Institutions — 7 December 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2017-12-07
Quebec — Committees
Alors, les
explications maintenant plus spécifiques à chacun d'entre eux. Si je
prends le 8, alors l'article 8 prévoit que des commissaires associés aux vérifications sont nommés par
le gouvernement parmi les personnes qui ont été déclarées
aptes à exercer la charge par un comité de sélection ainsi que la composition
de ce comité. Il établit en outre que les commissaires associés aux vérifications
ne peuvent être agents de la paix et qu'ils doivent prêter un serment.
En ce qui concerne le 8.1, il prévoit qu'un commissaire associé aux enquêtes est nommé par
le gouvernement parmi les
personnes qui ont été déclarées aptes à exercer la charge par un comité de
sélection ainsi que la composition de ce comité. Il établit en outre que le commissaire associé aux enquêtes est un agent
de la paix sur tout le territoire du Québec et qu'il doit prêter un serment.
Le 8.2 quant
à lui prévoit les dispositions relatives à la durée du mandat des commissaires
associés aux vérifications et du commissaire associé aux enquêtes.
Il prévoit également la manière dont ils peuvent démissionner.
Le 8.3
prévoit la manière dont les commissaires associés doivent exercer leurs
fonctions et détermine les dispositions applicables au Commissaire à la lutte
contre la corruption qui s'appliquent à eux.
L'article 8.4
quant à lui établit que les personnes qui y sont mentionnées forment un corps
de police spécialisé dans la lutte contre la corruption.
Président (M. Auger) :
On va continuer les commentaires puis, après ça, on reviendra avec votre amendement.
M. Coiteux : Ah! O.K. comme
vous voulez.
Le Président (M. Auger) : Pour
finir l'article, là.
M. Coiteux :
L'article 8.5
prévoit que des équipes de vérification et d'enquête peuvent être désignées par
le gouvernement pour contribuer à la lutte contre la corruption sous la
coordination des commissaires associés.
L'article 8.6 prévoit la formation de l'Unité
permanente anticorruption.
L'article 8.7
prévoit l'obligation pour la Sûreté
du Québec de mettre ses services à la
disposition du Commissaire à la lutte contre la corruption à la demande de ce dernier selon des
modalités établies par entente ainsi que celles de son directeur général,
de ses membres et de ses employés de collaborer avec lui.
L'article 8.8
oblige un corps de police à aviser le Commissaire à la lutte contre la
corruption lorsqu'il a des motifs raisonnables de croire en cours d'enquête qu'un acte répréhensible a été
commis. Il prévoit alors que le commissaire établit, en collaboration
avec ce corps de police, selon quelles modalités se poursuit l'enquête.
Le Président (M. Auger) : Donc,
votre amendement.
M. Coiteux : L'amendement concerne donc le 8.4. Alors, il s'agit de
remplacer le paragraphe 3° de
l'article 8.4 que propose l'article 7 de ce projet de loi par
le suivant :
«3° les membres du personnel du commissaire
nommés conformément à l'article 12.»
Le Président (M. Auger) : Des
explications.
M. Coiteux : Alors,
l'article 8 de cette loi est remplacé par... Non, ça, ce n'est pas
l'explication.
Une voix : Il n'y a pas de
commentaire.
M. Coiteux :
Je n'ai pas de commentaire ici. Non, je n'ai pas de commentaire avec
l'amendement, mais par contre, ce qui
va nous éclairer dans nos travaux, M. le Président, et c'est la proposition que
je fais, c'est que nous suivions l'ordre chronologique des articles, et des paragraphes, et
alinéas jusqu'à 8.4. Lorsque nous arriverons à 8.4, je proposerais que nous suspendions, que nous allions à
l'article 14, qui va nous donner, à ce moment-là, dans le fond, les
éléments nécessaires à la compréhension de l'amendement que j'ai apporté
ici, puis on pourra ensuite poursuivre.
Président (M. Auger) : Donc, pour l'instant, je suspends quelques
instants justement pour prendre connaissance,
pour tout le monde, de l'amendement que je vais distribuer. Et, par la suite,
nous allons reprendre avec l'étude de 8.1. Ça va? Je suspends quelques
instants.
(Suspension de la séance à
11 h 44)
Président (M. Auger) :
Donc, nous reprenons nos travaux. Donc, j'ai une proposition du ministre
à l'article 7. Ce serait de procéder à l'analyse de
8.1, 8.2, 8.3 et 8.4.
M. Coiteux :
On suspendrait...
Le Président
(M. Auger) : On suspendrait 8.4...
M. Coiteux :
...pour aller au 14.
Le Président
(M. Auger) : ...pour aller à 14. Mais j'ai besoin d'un consentement
pour procéder ainsi...
M. Coiteux :
Pour revenir ensuite quand on...
Le Président
(M. Auger) : ...pour revenir... Exact. Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement. Donc, 8.1, à l'article 7, M. le ministre.
M. Coiteux :
Alors, on est à 8.1.
Président (M. Auger) : Donc, est-ce qu'il y a des interventions?
Parce que ça a déjà été lu et expliqué. Est-ce qu'il y a des
interventions sur 8.1? M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
Oui. Donc, on propose que le gouvernement nomme un commissaire associé aux
enquêtes, sur la recommandation du
ministre, parmi les personnes qui ont été déclarées aptes à la charge par un
comité de sélection formé par le
ministre. Le commissaire associé aux enquêtes, il me semble qu'il y a un modèle
qui pourrait nous inspirer, parce qu'on part du principe qu'on souhaite
que le commissaire soit totalement indépendant.
Président (M. Auger) : Je m'excuse, cher collègue. C'est ça, j'ai
sauté le 8. Désolé. Oui, on revient à 8, désolé.
M. Bérubé :
Ça va être le même questionnement. Alors, comme le gouvernement souhaite nommer
les commissaires associés, je réitère que notre volonté, c'est que le
commissaire soit indépendant, et, si on a l'assurance qu'il est indépendant,
nous, on n'a pas d'objection à ce qu'il nomme lui-même ces personnes. C'est un
modèle qui existe. C'est le cas de
l'institution qui s'appelle Protecteur du citoyen, où cette indépendance lui
permet de nommer des personnes qui vont l'assister, qui peuvent répondre
à des profils complémentaires qu'aura identifié le commissaire.
Donc, on aimerait
ouvrir une discussion là-dessus, sur l'opportunité pour le gouvernement de
nommer les commissaires associés aux vérifications, notamment, et aux enquêtes.
Il me semble que ce serait un pouvoir que... ayant
l'assurance que le commissaire est véritablement indépendant, qu'on pourrait
lui accorder pour constituer son équipe. D'ailleurs, un des questionnements actuels, dans un corps de police qui
s'appelle le SPVM, c'est de voir comment les équipes sont constituées, c'est-à-dire on peut porter un diagnostic, on
peut faire un diagnostic sur les nominations qui ont été faites.
Lorsque
M. Prud'homme a été nommé hier, j'ai compris qu'une de ses
responsabilités, c'est de voir si on a les bonnes personnes aux bons
endroits. Alors, il a ce pouvoir-là de regarder ça. Nous, on aurait assez
confiance dans un commissaire qui serait
indépendant, puis on verra l'issue du projet de loi, pour lui permettre de
nommer ces personnes-là. Dans le cas
actuel de l'UPAC, je comprends que ce n'était pas le choix du commissaire,
M. Forget. Je comprends que M. Boulanger,
probablement, a été nommé par le Conseil des ministres également. Je n'ai pas
la date. Si on l'a, j'aimerais l'avoir.
ministre a abondamment répété que M. Forget avait été nommé en 2013.
J'aimerais avoir la date, si on l'a, de la nomination de M. Boulanger, qui est le commissaire aux enquêtes,
la date de sa nomination, puis ouvrir une discussion avec le ministre
sur cet enjeu.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux : Oui. Bien, je voudrais... On va vérifier la date.
Actuellement, il est directeur des opérations, le poste
de commissaire aux enquêtes n'existe pas
encore. C'est d'ailleurs ce qu'on souhaite créer. Je dirais que... parce que
le député de Matane-Matapédia a dit que j'avais abondamment répété la question de la date de la
nomination de M. Forget. Je ne
l'ai pas abondamment, c'est simplement que j'ai eu une question... Non, mais je vais
le dire, j'ai eu une question,
à un moment donné, si j'avais effectivement fait certaines
vérifications, je n'aurais pas pu les faire puisque je n'étais pas là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Matane.
M. Bérubé : Lui et d'autres, et des responsables des
communications, et Charles Robert, et d'autres personnes ont abondamment envoyé ça. Ça m'a été confirmé, je
le dis comme ça. Voilà. Alors, je le dis comme ça, M. Boulanger, de
facto, joue le rôle de responsable des enquêtes, même si le poste ne porte pas exactement
ce titre-là.
Alors, est-ce que
M. Boulanger présentement, lui, a été nommé par le Conseil des ministres? Si oui, quelle est la
date où il a été nommé?
Le Président (M. Auger) :
Est-ce que vous avez la réponse?
M. Coiteux :
Donc, on m'informe que M. Boulanger n'a pas été nommé par le Conseil des
ministres, qu'il est là en vertu d'un prêt de la Sûreté du Québec à
l'UPAC, un prêt de services.
M. Bérubé :
D'accord. Donc, il n'y a pas de nomination.
M. Coiteux :
Non. Par contre, ce qu'on propose, là, c'est qu'il y aurait une nomination
formelle pour la suite des choses, si le projet de loi est adopté tel
qu'il est présenté ici.
M. Bérubé :
Je réitère que le Protecteur du citoyen peut procéder à la nomination de ses
commissaires associés pour les
raisons que j'ai évoquées, par exemple pour des besoins que la protectrice ou
le protecteur a identifiés comme étant complémentaires à ses compétences
pour avoir cette complicité dans le travail également. Parce qu'on entend toutes sortes de choses. J'ai entendu, à un moment
donné, qu'il n'y avait pas de relation particulièrement chaleureuse parfois
entre des membres d'une direction, comme
c'est le cas à l'UPAC. Encore une fois, c'est difficile pour nous d'en savoir
plus si on n'a pas l'information de base. Je
me permets de faire une courte parenthèse pour indiquer au ministre que
lorsqu'il a rendu public, hier, un
rapport d'enquête administrative qu'il a demandé, qu'il a obtenu, qu'il a rendu
public, ça n'a pas nui à la suite des choses, ça lui permet d'apporter
des correctifs.
Et, dans le
cas de l'UPAC, comme on ne sait pas ce qui s'est passé, on demande des
correctifs, mais sur quelle base? Alors, moi, je ne l'ai pas lu. Le ministre,
semblerait-il, ne l'a pas lu. Alors, l'exercice va être beaucoup moins efficace, puis on va probablement continuer de
siéger à ce moment-là. Alors, je veux juste lui dire que l'actualité fait en
sorte que je trouve assez particulier que ce
qui est bon pour le SPVM, d'avoir un document qui est accessible, on a les
recommandations, ne s'applique pas à l'UPAC. Je ne sais pas comment il explique
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Bien, simplement pour dire qu'ici, le cas de figure d'hier, c'est un rapport
qui m'a été remis. Donc, c'est un rapport entre les mains du ministre et
entre les mains du gouvernement, que j'ai rendu public.
Le diagnostic
ou peu importe comment on appellera ça, c'est un rapport qui appartenait à
l'UPAC. On a demandé à l'UPAC... elle
a décidé, de son propre chef, d'en caviarder certaines parties. Je ne dis pas
que ça rend tout le monde heureux,
j'en suis bien conscient, mais... Ce n'est pas la seule raison, bien entendu,
mais c'est l'une des nombreuses raisons qui nous incitent, dans le cadre de ce projet de loi, à se dire :
Écoutez, il ne suffit pas de modifier le champ d'application des responsabilités de l'UPAC, il ne suffit pas de
faire de l'UPAC un corps de police au sens de la
loi sur les services de
police, avec toutes les obligations, par
ailleurs, que ça impose. Ça ne donne pas que des outils d'intervention supplémentaires,
ça donne aussi des obligations, alors c'est une bonne idée.
Et d'autre
part... Donc, il ne suffit pas de faire ça, mais il faut aussi s'assurer qu'on
puisse avoir des réponses à nos questions
légitimes, mais tout en respectant l'indépendance nécessaire à la conduite
d'enquêtes de nature criminelle dans lesquelles
on ne veut pas s'immiscer. Alo