Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 20 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2020-08-20
Quebec — Committees
Écoutez, au
niveau de ce qui s'est passé, le propane, ce que ça nous a démontré justement,
c'était : tant que les trains
roulent et tant que tout fonctionne, bien, les gens ne se posent pas trop de
questions, il y a un approvisionnement pour quelques jours ou quelques
semaines, et tout ça, puis, quand on se ramasse dans des situations plus
difficiles, bien, c'est là qu'on s'aperçoit s'il y a des maillons qui sont plus
faibles un peu.
Toute la question d'une réserve, la question
énergétique, si on veut, là, c'est vraiment du côté du ministère de l'Énergie
et des Ressources naturelles. Toute la question de la mission Énergie qu'on
avait déclenchée, si on veut, là, suite des difficultés qu'avait engendrées le
blocus ferroviaire... pas ferroviaire, pardon, les difficultés, là, de... suite
à la grève, encore là, c'est tout dans la cour, si on veut, là, de mission
Énergie.
Du côté du MAPAQ, ce
qui est intéressant à faire, c'est qu'est-ce qu'on peut faire pour accompagner
les producteurs à... Il y en a qui cherchent d'autres moyens aussi, si on veut,
de sécher leurs grains plutôt qu'y aller par les... avec le propane ou le gaz
naturel. Alors, c'est par des initiatives qui sont proposées, qui sont mises de
l'avant, qui sont à
l'étude puis que le ministère, là, par... en soutien, recherche, innovation, et
tout ça, vient en aide, si on veut, là, aux producteurs qui ont des
intérêts, là, pour développer des nouveaux projets, là.
Rousselle : M. le Président, M. le ministre, c'est que, vous le savez
comme moi, vous êtes le ministre, justement, de l'Agriculture, donc c'est vous
qui avez la responsabilité, justement, de parler avec vos collègues, parce que
je pense que c'est à vous à vous assurer justement que les agriculteurs... Là,
vous parlez de grain, mais on peut parler aussi de vivant, il y a de la
volaille, et tout. Donc, c'est plus que des grains, tout simplement, à sécher,
donc c'est plus grand que ça. Là, vous êtes en train de me dire qu'il n'y a pas
encore... Vous ne semblez pas pouvoir me dire qu'il y a une réserve pour
l'hiver qui s'en vient. Parce que l'hiver, là, bien beau qu'il fait chaud à
l'extérieur, mais l'hiver s'en vient, donc il faut prévoir, donc vous êtes en
train de me dire que vous avez... votre ministère ne met pas de la pression
pour prévoir justement ces réserves-là ou encore voir d'autres technologies. Parce
que ça devient votre responsabilité aussi à pousser sur les autres ministères,
Lamontagne : Bien, écoutez, je peux comprendre peut-être mon collègue,
là, vos communiqués de presse sont déjà écrits, là, pour ce qui va
sortir de la commission aujourd'hui, là. Première des choses, je viens de vous
exprimer qu'on est en soutien avec les agriculteurs pour développer des
méthodes alternatives. Pour ce qui est... toute la question d'avoir une
réserve, première des choses, moi, je suis sur le terrain, je parle aux
agriculteurs à peu près trois fois par semaine avec l'UPA, je visite des agriculteurs
à toutes les semaines, alors vous pouvez être certain que je suis tout à fait
au courant des préoccupations puis de la réalité des agriculteurs.
Pour la question du
propane, ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que la demande du Québec en
propane, qui est liée au grain, c'est pour une période très limitée de quelques
semaines. L'an passé, la grève a coïncidé avec cette période-là. Alors, oui, il y a des discussions qui sont faites, naturellement, avec le ministère
de l'Énergie et des Ressources
naturelles pour faire en sorte que ce qu'on a vécu l'an passé, c'est des choses
qui ne se reproduisent pas. C'est du travail à faire aussi avec les transporteurs
ferroviaires, là.
M. Rousselle :
Merci, M. le Président. Écoutez, moi aussi, je me trouve à être sur le terrain,
moi aussi, je parle à des agriculteurs. Puis c'est bien beau, leur jaser, mais
eux autres, ils attendent une action, ils attendent un plan. Puis
faites-vous-en pas, là, il n'y a rien d'écrit encore, là, c'est un échange
qu'on a. Vraiment, je trouve... je pense qu'on commence mal notre échange entre
nous deux, c'est mal me connaître. Donc, vous pouvez peut-être... Parce que là,
la manière que je le vois, là, c'est comme : ce n'est pas moi, c'est
l'autre. Mais vous, vous avez une responsabilité aussi, puis c'est ça, je veux
voir, comprenez-vous?
Donc, puis là, en
plus, c'est que je pense que ça serait peut-être intéressant de votre part, justement,
de voir peut-être d'autres opportunités. Parce que là... parce que là on est toujours...
Le propane, on n'en produit pas, au Québec, du propane. Donc, peut-être penser
à des choses que nous aussi, au Québec, on produit. Il y en a qui vont parler
des granules, à un moment donné, ça peut être l'électricité, mais ça, il faut
les accompagner. Bien beau leur jaser, mais ces gens-là que vous avez parlé,
parce qu'on parle avec les mêmes personnes, eux autres me disent : Oui, il
nous a jasé, là, mais on attend l'action. Puis c'est ça que je vous
demande : Est-ce que vous avez un plan? Est-ce que vous avez planifié quelque
chose pour l'hiver qui s'en vient, à la place de dire, bien, ce n'est pas moi,
ça va être l'autre ministre?
Lamontagne : Ce que je
prends la peine de vous expliquer, M.
le député de Vimont, c'est qu'il y a
différents projets. Quand vous dites soutenir, aller vers des méthodes
alternatives, dans ma première réponse, je vous ai indiqué qu'il y a des initiatives
comme ça qui sont en cours, il y a des initiatives que le ministère
subventionne par différents projets de recherche. Alors, il y a des initiatives
au niveau de sources différentes pour aller pour le séchage des grains.
Parallèlement à ça,
je vous rappellerai que, dès le départ de la crise, à compter du
26 octobre, là, j'ai mis en place, justement, avec les producteurs de
grain du Québec, le MAPAQ, La Financière agricole du Québec, on a mis en
place une cellule de crise, on s'est parlé à toutes les semaines. Non seulement
on était en communication aussi avec mission Énergie, le ministère des
Ressources naturelles, là, pour s'assurer d'un approvisionnement pour qu'il n'y ait pas de manquement... D'ailleurs, aux
nouvelles, là, si vous avez suivi les mêmes nouvelles que moi, là, il n'y
a personne qui a manqué de propane puis de gaz naturel sur le territoire du
Québec. Au niveau de nos fermes, il y avait un suivi qui était fait de façon
quotidienne par toute l'équipe du MAPAQ. Chacune des fermes où il y avait de la
volaille, où il y avait des porcs, où il y
avait du boeuf, où il y avait du chauffage au gaz, était répertoriée. Et en priorité
dans mission Énergie, justement, M. le député de Vimont, c'est exactement de
faire passer tout ce qui était bien-être animal, la réalité animale de
l'agriculture, qui était mis en priorité.
Alors, non seulement
les agriculteurs ont obtenu une compensation tout à fait juste et équitable
pour les difficultés que leur a engendré la grève des transports ferroviaires,
mais, deuxièmement, ils ont eu un soutien de tous les instants pour s'assurer
qu'ils ne manquent pas de ressources puis qu'ils aient du propane tout au long
de la crise.
M. Rousselle :
Là, vous êtes en train de me dire qu'il n'y a jamais eu de pertes justement
dans les agriculteurs ou dans les... il n'y a jamais eu de pertes. C'est
ça que vous étiez à me dire. Il n'a pas manqué de propane, donc il n'y a pas eu
de pertes, vous êtes en train de me dire.
M. Lamontagne :
Vous entendez bien ce que vous voulez dire, M. le député, ce que vous voulez,
monsieur. Ce que je vous dis, c'est qu'il n'y a pas de ferme au Québec qui a
manqué de propane qui avait des animaux. Ça, je peux vous dire ça.
M. Rousselle :
Bon, en tout cas, moi, ils n'ont pas manqué de... Parce que là, il y a eu des
compensations au niveau des agriculteurs qui ont eu des pertes. Donc, s'il n'y
a pas eu de pertes, donc, ils ont eu des compensations, j'aimerais ça savoir ça
se chiffre à quoi, ces compensations-là qu'il y a eu.
M. Lamontagne :
Grosso modo, l'engagement que j'avais pris devant les producteurs agricoles,
lorsque j'étais devant eux à l'assemblée annuelle de l'UPA, c'était de
faire en sorte que nos programmes répondent au maximum, de demander à
La Financière agricole qu'ils répondent au maximum, un maximum de
flexibilité pour permettre de couvrir tous les inconvénients liés à la crise
sur le propane puis que, si on arrivait avec des angles morts un peu, bien,
qu'on viendrait en... à une situation exceptionnelle, on arriverait avec une
réponse exceptionnelle.
Alors,
les programmes ont répondu à hauteur d'à peu près, de mémoire, je pense, c'est
54 millions. Et puis, après ça, on a eu pour 5,2 millions d'un
programme particulier qu'on a mis en place pour s'assurer, avec les producteurs
de grains, qu'ils recevaient une pleine
compensation pour tous les inconvénients causés par, un, non seulement les
conditions climatiques terribles qu'ils ont eu à l'automne, mais en plus
de ça toute la question, là, de la grève du transport ferroviaire.
M. Rousselle :
J'ai parlé justement avec des éleveurs de volaille, puis ils me parlent,
justement, qu'ils ont eu des problèmes, justement, avec le propane, puis qu'ils
ont eu des pertes, puis là je parle de petits producteurs. Est-ce que ces
petits producteurs-là qui ont eu des pertes, on me dit... là, vous me dites
qu'il n'y a pas eu de manque de propane, je ne comprends pas, mais ils ont eu
des pertes, est-ce que vous avez pensé à les compenser, eux autres aussi, ou
vous avez pensé juste à ceux qui... les producteurs de grains?
M. Lamontagne :
Non. Je veux... Vous comprenez bien, mais je suis certain que vous savez ça, M.
le député de Vimont, là, mais, au Québec, on
a un ensemble de programmes pour toutes les filières de production, que ce
soient les filières animales, que soient les filières végétales, les
filières de grains, qui offrent un large éventail de différents outils qui viennent en soutien au revenu, qui viennent en
soutien à l'assurance récolte, qui viennent compenser ou soutenir les
agriculteurs quand ils ont des enjeux soit au niveau de leurs prix de revient
ou qu'ils ont des enjeux, justement, au niveau de leurs résultats. Alors, à
travers tout ça, là, il n'y a aucune filière, là, qu'on n'a pas accompagnée. La Financière
agricole, dès le départ, on a mis en place une cellule de crise qui a
accompagné toutes les filières. Ils étaient en communication constante avec le
ministère de l'Agriculture. Puis je peux vous dire, là, qu'il n'y a personne
qui a été laissé pour compte, là, sur le territoire du Québec, là, à travers
les difficultés qu'on a eues, là.
M. Rousselle :
Au niveau de la sécheresse observée, justement, en début 2020 au Québec, il y a
eu de la pression énorme, justement, sur les
producteurs agricoles. Vous le savez comme moi, la situation, puis les
producteurs... le fourrage n'était pas... ce n'était pas évident,
justement. Cependant, certains secteurs ont été touchés, parfois indirectement, par exemple le milieu production
animalière, par la hausse importante du prix du fourrage. Les
producteurs animaliers destinés à la vente, donc, sont coincés entre le prix de
la bête puis le prix d'achat des intrants. Cette situation a été amplifiée par
la hausse des prix du fourrage et la baisse du prix à court terme à cause de la
baisse de la demande internationale. Avez-vous des données sur la hausse des
prix?
Lamontagne : Je n'ai pas de données, au moment où je vous parle, à
vous donner. Par contre, ce que je peux demander, c'est à La Financière
agricole de nous préparer toutes les informations en lien avec les cours du
prix des grains ou des différents aliments puis qu'on pourra vous transmettre.
Ce que je peux vous
dire, encore là, au même
titre qu'en 2018, quand on a eu la sécheresse historique,
là, c'était une sécheresse de 150 ans qu'on n'avait pas vu ça au Québec,
là. Cet été, on a eu un bon début de saison, mais là il y a une sécheresse qui
s'est installée, puis il y a des secteurs au Québec qui ont été beaucoup plus
frappés que d'autres. Encore là, il y a une cellule, je vais dire une cellule
de crise, parce qu'effectivement ça peut apporter des difficultés importantes,
qui a été mise en place avec La Financière agricole, qui a été mise en place
avec L'Union des producteurs agricoles pour
être capable, à la grandeur du Québec, dans un premier temps, de coordonner un
approvisionnement en nourriture, là, pour tous les animaux sur le territoire du
Québec.
Puis
après ça la question de l'augmentation des coûts, encore là, les différents
programmes de soutien qui sont mis à la disposition puis auxquels
souscrivent les agriculteurs, quand ça vient le temps de traiter les
réclamations, les avis de dommages, parce qu'au moment où on se parle il y a à
peu près 2 300 avis de dommages qui ont été déposés par les
agriculteurs du Québec, bien, quand ça vient le temps de déterminer les
compensations, et tout ça, il y a naturellement un volet qui touche la hausse
du coût des intrants, là, pour les producteurs.
Alors, soyez rassuré,
au fur et à mesure qu'on se dirige vers la fin de la saison, puis au fur et à
mesure que tous les décomptes, bon, des
réclamations et des dommages sont faits, bien, toute la question de la valeur
des intrants, naturellement, entre dans le calcul des rétributions de
compensation, là, pour les agriculteurs.
Président (M. Lemay) : J'ai cru comprendre que vous vouliez faire
un dépôt de document qui serait préparé par La Financière agricole
éventuellement.
M. Lamontagne :
Bien, oui, je vais demander à... D'ailleurs, le président de La Financière
est dans une autre salle, là, il vient de l'entendre, là, alors on va... Les informations,
on va reprendre le verbatim de ce que le député a demandé, puis les informations qu'il a demandées au niveau du coût des grains,
là, vont pouvoir vous être acheminées pour que vous puissiez acheminer
ça, là, à M. le député.
Président (M. Lemay) :
Merci. Donc, à ce moment-là, je vais vous demander, s'il vous plaît, de bien vouloir transmettre l'information au courriel de la commission
pour qu'il puisse être déposé éventuellement.
M. Lamontagne : Parfait. Merci.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Vimont, la parole est à vous.
M. Rousselle : Merci.
J'aimerais ça aussi avoir l'évaluation de l'impact financier sur les agriculteurs.
Parce que j'espère qu'il y a une évaluation qui s'est faite là-dessus. C'est
bien beau qu'on regarde les prix, et tout, là, mais il y a un impact direct et
indirect sur les agriculteurs, là. Pouvez-vous en parler ou vous allez nous
livrer ça?
M. Lamontagne : Je peux vous en
parler. Bien, l'impact pour l'année 2018, ça a été 60 millions.
L'impact pour l'année 2020, on a déjà des avances qui ont été versées pour
la première coupe. On vient de terminer la deuxième coupe. Il y a probablement
des avances qui vont être encore versées. Mais la totalité des réclamations
puis des compensations qui vont être
accordées en vertu des programmes de soutien, c'est seulement qu'à la fin de
l'année, quand l'année va être terminée. Alors, quand on va arriver au
printemps et puis tout le décompte va avoir été fait, il va y avoir, de toute
façon, un communiqué de La Financière agricole qui va venir confirmer tous
les montants qui vont avoir été versés dans le cadre de l'assurance récolte,
puis ça me fera plaisir, à ce moment-là, qu'on vous fasse parvenir la copie du
communiqué, M. le député de Vimont.
M. Rousselle : Merci. Au
niveau des piscicultures, les producteurs piscicoles, vous le savez comme moi,
ils ont connu une très mauvaise année, notamment parce que
les activités de pêche récréative ont été grandement
retardées, service non essentiel, comme vous le savez, mais en plus parce que
de grands nombres de rivières et de lacs normalement ensemencés ne l'ont pas
été cette année en raison de la COVID-19. C'est donc des pertes de revenus très
importantes pour les producteurs qui sont plus souvent qu'autrement des
producteurs indépendants. Et les pertes proviennent en grande
partie des
décisions du gouvernement. Pertes de ventes dues au prix plus élevé du poisson
versus d'autres protéines lorsque les gens ont un revenu moins... de la COVID.
Est-ce que vous avez un plan mis en place au ministère pour épauler justement
l'industrie qui est un moteur pour l'économie régionale?
M. Lamontagne : Oui. Bien,
écoutez, naturellement, tout ce qui touche aquaculture, mariculture, c'est un
aspect important de la stratégie de développement des pêches au Québec. Alors,
que ce soit par le biais du Fonds des pêches du Québec ou par d'autres mesures
qu'on a au gouvernement, on vient accompagner l'industrie aquacole.
Dans le
contexte, un défi qu'on a, honnêtement, au niveau de l'industrie aquacole, c'est
que, sur la production totale qu'on a au Québec, grosso modo, il y a à
peu près 60 % de la production qui est dévolue à l'ensemencement des lacs et puis il y a à peu près 40 % de la
production qui est dévolue à la consommation humaine. Alors, on s'entend
que les humains, ça mange 12 mois pas année, mais les lacs, ça s'ensemence
seulement qu'un certain nombre de semaines par année.
Alors, ce qu'on a vécu cette année, c'est avec
la fermeture de tous les endroits de villégiature, il y a eu effectivement un entassement, si on veut, dans les
bassins, les bassins de culture, puis cet entassement-là représentait...
il y avait deux niveaux, deux difficultés. Il y en a un que c'était la
ressource immédiate qu'on ne pouvait pas... dont on ne pouvait pas disposer au
bénéfice des producteurs. Mais, aussi, c'est qu'à un moment donné, quand on
dispose d'une ressource, bien, il y a une nouvelle ressource qu'on insère, on a
pris des petits ménés, on les met dans des plus gros bassins pour faire en
sorte que, l'année d'après, on ait de la culture. Alors, cette année, c'est ces
deux aspects-là qui causaient des enjeux.
Alors, on est venu en aide, d'abord, le
gouvernement du Québec, en association avec le ministère des Faune, Forêts et
Parcs, à hauteur de 450 000 $, à peu près, pour faire un premier
délestement d'à peu près 75 tonnes de poissons, pour que les pisciculteurs
puissent faire de la place dans leurs bassins pour mettre les autres poissons
qui s'en venaient. Puis après ça, vu que ça
a tardé encore, la réouverture, et tout ça, on s'est entendus avec le
gouvernement fédéral, là, pour un
autre investissement aux alentours de 800 000 $. Alors, de mémoire,
là, c'est à peu près 1 100 000 $ qui a été accordé, là,
en soutien aux producteurs aquacoles en fonction des défis qu'il y avait, là,
ce printemps, là.
M. Rousselle : Là, vous me parlez
d'un montant de 450 000 $ du Québec... on va laisser le fédéral de
côté, là, mais pour tout l'ensemble du
Québec, pour tout l'ensemble des pisciculteurs du Québec. Donc, vous avez...
Est-ce que vous avez analysé vraiment les pertes qu'ils ont vécues?
Parce que là, vous savez, il y avait... comme je vous expliquais tantôt, je
veux dire, ils ont eu vraiment une mauvaise année. La COVID, ce n'est pas la
faute à personne, on s'entend, mais ils vivent vraiment un problème à cause de
la COVID, là.
M. Lamontagne : Bien, tout à fait.
D'ailleurs, je dois vous dire que tout le long de la COVID, moi, j'étais en communication deux fois par semaine avec toute la
table des représentants, là, les pêcheurs, les aquaculteurs, les mariculteurs, les industriels des pêches. On était en
communication deux fois par semaine avec eux. Tout le long de la COVID, j'étais
en communication tous les jeudis avec les ministres des Pêches des provinces
atlantiques. J'étais en communication avec la ministre fédérale des Pêches à
tous les vendredis matin pendant des semaines et des semaines. Et on est en
contact avec le président, M. Roy, des pisciculteurs, des aquaculteurs. Et
puis vous pouvez être assuré qu'on a suivi quasiment à la journée l'évolution
de leur situation.
Et puis le premier délestement, à hauteur de
450 000 $, c'est quelque chose qu'on a travaillé avec eux. Il fallait
identifier des bassins d'eau, parce qu'il faut les mettre à quelque part, ces
poissons-là. À partir du moment où ce n'est pas les zecs, puis ce n'est pas ces
endroits-là qui les prennent, là, il faut identifier des lacs, il faut avoir
des méthodes. Alors, ça, on a fait ça en coordination avec les aquaculteurs.
Et puis le deuxième volet de soutien, là, qui
est venu à hauteur de... je pense, le fédéral, c'était 600 000 $,
nous, c'était un autre... attendez, j'ai les chiffres exacts, là. Au total, ça
a été 1 020 000 $. Il y avait 408 000 $ qui venaient du Québec et puis 612 000 $ qui
venaient du Canada. Tout ça, c'est un travail qui a été fait, là, en
coordination avec les producteurs, les aquaculteurs.
Le Président (M. Lemay) : Il vous
reste quelques secondes.
M. Rousselle : Vous êtes en train de
me dire qu'ils étaient pleinement satisfaits parce que... Est-ce qu'ils ont...
Est-ce que... Ça n'a pas couvert toutes leurs pertes. Parce que là, vous parlez
justement de bassins, des petits poissons, je comprends bien ça, là. Mais la
perte monétaire qu'eux ils ont perdu dans leurs poches pour... puis ils n'ont
pas pu, justement, prévoir d'autres projets. Ça, ils n'ont pas été compensés.
M. Lamontagne :
Une chose qui est importante, c'est qu'à la hauteur de l'aide qui a été donnée,
vous pouvez être sûr qu'il y a une continuité dans les modèles
d'affaires pour les années à venir. C'est certain, honnêtement, dans les
contextes où on est, on a des milliers et des milliers d'entreprises au Québec
qui non seulement n'ont pas eu les revenus
qu'ils avaient l'année précédente, là, mais ils ont eu, genre, zéro revenu, là,
pendant des semaines et des mois.
Ce que je vous dis, c'est qu'on a été en contact
constant avec les aquaculteurs, puis, en fonction des défis auxquels ils
étaient confrontés puis la réponse qui a été donnée, bien, si vous avez lu les
communiqués puis les déclarations qui avaient été faites par les producteurs,
les gens étaient satisfaits de ce qu'on avait fait.
Le Président (M. Lemay) : Merci
beaucoup, M. le ministre. Je dois vous interrompre sur ce, puisque le premier bloc d'échange étant maintenant terminé,
je dois maintenant céder la parole au deuxième groupe d'opposition. Mme
la députée de Mercier, la parole est à vous.
Mme Ghazal : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre. Salutations aux membres de la commission.
Et je salue aussi les membres du cabinet et du ministère qui sont ici présents
avec nous. Donc, ça me fait plaisir de remplacer ma collègue de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Elle va très bien. Elle vous salue.
Donc, écoutez, moi, je m'occupe beaucoup...
Évidemment, la question de l'environnement me tient à coeur. Et
l'environnement, c'est lié à tout, notamment aussi avec la question de l'agriculture.
D'ailleurs, le mois dernier, le gouvernement a annoncé un nouveau tarif
préférentiel pour les producteurs en serre. Donc, c'est une annonce qui a été faite avec Hydro-Québec, puis c'était quelque
chose de très attendu. Et finalement la COVID a permis, finalement,
d'offrir ce tarif-là aux producteurs serricoles. C'est une bonne nouvelle. Mais
évidemment le ministre est au courant que
tous les producteurs, encore plus en milieu rural, n'ont pas accès à notre
électricité. Ce qui fait qu'ils sont toujours dépendants des énergies
fossiles. Et d'ailleurs, selon une estimation d'Hydro-Québec, l'électricité
triphasée ne couvre que 40 % du réseau de distribution, et, comme je le
disais, c'est pire en milieu rural.
Et donc je voulais savoir par rapport à cette
annonce, je sais que le ministre avait annoncé, dans le budget, un
15 millions de dollars qui a été annoncé, puis je pense que ça pouvait
être bénéfique pour peut-être 1 000 producteurs maraîchers, est-ce
qu'il a l'intention... Parce qu'il y a une belle annonce, un meilleur tarif,
mais encore faut-il que ces producteurs y aient accès. Est-ce qu'il a
l'intention d'augmenter et de bonifier cette mesure-là de 15 millions pour
permettre à l'électricité d'aller à tous ces producteurs-là?
M. Lamontagne :
C'est une très bonne question, puis j'aime beaucoup votre question, Mme la
députée. D'abord, je dois vous dire que la question de la tarification
électrique pour les serres, la question d'augmenter les superficies de culture en serre, ce n'est pas quelque chose qui est
relié à la COVID, là, c'était un engagement électoral de notre formation
politique en octobre 2018, qui visait justement à doubler. Présentement, on a un
petit peu plus que 120 hectares de culture en serre au Québec, pour
légumes et fruits, et puis l'objectif, c'est de doubler cet aspect-là.
Et puis il y a, naturellement, la composante
électrique du tarif de l'électricité. C'est une composante qui est importante,
mais ce n'est pas la seule composante. Alors, ce qu'on a annoncé, naturellement,
c'est que le tarif qui était disponible pour les grandes entreprises, il y a à
peu près une dizaine d'entreprises au Québec qui bénéficiaient de ce tarif-là,
bien, on l'a étendu à peu près à 980 entreprises additionnelles qui vont
pouvoir en bénéficier 12 mois par année. Ça, c'était la bonne nouvelle.
Le commentaire que vous faites pour le triphasé,
effectivement... Par contre, dans les chiffres, là, la question de l'accès, aujourd'hui, les serres existantes sur
le Québec, là, 85 % des serres aujourd'hui sont à distance du
triphasé, là, il y a le triphasé qui n'est
pas trop loin, là, mais il faut faire le raccordement. Et puis, après ça, bien,
naturellement, il y a des territoires qui, aujourd'hui, ne sont pas
couverts par le triphasé.
Alors,
dans le cadre de cet engagement-là, justement, d'augmenter de façon importante
la superficie de culture en serre, naturellement, il y a le volet
d'augmenter la présence du triphasé sur le territoire. Il y a des engagements à
hauteur de 15 millions qui ont été
pris, là, pour les prochaines années. Ce que le ministre me dit, c'est que
15 millions, on parle d'à peu près 100 000 $ du kilomètre, là,
alors on en a, là, pour... il faut faire la mathématique pour le nombre de
kilomètres. Mais, en même temps, lorsqu'on a fait l'annonce, avec mon collègue
le ministre de l'Énergie, pour la tarification, le ministre s'était fait
interroger là-dessus puis il disait que dans le cadre, justement, de la relance
économique, là, on avait des objectifs de
chercher à bonifier ces montants-là, là, pour chercher à accélérer, si on
veut, l'accès au triphasé, là, aux endroits sur le territoire où ce n'est pas
accessible.
Ghazal : Donc, la réponse du ministre, c'est oui, elle va être
bonifiée. Je ne sais pas, est-ce que le ministre peut nous le dire ou il
veut que ce soit le ministre de l'Énergie qui l'annonce?
M. Lamontagne : Bien, ce que je vous
dis, c'est que, déjà, l'annonce qu'on a faite de 15 millions investis pour le triphasé, là, c'est déjà une très, très,
très belle annonce. Ce que je vous dis, c'est que, quand on a fait l'annonce
du tarif d'électricité, il y a des questions
qui ont été posées au ministre de l'Énergie, et puis j'étais présent à ses
côtés, et il a mentionné son intention de chercher à bonifier ces montants-là.
Par contre, je n'ai pas d'annonce que je peux faire aujourd'hui, je ne suis pas
le ministre de l'Énergie.
Ghazal : Bien, c'est vraiment dommage, parce que je suis sûre qu'on
est écoutés par beaucoup de producteurs
en ce moment et qu'ils sont très, très intéressés puis ils auraient aimé
entendre cette annonce-là de la bouche de leur ministre de
l'Agriculture.
M. Lamontagne : Bien, ils sont
vraiment intéressés, d'autant plus que j'étais avec eux hier, puis ils sont
bien au courant d'où on s'en va avec tout ça, là, ça fait qu'on a une belle
communication avec nos producteurs serricoles.
Mme Ghazal : Donc, ça va être
bonifié, on ne sait pas à hauteur de combien ni où. Est-ce que c'est possible
de savoir combien de producteurs à peu près — un ordre de grandeur — pourraient
bénéficier de cette bonification qui va être annoncée bientôt par votre
collègue?
M. Lamontagne : Ce que je vous
dirais, c'est que, dans un premier temps, les annonces qu'on a faites déjà pour
étendre le réseau de triphasé sont exceptionnelles, à hauteur de
15 millions de dollars. Ce que je vous rapporte encore, c'est, lorsque le
ministre était interrogé lors de l'annonce, on a demandé : Bien, est-ce
que vous pensez que ce serait possible d'en
faire davantage? Le ministre, ce qu'il a dit, c'est qu'il aurait intérêt à
vouloir en faire davantage. Alors, c'est des choses qui lui
appartiennent. Mais, au départ, je vous dis qu'il y a 85 % des serres
actuellement présentes au Québec qui sont à distance, là, du triphasé. L'enjeu
aussi, c'est qu'on veut avoir beaucoup de nouvelles serres, là, qui vont naître
au Québec. Ça fait que, dans un premier temps, bien, on espère qu'ils vont
naître dans un environnement où le triphasé
est tout près. Mais l'idée d'augmenter le réseau, bien, ça va permettre d'en
couvrir le plus possible.
Ghazal : J'aurais aimé avoir la primeur, mais on l'aura plus tard,
c'est ce que je comprends. On va regarder ça attentivement.
J'ai un autre sujet, c'est sur l'achat local,
évidemment, avec... On s'est rendu compte... Tout le monde a découvert quelque chose qui existait depuis très
longtemps, avec la COVID, comme quoi nous ne sommes pas autonomes sur le
plan alimentaire. Et on est très, très dépendants, là, de l'extérieur, où on
importe beaucoup, mais aussi de la main-d'oeuvre étrangère qui travaille dans
nos... en agriculture. Mais ce qui est important aussi, quand on dit qu'on veut parler d'achat local, et tout ça,
puis on dit à tout le monde, avec Le Panier bleu : Achetez local, achetez
local, l'exemplarité de l'État est très, très importante.
Donc, en fait,
en mai dernier, ma collègue avait proposé au gouvernement et au ministre s'il
était possible de remplir à 50 % d'aliments québécois les assiettes
qui sont servies dans nos services alimentaires et les institutions comme les écoles, les CHSLD. Est-ce que le
ministre sait actuellement... Est-ce qu'on est capable de chiffrer actuellement
l'offre, là, dans nos institutions
alimentaires, elle est à combien de pourcentage en achat local actuellement?
M. Lamontagne : Je vous dirais, je
me souviens très bien de ces échanges que j'ai eus avec votre collègue parce que j'ai rappelé à votre collègue que, lors
du mois de décembre 2019, j'ai déposé le nouveau plan stratégique du ministère
de l'Agriculture 2019‑2023. Et puis naturellement, quand on dépose un plan
stratégique, il y a un certain nombre de cibles qui se chiffrent, en 15 ou
20 cibles qu'on veut atteindre. Mais il y a trois cibles par lesquelles le
MAPAQ puis moi, à
titre de ministre, là, qu'on veut être jugés, si on veut.
Puis une de ces trois cibles-là, c'était justement
le pourcentage de nos institutions qui vont avoir une cible puis qui vont
mettre en oeuvre une cible de consommation d'aliments du Québec.
Alors, c'est quelque chose que, moi, quand je
suis arrivé en poste, en octobre 2018, un des premiers dossiers auquel j'ai été
confronté, c'était justement cette situation où il n'y avait à peu près aucune
politique, au Québec, pour favoriser l'achat
institutionnel, et puis j'ai tout de suite lancé un grand chantier. Et puis, si
vous écoutez les nouvelles, là, probablement, là, dans les semaines qui
s'en viennent, on devrait avoir l'annonce et la conclusion de tout ça où on va
présenter le cadre gouvernemental pour l'achat institutionnel d'aliments du
Québec.
moment où on se parle, les informations qu'on a, c'est que, un, nous, on a ciblé à
peu près 4 000 institutions ou 4 000 organisations gouvernementales qu'on
veut s'assurer qu'ils vont avoir des cibles puis ils vont mettre en place des
politiques pour rencontrer ces cibles-là. Mais le potentiel qui est connu, là,
pour l'achat institutionnel, au total, c'est
à peu près 2 milliards de dollars. Puis aujourd'hui, ce qu'on comprend,
là, ce serait de l'ordre de 600 à 700 millions de dollars, là, qui
serait consommé. Alors, il y a certainement une marge de manoeuvre très
intéressante, là, pour toute l'agriculture québécoise, là, en approvisionnement
de produits locaux de la part des institutions.
Mme Ghazal : Juste pour comprendre,
600 à 700 milliards de dollars...
M. Lamontagne : Millions, millions.
Mme Ghazal : ...millions de dollars
de potentiel.
M. Lamontagne : Non, il y a
2 milliards de potentiel. Il y a... Ces organisations-là achètent...
Mme Ghazal : Achètent déjà pour...
M. Lamontagne : Encore là, on n'a
pas le décompte de chacune des organisations...
Mme Ghazal : ...mais le chiffre
global, oui...
M. Lamontagne : ...mais les estimés
qui sont faits, grosso modo, là, c'est le potentiel, là, s'il y avait
100 % d'achats qui étaient québécois, là, bien, ça pourrait être un canal
de distribution dans lequel il y aurait 2 milliards qui seraient acheminés. Présentement, on parle qu'il y
aurait 600 à 700, 800 millions de dollars. Alors, il y a quand même
une marge importante, là, de gains pour les aliments du Québec au sein de ces
organismes-là, là.
Mme Ghazal :
Ça, je ne suis peut-être pas vite en calcul mental ou je pourrais le faire plus
tard, mais j'aimerais savoir, donc, actuellement, on n'est pas à
100 %, on est à quel %. Ou c'est peut-être un calcul avec...
M. Lamontagne : Bien, honnêtement,
ce que je vous dis, ce que je vous dis, là, c'est, grosso modo, c'est à peu
près entre 600 et 800 millions de dollars qui sont... qui seraient...
Mme Ghazal : Mais vous... est-ce que
le ministre a le chiffre? Parce que, s'il l'a...
M. Lamontagne : Non, non, je n'ai
pas...
Mme Ghazal : Ah! O.K. Parce que
comment est-ce qu'on...
M. Lamontagne : Non, je n'ai pas le
chiffre exact, là. C'est des chiffres qui sont estimés. C'est des chiffres qui
sont estimés, Mme la députée.
Mme Ghazal : Mais, moi, je... c'est
correct si on a aussi un estimé du pourcentage actuel. Parce que, pour se fixer
des objectifs, ce que je comprends, c'est qu'il y a un potentiel, on sait que
c'est possible, puis tout le monde, évidemment, on veut atteindre le
100 %. Mais on va inciter tout le monde à avoir des objectifs et des
cibles. Mais, pour savoir quelles cibles mettre, il faut savoir on est où
aujourd'hui. Est-ce que cet estimé-là existe aujourd'hui? Ce n'est pas obligé
que ce soit à la carotte près, là.
M. Lamontagne : Non. Aujourd'hui, ce
qui est important, puis ce que je vous disais, Mme la députée, c'est qu'au
moment de mon entrée en poste, là, il n'y avait aucune politique
gouvernementale qui visait à s'assurer...
Mme Ghazal : Je comprends qu'il y a
un pas de plus qui a été fait, là.
M. Lamontagne : Bien, c'est-à-dire,
le pas... bien, le pas va être manifestement annoncé, là, dans quelques
semaines, là. Mais où on va s'assurer... L'objectif est de faire en sorte qu'il
va y avoir 85 % de tous ces instituts-là qu'on va avoir ciblés, qui sont
4 000, qui vont avoir un plan pour procéder puis de s'assurer d'inclure
des produits québécois dans leur politique d'achats. Puis avec ça il va venir
un répertoire des aliments québécois. Une fois qu'on va avoir des entreprises qui vont être engagées, qui vont avoir les
moyens... Puis on va leur donner les outils aussi pour les accompagner, parce que c'est bien beau
dire : Achetez québécois, mais il faut que les gens aient accès aux ressources.
Mme Ghazal : Tout à fait.
M. Lamontagne : Il faut qu'il y ait
une jonction, à un moment donné, entre les gens qui produisent puis les gens
qui achètent. Alors, il va y avoir un défi à ce niveau-là aussi. Mais le plan
va comprendre, là, un ensemble de mesures qui vont permettre cette opportunité-là.
Le Président (M.
Lemay) : Alors, Mme la députée de Mercier, il vous reste
3 min 30 s. Et simplement un rappel de ne pas parler en même
temps puisque... pour la transcription puis pour la qualité de l'audition, s'il
vous plaît. Si vous voulez prendre la parole ou reprendre la parole, vous
pouvez nous faire signe, il n'y a aucun problème. Mme la députée de Mercier, la
parole est à vous.
Mme Ghazal :
Parfait, merci pour le rappel, M. le Président. Donc, juste pour savoir, une
des premières étapes, oui, c'est de
dire : Bien, on a beaucoup de potentiel, puis on va se fixer des objectifs
puis des cibles, puis il y a une politique. Ça, c'est... absolument,
c'est important. Mais la première étape, c'est de savoir, actuellement, c'est
combien, le pourcentage d'achat local, parce que ça se peut que ça soit
0 % aussi, en ce moment, c'est peut-être ça. Est-ce que le ministre ne le
dit pas parce qu'il ne l'a pas tout de suite maintenant ou il n'y a personne
qui le sait en ce moment au Québec, mais on le sait qu'on va se fixer des
objectifs pour prochainement?
M. Lamontagne :
Bien, ce que je peux vous dire, c'est qu'on a un estimé de la valeur totale des
produits québécois qui sont dans le système institutionnel, mais, étant
donné qu'il n'y a aucun organisme qui n'avait aucune obligation à avoir des
cibles quelconques, il n'y a jamais aucune mesure qui a été faite auprès des
institutions par rapport à quelconque pratique d'achat institutionnel.
Alors, ce qu'on va mettre
en place, c'est un encadrement pour s'assurer qu'ils vont se fixer des cibles.
Et cet encadrement-là, ces cibles-là vont être en fonction de la réalité,
naturellement, de chacune des institutions. Mais l'objectif de tout ça, c'est
de créer un environnement pour faire en sorte que les achats vont aller en
augmentant, là.
Mme Ghazal :
Je comprends. Très bien. Là, O.K., j'essaie de... j'avais beaucoup de
questions, je vais essayer d'en trouver une plus rapide. Vous savez,
dans les fermes, on a essayé d'avoir des travailleurs du Québec, on n'a pas
atteint les objectifs et les cibles d'avoir des travailleurs du Québec. Parce
qu'à cause de la COVID, la main-d'oeuvre étrangère, c'est moitié moins que ce
qu'on reçoit d'habitude qui est venue ici. Et, je voulais savoir, est-ce que le
ministre a un plan, vu que maintenant les étudiants vont retourner à l'école,
est-ce qu'il a un plan pour septembre et octobre pour s'assurer qu'on ne va pas
manquer de main-d'oeuvre? Parce qu'on en a manqué, et là peut-être que ça va
être encore plus exacerbé et encore pire pour les deux prochains mois qui s'en
viennent. Et est-ce qu'il y a un risque de pénurie de denrées alimentaires à
cause de ça? Plus toute la destruction de récoltes agricoles qui a fait mal au coeur à beaucoup, beaucoup de Québécois de voir
autant de choux, d'asperges, etc., qui ont été jetés alors qu'il y a du
monde dans le monde qui ont faim, comme disait ma mère.
M. Lamontagne :
Écoutez, en tout respect, là, on me dit qu'il me reste à peu près 75 secondes
pour vous. Alors, ce que...
Mme Ghazal :
Est-ce qu'il y a un plan, oui ou non? Ça peut être juste ça.
M. Lamontagne :
Bien, ce que je vais vous dire, c'est qu'au moment où on se parle, les semaines
qui passent, là, il y a à peu près 100 % des travailleurs étrangers
qui sont attendus qui arrivent au Québec. Au moment où on se parle, les
travailleurs qui étaient attendus depuis le mois d'avril, il y en a 85 %
de rentrés, mais... comme... la semaine
prochaine, là, il y a 317 travailleurs étrangers qui sont attendus pour
venir faire les récoltes jusqu'à la fin octobre. 100 % de ces...
Mme Ghazal :
Ça, c'est combien, combien de travailleurs étrangers? Parce qu'actuellement
c'est 18 000.
M. Lamontagne :
Non. Bien non, 16 000 à 17 000, c'est sur une période annuelle. Il y
en a à peu près 4 000, 5 000 qui sont ici 12 mois par année.
Cette année, on attendait à peu près 11 000 à
12 000 travailleurs. Puis en date, là,
du 17 août, il y avait 10 999 travailleurs qui étaient rentrés
au Québec. On en attend 317 dans la prochaine semaine et puis on n'a pas
d'indication à savoir que ces travailleurs-là ne viendront pas au Québec.
Le Président (M.
Lemay) : En terminant.
Mme Ghazal :
O.K., c'est bon, merci. Bien... mais, en fait, c'est parce que le ministre
aussi a réduit sa cible de travailleurs étrangers qu'il attend.
Lamontagne : Bien, en réalité, les commandes... Parce que les
travailleurs étrangers, c'est chaque producteur agricole qui détermine
le nombre de travailleurs qu'il a besoin. Alors, nous, bien, ce qu'on a... Ce
n'est pas le ministère de l'Agriculture, on s'entend, qui a la gestion du
programme de travailleurs étrangers, mais il est connu, les travailleurs qui sont
attendus, chacun des vols, et tout ça, qui sont... Parce qu'il y a des groupes,
exemple le groupe FERME, qui s'occupent de
faire venir une
partie importante des travailleurs au Québec. Alors, eux
reçoivent et savent exactement quel producteur attend combien de
travailleurs...
Le Président (M.
Lemay) : Merci, M. le ministre. Je vais devoir vous interrompre sur ce
bloc d'échange puisque le temps est maintenant écoulé. Et je cède maintenant la
parole à l'opposition officielle. M. le député de Vimont, la parole est à vous.
M. Rousselle : Merci, M. le
Président. La transformation alimentaire, vous savez, a subi de façon
importante les effets de la COVID, de la pandémie : fermeture
d'établissements, perte de productivité à cause des règles de la santé
publique, pénurie de main-d'oeuvre exacerbée par la pandémie, etc.
Walmart a annoncé justement qu'il allait réduire
le prix aux fournisseurs de 1,25 % sur tous les produits et 6,25 %
sur les produits bénéficiant des services de vente en ligne. Souvenons-nous que
Walmart fait partie... c'est un... il a été privilégié justement par la COVID,
il était ouvert, et puis ils n'ont subi aucune perte, eux. Ils ont pu même
augmenter leurs activités à cause qu'il y avait bien des secteurs qui étaient
fermés.
Qu'une
entreprise multinationale utilise son statut dominant dans le marché pour
transférer la facture d'amélioration — imaginez-vous, une facture
d'amélioration — de
leurs établissements sur les fournisseurs locaux est inacceptable. Que le
gouvernement se prétend nationaliste puis se voie déçu — seulement
déçu — de
la décision de Walmart démontre le manque d'intérêt de celui-ci pour les
producteurs locaux.
Est-ce que
les négociations ont été entamées avec les représentants de Walmart et aussi
les grandes bannières, épiceries, pour ne pas aller de l'avant avec
cette diminution de paiements?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Lamontagne : Bien, je
rappellerais, je ne sais pas si le député de Vimont a suivi toutes les
nouvelles, là, mais au-delà de dire qu'il y avait une déception, là, je me suis
entretenu avec le président de Walmart Canada pour faire part du fait qu'on
était très inquiets de la décision qu'il avait prise. Je me suis entretenu avec
les présidents des différents... les grands distributeurs alimentaires du
Québec. Je me suis entretenu avec les présidents de plusieurs grands
transformateurs du Québec. Et puis une des choses qui est ressortie de toutes
ces discussions-là, c'est l'aspect un peu unilatéral, si on veut, de la
décision. C'est comme une annonce que l'entreprise a faite comme ça pour mettre
les gens devant des faits accomplis.
Les pratiques d'affaires entre des entreprises,
vous savez, M. le député de Vimont, là, c'est des choses que... À un moment
donné, il y a une communauté d'intérêts, et puis, à un moment donné, bien, moi,
j'ai un intérêt puis je suis gagnant à faire affaire avec toi, puis toi, tu as
un intérêt puis tu es gagnant à faire affaire avec moi, puis ce qui fait que maintenant on a une relation d'affaires qui peut durer dans
le temps, O.K.? Et puis ce que Walmart a annoncé, bien, à
vue de nez, si on veut, là, ça vient mettre un peu en question cet aspect-là
d'un rapport gagnant-gagnant.
Alors, moi, je me suis entretenu avec mes
collègues ministres de l'Agriculture de toutes les provinces du Canada, je me suis entretenu avec plusieurs des
présidents d'entreprise. Et puis le sens de mon appel avec le président
de Walmart, c'était, un, naturellement, il voulait m'expliquer un peu tous les
dessous des décisions puis qu'est-ce qu'il recherchait par cette décision-là,
mais le point que je lui ai fait valoir, c'est que, dans les pratiques
d'affaires qui sont courantes au Québec puis qui sont courantes au Canada,
dans un contexte où on veut avoir des relations gagnant-gagnant entre les fournisseurs, bien, ce qui avait été fait,
c'était très inquiétant. Et puis on lui a demandé, on l'a invité, là,
un, à revoir leur décision puis s'assurer qu'ils procèdent de façon à faire en
sorte que la collaboration entre eux et les organisations avec lesquelles ils
traitent, là, puisse faire en sorte que toutes les parties sont gagnantes, là.
Rousselle : Est-ce que vous avez eu une assurance comme quoi ils
étaient pour se raviser ou qu'ils étaient pour revoir, ou ils ont tout simplement fait une belle rencontre avec
vous, je ne sais pas, téléphonique ou en personne, ou ils sont en train de réfléchir? Est-ce que vous
avez une garantie? Est-ce qu'ils vous ont donné une garantie là-dessus?
Lamontagne : Bien, ce que je vous dirais... je ne ferai pas part de
l'entretien que j'ai eu avec M. Barbeito, ce que je vous dis, c'est qu'ils ont été certainement très sensibles à
nos représentations, aux arguments qu'on a présentés. Puis, en même
temps, comme je vous dis, que ça soit mon collègue Hardeman, de l'Ontario, qui
est ministre de l'Agriculture, il y a des représentations qui sont faites aussi
de la part de mon collègue de l'Ontario, on a des réflexions qui se font au
niveau de tous les ministres de l'Agriculture du Canada, et puis on va voir la
suite des choses, là. Ça, c'est une entreprise privée qui est en relation avec
d'autres entreprises privées. On a exprimé le fait, là, que c'est inquiétant, ce qui s'est passé, puis qu'en réalité ça peut
mettre à mal beaucoup toute la chaîne de distribution, si on veut, au
Québec puis au Canada.
Alors, le président de Walmart a pris acte de
nos inquiétudes et puis ce qu'il m'a dit, sans aller dans le détail de la conversation, là, c'est qu'il était très
sensible à ce qu'on avait dit puis qu'il allait faire en sorte, là, de
communiquer et d'être en contact avec les fournisseurs. Au Québec, il y a
1 100 fournisseurs chez Walmart, c'est ce que monsieur m'a indiqué,
et puis il me disait que sa relation d'affaires allait très bien avec les gens
du Québec, mais qu'il comprenait que le geste qu'il venait de poser semblait
causer problème. Alors, les gestes à venir, bien, ça leur appartient, mais on a
certainement fait, là, les représentations appropriées, là, pour traduire un
peu le sentiment non seulement de nos entreprises, mais aussi de nous à
titre
de gouvernement, là.
Rousselle : Mais là, rendu là, on fait quoi? Parce que c'est bien
beau, vous avez parlé, ils ont pris acte puis ils vont réfléchir à ça, mais
pendant ce temps-là, le gouvernement du Québec, il fait quoi? Parce que là,
vous savez, à un moment donné, il faut avoir un plan puis il faut être
efficace. Vous parlez toujours, à un moment donné, il faut
manger Panier bleu, québécois, et tout, mais, si on veut vraiment
que les grandes bannières, justement,
puissent amener nos... puissent avoir les
produits québécois, bien, il
faut faire la démonstration, mais il faut
faire aussi la revendication, mais d'une manière serrée, vous savez.
Vous
savez, les transformateurs alimentaires,
ils ont déjà des marges bénéficiaires assez faibles. Donc,
imaginez-vous, en plus, dans leurs marges faibles, en plus il faut qu'ils
donnent justement un prix à Walmart. Puis je parle de Walmart, mais je parle
aussi des autres grandes bannières parce que j'espère... là, vous avez
entretenu avec Walmart, mais j'espère que vous avez aussi eu des entretiens
avec les autres bannières, les grandes bannières qui ont suivi justement
Walmart. Donc, moi, j'attends là-dedans qu'on fasse quelque chose. Avez-vous
fait un plan ou vous attendez juste que, bien, ils vont peut-être vous écouter,
M. Lamontagne :
Bien, je vous rappellerai, M. le député de Vimont, que la compagnie Walmart est
une compagnie privée qui est cotée en bourse, ses différents fournisseurs sont
toutes des entreprises privées, puis il s'agit ici de relations entre des
partenaires ou entre des fournisseurs puis des acheteurs qui sont des entreprises
privées.
Dans
ce cas-ci, le gouvernement, par mon intervention, a vraiment choisi de manifester à Walmart ses inquiétudes
puis a demandé de revoir sa position, à savoir les gestes futurs que l'entreprise
va poser, les gestes futurs que les fournisseurs vont poser. Parce que, pour
avoir parlé avec différents fournisseurs, je dois vous dire qu'eux aussi... en
étant un fournisseur, on a un pouvoir de négociation. C'est certain que si on
est un tout petit, c'est une chose, mais il y a certains fournisseurs qui sont significatifs
sur les 1 100 fournisseurs. Alors, il y a certainement un jeu, il y a
eu vraiment une grogne d'exprimée, là, par le monde de la transformation puis
le monde de la production alimentaire, et
puis il y a un acheteur qui a décidé de certaines pratiques, puis à travers ça,
bien, on a signifié qu'il y avait des problématiques associées à
cette décision-là. Alors, tout ça fait ensemble, on va voir les développements.
Mais, de mon côté, encore, ce qu'on a fait, moi, effectivement, j'ai rencontré
puis je me suis entretenu avec les présidents, là, des grands distributeurs.
Puis aussi, dans mon
entretien avec le président de Walmart Canada, au-delà de la controverse causée
par leur nouvelle politique
d'approvisionnement, c'est tout l'aspect du suivi puis de la mise en
place, là, de produits. Dans mon cas, c'est les produits alimentaires du
Québec, là, au sein des bannières, quelles sont les politiques qui sont mises
en place, quelles sont les politiques d'approvisionnement pour les marchands.
Puis je peux vous dire que j'ai eu un très
bon accueil, puis on a eu des échanges très francs sur la façon, naturellement,
de valoriser encore davantage l'achat québécois au sein de nos grands
distributeurs qui comptent pour à peu près, si on enlève la restauration, là,
99 % de la distribution alimentaire au Québec, là.
M. Rousselle :
Je peux vous dire que je ne suis pas trop rassuré. Vous avez rencontré — j'ai vu
ça sur un de vos tweets — vous
avez rencontré justement Aliments Québec, justement, pour faire la promotion
des produits d'ici. Nos entreprises vont bénéficier de l'engouement des
Québécois. Ça, on le sait, on l'a vu, la COVID a amené ça. Le gouvernement, il
a amené justement... Le gouvernement a annoncé aussi vouloir assurer une plus
grande autonomie alimentaire pour le futur du
Québec, mesure que nous avions d'ailleurs entamée dans la politique
bioalimentaire déposée en 2018.
Pour assurer une
meilleure autonomie, là, il faudrait encore savoir qu'est-ce qu'on mange. Là,
vous avez parlé tantôt qu'il y a un comité, tout ça, ça se met en branle.
Savez-vous que, quand vous allez au supermarché, peu importe le supermarché,
là, vous ne savez même pas quelle sorte de poulet que vous mangez. Vous ne
savez même pas. Les produits de la mer, vous ne savez même pas la provenance
des produits de la mer.
Vous avez visité
justement une ferme, la Ferme maricole Purmer. D'ailleurs, je l'ai visitée, moi
aussi. Et d'ailleurs je suis content de voir que vous voulez même vous engager
à être la mascotte. Donc, je suis bien content de voir ça, mais, en dehors
d'être la mascotte, c'est que les gens, ils attendent vraiment que... ils
attendent de l'action, ils attendent justement de l'aide là-dedans. Parce que
là, comme je vous dis, on va acheter, que ça soit chez le poissonnier, que ça
soit au marché d'alimentation, le poulet, il peut provenir de n'importe
où dans le monde. On ne le sait pas. Pourtant
on veut que les gens mangent québécois. Mais j'aimerais bien ça manger
québécois au supermarché IGA, Provigo, peu importe, là, toutes les bannières,
mais ce n'est pas indiqué que c'est du poulet québécois. Comme là,
justement, la ferme Purmer, justement, ils font des beaux produits, ils
aimeraient ça produire encore plus, mais ils doivent vous l'avoir dit, ils
aimeraient ça voir de l'assistance du gouvernement pour pouvoir produire plus.
Mais, encore là, les produits qui se retrouvent... puis un produit de qualité,
je suis certain que vous vous en êtes rendu compte. Ces produits-là de qualité
qu'on retrouve sur le marché, bien, premièrement, on ne sait même pas que ça vient du Québec, parce que ça peut
être au côté des pétoncles, un exemple, qui vient de la Thaïlande, mais
ils n'ont pas eu la même attention, je vous dirais, au niveau qualité, donc...
Puis ça, c'est sûr que ce n'est pas la même qualité.
Donc,
est-ce que vous avez pensé... Parce que bien beau dire : On va manger
québécois, mais, encore une fois, quand je vais chez le boucher, c'est-tu du
boeuf qui vient des États-Unis ou c'est du boeuf qui vient du Québec? Avez-vous
un plan là-dedans?
M. Lamontagne :
Bon, écoutez, bien, il y a beaucoup de questions, M. le député de Vimont.
Est-ce que vous parlez de la ferme Purmer, Purmer à Sept-Îles?
M. Lamontagne :
Oui? Bien, écoutez, vous avez dû, comme moi, avoir une expérience extraordinaire.
Ce sont des gens assez extraordinaires. Et puis d'ailleurs, bien, dans les
semaines précédant ma visite, j'ai signé le tout nouveau programme de soutien à
l'industrie maricole, à hauteur de 2,3 millions de dollars, pour permettre
aux gens de remettre à niveau, de faire de l'expansion pour leur
culture. Et puis ces gens-là, en particulier, avaient demandé un soutien
particulier pour faire de la recherche. Et puis ça leur prenait un permis
spécial du MAPAQ pour être capable d'aller de l'avant avec leur projet qui
allait développer encore davantage leur entreprise. Alors, quand je suis allé
les visiter, je leur ai fait une petite surprise, je leur ai amené moi-même
leur autorisation pour être capable d'aller de l'avant avec leur projet. Puis
ils ont été très, très heureux que je puisse leur remettre ça de main à main.
Pour ce qui est de l'origine des produits, vous
remarquerez, M. le député, que tous les produits, quand on va en magasin, on a toujours
à quel endroit c'est fabriqué, à quel endroit c'est manufacturé. On a aussi un
intérêt, au Québec, nos producteurs québécois, que ce soit par le
biais d'Aliments Québec ou que ce soit par d'autres biais, bien,
ont certainement un intérêt à faire la promotion et à identifier la provenance
de leurs produits.
Alors, ce qu'on a à faire vraiment encore
davantage, c'est de permettre à ces gens-là qu'il y en ait encore davantage qui
puissent identifier leurs produits puis d'avoir nos distributeurs aussi qui ont
en place des politiques, des procédures qui vont favoriser l'achat local. Mais,
quand on a du homard qui vient du Québec, vous pouvez être assuré que, dans nos
épiceries, dans nos endroits, on dit que c'est du homard qui vient du Québec.
Quand on a de la crevette qui vient de
Matane, bien, en réalité, on sait qu'elle vient de Matane mais qu'elle est
pêchée sur la Côte-Nord, mais, en même temps, on sait que c'est de la
crevette du Québec.
Alors, au niveau de l'identification des
produits, là, les gens au Québec qui produisent, je vous dirais, de façon
générale, à moins qu'ils veuillent faire des produits génériques qu'on appelle,
là, ce sont des gens qui ont tout intérêt puis qu'ils le font aussi, qui
identifient où leurs produits sont capturés, où leurs produits sont produits ou
sont manufacturés, là.
M. Rousselle : Merci. C'est que vous
n'avez pas — en
tout cas, si j'ai bien compris, vous allez me dire si j'ai bien compris — vous
n'avez pas de projet pour obliger justement les bannières ou les supermarchés à
identifier leurs produits, la provenance. Comme je vous dis, que ce soit le
poulet ou quoi que ce soit, je pense, si on veut que le Québécois veut manger
québécois, bien, je pense qu'il faut l'aider justement là-dedans. C'est bien
beau dire : Bien, on va travailler pour...
on va leur donner de l'argent pour qu'ils soient plus productifs, oui, mais,
si, moi, je veux vraiment acheter du produit québécois, bien, il faudrait les
obliger à identifier le produit québécois. Et ça, les producteurs de
volaille, c'est ça qu'ils me parlent, ils me disent : Là, il y a du poulet
qui arrive de n'importe où dans le monde,
comme je vous ai dit. Puis il y a une question aussi d'élevage, aussi, ce n'est
vraiment pas les mêmes règles que le Québec.
Donc, moi, si
je veux vraiment manger du bon poulet québécois, bien, moi, je veux le savoir,
mais là, actuellement, je ne le sais pas. Puis là vous parlez aussi au
niveau des produits de la mer. Le problème, bien, c'est, ils auraient même voulu, eux autres, être... ils auraient aimé ça qu'on se penche
justement sur cet enjeu-là en commission parlementaire, chose qu'on me
dit que ça a été refusé.
Donc, voyez-vous, c'est important, justement,
qu'on oblige, justement, les supermarchés. Parce que là, c'est bien beau, vous
allez dire : Ah! il y a Le Panier bleu, oui, on va faire la
promotion, mais je pense qu'il faudrait que vous vous engagiez peut-être un
petit peu plus au niveau, justement, de dire : Bien, écoute, on va les
identifier, les produits du Québec, que ça soit poulet, boeuf, peu importe, là,
mais que les gens puissent le savoir, chose qui ne l'est pas actuellement.
Puis là, encore une fois, on va y aller... bien,
on va y aller, on va leur demander s'ils veulent bien...
M. Rousselle : Non, non, ce n'est
pas ça, là, moi, je parle qu'on... Il faudrait, moi, je pense, exiger,
dire : Au Québec, on va identifier notre produit pour qu'on puisse savoir
qu'est-ce qu'on achète. Si on veut vraiment manger Québec, si vous voulez
vraiment faire de la promotion comme vous avez fait, vous avez rencontré
Aliments Québec, bien, moi, je pense, c'est un maillon très important, si on
veut aller dans ce sens-là.
M. Lamontagne : Bien, d'abord, je
vous dirais, M. le député, la provenance... exemple, on est dans les produits
marins, là, vous allez acheter dans un endroit, ils vont vous dire : C'est
du saumon qui vient du Pacifique. Ils vont vous dire : C'est des pétoncles
qui viennent de la Thaïlande. Ils vont vous dire que ce sont des crevettes qui
viennent de l'Équateur. Ils vont vous dire que c'est du homard qui vient du Québec,
du Nouveau-Brunswick. Au niveau des produits de la mer, là, la provenance des
produits, on va toujours connaître la provenance des produits.
Où il peut y avoir des problématiques, puis ça,
ça a été relevé par les inspections à l'Agence canadienne d'inspection des
aliments, c'est, des fois, il peut y avoir — ça a été documenté — il
peut y avoir certaines fraudes. Les gens vont faire passer un poisson d'une
telle catégorie en provenance de tel endroit, puis, en réalité, bien, ce n'est
pas tout à fait ça, puis ça ne vient pas tout à fait de cette place-là. Ça,
dans ce cas-là, on parle de fraude alimentaire, mais l'obligation d'indiquer si
les produits sont du Canada, si les produits sont des États-Unis, la source des
produits, c'est des choses qui sont aujourd'hui dans les obligations au niveau
de l'étiquetage.
L'enjeu du Québec, ça, je vous dirais, au même
titre que si je suis dans une autre province, de faire valoir qu'en particulier
non seulement c'est un produit du Canada, mais, en plus de ça, c'est un produit
qui est du Québec, bien, dans un premier temps, bien, il y a le vouloir du
producteur qui décide que, lui, il veut encore davantage mettre en valeur le fait que c'est un produit du Québec, puis après
ça, bien, naturellement, les distributeurs ont un intérêt à chercher à faire la
promotion des produits du Québec, parce que les gens vont rechercher ça, puis
après ça nous, naturellement, comme gouvernement, bien, on a tout intérêt à
être en accompagnement puis en soutien auprès de différents organismes puis des
entreprises pour s'assurer de la promotion des produits québécois, M. le
député.
Rousselle : Donc, je vois, on ne veut vraiment pas pousser un
petit peu plus que : On va y aller en espérant qu'ils vont
s'afficher. Donc, je trouve ça malheureux.
Je vais vous amener dans une autre chose, au
niveau produits viticoles. Au niveau des microdistilleurs, là, on voit justement
qu'il y a un engouement sur les gins. D'ailleurs, pas besoin de vous dire, je
me suis promené cet été sur la Côte-Nord, donc, j'ai pu en voir quelques-uns,
puis d'ailleurs j'en ai goûté quelques-uns, puis ils sont très bons, nos gins québécois.
Mais, au niveau du vin, quand on s'en va à la SAQ puis on s'en va acheter du
vin, il y a une appellation contrôlée «Vin du Québec». Là, j'ai appris que
60 % ou 66 %, en tout cas, je me trompe peut-être d'un % ou deux,
mais pas bien, bien plus, que ces vins-là, la majorité proviennent de
l'extérieur, que ce n'est pas vraiment des vins du Québec. Donc, ces vins-là
peuvent provenir de la France, d'Italie, peu importe le pays, choisissez
le pays que vous voulez, mais le moindrement qu'on les modifie un petit peu
avec un produit québécois, ça peut être 1 % de vin québécois ou même juste
mettre de l'eau à l'intérieur, ça devient un produit québécois.
Moi, je me
plains... puis là j'en ai parlé à des gens qui produisent le vin vraiment
à partir du début, là, ceux qui vont vraiment
faire pousser le raisin, ceux qui vont vraiment le récolter. Puis au Québec,
vous savez tous qu'ils vivent les
intempéries, ils vivent vraiment des gros problèmes des fois. Eux, ces gens-là, à ce moment-là, ils vivent... ce n'est pas égal, là. Donc, eux autres, leur
production leur coûte vraiment plus cher, puis, en plus, c'est toujours à
risque, tandis que l'autre, qui va comme embouteiller ici, au Québec, faire des
petites modifications, bien, lui, le danger, il est moins grand parce que son
produit, il est déjà arrivé au Québec, puis ce n'est pas lui qui a le problème
de...
Avez-vous
pensé à faire quelque chose là-dessus pour vraiment... encore une fois, toujours appellation contrôlée, mais encore toujours
québécois, si on veut manger québécois, boire québécois, est-ce que vous avez
pensé à quelque chose là-dedans pour vraiment régulariser la situation?
M. Lamontagne : Bien, M. le député,
non seulement j'ai pensé, mais j'ai agi. Je pense, c'est le 16 novembre
2019, c'est un des premiers gestes que j'ai posé comme ministre de
l'Agriculture, c'est que j'ai signé la première identification géographique protégée, là, indication géographique
protégée du Québec, qui a fait... C'est les viticulteurs du Québec
qui ont entrepris une démarche, écoutez, qui a duré peut-être cinq ans. Ils ont
monté un cahier de charges qui a visé vraiment à déterminer les caractéristiques
sur le territoire du Québec, les caractéristiques de température, les caractéristiques
au point de vue... où ils sont situés sur le territoire, et tout ça. Et puis on
a la majorité des viticulteurs québécois qui se sont inscrits puis aujourd'hui
respectent ce cahier de charges là qui leur donne le droit d'avoir une IGP, qui
est l'indication géographique protégée des vins du Québec.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre, ceci complète ce bloc d'échange que nous avions, et je dois
maintenant céder la parole avec un bloc d'échange du troisième groupe
d'opposition. M. le député de Bonaventure, la parole est à vous.
M. Roy : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Salutations à vos collègues, à votre
personnel. Bonjour à mes collègues députés. Il y a un vieux philosophe qui
disait : La culture, c'est prendre soin de son âme, et l'agriculture,
prendre soin de sa terre.
Je ne sais pas si vous vous rappelez, M. le
ministre, on a fait une belle commission parlementaire sur les pesticides l'an
passé, et les événements font en sorte qu'on l'a comme oubliée. Mais la mémoire
est quand même une faculté qui se rappelle, hein? Et on a travaillé très fort,
on a travaillé presque un an là-dessus. On a vu énormément de monde. On a eu
des dépôts de rapports, des présentations. Bref, ça a fait beaucoup les
manchettes dans une autre époque avec d'autres enjeux, et il n'en demeure pas
moins que ça demeure important d'en reparler, et vous me voyez venir, c'est
sûr.
La question ou les questions sont : On en
est où avec le rapport? Et vous savez très bien que nous avons une allergie aux
rapports tablettés, mais je suis certain que vous avez quand même fait
certaines choses. Et moi et les millions de personnes qui nous écoutent — j'exagère
à peine — aimeraient
vous entendre là-dessus.
Et, bon, c'est sûr que la pandémie est venue
brouiller les cartes un peu, mais la question, c'est de savoir sur quelles
recommandations votre ministère a travaillé — ou les autres ministères.
Qu'est-ce qui se fait en ce moment? Et c'est quoi votre échéancier? Parce qu'il
y a quand même des agriculteurs qui s'attendent à avoir des résultats de tout
ça, et on a eu quand même des correspondances avec certains groupes qui veulent
voir où on va. Ça fait que la parole est à vous, M. le ministre.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Lamontagne : Merci. Puis je
vous salue, M. le député de Bonaventure. Un, première chose, vous dites que ça
a été un événement qui a été oublié, soyez assuré que peut-être ça a été oublié
pour vous, mais ça n'a pas été oublié pour moi. Ça, je peux vous dire ça.
Je veux juste vous
rappeler un petit peu, chronologiquement, là, moi, je suis rentré en poste en
octobre 2018 puis, en janvier 2019, j'ai rencontré mon équipe de
phytoprotection avec la sous-ministre adjointe qui est ici, qui est en arrière de vous, qui est Geneviève Masse, pour leur
parler justement de toute la question de l'accompagnement de notre secteur
agricole pour diminuer l'utilisation des pesticides ou encourager des méthodes
alternatives, diminuer l'impact des pesticides, que ce soit au niveau de la
santé ou de l'environnement. Puis je leur ai dit... j'ai comme lancé le chantier, si on veut, là, de me développer puis
de présenter un plan d'agriculture durable. Bon. Ça, c'était au
printemps... en janvier 2019.
Après ça on a lancé,
au mois de mai, la commission d'étude sur les pesticides, qui était présidée
par le président de la CAPERN, puis à laquelle vous avez participé. Il y a 76
ou 77 mémoires qui ont été déposés. Il y a 26 ou 27 participants qui
ont été entendus. Alors, nous, le travail qu'on a fait au ministère, les
employés, l'équipe du ministère a travaillé, à partir du mois de janvier, à
rencontrer les gens puis à commencer à jeter les bases d'un plan d'agriculture
durable. Après ça il y a eu toute la commission, les experts qu'on a
rencontrés, puis le rapport de la commission, à mémoire, a été rendu public, je
pense, au mois de novembre. À ce moment-là, j'ai... C'est-tu novembre, ou c'est
au mois de janvier, ou...
Lamontagne : Février, bon,
excusez-moi. Mais, quand ça a été rendu public, à ce moment-là, j'ai
annoncé officiellement que, d'ici la fin de la session parlementaire, qui était
le mois de juin, j'allais présenter le plan d'agriculture durable du ministère
de l'Agriculture et de notre gouvernement.
Alors, ce que je peux
vous dire, naturellement, effectivement, la pandémie a eu des effets, mais je
peux vous confirmer que le plan est à peu près terminé. Ça a été fait en
collaboration avec un nombre d'experts. Ça a été fait, naturellement, à la
lumière de tous les témoignages qui ont été entendus dans le cadre la
commission puis les travaux auxquels vous avez participé. Ça a été fait en
collaboration étroite aussi avec L'Union des producteurs agricoles, avec le
ministère de l'Environnement. Alors, ce que je peux vous dire, c'est qu'au
cours de l'automne, là... Ma collègue de Rouyn-Noranda—Témiscamingue a accouché au
mois de juin, mais, moi, je peux vous dire que le MAPAQ, on va accoucher trois,
quatre accouchements, cet automne, de projets sur lesquels on travaille depuis
mon entrée en poste puis qu'on avait bien hâte de présenter.
Puis la pandémie a
retardé un peu nos projets, mais, encore là, là, on va avoir une annonce au
niveau de l'achat institutionnel et puis on va avoir la présentation du plan
d'agriculture durable qui va être ambitieux. Puis d'ailleurs, lors du budget
qui a été déposé le 10 mars par mon collègue Eric Girard, ministre des
Finances, il y a 125 millions de dollars, là, qui ont été alloués par le
ministre des Finances, là, pour la mise en oeuvre de ce plan-là. Alors, je peux
vous dire que ces crédits-là tiennent toujours.
Et puis, bien,
écoutez, je vous invite, là, cet automne, là, un peu plus tard, là, peut-être
au mois d'octobre, à écouter les nouvelles. Mais vous devriez avoir des bonnes
nouvelles, puis je pense que vous allez être très heureux du travail qu'on a
fait, puis vous allez voir qu'on a très bien entendu puis on a très bien pris
acte de la contribution que vous et votre groupe avez faite.
M. Roy :
Juste de rectifier un peu le tir, ce n'est pas moi qui ai oublié l'enjeu, ce
n'était plus dans l'espace médiatique. Il
faut faire attention de ne pas prêter d'intention, M. le ministre, hein? Et,
quand vous nous dites qu'il y a 125 millions, bon, qui a été
budgété, c'est quand même de l'argent — et j'aimerais que vous me le
confirmiez — qui
vient des surplus de La Financière agricole.
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Lamontagne : Bien, c'est de l'argent qui vient du gouvernement du
Québec.
M. Roy :
Plus spécifiquement des surplus de La Financière agricole.
Lamontagne : Bien, l'an passé... Effectivement, les argents qui vont
être alloués au programme... au plan d'agriculture durable, effectivement,
viennent de fonds de La Financière agricole. Je vous avais expliqué l'an
passé que les surplus, quel que soit l'organisme qui relève du gouvernement,
les surplus, dès le moment où ces surplus-là sont réalisés, ils sont
appropriés... même si les gens, on s'en va sur la rue puis on fait des
protestations, ça devient propriété de ministère des Finances et du fonds
consolidé du Québec.
Alors, nous, ce qu'on
s'est assurés de faire, c'est de faire en sorte que les argents, au départ, qui
avaient été accumulés par La Financière agricole soient retournés,
naturellement, au milieu agricole. Alors, effectivement, il y a
125 millions qui vont être investis dans ce programme-là qui sont tirés
des surplus accumulés de La Financière agricole, qui étaient consolidés
dans le budget du gouvernement du Québec.
M. Roy :
Juste pour un peu nous orienter, puis on va terminer sur le rapport sur les
pesticides, bon, on a l'impact des pesticides sur la santé, on a les pratiques
innovantes et compétitivité du secteur agroalimentaire, on a la traçabilité des
pesticides, prescription, indépendance de la recherche. Sur quel picot
considérez-vous que votre ministère a été le plus actif? Sur tout, là, ou...
M. Lamontagne :
Bien, honnêtement, pas mal de picots.
M. Roy :
Pas mal de picots, oui? Non, juste pour...
M. Lamontagne :
Il y a toute la question de la recherche, il y a la question de l'éducation, il
y a la question du soutien financier. Après ça, naturellement, on s'entend
qu'on a été interpellés par le rapport, là. Il y avait des enjeux, oui, qui relevaient directement du
ministère de l'Agriculture, mais il y a des enjeux qui relevaient du
ministère de l'Environnement, des enjeux qui allaient relever du ministère de
la Justice, quand on parle de l'Ordre des agronomes, il y a des enjeux qui
relèvent du ministère de la Santé. Mais ce que je peux vous dire, là, c'est,
quand on va vous présenter le plan, là, vous allez trouver qu'on a pris acte de
pas mal des petits picots, là, qu'il y avait dans le plan, là. Ça, je peux vous
dire ça.
M. Roy :
Donc, en résumé, le plan va déboucher sur des actions concrètes, terriennes,
avec un accompagnement. Actuellement,
il n'y a rien... Vous êtes à planifier l'opérationnalisation du rapport et des
recommandations que... sur lesquelles
vous avez mis l'emphase. Mais, sur le terrain, sur le plancher des vaches — excusez l'expression — actuellement, il n'y a rien de fait, mais vous travaillez à planifier des actions
concertées entre les différents ministères. Et le plan va être déposé
cet automne?
M. Lamontagne : Bien, je vous
dirais, d'abord, au moment où on se parle, il y a énormément de choses qui sont
faites en matière de phytoprotection sur le territoire. Ce qu'on va faire,
c'est que le plan qu'on va déposer va amener une accélération importante d'un
paquet de mesures qu'on va mettre en place, que... je ne veux pas dévoiler les
punchs, là, mais d'un paquet de mesures — ça a passé proche — d'un
paquet de mesures qu'on va mettre en place. Mais je peux vous dire que, si
aujourd'hui il y a déjà un très bon accompagnement puis soutien pour les
producteurs pour les aider contre les ennemis des cultures puis l'utilisation
des produits qu'ils font, bien, je peux vous dire, que ça soit au niveau de la
phytoprotection, que ça soit au niveau de la santé des sols, que ça soit au
niveau des ressources-conseils, l'accompagnement, la recherche, le plan qu'on
va présenter, là, va être très, très robuste, là, M. le député.
M. Roy : Vous créez des
attentes.
M. Lamontagne : Cet automne.
Non, non, je peux... Je n'ai pas de misère à créer des attentes, là.
M. Roy : Vous créez des
attentes.
M. Lamontagne : Ma sous-ministre est
là, puis elle me regarde, puis elle n'est pas nerveuse.
M. Roy : Elle est où? O.K.
Bon. On va attendre. O.K. Prochain dossier : oui, il y a une sécheresse,
on l'a vu, on le voit, bon, mon collègue en a parlé tout à l'heure. Moi, j'ai
un agriculteur qui m'a appelé, puis il m'a expliqué sa situation, puis il m'a
même envoyé une photo de son sol. Est-ce que vous voulez la voir? Non? C'est
correct? Ils ont eu une compensation, effectivement. Mais là on a un petit
problème, là. Et là, par la suite, on a fouiné un peu, puis c'est sûr que vous
le savez autant que moi, là, les compensations que ces gens-là ont reçues pour
manque de productivité dans leurs champs, pour le fourrage pour les animaux,
etc., ce n'est pas grand-chose, hein? On parle... Je vais vous donner des
exemples, là, bon. Bon, le producteur chez nous, il parle de... La Financière
vient couvrir à peu près 5 % de ses
pertes. Dans un
article que j'ai ici, on parle de pertes de 50 000 $
avec, bon, 1 100 $ de La Financière.
Un autre nous parle de 250 000 $ de pertes avec 17 000 $.
Bon, là, on a un problème, parce que La Financière, oui, elle a des sous, elle soutient via les
programmes d'assurance, puis je ne suis pas un expert en assurabilité de la
production, je tiens à le dire, mais ce que j'entends sur le terrain, c'est que
les gens se demandent comment ils vont faire pour arriver. Et ce que je
comprends dans tout ça, c'est qu'il y a certaines variables, dans
l'assurabilité de la production des récoltes, qui sont problématiques.
Première chose, la franchise. Lorsque vous
disiez tout à l'heure que les producteurs de grains n'ont pas eu de perte, oui,
ils ont eu de l'assurance, mais ils ont une franchise de 15 % à 30 %.
Donc, automatiquement, ces gens-là ont des pertes. Si, moi, je fais un accident
avec ma voiture à toutes les années, là, bien, je vais m'appauvrir, je vous le
prédis.
M. Roy :
Vous, vous avez un chauffeur, ce n'est pas pareil, là. Non, mais c'est ça. Ça
fait que, dans le cas de récurrence
des désastres environnementaux qui viennent toucher la production agricole, ces
gens-là s'appauvrissent d'année en année parce que de requérir ou de
faire... d'aller chercher La Financière pour
compenser des pertes engendre toujours une perte, chez l'agriculteur, qui est
liée à sa franchise.
Ça fait que là
il y a des agriculteurs qui nous ont parlé de modernisation du programme pour
s'adapter aux changements climatiques et à leur réalité financière. Et
ça, c'est quelque chose, là. Vous savez, moi, j'ai des producteurs, ils ne
savent pas, tu sais, qu'est-ce qu'ils vont faire. Les troupeaux, on va-tu s'en
débarrasser? C'est quoi? Et regardez... Et là, quand ça arrive une année, le
producteur peut l'absorber, mais là on veut... Puis vous allez être d'accord
avec moi, je pense qu'on s'en va vers une récurrence de phénomènes extrêmes qui
font en sorte que, bon, bien, les gens, ils perdent à toutes les années.
Deuxième
chose, je vais prendre le cas de chez nous, là, c'est celui que je connais, on
prend les plateaux de la Matapédia versus le coin de Carleton, Maria,
bizarrement, il y a de la production correcte sur les plateaux, demandez-moi pas pourquoi, là, les nuages se sont parqués là pendant... bien, pour de vrai, là. Et
dans le coin de Carleton, Maria, bien, c'est la sécheresse. Et les
stations météo qui analysent les précipitations, et tout ça, bien, ne semblent
pas amener une lecture correcte des dommages engendrés chez les producteurs, et
ça vient biaiser l'offre ou le soutien que ces gens-là ont besoin.
Ça fait que là, moi,
je vous l'explique comme on me l'a expliqué, là. Mais il reste qu'il y a un problème.
Bon, puis là je vais faire une parenthèse : ce n'est pas les travailleurs
de rangs qui vont régler ça, là, même si c'est essentiel pour soutenir les gens, les travailleurs agricoles qui, psychologiquement,
vivent toutes sortes de problématiques. Mais là je ne sais pas, je pense
qu'on est rendus à un stade où il va falloir réfléchir à une modernisation de La Financière
agricole pour s'adapter aux changements climatiques, revoir la formule des
franchises et de soutenir ces gens-là quand ils vivent des séquences
récurrentes de problématiques de production.
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre, en 20 secondes.
Lamontagne : Ah! bien, écoutez,
M. le député de Bonaventure, là, on pourra reprendre ça après, peut-être, là, mais, un, je suis en ligne tout
à fait avec plusieurs de vos observations, puis, si on peut reprendre ça un
petit peu tantôt, j'ai des bonnes explications à vous donner. Merci.
Président (M. Lemay) :
Parfait. Donc, on fera ça, on reportera au prochain bloc les réponses aux questions
du député de Bonaventure. Sur ce, on va procéder à un prochain bloc d'échange
avec le député de Vimont. La parole est à vous.
Rousselle : Merci beaucoup. Je reviens encore avec le produit
viticole. On va continuer cette conversation-là. Vous avez parlé
justement qu'il y a un nouveau protocole que vous avez signé, puis tout va
bien, mais, quand on parle aux gens qui produisent ces produits-là, donc les
vignobles, et tout, du Québec, ils ne sont pas heureux, heureux, parce que je
pense qu'ils demandaient plus loin, puis ils demandent plus loin. Parce que je
reviens toujours aux produits québécois, pour que ce soit 100 % québécois...
Parce que là, dans le protocole, puis vous devez sûrement vous rappeler
qu'est-ce que vous avez signé, c'est que le moindrement... puis comme je le
disais en premier lieu, le moindrement tu modifies le produit, donc le
moindrement tu mets un produit québécois à l'intérieur, que ce soit un peu de
vin ou juste de l'eau, donc, moindrement que tu le modifies, il devient un
produit québécois. Et ça, moi, je pense qu'il faudrait peut-être s'en aller un
petit peu plus au niveau Québec, si on veut vraiment avoir du vin... Quand je vais
acheter un produit québécois, moi, je veux vraiment que ça soit un produit des
vignes du Québec puis je veux vraiment que ça soit produit québécois. Mais même
le protocole que vous avez fait, là, ça ne donne pas cette opportunité-là, là.
Lamontagne : Bien, écoutez, je vous invite à revisiter puis à aller
lire le cahier des charges de l'indication géographique protégée pour
les vins du Québec, là, c'est à 100 %, toute la chaîne, puis c'est audité
par des firmes externes, là, pour s'assurer que le cahier des charges est bien
respecté. Mais ça, ce n'est pas la totalité des vins du Québec. Il y a une
majorité de viticulteurs qui adhèrent puis qui participent. Puis il y a un coût
aussi pour avoir l'indication géographique protégée Vin du Québec. Ces gens-là
ont participé à développer le cahier des charges puis le mettre en place. Alors, on a une majorité de viticulteurs au Québec
qui sont participants, mais on a d'autres viticulteurs, effectivement,
qui ne sont pas participants.
Quand vous dites, là,
bien, mettons qu'on va en transformation alimentaire, on peut avoir des
aliments du Québec, on le sait, là, ça a poussé de la terre, puis c'est la
carotte, on la vend, c'est 100 %, ça, on le sait. Mais, en même temps, on
peut avoir des aliments qu'on dit qu'ils sont préparés au Québec où, encore là,
il y a un certain nombre de réglementations qui font en sorte qu'effectivement
ce n'est peut-être pas un produit qui est à 100 % du Québec. Mais, étant
donné qu'il y a beaucoup de valeur ajoutée puis qu'il fait en sorte que, pour
le coût total du produit, il y a une valeur ajoutée supérieure, qui vient du
Québec, que l'intrant qui peut être pris à l'extérieur, puis là, sur une
variété d'aliments, bien, on va dire que c'est un aliment qui est préparé au Québec.
Tantôt,
vous parliez des bons gins québécois. Bien, il y a plusieurs des bons gins
québécois dont probablement vous vous délectez, bien, que les
ingrédients de base de ces gins-là, là, ce ne sont pas des intrants qui
viennent du Québec, ce sont des intrants qui viennent de l'Ontario ou qui
viennent d'autres endroits au Québec.
Alors,
la question de mettre en place des étiquettes, si on veut, qui assurent
100 % pour les aliments du Québec, bien, on a, au ministère de
l'Agriculture, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants,
le CARTV, dont la mission est d'accompagner les groupes de production qui
veulent avoir soit une indication géographique protégée, soit la certification
biologique, soit... on a dit, on a le maïs de Neuville, bientôt, vous allez
voir, on va annoncer un nouveau type de fromage. Bien, ça, c'est 100 %. Il
y a un cahier des charges, et puis le consommateur, quand il achète, il peut
être sûr, là, qu'il n'y a pas rien, rien, rien qui déborde. Par contre, on a plusieurs
produits au Québec, effectivement, ça peut être un assemblage, et tout ça, puis
qu'ultimement la majorité de la transformation puis du gain économique n'est
pas dans l'intrant, mais dans la transformation. Alors, ça, on va dire que
c'est un produit, effectivement, qui est transformé au Québec.
M. Rousselle :
Je suis d'accord avec vous concernant les distilleurs, je veux dire, les
produits, bien souvent, ils viennent de l'Ontario, ils viennent d'ailleurs,
ça... Mais, moi, je parle du vin. Et c'est le vin, justement, les gens qui sont dans le... les gens qui sont chez nous, les gens...
les producteurs, les vignobles de chez nous, bien, c'est ça qu'ils demandaient
justement, que ce protocole-là aille plus loin. Ils trouvent ça malheureux,
justement, qu'on n'ait pas été plus loin.
Je regarde aussi dans la question numéro RP1-43. En passant, les vignobles, vous le savez comme moi...
puis je vous donne ça pour que ce soit... pour que vous sachiez où je m'en
vais, là. Écoutez, je regarde justement les vignobles, vous le savez comme moi,
ils ont été moins achalandés cette année, hein, à cause de la COVID, puis donc
ils ont... les mesures de la COVID a fait que, justement, ils ont eu des pertes
monétaires assez importantes. Et je regarde au niveau du plan concernant la
commercialisation et la mise en valeur des vins québécois, là, je regarde dans cette page-là, là, à part de voir des...
Parce que oui, vous allez me dire : Oui, mais, moi, j'ai... on a mis de
l'argent, là, dans la transformation alimentaire. Puis là je vois ça, là, tu
sais, automatisation du procédé d'embouteillage, et tout. Je vois ça, mais, au
niveau du plan commercialisation et mise en valeur des vins québécois, parce
qu'on parle toujours de vouloir mettre en
valeur les produits québécois, il n'y a aucune somme, «nada», rien. C'est
comme... Est-ce qu'on veut faire vraiment la promotion des vins
québécois ou on... On a fait quoi là-dessus, là? On a-tu... On laisse tomber? On... Parce qu'un moment donné, les
babines, il faut qu'ils suivent les bottines, tu sais, il faut que ça suive,
ça, là. Puis là, actuellement, je ne vois aucune somme là-dedans. Donc, ce
n'est pas pire, on va faire la promotion des vins québécois, mais pas une cent
là-dedans. Ça va bien, ça.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Lamontagne : Bien, d'abord,
écoutez, en tout respect, là, M. le député de Vimont, on n'écoute pas les mêmes
nouvelles puis on ne lit pas les mêmes journaux, que ce soit électronique ou
sur papier, là. Moi, les dernières nouvelles que j'ai eues de la part des
viticulteurs du Québec, là, c'est que tout le monde manque de vin, que les ventes de vin du Québec ont explosé. Ceux qui
passent par la régie... la Société des alcools du Québec en ont manqué.
Il y a des gens qui n'avaient à peu près pas de commerce en ligne, qui ont mis
en place des initiatives de commerce en
ligne, et puis, encore là, les ventes ont explosé. Puis hier, j'étais...
j'avais une rencontre avec plusieurs producteurs, dont des représentants
des viticulteurs, et puis le message que j'ai reçu, honnêtement, M. le député
de Vimont, là, ce n'est pas que les gens, ils n'avaient pas vendu de vin, là, à
cause de la COVID, puis que ça n'allait pas bien dans le milieu des
viticulteurs. Le message que j'ai eu, c'est qu'on veut planter davantage, on
veut agrandir nos superficies, on veut de la libéralisation encore davantage au
niveau de la réglementation pour le commerce du vin au Québec. Puis je peux
vous dire qu'on est tout à fait alignés avec leurs priorités puis avec leurs
enjeux. Et puis comme d'autres filières, bien, on accompagne, là, la filière
viticole, M. le député, là.
M. Rousselle : Je suis d'accord
qu'on lit les mêmes nouvelles, on lit les mêmes journaux. Mais là, j'aimerais
ça qu'on lise le même cahier, Demandes de renseignements particuliers. Ça,
j'aimerais ça qu'on lise le même livre. Là-dedans, là, je vous le répète, la
page 283, pour vous aider, là, la page 283, c'est indiqué :
aucune somme.
C'est bien beau que là, vous me dites, là :
Ah! il y a eu du vin, oui, ils en ont vendu. Ah! c'est beau, mais là, là, il
faut penser aussi après la COVID, hein? Comprenez-vous, là, il y a un avant, il
y a un après. Puis si on veut vraiment commercialiser, puis si on veut vraiment
faire la promotion des produits québécois, je reviens toujours avec les
produits québécois, il n'y a aucune somme qui apparaît. Donc, je ne sais pas,
là, moi, je lis les mêmes journaux que vous, mais j'aimerais ça qu'on lise le
même cahier de demandes de renseignements. Ça, j'aimerais ça.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Lamontagne : Attendez, là, je
pense, c'est la page de votre cahier, le Plan de commercialisation et mise en valeur des vins québécois : identifier les
sommes allouées, d'accord. Bien, écoutez, j'étais avec le Conseil des
vins du Québec et les vignerons, l'automne passé, auxquels j'ai fait une
annonce importante de soutien. Ma mémoire, habituellement, est d'un très, très,
très bon secours, M. le député, mais, au moment où je vous parle, là, je vous avancerais un chiffre, mais je vais attendre que
mes fonctionnaires me confirment le chiffre. Mais habituellement, je ne
suis pas pire, mais je vais attendre, mais je vais vous confirmer tantôt un
montant, là, qui a été versé, là, au Conseil des vins, dans le cadre d'un
soutien qui leur a été accordé, là.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Vimont.
M. Rousselle : Bien, je ne comprends
pas, là, c'est que, là, on demande... on pose des questions, puis là vous êtes
en train de me dire : Oui, oui, il y a des sommes. Mais là, la question
qu'on pose, là, justement, au niveau... concernant le plan de
commercialisation, vous êtes en train de me dire que le Plan de
commercialisation et de mise en valeur des vins québécois, il y a de l'argent.
Voulez-vous m'expliquer pourquoi que, dans le livre, là, il n'y a aucune somme?
Moi, là, ça ne marche pas, là, hein? C'est qu'à un moment donné, comme je vous
ai dit, les babines, il faut qu'ils suivent les bottines. Là, il n'y a rien qui
suit, là, ça ne marche pas, là, j'aimerais bien ça, là...
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Lamontagne : Quand on vient en
soutien avec des groupes, honnêtement, des fois, ça peut être pour de la
commercialisation, des fois, ça va être pour du développement sectoriel, des
fois, ça peut être... il y a toutes sortes d'enjeux pour
lesquels on peut leur venir en soutien. Alors, je n'ai pas le souvenir exact de
la forme du soutien. O.K., on me dit...
Est-ce qu'on a aussi le... On me dit que c'est 238 000 $, O.K., le
montant que j'ai annoncé en soutien au Conseil
des vins, mais je ne peux pas vous confirmer, M. le député, là, si c'est dans
le cadre du Plan de commercialisation et de mise en valeur des vins
québécois qui est identifié ici, là, parce qu'il y a une multitude de
programmes, quand on vient en soutien à différentes filières. Alors, ce que je
vous confirme, c'est qu'on leur a donné un soutien de 238 000 $. Puis
ce que je vais faire, c'est m'assurer de vous faire suivre c'est dans le cadre
de quel programme ou quel type de soutien qu'on leur a accordé ces
238 000 $ là, M. le député.
Alors, M. le Président, on va faire parvenir à
M. le député exactement le libellé, là, de l'accompagnement, là, de... c'était
à quel poste, si on veut, le 238 000 $ de soutien qui a été accordé.
Président (M. Lemay) : Bien sûr, donc, bien entendu, via le courriel
de la commission, et puis à ce moment-là ce sera transmis à l'ensemble
des membres. Merci beaucoup.
M. Lamontagne : Oui. C'est ça. Si je
l'ai avant, je pourrai vous le donner maintenant, là, mais sinon je vais le
faire parvenir à M. le député.
Le Président (M. Lemay) : Très bien.
M. le député de Vimont, la parole est à vous.
M. Rousselle : Merci, M. le
Président. J'aimerais ça que le ministre m'envoie toutes les aides. Parce que
là, vous avez dit qu'il y avait plusieurs programmes, justement, pour venir en
aide, justement, à toutes... concernant les produits viticoles, concernant les
vignobles. Vous avez dit : Bien, il y a plusieurs programmes qui les
aident. Bien, j'aimerais ça les avoir tous, ces montants-là. Parce que là,
jusqu'à date, là, si je me fie à vos livres, là, bien beau, vous me donnez
238 000 $, je l'ai noté, mais... En passant, 238 000 $ sur
une commercialisation ou une mise en valeur, êtes-vous d'accord avec moi que
c'est des pinottes dans la balance, là? Mais j'aimerais ça, parce que là, vous
dites que... comme quoi qu'il y a d'autres choses qui s'accompagnent avec ça.
Bien, j'aimerais ça les avoir, les autres montants
que vous additionnez au complet, là, pour voir globalement c'est quoi, vous
faites pour la commercialisation au niveau des produits viticoles. Ça,
j'aimerais ça l'avoir, si c'est possible.
M. Lamontagne : ...souvent, la façon
que ça fonctionne, M. le député, quand vient le temps de donner du soutien,
c'est, d'abord, les entreprises nous présentent un projet, nous font une
demande, et puis, après ça, il y a comme un peu une entente sur le soutien qui
est donné, là. Alors, peut-être que, pour vous, aujourd'hui, quand vous
dites : 238 000 $, c'est des pinottes, mais je peux vous dire
que, quand les vignerons nous ont présenté ce projet-là, nous ont demandé ce
montant d'argent là, puis je suis allé leur annoncer que le ministère de
l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec leur remettait le
montant qu'ils avaient demandé, je peux vous dire qu'ils étaient très, très,
très heureux, puis je n'avais pas l'impression, là, qu'ils me disaient que c'étaient
des pinottes, là.
Le Président (M. Lemay) : Député de
Vimont.
Rousselle : Bien, j'aimerais ça, quand vous... quand on demande
des questions ou quoi que ce soit, j'aimerais ça que vous parliez à vos
fonctionnaires, justement. Parce que, quand on fait les crédits, c'est pour
savoir qu'est-ce qui se passe, hein? Là, actuellement, vous m'annoncez comme
quoi que... en tout cas, j'ai l'impression que vous voulez me dire comme quoi
que, non, non, non, il y a un montant quelque part qui vient aider justement
les producteurs viticoles. Donc, j'aimerais ça qu'à un moment donné vous
parliez peut-être... Parce que si on essaie de travailler avec l'information
que vous nous donnez, donc, ça serait le fun qu'on ait l'information correcte.
Parce que là, actuellement...
M. Lamontagne : ...M. le député, là,
c'est que votre question, c'est concernant le Plan de commercialisation et de
mise en valeur des vins québécois : identifier les sommes allouées. Bien,
si c'est le Plan de commercialisation et de mise en valeur, il est possible
qu'il n'y ait aucune somme qui ait été versée. Il est possible que le 238 000 $
ait été versé dans un autre contexte, M. le député, puis c'est exactement cette
réponse-là qu'aussitôt que je l'ai je vais vous
la donner, si je l'ai au moment où on se parle. Sinon, je vais vous la
transmettre, là, par le courriel de la commission, là.
M. Rousselle : Parce que vous
comprenez, M. le ministre, que vous avez déjà été à l'opposition, puis on
travaille seulement avec ces cahiers-là, et c'est assez important d'avoir des
chiffres exacts puis savoir un petit peu. Ça fait qu'encore une fois,
voyez-vous... Parce que là, j'ai posé la question, il n'y a aucune somme au
niveau de... concernant le Plan de commercialisation et de mise en valeur des
vins québécois. Mais là vous me dites : Non, non, mais il y a d'autres
programmes, tout le kit. On aurait aimé ça peut-être, à un moment donné, que ça
aurait été plus clair pour qu'on puisse justement ne pas avoir eu cette
discussion-là ensemble. Parce que là, actuellement, vous me dites des choses,
mais j'attends les écrits, mais je trouve ça aberrant.
M. Lamontagne : En même temps, là,
ensemble, là... je veux dire, quand vous me posez cette question-là, naturellement, il y avait une déception, à savoir
qu'on n'avait donné aucun sou aux vignerons, bien, au fond de vous-même, vous devez quand même être
content de savoir qu'on leur a donné 238 000 $, là.
M. Rousselle :
Bien, écoutez, c'est sûr que les vignerons, ils sont contents d'avoir
238 000 $, mais peut-être que pour fonctionner correctement,
peut-être que ça aurait pris, peut-être, 500 000 $, comprenez-vous?
Donc là, vous dites : Bien, regarde... Puis, je veux dire, à un moment
donné, là, quand tu demandes, bien, tu dis : Bien, O.K., ils m'ont donné
ça, bien, je vais le prendre. Mais peut-être que... Et ça, faites-vous-en pas,
je vais faire les vérifications nécessaires, mais 238 000 $, je reste
toujours avec mon idée que c'est des pinottes, parce que je pense que pour
faire vraiment de la commercialisation puis de la promotion, bien, ça prend
vraiment plus que ça. Vous le savez qu'au niveau de la promotion comment ça
peut coûter cher. Donc, c'est...
Je vais vous
amener sur un autre sujet. En 2017, nous avions mis en place un système de
suivi et des prescriptions des pesticides dangereux. Nous aimerions
avoir un suivi à jour, à date d'aujourd'hui, où en est la mise à jour la plus
récente, le nombre de prescriptions agronomiques pour chacun des pesticides,
donc atrazine — vous
les connaissez tous, là — donc,
bilan de progression ou de régression de l'utilisation des pesticides. Ça,
j'aimerais ça avoir ça, là.
Une des recommandations qui nous tenait très à
coeur qui n'a pas été retenue par le gouvernement était d'inscrire officiellement la maladie de Parkinson au registre des
maladies professionnelles pour les travailleurs agricoles. Le ministre
du Travail avait annoncé qu'il y aurait révision de cette liste-là. Qu'est-ce
qu'il en est, de cette liste? Est-ce qu'il y a eu révision? Parce qu'on est
toujours en attente.
M. Lamontagne : Bien, écoutez, première question, au niveau des
quantités et de tout ce qui touche les prescriptions,
c'est quelque chose qui relève du ministère de l'Environnement du Québec. Le
ministère de l'Agriculture, on n'a pas de lien avec toute la question
des étiquettes, la question des autorisations, la question, encore là, des prescriptions, et tout ça. Ça, c'est un registre
qui est tenu par le ministère de l'Environnement. Alors, je vous
inviterais à adresser votre réponse au ministère de l'Environnement.
Pour ce qui touche la question de la maladie de
Parkinson, effectivement, vous aviez interrogé le ministre du Travail, mon
collègue, puis qui vous avait donné sa réponse. Alors, je vous... (panne de
son) ...ce n'est pas quelque chose, là, qui est sous ma gouverne. Alors, je
vous inviterais, là, dans la commission appropriée, à poser la question au
ministre du Travail, là, par rapport aux maladies professionnelles et cette
maladie-là en particulier, là.
M. Rousselle : Quand on
parle d'agriculteur, c'est sous votre gouverne. On sait bien qu'on peut
dire : Oui, mon collègue, tel ministre, lui, il s'occupe de telle chose.
Mais est-ce que vous travaillez en équipe chez vous? Parce que j'espère qu'à un
moment donné que vous... C'est à vous de mettre la pression, justement, pour
que ça soit mis, justement, dans... à
l'intérieur de cette liste-là. Donc, c'est à vous à faire le suivi, c'est à
vous à vous inquiéter, justement, pour les agriculteurs.
Quand on parle au niveau des prescriptions, je
veux dire, je pense que si... moindrement qu'on est un ministre qui veut suivre
justement la progression puis qu'est-ce qui se passe dans nos champs, bien, je
pense, c'est le ministre de l'Agriculture qui doit savoir aussi. Je comprends qu'il
y a d'autres ministres qui peuvent avoir d'autres responsabilités, mais, à un
moment donné, c'est des responsabilités partagées, ça. À un moment donné, on ne
peut pas dire : C'est l'autre ministre qui s'en occupe, moi, je ne m'en
occupe pas. Moi, j'en pense qu'à un moment donné on est aussi responsable de
notre ministère, donc responsable des travailleurs agricoles. Moi, je ne sais
pas, mais il me semble... est-ce que vous avez eu des discussions avec vos
collègues là-dessus?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Lamontagne :
Ce que j'expliquais tantôt, c'est que le plan de l'agriculture durable qu'on va
déposer a été fait en collaboration avec le ministère de
l'Environnement, une énorme collaboration avec le ministère de l'Environnement.
Alors là, ça, c'est des informations additionnelles que vous allez avoir. Tout
ce qui touche de répertorier la teneur de pesticides dans nos cours d'eau, les
quantités et ces choses-là, effectivement, ça relève du ministère de
l'Environnement. Alors, M. le député, j'ai effectivement des discussions avec
mes collègues, mais ça relève du ministère de l'Environnement.
Ce que je peux vous dire, puis vous avez dû lire
les mêmes rapports que moi, là, pour l'année 2018, c'est le dernier
rapport, si on veut, là, de l'incidence de risque sur l'environnement et sur la
santé de l'utilisation des pesticides au Québec, on a eu 15 % de baisse du
risque pour l'environnement et puis on a eu 28 % de baisse du risque pour
la santé. Puis je rappelle que cet indice du risque là qu'on calcule au Québec,
je pense qu'on est à peu près la seule juridiction en Amérique du Nord à
calculer un tel indice, là, pour la santé et l'environnement. Il y a un suivi
qui est fait. Il y a un rapport qui est publié annuellement. Et puis le dernier
rapport fait en sorte qu'il y a eu une baisse de 15 % pour le risque
associé à l'environnement et 28 % pour les risques associés à la santé.
M. Rousselle : Ce
comité-là, il a un comité de suivi... Vous en faites partie, du comité de suivi?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Lamontagne : De quel comité
vous parlez?
M. Rousselle : Bien, au
niveau des...
M. Lamontagne :
Parce qu'honnêtement il doit y avoir une quarantaine de comités auxquels le
MAPAQ participe, là.
M. Rousselle : Oui, je
comprends, mais toujours les prescriptions agronomiques, je vous parle toujours
des pesticides.
M. Lamontagne : Mais, comme je
vous dis, la prescription, c'est le ministère de l'Environnement. Alors, votre
question, qu'est-ce que c'est?
M. Rousselle : Il n'y a pas un comité de suivi pour ces
prescriptions-là? Vous ne faites pas
partie de ce comité-là? Il n'y a
pas... ce n'est pas deux ministères, au moins, qu'il y a là-dedans?
M. Lamontagne : Bien, comme je
vous dis, on participe à une quarantaine de comités et puis on va vous obtenir une réponse, là, dans les secondes, là, si
on participe à ce comité et puis quand ont été les dernières rencontres,
et tout ça. On va fournir ça d'ici quelques instants, là.
M. Rousselle : Vous ne
savez pas si vous participez à ce comité-là.
M. Lamontagne : Ce que je vous
dis, c'est qu'il y a une quarantaine de comités auxquels le ministère
participe. Personnellement, le ministre ne participe pas sur les comités. Il y
a plusieurs des comités auxquels les participants participent, il y a des
obligations de non-divulgation, absolument aucune information qui ne sort de
ces comités-là. Alors là, vous me parlez d'un comité pour la question de
l'application de la
loi sur la prescription, c'est ce que vous me dites. Alors,
ce que je fais, je demande à ma fonctionnaire de vérifier l'existence de ce
comité-là selon le libellé, là, que vous avez avancé, et puis, si c'est le cas,
bien, on va vous avoir...
M. Lamontagne :
Alors, effectivement, il y a un comité de mise en oeuvre des mesures
réglementaires. Il y a eu six rencontres depuis la création du
comité : septembre 2018, janvier 2019, mai 2019,
septembre 2019, février 2020, avril 2020.
Le Président (M. Lemay) : Ceci
conclut ce bloc d'intervention. Et maintenant je vais céder la parole à la
députée de Marie-Victorin pour son bloc d'échange d'environ trois minutes.
Mme Fournier :
Merci, M. le Président. M. le ministre, vous savez, je suis députée sur la Rive-Sud
de Montréal, en Montérégie, une des régions où on trouve les meilleures
terres agricoles du Québec, et ça fait notre fierté.
Je dois vous dire que je suis extrêmement
inquiète, en fait, du projet qui est discuté dans la région de
Saint-Jean-sur-Richelieu, où la MRC et la ville souhaitent dézoner un
territoire agricole de près 200 hectares. En fait, c'est la troisième fois
qu'ils arrivent avec un projet où il n'y a pas du tout d'acceptabilité sociale,
et on peut comprendre. Les gens là-bas sont préoccupés. On veut préserver nos
terres agricoles pour les générations futures.
Et on sait également que la Commission de la
protection du territoire agricole a refusé cette demande déjà une fois.
Ensuite, ils sont allés devant le Tribunal administratif du Québec, ça a été
refusé à nouveau. Et là ils vous demandent à vous, comme ministre de
l'Agriculture, de faire passer un décret au Conseil des ministres, donc, pour
accepter le projet. Puis j'ai trouvé que vos réponses dans les médias étaient
plutôt floues.
Donc, j'aimerais vous donner l'occasion de vous
reprendre aujourd'hui pour fermer la porte définitivement, là, à l'adoption d'un tel décret au Conseil des
ministres, parce que je ne vois pas à quoi ça servirait d'avoir une
commission de protection du territoire agricole si on peut, par la bande, faire
adopter ce genre de chose au Conseil des ministres.
M. Lamontagne : Bien, écoutez, Mme
la députée, non seulement mes commentaires étaient flous, mais ils étaient
inexistants, parce que je vous dirais que le nombre de demandes qui sont faites
à chaque semaine ou à chaque mois par différentes instances, entreprises,
municipalités, MRC au Québec pour que le gouvernement procède par décret pour
dézoner des terrains pour permettre ces activités... je veux dire, c'est tout à
fait courant. Alors, pour avoir une réponse que vous allez pouvoir partager
dans le dossier dont vous me parlez, les gens sont libres de faire les demandes
qu'ils veulent au gouvernement, il n'est pas dans les intentions du
gouvernement de procéder avec un décret pour permettre la réalisation de ce
projet-là, là. Ça fait que vous pouvez diffuser cette réponse-là, là, c'est
tout à fait la réponse du gouvernement.
Mme Fournier : Parfait.
Alors, j'en suis très rassurée puis je suis certaine qu'il y a beaucoup de gens
dans la région qui vont l'être tout autant. Donc, merci pour ça.
Puis dans le même sens, en fait, on entendait,
notamment, dans ce dossier-là, beaucoup l'UPA Montérégie, mais on sait qu'il y a d'autres acteurs comme
l'Alliance Ariane, notamment, qui réclament depuis tellement longtemps
une politique d'aménagement du territoire. Je me demandais si vous pouviez vous
engager en ce sens-là d'ici la fin de votre mandat.
Lamontagne : Bien, écoutez, l'aménagement du territoire, c'est large,
il y a toute la question qui relève beaucoup du ministère des Affaires
municipales aussi. La
loi sur l'urbanisme, la
loi sur l'aménagement... sur les
activités agricoles, protection du territoire agricole, c'est un ensemble, si
on veut, de composantes. Pour l'instant, le ministère des Affaires municipales,
je sais qu'il est à réviser la
loi sur l'urbanisme. Chez nous, naturellement,
on n'est pas dans une situation où on cherche à faire quelque changement à la
loi sur la protection du territoire agricole dans
un sens de vouloir la moderniser. On est plutôt dans un mode où on donne des
moyens additionnels à la Commission de protection du territoire
agricole, là, pour remplir son rôle de la meilleure façon possible. Alors, non,
il n'est pas prévu, d'ici la fin du mandat, là, qu'on procède à cette...
Président (M. Lemay) : Ceci complète ce bloc d'échange. Et je vais
maintenant céder la parole à l'opposition officielle. Le député de
Marquette, la parole est à vous.
M. Ciccone :
Merci, M. le Président. Bonjour à tous. M. le ministre, l'année passée, vous
étiez surpris quand je vous ai posé des questions sur l'agriculture. Je n'ai
pas compris encore pourquoi, mais je vais réessayer encore aujourd'hui de vous
convaincre que l'agriculture m'intéresse, notamment un dossier particulier qui
me touche beaucoup, qui me touche beaucoup, la santé mentale, la santé mentale
qui touche toutes les sphères de la société, et les agriculteurs, je veux dire,
ils ne peuvent pas en échapper. Pourquoi? Parce qu'on vit dans un domaine où il
y a beaucoup d'impondérables. Quand je parle d'impondérables, je parle bien sûr
des conditions météo — le
député de Bonaventure en parlait un peu plus tôt — je parle aussi de
maladies animales. On ne sait pas ce qui peut arriver à chaque année. C'est
comme aller au casino puis lancer un coup de dés. On met ça sur le rouge cette
année puis on espère que la petite boule, elle va arriver sur le rouge pour
qu'on puisse récolter vraiment ce qu'on a semé, ce qu'on a investi.
Il y a un agriculteur
qui a dit ceci, puis je vais le citer, là : «C'est comme un gars qui
travaille dans une usine, qui fait 8 000 morceaux à l'heure. Et, si
ça ne marche pas, on en fera 8 000 différents demain. Nous autres, on
a 35 à 40 chances dans nos vies. On ne peut pas manquer un cycle.» Moi, ça
me touche beaucoup parce qu'on voit, juste avec ça, là, la pression, la
pression immense et énorme que ces hommes et ces femmes-là ont au quotidien, à
chaque saison. Je ne vous apprends rien quand je vous dis qu'un agriculteur sur
10 a eu des pensées suicidaires. Ça, je suis persuadé que vous le savez et
votre équipe le sait. Les agriculteurs qui passent à l'acte est deux fois plus
élevé que la population en général. Ça également, vous le savez. Je sais que
vous avez mis des sommes, et on va y revenir un peu plus tôt.
Ma question. Je sais
qu'il y a plusieurs programmes au Québec. Je sais que vous investissez des
sommes à l'UPA, justement, pour contrer,
aider ces agriculteurs-là et agricultrices. Comparativement à l'année passée ou
l'année précédente, combien d'interventions l'UPA a dû faire cette année ou
dans l'année, là, des crédits, sur, justement... pour venir en aide mentalement
au niveau de la détresse mentale chez nos agriculteurs et leur famille?
M. Lamontagne :
Bien, un, je vous remercie de soulever cette question, M. le député de
Marquette, parce que vous n'êtes pas sans
savoir, depuis mon entrée en fonction, bien, ça remonte avant d'être ministre
de l'Agriculture, mais depuis mon entrée en fonction à
titre de ministre
de l'Agriculture, j'ai une sensibilité extrême vis-à-vis cette réalité-là, la
réalité, vous l'avez dit, la réalité des agriculteurs qui font que... Écoutez,
une
partie importante dans ton travail, là, d'abord, c'est la météo, hein?
Après ça on a les maladies. Après ça on a une charge de travail qui est hors de l'ordinaire. Après ça on a le fait que, bien,
écoutez, normalement, ils ne prennent pas beaucoup de vacances. Après ça
on a toute la pression financière.
Puis, si on avait un
de ces facteurs-là qui se mettait à mal aller, bien, on peut comprendre que ça
peut nous bouleverser, nous virer à l'envers puis nous causer des difficultés.
Si on a deux de ces facteurs-là, bien, ça devient un peu plus compliqué, là. Mais,
quand on a une multitude de facteurs qui, simultanément, se manifestent puis
sur des périodes qui sont prolongées, ça amène des cas de détresse qui sont
importants.
Puis une chose que je
me suis appliqué à faire à partir du début, ça a été de discuter avec
l'ancienne ministre de la Santé de l'importance
de reconnaître que les agriculteurs vivent une situation qui est
particulière. Parce qu'autant les gouvernements précédents, je veux
dire, la santé mentale, c'est quelque chose que... Tout gouvernement veut venir
en aide à ses citoyens, ses citoyennes au niveau de les accompagner puis de les
aider au niveau de la santé mentale. On a, depuis notre entrée en fonction, mis
des sommes très importantes, additionnelles, pour venir aider encore davantage
la santé mentale, mais le volet de dire, à un moment donné, qu'on veut
reconnaître une clientèle particulière qui est celle des agriculteurs pour
dire : Écoutez, oui, il y a du soutien qui est là, qui est en place, mais
pour les agriculteurs ça prendrait quelque chose de particulier.
On a un organisme, au
Québec, qui s'appelle Au Coeur des familles agricoles qui existe... écoutez, je
vais vous dire 15 ans, ça peut être 14, 13, mais leur modèle a évolué. Puis cet
organisme-là a inventé un peu le concept... on appelle ça «de travailleurs de
rang». Parce qu'une des particularités des travailleurs, des travailleuses
agricoles, c'est leur isolement, hein? Des fois, ils sont dans leur rang, puis
écoutez, des fois, ils peuvent être un petit bout de temps sans sortir du rang,
là, puis ils vont vivre des difficultés, il n'y a personne qui est courant, ils
ne sont pas en contact avec beaucoup de personnes, alors là les choses peuvent
s'accumuler. Alors, l'idée des travailleurs de rang, c'est d'avoir des gens de
première ligne qui, justement, vont en réponse puis vont à la rencontre des
travailleurs agricoles, des exploitants agricoles, pour venir les accompagner,
puis c'est des gens qui ont des qualifications en relation d'aide, puis
ultimement, après ça aussi, les rediriger vers des ressources aussi du
ministère de la Santé.
Ceci étant dit, l'objectif
d'Au Coeur des familles agricoles, naturellement, c'est d'être capable de
couvrir le Québec, hein, qu'on ait des travailleurs de rang dans toutes les
régions du Québec. S'il y a des régions qui ont besoin de deux travailleurs de
rang, c'est d'avoir deux travailleurs de rang. Mais cet organisme-là a déjà des
financements qui viennent un peu du gouvernement, mais qui viennent aussi de
différents organismes liés au monde agricole. Il y a aussi des journées de
financement, si on veut, un tournoi de golf, des événements, et tout ça. Mais
moi, ils sont venus me voir à
l'automne 2018 puis ils ont dit : Écoutez, M. le ministre, là, pour
nous, pour nous aider vraiment à pérenniser puis mettre en place comme il faut notre accompagnement de travailleurs
de rang sur le territoire, là, ça nous prendrait un petit peu plus que
400 000 $. Puis l'an passé, ce qu'on a fait...
Le Président (M. Lemay) : On va
retourner la parole au député de Marquette.
M. Ciccone :
Non, c'est intéressant, je vais le laisser continuer.
Le Président (M. Lemay) : Pas de
problème.
M. Ciccone :
Parce que c'est un organisme que, justement, j'ai... Mais je veux juste
préciser, parce que là vous parlez du 400 000 $, puis est-ce que
le... parce que j'ai vu que vous aviez fait deux dons, là, un au mois de
décembre, en 2019, et cette année, au mois de juillet, de 400 000 $.
Parce que justement, en raison de la COVID, j'imagine
que la COVID a causé... a fait en sorte que vous avez rajouté un
400 000 $ ou vous avez donné ce 400 000 $ là à
l'organisme en question? Parce que ce que je voyais, moi, sur le site,
justement, c'était un don minime, là, du ministère.
M. Lamontagne : Bien, en réalité,
comment ça s'est passé, honnêtement, c'est que moi, j'ai sensibilisé ma collègue, l'an passé, à la demande d'Au Coeur des
familles agricoles, et puis, à un moment donné, elle m'est arrivée... puis la demande cheminait, mais de faire
reconnaître l'organisme, de dire : Écoute, pour les agriculteurs, ça prend
une contribution particulière. Bien, à un moment donné, elle m'est
arrivée, elle a dit : Écoute, j'aurais 300 000 $ à leur donner,
mais je peux m'engager à chercher à le pérenniser, mais je ne peux pas dire à
l'organisme, aujourd'hui, que je vais pérenniser le montant qu'il nous demande,
hein? Puis, comme je dis, il demandait 400 quelques mille dollars.
Ça fait que, l'an passé, on leur a annoncé
300 000 $ pour l'année en cours. Puis là l'annonce qu'on a faite récemment, c'est la pérennisation, si on veut, pas
de 300 000 $, mais de 400 000 $, qui est le montant que
l'organisme avant demandé au gouvernement,
pour lui permettre de déployer, à terme, 13 travailleurs de rang. Puis naturellement,
comme je vous dis, ce n'est pas la seule source de financement pour
l'organisme, là, il y a un ensemble... ou c'est un mixte aussi, si on veut, de
financement. Mais le montant qui a été accordé, là, à quelques milliers de
dollars près, là, c'est le montant qui avait été demandé par l'organisme, là,
pour mettre en place ces travailleurs de rang.
Puis juste pour vous rajouter...
M. Ciccone :
En terminant, oui.
M. Lamontagne : Bien, c'est... Il y
a la notion de travailleur de rang, puis, quand vous parliez de l'UPA, je veux,
pour des... tu sais, il y a aussi le concept de sentinelle qui a été développé.
Sentinelles, ça, il y en a, je pense, c'est 800 au Québec, puis c'est l'UPA qui
est en arrière de ça. En réalité, les sentinelles, c'est vous et moi, on est
des fournisseurs d'intrants, puis je suis quelqu'un en fertilisation, je suis
un vétérinaire, puis j'ai affaire à l'occasion avec un travailleur agricole. Bien, je reçois une formation puis une
sensibilisation pour quand je vais le voir, ça fait peut-être trois semaines qu'il n'a pas vu quelqu'un, moi, je
suis un fournisseur, j'ai un lien de business avec lui, si je m'aperçois,
là, qu'il démontre des symptômes, tout de suite, c'est... je rapporte ça aux
instances, puis, à ce moment-là, Au Coeur des familles agricoles peut
intervenir. C'est ça, si on veut, la différence des rôles.
M. Ciccone :
Mais sentinelle, c'est une façon de faire extraordinaire, on le fait avec les
aînés également. C'est extraordinaire.
Alors, on a compris un peu comment vous avez
départagé, justement, le 300 000 $ au mois de décembre, le 400 000 $ cette année. J'avais une
question : Comment vous l'avez divisé? Puis est-ce qu'il y a une certaine
reddition de comptes, quand même, à savoir l'argent... O.K., on sait que
ça s'en va pour la santé mentale pour aider nos agriculteurs et agricultrices,
mais est-ce qu'on est capables d'avoir des chiffres à savoir est-ce que notre
400 000 $, ou je vais prendre le 700 000 $ dans la dernière
année, là, a... comment ce 700 000 $ a aidé les gens? Et c'est
important d'avoir une reddition de comptes et d'avoir des statistiques, parce
que c'est important pour vous de savoir aussi, avec votre équipe, de
dire : Bien là, il nous en faut peut-être un peu plus pour l'année
prochaine. Puis comment est-ce qu'on comptabilise ça?
Lamontagne : Bien, je vous dirais, première des choses, ça aurait été
intéressant que vous soyez à l'annonce que j'ai faite à Rimouski,
justement, pour l'octroi qu'ils avaient demandé, là, pour pérenniser leur
soutien.
M. Ciccone :
Vous auriez pu m'inviter, on aurait pu aller à la pêche après, je ne sais pas.
M. Lamontagne :
Mais, lors de la présentation, la présidente du conseil d'administration, avec
le directeur général, ont fait justement le bilan des interventions puis de l'impact de
l'action d'Au Coeur agricole, puis, en termes... le nombre de personnes,
les appels, et tout ça, le suivi au fil des années puis dans la dernière année.
Et puis, comme je vous disais, les montants
qu'on a accordés, ultimement, c'est de faire en sorte qu'on va aller jusqu'à
13 travailleurs agricoles. Aujourd'hui, je pense, ils sont rendus à neuf.
Puis les montants qu'on a accordés vont permettre d'amener ça à 13 travailleurs
agricoles. Mais, honnêtement, c'est un organisme qui n'est pas lié au gouvernement,
c'est un organisme, un OBNL qui est indépendant.
Alors, je
vous invite soit à les contacter ou à consulter leur rapport annuel, tout ça,
puis vous allez avoir toutes les informations que vous recherchez, là.
M. Ciccone : Est-il possible maintenant... Je sais que vous
faites des annonces puis je sais que, politiquement, faire des annonces,
une fois de temps en temps, c'est formidable. Y a-t-il un programme spécifique
où... Vous parliez tantôt de pérenniser le montant. Est-ce qu'on peut le faire?
Est-ce qu'il y a un... Est-ce qu'on le fait déjà avec l'UPA, à chaque année,
pour, justement, la santé mentale, où il peut y avoir un pourcentage, l'élever
à chaque année? Est-ce qu'il y a un programme spécifique de ce genre, style
mutuelle, où on peut s'assurer de prendre soin de tous les agriculteurs? Il y a
42 membres chez l'UPA, mais il y en a d'autres aussi. Est-ce qu'on peut
protéger tout le monde sans nécessairement faire une annonce une fois de temps
en temps mais développer un programme en ce sens, dire : À chaque année,
ça, ça va aller pour la santé mentale?
M. Lamontagne : Bien, je vous
dirais, à ma connaissance, là, puis là vous me prenez... parce qu'en réalité
c'est le ministère de la Santé, là, qui est... Moi, j'ai fait cette annonce-là
au nom de la ministre de la Santé ou du...
M. Ciccone : ...au ministre de la Santé.
M. Lamontagne : Mais ce que je peux
vous dire, à ma connaissance, l'UPA a un intérêt, puis naturellement il y a une
table aussi à laquelle siègent plusieurs intervenants et à laquelle participe
Au Coeur des familles agricoles, là, qui a un souci au niveau de la santé
mentale. Mais, à ma connaissance, là, puis on pourra me corriger, là, je ne
pense pas qu'il y a un lien entre le ministère de la Santé puis l'UPA au niveau
de donner un soutien direct, là, aux agriculteurs. Puis d'ailleurs c'est le
président aussi de l'UPA ou les représentants de l'UPA qui me faisaient part
qu'à un moment donné l'UPA ne peut pas devenir une spécialiste,