Labour and the Economy — 1 October 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2020-10-01
Quebec — Committees
Quant à ses
modifications, quand on parle de flexibilité... Et ça, ça me tient à coeur
parce que ça réfère notamment aux
besoins du marché du travail, les employeurs sont confrontés à un phénomène de
pénurie de main-d'oeuvre. Tout ce qui concerne les revenus concurrents,
donc ce qu'on peut gagner au-delà de la prestation parentale que nous recevons,
actuellement c'est limité à 25 %. Cette exemption-là va être augmentée à
l'équivalent entre la prestation et le revenu habituel de la personne. Donc, si
son revenu habituel était de 700 $ et que sa prestation est de 400 $,
la personne peut gagner
l'équivalent de 300 $ par semaine sans être affectée. Donc, ça, ça va
jouer un rôle qui m'apparaît extrêmement bénéfique pour le marché,
permettre aux parents de travailler à temps partiel et de répondre à leurs
besoins aussi en même temps.
L'augmentation
de 52 à 78 semaines pour la prise effective, donc c'est un étalement dans
le temps pour la prise des semaines
de prestations. Même chose pour le congé de maternité, quand il y a des
accouchements prématurés notamment, la période de temps va passer de 18
à 20 semaines pour la prise des prestations de maternité.
Je le mentionnais, il y a des semaines
additionnelles. Le mécanisme qui, nous trouvons, répond le plus aux besoins d'y aller de manière graduelle dans la
société, c'est d'ajouter un quatre semaines additionnel partageable
entre les deux parents, qui dialoguent et
qui conviennent de prendre minimalement 10 semaines de congé parental partageables. On pense que c'est bénéfique parce que ça encourage
la discussion et ça fait comprendre au
papa l' importance de s'impliquer. Et plus il s'implique, plus ce sera bénéfique, d'où l'incitatif de
quatre semaines additionnelles. Il y a d'autres façons de faire, j'ai entendu les partis d'opposition, nous avons
entendu des groupes venir s'exprimer là-dessus, mais, tenant compte de
la situation financière du fonds et tenant
compte de notre besoin d'y aller de façon graduelle, on pense que c'est la
meilleure formule. Ceci dit, vous me
connaissez, on n'est pas fermés, on va regarder les options en tenant compte
des avantages et des inconvénients mais en ne perdant jamais de vue
l'importance de la santé financière du Fonds d'assurance parentale.
Il y a,
au-delà de ça, des mesures qui sont proposées afin d'améliorer et d'adapter le
régime. Et ça, j'en suis fier, mais
c'est une fierté que je partage notamment avec ma collègue du Parti québécois, et la professeure, Mme Lavallée, que nous avons entendue
lors des consultations particulières, et, bien sûr, mes collègues de Québec
solidaire et du Parti libéral, la création — c'est une grande première sociale au Québec — d'une
prestation d'accueil et de soutien relative à une adoption. Ça nous
permet d'accroître la période de temps consacrée à l'enfant adopté, qui vit des
problématiques humaines et sociales qui lui sont vraiment spécifiques.
Et, au-delà
de tout ça, bon, on atteint l'égalité parfaite, le nombre de semaines, que ce
soit le régime de base ou le régime
particulier, entre les parents adoptants puis les parents biologiques. Vous
vous souvenez de l'historique du projet de loi. Au départ, on faisait un grand pas en avant, on réduisait
substantiellement l'écart. Et donc on a respecté notre engagement, on a
écouté, on s'est adaptés, et je ne redirai jamais assez souvent l'importance de
la contribution de ma collègue de Joliette dans ce dossier-là.
Il y a le
report, aussi, de la cessation du versement des prestations lors du décès de
l'enfant. Ça, c'est un dossier qui est
cher à plusieurs collègues aussi. Actuellement... pas la mère qui continue à
recevoir ses prestations de maternité, mais il y avait cessation du versement des prestations dès la semaine où
intervenait le décès. Donc là, il y a une présomption de deux semaines.
Donc, on reporte de deux semaines la cessation du versement des prestations.
Il y a des
semaines de prestations additionnelles exclusives à chacun des parents lors
d'une naissance ou d'une adoption
multiple. Il y a aussi une habilitation réglementaire, qu'on va devoir
peaufiner en équipe, en coopérant tous les uns avec les autres, pour mettre en place des projets pilotes. Parce
que, malheureusement, les lois sont souvent enracinées ou s'accrochent à un temps qui n'évolue plus. Il
faut, avec le projet pilote ou les projets pilotes, se donner la capacité
de s'adapter à des nouvelles réalités
sociales qu'on ne peut peut-être même pas anticiper en date d'aujourd'hui ou que nous réalisons suite
aux consultations particulières. On a parlé des étudiants, étudiantes, on a parlé
des jeunes entrepreneurs autonomes,
on m'a parlé des proches aidants, on m'a parlé de plusieurs... Évidemment, il va
falloir que ce soit bien défini, il va
falloir que ça colle bien à la réalité d'un projet pilote, qui est, donc,
limité dans le temps et qui fait l'objet d'une reddition de comptes. On détermine les avantages et les
inconvénients, et on décide par la suite de la pertinence ou de
l'opportunité de pérenniser.
Enfin, il y a
des modifications techniques et de concordance au Règlement d'application de la
Loi sur l'assurance parentale, et
nous estimons, parce que ce n'est jamais coupé au couteau, là, que les
nouvelles mesures proposées dans le projet
de loi augmenteront les déboursés du
fonds de 95,1 millions de dollars. Encore une fois, c'est une estimation.
Il y a des mesures qui peuvent, dans le
concret, dans la réalité du terrain, être beaucoup plus attrayantes et beaucoup
plus utilisées que ce que nous pouvons anticiper.
Donc, moi, Mme la Présidente, ça complète mes
remarques préliminaires. Mais je veux remettre l'accent sur l'importance de la discussion raisonnée que nous
avons amorcée. Quand je parle de collaboration, ça va au-delà de
l'esprit de nos communications, ça va dans
l'argumentaire. On n'est pas ici pour défendre des intérêts opposés, on est ici
parce qu'on a des objectifs communs. Je le
redis, il y a des solutions. Et, quand, dans une commission parlementaire, on
embarque en équipe dans un processus de recherche de solutions, on est
condamnés à avoir un grand succès pour le bénéfice de la société québécoise.
Merci, Mme la Présidente. On peut débuter l'étude détaillée du projet de loi.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Merci, M. le ministre. Nous invitons maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle et le député de Nelligan de faire ses remarques
préliminaires pour une durée maximale de 20 minutes.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, chers membres
de la commission, collègues, M. le ministre,
ma collègue qui m'accompagne. Encore une fois, comme je l'ai dit, M. le
ministre, on a eu l'occasion de connaître mon sentiment quant audit projet de loi. Donc, je l'ai exprimé au salon
bleu, je l'ai exprimé au début des consultations. Ma motivation, elle est double. Je dirais, c'est très rare que je mets des
sentiments en analysant un projet de loi. J'essaie de laisser mes sentiments en rentrant dans la salle
où on étudie les articles... par articles, mais je suis interpelé par ce
projet de loi parce que je suis aussi père et je me
demande moi-même, si j'analyse ce projet de loi à l'extérieur de l'Assemblée nationale,
en tant que père : Est-ce que je vais vraiment être motivé à jouer mon rôle en tant que père
avec les mesures qu'on s'apprête à voter?
je salue encore une fois l'esprit de collaboration de la part de l'ensemble des
membres de cette commission, l'esprit d'ouverture du ministre, je le
redis encore une fois. Et j'en suis sûr et certain, que nous avons un bon
climat, Mme la Présidente, de continuer nos
échanges par rapport à ce projet de loi, et, probablement, on va s'entendre sur
pas mal de choses. Je sens en vous, M. le
ministre, la volonté, vraiment, d'avoir un impact et je veux aussi qu'on
contribue. Et je l'ai dit, au salon bleu, qu'en 2006, lors de l'annonce
de ce projet... du projet de loi de l'assurance... du RQAP, j'étais étudiant à l'université. Donc, on voit l'impact
que, parfois, certaines lois peuvent avoir. Et c'est vrai, ce projet de loi
ramène pas mal de nouveautés, et, sur ce point, je tiens à rassurer le ministre
qu'on va avoir un bon climat d'échange, dans le respect, parce que l'impact, il
est énorme sur la société.
Donc,
dans le cas des politiques de congés parentaux, deux préoccupations, Mme la
Présidente, ont entré initialement en
jeu : le bien-être de l'enfant et l'intérêt de soutenir l'égalité entre
les sexes, et nous l'avons entendu de la part du groupe valorisation de la paternité, un groupe qui m'a interpelé,
probablement, peut-être, parce que je suis un père moi-même, comme je l'ai dit, et que je sais que
beaucoup de papas autour de moi ne disent pas du tout ce que tout le
monde sait tout haut. Il y a aussi la
Pre Lavallée, de l'Université de Sherbrooke, que nous avons reçue ici, qui
a bien mis le doigt sur le coeur de
ce qui devrait être notre préoccupation commune. C'est bien là l'objectif à
atteindre, outre bonifier les avantages conférés aux mamans, celui de
donner davantage de latitude aux enfants pour nouer des liens forts, dès la
naissance, avec les pères, mais aussi, aux pères, de l'effet de s'insérer dans
le développement des enfants.
Dans
le rapport réalisé à l'attention du conseil de gestion en 2016, qui s'intitule Revue
de la littérature — Impacts sociaux du Régime québécois d'assurance parentale
et d'autres régimes comparables ,
l'auteure entendait jeter la lumière sur
l'impact des congés parentaux sur les mères. Les résultats ont pu démontrer que
«les congés payés pris par les mères auraient
comme effet de réduire la dépression et l'anxiété. [...]Les congés [...] pris
par les pères peuvent également réduire les symptômes dépressifs chez les mères. Cependant, il s'agirait
davantage de l'implication du père dans les soins prodigués aux enfants
plus que seulement sa présence qui influencerait positivement la santé mentale
des mères.»
Donc,
encore une fois, la volonté d'impliquer les pères est quelque chose qui est extrêmement important. Il est évident
que, s'il s'agit de la mère, il s'agit aussi plus que jamais du père. L'arrivée
d'un enfant est un événement important
pour l'ensemble de la famille. Nous
devenons des parents. Donc, ce n'est pas quelque chose qu'on apprend
sur les rangs de l'université, ce n'est pas quelque chose où on peut
aller chercher un diplôme pour devenir parent.
Je pense qu'il y a
une raison pour laquelle on considère que le Québec est le paradis des
familles, ça a été mentionné à pas mal de
reprises par des conférenciers que nous avons eu l'occasion de rencontrer en commission,
que... Ils nous ont partagé, Mme la Présidente, leur fierté, leur fierté de parler de notre modèle à l'extérieur, et
je les ai invités à continuer à être nos ambassadeurs et ambassadrices
aussi de ce climat qui aide les familles au Québec.
la Présidente, nous entreprenons l'étude détaillée du projet de loi n° 51.
Je garde à l'esprit que, lors du dépôt de
la première mouture de ce projet de loi, notre collègue la députée de Joliette
avait réagi fortement sur le fait qu'il existe une inégalité, dans le projet de loi, envers les parents adoptant à
l'international, qui disposent de moins de semaines de congé. En effet, avec le dépôt de ce projet de loi,
le ministre venait à l'encontre d'une promesse de son gouvernement à
l'effet d'accorder le même nombre de semaines de congés parentaux pour les
parents biologiques et adoptants.
ministre s'est engagé, par la suite, à revoir cette facette de son projet de
loi et il a déposé des amendements, et je salue son ouverture. C'est très rare de le voir, mais je tiens à le
saluer, Mme la Présidente. Par ce signe d'ouverture, nous serons tout
aussi disposés à bonifier avec lui le projet de loi afin de répondre aussi aux
quelques préoccupations des groupes qui ont été consultés et qui sont venus
s'exprimer ici.
le ministre, je profite donc de ces remarques préliminaires pour vous tendre la
main. Du côté de l'opposition officielle,
nous avons bien compris que les nécessités familiales, d'une part, et le
contexte économique, d'autre part, vont nous demander de trouver un
juste milieu afin que ce projet de loi puisse aller de l'avant. Je suis aussi
très sensible, comme vous, M. le ministre, à ce que ce projet de loi puisse
aller de l'avant et à garder en tête le juste milieu.
J'ai dit, dans mon
intervention sur le principe de projet de loi, des groupes qui sont venus nous
dire lors des consultations
particulières : Écoutez, le régime, il y a 10 000 personnes qui
ne l'utilisent pas. Et il y a aussi des groupes qui nous ont dit : Écoutez, il y a des situations
exceptionnelles que, parfois, le régime oublie. Et ces groupes nous ont
tous invités à regarder ça de près. Mme la
Présidente, je peux vous assurer que je vais être en mode solution pour ces
gens. Je veux qu'on fasse un pas de plus, et il y a des oubliés, et j'ai entendu
l'ouverture du ministre.
J'ai entendu aussi la
volonté du ministre, avec des projets pilotes, de passer à l'action. Je ne passerai
pas par quatre chemins, je vais vous dire les principaux objectifs que j'ai et
je suis ouvert à cheminer avec le ministre.
Conseil du statut de la femme, premier groupe qui nous a interpelés par rapport à l'impact de la monoparentalité après la naissance, et le congé du parent absent, donc, père très
souvent, pourrait être transféré à la mère. Là, on parle de 2 200 cas
par année. Le ministre a démontré une ouverture, mais est-ce qu'on va tout
passer cela sur le cas des projets pilotes?
Donc, est-ce que, la plupart des exclus ou des oubliés, la solution du ministre
qu'il a devant lui aujourd'hui pour nous,
c'est passer via les projets pilotes? Pourquoi ne pas intégrer cette
problématique directement dans la loi et laisser une marge de manoeuvre
au ministre pour la mettre en oeuvre? On pourra en discuter, Mme la Présidente.
autre impact majeur... Ça, ça a été aussi, Mme la Présidente, un des éléments
ramenés sur la table par le Conseil du statut de la femme, et j'ai été
moi-même interpelé, parce que, comme je vous ai dit, j'étais étudiant au moment
du lancement du RQAP, et ça concerne les étudiants universitaires qui
recevaient une bourse et qu'avec cette bourse ces 1 300 étudiants
n'arrivaient pas à bénéficier de notre régime. Donc, M. le ministre, j'aimerais
aussi qu'on trouve des solutions pour ces oubliés.
Le projet de loi prévoit
un partage de semaines entre le père et la mère. On devrait plutôt proposer
plus de semaines dédiées au père. Peut-on en
discuter sérieusement? Là, ce que le Conseil du statut de la femme nous
mentionne, c'est qu'il est pour l'idée, mais
il faut dédier plus de semaines au père. J'en suis sûr et certain, Mme la
Présidente, que le ministre a entendu
avec moi les mêmes groupes. Encore une fois, renoncer aux semaines pour la
mère, ce n'est pas quelque chose qui
est souhaitable. Je tiens à le souligner, car c'est important et c'est ce qui
va me guider tout au long de cette étude.
Je veux qu'on
parle des pères, de leur implication, de leur engagement pour la famille. Je ne
suis pas en mode soustraction, je
suis en mode bonification pragmatique. Au Québec, les hommes ont droit à cinq
semaines de prestations de congé de paternité. Ils peuvent aussi
partager avec leurs conjointes les 32 semaines de prestations de congé
parental qu'accorde le Régime québécois d'assurance parentale aux deux parents.
Que se
passe-t-il dans la réalité, Mme la Présidente? Là, je vais vous ramener à
l'étude de CRHA en 2016. 78 % des naissances ont donné lieu à
l'octroi de la prestation RQAP en 2014. À
titre de référence, 69 %
seulement en 2006. C'est une excellente nouvelle puisque cela veut dire qu'il y
a une amélioration. Mais l'inconvénient est que 50 % des hommes considèrent que la prise du congé paternité
pourrait nuire à leur travail. 29 % des gestionnaires
dissuaderaient des pères de profiter de leur congé parental, contre 3 % des cas
pour les femmes. Un tiers des travailleurs estiment que le congé paternité est mal perçu par la direction. Dans les
faits, seules neuf semaines sont prises par les pères en termes de
prestations du RQAP. Et j'en sûr et certain,
Mme la Présidente, l'essence même de cette étude, et c'est pour
cela que je la partage avec M. le
ministre, son combat, et le mien, est
le même, c'est que nous avons des préjugés, nous avons un constat clair,
et sa volonté, c'est avoir une implication
des pères. Donc, donnons-nous les moyens pour réellement atteindre l'objectif escompté en impliquant les pères
au sein de la cellule familiale.
Donc, Mme la Présidente, vous auriez bien compris qu'il est fondamental d'aider davantage
les mères et les enfants par une
meilleure implication des pères. C'est un point très important,
beaucoup le désirent, mais encore faut-il aider
notre société à faire un pas drastique en avant. Ce sont autant de pistes que nous
devrions envisager sérieusement pour faciliter le cheminement des
mentalités. Et j'insiste sur «le cheminement des mentalités». Il y a des
groupes qui nous ont dit : Probablement, il faut aller pas à pas pour atteindre l'objectif.
Est-ce qu'on va l'atteindre à la
première année de la mise en application de la loi, la deuxième année,
troisième année, quatrième année, cinquième année? Mais donnons-nous cet
objectif que nous avons en face de nous une montagne à déplacer.
Côté
économique, Mme la Présidente, ce que l'on doit garder à l'esprit dans nos
discussions : toutes les entreprises ne sont pas équipées d'un département de ressources humaines pour
pouvoir arbitrer les départs et organiser les quarts de travail. C'est de veiller à ne pas faire peser une
charge trop importante sur les épaules de nos entreprises et de nos entrepreneurs. Ils sont tous ouverts à la
possibilité de développer des projets pilotes, mais sans que l'analyse
réglementaire ne soit pas importante sur
leurs épaules, surtout dans le contexte de la COVID. Ils demandent tous à ce
que les projets pilotes soient encadrés et qu'ils ne puissent en aucun
cas porter préjudice à la charge et au fardeau qui pèsent déjà sur les épaules.
Les femmes
entrepreneures. Plusieurs groupes nous ont mentionné ça, et, j'en suis sûr et
certain, il y a même des groupes qui ont fait des représentations auprès
du ministre. C'est un drapeau rouge levé par plusieurs femmes entrepreneures au Québec. Puisque nous abordons la
dimension économique, l'autonomie des femmes, nous devrions nous appesantir davantage sur la question des
femmes entrepreneures qui se trouvent dans la situation délicate de
vouloir prendre un congé maternité.
Lorsque vous
écoutez à la fois le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec,
mais aussi en lisant le mémoire de la Jeune Chambre de commerce de
Montréal, on se rend compte que, les femmes entrepreneures, c'est encore plus compliqué. Pourtant, elles constituent
la moitié du poumon économique du Québec. La croissance économique dépend d'elles aussi, et surtout dans le contexte
de la pandémie, Mme la Présidente, où la plupart des études nous démontrent
que les femmes sont les plus affectées par la pandémie. Donc, sans toute
autre considération, je pense que nous avons l'opportunité numéro un
d'envoyer un signal positif à ces femmes.
Comment
voulez-vous qu'elles se prévalent de leurs congés lorsque l'enjeu financier est
cause d'un stress énorme provenant de
l'incertitude quant à leur capacité à subvenir aux besoins de leurs enfants
tout en menant à bout de bras une entreprise
ou un organisme? C'est un indice, d'ailleurs, qui nous permet de comprendre parfois pourquoi
des entreprises portées par des
femmes ferment. Comment voulez-vous qu'elles se prévalent de leurs congés lorsque
c'est difficile pour elles d'assurer une stabilité opérationnelle de
leurs activités, ou encore lorsque des investisseurs ne parviennent pas à
justifier la baisse des investissements, ou encore qu'elles soient obligées de
contracter des dettes supplémentaires pour continuer?
Les étudiants
étrangers. Un autre angle qui n'a pas été abordé, et que nous devrions garder à
l'esprit lors de l'étude détaillée,
est celui des étudiants. L'angle mis de l'avant par la Fédération étudiante collégiale du Québec est celui
des stages. En effet, pour les
étudiants stagiaires, la durée et la nature des activités de stage privent,
dans 71 % des cas, les stagiaires d'un type de compensation
financière. Bien entendu, encore une fois, les populations les plus touchées
restent les femmes, historiquement majoritaires dans des programmes d'études en
santé, en éducation et en services sociaux.
Donc, Mme la
Présidente, j'interpelle le ministre par rapport à cette problématique parce
que, les trois programmes que j'ai
mentionnés, la plupart, c'est des femmes ciblées. Encore là, devrait-on
réfléchir à une idée innovante par le but de projets pilotes? Je tends une perche au ministre, Mme la Présidente. Et,
quand il y avait des étudiants, dans le contexte de l'immigration et de la société de savoir que nous
souhaitons créer, plusieurs étudiants doctorants et/ou des immigrants
pourraient contribuer de devenir des bénéficiaires du RQAP.
Mme la
Présidente, la banque d'heures était l'une des plus importantes innovations du
projet de loi n° 74, non pas des
semaines, mais une banque de journées pour les enfants. Ces journées-là
pouvaient être prises à partir de la naissance de l'enfant sur une période de trois ans. Et on sait
bien que, les premières années, les enfants sont malades, notamment
quand ils rentrent à
la garderie. Donc, les parents ont besoin de temps pour s'en occuper. Très
concrètement, ça signifie que les parents,
au lieu de prendre tout leur congé parental, pouvaient se réserver jusqu'à
10 jours de congé pour les prendre sur une période de trois ans,
jour après jour.
m'explique, Mme la Présidente. L'implication du père, elle est extrêmement
importante. La première année, c'est
la découverte d'avoir ce sentiment d'être père et impliqué au sein d'une
cellule familiale. Les problèmes commencent parfois à la première année où l'enfant quitte la maison pour une garderie ou un CPE. Et c'est là où on voit
l'implication du père et l'implication de la
mère. Est-ce qu'ils vont plus
utiliser leurs congés de maladie? Est-ce qu'ils vont utiliser plus leurs
vacances? Et qui utilise son congé de
maladie ou ses vacances? Majoritairement, c'est des femmes, Mme la
Présidente.
Donc, somme
toute, la logique du ministre, elle est très bonne. Mais est-ce qu'on s'attend
à ce que l'implication du père soit
uniquement la première année de la naissance, avec le partage de ces semaines
avec sa conjointe ou son conjoint? Et c'est là, Mme la Présidente, que
j'aimerais bien qu'on chemine tous ensemble dans cette réflexion, parce que l'implication des pères, pour moi, ce n'est pas
uniquement la première année, aussi la deuxième année, la troisième
année, mais tout au long du processus de
développement de l'enfant. Mais, somme toute, si on ne règle aujourd'hui rien
qu'un petit pas d'avoir une réelle
implication, y compris quand l'enfant va à la garderie ou au CPE, je pense
qu'en tant que membres de cette commission on va être fiers du résultat
qu'on va atteindre.
En terminant, peut-être est-ce que le Québec
pourrait se saisir de ce moment pour soutenir cette évolution de mentalité. Les
groupes qui se sont succédé aux consultations ont apporté des points
pertinents. Nous devrions garder à l'esprit
leurs préoccupations. Le ministre a déjà fait un pas, il est devant un moment
historique de faire un autre grand pas. Et moi, aujourd'hui, à partir de l'étude du premier article, je vais
l'aider, je vais... je nous invite tous à garder en tête que nous sommes devant un moment historique d'avoir
une implication des pères, mais faisons le grand pas et non pas des
petits pas. Il y aura, définitivement, des
amendements et une bonification à laquelle nous serons heureux de contribuer
pour bonifier un régime qui fait déjà du Québec le paradis des familles. Merci,
Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci au député de Nelligan. Nous cédons
maintenant la parole au porte-parole du
deuxième groupe d'opposition, au député d'Hochelaga-Maisonneuve. Vous disposez
de 20 minutes pour vos remarques préliminaires.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Avant de plonger dans le coeur du projet de loi, une
première remarque, une première
constatation. Le matin, au caucus de mon parti, on nous distribue une petite
feuille avec toutes les choses qui vont se passer aujourd'hui, les commissions qui roulent, les projets de loi
au salon bleu, et aujourd'hui j'ai mis deux petites flèches parce que je suis supposé d'être à deux
places en même temps. Je suis supposé d'être ici et je suis supposé
d'être juste à côté, dans le salon Marois, en train de discuter, en train de
faire des remarques préliminaires sur le projet de loi n° 45 sur les
coroners.
M. le
ministre me connaît bien depuis deux ans maintenant, Mme la ministre de la
Sécurité publique me connaît bien aussi, ce n'est pas nos premiers
projets de loi qu'on travaille ensemble. Il connaît le sérieux que je mets dans
la préparation de l'étude détaillée et dans
la livraison de nos échanges sur l'étude détaillée. Je mets donc tout autant de
sérieux et j'ai mis tout autant de sérieux dans
ce projet de loi ci. On aura des amendements, des bonnes discussions. On a
pris plusieurs notes, ma collègue et moi. Et j'ai donc aussi mis beaucoup
de sérieux dans la préparation du projet
de loi n° 45 du coroner.
Il y a
eu toute une valse, cette semaine, de desquels deux projets de loi seraient convoqués, quand, où, comment. Il y a eu
des modifications de dernière minute. On a demandé des accommodements parce que, Mme la
Présidente, on est un caucus de 10 députés. Là, en ce moment, il y en a deux qui sont en congé de maternité, justement
le thème en question aujourd'hui, mais, quand même, on est
10 députés.
Moi, dans le fond, avec mes différents dossiers, j'ai deux ministres vis-à-vis,
le ministre du Travail, de
l'Emploi et de la Solidarité sociale et la ministre
de la Sécurité publique. Les chances qu'il y ait deux projets de loi en étude
détaillée en même temps, de ces deux
ministres, est très rare. C'est arrivé, je pense, une seule fois depuis le
début de la législature, puis on s'était accommodés.
Là, ça arrive. Deux projets de loi somme toute
quand même assez consensuels, somme toute bien discutés. Les audiences se sont bien passées. On a des
choses à proposer, on a des choses à dire. On travaille avec des groupes
pour préparer des choses, pour échanger. On
espère pouvoir relayer leur parole. Les différentes oppositions font la même
chose. Mais, Mme la Présidente, pour moi, ce ne sera pas possible aujourd'hui
parce que je suis ici en train de livrer mes remarques
préliminaires sur le projet de loi du RQAP, le n° 51.
Je ne suis donc pas en train de faire la même chose, ce que je devrais
être en train de faire, de l'autre côté de la salle, dans la salle Marois.
C'est dommage
parce que ce qu'on a demandé comme accommodement, ce n'était pas compliqué,
c'était d'en décaler peut-être un des
deux, de le faire commencer plutôt mardi qu'aujourd'hui, peu importe lequel, le
temps qu'on commence un des projets
de loi, puis que je puisse peut-être aller faire un tour au début de l'autre
projet de loi. Refusé.
Deuxième
demande : Peut-on faire en sorte qu'au moins la deuxième journée ne soit
pas encore aussi conjointe? Refusé.
On a su ce matin que, mardi prochain, nous sommes de nouveau convoqués, les
deux projets de loi, en même temps.
C'est comme
si, Mme la Présidente... Aujourd'hui, c'est l'anniversaire des deux ans de nos
élections respectives. Bonne fête,
tout le monde! C'est comme si on n'avait pas pris la pleine mesure de la
nouvelle réalité politique du Québec, où
on a quatre partis reconnus. Bien sûr, quatre partis reconnus, ça implique que
les deuxième et troisième oppositions n'auront pas autant de députés que l'opposition
officielle et, comme de raison, évidemment, pas autant de députés que le
parti au gouvernement. Par définition, nous
aurons une plus petite équipe. Par définition, nous aurons
potentiellement un petit peu plus de conflits d'horaire. Pas tant que ça, des conflits d'horaire, à l'occasion,
parfois.
Aujourd'hui,
sur un projet de loi qui je... Je fais une estimation, je ne pense pas que ça
va durer très longtemps. J'ai bien
confiance qu'à l'issue des deux journées de bon travail et de bons échanges on
aura probablement terminé, peut-être une
troisième journée. Ce ne sera pas un projet de loi très compliqué. Même chose pour le projet de loi
sur les coroners, Mme la Présidente.
Je suis assez confiant qu'avec deux bonnes journées on aurait fait le tour,
peut-être une troisième.
Donc, quel
aurait été le compromis si difficile à faire de la part du leader du
gouvernement, le député de Borduas, d'accepter
de décaler ne serait-ce que d'une seule journée, dans l'idéal de deux journées,
pour que je puisse participer pleinement
aux deux travaux, Mme la Présidente? Quel aurait été le prix de cet
accommodement-là? Il aurait été très faible.
Et c'est regrettable parce que, franchement,
cette nouvelle réalité là des quatre partis, de quatre vrais groupes parlementaires... On verra dans deux ans quel sera
le résultat des élections, mais j'ai l'impression qu'elle est là pour
rester, pour un petit bout en tout cas, une
pluralité politique qui s'exprime maintenant. On a sorti du bipartisme, pour le
meilleur, à mon avis. C'est fini cette
réalité-là de deux grands partis qui s'échangent le pouvoir puis qui peuvent
travailler, donc, de manière
régulière puis changer de place, puis on a plusieurs députés qui peuvent se
donner la main. Ce n'est pas possible... en tout cas, c'est certainement
moins possible quand on a un caucus d'une dizaine de personnes.
Hier, pour
essayer, dans une dernière tentative, de faire débloquer cette situation-là, il
y a eu un débat en Chambre, au salon
bleu, dans les remarques. On a appris de la bouche du député de René-Lévesque,
notre collègue du Parti québécois, que,
dans une situation similaire, où il avait deux projets de loi en même temps et
où il a dû quitter un projet de loi avec qui son ministre était le député de Borduas, le leader du gouvernement, il
s'est fait dire, en se levant et en devant quitter, pendant une espèce de petite pause, j'imagine : Tu
dois t'en aller, Martin — c'est son nom, bien sûr — qu'est-ce qui se passe? Pourquoi tu
ne restes pas? Là, il dit : Bien, c'est parce que, là, j'ai un autre
projet de loi, tu le sais. Et il lui aurait dit : Bien, c'est dommage,
vous n'aviez rien qu'à faire élire plus de députés.
M. Poulin : ...est un moment pour
pouvoir parler du projet de loi, et, si j'entends bien, le député veut profiter
de chaque minute pour aborder les questions qui concernent le projet de loi.
Alors, je ne sais pas si on va y venir.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui.
Alors, est-ce qu'on peut inviter le député d'Hochelaga-Maisonneuve de faire ses
remarques préliminaires sur le projet de loi, si c'est possible, oui?
M. Leduc : Comme on ouvre la porte,
Mme la Présidente, je pense que je demanderais une décision écrite sur le
sujet.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, on va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 09)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous poursuivons les travaux avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve, qui va terminer
ses remarques préliminaires. Il vous restait une douzaine de minutes, là, ça
vous va?
Leduc : Sur le fond, Mme la Présidente, j'étais dans mon droit de dire ce que je disais, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Je
n'ai pas eu de confirmation, mais on vous laisse continuer, ça vous va?
M. Leduc : Parfait. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) : On
s'informera puis on vous le dira plus tard. Merci.
Leduc : C'est drôle parce que
je terminais justement mon segment sur cette réalité qui est particulière
puis qui est répétée, puis ça fait deux ans
qu'on la vit, et, à chaque fois qu'on demande des accommodements, je vous
dirais que, neuf fois sur 10, c'est
non. C'est non, c'est non, c'est non, c'est tout le temps non. C'est
regrettable. Ça ne facilite pas mon travail, ça ne respecte pas le
travail des oppositions, en particulier des deuxième et troisième oppositions.
J'en appelle
à mes collègues de la
partie gouvernementale à sensibiliser leur leader parlementaire à cette réalité-là et de le
faire changer d'attitude, parce que je ne pense pas que j'aurais dû choisir entre le
RQAP et le PLQ... et le p.l. n° 45 sur les
coroners...
Leduc : Oui, c'est ça. Ce
n'est pas la même chose, bien sûr. Vous comprendrez que j'ai fourché la
langue. Mais tout ça pour dire que je
n'aurais pas eu à choisir. Ça aurait été un accommodement très simple sur des projets de loi très simples, des projets de
loi consensuels.
Pour en arriver, donc, sur le fond du
p.l. n° 51 du RQAP, un projet de loi qui me tient beaucoup
à coeur, le ministre le sait. Je suis
intervenu en amont du projet de loi, quelques semaines, en fait, avant le dépôt du projet de loi, où on sentait qu'il s'en
venait avec quelque chose. Tout
de suite, dans l'espace public, à la
fin de l'été 2019, si je ne me trompe pas, j'ai émis la suggestion,
j'ai dit : Tant qu'à avoir des surplus, évitons de les dilapider dans une
baisse de cotisation, dont il y en a déjà eu,
de toute façon, dans le passé, investissons les surplus pour bonifier le régime. Oui,
on se targue que c'est un des
meilleurs en Amérique du Nord. C'est bien. Il est perfectible, cela dit. On se
l'est fait dire d'ailleurs à plusieurs reprises. Et investissons les
surplus pour bonifier le projet de loi.
Malheureusement, la baisse de cotisation a été appliquée quand même. Ça a, dans une
certaine mesure, lié les mains du ministre,
je pense, d'un point de vue financier, bien sûr. Je ne sais pas
quelle était l'intention du ministre par
rapport au maintien de ces baisses de cotisation
là. Si c'était, peut-être, d'acheter la paix avec certains groupes
patronaux, fort est de constater,
avec les audiences qu'on a eues il y
a deux semaines, que cette stratégie-là,
en tout cas, d'acheter la paix avec les groupes patronaux, n'a pas fonctionné parce qu'ils sont venus ici, ils nous ont réclamé de nouvelles baisses
de cotisation, ils nous ont réclamé
le rejet pur et simple du projet de
loi, avec des nuances, bien sûr, et à l'exception notable de la
jeune chambre de commerce.
Donc,
moi, je nous mets en garde souvent dans cette volonté, parfois, de toujours
vouloir acheter la paix à tout prix. Le RQAP, c'est un bon régime. Les
modifications qu'on a à mettre de l'avant sont bonnes. J'ai hâte de voir les amendements du ministre, parce que
le patronat est venu à plusieurs reprises demander, donc, le rejet du projet de loi ou, à tout le moins, le
report de son application, ce qui serait, à mon avis, tout aussi dommageable.
Donc, j'espère que le ministre n'a pas entendu leur appel et qu'il va maintenir
l'application du projet de loi dans les délais prévus.
chose, Mme la Présidente, qui m'a choqué et dont j'ai dénoncé la chose
sur-le-champ et dans les discussions au
salon bleu cette semaine, c'est la référence, qu'on a encore entendue en
audiences, au fait que le RQAP serait, dans le fond, une politique nataliste, et on remettait en question
l'existence même du RQAP en nous présentant un graphique qui nous démontrait que, malgré l'instauration du RQAP
en 2006, il n'y avait pas eu un accroissement de naissances notable par rapport aux autres provinces du Canada qui ne
bénéficient pas d'un tel régime. Donc, conclusion, selon cette logique,
le RQAP ne fonctionnait pas, ne produisait
pas plus de bébés. Ça me choque, Mme
la Présidente, parce que, d'une part,
ça fait des années qu'on ne dit plus ça, une
politique nataliste. C'est à peu près disparu du vocable politique. D'autre part,
ça n'a jamais été l'intention du RQAP. Ça
n'a jamais été ça, l'objectif du RQAP. Si c'est un effet, que les gens se
mettent à faire plus d'enfants, on ne s'en plaindra pas, tant mieux,
mais ce n'est pas l'objectif du RQAP.
L'objectif
du RQAP, c'est de maintenir, et je tiens à le répéter, c'est de maintenir le
lien d'emploi des femmes. Trop de
femmes se faisaient mettre à la porte pour toutes sortes d'autres prétextes,
frauduleux évidemment, mais en raison de leurs grossesses, de leurs accouchements à venir. Je l'ai dit pendant
les audiences, ça a été le cas de ma propre mère. Je l'ai appris très tard dans ma vie, qu'elle n'avait pas
été rappelée à son travail parce qu'elle m'avait eu. Je suis le premier
de ma famille, de trois enfants. C'était légion, ça.
ça existe encore, même aujourd'hui, que, dans des entretiens d'embauche, on demande à
des femmes : Quels sont tes
plans pour les 10 prochaines années? Surtout des jeunes femmes, fin
vingtaine, début trentaine. Quels sont tes plans? As-tu des ambitions
familiales? Où te vois-tu dans 10 ans? Toutes des questions pas frontales, bien
sûr. On ne demande jamais : Veux-tu des enfants dans les trois prochaines années? Ce n'est jamais
ça qu'on va demander, bien sûr.
Mais certaines techniques de gestion de
ressources humaines sont habiles et vont demander des questions connexes
mais dont l'objectif réel, bien sûr,
est de savoir est-ce que, la personne que j'embauche, je devrai la remplacer dans
quelques années parce qu'elle sera
partie en congé de maternité, et peut-être même d'un congé
répété sur deux ou trois années parce qu'il y aura d'autres naissances
par la suite.
ça a changé, Mme la Présidente, de plus en plus, puis je pense que
l'instauration du RQAP en 2006 fait
partie de ce changement de culture là et a fonctionné en bonne partie. C'est loin
d'être terminé. On en entend encore, des histoires comme ça. Il y a encore des plaintes à la CNESST
pour des renvois pour grossesse. Ça existe encore. Ça existe encore trop
souvent. Mais ça a changé. Il faut s'en
réjouir et il faut... Et j'espère que, si jamais on refait un autre projet de
loi, dans les prochaines années, sur
le RQAP, il n'y a personne qui va venir nous présenter cet argument, qui est
devenu surréaliste, d'une politique nataliste qui ne fonctionnerait pas.
Le RQAP, ce n'est pas ça du tout.
l'enjeu des parents adoptants, ça a été superintéressant comme séquence, parce
que je pense, puis le ministre l'a reconnu
de toute manière, que sa première mouture n'était pas idéale, de son projet de
loi, sur les parents adoptants. Ça a levé
tout un tollé dans l'espace public, les éditoriaux, les lettres ouvertes, les
motions, les prises de parole, les entrevues. Il a été assez rapide à réagir, à déposer ses
amendements. Je l'ai salué d'ailleurs à l'époque, je le resalue de nouveau. Je
pense que ses amendements qu'il a déposés en
Chambre a fait en sorte d'avoir des audiences beaucoup plus agréables.
Comme c'était derrière nous, en bonne
partie, les irritants alentour des parents adoptants, les audiences ont été
agréables. Il y aura encore des
choses, peut-être, à discuter, avec des amendements, ou des angles particuliers,
puis j'ai bien hâte d'en discuter avec M. le ministre.
Malheureusement...
ou plutôt cependant, alors qu'on a pas mal réglé en amont la question des
parents adoptants, l'autre débat, du
congé des pères, de la meilleure présence des pères, on ne l'a pas tout à fait
réglé avant. J'ai hâte de voir si le
ministre va maintenir sa bonne habitude de nous déposer en liasse ses
amendements au début de l'étude détaillée. On verra quelles sont ses
orientations pour l'article 30, si je ne me trompe pas, qui traite de sa
formule pour avoir une meilleure présence du père, le fameux partage d'au moins
10 semaines des deux parents avec un bonus.
le départ, moi, j'ai dit : Ce n'est pas l'idéal. On comprend l'intention,
on partage l'objectif d'une meilleure présence
du père, tout le monde est d'accord avec ça. Ce n'est pas le meilleur chemin
parce qu'elle a un effet certainement... peut-être, en fait, indésiré, je souhaite, indésiré, mais certainement
indésirable, de faire en sorte qu'il y aura certainement moins de mères
qui auront moins de semaines utilisées à l'issue de cet exercice-là.
Et j'ai encore plus hâte de voir les
projections qui ont été préparées par le ministère sur combien de pères, de
mères allaient utiliser cette mesure-là.
Parce que, pour chiffrer à 93, 95 millions de dollars le projet de loi, il
faut bien qu'ils aient fait une
étude, une projection de chaque mesure, combien ça va coûter. Alors, celle-là
en particulier, le partage 10-10 plus quatre, il y a bien un chiffre attaché à ça, j'imagine qu'on va nous le
présenter tantôt, et ce chiffre-là, il se base sur une projection. Est-ce que cette mesure-là va être
beaucoup utilisée, peu utilisée, moyennement utilisée? J'ai bien hâte de
voir ça, parce qu'à moins que ça soit une
mesure dont on projette qu'elle soit très utilisée, tout ce qui va être en bas
de ça, donc moyennement utilisé et surtout peu utilisé, sera un argument
contre ce chemin-là.
Parce
que l'alternative qu'on propose, Mme la Présidente, qu'on proposait même avant
le dépôt du projet de loi, qu'on
propose encore, que nos collègues de l'opposition officielle proposaient à
l'instant, que la majorité des mémoires ont soutenue, c'est de plutôt bonifier les semaines réservées aux parents,
les semaines paternelles, le congé paternel, parce qu'on sait précisément que ces semaines-là sont
utilisées dans une large proportion, pour des bonnes et des mauvaises
raisons, les bonnes étant, évidemment :
les pères veulent bénéficier d'un congé, être présents auprès de leurs enfants
à la naissance, moins bonne
raison : parce que c'est parfois plus difficile pour un père de convaincre
son employeur de quitter pour le congé.
ce bout de culture là, là, il n'est pas encore complètement changé. Il
progresse, il est bien mieux qu'il était il y a quelques années, mais il est loin d'être arrivé à destination.
Et, si c'est ça, l'objectif, de changer la culture, je pense qu'on va y
aller encore mieux en bonifiant le congé paternel plutôt que la formule
proposée par le ministre.
Il y a
la question des parents étudiants, et des parents étudiantes
en particulier, qui est un angle mort. C'est sûr que c'est un régime assurantiel. On paie une
partie
d'une cotisation sur notre salaire, on se qualifie. Quand on est
étudiant, parfois on travaille très peu,
voire pas parce qu'on a des prêts et
bourses ou des bourses, qui sont considérés comme du revenu mais pas tout le temps assurable. Bref, il
y a un angle mort. Mon collègue de l'opposition officielle le soulevait
tantôt avec raison.
ne le traite pas dans le projet de loi. C'est un peu dommage. On ne rouvre pas
le RQAP à chaque année, bien sûr. On
peut peut-être se réjouir qu'il y aura des projets pilotes. Est-ce que, dans
les projets pilotes, on pourra faire quelque chose pour étudier, tester
une avenue qui pourrait faire qualifier certaines personnes dans une situation
étudiante, qui pourraient avoir accès au RQAP? C'est une demande qui existe
depuis des années et c'est une demande qui est justifiée, à mon avis.
Alors,
il y a sûrement moyen de trouver une voie de passage. Je connais la créativité
de mon vis-à-vis le ministre sur
trouver une formule qui pourrait fonctionner. Encore une fois, on aurait aimé
ça pouvoir le régler avec le projet de loi, ce n'est pas devant nous, mais peut-être que le projet pilote permettra un
atterrissage sur ce débat-là, qui doit se conclure bientôt, Mme la
Présidente. Ça fait longtemps que ça traîne, la question des parents étudiants.
y a plusieurs personnes qui ont soulevé l'idée de changer ou de transformer une
partie des semaines, peu importe, là,
parentales, ou paternelles, ou maternelles en congés mobiles, en congés
flexibles, dans les faits, en congés familiaux. Moi, je trouve ça intéressant, puis on aura l'occasion de les débattre.
Puis je trouve ça surtout intéressant parce que ça souligne l'insuffisance de la Loi des normes du
travail. Les lois des normes du travail comportent 10 congés pour
raison familiale dont seulement deux sont
payés, deux sont rémunérés, les huit autres sont non rémunérés. On imagine que,
dans le réel, ça fait en sorte que peu de
gens sont susceptibles de les prendre, surtout des gens dans une situation
d'économie précaire.
Alors,
peut-être que le RQAP peut venir jouer un rôle. C'est intéressant, ce n'est pas
contradictoire avec les normes du
travail, mais certainement le fait qu'on vienne demander de bonifier le RQAP,
de permettre une flexibilité pour en faire des congés familiaux, bien, ça montre du doigt que la LNT est
insuffisante. Puis j'espère que, si on a l'occasion de rouvrir cette loi-là
dans les prochaines semaines, dans les prochaines années, on aura un débat à ce
sujet-là.
Puis
maintenant, en conclusion, Mme la Présidente, plusieurs personnes appelaient à
maintenir le dialogue social alentour
du RQAP, et je pense que le projet de loi, par son existence même, a participé
à un débat d'idées, a participé à des articles,
a participé à des chroniques et a fait en sorte de ramener sur l'avant-scène la
question de la conciliation travail-famille, de la présence du père.
Moi, ça me réjouit. C'est des thèmes qui me sont chers puis c'est bien qu'on en
discute.
le projet de loi va être adopté dans les prochaines semaines. Peut-être
qu'on aura moins de place dans le débat public pour ce sujet-là. Il serait donc intéressant, et on en fera
certainement un amendement en
temps et lieu, de demander qu'un rapport d'application, qu'un rapport
sur les nouvelles mesures qu'on va adopter soit déposé d'ici quelques
années à l'Assemblée nationale et qu'on en ait un débat, soit en commission,
soit... peu importe la manière, mais qu'on puisse en débattre pour ramener à l'avant-scène ce sujet-là
qui est important, qui est fondamental, parce que le fait qu'on en
discute puis qu'on fasse un projet de loi participe aussi au changement de
culture, et on aura l'occasion d'en discuter plus en avant. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci au député d'Hochelaga-Maisonneuve. Y a-t-il d'autres
membres qui souhaitent faire des remarques préliminaires? Alors, nous donnons la parole à la députée
de Westmount—Saint-Louis .
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Je suis ravie d'être parmi vous aujourd'hui. Je dois avouer que j'aime
beaucoup les études détaillées. Ça me rejoint énormément parce que
je vois vraiment une belle façon de travailler au bénéfice de tous nos citoyennes et citoyens pour
bonifier les projets de loi, puis je pense que c'est une belle façon
que nous pouvons travailler ensemble. J'ai toujours
eu des beaux échanges avec les ministres et les collègues dans tous les
autres projets de loi dans lesquels que j'ai assisté. Alors, Mme la Présidente et tous les collègues, vous pouvez compter sur moi d'être très
collaborative.
C'est sûr, si je fais
des erreurs en français, je m'attends après vous de corriger mes erreurs. J'ai déjà
dit, en commission parlementaire quand on étudiait le projet de loi n° 18, que je pensais de ressusciter le monde. J'ai
appris que ce
n'est pas ça, c'est «réanimer». Alors, si je fais des telles erreurs, vous
pouvez rire avec moi, aucun problème. Mais, vraiment, je suis contente
d'être ici.
J'ai
entendu mon collègue le député de Nelligan quand il disait qu'il a des
sentiments envers ce projet de loi.
Puis je sais, des fois, c'est rare, mais je
vous confirme, d'un esprit vraiment ouvert, que j'ai des sentiments personnels dans
tous les projets de loi dont j'assiste puis que je dis... les collègues qui ont
déjà travaillé avec moi, je pense qu'ils vont pouvoir témoigner de ça, parce que je m'y vois, à l'intérieur de tous les
travaux que nous faisions, puis je vois mes enfants, je vois vos enfants, je vois les gens de mon comté, je
vois vraiment nous tous à l'intérieur de ce que nous
faisions ici. Alors, pour moi, c'est
toujours très personnel. Alors, je ne vous cache pas que je vais probablement
partager un esprit un peu personnel dans tout ce que je vais dire au
micro et hors micro avec vous.
D'emblée,
je veux aussi mentionner... Ce que j'ai dit aussi dans la Chambre, quand on a
fait nos remarques au salon bleu,
c'est que moi, je vois vraiment les travaux à l'intérieur du projet de loi n° 51... On dit souvent que ce qu'on fait, c'est pour le congé parental, c'est les
prestations parentales, mais, dans le fond, ce que nous faisons à l'intérieur
de ce projet de loi, c'est pour les enfants, tu sais, puis je pense
que c'est l'esprit familial, puis j'y crois fondamentalement. Je pense que nous avons tous ça à coeur, hein? On est
ici vraiment pour aider les enfants québécois,
puis, en leur aidant, on aide leurs
parents, puis, en aidant leurs parents, bien, on aide vraiment
la société. Alors, je vois vraiment une belle occasion pour nous d'aider la population puis les citoyens du Québec. Alors, je suis vraiment contente de partager
ceci avec vous.
vois aussi une façon... Je pense que c'est notre collègue du deuxième groupe d'opposition qui a mentionné que c'est aussi... c'est une occasion d'encourager nos
familles d'avoir des enfants, de contribuer vraiment à notre belle
province, à avoir des enfants, à avoir des
plus grandes familles. On sait que ce n'est pas facile pour plusieurs
familles québécoises parce que, souvent, c'est très cher, avoir des enfants,
c'est très coûteux. Mais je vois vraiment une façon qu'on va pouvoir améliorer leurs vies et faciliter les familles à
prendre des décisions qui vont avoir un impact pour le restant de leurs
jours. Quand on commence à avoir des
enfants, c'est pour le restant de nos jours. On est toujours
parent quand on a des enfants. Alors, c'est une belle façon de commencer
ce chemin ensemble, puis aussi pour la conciliation famille-travail.
Je regrette que c'est
après que j'ai eu des enfants que ceci sera mis en place, parce que je vois vraiment
comment les familles vont pouvoir en
bénéficier aussi. Quand on parle de conciliation famille-travail, ce n'est
jamais facile quand les deux parents
travaillent à l'extérieur, puis aujourd'hui c'est vraiment une réalité, pour toutes les familles,
d'avoir deux parents qui travaillent. Alors, je vois aussi qu'on amène un peu
de flexibilité pour ces familles-là à l'intérieur de la conciliation
famille-travail.
collègue, et ainsi que le ministre, a parlé de l'importance du rôle du père. J'y
crois, évidemment, fondamentalement. Ça me fait penser que, toujours, dans le passé, quand mes enfants étaient petits, puis, mettons, j'ai dû quitter la maison pour aller au travail ou parce que
j'avais quelque chose à faire, puis les gens m'ont posé les questions :
Bien, est-ce que c'est le papa qui
va garder l'enfant?, j'ai dit : Il ne va jamais garder son enfant, il va
s'occuper de son enfant. Puis je
pense que ça aussi, c'est... Il faut changer un peu la perspective du rôle du
père, puis je pense qu'on est rendus là. Je pense que, tu sais, il faut changer l'esprit de penser que c'est
toujours la maman qui s'occupe des enfants, ou la personne qui a porté le bébé. Je pense qu'on est rendus à
un point où on peut dire que c'est le partenaire ou c'est le père qui va
jouer un rôle entier en élevant son enfant,
et à participer à sa vie pleinement, surtout quand ils sont petits. Puis c'est
très important, je pense qu'on est
une société qui est en évolution, et il faut vraiment
valoriser le rôle des deux parents. Ce n'est pas pour diminuer le rôle de la mère ou la personne qui a
porté l'enfant, mais c'est vraiment de favoriser, et de bonifier, et de
valoriser le rôle des deux parents, pour les familles qui en ont deux.
Parce
que c'est sûr, il y a des gens qui l'ont mentionné, on a aussi des
familles qui sont monoparentales. Alors, je vois une façon qu'on va pouvoir... en espérant bonifier un peu le projet de loi pour aider ces familles-là, parce que c'est quand même
une réalité pour plusieurs personnes aujourd'hui. J'en connais plein. Probablement, entre collègues, on va pouvoir
dire qu'on en connaît plusieurs, personnes qui ont pris la décision d'avoir des enfants. On
est rendus là, hein, c'est 2020, puis
même bien avant, on a dit qu'on a la capacité, avec la science aujourd'hui, d'avoir des enfants tout seul si c'est souhaité, alors je pense qu'il faut respecter ces familles-là et trouver
une porte d'entrée pour eux, pour leur aider. Parce qu'à deux c'est mieux, Mme la Présidente, quand on a des enfants, ça prend un village, mais, quand on est
seul... Et ils ont tout mon respect. Ça fait que, s'il y a quelque chose
qu'on peut faire pour aider ces parents, bien, pourquoi pas?
dirais aussi que, quand j'entends, tu sais, les collègues, je trouve que c'est
très intéressant que tout
le monde amène, évidemment, leurs points de vue un peu personnels ou à l'intérieur des dossiers qu'eux, ils s'occupent. C'est sûr, mon
collègue, il pense beaucoup
d'économie, il pense beaucoup de son rôle de père.
J'entends mon autre collègue
qui parlait d'une détresse, de, tu sais, son
travail, il n'a pas la possibilité d'être à deux places en même temps, puis c'est regrettable. C'est
sûr, je comprends, j'étais face à ça aussi puis je sais que ce n'est vraiment
pas facile, surtout quand ça nous tient à coeur, les travaux que nous
faisons ensemble.
Mais,
pour moi, c'est sûr, je vais parler un peu à l'intérieur des dossiers que
je porte ici, à l'Assemblée
nationale, un peu pour la communauté
LGBTQ2, Mme la Présidente, parce que je vois vraiment une possibilité, pour nous, de faire des avancées
pour la population, pour les
communautés qui sont moins visibles, une façon de changer un peu le jargon.
Alors, j'espère que le ministre et les
collègues autour de la table auront quand même une ouverture à avoir une
discussion par rapport aux paroles que nous utilisons aujourd'hui.
Encore
une fois, ce n'est pas pour enlever ou diminuer les titres de mère et de père, mais c'est très
hétéronormatif. Alors, je pense qu'il y a quand même une façon de voir
les titres que nous utilisons sans en supprimant mais peut-être en rajoutant des paroles. En anglais, on
dirait : «Birthing parent and birthing parent's partner», ça fait qu'en
français on dirait que ce serait le
parent qui accouche puis le conjoint, conjointe ou le parent qui accompagne
celui qui accouche. Je pense que ce
serait une façon de rajouter quelque chose pour que cette communauté se voie
visiblement à l'intérieur des travaux que nous faisons ici.
Puis j'ai déjà eu ces discussions,
encore une fois, à l'intérieur du projet de loi n° 18 quand on dit que les
droits de représentation de la mère et du
père... Tu sais, j'aurais voulu voir plus «parent». Puis je comprends qu'il y a
des choses qu'on peut faire à
l'intérieur du Code civil. Je ne vous demande pas, surtout pas de changer le
Code civil, qui est vraiment complexe,
ce n'est pas nécessairement ça que je souhaite, mais j'aimerais, si c'est
possible, de rajouter quelques paroles pour
qu'eux, ils se voient à l'intérieur de ceci. Écoute, comme j'ai dit, c'est
2020, bientôt 2021. Tu sais, le parent qui donne naissance pourrait bien être un homme si c'est une personne
transsexuelle. On est rendus là, on voit ces familles qui font
partie de notre belle grande famille québécoise.
Alors, pourquoi ne pas trouver une façon pour rejoindre tout le monde,
pour que ça soit égalitaire?
peux dire que... Tu sais, quand je me mets dans la place de quelqu'un,
aujourd'hui, qui va probablement faire une demande auprès du Régime québécois d'assurance parentale, puis, si, par
exemple, c'est deux femmes, ça fait que c'est des lesbiennes, bien, il faut qu'un parent demande d'avoir le congé
parental pour le père. Je pense que c'est... Comme je dis, les termes, ça blesse. On sait, surtout
aujourd'hui, que les termes sont importants, les titres sont importants, tout
le monde est sensible, mais je pense qu'il faut avoir un tel respect
pour ces personnes. Il y a beaucoup de gens qui sont aussi... ils s'identifient comme non binaires. Alors, tu sais,
de demander, deux personnes du même sexe, deux femmes, qu'il faut prendre un congé de paternité, c'est particulier,
ou, si c'est deux hommes, de prendre un congé de maternité. Encore une
fois, j'espère qu'on va pouvoir travailler ensemble pour trouver une telle
solution pour ceci.
autre place où j'aimerais aussi voir de la flexibilité, et j'en ai déjà parlé
avec mon collègue, ça fait que je sais que
c'est une demande qui sera peut-être partagée, c'est : plusieurs personnes
ont mentionné qu'on cherchait aussi un peu de flexibilité par rapport aux banques de congés mobiles. Moi, je trouve ça d'un oeil qui est superintéressant,
oui, parce que ce n'est pas facile quand les enfants sont petits
puis ils vont débuter leur carrière dans le réseau des services de garde éducatifs. C'est vrai, c'est plein de microbes, c'est beaucoup
d'enfants ensemble. Ça doit être vraiment difficile actuellement, le port
du masque, la santé et sécurité, toutes les mesures pour les petits bouts de
chou, mais ça va au-delà.
Pour
moi, quand je pense, par exemple, à une expérience personnelle... Vous savez
tous, j'ai deux enfants autistes. Quand
ils étaient petits, ce n'est pas parce que mes enfants étaient souvent malades,
mais j'avais plein de rendez-vous médicaux,
plein, plein, plein, surtout au début, quand ils sont petits, quand on fait le
dépistage. C'est préoccupant, et j'ai dû prendre énormément de congés. Puis c'était moi qui prenais les congés
parce que je faisais moins d'argent, dans le temps, que mon partenaire,
alors c'était plus facile, ça faisait moins mal financièrement si c'était moi.
Alors,
je vois vraiment une façon qu'on va pouvoir, en espérant... même si c'est par
l'entremise, peut-être, d'un projet
pilote, mais j'espère qu'on aura peut-être un peu de flexibilité, quand on
regarde ceci, que c'est non seulement parce qu'on a des enfants qui sont
malades, mais aussi que c'est parce qu'on a vraiment un besoin quand on a un
enfant qui souffre d'un handicap, d'autisme, d'une déficience intellectuelle ou
même avant qu'on sait exactement c'est quoi, la difficulté que cet enfant a. Ce
n'est pas parce qu'ils sont malades.
Puis,
avant qu'on commence à avoir des parents qui vont, tu sais, essayer de trouver
des moyens de «controvertir», qu'est-ce que nous allons faire, parce qu'il y a
ce besoin, puis ils vont vouloir en profiter, pourquoi ne pas juste
l'ancrer directement dans la loi pour qu'ils
se voient aussi à l'intérieur de ce que nous allons faire? Parce que c'est
vraiment angoissant. Si je parle de l'autisme, c'est un enfant sur
66... une personne sur 66, excusez-moi, qui a un diagnostic, puis c'est en
croissance.
Alors,
je pense que ce serait une mesure qui serait peut-être le temps de le faire,
peut-être une primeur. Et pourquoi pas
aujourd'hui, actuellement, à l'intérieur de ce projet de loi? Je pense que ce
serait une belle avancée pour ces familles qui ont vraiment des grands
besoins. Alors, je verrais ça vraiment d'un bon oeil puis j'espère qu'on va
pouvoir avoir ce dialogue, parce qu'il y a des familles qui ont vraiment besoin
de ceci.
aussi, j'étais vraiment contente de voir le cheminement quand on parlait de
l'adoption à l'intérieur de ce projet de
loi. Alors, je rejoins ma voix à celles de mes collègues, qui ont quand même
remercié le ministre de son ouverture et de son travail préliminaire, à
l'intérieur du projet de loi, pour aider ces familles à être présentes pour
leurs enfants.
J'en
connais aussi encore, probablement comme plusieurs d'entre vous, plein de familles
qui ont fait des adoptions à
l'extérieur du Québec, en Chine, en Thaïlande, et c'est vraiment
un changement exponentiel pour ces enfants qui viennent ici. C'est très, très, très difficile,
ils sont en train d'adapter, de s'intégrer, d'apprendre une nouvelle langue
dans plusieurs cas, ce n'est pas du tout, peut-être, le même climat,
c'est avec des étrangers. Et ils ne sont pas bébés naissants, alors ils ont
déjà une conscience qui est quand
même établie un peu.
Alors, c'est un apprentissage pour l'enfant puis c'est aussi un
apprentissage pour les parents. Alors, je pense que c'est excellent qu'eux, ils auront autant de temps de congé, puis tellement
nécessaire.
J'ai
une de mes très proches amies qui a adopté une petite fille de la Chine. Ça a pris un bon
deux ans, parce que, tu sais, souvent ces enfants-là... Je ne vous demande
pas nécessairement de faire ceci, ce n'est pas le propos que je
fais, mais ça a pris deux ans pour
cette enfant-là à vraiment s'intégrer comme il faut. Elle était mal nourrie
dans son petit village, alors, quand
elle est venue ici, au Québec, bien, mon Dieu, elle mangeait, mangeait,
mangeait sans arrêt. Puis, à avoir peut-être
juste 10, 12, 15 semaines,
18 semaines de congé, elle n'aurait pas pu vraiment, comme parent,
accompagner cette enfant-là à
comprendre qu'il n'y en aura jamais, un manque de nourriture, ici, que tu vas être
bien entourée, on t'aime, puis tu vas être vraiment correcte. Alors, vraiment,
j'étais contente de voir ce changement-là puis cet amendement
qui s'en vient déjà.
Puis, en terminant mes remarques préliminaires, Mme la Présidente, je veux aussi remercier tous les groupes qui ont nourri notre réflexion jusqu'à
ce moment-ci. Parce que, malheureusement, je n'ai pas été présente pour la commission
avec tous les témoignages, puis je regrette
que c'est le cas, mais j'étais contente de lire tous les mémoires puis toutes
les recommandations que les gens ont partagés. Surtout qu'il y en a
plusieurs... puis c'est à l'honneur du ministre, qu'il y en a plusieurs qui sont favorables mais qu'ils voient ça vraiment
d'une façon que c'est un bon départ, alors, comment que nous pouvions le
bonifier ensemble.
Alors,
je remercie le ministre et son équipe aussi pour tout le travail qui est
investi à produire un projet de
loi. J'ai déposé mon premier projet de loi,
Mme la Présidente, le 599 contre la thérapie de conversion, moi-même,
alors, je peux vous dire, je sais c'est quoi, le
travail, maintenant, à l'intérieur, le dépôt d'un projet de loi. Ça fait que
c'est vraiment apprécié, tout le travail du ministre ainsi que son équipe.
Surtout
parce que, les personnes qui sont venues travailler aussi pour nous
accompagner dans la présentation
soit en commission parlementaire ou
dans leurs mémoires, j'ai beaucoup appris, entre
autres. Parce qu'on n'est pas... on
ne peut pas tout savoir, on ne peut pas tout
connaître, même pas les ministres, avec beaucoup de respect. Alors, en espérant qu'on a
tous appris quelque chose avec les présentations que les personnes, elles ont
pris le soin de faire, puis tout ce qu'elles
ont préparé comme mémoires, parce qu'on sait que ça prend énormément
de temps de faire ceci et énormément de réflexion. Et ce que je peux
dire, c'est que j'ai trouvé exceptionnellement que c'était vraiment réfléchi,
parce que c'est complexe.
Puis
j'ai hâte à entendre le ministre faire sa présentation par
rapport au briefing, avec tout ce qui
vient avec le côté financier puis
comment ça va décaler, parce que j'ose espérer que les gens qui ont déposé
leurs mémoires puis ceux qui sont venus
témoigner vont être à l'écoute, parce que, probablement, ça va être
enrichissant pour eux aussi, parce qu'ils ont vraiment pris le temps de
nous aider dans notre réflexion.
Alors,
sur ce, Mme la Présidente, je vous remercie pour votre attention précieuse
et celle de mes collègues. Et j'ai hâte à commencer à travailler
ensemble. Merci beaucoup.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, Mme la députée. Y
a-t-il d'autres membres qui
souhaiteraient faire des remarques préliminaires? Alors, s'il n'y a pas
d'autre membre, nous allons poursuivre. S'il n'y a pas de motion préliminaire, nous allons continuer... ou, si vous
voulez, nous allons continuer l'étude détaillée, mais, avant ça, je
crois que, M. le ministre, vous avez une demande à nous faire.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente. Bravo, hein, pour les présentations faites. Bien
apprécié.
Avant de débuter,
parce que le socle de notre projet de loi a beaucoup de tentacules financiers,
je ferais une présentation, avec le
consentement des oppositions, sur la situation financière du Fonds d'assurance
parentale. Je ne sais pas si on peut le présenter de façon... Non, hein?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : ...M. le ministre, on va demander si on a le consentement
officiellement, nous allons le demander.
M. Boulet :
Oui, tout à fait. Et ça va durer à peu près 10 minutes, puis...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : C'est pour une durée de 10 minutes. Avons-nous
consentement? Oui?
Derraji : ...si la présentation est sur un support, nous aimerions la
recevoir, comme ça, ça va nous permettre de suivre M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Boulet :
Totalement. Alors, c'est ce que nous allons faire. Est-ce qu'on peut
l'acheminer rapidement? On pourrait vous l'acheminer, puis ça me permettrait de
faire la présentation.
Présidente (Mme IsaBelle) : Vous allez l'acheminer aux membres ou à la
commission? À la commission, d'accord. Est-ce que vous voulez que ça
soit une distribution large, M. le ministre...
M. Boulet :
Ah! moi, je n'ai aucun problème.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : ...ou un dépôt officiel pour une...
M. Boulet :
Un dépôt officiel, oui, oui.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Ah! d'accord. O.K., alors...
M. Boulet :
Pour les membres, là, oui.
Présidente (Mme IsaBelle) : Pour les membres seulement. O.K., juste
une distribution, dans ce cas-là. C'est beau. On a le consentement, député d'Hochelaga-Maisonneuve? Oui,
d'accord. Est-ce que... M. le ministre peut quand même commencer. Vous pouvez commencer, puis vous
allez recevoir le document bientôt. C'est bien ça, Mme la secrétaire?
Parfait. Alors, vous pouvez commencer, M. le ministre.
Boulet : Merci, Mme la Présidente. Sachez que je suis accompagné de
l'actuaire qui a préparé le document, Claudia
Giguère, qui est actuaire au conseil de gestion, là. Si, dans nos échanges ou
dans les questions plus techniques, on a besoin d'aide, Claudia saura
nous épauler.
Donc, le document est divisé en six
parties. Je vais commencer par la première partie, qui concerne le
financement du RQAP. D'abord, c'est la Loi
sur l'assurance parentale qui institue un fonds d'assurance parentale, qui est
ce qu'on appelle un patrimoine
fiduciaire d'utilité sociale. C'est un fonds autonome, puis ses revenus
proviennent... C'est un fonds qui
reçoit des cotisations et qui verse des prestations. Ça fait que c'est les
revenus et les dépenses. Et donc les cotisations des travailleurs et des
employeurs québécois servent aux paiements des prestations et, bien sûr, des
frais afférents.
Le Conseil de gestion
de l'assurance parentale, c'est le fiduciaire du fonds puis c'est lui, ce
conseil-là, qui est responsable d'en assurer l'équilibre financier. Il fixe le
taux par règlement, puis ces règlements-là sont soumis à l'approbation du
gouvernement, ce que nous avons fait, et vous avez témoigné de la façon dont le
processus se fait.
déficits du fonds, selon la loi, doivent être résorbés dans un horizon d'environ
cinq ans puis, en vertu de la loi, je
l'ai précisé d'ailleurs lors des consultations préliminaires, doivent servir à
deux choses : à diminuer les taux de cotisation ou à bonifier les prestations. Les deux dernières
baisses, vous les connaissez : 4 % le 1er janvier 2019, 6 %
le 1er janvier 2020. Et ça, ça a
généré des économies de 103 millions de dollars pour les travailleurs et
131 millions pour les employeurs.
Puis
souvenez-vous que la cotisation, elle est partagée : 7/12 payés par les
employeurs, 5/12 par les travailleurs. Il y avait un groupe, d'ailleurs, qui nous a demandé que ce soit la parité, là, que ce soit 50-50, mais j'ai référé
à l'entente qu'on avait avec Ottawa à
l'époque, en 2006, il y a une clause d'équivalence, puis on veut s'assurer
que le régime soit minimalement aussi généreux que ce qui est prévu dans
la loi fédérale sur l'assurance-emploi.
page suivante, il y a un historique. Vous allez voir l'évolution du
fonds sur base de liquidités en millions de dollars au 31 décembre et les variations des taux de cotisation de
2006 à 2020. Ça, je vous le laisse pour votre attention. Moi, je l'ai analysé. Vous allez voir, par exemple, dans les trois dernières années, le taux de cotisation, il y a
eu une baisse de 2 %, de 4 % et de 6 %.
Donc,
la page suivante, c'est la situation financière du fonds. Et, selon les états
financiers vérifiés au 31 décembre 2019, on a perçu
2,3 milliards de cotisation et on a versé 2 070 000 000 de
prestations. Les frais d'administration : 39 millions de dollars.
Donc, on a perçu...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : ...m'assurer que tout le monde a bien reçu le document.
Vous l'avez?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, vous l'avez, député de Nelligan. Député d'Hochelaga-Maisonneuve,
l'avez-vous reçu? Parfait. Députée de Westmount—Saint-Louis, vous allez aller le
chercher? Parfait.
M. Boulet :
L'aviez-vous...
M. Boulet :
C'est réglé? O.K. Alexandre, est-ce que ça va? Oui.
Présidente (Mme IsaBelle) : Oui, député d'Hochelaga-Maisonneuve, il
l'a. Alors, je crois que tout le monde l'a reçu, vous pouvez poursuivre. Parce qu'il y a beaucoup de chiffres,
alors je me disais que c'était important que tout le monde ait le
document.
Boulet : Bon, je pense qu'au début c'était... Je pense qu'on s'est
bien compris. Donc, je suis à la page après le graphique sur le...
Boulet : C'est ça, exactement. Selon les états financiers vérifiés,
donc, on a perçu 2,3 milliards de cotisations, on a versé 2 070 000 000 de
prestations, donc, et les frais d'administration de 39 millions, ce qui
fait un solde du fonds, toujours selon les états financiers vérifiés au
31 décembre 2019, sur base de liquidités, à 415 millions de dollars.
Puis
ce montant-là, c'est aussi ce dont j'avais déjà parlé, c'est ce qui sert de
marge pour fluctuations du fonds. L'objectif
de cette marge-là, c'est d'assurer la santé, mais, d'abord et avant tout, la
stabilité et la prévisibilité des taux de cotisation. Puis la marge visée, elle se situe entre 10 % et
20 % des prestations à verser annuellement.
Et on est dans cette bracket-là, là, entre 10 % et 20 %, quand
on regarde les chiffres que je viens de vous présenter.
page suivante, le coût global des mesures découlant du projet de loi n° 51 tel qu'il est libellé, c'est estimé à 95 millions
par année. Je vais le dire tout de suite, parce que ce n'est pas dans le document,
là, mais, les mesures de flexibilité, les revenus concurrents : 9,4 millions. La période de prestations parentales,
donc l'étalement de 52 à 78 semaines, c'est estimé à
29,6 millions. La période de prestations de maternité, donc on passe de 18
à 20 semaines, ça représente 2,4 millions.
Pour
le partage, pour le volet partage, le partage des prestations parentales et
d'adoption, ça, c'est le quatre semaines additionnel, ça, évidemment, il y a des scénarios, là, mais le scénario
graduel, il a un coût, le quatre semaines, de 39,8 millions de dollars. Il y a le quatre semaines, mais, au-delà
de ça, la discussion entre le papa et la maman ou le parent A puis le parent B peut avoir un effet
d'augmentation aussi du nombre de semaines de prestations parentales. C'est
tout ça qu'on a évalué et qui représente 39,8 millions.
Les prestations
d'adoption exclusives et partageables, vous vous souvenez qu'avant notre projet
de loi, depuis 2006, il y avait
37 semaines pour les parents adoptants, puis là on diminue à
32 semaines, mais on ajoute cinq semaines exclusives pour les deux parents. Ça, on estime le
coût à 1,5 million. La prestation d'accueil et de soutien relative à
une adoption, ça, c'est le 13 semaines
que nous allons tous, j'en suis convaincu, contribuer à établir et... j'allais
dire «embed», à mettre dans notre
loi, ça représente 4,3 millions de dollars, les naissances et adoptions
multiples, 6,3. Le décès de l'enfant, donc
la prolongation de la période de versement des prestations, 0,5 million.
Les projets pilotes et autres, c'est technique, là, les affaires de
concordance et de transition, c'est peu, là, c'est à peu près 1,3 million.
nous donne une enveloppe globale de 95,1 millions. Les actuaires nous
diraient — Claudia,
si je me trompe, tu me
reprends : Ça peut être un peu plus bas, ça peut être un peu plus haut,
mais vous savez que l'actuariat est une science qui permet d'évaluer un risque ou un impact monétaire,
et moi, je me fie tellement à la
façon de travailler de nos actuaires.
reviens au document. Certaines mesures sont susceptibles d'induire des
changements de comportement, bon,
je pense, c'est ce que je viens de mentionner, qui sont plus difficiles à
anticiper. Donc, la prolongation de la période de prestations à 78 semaines, le temps additionnel octroyé aux
parents, ça peut augmenter la proportion des familles qui se prévalent de la totalité des prestations
auxquelles elles ont doit, et ça, il y a une estimation du coût annuel de
30 millions, mais le coût maximal
possible, c'est 80 millions. Donc, il y a une marge quand même assez
importante. C'est pour ça que l'actuariat est une science qui nous
permet d'évaluer puis de tenir compte des risques.
Les semaines
additionnelles en cas de partage suffisant des prestations parentales, ça, j'y
référais dans nos consultations
préliminaires, l'avantage de la solution que nous proposons, c'est qu'on
anticipe un changement de comportement progressif
dans le temps : en 2021, 40 millions; en 2025, 61 millions.
Donc, le fait que les pères partagent plus, qu'on se rende aux 10 semaines, ça va changer des
comportements pour accéder à l'incitatif de quatre semaines, mais plus on
baisse le 10 semaines, plus il y a un impact qui peut être différent et
des coûts qui sont plus élevés aussi.
Bon,
les risques ont été considérés afin de préserver la santé financière du fonds à
long terme. Je veux finir avant 1 heure parce que Mme la présidente
va m'arrêter.
Les effets de la
pandémie sur le fonds, bien, il y a deux principaux effets. Vous l'avez deviné,
bien sûr, une diminution des cotisations.
Les fermetures d'entreprise, les mises à pied, les licenciements collectifs
aussi, ça, ça a généré des pertes de cotisation de 80 millions par
rapport à ce que nous anticipions pour l'année 2020.
prestations versées, bien, il y a eu une augmentation d'environ
35 millions, et l'hypothèse la plus probable, c'est qu'il y ait une augmentation de la durée
moyenne des prestations de plusieurs parents qui pourraient, bien sûr,
avoir perdu leur emploi pendant leur congé
parental. Ils auraient pu revenir, mais, tenant compte de la rupture du lien d'emploi,
ou de la mise à pied, ou du licenciement, ils ont continué leur congé parental.
Le solde du fonds, au 31 décembre cette
année, devrait se situer à environ 300 millions, soit une perte de
200 millions par rapport aux
prévisions. La marge pour fluctuations, on avait parlé de 415 millions un
peu plus tôt, détenue en début d'année
a permis d'absorber ces pertes sans avoir recours à un emprunt. Un emprunt,
vous vous souvenez, j'en avais parlé au mois de mai, on a négocié une
marge de crédit avec Financement-Québec, de 500 millions, mais on n'a pas
eu à l'utiliser du tout.
la suite, vous avez les projections financières du fonds, dans le tableau
suivant, pour les années 2020 à 2023. Le A, la courbe plus foncée, c'est la projection initiale. Ça, c'est
les projections du rapport actuariel au 31 décembre 2018, qui tenaient compte, là, de la diminution du taux
de cotisation de 6 % au 1er janvier 2020, donc vous voyez la courbe
qui est plus élevée. La deuxième bleue un
peu plus pâle, ça, ça tient compte des effets du projet de loi. Donc, vous
voyez qu'on conservait une santé
financière du régime, selon moi, extrêmement intéressante. Et enfin la
courbe C, c'est pour tenir compte à
la fois du p.l. n° 51 et des coûts réels et anticipés de la pandémie
sur le fonds jusqu'au 31 décembre 2021. Là, on ne peut pas aller
plus loin, évidemment.
Donc, pour conclure,
le conseil de gestion prépare annuellement une évaluation actuarielle
présentant une projection des entrées et des
sorties sur cinq ans. C'est transmis à mon attention, en fait au ministre du
Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale. Puis le rapport de cette année apportera une lecture plus
actualisée des prévisions financières, puis ça va se baser notamment sur la mise à jour économique que nous anticipons
tous bientôt, présentée par le gouvernement du Québec, les données les
plus récentes sur la progression de la fécondité et le comportement de la
clientèle du RQAP.
Voilà,
je pense que c'est extrêmement important puis je pense qu'au fil du temps,
«down the road» — Jessica, est-ce
que c'est correct? — on va
avoir à revenir sur ces chiffres-là et se donner des précisions additionnelles.
Puis, même si Claudia n'est pas tout le temps là, n'hésitez pas à me
poser des questions, Claudia sera certainement disponible pour répondre à mes
questions qui sont plus sophistiquées. Voilà, merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, vous faites allusion à
Mme Claudia. Je vais préciser, c'est Mme Claudia Giguère,
actuaire en chef au Conseil de gestion de l'assurance parentale. C'est bien
cela? Parfait.
Alors, écoutez,
merci, M. le ministre. Ça vous va? Alors, oui, vous aviez une question, député
de Nelligan.
M. Derraji :
...est-ce que Mme Giguère, elle est là en après-midi?
M. Boulet :
Claudia, est-ce que tu es disponible? O.K. Si vous le souhaitez, bien oui.
M. Derraji :
Oui, parce qu'avec cette mise en place...
M. Boulet :
Il n'y a rien qu'on ne fait pas pour notre collègue de l'opposition officielle,
hein?
M. Derraji :
Non, mais, c'est une excellente...
La Présidente (Mme IsaBelle) : C'est
bon, je vous remercie. Donc...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci pour votre belle collaboration.
Compte tenu de l'heure, nous suspendons les
travaux de la commission jusqu'à 15 heures. Bon dîner.
(Suspension de la séance à 13 heures)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'économie et du travail reprend ses travaux. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51,
Loi visant principalement à améliorer
la flexibilité du régime d'assurance parentale afin de favoriser la
conciliation travail-famille.
Lors de notre
suspension de ce midi, nous étions en discussion suite à une présentation du
ministre. Alors, si vous êtes
d'accord, nous allons poursuivre... ou commencer l'échange sur cette
présentation-là. Alors, est-ce que c'est le député de Nelligan qui a une
première question pour le ministre ou est-ce qu'il y a... Oui.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Mes questions, c'est pour
Mme Giguère, si j'ai bien prononcé son nom, donc, si vous le
permettez.
Présidente (Mme IsaBelle) : Oui. Alors, est-ce qu'on a le consentement
pour laisser la parole à Mme Giguère? Parfait. Mme Giguère, je
vous invite à bien vous présenter avant de commencer à parler.
M. Boulet : ...dans la mesure où
c'est une question de nature actuarielle, il n'y aura pas de problème, là.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Mais est-ce que... D'accord. Donc, on laisse poser la question d'abord, si vous voulez, M. le ministre? D'accord. On va laisser poser la question
au député de Nelligan, et ensuite le ministre décidera. Merci.
Merci, M. le ministre.
Derraji : Aucun problème.
Merci, Mme la Présidente. Premièrement, merci pour la présentation. C'est très clair. Ça donne pas mal de chiffres et une vision
claire par rapport à l'avenir. J'ai une série de questions,
mais je vais aller par blocs parce que, sinon... je ne veux pas monopoliser
tout seul la parole.
Vous avez
dit, dans la page 4 : «Les déficits du fonds doivent être résorbés
sur un horizon d'environ cinq ans.» C'est
un constat de combien d'années de déficit, ou ce qu'est le déficit en date d'aujourd'hui, ou c'est un déficit prévisionnel, vu ce qu'on vit? Juste pour me
mettre dans le contexte, ce déficit vient d'où?
La Présidente (Mme IsaBelle) : M. le
ministre, est-ce que vous laissez la parole ou vous répondez?
Boulet : Bien, peut-être un
premier élément de réponse, puis après ça, Claudia, tu pourras y aller. Il y a eu quand
même un certain nombre d'années... Je
rappellerais à mon collègue : La page suivante, il y a l'évolution du solde du fonds sur base de liquidités, en millions de
dollars, et, on voyait, il y a des années où il y avait beaucoup plus de naissances, et donc ça exerçait des pressions sur
le fonds en
termes de volume de prestations, puis
les cotisations n'étaient pas nécessairement les mêmes. Donc là, maintenant,
depuis un certain nombre d'années, on est en situation de surplus.
Ce que je comprends de la question, c'est qu'on dit que les déficits doivent être
résorbés sur un horizon d'environ cinq ans. Ça, est-ce que ça a été
mesuré, dans le fond, mesuré dans le temps?
M. Derraji :
Non, ce n'est pas ça, ma question, c'est que... On vient, à ce moment dans la
présentation... On dit : «Les
déficits du fonds doivent être résorbés sur un horizon d'environ cinq ans.»
Donc, il y a deux volets. Premier volet : Est-ce qu'il y a des déficits maintenant qu'on doit résorber d'ici cinq
ans? Ou bien c'est juste un énoncé que, s'il y a un déficit, le déficit, il est échelonné sur cinq ans
pour être résorbé? Juste pour... Je demande une clarification. Ce n'est pas...
M. Boulet : O.K. Mais ça me va.
Mais on est en situation de surplus, comme j'expliquais ce matin, depuis un certain nombre d'années puis on a même une marge
pour fluctuations, qui nous a permis, d'ailleurs, en raison... malgré la
pandémie, de ne pas utiliser la marge de crédit qu'on a négociée avec
Financement-Québec, là. Mais est-ce qu'il y a un autre élément de réponse,
Claudia?
Mme Giguère
(Claudia) : Donc, je dois me
présenter? Mon nom est Claudia Giguère. Je suis actuaire en chef au Conseil
de gestion de l'assurance parentale.
En fait, la
deuxième réponse que vous avez donnée, c'est hypothétique. S'il y avait un
déficit dans le futur, il faudrait qu'on prenne les moyens pour
s'assurer de le résorber à l'intérieur d'une période de cinq ans.
Derraji : Excellent. Ça clarifie. Donc là, je vais relancer avec une
deuxième. En date d'aujourd'hui, il n'y a pas de déficit. Nous avons le contexte de la COVID qui impacte, selon vos
prévisions, on va y arriver un peu plus tard. Donc, si jamais il y a un déficit, vu le contexte
économique... Et on sait que la pandémie, selon les prévisions qu'on a, avec
l'arrivée d'un vaccin ou autres, c'est, on
va dire, au courant 2021-2022. Donc, si jamais le conseil de gestion
enregistre un déficit, chose que je
ne vois pas dans vos calculs, même avec 51... en date d'aujourd'hui, il n'y
aura pas de déficit ni 2021 ni 2022 malgré le contexte de la COVID.
Donc,
admettons le cas... on est beaucoup plus gourmands que ce que le 51 propose aujourd'hui, ça veut dire la... pas la
pression, mais la marge diminue entre
ce qu'on a présentement et ce qu'on veut rajouter comme demande pour le régime, la loi vous permet, permet au régime
d'atteindre ou de résorber le déficit sur cinq ans. Est-ce que j'ai bien
compris?
M. Boulet : Oui. Tout à fait. Mais là je ne comprends pas bien la question.
Désolé, hein?
M. Derraji : Bon, O.K. Je vais être
beaucoup plus clair, parce que vous avez insisté à ce qu'on ait cette présentation, que je trouve extrêmement pertinente. Donc, nous sommes... En
fait, je veux savoir, avant qu'on débute l'étude
article par article, c'est
quoi, les marges de manoeuvre que nous avons. Le fonds fonctionne bien. La
preuve que le fonds fonctionne bien quand même,
c'est qu'on s'est même permis d'avoir des réductions. Et on les voit, les
réductions, moins 4 %, moins 6 %. Moi, ma question, c'est
pour se projeter dans l'avenir, parce que je veux qu'on élimine... Ou bien je
vais mettre une hypothèse nulle en date
d'aujourd'hui, maintenant, avant le début de l'étude
article par article, que
je n'ai pas une marge de manoeuvre ou
bien j'ai une marge de manoeuvre avec une certaine limite. Et, si j'ai une
marge de manoeuvre qui va affecter le
résultat net du conseil de gestion, on peut avoir une hypothèse par rapport à
ce qu'on va avoir comme impact, et,
même si on a un déficit, bien, le fonds se donne quand même cinq ans pour
qu'on cadre jusqu'à quel point on veut aller dans le déficit si jamais il y a
un déficit. Là, j'ai compris, c'est cinq ans. C'est ça, ma question.
Alors, je ne sais pas si c'est plus clair ou pas.
Boulet : Oui. Comme on mentionnait, la loi nous impose soit
d'améliorer le régime ou de baisser le taux de cotisation. Ce que je disais ce matin, c'est que le solde du fonds, ce
qu'on prévoit au 31 décembre 2020, devrait se situer à environ
300 millions, donc la perte de 200 millions associée à la pandémie,
ce qui est venu avoir un impact sur la marge pour fluctuations, qui nous a
permis de ne pas aller dans la marge de crédit.
Donc, en
gros, le coût des améliorations, on l'évalue à 95,1 millions de dollars,
ce qui est dans le projet de loi n° 51. Donc, on a encore la capacité de le faire. C'est ce que je dis, mais évidemment,
tout n'étant pas une science exacte, c'est fondé sur des scénarios ou des hypothèses comme les actuaires le font.
Donc, on a la capacité, actuellement, de bonifier selon ce qui est contenu dans le p.l. n° 51 sans affecter considérablement la santé financière du régime. Mais,
s'il y avait d'autres types de bonification, il faudrait mesurer les
estimations et les impacts réels sur la santé financière du fonds.
Ce que je veux dire, c'est qu'avec ce qu'il y a
dans le p.l. n° 51 on est corrects. Mais, s'il y
avait des bonifications additionnelles ou
s'il y avait des bonifications amendées, ça pourrait avoir un impact sur la
santé financière mais dépendamment
des paramètres de ce que nous allons discuter et convenir au sein de notre commission
parlementaire.
Mais c'est
sûr qu'il ne doit pas, à mon avis, y avoir d'impact négatif sur le taux de cotisation,
parce que c'est sûr qu'il y en a qui pourraient nous dire : Ne
faites que baisser le taux de cotisation. Je me souviens, dans les discussions embryonnaires que nous avions avec les membres du
conseil de gestion et avec Mme
Thériault, on a essayé de
trouver un bon équilibre.
Je pense que le marché du travail et la conciliation
famille-travail nous imposaient
d'améliorer le RQAP. Même s'il était
progressiste, même s'il était un régime dont on pouvait être fiers, il fallait,
à notre avis, trouver un bon équilibre entre les deux.
Mais on a certainement la bonne marge de manoeuvre pour faire ce qu'il y a dans
le projet de loi n° 51, mais on ne peut pas aller
bien au-delà de ça. En gros, c'est ça.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Si vous acceptez... Député de Nelligan, c'est terminé? Je laisserais la parole...
Vous n'avez pas terminé? Est-ce qu'on y va en alternance? C'est sur le même
point?
M. Derraji : Oui, sur le même point,
mais...
Présidente (Mme IsaBelle) :
Allez-y, dans ce cas-là, et après ça sera au député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Derraji : ...ça va être la
dernière, ne vous inquiétez pas.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Merci.
Derraji : Vous avez bien
répondu. Et c'est cette marge, moi, que je veux savoir, parce que je sais que
vous avez tout calculé, que les mesures que vous ramenez dans le p.l. n° 51, en date d'aujourd'hui, avant les amendements, ou nos
propositions, ou bonifications, c'est dans les 95. Maintenant, s'il y a
d'autres scénarios, bien, nous aimerions les avoir, donc...
Boulet : Bien, il y a
des scénarios qui sont évolutifs dans le temps. Tu sais, là, on est en contexte
de seconde vague, on pouvait anticiper des licenciements collectifs cet
automne, et donc je ne sais pas quel sera l'impact sur l'économie. Tu sais, c'est sûr
que, si on pouvait se projeter dans l'avenir, dans x mois, on pourrait avoir
une idée beaucoup plus claire, mais, en date d'aujourd'hui, si on me
disait : Ce n'est pas 95,1 millions de bonifications qu'on veut,
c'est 128 millions, il faudrait certainement mesurer l'impact sur... C'est sûr qu'il y aurait
une incidence négative sur la santé financière
du fonds. Je pense qu'on a une marge
de manoeuvre pour bien faire ce qu'on
a dans le projet de loi, mais, aller au-delà de ça, il faudrait faire des calculs puis il faudrait se servir
des sciences actuarielles pour déterminer quel serait l'impact dans l'avenir. Parce que le solde du
fonds au 31 décembre 2020, il est quand
même assez clair, là, 300 millions.
Ça fait qu'on est encore en contexte de surplus.
M. Derraji : C'est ça. Je vais
revenir après.
La Présidente (Mme IsaBelle) : C'est
beau? Merci. Alors, député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous avez des questions?
Leduc : Merci, Mme la Présidente. Première question, j'imagine que ça
existe, ce chiffre-là, combien c'est évalué,
le prix d'une semaine de congé paternel à un taux de remplacement de revenu de
75 %, si je ne me trompe pas, et une semaine de congé parental à
55 %.
M. Boulet : Là, je ne suis pas en
mesure de répondre. Claudia?
Giguère (Claudia) : Oui. Une
semaine de congé de paternité additionnelle, c'est environ 48 millions
par année, puis une semaine de congé parental, c'est 37 millions.
Mme Giguère (Claudia) : Oui.
Boulet : C'est exactement ce que nous avions discuté avec vous trois à
la fin de la dernière consultation que nous
avions faite en commission parlementaire. Le coût d'une semaine de paternité additionnelle,
c'est estimé à 48 millions, comme Claudia vient de le mentionner.
C'est quand même...
M. Leduc : Oui, c'est une bonne
somme. Pour arriver à ce chiffre-là, vous vous basez, j'imagine, sur le taux d'utilisation des dernières années ou de l'année
dernière. Comment vous arrivez à ce chiffre-là? Pouvez-vous nous
expliquer, grosso modo?
Giguère (Claudia) : Oui, en
fait, c'est vraiment ça, c'est basé sur l'expérience du régime, qui est
quand même assez stable depuis plusieurs
années. Puis les pères, en moyenne, les 60 000 pères qui participent au RQAP, prennent la quasi-totalité des prestations, donc cinq
semaines sur cinq, en moyenne, au régime de base puis 2,9 sur trois au
régime particulier. Donc, c'est très près du 100 % d'utilisation.
M. Leduc : 2,9 sur trois pour le...
Giguère (Claudia) :
Semaines, pour le régime plus court, qui accorde seulement trois semaines de
paternité.
Leduc : Oui, oui, c'est ça. O.K. Si je suis, donc, cette logique-là,
pour arriver dans la mesure du 10-10 partagé plus quatre, quand vous dites : On anticipe un changement — à la diapositive 7 — on anticipe un changement de comportement progressif, coût estimé 2021,
donc l'an prochain, 40 millions, 2025, 61 millions, donc vous
projetez qu'elle va gagner en
popularité, cette mesure-là. Mais donc concentrons-nous peut-être sur 2021, sur
le 40 millions. On se base sur une projection d'utilisation de
combien de personnes?
Giguère (Claudia) : En fait,
c'est qu'on suppose que, la première année, comme on disait, ça allait
être progressif. Donc, la première année, ça
va être surtout des familles qui avaient déjà tendance à partager le congé
mais, on a supposé, qui allaient tenter
d'optimiser ce partage-là pour avoir droit au bonus, donc, de quatre semaines.
Donc, ça implique que le père
augmente ses semaines, parce qu'en moyenne il y a quand même plus de la moitié
des pères qui prennent déjà du
parental qui prennent moins de... qui prennent quatre semaines ou moins, là.
Donc, il y a quand même un mouvement nécessaire pour atteindre le
10 semaines. Donc, on suppose qu'il y a 10 000 familles qui
partagent déjà puis qui ne se qualifieraient
pas mais qui vont faire l'effort additionnel pour avoir droit à ce mois
additionnel là de prestations. Ça, c'est pour les coûts de la première
année.
M. Leduc : Ce
10 000 familles là, si on le traduisait en pourcentage, ça donnerait
combien?
Giguère (Claudia) : Dans le
fond, c'est 10 000 qui s'ajoutent aux 3 000 qui partagent déjà
assez. Donc, ça fait
13 000 familles sur un potentiel d'à peu près 50 000,
51 000 familles où les deux parents sont déjà
admissibles aux prestations, parce que, pour partager, il faut que les
deux soient admissibles, là.
Leduc : Quand on parle,
mettons, d'un taux d'utilisation, puis si je reviens aux semaines paternelles,
quand on est dans les 80 % à peu près, là, si je me rappelle bien, ou...
Mme Giguère
(Claudia) : C'est 70 % des pères qui prennent des prestations.
Leduc : 70 %. Donc, on parle
de 70 % de 50 000, 51 000 familles ici ou là, vu qu'on
parle des pères, c'est un peu moins?
Giguère (Claudia) : Bien,
c'est deux choses. Parce que, dans le paternité, on a plus de pères. Les
pères... Le 70 %, dans le fond, c'est
qu'on a sept pères, sept nouveaux pères sur 10, par année, qui vont venir au
RQAP prendre au moins une semaine de
prestations. Donc, le 70 %, c'est
ça. Puis ils ont tendance à prendre quand même, généralement, toutes leurs semaines de paternité, comme on
disait tout à l'heure, mais on en a très peu qui... On en a environ... Ça
dépend, là, parce que des pères seuls, la
mère n'est pas admissible, ils ont tendance à en prendre plus, des prestations
parentales, puis on en a que, quand la mère
est là, ils ont... en moyenne, prennent six ou sept semaines quand ils prennent
des prestations parentales.
Leduc : Puis, comme, cette mesure-là, l'objectif, c'est une meilleure
présence du père, est-ce que, là, quand vous fournissez des chiffres, mettons, 50 000,
51 000 familles, 10 000 familles vous estimez qu'au début
vont utiliser cette mesure-là? Avez-vous une analyse plus fine sur
pères, mères, comment ça va se reproduire, etc.?
Giguère (Claudia) : Ce qu'on
a supposé, c'est que ces 13 000... bien, les 10 000 qui ne
partageaient pas dans la bonne
proportion pour avoir droit aux prestations additionnelles vont faire l'effort.
Donc, la plupart, c'est des pères qui en prenaient moins que 10, qui vont devoir augmenter leurs prestations,
donc la mère va en prendre un peu moins. Donc, ça va réduire l'écart puis ça va les qualifier à prendre
les quatre semaines additionnelles. Donc, le père, au total, par
exemple, au régime de base, ça voudrait dire
qu'il prendrait ses cinq semaines de paternité plus 10 semaines de
prestations parentales, pour un total de 15.
Leduc : Je ne suis évidemment pas un actuaire, mais j'avais comme une
intuition, puis vous me corrigerez si elle
est erronée, mais que cette idée-là, donc, de proposer le partage pour obtenir
plus de semaines... Est-ce que j'ai raison de supposer qu'à la fin de la
journée, si cette mesure-là est très populaire, nécessairement, en chiffres
absolus, les femmes utiliseront moins de semaines?
Boulet : Là-dessus, bien, deux commentaires. L'estimation du coût
d'une semaine de paternité additionnelle, c'est beaucoup plus près de la réalité, donc c'est plus précis, alors
que l'impact de ce que nous proposons, il est beaucoup plus estimatif.
Il tient compte d'hypothèses de participation des deux parents qui
utiliseraient, chacun de leur côté, 10 semaines pour avoir accès aux
quatre semaines additionnelles.
Et, comme
Claudia l'a dit, c'est sûr qu'ultimement la mère en prendrait un peu moins, mais ça, ça vise aussi
à combattre, je rappellerais à mon collègue,
la perception que ça appartient à la mère, ce qui est partageable dans le
parental. Ça fait que ça tient compte beaucoup de cette approche-là ou de cette
philosophie qui est à la base de notre mesure incitative.
On veut que les deux parents discutent, conviennent et partagent. Ça fait que
ça, ça incite le père à s'investir dans la sphère familiale et ça incite
les deux parents à bénéficier... à dialoguer, s'entendre puis prendre du
parental partageable de manière à bénéficier de l'incitatif additionnel.
Mais ce n'est
pas... selon moi, là, ceci dit avec respect, ce n'est pas pour se faire au
détriment de la mère, ce n'est pas
pour enlever des semaines à la mère, c'est pour combattre cette perception-là. Parce que les
mères, les jeunes mères me le
disaient souvent : Jean, tout le
monde a l'impression que le parental
partageable, c'est juste nous autres. Ce n'est pas le cas, donc, d'où la
valeur additionnelle, selon moi, que les chiffres confèrent à notre approche,
que c'est vraiment un incitatif qui bénéficie au père autant qu'à la mère.
M. Leduc : Moi, j'ai bien hâte
d'avoir le débat politique, le débat de fond.
M. Boulet : Bien, c'est parce que la
question...
M. Leduc : Ma question, elle est statistique
pour, évidemment, alimenter le débat politique.
M. Boulet : Ah! elle était politique
aussi.
Leduc : Bien oui, mais... D'accord. Mais on peut-tu au moins discuter
en ayant tous les mêmes chiffres? Là, je cherche à valider, est-ce que mon intuition statistique est la bonne?
Elle ne l'est peut-être pas, puis j'aimerais ça qu'on me l'explique. Là, vous m'avez offert une réponse
politique, puis c'est bien, puis on en débattra, puis on en a déjà
débattu, puis on va en débattre encore. Mais
est-ce que j'ai raison de croire mon intuition qui me dit que, si, dans votre
progression, là, où vous arrivez, mettons,
en 2025 avec 61 millions du coût, dans ce modèle-là, que vous avez
calculé, que vous avez prévu... Est-ce que, dans ce modèle-là, en 2025,
au final, les femmes utilisent moins de semaines qu'en ce moment?
Boulet : C'est une intuition qui est mathématique. Puis forcément, si
on incite les deux parties à prendre un minimum de 10 semaines et qu'actuellement, dans le modèle familial
de l'exemple qu'on utiliserait, où c'est la mère qui prend toutes les semaines parentales partageables...
forcément, elle va en prendre moins, mais au bénéfice de la famille dans
son ensemble et au bénéfice de l'enfant, qui
va avoir plus de temps consacré par le papa... puis par la mère, qui va
avoir plus de temps à
consacrer peut-être pour un retour progressif au travail ou
pour un travail à temps partiel. Et mesure qui va contribuer à combattre la philosophie ou la
perception que le parental partageable, c'est uniquement à la mère. C'est
pour ça que je veux répondre à ça, parce que
c'est forcément mathématique. Si on partage puis qu'actuellement la mère prend tout, forcément elle va en
prendre moins, ceci dit.
M. Leduc : Donc, vous confirmez mon
intuition statistique, mais...
M. Boulet : Je confirme.
M. Leduc : Mon cours de statistique
de cégep n'était peut-être pas si inutile.
Boulet : Je ne sais pas
c'est quoi, l'intuition. Je ne veux pas que... L'intuition que j'ai déjà
entendue, c'est que ça va se faire au détriment...
M. Leduc : Mais je n'ai pas utilisé
ce mot-là, M. le ministre.
Boulet : O.K.
Mais, l'intuition, je la partage. En fait, c'est plus qu'une intuition, c'est
forcément une réalité.
M. Leduc : D'accord. Donc...
M. Boulet : Elle est d'accord. C'est
ce qu'elle...
M. Boulet : Et c'est mathématique,
c'est mathématique.
M. Leduc : Maintenant que vous me confirmez que j'ai mis le doigt sur quelque chose, je m'en voudrais de ne pas...
M. Boulet : Ah! on avait mis tous
nos doigts dessus, nous autres aussi.
M. Leduc : Oui, mais, jusqu'à aujourd'hui,
on ne me l'avait pas encore confirmé, et là on me le confirme.
M. Boulet : Ah! bien oui, je le
confirme.
Leduc : Ça va faciliter
notre débat tantôt, je crois. Et donc, pour aller au bout de cette logique-là,
si, en effet, vous me confirmez
l'intuition statistique que les femmes utiliseront moins de semaines à la fin
du cycle de progression, en 2025, avez-vous calculé combien de semaines
seront moins utilisées qu'en ce moment? Une, deux, trois, cinq?
M. Boulet : C'est variable, là,
c'est...
M. Leduc : Alors, rendu en 2025...
Boulet : Puis, même à la
première semaine... La question qu'il pose, si je comprends bien, c'est :
Combien de semaines les mères vont utiliser de moins...
M. Leduc : Qu'en ce moment, aujourd'hui.
M. Boulet : ...pour pouvoir partager
10-10 et avoir accès à l'incitatif de quatre semaines?
M. Leduc : Rendu en 2025.
Mme Giguère (Claudia) : En moyenne
globale de toutes les mères? Là, je n'ai pas le chiffre, ce chiffre-là. Il
faudrait que je vous revienne pour le... globalement, mais c'est ça...
Boulet : Mais je trouve que
la question est pertinente. Dans le fond, ça serait de savoir
le pourcentage des mères qui prennent
tout puis qui auraient à prendre moins de semaines, en tenant compte que le
père participe à la sphère familiale. On pourrait l'avoir dans le temps.
C'est un calcul qui est fin.
Leduc : Bien, vous l'avez nécessairement.
Si vous avez chiffré 61 millions pour 2025, vous l'avez nécessairement, ce
chiffre-là.
M. Boulet : Oui, le calcul...
Mme Giguère (Claudia) : C'est juste
une affaire de modèle de calcul, mais...
Leduc : Oui, je comprends.
Mme Giguère (Claudia) : Oui. Mais il y a
36 000 femmes, présentement, qui sont exactement dans ce
schéma-là, là, la femme prend tout le
parental, papa prend le paternité. Donc, ces femmes-là prendraient
10 semaines de moins puis, les semaines additionnelles, peut-être
qu'elles les prendraient. Donc...
M. Boulet :
Puis là, Claudia...
Mme Giguère
(Claudia) : ...ça monterait à moins six.
Boulet : Oui. Puis, au-delà des
36 000, il y en a dont les pères prennent une semaine ou deux semaines, tu
sais. Puis, en moyenne, ils prennent
huit à neuf semaines, les pères. Ça fait qu'ils prennent le cinq semaines de
paternité puis...
M. Boulet :
C'est sept? C'est sept. Il me semble, j'avais dit : Huit, neuf.
Mme Giguère (Claudia) : Bien, ça dépend. Vous avez raison. Le neuf, c'est
quand on regarde vraiment globalement, tous régimes confondus...
M. Boulet :
C'est ça. C'est huit, neuf, exact.
Mme Giguère
(Claudia) : ...incluant le paternité, incluant les pères seuls au
dossier.
M. Boulet :
Incluant le paternité.
Leduc : Je comprends.
Parfait. Mais je serais curieux, si vous êtes capables de nous trouver, dans
votre modèle, le chiffre, en moyenne, de personnes qui... combien de
semaines de moins sont utilisées par les femmes.
M. Boulet : Il a un intérêt actuariel, mon collègue. Mais, oui, tout à fait, moi,
je suis d'accord à ce qu'on partage l'info.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres questions? Députée de
Joliette.
Hivon : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. C'est
vraiment très intéressant, très informatif. Puis moi, je remercie le
ministre d'avoir mis ça au jeu en partant, là. Vous avez dit qu'il y avait
36 000 juste pour... Là, c'est vraiment...
Je vais le mettre comme ça. On vit des nouvelles réalités. Donc, vous avez dit
qu'il y avait 36 000 femmes qui, dans le fond, prenaient l'ensemble du parental sur... il y a à peu près
80 quelques mille naissances par année, ça ne veut pas dire qu'il y a
pour toutes un congé parental, mais sur combien de femmes au total?
Mme Giguère (Claudia) : Ça dépend. Là, je parlais plus dans un pattern où
le père également est admissible. Parce
que c'est sûr qu'en plus de ces 36 000 mères là il y en a d'autres
qui prennent le parental à elles seules parce qu'elles sont seules, puis
le père n'en prend pas.
Hivon : Oui. Mais j'aime votre logique, là, quand le père
est admissible aussi, quand ça se pose comme vraie question, disons.
Mme Giguère
(Claudia) : Oui. Non, c'est ça. Donc, on en a 36 000. Puis vous
vouliez...
Hivon :
Oui. Sur combien de femmes?
Mme Giguère
(Claudia) : Sur, en fait... Attendez un petit peu, là, je vais le
calculer.
Hivon :
Juste savoir, mettons, c'est quoi, la proportion de...
Mme Giguère (Claudia) : On a 66 000 femmes par année. Mais là,
sur celles qui sont en couple, là, je vais juste... C'est environ
50 000, 51 000.
Hivon : O.K. Parfait. Puis tantôt — c'est juste vraiment, là, pour qu'on ait la
base la plus claire possible — vous avez dit qu'en ce moment il y a
environ 3 000 familles qui partagent déjà les semaines du parental.
Mme Giguère
(Claudia) : Qui partagent déjà à hauteur de 10 chacun.
Hivon :
Exact, à la hauteur de. Alors qu'il y en aurait combien qui partagent déjà un
certain nombre mais pas nécessairement à la hauteur de 10?
Mme Giguère
(Claudia) : Environ 10 000.
Hivon : O.K. Parfait. Puis votre projection... Parce que, le
10 000, je pensais que c'était votre projection avec la nouvelle
mesure qui incite à partager. Mais votre projection, c'est combien de familles?
Mme Giguère
(Claudia) : Pour l'année 1, ça serait environ
13 000 familles qui se qualifieraient.
Hivon : 13 000, donc 3 000 de plus que maintenant,
qui est votre estimé qui... En fait, c'est plus que ça, mais il y en
aurait donc 10 000 de plus que maintenant qui prendraient le 10-10.
Mme Giguère
(Claudia) : Oui, exactement.
Hivon :
O.K. Parfait. Ça, c'est bon. En fait, c'est qu'il y a deux fois le
chiffre 10 000, c'est ça que je comprends?
Il y en aurait 10 000 de plus qui prendraient 10 semaines, qui
partageraient vraiment 10-10? Parce que vous...
Mme Giguère (Claudia) : Bien, dans l'année 1, c'étaient des gens...
Le 10 000, c'est vraiment des familles qui partageaient déjà mais
pas encore assez pour se qualifier.
Hivon :
Pas à la hauteur de 10-10.
Mme Giguère
(Claudia) : C'est ça. C'est le seul 10 000.
Mme Giguère (Claudia) : C'est ça. Puis il y avait le 3 000 qui
partageaient déjà assez pour se qualifier, donc qui n'ont pas un effort additionnel à faire. Donc, à
l'année 1, on suppose que les deux vont s'additionner. Donc, on a 10 000 familles qui vont faire l'effort
additionnel parce qu'ils étaient déjà ouverts au partage. Donc, le père,
souvent, c'était celui qui partageait le moins dans les deux, là il va
augmenter, on a supposé qu'il allait augmenter suffisamment pour atteindre le 10 semaines. Donc, ces
10 000 familles là s'ajouteraient aux 3 000 déjà qualifiées à
l'année 1. Donc, on aurait vraiment 13 000 familles, puis
c'est ça qui génère le coût de 40 millions pour l'année 1.
Mme Hivon :
Donc, excusez, là, peut-être que vous trouvez qu'on est vraiment dans le
technique, mais c'est parce qu'on va en discuter pas mal, je pense, de
cette question-là, ça fait que...
M. Boulet :
C'est superpertinent.
Mme Hivon :
Donc, on part du 3 000 qui partagent 10-10, qui est un très petit nombre
en ce moment, à... si j'ai bien compris, vous me dites qu'il y en a
environ 10 000 qui partagent mais inéquitablement, peut-être le père prend
deux du parental, ou tout ça. Puis là vous
nous dites : On estime qu'on va en avoir 10 000 qui vont partager
10-10 si on crée l'incitatif. C'est bien ça?
Mme Giguère
(Claudia) : Oui.
Mme Hivon :
Puis vous les prenez essentiellement dans celles qui déjà ont commencé à
partager puis vous en ajoutez un petit peu, un 3 000, en gros.
Mme Giguère
(Claudia) : Oui, bien, pour les prochaines années, c'est ça. Puis,
comme on disait, là c'est progressif. Donc, dans nos coûts pour les années
subséquentes, on suppose une augmentation.
Mme Hivon : Parfait. Ça, c'est une hypothèse
qui est faite sur la base de quelle recherche scientifique sur
l'effet d'un boni sur la volonté de
partager? Parce que le regroupement des pères pour la valorisation de la... bien, le
Regroupement pour la valorisation de la paternité, lui, il avait l'air à penser que les choses
resteraient à peu près stables parce
que déjà on voit que la réalité,
c'est que les pères prennent peu du parental, puis donc il militait, ça, c'est
l'aspect plus politique, là, pour le congé de paternité en propre.
Mais,
vous, pour penser que cet ajout-là va changer les comportements... c'est
peut-être plus politique ou actuariel, je ne sais pas, mais sur quoi
vous vous basez?
Mme Giguère (Claudia) : Je peux répondre pour l'hypothèse. Pour l'hypothèse,
on voit déjà les tendances de fond,
puis on est beaucoup basés sur l'expérience du régime, là, puis, les tendances
de fond, on voit qu'il y a peut-être une petite tendance, mais elle est lente, à l'augmentation des... bien, du
nombre de pères qui prennent des prestations parentales puis l'augmentation du nombre de familles qui
décident de partager aussi le congé, là. Puis donc, jumelé à une mesure
incitative, on s'attend à ce que ça augmente le nombre.
M. Boulet : Puis,
juste un commentaire additionnel, c'est pour ça qu'on plaidait en faveur de la
progressivité de notre mesure, alors
que l'ajout d'une semaine de paternité, il y a une incidence qui est directe,
qui est précise et qui est facilement
calculable, qui est estimée à 48 millions. Donc, je pense qu'on atteint le
même objectif mais graduellement dans le temps.
Mme Hivon :
Bien, il y a un enjeu de coût, là. Ça, je pense qu'on le voit tous, là.
Puis,
juste pour être certaine, moi, j'étais sous l'impression qu'il y avait
80 % des pères, il me semble, c'est un chiffre qu'on a entendu beaucoup, qui prenaient le congé de paternité.
Là, tantôt, vous avez dit 70 %, mais j'ai peut-être mal compris,
70 % des pères prennent...
Mme Giguère (Claudia) : Oui, c'est parce que le chiffre de 80 % a
déjà circulé, vous avez raison de l'avoir déjà entendu, c'est quand on prend nos familles admissibles au RQAP. Donc,
chaque année, on a environ 84 000 naissances, puis on en a à peu près 74 000,
75 000 qui vont donner lieu à des prestations à au moins un des deux
parents. Puis, quand on regarde
seulement ces familles admissibles là puis qu'on les sépare en sous-groupes, le
sous-groupe qui inclut le père, et le père et la mère, là, dans le fond,
c'est 80 %.
Hivon :
Quand les deux sont admissibles.
Mme Giguère
(Claudia) : C'est ça. Bien, les deux admissibles ou le père seul,
ensemble, là, ces deux sous-groupes-là
ensemble, ça donne 80 % des naissances couvertes par le RQAP, mais, si on
le rapporte sur les naissances totales au Québec, là, ça donne
70 %, d'où les deux chiffres.
Hivon :
O.K. Excellent, très limpide, vous m'avez éclairé ça.
Moi,
je voulais juste... En terminant, la fiche qui est sur les projections
financières du fonds 2020-2023, donc, si toutes choses demeuraient égales en 2023, on aurait un surplus de
814 millions. Si on fait exactement ce qui est proposé comme mesures, on aurait un surplus de
536 millions. Mais là vous nous arrivez avec votre courbe C
correspondant à la courbe à ajuster
pour tenir compte à la fois des coûts projetés du p.l. n° 51
et des effets réels et anticipés de la pandémie sur le fonds jusqu'au
31 décembre 2001. En avez-vous parlé ce matin, de ça?
Hivon :
O.K. Excusez-moi si...
Boulet : En fait, la pandémie a eu un impact important sur le fonds
parce qu'il y a eu une baisse de cotisation en raison des mises à pied, des licenciements, des fermetures d'entreprise
et une augmentation des prestations. On a une autre fiche où on a les
chiffres plus précis en termes de... Regarde bien, je vais te le trouver.
Hivon :
Essentiellement, ça...
Boulet : Juste à la page précédente, on anticipe... Bien, les
fermetures d'entreprise, les mises à pied ont généré des pertes
d'environ 80 millions pour les cotisations, puis il y a eu une
augmentation de 35 millions des prestations. Évidemment, ce n'est pas terminé, ça va perdurer pendant un certain
nombre de temps. C'est pour ça que la courbe C tient compte à la
fois du p.l. n° 51 et de l'effet de la pandémie.
Hivon :
C'est beau.
M. Boulet :
Est-ce que c'est... Ça va, Claudia?
Mme Giguère
(Claudia) : Oui.
Hivon :
Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Leduc : ...questions en provoquent d'autres par la suite. Tantôt,
quand on discutait, donc, sur le nombre de familles qui seraient susceptibles d'utiliser la nouvelle mesure,
toujours sur le 10-10 plus quatre, on
a bien cerné, je pense, là, la question pour 2021, les 3 000 familles qui partagent déjà 10-10 qui se qualifieraient,
donc le 10 000 familles qui seraient susceptibles de se qualifier parce qu'ils partagent déjà un certain
nombre, ça nous donne un total de 13 000 familles, toujours sur 50 000 familles environ, c'est ça?
Donc, 13 000 sur 50 000, c'est notre ratio d'utilisation de cette
mesure-là l'année 1, l'année 2021.
Donc, si je projette, maintenant, pour 2025, si on est rendus à 61 millions
d'estimation, on est à combien de familles qui l'utiliseraient en 2025?
Mme Giguère (Claudia) : À peu près une sur trois qu'on a supposé, donc
17 000 familles sur les 50 000, 33 %.
M. Leduc : O.K. Est-ce que vous
faites des projections à plus long terme que ça?
Mme Giguère
(Claudia) : Pour l'instant, on n'en a pas fait.
M. Leduc :
J'ai compris plus loin que c'est, quoi, sur cinq ans que vous faites ça.
Mme Giguère
(Claudia) : Oui, dans le prochain rapport actuariel, il va y avoir des
projections jusqu'à la fin de l'année 2024.
M. Leduc :
Puis, quand vous faites des projections, j'imagine qu'il y a des fourchettes
plus optimistes, moins optimistes. Ce
que vous nous présentez, c'est quoi? La somme un peu? C'est le milieu? Est-ce
que le un tiers d'utilisation en 2025, c'est la fourchette optimiste, la
fourchette régulière?
Mme Giguère
(Claudia) : C'est notre meilleur estimé dans...
M. Leduc :
C'est en haut de la fourchette.
Mme Giguère
(Claudia) : Non, au centre, en fait, oui.
M. Leduc :
O.K., parfait, c'est bon. Puis donc, dernière question, si... En ouverture,
vous m'avez dit qu'une semaine de congé
parental coûtait environ 37 millions mais que l'application de ces quatre
nouvelles semaines de bonus pour 2021
coûtait 40 millions, c'est donc qu'on estime que ça ne sera pas... Si ça
coûte 37 millions une semaine, mais là qu'il y en a quatre d'offertes, mais que le coût du programme coûte
quasiment le même prix que si c'était juste une semaine, on est dans le
ratio ici de 13 000 sur 50 000.
Mme Giguère
(Claudia) : C'est parce qu'on a à peu près 25 % des familles, la
première année, qui vont se qualifier. Donc, c'est à peu près...
M. Leduc :
O.K., c'est parfait. Je n'étais pas si mauvais dans mes statistiques au cégep.
C'est bon, ça a servi. Merci beaucoup.
M. Boulet :
On pourra, Mme la Présidente... Tu sais, s'il y a d'autres questions qui
sont... Vous en avez une autre?
M. Boulet :
Non, mais on pourra aussi, quand on... Moi, j'anticipe qu'on commence l'étude
détaillée
article par article, là,
cet après-midi, là, dans les meilleurs délais, mais ça ne veut pas dire qu'il
n'y aura pas d'autres questions, là, sur la situation financière. Je
pense qu'on va en parler de façon épisodique, là, dans notre commission
parlementaire, mais on peut peut-être aller encore un peu... Oui.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci, M. le ministre. On s'était donné une
heure. Là, je sais qu'il y en a deux autres
qui ont des questions. Alors, on va y aller avec la députée Westmount—Saint-Louis, et je sais que le député de
Nelligan a une autre question aussi, puis après ça on évaluera. Merci.
Mme Maccarone :
Merci. Moi, ma question, c'est aussi pour expliquer l'écart. Vous avez
mentionné qu'une semaine de congé de
maternité, c'est 37 millions, mais 48 millions pour une semaine de
paternité. Qu'est-ce qui explique l'écart entre les deux?
Mme Giguère (Claudia) : En fait, une semaine de congé parental coûte
moins cher qu'une semaine de paternité pour
deux raisons. En fait, elle est à 55 % de remplacement de revenus au lieu
de 70 %, donc ça fait que le coût est moins élevé, mais il y a la... Puis la semaine de congé de paternité est
seulement utilisée par des hommes, et les hommes ont des revenus assurables plus élevés, tandis que les
semaines de congé parental sont utilisées soit par des pères ou des
mères, donc ça diminue un peu le coût.
Maccarone : La vérité fait mal, Mme la Présidente, la vérité fait mal.
Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Alors, député de Nelligan.
Derraji : Je ne vais pas
abuser de la gentillesse du ministre, parce que je sais qu'il tient à commencer l'étude
article par article, et moi aussi, donc j'ai une seule question.
Page 7, vous avez mis l'estimation du coût annuel à 30 millions,
j'imagine, c'est le minimum, et le coût
maximal possible, environ 80 millions. Ça, c'est pour les 78 semaines. Et,
pour la semaine additionnelle en cas de partage suffisant des prestations
parentales, vous avez mis 40 minimum et 61 max. Donc, ça, c'est votre
intervalle où vous jouer un minimum-max.
ma question est la suivante : Par
rapport aux deux minimums, c'est quoi,
le pourcentage par rapport au... je veux dire, clientèle ciblée, min
et max?
M. Boulet :
Mon Dieu! Ce n'est pas coût minimum et coût maximum, c'est coût estimé en 2021,
40, et coût estimé en 2025, 61.
Mme Giguère (Claudia) : Oui, c'est
ça, oui. Dans ce cas-là, c'était pour montrer le côté progressif de cette mesure-là tandis que la première, vous avez
raison, c'est vraiment le coût maximal. On voulait vous donner une idée.
Ça, ça voudrait vraiment dire que, si tous
les parents prestataires du RQAP, demain matin, se mettaient à utiliser la
totalité des semaines, alors que présentement c'est 80 % des familles qui
utilisent la totalité, ça coûterait 80 millions.
M. Derraji : O.K., désolé.
Boulet : C'est pour ça que, le changement de culture et de
comportement parental, on anticipe qu'il soit graduel, là, je répète
souvent ça, là, mais c'est ce qui explique que les coûts estimés augmentent
année après année.
Derraji : Je l'ai bien entendu. Moi, c'est la projection du 30 à 80,
parce que c'est comme... Moi, quand j'ai vu 30 à 80, il n'y a pas de
date, ça m'a interpelé, donc...
M. Boulet : Ça, c'est l'étalement,
Derraji : Oui, oui, c'est excellent, mais l'étalement, ce n'est pas
clair. Est-ce que l'étalement, c'est sur cinq ans? Est-ce que vous avez un plan sur cinq ans? Et là
la question : Comment on va arriver à 80? Parce que c'est quand
même une bonne augmentation. Tant mieux, je ne dis pas le contraire, tant mieux
si on va arriver à ça, mais éclairez-nous.
Giguère (Claudia) : On ne
s'attend pas que le coût atteigne 80 millions, en fait. C'était seulement
pour vous montrer un peu la...
M. Boulet : La fourchette.
Giguère (Claudia) : ...le
côté extrême, la sensibilité à l'extrême de la mesure, mais on ne pense pas
que ça n'arrive jamais que les prestataires
au RQAP, dans la totalité, utilisent toutes les prestations, parce qu'il y en a certains qui ont des raisons
professionnelles, ou peu importe, tu sais, des travailleurs autonomes.
Boulet : Non, mais
l'étalement, Claudia, va faire en sorte que les parents vont utiliser plus de
semaines de prestations, c'est ça
qui... Et c'est une estimation de coût annuel, le 30 millions. Et, si c'était utilisé en totalité, en raison de cet étalement-là qui est maintenant
permis sur un an et demi, l