Health and Social Services — 29 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CSSS 2013-10-29
Quebec — Committees
Enfin,
l'AQRP est pour les soins à domicile mais sceptique quant au reste du projet.
Je laisse sans plus tarder la parole à M. Normand Bérubé, premier
vice-président.
M. Bérubé
(Normand) : Merci, Mme la présidente. Bonjour à tous les membres de la
commission.
Même si nous appuyons
sans réserve la hausse de financement des soins à domicile, l'AQRP est inquiète
de l'absence de cadre financier précis accompagnant la proposition d'une caisse
d'assurance autonomie. La question du financement
à long terme n'est même pas abordée dans le livre blanc. De plus, il a été
documenté par le Protecteur du citoyen, Mme Saint-Germain, que le
financement des soins à domicile, même lorsqu'il est accordé, est parfois détourné à d'autres fins, soit pour des
compressions budgétaires ou pour éponger des déficits ailleurs, a-t-elle
expliqué dans La Presse .
Aucune indication ne peut nous permettre d'affirmer que ce phénomène a cessé.
Il ne faudrait pas que le projet d'assurance autonomie soit financé au
détriment des autres ressources, comme des coupures de places et des fermetures d'installation de type CHSLD, ou des
coupures de postes d'infirmière dans des CHSLD, ou encore par des coupes
de crédits d'impôt de 600 millions de dollars qui sont consacrés au
maintien à domicile, aux aidants naturels et aux frais médicaux touchant l'invalidité.
De plus, les
propositions du livre blanc pourraient amener de nombreux effets pervers.
Notons le maintien en situation d'attente de milliers de personnes, le risque
que des personnes en situation d'isolement à la maison soient davantage
victimes d'abus et de maltraitance, une possible hausse de la contribution de l'usager
pour l'hébergement et les services à
domicile, une possible ponction dans le trésor public pour le financement à
long terme de la caisse, une possible mise en oeuvre désordonnée dans le
réseau de la santé et, en bout de ligne, de nouvelles dépenses pour l'administration
et les contrats informatiques.
Voici
maintenant les recommandations de l'AQRP. Premièrement, augmenter de 200 millions
par année le financement des soins à domicile. Deuxièmement, dévoiler la
politique nationale de soutien à l'autonomie, le projet de
loi sur l'assurance
autonomie ainsi qu'un cadre financier précis afin de clarifier notamment les
avantages et les inconvénients d'un
financement par l'intermédiaire de la RAMQ, la place du financement à l'activité
pour les services couverts et la place du privé dans la prestation de
soins. Troisièmement, mettre en place une solution à court terme afin de régler
les délais d'attente en hébergement institutionnel, en résidence intermédiaire
et en soins à domicile. Quatrièmement, s'assurer que la contribution de chaque
usager pour les services qu'il est en droit d'obtenir et leur administration n'augmente pas. Et, finalement,
réaliser des gestes significatifs afin de prévenir la maltraitance à
domicile et en milieu institutionnel.
Je passerais
maintenant la parole à notre directeur général par intérim, M. Mathieu
Santerre.
M. Santerre
(Mathieu) : Alors, bonjour, tout le monde. Une bonne part des
problèmes que nous soulevons aujourd'hui origine d'une mauvaise rhétorique de
campagne électorale. En fait, l'assurance autonomie, en soi, ne rendra personne
plus autonome; on ne choisit pas son état de santé, et il y a des limites à ce
qu'on peut faire avec des soins à domicile.
Si la liberté qui nous est offerte se limite à choisir un fournisseur sur une
liste élaborée par un CSSS, c'est un
mirage, selon nous. C'est aussi un virage risqué parce qu'on parle de gel ou
peut-être de fermeture de places sans avoir l'assurance que les services
se rendent jusqu'aux personnes qui en ont besoin à domicile, évoquant le
spectre de la désins en santé mentale.
on enlève ce qui existe déjà, on est bien loin de la révolution annoncée en
campagne électorale : une hausse d'un financement des soins à
domicile qui est non chiffrée et l'ajout d'un intermédiaire dans le
fonctionnement, à savoir la RAMQ. On invite
plutôt le gouvernement à confirmer 200 millions par année dans les soins à
domicile avec un cadre financier
précis pour savoir comment le financer; à agir sur les listes d'attente, parce
qu'à l'heure actuelle on a surtout l'assurance d'attendre. Autrement, à
notre sens, l'argumentaire ressemble davantage à un château de cartes, en ce
sens qu'il est fragile et qu'il risque de s'écrouler.
Maintenant,
avant de terminer, j'aimerais dire quelques mots à propos du Regroupement pour
le mieux-être des personnes en perte d'autonomie, une coalition de cinq
grands organismes qui regroupe des professionnels de la santé ainsi que des organismes d'aînés qui ont trois
principaux messages à passer, à savoir qu'en la matière le financement
devrait prioritairement passer via les impôts progressifs sur le revenu et non
une hausse de tarifs, entre parenthèses; il ne faudrait pas que ce soit, l'assurance autonomie, une source d'enrichissement
pour les entreprises; par ailleurs, il ne faudrait pas que les travailleuses qui sont, dans le fond,
la majorité dans ce secteur subissent des conséquences négatives des
diverses réorganisations qui sont envisagées. Alors, voilà pour nous.
Le Président (M. Bergman) : Alors, merci pour votre
présentation. Pour le premier bloc, le bloc du gouvernement, M. le
ministre.
Hébert :
Merci beaucoup à l'association. Alors, bienvenue, madame messieurs, à cette
commission parlementaire.
Vous avez un mémoire
qui comprend des propositions extrêmement intéressantes, et j'aimerais d'abord
vous entendre sur le maintien à domicile. Je suis très heureux que vous
abordiez ça, ce n'est pas une position traditionnelle de votre association.
Vous
dites que tout le monde est d'accord avec le soutien à domicile. Avez-vous une
idée de pourquoi on ne le fait pas,
si tout le monde est d'accord? Le Québec consacre 17 % de son budget des
soins de longue durée au domicile, 17 %. On est les cancres de la
classe internationale. Il y a des pays qui font beaucoup mieux que nous, le
Danemark qui est le champion avec 73 %
des services qui sont consacrés... des budgets qui sont consacrés au soutien à
domicile. Alors, avez-vous une idée pourquoi est-ce qu'on n'a pas priorisé le
soutien à domicile au cours des dernières années?
Le Président (M.
Bergman) : Mme Parent.
Mme Parent
(Lyne) : Bonjour. Moi, je trouve qu'en fait le soutien à domicile, c'est
très important. On sait que le pourcentage
qui est alloué à ça n'est pas suffisant, puis c'est très clair dans votre livre
blanc. Il faudrait vraiment en mettre plus, on est absolument d'accord
avec ça.
Cependant,
on voudrait bien savoir comment on va faire les sources de financement puis
comment on va faire pour avoir autant de monde, de gens qui vont aller
les aider à la maison, comment le roulement de personnel va se faire. Il faut
mettre des choses en place, mais il ne faut pas bureaucratiser
supplémentairement avec déjà la RAMQ, ce qui existe.
Il y a quelque chose présentement. Il y en a, des soins à domicile. C'est vrai
qu'on n'a pas suffisamment d'argent là-dedans, on est d'accord pour
aller chercher des argents pour faire ça. Maintenant, on voudrait être certains
que toutes les règles sont bien établies, qu'il
y ait des balises claires, que les gens sachent où ils vont puis qu'il y ait
suffisamment de personnes qui sont en
ressource, qui sont les ressources de ces personnes vulnérables là, qui
puissent aller les voir puis prendre soin d'eux.
Effectivement,
quand on va avoir 17 %, on sait très bien, en voyant votre livre et les
pourcentages qui ont été faits, que c'est tout à fait inadéquat. Alors,
il faudrait mettre plus d'argent, on est d'accord avec ça.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert : Investir dans des places en CHSLD, c'est ce qu'on a
fait au cours des 10 dernières années, et ça, ça nous mène vers une situation qui, d'une part, n'est
pas souhaitée par les personnes qui souhaitent rester à domicile et, d'autre
part, qui va coûter extrêmement cher. Le statu quo, en d'autres termes, coûte
beaucoup plus cher.
Dans le livre
blanc, vous avez… Quand vous dites qu'il n'y a pas de cadre financier, je vous
invite à regarder le livre blanc et
surtout l'annexe IV, qui présente un cadre financier extrêmement précis. C'est
un cadre financier qu'on n'avait jamais présenté jusqu'à maintenant au
Québec, donc une projection. La démographie est implacable. On le sait, ce que ça va coûter en 2017, on sait ce que ça va
coûter en 2021 si on continue à utiliser la solution du CHSLD et ne pas
prioriser les soins à domicile. Ça nous amène à une situation, en 2027‑2028, de
12,8 milliards de dollars.
Vous savez, là, quand on consacre… Par exemple,
pour construire 4 000 places en CHSLD, il faut consacrer 360 millions de dollars pour ça, pour
maintenir 4 000 nouvelles places en CHLSD. Ça, c'est de l'argent qu'on n'a
pas pour les soins à domicile, et ça, c'est de l'argent qui va perpétuer, qui
va perpétuer la situation actuelle.
L'Ontario a
fait ça il y a 10 ans, construire des places en CHSLD. Ça a été un échec
parce que quelques années après la
construction des places en CHSLD les listes d'attente avaient augmenté.
Pourquoi? Parce que, quand on priorise le CHSLD, on ne priorise pas les
soins à domicile. Et il faut absolument être capables de renverser cette
situation-là.
L'assurance autonomie ne fera pas en sorte qu'il
y a des gens qui vont être en CHSLD qui vont être retournés à domicile, ce n'est pas ça qu'on souhaite. Ce n'est
pas une désinstitutionnalisation, comme vous appelez, c'est de faire en sorte que le CHSLD devienne une réponse appropriée
pour des gens qui en ont besoin et qui… Il y aura toujours des gens qui vont nécessiter des CHSLD, mais au moins il y
aura eu avant d'autres solutions pour ces gens-là, parce qu'actuellement
la seule solution, lorsqu'on n'a pas une proche aidante qui s'épuise à la
tâche, c'est d'utiliser le CHSLD. Alors, le virage que l'on veut faire, c'est
de vraiment prioriser le CHSLD… de prioriser les soins à domicile et de
conserver des CHSLD avec des soins de qualité dans des environnements qui sont
de qualité. Et c'est ce qu'on souhaite faire.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent, M. Santerre.
M. Santerre (Mathieu) : Oui. En
fait, on aimerait bien que vous nous expliquiez en quoi la RAMQ va aider à donner des services alors qu'il y a déjà des
fonds et que tout le monde reconnaît qu'il faut les augmenter. Quand on
se demande où est le cadre financier, on se
demande combien d'heures de services ou combien de dollars vont être alloués
en fonction de chacun des profils ISO-SMAF
qui sont à l'intérieur du réseau. Vous reconnaissez vous-même qu'il va y
avoir des besoins d'hébergement dans le
futur et que même il n'y a pas assez de places en ressource intermédiaire. Le
virage que vous proposez nous semble d'abord un peu moins révolutionnaire que
prévu, bien que nécessaire sur le plan des soins à domicile et de leur
financement.
Et on
souligne aussi les problèmes immédiats qu'il faut régler. Les personnes qui
sont actuellement en attente ne sont
pas bien desservies. Alors, c'est intéressant de réfléchir à un projet de
société, mais il y a des problèmes concrets et immédiats. Il y a des
coupures de postes d'infirmière dans certains CHSLD. Il y a 9 000
personnes qui attendent une place,
6 000 qui attendent des soins à domicile. On sait que l'argent des fonds
dédiés ne se rend pas nécessairement, il n'y a pas de norme à la grandeur de la province concernant les soins à
domicile. Alors, on pense qu'il y a beaucoup de pain sur la planche, là,
avant de penser à une révolution.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
L'assurance autonomie est justement la réponse à tous les problèmes que vous
soulevez. On n'a pas priorisé les
soins à domicile, on n'a pas rendu équitable l'offre de services tant en soins
à domicile que dans les établissements
d'hébergement, il y a des budgets qui sont utilisés à d'autres fins que pour le
médecin à domicile, et c'est pour ça qu'on veut constituer une caisse
autonomie.
La Régie de l'assurance
maladie, là, n'est là que pour gérer l'équité dans l'attribution de l'allocation
de soutien à l'autonomie, ni plus ni
moins. Alors, elle le fait déjà avec le PEFSAD, le programme d'exonération
financière pour l'aide domestique. On va étendre ce rôle-là tout
simplement pour faire en sorte de ne pas ajouter une bureaucratie inutile et d'utiliser
les outils, les leviers que nous avons déjà.
Moi, je n'ai pas une approche révolutionnaire, j'ai
une approche évolutionnaire. Je pense qu'on n'est pas à l'époque des révolutions, là, on est à l'époque de faire évoluer notre
système de santé pour être capables de répondre aux besoins de la
population.
Vous avez un
discours qui est un petit peu paradoxal. Vous dites, d'une part : On n'investit
pas assez en maintien à domicile, et puis, d'autre part, vous
dites : On ne sera pas capables de trouver le personnel pour pouvoir
donner ces soins-là. Il faut avoir une approche évolutive. 110 millions, c'est
un premier pas. On s'est engagés à 500 millions et on va livrer notre engagement de 500 millions de plus, de plus, là,
de plus à terme, récurrent, là. Alors, ça, ça veut dire 110, on rajoute un autre 110, et ainsi de suite. Alors,
c'est un pas extrêmement important. Et on pense que le réseau est
capable d'absorber ce pas-là. Ça va être difficile, il faut avoir une juste
planification de la main-d'oeuvre, mais on pense que le réseau est capable d'absorber
ce pas extrêmement important de pouvoir améliorer l'offre de soins à domicile.
Mais vous allez le prendre où, votre personnel
du 300 millions? Puis d'ailleurs vous allez prendre l'argent où, du
300 millions?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent.
Mme Parent (Lyne) : Moi, je... Votre
évolution est normale. Je la comprends, j'aime votre mot là-dessus.
Maintenant,
ce qu'on voudrait, c'est vraiment apporter les gens à avoir une sécurité, une
sécurité de ceux qui attendent présentement.
Il y a plein de places qui ne sont pas... en tout cas il n'y a pas suffisamment
de places dans les CHSLD ou dans les ressources intermédiaires. Il y a
des gens en attente présentement.
Lorsque
les gens sont à domicile, dans les 17 régions du Québec,
pour en avoir fait le tour, moi aussi,
je regarde ça, puis il
y a des places où les distances sont vraiment
plus longues que d'autres. Il y a des places où on peut concentrer des soins
très facilement, puis il y en a d'autres où une personne va pouvoir voir juste
deux à trois personnes dans une journée parce que les distances sont très
longues.
crois qu'il faut mettre... Quand même, là, les soins à domicile, il y a plusieurs
personnes qui vont être seules, qui vont se retrouver seules parce que,
quand on est en couple, bien il y en a souvent un des deux qui meurt, puis l'autre
demeure tout seul. Est-ce que,
lorsque quelqu'un va avoir besoin de trois heures et demie de soins
ou quatre heures de soins par jour,
on va toujours avoir quelqu'un avec cette personne-là? Est-ce qu'il va y avoir quelqu'un la nuit? Comment on va faire pour être
certain de donner un service adéquat à ceux qui sont à domicile?
veut et on comprend très bien que les gens veulent rester chez eux, qu'ils
veulent rester dans leur milieu, avec les
gens qu'ils connaissent. Maintenant, il y a des choses qu'on ne pourra pas... On ne peut pas
empêcher les besoins qu'il va y avoir dans les places en CHSLD. Les gens
qui vendent leur maison, il faut qu'ils s'en aillent à quelque part, puis ils n'ont
pas toujours l'argent.
fait, il va falloir faire attention aussi à ne pas surcharger autant les
employés mais aussi à s'assurer qu'ils
aient une formation adéquate et que les gens puissent donner un service adéquat
à tous ces gens-là.
Qu'il y en ait plus à la maison, on est absolument d'accord avec ça, on veut ça. J'ai beaucoup
de difficultés à croire qu'il y a plusieurs personnes en
CHSLD qui pourraient être chez eux aujourd'hui.
Mme Parent (Lyne) : Il y en aurait beaucoup? Bon.
Ce n'est pas ce qu'on m'a dit dans les CHSLD, que je fais le tour aussi.
Alors, j'aimerais bien voir ça. Merci.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert :
Je vais vous citer deux rapports, le Vérificateur général, la Protectrice du
citoyen, qui estiment que 35 % des gens
qui entrent en CHSLD sur l'île de Montréal actuellement ne devraient pas
utiliser cette ressource-là et auraient
pu aller ailleurs s'il y avait eu les ressources disponibles ou auraient pu
rester à domicile si les soins à domicile avaient été adéquats.
Vous
savez, là, il y a un paradoxe, hein? Actuellement, les patients en attente, là
où il y a le plus d'attente, c'est sur l'île
de Montréal, et, sur l'île de Montréal, c'est là où il y a le plus de lits pour
100 personnes âgées en CHSLD, 4,2 par rapport à 2,8 dans la plupart des
régions du Québec. Le paradoxe, c'est : Plus il y a de disponibilité en
CHSLD, plus il y a de l'attente en CHSLD. Et c'est une très belle illustration
du virage que nous voulons faire et qui a été fait dans plusieurs régions du Québec, où les soins à domicile ont été rehaussés,
on a développé un réseau varié de ressources qui permet de réserver les CHSLD aux gens pour qui il n'y a pas d'autre
solution. Il y a des régions où il n'y a pas d'attente en CHSLD et où
les taux de lits en CHSLD sont en bas de 2,8 pour 100 personnes âgées.
veut qu'il se passe à Montréal et dans les quelques autres régions du Québec où
ce n'est pas encore fait ce qui s'est passé dans le reste du Québec, c'est-à-dire
qu'on puisse donner un véritable choix aux personnes, et on pense que cette façon de donner un choix aux personnes,
c'est de remettre à la personne la décision et de remettre à la personne
l'allocation financière. Et c'est ça, le virage que nous souhaitons réaliser,
et ce n'est pas en simplement ajoutant de l'argent
dans le soutien à domicile qu'on va y arriver. C'est en redonnant aux personnes
ce choix-là, ce choix fondamental.
Le Président (M.
Bergman) : M. Santerre.
M. Santerre
(Mathieu) : Oui. En fait, vous citez le rapport du Vérificateur
général, mais, ces personnes, allez-vous les déplacer? Certainement pas.
M. Santerre (Mathieu) : C'est sympathique de mentionner ça, mais ça ne
change pas le fond du problème. C'est dangereux de déplacer des gens de
leur milieu de vie quand ce sont des personnes vulnérables.
Nous, on parle de
9 000 places d'hébergement. On inclut…
Hébert :
…M. Santerre, j'ai dit tout à l'heure : Ce ne sera pas comme la
désinstitutionnalisation, on ne déplacera personne.
M. Santerre
(Mathieu) : Parfait.
Hébert : Mais vous savez très bien que la durée de vie en
CHSLD est relativement courte. Alors, si on est capables d'imprimer dans
le réseau ce changement-là, en quelques années on va avoir des CHSLD qui vont
vraiment répondre aux besoins des personnes et on va avoir d'autres solutions
pour les gens qui ont d'autres formes de besoins qui peuvent être mieux
répondus à domicile ou dans d'autres types de ressource.
Président (M. Bergman) : M. Santerre.
M. Santerre (Mathieu) : Oui, mais effectivement c'est le «d'autres types
de ressource» dont on parle, parce que vous
mentionnez qu'on demande 9 000 places en CHSLD, mais c'est en hébergement
tout court. Et vous n'avez toujours pas répondu à la question sur la
hauteur de l'allocation selon les profils. Tout va se jouer là.
C'est pour ça qu'on
vous dit qu'il n'y en a pas, de cadre financier précis à l'heure actuelle. C'est
facile de se prononcer sur des principes.
Tout le monde veut bien rester à domicile jusqu'à la fin, c'est très facile de
dire ça. Maintenant, comment qu'on l'organise? Et comment on règle les
problèmes de court terme?
Notre
solution, elle est simple, on vous demande 200 millions de plus dans les soins
à domicile. Avec le RMEPPA, on vous propose que ce soit via des impôts
progressifs sur le revenu. On pense juste que la réforme de structure n'est pas
nécessaire.
Hébert : Alors, la
réponse à votre question est très simple : Nous allons injecter les
200 millions nécessaires,
mais on va le faire sur une période de deux
ans comme on s'est engagés à le faire. O.K.?
Et, au bout de notre mandat,
on aura 500 millions d'ajoutés et on doublera à ce moment-là, hein, il
faut réaliser que ça va doubler le financement du soutien à domicile. Alors, c'est
notre engagement. Et nous pensons que ça, ça respecte la capacité d'absorption
du réseau et des réseaux, parce qu'il n'y a
pas juste le réseau public, il y a aussi les entreprises d'économie sociale qui
sont des acteurs extrêmement importants et
qui doivent absorber ce financement supplémentaire, recruter, former leur
personnel.
vous avez vu dans le livre blanc, et ça sera le cas dans le projet de loi, il y
aura des dispositions extrêmement précises
pour assurer la qualité des prestataires, que ce soit le secteur public ou des
prestataires privés, lucratifs ou non lucratifs,
parce qu'une grande
partie des services, actuellement, est donnée dans un
secteur privé, lucratif et non lucratif, qui échappe complètement au
contrôle et à la gestion de l'État, et nous voulons retrouver ce contrôle et
cette gestion publique de l'ensemble des prestataires du réseau. Et ce contrôle
de gestion va nous permettre d'assurer la qualité.
Donc, je comprends
que vous êtes d'accord avec le contrôle de qualité que nous souhaitons imposer
à l'ensemble des prestataires du réseau.
M. Santerre
(Mathieu) : Déjà…
Le Président (M.
Bergman) : M. Santerre.
M. Santerre (Mathieu) : Oui, tout
à fait. En fait, il y a beaucoup
de choses qui sont déjà en place. Les profils sont déjà en place,
les gestionnaires de cas sont déjà en place. Le livre blanc ne vient que
confirmer le rôle des CSSS.
Alors,
oui, on pense que le réseau, dans sa forme actuelle, est capable de rendre des
services, si c'est ça, votre question. Nos réserves sont sur les
réformes de structure proposées.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert :
Lesquelles, structures?
M. Santerre
(Mathieu) : Lesquelles?
M. Santerre
(Mathieu) : Mon Dieu! Passer par l'intermédiaire de…
Hébert :
Appelez-moi pas «mon Dieu», vous avez déjà d'autres qualificatifs pour moi.
M. Santerre
(Mathieu) : C'est de l'amour, inquiétez-vous pas.
Maintenant, en fait, instaurer un intermédiaire par la RAMQ, on se demande :
Pourquoi faire ça? On se demande : Pourquoi ne pas simplement
augmenter les budgets ou alors clarifier la position du financement à l'activité
à l'intérieur de l'ensemble du projet? Et c'est ce qu'on vous recommande également,
parce que c'est un bout qui manque, là, à notre
sens. Si l'objectif, en passant par la RAMQ, c'est de faire du financement à l'activité,
bien on pense que ça devrait être dit clairement.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert : O.K. Bien, la RAMQ n'est qu'un intermédiaire, en fait, qui va être utilisé pour être
capable de calculer l'allocation. Alors, je vous rassure là-dessus, là,
le rôle de la RAMQ est très limité. C'est surtout le CSSS qui va être appelé à s'assurer que les personnes sont
évaluées, que les personnes ont accès à un gestionnaire de cas et qu'il y a un plan de services individualisé qui est réalisé. Et l'agence va être
responsable d'assurer la qualité des prestataires, de l'ensemble des
prestataires, pas juste les prestataires publics, là. Actuellement, on n'a pas
de contrôle de qualité sur les autres prestataires que les prestataires
publics, et ils sont en majorité dans les soins à domicile. Alors, c'est important
de pouvoir assurer la qualité des services.
Quant au financement à l'activité, c'est tout à
fait ça, l'assurance autonomie est un financement à l'activité des soins de
longue durée. Les établissements publics vont recevoir le financement proportionnel
aux usagers dont ils ont
la charge. Alors, ça, c'est un financement à l'activité tout à fait, et on
passe donc d'un financement historique des établissements à un
financement basé sur les besoins de leurs usagers, ce qui est… En soi, ce n'est
peut-être pas une révolution, mais c'est une évolution extrêmement importante.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent.
Mme Parent
(Lyne) : Moi, j'aimerais qu'on
revienne un peu sur l'histoire du 500 millions qu'on veut donner. Où on va le prendre, ce 500 millions là? On
parle beaucoup du crédit de maintien à domicile qu'on va arrêter, on
parle de toutes sortes de choses comme ça. Comment on va faire pour aller
chercher la différence, là, qu'on demande?
Nous, on
demande un ajout de 200 millions. On sait qu'il y a une structure à mettre
en place, on sait qu'il manque de
monde présentement, on sait… Tout ça, on le sait. Il faut absolument améliorer
les services en injectant de l'argent.
Où on va
aller le chercher, l'argent? C'est ce que j'entends depuis longtemps. Où on va
aller le chercher? Donc, on enlève
des crédits ou des choses sur l'impôt. On suggère, avec le RMEPPA, qu'on va
aller chercher ça dans les impôts des particuliers ou des entreprises.
Maintenant, où ça va aller? Est-ce qu'on va augmenter encore la taxation? Parce
qu'il faut absolument… Et je comprends que
17 %, ce n'est pas suffisant, là. Ça, on se comprend là-dessus. Où on va
aller le chercher, le 500 millions, pour ne pas pénaliser les gens
qui aujourd'hui ne sont pas très riches? Puis on ne peut pas dire qu'ils vont le devenir plus, là. Même si c'est
écrit à certaines places, là, il va falloir faire un calcul là-dessus
avec le rapport D'Amours. Maintenant, j'aimerais ça savoir ça.
Le Président (M. Bergman) : M.
le ministre.
Hébert : Bien, la réponse est très simple : À la même
place qu'on a été chercher les 110 millions de cette année, c'est-à-dire dans le cade financier du gouvernement, alors basé sur l'impôt. Je vous rassure tout de suite, c'est exactement ça qu'on fait et c'est ça qu'on va faire pour les
quatre prochaines années. Alors, ce 500 millions là, il va être pris à
l'intérieur du cadre financier du gouvernement. C'est une priorité que le
gouvernement se donne pour être capable de mieux financer les services de
soutien à l'autonomie.
Quant aux
crédits d'impôt, vous dites : On évoque leur disparition. Je ne sais pas
où vous avez pris ça, mais nous, nous
ne l'évoquons pas. Nous disons juste, simplement : Il y a un seul crédit d'impôt
qui fait double emploi, en fait le crédit d'impôt de maintien à
domicile. Alors, le crédit d'impôt pour les proches aidants, pour l'invalidité,
il n'est pas en double emploi, c'est celui
pour le maintien à domicile, et il va falloir s'assurer que les gens ne
reçoivent pas du financement deux fois, par le crédit d'impôt et par l'assurance
autonomie. Et c'est ce qu'il va falloir s'assurer.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent, M. Santerre.
Santerre (Mathieu) : Est-ce
que je comprends qu'il s'agit d'un engagement au net à maintenir le crédit
d'impôt pour maintien à domicile?
Le Président (M. Bergman) : M. le
ministre.
Hébert : Nous
allons maintenir le crédit d'impôt pour maintien à domicile en s'assurant que
les gens ne reçoivent pas un double financement pour les mêmes services.
Le Président (M. Bergman) :
M. Santerre.
M. Santerre (Mathieu) : C'est la
première fois que tout le monde l'entend comme ça, je pense.
Hébert : Bien, vous
auriez pu écouter les auditions de cette commission parlementaire, on en a
parlé à quelques reprises.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
Alors, j'aimerais ça vous entendre aussi... Vous dites : Il faut trouver
des solutions à court terme pour l'attente en CHSLD et l'attente dans
les soins à domicile. J'aimerais ça que vous me donniez vos solutions.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent.
Mme Parent (Lyne) : Bonjour. On
parle des places intermédiaires. Moi, je disais : Où est-ce qu'elles sont?
Qu'est-ce qui se passe avec ça? C'est où?
Est-ce que c'est dans les anciens presbytères? Est-ce que c'est des places...
des couvents qui sont… bon, qui ont quand même des espaces? Et on me dit que c'est
dans des résidences privées, qui louent des places au gouvernement. C'est ce qu'on
m'a répondu. J'ai demandé pour aller en voir.
Maintenant,
je me demande… Justement, une solution, là-dedans, c'est : Pourquoi ne pas
aller chercher les places comme les
anciennes religieuses qui sont... qu'il y a de moins en moins de... Les espaces
sont vides dans ces places-là. Est-ce qu'il y aurait suffisamment de monde pour
pouvoir aller les aider, ces gens-là? On sait très bien que, dans le
temps, ça ne coûtait pas cher de s'occuper des personnes malades parce que c'étaient
des institutions qui étaient là et des personnes
qui étaient dévouées jour et nuit pour ça. Maintenant, aujourd'hui, ce n'est
plus le cas, et ce n'est plus la vie d'aujourd'hui. Est-ce que c'est
possible de faire quelque chose comme ça? Mathieu me... Oui?
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
Vous me retournez la question que je vous pose. Alors, les ressources
intermédiaires, actuellement, c'est
une variété de ressources intermédiaires. Il y a des milieux novateurs. Il y a
des ressources, oui, qui se sont développées dans le secteur privé, beaucoup dans le secteur communautaire, le milieu
associatif et coopératif. Alors, il y a toutes sortes de modèles de
ressource intermédiaire.
Communautés religieuses, je veux bien, mais
souvent ces anciens établissements ne satisfont pas beaucoup aux normes de qualité. Les cubicules qui étaient
utilisés par les religieuses, là, ce n'est souvent pas approprié pour
répondre à des personnes en perte d'autonomie,
là, vous en conviendrez. Alors, il faut faire attention, là, et donc il faut
respecter des standards de qualité en termes de l'environnement aussi.
Mais moi, j'aimerais
ça vous entendre sur les solutions que vous avez à proposer pour diminuer l'attente
dans les CHSLD puis dans le maintien à domicile. Peut-être qu'il y a des choses
qui seraient intéressantes pour moi.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent, M. Santerre.
Santerre (Mathieu) :
Écoutez, le Protecteur du citoyen puis le Vérificateur général ont passé
carrément la gratte dans ces questions-là. Je peux vous faire lecture de
toutes leurs recommandations.
Maintenant, votre question s'adresse davantage
aux personnes qui vont nous suivre, qui sont du réseau. C'est-à-dire que, dans le fond, vous savez comme nous qu'il manque de
places en ressource intermédiaire à Québec et à Montréal, que ça crée de
la pression indue sur les listes d'attente soit en soins à domicile soit du côté
des CHSLD. Maintenant, c'est vous qui portez le pantalon du ministre, alors, je
veux dire, on vous invite à y aller.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
O.K. Donc, vous n'avez pas de solution à me proposer. Moi, ce que je peux vous
dire, c'est qu'à Québec et à Montréal il y a tout un plan de
développement des ressources intermédiaires, actuellement, qui est en cours de route, qui est un plan d'action qui est
en oeuvre pour qu'on puisse régler le problème sur l'île de Montréal, à Québec en moindre partie, et faire en sorte qu'on
utilise les CHSLD pour ce pour quoi ils sont nécessaires, c'est-à-dire des personnes qui ont de lourds profils d'incapacité,
qui ne peuvent pas recevoir des services dans une autre forme de structure.
Alors, nous sommes en action là-dessus.
Je pensais
que vous auriez des solutions originales pour être capable de bonifier notre
action. Vous pouvez être sûrs que
nous, nous avons des solutions et nous sommes en train de les implanter. Et l'une
de ces solutions-là, c'est l'assurance autonomie,
pour faire en sorte que les gens puissent avoir un choix, parce qu'ils ont une
allocation, de choisir entre rester à domicile
avec cette allocation-là, aller en ressource intermédiaire ou en CHSLD. Vous
savez, quand on donne ce choix-là aux personnes, devinez qu'est-ce qu'ils
choisissent. Ils choisissent de rester chez eux.
Le Président (M. Bergman) :
En conclusion, s'il vous plaît.
Hébert : C'est ça
qu'on veut faire.
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps s'est écoulé
pour le bloc du gouvernement. Maintenant, pour le boc de l'opposition
officielle, M. le député de Jean-Talon a la parole.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Un, je vais vous
féliciter, un excellent mémoire. Et vous faites les bons diagnostics et,
je pense, vous avez les bons traitements également.
Le ministre,
il dit qu'au Québec actuellement il y a beaucoup d'endroits où que ça va très
bien et on a atteint le niveau de
CHSLD de 2,5. Saguenay—Lac-Saint-Jean,
également la région de l'Estrie, Arthabaska—Les Érables, on a atteint ce
niveau-là. La problématique : on est en train de créer une assurance
autonomie pour un problème qui existe à Montréal, qui, en passant, on avait
commencé à le travailler déjà voilà cinq à six ans. Et vous avez très bien
défini le problème, et puis vos solutions, quant à moi, elles font
partie des
bonnes solutions.
Premièrement, à Montréal, il y a 40 % des
patients qui étaient dans des CHSLD qui sont tout simplement de type ressource
intermédiaire, et ça fait déjà plusieurs années que Montréal a commencé à
développer des ressources intermédiaires
pour corriger la situation. À ce moment-là, on est capables de passer,
Montréal, d'un ratio probablement de
quatre places par 100 personnes de 65 ans et plus à autour de 3, 3,1.
Montréal, il y a des conditions particulières, ils peuvent descendre
peut-être autour de 2,8.
Ce qu'on peut
viser, au Québec, c'est d'avoir 2,5, et il y a des endroits qui l'ont déjà
atteint sans assurance autonomie, tout simplement parce qu'ils ont fait
la transformation du réseau. Le ministre ne pense seulement que soins à
domicile, mais un réseau, c'est un réseau équilibré avec maintien à domicile
pour la clientèle qui en a besoin, des
ressources intermédiaires qu'on établit entre 0,6 et 0,8 place par
100 personnes de 65 ans et plus, qui sont nécessaires, qu'on n'a pas à Montréal, qu'on n'a pas à Québec, tout à
fait raison, vous avez tout à fait raison sur cette affirmation, et, troisièmement, un certain nombre de lits de
CHSLD, qui est autour de 2,5, qu'on peut diminuer à Montréal. Ça fait qu'avec le 40 000 places qu'on a au Québec
actuellement on est capables de faire face aux besoins pour les
prochaines années, sauf qu'à un moment
donné, compte tenu du vieillissement, on va peut-être être obligés d'augmenter
encore. Ce que vous avez dit, c'est tout à fait correct.
Puis, en
passant, le ministre, il dit qu'on est les cancres au niveau mondial, là; je
ferais remarquer qu'on est encore dans les meilleures espérances de vie
au niveau mondial. C'est une transformation qui a été commencée déjà depuis plusieurs années, et, du maintien à domicile, on a
investi au cours des dernières années puis on sait qu'il faut investir
encore plus à ce niveau-là. Donc, du côté de votre diagnostic, là, tout à fait
d'accord, mais, juste pour vous dire, ce que je comprends de ce que le ministre dit aujourd'hui, parce qu'il a reconnu
que ça allait bien dans plusieurs régions, qu'on avait déjà atteint les objectifs : on est en train
de créer un problème d'assurance autonomie à cause d'un problème à
Montréal, alors qu'on n'a pas besoin de
créer une nouvelle assurance autonomie pour régler la problématique de
Montréal. C'est peut-être l'insuffisance de financement dans certains
secteurs qu'il faut corriger. Je ne sais pas si vous êtes d'accord avec
moi sur l'analyse, parce que ça répond bien à votre analyse à vous également.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent.
Mme Parent (Lyne) : Merci beaucoup
pour ces renseignements. Je savais qu'à Montréal il y avait un problème
particulier. J'ai été dans les Laurentides la semaine dernière, puis on m'expliquait
que, là, il n'y avait pas suffisamment de places en CHSLD et en ressource intermédiaire parce que
les gens qui étaient allés à Montréal
travailler voulaient revenir dans leur secteur, et là ça crée un gros, gros
problème de la région des Laurentides à ce sujet-là.
Je crois vraiment
que les places intermédiaires, pour l'instant, c'est que, si on veut faire un
virage, tout le monde ne pourra pas rester à la maison. Ça, il
faut être réaliste, c'est évident, il
y a des gens qui ont besoin de soins.
Les gens qui ont besoin de moins de
soins, l'important, c'est qu'on ait suffisamment de monde avec des balises assez claires et une
structure très, très franche pour savoir que
ces personnes-là seront bien prises en note et que, la nuit, quand quelqu'un
va avoir besoin, il y ait quelque chose qui se passe. Est-ce qu'on va
être capables de répondre à ça?
Pour ce qui
est du pourcentage, si on regarde au travers d'autres pays, on voit qu'il y en
a quatre autres qui sont mieux que nous. Mais combien il y a d'autres
pays qui sont moins bien que nous? Ça, là-dessus, je suis absolument d'accord
avec vous également.
Alors, je
crois qu'en fait on peut arriver à quelque chose. Je m'en vais justement au
Saguenay la semaine prochaine, et on
va visiter Arthabaska, j'en entends parler depuis longtemps. L'Estrie, c'est
incroyable. Il y a aussi à mettre en place une structure qui fait que
les gens savent où est-ce qu'ils vont, puis c'est une formation, et je crois
même que le ministre, présentement, est au
courant de ça, puis ça va faciliter. Puis ça peut aider beaucoup, un genre de…
De mettre les bonnes personnes aux bonnes places et avoir une efficacité
au travers de ça peut aider beaucoup également. C'en est un, un élément de
solution, ça.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Surtout que, vous savez, la transformation
que le ministre parle, là, il a l'air de dire : Aujourd'hui, j'ai commencé
ça. On va poser la question tantôt à l'AQESSS. Dans le réseau de la santé, c'est
une transformation qui est commencée depuis
plusieurs années, qui se fait de façon réaliste et de façon évolutive. C'est bien important de le comprendre.
Et également
vous avez touché un point. Si à un endroit ils n'ont pas leurs 2,5 places
en CHSLD par 100 personnes, il va falloir leur en construire, si on
veut les garder à proximité, et il y a d'autres endroits où est-ce qu'on va
être peut-être obligés de transformer les places ou les fermer pour avoir un
équilibre.
Puis je
trouve ça triste que le ministre utilise toujours le mot «cancre» pour le
réseau de la santé. Moi, je pense, c'est un dénigrement pas envers un
gouvernement, envers les gens du réseau de la santé qui travaillent depuis des
années à améliorer la situation des
personnes aînées puis à faire cette transformation qui prend plusieurs années à
faire. Même le ministre reconnaît que
ça va prendre plusieurs années à le faire. L'autre élément que… Puis je veux
vous apporter là-dessus, vous posez
les bonnes questions. Dans le projet, il y a juste des projections en tenant
compte… comme s'il n'y avait rien eu de fait depuis des années, alors
que la transformation était en train de se faire.
Mais il y a des questions auxquelles on doit
répondre, puis je vais vous les poser. La première : C'est quoi, le montant alloué selon le profil? À ma connaissance,
ils n'ont même pas la réponse, au ministère, ils sont en train de faire
des travaux. Ça fait qu'avant d'établir
combien ça va coûter il faut au moins établir combien chacune des personnes va
recevoir.
La deuxième
question : Si on évalue votre besoin à tant d'heures, est-ce que c'est la
capacité financière qui va dire qu'on
va vous donner un pourcentage de ces heures ou encore on va remettre l'argent?
Puis ça, c'est des questions fondamentales. On ne peut pas répondre si
on est pour ou contre l'assurance autonomie tant que vous n'avez pas le cadre
financier. En passant, tout le monde veut aller au ciel puis tout le monde veut
avoir plus, mais il y a une réponse qu'il faut faire des choix, à un moment
donné, et ces choix-là se font en fonction des allocations financières.
La deuxième
question, puis ça, le ministre n'a pas répondu : Ça va être quoi, le montant
fourni par le patient? Et on sait que ça va être en fonction des
revenus. On s'en vient dans une situation extrêmement intéressante. La classe
moyenne qui va payer les impôts pour son principe d'assurance autonomie, ça va
probablement être elle qui va être obligée
de contribuer encore plus de sa poche, et elle n'aura peut-être même pas le
droit à ces allocations-là, tout dépendant de son revenu. Ça, c'est la
deuxième question à laquelle le ministre doit répondre : Ça va coûter
combien?
sait qu'il y a un rapport du Vérificateur général qui dit qu'actuellement
21 000 $, pour les personnes en CHSLD, ceux qui ont le
moindrement du revenu ou qui ont peut-être 3 000 $ ou
4 000 $ dans leur compte de banque, là, ça, ça devrait être augmenté. Le ministre va peut-être devoir nous le dire.
C'est-u à 28 000 $ ou à 30 000 $? Là, les Québécois vont être capables de faire le choix, par contre.
Quand on va leur dire, là : Maintenant, là, quand vous allez en CHSLD,
ce n'est plus 21 000 $ que ça va coûter, ça va être
30 000 $, moi, je peux vous le dire, là, ça va être un impact majeur.
Ça, il faut qu'il réponde à ça également.
La troisième, une fois que vous allez faire l'addition
de tous ces coûts-là, c'est : Le total, ça coûte combien? Voulez-vous que je vous donne un petit chiffre,
juste estimé? 2 milliards de dollars. Ça va coûter 2 milliards de
dollars de plus au Québec pour mettre en
place sa réforme de la façon dont il veut la faire. Qui… Où il va aller chercher
l'argent? Je peux vous donner la règle du
Conseil du trésor, là : Si tu veux mettre 2 milliards là-dedans, va
chercher ton 2 milliards ailleurs,
coupures dans le réseau de la santé ailleurs pour faire une priorité sur juste
le maintien à domicile. Et on oublie les ressources intermédiaires,
parce que ça n'a pas l'air d'être une grande priorité.
La quatrième question qu'il faut poser, c'est
comment le financer. Là, on pense que l'affaire d'une taxe, là, c'est réel, mais ça peut être aussi en fonction de l'amélioration
de la performance du réseau de la santé. On a estimé la semaine
dernière, quand j'ai montré le graphique, là, que, dans les coûts de la santé,
c'est 100 millions de dollars de plus
par année qu'on doit rajouter pour être capables de combler justement ce
vieillissement de la population puis son
augmentation de besoins. Où on va le prendre? L'autre élément… Puis ça, on est
d'accord, ça peut être un financement à l'activité en fonction des
évolutions.
L'autre élément que le ministre avait dit au
début : il semblerait que les proches aidants, qui étaient très en faveur du projet, bien peut-être qu'ils auraient
peut-être un salaire, une compensation. Ce qu'on comprend habituellement
dans le discours, là, c'est que les proches aidants vont peut-être avoir du
support, mais il n'y a pas de compensation financière.
Ça, il va falloir le dire aussi, puis il faut avoir le même discours quand on
reçoit l'association des proches aidants que quand reçoit les autres associations,
parce que parfois on dit à l'un, exemple… Je vais vous donner un exemple. On dit : Oui, oui, on veut favoriser tous les
services publics, mais quand… Par contre, oui, oui, on va pouvoir avoir
du service dans le privé. Il faudrait juste
savoir ça va être quoi, l'équilibre entre les deux, puis qu'on dise la même
chose à chacun des groupes qui vient ici.
Je ne sais pas si vous êtes d'accord avec les
questions que je viens de poser, que, sans… si on ne répond pas à ces questions-là, quelqu'un ne peut pas me dire
franchement s'il est pour ou contre l'assurance autonomie. En passant,
tout le monde qui est venu ici qui ont dit qu'ils sont pour l'assurance
autonomie sont d'accord pour le maintien à domicile.
Ça, c'est la
partie autonomie, on est d'accord. La
partie assurance, combien ça
te coûte de ta poche, combien ça coûte
au total, où on va prendre l'argent, ça, il n'y a personne qui a répondu à
cette question-là. Ça fait que, quand quelqu'un vient en face, là — puis
je vais tous les questionner de la même façon — savez-vous la réponse à ça?
Si vous n'avez pas la réponse, comment ça se
fait que vous pouvez me dire que vous êtes entièrement pour ce projet-là? La
balloune, elle va dégonfler, vous allez
voir, surtout quand on va dire aux gens : Vous allez payer pas mal plus
cher. Puis partez avec le principe
que la classe moyenne va payer dans ses impôts, mais je ne suis pas sûr qu'à la
fin ils ne repaieront pas quand ils vont être obligés d'avoir les
services. Qu'est-ce que vous en pensez, de mon raisonnement?
Le Président (M. Bergman) :
M. Santerre.
M. Santerre (Mathieu) : Oui. En
fait, pour répondre à la première question du tout début, non, ce n'est pas nécessaire
de mettre en branle tout ça pour créer des places en ressource intermédiaire à Montréal
et Québec ou pour investir 200 millions dans les soins à domicile. De
nombreux jalons sont déjà en place de toute manière.
Concernant le
cadre financier, évidemment qu'on souhaiterait savoir ça va
être combien de dollars ou combien d'heures
de services en fonction de quel profil, c'est la seule façon de savoir
combien ça va coûter. Je vous rappelle un événement où
les rôles d'opposition officielle et de gouvernement étaient inversés. Lors de
l'étude du projet de
loi sur la certification,
là, des résidences privées pour aînés, l'opposition d'alors avait exigé d'obtenir le règlement
avant de se prononcer sur le projet de loi, et le gouvernement avait accepté à cette époque. On pense que le même
principe devrait s'appliquer aujourd'hui. Ça prend un cadre financier précis pour se dire pour ou contre le
livre blanc sur l'assurance autonomie.
On est également préoccupés par les proches
aidants.
Concernant la tarification, dans notre mémoire
vous avez les résultats d'un sondage qui démontre que la population du Québec n'est
pas intéressée, globalement, à ce qu'il y ait davantage de tarification pour
les places en hébergement. Et, comme le
disait notre présidente tout à l'heure, on a sursauté quand on a vu que, dans le livre
blanc, on prédit des hausses des revenus des
personnes à la retraite. On invite les gens qui ont été à la source de cette
affirmation d'aller lire le rapport D'Amours, finalement, que tout le monde
connaît, qui est plutôt dans une direction différente.
Le Président (M. Bergman) : Mme
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Blais : Merci
beaucoup, Mme Parent,
M. Bérubé, M. Santerre. Tout
d'abord, je pense
que c'est venu, pour moi, le moment de parler du 500 millions qui
est sorti d'un chapeau un jour, à la suite de la consultation publique sur les
conditions de vie des aînés, en 2008, où le coprésident qui est maintenant ministre
a dit : Ça prend 500 millions tout
de suite. Aujourd'hui,
c'est 100 millions, et il vous pose une question : Si on met 200 millions, on va prendre où le personnel
pour les 200 millions qu'on va investir?, mais en 2008 ça prenait 500 millions. Et c'était ça, la grande question. Et ça, ça a laissé planer
pendant plusieurs mois, voire des années qu'on n'avait pas mis assez d'argent,
que ça prenait 500 millions.
Maintenant, le ministre
dit à la fin de son allocution, tout à l'heure : Les gens pourront prendre
l'argent et soit s'offrir des services à la
maison, soit en ressource intermédiaire, soit en CHSLD, ils pourront choisir d'aller
là où ils le souhaitent. On ne
choisit pas d'aller dans un CHSLD. On va dans un CHSLD parce qu'on est plus capable de rester à domicile.
Moi, je vous pose une question. C'est beau, les
soins à domicile, mais encore faut-il — j'en ai parlé la semaine dernière — que les domiciles soient adaptés pour être en
mesure de rester. Alors, si on veut mettre en place un véritable programme
de soins à domicile, est-ce que nous devrons adapter les logements et les
domiciles pour que les gens puissent y vivre
le plus longtemps possible, et aussi des transports alternatifs, et
faire en sorte que l'environnement au quotidien de la personne s'adapte
au fait qu'elle souhaite rester à la maison?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent.
Mme Parent (Lyne) : Je suis absolument
d'accord avec vous, il faut absolument penser aux personnes qui ont besoin présentement de plusieurs
heures, de quelques heures, besoin de sécurité autour d'eux, parce qu'on sait que des pertes cognitives font que les gens perdent l'équilibre
rapidement, et plus ils vont rester à la maison, plus ce sera dangereux. On
connaît des gens qui ont été placés dans des CHSLD justement parce qu'ils
étaient tombés trois ou quatre fois chez eux, puis on ne savait pas trop
comment faire. Ça prendrait quelqu'un qui soit avec eux pendant 24 heures
sur 24. Comment on va faire? Donc, les places alternatives, là, sont vraiment importantes
pour ça, il faut absolument s'occuper de ces gens-là.
Il y a
toutes sortes de monde, puis, si quelqu'un tombe une fois, comment… Est-ce qu'il va y avoir suffisamment de
monde pour aller évaluer la personne? Est-ce
qu'on va pouvoir aller l'évaluer
trois fois, quatre fois dans le même
mois pour aller voir… Parce que, lorsque la personne est tombée une fois, bien on sait qu'après ça il y a
des soins qui deviennent différents d'une
semaine à l'autre. Ça peut être plus, ça peut être moins, tout dépendant de la
tangente. C'est vraiment très complexe, de pouvoir décider qu'une
personne reste à la maison, et c'est vrai que personne ne veut aller en CHSLD.
On se pose la question nous-mêmes puis on y répond, alors je ne vois pas
pourquoi on serait différents des autres.
Le 500 millions, j'aimerais bien savoir où on va aller le chercher. Est-ce qu'on va avoir suffisamment de monde? Est-ce qu'on compte beaucoup
plus sur les personnes, les proches aidants?
Les proches
aidants sont en train de se rendre malades. J'en rencontre régulièrement, des gens qui sont vraiment… qui donnent beaucoup d'eux-mêmes,
et on s'aperçoit que ce sont eux qui tombent avant les personnes qu'ils aident.
C'est vraiment un milieu qui est
spécial. C'est vrai que ça prend de l'argent, ça prend du soutien, ça prend de
l'aide à ces personnes-là. Si on n'a pas suffisamment de monde pour
pouvoir les aider, auquel on peut avoir confiance… Parce que je crois que ça
aussi, c'est important. Il va falloir donner ce qu'on a besoin.
Le Président (M. Bergman) : Mme
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne,
il vous reste deux minutes.
Blais : On parle beaucoup,
depuis le début de cette consultation, de facteurs économiques, de soins à
domicile, mais moi, je pense qu'il y a aussi tous les facteurs
environnementaux, les facteurs sociologiques. Je crois que nous allons devoir
mettre en place encore plus de soutien pour briser la solitude des personnes.
Vous avez,
dans votre mémoire, mentionné le terme «maltraitance». Ça s'accompagne aussi de
cette solitude, du fait qu'on est…
Vous savez, quand on est dans une région éloignée, puis qu'on vit seul à la
maison, puis qu'on est en plein milieu
de l'hiver, bien ce n'est pas toujours facile. Et c'est bien, de vouloir rester à la
maison, puis je connais des personnes qui ont 95 ans qui vivent à
la maison, mais il faut que l'environnement soit adéquat. Et je pense que,
lorsqu'on parle d'une planification comme celle de l'assurance autonomie, il
faut aussi voir tous les facteurs environnementaux qui découlent de tout ce qui
s'appelle l'économie puis les soins à domicile. Il y a beaucoup plus que ça.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent.
Mme Parent (Lyne) : Vous avez absolument
raison, madame. Ça prend vraiment… Tout ce que les gens ont besoin, c'est de ne pas être seuls, parce que,
la maltraitance, on entend des histoires vraiment incroyables. Les
jeunes en profitent. Parfois, c'est les enfants. Parfois, c'est d'autres
personnes. Il y a même des… La personne qui livre les médicaments peut profiter
de la personne seule qui demeure dans un endroit et qui est vraiment seule. C'est
très, très dangereux, et, la maltraitance,
on ouvre la porte à la maltraitance à ce sujet-là. Ça, là-dessus, je suis absolument d'accord.
C'est bien qu'ils
soient à la maison, mais ça prend un encadrement. Ça prend
des normes très claires, très serrées. Et,
les gens qui vont aller là, il va falloir qu'ils soient vérifiés. Je ne sais
pas de quelle manière, mais ça, là, c'est vraiment très, très, très insécurisant pour les personnes. Puis, les personnes, on sait très bien
que les personnes seules vont faire attention. S'ils ont une personne
qui va les voir, ils vont être gentils avec, peu importe qui ce sera.
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps s'est écoulé. Maintenant,
pour le deuxième groupe d'opposition, Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Roy
(Arthabaska) : Je comprends votre souci d'avoir des normes puis
d'être bien encadré, mais ça ne remplacera
jamais l'humanisme. Je pense que la promotion de ce qui est moins
institutionnel, la créativité du milieu puis la confiance qu'on peut avoir aux intervenants, ce serait notre
meilleure garantie; leur laisser un peu d'espace pour évoluer, comme
disait une très bonne amie à moi, Nicole Poirier, qui a la maison Carpe Diem à Trois-Rivières — c'est
une amie d'enfance. Elle disait : Tout commence dans le regard, tout
commence dans le regard. Si l'autre n'est pas notre possession,
si l'autre n'est pas notre inférieur, ça va évoluer. Elle recevait des
personnes qui voyaient leur état de santé — elle les recevait des CHSLD — s'améliorer,
mais son modèle n'était pas compatible, ce modèle-là n'est pas compatible avec
ce qui se vit en institution actuellement.
Est-ce
qu'on ne pourrait pas casser un peu le modèle qu'on a vu pour laisser place à un peu plus d'humanisme comme on le vit à la maison Carpe Diem? Je l'ai vu
reproduit pas de la même façon mais semblable à ça dans Arthabaska, et puis ce serait… Je ne sais pas comment on
pourrait favoriser l'évolution de ces modèles-là qui sont performants,
humains et respectueux de nos aînés. La population
adhère en grande
partie à ces modèles-là, ne serait-ce que les fonds qu'elle
fait pour donner le service, parce qu'elle
le donne. Parce qu'il y a des
personnes qui paient, ceux qui ont les moyens, mais la population se
rejoint, adhère à ce système-là pour payer pour ceux qui ne sont pas capables.
Moi,
je pense qu'on aurait… Je suis désolée, mais j'aurais aimé ça l'entendre. Je
pense que je vais l'appeler. Je pense que c'est ça qu'on devrait
reproduire dans le système.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Parent.
Mme Parent
(Lyne) : J'aime beaucoup votre approche, je trouve qu'il y a beaucoup
d'humain dans ce que vous dites. Je crois
vraiment que les gens qui travaillent avec les personnes aînées doivent avoir
une vocation. C'est très, très important
de pouvoir connaître le service qui est donné mais avec des personnes de
qualité. Et je connais également des gens qui ont été engagés et qui sont partis de places qu'elles étaient
infirmières ou préposées, qui ne pouvaient pas survivre au fait qu'elles étaient trop encadrées, elles
avaient des normes tellement trop strictes avec des minutes qu'il fallait
qu'elles accordent aux gens, qui voulaient leur accorder plus parce que, quand
une personne aînée a besoin de parler… On le sait très bien quand on fait juste
téléphoner à ces personnes-là, elles ont besoin de parler. Moi, j'en ai
rencontré une l'autre jour. Je lui ai ouvert la porte au centre d'achats, puis
elle m'a parlé pendant 10 minutes, 15 minutes.
Mais je crois que,
votre approche, si on pouvait… C'est comme si on disait aux gens : Il
faudrait changer une mentalité. Je crois que
la mentalité est déjà bonne en partant, je ne crois pas que… Il n'y a personne qui veut faire du mal aux personnes aînées, qui veut
profiter des personnes aînées.
contre, il faudrait mettre plus d'humanisme là-dedans. Et l'argent, c'est bien
important, mais on sait très bien que c'est le nerf de la guerre
également. Alors, il faudrait aider, parce que je crois qu'on va avoir besoin
de beaucoup plus de personnes bénévoles, de
personnes qui vont aller voir ces personnes-là. Puis je m'aperçois que, quand
on a des places en CHSLD ou en résidence intermédiaire, plus ils ont des
gens qui vont les voir, plus les gens se sentent bien. Puis même on a des histoires qui sont incroyables en disant que les gens
ont moins besoin de médicaments parce qu'ils ont plus de visites. Et je crois que, quand on peut passer le message, nous,
l'AQRP, on le dit aux gens : Allez voir vos voisins, allez voir
votre famille, allez voir votre mère. Allez-y à l'improviste. Juste ça, ça peut
rendre une personne heureuse pendant un court laps de temps.
Mais
il y a une structure à mettre au
travers de ça qu'il ne faut pas oublier également, mais vous avez
absolument raison.
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps s'est
écoulé. Mme la députée de Gouin, pour un bloc de quatre minutes.
Mme David : Merci, M. le Président. Bonjour. Peut-être d'abord un
bref commentaire. J'étais un peu étonnée — mais, c'est vrai, je l'avais déjà
entendu, je l'avais oublié — d'entendre
le chiffre du ministre sur le fait qu'il y aurait à Montréal, donc, 35 % de personnes qui sont en CHSLD et qui ne
devraient pas s'y retrouver. Je ne veux pas contester ce qu'ont sûrement dit de savants chercheurs
là-dessus, mais je m'étonne quand même parce que, dans mon quartier, j'ai
visité les CHSLD, et franchement j'ai
beaucoup de difficultés à imaginer, si je fais une proportion, que 35 %
des gens qui y étaient auraient pu rester chez eux. Quand j'ai vu les
personnes qui étaient là, ça me paraît un peu impossible, en fait. Donc, moi,
je vais, en tout cas, personnellement creuser cette question-là, parce que ça
me surprend un peu.
Je sais aussi que,
dans mon quartier, le CSSS me dit : Il manque 300 places en
hébergement, pas forcément CHSLD, là,
hébergement de toute nature pour des personnes aînées qui même avec de très
bons services à domicile ne pourraient
pas rester chez elles. Et je pense entre autres à des aînés, vous en avez
parlé, dont la santé générale n'est pas si mauvaise mais qui ont des pertes cognitives importantes et qui ne
peuvent pas rester chez eux. Ça a été le cas de quelqu'un d'assez proche
de moi. Donc, ces personnes-là ne peuvent pas rester chez elles, parce qu'il
faudrait effectivement un accompagnement
24 heures par jour. Alors, j'ai l'impression qu'il va falloir imaginer des
solutions de toutes sortes, pas qu'une seule et pas non plus que le
CHSLD, c'est impensable, tout le monde le sait.
Donc, moi, je veux
vous demander deux questions : Avez-vous des idées, effectivement, sur des
solutions mitoyennes? Ça coûte des sous, bien entendu, si on veut ouvrir des
ressources dites intermédiaires, mais quel type de ressource intermédiaire? Êtes-vous
à l'aise, par exemple, avec ces immeubles de 20 étages qui poussent à
Montréal qui sont des ressources
intermédiaires? Et, là aussi, j'ai vu des gens y être hébergés. Êtes-vous à l'aise
avec ce genre de solution? Privilégiez-vous d'autres types de solution?
Avez-vous des idées là-dessus?
Dernière
question : Quel est le juste taux que les personnes aînées doivent payer
lorsqu'elles sont en ressource intermédiaire
ou en CHSLD? D'aucuns plaident pour que le prix de l'hébergement augmente; vous
semblez dire le contraire. Y a-t-il un juste prix? Y a-t-il un mitoyen? Je vous
pose la question.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Parent, vous avez deux minutes pour la
réponse.
Mme Parent (Lyne) : Je pense que ça
va être monsieur...
Le Président (M.
Bergman) : M. Santerre, en deux minutes.
Santerre (Mathieu) : Oui,
merci. Évidemment, dans certains cas, là, il peut être surprenant de voir les
tarifs de certaines résidences privées pour
aînés. Bon, on comprend que les personnes qui n'ont pas les moyens ne peuvent
pas se retrouver dans ces endroits-là.
S'il est
possible d'aider des personnes à bonifier leur situation financière, bien le
crédit d'impôt pour maintien à domicile avait justement cet objectif. Ce
n'était pas un palliatif aux difficultés d'autonomie, c'était pour maintenir la
situation financière. Donc, ça, c'est un
aspect des choses. C'est possible de bonifier pour des personnes qui n'ont pas
les revenus suffisants.
Par ailleurs, pour ce qui est de la tarification
en CHSLD, c'est déjà progressif en fonction de votre revenu. Le maximum est de 1 700 $ par mois. On ne
croit pas qu'il faut augmenter ce tarif en faisant le choix de société de
soutenir les personnes vulnérables quand elles sont rendues à cette étape-là de
leur vie.
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Gouin.
Mme David :
Merci, M. le Président. Et je vous demandais aussi si vous aviez des idées ou
des projets qui vous venaient en tête en rapport avec justement un
hébergement qui ne soit pas forcément CHSLD mais peut-être pas non plus la tour
de 20 étages.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Parent, vous avez une minute pour la réponse.
Mme Parent
(Lyne) : Oui. Votre question
est vraiment intéressante, et je crois que l'idée de 20 étages n'est
pas une solution qui est viable à court
terme. Plusieurs personnes dont… J'ai plusieurs belles-soeurs, puis on se
disait ensemble : On va toutes s'acheter
quelque chose, puis on va s'en aller tous rester là, puis on va gérer notre
affaire nous autres mêmes pour ne pas
avoir personne qui vienne nous gérer. Ça, c'est une solution. Maintenant, il
faut être plusieurs puis il faut s'entendre.
Il y a aussi le fait qu'on fait le tour des
régions présentement. Je crois que votre question est excellente pour dire… parce que dans plusieurs têtes il y a
plusieurs idées. Moi, je me dis toujours : Je n'ai pas le monopole des
idées, puis c'est pour ça que je m'entoure
de monde puis je ne fais jamais rien toute seule. Et je crois que, oui, il y
aurait quelque chose à demander, il y aurait quelque chose à poser comme
question là.
Il y a des
places qui sont libres, je sais qu'on a mis de l'argent dans les anciens
sanatoriums du coin de la Gaspésie dernièrement. En tout cas, on
investit. On va investir puis on va arranger ça.
Le Président (M. Bergman) :
En conclusion, s'il vous plaît.
Mme Parent
(Lyne) : Il y a sûrement des
places. Moi, je parlais des couvents de soeurs, je ne sais pas, je sais
que ce n'est pas adéquat, mais il y a
quelque chose… Ça ne se peut pas qu'il n'y ait rien. De s'y pencher… Je n'ai
même pas de réponse, je tiens à le dire.
Maintenant,
on pense que les ressources intermédiaires, ça pourrait être partout. C'est
facile à dire, mais il faudrait trouver
des solutions, des éléments de solution beaucoup plus clairs et beaucoup plus…
vraiment sur papier, là, quelque chose qui est vrai puis qui pourrait se
vivre, vous avez raison. Merci beaucoup, madame…
Président (M. Bergman) : Malheureusement, le temps s'est
écoulé. Mme Parent, M. Bérubé, M. Santerre, merci pour
votre présentation. Merci d'être ici avec nous aujourd'hui et de partager votre
expertise avec nous.
Et je demande à l'Association québécoise d'établissements
de santé et de services sociaux de prendre place à la table.
Et je suspends pour quelques instants seulement.
(Suspension de la séance à 11 h 2)
Président (M. Bergman) : À l'ordre, s'il vous plaît!
Alors, on souhaite la bienvenue à l'Association québécoise d'établissements
de santé et de services sociaux. Bienvenue. Pour les fins d'enregistrement, on
a besoin de vos noms, vos titres, et vous avez 10 minutes pour faire votre
présentation. Alors, M. Gervais, bienvenue.
M. Gervais
(Michel) : Merci, M. le
Président. Alors, M. le Président, M. le ministre, Mmes et MM. les
membres de la commission, permettez-moi d'abord de vous présenter les personnes
qui m'accompagnent ce matin. D'abord, la directrice générale de notre
association, Mme Diane Lavallée, qui aura l'honneur de vous présenter nos
principales recommandations. Nous avons de
plus invité M. Carol Fillion, directeur général de l'Institut universitaire de
gériatrie de Sherbrooke, et M. Claude
Charland, directeur général du CSSS d'Arthabaska-et-de-l'Érable. MM. Fillion et
Charland sont des dirigeants qui déploient au quotidien
des trésors d'imagination pour répondre adéquatement aux besoins de leurs clientèles. Ils ont accepté de nous accompagner et
de s'exprimer au nom des membres de notre association. Ils répondront
donc avec plaisir à toute question que vous souhaiteriez leur poser.
Notre association, l'AQESSS, est le porte-parole
de quelque 125 établissements publics, soit l'ensemble des centres hospitaliers, des centres de santé et de services sociaux, des centres hospitaliers universitaires affiliés ainsi que des
centres d'hébergement et de soins de longue durée.
Mesdames et messieurs, nous vous sommes
reconnaissants de nous permettre d'exposer notre point de vue concernant le livre blanc sur l'assurance
autonomie. Nous accueillons favorablement ce projet présenté par le ministre
Hébert parce qu'il répond, selon nous, au besoin de notre société de relever le
défi du vieillissement de la population. Permettez-moi
d'émettre le souhait qu'à l'instar des débats sur les soins de fin de vie ceux
entourant l'assurance autonomie soient imprégnés de l'attitude positive
qui permettra à tous de s'entendre sur ce projet ambitieux et nécessaire. Nous estimons
que pas un gouvernement, actuel ou futur, ne pourra escamoter la mise en place
d'un modèle de soutien à l'autonomie qui
mise sur le maintien à domicile et sur la capacité des citoyens à prendre la
responsabilité de leur propre santé.
Notre intervention de ce midi n'a pour objet que de bonifier le projet à l'étude
et d'en faciliter la mise en oeuvre au sein
des établissements du réseau. Nous avons pleinement conscience d'être à un
moment charnière de l'évolution des services
de santé et des services sociaux au Québec et d'être confrontés à un défi aussi
important que l'a été jadis le virage ambulatoire.
C'est un défi auquel nous ne pouvons nous soustraire comme collectivité et
auquel nous nous attaquons même avec un certain retard par rapport à
plusieurs autres sociétés développées.
Je laisse
maintenant le soin à Mme Diane Lavallée, notre directrice générale, de
vous faire part de nos principales recommandations. Merci.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Lavallée.
Lavallée (Diane) : Mesdames
et messieurs, il y a longtemps que notre association milite en faveur d'une
organisation de soins et de services qui mise sur la première ligne,
particulièrement sur les soins et les services à domicile. Pour nous, il s'agit d'un moyen supplémentaire de faire face
au vieillissement accéléré de notre population. Nous estimons que, pour relever ce défi, il est
nécessaire que l'ensemble de la société se sente concerné par le phénomène
et que tous les secteurs s'impliquent et
mettent l'épaule à la roue — on parle des municipalités, des entreprises,
du gouvernement, bien sûr, les
groupes communautaires et l'ensemble des institutions qui nous distinguent et
qui nous caractérisent. C'est pourquoi nous accueillons avec
enthousiasme la mise en place d'approches nouvelles qui mettent de l'avant une
vision inspirante des soins et des services à offrir aux aînés et qui font
appel à l'ensemble de la société comme le propose le livre blanc.
Il est
important de rappeler que l'arrivée d'un tel projet n'aurait été possible sans
les différentes réformes mises en place depuis 20 ans par les
différents gouvernements qui se sont succédé. Le virage ambulatoire de
M. Rochon, la première politique de
soutien à domicile de François Legault, la fusion des établissements menée par
M. Couillard et les réinvestissements importants en services à
domicile amorcés par M. Bolduc ont tous été des décisions courageuses et nécessaires. Le projet actuel auquel nous convie
M. Hébert s'inscrit dans cette lignée et nous invite donc à aller plus
loin. Et le réseau, selon nous, a atteint la maturité nécessaire à sa mise en
oeuvre.
Peu importent
les chemins que nous allons emprunter, la société québécoise a besoin d'un
instrument qui permettra de répondre
aux besoins actuels et futurs de la population. Nous n'avons pas le droit de
rater cet incontournable rendez-vous avec
l'histoire. C'est à la réalisation d'un projet collectif emballant auquel nous
sommes conviés, un projet pour lequel il y a lieu de travailler ensemble
avec détermination. Certes, il y aura des écueils à traverser, des obstacles à
surmonter et des consensus à forger, mais
nous sommes persuadés qu'à nouveau ensemble nous réussirons à poser un jalon de
plus à la modernisation du réseau de la santé et services sociaux.
Pour revenir
au projet à l'étude, nous sommes favorables à chaque mesure qui permet à une
personne même en perte d'autonomie de
vivre au domicile de son choix et d'y recevoir les soins et les services
compensant ses incapacités et favorisant
sa participation à la vie de la communauté. Nous sommes également d'accord avec
l'idée de promouvoir une plus grande participation de l'usager et de ses
proches à l'organisation des services.
Ceci étant dit, les nouvelles façons d'envisager
tant le financement, l'allocation que la gestion des services de soutien aux
adultes en perte d'autonomie suscitent, bien sûr, un certain nombre d'enjeux et
de questionnements pour lesquels les établissements que nous représentons ont
des questions, et nos recommandations vont donc refléter leurs préoccupations.
Elles vont aborder la nécessité de répondre aux besoins réels de la population
en perte d'autonomie, l'organisation des services et les questions relatives au
financement.
Nos premières
réflexions portent sur la nécessité de bien identifier quelle sera la teneur du
panier de services offert, d'autant
plus que nous souhaitons faire passer la couverture des services rendus à domicile
de 15 % à 40 %. Le panier de services devra également évoluer
en fonction du développement des meilleures pratiques. Il faudra en assurer le
financement, bien sûr, mais aussi la pérennité.
Nous
proposons également d'intégrer la notion de neutralité financière dans les
principes mêmes de l'assurance autonomie.
Cela permettrait à l'usager de ne pas être désavantagé financièrement en
choisissant de demeurer à domicile.
De plus, l'approche
des proches aidants dans le maintien à domicile des personnes étant indéniable,
l'AQESSS propose donc que l'on accorde un statut de véritables partenaires à
ces proches aidants et qu'ils puissent bénéficier de répit, de congés et de soutien psychologique. Ils devront aussi
pouvoir compter sur les ressources du réseau et de ses partenaires pour
maintenir leur capacité à soutenir l'autonomie d'un proche.
Pour
mettre en place une organisation des services efficiente et de qualité, nous
rappelons que les CSSS sont responsables de s'assurer de la qualité des
services rendus par différents prestataires et partenaires avec lesquels ils ont des ententes actuellement. Dans ce contexte,
des mesures visant à assurer cette qualité et cette sécurité doivent,
bien sûr, être bien campées.
La dernière
préoccupation que nous aimerions vous transmettre concerne la nécessité d'assurer
la pérennité de l'assurance de soutien à l'autonomie.
D'abord, il est impératif de préciser les modalités qui vont permettre de
protéger à tous les échelons les budgets et les investissements prévus dans le
cadre financier du projet. La création d'une caisse autonomie et les modalités
de financement axées sur le patient nous apparaissent comme étant les deux
piliers sur lesquels nous devons nous
appuyer pour assurer la pérennité du projet. Le financement axé sur le patient,
notamment, permettra d'assurer que les services rendus sont financés à leur
juste valeur.
Il faudra aussi
revoir les modalités de contribution des usagers pour tous les types de
services couverts par l'assurance autonomie.
Par souci d'équité, cette révision devra être effectuée en tenant compte de la
capacité de payer et du patrimoine de chaque usager.
Donc, le temps qui
nous est imparti étant court, je conclurai en rappelant qu'encore de nos jours
une forte proportion des dépenses de
programmes liées à la perte d'autonomie et au vieillissement est consentie à
l'hébergement, si on la compare aux services
à domicile. Bien que nous devions poursuivre la mise à niveau des CHSLD pour
répondre à une population en lourde perte d'autonomie, nous devons investir
davantage dans les services de soins à domicile plutôt que dans le développement infini de nouvelles places d'hébergement.
Le Québec doit prendre ce virage et se préparer aujourd'hui, sans plus
tarder, pour répondre aux besoins croissants de demain des personnes en perte d'autonomie
et en faisant d'eux de réels partenaires des soins. Merci.
Le Président (M.
Bergman) : Merci pour votre présentation. M. le ministre, pour
le bloc du gouvernement.
Hébert : Bien, mes salutations à vous tous. Merci pour ce
mémoire. Merci pour l'appui à ce projet important pour la pérennité des
services de soutien aux personnes âgées et handicapées.
J'aimerais
vous entendre. Vous avez entendu un groupe précédent qui nous disait :
Simplement investir davantage dans
les soins à domicile, ça va être suffisant pour être capable d'assurer les
services. Ça ne semble pas, d'après votre mémoire, être votre opinion. J'aimerais
que vous nous disiez pourquoi vous pensez que de continuer simplement en
augmentant le financement ne sera pas suffisant.
Le Président (M.
Bergman) : Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : C'est clair qu'avec le vieillissement de la
population il y a une accentuation des budgets qui devra être mise pour les soins à domicile. Nous, on pense, l'avantage
de l'assurance autonomie, c'est la protection qu'on confère aussi aux
sommes qui seront investies exclusivement pour les personnes en perte d'autonomie.
On trouve important la gestion des
allocations aussi, le partenariat qu'on doit développer, donc la
responsabilisation que ça apporte
aussi aux personnes et à la famille qui ont besoin d'avoir des services d'autonomie.
On pense que ça protège aussi les plus vulnérables. Donc, on trouve qu'il
y a beaucoup de bénéfices à la mise sur pied d'une assurance autonomie, ne
serait-ce que pour préserver les sommes aussi, pour s'assurer qu'elles soient
utilisées aux fins pour lesquelles on souhaite qu'elles le soient.
Le Président (M.
Bergman) : M. Gervais.
M. Gervais
(Michel) : Oui. Cet aspect-là est très important parce qu'il faut
éviter le dilemme dans lequel se trouveraient
les établissements. Il faut que cet argent-là soit protégé et qu'on n'assiste
pas, en raison des compressions budgétaires, à un transfert des sommes
vouées, disons, à la réponse aux besoins de la population vieillissante vers d'autres
services.
faut savoir que, depuis trois ans, le budget de base des établissements a connu
des coupures de l'ordre… on a baissé la base de financement de l'ordre
de 540 millions. Et, cette année, si on avait eu le 4,8 % qu'on
attendait… On a eu 1,7 %, ça représente
600 millions de différence. C'est sûr que, dans ce contexte-là, si on ne
protège pas le budget voué à la solution des problèmes des personnes en
perte d'autonomie, c'est une somme qui est menacée.
L'autre chose, l'autre dimension, c'est qu'il faut
voir qu'il y a là-dedans un virage culturel très important. C'est peut-être
le deuxième aspect majeur du projet, c'est qu'on responsabilise les personnes à
l'égard de leur propre sort, de leur propre
santé. Et ça, c'est très important. On leur donne les sommes requises pour
obtenir des services, et ça change la dynamique complètement. Et d'ailleurs
peut-être qu'éventuellement ça nous amènera à des transformations du système de santé plus largement, où on aura
davantage conscience de la nécessité de responsabiliser les gens par
rapport à leur propre santé.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert :
Vous êtes accompagnés de MM. Fillion et Charland, qui représentent des
régions qui ont été très innovantes en
termes de services aux personnes âgées en implantant des réseaux intégrés de
services. L'opposition voudrait nous faire croire que l'assurance
autonomie vise juste à régler le problème de Montréal. Moi, j'aimerais ça vous entendre sur la valeur ajoutée de l'assurance
autonomie dans vos régions, qui ont déjà des modèles extrêmement innovateurs. Qu'est-ce que l'assurance autonomie
va vous permettre de faire de plus que ce que vous faites actuellement?
Le Président (M.
Bergman) : M. Fillion.
M. Fillion
(Carol) : Bien, d'abord, on
évalue que le système actuel arrive à maturité utile, je devrais dire. On
est allés au bout de l'évolution, là, hein,
Mme Lavallée en a parlé tantôt, on arrive au bout et on a besoin de
leviers supplémentaires pour bien
confirmer le rôle du CSSS comme animateur ou un leader du réseau local. La
santé ne peut plus seulement s'inscrire
dans une relation où on donne des services à des gens qui sont en besoin et en
attente de services, on doit travailler en équipe.
Donc, quand on parle de l'usager partenaire,
hein, on trouve que derrière ce projet-là il y a... On a parlé de responsabilisation mais de prise en main du
devenir, appuyé sur un gestionnaire de cas qui peut développer la
relation de confiance si importante qui a
été mentionnée précédemment, qui peut mettre à profit son expertise, sécuriser
la personne, la diriger dans l'ensemble des services qui pourraient être
opportuns. Alors, on voit, au-delà de la caisse, le levier pour pousser
davantage le réseau en appui à la détermination de la population.
Le Président (M. Bergman) : M.
le ministre.
Hébert : M.
Charland, ça va? O.K.
Le Président (M. Bergman) :
M. Charland.
Charland (Claude) : Oui, je
vais compléter. En fait, ce qu'on a de besoin, c'est d'un cadre général.
Comme M. Fillion l'a dit, le système actuel ne peut plus suffire. Puis ce
qu'on voit, nous, ce qu'on voit poindre et ce qui nous a servi à faire les transformations dans les 25 dernières années,
dans notre secteur, c'est qu'il y a une vision devant nous pour les cinq, 10 prochaines années. Le mur,
ce n'est pas le 1er avril 2014 qu'il s'en vient. Le mur, c'est dans cinq
ans. Donc, avoir un cadre d'une assurance autonomie bien défini, qui permet à tout
le monde de se diriger vers le même endroit
va nous permettre, aux organisations, de le prendre en charge. On est capables, les
CSSS, de le prendre en charge, mais
on a besoin d'un appui significatif de la société au complet. Une caisse
d'assurance autonomie, donc, c'est une vision très claire des cinq,
10 prochaines années vers lesquelles on s'en va et sur laquelle on va
pouvoir s'appuyer pour bien travailler dans chacun de nos réseaux.
Le Président (M. Bergman) : M.
le ministre.
Hébert : Vous
parlez, dans votre mémoire, de neutralité financière qui... et avec un
mécanisme qui actuellement désavantage le soutien à domicile. L'opposition officielle voudrait nous faire croire, là, qu'il y aurait...
les gens devraient débourser pour des
services, ce qui n'est absolument pas le cas. On parle d'un ajustement de l'allocation
de soutien à l'autonomie en fonction du revenu et non pas d'un déboursé.
J'aimerais
vous entendre un peu plus sur la contribution de l'usager, sur la notion de neutralité
financière, ce que vous avez en tête, ce que serait votre proposition.
Le Président (M. Bergman) :
M. Gervais, Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : Quand on
parle de neutralité financière, c'est qu'on ne voudrait pas que les gens soient désavantagés dans le choix de rester à
domicile. À l'heure actuelle, pour bien des personnes, ça coûte moins
cher d'être hébergé en CHSLD que de rester
dans leur propre résidence. Et, dans ce sens-là, nous, on pense qu'il y aurait
une importance de revoir aussi la contribution des usagers qui résident en
CHSLD, contribution qui n'a pas été revue depuis
les 15 dernières années, mais on pense aussi qu'il est faux de faire
croire à la population que les gens ne paient pas présentement pour rester dans leur domicile. Selon une étude qui a été faite par la
Sun Life en 2011 — c'est
ce qu'on a trouvé de plus récent — il en coûterait entre
2 000 $ et 5 000 $ par mois, pour une personne en perte d'autonomie,
pour compléter l'offre de services offerte
déjà par les CLSC. Beaucoup de
personnes prennent aussi des sommes de leurs propres budgets pour réaffecter un peu leurs résidences privées. Ils se
paient des loyers, ils vont changer même de loyer, ils vont se payer des
places en résidence privée à même leurs revenus.
Ceci étant dit, on veut tous que ça se fasse en
protégeant, bien sûr, les personnes les plus vulnérables, que ces gens-là
n'aient pas à débourser, bien sûr
toujours en fonction de la capacité de payer. Je pense qu'on a à revoir déjà
les sommes dont les gens ont à débourser,
mais on ne voudrait pas… Si on veut faire prendre le virage et faire en sorte
que les gens choisissent de rester… Les gens veulent rester dans leur maison,
là, ou dans leur appartement, tous les sondages le démontrent, mais il faudrait qu'il y ait quand même des avantages à
le faire. Et, si c'est qu'ils doivent payer davantage que s'ils étaient
en CHSLD, ça va être difficile de faire prendre le virage.
Donc, on pense qu'il y a un rééquilibrage à
faire de toutes les contributions des usagers, notamment dans les CHSLD.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert : Ce qui me
préoccupe dans les chiffres que vous livrez, de la Sun Life, c'est qu'actuellement
les services à domicile sont aveugles par
rapport à la capacité de payer des gens, et des personnes qui ne vivent qu'avec
la pension de vieillesse et le supplément de revenu garanti sont absolument
incapables de rester à domicile dans ces situations-là.
Il faut être capable d'avoir un système qui module l'aide financière de l'État
en fonction du revenu pour faire en sorte que des personnes avec le supplément
de revenu garanti puissent être capables financièrement de rester à domicile
avec l'aide de l'État. Et je pense que c'est un des éléments majeurs, parce qu'actuellement,
vous en conviendrez, le système est aveugle
par rapport aux revenus. On donne la même couverture de services, peu importe
le revenu des individus, à domicile.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : Je pense que
ça, ça nécessite d'être modulé. Si on veut vraiment se donner la marge de
manoeuvre pour le réussir, il faut être équitable. Et il faut le faire en
fonction de la capacité des gens de payer aussi
puis faire en sorte que les personnes les plus vulnérables soient capables
aussi, avec les services qu'on va être en mesure de payer, de demeurer à
domicile.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
Vous parlez, dans votre mémoire, de modalités de protection budgétaire. Vous
mentionnez deux éléments, la constitution d'une caisse séparée. Alors, j'aimerais,
dans un premier temps, que vous me parliez de l'importance d'avoir une caisse
séparée pour assurer la protection budgétaire.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : Comme
M. Gervais vous le disait tantôt, le fait d'avoir une caisse qui serait
sous la gestion notamment de la RAMQ, qui ne serait pas intégrée dans un budget
du ministère de la Santé protège ces sommes-là
pour qu'elles servent exclusivement aux services des personnes en perte d'autonomie,
pour les soins à domicile, et ne pas avoir la tentation de les prendre
pour compenser, souvent, des compressions budgétaires. Donc, c'est cette
assurance-là de protéger des sommes.
Et ce qu'on
trouve intéressant aussi, c'est toute la question de paiement axé sur le
patient, sur le besoin du patient, qui
va être instauré avec la caisse autonomie, une demande qui a été maintes fois
formulée, depuis longtemps d'ailleurs au gouvernement. Depuis, je pense, 2008 qu'on voulait étendre le
financement axé sur le patient à l'ensemble des activités, plusieurs activités
en santé. Mais, pour les fins de la caisse autonomie, c'est le financement qui
est proposé qui nous convient parce que ça va permettre vraiment de financer à
la hauteur des services de façon plus précise, de façon plus équitable qu'un
financement traditionnel, axé sur les financements antérieurs, qui n'ont pas
été fixés en fonction des services offerts à la hauteur dont les patients en
ont besoin.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
Je voyais d'ailleurs que le chef fantomatique du Parti libéral,
M. Philippe Couillard, avait justement appuyé le financement à l'activité
et j'étais tout à fait…
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : M. le Président,
je pense que nos débats, à date, sont empreints de respect, et le ministre
passe des commentaires, depuis le début des
consultations, qui dépassent un peu la façon dont nous procédons dans nos
travaux. Alors, j'aimerais tout simplement
reprendre un petit peu puis demander au ministre d'arrêter de faire le
fanfaron. On est dans une question
sérieuse qui est la question de l'assurance autonomie. Il devrait s'inspirer de
sa collègue la ministre déléguée aux Services sociaux, qui, elle,
travaille de façon sérieuse les dossiers.
Le Président (M. Bergman) :
Merci, Mme la députée de Gatineau. M. le ministre.
Hébert : M. le
Président, j'aimerais ça que vous passiez le commentaire à votre collègue le
député de Jean-Talon également, qui a passé souvent des remarques de ce type-là
Président (M. Bergman) : M. le ministre, je vous demanderais de
vous adresser à la présidence, s'il vous plaît.
Hébert : Oui.
Alors, M. le Président, je disais donc que je suis heureux de voir qu'on
supporte, au Parti libéral, le financement à
l'activité. Et c'est une façon de passer au financement à l'activité, via l'assurance
autonomie. C'est un gros changement dans la culture des établissements, et vous
appuyez ce changement-là. Ça veut dire d'avoir un budget qui est modulé selon
les usagers dont vous avez la charge et non pas suivant des budgets
historiques.
Est-ce que vous soutenez le changement que va
impliquer ce nouveau mode de financement?
Le Président (M. Bergman) :
M. Gervais.
M. Gervais (Michel) : Oui, nous le
soutenons et l'avons d'ailleurs demandé à quelques reprises dans des mémoires
sur des sujets connexes. C'est la position de l'AQESSS. On doit se diriger vers
un financement moderne qui est un financement à l'activité,
quelles que soient les difficultés que ça comporte. Et c'est une très belle
occasion de l'introduire.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
Vous suggérez d'implanter l'assurance autonomie d'une autre façon que ce qui
est proposé dans le livre blanc. Alors, la façon de l'implanter, dans le
livre blanc, est selon les différents types d'usager, alors d'abord personnes âgées, ensuite déficience physique et
finalement déficience intellectuelle. J'aimerais vous entendre sur la
façon dont c'est proposé. Quelles sont les difficultés que vous y voyez? Et
quelle serait une façon alternative d'implanter l'assurance autonomie, à votre
avis?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Lavallée.
Lavallée (Diane) : Bien,
pour avoir, je vous dirais, échangé avec des collègues d'autres associations,
nous, on pense qu'on devrait instaurer et
rendre accessibles les services à toutes les personnes qui sont en perte d'autonomie,
que ce soient des personnes qui souffrent de
déficiences physiques, déficiences cognitives ou autres, parce qu'il y a de
mêmes types de services qui sont octroyés à ces personnes-là, et on ne voudrait
pas commencer à déployer des services par catégorie
de problématique mais des services qu'on commence graduellement, en offrant les
mêmes services pour le même type de
besoin indépendamment du déficit ou des raisons pour lesquelles les gens sont
en perte d'autonomie. On pense que ça
serait beaucoup plus facile à gérer, parce qu'à l'heure actuelle, que ce soient
des personnes qui souffrent de troubles cognitifs, de déficiences
physiques, souvent ils vont avoir besoin de mêmes types de services, et on ne
voudrait pas commencer à le découper.
Je ne sais pas si vous voulez peut-être parler
pour concrètement comment ça…
Le Président (M. Bergman) :
M. Fillion.
M. Fillion
(Carol) : Bien, dans l'organisation
de services, hein, ce n'est pas uniquement par clientèle que l'on déploie nos services mais vraiment par besoins de
la population. Alors, il nous apparaît plus harmonieux avec la façon de
déployer les services que de le faire sur la base, là, du besoin d'une
population, d'un réseau.
C'est souvent
les mêmes partenaires aussi qui rendent ces services-là, alors les entreprises
d'économie et d'autres… Donc, pour animer notre réseau, là, il nous
apparaît que ce serait davantage harmonisé avec la façon de gérer l'offre de
services.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
Donc, si j'ai bien compris, vous voudriez une implantation pour l'ensemble des
usagers en même temps. En fait, il n'y a pas vraiment de progression,
sauf un certain nombre de services à la marge qui pourraient s'ajouter
ultérieurement, comme les aides techniques et les adaptations de domicile.
Est-ce que j'ai bien compris votre proposition?
Charland (Claude) : Ce qui nous… Derrière cette réserve-là, M. le
ministre, c'est le fait d'ouvrir un panier de services trop large puis être obligé de le corriger en cours de route.
Donc, ce qu'on souhaite, c'est que… On offre déjà des services à l'ensemble de cette clientèle-là, de
toute la clientèle, et on pourrait l'ouvrir un petit peu plus grand dans
des services mais éviter d'aller trop loin, donc continuer l'offre de services
qu'on a là, avoir une base de services qui est acceptable et recevable sur le
plan financier avec les expériences qu'on aura à vivre là-dedans, et après ça,
si on voit que le panier de services doit devenir plus grand, bien on pourra le
faire.
Mais on a une
réserve importante. Les directeurs généraux, on est des gens responsables, on
gère notre budget avec efficience et
efficacité de plus en plus, et ce qu'on souhaite, c'est éviter d'avoir à faire
des choix, nous, pour la communauté, donc faire des choix au départ du
projet et non pas en cours de route, ou dans trois ou quatre ans, ou quatre,
cinq ans si on n'y arrive plus.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
L'assurance autonomie s'appuie sur des acquis dans le réseau : l'évaluation
standardisée avec du personnel formé
pour la réaliser, la mise en place des gestionnaires de cas dans le cadre des
réseaux intégrés, la mise en place
des outils de gestion comme les profils ISO-SMAF dans les établissements.
Est-ce que, pour implanter l'assurance autonomie, le réseau de la santé
et des services sociaux est prêt à faire ce changement-là?
Le Président (M. Bergman) :
M. Gervais.
M. Charland (Claude) : Je peux vous
dire qu'on est prêts. Je peux vous dire que dans Arthabaska-Érable, en exemple, on le fait déjà. Ce qu'on a besoin, c'est
de grandes orientations, parce que le volume de personnes âgées va
augmenter sensiblement, mais je peux vous dire qu'on est prêts. On a les
ressources, on a ce qu'il faut, et il faudra juste les adapter en fonction du
volume avec les années à venir.
Le Président (M.
Bergman) : M. le ministre.
Hébert : L'assurance
autonomie prévoit une accréditation des prestataires, des autres prestataires
que du réseau public, accréditation qui pourrait être faite par l'agence ou par
les CSSS.
Est-ce que
vous avez une opinion sur quelle devrait être la structure du réseau qui soit
chargée d'accréditer les différents prestataires du réseau local?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : Nous, on n'a
pas fait un choix sur un organisme en particulier. Il y a le Conseil québécois
d'agrément, bon, il y a toutes sortes d'organismes. Mais nous, on trouve ça
très important qu'il y ait une accréditation
qui soit donnée aux organismes qui offriront les services. C'est une question
de qualité mais de sécurité aussi et de
s'assurer que ces gens-là aient la formation de base importante, de la
formation continue, qu'il y ait de la supervision, des suivis et qu'on
ait l'assurance qu'on fait affaire avec des organismes de grande qualité. Il n'y
a pas de compromis à faire sur la qualité et la sécurité des organismes qui
offriront des services à domicile aux personnes, là, qui sont sous nos
responsabilités.
Et c'est la responsabilité du CSSS, hein, la
responsabilité populationnelle du CSSS de transiger aussi avec plusieurs organismes. On le fait déjà. Donc, on va
devoir accentuer, parce qu'il devra y avoir plus de ressources, mais il
y a déjà une expertise qui est quand même développée au sein de nos CSSS quant
au développement d'ententes avec différents
partenaires, et pour lesquels on a aussi la préoccupation, bien sûr, de la
question de la sécurité. Mais il faudra être davantage vigilant, parce que, là, on va en déployer beaucoup plus, de
personnes sur le territoire, et il faut s'assurer que les gens de ces organisations-là aient toute la
formation qu'il faut et une garantie, là, d'offrir des services de grande
qualité.
Le Président (M. Bergman) :
M. le ministre.
Hébert :
Vous parlez, dans votre recommandation 6, que le proche aidant soit
reconnu comme un usager ayant des besoins psychosociaux, en fait qu'il
soit reconnu comme un partenaire.
J'aimerais ça
vous entendre là-dessus. Quel est le changement par rapport à la situation
actuelle que vous y voyez?
Le Président (M. Bergman) :
Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : Bien, nous,
déjà, on veut que le… On sait que, pour maintenir des gens dans la communauté, c'est important de prendre conscience
qu'il y a souvent de la famille autour, il y a un tissu social mais
familial aussi. Et, si on ne veut pas
épuiser davantage, je vous dirais, les proches aidantes — parce qu'on peut féminiser assez, même s'il y a quand même certains hommes — on pense qu'il faut prendre en considération
leur situation, faire en sorte que ces gens-là n'aient pas à quitter le
marché du travail pour s'occuper à temps plein de quelqu'un. Donc, ça prend des
services en quantité suffisante dans la
communauté, ça prend des ressources du réseau en quantité suffisante pour
permettre d'offrir les services que commande l'état d'autonomie de la personne,
sinon ça repose sur la famille, les proches.
Et on veut que ces gens-là puissent bénéficier
vraiment de répit, qu'il y ait du support psychologique aussi qui leur soit
offert, qu'ils soient
partie prenante et qu'il y ait des dossiers qui soient
ouverts sur le profil de ces personnes-là et
leurs besoins. Si on veut que ces gens-là continuent à être des partenaires
pour le soutien à domicile, il faut qu'on accorde une importance assez
grande à ces gens-là et qu'on voie aussi la possibilité d'instaurer des congés,
que ce soit en modifiant les lois des normes
pour leur permettre d'avoir des congés peut-être supplémentaires à ce
qui existe quand des situations demandent
plus de temps à consacrer auprès des personnes. Nous, pour nous, c'est
important qu'on porte une attention particulière à ces gens-là.
Hébert : Je vais
laisser ma collègue…
Le Président (M. Bergman) :
Mme la députée de Sainte-Rose, il vous reste trois minutes.
Mme Proulx :
Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs et madame. J'aimerais aborder avec
vous la question de la maltraitance, parce que le groupe qui a témoigné
avant vous a abordé cette question-là, et j'ai été quand même assez surprise d'entendre
l'espèce de lien qu'ils faisaient, d'amalgame qu'ils faisaient entre
augmentation de la maltraitance avec
augmentation du maintien à domicile. Et j'ai compris que ce qu'ils… leur
préoccupation était à l'effet que, si
on maintenait les gens à domicile plus longtemps, on allait augmenter la
maltraitance, et qu'à toutes fins pratiques le meilleur moyen de
prévention, c'était le CHSLD.
J'aimerais ça
vous entendre sur la question de la maltraitance et de cette analyse qui m'apparaît
quand même un petit peu courte, là, sur le lien entre le maintien à
domicile et l'augmentation de la maltraitance.
Le Président (M. Bergman) :
M. Gervais.
M. Gervais (Michel) : Très courte.
Mais je vais laisser ceux qui sont plus proches du terrain en parler.
M. Charland (Claude) : Je vais y
aller.
Le Président (M.
Bergman) : M. Charland.
M. Charland (Claude) : Bon, je pense
qu'il n'y a pas un automatisme, pas un effet de cause directement lié. Avec l'ensemble des intervenants qui vont graviter
autour du domicile, je pense qu'on a les équipes qu'il faut pour être
capables de compenser cette maltraitance-là.
La maltraitance, on en a, oui, chez les aînés,
mais on en a chez les femmes, on en a chez les enfants, on en a chez les personnes handicapées. On en a partout,
dans toutes les couches de la société. Alors,
ne profitons pas, à mon avis,
de ce débat de la caisse autonomie pour faire en sorte qu'il va y avoir plus de
maltraitance.
Je pense qu'on a une solution qui est intéressante
devant nous puis on a un défi de très, très grande envergure comme société. Et
la maltraitance fait
partie des choses qu'il faudra traiter, mais, pour moi, il
ne faut absolument pas faire un lien de
cause à effet. Et il faut mettre les mécanismes en place. Nous, les CSSS,
on va mettre les mécanismes en place pour s'assurer que, les personnes
âgées qui vont subir des contrecoups de certaines problématiques de société,
bien qu'on soit là pour y répondre puis corriger rapidement.
Lavallée (Diane) : Je
pourrais même rajouter que plus il y a d'intervenants qui va à domicile, plus,
je vous dirais, qu'il y a moins de risques, qu'on diminue le risque de
maltraitance. Pour avoir représenté des gens qui ont été très vulnérables, je pourrais vous dire que la meilleure
recette, c'est de faire en sorte qu'il y ait le plus de gens puis que la
communauté se mobilise, que les voisins, pas
juste la famille, la famille, oui, les proches, mais la communauté se
mobilise pour ne pas laisser isolées ces personnes-là. C'est le meilleur
antidote contre la maltraitance.
Et moi, je
pense que le réseau aussi a mis en place plusieurs moyens pour détecter les
situations, en détecter pour ne pas
que ça dégénère. Et je pense qu'il ne faut pas faire le lien de cause à effet
que de maintenir plus longtemps les gens dans leur domicile il y aura plus de maltraitance, et pas plus qu'on doit
faire le lien que, dans les réseaux publics, les CHSLD, on ait besoin de
politiques pour contrer la maltraitance. Je pense que les gens donnent des
services de grande qualité. Il y a plusieurs mesures pour empêcher que la
maltraitance se fasse dans nos établissements.
Donc, je
pense que c'est des faux débats. Ce n'est pas qu'il ne faut pas être vigilants,
je pense qu'il faut accroître notre vigilance à cet égard-là, mais, je
vous dirais, la recette est de faire en sorte que plus il y a d'yeux, plus il y
a de personnes autour des personnes isolées, vulnérables, moins il y a de
chances qu'il y ait de la maltraitance.
Le Président (M. Bergman) : Malheureusement,
le temps du gouvernement s'est écoulé. Maintenant, pour l'opposition
officielle, M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. D'abord, je veux vous
saluer puis vous remercier pour tout le travail que vous faites dans le réseau. J'ai eu l'occasion de vous
connaître tous personnellement, de visiter vos organisations également,
puis je peux vous dire que vous êtes vraiment des champions au niveau de la
transformation du réseau de la santé.
D'ailleurs,
je vais faire un commentaire. Quand le ministre dit qu'on est des cancres, au
Québec, je pense que c'est une insulte à tous les gens qui travaillent
dans le réseau de la santé. Parce que vous êtes dans les deux organisations qu'on cite de façon répétitive sur la
transformation qui doit se généraliser dans le réseau de la santé, et moi, je
pense que... Puis, de façon polie, je ferais remarquer au
ministre : À toutes les fois qu'il dit ça, ça touche directement le coeur
de 300 000 personnes qui font des gros efforts de transformation.
Et je veux
remercier Mme Lavallée. Vous avez très bien expliqué la transformation du
réseau de la santé qui s'est faite au cours des années. Et le principe d'autonomie,
maintien à domicile, avoir des ressources appropriées, je pense que c'est en continuité avec ce qui s'est déjà
fait. Et, je pense, juste le confirmer, il y a déjà eu un début de
réinvestissement dans le réseau de la santé au niveau du maintien à domicile,
même chose au niveau des ressources intermédiaires et de la transformation de
moins de CHSLD vers plus de ressources intermédiaires, plus de maintien à
domicile. Juste peut-être me le confirmer.
Le Président (M. Bergman) :
Mme Lavallée.
Lavallée (Diane) : Bien,
effectivement, il y a eu des augmentations. Et il reste que malheureusement
ce n'est pas suffisamment pour répondre aux
besoins croissants, parce que je pense que l'iceberg est devant nous, et il
faut se préparer maintenant à y répondre.
Oui, il y a eu beaucoup d'efforts de faits, je pense qu'il faut saluer toutes
ces initiatives-là, mais l'occasion
nous est donnée de donner un coup de barre pour accélérer et accroître les
ressources dont on aura besoin.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean... M. Gervais.
M. Gervais
(Michel) : ...compléter
peut-être en disant que, tout à l'heure, le chiffre de 2,5 % a été évoqué
comme un peu un chiffre normal, là, de gens qui étaient dans les CHSLD. La
question, c'est de penser à l'avenir et au volume
qui va augmenter très considérablement. Et, si on veut maintenir ce chiffre de
2,5 %, ça va prendre un petit peu plus de places peut-être dans les
CHSLD, encore que je suis d'accord qu'il y a bien des personnes qui y sont qui
ne devraient pas y être. On ne les sortira
pas, mais on n'en fera pas rentrer. C'est un peu comme la désins, dont je serai
prêt à parler si vous voulez en parler. Si
on veut maintenir ce chiffre-là à 2,5 %, il faut absolument trouver une
autre solution, et d'où la solution
du maintien à domicile, qui d'ailleurs est celle qui est préférée par les gens.
Quand on parle à nos parents, à nous-mêmes,
pensons à nous-mêmes, personne, comme on le disait tantôt, n'a le goût d'être
placé, comme on disait autrefois.
Alors, c'est de penser à l'avenir.
Actuellement, oui, on pourrait peut-être tricoter ça pour maintenir à
2,5 % en diminuant à Montréal,
etc., mais ce n'est pas de ça qu'il est question. Il est question des cinq, 10,
15 prochaines années.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Bien,
juste pour vous expliquer, c'est sûr qu'il peut y avoir une transformation puis des améliorations, mais il
reste qu'à la fin tous reconnaissent qu'il y a un plancher pour le
nombre de lits de CHSLD. Vous êtes dans des
établissements, vous le savez. Même chose au niveau des ressources
intermédiaires.
Puis, juste pour vous
donner un exemple, si on veut être réaliste, pour un bassin de population
déterminé, si on applique la norme de 2,5, c'est
certain que, si le nombre de personnes augmente, on est d'accord que, si on
veut respecter le 2,5, ça va nous
prendre plus de places en CHSLD. On est d'accord qu'à Montréal
la transformation n'a pas été aussi complète
que dans le reste du Québec, donc cette transformation est en cours, et que…
Je ne veux pas dire... Le ministre veut
nous faire dire des choses, mais ce que j'ai dit, c'est que très clairement Montréal
est une problématique particulière, mais,
le reste du Québec, la transformation s'est faite. On cite toujours
Arthabaska-Les Érables. La région de Sherbrooke, vous êtes là. Puis
l'autre qu'on cite, c'est le Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui ont été capables d'atteindre
ces ratios-là. Et c'est ce qu'on veut.
D'ailleurs, il faut
viser… il faut vraiment voir c'est quoi, la vraie problématique. Ce que vous me
dites, si je comprends bien, dans un premier
temps : Il y a un problème d'insuffisance d'argent, ça prend plus
d'argent. Deuxièmement, ce que vous dites : Il faut protéger cet
argent-là pour éviter, quand on est gestionnaire, de dire : Bien,
on ne développera pas ces ressources-là parce qu'on est obligés de couper
ailleurs.
Ma question va être
pour M. Charland. Vous êtes directeur général, vous connaissez vos
collègues directeurs généraux. Est-ce que
vous croyez que, si le ministère vous dit que l'argent est dédié à cet
endroit-là et on va aller vérifier par vos comptables que vous avez bien
mis l'argent à cet endroit-là… Est-ce que vous pensez que vos gens vont prendre
l'argent puis vont le mettre ailleurs, en sachant qu'il y a cette
vérification-là puis qu'il y a cette consigne de la part du ministère et du
ministre?
Le Président (M.
Bergman) : M. Charland.
M. Charland (Claude) : Bien, moi, je pense que non. Défalquer des
budgets, ce n'est pas du tout ce qu'on fait. D'ailleurs, les budgets de développement qu'on reçoit depuis quelques
années sont étiquetés, demandent une reddition de comptes très, très,
très précise, donc il faut éviter de défalquer l'argent.
Donc, c'est pour ça
que le programme qu'on a entre les mains nous permettrait probablement d'avoir
une gestion aussi... sortir d'une gestion
annuelle de notre budget, d'éviter qu'on soit au 31 mars puis dire :
Qu'est-ce qu'on fait au
1er avril? Donc, on connaît notre nombre de personnes âgées, on connaît
notre base de financement, on connaît nos ressources, on a des contrats
avec des ressources à l'externe, donc on est capables de travailler à l'intérieur
de cette enveloppe-là.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Oui,
mais actuellement il existe, depuis plusieurs années, des ententes de
gestion. Est-ce qu'on pourrait prendre la même formule et mettre ça à l'intérieur
de l'entente de gestion, comme vous avez eu au niveau du maintien à domicile?
juste pour vous dire, vous venez de dire quelque chose qui est vrai : la
plupart des établissements, la grande majorité, presque l'unanimité des
établissements respectent les ententes. Mais là on prend une exception à
quelque part, peut-être qu'il y a eu comme
de l'argent qui a été pas mis à la bonne place, puis on en fait une règle
générale, puis on dit : Maintenant, on doit mettre en place un
grand système qui s'appelle l'assurance autonomie pour répondre à cette
problématique-là. Mais vous êtes d'accord avec moi que les enveloppes dédiées
du réseau de la santé sont vérifiées et que vous devez répondre aux ententes de
gestion qui existent déjà depuis plusieurs années?
Le Président (M.
Bergman) : M. Charland.
M. Charland
(Claude) : Tout à fait, vous avez raison là-dessus. Par contre,
certaines ententes de gestion laissent place
à de l'interprétation, de la négociation, et, devant le volume d'activité qu'on
va avoir à faire face avec le vieillissement, bien c'est plus difficile,
Dr Bolduc.
Mais
ce que je voudrais ajouter aussi, c'est que tout ça, avec les chiffres qu'on
mélange, la seule façon qu'on va s'en sortir, qu'on peut s'en sortir,
que les régions peuvent s'en sortir, c'est de s'assurer qu'on a une
diversification dans notre offre de
services. Et, si on n'a pas la diversification dans l'offre de services, c'est
qu'on n'offre plus de choix à nos gens,
et plus de choix à nos gens, c'est plus de choix non plus à nous. Donc, tout
ça, qu'on appelle ça la caisse... l'assurance autonomie, qu'on appelle
ça n'importe quel programme, ça nous prend une mesure, une orientation générale
pour que les établissements puissent concevoir qu'on va sortir des gens des
CHSLD, on va les mettre dans des ressources. Comme
on a un projet novateur chez nous qui est exceptionnel, qu'il y a des gens qui
auraient passé 15, 20 ans dans un CHSLD.
Donc, protéger cette enveloppe-là, c'est éviter peut-être de faire en sorte que
des difficultés, ou des immobilisations, ou des projets vont se financer
à partir même des personnes âgées.
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Écoutez, M. le Président, ce
que vous dites, c'est ce que je dis. Il y a le maintien à domicile, il y a les
ressources intermédiaires, il y a des projets innovateurs, et ça prend cette
diversification.
danger de ce projet-là, c'est de dire : Il y a juste du maintien à
domicile, et ça va régler tous les problèmes du réseau. Et, si vous êtes
d'accord avec moi, il y a une question de rajout d'argent, mais il y a une
question aussi d'aller améliorer la façon
dont on fonctionne, ce qu'on appelle améliorer la performance, pas en faisant
travailler les gens plus fort mais en utilisant des méthodes pour qu'on
élimine ce qui est du gaspillage puis on élimine ce qui n'est pas de valeur
ajoutée. Ça, il y a beaucoup de gains à faire là-dedans, dans le réseau de la
santé. Êtes-vous d'accord avec ça?
Le Président (M.
Bergman) : Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : Oui, il y a beaucoup de gains. D'ailleurs, il y
en a beaucoup qui ont été faits. Mais je pourrais vous dire… Moi qui termine une tournée de l'ensemble des
régions, disons que toutes les mesures d'optimisation ont été pas mal... Il y a peut-être encore de l'espace
à de l'amélioration, mais je vous dirais que ce n'est plus de ce côté-là
qu'on peut regarder pour dégager de grandes marges qui permettraient de
soulager l'ensemble des besoins, là, des services à offrir dans le réseau de la
santé.
Et il faut voir que,
malgré les ententes de gestion qui sont prises avec nos établissements, il
reste que, d'un autre côté, on reçoit quand même
des mesures puis des obligations d'optimisation qui viennent faire en sorte que
les gens doivent travailler dans les
marges de manoeuvre qu'ils ont dans les établissements pour offrir
autant les services à domicile que
désengorger les urgences, répondre à des besoins en chirurgie, les listes d'attente
qui sont très longues. Donc, c'est plus
tentant, des fois, de pouvoir aller piger dans une enveloppe de services à
domicile, ça semble souvent moins urgent que de désengorger les
urgences, pour donner un exemple. Et ça a le mérite de préserver ces sommes-là
puis de les dédier exclusivement à ça.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Merci pour ce que
vous avez dit, parce qu'on vient ici en commission,
puis le ministre a l'air de dire qu'il ne s'est jamais rien fait puis qu'on est
des cancres, alors que je pense qu'au Québec… Il y a même des... Moi, je
suis allé en Europe, je suis allé voir en Europe, puis il y en a qui viennent prendre
modèle ici sur ce qu'on est en train de faire, dont, entre autres, les
Français, qui viennent pour voir notre organisation
en réseaux locaux avec les CSSS. On a fait cette transformation-là que le
député... depuis plusieurs années.
Pour
répondre à la question que vous dites, à l'affirmation que vous venez de faire,
c'est qu'un élément important, là, c'est
qu'on peut protéger les budgets en ayant des enveloppes dédiées, les ententes
de gestion le permettent. Si quelqu'un, par la suite, sort de cette entente-là,
là on peut lui taper sur les doigts puis là on peut le ramener à l'ordre.
Quant à moi, je pense que c'est possible de le faire. Et ça, pour moi, c'est un
élément important.
Moi,
j'aimerais aussi corriger... Puis je vais vous expliquer un peu comment moi, je
vois que ça va fonctionner. Le ministre,
il dit : Les gens n'auront pas besoin de débourser de l'argent de leur
poche, mais il dit : Ça va être des allocations. On est d'accord que, de la façon dont ça va
fonctionner, il va y avoir une évaluation objective. On va établir une
hypothèse. Quelqu'un en perte d'autonomie
peut avoir besoin de 20 000 $ de services qui va être fourni par le
CSSS en équivalent de services. Le
ministre, il dit : La personne n'aura pas besoin de débourser d'argent,
mais là il va falloir qu'il me dise si ce n'est pas comme ça que ça va
fonctionner, si vraiment ça ne fonctionne pas comme ça. Si vous êtes quelqu'un
pas de revenu, pas d'avoir, ça coûte
20 000 $, on va débourser 20 000 $. Ça, ça va être... ton
allocation va être de 20 000 $ de services. Si tu es de la classe moyenne, à ce moment-là, toi, vu que tu
as des revenus, on va débourser 10 000 $, un exemple, parce
que tu as des revenus. C'est quoi, la différence entre : Je te donne
20 000 $, je t'en prends 10 000 $, versus : Je te donne juste 10 000 $ pour répondre à
des besoins de 20 000 $? Et la classe moyenne un peu plus à l'aise,
elle qui a payé beaucoup d'impôt, qui
a payé l'assurance autonomie puis qui a tout payé ça, elle, elle va se faire
dire : Tiens, toi, tu as des revenus assez pour que, toi, il va
falloir que tu débourses ton 20 000 $ de services par toi-même parce
que tu as des revenus. Un peu comme un principe en CHSLD, comme vous disiez,
bien, si tu as le moindrement de revenus puis tu as 3 000 $ ou 4 000 $ d'avoir, bien c'est
21 000 $ par année, puis ton conjoint va peut-être être obligé de
vendre sa maison pour assumer ton 21 000 $. C'est comme ça que
ça fonctionne actuellement.
Est-ce que c'est
comme ça que vous comprenez le principe d'allocation?
Le Président (M.
Bergman) : Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : Ce qu'on pense, ce qui est important, c'est que
le panier de services qui va être offert par l'État à tout le monde, le panier de services de base, soit très, très
bien identifié, justement pour permettre aux gens de savoir qu'est-ce
qui ne sera pas
partie du service de base, pour être capable de prévoir et
économiser, quand les personnes sont capables de le faire, pour se payer la
partie qu'ils vont devoir débourser. Mais il reste que nous, on pense que les
personnes les plus vulnérables devraient avoir tous les services sans avoir à
débourser quoi que ce soit. Puis il est illusoire de penser qu'on ne débourse
rien non plus à l'heure actuelle. Donc, ça aussi, il faut le mettre en
perspective. Et moi, je vous dirais que plus
le panier de services va être déterminé de façon précise, connue, publicisée,
mieux ce sera pour tout le monde, on saura où est-ce qu'on s'en va. Moi,
je pense que c'est une… la voie.
M. Gervais
(Michel) : …pour l'assurance hospitalisation…
Le Président (M. Bergman) :
M. le député de Jean-Talon.
Bolduc
(Jean-Talon) : Il me reste juste quatre, cinq
minutes, puis je veux aborder un sujet important. Juste pour vous dire, le
principe que le ministre nous dit, que personne ne va débourser, là, quand on
dit que tu as des services à avoir puis qu'on ne te donne pas l'argent pour le
faire, moi, je pense que c'est un déboursé dans ta poche. Là, il va falloir
peut-être qu'on ajuste notre discours, là, pour qu'on dise la même affaire.
L'autre
élément, puis c'est un élément important pour moi : on ne sait pas
actuellement combien va être déboursé par la personne, on ne sait pas qu'est-ce
qui va être couvert vraiment comme services, sauf qu'on a des orientations. Avez-vous évalué le coût global des propositions
que nous avons dans l'assurance autonomie? Et ma question : Vous
êtes des gens responsables. Pensez-vous qu'on peut se prononcer sur un projet
sans que le citoyen sache combien ça va lui coûter dans sa situation à lui,
combien ça va coûter au total pour la mise en place de ce système et comment on
va aussi le financer? Est-ce que vous pensez qu'on peut dire si on est d'accord
ou pas?
passant, on est tous d'accord avec le maintien à domicile, transformation du
réseau. Le financement à l'activité, le ministre était contre
auparavant, là il a changé d'idée pour ce projet-là. Il s'est prononcé contre
le financement à l'activité pour les hôpitaux. Ça, je pense, ça a été clair
pour vos établissements.
Maintenant, là, j'aimerais
ça savoir : Vous, là, pensez-vous qu'on peut se prononcer avant d'avoir tous
ces éléments?
Le Président (M.
Bergman) : Mme Lavallée.
Mme Lavallée (Diane) : Bien, moi, je vous dirais, sans avoir tous les
éléments, il y a des éléments suffisamment importants
qu'on connaît qui nous permettent de dire qu'il faut aller de l'avant.
Quand on sait qu'un coût d'hébergement en CHSLD, un lit, c'est en moyenne 90 000 $ par année, et de maintenir les gens dans leur domicile,
en appartement ou dans toutes sortes
de types d'hébergement, que ce soient des OSBL, ça peut être entre
20 000 $ et 30 000 $, et qu'on voit poindre les
perspectives démographiques au Québec — ça, ce sont des données qu'on
sait — il
faut réduire les coûts. Parce qu'il faut
aussi dire ça à la population, que demain matin on ne fait rien, bien les coûts
pour répondre aux besoins d'une population
vieillissante vont être énormes. Donc, toute mesure qui permet de répondre,
premièrement, au besoin des gens de rester chez eux et en plus à moindre
coût pour l'ensemble de la société québécoise, je pense qu'il faut favoriser
cette avenue-là, puis il sera temps de faire
le calcul de tous les coûts puis des contributions, parce que, les
contributions des usagers, les
contributions de la population québécoise, je vous dirais que ça va être
croissant dans les années à venir si on ne fait rien, si on ne prend pas le virage maintenant. Je pense qu'il faut
donner déjà cette orientation-là, cette vision-là et de voir comment on va l'articuler. Puis je pense qu'on
va contribuer à voir comment articuler tout ça, les contours financiers,
pour bien répondre aux besoins des personnes en perte d'autonomie. Il y a du
travail à faire pour l'articuler, mais au moins entendons-nous sur cette
vision-là.
Le Président (M.
Bergman) : M. le député de Jean-Talon, il vous reste deux
minutes.
Bolduc
(Jean-Talon) : Oui. M. le Président, on s'entend
sur la vision. En passant, c'est ce qui a été commencé et c'est ce qui doit se continuer. On l'a faite,
la transformation. Juste pour vous dire, si tout le Québec était au niveau
de vos deux établissements, on ne ferait
même pas cette discussion-là aujourd'hui. Sauf qu'on est tous conscients
qu'avec le vieillissement de la population il y a plus d'argent à mettre, hein?
Si tout le monde fait des projets d'amélioration, à ce moment-là, oui, il y a
de la performance à aller chercher, mais un jour ou l'autre il va y avoir de l'argent
à mettre.
Mais
vous comprenez qu'indépendamment de l'assurance autonomie… Ne faites pas d'assurance
autonomie; ce que vous venez de me
dire là, on le fait quand même, il n'y a pas de problème. La difficulté qu'on
a, hein, la difficulté qu'il faut
voir, c'est qu'avant d'embarquer dans la question de savoir est-ce que c'est
acceptable ou pas, le projet du ministre, il faut qu'on sache combien il
va donner par niveau de SMAF, parce que, s'il paie à 50 % ce que ça vaut
parce qu'il n'y a pas l'argent, bien il va
falloir se reposer des questions : C'est quoi, la contribution de l'usager?
Au total, ça va coûter combien? C'est quoi, les services?
Puis
vous avez été responsables, vous avez dit : Vous savez, nous autres, on
regarde le projet, là, puis on pense qu'il y a peut-être des choses qu'on ne devrait pas mettre parce que ça va
coûter trop cher. Parce que v