Labour and the Economy — 26 September 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-09-26
Quebec — Committees
Dans
nos remarques préliminaires, d'entrée
de jeu, le SPGQ est préoccupé par la décision du ministre de l'Économie et de l'Innovation, M. Pierre Fitzgibbon, de
transférer une
partie importante des activités de son ministère et
Investissement Québec. À
titre
d'illustration, les ressources professionnelles potentiellement visées par le
transfert du ministère vers IQ sont au nombre de 156 sur un total de près de
500 actuellement au MEI, soit environ 31 % des ressources professionnelles. Nos membres sont plutôt ouverts au projet, mais avec prudence. Ils
veulent être
partie prenante de la prospérité du Québec et de continuer
d'offrir un bon service aux entreprises québécoises. Ce sont des spécialistes
en accompagnement des entreprises. Ils
voient aussi une possibilité d'améliorer leurs conditions de travail et leurs
perspectives de carrière puisque les
conditions de travail à IQ sont meilleures que celles de la fonction publique.
Toutefois, ce qui les préoccupe vraiment, c'est la sauvegarde du service aux entreprises, et, à ce sujet, ils ont
certaines craintes et se questionnent sur les modalités du projet et les
étapes à franchir.
Selon
le SPGQ, les experts du milieu... et les experts du milieu, le risque est réel
que le MEI se coupe de l'expertise terrain nécessaire à l'élaboration des
orientations stratégiques en développement économique et en innovation.
Cela revient à séparer la tête du reste du
corps car les conseillers dans les bureaux régionaux constituent la première
ligne du MEI. Il est primordial de
s'assurer que les objectifs, visions et communications entre IQ et le MEI,
ainsi que les bureaux régionaux soient des plus fluides pour que
l'organisation réussisse. En cela, rien n'est garanti en ce moment.
Investissement
Québec va doubler de taille dans l'opération par l'intégration d'une
partie
importante du MEI et du Centre de recherche industrielle du Québec. La
phase de transition pourrait s'avérer longue et ardue. Le changement pourrait nuire à l'agilité de l'organisation pour
un temps. Nous reconnaissons cependant que cette fusion pourrait favoriser un meilleur maillage entre les
différentes expertises, investissement et développement de nouveaux marchés,
pour le bien des différentes clientèles, investisseurs étrangers et PME
québécoises, si elle est réussie.
Nous
questionnons tout de même l'extraction d'une
partie de la main-d'oeuvre du MEI. Il faut se rappeler qu'IQ était sous l'égide de la
Loi sur la fonction publique. Serions-nous dans
un subtil démantèlement de l'État? Nous reviendrons sur cette question.
Les cultures
organisationnelles et les expertises des trois entités appelées à fusionner
sont très différentes. Le personnel professionnel
des trois organisations que sont le CRIQ, IQ et le MEI possèdent des expertises
et des cultures extrêmement différentes. D'un côté,
IQ possède une culture organisationnelle qui ressemble davantage à celle d'une
institution financière, où la recherche du rendement semble une priorité. Il
semble que cette mission sera revue. Est-ce vraiment le cas?
De l'autre côté, la culture organisationnelle au
sein du MEI est axée sur le développement économique du Québec, notamment par
le développement de ses entreprises, par un accompagnement où le profit peut
être atteint sur un horizon assez long. Ne favoriserons-nous pas maintenant que
les résultats à court terme?
La structure
salariale avec primes au rendement pourrait inciter IQ à refuser des
investissements dans des projets au
Québec d'entreprises étrangères ou des aides aux entreprises québécoises
cherchant à exporter ou à développer de nouveaux marchés, parce que jugés peu rentables à court terme. Le MEI est beaucoup
plus patient dans l'accompagnement des entreprises
québécoises. Les interventions du MEI au niveau des directions régionales
concernent les entreprises à divers stades d'affaires :
démarrage, croissance, redressement. Les secteurs d'accompagnement du MEI,
manufacturiers et tertiaires, ainsi que
touristiques sont parfois considérés comme à risque et moins intéressants
financièrement pour IQ selon la notion du rendement et du risque
financier à court et moyen terme.
transition qui devra se faire dans le respect. Pour que le nouvel IQ
fonctionne, nous considérons que la mission d'IQ devra grandement changer et que les expertises et mandats de chacun
devront être considérés. La perte d'expertise due à des décisions qui
favoriseraient les uns et pas les autres doit être évitée.
Une importante période de transition suivra le
transfert des activités. Le SPGQ entend s'assurer que le tout se fasse dans le respect de l'expertise et des droits
de ses membres. En période de pénurie et de rareté de main-d'oeuvre, ce n'est pas l'heure des
pertes d'expertise. Le SPGQ demande donc à ce que les quelques personnes ayant
un statut temporaire qui n'auront pas
acquis leur statut de permanent au moment du transfert puissent bénéficier d'un
droit de retour dans la fonction publique. À cet effet, le SPGQ
recommande de modifier l'article 39 du projet de loi en y ajoutant, à la
fin du paragraphe, «ou temporaire à la condition qu'il termine sa période
continue d'emploi de deux ans».
La direction
des ressources humaines du ministère a mis en place différents chantiers de consultation dont le mandat est de faire
des recommandations pour faciliter la transition. Le SPGQ déplore
qu'un seul délégué syndical ait été appelé à participer à l'un de ces chantiers. Les syndicats sont des partenaires
dans l'évolution des organismes. Il est temps que les
organismes le reconnaissent.
Le SPGQ salue
l'effort du ministère d'aller au-devant des questions et des craintes
de ses membres, de ses salariés et de maintenir un canal de communication, bien
qu'il soit tenu avec le syndicat local. IQ devra intégrer trois conventions collectives de
professionnels : celle des employés d'IQ, celle du SPGQ et celle du CRIQ.
Le système de classification des emplois d'IQ est différent de celui de la fonction publique. Il devra nécessairement y avoir un exercice d'intégration, et on
espère que ce ne soient pas nos membres qui en fassent les frais.
IQ offre des
salaires qui sont beaucoup plus élevés que celui de la fonction publique. Donc, nous espérons qu'il
y aura un regard de fait sur les salaires de la fonction publique.
Le SPGQ croit
qu'en transférant tous ses bureaux régionaux à IQ, le MEI court le risque de se
couper de l'expertise terrain, et
nous rappelons qu'il est essentiel d'y répondre. Il devra s'assurer d'une
fluidité dans les communications entre IQ et le MEI pour qu'elle soit
maintenue.
Le SPGQ souhaite une transition harmonieuse dans
le respect des personnes. Il réitère sa volonté de collaborer avec les parlementaires
et le gouvernement dans l'intérêt de ses membres et, plus largement, de la
santé et de la vitalité économique du Québec. Le syndicat souhaite le succès du
projet de la fusion du MEI, du CRIQ et d'IQ. Le SPGQ recommande que cette réorganisation
n'entraîne aucune perte d'emploi.
Le SPGQ se
questionne sérieusement : Assistons-nous au démantèlement de l'État, le
MEI vers IQ, le recouvrement vers l'Agence du revenu et le virage
numérique vers des entreprises privées? La question est posée. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Merci pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter la période
d'échange. Alors, M. le ministre, vous avez 7 min 30 s.
Fitzgibbon : O.K.
Alors, merci. Je vais prendre le temps qui m'est alloué, une
partie du temps, parce que
je sais que ma collègue de Labelle
aura des questions à vous poser. Je voulais juste peut-être
vous rassurer sur certaines choses, parce qu'on n'a pas eu l'occasion de
discuter, puis vous avez amené des bons points. Il y a trois segments que
j'aimerais couvrir : le service aux entreprises,
qui est un élément important, les questions de rendement puis comment le
comportement des gens va se faire par rapport au rendement anticipé. Puis je vais parler des emplois, je vais parler
des employés, parce qu'en bout
de piste, c'est des êtres humains qui font ce travail-là.
Pour les
entreprises, le service aux entreprises, effectivement, vous avez raison, on
parle de 200 personnes, en fait, qui transféreraient, là, en gros,
du MEI à IQ, mais il y a des gens qui ne sont pas syndiqués là-dedans. Je n'ai
pas la répartition, là. Alors, il y a
200 personnes qui vont transférer à IQ. Ce qu'il faut comprendre, c'est
que l'objectif... c'est que les
employés qui vont faire affaire avec les entreprises, tout ce qui est le
contact avec l'entreprise, la petite, la grande ou la moyenne, je veux
que ce soit fait via Investissement Québec. Je veux que ce soit eux qui soient
responsables de mettre en place les
initiatives qu'on va développer au niveau stratégique, au niveau national pour
l'aide à ces entreprises-là pour leur permettre de gagner la
productivité qu'ils n'ont pas présentement.
Par contre, pour vous rassurer, tout ce qui est
stratégie nationale, tout ce qui est quelle grappe industrielle voulons-nous privilégier, comment on veut
s'occuper de nos régions, et je mets beaucoup d'emphase sur ça, ces
décisions-là, les gens qui vont être
impliqués là-dedans vont demeurer au MEI. M. le sous-ministre, qui est ici avec
moi aujourd'hui, va garder, donc, la
majorité de ces employés avec lui. Alors donc, je pense qu'il faut... si je
veux visualiser, là, tous ceux qui vont toucher aux entreprises vont
être chez IQ, mais on va garder, au niveau du gouvernement, le soin de décider
de nos politiques puis
comment est-ce qu'on va s'occuper de notre écosystème entrepreneurial. Moi, je pense que ça, c'est très important
de le mentionner.
Au niveau
du rendement, je vous dirais, vous avez fait un commentaire qui était juste.
Vous avez dit : Si on est préoccupés
par des rendements à court terme, on pourrait ne pas aider les entreprises,
ce qui, à court terme, n'aura pas de rendement.
Et vous avez entièrement raison. D'ailleurs, c'est pour ça que toute la
façon qu'on va évaluer la performance d'Investissement Québec ne sera plus le rendement des fonds d'Investissement Québec. C'est ce que j'ai dit depuis longtemps, c'est ce que je n'ai pas aimé quand je suis arrivé en fonction. Moi, je
veux que... Et l'exemple de Mitsubishi, c'est un bon exemple.
Mitsubishi, ça va coûter de l'argent, le rendement va être négatif. Mais
qu'est-ce qu'on va avoir en retour? On va
avoir 250 emplois stratégiques
pour le gouvernement à 150 000 $. Les répercussions financières au
ministère des Finances, pour ne nommer que celui-là, sont... c'est
magique, ce qu'on va avoir là.
Alors, tous
les projets, tous les projets d'entreprise vont devoir regarder le rendement
beaucoup plus élargi que ce qu'on a
vu dans le passé, pour justement éviter ce que vous mentionniez, qui était, en
fait, la problématique d'Investissement Québec. J'ai toujours dit
qu'Investissement Québec, ce qu'ils font présentement est bien fait. Ce que je
n'aimais pas, c'est ce qu'ils ne font pas.
Il y a des entreprises qui ont besoin de capital patient. Bien, ils vont le
faire, à l'avenir, parce qu'on va les évaluer de façon différente.
L'évaluation, pour Investissement Québec, elle est triple. C'est la même
évaluation que M. Leblanc... sa
rémunération que les gens n'aiment pas ici, dans la salle, et tout le reste de
l'organisation, on est en train de
tout revoir la rémunération. Il y a trois affaires importantes : la productivité,
les exportations puis les investissements directs étrangers, stratégiques pour le Québec. Alors, ça, ce n'est pas
des rendements à court terme d'une banque. Ça, c'est des rendements qui
sont à long terme. Alors, je veux vous rassurer que ça, ça va être fait.
L'emploi,
entièrement d'accord avec vous, l'idée de transférer des employés d'un syndicat
à l'autre... On veut que les gens soient bien traités, on veut que les
gens aient l'option d