House Proceedings — 2 June 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-06-02
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante minutes)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, bon mardi à tous et toutes. Vous pouvez
prendre place.
Et nous
allons débuter notre séance avec la rubrique des déclarations de députés. Et la
première déclaration sera celle de Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson : Merci,
Mme la Présidente. Le 12 avril
dernier, un résident de ma circonscription a soudainement
vu sa vie basculer. Affairé dans son atelier, il fut paralysé, foudroyé par un
AVC.
Dans sa malchance, M. Guy Rousselle a pu
compter sur la présence de son fils de 27 ans, Maxime, qui a immédiatement reconnu la détresse de son père.
Prenant son père sous son bras, Maxime a réussi à le transporter à l'intérieur
de la maison, demandant à sa mère de composer le 9-1-1. Et il lui explique que
papa ne parle pas bien et a la bouche croche. M. Rousselle va bien
aujourd'hui. Son fils Maxime, son héros, lui a sauvé la vie.
Maxime vit
avec un trouble du spectre de l'autisme. C'est en regardant les publicités à la
télévision sur les signes d'un AVC que Maxime a réussi à déceler la
détresse de son père, lui évitant ainsi de fâcheuses séquelles.
Maxime est un
véritable héros. Et chaque héros mérite sa médaille. Et, dans les prochaines
semaines, c'est avec plaisir que je
me déconfinerai et que je remettrai à Maxime Rousselle, de Saint-Alexandre, la
Médaille de l'Assemblée nationale pour la bravoure et le courage dont il
a fait preuve. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée d'Iberville. Et maintenant je vais céder la parole à Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Merci, Mme la Présidente. Je suis très heureuse de me lever ici, en
Chambre, aujourd'hui pour souligner la 24e édition de la
Semaine québécoise des personnes handicapées, qui se déroule du 1er au 7 juin.
L'édition
2020 de la semaine prend toute une saveur particulière cette année avec la
période de crise que nous traversons
en raison du COVID. Cette année, le thème de la solidarité est tout désigné.
Plus que jamais, les personnes handicapées et leurs familles ont besoin
de notre soutien, de notre aide et de notre appui.
Vivre avec un handicap amène son lot de défis,
et la situation que nous vivons actuellement amène plusieurs d'entre eux à devoir faire face à des obstacles
supplémentaires, notamment pour le soutien à domicile et le transport. J'invite
la population à être sensible à leur
situation et à leur donner un petit coup de pouce. Aujourd'hui plus que jamais,
chaque geste compte.
Bonne Semaine québécoise des personnes
handicapées!
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Maintenant, je
reconnais M. le député de Rousseau.
Thouin : Merci, Mme la Présidente. Je suis très heureux de prendre la
parole à ce moment-ci. D'abord, depuis le début de ce combat contre la COVID-19, les nombreux organismes
communautaires de partout au Québec, particulièrement les banques
alimentaires, sont très sollicités, et ma circonscription ne fait pas
exception.
À cet effet,
je suis fier de souligner la grande efficacité, l'ouverture et la proactivité
des organismes d'aide alimentaire de Rousseau, qui répondent, jour après
jour, à un nombre croissant de demandes d'aide.
Aujourd'hui,
je veux saluer le travail essentiel des bénévoles et du personnel du Service
d'entraide de Saint-Lin—Laurentides,
la Société Saint-Vincent-de-Paul de Sainte-Julienne, du Comptoir Mini-Budget de
Saint-Roch-de-l'Achigan, des comptoirs d'aide de Nouvelle-Acadie, Saint-Jacques,
Sainte-Marie-Salomé et Saint-Liguori. Du fond du coeur, au nom de
l'ensemble des citoyennes et des citoyens de Rousseau, je tiens à les
remercier.
C'est
ensemble, en comptant les uns sur les autres, que nous vaincrons. Rousseau,
Montcalm, soyons fiers. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Rousseau. Et maintenant je me tourne vers Mme la députée de Verdun pour
sa déclaration d'aujourd'hui.
Melançon : Merci, Mme la Présidente. Alors, la crise que nous
traversons actuellement entraîne des répercussions humaines et économiques sur
le Québec. Elle touche également notre presse locale, comme le journal IDS de
Verdun, de mon comté, qui nous informe et veille aux liens de notre communauté.
Les dernières
semaines nous ont rappelé le rôle essentiel joué par nos médias locaux. Ils
transmettent, partout sur le territoire du
Québec, l'information de la santé publique. Nos médias locaux, par leur
proximité, comprennent la réalité des communautés qu'ils desservent et
des publics qu'ils visent.
Aujourd'hui, je suis
fière d'appuyer les initiatives Mouvement Média d'ici et Nos médias locaux,
lancées le 14 mai dernier. Ces initiatives
visent notamment à encourager une pratique média responsable et à promouvoir
l'achat publicitaire local. Les différents acteurs et artisans des
médias de chez nous se sont mobilisés dans le but de travailler à assurer la pérennité de l'industrie de
l'information québécoise. Je les en félicite. L'achat local, c'est un
geste fort d'appui à nos entreprises québécoises.
Quand on pense achat local, pensons aussi à nos médias locaux. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Verdun.
Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Prévost.
Mme Blais
(Prévost) : Merci, Mme la Présidente. Face à cette période difficile
que nous traversons depuis les derniers mois, de nombreuses personnes se sont
prêtées volontaires pour lutter contre la pandémie. Des personnes guidées par leur désir d'aider les plus
vulnérables ont décidé de prêter main-forte à différents organismes
communautaires et banques
alimentaires, des personnes qui ont dit : «Je contribue» et qui sont
venues en renfort dans différents CHSLD, des personnes qui, jour après
jour, se sont présentées à leurs différents postes de travail, car elles sont
essentielles.
Chers
bénévoles, travailleurs essentiels, travailleurs du réseau de la santé, vous
qui, par votre mission de servir la
communauté, par vocation et ténacité, avez donné un service exemplaire, aujourd'hui, je souhaite vous remercier pour votre engagement et votre générosité. Je tiens également
à souligner le travail de la P.D.G. du CISSS des Laurentides, Mme Rosemonde Landry, ainsi qu'à son équipe,
laquelle réalise un travail remarquable. Vous avez toute ma gratitude.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Prévost.
Maintenant, je reconnais Mme la députée de Mercier.
Ghazal : Merci, Mme la Présidente. Pour ma première déclaration de députée depuis la pandémie, je veux
remercier du plus profond de mon coeur les
gens de Mercier. Vous avez été courageux, résilients et solidaires
en ces temps difficiles. Un immense
merci aussi aux organismes qui se sont revirés sur un dix cents avec une
seule obsession, celle de prendre soin du monde.
les premiers jours, la CDC Action Solidarité Grand Plateau a orchestré les opérations
pour que les gens de Mercier ne manquent de rien. Trois autres cellules
de crise ont vu le jour en sécurité alimentaire, en itinérance et en logement. Cette crise a mis en évidence la
fragilité du tissu social, et ces organismes ont permis de colmater les brèches en y mettant toutes leurs ressources, leur énergie
et leur coeur. J'ai apporté ma modeste contribution à leurs efforts en participant au fonds local d'urgence et en faisant
du bénévolat. J'ai aussi croisé des gens dévoués. J'ai croisé le Québec que j'aime, celui de la
collaboration et de la solidarité.
enfin un merci, un très, très immense merci pour mon équipe. Vous avez été extraordinaires. Gautier, Justine, Julien et Guillaume, merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Mercier.
Et je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, je rends hommage à une femme d'exception, Marthe
Laverdière, une femme aux multiples talents.
Horticultrice de profession, Mme Laverdière
a développé, sur le Web, des capsules humoristiques qui se sont révélées un franc
succès. Sa popularité a dépassé les frontières d'Armagh et de Bellechasse; elle
est maintenant reconnue partout au Québec.
Son talent d'humoriste lui sert bien puisqu'elle présente des spectacles dont
les profits sont souvent versés pour de bonnes causes. Elle a d'ailleurs mis
sur pied sa propre fondation, qui vise à donner du répit aux parents
d'enfants malades. Récemment, Mme Laverdière a lancé un premier roman, un
roman historique intitulé Les collines de Bellechasse.
Toutes mes
félicitations à Marthe Laverdière, une femme de coeur, drôle, touchante et qui
fait du bien autour d'elle! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Bellechasse. Et je cède maintenant
la parole à M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Mme la Présidente, c'est avec une profonde tristesse et le sentiment de devenir orphelin
que j'ai appris le décès de M. Francis Dufour, député de Jonquière de 1985
à 1996.
Né à Kénogami
et établi durant toute sa vie avec sa famille à Arvida, employé d'Alcan, leader
syndical, maire et député de Jonquière, M. Dufour incarnait à lui seul Jonquière.
Il a été un grand bâtisseur et un défenseur inconditionnel de Jonquière
et du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Il est notamment à l'origine de Jonquière-Médic.
Je l'ai connu
à la fin des années 80. Pour moi, il était déjà un géant. Il est devenu un
réel mentor, une référence et une
inspiration. Régulièrement, je faisais appel à sa sagesse et à son grand sens
politique. Toujours, il répondait présent, d'une loyauté sans
faille.
M. Dufour,
vous allez me manquer terriblement. Je ne pourrai plus me référer à vous, mais
vos conseils encore récents, votre approche humaine et respectueuse
resteront toujours bien vivants dans mon action politique.
Je tiens à transmettre mes sincères condoléances
à ses quatre garçons, leurs conjointes, ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. M. Dufour, vous
rejoignez maintenant votre chère Carmen, vous formiez un couple
magnifique. Jonquière vous doit beaucoup. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Jonquière.
Maintenant, je me tourne vers M. le député de Mégantic.
M. Jacques : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens aujourd'hui à rendre hommage à l'ensemble des citoyennes et des citoyens de la circonscription de Mégantic
pour leur coopération exceptionnelle durant la crise de la COVID‑19.
Partout, nous avons vu nos habitudes de vie être
bouleversées dans les derniers mois; Mégantic ne fait pas exception. Et, malgré
les difficultés traversées, la population dans ma circonscription, que ce soit
dans Le Granit, Le Haut-Saint-François ou dans le sud des Appalaches, a
continué de respecter les consignes jour après jour. J'ai eu l'occasion
d'échanger à distance avec plusieurs citoyens, et chacun a fait preuve d'une
grande collaboration.
Je salue
également toutes les initiatives qui sont nées dans les dernières semaines.
J'ai été témoin de plusieurs gestes
inspirants de coopération et d'entraide. La bataille n'est pas terminée, mais
je suis convaincu que tous poursuivront dans la même voie. Ce que j'ai vu dans
les derniers mois me rend encore plus fier de représenter la circonscription
de Mégantic. Je remercie chacun et chacune de mes concitoyennes et concitoyens
pour tous les efforts fournis. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Mégantic. Maintenant, pour clore cette rubrique de déclarations de
députés, je cède la parole à M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Merci, Mme la
Présidente. C'est avec un immense plaisir que je souligne, aujourd'hui, en
cette Assemblée, le 25e anniversaire d'un organisme reflétant la
solidarité des citoyens de ma circonscription, soit la Maison de la famille de
Bois-des-Filion.
Fondé en 1995 et incorporé en vertu d'une charte
québécoise le 15 mai 1997, cet organisme fait aujourd'hui la différence dans
les vies de plusieurs familles de Bois-des-Filion en employant cinq personnes,
en aidant environ 300 personnes par semaine. Hebdomadairement, c'est aussi
69 familles en cuisine collective, des boîtes à lunch pour 30 enfants
et près de 150 portions cuisinées, pour un total de 1000 bouches
nourries.
Devenue un
milieu de vie incontournable, toutes les générations viennent échanger de leur
temps, de leurs talents et de leurs
connaissances. Elle offre une multitude de services en vue de promouvoir
l'esprit familial. Je veux féliciter sa
directrice, Mme Lise Houle, son président, M. Denis Girard, ses employés, ses
membres et ses bénévoles et souhaiter un heureux 25e anniversaire.
Longue vie à la Maison de la famille de Bois-des-Filion!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Blainville. Alors, ceci met fin à la rubrique des déclarations de
députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 53)
Le Président : Mmes et MM.
les députés, bon mardi à toutes et à tous.
D'abord,
c'est avec tristesse que nous avons appris le décès de deux anciens collègues,
M. Reed Scowen, député de
Notre-Dame-de-Grâce de 1978 à 1987, de même que M. Michel Gauthier, député
de Roberval de 1981 à 1988. Nous allons nous recueillir quelques
instants en ayant une pensée particulière pour leurs familles et leurs proches.
Recueillons-nous.
Je vous remercie. Veuillez
vous asseoir.
Nous allons poursuivre les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. Permettez-moi de déposer les documents suivants : le rapport annuel 2019 de la Caisse de dépôt et placement du Québec accompagné de renseignements additionnels,
le rapport annuel de gestion 2019 de Retraite Québec, l'entente de
2020 sur les régimes de retraite relevant de plus d'une autorité gouvernementale, versions française et anglaise,
le rapport annuel de gestion 2019-2020 du Conseil du statut de la femme.
Le Président : Ces documents
sont déposés. M. le leader du gouvernement à nouveau.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. Je dépose également les réponses du gouvernement aux questions,
inscrites au feuilleton le 18 février 2020 par la députée de
Marie-Victorin, le 13 mai 2020 par les députés de
Notre-Dame-de-Grâce, de Westmount—Saint-Louis et de Jacques-Cartier. Merci, M. le
Président.
Le Président : Ces documents
sont également déposés.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions
ni dépôt de pétitions.
Il n'y a pas
des réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant à la période de
questions et de réponses orales. Et je cède la parole à la cheffe de
l'opposition officielle.
Anglade : Alors, merci, M. le Président. La COVID a des impacts
négatifs sur l'ensemble de notre économie. Nos grandes entreprises comme nos PME sont touchées par ça. Et
aujourd'hui le gouvernement laisse les entreprises dans l'expectative. Un tiers de nos entreprises ont dû
licencier 75 % de leur personnel. 20 % de nos entreprises ont
licencié absolument tout leur monde,
tout leur personnel. Le taux de chômage a grimpé à 17 % au Québec au mois
d'avril. Quand on sait d'ailleurs que
le taux de chômage chez les Québécois issus de l'immigration est deux fois plus
important, il y a lieu, dès
maintenant, d'éviter des drames humains. D'ailleurs, les questions relatives à
la discrimination prennent une place importante dans l'actualité
aujourd'hui. Et j'espère pouvoir en débattre lors du dépôt de notre motion.
Quoi qu'il en soit,
le premier ministre doit comprendre que ces Québécois qui sont licenciés ont un
nom, une famille, des loyers, une épicerie à
payer, et des gens avec un statut souvent précaire. Aldo, Lolë, Reitmans, ce
matin même, M. le Président, Sail, Sportium sont autant d'exemples de
compagnies qui licencient des gens de manière importante. L'ampleur de la situation est telle que maintenant
20 % des entreprises craignent une faillite, pas dans six mois, pas dans
un an, dans les prochaines semaines, M. le Président.
Alors
le premier ministre s'engage-t-il à faire de l'aide directe une mesure qui va
sauver le gagne-pain de millions de Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, depuis trois mois, notre priorité, l'urgence, c'était de
s'occuper de la crise sanitaire. C'est important
de le dire. Oui, on a pris des décisions, en fermant certaines entreprises,
qui ont beaucoup nui à l'économie, mais c'était
incontournable pour s'assurer qu'on soit capables de bien contrôler la situation.
le sait, en plus, on avait 10 000 employés absents dans nos CHSLD. Donc,
ça a été particulièrement dur dans nos
CHSLD. D'ailleurs, on a lancé une opération à 11 h 30, ce matin, pour
recruter 10 000 nouveaux préposés. Juste avant d'entrer, on me disait qu'il y avait
déjà 17 000 inscriptions. Donc, M. le Président, on espère
qu'avec la formation de ces nouvelles personnes on va pouvoir tourner la
page sur la
partie santé.
Maintenant,
on n'a pas attendu, M. le Président. Le ministre de
l'Économie a travaillé avec le gouvernement fédéral pour mettre en
place des programmes pour aider et les individus et les entreprises. Il faut
comprendre, là, qu'il y a un programme que
la cheffe de l'opposition officielle connaît bien, la PCU fédérale, qui donne
2 000 $ par mois à chaque personne.
Donc, quand elle nous dit qu'il y a des gens qui ne peuvent pas manger, bon, on
a mis de l'argent aussi dans les banques alimentaires, mais, à un moment
donné, il ne faut pas non plus étirer la sauce, M. le Président.
Maintenant, dans les
entreprises, il y a effectivement des enjeux. Entre autres, concernant les
loyers, il y a un programme fédéral qui
fonctionne plus ou moins bien. Soit que le fédéral le change soit qu'on en
dépose un au cours de prochains jours, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. J'ai bien entendu le message du premier ministre et
l'importance de l'urgence sanitaire. Cela
dit, les petites entreprises, elles ont besoin d'aide, et il y a d'autres
juridictions qui ont travaillé en ce
sens. Si on prend l'exemple de la France, les petites entreprises auront accès
à des aides directes pouvant aller jusqu'à 10 000 $. Le comité de relance du premier ministre semble attendre
qu'un miracle, peut-être, se produise, ne voit rien, n'entend rien, ne
sent pas l'urgence d'agir. Pourtant, le premier ministre pourrait rappeler à
ses ministres que les entrepreneurs attendent des actions de leur part.
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : M. le Président, peut-être que la cheffe de
l'opposition officielle n'a pas vu passer la nouvelle, mais on a annoncé beaucoup d'argent dans les FLI, dans
les fonds locaux d'investissement, qui sont gérés par les différentes MRC au
Québec. Ça s'adresse principalement aux petites entreprises, qui peuvent
emprunter jusqu'à 50 000 $. Si elles ont besoin de plus... Et
c'est déjà le cas, il y a beaucoup d'entreprises qui se sont adressées à
Investissement Québec. Il y a déjà beaucoup de montants qui ont été déboursés
aux entreprises. Donc, M. le Président, je pense que le ministre de l'Économie fait tout ce qui est en son possible
pour aider le maximum d'entreprises à passer au travers la crise.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le
Président, chaque fois que l'on parle
de cet enjeu-là, on parle de prêts et de garanties de prêt. Ce n'est pas de ça
dont il s'agit. Il s'agit de l'aide directe. Et les FLI, ce sont, à ma connaissance, des prêts et des garanties
de prêt, encore une fois. Alors, la question est de savoir ce
qu'on est capable de faire. En Colombie-Britannique,
ils ont décidé d'aller avec de l'aide directe pour les entreprises, pour les
PME. La France a fait la même chose. Aujourd'hui, on constate qu'on n'est pas rendu à ce niveau-là au Québec. Le gouvernement, à mon
avis, sur cet enjeu, a assez
traîné de la patte. Il doit agir.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : M. le
Président, il ne faut pas oublier que
le gouvernement gère l'argent des Québécois. Donc, il faut
être prudent. Donc, ce qu'on a souhaité
faire, dans un premier temps, c'est effectivement faire des prêts aux entreprises.
C'était ça, l'urgence, régler des problèmes
de liquidités. Maintenant, M. le
Président, on n'exclut pas, effectivement, qu'une
partie de ces prêts
soient, entre guillemets, pardonnés, donc deviennent de l'aide directe aux entreprises.
Mais il ne faut pas lancer l'argent
n'importe comment, comme le faisait la cheffe de l'opposition lorsqu'elle a fait perdre 1,3 milliard aux Québécois en mettant de l'argent dans
une transaction mal structurée.
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
Bien, elle nous dit que c'est son ancien collègue, mais c'était le Parti
libéral, par contre.
Le Président :
Troisième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Non, je soulignais simplement que je pense que le
ministre de l'Économie n'est pas d'accord avec ce que vient de
dire le premier ministre. Mais l'important, M. le Président, c'est de
constater qui agit présentement.
Vous savez qui est le champion confondu
de... toutes catégories en
termes d'aide directe? C'est l'Ontario. C'est l'Ontario qui a fait en
sorte qu'elle a procédé à une exonération de la taxe santé qui touche 90 %
des PME.
Qu'attend le
gouvernement du Québec pour agir? Le gouvernement du Québec peut clamer qu'il
est bon. Maintenant, il serait peut-être temps de le démontrer.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, le gouvernement du Québec a reporté des versements de la TVQ,
a reporté les versements des acomptes provisionnels. Le gouvernement a mis en
place un programme pour que les entreprises qui peuvent, en attendant, faire de la formation puissent le faire. On a
ajouté de l'argent pour les travailleurs essentiels. Même le premier
ministre de l'Ontario a dit que ça l'inspirait pour éventuellement faire la
même chose. M. le Président, le président du
Conseil du trésor va bientôt déposer un projet de loi pour devancer certaines
infrastructures, pour faire travailler plus
de monde. Donc, M. le Président, on agit. On agit de façon prudente. Et
évidemment on attend aussi le signal de la Santé publique...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
...pour qu'on puisse réouvrir certaines entreprises.
Le Président :
Question principale, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
M. le Président, bonjour. Plaisir de vous revoir. Alors, bonjour, les
collègues. Le 10 mars, M. le Président, le gouvernement a déposé son
budget, budget qui était périmé dès son annonce. Le ministre des Finances avait alors qualifié l'impact du coronavirus comme
étant marginal sur l'économie du Québec et que 200 millions au Trésor,
ça serait suffisant. On apprend maintenant que, dès le
9 mars, le jour avant le budget, le premier ministre et le gouvernement avaient été informés
directement de l'ampleur de la tragédie qui s'annonçait.
M. le Président, la question est très
simple : Pourquoi le ministre des Finances a-t-il quand même choisi de présenter un budget s'il savait qu'il était caduc
dès son dépôt? Aujourd'hui, quel est le plan de match, M. le Président?
Président : M. le ministre des Finances.
Girard (Groulx) : Merci pour la question. Et je suis vraiment content
de me lever. Ça fait plusieurs sessions que je suis ici, puis on ne me pose pas de question. Et puis, bien sûr,
il y a eu l'arrêt des travaux parlementaires. Alors, merci pour la question. Puis j'ai eu plusieurs
discussions avec le député de Robert-Baldwin depuis la crise, et ça me fait
plaisir de le voir en personne aujourd'hui.
Alors,
nous avions mis, à la page A.4 du budget... Nous avons reconnu qu'il y
avait... lorsque le budget a été conçu, que 25 % de l'économie mondiale était arrêtée en Chine. Alors,
c'était écrit à la page A.4, et, à ce moment-là, on parlait toujours d'une épidémie. L'Organisation mondiale
de la santé n'avait pas déclaré la pandémie — vous faites non, mais c'est oui — et
nous suivions les instructions de la Santé publique. Nous sommes
essentiellement le dernier grand rassemblement
qui s'est tenu au Québec, lors du budget, et tout ça avait été fait avec
l'accord de la Santé publique. Est venue la déclaration de la pandémie
mondiale...
Le Président :
En terminant.
M. Girard
(Groulx) : ...de l'OMS le lendemain du budget.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Robert-Baldwin.
M. Leitão :
La Santé publique savait depuis la mi-février au moins ce qui s'en venait, M.
le Président, et le gouvernement a été
informé. Dans le budget, M. le Président, le ministre des Finances prévoyait un
budget de dépenses de 110 milliards de dollars, dépenses de
portefeuille, une augmentation de 5,1 %.
Avec
une récession historique, parce que c'est là où on est, est-ce que le ministre
des Finances pense toujours que ce 110 milliards, ce 5,1 %
d'augmentation tient toujours la route?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Girard (Groulx) : Bien, nous avons déjà dit publiquement, M. le
Président, à tous les Québécois qu'étant donné que nous vivons la récession mondiale la plus importante depuis la
Deuxième Guerre mondiale nous devons réviser la projection économique. Le budget avait été fait avec une espérance de
croissance de 2 %. Nous avons indiqué que ce serait dans un intervalle de moins 4 % à
moins 6 %, un estimé de moins 5 %, et nous avions prévu l'équilibre
budgétaire, mais nous avons indiqué
en toute transparence, et je vous soulignerais que ni la Banque du Canada ni le
gouvernement fédéral n'a été encore
en mesure de donner cette transparence, que l'impact sur les finances publiques
serait de l'ordre de 12 à 15 milliards de déficit.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
Leitão : Donc, si l'impact est de 12 à 15, vous avez une bonne idée
des revenus et des dépenses. Tout ce qu'on veut savoir ici, en tant que parlementaires : C'est quoi, ce sont
quoi, ces prévisions-là? Est-ce que les 12 à 15 milliards, c'est des revenus qui vont manquer? Est-ce que les
dépenses, telles que budgétées, tiennent toujours la route? Il faudrait peut-être informer votre collègue au Conseil du
trésor qui, la semaine dernière, nous disait que le budget des dépenses
tient la route.
Est-ce qu'il tient
vraiment la route, M. le ministre?
Président : Je vais vous demander de vous adresser toujours à
la présidence. On n'oublie pas la règle, bien sûr. M. le ministre des
Finances.
M. Girard (Groulx) :
Merci. Alors, la réponse, est-ce que
c'est un ou l'autre, c'est les deux. Lorsqu'il y a une récession, il y a moins de revenus et il y a plus
de dépenses. Et nous allons donner encore une fois, en toute transparence,
aux Québécois... Autour de la Saint-Jean-Baptiste, nous allons donner
l'information... un exercice de transparence, reddition
des comptes aux Québécois et nous allons prendre la photo, je le dis à tous, du
9 juin. C'est le 9 juin que nous allons fermer la prévision économique et le cadre financier, et nous
divulguerons autour de la Saint-Jean-Baptiste toute l'information
nécessaire sur le solde 2019-2020 et...
Le Président : En terminant.
M. Girard
(Groulx) : ...le cadre financier 2020-2021.
Le Président : Question
principale, M. le député de Nelligan.
Derraji : La semaine dernière, le ministre de l'Immigration a fait
connaître sa seconde mouture de la réforme du PEQ. On se souvient tous du fiasco de l'automne. Six mois plus tard,
après avoir consulté, on se serait attendus à une bonne réforme. Or, ce n'est pas le cas. Nous avons
eu droit à une réforme qui ne tient pas la route économiquement et qui
fait fi de l'ensemble des recommandations des 55 rapports émanant des
consultations qu'il a tenues lui-même.
M. le
Président, la réforme du ministre est déconnectée des besoins de nos
entreprises. Dans les faits, il augmente les délais de traitement de 20 jours à six mois. Il augmente la
paperasse nécessaire, pour les entreprises, pour garder un travailleur étranger. Il restreint l'accès aux
programmes à des travailleurs étrangers en emploi et qui répondent à 100 %
au marché du travail.
M. le
Président, pourquoi le ministre de l'Immigration, comme il y a six mois, recrée
un mauvais programme pour nos entreprises?
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration.
Jolin-Barrette : M. le
Président, c'est intéressant d'entendre le député de Nelligan. Peut-être
devrait-il lire les communiqués de presse, aussi, des acteurs du monde
économique, aussi, qui sont sortis suite à la proposition de réforme que nous
avons faite la semaine dernière. Vous me permettrez d'en citer quelques
extraits.
«Nous saluons cette approche qui permet de mieux
arrimer les politiques publiques avec la réalité du terrain, comme nous pouvons
le constater avec la nouvelle réforme proposée du PEQ.» La FCEI-Québec.
«...le
Conseil du patronat du Québec tient à souligner qu'il apprécie plusieurs des
nouvelles orientations» du Québec. Le Conseil du patronat du Québec.
«La réforme du PEQ progresse dans la bonne
direction.» Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers
et exportateurs du Québec.
«La FECQ, l'UEQ
et Force Jeunesse notent le retrait de la liste des programmes admissibles et l'application d'une clause transitoire, deux de leurs demandes formulées au ministre [de l'Immigration].» Force Jeunesse, la FECQ et l'UEQ.
Alors, M. le Président, ceux-ci sont des gens
que nous avons consultés, que nous avons écoutés, comme je m'y étais engagé, et nous avons livré une réforme,
dans le cadre du PEQ, qui va permettre d'avoir une réforme durable et
d'améliorer nos programmes d'immigration, ce à quoi le Parti libéral s'est toujours
objecté. Toujours le statu quo.
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : On refuse
d'améliorer les choses du côté libéral.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : M. le
Président, le ministre de l'Immigration vient d'avouer que ce ne sont plus des lobbys, et
donc c'est une réponse directe au premier ministre.
Vous voulez des faits, vous voulez d'autres déclarations?
«On ne veut pas que les gens soient pris en otages, on ne veut pas créer de conditions défavorables.» Ça, c'est qui? C'est
le P.D.G. de la chambre de commerce que vous avez
vous-même consulté, la FCCQ. «On souhaite que les délais soient le plus courts
possible. Plus c'est long, plus c'est un problème.
Il faut que le message soit clair : montrer que ces étudiants étrangers
sont les bienvenus.» Ça, c'est qui, monsieur? C'est le...
Président : Et je vais
vous demander de vous adresser à la présidence, s'il vous plaît. M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le
Président, la cheffe du Parti libéral vient de dire dans sa principale qu'elle souhaitait qu'on ne laisse personne pour compte des gens
qui ont perdu leur emploi présentement. Pour les étudiants étrangers qui sont non
diplômés présentement, on va leur demander une année d'expérience de travail afin d'accéder au CSQ, à la résidence permanente. Moi, M.
le Président, je ne pense pas que
c'est déraisonnable, ce qu'on demande. Les deux facteurs clés de l'intégration au Québec, là, c'est le fait de parler français
et le fait d'occuper un emploi aussi. Je
comprends que le député de Nelligan n'est pas d'accord avec ça, le fait de
demander seulement un an de travail aux étudiants étrangers
qui viennent ici. Moi, je pense que c'est très raisonnable. Puis je pense que
les Québécois comprennent où loge le Parti libéral.
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette :
Puis je pense que les Québécois savent qu'on travaille dans la bonne direction.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Le 6 novembre, le premier ministre disait : «Donc, ce qu'on a choisi de faire, c'est de donner une
clause de droits acquis, [...]une clause
grand-père, à ces personnes.» Ça veut dire : Vous êtes un étudiant
étranger au Québec et vous êtes en
train d'étudier, vous avez le droit d'utiliser les anciennes règles que le gouvernement du Québec a utilisées pour vous amener au Québec. Aujourd'hui, le ministre
de l'Immigration ne respecte pas sa
parole ni la parole de son premier
ministre.
Pourquoi le premier
ministre a-t-il finalement abandonné ces étudiants étrangers?
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, au contraire, dans la nouvelle mouture du PEQ
que j'ai présentée, il y a une clause
transitoire qui fait en sorte que tous les étudiants diplômés du PEQ
bénéficient de la même clause transitoire que les travailleurs étrangers qui sont présents sur le territoire
québécois actuellement. Alors, nous avons pensé à tout le monde. Et, pour ceux qui ne sont pas déjà diplômés, M. le Président, on demande
une année d'expérience de travail dans un domaine qui est concordant avec leur niveau d'études, M.
le Président. Alors, je pense que c'est tout à fait raisonnable, d'autant
plus qu'on est en situation... Il faut s'assurer que chaque personne qui se
présente au Québec puisse travailler, puisse s'intégrer. Alors, si le Parti
libéral est contre le fait de demander aux étudiants étrangers qui occupent un
emploi...
Le Président :
En terminant.
Jolin-Barrette : Ces personnes-là veulent rester au Québec, mais il
faut qu'elles travaillent. Elles veulent contribuer.
Le Président :
Question principale, M. le député de Laurier-Dorion.
Fontecilla : Bonjour, M. le Président. L'automne dernier, quand le
ministre de l'Immigration a changé les règles
du Programme de l'expérience québécoise brusquement et sans consulter personne,
les Québécoises et les Québécois se sont mobilisés comme jamais, et ils
ont gagné. Le ministre a retiré sa réforme. Or, juste avant, dans une tentative
désespérée de sauver les meubles, le ministre a promis une clause de droits
acquis pour les étudiants étrangers qui étudient
au Québec et qui avaient le projet de faire leur vie ici. Je cite le ministre
en Chambre : «...comme je m'y suis engagé. Il y a une clause de droits acquis [...] pour les étudiants qui avaient
débuté leur formation. Alors, ce sont les mêmes règles qui s'appliquent. Il y a un droit acquis pour les
gens qui [sont] déjà présents sur le territoire...» Fin de citation. Le premier
ministre s'est aussi engagé dans le même
sens. La semaine dernière, la nouvelle réforme du ministre est arrivée, et,
pouf! plus de clause de droits acquis
pour les étudiants étrangers. En octobre, il leur a dit qu'ils devaient partir.
En novembre, il leur a dit qu'ils pouvaient rester. Et maintenant il
jette encore leurs dossiers à la poubelle.
Quand le ministre de
l'Immigration fait une promesse aux immigrants...
Le Président :
M. le ministre de l'Immigration, à vous la parole.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, il n'y a rien de plus faux que ce que le député de
Laurier-Dorion vient de dire.
Président : Je vais vous demander d'être prudent. Je
comprends... Monsieur... Je vous le dis, vous le savez très bien, M. le
leader du gouvernement, M. le ministre de l'Immigration, «faux», c'est non.
Alors, vous n'utilisez pas ce terme-là. Je vous demande d'être prudent et de ne
pas utiliser des termes semblables.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Toute personne, M. le
Président, qui est au Québec actuellement va avoir la possibilité de rester au Québec. Pour les travailleurs
étrangers qui sont présentement au Québec, ils bénéficient d'une clause transitoire. Pour les étudiants qui
sont diplômés, ils bénéficient d'une clause transitoire. Pour ceux qui ne
sont pas encore diplômés, ils vont devoir travailler pendant une année à temps
plein. Est-ce que c'est déraisonnable, M. le
Président? On a un taux de chômage de plus de 17 %, M. le Président,
actuellement. On veut s'assurer que chaque personne puisse s'intégrer au marché du travail québécois. Il n'y a
aucun État dans le monde qui a un programme aussi généreux que nous en
matière d'immigration.
y a une chose qui est sûre, M. le Président, en fin de semaine, j'ai vécu une
déception, une grande déception, M. le Président, je pensais que le
député de Laurier-Dorion avait de l'honneur. M. le Président...
Président : Non, dans ce... Non, dans les propos, M. le
leader... Je vais vous demander de... M. le ministre de l'Immigration,
je vais vous demander de retirer ces propos.
Président : Merci. On a bien entendu que les propos ont été
retirés. Et je vous demanderai de faire attention pour la suite des
choses. Vous connaissez la façon de faire. À vous la parole.
Jolin-Barrette : M. le Président, dans le cadre d'une manifestation à
laquelle il a participé, le député de Laurier-Dorion souhaite, et je vais vous citer ses propos,
dire, en parlant de moi : «C'est un matamore qui n'hésite pas à
sacrifier des vies humaines pour arriver à ses fins politiques.» Je trouve ça
odieux. Il devrait s'excuser.
Le Président :
En terminant.
Jolin-Barrette : Est-ce que la cheffe de Québec solidaire va demander
qu'il s'excuse, son député?
Le Président :
M. le leader...
Le Président :
Non. S'il vous plaît! M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
Nadeau-Dubois :
L'article 40 me permet de faire quelques
remarques. Je vais les faire.
Président : Bien, écoutez, je ne sais pas qui a fait ce
bruit-là, là, mais assurément je ne veux pas en entendre, s'il vous
plaît. M. le leader du deuxième groupe d'opposition, à vous la parole, et, à
tous, votre attention.
Nadeau-Dubois : J'invite la ministre des Aînés et des Proches aidants
à avoir la moitié de cette énergie pour s'occuper du dossier des CHSLD.
Maintenant...
Le Président :
À ce moment-ci...
Président : Non, à ce moment-ci, on va respecter les règles de
base, là, le respect, la façon de faire. J'ai entendu des bruits, je vous demande d'éviter de les faire,
vous le savez. J'écoute le leader du deuxième groupe d'opposition à ce moment-ci.
À vous la parole.
Nadeau-Dubois : Vous avez rappelé le ministre de l'Immigration, qui
est aussi leader de son gouvernement... vous l'avez rappelé à l'ordre deux fois pour des propos qui étaient
déplacés envers le député de Laurier-Dorion, et il se permet, en toute fin de sa réponse, de faire une
troisième charge qui contient, elle aussi, des attaques personnelles à l'égard
du député de Laurier-Dorion. Je vous demanderais de vous assurer que les débats
ici se tiennent dans un climat respectueux de tous les membres de l'Assemblée
nationale.
Président : Et je demande, de fait, à tous et à toutes, le
respect pour la suite de nos discussions. Je pense, c'est trop important pour
manquer à cette règle. Il y a eu retrait pour une fois, respect pour la suite.
Je vous invite à suivre cette façon de faire, vous la connaissez. M. le
député de Laurier-Dorion, à vous la parole.
Fontecilla : Au milieu de tout ça, M. le Président, le ministre n'a
pas répondu à la question. Il a fait une promesse ici, sur le tapis du salon
bleu. Je la répète : «...comme je m'y suis engagé. Il y a une clause de
droits acquis [...] pour les étudiants qui avaient débuté leur
formation. Alors, ce sont les mêmes règles qui s'appliquent.»
Comment les immigrants, comment la population du
Québec peut lui faire confiance alors qu'il revient sur sa promesse? La
dernière fois qu'il a manqué de respect, il s'est au moins excusé.
Encore une fois, le ministre va-t-il respecter
sa promesse et accorder les droits acquis aux...
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration, à vous la parole.
Jolin-Barrette : M. le
Président, s'il y a quelqu'un qui devrait s'excuser aujourd'hui en cette
Chambre, c'est le député de Laurier-Dorion. «C'est un matamore qui n'hésite pas
à sacrifier des vies humaines pour arriver à ses fins politiques.»
Est-ce que c'est digne d'un député de l'Assemblée nationale de parler de ses
collègues de cette façon-là?
Le Président : Non, je...
Non, non, non. Encore une fois, je vais vous demander...
Président : Non, mais vous connaissez... Il y a une question
qui a été posée, vous êtes en réponse, vous êtes le seul à avoir la parole. Je vais vous demander d'être
respectueux et de faire attention. Continuons à avoir un ton nous permettant
d'aller au bout des idées. Je pense que c'est comme ça que ça fonctionne.
Alors, M. le ministre de l'Immigration, je vous demande d'être attentif
à vos propos, s'il vous plaît... M. le leader, très rapidement.
M. Nadeau-Dubois : ...article qui
interdit spécifiquement d'attaquer la dignité des membres de l'Assemblée
nationale. Ce serait bien qu'il soit respecté.
Président : Je pense que vous connaissez... Je pense que les
choses ont été dites. Je pense que tout le monde les a comprises. Je pense que tout le monde est capable d'entendre. M. le
ministre de l'Immigration, je vous demande votre collaboration de façon très précise.
Jolin-Barrette : Non, M. le Président, j'attends toujours les excuses du député de Laurier-Dorion, parce que c'est blessant, ses propos. Et savez-vous quoi? Le
sens de mon engagement politique depuis que j'ai été nommé ministre
de l'Immigration, M. le
Président, c'est de réformer le système
d'immigration de façon à ce qu'au Québec on s'assure de bien intégrer les personnes
immigrantes.
Comment est-ce qu'on fait ça? En s'assurant d'avoir les ressources pour franciser les
personnes immigrantes, pour s'assurer que, dans toutes les régions du Québec,
les personnes immigrantes puissent être accueillies à bras
ouverts, puissent être intégrées dans chacune des communautés...
Le Président : En terminant.
Nadeau-Dubois : ...et
puissent être retenues aussi en région, ce que le Parti libéral, le Parti québécois et que Québec solidaire n'ont jamais
réussi à faire.
Le Président : M. le député
de Laurier-Dorion, votre complémentaire.
Fontecilla : M. le Président, le ministre nous a assuré qu'il n'y avait aucun problème avec
le délai de traitement des dossiers
en immigration. Pourtant, ça fait longtemps
que ces délais de traitement des dossiers sont largement dépassés, et peuvent aller même jusqu'à six mois d'attente. La
pandémie a le dos large, mais pas tant que ça. Six mois d'attente pour une personne immigrante, ça signifie de
renouveler son permis de travail, peut-être perdre son emploi, être coupée
de la Régie de l'assurance maladie du Québec.
Est-ce que le ministre est en train de cacher
son incapacité à traiter les dossiers en mettant en place une réforme qui
officialise son...
Le Président : M. le ministre
de l'Immigration, votre réponse.
Jolin-Barrette : M. le
Président, au mois de novembre dernier, je m'étais engagé à consulter, c'est ce
que j'ai fait. Je m'étais engagé à
retourner à la table à dessin, c'est ce que j'ai fait. Et je peux vous dire
qu'avec les réactions qu'on a avec la nouvelle version du Programme de l'expérience
québécoise, le travail a été effectué. On a fait ça de façon très sérieuse, M. le Président, pour
s'assurer justement que les personnes immigrantes qu'on sélectionne par le
biais du PEQ, elles puissent s'intégrer en emploi au Québec.
Est-ce que
c'est la fin du monde, M. le Président, d'exiger un an de travail avant de
pouvoir être sélectionné au Québec? On veut s'assurer que les personnes
immigrantes puissent contribuer pleinement à la hauteur de leurs compétences
au marché du travail québécois et à la société québécoise. Du côté de Québec
solidaire...
Le Président : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...je comprends
que ce n'est pas leur vision.
Le Président : Question
principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, depuis le début de la crise, le premier
ministre et son cabinet ministériel mentionnent constamment que le gouvernement s'appuie sur les experts en santé
publique pour prendre ses décisions. On en a pris acte. De notre côté, on est d'avis qu'il est
fondamental pour la population de connaître les décisions qui relèvent de la
santé publique et celles qui relèvent du politique.
Prenons la
question de la non-réouverture des écoles à Montréal. Le 14 mai, on
annonce que toutes les écoles de la Communauté
métropolitaine de Montréal resteront fermées jusqu'à la fin de l'année
scolaire. Le lendemain, le 15 mai, le ministre de l'Éducation a justifié cette décision dans une entrevue en
mentionnant, et je le cite : «Vous savez, on n'a pas l'autorisation de rouvrir nos écoles en ce moment.» Et, coup de théâtre, le
Dr Arruda arrive. En fin de semaine, il accorde une entrevue à La Presse .
Il indique qu'il ne s'opposait pas à l'ouverture des écoles à Montréal, que
c'était possible de procéder et que c'est le gouvernement qui a décidé.
Alors, ma
question : Pourquoi le premier
ministre a fait le choix de ne pas
révéler cette information importante à la population lors d'un de
ses points de presse quotidiens?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le
Président, je ne sais pas, peut-être
que le chef du Parti québécois n'a pas écouté le point de presse hier, mais on a eu l'occasion, le
Dr Arruda et moi-même, de répondre à cette question.
Il faut faire la différence entre
ouvrir les écoles au mois de mai puis ouvrir les écoles au mois de juin. Si
j'avais été capable d'ouvrir les écoles au mois de mai, je l'aurais
considéré très sérieusement, puis le ministre de l'Éducation aussi, parce qu'il
y aurait eu des avantages pour les enfants. Malheureusement, le directeur de la Santé publique ne nous a pas permis d'ouvrir les
écoles au mois de mai.
Pour ce qui
est du mois de juin, M. le Président, on est dans une situation où il reste deux ou
trois semaines avant la fin de
l'école, de l'année scolaire régulière. Donc, on a jugé qu'il y avait plus de
désavantages à ouvrir pour quelques semaines
que d'avantages. Donc, malheureusement, on a choisi d'ouvrir les écoles le
1er septembre. Mais, M. le
Président, on a respecté à la lettre
les recommandations de la Santé publique pour le mois de mai. Pour
ce qui est du mois de juin, on a pris la décision que ça ne valait pas
la peine d'ouvrir les écoles pour quelques semaines.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
Décidément, M. le Président, tant le Dr Arruda que la Dre Drouin ont
été mal cités, malgré qu'il y a des
enregistrements qui le prouvent. Vendredi dernier, l'Institut national de santé
publique nous a appris que les prédictions
sur l'évolution de la courbe ne tiennent pas compte des déplacements entre les
régions. Les prédictions ne tiennent
pas compte du mouvement entre les régions. Le voyagement entre les régions
chaudes et les régions froides pourra avoir des répercussions. Comme pour le
déconfinement de Montréal, le gouvernement prend à nouveau un pari risqué.
Est-ce que le
premier ministre peut admettre que la décision de retirer les contrôles
routiers en région ne reposait sur aucune modélisation scientifique?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault :
M. le Président, il faut faire la distinction entre le Dr Arruda, la Santé
publique, qu'on écoute, et les instituts
qui sont de l'extérieur, comme l'INESSS et l'INSPQ. Nous, on a eu le O.K. de réouvrir
les frontières entre les régions.
sais que le chef du Parti québécois était contre le fait que les gens de
Montréal puissent aller dans des auberges dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Il aurait voulu continuer de
bloquer le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, tuer le tourisme dans ce coin-là. Nous, avec l'accord du
Dr Arruda, on a réouvert les régions. Donc, encore une fois, on a écouté
les recommandations de la Santé publique.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, vous l'avez laissé aller. Tuer le tourisme. C'est ça que je
veux faire, vraiment? Tous les médecins du Bas-Saint-Laurent ont dit que sa
décision n'avait aucun sens. Alors, la prochaine fois, ils vont venir le dire
au premier ministre avec moi. C'est très important de dire les choses comme
elles sont. Il y a des décisions qui se sont prises qui reposent sur du politique. On ne distingue plus
qu'est-ce qui relève du politique et de la Santé publique. Le
Dr Arruda et lui seraient la même personne maintenant.
Il serait temps qu'on clarifie les choses parce
qu'il prend des décisions qui engagent la santé publique des citoyens, les
droits et libertés et nos fonds...
Le Président :
M. le premier ministre. Encore une fois, je vais demander à tout le monde de se
taire, et d'éviter de vous interpeler, et d'écouter ceux qui posent des
questions et ceux qui y répondent. M. le premier ministre.
M. Legault :
Oui. M. le Président, au moins, les choses sont claires. Le Parti québécois est
contre l'ouverture du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Le chef du
Parti québécois vient nous dire qu'il ne souhaite pas que les gens de Montréal
aillent dans les hôtels, dans les auberges du Bas-Saint-Laurent et de la
Gaspésie.
Le Président : M. le... Je
vous demande... D'abord, je vais vous demander votre silence, à tout le monde.
Le Président : M. le... Je
vais vous demander le silence à tous, de faire attention aux mots que vous
utilisez. M. le leader du gouvernement, au départ,
le leader du troisième groupe d'opposition est debout. Je vais l'entendre
quelques instants. Mais je vais
demander, globalement, d'entendre et de comprendre les règles qui sont les
nôtres en fonction et en matière de respect. M. le leader.
M. Ouellet : M. le Président,
nos règles sont claires. Le chef du Parti québécois...
Le Président : Un instant!
Non, monsieur... Non, mais...
Président : Mais le leader du troisième groupe d'opposition
était là. Je complète. Vous poserez votre question de règlement par la
suite. M. le leader, complétez.
M. Ouellet : Oui, merci, M. le Président. On ne peut pas
prêter des intentions au chef du Parti québécois avec ce qu'il vient de
dire. Je veux dire, le premier ministre ne peut pas avouer que mon chef veut
fermer la région, fermer le tourisme, tuer le tourisme. Honnêtement, là, c'est
prêter des intentions malicieuses.
Président : Je vais vous demander encore une fois, avant de
vous donner la parole, et, je pense, ça a été très clair... On commence
la semaine. Je me réjouissais et je me réjouis habituellement du ton. Ici,
aujourd'hui, il va falloir qu'on travaille
un peu fort sur la notion de respect et les termes utilisés, éviter de
s'interpeler, mais surtout être capables
de mener des discussions constructives. C'est ce que l'on fait habituellement.
C'est ce que tous les députés font habituellement. M. le leader du
gouvernement, ces propos sont très clairs. Je vous demande également de les
saisir aussi.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Écoutez, si le chef du
Parti québécois est encore en cette enceinte, il devrait retirer ses
propos. Il a traité de minables les propos du premier ministre. C'est
inacceptable, irrespectueux. Et j'espère que...
Le Président : Je vais vous
demander de clore... M. le leader du gouvernement, je viens de vous entendre. M. le leader de l'opposition officielle... de la
troisième opposition, je vous ai entendu également. Je pense que c'est clair.
Encore une fois, les
termes, vous les connaissez. La façon de se conduire, vous la connaissez
également. Je vous demande de
regarder et de retrouver le ton qui devrait être le nôtre. On revient, s'il vous
plaît, tous et toutes, avec le ton approprié.
J'en suis maintenant à la question du député de
Pontiac en principale.
M. Fortin :
Merci, M. le Président. Je vais citer les données du gouvernement. Vous allez
comprendre, M. le Président, que ça vaut ce que ça vaut, mais c'est tout ce
qu'on a pour travailler. Aujourd'hui, sur les 13 CHSLD où la situation est la plus critique au Québec, il y en a six qui sont des CHSLD privés. Dans
les CHSLD privés, il y a 800 patients, 800 résidents, qui sont décédés de la COVID et il y a
des centaines de résidents aujourd'hui qui sont atteints du virus. Dans ces mêmes CHSLD, il y a plusieurs
centaines d'employés qui manquent encore à l'appel, qui sont malades, qui sont
affaiblis, qui sont isolés.
résidences réussissent à bout de bras, avec toute l'aide qu'ils réussissent à
trouver, à s'occuper des résidents. Mais,
dans 13 jours, le 15 juin, le gouvernement va retirer tout
son personnel. M. le Président, la ministre dit, d'un côté, que la raison pour laquelle ils permettent encore des déplacements, et ça, c'est une aberration en soi, d'une zone à
l'autre, c'est qu'il manque de personnel.
Alors, s'il manque de personnel partout en
CHSLD, pourquoi diable la ministre retirerait ce personnel-là des CHSLD privés?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président,
durant toute la pandémie de la COVID-19, les différents établissements, les CISSS et les CIUSSS, qui ont été créés par le
précédent gouvernement, ont prêté main-forte en prenant des employés du secteur public pour aller dans les RPA et aller
dans les CHSLD privés, privés conventionnés. Il me semble qu'il ne fallait
pas regarder si c'était privé ou si c'était public, mais bien de prêter
main-forte. Je pense que c'est ça.
gouvernement, aujourd'hui, a lancé un vaste programme pour embaucher
10 000 préposés aux bénéficiaires justement pour venir combler des postes, qui ne sont pas des postes de
personnes qui sont malades actuellement, où avant la pandémie il
manquait beaucoup de personnes. Vous n'avez jamais été capable, personne ici,
de sortir de la boîte, d'avoir de la créativité et de dire : Nous allons
embaucher des préposés aux bénéficiaires parce qu'il en manque.
Je tiens à vous dire, M. le Président,
qu'aujourd'hui on a fait une annonce, mais qu'avec le président du Conseil du trésor et qu'avec le ministère de la
Santé et des Services sociaux on travaille actuellement à trouver une mesure
pour être capables de soutenir à la fois le public...
Le Président : En terminant.
Mme Blais (Prévost) : ...le
privé conventionné, le privé, les RPA puis les RI.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. M. le Président, elle nous parle d'une
annonce pour septembre. On lui parle de ce qui se passe aujourd'hui dans
les CHSLD privés. Ils ont beau être privés, les CHSLD, mais les résidents qui
sont là sont des Québécois et des Québécoises qui ont besoin de services.
D'abord, M. le Président, ils vont retirer du personnel. Deuxièmement, ces CHSLD là n'auront aucune
possibilité de recrutement à cause du programme gouvernemental. Et,
trois, M. le Président, les CISSS et les CIUSSS font du maraudage dans ces
établissements-là en ce moment.
Comment le
gouvernement va-t-il s'assurer, parce qu'il a une obligation, il a une
obligation, M. le Président, de soutien et de support... Comment ils
vont s'assurer qu'il y a des services maintenant?
Le Président : Mme la
ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, le député de Pontiac oublie un petit bout
de l'histoire. C'est que nous avons dit,
quand on était pour retirer le personnel — ce qui est tout à fait normal, à un moment
donné, il faut que le personnel revienne dans nos établissements
publics — que,
s'il y avait des difficultés avec soit des CHSLD privés, ou privés conventionnés, ou RPA, nous étions pour répondre à l'appel. On le fait déjà, bien
antérieurement à la pandémie, de soutenir tous les milieux de vie qui ont de la difficulté avec le personnel.
On va le faire, on va embaucher des préposés et, en plus, on va réussir
là où vous n'avez jamais réussi.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : M. le Président, si le gouvernement était capable de faire du
cas par cas, il ferait un suivi de ces directives,
il n'y aurait pas du déplacement de personnel d'un CHSLD à l'autre en ce
moment. Le premier ministre admet lui-même
qu'il n'a pas le contrôle sur ce qui se passe dans les CHSLD, mais, en même
temps, il demande aux Forces armées de
rester jusqu'au 15 septembre parce qu'il manque tellement de monde. Pour
ses CHSLD à lui, pour le public, on demande de rester jusqu'au
15 septembre; pour tout ce qui est privé, on retire le monde à partir du
15 juin, M. le Président.
Comment on peut dire, d'un côté : On n'a
pas de contrôle puis, de l'autre : On retire les employés?
Le Président : M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé : ...j'aimerais peut-être compléter la réponse
de ma collègue, parce que je pense que c'est important que le député de Pontiac comprenne bien ce qui
arrive présentement. Nous avons dit plusieurs fois qu'à chaque
fois qu'on faisait une mesure dans nos propres CHSLD nous allions faire
la même chose et procéder équivalent avec les autres. Nous avons annoncé des mesures spécifiques au cours des derniers jours
dans les CHSLD publics. Nous allons venir avec un programme très clair
pour supporter le côté privé, exactement. Merci, M. le Président.
Le Président : Question
principale, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. La semaine dernière, le gouvernement a confirmé ce dont
on se doutait déjà, c'est-à-dire qu'en coulisses, derrière des portes
closes, il discute, ce gouvernement, avec des lobbyistes qui représentent des
entreprises qui développent des applications de traçage pour lutter contre la
pandémie.
Ma question aujourd'hui est pour la ministre de
la Justice, parce que ce n'est pas juste l'efficacité de ces applications-là qui est remise en question de plus
en plus, c'est aussi et surtout le fait que cette technologie-là soulève
d'énormes inquiétudes, partout à travers le
monde, au sujet de la vie privée des citoyens et des citoyennes.
Malheureusement, le gouvernement a
refusé, par contre, qu'on entende ces inquiétudes-là en public, qu'on y réponde
en public, bref qu'on ait un débat public sur un enjeu d'intérêt public.
La vie privée des gens à la CAQ, on en parle, mais sans les gens, en coulisses,
derrière des portes closes.
Est-ce que le
gouvernement... Puis c'est une question très simple, on veut avoir l'heure
juste aujourd'hui, ici, en Chambre,
comme parlementaires. Est-ce que le gouvernement du Québec travaille, oui ou
non, à développer une application de traçage numérique pour lutter
contre la pandémie?
Le Président : M. le ministre
délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : Merci, M.
le Président. Je remercie le leader
de la deuxième opposition pour sa question, qui me permet également de
me lever en Chambre depuis un bon bout de temps.
Premièrement, je veux rassurer les Québécois, il n'y aura pas d'atteinte à leur vie
privée. Là, ici, on nous demande de
faire un débat sur une application qui n'existe pas, qui n'existe pas. La
géolocalisation, par exemple, c'est quelque
chose d'intéressant, et il faut en discuter, mais il faut en discuter selon les besoins de
la Santé publique. Et la Santé publique, jusqu'à présent, nous dit qu'ils ne voient pas d'intérêt
à intégrer les outils de géolocalisation dans leur plateforme actuelle.
On a une
plateforme qui s'appelle la plateforme de santé publique, qui sert au suivi des
contacts et des cas. Et, s'il le
faut, éventuellement, on va intégrer les applications de traçage à l'intérieur. On a rencontré Mila, on a rencontré Deloitte, qui ont fait venir l'application de Singapour, mais, pour le
moment, notre Santé publique n'y voit pas d'intérêt. Pourquoi
s'asseoir, se réunir pour discuter de quelque chose qui, pour le moment,
n'existe pas, M. le Président?
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Pour une raison très simple, parce qu'avant de donner le feu vert il faut
discuter du cadre réglementaire de
ces applications-là. Puis, en fin de semaine, la présidente de la Commission
d'accès à l'information disait, je
cite : «Les lois québécoises ne permettent pas d'encadrer adéquatement
[ces applications-là].» M. le Président, juste un petit rappel : C'est où qu'on les vote, les
lois sur Québec? C'est ici. Alors, c'est pour ça que c'est ici qu'il faut en
parler. Il faut en parler avant de recommander une application.
question est très simple : Est-ce que le gouvernement peut s'engager à ne
pas recommander ni approuver aucune application...
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme LeBel :
Merci, M. le Président. Merci, mon collègue, pour cette question. D'ailleurs,
on a eu l'occasion, lors d'un appel téléphonique, je pense que c'est la semaine
dernière — le temps
passe vite — de
discuter effectivement des
préoccupations que nous partageons, préoccupations de ce fait que les lois du
Québec seront respectées, M. le Président. La vie privée, les
renseignements personnels de nos citoyens seront protégés.
Donc,
dans l'éventualité où la Santé publique jugerait nécessaire d'avoir une telle
application pour des raisons de traçage et de contrôle, si on veut, de
la pandémie actuelle, soyez assuré, M. le Président, que la vie privée et les renseignements personnels de nos citoyens seront
protégés, et la Commission d'accès à l'information sera impliquée dans
le processus.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
La Commission d'accès à l'information, en fin de semaine, par la bouche de sa
présidente, disait : «Les lois québécoises ne permettent pas
d'encadrer adéquatement [ces applications-là].» La présidente de la Commission d'accès à l'information, c'est
quelqu'un qu'on a nommé ici aux deux tiers de l'Assemblée nationale, M. le Président.
Cette personne-là nous dit : Ne faites pas cette chose avant d'avoir fait
un cadre législatif.
D'où ma
question : Est-ce que la ministre de la Justice est prête à s'engager à ce
que son gouvernement ne recommande ou n'approuve aucune application de ce genre
sans cadre législatif?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Mme LeBel :
M. le Président, il y a des critères essentiels à respecter pour lancer
éventuellement ou hypothétiquement
une telle application, c'est exact. Je répète et je réitère la chose
suivante : la vie privée de nos citoyens, leurs renseignements personnels seront protégés dans l'éventualité ou la
Santé publique réussirait à faire la démonstration qu'une telle application est nécessaire
dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire actuelle. Le débat public, il
est nécessaire, on le fait actuellement. Cette discussion-là
en fait partie. Les experts en discutent, et nous surveillons la situation de très près...
Le Président :
En terminant.
Mme LeBel :
...et la Commission d'accès à l'information sera impliquée.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci,
M. le Président. Ce matin, je veux
vous parler du petit Hugo. Il souffre du trouble du spectre de l'alcoolisation foetale, le syndrome de
Gilles de la Tourette, trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité et
impulsivité, dysfonction exécutive. Jusqu'au
13 mars, Hugo fréquentait une école de la région de Québec. Il était dans
une classe spéciale de quatre enfants sous
la responsabilité de trois adultes. Ses parents, à bout de souffle, étaient
soulagés de la réouverture. Mais, le
lendemain du retour en classe, l'école a renvoyé Hugo à la maison. Pourquoi?
Parce qu'il n'était pas capable de
respecter la distanciation de deux mètres avec les autres enfants. Pourtant, il
s'agit d'une école spéciale. Cet enfant et sa famille ont besoin
d'accompagnement et de soutien, pas de rejet.
le Président, quand le premier ministre disait qu'il ouvrait les écoles pour
les enfants les plus vulnérables, a-t-il pensé aux enfants comme le petit Hugo? Et est-ce qu'il est prêt à
réintégrer Hugo dans sa classe spécialisée? En tout cas, c'est la
semaine des personnes...
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Merci, M. le Président. Je remercie la députée de Westmount—Saint-Louis
pour sa question. Et je tiens à dire tout ce
qu'on a fait, au cours de cette pandémie, notre gouvernement, pour les
personnes en situation de handicap.
Premièrement, on a créé un niveau de risque
particulier pour eux, différent des aînés, différent des autres jeunes, qui était pour tous ceux qui sont atteints d'un
trouble du spectre de l'autisme, déficience physique, déficience
intellectuelle, tant au niveau du confinement que du niveau du
déconfinement.
Au niveau du déconfinement, on a fait des efforts
extrêmes pour eux. Mon collègue de l'Éducation et moi, nous avons discuté avec
la Santé publique. Et justement tout ce que vous dites là, ici, sur la
réouverture des écoles, on a insisté
pour la réouverture des écoles spécialisées, insisté parce qu'on sait que ces
parents-là ont un niveau de détresse important et qu'on veut les aider.
on continue à se battre pour les personnes handicapées, M. le Président. On
travaille très fort avec la ministre déléguée
à l'Éducation, avec la ministre, aussi, de l'Habitation pour les camps d'été
spécialisés pour ces jeunes-là pour que
ces parents puissent avoir du répit également. On ne veut pas que les parents
s'épuisent. On ne veut pas que ces parents placent leurs enfants. On
travaille très fort, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
M. Carmant :
...pour la situation des enfants handicapés.
Le Président :
Première complémentaire. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Je ne savais pas qu'il y avait eu un remaniement ministériel, parce que la
lettre des parents du petit Hugo est adressée au ministre de l'Éducation. Il
s'agit ici d'un cas d'un enfant dans une école spécialisée, où est-ce que le
petit Hugo, après une journée de fréquentation, le lendemain, il était retiré
de l'école.
Les parents nous
écoutent présentement. Ils ont envoyé une lettre le 23 mars.
Les parents veulent
savoir si, après trois mois d'école... Est-ce que, finalement, leur enfant
pourra retourner demain à l'école, dans cette école hautement spécialisée?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : M. le
Président, je pense que ma collègue sait bien que ce n'est pas en Chambre lors
d'une période de questions qu'on décide si tel ou tel élève peut
retourner le lendemain en classe.
Ceci
dit, la question est pertinente parce qu'elle parle d'élèves qui ont des
besoins très particuliers, qui souvent ont
des services spécialisés dans des écoles qui sont hors normes, dans des groupes
qui sont hors normes. Et c'est pour ces élèves-là qu'on a travaillé si fort pour réouvrir ces écoles, ces
services, ces classes, même dans des zones dites chaudes, où tout le
reste était fermé. Et c'est vraiment du cas par cas. Et on fait des
politiques...
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
...qui s'adressent à tous les élèves et on traite les cas par cas...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Il peut lire les correspondances qui lui sont adressées. On parle d'un choix
des parents de retourner leur enfant à
l'école. Quel est ce choix lorsqu'un parent se fait dire : Votre enfant retourne
à la maison parce qu'on
n'est pas capables de maintenir le deux mètres, alors que l'école est faite
pour ça? C'est une école, là, où est-ce
qu'il y a trois adultes pour quatre enfants. Là, cet enfant-là, on lui propose
45 minutes demain, une heure la semaine prochaine,
puis une autre heure la semaine suivante, puis, après ça, on se revoit au mois
de septembre. M. le Président, je m'attends à ce que le ministre
appelle la famille, l'école et règle la situation parce que
le cas d'Hugo, c'est le cas de plein d'autres enfants.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, il faut regarder la situation dans son entièreté. Il faut
discuter avec ces professionnels. Quand on dit qu'il y a des professionnels
qui accompagnent un jeune en particulier et qu'ils sont obligés de
prendre des mesures qui sont extrêmes, ce n'est certainement pas de gaité de
coeur.
Ceci
dit, on peut toujours se questionner sur les cas particuliers comme ça.
C'est le genre de choses qu'on fait au ministère, c'est le genre de choses qu'on fait au cabinet
pour venir en aide aux citoyens, mais on ne peut pas se substituer au jugement des professionnels directement sur le terrain, qui sont habitués de travailler avec ces jeunes qui ont
des besoins particuliers. Et on travaille en ce sens-là depuis le début.
Président : M. le leader de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Très brièvement, mais c'est important de faire le point.
Avant que vous ne déclariez close la période
de questions, je tiens à vous souligner qu'aujourd'hui
et, de mémoire, s'il y a
eu un autre seul cas... ce fut une période de questions de huit questions principales. En vertu de
l'article 2 du règlement, c'est de votre devoir de vous assurer que
les débats soient sains.
Force est de
constater que, dans ce contexte tout particulier de l'entente où il y a une
quinzaine de ministres et une dizaine de
députés de l'opposition officielle, il y a des collègues qui étaient ici présents, dont assurément un autre
collègue qui avait une question très importante à poser; elle ne sera pas
posée. Mon point, c'est, M. le Président, souligner toute l'importance,
notamment dans ce contexte actuel, où des périodes de questions de huit
questions principales, ce n'est pas normal... On a assisté aujourd'hui à une
non-normalité. Et il en va du fait qu'au moins trois, quatre minutes ont été
dépensées, consacrées à s'invectiver. Et ça, on le déplore.
Président : M. le leader de l'opposition officielle, et que
tous le comprennent bien, ce que vous dites, bien, en effet, ce n'est pas souhaitable. On veut un
maximum d'échanges, on veut un ton approprié, on veut des termes appropriés.
J'en appelle à tous. Cette journée ne doit pas se reproduire.
Depuis le début de la
reprise des travaux, je pense que le ton était bon. Le respect était là. Les
questions sont importantes, sensibles. La
population souhaite entendre autant les questions que les réponses. Alors, je
vous invite, tous et toutes, à faire
en sorte que cette journée d'aujourd'hui ne se reproduise pas. De fait, nous
souhaitons ici un maximum d'échanges. Le message est bien compris. Je
pense que le message est bien passé également.
Cela met fin à la période
de questions et de réponses orales.
la rubrique Motion sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant Mme la
députée de Soulanges.
Mme Picard :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Westmount—Saint-Louis, la députée de Sherbrooke, le député
de Rimouski, le député de Chomedey, la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Semaine québécoise des personnes handicapées, qui a lieu
du 1er au 7 juin 2020 sous le thème Parce que chaque geste compte ;
«Qu'elle
poursuive son engagement à maintenir et à améliorer l'accessibilité des
personnes ayant un handicap, aussi
bien physique qu'intellectuel, aux programmes et services gouvernementaux, aux
bâtiments publics, ainsi qu'aux activités culturelles, sportives et
éducatives;
«Qu'elle souligne la résilience et l'apport des
travailleurs et [...] travailleuses en situation de handicap, qui représentent
une force vive dont le Québec ne peut se passer;
«Qu'elle rappelle
l'importance de l'hébergement adapté pour les personnes handicapées nécessitant
des soins importants, tout en réitérant la nécessité du maintien à domicile
afin qu'ils restent dans leur milieu de vie le plus longtemps possible;
«Qu'elle
reconnaisse les besoins exceptionnels de certains enfants handicapés en service
de garde et offre les outils nécessaires pour répondre à ces besoins;
«Qu'enfin,
elle prenne acte de l'importance de nos organismes communautaires qui sont
essentiels dans le soutien des personnes handicapées et [...] leurs
familles.» Merci.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président :
Il y a donc consentement, sans débat. En application de l'ordre spécial,
j'invite les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur
cette motion. M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Président : M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
La motion est donc adoptée.
Je reconnais
maintenant Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le premier ministre, le député de Laurier-Dorion, la députée
de Gaspé, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la journée internationale contre la discrimination raciale
qui a eu lieu le 21 mars [dernier] et réaffirme l'égalité de toutes les
Québécoises et de tous les Québécois;
«Qu'elle
reconnaisse que le racisme et le profilage racial sont des réalités encore
présentes au Québec ainsi que dans le monde, comme l'illustrent les
récentes et nombreuses manifestations notamment aux États-Unis;
«Qu'elle
condamne le racisme sous toutes ses formes et qu'elle demande au gouvernement
du Québec de s'engager à déployer
dialogue, efforts et mesures nécessaires pour endiguer ce fléau et contribuer
au maintien d'un vivre-ensemble harmonieux.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Président : Il y a consentement, sans débat. J'invite donc
maintenant les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leur
groupe. Je commence par M. le leader de l'opposition officielle.
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Président : La motion est donc adoptée. Je reconnais maintenant
Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Je demande donc à la Chambre le consentement pour
débattre de la motion suivante conjointement avec le premier ministre,
la cheffe de l'opposition officielle, le chef du troisième groupe d'opposition,
le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale déplore le meurtre de Georges Floyd par un policier américain;
«Qu'elle exprime sa
solidarité avec les manifestants et manifestantes qui ont exprimé pacifiquement
leur indignation dans les derniers jours et dénoncé le racisme sous toutes ses
formes;
«Qu'elle réaffirme
l'égalité entre tous les Québécois et toutes les Québécoises;
«Qu'elle reconnaisse
que le racisme et l'intolérance sont présents au Québec et font de nombreuses
victimes;
«Qu'elle prenne acte
des conclusions du rapport sur les interpellations policières à la lumière des
identités racisées des personnes
interpellées remis au SPVM en août 2019, notamment celle qui démontre que les
Québécois et Québécoises issus des minorités visibles sont près de 5
fois plus interpellés sur le territoire montréalais;
«Qu'elle s'engage
résolument à lutter contre toutes les formes de racisme, de discrimination et
d'intolérance;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de présenter, dans les
meilleurs délais, un plan de lutte au racisme et à la discrimination.»
Président : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
M. Jolin-Barrette : M. le Président, il y a consentement pour un
débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : la cheffe du deuxième groupe d'opposition, le
premier ministre, la cheffe de l'opposition officielle ainsi que le chef du deuxième groupe d'opposition.
Président : Je comprends qu'il y a consentement pour que quatre
intervenants puissent prendre la parole. M. le leader du troisième groupe
d'opposition.
M. Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Ce sera la
collègue de Gaspé qui prendra la parole pour ma formation
politique. Merci.
Président : Pour une durée d'environ...
M. Jolin-Barrette : M. le Président, ça va nous faire plaisir
d'entendre la députée de Gaspé, en l'absence du chef du
Parti québécois, pour deux minutes.
Président : Vous le savez, encore une fois, qu'on n'a pas...
Le Président : Non, mais vous le savez,
encore une fois, la règle est tellement connue. On n'a pas à mentionner le fait que quelqu'un soit présent
ou pas. M. le leader de l'opposition officielle, vous le savez tellement, je
pense que c'était tout à fait inutile.
Nous
sommes en débat important sur un sujet important. Je comprends qu'il y a un
débat de consenti et je débuterai par M. le
leader du deuxième groupe d'opposition. S'il vous plaît, soyez attentifs à ce
moment important également. M. le
leader du deuxième groupe d'opposition... Mme la cheffe, je m'excuse, du
deuxième groupe d'opposition. Excusez-moi.
Mme Massé : Merci, M. le Président. Ça fait
six ans que je suis ici. Ça fait six ans que le mot «systémique», c'est comme un oignon qu'on a au pied. Personne ne veut en parler. Ça fait six ans
que mes collègues espèrent régler un problème sans pouvoir le nommer. Ça ne
marche pas.
À Montréal, un jeune Arabe a cinq fois plus de chances de se
faire interpeler par la police qu'un jeune Blanc, un jeune Noir, cinq fois
plus, une femme autochtone, 11 fois plus. Ce sont les faits. C'est quoi,
ça, si ce n'est pas systémique? Systémique ne veut pas dire systématique, ça ne veut pas dire chacun. Ça
veut dire qu'il y a un système qui tolère ça. De quoi avons-nous si peur, M. le
Président? Pourquoi est-ce qu'on n'est pas capables de nommer les choses qui
sont devant nous, claires comme de l'eau de roche?
On n'est pas tous et toutes pareils au Québec. L'expérience
d'une personne noire de Montréal-Nord,
ce qu'elle ressent lorsqu'elle voit
un char de police arriver, n'est pas du tout la même chose que moi, je peux ressentir
ni même que vous, M. le Président.
Moi, je vois des gens qui me protègent. Eux voient trop souvent... ils voient,
pardon, trop souvent George Floyd manquer d'air, écrasé contre le sol,
Fredy Villanueva jouer aux dés, Alain Magloire crier à l'aide.
C'est
une sacrée différence, ça, M. le Président, mais ça ne veut pas dire qu'on
n'est pas capable de se rejoindre.
On n'est pas aux États-Unis, là, on est au Québec, et je le sais, qu'on est
capables d'arriver là parce que nous, les Québécois, on est capables de ça. Au Québec,
entre Québécois et Québécoises — parce
qu'on l'est tous, Québécois et Québécoises — on
est capables de se parler, mais pour ça, il faut qu'on soit capables de dire,
de nommer : racisme, profilage
systémique. Il faut qu'on écoute les Québécois et Québécoises qui vivent des situations, ces situations-là,
même quand ce qu'ils nous disent,
c'est dur à entendre des fois. C'est seulement en ouvrant nos oreilles et nos yeux qu'on va
pouvoir lutter contre le profilage racial,
mettre fin à la discrimination en emploi, préparer un plan national de lutte au
racisme et à la discrimination. Il faut le faire, le faire rapidement
et, bien sûr, main dans la main avec les gens qui vivent cette situation.
Confronter la réalité, ce n'est pas une faiblesse, M. le Président, c'est de la force, c'est du leadership, et c'est
à ça que le peuple québécois s'attend. Merci.
Le Président :
La parole appartient maintenant au premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, j'ai été choqué, comme tout le Québec, de voir la vidéo sur la
mort tragique de George Floyd. On a vu un
policier mettre son genou pendant que M. Floyd implorait de le laisser
respirer, tout simplement. Puis, en plus, voir d'autres policiers ne rien
faire, c'est choquant, c'est révoltant, puis je comprends que des Québécois, des Canadiens, des Américains
sont sortis dans les rues pour dire : On en a assez, de cette violence
raciale.
tant que premier ministre du Québec, je suis solidaire de ces personnes
qui ont manifesté. Je pense qu'on doit le dire clairement : Tous
les êtres humains sont égaux, peu importe la couleur de la peau, et on doit
continuer de bâtir notre
société sur ce principe. On doit aussi combattre le racisme, parce qu'il y en
a. C'est important, par
contre, de le dire, les Québécois
ne sont pas racistes, mais il y a encore du racisme ici, comme partout, et on
doit l'admettre, on doit le combattre.
au-delà des paroles, on doit agir. Ça commence, bien sûr, par les valeurs qui
sont transmises à l'école, parce que le racisme, ce n'est pas inné, ça
se transmet, ça s'apprend, et il faut que l'école serve comme une
partie de la
solution pour lutter contre le racisme. Et au Québec on a une longue histoire,
que ça soit lutter pour l'égalité entre les hommes
puis les femmes, défendre les droits des francophones, on a une histoire de
lutte pour l'égalité des personnes, et c'est sur cette base qu'on doit
enseigner notre histoire, enseigner nos valeurs.
Évidemment, il y a
toute la question de la représentativité.
Malgré des efforts qui ont été faits
par tous les gouvernements, il n'y a pas
assez de représentants des minorités visibles dans la fonction publique.
Pourtant, on a le pouvoir, donc il
faut être capable d'y arriver, d'avoir un nombre plus proportionnel au
pourcentage des communautés des différentes allégeances, des différentes cultures. Bien sûr, il y a le défi du fait
qu'il y a beaucoup de postes qui sont à Québec. Donc, malheureusement, les fonctionnaires me
disent : Quand on a des applications, il n'y en a pas assez, des
représentants des minorités visibles qui appliquent sur les postes. Mais
il faut continuer de faire des efforts.
Il faut continuer de
faire des efforts aussi pour lutter contre le profilage racial dans la police.
Encore là, M. le Président, il n'y a pas de
raison qu'une personne ait peur de se faire arrêter à cause de la couleur de sa
peau. C'est pour ça que, dans le livre vert de ma collègue, c'est un sujet
qu'on touche. Puis il va falloir envoyer des directives claires à tous les corps de police, mais il faut éviter
d'importer un climat d'affrontement comme on le voit aux États-Unis. Il faut
éviter aussi de blâmer tous les
policiers en bloc. Ce n'est pas parce qu'il y a des individus racistes qu'on
doit condamner toutes les femmes puis tous les hommes qui servent dans
nos corps de police.
veux saluer, donc, les gens qui ont manifesté dimanche en gardant, pour la
majorité, un deux mètres. Par contre, je
ne peux pas éviter de condamner les casseurs qui en ont profité pour faire du
pillage, puis démolir, puis voler des guitares, et tout ce que vous
voudrez. Toute violence est condamnable.
M. le Président, je
termine sur un souhait. La nation québécoise est reconnue, à juste titre, comme
une nation pacifique. Les Québécois forment
un peuple accueillant, généreux. Je suis fier de pouvoir dire qu'en Amérique du
Nord le Québec est une des sociétés
où la richesse est la mieux partagée et une des sociétés au monde où il y a le
moins de violence. L'égalité, ça fait
partie de nos valeurs profondes, au Québec. C'est vers cet idéal qu'on doit tendre comme société,
peu importe notre couleur de
peau, notre origine, notre sexe ou notre condition. Merci, M. le Président.
Le Président :
La parole appartient à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci,
M. le Président. Minneapolis, New York, Los Angeles,
Atlanta, Philadelphie, Vancouver, Toronto, Montréal. Qu'ont eu en commun ces villes au cours des
derniers jours? Elles ont résonné puissamment au rythme de marches, de mobilisations, de slogans, mais
surtout d'hommages rendus à des personnes noires violentées du fait de discrimination fondée sur la couleur de la peau.
Le racisme existe, c'est un fait. Marginaliser le racisme, éviter de parler,
de faire ce débat qu'il suscite ne dessert
personne, au contraire. La force et la résilience d'un peuple résident
notamment dans sa capacité à regarder son histoire et le fond de son âme
et y puiser toute la bienveillance et l'empathie afin de reconnaître ses failles et de se rappeler son
devoir, celui de protéger ensemble l'ensemble de ses citoyens, indépendamment
de leur appartenance ethnique, raciale, religieuse, sexuelle ou sociale.
regardant les images des manifestations des derniers jours, des personnes
présentes, en écoutant les témoignages, leur cri du coeur, on peut bel et bien affirmer que le combat que nous
devons mener contre le racisme, la discrimination n'est pas terminé.
Mais la présence de ces personnes de tous horizons qui ont fait le choix de
sortir marcher, pour la majorité,
paisiblement dans un contexte de pandémie est certes une preuve de l'existence
de plaies et de souffrances, mais nous devrions aussi y voir un espoir,
un partage, un message d'unité.
nous faut prendre conscience collectivement de l'importance de nous parler, de
mieux nous comprendre, de mieux nous
connaître. Que cette tragédie nous rappelle, où que nous soyons, quoi que nous
soyons, que nous cherchons tous la
même chose : nous voulons vivre, aimer, être aimés, voir nos enfants
grandir, être heureux, peu importe la couleur de la peau. Si on avait un constat à tirer des derniers mois, des
dernières semaines, des derniers jours, ce serait le suivant : le racisme continue de blesser. Ces situations
vont de la discrimination à l'embauche à celle au logement, au profilage racial
ainsi qu'aux interprétations infondées,
parfois quatre fois plus souvent, parfois dix fois plus souvent, dépendant du
groupe auquel on appartient, comme un rapport en faisait état d'ailleurs
il y a quelques mois.
Mais ces personnes
dont on parle ne sont pas des entités qui sont désincarnées, elles portent des
noms : George Floyd, Ahmaud Arbery, Steven Demarco Taylor, Ariane McCree,
Adama Traoré, Alain Magloire, toutes des victimes,
toutes décédées. Il y a des êtres humains, des hommes, des femmes, des familles
entières qui portent ce combat, M. le
Président, des familles entières. Il s'agit d'eux et d'elles, mais il s'agit de
nous, de nous collectivement, de nous ensemble.
Nous vivons dans une
société où il existe encore des inégalités de fait entre plusieurs catégories
d'individus. Reconnaître leur existence est
un jalon fondamental à poser en vue de la création d'un espace de discussion et
d'éducation propice à la création d'un lien de confiance et d'unité.
Mais, au-delà
des belles paroles, au-delà de déclarer que nous sommes tous d'accord, il faut
des gestes, des gestes forts, mettre
en place des mesures, des plans d'action qui illustrent réellement la volonté
politique de faire bouger les choses sur cet enjeu.
Je souhaite, M. le Président, que ces
milliers de personnes qui marchent ensemble incarnent l'espoir d'un monde
meilleur, plus inclusif et plus tolérant, d'un monde où le droit à la poursuite
du bonheur sera réellement accessible à tous.
en terminant, vous allez me permettre de citer un auteur que j'affectionne
particulièrement, qui est Amin Maalouf. Et Amin Maalouf disait : «[La
terre] d'accueil n'est ni une page blanche, ni une page achevée, c'est une page
en train de s'écrire.» Mon plus grand
souhait, c'est que nous écrivions cette page d'histoire ensemble. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Je reconnais Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, M. le Président. C'est un moment assez émouvant pour
moi, là, de prendre parole dans ce contexte-ci pour une motion très,
très émouvante à la base. Alors, je remercie la collègue de la deuxième
opposition, en fait, pour cette motion très pertinente.
Nous
avons tous été médusés, horrifiés par la façon brutale, totalement injuste et
inacceptable dont George Floyd a
trouvé la mort. Le visage de cet homme est devenu celui de l'injustice. Si tant
de gens, des millions, partout dans le monde se sont spontanément identifiés à lui, c'est parce qu'il y a un problème
profond. Combien d'autres gestes discriminatoires et racistes sont posés chaque jour sans qu'on le
sache, à l'abri des témoins et des caméras? Combien de personnes en jugent
d'autres sur la simple base de ce qu'elles sont? Combien de gens
imposent injustement leur pouvoir, leur autorité?
meurtre commis de sang-froid est une tragédie et, malheureusement, le dernier
d'une série beaucoup trop longue. Il
faut le dénoncer, le dénoncer mais de façon pacifique, et condamner du même
souffle les actes de violence et de pillage commis au nom de la lutte
contre le racisme. Le frère de George, Terrence, l'a dit lui-même : La
violence n'est pas une solution, elle est
stérile. Faisons autrement, a-t-il demandé, puisque l'agressivité et la haine
n'ont jamais rien donné. Point encourageant, son appel au calme semble
avoir été entendu, la nuit dernière a été plus calme.
C'est
comme ça qu'on aime nos villes : des lieux sécuritaires où on peut
s'exprimer, manifester en famille dans une ambiance sérieuse,
solennelle, sereine, des lieux de solidarité et de sagesse où on peut affirmer
avec fermeté qu'assez, c'est assez.
premier pas vers la guérison, dit-on, c'est de reconnaître qu'il y a un
problème, quelle que soit son envergure. Or, si on se regarde honnêtement dans le miroir, on doit l'admettre,
oui, le racisme et la discrimination existent, y compris au Québec. Les raisons sont diverses, mais tout
aussi illégitimes les unes que les autres : l'origine ethnique, la couleur
de peau, les croyances, l'orientation
sexuelle, et j'en passe. Si la mort de George Floyd nous a réellement touchés,
nous devons tous nous engager à réagir face à une situation
discriminatoire, injuste, raciste, homophobe ou xénophobe, à enseigner à nos enfants que chaque être humain a,
à la base, une valeur égale et que c'est un principe immuable. Il faut aussi rester à l'écoute, et engager le dialogue,
et surtout éviter de jeter de l'huile sur le feu. Notre message doit en être un
de tolérance, d'unité, de respect en tout temps.
Les personnes noires,
autochtones, en fait peu importent leurs origines, ont une contribution
importante à apporter à notre société. Ce
sont nos professeurs, nos préposés, nos femmes d'affaires, nos artistes. Il
faut reconnaître qu'on a besoin de
leurs talents, de leurs compétences et qu'on les apprécie. Tous ensemble, nous
formons une seule et unique communauté, et, cette communauté, on la souhaite
égalitaire, empreinte de justice et d'équité. Soyons solidaires et dénonçons les actes contraires à ces valeurs.
Prenons ces engagements, individuellement et collectivement, en la mémoire
de George Floyd. Merci, M. le Président.
Président : J'invite maintenant les leaders parlementaires à
m'indiquer le vote de leur groupe sur cette motion. D'abord, M. le
leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
En conséquence, cette motion est adoptée.
Je reconnais
maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec la ministre déléguée
au Développement économique régional, le député de La Pinière, la
députée de Mercier, le député de Chomedey et la députée de Marie-Victorin, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de continuer à assurer
l'accessibilité d'un lien routier et
maritime vers les Îles-de-la-Madeleine et vers le continent, pour les résidents
et leur famille et de poursuivre ses efforts pour que les visiteurs
puissent se rendre aux Îles-de-la-Madeleine.»
Le Président : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : Consentement,
sans débat, M. le Président.
Le Président : Il y a consentement, sans débat. J'invite les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leur groupe sur cette motion. M. le
leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président : M. le leader
du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : En
conséquence, cette motion est adoptée.
À ce moment-ci, je suspends les travaux pour
quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 16)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, nous reprenons nos travaux.
Et, à la rubrique des avis touchant les travaux
des commissions, je vais céder la parole à M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme
la Présidente. J'avise cette
Assemblée que la Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude
détaillée du projet de loi n° 44, Loi
visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les
changements climatiques et à favoriser l'électrification, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle du Conseil législatif.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le leader du gouvernement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de
l'aménagement du territoire se réunira en séance publique aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 17 h 45 et de
19 h 30 à 20 h 15, à la salle Louis-Joseph-Papineau, afin de procéder à des consultations
particulières et auditions publiques sur le rapport de la mise en oeuvre de la
loi sur l'éthique et la déontologie municipale déposé en février 2019 à
l'Assemblée nationale.
Nous en sommes maintenant à la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Et, s'il n'y a pas de demande de renseignements,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et je recède la parole à M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, je vous demande d'appeler l'article 17 du feuilleton, s'il
vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 17 du
feuilleton, Mme la ministre du Tourisme propose l'adoption du projet de
loi n° 15,
Loi sur la Société de développement
et de mise en valeur du Parc olympique. Alors, Mme la ministre, je vous cède la
parole.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer deux
amendements, un à l'article 65, un à l'article 68 du projet de loi.
Ensuite,
conformément à l'article 257 de notre règlement, je fais motion afin que le
projet de loi n° 15,
Loi sur la Société de développement et
de mise en valeur du Parc olympique, soit renvoyé en commission plénière en vue
de l'étude des amendements que j'ai indiqués précédemment.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. En
application de l'ordre spécial, j'inviterai les leaders parlementaires à
m'indiquer le vote de leur groupe sur cette motion. M. le leader du
gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la leader adjointe de l'opposition
officielle?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : M. le leader du deuxième
groupe d'opposition? Bon, le leader
n'est pas là. Alors, en conséquence...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, c'est très bien. Alors, cette motion est adoptée, et je suspends
les travaux quelques instants?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Pardon? On fait un vote là-dessus aussi. Bon, excusez-nous, c'est un
peu différent. Alors, selon
l'application de l'ordre spécial, j'inviterais les leaders à nous faire part de
leur vote. M. le leader du
gouvernement?
M. Jolin-Barrette :
Pour.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la leader adjointe de l'opposition
officielle?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, en conséquence, cette motion est adoptée, et je suspends les
travaux quelques instants afin de permettre à l'Assemblée de se constituer en
commission plénière pour l'étude des amendements proposés par Mme la ministre
du Tourisme.
Les travaux sont
suspendus.
(Suspension de la séance à
15 h 28)
Mme Gaudreault (présidente de la commission
plénière) : Alors, nous reprenons nos travaux.
conformément à la motion qui vient d'être adoptée, nous sommes réunis en
commission plénière pour étudier
les amendements proposés par Mme la ministre
du Tourisme au projet de loi n° 15,
Loi sur la Société de développement
et de mise en valeur du Parc olympique.
Maintenant, j'invite Mme la ministre à lire
l'amendement à l'article 65.
Mme Proulx (Berthier) : Merci, Mme
la Présidente.
Article 65 :
Remplacer l'article 65 du projet de loi,
tel qu'amendé, par le suivant — j'ouvre la parenthèse,
article 65 :
«65.
La société produit au plus tard le
30 septembre 2021 le dernier rapport d'activités et les derniers états financiers de la Régie des installations
olympiques prévus respectivement aux articles 28 et 31 de la
Loi sur la
Régie des installations olympiques; elle les joint à son propre rapport
d'activités.
«Le présent
article s'applique malgré toute
disposition inconciliable.»
Présidente (Mme Gaudreault) :
Est-ce que vous avez des explications par rapport à cet amendement ou ça va?
Mme Proulx
(Berthier) : En fait, les motifs de l'amendement, Mme la
Présidente — merci — c'est pour modifier la date pour la production du dernier rapport
d'activité, derniers états
financiers de la Régie des
installations olympiques,
donc, et on pourra terminer l'année financière en même temps que celle du gouvernement.
Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie. Y
a-t-il des interventions sur cet amendement?
M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci,
Mme la Présidente. Donc, ma première question
sera en lien avec cet amendement. On va essayer de faire ça quand même correctement,
rapidement, pour le bénéfice des gens qui nous écoutent. Cet amendement,
Mme la ministre... ma question pour Mme
la ministre, Mme la Présidente, c'est à savoir est-ce qu'on parle d'un
amendement, que Mme
la ministre a évoqué, qui touche pour
les rapports financiers, c'est seulement une question de changement de date ou est-ce
qu'il y a un autre aspect qu'on devrait retenir aussi dans cette modification,
dans cet amendement?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Donc, tel que convenu au libellé de l'article,
c'est pour les états financiers et le dernier rapport d'activité, tout
dernier rapport d'activité de ce qui deviendra la défunte Régie des
installations olympiques.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie. Y a-t-il d'autres interventions? Alors, est-ce que l'amendement
à l'article 65 est adopté?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
En application? Ah! pardon. Alors, je vais plutôt procéder selon l'ordre
spécial. Et j'inviterais maintenant les leaders parlementaires à m'indiquer le
vote de leur groupe sur l'amendement à l'article 65. M. le leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la
Présidente, pour.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Mme la leader adjointe de l'opposition officielle.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
M. le leader du troisième groupe d'opposition.
La Présidente
(Mme Gaudreault) : Et,
M. le leader du gouvernement, avez-vous des indications à nous transmettre
concernant le vote du député de Chomedey?
M. Jolin-Barrette : Oui. Le député
de Chomedey nous indique voter pour.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Et Mme la députée de Marie-Victorin.
M. Jolin-Barrette :
La députée de Marie-Victorin nous indique voter pour.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, cet amendement est adopté.
Maintenant, je recède la parole à Mme la ministre
pour l'amendement à l'article 68.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente.
Article 68 : Remplacer l'article 68
du projet de loi par la suivant — j'ouvre
les parenthèses, 68 :
«68. La présente loi entre en vigueur le
1er novembre 2020.»
Donc, avec votre permission, Mme la Présidente,
les motifs de l'amendement. Ça modifie la date d'entrée en vigueur de la loi.
En considérant évidemment la suspension des travaux parlementaires de l'Assemblée
nationale le 17 mars 2020 dernier, le projet de loi n'a pas pu être adopté, sanctionné, comme il avait été prévu au
1er avril 2020. Donc, compte
tenu que l'état
d'urgence sanitaire entraîne des impacts importants sur les activités
de la Régie des installations
olympiques, le report de l'entrée en vigueur au 1er novembre assurera la
mise en place des mesures nécessaires pour permettre
la transition vers la Société de
développement et de mise en valeur du Parc olympique dans le respect des règles de bonne gouvernance, tout en permettant de mettre
un terme aux activités de la RIO en même temps que la fin de
son exercice financier actuel, soit le 31 octobre 2020.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, je vous remercie, Mme la ministre. M. le député de Viau.
Benjamin : Merci, Mme la Présidente. En fait, ma question pour Mme
la ministre : Pourquoi le 1er novembre 2020, puisque, lorsque nous avions choisi d'aborder ce
projet de loi, nous étions tous conscients de l'importance qu'il fallait
donner à cette nouvelle société, tous les
leviers, tous les moyens dont il avait besoin pour pouvoir se développer?
Alors, pourquoi aussi loin que le 1er novembre 2020? Donc, c'est
une demande d'explications.
La Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, M. le député de Viau. Mme la ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Avec votre
permission, Mme la Présidente, le juriste de la Régie des installations
olympiques, Me Denis Privé, aimerait s'exprimer sur la question du député de
Viau.
Présidente (Mme Gaudreault) :
Y a-t-il consentement pour permettre à M. Privé d'intervenir? Consentement.
Alors, allez-y, la parole est à vous.
M. Privé
(Denis) : Alors, bonjour. Denis Privé, vice-président et secrétaire
général à la Régie des installations olympiques.
En fait, la
demande, c'est, en fait, sur des questions de gouvernance et des questions de
fonctionnement interne. L'année financière actuelle, depuis 40 ans,
en fait, est le 31 octobre de chacune des années, et on se retrouvait en plein milieu d'année ou d'exercice financier, et
c'était beaucoup plus facile, surtout avec la situation vécue par les équipes
depuis les derniers mois, de pouvoir mettre
fin à l'existence de la régie actuelle au 31 octobre, nous permettant
ainsi de fermer les livres, comme on
le fait depuis 40 ans. Au niveau comptable, c'était aussi la façon la plus
efficace. Et, par la suite, on pourra mettre en place ce qu'il faut pour
pouvoir s'ajuster et que nos années financières soient concordantes à celles de
la majorité des organismes gouvernementaux actuellement.
La Présidente (Mme Gaudreault) : Je
vous remercie, M. Privé. M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci. Merci, Mme la
Présidente. Pour le bénéfice des gens qui nous regardent ou qui nous écoutent, Me Privé, pouvez-vous nous
rappeler, donc, quelles sont les dates de dépôt des fameux... des rapports
annuels, des rapports financiers de la société, de la régie?
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Me Privé.
M. Privé
(Denis) : Merci. En fait, l'année financière de la Régie des
installations olympiques, telle qu'elle est prévue dans sa loi actuelle,
débute le 1er avril et se termine le 31 octobre de chacune des années
civiques. Donc, c'était l'objectif de
l'amendement, de permettre de faire le pont pour pouvoir, par la suite, se
retrouver dans des exercices financiers
et des exercices de comparaison, par exemple, pour tout ce qui est étude de
crédits, comparaison au niveau des redditions
de compte, au niveau du Conseil du trésor. Ça va devenir beaucoup plus facile
pour le gouvernement de pouvoir faire son travail de validation sur les
activités de la nouvelle société.
Présidente (Mme Gaudreault) :
Je vous remercie, Me Privé. Y a-t-il d'autres interventions? Alors, nous
allons procéder à l'adoption de cet amendement et, en application de l'ordre
spécial, j'invite le leader du gouvernement à procéder au vote.
M. Jolin-Barrette : Pour, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Gaudreault) : Mme
la leader adjointe de l'opposition officielle.
Mme Melançon :
Pour, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Gaudreault) : M.
le leader du troisième groupe d'opposition.
Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, pour les députés indépendants. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Pardon? Oui.
Présidente (Mme Gaudreault) :
Ah! excusez-moi. Je ne vous avais pas vu. M. le député de Rosemont,
allez-y.
M. Marissal : Je me suis fait
discret. Merci. Pour. Pour.
Présidente (Mme Gaudreault) :
Vous êtes pour. D'accord. Je suis désolée. Vous n'étiez pas dans mon champ
de vision. Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Le député
de Chomedey nous indique voter pour.
La Présidente (Mme Gaudreault) : Et Mme
la députée de Marie-Victorin.
M. Jolin-Barrette : La députée de Marie-Victorin
nous indique de voter pour.
La Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, cet amendement est adopté.
Alors, la
commission plénière ayant accompli son mandat, je mets fin à ses travaux. Je
remercie ceux et celles qui y ont participé.
Et, pour permettre
à l'Assemblée de poursuivre sa séance, je suspends les travaux quelques
instants et je prie toutes les personnes qui doivent se retirer de bien vouloir
le faire immédiatement.
Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à 15 h 40)
Mme Lecours
(Les Plaines) (présidente de la commission plénière) : Alors, Mme
la Présidente, j'ai l'honneur de faire rapport que la commission plénière a étudié les amendements proposés au projet de loi n° 15,
Loi sur la Société de développement et de
mise en valeur du Parc olympique, et qu'elle les a adoptés.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Les Plaines. Alors, en application de l'ordre spécial, j'inviterais les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leur groupe sur l'adoption de ce rapport.
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Pour, Mme
la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la leader adjointe du l'opposition
officielle.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le député de Rosemont.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Et M. le leader du troisième groupe d'opposition.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Et, maintenant, pour les votes de nos deux
députés indépendants, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui. Pour
le député de Chomedey, pour. Pour la députée de Marie-Victorin, pour.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, ce rapport est adopté. Nous allons maintenant... M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente, poursuivre le débat sur
l'adoption du projet de loi n° 15, qui était l'article 17 du
feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. En
conséquence, nous allons poursuivre le débat sur l'adoption du projet de loi
n° 15,
Loi sur la Société de développement et de mise en valeur du Parc
olympique.
Je vous
rappelle que, conformément à l'ordre spécial adopté le 13 mai 2020,
les débats doivent se limiter à de brèves interventions. Et je vais
céder la parole à Mme la ministre du Tourisme.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. D'abord, partager ma grande, grande satisfaction d'être devant
vous aujourd'hui, étape cruciale,
qu'on a finalement franchie, du projet de loi n° 15,
résultat d'un travail de collaboration.
Je tiens à saluer d'ailleurs le travail des groupes d'opposition.
Résumé brièvement,
le p.l. n° 15, soit la Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique, ça
vise d'abord et avant tout la modernisation
du rôle, des responsabilités de la société d'État en charge du Stade olympique
de Montréal et des autres installations du Parc olympique.
C'est une
évidence que, plus de 45 ans après son adoption, une révision du cadre légal
adaptée aux réalités, aux besoins et
au contexte dans lequel évolue cette importante société d'État était plus que
nécessaire. Pourquoi? Parce que le Stade olympique et ses installations
sont à la fois un témoin important de notre histoire et une promesse d'avenir. Le stade, je l'ai dit et je le répète, c'est un
marqueur d'identité pour les Montréalais, pour les Québécois. C'est un symbole
reconnu à travers le monde, dont la grande,
grande valeur architecturale, sa valeur culturelle et historique, ça mérite
d'être pleinement célébré et mis au profit de la société québécoise.
Les Québécois ont investi collectivement dans cet ensemble
architectural majeur, ils sont en droit d'espérer un retour maximal sur cet investissement, de profiter pleinement des installations,
d'y vivre des expériences d'exception avec les visiteurs provenant, un
jour, des quatre coins du monde.
On était loin de se douter, lors des travaux
entourant la modernisation de la loi, qu'une crise de l'envergure de celle de la COVID-19 allait frapper le Québec
tout entier. Les activités du Parc olympique sont aussi grandement chamboulées
par la pandémie. Et je tiens à saluer ici le courage, la ténacité, le grand
professionnalisme avec lesquels l'équipe a travaillé depuis la mi-mars. Des
gestes, comme, entre autres, l'illumination de la tour en soutien aux anges gardiens du Québec, aux Montréalais et aux
Québécois, prouvent le grand sentiment de solidarité, d'engagement de cette
équipe envers la communauté québécoise.
Ceci étant dit, impératif de donner au Parc
olympique les moyens de croître, de jouer son rôle économique et citoyen, aujourd'hui et encore plus au-delà de la
crise que nous vivons actuellement. Revoir sa mission, du Parc olympique,
c'est aussi affirmer haut et fort la place
importante qu'on accorde au vivre-ensemble, aux moments de rassemblements
qui transportent et qui inspirent pour les gens d'ici et d'ailleurs, que ces
moments sportifs, d'affaires, culturels ou communautaires
que nous aurons la chance de revivre bientôt, j'espère, font
partie de ce qui
fait de Montréal et du Québec une destination de calibre mondial, avec
une offre événementielle qui se démarque sur tous les plans.
Alors,
quelques grandes intentions du projet de loi n° 15 :
donner à la société d'État, qui serait, à l'avenir, connue sous le nom
de Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique, une
nouvelle mission qui traduit à la fois nos
ambitions partagées pour la société d'État, le rôle qu'elle peut jouer dans la
communauté et la confiance que nous avons en son potentiel touristique
et économique.
Ainsi, la Société de développement et de mise en
valeur du Parc olympique aurait pour mandat de gérer, promouvoir, exploiter le
Parc olympique, afin notamment de permettre la tenue d'événements sportifs,
culturels, communautaires, d'expositions
ainsi que d'activités récréatives et touristiques en complémentarité avec ses
partenaires et la communauté
environnante... à mettre en valeur évidemment le patrimoine, l'héritage
olympique, que certains d'entre nous ici ont connu, d'autres, un peu
moins... trop jeunes.
Le projet de
loi vise également à mettre en place un cadre de travail tout aussi rigoureux,
mais plus flexible, qui donnera à ses gestionnaires la marge de manoeuvre
nécessaire pour lancer des initiatives porteuses, conclure des partenariats
rentables dans un marché hautement
concurrentiel. Enfin, ajuster les modes de gouvernance pour donner une plus
grande autonomie de gestion à notre société d'État, c'est un des
facteurs clés de son progrès et de son succès futur.
Tous ici, à l'Assemblée nationale, sommes d'accord,
je crois, sur l'importance de maximiser le rendement des actifs immobiliers du gouvernement
du Québec, donc, notre grand Parc
olympique. C'est ce qu'on compte faire avec cette loi, pour le bien des finances
publiques et donc pour tous les Québécois.
En cette période où notre économie est mise au défi, je m'en voudrais de ne
pas insister sur ce point. Je peux vous dire que les équipes de la future Société
de développement et de mise
en valeur du Parc olympique sont prêtes à prendre la balle au bond,
s'approprier pleinement les opportunités de croissance que viendra créer
la nouvelle loi une fois le moment venu.
Avec
ce projet de loi, on vient, bien sûr, stimuler le
dynamisme de l'est de Montréal, donc de la métropole, en permettant à la
nouvelle société de jouer encore plus efficacement son rôle de moteur dans le développement
communautaire, récréotouristique et
économique de l'est de Montréal. D'ici les prochaines années, l'accès au
secteur va être grandement amélioré.
On le sait, il y a des grands projets de transport en commun qui sont présentement
déployés, entre autres, le SRB Pie-IX, qui va offrir un lien rapide,
direct aux installations depuis l'île Jésus.
Donc,
le projet de loi institue la Société de développement et de mise en valeur du
Parc olympique, laquelle sera substituée à la Régie des installations
olympiques. Il établit les règles d'organisation et de fonctionnement de la société, notamment quant à la composition de son
conseil d'administration et aux mesures de gouvernance qu'elle devrait appliquer, en constituant notamment un comité des
immobilisations. Il établit les règles relatives au financement de la société, à ses comptes et à ses rapports. Il
comporte des dispositions transitoires et de concordance nécessaires à la
création de la société et au
transfert des droits, des obligations ainsi que des membres du personnel et du
conseil d'administration de la Régie des installations olympiques.
La nouvelle société
se voit officiellement confier la responsabilité de maintenir, voire
d'améliorer la capacité d'utilisation des
installations. Grâce à ce projet de loi, la nouvelle société pourrait
dorénavant conclure des contrats de location
et de concession et signer des baux locatifs de plus de cinq ans dans le but
d'attirer davantage d'investissements, signer
des ententes de plus de trois ans avec des promoteurs d'événements, permettant
ainsi d'attirer plus d'événements, créer
des filiales commerciales avec l'autorisation du gouvernement, aligner son
année financière avec celle du gouvernement du Québec et de la majorité
des autres sociétés d'État, soit au 31 mars de chaque année.
Elle doit mettre en
place un comité des immobilisations en lien avec la mise en valeur du
patrimoine et de l'héritage olympiques, et
tout particulièrement de l'ensemble architectural composé du stade, de la tour,
du centre sportif et des esplanades, ayant une valeur patrimoniale
reconnue. Pour ce faire, le nombre de membres du conseil d'administration passera
de 11 à 13, la reddition de comptes de la société demeurerait pleine et entière
comme elle l'est actuellement, la société
se ferait connaître, dans ses activités publiques, sous le nom de Parc olympique. L'entrée en vigueur du projet
de loi est prévue au 1er novembre 2020.
Mme la Présidente, pour terminer sur une note plus personnelle, le Parc olympique a, pour moi, comme on en a témoigné
en commission parlementaire avec le député de Rosemont et le député de Viau...
J'étais là, en 1976, par un temps
caniculaire, où j'ai... Bruce Jenner... Bruce Jenner, oui, Lasse Virén
remporter le grand marathon de 1976 dans un anneau incomplet à une chaleur suffocante, avec mon frère Nicolas, de
10 ans, ma mère, et, aujourd'hui, mes grandes soeurs regrettent franchement de ne pas avoir été
là pour ce moment mémorable. Quand même, Bruce Jenner, 1976, ça va
rester dans ma mémoire pour le restant de mes jours.
Merci,
sincèrement, collègues des oppositions, d'avoir participé à l'adoption presque
finale maintenant du projet de loi n° 15. Merci, Claire IsaBelle, présidente de la commission, députée de
Huntingdon. Merci, M. le député d'Orford, le député de Viau,
porte-parole de l'opposition officielle, Mme la députée d'Abitibi-Ouest, Mme la
députée de Châteauguay en remplacement du député de Chauveau, la députée de
Verchères, de Nelligan, de Labelle, d'Ungava, Charlevoix—Côte-de-Beaupré, le député de Rosemont en
remplacement d'Hochelaga-Maisonneuve, la qualité et le travail accompli
par les légistes de l'équipe du ministère. Merci infiniment. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre. Y a-t-il
d'autres interventions? M. le député de Viau, la parole est à vous.
Benjamin : Merci. Merci, Mme la Présidente. Dans un premier temps, mes
premières paroles, mes premières pensées
vont à toute l'équipe de la Régie des installations olympiques, aux
travailleurs, travailleuses de cette institution montréalaise toute québécoise, donc, qui, comme l'ensemble des
Québécoises, des Québécois, ont connu des heures, des journées, des
semaines et des mois très particuliers au cours des derniers jours.
la Présidente, ce projet de loi qui a été amené devant nous, une fois déposé,
devenait un projet de loi des 125 députés
de l'Assemblée nationale, et c'est en ce sens que nous avions tous travaillé.
Et, quand je dis que nous avions
tous travaillé, je veux commencer par saluer
la ministre, l'ensemble des membres de la commission, donc, députés de
l'Assemblée nationale qui formaient cette commission,
mais aussi l'ensemble des personnes qui accompagnaient cette commission
aussi, que ce soient les représentants de la Régie des installations olympiques, que ce soit le personnel de l'Assemblée nationale, je veux tous
les remercier.
Un malheureux hasard,
Mme la Présidente, a voulu qu'au moment même où nous étudions ce projet de loi,
le projet de loi n° 15... et voilà que le Parc olympique perdait celui qui a été son architecte, Roger Taillibert. Donc, je m'en
voudrais de ne pas souligner, donc, ce que
Roger Taillibert représente non seulement par
rapport à cette oeuvre, mais aussi
pour le Québec, par rapport à son apport et sa contribution à la société
québécoise.
Mme la Présidente, je suis heureux de constater que nous sommes finalement
rendus à la prise en considération du rapport de ce projet de loi
n° 15,
Loi sur la Société de développement, de mise en valeur du Parc
olympique. Fait important à noter, la Régie des installations olympiques n'avait l'objet d'aucune mise à jour, comme l'a
rappelé la ministre tout à