Institutions — 6 September 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2017-09-06
Quebec — Committees
Le projet de
loi, maintenant, s'inscrit autour de trois objectifs précis. D'abord, garantir
la sécurité de la population en toutes circonstances. C'est vrai,
certains se sont habitués, au fil des mois, parfois, malheureusement, au fil
des années, à ce que les policiers portent des vêtements
non réglementaires. Il n'en demeure pas moins qu'en situation d'urgence, en situation où la confusion pourrait
être possible, cette confusion, justement, ne doit pas exister. Il est
essentiel que les citoyens puissent
rapidement en tout temps, en toutes circonstances identifier les membres des
forces de l'ordre. C'est un aspect extrêmement important pour nous et
c'est un aspect essentiel qui motive le projet de loi.
Mais il y en
a aussi un autre qui est fort important. Les policiers exercent un rôle très
particulier, là. Ce n'est pas tout le monde qui a le droit, au nom de la
loi, d'arrêter une personne, de contraindre par la force une personne. Et la
confiance des citoyens à l'égard des policiers, pour qu'ils puissent
s'acquitter de cette tâche noble et essentielle, en particulier dans une
société démocratique comme la nôtre, la confiance est absolument essentielle.
Et nous sommes absolument convaincus que le
port de l'uniforme également agit de manière très importante sur le lien de
confiance qui existe entre les
citoyens et les corps policiers. Que ce soit... Peu importe le corps policier,
de quelque ville que ce soit, c'est
absolument essentiel. Ça permet d'assurer le respect envers nos agents de la
paix. Et c'est dans l'intérêt même des policiers
de maintenir ce lien de confiance et de recevoir le respect des citoyens qu'ils
servent. Alors, pour nous, c'est absolument
essentiel de rétablir les principes importants à l'égard de l'uniforme des
policiers puis de s'assurer que les policiers le portent en tout temps.
Les policiers
et les constables spéciaux jouent donc un rôle important dans l'administration
de la justice. Le respect de l'uniforme est important pour assurer la
sérénité des débats, le plein exercice des droits des justiciables et, de
manière générale, la saine administration de la justice.
On pense que c'est un projet de loi équilibré,
parce que ce n'est pas parce qu'on vise le port en tout temps de l'uniforme que
les policiers et les policières, les constables spéciaux ne peuvent pas exercer
des moyens de pression légitimes, en période
de négociation, notamment, ou lorsqu'ils ont un désaccord avec la
partie
patronale. Alors, c'est un projet de loi équilibré.
Maintenant,
en terminant, parce qu'il me reste peu de temps, avant d'entreprendre les
consultations particulières et les auditions publiques, j'aimerais vous
annoncer aussi mon souhait de proposer ultérieurement dans les travaux quelques
amendements, des amendements qui font suite à des constats qu'on a faits au
cours des derniers mois.
Nous allons
souhaiter introduire aussi des nouvelles dispositions législatives qui
viendraient imposer l'exclusivité de
fonction aux policiers détenant un poste d'encadrement. Dans ce contexte, donc,
les policiers qui exercent une fonction d'encadrement ne pourraient plus
occuper une autre fonction ou un autre emploi, à moins d'y être préalablement autorisés par le directeur du corps de police
concerné. Et donc nous avons l'intention, plus tard dans les travaux, de
déposer des amendements en ce sens. On pense
que, là aussi, c'est une question de sécurité pour tous. Ça donnera donc
l'occasion aussi de discuter, avec les
intervenants de ces consultations, également de cette possibilité d'inclure des
amendements qui imposent l'exclusivité de fonction. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
Merci, M. le Président. Je veux saluer le ministre, son équipe, les
parlementaires gouvernementaux, le porte-parole de la Coalition avenir
Québec, toutes les personnes présentes.
Vous savez,
M. le Président, c'est le gouvernement qui a l'initiative législative. C'est
lui qui fait les choix des projets de
loi qui sont appelés, qui sont auditionnés, qui sont écoutés. Le gouvernement
fait le choix, à ce moment-ci, qu'on ait des auditions sur le projet de loi n° 133, ça semble la priorité à ce
moment-ci. Il y a pourtant d'autres sujets qui auraient pu être abordés,
quant à moi le projet de loi n° 107 sur l'indépendance de l'UPAC de la
Sûreté du Québec, annoncé en juin 2016.
Rien n'a avancé là-dessus. 128, sur les chiens dangereux, qu'est-ce qui va
arriver là-dessus? Ce n'est pas la priorité pour l'instant non plus. On
avait parlé de fusion des ministères de la Sécurité publique et des Affaires municipales. Ce n'est plus le cas, je l'ai appris
hier. On aurait pu parler également de projets de loi qui, je pense,
seraient nécessaires, par exemple la
question des quotas de tickets, proposition que le Parti québécois a faite.
Moi, je suis convaincu que, pour la
profession policière, il y aurait quelque chose à regarder là. Mais non. Au
moment où tout le monde a signé, là, on va discuter
de l'uniforme des policiers, qui, bien
sûr, il faut s'en rappeler, ce
n'est qu'une manifestation de la volonté des policiers de pouvoir se
faire entendre, à tout le moins d'être vus lorsqu'ils débraient. Et c'est très
balisé. Alors, il faut se souvenir de ça.
Quand le
ministre nous parle de rétablir la crédibilité des policiers, à travers ça il y a
bien d'autres choses. Moi, je ne
pense pas qu'il faut rétablir la crédibilité, il faut
donner davantage d'outils pour faire en sorte que les policiers soient
considérés, respectés. C'est un des outils, mais il y en a plusieurs autres.
Moi, je veux
profiter de l'occasion pour rendre hommage aux policiers, M. le Président. C'est un métier noble, c'est un
métier difficile, c'est un métier nécessaire dans une démocratie.
Les hommes et les femmes qui sont là pour protéger et servir au péril de leur vie partout sur le
territoire du Québec, que ce soit à Montréal, à Laval, à Longueuil ou dans
l'ensemble des régions, c'est un métier qui
est essentiel, on ne le dit pas assez souvent. J'ai eu l'occasion de le dire à
l'étude des crédits au directeur de la Sûreté du Québec, je le dis à
l'ensemble des gens qui sont concernés, les policiers et les constables
spéciaux, les gens qui assurent notre sécurité ici, à l'Assemblée nationale, et
également dans les palais de justice.
Alors, le
message que je veux lancer aujourd'hui, c'est que, bien sûr, on va participer
comme on l'a fait dans le projet de
loi n° 62, on va poser des questions, on va échanger, on va faire pour le
mieux, mais je veux seulement réitérer que le gouvernement a l'initiative législative et il décide que c'est la
priorité pour l'instant. Peut-être qu'on en apprendra davantage.
D'ailleurs, en parlant d'en apprendre davantage,
j'ai appris... j'ai eu une discussion avec le ministre hier, ce n'est pas un
secret, mais j'ai appris également dans le journal qu'il avait une volonté
d'amener un amendement sur l'encadrement du double emploi
chez les cadres. Je ne peux pas m'empêcher de me rappeler ce qu'on a vécu
l'hiver dernier avec le cafouillage de
l'autoroute 13, où il y a eu un rapport. Et là on va parler... on va mettre
le blâme, là, en partie, je pense,
sur des cadres qui auraient un double emploi, mais il me semble qu'il y a un
enjeu qui a été occulté, celui de la responsabilité ministérielle, celle
du ministre, celle du ministre des Transports également. C'est un enjeu
important. Il n'y a pas de projet de loi qui encadre ça. Pourtant, c'est
quelque chose qui nous est confié lorsqu'on devient ministre. Puis je l'ai
vécu, moi, M. le Président.
Donc, je veux
bien qu'on en parle également, puis j'ai indiqué au ministre hier que j'étais
très ouvert à encadrer ça, mais je
vois bien que c'est une réponse à ce qui s'est passé avec l'autoroute 13.
Alors, responsabilité ministérielle, je le réitère à nouveau, que ce
soit pour le ministre ou pour, éventuellement, certains de ses collègues qui
pourraient aspirer à cette fonction ou souhaiter le devenir, c'est un enjeu
extrêmement important.
Donc, en
terminant, parce qu'on a peu de temps, le Parti québécois veut réitérer tout
son respect pour la profession policière,
celle des constables spéciaux également, un respect essentiel. Souvent, on est
prompts à critiquer, prompts à critiquer les gens qui sont en loi, les
gens qui sont là pour assurer notre sécurité, mais il faut également
reconnaître le travail essentiel qu'ils font. Et ce sera l'occasion, à travers
ce projet de loi, également, de passer un certain nombre de messages, qui,
j'espère, à travers les organisations syndicales, pourront se rendre jusqu'à
vos membres. Voilà.
Président (M. Ouellette) :
Merci, M. le député de Matane-Matapédia. On s'en va à Beauce-Nord
maintenant.
Spénard : Merci, M.
le Président. À mon tour de souhaiter la bienvenue à M. le ministre de la
Sécurité publique, M. le député de Matane
ainsi que mes collègues, de même que tous les organismes qui viendront nous
présenter un mémoire durant cette journée. Ça nous fait plaisir de vous
entendre et de vous voir.
Un peu comme
mon confrère de Matane disait, nous reconnaissons l'excellent travail des
policiers, ce n'est pas une question
de culotte ou d'habillement, là, qui nous fait croire que le service de police
est quand même un service essentiel et un service de haut niveau dans la
province de Québec. Et ça, on le reconnaît tous.
Maintenant,
en ce qui concerne le projet de loi n° 133, avant de parler de
l'amendement pour le double emploi, nous, qu'est-ce qu'on va s'assurer
ici, et ça va être une des questions principales, c'est : Est-ce que cette
loi va être applicable dans son intégralité?
Est-ce qu'elle va être facilement contrôlable? Et quelle va être la pertinence
de cette loi vis-à-vis la loi
n° 62 sur la neutralité religieuse? Alors, est-ce que cette loi va avoir
préséance ou si ce n'est pas la loi n° 62 et ses articles qui vont avoir préséance en ce qui concerne le port de
l'uniforme et des équipements? Parce qu'on sait très bien que, dans la Gendarmerie royale du Canada, le
kirpan est porté par certains agents. Alors, qu'est-ce qui va se passer
avec le projet de loi n° 133 ici? C'est des questions qu'on va poser en
cours de route, évidemment. Sans mettre en parallèle les deux projets de loi,
il va falloir au moins savoir : Est-ce que ce projet de loi là n° 133
va être un projet de loi qui va avoir priorité sur les autres projets de loi
qui pourraient modifier le sens de ce projet de loi là?
L'autre
chose, le double emploi, évidemment, le double emploi, nous voyons quand même
d'un bon oeil, pour les officiers
supérieurs qui s'occupent d'encadrement, qu'il
n'y ait pas de double emploi. Mais il
va falloir préciser qu'est-ce que c'est, un emploi. Être propriétaire d'un bloc-appartements, ce n'est pas
un emploi, en ce qui me concerne. Par contre, être agent immobilier, qui vend des immeubles, et qui n'est pas... ça,
pour moi, c'est un emploi, c'est un gagne-pain. Alors, il va falloir être précis sur le terme «emploi»,
comme tel, parce qu'on ne peut pas dire à tous les policiers ou à tous
les officiers supérieurs : Tu
travailles 35 heures puis, au bout de 35 heures, tu t'en vas chez
vous puis tu t'écrases, là. Tu sais, tu peux avoir un dépanneur sans
travailler là, tu peux avoir... Tu sais, ce n'est pas un emploi, d'être un
propriétaire d'entreprise, si tu n'y travailles pas. Alors, ça, il va falloir
être très précis là-dessus.
Alors, c'est là-dessus qu'on va travailler.
Alors, on offre notre collaboration, évidemment, au ministère de la Sécurité
publique pour que les choses avancent rondement. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) :
Merci, M. le député de Beauce-Nord. Je souhaite maintenant la bienvenue aux
représentants de la Fraternité des policiers et policières de Montréal et à son