House Proceedings — 5 October 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-10-05
Quebec — Debates (Hansard)
Lors de la
soirée soulignant le 35e anniversaire du Club Saint-Luc, le 30 mai
dernier, je disais qu'il s'agissait de l'un
des plus formidables atouts existant à Verchères mais aussi de l'un de ses secrets les mieux
gardés. C'est que le club s'acquitte quotidiennement de son indispensable mission sans rechercher les honneurs et la
visibilité, ce qui rend son action d'autant plus admirable.
Je tiens donc
à prendre quelques instants pour remercier et féliciter chaleureusement les valeureux bénévoles du Club
Saint-Luc de Verchères pour ces 35 ans de dévouement exemplaire que nous
célébrons cette année. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Verchères. Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel.
Mme Thériault : Merci, M. le
Président. Comme vous le savez, les Québécois et les Acadiens partagent un patrimoine linguistique et culturel
indissociable. Pour moi, cet héritage commun est la source d'une fierté bien
particulière parce que, comme de nombreux Québécois et Québécoises, je
suis, moi aussi, de descendance acadienne.
août dernier, j'ai accepté avec honneur et enthousiasme l'invitation du village
de Saint-Léolin au Nouveau-Brunswick. Les habitants de ce village qui a vu naître et
grandir mon père et sa famille sont extrêmement fiers que l'une des leurs soit aujourd'hui vice-première
ministre du Québec.
Je suis donc allée à leur rencontre afin de renforcer davantage les
liens qui unissent déjà nos deux peuples et, aujourd'hui, je souhaite profiter du temps qui m'est alloué, dans le cadre de cette déclaration, pour remercier les gens de Saint-Léolin de m'avoir faite citoyenne
honorifique de leur magnifique village.
Les Acadiens
sont réputés pour leur joie de vivre et leur hospitalité. Avec leur accueil
plus que chaleureux, ils ont été à la
hauteur de leur réputation. Et, à toutes celles et ceux que j'ai croisés lors
de mon passage au Nouveau-Brunswick, je vous dis merci encore pour votre
accueil. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel.
M. le député de Beauce-Nord.
Spénard : Merci, M.
le Président. Le 28 septembre dernier,
la Chambre de commerce d'industrie de Saint-Joseph accueillait, dans le cadre
d'un déjeuner-conférence, l'homme d'affaires beauceron Jean Grégoire.
Ayant fait
ses classes au fil des ans dans le secteur de l'imprimerie, d'abord à L'Éclaireur
de Beauceville suivi d'Interglobe
avec son frère Jacques, il vole ensuite de ses propres ailes avec l'Imprimerie
Solisco de Scott. Jean Grégoire nous
rappelle que l'une des qualités essentielles que doit posséder un entrepreneur,
c'est l'amour du travail. Des jeunes qui
ont la fibre entrepreneuriale, il y en a, il y en aura toujours, mais il faudra
arrêter de les décourager avec la bureaucratie, a-t-il mentionné.
Déjà fort
occupé avec son imprimerie, l'entrepreneur beauceron achète une terre, il y a
quelques années, et y plante des
vignes. C'est ainsi qu'est né ce qui est aujourd'hui l'immense complexe hôtelier
de La Cache à Maxime. Et, comme si ce
n'était pas assez, deux autres complexes de type cache ont vu le jour en 2016,
un à Beauceville, l'autre à Thetford Mines. Et d'autres suivront en
2017, l'objectif étant de 25 établissements en 2020.
Bravo à cet entrepreneur! Mes félicitations,
Jean! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Beauce-Nord. Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Simard : Merci,
M. le Président. Alors, une jeune
femme inspirante de La Malbaie, Naomi Labbé, a reçu le prestigieux
titre d'Élève persévérante de
l'année du gala Forces Avenir le 22 septembre dernier à Québec.
Âgée de 19 ans, Naomi a commencé, en août dernier, sa première session
au Centre d'études collégiales en Charlevoix en éducation spécialisée.
Née quadraplégique,
elle a passé la majeure
partie de sa vie dans un fauteuil roulant, sans bouger
ni parler, avec un diagnostic de
paralysie cérébrale reçu quelques mois après sa naissance. À l'âge de 14 ans,
son neurologue a cru qu'elle était atteinte de dystonie. Il lui a
prescrit des médicaments, et, depuis ce temps, la jeune fille est presque entièrement
autonome et étudie normalement, comme tous les jeunes de son âge. Sa
candidature à ce
titre a été soumise par ses éducatrices,
Céline Tremblay, et par la directrice adjointe de l'école secondaire du Plateau
de La Malbaie, Mijanou Martel.
Naomi
représente un exemple de persévérance pour tous les jeunes du Québec.
Elle est la preuve que, lorsque
l'on garde espoir, tout est possible.
Félicitations à Naomi, ici présente dans nos tribunes en compagnie de ses
parents, Jean-François Labbé et Lucy Laliberté, et bon succès, Naomi.
Merci.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Merci,
M. le Président. Il me fait plaisir de prendre la parole ce matin pour féliciter chaleureusement le Cercle des fermières de Maria, qui célébrera son centenaire les 14 et
15 octobre prochains. Les Fermières constituent la plus grande association
de femmes du Québec. Le cercle de Maria a d'ailleurs été le premier fondé à
l'est de Québec. Les 51 membres actuels jouent un rôle essentiel
dans la transmission culturelle de la communauté de la baie des Chaleurs. Les Fermières amassent également
de l'argent pour différentes fondations et elles aident plusieurs
personnes dans le besoin.
Plus
tôt cette année, j'étais très fier de participer, en compagnie de ma collègue
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, au congrès des Cercles des fermières de la
Gaspésie, qui a accueilli 215 participantes.
tiens à saluer la présidente, Gisèle Boudreau, et à vous féliciter, mesdames.
Il ne me reste maintenant plus qu'à vous souhaiter plusieurs autres 100
ans.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Bonaventure. Mme la députée de Hull et vice-présidente de l'Assemblée
nationale.
Gaudreault : Merci, M. le Président. Alors, Karine Thomas
est une olympienne native du comté de Hull. Elle pratique, depuis bon nombre d'années, un sport atypique dont les
exigences athlétiques et humaines dépassent les limites de l'imaginable.
Karine Thomas est une championne de nage synchronisée.
Avec
plus de 15 années d'expérience dans la piscine, Karine en était récemment à sa
deuxième participation à des Jeux
olympiques où elle et sa complice, Jacqueline Simoneau, se sont classées au
septième rang. Sa détermination, sa passion
et son dynamisme sont sans faille, qu'elle se trouve dans une piscine ou dans
les salles de cours de l'Université du
Québec en Outaouais, où elle poursuit ses études en marketing. La championne
gatinoise a aussi pris la vedette dans un
documentaire de Jérémie Battaglia, intitulé Parfaites , qui présente le
parcours de l'équipe canadienne de
nage synchronisée vers les qualifications pour les Jeux olympiques de
Rio.
Karine,
bravo! Bravo pour ton parcours remarquable! Nous sommes tous très fiers de toi,
et sache que, pour nous, tu es une médaillée d'or.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Hull. Mme la
députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Merci, M. le Président. M. le Président, le gouvernement
libéral a décidé de sabrer dans le Programme d'assurance stabilisation du
revenu agricole, communément appelé l'ASRA.
Alain
Laflamme, éleveur de porcs de Saint-Simon, est l'instigateur d'une pétition
envoyée au premier ministre le
27 juillet dernier. Près de 4 500
producteurs l'ont signée pour demander la mise en place d'un filet de sécurité du revenu ainsi que des programmes d'investissement pour
être plus compétitifs. Deux mois plus tard, toujours aucune réponse du
premier ministre ni du ministre de l'Agriculture. Pire, aucun accusé réception.
le Président, nos agriculteurs se sentent abandonnés par le gouvernement
libéral et ils ont raison. À tous les producteurs
du Québec, je tiens à dire que la Coalition avenir Québec se fait une priorité
de vous défendre et continuera d'être
le véritable porte-étendard des enjeux agroalimentaires. Et je vais déposer...
je vais donner la pétition à notre ministre de l'Agriculture au nom des
agriculteurs qui ont signé la pétition. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Saint-Hyacinthe. Mme la députée de Crémazie, à vous la parole.
Montpetit : Merci, M. le Président. Chaque année, nous soulignons à
travers le Canada le Mois de la sensibilisation
au cancer infantile. Chaque famille touchée par la maladie passe par des
moments difficiles de stress et d'angoisse. Collectivement, nous devons
les appuyer.
Depuis
15 ans, la Société canadienne du cancer a pu amasser 47 millions de
dollars pour des initiatives de recherche, lesquelles ont permis de découvrir de nouveaux traitements plus efficaces
et d'accroître le nombre d'enfants qui survivent jusqu'à l'âge adulte. D'ailleurs, le taux de survie après cinq ans s'est
grandement amélioré et est maintenant d'environ 83 %.
Ceci
étant, le cancer infantile demeure la principale cause de décès par maladie
chez les enfants canadiens ayant passé
le stade de la petite enfance, et deux survivants d'un cancer infantile sur
trois subiront des effets secondaires à long terme à la suite des
traitements qu'ils ont reçus. Il est donc nécessaire de poursuivre les efforts
entrepris.
En terminant, M. le
Président, je tiens à souligner l'implication de l'honorable Chris Collins,
président de l'Assemblée législative du
Nouveau-Brunswick. À la mémoire de son fils Sean et des autres enfants décédés
du cancer, il a parcouru la distance
entre Winnipeg et Halifax en vélo le mois dernier. Merci, M. Collins. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, Mme la députée de Crémazie. M. le député de Viau, à vous la
parole.
M. Heurtel :
Merci, M. le Président. Je désire souligner aujourd'hui la contribution de la
Fondation Monique Fitz-Back au développement
durable du Québec. Cette fondation célèbre cette année son 10e anniversaire, 10
ans d'engagement et d'éducation auprès du public et surtout des jeunes.
Grâce
à ses multiples projets éducatifs, à son implication dans le développement du
réseau des établissements verts
Brundtland et à l'étroite collaboration qu'elle a su tisser avec les différents
milieux d'enseignement, la Fondation Monique-Fitz-Back
a sensibilisé des milliers d'élèves aux principes de développement durable au
cours de la dernière décennie.
Le développement
durable est un défi qui touche l'ensemble des Québécoises et des Québécois. Que
ce soit en matière de transport, de consommation énergétique ou de gestion des
déchets, nous devons toutes et tous prendre conscience
des impacts de nos choix sur l'environnement, tout particulièrement à l'heure
des changements climatiques. Notre société a plus que jamais besoin de
personnes engagées.
Je salue donc le
travail exceptionnel de la Fondation Monique-Fitz-Back. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Viau.
Voilà
qui met un terme à la rubrique Déclarations
de députés. Je suspends les travaux de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, je vous souhaite un bon mercredi. On vous
invite... Non, on va se recueillir. Période de recueillement, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Gendron) : J'ai le plaisir — s'il vous plaît! — de souligner la présence, dans les tribunes,
d'une délégation de parlementaires du Royaume-Uni, que nous saluons. Alors,
bien sûr, la présidence vous salue et vous souhaite la plus cordiale des
bienvenues à l'Assemblée nationale.
J'ai également le
plaisir de souligner la présence...
Vice-Président (M. Gendron) : ... — s'il vous plaît — de la consule générale de France à Québec, Mme
Laurence Haguenauer, à l'occasion de sa visite de prise de poste.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni de présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, je cède la parole à Mme la ministre de la Justice pour son dépôt.
Vallée : Alors, M. le Président, permettez-moi de déposer le
rapport annuel de gestion 2015-2016 du Directeur des poursuites
criminelles et pénales.
Vice-Président (M. Gendron) : Ce document est déposé. Mme la ministre
de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, à vous.
Anglade : Oui. Merci, M. le Président. Alors, permettez-moi de
déposer, ici, le rapport annuel 2015-2016 de la Commission de l'éthique
en science et en technologie. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : Ce document est déposé. Maintenant, M.
le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. Monsieur.
Arcand :
M. le Président, permettez-moi de déposer le rapport d'activité 2015-2016 de la
Société du Plan Nord.
Vice-Président (M. Gendron) : Ce document est déposé. M. le ministre
de l'Emploi, de la Solidarité sociale et ministre responsable de la
région de la Capitale-Nationale, allez pour votre dépôt.
Blais : M. le Président, il me fait plaisir de déposer le rapport annuel 2015-2016
de la Commission de la capitale nationale.
Vice-Président (M. Gendron) :
Ce document est déposé. Dépôt de documents,
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du gouvernement aux pétitions
présentées par le député de Richelieu le 1er juin, les députés de Deux-Montagnes et Gaspé le 2 juin, les députés de
Labelle et de Mercier le 8 juin, par la députée de Vachon le
9 juin, le député de Verchères le 10 juin et par le député
d'Abitibi-Ouest, pour notre ex-collègue Mme Sylvie Roy, le
20 septembre 2016.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions ni de dépôt de pétitions.
n'y a pas non plus de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant
sur une violation de droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales. Et, avant
de céder la parole au leader de
l'opposition officielle, comme il s'agit pour lui de la dernière période de
questions, puisque le premier ministre ne sera pas ici demain, il ne peut pas... il se peut qu'il y ait une situation
un peu particulière qui se passe, et je l'expliquerai tantôt.
Alors, période de
questions, M. le chef de l'opposition officielle intérimaire.
Gaudreault : Merci, M. le Président. Alors, mercredi prochain,
l'expiration de tous les délais dans le dossier de l'accord sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis va ouvrir la porte
à l'imposition d'un nouveau tarif à l'encontre de notre industrie
forestière. Si on se fie au passé, les Américains pourraient imposer un tarif
de 25 % qui va frapper nos entreprises de plein fouet.
Lors
de la dernière crise, plusieurs entreprises québécoises ont dû fermer à cause
des sanctions, entre autres dans notre
région. La grande différence par rapport à la négociation précédente, c'est que
le Québec a maintenant un nouveau régime
forestier qui est conforme aux règles de commerce international, ce qui rend
encore plus injustifiable l'imposition de nouveaux tarifs. Le rôle du premier ministre est de s'assurer que le
nouveau régime québécois soit pris en considération par les négociateurs
du Canada.
une semaine de l'échéance, il n'y a aucun progrès. Non seulement le nouveau
régime forestier n'est pas reconnu par
le gouvernement américain, mais le premier ministre n'a même pas réussi à
convaincre le gouvernement canadien qu'il ne peut plus accepter les conditions
d'un accord qui va avantager l'Ouest et les Maritimes.
Quel
est le plan de match du premier ministre, à une semaine de l'échéance, pour
éviter que nos régions soient encore durement frappées par une crise
forestière?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, mon
collègue fait très bien de soulever cette question, et j'espère que, sur cet enjeu-là, et peut-être d'autres, mais sur cet
enjeu particulier, nous allons parler d'une seule voix ici, à l'Assemblée
nationale. Parce qu'il est clair
qu'on connaît l'histoire de la précédente crise semblable. Celle qui va se
dérouler devant nous — j'espère que non, mais
on est à quelques jours de l'expiration du délai supplémentaire d'un an — risque d'avoir des conséquences très, très difficiles
pour l'industrie. Puis, quand on parle d'industrie, en passant, au-delà des
compagnies, c'est les travailleurs puis les familles de l'industrie
forestière auxquels on pense.
a bien résumé, notre collègue, l'enjeu. Notre régime forestier a évolué de
telle façon que, comme je le disais aux représentants du commerce du
président Obama, que j'ai rencontrés à Washington, il y a au minimum sept ou huit États américains qui fonctionnent exactement
comme le Québec. Donc, ce n'est clairement pas approprié de ne pas
reconnaître le marché libre, la
partie marché libre de notre régime forestier.
Mais
bien sûr on voit à quel point cette situation se complique par le débat
politique interne aux États-Unis, où il y a malheureusement un discours anticommerce, anti-libre-échange, qui est
accrédité, curieusement, par les deux principales formations politiques, et ça rend la situation
plus difficile. D'autant plus qu'on m'informait que, maintenant, l'argument
du côté américain, M. le Président, au-delà de dire qu'on n'avait pas de libre
marché, puis c'est difficile de le dire maintenant
devant les arguments qu'on présente, comme ceux qu'il a mentionnés, c'est de
dire que le fait qu'au Québec nous
ayons une forêt publique, en soi, constitue un régime subventionnaire. Alors,
on voit que la bonne foi n'est peut-être pas au rendez-vous ici, au sud
de la frontière. Il y a des enjeux politiques internes qui clairement ont un
impact.
Mais je veux rassurer
mon collègue. Tous ces messages, on les transmet. On sait que l'entente
précédente a favorisé l'Ouest, on le sait
très bien, puis nos industriels, nos familles le savent aussi. On va se battre
jusqu'au bout, on va s'assurer de
continuer à transmettre notre message et que notre régime forestier soit
présent à la table de négociation...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Couillard : ...il l'est, d'ailleurs. Mais je voudrais encore une fois
dire à tous mes collègues que j'ai...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire, M. le chef de l'opposition
officielle.
Gaudreault : Oui, on
est d'accord sur le fond, mais là il y a
une chose, là, c'est qu'il y a au moins 25 sénateurs américains qui ont demandé à leurs négociateurs de conclure avec le Canada un nouvel
accord qui va inclure des protections fortes
pour les usines et les emplois américains. Ça, c'est la réalité dans laquelle
nous sommes présentement. Les intentions sont inquiétantes, les
intentions sont claires du côté américain.
Il reste une semaine.
Au-delà des belles paroles, que va faire concrètement le premier ministre pour
nos travailleurs, M. le Président?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
Couillard : Bien, M. le Président, déjà cette prise de position des
25 sénateurs, elle a été... — elle date de plusieurs semaines — elle a reçu une réponse écrite et très vigoureuse du gouvernement
canadien, de l'ambassadeur du Canada
aux États-Unis, qui établissait exactement les arguments que notre collègue a
énoncés tantôt, qui sont les nôtres, je vais le répéter. Ce qu'on demande, bien sûr, c'est qu'il y ait une
exemption pour le Québec, compte tenu de notre régime forestier, que notre part de marché historique aux
États-Unis soit maintenue et qu'il y ait une règle d'exception pour les
installations qu'il connaît, frontalières, qui étaient auparavant exclues de
Mais,
ceci dit, on est à quelques jours de l'expiration du délai d'un an. On ne sent
pas nécessairement d'ouverture politique
aux États-Unis pour avancer, alors on va être prêts à réagir, bien sûr, avec
tous les moyens légaux qu'on connaît, les
mécanismes de résolution de conflits, qui prennent du temps. Donc, il faut
également aider notre industrie, et c'est ce qu'on va faire.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition
officielle.
Gaudreault : Toujours dans l'industrie forestière, deuxième
dossier. Dans notre région, on sait qu'il y aura des conséquences graves de la surtaxe sur le papier surcalandré imposée
par le gouvernement américain aux usines de Kénogami et de Dolbeau, 1 million par mois, par usine, M. le
Président. Le premier ministre sait très bien que les usines, à ce
rythme-là, ne pourront pas continuer longtemps.
Que fait-il
concernant ce deuxième enjeu, en plus de celui du bois d'oeuvre?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Effectivement, c'est deux menaces combinées, actuellement. Et bien sûr
celle du bois d'oeuvre est immense, et celle du papier calandré
également est très importante.
Alors,
j'en ai parlé personnellement au premier ministre du Canada à plusieurs
reprises, par écrit également. Il m'a
répondu. Je crois pouvoir dire que notre position est bien défendue, que tous
les recours prévus aux accords sont exercés et vont être exercés, ce
qu'il fallait faire.
Ceci
dit, on est dans une situation injuste. Rappelons ce qui s'est produit :
en raison d'une situation d'une usine dans les Provinces maritimes, on
s'est retourné de bord puis on a imposé un droit au Québec, dans une entreprise
québécoise qu'on connaît tous les deux très bien. C'est injuste, on l'a dit et
on va le répéter, M. le Président.
Maintenant,
vous me permettrez d'ajouter brièvement qu'effectivement c'est notre dernière
période de questions commune, mon collègue le chef de l'opposition officielle et moi, de sorte que, s'il me le permet, avec
votre aide également, dans
ma troisième réponse, j'aimerais lui présenter un petit texte tiré de ma visite
récente au Théâtre du Nouveau Monde
à l'occasion de son 65e anniversaire.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on va poursuivre pour la
troisième complémentaire et on aura droit au petit texte. Alors, M. le
chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Bien, pour ma dernière question complémentaire, M.
le Président, le premier ministre et moi, on vient tous les deux de la même région, tous les deux, on a des usines
dans nos comtés qui sont touchées par la crise forestière, par la surtaxe sur le papier surcalandré, à Dolbeau, à
Kénogami dans mon cas. Moi, si je fais de la politique, c'est pour défendre les
travailleurs, pour défendre les emplois. Je refuse que les usines ferment. Je
veux que le premier ministre m'appuie là-dedans.
suis convaincu que la meilleure solution pour nos travailleurs, pour nos
régions, c'est la souveraineté du Québec, parce que ça nous permettrait
d'être à la même table que les Américains.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, juste un peu avant, M. le premier
ministre, j'ai quasiment envie de retourner dans le passé pour vivre une
telle situation.
Non, mais ce n'est
pas ce que j'allais dire. C'est qu'on n'a pas modifié le règlement, il n'est
pas question de permettre d'applaudir à la
période des questions, mais il y avait une entente entre les partis concernés.
Donc, je tiens à le dire, on va
poursuivre comme on l'a toujours fait, sauf exceptionnellement. Vous avez
compris la petite mention au début. M. le premier ministre, à vous.
M. Couillard : Alors, je vais me permettre d'aborder la question de façon poétique. La
poésie, c'est important, l'art, c'est
important dans la vie. Et je remarque que, comme Lamartine qui disait : «Ô
temps! suspends ton vol», vous allez
être généreux dans l'attribution du temps
de parole. Mais je promets de ne pas
en abuser. Il ne faut pas qu'on soit surpris,
je voulais, suite à ma visite au TNM, lui donner un message style
XVIIe siècle. Donc, on va avoir un style particulier qui vient de
l'époque. J'ai choisi un
titre évocateur, En attendant Gaudreault .
Alors, je commence :
De nos courtes vies,
les parques filent la toile,
Bien osé pour nous
d'en deviner le cours.
Le PQ bientôt montrera
un troubadour,
Capable, selon eux,
de redresser les voiles
D'un bien fragile
esquif voguant vers les hauts-fonds
D'un récif acéré qui
n'offre rien de bon.
De notre collègue, la
voix s'éteindra-t-elle?
Un autre fauteuil, déjà,
attend son appel.
On y entendra parler de
séparation,
Pourtant, quelle
douceur dans le beau mot «union».
Redoutable adversaire
aujourd'hui, il demeure.
De son ralliement
futur, nous attendons l'heure,
Car de notre grand
parti est issu le sien.
Travaillons ensemble
pour refaire ce lien.
Vice-Président (M. Gendron) :
On ne pourra pas dire que, dans cette vie politique difficile, il n'y a
pas de beaux moments. Merci.
Alors, on poursuit la
période de questions. Pour votre question principale, Mme la députée de
Taschereau...
Vice-Président (M. Gendron) : Je ne comprends pas, vous devinez. Je
comprends...
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! Ça inclut ce qui va
suivre, ça inclut ce qui va suivre. Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Nous avons des règles, ici, qui font en sorte que
les gens de notre entourage qui quittent la vie politique doivent
souvent attendre un an avant de trouver un emploi dans le secteur privé.
L'article 26 des règles déontologiques
dit : Un membre du personnel d'un cabinet ne peut, dans l'année qui suit
la cessation de ses fonctions, accepter
d'occuper un emploi au sein d'une entreprise avec lequel il a eu des rapports
officiels, directs et importants au
cours de l'année qui a précédé la cessation de ses fonctions.
avril 2015, l'attaché de presse du ministre des Forêts a quitté
le ministère des Forêts pour aller immédiatement chez Rémabec, une grosse entreprise qui oeuvre dans le secteur de la forêt. C'est le ministre
lui-même et le premier ministre,
et eux seuls, eux seuls, qui sont
responsables de l'application des règles de déontologie de leurs employés.
Devant cette infraction aux règles
déontologiques, lui ou le premier
ministre étaient les seuls qui
auraient pu et qui auraient dû demander une enquête.
Pourquoi est-ce que
le ministre des Transports n'a pas demandé une enquête du Commissaire à
l'éthique?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre.
Lessard : On voit
que la poésie s'est arrêtée là, M. le
Président. Alors donc, quand M.
Lussier a joint mon cabinet, donc, il
a signé la déclaration d'engagement, des déclarations d'intérêt qu'il a dûment faites. Il a déclaré, donc... Lorsqu'il a quitté, quand j'ai mis fin à son
emploi en fait, il a donc réitéré son engagement de respecter les règles d'éthique d'après
mandat. Je dépose d'ailleurs les lettres, M. le Président, qu'il a dûment
signées en cette occasion, et on s'est conformés à cette règle et cette
discipline, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire...
Vice-Président (M. Gendron) :
Oui, il y a le consentement pour le dépôt. Est-ce qu'il y a
consentement pour le dépôt? Alors, oui, que ces documents-là soient
déposés. Allez, pour votre première complémentaire.
Mme Maltais :
Sauf que tous les dossiers traités par le ministre des Forêts passent par
l'attaché de presse du ministre des Forêts. Il quitte le cabinet pour aller directement chez Rémabec, une des grosses entreprises forestières du Québec, qui a affaire régulièrement
avec le cabinet. Il y avait des dossiers sur la table à ce moment-là,
d'ailleurs.
Pourquoi
est-ce que le ministre a accepté cette infraction? Pourquoi est-ce que
le ministre n'a pas demandé une enquête, qu'on soit clairs, une
enquête du commissaire?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre des Transports, réponse.
Lessard :
M. le Président, quand on entre en fonction, donc on engage du personnel, on
fait donc des formations sur l'éthique, sur
les déclarations d'intérêt, ce que M. Lussier a fait. Il a déclaré qu'il
n'avait aucun intérêt dans aucune entreprise. Il a déclaré aussi et porté à la
connaissance que son père représentait, comme avocat, des entreprises.
Il a signé une autre déclaration pour dire
qu'il ne participerait d'aucune façon, de près ou de loin, donc, à tout intérêt
qui pourrait mettre son père en
cause. Et, lorsqu'il a quitté mon bureau, il a donc réitéré cet engagement-là,
un, de respecter ce qu'il avait eu comme information et, deuxièmement,
de respecter les règles d'après-mandat.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Lessard : Alors, je
m'en suis remis au code de déontologie, M. le Président.
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Merci. Deuxième complémentaire, Mme la députée de
Taschereau.
Maltais : Le seul qui peut comprendre les règles et dire si elles ont
été respectées, c'est le commissaire. Il
se passe de drôles de choses au printemps 2015. Yvon Nadeau obtient une
subvention de 3 millions et quitte le cabinet du ministre. C'est pour Pyrobiom, un projet dans
une scierie qui vient tout juste d'être acquise par Rémabec. Le même mois, l'attaché de presse du ministre enfreint les
règles et quitte son poste pour aller chez Rémabec, la même entreprise
forestière qui, un an plus tard, achète Pyrobiom.
Est-ce qu'enfreindre les règles, c'est normal?
Est-ce que c'est libéral?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre des Transports.
Lessard :
Je ne tolérerai pas des accusations d'un tel ordre. Je n'accepterai jamais ça,
M. le Président. On a des règles ici, je me suis employé à les
respecter.
Quand M. Nadeau, qui n'était pas à mon emploi, a
appliqué sur le projet de Pyrobiom pour se joindre à cette entreprise-là en démarrage, donc, j'étais chef...
whip de l'opposition officielle. Lorsque M. Nadeau est entré en fonction,
avant son entrée en fonction à mon bureau de
comté, nous avons rencontré le Commissaire à l'éthique, et il a fait toutes
ses déclarations.
Savez-vous quoi, M. le Président? J'ai respecté
les règles, et on s'en est tenus aux directives du Commissaire à l'éthique. Si
vous avez le pouvoir de porter grief contre un député à l'Assemblée nationale,
ce n'est pas à vous de déterminer la conduite de cette enquête. Je m'en suis
remis au Commissaire à l'éthique, j'y participe.
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
Lessard :
D'ailleurs, savez-vous quoi? Je vais lui écrire pour tout ce qui est radoté
ici...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Je
vous remercie. Alors, question principale...
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! Question principale, M.
le leader de l'opposition officielle.
M. Marceau :
Merci, M. le Président. Alors, plus on en apprend sur les appareils de loterie
vidéo, plus on constate que c'est le far west.
Les critères
socioéconomiques pour la répartition des machines de Loto-Québec ne sont pas
respectés. De toute évidence, Loto-Québec ment au ministre, elle lui
cache ce qui n'est tout simplement pas montrable. Des régions, des villages et des quartiers vulnérables se
retrouvent avec plus de vidéopokers que ce qui est permis. Depuis que le
ministre veut faire sauter la limite
de cinq vidéopokers par établissement, les faits troublants s'accumulent, et le
dossier publié ce matin dans La Presse n'est rien
d'autre que révoltant.
M. le Président, nous exigeons une pause. Il
faut faire la lumière et évaluer correctement l'exploitation par Loto-Québec de
ce qui est considéré par plusieurs comme du crack électronique.
Alors, M. le Président, est-ce que le ministre
des Finances accepte, est-ce qu'il est d'accord pour que la Vérificatrice générale enquête rigoureusement, complètement
et parfaitement sur l'exploitation des appareils de loterie vidéo au
Québec?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre des Finances.
Leitão : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, c'est une question qui
est très sérieuse, une question qui nous préoccupe énormément, la question du jeu en ligne et de la façon dont ça
peut déraper en jeu compulsif. Ça me surprend par contre de voir que cette question vient du collègue, parce que
justement il a occupé la même fonction que moi, j'occupe maintenant
pendant 18 mois et il était très bien au courant de ce qui se passait à
cette époque-là.
C'est la
raison d'ailleurs pour laquelle nous avons adopté le projet de loi n° 74,
qui incluait un certain nombre de mesures
qui vont justement resserrer le contrôle des machines, des appareils de loterie
vidéo. Alors, avec cet outil législatif, nous avons maintenant les moyens pour pouvoir mieux contrôler la
location de ces machines-là. Nous avons déjà dit ici, en Chambre, qu'il n'y aurait pas d'augmentation de
machines. Nous avons aussi dit déjà
ici, en Chambre, qu'il n'y aurait pas de concentration non plus de ces machines-là.
Nous allons maintenant nous préoccuper au plus haut niveau de comment
les machines existantes...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Leitão :
...ont été réparties et comment on va pouvoir s'assurer qu'il n'y a pas de
concentration.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. Deuxième... Première
complémentaire, première complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : M. le Président, ce matin, dans La Presse ,
on a cette carte qui montre, et le ministre des Finances a dû en prendre connaissance, que tout ce qui est
coloré dépasse les normes — dépasse les normes. Ça veut dire que Loto-Québec a dépassé
les bornes depuis plusieurs années et a désinformé les ministres des Finances
successifs.
Maintenant
qu'il le sait, le ministre des Finances va-t-il, un, demander à la VG pourquoi
il a été désinformé et par qui? Et, deux, s'engage-t-il à ramener aux
normes, vite, tous ceux qui ne le sont pas?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre des Finances.
Leitão : Nous allons certainement nous assurer que les règles
existantes soient appliquées. En effet, les faits révélés sont un peu troublants, mais il faut aussi
comprendre que le découpage de ces régions... Il y a, en fin de compte,
1 358 régions de découpées par Loto-Québec, donc ça ne se... il n'y a
pas un arrimage parfait avec les frontières des municipalités. Nous allons nous
assurer que tout cela est bien fait.
Mais,
en premier lieu, et déjà vendredi — ce vendredi — avec les dirigeants de Loto-Québec, on va
s'assurer que les règles existantes, en ce qui concerne les critères de
santé publique...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Leitão :
...sont appliquées à la lettre. Merci.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, M. le député de Rosemont.
Lisée : Le ministre
ne semble pas comprendre que le problème, c'est Loto-Québec, que les gens qui
ne disent pas la vérité, c'est les
gens de Loto-Québec, les gens qui n'appliquent pas les normes, ce sont
les gens de Loto-Québec. Alors,
ce n'est pas avec eux qu'il faut qu'il s'assoie, il faut qu'il s'assoie avec la
Vérificatrice générale, avec les gens de la Direction de la santé publique, qui disent qu'ils
veulent faire une enquête, et vous ne voulez pas faire de pause avant d'avoir
le résultat.
Alors,
d'abord, acceptez-vous la pause immédiate, un arrêt immédiat du règlement
qui augmenterait le permis pour le nombre? Et, deuxièmement...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre des Finances.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre des Finances.
Leitão : O.K.!
Là, on défonce des portes ouvertes, et pas à peu près, M. le Président. Numéro un, il n'y a pas d'augmentation de machines. Le projet
de loi n° 74, avec ses règlements, vise justement le contraire. Ces
nouveaux règlements, ces nouvelles mesures, c'est pour resserrer le contrôle de
ces machines-là. Alors, c'est un peu absurde de prétendre maintenant que ce projet
de loi va donner lieu à une augmentation. Au contraire, on va mieux les contrôler avec ces outils que nous
avons.
Deuxièmement, oui,
nous travaillons en étroite collaboration avec nos collègues de la santé
publique, parce qu'en effet c'est un enjeu qui est très important, un enjeu qui
n'est pas d'aujourd'hui. Quand nos collègues étaient au pouvoir, ils se
préoccupaient de cela aussi...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Leitão : ...et nous allons
continuer à le faire en limitant le nombre...
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Merci, M. le ministre des Finances. Maintenant, pour la
question principale, M. le chef du deuxième groupe parlementaire.
Legault : M. le Président, un des secteurs économiques les plus
importants au Québec, c'est l'agriculture. Malheureusement, au cours des dernières années, on ne s'est pas assez
intéressé à l'agriculture. Résultat, depuis cinq ans, les investissements en immobilisations dans le
secteur agricole au Québec ont chuté de 111 millions, baisse de
111 millions au Québec. Pendant
les mêmes années, en Ontario, augmentation de 450 millions et, dans les
autres provinces à
part l'Ontario, augmentation de 600 millions.
Quelle a été la seule
action du gouvernement libéral pour aider nos agriculteurs? Consulter. Le
ministre de l'Agriculture a annoncé le mois
dernier la neuvième consultation depuis 2008. Et le pire, c'est que la
consultation qu'il propose va aboutir
en 2018. M. le Président, pendant que les compétiteurs de nos agriculteurs se
développent, le gouvernement essaie de gagner du temps entre deux
élections.
Quand
le premier ministre va-t-il déposer quelque chose de concret, agir? Ce n'est
plus le temps de consulter.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, M. le Président, je suis en
partie d'accord avec mon collègue,
mais c'est toujours le temps de
consulter, c'est toujours le temps de parler aux gens d'un milieu sur lequel on
veut intervenir. Mais je le félicite, je pense que c'est la première fois que je l'entends parler d'agriculture
ici depuis bien des années, au moins... Combien de temps? De nombreuses années. Il a une vocation
soudaine qui jaillit, M. le Président, saluons-la et souhaitons qu'elle ne
soit pas que fugace, qu'elle reste là. Parce que, de notre côté, l'engagement
envers les agriculteurs, il est bien connu, M. le Président. Il est bien connu,
que ce soient des questions comme la défense du système de gestion de l'offre,
les représentations au gouvernement fédéral
sur le lait diafiltré, sur les appuis qu'on donne à nos agriculteurs pour les
récoltes, l'assurance récolte, qui
continue à s'appuyer, sur les appuis concrets qu'on a donnés, M. le Président,
pour la relève agricole.
on sait qu'il faut faire encore plus de gestes, notamment dans le domaine des
immobilisations agricoles. Alors, on est en réflexion là-dessus. Il y
aura des actions annoncées. Je le rassure tout de suite, il n'a pas
l'exclusivité de se préoccuper
d'agriculture. C'est la première fois que je l'entends parler d'agriculture.
Nous, ça fait des années qu'on s'en occupe.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le chef du deuxième groupe, première complémentaire.
Legault : M. le Président, au cours de la dernière année, je
dois avoir rencontré des dizaines de fois les représentants des
agriculteurs. Ce n'est pas moi qui est premier ministre, c'est lui qui est
premier ministre depuis deux ans et demi. Il
y a plein de projets, là, s'il parle aux agriculteurs, dans le boeuf, dans la
transformation alimentaire, dans plein de secteurs.
Quand va-t-il arrêter
de consulter puis enfin se mettre au travail?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, M. le Président, je pense
que notre collègue, bien sûr, veut s'afficher comme étant un grand partisan de l'agriculture. Tant mieux s'il
le devient, ça a été très long avant qu'on entende un seul mot de sa bouche sur
le sujet.
Mais
nous, on va continuer à agir. Par
exemple, un sujet dont il n'a pas
parlé, qui représente un grand avenir pour nous, c'est le domaine de la serriculture. Il y aura,
dans ma circonscription, la plus grande serre au Québec. Il y en aura d'autres également agrandies, qui existent déjà, et il y a
là une occasion, une opportunité extraordinaire pour nos agriculteurs.
J'ajouterais à ce qu'il a dit sur le secteur
agricole que, si on prend le secteur agroalimentaire, on a là un de nos
secteurs d'exportation les plus importants, un de nos secteurs d'emploi
les plus importants, M. le Président. On va continuer à soutenir concrètement
nos agriculteurs.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe.
Legault : M. le Président, les investissements en
immobilisations dans le secteur agricole ont diminué de 15 %, et tout ce que le premier ministre a à dire,
c'est : On va faire une consultation puis on va proposer des choses d'ici
Je sais que l'économie, ce n'est pas
la matière forte du premier ministre, mais est-ce qu'il peut se mettre au
travail et déposer un plan concret? Les agriculteurs sont inquiets
actuellement puis ont besoin de gestes concrets.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, des fois, il m'arrive de parler de l'humeur maussade de mon collègue. Alors, on vient d'en avoir la démonstration. Il n'est pas possible pour
lui d'aborder un sujet sans se choquer, sans avoir l'air négatif, sans se
plaindre que le Québec le déçoit.
M. le Président, le Québec
va mieux, le Québec va continuer à aller mieux. On est dans la bonne direction,
et notamment dans le secteur agricole, et notamment dans les infrastructures agricoles. Il y a eu des investissements importants annoncés dans le
domaine des serres. Les Serres Lefort, par
exemple, bien connues de plusieurs
de nos collègues, ont reçu un investissement de 30 millions de
dollars. Et on va continuer de faire des investissements, mais surtout on veut
développer des nouveaux outils pour permettre aux agriculteurs de faire
eux-mêmes d'autres investissements.
Moi,
quand je me promène dans ma circonscription, qui est une circonscription agricole,
c'est curieux, je vois plein de nouvelles
constructions de granges et d'étables modernes, des nouveaux modèles qu'on ne
voyait pas auparavant.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Couillard : Les agriculteurs vont bien, les agriculteurs investissent.
On va continuer à les soutenir.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, question principale, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, on sait que les 11 600
appareils de loterie vidéo installés au Québec représentent un véritable fléau social. J'ai demandé de réduire
le nombre d'appareils, mais le gouvernement n'est pas pressé de le faire
parce que c'est très payant pour ses coffres.
ce matin La Presse révèle de nouveaux faits troublants. En
effet, Loto-Québec ne respecte pas sa norme de concentration
d'appareils, qui est trop élevée. Elle est jusqu'à trois fois plus importante
dans 48 municipalités et arrondissements. À
Pont-Viau, par exemple — c'est un quartier défavorisé de Laval — 5,3 appareils par 100 habitants, alors que la norme de Loto-Québec est fixée à
deux. Ce matin, le ministre des Finances annonce en catimini qu'il va retirer
des mains de Loto-Québec les critères socioéconomiques d'emplacement des
appareils. Tout ça, M. le Président, sent l'improvisation
suite aux articles publiés. Il y a tellement d'enjeux avec les appareils de
loterie vidéo que ça prend un grand ménage.
le Président, je propose un mandat d'initiative pour régler le problème. Est-ce
que le ministre des Finances est d'accord avec ma proposition?
Vice-Président (M. Gendron) : M. le ministre des Finances, pour la réponse à sa question.
M. le ministre.
Leitão : Merci, M. le Président. Alors, on continue. Écoutez, on va poursuivre
nos initiatives. On n'a pas besoin d'un mandat spécial de nos collègues
du deuxième groupe d'opposition.
on revient au projet de loi n° 74.
Moi, je ne comprends pas. C'est un projet de loi qui a été voté ici. Ils ont
voté contre, comme d'ailleurs
l'opposition officielle, mais, dans ce projet de loi, on avait inclus des
mesures qui nous permettent de
resserrer les critères concernant les appareils de loterie vidéo. On le fait.
Et là, maintenant, ce qu'on nous reproche, c'est qu'on prend des mesures pour
resserrer le contrôle de ces machines-là. C'est quand même assez ironique,
M. le Président. On est tombés un peu dans le théâtre de l'absurde, pour
continuer avec le thème de notre premier ministre. Maintenant, c'est le théâtre
de l'absurde en ce qui concerne les appareils de loto vidéo.
Nous
sommes très bien au courant de la problématique. C'est pour ça que nous nous
sommes donné les outils et les actifs
nécessaires pour reprendre contrôle de la situation. La façon dont Loto-Québec
voulait arriver, c'est-à-dire par attrition, pour réduire le nombre de
machines, ça ne marche pas. On les a convoqués...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Leitão :
...ce vendredi, après-demain, pour qu'on puisse revoir les critères...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, un sujet absurde. Il faut
débattre sur la place publique du nombre d'appareils, du critère de leur
emplacement, de leur effet néfaste sur la santé publique.
Une commission
parlementaire a eu lieu en 1995 avec Loto-Québec. J'ai un communiqué de presse
ici du 21 février 2008, où le président
de Loto-Québec dit : Moi, je veux être entendu à la Commission des
finances publiques sur les mêmes enjeux.
le ministre des Finances, acceptez-vous, au-delà de la partisanerie, qu'une
commission parlementaire se penche sur les appareils de loterie vidéo?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre des Finances.
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! S'il vous plaît! La
question a été bien posée. M. le ministre des Finances.
Leitão : Merci, M. le Président. Écoutez, c'est justement parce que
c'est un enjeu très sérieux et parce qu'on voit que, depuis 2011, en effet, le progrès était très lent en ce qui
concerne le contrôle et de resserrer le contrôle de ces appareils-là que nous nous sommes dotés, dans le
projet de loi n° 74, des outils pour mieux contrôler ça maintenant. Ils
ont voté contre ces outils-là, M. le Président. Bon, tant pis pour eux.
nous allons continuer. Nous savons très bien où se situe le problème. Nous
allons continuer, continuer dans notre
démarche pour resserrer ces questions, en collaboration avec notre collègue de
la santé publique. C'est extrêmement important, ces enjeux-là, mais on
va arriver à bout de maintenir cela...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Leitão : ...dans l'ordre, M. le Président, dans l'ordre. On ne peut
pas non plus arbitrairement commencer à changer...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Deuxième complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, il faut revoir le modèle
d'affaires de Loto-Québec. Au-delà de la partisanerie, là, tous les parlementaires québécois ici ont un
problème. Qu'on soit à Val-d'Or, qu'on soit à Granby, qu'on soit à Kuujjuaq,
il y a des problèmes de santé publique avec les appareils de loterie vidéo, et vous le savez très bien. On ne peut pas vous laisser ça dans les mains, il faut
débattre de ce sujet et inviter Loto-Québec, les intervenants de la santé publique pour
étudier la situation.
Acceptez-vous, M. le
ministre des Finances, un mandat d'initiative sur ce dossier?
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! On a tous entendu la question.
M. le ministre des Finances, réponse.
M. Leitão :
C'est un enjeu extrêmement préoccupant et extrêmement important, et c'est pour
ça que l'État s'occupe de cette situation-là,
M. le Président. C'est pour ça que l'État s'est donné les outils législatifs,
dans le projet de loi n° 74, pour pouvoir mieux contrôler ce type d'activité, M. le Président, et c'est pour ça que l'État doit continuer de s'occuper de ça.
L'État ne
peut pas évacuer ce marché-là pour laisser la place à d'autres, de façon
illicite, qui occuperaient cette place-là.
Donc, l'État doit occuper l'espace et l'État
doit bien réglementer l'espace qui est occupé par son organisme public, Loto-Québec.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le ministre des Finances. Mme la
députée de Vachon,
pour votre question principale.
Ouellet : Oui, merci, M. le Président. C'est de la faute du gouvernement libéral si aujourd'hui il y a une grève
des chauffeurs de taxi à Montréal. C'est de la faute du gouvernement libéral si aujourd'hui il y a des perturbations sociales, il y a un
trafic monstre, et toutes les pertes économiques qui y sont liées.
signant une entente avec Uber, une multinationale qui fait de la fraude
fiscale, qui bafoue les lois du Québec
et qui se cache dans un paradis fiscal, le gouvernement libéral a créé une injustice flagrante, a créé un système
à deux vitesses en niant le droit des
22 000 travailleurs,
22 000 travailleurs, rappelons-le, qui proviennent très, très
majoritairement des communautés culturelles.
Aujourd'hui,
les chauffeurs de taxi demandent une rencontre, à travers une lettre ouverte,
une rencontre avec le premier ministre pour présenter des propositions,
présenter des solutions.
Est-ce que le premier ministre va accepter ici,
en cette Chambre, de les rencontrer dans les prochains jours?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le premier ministre... M. le ministre des Transports.
Lessard :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, on rappelle les faits, donc, sur la loi
n° 100 qui a été adoptée ici, à
l'Assemblée nationale, qui donnait un cadre temporel pour conclure une entente
sur un projet pilote avec Uber, ce qui
a été fait, et un mécanisme de mise en oeuvre. Alors, à ce moment-là, on a
aussi traité de deux éléments, M. le Président, dans la
sensibilité : les conditions de vie des chauffeurs puis, deuxièmement, la
valeur des permis. On ouvre donc deux
chantiers pour traiter de ces questions-là et voir comment les meilleures
pratiques à l'international ont pu être faites.
J'ai
rencontré, il y a quelques semaines, les représentants des associations. Je les
ai rencontrés encore hier, ils sont venus
à mon bureau pendant plus de 1 h 30 min pour me faire la
proposition qui était sur la table, basée sur un rachat de permis. Le
gouvernement avait proposé de regarder, plus globalement, les
meilleures pratiques internationales pour voir si peut émerger une proposition au gouvernement. Ils ont choisi hier de déposer une proposition sur un modèle de
rachat de 300 permis. Nous
allons l'étudier et analyser, donc, les éléments de la question.
Nous sommes sensibles à cette question, et le gouvernement va y mettre tout son intérêt et toute son expertise, avec eux, pour trouver
les meilleures solutions possible.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Mme
la députée de Vachon, pour votre première complémentaire.
Ouellet : Bien, M. le Président, le ministre des Transports n'a pas de crédibilité, embourbé
comme il est dans ses problèmes
éthiques, puis il a même avoué hier qu'il n'avait même pas le mandat de
négocier. Les chauffeurs de taxi, ils
veulent rencontrer la personne qui décide. On le voit, là, ça fait trois ministres
des taxis, et c'est le premier
ministre qui décide dans ce dossier-là, qui est passé
par-dessus la tête des trois ministres des Transports, donc les chauffeurs de taxi
veulent rencontrer le premier ministre.
Est-ce que le premier ministre va se lever aujourd'hui
en cette Chambre pour leur dire qu'il est d'accord à les rencontrer? C'est une question
de paix sociale, c'est une question de justice. M. le premier ministre, on vous demande une rencontre.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Oui, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, le préambule de la question m'a un peu
interpellé, dire qu'il était embourbé. Mais, lorsqu'elle était ministre, en 18 mois, elle a passé
trois sous-ministres, trois chefs de cabinet. Je ne suis pas sûr, M. le
Président, que c'était la stabilité absolue qu'il y avait dans ce
temps-là.
Ceci étant,
c'est toujours la même personne qui a dit de ses propres collègues qu'ils
avaient renié leur parole et leurs
convictions, alors qu'elle-même avait renié sa signature. Avant de lancer les
quolibets qu'elle lance, peut-être qu'elle devrait regarder un peu son
parcours.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Oui. S'il vous plaît! Sur la question de règlement.
M. Marceau : Bien là, quel
article invoquait le leader du gouvernement, là, on peut savoir ça?
Vice-Président (M. Gendron) : Une seconde. La présidence est capable
de présider. Ce que j'ai compris...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Ce que j'ai compris, c'était effectivement la réponse à la question, alors ce n'était pas une question de
règlement. On peut la juger, on peut la juger, l'apprécier dans un sens ou
dans l'autre, mais c'est la réponse qu'il a donnée à la première question
additionnelle.
Deuxième question additionnelle, Mme la députée
de Vachon.
Vice-Président (M. Gendron) : On s'en va... Alors, Mme la députée de
Gouin pour votre question principale. Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : M. le Président, depuis son élection, le gouvernement
libéral répète sur toutes les tribunes que les compressions budgétaires
se sont faites sans affecter les services aux citoyens. Le premier ministre et
ses ministres se sont levés tour à tour en
Chambre pour nier l'impact de ces compressions sur les services à la
population. Pourtant, la semaine
dernière, la Protectrice du citoyen a dit exactement le contraire. Les mesures
de retour à l'équilibre budgétaire,
dit-elle, se sont traduites par une réduction des ressources affectées aux
différents services. La protectrice a insisté particulièrement sur l'effet des compressions chez les personnes
les plus vulnérables. L'austérité a fait mal en santé, dans les services sociaux, en éducation, chez les
plus pauvres, les plus mal pris, les enfants d'âge préscolaire, les personnes
âgées en perte d'autonomie.
premier ministre est-il prêt à admettre que depuis 2014 il a induit la
population en erreur? Qui la population doit-elle croire? Le premier
ministre ou la Protectrice du citoyen?
Vice-Président (M. Gendron) : Vous ne pouvez pas... Vous savez très...
Vous l'avez fait, je crois, de bonne foi,
mais induire en erreur, ce n'est pas acceptable parce que c'est l'équivalent de
dire autre chose que vous savez qui n'est pas parlementaire. Donc,
j'aimerais que vous retiriez votre «induire en erreur». Mme la députée de
Gouin.
David (Gouin) : Ce que je vais réitérer, c'est : Qui la
population doit-elle croire : le premier ministre ou la Protectrice
du citoyen? Et je retire les paroles précédentes.
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, ça aurait été mieux de le faire
comme ça avant le commentaire, mais... M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, je veux juste réitérer, parce que la question a
été abordée hier, puis je veux répondre
à ma collègue, il n'y a pas eu de coupe budgétaire au Québec. Il n'y a pas eu
de diminution du budget d'aucun ministère.
C'est ce qui différencie notre approche de celle du Parti québécois à l'époque
où ils ont dû retourner à l'équilibre budgétaire.
Maintenant, on a un
problème fondamental de perspective. Moi, je crois, nous croyons que la
meilleure façon de protéger les gens
vulnérables, c'est d'avoir des ressources prévisibles à long terme à allouer
aux services publics, ce qu'il est impossible de faire dans une ambiance
de déficit et d'alourdissement de l'endettement. Elle peut ne pas être d'accord avec ça. Je sais que, de son côté, elle
préconise probablement une augmentation incontrôlée des dépenses publiques
et des déficits à répétition.
n'est pas notre orientation. Nous croyons que les personnes vulnérables sont
mieux servies, M. le Président, à
court, moyen et long terme par des finances publiques saines, une dette sous
contrôle et des choix comme nous avons faits
et comme nous allons continuer à faire, de réinvestir les marges de manoeuvre
justement dans nos services publics.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire, Mme la députée de Gouin.
David (Gouin) : M. le Président, je voudrais dire respectueusement au
premier ministre que le paradis à la fin de nos jours, ça ne règle pas
les problèmes actuels des gens qui sont en difficulté. Les 40 000
personnes âgées en besoin de soutien à
domicile et qui n'en ont pas peuvent bien rêver qu'un jour les finances
publiques sont en ordre, c'est aujourd'hui
qu'elles ont besoin de services et c'est la même chose pour les parents
d'enfants autistes qui ne reçoivent pas de diagnostic.
Je voudrais demander
au premier ministre s'il est conscient des impacts désastreux de l'austérité
maintenant.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, il n'y a pas eu d'austérité au Québec, M. le Président.
L'austérité, c'est la réduction des budgets
gouvernementaux. Il n'y a pas eu de réduction des budgets gouvernementaux.
L'austérité, c'est d'arrêter d'investir dans les infrastructures, ce que
nous avons continué de faire au même niveau.
n'y a pas eu d'austérité. Il y a eu une période nécessaire et transitoire de
rigueur budgétaire, qui nous permet quoi
maintenant?, nous permet d'avoir des marges de manoeuvre qu'on a déjà
réinvesties en éducation. Et, je la rassure, la prochaine cible de nos investissements, ce sera justement les personnes
âgées en CHSLD, les services à domicile, la santé mentale, dont elle se préoccupe également, j'en
suis certain. Alors, justement,
c'est cette discipline budgétaire qui nous permet d'exercer concrètement, et
non pas seulement en parole, notre solidarité.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Mme
la députée de Gouin, deuxième complémentaire.
Mme David
(Gouin) : M. le Président, je pense que chacun et chacune, dans cette Chambre, sait fort bien que,
lorsqu'on augmente le budget d'un ministère de 0.5 %, on est en train de
couper dans les services de ce ministère. Je voudrais
rappeler aussi au premier ministre que des gens, pas si à gauche que ça, comme
Alain Dubuc ou Brigitte Breton, appellent
le premier ministre à faire preuve de plus de sensibilité. Se préoccuper des
personnes vulnérables, ce n'est pas du vent, M. le Président.
J'ai
présenté, ce matin, une motion de censure. Je n'avais pas d'autre choix.
J'aimerais savoir si le premier ministre est conscient qu'il y a une...
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le premier ministre.
Couillard : Au contraire, M.
le Président, je reçois des témoignages multiples, partout au Québec, du fait
que les citoyens savaient et savent
qu'il fallait redresser nos finances publiques, et ils ont apprécié l'effort
que le gouvernement, avec la société, a fait.
Maintenant, je vais lui dire encore une fois
qu'il y a une différence de perspective. On est ici pour ne pas être d'accord parfois sur les enjeux fondamentaux. Moi,
je crois, encore une fois, que des finances publiques déséquilibrées et une dette qui s'alourdit, c'est la pire façon
de s'occuper des personnes vulnérables auxquelles on est tous sensibles et
toutes sensibles, ici, dans cette Chambre.
Parler, d'un côté, de solidarité et de bonifier nos programmes publics sans en
avoir les moyens véritables, c'est, à la limite, cruel, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Question principale. M. le député de La Peltrie, pour votre question.
Caire :
Merci, M. le Président. Sous la plume de Jean-Nicolas Blanchet, on apprend, ce
matin, qu'au ministère de la Santé on utilise Lotus Notes, mais on paie
pour Microsoft Outlook, dont on n'a pas besoin. Première mauvaise nouvelle. Deuxième mauvaise nouvelle : on
vient de renouveler le contrat jusqu'en 2019. Donc, on va continuer à payer
pour rien. Troisième mauvaise nouvelle : non seulement on paie pour rien,
mais on a doublé le montant du contrat, ce
qui fait qu'on va payer deux fois plus cher pour quelque chose dont on n'a pas
besoin. Et réaction du président du Conseil du trésor : Réjouissez-vous, le précédent contrat était vraiment une
bonne affaire. Je veux dire, on n'en avait pas besoin, mais il était en
spécial. Puis là, bien, le monsieur, il est content.
M. le
Président, payer pour quelque chose dont on n'a pas besoin, c'est rarement une
économie. Alors, la question que je
pose au président du Conseil du trésor : Depuis combien de temps on paie
en double pour rien et combien ce nouveau gaspillage informatique a
coûté aux contribuables québécois?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, M. le ministre de la Santé et des
Services sociaux, en réponse à la question.
Barrette : M. le Président, le député de La Peltrie, à la base, a
une formation en informatique. C'est son univers de base, comme le mien est
la médecine, et il sait très bien que la suite de bureautique de Microsoft ne
peut pas être fractionnée. Il sait très bien
qu'on ne peut pas acheter Outlook séparément de la suite. Il le sait. Et il sait très bien que, dans la suite Microsoft, la petite image, hein,
l'icône Outlook, c'est une icône, ça ne coûte rien, c'est une icône, parce que,
pour faire fonctionner Outlook, il faut avoir derrière des serveurs, des ceci
et des cela, que nous avons déjà, en passant, M. le Président, parce qu'on les utilise avec un autre produit. Ce qui
fait, M. le Président, que nous ne payons pas deux fois pour le même produit et nous ne payons pas en
double pour quoi que ce soit dans notre suite de bureautique au ministère
de la Santé, ce qui signifie donc que l'information véhiculée par le député de
La Peltrie est fausse.
Par contre, ce qui est vrai, M. le Président...
Vice-Président (M. Gendron) : Bien non, mais j'aimerais mieux
«inexacte»...
Barrette : ...pas encore
habitué, M. le Président, à décrire quelque chose qui ne correspond pas à
la réalité par le bon mot, je suis désolé. Ça ne correspond pas à la
réalité, M. le Président, mais on va continuer.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, monsieur... pour votre question complémentaire.
Caire : M. le Président, c'est sûr que, quand on confie la négociation de l'achat des
licences à la même gang qui a trouvé le tour de payer des iPad plus
cher chez le fournisseur que moi chez Wal-Mart, ça se peut qu'on se fasse dire
que ça ne marche pas comme ça. Mais la SAAQ,
elle, la SAAQ, elle, a négocié une entente pour avoir ce dont elle avait
besoin et exclusivement ce dont elle avait besoin.
Donc,
depuis combien de temps on paie en double pour rien? Et combien ça a coûté aux
contribuables québécois?
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le ministre de la Santé et
des Services sociaux, pour la
réponse.
Barrette : On a tous
remarqué que le député de La Peltrie s'est éloigné d'Outlook, parce qu'il sait très bien que ce que j'ai
dit est la réalité, est conforme à la réalité, et que son argument précédent ne
l'était probablement pas.
Ceci dit, M. le Président,
à la SAAQ, on a acheté des logiciels qui, eux, se vendent séparément. Oh! Oh!
Oh! surprise! Ce ne sont pas des logiciels
qui sont dans la suite de bureautique, ce sont des logiciels qui se vendent
séparément, comme par exemple Microsoft Project, des logiciels de
visioconférence, qu'on pourrait, nous aussi, acheter, en santé, M. le Président,
parce que ça s'adonne qu'ils se vendent séparément.
Alors,
la SAAQ a fait ce que le marché permet, ce que nous avons fait aussi. Et nous
n'avons pas payé quoi que ce soit en double et on ne...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, quand on est à la tête du fiasco du DSQ, ça se peut qu'il y ait
des concepts qu'on ne comprenne pas,
ça se peut. M. le Président, ce que je dis depuis le début, c'est la même chose. Oui, je parle de Microsoft Outlook.
Le CSPQ avait la possibilité de faire des négociations pour avoir un
ensemble adapté à ses besoins, le CSPQ ne l'a pas fait.
question s'adresse au président du Conseil du trésor : Depuis combien de temps on paie en double? Puis ça a coûté
combien au trésor québécois?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : M. le Président, quand bien même le député de La Peltrie voudrait, encore une fois... sans le
faire... ramener à la question de payer en double, je viens de lui faire
la démonstration, à deux reprises, qu'on ne paie pas en double, M. le Président.
Pour ce qui est du DSQ, il y a fait référence, lui
aussi, bien, j'imagine qu'il va être d'accord avec le fait que nous nous en allons nous-mêmes vers une version
propriétaire de tous nos logiciels d'informatique de façon à ce que... pas tous
les logiciels, mais particulièrement dans le
dossier clinique, et on prend la bonne décision pour faire en sorte que nous
soyons, M. le Président, propriétaires de notre logiciel.
Mais,
pour revenir à Outlook, parce que le député de La Peltrie aime bien
s'exprimer en même temps que moi...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Barrette :
...qu'il fasse la démonstration qu'on peut l'acheter...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Terminé.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Terminé. Mme la députée de Taillon, pour votre question
principale.
Lamarre : Les citoyens qui se rendent à l'urgence de l'Hôpital
régional de Saint-Jérôme y attendent plus de 26 heures. 26. L'Hôpital de Saint-Jérôme est le dernier, avec celui
de Gatineau, pour le délai entre le moment où on entre à l'urgence et
celui où on peut enfin voir un médecin.
Comment
le premier ministre peut-il répondre aux critiques de la Protectrice du citoyen
que ce n'est que du vent? Ce sont des
êtres humains, malades, qui sont obligés de passer des heures assis dans une
salle d'attente ou dans un corridor.
L'urgence est le symptôme; la maladie à soigner,
elle est avant et après l'urgence. Avant : par le manque d'accès à un médecin de famille et la résistance aux autres
professionnels — et le
recours inutile à l'urgence coûte cher, je voudrais le dire à notre premier ministre, coûte très cher.
Après : après l'urgence, il y a un problème parce qu'il y a un manque
d'écoute, du ministre de la Santé, aux
besoins des personnes à domicile, en CHSLD et avec des problèmes de santé
mentale.
Est-ce
que le ministre va poser des actions concrètes pour désengorger l'urgence de
Saint-Jérôme et donner un réel accès aux citoyens?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Santé et des Services sociaux.
Barrette : M. le Président, je vais commencer par faire un commentaire
sur le rapport de la Protectrice du citoyen,
que j'ai reçu très favorablement. Pourquoi? Parce que, dans le rapport, M. le
Président, on y indique quoi? Que les
plaintes baissent en santé, dans notre ministère; que les signalements fondés
ont baissé de 30 % — 30 % moins de signalements fondés, ça doit vouloir
dire quelque chose. Et la Protectrice du citoyen, dans son rapport, a identifié
les problèmes qui font
partie de ceux qui
ont été évoqués par la collègue, et elle a dit aussi, dans son rapport, que le
ministre de la Santé s'y adressait au
moment où on se parle, et elle a dit qu'elle avait hâte de voir les résultats,
même si on en voyait aujourd'hui,
mais qui n'étaient pas complétés. Puis c'est ça, nous autres aussi. La réalité,
M. le Président, est que tout ce qu'a évoqué la députée de Taillon, M.
le Président, on s'y adresse au moment où on se parle.
s'y adresse. D'ailleurs, hier, j'ai fait une annonce très claire : depuis
le début du dépôt de la loi n° 20, M. le Président, depuis le début, 420 000 personnes — ça, ce n'est pas des martiens, là — 420 000 personnes ont maintenant
accès à un médecin de famille, et ça va en
s'accroissant. Et elle a raison, la réponse commence par là. Mais c'est parce
qu'on a déposé une loi, contre laquelle elle s'est opposée...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Barrette :
...et aux autres aussi...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Barrette :
...qu'on a réussi à avoir ces avancées-là, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. En complémentaire, M. le député de Labelle.
M. Pagé : La réalité, M. le Président, c'est qu'à
tous les jours les temps d'attente sont au-delà de 24 heures. Des gens malades se présentent à l'urgence, et vous
savez ce qu'ils sont obligés de faire? La plupart... il y en a de plus en plus,
ce qu'ils font, comme solution, ils montent à Rivière-Rouge, ils se tapent
250 kilomètres aller-retour.
Alors,
s'il vous plaît, un plan d'action qui va tenir compte de la population
des Laurentides et de la population
de Saint-Jérôme.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Santé et des Services
sociaux.
M. Barrette :
M. le Président, je suis déçu de constater que le député de Labelle ne s'est
pas rendu compte qu'il y avait un plan
d'action de notre côté, hein? Alors, quel est-il, le plan d'action, M. le
Président? Les succès sont là au
moment où on se parle et ils vont aller en s'accroissant. Je viens de le
dire : En termes d'accès à la première ligne, nous sommes en train de nous
améliorer. Les indicateurs le montrent, ils ont été présentés hier.
Vous
voulez qu'on aille plus loin dans le plan d'action? Bien, allons dans le plan
d'action. Il y a trois semaines, on a
annoncé, M. le Président, 52 millions de dollars en soins à domicile,
22,5 millions de dollars en EESAD, incluant la formation de
préposés.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
En terminant.
M. Barrette :
Nous sommes en train, M. le Président, de faire une mise à jour du maintien à
domicile et des...
Vice-Président (M. Gendron) : Merci. Mme la députée de Taillon,
pour votre deuxième complémentaire.
Mme Lamarre :
M. le Président, les résultats ne sont pas là, le ministre l'a démontré
directement hier. En fait, les mesures du ministre font en sorte que
c'est plus facile d'avoir un médecin de famille si on est en santé que si on
est malade. Et ce qui se passe à
Saint-Jérôme, c'est exactement ça. Alors, le ministre ne prend pas les bonnes
mesures et ne se remet pas en question.
quand un désengorgement de l'urgence et un réel accès pour les gens de
Saint-Jérôme et pour l'ensemble du Québec?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre de la Santé et Services sociaux, en
réponse à la question.
M. Barrette : M. le
Président, c'est quand même
extraordinaire, la
députée de Taillon vient de nous dire
que les 420 000 personnes
qui ont maintenant accès à un médecin
de famille ont accès pour rien, parce
qu'ils sont en santé. Bien, ce n'est pas ce que les
420 000 personnes qui ont maintenant accès à un médecin de famille
pensent.
M. le Président, je rappellerai à l'opposition officielle qu'eux, leur solution aux problèmes de santé, a
été très simple, M. le Président, ça a été d'envoyer les médecins à la retraite et de fermer des
hôpitaux. Alors, c'est sûr que, pour corriger la situation, M. le
Président, ça demande des décisions qui sont...
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! C'est le ministre de la Santé qui... S'il vous plaît! La période de questions n'est pas terminée, puis c'est le ministre
de la Santé qui a la parole, alors on lui la laisse. À vous.
M. Barrette : Et j'avais oublié de dire, M. le Président, que le conseiller de M. Bouchard qui a fait en sorte qu'on
a mis les médecins à la retraite et fermé les hôpitaux était le député de
Rosemont. Alors là, M. le Président...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : C'est terminé. Alors, ceci met fin à la période de
questions.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la
rubrique des motions sans préavis, et, en fonction de nos règles de présentation et de l'ordre, je
vais céder la parole à M. le député de Verchères pour la présentation d'une
motion sans préavis.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Je vous demande un peu de silence. M. le député
de Verchères.
Bergeron : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Deux-Montagnes et le député de Mercier, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale exige, comme condition minimale préalable à la
ratification de l'Accord de Paris par le gouvernement fédéral, la
conclusion d'une entente avec le Québec sur sa mise en oeuvre.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, M. le député de
Verchères. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Non, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Il n'y a pas de consentement. M.
le député de Groulx, pour une motion sans préavis. Oui, M. le député de Groulx.
Surprenant : M. le Président, je demande le consentement pour déposer
la motion suivante conjointement avec le député de Bonaventure et la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement fédéral qu'il revoie l'Accord sur
le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis avant [l']échéance,
le 12 octobre prochain, afin de protéger les emplois liés aux entreprises forestières québécoises et éviter que celles-ci
soient contraintes à payer des tarifs d'exportation allant jusqu'à 25 %
sur le bois qu'elles exportent.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci, M. le député de Groulx. Y a-t-il consentement pour débattre?
Il n'y a pas de consentement. M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du
Sport.
M. Proulx :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante
conjointement avec la ministre de l'Enseignement supérieur, le député de
Lac-Saint-Jean, le député de Chambly et la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée mondiale des enseignants organisée
par l'UNESCO qui se déroule aujourd'hui;
«Qu'elle
reconnaisse le rôle des enseignants, acteurs clés du monde de l'éducation, dans
l'accompagnement de l'ensemble des élèves dans l'atteinte de leur plein
potentiel dans un objectif de réussite éducative.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci, M. le ministre. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté. M. le député de Mercier pour une autre
motion sans préavis.
M. Khadir :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la Chambre pour débattre
de la motion suivante conjointement avec le député de Sanguinet et le député de
Masson :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'honorer ses engagements en vue
de favoriser la transparence et l'acceptabilité sociale des projets de
développement sur le territoire du Québec;
«Que
l'Assemblée nationale affirme que l'analyse du Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement, [le] BAPE, est essentielle pour informer l'ensemble des
intervenants touchés par le projet d'agrandissement de la minière Canadian
Malartic;
«Que
l'Assemblée nationale presse le ministre du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte au changement
climatique de rendre public le rapport du BAPE du Québec qui lui a été déposé
aujourd'hui, le 5 octobre 2016.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, M. le député de
Mercier. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, cette motion
est-elle adoptée? Adopté. Y a-t-il d'autres motions sans préavis? M. le
leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui. M. le Président, suite à une entente
intervenue entre les groupes parlementaires, je sollicite le
consentement afin de faire une motion de consultation qui touche le projet de
loi n° 62, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, y a-t-il consentement pour
déroger à l'article 84.1 pour la présentation d'une autre...
Consentement. Veuillez poursuivre, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui, M. le Président. Et je vous avertis que c'est une motion qui est assez
longue, il y a de nombreux groupes.
Je fais motion,
conformément à l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
la Commission des institutions, dans le cadre de l'étude du projet de loi
n° 62, Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de
l'État et visant notamment à encadrer les demandes d'accommodements religieux
dans certains organismes, procède à des
consultations particulières et tienne des auditions publiques les 18, 19, 25,
26, 27 octobre ainsi que les 1er et les 2, 3, 7, 8 et
9 novembre 2016, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
«Qu'à cette fin, elle entende les
organismes suivants : la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec,
la Fédération des médecins
spécialistes du Québec, la Fédération interprofessionnelle de la santé, la
Fédération de la santé et services
sociaux, le CHUM-CHU-Ste-Justine, le CUSM, le CHU de Québec-Université Laval,
l'Alliance des communautés culturelles pour l'égalité dans la santé et
les services sociaux, la Fédération des commissions scolaires du Québec, l'Association des commissions scolaires
anglophones du Québec, la Fédération des établissements d'enseignement privé,
la Fédération des syndicats de l'enseignement,
la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec,
la Fédération autonome de l'enseignement, la Fédération des cégeps, le Bureau
de coordination interuniversitaire, le Centre
d'études ethniques des universités montréalaises, l'Association québécoise des
centres de la petite enfance, l'Association
des garderies privées du Québec, l'Association des éducatrices en milieu
familial du Québec, la Fédération des
intervenantes en petite enfance du Québec, l'Union des municipalités, la
Fédération québécoise des municipalités, le Service d'aide et de liaison pour immigrants La Maisonnée, la Table
de concertation protestante, COR, Communication, ouverture et rapprochement interculturel, l'Association canadienne des
avocates musulmanes, Conversation interreligieuse du Canada, le Congrès Maghrébin au Québec,
l'Association CJA de Montréal, l'Assemblée des évêques catholiques du Québec, le Conseil du statut de la femme, la
Fédération des femmes du Québec, l'Association de droit Lord Redding, le
Barreau du Québec, la Ligue des droits et libertés, l'Association des
policières et policiers du Québec, le Syndicat des professionnelles et
professionnels du gouvernement du Québec, le Syndicat de la fonction publique
du Québec, l'Alliance des cadres du Québec,
la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, la
Fédération des travailleurs du
Québec, Mme Micheline Milot, sociologue, M. Jocelyn Maclure,
philosophe, M. Gérard Bouchard, historien et sociologue, M. Charles Taylor, philosophe, Mme Nadia El
Mabrouk, l'Association féminine d'éducation et d'action sociale, le
Collectif citoyen pour l'égalité et la laïcité, la CSN, Les juristes pour la
laïcité et la neutralité de l'État, Me Guillaume Rousseau, avocat en droit
constitutionnel, le Mouvement national des Québécoises et Québécois, le Rassemblement pour la laïcité, Me Philippe
Lampron, professeur de droit à l'Université Laval, Mme Micheline Labelle,
professeure de sociologie à l'UQAM et
ancienne directrice de la Chaire de recherche sur l'immigration,
Mme Djemila Benhabib, Mme Fatima Houda-Pepin, Me Julie
Latour, Me Henri Brun, avocat, professeur associé à la Faculté de droit de
l'Université Laval, la Table de concertation
en soutien aux personnes réfugiées et immigrantes, Mme Dalila Awada,
l'Union étudiante du Québec, la Fédération étudiante collégiale du
Québec, l'Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité,
M. Guy Rocher, professeur en sciences sociales au Département de
sociologie de l'Université de Montréal, Mme Yasmina
Chouakri, membre associée au Centre de recherche en immigration, ethnicité et
citoyenneté de l'UQAM, M. Haroun
Bouazzi, de l'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au
Québec, Libres penseurs athées, l'Association humaniste du Québec,
Mme Michèle Sirois — Pour
le droit des femmes du Québec;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de
la manière suivante : 6 minutes
au groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 30 secondes au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle et 2 minutes 30 secondes au deuxième
groupe d'opposition;
«Que la durée
maximale de l'exposé des organismes soit de 10 minutes et l'échange avec
les membres de la commission soit d'une
durée maximale de 35 minutes partagées ainsi : 17 min 30 s
pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 10 min 30 s pour l'opposition officielle et 7
minutes pour le deuxième groupe d'opposition; finalement,
«Que la ministre
responsable de la Justice soit membre de ladite commission pour la durée du
mandat.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le
leader adjoint, pour la lecture de cette longue motion. Cette motion
est-elle adoptée?
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté. Y a-t-il d'autres motions sans préavis?
Sinon,
nous allons passer aux avis touchant les travaux des commissions. Encore à
vous, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui. Merci encore, M. le Président. J'avise
cette Assemblée que la Commission de la santé et des services sociaux
complétera les consultations particulières à l'égard du projet de loi
n° 99, Loi modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres dispositions, aujourd'hui, à
compter de 11 h 15, pour une durée de 1 h 30 min, à la
salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'économie et du travail entreprendra les consultations particulières à l'égard
du projet de loi n° 53, Loi actualisant
la
Loi sur les décrets de convention collective en vue principalement d'en
faciliter l'application et de
favoriser la transparence et l'imputabilité des comités paritaires,
aujourd'hui, à compter de 11 h 15, pour une durée de
1 h 45 min, et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de la
culture et de l'éducation poursuivra, quant à elle, l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 105, Loi modifiant
la
Loi sur l'instruction publique, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, et de 15 heures à 18 heures, à la
salle du Conseil législatif;
Et, finalement, la Commission de
l'aménagement du territoire poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de
loi n° 110, Loi concernant le régime de
négociation des conventions collectives et de règlement des différends dans le
secteur municipal aujourd'hui, après les
affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle des
Premiers-Ministres,1.38, de l'édifice Pamphile-Le May, et de
15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le leader
adjoint du gouvernement. Ces avis sont donnés.
Pour
ma part, je vous avise que la Commission de l'administration publique se
réunira aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres
de l'édifice Pamphile-Le May, en séance de travail, de 15 heures à
15 h 30, afin de préparer l'audition du ministère de la Culture et des Communications et de la Régie du cinéma
concernant leur gestion administrative et leurs engagements financiers;
en audition publique, de 15 h 30 à 18 h 30, afin d'entendre
le ministère de la Culture et des Communications
et la Régie du cinéma; enfin, en séance de travail, de 18 h 30 à
19 heures, afin de statuer sur les observations, les conclusions et
les recommandations à la suite de l'audition.
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée...
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous passons maintenant aux
affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement, pour la suite
des choses.
Sklavounos :
Article 14, s'il vous plaît, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) :
L'article 14 de notre feuilleton.
L'Assemblée reprend le débat ajourné le 4 octobre 2016 sur la motion de report présentée par M. le
député de Richelieu dans le cadre de l'adoption du principe du projet de loi n° 106, Loi concernant la mise en oeuvre
de la Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions
législatives.
Alors,
avant de céder la parole au prochain intervenant, je vous informe qu'il reste
1 h 11 min 9 s au débat, dont 41 min 24 s au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 23 min 45 s au deuxième groupe
d'opposition, six minutes aux députés indépendants.
Lors de l'ajournement
des travaux hier, le député de Mégantic avait la parole. Je vois qu'il est
debout pour poursuivre et terminer son intervention. Alors, M. le député de
Mégantic, je vous cède la parole.
Bolduc : Merci, M. le Président. J'ai été coupé dans mon élan, dans
son démarrage hier, donc je vais reprendre une
partie du point de départ. Le Parti québécois nous a parlé
d'acceptabilité sociale, nous a parlé de prédictibilité, nous a parlé d'avancement. Quand on regarde leur
trajet, il est très difficile de comprendre comment ça fonctionne. Parce que,
souvent, on parle d'un parti qui a deux
faces, mais, dans ce cas-là, il y a quatre faces, c'est bien clair. Le député
de Sanguinet a voulu scinder le
projet de loi en quatre parties. Maintenant, on nous parle d'un report d'un mois pour réfléchir sur la situation.
Pourtant,
quand ça a été le temps de faire de l'exploration à Anticosti en 2013, on a
fait ça sans BAPE, sans analyse, sans
étude, ce n'était pas important. Quand on a mis un terminal à Sorel-Tracy où...
Le député de Sanguinet, encore, nous parlait des risques du pipeline et de tout, mais on n'a pas de problème
à entreposer du pétrole dans le port de Sorel-Tracy sans évaluation,
sans problème. Tout ça, ça fonctionne bien.
maintenant, quand on arrive pour faire des évaluations,
on regarde le député de Sanguinet qui nous dit qu'il faut couper le projet en quatre pièces, le député de
Rimouski qui nous dit : On doit le couper en deux
pièces et, après, le député de Gaspé qui nous dit qu'en deux pièces, c'est O.K.,
mais il y a des parties dans mon comté qui seraient capables d'accepter que ce projet-là se développe parce qu'il
y a des gens qui sont en faveur, en fait, de l'exploration et du développement
des ressources hydrocarbures dans mon comté. Moi, je proposerais au Parti québécois,
l'opposition officielle, de faire un lac-à-l'épaule deux fois pour être
certains qu'ils rassemblent l'ensemble des opinions, pour avoir une certaine homogénéité, ce qui leur permettrait peut-être
de garder leur chef plus d'un an pour la
prochaine fois. Ça aurait peut-être une notion d'évolution
importante.
gouvernement a travaillé efficacement, et, à date, on a fait
trois BAPE, quatre études, on a reçu 30 groupes, et il y
a eu 70 mémoires de déposés pour
la préparation du projet de loi n° 106. Donc, on ne peut pas dire qu'on ne prévoit
pas, qu'on ne planifie pas et qu'on n'essaie
pas d'organiser un projet de loi qui correspond aux besoins des Québécois.
De plus, le ministre a déposé une série d'amendements qui répondent en
partie aux besoins des municipalités pour les ajustements qui seront
nécessaires dans l'élaboration du projet de loi.
Donc, je
pense qu'il est très, très important aussi de mentionner... Parce qu'on a entendu hier qu'il n'y avait pas de protection adéquate sur les basses-terres du Saint-Laurent, on a entendu
parler de «fracking», on a parlé d'exploration verticale,
d'exploration horizontale, je voudrais rappeler à la population qu'on a déjà
une loi qui limite les activités pétrolières
et gazières dans les basses-terres du Saint-Laurent. Donc, on est déjà en
partie à la bonne place. Ce dont on parle
ici, c'est l'élaboration d'une
loi sur les hydrocarbures qui a pour objectif
d'encadrer les activités pétrolières. Donc, quand on nous dit
qu'on veut de la prévisibilité, c'est exactement ce que le projet de loi a pour
objectif fondamental, de prédire un encadrement qui va permettre aux
pétrolières de procéder à travers un protocole qui va être adéquat et satisfaire aux besoins de la population
du Québec, qui a besoin d'être rassurée. Donc, il n'y a
pas de doute dans ce cas-là.
Je voudrais
aussi rappeler à l'opposition officielle que, dans les hydrocarbures, il y a
aussi du gaz naturel, et le gaz
naturel est un produit qui est en développement de façon importante et qui représente un substitut
transitoire entre les hydrocarbures conventionnels — donc,
le pétrole, le gaz et le diesel — et les énergies pures, propres,
l'électricité, l'hydrogène, etc. Donc, le gaz naturel est une transition normale qui va se faire en réduisant les gaz à effet de serre de 25 % à 30 %,
dépendant des applications, et qui va nous permettre d'évoluer. Donc, quand on
parle de la loi n° 106 et qu'on parle des hydrocarbures, on parle d'une série de paramètres qui ont pour
objectif d'encadrer les opérations de l'industrie pétrolière, et de
l'exploration, et des opérations.
Donc, M. le Président, je crois qu'il est important de remettre les pendules à l'heure. Il
faut aussi se rappeler qu'il y
a des régions comme Portneuf, la Beauce, le Lac-Saint-Jean qui attendent après
le projet de loi pour définitivement développer
des potentiels ou faire de l'exploration dans leur région. Donc, on comprend,
ici, qu'il n'y a pas unanimité, mais ce n'est pas la situation qui est décrite par l'opposition officielle, loin de là. Donc, il est très clair, à mon avis,
que l'opposition officielle essaie de retarder l'applicabilité du projet de loi parce que, dans la réalité des faits, c'est gênant
quand nous, on fait n'importe quoi, n'importe comment et que le gouvernement
libéral arrive en arrière et essaie de structurer,
organiser, encadrer et de permettre à la société d'avoir une
implication et une direction très claire et bien définie.
Donc, M. le Président, je vais terminer là-dessus et je vais dire que, pour nous, le projet de loi n° 106 va répondre aux besoins de la population du Québec. Il
faut juste ajuster en fonction des paramètres qui sont en cours actuellement, et je crois que nous allons avoir un très
bon succès. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M. le député de Mégantic. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, je vous cède la
parole. Vous avez droit à six minutes.
Massé : Merci, M. le Président. Alors, je veux dire, d'entrée de jeu, que Québec solidaire appuie la motion de report présentée par le porte-parole
de l'opposition officielle. Je vais
vous expliquer pourquoi. Mon collègue vient de nous
dire : Pourquoi, dans le fond, on devrait attendre alors qu'on attend depuis si
longtemps? Eh bien, ce pourquoi il faut reporter l'étude du projet de loi n° 106, c'est parce
que les groupes que nous avons consultés, de façon majoritaire, à l'exception, bien sûr, des gazières et des
pétrolières, à l'exception des chambres
de commerce, sont venus nous dire que
ce projet de loi là est inacceptable, M. le Président. Est inacceptable
pourquoi? Bien, parce qu'il fait une chose et son contraire. On a voulu offrir au gouvernement de pouvoir aller rapidement sur le volet de la
transition énergétique. Malheureusement, dans son entêtement, le gouvernement a dit : Non, il faut parler de tout. Même
si on parle d'une chose et de son contraire, même si on parle des deux côtés
de la bouche, il faut en parler.
Alors, ils
ont rejeté hier la motion de scission, qui était... Ça aussi, je le redis,
notre collègue du gouvernement
vient de dire : On a assez consulté, il y a
eu trois BAPE, quatre études environnementales stratégiques,
70 mémoires. Mais, justement, 70 mémoires dans lesquels, très
majoritairement, on a la population, la société civile, les groupes qui la représentent sont venus nous dire : On ne
veut pas aborder ces deux thèmes-là ensemble. Pourquoi? Bien, parce que ça ne
va pas ensemble, M. le Président.
C'est dur,
comme législateurs, de réfléchir et de faire avancer un projet de loi qui vise
à nous amener dans une transition
énergétique... Et tout le monde le sait maintenant, là, j'y étais, à Paris au
printemps dernier, M. le Président... Et d'ailleurs les gens du gouvernement y étaient aussi, et ils étaient très
fiers de dire que le Québec était un leader en matière de changements climatiques. Eh bien, je pense que,
si on le dit comme ça, leader en matière de changements climatiques, c'est la grande capacité qu'a le gouvernement
actuel — et j'en
suis — de dire
aussi les gouvernements antérieurs... de faire en sorte que le Québec rentre dans les hydrocarbures au lieu de
faire ce que le reste de la planète est en train de faire, c'est-à-dire
d'en sortir.
Et le projet
de loi n° 106 qui est devant nous, ce pour quoi la motion de report est
importante à notre sens, c'est que
les groupes consultés — et ils ne l'ont pas tous été — nous ont dit que ce projet de loi là ne peut
pas aller de l'avant tel qu'il est
là, avec une première
partie qui dit une chose et une deuxième qui dit son
contraire, notamment sur la
loi sur les
hydrocarbures. Et c'est pour ça qu'il faut qu'on soit capables de se donner le
temps, puisque ça dit une chose et son contraire, de voir comment...
Puisque le gouvernement semble complètement fermé à l'idée même de comprendre, M. le Président, que ça dit une chose et son
contraire, ce qu'on veut à cette étape-ci, c'est de se donner une autre chance
de comprendre les impacts et les implications de ce projet de loi là parce
qu'ils sont nombreux.
Et là je nous
rappelle collectivement que le projet de loi a été déposé la dernière
journée... ou, à tout le moins, l'avant-dernière journée de la session
avant les vacances d'été, que les consultations ont eu lieu durant l'été, ce
qui exigeait de la part des citoyens et des
citoyennes qui voulaient étudier cette loi, qui est assez consistante... Voir
les impacts et les implications de
modifications proposées, ça leur a exigé de travailler durant leurs propres
vacances. C'est vraiment insultant
pour la population quand des projets aussi fondamentaux que ceux, par exemple,
de la transition énergétique, les
défis du siècle, quand ces projets de loi là nous sont proposés durant notre
période de vacances. C'est vraiment, vraiment, vraiment insultant, d'autant plus que la politique
de transition énergétique 2030 avait déjà été déposée antérieurement durant l'hiver. Et les gens pouvaient voir venir
ce qui s'en venait, mais je peux vous dire, pour avoir été aux auditions
des groupes, ne s'attendaient pas à ce que ce gouvernement-là dise qu'il
voulait, d'une part, aller dans une transition énergétique et, de l'autre part,
permettre... on dit encadrer l'exploitation des hydrocarbures.
Il faut bien
être conscient, là, l'intervention qui vient d'être faite a, elle aussi, dit
une chose et son contraire. Elle a dit
que le moratoire s'appliquait encore, qu'il y avait des lois qui protégeaient
l'exploration et l'exploitation de gaz de schiste sur la vallée du Saint-Laurent et, en même temps, elle nous dit
que les gens de Portneuf attendent avec impatience pour être capables de
faire de l'exploration. Alors, on est protégés ou on ne l'est pas?
Alors, voilà
pourquoi, M. le Président, c'est fondamental qu'on se donne le temps. C'est
l'avenir de la planète. Ce n'est même pas l'avenir du Québec, c'est
l'avenir de la planète. Et je terminerais en disant que c'est d'autant plus
important qu'on sent que ce gouvernement-là a beaucoup plus l'oreille attentive
aux lobbyistes des gazières et des pétrolières qu'à sa propre population, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
On me signale que la deuxième opposition ne se prévaudra pas de son
temps de parole. Donc, on va répartir leur temps.
Pour
l'opposition officielle, il va vous rester 11 min 52 s et, pour
la
partie ministérielle, 45 min 31 s. Je suis prêt à
céder la parole à un prochain intervenant. M. le député de Dubuc.
M. Simard :
Merci, M. le Président. M. le Président, on est ici pour parler, justement, de
la finalité de la Politique énergétique 2030
pour le bien des gens qui nous écoutent. Donc, cette finalité-là, bien sûr, M.
le Président, c'est d'assurer la
sécurité et les approvisionnements énergétiques des Québécois et de favoriser
la mise en valeur des ressources énergétiques renouvelables et fossiles du Québec en toute sécurité pour les
personnes, en accord avec la communauté d'accueil et dans le respect de l'environnement. Et elle doit aussi
s'arrimer avec les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre à
long terme, agir comme levier à la création de richesse pour l'ensemble de la
population et des régions du Québec, favoriser une consommation énergétique
responsable, M. le Président.
Donc, le
projet de
loi sur la politique énergétique du Québec, M. le Président, 2030,
c'est comme une recette de gâteau, M. le Président. J'entendais les
partis des oppositions, il fallait scinder ça, il fallait absolument qu'on
retarde ça pour le ramener puis le couper en
quatre. Ça n'a pas de sens, M. le Président. Avez-vous essayé de goûter un
gâteau, M. le Président, item par
item? Essayez de manger de la poudre à pâte, si vous allez aimer ça, voir. Vous
allez dire : Ce n'est pas
mangeable, ça, hein? Essayez de manger de la farine. Peut-être, ça se mange, M.
le Président, mais vous allez avoir
une drôle de face après. Donc, de là l'importance, M. le Président... C'est un
projet de loi, c'est un tout, et, véritablement, il faut s'assurer qu'on
réussisse, qu'on réussisse à le faire ensemble, mais correctement.
M. le
Président, vous savez, l'ensemble des intervenants, ici, à la Chambre, le fait
pour le bien de la population, et il faut,
justement, s'assurer qu'on doit le faire correctement. Je le répète, hier, j'ai
resté tout spécialement pour entendre le
député de Sanguinet, qui, après la volonté de la CAQ de scinder le projet de
loi en deux, M. le Président, le député de Sanguinet s'est levé et lui a fait une motion de report. Motion de
report, M. le Président, c'est quoi que ça veut dire? Ça veut dire qu'on retarde. Donc, si on retarde, on
pense qu'en retardant on va aider les Québécois, M. le Président. Je pense
que c'est faux. Moi, ma grand-mère, elle m'a
tout le temps dit, M. le Président, écoutez, elle m'a tout le temps dit : Après l'heure, ce n'est plus l'heure. Donc, tu risques de manquer bien des
choses, tu risques d'être trop tard, tu risques de te faire planter.
Pourquoi? Parce qu'après l'heure ce n'est plus l'heure. Donc, à partir de là,
moi, je ne comprends pas, M. le Président, où les gens de l'opposition veulent
aller avec un report, ça n'a pas de sens.
Ça n'a pas de
sens, M. le Président, parce que la loi, elle est là pour justement... Je vais
la comparer, M. le Président, ici à
la construction du pont Champlain. Si on la compare à la construction du pont
Champlain... Parce que c'est quand même
un item extrêmement important, la loi que l'on veut mettre en place ici, M. le
Président. Si on dit : Écoutez, on ne réparera pas le pont Champlain, ça coûte bien trop cher, ça n'a pas de
maudit bon sens, ça coûte trop cher aux Québécois, on va laisser ça
comme c'est là, donc des risques de sécurité, des gens qui peuvent nécessairement
avoir des grands malheurs si on ne fait pas
ce qu'il faut. Ça coûte des millions de dollars de réparer le pont. On va
le réparer puis, après ça, on va le
mettre à terre. Mais, pendant cette période-là qu'on le répare pour le bien de
la population, M. le Président, on va construire un nouveau pont à côté
qui, lui, lorsque ce sera terminé, va bien servir la population.
C'est la même
chose au niveau du projet de loi, on dit : On va avoir dans ce projet de
loi là une
partie pour les hydrocarbures et une
partie pour faire la
transition vers les énergies vertes. Donc, à partir de là, c'est très clair
qu'on doit assurer que ce qui se fait au
moment d'aujourd'hui sur les hydrocarbures, on soit en mesure de protéger les
Québécois, de s'assurer que ça, ça se
fait correctement. On a besoin encore de 10 milliards de dollars par année
d'hydrocarbures. On en a encore
besoin, on nous dit, là, jusqu'au moins 2050. Pourquoi qu'on ne protégerait pas
l'environnement, s'assurer que ça se
fait correctement, en collaboration avec les communautés, en collaboration avec
les MRC, les municipalités, s'assurer
qu'ils ont le droit de parole, s'assurer qu'on va réussir nécessairement à
faire ça ensemble, M. le Président? Mais, pour ça, il faut qu'on ait une
partie de la loi qui parle des
hydrocarbures, qui s'assure qu'on ne fera pas les mêmes erreurs du
passé.
Je me souviens, moi, M. le Président, dans le
temps que j'étais ministre des Mines, on a essayé, j'ai essayé... C'est le Parti québécois qui l'a fait, mais avec
le même libellé de la loi que je voulais faire passer qu'ils n'ont jamais voulu
faire passer. Mais ils l'ont fait passer en
catastrophe par après parce qu'ils étaient au pouvoir. Mais, M. le Président,
tout le long de toutes les
commissions parlementaires sur ce sujet, tous les intervenants environnementaux
qui venaient nous parler, ils nous parlaient d'hydrocarbures, ils nous parlaient de
l'importance d'avoir une
loi sur les hydrocarbures pour corriger certains aspects qui étaient
problématiques, et voilà qu'aujourd'hui, d'un coup sec, ce n'est plus
important, ça n'a pas de bon sens,
c'est impensable d'essayer de régler un problème, mais il faut parler
maintenant de la transition vers les énergies vertes.
On ne peut
pas faire ça tout seul, M. le Président. Je l'ai expliqué tantôt, on répare le
pont au moment où on se parle pour en
construire un nouveau. Donc, essayons de faire les choses correctement avec la
partie de
loi sur les hydrocarbures
dans ce projet de loi là, M. le Président. Par la suite, en même temps, on va
être capables de préparer la transition
vers les énergies vertes. C'est ça qui est important. C'est ça que les
Québécois nous demandent, M. le Président. On ne peut pas laisser les
choses comme on les faisait avant.
Donc, de là,
c'est la raison pour laquelle je vous dis que c'est un tout. C'est comme une
recette de gâteau, on ne peut pas faire ça un sans l'autre, c'est impensable
parce que ce sont des ingrédients nécessaires pour que globalement le projet de loi ait les impacts qu'on veut qu'il
ait. Puis, par la même occasion, s'assurer que les Québécois vont avoir le
droit de parole, je l'ai dit tout à l'heure, s'assurer que les populations ne
seront pas laissées pour compte, elles vont avoir
le droit de s'opposer, leur donner les moyens, et que les promoteurs, eux, vont
savoir exactement où ils s'en vont, et que tout le monde ensemble, ici,
dans cette Assemblée, M. le Président, qu'on soit des gens qui,
véritablement... à la fin de tout ça, à la
fin de tout ça, qu'on puisse faire la démonstration qu'on a bien travaillé pour
les Québécois. C'est ça, l'objectif de tout le monde, M. le Président.
Et, en terminant, M. le Président, je voudrais
dire ceci. Le projet de loi met en oeuvre tous les chapitres de la Politique
énergétique 2030. Le projet de loi ne sera pas scindé en deux, on l'a vu hier, il y a
eu un vote là-dessus. C'est terminé,
on n'en parle plus. La transition énergétique du Québec inclut les hydrocarbures, comme la construction, je l'ai
dit tout à l'heure, du pont Champlain. C'est
indissociable, on répare le pont puis on en fait un nouveau. C'est comme ça
que ça fonctionne.
Le projet de
loi met en oeuvre la politique énergétique et la transition énergétique comme
un tout. Il est important de rappeler
que les objectifs de la transition énergétique et l'encadrement légal des
hydrocarbures ne sont pas incompatibles si on tient compte du portefeuille énergétique du Québec. Je l'ai dit un
petit peu auparavant, écoutez, on en achète encore pour 10 milliards de dollars par année. Donc,
on ne peut pas passer à côté de ça, c'est impensable. D'ailleurs, l'objectif
de la politique énergétique de réduire de
40 % la quantité de produits pétroliers consommés d'ici 2030 démontre bien
que les hydrocarbures sont un aspect indissociable du projet de loi
n° 106.
La FQM a
d'ailleurs déclaré, M. le Président, que le projet de loi ne doit pas être
scindé. Depuis 2007, le Québec a
indiqué vouloir se doter d'une
loi sur les hydrocarbures. Tous les intervenants
viennent nous le dire, et voilà qu'aujourd'hui : Ah! ce n'est pas important. Ça n'a pas de bon
sens. Ça ne tient pas debout, la suite, M. le Président, dans les idées de mes
collègues de l'opposition, ça ne tient pas
debout. Il faut que les intervenants de l'ensemble du Québec sachent que c'est
l'heure, c'est l'heure d'y arriver, M. le Président. Et ça, on ne pourra pas
passer à côté de ça.
Contrairement à eux, nous croyons qu'il est grand temps d'adopter le cadre légal, et
celui que nous proposons sera donc
l'un des plus stricts en Amérique du Nord. Ils vont avoir beau regarder les voisins,
comment est-ce qu'ils font, M. le Président, ça va être plus strict ici,
au Québec, que partout ailleurs en Amérique du Nord, de là l'importance d'y aller immédiatement. Nous sommes engagés à présenter un projet de
loi sur les hydrocarbures, et ce, depuis bientôt 10 ans. Il est grand temps que le Québec se dote d'une
telle loi.
M. le Président, le projet de loi n° 106 n'est sûrement pas parfait, mais retarder est
la pire chose à faire pour le bien du
Québec et le bien de l'ensemble des Québécois. Et, si nous travaillons bien ensemble, c'est-à-dire le gouvernement et les oppositions, M. le Président, dans l'étude
article par article, il y a déjà des amendements qui sont proposés, sûrement qu'il
va y en avoir d'autres avec les discussions, M. le Président, nous
arriverons à l'améliorer, bien sûr, pour le bien de tous, pour le bien des Québécois, le bien de ceux qui vont nous suivre, M. le Président. Et c'est la raison pour laquelle mon parti, M. le Président, va
voter contre la motion de report. Voilà, M. le Président. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député de Dubuc,
pour cette intervention. Je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Vachon, et vous disposez de 11 min 52 s. À vous la parole.
Ouellet : Merci, M. le Président. Donc, on est ici, en cette Chambre, pour une
motion de report, une motion de report parce que la motion de scission
qu'on a présentée depuis quelques jours, qui a été votée hier, a été refusée
par le Parti libéral. Une motion de scission qui est demandée par plus de 60
groupes environnementaux, par plus de 100 municipalités
via des résolutions municipales, par les citoyens du Québec parce qu'effectivement dans le projet de loi n° 106, c'est un amalgame. C'est un
amalgame de transition énergétique, d'hydrocarbures, de Régie de l'énergie puis
d'électrification des transports. C'est tellement un amalgame, M. le Président,
qu'une décision qui a été rendue par la présidence...
Je ne sais pas si c'est vous particulièrement. Non? Donc par une autre
présidence concernant la scission. Et,
en acceptant que la scission pouvait se faire, c'est qu'effectivement la
présidence a conclu que le projet de loi pouvait contenir quatre projets de loi. Parce qu'on dit qu'une motion de
scission, pour être déclarée recevable, la jurisprudence parlementaire a reconnu à maintes reprises qu'un
projet de loi doit comporter plus d'un principe. Et donc chaque projet
de loi doit avoir un principe et être autonome et cohérent.
Donc, il a été établi que, dans le projet de loi
n° 106, il y avait effectivement quatre principes qui auraient pu produire
la scission de quatre projets de loi. Et c'est ce qui est demandé par
l'ensemble de la population, de retirer du projet de loi n° 106 toute la
section des
hydrocarbures parce que, M. le Président, ce projet de loi n° 106 là, là,
c'est assez cynique comment ça s'est
fait. Le projet de loi n° 106 a été déposé la dernière semaine, la
dernière ou l'avant-dernière journée
de la session parlementaire, mois de juin, et ensuite les groupes ont été
convoqués en plein été, en pleine période de vacances. Les groupes, M.
le Président, ce sont des bénévoles qui travaillent, qui travaillent à temps
plein, qui ont leurs familles puis qui, en
plus, s'impliquent pour la société. Et là, en pleine période de vacances... Et
pire que ça, plusieurs groupes se
sont vu refuser l'accès de la commission parlementaire, alors qu'ils
souhaitaient être entendus, alors qu'ils représentent des groupes
extrêmement importants du côté...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Question de règlement, M. le leader adjoint.
Sklavounos :
Simplement vous dire et préciser, la collègue est une parlementaire
d'expérience, elle sait que les
groupes parlementaires qui sont invités... se fait sur une entente entre les
leaders. Il n'y a personne qui a été exclu par le gouvernement. C'est
une entente entre leaders qui fait en sorte de dresser la liste des
intervenants.
Vice-Président (M. Ouimet) : Bien, alors, ce n'est pas vraiment
une question de règlement, mais veuillez poursuivre, Mme la députée de
Vachon.
Ouellet : Mais, M. le Président, on a proposé plus de groupes, qu'ils ont refusés. Ils sont
majoritaires, ils sont décisionnels, hein? Je pense qu'il faut qu'ils
assument leurs décisions, là. Ils ne peuvent pas dire que... Il y avait plusieurs
groupes, on a proposé plusieurs groupes qu'ils ont refusé d'entendre. Ça fait
que c'est exactement ça.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
M. le leader adjoint.
Sklavounos : ...groupes qui n'ont pas pu être entendus pour
différentes raisons. Ils avaient le
moyen d'envoyer un mémoire et se
faire entendre d'autres façons. Alors, les gens ont été entendus. Maintenant,
de quelle façon, ça peut différer dans les...
Vice-Président (M. Ouimet) : D'accord. Alors, écoutez, ce
n'était pas une question de règlement, là. Si vous souhaitez prendre la parole après l'intervention
de la députée de Vachon pour donner votre point de vue sur l'entente ou
la non-entente, ça peut se faire.
Vice-Président (M. Ouimet) : Nous avons une communauté de
vision, M. le député de Berthier. Alors, veuillez poursuivre, Mme la
députée de Vachon.
Ouellet : Merci, M. le
Président. Bien, en fait, effectivement, il y a des groupes qui ont déposé un
mémoire, mais ils auraient souhaité
aussi se faire entendre. Et ça, je pense que c'est important. Et je vois le
député de Laurier-Dorion me faire des
grands signes, lever les épaules puis les bras en l'air. Bien, il avait juste à
dire oui, M. le Président, ils auraient pu être entendus. Et je pense que c'est essentiel dans la démocratie, un
sujet aussi important, qui a fait l'objet de plusieurs études du Bureau
d'audiences publiques en environnement, qui a fait aussi l'objet d'évaluations
environnementales stratégiques, deux, peut-être même trois... trois, même, au
Bureau d'audiences publiques en environnement.
Donc, je
pense que ça aurait été essentiel de pouvoir entendre les groupes concernés
parce que, comme je vous disais, M.
le Président, c'est assez cynique, comment ça s'est présenté parce qu'en plein
été alors que les gens sont en vacances...
Et de mettre comme ça — puis ce n'est pas la première fois que ça arrive — dans un projet de loi, une
section très amère avec une
section plus sucrée, on a
l'impression d'une espèce de chantage. C'est-à-dire que... bien, si vous voulez
le bout sucré, là, bien, avalez le
bout amer, avalez la couleuvre. Je me rappelle d'un exercice comme celui-là,
qui avait été aussi fait par le Parti
libéral. C'était lorsqu'il y avait eu une loi, la loi d'interdiction pour
l'exploration pétrolière dans le fleuve
Saint-Laurent. Ça, c'était le bout sucré, mais ils nous avaient mis, dans ça,
le bout amer concernant le gaz de schiste dans la vallée du
Saint-Laurent puis sur les permis.
Donc, c'est
une technique qui n'est pas très élégante. Et je pense que, justement, quand on
demande une scission, ça permet
d'étudier chaque morceau individuellement et à sa juste valeur et ça permet de
faire les représentations sur chacun des
morceaux. Parce que, oui, M. le Président, on va être d'accord avec la
transition énergétique. Puis il y aura des amendements. J'ai déjà des collègues qui les ont présentés, il y a des
questionnements. On est d'accord avec l'électrification des transports mais peut-être pas exactement
comment ça a été présenté. Puis d'ailleurs l'électrification des transports,
on se rappellera que le gouvernement libéral
a coupé de la moitié les sommes que le Parti québécois avait annoncées du
côté de l'électrification des transports.
Mais
là on parle de la
section sur la
Loi sur les hydrocarbures. Et, M. le
Président, il y a du travail qui a été fait, et on sait que le Parti québécois aurait souhaité avoir un moratoire sur
le gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, mais malheureusement nous étions minoritaires, et
il n'y avait pas de volonté du côté du Parti libéral ni de la CAQ pour
appuyer ce moratoire-là. Mais, si je relis la conclusion du Bureau d'audiences
publiques en environnement, de son rapport
de... je crois que c'est novembre 2014. Et vous me permettrez de la lire, M. le
Président, parce que c'est assez
important, là : «En conclusion, en raison de l'ampleur des impacts
potentiels associés aux activités de l'industrie du gaz de schiste dans un milieu aussi peuplé et aussi sensible que les basses-terres du
Saint-Laurent, en raison également des incertitudes qui subsistent quant aux impacts
potentiels sur la qualité de l'eau des aquifères et la capacité de l'industrie de préserver l'intégrité des
puits à très long terme — l'intégrité des puits, M. le Président, là, c'est parce que,
dans le cas du gaz de schiste puis quand il
y a de la fracturation, on ne peut pas garantir qu'il n'y aura pas de fuite,
puis tout ce qu'on constate avec le
temps, c'est qu'effectivement il y a des fuites, donc on ne peut pas garantir
une fermeture qui est scellée et qui
est sécuritaire des puits — la commission d'enquête est d'avis qu'il n'est pas démontré que l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste
dans les basses-terres du Saint-Laurent avec la technique de fracturation
hydraulique serait avantageuse pour le Québec.»
fait que ce qu'ils sont en train de dire, là, ils sont en train de dire que les
impacts sont trop importants pour les
avantages anticipés. Ils sont en train de dire de ne pas aller dans cette
aventure-là. Il aurait donc fallu retrouver... On n'est plus rendus à un moratoire sur les gaz de
schiste parce que, vous savez, M. le Président, il n'y en a pas, actuellement,
de moratoire. Les activités n'avancent pas
vite parce que le prix du gaz naturel est bas, mais il n'y en a pas, de
moratoire. Et là, là, c'est sur les
épaules des citoyens que ça repose, la surveillance des entreprises. On est
rendus, au Québec, à une loi
d'interdiction pour le gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent.
Et ça, ça devrait se retrouver dans le projet de loi n° 106, M. le
Président.
Et donc je ne
comprends pas pourquoi le gouvernement libéral a refusé la scission et pourquoi
il refuserait... Donc, ce qu'on propose avec
la motion de report, ce qu'on propose, c'est de reporter, de donner le temps au
Parti libéral de regarder et
d'analyser en fonction de toutes les nouvelles adoptions qui ont été faites au
niveau des propositions municipales et
de prendre un mois de réflexion — je pense que c'est correct — pour revenir avec des amendements, ou un
meilleur projet, ou accepter une
autre scission, de proposer une autre scindée en quatre, une autre scission.
Minimalement, de retirer la
section
des hydrocarbures pour ne pas rentrer dans une espèce de chantage, entre
guillemets, du sucré puis du amer. Donc, c'est ce que nous demandons.
sur toute la
section des hydrocarbures, M. le Président, il y a tellement...
Puis les groupes sont venus présenter plein
d'amendements. Il y a des choses extrêmement importantes qui sont demandées
tant de la part des municipalités, des
groupes : de la transparence, plus d'information. Il faut aussi absolument
que le BAPE se fasse avant le forage et la fracturation. Et ça, il faut que ce soit dans la loi. C'est essentiel.
C'est incontournable parce que c'est au moment de la fracturation que se produit le problème
environnemental. Peut-être, M. le Président, pour expliquer pour les gens qui
ne connaissent peut-être pas c'est quoi, la fracturation, j'ai eu
l'occasion même d'aller dans une classe de sixième année pour expliquer le gaz de schiste et la
fracturation. Lorsqu'on parle de gaz naturel conventionnel, on fait un forage
vertical, et le gaz naturel se retrouve dans une grande poche. Et donc,
là, à ce moment-là, il y a du pompage.
Mais,
quand on parle de gaz de schiste, ce n'est pas ça du tout. C'est comme si le
gaz était pris dans des petites bulles.
Imaginez-vous une palette de chocolat Aero, et c'est comme si le gaz naturel
était pris dans les petites bulles. Donc, à ce moment-là, il y a un forage vertical, et ensuite il y a un forage
horizontal dans la palette de chocolat. Et le tuyau qui va dans la
palette de chocolat, il y a des trous, et là on met de l'eau avec plein de
produits chimiques à très, très haute pression.
C'est tellement une haute pression que, lorsque ça part, on est capables de le
mesurer sur l'échelle Richter, ça fait comme un petit minitremblement de
terre. On ne va pas nécessairement le ressentir, mais on peut le mesurer.
là on va essayer d'aller éclater les bulles. Ça fait qu'on fait des fractures
dans la palette de chocolat pour aller chercher
toutes les petites bulles, mais on n'a pas de contrôle jusqu'où va s'arrêter la
fracture. Elle va-tu s'arrêter à la palette de chocolat ou elle va traverser, elle va aller rejoindre des failles
déjà existantes dans la roche? Et là elle peut aller rejoindre de l'eau souterraine ou elle peut même aller
rejoindre la surface. Et c'est comme ça qu'il y a, du côté du méthane,
migration du méthane vers les sources
d'eau souterraine, qu'il y a migration du méthane vers la surface. Et donc on
se rend compte que c'est un procédé qui n'est pas très en contrôle.
le conventionnel, on va dans la grande poche. Ça fait qu'on peut aller retirer
tout. Mais, dans le gaz de schiste, M. le Président, on va aller chercher
seulement 20 %. On va laisser 80 % dans le sol. Et, lorsqu'on parle
du pétrole de schiste, c'est encore
pire, on va chercher de 3 % à 5 % maximum. Donc, il y a 95 %
qu'on va laisser dans le sol, mais après l'avoir brassé, puis donc ça
peut se disperser.
donc les impacts environnementaux sont extrêmement importants. Et je ne vous
parle pas, là, du liquide parce que
le liquide, une fois qu'on l'a envoyé avec tous les produits chimiques, il est
retiré. Et, quand ça s'en va dans le schiste, c'est très salé. Et, lorsque c'est retiré et que ça s'en va dans les
cours d'eau... et c'est là que c'est un problème de pollution des cours
d'eau, et il n'y a pas de solution actuellement à ça.
donc je pense que le projet de l