Health and Social Services — 4 April 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CSSS 2023-04-04
Quebec — Committees
(Neuf heures cinquante-cinq minutes)
Le Président (M. Provençal)
: À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte. Je vous souhaite la bienvenue et je demande à toutes
les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 10, Loi limitant le recours aux
services d'une agence de placement de personnel et à de la main-d'oeuvre
indépendante dans le secteur de la santé et des services sociaux.
Mme le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Alors, Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac); Mme Blouin
(Bonaventure) est remplacée par Mme Tremblay (Hull); et M. Marissal
(Rosemont) est remplacé par Mme Zaga Mendez (Verdun).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Avant de débuter la
séance, j'aimerais vous informer que le secrétariat de la commission a reçu les
informations demandées à M. Patrice Lapointe, président-directeur général de
l'Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec, lors de
l'audition du 14 mars dernier. Je tiens à souligner que ces documents-là
sont d'ordre privé. Ils ne seront pas déposés sur le Greffier. On en a fait une
copie qui a été remise aux porte-parole de chacun des partis et ces copies ont
été récupérées. C'était simplement pour consultation. Alors, je tenais à
mentionner que M. Lapointe a vraiment tenu parole, et, de notre côté, on tient
parole parce que, vu que ce sont des données sensibles, il n'y a aucune
diffusion. Ça a été simplement pour consultation de la part des représentants
de chacun des partis. Merci beaucoup.
Maintenant, lors de l'ajournement de nos travaux
du 23 mars dernier, l'article 1 du projet de loi venait d'être
adopté. M. le ministre, la parole est à vous pour l'article 2.
M. Dubé : Alors, bonjour, tout le
monde.
L'article 2, je peux vous le lire tout de suite, si vous voulez
qu'on commence. Ça va pour tout le monde? Alors, on est repartis.
Alors,
l'article 2 :
L'article 489 de cette loi est modifié par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «ou dans tout centre médical spécialisé» par «, dans toute
résidence privée pour aînés, dans tout centre médical spécialisé, dans
toute agence de placement de personnel, dans toute maison de soins palliatifs
ou dans toute institution religieuse».
Alors, le
commentaire, c'est que l'article 2 du projet de loi modifie
l'article 489 de la loi afin de permettre aux inspecteurs du ministère de la Santé et des
Services sociaux de faire une visite d'inspection dans les résidences
privées pour aînés, les agences de placement de personnel, les maisons de soins
palliatifs et les institutions religieuses afin de vérifier l'application des
dispositions de la loi et du règlement concernant le recours aux services d'une
agence de placement du personnel et à la main-d'oeuvre indépendante. Alors, M.
le Président, je pense que c'est vraiment... cet article-là, il est sur ce
qu'on appelle le pouvoir d'enquête, puis tout à... pardon?
M. Dubé : ...d'inspection, du
pouvoir d'inspection, et, quand on regardera l'article 3, on est plus dans
le pouvoir d'enquête à ce moment-là. Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Y a-t-il des interventions? Oui, M.
le député de Pontiac.
M. Fortin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Bonjour, M. le
Président. Là, je vais tenter de comprendre le...
L'article 489 précédent,
c'est pour qu'il puisse y avoir des inspections, là, pour tout manquement, par
exemple, à, bien, disons, l'application de la
loi sur la santé et les services
sociaux dans une de ces institutions-là, exact? Mais là ce que vous nous... ce
que je comprends, c'est que vous dites : La meilleure façon de savoir si
une maison de soins palliatifs, par exemple, a recours à une agence, c'est
d'envoyer un inspecteur.
Est-ce qu'il n'y a pas une meilleure façon que
d'envoyer physiquement un inspecteur qui va d'employé à employé pour
voir : Tu es-tu employé par la maison de soins palliatifs ou par une
agence? J'essaie de comprendre le point de vue derrière cet article-là.
M. Dubé : Voulez-vous commenter
là-dessus?
M. Cheang (Sokun C.) : Oui, oui, oui.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors,
consentement pour que maître puisse donner une explication? Consentement? Vous êtes très silencieux ce matin.
Alors, pourriez-vous vous nommer, s'il vous plaît, puis votre fonction?
Cheang (Sokun C.) : Oui. Sokun Cheang,
avocat légiste au ministère de la Justice du Québec affecté au ministère de la
Santé et Services sociaux.
Pour répondre à votre
question, c'est un pouvoir d'inspection, en effet, général qui est prévu dans
la
Loi sur les services de santé et les services sociaux. Donc, le fait qu'on
amène possiblement un encadrement dans la LSSSS par rapport... pour l'appliquer
aux soins... aux maisons de soins palliatifs, aux institutions religieuses...
On prévoit ce pouvoir-là, sur la possibilité
pour les inspecteurs... pas de faire des visites, mais demander des documents
ou soumettre des plaintes. On donne ce pouvoir-là d'inspection.
Fortin : Quand vous dites «peut faire une
inspection», là, ce n'est pas nécessairement sur place, là. Elle peut
simplement appeler, demander des documents et les obtenir. C'est ça?
Cheang (Sokun C.) : Tout à fait, oui,
mais, aussi, il a... de se rendre sur place, là, en plus de... pour ce pouvoir-là, mais il ne l'applique pas de façon
automatique, là, donc, mais c'est une disposition de pouvoir
d'inspection général qui est prévue dans la loi, la LSSSS.
Fortin : Comment vous la voyez quand vous
dites que ce n'est pas quelque chose qui est fait de façon automatique, là, le processus normal que vous
entrevoyez pour savoir si une résidence pour aînés, une maison de soins
palliatifs ou d'autres ont recours à des travailleurs d'agence alors qu'ils
n'ont pas le permis explicite de circonstances exceptionnelles du ministre, là,
quel est-il?
M. Cheang (Sokun C.) : Bien, souvent, dans la pratique, dans... comme, pas par rapport...
inspection, par rapport aux inspecteurs du ministère de la Santé, c'est
suite à des plaintes. À ce moment-là, après coup, ils vont faire des
vérifications... dont jusqu'à faire la visite, mais ils peuvent déjà demander
des documents ou déjà examiner les... qu'est-ce qu'ils ont déjà comme dossiers
au sein du ministère.
M. Dubé : Peut-être
juste pour ajouter quelque chose, c'est pour ça, tantôt, j'ai dit qu'en fait
l'article 2, c'est la capacité d'entrer, tandis que l'autre, c'est la capacité
d'enquête. Puis c'est pour ça que ta question est bonne, parce que ça donne à
l'inspecteur le droit de dire : Moi, je peux rentrer dans la RPA
maintenant puis aller voir, justement, les employés, s'il y a eu une plainte,
alors que, tantôt, quand on fera 3, ça, c'est plus sur le pouvoir d'enquête.
M. Fortin : Mais,
pour entrer, comme... c'est marqué, comme le ministre le souligne, là, pénétrer
dans le... dans tout lieu où elle a
raison de croire. Il faut qu'elle ait raison de croire. Un inspecteur ne peut
pas juste, sans plainte, sans aucune raison valable de croire qu'il y a
recours à une agence, dire : toc, toc, toc, moi, j'arrive, je viens
inspecter.
Cheang (Sokun C.) : Non. Par rapport... le
pouvoir d'inspection générale, ça... peut aussi aller faire des vérifications.
Ils peuvent faire... comme pour les RPA, ils ont déjà fait des blitz
d'inspection, ils ont ce pouvoir-là. C'est
le pouvoir d'enquête que, là, il faut qu'il y ait des motifs raisonnables de
croire, parce que le pouvoir d'enquête, c'est pour appliquer une infraction ou une disposition pénale, mais le
pouvoir d'inspection, c'est vraiment général, c'est pour vérifier
l'application. C'est suite à des plaintes ou il peut même aussi... suite à un
blitz d'inspections, on va faire des vérifications pour s'assurer que la loi
est bien appliquée.
M. Fortin : Non,
je comprends. J'aurais dû lire le reste de la phrase : «...pénétrer dans
tout lieu où elle a raison de croire que des opérations pour lesquelles
un permis est exigé...» Donc, ce n'est pas nécessairement qu'il se passe
quelque chose d'anormal, juste, elle a besoin d'un permis. Pour pouvoir
exceptionnel d'avoir recours à une agence, elle peut être inspectée. D'accord,
ça me va.
Le Président (M.
Provençal)
: Y a-t-il
d'autres interventions? Ça va? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'article 2 du projet de loi n° 10.
Fortin :
Par appel nominal, M. le
Président.
Le Président (M.
Provençal)
: Par
rappel nominal, oui...
Secrétaire : Oui. Alors, pour, contre et abstention. M. Dubé
(La Prairie)?
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Hull)?
La Secrétaire : Mme Poulet
(Laporte)?
La Secrétaire : M. Chassin
(Saint-Jérôme)?
La Secrétaire : Mme Dorismond
(Marie-Victorin)?
La Secrétaire : M. Fortin
(Pontiac)?
La Secrétaire : Et Mme Zaga
Mendez (Verdun)?
La Secrétaire : Et M. Provençal
(Beauce-Nord)?
Président (M. Provençal)
: Abstention.
L'article 2 du projet de loi n° 10 est adopté à la majorité.
Article 3. M. le ministre, lecture
et commentaires, s'il vous plaît.
M. Dubé : Avec plaisir.
L'article
3 : Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 489.2, du
suivant :
«Une personne
autorisée par écrit par le ministre peut effectuer une enquête sur toute
matière relative à l'application des dispositions du
titre III de la
partie II.»
Alors, le commentaire, c'est :
L'article 489.2.1 de la loi octroie le pouvoir au ministre de la Santé
d'autoriser une personne à enquêter sur
toute matière relative à l'application des dispositions de la loi et du
règlement concernant le recours aux services d'une agence de placement
du personnel et à de la main-d'oeuvre indépendante.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Oui... Mme la députée de
Verdun, Excusez-moi.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: La semaine commence.
Mme Zaga Mendez : Oui, on commence
la semaine, mais je vais commencer, déjà, l'article 3, par déposer un
amendement pour un petit changement. Je l'ai... Est-ce qu'il est déposé sur
Greffier puis je peux le présenter? Alors, l'amendement demanderait un
changement de «une personne autorisée par écrit». On garderait le reste, mais
on changerait «une personne autorisée» par «un vérificateur», et je m'explique,
on... Oui?
Le Président (M. Provençal)
: Mais pour vous permettre de déposer
l'amendement pour qu'on puisse, après, en discuter, je vais suspendre
temporairement. Puis, pendant que vous allez le transmettre, vous pouvez quand
même en profiter pour expliquer quel va être le changement que vous allez
demander à votre amendement. On le répétera devant la caméra.
Alors, suspension s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 10 h 05)
Le Président (M. Provençal)
: Nous reprenons nos travaux. J'invite
la députée de Verdun à nous présenter son amendement à l'article 3 du
projet de loi n° 10 et à nous en expliquer le
contenu.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le
Président. Bon, l'amendement que je présente demande de remplacer, dans
l'article 3 du projet de loi, insérant 489.2.1 de la
Loi sur les services
de la santé et les services sociaux, le terme «personne» par «vérificateur».
Donc, on
lirait «un vérificateur autorisé par écrit» et l'article, tel qu'il suit... Alors,
la raison de ce changement, de cet amendement, c'est qu'on veut, bien
sûr, avoir un processus d'enquête sur tous les établissements dont on vient de voter, mais on veut que le processus soit fait par
une personne qui a une indépendance puis aussi un sens de la neutralité,
d'où l'utilisation du mot «vérificateur».
Donc,
le vérificateur... Je crois que le ministre connaît bien l'objectif d'avoir
aussi une profession qui est gérée par