'ici le grand enjeu est une question d'accès aux services de santé, dont le
service de première ligne.
Alors, si le
député de Rosemont et ses collègues sont vraiment, vraiment, vraiment... ont
vraiment comme intérêt cet accès-là,
bien, je les invite à faire progresser le projet de loi n° 20 le plus
rapidement possible pour faire en sorte que les mesures qui nous
permettront d'avoir cet accès soient rapidement mises en place...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...pour le bénéfice de
la population.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : Oui, M.
le Président. Le ministre de l'Énergie a présenté hier le nouveau
P.D.G. d'Hydro-Québec, Éric Martel,
et le moins qu'on puisse dire, c'est que le nouveau président d'Hydro-Québec
reprend une société d'État où il y a une perte de confiance importante
entre la population et cette société.
Après les
augmentations successives de tarifs d'électricité, après les subventions
coûteuses à l'éolien, après la confiscation
des trop-perçus qui appartiennent aux consommateurs, après la liquidation
d'actifs à prix ridicule, après des primes
injustifiées aux cadres d'Hydro-Québec, on comprend que les Québécois sont en
colère contre la mauvaise gestion puis l'implication politique de
certaines décisions chez Hydro-Québec.
Donc, on
souhaite la meilleure des chances au nouveau président, M. le Président, mais,
cela dit, lorsqu'on sait que la
partie principale de l'augmentation des tarifs d'électricité vient des
subventions coûteuses sur l'éolien, la première question qu'on doit se poser, c'est : Est-ce que le nouveau
président va avoir la marge de manoeuvre pour prendre les décisions pour le bien des Québécois, de
l'ensemble des Québécois? Donc, est-ce que le premier ministre peut confirmer
que M. Martel aura les mains libres pour
prendre toutes les décisions nécessaires pour limiter les augmentations de
tarifs, incluant d'arrêter le développement de l'éolien?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, beaucoup d'éléments très intéressants dans la question du collègue.
Je relève, non sans une certaine ironie, que, là, il s'inquiète de
l'intervention politique dans Hydro-Québec, alors qu'il nous a demandé l'intervention politique pendant des
semaines. Bien, c'est une de ses nombreuses contradictions dont il pourra
s'expliquer éventuellement.
Maintenant,
effectivement, M. le Président, bien, c'est une très bonne nouvelle hier que
cette nomination. D'ailleurs, je félicite le conseil
d'administration pour un processus de
recrutement très professionnel, très bien mené, une très belle nomination
qui, on le voit, est très bien accueillie. Et déjà le nouveau P.D.G. a
donné des indications claires quant à sa volonté d'établir plus de transparence, de meilleures relations avec les
clientèles, de limiter, comme nous le disons, le plus possible près de l'inflation les hausses de tarifs, il me
semble qu'il y a là un pas dans la bonne direction.
Cependant,
il faudrait arrêter de dénigrer
Hydro-Québec comme il le fait ici, c'est la grande fierté du Québec. On
est le quatrième producteur mondial d'hydroélectricité. Partout dans le monde
où je vais, on nous demande d'avoir la présence
d'Hydro-Québec ailleurs et à l'étranger pour aider les autres pays et les
autres démocraties à développer leur dossier
d'énergie. Alors, un peu plus d'équilibre, un peu plus de respect envers ce
fleuron du Québec, cette grande fierté des Québécois.
Ceci dit, il y a des choses à améliorer, le
nouveau P.D.G. va le faire avec son conseil d'administration.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
le premier ministre n'a pas du tout répondu à la question. Selon la direction d'Hydro-Québec — et
je les cite — les
augmentations de tarifs d'électricité proviennent «de la mise
en service de nouveaux parcs éoliens». On ne peut pas être plus clair.
M. le Président, je repose ma question : Est-ce
que le premier ministre va laisser à
M. Martel les mains libres pour prendre
toutes les décisions pour limiter les augmentations de tarifs, incluant, s'il le juge à propos,
d'abolir le programme...
Président : M. le premier ministre.
Couillard : Alors, M. le Président, je remarque, encore une fois, une difficulté
dans le propos.
Le Président :
Chut! Chut! Chut!
M. Couillard : On est aujourd'hui en
train de célébrer ici — peut-être, ne le sait-il pas — la
Journée de la Gaspésie et des
Îles-de-la-Madeleine. Alors, hier, il
y a eu une première agression de son
parti envers la Gaspésie lorsqu'ils
ont refusé de consentir à la mise sur
pied du projet de
loi sur la cimenterie. Aujourd'hui, deuxième agression, alors
que ça crée des centaines d'emplois
en Gaspésie, il nous dit qu'il faut abolir l'éolien. Bien, les gens de
Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent et d'ailleurs,
ils sont pas mal contents d'avoir l'éolien chez eux. Puis je pense que les Québécois
sont contents également qu'on ait un portefeuille diversifié d'énergies
renouvelables.
Ceci dit, il n'y aura
pas de nouvel appel d'offres. Le ministre est en train de mettre sur pied une
politique énergétique dans laquelle la place
de cette énergie sera renouvelée. C'est totalement abusif de dire qu'il n'y a
pas de place pour l'éolien. J'aimerais l'entendre davantage là-dessus,
est-ce qu'il pense que...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...dans les communautés nordiques hors réseau, il y a de
la place pour l'éolien?
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, aider les régions, ça ne passe pas
par des subventions politiques pour le bien du Parti libéral, ça passe
par l'aide aux entrepreneurs de ces régions, incluant la Gaspésie.
Le Président :
S'il vous plaît!
Legault : M. le Président, est-ce que le premier ministre peut
arrêter ses conclusions simplistes et est-ce qu'il peut nous dire clairement... Je pense qu'on la
sait déjà, la réponse : Le nouveau président d'Hydro-Québec n'aura pas
les mains libres, ça va être encore les bonnes vieilles mains...
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Malheureusement pour mon collègue, M. le Président, c'est
trop tard pour lui de corriger la situation,
les gens des régions ont très bien compris que ce parti politique leur tourne
le dos, qu'il leur dit de façon très claire
avec le vote d'hier : Il n'y a pas de place chez vous pour l'emploi
industriel. Continuez à faire ce que vous faites très bien, on est contents de ça. On ira en vacances chez vous, mais les
beaux emplois industriels, ce n'est pas chez vous, c'est dans les grandes villes. C'est ça qu'ils ont
entendu du vote de la Coalition avenir Québec hier. Ce n'est pas notre
orientation, on veut des emplois de qualité partout au Québec, dans toutes nos
régions, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Chambly.
Roberge : Merci, M. le Président. Au départ, les bulletins
d'adaptation scolaire devaient dresser un portrait réel des apprentissages des élèves en très grande
difficulté ou handicapés. Il y a encore quelques années, ces élèves se retrouvaient, en très grande partie, dans des
classes spéciales, là où toutes les ressources étaient disponibles et présentes pour les aider à réussir le mieux
possible.
Mais ce matin
on lit dans La Presse que cette façon d'évaluer les élèves a,
malheureusement, été pervertie. En effet, il semble que la commission scolaire
de Laval fasse pression sur les professeurs pour qu'ils utilisent de plus en
plus les bulletins modifiés. De cette
façon, bien, on justifie les coupures dans le nombre de classes spécialisées et
en plus on gonfle artificiellement
les taux de réussite. Ça, M. le
Président, ça porte un nom, ça
s'appelle du nivellement par le bas.
premier ministre est responsable des dossiers de la jeunesse.
Est-ce qu'il est conscient que son gouvernement, en
autorisant le recours abusif aux bulletins d'adaptation, cautionne la fermeture
de classes spécialisées et le nivellement par le bas?
Le Président : Mme la
ministre de la Culture.
Mme David (Outremont) : Alors, je
remercie le député de la deuxième opposition de poser une question sur l'éducation et sur, en particulier, les élèves en
difficulté d'adaptation. C'est un secteur, M. le Président, où le gouvernement
investit année après année 2,3 milliards
de dollars. C'est une clientèle dont on s'occupe du préscolaire à l'université.
C'est une clientèle pour laquelle on a fait un progrès exceptionnel grâce,
entre autres, énormément à des politiques libérales des précédents
gouvernements, et nous poursuivons exactement dans le même sens.
En ce qui a
trait à la question beaucoup plus spécifique qui porte sur les écoles à Laval,
les classes spécialisées, je dois
dire que le même régime pédagogique s'applique partout au Québec, et ça, c'est
clair, depuis de très nombreuses années.
Il n'y a eu aucun changement apporté récemment aux bulletins, aucun changement.
Il n'y a eu aucune recommandation faite
par le comité de suivi qui est en place, aucune recommandation pour la
modification aux bulletins. Nous le répétons, au gouvernement, les
classes spécialisées, les élèves en difficulté d'adaptation et d'apprentissage...
Le Président : En terminant.
Mme David (Outremont) : ...c'est une
clientèle prioritaire, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, c'est très inquiétant parce qu'on nous dit
que ce qu'on fait mal, on le fait mal à la grandeur du Québec. Là, je m'adresse au premier ministre, c'est le
responsable de la jeunesse. Beaucoup d'enseignants subissent des pressions pour utiliser les
bulletins d'adaptation auprès des élèves des classes régulières, on pervertit
un système qui fonctionnait bien, mais
avec une autre clientèle, et les perdants de cette tactique-là, c'est notre
jeunesse, ce sont nos élèves. On leur fait croire que tout va bien, mais
on coupe dans les moyens pour les aider.
Quand le premier ministre interviendra-t-il pour
faire cesser cette pratique inacceptable?
Le Président : Mme la
ministre de la Culture.
Mme David
(Outremont) : J'apprécie la question parce que ça permet de dire et de
redire l'importance de ces clientèles, de ces enfants et le progrès
accompli depuis 20 ans. Avant, un enfant en difficulté d'apprentissage
était un enfant dont on ne s'occupait pas. Maintenant, un enfant en difficulté
d'apprentissage arrive à l'université, occupe des fonctions dans toutes les
professions.
Ce n'est pas
aujourd'hui qu'on va arrêter. On a commencé il y a 20 ans et nous sommes
dans la poursuite de ça. Il n'y a pas
de changement dans les bulletins, il n'y a pas de changement, il n'y a rien qui
a été noté à ce niveau-là. Ce n'est
pas parce qu'il y a un
article de journal... Je pense que j'ai été très claire
dans ma première réponse, il n'y a eu aucune modification aux bulletins.
Nous allons poursuivre notre engagement à intégrer les enfants...
Le Président : En terminant.
Mme David (Outremont) : ...même les
plus en difficulté dans les classes.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, au départ, le bulletin d'adaptation avait
un objectif précis, louable, évaluer correctement
les enfants en grande difficulté, c'est correct. Mais maintenant on l'utilise
pour couper les services aux jeunes en difficulté. Manifestement, là, il
faut changer les choses. Ce n'est pas parce que ça se faisait comme ça que ça
doit continuer de se faire comme ça.
J'ai été
témoin de cette dérive. C'est bien beau de dire que, ah! c'est pareil à la
grandeur du Québec, ça a toujours
été comme ça, des fois il faut apporter des correctifs.
Quand est-ce que le gouvernement va prendre ses responsabilités?
Le Président : Mme la
ministre de la Culture.
Mme David (Outremont) : Alors, écoutez, les correctifs, c'est un processus continu
depuis 20 ans. J'en ai visité beaucoup, de classes d'enfants en
difficulté d'apprentissage, j'ai visité des écoles de ma circonscription. Les
enfants autistes, M. le Président, je ne sais pas si vous savez comment on les traitait il y a
20 ans, il y a 15 ans. Maintenant, les enfants autistes, les enfants en problèmes
de développement, troubles d'apprentissage sont extrêmement bien traités, et le Québec est un modèle dans l'accompagnement et dans
l'intégration de ces enfants-là. Alors, on devrait être très, très, très fiers de ce qui se passe,
et nous sommes en processus continu de modernisation de ces approches, M. le
Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Alors, M. le Président, le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au
travail regroupe 16 organismes
spécialisés en employabilité des femmes. Ces organismes sont présents dans
11 régions et soutiennent des centaines
de femmes afin de leur permettre d'intégrer ou réintégrer le marché du travail.
L'expertise unique de ces organismes
a été reconnue en 2014 par le ministère
de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Lors de l'étude des crédits, j'ai
demandé où est passé le 1,2 million à la ministre de la Condition féminine. Elle m'a répondu :
Je les rencontre, on va arranger cela.
Hier, les organismes
indiquaient qu'ils n'ont toujours pas reçu les sommes, ce qui menace le développement
économique régional, qui provoque des coupures de postes, qui abolit des services
qui s'adressent aux femmes, aux jeunes mères monoparentales qui
souhaitent briser le cycle de la pauvreté.
Comment
la ministre de la Condition féminine explique-t-elle que ces
groupes n'ont toujours pas eu de réponse du gouvernement et que
les services d'intégration des femmes au travail sont en péril?
Le Président :
Mme le ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, les organismes d'accès au travail dont la députée
fait mention sont des organismes qui
sont soutenus à travers les programmes du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Ces organismes-là reçoivent des sommes
importantes pour leur mission de base.
Alors
là, il faut un peu rétablir les faits parce que
notre collègue laisse sous-entendre que tout le financement a été aboli, ce qui est complètement faux. Ces organismes-là se partagent, se partagent, dans des temps où tout le monde doit faire son effort, des
sommes substantielles, qui varient, en moyenne, de plus de 500 000 $
par organisme, et ces sommes-là sont réparties à travers toutes les
régions du Québec pour permettre aux organismes de faire leur mission.
Ceci étant dit, M. le Président, il y a actuellement des pourparlers entre le Secrétariat à la
condition féminine, le ministère du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et les organismes afin de voir s'il n'y aurait pas moyen de les
soutenir d'une façon additionnelle. Mais il y a d'ailleurs une rencontre aujourd'hui,
M. le Président.
Le Président :
En terminant.
Vallée : On est en
pourparlers. Les collègues de l'autre côté s'imaginent que l'argent
pousse dans les arbres...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Alors, si je comprends bien la ministre, l'austérité, c'est encore sur le dos des femmes,
M. le Président. C'est encore aussi une autre attaque libérale
envers les régions parce que... Et je vais citer, entre autres, l'organisme de Sherbrooke, l'organisme CIME, qui intervient dans l'accès
des femmes dans les métiers de la construction, où, justement, on a besoin d'introduire des femmes dans les métiers de la construction.
Ce sont des centaines de femmes qui, partout au Québec, sont affectées. Est-ce
que la ministre va sortir de son...
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, on se partage actuellement plus de 8 millions entre des organismes qui
sont répartis dans toutes les régions
du Québec. 8 millions
de dollars. Je comprends que, de
l'autre côté, le budget du gouvernement, c'est peut-être de l'argent de Monopoly,
on n'a pas géré de façon très, très responsable.
Maintenant, de notre côté, il y a une gestion
responsable des fonds publics, mais...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme Vallée :
La députée de Taschereau pourrait peut-être écouter, quand même.
Vallée : Alors, M. le Président, il y a des sommes substantielles qui sont investies.
Nous continuons à travailler...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...en étroite collaboration avec les femmes qui... avec les groupes...
Président : S'il vous plaît! Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, c'est à vous la parole. Woup! Deuxième
complémentaire.
Poirier : On
commémore aujourd'hui en cette
Chambre une marche historique qui s'est tenue, il y a 20 ans, pour lutter contre la pauvreté et pour le travail
des femmes. 8 millions pour les femmes, ça a l'air trop pour ce
gouvernement-là, mais 210 millions pour les médecins, ça, ce n'est
pas trop.
Est-ce
que la ministre va enfin donner le 1,2 million aux groupes de femmes pour
faire en sorte que les femmes retournent sur le marché du travail?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, le travail qui se fait de ce côté-ci
du gouvernement pour relancer l'économie, pour relancer la création
d'emplois, c'est toutes les Québécoises qui vont en bénéficier.
Le Président :
S'il vous plaît!
Vallée : Et la collègue
de l'autre côté semble faire abstraction de tous les efforts qui
ont été mis par chacun et chacune des membres de notre gouvernement
pour, justement, venir renverser la vapeur qui avait été initiée et le
mouvement qui avait été initié suite au gouvernement irresponsable du Parti
québécois. Alors, je n'accepterai pas les critiques... que nous nous attaquons
aux femmes. Au contraire, nous travaillons pour toutes les femmes du Québec.
Le Président :
Principale, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Alors, depuis son arrivée au pouvoir, le premier ministre commet bévue après
bévue dans ses missions à l'étranger. Et
nous ne sommes pas les seuls à le constater, plusieurs analystes internationaux
le soulèvent à chacune de ses
missions. Après avoir parlé en anglais en Islande, après avoir tenté de vendre
du porc aux Chinois, qui n'en
voulaient pas, après avoir amené sept ministres en voyage en France en disant
que c'était sur le bras des Français, la dernière bévue en date, alors que les
premiers ministres René Lévesque, Robert Bourassa et Lucien Bouchard ont
eu des entretiens privés avec le pape, le
premier ministre, en rupture avec les précédents diplomatiques, a décidé de
quêter un 45 secondes avec le pape pendant les audiences publiques
générales.
Le Président :
S'il vous plaît!
Président : S'il vous plaît! C'est parce que je vous entends,
M. le député de Sanguinet, je vous entends d'un côté comme de l'autre. Mais ce n'est pas vous autres
que je veux entendre, c'est Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci...
Le Président :
S'il vous plaît! Allez.
Poirier : Dehors, la doctrine Gérin-Lajoie pour le gouvernement
libéral actuel. Comment la ministre des Relations internationales
peut-elle accepter un tel recul aussi majeur?
Le Président :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Alors, merci, M. le Président. La question de la
députée m'étonne parce que présentement ici, à Québec, se tient une importante réunion de tous les membres du corps
consulaire que nous avons sur le territoire québécois ainsi que les consuls honoraires pour leur présenter nos projets, le Plan Nord,
la stratégie maritime, parler des changements
climatiques.
Alors, nous
continuons notre travail de diplomatie, M. le Président, autant sur le terrain
ici qu'à l'étranger, à l'extérieur. Mes
collègues font des missions, ce sont des missions importantes.
Ils reviennent avec des rencontres, ils reviennent avec des ententes
signées, ils reviennent avec du concret, M. le Président. Merci.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Je comprends, M. le Président, que la réponse de la
ministre a pris autant de temps que l'entrevue avec le pape, mais je
n'ai toujours pas eu de réponse.
Les hommes et les
femmes se sont battus au Québec pour avoir notre place à l'international, notre
voix à l'international. Comment peut-elle cautionner cela?
Le Président :
Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Je
rappellerai à la députée que la doctrine Gérin-Lajoie, qui célèbre son
50e anniversaire cette année...
M. Gérin Lajoie était un libéral, était un ministre libéral, un ministre important qui a fondé le ministère de
l'Éducation.
Le Président :
Chut! Chut! Chut! S'il vous plaît!
St-Pierre :
Alors, M. le Président, dans sa question, la députée...
Président : On peut-u
entendre les réponses, s'il vous
plaît? On a bien entendu la question,
j'aimerais entendre la réponse maintenant. Mme la ministre.
St-Pierre :
Dans sa question, la députée prend énormément de raccourcis. La rencontre que
le premier ministre a faite avec le pape est une rencontre importante.
Il a réitéré l'invitation, que nous voulons avoir le pape au Québec lors
du 375e anniversaire de la ville
de Montréal, le
150e anniversaire de la Confédération canadienne. Et il a eu dans cette rencontre... Dans cette mission à Rome, il y
a eu des rencontres avec des investisseurs et il y a eu également
un discours fondamental et important...
Le Président :
En terminant.
St-Pierre :
...à l'Assemblée, là-bas, à l'Assemblée nationale...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Alors, je vous rappellerais que le premier ministre,
il est le chef de l'État du Québec, il a le devoir de se comporter comme tel à l'international, et surtout
lorsqu'il est en mission officielle. En 45 secondes, le premier ministre
a réussi à ruiner 40 ans de tradition
diplomatique entre le Québec et le Vatican, une tradition qui s'inscrivait dans
une relation d'État à État, de chef d'État à chef d'État.
Quelle démarche la ministre des Relations
internationales, gardienne de la doctrine Gérin-Lajoie...
Le Président :
Mme la ministre des... M. le premier ministre.
Couillard : Alors, M. le
Président, M. le Président, voici des
propos qui dénotent une totale ignorance de la diplomatie vaticane.
Ceci dit,
ceci dit, voilà le parti qui a jeté la honte sur le Québec
avec la charte des valeurs discriminatoires. Voilà le parti qui n'a même
pas, M. le Président...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Président : S'il vous plaît! Madame... La question a été posée
correctement, est-ce qu'on peut, au moins, aussi avoir le même respect
pour écouter la réponse?
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît, M. le député de Rousseau!
Couillard : ...on parle du
Vatican, voilà le parti qui n'a pas voulu soutenir le projet de rénovation de
l'oratoire Saint-Joseph, voilà le parti qui n'a pas voulu, au
gouvernement, déléguer un seul représentant pour la nomination de
Mgr Lacroix au cardinalat. Ça a été noté là-bas, en passant, M. le
Président, on m'en parlait encore.
Alors, nous,
on va de l'avant, on invite le pape François, qui est un grand personnage de
l'humanité d'aujourd'hui, à venir
nous visiter pour le 375e de Montréal, le 150e du Canada. On espère qu'il va
venir. Et il sera très bien accueilli parce que nous, on croit à
l'importance de cette relation, contrairement à ceux qui nous ont précédés.
Le Président : Principale, M.
le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, en 2008, le gouvernement libéral annonçait la construction de
quatre nouvelles prisons : Sorel-Tracy, Amos, Roberval et
Sept-Îles. Coût estimé : 291 millions. Avec les études de crédits et
le nouveau PQI, M. le Président, on apprend
que ce coût-là va plutôt aller à 401 millions. Si on prend Sorel, Roberval
et Sept-Îles, c'est une augmentation
de 110 millions. J'exclus Amos parce que l'augmentation de coûts
s'explique par l'augmentation du nombre de places, mais, dans les trois
autres cas, c'est totalement inexplicable.
À ça
s'ajoutent des dépassements de délai. Bien évidemment, on ne va pas livrer en
temps. Et, comme si ce n'était pas
suffisant, quand on fait le ratio du coût unitaire, on se rend compte qu'il y a
des disparités totalement inexplicables entre les quatre projets.
Donc, le
président du Conseil du trésor, là, qui invitait ses collègues à la rigueur et
à la responsabilité, peut-il nous dire :
Cette nouvelle agression envers le portefeuille des contribuables s'explique
par quoi, sinon par de la mauvaise gestion?
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Thériault : M. le Président, je pense que tout le monde ici, en
fin de semaine, on a lu la série d'articles qui parlaient du problème de la surpopulation des détenus et des prévenus
dans nos centres de détention au Québec, M. le Président. Il est évident que, le système carcéral, la manière dont il
est fait ici, on a des gens qui sont en attente de procès, on a des gens qui subissent leur peine. M. le
Président, vous savez que, lorsque les gens sont dans nos centres de détention
et qu'ils attendent leur procès, le procès
doit se dérouler dans la région où ils ont été inculpés, où ils ont commis
l'infraction en question.
Mais, M. le
Président, il est évident que la problématique de surpopulation, c'est une
problématique qui touche le
gouvernement et qui nous préoccupe au plus haut point. À preuve, on a décidé de
construire de nouveaux centres de détention
parce qu'effectivement les centres que nous avions étaient vraiment franchement
désuets; ils ne répondaient pas aux nouvelles normes d'aujourd'hui.
M. le Président, je trouve particulier la
question de mon collègue qui, d'un côté, nous dit qu'on dilapide des fonds publics, mais qui aurait très bien pu se
lever aussi pour nous demander qu'est-ce qu'on fait pour réduire le problème
de surpopulation carcérale. Puis ça, c'est vraiment un vrai problème dans notre
société, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le député de
La Peltrie.
Caire :
Donc, M. le Président, dépasser les coûts estimés de 110 millions, ça, ce
n'est pas un problème. Dépasser les délais
de livraison, ça, ce n'est pas un problème. Quand le coût unitaire d'une place
en prison à Sorel-Tracy coûte 580 000 $ mais qu'à Sept-Îles on
paie 1 650 000 $ pour la même chose, ça, ce n'est pas un
problème.
Alors, la question
que je me pose, c'est : La mauvaise gestion, ça, c'est-u un problème?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Thériault : M. le Président, voilà un autre exemple où le parti
de la Coalition avenir Québec attaque les régions du Québec. M. le Président, tout le monde, tout le monde... et
je le dis très sérieusement, M. le Président, voyons, la réalité de la Côte-Nord, parlez-en à nos
collègues de l'autre côté, il y a deux députés du Parti québécois, la réalité
de la Côte-Nord, ce n'est pas Sorel-Tracy...
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Bonnardel : Vous savez, M. le Président, il y a des
ministres qui se spécialisent dans l'art de parler pour ne rien dire.
Alors, la question est fort simple...
Le Président :
Ça ne nous avance pas beaucoup.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Encore une fois, M. le Président, puis je tiens à le
dire, ce n'est pas la première fois que le leader de la deuxième opposition se lève pour interrompre
le début des réponses. S'il pense que leurs questions sont importantes...
Est-ce que ça l'intéresse, la réponse? S'il
veut juste faire des questions, qu'il aille au «hot room». S'il vient ici, on
donne des réponses. Qu'il nous laisse parler, sinon il n'y a pas de
respect, et je vous appelle au respect.
Le Président :
Mme la ministre...
Président : S'il vous plaît! Je vais vous citer un autre
article. Enfin, ce n'est pas une bonne idée... M. le leader du
gouvernement... de l'opposition.
Bédard : ...première chose, tout le monde parle trop fort
ici, M. le Président, je trouve. La deuxième, c'est qu'à chaque fois le leader, puis je lui en fais la
demande, où il peut avoir du temps pour une autre question, il fait toujours
des questions de règlement, honnêtement,
puis ça prive l'Assemblée d'une bonne question. Je pense qu'on aurait avantage
à laisser du temps à l'opposition officielle.
Le Président :
Mme la ministre, veuillez conclure, s'il vous plaît.
Thériault : M. le Président, le plus sérieusement du monde,
écoutez, le collègue peut poser des questions, faire toutes sortes de
raccourcis qu'il voudra, n'importe qui, M. le Président, va vous confirmer que
la situation de la Côte-Nord, ce n'est pas la
même qu'à Sorel-Tracy, qu'on a des mois où on ne peut pas faire de la
construction, que le sol est encore gelé. M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Thériault : ...chaque région a ses conditions. Il faut faire
avec, et nous, on croit aux régions, contrairement à la CAQ.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on souhaiterait poursuivre. On souhaiterait poursuivre à l'item où nous en sommes, c'est-à-dire les motions sans
préavis. Et je reconnais un membre du deuxième groupe d'opposition et j'entends par là M. le
député de Deux-Montagnes pour la présentation de sa motion. M. le député de
Deux-Montagnes, à vous.
Charette : Merci, M. le Président. Je demande le consentement pour
déposer la motion suivante conjointement avec le député de LaFontaine et
le député de Mercier :
«Que
l'Assemblée nationale réaffirme sa pleine et entière confiance envers son
jurisconsulte, M. [et Me] Claude Bisson.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Oui. Y a-t-il consentement?
Bédard :
Il n'y aura pas de consentement, et je trouve ça très malhabile, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, il faudrait poursuivre parce qu'il y en a d'autres. Alors, un membre
maintenant du groupe formant le gouvernement. Je reconnais Mme la ministre de
la Justice pour la présentation de sa motion. Mme la ministre de la Justice, à
vous.
Vallée : Alors, M. le Président, je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement
avec la députée de Joliette, la députée de Montarville et le député de
Mercier :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le 50e
anniversaire du ministère de la
Justice du Québec,
qui a été créé le 4 juin 1965, par l'adoption de la
Loi sur le
ministère de la Justice sous le gouvernement de Jean Lesage;
«Qu'elle
rappelle le rôle précurseur du Québec qui a été la première province canadienne
à se doter [du] ministère de
la Justice;
«Qu'à l'occasion de
cette commémoration, les membres de l'Assemblée unissent leurs voix pour rendre
hommage aux ministres de la Justice qui se
sont succédé et qui ont contribué à faire du Québec une société
juste, humaine et respectueuse du droit;
«Qu'ils
reconnaissent également l'apport du ministère de la Justice et des
personnes qui le composent à l'évolution
du droit et de la justice au Québec;
«Et enfin, que l'Assemblée
nationale s'engage à poursuivre ses efforts afin de rendre la justice toujours
plus accessible et au service de toutes les Québécoises et de tous les Québécois.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Oui, M. le Président, il y a consentement. Des interventions d'environ deux
minutes, à commencer par la ministre de la Justice, suivie de la députée de Joliette,
la députée de Montarville et finalement M. le
député de... Mme la députée de
Gouin.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, tel qu'entendu, des interventions, autant
que possible, de deux minutes, tel qu'on vient de le convenir. Je cède maintenant
la parole à Mme la ministre de la Justice pour son temps de parole. Mme la ministre
de la Justice, à vous.
Mme Vallée : M. le Président, jusqu'en 1965, la justice était surtout associée aux
poursuites devant les tribunaux et à
la sécurité publique, même si, dans les faits, sa mission était beaucoup
plus large. Puis, il y a aujourd'hui 50 ans, le 4 juin 1965, la Loi du ministère de la Justice
institue le ministère de la Justice et place, à la direction du ministère,
un ministre de la Justice dont la fonction englobe également celle de Procureur
général. Le Québec,
alors dirigé par le premier ministre Jean Lesage, devient la première province canadienne
à se doter d'une telle institution.
Loi du ministère de la Justice s'inscrit dans une volonté de reconnaître la
justice comme le fondement pour établir
une société juste, humaine et respectueuse du droit. Elle met
de plus l'accent sur le rôle de conseiller juridique, de jurisconsulte du gouvernement. Cette approche
traduit la détermination du gouvernement d'alors d'amorcer des réformes qui changeront
peu à peu l'image de l'administration de la justice.
Dès le
départ, cette volonté a été clairement exprimée par le premier titulaire du ministère de la Justice, Me Claude Wagner. Pour lui, la définition de la justice était sans équivoque une
justice positive qui repense constamment ses lois et ses attitudes pour
que règnent en permanence l'ordre et la paix dans la société du Québec.
cet égard, de grandes réformes ont vu le jour sous l'impulsion des ministres de
la Justice qui se succéderont sur une
période de 50 ans. Tour à tour, elles répondront à ce souhait exprimé par
le ministre Wagner. De 1965 à aujourd'hui, le ministère
de la Justice du Québec
connaîtra 22 titulaires. J'étais d'ailleurs très heureuse d'être en compagnie de 10 d'entre
eux lundi dernier afin de souligner le 50e anniversaire du ministère et du
chemin parcouru.
Je tiens à
saluer Me Marc-André Bédard, Me Jérôme Choquette, Me Jacques Dupuis, Me Linda
Goupil, Me Normand Jutras,
Me Normand Lefebvre, Me Yvon Marcoux, Me Serge Ménard, Me Gil Rémillard,
ainsi que notre collègue la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
À
titre de ministre de la Justice, de Procureure
générale du Québec et de ministre responsable de la Condition féminine, je suis à la fois émue et fière de
prendre la mesure du chemin parcouru par le Québec en matière de justice depuis 50 ans.
La direction empruntée a mené à la création
d'institutions publiques et à l'adoption de lois pour assurer un meilleur accès à la justice dans le respect des
droits individuels. À eux seuls, au cours des 50 dernières années, les
ministres de la Justice ont parrainé
plus de 350 lois. Parmi les pièces maîtresses figure la charte québécoise
des droits et libertés de la
personne, dont nous célébrons, dans quelques minutes, les 40 ans, et ce,
dans cette enceinte même. Et je tiens à saluer les membres de la commission
qui sont présents aujourd'hui dans les tribunes.
M. le Président, depuis 50 ans, la justice
s'humanise et se veut toujours plus accessible, plus intègre, plus universelle. Tous les gouvernements qui se sont succédé y ont veillé. De plus, des citoyennes et des
citoyens ont apporté leur concours à
son évolution et ils y contribuent toujours. Je pense entre autres aux récipiendaires
du Prix de la Justice, tel le juge
Morton S. Minc, que nous avons honoré cette semaine. Leurs initiatives, qui
favorisent le respect des droits fondamentaux
et les valeurs d'égalité, de justice sociale et civile, ont su inspirer l'administration de la justice et témoigner de son caractère évolutif.
En terminant, cette justice qui se vit aujourd'hui
porte les fruits du travail des équipes du ministère. Plus de 3 300 personnes sont à pied d'oeuvre, que ce
soit pour l'administration ou le soutien nécessaire aux activités
judiciaires, à l'élaboration des lois
du gouvernement, la défense de nos droits devant les tribunaux,
nos interventions auprès des victimes d'actes criminels, en matière
familiale, pour nos orientations et nos politiques en matière de justice, et
j'en passe.
Je tiens, M. le Président, à remercier ces femmes et ces hommes qui donnent au ministère
de la Justice ses lettres de noblesse
et qui contribuent à préparer le chemin de demain. En cette année de
commémoration, je suis heureuse d'être devant
vous pour exprimer ma fierté d'être au nombre de celles et de ceux appelés à
contribuer à cette institution au service des Québécoises et des Québécois
depuis maintenant 50 ans. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors,
ça a tout l'air que ça va être plutôt quatre minutes. Il n'y a pas de problème. Alors, on va donner le même temps aux
porte-parole, s'ils décident de le prendre. Alors, la députée
de Joliette, pour son opinion sur la même motion. Mme
la députée, à vous.
Hivon : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, je suis très
heureuse, à mon tour, de prendre la parole sur cette importante motion
sur cet important anniversaire, au nom de l'opposition officielle.
Ce n'est pas
rien, la mission du ministère de la Justice. C'est, bien sûr, de favoriser la
justice, donc, oui, la justice devant les tribunaux, mais la justice au
quotidien, de favoriser un environnement, au Québec, où les droits de tous et chacun sont respectés, l'exercice de ces
droits-là, mais agir aussi beaucoup pour prévenir la naissance des conflits, qui
est une réalité qui, il y a 50 ans, était beaucoup moins présente, mais qui
l'est de plus en plus.
C'est une
mission qui est fondamentale que celle du ministère de la Justice et qui
se fait souvent dans l'ombre. Donc,
c'est intéressant, aujourd'hui, de vraiment pouvoir lui rendre hommage, parce qu'on sait,
tous les membres des gouvernements savent à quel point le ministère de
la Justice joue un rôle fondamental au quotidien dans l'action du gouvernement également. Et, au cours des 50 dernières années, on a
assisté à une véritable transformation du domaine de la justice, de la manière dont la justice s'exerce également.
Et ma collègue la ministre l'a fait, mais il y a quelques
jalons marquants des
50 dernières années qui méritent d'être mentionnés comme des faits d'armes
du ministère de la Justice, notamment : la
Loi sur l'indemnisation des victimes d'actes
criminels; la naissance de la Division des petites créances, une mesure pour favoriser l'accessibilité à la
justice; la
Loi sur l'aide juridique; la Commission des services juridiques;
bien sûr, la Charte des droits et
libertés, mais aussi le Tribunal des droits de la personne; la
Loi sur la
protection de la jeunesse; la
Loi sur la justice administrative; la loi
sur la médiation familiale; la Loi instituant l'union civile, qui n'était pas rien — encore une fois, le Québec a été précurseur
dans ce domaine; et, bien sûr, le Code civil, la réforme du Code civil,
où le Québec a vraiment fait office d'inspiration ensuite pour de nombreuses
législations à travers le monde; et, tout récemment,
la réforme du Code de procédure civile. Deux réformes qui se sont échelonnées
sur de nombreuses années, qui ont
passé le test des changements de gouvernements aussi et qui laissent une
empreinte dans le monde du droit civil parce que ça a été vraiment des
réformes d'avant-garde.
Je tiens
aussi à remercier l'ensemble des fonctionnaires. Je pense que c'est une
merveilleuse occasion de remercier nos
fonctionnaires de l'État, notamment ceux qui oeuvrent au ministère de la
Justice, pour le concours qu'ils ont apporté, au cours des 50 dernières années, à ces importantes réformes qui
ont vraiment façonné le visage progressiste du Québec d'aujourd'hui.
Et, en terminant, M. le Président, vous n'êtes
pas sans savoir qu'il y a un véritable enjeu, pour ne pas dire un problème au Québec, qui est celui de l'accès à la
justice, sur lequel il faut travailler constamment. D'ailleurs, le juge en
chef Bisson... Bisson! Le juge en chef
Rolland — petit
lapsus — l'ancien
juge Bisson est certainement d'accord, mais le juge en chef Rolland le mentionnait cette
semaine — parce
qu'il est à la veille de prendre sa retraite — il mentionnait à quel point c'est un enjeu réel. Et je pense que,
si on pouvait se faire un cadeau collectivement pour le 50e anniversaire
du ministère de la Justice, ce serait de se
doter de cette priorité nationale collectivement, ensemble, comme Assemblée
nationale, comme on le mentionne dans la
motion, de faire en sorte que l'accessibilité à la justice, que l'appropriation
par les citoyens de leur justice au
quotidien soit une réelle priorité, parce que, sans justice, M. le Président,
la démocratie ne demeure que des voeux pieux. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, Mme la députée de Joliette, pour votre
intervention sur cette motion. Je cède maintenant la parole à Mme la
députée de Montarville pour sa motion.
Mme Roy
(Montarville) :
Merci, M. le Président. Alors, naturellement, c'est avec grand plaisir que je
joins aujourd'hui ma voix à celles de la ministre de la Justice et de ma
collègue de l'opposition officielle pour souligner le 50e anniversaire du ministère de la Justice du Québec et aussi pour
rendre hommage aux ministres de la Justice qui, de Me Wagner à Me Vallée aujourd'hui, en passant
par Me Choquette, l'instigateur de la Charte des droits et libertés de la
personne, Mes Rémillard, Lefebvre, Bellemare,
pour n'en nommer que quelques-uns... Tous ces ministres ont contribué à faire du Québec une société plus juste et plus
respectueuse des règles et des normes dont se sont dotés les Québécois
au fil du temps.
Que ce soit par la
gestion des services de justice, l'amélioration de l'accessibilité du système,
la gestion des différents registres et
certificats, l'administration des dossiers d'infraction pénale, la gestion des
amendes, des régimes d'aide et
d'indemnisation des victimes d'actes criminels et le financement de la
recherche dans le domaine, l'apport du ministère
de la Justice dans l'évolution et l'amélioration du droit et de la justice au
Québec est effectivement remarquable. Mes collègues l'ont souligné à
juste
titre avec encore moult détails.
Le 50e anniversaire
est également l'occasion de remettre certaines façons de faire en question et
de réfléchir, réfléchir aux moyens de les
améliorer au grand profit des justiciables du Québec. Le Québec... pardon, le
droit évolue constamment — le Québec aussi — le droit évolue constamment. Il est tel un
arbre vivant, susceptible de croître et de se développer à l'intérieur
de ses limites naturelles, et le ministère et la personne qui le dirige doivent
en faire de même.
Enfin,
c'est avec grand plaisir et un grand sens des responsabilités envers les
Québécois que ma formation politique s'engage
à collaborer avec le gouvernement afin que nous poursuivions ensemble nos
efforts pour rendre la justice toujours plus accessible et au service de toutes les Québécoises et de tous les
Québécois. Et, à cet effet, j'aimerais d'ailleurs saluer la ministre pour le dépôt, hier, du projet de loi
n° 51, un projet de loi qui vise notamment à rendre l'administration de la
justice plus efficace. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée de Montarville. Et
je cède maintenant la parole à Mme la députée de Gouin pour son
intervention sur cette même motion. À vous.
David (Gouin) : Merci, M. le Président. Le 4 juin 1965, donc, entrait
en vigueur la
Loi sur le ministère de la Justice, et le Québec devenait ainsi la première province à se doter
d'un ministère de la Justice. Cette loi était extrêmement importante et elle a marqué le coup d'envoi d'une
série de réformes qui ont changé peu à peu l'image de l'administration
de la justice en la rendant plus humaine et plus accessible.
Évidemment, on ne
parlera pas de toutes les lois qui ont été adoptées depuis ce temps, mais j'en
ai retenu quelques-unes qui me sont parues
particulièrement importantes : 1972, adoption de la Loi créant la Division
des petites créances au Québec, cette
loi qui a aidé tellement de gens à avoir accès à la justice; la même année,
institution du régime d'aide juridique et de la Commission des services
juridiques; 1975, adoption de la Charte des droits et libertés de la personne, et je pense que tout le monde
aujourd'hui en comprend l'importance; 1977, adoption de la
Loi sur la
protection de la jeunesse; je
travaillais, à l'époque, dans les services sociaux, je sais à quel point ça a
été important; 1989, création du
Tribunal des droits de la personne, une autre loi tellement importante; et,
2002, et non la moindre, adoption de la Loi instituant l'union civile.
Donc,
M. le Président, vraiment, le Québec a franchi des pas de géant en matière de
justice depuis toutes ces années. Je
salue la ministre actuelle, qui est la troisième femme seulement, dans
l'ensemble des ministres de la Justice, troisième femme à occuper ce poste après Linda Goupil et
Kathleen Weil. Donc, il faudra, je pense, améliorer cette situation et tendre
davantage vers la parité sur un certain nombre d'années.
ministère de la Justice a donc 50 ans, mais, bien sûr, il y a du chemin qui
reste à faire. Cette semaine, le juge en chef de la Cour supérieure,
François Rolland, faisait un constat assez peu reluisant de notre système de
justice à la veille de son départ, et il
disait : «La justice est devenue un outil de luxe. Il faut repenser la
façon de pratiquer le droit et de
décider.» Et, à ce sujet, il parlait «avec grand enthousiasme des conférences
de règlement ou de facilitation, instaurées au début des années 2000».
Et soulignait qu'on était encore devant un manque de juges.
Mais,
dans ce dossier, il y a vraiment des nouvelles encourageantes, et je veux
saluer en particulier l'initiative en
faveur de la justice participative, qui s'est concrétisée en novembre dernier
par la signature de la Déclaration de principe sur la justice
participative par près de 60 intervenantes et intervenants du milieu juridique.
Ces gens se sont engagés, comme la ministre
elle-même d'ailleurs, à promouvoir la justice participative, qui s'inscrit dans
un profond changement de la culture juridique québécoise.
justice participative est une philosophie, une conception générale et évolutive
de la justice. Elle recherche un sentiment
de justice chez les citoyens concernés par leur participation et par des
approches adaptées aux circonstances, aux
intérêts et aux capacités des personnes ou instances impliquées. Il s'agit donc
d'une justice sur mesure, fondée sur l'équité, et vous nous voyez très
heureux que nous tentions d'aller dans ce sens.
Il faudra, bien sûr, même si ça a déjà été fait en
2014, hausser davantage les seuils d'admissibilité à l'aide juridique,
puisqu'ils constituent encore une entrave pour beaucoup de personnes à l'accès
à la justice.
Donc, bon 50e anniversaire, et on espère que le
Québec ira encore plus loin dans le domaine de la justice.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, Mme la députée de Gouin. Est-ce que cette motion
est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Adopté. Alors, maintenant, un membre du groupe formant l'opposition officielle,
M. le député de Gaspé, pour la présentation de sa motion. À vous la parole.
Lelièvre : Oui, M. le Président. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec
le député de Bonaventure, le ministre responsable de la région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, le député des Îles-de-la-Madeleine, le député de Nicolet-Bécancour
et le député de Mercier, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale souligne, en ce jeudi
4 juin, la 9e édition de la Journée de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine,
qui se déroule cette année sous le thème Fiers de notre région ;
«Qu'elle
salue l'initiative de la Commission jeunesse Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine qui nous offre l'occasion,
en tant que Gaspésiens et Madelinots de
souche, d'adoption ou de coeur, d'arborer fièrement le bleu pour exprimer notre
sentiment d'appartenance à cette magnifique région, mais aussi notre solidarité
avec ces hommes et ces femmes imaginatifs et
[combatifs] qui [depuis plusieurs années se battent pour développer leurs]
milieux de vie; ces hommes et ces femmes qui sont aux prises avec de
nombreux défis structurels, mais qui regorgent de potentiel afin de les
relever.» Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le leader adjoint du gouvernement, y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion?
Sklavounos :
Oui, M. le Président, il y a consentement pour le débat, à commencer par le
député de Gaspé, qui est auteur de la
motion, suivi du député de Nicolet-Bécancour, après ça par le député de Mercier
pour Québec solidaire et finalement par le député des
Îles-de-la-Madeleine, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, il y a consentement. Nous allons procéder. Alors, M. le député de Gaspé,
à vous la parole.
Lelièvre : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, les Québécois et les
Québécoises sont invités à porter le bleu pour souligner la neuvième
Journée de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine sous le thème Fiers de
notre région .
Initié il y a
près de 10 ans par la Commission jeunesse Gaspésie—Les Îles, l'exercice est d'une grande
symbolique. Aujourd'hui, les Gaspésiens et les Madelinots, tant de
souche, d'adoption que de coeur, arborent le bleu, une couleur significative pour la région, car elle représente
les rivières, les lacs, les baies, le fleuve et le golfe. Le bleu nous entoure
partout dans notre belle région.
La Gaspésie—Les Îles, c'est aussi des hommes et
des femmes attachés à leur coin de pays, fiers d'y vivre et d'y travailler. La
région a vécu des moments difficiles... plusieurs moments difficiles au cours
de son histoire. Les Gaspésiens et
Madelinots sont combatifs, ils sont accueillants et déterminés et souhaitent
vivement participer activement à la
relance de l'économie de leur région. De plus en plus, des jeunes familles
arrivent partout en région pour s'y installer. Les jeunes Gaspésiens et
Madelinots reviennent et ils veulent s'impliquer dans le développement de leur
région. Les entrepreneurs s'investissent
afin de la développer. Leurs attraits, les produits, les nombreuses ressources
doivent être mis à profit afin de
redonner à la région sa fierté légendaire. Les défis sont importants, et la
région est prête à les relever, mais nous
avons besoin du support de l'ensemble des paliers de gouvernement. Les Gaspésiens
et Madelinots sont résilients et
imaginatifs. Ils sont des bâtisseurs partout au Québec, mais souhaitent
ardemment, plus que partout, développer et bâtir leur propre région.
M. le
Président, aujourd'hui, nous célébrons les Gaspésiens et les Gaspésiennes,
Madelinots et Madeliniennes de souche, mais de partout au Québec qui
croient en la Gaspésie. Merci de croire à cette magnifique région. Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, M. le député de Gaspé, merci de votre
intervention sur cette motion. Je cède maintenant la parole à M. le
député de Nicolet-Bécancour pour son intervention. À vous.
Martel : Merci, M. le Président. Je veux joindre ma voix à
tous ceux et celles qui affichent aujourd'hui leur fierté et leur
admiration pour cette région unique, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine.
J'aime profondément cette région, je l'ai
visitée à plusieurs reprises et j'ai été séduit par sa beauté unique, mais
aussi par la convivialité et l'authenticité des gens qui l'habitent. Je ressens beaucoup d'affinité et de solidarité
envers les gens de ce coin de pays. Les problèmes qu'ils vivent au jour le jour ressemblent à ceux
que mes propres concitoyens de Nicolet-Bécancour connaissent : le
sentiment d'éloignement, évidemment plus accentué, le départ des jeunes
attirés par les grands centres, l'avenir des petites communautés, des institutions locales et des milieux de vie, l'emploi,
le vieillissement de la population. Ce sont des enjeux que vivent les Gaspésiens et auxquels nous sommes
également confrontés dans beaucoup de régions du Québec. Et je sais,
comme les Gaspésiens, qu'il n'y a pas de remède miracle, mais, des solutions,
il y en a.
La Gaspésie traverse
des moments difficiles, mais je suis convaincu qu'elle possède les ressources
et le talent nécessaires pour s'en sortir.
Je suis aussi convaincu qu'elle ne doit pas compter que sur des solutions
provenant de l'extérieur pour s'en
sortir. Elle a besoin de projets porteurs qui tiennent compte de ses problèmes,
l'éloignement, la géographie, le climat,
mais aussi de ses forces, de son potentiel réel et de ses atouts qui sont
immensément plus nombreux que certains le croient. Dans chaque petit village de la Gaspésie, il y a des gens qui
ont des idées, de l'imagination, de
l'énergie et le désir de réussir. Ces
gens-là, ils sont nombreux, et il
faut les aider. La Gaspésie doit
miser sur l'émergence d'une classe de gens dynamiques qui désire entreprendre, risquer, se prendre en main et
réaliser ses ambitions. C'est de cette façon que nous inciterons les jeunes à vivre en Gaspésie, que
nous redonnerons la vitalité et l'espoir à chacune des communautés de cette
région et que la Gaspésie maintiendra sa
participation à l'économie du Québec. J'y crois parce que je crois à la
Gaspésie et je crois aux Gaspésiens. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M. le député, de votre
intervention. Et je cède maintenant la parole à M. le député de Mercier pour
son intervention sur cette même motion. À vous, M. le député.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Je suis très heureux, de la part de Québec solidaire, à
me joindre à mes collègues, au député de Gaspé pour souligner cette
journée, cette reconnaissance que l'on doit à la fois à la Gaspésie, aux
Îles-de-la-Madeleine et aux autres régions du Québec.
C'est
une manière en fait de célébrer les régions, la région de Gaspésie, que j'ai eu
l'occasion de sillonner pour différentes raisons au
cours des dernières années, et notamment en 2013, dans la baie des Chaleurs, en
accompagnant Stanley Vollant dans sa marche
à travers le Québec, le long, donc, de la baie des Chaleurs. Évidemment,
c'est une manière pour l'Assemblée
nationale de montrer son intérêt, et sa préoccupation, et notre détermination à
être à l'écoute des besoins des gens
en région. Alors, je souhaiterais que, s'il en est ainsi et qu'on est
particulièrement fiers de souligner la région de la Gaspésie, la fierté que ressentent nos concitoyens de la Gaspésie, on
ait, à l'avenir, j'espère, d'autre chose à offrir, par exemple, que le développement pétrolier, qu'on ait
d'autre chose à offrir qu'une cimenterie mégapolluante, tous deux, des projets économiques qui sont vraiment dignes d'un
passé révolu, d'un autre siècle, dont la Gaspésie n'aurait certainement pas eu besoin. Nous aurions eu besoin de voir
toute l'Assemblée nationale, tous les partis présents s'employer au meilleur
génie possible pour que ces argents publics
soient au service du développement d'une autre économie, une économie qui
soutienne réellement le développement de la qualité de vie, et une économie qui
soit durable, qui soit une économie localement implantée, qui profite au plus
grand nombre.
souhaite également offrir aux régions, puisqu'on est fiers des régions, autre
chose qu'une politique d'austérité économique
pour qu'au lieu de l'austérité économique on puisse soutenir le développement
local, régional, ces différents leviers au lieu de les abolir, en fait
venir en soutien aux organismes pour augmenter leur expertise, pour appuyer les
instances démocratiques qui localement
réfléchissent au meilleur développement correspondant aux besoins exprimés
par la base, une économie, donc, autocentrée, centrée sur la région et venant
d'en bas pour assurer sa pérennité.
Je souhaite également
qu'on ait autre chose...
M. Khadir :
Oui, M. le Président, je vais prendre le même temps que mes collègues, si vous
permettez.
Donc,
je souhaiterais que, si on est vraiment fiers de la Gaspésie et de nos régions,
on ait autre chose à offrir que 50 % de coupures dans les budgets
de développement régional, comme je viens de le dire, ou l'abolition des
agences régionales de santé et services
sociaux pour qu'au lieu de les abolir on augmente leur capacité, on appuie les
CLSC, on augmente le nombre d'emplois
en région, tous des éléments qui montrent, plus que les symboles et nos belles
paroles ici, qu'on est véritablement fiers des régions du Québec. Merci
beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député de Mercier, de votre
intervention. Je cède maintenant la parole à M. le député des
Îles-de-la-Madeleine pour son intervention sur cette même motion.
Chevarie : Merci, M. le Président. C'est avec une grande fierté que je
prends la parole aujourd'hui, en mon nom
et celui de mes collègues, pour souligner la neuvième édition de la
Journée de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, qui se déroule cette année sous le thème Fiers
de notre région .
Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine
est une région qui comprend deux immenses territoires; d'abord, la péninsule
gaspésienne, qui est constituée d'un relief saisissant par la continuité des
Appalaches. La péninsule gaspésienne est baignée
à la fois par les eaux de l'estuaire et celles du golfe du Saint-Laurent et est
façonnée par une multitude de cours d'eau
poissonneux ainsi que de nombreux parcs et réserves. Elle regorge de paysages magnifiques dignes des plus belles
cartes postales. L'autre territoire
que comprend cette belle région est l'archipel des Îles-de-la-Madeleine, qui se situe au coeur du golfe du Saint-Laurent et qui est
reconnu pour être le pays des dunes, des caps et des plages sans fin.
En fait, les Îles,
c'est un Québec situé en plein golfe du Saint-Laurent. Ce jeudi 4 juin,
c'est une journée toute particulière pour cette vaste et belle région, habitée
par des hommes et des femmes dynamiques, résilients qui depuis toujours portent le flambeau de l'occupation du
territoire. C'est une journée pour souligner la beauté de sa nature, la qualité
de ses ressources, la chaleur de son accueil
et la qualité des gens qui y vivent. En cette journée, il me fait... il faut
montrer, pardon, que nous sommes
fiers de qui nous sommes et que nous avons confiance en l'avenir. Porter le
bleu aujourd'hui pour souligner la
Gaspésie et les Îles, c'est d'être solidaire et c'est porter la couleur
omniprésente d'une mer qui entoure chacune des parties de ce grand
territoire.
Aujourd'hui,
je porte le bleu, je suis fier de la Gaspésie, je suis fier des
Îles-de-la-Madeleine. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Est-ce que cette
motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Adopté. Maintenant, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques pour la présentation de sa motion sans préavis. À vous.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la Chambre pour débattre
de la motion suivante conjointement avec la ministre responsable
de la Condition féminine, la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve et la
députée de Saint-Hyacinthe :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le
20e anniversaire de la marche des femmes contre la pauvreté Du pain
et des roses , laquelle s'était déroulée du 26 mai au 4 juin 1995;
«Qu'elle
félicite les milliers de femmes qui ont contribué à cette marche en tant que
marcheuses, bénévoles ou travailleuses
aux divers paliers d'organisation, de même que les centaines d'organisations du
mouvement féministe qui s'étaient réunies pour l'organiser;
«Qu'elle
souligne l'importance de l'appui obtenu par la marche Du pain et des roses ,
tant des femmes [et] des hommes du Québec, de même que par les membres
de l'Assemblée nationale de l'époque;
«Qu'elle
affirme l'importance de lutter contre la pauvreté, notamment en vue d'atteindre
l'égalité entre les femmes et les hommes; et
«Qu'elle
reconnaisse la contribution qu'a eue la marche des femmes contre la pauvreté Du
pain et des roses à l'amélioration de la société québécoise et
prenne acte du chemin qu'il reste à parcourir.» Merci.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, Mme la députée. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Oui, il y a consentement, M. le Président. On avait convenu d'un certain ordre,
mais je vais demander, vu que la ministre
responsable de la Condition féminine est attendue à l'extérieur, si elle
pourrait débuter. Par la suite, on pourrait suivre par la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques,
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve et finalement la députée de Saint-Hyacinthe.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, voilà, il y a consentement. Alors, on va
laisser la parole à Mme la ministre de la Justice. Mme la ministre de la
Justice, à vous.
Mme Vallée :
M. le Président, je vous remercie. Je tiens à remercier les collègues.
Aujourd'hui,
on souligne un événement, un événement qui a marqué le Québec, qui nous a tous
interpellés, d'une certaine façon, en
1995, lorsque nous avons pris connaissance de ces femmes et ces hommes qui
marchaient, demandant un Québec meilleur, une société meilleure. Et je tiens à saluer tout
particulièrement la participation d'une collègue de cette Assemblée, parce qu'à cette époque notre collègue
la députée de Gouin était aux premières loges : elle menait cette grande
manifestation. Et, bien que nous puissions
avoir des opinions différentes sur la façon dont nous intervenons auprès de la
société québécoise, j'ai le plus grand
respect pour une femme de convictions, une femme de principes qui a toujours
tenu le même discours à l'égard de l'égalité des hommes et des femmes, à
l'égard de la justice sociale et de l'importance, à ses yeux, d'investir
davantage.
là-dessus, cette grande rigueur de notre collègue, je crois qu'elle se doit
d'être soulignée aujourd'hui, et c'est pour
ça, M. le Président, que j'ai tenu à joindre ma voix à celle de nos collègues
pour souligner l'apport d'une femme extraordinaire
dans cette grande marche, qui a ouvert les yeux à bien des gens sur la réalité,
sur l'importance de travailler toujours plus et de toujours faire plus
pour atteindre cette égalité entre les femmes et les hommes.
Et, M. le Président, je tenais également à
souligner cet anniversaire parce qu'auprès d'elle notre collègue de Gouin avait su rassembler des milliers de femmes
et d'hommes autour d'une même cause, et, là-dessus, je la salue bien
bas. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, Mme la Justice. Et nous retournons à l'auteure de cette motion,
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
pour son intervention. À vous, Mme la députée.
Massé : Merci, M. le Président. Le 26 mai 1995, vous y étiez, si
ma mémoire est bonne, M. le Président, 850 femmes
sont sur la ligne de départ. J'y étais, et plusieurs autres, notamment de
grandes féministes regrettées. Je pense à Madeleine Parent, Léa Roback, Anne-Marie Alonzo, Hélène Pedneault et
Pauline Julien. La plus jeune marcheuse... ou les plus jeunes marcheuses avaient 15 ans. Notre aînée en avait
79. Elle vit encore et elle peut encore vous raconter comment cette
marche-là l'a transformée.
Ces femmes se
sont réunies pour marcher pendant 10 jours, 850... pardon,
250 kilomètres et elles voulaient marcher pour du pain et des roses; du pain, parce qu'il faut bien mettre du
beurre sur notre pain dans la vie si on veut manger, puis des roses, parce que c'est bien beau manger, mais,
si on n'a pas de qualité de vie, ça ne vaut pas la peine. Elles l'ont fait
parce que, depuis des millénaires, les
femmes marchent pour le bien-être de la population en général. Elles marchent
pour s'assurer que tout le monde
puisse manger, dormir, avoir un toit, s'habiller, mais aussi et surtout pour
marcher dans la dignité. D'ailleurs,
nous avons raison d'être fiers, comme Québécoises et Québécois, de cet
événement historique, puisque, dès
1995, des femmes de différents pays, une quinzaine de pays différents, de
l'Amérique du Sud, de l'Afrique, l'Amérique centrale sont venues marcher avec nous pour dire non à la pauvreté des
femmes. D'ailleurs, vous le savez, le mouvement des femmes québécois a
insufflé un grand rassemblement avec la Marche mondiale des femmes de l'an
2000, et cette initiative a pris ses racines au coeur même de la marche Du
pain et des roses .
4 juin 1995 — 4 juin,
20 ans plus tard — ici même, devant l'Assemblée nationale, 15 000 personnes
attendaient les 850 marcheuses.
D'ailleurs, M. Parizeau, comme ça a été dit plus tôt cette semaine, qui avait
de très grandes qualités mais certes
pas la qualité de la note juste quand il chantonnait, a chantonné avec nous, et
je me souviens très bien du couplet : «Du pain et des roses pour
changer les choses.»
Alors, j'invite, donc, tout le monde de cette
Assemblée, ceux et celles qui nous écoutent, parce qu'ici même, au-dessus de ma
tête, il y a des femmes qui ont marché en 1995 — je pense à Lise
Fournier, à Caroline Tremblay, à Marie-Ève
Ross — qui
aussi organisent le pique-nique qui aura lieu samedi. Je vous invite à venir
commémorer ce grand moment pour le
Mouvement des femmes du Québec, pour les femmes du Québec et pour les hommes du
Québec, qui sont leurs alliés. Je
vous invite à venir commémorer, entre midi et 15 heures, ici même, sur le
parterre de l'Assemblée nationale, un événement qui fait la fierté de
tous les Québécoises et les Québécois. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, de votre intervention sur cette motion. Je cède maintenant
la parole à Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve pour son intervention.
À vous.
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, à mon tour
d'intervenir sur cette motion pour souligner les 20 ans de la
marche des femmes Du pain et des roses.
Alors, effectivement, le 4 juin, comme le
disait ma collègue, 1995, il y a 15 ans... excusez, il y a 20 ans, 20 000 personnes attendaient à Québec
les femmes qui avaient marché pendant 10 jours, 10 jours d'efforts
pour revendiquer des changements
visant l'amélioration de leurs conditions socioéconomiques. Je veux saluer
toutes ces femmes qui hier... et
encore aujourd'hui travaillent à l'avancement des femmes. Je suis heureuse de
pouvoir prendre la parole sur cette motion importante rappelant cet
événement marquant.
On se rappellera les neuf revendications
auxquelles le gouvernement du premier ministre Jacques Parizeau a répondu. Et
j'aimerais ça qu'on se rappelle ces neuf revendications-là importantes.
La première, c'est un programme
d'infrastructures sociales pour des emplois accessibles pour les femmes. Le gouvernement Parizeau avait répondu en
investissant 225 millions sur cinq ans. On avait demandé des augmentations
au salaire minimum pour sortir les femmes de
la pauvreté. Les augmentations avaient été accordées. On avait demandé
l'application des normes minimales du travail aux personnes participant à des
mesures d'employabilité. C'est bien le minimum, ça, M. le Président. On peut dire «fait».
La
Loi sur l'équité salariale, la loi qui créait une commission de l'équité
salariale, à laquelle actuellement,
justement, le gouvernement actuel est en train de réduire cette commission-là à
l'intérieur d'un organisme quelconque...
Mais le gouvernement, à l'époque, le gouvernement Parizeau, avait donné aux
femmes la Loi de l'équité salariale.
La réduction du temps de parrainage de 10 ans à trois ans pour les femmes
immigrantes parrainées par leur
conjoint, ce n'était quand même pas rien, des femmes qui étaient souvent
coincées dans des situations familiales et qui devaient parrainer
pendant 10 ans un conjoint. On a réduit ça à trois ans. La retenue à la source
des pensions alimentaires, M. le Président,
alors faire en sorte que les femmes n'aient plus besoin de courir après un
conjoint pour avoir leur argent, ça aussi, ça a été fait. La création
d'unités de logements sociaux : 1 200 unités de logements sociaux qui
avaient été créées à ce moment-là; fait.
Chantier d'économie sociale : la mise sur pied pour faciliter l'accès des
femmes en formation professionnelle; fait. Gel des frais de scolarité;
fait. Puis, en plus, la création des CPE en 1997.
Alors,
je suis heureuse, mais en même temps, M. le Président, je suis inquiète, parce
qu'on a gagné des choses, on a atteint des nouveaux sommets, mais
actuellement nous assistons à des reculs des conditions, et c'est une réalité actuellement entre les hommes et les femmes.
L'austérité est, semble-t-il, la cause. Quand on dit qu'un fossé de 3 milliards
s'est créé entre les hommes et les femmes,
c'est parlant. En 2015, je crois que nous avons autant, sinon plus de raisons
d'être déterminées et de reprendre cette
marche pour revendiquer, comme il y a 20 ans, le travail et l'autonomie
économique des femmes,
l'accessibilité aux biens communs, aux ressources, la lutte à la violence
envers les femmes — on ne le
dira jamais assez — la paix, la démilitarisation et
l'amélioration des conditions de vie des femmes autochtones. Cet anniversaire
nous amène, dans le contexte des décisions
et des coupes du gouvernement actuel, à réfléchir sur la fragilité de nos
acquis. Quand on coupe en santé, en
services sociaux, en sécurité alimentaire, à l'aide sociale, à l'aide à
l'emploi, à l'éducation, à l'aide aux
devoirs, au développement local et régional, en environnement, en logement
communautaire, en culture, en services
aux personnes ayant des limitations fonctionnelles, en transport, ça touche de
plein fouet les femmes, et c'est inquiétant. Quand on coupe... Excusez-moi, M.
le Président. Quand on coupe à des programmes qui font la promotion de l'égalité hommes-femmes, quand on coupe dans
des programmes sur les rapports égalitaires, quand on fait des coupures
au Conseil du statut de la femme, ça fait mal, M. le Président.
Alors,
ce 20e anniversaire de la marche Du pain et des roses doit plus que
jamais nous permettre, à nous toutes, d'unir
nos forces, d'être solidaires et de lutter au présent contre cette austérité,
qui menace nos acquis. Un slogan qui va toujours durer, M. le
Président : Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous
serons en marche.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, je vous remercie, Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Et je cède maintenant
la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe pour son intervention sur cette
motion. À vous, madame.
Soucy : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de me joindre à mes
collègues pour souligner le 20e anniversaire de la marche des femmes contre la pauvreté Du pain et des roses ,
qui s'est déroulée du 26 mai au
4 juin 1995. Je tiens à souligner le dévouement des milliers
de femmes qui ont contribué à cette marche, que ce soit comme participantes, bénévoles ou travailleuses, ainsi que les organisations du mouvement féministe, les syndicats et les communautés
religieuses qui ont apporté leur soutien pour organiser et financer la
marche.
Cette
marche, qui s'est terminée devant le parlement il y a 20 ans aujourd'hui, a réuni une foule de 15 000 personnes. Cette initiative a marqué l'histoire de la société québécoise
par les avancées politiques qu'elle a permis de réaliser, entre autres l'augmentation du salaire minimum, l'adoption de la
Loi sur
l'équité salariale, le prélèvement à la source des pensions alimentaires et des mesures visant à favoriser une
plus grande intégration professionnelle des femmes sur le marché du travail. Rappelons que le thème Des pains et des roses
était celui des manifestations des femmes de l'industrie textile au début du XXe siècle aux États-Unis.
Le pain symbolisait les conditions de travail et de vie minimales que
réclamaient de bonnes conditions de santé, les roses représentaient la
qualité de vie.
Encore
aujourd'hui, bien qu'elle ait fait des pas de géant,
l'égalité entre les femmes et les hommes demeure une préoccupation constante. L'égalité entre les
femmes et les hommes se trouve au coeur des valeurs québécoises.
Il est donc important de continuer à appuyer les mesures favorisant
l'égalité entre les hommes et les femmes, qui passe, entre autres, par la lutte à la pauvreté.
Encore
une fois, je désire réitérer mon admiration pour les femmes qui ont organisé et
participé à cet événement historique
qu'est la marche Des pains et des roses , et particulièrement à ma
collègue députée de Gouin. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci, Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Est-ce que cette
motion est adoptée?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Adopté. Alors, nous avons terminé les motions sans
préavis.
Avis touchant les travaux des commissions.
Alors, M. le leader adjoint du gouvernement pour vos avis.
Sklavounos : Merci,
M. le Président. Alors, j'avise cette
Assemblée que la Commission des
finances publiques poursuivra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 38, Loi visant à permettre la
réalisation d'infrastructures par la Caisse de dépôt et placement du
Québec, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, de
15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la
salle du Conseil législatif;
La Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 20, Loi
édictant la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de
médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de procréation assistée, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, et de 15 heures à 18 heures et de 19 h 30 à 22 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des transports et de
l'environnement complétera les consultations particulières à l'égard du projet
de loi n° 36, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant
principalement le transport collectif, aujourd'hui, de 15 heures à
18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine; et finalement
La Commission de l'économie et du travail
poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 42, Loi regroupant la Commission de l'équité salariale, la
Commission des normes du travail et la Commission de la santé et de la sécurité du travail et instituant le Tribunal
administratif du travail, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures,
de 15 heures à 17 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle des Premiers-Ministres, 1.38,
de l'édifice Pamphile-Le May. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, pour ma part, je vous avise que la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles se réunira en séance de travail aujourd'hui, à 13 heures, pour
une période d'une heure, à la
salle 3.31 de l'hôtel du Parlement. L'objet de cette séance est de faire
le bilan des auditions portant sur le phénomène d'accaparement des
terres agricoles.
Je vous avise également que la Commission de la
santé et des services sociaux se réunira en séance de travail aujourd'hui, de 13 heures à 14 heures, à
la salle RC.161 de l'hôtel du Parlement. L'objet de cette séance est de statuer
sur la possibilité que la commission se
saisisse d'un mandat d'initiative sur les conditions de vie des adultes
hébergés en centre d'hébergement et de soins de longue durée.
À la rubrique Renseignements sur les travaux,
est-ce qu'il y a des... Pas de commentaires ou questions?
Alors, la
période des affaires courantes étant terminée, nous cédons maintenant la parole
à nouveau à M. le leader adjoint pour les affaires du jour.
Sklavounos : Oui. Merci, M. le Président. Je vous demande
d'appeler l'article 31 de notre feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, à l'article 31 de notre feuilleton d'aujourd'hui — vous
avez bien dit «31»? — ...
Vice-Président (M. Gendron) :
...alors, c'est Mme la députée de Gouin qui propose l'adoption du principe
du projet de loi n° 492, Loi modifiant le Code civil afin de protéger
les droits des locataires aînés.
Y a-t-il des interventions? Je
reconnais Mme la députée de Gouin pour son intervention. À vous la parole.
Mme David (Gouin) : Merci, M. le
Président. Oui, je pense que j'ai bien, bien envie d'intervenir. Écoutez, M. le Président, je ne cacherai même pas à mes collègues qu'il
s'agit d'un grand jour non seulement pour moi, mais pour Québec
solidaire, bien sûr.
Je pense, de mémoire, qu'il
s'agit du premier projet de loi déposé par Québec solidaire depuis huit
ans, depuis 2008, à se rendre aussi loin, et j'espère que nous nous rendrons beaucoup
plus loin, c'est-à-dire à l'adoption
du projet de loi qui est sur la table.
M. le Président, comme cette fois-ci j'ai vraiment du temps, je voudrais commencer par des
remerciements avant d'aller vers le
fond de la question. Je voudrais d'abord remercier du fond du
coeur l'équipe avec laquelle je travaille dans ma circonscription. Nous
travaillons sur tout ce projet depuis deux ans. Alors, merci. Ils et elles se
reconnaîtront. Je voudrais remercier le
Comité logement de La Petite Patrie et celui de Rosemont, remercier les
chercheurs Louis Gaudreau et Martin
Blanchard, remercier les élus de mon arrondissement, avec lesquels j'ai eu de très bonnes et franches
discussions sur le projet de loi qui est devant vous, mais bien
sûr je veux remercier le ministre
de l'Habitation, des Affaires
municipales, de l'Occupation du territoire — et
je m'excuse si j'en oublie — ainsi
que le député adjoint à l'Habitation — malheureusement, je n'ai pas le droit
de dire les noms, c'est vraiment dommage, parce que ça me ferait tellement
plaisir — le
député de Vimont, donc merci, et même leur conseiller politique, que je pense
que je peux nommer, puisqu'il n'est pas en cette Chambre, Jean-Félix Lévesque. Je veux souligner que, depuis maintenant
un an, nous travaillons en étroite collaboration pour améliorer le
premier projet de loi que j'avais déposé, 190, l'année dernière et finalement
aboutir à un nouveau projet de loi. Nous avons eu, je pense, une collaboration.
Je ne sais pas si elle est inusitée, mais en tout cas elle a été extrêmement fructueuse. Je veux souligner aussi la
participation de la députée d'Hochelaga-Maisonneuve à plusieurs des travaux qui ont entouré le dépôt de ce projet de
loi. Je veux enfin souligner une rencontre fort intéressante que j'ai eue
sur ce projet de loi avec le député de Lévis, qui m'a aussi assurée de sa
collaboration.
Bref,
ce que je suis en train de dire, c'est que beaucoup de personnes, et des
personnes aussi en autorité, m'ont accompagnée,
en plus des gens qui m'entouraient dans la circonscription, et mes collègues
bien sûr de Québec solidaire, dans ce
long travail. Je veux remercier finalement les associations nationales, qui
regroupent des centaines de milliers d'aînés et qui dès le début m'ont
offert leur appui et leur collaboration.
Pour
se rappeler un tout petit peu d'où vient l'idée de ce projet de loi, dont je ne
parlerai pas trop longuement malgré tout — d'ailleurs, il est très court — tout ça est parti, il y a deux ans, d'un
constat effectué dans ma circonscription et dans plusieurs autres, c'est l'augmentation de la spéculation immobilière,
spéculation se faisant par toutes sortes de subterfuges mais ayant un impact particulier sur les aînés.
Les personnes aînées locataires dans ma circonscription et dans plusieurs
autres, non seulement à Montréal, mais dans
d'autres grandes villes du Québec, sont souvent des personnes locataires
d'un même logement depuis extrêmement
longtemps, on parle parfois de 30 ans, des personnes vraiment âgées,
souvent vulnérables, souvent en perte
d'autonomie, souvent souffrant de maladies et qui, du jour au lendemain, se
voient évincées d'un logement parce
que le propriétaire dit vouloir agrandir, subdiviser, etc. Et il y a là-dedans...
bon, il y a des causes réelles, mais
il y a aussi parfois, malheureusement, des subterfuges pour arriver finalement
à transformer tout un immeuble locatif
en condos, le revendre, etc. Mais, quelle qu'en soit la raison, moi, j'ai
pensé, nous avons pensé, à Québec solidaire, d'abord et avant tout aux
personnes aînées, aux personnes aînées locataires.
Souvent, si on est
une personne aînée locataire dans Rosemont—La Petite-Patrie, dans le
comté de Gouin, c'est qu'on est une personne
à faibles revenus. On vit dans un deuxième étage, souvent dans un
trois et demie, un petit quatre et demie, mais on est content d'y vivre parce
que ça fait longtemps qu'on est là. On connaît notre CLSC, on connaît nos voisins, on a notre club de l'âge
d'or, on a nos partenaires pour jouer aux cartes, ou faire de la randonnée,
ou s'adonner à d'autres activités, on a nos
services de maintien à domicile. Bref, les aînés ont un environnement
rassurant, sécurisant, qui leur
permet de rester — et
c'est ce que tout le Québec souhaite — le
plus longtemps possible chez eux et chez elles.
donc, à travers toute cette recherche qu'avec beaucoup d'autres personnes,
bien sûr, nous avons effectuée, nous en
sommes venus à nous poser la question suivante : Comment éviter, autant que faire
se peut, des évictions de locataires aînés?
Et là nous arrive une loi française adoptée en 1989, une loi simple et
claire : un propriétaire voulant évincer une personne aînée — en France, c'est de plus de 70 ans — à
faibles revenus doit lui trouver un autre logement comparable ou équivalent dans le même arrondissement, s'il
s'agit d'une grande ville, ou dans la même municipalité s'il s'agit d'une
plus petite ville. J'avoue que, d'avoir vu
cette loi, qui fonctionne depuis 1989 en France, évidemment, a été une grande
source d'inspiration.
Alors,
plusieurs se rappelleront peut-être que, lors de la
dernière campagne électorale, j'avais annoncé publiquement mes couleurs, j'avais dit clairement
que je voulais déposer un projet de
loi là-dessus. Il en a été question
au débat des chefs, et les chefs des
autres formations politiques ont toutes et tous donné leur appui, je dirais,
au principe de la chose. Parce qu'évidemment
le projet de loi n'était pas encore rédigé. Il l'a été au retour
d'une nouvelle session, projet de loi n° 190
qui a été, donc, déposé en cette Chambre.
Mais beaucoup de travail a été accompli depuis, et c'est pour ça que je saluais
d'entrée de jeu la collaboration avec le ministère.
Beaucoup
de travail a été accompli, pourquoi? Parce que, dans le premier projet de loi,
certains termes étaient imprécis,
demandaient des clarifications. Certains concepts n'étaient pas facilement
applicables partout. L'idée de dire, par
exemple : Le nouveau logement devra être dans le même arrondissement s'il
s'agit d'une municipalité de 100 000 habitants et plus, bien, malheureusement ne pouvait pas
s'appliquer partout, parce qu'on a, au Québec, des villes de plus de 100 000 habitants qui n'ont pas
d'arrondissement. Donc, vous voyez qu'on n'était pas sur des problèmes de fond,
on était sur des questions à clarifier.
Mais, tout prenant du
temps en cette auguste enceinte, il aura fallu, donc, travailler de juin 2014
à, je dirais, avril 2015 pour trouver des
solutions à toutes les questions qui avaient été soulevées. Ça a été long.
Parfois, moi, j'ai trouvé ça un petit
peu long, mais, en même temps, comme tout fonctionnait bien, comme il y avait
beaucoup de bonne foi et de sincérité
de tous les côtés, nous avons pensé, avec mes collègues, que c'était un
travail, un exercice important à faire et qu'il fallait prendre le temps
de le faire.
Donc,
venons-en maintenant plus directement au projet de loi. Je rappelle brièvement
de quoi il s'agit. Il modifie, ce
projet de loi, les conditions de la reprise de logement et de l'éviction prévue
dans le Code civil afin de protéger les droits des aînés.
Il oblige le locateur
qui désire reprendre un logement occupé par un aîné ou évincer un locataire
aîné à lui offrir un logement équivalent,
qui correspond à ses besoins, lorsque la situation financière ou l'état de
santé de cet aîné est précaire. Le
logement équivalent doit être situé dans la même municipalité régionale de
comté pour les municipalités de moins
de 100 000 habitants ou à une distance d'au plus sept kilomètres du
logement d'origine pour les autres municipalités de 100 000 habitants et plus. Lorsque le locataire habite la ville
de Montréal, le logement équivalent doit être situé sur le territoire de
la ville, à une distance d'au plus cinq kilomètres du logement d'origine.
Le projet de loi prévoit également une
trêve hivernale qui