Labour and the Economy — 1 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

CET 2025-04-01

Quebec — Committees

Labour and the Economy — 1 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)

CET 2025-04-01

Quebec — Committees

(Neuf heures quinze minutes)

Le Président (M. Allaire) :

Alors,

à l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte. Prenez quelques

secondes, s'il vous plaît, pour prendre le temps d'éteindre la sonnerie de

vos appareils électroniques, s'il vous plaît, une bonne habitude à suivre.

La commission

est réunie afin de procéder à l'interpellation du député de Taschereau à la

ministre responsable de la Solidarité

sociale et de l'Action communautaire sur le sujet suivant : L'effritement

du filet social au Québec sous la gouverne de la CAQ.

Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des

remplacements?

La Secrétaire :

Oui, M. le

Président. Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel) est remplacée par Mme Poulet

(Laporte); M. Dufour (Abitibi-Est), par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice);

Mme Cadet (Bourassa-Sauvé), par Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce); et M. Fontecilla

(Laurier-Dorion), par M. Grandmont (Taschereau).

Le Président (M. Allaire) :

Merci

beaucoup, Mme la secrétaire.

Alors, conformément à l'entente prévue pour la

43e législature, l'opposition officielle interviendra lors des deuxième, quatrième et septième séries

d'interventions et la députée de Terrebonne, lors de la cinquième série

d'interventions.

Comme vous voyez, on est dans une salle qui est

peu commune pour une interpellation, donc il n'y a pas de temps qui s'affiche,

ça fait que je vais vous faire signe quand il va vous rester une minute puis je

vais faire un signe d'entonnoir quand il faudrait être sur le bord de conclure

pas mal. C'est bon? Ça va pour tout le monde? Excellent.

Donc, on débute les déclarations d'ouverture. M.

le député de Taschereau, vous avez 10 minutes, la parole est à vous.

M. Grandmont :

Oui.

D'abord, merci beaucoup, M. le Président, de nous assister dans nos travaux.

Salutations aux collègues, salutations également à tout le personnel qui

est ici aujourd'hui, derrière la caméra, au son aussi également... (panne de

son) ...ce matin pour cette interpellation, effectivement, là, qui porte sur

l'effritement du filet social au Québec sous la CAQ.

C'était important pour moi, là, d'aborder ce

sujet-là. Ça fait peu de temps que je suis responsable de ce dossier-là pour ma

formation politique, mais force est de constater, en apprivoisant les

différentes composantes de cet important dossier-là, qu'effectivement il y a un

effritement du filet social au Québec sous l'égide de la Coalition avenir

Québec. Et c'est donc avec surprise aussi que je voyais que, dans le dernier

budget, il y avait très, très peu de mesures

qui étaient mises en place pour aider à sortir les gens de la pauvreté, aucune

mesure structurante, M. le Président, notamment... même des reculs

importants. Je pense, entre autres, au bouclier fiscal, qui a été aboli dans le

dernier budget. C'est une mesure qui réduit de 244 $ par année les revenus

de 140 000 personnes sur les cinq prochaines années, des économies de 138 millions sur cinq ans. C'est des

économies de bouts de chandelle, si vous voulez mon avis, M. le Président, des mesures qui aidaient pourtant

les personnes à faibles revenus qui commençaient à travailler et qui étaient

là, qui étaient mises en place pour amoindrir les pertes associées aux coupes

de différentes prestations. Bref, abolir le bouclier... le bouclier fiscal,

c'est une mesure qui n'aide pas les gens à se sortir de la pauvreté, ce n'est

pas une mesure qui aide les gens à retourner

sur le marché du travail, alors que c'est une des... un des buts, en fait, que

répète souvent Mme la ministre,

c'est-à-dire aider les gens à retourner sur le marché de l'emploi, mais ça, on

pourra y revenir également aussi.

Bref, aucune mesure structurante et aucune

mesure, non plus, qui pourrait agir en prévention pour aider les personnes qui

pourraient éventuellement perdre leur emploi dans le cadre de la guerre

tarifaire qu'on subit avec notre voisin du Sud. Le premier ministre a souvent

parlé d'environ 160 000 personnes qui sont à risque de perdre leur emploi. Bien, c'est 160 000 personnes qui

risquent, sans soutien de l'État, de se retrouver à aller faire la file, eux

aussi, au niveau des banques alimentaires. Parce que c'est peut-être la

seule chose sur laquelle il y a une avancée, c'est de l'aide aux banques

alimentaires, mais est-ce que c'est une mesure structurante pour sortir les

gens de la pauvreté? Non, c'est vraiment une

mesure de dernier recours, c'est de la charité, c'est simplement leur

dire : Bien, voici la façon pour ne pas mourir de faim, tout

simplement, mais ce n'est pas une façon de sortir les gens de la pauvreté, on

les envoie directement vers les banques

alimentaires. Et donc c'est peut-être la seule mesure sur laquelle il y a eu

une amélioration, mais on ne vient pas agir en amont sur la pauvreté.

Aussi, bien, j'aimerais

parler non seulement du budget, mais aussi du plan de lutte à la pauvreté. Vous

savez, M. le Président, ça fait assez

longtemps que je suis la politique pour savoir que, quand on diffuse une

nouvelle un vendredi après-midi, généralement, c'est parce qu'on ne veut

pas trop que ça fasse de vagues, on ne veut pas trop que ça fasse de bruit. Alors, le plan de lutte, le quatrième

plan de lutte à la pauvreté a été déposé le 21 juin dernier, c'était un

vendredi après-midi, juste avant la période des vacances, donc c'était

à peu près sûr que ça allait passer inaperçu. Heureusement, il y a des

groupes qui suivent avec attention les enjeux liés à la solidarité sociale et à

l'action communautaire et qui ont permis...

et qui ont quand même fait ressortir cette information-là. Mais honnêtement, je

veux dire, si on voulait que ça passe inaperçu, on ne s'y serait pas

pris mieux que ça.

Un plan de 750 millions de dollars — je

l'ai ici, sous la main, là — 71 mesures,

dont quelques-unes sont financées pour un total de 750 millions de dollars

sur cinq ans, quatre fois moins que les 3 milliards du plan de lutte à la pauvreté n° 3,

ce qui a fait dire au Collectif pour un Québec sans pauvreté que ce plan-là, le

quatrième, la quatrième mouture du plan de lutte à la pauvreté, était un

plan insignifiant. Et je ne suis pas loin d'être d'accord avec eux, en fait,

parce qu'effectivement il n'y a pas grand-chose là-dedans qui est très solide.

Aucune cible d'amélioration du revenu pour les personnes assistées sociales et

les travailleurs pauvres, alors que c'est une exigence de la loi qui vise à

lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Aucune mesure structurante

pour améliorer le revenu des gens; pire, il

y a même des reculs. Il y a des mesures, en fait, qui sont mises en place,

notamment, là, en ce qui concerne le supplément de revenu garanti... de

revenu de travail qui permet de garder 10 % des gains de travail qui

excèdent les revenus de travail permis. Mais, quand on fait le calcul, M. le

Président, en gros, ça permet de travailler quatre heures par semaine... en

fait, travailler quatre heures par semaine, ça permet d'aller chercher

7,30 $ de plus par mois. Donc, on incite les gens à travailler davantage,

quatre heures par semaine, mais seulement de gagner 7,30 $ de plus par

mois. On n'est pas dans une mesure qui est

très structurante puis qui aide vraiment les gens à retourner sur le marché du

travail. On est très, très loin de

ça. Au contraire, ça n'encourage pas ça du tout, ça encourage à ne pas faire

d'efforts pour ça, ou encore, peut-être dans certains cas aussi,

travailler au noir.

Alors, oui, comme je l'ai dit tantôt, il y a de

l'argent pour les banques alimentaires, mais c'est vraiment une aide de dernier recours, M. le Président. Bref,

c'est un plan de lutte qui ne permet pas d'atteindre les résultats attendus.

C'est un plan de lutte qui, en fait, est un recul par rapport à ce qu'on avait

précédemment.

Encore une

fois, je reviens aussi sur le projet de loi n° 71

aussi, parce que c'est un... on l'a vécu récemment, le projet de loi a été,

évidemment... il y a eu des audiences particulières, il a été... on a eu une

étude détaillée, évidemment, pour ce plan-là, il a été adopté, mais,

encore une fois, aucune mesure structurante. C'est essentiellement une réforme

à coût nul, c'est ce que vous voulait faire Mme la ministre, aucune

augmentation des prestations d'assistance sociale. Donc, les gens ne gagnent

pas plus d'argent. Être sur l'aide sociale ne permet pas de vivre non seulement

dignement, mais d'assurer ses besoins essentiels, ses besoins de base. Vous

savez, une personne qui a le revenu de base, à l'aide sociale... puis je ne

fais pas référence au Programme de revenu de base, là, mais vraiment au

829 $ par mois qu'une personne sans contrainte à l'emploi gagne par mois,

ce n'est même pas 10 000 $ par année. Est-ce qu'on peut s'imaginer

deux secondes vivre avec moins de 10 000 $ par mois? Je pense qu'on

parle suffisamment, chez Québec solidaire,

puis on informe suffisamment le gouvernement de l'état de l'évolution de la

crise du logement, actuellement. Actuellement, un trois et demi, ça ne

se loue pas en bas de 900 $ par mois. 900 $ par mois, c'est collé sur

le... c'est plus que le 829 $ par mois

qu'une personne sans contrainte à l'emploi reçoit, M. le Président. Donc, on

est clairement dans une situation

très paradoxale où Mme la ministre dit vouloir appliquer les principes et

l'esprit... l'esprit et la lettre de

la loi visant à réduire ou à éliminer la pauvreté au Québec et réduire

l'exclusion sociale, mais, dans les faits, on ne donne pas les moyens

aux gens de le faire.

Dans ce projet de loi n° 71,

également, qui a été adopté, donc, et sanctionné, des reculs importants aussi

pour les personnes qui ont des contraintes

temporaires à l'emploi, notamment des personnes avec enfants à charge de moins

de cinq ans, des personnes de plus de 58 ans, pour des compressions

totales de 100 millions de dollars. Donc, dans le projet de loi, on met en

place des mesures... en fait, on enlève la possibilité, automatiquement, à

certaines personnes, notamment les personnes avec enfants à charge de moins de

cinq ans et les personnes de plus de 58 ans, pour aller chercher un

100 millions de dollars qui, dans les faits, ne permet pas de renflouer,

de un, les coffres de l'État, mais, de

l'autre côté, handicape les personnes qui sont dans des situations de précarité

importante. On n'aide pas à sortir les gens de la pauvreté.

Évidemment, on a des craintes aussi pour la

reconnaissance des contraintes sévères à l'emploi. On tombera dans les contraintes de santé plutôt que les

contraintes au travail. On est très inquiétés de comment tout cela va s'opérer.

On a de la misère à voir, aussi, comment... quelle sera la trajectoire

d'application de ce projet de loi là. On n'a pas d'idée sur la marche à suivre ou, en fait, l'échéancier d'application ou

d'adoption, d'abord, des règlements qui découlent du projet de loi

n° 71, on est complètement dans le noir. Puis en fait, quand je dis «on»,

c'est les personnes qui sont en situation de grande vulnérabilité au Québec.

Ils ont beaucoup d'inquiétudes, ne savent pas où on s'en va avec ça. Tout ce qu'ils savent, c'est qu'il y a des

couperets qui sont au-dessus de leur tête, des épées de Damoclès. Ils sont déjà

dans une très, très grande vulnérabilité, et on risque, encore une fois, de

compliquer leur vie avec toutes sortes de mécanismes qui pour l'instant ne sont

pas encore appliqués.

La pauvreté, ça coûte cher, M. le Président, ça

coûte cher. Je reviendrai tout à l'heure avec des statistiques plus détaillées, là, sur les personnes en

situation... qui sont à l'aide sociale, mais, pour ce qui est des personnes en

situation d'itinérance, donc on est dans l'extrême vulnérabilité,

72 500 $ que ça coûte par année en soutien de toutes sortes à la

société par personne, alors que leur permettre d'atteindre ou d'obtenir un

logement social avec une aide pour être capables de faire une transition vers

un retour à la vie un peu plus dite normale, bien, ça coûterait un tiers de

moins à l'État québécois. Donc, c'est des choix qui sont faits par le

gouvernement qui non seulement ne respectent pas... ne permettent pas de respecter la dignité et la

couverture des besoins de tout le monde, mais en plus qui coûtent beaucoup

plus cher à l'État québécois. Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci

à vous, M. le député de Taschereau.

Désolé, il y

avait un petit peu d'interférence, là, c'est pour ça qu'on a allumé un autre

micro, là, pour essayer de contrecarrer ces ondes désagréables. Si vous pouvez

juste éloigner vos appareils électroniques, peut-être, du micro, là, ça

peut aider.

Mme la ministre, la parole est à vous pour

10 minutes.

Mme Rouleau : Merci beaucoup,

M. le Président. Permettez-moi de vous présenter les deux députés qui

m'accompagnent : la députée de Laviolette—Saint-Maurice, qui est aussi mon

adjointe parlementaire en matière d'action

communautaire, et la députée de Laporte, qui est adjointe gouvernementale en

matière de sécurité alimentaire.

Je salue le député de Taschereau, qui m'invite à

cette discussion sur un sujet très important, la solidarité sociale, l'action

communautaire, notre filet social. On a rencontré Le Pignon bleu hier, ensemble

d'ailleurs, étant très sur le terrain, et je salue la députée de

Notre-Dame-de-Grâce, qui a participé aux travaux qui ont permis d'adopter à

l'unanimité la loi modernisant le régime d'aide sociale.

C'est vraiment... Lorsque le premier ministre,

en octobre 2022, m'a nommée comme ministre responsable de la Solidarité sociale

et de l'Action communautaire, ça a été une grande fierté, parce que c'était la

première fois qu'un gouvernement nommait une ministre en

titre responsable de

ces deux grandes missions, parce qu'habituellement les gouvernements nomment

une ministre ou un ministre à travers différents autres portefeuilles, et ce

sont des missions, la solidarité sociale et

l'action communautaire, qui se perdent un peu à travers les autres

responsabilités. Ce que ça signifie, c'est

que notre gouvernement reconnaît ces enjeux et ces priorités avec toute

l'attention qui est méritée, avec le leadership qui est dédié, avec les ressources qui sont adaptées, et c'est un

fondement... un changement fondamental de pensée dans notre conception

de notre société et surtout face à notre responsabilité collective envers les

plus vulnérables.

Il faut se rappeler que, depuis 2021, le Québec

s'est hissé aux côtés des grandes nations qui sont reconnues pour leur justice

sociale en affichant le plus bas taux de faibles revenus comparable à des pays

qui sont notoirement connus pour leur justice sociale : la France, la

Suède, la Suisse, l'Espagne, l'Italie. Et, pour avoir un filet... pour avoir cette nomenclature de nation qui se classe parmi

les meilleures au monde pour son filet social, bien, il en faut un solide,

il faut des politiques inclusives, il faut

que le Québec se... puisse se démarquer parmi les meilleurs en matière de lutte

contre la pauvreté, en surpassant de nombreux autres pays à travers le

monde, évidemment.

Et je prends... je veux prendre un moment pour

parler de l'action communautaire et la mesure de l'impact de l'action communautaire sur le terrain. Le

gouvernement finance 4 500 organismes communautaires qui oeuvrent sur

le territoire. Ces organismes couvrent

un large éventail de services qui sont essentiels, soit 600 000...

c'est-à-dire 60 000 travailleurs et travailleuses qui sont engagés

dans des organismes, qui sont animés par une réelle passion et une réelle

mission pour venir en aide aux gens, des centaines de milliers de bénévoles qui

travaillent, qui donnent de leur temps, de leur coeur, de leur expertise pour

aider ceux qui en ont besoin. Et je veux d'ailleurs profiter de l'occasion pour souligner la semaine des popotes

roulantes, qui a lieu, là, en ce moment, et je veux féliciter et remercier tous

les bénévoles qui s'impliquent auprès des 155 organismes membres du

Regroupement des popotes roulantes.

Le milieu communautaire est important. Un

exemple, c'est les banques alimentaires. Vous en avez... vous avez évoqué les banques alimentaires, qui font un

travail extrêmement important, et la demande a explosé dans le cadre de

la pandémie avec la hausse du coût de la vie. Les indicateurs nous disent qu'il

y a plus de... il y a une demande qui a explosé de plus de 55 %. Lorsque

les banques alimentaires sont venues cogner à la porte, immédiatement on a

répondu à cette demande des banques alimentaires, on a répondu à 100 %

pour que les banques alimentaires puissent distribuer, à travers les

1 300 comptoirs alimentaires à travers le Québec, les... la

nourriture qu'il était dorénavant nécessaire

d'acheter, mais pas seulement signer un chèque, il y a beaucoup plus que ça, il

y a toute une stratégie de sécurité alimentaire qui se met en place dans

le cadre du plan de lutte à la pauvreté.

Il y a

d'autres secteurs qui sont fort importants, M. le Président, par exemple le

soutien des... en fait, les services de soutien aux femmes victimes de

violence. Depuis que nous sommes en poste, c'est plus de 1 milliard, c'est

1,1 milliard de dollars supplémentaires qui ont été ajoutés pour venir en

aide à ces femmes. Depuis que nous sommes en

poste, on a doublé le financement dédié annuellement aux maisons d'hébergement.

On est aujourd'hui à 165 millions. À l'époque, lorsque le gouvernement libéral terminait son mandat, elles

obtenaient 77 millions; on a doublé, M. le Président.

Je pense aux

carrefours jeunesse-emploi. L'ancien gouvernement libéral a coupé les

financements de carrefours jeunesse-emploi, des organismes auxquels on croit

beaucoup. On a rétabli ce financement-là et on a amélioré le financement des

carrefours jeunesse-emploi parce que le travail qu'ils font auprès des jeunes

est essentiel.

La solidarité sociale, sous notre gouvernement,

M. le Président, c'est 5 milliards de dollars chaque année, dont trois...

plus de 3 milliards dédiés à des prestations directes. Et, dans le cadre

du dernier budget du ministre des Finances,

il a confirmé un autre milliard de dollars pour des initiatives qui viennent

soutenir le filet social dont, parmi ces... cet argent, 50 millions dédiés spécifiquement aux organismes

communautaires qui sont dédiés à la santé et aux services sociaux, parce

que soutenir ceux qui prennent soin de nous, bien, c'est investir dans une

société en meilleure santé.

Et, depuis le 1er janvier

2023, M. le Président, on a mis en place le Programme de revenu de base. On

parle ici d'un investissement de 1,5 milliard de dollars — je ne

parle que de milliards, M. le Président, qu'on investit en matière de

solidarité sociale et d'action communautaire — et ça, ici, c'est une avancée

majeure pour des personnes qui avaient des... qui ont des contraintes sévères

et persistantes et qui étaient laissées pour compte par les autres

gouvernements, M. le Président, auparavant, et pour qui, évidemment, nous travaillons

énormément.

Du côté, encore, de l'action communautaire,

depuis 2018, on a investi 2,2 milliards de dollars en action

communautaire, on a mis en place le Plan d'action gouvernemental en matière

d'action communautaire. Ce plan, attendu

depuis 15 ans, est venu avec un investissement de 1,1 milliard de

dollars pour aider les organismes communautaires :

financement à la mission, mise en place de mesures pour permettre une meilleure

organisation de ces organismes communautaires, faciliter l'accès aux

régimes de retraite, faciliter l'accès aux assurances collectives, par exemple,

et, évidemment, le financement à la mission.

Le plan de lutte à la pauvreté, que j'ai déposé

au mois de juin dernier, dont on parle énormément, et que je publie, et j'en parle énormément, de ce plan de

lutte, parce qu'il est important, M. le Président, c'est 4,3 milliards de

dollars d'investissement, c'est un travail concret, gouvernemental, avec

21 autres ministères qui sont intégrés dans ce plan de lutte, madame... M. le Président. J'ai parcouru toutes

les régions du Québec pour aller à l'écoute des gens, pour savoir de quoi on avait réellement besoin dans ce quatrième plan

de lutte. Ce que j'ai entendu, M. le Président, c'est le mot

«accompagnement». Alors, tout ce qu'on fait, toutes les mesures qui sont mises

en place, autant le plan de lutte à la pauvreté,

que la modernisation du régime d'assistance sociale, sont axés sur

l'accompagnement de personnes qui sont aujourd'hui

plus éloignées du marché du travail et qu'on doit adéquatement accompagner pour

une meilleure intégration dans la société et vers l'emploi.

Notre gouvernement démontre tout son sérieux

lorsque lorsqu'on parle d'action communautaire, lorsqu'on parle de solidarité sociale et lorsqu'on parle

surtout, M. le Président, de ne laisser personne derrière et de mettre en place

les mesures adéquates pour que chacun puisse

vivre convenablement au Québec. On ne veut laisser personne derrière, M.

le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci.

Merci, Mme la ministre.

On débute la

première série d'interventions. M. le député de Taschereau, la parole est à

vous pour cinq minutes.

M. Grandmont : Oui,

merci, M. le Président. Écoutez, il y a beaucoup de choses à dire, d'abord, sur

l'importance de l'action communautaire. Évidemment, l'action

communautaire est importante, là. Nous, ce qu'on espère, c'est qu'éventuellement la ministre comprenne que

c'est... les revenus que les gens ont besoin, c'est des revenus supplémentaires

et de mesures qui permettent

effectivement de sortir de la pauvreté, là. Au départ, c'est ça qu'on a besoin,

là, des mesures qui permettent de

sortir les gens de la pauvreté. Il y a déjà eu une belle avancée, quand même,

là, sur le revenu de base pour les

personnes avec pleines contraintes à l'emploi. Mais, pour toutes les autres

personnes qu'il reste, on ne fait pas grand-chose.

Des mesures d'accompagnement... l'action communautaire, évidemment, on veut

qu'elle travaille, qu'elle soit cette première ligne, parce que, de

toute façon, il y a eu une espèce de désengagement. Ce n'est pas juste de la

part du gouvernement actuel, là, c'est dans les 20, 30 dernières années

qu'on a vu un désengagement de l'État sur la première

ligne et on a des organismes qui font le travail de l'État, ils deviennent

mandataires de plusieurs des fonctions de l'État. Or, dans le dernier budget, le communautaire a reçu des

pinottes, M. le Président, en supplément, en rehaussement, là,

2,1 millions pour les organismes famille, 1,5 million pour les

haltes-garderies, 2,6 millions pour les organismes communautaires en

éducation, 3 millions de plus pour les organismes en loisirs, pour les

personnes en situation de handicap,

10 millions pour les organismes en santé, services sociaux,

3,6 millions pour les maisons pour femmes victimes de violence

conjugale puis 100 000 $ pour les organismes environnementaux...

La campagne

CA$$$H, j'imagine que Mme la ministre en a entendu parler, elle a dû avoir des

représentations de la part de la

Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles,

qui a fait une évaluation exhaustive des besoins pour cette première

ligne qui fait le travail à la place de l'État depuis plusieurs années, bien,

les besoins se chiffraient à 2,6 milliards. Mme la ministre parle de

milliards, bien, c'est effectivement de milliards dont on a besoin pour faire

cette première ligne là qui est de la prévention. Alors, 2,6 milliards,

peut-être que, pour Mme la ministre, ça peut paraître exagéré, peut-être que, pour

le ministre des Finances, ça peut paraître exagéré; moi, je ne crois pas, parce que c'est notre première

ligne, c'est la prévention, une prévention qui... si elle n'est pas faite, on

va se retrouver avec des problèmes beaucoup plus grands qu'on aura à gérer par

la suite et qui vont coûter plus cher à l'État. On présente souvent le

gouvernement de la CAQ comme un gouvernement de comptables, c'est le premier

ministre qui le répète souvent — il est lui-même titulaire d'un diplôme des

Hautes études commerciales — bien, ça, là, il faut savoir le compter, là, la prévention permet d'économiser

par la suite. Donc, si ce n'est pas l'État qui fait le travail de première

ligne puis qui décide de déléguer aux organismes communautaires, bien, soit,

d'accord, je n'ai pas de problème avec ça, mais que les moyens viennent

avec, que les moyens suivent.

Moi, ce que je trouve du gaspillage, c'est de

l'argent perdu dans Northvolt. Ça, c'est des coups de poker incroyables,

710 millions perdus dans Northvolt. C'est la mauvaise gestion dans des

projets de transition numérique, 500 millions perdus avec SAAQclic. C'est

même... c'est plus symbolique, là, mais 7 millions donnés aux Kings de Los Angeles. Ça, c'est symbolique, évidemment,

c'est un petit montant, mais combien d'organismes on aurait pu aider avec,

encore une fois, cet argent-là? Ce sont des choix budgétaires qui n'ont pas de

bon sens. Puis un dernier choix budgétaire qui est

important et pour lequel on va payer le prix pendant encore longtemps, c'est

les baisses d'impôt qui ont été accordées à

des Québécoises et des Québécois qui n'en n'avaient pas besoin et qui nous

coûtent, aujourd'hui et pour les prochaines années, 1,8 milliard de

dollars à chaque année, 1,8 milliard qu'on pourrait réinvestir dans la prévention. Des baisses d'impôt données à des gens

qui n'en ont pas besoin, Mme la ministre, ça n'a rien de structurant, ça

n'aide pas à sortir les gens de la pauvreté, comme les chèques de 600 $ et

400 $ qui ont été envoyés. Ça aide certainement

à payer une carte de crédit à la fin du mois quand on est serré, mais il n'y a

rien de structurant là-dedans, il n'y

a rien qui sort les gens réellement, sur le long terme, de la pauvreté.

1,8 milliard, que nous coûtent annuellement les baisses d'impôt.

Gouverner, c'est choisir, M. le Président. Et,

dans les choix budgétaires qui ont été faits dans les dernières années, moi, je

comprends que la CAQ a choisi de ne pas sortir des gens de la pauvreté. La CAQ

a choisi d'aider des personnes qui n'en avaient pas besoin, des gens qui

n'avaient pas besoin d'un chèque de 400 $ ou de 600 $. J'ai reçu un

chèque. J'étais nouvellement député, M. le Président, j'ai reçu un chèque de

600 $. Je l'ai versé, justement, au Pignon

bleu, parce que je pense que ça a une valeur un peu plus grande. Je pense que

ça aide, hein, c'est du dernier recours, on l'a dit tantôt. Ce qu'on

aimerait, c'est des mesures structurantes pour aider les gens à sortir de la

pauvreté.

Donc, je reviens là-dessus, oui, le

communautaire, oui, l'action communautaire, oui, la première ligne, mais, de

grâce, si c'est ça, le choix du gouvernement, donner-leur les moyens. Et, dans

le dernier budget, ce n'est pas ce qu'on fait, Mme la Présidente... M. le

Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci,

M. le député.

On enchaîne avec, toujours dans la première

série d'interventions, Mme la ministre. Vous avez cinq minutes, la parole

est à vous.

Mme Rouleau : Merci beaucoup,

M. le Président.

J'aimerais vous parler du plan de lutte à la

pauvreté, le quatrième plan de lutte à la pauvreté. Ça fait

partie de la loi,

le gouvernement se doit de déposer ce plan. Pour le bâtir, ce plan, j'ai fait

le tour du Québec. Je suis allée dans chacune

des régions, souvent accompagnée par mes collègues et par des membres de

l'équipe. J'ai été en milieu rural, milieu

urbain. J'ai fait les petits 100 kilomètres de plus pour aller voir

qu'est-ce qui se passe derrière, là où il n'y a jamais personne puis il

n'y a pas de ministres qui vont là, habituellement. Alors, c'était la surprise

et ce n'était pas préparé, en fait. J'allais

voir comment ça se passe, j'allais discuter avec les gens puis entendre leurs

préoccupations. J'ai pu constater qu'il y avait des besoins, évidemment. La

pandémie a fait très mal. Le coût de la vie fait très mal. Ce n'est pas le gouvernement

qui en est responsable, mais on a la responsabilité d'aider le mieux possible

les gens. Ce que j'ai entendu, M. le Président, c'est le mot «accompagnement».

Ce dont on a besoin, ce qu'on m'a dit, c'est accompagner. Il faut accompagner

les gens parce que les gens sont plus éloignés du marché du travail. Ils ont

besoin qu'on les accompagne mieux, alors il faut mettre en place des mesures

conséquentes.

On a reçu 273

mémoires. J'ai rencontré des centaines de personnes. J'ai eu des groupes de

discussion. Il y a eu... Et, tiens,

je salue la députée de Terrebonne, qui est avec nous. On a... J'ai eu des

rencontres avec mes collègues ministres. Il y a eu des rencontres

interministérielles. On a vraiment fait le tour, madame... M. le Président,

pour s'assurer d'avoir la meilleure réponse possible.

C'est 4,3 milliards de dollars, ce plan de

lutte à la pauvreté. Il y a plus de 3 milliards dédiés à l'habitation et à

la lutte à l'itinérance, parce que, oui, on

voit ça dans notre société aujourd'hui, et 750 millions de différentes

mesures, dont 141 millions en sécurité alimentaire, M. le

Président, une stratégie de sécurité alimentaire, pas seulement donner un chèque à Banques alimentaires Québec

pour qu'ils aillent acheter de la nourriture, mais travailler avec le milieu

pour s'assurer que la nourriture soit plus rapprochée des gens et que les gens

puissent l'utiliser, cette nourriture-là, et être nourris, autant les

enfants que les aînés que les familles. Alors, c'est à ça qu'on travaille, M. le

Président.

Alors, axé

sur l'accompagnement... et, dans ce plan de lutte, on a intégré une bonne

partie de la modernisation du régime d'assistance sociale, ce qui

n'avait pas été fait depuis 20 ans, M. le Président. Alors, on a soulevé

toutes les pierres pour voir comment on pouvait mieux aider, comment on pouvait

simplifier, comment on pouvait mieux accompagner,

et on arrive aujourd'hui avec des accompagnements personnalisés pour les

personnes qui sont en difficulté, M. le Président.

Trois grands axes porteurs dans ce plan de lutte

à la pauvreté. C'est d'accompagner les personnes seules et les familles. Donc, on a élargi Objectif emploi. On

a amélioré le... on est en train de le faire, là, améliorer le programme PAAS. On amène les gens vers la

formation pour qu'ils puissent terminer leur secondaire V, M. le

Président, parce que 42 % des personnes qui sont prestataires de

l'aide sociale n'ont pas de diplôme d'études secondaires, alors on veut les aider. On veut un meilleur accès à la

nourriture, aux aliments, offrir une réponse gouvernementale qui soit adaptée

aux besoins de base, donc cette stratégie alimentaire, et puis d'aider,

évidemment, les... de faire en sorte que l'ensemble de la société soit

impliquée dans ce besoin de solutions qui est... dont nous avons besoin. On

s'est fixé des cibles : sortir 50 000 personnes de la pauvreté, M. le

Président, les amener vers l'emploi ou l'insertion sociale, augmenter de

30 % le nombre de projets en sécurité alimentaire. Et c'est ce qu'on fait,

par exemple avec AU/LAB, le laboratoire en agriculture urbaine, et c'est

d'assurer une plus grande participation des personnes en situation de pauvreté et d'exclusion sociale dans des instances

de gouvernance, M. le Président. Et ça, c'est important, que chacun, peu importe sa condition économique, puisse

participer activement à la société et à la hauteur de ses moyens, M. le

Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci,

Mme la ministre.

On poursuit

avec la

partie gouvernementale. Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice, la parole est à vous.

Mme Tardif : Merci,

M. le Président. Bonjour. Bonjour, chers collègues. Bonjour, Mme la ministre.

Merci de nous donner cette occasion si

importante de discuter d'un dossier si important. Parce que, oui, on est sur le

terrain et on le voit depuis 2018, on

l'a constaté, les députés terrain, que le portrait de la pauvreté a changé. On

voit maintenant des familles, des

personnes qui vont dans les banques alimentaires, et ce sont des gens qui ont

des emplois, mais, pour peu importent les raisons, ils sont accotés au

niveau financier. Les taux hypothécaires ont explosé, ce qui a fait que nos citoyens, nos familles qui vivaient relativement

bien, avec tout ce qui est arrivé au niveau économique partout dans le monde,

ça a rendu ces gens-là plus pauvres. Et c'est un nouveau portrait, là, je parle

juste d'eux, mais c'est un nouveau portrait.

Nous, chez nous, en Mauricie, particulièrement à

Shawinigan, les loyers sont particulièrement bas. Je le dis, mais venez-vous-en

pas tous chez nous, il n'y a plus de place, et c'est ce qui arrive et c'est ce

qui est arrivé. Et on a un hôpital psychiatrique et les... à Montréal, ils ont

tendance à dire : Allez à Shawinigan, ce n'est pas cher, ce qui fait que

nos organismes communautaires, qui sont habitués d'avoir un certain nombre de

personnes, qui sont habitués d'offrir tant de repas, en viennent à être

débordés, et les demandes affluent à nos bureaux.

Par contre,

il faut aussi voir ça de façon globale, parce que, là, oui, on parle du

ministère de la Solidarité sociale puis de l'Action communautaire, mais, quand on regarde tout ce que le

gouvernement a mis, et là je note, depuis 2018, il y a aussi de l'argent qui a

été mis dans ces enveloppes-là pour aider ces organismes-là, pour aider ces

gens-là qui vient du ministère de la Santé. Et ce sont aussi des

milliards de dollars qui sont injectés par la Santé pour des gens qui

travaillent avec les personnes qui ont... qui vivent avec un DITSA, pour des

organismes qui travaillent avec des gens qui... bon, qui... peu importe, là,

qui ont besoin de la solidarité sociale. Donc, que ce soit... Et ces gens-là,

on les prend en charge et, par le plan

gouvernemental de la solidarité sociale, on leur permet de s'intégrer ou de se

réintégrer sur des plateaux de travail, et c'est ce qu'on veut faire.

Mais permettez-moi d'aller... depuis, là... si

je vous fais quand même un petit historique, depuis 2018, le gouvernement du Québec a quand même mis en oeuvre

des plans d'action successifs pour lutter contre la pauvreté, pour favoriser

l'inclusion économique et sociale. Il y a eu beaucoup d'initiatives — bon, je pourrais nommer les acronymes,

là, on en perd nos latins nous-mêmes...

notre latin, nous-mêmes, là — donc, le Plan d'action gouvernemental pour

l'inclusion économique et la participation sociale 2017‑2023,

PAGIEPS, le Plan d'action gouvernemental visant la lutte contre la pauvreté et

l'exclusion sociale 2024‑2029. Les objectifs qu'on vise, ce sont toutes

des mesures qui sont mises en place pour

améliorer les conditions de vie. Vous le savez, on partage cette... ce

sentiment-là, cette urgence-là, et c'est ce qu'on fait. Et je peux vous dire

que la ministre, elle défend bien son dossier, et on a une très bonne ministre.

Et, Mme la ministre l'a dit, c'est un nouveau ministère, donc c'est une

reconnaissance en soi. Est-ce qu'il y a assez d'argent? Est-ce qu'il y a assez

d'argent? C'est certain qu'il n'y a pas assez d'argent, le portrait a changé.

Est-ce qu'on veut les prendre en charge? Est-ce qu'on travaille sur l'avant?

Bien, c'est oui, on travaille sur l'avant. Le PAGIEPS...

Je clos, je termine? C'est ce que ça veut dire,

un petit entonnoir?

Le Président (M. Allaire) :

C'est ça, c'est comme un entonnoir, cinq secondes.

Mme Tardif : Un petit

entonnoir. Donc, le PAGIEPS a débuté en 2017, mais la majorité des actions ont

été mises en 2018.

Le Président (M. Allaire) :

Merci beaucoup, Mme la députée.

On débute la

deuxième série d'interventions avec l'opposition officielle. Mme la députée Notre-Dame-de-Grâce, la parole est à vous, cinq minutes.

Mme McGraw : Merci, M. le

Président. Et je salue les collègues de la banquette ministérielle ainsi que

les collègues ici, en opposition.

Alors, effectivement, la ministre a souligné le

fait que le gouvernement a répondu à la demande des Banques alimentaires du Québec, et c'est une bonne chose,

parce qu'on sait que presque 3 millions de demandes d'aide alimentaire

sont faites au Québec à chaque mois, c'est vraiment 1 million de plus qu'en

2021. Et ce sont... on sait que ce n'est pas des personnes... pas juste des

personnes sans emploi, mais aujourd'hui près d'un ménage sur cinq qui est aidé

par les banques alimentaires ont un emploi comme source principale de revenu.

On parle de gens qui travaillent souvent à temps plein, mais qui n'arrivent

plus à se nourrir. Alors, la situation, il n'y a pas... ce n'est pas juste une

question d'urgence humanitaire, c'est une... c'est un échec économique,

effectivement.

Et je souligne effectivement les paroles du PDG

des Banques alimentaires du Québec, Martin Munger, qui a parlé... pendant la commission, les études...

pardon, les consultations particulières sur la loi... le projet de loi

n° 71, il a parlé de cassure dans le système, et je le cite dans

leur mémoire prébudgétaire, maintenant : «Le BAQ maintient qu'il est du rôle de l'État de mieux s'attaquer aux racines

de la pauvreté et de la précarité, qui amènent tant de personnes dans les

banques alimentaires.» Le mémoire souligne aussi qu'il y a des problèmes

sociaux et économiques qui affectent le Québec

et qui préservent une

partie de sa population dans la pauvreté, ne peuvent

régler pas... ne peuvent régler par les banques alimentaires, il ne peut pas être réglé. C'est vraiment au

gouvernement d'agir afin de mettre en place des mesures structurantes de lutte contre la pauvreté qui

réduiront durablement le recours à l'aide alimentaire. Alors ça, c'est Les

Banques alimentaires du Québec.

Et ce phénomène... Alors, le recours aux banques

alimentaires, on comprend que c'est seulement un quart des Québécois qui vivent

l'insécurité alimentaire qui vont aller dans les banques alimentaires. Donc, le

problème est vraiment très répondu... répandu, je devrais

dire, M. le Président. C'est vraiment une situation qui est très grave, tant

chez les travailleurs, les familles, des étudiants, les personnes qui vivent

seules. Ce n'est pas un enjeu marginal, c'est vraiment... Il y a des nouveaux

visages, aussi, de la pauvreté. On va parler des enfants. Au Québec, plus d'un

enfant sur cinq vit dans un ménage en situation d'insécurité alimentaire, soit

plus de 200 000 emplois. Et ce n'est pas juste une question de faim,

c'est l'inquiétude quotidienne des parents, c'est le stress à l'école, c'est la

difficulté de se concentrer. C'est aussi la santé mentale et physique et le

développement des enfants qu'on hypothèque à long terme. Et, face à cet enjeu important, le gouvernement,

pendant des mois, a tergiversé, il a laissé planer le risque de perdre des

dizaines de millions de dollars offerts par Ottawa pour nourrir nos enfants.

Les groupes nous disent qu'on vient de perdre

une année scolaire complète, que ces enfants qui auraient pu avoir accès à

l'alimentation scolaire n'ont pas eu accès. Et c'est seulement le

7 mars dernier que le Québec a finalement signé l'entente avec le fédéral.

Mais signer l'entente, ça ne règle pas tout,

il faut maintenir un plan clair, universel, coordonné, qui ne laisse aucun

élève derrière. Alors, enjeu des élèves.

Là, passons aux étudiants au postsecondaire

aussi, c'est... il y en a beaucoup. D'ailleurs, il y a un étudiant au

postsecondaire sur deux qui vit une forme d'insécurité alimentaire modérée

et/ou grave. Il y a beaucoup d'exemples et effectivement ce qui se passe, c'est

que, pour pallier cette urgence, les campus se sont transformés en refuges

alimentaires : des frigos communautaires, des banques alimentaires,

paniers solidaires, cafés suspendus. Ce sont des initiatives mises sur place

par des assos étudiantes et des bénévoles souvent à bout de souffle. Alors, on

est en train de perdre des talents, M. le Président, on compromet des parcours,

on affaiblit une génération. Donc, il faut passer à l'action, pas juste en mode

réaction, mais en mode prévention et poser des gestes et mettre en face des

politiques qui sont vraiment structurantes parce que, là, on fait face à une

normalisation du phénomène de pauvreté et d'insécurité alimentaire.

Donc, lorsqu'on parle du filet social, c'est sûr

qu'il y a les banques alimentaires qui sont en réponse, mais il faut être en mode prévention pour réduire cette

insécurité alimentaire, qui est un élément essentiel du filet social. Il faut

la renforcer et éviter que les gens

aient recours aux banques et qu'ils vivent cette insécurité alimentaire. Merci,

M. le Président.

Président (M. Allaire) : Merci à vous. On continue avec Mme la

ministre. La parole est à vous, cinq minutes.

Mme Rouleau : Merci beaucoup,

M. le Président.

Je dirais quelques mots sur la modernisation du

régime d'aide sociale, M. le Président, en commençant par le Programme de

revenu de base, que nous avons mis en place le 1er janvier 2023, qui

faisait

partie de l'ancien plan de lutte de l'ancien gouvernement libéral, mais

que nous avons mis en place, évidemment, comme vous le savez, qui représente un

investissement, somme toute, de 1,5 milliard de dollars par année, ce

Programme de revenu de base, qui permet à des personnes qui ont des contraintes

sévères et persistantes d'avoir un revenu beaucoup plus adéquat. C'est une augmentation de 57 % du revenu, et

ça a permis de sortir de la pauvreté 84 000 personnes, M. le

Président, ce qui est fort important, évidemment. Dans ce programme, les

bénéficiaires peuvent obtenir des revenus de travail plus importants, parce que

ce n'est pas parce qu'elles ont des contraintes... des contraintes physiques ou

psychologiques qu'elles ne peuvent pas travailler, alors elles peuvent avoir

des revenus de travail plus importants. L'accumulation de biens, aussi, est plus importante en termes

d'assouplissement puis assouplissement pour les couples aussi, les règles sont plus

flexibles pour les bénéficiaires qui vivent en couple. C'est un geste très fort

qui a été posé puis qui est très salué, évidemment, par l'ensemble des

organismes qui sont touchés, par, évidemment, les personnes qui sont

directement touchées ainsi que leurs familles.

En novembre dernier, à l'Assemblée nationale, on

a adopté, à l'unanimité, la loi n° 71, M. le Président, la Loi visant à

améliorer l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime d'assistance

sociale. C'est une réforme qui est saluée

par tous, M. le Président, par tous les observateurs et tous les intervenants

du milieu. Ça faisait 20 ans que cette loi n'avait pas été revue en

profondeur. Il y avait eu un ajustement pour un programme, le programme

Objectif emploi, mais, à part ça, il n'y a

rien qui avait été fait. Et la situation a changé depuis 20 ans. Les

personnes, aujourd'hui, qui sont prestataires sont plus éloignées du

marché du travail qu'il y a 20 ans, mais elles sont moins nombreuses aussi. Alors, il faut travailler pour mieux

accompagner. C'est ce que je disais tantôt, l'accompagnement, c'est primordial.

Alors, on offre maintenant un meilleur accompagnement aux personnes qui sont

prestataires de l'aide sociale. On veut les

amener vers l'emploi, parce que, partout où je l'ai entendu, M. le Président,

pour améliorer sa condition économique, c'est par le travail que ça se

fait, c'est par le travail. Et, dans tous les milieux, je l'ai entendu, M. le

Président, et dans toute la littérature, c'est ce que j'ai entendu : pour

améliorer sa condition, c'est par le travail. Mais il faut amener les gens vers l'emploi et qu'ils puissent contribuer à

la hauteur de leurs moyens, et c'est ça qu'on leur permet maintenant,

avec une approche beaucoup plus humaine, avec une simplification du régime. On

a fusionné des programmes, on enlève de la

bureaucratie. Est-ce qu'on veut enlever de la bureaucratie? Oui, on veut

enlever de la bureaucratie, et c'est ce qu'on fait, M. le

Président.

On met en place un accompagnement personnalisé

pour les bénéficiaires, M. le Président. Ils ont droit à un plan d'intervention

personnalisé, ce qui va leur permettre de mieux répondre à leurs besoins. On a

ajouté le volet de participation sociale intégrée au PAAS, là, le Programme

d'aide et d'accompagnement social. On a amélioré le programme Objectif emploi.

On a des incitatifs financiers pour les personnes qui veulent aller chercher

leur secondaire V, parce que c'est important d'avoir le secondaire V

pour avoir un meilleur emploi et un meilleur salaire, M. le Président. On a agi sur le surendettement en limitant à cinq ans

la période pouvant être réclamée plutôt que 15 ans. La contrainte à

l'emploi devient une contrainte de santé, incluant les enjeux psychosociaux et

la santé mentale, M. le Président. On a élargi l'évaluation des contraintes à

des professionnels de la santé, pas seulement que le médecin. La contribution parentale n'est plus obligatoire pour les

jeunes qui n'habitent pas chez leurs parents, et c'est maintenant un chèque par

personne, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci,

Mme la ministre.

On début de la troisième série d'interventions.

M. le député de Taschereau, la parole est à vous.

M. Grandmont : Merci, M. le

Président.

Écoutez, Mme la ministre parle de la

consultation du projet... du plan de lutte à la pauvreté, dans laquelle elle

dit : Les gens nous demandaient de l'accompagnement. J'ai eu accès au

rapport de consultations, puis ce que les gens demandaient, là, ce n'était pas de l'accompagnement, ils demandaient des

mesures structurantes, des mesures structurantes pour sortir les gens de

la pauvreté, agir en prévention. C'est ça que les gens demandaient.

Hier, j'ai écouté un reportage auquel Mme la

ministre a participé, là, sur Urbania, super intéressant. Donc, une femme, une

reporter, là, Florence La Rochelle, pour ne pas la nommer, qui décide de

vivre avec un chèque de 829 $ par... pour un mois puis d'essayer de

survivre, dans le fond, à travers ça. Ce que la personne vit est quand même... Je vous invite vraiment à aller voir ce

reportage-là, c'est un micromag sur Urbania. Cette personne-là, finalement,

vit de l'isolement, de la fatigue, du

stress, de la maladie, même, ce qui lui fait dire qu'être pauvre au Québec en

2025, c'est une job à temps plein, Mme la ministre. Impossible d'être

capable de survivre avec 829 $ puis, en plus, essayer de se trouver une job, en plus, essayer de se

trouver une job. Ça fait que des mesures d'accompagnement pour retrouver

l'emploi, là, il va falloir que ce soit pas mal plus accommodant que ce ne

l'est actuellement parce que ça ne fonctionne pas. Quand on vit du stress, l'isolement, de la fatigue, de la maladie

parce qu'on est trop pauvre pour bien manger, pour bien dormir, pour ne

pas être dans un environnement qui est stressant parce que l'appartement qu'on

se loue, il est sur le bord d'une autoroute, impossible d'être capable de se

présenter... de rechercher un emploi puis de se présenter de façon adéquate à un entretien d'embauche. Je

veux dire, ce n'est pas ça, on est en mode survie, on n'a pas le temps

de se chercher un emploi, c'est une job à temps plein.

Il y a une entrevue à la fin de ce reportage-là,

une question qui m'a vraiment interpelé, c'est : Pourquoi ne pas avoir

augmenté le 829 $ de revenu minimum, là, par mois? La ministre

répond : Le montant a été indexé de 25 % depuis 2018, puis elle n'a

pas tort. J'ai été vérifier puis effectivement, depuis 2018, le montant a été

indexé. Mais, pendant ce temps-là, le prix de l'épicerie, par contre, a

augmenté de 28 %. L'augmentation du logement locatif a augmenté aussi de

25 %, puis ça ne compte même pas encore cette année, qui va être encore

très, très, très élevée parce que le marché

s'est resserré. Donc, dans le fond, on n'a pas vraiment augmenté suffisamment

les revenus des gens qui sont avec pleines contraintes à l'emploi pour

être capables de sortir de la pauvreté puis être capables de sortir de la

maladie, du stress, de l'isolement, de la fatigue.

La ministre,

dans le même reportage, justifie que les revenus sont bas, mais en même temps

il y a un ensemble de services qui accompagnent la personne. Mais en même temps

ce n'est pas ça qui va payer l'épicerie puis ce n'est pas ça non plus

qui va payer le loyer. C'est beau, avoir des services, c'est beau, avoir des

banques alimentaires, mais, quand il faut se déplacer en autobus pour aller

dans une banque alimentaire, puis après ça dans une autre, puis après ça aller chercher un repas gratuit à l'autre

place, on passe sa journée à travailler à essayer de survivre. Il y a quelque

chose là-dedans qui ne fonctionne pas.

Mme la ministre aussi, dans ce reportage-là, axe

beaucoup sur son programme Objectif emploi, comme elle l'a fait aujourd'hui

aussi. Mais en même temps elle n'a pas corrigé, notamment, l'aberration qui

limite les gains de travail à 200 $ par mois pour les personnes qui sont

sans contraintes à la... qui sont sans contraintes à l'emploi. Non, si on gagne plus que 200 $ par mois, ça veut

dire à peine quelques heures, on se fait couper son chèque d'aide sociale.

Comment voulez-vous que ça encourage les gens à commencer à travailler? Donc,

il y a quelque chose là-dedans qui ne fonctionne pas, c'est une aberration qui

est très profonde, et la ministre, pour l'instant, n'a pas travaillé là-dessus.

Pendant qu'on discutait, j'ai reçu un texto

d'une personne qui travaille dans un groupe, là, d'aide aux personnes en

situation... qui sont à l'aide sociale, puis elle me dit : Écoutez, la

ministre me donne l'impression de perdre mon temps, présentement, mais ça

confirme sa non-écoute en lien avec le besoin de mesures structurantes. Elle

ajoute : Cela confirme que notre travail, dans les prochains mois, ne sera

pas fait auprès de la ministre. Parce que ce

que je comprends de cette affirmation-là, c'est que Mme la ministre n'a pas le

pouvoir d'influencer suffisamment le ministre des Finances pour être

capable d'aller chercher des mesures structurantes, des budgets suffisants pour

être capable d'aider réellement les gens au Québec.

Donc, je comprends de cette intervention-là que

les personnes qui seront ciblées par les interventions des groupes qui travaillent auprès des personnes à

l'aide sociale vont devoir se tourner vers les autres porteurs de dossiers,

parce que, visiblement, la ministre, quand ça a été le temps de discuter des

différents crédits à aller chercher auprès du ministre des Finances, soit n'a

pas fait la bataille, soit ne l'a pas faite de manière adéquate, mais elle

n'est pas allée chercher l'argent dont on avait besoin et en solidarité sociale

et en action communautaire.

Le Président (M. Allaire) : Ça

va? Merci, M. le député de Taschereau.

Mme la ministre, la parole est à vous, cinq

minutes.

Mme Rouleau : Merci

beaucoup, M. le Président. Je vais corriger, si vous permettez, le député de

Taschereau. Il y a le 200 $ par

mois auquel... d'exemption auquel ont droit, en termes de travail, là, les

prestataires, mais j'ai beaucoup travaillé

pour qu'on puisse améliorer cette situation parce qu'on veut amener les gens

vers le travail. Alors, on a augmenté...

bon, il y a le 200 $ par mois, plus un supplément de revenu de travail de

25 %, M. le député, vous irez vérifier dans le

budget, il y a eu un premier 10 % lors de la mise à jour, puis on est à

25 % aujourd'hui. Donc, le travail, il

se fait, M. le Président, je travaille très fort, puis j'invite les organismes

à continuer à me faire confiance pour faire avancer des dossiers.

Je vais vous parler de sécurité alimentaire.

Depuis... dans la dernière année, là... depuis, en fait, 2022, c'est

177 millions de dollars d'investissements en sécurité alimentaire. Il y a

une

partie de cet argent qui va à Banques alimentaires Québec pour l'achat de

nourriture, parce qu'avant ce n'était pas nécessaire d'acheter de la

nourriture, c'étaient des dons, les choses ont changé. Donc, on donne de

l'argent à Banques alimentaires, on répond à 100 % des besoins de Banques

alimentaires Québec pour qu'ils redistribuent auprès des 1 300 comptoirs

alimentaires. Et on a confirmé encore, dans le budget, là, le 34 millions

de dollars à Banques alimentaires qui était demandé.

On soutient aussi des organismes comme La Tablée

des chefs, qui montre à des jeunes comment faire la cuisine, et ces jeunes qui, au secondaire, apprennent comment faire à

manger, qui rapportent des repas à la maison, peuvent devenir des chefs

et vont terminer leur secondaire V, M. le Président. C'est tellement

important, la persévérance scolaire. Il faut

les aider à continuer, évidemment, en nourrissant... par l'alimentation, mais

aussi en leur montrant comment on

fait pousser... comment on peut, par l'agriculture urbaine, faire... donc,

produire de la nourriture et comment l'utiliser, cette nourriture-là. On

soutient Fondation OLO pour les mères, les jeunes mères pendant leur grossesse

et après, lorsque l'enfant... jusqu'à

deux ans, elles sont soutenues pour s'assurer que les enfants et leurs mères

soient bien nourris, Cantine pour tous, les Petits déjeuners. Et puis

hier, encore, on rencontrait Le Pignon bleu, qui est... qui a un impact très

important ici, dans la capitale.

Le plan de lutte, M. le Président, contient des

mesures. Pour la première fois, on a inscrit dans le plan de lutte à la

pauvreté un axe sécurité alimentaire, et c'est un plan de lutte qui est

aussi... qui peut bouger à travers le temps, selon les événements qui peuvent

arriver, parce que qui eût cru qu'une pandémie nous tombe sur la tête, qui eût

cru que les taux d'intérêt augmentent à ce

point? Donc, on est capables de bouger avec le plan de lutte. Donc, on a mis

l'axe sécurité alimentaire dans le plan de lutte :

141 millions, 13 mesures spécifiques. On travaille avec les

organismes du milieu. On veut augmenter de 30 % les projets en sécurité

alimentaire au Québec. Et ce n'est pas que d'acheter de la nourriture, c'est de la produire et de faire en sorte

d'intégrer les communautés vers la cuisine, parce que les Québécois, là,

ils se retrouvent toujours dans la cuisine,

c'est là que ça se passe. Alors, il y a là quelque chose de très important, M.

le Président, qu'on veut garder :

l'intégration, la culture, la francisation, ça se passe aussi dans la cuisine,

grâce à l'ensemble de ces activités, les jardins communautaires, etc.,

qui voient le jour un peu partout.

Et un mot sur AU/LAB, qui est un organisme fort

important, des chercheurs reconnus à travers le monde qui l'étaient peu ici, au Québec, et avec qui on

travaille pour améliorer l'impact de l'agriculture urbaine au Québec, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci,

Mme la ministre.

On poursuit avec la

partie gouvernementale. Mme

la députée de Laporte, cinq minutes, la parole est à vous.

Mme Poulet : Oui, merci

beaucoup, M. le Président. Bonjour à tous.

Alors, je prends la parole aujourd'hui pour

aborder un sujet qui m'est très cher, qui me tient vraiment à coeur : la

sécurité alimentaire. Cet enjeu, on le sait, fondamental, j'en fais mon cheval

de bataille, notamment dans le cadre de mes

fonctions d'adjointe gouvernementales auprès de la ministre en ce qui concerne

le volet sécurité alimentaire.

Je souhaite partager avec vous le fruit d'une

initiative que j'ai récemment menée et dont j'en suis très fière, le Sommet

alimentaire de l'économie sociale de la Montérégie. Cet événement a été

organisé en octobre dernier en collaboration avec le Pôle de l'économie sociale

de l'agglomération de Longueuil, et son objectif principal était de créer un

véritable espace de dialogue et d'échange entre les acteurs de terrain, les

experts des enjeux liés à la sécurité alimentaire de la Montérégie. Dans le

cadre de ce sommet, nous avons eu l'apport important du premier ministre du Québec, qui a non seulement souhaité aux délégués

présents un bon travail, mais a aussi manifesté son vif intérêt à lire le rapport

de l'événement. Sachez que je lui ai remis en janvier dernier. Pour l'ensemble

des personnes présentes, cette opportunité offerte par le premier ministre est

considérable. Aussi, par une présence significative de quatre ministres dans le

cadre d'un panel, dont la ministre ici présente, nous démontrons clairement la

portée des projets structurants émergeant

d'action collective. Ce grand rassemblement montérégien a également été

possible grâce à l'apport financier des ministres de la région et du premier

ministre et de leur appui au niveau des communications et des invitations.

Ce sommet

est une étape préliminaire axée principalement sur les populations vulnérables

à une conversation plus large qui permettra de prioriser des initiatives

structurantes. Tous les acteurs ont mis l'épaule à la roue lors de ces

discussions. En ce sens, nous avons voulu explorer ensemble des solutions

concrètes permettant de mieux utiliser les

ressources déjà disponibles pour remplir davantage d'assiettes vides. C'est

plus de 200 représentants issus de divers secteurs de la sécurité alimentaire à travers la Montérégie, de Sorel à

Vaudreuil, qui ont répondu présent à notre invitation. Les discussions ont permis de soulever des

questions essentielles telles que l'approvisionnement en aliments,

l'augmentation continue des coûts

alimentaires, la nécessité de mieux mutualiser les ressources disponibles entre

les organismes et les partenaires.

À l'issue des discussions entre les organismes

communautaires, les producteurs agricoles et les institutions publiques,

plusieurs priorités ont émergé. Parmi celles-ci, un projet-phare a

particulièrement retenu notre attention, la création

d'un pôle logistique alimentaire territorial, le PLAT. Ce pôle aura pour

mission de coordonner l'approvisionnement, la transformation et la

distribution pour un partage des ressources afin de répondre efficacement aux

besoins des différents acteurs du secteur.

Ce sommet a non seulement

mis en lumière la mobilisation des organismes locaux, mais aussi leur capacité

à générer des idées innovantes, à renforcer les partenariats et à unir leurs

forces pour relever les défis liés à la sécurité alimentaire. Je suis

convaincue que, collectivement, nous avons le pouvoir de faire une réelle

différence. Ensemble, nous pouvons bâtir un secteur alimentaire plus solidaire

et plus juste pour tous. Ce sommet nous a démontré qu'en travaillant ensemble

nous pouvons améliorer la sécurité alimentaire et répondre aux besoins des plus

vulnérables.

En terminant, j'aimerais vous rappeler — Mme

la ministre en a parlé tantôt — que le gouvernement du Québec a adopté un plan de lutte contre la

pauvreté et l'exclusion sociale ambitieux pour la période 2024‑2029.

Ce plan prévoit des investissements totalisant 4,3 milliards de

dollars. 750 millions de dollars seront consacrés à 71 actions

concrètes menées par 21 ministères et organismes. Parmi ces actions, l'une

des priorités vise spécifiquement à améliorer

l'accès aux aliments pour mieux répondre aux besoins en matière de sécurité

alimentaire. C'est une priorité que nous partageons tous. Pour

coordonner nos efforts, un comité interministériel a été mis en place. Des

initiatives comme la popote roulante, la Cantine pour tous, Les Banques

alimentaires du Québec, le Club des petits déjeuners bénéficient d'un soutien constant de notre gouvernement. Ce sont des partenaires

essentiels pour garantir que personne ne soit laissé de côté.

Le Président (M. Allaire) : Merci,

Mme la députée.

On enchaîne avec la quatrième série

d'interventions. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, vous avez cinq minutes,

la parole est à vous.

Mme McGraw : Merci, M. le

Président.

Alors, évidemment, lorsqu'on parle du filet

social, on comprend tous et toutes que le secteur communautaire joue un rôle essentiel en complément au secteur

public. Mais présentement le secteur communautaire ne peut pas jouer son

rôle à fond, malgré leurs efforts et toute une bonne volonté, parce qu'ils sont

en situation de crise. D'ailleurs, le secteur communautaire fait face à une

tempête parfaite, et ce n'est pas moi qui le dis, c'est le PDG, Claude Pinard, de Centraide Grand Montréal, et je cite, il

dit : «Nous pouvons donc parler de tempête parfaite, et ce, tant pour le

secteur communautaire, pour toutes

les personnes en situation de vulnérabilité.» Cette tempête parfaite, c'est dû

premièrement à la demande explosive

pour les services du secteur communautaire, et souvent, ça, c'est pour pallier

le manque dans les secteurs publics.

Donc, demande explosive, le communautaire nous

dit que depuis 50 %... plus que 50 % des organismes communautaires

ont relaté une augmentation du nombre de personnes ayant utilisé leurs services

par rapport à l'année précédente, et ça,

c'était en 2023. Ça fait que demande explosive pour palier les services

publics, mais, de l'autre côté,

manque de ressources, manque de ressources pour faire leur travail.

Malgré que

le secteur communautaire est hyper efficace, ils font beaucoup avec très peu,

mais là on est rendus ailleurs au niveau de manque de ressources, on parle de

manque de financement. On n'a même pas

indexé... Il y avait une proposition du Programme de soutien aux organismes, au

PSOC. On n'a même pas indexé selon l'indice le coût de fonctionnement

communautaire, qui aurait été pour... plutôt

que l'indice des prix à la consommation, ça a été une proposition. Cela aurait

coûté au gouvernement 7,8 millions de dollars, c'est le même

montant qu'on a donné aux LA Kings. Ça fait que c'est une question de

priorités.

Ça fait que manque de financement, parce que, je

suis désolée, mais le gouvernement a fait des mauvais choix. Il a gaspillé des centaines de millions de dollars, même de

milliards de dollars, avec des chèques électoralistes, avec des... la

mauvaise gestion de la SAAQclic, et un 500 millions de dollars au moins,

on verra si c'est encore plus, un

700 millions de dollars avec Northvolt. Alors, c'est des centaines de

millions de dollars, mauvaise gestion, gaspillés, qui font en sorte qu'il y a

très peu de marge de manoeuvre, maintenant, pour le secteur communautaire, qui

souffre, et eux veulent aller appuyer les populations vulnérables.

Alors, financement, manque de personnel. On

parle maintenant d'un écart salarial, entre le communautaire et la moyenne québécoise, de 37 % à 42 %,

et c'est surtout des femmes qui travaillent dans ce secteur-là. Alors, c'est une

injustice totale que ces gens qui sont formés et, par la suite, se font en

concurrence, que le secteur public vienne chercher

ces personnes bien formées. Il y a un taux de roulement élevé à cause du manque

de financement, l'écart salarial, alors ne peut pas faire son... leur

travail.

Et finalement c'est une question de manque de

locaux, encore une fois. Le secteur communautaire doit faire compétition,

concurrence avec le secteur public. Par exemple, les centres scolaires, les

écoles ont droit de reprendre leurs écoles,

mais il faut une planification, du côté communautaire. Pourquoi on sait à

l'avance, des années à l'avance, que les

écoles vont reprendre leurs locaux? Pourquoi on n'a pas un plan pour,

justement, s'assurer que les centres communautaires ont des locaux

appropriés, adéquats, si on les respecte? Alors, je cite exactement... on

connaît très bien le centre Ahuntsic,

finalement le gouvernement fédéral a dû intervenir récemment avec un

15 millions. À Laval... le Patro Laval, ici, à Québec, le

gouvernement fédéral et la ville du Québec, on doit intervenir, et je cite la

PDG, Mme Caroline Bisson, qui

dit : «Écoutez, c'est gênant, c'est gênant, là. On ne voit pas que ce

projet-là, qui est structurant, est

une occasion pour eux — c'est-à-dire le gouvernement du Québec — de montrer qu'ils sont là avec le

communautaire. Présentement, ce qu'on sent, ce qu'on sent, c'est leur

absence.»

Alors, il y a

beaucoup de travail à faire pour donner suite au PAGAC, à aller dans le concret

puis aller vraiment financer et

donner les ressources appropriées, adéquates au secteur communautaire pour

faire leur travail, pour pallier le

secteur public. Dans le PAGAC, on sait qu'il manque de concret. On sait que le

PAGAC, le plan d'action gouvernemental

2022‑2027, ça a été dénoncé par son manque de soutien aux

3 000 organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et

services sociaux qui offrent... qui devraient offrir des services

complémentaires, et je pourrais en citer plus. Ça fait

qu'il faut traduire cette bonne volonté que j'entends de la ministre, toujours,

mais dans des gestes concrets, avec l'appui de son gouvernement, pour appuyer

le secteur communautaire pour faire leur travail au Québec.

Président (M. Allaire) : Merci. Merci, Mme la députée. Mme la ministre, la

parole est à vous, cinq minutes.

Mme Rouleau : Merci beaucoup,

M. le Président.

Alors, parlons d'action communautaire et des

bénévoles. On sait que les organismes communautaires font

partie du filet social des Québécois. Ils sont la

raison d'être pour laquelle le gouvernement du Québec, le gouvernement

de la Coalition avenir Québec, se dédie et crée du financement, a créé un

programme spécifique pour les organismes communautaires. Ça faisait

15 ans, M. le Président, que les organismes communautaires attendaient un

plan d'action, 15 ans qu'ils

attendaient ce plan d'action. On l'a mis en place, ce plan d'action, avec une

consultation auprès du milieu en

2022. C'est 1,1 milliard de dollars, M. le Président, 888 millions

dédiés au rehaussement du financement à la mission des organismes. Première fois, M. le Président,

qu'un gouvernement confirme l'importance de la mission des organismes

communautaires.

Et il y a un 200 millions de mesures, M. le

Président, qui permettent, par exemple, aux employés d'avoir accès aux

assurances collectives, aux régimes de retraite, etc., des mesures de rétention

d'emploi, des mesures qui permettent d'améliorer la gouvernance à certains

égards. Le plan d'action gouvernemental en action communautaire, qui est un

plan gouvernemental... je le répète, je ne suis pas toute seule à travailler

là-dessus, là, j'ai 23 ministères et organisations gouvernementales qui

ont des liens avec le milieu communautaire et je travaille avec tous ces

gens-là. On travaille sur la reddition de comptes, par exemple. On a mis en

place une reddition qui est saluée, saluée par les organismes, parce qu'on a

relevé le seuil d'audit pour les organismes communautaires, on est passés de

200 000 $ à 500 000 $. C'est des millions de dollars

d'économies pour les organismes communautaires, qui peuvent dédier leurs ressources à leur mission, non pas à la reddition

de comptes, et on continue à travailler sur cette reddition de comptes, M.

le Président.

Le plan d'action gouvernemental en action

communautaire, le PAGAC, nous a permis aussi, M. le Président, de mettre en place un nouveau programme de

financement à la mission pour des organismes qui étaient orphelins, qui ne

pouvaient pas trouver de ministère porteur ou d'organisme à qui se rattacher

pour avoir du financement à la mission.

Alors, au sein de mon ministère, nous avons créé un tout nouveau programme, on

a fait un projet pilote avec les

Accorderies, dont les Accorderies de Shawinigan et quatre Accorderies. Et là,

tout récemment, 10 nouveaux organismes, M. le Président, sont financés à

la mission pour les trois prochaines années, M. le Président, parce qu'on y

croit, à ça, c'est important d'avoir un soutien financier pour les organismes

communautaires. Et, dans le présent budget, il y a 50 millions de dollars

pour les organismes qui sont liés à la santé et aux services sociaux,

M. le Président. Ce n'est pas de

l'argent de Monopoly, c'est du véritable argent qui est dédié aux organismes

communautaires, M. le Président.

Et concernant l'action bénévole, M. le

Président, ils sont, les bénévoles, extrêmement importants. Ce sont des acteurs

clés au sein des organismes. Et on soutient l'action bénévole, c'est la force

vive du Québec. Ce sont des centaines de

milliers de Québécois qui donnent des heures, du temps, de leur expertise et,

comme je l'ai dit tantôt, de leur amour pour soit des jeunes ou des

aînés ou des familles, l'aide aux devoirs, etc.

Et je vous rappelle que le gouvernement du

Québec organise, depuis plusieurs années, le prix bénévole Québec pour souligner le travail exceptionnel de

bénévoles. 40 personnes, chaque année, sont nommées pour leurs efforts

extraordinaires auprès de la population. Et vous serez tous, Mmes et

MM. les députés, invités à cette soirée importante

où les nominés seront tous invités au Parlementaire, comme à chaque année.

Alors, je vous invite à y venir, et il y aura peut-être quelqu'un de

votre circonscription qui sera nommé. Ce sera l'occasion de venir les

rencontrer et de prendre une photo avec eux. Ils apprécient énormément la

présence de leurs députés. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci

à vous, Mme la ministre.

Alors, on débute la cinquième série

d'interventions. Et, Mme la députée de Terrebonne, vous êtes dans les premières, là, depuis la semaine passée. Alors là,

c'est votre première interpellation, je vous souhaite une bonne première

intervention. La parole est à vous, cinq minutes.

Mme Gentilcore : Merci. Merci,

M. le Président. Merci, chers collègues, Mme la ministre, collègues des oppositions. Très heureuse d'être ici pour parler

d'un sujet, évidemment, crucial, parce qu'on le sait, c'est sans équivoque,

le filet social s'effrite au Québec.

Mme la ministre disait que c'est la première

fois qu'on reconnaissait vraiment, là, l'action communautaire, mais c'est faux parce qu'en 2001, sous le Parti

québécois, le gouvernement a adopté la politique de reconnaissance... Oui?

Le Président (M. Allaire) : ...Mme

la députée, je m'excuse, je dois déjà intervenir.

Mme Gentilcore : Bien, déjà...

Président (M. Allaire) : Vous avez employé un terme non parlementaire. Je

vais vous demander de retirer le terme «faux».

Mme Gentilcore : Ah! je suis

désolée. Je retire, je retire.

Président (M. Allaire) : Parfait, merci. Vous pouvez continuer.

Merci.

Mme Gentilcore :

En fait, en... donc, j'apporte une information supplémentaire, en 2001,

sous le Parti québécois, le gouvernement a adopté la politique de

reconnaissance de l'action communautaire, puis en 2002, juste après ça, la loi qui vise à lutter contre la

pauvreté et l'exclusion sociale. Le Québec s'est doté aussi de nombreux plans

ciblés, là, d'actions ciblées pour améliorer

la qualité de vie de nos concitoyennes, de nos concitoyens, entre autres en santé

mentale, en violence conjugale, jeunesse, famille, enfance, personnes

LGBTQ+, et ça continue.

Donc,

tous les outils sont là, M. le Président, mais la CAQ ne met tout simplement

pas les moyens pour y arriver, décide de mettre de l'argent ailleurs,

mes collègues en ont très bien parlé tout à l'heure.

Aujourd'hui,

on constate une hausse de l'itinérance de 44 % en cinq ans, pour atteindre

plus de 10 000 Québécoises, Québécois

qui sont sans logis, actuellement, 44 % de 2018 à 2022, donc tout ça

pendant le premier mandat de la CAQ, M. le Président. Et, selon l'aveu

que j'ai obtenu du ministre responsable des Services sociaux lui-même la

semaine dernière, ce nombre-là va

vraisemblablement augmenter lors du prochain dénombrement le 15 avril

prochain. On doit donc s'attendre à un nouveau recul sous le deuxième

mandat de la CAQ.

Mais comment ça se

fait que la situation empire, M. le Président, alors que la CAQ jure faire tout

ce qui est en son pouvoir, déployer tous les efforts pour renverser la

situation? Comme dans tout le reste, actuellement, la CAQ veut qu'on la juge sur ses intentions et non pas

sur ses résultats, M. le Président. Pendant ce temps-là, c'est des milliers

de personnes qui, soir après soir, n'ont nulle part où dormir. Ce sont

2,6 millions de demandes d'aide alimentaire qui sont faites chaque mois,

une hausse de 14 % en un an.

Au Québec, notre

contrat social, c'est que le travail est supposé nous protéger de la pauvreté.

Quand on constate qu'il y a de plus en plus

d'étudiants, de plus en plus de travailleurs qui ont besoin des banques

alimentaires sur une base quotidienne, c'est qu'on est en train de rompre ce

contrat social là qui est au fondement même de notre société.

Autre sujet, et Mme

la ministre en parlait tout à l'heure, en 2023‑2024, ce sont presque

8 000 femmes victimes de violence conjugale qui n'ont pas pu obtenir

de place en maison d'hébergement. Ça, c'est sans parler du système de santé, on en a parlé tout à l'heure,

dans lequel le gouvernement a sabré 1,5 milliard de dollars. Et de nombreux

organismes communautaires ont souffert directement de ces coupures-là parce que

leur financement soit n'est tout simplement

jamais arrivé ou a énormément tardé à arriver. On nous en a parlé beaucoup sur

le terrain, dans Terrebonne, de nombreux organismes ont parlé de ça. Les

organismes communautaires, ce sont les toutes dernières mailles de notre filet social. Pour plusieurs d'entre eux, en

ce moment, ils jouent même le rôle de première ligne en santé. On ne peut pas

se permettre qu'ils échappent qui que ce soit.

Donc,

ces organismes qui s'occupent des plus vulnérables sont aujourd'hui eux-mêmes

vulnérables, M. le Président. Dans le

dernier budget, c'est seulement 22,9 millions qui sont prévus pour

l'action communautaire, et ça, ça inclut un montant qui avait déjà été annoncé dans le plan en matière d'action

communautaire. C'est donc seulement 10 millions de plus pour les organismes communautaires

autonomes du domaine de la santé des services sociaux, soit l'équivalent

d'à peine 3 000 $ par organisme, M. le Président. J'aimerais

rappeler, d'ailleurs, que la plupart de ces organismes-là reçoivent un financement à la mission qui est

nettement insuffisant, qui couvre à peine leur budget de fonctionnement,

ils doivent donc appliquer pour du financement par projets. Mais pensez-vous

vraiment que ces organismes-là ont les moyens,

M. le Président, de multiplier la paperasse, la bureaucratie et la

reddition de comptes? Parce que, vous savez, en ce moment, puis on me le

dit, là, le seul projet qui existe pour ces organismes-là, c'est de remplir

leur mission principale, aider les populations vulnérables.

On le sait aussi, les

organismes communautaires sont aux prises avec de graves problèmes de

recrutement, ma collègue en parlait tout à l'heure, et de graves problèmes de

rétention de main-d'oeuvre. On me l'a dit, encore une fois, à de nombreuses reprises, ils ne peuvent pas payer leur

personnel dignement, alors qu'ils sont là pour aider les personnes

vulnérables à retrouver leur dignité, justement. Ça n'a aucun sens.

J'aimerais terminer

en revenant sur le plan pour la lutte contre la pauvreté et l'exclusion

sociale. Selon tous les acteurs du milieu, il ne comporte aucune mesure

structurante pour réduire le nombre de personnes en situation de pauvreté.

Alors qu'on traverse une crise du coût de la vie et de l'itinérance sans

précédent, ce plan-là, la modification de la

loi sur l'assistance sociale et le budget laissent tout le monde insatisfait.

Aucune hausse de prestations n'est accordée dans ce budget. Ce sont donc

des milliers de prestataires qui vont rester sur leur faim, M. le Président,

tant au propre qu'au figuré.

Donc, voilà, je vous

remercie pour votre écoute.

Président (M. Allaire) :

Merci, Mme la députée de Terrebonne. On enchaîne avec Mme la ministre. La parole

est à vous pour cinq minutes.

Mme Rouleau :

Merci beaucoup, M. le Président.

vais me permettre de parler de logement et de transport collectif, M. le

Président, parce que ce sont des éléments importants lorsqu'on parle du filet

social. Évidemment, l'accès au logement, l'accès au transport collectif,

c'est... ça fait

partie des données importantes pour lutter contre la pauvreté

et la précarité, évidemment, M. le Président.

Concrètement, notre

gouvernement aide les personnes qui sont en situation de vulnérabilité. On

soutient l'accès au logement, M. le

Président. Dans l'année... dans le tout récent budget, c'est 75 millions

de dollars qui sont ajoutés pour

bonifier le Programme de supplément au loyer, c'est 1 000 PSL, qu'on

appelle, programme de soutien au logement, de plus, M. le Président,

pour les personnes qui sont en difficulté, et ça, le PSL sert aux personnes à

payer 25 % de leur revenu, et le reste est payé par le gouvernement auprès

du propriétaire.

On a également annoncé, M. le

Président, 228 millions de dollars pour les trois prochaines années pour

rénover et exploiter les parcs d'habitations à loyer modique. La semaine

dernière, on a également confirmé 559 millions de dollars

additionnels au PQI pour la construction et la réfection de logements sociaux,

M. le Président. On a aussi... on sait à quel

point les municipalités sont importantes et que les élus municipaux ont à

prendre des décisions ou à jouer un rôle dans la crise actuelle du logement, et

on leur a donné de nouveaux leviers, M. le Président, pour qu'ils puissent accélérer

les processus de construction et les...

toutes les décisions préalables pour qu'on puisse construire le plus rapidement

possible.

Pour

contrer la crise du logement, bien, il faut construire du logement. Il y a eu

un accroissement, une augmentation importante de la population au Québec

dans les toutes dernières années, ça a un impact sur le logement. Il faut construire plus de logements. Il y a

24 000 logements qui sont en construction, à l'heure actuelle, M. le

Président, et qui vont devenir des logements disponibles pour la

population.

mot sur le transport collectif, M. le Président, c'est aussi une composante

importante dans la lutte à la pauvreté, la lutte à l'exclusion sociale. Il faut permettre aux gens de pouvoir se

rendre à leur milieu de travail. Il faut désenclaver des quartiers. Il

faut permettre aux personnes de pouvoir se déplacer le plus facilement

possible.

Je vais vous parler

de l'est de Montréal, M. le Président. Le prolongement de la ligne bleue, on en

a parlé pendant 40 ans. Tous les

gouvernements précédents, le Parti québécois, le Parti libéral, ont coupé des

rubans, ont planté des pelles dans la terre, jamais rien n'a levé ou n'a

été vraiment creusé, M. le Président. C'est nous, M. le Président, qui avons

mis vraiment en place tous les travaux nécessaires pour le prolongement de la

ligne bleue. On a même amélioré le trajet de cette... du prolongement de la

ligne bleue en dépassant la fracture dans l'est de Montréal qu'est l'autoroute 25, pour qui connaît l'est de

Montréal, pour aller... pour avoir une entrée du côté d'Anjou, et ça change

tout, M. le Président.

a annoncé, tout récemment, le PSL, le Projet structurant de l'Est. Le Parti

québécois est contre le PSL, M. le Président, alors que tous les maires

saluent le projet... le PSE, le Projet structurant de l'Est, qui va désenclaver

et Lanaudière et l'est de Montréal. Et ça, c'est important, M. le Président,

parce qu'enfin on a un projet, tout le monde est

d'accord. Mais le Parti québécois, malheureusement, n'est pas en faveur d'un

mode de transport collectif structurant pour l'est de Montréal et le

démontre facilement, aisément à peu près tous les jours. Merci, M. le

Président.

Le Président

(M. Allaire) : Merci, Mme la ministre.

M. le député de

Taschereau, on enchaîne avec vous. Vous avez cinq minutes.

M. Grandmont :

Oui, merci beaucoup, M. le Président.

Écoutez,

j'aimerais revenir sur quelques éléments, là. En fait, souvent, le premier

ministre a dit, là : Ah! Québec solidaire ne fait que chialer, que c'est

le rôle de l'opposition que de chialer et qu'on ne fait pas de propositions.

Bien, je voulais faire des propositions, justement. Mais en même temps, avec la

dernière intervention de Mme la ministre, ça va me permettre aussi de

répondre à certaines des affirmations qu'elle a amenées.

D'abord, dans les

propositions de Québec solidaire, ce qu'on aimerait, pour être capables d'être

structurants, effectivement, là, sur la lutte à la pauvreté et à l'exclusion

sociale, ce serait d'abord d'élargir le Programme de revenu de base. On l'a

dit, je le répète, ce programme-là est intéressant, avoir un revenu de base,

qui avait été poussé par un ancien député, ministre libéral, qui en avait écrit

un livre, d'ailleurs, là-dessus, M. François Blais, et on trouve cette

proposition-là intéressante, mais elle devrait être appliquée à plus de gens.

Elle devrait être appliquée à plus de gens, parce qu'actuellement la façon de

calculer ou de traiter les gens qui seraient en théorie aptes à travailler est

contre-productive, absolument contre-productive. Je l'ai dit en parlant du

reportage d'Urbania, être pauvre, être dans la misère, à 829 $ par mois, c'est

une job à temps plein, ce qui nous empêche de, justement, rechercher un emploi,

si c'est ça qu'est notre voie de sortie plus grande vers une vie digne et

exempte de pauvreté. Premier élément.

Deuxième

élément, hausser le salaire minimum. Ça a été mentionné tout à l'heure, le

pacte qu'on a, au Québec, c'est que la... travailler à temps plein au salaire

minimum devrait sortir les gens de la pauvreté. Or, ce n'est pas le cas,

puis je pense que, même du côté gouvernemental, on le reconnaît. Il y a de plus

en plus de gens qui travaillent à temps

plein qui sont forcés, aujourd'hui, d'aller dans les banques alimentaires.

Pourquoi? Parce que le salaire minimum n'est pas adéquat, n'est pas

suffisant. Et le supposé choc que ça aurait sur les emplois et que ça pourrait

provoquer de l'inflation, ce n'est pas vrai,

ça a été démontré par des expériences menées ailleurs dans le monde et même au

Canada.

logement. Le logement, c'est un enjeu, évidemment, important. C'est le premier

poste budgétaire des ménages québécois,

premier poste. Oui, évidemment, il faut s'attaquer à cet enjeu-là, c'est un

enjeu très important. Malheureusement, actuellement,

la ministre de l'Habitation ne livre pas. Il n'y a pas de logements sociaux,

disons... pas abordables, là, des logements sociaux qui sont livrés de

façon adéquate pour répondre à la demande.

Le Programme de

supplément au loyer, le PSL, comme l'a mentionné Mme la ministre, ça ne

fonctionne pas non plus. La ministre de l'Habitation elle-même dit que ce

programme-là ne fonctionne pas et n'est pas dépensé au complet. Donc, on a beau mettre des chiffres puis de mettre de l'argent

dans ce programme-là, s'il n'est pas utilisé, à quoi ça sert puis

comment ça aide véritablement le monde?

Puis pas plus tard

qu'aujourd'hui il y avait un

article sur le programme RénoRégion qui est

abandonné, un programme qui permet d'aider à des gens à maintenir leur logement

en région de façon adéquate. Ah! bien là, ce qui se passe avec l'abandon de ce projet-là, encore une fois, une économie

de bouts de chandelle, ce programme-là va faire en sorte que des gens

vont devoir quitter leur logement parce qu'il ne sera plus adéquat pour qu'ils

puissent y vivre. RénoRégion, vous regarderez ça, Mme la ministre.

Deuxième poste

budgétaire des ménages québécois, c'est le transport, et c'est un poste

incompressible. Si on veut que les gens se déplacent, ils ont besoin d'avoir

accès à du transport collectif, c'est la seule façon d'être capable de réduire ce poste budgétaire là. Avoir une voiture, ça

coûte au moins 10 000 $ par année, selon le CAA-Québec. Or, qu'est-ce

qui s'est passé? Mme la ministre parle du Projet structurant de l'Est, un

projet qui est, encore pour une fois, dans

les nuages, là. Ça n'existe pas encore, ce projet-là, là. La CAQ, depuis le début

de son arrivée en 2018, n'a fait que ralentir les projets de transport

collectif. Elle ne pourra pas m'obstiner là-dessus, je veux dire, tous les

projets de transport collectif qui étaient sur la table ont été ralentis, il

n'y a rien qui a été fait. Elle parle de coupures de rubans, mais c'est un peu ce que son gouvernement a fait.

Pas plus tard que la semaine dernière, on apprenait que, même pour les

banlieues de Québec, on abandonnait le projet de voies réservées qui aurait

permis à des gens qui sont dans les banlieues de Québec, qui vivent une

certaine pauvreté aussi, qui fréquentent peut-être les banques alimentaires et

qui n'auront pas ces options-là pour se déplacer pour aller travailler ou pour

aller à l'école...

Finalement, bien, je

terminerais que... par une dernière proposition de Québec solidaire, c'est

d'améliorer le financement du communautaire.

Je reviens là-dessus, je ne redirai pas mes chiffres, mais, si c'est pour être

la première ligne, bien, il faudrait s'assurer que le gouvernement du

Québec finance adéquatement, donne les moyens adéquats aux organismes communautaires, qui sont devenus la première ligne,

malheureusement, du Québec, par désengagements successifs des différents gouvernements des dernières années. Bien, si

c'est ça, la première ligne au Québec, bien, qu'on les finance

adéquatement.

Donc, quelques

propositions : revenu de base, augmenter le salaire minimum, pousser sur

l'accélérateur pour livrer du logement social

puis décloisonner, faire fonctionner le Programme de supplément au loyer,

pousser sur l'accélérateur pour des

projets de transport collectif, baisser les tarifs, évidemment, aussi puis un

financement adéquat du communautaire.

Le Président

(M. Allaire) : Merci. Merci, M. le député de Taschereau. Mme la ministre,

cinq minutes.

Mme Rouleau :

Merci beaucoup, M. le Président.

Je parlerais des

Alliances pour la solidarité, parce que c'est quelque chose... c'est une

instance qui est importante dans chacune des régions du Québec. On se rappelle

qu'en 2014 le Parti libéral avait laissé aller les CRE, les conférences régionales des élus, qui étaient une concertation

régionale. La nature a horreur du vide, et il s'est créé les Alliances

pour la solidarité. Ça fait

partie du plan de lutte à la pauvreté, c'est un

élément-phare dans cette lutte à la pauvreté,

parce qu'on mise beaucoup sur la concertation du milieu pour identifier les

priorités régionales, ce qui se passe dans le secteur et sur la

mobilisation des communautés aussi.

Donc, pour les

Alliances de la solidarité, dans le présent plan de lutte, c'est

145 millions de dollars qui est attribué à ces Alliances qui, par appel de

projets auprès des organismes, mettent en place des projets qui sont des innovations, souvent, des projets structurants qui

vont venir aider à solutionner certains enjeux. Donc, on met en place des

projets concrets qui viennent consolider le tissu social dans chacune des

régions, parce que vous savez à quel point, M. le Président, les régions sont très importantes pour notre gouvernement,

et on travaille, on consacre beaucoup d'énergie dans les régions pour faire en sorte que ce tissu social qui vient créer

cette magnifique couverture québécoise soit bien tissé serré, comme on

dit.

Donc,

les Alliances, c'est une approche qui se veut novatrice dans cette lutte à la

pauvreté. Je les ai rencontrées en

faisant la tournée à travers l'ensemble des régions. J'ai rencontré chacune des

Alliances, j'ai vu certaines... vraiment très... bien, elles sont toutes

très dynamiques et certaines connaissaient certains enjeux, nous ont fait part

de leurs enjeux, et puis on a répondu le

mieux possible dans la nouvelle mouture du plan de lutte, parce que les

Alliances, bien, c'est 3 000 initiatives qui sont soutenues depuis

2018, et à chaque fois qu'on investit 1 $ auprès des Alliances, bien, c'est 1,34 $ du milieu qui est généré. Alors,

c'est... ce sont des investissements qui sont très importants. On a 21 Alliances

à travers le Québec, en comptant, bien sûr, les communautés autochtones et

inuites. On veut couvrir, évidemment, l'ensemble des territoires. Et ce que

j'ai fait dernièrement, ce que j'ai demandé, c'est que les Alliances puissent

se retrouver ensemble. On a créé trois

forums pour que les Alliances puissent se partager leurs bons coups et leurs moins

bons coups ensemble, et qu'on puisse établir

cette communication transversale, là, pour l'ensemble du Québec. Et, bien,

à Trois-Rivières, on a eu un thème

principal, qui était la lutte aux préjugés; dernièrement, à Gatineau,

c'était... le thème était la sécurité

alimentaire; et prochainement, bien, on aura un troisième forum au Saguenay,

avec de nombreux partenaires, évidemment.

Et, dans le

financement qui est dédié aux Alliances, on a mis une... on a mis un thème qui

concerne les centres-villes, pas seulement, évidemment, mais il y a comme une

majeure pour les centres-villes parce qu'on sait qu'il y a là des enjeux, et on a aussi permis que des organismes

communautaires qui avaient déjà des projets innovants et qui ont démontré que cette innovation était

vraiment très bonne, bien, que ces projets puissent continuer à être financés

pour les trois prochaines années, M. le Président.

Donc, on est très

près du milieu communautaire, on est très près de la communauté, et on veut

travailler à ce que vraiment personne ne soit laissé derrière, M. le Président.

Le Président

(M. Allaire) : Merci, Mme la ministre.

On enchaîne avec la

députée de Laviolette—Saint-Maurice.

La parole est à vous, cinq minutes.

Mme Tardif :

Merci, M. le Président. Donc, tel qu'on l'a dit, tel qu'on l'a démontré,

pour contrer contre la pauvreté, ce sont plusieurs ministères qui sont

impliqués, qui participent. On a, bien entendu, parlé du ministère de la

Solidarité sociale, de la Santé, celui de l'Habitation, à ne pas oublier, et

celui des Affaires municipales.

exemple concret, à Shawinigan, on soutient un très beau projet pour la

construction, on parle de logements sociaux.

Donc, on va avoir un beau projet de construction de logements sociaux,

logements abordables pour les aînés, parce qu'il ne faut pas oublier nos aînés,

non plus, à travers cette pauvreté. Donc, Unitaînés, un bel exemple de

partenariat public-privé.

Une autre

initiative majeure du PAGIEPS, ça a été les Alliances, Mme la ministre en a

parlé. Ça a évidemment permis de signer des ententes, de financer des projets

locaux, des projets régionaux qui visent à lutter contre la pauvreté et contre l'exclusion sociale. Ces Alliances ont

favorisé la collaboration entre les acteurs communautaires et les instances

gouvernementales. En Mauricie, dernièrement, il y a quelques semaines, on a

d'ailleurs tenu... ils ont tenu une rencontre

où il y avait une cinquantaine d'organismes qui étaient présents. J'ai eu

l'occasion d'aller m'asseoir avec eux pour écouter, là, leur évaluation

et leurs besoins. Donc, on est à l'écoute.

Et, dans le cadre de l'initiative Alliance pour

la solidarité du PAGIEPS, le Consortium en développement social de la Mauricie avait été désigné comme un

organisme mandataire pour gérer les fonds. Et, initialement, il y avait

eu près de 6 millions de dollars uniquement pour la Mauricie, et parce

qu'il y a eu le délai, l'année de transition avant la rédaction et la mise sur

pied du second plan gouvernemental, ils avaient bénéficié d'un budget

additionnel de près de 1 million de

dollars. Donc, c'est pour montrer à quel point on est à l'écoute, mais aussi à

quel point les besoins sont grands. Ces fonds ont permis de prolonger

des initiatives existantes, d'ajouter une nouvelle initiative régionale aussi.

On parle ici d'Infologis, donc, et c'est très, très en demande, et je les

remercie et je les félicite. Je félicite et je remercie tous les travailleurs de

ces organismes-là, qui sont essentiels. Et Infologis, dans cette crise du

logement, est essentiel pour les locataires de la Mauricie, pour les soutenir

et pour leur donner l'information nécessaire face aux propriétaires, souvent.

Donc, dans Laviolette—Saint-Maurice, le programme

de financement pour l'inclusion et la participation sociale a permis que plusieurs... des dizaines de conventions, là, avec

des organismes soient reconduites. Dans mon comté, je l'ai dit, les

besoins sont immenses. Je peux nommer quelques organismes, donc : la

Corporation de développement communautaire du Haut-Saint-Maurice, je vous

salue, le Carrefour Emploi du Haut-Saint-Maurice, le Comité pour la défense des droits sociaux de La Tuque, le Service

d'aide au consommateur de Shawinigan, le Centre jeunesse-emploi de

Shawinigan, l'AQDR, RODITSA, RODITSA, qui est le regroupement d'organismes qui

chapeaute les organismes qui ont... qui

travaillent pour les personnes en DI/TSA, donc, etc. Merci à toutes ces

merveilleuses personnes. Il me fait toujours plaisir de vous rencontrer

et de vous visiter. En 2023, faut-il le rappeler, le ministère de l'Emploi et

de la Solidarité sociale — donc,

je rajoute un ministère — a

versé plus de 1,4 milliard de dollars en prestations pour soutenir les

personnes en situation de pauvreté et d'exclusion sociale, sans parler des

millions de dollars. Ça n'a l'air de rien, mais tous les députés

donnent... la somme des dons que nous faisons aux organismes communautaires via

nos budgets discrétionnaires cumule quand

même quelques millions de dollars, donc, qui viennent du gouvernement et du

ministère de la Solidarité sociale.

En 2024, on a

donc lancé le nouveau plan quinquennal, on en a parlé, on a parlé des actions

intégrées, on a parlé des commentaires des organismes. Donc, est-ce que les

efforts qui sont déployés sont suffisants? Est-ce que les... Est-ce que

c'est... La réponse, c'est non. Vous le savez, je l'ai dit d'entrée de jeu,

nous le savons. Par contre, en 2024, le gouvernement a annoncé...

Président (M. Allaire) : Merci. Merci, Mme la députée de Laviolette—Saint-Maurice. Malheureusement, c'est tout le temps que nous avons.

Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce, pour la

dernière série d'interventions, vous avez trois minutes.

Mme McGraw : Oui, merci. Alors,

le gouvernement répète les mots «mobiliser, accompagner, participer», mais, dans les faits, les fameuses Alliances pour

la solidarité sont sous-financées. Les organismes communautaires sont laissés à eux-mêmes. On parle de demandes

explosives, on parle de tempête parfaite, on parle de pénurie de financement,

de personnel et de locaux pour bien faire

leur travail, souvent pour pallier les manques... les manquements dans les

services publics, et les personnes en situation de pauvreté ne voient

aucun changement dans leur quotidien.

Et là ce qui

arrive, c'est que... M. le Président, l'insécurité alimentaire, c'est-à-dire la

faim, devient une normalité. Ce n'est pas juste une question d'urgence

humanitaire, mais c'est vraiment un échec économique lorsque tant de Québécois

ont recours aux banques alimentaires, des travailleurs, les enfants, un sur

cinq, les élèves... pardon, les étudiants, un sur deux qui vivent cette

insécurité alimentaire. Alors, on parle vraiment, là, d'un bris du contrat

social, et effectivement le filet social du Québec est en train de s'effriter.

Et le plan d'action contre la... pour lutter

contre la pauvreté et l'exclusion sociale aurait été l'occasion de réparer le

filet social, mais c'est sorti, comme mon collègue l'avait dit, un vendredi

matin avant la fin de semaine de la

Saint-Jean. Ça, ce plan-là aurait dû être un plan d'envergure qui aurait été

présenté avec du sérieux, de l'ambition, de mobilisation, mais on l'a

annoncé un vendredi, comme si c'était... on voulait que ce soit sous le radar.

C'est un plan central pour notre filet

social, aurait dû être présenté avec sérieux et engagement, mais on a été... ça

a été mis en ligne, même pas une annonce, dans... un peu dans

l'indifférence, comme un simple document administratif. Et le message qui... qu'on... c'était clair, ce n'est simplement

pas une priorité, mais, contrairement au plan précédent, le plan ne fixe

aucune cible de réduction de la pauvreté, aucun chiffre, aucun horizon. On ne

sait pas combien d'autres personnes le plan vise à sortir de la pauvreté.

Le Collectif

pour un Québec sans pauvreté dénonce le plan, il dit : Il ne tient

aucunement compte de l'inflation, il n'apporte rien de structurant pour

les personnes en situation de pauvreté. Alors, si on veut être sérieux, il ne

faut pas juste être en

mode réaction; oui, réagir, mais il faut être en mode prévention, il faut poser

des mesures structurantes, il faut appuyer le secteur et respecter le

secteur communautaire et sortir les gens de la pauvreté avec des mesures

structurantes.

Alors, encore une fois, on voit vraiment que le

filet social au Québec est en train, effectivement, de s'effriter. Appui au secteur communautaire... poser des

mesures structurantes pour avoir... être de l'ambition et du sérieux vis-à-vis

cet enjeu majeur au Québec. Merci.

Le Président (M. Allaire) : Merci.

Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.

On est rendus

à la fin, les deux dernières interventions. Mme la ministre, je vous cède la parole

pour 10 minutes, la parole est à vous.

Mme Rouleau : Bien,

merci beaucoup, M. le Président, et je remercie le député de Taschereau d'avoir

permis cette... ces échanges sur ce... sur le filet social, filet social que

nous continuons à bâtir, que nous solidifions tous les jours par les

différentes actions que nous menons collectivement, au gouvernement, et avec,

évidemment, le milieu communautaire.

M. le

Président, le ministère de la Solidarité sociale, c'est... représente 5 milliards.

Emploi et Solidarité sociale, c'est

5 milliards de dollars. C'est plus de 3 milliards de dollars en

prestations directes auprès des personnes qui sont dans le besoin. C'est

quelque chose d'important.

On a mis en place le Programme de revenu de

base, M. le Président. J'entends bien que, bon, ce serait bien de le... que

tout le monde puisse bénéficier du Programme de revenu de base, mais je veux

rappeler, M. le Président, qu'on parle spécifiquement de personnes qui ont des

contraintes très, très sévères, des limites très sévères et persistantes et qui ont été oubliées dans le temps,

M. le Président. Personne ne prenait soin de ces personnes-là, M. le Président. Il n'y avait aucune mesure pour

permettre à une personne qui a des contraintes sévères et persistantes

de participer à la société, M. le Président, et d'avoir un revenu qui lui

permette d'être... de souffler, M. le Président, parce que souvent ces gens

étaient considérés comme incapables, malheureusement. Mais ce n'est pas ça

qu'on fait, nous, M. le Président, on

en prend soin. On prend soin de ces gens-là qui étaient oubliés par les autres

gouvernements, M. le Président.

Depuis le 1er janvier 2023, c'est 57 % de leur prestation qui a

augmenté, c'est important, 84 000 personnes qui sont sorties

de la pauvreté.

Tout n'est pas réglé, M. le Président. Il y a

effectivement de grands enjeux, pas seulement au Québec, mais au Canada, en Amérique et dans le monde. C'est

partout. Lorsque la pandémie est arrivée, personne ne savait comment agir avec la pandémie, personne ne savait ce

qu'était ce virus. On a sauvé des vies, M. le Président. Ça a eu... ça a un

coût, évidemment, parce qu'on a beaucoup, beaucoup, beaucoup aidé, le

mieux possible. On voulait sauver des vies.

Le coût de la vie, s'en est suivi une hausse

fulgurante, M. le Président, une hausse des loyers, une augmentation massive de

la population, M. le Président, importante. Près de 1 million de

population de plus en quelques années, deux,

trois ans, c'est beaucoup, M. le Président. Alors, on met en place des mesures,

M. le Président, très structurantes pour aider.

Le plan de lutte à la pauvreté, le quatrième

plan de lutte à la pauvreté, on l'a déposé, et on en parle, on en parle beaucoup. Je suis sur toutes les tribunes,

M. le Président, pour en parler, de ce plan de lutte. Ce n'est pas quelque

chose qui a été fait sur le coin d'une table, là, en catimini puis en cachette,

loin de là, M. le Président. On est fiers de ce plan-là parce qu'il est bâti à

partir d'une écoute auprès de la population, des gens que j'ai rencontrés

partout. J'ai fait des rencontres avec de multiples organisations, j'ai

consulté tous mes collègues, M. le Président, pour être sûre d'avoir un plan à la hauteur et que tous y

contribuent, à ce plan de lutte à la pauvreté. Et c'est pour ça qu'on a inséré

l'axe de sécurité alimentaire, parce que c'est un enjeu aujourd'hui. Ce

n'est pas normal qu'on manque de nourriture au Québec. Ce n'est pas normal. Alors, il faut s'assurer que tout le monde

puisse manger, et c'est ça qu'on fait en travaillant avec le milieu, M.

le Président.

Au coeur de

ce plan de lutte, il y a la modernisation du régime d'assistance sociale, qui

est saluée, M. le Président. Oui, il y a des gens qui aimeraient qu'on ait

augmenté les revenus de tout le monde, oui. Mais la décision qui a été

prise, et ça, c'est suite à toutes les consultations que j'ai faites... ce

n'est pas comme ça, là... toutes les consultations, ce qu'il faut, ce n'est pas

nécessairement d'augmenter ce revenu-là, c'est de permettre aux gens de

travailler, permettre aux gens d'aller

chercher des revenus supplémentaires, d'avoir des revenus de travail, ce qui

n'était pas si facile que ça. C'est pour ça qu'on a amélioré Objectif

emploi, parce que c'est un bon programme. Ça avait été pensé par le Parti libéral, je donne cette fleur au Parti libéral,

c'est un bon programme, mais qu'il faut améliorer. Il faut permettre à plus

de gens d'y avoir accès parce que, plutôt que d'avoir seulement la prestation

de base à l'aide de dernier recours, bien, ça permet d'aller chercher

475 $ par semaine en travail.

Et ce qu'il faut, M. le Président, c'est

accompagner les gens. Ça semble futile pour mon collègue, mais l'accompagnement, M. le Président, faire en sorte

que les gens qui ont des enjeux psychosociaux, des enjeux de santé

mentale... et on sait à quel point la pandémie est venue frapper durement la

santé des Québécois, surtout la question de

santé mentale, alors c'est de mieux accompagner vers les ressources, et on les

a, les ressources, il faut créer les liens.

Alors, il y a des...

maintenant, avec la réglementation qui se met en place, des... on... des plans

d'intervention personnalisés pour les personnes, il y a des réseaux régionaux

d'accompagnement où on intègre la Solidarité sociale, l'Emploi, l'Éducation,

les Services sociaux, les services de garde, M. le Président. Et dorénavant,

avec la réglementation, non seulement le médecin pourra donner le diagnostic de

la personne qui vient faire appel à l'aide de dernier

recours pour avoir d'autres... des allocations supplémentaires, mais des

professionnels de la santé, par exemple des psychologues ou des

travailleurs sociaux, selon les ententes qui sont prises avec les ordres

professionnels.

On élargit

l'accès, on facilite l'accès pour des gens qui en ont besoin, M. le

Président, aux prestations, à l'aide de

dernier recours, parce que c'est une aide de dernier recours. Ça fait qu'on

essaie d'aider le mieux possible pour amener les gens vers... au bon endroit

pour qu'ils puissent travailler, pour qu'ils puissent s'insérer dans la

société, parce que le plan de lutte à la pauvreté, c'est aussi la lutte

à l'exclusion sociale, M. le Président, et c'est d'éviter que les gens se retrouvent seuls, isolés. On ne veut pas que les

gens soient seuls et isolés, c'est pour ça qu'on fait appel à la communauté

aussi, M. le Président, et que tout le monde doit mettre l'épaule à la

roue.

C'est pour

ça, M. le Président, que, dernièrement, dans mon secteur, dans ma

circonscription, dans mon quartier, à Pointe-aux-Trembles, j'assistais à

une... à l'inauguration d'un nouveau 800 logements, là, qui vient d'être

construit par un promoteur et que ce

promoteur, par sa seule décision, fait en sorte que des femmes monoparentales

qui retournent sur le marché du travail ou aux études auront des

logements jusqu'à 100 % gratuits, en travaillant avec Mères au pouvoir, M.

le Président. Je salue ces initiatives du milieu, M. le Président. Ce n'est pas

que le gouvernement, c'est l'ensemble de la communauté qui doit s'impliquer pour

faire face à ces enjeux qui sont réels, M. le Président.

Alors, nous,

on met... oui, on met beaucoup d'argent, oui, on met des milliards, des

milliards, M. le Président, pour contrer cette situation qui risque de

toucher plus de gens, parce qu'il y a notre voisin, aussi, là, qui fait des...

qui prend de drôles de décisions, et, oui, ça peut avoir un impact, et, oui,

nous sommes aux aguets, M. le Président, parce que le plan de lutte, il est aussi... je cherche le terme, là... il

s'adapte. M. le Président, un des points, je pense, extrêmement importants

de ce plan de lutte, c'est que... Comment tu dis?

Mme Rouleau : Il est... oui, il

s'adapte. En tout cas, je n'ai pas le terme exact en tête, là, mais il s'adapte

à la situation, M. le Président, nous nous adaptons.

Nous travaillons en prévention, parce que c'est

essentiel de travailler en prévention. C'est pour ça qu'on veut appuyer les

personnes qui font appel à l'aide de dernier recours et qui n'ont pas de

secondaire V, on veut les appuyer financièrement pour qu'ils aillent

chercher leur secondaire V. C'est par la formation et l'éducation qu'on

aide les gens, M. le Président, c'est par la

construction de logements, c'est par la formation, c'est par le soutien aux

organismes communautaires. C'est ce qu'on fait : 2,2 milliards

de dollars pour les organismes communautaires, M. le Président, et je suis

fière du travail que nous faisons à travers le Québec et dans l'est de

Montréal, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci.

Merci, Mme la ministre.

On enchaîne

avec la dernière intervention. Votre conclusion, M. le député de Taschereau. La

parole est à vous, 10 minutes.

M. Grandmont : Merci,

M. le Président. J'aimerais d'abord remercier la députée de Laviolette—Saint-Maurice pour sa lucidité, parce que, malgré tout ce que dit la ministre sur les

investissements financiers, là, qui sont supposés avoir un effet

structurant, qu'on ne voit malheureusement pas sur le terrain, bien, la députée

de Laviolette—Saint-Maurice

dit : Il manque d'argent. Je suis

d'accord avec elle, il manque d'argent pour aider les gens à sortir de la

pauvreté. Puis il manque d'argent dans les poches des gens, aussi, qui

en ont vraiment besoin, parce que, des baisses d'impôt, ce n'est pas vrai que

ça donne de l'argent dans les poches de ceux qui sont dans la pauvreté, ça

donne de l'argent dans les poches de ceux qui travaillent déjà en quantité

suffisante pour être capables, justement, de payer de l'impôt. C'est la première

des règles, tout le monde sait ça. Donc, salaire minimum, évidemment, qui

devrait être augmenté aussi.

Donc, j'aimerais revenir aussi sur le fait que,

malgré ce que dit, encore une fois, la ministre sur son pouvoir de dépenser

l'argent qu'elle met dans la lutte à la pauvreté, bien, quand on regarde le

budget qui lui est donné par le ministre des Finances pour le ministère de la

Solidarité sociale et Action communautaire, c'est une diminution là : en 2024‑2025,

c'était 3,86 milliards de dollars pour ses opérations, puis en 2025‑2026,

c'est 3,74. C'est une baisse de 191 millions.

Il n'y a pas d'argent neuf là-dedans, là. C'est une baisse de budget pour la

partie ministère qu'elle occupe, dont elle s'occupe.

Ça, évidemment, c'est lié à l'austérité qu'on

observe. On refuse de prononcer le mot, au gouvernement, mais ce n'est pas

d'autre chose que ça. On a déjà vécu le film par le passé, on connaît les

mécanismes, on sait lire un budget, on sait

bien que c'est comme ça que ça se passe. On a baissé des impôts, on se prive de

1,8 milliard de dollars par année avec des baisses d'impôt pour des

gens qui n'en avaient pas besoin, et après ça il faut aller chercher de l'argent un peu partout, des petites économies de

bouts de chandelle, et on va baisser de 191 millions le budget de la

ministre.

J'aimerais aussi saluer le travail de la députée

de Laporte, qui a parlé de son Sommet alimentaire de la Montérégie. Je salue l'initiative, évidemment. Puis, on le sait, il faut

aider, évidemment, les gens qui sont dans le besoin. Les travailleurs et

travailleuses du Québec, aujourd'hui, ont de la misère à joindre les deux bouts

puis ils sont obligés d'aller faire la file à la banque alimentaire. Alors,

évidemment, on ne va pas les laisser mourir de faim, hein, surtout qu'il y a beaucoup

d'enfants, aussi, là-dedans. Mais c'est une question de dignité, là, puis de...

juste de bon sens. Alors, même si je salue l'initiative, évidemment,

parce qu'il faut la faire, parce qu'évidemment le gouvernement n'agit pas assez en amont. Je salue, mais, encore, elle

conviendra avec moi que c'est un plasteur. Idéalement, la pauvreté, on l'aurait

gérée en amont, puis on aurait donné les moyens aux gens de ne pas

tomber dans la pauvreté, ne pas avoir besoin d'aller

faire la file à la banque alimentaire. Mais là c'est la situation, on gère les

pots cassés, et donc je salue l'initiative, un sommet qui réunit quand

même plusieurs ministres, je le salue, et c'est une intention, évidemment,

qui... un geste qui est tout à fait honorable de sa part.

La ministre

dit qu'elle travaille avec 23 ministères, je pense que c'était ça, le

chiffre, là, au sein de son... au coeur de son plan de lutte à la

pauvreté, déposé un vendredi juste avant les vacances de l'été. 23 ministres,

23 ministères, c'est vrai, c'est

appréciable. Puis c'est vrai que c'est multifacettes, la pauvreté, puis on

n'arrivera pas à la combattre avec une seule enveloppe, un seul

ministère, j'en conviens. En même temps, je me questionne sur la capacité

qu'elle a à faire travailler tout ce

monde-là ensemble, les mobiliser pour convaincre le ministre des Finances, à la

fin, de réellement investir dans la

lutte à la pauvreté et l'exclusion sociale. Parce que, même si c'est vrai

qu'elle travaille avec 23 ministres, même si c'est vrai qu'à un sommet sur

les... le Sommet alimentaire, on travaillait avec plusieurs ministres

aussi, la personne, à la fin, qui tient les

goussets de la bourse, là, c'est le ministre des Finances. Si lui a décidé,

avec le premier ministre, que c'était une baisse d'impôt qui nous

privait de revenus, puis qu'après ça il faut aller couper partout, puis qu'il

décide de ne pas investir en prévention dans la lutte à la pauvreté et

l'exclusion sociale, on n'a pas avancé à grand-chose.

Donc, moi, je vous invite à travailler avec nous

pour convaincre le ministre des Finances, parce que, pour l'instant, on n'a pas

de résultat, pour l'instant, ça ne fonctionne pas. On le sait, l'offre... la

demande pour les banques alimentaires en est

un indicateur très sérieux. Si l'offre augmente... si la demande a augmenté de

55 % dans les banques alimentaires,

c'est parce qu'en quelque part on l'a échappé en amont. On l'a échappé. On a

manqué à notre devoir d'agir en amont et en prévention. Ça, c'est

important de se le rappeler.

J'aimerais aller aussi sur les propositions

qu'on fait, parce que, Mme la ministre, on se rejoint, là, sur certains enjeux.

Évidemment, comme je le disais tantôt, c'est un travail qui va être

multiministériel ou transministériel. Il faut travailler, évidemment, à

plusieurs éléments. Je le redis, nos propositions... puis on en aura d'autres,

éventuellement, qu'on pourra proposer, mais

notre objectif, c'est de travailler avec la ministre pour... je le répéterai

tout le temps, là, mais travailler en amont et éviter que les gens se

ramassent dans les banques alimentaires.

Le Programme de revenu de base, je le répète,

c'était une bonne idée que d'aller vers ce programme-là, ça a fait ses preuves

à l'international. On a besoin d'offrir aux gens la possibilité de souffler un

peu, si, même, on veut leur permettre de regagner le marché du travail. Pour

l'instant, le revenu de base, c'est pour les personnes qui sont en situation de

contraintes sévères à l'emploi. Donc, on peut au moins féliciter le fait que...

saluer le fait que ces personnes-là vont pouvoir vivre dignement, à l'abri de

la pauvreté. À tout le moins, ils vont être capables de couvrir leurs besoins

essentiels. Mais les personnes qui sont avec... sans contraintes à l'emploi,

pourquoi ne pas leur donner ce répit-là qui leur permettrait de, justement,

peut-être, chercher un emploi?

Je vous l'ai dit tantôt, écoutez le reportage,

qui était très bon, à Urbania, où on comprend qu'être pauvre, c'est une job à

temps plein. Déjà, en partant, c'est une job à temps plein. Alors, comment

faire pour être capable d'essayer de trouver un emploi quand on est exténué,

fatigué, isolé, sans aucun réseau social, quand notre vie ne se résume qu'à

essayer de survivre alors qu'on est fatigué puis qu'on s'alimente mal? Faire

une épicerie au Dollarama, ce n'est pas... je ne pense pas que ça rencontre les

exigences du guide... ou les propositions du Guide alimentaire canadien, là, je

ne pense pas que c'est là qu'on va avoir la meilleure... qu'on va se bâtir la

meilleure santé non plus.

Créer des logements hors marché. Notre objectif,

nous, puis c'est ce qu'on vous propose c'est d'avoir un pourcentage, une cible assez élevée pour offrir du logement hors marché

à une population qui en a besoin, du logement social. Le logement abordable, là, dans les premières années, là, si

vous comprenez bien comment ça fonctionne, le logement abordable, ce n'est

pas abordable dans les premières années, c'est fixé selon un pourcentage du

revenu médian... pas du revenu, mais du loyer médian dans une région donnée,

dans un territoire donné. Évidemment, il va échapper à la spéculation, ce qui

fait que, dans 20 ans, il va peut-être être moins cher que ce qu'on trouve

autour, mais à court terme, ce n'est pas une

solution. Ce qu'on a besoin, c'est du logement social où, effectivement, les

gens vont payer 25 % de leur revenu, et, en ce sens là, le Programme de

supplément au loyer peut être d'une... peut être une aide, mais ne garantit

pas... n'a pas d'effet sur le marché autour non plus, parce que c'est de

l'argent qui va directement au propriétaire. Le marché... le logement social, si on en crée suffisamment, ça a un effet

de stabilisation des prix. Alors, si le gouvernement ne veut pas mettre

en place des mesures de contrôle des loyers pour éviter qu'on ait des

augmentations, puis on sait qu'il y en a des

importantes, au Québec, année après année, bien, il faut avoir des mécanismes

pour ralentir la croissance, la

spéculation sur le marché, puis en ayant suffisamment de logement social sur le

marché, bien, ça peut avoir cet effet-là.

Hausser le salaire minimum, c'est la base. On

est à 16,10 $ à partir du 1er mai prochain. On pense que ça devrait

être largement au-dessus. Le taux... le salaire minimum devrait être fixé de

manière telle qu'il permet aux gens de sortir de la pauvreté. Travailler à

développer du transport collectif, je ne le vous cacherai pas, c'est un autre dossier

qui me tient beaucoup à coeur, vous le savez. Le bilan n'est pas très fort du

côté de la CAQ depuis sept ans, il faut peser sur l'accélérateur de ce côté-là.

Et puis un

financement adéquat du communautaire, on ne le répétera jamais assez, là. Les besoins

estimés par... la table des regroupements d'organismes communautaires du

Québec disait : Ça prend 2,6 milliards d'investissement supplémentaire dans le communautaire pour être

capables de faire le vrai travail de première ligne. Avec les montants qu'on

a octroyés dans le budget, on n'atteint vraiment pas les besoins qui sont

identifiés. Moi, je vous invite à rencontrer ces gens-là,

parce que... puis à vérifier leurs calculs; peut-être que vous ne serez pas

d'accord, peut-être que vous allez dire que c'est un peu à la baisse, mais

l'écart entre ce qui est estimé puis ce qui est donné est tellement grand que

je ne peux pas croire que le gouvernement a vraiment utilisé les bonnes

méthodes de calcul.

Puis, quand on dit... quand on parle de santé

mentale, oui, investir dans la santé mentale, c'est important, mais ça veut

dire, en même temps, aussi, ne pas fermer des organismes comme Le 388 à Québec

en même temps. L'organisme a été fermé, était dans ma circonscription, puis il

répondait à des besoins de personnes qui trouvaient des solutions là pour guérir leur psychose. Alors, on a besoin,

évidemment, d'investir adéquatement dans le communautaire.

Lutter contre la pauvreté, là, ce n'est pas

juste donner des paniers de Noël, il faut agir en amont puis éviter que les

gens se retrouvent en pauvreté. Donc, ce n'est certainement pas avec le plan de

lutte à la pauvreté, qui était quatre fois moins ambitieux que le plan

précédent, qu'on va y arriver M. le Président.

Je terminerais rapidement en parlant du projet

de loi n° 71. D'abord, arrêtons de dire qu'il a été salué par tous et par

toutes. C'est une goutte d'eau dans l'immensité des besoins des personnes à

l'aide sociale. Puis l'autre chose, c'est que le projet de loi n° 71

permet des projets pilotes. Donc, j'invite la ministre à regarder... à

travailler avec nous autres, d'avoir le

courage politique puis de travailler avec nous sur la possibilité de rehausser

l'accès au revenu de base pour davantage de personnes qui sont en

situation de pauvreté au Québec. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Allaire) : Merci

à vous. Ça conclut cette interpellation. Merci à tous pour vos échanges

relativement respectueux.

Donc, compte tenu de l'heure, je lève la séance,

et la commission, ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux au

mercredi 2 avril, à 8 heures, où elle se réunira en séance de

travail. Merci, tout le monde.

(Fin de la séance à 11

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCET 2025-04-01
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cet-43-1 journal-debats CET-250401
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifieraf22bd08bc9bb11ba928405d0110de203db8eb87

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