Culture and Education — 25 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2021-05-25
Quebec — Committees
(Neuf heures trente-neuf minutes)
Le Président (M. Bussière) :
Donc, nous allons débuter et nous pourrons faire... nous pourrons suspendre
tantôt quand votre collègue arrivera.
Donc, ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte.
La commission
est réunie virtuellement afin de procéder aux consultations particulières et
aux auditions publiques sur le projet de loi n° 93, Loi visant à
reconnaître le Collège militaire Royal de Saint-Jean comme établissement
d'enseignement de niveau universitaire.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Guillemette
(Roberval) est remplacée par M. Bussière (Gatineau).
Président (M. Bussière) :
Ce matin, nous débuterons par les remarques préliminaires, puis nous entendrons
les représentants du Collège militaire royal
de Saint-Jean, suivis des représentants du cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu.
J'invite maintenant
Mme la ministre de l'Enseignement
supérieur à faire ses remarques préliminaires. Mme la ministre, vous
disposez de six minutes.
Mme McCann :
Bien, merci, M. le Président. Alors, j'aimerais d'abord vous saluer et saluer
aussi les collègues parlementaires présents aujourd'hui, les membres de la
Commission de la culture et de l'éducation, donc le député de Richelieu, la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré, le député de Saint-Jean, la
députée de Marguerite-Bourgeoys. Je
voudrais également saluer les représentants et les représentantes qui ont
partagé leurs commentaires et leurs recommandations, c'est-à-dire les
représentants du Collège militaire royal de Saint-Jean et du cégep de
Saint-Jean-sur-Richelieu.
J'ai également
des membres de mon équipe qui m'accompagnent, le directeur général des affaires
universitaires, étudiantes
et interordres, M. Marc-André Thivierge,
Mme Isabelle Desrochers-Galipeau, conseillère politique,
Mme Nancy Aubin, juriste,
M. Sébastien Lacroix, professionnel au Service des affaires
académiques, et les professionnels, les avocates qui ont travaillé au
dossier.
Alors, M. le Président, on est ici aujourd'hui
pour lancer les consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 93
visant à reconnaître le Collège militaire royal de Saint-Jean comme
établissement d'enseignement de niveau universitaire.
Alors, je fais un rappel des faits historiques.
En 1985, le collège a ouvert ses portes et avait été reconnu en tant qu'établissement d'enseignement de niveau
universitaire dès l'adoption de la
Loi sur les établissements d'enseignement
de niveau universitaire en 1989. Le collège
a malheureusement fermé ses portes en 1995. En 2002, il a perdu officiellement
son statut d'établissement d'enseignement de niveau universitaire. Des
activités ont toutefois repris en 2008, en collaboration avec le cégep de
Saint-Jean-sur-Richelieu. En 2019, mon collègue le ministre de l'Éducation et
de l'Enseignement supérieur, à l'époque, a permis que le programme de bac en études
internationales soit donné.
Et maintenant nous allons officiellement
redonner le statut d'établissement d'enseignement supérieur au collège grâce à
ce projet de loi. Ça va évidemment clarifier le statut particulier du collège
au sein du paysage universitaire québécois. Ce projet de loi va aussi faciliter
le développement du collège, par exemple, l'augmentation du nombre de diplômés
universitaires au Québec, davantage de diplomation de militaires en français,
va occasionner également la formation d'officiers francophones au sein des
Forces armées canadiennes.
D'autres avantages : l'établissement de
véritables partenariats universitaires en recherche et la participation à des associations universitaires, l'optimisation
des investissements en ressources professorales à travers le développement de nouveaux programmes et
l'amélioration de la planification à long terme. De plus, il y aura un
positionnement sur un pied d'égalité par rapport au Collège militaire royal du
Canada, à Kingston, en Ontario, et la possibilité de fournir aux étudiants la
preuve d'études requise pour toucher leur régime enregistré d'épargne-études.
Aujourd'hui, je vais être à l'écoute des différents points de vue que vous
partagerez avec nous et qui apporteront sans aucun doute un précieux éclairage pour les suites de ce projet de loi. Les groupes consultés, comme on l'a mentionné, sont le Collège
militaire royal de Saint-Jean et le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu. La
consultation d'aujourd'hui va être sûrement riche en idées, et je suis
convaincue qu'elle va nous permettre ensemble de faire de ce projet de loi une réussite qui profitera non seulement à tous
les étudiants du Collège militaire royal de Saint-Jean, mais aussi à tout
le réseau universitaire québécois. Merci, M. le Président.
Président (M. Bussière) : Merci, Mme la ministre. Et j'invite
maintenant la porte-parole de l'opposition officielle
et députée de Marguerite-Bourgeoys à faire ses remarques préliminaires pour une
durée maximale de quatre minutes. À vous la parole, Mme David.
Mme David :
Merci beaucoup, M. le Président. Quatre minutes pour, imaginez-vous donc, dans
ma longue vie, au moins 60 ans, je dirais, de liens avec le Collège
militaire royal de Saint-Jean. Vous ne comprendrez pas pourquoi, je vais
vous dire rapidement.
J'avais une nounou, à
l'époque, dont je suis encore très près, qui a 92 ans maintenant, dont le
mari était professeur au Collège militaire royal de Saint-Jean, collège qui a
ouvert en 1952, faut-il le répéter. Et donc, pendant toute ma vie, depuis ma naissance, j'entendais parler et je voyais cet
homme qui enseignait la physique au département, donc, des sciences du
Collège militaire royal de Saint-Jean. Alors, il a pris sa retraite et, bon, il
m'a toujours parlé en grand, grand bien de votre collège.
Après ça, j'ai eu un
frère qui a enseigné jusqu'à la fermeture, 1995, donc, mon frère qui est parti
à l'UQAM parce que vous fermiez, et donc il est parti en créant une Chaire
Raoul-Dandurand à l'UQAM, qui aurait peut-être pu se passer au Collège
militaire royal de Saint-Jean puis, je pense, qui a une certaine notoriété
évidente. Et puis après ça est arrivé, il y a deux ans, quelqu'un aussi de très
lié dans ma famille, et qui enseigne au Collège militaire royal de Saint-Jean,
et qui, quelque part, continue ce que mon frère avait commencé en études
internationales.
Donc, le collège
militaire, sans... par hasard, est très, très près, donc, de mes
préoccupations. Et, quand j'étais ministre
de l'Enseignement supérieur, je suis
allée aussi au collège... au cégep de Saint-Jean, où on m'a beaucoup, beaucoup
parlé en espérant très, très fort que ce
projet de réinscription dans la liste des établissements universitaires
fonctionne. Donc, de toute évidence,
ça a fonctionné. Ils étaient déjà très, très, très motivés en 2017. Alors,
voilà, on salue quelque chose qui va
faire du bien à l'enseignement français pour, évidemment, les officiers. Ça a
toujours été de l'enseignement bilingue,
mais ça veut dire que ça inclut le français. Alors, on ne peut que saluer cette
réinscription, qu'on espère pérenne, et que, donc, la ministre va
pouvoir officialiser cette nouvelle institution d'enseignement universitaire
dans la courte liste, je dirais, d'une vingtaine d'établissements qui peuvent
donner des baccalauréats de grades au Québec. J'aurai quelques questions, mais
c'est avec enthousiasme, donc, que j'accueille cette proposition.
Le Président
(M. Bussière) : Merci beaucoup, Mme David, pour ces
remarques préliminaires.
Nous allons
maintenant débuter les auditions. Donc, nous allons suspendre pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h
Le Président
(M. Bussière) : Je souhaite donc la bienvenue aux représentants
du Collège militaire royal de Saint-Jean. Je
vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après
quoi nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission.
Je vous invite donc à vous présenter puis à commencer votre exposé.
M. Pilon (Nicolas) : Bonjour, M.
le Président. Bonjour à tous les
membres de la commission. Je suis le brigadier général Nicolas Pilon, le commandant du Collège militaire royal de
Saint-Jean. C'est un honneur pour moi de représenter aujourd'hui le
Collège militaire royal de Saint-Jean en cette Commission de la culture et de
l'éducation. Merci de m'accorder le privilège de m'adresser à vous.
Tout d'abord, je
tiens à souligner que le Collège militaire royal de Saint-Jean se réjouit du
dépôt du projet de loi n° 93 visant à le reconnaître comme établissement
d'enseignement de niveau universitaire. Les articles du projet de loi déposés
par la ministre de l'Enseignement supérieur, Mme Danielle McCann,
permettront au Collège militaire de remplir
sa mission et d'atteindre un des objectifs de la politique de la défense de
2017, et je cite : «Rétablir le statut du Collège militaire royal de
Saint-Jean en tant qu'établissement ayant les pleins pouvoirs d'attribution des
grades afin de bien préparer les leaders des Forces armées canadiennes
de la prochaine génération.»
Fort
d'un statut universitaire, le CMR Saint-Jean ou le Collège militaire royal
de Saint-Jean fera des avancées stratégiques majeures au plus grand
bénéfice du personnel des Forces armées canadiennes. Cela se traduira par des
réalisations concrètes, dont cinq que j'aimerais souligner.
Pour
commencer, nous pourrions optimiser les ressources. Nous avons fait un bon bout
de chemin, mais il nous en reste encore à faire. Nous avons un grand
campus que nous voulons utiliser à son plein potentiel pour assurer des
dépenses judicieuses.
Deuxièmement, nous voulons favoriser l'élaboration de programmes d'études multidisciplinaires, ce qui permettra
de répondre aux besoins futurs, aux besoins opérationnels des Forces armées
canadiennes.
Troisièmement, nous
pourrons recruter davantage au Québec et dans la francophonie canadienne, ce
qui est notre plus grand bassin d'étudiants ici, au Collège militaire. Les
francophones auront ainsi des possibilités équitables d'étudier dans leur
milieu culturel et dans leur langue maternelle.
Et puis
dernièrement, c'est le bilinguisme au sein du corps des officiers canadiens qui
sera, par ailleurs, favorisé. Voilà, en somme, une avancée majeure, puisque
nous offrirons aux recrues du Québec, qui représentent 65 % de
notre clientèle, un parcours de cinq ans au
Collège militaire royal de Saint-Jean au lieu de deux ans d'études collégiales
que nous offrons depuis 2008. Le
développement du plein potentiel du collège apportera aussi des retombées
économiques importantes et accrues dans la région de Saint-Jean.
Les Forces armées canadiennes ont besoin que les
futurs officières et officiers soient très bien formés. Ces leaders doivent posséder un esprit critique
aiguisé, une grande capacité d'analyse, une excellente compréhension du monde changeant,
tout en pouvant faire preuve de créativité pour résoudre les problèmes les plus
complexes.
Donc, en ce 25 mai 2021, notre institution
est donc tournée vers l'avenir : devenir une université militaire bilingue
et innovante reconnue pour l'excellence des leaders qu'elle forme au service du
pays. L'accomplissement de notre mission,
l'éducation supérieure des officières et officiers de demain deviendra vraiment
possible grâce à l'obtention d'un statut universitaire.
Je vais maintenant céder la parole au directeur
des études, M. James Groen.
M. Groen (James) : Merci. C'est
un honneur d'être avec vous ce matin.
Le statut universitaire revêt une grande
importance pour le Collège militaire royal de Saint-Jean, puisque l'éducation supérieure est un prérequis pour
devenir officier. Nous offrons actuellement un baccalauréat multidisciplinaire
en études internationales, avec la
possibilité de participer à des échanges internationaux. Nos élèves officiers
et aspi