CAT — 3 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
CAT 2026-02-03
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
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Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 3 février 2026
Vol. 48 N° 10
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
19 h 30
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-huit minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous! Bienvenue à cette nouvelle session printanière et dernière
pour notre mandat. Je salue toutes les gens ici présents. Et il y a le quorum.
Je déclare la session de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
Juste peut-être vérifier vos sonneries au niveau de vos appareils, bien les
fermer.
Alors, la commission est réunie ce matin
afin d'entreprendre des consultations particulières et auditions publiques sur
le projet de loi numéro 16, Loi visant à favoriser la sécurité et le
sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions.
Est-ce qu'il y a des remplaçants, M. le
secrétaire?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Lecours (Les Plaines) remplace M. Gagnon
(Jonquière); et Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis) remplace Mme Nichols
(Vaudreuil).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, ce matin, nous allons entendre la Sécurité du Québec, le
Service de police de la ville de Montréal et le Service de police de la ville
de Québec.
Nous débutons avec les remarques
préliminaires. Alors, M. le ministre, vous avez un temps de six minutes.
Bonjour à vous.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Tantôt, vous avez fait un lapsus en disant «16». C'est
le projet de loi 13, mais 13 comme dans porte-bonheur. Moi, je pense que
le 13 va porter bonheur, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
je m'excuse, c'est bien 13.
M. Lafrenière : Bien non,
excusez-vous pas. Bon matin, tout le monde! Très content d'être avec vous.
Bonjour! «Hello»! «Kuei»! (S'exprime dans une langue autochtone). M. le
Président, mon adjointe parlementaire Isabelle, merci d'être avec nous ce
matin, collègues de la banquette ministérielle, les collègues des oppositions.
On a eu la chance de se parler hier de ce projet de loi là. J'ai... M. le
Président, on a eu une belle rencontre pour se dire de quelle façon on voulait
se gouverner puis de quelle façon on voulait travailler. Et je veux qu'on soit
très à l'écoute. Puis je l'ai dit aux gens des oppositions, s'ils ont des
idées, ce qu'on veut faire, c'est le meilleur projet de loi, il est
perfectible, alors très ouvert aux commentaires de mes collègues des
oppositions. Et j'en suis heureux, qu'on puisse travailler comme ça. Je veux
remercier les organisations qui ont pris le temps de nous soumettre des
mémoires, M. le Président. On a reçu plusieurs mémoires qui nous aident dans
notre réflexion. On va en entendre aujourd'hui. Merci. Je suis accompagné des
équipes du ministère, parce que vous comprenez, quand on dépose un projet de
loi comme ça, il y a tout un travail qui est fait par les équipes du ministère,
alors je veux les remercier. Travail qui a dû être fait rapidement, on a donné
un petit peu moins de temps que prévu, mais ça a été des résultats incroyables,
alors merci.
• (9 h 50) •
Vous savez, M. le Président, notre
gouvernement a fait de la sécurité une priorité. Puis aujourd'hui,
concrètement, on vient déposer un projet de loi 13 qui va venir faire
plusieurs changements, on l'espère, dans notre société. Quand on a parlé de
sécurité, de loi et ordre, avant le temps des fêtes, M. le Président, pour
plusieurs personnes, ça semblait de sortir nulle part. Ils ne voyaient pas quel
était le lien avec l'actualité. Malheureusement, l'actualité nous a donné
raison. On a vécu, entre autres du côté de Laval, beaucoup de cas d'extorsion,
sixième féminicide qui a été déclaré dans les dernières heures. Mes pensées aux
proches, aux familles. On en a parlé souvent, de ces dossiers-là. Puis je n'aime
pas dire «dossiers», parce que c'est des crimes horribles avec des
répercussions incroyables sur les familles, les proches.
Aujourd'hui, dans ce qu'on va vous présenter,
M. le Président, on l'espère, on espère outiller les gens pour briser le cercle
de la violence. Six féminicides en un mois au Québec, c'est totalement
inacceptable. On va continuer de mettre beaucoup d'énergie là-dessus parce que
c'est important puis parce qu'on doit le faire.
La lutte au crime organisé, M. le
Président, est une...
M. Lafrenière : ...une grande
priorité pour nous et on a rencontré récemment des propriétaires
d'établissements de bar, de restaurant qui nous disaient à quel point, au
quotidien, cette intimidation-là, les crimes contre les commerçants, à quel
point ça affecté leur sentiment de sécurité. Je peux vous dire que c'était des
gens qui étaient très ébranlés et on le serait pour beaucoup moins que ça.
Alors ça a un impact, ça a un impact réel sur la vie des gens. Ça fait que
c'est un des volets qu'on va vous présenter aujourd'hui, comment faire la lutte
au crime organisé? Comment aussi aider les victimes? Puis vous savez, dans
notre projet de loi, on a des volets qui viennent en aide aux victimes, ce
qu'on souhaite, donc, un registre pour les délinquants sexuels à haut taux de
récidive. On a aussi le fait que lorsqu'un suspect est arrêté pour violence
conjugale, les coordonnées de ce sujet-là sont transmises à un organisme qui
pourra venir en aide aux hommes violents, puis on espère casser le cycle de la
violence. Il y a aussi les conditions de libération qui pourraient être
transmises à la victime. Donc elle va savoir sur quelles conditions son
conjoint, ex-conjoint a été libéré. Il y a aussi la possibilité devant la
Commission des libérations conditionnelles pour une victime d'être entendue à
terme de sa libération. Ça fait que ce sont tous des volets pour les victimes.
En passant, tantôt, je vous ai parlé de crime
organisé. Un autre phénomène qu'on a vu beaucoup, c'est l'emploi...
l'utilisation de jeunes, de mineurs, pour commettre des crimes. Le gouvernement
fédéral a déjà annoncé qu'il voulait augmenter les peines. Nous, on a annoncé à
l'automne passé des sommes importantes en prévention parce qu'on veut faire en
sorte que ces jeunes n'adhèrent pas aux groupes criminalisés. Alors, c'est un
autre volet qui est important.
Je vous ai parlé rapidement du registre
des délinquants sexuels. M. le Président, je pense qu'on a à la bonne place.
Moi, au début, j'étais un petit peu sceptique. J'avais cette crainte-là qu'il y
ait de la vigilante , qui'il y a des groupes qui s'en prennent aux
prédateurs, aux hommes qui ont été condamnés et qui ont un haut taux de
récidive. Mais en regardant ce qui est arrivé ailleurs, M. le Président, on
regarde du côté américain, il y en a dans tous les États, ce n'est peut-être
pas le meilleur exemple présentement, les États-Unis. Côté canadien, la
majorité des provinces ont un registre aussi de délinquants sexuels. Ça se
passe bien, il n'y a pas eu de cas de dérapage et nous on veut commencer par un
premier pas. Il y a des gens qui m'ont parlé de la possibilité d'élargir ça aux
violences conjugales. Quand on regardait la volumétrie, M. le Président, on
aurait pu aller de l'avant, mais on aurait de la difficulté à l'appliquer pour
le moment. Mais on ne ferme pas la porte du tout pour l'avenir, pour le moment,
il faut commencer par un premier pas, puis c'est ce qu'on aura comme échanges
dans les prochains jours, dans les prochaines semaines.
Pour les corps policiers, on veut aussi
leur donner plus de flexibilité, M. le Président, la possibilité de mutualiser
des services. Puis je sais que les collègues policiers qui sont ici, qu'ils
vont avoir des questions, qui vont se dire : Mais où on s'en va avec tout
ça? Le but est pour donner de la flexibilité et surtout d'être à force égale
avec le crime organisé qui a beaucoup de ressources et, entre autres, on en
parlait pour des crimes technologiques, des choses très, très, très spécifiques
où des fois on sent qu'on est dépourvu. Alors, on aura des... j'ai bien hâte
d'entendre les collègues policiers qui sont dans la salle pour entendre leurs
préoccupations pour qu'on ait à la bonne place, M. le Président, parce que
c'est ce qu'on veut faire.
Il y a le volet autochtone, comme vous
savez, je suis aussi le ministre responsable des relations avec les Premières
Nations, les Inuits. On va permettre à des services de police autochtones de se
mutualiser, de créer une régie de police. On le vit beaucoup du côté
allochtone, du côté autochtone c'était impossible jusqu'à aujourd'hui, ils vont
pouvoir le faire puis j'aurai la chance d'en reparler à quel point il y a
beaucoup d'avantages pour ces services-là, dont un service qui est plus
robuste.
Dernier point, qui est le point sur les
manifestations. On pourrait se dire que c'est juste Montréal, mais Québec
aussi... il y a d'autres villes qui vivent des manifestations. Alors, de se
présenter dans une manifestation avec, exemple, des pièces pyrotechniques, des
objets tranchants, des objets pour blesser les policiers, ça va être interdit.
Manifester devant la résidence d'un élu à moins de 50 mètres, ça va être
interdit. Alors ce sont des points qu'on aura la chance de discuter, puis j'ai
bien hâte d'entendre nos gens qui sont avec nous aujourd'hui.
J'ai dit le dernier point, mais il y en a
un autre que j'ai l'impression que ça ne va pas passer beaucoup, beaucoup de
temps, c'est le bureau de la sécurité privée. On vient changer les mandats et
ça au sein du conseil d'administration, bien que ça semble très technique,
c'est super important pour eux parce qu'ils se retrouvent des fois dans une
période de ballottage. Alors j'ose espérer que celui-là, ça sera plus simple.
Mais on va prendre le temps, le temps d'entendre les gens, le temps de discuter
avec les oppositions. C'est sûr, M. le Président, je ne ferais pas de cachette,
vous avez parlé tantôt qu'on est la... c'est notre dernière... dernière
partie
de notre mandat. Alors, il ne reste pas beaucoup de temps. On va travailler
ensemble, puis je tends la main aux gens des oppositions, merci d'être là.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
M. le ministre. Nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle et
j'entends la députée de Westmount—Saint-Louis pour quatre minutes 30.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Un plaisir d'être parmi vous tous aujourd'hui. M. le Président, M.
le ministre, toutes les équipes qui nous accompagnent, tous les collègues,
évidemment, Florence, recherchiste extraordinaire, j'ai la chance de travailler
avec elle. Vous savez, M. le Président, vous savez aussi, M. le ministre, que
le dossier de sécurité publique en est un dont je suis très passionné. Je me
suis beaucoup investie dans le dossier, alors, je suis contente d'être de
retour dans la commission parlementaire pour en débattre, du sujet d'actualité,
de l'heure que j'espère, va occuper beaucoup de place pour tous les
parlementaires, pour le public...
Mme Maccarone : ...en général,
c'est la sécurité de notre population. Alors, c'est clair, c'est un omnibus qui
vise à améliorer le sentiment de sécurité de la population. On ne peut pas être
contre ça. C'est vrai, nous avons besoin de faire ceci, mais ça reste que c'est
un sentiment de sécurité. Et je suis présente, M. le Président... M. le
Président et M. le ministre, c'est clair, on ne peut pas être contre ça. On est
pour ça. Mais ça reste qu'il faut vraiment donner un sentiment de sécurité en
offrant de la sécurité à la population. Alors, il faut vraiment mentionner...
l'éléphant dans la pièce. Puis l'éléphant dans la pièce qui n'est pas compris
dans ce projet de loi, c'est d'ajouter des effectifs. Les policiers le dit
partout à travers tous les territoires du Québec, Montréal, Laval, Longueuil,
Québec, ailleurs dans la Côte-Nord, on a besoin d'ajouter des policiers. C'est
ça qui va vraiment ajouter à le sentiment de sécurité de la population, et pas
juste le sentiment, mais la vraie sécurité.
Alors, est-ce qu'il y a des éléments à
l'intérieur de ce projet de loi qui sont intéressants? 100 %. J'ai hâte à
en débattre. Chaque fois qu'un projet de loi est déposé, je dis toujours les
mêmes remarques préliminaires : Ça n'appartient plus au gouvernement, ça
n'appartient pas aux oppositions, ça appartient à la population. Ça appartient
aux gens qui vont nous offrir leur vision, faire leurs témoignages, déposer des
mémoires. Puis j'espère que nous allons prendre en considération tout
l'information qui sera partagée avec nous pour améliorer ce projet de loi. Il
n'y a aucun projet de loi qui n'est pas perfectible. Alors, j'ai hâte à passer
à cette étape.
C'est vrai, il y a énormément d'éléments,
dans ce projet de loi, à débattre.
Malgré que ce n'est pas épais comme projet
de loi, mais ça touche beaucoup d'aspects. Je suis très curieuse d'entendre les
groupes qui vont s'exprimer en ce qui concerne tous ces aspects. Que ce soit
uniquement le sentiment, les patchs, le registre, oui, le bureau de sécurité
privée, évidemment, on a plein de choses à en débattre, incluant les
manifestants. Mais, encore une fois, je réitère, pour moi en tout cas, ce qui
manque dans le projet de loi, c'est le concret.
Et je comprends que ce n'est pas facile de
faire ceci parce que, là, on parle des budgets, mais il faut que je souligne,
ce n'est pas un manque de respect, je pense que c'est vraiment l'éléphant dans
la pièce, puis il faut vraiment faire la mention de ceci. Parce que, si on
n'ajoute pas des effectifs, si on n'ajoute pas du concret, mais c'est clair, on
ne pourra pas aller plus loin pour protéger la population. Et, oui, nous avons
des défis d'une grande ordre. Que ce soient les jeunes, que ce soit
l'extorsion, que ce soit le crime organisé, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup
de sujets à en débattre. Et je serai là à côté du ministre. Je suis contente de
savoir qu'il y aura une ouverture. C'est clair, l'opposition officielle, le
Parti libéral du Québec, nous avons plein de recommandations à faire pour
bonifier ce projet de loi.
Et, sur ce, M. le Président, j'ai hâte à
entendre les groupes qui sont présents avec nous aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous continuons avec la députée de Sherbrooke pour 1 min 30 s.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Nous, on accueille le projet de loi avec ouverture. On n'est pas
positionnés encore sur tous les enjeux. On va prendre le temps d'écouter les
différents groupes. Mais il y a une préoccupation que j'ai, que j'ai déjà
mentionnée au ministre hier, également, c'est qu'à travers le projet de loi on
réussisse à en faire un peu plus par rapport aux enjeux de la violence
conjugale. Le ministre a nommé lui-même, là, qu'on vient d'avoir un...
potentiellement un septième féminicide sur le territoire. C'est très
préoccupant. Je pense que le projet de loi peut aller plus loin pour prévenir
ce type de situation là.
• (10 heures) •
Puis j'ai une préoccupation également.
Parce qu'il y a des belles choses dans le projet de loi quand même, mais si les
ressources pour la réhabilitation ne sont pas là, ça va rester difficile. Je
pense, par exemple, à la possibilité de référer des auteurs de violence qui
sont arrêtés, là, à des organismes qui viennent en aide aux hommes qui ont des
comportements violents, par exemple. Mais... C'est une bonne intention, mais la
ressource en Estrie, par exemple, qui fait ça, c'est Le Seuil, puis eux, ils
ont une liste d'attente de plusieurs mois déjà, notamment pour des personnes
qui ont fait déjà des tentatives d'étranglement, là. Donc, c'est des
comportements passablement dangereux qui portent atteinte à la vie des gens,
puis ils sont quand même en attente pendant plusieurs mois pour un service.
Donc, si on rajoute plus de gens sur cette liste d'attente sans bonifier les
services, on n'atteindra pas l'objectif finalement, là, de faire cesser ces
comportements-là. Donc c'est une préoccupation que j'ai également. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup, députée de Sherbrooke. Alors, nous allons débuter les auditions
publiques. Nous débutons ce matin avec la Sûreté du Québec.
Alors, je vous salue, salut à vous deux.
Alors, je vais vous présenter, étant donné que vous êtes deux, un homme et une
femme, ce n'est pas compliqué, il n'y aura pas de gens qui vont mêler les
personnes. Alors, c'est M. Benoit Dubé, directeur général adjoint, Grande
fonction des enquêtes criminelles, et Mme Andranne Ruffel, adjointe au
directeur général adjoint, Grande fonction des enquêtes criminelles. Bonjour à
vous deux. Vous avez 10 minutes pour faire votre mémoire. Et, par la
suite, nous allons procéder à une période de questions avec les députés et
ministres.
M. Dubé (Benoit) : Parfait.
M. le Président, bonjour. Bonjour, M. le ministre. Mesdames et Messieurs les
députés, Mesdames et...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Dubé (Benoit) : ...monsieur.
La Sûreté du Québec tient en premier lieu à remercier la Commission de l'aménagement
du territoire de l'avoir invité à participer aux travaux parlementaires sur le
projet de loi 13. Nous considérons qu'avec ce projet, le gouvernement du
Québec ajoute des nouveaux outils législatifs et en adapte d'autres pour
permettre le renforcement des capacités opérationnelles des corps de police, l'adaptation
des approches aux besoins des personnes victimes d'actes criminels, en plus de
favoriser une réponse plus efficace aux enjeux actuels de sécurité publique.
Nous souhaitons profiter de l'occasion qui nous est offerte pour mettre en
lumière l'apport positif de ces propositions législatives, en plus de partager
certaines considérations et pistes de réflexion.
Notre analyse s'appuie bien sûr sur notre
expérience et sur le statut particulier de la SQ, qui est la seule à agir à
titre de corps de police provinciale de niveau six. Comme vous le savez, ce
statut nous confère certains services exclusifs, dont certains sont étroitement
liés au présent projet de loi, notamment la coordination de la lutte contre le
crime organisé. Ainsi la coordination et l'enregistrement du renseignement au
registre national des délinquants sexuels.
Tout d'abord, la SQ salue l'objectif visé
par l'édiction de la
Loi sur la divulgation publique de renseignements
concernant certains délinquants sexuels à risque élevé de récidive, qui est de
fournir un outil d'information supplémentaire à la population pour lui permettre
de prendre des mesures de précaution. C'est sur la base de notre rôle de
coordination ainsi de notre expertise en détection et en évaluation d'individus
présentant un risque élevé de récidive pour les crimes graves, violents et
sexuels que nous avons participé aux travaux du ministère et étudié les
dispositions proposées. Une nouvelle... La nouvelle loi prévoit la diffusion
par la SQ de renseignements concernant un délinquant sexuel à risque élevé de
récidive à la suite d'une décision d'un comité pluridisciplinaire. Nous sommes
en faveur de la formation d'un comité qui réunira des expertises diversifiées
et de la centralisation de la responsabilité de la diffusion de ces
renseignements. Ces orientations favorisent, à notre avis, une analyse rigoureuse
et complète de chacun des cas et une prise de décision éclairée, ainsi qu'une
uniformité dans l'application des dispositions du projet de loi.
Nous tenons à souligner que plusieurs
paramètres clés de la mise en application de cette loi sont toujours à définir
par règlement, soit les critères permettant de circonscrire le bassin de
délinquant sexuel visé, les renseignements les concernant qui doivent être
communiqués à la SQ ou au Comité, ainsi que les critères d'analyse dont ce
dernier devrait tenir compte dans l'exercice de ses fonctions. La SQ offre de
poursuivre sa collaboration dans les travaux de rédaction de ces règlements,
car ils sont au cœur de l'atteinte des objectifs visés par le projet de loi.
En ce qui concerne plus spécifiquement les
effets de la divulgation publique de ces renseignements, certaines
considérations doivent tout de même être mentionnées. En premier, elles
pourraient créer un écart entre les capacités opérationnelles réelles des corps
de police et les attentes du public qui pourraient penser que ces délinquants feront
l'objet d'une surveillance accrue, voire en continu, par les forces de l'ordre.
Elle pourrait également accroître les risques d'auto-justice et avoir les
impacts négatifs sur les proches des délinquants sexuels visés. Enfin, elles
pourraient intensifier les craintes des citoyens, par exemple dans les secteurs
où l'on retrouverait plusieurs délinquants. C'est pourquoi nous sommes d'avis
que le ministère de la Sécurité publique, de concert avec la communauté
policière, devrait prévoir l'élaboration d'outils de sensibilisation. D'une
part, pour fournir aux citoyens des informations sur les mesures de précaution
qui peuvent être prises et, d'autre part, pour les sensibiliser au phénomène du
vigilantisme et ses conséquences.
Maintenant, en ce qui concerne les
nouveaux articles qui encadreraient certains aspects des manifestations, nous
sommes convaincus qu'ils seront accueillis favorablement par la communauté
policière et ses partenaires. Les mesures prévues, notamment l'encadrement des
lieux de manifestations à proximité des résidences des élus municipaux, des
préfets et des députés, l'interdiction de posséder certains objets et les
pouvoirs d'intervention fondés sur les critères de motifs raisonnables, fourniraient
des outils additionnels pour les policiers afin d'intervenir de façon graduée
et proportionnée à ces événements. Ces dispositions sont susceptibles de
contribuer à réduire les risques d'escalade, à renforcer le sentiment de
sécurité des personnes visées et à protéger leur vie privée...
M. Dubé (Benoit) : ...ainsi
que celle de leurs proches.
Au niveau du second volet de la nouvelle
loi, qui porterait sur l'affichage d'objets identifiant une entité à dessein
criminel, à la lumière de notre rôle de coordination et de notre expertise en
matière de lutte contre le crime organisé, nous nous ne pouvons qu'appuyer la
volonté de légiférer pour contrecarrer l'intimidation que cet affichage
engendre. C'est un instrument de pouvoir et d'intimidation qui s'appuie sur
l'image violente de ces groupes criminels organisés et ça permet aux membres de
s'afficher ouvertement pour maintenir un climat de crainte chez les
concurrents, mais aussi dans la population. C'est d'ailleurs pour cette raison
que l'un des axes de la stratégie provinciale de lutte contre le crime organisé
vise à assurer une présence policière accrue, notamment dans les établissements
licenciés et dans divers événements auxquels les organisations criminelles
participent. Que ce soit spécifiquement lors de ces interventions ou de façon
générale, dans le cadre du travail policier, les lois actuelles offrent peu de
leviers au corps de police pour intervenir sur l'affichage des signes distinctifs.
Cette nouvelle loi viendra répondre à ce besoin. Il faut tout de même souligner
que la terminologie «entité à dessein criminel» est nouvelle et que les
critères établis par le projet de loi laissent une grande latitude dans son
application. Nous tenons, par contre, à préciser que le fait que l'infraction
ne visait que les entités inscrites sur la liste par le ministre à la suite de
la recommandation d'une composante du milieu policier, dont le mandat est en
lien avec la gestion du renseignement criminel, devrait permettre de limiter
les risques associés à cette latitude. D'ailleurs, la SQ est d'avis que cette
composante du milieu policier devrait être le service de renseignement criminel
du Québec en raison de sa neutralité et de son côté clé au niveau provincial,
national et internationale. En résumé, puisque le succès de la lutte contre le
crime organisé repose sur une conjugaison de moyens, de partenariats et
d'expertises diversifiées, nous sommes d'avis que la nouvelle loi offrira un
moyen additionnel de faire pression sur les réseaux criminels organisés.
Le projet de loi propose aussi de modifier
la loi de police pour permettre au corps de police de partager certains
services de gendarmerie et tous les services d'enquêtes, de soutien et de mesures
d'urgence. L'objectif énoncé de cette plus grande flexibilité est notamment le
renforcement de la capacité opérationnelle des corps de police pour améliorer
les services rendus à la population. D'entrée de jeu, il importe de mentionner
que la SQ soutient ces objectifs. Nous tenons tout de même à soumettre certains
éléments que nous considérons pertinents dans le cadre de la réflexion en la
matière.
• (10 h 10) •
Tout d'abord, je commencerai à souligner
l'unicité du modèle policier québécois au Canada, qui est reconnu connu comme
une référence tant au niveau national qu'international. Les niveaux de services
établis en fonction de la population à desservir pour les corps de police
municipaux et l'existence d'un corps de police provinciale en font l'un des
modèles les plus efficaces et structurés. Sans grande surprise, car vous le
savez comme moi, la criminalité aujourd'hui n'a plus de frontières. Elle
s'organise en réseau qui couvre de plus en plus territoire et connaît une
évolution rapide. Notre structure policière au Québec nous permet d'être en
amont et de nous adapter efficacement pour répondre à cette réalité changeante.
Par exemple, un des moyens que les corps de police utilisent actuellement pour
unir leurs forces en vue d'améliorer la qualité de leur service est la... est
la mise en place d'équipes d'enquête intégrées comme les escouades régionales
mixtes et les escouades intégrées de lutte contre le proxénétisme. Ce moyen
arrivait d'ailleurs en tête de liste des solutions proposées par les corps de
police pour faire... pour faire face à la complexification de la criminalité,
le manque de ressources et de financement lors des consultations du Comité
consultatif sur la réalité policière. Comme cette approche... comme cette
approche a l'avantage d'éviter le travail en silos et de permettre la mise en
commun des expertises, elle doit, selon nous, être davantage exploitée comme
solution aux défis qui se dressent devant la communauté policière. Dans le
cadre de son rôle d'assurer les services supplétifs et supérieurs auprès des
corps de police municipaux, la SQ doit répondre à un volume important de
demandes, ce qui nous a amenés à développer des mécanismes de coordination
efficaces afin d'offrir des services uniformes et performants sur tout le territoire.
Cette uniformité des façons de faire se reflète notamment dans les décisions
judiciaires qui découlent de nos dossiers. La SQ estime donc que les
modifications proposées offrent des opportunités intéressantes à la communauté
policière, qui devrait tout de même demeurer vigilante à toute incidence
qu'elle pourrait...
M. Dubé (Benoit) : ...avoir à
long terme.
La dernière
section du projet de
loi sur
laquelle je... nous vous partagerons des observations est celle proposant des
modifications à la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur
la protection des renseignements personnels. D'emblée, nous accueillons
positivement ces nouvelles dispositions qui permettraient au corps de police de
communiquer des renseignements personnels qu'il détient afin, d'une part, de
soutenir les organismes dans leur intervention et, d'autre part, de protéger
les victimes. En ce qui concerne l'article 61.1, nous croyons que la
communication des renseignements personnels, sans le consentement, d'un présumé
auteur de violences conjugales, renforcerait notre capacité à intervenir
efficacement pour assurer la sécurité des personnes concernées et améliorerait
la condition... la coordination entre les corps policiers et les organismes
désignés. La SQ est également en faveur de l'article 61.2 qui permet aux
victimes d'être informées des conditions de mise en liberté de l'auteur présumé
d'une infraction criminelle afin qu'elle dispose des informations essentielles
pour prendre les précautions nécessaires. Nous suggérons simplement d'ajuster
le libellé proposé en remplaçant les termes «une personne soupçonnée d'avoir
perpétré une infraction criminelle» à «par la personne arrêtée».
Je conclurais l'ensemble de mes remarques
en réitérant que nous accueillons favorablement le projet de loi 13. Nous
espérons que les observations que nous avons formulées contribueront de manière
positive aux travaux parlementaires et qu'elles bénéficieront à l'ensemble de
la population et de la communauté policière. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons débuter une période d'échange en débutant
avec M. le ministre pour un temps de 14 minutes 30.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Merci, M. Dubé. Vous avez dépassé un peu votre temps, mais c'était
tellement intéressant que j'ai décidé de le retrancher sur mon temps, puis on
est ici pour vous entendre, là. C'est ça le but. Alors, merci. Merci de votre
présence à vous deux.
Je vais y aller avec une première question
puis une affirmation en même temps, parce que je pense que c'est le bon forum
aussi pour recadrer certains points. Quand on parle du registre public, vous
avez parlé du danger de vigilantisme, vous m'avez déjà entendu en parler,
j'avais la même préoccupation étant plus vieux policer un petit peu. Je me
rappelle de certains, certains cas, entre autres dans la ville de New York, qui
s'étaient mal terminés. Alors j'étais très sensible à ça. Nos recherches nous
ont montré quelque chose de différent. Alors c'est pour ça qu'on veut commencer
par petit pas pour être prudent. Mais vous avez bien vu, dans notre projet de
loi, on parlait d'avoir un comité décisionnel. Dans d'autres provinces, c'est
des comités qui vont suggérer au ministre, et là c'est un comité décisionnel
avec cinq spécialistes, avec, des... j'étais pour dire des connaissances et une
vision différente. Comment vous accueille ça à la Sûreté du Québec?
M. Dubé (Benoit) : On
accueille ça de façon très positive. On a regardé les autres modèles, nous
aussi, là, au niveau du comité consultatif, il y a le comité décisionnel, le
comité décisionnel qui va regrouper plusieurs expertises différentes va pouvoir
nous mettre... nous amener à prendre des décisions qui vont être uniformes, qui
vont être basées sur les mêmes critères, les critères de l'analyse restent à
déterminer. Et, ensuite de ça, donc, nous, pour cette... tout ce qui est
l'objectivité de ce comité-là, et c'est une responsabilité du comité à prendre
cette décision-là, et non juste une consultation. Donc on l'accueillait... puis
pour avoir comparé à toutes les autres modèles, pour la Sûreté du Québec, il
s'agit pour nous le meilleur modèle.
M. Lafrenière : Parfait.
Point d'information, pour les autres collègues qui sont dans la salle aussi,
bien qu'on le propose aujourd'hui dans notre projet de loi, de façon
réglementaire, on va le mettre en application. Ce que je veux dire par là,
c'est qu'on a encore du travail à faire ensemble, on le sait, avant de
l'appliquer, va falloir voir comment. Tant qu'à vous avoir ici, c'est sûr qu'on
va parler de nos amis les motards criminalisés. Et quand on en a parlé la
première fois, certains pensaient qu'on s'attaquait à une mode vestimentaire où
que ça n'avait pas vraiment d'impact. M. Dubé, nous rappeler que vous avez...
vous connaissez bien le crime organisé, qui peut porter, justement, un insigne
d'un groupe criminalisé comme ça?
M. Dubé (Benoit) : Bien, tu
dois être membre du groupe, ça, c'est la base. C'est assez... et puis on va
aller plus qu'est-ce qui a frappé le Québec depuis les 30, 40 dernières années,
on va parler des Hell's Angels. Tu en as... Les Hell's Angels, tu ne peux pas
porter leur veste si tu n'es pas membre. Et, comme vous... la veste des Hell's
Angels, il y a différents insignes qui marquent ta carrière... ta carrière
criminelle. Si jamais que la police enlève ta veste, tu dois rapporter ça au
club, tu fais voler ta veste, tu dois le rapporter au club. Les insignes au
niveau des gangs sont protégés, parce que l'objectif ultime, c'est pour
l'intimidation, c'est pour prendre plus de territoire pour ce gang-là. Donc,
c'est... Si on parle de la veste des Hell's Angels, c'est vraiment pour marquer
leur territoire, faire de l'intimidation et on a beaucoup...
M. Dubé (Benoit) :
...beaucoup de décisions judiciaires dont, en fin de semaine, encore, dans un
projet, alors qu'on parlait de tout... de tout l'impact de ces signes
distinctifs là, on parle des Hell's Angels, mais on peut faire le même
parallèle avec les gangs de rue qui s'en sert. Pour revenir à la question de
base, seule personne membre du groupe, si tu n'es pas membre du groupe,
sachez... tu vas être réprimandé par le groupe et je ne vous dirai pas jusqu'où
ça peut aller.
M. Lafrenière : Peut-être
tantôt, oui. Donc, vous dites, ça prend le membership, puis c'est beau, mais
si, nous, on décidait d'acheter notre membership, on ne peut pas l'apporter,
parce qu'il manque un autre élément. Qu'est-ce qu'ils doivent faire pour être
capables de porter cette veste-là? Est-ce que c'est juste le membership ou ils
ont dû commettre quelque chose dans leur vie?
M. Dubé (Benoit) : Non, mais
le... bien, c'est commettre l'infraction criminelle. Sachez, là, que tous les
gens qui ont ces insignes-là, ils ont commis des infractions criminelles très,
très graves, jusqu'à avoir tué, ont commis des meurtres, donc... mais... c'est
des organisations criminelles... en soi, c'est une organisation criminelle qui
commet des crimes pour faire profiter l'organisation puis avoir plus de pouvoir
sur certains secteurs au niveau de la province.
M. Lafrenière : Donc,
important, là... il confirme au vu et au su de tout le monde qui ont commis des
crimes. Et, quand ils se présentent dans un débit de boissons dans un
restaurant, quel est leur but de porter ces patchs-là justement?
M. Dubé (Benoit) : Bien,
c'est pour asseoir leur autorité. Quand ils arrivent dans un restaurant, en
soi... que ça devienne... ça, devienne à eux, ça devienne leur propriété. Il y
a... Ce projet de loi qui va permettre d'enlever une pression aux tenanciers de
bar, parce que quand le tenancier du bar arrive avec des gens comme ça, il
pourrait prendre la chance de les sortir, mais il ne le ferait pas à cause de
tout ce qui peut arriver par après. Donc, à partir de ce moment-là, ils
s'assoient, ils prennent et prennent le contrôle du bar et les autres personnes
qui sont là... tu sais. Puis on ne parle pas juste d'une discothèque, on parle
d'endroits licenciés, mais de restaurants que chacun de nous fréquente, donc.
Et c'est vraiment pour prendre possession de l'endroit, puis ils n'ont pas
besoin de dire rien, juste les signes démontrent ce qu'ils ont fait, juste avec
ces signes-là, ils prennent le contrôle.
M. Lafrenière : Donc, sans
mettre des mots dans votre bouche, ça contribue à l'intimidation puis à
l'extorsion.
M. Dubé (Benoit) :
L'intimidation, extorsion, ça, c'est la base.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Je crois que ma collègue de Lotbinière-Frontenac avait une question.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui. Alors, allez-y, Mme la députée.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Oui, bonjour. Il me reste combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) :
Il reste huit minutes.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Ah! d'accord. Donc, j'aimerais savoir :
Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples, des retombées positives qui
découlent de la communication aux personnes victimes des conditions de remise
en liberté d'un suspect libéré avant sa... comparution?
M. Dubé (Benoit) : Vous
voulez dire, M. le Président, l'article 61.1, si je ne me trompe pas, ou point
deux.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Je n'ai pas le projet de loi devant moi.
Une voix :
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Point un.
M. Dubé (Benoit) : Au niveau
de l'article 61... mais il y a deux... il y a deux choses, il y a deux
angles au niveau de ça. En premier, il y a les organismes désignés, les
organismes désignés vont nous permettre de communiquer pour qu'il y ait une
meilleure prise en charge. On sait que les... organismes désignés, c'est pour
venir supporter les suspects à partir de ce moment-là. Donc là, pour l'instant,
on n'a pas ces discussions-là qui fait que c'est plus difficile pour les
organismes désignés d'agir, si vous voulez, en prévention ou en support avec le
suspect. Et le deuxième angle, à ce niveau-là, c'est la personne victime. On va
pouvoir aussi faire le lien puis mieux la protéger, parce que le suspect va
être pris en charge au niveau de l'organisme désigné. C'est vraiment ça, c'est
d'être capable, M. le Président, de travailler sur deux volets en même... au
même moment, en donnant l'information.
• (10 h 20) •
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
OK. Puis comment percevez-vous l'application de la disposition qui permettra
aux policiers de partager les renseignements des auteurs présumés de victimes
de violence conjugale à un organisme désigné?
M. Dubé (Benoit) : Mais ça
n'a pas été encore été établi. M. le Président, comment on va pouvoir partager
le renseignement et quel renseignement qui va être partagé. C'est encore à
définir à ce niveau-là. Mais, comme je vous disais, nous, on est... on est
d'accord avec la démarche pour être capable d'avoir une meilleure prise en
charge au niveau des organismes désignés.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : OK. Puis dans le cadre du travail d'un
policier, est-ce que c'est commun de référer une victime de violence conjugale
à un organisme pouvant lui venir en aide? Puis est-ce que ce serait facilitant
puis nécessaire d'avoir une modification législative permettant de le faire,
même sans le consentement de la victime?
M. Dubé (Benoit) : M. le
Président, oui...
M. Dubé (Benoit) : ...à tous
les jours, ça fait
partie de notre façon de faire, ça fait
partie de... qu'on
réfère toutes les victimes au niveau de... du Centre d'aide aux victimes
d'actes criminels. Pour la deuxième, sans son consentement, c'est... pour la
personne victime, c'est quand même assez... tu sais... Moi, je vous dirais, à
ce niveau-là, la personne victime, elle a des droits, elle a le droit de
décider si elle veut qu'on la réfère ou pas. C'est la façon qu'on travaille
présentement avec la personne victime. Est-ce que ça pourrait avoir plus
d'impact? Il faudrait que je pousse un peu plus les recherches à ce niveau-là,
là, parce qu'au niveau de la Sûreté du Québec, la personne victime, elle a tous
les droits, et si elle décide qu'elle ne veut pas, bien, on ne fait pas
d'action dans ce sens là. Donc, comme je vous dis, il faudrait que je pousse un
peu plus ma réflexion.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Bien, moi j'ai pu... J'ai sorti publiquement
que j'avais vécu de la violence conjugale pendant plusieurs années, puis je ne
le savais pas, que je vivais de la violence conjugale, là, il y a beaucoup de
victimes qui ne le savent pas parce que, tu sais, c'est... Quand tu vis une
relation comme ça, bien, tu aimes ton conjoint puis il te maltraite. Mais moi,
j'ai fait venir souvent les policiers dans mon... dans ma maison. Et, bien,
jamais que les policiers m'ont dit : Madame, vous vivez de la violence
conjugale et, bien, il y a des organismes pour vous aider. J'ai découvert que
je vivais de la violence conjugale quand j'ai été dans une toilette publique,
il y avait une publicité qui disait : Si vous vivez ça, vous vivez ça,
c'est de la violence conjugale. Moi, ça m'aurait beaucoup aidée que les
policiers puissent, au moins, référer mon nom à un organisme qui puisse m'appeler,
puis qu'ils me disent : Madame, c'est ça que vous vivez, puis on est là
pour vous aider si vous avez besoin d'aide. Qu'est-ce que vous pensez de ça?
M. Dubé (Benoit) : Mais, M.
le Président, en premier, madame, très désolé pour ce que vous avez vécu, là.
Puis... mais la première, la première des choses que je peux comprendre, vous
n'avez jamais été informée que vous pouviez appeler le CAVAC. Ça, c'est la
première démarche que les policiers font. Je pense, dans votre cas, si ça a été
communiqué ou s'il y a des gens, là, vous aider, il y a des organismes à vous
aider. Vous auriez probablement su plus rapidement que vous étiez une personne
victime de violence conjugale. Pour le deuxième aspect de la question, je
reviens tout le temps, ce n'est pas toutes les personnes victimes qui veulent
qu'on communique, il y en a comme vous, probablement, qui auraient voulu qu'on
communique l'information. Donc, c'est pour ça, il faudrait juste la pousser un
peu plus, mais je vous entends très, très bien, c'est... je vous dirais, des
exemples concrets, c'est comme des dossiers, on en a parlé, là, d'agression
sexuelle dans lequel le service correctionnel canadien, il a... Il y a une
façon de faire... Est-ce que vous voulez, comme personne victime, qu'on
communique avec vous lorsque la personne va être en liberté? On en a une bonne
partie qui ne s'inscrivent pas parce qu'ils ne veulent pas être en lien, ils ne
veulent plus rien savoir. Donc, juste un exemple, juste un exemple concret, il
y a beaucoup de victimes qui ne veulent pas le savoir. Dans votre cas, vous ne
le sachiez pas que vous étiez à... au niveau en violence conjugale, et encore
une fois, je suis très désolé. Il faudrait juste regarder les façons de faire à
ce niveau-là, là, je n'ai pas... je ne pourrais pas toute vous sortir la
réponse parfaite aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. M. le ministre, je pense que vous aviez d'autres questions?
M. Lafrenière : Il me reste
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) :
2 min 40 sec.
M. Lafrenière : Je vais y
aller rapidement, parce que mon collègue Côte-du-Sud a une question. M. Dubé,
tantôt vous avez parlé du faux sentiment de sécurité, puis de l'importance de
faire des campagnes. Ça a été bien pris en note, je ne suis pas revenue tantôt
là-dessus, là, mais absolument, autant du côté de vigilantisme que du faux
sentiment de sécurité que des gens pourraient se dire : Écoutez, s'il n'a
pas été mis sur le registre, c'est parce qu'on est correct, on est très
sensibles à ça. Moi, je veux revenir du côté «patch», j'en fais une obsession,
mais pour l'entité qui va mettre à jour cette liste là... Puis j'ai bien bien
compris votre message, tantôt, de ne pas embarquer sur une pente glissante où
des gens, un groupe politique pourraient décider de rajouter un groupe pour des
raisons politiques. Ce n'est pas l'intention du législateur et pas du tout,
mais d'aller avec la SRCQ, est-ce que c'est une mesure qui, pour vous, est
assez solide, peut nous... peut nous protéger pour ne pas que quelqu'un, dans
le futur, si d'aventure, avait décidé de mettre des groupes autres que des
groupes criminels, ça ne fonctionne pas?
M. Dubé (Benoit) : Oui, c'est
la meilleure solution. On salue la SRCQ, c'est un service qui représente tous
les corps de police au Québec, mais elle en lien au niveau canadien aussi, en
lien au niveau des... de d'autres états, là, ce qu'on appelle les Five Eyes.
Donc, elle détient toute l'expertise nécessaire pour être capable de s'assurer
que les organisations qui vont être sur la liste vont respecter les paramètres
établis. Donc, selon moi, c'est le seul service de renseignement qui peut faire
ce travail-là.
M. Lafrenière : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, maintenant, du côté...
Le Président (M. Schneeberger) : ...et
du député de Côte-du-Sud, 1 min 30 s.
M. Rivest : Je vous remercie
pour vos propositions aussi, votre regard sur le projet de loi, mais les
propositions aussi que vous en faites pour améliorer notre regard sur la
divulgation publique des renseignements. Vous avez parlé un peu de cet écart-là
entre la police, la population, mais il y a aussi des craintes senties, là, du
regard de la population en général. Comment... comment faire, puis, selon votre
expérience, quel genre de registre ou de façons de faire ont été faits? Je
pense, entre autres, au fait que certaines petites municipalités ne seraient
pas nécessairement ciblées, ou les adresses. Comment voyez-vous, selon votre
expérience, la meilleure solution pour un tel registre?
M. Dubé (Benoit) : Bien, la
première des choses, je réitère, le comité décisionnel, qui va avoir une grosse
partie de la responsabilité à ce niveau-là, et c'est certain, au niveau de la
notification publique, on parle présentement d'une photo de la personne avec
son permis de conduire ainsi que les crimes qu'il a commis et ses conditions.
En résumée, là, c'est ce qui est sorti.
Ensuite de ça, ensuite de ça, comment, en
fonction des régions... parce qu'on a des régions au Québec qui sont très
isolées, on a des régions qui sont... plus faciles. On va devoir l'évaluer en
fonction de ces régions-là. Puis, si vous permettez, aussi, on a réfléchi, si,
par exemple, il y a deux Benoit Dubé dans la même région, qu'est-ce que ça peut
amener comme impact, et c'est là où est-ce que la solution au niveau de la
photo de la personne, sa date de naissance, ses conditions... Mais c'est
certain qu'on va devoir être très, très vigilant en notification publique,
lorsqu'on va sortir... tout le côté géographique, de l'endroit de la personne,
là, va jouer un rôle déterminant pour savoir comment qu'on va l'afficher, là.
M. Rivest : Avec vous, j'en
connais trois autres, Benoît Dubé, donc c'est un bon exemple.
M. Dubé (Benoit) : On va s'assurer
qu'il n'y en a pas trois... donc, mais c'est tous des principes qu'on s'est
penchés.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et
j'entends la députée de Westmount—Saint-Louis pour 12 min 23 s.
Mme Maccarone : M. le
Président. Bonjour, M. Dubé, bonjour, Mme Ruffel. Merci beaucoup pour votre
mémoire et votre témoignage. Je saute direct dedans, M. Dubé, in a entendu
qu'il y avait des coupes de 120 millions de dollars. Avez-vous les
ressources nécessaires pour mettre en place ce projet de loi si c'est adopté
dans sa mouture actuelle?
M. Dubé (Benoit) : Oui, on a
les ressources nécessaires. Il faut comprendre que les coupures budgétaires ont
touché surtout tout ce qui est l'administration de la Sûreté du Québec. On n'a
pas touché le côté opérationnel. Et pour vous dire, tout ce qui est délinquants
haut risque, j'ai une équipe d'experts qui ont pas été touchés par les coupures
budgétaires, et finalement on a eu huit ressources qui ont été octroyées, là,
sur une période de cinq ans, pour être capable de faire la gestion du registre
de notification publique.
Mme Maccarone : Ça fait que
vous, vous êtes, vous êtes certain qu'il n'y aura pas d'autres coupures? Parce
que, là, on parle de la mise en œuvre d'un registre, ça va être le maintien du
registre, vous avez mentionné des outils de sensibilisation. Tout ça, ça prend
de l'argent. Ça fait que vous, vous êtes à l'aise, il n'y aura pas de coupures,
ça fait qu'on serait à mesure de vraiment mettre tout ça à l'oeuvre?
M. Dubé (Benoit) : Bien, M.
le Président, pour l'instant, je n'ai aucune information si je vais avoir des
coupures supplémentaires. Ce que je vous dis que, lors des premières coupures,
je ne touche pas mes opérations policières.
• (10 h 30) •
Mme Maccarone : Quand vous
parlez... Dans votre mémoire, vous avez fait un bel exposé, merci beaucoup,
parce que, là, vous parlez de... c'est sur la page 6, juste pour vous
situer : «Pour remplir sa mission, la SQ a développé une expertise en
détection et en évaluation de risque d'individus présentant un risque élevé de
récidive pour les crimes graves, violents ou sexuels. Elle assure actuellement
le suivi des délinquants sexuels pour lesquels ce risque est évalué comme élevé
ou très élevé. Cette surveillance permet à la SQ de cibler ses interventions en
fonction du niveau de dangerosité. Plus spécifiquement, la SQ assure une
coordination provinciale et participe activement à l'encadrement du risque en
milieu ouvert des personnes jugées à haut risque de récidive dans le but de
prévenir et de protéger la population.» Si la SQ fait déjà ce travail, je me
demande pourquoi qu'on a le besoin d'avoir un registre.
M. Dubé (Benoit) : Parfait.
M. le Président, oui, il y a un travail déjà qui est en amont. Le fait
manquant... Il y a deux faits manquants, je vous dirais, le premier, bien, on
ne peut pas aviser, nous, le public, si on a des gens, c'est de l'information
confidentielle, donc on ne peut pas aviser le public. Donc, on le fait en
amont. Et il faut savoir, le projet de notification publique va amener plus
d'yeux sur le terrain pour qu'on soit aussi capables d'agir en amont.
L'autre... Parce que les registres que la Sûreté du Québec gère pour la GRC, on
ne peut pas divulguer cette information-là, même à d'autres corps de police. On
doit faire une fiche signalétique, et ils n'ont pas accès à ce... là. Donc
c'est très, très encadré, qui fait qu'on est quand même limités dans nos...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) M. Dubé (Benoit) : ...avec
nos partenaires. Le fait d'être capables d'informer les citoyens, c'est un
outil d'information, et être capables de recevoir l'information quand on a une
personne qui rôde autour d'un parc et ne doit pas, parce qu'elle est en bris de
condition, qu'on puisse agir pour s'assurer de protéger des victimes futures, c'est
un des grands avantages qu'on peut y voir.
Mme Maccarone : Dans votre
témoignage, vous avez parlé aussi de l'effet pervers, dans le fond, de la
divulgation publique de ces informations. Vos craintes sont quoi, exactement?
M. Dubé (Benoit) : Bien, on
ne veut pas créer un faux sentiment de sécurité. Le fait qu'on va... la
personne va être sur la plateforme de notification publique ne va pas dire que
la police le suit 7/7, 24/24. Nous, on diffuse l'information. On a... On en a
plusieurs, quand même, au Québec qu'on travaille, mais on est... on n'a pas la
capacité opérationnelle, là, puis on ne pourrait probablement jamais avoir la capacité
opérationnelle de toutes les suivre. On fait quand même un beau travail
administratif. On fait quand même du travail opérationnel, pas juste la Sûreté
du Québec, mais avec les corps de police municipale. Mais on ne veut pas penser
que les gens... ah! c'est correct, la police, ils l'ont à l'oeil, ce n'est pas
le cas.
Mme Maccarone : Vos mots
exacts sont «un écart de capacité réelle». Ça fait qu'on a besoin d'ajouter des
effectifs?
M. Dubé (Benoit) : C'est...
Bien, c'est certain qu'on a besoin, si on veut aller au-delà de ce qu'on fait.
Mme Maccarone : Ça fait que
ça va prendre plus de budget. Quand on parle d'un impact négatif, est-ce que
vous êtes d'avis... Parce que moi, quand je vous entends, quand je lis les
mémoires qui ont rentré, j'ai quand même la préoccupation que nous sommes en
train de mettre la responsabilité de se protéger sur les épaules des citoyens
avec ce type de registre. Je ne suis pas contre le registre, je pense que c'est
important d'avoir une bonne compréhension de l'impact pervers qui peut avoir
lieu. Est-ce que nous sommes en train de dire aux citoyens : C'est votre
responsabilité de vous autoprotéger?
M. Dubé (Benoit) : Non. Moi,
je... M. le Président, je ne le vois pas comme ça. Tout dossier, toute enquête...
On est en collaboration avec les citoyens à tous les jours. La police toute
seule ne peut pas faire le travail, ça nous prend les citoyens. Ce qu'on est en
train de faire, c'est de... notifier les citoyens, et c'est pour ça qu'on parle
d'outil de prévention, d'outil de communication pour dire : Mais, quand il
arrive, tu vois telle personne, tu appelles le 9-1-1, et qui va nous permettre...
et ça, on le fait dans divers... aussi dans d'autres sphères d'activité. Mais
je le vois plus une collaboration avec nos citoyens que transposer une
responsabilité policière.
Mme Maccarone : Je sais qu'on
a des registres à travers le Canada, mais on a aussi ceux des États-Unis, qu'on
peut constater... étaient un échec total. Les craintes que j'ai aussi, c'est en
lien avec la mise à jour de cette liste-là, ce registre, parce que là ce que je
comprends, c'est : mettons, on va mettre des données à l'intérieur de la
liste, mais de le tenir à jour... les gens qui déménagent, les gens qui ne sont
plus assujettis à avoir besoin de faire
partie du registre vont rester dans le
registre. Il y a un plan de match pour ça, pour s'assurer que les données sont
actuelles?
M. Dubé (Benoit) : Oui. Mais
la première des choses : lorsque le délinquant haut risque va être en
notification publique, lui, le délinquant, il est dehors, mais il est sous
ordonnance judiciaire, ce qu'on appelle les articles 810.1, 810.2, 810.1 étant
pour les... sexuel moins de 16 ans et 810.2 avec... pour les autres. Dans ces
conditions, il doit, minimum une fois par année, se rendre au poste de police,
prendre une nouvelle photo, minimum. Deuxième des choses qu'il doit faire :
s'il y a un changement d'adresse, il doit l'indiquer, son changement d'adresse,
parce que, sinon, il va être en bris de condition, il peut être arrêté par la
police. Donc, ça, il y a deux aspects, qui est la responsabilité, si vous
voulez, du suspect, et, ensuite de ça, au niveau de la responsabilité policière,
avec la structure qu'on a présentement, là, aujourd'hui, administrative... nous
permet de suivre ces gens-là, pas de façon terrain à tous les jours, mais de
façon virtuelle. On a des façons de faire. Donc, je... on... la... je... l'objectif,
ce n'est pas de mettre quelqu'un sur le... notification publique puis l'oublier
pendant trois ans. Ce n'est pas comme ça qu'on va travailler. On doit
travailler en amont.
Mme Maccarone : Je comprends.
Je savais que ce n'était pas ça, l'objectif, mais j'avoue, hein, ce que j'ai
entendu déjà de la façon de fonctionner des autres registres, évidemment, il
faut le nommer, on ne peut pas être aveugles de les dérives qu'on peut avoir. Ça
fait que, je pense, c'est important d'être sensibilisés à ceci.
Par rapport aux vestes puis les patchs, moi,
je souhaite savoir... je comprends l'orientation du ministre, je comprends que
la communauté policière sont contents parce que c'est un outil dans leur coffre
où on peut... qu'on peut utiliser parce qu'on peut donner des amendes, mais n'est-ce
pas plus approprié de dire qu'on va saisir la veste?
Parce que je vous donne... J'essaie de
comprendre la mise en œuvre de cette directive puis cette nouvelle mesure. Je
rentre dans un bar, je donne des contraventions de 200 $ à tout le monde,
mais ils quittent puis ils vont au bar à côté. Je ne suis pas plus...
Mme Maccarone : ...pourquoi
qu'on ne saisit pas? Ce n'est pas une mesure dont vous avez besoin aussi pour
poursuivre la lutte contre le crime organisé?
M. Dubé (Benoit) : ...je vais
ramener un petit peu... plusieurs questions. M. le Président, la saisie de la
veste, au niveau criminel, parce que tu as commis une infraction criminelle, ce
qu'on fait, nous, surtout en crime organisé... on doit le relier à l'infraction
directe, trafic de stupéfiants, etc. Et c'est pour ça qu'on a des
jurisprudences comme on a eues en fin de semaine en cour, très positives pour
le travail qu'on fait.
Ensuite, de ça, on est sous un règlement
provincial, là, où on va travailler avec le Code de procédure pénale. Ce que la
loi prévoit, c'est que lorsqu'on va rencontrer la personne, on va lui
dire : Tu as ta veste, tu l'enlèves, et c'est un constat d'infraction de
1 000 $. Si la personne, donc, va au bar suivant, puis a encore sa
veste, là, à partir de ce moment-là, on va pouvoir l'arrêter, et à partir...
pour arrêter l'infraction, et là il va y avoir une saisie d'une veste. Mais
c'est certain que la loi prévoit qu'ils ont le droit de l'enlever, la garder.
Est-ce qu'ils vont aller deux bars plus loin, la remettre? Peut-être.
Possiblement. Ce sera notre travail de retourner puis, là, de procéder à son
arrestation.
Mme Maccarone : OK. Là, quand
on parle... parce qu'évidemment ici on parle d'extorsion, vous savez que c'est
un... c'est un fléau qui me préoccupe beaucoup, surtout dernièrement. Il n'y a
pas une journée qui passe, à les médias, où on n'entend pas une histoire d'un
bar, un restaurateur, un propriétaire d'une entreprise qui est visé par
l'extorsion. Moi, je souhaite vous entendre en ce qui concerne le registre des
entreprises, parce qu'actuellement ces entrepreneurs, leurs données
personnelles sont publiques. Est-ce que nous devons émettre un amendement à ce
projet de loi pour s'assurer que leurs données deviennent privées?
M. Dubé (Benoit) : M. le
Président, la réponse est oui. Présentement, on voit, dans tous les dossiers
d'extorsion qu'on travaille en partenariat avec mes confrères, que le registre
est devenu l'outil des gens qui utilisent l'extorsion. Donc, c'est là où est-ce
qu'ils aillent aller chercher toutes les informations. Et, présentement, bien,
ce n'est pas confidentiel, donc, oui, c'est... ils ont... ils savent que ça
existe et ils l'utilisent, ils l'utilisent aussi souvent qu'ils peuvent pour
aller chercher les informations personnelles des gens et s'attaquer à ces
gens-là.
Mme Maccarone : Parfait.
Quand on parle des policiers autochtones, moi, je souhaite comprendre aussi le
nombre d'interventions que la SQ fera dans une année, je pense que vous avez ce
type de données, pour comprendre comment vous fonctionnez en amont, en appui de
ces territoires puis ces policiers. Là, on parle de faire un changement, qui
est probablement une bonne chose parce qu'on va utiliser... on va outiller les
gens à interagir et agir directement sur leurs propres territoires, mais,
actuellement, vous n'êtes pas financés, si je comprends bien, pour tous les
interactions puis les appels que vous avez sur ces territoires, puis ainsi le
reste du Québec pourrait être en renfort des policiers. Alors, est-ce que vous
aurez un rôle d'accompagnement pour la mise en œuvre de ce nouveau cadre de
policiers, puis c'est quoi, vos attentes en ce qui concerne cette mise en
œuvre?
M. Dubé (Benoit) : Bien oui,
la Sûreté du Québec a son rôle, ce qu'on appelle un rôle supérieur et
supplétif, qui est au niveau de la Loi de police. On fait environ 3 000
interventions à la grandeur du Québec pour les corps de police municipale et
aussi les corps de police autochtones. Donc, on n'a pas de financement
spécifiquement pour ça. Ça fait
partie de notre rôle, comme police provinciale
du niveau 6.
• (10 h 40) •
Pour la mise en place des corps de police
autochtones, c'est certain, s'ils ont besoin de notre participation, de notre
sport, on va être présents. Les dernières semaines, on a assisté et supporté
les corps de police autochtones parce qu'il y avait eu des événements tragiques
qui se sont passés, et c'est la Sûreté du Québec qui en a pris la
responsabilité en partenariat avec les corps de police autochtones. Mais, si
jamais il y a quoi que ce soit, le fait qu'on regroupe les corps de police
autochtones va leur amener aussi une meilleure capacité pour eux à répondre à
certains événements, développer aussi une expertise, mettre en commun les
ressources humaines, les ressources matérielles. Donc, il y a des beaux
avantages. Mais ça ne dit pas que la Sûreté du Québec va ralentir son support
ou ses interventions. On va être tout le temps présent, là, surtout au niveau
corps de police autochtone. Ils ne sont pas dans la Loi de police, donc ils
nous le demandent lorsqu'ils ont besoin.
Mme Maccarone : Ça fait que
le nerf de la guerre, c'est d'ajouter des ressources pour être en mesure... de
la sensibilisation, de la sécurité de la population, mais, actuellement, faire
des mesures concrètes.
M. Dubé (Benoit) : Bien, M.
le Président, écoutez, là, pour l'instant, si on parle... comme Sept-Îles, on a
ajouté des ressources au niveau de la Sûreté du Québec, tout ça, donc...
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Alors, nous continuons avec la députée de Sherbrooke pour
4 min 8 s.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Je veux vous poser des questions sur le registre. Là, en ce moment,
le registre cible spécifiquement les délinquants sexuels à risque de récidive.
Pourquoi avoir ciblé, d'après vous...
Mme Labrie : ...dans ce type
de risque de délinquance là, plutôt que d'autres crimes violents.
M. Dubé (Benoit) : Mais je
vous dirais, c'est... dans notre jeu, c'est là où est-ce qu'on en a plus, c'est
au niveau de la quantité, au niveau des délinquants à haut risque, de récidive
au niveau sexuel. Je ne veux pas me tromper dans les chiffres, là, mais, si je
regarde ma banque de données complète, ça peut être plus de 75 à 80 %.
C'est des gens dans ces sphères d'activités criminelles là, qui font cette
récidive-là. Donc, c'est pour ça qu'on s'est penché vraiment à ce niveau-là,
puis on ne voulait pas non plus dénaturer... Si vous regardez le modèle...
ontarien, il a été bâti sur la loi. Christophe. Ils ont mis plein
d'informations, tu peux être un violent, un trafic de stupéfiants, sexuel, et
ça vient dénaturer toute la raison d'être. Donc, avec les discussions qu'on a
eues avec le ministère, on a été vraiment dans un créneau qui fait beaucoup de
victimes et dans lequel on voit, nous, par les chiffres, au niveau des
délinquants qu'on on contrôle, sont vraiment dans... au niveau... de la sphère
d'activités criminelles sexuelles.
Mme Labrie : Donc, selon vos
chiffres, les délinquants qui ont le plus de risques de récidive, là, même
après avoir purgé leur peine, c'est vraiment les délinquants sexuels, OK, dans
tout ce qui est crime plus de violence physique contre la personne, je pense
notamment à toutes les situations de personnes qui purger une peine pour
violence conjugale, le taux de récidive est plus faible.
M. Dubé (Benoit) : Mais il
existe... ça existe, je ne vous dis pas pas que c'est le plus faible, mais en
comparaison, au niveau des chiffres, j'ai plus d'accusés qui font des crimes
sexuels que j'ai d'accusés au niveau de violence conjugale. Donc, c'est
juste... on ne peut pas vraiment comparer, parce que mon bassin, il est plus
élevé au niveau des crimes sexuels qu'au niveau de la violence conjugale.
Mme Labrie : Je suis surprise
de votre réponse, parce que quand on discutait hier avec le ministre, il nous
disait qu'il avait ciblé les crimes sexuels, justement, parce qu'il voulait
commencer plus petit avec son registre, puis que, si on y allait aussi avec
plus de plus de largeur, là, disons, dans le registre, puis qu'on englobait
d'autres types de crimes violents à risque de récidives, là ça pourrait
multiplier puis ajouter des milliers de dossiers. Donc, j'essaie de comprendre
l'écart entre les deux points de vue, là.
M. Dubé (Benoit) : Bien,
c'est parce que... Puis il a raison aussi, M. le Président, c'est parce qu'il y
a une banque... on a une des banques de données, OK, puis, dans la banque de
données qu'on a, il y a plus que 12 000 inscriptions, puis ça, c'est
notre centre d'enregistrement, au niveau québécois, des délinquants. À partir
de ce moment-là, quand on fait une extraction, nous autres, au niveau... au
niveau... les personnes...
Mme Labrie : Tous ces...
ventes de drogues... n'importe quoi.
M. Dubé (Benoit) : Exact.
Mme Labrie : OK.
M. Dubé (Benoit) : ...toutes
personnes qui ont été déclarées délinquants à haut risque, tout ce qui est DHR
par la cour, se ramasse chez nous, se ramasse au niveau de la Sûreté du Québec
et, ensuite de ça, là, après ça, support. À partir de ce moment-là, nous, quand
on regarde les chiffres, on fait une évaluation, on évalue, et en... excuse, un
délinquant à contrôler, un délinquant dangereux. Et ceux qui ont des. 810.1.2
ont une ordonnance. C'est là où est-ce que le chiffre baisse drastiquement.
Donc, le chiffre va baisser à à peu près à 150 dossiers par année. Là, je
suis parti de 12 000.
Donc mes critères de sélection, mon
analyse, tout... ce n'est pas moi qui le fais, mais experts arrivent. Donc, ça rejoint
ce que le ministre disait, c'est qu'à la fin de mon filtre, j'en ai moins du
côté violence sexuelle que j'avais au niveau violence conjugale. C'est vraiment
la comparaison, c'est en fonction des filtres.
Mme Labrie : Du type de
risque.
M. Dubé (Benoit) : Exact.
Donc, il y a beaucoup... parce que c'est toute une évaluation du risque,
gestion du risque avec des psychologues. Donc, c'est très, très complexe. Mais
mon chiffre final, il a tout à fait raison, M. le ministre, il va être plus bas,
c'est pour ça qu'on le fait de ce côté-là.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, cela met fin à cette présentation. Je vous remercie pour
l'apport de la commission... à la commission, pardon.
Nous allons suspendre quelques instants
afin d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 46)
(Reprise à 10 h 51)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous poursuivons nos travaux, nous accueillons le Service de police de
Montréal. Bonjour à vous trois. Alors, dans un premier temps, vous vous
présentez, et par la suite, enchaînez avec votre présentation pour 10 minutes.
M. Bertrand (David) : M. le
Président, M. le ministre, M. le vice-président, Mesdames et Messieurs membres
de la commission, je suis le directeur adjoint David Bertrand, chef de la...
M. Bertrand (David) : ...des
services spécialisés du Service de police de la Ville de Montréal. C'est un
grand plaisir d'être parmi vous aujourd'hui et de représenter notre
organisation. Je suis accompagné de mes collègues, les inspecteurs-chefs
François Harrisson-Gaudreau et Pascal Richard. Nous vous... nous vous
remercions de nous donner l'occasion de présenter notre analyse du projet de
loi n° 13. Comme grande métropole, Montréal fait face
à des défis particuliers liés à sa densité, à sa diversité et à la
concentration d'événements d'envergure sur son territoire. Chaque année, le
SPVM assure la sécurité de milliers d'événements, de festivals et d'opérations
d'urgence. Cette... cette réalité nécessite une expertise de haut niveau ainsi
qu'une grande capacité d'adaptation. D'entrée de jeu, le SPVM accueille
favorablement le projet de loi n° 13 et les
changements qu'il propose. Nous y voyons des leviers concrets pour renforcer la
sécurité publique, mieux soutenir les victimes et moderniser nos pratiques.
Toutefois, nous sommes d'avis que certaines mesures nécessitent des ajustements
afin d'en assurer une mise en œuvre claire, cohérente et efficace.
Les observations présentées dans notre
mémoire s'inscrivent dans un esprit de collaboration, de recherche de solutions
et de respect des réalités opérationnelles des corps policiers. Aujourd'hui, nous
mettrons l'accent sur quatre enjeux qui touchent le plus directement la réalité
opérationnelle du SPVM. L'ensemble de nos propositions est détaillé dans le
mémoire transmis à la commission.
Premièrement, en ce qui concerne la
divulgation de renseignements sur les délinquants sexuels à risque élevé de
récidive, le SPVM appuie pleinement l'objectif de protection du public et des
victimes. Nous estimons toutefois que certaines dispositions gagneraient à être
davantage balisées, notamment quant à la portée des informations à communiquer
et aux obligations imposées aux corps policiers. L'enjeu ne réside pas dans
l'intention de la loi, que nous partageons, mais dans la nécessité de s'assurer
que les obligations de communication demeurent compatibles avec les cadres
juridiques existants, incluant les règles de confidentialité et les cadres
juridiques fédéraux applicables. Les ajustements que nous proposons de façon
détaillée dans le mémoire visent avant tout à assurer une application uniforme
et prévisible de la
loi sur le terrain.
Deuxièmement, le SPVM accorde une
attention particulière aux dispositions du projet de loi portant sur
l'encadrement des manifestations et la possession d'objets dangereux,
puisqu'elles ont un impact direct sur notre capacité à assurer la sécurité lors
d'un grand nombre d'événements se déroulant sur le territoire montréalais. Sur
le terrain, tant lors de manifestations que lors d'événements festifs,
notamment à l'occasion des grands rassemblements sportifs, de célébrations ou
de festivals, nos policières et policiers sont régulièrement confrontés à
l'utilisation de pièces pyrotechniques, de fumigènes ou même des matières
explosives improvisées. En milieu urbain dense, ces objets comportent des
risques élevés d'incendie, de blessures graves et de mouvements de foule
incontrôlés. Dans cette perspective, le SPVM propose que l'interdiction de
posséder des objets dangereux ne soit pas limitée aux seules manifestations,
mais qu'elle s'applique également aux événements festifs. Cette mesure ne vise
aucunement à empêcher la tenue de manifestations ou d'événements festifs, mais
plutôt de prévenir l'introduction d'objets intrinsèquement dangereux qui créent
des risques réels de blessure et de panique.
Dans le même esprit, le SPVM accueille favorablement
l'octroi d'un pouvoir de fouille et de saisie lorsqu'il existe des motifs
raisonnables de croire qu'une personne est en possession d'un objet dangereux
ou de pièces pyrotechniques. Un tel pouvoir constitue un outil essentiel pour
la... assurer la sécurité des citoyennes et citoyens dans le contexte des
manifestations et contribue, en pratique, à mieux protéger l'exercice pacifique
du droit de manifester. Le cadre légal actuel oblige souvent à intervenir à
l'échelle de la foule une fois qu'une infraction a été commise. En permettant
des interventions ciblées auprès des personnes qui transportent ces objets, la
loi favoriserait une approche plus préventive et contribuerait à protéger
concrètement la liberté d'expression et de réunion de l'ensemble des
participants.
Troisièmement, le SPVM est favorable à
l'interdiction d'exposer un objet identifié à une entité à dessein criminel.
Au-delà de la lutte contre l'intimidation et le sentiment d'insécurité que peut
provoquer l'affichage de tels symboles, cette mesure vise à freiner la mise en
valeur et la glorification des groupes criminalisés dans l'espace public. Ces
entités utilisent délibérément cette visibilité pour projeter une image
valorisée de leur groupe et de leur mode de vie, créant un effet d'attraction,
particulièrement auprès des jeunes. Dans le contexte actuel, au Québec, cette
exposition contribue à banaliser l'adhésion à ces groupes et facilite le
recrutement de jeunes pour...
M. Bertrand (David) : ...l'exécution
de diverses activités criminelles en limitant la visibilité et la normalisation
de ces symboles, la loi agit de manière préventive en réduisant l'influence
criminelle et en protégeant les populations vulnérables contre l'exploitation
et l'enrôlement. Quatrièmement, le SPVM adhère aux modifications visant à
faciliter la mutualisation des services policiers. La mise en commun de
ressources spécialisées constitue un levier essentiel pour répondre aux défis
contemporains en matière de sécurité publique. Toutefois, ces mécanismes doivent
s'appuyer sur des fondements clairs, notamment en ce qui concerne la
gouvernance et l'équité financière entre les organisations policières.
En conclusion, le SPVM appuie le projet de
loi n° 13 et les objectifs qu'il vise à atteindre. Les ajustements que
nous proposons ont pour but de renforcer la clarté et la prévisibilité de son
application, au bénéfice tant de la sécurité publique que de la confiance de la
population. Le SPVM suivra attentivement l'évolution du projet de loi
actuellement à l'étude. Comme pour toute modification législative potentielle,
notre organisation analysera les dispositions qui seront finalement adoptées
par le législateur.
Advenant l'adoption du projet de loi, le
SPVM prendra acte du nouveau cadre légal et appliquera la loi conformément à sa
mission établie à l'article 48 de la Loi de police, soit de maintenir la paix,
l'ordre et la sécurité publique, de prévenir et de réprimer le crime et de
rechercher les auteurs d'infractions.
Il serait prématuré, à ce stade-ci, de
commenter les modalités opérationnelles spécifiques, celles-ci dépendant du
contenu final de la loi. Le SPVM réitère toutefois qu'il appliquera tout cadre
législatif adopté par le gouvernement du Québec dans le respect des droits
fondamentaux et des principes qui encadrent l'exercice de la fonction
policière.
Nous remercions la commission pour
l'attention portée à nos recommandations. Nous sommes disponibles pour répondre
à vos questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre présentation. Nous débutons une période d'échange, en
débutant avec M. le ministre pour un 16 min 30 s.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci à nos invités. Merci beaucoup. Avant de
commencer, M. le Président, je veux juste prendre un instant... parce que c'est
important, dans cette commission, les gens nous écoutent à la maison, quand on
donne une information, qu'elle soit juste, alors, pour le bénéfice des gens qui
nous écoutent, je sais à quel point ma collègue est très investie en matière de
sécurité publique, je veux juste rappeler que ça a changé, l'information a
changé : il n'y a pas eu de coupe de 120 millions à la Sûreté du
Québec, ça a été des coupes de 15 millions. Et c'était déjà un dépassement
budgétaire de plusieurs millions, on termine avec 15. Puis c'est important, il
n'y a pas de fermeture de postes et il y a encore de la patrouille de nuit.
Alors, ça, c'est important pour les gens
qui nous écoutent. Puis je vais vous dire, c'est tellement important, M. le
Président, que j'étais à Saguenay, vendredi, puis les gens me questionnaient
là-dessus, ça fait que c'est vraiment un message qui a mal percolé de notre
côté, ça fait que je tenais à le dire.
M. le Président, dans tout ce qu'on
présente aujourd'hui, j'ai une question pour le SPVM. Tout le volet
perquisitions, de venir saisir, ouvrir un sac pour des manifestants avant,
c'est un point de sensibilité. De votre côté, comment vous voyez l'application
de tout ça? Ce seraient quoi, les grandes lignes qui seraient données pour les
policiers de terrain? Est-ce que c'est une décision qui serait prise
centralisée, avant de procéder à des fouilles, ou ce serait le policier
lui-même, sur le terrain, qui déciderait de le faire?
M. Bertrand (David) : Bien,
premièrement, on accueille effectivement de façon très favorable ce... C'est un
outil supplémentaire au niveau de la gestion des manifestations qui va nous
permettre d'intervenir de façon isolée. On s'entend qu'on risque d'intervenir
sur des objets dangereux qui ne constituent pas un crime habituellement, qu'on
peut avoir en notre possession. Donc, ce sont des objets dangereux qui... le
fait d'être dans un contexte de manifestation deviennent dangereux pour nos
policiers, pour le public et pour les autres manifestants qui manifestent de
façon pacifique.
Au niveau de comment l'application va se
passer sur le terrain, je vais passer la parole à mon collègue inspecteur-chef
Richard.
• (11 heures) •
M. Richard (Pascal) : Bonjour,
tout le monde. Il faut savoir, lorsqu'il y a une manifestation au niveau de la
ville de Montréal, ce n'est pas qu'à la légère. Donc, il y a un service d'ordre
en bonne et due forme qui est monté avec nos équipes. Donc, on travaille en
planification. On tente même de rejoindre les responsables de l'événement.
Donc, il y a toute une mécanique qui est mise en place pour se préparer et
planifier l'événement.
Par la suite, quand il y a la
manifestation, bien, il y a toute l'opérationnalisation de cette
manifestation-là, qui passe par un commandement. Il y a un commandement, autant
sur le terrain, donc, qui peut être juste la manifestation de petite envergure.
Il y a quand même une équipe de commandement qui sont là avec des officiers.
Manifestation plus d'envergure, le centre de commandement va ouvrir, à ce
moment-là, où est-ce qu'il y a vraiment une coordination qui est faite à partir
de ce centre-là.
Par la suite, il y a des règles
d'engagement qui sont données à chacun des officiers pour encadrer l'événement,
et ces règles d'engagement là descendent en cascade et percolent jusqu'aux
policiers sur le terrain.
Donc, oui, le policier, légalement, il
peut-tu intervenir? Oui, mais, quand on est dans le cadre d'un encadrement
d'une manifestation qu'on veut faire, il y a une structure qui est là, c'est
très militarisé. On ne veut justement pas qu'il y ait d'actions isolées, qu'il
y ait des choses qui vont créer un événement. Donc, c'est très coordonné. Ça
fait que, oui, on va le faire. Puis on ne veut surtout pas se mettre à utiliser
ce règlement-là pour partir d'une
partie de pêche. Donc, qu'est-ce qu'on veut
vraiment, c'est intervenir sur les personnes qui pourraient être des casseurs,
donc, qui pourraient avoir des objets qui ne sont pas illégals, comme mon
directeur adjoint l'a mentionné... d'avoir des boules de billard en sa
possession, ce n'est pas illégal, d'avoir...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Richard (Pascal) : ...des
roches en sa possession, ce n'est pas illégal, mais le fait de les utiliser par
la suite, ça peut devenir un enjeu de sécurité. Donc, on va pouvoir... on va
pouvoir travailler en amont sur ces individus-là, avec des faits observables,
avec des motifs raisonnables de croire, donc, comme je vous dis, ce n'est pas
une
partie de pêche, puis là on va pouvoir intervenir pour aller saisir ces
objets-là puis pouvoir permettre au droit de manifester par la suite. Parce
qu'il faut savoir qu'en ce moment on doit laisser l'infraction se commettre, et,
quand on intervient, bien, souvent, on tombe à ce moment-là en dispersion, et
la manifestation doit s'arrêter. Le but, c'est de permettre à la manifestation
de continuer et d'intervenir en amont vraiment de façon ciblée et non pas de
façon... On ne fait plus d'arrestations multiples, on ne veut pas ça.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. J'ai ma collègue qui aurait une question, collègue de Lotbinière.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Bonjour. Bonjour.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Bonjour. Donc, moi, j'aimerais savoir : Comment percevez-vous l'application
de la disposition qui permettrait aux policiers de partager les renseignements
des auteurs présumés de violence conjugale à un organisme désigné?
M. Bertrand (David) : On est
en accord avec cette perception-là puis cette orientation de la loi. Encore une
fois, on veut une prise en charge, on veut amener de l'aide à ces... à ces gens-là.
Donc, oui, on est... on accueille favorablement, là, si on veut, cette
disposition-là de la loi.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
OK. Puis est-ce que vous pouvez nous expliquer comment ça se passe,
par exemple, lors d'une intervention en violence conjugale?
M. Bertrand (David) : Oui.
Vous voulez dire en général?
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Bien, tu sais, quand... quand vous... vous recevez un appel, par exemple,
vous... vous rentrez sur les lieux, là, dans une maison, pour un appel, par
exemple, d'une victime, comment ça se passe? Puis, tu sais, dans le cadre de
votre travail, est-ce que c'est commun de référer les victimes de violence
conjugale à un organisme qui pourrait l'aider?
M. Bertrand (David) : Parfait.
Bien, tout d'abord, je vais... pour le début de... de l'intervention, si on
veut, on s'entend, il y a un véhicule patrouille qui est... qui est appelé sur
l'appel, donc il y a quelqu'un, un plaignant, un témoin, une victime qui a
téléphoné au service policier. Donc, les deux patrouilleurs... habituellement,
c'est un appel qui est réparti à deux patrouilleurs, un duo de patrouilleurs,
lorsque possible, bien entendu, c'est souvent la patrouille la plus proche qui
va intervenir. Lorsqu'on arrive sur les lieux, habituellement on prend les
versions des personnes impliquées, donc on sépare les personnes et on prend chaque...
chacun la version pour savoir qu'est-ce qui s'est passé. On essaie de poser des
questions pour corroborer les versions, pour être sûr non plus de ne pas... de
ne pas se faire donner une version qui est fausse. Donc, nos patrouilleurs sont
très, très sensibles à cet aspect-là, surtout au niveau de la victime, on veut
s'assurer qu'elle sent une belle prise en charge des policiers. Même chose du
côté du suspect. Dans le fond, c'est... c'est d'acquérir les motifs d'arrestation
si jamais il y a une infraction criminelle qui est commise pour pouvoir
procéder à l'arrestation de la personne qui a commis l'infraction criminelle.
Donc, les personnes sont, encore une fois, séparées. On prend chacun une
version. À partir du moment qu'un des policiers a terminé de prendre la prise
de version puis qu'on a fait l'acquisition de motifs raisonnables de procéder à
l'arrestation, bien, à ce moment-là, on procède à l'arrestation de l'individu.
On peut faire venir un autre véhicule, dépendamment des... de la disponibilité
des véhicules, pour terminer l'intervention avec la victime. Et effectivement
on va tenter de la référer à une ressource par la suite pour qu'elle soit prise
en charge puis que le suivi soit fait. Ça peut être avec le service de police,
on va lui donner l'ensemble des informations en prévention puis en suivi. On a
des organismes communautaires aussi et des organismes financés par le
gouvernement qui vont être en mesure de prendre charge de la personne pour l'accompagner
dans le processus judiciaire.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Est-ce que, d'après vous, bien, le SPVM fait des références systématiques
des victimes?
M. Bertrand (David) : On
tente de faire des références systématiques. Je vous dis, ce n'est pas tout le
temps le bon moment. On propose à la victime d'effectivement faire une
référence. Des fois, c'est de revenir par la suite, des fois la victime n'est
pas prête sur le moment à faire ce type de référence là puis elle ne donne pas
son accord. Par la suite, on fait un suivi pour s'assurer qu'elle a les bonnes
informations puis qu'il y ait un bon référencement.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Puis vous, est-ce que... tu sais, selon vous, ça serait une bonne chose, de
faire du référencement sans son accord?
M. Bertrand (David) : Est-ce
que... Écoutez, ça serait une bonne chose. On s'assurerait de peut-être faire
un premier contact avec un organisme communautaire ou un organisme de suivi, de
prise en charge pour... Encore une fois, on est en relation d'aide, bien
entendu, hein, on est en accompagnement. On n'est pas contre l'idée,
effectivement, de donner les informations de la victime sans son accord. Par
contre, on... il faudrait évaluer les modalités de cette... de ce partage d'informations,
que je n'ai pas présentement. Mais on n'est pas contre l'idée, on n'est pas
fermés du tout à l'idée. L'objectif principal, c'est que la personne soit prise
en charge, qu'elle ait un accompagnement suite à l'intervention. Parce que, sur
le moment de l'intervention, effectivement, les policiers sont là, on s'assure
que l'accompagnement est fait, mais c'est...
M. Bertrand (David) : ...c'est
par la suite, c'est dans les journées suivantes, s'assurer qu'elle soit bien
accompagnée, bien conseillée aussi. Donc, on n'est pas fermés à l'idée.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
député de Portneuf. C'est à vous.
M. Caron : Oui, combien
reste-t-il de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Ah,
beaucoup de temps, huit minutes.
M. Caron : Ah! Bon, c'est
parfait. Bonjour. Vous semblez préconiser un peu plus de... Bien, vous suggérez
un peu plus de rigueur, notamment dans les événements festifs. Pour ce qui est
des contrôles, des... en tout cas, je ne sais pas comment ça pourrait être mis
en place, mais d'aller vérifier ce que les gens ont dans leur sac,
possiblement, notamment en ce qui a trait aux objets pyrotechniques. Je
comprends votre volonté, puis je ne suis pas du tout dans le jugement, je veux
juste vous entendre. Je comprends votre volonté de protéger, mais au final, est
ce que vous mesurez... Parce qu'on parlait, tout à l'heure, de manifestations
et là on sait que, souvent, elles sont investies par des casseurs, des choses
comme ça. En revanche, et je ne dis pas que ce n'est jamais le cas, mais les
événements festifs, eux, bien, comme... comme le nom l'indique, sont plus à
caractère joyeux, etc. Donc, est-ce que le fait de... est-ce que le jeu en vaut
la chandelle, finalement? Est-ce qu'on ne risque pas, en allant de l'avant avec
une mesure telle que celle que vous proposez, est ce qu'on ne risque pas de.l..
Vous le savez, l'hiver est long, hein, on a des journées très froides, etc.
Donc l'été, les gens ont envie de s'exprimer dans nos parcs, etc., puis de
vivre leur joie, vivre le bon temps. Est-ce qu'on ne risque pas de devenir des
étés noirs, de bons moments dans notre société? Puis encore une fois, là, je
comprends l'objet et le sens de votre démarche, mais je... Quand on pèse le
pour et le contre, est ce que ça ne risque pas d'être pire? Et puis, que la
population risque de dire, tout simplement : Bien, ils veulent nous
interdire toute manifestation de joie et de plaisir.
M. Bertrand (David) : Oui, je
comprends bien la question, M. le Président. Au niveau du premier volet, c'est
important de dire qu'on y va avec des motifs raisonnables de croire. Donc,
c'est une notion, avec laquelle on travaille régulièrement, qui va prendre des
observations. Donc, on ne va pas nécessairement vérifier un sac, on va vraiment
cibler quelqu'un sur lequel on a des motifs de croire qu'il y a des éléments
dangereux dans son sac à l'aide d'observations concrètes pour aller vérifier ce
sac-là.
Au niveau des pièces pyrotechniques, puis des événements festifs, ce
qu'on voit, par contre, c'est qu'il y a une dangerosité qui vient avec
l'utilisation de pièces pyrotechniques. On parle de feux d'artifice, on parle
de feux d'artifice qu'on achète dans les magasins, mais on parle de feux
d'artifice artisanals aussi. Les gens, ils peuvent se blesser, je comprends que
c'est un événement festif, par contre, à partir du moment que c'est dangereux
pour les citoyens, on est en milieu urbain, il y a des tours de résidences, de
plus en plus, les gens habitent au centre-ville. À Montréal, les tours de
résidences sont là, les manifestations... bien, pas les manifestations, les
événements sportifs ont lieu, il y a une dangerosité pour les citoyens autour,
il y a une dangerosité pour les participants aussi. Donc, si on veut que
l'événement... festif continue à avoir lieu, on fait une intervention ciblée,
on enlève les pièces pyrotechniques, puis l'événement sportif ou festif peut
continuer à avoir lieu. Donc, c'est... au contraire, on ne veut pas empêcher
cet élément-là, c'est une ville festive, on a des équipes sportives, les gens
veulent, effectivement, démontrer leur enthousiasme puis leur joie d'une
victoire d'une équipe. Donc, non, on ne veut pas arrêter ça, au contraire, on
veut sécuriser les gens qui vont participer à ces événements sportifs là,
sécuriser les résidents autour et les populations qui sont près des événements
sportifs. Ça fait qu'on parle d'intervention ciblée avec des motifs
raisonnables, justement pour que la sécurité des participants soit assurée à ce
niveau-là.
• (11 h 10) •
M. Caron : Puis, globalement,
ce qui est ciblé, donc, c'est vraiment plus la pyrotechnie. Est ce qu'il y a
d'autres objets qui... vite comme ça, vous apparaissent comme... Dès lors que
ça provoque une étincelle et de...
M. Bertrand (David) : Exactement.
M. Richard (Pascal) : Tout à
fait, puis on l'a vu en Suisse, d'ailleurs, dans le bar, qui était comme plus
un feu de Bengale, ça fait que le service d'incendie de Montréal, vous avez vu
dans les médias, probablement, suite au dernier événement qu'il y a eu
l'automne passé sur le long du canal Lachine, suite à une victoire sportive, il
y a eu énormément de pièces pyrotechniques qui ont été allumées. Il y a des
enjeux réels pour la sécurité des Montréalais, des gens. Donc, c'est là-dessus
qu'on veut vraiment intervenir, là, en amont, pour... pour éviter. Ça fait
qu'on cible, un peu, les séries de hockey, pour faire un gag, le Canadien a
battu les Nordiques cette semaine, assurément qu'il va y avoir des séries de la
Coupe Stanley à Montréal cette année. Non, mais, la dernière fois que le
Canadien a fait les séries, heille, les gens ont festoyé devant le Centre Bell,
il y a eu utilisation de plusieurs pièces pyrotechniques, puis y a eu des
enjeux de sécurité pour les citoyens. Ça fait que c'est vraiment ça qu'on
cible. On ne veut pas empêcher les gens de venir dans les parcs, de... Mais ça
prend des autorisations légales, là, pour utiliser des pièces pyrotechniques
dans des événements et le service d'incendie est là pour... pour contrôler tout
ça. Nous, ce qu'on veut vraiment, c'est cibler plus lors des... lors des...
M. Richard (Pierre) : ...événements
après des victoires sportives, ou que ce soit, même, des fois, la fête
nationale, des choses comme ça, où ce qu'il y a un danger réel et où ce que là
on utilise des engins qui sont vraiment dangereux pour la population.
M. Caron : Puis, je
comprends que c'est terminé, le temps?
Le Président (M. Schneeberger) :
Bien, il y a du temps, mais je pense M. le ministre avait d'autres questions.
M. Caron : Bien sûr.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Merci
beaucoup. Merci d'avoir rappelé les séries de hockey qui m'ont déclenché un
syndrome post-traumatique chez moi. Merci beaucoup. Bien que ce soit le fun, le
hockey, on sait ce que ça veut dire comme pression sur le service de police
aussi. Moi, je veux revenir sur les patchs si vous permettez, parce que je veux
savoir avec des groupes comme Éclipse, est-ce que ce qu'on vous donne comme
outil le fait de pouvoir remettre un constat sur place à la personne qui porte
une inscription criminelle, 1 000 $ pour une première fois, en vertu
du code de procédure pénale, on peut saisir par la suite si la personne refuse
d'obtempérer ou même bien comme la Sûreté du Québec disait tantôt, jusqu'à le
détenir... Est-ce que c'est un outil qui va permettre... Parce que, ma collègue
et moi, on a rencontré, comme je disais plus tôt, des tenanciers, des gens qui
ont des commerces, ils vivent beaucoup d'intimidation, est-ce que c'est un
outil, d'après vous, qui va aider le fait de diminuer la présence avec ces
patchs-là? Et, même, en passant, les gens qui nous écoutent, même de vendre ou
d'exhiber ces patchs-là, ça fait que le fameux camion Support 81
n'existerait plus, il serait saisi... comment vous voyez ça pour des groupes comme
Éclipse? Est-ce que c'est un outil qui va vous aider?
M. Harrisson-Gaudreau
(François) : Bien, définitivement, M. le Président, c'est quelque
chose qu'on accueille avec beaucoup d'entrain. Je vous explique. C'est... Il
faut comprendre que le fait de s'afficher avec des symboles, c'est lourd. Ça
l'a un poids. Notamment, on se rappelle de la guerre des motards pour les plus
vieux d'entre nous. Les commerçants, on parle du groupe Éclipse notamment,
bien, les commerçants appellent des unités de type Éclipse ou leur poste de
quartier, quand des individus se présentent avec ce qu'on appelle des couleurs,
les symboles d'organisations criminelles, parce que ça fait craindre aux gens.
C'est une discussion qui a toujours eu lieu avec les groupes criminels de dire :
La raison de la présence policière dans certains établissements est directement
liée au fait qu'ils affichent des couleurs et que ça insécurise les citoyens.
Ça fait que le fait d'avoir un outil, oui, ça amène la conséquence puis la
clarté, la cohérence dans le discours que, comme société, on n'accepte pas ça à
juste titre. Les commerçants, les citoyens nous appellent quand ils le voient
parce que ça les inquiète.
Ça fait que oui, il y a un effet de mesure
de dissuasion immédiate, la remise du constat d'infraction, ça fait que c'est
sûr que ça va être un outil, effectivement. D'ailleurs, juste la présence
policière combinée à ça, on croit que ça va contribuer à diminuer le fait qu'on
les voit dans l'espace public puis que ça insécurise les citoyens, puis qu'également,
c'est des symboles de glorification. On en a parlé tantôt, nos collègues aussi
de la Sûreté du Québec, c'est des modèles. Est-ce qu'on ne veut pas enlever ces
modèles-là pour nos jeunes qui, présentement, sont en quête d'identité et qui
voient là-dedans un symbole de pouvoir?
Le Président (M. Schneeberger) :
50 secondes.
M. Lafrenière : Maintenant,
merci. Merci pour la réponse. Et quant à l'application, tout ça, là on parlait
d'Éclipse, peu importe le patrouilleur, qui voit face à lui un membre qui porte
des couleurs. De quelle façon vous voyez ça? Donc, avec un rapport
d'infraction, avec un constat? Il ne reste pas beaucoup de secondes, je suis
désolé, là.
M. Harrisson-Gaudreau
(François) : Bien, c'est sûr que le constat d'infraction est
généralement le véhicule le plus approprié, parce qu'il y a une remise
immédiate, l'observation du policier ou autre preuve qu'il documentera va être
suffisante pour l'appui. Auquel cas on verra selon la loi qui sera adoptée que
le poursuivant, c'est-à-dire les procureurs de la Cour municipale de
Montréal... c'est quoi les éléments de preuve qui vont être requis. C'est sûr
qu'on vise... une approche progressive, d'y aller par paliers. Donc, il y a
l'avis verbal, s'il y a récidive, après ça, qu'est-ce qui en est de la saisie
ou non, comme il a été soulevé ici, et ultimement, mais c'est un dernier
recours d'en venant à des arrestations, il faut en être conscients au niveau du
code de procédure pénale, mais juste l'effet du constat, la documentation, ça,
c'est des outils qui vont venir appuyer le travail policier qui se fait déjà au
sein de notre territoire.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup.
Nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle avec la députée de Westmount—Saint-Louis pour
12 min 5 s.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup. Merci beaucoup, messieurs, pour votre témoignage et le mémoire.
Je veux continuer sur le même alignement
du ministre. Je suis contente de la réponse. Je fais une mise en scène :
c'est l'été, il fait chaud, on ne porte pas de veste, mais on a des «tattoos».
On fait quoi?
M. Harrisson-Gaudreau
(François) : C'est une bonne question. On va voir au niveau un la loi
qui sera adoptée par l'Assemblée nationale, si tel est le cas. Vous savez, dans
tout dossier, nous, ça vient avec des communications de nos patrouilleurs, mais
aussi un accompagnement juridique. Ça fait qu'on va voir effectivement qu'en
est-il de ces situations-là, d'afficher des symboles. On s'entend qu'on ne
saisira pas un «tattoo», là. Je comprends le sens de votre question, mais,
ultimement, on verra après avec le poursuivant : Que faisons-nous de ça?
Mais c'est des questions qui devront être débattues, puis en date
d'aujourd'hui, on n'a pas les opinions juridiques ou la jurisprudence.
Mme Maccarone : Est-ce
que c'est possible de leur demander de couvrir pour cacher les tattoos? Est-ce
que ça, c'est une possibilité?
M. Harrisson-Gaudreau
(François) : On verra selon les lois, telles qu'elles seront
adaptées... adoptées, puis la jurisprudence en la matière.
Mme Maccarone : Puis en
parlant de...
Mme Maccarone : ...vous avez
déjà entendu les questions dans le dernier groupe qui a présenté avec la SQ. Le
registre des entreprises, les noms des commerçants est public. Est-ce que nous
devons avoir un registre privé pour protéger les données de ces personnes qui
sont victimes d'extorsion?
M. Bertrand (David) : ...M.
le Président, on serait favorables à ce genre de... de proposition.
Mme Maccarone : OK. Vous avez
parlé de... de manifestation, puis évidemment je comprends que ce pouvoir, des
fois, il est intéressant. Je comprends, je suis favorable à ceci, mais je
souhaite savoir si vous avez fait une analyse juridique avec la différence
entre le 636 qui est maintenant devant le tribunal. Quelle est la différence
entre le 636, qui est l'interpellation policière, et ce nouveau pouvoir? Le
but, c'est de vous donner le pouvoir d'agir puis sans vous menottez, ça fait
que comment voyez-vous cette différence?
M. Harrisson-Gaudreau
(François) : Bien, en fait, je députer pour la portion 636, là,
juste pour amener un peu les limites de l'analogie puis, au besoin, je
laisserai mon collègue l'inspecteur-chef Richard compléter. Pour ce qui est du
636, il faut comprendre que c'était le fait pour le policier de pouvoir aller
vérifier les documents de la personne, ce qui ouvrait la porte à certaines
situations. Encore, dans ce dossier là, on verra ce que la Cour suprême va
venir nous éclairer, notamment dans la cause de Luamba.
Dans le cadre des manifestations, ce qui
est amené dans le projet de loi n° 13, on parle de motifs raisonnables de
croire que, ce qui n'était pas le cas dans le code de sécurité routière à
l'article 636, c'était un pouvoir dans lequel les gens amènent la
possibilité qu'il y ait ce qu'on appelle la commission de gestes obliques. Dans
ce cas-ci, c'est circonscrit en manifestation, en pouvoir qui... de fouille
pour les motifs raisonnables de croire que la personne est en possession
d'objets pouvant être dangereux.
Mme Maccarone : C'est bien.
Merci. Vous parlez aussi d'élargir le pouvoir aux festivals, parce
qu'évidemment quand on parle des... des piqûres puis qui arrivent maintenant de
plus en plus souvent dans nos festivals, GHB, kétamine, des choses comme ça.
Est-ce que ce serait un moyen pour vous d'être plus en contrôle de ce nouveau
phénomène? Là, on parle des... des balles de pool puis des choses comme ça
qu'on peut retrouver peut-être dans un... c'est le capuchon d'un coton ouaté ou
quelque chose comme ça. Mais là, si on l'élargit au festival, est-ce que ça
vous donne plus de poigne pour peut-être mettre fin à ce fléau-ci?
M. Bertrand (David) : C'est
un outil supplémentaire. Je reviens, par contre, aux... aux motifs
raisonnables. On doit quand même observer des choses, observer des mouvements,
observer des... des gestes en lien avec des objets dangereux. Oui, si,
effectivement, on fait l'observation puis on a la notion suffisante de motifs
raisonnables pour intervenir. Oui, ça peut être un élément de prévention à ce
niveau-là.
Mme Maccarone : La ministre
est en train de parler, là, mais c'est avec vous que je souhaite... Une autre
question pour vous, parce que là, je... je comprends qu'il y a des nouvelles
obligations prévues dans la loi, on parle de divulgation, on parle de fouille,
on parle de saisie, partage d'informations, etc. Moi, je souhaite savoir, parce
qu'il faut le dire, le SPVM, c'est différent, puis c'est quand même un
épicentre de la... de la province, vous avez un réalité qui est différent,
peut-être, des autres villes, des autres métropoles. Ça ne va pas augmenter la
pression opérationnelle sur le SPVM, qui est déjà difficile?
• (11 h 20) •
M. Bertrand (David) : M. le
Président, on ne pense pas avoir besoin de ressources supplémentaires pour
appliquer le projet de loi n° 13 tel qu'il est écrit présentement, autant
au niveau des manifestations que des autres... des autres articles. Comme l'a
dit mon collègue, au niveau des manifestations, il y a des services d'ordre qui
sont... Il y a des évaluations du risque de chaque manifestation qui nous
aident à monter un service d'ordre avec les effectifs nécessaires. Donc, le
pouvoir supplémentaire de fouille ou d'intervenir en fonction des motifs
raisonnables ne va pas augmenter nécessairement nos effectifs nécessaires pour
ce genre d'événements festifs ou manifestations.
Mme Maccarone : Pour le
registre. On a un registre maintenant qui sera public. Vous allez recevoir
beaucoup plus d'appels des citoyens. Est-ce que vous êtes équipés pour prendre
en charge ce nouveau lourdeur, d'autres... d'autres travails? Est-ce qu'on a
assez d'effectifs? Comment voyez-vous la mise en œuvre de ce nouveau élément?
M. Bertrand (David) : Bien,
premièrement, on... on est favorables à la création d'un comité multidisciplinaire
qui vont évaluer les... l'information, premièrement, les cas types de
délinquants sexuels à haut risque de récidive et le bien fondé de divulguer le
tout au niveau du public.
Pour nous, on ne voit pas non plus une
augmentation d'effectifs nécessaire. On a des équipes qui sont d'ailleurs
financées par le ministère de la Sécurité publique, présentement, une équipe de
surveillance de délinquants sexuels qui vont... qui vont supporter le... le
transfert d'informations au niveau du comité. Donc, pour nous, c'est... ce
n'est pas un enjeu d'effectifs supplémentaires.
Mme Maccarone : SPVM, est-ce
qu'il devrait siéger au comité...
M. Bertrand (David) : ...on
serait, on serait disponible pour siéger au comité. On serait favorables à
siéger sur le comité sans problème.
Mme Maccarone : Parce que
vous parlez beaucoup du comité dans votre mémoire. Quand on parle d'analyse et
décisions du comité, vous dites que ça devrait... on devrait plutôt prévoir une
obligation du comité de les consulter au lieu que ça se fait quelque chose en
conséquence puis au besoin. Pouvez-vous juste expliquer un peu ce que vous
souhaitez qu'on fasse comme modification?
M. Bertrand (David) : Oui.
Dans le fond, M. le Président, notre... notre souhait, c'est que le comité se
voit l'obligation de consulter la victime avant de publier les informations sur
un délinquant sexuel à haut risque de récidive. Donc, ce serait notre... notre
enlignement, là, vraiment prendre le pouls des victimes en lien avec cet
individu-là.
Mme Maccarone : OK. Vous
parlez aussi, quand on parle du registre, «l'obligation pour le corps de police
de communiquer dès que possible tout fait nouveau susceptible... susceptible de
justifier la mise à jour des renseignements concernant un délinquant sexuel.»
Parce que vous dites que ça se peut qu'on sera, mettons, en conflit légal, à
moins qu'il y a des modifications qui se fassent au niveau fédéral. Ça encore,
il va falloir que vous m'expliquez. Je l'ai lu, mais je ne comprends pas
exactement ce que vous voulez qu'on fasse comme explication.
M. Bertrand (David) : En
fait, c'est effectivement, pour répondre à la première... premier volet de la
question... c'est le fait de communiquer les informations. On veut ne pas que
ça aille à l'encontre de certains... certains règlements fédérals au niveau de
la
Loi sur l'enregistrement des renseignements des délinquants sexuels. C'est
des petites... technicalités, mais on veut s'assurer que ce soit bien couvert
par le projet de loi.
Mme Maccarone : Et, si au
niveau fédéral on n'a pas de changement puis... qu'est-ce... qu'est-ce qui
arrive avec le projet de loi lors de l'adoption ici?
M. Bertrand (David) : Bien,
je pense qu'on peut changer certains termes au niveau de «toute nouvelle
intervention ou tout nouvel événement... élément significatif pour le
délinquant sexuel à haut risque de récidive». Dans le fond, c'est... ce n'est
pas nécessairement un nouveau fait ou une nouvelle intervention qui va être
peut-être plus difficile pour les services de police à compiler le tout. Donc,
«tout fait nouveau», c'est... c'est... au niveau de l'application, ça va être
un petit peu plus compliqué. Ça fait que c'est ce qu'on voulait dire dans notre
mémoire à ce niveau-là.
Mme Maccarone : Vous parlez
aussi de l'immunité actuelle prévue, qui s'applique uniquement à la SQ et au
comité, puis vous aimerez vous aussi être protégés par cette immunité.
Expliquez-nous la réalité pour vous, si ce n'est pas le cas, puis on ne modifie
pas cet élément, l'article 23, dans le projet de loi.
M. Bertrand (David) : Oui,
tout à fait. Dans le sens que c'est le Service de police municipal dont le SPVM
va être une courroie de transmission pour l'information qu'on reçoit du Service
correctionnel, qu'on va transmettre par la suite au comité. Mais, si les gens
du comité ou qui représentent le comité ou les services de police qui siègent
dans le comité ont l'immunité, on pense qu'il serait profitable que l'ensemble
des services de police qui transmettent l'information de bonne foi selon les
règles en vigueur bénéficient également de l'immunité.
Mme Maccarone : Qu'on aurait
des policiers qui vont être exposés peut-être à des recours judiciaires si ce
n'est pas le cas?
M. Bertrand (David) : Exactement.
Dans la transmission d'informations.
Mme Maccarone : OK. Quand on
parle encore du registre, vous avez entendu les échanges précédents, vous, vous
êtes d'avis évidemment que nous devons avoir aussi la violence conjugale qui
fait
partie de ce registre?
M. Bertrand (David) : Bien,
nous, on voit ça de deux façons. On voit ça séparément. Là, on a le registre
des délinquants sexuels à haut risque de récidive. Dans l'optique où on
mettrait les personnes accusées... de violence conjugale, je pense qu'il
faudrait déterminer les modalités pour identifier les bonnes personnes qui
devraient sur ce registre-là. On ne s'est pas nécessairement exprimé sur les
modalités, mais on n'est pas fermé à l'idée.
Mme Maccarone : Ça fait que
ça veut dire... J'essaie de comprendre la mise en œuvre du registre. Parce que,
là, est-ce qu'on parle uniquement des gens qui ont déjà purgé leur peine ou
est-ce des gens qui peut-être on a des soupçons? Parce que la violence
conjugale, comme on a entendu, ça peut être masqué, ça peut être difficile à
discerner. Comment voyez-vous la mise en œuvre de ceci?
M. Bertrand (David) : Bien,
premièrement, on parle de gens qui ont déjà purgé leur peine effectivement.
Comme je vous disais, dans le mémoire, on est favorables à la création d'un
comité qui vont évaluer cette partie-là. On ne va pas... On ne se prononce pas
nécessairement sur l'application comme telle, sur les termes de divulgation au
niveau public d'une liste ou d'un registre, mais on est en accord avec la
création d'un comité qui vont se pencher sur les modalités. Versus, au niveau des
violences conjugales, bien, on n'a pas ces critères puis ces modalités-là, de
choix des accusés, si je peux me permettre.
Mme Maccarone : Et, s'il y a
une personne qui a purgé seulement deux tiers de sa peine, il ne pourra pas
être dans le registre?
M. Bertrand (David) : Effectivement,
parce qu'il y a un contrôle. Comme société, on a un contrôle sur cette
personne-là qui va nous permettre...
M. Bertrand (David) : ...de
contrôler ses lieux de résidence. D'avoir certains critères, d'avoir un contact
avec lui versus quelqu'un qui a purgé la totalité de sa peine et sur laquelle
il y a moins de conditions à respecter.
Mme Maccarone : Si le but,
c'est le sentiment de sécurité, j'avoue que je ne me sens pas en sécurité en
entendant ça comme réponse, parce que ça reste qu'il y a quelqu'un qui a été
trouvé coupable, mais on est rendus seulement avec le deux tiers. Je ne sais
pas s'il n'y a pas quelque chose que nous devons faire en ce qui concerne ceci,
parce que vraiment, le
titre du projet de loi, c'est le sentiment de sécurité
puis pas nécessairement toutes les affaires qui sont. Ça, c'est un élément, il
me semble, concret que nous pouvons mettre à l'oeuvre, non?
M. Bertrand (David) :
Effectivement, on a des outils qu'on peut utiliser pour quelqu'un qui purge les
deux tiers de sa peine. Effectivement.
Mme Maccarone : Merci. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Nous poursuivons avec la députée de Sherbrooke pour quatre
minutes huit.
Mme Labrie : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. J'étais contente de vous entendre clarifier la
question de manifestations ou rassemblement parce qu'à la lecture du projet de
loi, je trouvais aussi que la définition de manifestation pouvait toucher, par
exemple, des rassemblements. C'est pour ça que je comprends que c'est vraiment
ça, l'objectif pour vous, de toucher ces types de rassemblement là.
Est-ce que vous pouvez élaborer un peu
plus sur les motifs raisonnables? Parce que c'est certain qu'il y a des gens
qui vont craindre du profilage, là? Est-ce que le simple fait d'avoir un sac à
dos dans ce type de situation là est un motif raisonnable? Est-ce que c'est le
fait qu'une personne soit fichée déjà dans vos services pour avoir causé du
trouble dans un événement précédent par exemple? C'est quoi, les motifs
raisonnables?
M. Bertrand
(Dominic) : Oui. Tout à fait, M. le Président. C'est des
faits... c'est des faits observables, c'est des observations qu'on fait sur le
terrain. Donc, on... on fait l'acquisition de motifs raisonnables. Quelqu'un
qui arrive dans... avec un gros sac à dos, un manteau chaud, puis on est l'été,
il fait 30 degrés. Un contexte particulier de déplacement autour d'un
événement festif. Donc, c'est des... vraiment, c'est des faits observables.
C'est une notion avec laquelle on travaille régulièrement pour l'ensemble des
infractions