CRC — 27 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2014-06-27

Quebec — Committees

CRC — 27 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2014-06-27

Quebec — Committees

Vous

avez compris aussi, M. le Président, que l'intimidation, ce n'est pas que des gestes,

ça peut être aussi des façons de

faire, et que plusieurs

aînés ont été pris dans des entourloupettes — je vais le dire comme ça — de

financement où la fragilité a été

très vite sentie, et, de ce fait, bien, l'intimidation, c'est aussi ça. Et ça

passe aussi par la cyberintimidation, puisque nos aînés sont maintenant très

«Web-friendly», qu'on dit en chinois, et, de ce fait, bien, ils ont accès à

toutes sortes d'échanges et quelquefois sont, encore une fois, dans un

principe d'intimidation.

Mes collègues de l'opposition

officielle, mes deux collègues, celle que j'ai le privilège d'avoir avec moi aujourd'hui, la députée de Repentigny, mais le député

de Terrebonne aussi, se sont

engagés à travailler avec nous, et la députée que j'oublie toujours sa circonscription...

Sainte-Marie...

Une voix :

Sainte-Marie—Saint-Jacques.

Charbonneau : ...Sainte-Marie—Saint-Jacques — merci — s'est engagée tout autant à participer au

grand débat sur le forum sur l'intimidation.

Pour

nous... Vous avez compris que... Je vous dis «vous avez compris» parce que,

M. le Président, je sais que vous étiez présent à ce moment-là. Mais, en 2007, le gouvernement du Québec, gouvernement libéral, a pris plusieurs initiatives pour mettre en oeuvre

différentes mesures pour la qualité de vie de nos aînés. Notamment, on a fait

le lancement et le déploiement du Plan d'action gouvernemental pour contrer la maltraitance, on a fait l'élaboration de la politique

Vieillir et vivre ensemble — Chez

soi, dans sa communauté, au Québec, ce à quoi on va sûrement avoir le plaisir

de reparler aujourd'hui, et le programme Municipalité amie des aînés.

On a aussi mis en place la consolidation des tables régionales de concertation des aînés. Donc, plusieurs

mesures qui ont fait en sorte qu'on a mis en évidence l'importance... mais un geste fort concret

du premier ministre du temps — puis on peut le nommer maintenant, puisqu'il

n'est plus un député — M. Charest, qui avait eu cette vision de

dire : On va se donner quelqu'un d'importance pour nos aînés, et il a

nommé une ministre responsable des Aînés,

qui était ma collègue, et, à partir du moment où on est revenus en poste, le

premier ministre, maintenant, a décidé de

ramener cette importance et de rappeler que les aînés faisaient

partie de notre

société et devaient être mis en évidence. Donc, de ce fait, la responsabilité a

été remise en place.

vous ai dit qu'on était pour parler

de Viellir et vivre ensemble — Chez soi, dans sa communauté, au Québec, et

sachez que c'est avec grande fierté qu'on va

aborder avec vous les différentes mesures qui ont été mises en place, et qui

seront maintenues, et qui seront probablement bonifiées avec

les années pour faire en sorte que nos aînés s'y retrouvent.

Plan d'action gouvernemental pour contrer la maltraitance

envers les personnes aînées. Je vous ai parlé plus tôt de l'intimidation, mais on aura sûrement

le plaisir de reparler aussi du plan gouvernemental pour contrer la maltraitance. Le 15 juin dernier était la journée nationale, chez

nous, de... la journée de... la journée pour lutter contre la maltraitance — j'allais dire que c'était la journée de la

maltraitance, mais ça sort très, très mal de ma bouche quand je le dis comme ça. Donc, on va sûrement

avoir le plaisir de se parler des différentes mesures qui ont été mises en

place pour pouvoir non seulement souligner cette journée-là, mais aussi faire en sorte qu'on puisse

aborder le sujet et aider nos aînés dans ce principe-là.

bonification du crédit d'impôt à

l'égard des travailleurs d'expérience. Vous savez, M.

le Président — vous êtes

un travailleur d'expérience — qu'il y

a un crédit d'impôt qui a été mis

en place et qui a été bonifié, et, de ce fait, on aura le plaisir d'en reparler. Un nouveau crédit d'impôt remboursable pour des activités des aînés, puisqu'une des volontés, c'est

un aîné actif dans sa communauté, qui a non seulement des aménagements qui lui

ressemblent, mais qui peut participer à

cette communauté. La bonification du programme d'infrastructures Québec—Municipalité amie des aînés, puisque nos villes... plus de 700 villes, M. le Président, se sont engagées et ont déjà des plans mis en place. Le programme de prêt pour

des personnes

âgées afin de faciliter le paiement

des impôts fonciers, puisque la paperasserie, c'est quelque chose qu'on veut adresser.

en conclusion... parce que je ne sais pas combien de temps il me reste, mais

j'ai toujours l'impression que le temps va plus vite que moi. Donc, en conclusion, M. le Président, notre gouvernement démontre que les personnes aînées sont au coeur de ses priorités. Nous voulons faire

du Québec un endroit où il fait bon vieillir. Bien vieillir au Québec, cela

veut dire, entre autres, avoir des

milieux de vie sains et sécuritaires, reconnaître les aînés comme des acteurs

dynamiques de notre société,

et ce, qu'ils agissent comme bénévoles, proches aidants ou encore

travailleurs expérimentés, et contrer la

maltraitance sous toutes ses formes. Cela veut dire aussi qu'il faut

reconnaître la contribution des aînés dans nos milieux de vie.

En terminant, je

tiens à souligner que cette étude de crédits est un exercice important. Je

tiens donc à vous assurer de notre entière collaboration pour que ces échanges se déroulent dans un climat constructif. Je vais

prendre juste une dernière petite intervention pour dire que probablement

qu'en ce moment, M. le Président, nous avons au moins 600 000 auditeurs

qui nous écoutent, et, dans ces auditeurs, il y a au moins

40 organisations non gouvernementales qui sont des partenaires importants au ministère de la Famille et

responsables des aînés, et que je salue bien bas, puisqu'on m'a déjà avisée, parce que j'en ai rencontré cette

semaine, qu'ils étaient pour nous écouter avec beaucoup d'attention. Alors, je les salue et je leur dis à bientôt,

parce qu'après ces crédits je retourne au travail dans le bureau et je

rencontre des gens. Donc, au plaisir. Bonne journée, M. le Président.

Le Président (M. Picard) :

Merci, Mme la ministre. Je cède... J'invite maintenant la porte-parole de

l'opposition officielle pour les

aînés et députée de Duplessis à faire ses remarques préliminaires pour un

maximum de sept minutes.

Mme Richard :

Merci, M. le Président. Tout d'abord, je veux vous saluer, vous féliciter pour

votre poste de président de cette commission

et je veux aussi saluer la ministre, les gens qui l'accompagnent ainsi que mes

collègues députés. Je les assure de

mon entière collaboration, et c'est avec un grand plaisir que j'ai accepté la

responsabilité du dossier des aînés au sein de l'équipe parlementaire du

Parti québécois.

L'étude

des crédits, quel que soit le sujet, est toujours un exercice important. Il

nous permet, entre autres, de mettre en

lumière les bonifications de certains programmes mais également les coupures,

voire l'abolition de certains autres. Aujourd'hui,

cet exercice est d'autant plus important qu'on parle de nos aînés, ceux et

celles qui nous ont précédés, qui méritent

des services et tout le soutien de qualité. Une première lecture de ces crédits

nous démontre malheureusement que le

nouveau gouvernement n'a pas jugé bon d'investir à la hauteur des attentes et

des besoins de nos aînés. Des choix ont été faits, ce sont des choix du

présent gouvernement, et ces choix devront nous être expliqués pendant l'étude

des crédits de ce matin.

le Président, j'ai toujours cru et je crois encore que l'écoute, le soutien...

et le respect qu'une société apporte à ses

aînés est le fidèle reflet de ce qu'elle est dans l'ensemble. Le Québec que je

veux, M. le Président, c'est un Québec attentif, généreux envers toute

sa population mais particulièrement envers les aînés. Merci, M. le Président.

Et je vais garder mon temps pour plus de questions.

Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée de Duplessis.

J'invite maintenant la porte-parole du deuxième groupe d'opposition pour les aînés et députée de Repentigny à faire ses

remarques préliminaires pour un maximum de temps de cinq minutes.

Lavallée : Merci beaucoup, M. le Président. Salutations à la ministre

des Aînés et les gens du Secrétariat des

aînés qui l'accompagnent aujourd'hui, les députés de l'équipe ministérielle, et

ma collègue la députée de Duplessis, de

l'opposition officielle, et la personne qui l'accompagne. Pour les prochaines

heures, je suis accompagnée d'un membre du personnel de notre aile

parlementaire, Samuel Poulin.

voudrais au préalable saluer le travail exceptionnel qu'a accompli la députée

de Saint-Henri—Sainte-Anne et

ministre responsable des Aînés de l'époque

au cours de son mandat et surtout pour la production du document Vieillir

et vivre ensemble , qui est le fruit d'un long travail de réflexion.

On y dit, et je cite, que «les aînés sont les bâtisseurs du Québec. Ils sont actifs dans leur famille, dans les

milieux de travail. Ils font

partie de conseils d'administration, ils

participent aux activités

d'organismes...» Et j'ajouterais qu'ils sont très présents dans leur communauté

comme bénévoles. Ce document concerne plus particulièrement une

population de 65 ans et plus, mais souvent, lorsqu'on parle d'aînés au

ministère, on parle de personne de

50 ans et plus. Pour moi, j'ai toujours eu une difficulté à catégoriser

des personnes, même si je comprends que ce soit un réflexe qui se

développe dans notre société. On parle... Par exemple, lorsqu'on parle de la

génération des X, ou Y, ou des aînés, ça biaise souvent le regard que l'on

porte sur les personnes.

Ceci étant dit,

j'aimerais mettre en lumière, au cours des prochaines heures, certaines

positions prises par le gouvernement actuel lors de la présentation du dernier

budget. Je répéterai ici que ma décision de me présenter en politique m'est venue de ma profonde inquiétude

face à l'état des finances publiques et la perte de contrôle des dépenses

des gouvernements qui se sont succédé. Je

crois profondément que la population doit retrouver une confiance envers ses

institutions politiques, et, pour ce faire, nous devons leur démontrer que nous

avons le souci du bien, de bien faire les choses,

d'être rigoureux dans la gestion des dépenses et de faire un effort pour bien

gérer l'argent perçu sous forme de taxes

et impôts de toutes sortes. Nos aînés, au Québec, sont aussi taxés et doivent

vivre avec un lourd fardeau financier avec des moyens limités. Le

gouvernement doit être en mesure de les appuyer concrètement et ne jamais

oublier les bâtisseurs du Québec, merci.

Le Président (M.

Picard) : Merci, Mme la députée. Je vous remercie tous pour vos

remarques préliminaires. Je suis maintenant

prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle. Mme la députée de Duplessis, la parole est à vous.

Richard : Merci, M. le Président. D'entrée

de jeu, j'ai bien écouté le discours de la ministre responsable

de la Famille, responsable, entre autres, aussi du dossier des aînées. Oui, le

gouvernement libéral a déjà mis sur pied différents

programmes. Je salue ces programmes. Mais faut-il, au-delà des programmes,

aussi que l'aide concrète, M. le Président...

Et, vous savez, toute aide, quand on parle, souvent c'est une question

d'argent, c'est une question de financement.

Donc, oui, des programmes, mais il faut que le soutien aux aînés, via ces

programmes-là, se concrétise de façon...

avec un financement qui soit adéquat, et malheureusement, lors du dépôt du

budget, j'ai été extrêmement étonnée de voir qu'on s'attaquait aux

personnes les plus vulnérables, à nos aînés.

Oui, ils ont plusieurs organismes qui les

représentent, mais souvent ce sont eux, malheureusement, qui sont oubliés. On en parle peut-être quand c'est le

temps, peut-être pas suffisamment, peut-être pas assez fort souvent. Et moi,

je l'ai dit, une

société qui ne s'occupe pas de ses enfants et de ses aînés, je me demande où

elle va, sincèrement. Et, quand j'ai

vu le budget, avec, entre autres, une coupure assez importante au Secrétariat

des aînés... M. le Président, là, c'est près de 3 millions de dollars. Donc, on aura beau dire qu'on met des

programmes en place puis politique Vieillir chez soi, et, oui, on a une ligne de maltraitance, on va y

revenir, puis contre l'intimidation des personnes âgées, on le dénonce tous

et toutes, mais, au-delà de ça, une coupure

de 3 millions de dollars, M. le Président, ça va se concrétiser comment,

comment, au quotidien, chez les gens

qui attendent des services? Ça va être quoi, dans quels programmes? M. le

Président, la ministre peut-elle nous

dire dans quels programmes ces sommes vont être amputées, donc, dans tel ou tel

programme, ça va avoir une incidence directe sur la qualité de vie et

sur les soins à nos aînés?

Moi,

j'aimerais savoir, dans un premier temps : Le 3 millions de coupures

qu'il y a au Secrétariat des aînés, il est ventilé comment?

Le Président (M. Picard) :

Mme la ministre.

Charbonneau :

Merci, M. le Président. Deux remarques avant de faire la réponse globale, et

vous avez compris qu'alentour de moi

il y a plein de gens qui veulent avoir la meilleure réponse pour donner à la

députée de Duplessis. La première, c'est quand on donne une importance à

une clientèle, on lui offre un service plus, et c'est pour ça que le gouvernement libéral lui offre une ministre

responsable des Aînés, quelqu'un qui peut les rencontrer, qui peut les défendre

mais qui porte la voix aussi au Conseil des ministres pour s'assurer qu'on les

entend.

Ma deuxième

intervention, puis là-dessus je vais probablement être... je vais me reprendre

souvent pour dire : Nous, on ne

s'occupe pas de la santé. On s'occupe de la protection, on s'occupe de

l'environnement, mais on ne s'occupe pas

du principe de la santé. Donc, quand la députée de Duplessis pose le

questionnement sur comment on soigne nos aînés, je veux la rassurer pour lui dire qu'au niveau du Secrétariat des aînés

on s'occupe de plein de choses pour nos aînés, mais la santé reste à la Santé. Donc, pour s'occuper de

nos aînés au niveau de la santé, ça ne passe pas par nous, ça passe par

la volonté du ministère de la Santé.

Je vous disais, la semaine passée, pour la

famille, je vous le répète pour les aînés, c'est la même chose, et ça vient chercher aussi le principe même de la

responsabilité de la lutte contre l'intimidation, c'est-à-dire que nous sommes

linéaires, hein, on touche tous les

ministères, puis je suis sûre que la députée de Duplessis le comprend, puisqu'on

touche les municipalités, on touche

la santé, on touche les aménagements, le transport. Donc, le principe même de

la responsabilité des aînés touche à

tous les ministères, et c'est pour ça que, quand on attribue certaines

responsabilités au Secrétariat des aînés, bien, on est obligé de le

ramener au ministère auquel ça appartient.

Alors, oui, il

y a eu une modification au niveau des crédits, puis

c'est 2,8 millions de moins dans les crédits qui peut être vu. Par contre, et là je suis obligée de

me faire expliquer un peu, dans l'écriteau... — et je m'en excuse, Mme la députée, je n'essaie pas de gagner du temps,

j'essaie juste de mieux comprendre pour mieux expliquer. Ici, vous me dites...

Charbonneau :

Ah! alors, on est dans une mesure de 3 millions de moins de ce qui a été

dépensé l'année dernière.

Charbonneau :

De plus, je m'excuse. Je vous avise tout de suite, M. le Président, que je n'ai

pas changé, j'ai encore mon côté optimiste

et pessimiste. Alors, des fois, je fais des millions, des milliards, et des

fois je fais plus ou moins, mais je

corrige le tir à chaque fois qu'on me corrige. Donc, de ce fait, on est

3 millions de moins. La ventilation est un petit peu plus...

Charbonneau :

De plus. La ventilation est un petit peu plus complexe, puis on essaie d'avoir

la meilleure perspective de

ventilation, qu'on a sous la main. Donc, ici, est-ce que je peux utiliser cette

ventilation pour donner une

partie de la réponse?

Charbonneau :

Alors, dans la ventilation de 2,8, parce qu'on l'a... ici, je l'ai plus avec

les petits chiffres, mais 2,8, là,

Mme la députée, je vous fais une ventilation rapide : Québec ami des

aînés, 1,7, donc un montant là. Mais je

veux vous rassurer, puis on va sûrement avoir le plaisir d'en reparler, mais ça

n'empêche pas aucun projet. C'est juste de l'argent qui n'était pas

encore engagé. La conciliation travail-retraite pour 282 435 $;

l'utilisation des nouvelles technologies,

105 000 $; le Carrefour d'information pour aînés,

155 000 $; et le travailleur dans le milieu, 344 000 $. Je

n'ai pas mis les derniers chiffres, là.

Parce que, si vous me dites que vous faites le calcul, on n'arrive pas à deux,

mais... Et, dans la maltraitance,

c'est 232 000 $. Donc, je pourrai rajouter les grenailles si vous y

tenez, mais je vous donne les grandes lignes, là, de la ventilation.

Le Président (M. Picard) :

Merci. Mme la députée.

Mme Richard :

Merci, M. le Président. On va y revenir parce que... Pour la coupe de

230 000 $ au niveau de la

maltraitance, je vais y revenir dans un deuxième bloc. Mais la ministre

peut-elle me dire si les initiatives de travail du milieu... Le

programme, là, qui était une initiative de travail de milieu auprès des aînés

vulnérables, donc, c'est des organismes communautaires qui étaient en charge de

mettre en branle ce programme-là mais aussi des différentes initiatives. Donc, moi, ce que je vois, écoutez,

c'est 344 000 $ de moins... c'est-à-dire, pour cette année...

344 000 $ pour cette année. Il semble en tout cas qu'il y

aurait une certaine diminution.

Parce

que la ministre, M. le Président, tout comme moi, a dû recevoir les lettres...

Moi, j'en ai reçu plusieurs, là, des

centres communautaires — j'en ai quelques-unes ici — qui se disent inquiets. Les initiatives de

travail de milieu auprès des aînés

vulnérables, c'est quand même très apprécié. C'est extrêmement important que

ces organismes communautaires puissent continuer puis puissent être

rassurés de la part de la ministre via les budgets, là. Parce qu'on n'a pas

reçu ces lettres-là pour rien, là. Ça, j'en suis convaincue.

Le Président (M.

Picard) : Merci. Mme la ministre.

Charbonneau : Merci, M. le Président. Je vous dirais qu'en

ce moment plusieurs personnes nous écrivent. Parce que demander de faire un effort pour un budget responsable et

sérieux, ce n'est toujours pas simple, et demander aux gens de changer leurs habitudes puis faire des

nouvelles mesures dans même leurs structures, c'est le changement. Puis vous avez compris, M. le Président, puisqu'on

fait de la politique, qu'aménager du changement dans chacune des structures, ce n'est pas simple. Puis quelquefois

la meilleure réponse pour une organisation, c'est de dire : Je n'en veux

pas, je ne suis pas d'accord puis je vais vous écrire. Mais je suis sûre que,

d'ici quelques semaines, l'ensemble de nos organisations,

communautaires comme gouvernementales, auront l'épaule à la roue et feront en

sorte que ce nouveau budget responsable sera mis en application et

accepté.

Pour

les travailleurs du milieu, la somme globale du départ, c'était

3,5 millions de dollars. En ce moment, dans un budget modifié, c'est 3,1 millions. Donc, j'entends les propos et

je comprends que, comme députés, on est tous interpellés. Vous avez compris que, quand que la députée reçoit les

lettres, les copies conformes rentrent toutes au ministère de la Famille, responsable des aînés. Mais en même

temps l'effort demandé pour un budget responsable, ça passe dans l'ensemble de la structure, l'ensemble des

ministères, et le ministère de la Famille, responsable des aînés fait son

effort aussi. Et les sommes ont été...

l'attrition des sommes a été là, mais en même temps, M. le Président, je vous

le dis, là, c'est quand même de

passer de 3,5 millions à 3,1 millions. C'est vrai que, si je faisais

le chiffre au complet, on arriverait plus dans le détail, là, 3 539 666 $, et l'attrition de

344 000 $ fait en sorte que j'arrive à 3 195 101 $.

Donc, ça fait en sorte que je peux comprendre l'inquiétude, mais, avec

quelques modifications, on peut y arriver.

Tous

les projets d'initiative dans les milieux de travail déjà soutenus par le

Secrétariat des aînés et prenant fin le

31 mars 2014, parce que ça, c'est important de le comprendre, ont

fait l'objet d'un renouvellement ad hoc pour l'année 2014-2015, pour éviter qu'il y ait un manque de service ou

un bris de service. Donc, il n'y a pas de service qui a été coupé ou enlevé, mais il n'y a pas non plus

d'endroit où on a dit : Vous arrêtez de donner des services, là. Donc,

là-dessus, je veux rassurer la députée qu'on

n'a pas coupé les services nulle part, on a juste fait une attrition à même le

Secrétariat des aînés.

Le Président (M.

Picard) : Merci. Mme la députée de Duplessis.

Mme Richard :

Merci. Juste pour bien comprendre, M. le Président, parce que, moi, là, 2013-2014,

dans les initiatives, on avait 958 000 $, là maintenant on a

344 000 $. Donc, si je calcule assez vite, ça ferait une coupure de deux tiers du budget. Et ce qu'on nous rapporte,

c'est que, quand on appelle au secrétariat, on ne peut pas se faire confirmer

si les montants qui étaient là par le passé

vont être renouvelés pour 2014-2015. Et il faut comprendre que c'est une aide

qui est extrêmement précieuse et importante

puis que ça ébranle tout le réseau communautaire, parce qu'ils n'ont pas de

réponse. Donc, comment il va planifier la

nouvelle année, comment il va planifier les activités sans savoir la coupure

réelle et ce à quoi il devra faire face, là?

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Oui,

M. le Président. La députée n'a pas tort de dire que c'est

difficile de dire à chaque organisme à quel montant on se tient puis

comment on pourrait... mais soyez assurée... Puis je vous entends et j'en prends bonne note, et sachez que, là-dessus,

on va faire en sorte que les gens qui appellent au ministère

et au Secrétariat des aînés

pourront avoir les réponses auxquelles ils cherchent, dans une mesure, de

pouvoir répondre adéquatement.

Par contre,

je vous confirme que, cette année, on a dépensé 250 000 $ et qu'il nous reste

2 millions en banque. Et là-dessus je suis toujours sur mon

3 195 101 $, là. Donc, les sommes qui ont été, j'ose dire,

atrophiées, qui ont été enlevées, font en sorte que les projets en cours ne

sont pas pénalisés, les gens vont être rassurés.

Puis

je suis désolée s'il y a des gens qui ont appelé puis qui n'ont pas eu les

bonnes réponses ou qui n'ont pas eu la

réponse qu'ils voulaient entendre, parce que c'est deux choses différentes,

mais sachez qu'au Secrétariat des aînés ils sont très sensibles au fait

qu'il n'y a pas de coupure de services puis les projets en cours sont

maintenus.

Le Président (M.

Picard) : Merci. Mme la députée.

Richard : Pour le peu de temps qu'il me reste. Donc, si j'ai

bien compris, M. le Président, dans le 2 millions que la ministre

dit qu'il peut rester, à ce moment-là on vient rassurer le réseau communautaire

que, même si on avait un

958 000 $ à 344 000 $... Moi, j'avais dit : Il manque

les deux tiers, mais la ministre, de ce que j'entends, vient rassurer le milieu communautaire que les projets vont se

continuer puis que, les besoins qui se feront sentir, on sera capable de

les combler au niveau financier, c'est ce que je comprends.

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Dans la mesure où les prochains projets... pas

les anciens, parce qu'ils sont maintenus à la hauteur des sommes qui

étaient déjà investies, mais les prochains projets devront rentrer dans la

somme globale de 2 millions, puisqu'un

nouveau projet sera étudié pour être dans la possibilité du budget que nous

avons en ce moment.

Le Président (M.

Picard) : Mme la députée.

Richard : Parfait. Merci. On avait d'autres... différents

programmes, entre autres, là, je vais aborder un petit peu au niveau de la maltraitance, je pense qu'on

peut l'aborder dans ce bloc-ci, mais on va continuer dans le deuxième bloc. Moi aussi, je veux saluer l'initiative qui a

été mise en place pour le forum sur l'intimidation et contrer la maltraitance,

qui aura lieu à l'automne, ce que j'ai entendu de la ministre. Soyez assurée

qu'on est tout à fait d'accord avec ça.

que j'ai pu me rendre compte, M. le Président, c'est qu'on a mis une ligne pour

dénoncer de l'intimidation, de la

maltraitance, différents abus qui sont faits envers nos aînés, malheureusement.

On le déplore tous et toutes, là, ça ne devrait pas se passer, mais c'est un

fait, ça arrive. J'ai été aussi étonnée de voir... On peut dire : Oui,

c'est bien que la ligne ait du

succès, mais, non, ce n'est pas bien parce que ça a fait en sorte qu'on aura

plus de cas, il les dénonce, mais c'est quand même des chiffres

extrêmement importants. Et là je me suis posé la question, je me suis

dit : Bon, la ligne fonctionne, on est rendu plus... je pense que c'est

15 000 appels, plus, j'avais la note ici... 16 000. Bon. Donc,

c'est extrêmement important. Mais, quand la

personne appelle, elle dénonce, elle peut se sentir rassurée quelques minutes

au téléphone, mais par la suite il y

a tout le milieu qui se met en branle, que ce soit avec le CSSS, les

travailleurs sociaux, si la personne

qui dénonce a un réseau ou de la famille sur laquelle on peut se fier. Donc,

tout le réseau se met en branle pour pouvoir l'aider. Plus on a

d'appels, donc plus on met de pression sur le milieu, qui doit arriver avec des

actions concrètes, et on fait un plan d'intervention.

Moi, je voulais

savoir, M. le Président, de la part de la ministre : Comme les appels sont

en augmentation, est-ce qu'on a prévu des

sommes additionnelles, dans le réseau, pour soutenir? Parce que c'est bien beau

dénoncer, mais, à l'autre bout, là, il faut qu'il y ait des actions, et

ça va amener une pression énorme. Donc, est-ce qu'on a prévu des sommes qui vont aller directement... via la ligne

pour contrer l'intimidation puis la maltraitance, mais après en actions

concrètes, parce que c'est sûr que ça amène une surcharge.

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Merci, M. le Président. Je suis heureuse qu'on

puisse en parler, parce que la maltraitance, malheureusement, hein, on le dit, ça existe. Et ça existe, et la députée

de Duplessis fait bien de nous rappeler que le milieu se met en branle, mais souvent, et

malheureusement, la maltraitance, c'est aussi l'environnement de la personne

aînée. La personne vulnérable a dans son environnement... peut-être

quelqu'un de très, très proche, peut-être quelqu'un de moins proche, mais surtout on remarque que c'est souvent quelqu'un de

confiance qui pose des gestes malheureux. Ça me permet de faire ce qu'on appelle mon clip, donc :

1 888 489-ABUS ou 2287, c'est vraiment le numéro que les gens peuvent appeler. Et la députée de Duplessis fait

bien de nous le dire, les téléphones ont augmenté, et c'est un bon signe.

Ça veut dire que ça fonctionne et que les

gens nous font suffisamment confiance pour venir chercher de l'aide dans ce

principe-là où je prends un téléphone.

Vous savez, M. le

Président, quand qu'on est dans un CHSLD ou quand qu'on habite avec son enfant,

bien, faire ce coup de téléphone là, c'est la chose la plus dure qu'on a à

faire, parce qu'on ne sait même pas si on dénonce quelqu'un qu'on aime infiniment, puis qu'on ne veut pas avoir de

problèmes, mais on veut au moins savoir si on vit une problématique.

Est-ce

que le Secrétariat des aînés ou est-ce que le ministère de la Famille,

responsable des aînés a mis en place des sommes supplémentaires? La réponse à ça, c'est non. Ce n'est pas nous

qui avons mis en place les sommes supplémentaires, parce que les responsables du coup de fil, un coup

qu'il est placé, appartiennent plus au ministère de la Santé. Sachez, par

contre, Mme la députée, que nous avons fait

beaucoup de représentations. Et notre collègue le ministre de la Santé et sa

collègue, et la mienne aussi, la ministre

responsable des services sociaux ont mis en place un processus pour aller voir

et s'assurer qu'à chacun des endroits

où on peut mettre en place un peu plus de structures pour venir aider... Parce

que, vous l'avez dit, hein, des fois,

c'est un psychologue, mais, des fois, c'est quelqu'un en finances, des fois,

c'est quelqu'un en santé. On met en

place et on branle l'ensemble du milieu pour venir en aide aux aînés qui ont, à

ce moment-là, un questionnement sur est-ce

que c'est un abus, est-ce que je me sens seul, est-ce que je suis maltraité,

puis est-ce que je suis juste dans un principe

ou la question m'ébranle, puis je ne sais pas trop c'est quoi, la réponse.

Donc, le numéro de téléphone, important, mais, les services alentour,

vous avez raison, de toute importance aussi.

Le Président (M.

Picard) : Merci, Mme la ministre. Il reste moins d'une minute.

Mme Richard :

Moins d'une minute? Est-ce que je peux le retrancher sur l'autre bloc?

Le Président (M. Picard) :

Voulez-vous qu'on le reporte au prochain bloc? Oui?

Richard : C'est ce que je vais faire, parce que c'est un sujet

extrêmement important. Donc, je vais céder la parole à ma collègue de la

deuxième opposition. Merci.

Le Président (M. Picard) :

Merci. Maintenant, du côté gouvernemental, je cède la parole à M. le député de

Sherbrooke.

M. Fortin

(Sherbrooke) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. À mon tour, je

voudrais saluer la ministre, tous les

gens qui l'accompagnent, les collègues du parti ministériel, les collègues des

partis d'opposition. Je suis très heureux aujourd'hui de pouvoir prendre la parole dans cette étude de crédits

concernant nos aînés, nos aînés qui sont de plus en plus nombreux au Québec, M. le Président, on doit

le dire. On fait face à un phénomène de vieillissement de la population,

qui est présent dans l'ensemble de sociétés

occidentales mais qui se fait sentir ici, au Québec, et particulièrement dans

ma circonscription de Sherbrooke.

Si on veut

prendre toute la mesure de ce défi-là, on estime qu'en 2056 il y aura

19 000 centenaires au Québec, alors qu'il y en avait seulement 1 000 en 2006. Les 65 ans et

plus aussi sont en très grande augmentation, dans la proportion de la population qu'ils représentent.

Actuellement, c'est 26 % des Québécois qui sont âgés de plus de

65 ans, alors que c'était

16 % en 2011. C'est donc dire que c'est une augmentation de 10 % en

trois ans, ce qui est considérable, ce qui est considérable, M. le Président, et qui met évidemment en relief certaines

problématiques qui sont associées au vieillissement de la population. On entend très souvent parler du

phénomène de la pénurie de main-d'oeuvre auquel on va devoir faire face, notamment d'ici 2020, la pression que ça met

sur les services de l'État, sur les finances de l'État. Mais un volet que

moi, j'aimerais aborder aujourd'hui avec la ministre, c'est toute la question

de la pression que ça va accentuer sur les milieux de vie dans lesquels vivent

nos aînés, les services de proximité, qui généralement relèvent des

municipalités.

Alors, il y a

de nombreux gestes qui ont été posés par le gouvernement du Québec au fil des

années, et je pense que ça démontre un petit peu notre volonté de

vouloir se préparer à ce défi-là, de démontrer qu'on est prévoyant mais aussi qu'on est reconnaissant, qu'on est

reconnaissant envers nos aînés qui ont construit le Québec moderne dans lequel

on vit et qu'on doit les remercier. Et la

moindre des choses, c'est qu'ils ont payé des impôts, ils ont payé des taxes

toute leur vie, alors je crois qu'on

doit être en mesure de leur offrir des milieux de vie de qualité et aussi dans

des environnements dans lesquels ils pourront continuer à s'épanouir.

Parce que nos aînés ont encore beaucoup à apporter au Québec d'aujourd'hui. Et, M. le Président, à ce titre-là,

je voudrais en prendre à témoins mes collègues députés de Vimont et de Beauce-Sud, par exemple, qui ont encore beaucoup à

apporter à la société et qui, pour nous, les jeunes députés, sont des

modèles et des gens de qui on peut s'inspirer.

Alors, il y a

beaucoup qui a été fait, il reste encore beaucoup à faire, et j'aimerais

savoir, justement, ce que fait le

gouvernement et ce qu'il fera pour faire en sorte qu'on puisse bien relever ce

défi de vieillissement de la population et des pressions qui

s'accentueront sur les milieux de vie dans lesquels vivront nos aînés.

Président (M. Picard) : Merci, M. le député de Sherbrooke. Vous

avez raison, on apprend toujours des gens expérimentés. Mme la ministre,

c'est à vous.

Charbonneau :

Merci, M. le Président. Je vous taquinerai en disant que je suis plus contente

qu'on fasse des blagues là-dessus que

sur les blondes aujourd'hui, puisque la catégorie peut être accentuée, de part

ou d'autre, pour faire... un peu vous taquiner.

Mais, ceci

dit, les travailleurs expérimentés, mais surtout... Et j'apprécie

l'intervention du député de Sherbrooke qui

dit être reconnaissant, être reconnaissant envers ces gens qui ont passé avant

nous. Puis je me permets une parenthèse un peu politique, parce qu'il faut toujours savoir reconnaître les gens

qui sont passés avant nous, mais je pense aux femmes qui ont passé en politique avant nous et qui ont

fait ce sacrifice-là, qui étaient dans un horaire d'homme, qui étaient dans

une façon d'homme de faire de la politique

et qui ont ouvert des portes pour que nous, les femmes qui ont suivi, on puisse

atteindre. C'est-à-dire qu'en ce moment on a des femmes qui sont ministres,

mais on a surtout, dans chacun des partis, des femmes qui prennent leur

place et qui défendent le monde des femmes. Donc, la reconnaissance des gens

qui sont passés avant nous, je pense qu'elle est importante.

Dès 2008, on

a mis en place un projet pilote pour pouvoir voir qu'est-ce qu'on pouvait faire

de mieux dans les aménagements mais aussi dans la façon de faire pour

aménager une ville qui vient aider nos aînés non seulement à participer, mais, dans leur quotidien, à bouger, à

être actifs. Et il y a un projet pilote qui a été mis en place, et, en 2009,

le programme a été offert partout au Québec,

de Villes amies des aînés. Et, dans cette volonté-là, les villes ont été des

partenaires importants et ont tout de suite

pris un pôle fort intéressant pour pouvoir mettre en place des projets et

proposer des projets. Mais je nous

rappelle que Municipalité amie des aînés, c'est quand même un programme géré

par les aînés pour les aînés. Et ça,

c'est la

partie importante. Parce qu'on peut imaginer plein de choses quand

qu'on est jeune, mais, quand qu'on

est un aîné, on peut voir sa ville sous un angle différent et vouloir le mettre

en place... Je m'excuse, je pense que j'ai une portée de chats, ce

matin, qui... Je l'ai gardée avec moi depuis le début de la journée.

Je vous

annonce, M. le Président, qu'il y a quand même 714 municipalités et MRC

qui participent à la démarche en ce

moment. On a même des villes et des MRC qui sont en renouvellement, donc

quelque chose de fort intéressant pour pouvoir aménager. J'aimerais

aussi, puisqu'il faut prendre le crédit qui nous appartient comme Québécois,

que c'est quand même l'Organisation mondiale

de la santé qui considère que le Québec est la société la plus avancée au

monde, M. le Président, c'est... rien

de moins, dans l'application de l'approche ami des aînés. Dans cette volonté-là, on a quand même un objectif,

on a un objectif pour arriver, en 2017, de... pour avoir 860 municipalités

et MRC qui vont participer et qui vont mettre en

application ce qu'on appelle affectueusement MADA. Vous savez quand qu'on

arrive dans un ministère, M. le Président,

la chose la plus fascinante, c'est tous les acronymes qu'on doit apprendre

rapidement, et MADA, c'est un des

premiers acronymes qui vient nous chercher, parce qu'on l'a déjà entendu en

tant que député actif dans sa ville. Laval a été reconnue amie des aînés

il y a de ça à peine quelques mois, donc MADA est resté.

Il y a

d'autres gestes qu'on veut poser, et le député de Sherbrooke fait bien de le

souligner, puisqu'il appartient à une

région qui est très active. Il y a un côté, à Sherbrooke, qui est fort

intéressant, il n'y a pas juste le député, il y a des gestes par les partenaires, qui sont très

intéressants. Je vous en donne un, puisque c'est un geste que nous, au niveau

du Secrétariat des aînés, on regarde

et qu'on étudie avec eux, c'est le geste posé par les commerçants, les

commerçants qui se disent amis des

aînés. Ça se voit comment? Puis je suis sûre que je ne vous apprends rien, mais

on va au moins l'apprendre aux

partenaires qui nous écoutent un peu partout, et en même temps prendre le temps

de valoriser la région que vous

représentez, parce que je pense que c'est important de le souligner. Et tout le

monde ne s'arrête pas à ça, hein, on regarde

encore les aménagements qu'on doit faire pour que les gens avec mobilité

réduite puissent avoir accès à certains endroits, mais d'avoir cette réflexion-là de dire : Est-ce que je

peux aménager pour mieux servir une clientèle qui peut venir au quotidien, pas juste en soirée... Parce

que nos aînés sont souvent... prennent des marches, ils veulent avoir accès,

ils se promènent un peu partout. Donc, qu'est-ce qu'on fait dans le projet VADA

à Sherbrooke? Bien, voici des exemples de

gestes posés dans les commerces pour qui se dit «ami des aînés», hein? Parce

que vous avez compris que A.D.A., c'est «ami des aînés», et,

dépendamment du geste posé, bien, si c'est municipalité, c'est MADA, si c'est

une gestion des investissements Québec,

c'est CADA, et là je suis à VADA, alors vous imaginez tous les noms qu'on peut

imaginer après ça pour tout geste posé. Donc, en collaboration avec

l'AQDR de Sherbrooke, voici quelques gestes concrets.

Il y a une

sensibilisation du personnel à l'importance du vouvoiement. Et c'est une

question qu'on s'est posée il y a de

ça quelques années, à l'Éducation, mais qu'on se pose encore dans nos familles,

à savoir : Est-ce que je vouvoie ou

je tutoie quelqu'un que je peux appeler par son prénom? Les aménagements pour

les fauteuils roulants, pour la rentrée et la sortie, dans certains endroits. L'entrée déneigée et déglacée en

hiver, parce que vous avez compris, M. le Président, qu'une chute peut être quelque chose de fatal.

L'aide pour lire ce qui est inscrit sur les étiquettes, donc la grandeur, parce

que tout le monde n'a pas toujours sa

lunette sur le bout de son nez. L'aide pour repérer certains produits, les

mettre à hauteur et les mettre

accessibles. Cours sur les services à la clientèle donnés à chaque employé. Les

portes coulissantes automatiques,

comme ça, je n'ai pas à faire l'effort d'ouvrir une porte dans les grands

vents, quelquefois ça peut être fort difficile.

Le trottoir est égalisé pour les fauteuils roulants. Il y a des rabais pour les

aînés. Vous savez, M. le Président, avant

que cette commission commence, on s'est parlé de notre carte de la FADOQ, parce

qu'on en a chacun une, mais quelquefois

cette carte vient avec des réductions qui sont fort intéressantes et que, de ce

fait, bien... Là, si vous dites que vous

n'en avez pas, par contre, je vous le dis, la FADOQ m'écoute, puis vous allez

la recevoir dans pas long à votre bureau de comté. Mais les rabais qu'on peut avoir quand qu'on est un aîné puis

qu'on veut participer. Et la livraison d'épicerie à domicile pour à peine 1 $ pour les aînés.

Pourquoi? Bien, parce que, plus souvent qu'autrement, si je suis une personne

qui n'a soit plus son permis de conduire ou

qui ne désire plus avoir de voiture, parce qu'il y a là, pour moi, dans ma

ville, une mobilité facile à avoir,

parce que le transport en commun, je l'utilise... Bien, aller faire son

épicerie, c'est quelque chose de

quotidien, mais, si je ne peux pas transporter mes sacs, je dois avoir un

service. Et la ville de Sherbrooke met en place... Ce sont quelques

mesures qui sont mises en place, mais vous avez compris que c'est pour venir

bonifier le service et faire en sorte que

nos aînés restent chez eux le plus longtemps possible avec des services. Et la

ville de Sherbrooke est peut-être

précurseure mais va probablement avoir une influence sur les autres grandes

villes du Québec, et peut-être, qui sait, nos villes et villages aussi.

Donc, ça fait

un peu... ça vous donne un peu un environnement, et je suis sûre que le député

de Sherbrooke en est très, très fier.

Le Président (M. Picard) :

Merci, Mme la ministre. M. le député de Sherbrooke.

M. Fortin

(Sherbrooke) : Bien, la ministre a tout à fait raison. Effectivement,

je suis très, très fier de ce qui se fait

à Sherbrooke, qui est... La municipalité, et l'ensemble des intervenants, et

les commerçants sont, oui, très, très actifs pour faire en sorte

d'offrir à nos aînés un milieu de vie vraiment adapté à leurs besoins et qui

leur est agréable.

La ministre a parlé beaucoup du programme

MADA. Je peux vous dire, M. le Président, par mes expériences passées, avant d'être élu le 7 avril dernier, j'ai

eu le privilège d'accompagner aussi des municipalités justement

dans toute leur démarche MADA, dans

tout le processus qu'ils doivent faire et je peux vous dire que c'est un programme

qui est vraiment complet, où est-ce que tout est pris en

compte. Et on est très loin des stéréotypes, là, ce n'est pas seulement

plus de bancs de parc et plus

d'activités de bingo dans les municipalités, il y

a une panoplie de services qui sont

pris en compte. Et c'est surtout un programme qui laisse beaucoup de

latitude aux municipalités.

Et tantôt la députée

de Repentigny faisait référence à l'âge souvent qu'on donne

pour définir un aîné, et ce que je

pense qui est beaucoup apprécié des municipalités et des comités

qui participent à l'élaboration des politiques pour les aînés dans le monde municipal, c'est que justement le point de départ,

c'est de définir qu'est-ce qu'un

aîné. Ils ont le loisir de pouvoir le

faire. Et un peu partout... Par les expériences que j'ai vécues, ce n'est pas

partout qu'ils le définissent de la même

façon. Il y a effectivement le facteur de l'âge : à certains endroits,

c'est 50 ans, d'autres endroits, c'est 55, 60, 65. Aussi, à certains endroits, on préfère prendre la

situation par rapport au marché du travail : Est-ce que c'est un retraité?

Est-ce que c'est quelqu'un qui est actif sur

le marché du travail? Ou aussi le facteur de l'autonomie des personnes, alors

c'est un autre facteur qui est pris en compte. Le facteur de l'âge est souvent

retenu parce que c'est un facteur qui est objectif,

et c'est quand même le point de départ. La municipalité s'adresse aux personnes

et fait ses politiques en conséquence du public qu'elle détermine.

y a également une latitude pour toutes les mesures d'intervention qui vont être

prises par les municipalités. Et, comme le disait la ministre tantôt,

c'est un programme par les aînés, pour les aînés, donc évidemment les aînés

sont consultés. Les intervenants sont consultés dans l'élaboration de ces

programmes-là, et je peux vous dire que c'est des consultations qui sont très,

très populaires, qui mobilisent grandement les gens.

Alors, pour

toutes ces raisons-là, M. le Président, ce n'est pas étonnant que le programme

MADA ait connu un aussi grand succès,

la ministre en a fait état tantôt : quand même 86 % des Québécois,

actuellement, qui vivent dans une ville ou une MRC qui est amie des

aînés.

Donc,

programme populaire, ce qui nécessite aussi beaucoup de sous — on doit le dire, on est dans une étude des

crédits, donc je pense qu'il faut en

parler — et

beaucoup de sous notamment au niveau des infrastructures. Parce que toute

la question des infrastructures pour les aînés, c'est un petit peu le volet qui

incite les municipalités, il faut le dire, à embarquer

dans la démarche MADA, M. le Président. Et, si je reviens à ma circonscription

de Sherbrooke, dans les derniers temps

il y a deux projets qui ont été retenus, dont la surface de béton de jeux pour

aînés dans l'arrondissement Mont-Bellevue et aussi le sentier pédestre

au parc Jean-Bosco, dans l'arrondissement Jacques-Cartier. Et, des projets

comme ça, je suis convaincu qu'il y en a

dans l'ensemble des circonscriptions des collègues. Donc, c'est beaucoup de

sous, les infrastructures, également.

Dans le dernier budget, on a fait passer de 3 à 5 millions le volet

d'infrastructures dans le programme MADA et on prévoit le bonifier à

6 millions l'année prochaine, donc ce qui est une excellente nouvelle.

Mais en même temps c'est des sous... il y a des

objectifs au programme MADA. Je voudrais savoir tout simplement de la ministre si elle peut nous donner des exemples concrets

en regard des sommes qui sont investies, de la différence que le

programme MADA fait au quotidien dans la vie de nos aînés.

Le Président (M. Picard) :

Mme la ministre, en deux minutes.

Charbonneau :

Mon Dieu, M. le Président, vous me faites ça «short»! Mais ce n'est pas grave,

on va rentrer dans les temps. Puis je suis sûre qu'on aura le plaisir...

Le repère que

le député de Sherbrooke prend, c'est vraiment ce qu'on appelle communément le

PIQM-MADA. Pourquoi? Parce que c'est le programme d'infrastructures

Québec-Municipal ami des aînés, puisque je peux être une municipalité amie des aînés mais pas

nécessairement avoir besoin tout de suite d'une infrastructure ou

d'investissement. Mais effectivement ça passe souvent par des aménagements,

des infrastructures puis des choses à faire.

Je vais aller tout de suite à l'essentiel et

parler au député de Sherbrooke de Sherbrooke, parce que j'aime bien rappeler à nos députés l'accessibilité mais aussi

le partenariat qu'on a avec nos villes et les gestes posés. Donc, je vous

donne quelques exemples de gestes posés au

sein de Sherbrooke sur le PIQM-MADA — c'est incroyable ce qu'on peut faire avec des lettres. Alors, quelques exemples

d'actions pensées par des municipalités qui ont des impacts concrets : allonger la durée des traversées piétonnières pour laisser plus de temps

aux personnes à mobilité réduite de traverser. Vous le savez que, quand

la volonté a été mise en place de pouvoir mettre des lumières puis des

clignotants, bien, on n'a pas toujours calculé que je ne marchais pas à la même

vitesse que les autres si j'avais une mobilité réduite. Le transport en commun gratuit aux 65 ans et plus. Et vous avez sûrement

eu une influence sur Laval, puisque maintenant, à Laval, on le fait depuis le dernier budget qui a été déposé. Donc, vous avez sûrement

fait un geste là que j'apprécie énormément.

Des activités spéciales pour les personnes

aînées. Je vous en donne une, une occasion de faire des rencontres, mais il y a quelquefois des tournois qu'on

appellera de poches, j'espère juste qu'Antoine Robitaille n'écoute pas ce bout

de la rencontre, mais un tournoi de poches, et qui fait en sorte

que les gens sont sortis de l'isolement puis qu'ils puissent se parler

et avoir de la convivialité.

Des trousses

d'outils destinées à rendre les maisons plus sécuritaires. Parce qu'on veut que

les gens puissent avoir accès à une

vie chez eux, dans leur maison, le plus longtemps possible, mais, pour ça, il

faut aménager, il faut faire en sorte

que nos personnes aînées ont des commodités alentour d'eux, qui fait que, tous

les jours, dans leur quotidien, aller chercher

quelque chose dans une armoire, ou passer à la chambre de bains, ou passer

d'une pièce à une autre... la mobilité étant

ce qu'elle est, bien, on peut faire des aménagements pour les aider. Puis

rester chez soi le plus longtemps possible, c'est aussi la politique Vivre et vieillir ensemble que nous, on met en

application aussi et qu'on parle... et qu'on partage les responsabilités

avec les municipalités.

Donc, soyez

assuré, M. le député de Sherbrooke, qu'on est en action, on veut maintenir les

gens le plus longtemps à la maison, et qu'en même temps Sherbrooke a une

belle influence sur les villes du Québec.

Président (M. Picard) :

Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de

Repentigny pour une période de 18 minutes.

Mme Lavallée : Merci. On sait que le

réseau FADOQ dénonce la taxe santé, que ceci vient appauvrir nos personnes aînées. Avez-vous, Mme la ministre,

l'intention de militer pour l'abolition de la taxe santé à court terme? Et,

lors de la dernière campagne, les libéraux

avaient parlé d'une abolition graduelle. Quand le gouvernement prévoit-il

abolir cette taxe?

Le Président (M. Picard) :

Mme la ministre.

Charbonneau :

Merci, M. le Président. La députée de Repentigny me donne l'occasion de faire

une bande-annonce sur ce fabuleux budget qui

a été déposé par le gouvernement libéral et qui fait en sorte qu'il est

responsable et rigoureux, et, dans ce

budget, il y a un objectif fort précis qui a été mis en place par le premier

ministre, c'est-à-dire que tout le monde va participer, et, pour les deux prochaines années,

incluant l'année qui est commencée, donc cette année-ci et le prochain

budget, il y aura des décisions quelque peu difficiles et pas tout à fait

simples à mettre en place, mais à maintenir, et le maintien de nos décisions

vont faire en sorte...

le premier ministre le disait qu'aussitôt que l'État va recommencer à avoir un

équilibre, les argents seront investis à

deux endroits : un, pour la dette et, deux, pour la taxe santé. Donc,

quand vous me dites : À quand?, je vous dirais : D'ici deux ans, le gouvernement libéral, qui maintient

un cap sûr, et assuré, et responsable, va pouvoir revenir sur ce principe

et revoir les baisses. Mais en même temps je

nous donne le défi de maintenir le cap et de pouvoir se donner cette règle-là

qui dit qu'un budget rigoureux, pas simple à

appliquer, et qui demande des changements auprès de la société... mais vous

allez être des partenaires du quotidien pour qu'on puisse le faire.

Le Président (M.

Picard) : Merci. Mme la députée.

Lavallée : Merci. Depuis des années, les gouvernements de tous paliers

confondus ont sans gêne taxé la population. Le gouvernement actuel

propose un projet de prêts pour aider les aînés à acquitter leurs taxes

foncières. Donc, on les encourage à faire ce

que les gouvernements font depuis des années, soit emprunter pour payer

l'épicerie. N'aurait-il pas été plus

logique de ralentir la croissance des taxes et impôts subie par la population

et plus particulièrement les aînés? Ceux-ci subissent une augmentation des

frais d'Hydro-Québec, va-t-on leur permettre d'emprunter aussi pour payer ces augmentations? N'auriez-vous pas

souhaité, à

titre de ministre des Aînés, que l'on demande à tous les paliers

de gouvernement, incluant les municipalités et les commissions scolaires, de

faire un effort de réduire ou arrêter ces explosions de taxation subies par la

population et plus particulièrement les aînés?

Le Président (M.

Picard) : Merci, Mme la députée. Mme la ministre.

Charbonneau : Merci, M. le Président. Je vous dirais que,

cette question-là, je ne sais pas par quel bout la prendre, mais je vais faire une réponse puis j'espère qu'elle sera...

bien, elle ne sera pas satisfaisante, j'en conviens, mais au moins j'espère qu'elle va pouvoir vous

donner un aperçu. On ne peut pas vivre dans une société et se dire qu'on

ne va pas mettre en place l'ensemble des

services que les gens ont de besoin. Pour ça, bien, il faut aussi un

gouvernement responsable, mais ça

prend aussi des gens qui y participent, et, à ça, il n'y a pas de

catégorisation pour dire que... rendu à

quel âge je ne participe plus ou je

participe encore. Notre volonté à nous, c'est de pouvoir maintenir les gens

chez eux le plus longtemps possible. Le principe du prêt, vous faites

bien de nous le rappeler, parce qu'effectivement c'est une réflexion que le premier ministre nous a donnée à

faire et à regarder pour pouvoir le mettre en application, qui fait en sorte

que nos aînés ne seraient pas pénalisés, à

partir du moment où il y aurait un partenariat avec un réseau bancaire. Il nous

reste à faire quelques pas encore de ce

côté-là pour assurer qu'à chaque année, puisque leurs revenus n'augmentent pas,

les familles ou les aînés... pas les

familles, mais les aînés n'auraient pas à contribuer, puisque ce serait quelque

chose qui se réglerait entre les institutions, donc entre les commissions

scolaires, les villes et l'institution bancaire, pour qu'il n'y ait pas, je vous dirais, de cotisation de la

personne aînée. Mais, à la fin, à la vente de la résidence... et là il y aurait

un échange de frais qui se ferait entre

l'institution bancaire et la personne aînée. Donc, une volonté de pouvoir

permettre à la personne de rester chez elle.

Vous le savez, parce

que vous êtes de métier notaire, une maison prend de la valeur à chaque année.

Donc, la personne aînée n'est pas dépourvue

si elle habite dans sa maison, dans ses affaires. Donc, au moment de la vente,

c'est là qu'arrive une facture de la banque pour la facture taxe

commission scolaire, taxe municipale, qui fait en sorte que l'aîné ne voit pas ou voit peu l'impact que ça

aurait à partir du moment où la maison prend de la valeur. J'essaie de faire

simple, parce que vous avez compris que je

ne suis pas une fille de chiffres, je ne suis pas une fille qui est comptable,

mais je suis quelqu'un qui est très

logique dans la volonté de mettre en place une structure aidante, simple, qui

vient aider nos aînés à rester chez eux.

Est-ce que le

gouvernement libéral va aller dire aux villes et aux commissions scolaires de

faire une facture différente dépendamment de

l'adresse, dépendamment de la personne qui habite à cette adresse? Je vous

dirais que vous êtes un des premiers

gouvernements... paliers politiques à vous être levés en Chambre pour dénoncer

la bureaucratie. Et, de ce fait,

là-dessus, on essaie de simplifier, pas de devenir plus compliqués, donc le

maintien du respect de l'ensemble des paliers politiques, des

démocraties différentes. Chez nous, on l'a dit souvent et on continue à le

dire, on croit aux commissions scolaires, à

sa participation, mais on croit aussi à la participation citoyenne à chacune

des démocraties qui lui appartient.

Donc, là-dessus,

défendre, oui, les aînés, faire en sorte que, oui, on leur permette de rester

le plus longtemps possible chez eux, mais en

même temps ne pas dénigrer les autres démocraties et faire en sorte qu'on peut

venir amoindrir le coût, mais pas par le biais des autres, par des

gestes que nous, on peut poser, qui vient les aider.

Le Président (M.

Picard) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.

Lavallée : Juste un petit commentaire. Concernant le programme de

prêts, justement, que le gouvernement envisage,

comme je suis notaire, je crains actuellement que ça engendre des coûts

supplémentaires pour les familles... les

aînés, puisque, je pense, les institutions financières, le danger qu'il y a,

c'est qu'on accorde le prêt... par prêt hypothécaire un prêt à ces gens-là, donc on engendre des frais

de coût d'évaluation de la maison, des coûts de frais de notaire et d'arpentage, et tout ça. Donc, oui, on comprend

qu'on va ouvrir cette porte-là, mais j'ai hâte de voir ce qu'on va proposer,

parce qu'à mon avis il risque d'avoir des

coûts qui vont s'engendrer à des gens qui n'ont déjà pas les moyens de payer ce

qu'ils ont à payer. Mais c'est un commentaire de notaire.

Dans le budget... Je me réfère au plan

d'action contre la maltraitance envers les aînés où on parle de maltraitance

financière. On peut y lire : «La

Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a mis en

place une équipe d'intervention

spécialisée en matière de lutte contre l'exploitation des personnes aînées.

Cette équipe mobile est composée d'enquêteurs

spécialisés et d'un conseiller juridique. Elle a un pouvoir d'enquête et

d'intervention et elle est à l'oeuvre sur l'ensemble du territoire

québécois.

dépliant Trop beau pour être vrai? Méfiez-vous! Protégez-vous de la fraude

financière a été élaboré et diffusé dans le cadre de la collaboration entre l'Autorité des marchés

financiers et le ministère de la Famille et des Aînés. Plus de

50 000 dépliants ont [été ainsi] distribués à travers le Québec, et le

document a dû être réimprimé.»

Avez-vous

des indicateurs de résultat qu'il y a une amélioration concernant la

maltraitance financière, ou les cas empirent?

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Des indicateurs... j'avais oublié le mot, mais

je me souviens que, la semaine passée, vous l'avez ramené, les

«indicateurs de performance». Pour vous, je me souviens, c'est très important.

La mise en place d'une équipe d'intervention

spécialisée — vous

l'avez bien dit — initiée

par la commission des droits de la personne et de la jeunesse pour défendre les droits des aînés nous a permis de voir qu'en ce... bien,

je vous le dis, «en ce moment», parce qu'on est vraiment dans le temps

présent, 129 dossiers sont en cours, dans la grande majorité, sont des

abus au niveau des finances, donc des abus financiers.

En 2012-2013, on a eu 210 dossiers reconnus et étudiés. En 2013-2014,

donc, au moment où le calcul s'est fait, il

y avait 243 dossiers. Ça veut dire que, depuis 2010, les efforts qui ont

été mis en place, le Secrétariat des

aînés, pour avoir cette responsabilité... Oui, c'est vrai, l'année n'est pas

finie. On planifie avoir 243... Mais

on dit : L'année n'est pas finie parce que je vous ai donné deux chiffres

différents pour la même année, donc je m'en excuse.

Mais

la volonté de mettre en place cette commission-là et les enquêteurs, c'est

vraiment pour pouvoir sensibiliser à

quelque chose qui, vous savez, malheureusement... Les médias nous ont aidés,

hein, parce qu'il y a eu des cas frauduleux marqués qui ont fait en sorte qu'on a fait la grande réalisation que nos

aînés qui mettaient un petit coussin de côté pour pouvoir vivre le plus longtemps chez eux, dans

leurs affaires, bien, ils se faisaient jouer des tours. Donc, le dépliant a été

réimprimé, et la volonté, c'est d'essayer de

les aider partout, dans toute cause possible à la fraude financière, parce

qu'on sait que, là, il arrive des drames familiaux incroyables.

Donc,

j'espère que les chiffres vous ont aidés un peu. Mais on est au début d'un

processus. Je suis sûre qu'à chaque année

il y aura moins de dossiers mais tout autant d'appels, puisque les gens se

posent des questions dans des volontés entre

le milieu... les gens en qui ils font confiance, hein? Parce qu'il faut se le

rappeler, c'est souvent des gens en qui ils font confiance qu'il arrive

des petites choses comme ça puis qui fait en sorte qu'ils se font jouer des

tours, puis ils se retrouvent dans un dédale

financier qui est triste. Et juste d'arriver à la solution, des fois, ça prend

des années, parce que ça va en cour puis ça fait tout... tout le baratin qu'il

faut faire. Donc, sachez que c'est un souci que le Secrétariat des aînés a et veut maintenir, en partenariat, quand

même, avec les autres ministères, parce qu'on passe par la justice puis on passe par les institutions financières pour

pouvoir donner plus de services. Mais c'est toujours dans un principe linéaire,

hein? Ça part de chez nous, la réflexion,

mais après ça il faut aller cogner dans les autres ministères pour dire :

On a besoin de vous. Et, à chaque

fois, quand c'est pour la protection puis l'environnement d'un aîné, les gens

sont toujours au rendez-vous.

Le Président (M.

Picard) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Repentigny.

Lavallée : Merci beaucoup. Tout à l'heure, vous avez parlé de la

bonification du crédit d'impôt pour les gens... les aînés à l'emploi. Donc, je salue cette initiative-là, donc

j'encourage ça, effectivement. Est-ce que, dans... Là, vous bonifiez, mais est-ce que vous avez pu

constater quand même que cette politique-là a des effets positifs au niveau

de l'emploi?

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Quand vous me dites... Vous reprenez le terme

où on parlait des gens... aînés expérimentés à l'emploi. La bonification qu'on a en ce moment, c'est... Vous savez, au

niveau du marché du travail, on a un manque et une pénurie marqués. Et,

parce que vous êtes dans un métier fort important, la notion du quotidien et la

pratique, c'est vraiment différent de la

notion de la technique qu'on apprend à l'école. Donc, les échanges

intergénérationnels... et le maintien de nos cerveaux en place pour

pouvoir aider nos jeunes à prendre leur place, il est fort important.

bonification du crédit d'impôt à l'égard des travailleurs, quand vous me demandez :

Croyez-vous que ça a un impact

positif?, la réponse, vous le savez, hein — souvent, on se dit que, quand qu'on pose la

question, on a la réponse — la réponse, c'est oui,

ça a un impact positif. À compter du 1er janvier 2015, il va y avoir

une hausse de 1 million... de 1 000 $ du montant maximal

admissible au crédit d'impôt, donc qui vient bonifier, pour les travailleurs

d'expérience, qui atteindra 4 000 $. Les travailleurs d'expérience

pourront donc bénéficier d'un crédit d'impôt maximal de 602 $.

Vous

savez que, souvent, un travailleur d'expérience, quand qu'il arrive à cette

limite où il se dit : Ça me coûte-tu quelque chose, rester sur le marché du travail?, bien, il faut l'aider

à... que cette réflexion fasse en sorte qu'il reste sur le marché du travail et que les travailleurs puissent

bonifier et apprécier les travailleurs d'expérience qu'on a sur le marché.

Donc, pour nous, l'expérience qui est mise

en place, et la volonté de le maintenir, répond un peu à votre

question. Est-ce que c'est une

bonne mesure, est-ce qu'elle est bien utilisée et est-ce qu'autant l'employeur

que l'employé en bénéficient? La réponse, c'est oui.

Président (M. Picard) : Merci. Mme la députée de Repentigny.

Lavallée : Merci beaucoup. Dans le budget, on bonifiait le budget

accordé au programme Municipalité amie des aînés. On peut y lire que le budget d'amélioration

des infrastructures prévu dans ce programme passera de 3 millions de

dollars à 5 millions en 2014-2015, et 6 millions de dollars par année

suivante.

Est-ce que

la ministre peut nous dire comment se fera le choix des infrastructures et quelle sorte d'infrastructures allons-nous spécialement développer pour

les aînés?

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Merci,

M. le Président. Je nous rappelle,

hein... je l'ai dit un peu plus tôt, puis on va avoir la chance de le dire plus souvent, c'est que le

programme MADA, c'est des regroupements aînés qui font des propositions pour les aînés. Donc, à chaque fois qu'une proposition

de projet est faite, ce sont des aînés qui la font à la ville pour les

aînés. Donc, ce sont toujours des propositions de projet et d'infrastructure

fort importantes.

y a des appels de projets qui sont mis en place. Je vous donne un chiffre très

exact, là : cette année... ou de façon annuelle, il y a à peu près

50 nouveaux projets d'aménagement urbain destinés aux personnes aînées,

qui se font dans l'ensemble de nos infrastructures un peu partout.

Je vous disais un peu

plus tôt qu'il y avait un peu plus de 700 villes-MRC qui avaient des

projets ou qui avaient... qui étaient amies

des aînés, à ce moment-là. Bien, ça revient aussi au principe où on veut

bonifier, mettre en place.

Quelquefois, régler la lumière pour pouvoir traverser la rue, ce n'est pas trop

coûteux ou ce n'est pas trop... ça ne vient pas changer les

aménagements. Mais, je vous dirais, la distance entre deux arrêts d'autobus...

Je vous donne cet exemple-là parce que juste aménager un banc pour que je

puisse prendre un répit avant de me rendre à ma prochaine destination, c'est un coût pour la ville, mais ça

peut être aménagé entre les infrastructures de la ville puis entre le projet MADA, qui vient bonifier pour avoir un peu

plus de bancs. Je ne peux pas vous donner énormément d'exemples parce que les projets sont diversifiés à chaque

endroit, il n'y a pas beaucoup de... C'est drôle parce qu'on me passe un

papier qui me dit : Les parcs, les

parcs et les bancs — puis

c'est le premier exemple que je vous ai donné — mais aussi les rampes d'accès, puisqu'il n'y a pas si longtemps on faisait des

escaliers pour passer d'un palier à l'autre, puis on ne pensait pas nécessairement, parce que... par souci

d'économie puis parce que c'était un truc en béton pour monter, on ne mettait pas une rampe d'accès. Maintenant, on

demande aux villes de faire un effort, et ils sont prêts à le mettre, à même

les projets infrastructures MADA, pour que la personne aînée puisse s'appuyer

sur quelque chose plutôt que juste s'appuyer

comme ça, avoir une emprise. Mettre des ascenseurs dans des endroits où on a

repris des bâtiments scolaires. On en

a fait des centres communautaires, mais il n'y a pas, dans les... dans toutes

les écoles de l'ancien temps, on va le dire comme ça... même si mes enfants

pensent que je suis bien, bien ancien temps, puis je ne trouve pas que je... je

ne suis pas tellement d'accord avec

eux, mais il n'y a pas d'ascenseur. Donc, ils veulent qu'on aménage les

ascenseurs, et vous savez que c'est

très dispendieux. Donc, l'aménagement d'ascenseurs rentre aussi dans les principes d'infrastructures MADA

pour aider nos aînés à avoir accès à certains bâtiments.

Le Président (M.

Picard) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée,

1 min 30 s.

Lavallée : Oui. Est-ce que

la ministre peut nous confirmer le coût prévu du nouveau crédit d'impôt remboursable pour les activités

physiques, artistiques et culturelles, jusqu'à concurrence de 200 $, destiné aux personnes âgées de 60 ans qui gagnent moins de 40 000 $? Et, dans

le budget, on parle de 5 millions de dollars par année. C'est quand même

beaucoup d'argent. Pour avoir choisi,

comme ministre, de militer pour un 5 millions pour un crédit d'impôt,

est-ce qu'elle peut nous expliquer

cette mesure, ce choix, au lieu d'investir ailleurs, exemple dans la lutte à

l'âgisme, la mise aux normes de nos CHSLD ou les résidences privées?

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau :

En combien de secondes, M. le Président? Parce que je suis sûre que je suis

rendue presque aux secondes.

Le Président (M.

Picard) : Non, non, allez-y, allez-y. Allez-y.

Charbonneau : Oui. Alors, ma première réaction, ça serait de

dire que la volonté de mettre ça en place, ce n'était pas d'enlever une

mesure pour en... prendre l'argent d'une mesure pour en mettre une autre à

quelque part d'autre, c'était surtout pour

contrer une espèce de maladie qui n'est pas reconnue comme une maladie — je vous l'explique bien simplement : l'isolement, l'isolement

d'un aîné qui n'a pas un revenu... ou qui a un revenu fixe qui n'augmente pas

année après année, qui fait en sorte qu'à

chaque année les décisions qu'il prend... fait qu'il se replie sur lui-même, et

il reste chez eux. De participer à un

club sportif pour jouer aux cartes ou aller jouer au bridge, ça a un coût.

Aller au théâtre, se déplacer pour

aller faire de la danse sociale, ça a un coût. Quelquefois, c'est le coût entre

faire ce choix-là et ne pas faire ce

choix-là pour avoir des sous, plus, dans ses poches, et d'avoir le crédit

d'impôt fait en sorte que non seulement je peux contrer l'isolement, mais je rends accessible à certaines

personnes qui ont un revenu peut-être un peu plus léger cette volonté-là

d'être dans leur milieu de vie, de participer puis d'être en action.

Donc, quand

vous me dites : Vous avez pris... peut-être, cette mesure-là aurait pu

servir ailleurs, je vous dirais qu'elle ne sert pas aux mêmes personnes,

et il faut rendre accessible à nos personnes aînées qui n'ont pas un revenu extraordinaire la volonté

de se mêler dans la société puis de participer. Puis des fois ça fait en sorte

que... et ça me permet de faire le

«punch line» pour ça, mais ça permet aussi à des gens de réaliser que des

popotes roulantes, ça existe, qu'il y a des services plus, qu'il y a des ménages qui se font à partir des

services de la santé et du CLSC, et de découvrir qu'ils peuvent avoir plus de services. Donc, la volonté,

ce n'était pas de changer une enveloppe de place, c'était de mettre une

enveloppe en place pour aider les gens.

Le Président (M. Picard) :

Merci, Mme la ministre. Maintenant, nous retournons du côté gouvernemental. M.

le député de Vimont.

Rousselle : Merci, M. le Président. Premièrement, bien, je

voudrais féliciter... dire bonjour à Mme la ministre, puis la féliciter, d'ailleurs, pour son poste.

Étant voisin de sa circonscription, justement, je veux profiter de l'occasion

pour dire comme quoi que je suis bien

heureux qu'elle soit aux Aînés et aussi ministre de ville Laval. Parce que la

ministre, elle ne le dira pas, mais,

je veux dire, c'est une femme vraiment de coeur, puis je pense que ce poste-là

lui va vraiment tout à fait, puis je suis bien content qu'elle soit là.

Mme la ministre, ville Laval est nouvellement amie des aînés, et, pour les gens de la population,

ils ne savent pas vraiment ça fait quoi, ça, Villes amies des aînés,

surtout que ville Laval, c'est nouvellement... Ça va changer quoi au quotidien, ça va changer quoi pour les

gens qui habitent à Laval, le fait que ville Laval maintenant

est aussi ville reconnue amie des aînés?

Le Président (M. Picard) : Mme

la ministre.

Charbonneau : Merci,

M. le Président. Merci au député de Vimont pour ses bons mots. On partage un territoire

commun, c'est mon voisin de comté. Donc, j'ai toujours plaisir à travailler

avec le député de Vimont, que je vois plus souvent que mes autres

collèges de l'extérieur de Laval, puisqu'à Laval on est tissés serré, comme on

dit.

Pour une

ville comme Laval, on pourrait se questionner effectivement, parce qu'il y a déjà bien des aménagements qui sont faits, et nos organismes communautaires,

ceux qu'on partage ensemble mais ceux aussi qui sont partout sur l'île, posent déjà des gestes fort intéressants pour la

vie et la qualité de vie de nos aînés. Mais, je le disais un peu plus tôt, puis

ça me permet de pouvoir le redire, quand qu'une ville aménage son territoire

piétonnier, elle ne pense pas toujours au principe même des aménagements pour

nos aînés. Et, quand j'ai une mobilité réduite, que je sois en quadriporteur, parce que, vous savez, M. le député de Vimont...

je suis sûre que vous avez remarqué, en tout cas, moi, dans mon comté, j'en vois de plus en plus, mais je vois aussi des

gens en marchette, je vois aussi des gens avec une canne, je vois des gens

marcher un petit peu plus lentement, avec le

pas sûr mais moins vite. Ça fait en sorte que, quand je veux traverser la rue,

je dois avoir ce temps-là qui m'est alloué,

sinon j'arrive en plein milieu de la rue, le petit bonhomme arrête de

clignoter, la main apparaît, et les

voitures sont impatientes de me voir finir ma marche. Donc, l'aménagement pour...

les traverses piétonnières sont importantes.

Il y a aussi

tout le principe des activités, on le disait un petit peu plus tôt, il y a le

crédit d'impôt, mais MADA vient aussi

bonifier le principe dans les parcs mêmes. Chez nous, on partage les gens qui

jouent à la pétanque, et de pouvoir participer

puis avoir les aménagements pour ça, je crois que ça vient aussi dans le

principe MADA. Mais je vais vous en donner

une à laquelle on participe tous les deux années après année, on ne se croise

pas, parce qu'on partage le terrain mais pas sur cet aspect-là, c'est les

popotes roulantes, qui sont un service plus à nos aînés, et qui fait en sorte

que non seulement ils ont un repas chaud,

quelquefois qu'ils étirent en deux repas, parce que c'est des beaux repas pour

pas cher, mais aussi qui leur

assurent une visite au quotidien, trois fois semaines, quelquefois cinq fois

semaine, dépendamment des

organisations, mais qui fait en sorte que, la visite, on vient en même temps

avec un regard fort intéressant à regarder si tout va bien. Des fois, on a l'opportunité de mettre ça dans le

frigidaire, on regarde comment ça va. Et ce qui est encore plus particulier, c'est que... si nos popotes

roulantes fonctionnent, c'est qu'elles sont maintenues en place par des

personnes aînées. Il y a très peu de

jeunes personnes, puisqu'ils sont sur le marché du travail, qui font ça, mais

ce sont des personnes aînées qui

s'occupent des personnes aînées. Et, de ce fait, on voit là, dans le principe

même de MADA, des décisions qui se prennent par des aînés pour des aînés

et des infrastructures qui sont mises en place pour ça.

Donc, à Laval,

ce que ça veut dire, c'est qu'il y a des décisions qui se prennent concrètement

pour les aménagements. Et il y en a

une qui s'est prise au dernier budget, et on l'a saluée tous les six, parce que

j'ose dire que nous sommes six à

Laval, et on a salué le fait que, maintenant, à 65 ans et plus, je peux prendre

le transport en commun, ça ne me coûte rien, et je peux me déplacer dans

la gratuité, ce qui est fort intéressant.

Le Président (M. Picard) :

Merci. M. le député de Vimont.

Rousselle : Un petit

peu sur qu'est-ce que vous avez dit, Mme

la ministre, effectivement, je le sais que vous aussi,

vous êtes très active, on le sait, vous êtes beaucoup sur le terrain. Et, effectivement, vous parlez de popotes roulantes, vous le savez que j'ai toujours été même bénévole au service d'entraide

Vimont-Auteuil — ça

tombe drôle, je suis le député

de Vimont, c'est... — et,

bien souvent, les rencontres qu'ils ont avec les popotes roulantes, bien souvent,

c'est la seule rencontre qu'ils ont, des fois, de la semaine, et, je

peux vous dire, par expérience de bénévolat justement, c'est des rencontres qui sont très attendues. Puis malheureusement, des fois, on s'attend même... On entend même, des fois, dire, bien, qu'ils ont de la famille, et même

leurs familles ne vont même pas les visiter. Ça, je trouve ça vraiment

malheureux.

Vous savez

que je suis un ancien policier aussi, de Laval, et puis comme bien impliqué

dans des organismes aussi, mais mon

expérience, mon expérience passée me donne beaucoup d'information dans le sens... C'est que, quand tu te promènes sur le terrain, quand tu vas voir les

gens, bien souvent on parle de maltraitance, justement, les gens, bien souvent,

c'est tabou, on n'en parle pas. Tout

dépendant aussi, des fois... c'est, des fois, ethnique, aussi. Tout dépendant

dans quel secteur de Laval que tu

vas, des fois c'est plus tabou que d'autres. Et, bien souvent, on se rend compte que, des fois, c'est même des petits-enfants, des fois, qui vont faire

de la maltraitance. Des fois, c'est renversant de savoir ça, mais... Et la

maltraitance, vous le savez comme moi, ce

n'est pas nécessairement d'avoir des bleus sur le corps, hein, bien souvent

c'est psychologique et ça se fait petit peu par petit peu. Et les gens, bien

souvent, les gens âgés ne portent pas plainte parce qu'ils deviennent avec une habitude. Ils sont comme... C'est

malheureux, je vais vous dire, là, mais c'est rendu comme une habitude

de se faire crier après, c'est une habitude, et, pour eux autres, c'est comme

un quotidien : Bien oui, mon petit-fils

crie après moi, puis, bien oui, ma fille ou mon gars crie après moi. C'est même

rendu pour eux autres quasiment normal,

et qui n'est pas normal, mais on s'entend, mais pas du tout, là, je veux dire,

c'est même incroyable. Et c'est par des organisations de même qu'on peut

aider.

Mais moi, je

sais que, même comme policier, j'intervenais, puis on essayait justement de

faire comprendre aux gens,

dire : Écoutez, portez plainte. Mais ce n'est pas nécessairement évident

plus que les gens sont plus vieux. Quand qu'ils sont dans la jeune soixantaine, il n'y a aucun problème. Ils sont

comme... bien souvent, ils n'ont pas de problème. Mais plus que tu avances en âge, de un, plus que

tu as peur, parce que c'est fait comme ça, la vie, plus que tu avances

en âge, plus la crainte est là, plus que tu te sens comme plus démuni. Et

malheureusement c'est là.

Mais je pense

qu'aussi c'est la responsabilité de tous. Comme je vous disais tantôt, par expérience,

j'ai vu des voisins qui ont vu des

choses : Mais ce n'est pas de mes affaires, c'est ma voisine ou c'est mon

voisin, je ne me mêlerai pas de ça.

Et je trouve ça tellement malheureux, parce que ces gens-là devraient,

justement, de un, appeler la police, ou appeler des intervenants, ou intervenir carrément. Vous savez, c'est...

Et j'en ai entendu beaucoup de ça dans ma carrière, qui a toffé

30 ans, dans la police, de toutes sortes, là. Vous savez, c'est...

Rousselle : Oui, c'est long, 30 ans. Mais c'est pour vous

dire : Effectivement, des fois, je trouve ça tellement malheureux que les gens n'interviennent pas

eux-mêmes. Parce que les gens, ils disent toujours : Ah! c'est le problème

du gouvernement ou c'est le problème... Mais

on fait

partie d'une société, puis je pense que c'est la responsabilité de tous

ici, tous et toutes. Et je pense qu'à un moment donné il faudrait

intervenir là-dessus.

Par contre, je suis heureux d'être au Québec,

parce que je voyage beaucoup dans le monde, et puis aîné... ça dépend où tu es dans le monde. Et, la

maltraitance, des fois, tu le vois bien différemment ailleurs. Mais je suis

très heureux d'être au Québec, mais

ça ne donne pas raison non plus, des gens qui habitent au Québec, de faire

cette maltraitance-là.

Moi, je sais

qu'au ministère vous avez, Mme la ministre, un plan d'action sur la

maltraitance. Et puis j'aimerais bien que vous me parliez justement de

ce plan d'action là pour pouvoir intervenir là-dedans.

Le Président (M. Picard) :

Mme la ministre.

Charbonneau :

Merci, M. le Président. On est toujours surpris de l'expérience qui arrive

avant la vie politique. Et on a eu le

privilège de fréquenter un grand homme qui s'appelle Jean Charest, qui

disait : Il y a une vie après la

politique aussi. Et c'est intéressant d'entendre le député de Vimont parler de

son expérience avant et savoir qu'il faut faire attention parce qu'il y a un après aussi. Donc, il faut s'occuper

de nos familles et de ce qui se passe alentour de nous, et je prends

30 secondes pour le dire.

De ce fait,

qu'est-ce qu'on fait? Qu'est-ce qu'on fait au niveau de la maltraitance? Bien,

un peu plus tôt, avec la députée de

Duplessis, on a parlé du fameux petit dépliant qui dit : Ça existe. Parce

que, vous avez raison, M. le député, ça

existe, et, de ce fait, on a fait un dépliant avec un numéro, à l'arrière, qui

donne accès à une ligne téléphonique où la personne peut que ne poser la question : Si je vis ceci ou cela,

est-ce que c'est de l'abus? Et la réponse lui vient tout de suite et la

rassure, quelquefois l'inquiète parce qu'il faut qu'elle pose des gestes par

après, et le soutien est au bout de la ligne

pour venir lui donner les mesures à prendre pour aller chercher l'aide, puisque

ça peut être financier, ça peut être physique,

et ça peut se voir à toutes sortes d'aspects. Ce qui est inquiétant, et vous

l'avez bien souligné, c'est que souvent c'est quelqu'un de confiance. Vous avez souligné quelqu'un de la

famille, mais ça peut être aussi un intervenant

qui vient lui donner de l'aide au quotidien, qui réalise qu'elle est

seule et qui abuse de cette proximité-là. Et cette confiance-là devient quelque

chose d'un petit peu plus, je vous

dirais, inquiétant, et la proximité fait que je passe d'aidant à maltraitant,

et, de ce fait, mon aîné se retrouve dans une situation...

Mais, puisque

vous étiez dans un monde de la police, vous avez compris que le principe même

de dénoncer, c'est difficile, vous le

voyez, on le voit dans certains milieux où les enfants n'ont pas cette

facilité-là, mais quelquefois posent des questions. Dans les écoles,

d'ailleurs, on pose des gestes concrets pour aller chercher de l'information

chez nos jeunes pour savoir comment

ça se passe à la maison. Dans les familles, on met en place des mesures, mais

maintenant on met des mesures pour la

maltraitance chez nos aînés. Chez nous, ça veut dire qu'il y a 39 mesures

qui ont été mises en place, et elles

sont différentes. Il y en a qui sont plus structurantes, il y en a plus qui

sont majeures, parce que ça a demandé des investissements, ça a demandé une volonté aussi de partenariat avec

différents ministères, hein? Parce qu'on ne peut pas régler... Chez nous, la justice, ça se règle à la

Justice, on règle en santé par le ministère de la Santé. Mais le Secrétariat

des aînés a mis en place et a fait bien les choses pour avoir au moins

39 mesures bien concrètes pour venir aider nos gens. D'ailleurs, dans ces 39 mesures là, on a des

coordonnateurs spécialisés en matière

de maltraitance dans toutes les

régions du Québec. Il y en a

19, coordonnateurs, qui se voient à

peu près comme suit : c'est-à-dire 17 en région, un en communauté

culturelle et un spécialisé en communauté

ethnique, parce que vous faites bien de... autochtone, je m'excuse,

autochtone.

Vous

faites bien de signaler, nous sensibiliser au fait que le Québec

est accueillant, le Québec est un endroit où il fait bon vivre, et on

se fait choisir. Et, à chaque fois qu'on se fait choisir, on accueille des gens

qui deviennent Québécois et participent à notre communauté

mais, de par leur culture, des fois, doivent s'adapter à différentes choses,

et, de ce fait, on est là pour les aider à

mieux... et améliorer et à mieux comprendre de notre côté aussi comment on peut

faire pour bonifier les services qu'on donne aux gens qui nous arrivent.

La ligne téléphonique abus aînés, on en a

souligné un peu tantôt, mais on a eu plus de 16 000 appels depuis février dernier. C'est clair que la campagne de

sensibilisation vient faire son jeu là-dedans, vient dire aux gens que ça

existe. Le dépliant que je vous

montrais un peu plus tôt vient dire que ça existe. Il est discret, il est

sobre, mais les gens ont accès, ils peuvent tout de suite, à l'intérieur

comme à l'extérieur, voir le numéro de téléphone et avoir accès à une ligne téléphonique, mais aussi avoir des réponses par

rapport à leurs inquiétudes. Ça veut aussi dire que, dans les gestes qu'on

pose, on se doit, nous, au Secrétariat des

aînés, tous les jours se poser la question, puisque ça nous habite

toujours : Comment on peut faire

pour mieux aider nos aînés, les sécuriser mais poser des gestes qui, dans le

quotidien, par le biais de la sécurité publique,

par le biais des institutions, par le biais de... j'habite toute seule à la maison

et j'ai 85 ans, comment je fais pour mieux protéger les aînés et comment

le Secrétariat des aînés peut mieux aider?

Donc, la

ligne abus aînés, la campagne de sensibilisation, les coordonnateurs qui sont

mis en place... Et on a quelque chose

d'extraordinaire — puis je

ne veux pas mettre le député de Sherbrooke encore en lumière, mais je suis

obligée — avec

l'Université de Sherbrooke, on a une chaire

de recherche avec une dame extraordinaire qui s'appelle Marie Beaulieu — si je ne me trompe pas, c'est Mme Beaulieu — qui fait des recherches et qui nous

conseille à même les recherches qu'elle fait pour poser de meilleurs gestes et aller dans les petits gestes du

quotidien pour donner des meilleurs services, mais faire en sorte que

chaque ville et chaque milieu dit vient bonifier la vie de nos aînés.

Donc, vous

avez compris... Je pourrais énumérer les 39, mais je pense que vous avez

peut-être le goût d'en attaquer une

en particulier ou de poser d'autres questions, mais sachez que vous pourriez

avoir toute l'information sur le site. Et nous avons eu le privilège de rencontrer nos partenaires, à qui on a

offert ce joli napperon avec les 39 mesures. Et, ces 39 mesures là, on peut les voir, bien les

expliquer, mais aussi faire en sorte que nos partenaires non gouvernementaux

ont accès à l'information et peuvent

participer dans le quotidien à ces mesures qu'on met en place pour s'assurer

que leurs aînés, dans chacun des milieux, reçoivent les meilleurs

services par la communauté pour pouvoir être en sécurité.

655 655 Le

Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. M. le député de

Vimont.

Rousselle : Vous êtes sûre, Mme la ministre, que Mme Beaulieu

ne vient pas de Laval ou qu'elle est rendue à Sherbrooke, oui?

Écoutez, oui, effectivement, je vous écoutais...

Tantôt, je disais, justement : On sait que la population est vieillissante, puis moi, bien, je suis chanceux

encore, j'ai encore mes parents et, veux veux pas, je côtoie vraiment

des gens d'un certain âge à cause

d'eux. Et, juste pour vous dire, c'est qu'un cas qui m'est arrivé... Je

m'occupais d'une madame de

95 ans, puis, bien souvent — on

pousse vraiment, là, le niveau de la maltraitance, et tout — bien souvent, même des vendeurs,

quand qu'ils arrivent à vendre à des personnes âgées, qui là... Puis là,

remarquez bien, Mme Zieger... elle s'appelait Mme Zieger, je peux en parler, elle est

décédée, mais elle, malheureusement, en plus : Ah! ma petite madame...

Tu sais, on arrive puis on vient vendre

quelque chose, et en plus elle avait 95 ans, comprenez-vous? Eux autres,

c'était comme une proie facile pour

eux. Et malheureusement je trouve que, justement, des fois, certains vendeurs

profitent de la situation, qui est aberrant. Par chance, elle, elle m'appelait.

Le moindrement qu'il y avait quelque chose, elle m'appelait, puis j'étais le voisin, donc j'étais vite là. Et

puis j'étais comme son «bodyguard», là, un peu. Mais pour vous dire que c'était

incroyable.

Vous avez

parlé de la ligne aînés, abus des aînés, justement, j'ai même vu dans

l'article du Journal de Québec

puis Journal de Montréal , justement... vous parliez avoir reçu 16 000 appels,

c'est qu'est-ce que vous parliez tantôt. J'aimerais

ça... parce que vous semblez être préoccuppée par la popularité de cette ligne

téléphonique, j'aimerais ça vous entendre parler là-dessus.

Le Président (M. Picard) :

Mme la ministre, en 1 min 30 s.

Charbonneau :

Une minute, M. le député. Sachez que «ma petite madame», ça ne pogne plus, là.

Je vous le dis parce que, quand je me

fais dire «ma petite madame», je pense qu'on est toutes pareilles, les femmes,

on a toutes un petit frisson qui nous passe puis on se dit : Aïe!

«ma petite madame».

Mais vous

avez raison de vous inquiéter, parce que la priorité du ministère, comme

partout dans notre société, c'est le

respect de nos personnes aînées et pas l'accessibilité à la fragilité. C'est

plus le respect, les protéger, puis les protéger mais en concertation avec l'ensemble du milieu; un peu plus tôt, je vous

parlais de commerçants qui ont décidé de prendre en main l'environnement mais aussi le respect de nos aînés. Et, dans le

dépliant, puisque je n'ai pas beaucoup de temps, dans le dépliant, on essaie de bien sensibiliser la différence dans la

forme de la maltraitance. Parce qu'il y a maltraitance physique, psychologique, émotionnelle,

sexuelle — parce

qu'on est obligé de le dire — matérielle ou financière, la violence des droits à la personne et la négligence. Vous en

parliez un peu plus tôt, mais la négligence fait aussi

partie des grands

soucis qu'on a par rapport à notre clientèle aînée.

Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Je cède

maintenant la parole à Mme la députée de Duplessis pour une période de 18 minutes.

Richard : Merci, M. le Président. Tout d'abord, M. le

Président, je dois vous dire que je suis consciente... Et je crois

parfaitement la ministre quand elle dit qu'elle est sensible à tout ce qui

concerne la condition des aînés. Malheureusement,

M. le Président, aujourd'hui, on étudie l'étude des crédits et, à la page 134

des cahiers de crédits, là, on

observe que le transfert pour les coupures, là, qui vont s'effectuer dans la

lutte contre la maltraitance envers les aînés, là, puis la ministre l'a avoué, là, c'est 233 000 $. Il voit

son budget passer de 9 900 000 $ à 2 600 000, bon, en

2014. Puis la politique Vieillir chez soi, là aussi, on a une

diminution.

Donc, on est

tous sensibles à la cause des aînés, je l'ai dit d'entrée de jeu. La ligne pour

dénoncer l'intimidation, la maltraitance fonctionne. Tantôt, j'ai voulu

amener la ministre... Parce que c'est un sujet, moi, qui me préoccupe, au-delà du discours, ça prend des actions

concrètes, ça prend des sommes qui soient dévolues pour être capables de

contrer ça puis d'arriver à aider les

aînés. On a une ligne où les aînés peuvent dénoncer, c'est bien. C'est un

appel, c'est un peu comme Info-Santé,

puis après on les réfère. Mais, moi, si j'appelle Info-Santé, M. le Président,

puis que j'ai un mal de tête, on va

dire : Va chez ton médecin, fais-toi prescrire quelque chose, ou

bien : Viens me voir demain matin, passer un rayon X. Là, là, après qu'on a dénoncé, puis

qu'on a une personne vulnérable, comment, dans le système, on est référé?

Tantôt, la ministre, elle a dit : Bien,

vous savez, des fois, quand ça concerne la santé, c'est le ministre de la

Santé, ce n'est pas moi. Bien, je

suis encore bien plus inquiète, M. le Président, parce que le ministre de la

Santé, là, il a annoncé qu'il va couper

600 millions. Ça fait qu'on ne parlera pas du réseau de la santé, là, je

vais m'en tenir, moi, au Secrétariat des aînés et à la politique

Vieillir chez soi .

Donc, il va y avoir un forum, M. le Président. Je

l'ai dit, là, on n'est pas contre. Puis la ministre, d'entrée de jeu, elle a dit, puis je suis... Je la crois, là, je

suis sûre de ça, qu'elle va être là puis elle va être en mode écoute. On va

aller écouter ce que les gens vont

avoir à dire, parce que c'est un forum contre l'intimidation puis la

maltraitance. Après, on va vouloir

poser des actions. Les chiffres, là, ils ne montent pas, M. le Président, là.

Il manque des sommes importantes, puis

la ministre, elle l'a avoué, c'est 233 000 $. On met 200 000...

Puis je vous le dis, là, puis je le répète parce qu'il y a des gens qui nous écoutent : On n'est pas

contre le forum, mais là on va créer des attentes, on va aller écouter les gens

puis, en bout de piste, M. le Président, on n'a pas l'argent, l'argent n'est

pas au rendez-vous.

Puis moi, j'offre ma collaboration à la ministre,

parce que je pense qu'elle est sincère. Mais il y a quelqu'un aussi... elle n'est pas toute seule dans le

cabinet du gouvernement libéral, il y a le ministre

des Finances. Le ministre des Finances, M. le Président, moi, je l'ai trouvé... À matin, on parle des aînés, là, vous savez,

quand on parle des aînés, tout le

monde dit : C'est une cause qui est importante. L'intimidation, la

maltraitance... Puis je ne vous parle pas de ce qui se passe de sources, des fois, hein, privées, là, où

on en a eu, d'ailleurs... Sa collègue de Saint-Henri—Sainte-Anne le dénonçait ad nauseam, hein?

Bon. Puis on est tous contre ça. Mais moi, quand j'ai écouté le ministre des Finances, là, je n'ai pas entendu aucune

préoccupation de sa part envers les aînés. Je n'ai pas entendu ça dans le

discours puis pourtant je l'ai écouté

religieusement. Puis après, moi, c'est avec ça que je vis, là, c'est avec ces

chiffres-là, M. le Président. Ça fait que je veux bien, bien qu'on soit tous sensibles... Au-delà de la sensibilité,

ça prend de l'argent, malheureusement, puis il

faut qu'elle soit au rendez-vous. Elle ne l'est pas.

Moi, je

voudrais entendre de la part de la ministre... Parce

qu'elle l'a dit, là, elle l'a dit

très clairement : 233 000 $

de moins. Comment, M. le Président, la

ministre... ou on va faire un forum, on va injecter des sommes, on va aller

écouter les gens, puis là les appels augmentent. Comment va-t-elle faire

pour plaider... Dans un premier temps, une première question : Comment

va-t-elle faire pour plaider... Moi, je lui offre ma collaboration. Je pourrai

plaider à la période de questions pour vous

aider, Mme la ministre, pour faire en sorte que — quand on va arriver, on va arriver avec des

pistes de solution, moi, je le

souhaite, au forum — vous

puissiez arriver au Conseil des ministres puis dire à votre collègue ministre

des Finances, puis probablement à votre

premier ministre, puis à certains collègues... pour vous appuyer puis

dire : Écoutez, là, c'est parce qu'on a un 233 000 $ de moins,

puis en plus, là, les appels, ils augmentent, puis on a fait le forum, puis

voici, là, il va falloir arriver avec des solutions concrètes.

Deuxième

question, M. le Président, on nous a annoncé... Vous savez, le budget, on a

fait une coupe à l'horizontale, on

n'a pas eu d'étude d'impact puis on ne s'est pas préoccupés... Même le ministre

des Finances a dit, dans une entrevue... Parce qu'il y a un journaliste qui demandait : Est-ce que vous avez

vérifié quel impact ça allait avoir? Il a dit : Non. Coupez. Puis

on a coupé.

Parce qu'on a

différents programmes au secrétariat puis on en a qui sont bien avancés, qui

donnent des résultats, d'autres qui

sont en démarrage. Est-ce que tous ces programmes-là, M. le Président, vont

passer par la commission de révision

des programmes? Parce qu'on nous a annoncé qu'on allait créer une commission

qui va réviser tous les programmes

gouvernementaux. Est-ce que la ministre peut me dire si ces programmes vont

passer à la révision des programmes?

Si la réponse est : Elle ne sait pas, ou peut-être, ou peut-être que oui,

j'espère, Mme la ministre, que vous allez me rassurer. Puis, encore une

fois, je vous offre ma collaboration, puis vous savez que je peux monter aux barricades quand c'est le temps, puis je le ferai

avec plaisir, pour dire : Ne touchez surtout pas aux programmes qui

viennent en aide à nos aînés, les

personnes les plus vulnérables. Parce qu'au-delà du discours que nous avons

tous... Puis, encore une fois, je ne

mets pas en doute la parole de personne, puis je le sais que c'est une cause

qui nous tient à coeur, mais, au-delà du discours, là, il va falloir

qu'il y ait quelqu'un qui livre, parce que le problème, il s'accentue.

Donc, je vais laisser la ministre, M. le

Président, répondre aux premières questions puis je vais revenir avec d'autres,

deux questions.

Le Président (M. Picard) :

Mme la ministre.

Charbonneau :

Merci, M. le Président. Eh bien, M. le Président, dans la première question, il

y a : Est-ce que la ministre va plaider? Je vous dirais que non

seulement je vais plaider, mais je vais défendre. Et je dis souvent au monde... aux gens avec

qui je travaille — je dis

tout le temps «mon monde», là, mais je vais dire «aux gens avec qui je

travaille» — que

j'ai un bâton de pèlerin fort lourd mais fort important. On défend tout le

spectre de la société du Québec : la

famille, les enfants, les aînés. Mais je vous dirais que je vais le faire avec

un ton plus intéressant. Parce que j'ai

compris que la ministre... — la ministre! — la députée commençait sa plaidoirie, mais

elle le faisait sur un ton d'avocat déjà

fâché. Alors, je vais considérer que, si jamais j'ai besoin d'aller aux

barricades avec la députée de Duplessis... Elle a vraiment un ton de plaidoirie qui m'impressionne. Donc, j'aurai le

plaisir de l'amener avec moi et de faire le principe de plaidoirie.

Pour le

principe même de l'étude et des impacts, je vais me permettre ce

commentaire-ci, puis je vais essayer de le faire le moins souvent

possible : Entre un impact d'étude sur un budget responsable et un impact

d'étude sur de l'argent qui a été

promis, qui n'était pas au rendez-vous, je pense que ni un ni l'autre des

gouvernements se devait de se vanter du

geste d'un budget annoncé où l'argent n'était pas au rendez-vous. Donc, de ce

fait, je vous le dis juste tout simplement, je ne veux pas aller là, mais en même temps il faut faire attention aux

accusations qu'on porte puis à l'étude d'impact.

Si vous n'avez pas entendu mon ministre des

Finances parler... ou le ministre des Finances parler de ses priorités aînés, bien, bien précisément, je vous

en donne une couple : un nouveau crédit d'impôt remboursable pour les

activités des aînés, MADA et PIQM — MADA, Municipalité amie des aînés — il y a une augmentation et un

investissement. Le programme de prêts

pour les aînés afin de faciliter le paiement des impôts fonciers et demeurer propriétaires

à leurs domiciles est au rendez-vous. Investissement additionnel pour de

nouveaux logements sociaux, c'est au rendez-vous. Bonification du crédit

d'impôt à l'égard des travailleurs d'expérience, c'est au rendez-vous.

Accompagnement et accompagner les proches

aidants, encore une volonté gouvernementale libérale. Investir afin d'assurer

la pérennité des régimes de retraite

du secteur municipal, bien, ça ne passe pas par nous, mais c'est au

rendez-vous. Bonification de la capitalisation

de la Fiducie du Chantier de l'économie sociale, ça ne passe pas par chez nous,

mais c'est au rendez-vous.

Donc, quand

la députée, elle me dit... ou elle nous dit qu'elle n'a pas entendu le ministre

des Finances parler très spécifiquement

des aînés, je comprends, parce que, savez-vous quoi, M. le Président, c'est

inclusif, c'est un budget qui met des

gestes au quotidien mais inclusif. On n'a pas dit : Voici les mesures

spécifiquement pour les aînés, mais voici les mesures qu'on met dans cette société responsable qui veut faire en

sorte que nos aînés sont heureux et bien dans leurs milieux, et voici les mesures qu'on met en place,

et tout le monde y participe. Donc, quand on me dit qu'on n'entend pas

des mesures pour les aînés, ça m'inquiète un peu.

Dernière

question, puis j'y réponds tout de suite : Est-ce que les programmes vont

passer par la commission de révision de programmes? Eh bien, je suis

surprise un peu de la question. Puis je le disais à la députée de

Repentigny : Souvent, quand qu'on pose

la question, on a déjà la réponse, on veut juste l'entendre. La réponse, c'est

oui. Le premier ministre du Québec a

dit que tous les programmes vont passer par une révision, par une... On va

revoir comment on fait les choses, si

on peut les faire mieux, parce qu'il faut aussi entendre l'aspect positif.

Comment je peux faire mieux? Bien, je vais permettre à des gens de le

regarder sous un angle complètement extérieur de la politique. Puis peut-être

que la meilleure nouvelle qu'on va avoir, puis la députée de Duplessis en sera

très heureuse, peut-être que la meilleure nouvelle

qu'on va avoir, c'est qu'il faut faire plus, il faut faire mieux, puis voici

comment on va faire. Plutôt que de voir une révision de programmes qui va venir attrifier, voyons-le comme une

révision de programmes qui peut venir bonifier puis faire en sorte qu'on pose les bons gestes au bon moment, à la bonne

place, plutôt que de voir ça comme juste une attrition puis une coupure

à quelque part.

En dernier,

puis je pense que c'est important qu'elle l'entende, dans la volonté qu'on a

eue de prendre des sommes et de les

mettre au niveau des budgets, la députée utilise le mot «coupure», moi, je vais

utiliser un autre terme, parce qu'il faut

qu'elle le sache aussi, parce qu'elle va nous aider à la promotion, c'est que

les sommes qui ont été remises sur la table étaient des sommes non

utilisées. Ça fait que, même si on me dit que j'ai fait une coupure, s'ils

n'étaient pas utilisés, c'était responsable pour le gouvernement de dire :

Comment je peux faire pour venir faire en sorte que j'équilibre les choses? Bien, prenons les sommes qui ne sont pas

utilisées en ce moment, puisque les projets qui ont été mis en place

seront reconduits avec les sommes qu'on a déjà, et mettons cette somme-là là,

puisque, dans deux ans, on sera au rendez-vous pour bonifier l'ensemble des

programmes que nous aurons revus et corrigés.

Le Président (M. Picard) :

Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Duplessis.

Richard : Merci, M. le Président. Bien, moi aussi, je remercie la

ministre pour ses réponses. Je veux juste aussi remettre quelque chose en contexte. Oui, dans le budget, il y

avait certains crédits, entre autres pour des activités de sport et de loisir. Je veux juste rappeler, M.

le Président, à la ministre que l'AREQ a dit : Les aînés, là, ça ne se

résume pas juste à jouer aux quilles,

hein, à des crédits pour aller jouer aux quilles puis des activités sportives.

Soit, c'est bien, là, mais c'est un peu plus que ça.

Et, par la

bande, on est allé s'attaquer au fractionnement des revenus. C'est

85 000 ménages, personnes de 60 ans et plus, sur lesquels

on s'est attaqué. Et, vous savez, monsieur... on a augmenté à 65 ans. Il y a

des personnes, pour des raisons x, y,

z, qui prennent leur retraite avant 65 ans. D'un côté, on veut favoriser,

et je l'ai écouté dans le discours de la

ministre un peu plus tôt, on veut favoriser un retour ou une meilleure

continuité des personnes aînées sur le marché du travail, mais, d'un autre côté, les personnes qui pouvaient, hein,

imputer une

partie de leurs revenus à la conjointe, au conjoint qui n'avait pas de revenu pouvait sauver

un certain crédit d'impôt. Puis, on le sait, quand on est à la retraite, chaque

dollar compte, puis, des fois, un petit

1 000 $ ou un 600 $, c'est important. Mais on s'est attaqué à

ces personnes-là pour des raisons que

je ne connais pas. On a parlé d'équité, mais je ne suis pas sûre que c'est une

équité, moi. Moi, je ne le vois pas

comme ça. Je ne vois pas que c'est une équité, une personne qu'on va favoriser

à retourner sur le marché du travail.

Peut-être qu'à 65 ans moi et la ministre, on sera encore en forme, on sera peut-être

dans une autre vie, on sera encore assez en forme pour être sur le marché du travail, mais peut-être que, pour une raison x, moi, à 63 ans,

je ne pourrai pas être sur le marché du travail. Et pourquoi je serais pénalisée, M. le Président? Je me

l'explique très, très mal, et surtout en invoquant une raison

d'équité.

Donc, moi, je

voudrais savoir de la part de la ministre pourquoi on a pénalisé les aînés à la retraite et

favorisé les aînés à l'emploi.

Le Président (M. Picard) :

Merci. Mme la ministre.

Charbonneau : M. le

Président, je trouve

ça triste qu'on dise le mot «équité» avec dédain et sur le bout des lèvres. Pourquoi je trouve

ça triste? Parce que je reste dans une société qui se veut équitable

et juste. Et, quand je le dis, je le

dis à une personne qui a fait un travail exceptionnel pour sa communauté et qui

a vu, autant du côté de l'opposition

que du côté au pouvoir, des gestes

posés et des volontés pour ramener cette équité-là, pas parce qu'on reste dans une communauté inéquitable, mais parce que quelquefois

on prend des décisions qui viennent imposer une iniquité avec le temps. Et, de ce fait, je ne peux pas croire

qu'une personne qui fait de la politique provinciale dit le mot «équité» avec

dédain et sur le bout des lèvres. Je trouve ça triste un peu.

Ceci dit,

c'est exactement pour ça qu'on a mis la mesure en place : parce qu'il y

avait, au sein de la communauté, une

iniquité auprès de nos personnes, auprès de nos travailleurs, qui se mettait en

application quelquefois très tôt, quelquefois un peu plus tard. Mais, à partir de l'impôt de cette année, c'est-à-dire

2014-2015, quand tout le monde va faire son rapport d'impôt au mois d'avril, il y aura du moins une

équité auprès des travailleurs et des retraités pour avoir accès au principe

de fractionnement. Que ça plaise ou pas à la

députée de Duplessis, c'est l'excuse, et c'est la raison, et c'est la volonté

qu'on avait pour pouvoir mettre en

place les meilleures choses et les meilleures décisions. C'est quoi? Qu'est-ce

qui arrive en ce moment? Je vous

dirais que les baby-booms, là, ils ont entre 49 et 67 ans. Bientôt, plus

les années vont avancer, moins ça va

toucher des gens qui prennent leur retraite avant 65 ans, puisqu'ils auront

droit, à 65 ans, d'appliquer les choses correctement par rapport à

cette volonté de fractionnement de revenus.

Maintenant, qu'on trouve la raison équité une

mauvaise raison, c'est une valeur qui appartient à la députée de Duplessis. Mais je vous dis qu'au gouvernement

libéral du Québec l'équité entre les générations... puis il y a plusieurs

décisions qui sont prises à l'extérieur du

ministère que je représente, qui sont prises par d'autres ministères, mais

l'équité entre les générations, c'est

une équité qu'on veut mettre en place et qu'on veut maintenir pour avoir une

meilleure société, parce que notre société, elle est vieillissante, puis

il faut s'assurer qu'on est capables de maintenir les services pour chacune des

personnes qui habite au Québec.

Le Président (M. Picard) :

Merci, Mme la ministre. Mme la députée.

Richard : Merci, M. le Président. Écoutez, moi, l'équité, j'y

crois, j'y crois aussi en termes de régime de retraite pour les aînés, je crois à l'équité envers les régions. Moi,

l'équité, c'est important. Mais pourquoi, M. le Président, la ministre considère-t-elle que la situation

antérieure était inéquitable, alors que les gens qui constituent leur

épargne-retraite avec des REER

peuvent cotiser au REER de leurs conjoints, ce qui revient au même que de

fractionner à la sortie des sommes?

Le Président (M. Picard) :

Merci. Mme la ministre.

Charbonneau :

M. le Président, juste pour m'assurer que tout le monde comprenne bien la même

chose, là, le principe même du

fractionnement, ça ne touche que les rentes du Québec. Ça ne touche pas les

REER, ça ne touche pas les autres

investissements. Ça touche les RPA, qu'on appelle, dans le principe même de la

gestion, là, ça touche les gens qui

reçoivent le RPA. C'est une petite fraction de notre communauté, ce n'est pas

l'ensemble de la communauté. Et ça ne touche pas une version exponentielle,

là. Puis plus les années vont avancer, moins ça va toucher de gens.

Donc, M. le

Président, on respire, on se calme puis on y voit là des mesures d'un budget

responsable, d'une volonté d'une communauté, et d'un gouvernement, qui

veut une société équitable pour l'ensemble de ses générations.

Le Président (M. Picard) :

Merci, Mme la ministre. Il reste une minute.

Richard : Bien, je vais terminer en disant ceci, M. le

Président : C'est quand même 10 000 membres de l'AREQ, donc je pense que mes questions étaient

justes et à propos. Et je peux vous dire que ça inquiète beaucoup de

gens qui ont pris leur retraite et qui trouvent que c'est inéquitable.

Sur ce, je reviendrai pour d'autres questions au

prochain bloc. Merci, M. le Président.

Le Président (M. Picard) :

Merci. Maintenant, je cède la parole à M. le député de Beauce-Sud.

M. Dutil :

Merci, M. le Président. Je voudrais faire une couple de mises au point avant

d'aller directement à la question à la ministre.

D'abord, je

voudrais rassurer le député de

Sherbrooke qu'en 2057 je ne ferai pas

partie des 19 000 centenaires. Alors, il n'a

pas à s'inquiéter pour moi.

Le deuxième

point que je veux soulever, c'est la question de la révision des programmes. La

ministre l'a expliqué relativement

bien, mais je pense qu'il faut insister sur cette question-là. La révision des

programmes, il faut la faire au gouvernement

de temps en temps, comme on la fait dans n'importe quelle entreprise, pour la

raison suivante qu'on oublie parfois : si on ne la fait pas, l'État

devient comme un oignon, on rajoute des couches, on n'en enlève jamais. La

société évolue, on le sait, on s'en

va vers une société plus vieillissante, donc c'est normal qu'on revise les

programmes, non pas pour, à mon sens,

couper davantage sur les aînés, probablement qu'à la fin de l'exercice on va se

retrouver dans une situation meilleure

pour les aînés, parce qu'on s'en va vers cette société-là, mais il y a d'autres

programmes qui avaient lieu d'être dans

le passé, qui n'ont plus lieu d'être aujourd'hui, qui, eux, vont être coupés,

pas nécessairement dans ce ministère-là mais dans d'autres ministères.

réflexe-là, là, n'est pas propre... On a l'impression que c'est propre au

gouvernement, ce réflexe de toujours en

rajouter, ne jamais en enlever. Et moi, je vous dirais que, de mon expérience,

ce n'est pas propre au gouvernement, c'est un réflexe de toute

organisation. On n'aime pas ça, en enlever, c'est difficile, c'est un exercice

pénible, c'est un exercice qui déplaît à

certaines personnes, et puis on n'aime mieux pas le faire. Et c'est à tort. À

tort, on... C'est ça, on a les...

Ici, on reçoit les contributions de l'ensemble des contribuables du Québec, et

c'est important de faire cet exercice-là, de le faire à fond. C'est pour ça que moi, je suis très heureux de cette

décision-là. On critique ce comité-là à tort, à mon sens. C'est un exercice qui n'a pas été fait

depuis longtemps. C'est un exercice qui doit être fait de façon exhaustive. Et

cet exercice-là ne veut pas

dire — puis ça,

la ministre l'a bien expliqué — qu'il y aura des coupures là où c'est

nécessaire de maintenir les programmes

et ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'expansion là où c'est nécessaire

d'avoir de l'expansion dans certains programmes, ça veut dire qu'il

faudra couper certaines choses.

Juste

un petit exemple pour illustrer mon propos et pour terminer. Dans les

années 40 ou 50, en France, on s'est aperçu que, dans l'armée française, il y avait encore la cavalerie. Et

il y a quelqu'un qui s'est réveillé un bon matin, puis il s'est demandé : Qu'est-ce qu'on fait avec la

cavalerie en 1950 dans l'armée française? Et devinez quoi? Ils ont aboli la

cavalerie, hein, alors, parce que c'était

devenu inutile. Mais personne ne s'était posé la question : Est-ce que

c'est encore utile d'avoir une cavalerie dans une armée? Alors, c'est un

peu le même principe, je pense, qu'il faut faire.

ministre a également parlé pas mal de la question budgétaire, des coupures. La

députée de Duplessis est intervenue à

de multiples reprises là-dessus. J'aimerais qu'elle élabore davantage, parce

que je n'ai pas trouvé que le débat était

extrêmement clair entre les deux là-dessus. On a pris des engagements. Les

aînés demeurent une priorité. Il y a des crédits qui ont été votés. Est-ce qu'elle peut nous parler davantage de

ce qui touche les aînés plus spécifiquement dans le dernier budget?

Le Président (M.

Picard) : Mme la ministre.

Charbonneau : Merci. Oui, je pense qu'on peut en parler plus

spécifiquement. Parce que vous avez raison de nous rappeler que ce sont de bonnes nouvelles, ce n'est pas que de

mauvaises nouvelles, et malgré une étude de crédits remplie d'émotions. Parce que je pense que, quand

qu'on défend les aînés, puis là-dessus je rejoins mes collègues, on est fervent, hein, on a le goût de bien défendre

notre monde et de bien les représenter. Et vous faites tout aussi bien de

nous rappeler que — vous,

originaire de la Beauce, un endroit où l'entrepreneuriat est très, très

actif — de

revoir nos façons de faire, ça ne devrait

pas nous inquiéter, ça devrait même nous rassurer, ça veut dire qu'on prend le

temps de le faire puis de se poser

des questions. Et vous êtes une personne fort bien placée pour nous le rappeler

qu'il y a quelque chose de positif là-dedans. Parce que, si nous étions

une entreprise privée puis qu'on ne se posait pas de questions, peut-être qu'on ne serait plus sur le marché.

Mais, puisqu'on n'est pas une entreprise privée, mais publique, puis qu'on

doit s'occuper de l'ensemble de la

population du Québec, il faut qu'on se remette en question, nous, avant même de

remettre en question les gens qui donnent les services ou qui offrent

certains regroupements communautaires, et autres.

Donc,

quelles sont ces mesures, de façon plus spécifique, au niveau du gouvernement

du Québec et dans le budget responsable?

Elles sont diverses, je le disais tantôt, et il y en a qui découlent

directement du ministère que nous représentons, mais il y en a aussi qui découlent de d'autres ministères. Puis je vais

les reparcourir un petit peu plus lentement, en vous donnant peut-être un petit peu plus de détails sur

chacune d'elles pour que vous puissiez bien entendre ces gestes fort concrets.

Donc,

le nouveau crédit d'impôt remboursable

pour des activités aînés. La députée

de Duplessis nous disait :

Vous savez, ce n'est pas juste des

joueurs de quilles. Bien, vous avez raison, et le crédit d'impôt ne s'applique pas que sur une joute de quilles, il s'ajoute et

il s'applique sur plein d'activités culturelles et sportives pour faire bouger

nos aînés. Ça touche... On montre, ici,

gentiment une petite feuille où on... je peux vous donner plus de détails, ça

touche l'aquaforme, ça touche la

chorale et le chant, parce qu'il ne faut pas oublier que ça, c'est une activité,

ça touche le curling, la natation, la danse

et j'irais même au taï-chi, puisque c'est écrit mais aussi parce que

c'est une activité physique accessible et simple pour une clientèle aînée. Et, parallèle à ça, il y a

l'aspect culturel. Ça veut aussi dire que, si je fais de la peinture puis je

suis dans un groupe, je peux être reconnue pour mon crédit d'impôt, mais aussi

pour les échecs.

Donc,

quand on dit une vie active, ce n'est pas juste une

partie de quilles qui me

rend active, mais qui me sort de

l'isolement, qui me fait poser des gestes, c'est aussi jouer aux échecs, faire

de la peinture et participer à une communauté

qui m'aide à rester actif. Ça veut dire quoi? Bien, ça veut dire qu'il y a

5 millions par année qui est engagé, ça touche à peu près

300 000 aînés, hein? Tantôt, on disait qu'il y a un geste qu'on pose

qui touche 10 000 aînés par le biais de l'AREQ. Bien, moi, je vous rappelle qu'il y a quand même un geste qu'on

pose qui touche positivement 300 000 aînés, et ce geste-là, il

est important.

Je ne reviendrai pas

longuement sur le principe MADA, Municipalité amie des aînés, ou le PIQM-MADA, puisqu'on en a parlé longuement, mais il y a quand

même une bonification qu'on parle, et en millions. On n'en parle pas juste en cents puis en piastres, comme disait ma

mère, mais on en parle en millions. Et, de ce fait, c'est important de bien

comprendre que chaque million... chaque ville qui aura accès à ces sommes

pourra mettre en place un programme supplémentaire ou même une façon de faire

qui va venir aider nos aînés.

Le programme

de prêts pour les aînés afin de faciliter le paiement des impôts fonciers et

demeurer propriétaires de leurs domiciles, on est en train de le

finaliser, de l'attacher. On va chercher du partenariat avec les institutions bancaires. Mais il y a là

une volonté pour nous, et c'est le mandat qu'on s'est donné au niveau du

ministère, pour qu'à la fin de l'année 2014 on puisse faire des

propositions, et qui seront discutées. Et je suis sûre que la députée de

Duplessis sera au rendez-vous, comme la

députée de Repentigny, pour pouvoir discuter, puis bonifier, puis mettre en

place le meilleur programme possible pour nos aînés et faciliter le

paiement des impôts par rapport à ça.

L'investissement

additionnel pour de nouveaux logements sociaux, bien, M. le Président, ça ne

passe pas par le ministère des Aînés,

mais vous avez compris que, 3 000 nouveaux logements au Québec, et

par le biais d'AccèsLogis Québec, bien,

il y a quelque chose là d'intéressant. AccèsLogis Québec, c'est 250 000...

250 millions qui a été mis en place — oui, là, vous avez recompris que je suis soit optimiste ou pessimiste. Là, je

suis un peu pessimiste, je vais devenir optimiste — 250 millions

pour AccèsLogis pour faire en sorte qu'on peut maintenir nos personnes chez

elles, mais toujours avec des aménagements.

Puis j'ai toujours le même principe, c'est-à-dire la chambre de bains... On oublie,

hein, que, dans le quotidien, une des

pièces les plus importantes, il y a la chambre de bains et la cuisine.

Pourquoi? Bien, c'est l'endroit où ma

mobilité est importante, mais je dois être capable de m'appuyer, je dois être

capable de poser des gestes, qui fait

en sorte que je m'alimente et je m'occupe de moi comme personne d'une façon

très logique et correcte, donc le principe

même des aménagements. Il y a donc un total de 14 059 logements

sociaux supplémentaires qui seront réalisés au cours des prochaines

années, et, de ce fait, bien, des gens qui y auront accès.

La bonification du

crédit d'impôt à l'égard des travailleurs d'expérience. Vous avez compris que,

là, il y a quelque chose d'intéressant, M.

le Président — j'ose

vous taquiner encore, parce qu'à chaque fois que je parle de travailleur

d'expérience puis que je lève mes yeux je

vois un président qui a de l'expérience. Je vous dirais qu'à compter du

1er janvier 2015 il y aura une hausse de 1 million de dollars...

de 1 000 $ du montant maximum admissible au crédit d'impôt pour le travailleur d'expérience qui

atteint 4 000 $, et le travailleur d'expérience pourra donc

bénéficier d'un crédit d'impôt

maximal de 602 $. Excitez-vous pas, M. le Président, je le sais que ce

n'est pas un montant qui vous... mais c'est quand même un rehaussement,

et il y a quelque chose de très bénéfique à l'intérieur de ça.

Accompagner les

proches aidants. Vous avez compris aussi que, là, je partage la responsabilité

avec, oui, le ministère de la Santé et la

ministre déléguée aux Services sociaux, mais ce sont des gens fort importants

qui participent dans le quotidien,

dans la vie, soit... Quand qu'on dit «proche aidant», là, c'est soit un

conjoint, soit un parent, soit un enfant,

parce qu'on oublie... on a souvent l'image d'un proche aidant que c'est

quelqu'un qui aide une personne aînée, mais ça peut être une personne

aînée qui aide un jeune handicapé, ça peut être inversé comme rôle. Mais ce

qu'il est important de comprendre, c'est que

c'est une personne aidante qui vient

poser des gestes au quotidien. Et notre génération voit souvent, maintenant... devenir parent

de nos parents, puisque le principe même du vieillissement de la population fait en sorte que, comme femme de 50 ans, je peux m'occuper de ma

mère aux fins de semaine et en fin de journée, puis mon employeur doit

me donner cette disponibilité-là pour le faire.

Intervenir afin

d'assurer la pérennité des régimes de retraite dans le secteur municipal. Vous

avez compris, M. le Président, que ça ne

passe pas par mon ministère. Et par contre le ministère qui l'a pris en

place... qui l'a mis en place et qui le travaille en ce moment... Et

c'est un projet de loi qui va être étudié, qui va être travaillé. Et je suis

sûre qu'il y aura des gens qui vont venir

nous interpeller, c'est déjà commencé, et on n'a pas fait l'article par

article. Mais les gens qui vont nous

interpeller vont nous sensibiliser et vont nous aider à améliorer. Parce que le

ministre qui le met en place a

dit : C'est un projet. Un projet, M. le Président, vous le savez, parce

que vous y participez, à cette démocratie, c'est un projet, donc on peut

le bonifier, on veut l'améliorer, et on peut faire en sorte que ça devienne un

meilleur projet de loi.

bonification de la capitalisation de la Fiducie du Chantier de l'économie

sociale. Alors, c'est la contribution additionnelle

de 500 000 $ qui sera investie pour 2014-2015 et pour chacune des

quatre années suivantes. Parce que, vous savez quoi, le 7 avril, le choix qui a été fait, ça a été d'une

stabilité de quatre ans. Et ça nous permet, comme gouvernement, autant dans l'opposition... quelle que soit

l'opposition

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCRC 2014-06-27
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions crc-41-1 journal-debats CRC-140627
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierb4d933dfb3e6867b72aaae273f331677fa54361a

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