CAT — 6 May 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2025-05-06
Quebec — Committees
(Quinze
heures vingt-neuf minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bonjour à tous. Ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte.
Alors, la commission
est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du volet Affaires municipales
des crédits budgétaires du portefeuille Affaires municipales et Habitation pour
l'exercice financier 2025-2026. Une enveloppe de 1 h 45 min est
prévue à l'étude des crédits.
Est-ce qu'il y a des
remplaçants, M. le secrétaire?
Secrétaire : Aucun remplacement, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Aucun?
Alors, comme d'habitude, nous procédons à des discussions d'ordre
général par blocs.
Alors, nous allons
débuter avec la députée de Mont-Royal—Outremont. Vous avez la parole pour un temps de
20 min 50 s.
Mme Setlakwe :
Merci, M. le Président. Bien,
avant de commencer, je vous salue, vous tous. Bonjour, Mme la ministre, salutations à vos équipes, collègues du
gouvernement, du deuxième groupe d'opposition. Merci, M. le Président. Donc,
sans plus tarder, commençons nos échanges sur les Affaires municipales.
a eu, dans la dernière année, l'occasion, Mme la ministre, vous et moi, de...
on a siégé sur le n° 57, sur le n° 79, sur des projets d'intérêt public, privé. Il y a un enjeu qui... il y a
un enjeu qui est inquiétant, c'est la question de l'état des infrastructures, et des investissements qui sont
faits par les municipalités, et... ah! je dirais, le sous-financement de la part
du gouvernement, donc. Et cet enjeu des infrastructures touche aussi à la crise
du logement, parce qu'on voit dans plusieurs
villes qu'ils doivent freiner leur développement résidentiel. Donc, comment
est-ce que vous expliquez qu'il y a des
villes comme Trois-Rivières, Longueuil ou Chelsea, puis il y en a plusieurs
autres... doivent freiner leur développement résidentiel, faute
d'aqueduc ou d'égouts adéquats?
Mme Laforest :
Bon, alors, je remercie ma
collègue pour cette question, évidemment, pour les infrastructures. C'est une priorité, évidemment, pour notre
gouvernement. Vous comprendrez que, depuis qu'on est en poste, les chiffres démontrent
que le total des infrastructures en eau... on parle de 9... plus de
9,5 milliards, donc c'est vraiment énorme. On a les programmes comme le PRIMEAU, le TECQ. On a annoncé
dernièrement, peut-être que... la semaine passée, ça a passé quand même dans les médias, le
programme PUIT. Ensuite, le programme pour la gestion des eaux de pluie, on travaille énormément avec le fédéral. Il faut
comprendre aussi que le fédéral, on a négocié, avant les dernières élections, l'entente pour les infrastructures pour la
construction de logements. Ensuite, on a annoncé le FIER, c'est la première
fois, c'est des montants quand même considérables, 250 millions
pour aider les projets en habitation. Donc, quand vous dites : On est inquiets au niveau de la construction de logements,
bien, on met même des programmes d'infrastructures en eau qui concernent la construction de logements
pour accélérer la construction de logements. Donc, c'est quand même
250 millions.
C'est
certain que je ne peux pas cacher qu'avec le PRIMEAU et la TECQ... On est à
2,4 milliards, le PRIMEAU, la TECQ, 3,3 milliards. Je dois
quand même avouer qu'il y a eu peut-être moins de montants, la dernière TECQ,
du gouvernement fédéral, mais nous, on a augmenté de 900 millions. Donc,
c'est sûr que, pour nous, le gouvernement québécois, on a augmenté notre part à
la TECQ, et, avec tous les programmes, bien, je pense qu'on est très présent. Maintenant, maintenant, il faut voir que
toutes les municipalités peuvent déposer des projets. On y va selon les dépôts
de projets qui sont arrivés aux Affaires municipales, qu'on reçoit.
Setlakwe : Merci. Oui, je reconnais qu'il y a des programmes,
certainement, mais, quand vous voyez qu'il y a des villes qui doivent... Puis
il y en a quand même toute une liste, là, je viens de nommer Trois-Rivières, Longueuil, Chelsea, il y en a plusieurs
autres : Lévis, Sherbrooke, et j'en passe... (panne de son) ...là, dans
les médias, vous ne voyez pas là, donc, la démonstration d'un
sous-financement, un sous-investissement chronique dans les infrastructures
municipales essentielles?
Laforest : Bien, je vois vraiment... Puis ça fait bien, je
peux le dire, vous n'étiez pas là, là, mais c'est sûr qu'il y a eu un sous-financement avec l'ancien
gouvernement, parce que, veux veux pas, c'était vraiment plus intéressant
d'annoncer une
bibliothèque, une caserne de pompiers, l'aréna, un centre communautaire, un
centre culturel, ça, c'est sûr. Puis les projets, les annonces étaient
vraiment vers ces projets-là.
Maintenant,
considérant les changements climatiques, considérant les inondations, on a
augmenté nos programmes. Il y a même
des programmes pour les inondations au Québec, un demi-milliard, tu sais, ce
n'est pas rien. On est arrivés en poste, il y avait eu des inondations. Donc,
nos montants sont énormes. Puis, pour les grandes villes, juste pour Montréal,
si on regarde, pour Montréal, c'est quand même 429 millions, Québec,
132 millions, puis les montants sont disponibles.
Mais, comme je le dis
aux municipalités : Déposez. Et vous voyez la belle équipe qui est ici,
aux Affaires municipales. Donc, on accélère les projets, mais on change...
comment je pourrais dire, on essaie d'avoir des projets vraiment diversifiés. Parce qu'on a même le projet comme la
gestion des eaux de pluie, on a le projet... le Programme pour les unités individuelles, soit disant les
fosses septiques, avec les résidents. Donc, on essaie vraiment d'aider toute
la population.
En même temps, il
faut respecter la nappe phréatique. Ça, c'est important, parce qu'il y a eu des
projets qui ont été... des développements
domiciliaires qui ont été annoncés, construits quand on est arrivés en poste,
mais il n'y avait pas la capacité en
eau. Donc, c'est important que, quand il y a un projet, on le travaille avec le
ministère de l'Environnement pour avoir la capacité en eau, évidemment,
les permis. Mais on va quand même très, très rapidement.
Mme Setlakwe :
Merci. Il y a quand même... On
remarque tout de même que, dans le PQI... Je comprends, là, qu'il y a
des programmes, que vous dites aux villes : Déposez des projets, mais j'y
reviendrai parce que, clairement, il y a des
projets qui sont déposés, là, qui sont refusés. Puis, si les villes sont de
plus en plus nombreuses à imposer des moratoires,
à freiner le développement, bien, il doit y avoir une... il doit y avoir un
problème avec certains programmes.
Mais revenons à la
question. Parce qu'il y a le déficit de maintien des actifs actuels, il y a le
fait que ça prend... il faut élargir le
réseau, plus de canalisations pour servir... desservir les nouvelles
constructions. Puis après ça il y a
toute la question d'avoir des infrastructures résilientes pour les changements
climatiques. Mais, juste sur le déficit de maintien, là, selon le CERIU,
là, le Centre d'expertise et de recherche en infrastructures urbaines, la
valeur de remplacement des infrastructures d'eau, là, celles qui sont à risque
de défaillance élevée ou très élevée, est estimée à 18,2 milliards, au
Québec. Or, la part du PQI qui leur est destinée a diminué, elle est passée de
7,3 %, en 2018, à 4,7 % en 2024.
C'est 7 milliards, là, sur 164 milliards. Moi, j'y vois une baisse,
un désengagement, là, qui préoccupe les municipalités. L'UMQ, la FQM
sont sorties pour déplorer cette baisse d'investissements. Comment est-ce que
vous justifiez ce recul?
Laforest : Bien, en fait, c'est bien, parce qu'on peut discuter ici.
Si on parle de recul, l'UMQ, avec la FQM, on
a démontré, avec tous les programmes au niveau des infrastructures... Exemple,
il y a le programme, avec mon collègue à l'Environnement, pour l'adaptation à
la transition au climat... aux changements climatiques. On a énormément de
programmes, puis ça concerne les infrastructures. Donc, même au niveau des
infrastructures, l'UMQ, la FQM demandaient 2 milliards d'investissements
par année. On est vraiment au-delà de ça, nos programmes au niveau des
infrastructures municipales sont vraiment plus généreux. Donc, ça, je crois que
les deux unions ont bien compris.
Maintenant, ce qui
est différent, c'est que... puis ça a été ma première question, puis je pense
que mon équipe pourrait le mentionner, quand
je suis arrivée en poste, j'ai demandé s'il y avait l'inventaire, est-ce qu'il
y avait un inventaire des
infrastructures municipales, au Québec, en eau. Et il n'y en avait jamais eu.
Donc, moi, ce que j'ai dit, c'est que ça prend une planification. Il faut savoir où ça va bien, où ça va moins
bien puis l'état de nos infrastructures en eau. Donc, ça, ça n'avait
jamais été fait, c'est important de le mentionner.
Donc,
on a mis en place le programme de gestion des actifs en eau. Chaque
municipalité va devoir — et
il y en a plusieurs, quand même, qui ont déjà adhéré — va
devoir connaître son inventaire d'infrastructures en eau d'ici 2026. Donc, quand une municipalité veut investir, elle
va connaître où sont les endroits problématiques et combien ça coûte. Ça s'est... ça ne s'était jamais fait. Puis aussi,
avec la politique nationale d'aménagement du territoire, ça faisait quand même
22 ans qu'on voulait l'appliquer, qu'on ne l'avait jamais appliquée, on a
avancé, avec la politique nationale d'aménagement du territoire, les OGAT. Ça,
c'est vraiment la priorité, la planification. Donc, les municipalités et les MRC doivent bien planifier, mais les programmes
sont là, les programmes sont très généreux. Puis, à ce moment-là, ça s'est
très, très bien passé avec... avec les unions pour ce dossier là.
Setlakwe : O.K. Donc, meilleure planification, là, les villes vont
s'occuper de ça de leur côté, les programmes
sont là. Mais comment vous expliquez, quand même, qu'il y ait une part moins
importante dans le PQI qui est attribuée au déficit de maintien des
infrastructures? Là, vous ne voyez pas qu'on va potentiellement causer une
dégradation additionnelle des infrastructures?
Laforest : Bien, je le dis sans prétention, mais on attend vraiment de
savoir qui va travailler le dossier des infrastructures au niveau du fédéral.
Parce que, comme je le dis, nos montants, nos investissements sont vraiment plus généreux ici, avec le gouvernement. Donc, on
a eu des belles rencontres avec le ministre Nathaniel Smith, mais on
attend. Parce que tout était bien négocié, on s'est rencontrés à Montréal
également pour ce dossier-là. Donc, je crois que notre proposition
l'intéressait, intéressait le gouvernement fédéral, mais on attendait de voir
qui allait être au gouvernement pour les prochaines élections. Donc, même les
unions, la FQM, l'UMQ, demandent au gouvernement fédéral d'investir leur juste
part au niveau des infrastructures en eau. Mais j'ai confiance, j'ai vraiment
confiance.
Mme Setlakwe : On
comprend qu'il faut collaborer avec les autres... les autres paliers de
gouvernement. Donc, à Trois-Rivières, par exemple, pour leur usine d'épuration,
dont ils ont besoin, à un coût d'un demi-milliard, c'est ce que vous leur répondez? Parce que, là, ils ont stoppé le
développement, là. Une ville en croissance qui stoppe son développement, qui ont... ils ont mis sur
pause le développement résidentiel en pleine crise du logement, c'est ça,
c'est ça, la réponse? C'est : Attendez, il y a des fonds qui vont venir
des autres paliers?
Laforest : Non, bien non, bien non. C'est sûr qu'on est
tellement en collaboration. Puis, pour Trois-Rivières, je crois que c'est près de 40 millions qu'ils
ont dans les coffres pour pouvoir investir au niveau des infrastructures en
eau. Donc, on parle quand même d'un
montant considérable. Puis je ne veux pas me défendre, mais les montants n'ont
jamais été aussi généreux pour les infrastructures en eau. Donc, on
parle du PR