Institutions — 23 February 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2017-02-23
Quebec — Committees
(Onze
heures quatorze minutes)
Le Président (M.
Ouellette) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission des
institutions ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 98, Loi
modifiant diverses lois concernant principalement l'admission aux
professions et la gouvernance du système professionnel.
M. le secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Rousselle (Vimont) est
remplacé par M. Polo (Laval-des-Rapides) et M. Marceau (Rousseau) est
remplacé par Mme Jean (Chicoutimi).
Le Président (M. Ouellette) : Lors de l'ajournement de nos travaux, hier
après-midi, nous discutions d'un amendement
présenté par M. le député de Borduas à l'article 1 du projet de loi. M. le
député de Borduas n'avait eu que le temps de nous le lire, et je pense
que nous étions dans les explications de l'amendement de M. le député de Borduas.
Je vous rappelle que,
pour les gens qui nous suivent, l'amendement déposé par Mme la députée de Verdun
a été adopté hier, qui s'est suivi d'un amendement déposé par Mme la députée de
Taillon sur les renouvellements de mandats. Et maintenant nous avons l'amendement
de M. le député de Borduas sur le profil de compétence, toujours à l'article 1.
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui, merci, M. le Président. Bien,
écoutez, je l'avais déposé hier. J'en
avais fait la lecture, j'avais donné également
quelques commentaires à l'effet que c'est important qu'au niveau du conseil d'administration de l'office
il y ait certains profils de compétence qui étaient mis de l'avant. Je pense
que les collègues étaient à l'étape de prendre connaissance de l'amendement.
Le Président (M. Ouellette) : C'est bon. Je pense que ça a été fait. Est-ce que
vous avez d'autres commentaires ou... Mme la députée de Chicoutimi, est-ce
qu'il y a des commentaires avant que j'aille à Mme la ministre?
Jean : J'avais une question,
parce que, lorsque je le lis, c'est : «...en tenant compte,
sauf pour le président, des profils de compétence et d'expérience
établis par l'office.» Ma question est : Pourquoi «sauf le président»?
Le Président (M. Ouellette) : Bien là, ce n'est pas à M. le député de Borduas
de répondre. Je ne sais pas s'il y a quelqu'un
qui a une réponse du côté gouvernemental puis, après ça... Bien, non, je ne lui
donnerai pas... Je ne sais pas, Mme la ministre, si vous aviez quelque
chose à rajouter là-dessus.
Vallée : En fait, je pense que le libellé s'inspire de ce que
l'on retrouve notamment à l'Agence du revenu. Le président ou la présidente d'une organisation comme celle-ci relève
d'une discrétion gouvernementale. Bien entendu, il serait un petit peu particulier qu'un président ou une présidente
nommé n'ait pas de connaissance en lien avec le milieu, avec l'organisme
pour lequel il serait appelé ou elle serait appelée à occuper des fonctions.
Ceci
étant, on a repris le libellé que l'on retrouve à la
Loi sur l'Agence du
revenu. Donc, c'est exactement formulé de la même façon. Maintenant, ça ne nous
pose pas problème, puis on l'a vérifié, là, il n'y a pas de problème à ce qu'on
exclue la mention «sauf pour le président»,
parce que, de fait, je ne crois pas qu'il y ait eu de présidence de l'office
occupée par des gens qui ne connaissaient pas le système professionnel,
par exemple, parce que la connaissance du système professionnel est
certainement un atout.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, écoutez, s'il n'y a pas de problème, du côté du gouvernement, à
enlever «sauf pour le président», je
serais en accord avec la députée de Chicoutimi de le retirer. Et je vous dis
bien librement, M. le Président, puisqu'il
s'agit d'une nomination gouvernementale, moi, je pense que, si on a un profil
de compétence également pour le président, je suis en accord, d'autant
plus que, si ça permet d'avoir des gens... et c'est sans préjudice, ce n'est
pas la situation actuelle, mais on a déjà vu
dans d'autres organisations gouvernementales où on nommait un président qui
n'avait pas nécessairement les compétences pour exercer cette
fonction-là en président d'un tribunal administratif ou un président d'une société d'État, où le simple fait
d'avoir déjà été marcher dans un parc national, ça pouvait le qualifier.
Donc, si on
veut éviter ce genre de situation là, je pense que la réflexion de la députée
de Chicoutimi est la bonne.
Le Président (M. Ouellette) : Et ce seront les seuls commentaires, mais je
demanderais peut-être à Mme la ministre de regarder avec ses légistes...
Vallée : En fait, ce qu'on pourrait faire, là, ce que je vous
propose, on pourrait peut-être... comme je crois que l'amendement est probablement dans le système informatique de
quelqu'un, on pourrait simplement... et puis ce que je vous propose,
c'est qu'on pourrait soustraire l'élément «sauf pour le président», réimprimer
l'amendement, et, à ce moment-là, si notre
collègue était disposé à retirer son amendement que nous pourrions remplacer
par un nouveau texte où il n'y a pas d'exception prévue pour la
présidence...
Le Président (M.
Ouellette) : Est-ce qu'il y a d'autres discussions autres que ce mot,
«sauf le président», relativement à l'amendement de M. le député de Borduas?
Mme la députée de Chicoutimi, non?
Mme Jean :
Non, je n'avais pas d'autres commentaires sur...
Le Président (M. Ouellette) : Vous n'avez pas d'autres commentaires? M. le
député de Borduas, il n'y a pas d'autres commentaires?
M. Jolin-Barrette : Pas d'autre commentaire. Donc, avec votre
permission, M. le Président, on va retirer l'amendement puis on va...
Le Président (M. Ouellette) : Oui. Vous allez me préparer ça? Vous êtes capable
de me préparer ça? Est-ce que ça sort de chez vous? Si ça ne sort pas de
chez vous, je vais demander aux légistes leur aide pour être capable d'avoir...
Jolin-Barrette : ...M. le Président, on a la collaboration du côté gouvernemental
dans ce cas-ci. Donc, on l'apprécie.
Le Président (M. Ouellette) : Bien, je vais suspendre quelques
minutes. Je vais suspendre quelques minutes. Je vais demander aux légistes de nous donner un coup de main pour
ajuster cet amendement à l'article 1 que nous serions prêts à voter par la
suite. C'est suspendu.
(Suspension de la séance à
11 h 21)
Le Président (M. Ouellette) : Nous reprenons nos travaux. Après un bon coup de
main des légistes pour nous concocter
les changements qui ont été acceptés, de part et d'autre, M. le député de Borduas, vous allez me retirer celui que vous
aviez déposé et vous m'en réintroduisez un nouveau.
M. Jolin-Barrette : Effectivement, M. le
Président. Donc, avec votre
permission, on va retirer l'amendement
précédent et on va déposer le suivant :
À l'article 1 du projet
de loi, insérer le paragraphe suivant :
1.1.
remplacer, dans le premier alinéa, «qui fixe leur traitement» par «en tenant
compte des profils de compétence et
d'expérience établis par l'office. Le gouvernement fixe leur traitement.» Donc, ça correspond aux
interventions, là, des différents députés.
Le Président (M. Ouellette) : Ça correspond à vos interventions aussi, Mme la députée de Chicoutimi, Mme la
ministre? Donc, on est prêts à voter l'amendement de M.
le député de Borduas.
Est-ce que l'amendement déposé par M. le député de Borduas est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) : Bon, est-ce qu'il y a d'autres discussions à l'article 1
ou on est prêts à adopter l'article 1 ainsi amendé? On est prêts à adopter l'article
1 ainsi amendé. Est-ce que l'article 1, ainsi amendé, est adopté?
Le Président (M.
Ouellette) :
Article 2, Mme la ministre, pour lecture.
Mme Vallée :
Alors, l'article 5 de ce code est modifié par le remplacement de «aux plaintes
concernant les mécanismes de reconnaissance des compétences professionnelles»
par «à l'admission aux professions».
Le Président (M.
Ouellette) : Remarques?
Vallée : Alors, on
voit, là, on est rendus maintenant à l'article 5 du code qui traite des fonctions du commissaire aux plaintes, et, considérant notre
volonté de modifier le
titre du commissaire, eh bien, il est opportun de
venir corriger le
titre du commissaire à l'article 5 du Code des professions.
Le Président (M. Ouellette) : Est-ce
qu'il y a des commentaires? Mme la députée de Chicoutimi.
Jean : Concernant l'article
2, d'abord, j'aimerais mentionner notre déception par rapport à la motion qu'on a déposée
hier et de la part du gouvernement qui ont refusé ou qui ont voté contre la motion
qui faisait suite à la demande ou
l'annonce du premier ministre... la directive du premier ministre qui
mentionnait que le projet de loi
n° 98 devenait le véhicule pour pouvoir encadrer l'accès à
l'emploi. Actuellement, le projet
de loi n° 98 couvre une
partie de
la reconnaissance des acquis et des compétences, M. le Président, mais
couvre peu, justement, les différents enjeux qui déclinent, justement,
lorsqu'on parle de l'accès à l'emploi pour les nouveaux arrivants. Je précise
que c'était pour les nouveaux arrivants.
On a
souligné, lors de la présentation de la motion, puis je le souligne encore aujourd'hui dans le contexte qu'il y a
une directive actuellement du gouvernement d'inclure ces éléments-là dans l'étude détaillée du projet de loi n° 98, par
exemple, lorsqu'on parle d'accès à l'emploi pour les nouveaux arrivants ou à
l'accès à l'emploi en général, on parlait de lacunes ou de sujets qui ne sont pas traités dans le projet de loi n° 98 comme, par
exemple, l'accès aux stages qui ne sont
pas traités. On parlait aussi de l'accès à
la formation d'appoint. On sait que, lorsqu'il y a un nouvel
arrivant ici qui veut faire
reconnaître ses équivalences, il peut arriver que des formations
d'appoint soient suggérées, ou demandées, ou exigées et il arrive que ces formations d'appoint là ne
sont pas disponibles, ce qui fait que la problématique de l'accès à la
profession existe à ce niveau-là.
Ça avait été
aussi soulevé vis-à-vis l'accès à l'emploi et même vis-à-vis
l'accès à des professions, problématique de francisation. Donc, c'est un autre enjeu qui n'est pas traité actuellement dans le projet de loi
n° 98. Et on a mentionné aussi la problématique, lorsque le Québec
fait la représentation pour intéresser ou démontrer la possibilité de venir travailler au Québec
pour les étrangers, le message n'était pas clair. Donc, les nouveaux arrivants
arrivent au Québec sans trop savoir qu'il y aura des obligations de formation ou de stage et que leurs diplômes ne sont pas automatiquement reconnus. Bref, il y a une
problématique de message donné à l'extérieur.
Ce sont
toutes des problématiques — il doit y en avoir d'autres encore dont on n'a pas traité — qui découlent justement du sujet d'accès à l'emploi pour les nouveaux arrivants,
partiellement traité pour l'accès aux professions, mais pas complètement
traité, comme je le disais tout à l'heure, pour le projet de loi n° 98.
Donc, à ce
stade-ci, je m'interroge d'une façon globale comment on va pouvoir ou comment
la ministre entend, pour le projet de loi n° 98, répondre à la directive
de, justement, couvrir maintenant l'accès à l'emploi des nouveaux
arrivants, qui déborde largement de la reconnaissance des équivalences pour
l'accès aux professions.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée : M. le
Président, on est sur
l'article 2, sur le
titre du commissaire aux plaintes. Je veux simplement réitérer ce que j'ai eu l'occasion de mentionner
hier lors des échanges sur la motion. Le projet de loi n° 98 touche le Code des professions, l'accès aux ordres professionnels par
les personnes issues de l'immigration, notamment. Donc, dans le cadre de 98, dans le cadre des propositions d'amendement
au Code des professions qui s'inscriront dans cette volonté de permettre
un meilleur accès aux ordres professionnels,
à l'intégration à l'emploi à travers les ordres professionnels par les
personnes issues de l'immigration, je
n'aurai aucune objection à étudier les amendements qui s'inscrivent dans le
cadre de bonifications ou de modifications de notre Code des
professions.
Par contre,
il y a des sujets abordés par l'opposition qui ne touchent pas 98. Ça ne veut
pas dire pour autant que ces
sujets-là ne sont pas d'importance et ne sont pas d'intérêt, au contraire. J'ai
des collègues qui ont également, de leur côté, à travers leurs propres mandats, des objectifs, des initiatives
qui seront portées, des initiatives aussi qui ne nécessitent pas
nécessairement des modifications législatives, mais donc je pense qu'il faut
relativiser les choses.
Et, lorsque
le premier ministre a décidé de prioriser, en fait de priorités législatives,
l'étude du projet de loi n° 98, c'est
parce qu'à travers ce projet de loi là il y a notamment, notamment, des
modifications qui vont permettre d'intégrer les personnes issues de l'immigration aux ordres professionnels et de
s'assurer de leur pleine participation à l'économie du Québec.
Maintenant,
pour ce qui est de l'accès à la formation d'appoint puis l'accès aux stages,
vous savez, M. le Président, c'est un
sujet qui est abordé et qui est traité par le pôle de coordination.
Actuellement, le pôle de coordination, il n'est pas encadré par le code. Il existe, mais il n'existe pas de façon
statutaire, législative, et d'où l'intérêt et l'importance de concrétiser son existence et d'officialiser son
existence par l'incorporation au Code des professions. Donc, lorsqu'on parle
d'institutionnaliser le pôle de
coordination, bien, c'est justement pour lui donner une portée plus forte et
permettre aux différents acteurs qui
le constituent de s'investir et d'interagir de façon proactive afin d'apporter
des solutions concrètes aux
problématiques que l'on rencontre lorsque vient le temps de trouver une place
de stage pour ceux et celles qui font le choix de s'établir au Québec et d'intégrer une profession réglementée et
aussi pour s'assurer que la formation d'appoint sera adéquate, et sera
offerte, dispensée, et répondra aux réels besoins de ces personnes.
Maintenant, pour ce qui est de l'article 2,
M. le Président, simplement, on revient sur le
titre du commissaire. Et je crois que ce libellé de Commissaire à
l'admission aux professions est beaucoup plus positif et représente davantage
ce que nous souhaitons réellement, c'est de
permettre que chaque personne puisse se réaliser et, lorsqu'elle possède les
compétences et les qualifications requises, puisse intégrer le milieu
professionnel.
Président (M. Ouellette) : Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean :
Merci. Merci, M. le Président. J'aimerais quand même revenir, pour être
certaine qu'on se comprend bien par
rapport à la directive donnée par le premier ministre, qu'il était, dans ses
paroles, clair que le traitement ou l'enjeu de l'accès à l'emploi aux nouveaux arrivants, dans son sens large et non
pas seulement qu'au niveau professionnel,
donc, est-ce que... La compréhension
qu'on en avait faite, c'était que le projet
de loi n° 98 ne devait plus se
limiter aux ordres professionnels ou aux professionnels qui venaient de
l'étranger, mais à l'ensemble des nouveaux arrivants au niveau de leur
recherche et de leur disponibilité ou leur capacité d'accéder à un emploi au Québec.
je renchérirais en plus que le premier
ministre avait mentionné que, s'il y
avait des propositions, des mesures, justement, qui pouvaient traiter, justement,
de cet enjeu-là d'accès à l'emploi en général et non pas seulement
que l'accès aux professions, que ça
revenait, dans le fond, à la ministre de la Justice de traiter de ces choses-là. Puis,
lorsque ça sera compris, on pourra
voir ce qu'on fait avec ça, mais est-ce que je comprends qu'on ne traitera
pas, malgré les directives du premier ministre, dans l'étude détaillée
du projet de loi n° 98, de l'accès à l'emploi des nouveaux arrivants?
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée :
M. le Président, la collègue fait
tout un détour. Nous allons traiter de l'accès à l'emploi des nouveaux arrivants qui font le choix du milieu
professionnel réglementé. 15 %, les ordres professionnels comptent pour
15 % de l'ensemble
de la main-d'oeuvre. Mais, M. le
Président, il n'a jamais
été question que ce projet de loi là vienne empiéter notamment sur des mesures qui
pourraient relever de mon collègue responsable de l'Emploi et de la Sécurité
sociale, par exemple,
de ma collègue de l'Immigration. Ma collègue de l'Immigration a une rencontre
sous peu avec votre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve afin d'aborder
certains enjeux très spécifiques qui relèvent d'elle.
C'est
un mandat transversal. Mon mandat est d'assurer qu'à travers le Code des
professions il y a des mesures qui
vont permettre de répondre à un certain nombre de problématiques qui ont été
identifiées entre autres par le commissaire
aux plaintes et qui sont un frein à
l'intégration pleine et entière des personnes issues de l'immigration qui,
malgré toute leur bonne volonté, toutes leurs compétences et leurs
connaissances, n'arrivent tout simplement pas à intégrer les ordres professionnels. Des cas, on en a, on en a vu dans
les médias, il y en a qui ont été répertoriés. Des solutions, il en existe.
Notre mandat, c'est de permettre à assurer
une cohésion au sein de notre législation, au sein de la réglementation pour
répondre à des besoins réels qui touchent et
concernent les ordres professionnels. Et ma collègue est mal placée pour nous
dire que nous n'agissons pas, puisque la
semaine dernière il y a eu un forum sur l'accès à l'emploi qui a abordé les
questions de l'intégration des
immigrants parce que l'intégration en emploi des immigrants, c'est un dossier
transversal qui interpelle plusieurs ministres de ce gouvernement.
d'ailleurs il y a un comité interministériel piloté par le MIDI qui reviendra
avec des mesures plus larges sur les différents
sujets qui interpellent différents ministères. Mais, dans le cadre de mes
fonctions de ministre de la Justice, de ministre responsable des ordres professionnels, il y a du travail à
faire, et c'est là-dessus qu'on doit se pencher. Et j'ose espérer qu'il n'y aura pas d'obstruction
intelligente de la part de l'opposition officielle dans ce projet de loi là
parce que ce serait dommage qu'on ne
permette pas d'assouplir notre Code des professions, notre réglementation pour
permettre une réelle intégration des immigrants aux ordres
professionnels.
Le Président
(M. Ouellette) : Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean : M. le
Président, j'aimerais beaucoup
que la ministre fasse attention à ses paroles et que d'aucune
façon j'aimerais qu'elle porte des
présomptions sur nos intentions. En tant que représentante, il n'y a pas
d'obstruction, il n'y a pas d'obstruction qui est prévue.
Mme Jean : Qualifiez comme vous le voulez, Mme la ministre, mais il n'y a pas d'obstruction prévue, excepté de faire notre travail correctement. Et, si du temps est nécessaire pour faire le travail correctement, nous prendrons le temps nécessaire pour faire le travail
correctement, de manière à ce que...
Le Président
(M. Ouellette) : Je vous entends, Mme la députée de Chicoutimi.
Je vous entends.
Mme Jean :
Oui. Donc, disons que...
Le Président
(M. Ouellette) : Je vous entends.
Mme Jean :
Merci. Ceci dit...
Le Président (M. Ouellette) : Et je vais être très vigilant, Mme la députée de Chicoutimi, sur la procédure et sur l'étude
article
par
article du projet de loi n° 98, soyez-en assurée.
Mme Jean : Merci. Et j'en conclus, avec le discours très
précis de Mme la ministre, que nous
n'aborderons pas, malgré les
directives du premier ministre, le sujet d'accès à l'emploi en général et que
l'étude qu'on va faire, détaillée, du projet de loi n° 98 va se
limiter à l'accès aux professions.
Président (M. Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
M. le Président, je tiens simplement à rappeler que, lors de notre point de
presse en compagnie du premier
ministre, ma collègue responsable du ministère de l'Immigration, de la
Diversité et de l'Inclusion m'accompagnait. Nous avons toutes les deux un
mandat très clair. Le mandat qui est le mien est d'assurer la pleine
intégration des personnes immigrantes
aux ordres professionnels, de permettre d'aplanir les difficultés qui sont
rencontrées. Il faudrait avoir des lunettes
roses, il faudrait avoir des lunettes roses pour croire qu'il n'y a pas, actuellement,
dans le système, des difficultés rencontrées par les personnes issues de
l'immigration.
le Président, vous êtes député, d'abord et avant tout, député de Chomedey, vous
savez très bien... et vous avez, à
titre de député, des citoyens qui cognent à
votre porte régulièrement vous faisant état des difficultés qu'ils rencontrent.
J'en ai chez moi aussi. J'ai eu le
privilège, vendredi dernier, de me rendre à l'Université de Montréal et de
rencontrer les jeunes étudiantes qui
travaillent actuellement à la clinique d'intégration, qui rencontrent au
quotidien des citoyens qui ont et qui
vivent ces problématiques-là. Alors, on a devant nous un Code des professions
qui est un outil important, un outil important
pour le développement économique du Québec. Et, à travers ce code-là, il y a
une possibilité d'assurer cette intégration pleine et entière.
Alors,
M. le Président, c'est certain que, lorsque ma collègue aura des idées de
bonification et d'amendement — et, ça aussi, je l'ai mentionné
hier — il
va me faire plaisir de regarder et d'étudier sérieusement ses propositions de
bonification qui seront en lien avec le projet de loi n° 98 et les
dispositions du Code des professions.
Le Président
(M. Ouellette) : Nous revenons sur l'étude de l'article 2.
Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean :
Oui, concernant l'article 2, j'aimerais émettre les commentaires suivants.
On parle actuellement de changer
l'appellation du commissaire aux plaintes dans l'appellation de Commissaire à
l'admission aux professions. Lors des
auditions, il y a eu des réserves d'émises par plusieurs organisations qui ont
déposé des mémoires à l'effet d'élargir le mandat sans, encore une fois, avoir les limites de ce mandat-là, qui
était plutôt vague, de la manière... comment on avait vu ça, et les réserves ont été émises, justement,
à cet effet-là. Là, on parle du titre, on ne parle pas du contenu encore. On
parle du titre, donc, on lui donne déjà le
titre de Commissaire à l'admission
aux professions.
fonction des réserves qui ont été émises et, si on embarquait immédiatement
dans l'admission aux professions, c'est comme si, je vous dirais, on
cautionne, on établit immédiatement que c'est fait. Donc, ce ne serait pas plus
sage peut-être de reporter cet article-là, ou encore de limiter, ou de trouver
un qualificatif ou un énoncé qui permettrait, justement,
de limiter le mandat du commissaire aux plaintes pour ne pas qu'il soit
interprété comme quoi le commissaire serait
en charge de l'admission? Parce que ce n'est certainement pas ce qui est vu, et
ce n'est certainement pas qui est espéré, et c'est des craintes qui ont
été soulevées lors des auditions.
Le Président
(M. Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
M. le Président, pour ce qui est des commentaires de la collègue sur les
réserves, bien, vous voyez, la
semaine dernière, on a proposé d'étudier le projet de loi en blocs, ça nous a
été refusé, alors on va le travailler
article par article. Et maintenant, bien, on est avec l'article 2, et je
considère que l'appellation Commissaire à l'admission est un
titre qui est beaucoup plus positif et qui permet
aussi au commissaire de jouer pleinement
son rôle, puisqu'au cours des dernières années le commissaire a rencontré un
certain nombre de dossiers où, malheureusement, il y avait des limites à
son mandat qui ne permettaient pas de
rejoindre l'ensemble des cas, l'ensemble des intervenants, et cette volonté,
elle est celle de l'équité et d'une meilleure cohésion de l'appareil.
Alors,
pour ce qui est des pouvoirs et du mandat, on y verra, on y reviendra en temps
opportun, mais pour ce qui est du
titre, moi, je considère que l'utilisation du
titre Commissaire à l'admission,
elle est positive et elle vise exactement le mandat dont nous parlions
tout à l'heure, confié par le premier ministre.
Le Président
(M. Ouellette) : Bon. Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean :
Merci. J'aimerais mentionner à la ministre qu'effectivement elle avait suggéré
qu'on puisse étudier le projet de loi
en blocs et je rappellerais à la ministre qu'on n'était pas contre l'idée. On
n'a pas dit non à l'idée d'étudier en
blocs, sauf qu'on n'avait pas la présentation de la ministre d'en quoi
consistaient effectivement les blocs. Vous vous souviendrez que...
Le Président (M. Ouellette) : Bon, bon, bon. On est sur l'article 2. Il
n'est pas dit, dans l'ouverture d'esprit que tous les membres de la commission manifestent ce matin, qu'il n'y aura
pas une tentative prochaine de simplifier ou de faire en sorte que les
prochains articles pourront jouir d'une compréhension accrue, mais, pour le
moment, on est en discussion sur
l'article 2. Et je comprends que la première tentative de Mme la ministre
d'étudier le projet de loi en blocs n'avait
pas obtenu le consentement unanime des membres, et on va continuer nos
discussions sur l'article 2. Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean :
Bien, écoutez, moi, je veux bien concentrer sur l'article 2, mais, lorsque
la ministre me répond que nous étions contre l'étude en blocs, permettez-moi de
pouvoir rectifier la situation du commentaire de Mme la ministre, qui mentionnait ça, et
d'éclaircir, justement, à l'intention de tous ceux qui nous écoutent, qu'on
n'était pas contre l'idée d'étudier le
projet de loi en blocs. On n'est certainement pas contre, et je l'avais
mentionné dans mes remarques préliminaires,
que de collaborer et faire en sorte que ce projet de loi soit approuvé dans les
meilleures conditions possibles. Et
je réitère, effectivement, cette intention-là de collaboration et de faire en
sorte que l'étude détaillée du projet de loi n° 98 se fasse le plus efficacement possible et le mieux
possible. Donc, je pense que c'est important de préciser ce fait-là ou cette
réalité-là.
Président (M. Ouellette) : Je vous entends, Mme la députée de Chicoutimi. Est-ce qu'il y a
d'autres commentaires sur l'article 2?
Mme Jean :
Moi, je réitère le commentaire que le Commissaire à l'admission, il y a
vraiment une ouverture, face aux
réserves qui ont été émises par les institutions d'enseignement surtout et
d'autres groupes qui présentaient des réserves, justement, à l'élargissement du mandat du commissaire aux plaintes et qui
devenait, justement, un commissaire à l'admission
et que d'étiqueter ou de nommer le commissaire, maintenant, Commissaire à
l'admission pourrait donner le signal qu'il s'occupe de l'admission, et
ce n'est pas le cas.
On comprend
plus que le mandat qu'on veut donner, le nouveau mandat ou l'étendue du mandat
supplémentaire qu'on veut donner au commissaire aux plaintes aujourd'hui
est un mandat qui va permettre, si je me souviens bien, d'analyser et de faire l'analyse de processus, donc peut-être qu'une
appellation plus de commissaire à la reconnaissance des compétences serait peut-être plus opportune et
plus précise par rapport au réel mandat, au nouveau mandat qu'on entend
donner au commissaire aux plaintes.
Le Président (M. Ouellette) :
Comptez-vous en faire un amendement, Mme la députée de Chicoutimi?
Mme Jean :
Effectivement, ça permettrait peut-être d'en discuter profondément. Je me
proposerais de déposer un amendement.
Le Président
(M. Ouellette) : O.K. Je vous
permets de procéder à la rédaction de l'amendement et je me permettrais
de demander au collègue de Borduas s'il a des commentaires préliminaires sur
l'article 2, si vous êtes d'accord,
et, quand il sera prêt, je reviendrais à vous.
Le Président (M. Ouellette) : M.
le député de Borduas, avez-vous des commentaires à l'article 2?
M. Jolin-Barrette : Bien, je vais en avoir, M. le Président, mais, pour débuter, je trouve ça intéressant, la suggestion
de la députée de Chicoutimi, donc peut-être que je voudrais voir son amendement
avant, si c'est possible.
Président (M. Ouellette) : C'est beau. Donc, Martin, vous allez nous préparer un amendement?
Je vais suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 50)
(Reprise à 12 heures )
Président (M. Ouellette) : Nous reprenons nos travaux. Nous en étions, lors de la pause, avec Mme la députée de Chicoutimi, qui préparait un amendement à l'article 2.
Je vais vous demander, Mme la députée de Chicoutimi, de nous lire votre amendement, et nous
aurons une discussion par la suite.
Mme Jean : D'accord. Merci,
M. le Président. Donc, j'aimerais
déposer l'amendement suivant pour l'article 2 :
Modifier l'article 2 du projet de loi
en remplaçant les mots «à l'admission aux professions» par les mots «aux
mécanismes de reconnaissance des compétences professionnelles».
Le texte modifié se lirait comme ceci :
L'article 5
de ce code est modifié par le remplacement de «aux plaintes concernant les
mécanismes de reconnaissance des
compétences professionnelles» par les mots «aux mécanismes de reconnaissance
des compétences professionnelles».
Président (M. Ouellette) : C'est beau. Avez-vous des explications à nous fournir, additionnelles,
autres que celles que vous nous avez données avant de préparer
l'amendement, Mme la députée de Chicoutimi?
Mme Jean :
Oui. Je répéterais rapidement que, de notre côté, on n'est pas contre, effectivement,
l'élargissement du mandat du commissaire
aux plaintes actuellement. On a entendu les réserves qui avaient été énoncées
par différents groupes lors des
auditions sur, justement, jusqu'où va aller le mandat du nouveau commissaire ou
le nouveau mandat du commissaire. Et, selon les
explications qui avaient été données, à l'époque, on parlait beaucoup de la
possibilité du commissaire d'aller pouvoir
enquêter, poser des questions pour être capable de déterminer sur les
mécanismes. Alors, on pense que le nouveau libellé représente plus l'intention
de, oui, élargir le mandat du commissaire, mais quand même avec une
limite au niveau de son action, d'où le libellé qui est proposé dans
l'amendement.
Le Président (M. Ouellette) : C'est beau. Avant que Mme la ministre nous donne
ses commentaires, M. le député de Borduas, est-ce que vous auriez des
commentaires additionnels sur l'amendement... Mme la ministre.
Mme Vallée :
Bien, en fait, M. le Président, on aura la chance de discuter du mandat du
commissaire à l'article 12, il
va être précisé. Et je pense que le
titre en soi de commissaire aux admissions
est conforme au mandat que nous souhaitons accorder au commissaire.
comprends que certains groupes aient formulé des préoccupations, aient formulé
leurs inquiétudes. Mais on a quand même des organismes non négligeables
qui nous ont indiqué être tout à fait en accord avec cette démarche, notamment, et non la moindre, la Protectrice du
citoyen, la Table de concertation des organismes au service des personnes
réfugiées et immigrantes, la Fédération des
chambres de commerce du Québec, l'Institut de recherche et d'information
socioéconomique, l'Institut sur la
gouvernance. Bref, oui, les ordres sont en désaccord, mais on a quand même deux
ordres qui sont en accord avec le principe, là, l'Ordre des chimistes et
le Collège des médecins.
Mais moi, je
considère, M. le Président, que le mandat... et nous aurons la chance d'en
discuter à l'article 12, l'élargissement
du mandat du commissaire, c'est un élément majeur qui vient justement répondre
à certains défis et certaines problématiques
et permettra, après... Une certaine expérience et expertise développée au fil
des ans nous amène à revoir son mandat, à l'élargir en raison des
obstacles qui ont pu être rencontrés au fil du temps.
Donc,
pour moi, le message au commissaire aux admissions... Vous savez, on a
longuement réfléchi sur la question, et
le Commissaire à l'admission, c'est un
titre beaucoup plus positif, beaucoup
plus porteur, beaucoup plus simple également.
Et, quant au mandat, évidemment, on ne donnera pas aux fonctions du commissaire
ce que l'on... Le mandat sera défini
à l'article 12, et nous pourrons en discuter plus longuement, mais, pour
ce qui est de l'appellation du commissaire, c'est, à notre avis, vraiment la volonté de créer ce Commissaire à
l'admission aux professions, tout en respectant, et on le verra, l'autonomie des ordres, l'autonomie des
intervenants dans certains secteurs bien particuliers. Et c'est pour ça que
vous verrez, M. le Président, un peu plus tard, qu'on a exclu et on a
clairement identifié les limites de l'intervention.
il ne faut pas oublier non plus que le commissaire a quand même déjà un certain
nombre de pouvoirs. Alors on ne crée pas une nouvelle créature, on ne fait
que permettre à notre créature actuelle d'intervenir de façon plus efficace.
Le Président
(M. Ouellette) : Mme la députée de Chicoutimi, avant que j'aille
à M. le député de Borduas.
Mme Jean : J'entends la réponse de la ministre.
Je ne pense pas que c'est juste pour être plus efficace. On étend le mandat et le pouvoir du commissaire, selon le projet de loi qui est proposé, et, je le répète, ce n'est pas quelque chose auquel on est contre nécessairement. Là où on a plus de réserves, c'est sur
l'étendue de ces nouveaux pouvoirs là qui sont encore vagues et qui ne
sont pas limités.
Lorsqu'on
utilise une appellation telle que proposée, «commissaire aux admissions», on
donne un indice, actuellement : aux admissions dans son sens large. Et les
groupes qui sont venus, qui émettaient des réserves sérieuses, que ce
soient les institutions d'enseignement, que ce soient les ordres professionnels, émettaient justement des réserves, jusqu'où ira justement l'éventail du pouvoir du
nouveau commissaire. Et les réserves étaient fondées sur : le commissaire
serait bien mal vu de venir intervenir dans
les conditions d'admission, dans les critères qui sont demandés pour qu'un
individu, une personne qui demande à être
admise à une profession corresponde à tel, tel, tel critère pour être un
professionnel, avec les habiletés et les connaissances qu'il faut pour
faire le métier.
J'imagine
que ce n'est pas l'objectif du commissaire aux plaintes, actuellement, et des
nouveaux commissaires de faire une
ingérence dans ce niveau-là, mais, lorsqu'on parle de Commissaire à
l'admission, on peut interpeller... ou on peut interpréter, plutôt, le mandat irait jusqu'à l'admission. D'où,
puisqu'on est déjà dans son appellation, c'est un indice qu'on donne,
justement, à l'intention aujourd'hui en donnant le
titre au commissaire,
actuellement.
Donc, je répète que
ça serait pertinent, bien vu, et peut-être plus précis, et mieux compris, et ça
servirait aussi l'intention du projet de loi
de donner davantage de pouvoirs au commissaire mais qui vont être quand même
limités à certaines actions, donc un
pouvoir d'aller poser des questions pour être capable de porter un jugement sur
les mécanismes utilisés, être capable
de les comparer. D'où une appellation qui serait plus pertinente, à mon avis,
c'est l'appellation qu'on propose,
qui est le commissaire aux mécanismes de reconnaissance des compétences
professionnelles, qui est l'objectif, en bout de ligne, des articles qui
touchent cet élément-là dans le projet de loi.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la ministre, est-ce qu'il y a des
commentaires sur les commentaires de Mme la députée de Chicoutimi, avant
que j'aille à Borduas?
Mme Vallée :
Non. En fait, j'entends ma collègue, mais malheureusement je ne partage pas son
opinion quant à l'appellation du commissaire.
Le Président
(M. Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. Merci, M. le Président. Écoutez,
j'ai écouté les échanges entre la ministre et la
députée de Chicoutimi.
Je comprends, de l'amendement de la
députée de Chicoutimi,
qu'elle veut vraiment refléter quels sont les véritables pouvoirs qu'on va donner au commissaire
aux plaintes, «slash» Commissaire à l'admission ou commissaire aux mécanismes de reconnaissance des compétences professionnelles.
On est peut-être un peu dans la sémantique, mais c'est toujours
bien de nommer les choses telles qu'elles sont aussi.
on est dans une situation, actuellement, et M. le commissaire pourra me
corriger, où, actuellement, en tant que commissaire aux plaintes, il
a la juridiction, peut-être pas complète, mais sur les candidats étrangers qui...
Et je comprends, M. le Président, c'est
introductif, ce que je dis, je sais que le débat se fera à l'article 12,
mais peut-être qu'on peut commencer
là-dessus parce que ça touche nécessairement le
titre qu'on va lui attribuer,
donc on peut peut-être en discuter un
peu en même temps puis on va revenir à l'article 12. Mais le commissaire a
actuellement la majorité des pouvoirs pour
évaluer le traitement qui est effectué par rapport aux candidats étrangers, par
rapport à l'admission des candidats qui ont suivi leurs formations à
l'étranger, qui sont issus de l'immigration.
Moi,
ce que j'ai compris des consultations qu'on a eu au mois d'octobre...
septembre, octobre dernier, c'est que certains
candidats avaient des parcours atypiques, donc des gens qui ont reçu une
partie
de leur formation ici et à l'étranger, qui
se retrouvaient, dans certains cas, un peu le bec à l'eau, et que ceux-ci,
bien, dans le fond, parfois, n'avaient pas de recours, nécessairement, par rapport aux ordres professionnels, ne
pouvaient pas aller voir le commissaire, qui agit en quelque sorte comme
un ombudsman ou un Protecteur du citoyen limité aux ordres professionnels
lorsqu'il constate qu'il y a un ordre
professionnel qui n'aurait peut-être pas suivi les règles d'équité, le mécanisme pour l'admission à la profession, sous réserve toujours
aussi que les candidats qui se voient refuser l'admission à un ordre professionnel ont toujours le recours régulier de saisir les tribunaux. Ça,
ce n'est jamais exclu pour l'admission. Ça s'est déjà
fait dans le cas... au Barreau il y a plusieurs années, c'est un cas
qu'on voit, classique, effectivement, c'est onéreux.
L'objectif,
c'est que, lorsqu'on a un candidat qui est compétent, qui a les
compétences requises, il ne faut pas qu'il soit empêché de travailler puis de devenir membre de l'ordre professionnel. La question qui se pose, c'est : Est-ce qu'avec les pouvoirs que le commissaire a actuellement... jusqu'où doivent-ils
être élargis pour respecter la prérogative des ordres professionnels qui, eux,
admettent les candidats? Parce que, lorsqu'on lit le libellé du
titre que l'on
veut donner au commissaire aux
plaintes, maintenant, «Commissaire à l'admission aux professions», c'est vrai
que ça peut laisser tendre que c'est
peut-être lui qui admet les candidats, mais le processus, dans les 46 ordres
professionnels, ultimement, ça va être inscrit
au tableau de l'ordre, ça va être l'ordre professionnel qui va admettre le
candidat, ultimement. Donc, l'objectif qu'on a avec le poste de commissaire
aux plaintes, actuellement, c'est de dire aux candidats immigrants qui trouvent
que le traitement de leurs dossiers n'a pas été fait de façon appropriée par
l'ordre professionnel, c'est de dire : Vous avez un recours, vous pouvez
aller voir le commissaire aux plaintes, il va évaluer le processus.
Moi,
je suis bien d'accord avec ça, puis, même, je vous dirais, je suis d'accord
aussi avec la
partie de l'élargissement pour les candidats qui ont une
candidature atypique, qui se retrouvent dans un no man's land, qui se
retrouvent entre les deux puis qui ne
voudraient pas saisir les tribunaux. Ça, je pense que, si vous avez une
partie
de votre formation au Québec, une
partie de votre formation à l'étranger, puis que, là, ça ne suit pas le régime
d'équivalence prévu par l'ordre professionnel,
puis que ce n'est pas arrimé avec l'université, le programme universitaire,
puis qu'ils se retrouvent entre deux
chaises, bien, je suis d'accord qu'on pourrait recevoir les commentaires du commissaire
aux plaintes, Commissaire à
l'admission aux professions ou au mécanisme de reconnaissance des compétences
professionnelles. Mais la question qui se
pose, puis c'est bien soulevé par la députée de Chicoutimi : Ce n'est pas
le commissaire aux plaintes qui admet, c'est lui qui va venir
dire : Bien, écoutez, peut-être qu'il y a tel, tel, tel élément à
corriger.
Mais,
il faut être clair aussi. Lorsqu'on nous dit, du côté gouvernemental, avec
l'annonce qui a été faite avec le premier
ministre, la ministre de l'Immigration et la ministre de la Justice :
L'intégration, ça passe par le projet de loi n° 98, bien, je suis plus ou moins d'accord parce que,
oui, il faut s'assurer qu'il y ait les mécanismes pour faire en sorte que les
gens qui ont des compétences ne soient pas
freinés au niveau des ordres professionnels, mais il ne faut pas oublier non
plus que le principe de base du système
professionnel, c'est la protection du public. Donc, on ne doit pas retirer ce
pouvoir-là aux ordres professionnels
d'assurer leur mission première, la protection du public. Ce n'est pas vrai
que, si vous avez un diplôme, une formation dans n'importe quel autre
pays du monde, ça veut dire que la formation, elle est adaptée aux exigences nord-américaines, aux exigences
québécoises que l'on exige. Ça, c'est le principe de base sur lequel on va
devoir travailler aussi. Donc, ça, c'est le premier élément pour le
premier ministre.
deuxième élément, c'est que, dans le projet de loi n° 98, outre
l'élargissement des compétences du commissaire aux plaintes pour les candidats qui ont un parcours dit atypique, il n'y
a pas grand-chose... bien, en fait, puis le pôle de coordination, il n'y a pas d'éléments qui visent à
faciliter l'intégration des immigrants en emploi précisément, nommément.
Alors là, je me dis : Est-ce que le
gouvernement va nous déposer des amendements en ce sens-là, au niveau des
ordres professionnels? Ça fait que ce
serait ma question pour la ministre, M. le Président. Est-ce qu'on a
l'intention, dans le fond... J'ai vu ce qu'il y a dans le projet de loi,
il y a le commissaire aux plaintes, le pôle de coordination, mais, outre ces
deux éléments-là, est-ce que c'est l'intention du gouvernement d'amender le
projet de loi pour venir dire aux ordres professionnels :
Bien, voici l'intégration, comment on veut qu'elle soit favorisée? Dans le
fond, ma question, c'est : Est-ce qu'il y a autre chose qui s'en
vient, ou c'est vraiment ce qu'il y a dans le projet de loi n° 98?
Le Président (M. Ouellette) : On est très loin de l'étude de l'amendement de
l'article 2, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, pas tant, M. le Président, je vous dirais,
parce que là on parle du commissaire, on parle d'admission, on parle de
son titre, ça fait qu'il faut que le
titre représente c'est quoi, la réalité,
Le Président
(M. Ouellette) : Et vous faites référence à quel article, à
l'article 12?
M. Jolin-Barrette : Vous voulez
dire pour le commissaire?
Président (M. Ouellette) : Oui.
M. Jolin-Barrette :
Bien oui, les pouvoirs sont prévus à l'article 12 du projet de loi.
Le Président
(M. Ouellette) : O.K.
M. Jolin-Barrette : Mais nécessairement, pour qu'on puisse donner des
pouvoirs au commissaire, il faut qu'il soit
institué, puis il est institué par l'article 5 du Code des professions.
Puis là l'article 2 du projet de loi amende l'article 5 du
Code des professions. Donc, je pense que je suis dedans, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) : Et là on revient à une discussion antérieure,
mais je pense que nous étudions les articles un par un, présentement,
mais c'est la volonté de la ministre suite à la première journée.
Mme Vallée :
Effectivement, M. le... euh... M. le premier ministre! Mon Dieu! Ouf!
Le Président
(M. Ouellette) : Non, ne faites pas ça, ne faites pas ça, s'il
vous plaît.
Mme Vallée :
M. le Président, j'ai...
Le Président
(M. Ouellette) : Ça n'arrivera pas, je suis trop vieux.
Mme Vallée :
Mais, je tiens à rassurer mon collègue, on aura, au cours des prochains jours,
à discuter d'un certain nombre
d'amendements, mais, pour ce qui est du commissaire et du rôle du commissaire,
il n'y a pas d'amendements majeurs,
là, qui seront présentés. Par contre, comme je le mentionnais, il y a, à
l'intérieur de notre Code des professions, de belles opportunités pour lancer un message beaucoup plus clair. Et
là-dessus on aura la chance d'en discuter lorsqu'on arrivera...
Lorsqu'on arrivera à la rivière, on fera les démarches pour traverser le pont.
Mais,
ceci étant dit, pour ce qui est de l'article 12 plus précisément et du
rôle du commissaire, loin de moi l'idée d'arriver avec des surprises qui
viendraient avoir un effet sur l'article 2. Si c'est la préoccupation de
mon collègue, l'objectif n'est pas d'étudier
l'article 2 et d'ajouter ou de modifier de façon substantielle
l'article 12. Il y aura d'autres choses qu'on vous proposera en
temps opportun, mais pour l'article 12...
Parce
que je comprends que le collègue dise : Avant d'étudier l'article 2
et le
titre du commissaire, nous, on ne voudrait pas se retrouver dans une situation où le rôle du commissaire,
tel qu'on l'a compris à travers le projet de loi, tel que nous en avons discuté dans nos échanges, tel
que nous avons pu en discuter à d'autres moments donnés... ne doit pas être complètement différent, auquel cas, là, ça
créerait un inconfort. Et je ne suis pas du tout du style à vous amener avec
une surprise de cette envergure.
Puis ce qui est
clair, actuellement, le commissaire n'a pas de rôle décisionnel, il n'a pas de
rôle opérationnel au niveau de l'admission.
L'objectif n'est pas, soudainement, de confier au commissaire des rôles qu'il
n'a pas et qui n'ont pas été prévus
par le projet de loi. Alors, ça, c'est clair, pas d'élément de surprise
là-dedans. Et donc je pense qu'il y aura un petit amendement, mais quant au
texte anglais, si ma mémoire est bonne, là, pour ce qui est du rôle du
commissaire, c'est dans la version
anglaise, on a un petit amendement à apporter. Mais ça ne change pas... ce
n'est pas un amendement qui vient changer de façon substantielle le fond. Donc,
je veux simplement rassurer le collègue sur cette question-là.
comprends qu'à l'article 2, lorsque le mandat est 10 articles plus
loin, on puisse se questionner. Mais, sans faire tout le débat sur l'article 12, je peux quand même... et je pense
que c'est de bonne guère et tout à fait transparent de vous dire qu'on ne va pas accorder un rôle décisionnel
soudainement puis on ne va pas donner un rôle opérationnel. Ça demeure un regard plus transversal, un spectre d'analyse
plus large qui permet de voir l'ensemble des processus d'admission, parce
que certaines problématiques ont été soulevées au cours des dernières années.
Bon,
c'est sûr qu'on a encore quelques heures ensemble, mais hier le commissaire
nous a déposé une documentation fort
intéressante sur la synthèse de ses analyses. Et j'invite les collègues à en
prendre connaissance parce que c'est un document fort intéressant qui explique un petit peu aussi ce qui nous
amène à... Exactement. Je vois que le collègue de Borduas en a pris connaissance. Donc, ça nous
amène... et ça explique pourquoi, là où... les limites actuelles de
l'intervention du commissaire et les constats, aussi, dressés au cours
des dernières années.
Le Président
(M. Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, M. le Président, je comprends qu'il n'y a
pas d'amendement majeur pour le rôle du commissaire. Cela étant dit, si jamais la ministre est déjà en
possession d'amendements pour les autres articles du projet de loi, si elle le désire, nous, on serait prêts à
les recevoir, déjà. Comme ça, ça nous permet d'avoir une prévisibilité dans le
cadre du projet de loi. Donc, je l'informe
qu'on est prêts à recevoir ses amendements, puis ça nous aiderait peut-être à
travailler aussi puis à voir aussi quelle
est la stratégie gouvernementale concrète, lorsqu'on dit que le projet de loi
n° 98 vise... En fait, c'est la réponse du gouvernement à notre
vivre-ensemble.
Le Président
(M. Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée : C'est la
réponse à notre vivre-ensemble, en ce qui a trait à l'inclusion des personnes
issues de l'immigration aux ordres
professionnels et à leur pleine participation à l'économie du Québec.
Maintenant, pour ce qui est des amendements, soyez assurés que, dès que nous
aurons certains amendements, nous vous les fournirons, mais on n'est pas... Et on ne se cache pas qu'il y a quand même
une réalité, actuellement, qui fait que la préparation des amendements en amont est plus difficile, en raison,
évidemment, de l'absence de nos juristes. Puis je ne vous cacherai pas que nos
juristes de l'État jouent un rôle fort important.
Le Président
(M. Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je comprends que, du côté
gouvernemental, on a des idées d'où on s'en va, ce qu'on souhaite amender, mais que, matériellement, on ne
peut pas le faire en raison du fait que les juristes ne sont pas présents.
Mme Vallée :
Pas seulement pour ça. Parce qu'il y a certaines vérifications qui sont en
cours actuellement parce que, oui,
effectivement, il y a des bonifications qui seront apportées, il y a des
propositions aussi de bonification qui
nous seront présentées, certaines vérifications sont en cours. Mais sachez que,
même si nous n'avons pas physiquement certains
amendements, on pourra, en temps opportun, là, peut-être se rencontrer dans le
cadre d'une séance de travail, je
n'ai pas de problème, pour faire part de certaines idées, de certaines
propositions. Mais, pour ce qui est de l'article 2...
Le Président (M. Ouellette) : Nous revenons à nos discussions sur l'amendement. Mme la députée de Chicoutimi,
à l'article 2.
Mme Vallée :
C'est ça.
Le Président (M. Ouellette) : Je comprends que nous avions une discussion
générale, là, nous faisions un survol. Je
comprends votre point, M. le député de Borduas, vous avez vu que je ne vous ai pas interrompu
non plus. Je pense que c'est
pour le bénéfice de tout le monde qui nous écoute et de tous les membres de la commission
qu'on précise un peu plus dans quel terrain de jeux on va jouer.
M. Jolin-Barrette : Oui, mais simplement mentionner, c'est un peu la
démonstration de l'importance, dans
le cadre des travaux des commissions
parlementaires, dans le cas du développement... de l'adoption des lois parce
qu'on voit que, présentement, la Commission des institutions, bien, pour
pouvoir progresser, on va avoir besoin des juristes de l'État. Donc, leur travail, pour la conduite de nos
travaux, elle est essentielle. Puis c'est bien que la population le sache,
qu'ils font un travail dans plusieurs
domaines, mais notamment aussi pour faire fonctionner le Parlement, pour faire
fonctionner l'adoption des lois, pour la rédaction, et on les manque, M.
le Président. Et le président du Conseil du trésor devrait prendre note de ça. Il pourrait même assister à
nos travaux pour voir l'impact que ça a, cette réalité-là. Donc, on réitère que la négociation de
bonne foi, elle est essentielle de la part du gouvernement.
Si je reviens à l'amendement,
M. le Président...
Le Président (M. Ouellette) : Je
pense qu'on lui rappelle tous les
jours, M. le député de Borduas. On revient à l'amendement de l'article 2.
M. Jolin-Barrette : Oui. Donc, si je regarde l'amendement de ma collègue et que je regarde l'article 12, si on les
lit ensemble, M. le
Président, il m'apparaît que la suggestion
proposée par la députée de Chicoutimi représente assez bien ce sera quoi, les nouvelles fonctions, si on
décidait d'adopter l'article 12, du commissaire aux plaintes. Alors, en
ce sens-là, je pense que l'utilisation des termes «aux mécanismes de reconnaissance des compétences professionnelles» serait appropriée.
Le Président (M. Ouellette) : Merci. Mme
la ministre, je pense
que vous avez fait vos commentaires? M. le
député de Borduas, c'est vos
commentaires. Mme la députée de Chicoutimi, est-ce que vous avez des
commentaires additionnels?
Mme Jean :
Oui, j'aimerais rajouter, encore une fois, que l'indice qu'on donne par le
titre donné au nouveau mandat du commissaire est important, que, lorsqu'on parle d'«admission», c'est une
étendue qui ne précise pas jusqu'où effectivement
est l'étendue de ses pouvoirs. Il serait important de donner un indice,
justement, dans le titre, de cette limite-là. D'où la
proposition.
réserves émises par les groupes sont importantes. Puis ce n'est pas quelques
groupes qui l'ont mis. Ils sont importants justement en fonction de
l'étendue. Donc, ce n'est pas un sujet mineur, c'est un sujet important qui a
été soulevé par plusieurs. Et pour
paraphraser la ministre, moi, ce que je trouverais, c'est que ce soit
surprenant qu'il n'y ait pas d'amendement
justement ou quelques amendements à l'article 12,
lorsqu'on y sera, justement pour préciser l'étendue. On s'attend à ce qu'il puisse y avoir une étendue
plus précise par rapport à l'étendue des nouveaux pouvoirs des
commissaires.
Donc,
c'est ce que je voulais rajouter ici. Puis je rajouterais aussi qu'effectivement, si on n'a pas reçu encore les amendements intentionnels ou que la ministre
a l'intention de déposer et que c'est dû justement à l'absence des
juristes suite au conflit, je pense que ça serait important de le considérer.
Nous, on a besoin, comme législateurs, d'avoir ces informations-là. Et, à ce
moment-là, les juristes sont
nécessaires pour faire notre travail convenablement. Donc, j'espère que
ce n'est pas la situation actuellement. Merci.
Président (M. Ouellette) : S'il n'y a pas d'autre commentaire sur l'amendement à l'article 2,
on va voter sur l'amendement
de Mme la députée de Chicoutimi. Est-ce que l'amendement de Mme la députée de Chicoutimi... Vous allez demander un vote par appel
nominal?
Mme Jean :
Je demande un appel nominal.
Le Président (M. Ouellette) :
Un vote par appel nominal est demandé. M. le secrétaire.
Le Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Jean (Chicoutimi)?
Le Secrétaire :
M. Jolin-Barrette (Borduas)?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Secrétaire :
Mme Vallée (Gatineau)?
Le Secrétaire :
Mme Montpetit (Crémazie)?
Le Secrétaire :
M. Merlini (La Prairie)?
Le Secrétaire :
M. Boucher (Ungava)?
Le Secrétaire :
Mme Melançon (Verdun)?
Le Secrétaire :
M. St-Denis (Argenteuil)?
Le Secrétaire : M. le
Président?
Le Président (M. Ouellette) :
Je m'abstiens.
Le Secrétaire : C'est rejeté.
Président (M. Ouellette) : Donc, l'amendement de Mme la députée de Chicoutimi
est rejeté. On continue nos discussions sur l'article 2 du projet de
loi n° 98. M. le député de Borduas, vous avez des commentaires?
M. Jolin-Barrette : Oui, M.
le Président. J'ai quelques
commentaires, en fait, sur ce poste de commissaire aux plaintes, Commissaire à
l'admission aux professions — vraisemblablement, c'est comme ça qu'on va l'appeler — et
ça touche l'article 12 aussi en même temps.
On nous dit qu'il y a des difficultés
rencontrées, et, la ministre nous a dit tout à l'heure, ça fait l'objet de l'expérience de plusieurs années. Donc, le
poste a été créé en 2009, je crois, il est entré en vigueur en 2010 et donc de
quelques années. Par contre,
lorsqu'on regarde le rapport annuel, il n'y a pas énormément
de dossiers qui ont été déposés. Donc,
ça, j'aimerais peut-être avoir une explication là-dessus
en termes du nombre de dossiers traités et par rapport au nombre
de recommandations retenues.
Le Président (M. Ouellette) : Mme
la ministre.
Mme Vallée : Bien, sur le mandat du commissaire, je pense qu'on pourra élaborer en temps opportun, à l'article 12,
M. le Président. Quant à l'appellation du commissaire, bien, je pense qu'on a pas mal
fait le tour. Les fonctions du commissaire,
ce sont des fonctions qui sont vraiment dédiées à la mission, aux professions, à un ordre
professionnel, donc il va continuer
de veiller à assurer, là, apporter, comme on le mentionne, un regard qui est
indépendant puis un regard aussi qui
est critique sur notamment la réglementation, sur l'application de la réglementation. Parce que, parfois, l'application de la réglementation, en soi,
n'apparaît pas problématique, mais l'application, son interprétation a des
effets qui sont non souhaités sur la mission, donc, puis ça peut révéler
aussi des effets, un, qui n'étaient pas souhaités, qui n'étaient pas prévisibles, mais aussi qui deviennent carrément
un obstacle. Et ce regard-là va mener, de la part du commissaire, à des recommandations sur les meilleures façons d'aborder et peut-être
de corriger. Donc, le commissaire est une vigie sur l'ensemble de ce qui se fait, de la documentation,
de l'information qui est communiquée et son pouvoir de recommandation va permettre de corriger des situations qui posent problème et qui nuisent à
l'intégration aux professions. Et puis vous savez, M. le Président, le rôle du commissaire... puis on va y
revenir, je ne veux pas faire trop de temps là-dessus parce que je sais qu'on va faire pas mal de temps à l'article
12, mais le rôle, à l'article 12, il est bien délimité, il est bien déterminé
et... Voilà.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, on en reparlera à l'article 12. Cela étant dit, peut-être
en termes statistiques, par rapport au nombre de dossiers
traités, c'était plus le sens de ma question. Mais je dis à la ministre :
Reparlons-en à l'article 12; moi, ça ne me dérange pas de le traiter à ce
niveau-là.
Par contre, au niveau
de l'article 2, ce dont on doit traiter, c'est au niveau de la structure organisationnelle
du commissaire aux plaintes à l'intérieur de l'Office des professions. Bon, lorsqu'il
y a eu la création du poste, en 2009, on est venu créer ce poste-là, et le commissaire est désigné et est un professionnel en fonction
de la
Loi sur fonction publique. Donc,
le commissaire est un employé de l'État, contrairement au
président de l'office qui, lui, est une personne qui est désignée par
décret.
Alors,
dans le rôle du commissaire aux
plaintes et dans le rôle que vous allez lui attribuer, il va devoir faire des
recommandations et regarder, surveiller les processus à l'office même. Donc, il
va regarder les ordres professionnels, il va
évaluer ce qui se fait dans les 46 ordres professionnels, mais il va aussi
regarder ce qui se fait par les membres de l'office au niveau de la gestion
interne. Alors là, on est dans une structure où la personne qui occupe le
poste, elle est désignée en fonction de la
Loi sur la fonction publique, elle a un statut dans la fonction publique. C'est
un employé de l'État, mais elle se retrouve dans une organisation
qu'elle doit critiquer. Donc, ce n'est pas une personne désignée.
Même
chose pour ce qui est de la question de son budget. Donc, le budget du
commissaire est déterminé par les membres
de l'Office des professions et par le président de l'office. Donc, lorsqu'on a
une personne — j'allais
dire un chien de garde — qui vérifie les processus au niveau du
système professionnel, une sorte d'ombudsman, de protecteur du citoyen,
je me question sur l'indépendance institutionnelle qu'on accorde au commissaire
aux plaintes.
fait que je voulais peut-être entendre la ministre là-dessus, sur la structure
que ça prend, quelle forme ça prend à
l'intérieur de l'office, c'est quoi la réalité dans l'application concrète,
d'autant plus que, si on élargit les pouvoirs du commissaire, bien là,
il va avoir une plus grande juridiction et notamment la réalité par rapport à
l'office.
Vallée : M. le Président, alors c'est une question qui est fort intéressante, mais, avec
respect, elle n'a aucun lien avec l'article 2 que nous étudions présentement et elle n'a aucun lien avec l'article 5 du code que modifie l'article 2. On fait de l'article par article,
là, puis ça serait le fun de rester sur l'article.
M. Jolin-Barrette : Bien, M. le Président, si vous me permettez, l'article 2
du projet de loi, c'est :
L'article 5 de ce code est modifié par le remplacement de «aux plaintes concernant les mécanismes de reconnaissance des
compétences professionnelles» et «à l'admission aux professions».
vient changer le
titre de l'individu. C'est lié avec l'article
12 sur son champ de compétence et là c'est un poste qui est prévu à l'article 5 du Code des professions. Donc, ça touche directement... et on parle d'avoir un meilleur système professionnel,
que le commissaire a un regard plus large, et là moi, je vous
soulève le fait que, dans l'organisation du système
professionnel, à l'Office des professions
même, le commissaire est une personne désignée et est une personne
nommée en vertu de la
Loi sur la
fonction publique, qui a un statut de fonctionnaire et qui n'a pas un statut,
supposons, d'ombudsman, se retrouve avec un budget qui est approuvé par
le président de l'office.
Donc,
la ministre me dit souvent : Il faut respecter les institutions. Là, je lui parle d'institution, de la façon que c'est organisé, puis elle me dit que ça n'a pas de lien avec ce qu'on
veut faire dans le projet de loi. Je veux juste connaître sa position là-dessus. Je me demande pourquoi il
n'est pas nommé par un décret. S'il est chargé de critiquer l'office, bien,
comment ça se fait qu'il n'a pas d'indépendance institutionnelle?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
M. le Président, je vais relire, je pense, pour les gens qui nous écoutent,
c'est intéressant, là.
L'article 5 de ce
code est modifié par le remplacement de «aux plaintes concernant les mécanismes
de reconnaissance des compétences professionnelles» par «à l'admission
aux professions».
L'article
5 du Code des professions stipule ce qui suit : «Le secrétaire, le
Commissaire aux plaintes concernant les mécanismes de reconnaissance des professionnels ainsi que les autres
fonctionnaires et employés de l'office sont nommés suivant la
Loi sur la
fonction publique.»
commissaire en soi, bien, lui, il est institué en vertu de l'article 16.9
du Code des professions, et on va toucher à cet article-là à l'article 11 du projet de loi n° 98.
Là, la modification que l'on apporte, c'est la modification du
titre du commissaire. On n'apporte pas d'autre modification. Donc, je comprends que mon collègue soulève des questions. Ces questions-là sont plutôt de nature, peut-être,
et relèvent davantage de l'article 16.9 et de l'article 11. Pour ce qui
est de l'article
2, je vois difficilement en quoi toutes ces questions de budget, et de mandat,
et de pouvoirs ont un lien avec le
titre du commissaire.
Mais, vous
savez, M. le Président, encore une fois, on a suggéré aux collègues de
l'opposition la semaine dernière de
travailler par blocs, ce qui n'a pas été souhaité à ce moment-là. Je comprends,
mais là on travaille
article par article.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Rappel de
mémoire pour les gens qui nous écoutent à la maison, on nous a suggéré de fonctionner par blocs. On ne nous a... les
oppositions, on a demandé d'avoir ça sur papier et d'avoir tous les blocs, pas
uniquement deux blocs, parce que, dans ce
qui nous a été soumis, on avait le bloc du commissaire puis on avait le bloc
du pôle.
Le projet de
loi, il compte plus qu'uniquement ces deux blocs d'articles là. Moi, j'ai
indiqué très clairement que j'étais
ouvert à procéder par blocs mais pour autant qu'on nous soumette la totale, la
totalité. Je ne dirai pas : On va procéder par blocs uniquement sur ces deux sujets-là que le gouvernement me
présente, puis je ne verrai pas la suite des choses. Il faut que j'aie
un portrait global.
Et je le dis
à la ministre très candidement, je suis encore ouvert à travailler par blocs,
si elle le veut, mais je veux avoir
une proposition concrète, écrite, qui va me dire : Bien, on va traiter ça
en premier, ça en deuxième puis ça en troisième, puis qu'on fasse le tour du projet de loi avec la proposition d'étude
par blocs. Donc, ce n'est pas une fermeture de notre part. Je lui dis : Écoutez, on est ouverts,
soumettez-nous quelque chose de complet. Je pense que c'est raisonnable de
poser cette question-là, mais la
ministre me réfère à l'article 11 du projet de loi pour me dire :
Bien, ça devrait être traité à cet endroit-là. Mais on change le
titre
également à cet endroit-là.
Moi, je
reviens avec ma question, parce que je pense que c'est important, M. le
Président, pour les gens qui nous écoutent,
parce que le système professionnel, parfois, les gens ne sont pas en contact
tant que ça avec ça, sur la mécanique, comment
ça fonctionne. Je pense que c'est important de connaître la position du
président de l'office dans l'organisation par rapport à celle du commissaire aux plaintes, comment c'est
institutionnalisé. Moi, je soulève le fait qu'il est désigné en vertu de la
Loi sur la fonction publique, il
n'est pas nommé par décret. D'habitude, exemple, le Protecteur du citoyen,
il est désigné par les deux tiers de
l'Assemblée nationale pour lui donner une indépendance institutionnelle. Est-ce
que je dois comprendre que la
ministre ne souhaite pas lui donner une indépendance institutionnelle? Je ne
dis pas qu'il faut lui en donner une, je fais juste la questionner sur
le dossier.
Et l'autre
élément qui est important aussi... puis, dans la stratégie gouvernementale qui
a été annoncée par le premier ministre,
on nous dit : Il faut faire en sorte que l'immigration... les gens qui sont des professionnels, qui veulent
intégrer les ordres professionnels, qui sont issus de l'immigration, puissent le
faire. Je suis d'accord avec elle, avec le principe cardinal que la protection du public prévaut et il
faut que les mêmes standards s'appliquent à tout le monde au niveau de la formation, au niveau de la compétence, au niveau des examens.
Là, si le
commissaire a des recommandations à faire, bien, il les fait dans un rapport
annuel, mais c'est le même rapport
que le président de l'office, que l'Office
des professions. Il n'y a pas de rapport distinct. Et là je me questionne
aussi. On pourrait bénéficier de l'expertise
du commissaire aussi, supposons en commission parlementaire, M. le Président,
mais là ça devient un petit peu plus difficile, parce que la personne,
théoriquement, qui est son supérieur, c'est le président de l'office, si je comprends bien. Donc, si on veut
inviter quelqu'un en commission parlementaire pour nous présenter les recommandations du commissaire sur quel est
l'accès à la profession pour les immigrants dans les ordres professionnels,
bien, il faut que j'invite le président et non pas nécessairement le
commissaire.
Donc,
j'aimerais juste avoir des clarifications sur la structure organisationnelle.
Je comprends que ça a été adopté en
2009, mais, dans le «day-to-day», j'aimerais avoir l'opinion du président de
l'office puis peut-être du commissaire aussi, à savoir est-ce que
ça les satisfait, de la façon dont la structure organisationnelle, elle est
créée.
Président (M. Ouellette) :
Je pense qu'on est en train de faire le débat sur 11 ou 12. Là, on est dans le
titre à 2, et je comprends, M. le
député de Borduas, et je vous ai laissé exprimer votre pensée... et plus vous
exprimez votre pensée, plus je pense
que c'est des commentaires qui vont être très pertinents quand on va être à
l'étude de 11 et 12 sur la structure, et M. Dutrisac et M. Gariépy vont se faire un plaisir de vous fournir les
explications demandées. Je nous rappelle qu'on est à 2, sur le titre.
Jolin-Barrette : M. le
Président, respectueusement, à 11 et à 12, on parle des pouvoirs du
commissaire, on ne parle pas de la
structure organisationnelle qui institue le commissaire à l'article 5 du Code
des professions, et c'est l'article 5 qu'on est en train de
modifier.
Alors, si
vous voulez que j'intervienne à l'article 11 et 12, j'interviendrai à l'article
11 et 12, mais je vais poser les
mêmes questions puis j'attends des réponses. Ça fait que moi, je considère que
ça s'applique mieux à l'article 5 du Code des professions. S'ils ne
veulent pas avoir le débat là, on l'aura plus tard.
Président (M. Ouellette) :
Non, non, mais je ne veux absolument pas brimer votre droit de parole, M. le
député de Borduas, vous le savez, mais je pensais qu'effectivement,
suite à vos commentaires, ils étaient très appropriés à l'article 11 et 12. Je
le mentionnais tout simplement pour notre réflexion. Mme la ministre.
Mme Vallée :
Tous les éléments soulevés par notre collègue relèvent, de près ou de loin, des
dispositions 16.9 et suivantes. Le collègue parlait d'indépendance du
commissaire — je
m'excuse, j'ai une pastille, j'ai un petit mal de gorge — mais
on parle de l'indépendance du commissaire... on est à 16.20.
actuellement, on est en train d'analyser l'article 5, une petite modification à
l'article 5. Donc, il me fera plaisir d'avoir
ces échanges-là puis de permettre à Me Dutrisac et de permettre à Me Gariépy de
présenter la réalité du commissaire, de
présenter le travail du commissaire. Ça, il n'y a pas de problème avec ça, mais
je veux simplement nous ramener à l'article 2.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Écoutez, M.
le Président, c'est quand même pertinent de savoir, de la part de la ministre,
est-ce qu'elle considère qu'une personne qui fait des recommandations
doit être issue de la
Loi sur la fonction publique.
Mme Vallée : M. le Président?
Le Président (M. Ouellette) : Oui,
Mme la ministre.
Mme Vallée : La question du
collègue n'a rien à voir avec l'amendement qui est présenté.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président...
Le Président (M. Ouellette) : Non,
O.K., woups, on est sur l'article 2. Oui, M. le député de Borduas?
Jolin-Barrette : Si la
ministre le souhaite, je peux déposer un amendement à son amendement à
l'article 5, puis là on va repartir puis tout ça. Je lui dis...
Le Président (M. Ouellette) : Non,
non, non. Wo, wo, wo!
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
on est jeudi, la ministre me prête des intentions.
Le Président (M. Ouellette) : Non,
non, non.
Jolin-Barrette : Bien,
certainement, M. le Président. Certainement, M. le Président, puis je veux
faire un point là-dessus, M. le
Président. L'utilisation du terme «filibuster» par la ministre, je crois que c'est proscrit dans nos règles.
Le Président (M. Ouellette) :
...dans les débats, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Je crois que
c'est proscrit. Pouvez-vous me renseigner là-dessus?
Le Président (M. Ouellette) : Ça n'a
pas été enregistré dans les débats, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : O.K.
Bien, moi, je l'ai entendu très, très clairement et, lorsqu'on me prête des intentions, je peux dire que ce n'est
pas le cas puis je ne trouve pas ça approprié de me prêter des intentions.
Le Président (M. Ouellette) : C'est
effectivement un terme qui est proscrit par l'Assemblée nationale.
M. Jolin-Barrette : Bon, merci, M.
le Président. Donc, j'envoie un message à la ministre, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) : Vous
m'envoyez un message, M. le député de Borduas?
M. Jolin-Barrette : À vous.
Le Président (M. Ouellette) : Oui,
merci. On revient à l'article 2.
Jolin-Barrette : Bien, en
fait, M. le Président, je vise à faire un commentaire pour favoriser nos travaux, le bon déroulement de nos travaux.
Le Président (M. Ouellette) : Je
vais vous entendre sur votre commentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président,
je dis, par votre voix, à la ministre, qu'on est prêts à travailler, mais, lorsqu'on a des questions comme ça, il y a
deux façons de procéder : soit qu'on dépose des amendements,
que c'est plus long et qu'elle... si elle souhaite qu'on aille par la
procédure rigide, on peut le faire.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre, s'il vous plaît!
Jolin-Barrette : Si elle ne
veut pas qu'on aille par la procédure rigide, et ça pourrait
accélérer le cas, bien, à ce
moment-là, ça démontre une volonté de
la part du gouvernement. Mais, s'il
y a de la rigidité du côté du gouvernement, puis on ne fait pas son bout de chemin, ça va être plus long,
c'est plus dur.
Alors
là, moi, je pensais qu'on pourrait discuter du statut un peu, je trouve que ça
s'inscrit bien à l'article 2, mais, s'il
faut qu'on dépose des amendements à toutes les fois... puis peut-être
que ça va susciter chez moi encore plus d'intérêt à soulever plus de questions s'il y a un choix de la ministre
qui est là-dedans.
Mais je vous
dis, M. le Président, moi, je veux que ça chemine, mais je soulève
juste des questions, parce que c'est la première fois qu'on révise la loi puis c'est la
première fois qu'on révise les dispositions associées au commissaire. Je dis...
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : ...à 5, M.
le Président, on n'est pas à 16.9. Quand on va arriver à 16.9, on en jasera.
Donnons-nous le temps d'y arriver.
Jolin-Barrette : M. le
Président, est-ce que la ministre est prête à suspendre l'article 2? Parce que
ça touche le mode de nomination du commissaire. Je veux l'entendre
là-dessus. Si elle me dit : Écoutez, on va progresser...
Mme Vallée : J'ai proposé ça
la semaine passée, de fonctionner...
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre, un instant, un instant.
Mme Vallée :
Non, mais, M. le Président, j'ai proposé ça la semaine passée, de fonctionner
par blocs, on n'a pas voulu. On a
dit : Bien, ça ne fonctionne pas. Alors là, on fait de l'article par article.
Je veux bien, mais c'est ça que vous vouliez, c'est ça que vous avez.
Président (M. Ouellette) :
Bon, je pense qu'il va falloir que tout
le monde mette un petit peu d'eau dans leur vin. Vous avez proposé...
Président (M. Ouellette) :
Non, vous avez proposé d'étudier le projet
de loi par blocs qui ne couvrent pas
tout le projet de loi. Le député
de Borduas vous a mentionné qu'il était prêt à étudier par
blocs en autant que vous pouviez lui
présenter une proposition qui couvrirait tous les blocs. Je pense qu'on
n'est peut-être pas tellement loin d'un modus vivendi sur le projet de loi qui pourrait satisfaire et qui pourrait être dans
l'intérêt des gens qui nous écoutent et dans l'intérêt de tous les citoyens du Québec.
Donc, je vous dis, on est à l'article 2 du projet
de loi. D'un côté, Mme la ministre a fait une proposition de certains blocs. D'un autre côté, M. le député de Borduas veut une proposition de blocs sur tous les blocs. C'est ça,
j'ai comme l'impression que la pause
du dîner va être matière à réflexion pour voir est-ce qu'on ne pourrait pas
faire, tout le monde,
un bout de chemin pour faire avancer l'étude
détaillée du projet de loi dans l'intérêt supérieur des citoyens du Québec.
Sur ce, je nous rappelle et je nous ramène à
l'article 2. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui. Bien,
vous parlez de l'intérêt de l'ensemble des citoyens du Québec.
Moi, je pense aux citoyens du Québec, mais je pense aussi aux gens qui sont à
l'étranger, qui vont vouloir venir immigrer ici, qui vont vouloir venir travailler dans un ordre professionnel et qui vont peut-être utiliser les services du commissaire aux plaintes. Et là je veux
juste savoir comment ça fonctionne au
niveau de l'indépendance institutionnelle, au niveau du fonctionnement à l'intérieur de l'office, et je
rappellerais que le poste du commissaire aux plaintes est prévu à l'article 5
du Code des professions.
Alors, je
veux juste des explications concrètes. Peut-être qu'on a
l'opportunité, M. le Président, avec l'article 2, là, de faire progresser le Code des professions puis de viser ce qui est souhaité. C'est ce que je vous dis, M. le Président, mais je vous le dis, si la ministre
souhaite qu'on parle de tout ça aux articles
16.10 et suivants, on va en reparler, mais moi, il m'apparaissait à sa face même que, dans l'article,
c'était d'autant plus pertinent parce qu'on traite de ces questions-là dans
le Code des professions.
Président (M. Ouellette) :
Je vous entends, M. le député de Borduas. Mme la députée de Chicoutimi, vous
voulez ajouter un commentaire.
Jean : Merci, M. le Président. J'aimerais rajouter un commentaire par
rapport à la proposition, puis l'efficacité, puis la productivité, vu que l'heure du lunch va probablement servir à
ça. Je rappellerai à la ministre encore une fois que, lorsqu'elle a fait sa proposition de blocs, on a
bien présenté qu'on était d'accord avec cette approche-là de blocs, dans
un esprit de productivité puis d'efficacité pour analyser le projet de loi, et
on demeure encore ouverts.
Et d'aucune
façon, puis j'aimerais ça que ça cesse, au niveau de la table ici, qu'on
prétende comme quoi on n'a pas voulu.
On était d'accord à l'étude par blocs. Cependant, il est tout à fait normal de
demander quels seront les blocs avant de dire oui qu'on est d'accord
avec l'étude en blocs, quand on ne sait pas encore quels sont les blocs.
Donc, ceci dit, on parle de l'article 2, et
effectivement l'article 2, il touche l'article 11, l'article 5, l'article 12. Lorsqu'on parle du titre, actuellement, qu'on
donne, donc on parle de l'article 2, et mon commentaire portait à ça, on est
d'accord, nous, que le
mandat du commissaire soit étendu de manière à ce que ça puisse faciliter, que
ça puisse améliorer l'accès aux professions pour les nouveaux arrivants.
On est très ouverts à l'idée. Le problème, il n'est pas là.
Et le
titre actuel,
on est d'accord aussi qu'il est limitatif, parce qu'il limite le commissaire à
des plaintes qu'il pourrait y avoir. Donc,
je dirais, son champ d'action est limité déjà par le
titre et d'où le
titre est
important. Donc, on est d'accord
aussi à ce que ce
titre soit modifié pour qu'il reflète effectivement les
nouveaux pouvoirs ou la nouvelle étendue du mandat du commissaire.
Maintenant,
c'est déjà une amélioration de le mettre comme ça. Et, par rapport à ce que je
vous disais tantôt, le
titre devient important. Donc, je maintiens qu'il serait
intéressant de mettre un
titre qui démontre, oui, que son étendue est plus large, que, oui, c'est une intention
d'améliorer l'accès aux professions pour les nouveaux arrivants, mais que ce n'est pas un
titre infini et qu'il se limite
quelque part, justement, à l'analyse des mécanismes de manière à assurer un
accès équitable à tous lorsqu'ils font des demandes à l'admission aux
professions.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre, est-ce que vous avez un commentaire?
Le Président (M.
Ouellette) : Bon, est-ce qu'il y a d'autres commentaires à l'article
M. Jolin-Barrette : Bien, simplement, M. le
Président, puis je vous le dis, puis
je l'affirme, ça se peut qu'on arrive avec
des amendements, si la ministre ne veut pas avoir la discussion à 16.10 et suivants tout à l'heure.
Donc, qu'elle ne se sente pas
surprise. Et je réitère encore une fois qu'on est prêts à procéder par blocs si
l'ensemble des blocs sont exposés. On
peut le négocier ensemble, mais faites-nous une proposition de l'ensemble du
projet de loi. On est ouverts, là, puis j'ai entendu la même chose du côté de la députée de Chicoutimi. Donc,
proposez-nous quelque chose, si vous voulez qu'on aille de l'avant, de
complet.
Mme Vallée :
...menace d'étendre indûment le débat...
Le Président (M.
Ouellette) : ...non, non. Non, prenez ça comme une ouverture de
collaboration...
Jolin-Barrette : M. le Président, j'ai une question de règlement à
vous poser.
Le Président (M.
Ouellette) : ...qui pourrait peut-être nous amener...
M. Jolin-Barrette : J'entends encore, M. le Président, qu'on me prête des intentions.
J'aimerais ça que ça cesse.
Le Président (M. Ouellette) : Non, on ne vous prête pas d'intention. On ne vous
prête pas d'intentions. J'ai l'impression que tout le monde...
M. Jolin-Barrette :
Bien, on dit «menace».
Mme Vallée :
...faites des blocs, sinon je...
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre. O.K. Ça va faire. Wo!
Jolin-Barrette : Non. M. le Président, écoutez, la ministre
m'interpelle...
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas!
Le Président (M.
Ouellette) : Bon, on suspend.
(Suspension de la séance à
12 h 54)
Le Président (M. Ouellette) : On reprend nos travaux, et, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux afin de se réunir
en séance de travail à la salle RC.161. L'étude détaillée du projet de loi n° 98
reprendra cet après-midi à compter de 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 h 1)
Président (M. Ouellette) : Nous reprenons nos travaux. À
l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des institutions reprend ses travaux d'après-midi. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs appareils électroniques.
Je nous rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 98, Loi modifiant diverses lois concernant principalement
l'admission aux professions et la gouvernance du système professionnel.
Lors de la suspension
de nos travaux cet avant-midi, nous discutions de l'article 2
du projet de loi n° 98, et c'était M. le député de Borduas
qui faisait une intervention ou voulait faire une intervention avant qu'on
suspende pour l'heure du dîner. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui, M.
le Président, on a eu des discussions
avant le dîner. Écoutez, afin de favoriser la bonne marche des
travaux, je suggère à la ministre de suspendre l'article 2 puis de passer
au 3. On pourra y revenir dans deux semaines
lorsque les travaux de la commission reprendront, ça permettra peut-être
à la ministre de nous revenir avec un plan détaillé par blocs. Je souligne notre ouverture
à procéder par blocs en revenant, pour autant qu'on ait pas mal le
portrait complet du projet de loi par blocs.
Donc, j'offre à la ministre de passer à l'article 3
pour cheminer avec les travaux cet après-midi.
Le Président (M. Ouellette) : Mme
la députée de Chicoutimi, est-ce que vous avez des commentaires à la suggestion
de M. le député de Borduas?
Mme Jean : Bien, effectivement, suite aux discussions qu'on a eues et, je
dirais, les discussions qu'il y a eu ce matin par rapport à l'article 2,
je pense que c'est une bonne idée qu'on le reporte pour
que, justement, il fasse
partie du bloc qui serait proposé par la ministre à notre retour et qu'on puisse effectivement avancer, dans un esprit de productivité et d'efficacité, sur le
prochain article. Et effectivement je répète encore que, de notre côté, on est
ouverts à faire l'analyse détaillée
par blocs, qui permettrait effectivement de traiter du même sujet en même temps
et que le plan des blocs serait proposé par, naturellement, la ministre.
Donc, on attendrait après le retour des deux semaines.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée :
Alors, M. le Président, il n'y a aucune raison pour laquelle on attendrait
après le retour pour attaquer le bloc
qui touche le Commissaire à l'admission aux professions dont nous avons
commencé à en discuter en abordant l'article 2.
Moi, ce que
je propose, de façon très organisée, je vous dirais, aujourd'hui, c'est, comme
nous sommes maintenant à l'article 2
et que nous avons commencé à discuter du
titre du Commissaire à l'admission ou
ce qui est proposé... Et d'ailleurs la
collègue de Chicoutimi a même déposé un amendement, une proposition
d'amendement. Alors, moi, je propose que nous prenions ce bloc qui touche le Commissaire à l'admission aux
professions, qui comporte, à l'article 12, le mandat du commissaire, à l'article 13, la désignation
de personne, à l'article 14, le motif additionnel pour rejet de plainte,
article 15, étendue du pouvoir de recommandation,
article 18,
étendue du pouvoir d'obtention des documents,
article 21, les modifications; il y aura des insertions aux
articles 16.22 et 16.23 pour l'absence de compétence et fin d'examen d'une
plainte, insertion du
chapitre XI.1,
article 2, la concordance. Alors, on pourrait, à ce moment-là, suspendre
l'article 2, en ayant préalablement
étudié les autres. Et par la suite il y a d'autres articles de concordance, qui
sont les articles 10, 11, 16, 17
et 19.
À défaut
d'aborder le dossier dans cette séquence-là, je ne vois pas de raison de
suspendre l'article 2. Je ne vois pas de raison de suspendre 2 pour passer à 3 puis,
après ça, de suspendre 3 autre que tout
simplement reporter et prolonger les
travaux. On a abordé la question
du commissaire à l'article 2. Je suis bien disposée à ce qu'on l'aborde
de façon cohérente, organisée et en bloc. Je suis prête à déposer ce dont je viens de faire
lecture, c'est une façon organisée. Mais, dans aucun règlement,
aucun règlement de l'Assemblée ne suis-je obligée de donner un plan de travail. Normalement, l'étude se fait par ordre chronologique.
Alors, à
défaut d'accepter cette proposition-là, moi, M.
le Président, je vais tout simplement dire : Bien, allons-y par
ordre chronologique. C'est lourd, ce n'est pas pratique, mais bon. J'essaie de
comprendre, là, puis, moi, ce que je propose en abordant 2, c'est qu'on aborde
la question du Commissaire
à l'admission aux professions. Alors, je vais le déposer, M. le
Président...
Le Président (M. Ouellette) :
Oui, pour que les collègues puissent en avoir des copies.
Mme Vallée : ...parce
que ça va faciliter la compréhension des collègues. Mais, au-delà de ça, je ne
suis pas d'accord à ce qu'on suspende l'article 2.
Président (M. Ouellette) : Est-ce qu'il y a des commentaires? Mme la députée de Chicoutimi,
sur la proposition de la ministre.
Mme Jean :
Oui, j'entends ce que la ministre nous raconte et nous dit, oui, ce que la
ministre nous dit, ou nous raconte,
ou nous mentionne, qu'il n'y a aucune raison de suspendre l'article 2 et
de le reporter dans un certain bloc. Je lui ferais remarquer que c'est peut-être la même raison de pourquoi, ce que
j'ai entendu dans l'ordre qu'elle nous a présenté, qu'on
ne commencerait pas avec l'article 2, justement, puis que lui serait
suspendu pour être traité après parce que, logiquement,
c'est un sujet qui devrait être traité après. Donc, c'est la même raison que
vous connaissez certainement, puisque vous l'avez appliquée dans votre
propre liste.
Le Président
(M. Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, je souhaite qu'on
progresse. Je vais faire une ultime suggestion pour voie de passage. Je
suggère que nous suspendions de nouveau, qu'on discute directement avec la ministre
hors micro.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président...
Le Président
(M. Ouellette) : Finissez votre suggestion, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Je suggérais de suspendre pour qu'on puisse se
parler à proximité et qu'on puisse s'expliquer. Bon, je vois que ma proposition
d'amener mon drapeau blanc et de...
Mme Vallée :
M. le Président...
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre, je vais attendre les commentaires de M. le député de Borduas,
et vous aurez droit de réplique.
Mme Vallée :
O.K., «fine».
Le Président
(M. Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : On a
communiqué avec l'entourage de la ministre. On a communiqué avec vous. Vous
avez tenté d'être facilitateur. On a
communiqué avec les gens de l'opposition officielle. Je pense qu'on n'est pas
loin d'une entente, mais ça prend de
la flexibilité du côté du gouvernement. On se retrouve dans une situation
particulière qui est causée notamment
par le président du Conseil du trésor en raison de l'absence des juristes. D'ailleurs,
je l'invite à consulter les travaux
de la commission. Alors, s'il y a de l'ouverture, du côté du gouvernement, à
écouter ce que je dis, bien, ça permettrait peut-être d'arriver à un
point.
Mme Vallée :
M. le Président, là, là, à un moment donné, il y a des limites. Ça n'a rien à
voir avec mon collègue président du Conseil du trésor, c'est une
question de logique. Vous voulez...
Mme Vallée :
Laissez-moi... Je vous ai laissé terminer, cher collègue. Alors, on aborde
l'article 2. Les collègues posent
des questions qui ne sont pas en lien avec l'article 2 mais avec d'autres
articles qui touchent le commissaire. Je suis bien disposée à ce qu'on le travaille de façon organisée, en ordre.
Et, dans ce sens-là, prenons le bloc du commissaire, et l'ordre logique
est celui que je vous ai présenté.
Maintenant,
mon collègue ne souhaite pas faire ça. Ça lui appartient, là. Mais moi, je vous
dis, M. le Président, on a un projet
de loi devant nous et on va utiliser ce temps de commission là pour le faire
avancer, pas pour suspendre puis pour
jaser de réaménagement, ou quoi que ce soit. Le projet de loi, là, c'est un
projet de loi qui a 109 articles. On peut les prendre un par un.
Mais à un moment donné il va falloir expliquer pourquoi on ne veut pas avancer,
pourquoi...
M. Jolin-Barrette :
Question de règlement...
Mme Vallée :
Non, non, non.
M. Jolin-Barrette : Question de règlement. La ministre de la Justice
nous prête des intentions. M. le Président, si la ministre veut continuer dans cette voie-là, qui n'est pas la voie
appropriée, je suis désolé, mais cette attitude-là, elle est déplorable. Je lui ai dit à de multiples
reprises : Aidez-nous à vous aider, on va le faire cheminer, le projet de
loi, on va y aller par
l'article 2, 3, 4. Pourquoi la ministre me pointe sa feuille? Pourquoi les autres blocs ne sont pas prêts, Mme la ministre? Pourquoi ils ne sont pas
prêts? Dites-le à la population pourquoi ils ne sont pas prêts.
Mme Vallée :
M. le Président, les autres blocs...
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, si la ministre veut continuer dans cette lignée-là...
Le Président
(M. Ouellette) : Un instant! Un instant! Un instant!
Mme Vallée : Non, non,
là, ça va faire, là. M. le Président, ça va faire, là.
Le Président
(M. Ouellette) : Un instant! Un instant!
M. Jolin-Barrette : On propose une voie de passage. La députée
de Chicoutimi est d'accord avec moi, vous êtes d'accord avec moi.
Mme Vallée : Il n'y a
aucune...
Président (M. Ouellette) : M. le député de Borduas, je vous rappelle à l'ordre. Bon, un instant,
il y a un décorum, et j'entends bien le faire respecter.
Il y a
une proposition de la ministre. Vous avez des points de vue différents. Il
ne semble pas, du côté ministériel, qu'on
va suspendre l'article 2. Mme la
ministre vous a fait une proposition. Vous avez tout le loisir, dans les temps
qui vous sont impartis, de faire tous
les commentaires et d'apporter toutes les suggestions ou tous les amendements à
l'étude de l'article 2. Si la
proposition de la ministre ne vous sied pas cet après-midi, bien, on va
effectivement continuer l'étude de
l'article 2 pour cet après-midi, on a jusqu'à 18 heures, et on va le
faire dans les règles avec le décorum qui doit être à l'Assemblée
nationale. Donc, Mme la ministre, vous avez des commentaires.
Mme Vallée :
Et, M. le Président, moi, je souhaite ajouter quelque chose, là, parce que le
collègue m'interpelle, il dit :
Qu'elle l'explique à la population. Je n'ai pas à jouer ce jeu-là, M. le
Président. J'explique que je suis disposée à ce que nous abordions le dossier et le rôle du commissaire parce qu'on est
rendus là, tout simplement, et on va l'aborder. J'étais prête à
l'aborder dans une suite logique et cohérente. Mon collègue ne souhaite pas le
faire, et c'est son droit.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, la ministre me prêtre des intentions.
Président (M. Ouellette) : M. le député de Borduas, vous aurez l'opportunité de répondre aux
commentaires de la ministre.
Mme Vallée : Je ne prête
pas d'intentions, M. le Président, j'ai proposé quelque chose qui a été refusé.
Le Président (M. Ouellette) :
Non.
Président (M. Ouellette) : Oui, mais je ne pense pas que la ministre vous prête des intentions. Je
suis gardien des débats à l'Assemblée, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Elle dit
que je ne veux pas y aller dans ce sens-là. C'est faux.
Mme Vallée : Bien, vous
avez refusé ma proposition.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Le Président (M. Ouellette) :
Bon, là, là, vous savez ce qui va se passer, là.
Mme Vallée : Je ne sais
pas lequel des deux est le plus entêté.
Président (M. Ouellette) : Bon! Vous savez ce qui va se passer, là, je vais vous envoyer prendre
de l'air tous les deux, là. Bon.
Est-ce qu'on peut, de façon civilisée, faire avancer nos débats? Mme la
ministre, vous étiez en train de faire un commentaire, je vous invite à
terminer votre commentaire. M. le député de Borduas, vous...
Mme Vallée :
Alors, ce sera mon dernier commentaire, M. le Président, dans le sens que moi,
je souhaite avancer dans ce
dossier-là. C'est un projet de loi qui est important, c'est un projet de loi
qui est important pour la modernisation du Code des professions, qui est aussi important pour l'intégration des
nouveaux arrivants au sein des ordres professionnels. Il y a des choses
que nous devons améliorer et sur lesquelles nous devons travailler.
Nous en
sommes rendus à l'article 2. Je comprends que nous discutons du
titre du
commissaire et qu'il pourrait être
intéressant de revenir sur le mandat et les pouvoirs du commissaire. Alors,
j'ai proposé, dans ce sens-là, que nous l'abordions dans une suite
logique et cohérente. Bon, on ne souhaite pas le faire. Bien, je vous dirais,
M. le Président, continuons alors l'étude
article par article. Je ne vois pas de raison de suspendre 2 et d'aller à 3, et
par la suite de suspendre... un
aller-retour. Je ne le vois pas, je ne vois pas la nécessité. On pourrait aller
à 3, mais honnêtement... pour revenir sur 2? Terminons 2. Je pense qu'on a quand même un certain nombre de minutes
puis un certain nombre d'interventions de faites sur 2, alors complétons. Il nous reste 2 h 30 min, et
j'entends procéder et aller de l'avant avec le projet de loi. Et, si mon
collègue ou si mes
collègues s'imaginent que nous ne sommes pas prêts à procéder avec ce projet de
loi là, bien, c'est dommage, mais c'est tout le contraire.
Le Président (M. Ouellette) : Je ne pense pas qu'on ait à prêter d'intentions à
qui que ce soit, Mme la ministre. Je
pense qu'on a à faire des commentaires, et à faire avancer le projet de loi, et
de répondre aux questions qui nous sont posées par les membres de la commission. Est-ce que Mme la députée de
Chicoutimi a un commentaire aux commentaires de Mme la ministre?
Mme Jean :
Oui, j'ai un commentaire. Et effectivement ce projet de loi n° 98 là,
c'est un projet important, c'est la réforme
du Code des professions que plusieurs attendent, c'est un projet de loi qu'il est important d'approuver dès que possible parce
que les gens attendent après, la société
en a besoin, puis on a un travail à faire. On a été convoqués pour
l'étudier. Je comprends qu'on a été convoqués. Je me serais attendue à ce que, lorsque
la ministre nous présente une possibilité d'étude détaillée par blocs, elle puisse être
capable de présenter ses blocs. Je peux soupçonner qu'elle n'était pas
prête tout à fait pour nous le présenter. Même après une semaine, on est encore
ouverts.
Mme Jean :
J'aimerais terminer mon commentaire, M. le Président, sans être interrompue par
qui que ce soit.
Le Président
(M. Ouellette) : Woups! Woups! Woups! C'est Mme la députée de
Chicoutimi qui a la parole.
Mme Jean :
Donc, ce que je disais, et je le répète, ce projet de loi là, il est important.
On a été convoqués pour l'analyser. Nous, on s'est préparés pour pouvoir l'analyser
article par article. On nous a proposé une possibilité de le faire par blocs. On n'a pas les blocs qui sont proposés pour les études. On en
comprend que peut-être que ce n'est pas prêt, c'est pour ça qu'on ne peut pas le déposer. On
s'attend à ce que ça puisse être déposé parce qu'effectivement c'est une méthode qui nous permettrait, justement, peut-être d'avancer plus
rapidement sur l'analyse détaillée de ce projet de loi là.
rappellerais aussi à la ministre, si vous désirez bien, M. le Président, qui mentionne qu'il n'y a pas de raison
de suspendre l'article 2... Bien, s'il n'y a pas de raison, je pense qu'il
y en a une parce qu'elle-même a considéré que l'article 2 devait être
traité après une série d'articles, selon le bloc qu'elle nous présente aujourd'hui.
Donc, il y a certainement des raisons de suspendre cet article-là
pour le traiter après d'autres articles qui sont normalement préalables.
Les discussions sont préalables pour
déterminer le nom. Ceci dit, nous recevons un refus catégorique, actuellement, de la part de la ministre à ce niveau-là. Mais des raisons, il y
en a. Donc, lorsqu'elle dit qu'il n'y a pas de raison, il y en a certainement une, puisque son groupe et elle-même ont décidé ou ont proposé
que cet article-là pourrait, devait être étudié après les
autres.
Donc,
ceci dit, aujourd'hui on est à l'analyse détaillée, on est
article par article. Nous, on est prêts à travailler sur le projet de loi pour, effectivement,
avancer le dossier.
Le Président (M. Ouellette) : Merci. M.
le député de Borduas,
je vous rappelle que, sur
l'article 2 il vous reste trois petites minutes, si vous avez des
commentaires additionnels ou propositions.
M. Jolin-Barrette :
Pas pour l'instant, M. le Président.
Le Président
(M. Ouellette) : Bon. Je vais suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à
15 h 38)
Le Président
(M. Ouellette) : Nous reprenons nos travaux.
Pour les gens qui
nous écoutent, nous sommes à l'étude de l'article 2 du projet de loi
n° 98. Et, du côté de la ministre, il y a eu une proposition de procéder, suite aux discussions de ce matin,
d'une certaine façon dans tout ce qui touche
le mandat du commissaire. Et la députée
de Chicoutimi, le député de
Borduas ont fait valoir leurs points
de vue relativement à cette proposition et ont précisé, ont complété d'autres éléments
qu'ils aimeraient voir discutés dans le cadre de nos travaux du projet
de loi n° 98. Et, de part et d'autre, chacun reste sur ses positions à ce
moment-ci du débat.
Donc,
nous allons terminer... c'est-à-dire nous allons continuer l'étude de l'article 2,
en précisant, M. le député de Borduas, qu'il vous reste 3 min 30 s à l'article 2,
et, Mme la députée de Chicoutimi, 3 min 30 s aussi. Et je ne sais pas s'il y a un collègue qui veut prendre la
parole relativement à l'étude de l'article 2, je suis prêt
à le reconnaître. Mme la
députée de Chicoutimi.
Mme Jean : Oui, merci, M. le
Président. Je vais juste rappeler ce que j'ai mentionné ce matin par rapport à l'article 2,
qui est un
article où on modifie le libellé ou l'appellation du commissaire. Je répète qu'on est d'accord avec
l'idée d'étendre le pouvoir du mandat ou
d'étendre le mandat du commissaire et que le
titre actuel, qui est Commissaire
aux plaintes concernant les mécanismes de
reconnaissance des compétences professionnelles, ne correspondrait plus au
nouveau mandat. Donc, on est d'accord avec une modification du mandat.
Ceci
dit, on aurait aimé que l'appellation soit plus circonscrite de manière à
identifier que ce n'est pas un mandat «at
large» à l'admission, qu'il y a des limites. Mais ceci dit, la balance, je
pense que tout a été dit, de notre côté, concernant cet article.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Je vais avoir un amendement
à l'article 2. J'aurais aimé ne pas avoir à déposer d'amendement. Ceci étant dit, on m'a indiqué que la forme à
prendre, c'était selon le règlement et selon la rigueur, donc on va être
rigoureux.
Ajouter à l'article 2, après «à l'admission
aux professions», «est désigné par décret».
Ajouter à
l'article 2 en second alinéa : retrancher les mots «le secrétaire» de
l'article 5 et l'ajouter avant les mots «ainsi que».
Le texte
modifié du projet de loi :
Article
L'article 5 de ce code est
modifié par le remplacement de «aux plaintes concernant les mécanismes de reconnaissance des compétences
professionnelles» par «à l'admission aux professions est désigné par
décret»;
Retrancher le mot «le secrétaire» de l'article 5
et ajouter le mot «le secrétaire» avant les mots «ainsi que».
Donc, le texte modifié du Code des professions
serait le suivant :
Commissaire à l'admission aux professions est désigné par décret. Le secrétaire
ainsi que les autres fonctionnaires et employés de l'office sont nommés
suivant la
Loi sur la fonction publique (chapitre F-3.1.1).»
Le Président (M. Ouellette) :
Des commentaires, M. le député de Borduas, le temps qu'on fasse des copies?
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. En fait, je l'ai souligné tout à l'heure, j'avais quelques questions
relativement à l'organisation de l'Office
des professions, et l'amendement va en ce sens-là. J'aimerais qu'on m'explique
comment ça fonctionne à l'office relativement à l'indépendance institutionnelle
du commissaire.
proposition que je fais, ce serait d'accorder une indépendance institutionnelle
au commissaire dans le cadre de ses
fonctions. Donc, je voudrais entendre la ministre sur cet élément, ainsi que,
peut-être, le commissaire, ainsi que le président aussi parce que, dans l'état actuel des choses, le commissaire
relève du président de l'Office des professions, et, dans le cadre de sa mission et dans les pouvoirs
accrus que nous demanderons au commissaire, celui-ci doit notamment veiller à faire des recommandations à l'office
dans le cadre de ses traitements des dossiers au niveau de la surveillance
des ordres professionnels.
Donc,
l'amendement proposé va en ce sens-là. Je suis ouvert à le modifier, à le
regarder. Donc, je vous le soumets afin qu'on puisse en discuter, M. le
Président.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Chicoutimi, des commentaires sur l'amendement?
Mme Jean : Bien, je n'ai pas
encore l'amendement entre les mains.
Le Président
(M. Ouellette) : Ah!
vous ne l'avez pas encore entre les mains? Mme la ministre, est-ce que vous
avez l'amendement entre les mains? Vous avez des commentaires?
Mme Vallée :
Bien, en fait, sur l'amendement en tant que tel, bien, c'est drôle parce que,
bon, on me demande d'expliquer ou de
donner des explications sur ce qui est à la base de l'amendement. Mais, ceci
étant dit, je veux simplement, M. le Président, suite aux commentaires de notre collègue de Borduas, rappeler qu'en vertu de l'article 16.20 du Code des professions des mesures toutes particulières doivent être prises par l'office afin de préserver
l'indépendance du commissaire dans l'exercice de ses fonctions.
Ceci étant
dit, je vous rappellerai, M. le Président, que l'office est quand même
l'organisme désigné afin d'assurer la
surveillance des ordres professionnels, l'encadrement des ordres
professionnels, et ce, en fonction des dispositions et des pouvoirs qui lui sont conférés. Donc, je vous
avoue bien humblement que c'est plutôt à moi de me questionner sur l'amendement
apporté par notre collègue, à savoir en quoi
la nomination par décret du commissaire viendrait modifier ou apporter une
plus-value à son indépendance, d'une part,
et quels sont les éléments qui portent notre collègue à croire que
l'indépendance du commissaire serait
mise à mal, et en quoi le rôle actuel du commissaire ne convient pas. Je vous
dirais — et hors
micro tout à l'heure avec le
collègue, je le lui ai mentionné — pour nous, il n'était pas d'intérêt de modifier
l'article 5 au-delà de ce que
nous avons fait. Maintenant, je comprends que le collègue a déposé un
amendement, mais ma question est : Pourquoi? Pourquoi y aller par
décret et qu'est-ce qui, dans les faits et dans l'état des choses, cause
malaise?
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, M. le Président, pour expliquer
l'amendement que je propose, lorsque le commissaire est considéré comme n'importe quel autre
fonctionnaire dans le cadre de la
Loi sur la fonction publique, le fait d'avoir
une désignation formelle de la part de la
ministre, un peu comme c'est le cas pour le président de l'office, ça lui
assure une autorité parce qu'il se
retrouve sous la responsabilité du président de l'office. Et là, avec le projet
de loi de la ministre et avec le Code
des professions, actuellement, dans le cadre de ses pouvoirs, le commissaire
est chargé de faire des recommandations, d'analyser les processus au sein de l'office. Donc, c'est comme si vous
aviez un employé au sein de votre organisation qui est chargé de vous faire des recommandations
sur votre travail, sur votre gestion, et le budget du commissaire relève
de l'office également aussi. Donc, si on ne
souhaite pas que le commissaire fasse des enquêtes ou limite ses enquêtes,
peut-être que le fait que son budget ne soit
pas voté séparément, ne soit pas distinct séparément, bien, son champ d'action,
son rayon peut être plus limité. Je fais
juste me questionner. Je ne dis pas que c'est ça, la situation, mais je fais
juste me questionner par rapport à la structure organisationnelle.
Donc, c'est
pour ça. Peut-être, qu'on pourrait être renseignés par le président de l'office
ou par le commissaire sur la gestion,
peut-être nous renseigner sur les mesures institutionnelles qui sont présentes
pour préserver son indépendance, dans
un souci d'avoir une indépendance complète. C'est dans ce sens-là que je
présente l'amendement. Donc, si la ministre me dit : Écoutez, tous les processus visant son indépendance sont
mis en place, tel processus, tel processus, tel processus, bien,
peut-être qu'on se rangera, mais, dans le fond, je questionne le mode de
nomination, la façon que c'est organisé à l'office. C'est le sens de mon
amendement.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée : Bien, en
fait, M. le Président, je comprends que le collègue souhaite creuser davantage,
mais, généralement, lorsqu'on propose un
amendement, c'est parce qu'il y a des enjeux, un souci d'apporter des
modifications à une problématique x
ou y, et le collègue ne me soulève pas... J'ai l'impression, peut-être à tort,
qu'on souhaite entendre le
commissaire et le président de l'office pour pouvoir identifier d'éventuelles
problématiques, alors qu'on ne les a pas encore identifiées.
Ceci étant, moi, je vous mentionnais, M. le
Président... je faisais référence, un petit peu plus tard... le besoin d'indépendance est inscrit au sein de la loi. Et,
à moins d'avis contraire, je n'ai aucune raison de croire, et de par l'étendue
des travaux qui ont pu être menés à jour par
Me Gariépy, que l'office n'a d'aucune façon porté atteinte à cette
indépendance et que le commissaire
n'a pas eu accès aux ressources nécessaires pour mener à bien ses enquêtes. En
fait, du moins, quand je regarde la
quantité de documents, la quantité de rapports qui ont été présentés, au fil
des ans, par Me Gariépy, j'aurais plutôt
tendance à dire qu'il a quand même la possibilité de mener à bien son mandat.
Et il a lui-même identifié les limites à ce mandat et ce qui nous amène
aujourd'hui à revoir certaines dispositions de notre Code des professions.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le
Président, premier élément, la question du budget, le budget qui est attribué.
Le budget qui est attribué au
commissaire aux plaintes actuellement est sous juridiction du président de
l'Office des professions. Donc, dans
le cadre de la gestion budgétaire, c'est le président de l'office qui détermine
que son budget sera de x montant. Ça, c'est le premier élément. Donc, je
donne un exemple concret à la ministre.
Deuxième élément, il se retrouve dans les mêmes
locaux. Quelqu'un qui veut faire une plainte par rapport au processus d'un ordre professionnel ou même de
l'office, par rapport à la régulation de l'office, se retrouve à se retrouver
dans les locaux de l'office et peut-être à
croiser... Donc, il y a une question d'indépendance aussi. Troisièmement, le
lien d'emploi aussi avec l'office. Donc, ça, c'est trois éléments.
Donc, si la
ministre me dit : Écoutez, on a mis en place des mesures à l'office, tout
ça... mais, voyez-vous, le sens de la
nomination par décret, ça va à ce niveau-là, au niveau de l'indépendance. Et
dans les organisations, parce qu'on parle beaucoup de gouvernance, bien, c'en fait partie, ça. C'en fait
partie
également. Donc, je dis à la ministre : Est-ce qu'on a examiné
cette situation-là?
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : M. le
Président, je veux simplement
rappeler à notre collègue que le commissaire
bénéficie non pas d'un budget, mais
de ressources humaines. Ces ressources humaines là sont affectées par le
Conseil du trésor. Donc, les ETC,
comme on appelle dans le jargon, requis pour les fonctions sont déterminés,
sont autorisés par le Conseil du trésor. Et même chose pour l'office, c'est-à-dire que les ETC requis par
l'office sont autorisés par le Conseil du trésor. Donc, le président de l'office n'a pas une latitude sur
le nombre d'ETC et n'a pas ce droit de vie ou de mort. L'équipe est quand
même tenue à l'indépendance prévue à l'article 16.20 du code.
Donc, on semble présumer qu'il pourrait
potentiellement y avoir atteinte, mais je ne crois pas qu'on ait pu démontrer que cette indépendance a ou a été mise à
mal au fil des ans. Je ne crois pas. Si tel avait été le cas, je sais que
Me Gariépy nous aurait fait signe.
Président (M. Ouellette) :
Mais, comme Me Gariépy reste impassible, je pense que vous avez la
bonne réponse, Mme la ministre. Donc, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : La question
plus profonde qui se pose dans ma proposition, M. le
Président, puis je veux bien que la ministre le saisisse, c'est qu'elle nous
dit : On veut que les personnes immigrantes, on veut que les gens qui ont
un parcours atypique puissent s'adresser maintenant au commissaire aux
plaintes, au Commissaire à l'admission aux professions, le plus facilement possible parce qu'on ne veut laisser personne derrière. On
veut que les gens qui ont les compétences,
qui ont les qualifications pour occuper un emploi dans le système professionnel
puissent le faire, puisse accéder. Ça
implique que le commissaire ait les ressources pour le faire, ait toute la
latitude pour le faire aussi. Donc, c'est le but du gouvernement.
niveau de la gouvernance, au niveau de son poste, je soumets une réflexion à
l'effet que peut-être que la structure est particulière au niveau de
l'office, du fait que votre commissaire est désigné en fonction de la
Loi sur
la fonction publique. Sur le plan budgétaire aussi, le président de l'office
prépare son budget, le soumet. Bien sûr, c'est voté à l'Assemblée nationale,
mais il y a quand même des orientations. Donc, j'explique clairement à la
ministre où il y a peut-être certaines
lacunes en matière de l'indépendance. Je ne dis pas qu'il y en a, je dis que,
pour prévaloir ces moyens, pour avoir un commissaire fort comme elle le
souhaite, il y aurait peut-être une réflexion à avoir là-dessus.
Ceci étant
dit, M. le Président, ça va être mes commentaires pour l'amendement. J'ai bien exposé ce que je voulais exposer à la ministre au niveau
de l'indépendance, parce qu'elle nous dit toujours : Ça prend des institutions fortes. Je pense avoir relevé certains points, donc c'est mes commentaires
pour l'amendement.
Président (M. Ouellette) :
Est-ce que Mme la députée de Chicoutimi a des commentaires sur l'amendement
de M. le député de Borduas?
Jean : J'aurais peut-être
une question. Je comprends l'intention derrière l'amendement
qui est proposé, et c'est intéressant, effectivement, d'aborder dans ce sens-là pour bien faire la
démarcation. En même temps, est-ce que de passer par décret qui serait déposé par le Conseil des ministres, ça n'a
pas le risque de politiser la nomination à ce
moment-là?
Jolin-Barrette : Bien, en
fait, la personne est désignée déjà par la
Loi sur la fonction publique. Ça
permettrait d'avoir un choix gouvernemental pour dire... en fonction de la qualification de l'individu aussi.
Mais je suis ouvert à évaluer d'autres
options, mais je le soumettais à la ministre comme piste de réflexion, pour voir est-ce que
c'est le meilleur processus en
soi.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : Simplement
rappeler, là, j'ai parlé de l'indépendance dans l'exercice des fonctions, et
ça, c'est codifié, c'est prévu, et
évidemment on s'entend que cette indépendance-là, elle doit être protégée d'une
influence, d'une ingérence, de toute forme d'intimidation, et on doit
s'assurer, l'office doit s'assurer que le commissaire jouit d'une autonomie quant à ses décisions administratives.
Il a et il exerce une autorité administrative à l'égard des employés qui
sont sous sa charge. C'est évidemment pour
assurer la crédibilité, et les dispositions du Code des professions prévoient
justement que le commissaire, à l'article
16.19, fait rapport au conseil d'administration de l'office et non pas au
président de l'office. Donc, ce n'est
pas le président de l'office à qui le commissaire fait rapport, mais bien au
conseil de l'office.
Le commissaire, actuellement, il est un cadre
supérieur de l'État, donc il est tenu à des devoirs, à des normes comportementales. Alors, ça, ça va de soi. Il est
assujetti à la surveillance du Protecteur du citoyen et il a aussi un certain
pouvoir discrétionnaire. Donc, l'action du
commissaire, elle n'est pas dictée par des normes qui sont préétablies. Il est
libre de prendre toutes les décisions, maître
de ses objets de travail, et d'ailleurs ces travaux en sont une très bonne
démonstration, et c'est le
commissaire qui va déterminer de l'opportunité de son intervention. Alors, ses
interventions ne sont pas dictées par l'office. Il est le seul maître de
ses interventions.
Alors, dans ce
sens et compte tenu des dispositions actuellement en place dans le Code des
professions, je comprends la
préoccupation du collègue à l'effet que la fonction de commissaire doit être
investie d'une indépendance et je
crois que nos collègues parlementaires ont, au moment de la création du poste
de commissaire, pris les mesures pour assurer et veiller à maintenir
cette indépendance.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Une
dernière question, M. le Président. Dans l'état actuel des choses, le
commissaire demeure commissaire jusqu'à tant qu'il applique sur un autre poste.
Ce n'est pas un mandat à durée déterminée, c'est un mandat à durée
indéterminée. Donc, j'attire l'attention de la ministre sur cet élément-là. Si
la ministre désignait un commissaire âgé de 30 ans...
Jolin-Barrette : On est dans
une hypothèse, bien, le commissaire pourrait être commissaire pendant 35
années.
Mme Vallée : Ce n'est pas la
ministre ou le ministre qui désigne.
Jolin-Barrette : Exactement,
parce que c'est la
Loi sur la fonction publique qui
s'applique. Mais j'attire l'attention de la ministre sur cet élément-là à
l'effet que, pour le poste de commissaire à l'admission aux professions, tel qu'on
l'appellera probablement, la personne qui est chargée constitue une
personne désignée en fonction de la
Loi sur la fonction publique qui
peut être là durant plusieurs décennies. Je l'invite à réfléchir sur ce
point-là. On ne parle pas du commissaire actuel, M. le Président, peut-être
aussi, mais pour source de réflexion, au niveau de l'indépendance de l'institution, c'est ce que je lui dis. Puis
lorsqu'on regarde, supposons, le commissaire au développement durable qui est
au Vérificateur général du Québec,
bien, il n'est pas nommé comme ça. Ça fait que je lui soumets ça comme piste de
réflexion au niveau de l'indépendance institutionnelle. Ce seront mes commentaires.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la députée de Chicoutimi, est-ce qu'il y a
d'autres commentaires avant qu'on vote sur l'amendement de
l'article 2?
Jean : ...c'est une bonne question, effectivement, à soulever
considérant que les pouvoirs du... le mandat du commissaire va être
élargi, les pouvoirs vont être élargis. Et effectivement de ne pas avoir de
limite au niveau du mandat du commissaire,
c'est une bonne question à se poser, et je pense que c'est intéressant que la
réflexion se fasse de manière à ce qu'on puisse encadrer cet élément-là qui
prend de l'importance. Je comprends qu'aujourd'hui face à la réaction de la ministre, effectivement, avec le
commissaire actuel, c'est peu probable que ça dure des décennies, mais on s'entend que la
loi sur laquelle on est en
train de travailler va survivre à cette période-là. Donc, je pense qu'il faut
aller plus loin que 2017 pour pouvoir
prendre les bonnes décisions pour que le futur soit le plus harmonieux possible
et le mieux fait possible.
Le Président (M. Ouellette) : Pas d'autres commentaires sur l'amendement de M.
le député de Borduas? Non? Donc, on
va mettre l'amendement de M. le député de Borduas aux voix. Je pense que le
vote par appel nominal est demandé. Mme la secrétaire, le vote par appel
nominal est demandé.
La Secrétaire :
Pour, contre ou abstention. M. Jolin-Barrette (Borduas)?
Jolin-Barrette : Pour.
La Secrétaire :
Mme Vallée (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Boucher (Ungava)?
La Secrétaire :
Mme Melançon (Verdun)?
La Secrétaire :
M. Merlini (La Prairie)?
La Secrétaire :
M. St-Denis (Argenteuil)?
La Secrétaire :
Mme Jean (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Ouellette (Chomedey)?
Le Président (M.
Ouellette) : Je m'abstiens.
Donc, l'amendement
présenté par M. le député de Borduas est rejeté.
On continue la
discussion sur l'article 2. Est-ce que j'ai un député qui veut la parole avant
qu'on procède au vote de l'article 2? Tout a
été dit à
article 2? Tout a presque été dit à
article 2. Donc, je mets
l'article 2 aux voix. Le vote par appel nominal est demandé à l'article
2? Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Vallée (Gatineau)?
La Secrétaire :
M. Boucher (Ungava)?
La Secrétaire :
Mme Melançon (Verdun)?
La Secrétaire : M. Merlini
(La Prairie)?
La Secrétaire :
M. St-Denis (Argenteuil)?
La Secrétaire :
Mme Jean (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Jolin-Barrette (Borduas)?
Jolin-Barrette : Contre.
La Secrétaire :
M. Ouellette (Chomedey)?
Le Président (M.
Ouellette) : Je m'abstiens.
Donc, l'article 2 est
adopté sur division. Lecture de l'article 3, Mme la ministre.
Vallée : Merci.
L'article 6 de ce code est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «trois» par «cinq».
Alors,
nous sommes maintenant au quorum de l'office. Nous en avons parlé
lorsque nous avons abordé l'article 1. Donc,
le quorum actuellement est de trois membres, ce qui amène trois
personnes à prendre de grandes décisions théoriquement. Alors, pour assainir les règles de gouvernance, il est proposé d'amener ce quorum à cinq membres puisque nous avons
modifié la composition de l