House Proceedings — 3 December 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)
2025-12-03
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
chers collègues. Veuillez prendre place.
Nous sommes
maintenant à la rubrique Déclarations de députés, et je cède la parole à Mme la
députée de Soulanges.
Mme Picard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je tiens à souligner l'engagement
exceptionnel d'un citoyen, M. Murray Levine, dont l'action bénévole
s'étend sur plus de 35 ans de service au bien commun.
Depuis 1988, M. Levine oeuvre avec
dévouement pour promouvoir la générosité, la solidarité et la participation
citoyenne. Visionnaire, il a été parmi les premiers au Québec à encourager la
collecte de fonds entre pairs, un modèle devenu incontournable pour des
milliers d'organismes au Québec.
Devant ce constat que le Québec demeure au dernier
rang canadien en matière de dons et de bénévolat, M. Levine aimerait
développer un moyen accessible permettant à l'ensemble des citoyens d'être
facilement invités à chaque mois à soutenir un organisme de leur choix ou à
s'engager comme bénévoles. Cette initiative pourrait générer des retombées
majeures pour nos organismes communautaires.
Je souhaite
reconnaître aujourd'hui non seulement l'esprit d'innovation de M. Levine,
mais aussi sa persévérance et son attachement profond au tissu social
québécois. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Cette année marque le 45e anniversaire de l'école À pas de géant,
à Montréal, une institution unique et extraordinaire qui transforme la vie des
jeunes enfants et jeunes adultes atteints d'un trouble du spectre de l'autisme
depuis près d'un demi-siècle.
Depuis sa création, À pas de géant offre des
programmes éducatifs innovants et un soutien personnalisé qui permettent à ces
jeunes de développer leur autonomie, leur confiance et leur plein potentiel
selon leurs capacités. Mais À pas de géant ne se limite pas à ces programmes. Elle
contribue aussi à bâtir une communauté plus inclusive où chaque personne est
valorisée et peut s'épanouir pleinement.
Giant Steps' commitment to
specialized education, life skills development, and social integration makes a real difference in the daily lives
of young people on the autism spectrum and their families, helping them face
challenges with resilience and hope.
Aujourd'hui, je tiens à féliciter toute l'équipe
d'À pas de géant, passée et présente, pour 45 années de dévouement,
de créativité et d'innovation. Ensemble,
honorons leurs réalisations et renouvelons notre engagement envers l'inclusion,
l'égalité et l'autonomie. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Rouleau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Quelle fierté d'être avec vous aujourd'hui pour célébrer les
40 ans du CRP Les Relevailles de Montréal!
Depuis quatre décennies, cet organisme
accompagne, soutient et inspire des milliers de femmes, de parents et de
familles dans cette période si unique que sont la maternité et la petite
enfance.
Les Relevailles, c'est bien plus qu'un centre de
ressources. C'est une communauté de bienveillance, un lieu où l'on se sent
accueilli, écouté, soutenu. Grâce à la passion de vos intervenants, de vos
bénévoles et de vos partenaires, chaque parent trouve dans cet espace un lieu
pour souffler, créer des liens et avancer avec confiance.
40 ans d'histoire,
c'est 40 ans d'amour, de résilience et de solidarité. Joyeux 40e anniversaire
et longue vie au CRP Les Relevailles de Montréal! Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Nous sommes en
pleine campagne des 12 jours d'action contre les violences faites aux
femmes, et la réalité nous frappe en pleine face.
Il y a quelques jours, ma collègue Ruba Ghazal a
rendu publique une série de messages haineux et violents qu'elle a reçus. Ce qu'elle vit, trop de femmes le
vivent : menaces, insultes, tentatives de nous faire taire. Et cette
violence, elle affecte aussi nos proches.
Accepter ces attaques, qu'elles soient en ligne,
à la maison, dans nos institutions ou dans la rue, ce n'est pas normal. En
fait, c'est criminel.
C'est encore pire pour certaines femmes, qu'elles
soient autochtones, immigrantes et trans, elles subissent ces violences de
façon exponentielle.
Les femmes se sont toujours levées, puis on va
continuer de le faire.
Être solidaires, c'est refuser la haine, que
cette haine devienne banale. C'est refuser de se taire.
Alors, en ces
12 jours et toutes les autres journées de l'année, je tiens à dire haut et
fort aux agresseurs et à leurs complices : Tenez-vous-le pour dit,
on ne sera pas silencieuses.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Chauveau.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Aujourd'hui, je souhaite rendre hommage à Rafaëlle
Carrier, une jeune cycliste de Lac-Beauport qui se distingue par son talent, sa
détermination et, évidemment, par ses performances exceptionnelles. Je souligne
d'ailleurs sa présence dans nos tribunes, où elle est accompagnée de ses
parents, Philippe Carrier, Julie Sirois, et de sa grand-mère, Rolande Bérubé.
En cyclocross, elle a terminé première au
classement de la coupe du monde, remportant deux compétitions, en plus de s'adjuger une médaille aux championnats du
monde. En vélo de montagne, Rafaëlle a conquis le
titre de championne
panaméricaine de cross-country au Costa Rica. Et, en vélo sur route, elle a
remporté le championnat canadien, en Beauce, en battant au passage la numéro un
mondiale.
Rafaëlle, je veux te souhaiter tout le succès
possible dans la poursuite de tes ambitions sportives. Je serai devant mon écran, dans quelques années, pour entendre,
lors des Jeux olympiques : Médaille d'or, Rafaëlle Carrier, du Canada. Merci
beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Rafaëlle, au nom de la présidence, toutes nos félicitations! Vous nous rendez
fiers. Une jeune comme vous, au Québec, on en a besoin. Bravo! Merci, M. le
député.
Maintenant, je cède la parole à Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis
Mme Maccarone : L'extorsion,
au Québec, a atteint un niveau jamais vu : incendies criminels, cocktails
Molotov, fusillades, menaces. Ce ne
sont plus des faits divers, c'est une crise qui frappe nos commerces, nos
travailleurs et nos familles.
Partout, Montréal, Laval, la Rive-Sud, les
régions, des entrepreneurs vivent dans la peur. Des commerces ferment, des
emplois se perdent, des assureurs se retirent, et des quartiers entiers sont
traumatisés. Pendant ce temps, les groupes criminalisés opèrent tranquillement,
profitant des failles et du manque de coordination de l'État.
Depuis
l'arrivée de la CAQ, les comités de concertation entre l'industrie, les
policiers et la SQ se sont effondrés, malgré leur succès. On a laissé
tomber des mécanismes essentiels de prévention, d'échange d'information et
d'action rapide. Résultat, les établissements se retrouvent seuls en première
ligne.
Il est urgent de restaurer ces comités et
d'exiger un véritable plan d'action pour protéger les citoyens. La peur ne peut
pas devenir la normale. Les Québécois méritent mieux. Il est temps d'agir.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Blainville.
M. Laframboise : Merci, Mme la
Présidente. Il me fait grand plaisir, aujourd'hui, de célébrer un anniversaire des plus remarquables, 50 ans d'engagement,
de solidarité et de vie communautaire du Club de l'âge d'or
Le Blainvillois, qui a un impact majeur sur la vie de plusieurs
personnes de notre communauté.
Fondé le 24 octobre
1975 par MM. Gabriel Franc, Oliva Tassé et Gilbert Chevalier, ce club
compte 246 membres. Il a pour mission d'offrir des activités
sociales, récréatives et de bienfaisance aux personnes de 50 ans et plus,
dans le but de les divertir et de les sortir de leur isolement. Ces activités
permettent l'enrichissement de l'esprit et de favoriser le développement du
respect, de la tolérance et de l'entraide.
Grâce à des bénévoles dévoués et à des membres
passionnés, le club est devenu un véritable pilier social et un lieu de
rassemblement.
Je tiens donc à saluer chaleureusement tous
celles et ceux qui, au fil des ans, ont fait grandir cette organisation par
leur temps, leur énergie et leur générosité, et plus particulièrement le
conseil d'administration et son président, M. Alain Boudreault.
Longue vie au Club de l'âge d'or
Le Blainvillois et à tous ses membres!
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député d'Abitibi-Est.
M. Dufour : Mme la Présidente,
dans la vie, il y a des personnes qui exercent un métier et d'autres qui
transcendent le métier qu'ils exercent. La personnalité que je vous présente
aujourd'hui est dans la deuxième catégorie. Il s'agit de M. Normand
Demers, aujourd'hui ex-propriétaire du IGA de Malartic, qui vient de prendre sa
retraite, le 30 novembre.
Au-delà de son travail, il est un acteur
incontournable lorsque vient le temps d'organiser et de participer à un
événement dans sa ville. Que ce soit pour le golf, le gala de l'entreprise, le
Festival Western de Malartic, une activité communautaire, Normand est toujours
présent et impliqué.
Fait d'armes notoire, cet été, pour le 25e anniversaire
du festival western, il avait pris le pari de remplir l'aréna pour le Souper du
Cowboy. Eh bien, ce fut un succès total, avec plus de 1 000 repas
servis et une soirée musicale agrémentée par la présence de la chanteuse
country Guylaine Tanguay.
Normand, ta retraite professionnelle est
officielle, mais pas celle de tes implications. Au plaisir de te côtoyer en
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de Côte-du-Sud.
M. Rivest : Merci, Mme la
Présidente. Quel beau moment pour témoigner du respect et de l'affection dédiés
à nos équipes de circonscription!
Le travail sur le terrain auprès des concitoyens
avec un député à l'Assemblée nationale n'est pas toujours de tout repos. Alors,
aujourd'hui, je prends ce temps de saluer leur engagement auprès des
municipalités, des familles, des entreprises, des groupes communautaires, des
citoyens et des partenaires de tout un territoire afin de les aider dans leurs
défis et leurs enjeux.
Profiter de cette période des fêtes qui s'amorce
afin de leur offrir une fleur, un bel emballage, un chocolat qui fait du bien et qui démontre combien votre
dévouement est apprécié. Je souhaite le partager avec vous ici, où il nous est permis
de souhaiter le mieux pour notre population.
Merci à Jocelyne, Caroline, Alain, Hamilton. Je
partage cet hommage assurément avec tous mes collègues ici rassemblés.
Salutations spéciales à Dominique Gaudreau,
conseillère politique, et son conjoint, en tribune.
Je nous
encourage à garder cette fougue nécessaire à la fonction et, pourquoi pas, nous
souhaiter de relever tous les défis qui s'approchent. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Mme Soucy : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je suis fière de saluer la réussite d'une entreprise
familiale de chez nous, à Saint-Hyacinthe, Bio Biscuit.
Fondée il y a près de 30 ans, l'entreprise
vient de recevoir une mention aux prix Performance Québec 2025 dans la
catégorie PME manufacturière indépendante. Ces prix représentent la plus haute
distinction accordée par le gouvernement du Québec aux entreprises qui
appliquent les meilleures pratiques de gestion.
Ce qui distingue Bio Biscuit? Ses standards
rigoureux de qualité et d'innovation et son procédé de cuisson unique pour sa
nourriture et ses gâteries pour animaux, appréciées ici comme à
l'international.
Je tiens à saluer chaque membre de l'équipe,
dirigeants, employés et partenaires, qui contribuent à cette réussite. Votre
talent et votre engagement méritent d'être célébrés. Votre entreprise illustre
parfaitement l'innovation et la vitalité de notre pôle agroalimentaire
maskoutain. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Bonaventure.
Mme Blouin : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, aujourd'hui, je souhaite souligner les 40 ans
d'existence du Centre d'action bénévole de Saint-Siméon—Port-Daniel,
un organisme qui est solidement implanté à Paspébiac et qui fait une réelle
différence auprès des gens de chez nous.
Sa mission dépasse la promotion de l'action
bénévole. C'est plutôt un espace où se créent des liens et où on travaille à
briser l'isolement.
Grâce à cet
organisme, des centaines de personnes aînées ont accès à des repas à faible
coût, à de l'accompagnement à leurs
rendez-vous médicaux ainsi qu'à de l'accompagnement à des visites amicales.
Pour les nouveaux parents, il y a aussi un service de soutien qui est
offert pour qu'ils puissent vivre leur parentalité avec l'appui de la
communauté.
Alors, c'est une véritable vocation pour toute
l'équipe, de soutenir les aînés et les jeunes familles, et c'est aussi un bel
exemple de toute l'importance du bénévolat dans notre communauté, puisque c'est
grâce à cette implication que ces services existent.
Et, en
terminant, je tiens à souligner le travail exceptionnel de la directrice,
Nathalie Bujold, qui met tout son coeur au quotidien pour la communauté.
Alors, je la félicite, elle et toute son équipe, pour leur travail remarquable.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant la parole
à Mme la députée de Brome-Missisquoi.
Mme Charest : Merci, Mme la
Présidente. Je souhaite souligner le travail des MRC Brome-Missisquoi et de
La Haute-Yamaska, dont le projet de mobilité interrégionale a été
récompensé lors du Gala des Prix d'excellence en environnement des
Cantons-de-l'Est.
Cet honneur vient mettre en lumière le circuit
d'autobus Brome-Yamaska, qui relie pour la première fois nos deux territoires
par une offre de transport collectif. Cette initiative témoigne du leadership
de nos deux MRC, qui ont mobilisé
l'expertise de leurs équipes pour ce projet. En alliant leurs forces, elles ont
su répondre aux besoins en mobilité durable de nos communautés. À
titre
d'exemple, il est maintenant plus facile de se rendre vers les établissements
d'enseignement, de se déplacer vers les zones d'emploi ou de se diriger vers
les services de santé.
Je suis également fière que ce projet ait été
rendu possible grâce au soutien de notre gouvernement par le programme
Signature innovation, du Fonds régions et ruralité, ainsi qu'avec la
collaboration financière de la MRC de La Haute-Yamaska.
Bravo à tous les partenaires qui ont contribué à
ce projet, et longue vie au circuit Brome-Yamaska! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci beaucoup, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux
quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
Vice-Président (M. Benjamin) : Mmes et MM. les députés, bonjour. Nous allons maintenant nous recueillir
quelques instants.
J'ai le plaisir de souligner la présence, dans
les tribunes, de l'ambassadeur de la République du Kazakhstan, Son Excellence
M. Dauletbek Kussainov, à l'occasion de sa visite officielle.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Bonjour,
M. le Président. Je vous demanderais, s'il vous plaît, d'appeler l'article a du
feuilleton.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
À l'article a du feuilleton, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve présente le
projet de loi n° 195, Loi limitant le recours aux services d'une agence de
placement de personnel et à de la main-d'oeuvre indépendante dans le secteur
des services de garde éducatifs à l'enfance. M. le député.
M. Leduc : Merci, M. le
Président.
Ce projet de loi limite et encadre le recours
aux services d'une agence de placement de personnel et à de la main-d'oeuvre
indépendante dans le secteur des services de garde éducatifs à l'enfance.
Le projet de loi interdit à un prestataire de
services de garde éducatifs subventionnés de recourir à de la main-d'oeuvre
indépendante et aux services d'une agence de placement de personnel, sauf si
celle-ci est un organisme à but non lucratif ou une coopérative. Il prévoit
toutefois que le gouvernement peut prévoir, par règlement, des exceptions à
cette interdiction pour un territoire ou un corps de métier donné.
Le projet de loi encadre les activités des
agences de placement qui louent les services d'un membre de leur personnel à un
prestataire de services de garde éducatifs à l'enfance et confère certains pouvoirs
réglementaires au gouvernement à cet égard.
Enfin, le projet de loi prévoit que le
gouvernement peut, par règlement, déterminer dans quelle mesure le responsable
d'un service de garde éducatif en milieu familial peut recourir à de la
main-d'oeuvre indépendante.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : ...M. le
Président, je dépose la réponse à la question inscrite au feuilleton le
4 novembre par la députée de Chomedey. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Ce document est déposé.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de la
culture et de l'éducation et député de LaFontaine.
M. Tanguay : Merci, M. le
Président. Je dépose le rapport de la Commission de la culture et de
l'éducation qui, le 2 décembre 2025, a procédé à l'étude détaillée du
projet de loi n° 108, Loi modifiant la
Loi sur la Société de développement
des entreprises culturelles afin de moderniser son offre de services financiers
et de reconnaître le domaine de la créativité numérique. La commission a adopté
le texte du projet de loi sans amendement.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Ce
rapport est déposé. M. le président de la Commission des finances publiques et
député de Blainville.
M. Laframboise : M. le
Président, je dépose le rapport de la Commission des finances publiques qui,
les 25, 26 et 27 novembre et le 2 décembre 2025, a tenu des audiences
publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet de loi
n° 7, Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître l'efficacité de
l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts fonctionnaires.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Ce
rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée
de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 266 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les familles d'accueil de type
banque mixte n'obtiennent pas toujours l'adoption de l'enfant qui leur est
confié, d'autres projets de vie pouvant être retenus par le tribunal, tels que
le placement jusqu'à la majorité ou la tutelle;
«Considérant que ces enfants sont placés afin de
bénéficier d'un environnement stable et sécurisant;
«Considérant qu'il est essentiel de favoriser un
lien d'attachement de ces enfants avec leur nouvelle famille, mais aussi de
leur permettre d'intégrer rapidement un service de garde éducatif pour
développer leurs habiletés sociales et leur autonomie;
«Considérant que les places en CPE et en
garderies subventionnées sont limitées, et que le Programme de réservation de
places pour les enfants vulnérables ne permet plus à la DPJ d'y référer directement
des enfants, cette responsabilité ayant été transférée aux CISSS et CIUSSS via
les CLSC;
«Considérant que, malgré l'accès à un congé
parental pour adoption, certaines familles d'accueil ne peuvent réintégrer le marché du travail faute de place subventionnée,
et que le recours à une garderie non subventionnée engendre des frais
importants, sans droit au crédit d'impôt pour frais de garde;
«Considérant que les enfants placés sous
ordonnance de tutelle ou jusqu'à la majorité ne sont pas admissibles au crédit
d'impôt, limitant leur accès à des services essentiels, tels que les camps de
jour spécialisés;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec de modifier les dispositions fiscales afin que les familles soient
admissibles au crédit d'impôt pour frais de garde prévus par la
Loi sur les
impôts.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition. Merci.
Vice-Président (M. Benjamin) : Cet extrait de pétition
est déposé. M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci,
M. le Président. Je veux remercier et saluer la présence de représentants,
représentantes du collectif Le Québec c'est nous aussi, avec nous
aujourd'hui.
Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
26 653 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le Programme de l'expérience
québécoise (PEQ) constituait un programme d'immigration de choix qui a fait la
réputation du Québec partout à l'international depuis plus d'une décennie;
«Considérant que le volet du programme destiné
aux diplômés permettait l'intégration au Québec de talents d'exception
francophones formés dans nos institutions scolaires prêts à intégrer rapidement
le marché du travail;
«Considérant que le volet du programme destiné
aux travailleurs permettait de pérenniser l'apport considérable de ces
travailleurs francophones possédant déjà une expérience de travail qualifiée au
Québec;
«Considérant que ces
résidents temporaires sont arrivés au Québec alors que les programmes d'accès
au PEQ étaient clairs, qu'ils ont respecté toutes les règles du MIFI et qu'ils
ont agi de bonne foi en mettant tout en oeuvre pour s'enraciner dans leur
nouvelle communauté;
«Considérant
que la suppression du PEQ sans préavis a des impacts majeurs sur leur vie et
est source de profonde détresse pour des milliers de personnes qui
étudient et travaillent au Québec;
«Considérant que le Programme de sélection des
travailleurs qualifiés n'offre aucune prévisibilité et que la très grande
majorité de ceux autrement admissibles au PEQ n'y seront jamais invités;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec :
«D'annoncer
la réouverture immédiate des deux volets du PEQ et d'en prévoir un nombre
d'admission permettant un traitement régulier des demandes; ou
alternativement
«De mettre en
place une clause de droit acquis pour toutes les personnes qui se trouveraient
au Québec à
titre de résident temporaire au jour de l'annonce de
l'abolition du PEQ.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
J'ai été
avisé qu'après la période des questions et réponses orales il pourrait y avoir
un vote requérant l'approbation des deux tiers des membres de
l'Assemblée.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et réponses orales, et je cède la parole au chef de l'opposition
officielle.
M. Fortin : M. le Président, on est mercredi le 3 décembre, et
aujourd'hui, comme hier, puis comme demain, il y a des milliers de Québécois
qui vont recevoir une lettre de leurs médecins, une lettre comme
celle-là : «Chers patients, chères patientes, c'est avec beaucoup
d'émotion que je vous annonce aujourd'hui que je quitterai ma pratique de
médecine familiale à compter du 28 février 2026. Je comprends que ceci
peut susciter de nombreuses inquiétudes. Étant dans l'impossibilité de trouver
un remplaçant qui peut prendre en charge ma patientèle, vous devrez vous
inscrire sur la liste d'attente du Guichet d'accès à un médecin de famille, et
vous pourrez le faire à partir du 1er mars 2026.»
Ça, M. le Président, c'est la lettre envoyée à
environ 1 000 patients de la clinique médicale Delta Santé par une
médecin qui a à peu près 50 ans. Les patients l'ont reçue hier, et la dame
qui nous l'a fait parvenir nous a dit que le médecin en question, c'est son
médecin, c'est le médecin de son mari, c'est le médecin de son bébé de six
mois, c'est le médecin de son père et c'est le médecin de sa mère. À chaque
fois qu'il y a une lettre comme celle-là, c'est des familles complètes qui
perdent accès au réseau de la santé. Puis cette lettre-là, c'est le résultat
direct de la loi n° 2, adoptée par bâillon, sans débat, par le
gouvernement de la CAQ. Ils avaient un médecin, ces gens-là. Grâce à la CAQ,
ils n'en ont plus.
Là, ils veulent des réponses, parce que, quand
ils ont voté la dernière fois, jamais le premier ministre ne leur a dit qu'il
leur retirerait leur médecin de famille.
Qu'est-ce qu'il a à répondre à ces gens-là?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : M.
le premier ministre.
M. Legault : Oui,
M. le premier... M. le Président. C'est moi, le premier ministre. J'allais
dire que j'espère qu'on ne va pas se chicaner comme vous vous êtes
chicanés avec l'autre députée libérale, là, mais...
Bon, écoutez,
revenons... revenons au sujet de la question du député de Pontiac, qui
représente Pablo Rodriguez... Ah!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Mme
la leader.
Mme Setlakwe : M. le
Président, 35.1°. Je rappellerais qu'on doit désigner nos collègues par leurs
titres. Mon collègue de Pontiac, il est le chef parlementaire de l'opposition
officielle. Et je demanderais au premier ministre de s'élever à la hauteur de
sa fonction.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : S'il
vous plaît! Écoutez, j'ai compris. Collègues, nous allons faire ça
correctement, donc on va s'appeler
par leurs titres. Ça commence bien, on va terminer très bien. Poursuivez, M. le
premier ministre.
M. Legault : Bien, M. le Président, je
voudrais qu'on s'entende, là. J'ai dit : Le député de Pontiac, qui
représente Pablo Rodriguez.
Est-ce que c'est correct pour vous, ça? Est-ce que c'est devenu une insulte de
prononcer le mot «Pablo Rodriguez»?
Bon, revenons aux
médecins de famille, M. le Président. Il y a des centaines de milliers de
Québécois qui n'ont pas accès à un médecin de famille. Puis, quand je dis «pas
accès», il y en a qui n'en ont pas, de médecin de famille, puis il y en a qui
en ont un mais qui n'est pas disponible quand ils sont malades, quand il y a un
cas plus léger où ils devraient voir leurs
médecins de famille plutôt que d'aller attendre à l'urgence. Je pense qu'on est
tous d'accord avec ça, que ça n'a pas de bon sens qu'on ait autant de
Québécois qui n'aient pas accès à un médecin de famille. Je pense qu'on est tous d'accord aussi pour dire : La façon
de changer cette situation-là, c'est qu'on doit changer le mode de
rémunération.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : ...complémentaire.
M. Fortin : Le premier ministre, il fait comme si les gens devraient le
remercier de la loi n° 2, mais, les gens qui ont reçu cette lettre-là et
tous les autres, là, c'est des mots d'église qui sortent de leur bouche, ce
n'est pas des remerciements ni pour la CAQ, ni pour le premier ministre, ni
pour le ministre de la Santé. Puis les patients des cliniques qui ferment,
comme le GMF de Hudson ou encore la clinique de Grand-Remous, bien, ils ne
remercient pas le premier ministre non plus. À Grand-Remous, là, il n'y en a
pas d'autres, options.
Qu'est-ce qu'ils sont
supposés faire quand leur clinique ferme?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Donc, je continue,
M. le Président. Des centaines de milliers de Québécois n'ont pas accès à un
médecin de famille. Tous les experts sont d'accord, puis je pense que c'est
même dans la plateforme du Parti libéral, que, pour changer cette situation-là,
il faut changer le mode de rémunération des médecins de famille.
Gaétan Barrette a essayé.
Gaétan Barrette a déposé un projet de loi, et, face aux menaces des
médecins, le premier ministre Philippe Couillard a reculé, OK, et a
dit : Bon, bien, écoutez, on va continuer avec le statu quo puis on va
continuer avec des centaines de milliers de Québécois...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Le premier ministre qui nous rappelle que c'est des
menaces. Les gens qui ont reçu ces lettres-là, ils ne pensent pas que c'est des
menaces, des menaces. Ce qu'ils comprennent, c'est qu'il y a un fait, qu'ils
viennent de perdre leurs médecins, qu'ils vont retomber sur une liste, qu'ils
vont devoir attendre, qu'ils ne savent plus à qui parler pour avoir accès au
réseau de la santé. C'est des dizaines de milliers de Québécois de partout au
Québec qui perdent l'accès aux médecins.
Je comprends que le
premier ministre, c'est quelqu'un qui a de l'orgueil, dans la vie, mais son
gouvernement, il doit admettre, là, qu'il fait plus de tort que de bien en ce
moment.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le premier ministre.
M. Legault :
Bien, M. le Président, revenons à ce qui s'est passé, parce que beaucoup de
provinces ont changé le mode de rémunération,
nous, on en parle depuis 25 ans, puis tous les gouvernements, que ce
soient des gouvernements du PQ ou du Parti libéral, ont reculé.
Maintenant, le chef
de l'opposition officielle nous dit : Menaces. Pourquoi Philippe Couillard
a-t-il reculé devant la proposition de Gaétan Barrette de changer le mode de
rémunération des médecins de famille? Est-ce qu'il peut nous le dire? Il était
là, dans le gouvernement, le député de Pontiac. Pourquoi Philippe Couillard
a-t-il reculé? Est-ce que c'est parce qu'il y avait des menaces?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le député de Pontiac. Troisième
complémentaire.
M. Fortin : Là, on va être clairs, là. La CAQ a mis en place la loi n° 2,
le Parti québécois veut garder la loi n° 2, et c'est une hécatombe,
en ce moment, cette loi-là. Hier, l'association des médecins de Montréal a dit
qu'il y avait potentiellement 400 000 Québécois qui perdraient leurs
médecins, 400 000 personnes juste à Montréal. Si le premier ministre trouve qu'ils exagèrent, là, on peut le couper de
moitié, on peut le couper du trois quarts. Dans quel monde il accepte que
100 000 Montréalais perdent leurs médecins?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, il y a plus de 500 000 Québécois qui n'ont pas
de médecin de famille ou accès à un GMF. Que propose Pablo Rodriguez? Que
propose Pablo Rodriguez? Est-ce qu'il propose de faire comme Philippe
Couillard, de reculer et de garder le statu quo, c'est-à-dire des centaines de
milliers de Québécois sans médecin de famille? Est-ce qu'on pourrait enfin
avoir une proposition de Pablo Rodriguez?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : En principale, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
M. le Président, on a déjà répondu à cette question-là du premier ministre. Le
rapport d'expert du 31 mars vous dit, M. le Président : Faites de la
coconstruction. Il ne l'a pas lu. Puis qu'il aille voir au bas de la page 41 dudit rapport, où il est dit de
revoir le mode de rémunération des médecins en concordance avec ce rapport-là.
Je cite au texte, M. le Président. Il ne l'a
pas lu. C'est ça, la position du Parti libéral du Québec, faire en sorte que
tout le monde puisse offrir les services. La solution vient du terrain.
La solution imposée de la tour d'ivoire caquiste ne marche pas sur le terrain.
Le ministre, M. le
Président, a dit, dès l'adoption sous bâillon, le 25 octobre : On se
donne huit mois pour que ça marche, huit
mois... huit semaines, huit semaines pour que ça marche. Il y en a cinq de
passées, il en reste à peine trois. Même la PDG de Santé Québec l'a dit,
on va manquer de temps.
Là, le gouvernement
caquiste doit se rendre à l'évidence. Va-t-il reculer? Parce que présentement les
faits sont les suivants : des milliers de Québécoises et Québécois perdent
leurs patients à cause de vous.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de la Santé.
M. Dubé :
Bien, en fait, je note, M. le Président, que le mot que le député de LaFontaine
vient d'utiliser, c'est le mot «reculer».
Et, non, on ne reculera pas, M. le Président, on ne reculera pas, parce que,
justement, c'est 100 % des Québécois qui doivent être pris en
charge.
Puis, l'autre lapsus,
si je peux me permettre, du député de LaFontaine, quand il parle de huit mois,
il a raison, ce n'est pas huit semaines. Lorsqu'on a déposé le projet de loi
n° 106, c'était au mois de mai, et c'est au mois de mai qu'auraient dû
commencer les discussions avec les deux fédérations. Il n'y a pas eu ces
discussions-là sur la capitation. Il n'y a pas eu de discussion sur la méthode
de capitation, la fédération ne voulait pas en parler, M. le Président.
Effectivement, ça fait huit mois que cette discussion aurait eu lieu. Tant
mieux, cette discussion-là vient de commencer, il y a quelques jours, il y a quelques
jours, parce que la loi n° 2 permettait
60 jours.
Alors, M. le
Président, soyons contents qu'il y ait un début de négociation qui se fasse par
le Conseil du trésor avec la FMOQ, et espérons que ce qui aurait dû se faire il
y a huit mois est en train de se faire présentement. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Première complémentaire.
M. Tanguay :
Ce qui se passe présentement, là, ce qui est en train de se faire
présentement, M. le Président, on va vous
donner un autre exemple, à Laval, le GMF Le Carrefour, la clinique passera de
13 à sept médecins après les fêtes.
Après les fêtes, là, c'est demain matin, M. le Président. Ils vont passer de 13
à sept médecins. Pourquoi? Les médecins partent en retraite prématurée, difficulté de recruter des nouveaux
médecins, des nouveaux facturants, M. le Président. Et ça, c'est le résultat de
leur mauvaise approche. Le 1er janvier va arriver, leur loi rentrera en
vigueur, mais elle est impraticable.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de la Santé.
M. Dubé :
Bien, écoutez, M. le Président, je pense qu'il est très clair que les
discussions qui ont lieu en ce moment, si
elles aboutissent à une entente, ce que l'on souhaite fortement, vont permettre
à des médecins, qui sont en train de prendre les décisions dont on parle, de dire que
l'entente, elle est bonne. Elle est bonne, M. le Président, parce que ce qu'on vise, c'est justement de faire des
changements majeurs, par exemple de ne pas imposer que la prise en charge soit par
un médecin, mais qu'elle soit collective, pour que l'ensemble de la GMF soit
capable de faire la prise en charge. C'est un changement majeur. C'est ça que
l'ensemble des experts disent, M. le Président. On veut le mettre en place.
Laissons les discussions continuer. Voilà.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay :
M. le Président, honnêtement, là, j'ai rarement vu ça, j'ai rarement vu ça,
un gouvernement aussi déconnecté. Les
médecins, les cliniques, les GMF, qui tiennent le réseau à bout de bras, qui
donnent des services de soins de santé à des centaines de milliers de
patients, lancent un cri du coeur, ferment. Il y en a déjà qui ont quitté.
À combien le ministre
évalue-t-il, au moment où on se parle, de milliers de Québécoises et Québécois
qui ont perdu déjà, à ce moment-là? Le sait-il? Combien de milliers de
Québécoises et Québécois n'ont plus de médecin de famille à cause de lui?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de la Santé.
M. Dubé :
Bien, moi, M. le Président, au contraire du Parti libéral, je veux être
rassurant. C'est pour, justement, que tous les Québécois aient accès à un
professionnel de la santé. C'est justement de ne pas les perdre, mais que... la
prise en charge collective. Ça veut dire qu'une personne soit affiliée, on lui
a désigné un GMF où elle peut appeler lorsque, par exemple, elle a un problème.
C'est ça qui est le gros changement.
M. le Président, je
pense que le Parti libéral le comprend, on est prêts à faire un changement. Le
Parti libéral n'a pas voulu faire ces changements-là quand c'était le temps de
le faire. Nous, on va avoir le courage de le faire. Puis j'espère que le Trésor
pourra trouver des solutions, au cours des prochains jours, avec la FMOQ.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : En principale, M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin :
M. le Président, le VG l'a démontré dans son rapport dévastateur, le
demi-plan de retour à l'équilibre budgétaire du ministre n'est pas crédible.
Seulement la moitié des efforts d'équilibre sont identifiés, et les efforts
importants sont après 2026, après la CAQ. Le VG remet même en question la
possibilité que le gouvernement arrive à
est responsable de la décote, n'est-il plus crédible? Un demi-plan, là,
après les élections.
Mais, plus grave, Mme
la... M. le Président, le VG a trouvé que le ministre sous-estime le déficit de
15 %.
Le ministre n'est-il
pas tanné d'être systématiquement rabroué par toutes les personnes sérieuses
qui analysent son travail?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, Mme la Présidente. Bien...
M. Girard
(Groulx) : Oui. M. le Président. Merci, M. le premier ministre. J'ai
eu le privilège de lire le rapport du Vérificateur général en détail, et puis,
comme je l'ai dit, on va travailler en fonction des recommandations et on
l'accueille favorablement. Mais je veux être clair : nulle part dans ce
rapport c'est dit qu'on sous-estime le déficit de 15 %. Alors, il ne faut
pas fabuler non plus, là. Il y a un rapport, il faut le lire.
Alors, le plan de
retour à l'équilibre budgétaire, oui, il y a des écarts à résorber, de
2,5 milliards, en 2029‑2030, M. le Président, mais il faudrait accepter le
contexte dans lequel on a déposé ce plan de retour, l'élection du président
américain, les menaces tarifaires. Alors, on a réussi à identifier les gestes
pour l'équilibre budgétaire comptable, et, pour
budgétaire, après Fonds des générations,
il y a un écart à résorber.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Première complémentaire.
M. Beauchemin :
Le Conference Board nous dit que notre économie va plus mal que veut nous faire
croire le ministre. Il disait que la croissance économique allait se chiffrer à
0,9 %, mais le Conference Board l'établit à 0,5 %, la pire au Canada. S&P, le Vérificateur
général, maintenant le Conference Board sont unanimes, le ministre n'est plus
crédible.
Va-t-il faire la
seule chose qu'il lui reste à faire et refaire ses calculs?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, M. le Président, voici comment on fait une prévision
économique. On consulte l'ensemble des économistes du secteur privé et on fait
notre prévision économique, et là on a un intervalle, on a... je vais prendre un chiffre, supposons qu'on a
10 prévisionnistes du secteur privé, on a des gens qui sont plus
pessimistes, plus optimistes, puis on fait une moyenne. Et nos prévisions sont
directement en ligne avec la moyenne des économistes du secteur privé. Et,
oui, le Conference Board est à la limite inférieure de l'intervalle, qui donne
une moyenne, puis un écart type, puis une kurtose, puis un biais. Et puis ce
sont les plus négatifs, alors l'opposition se sert d'eux.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Deuxième complémentaire.
M. Beauchemin : Le VG est clair, le demi-plan identifie la moitié
des efforts, le déficit est sous-évalué de 15 %. Le VG dit que,
pour résorber le trou, là, les services vont être affectés. La croissance
économique, surestimée par le ministre. Le VG, Standard & Poor's, Conference
Board contredisent tous le ministre.
Peut-il au moins
reconnaître que son demi-plan marketing ne convainc personne?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) : Oui, bien, M. le Président, permettez-moi de citer
l'Institut C. D. Howe, qui dit que nos documents
sont transparents et de grande qualité. Il nous donne un B+, deuxième meilleur
pour la qualité des documents.
Et puis, si vous
allez à la page A.18, parce que, là, je vais vous parler des dépenses, M.
le Président, page A.18, vous pouvez voir que les dépenses, qui étaient,
avant la pandémie, 24,4 % du PIB, de l'économie, sont maintenant de 26 %. Et vous savez c'est quoi, le plan, M. le
Président, pour ramener les dépenses à l'équilibre budgétaire dans cinq ans?
Bien, c'est retourner là où elles étaient avant la pandémie, à 24,4 %.
Alors, un plan crédible, documenté, transparent.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : En principale, Mme la cheffe de la deuxième
opposition.
Mme Ghazal : Merci, M. le Président. Le prix de l'épicerie a
augmenté de plus de 30 % depuis les cinq dernières années, puis, juste en 2025, la hausse va dépasser
les 5 %, alors que les familles, elles, n'ont pas vu leurs revenus
augmenter d'autant.
Quand
je fais mon épicerie, à chaque semaine, j'en profite pour parler aux gens, puis
ils me disent qu'ils doivent se
priver pour être capables de nourrir leurs enfants. Il y a une dame retraitée
qui m'a dit qu'elle doit continuer à travailler pour être capable de bien
vivre, parce que tout coûte extrêmement cher. Une jeune professionnelle qui me
dit que, malgré son bon salaire, elle
arrive juste assez dans son budget puis se demande comment les grosses familles
font pour y arriver.
Le premier ministre
aime ça se vanter que lui, il connaît ça, l'économie, mais il perd toute
crédibilité quand même la classe moyenne est incapable de payer son épicerie,
est incapable de se loger convenablement. Être le premier ministre de l'économie,
ce n'est pas de se prendre pour le père Noël puis distribuer des grosses
subventions aux grosses entreprises comme on distribue des cadeaux dans le
temps des fêtes puis d'oublier les gens de la classe moyenne qui travaillent fort puis qui en arrachent. Qu'est-ce
qu'il a donné aux familles? Il leur a donné 11 $ par mois. 11 $ par
mois, si on va à l'épicerie, là, puis on achète un poulet rôti, on n'est
même pas capable de payer ça.
Qu'est-ce que le
premier ministre — là,
ma question est très claire — qu'est-ce
que le premier ministre va faire pour que
les gens qui travaillent fort et qui en arrachent, qui ne sont pas capables de
payer leur loyer, leur épicerie... qu'est-ce qu'il va faire pour les
aider? 11 $ par mois, ce n'est pas assez.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui, M. le Président, partout, partout dans le monde, les citoyens souffrent de
l'augmentation, de l'explosion, je dirais,
du coût de la vie. C'est vrai en Amérique, c'est vrai en Europe, c'est vrai
partout, M. le Président. Donc, je compatis avec les personnes. Il y en
a qui ont eu des bonnes augmentations de salaire, il y en a qui ont eu des
moins bonnes augmentations de salaire. Donc, on essaie, effectivement, d'aider
ces personnes-là. On a augmenté de 50 % l'aide sociale pour les personnes
qui ont des contraintes à l'emploi.
Mais la première
chose qu'on doit dire, M. le Président, c'est qu'en moyenne on a eu une
augmentation du revenu disponible. C'est quoi, le revenu disponible? C'est le
revenu après impôt et après inflation. Donc, le Québec, quand on se compare, on
a mieux fait qu'ailleurs. Donc, premier élément.
Deuxième élément, M.
le Président, pourquoi on a mieux fait? Bien, parce qu'on a posé une série de
gestes. D'abord, on a réduit les impôts. J'étais content, hier, la cheffe de
Québec solidaire nous a parlé de la classe moyenne. Pourtant, quand on a baissé
les impôts de la classe moyenne, elle était contre cette mesure-là, elle a
dit : Ça n'a pas de bon sens qu'on baisse les impôts de la classe moyenne.
M. le Président, on a aussi donné un 2 000 $ de crédit d'impôt aux
70 ans et plus, qui n'ont pas la chance d'avoir une augmentation.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Première complémentaire.
Mme Ghazal :
M. le Président, les gens les plus riches ont vu leurs revenus augmenter.
Je suis très contente pour eux autres. Mais moi, je ne lui parle même pas des
plus pauvres, je lui parle de la classe moyenne. La classe moyenne, depuis que la CAQ est au pouvoir, s'est
appauvrie. Ici, on voit à quel point ils souffrent d'insécurité alimentaire,
c'est-à-dire qu'ils ne sont pas capables de payer leur épicerie, il y a une
augmentation de 131 %. Ça, c'est des gens qui travaillent, de la classe
moyenne, qui n'y arrivent pas.
Je lui repose ma
question : Qu'est-ce qu'il va leur donner de plus pour les aider à payer
l'épicerie et le loyer?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le premier ministre.
M. Legault :
Bien, M. le Président, j'étais curieux de voir, vous savez... Puis je vais
remontrer le tableau de la cheffe de Québec solidaire. Je me suis dit :
Bien, voyons donc, il me semble que ce n'est pas mes chiffres. J'ai fait
vérifier les chiffres, puis effectivement on part de 2020 au lieu de partir de
2018. Si elle avait été rigoureuse, si elle avait
pris les chiffres depuis 2018, elle aurait vu que le premier quintile,
c'est-à-dire les gens les plus pauvres, ont eu une plus grande
augmentation du revenu disponible que la moyenne des citoyens au Québec.
Donc...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal :
Les chiffres que je lui ai présentés, c'est ceux de l'observatoire des
inégalités économiques. Probablement qu'il ne l'a pas lu, là, parce qu'il ne
s'intéresse pas aux inégalités économiques, malheureusement.
Je lui remontre mon
tableau. Je pars de 2019. C'est les gens de la classe moyenne, c'est des gens
qui travaillent, des fois deux salaires, qui ont des familles et qui souffrent
d'insécurité alimentaire. C'est de ces gens-là que je leur parle. Le premier
ministre leur donne 11 $ par mois. Je lui repose la question. Il n'est pas
capable de me répondre, je comprends, mais c'est lui, le premier ministre. Qu'est-ce
que les familles peuvent faire avec 11 $ par mois? Comment ils vont
arriver pour payer l'épicerie?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le premier ministre.
M. Legault : M. le Président, je
m'excuse, là, mais je persiste et je signe, les chiffres de la cheffe de Québec solidaire
ne sont pas bons. On parle de 2020, l'année
où Justin Trudeau a envoyé des chèques aux ménages. Si on prend les vrais
chiffres, 2018‑2024, le quintile le plus pauvre, augmentation du revenu
disponible de 28,9 % alors que la moyenne, au Québec, c'était une augmentation de 26,4 %. Ça veut dire que les
pauvres ont eu une plus grosse augmentation que la moyenne.
Donc, encore une
fois, Québec solidaire nous présente des mauvais chiffres. Les vrais chiffres
démontrent exactement...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : En
principale... En principale, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : S'il vous plaît! Seulement... S'il vous plaît! Seulement
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
a la parole, s'il vous plaît. Merci.
M. Cliche-Rivard : M. le Président, dans La
Presse , ce matin, on peut lire l'histoire de Maleck, qui a un postdoctorat
en immuno-oncologie, recruté par un centre de recherche de Montréal.
Aujourd'hui, il se retrouve devant un avenir incertain
au Québec en raison de l'abolition du Programme
de l'expérience québécoise. Il y a
aussi Fatma, une enseignante installée
à Saint-Jean avec sa fille et son époux. Son permis de travail expire bientôt,
et leur avenir à eux aussi est incertain en raison de l'abolition du
Programme de l'expérience québécoise.
Des histoires comme
celles-là, il en existe beaucoup, des gens qui parlent français, qui
travaillent dans des secteurs en pénurie de
main-d'oeuvre, des gens qui bâtissent des vies ici et qui s'intègrent
pleinement dans nos communautés. Ils et elles ont leur place ici.
seulement quelques jours, M. le Président, c'est 26 000 Québécois et
Québécoises qui ont signé notre pétition pour demander au gouvernement d'accorder une clause grand-père au PEQ.
Des dizaines de reportages, des chroniques, des appuis revendiquent la
même chose.
m'adresse bien humblement au ministre de l'Immigration, ce matin. Peut-il
tendre la main, et faire la seule chose qui s'impose, et accorder une
clause grand-père?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de l'Immigration et de la
Francisation.
M. Roberge :
M. le Président, j'ai très hâte, dans les prochains jours, de pouvoir
annoncer la première grande invitation dans le Programme de sélection des
travailleurs qualifiés, je pense que ça va rassurer beaucoup de personnes. Beaucoup
de personnes qui parlent français, qui sont diplômées du Québec ou qui
travaillent en région, qui gardent ouverts des commerces, des manufactures en
région, vont commencer à recevoir des bonnes nouvelles. Je pense que les gens
vont voir que le Programme de sélection des travailleurs qualifiés est une voie
d'avenir. Parce qu'on ne peut pas accueillir
tout le monde, notre capacité d'accueil n'est pas infinie. Donc qu'est-ce qu'on
doit faire? Sélectionner les bonnes personnes, des gens qui sont ici,
qui travaillent, qui parlent français, qui contribuent de la meilleure façon,
qui sont diplômés de nos institutions. Mon collègue fait comme si c'était
incorrect, inéquitable de sélectionner des gens selon leur profil, mais
ailleurs à peu près tout le monde fait ça. On y va avec des critères, on
n'accepte pas tout le monde nécessairement, des systèmes de points. Dans le
reste du Canada, c'est ça aussi, on a des points selon le diplôme dans un secteur qui est prioritaire, ce n'est pas
tous les diplômes qui sont considérés. Il y a l'équivalent du PSTQ
volet 2, d'ailleurs, dans le reste du Canada aussi. Et je vais
continuer, dans les prochaines réponses, à expliquer ce qui se passe ailleurs
pour voir que le programme PSTQ, c'est tout à fait la manière de travailler
quand on doit sélectionner et qu'on n'a pas une capacité d'accueil qui est
infinie.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard : M. le Président, le reste
du monde n'a pas parcouru le Québec pour aller chercher des talents sur
la base d'un programme qui existait puis qui fonctionnait pour, après ça,
abolir ce programme-là quand les gens se qualifient. Le reste du monde n'a pas
fait ça, c'est la CAQ qui a fait ça, M. le Président.
La seule affaire qui
va rassurer le monde aujourd'hui, c'est une clause grand-père. Ils sont des
milliers à le demander. Je retends la main
humblement au ministre. Ça fait des semaines qu'on joue là-dedans. Son
programme n'est pas prêt, il y a des statuts qui expirent. Peut-il
accorder la clause grand-père?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de l'Immigration et de la
Francisation.
M. Roberge :
M. le Président, je pense, c'est important d'expliquer aux gens qu'ils
doivent soumettre dans le nouveau programme pour ensuite être sélectionnés puis
diffuser la bonne information. Je lisais, dans un reportage de Radio-Canada, un
extrait qui disait : Ce n'est pas normal de dire à des gens qui sont
établis ici depuis des années qu'ils doivent tenter leur chance dans un programme
où ils seront tirés au sort. Il n'y a pas de tirage au sort, c'est inexact. Et je vois des choses inexactes comme ça, et ça
alimente, bien sûr, l'insécurité, les craintes des gens. Il faut inciter les
gens qui attendaient la réouverture d'un programme qui ne sera pas réouvert à
postuler dans ce nouveau programme pour recevoir des bonnes nouvelles, pour être sélectionnés, pour être
invités. Je pense que dans plusieurs régions du Québec les gens vont se
mettre à recevoir des bonnes nouvelles, à condition...
Le Vice-Président (M. Benjamin) : En
complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal : Hier, j'ai été
très ébranlée par les témoignages qu'on a entendus. Ça, M. le Président, c'est
le premier ministre du Québec qui avait dit ça, en 2019, après avoir entendu
les témoignages d'étudiants et de travailleurs étrangers, alors que son
ministre de l'Immigration de l'époque avait lui aussi charcuté le PEQ. Le
premier ministre avait alors pris la seule bonne décision, et il a accordé la
clause grand-père.
Est-ce que le premier ministre, aujourd'hui,
peut écouter ses sages paroles de 2019 et prendre la seule bonne décision,
c'est-à-dire leur accorder la clause grand-père?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : M.
le premier ministre.
M. Legault : Madame...
M. le Président, la cheffe de QS nous parle de 2019. Moi, je veux lui parler
actuellement. En 2022, à Montréal, il y avait 48 % de francophones.
En 2024, il en restait 43 %, 43 % de francophones. Je le sais, ça
n'intéresse pas Québec solidaire. Il s'en fout, du français à Montréal.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : M.
le leader du deuxième groupe d'opposition. Allez-y, je vous entends, je vous écoute.
M. Cliche-Rivard :
...c'est inadmissible de
prétendre qu'un parti en cette Chambre se fout de la langue française,
c'est intolérable. Qu'il le retire.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci.
Merci, merci. On ne va pas argumenter.
Vice-Président (M. Benjamin) : M. le leader de l'opposition... M. le leader du gouvernement, M. le
leader du gouvernement, allez-y rapidement, s'il vous plaît.
M. Jolin-Barrette :
...on ne tape pas sur son bureau,
hein? Deuxièmement, M. le Président, ce n'est pas une question de règlement.
Troisièmement, M. le Président, le député lui-même fait de la publicité en
anglais dans son comté...
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci. Merci. Écoutez... Merci. Je suis édifié. Écoutez, on va se
demander les uns et les autres de se respecter. Faites attention à vos propos.
Et poursuivez, s'il vous plaît, M. le premier ministre.
Vice-Président (M. Benjamin) : Monsieur... M. le leader du deuxième groupe d'opposition... Je suis
debout, je suis debout. Je suis debout. Je vais vous demander de vous
asseoir, M. le leader.
Je vous ai entendus. J'ai demandé... On a chacun
droit à ses opinions. Je vous ai écouté avec attention, tout à l'heure. Et les opinions peuvent être critiques.
Je vais vous demander de vous respecter. Et, s'il vous plaît, faites attention à
vos propos.
M. le premier ministre, poursuivez.
M. Legault : On
est rendus à 43 % de francophones à Montréal. Est-ce qu'on pourrait
entendre une fois Québec solidaire dire : On doit réduire le nombre
d'immigrants temporaires à Montréal pour augmenter ce 43 %? Est-ce qu'ils
pourraient le dire...
Vice-Président (M. Benjamin) : S'il vous plaît! Nous allons poursuivre, maintenant. En principale, M.
le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci, M. le Président. Les producteurs agricoles du Québec sonnent
l'alarme. Les sécheresses répétées, les pluies torrentielles et les gels
tardifs bouleversent les récoltes, fragilisent les sols et mettent en péril la viabilité économique de centaines de fermes familiales
québécoises. Cette année encore, ce sont des milliers d'hectares perdus, des serres inondées, des entreprises qui
absorbent des hausses spectaculaires de coûts, à cause d'un climat détraqué.
L'Union des
producteurs agricoles le répète, la crise climatique, ce n'est plus une menace
lointaine, ça se passe maintenant. Ça affecte leurs profits, leur santé mentale
et leur capacité à nourrir le Québec.
Ils demandent du
soutien pour s'adapter et réduire leurs émissions, et, le gouvernement, qu'est-ce
qu'il fait? Il détourne le Fonds vert. C'est
une méchante claque au visage, aux agriculteurs et agricultrices du Québec. Ça
fait des années qu'ils et elles crient à l'aide.
Pourquoi la CAQ ne
veut pas les aider à relever les défis du climat?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et
de l'Alimentation.
M. Martel :
Merci. Merci, M. le Président. Merci pour cette première question. Je veux
profiter de l'occasion. Je ne sais pas si c'est un hasard que la première
question au niveau de l'agriculture vient le jour du congrès de l'UPA, mais ça
me fait plaisir d'y répondre.
Écoutez,
on a connu un été vraiment exceptionnel, cet été. Il y a eu beaucoup de pluie
en début de saison, il y a eu une sécheresse par la suite. Donc, c'est
important, il existe des programmes, on va faire un bilan de tout ça, mais
c'est important, puis je peux garantir qu'on va soutenir nos agriculteurs dans
ces difficultés-là. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Première complémentaire, M. le député de
Jean-Lesage.
M. Zanetti : M. le Président, d'ici
2030, là, ce que la CAQ veut donner aux agriculteurs, là, pour le milieu
agricole, c'est 187 millions, d'ici 2030, c'est absolument rien,
sur 10 milliards, c'est une insulte, ça ne prend pas acte des difficultés
qu'on traverse. C'est la sécurité économique, la sécurité alimentaire du Québec
qui est en péril.
Est-ce
que le ministre en prend la mesure? Puis est-ce qu'il peut reconnaître qu'en ce
moment ce qui est sur papier, ce n'est pas assez?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et
de l'Alimentation.
M. Martel :
Merci, M. le Président. Merci pour la question. Écoutez, depuis qu'on est
au pouvoir, le budget de l'Agriculture est passé de 900 millions à
1,5 milliard, 1,5 milliard. Si on rajoute des montants
supplémentaires qu'on a... qu'on a rajoutés au fil d'années, c'est au-dessus de
300 millions. Donc, de dire qu'on ne supporte pas notre agriculture, au
Québec, il ne faudrait pas exagérer non plus, là.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Deuxième complémentaire.
M. Zanetti :
M. le Président, en ce moment, là... Les agriculteurs, agricultrices du
Québec, ça fait des années qu'ils contribuent au Fonds vert. Ils le font de
bonne foi, ça leur coûte cher. C'est difficile. La situation est intenable. Puis là qu'est-ce qu'ils se font dire? Bien, cet
argent-là, finalement, ils pensaient qu'il allait les aider, cet argent-là ne
va pas les aider, finalement. Ce que le gouvernement est en train de
faire, c'est de décourager le milieu agricole de faire son bout pour la transition climatique. Ils veulent le faire, ils ont
besoin de cette aide-là. Cet argent-là, ils l'ont mis dedans de leurs
poches.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de l'Environnement.
M. Drainville :
Oui. Alors, M. le Président, les sommes qui sont investies par la classe
agricole, par l'entremise de la tarification
carbone, ces sommes-là sont largement retournées à la classe agricole, sous
différents programmes, que j'ai ici, je ne vais pas faire la liste, mais j'ai
ici certains des programmes qui ont bénéficié, donc, du Fonds vert, du FECC.
Par ailleurs, mon
collègue de l'Agriculture a bien fait de mentionner que c'est le congrès de
l'UPA aujourd'hui. Et puis j'invite le député et les autres députés en cette
Chambre de porter attention à ce que nous allons aller présenter, mon collègue
et moi, parce que ça va être effectivement des mesures qui vont contribuer à
renforcer l'agriculture et l'autonomie alimentaire mais aussi l'environnement,
ensemble, en équilibre.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : En principale, M. le chef du troisième groupe
d'opposition.
M. St-Pierre Plamondon : M. le
Président, les Québécois ont compris que l'un des faits marquants du mandat de
la CAQ aura été le gaspillage de fonds publics dans des investissements
économiques douteux et le plus souvent énigmatiques.
Le gouvernement perd en moyenne 1 milliard
par année dans un bar ouvert aux subventions, des subventions aux entreprises, et ça, c'est seulement pour le
Fonds de développement économique. Ce gaspillage, il est directement relié au
manque de transparence de ce gouvernement.
Hier encore, on apprenait qu'Investissement
Québec refuse de dévoiler les informations fondamentales, les informations de base entourant le projet Flying
Whales. On a mis, donc, collectivement, en fonds publics, 107 millions de
dollars dans un projet, et, si on pose des
questions aussi simples que : Quelle est l'évaluation des retombées économiques?,
ah! ça, Investissement Québec n'a pas le droit de nous donner la réponse. C'est
un exemple parmi tant d'autres d'un gouvernement qui est opaque et secret sur
ses subventions et ses décisions financières douteuses. Donc, non seulement la
CAQ investit au pif de ses ministres, elle refuse de faire preuve de la
transparence élémentaire.
Dans la mesure où le gouvernement a bel et bien
gaspillé des milliards, l'opacité doit cesser. Donc, ma question au premier
ministre : Pourquoi son gouvernement maintient-il l'opacité et le secret,
si ce n'est que pour gaspiller en toute quiétude?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : M.
le premier ministre.
M. Legault : Oui. M. le
Président, une de mes plus grandes fiertés, depuis sept ans, c'est que, quand
on regarde la croissance économique du Québec par habitant, pour la première
fois on a battu l'Ontario, battu le reste du Canada. Ça n'a jamais été fait,
avant, par les libéraux ou par le PQ. Pourquoi? Parce qu'on a doublé les
investissements des entreprises, grâce aux
interventions d'Investissement Québec. On a eu 93 milliards d'investissement des entreprises grâce aux interventions d'Investissement Québec.
Je n'en
reviens pas, M. le Président, que le Parti
québécois, où il y a eu Jacques
Parizeau, avec le REA, où il y a eu Bernard
Landry, qui a, avec moi, démarré Investissement
Québec... qu'on ait maintenant un
chef du PQ qui dit : On n'aidera plus les entreprises.
M. le Président, on a démontré, depuis sept ans,
qu'on a battu l'Ontario puis le reste du Canada. Comment peut-il nous arriver
avec quelques exemples? C'est sûr que, quand tu aides
25 000 entreprises... Tu ne peux pas avoir 100 % de succès. Mais, quand tu es à 95 % de succès, puis que
tu bats l'Ontario puis le reste du Canada, moi, je resterais assis sur
mes mains, si j'étais le chef du Parti québécois.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Première
complémentaire, M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : ...100 millions,
toujours pas de ballons, et surtout pas de réponse aux questions.
L'opacité, c'est dans tous les domaines de
l'action étatique. La semaine passée, on a refusé de dire qui sont les
fournisseurs chinois des éoliennes sur la Côte-de-Beaupré. Il y a des questions
sur le travail forcé en Chine, sur le code de conduite d'Hydro-Québec, sur
l'équité et la sécurité pour les entreprises québécoises, mais c'est le secret,
un secret inacceptable.
La ministre va-t-elle
être transparente et répondre à la question? Qui sont les fournisseurs chinois
des éoliennes sur la Côte-de-Beaupré?
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Mme
la ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Mme Fréchette : Oui. Écoutez,
M. le Président, donc, je veux revenir sur le score du Parti québécois en
matière d'interventions économiques, parce qu'ils ont eu beaucoup moins
d'interventions économiques que nous et beaucoup moins d'interventions
économiques qui ont réussi. Si on regarde dans le court mandat qu'il y a eu, du
Parti québécois, il y a plusieurs années, cimenterie McInnis, le PQ avait
engendré des pertes de 472 millions de dollars, 472 millions de dollars. Ça, c'est en
2014, de l'argent de 2014, dans la cimenterie McInnis, pour laquelle il n'y
avait eu aucun BAPE.
Alors, en
matière de score, on peut aussi rappeler que Gaspésia avait engendré des pertes
de 253 millions de dollars sous le gouvernement péquiste.
Alors, je pense que...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci. Mme la députée... En deuxième complémentaire, Mme la députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Toujours pas
de réponse, alors que les bris de transparence s'accumulent, depuis sept ans,
du côté de la CAQ. On nous a refusé tour à tour l'étude de McKinsey sur la
filière batterie, les contrats de gré à gré pendant la pandémie, la proportion
des prêts pardonnables, Flying Whales, les pales chinoises. C'est assez, et
c'est trop. On dépose dès maintenant une demande d'accès à l'information pour
l'ensemble de ces dossiers-là. On s'attend à obtenir des réponses. Et, je vous
le dis, les Québécois, eux, veulent savoir qu'est-ce que fait la CAQ avec leur
argent.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Mme
la ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Je veux pouvoir écouter Mme la ministre de
l'Économie et de l'Énergie, s'il vous plaît. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Donc, je n'ai pas eu suffisamment d'une complémentaire pour faire la
liste des projets qui ont mal été sous les
libéraux. On peut aussi rappeler la mine de diamants Stornoway, qui est un autre
projet sous les péquistes, et les libéraux aussi, d'ailleurs, avec des pertes
de 275 millions de dollars.
Alors, c'est important aussi de regarder son
propre historique, avant de lancer des attaques face à un gouvernement qui a
fait beaucoup plus que le leur. Et, si on regarde notre taux de réussite,
c'est-à-dire des projets où il n'y a pas eu de perte, eh bien, sous les
libéraux et les péquistes, le taux de réussite était de 41 % pour les
projets de plus de 20 millions. On l'a rehaussé à 83 %, ce taux de
réussite là. Et ça, c'est parce qu'on aide des entreprises.
Donc, je ne sais pas si la députée de Terrebonne
a indiqué à ADF qu'elle ne les...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
En principale, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : M. le Président,
le rapport du Vérificateur général est dévastateur. Je cite : «Depuis des
années, le ministère de la Santé et des Services sociaux se fixe des objectifs
stratégiques pour améliorer l'accès aux services médicaux spécialisés mais ne
les atteint pas». Pourquoi? Parce que c'est le fouillis le plus total dans les
listes d'attente.
Pour le suivi des premières consultations en
médecine spécialisée, le ministère de la Santé s'appuie uniquement sur les données provenant des centres de
répartition de demandes de services, et ces données-là, bien, ça représente
20 % de toutes les premières consultations en médecine spécialisée,
20 %. Ça veut dire que 80 % des demandes échappent complètement au
système. En somme, le ministre ne connaît pas le nombre réel de patients en
attente.
Pire encore,
le vérificateur confirme que, dans plusieurs établissements, les listes
d'attente sont mal gérées : priorités absentes, suivi incomplet,
données incohérentes. Bref, le gouvernement est dans le noir, il navigue à vue.
Comment peut-on faire confiance au ministre pour
gérer les listes d'attente?
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
M. le ministre de la Santé.
M. Dubé : Bien, écoutez, M. le
Président, je suis tellement content d'avoir cette question-là, pour deux
raisons. La première, c'est qu'exactement ce que le vérificateur dit, c'est ça
qu'on a demandé dans notre négociation avec les médecins spécialistes, de régler la question du CRDS, le centre de
rendez-vous pour un spécialiste. Tous ces éléments-là qui sont cités par le Vérificateur général, c'est
exactement notre demande aux médecins spécialistes, de nous aider à régler l'inefficacité
à travers le centre de rendez-vous. Premièrement.
Deuxièmement, la solution... une des solutions
les plus importantes pour régler le CRDS, c'est le fameux Dossier de santé numérique, le DSN, ce DSN là que
les spécialistes ont décidé de bouder depuis plusieurs mois. Alors, ceux
à qui on demande de nous aider à rétablir la liste ne veulent pas avoir les
outils technologiques pour le régler.
Madame... M. le Président, on est d'accord avec
le vérificateur, il faut trouver des solutions pour améliorer le rendez-vous
avec un spécialiste, et nous allons continuer d'y travailler. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Première complémentaire.
M. Arseneau : M. le Président, le spécialiste des données puis
des tableaux de bord, c'est le ministre de la Santé, mais il n'a aucune
espèce d'idée de comment on gère les 900 000 personnes en attente au
CRDS. Il y en a 200 000 qui sont hors délai. On y
dit que, dans ce nombre-là, il y a des doublons, probablement des personnes
décédées. Aucune priorisation n'est faite.
Et là ce qu'il nous dit, c'est : C'est aux médecins spécialistes de régler
ce problème-là. M. le Président, le modèle de gestion...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de la Santé.
M. Dubé :
M. le Président, je vais reprendre la question très clairement. Le Dossier de
santé numérique, qui est le virage numérique
pour, justement, aider à avoir un meilleur contrôle sur les rendez-vous avec
les spécialistes, a été boudé par la fédération depuis le mois de
septembre. On a été obligés de retarder le départ du projet de loi... du
dossier, qui devait commencer à la fin novembre, parce qu'on n'avait pas les
médecins qui participaient au design du système, M. le Président.
Alors, nous avons
amené des solutions. On sait ce qu'il faut faire pour régler le problème. J'ai
très hâte que les médecins puissent revenir pour finaliser les deux projets
pilotes qu'on a mis en place, pour être capables de trouver des solutions que
nous avons mises sur la table.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Deuxième complémentaire.
M. Arseneau :
M. le Président, moi, je pensais que la mise en place de Santé Québec, il y a
un an, là, ça allait servir un peu à ça,
avoir un portrait plus clair, avancer, régler les problèmes des listes
d'attente. Là, on nous dit : C'est la responsabilité des médecins.
Pendant qu'on se
garroche la balle entre le ministère, entre Santé Québec puis avec les
médecins, bien, il y a des patients qui attendent et qui désespèrent. Il n'y a
aucune donnée fiable. Comment est-ce qu'on peut planifier les effectifs, s'assurer d'un accès équitable, d'un
établissement à l'autre, d'une région à une autre? Comment peut-il s'assurer,
le ministre, que les patients soient vus lorsque c'est urgent?
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : M. le ministre de la Santé.
M. Dubé :
Alors, sur une chose, M. le Président, le député des Îles-de-la-Madeleine a
raison, c'est à Santé Québec de s'occuper de nos dossiers en santé
numérique. Mais il doit y avoir la participation des médecins pour être certains
que ce qu'on va sortir comme projet fait l'affaire pour le CRDS.
Alors, M. le
Président, on va continuer de faire les améliorations, on le fait, le virage
numérique, mais il faut que les médecins viennent participer à la finalisation
des deux projets pilotes. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Cela met fin à la période de questions et de
réponses orales.
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour
ce faire, je cède la place à la deuxième vice-présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Comme on vient de le dire, nous sommes à la rubrique
Motions sans préavis. M. le premier ministre.
M. Legault : Merci, Mme la Présidente.
Je propose donc, après consultation auprès des partis d'opposition et des
députés indépendants :
«Que, conformément
aux articles 104 et 105 de la
Loi sur l'accès aux documents des organismes
publics et sur la protection des
renseignements personnels, madame Naomi Ayotte, membre et vice-présidente par
intérim, Commission d'accès à
l'information, soit nommée membre et vice-présidente de la Commission d'accès à
l'information, affectée à la
section surveillance, pour un mandat de
cinq ans à compter du 4 décembre 2025 et que sa rémunération et ses autres
conditions de travail soient celles contenues dans le document ci-annexé que je
dépose.»
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le premier ministre. Je rappelle aux membres de l'Assemblée que, pour
être adoptée, cette motion doit être approuvée par au moins les deux tiers des
membres de l'Assemblée. Elle doit donc être suivie d'un vote électronique.
mets aux voix la motion de M. le premier ministre telle que lue précédemment.
Le vote est maintenant ouvert.
La période du vote
est maintenant terminée. Mme la secrétaire générale, pour le résultat du vote,
s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour : 100
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : La motion est adoptée.
Toujours à la
rubrique Motions sans préavis, et en fonction de nos règles et l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du
groupe formant l'opposition officielle. Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la ministre responsable des Services sociaux, le leader du
deuxième groupe d'opposition, le député des Îles-de-la-Madeleine, le
député de Saint-Jérôme, le député d'Abitibi-Est, le député de Rimouski... la députée de
Rimouski, le député de Taillon, la députée de Laporte et la députée de
Saint-Laurent :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Journée internationale des personnes handicapées, qui se
tient le 3 décembre sous le thème : Comprendre, Agir, Bâtir;
«Qu'elle réaffirme
l'importance de promouvoir la pleine participation sociale, professionnelle et
citoyenne des personnes en situation de handicap, ainsi que le respect de leurs
droits et de leur dignité;
«Qu'elle reconnaisse
la contribution essentielle des personnes handicapées à la vitalité de notre
société et l'importance d'éliminer les obstacles qui limitent leur inclusion;
«Qu'elle souligne le
travail des organismes, des proches aidants et des [intervenants] et [intervenantes]
qui accompagnent quotidiennement les personnes en situation de handicap;
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale s'engage à poursuivre ses efforts afin de bâtir un Québec
véritablement inclusif pour toutes et [pour] tous.»
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion?
Mme LeBel :
Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes de rigueur
par intervenant dans l'ordre suivant : la députée de D'Arcy-McGee, la
ministre responsable des Services sociaux, le leader du deuxième groupe
d'opposition et le député des Îles-de-la-Madeleine.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Est-ce qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre intervenants et
pour que la durée des interventions soit limitée à un maximum de deux
minutes chacune? Est-ce que j'ai le consentement? Consentement? Oui. Parfait.
Donc, Mme la députée
de D'Arcy-McGee, la parole est à vous.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, en
reconnaissant officiellement la Journée internationale des personnes
handicapées, du 3 décembre, nous réaffirmons un principe simple mais
essentiel : une société inclusive est une société plus forte. En
tant qu'élus, ce principe doit guider nos choix politiques, nos investissements
et notre façon d'offrir les services publics. Cela signifie garantir l'accès à
un logement adapté, à des services sociaux adéquats, à du transport adapté
fiable, à l'éducation avec le soutien nécessaire et à l'emploi.
Le thème de cette
année est Comprendre, agir, bâtir . Ce sont des mots qui traduisent les
efforts que chacun d'entre nous devons
collectivement faire envers les plus de 1,5 million de Québécoises et
Québécois qui vivent avec une limitation physique ou cognitive, qu'ils
se sentent compris et respectés. Derrière chaque statistique, il y a une
personne, un enfant sous-estimé, un adulte
qu'on laisse attendre, une famille qui doit se battre pour chaque service,
chaque adaptation, chaque simple reconnaissance de besoins fondamentaux.
Aujourd'hui, nous
reconnaissons non seulement les droits et la dignité des personnes handicapées,
mais aussi la contribution irremplaçable de leurs familles. Nous envoyons un
message clair. Leur travail ne doit plus être invisible. Leur charge ne doit
plus être assumée seule. Leur bien-être doit faire
partie intégrante de nos
décisions politiques. Reconnaître
cette journée, c'est aussi mettre en lumière les réussites des personnes
handicapées qui, chaque jour, contribuent à leur communauté et à notre
société.
Par cette motion,
nous envoyons un message clair. Nous devons regarder nos systèmes non pas par
ceux qui sont, mais par ceux qui doivent
devenir. Nous devons entendre toutes les voix, celles des personnes
handicapées, de leurs familles, des
organismes, et transformer ces voix en actions concrètes. Appuyer cette motion,
c'est reconnaître que l'inclusion n'est pas un geste ponctuel, c'est un
engagement à faire mieux, à faire plus et à faire maintenant. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Merci beaucoup, Mme la
députée. Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la ministre
responsable des Services sociaux.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui à
l'occasion de la Journée internationale des personnes handicapées. Cette
journée nous rappelle que comprendre, agir et bâtir un Québec plus inclusif,
c'est un parcours continu, porté par la dignité et l'espoir.
Je veux d'abord
saluer toutes les personnes en situation de handicap ainsi que leurs proches,
qui vivent au quotidien avec des défis importants. Leur résilience et leur
détermination forcent l'admiration. Je remercie également les organismes, les proches aidants et tous les
intervenants qui accompagnent chaque jour avec humanité et professionnalisme
ces personnes.
Mme la Présidente,
c'est guidé par cette réalité que notre gouvernement a agi, notamment en
augmentant les investissements pour soutenir les différents milieux, en
augmentant les ressources en matière d'hébergement, en développant des places
de répit, et aussi augmenter l'offre de services aux proches aidants. Je pense
aussi à tous les organismes qui gravitent en lien avec les situations de
handicap. Avec ces mesures, Mme la Présidente, nous avançons toujours dans la même direction, dans la bonne
direction, pour mieux soutenir les personnes, reconnaître leur contribution
essentielle et appuyer les organismes, continuer de développer du répit et
alléger, surtout, les démarches, les démarches innombrables que ces personnes
doivent réaliser au quotidien. Ensemble, ces gestes forment un véritable
continuum de soins et de services.
la Présidente, je suis fière des partenariats établis et je serai au
rendez-vous pour poursuivre le développement des services. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole
à M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard :
Mme la Présidente, nous soulignons aujourd'hui la Journée internationale
des personnes handicapées. Cette journée nous permet, bien entendu, de parler
de l'apport à nos communautés que font ces personnes vivant avec un handicap
dans nos écoles, dans nos milieux de travail et même dans de récents épisodes
de téléséries. Ces personnes enrichissent
notre société. Cette journée, sous le thème Comprendre, agir, bâtir ,
doit aussi et surtout être un rappel pour nous qu'il reste énormément à
faire pour faciliter l'inclusion des personnes vivant avec un handicap.
Je vous ai souvent
parlé, dans la dernière année, de mon ami Jérôme, un jeune homme avec une
déficience intellectuelle qui, depuis 10 ans, est sur les plateaux de
travail, un programme qui devait être temporaire, où il travaille à temps plein
pour 5 $ par jour. Des personnes comme Jérôme, il y en a des centaines à
travers le Québec, qui n'ont pas l'opportunité de s'intégrer pleinement en
emploi. Ces mêmes personnes vivent plus d'embûches que la population moyenne
pour l'ensemble de leurs activités. Vivre avec un handicap physique ou
intellectuel, c'est un frein pour se trouver un logement qui soit adapté aux
besoins, pour participer aux activités sociales, pour accéder au transport en
commun, et tant d'autres choses.
Rappelons-nous que
les plaintes à la commission des droits de la personne et la jeunesse pour des
lésions de droits pour des personnes
handicapées sont en hausse de 22 % cette année. Nous devons aspirer à
faire beaucoup, beaucoup mieux.
Certes, les proches aidants et les organismes communautaires font un travail
colossal, mais les ressources manquent, les familles s'essoufflent et
les organismes tiennent le filet social à bout de bras, sans avoir les moyens
suffisants pour accomplir leur mission. Si on veut vraiment atteindre la pleine
inclusion des personnes handicapées, il faudra se donner les moyens d'atteindre
cet objectif.
Au-delà de la
sensibilisation et des campagnes d'information, ce que je souhaite voir, ce
sont des engagements clairs. Visons la
pleine intégration et mettons fin à l'exploitation des plateaux de travail.
Permettons aux personnes vivant avec un handicap de vivre dignement en
construisant des logements adaptés où les ressources d'aide sont disponibles.
Finançons le transport adapté à la hauteur des besoins.
En cette Journée
internationale des personnes handicapées, j'exprime l'espoir, Mme la
Présidente, que, comme dit le thème de cette année, nous allons comprendre,
oui, mais surtout agir. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole au député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Mme la Présidente, nous appuyons pleinement cette motion qui nous invite
aujourd'hui à souligner la Journée internationale des personnes handicapées et
à réaffirmer des principes essentiels : la dignité, les droits
fondamentaux et la pleine participation sociale, professionnelle, et la
pleine... professionnelle et citoyenne des personnes
en situation de handicap. Ce sont des valeurs que nous partageons entièrement
et qui devraient guider chacune de nos politiques publiques pour bâtir
un Québec réellement inclusif pour tous.
Il faut toutefois reconnaître la réalité
actuelle. Plus tôt cette année, nous étions aux côtés du Comité d'action des
personnes vivant des situations de handicap, la COPHAN, pour dénoncer les
compressions imposées par le gouvernement. Depuis des mois, ce sont les personnes les plus
vulnérables qui absorbent les conséquences de ces choix : coupes dans les chèques emploi-service, réduction
du nombre d'heures accordées, interruption du Programme d'adaptation à
domicile. Pourtant, la Commission des droits de la personne avait sonné
l'alarme dès décembre 2024, s'inquiétant des atteintes possibles aux droits
fondamentaux suite aux coupures liées au soutien à domicile. L'avertissement
était clair, mais il est demeuré sans effet. Chaque coupure fragilise un peu
plus l'autonomie de milliers de personnes.
Aujourd'hui, nous soulignons la contribution
essentielle de ces personnes handicapées et leur apport à la vitalité de notre
société, mais aussi le rôle crucial des organismes, des proches aidants et de
toutes les intervenantes et intervenants qui oeuvrent chaque jour pour
soutenir, accompagner et permettre à chacun de vivre dans la dignité. Nous soutenons donc cette motion, parce qu'elle appelle
à une cohérence, cohérence qui s'impose. Comprendre, agir, bâtir , et bâtir
ensemble un Québec qui ne laisse personne derrière, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Est-ce que cette motion est adoptée? Adopté? Oui, madame...
Pardon?
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Un vote électronique est demandé. Donc, la période du vote est maintenant
ouverte.
La période du vote étant terminée, Mme la
secrétaire générale, pour le résultat du vote, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour : 94
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Cette motion est adoptée. Oui, Mme la leader de l'opposition
officielle.
Mme Setlakwe : Oui. Nous
aimerions qu'une copie de cette motion soit envoyée à la Société québécoise de
la déficience intellectuelle, la Confédération des organismes de personnes
handicapées du Québec et le Regroupement des activistes pour l'inclusion au
Québec.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Ce
sera fait.
Je suis prête, maintenant, à entendre un membre
du deuxième groupe d'opposition. Donc, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition,
la parole est à vous.
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la
motion suivante conjointement avec le député de l'Acadie, la députée de Terrebonne,
la députée de Rimouski, le député d'Abitibi-Est, la députée de Laporte et la
députée de Saint-Laurent :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte des
avertissements répétés du Barreau du Québec et du Collège des médecins, qui jugent que "les risques
encourus surpassent les bénéfices" d'inscrire l'interruption volontaire de
grossesse dans une loi fondamentale;
«Qu'elle rappelle, comme le soulignent ces
ordres professionnels, qu'une telle codification créerait un "cadre
juridique susceptible d'être contesté" et offrirait "un levier aux
mouvements anti-choix", fragilisant ainsi un droit actuellement bien
protégé;
«Qu'elle observe que les groupes féministes,
plus de 400 médecins et les juristes spécialisés s'accordent pour dire que
l'avortement est un soin de santé pleinement protégé par le droit actuel, et
que le véritable enjeu demeure l'accès aux services;
«Qu'elle affirme que, dans un contexte où les
droits reproductifs reculent ailleurs dans le monde, le Québec doit éviter
toute démarche législative qui ouvrirait la porte à des restrictions;
«Qu'enfin elle demande au gouvernement du Québec
de s'engager à retirer l'article 29 du projet de loi 1.» Merci
beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Il n'y a pas de consentement.
Je suis
maintenant prête à entendre un membre du troisième groupe d'opposition. M. le
député de Matane-Matapédia, la
parole est à vous.
M. Bérubé : Mme
la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin
de présenter, conjointement avec le ministre de la Langue française, le
député d'Abitibi-Est et la députée de Rimouski, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que, le 20 novembre 2024, le Commissaire à
la langue française observait :
«Qu'entre 2016 et 2021, la diminution de la part
de la population québécoise parlant principalement le français à la maison
s'est poursuivie, prolongeant une baisse amorcée en 2006;
«Que durant la même période, la part de la
population utilisant le plus souvent le français au travail a également
diminué, et ce, principalement au profit de l'anglais;
«Et que cette baisse s'observe dans toutes les
régions métropolitaines de recensement du Québec, mais qu'elle est plus
prononcée dans la région de Gatineau et dans la couronne de Montréal;
«Que
l'Assemblée nationale, en conséquence, réitère que la lutte contre le déclin de
la langue française au Québec est un enjeu politique fondamental pour la
nation québécoise.»
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? Il n'y a pas de consentement.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Je suis prête maintenant à entendre un membre du groupe formant
le gouvernement, et je cède la parole à M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Merci, Mme la
Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, le député d'Hochelaga-Maisonneuve,
le député de Matane-Matapédia, la députée de Laporte, le député de Taillon, le
député d'Abitibi-Est, le député de... la députée de Rimouski, le député de Saint-Jérôme
et la députée de Saint-Laurent :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse le déclin
de la langue française au Québec et plus particulièrement à Montréal;
«Qu'elle rappelle que la langue française est le
coeur de l'identité québécoise;
«Qu'elle affirme qu'il est de la responsabilité
des élus du Québec, de toutes allégeances politiques et de tous les paliers de
gouvernement, de défendre la langue française.»
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion?
Mme LeBel : Il y a consentement, sans débat. Et on va vous
demander un vote électronique, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Un vote électronique a été demandé. Donc, la période du vote est maintenant
ouverte.
La période du
vote est terminée. Maintenant, Mme la secrétaire générale, pour le résultat du
vote, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour : 93
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Cette motion est adoptée. Mme la leader du... adjointe du gouvernement,
oui.
Mme LeBel : Oui. Merci, Mme la Présidente. On va vous
demander d'envoyer une copie, là, gracieuseté de cette Assemblée, au ministre de l'Identité et de la
Culture canadienne ainsi que le ministre responsable des Langues officielles
du Canada, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Ce sera fait.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. Mme
la leader adjointe du gouvernement, s'il vous plaît.
Mme LeBel : Merci, Mme la
Présidente.
Alors, je fais avis à cette Assemblée que la
Commission des transports et de l'environnement poursuivra les consultations
particulières et les auditions publiques sur le document intitulé Consultation
sur la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec
aujourd'hui, de 15 heures à 17 h 25, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des finances
publiques entendra les intéressés et procédera à l'étude détaillée du projet de
loi d'intérêt privé n° 202, Loi concernant le
regroupement de Mutuelle Beneva et de La Compagnie mutuelle d'assurance Gore,
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de la culture et de l'éducation
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 109,
Loi affirmant la souveraineté culturelle du Québec et édictant la
Loi sur la
découvrabilité des contenus culturels francophones dans l'environnement
numérique, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions
jusqu'à 13 heures, de 15 heures à 18 heures et de
19 h 30 à 22 h 30, à la salle Pauline-Marois.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup.
Nous en sommes maintenant à la rubrique Renseignements
sur les travaux de l'Assemblée, et je cède la parole à M. le ministre du
Travail.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
M. le ministre, avant de vous donner la parole, j'ai oublié une phrase.
Peut-être que c'est pour ça que ça vous a induit en erreur.
Donc, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et c'est à ce moment que je vous cède la parole,
M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Je vous demande d'appeler l'article 2 du feuilleton.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : À l'article 2 du feuilleton, M. le ministre du Travail propose
l'adoption du principe du projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer la transparence, la
gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de
travail.
Y a-t-il des interventions?
M. le ministre, la parole est à vous.
M. Boulet : Mme la Présidente, je suis heureux de soumettre à
cette Assemblée le projet de loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus
démocratique de diverses associations en milieu de travail pour l'adoption
de son principe.
D'entrée de jeu, j'aimerais remercier les
participants aux consultations pour leur contribution, de même que les
collègues pour la pertinence de leurs questions. Certains groupes ont abordé le
projet de loi avec des réactions catégoriques, et ça me semble en dissonance
avec son caractère, que nous avons souhaité mesuré et raisonnable. Nous devons
faire avancer ce projet de loi en tenant compte des préoccupations exprimées,
sans renoncer aux principes qui fondent son action, soit de donner aux salariés
les outils nécessaires à une meilleure information et à une plus grande
participation à la vie démocratique. Et c'est ce que nous allons faire avec
rigueur, avec courage et avec la conviction que notre responsabilité est
d'agir. Je tiens à le répéter, Mme la Présidente, la diversité des opinions est
pour moi le signe d'une démocratie vivante.
Notre responsabilité collective est de transformer cette diversité en force et
non en fracture.
Ce projet de loi, Mme la Présidente, est en fait
relativement simple. Ce que nous souhaitons faire, c'est de renforcer le droit
des membres et des salariés syndiqués d'être adéquatement informés et le droit
de pouvoir compter sur des processus
démocratiques inspirés des meilleures pratiques. Je crois sincèrement que nous
proposons des mesures respectueuses des syndicats, qui ont toujours été
des acteurs incontournables de l'évolution des milieux de travail, au bénéfice
des travailleuses et des travailleurs du Québec.
Rappelons par ailleurs qu'en 2025 les syndicats
vont aller chercher près de 1,5 milliard de dollars en cotisations
dans les poches des travailleurs. C'est beaucoup d'argent, et il est tout à
fait légitime que les salariés soient au courant de la manière dont ces sommes sont utilisées et pour quelles raisons.
Nous avons tous été témoins de pratiques douteuses ou dépassées qui
nuisent aux travailleurs, qui nuisent aux citoyens et qui nuisent au Québec
tout entier. Une plus grande imputabilité et
transparence à l'égard de ces derniers sont donc nécessaires. Les membres et
les salariés syndiqués doivent être
adéquatement informés et pouvoir compter sur des processus démocratiques
inspirés des meilleures pratiques. On parle de près de 1,6 million
de personnes.
Le Code du travail et la loi R-20 pour
l'industrie de la construction sont les deux lois qui encadrent les rapports
collectifs du travail entre un groupe de salariés et un employeur. Ces lois se
concentrent principalement sur le processus d'accréditation et la négociation
collective, mais ne touchent pas la question de la transparence des dirigeants
syndicaux ni des droits des salariés. Dans un contexte où tous les salariés
représentés par une association syndicale doivent payer une cotisation syndicale, le manque
d'exigences suffisantes en matière de transparence financière de la part
des syndicats ou envers les syndiqués soulève des questions légitimes sur la
gestion des fonds et sur la responsabilité des dirigeants. Le monopole de
représentation syndicale conféré par la loi ne s'accompagne pas d'une
contrepartie qui prévoirait un encadrement
légal rigoureux en matière de gouvernance interne. En effet, hormis quelques
rares exceptions, le Code du travail ou la loi R-20 ne prévoient pas de dispositions
spécifiques aptes à garantir la transparence, l'équité ou
l'accessibilité des processus démocratiques internes.
C'est pourquoi le
projet de loi n° 3 propose trois blocs de mesures
ayant chacun leur thème. Tout d'abord, les mesures liées à la transparence :
assurer que l'ensemble des salariés inclus dans une unité de négociation et qui
participent à son financement aient accès facilement à des informations fiables
concernant les états financiers; exiger une vérification des états financiers
modulable en fonction du nombre de personnes salariées représentées, afin de ne
pas imposer un fardeau financier trop lourd aux plus petites accréditations
syndicales; exiger plus de transparence des syndicats sur leurs dépenses en
rendant obligatoire la production d'un rapport annuel faisant état de
l'utilisation des ressources financières. Ensuite, en matière de gouvernance,
prévoir l'adoption des statuts et règlements internes du syndicat par les
membres et en préciser le contenu minimal.
Enfin, concernant le
processus démocratique : améliorer l'exercice démocratique des membres,
notamment en prévoyant l'obligation de tenir des votes à scrutin secret pour
l'établissement des cotisations syndicales et de désormais tenir tout scrutin secret sur une période minimale
de 24 heures; mettre en place une cotisation facultative visant à financer
certaines activités qui ne sont pas directement liées aux conditions de
travail, comme des interventions publiques ou des
démarches judiciaires; également, offrir la possibilité aux salariés
inclus dans une unité de négociation de se prononcer collectivement et
annuellement sur cette cotisation facultative; interdire les représailles
envers les salariés en cas de dissidence.
Nous savions que
cette réforme susciterait des débats. Certains débats peuvent être difficiles,
mais ils sont essentiels pour avancer. Ce qui importe, c'est de les mener dans
un climat de respect, où chaque point de vue est entendu et considéré.
Les syndicats ont
toujours été des acteurs importants du tissu social québécois. Ils ont porté
les revendications des travailleuses et des travailleurs, défendu leurs droits
et contribué à bâtir le monde du travail tel que nous le connaissons
aujourd'hui. Mais, comme toute institution démocratique, ils doivent évoluer,
s'adapter et répondre aux exigences de leur temps.
Notre réforme part
d'un principe simple : les salariés ont le droit de savoir. Et je veux
qu'une chose soit bien claire, nous ne remettons pas en cause le rôle des
syndicats. Au contraire, nous le consolidons, car une organisation transparente
est une organisation forte. Une organisation qui rend des comptes est une
organisation crédible. Une organisation qui tient compte des opinions de ses
membres est une organisation légitime.
Je tiens à saluer les
syndicats qui ont déjà fait de la transparence une priorité. J'ai d'ailleurs eu
l'occasion de le souligner lors des consultations particulières. Ils incarnent
une démocratie syndicale vivante, moderne et inclusive. Chaque salarié a le droit
de bénéficier de ces pratiques exemplaires. Nous devons faire en sorte que
chaque syndiqué, dans chaque secteur, dans chaque région, puisse exercer ses
droits pleinement en toute connaissance de cause.
Dans les projets de
loi que j'ai eu le privilège de soumettre à l'Assemblée nationale, j'ai
toujours cherché à trouver des solutions équilibrées, et c'est l'objectif, une
fois de plus, avec le projet de loi n° 3. Je suis convaincu que tout est
en place pour mettre en oeuvre les meilleures solutions possible dans ce
dossier.
Bien entendu, il
reste du travail à faire pour mener à bien notre travail législatif. Nous avons
reçu plusieurs suggestions et commentaires constructifs lors des consultations
particulières. De nombreux mémoires ont été déposés, et ils sont à l'étude.
Si cette Assemblée
adopte le principe du projet de loi n° 3, nous poursuivrons les travaux
avec l'étude détaillée. Nous écouterons, nous discuterons, mais nous
avancerons, Mme la Présidente, avec tous les collègues. La collègue de Bourassa-Sauvé
est ici, d'ailleurs, que je salue avec beaucoup de sincérité. Alors, j'invite
donc les membres de cette Assemblée, Mme la Présidente, à adopter le principe
du projet de loi n° 3. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet :
Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, le 24 avril dernier, le
ministre du Travail a déposé le projet de
loi n° 101, Loi visant
l'amélioration de certaines lois du travail. Celui-ci incluait initialement des dispositions modifiant le Code
du travail ainsi que la
Loi sur les relations de travail, la formation
professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la
construction, communément appelée, donc, la loi R-20, notamment afin d'exiger
des associations syndicales, selon le cas, qu'elles présentent chaque année à
leurs membres, lors d'une assemblée générale, leurs états financiers vérifiés
selon les principes comptables généralement reconnus ou qu'elles remettent
gratuitement copie de tels états financiers au membre qui en fait la demande.
Vous me direz, Mme la
Présidente, qu'on étudie en ce moment le projet de loi n° 3,
hein, vous me direz que je digresse en
parlant du projet de loi n° 101, mais en fait ma trame... ma trame
narrative commence ainsi parce que c'est là, en fait, que le ministre du
Travail, selon moi, donc, aurait dû s'arrêter.
Au printemps,
les groupes se sont succédé en commission parlementaire afin d'avaliser le
principe de transparence apporté par ces quelques dispositions, y
apporter des commentaires, des nuances, notamment quant à l'importance de décliner les obligations de vérification d'états financiers
selon la taille des syndicats afin qu'ils puissent défrayer des coûts qui
seraient encourus. Mais, dans l'ensemble, donc, tout le monde était d'accord
avec ce qui était apporté par les dispositions du projet de loi n° 101. Il
y avait là, donc, illustration du dialogue social à son meilleur.
Or, l'entente, Mme la
Présidente, bien, manifestement, c'était trop beau pour la CAQ. Il fallait
trouver un épouvantail. Il fallait trouver
un ennemi. Ces dispositions en
matière de transparence,
raisonnables, bienvenues, accueillies, bien, vous comprenez, Mme la
Présidente, qu'elles ont été retirées du projet de loi n° 101. C'est donc
dans ce contexte que le projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer la
transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses
associations en milieu de travail, a été déposé cet automne. Donc, on a, donc,
ce premier contexte, donc, des dispositions relatives à la transparence.
Donc, d'abord, le
projet de loi reprend les obligations du projet de loi n° 101 et les
étaie. Donc, il décline, en effet, les
obligations relatives à la production d'états financiers vérifiés selon la
taille des syndicats. Bon, c'est fait de façon très imparfaite, Mme la
Présidente. On a entendu les associations nous indiquer que certaines unités
d'accréditation seraient mises en faillite technique étant donné le poids
financier de telles obligations. Mais on comprend des consultations, bon, que le ministre semble ouvert à revoir ces
dispositions. On n'est pas, donc, dans le grand combat ici, Mme la Présidente,
mais on comprend, donc, que ça, bon, c'est repris et c'est étayé.
Ensuite, Mme la
Présidente, le projet de loi y va de dispositions qui sont tout à fait
correctes, hein? Les statuts et règlements de certaines associations devront
être approuvés en assemblée à la majorité des membres exerçant leur droit de
vote au plus tard tous les cinq ans. Donc, il n'y a pas là péril en la demeure,
c'est certain.
Un rapport sur
l'utilisation des ressources financières de certaines associations, incluant
les dépenses de fonction de chacune des personnes qui occupent une charge
élective, leur rémunération, les autres avantages dont elles ont bénéficié,
donc, un tel rapport, donc, sera... devra être présenté en assemblée chaque
année. Une copie devra être remise gratuitement aux salariés qui en font la
demande. Donc, encore une fois, ici, on comprend que toute personne raisonnable
peut accueillir, donc, le principe, donc, d'une telle disposition, peut-être en
débattre sur les moyens, mais ici, encore
une fois, donc, nous sommes dans l'ordre des dispositions tout à fait correctes
qui sont déposées dans le cadre du projet de loi n° 3.
Le projet de loi, par
la suite, présente également des dispositions, bon, qui font l'objet de
questionnements sur le plan de la faisabilité, qui font du mur-à-mur. Je pense
ici, par exemple, au, bon, scrutin secret obligatoire sur les cotisations,
donc, une question qui a été soulevée en commission parlementaire. Et, lorsque
le vote se fait au scrutin secret, donc,
pour les éléments qui ne sont pas obligatoires, une période de scrutin de
24 heures est exigée pour l'élection des personnes qui occupent une
fonction de direction, pour le vote autorisant une grève et le vote autorisant
ou rejetant la signature d'une convention
collective, alors qu'on aurait pu tout simplement parler de période
raisonnable. Des groupes... en fait, je pense à la CSQ particulièrement,
est venue, donc, nous présenter, donc, cette proposition d'amendement à cette
disposition, Mme la Présidente. Donc, on comprend qu'ici, donc, il y a matière
à débat et à discussion, mais qu'on est encore... On peut sourciller,
certains... d'aucuns pourraient sourciller, mais on est encore ici dans l'ordre
de l'acceptabilité, quitte à débattre sur les moyens et sur les effets indésirables
collatéraux.
C'est par la suite
que ça se gâte, Mme la Présidente. La CAQ sort de son chapeau le concept de
cotisation facultative, hein? Essentiellement, donc, dans le projet de loi,
donc, on vient scinder les cotisations, donc, qui demeurent, donc, obligatoires
pour l'ensemble des membres, mais on se dit : Ah! OK, mais, pour certains
enjeux, bien, à ce moment-là, on va créer une espèce de mécanisme distinct, qui
semble, donc, un peu ardu, pour encadrer, donc, certains... l'objet, donc, de
certaines décisions.
Qu'est-ce qui devrait
exclusivement faire l'objet d'une cotisation facultative, Mme la Présidente? On
parle ici d'une intervention devant les tribunaux visant à contester la
validité d'une disposition législative ou réglementaire, toute autre
intervention devant les tribunaux qui ne concerne pas directement la
négociation ou l'application d'une convention collective et/ou les conditions
de travail, toute campagne de publicité, y compris celle de nature politique,
qui concerne toute intervention devant les tribunaux ou un sujet autre que la
promotion ou la défense des droits conférés par une loi ou une convention
collective, et toute participation à un mouvement social, y compris celle de
nature politique, qui concerne toute intervention devant les tribunaux ou un sujet autre que la promotion ou la défense
des droits conférés par une loi ou une convention collective.
Bon, vous comprenez
ici, Mme la Présidente, qu'ici, donc, on arrive avec un concept assez large que
plusieurs ont qualifié, donc, de mal balisé à la base, mais surtout
excessivement problématique sur le plan du principe. Donc, ici, donc, quand je vous parle, donc, des
principes, donc, je fais notamment, donc, référence, en fait, en premier lieu,
donc, à la définition qui est établie
dans le Code du travail et dans la loi R-20 de ce qui est une
association représentative. Et, de
façon générale, Mme la Présidente, donc, on comprend que... qu'il
y a, dans le Code du travail, donc, une obligation de représenter
non pas juste les relations de travail stricto sensu des membres, des salariés,
mais également de faire, d'émettre une représentation à l'égard, donc, des
droits moraux et sociaux aussi des différents travailleurs.
Donc, on comprend
que, sur le plan, donc, du droit, de ce qui est établi dans le Code du
travail... Et l'article... pardon, le projet
de loi n° 3 ne
vient pas modifier, hein, les articles de définition du Code du travail, donc,
préserve ce cadre général pour définir ce que signifie, ce que constitue
le mandat, donc, d'une association, mais de façon qui ne me semble pas
cohérente. Donc, on vient, donc, encadrer et disséquer l'objet, donc, des cotisations
en disant : Bien, voici votre rôle principal, mais votre rôle, votre rôle
que vous confère le Code du travail, bien, selon nous, bien, sur ces éléments-ci, donc, ça devient un rôle
complémentaire. Donc, vous comprendrez, donc, qu'à la base, donc, ici, donc, il
y a, selon moi, donc, incohérence.
On peut aussi penser à une... en fait, on peut
aussi se dire qu'il s'agit d'une question qui a déjà été débattue, hein, à travers les différents... les différents
piliers de notre état de droit. Donc, en fait, cette décision, elle a été... ce
concept, plutôt, donc, a déjà été débattu, donc, jusqu'en
Cour suprême. Et plusieurs, lors des commissions parlementaires, sont venus
nous parler de l'arrêt Lavigne, donc, nous ont présenté cette décision rendue
unanimement par sept juges de la Cour suprême
du Canada en 1991, essentiellement, donc, voulant reprendre, donc, le principe
que ce... que le rôle, disons, social, donc,
des associations fait
partie du rôle principal, donc, de... donc, des
syndicats, donc, des associations représentatives. Donc, on comprend que la Cour suprême, donc, a
déjà un peu tranché cette question-là, hormis, donc, ce que je vous ai
mentionné à l'égard, donc, de la définition que l'on retrouve au Code du
travail.
Mais, au-delà, donc, de ces principes-là, Mme la
Présidente, on voit aussi, et ça nous a été présenté, que les dispositions
relatives aux cotisations facultatives viendraient créer une lourdeur, une
lourdeur administrative absolument épouvantable, donc, pour plusieurs
associations. On le sait, on a un gouvernement, en fait, qui... Déjà, au feuilleton,
on comprend que, demain, il sera encore présenté un autre projet de
loi sur
l'allègement réglementaire. Donc, on n'arrête pas de nous parler d'allègement
réglementaire, et moi, comme libérale, j'en suis. Le fardeau qui est imposé aux
petites organisations, quelles qu'elles soient, bien, selon nous, ce n'est pas
du tout, donc, une façon efficace pour celles-ci, donc, de pouvoir, donc,
accomplir leur mandat et de pouvoir s'autogérer. Donc, on comprend qu'ici, avec
ce qui est imposé, il nous semble, donc, qu'on vient augmenter, donc, le
fardeau administratif de ces différentes organisations avec un processus, donc,
de scrutin un peu alambiqué, ici, qui dit : Bon, bien, voilà, oui, vous
pouvez peut-être revenir, donc, une fois par année, mais en l'espèce... Et
c'est une question que j'ai posée à plusieurs des groupes, Mme la Présidente.
Plusieurs sont venus nous dire : Bien, en fait, si on vient nous dire
qu'on vient présenter l'objet, donc, de ce qui ferait l'objet d'une cotisation
facultative, donc, une contestation d'une loi en amont, donc, une fois par
année, bien, en bout de ligne, ça ne change absolument rien avec ce qui se fait
déjà, parce que ce sont des votes qui se font déjà, parce qu'on ne serait pas
en mesure, donc, de présenter, donc, le contenu précis. Donc, les gens, donc,
devraient voter sur des... de façon facultative sur des propositions dont ils
ne connaissent pas la teneur.
Donc, il y a là... il y a là, selon moi, une
proposition qui va à l'inverse de ce que propose le ministre en termes d'offrir
plus de transparence et plus de de leviers aux travailleurs, aux syndiqués,
donc, de savoir ce sur quoi ils votent. Donc,
son processus, à la base, quand il le simplifie, ça ne répond pas à son
objectif. Et, lorsqu'il ne le simplifie pas, donc, lorsque l'on comprend
que, bien évidemment, pour répondre, donc, adéquatement, donc, à ce
mandat-là... qu'il faudrait que les associations reviennent vers leurs membres
pour leur présenter l'objet, donc, d'une décision à contester ou d'un
mouvement, donc, à créer, bien, qu'à ce moment-là il y aurait, donc, des votes
dans chacune... donc, s'il y a un mouvement, donc, plutôt social, donc,
chacune, donc, des plus de 8 000 unités d'accréditation que l'on
retrouve au Québec, donc, vous comprendrez,
quand je vous parle de lourdeur, de mécanismes, donc, plus lents et,
essentiellement, donc, de défis au niveau de l'agilité, qu'il y ait
quelque chose ici qui ne... qui ne fonctionne pas, qui ne fonctionne pas, Mme
la Présidente.
Je ne suis pas la seule, bien évidemment, à
m'interroger sur le processus et sur le principe, ici, de scission des
cotisations entre des principales et des facultatives que nous présente le ministre,
parce que le Barreau du Québec l'a indiqué, donc, dans un communiqué il y a
quelques semaines, nous disant «qu'il craignait une érosion de l'État de droit
au Québec, qu'il déplore que plusieurs projets de loi récemment présentés à
l'Assemblée nationale incluent des dispositions qui entravent significativement
la capacité des citoyens et des citoyennes à faire valoir leurs droits et leurs
opinions, et s'inquiète tout particulièrement de mesures qui auraient pour
effet d'entraver la capacité organisationnelle et financière d'une institution,
d'une organisation ou d'une association, notamment un syndicat, à faire valoir
des opinions en justice ou sur la place publique et d'agir ainsi tel un
contre-pouvoir propre à établir un équilibre démocratique dans la société». Le
Barreau demande donc expressément au gouvernement qu'il procède au retrait des
articles 7 et 9 du projet de loi n° 3. J'invite le ministre à
entendre les mises en garde de son ordre professionnel, qui est aussi le mien.
Donc, vous entendez, Mme la Présidente, avec
tout ce que je vous ai présenté... Et je vous ai présenté, donc, cette trame
narrative dès le départ en vous disant, et c'est le
titre du projet de loi,
qu'il y a des dispositions qui visent à améliorer la transparence, qu'il y a
des dispositions qui visent à améliorer la gouvernance et, bon, disons, le
processus démocratique des différentes associations, des dispositions qui font
consensus, qui faisaient tellement consensus qu'il y en avait qui étaient déjà
présentées dans le projet loi n° 101. Et tout le
monde est venu avaliser, donc, l'intention du ministre à ce moment-là.
Donc, aujourd'hui, alors que nous votons sur
l'adoption du principe du projet de loi, je tends la main au ministre du
Travail qui m'écoute et je lui dis, donc, que le Parti libéral du Québec, aujourd'hui,
donc, est prêt à voter en faveur du principe du projet de loi n° 3,
notamment, donc, en raison, donc, des dispositions importantes visant la
transparence, et la gouvernance, et le processus, bon, disons, démocratique des
associations en milieu de travail.
Ceci dit, le ministre doit vraiment, donc, voir
ce vote comme une main tendue. Je l'intime... j'intime au ministre d'accueillir
l'offre que nous lui faisons, de s'en tenir aux dispositions de ce projet loi
qui font consensus, celles qui touchent la transparence et certains aspects de
la gouvernance. Ce vote constitue, donc, une invitation de bonne foi à
abandonner, comme lui demande le Barreau du Québec, les dispositions qui
établissent des cotisations facultatives.
Le PLQ est
favorable au principe de mise en place de normes minimales en matière de
transparence et de bonnes pratiques de gouvernance. Les travailleurs doivent
savoir comment leurs cotisations sont utilisées. C'est d'ailleurs le cas
dans la très vaste majorité des cas. Donc, là-dessus, comme j'ai dit, il n'y en
a pas, d'enjeu. Donc, elles, normalement, donc, s'autogèrent, et tout se passe
bien dans la grande majorité des cas.
Ceci dit, et c'est là notre mise en garde, la
CAQ s'attaque, encore une fois, aux libertés des Québécois en limitant, il nous
dira «en encadrant», ici, donc j'objecterai en disant «en limitant», donc, le
droit d'autrui de contester ces lois. Et
c'est surtout là-dessus, évidemment,
donc, les quatre aspects des
cotisations facultatives... Je vous l'ai déjà dit, en termes de
principe, ça ne fonctionne pas, selon moi, en droit, mais même sur le plan...
sur le plan politique.
Je vous dis, Mme la
Présidente, qu'à notre égard, au Parti libéral du Québec... que les
contre-pouvoirs sont essentiels en démocratie. Et, comme nous l'avons objecté
lorsque nous avons étudié... bien, en fait, comme nous l'avons soulevé dans le
cadre du dépôt du projet de loi n° 1 de la
Constitution du Québec, comme nous l'avons objecté dans le cadre de l'étude
sous bâillon du projet de loi n° 2, bien, c'est, par
souci de cohérence qu'ici, à l'égard du projet de loi n° 3... que nous lui
disons : Arrêtez de chercher à limiter les moyens d'action de ceux qui ne
pensent pas comme vous. Ça, ce ne sera jamais acceptable en démocratie. Il est possible
d'avoir des différends idéologiques et parfois même profonds avec des tiers,
avec des acteurs de la société civile, et Dieu sait, Mme la Présidente, qu'au
Parti libéral du Québec... que nous en avons eus et que nous continuerons d'en
avoir, notamment avec les différentes associations représentatives, mais, dans
une société libre et démocratique, jamais ces différends ne peuvent ni ne
doivent mener à l'affaiblissement de voix citoyennes.
Donc, j'espère que le ministre entendra cette
invitation, qu'il verra, donc, cette volonté de collaboration comme une
invitation de bonne foi à réfléchir de façon profonde et de réfléchir de façon
sérieuse aux dispositions relatives aux cotisations facultatives, surtout
celles relatives à la contestation de lois adoptées, disons, dûment adoptées
par l'Assemblée nationale. Et c'est dans cet
esprit que je lui dis oui, mais seulement pour l'instant. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée.
Je cède maintenant la parole à M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci, Mme la
Présidente. Donc, nous sommes sur le principe, le débat sur le principe du projet
de loi n° 3 intitulé Loi visant à améliorer la transparence, la
gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail.
Et c'est vrai que c'est une
partie de
l'intention de ce projet de loi, qui contient des dispositions, comme ma collègue de Bourassa-Sauvé vient de le
mentionner, qu'on retrouvait dans un précédent projet de loi déposé par le
ministre en matière de droit du travail, mais, à l'époque, donc, ces
dispositions ont été retirées. Elles sont ramenées dans ce projet de loi, mais
ce projet de loi, aussi, a une toute nouvelle section, celle sur les
cotisations facultatives et celle qui, en
réalité, crée, j'allais dire vise à créer, mais, en tout cas, crée
certainement, dans la société québécoise, plus de clivages, plus de
confrontations. Et c'est malheureux, parce que ce n'est pas ce dont on a besoin
actuellement dans la société québécoise. On a besoin de dialogue et on a besoin
de s'entendre sur des objectifs communs.
Or, sur cette deuxième partie, qui crée de
l'ingérence dans les affaires des organisations de la société civile, notamment les organisations qui représentent les
travailleurs, qui crée de la paperasse, de la bureaucratie, j'y reviendrai,
mais qui vise aussi à les empêcher ou à rendre beaucoup plus difficile leur
capacité d'agir comme contrepoids, leur capacité, par exemple, d'aller
devant les tribunaux pour contester des décisions du gouvernement, comme c'est
le cas dans toute démocratie qui se
respecte, ces dispositions-là arrivent de manière très malencontreuse. Et on
note qu'il n'y a eu aucune consultation préalable sur ces dispositions.
J'ai posé la question à toutes les personnes qui ont été entendues en commis