House Proceedings — 26 May 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
2022-05-26
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante et une minutes)
Le Vice-Président
(M. Picard) :
Bon jeudi à tous. Veuillez vous asseoir s'il
vous plaît.
À la rubrique
Déclarations de députés, la première est pour M. le député de Beauharnois.
M. Reid :
Merci, M. le Président. Lors du
dernier Festival des harmonies et orchestres symphoniques de Québec, qui se tenait à Sherbrooke tout récemment,
l'Harmonie des Patriotes de Beauharnois s'est mérité les grands honneurs avec
une première place dans la catégorie harmonies juniors, cinquième secondaire.
Sous
la direction musicale de Carine Girard, enseignante en musique à l'école
secondaire des Patriotes, l'harmonie a
reçu la Note d'or dans sa catégorie avec un pointage de 90,5. C'est un honneur
pleinement mérité pour ces étudiants qui ont travaillé d'arrache-pied
pour donner le meilleur d'eux-mêmes, et ce, après plusieurs mois de pandémie.
élèves ont même fait la une des médias de Sherbrooke puisqu'ils ont fait une
répétition à l'extérieur, tellement il faisait beau. C'était aussi une
belle façon de mieux se réchauffer en vue de leur prestation devant des
centaines de spectateurs. Et ça a porté fruit, car la lumière a jailli sur
l'harmonie au moment de la finale.
Félicitations à tous
les étudiants pour cette belle prestation et bravo à Carine Girard pour cet
honneur! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à
Mme la députée de Hull.
Mme Gaudreault : Merci, M. le Président.
Alors, aujourd'hui, je souhaite rendre hommage à Magaly Demers, une
jeune étudiante en techniques policières au cégep de l'Outaouais, qui a posé un
geste héroïque en avril dernier.
compagnie d'un autre stagiaire et de deux agents, elle a porté secours à un
homme en arrêt cardiorespiratoire dans un
restaurant de Saint-Sauveur. Grâce à leurs manoeuvres de réanimation et à leur
rapidité à agir face à une situation difficile, cet homme a pu être
sauvé.
gestes comme ceux-là méritent d'être soulignés, et c'est ce qu'ont fait les
membres de la direction du cégep de l'Outaouais, qui lui ont récemment
remis un certificat de mention d'honneur pour lui exprimer la fierté de toute
la communauté collégiale face à son acte de bravoure.
C'est avec beaucoup
d'humilité et de fierté que je tiens à mon tour à souligner l'acte de bravoure
posé par Magaly Demers, qui est certainement
une source d'inspiration pour toute notre communauté. Félicitations, Magaly,
d'avoir posé ce geste généreux! Et je
te souhaite sincèrement une belle carrière dans les forces policières. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Granby.
M. Bonnardel :
M. le Président, aujourd'hui, j'ai l'immense plaisir de souligner les
20 ans de l'Atelier 19.
organisme de Granby a comme mission, depuis plus de deux décennies, d'offrir
des activités artistiques aux groupes
scolaires et communautaires de la Haute-Yamaska. Au travers des années,
l'Atelier a réalisé de nombreuses oeuvres collectives à Granby qui
visent à enjoliver notre espace public. Ces oeuvres intergénérationnelles
permettent aussi aux jeunes et moins jeunes
d'apprendre les techniques liées au processus de création artistique grâce aux
artistes professionnels qui s'impliquent dans l'organisme.
tiens notamment à souligner le travail remarquable de l'ensemble de l'équipe de
l'Atelier 19, qui ont récemment tenu leur première exposition
annuelle depuis le début de la pandémie. Cette exposition, qui avait comme
objectif de présenter les oeuvres marquantes
de l'histoire de l'organisme, a pu démontrer à quel point l'organisme est devenu
un acteur important ainsi qu'un levier culturel
dans notre région. Ainsi, je tiens à féliciter la directrice générale et
fondatrice de l'Atelier 19,
Mme Francine Charland, ainsi que l'ensemble de son équipe pour la qualité
de leur travail. Bravo, et longue vie à l'Atelier 19! Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la parole à M. le
député de Viau.
M. Benjamin : Merci, M. le Président.
Le 5 juillet 1962, M. le Président, au bout d'une guerre qui aura duré
huit ans, l'Algérie devient
indépendante. Je suis heureux, aujourd'hui, de souligner le
60e anniversaire de l'indépendance de cette nation.
C'est
le moment de rendre hommage aux héros de cette conquête politique, qui a permis
à cette nation d'assumer son rôle sur
le continent africain et dans d'autres régions de la planète. Aujourd'hui,
l'Algérie, c'est le plus grand pays de l'Afrique de par sa superficie et
troisième par son produit intérieur brut.
Ici, au Québec, ce
sont plus de 150 000 Québécois qui se sont déclarés d'origine
algérienne. La communauté algérienne est dynamique, et sa contribution au
développement économique, social et culturel de la métropole et du Québec en entier est importante. Un arrêt dans ma
circonscription, la circonscription de Viau, là où se trouve la terre du
Petit Maghreb, nous donne un bel aperçu de ce dynamisme.
cette journée de l'indépendance de l'Algérie, je tiens à saluer nos concitoyennes
et concitoyens algériens et leur souhaiter une bonne fête
d'indépendance. (S'exprime en arabe).
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Nous poursuivons avec Mme la
députée de Soulanges.
Mme Picard :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je vous partage l'histoire de
M. Luc Bisaillon, un homme exceptionnel, au grand coeur, de ma
circonscription.
Il a appris en
février 2020 qu'il était atteint de la maladie de Lou Gehrig, la SLA.
Cette maladie entraîne une paralysie
graduelle. Aucun traitement curatif n'existe à ce jour. M. Bisaillon
ignore combien de temps il lui reste à vivre.
cet homme rassembleur et fonceur a su prendre cette épreuve pour en faire une
force. Il a choisi de consacrer le
reste de ses jours à venir en aide aux autres. Il sensibilise la population sur
cette maladie encore méconnue. Il a organisé, le 14 mai dernier, un
quillothon et a amassé plus de 5 000 $ au profit de SLA Québec.
C'est
un homme investi et près des gens. Il est convaincu que chaque moment de la vie
doit être empreint de caresses et d'amour. C'est ce qui compte le plus à
ses yeux.
J'aimerais,
en terminant, saluer son courage et sa résilience. M. Bisaillon, votre
générosité est inspirante. Vous êtes un modèle pour nous tous. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède la parole à M. le
député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je fais un souhait. Ce souhait, c'est la réunification de
l'Irlande.
Comme
vous savez, le 5 mai dernier, le parti Sinn Féin est sorti comme le grand
gagnant de l'élection en Irlande du Nord. Cette victoire du Sinn Féin
est historique.
J'ai l'honneur,
aujourd'hui, de recevoir la visite à l'Assemblée nationale de
Mme Órfhlaith Begley, députée à Westminster pour ce parti.
Les liens entre le
Québec et l'Irlande sont historiques, et je veux dire au peuple irlandais et à
la communauté irlandaise installée depuis longtemps ici, au Québec, que Québec
solidaire appuie leur lutte d'émancipation.
L'accord du Vendredi
saint de 1998 a apporté la paix en Irlande après 30 ans de conflit armé.
Cet accord est actuellement en danger en
raison du Brexit. Ce qu'il faut, c'est la mise en oeuvre complète de l'accord
du Vendredi saint, y compris un référendum sur l'unité irlandaise.
Québec is a friend of Ireland. Québec solidaire supports the Irish reunification.
(S'exprime dans une langue
étrangère). Ireland forever!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je cède la parole à Mme la
députée de Louis-Hébert.
Mme Guilbault : Oui. Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je tiens à rendre
hommage à M. Gordon Bain, citoyen de Louis-Hébert, pour l'ensemble de sa
carrière et son engagement philanthropique.
M. Bain est un
exemple de persévérance et de vision. Il a fondé Groupe Océan, un fleuron de
l'entrepreneuriat québécois qui, près de 50 ans plus tard, fait rayonner
notre capitale nationale partout dans le monde pour son expertise dans l'industrie maritime. D'ailleurs, le
5 mai dernier, il a été intronisé Grand Québécois 2022, secteur
économique, par la Chambre de commerce et d'industrie de Québec pour
s'être brillamment illustré tout au long de sa carrière et avoir contribué au
dynamisme de notre région.
M. Bain est
également reconnu pour s'investir dans des oeuvres caritatives touchant les
enfants, comme la Fondation du CHU de Québec
et la fondation Benjo. En 2018, je lançais fièrement une ambitieuse campagne de
financement dans le but d'amasser 100 000 $ pour la
transformation d'un local d'une école de ma circonscription pour en faire un environnement stimulant pour nos jeunes. Lorsque
M. Bain et sa conjointe ont été approchés pour le projet, ils n'ont pas
hésité à contribuer généreusement. Grâce à
eux et à la mobilisation de toute notre communauté, cette salle
multifonctionnelle a pu voir le jour rapidement.
M. Bain, Gordon,
merci pour ton apport à notre nation, notre capitale nationale et surtout à
notre communauté de Louis-Hébert.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
Mme la députée. Je reconnais maintenant M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
M. le Président, je désire souligner aujourd'hui l'implication remarquable
d'une citoyenne de ma circonscription, Mme Viviane Richard, qui est avec
nous aujourd'hui dans les tribunes.
Née à Baie-Comeau
avec, sans doute, le mot «bénévolat» de tatoué sur le coeur, Mme Richard a
été impliquée pendant près d'un demi-siècle
dans de nombreux comités et organismes. Ayant fait ses études en
administration, elle a été une
ressource inestimable à la présidence et à la trésorerie de plusieurs
associations et conseils d'administration dans la Manicouagan.
Authentique et
absolument dévouée, Viviane sait donner à chaque personne qu'elle côtoie une
grande valeur. Avec un sens inné de la
collaboration, elle fut et demeure une femme émérite dans notre région. Sa
grande implication et son engagement marqué dans la communauté a inspiré un
grand nombre de citoyens et de citoyennes, dont moi-même, à offrir son
temps pour le développement local et social.
C'est
donc en leur nom, aujourd'hui, que je remettrai la Médaille de l'Assemblée
nationale à Viviane Richard en guise de reconnaissance pour sa grande
implication au sein de notre communauté.
Richard, tu nous as
prêté ta mère, je remets cette médaille pour te la remettre. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Nous poursuivons avec M. le
député de Chapleau.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, j'aimerais souligner le
40e anniversaire de L'Amicale des personnes handicapées physiques
de l'Outaouais.
organisme accueille les personnes ayant un handicap physique et propose des
services ainsi que des activités permettant à ces personnes de briser
l'isolement tout en développant leur autonomie. Depuis 40 ans, L'Amicale
des personnes handicapées physiques de l'Outaouais a à coeur le bien-être des
personnes handicapées physiques ainsi que leur inclusion sociale dans notre
communauté.
Grâce à des collectes
de fonds, l'amicale organise des activités sociales ainsi que des sorties qui
permettent aux personnes handicapées
physiques de développer leurs talents ainsi que leur confiance en elles, tout
en encourageant la participation bénévole. L'amicale a ainsi réussi à
créer un lien d'échange et d'entraide en défendant les intérêts et les droits
de ces personnes.
collègues députés de Gatineau et de Papineau se joignent à moi afin de
remercier et de féliciter toute l'équipe de l'amicale pour son excellent travail. Votre dévouement à cette cause
est un pas de plus pour sensibiliser notre collectivité à l'acceptation d'autrui. Merci. Et bon
40e anniversaire!
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Nous terminons avec M. le
député de Chauveau.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, c'est un honneur de souligner le
50e anniversaire du Club Lions Québec-Nord, dont plusieurs d'entre eux
sont présents dans nos tribunes.
La première rencontre du comité a eu lieu le
14 juin 1970 avec le président fondateur, Feu Lion André Gignac, et le
membre fondateur, Feu Lion Jacques Moisan.
Présidé par Lion Robert Madore, le Club Lions de
Québec-Nord soutient localement plusieurs organismes, dont la Maison de Job, la
Fondation Cap Diamant, Amélie et Frédérick, Service d'entraide, l'Accueil
Saint-Ambroise et le comité des bénévoles de l'Hôpital Chauveau.
Très engagés au sein de leur club, plusieurs
membres s'impliquent à différents postes stratégiques, soit au sein du district U-2 comme vice-gouverneur et
gouverneur, comme président du conseil des gouverneurs, qui représente les
quatre districts Lions du Québec, et sur la scène mondiale de l'association
internationale des clubs Lions.
Merci à mon
parrain, Lion Ross Chicoine, et merci d'apporter un soutien à ceux qui en ont
besoin par le biais du service humanitaire et de l'aide financière. Les Lions
sont fiers, les Lions sont forts, les Lions sont bons. Vive les Lions!
Bon 50e!
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
M. le député. Cela met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 52)
Le Président : Mmes et MM. les
députés, bon jeudi. Prenons quelques instants pour nous recueillir.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Mmes et MM. les députés, nous poursuivons les
affaires courantes.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
de l'Éducation.
M. Roberge : M.
le Président, je dépose la mise à jour de mars 2022 du Plan stratégique 2019‑2023
du ministère de l'Éducation.
Le Président : Ce document est
déposé. Merci. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Caire : Oui,
M. le Président. Je dépose les réponses du gouvernement à la pétition présentée
en Chambre le 6 avril 2022 par le
député de Vimont et à la question inscrite au feuilleton du 14 avril 2022 par
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Le Président : Merci. Ces documents
sont également déposés.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
Nous en sommes à la rubrique Dépôt de pétitions.
D'abord, Mme la députée de Joliette.
Président : Je sais, madame. Je reste debout jusqu'à ce que
vous ayez le temps de vous installer. Et vous êtes prête. Mme la
députée.
Mme Hivon : Oui, M. le
Président. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 1 846 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, selon les données de la recherche, de 10 % à 15 % des personnes
qui ont contracté la COVID-19 auront encore des symptômes 12 semaines
après l'infection;
«Considérant
que l'Organisation mondiale de la santé reconnaît l'existence de la COVID
longue depuis septembre 2020;
«Considérant que,
selon l'Organisation mondiale de la santé, de 10 % à 20 % des
patients qui contractent la COVID-19 présentent des symptômes persistants;
«Considérant
qu'à la différence de pays comme la France, qui a fixé des critères de soutien
aux personnes atteintes de la COVID
longue, le Québec n'a institué aucun programme d'invalidité temporaire ou
permanente afin d'apporter un soutien médical, psychologique et
financier à ces personnes;
«Considérant
que les employeurs n'ont aucune obligation légale, au-delà de deux ans, de
protéger les conditions d'emploi des
personnes atteintes de la COVID longue, ces personnes risquant ainsi de perdre
tous leurs acquis en matière de relations de travail — permanence,
assurances, pension;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons que le gouvernement du Québec reconnaisse la COVID longue
comme une maladie pouvant mener à
l'invalidité aux termes de la Régie des rentes du Québec et que le soutien
financier et les protections en emploi qui s'y rattachent puissent être
accordés.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Vimont.
M. Rousselle : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 128 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
demande de places en CPE pour les employés du CISSS de Laval ne cesse d'augmenter;
«Considérant
que, sur les 625 enfants en liste d'attente, 126 enfants d'employés
de la Cité-de-la-Santé et du centre de services ambulatoires et sept enfants
des employés des autres installations du CISSS sont sur la liste d'attente pour
le CPE La Cachette;
«Considérant que le
CPE La Cachette s'engage à construire la garderie;
«Considérant
que le CPE La Cachette a accumulé des fonds [qui permettront] de verser plus de
400 000 $ au projet de construction;
«Considérant
que le CPE La Cachette et le CISSS s'entendent pour un bail emphytéotique d'une
durée de 30 ans au coût de 1 $;
«Considérant
que la construction d'un deuxième CPE permettrait l'ajout de 80 nouvelles
places dont 15 pour poupons;
«Considérant que les
nouvelles places seraient offertes aux 11 000 employés et
750 médecins du CISSS;
«Considérant qu'il
manque de places en garderie et que Laval n'en fait pas exception;
«Considérant que le
manque de places empêche certaines personnes de travailler;
«Considérant que la
nouvelle garderie profiterait à l'ensemble de la population desservie par
l'hôpital;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de consentir immédiatement à
l'octroi d'un permis au CPE La
Cachette pour la construction et l'ouverture d'un nouveau CPE sur le terrain de
l'Hôpital de la Cité-de-la-Santé qui bénéficierait aux employés du CISSS
et à l'ensemble de la population.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
3 198 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
Québec a vécu une vague de féminicide en 2021, laquelle a fait 18 victimes
en plus de deux infanticides;
«Considérant
que le quart des crimes contre la personne sont commis dans un contexte de
violence conjugale au Québec;
«Considérant que la
violence conjugale a des effets dévastateurs sur les victimes, leurs proches et
la société;
«Considérant
que la crainte de perdre son revenu et d'être incapable de subvenir à ses
besoins est un frein considérable au moment de quitter un foyer violent;
«Considérant la
pénurie de logements abordables;
«Considérant
le manque de ressources et de places dans les maisons d'hébergement pour les
victimes de violences conjugales et leurs enfants;
«Considérant que le
gouvernement a adopté la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du
travail, laquelle reconnaît explicitement le devoir de protection de la victime
de la part de son employeur;
«Considérant que le gouvernement fédéral et
certaines entreprises privées offrent déjà 10 jours de congé à leur
personnel victime de violence conjugale;
«Considérant
que l'Ontario, l'Alberta, le Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard et le
Nouveau-Brunswick offrent aux victimes de violence conjugale entre trois et
10 jours de congés payés;
«Considérant que ces 10 jours de congé
rémunérés peuvent contribuer à sauver des vies;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'inclure dans la
Loi sur les
normes du travail ou dans la
Loi sur la santé et la sécurité du travail
10 jours de congé rémunérés pour les victimes de violence conjugale.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Et cet extrait de pétition est déposé. À nouveau
la parole à vous, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
306 pétitionnaires, citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le Centre-Sud, adjacent au
centre-ville, est fortement minéralisé et comprend d'importantes
infrastructures routières causant une intense et constante circulation de
transit;
«Considérant
que la densification de cette
partie de l'arrondissement Ville-Marie
s'accélère, avec plusieurs projets de construction majeurs, ce qui
résulte en une minéralisation des surfaces et une circulation accrue;
«Considérant
que les principaux îlots de chaleur répertoriés comprennent les immenses
stationnements du grand quartier général de la Sûreté du Québec et de la
JTI-Macdonald Tobacco, tous sous-utilisés;
«Considérant
que la ville de Montréal recommande le verdissement du Centre-Sud depuis
plusieurs années, suggérant entre autres l'aménagement d'un parc ou d'un
jardin sur le stationnement du quartier général de la Sûreté du Québec;
«Considérant que les températures suffocantes
des dernières années ont une fois de plus démontré les effets multiplicateurs des îlots de chaleur dans les
centres urbains, engendrant des conséquences dommageables sur la santé et
l'environnement;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec :
«D'améliorer
le bien-être des citoyens quant à leur santé et leur qualité de vie en
instaurant une politique réservant 1 % des investissements en
infrastructures publiques à des projets de verdissement;
«De revoir l'affectation des installations du
Centre-Sud en les végétalisant davantage; et
responsabiliser la Société immobilière du Québec face à cet enjeu et de créer
des liens de bon voisinage avec les citoyens afin d'entreprendre des
mesures concrètes pour lutter contre les îlots de chaleur.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques, à vous la parole.
Mme Massé : Le droit de
pétitionner, c'est important, hein?
Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
5 618 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les conversions en logements
sans services et les fermetures de résidences privées pour aînés réduisent les possibilités déjà limitées de
milliers de personnes aînées vulnérables de se loger et d'avoir accès à des
services adaptés à leurs besoins;
«Considérant la gravité des conséquences d'une
éviction sur la vie des personnes aînées;
«Considérant
que le Code civil du Québec n'offre aucune protection aux personnes aînées
habitant dans une RPA en cas de changement d'affectation du bâtiment;
«Considérant
que la pandémie a mis en lumière, comme jamais auparavant, les conséquences des
conditions de logement sur la santé
et le bien-être des personnes aînées, et que le gouvernement a la capacité
d'agir à la source du problème, ainsi que pour résoudre des situations
spécifiques;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'assurer le respect des droits
des locataires des RPA contre les hausses abusives de loyer, l'éviction ou les
pertes de services, notamment suite à un changement de propriétaire :
instaurant des obligations liées à la certification des RPA, notamment pour
maintenir le statut, les services offerts et réguler les coûts des loyers;
«En facilitant
l'appropriation et la gestion communautaire ou publique de toute RPA à risque
de fermeture ou en défaut face à ses obligations;
«En modifiant les articles 1955 et 1959 du Code
civil du Québec, afin d'assurer la protection des droits des locataires et interdire le changement
d'affectation d'un immeuble à logement, à plus forte raison dans le cas d'une
RPA.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 1 456 pétitionnaires. Désignation : les
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que la forêt Fairview est une érablière à caryer cordiforme centenaire, un
patrimoine naturel menacé dans la région de Montréal, comme mentionné
dans le Plan métropolitain d'aménagement et de développement;
«Considérant
qu'elle contient plusieurs milieux humides protégés par la Loi concernant la
conservation des milieux humides et
hydriques qui sont essentiels pour la prévention [des] inondations et qu'elle
est un important puits de carbone;
«Considérant
que, selon l'Institut national de
santé publique, la santé humaine est
affectée par la chaleur excessive, la pollution de l'air, le bruit et les
événements météorologiques extrêmes, et que ces effets peuvent être contrés par
les forêts telles que la forêt Fairview;
«Considérant
que le Québec s'est engagé à la Convention sur la diversité biologique et que
la cible de protection des milieux naturels dans le sud du Québec devrait être
30 % du territoire, ce qui ne peut être atteint sans protéger tous
les milieux naturels qui restent sur l'île de Montréal;
«Considérant que la couleuvre brune est
susceptible d'être désignée espèce menacée ou vulnérable, que la forêt Fairview
est parmi ses importants habitats et que le ministère de la Forêt, des Faunes
et des Parcs reconnaît que les modifications de son habitat s'avèrent
préjudiciables à l'espèce;
«Et l'intervention réclamée est résumée
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de reconnaître le droit à la
santé et à un environnement sain et qu'il impose un moratoire immédiat
et permanent sur tout développement de la forêt Fairview.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Et cet extrait de
pétition est également déposé.
J'ai reçu une
demande de Mme la députée de Joliette pour la présentation d'une pétition non
conforme. Y a-t-il
consentement pour le dépôt de cette pétition? Consentement. Mme la députée de
Joliette.
Mme Hivon : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 132 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que, selon les données de la recherche, de 10 % à 15 % des personnes
qui ont contracté la COVID-19 auront encore des symptômes
12 semaines après l'infection;
«Considérant
que l'Organisation mondiale de la santé reconnaît l'existence de la COVID
longue depuis septembre 2020;
«Considérant que, selon l'Organisation mondiale
de la santé, de 10 % à 20 % des patients qui contractent la COVID-19
présentent des symptômes persistants;
«Considérant qu'à la différence de pays comme la
France, qui a fixé des critères de soutien aux personnes atteintes de la COVID longue, le Québec n'a
institué aucun programme d'invalidité temporaire ou permanente afin d'apporter
un soutien médical, psychologique et financier à ces personnes;
«Considérant
que les employeurs n'ont aucune obligation légale, au-delà de deux ans, de
protéger les conditions d'emploi des personnes atteintes de la COVID longue,
ces personnes risquant ainsi de perdre tous leurs acquis en matière de
relations de travail — permanence,
assurances, pension;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons que le gouvernement
du Québec reconnaisse la COVID longue comme une maladie pouvant mener à l'invalidité aux termes de la Régie des rentes
du Québec et que le soutien financier et les protections en emploi qui
s'y rattachent puissent être accordés.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé.
J'ai reçu une
demande de Mme la députée Sainte-Marie—Saint-Jacques pour la présentation d'une pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation de la pétition?
Il y a consentement. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci,
M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 115 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
Centre-Sud, adjacent au centre-ville, est fortement minéralisé et comprend
d'importantes infrastructures routières causant une intense et constante
circulation de transit;
«Considérant
que la densification de cette
partie de l'arrondissement Ville-Marie
s'accélère, avec plusieurs projets de construction majeurs, ce qui
résulte en une minéralisation des surfaces et une circulation accrue;
«Considérant
que les principaux îlots de chaleur répertoriés comprennent les immenses
stationnements du [...] quartier général de la Sûreté du Québec et de la
JTI-Macdonald Tobacco, tous sous-utilisés;
«Considérant
que la ville de Montréal recommande le verdissement du Centre-Sud depuis
plusieurs années, suggérant entre autres l'aménagement d'un parc ou d'un jardin
sur le stationnement du quartier général de la Sûreté du Québec;
«Considérant que les
températures suffocantes des dernières années ont une fois de plus démontré les
effets multiplicateurs des îlots de chaleur dans les centres urbains,
engendrant des conséquences dommageables sur la santé et l'environnement;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'améliorer le
bien-être des citoyens quant à leur santé et leur qualité de vie en instaurant
une politique réservant 1 % des investissements en infrastructures
publiques à des projets de verdissement;
«De revoir
l'affectation des installations du Centre-Sud en les végétalisant davantage;
responsabiliser la Société immobilière du Québec face à cet enjeu et de créer
des liens de bon voisinage avec les citoyens afin d'entreprendre des
mesures concrètes pour lutter contre les îlots de chaleur.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Et cet extrait de pétition est déposé.
temps consacré à cette étape, c'est-à-dire le dépôt de pétitions, étant
écoulé... Mme la leader du deuxième groupe.
Mme Labrie : Merci, M. le Président.
Et je sais que ça fait beaucoup de pétitions, mais il en reste seulement une,
donc je me demandais si, avec le consentement, on pourrait lire la dernière.
Le Président :
Bien, ça me prend le
consentement. Il reste encore plusieurs pétitions à être présentées, somme
toute, dans cette séquence. À ce moment-ci, ça devient un peu compliqué,
alors...
Le Président :
On reportera? Alors, je comprends qu'on reportera, donc, la présentation des
pétitions restantes à la prochaine séance, du fait que certaines autres
pétitions étaient aussi à être présentées.
Il n'y a, donc, pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Vous
aurez compris que nous en sommes maintenant à la période de questions et de
réponses orales. Et je cède la parole au député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Merci, M. le Président.
Alors, le Québec fait face à une conjoncture économique qui est défavorable,
défavorable.
D'un
côté, il y a une forte hausse du coût de la vie, une hausse qui est loin d'être
terminée et une hausse qui est loin
d'être temporaire. Cela est très préoccupant parce que ça déstabilise
complètement les budgets des familles québécoises, M. le Président. L'inquiétude est réelle et
palpable. Cette hausse de l'inflation va aussi mener à une hausse des taux
d'intérêt qui, elle, inévitablement, va ralentir l'économie.
l'autre côté, il y a une pénurie de main-d'oeuvre, un facteur qui est bel et
bien «made in Québec», une pénurie de
main-d'oeuvre qui ralentit davantage notre économie, qui empêche les PME en
région, notamment, de contribuer davantage à la vitalisation de ces
régions-là, parce qu'elles ne sont pas capables de garder leur cadence de
production.
Donc, pénurie de
main-d'oeuvre, qu'est-ce que ce gouvernement va faire pour adresser cette
question?
Le Président
M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Bien, merci, M.
le Président. D'abord, je voudrais rectifier la vision alarmiste du député de
Robert-Baldwin, parce qu'hier on a eu les
statistiques pour le PIB de février, et tout indique que le premier trimestre
2022 sera beaucoup plus solide que
nous avions prévu dans notre budget, qui était prudent et responsable. On
l'avait dit, que nos hypothèses étaient prudentes, mais, lorsqu'on
observe janvier, février, le départ de 2022 est solide.
L'inflation,
vous l'avez dit, c'est important. Ce n'est pas un phénomène qui est particulier
au Québec, ça se passe dans
l'économie mondiale. C'est notamment exacerbé par la politique pour lutter
contre la COVID en Chine, c'est exacerbé par l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Et puis c'est pour ça qu'on
pose des gestes. On a posé un geste en novembre, on a posé un geste au budget. Et là on a une prévision
au budget où l'inflation avoisine 5 %. On observe et, s'il faut faire des
gestes supplémentaires parce que l'inflation s'avérerait plus élevée que ce
qu'on a prévu, bien, on va agir.
Pour la rareté de main-d'oeuvre, ça va me faire
plaisir de répondre dans une question subséquente.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : Alarmiste,
M. le Président? Non, réaliste. Nous sommes en juin, pratiquement en juin, M.
le Président. Février, c'est très
bien, là, bravo, mais c'est derrière nous. Là, quand on regarde les prochains
mois, c'est inévitable, la hausse des
taux d'intérêt va mener à un ralentissement de l'économie. Et en plus nous
avons ce «made in Québec» facteur, qui est la pénurie de main-d'oeuvre.
Il faut agir maintenant pour régler la pénurie
de main-d'oeuvre. Le gouvernement ne fait rien, M. le Président.
Président : M. le ministre des Finances... On demeure attentif
aux réponses et aux questions. M. le ministre, à vous la parole.
M. Girard
(Groulx) : Oui. Alors, la rareté de main-d'oeuvre, alors, à
la mise à jour du 25 novembre, nous avons octroyé
4 milliards de dollars, 3 milliards de nouveaux crédits, pour
cet enjeu. Puis c'est un enjeu qui est réel, qui est connu. Ce n'est pas, comme vous dites, «made in Québec», c'est un
phénomène pour toutes les sociétés développées, et puis ça a été
exacerbé par la pandémie parce qu'il y a des travailleurs qui ne sont pas
revenus au travail.
Mais, lorsqu'on regarde dans l'ensemble ce qui
se passe au Québec, bien, ça va bien. On est au plein-emploi. Et, oui, la demande est forte. La demande est
forte pourquoi? Bien, parce que l'économie est forte, M. le Président, et parce
que le rebond est synchronisé avec
l'économie mondiale. Et là l'économie est forte, alors qu'est-ce qu'on fait
pour aider?
Le Président : En terminant.
M. Girard
(Groulx) : Alors, on aide au niveau des travailleurs
d'expérience, on aide au niveau des jeunes qui ne sont pas formés...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão : M.
le Président, je pense que les termes sont importants, là. Il n'y a pas de
rareté de main-d'oeuvre, il y a une pénurie de main-d'oeuvre. Ce n'est
pas la même chose, c'est important. Deuxièmement, oui, «made in Québec», c'est-à-dire qu'ici c'est bien pire qu'ailleurs.
Des données du recensement qui ont été publiées récemment, les données du
ministère de l'Emploi et de Solidarité
sociale : 1,4 million de Québécois qui vont prendre leur retraite. Où
est-ce qu'on va chercher ces gens-là?
Comment allez-vous faire? Pendant quatre ans, ils n'ont rien fait, M. le
Président. Il faut agir. Il faut agir maintenant.
Le Président : M. le ministre des
Finances.
Le Président : S'il vous
plaît! Sans commentaire au terme des questions. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Bien, en fait, si on regarde les 10 années qui ont
précédé notre arrivée au pouvoir, on a vu que la croissance du Québec était similaire à celle de l'Ontario, mais
qu'on a mieux fait au niveau de l'emploi, mais on a vraiment
moins bien fait au niveau de la productivité. Alors, nous sommes arrivés au
pouvoir et on s'est dit : Ça prend plus
de productivité, au Québec. Alors, on aide les entreprises à se transformer. On
fait ça de trois façons : avec de l'aide fiscale pour réduire le taux effectif marginal d'imposition sur les
nouveaux investissements, on fait ça avec l'aide directe, la réforme d'Investissement Québec, l'aide
directe, les prêts, les investissements, et on fait ça avec le conseil, parce
qu'il ne faut pas juste donner de l'argent, il faut aider les
entreprises à se numériser et à se transformer.
Président : En terminant.
M. Girard
(Groulx) : Et ça fonctionne, M. le Président.
Président : Question principale, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : M. le Président, la
pénurie de main-d'oeuvre, c'est un obstacle majeur à la croissance économique
du Québec. Nos PME, qui font la fierté des
Québécois, voient leur développement freiné parce qu'elles manquent d'employés.
C'est particulièrement vrai dans le secteur manufacturier, où il y a
30 000 postes vacants.
Le premier ministre
du Québec prétend que la pénurie de main-d'oeuvre, c'est une bonne chose, c'est
un beau problème, mais la pénurie de
main-d'oeuvre, elle nous appauvrit au quotidien. La pénurie de main-d'oeuvre a
fait perdre des opportunités à la hauteur
de 18 milliards de dollars, 18 milliards de dollars en deux ans,
dans le secteur manufacturier.
Est-ce
que le premier ministre, devant ces chiffres, pense que c'est toujours une
mosus de bonne affaire, la pénurie de main-d'oeuvre, quand on perd
18 milliards de dollars?
Président : M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité
sociale.
M. Boulet : Merci, M. le Président.
La pénurie de main-d'oeuvre est une priorité, on s'y attaque, et il y a une
action sur plusieurs fronts, je le
répète constamment. Il faut aussi redire que le taux d'emploi au Québec est le
meilleur au Canada. Donc, chez les 15
à 64 ans, on dépasse de 2 % le Canada, 3 % l'Ontario.
M. Vailles, il y a deux jours, mentionnait que la productivité des entreprises avait doublé, avait
augmenté de façon beaucoup plus importante que le Canada, quatre fois
plus que l'Ontario dans les trois dernières années.
Je répète que le défi
de la productivité, il est fondamental. On a lancé une vaste opération main-d'oeuvre,
3,9 milliards, des bourses incitatives
dans des services publics essentiels, dans des domaines privés, névralgiques.
On est présents partout. Le secteur
manufacturier bénéficie d'avantages, notamment pour les travailleurs étrangers
temporaires, pour l'intégration des nouvelles technologies.
L'amélioration des conditions de travail va aider les entreprises...
Président : En terminant.
M. Boulet :
...à recruter et retenir leurs employés.
Président : Première complémentaire, Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : On entendait le premier
ministre, encore cette semaine, se vanter du faible taux de chômage. En
réalité, là, le faible taux de chômage, ce qu'il nous indique, c'est qu'il
manque de travailleurs. Ça s'explique notamment par les nombreux départs à la retraite. Les boomers
ont décidé de quitter le marché du travail. Il y a des postes à combler en
masse, mais ce qu'on manque, c'est de monde, c'est de travailleurs.
premier ministre refuse de mettre les outils à la disposition des gens. Et les
actions dont vous parlez, M. le ministre, ça ne fonctionne pas.
Le Président :
...adresser à la présidence, bien
sûr. M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet :
Je regrette, M. le Président, mais, si la période de questions peut servir
à des fins pédagogiques, allons de l'avant, on a accompagné 300 000
travailleurs vers un retour en emploi, dans les trois dernières années, on a augmenté de 428 % les investissements dans la
formation en alternance travail-études. On s'inspire des pratiques innovantes.
La productivité par l'automatisation, la
robotisation, c'est ce qui va donner des résultats. La BDC, tous les centres spécialisés
reconnaissent que, l'intégration des
nouvelles technologies, l'amélioration des salaires, la conciliation
famille-travail, les avantages sociaux...
Le Président : En
terminant.
M. Boulet : ...et un rapport de
force nouveau, il faut en prendre compte.
Président : Deuxième complémentaire. La parole n'appartient
qu'à la députée de Verdun. Nous sommes toutes et tous attentifs, s'il
vous plaît.
Mme Melançon : Bien,
on voit que la cassette a été bien apprise. Bravo! Là-dessus, bravo! Le premier
ministre...
Président : S'il vous plaît! Alors, à toutes et à tous, encore
une fois, votre attention. Vous connaissez nos règles, les secondes sont précieuses, alors je demande
votre collaboration. La parole n'appartient qu'à la députée. Vous avez encore
du temps. Merci.
Mme Melançon : Le premier
ministre ne cesse de répéter que la pénurie de main-d'oeuvre, là, c'est une
bonne affaire. Ce n'est pas sérieux. Quand
on fait perdre de l'argent à nos PME du Québec, on devrait être gêné, on
devrait se garder une petite gêne
puis on devrait trouver et chercher des actions qui vont fonctionner, parce
qu'actuellement ce qu'on voit sur le terrain, c'est que les actions ne
fonctionnent pas.
Le Président : M. le ministre du
Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : M. le Président, le
phénomène démographique découlant du vieillissement de la population, il est anticipé depuis 20 ans. On a manqué de vision,
au Québec, on ne s'est pas bien préparés à ce phénomène-là qui frappe de
plein fouet. D'ici 2030, on va continuer. Il y aura 1,4 million de postes
vacants à combler.
Je le répète,
des résultats, on en a. On a réintégré 40 % des jeunes de 25 ans et
moins qui recevaient des prestations d'aide
sociale au marché de l'emploi. C'est en agissant sur tous les fronts. Mon
collègue des Finances a annoncé 2,2 milliards pour aider les
entreprises à amorcer le virage numérique.
Le Président : En terminant.
M. Boulet : On est
véritablement en action, M. le Président.
Le Président : Question principale,
M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui. Merci, M. le
Président. Là, ce que nous dit le ministre, c'est que, lui, son horizon, c'est qu'en 2030, effectivement, on soit rendus à
1,4 million. Bien, qu'il continue de même, ça va bien. On est rendus,
depuis quatre ans, à 240 000 pénuries de main-d'oeuvre parce
que ce qu'ils mettent de l'avant, ça ne tient pas la route, ça ne fonctionne
pas.
Hier, j'ai
mentionné le cas de Mme Ana Tarcenco, 87 ans, victime d'un vol
qualifié en 2019. Elle aurait subi de graves
blessures à l'épaule en plus d'être ensuite escroquée. La semaine passée, elle
devait témoigner au procès de l'accusé. Tout a été annulé parce qu'aucune greffière n'était disponible. Le juge
qui présidait au procès s'est même excusé auprès de Mme Tarcenco.
Elle n'a pas obtenu justice. Elle a peur. Elle fait des cauchemars.
Pénurie de
constables. On a vu le cas tout à fait loufoque où un juge a demandé à un
accusé de se rendre lui-même en prison après avoir écopé d'une peine.
Pourquoi la
CAQ continue à dire, M. le Président, que la pénurie de main-d'oeuvre, c'est
une mosus de bonne affaire?
Le Président : Mme la présidente du
Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui. Merci, M. le
Président. Quand on parle des impacts, des répercussions sur le système de justice, on est tout à fait conscients de la
situation et tout à fait préoccupés par tous ces enjeux-là, tout à fait
conscients aussi de l'impact sur les citoyens quand on n'est pas capable
d'avoir une justice en temps opportun.
Ceci étant dit, on est en négociation,
présentement, avec le syndicat de la SFPQ, qui représente, justement, les greffiers-audienciers. Sur la table de
négociation, M. le Président, il y a des mesures particulières pour...
particulièrement pour
cibler l'enjeu de l'attraction, de la rétention, de la pénurie de main-d'oeuvre
en matière de greffiers-audienciers. C'est sur la table depuis plusieurs
mois. Encore une fois, c'est un enjeu syndical où on veut avoir le même type de
traitement pour l'ensemble des gens qu'ils représentent. Ce ne sera pas
possible, M. le Président, mais on va travailler pour les
greffiers-audienciers.
Président : Première complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Deux choses : le
temps et les intervenants. Depuis plusieurs mois, depuis deux ans, l'alerte a
été sonnée, a été tirée auprès du gouvernement. Donc, ça ne fait pas quelques
mois, ça fait plus de deux ans. Le temps.
Les acteurs. Par qui? Pas les présidents de
syndicats en négociation. La juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Riendeau, a dit : La situation est
intenable. Elle n'est pas présidente de syndicat. Le juge en chef de la Cour
supérieure, Jacques Fournier, a dit : On vit une catastrophe.
Président : Mme la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel :
Alors, je ne sais pas ce que mon collègue me suggère de faire. Est-ce qu'il
me suggère de verser à l'avance? Dans le cas
des greffiers-audienciers, c'est une option. La dernière fois qu'on l'a fait
pour les infirmières, où le besoin
était criant... pas les infirmières, les éducatrices en CPE, les infirmières
également, les syndicats nous poursuivent, présentement, parce qu'on
doit négocier ces modifications-là.
Alors,
si la proposition est que l'on verse à l'avance, c'est une option qu'on peut
considérer favorablement, M. le Président,
mais, il faut comprendre, on est dans un système de représentation syndicale,
et malheureusement je dois être capable
et le syndicat doit être capable de s'entendre dans la globalité. Et, encore
une fois, ils insistent pour qu'on ait la même chose pour tout le monde.
Ce ne sera pas possible.
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le Président, ce n'est
pas uniquement une négociation, c'est la non-justice, au Québec, que l'on
voit depuis que la CAQ est au pouvoir. Ce
n'est pas compliqué, les délais en Cour
du Québec — puis
ça fait bien rire un collègue — sont passés de sept mois à plus de deux ans; des
gens qui, à Laval, trois soeurs qui ont perdu leur mère, qui sont devant les tribunaux pour une succession,
depuis trois ans et demi, qui n'est pas fermée. On parle de ça, je ne sais pas
si le collègue trouve ça encore drôle, M. le Président.
premier ministre trouve-tu ça encore drôle quand on lui répète ce qu'il a
dit : La pénurie de main-d'oeuvre, c'est une mosus de bonne
affaire? C'est-u encore drôle?
Président : Mme la présidente du Conseil du trésor. On s'adresse
toujours la présidence. À vous la parole.
Mme LeBel : M. le Président, s'il y a
quelqu'un qui est bien conscient de l'impact des délais judiciaires sous le système
de justice, c'est bien moi. J'étais là en 2016, quand l'arrêt Jordan est
arrivé, et j'ai vu des dossiers pour lesquels j'occupais...
être libérés pour ces fins de délais là. Ces délais-là de justice, ils sont
attaqués par mon collègue, on va y travailler.
quand on parle de la question de la négociation, de la pénurie de
main-d'oeuvre, j'insiste auprès du syndicat de venir s'asseoir correctement et de comprendre qu'on doit cibler certains
enjeux et qu'on peut régler pour tout le monde aussi.
Président : Question principale, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Bien, d'abord, je veux
commencer par souhaiter un joyeux anniversaire au premier ministre. Je
lui souhaite...
Le Président :
S'il vous plaît! Les
applaudissements ont eu lieu. M. le chef, vous avez la parole, c'est votre
temps.
M. Nadeau-Dubois : On
est chanceux de vivre au Québec, ces temps-ci, M. le Président, on est chanceux
de vivre dans une société, au
contraire des États-Unis, où on a choisi de contrôler les armes à feu. Sauf
qu'on ne peut pas s'asseoir sur nos lauriers. Le Québec a un problème de plus
en plus grave de violence par armes à feu. Juste dans les dernières semaines,
il y a eu la garderie à
Rivière-des-Prairies, le café à Villeray, la bibliothèque à Anjou. Il faut
agir, c'est urgent, c'est urgent. Tout le monde est d'accord, sauf qu'il
ne se passe rien.
Il faut stopper le
flot d'armes illégales à la frontière. Il faut lutter contre l'exclusion
sociale. Il faut interdire les armes de
poing, une interdiction mur à mur partout au Canada. Tout le monde le demande.
Mais, pendant que Justin Trudeau refuse d'agir, à Montréal il y a des
Québécois qui se font tirer dessus.
gens s'attendent à ce que le premier ministre du Québec mette son poing sur la
table et dise à Justin Trudeau : Ça suffit, là, le niaisage, il est
temps d'interdire les armes de poing partout au Canada.
Va-t-il le faire
aujourd'hui?
Président : M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui. D'abord, je veux remercier le collègue pour ses voeux.
Maintenant,
oui, la situation est inquiétante, à Montréal, à Laval. Ce n'est pas le Québec
puis le Montréal qu'on aime. On est
fiers de dire, un peu partout dans le monde, que c'est spécialement sécuritaire
chez nous, puis ça n'arrive pas, des choses comme on voit ailleurs.
le Président, de façon régulière, effectivement, il y a des gangs de rue qui
prennent de la place, recrutent des jeunes, et il faut agir. Puis on ne
peut pas dire qu'on n'a pas agi. Ma collègue la vice-première ministre a mis en
place l'opération CENTAURE, et on est rendu,
M. le Président, à 308 arrestations, 285 armes qui ont été saisies.
Donc, quand le collègue dit : On ne fait rien, ce n'est pas tout à
fait exact.
Maintenant,
c'est vrai aussi, je suis d'accord avec lui, le fédéral doit faire sa part.
D'abord, il doit mieux contrôler les
frontières pour les armes illégales puis, oui, il doit bannir les armes de
poing. On le lui demande. Je pense que tout le monde le lui demande. La mairesse de Montréal aussi le demande. Donc,
bien, je ne sais pas si la succursale, peut-être, du Parti libéral peut
nous aider, mais on doit effectivement avoir une action du gouvernement
fédéral.
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît! Pas
d'échange...
Président : M. le
député de LaFontaine! M. le député de LaFontaine! Monsieur... Alors, je vais
vous demander de... On perd un temps précieux. Il y a une question...
Président : M. député
de LaFontaine! Je vous remercie. On va laisser, maintenant, la parole au chef
du deuxième groupe d'opposition, c'est la période qui se poursuit. M. le
chef du deuxième groupe.
M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre dit
qu'il est d'accord avec nous qu'il faut interdire mur à mur les armes de
poing au Canada. Je suis content d'entendre cet engagement à nouveau
aujourd'hui. Mais là le dossier est bloqué, il n'y a rien qui se passe depuis
des années, Justin Trudeau se tourne les pouces.
Dans
un Québec indépendant, on aurait nos propres frontières puis nos propres
règles, mais, en attendant, la solution pragmatique, c'est une interdiction mur à mur partout au Canada. Il dit
qu'il veut que ça arrive, le premier ministre, mais ça n'arrive pas.
C'est quoi, son plan pour que ça débloque enfin?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, j'ai même offert à Justin
Trudeau qu'on s'en occupe nous-mêmes. Par contre, il faut être réalistes, si c'est fait seulement au Québec
par le gouvernement fédéral, il y a des armes de poing qui peuvent arriver
à Toronto puis, après, circuler à Montréal.
Donc,
on est tous d'accord. Je pense qu'on va être d'accord aussi que préparer un
référendum sur l'indépendance du
Québec, faire une campagne référendaire pour éventuellement pouvoir avoir les
pouvoirs, je pense, ça prendrait un certain temps. Au moins, on peut se
dire ça pour y arriver.
Donc, M. le
Président, c'est grave, ce qui se passe à Montréal. Je pense qu'on entend...
Président : En terminant.
M. Legault :
...tous les partis politiques interpeler M. Trudeau.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre utilise les bons mots, sauf
que ça fait des années, et il ne se passe rien. Le fédéral n'agit pas.
Il y a des Québécois qui se font tirer dessus.
C'est quoi, son plan à lui, comme premier
ministre du Québec, pour défendre les Québécois et les Québécoises, s'assurer
de leur sécurité? Qu'est-ce qu'il va faire, lui, pour que le fédéral bouge
enfin?
Le Président : M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le Président, ma collègue a investi
52 millions. On a ajouté des policiers. Il y a des arrestations, il y a des saisies d'armes. Donc, il y a plus de
surveillance qui se fait, entre autres dans l'est de Montréal. Mais le
criminel, ça relève du gouvernement
fédéral, effectivement, puis on est tous d'accord pour dire à Justin
Trudeau : C'est le temps d'agir.
Donc, moi,
j'invite tout le monde, tous les partis politiques, à mettre de la pression sur
le gouvernement fédéral pour que ça se fasse. Entre-temps, à l'intérieur
de nos champs de compétence, on agit avec les policiers.
Le Président : Question principale,
M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Arseneau : M. le Président, c'est la fête du premier
ministre, mais force est de constater que le fédéral ne lui fait pas de cadeau. Le premier ministre a écrit à
deux reprises aux chefs fédéraux pour leur demander de s'engager à ne pas
contester la
Loi sur la laïcité devant les tribunaux. Or, le gouvernement
fédéral a confirmé hier qu'il n'hésiterait pas à s'impliquer dans la
contestation judiciaire non seulement de la loi n° 21,
mais également de la loi n° 96 sur la langue française, là, dont l'encre n'est pas encore
sèche. Le premier ministre a même été abandonné par ses deux amis du Parti
conservateur du Canada, l'ancien premier
ministre Jean Charest et Pierre Poilievre, qui se rangent aussi du côté de
Trudeau.
Tout comme pour les transferts en santé, pour le
rapport d'impôt unique, pour les pouvoirs en immigration, le premier ministre du Québec s'est bercé d'illusions, M.
le Président, probablement aveuglé par son grand amour du Canada. Mais Justin Trudeau n'a qu'à bien se tenir, parce
qu'hier le premier ministre a sorti sa formule choc, son dernier argument,
le dernier qu'il lui reste, il a dit :
S'il vous plaît. Oui, il a ajouté le mot magique qu'on enseigne aux enfants,
là, qui demandent des faveurs à leurs parents. Devant le Canada, le
premier ministre est impuissant.
M. le
Président, on sait depuis déjà un bout, le premier ministre a troqué ses habits
d'indépendantiste pour ceux de provincialiste. Mais la vérité, M. le
Président, aujourd'hui : le roi est nu.
Le Président : M. le premier ministre.
Le Président : S'il vous plaît! La
parole n'appartient qu'au premier ministre.
M. Legault : Oui. M.
le Président, d'abord, la loi n° 21, c'est une loi importante. C'est une loi importante parce que ça défend une valeur qui est fondamentale au
Québec, la laïcité de l'État. C'est une loi qui est raisonnable. On interdit
aux personnes qui sont en autorité,
c'est-à-dire policiers, gardiens de prison, juges et les enseignants pour les
enfants, qui sont des modèles pour les enfants... on leur interdit de porter un
signe religieux. Il y a une majorité de Québécois qui sont d'accord avec
ça, qui souhaitent que ce soit comme ça qu'on vive, au Québec.
Bon, on
regarde au fédéral puis on pourrait revenir sur le débat de la dernière
campagne électorale. On avait, d'un côté, le Parti libéral du Canada qui s'opposait à la loi n° 21.
Le NPD s'opposait à la loi n° 21. Il y avait le chef du Parti conservateur,
M. O'Toole, qui s'engageait à ne pas contester la loi n° 21.
Puis il y a le Bloc québécois, qui ne pourra jamais être au gouvernement à
Ottawa.
Donc, M. le
Président, effectivement, c'est un peu dur à prendre, qu'une majorité de
Québécois supporte une loi, souhaite
qu'on vive de cette façon-là, au Québec, puis que le gouvernement fédéral veuille contester cette loi. Mais, M. le Président, je
pense que ça va être important,
le 3 octobre prochain, d'envoyer un message fort, que les Québécois disent :
Nous, on veut aller négocier avec Ottawa. Je ne pense pas que la solution,
c'est...
Le Président : En terminant.
M. Legault :
...de faire un référendum sur la souveraineté.
Président : Première complémentaire, M. le chef du troisième groupe
d'opposition.
M. Arseneau : M. le Président, la
vérité, c'est que la CAQ a mené le Québec dans un cul-de-sac. Le seul avenir
qu'elle nous propose, là, c'est d'être sur
la défensive. La prochaine étape, c'est quoi, là? La survivance? La nation
québécoise mérite plus que de
survivre. Elle doit vivre, s'exprimer, s'épanouir et imposer le respect dans
ses projets de loi qui ont été adoptés
par l'Assemblée nationale, notamment. Et, pour ça, là, il n'y a qu'une seule
issue pour régler une fois pour toutes les désaccords avec le fédéral,
le premier ministre le sait très bien, c'est l'indépendance du Québec.
Président : M. le premier ministre.
M. Legault :
Bien, M. le Président, il y a eu un référendum en 1980, les Québécois ont
voté non. Il y a eu un référendum en 1995,
les Québécois ont voté non. Il n'y a pas une apparence, actuellement, d'avoir
une majorité de Québécois qui voteraient oui à un référendum.
Donc, M. le
Président, moi, je suis confiant qu'avec un appui fort d'une majorité de
Québécois pour appuyer la loi n° 21 on va réussir à
convaincre quelqu'un au fédéral de supporter la majorité des Québécois.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le
chef du troisième groupe d'opposition. La parole n'est qu'à vous.
M. Arseneau :
M. le Président, l'alternative à l'indépendance que propose le premier
ministre, c'est la fierté, la fierté de ne
pas avoir obtenu des transferts en santé, la fierté de ne pas avoir de rapport
d'impôt unique, la fierté de se faire imposer une politique
d'immigration par le fédéral, la fierté de ne pas pouvoir imposer la
loi 101 aux entreprises à charte fédérale. Bref, la fierté de se faire
dire non chaque fois qu'on exige le respect des particularités du Québec.
C'est
ça, la fierté de la CAQ, la fierté de recevoir des rebuffades de Justin Trudeau
puis du Canada chaque fois qu'on demande le respect du Québec.
Président : M. le premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le Président, je
suis fier, depuis quatre ans, d'avoir signé une entente sur le logement social
avec Ottawa pour 1,8 milliard, d'avoir signé une entente sur les services
de garde de 6 milliards sans aucune condition, d'avoir signé une entente de 4,2 milliards
avec Ottawa sur la formation de main-d'oeuvre, 1,2 milliard sur les
infrastructures, 693 millions
pour notre industrie aéronautique, 460 millions pour installer Internet
haute vitesse partout, 374 millions pour nous aider avec les
demandeurs d'asile, les compensations pour la gestion de l'offre, tel qu'on l'a
demandé...
Président : En terminant.
M. Legault :
...une entente sur la lutte à l'itinérance pour 172 millions. Je
pourrais continuer.
Président : Question principale, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Mme Rotiroti : Merci, M. le Président.
L'industrie touristique au Québec subit, elle aussi, les contrecoups de la
pénurie de main-d'oeuvre avec un taux de postes vacants deux fois plus élevé
que la moyenne des industries. Il manque 40 000 travailleurs pour
cette industrie qui fait vibrer l'économie de nos régions.
Pour
les hôteliers, le manque de... pénurie de main-d'oeuvre freine les opérations,
alors que la clientèle s'annonce pourtant
au rendez-vous. Pour les touristes, ça veut dire des difficultés à trouver des
chambres d'hôtel. Le groupe Beaubien, qui
est propriétaire de Château Roberval, Manoir Roberval et l'Hôtel du Jardin,
Saint-Félicien, doit réduire le nombre de chambres et refuser des clients. Ce n'est pas bon pour l'économie du Saguenay—Lac-Saint-Jean et ce n'est pas bon pour l'économie du Québec.
Est-ce
que la ministre du Tourisme peut faire comprendre au premier ministre que la
pénurie de main-d'oeuvre, ce n'est pas un beau problème?
Président : Mme la ministre du Tourisme.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
M. le Président. Je vais poursuivre sur la lancée du député de Robert-Baldwin,
qui disait que c'était un «made in Québec»,
la pénurie de main-d'oeuvre. Je tiens à rappeler aux collègues de l'autre côté
de la Chambre qu'avant notre arrivée en poste il y avait déjà un déficit de
15 000 employés dans l'industrie touristique. Visiblement, ce n'était
pas une priorité pour l'opposition officielle. Le tourisme n'était pas
important pour eux.
Heureusement,
depuis qu'on est arrivés en poste, et avec cette crise... qui a été bien gérée
par le gouvernement du Québec,
particulièrement dans l'industrie touristique, où je suis fière de dire que
c'est 1,2 milliard de dollars uniquement du ministère du Tourisme qui a été injecté pour préserver la capacité
d'accueil du Québec et, lorsque les touristes internationaux retournent et
reviennent ici, au Québec, que cette capacité d'accueil là ne soit pas
déstructurée, M. le Président.
Pour
ce qui est du «made in Québec», on arrive d'une mission en Europe, M. le
Président, c'est partout à travers la
planète, là, ce n'est pas un «made in Québec», le manque d'employés dans
l'industrie du tourisme, c'est pareil en Angleterre, c'est pareil en
France, c'est exactement le même scénario...
Président : En terminant.
Mme Proulx
(Berthier) : ...partout en Europe et aux États-Unis.
Président : Première complémentaire. Je vais vous demander également
votre attention davantage sur les questions et les réponses. La parole
n'appartient qu'à vous, Mme la députée.
Mme Rotiroti : Oui, merci, M. le
Président. Il faut le faire! La ministre vient de se féliciter pour avoir
triplé le problème de la pénurie de
main-d'oeuvre dans l'industrie touristique. Il faut le faire! Par manque de
pénurie de main-d'oeuvre, l'Association
des restaurateurs nous dit que les lundis et mardis deviennent de plus en plus
des jours de fermeture. C'est le cas du restaurant Au Biniou, à Laval, qui
ferme ses portes après 35 ans, mais le cas du Restaurant Chez Trudeau, à
Granby, qui ferme ses portes après 88 ans.
Pour les
restaurateurs, la pénurie, c'est l'enjeu numéro un. Qu'est-ce que ça vous
prend...
Président : Mme la ministre du Tourisme, à vous la réponse.
Mme Proulx
(Berthier) : Très heureuse d'annoncer ici que le Conseil québécois des
ressources humaines en tourisme a un nouveau P.D.G., qui s'appelle Xavier Gret,
qui vient de l'industrie touristique, qui vient de l'industrie hôtelière et qui sait comment aller rechercher les
travailleurs qui sont partis de l'industrie dans une crise historique où
certains d'entre eux, M. le Président, devaient aller chercher des
revenus pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Donc, on est en
période de recrutement partout à travers le Québec avec le Conseil québécois
des ressources humaines en tourisme, à qui
on a donné tous les leviers financiers pour aller chercher, donc, les
travailleurs de l'industrie et les ramener chez nous.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Jeanne-Mance-Viger.
Mme Rotiroti : Merci, M. le Président.
Avec 240 000 postes vacants, est-ce que vous commencez à comprendre
que la pénurie de main-d'oeuvre affecte négativement l'ensemble des secteurs de
notre économie? C'est
vrai pour le manufacturier. C'est vrai dans le tourisme. C'est vrai dans les
services publics et privés.
Commencez-vous
à comprendre que la pénurie de main-d'oeuvre, c'est loin d'être un beau
problème, Mme la ministre?
Le Président :
On s'adresse toujours à la
présidence, bien sûr. M. le ministre de l'Emploi, du Travail et de la
Solidarité sociale.
M. Boulet : Merci, M. le
Président. La pénurie de main-d'oeuvre, je le répète, c'est 80 mesures et
programmes, c'est des bourses incitatives,
c'est des missions de recrutement à l'international, c'est de la
requalification des travailleurs, c'est l'augmentation de la productivité sur tous
les fronts où on est présents. Le secteur touristique n'est pas à l'abri du
défi de l'automatisation. On a obtenu des gains intéressants, pour
l'application du Programme des travailleurs étrangers temporaires, pour faciliter l'accès, rendre le processus plus simple,
augmenter le nombre de travailleurs étrangers temporaires, notamment dans
le secteur touristique...
Le Président : En terminant.
M. Boulet : ...et rendre ça
beaucoup moins coûteux. Merci, M. le Président.
Le Président : Question principale,
M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci,
M. le Président. On apprend ce matin qu'il y a une entente entre le
gouvernement et la FMOQ. En théorie, c'est une bonne nouvelle. En
pratique, malheureusement, ça ne changera pas le fond du problème.
Ce matin, on
apprend dans une étude de l'IRIS que les GMF, c'est 20 ans d'échec sur
toute la ligne : prise en charge des
patients, échec; l'offre des services psychosociaux, échec; désengorger les
services d'urgence, échec. C'est encore pire, les GMF déversent leurs
patients qu'ils ne sont pas capables de soigner vers les urgences. C'est fou de
même.
La CAQ aime
se présenter comme pragmatique, mais toujours refaire la même chose en sachant
que ça ne marche pas, ce n'est pas du pragmatisme, c'est du dogmatisme.
Pourquoi ne
pas avoir eu le courage de mettre fin aux GMF privés et favoriser enfin l'offre
publique dans le réseau de santé?
Le Président : M. le ministre de la
Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Alors,
on a tous réalisé que le député de Rosemont est d'accord, c'est une très bonne
nouvelle que l'entente qui a été
annoncée ce matin avec les médecins de famille. Alors, merci de le souligner,
M. le député. C'est effectivement une
très bonne nouvelle. Et, si on avait le droit d'applaudir, on le ferait.
Maintenant, j'ai... Il y avait des sceptiques dans la salle, et ils ont
été confondus.
Alors,
maintenant, M. le Président, maintenant, sur la question des GMF, je pense,
c'est une très bonne question, de la
part du député. Je me rappelle quand on a fait l'analyse, M. le Président, pour
préparer le plan de santé, on est remontés jusqu'à la commission Clair, et, dans la commission Clair, en 2000,
c'était un élément-phare de sa recommandation, d'avoir des GMF. Depuis ce temps-là, il y a 600 GMF,
600 GMF qui... Le Dr Amyot l'a redit ce matin, l'entente qu'on vient de
faire avec les médecins va permettre de passer à une autre étape avec les GMF
parce qu'on augmente le nombre de professionnels de la santé à l'intérieur d'un
GMF qui vont pouvoir donner des soins, qui vont pouvoir faire de la prise en
charge.
Alors, M. le Président, continuons d'améliorer
notre réseau de santé, et les GMF font partie...
Le Président : Première complémentaire,
M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Moi,
je les comprends, les médecins, d'être contents. C'est eux qui font de l'argent
avec les GMF. 34 % des GMF sont des sociétés par actions, des
entreprises comme Telus, actionnaire de deux GMF, Bonjour-santé, actionnaire de quatre GMF, trois cliniques
médicales, un service de radiologie. M. le Président, qu'on ne se trompe pas,
là, ces entreprises privées là ne sont pas là pour votre taux de
cholestérol, elles sont là pour leurs poches et leurs profits.
Est-ce que le
ministre peut me dire en quoi la médecine inc., tel que décrit dans le rapport
de l'IRIS, est un modèle d'avenir pour les soins de santé au Québec?
Le Président : M. le ministre de la
Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Bien,
écoutez, M. le Président, là, je pense qu'on peut continuer longuement
là-dessus. Puis on va le voir dans
les prochaines semaines. Quand je parlais au Dr Amyot, ce matin, j'ai
dit : Dr Amyot, c'est vrai que c'est une très, très bonne nouvelle, mais,
avec le tableau de bord qu'on a publié le 31 juillet, il faut se rappeler,
il va y avoir eu une prise en charge
de 250 000 Québécois supplémentaires. Ça va se faire où, ça, M. le
Président? Dans les GMF, dans les GMF, parce
qu'au cours des prochaines heures, si tout va bien, on va passer le projet de
loi n° 11, qui va être voté, finalement, et il va y avoir toutes
les mesures en place pour être capable de rendre les GMF encore plus efficaces.
Alors, M. le Président, je pense que les GMF
vont pouvoir...
Le Président : En
terminant.
M. Dubé : ...continuer à
s'améliorer et donner un meilleur service aux Québécois.
Le Président : Deuxième complémentaire,
M. le député de Rosemont.
M. Marissal : On
va parler de prise en charge, là. Toujours selon l'IRIS, dans les cinq
dernières années, il y a eu de plus
en plus de médecins en GMF, mais de moins en moins de prises en charge de
patients. Trouvez l'erreur. D'ailleurs, il y a 1 million de personnes, au moins, sur les listes d'attente,
au Québec. Ça, c'est l'effet de la médecine incorporée, faire de nos
médecins des entrepreneurs consacrés à leur petite business.
On sait à qui
profitent les GMF, M. le Président. À quand un modèle qui profitera vraiment
aux Québécois et aux Québécoises, qui attendent des soins de qualité?
Le Président : M. le ministre de la
Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Bien,
écoutez, on pourrait continuer cette discussion-là, qui est très intéressante,
M. le Président, parce que les Québécois sont d'accord que les médecins
doivent être appuyés pour être capables de donner un bon service. Les infirmières, le personnel vient du
gouvernement, est dans les GMF pour appuyer la prise en charge. On a annoncé
des mesures. Le guichet d'accès à la
première ligne, qui était une demande de tous les Québécois, on l'a
vu avec ce qui s'est passé au Bas-Saint-Laurent, on est en train de
l'implanter partout, va devenir un élément complémentaire aux GMF. Il y a plusieurs éléments, tout ce qu'on a fait en
termes d'être capables de faire une prise de rendez-vous dans des temps
adaptés...
Le Président : En terminant.
M. Dubé : ...entre 36 et
72 heures. M. le Président, on avance, puis ça va bien. Merci.
Le Président : Question principale,
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui,
monsieur, ça va bien, et tout est historique, avec la CAQ. Tout est historique,
avec la CAQ. Bien, maintenant, parlons d'autre chose très historique.
Depuis
l'arrivée de la CAQ au pouvoir, il y a à peu près 200 postes non comblés
en médecine familiale. Un indice très simple, un poste non comblé, c'est
30 années de services manquées pour la population québécoise. Historique.
Deuxième point historique :
5 340 infirmières manquent présentement au réseau pour agir au niveau
du temps supplémentaire obligatoire.
Un autre fait
historique, M. le Président : il manque, pour les cinq prochaines années,
28 000 infirmières pour agir au niveau de la première ligne,
au niveau de nos hôpitaux et aussi au niveau de nos GMF.
M. le
Président, est-ce que le ministre de la Santé est aussi d'accord avec le
premier ministre du Québec et dire que la pénurie de main-d'oeuvre est
une mosus de bonne affaire?
Le Président : M. le ministre de la
Santé et des Services sociaux.
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! Sans commentaire. Nous poursuivons la période de
questions. M. le ministre, à vous la parole.
M. Dubé : O.K.
O.K. M. le Président, bon, premièrement, il aurait peut-être dû y avoir un
contexte, dans le début de la
question, qui s'appelle «pandémie», hein, «pandémie». On vient de vivre une
pandémie, on n'en est pas encore sortis. Mais je pense que le Parti
libéral a un peu de misère à nous
faire des leçons dans l'état actuel du système de santé, que nous avons
pris bien avant la pandémie.
Deux choses,
M. le Président. Le manque de ressources que nous avons en santé a été exacerbé
par la pandémie, on en est tous conscients,
on en est tous conscients. On a décidé, il y a quelques semaines, par
transparence... Plusieurs des indicateurs dont le député de Nelligan
mentionne ce matin ont été mis clairement dans le tableau de bord pour qu'on puisse les suivre, pour
que les Québécois soient au courant, qu'ils voient les améliorations qu'on va
faire dans le retard des chirurgies, qu'ils voient les améliorations
qu'on est en train de faire au niveau des urgences.
Alors,
M. le Président, M. le
Président, on se sort tranquillement
d'une pandémie. On a des ressources humaines qui ont besoin de repos cet
été. On va travailler avec eux, mais on va réussir ça ensemble.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : M.
le Président, juste en Abitibi-Témiscamingue, cet été, c'est
5 500 quarts de travail qui ne seront pas comblés par les infirmières. Encore une fois, les résidents de cette
région, comme plusieurs autres régions, vont être affectés par des bris de service. En raison de
quoi? De la pénurie de main-d'oeuvre. Il y aura des bris de service dans
plusieurs régions, et la cause, c'est la pénurie de main-d'oeuvre.
le Président, encore une fois, est-ce que le ministre de la Santé est d'accord
avec le premier ministre que c'est une bonne affaire...
Le Président : M.
le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Dubé : Je
vais continuer parce que je profite de cette période-là pour faire le point,
entre autres, avec ce que mon collègue
le ministre du Travail a annoncé. On a fait des programmes excessivement
compréhensifs pour être capables d'aller chercher les bons professionnels à
l'extérieur du Québec, d'avoir des programmes de rétention, ma collègue au
Trésor qui a signé une entente avec
la FIQ l'automne dernier, où il y a eu un rattrapage salarial très important
pour les infirmières, ce qu'on a appelé les offres différenciées, parce
qu'il y avait effectivement, par l'ancien gouvernement, un retard salarial important notamment pour les infirmières. On l'a
fait pour les préposés aux bénéficiaires. Ce sont toutes des mesures qui
ont été faites dans la dernière année...
Le Président :
En terminant.
M. Dubé :
...malgré la pandémie, et dont on va voir les bénéfices dans les prochains
mois.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le
Président, la ministre va nous dire que le gouvernement a formé 10 000 préposés aux bénéficiaires, mais ce qu'elle ne dit pas, c'est
que le quart a déjà quitté moins de deux ans après leur arrivée. Et, quand il
manque du monde pour nos aînés, c'est des
aînés qui manquent de soins, qui chutent, qu'on oublie dehors en plein hiver,
c'est des moniteurs pour bébés qui sont
installés pour surveiller des aînés, c'est des résidences qui ferment. Bref,
c'est nos aînés qui en paient le prix.
M. le Président,
est-ce que, pour la ministre des Aînés, la pénurie de main-d'oeuvre, c'est une
bonne affaire?
Le Président : Mme
la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais (Prévost) : M.
le Président, j'ai eu la chance, cette semaine, de répondre à la députée de
Fabre et de dire qu'il y avait eu des
gouvernements qui s'étaient succédé par le passé et qui ont coupé dans le
personnel au niveau de la santé.
Mme Blais
(Prévost) : Non, non. Je
sais que ça vous fait sourire, mais ce n'est pas drôle du tout, parce qu'on a
coupé les cliniciens en prévention et
contrôle des infections, 43 millions en santé publique. On a coupé dans
les préposés, dans les infirmières
auxiliaires, dans les infirmières aussi. Écoutez, M. le Président, il n'y avait
même pas de gestionnaire dans les CHSLD pour être en mesure de guider
les gens pendant la pandémie.
Le Président : En
terminant.
Mme Blais
(Prévost) : Alors, oui, notre objectif, c'est de 10 000. Il en reste 9 000. Et en plus...
Le Président : Question
principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : La
seule raison pourquoi que les gens sourient, c'est parce que c'est l'ironie.
Généralement, le «on» exclut la personne qui parle. Dans votre cas, vous
étiez ministre, vous pouvez conjuguer ça au «je».
Le Président : ...adresser
à la présidence, s'il vous plaît.
Mme Rizqy : Alors,
le premier ministre est revenu en politique pour l'éducation. Nous, on lui a
dit d'entrée de jeu, dès 2018 :
On manque d'enseignants, on manque de professionnels de soutien. Il a
dit : Non, non, je mets les maternelles quatre ans, on va même exacerber le problème. Il n'y en pas, de
problème, on va trouver du monde. Conséquences : il y a maintenant des éducatrices dans les classes de
maternelle quatre ans, il manque plus de 500 professionnels de soutien — psychologues, orthophonistes, orthopédagogues — pas de service pour un élève de maternelle quatre
ans. Les écoles sont tellement en
pénurie qu'on appelle les parents en renfort. Maintenant, il y a même des profs
qui quittent plus tôt à la retraite. C'est pire que jamais.
On a fait
plusieurs interpellations pour que le ministre de l'Éducation prenne la pleine
mesure de cet enjeu. Pour lui, toujours pas de problème, malgré que le
taux de décrochage scolaire a doublé, au Québec.
Le premier ministre du Québec trouve-t-il
vraiment que la pénurie de main-d'oeuvre, en éducation...
Le Président : M.
le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : M.
le Président, on ne peut pas dire n'importe quoi ici, quand même, là. Le taux
de décrochage a doublé, au Québec? Je
regrette, mais c'est complètement inexact, complètement inexact. On est à plus
de 82,8 % de taux de diplomation
et de qualification, c'est un taux qui était en hausse. Et je rappelle à ma
collègue que l'écart garçons-filles existe encore, mais il a été réduit,
depuis une dizaine d'années. Donc, il faut quand même faire attention.
Par contre sur la pénurie de main-d'oeuvre, elle
a raison, elle est réelle, dans le milieu de l'éducation. Ça fait un petit bout
de temps qu'on la vit, depuis le début du mandat. D'ailleurs, c'est un des
éléments que j'avais mentionnés comme un des
plus grands défis à relever, en éducation. Déjà, il y a trois ans, ça avait
déjà été mentionné. Ma collègue est au courant. Elle prétend ne pas le
savoir, mais ça avait déjà été mentionné.
Et, pour
passer à travers cette pénurie de main-d'oeuvre, on a posé plusieurs gestes.
D'abord, on a créé plein de voies
d'accès pour devenir enseignant, des voies différentes, on permet à des gens,
maintenant, qui ont des baccalauréats dans
plusieurs domaines de devenir enseignants très, très rapidement, notamment au
secondaire, maintenant au primaire aussi,
grâce à une nouvelle maîtrise qualifiante, en poursuivant leur formation, parce
qu'on veut, évidemment, que... Quand on confie nos jeunes à nos écoles,
à nos enseignants, on veut que les gens soient...
Le Président : En terminant.
M. Roberge : ...pleinement qualifiés. On travaille, et, bien
sûr, on va finir par atteindre nos objectifs, mais ça prend un certain
temps pour rattraper...
Le Président : Question principale,
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Là,
ça fait maintenant 17 questions qu'on pose, il n'y a pas un seul ministre
qui s'est levé pour dire qu'il est
d'accord avec le premier ministre, pour dire : Aïe! c'est une mosus de
bonne affaire, la pénurie de main-d'oeuvre.
Votre
ministère et vous, M. le ministre de l'Éducation, vous dites aujourd'hui
qu'enfin vous reconnaissez le problème de pénurie de main-d'oeuvre. Or,
il y a quelques semaines nous étions en crédits, je vous pose la question
suivante : Il manque combien
d'enseignants supplémentaires pour le réseau?, le ministère ne détient pas
cette information. Combien qu'il manque d'orthophonistes? Le ministre
nous répond : Je n'ai pas cette information. Combien d'orthopédagogues qu'il manque? Le ministère, on n'a pas cette
information. Honnêtement, je n'en reviens pas. On ne peut pas régler un
problème lorsqu'on ne connaît pas les
données. Et ça, c'est généralement le ministre de la Santé qui dit ça : Ça
prend des données pour pouvoir agir de façon importante.
j'attire l'attention du premier ministre. L'heure est grave. On dit clairement,
par le CREPAS, là, qu'il y a maintenant des jeunes élèves du secondaire
qui travaillent à temps plein.
Est-ce que lui, il trouve ça correct?
Le Président : M. le ministre de
l'Éducation.
M. Roberge : Merci,
M. le Président. Rétablir les faits par rapport à l'étude des crédits. Lorsque
la collègue a posé des questions, on
a donné des réponses. Il y a environ, comme j'ai mentionné,
4 024 enseignants qui sont en poste, en ce moment, qui sont, comme on peut le qualifier,
justement, non légalement qualifiés. Ce sont des gens qui ont des contrats
et qui, tous les jours, sont en classe.
Mais, attention, ce sont des gens qui ont quand même une formation, ce sont des
gens qui ont un parcours
disciplinaire, la plupart du temps un baccalauréat dans le domaine qu'ils
enseignent. Et il y a plus de 26,8 % de ces 4 000 enseignants là qui sont en train de suivre une
formation universitaire, justement, en didactique, en pédagogie.
Est-ce que le
problème de la pénurie existe en éducation? Oui, assurément, il faut le dire.
Est-ce qu'il y a des mesures qui sont
mises en oeuvre? Absolument aussi. On a changé les règles pour les tolérances
d'enseignement. On change les règles
pour la reconnaissance des acquis. Et je salue, d'ailleurs, le leadership de ma
collègue en Enseignement supérieur, qui travaille très fort avec moi, avec les
doyens, doyennes des facultés de Sciences de l'éducation. Et on va très bientôt
déposer un plan de valorisation pas
seulement des enseignants, mais de l'ensemble du personnel scolaire pour
combattre la pénurie.
Le Président : Cela met fin à la
période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président (M. Picard) : À
la rubrique Motions sans préavis...
Vice-Président (M. Picard) :
S'il vous plaît! En fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans
préavis, je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme
la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien : Oui.
Merci, M. le Président.
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
données inquiétantes provenant des apiculteurs et apicultrices du Québec, qui
démontrent qu'en moyenne, 60 % des colonies d'abeilles ont été décimées
pendant l'hiver;
«Qu'elle reconnaisse que cette situation
pourrait avoir de nombreux impacts négatifs, notamment sur notre
approvisionnement en fruits;
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement de verser immédiatement 12 millions de dollars d'aide
d'urgence pour les apiculteurs et apicultrices.»
Et je précise que je demande le consentement de
cette Assemblée pour débattre de cette motion conjointement avec le député de LaFontaine, la députée de Gaspé,
le député de Chomedey, la députée de Maurice-Richard, le député de
Bonaventure et le député de Rimouski. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Je vous remercie. Est-ce qu'il y
a consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Picard) : Pas
de consentement. Je reconnais...
Vice-Président (M. Picard) :
S'il vous plaît! Je reconnais
maintenant un membre du troisième groupe d'opposition. M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé : M. le Président, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Bonaventure et le député de Rimouski, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale félicite les syndicats des professeurs de 34 cégeps
qui ont voté en faveur de l'application des dispositions de la Charte de
la langue française au niveau collégial;
«Qu'elle
salue cette mobilisation sans précédent de professionnels qui se préoccupent de
l'avenir du français au Québec;
«Qu'elle
ajoute sa voix à celles de ces syndicats pour dénoncer les mesures actuelles
qui lient la valeur des diplômes et la langue d'enseignement, et qui ont
des effets directs sur l'anglicisation des étudiants allophones;
«Qu'elle
affirme que des mesures courageuses qui permettent de valoriser les études
supérieures francophones devront être prises.»
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Schneeberger : Pas de
consentement.
Le Vice-Président (M. Picard) : Pas
de consentement. Je reconnais maintenant un membre du groupe formant le
gouvernement. Mme la ministre responsable de la Métropole et de la région de
Montréal.
Mme Rouleau : Merci. M. le Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Viau, le
député de Jonquière, le député de Rosemont, le député de Chomedey, le
député de Bonaventure, le député de Rimouski et la députée de Maurice-Richard :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec souligne le décès de M. Claude Provencher,
architecte primé, cofondateur du cabinet Provencher_Roy et chevalier de
l'Ordre national du Québec;
«Qu'elle se rappelle
sa détermination vouée à la reconnaissance du statut professionnel du métier au
Québec;
«Qu'elle reconnaisse
son apport inestimable à l'environnement bâti de Montréal;
«Qu'elle
souligne son profond sens de l'engagement, la passion ambitieuse qu'il porta à
son métier et son rôle de concepteur
principal dans de nombreuses réalisations devenues emblématiques de la
métropole, dont : le Centre du commerce mondial, le Pavillon J.-A. DeSève pour l'Université du Québec à
Montréal, le pavillon Claire et Marc Bourgie du Musée des beaux-arts de
Montréal, le plan de développement de Technopôle Angus, l'agrandissement du
Centre hospitalier universitaire de
Sainte-Justine, la réfection de la Tour de Montréal, le nouveau pont
Samuel-De-Champlain et l'îlot Balmoral;
«Que
l'Assemblée nationale salue l'apport inestimable de M. Provencher à son
enceinte avec la création de son nouveau pavillon d'accueil;
«Qu'elle offre ses
plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches; et
«Enfin qu'elle invite
ses membres à observer une minute de silence en sa mémoire.»
Vice-Président (M. Picard) : Je vous remercie. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
M. Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Picard) :
Consentement, sans débat.
Cette motion est
adoptée? Et je vous demanderais de vous lever pour une minute de silence, s'il
vous plaît.
• (11 h
11 h 14)
Le Vice-Président
(M. Picard) : Je vous remercie. Je reconnais maintenant un membre
du groupe formant l'opposition officielle. M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député de Chomedey :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que la liste d'attente pour un médecin de
famille est passée de 400 000 à plus d'un million de personnes
depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement caquiste en 2018;
«Qu'elle prenne acte
que le projet de loi n° 11 présenté par le
gouvernement ne règle aucunement les enjeux d'accessibilité à un médecin de
famille au Québec;
«Qu'elle déplore que
le gouvernement caquiste abandonne plus d'un million de Québécois,
notamment des personnes aînées, des
personnes souffrant de maladies chroniques, des personnes aux prises avec des
problématiques de santé mentale et toutes celles qui souffrent en
silence;
«Qu'elle
souligne que le Parti libéral du Québec a proposé le modèle Accès santé, un
plan complet qui vise à assurer une réelle prise en charge des patients;
«Qu'enfin,
elle reconnaisse qu'à quelques mois de l'échéance électorale, la CAQ a renié
une grande
partie de ses engagements
en santé, notamment celui de voir un médecin de famille ou une infirmière le
jour même ou le lendemain et d'offrir un médecin de famille à tous les
Québécois.»
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre
de cette motion?
M. Schneeberger :
Pas de consentement.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Pas de consentement.
Le Vice-Président
(M. Picard) : S'il vous plaît!
À la rubrique Avis touchant les travaux des
commissions, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger : Oui, M. le
Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission de l'économie et du
travail poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 35,
Loi visant à harmoniser et à moderniser les règles relatives au
statut professionnel de l'artiste, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 14 heures à 16 h 30, à la salle
Pauline-Marois, ainsi que le mardi 31 mai 2022, de 10 à midi, à
la salle de l'Assemblée nationale;
La Commission
des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 29, Loi visant à faciliter le déroulement des prochaines élections générales au
Québec, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 14 heures à
16 h 30, ainsi que le mardi 31 mai 2022, de 10 heures
à midi, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des relations avec les citoyens
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi...
Vice-Président (M. Picard) :
...M. le député. Les gens qui ont
des discussions, s'il vous plaît, je vous demanderais d'aller à l'extérieur et les autres de quitter en
silence pour aller en commission. Vous pouvez reprendre, M. le leader adjoint.
M. Schneeberger : ... — merci, M. le Président — la Commission des relations avec les citoyens
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 32,
Loi sur la
liberté académique dans le milieu universitaire, aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures et
de 14 heures à 16 h 30, ainsi que le mardi 31 mai
2022, de 10 heures à midi, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des finances publiques poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 4, Loi renforçant la gouvernance des
sociétés d'État et modifiant d'autres dispositions législatives, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 14 à 16 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le mardi 31 mai 2022, de
10 à midi, à la salle Pauline-Marois;
Enfin, la
Commission des transports et de l'environnement entendra les intéressés et
procédera à l'étude détaillée du
projet de loi d'intérêt privé n° 206, Loi
concernant l'Association du Transport Aérien International, le mardi 31 mai 2022, de 10 à
midi, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine. Voilà, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Pour ma part, je vous
avise que la Commission de l'administration publique se réunira en séance de travail le
lundi 30 mai 2022, de 13 heures à 13 h 45, en séance
virtuelle, afin de préparer l'audition du Vérificateur général du Québec sur son rapport annuel de gestion 2020‑2021
et ses engagements financiers, le mardi 31 mai 2022, de 7 h 15 à 9 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland, afin de procéder à l'audition et le
mardi 31 mai 2022, de 9 h 15 à 9 h 45, à la salle Marie-Claire-Kirkland, afin de statuer
sur les observations, les conclusions et les recommandations suite à
l'audition.
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous informe qu'il y aura
sanction du projet de loi n° 22,
Loi modifiant la
Loi sur l'assurance
automobile, le Code de la sécurité routière et d'autres dispositions, aujourd'hui, à 16 h 30, au
bureau de Son Honneur le lieutenant-gouverneur.
Je vous
rappelle que, lors de l'interpellation prévue pour demain,
vendredi 27 mai 2022, Mme la députée de Joliette s'adressera à Mme la ministre responsable des
Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne sur le sujet
suivant : L'échec de l'approche provincialiste du gouvernement
fédéraliste de la Coalition avenir Québec pour faire avancer ses revendications
constitutionnelles face au gouvernement canadien.
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. Et je cède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Caire : M. le Président,
pouvez-vous appeler l'article 6 du feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Président (M. Picard) :
À l'article 6, M. le
ministre de la Justice propose l'adoption du principe projet de loi n° 34, Loi visant à améliorer l'accès à la justice en bonifiant l'offre de
services juridiques gratuits ou à coût modique. Et je reconnais M. le député de Chapleau.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Je vous salue. Je salue également les collègues de la banquette gouvernementale et les collègues
de l'opposition. Je suis très heureux d'intervenir aujourd'hui à
titre
d'adjoint parlementaire du ministre
de la Justice en vue de l'adoption du principe du projet de loi n° 34 qui
vise à améliorer l'accès à la justice en bonifiant l'offre de services
juridiques gratuits ou à coût modique.
L'amélioration
de l'accès à la justice constitue l'un de nos principaux chevaux de bataille.
C'est un défi de tous les jours pour
lequel nous ne ménageons aucun effort. De plus en plus de citoyens choisissent
de se représenter seuls devant les
tribunaux lorsqu'ils font face à un problème juridique. Cependant, bon nombre
d'entre eux préféreraient être accompagnés et bénéficier de conseils
avisés d'un professionnel mais n'en ont pas nécessairement les moyens.
Le projet de
loi n° 34 propose une solution concrète à cet enjeu en
donnant accès à la population à davantage de services juridiques
gratuits ou à coût modique dans les organismes à but non lucratif. En effet,
les avocats et les notaires qui oeuvrent au
sein des OBNL pourront désormais, en plus de donner de l'information juridique,
donner des avis et des conseils et
représenter des clients à la cour. Ce projet de loi permettra également
de mettre à contribution les juristes retraités, qui, bien souvent, ne demandent pas mieux que de faire profiter les
citoyens de leurs connaissances et de leur expertise mais qui en sont
empêchés par des contraintes légales. Ils pourront, eux aussi, offrir des avis
et conseils juridiques au sein d'organismes
à but non lucratif. Ce sont des mesures qui peuvent sembler techniques, j'en
conviens, mais celles-ci feront une réelle différence dans la vie des
gens.
Nous avons donc le souci d'offrir aux Québécois
un système de justice digne de leur confiance, et les avancées prévues via le projet de loi n° 34 vont y
contribuer. Ce dernier s'inscrit d'ailleurs en continuité avec le projet de loi n° 75
qui a été adopté en décembre 2020, qui
permet désormais aux étudiants en droit de donner des avis et des conseils
juridiques dans les cliniques universitaires ainsi qu'à la clinique
juridique du Barreau du Québec. Je me souviens que nous avons d'ailleurs fait des consultations particulières et
nous avons eu des échanges avec ces groupes qui désiraient offrir davantage
de services juridiques et de conseils juridiques dans les OBNL. Et c'était la
même chose lors des discussions à l'étude détaillée,
M. le Président, nous avons eu de bons échanges. Et nous en sommes donc
maintenant rendus à cette étape d'offrir, de permettre, en fait, ces
services et ces conseils juridiques dans les OBNL, donc c'est très positif.
Le Québec
était à la remorque de plusieurs autres États fédérés du Canada sur cette
question. Il faut continuer de moderniser
les façons de faire. Les Québécois doivent avoir accès à un système de justice
et des services efficaces et adaptés à leurs besoins et à leurs réalités. Et
donc, avec le projet de loi n° 34, nous posons un nouveau geste concret
pour nous assurer que les citoyens
aient accès facilement à davantage de services juridiques gratuits ou à coût
modique afin qu'ils soient bien outillés en cas de recours judiciaire.
Nous savons tous à quel point le système de justice peut être complexe pour quelqu'un qui ne le côtoie pas régulièrement. Nous
faisons donc en sorte qu'ils soient accompagnés, qu'ils soient guidés, conseillés et représentés par des personnes qui
sont qualifiées et soucieuses de veiller à leurs intérêts et qui peuvent mettre
leur expertise et leurs compétences à profit, qu'ils ont acquis durant leur
carrière.
Donc, en
terminant, nous tenons à souligner une fois de plus l'importante collaboration
des différents partenaires dans ce
dossier, notamment le Barreau du Québec et la Chambre des notaires du Québec.
Et soulignons aussi la volonté et l'engagement dont font preuve les
différents organismes qui ne demandent qu'à pouvoir en faire plus, et ce sera
bientôt possible. Donc, merci à vous, chers organismes et chers partenaires. Et
merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) : Je
reconnais M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour de m'inscrire dans ce débat
relativement au projet de loi
n° 34. Il est important, dans un premier temps, je pense, de souligner
d'où l'on part. Le projet de loi n° 34 a comme prédécesseur le projet de loi n° 75. Le
projet de loi n° 75, qui visait notamment à améliorer l'accessibilité et
l'efficacité de la justice, avait été déposé le 3 novembre 2020, et
il a été adopté le 11 décembre 2020.
Le projet de
loi n° 75 faisait en sorte — donc,
adopté en décembre 2020, c'est important de garder ça en tête — que
les étudiants et étudiantes en droit, dans
les facultés de droit, donc dans nos universités, peuvent, pouvaient, ont été
autorisés, par l'adoption de ce
projet de loi là, à donner des conseils juridiques, des conseils juridiques
visant évidemment à répondre à un besoin réel de la population quant à
des enjeux... qui n'ont pas une formation juridique, qui ne sont pas
spécialisés dans les différents domaines de
droit, que ce soit le droit du logement, le droit du travail ou de la responsabilité
civile, ce sont tous des domaines
très spécifiques, bien, ils pouvaient aller... ils peuvent aller, M. le
Président, dans des organismes communautaires, aller chercher pas des
conseils juridiques, mais de l'information juridique. Alors, on va vous
dire : Bien, vous faites face à une
reprise de logement, venez nous voir à l'organisme communautaire X, nous
avons des avocates et des avocats,
mais on ne vous donnera pas de conseils juridiques, on va uniquement vous
donner l'information : Bien, référez-vous
aux 50, ou 60, ou 70 articles pertinents du Code civil du Québec, allez
les lire, puis vous pourrez faire votre propre analyse. Ça, c'est
l'information juridique.
Le conseil
juridique, c'est aller beaucoup plus loin. C'est de faire l'application des
faits qui vous préoccupent avec le
droit, avec le cadre juridique, et de dire : Bien, écoutez, selon ce que
vous me dites, vous avez été signifié qu'il y avait reprise par le
propriétaire du logement, mais ça ne se qualifie pas parce que c'est uniquement
une connaissance du propriétaire, ce n'est
pas un proche au sens du Code civil, vous pourrez donc plaider, selon l'opinion
juridique que je vous donne, en vertu
de tel
article du Code civil et contester cette reprise de logement là, vous
pouvez aller vous rendre, na, na, na, puis
ainsi de suite. Ça, c'est un conseil juridique. Vous avez une réelle valeur
ajoutée. Vous n'avez pas juste la matière, mais vous avez application de
la matière à votre cas de façon très précise.
Alors, les
organismes communautaires ne pouvaient, sauf très, très rares exceptions, que
de donner de l'information juridique, et il y avait, en leur sein, des
avocates et des avocats qui pouvaient donner des conseils juridiques. Le projet
de loi n° 75
a fait en sorte d'ouvrir une brèche positive. On a bonifié, on a eu des
discussions avec le ministre, on a travaillé, on a fait notre travail de parlementaires dans l'opposition. Et nous, de
l'opposition officielle, là, évidemment on s'enorgueillit, puis c'est notre travail, c'est notre job, là, de
poser toutes les questions, dans tous les projets de loi, et d'arriver avec des
amendements,
qui sont, bien souvent, bien reçus par les ministres concernés, puis qui
viennent bonifier la loi. C'est ça, notre travail. Alors, quand on dit, dans un autre contexte, qu'on dépose, à la
dernière minute, différents projets de loi, puis qui sont... on nous met de la pression, puis envoyez, adoptez
ça, un, deux, trois, très rapidement, non. On fait notre travail, sinon on
ne serait pas dignes du mandat que nous a confié la population.
Alors, on a bonifié pour faire en sorte que, oui,
la brèche positive qui soit faite fait en sorte que, dans les facultés de
droit, les étudiantes et étudiants pouvaient donner des conseils juridiques.
Là, on a dit : Bien, les facultés de droit au Québec, là, si on y va rapidement, c'est Québec,
Montréal, Sherbrooke, l'Outaouais. Il n'y en a pas partout. Il y a
17 régions administratives.
Alors, on avait, dans le contexte du 75 ouvert, élargi cette brèche-là,
positive, en disant : Bien, pouvons-nous faire en sorte que les étudiantes et étudiants puissent aller dans des
organismes communautaires, sur les lieux, dans les bureaux, recevoir monsieur, madame, à porte fermée, et leur
donner, leur dispenser des conseils juridiques? Parfait, le gouvernement
a accepté cet amendement-là.
Mais
là, continuant d'abondant la réflexion, on a dit : Bien là, il y a une
incongruité. Dans l'organisme communautaire, vous allez avoir une avocate de 20 ans d'expérience qui va pouvoir
uniquement ne donner que de l'information juridique, mais, si elle accueille une étudiante en droit,
deuxième année en droit, au baccalauréat en droit, elle, elle va pouvoir,
l'étudiante, donner des conseils
juridiques, mais pas l'avocate, qui paie sa cotisation pour être inscrite au
tableau de l'ordre, et elle ne pourra
pas, elle, donner de conseils juridiques; une incongruité, là, faites donc le
passage, élargissez aux organismes... aux avocates et avocats, aux organismes
sans but lucratif, qui pourront faire plus que de l'information, mais donner
des conseils juridiques. Là, le
gouvernement avait décidé d'arrêter. On lui avait dit : Allez là. On avait
déposé des amendements, mais le gouvernement avait arrêté, en
disant : Je fais un pas dans la bonne direction, mais j'arrête de marcher.
Le projet de loi, en
somme, n° 34 vient corriger, je vais le dire de même, ce n'est pas un
reproche, là... ou bien ça peut l'être, on
peut le prendre comme un reproche, l'arrêt de la marche qui avait été proposée
par nos amendements dans le contexte
du projet de loi n° 75, je vais le dire de même, alors vient corriger cet
arrêt-là qui... nous trouvions qu'il y avait une incongruité, et fera en sorte que les avocates, avocats au sein des
organismes communautaires pourront, elles et eux aussi, donner des
conseils juridiques.
Dans
la loi, on aura l'occasion... Donc, le projet de loi, on est pour le principe,
on va voter pour le principe, mais il va falloir travailler, il va
falloir travailler avec le ministre à l'article par article. On a beaucoup de
questions... bien, beaucoup de questions... des questions importantes,
questions importantes à poser.
Est-ce que, lorsqu'on
dit que ces services, ces conseils juridiques là seront dispensés au sein des
organismes communautaires... Nous, vous
comprendrez qu'on va vouloir s'assurer notamment que la couverture de tout le
Québec soit la plus large possible.
Il y a 17 régions administratives, on sort ça des facultés de droit, pour
les étudiantes, étudiants, on met ça
dans les organismes communautaires, mais on va vouloir s'assurer que tous les
organismes communautaires puissent se
qualifier. Mais avant ça il va falloir définir ces organismes-là au sens de la
loi. Alors, qui sont les organismes communautaires
qui auraient voix au chapitre? De un, première question qu'on va poser. De
deux, est-ce que nous avons une
couverture régionale suffisante? Si la réponse... qui risque, dans plusieurs...
dans certaines régions, d'être non, qu'est-ce qu'on pourrait faire en sorte, à ce moment-là... tant qu'à avoir la loi
ouverte devant nous, que pourrions-nous faire pour s'assurer que le ministre puisse combler ces
lacunes-là d'accès à la justice? Parce que vous ne devriez pas être, au Québec...
puis c'est ça, l'objectif, vous ne devriez
pas être moins bien servis à cause de votre lieu de résidence, on va le dire de
même. C'est sûr qu'on ne peut pas
faire du un pour un, on ne peut pas faire du un pour un en disant : Bien,
dans un centre urbain ou dans telle autre région, telle autre région, le service
est meilleur que dans l'autre. On ne pourra pas dire : On va tous être à la même vitesse partout, mais il faut
diminuer ces écarts-là. Alors, on aura des discussions, pour les régions qui
n'auront pas d'organismes sans but
lucratif qui vont se qualifier, bien, comment le ministre pourrait faire en
sorte de susciter leur création, leur
adhésion et que le service soit rendu? Alors, vous voyez le type de questions,
Mme la Présidente, qu'on posera et qui feront
partie du débat.
Autre type de
question, évidemment, là, on va dire, c'est aux avocates et aux avocats qui travaillent
au sein d'organismes sans but lucratif, vont
pouvoir donner des conseils
juridiques. Parfait. Alors là, on vient de régler le cas de mon étudiante, dans le bureau B, qui donne des conseils
juridiques puis de mon avocate, dans le bureau A, 20 ans d'expérience,
qui, elle, ne le pouvait pas. Elle va le pouvoir. Parfait.
ajoute, dans le projet de loi, un concept dont on va discuter, un concept qui
s'appelle: pourra le faire moyennant des honoraires et des frais, qui, globalement, n'excéderont pas un coût
modique. Bon, il y a des avocates, avocats, puis, je veux dire, c'est
correct, ça fait
partie de l'offre et de la demande, qui vont charger
800 $ de l'heure, ils vont charger... des
avocats en droit de la fiscalité, ça va très, très vite, du 800 $ de
l'heure, ça existe dans les grands cabinets d'avocats. Du 500 $ de
l'heure, ça existe. Puis là vous commencez à élargir en droit corporatif. Du
400 $ de l'heure, même, en litige commercial, ça existe. Du 260 $ de
l'heure... Puis il y a d'autres avocats qui vont charger 125 $,
150 $. Qu'est-ce que «modique»? On va
vouloir avoir un débat là-dessus. Modique... On dit «gratuit», il n'y a pas
d'enjeu, gratuit, c'est zéro. Mais
qu'est-ce qui serait, selon le contexte régional... Est-ce que ça, ça fera
partie de la considération pour être considéré comme étant modique? Ah!
bien, dans la région de Montréal, par exemple, en moyenne, les avocats vont
charger 250 $ de l'heure. Alors, à
150 $, 125 $, est-ce ça peut être considéré comme étant modique? Je
ne crois pas, bien évidemment pas. Est-ce que 75 $, c'est modique?
Est-ce que 50 $, 25 $ de l'heure, c'est modique? Nous voudrons, dans
la loi, baliser, minimalement, par des définitions, cet encadrement-là.
Autre élément, c'est
le Barreau, parce que ça touche les avocates, avocats, mais ça touche aussi les
notaires. Alors, on va aller jouer dans la
Loi sur le Barreau, on va aller jouer dans la
loi sur les notaires pour faire
en sorte de baliser le pouvoir réglementaire que ces deux ordres
professionnels là auront de tout définir ce que je viens de vous dire là. L'objectif, c'est de dire : Des avocates,
avocats et des notaires pourront donner des conseils juridiques dans les
organismes sans but lucratif. Là
arrête de parler la loi. Et la balance, tous les détails, mais les détails qui
n'en sont pas moins importants, seront réglés par les deux ordres professionnels,
le Barreau et la Chambre des notaires. Bien, nous, on va vouloir, évidemment, dans un premier temps, mettre des
articles de loi qui vont venir préciser, encadrer davantage ce qui sera
possible, comme rédaction de règlement, plutôt que de laisser ça très,
très, très large, tel que c'est rédigé présentement.
Autre
élément, pour ce qui est des... Nous allons demander une reddition de comptes
pour ce qui est de l'application du projet de loi n° 75. Je vous en ai parlé,
le projet de loi n° 75, c'étaient les étudiants, étudiantes qui donnaient
des conseils juridiques au sein des facultés
et au sein des organismes à but non lucratif. Le Barreau et la Chambre des
notaires avaient jusqu'en juin 2021 pour déposer le règlement. On va
vouloir avoir copie du règlement, on va vouloir avoir comment ça s'est déployé,
quels sont les succès et comment pourrions-nous... et quels sont les détails,
comment pourrions-nous apprendre des succès
et des défis et aussi venir bonifier le projet de loi n° 34. Alors, c'est ce
qui va nous animer, Mme la Présidente.
Nous sommes en
faveur, évidemment, du projet de loi n° 34 comme un outil d'accès à la justice.
On va vouloir qu'il soit déployé de la façon
la plus large possible pour permettre un réel accès, partout au Québec, à de
véritables coûts modiques et faire en sorte que les délais de production
des règlements qui vont encadrer tout ça soient suffisamment performants, pas trop longs, et que l'on ait, dans
ce contexte du débat là de l'article par article, une reddition de comptes sur
ce qui s'est déjà fait dans le contexte de l'application du projet de loi n°
75. Alors, voilà, Mme la Présidente. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Ce
projet de loi propose de permettre au Barreau du Québec et à l'Ordre des
notaires du Québec de déterminer par règlement les conditions suivant
lesquelles un avocat ou un notaire pourra exercer sa profession au sein
d'un OBNL et celles suivant lesquelles un avocat à la retraite pourra y exercer
certaines activités professionnelles, tout en spécifiant que seuls ses
honoraires ou des frais modiques pourront être exigés en considération
d'activités professionnelles exercées dans un tel contexte.
accueille favorablement le principe de ce projet de loi, Mme la Présidente. En
effet, il faut savoir que les avocats et avocates oeuvrant en OBNL
doivent actuellement se limiter à donner de l'information, mais ne peuvent
aller jusqu'à donner des conseils
juridiques, à proprement parler, ou à représenter des clients, puisqu'une telle
pratique doit se faire à
titre de travailleur autonome solo, dans le
cadre de sociétés. Un tel élargissement des véhicules de pratique est le
bienvenu.
On peut cependant se demander pourquoi le ministre
s'arrête en si bon chemin, car la pratique juridique n'est pas la seule qui
justifierait qu'on l'ouvre aux OBNL. Il y a quelques semaines à peine, on était
alertés par les SPCA du Québec, qui, jusqu'à récemment, offraient, quand elles le pouvaient, des soins vétérinaires à
bas coût à des clientèles aux moyens modestes.
ils se font maintenant faire des remontrances par l'ordre des vétérinaires, qui
leur dit qu'ils ne peuvent pas faire ça
dans le cadre d'un OBNL en fonction des lois et règlements applicables. Elles
doivent donc cesser d'offrir ces services qui profitaient largement à
des clientèles vulnérables et refuser des offres de subventions de la part de
fondations pour les animaux qui financent ce
genre de services, et qui sont pourtant permis partout ailleurs en Amérique du
Nord. Je crois donc qu'on devrait
profiter de l'occasion pour ouvrir la pratique en OBNL aux vétérinaires et,
pourquoi pas, à tous les autres professionnels également.
Bon, cela étant dit,
si le projet de loi n° 34 et l'ouverture à la
pratique juridique en OBNL est la bienvenue, ce ne sera tout de même pas une révolution en matière d'accès à la justice.
En cette matière, on peut dire que le ministre et la CAQ ont adopté la politique des très, très petits
pas. On a, en effet, vu d'autres petits gestes en cours de mandat, comme le
projet de loi n° 75,
qui a fait en sorte de permettre aux étudiants et étudiantes en droit de donner
des consultations et des avis d'ordre juridique dans des cliniques
juridiques universitaires.
C'était
une bonne nouvelle. On était en faveur de ça, bien sûr. Un nouveau tarif sur
l'aide juridique privée a été signé,
mais avec des hausses qui ne seront jamais à même d'attirer suffisamment
d'avocats vers ce type de pratique et qui laissent donc le problème entier. Ça ne va pas mieux du côté des avocats
permanents salariés de l'aide juridique, qui ont fait une demi-journée de grève pas plus tard qu'avant-hier, Mme la
Présidente. Il serait donc temps de bonifier sérieusement notre régime d'aide juridique et d'instaurer, de
façon complémentaire, un robuste système d'assurance juridique publique,
tel que nous le proposons depuis des années.
Mais
ce n'est pas tout. Il ne suffit pas d'être bien représenté pour avoir accès à
la justice. Il faut aussi, et avant tout, qu'il y ait un système de justice capable de traiter de façon compétente
et diligente tous ces dossiers. Vous l'aurez compris, je fais ici référence aux échos extrêmement
inquiétants que nous recevons depuis quelques mois maintenant quant à la capacité
de notre système de justice d'attirer et retenir le personnel requis à son
fonctionnement.
Inutile
de vous dire à quel point il s'agit d'un enjeu sérieux qui nécessitera toute
l'attention du gouvernement, et il n'aura d'autre choix que d'ajouter ce
secteur névralgique qu'est notre système de justice aux secteurs qu'il a
désignés comme prioritaires dans le contexte
de pénurie de main-d'oeuvre. Il pourra compter sur notre collaboration pour ce
nécessaire grand pas, tout comme il
peut compter sur notre collaboration sur le petit pas qu'il nous propose de
franchir aujourd'hui avec le projet de loi n° 34.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Comme
il n'y a pas d'autre intervention, le principe du projet de loi n° 34, Loi
visant à améliorer l'accès à la justice en bonifiant l'offre de services
juridiques gratuits ou à coût modique, est-il adopté?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Adopté.
M. le leader du gouvernement.
M. Caire : Oui,
Mme la Présidente. Conformément à l'article 243 de notre règlement, je
fais motion afin que le projet de loi
n° 34, Loi visant à améliorer
l'accès à la justice en bonifiant l'offre de services juridiques gratuits ou à
coût modique, soit déféré à la Commission des institutions
pour son étude détaillée et que le ministre de la Justice soit membre de
ladite commission pour la durée du mandat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie. Est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Motion
adoptée. Alors, M. le leader du gouvernement, pouvez-vous nous indiquer la
suite de nos travaux?
M. Caire : Oui, Mme la
Présidente. Pourriez-vous appeler l'article 18 du feuilleton, s'il vous
plaît?
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
À l'article 18 du
feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 25 mai 2022 sur l'adoption du projet de loi n° 11, loi visant à augmenter l'offre de services de
première ligne et à améliorer la gestion de cette offre. M. le chef du
troisième groupe d'opposition, vous avez utilisé 4 min 52 s de
votre temps de parole. Alors, je vous cède la parole pour le reste de
votre intervention.
M. Arseneau : D'accord. Et je
bénéficie de combien de temps?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bien,
de 60 minutes, comme vous êtes le porte-parole. Alors, allez-y.
M. Arseneau : D'accord. Merci,
Mme la Présidente. Ce sera beaucoup plus court, sans aucun doute.
Alors, hier,
ce que j'avais commencé à évoquer, c'est le fait que le projet de loi, à notre
point de vue, ne modifie rien dans
les services qui seront offerts aux citoyens du Québec en matière de soins de
santé. Et, en fait, quand on revient à l'origine du projet de loi qui a
été déposé lors des consultations particulières, il faut se souvenir qu'à peu
près tous les intervenants qui ont comparu
sont venus discuter des éléments qui étaient manquants dans le projet de loi,
ce qu'on devrait faire pour
véritablement déployer une première ligne qui soit efficace et au service des
citoyens. Plusieurs des idées, d'ailleurs, qui ont été évoquées rejoignaient
des priorités que notre formation politique avait déjà mis de l'avant au cours
des dernières années. Je pense, par exemple,
à la question de l'interdisciplinarité. Beaucoup de gens, et, en fait, je
dirais, la quasi-totalité, pour ne
pas dire la totalité des intervenants souhaitaient favoriser
l'interdisciplinarité, souhaitaient également le décloisonnement des professions, donc mettre à contribution
l'ensemble des professionnels de la santé à la hauteur de leurs compétences
plutôt que d'avoir le tout au médecin, alors que le projet de loi se
concentre, bien entendu, là, sur les médecins.
Et, même les
médecins eux-mêmes, que ce soit la Fédération
des médecins omnipraticiens du Québec,
que ce soit la fédération des spécialistes, le conseil des médecins,
aujourd'hui, on peut constater que leur positionnement a beaucoup évolué et on se rend tous compte, essentiellement,
qu'il faut non pas avoir accès à un médecin directement dans tous les
cas qui peuvent être vécus par la population, par les gens du Québec, mais
avoir accès à des soins de santé. C'est la priorité
que l'on doit se donner. C'est d'ailleurs là-dessus qu'il faut absolument
travailler. Et le projet de loi n° 11, il n'aborde
qu'un seul élément, et encore, c'est celui
de pouvoir obtenir des données sur le travail des médecins, et j'y reviendrai
dans quelques instants, et de mettre
en place, là, ce que plusieurs appellent le Trivago de la médecine, le guichet
d'accès prioritaire pour les
patients, et il faut bien le mentionner, qui sont des patients orphelins, qui
n'ont pas le recours à un médecin de famille.
Donc, accès à un médecin de famille. C'est une solution qui a déjà été déployée
sans aucun projet de loi, sous forme de
projet pilote dans le Bas-Saint-Laurent, et une solution qui a fait ses preuves
dans un mode collaboratif avec l'ensemble des professionnels de la
santé, et particulièrement les médecins.
Alors, pour
nous, c'était une illustration que le projet de loi venait essentiellement
proposer une initiative qui avait déjà cours dans une région du Québec et qui
fonctionnait justement en mode collaboration, puisqu'on a tous la volonté...
et les partenaires, les intervenants qu'on a pu entendre lors de la période de
consultations particulières avaient tous cette volonté d'améliorer les choses,
de sortir du cadre dans lequel on a été enfermé beaucoup trop longtemps, sur
plusieurs décennies, et, encore une fois,
dans le sens de l'élargissement de la première ligne et d'une médecine ou d'une
approche en soins
de santé de proximité, valoriser, donc, l'ensemble des professionnels et
valoriser également la pratique de la médecine de famille.
Et là je
reviens sur le début de la discussion, parce qu'on voyait venir, déjà, le
gouvern