CAT — 24 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
CAT 2026-02-24
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
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34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
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16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
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15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
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13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
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12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
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Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 24 février 2026
Vol. 48 N° 18
Étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-six minutes)
Le Président (M. Schneeberger) :
Bon matin à tous. Alors, ayant quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'aménagement du territoire ouverte. Alors, je vous rappelle que la commission
est toujours réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 13, Loi visant à favoriser la sécurité et le sentiment
de sécurité de la population et modifiant diverses dispositions.
M. le secrétaire, est-ce que nous avons
des remplacements ce matin?
Le Secrétaire
: Oui, M.
le Président. Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) remplace M. Rivest
(Côte-du-Sud); Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis) remplace M. Ciccone
(Marquette); et M. Fontecilla (Laurier-Dorion) remplace Mme Labrie
(Sherbrooke).
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, lors de l'ajournement de notre dernière séance, nous
avions adopté l'article 1 qui englobait la série d'articles de la nouvelle
loi. Alors, nous en sommes maintenant à l'article 2 qui englobe une autre
série d'articles. Alors, M. le ministre, veuillez lire l'article 2 et, par
la suite, enchaîner avec l'article 1.
M. Lafrenière : Oui. Bonjour.
Bon matin, M. le Président, distingués collègues, les équipes qui sont de
retour avec nous. Il y en a qui brûlent d'impatience de revenir parler au micro
aussi. Alors, j'ai promis qu'ils auraient cette possibilité-là aujourd'hui.
Blague à part... collègues, très heureux de trouver mes collègues de la
banquette ministérielle aussi pour ce retour, M. le Président. On est rendus au
chapitre II. Alors, ça avance rondement, merci aux collègues des
oppositions.
Chapitre II :«La Loi visant à
favoriser la paix, l'ordre et la sécurité publique au Québec, dont le texte
figure au présent chapitre, est édictée.
«Loi visant à favoriser la paix, l'ordre
et la sécurité publique au Québec.» Comme commentaire, M. le Président, l'article 2
du projet de loi propose d'édicter la Loi visant à favoriser la paix, l'ordre
et la sécurité publique. M. le Président, je passerais à l'article 1.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, allez-y tout de suite.
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président.
Article 1 : «La présente loi vise à prévenir les atteintes
à la paix, à l'ordre et à la sécurité publique afin de favoriser la jouissance
paisible des lieux et des biens dans l'espace public et la sécurité des
personnes.»
Comme commentaire, le premier
article de
la loi en présente son objet, soit de prévenir les atteintes à la paix, à l'ordre
et à la sécurité publique afin de favoriser la jouissance paisible des lieux et
des biens dans l'espace public et de la sécurité des personnes. M. le Président,
comme premier commentaire, nous rappeler que cette possibilité là de pouvoir
manifester notre désaccord est extrêmement importante. À Montréal. Vous savez,
j'ai été policier pendant plusieurs années. On a plusieurs manifestations qui
ont lieu à chaque année à Montréal, qui se passent, et je le répète pour les
gens qui vous écoutent, majoritairement bien. Et ce qu'on veut faire aujourd'hui,
ce qu'on vous présente, M. le Président, c'est une façon de s'assurer que ça se
passe bien, que ce soit sécuritaire et que les gens puissent venir manifester
toujours de cette façon-là, donc, d'une façon qui est paisible pour assurer
même la sécurité des gens qui manifestent.
Encore la semaine passée, j'étais dans le
très beau comté de ma collègue de Westmount—Saint-Louis, où il y avait une
marche, et ça se passait très bien, ça arrive fréquemment, ça se passe bien, c'est
ce qu'on veut aussi. Et les gens qui vont manifester... moi, je voyais des gens
qui étaient là avec leurs jeunes familles, avec des enfants, ils veulent que ça
se passe bien. Il y a certains cas où des casseurs, des gens qui ont d'autres
intentions, qui se greffent. On veut vraiment prévenir ça. Ce qu'on veut, M. le
Président, c'est que les manifestations se poursuivent. C'est correct. Quand j'étais
au SPVM, j'invitais même les gens à venir manifester. À Montréal. On a cette
capacité-là d'être capable de manifester, de bien le faire, mais il y a des
fauteurs de troubles, puis c'est ce qu'on veut encadrer ici, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Députée de Westmount—Saint-Louis, c'est à vous. Bon matin.
Mme Maccarone : Bon matin. Merci,
M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, tout le monde, tous les
collègues. Mais, d'emblée, je souhaite savoir, est-ce qu'on a déjà une loi ou
règlement, des choses qui existent, qui va encadrer la manifestation ou la
définition de manifestation? Parce que là on est en train d'édicter une loi. Ça
fait que, est-ce qu'on a un cadre juridique qui existe déjà...
Des voix : ...
• (9 h 50) •
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président, on se rappellera que pendant les consultations, on a les gens,
entre autres, du Service de police de la ville de Québec qui étaient venus nous
dire qu'eux avaient un règlement, M. le Président, qui encadrait déjà les
manifestations à Québec depuis plusieurs années. Ce n'est pas le cas, ce n'est
pas une loi qui existe présentement, ce qu'on propose aujourd'hui, oui, c'est
nouveau, vous allez voir, tantôt, on va parler de la définition, on va vous
expliquer de qui on s'en est inspiré, alors, il y a des faits qui sont
nouveaux, mais, encore là, on ne va pas... puis je vais le dire très
clairement, on n'y va pas dans le... Certaines personnes auraient voulu qu'on
agisse sur le port d'un masque, sur le... pour être capable de donner la
trajectoire, des choses comme ça, que j'ai connues comme policier, on n'est pas
là du tout aujourd'hui, M. le Président, mais ce qu'on veut faire, on veut
vraiment encadrer, s'inspirer des bonnes pratiques dont Québec, qui fonctionne
depuis plusieurs années, puis ça, le chef de police nous l'avait dit, mais ma
collègue fait bien de le demander, parce que ce n'est pas quelque chose qui
existe présentement à travers le Québec.
Mme Maccarone : Bien, la
raison de la question, c'était la deuxième question, c'est : On s'inspire
de quoi d'abord? Parce que je comprends qu'on a des règles, évidemment, au
niveau fédéral, ça fait que là, est ce qu'il y a d'autres provinces qui ont ce
type d'encadrement qui existent actuellement? Est-ce qu'on s'inspire aussi
d'ailleurs? Ou est-ce que c'est... on est les précurseurs, puis les gens vont
s'inspirer de nous? Est-ce qu'il y a quelque chose qui existe actuellement, à
l'extérieur du Québec?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Pour ceux qui
ne le savent pas, au Québec, principalement à Montréal, on est reconnus pour le
nombre de manifestations parce qu'on s'inspire beaucoup de la France, entre
autres.
Mme Maccarone : Oui, ce n'est
pas une belle réputation.
M. Lafrenière : Puis,
écoutez, d'un côté, puis... pour les commerçants, puis, en passant, je veux
faire attention pour les blagues que je pourrais faire, pour les commerçants,
c'est beaucoup d'impacts, hein, des impacts qui sont très négatifs. Cependant,
la raison pour laquelle j'en riais en le disant, c'est que, M. le Président,
malgré le fait qu'on a beaucoup de manifestations, la grande majorité se passe
bien. Ça fait que ça, c'est rassurant. Mais effectivement, je me rappelle très
bien, à Montréal, d'avoir accueilli des policiers d'un peu partout au Québec,
un peu partout au Canada, même des Français qui étaient venus voir comment on
travaillait, parce que oui, c'est particulier, le nombre de manifestations,
moi, je disais tout le temps : Entre 1200 et 1500 événements par année à
Montréal, ce ne sont pas toutes des manifestations comme on va le définir
tantôt, où il y a des fermetures de rues parce qu'il y a une activité
quelconque. Ça veut dire qu'on a des automobilistes qui sont très patients à Montréal
aussi, mais, clairement, ce qu'on a vu à Montréal, les gens nous ont mis la
limite en disant : On est patients, on est capables d'attendre... on est
capables comprendre qu'une rue est fermée, mais à partir du moment où il y a
des actes criminels qui sont commis, ça ne passe pas. Puis vous allez voir plus
loin, M. le Président, ce qu'on va vous présenter, on ne veut plus que les
policiers soient en attente et attendent que la première vitrine tombe par
terre, attendent que le premier crime soit commis avant d'agir, parce que ça,
les commerçants, ils trouvent ça dur. Ils comprennent, même si ça leur cause
des préjudices, je vous le dis, là, à chaque fois qu'on ferme une rue, c'est un
préjudice pour un commerçant, les gens ne vont plus dans son commerce, mais de
voir que les policiers attendent qu'une première vitrine soit mise par terre,
qu'un premier acte criminel avant d'agir, ça ne passe pas.
On parle beaucoup de hockey présentement,
même si on était très déçus, dimanche matin, du résultat contre l'équipe
américaine, je peux vous dire que quand j'étais à Montréal et qu'on était en
séries de hockey, M. le Président, dans la Ligue nationale, il y avait du
grabuge. Les gens fêtaient pour célébrer la coupe Stanley, mais il y avait du
grabuge, puis une des dernières arrestations, je m'en rappelle très bien, que
100 % des personnes qui avaient été arrêtées n'avaient pas assisté au
match, n'avaient même pas vu le match. Pourquoi je vous dis ça, M. le
Président? Ça veut dire qu'il y a des gens avec des mauvaises intentions qui
ciblent les manifestations, qui ciblent ces événements-là pour faire des
crimes, puis aujourd'hui, ce qu'on va vous présenter, c'est une façon,
justement, de... de s'attaquer, d'interpeller ces... les personnes qui veulent
commettre des crimes et non pas l'ensemble de la manifestation. On veut des
gestes ciblés, on veut que les gens puissent continuer de manifester à Montréal
puis que ça se passe bien, qu'il n'y ait pas blessures.
Mme Maccarone : Je comprends
les orientations. Moi, ma question, c'est : Est-ce qu'on s'inspire des
autres provinces, est-ce qu'il y a d'autres provinces qui ont un encadrement?
Là, nous sommes en train de commencer quelque chose avec une loi édictée, on
dit qu'on n'a pas de règle qui existe déjà actuellement chez nous, mais,
mettons, en Ontario, est-ce qu'ils ont quelque chose, puis est-ce qu'on
s'inspire un peu de ça? Je vois, je comprends que le ministre dit qu'on
s'inspire un peu du SPVQ, ça fait que là, la question se pose, c'est à... Je
sais que le ministre a quand même lu les nouvelles ce matin, c'est les
policiers, le FPPM, ils disent : Mais pourquoi on ne met pas en place,
encore une fois, le comité de consultation des policiers? On parle du SPVQ, est
ce qu'il y a une raison pour laquelle qu'on n'a pas consulté ou on n'a pas mis
en marche... C'est vrai, le ministre est ici juste depuis décembre, ça fait que
c'est normal, mais c'est une demande qui date depuis un an et demi, quelque
chose comme ça. Comment ça se fait qu'au lieu de mettre en place le comité de
sages, où on avait les cinq ou six personnes de ressources que le ministre a
choisies, pourquoi qu'on n'a pas utilisé le comité consultatif des policiers
pour nous armer à encadrer, peut-être, ce que nous sommes en train de faire ici
quand on parle de manifestations? Parce que si on s'inspire du SPVQ, bien, ça
se peut qu'il y ait d'autres municipalités ou d'autres personnes qui font
partie de ce comité consultatif qui n'auront plus...
Mme Maccarone : ...nous aider
à élaborer une loi vraiment à l'image de leurs besoins.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis j'apprécie la question de ma collègue qui va me permettre
de revenir sur quelque chose qui ne m'a pas aidé à faire passer mon café ce
matin, c'est-à-dire la sortie de la FPPM, qui était avec nous en consultations.
Et ma collègue dit que ça fait un an, un an et demi qu'ils le demandent. Ça
fait 13 ans, M. le Président. Dernière rencontre de ce comité, 2013, 2014.
C'est la dernière rencontre du comité, puis ça n'a pas rapport avec notre projet
de loi, mais je veux quand même répondre parce que je trouve... ça me faire du
bien, un petit peu, ce matin, là. Alors, moi, ma surprise, bien
honnêtement, ça fait six mois que je suis là, j'ai rencontré ce regroupement-là
en personne à une reprise, de façon informelle à trois reprises, en
consultations pendant les échanges. M. le Président, quand on écrit dans
l'article ce matin que je suis dur à rejoindre ou que je ne les écoute pas...
Parfois, mes enfants me font des demandes, ils n'ont pas nécessairement ce
qu'ils ont demandé, ça ne veut pas dire que je ne les écoute pas, ça veut dire
que, des fois, j'ai pris une autre décision. Ça fait que ce n'est pas par
manque d'écoute, mais ça se peut, des fois, on prend si on prend une
décision... puis je n'aime pas jouer le temps, mais 2013, 2014, ça fait des
années. Il y a quelque chose qui ne fonctionnait pas. Ça a été mis en place en
2010, 2011. Ils se sont réunis quelques fois. Il est arrivé des choses dans
l'histoire. Moi, ce que j'ai dit : Je n'ai pas de fermeture, je veux
trouver une meilleure solution.
Lorsque je suis arrivé en place, M. le
Président, j'ai reçu des centaines de courriels de toutes les organisations,
des civils, des policiers. Oui, on a pris six retraités, le Comité des sages,
puis j'ai annoncé dès lors, puis j'en ai parlé souvent ici, dans cette
commission, moi, je veux consulter, je veux travailler avec les groupes. Le
président de cette fédération a mon téléphone cellulaire, on se parle souvent,
on se soit souvent. Ça fait que, bref, ce matin, j'étais surpris. Je comprends
qu'il y a une pression de ses membres aussi. Je comprends qu'il voulait marquer
le pas, mais c'était tellement urgent, puis ça faisait tellement de mal, le
fait qu'on ne se réunisse pas, que ça lui a pris 13 ans pour le souligner.
C'était particulier, ce matin, pour moi.
Ceci étant dit, est-ce que ça se passe
comme ça dans les autres provinces, les autres villes? Pas pour l'Ontario.
Cependant, la Saskatchewan en a un, un règlement duquel on s'est inspiré. Puis,
du côté municipal, des règlements municipaux, oui, on a Québec, mais, en plus
de ça, on a Gatineau, Sherbrooke et Drummondville aussi. Ça fait que ça va
faire
partie des explications quand on va vous parler tantôt de la définition d'où
on s'en va. C'est comme de ces gens-là qu'on s'est inspiré. Puis, oui, au Code
criminel, il y a la définition d'attroupement illégal, mais là on n'est pas là,
là, on est à un niveau en bas de de ça, on est dans le pénal, et tantôt on va
être capable de vous expliquer le comment s'est inspiré de ces... de ces autres
groupes là. Mais, pour répondre clairement à ma collègue, l'Ontario, non, mais Saskatchewan
oui et d'autres villes ici, au Québec.
Mme Maccarone : Je comprends.
Merci pour la réponse. Moi, à ma connaissance, si on regarde la loi, le conseil
a été établi en 2008. Et je m'en souviens très clairement quand nous avons fait
l'échange sur la réforme de la loi de la police, le PL n° 14,
on avait aussi fait le demande de quand est-ce que nous allons convoquer ce
fameux comité avec les 21 membres, parce que c'était une demande qui a été
faite à cette époque. Ça fait que je comprends, c'est normal, que, peut-être,
vous, vous n'étiez pas au courant, parce que, c'est vrai, ça ne fait pas assez
longtemps depuis que vous êtes ici, mais le ministère était quand même au
courant. Ça fait un an et demi depuis qu'ils ont fait la demande d'être
reconvoqués puis c'était suite aux échanges de la loi à la police.
Ça fait que je ne peux pas expliquer
pourquoi qu'on n'avait pas convoqué le comité avant, mais je sais qu'il y avait
probablement une très bonne raison. Et, comme élue qui porte le dossier de
sécurité publique, c'est quelque chose que je vous dis très honnêtement, ça me
manque, ça me manque avoir ces informations. Rien contre le Comité de sages
puis les six personnes. Je n'en doute pas qu'ils amènent une expertise, mais
les 21 personnes qui font
partie de ce comité, je dirais que leur
expertise, les informations qu'ils peuvent nous donner en consultation, c'est
précieux. Alors, si je peux prêcher pour la cause, pour eux, je dirais que ce
serait peut-être bien vu de la part de les membres de la commission de
convoquer ces personnes, peut-être avant qu'on adopte la loi, pour avoir un peu
leur point de vue. On a eu des consultations, mais ce n'est pas la même chose,
tu sais. Puis je sais que moi, je ne ferai pas
partie de ce comité, ça va être
le ministre avec les experts autour de la table, mais ça se peut qu'il y aura des
informations qui peuvent nous aider à être bien armés avant qu'on adopte la
loi.
Ça fait que je comprends le cri de cœur.
Je vois ça d'un très bon oeil. Puis, si on parle un peu de SPVQ puis SPVM,
bien, ce n'est pas tous les policiers municipaux. La raison aussi que je trouve
intéressante, c'est quand on a entendu le FPPM, qui ont passé en commission
parlementaire. Ça m'a beaucoup marqué, à entendre dire : Bien, on a peur
que les gens vont rire de nous. Ça, c'est... j'ai trouvé ça dur à entendre. Je
sais que ce n'est pas la même réalité que le SPVM, par exemple. Ça fait que, je
dirais, peut-être ils ont quelque chose à apporter. Ça fait que merci, merci de
me laisser faire le plaidoyer.
• (10 heures) •
Quand moi, je fais une recherche puis je
regarde si on a autres provinces qui ont quand même de législation ou bien il y
a peut-être des règlements qui existent, je vois qu'il y a des choses quand
même provinciales en Ontario. On...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) Mme Maccarone : ...de la façon
qu'on utilise les blocades, par exemple. Puis il y a aussi un loi
antimanifestation qui a été adoptée en Ontario, quelle année, j'essaie de... je
fais une recherche pendant que nous sommes en train de travailler, mais ça
existe. Si on regarde Canadian Civil Liberties' Association, l'Association
canadienne des libertés civiles, ça existe. Alors là, on est ici, mais est-ce
qu'il y a des éléments peut-être que nous devrons prendre en considération en
inspirant de qu'est-ce qu'ils ont fait ailleurs? Parce qu'il me semble que ça
existe. Puis je pense que c'est... c'est juste cette année ou 2025, qu'ils ont
mis ça en place avec des règlements.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : ...M. le
Président. Premier élément. Puis je veux remercier ma collègue de faire le
plaidoyer pour... pour la fédération. Je le comprends. En passant, dans nos
consultations... Puis je lisais un
article ce matin où on se faisait critiquer
un peu en disant qu'on avait entendu plus de policiers que de gens de la
société civile. Je pense qu'on a entendu le SPVM, la Sûreté du Québec, le SPVQ,
les associations de policiers municipaux, qui étaient avec la Fraternité aussi,
bref, on a entendu pas mal tout le monde du côté policier. Mais, en passant, M.
le Président, en aucun moment, puis, je pense, ma collègue l'a bien entendu, j'ai
fermé le fait de consulter et de rencontrer. Moi, ce que j'ai dit, c'est :
Ce comité-là, qui avait été mis en place puis qui a été coupé assez rapidement,
il y avait sûrement des raisons.
Et moi, ce que j'avais offert aux
syndicats, c'est de commencer par se rencontrer avec les gens terrain, c'est-à-dire
et les syndicats et des associations de directeurs de police pour parler en
général de la... de la situation de la sécurité publique. Et la preuve, M. le
Président, ma collègue me parlait des crimes commis contre les commerces, et on
parlait à l'époque d'un comité, là, qui n'avait pas été mis en place, et tout.
Puis, après avoir creusé, on s'est rendu compte que c'est un comité que ça
faisait 20 ans qu'il n'avait pas été mis là. Puis ensemble, j'avais
incité... j'avais invité ma collègue à être là, à cette première rencontre avec
le SPVM, avec tous les grands services autour de Montréal.
Ça fait qu'on fait les choses
différemment, mais on entend les gens. On entend les gens. On est à l'écoute.
Alors, ça, c'était important pour la première petite parenthèse. Puis je vais
la fermer. Je vais la mettre derrière nous.
Puis, en passant, que je sois en poste ou
que ce soit un de mes... collègues, je suis solidaire de cette décision-là. Je
ne m'en sors pas. Je vous dis juste, cependant, que 2013-2014, on n'était pas
au pouvoir.
Une fois que ça, c'est dit, ce qui se
passe en Ontario... Puis on fait la recherche en même temps. Parce que ma
collègue a amené un bon point. Puis il ne faut juste pas oublier que ce qui
existe déjà aussi au Code de la sécurité routière au Québec, c'est ce qu'on
appelle une action concertée. Alors, de faire une action concertée pour bloquer
une rue, ça existe déjà.
Ça fait que je vais faire la vérification
pour être bien sûr que ce que ma collègue mentionne du côté de l'Ontario, ce n'est
pas ce parallèle-là. Mais, oui, avec la... la Saskatchewan, c'est vrai que ça
existe. Oui, au niveau des codes de sécurité routière, c'est des infractions
qui existent. Et, le but, c'est de faire en sorte qu'on... ce que certains
automobilistes connaissent, là, c'est-à-dire une action concertée, exemple, à l'entrée
d'un tunnel, que tout le monde ralentit en même temps, tout le monde arrête
pour bloquer la rue, que ça, ce ne soit pas fait, il y a un
article dans le
code de sécurité routière. De l'appliquer pour les manifestations, de toute
façon, on n'est pas là aujourd'hui. Ce qu'on vient de dire, c'est que les gens,
bien que ça entrave la circulation, on va leur permettre de manifester, mais
que ça se... ça se passe bien, qu'il n'y ait pas de blessures.
Ça fait que ce n'est pas de contrer les
manifestants, ce n'est pas de leur demander un itinéraire, mais c'est
vraiment... Mais c'est vrai que ça existe, ce que ma collègue dit, ça existe
dans l'environnement. On peut utiliser ça, action concertée. Mais, dans des
grandes manifs, on ne le fait pas, un, parce qu'on veut que les gens puissent
manifester.
Mme Maccarone : ...ça veut
dire que c'est complémentaire. Tu sais, je dirais que c'est du «layering», un
peu, avec qu'est-ce qu'on fait au niveau municipal. Ça fait qu'est-ce qu'on a
fait le test avec tout ce qu'ils font à l'intérieur de toutes nos municipaux
qui ont ce type d'encadrement? Tu sais, je présume, le ministre a parlé de
Québec, est-ce que Montréal aussi, il y a des règlements? Est-ce qu'on... La
même chose, comme à Laval? Toutes les... Peut-être les plus grandes municipalités,
mais est-ce que les petits aussi en ont, des règlements? Puis, si c'est le cas,
c'est complémentaire, mais est-ce que nous, ce que nous sommes en train de
faire ici, à l'intérieur de la loi qui serait édictée, est-ce qu'on a fait l'arrimage
avec ce qui existe déjà? Parce que moi, je ne l'ai pas fait, ça fait que je
veux juste m'assurer que c'était un exercice qui était mis en place déjà.
M. Lafrenière : Oui, merci, M.
le Président. Ma collègue fait bien de le souligner, parce que, oui, il y a les
consultations qu'on fait ici, mais ce que j'appelle les préconsultations, où l'équipe
s'est empressée de contacter l'Association des directeurs de police, qui sont
venus, en passant, nous remettre leur mémoire. Ils sont venus témoigner aussi. On
a... On a contacté différents services du côté de Montréal. Je connais un petit
peu les règlements. Mais vous... On a contacté le SPVM, puis on les a vus à
plusieurs reprises, dont une fois avec ma collègue. Et on voulait s'assurer,
justement, que ce qu'on présentait aujourd'hui n'était pas en confrontation
avec leurs façons de faire.
Et vous allez voir, même, M. le Président,
dans un des articles, je vais vous amener un élément strictement Montréal, où
le SPVM est venu nous dire : Nous, on va l'appliquer, mais voici ce qu'on
va faire différemment. Parce que c'est vrai que Montréal, c'est une réalité qui
est différente. Moi, je...
M. Lafrenière : ...de mon
comté, sur la rive sud, je peux vous dire que les manifestations, ce n'est pas
le nombre qui ressemble du tout à Montréal. Montréal, c'est vraiment
particulier. Alors, tantôt, je vais vous amener un élément, mais je le répète,
Québec, Gatineau, Sherbrooke, Drummondville ont déjà des règlements sur les
manifestations. Mais Montréal, c'est très particulier. Puis ce qu'on vous
présente aujourd'hui, c'est en addition. Ça ne vient pas à l'encontre de ce qui
a été fait. Québec va un petit peu plus loin, dans certaines règles, ils vont
un petit peu plus loin, mais bref, on a... on a fait, en bon français, la
décomplexion dans ce qu'on vous présente aujourd'hui.
Mme Maccarone : OK. Ça fait
que la grande question pour moi... Oui, j'ai chaud. Tu sais, ménopause, là, ça
arrive en commission parlementaire. C'est... Voilà. Bien, c'est vrai, on... il
y a plusieurs femmes ici, on devrait parler de ça ouvertement. C'est... ça
arrive à toutes les femmes. Ça fait que, voilà, je suis en ménopause puis j'ai
chaud. C'est... Je ne suis pas gênée de ça, j'ai chaud. Ça doit paraître dans
mon visage, je dois être très, très rouge, mais voilà. Puis ce n'est pas parce
que je suis gênée.
OK. La vraie question. Moi, c'est vrai,
vous... la circonscription de Westmount-Saint-Louis, c'est le centre-ville de
Montréal, on a plusieurs manifestations pro-Palestine parce que... on a
plusieurs instances gouvernementales qui sont là aussi, on a le consul général
des États-Unis, ça fait qu'on est riche en matière de contestation puis où les
gens souhaitent s'exprimer sur la place publique. Parfait. La question que moi,
je vais me faire poser suite à l'adoption de la loi : C'est qui qui gère
quoi? Parce que, là, on parle des règlements municipaux. Bon, bien, le
paramètre de sécurité, l'avertissement, les obligations de préavis
d'itinérance, les zones de tampon, nous sommes en train de... pas
nécessairement d'encadrer ça, parce qu'on fait quelque chose qui sont précis,
exemple, pour les élus. Qui serait responsable de quoi puis comment les choses
que nous sommes en train de faire ici vont mieux armer les policiers, vont
mieux armer la société civile à bien comprendre c'est quoi, leurs droits? Parce
qu'on a les deux côtés, hein? On a les gens qui souhaitent qu'on protège leur
droit de manifester, mais on a aussi les citoyens que, par leurs propres mots,
ils disent : Je suis pris en otage à cause de tout ça, parce que ça
arrive, il y a des endroits qui sont résidentiels où les commerçants qui font
face à beaucoup de difficultés. Je comprends que ce n'est pas les gens de bonne
foi, quand ils manifestent, qui font le vandalisme, c'est les gens qui vont se
greffer à ça.
Qui serait responsable de quoi puis
comment que nous sommes en train de mieux encadrer ceci pour s'assurer que la
société civile va être mieux protégée, mais en respectant les droits? Parce que
c'est clair, c'est la question que je vais me faire poser. C'est ça que les
maires et mairesses vont me poser à moi lors de l'adoption de la loi. Ça fait
que, clairement, tu sais, le pratico-pratique, la mise en œuvre, ça a l'air de
quoi exactement? Puis je sais qu'on a des éléments qui s'en viennent par
rapport à, tu sais, la fouille, etc., quand les gens sont en train de
manifester, mais, pour moi, ça, c'est les éléments, souvent, que je me fais
poser. Tu sais, les zones tampons, les préavis, tu sais, le périmètre de
sécurité. Pour moi, ça, ce n'est toujours pas répondu. Est-ce que ça, c'est le
rôle municipal? Puis, si oui, comment les policiers vont pouvoir agir sans
dire : Ah non non, ce n'est pas moi, ce n'est pas qui est... qui est écrit
dans la loi ou ce n'est pas ce qui est écrit dans le règlement, ça fait que
j'ai peur d'agir. Je ne sais pas si c'est clair, mais...
M. Lafrenière : Oui, oui,
absolument.
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis peut-être tantôt je vais corriger un petit point que j'ai
dit puis je vais le clarifier un peu. Je veux rassurer ma collègue. C'est aussi
chaud de ce côté-ci, ça fait que ça ne doit pas être ça.
Ce que je voulais dire, M. le Président,
c'est que, oui, on a consulté, mais, avant même de consulter, si vous vous
rappelez, quand je suis arrivé en poste, j'avais envoyé un message en disant
que je recevais beaucoup de commentaires, j'invitais les gens à me dire s'il y
avait des choses qui étaient importantes, et tout. Et ce qui a déclenché un peu
cette règle-là, c'est des gens du SPVM, des policiers, par leur propre
initiative, qui ont crié en disant : Bien, les manifs, on n'a pas les bons
outils. Ça fait que ça a commencé, ça a originé de là.
Ce qu'on propose aujourd'hui, M. le
Président, c'est un outil de plus dans le coffre à outils. Puis... excusez,
j'aime beaucoup donner des images. Je pense qu'avec des images comme ça, ça
nous aide à travailler. Le policier, dans son coffre à outils, on y rajoute un
outil. Puis ce n'est pas parce qu'on y rajoute cet outil-là qu'il va le prendre
à chaque fois puis souvent, à mon équipe, ce n'est pas parce que tu es rendu à
prendre le tournevis plat puis tu aurais besoin d'un marteau que tu vas le
prendre parce que c'était rendu à son tour. Il va prendre les bons outils.
• (10 h 10) •
Ce que ma collègue vient nous dire, c'est
qu'elle ne voudrait pas causer, c'est ce qu'on appelle la décomplexion, c'est
d'arriver à un endroit puis dire : Bien, moi, je n'agis pas, c'est l'autre
et... Ça, je vais faire ça très facile. Vous allez voir tantôt, quand on va
parler de Montréal. C'est le SPVM qui est en charge de la sécurité publique à
Montréal, et ça, c'est très clair. Cependant, dans leur coffre à outils, on
vient rajouter un outil de plus, pas pour empêcher la manifestation. Je le
répète encore une fois, on est l'endroit où il y a le plus de manifestations au
Québec, mais on veut que ça se passe bien puis on veut que les gens qui
manifestent, eux autres aussi, soient en sécurité. Ça fait que c'est un outil
de plus qu'on ajoute aujourd'hui, qui ne vient pas mettre... rendre caduc les
règlements municipaux qui existent, le Code de sécurité routière, le Code
criminel...
M. Lafrenière : ...donc, il y
a déjà plusieurs choses dans les règlements municipaux, il y a déjà plusieurs
choses qui existent, dans les opérations, jamais ce qu'on présente aujourd'hui,
M. le Président, ne va venir dire : Voici comment vous allez l'appliquer,
c'est vraiment les services de police qui vont le faire, et c'est pour ça qu'on
a reçu, justement, une information de Montréal qui a dit : Dans un des
articles, là, Montréal, nous autres, c'est particulier, voici comment on va
agir. Alors, je veux rassurer la collègue, parce que c'est... Puis c'est vrai
que j'aime ce geste-là parce qu'on est tout le temps entre les deux. Il y a le
droit... l'importance de manifester son... sa désapprobation, son opinion et
tout. Puis il y a les commerçants, les citoyens qui disent : Des fois, on
se sent pris en otage. La ligne qu'on a trouvée avec le temps, puis c'est des
choses qui peuvent changer, là, avec le temps, les gens sont très tolérants
tant qu'il n'y a pas de casse, tant qu'il n'y a pas de gestes criminels qui
sont commis, à partir de ce moment-là, les... les citoyens, les commerçants,
les Montréalais n'en peuvent plus, là. Ils n'en peuvent plus qu'une vitrine
soit jetée à terre avant d'agir, tout ça, ça fait qu'aujourd'hui, ce qu'on vous
présente, M. le Président, je n'ai aucunement la prétention que cela va tout
régler, puis qu'il n'y en aura plus, de problème, mais on vient rajouter un
outil de plus dans le coffre à outils, puis c'est ce qu'on propose, puis...
Vous connaissez mon approche étapiste, ma collègue la... connaît très bien
cette approche d'y aller tranquillement, on y va avec une première action, mais
à la base, ce sont les organisations policières et les policiers qui nous ont
dit : On a un besoin, on a besoin d'un outil plus pour bien agir en
prévention. Et moi, ce que j'aimerais, c'est que les gens, à la maison, qui
nous écoutent ce matin se disent : Écoute, s'il y un événement, s'il y a
une manifestation, voyons c'est quoi, le message puis si je veux être là, là,
mais si... si je veux manifester, je vais être en sécurité, puis s'il y a quelqu'un
qui vient avec de mauvaises intentions, puis on l'a vu, ça va me rappeler... ça
va me ramener dans le passé un peu, où de très belles manifestations, il y a
des groupes qui s'invitaient puis qui faisaient de la casse, puis c'était
triste parce que le message de la manifestation, on ne l'entendait plus. Ce
qu'on se rappelait, le lendemain, c'était les vitrines qui étaient brisées, les
gens qui avaient été blessés, puis même pour les gens qui organisaient, ça
devenait très frustrant de dire : Ils ont «bummé» notre événement,
finalement, ils sont venus faire de la casse. Ça fait que c'est un message
qu'on envoie aussi aux gens sans scrupules qui veulent profiter des
manifestations pour faire des actes criminels, c'est tout ça qu'on vous propose
aujourd'hui, mais ce que je veux, là, je veux que les gens comprennent bien
qu'on ne veut pas les empêcher de manifester, au contraire.
Mme Maccarone : Ça... ça, je
comprends, ce n'est pas la base de ma question, c'est plus parce qu'il y a
vraiment un flou sur le territoire, hein, tu sais, je peux parler pour
l'ancienne mairesse de Westmount, elle reçoit des lettres, moi, je reçois des
lettres, Heidi ... reçoit des lettres, Valérie Plante recevait des lettres. Je
présume que la nouvelle mairesse, elle aussi, elle va recevoir des lettres,
puis le nouveau maire de Westmount, par exemple, lui aussi va recevoir des
lettres au moment qu'on recommence les manifestations, les mesures de
prévention sont pendant, mais souvent, ce que moi, je me fais poser, comme
question, c'est le avant, puis un encadrement. Comme le consul général
d'Israël, lui, son bureau, est dans un quartier très résidentiel, ça fait que
j'ai des amis qui habitent dans les tours puis j'ai des commerçants ou des
restaurants comme Tavern on the Square, bien, il ne peut pas fonctionner parce
que c'est sur le coin, ça fait qu'il doit fermer, ça fait qu'il y a un impact,
oui, énorme sur les restaurateurs, sur les commerçants, mais eux, ce qu'ils
souhaitent, c'est un peu dedans pour le avant, pas pour empêcher... tout le
monde est de bonne foi, ce n'est pas ça, le but, mais un encadrement, parce que
des fois, ça dure jusqu'à 2 h, 3 h du matin avec du gros bruit. Je
comprends qu'on va avoir des éléments, ici, qui vont encadrer un peu ça, mais
on n'a pas des limites qui parlent de... ah, c'est 3 h du matin, puis là,
à un moment donné, les gens dehors, je comprends que ce que vous souhaitez,
c'est de déranger, c'est ça le but, mais il y a... est-ce qu'il y a une limite
de déranger quand on va avoir un impact majeur sur des citoyens, et non
nécessairement uniquement sur des... les endroits où on souhaite se faire
entendre comme aux consuls, que ça soit Israël ou États-Unis, vous comprenez?
C'est juste... Je trouve qu'on a une occasion où on jase de ça puis on parle de
manifestation pacifique, puis c'est ça, je dirais, quelle est la définition de
manifestation pacifique. Ça fait qu'on va jaser de ça, mais je ne ferais pas
mon job comme députée si je ne soulevais pas ces préoccupations des citoyens,
parce que c'était l'enjeu principal l'année passée et j'ai senti vraiment les
mains liées, j'avais des aînés qui ne pouvaient pas quitter de chez eux ou ne
pouvaient pas rentrer chez eux, ce n'est pas normal, ce n'est pas normal. Ça
fait qu'il n'y a pas d'autre encadrement que nous, nous allons mettre ici en
place, ou il n'y a pas des... des amendements qui s'en vient pour le avant?
Parce que je comprends, le SPVM a beaucoup de latitude, puis ça, c'est bien que
c'est clair au micro, parce qu'on reçoit beaucoup de, comme : Quand est-ce
que le MSP vont intervenir? C'est... c'est beaucoup ça, cette question, vous
avez un rôle à jouer, je comprends, puis on est là pour vous écouter, mais si
toutes les responsabilités résident avec le SPVM, est ce qu'on va faire un
accompagnement à l'intérieur de ce projet de loi pour leur donner plus de
pouvoir d'agir?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président, puis je pense que ça va mettre la table pour tout le... tout
le reste du projet de loi, parce que ma collègue a bien... bien mis la ligne
dans le sable entre mon mandat puis ce que je faisais avant. Alors, je ne suis
pas là pour vous parler d'opération, M. le Président, quand je vais utiliser
des termes d'opération, c'est...
M. Lafrenière : ...je veux
juste qu'on comprenne, mais ce n'est pas au ministre de la Sécurité publique de
dire au SPVM : Vous allez agir ou pas. Moi, je ne souhaite pas vivre dans
un endroit où c'est le politique qui va passer cette commande-là en disant :
Vous agissez, vous arrêtez ou vous n'arrêtez pas.
Ce qui nous amène dans une situation que
ma collègue a vécu avec des campements, des campements qui étaient là,
certaines universités, puis je ne vais pas les nommer aujourd'hui, mais je
pense qu'elle sait très bien de quoi je veux parler. Est-ce qu'aujourd'hui, M.
le Président, j'envoie le message que c'est fini? La réponse, c'est non. Est-ce
qu'aujourd'hui je viens vous confirmer que c'est au SPVM à prendre la décision
pour des raisons opérationnelles? La réponse, c'est oui. Alors, nous, on va
mettre les outils en place, mais d'aucune façon, M. le Président, je vais venir
dire à quel moment l'outil doit être utilisé et comment ça va demeurer au SPVM
d'évaluer. Et, vous savez, quand on agit, on évalue. Je vais vous donner un
autre exemple. Dans une foule, on dit à nos policiers : Vous ne faites pas
d'arrestations isolées. C'est le commandement qui va le dire si on fait des
arrestations ou pas parce que vous voyez l'arbre, nous, on voit la forêt en entier.
Ça fait que ça se peut que votre arrestation, vous pensez qu'elle est fondée,
et tout, mais, en faisant ça, vous provoquez un mouvement de foule qui est
tellement majeur qu'on va perdre la manif. Alors, c'est pour ça qu'on agit en
mode commandement. Vous allez voir tantôt, je vais vous en parler dans un
article en précis.
Alors, moi, je veux donner des outils,
mais ce ne sera pas à moi à dire au SPVM quand agir ou ne pas agir. Mais ce que
ma collègue vient de dire, que les citoyens vont partager leur mécontentement
ou le fait qu'ils sont fatigués, qu'ils sont tannés, tout ça, ça fait
partie de
la décision aussi du Service de police, de regarder ce qu'il se passe, de
prévenir aussi un soulèvement. Bref, c'est dans leur cour. Puis aujourd'hui, je
ne les lance pas sur l'autobus en disant ça, au contraire, c'est que c'est eux
autres qui sont en charge. Nous, notre travail, c'est donner les bons outils.
Puis ma collègue se questionne avec raison en disant : Est-ce qu'on donne
les bons outils aujourd'hui ou on rajoute un outil? On ne réglera pas tout
parce qu'il y a toujours la liberté d'expression puis la volonté qu'on a de
protéger les manifestations aussi, qu'ils puissent manifester. C'est un
équilibre qui n'est pas simple à maintenir. Mais je nous rappelle au final que
c'est... on répond à une demande des policiers et des services de police aujourd'hui,
M. le Président.
Mme Maccarone : Est-ce qu'il
y a des moments où on envoie la SQ en renfort ou est-ce que ça, c'est
uniquement à la demande, mettons, de le SPVM ou le SPVQ?
M. Lafrenière : Oui. M. le
Président, il y aurait la capacité... parce que s'il y avait un tel
débordement... je ne l'ai jamais vécu à Montréal, puis regarde de mon côté
droit, puis d'envoyer contre son plein gré la Sûreté du Québec sur le
territoire de Montréal, il faudrait un cataclysme ou une raison... que la
personne ne serait pas capable de nous commander. Moi, à toutes les années que
j'ai été là, je peux vous dire qu'on demandait... on travaillait avec la Sûreté
du Québec, on travaillait avec la police de Longueuil, la police de Laval. Je
m'appelle de certaines manifestations, dans un passé pas si lointain que ça, où
on avait aussi des policiers de Gatineau, de Québec qui venaient nous aider
parce qu'on avait cinq à six manifestations par jour. Je parle d'un certain
printemps. Mais sinon, on travaille avec la Sûreté du Québec et c'est la Sûreté
du Québec qui va à Montréal prêter main-forte, et je dirais même vice versa.
Puis, vous savez, quand on a fait nos consultations, on parlait de
mutualisation, de partager les ressources, c'est une belle entrée en la matière
pour dire qu'il faut que nos services de police travaillent ensemble, M. le
Président.
Mme Maccarone : ...ce serait
comme une patrouille.
M. Lafrenière : Absolument
pas, il ne faut pas.
Mme Maccarone : C'est ça, exactement.
La mutualisation, c'est autre chose, c'est pour les expertises.
M. Lafrenière : Services
spécialisés. Comme les contrôles de manif, c'est du service spécialisé.
Mme Maccarone : Oui. OK,
merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va? Des questions? Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Bonjour, M.
le Président. Bonjour, M. le ministre, chers collègues, là. Donc, écoutez, on
entame une
partie importante du projet de loi n° 13
sur... concernant les manifestations qui touchent intimement un droit
fondamental, le droit de manifester, qui est une liberté démocratique
essentielle à un État de droit tel que le nôtre. Et l'article 1 vise...
établit, en quelque sorte, l'objectif de cette section-là, de ces mesures
législatives. C'est important de le garder à l'esprit. Et l'article 1,
pour savoir de quoi l'on parle exactement, là, je vais me permettre de le lire
rapidement : La présente loi vise à prévenir les atteintes à la paix, à
l'ordre et à la sécurité publique afin de favoriser la jouissance paisible des
lieux et des biens dans l'espace public et la sécurité des personnes.
Donc la question est à savoir s'il y a ici
un objectif qui est établi. Donc, favoriser la jouissance paisible des lieux et
des biens dans l'espace public et la sécurité des personnes, très bien, nous en
sommes toutes et tous. Et ensuite, il va y avoir... bien, on va procéder à une
série de propositions législatives, là, qui concernent, par exemple,
l'interdiction de manifester à moins de 50 mètres, la possibilité de
fouilles lorsqu'il y a un soupçon et d'avoir des objets qui pourraient... qui
pourraient être utilisés dans des actes violents, etc., là. La question est à
savoir s'il y a un objectif qui a été établi, évidemment pour répondre à une
situation problématique. Si on apporte une pièce législative, c'est pour
améliorer quelque chose qui ne fonctionne... qui ne fonctionne pas bien ou qui
pourrait fonctionner mieux, ou améliorer... ou, comment dire, corriger...
M. Fontecilla : ...une
situation éminemment problématique. Là où je voudrais... je voudrais poser des
questions au ministre, c'est quelle est cette situation problématique?
Qu'est-ce qui justifie, justement, la volonté du gouvernement de légiférer?
Est-ce que... J'aimerais entendre le ministre. Pourquoi légifère-t-il?
• (10 h 20) •
Tantôt, il nous a dit qu'à l'origine de
cette... en tout cas, de cette disposition-là, c'est qu'il a reçu des appels de
policiers montréalais pour lui dire qu'ils n'ont pas les bons outils. Très
bien, je... D'ailleurs, je n'ai pas encore le numéro de téléphone du ministre
pour le contacter et pouvoir lui dire... pouvoir lui dire : Vous devriez,
M. le ministre, légiférer sur ça ou ça, mais il m'apparaît... il m'apparaît
qu'il faudrait procéder à une analyse un peu plus... un peu plus exhaustive,
là, à
part l'opinion de quelques policiers du SPVM, qui, en soi, sont tout à
fait légitimes et peut-être même appropriés. Mais quelle est la situation qui
justifie que le ministre légifère sur ces matières, là?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui. Merci,
M. le Président. Puis, effectivement, au terme de cette semaine, comme ça va
bien se passer, mon collègue recevra mon numéro de cellulaire. Je veux juste le
corriger, cependant, ce n'est pas des policiers qui m'ont texté. Quand je suis
arrivé en poste, on avait avisé tout le monde de la société civile, les
policiers, les organisations, de nous écrire, que je voulais entendre leur
vision, et les policiers, les organisations policières en ont fait partie. Mon
collègue n'était pas avec nous dans les consultations, mais on a reçu ici des
grandes organisations policières, les grands syndicats qui représentent les
policiers aussi, les associations de chefs de police.
Alors, son point, il est bon, puis je veux
le rassurer, ce n'est pas un policier dans son sous-sol, un dimanche matin, qui
s'est dit : Wow! C'est une bonne idée, puis le ministre a dit : C'est
beau, je te fais ça demain matin. Je veux le rassurer. Oui, ça a été... c'est
les policiers qui l'ont amené, mais ça fait des années et des années, puis je
vais ramener mon collègue dans le passé... Puis je voulais faire attention
parce que je sais que c'est un sujet qui peut être sensible, je voulais le
ramener au printemps érable, où il y avait certaines tentatives qui avaient été
faites des gouvernements qui étaient en poste de nous donner des règles pour
l'itinéraire, pour les visages à découvert.
Donc, ce n'est pas la première fois dans
l'histoire qu'on tente de donner des outils aux policiers pour garder
l'équilibre, mais ce qu'on dit depuis tout à l'heure, là, l'importance de
manifester, de passer son opinion et de faire en sorte, justement, qu'il n'y
ait pas d'actes criminels qui soient... qui soient causés. Alors, tout ce que
mon collègue dit, j'ai ça en tête.
Quand on lit... Moi aussi, je vais relire
l'article 1, que mon collègue vient de lire, puis je vais rajouter une
intention du législateur, je pense que vous allez comprendre. «La présente loi
vise à prévenir les atteintes à la paix, à l'ordre et à la sécurité publique
afin de favoriser la jouissance paisible des lieux et des biens dans l'espace
public et la sécurité des personnes.» Quand on dit «la sécurité des personnes»,
ça inclut grandement la sécurité des gens qui manifestent.
Puis, M. le Président, quand mon collègue
dit : Bien, qu'est-ce qui vous mobilise? Qu'est-ce qui fait, M. le
ministre, que vous vous êtes réveillé un matin en disant : Il faut agir
pour les manifestations? Depuis quelques années... Puis le terme
«manifestation», vous allez voir, on va le définir tantôt, là, je n'ai pas
fait... ce n'est pas pour rien que j'ai pris l'exemple du hockey, M. le
Président. Il n'y a pas personne qui peut s'imaginer qu'à la sortie d'un match
de hockey les gens décident de... c'est une mauvaise intention, les gens se
rejoignent puis manifestent de la joie. Et moi, je l'ai vécu puis je me
rappelle d'avoir été sur le terrain. Parce que, M. le Président, la majorité
des gens autour de la table, quand il y a des finales de hockey, ils sont
heureux. Moi, ça a été mon calvaire pendant plusieurs années, ça voulait dire
d'être à tous les soirs à Montréal, en prévoyant le pire puis en espérant le
meilleur. Et ce qu'on s'est rendu compte, c'est qu'il y a beaucoup de groupes
qui utilisent ces grands événements-là pour venir faire de la casse, pour venir
faire des actes criminels, c'est-à-dire faire... de piller les commerces.
Et on s'est posé beaucoup de questions sur
comment prévenir ça, M. le Président. Premièrement, par communication, en
disant... Puis je vous le dis, la dernière année où j'ai participé à ces
finales-là... pas parce qu'il n'y en a pas eu d'autres, mais parce que moi, je
n'étais plus là, on s'est rendu compte que 100 % des gens qui avaient été
arrêtés pour avoir fait un crime n'avaient même pas vu le match de hockey.
Pourquoi je vous dis ça aujourd'hui, M. le Président? C'est que, d'expérience
policière, puis les gens nous l'ont dit et répété, il y a des personnes sans
scrupules qui utilisent ces manifestations-là pour faire des actes criminels.
Ce qu'on veut faire, on veut le prévenir,
on veut que les gens qui manifestent un samedi, un dimanche, un lundi pour
leurs opinions puissent le faire. M. le Président, à Montréal, il n'y a
personne qui se pose la question à savoir quel est le but de votre
manifestation. Puis, en aucun moment on ne dit : Dites-moi pourquoi vous
manifestez, puis nous, on va décider si c'est approprié ou pas. On ne veut pas
vivre dans un monde comme ça... le Président. L'exemple que je donne, puis
j'espère ne pas choquer personne autour de la table... à chaque année, il y a
une manifestation à Montréal contre les... où il y a des gens qui viennent dire
les avions qui laissent des signaux dans l'espace, bien, c'est pour nous
contrôler, ça fait qu'on manifeste contre ça. On peut être en accord ou en
désaccord, mais jamais les policiers ne vont venir dire : Cette raison de
manifester, pour nous, elle n'est pas... Non, absolument pas. Ça fait que je
veux qu'on mette ça très clair, là, on n'est pas en train de décider qu'est-ce
qui est une bonne manif ou une mauvaise manif...
M. Lafrenière : ...qu'est-ce
qui est un bon groupe ou un mauvais groupe? Pendant au moins 18 reprises,
j'étais dans une manifestation contre la brutalité policière, on savait qu'il y
aurait du grabuge, puis ça ne nous empêchait pas de laisser partir la
manifestation, d'inviter les gens à dire manifester. Alors, ça, je veux qu'on
le mette bien clair entre nous. Le but de la manifestation, il ne faut pas
toucher à ça. Les gens ont un message à passer, puis ce n'est pas ni à la
police ni à l'État de décider si c'est une bonne manif ou pas. Ça, on le met de
côté.
Une fois que ça commence, M. le Président,
malheureusement, la grande majorité des manifestations se passent bien, mais
les groupuscules qui s'y glissent puis, moi, M. le Président, j'ai été aux
premières loges, où je parle à des organisateurs puis, excusez-moi
l'expression, mais qui, au début de la manif, avait la chienne justement,
disaient : Écoute, il y a des groupes qui vont vouloir entrer au travers
de notre manif, laissez-les pas faire. Avec le temps, on a même développé des
liens avec les organisateurs où on disait : Quand on va arrêter la
manifestation, on va communiquer avec la foule pour leur dire il y a eu des des
actes criminels qui ont été causés, il y a un petit groupe dans le centre qu'on
va devoir sortir, puis on avait développé toutes sortes de stratégies.
Ce qu'on se rend compte cependant, M. le
Président, c'est toutes les stratégies, c'est après le cas, c'est quand il y a
eu un crime qui a été commis. Et c'est là que ça amène des blessures, des gens
qui reçoivent des projectiles, ça amène une hausse de tension, ça fait en sorte
que les gens ne puissent pas faire leur manifestation comme ils veulent. Moi,
avec des jeunes enfants, aller dans une manif puis craindre que des
groupuscules avec de mauvaises intentions s'y greffent, ça ne me rassure pas,
je ne le ferais pas avec mes enfants. Alors... Puis on ne veut pas ça, on veut
que les gens puissent le faire. Puis c'est sain, dans une démocratie, d'être
capable de passer notre message. Ça fait qu'aujourd'hui, M. le Président, ce
n'est pas pour rien qu'à l'article un, je vous dis, quand on dit «de toute
personne», j'inclus les manifestants et surtout les manifestants. Puis, oui, la
sécurité de nos policiers aussi. On a des policiers qui ont été blessés et
tout, il y a des citoyens qui ont été blessés. Alors, c'est quoi l'urgence
d'agir? Est-ce que toutes les manifestations vont mal? Non. Est qu'on en a un
petit groupe, un petit nombre? La réponse, c'est oui. Est-ce qu'on veut agir,
justement... parce que notre collègue de Westmount—Saint-Louis disait tantôt le
ras le bol de certains citoyens aussi et tout, il faut agir, justement, il ne
faut pas attendre que ça dégénère ou que les gens de décide de réagir eux-mêmes
en disant : Là, mon commerce, ça fait plusieurs fois que les gens sont
devant, puis je vais prendre ça en main, je vais le régler. On veut ramener cet
équilibre-là, mais l'équilibre, pour moi, ce qui est important, c'est que les
gens puissent manifester. J'ai toujours eu cette vision quand j'étais à
Montréal. Je l'ai devant vous aujourd'hui. Je veux qu'ils puissent manifester,
mais moi, je trouve ça désolant, quand il y a des groupes avec des mauvaises
intentions s'y greffent. Puis je trouve ça désolant que présentement, dans
l'État de droit où on est, comme policier, les gens attendent que le premier
crime soit commis, une première vitrine soit saccagée avant d'agir. Puis ça
amène beaucoup de cynisme de la part des commerçants, beaucoup de frustration.
Vous allez voir plus tard, on va parler d'extorsion envers les commerçants.
C'est difficile pour les commerçants, mais ma collègue les a entendus, le cri
du cœur qu'ils nous ont fait en disant : Déjà, c'est dur dans la guerre
commerciale, vous me rajouter de l'extorsion, vous me rajouter des manifs, des
méfaits, des... Ça devient difficile. Alors, aujourd'hui, M. le Président,
c'est... c'est... Puis je sais qu'on va avoir des belles discussions sur
d'autres sujets dans cet... dans cet article-là, puis c'est correct, puis c'est
sain, mais je veux juste que mon collègue comprenne que, ce qui m'anime en
arrière de tout ça, c'est je regarde toujours, moi, comment, là, garder, cet
équilibre, que les gens puissent manifester. Puis oui, on a un devoir aussi de
mettre des outils en place pour s'assurer que ça ne dérape pas puis qu'il n'y
ait pas personne qui soit blessé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci, M. le
Président. Donc, je voudrais... Donc, très intéressant de la part du ministre,
très habile aussi. Donc, il s'agit... il s'agit beaucoup, en tout cas, de
protéger les manifestants eux-mêmes, je trouve ça très intéressant. Et le
ministre nous a dit qu'il y a eu plusieurs tentatives historiques au cours de
l'histoire, là, pour tenter de... comment pourrais-je dire, de baliser le droit
de manifester. Là, je ne sais pas si ça s'est réalisé ou pas, j'en conclus
que... à moins que le ministre me dise le contraire, qu'on n'a pas...
Finalement, les pouvoirs publics, le législateur n'est pas allé de l'avant ce
qui démontre en quelque sorte la sensibilité du sujet, c'est-à-dire il y a
toujours eu une volonté d'encadrer davantage le droit de manifester à travers
différentes mesures plus ou moins appropriées et légitimes ou pas, etc., là,
mais, si j'entends bien le ministre, on n'a pas... les gouvernements successifs
n'ont pas donné suite à cette... à cette intention-là.
• (10 h 30) •
La question est à savoir pourquoi là.
Selon moi, et peut-être le ministre pourra me corriger, c'est parce que c'est
évidemment un sujet extrêmement sensible qui touchent, comment dire, la
raison... la raison d'être d'une démocratie, d'un État de droit tel que le
nôtre, qui est le droit de manifester une dissidence, en général politique.
Et... Tout est politique, vous allez me dire, là, donc, on va s'en tenir à une
dissidence politique. Aujourd'hui, le ministre décide d'aller de l'avant et OK,
on va... bien, on va... on va explorer, donc, comment dire, la gravité de la...
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10 h 30 (version non révisé
e) M. Fontecilla : ...situation à
corriger versus les moyens qui sont mis en place pour corriger ces situations-là.
Et la question est à savoir si ces moyens sont proportionnés ou
disproportionnés par rapport à la réalité qu'on essaie de... de baliser. Il y a
plusieurs... plusieurs groupes dans la société québécoise qui ont manifesté,
justement, qu'il y a une disproportionnalité, c'est-à-dire que, pour utiliser
une expression très connue, là, on utilise un marteau pour tuer une... tuer une
mouche.
La question... et je reviens, là, c'est le
moment d'y... de revenir, M. le Président, puisque c'est le premier
article qui
établit l'objectif de la loi, donc c'est bien que des... que les parlementaires
soient... soient... comprennent parfaitement c'est quoi, les objectifs, là, c'est
à... de cette loi-là. Et le ministre nous a... nous a donné quelques...
quelques exemples, et... mais je voudrais savoir si... si le ministère de la
Sécurité publique, là, a procédé à une analyse un peu plus... comment dire, un
peu plus exhaustive, là, sur cette situation-là et sur... Parce que, pour l'instant,
je n'ai pas entendu qu'il y a eu une étude, une analyse de différents types de
manifestations, du nombre d'infractions, du type d'infractions qui ont été
commises, là. Et j'ai l'impression, et j'espère que le ministre va me... va
me... va me corriger, là, qu'on... on est un peu dans l'anecdotique. Il s'est
passé des choses, oui, on sait qu'il s'est passé des choses, on sait que, dans
telle manif, il y a eu des casseurs, on sait qu'il y a eu une vitrine à tel
endroit qui a été cassée, etc., etc. Mais est-ce qu'il y a eu une compilation
en quelque... en quelque sorte? Est-ce qu'on peut dire : Dans... Il y a eu
une augmentation de ces actes, de ces méfaits-là à travers... à travers... à
travers l'histoire qui justifie justement de légiférer dans une matière aussi
sensible que... ce que le droit de manifester, qui nous renvoie à l'essence
même de notre démocratie? Je le réitère et je vais le réitérer encore à plusieurs
reprises, là. Donc, est-ce que le ministre ou le ministère a procédé à une
analyse un peu plus exhaustive, au-delà de, je vais le dire, de ce qui pourrait
paraître anecdotique?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci.
Merci, M. le Président, puis merci à mon collègue pour l'entrée en la matière.
Puis je vais prendre ses images, ses images d'outils, peut-être pas prendre le
marteau, mais je vais prendre les images d'outils, parce que je trouve ça très,
très approprié. M. le Président. Deux, trois points, parce qu'il y avait
beaucoup d'éléments dans ce qu'il a apporté. Oui, dans le passé, il y a eu des
tentatives. On parlera de règlement municipaux qui a été mis en place à
Montréal, entre autres, pour... pour ne pas le nommer, P-6, que je sais que mes
collègues de la deuxième opposition connaissent bien, où on demandait non
seulement l'itinéraire, mais de manifester à visage découvert. Je pense que mon
collègue s'est vite rendu compte que ça ne fait pas
partie de ce que je lui
présente aujourd'hui. On ne va pas là.
Alors, je reprends son image de l'outil.
Vous savez, M. le Président, ceux qui font de la rénovation le savent bien. 21 heures,
le soir, si on a besoin d'un outil en particulier, c'est rarement une bonne
idée d'attendre d'en avoir besoin pour aller l'acheter. Puis ça ne veut pas
dire parce qu'on l'a acheté qu'on s'en sert tous les jours. Moi, j'ai plusieurs
outils que je n'utilise pas à tous les jours, mais c'est bon de les avoir puis,
en tout respect pour mon collègue, ce que je veux dire par là, je suis d'accord
avec son approche d'outil en disant : Ce n'est pas parce qu'il est là qu'il
faut l'utiliser tout le temps. Puis je suis super d'accord avec lui.
Puis je vous le dis, M. le Président, il faut
que les gens puissent manifester. Super d'accord avec lui. Cependant, ce qu'il
appelle des cas anecdotiques, on pourrait sortir une revue de presse, M. le
Président, puis je ne pense pas que ce soit ça, le but. Ça arrive. C'est comme plusieurs
articles du Code criminel. Est-ce qu'on a des homicides à tous les jours? Non.
Puis tant mieux. Montréal, on a beaucoup moins d'homicides qu'avant. Cependant,
l'outil est toujours là, c'est-à-dire que cette règle-là est forte.
Et, M. le Président, plus profond que ça,
je vous dirais, la règle qu'on vous propose aujourd'hui, qui, somme toute, est
la moins intrusive, c'est ma vision, puis on aura la chance d'en débattre, envoie
aussi un message à ceux qui ont de mauvaises intentions. Ça fait que moi, je
pense que cette règle-là, elle a un but préventif en disant : Si vous
voulez manifester, clairement, c'est correct à Montréal. Mais, si vous voulez
amener des balles de billard, si vous voulez amener des pièces pyrotechniques,
si vous voulez amener des outils pour blesser, ce n'est pas la bonne chose à
faire à Montréal. Je dis «Montréal», excusez-moi l'exemple, mais au Québec.
Alors, je comprends son point quand il me
dit : Est-ce que vous avez fait des recherches, vous êtes capables de nous
dire combien de manifestations qu'il y a eu des arrestations? On pourrait
sortir les chiffres, M. le Président, mais moi, je serais plate, j'irais à l'autre
bord en disant : Même une, étant donné qu'on ne brime pas les gens... puis,
encore là, c'est mon interprétation, puis je suis totalement d'accord qu'on va
avoir des discussions là-dessus, on essaie de brimer le moins possible le droit
de manifester pour leur permettre de manifester d'une façon qui est paisible
sans être blessé. Vous savez, M. le Président, de manifester avec ses enfants,
de marcher paisiblement puis de recevoir un projectile, je pens beaucoup aux
manifestants quand je parle de ça, M. le Président. Pour moi, bien, puis mon
collègue l'a dit, ça ne veut pas dire qu'il y en a à tous les jours. On a vécu
des périodes de tensions récemment. C'est arrivé à...
M. Lafrenière : ...plusieurs
reprises. Il y a d'autres gouvernements qui ont tenté, dans le passé, même des
règlements municipaux qui ont été tenté, comme P-6, ça n'a pas fonctionné.
Nous, notre approche est beaucoup plus
large. On vient dire : Les gens peuvent manifester. On ne leur demande pas
de partager leur itinéraire. On ne demande pas d'être à visage découvert. On
leur demande... Puis, M. le Président, je vais renverser la question :
Qu'est-ce qu'il y a de mal de demander à quelqu'un de ne pas venir manifester
avec des objets qui sont utilisés pour blesser quelqu'un? La grande majorité
des cas... Puis c'est anecdotique, là, le peu de monde qui, je vous dirais...
qui vont se sentir empêchés de manifester parce qu'ils ne peuvent pas avoir
dans leur sac à dos des balles de billard puis des feux d'artifice. La majorité
des gens ne manifestent pas avec ça. Mais malheureusement, certaines...
certaines personnes, des groupes avec des mauvaises intentions s'ajoutent aux
manifestations. Puis c'est eux autres qui contaminent la manifestation qui
pourtant était là pour une bonne raison.
Moi je l'inverse en me disant :
Est-ce que vraiment ça va brimer le droit de manifester que de ne pas pouvoir
manifester avec un sac à dos rempli d'objets qui sont destinés à blesser
quelqu'un? La grande majorité des gens qui nous écoutent, M. le Président, ils
n'ont pas de problème avec ça. Manifester, ça va. De ne pas avoir le droit d'aller
manifester avec une barre à clous ou un marteau, là, je vais ressortir le
parallèle du marteau, bien, si c'est une manifestation sur la construction, on
pourrait comprendre, mais, M. le Président. Clairement, il y a des gens qui ont
des mauvaises intentions. Puis ce n'est pas tout le monde. C'est vrai.
Ce qu'on veut faire aujourd'hui... C'est
pour ça qu'on y va de façon très isolée. On commence tranquillement, parce que
la majorité se passe bien. Mais ces cas-là font mal physiquement, mais font mal
aussi, je vous dirais, à ces groupes de manifestation là, qui en font
plusieurs, qui ont des beaux messages. Puis je vous dis, pour ces propres
groupes là, d'avoir des groupuscules avec des mauvaises intentions, ce n'est
pas gagnant non plus. On vient agir sur le problème plutôt que de dire :
En général, les manifestations, exemple, là, ça va être entre 8 h et 20 h ou
les manifestations vont devoir faire telle... Là, on irait brimer des gens qui
ont décidé d'avoir un élan de joie puis de... On dit juste : Si vous
manifestez, vous ne pouvez pas avoir des objets... Puis, en passant, M. le
Président, je vais être plate, là, mais qui vient à l'Assemblée nationale avec
des feux d'artifice, des balles de billard, des couteaux, des... Personne, M.
le Président, personne dans mon entourage qui me dise que normalement, pour se
sentir bien sur la rue, ils ont des feux d'artifice puis des objets pour
blesser. Des boules de billard, on a ça si on va jouer dans un endroit où il y
a une table de billard, mais rarement les gens se trimballent avec ça sur la
rue pour... pour jongler.
Ça fait que, M. le Président, moi, je
comprends. Puis la ligne de mon collègue, je pense, je la comprends, de
dire : Il faut être prudent. Puis c'est vrai, hein? C'est vrai qu'il faut
trouver l'équilibre. On s'est dit la même chose dans le
chapitre précédent, M.
le Président, quand on parlait du registre, toujours de garder... en tout cas
de tenter de maintenir cet équilibre-là. Puis je suis d'accord avec mon
collègue. Puis ça va être mon discours tout le long de cette section-là, très
sensible. Sensible, pourquoi? Parce que le droit ou la possibilité de
manifester, elle est importante. Puis je vais lancer le défi à mon collègue
d'aller... d'aller réécouter ce que je disais, comme porte-parole. J'ai
toujours dit ça : Les gens peuvent manifester, c'est... c'est commettre
des crimes qui n'est pas permis. Je pense, c'est quand même assez consensuel
qu'à partir du moment où des crimes sont commis, ça ne passe pas. C'est
vraiment ça qu'on veut cibler, M. le Président, et non pas la tenue de la
manifestation.
Puis je l'ai dit tantôt, d'agir sur la
raison de la manifestation, c'est non, d'encadrer ou d'empêcher des
manifestations à certains endroits, à certaines heures, tout ça, c'est non. On
n'est pas là du tout. On y va vraiment avec... de façon très ciblée : Si
vous faites une manifestation, de vous présenter avec des objets dangereux, ça
ne passe pas. Je pose la question en me disant : Je pense, c'est ce qui
est... est acceptable. On va voir, tout à l'heure, il y a... il y a d'autres...
d'autres points, là, à débat, mais en général, ce qu'on veut faire, c'est
s'assurer de la sécurité des gens et de ne pas les brimer dans leur volonté de
s'exprimer, que je comprends.
Le Président (M. Schneeberger) : Député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Écoutez,
évidemment, et c'est ce que je comprends, M. le Président, là, de
l'intervention du ministre, là, que c'est éminemment à
titre préventif, là, que
ces mesures-là sont... sont mises de l'avant.
Je comprends aussi qu'il n'y a pas eu
d'études exhaustives, de compilation de différents actes de violence, entre
guillemets, dans les... toutes les manifs qui se sont déroulées depuis un
certain nombre d'années. Et le ministre nous a dit qu'il pourrait me sortir une
revue de presse. Fort bien... Mais il n'en demeure pas moins que, selon moi, le
ministre n'a pas réussi à démontrer ici, en commission parlementaire, qu'il y
avait une situation... une situation tellement problématique qui justifie
l'adoption de mesures... législatives de cet ordre-là.
• (10 h 40) •
Ceci... Ceci étant, là, le ministre a
plusieurs fois fait allusion aux balles de billard, là. Bon. On va... On va en
parler. On va en parler, de cette situation-là, où des... où...
M. Fontecilla : ...ou que
sais-je, là, mais on va traiter cette question-là dans l'étude de l'article
concerné, parce que je... il va m'entendre le dire à plusieurs reprises, là,
n'importe quel objet peut être utilisé à des fins violentes, et c'est même un
policier qui me l'a très clairement fait comprendre.
Donc, la question est... la question est
la... est celle du précédent, là, le ministre se donne le pouvoir, quand même,
par différentes mesures qui n'ont jamais... qu'aucun législateur avant n'a osé
se donner, parce que peut-être qu'un jour il peut y avoir des excès. La
question est toujours à savoir, M. le Président, là, si les moyens que son...
qu'on se donne pour corriger une situation qui semble problématique, et la
preuve n'a pas été faite, selon moi, est proportionnée à l'objectif qu'on veut
importantes pour une société démocratique telle que la nôtre, comme par exemple
le droit de manifester. Et, à première vue, à première vue, et on va... on va
faire la discussion lors de l'étude détaillée, j'ai... je pense, jusqu'à
présent, que le ministre se donne des moyens complètement disproportionnés par
rapport... par rapport à l'objectif à atteindre sans avoir réussi à démontrer,
encore une fois, là, les... la situation problématique qui pourrait justifier
l'adoption de ces... de ces... de ces outils-là.
Et moi, je crois sur parole le ministre,
là, quand... quand il fait profession de foi sur le droit de manifester, etc.,
mais on sait très bien que, malheureusement, ce ne sera pas un ministre
éternel, il va y en avoir autres... d'autres après lui, là, d'ici quelques...
quelques années, parce que, bon, là, écoutez, là, je suis déçu de vous le dire,
la jeunesse éternelle, hein, n'existe pas. Profitez-en pendant que ça passe, M.
le ministre. Mais on a malheureusement vu ici, et surtout ailleurs, là, des
gouvernements qui utilisent de vieilles lois, ne me demandez pas quels
gouvernements et quels niveaux de vieillesse de ces lois-là, elles sont utilisées
pour faire... justifier toutes sortes d'actes assez répréhensibles en termes
d'atteinte aux libertés démocratiques. Donc, cette loi-là va... va être
adoptée, sans doute, parce qu'on fait face à un gouvernement majoritaire... à
moins qu'il accepte des petits... des petits amendements et... mais d'autres
gouvernements qui ne sont... qui n'ont pas d'aussi bonnes intentions que celles
du ministre pourraient utiliser ces dispositions-là pour diminuer les libertés
démocratiques, diminuer les possibilités de manifester.
Donc, on est juste à l'article 1 de cette
section-là, qui établit l'objectif des dispositions apportées par le ministre.
Et moi, j'en suis, là. Prévenir les atteintes à la paix, on est tout à fait
d'accord. Prévenir les atteintes à l'ordre et à la sécurité publique dans le
but de... de favoriser la jouissance paisible des lieux et de biens dans
l'espace public et la sécurité des personnes, ça, je pense que... enfin, j'ose
croire que l'ensemble des parlementaires ici présents vont être d'accord, là.
C'est surtout dans les articles suivants, lorsqu'il s'agit de spécifier les
moyens pour atteindre ces objectifs-là, que la chose va se corser. Mais je
finirai, en terminant, encore une fois, monsieur... M. le Président, là... que
le ministre n'a pas réussi à nous faire la démonstration qu'il y a une
situation problématique telle que ça justifie des moyens tels qu'il va les
spécifier dans les articles suivants. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
M. le ministre.
M. Lafrenière : ...merci
beaucoup, M. le Président. Puis mon collègue répétait à plusieurs reprises que
le ministre se donnait beaucoup de pouvoir. Le ministre veut donner des outils
aux policiers. Il n'y a pas grand pouvoir pour le ministre. Je veux rassurer le
collègue là-dessus, je ne ferai pas d'arrestation là-dedans.
Cependant, le collègue... puis je veux
bien me lancer dans des chiffres, mais j'haïs ça. Puis, en passant, cher
collègue, dans le premier bloc, avec les oppositions, on a amené plusieurs
modifications. Mais tantôt il a dit : Peut-être, il va y avoir une petite
modif. Ayez de l'espoir, là. On est arrivés ensemble dans le passé. Ça, ça a...
ça a bien fonctionné, on a pu régler des choses. Je suis dans cette
approche-là. Alors, ça ne sera pas frontal.
M. le Président, là où je suis en
désaccord, c'est en disant que la majorité des manifestations se passent bien.
Dans les chiffres, là, on parle de 5 % à 10 % des manifestations qui se
terminent soit avec des arrestations ou un dérapage. Je vais vous en donner des
exemples, là, mais... je pensais que tout le monde, on les a vus, mais je vais
donner des exemples. Manifestation du retrait du Canada de l'OTAN...
M. Lafrenière : ...a dégénéré
à Montréal. Des gens qui ont été blessés, des pièces pyrotechniques qui ont été
lancées en direction des policiers, en 2021, des milliers de personnes ont
manifesté contre les mesures sanitaires à Montréal, on s'en rappellera, comment
ça s'est passé. Je pourrais lire des pages et des pages, puis je les connais personnellement
aussi, M. le Président. En 1999, on a un policier, André... qui a perdu un oeil
suite... dans une manifestation, il a reçu une balle de billard. Puis là on va
dire que c'est anecdotique, mais c'est dur de dire à des personnes victimes
qu'ils sont anecdotiques parce que c'est une personne parmi tant d'autres. Puis
je ne veux pas les personnaliser, mais ces cas-là, malheureusement, ce sont des
vrais humains. Dans des manifestations pendant le printemps érable, je me
rappelle très bien d'un individu, puis le nom m'échappe, sur la rue Sherbrooke,
qui a été blessé à un oeil aussi. Bref, ce sont des vrais gens, des vraies
histoires, des vrais cas. Je ne le vois pas dans l'anecdotique.
Puis, M. le Président, si j'arrivais
aujourd'hui en vous disant : Les manifestations à Montréal, c'est non, ou
les manifestations à Montréal, voici, tout va changer, je comprendrais
l'argument du collègue en disant : Ce que vous demandez, c'est beaucoup
trop élevé par rapport à ce que vous enlevez comme possibilité. Puis, encore
là, puis peut-être que je viens du mauvais cercle. Ça fait que j'écoute tout le
monde, j'entends les gens, il n'y a pas grand monde qui ont réagi en
disant : Moi, j'aurais vraiment aimé manifester avec un sac à dos rempli
de boules de billard, je me sens mieux dans ce temps-là, par grand vent, je
reste au sol. Je n'ai pas entendu grand-monde sur cet argument-là, mais là où
je suis d'accord avec le collègue... il ne faut pas embarquer sur cette pente
glissante qui va faire en sorte que les gens ne pourront plus manifester, puis
j'en suis d'accord. Sommet des Amériques, 431 blessés. Il y a des exemples
comme ça, mais c'est...
La raison pour laquelle je ne sortirai pas
de chiffre, M. le Président, c'est que je ne veux pas dépeindre les
manifestants de Montréal en disant que ça ne va pas bien. Ce n'est pas vrai,
là, c'est des petits... on parle de 5 à 10 %, mais c'est un 5 à 10 %
avec de vrais blessés, de vrais... de vrais impacts dans la vie des gens. Puis,
souvent, quand on fait nos lois, bien, ce n'est pas tout le temps pour la
majorité des gens, ce n'est pas vrai. Souvent, on a des petits groupes, des
gens qui ne sont pas entendus, ces victimes-là, ces gens qui sont blessés, les
policiers incluant, qui sont aussi des citoyens, qui sont blessés, des
blessures graves et qui peuvent être prévenues, d'une certaine façon, M. le
Président, tu sais. Si on dit : On se déplace, il y a un accident d'auto,
bon, c'est une fatalité, c'est arrivé comme ça, mais, dans une manifestation,
de permettre d'avoir en sa possession de balle ou de la lancer,
personnellement, je n'adhère pas à ça du tout.
Je sais que mon collègue, ce n'est pas ce
qu'il dit du tout, là, mais ce qu'on propose, comme mesures, ça ne brime pas
l'ensemble des citoyens d'une libre jouissance à une manifestation. On vient
juste dire qu'une des règles, ce n'est pas d'amener de feu d'artifice, ce n'est
pas d'amener d'objet. Puis je comprends ce que mon collègue dit. À la limite,
est-ce qu'on pourrait dire que les clés dans ma poche, si je les mets entre mes
jointures, je pourrais m'en servir comme un poing américain? Je comprends tout
ça, là. Ce n'est pas ce qu'on dit aujourd'hui. On dit : Des objets qui
n'ont aucune autre utilité qu'être lancés, comme des projectiles, ou des
matières chimiques, ou des bâtons avec un couteau qui a été tapé au bout pour
être sûr de couper les tendons des chevaux, c'est toutes des choses que... M.
et Mme Tout-le-monde ne manifestent pas comme ça. Si c'était la majorité, j'en
viendrais à dire : M. le Président, ce que je vous propose aujourd'hui,
c'est important, mais je vous le dis, on va avoir... les gens vont être en
désaccord avec nous. Ce sont des petits groupes, et, de l'aveu même des
organisateurs de manifestations, ce n'est pas ce qu'ils veulent, ils ne veulent
pas faire de casse. C'est rare que les gens viennent manifester en
disant : On espère de la casse. La majorité des gens que j'ai vus, moi,
c'est : on veut que ce soit pacifique.
Et là il y a des groupes avec des
intentions criminelles qui viennent. Puis je resservirai le même argument quand
on va parler des écussons de groupes criminalisés. Peut-être que ça va être
désagréable pour ces groupes-là, qui aimaient beaucoup de faire l'extorsion
avec ça, mais M. et Mme Tout-le-monde ne le fait pas, ça.
Ça fait que j'entends bien mon collègue
puis je voulais juste rajouter ça. Puis je ne voulais pas sortir la liste des
manifestations avec les... parce que je trouve, honnêtement, c'est un petit peu
les stigmatiser en disant : Regardez, des manifs, il y en a qui ont... La majorité,
ça va bien, mais ceux qui ne vont pas bien, c'est parce qu'il y a des gens qui
se sont ajoutés à cette manif-là avec des objets que M. et Mme Tout-le-monde ne
trimballe pas avec lui. Il faut agir sur eux et non pas l'ensemble de la population.
Puis c'est pour ça qu'on va être ciblés dans ce qu'on vous propose, M. le
Président. On ne veut pas que ce soit l'ensemble des manifestants qui se fasse
dire : Bon, vous faites de la casse. Ça fait que je fais bien attention à
mes termes, parce que la majorité des manifestants le font bien, mais quand ça
ne va pas, il faut donner un outil aux policiers pour qu'ils agissent sur eux
et non pas sur tout le monde.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait, je vais... Députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci.
J'écoute les échanges puis ça me fait... ça me fait penser, j'ai des questions
pratico-pratiques, puis aussi peut-être de l'information qui va m'aider puis va
peut-être aider les membres de la commission de comprendre pourquoi que nous
sommes rendus ici, avec ces recommandations à l'intérieur de cette loi.
Quand je lis le mémoire qui a été déposé
auprès du Conseil du ministre et je fais une comparaison avec ce que vous
m'avez répondu au début... Vous avez dit qu'à Montréal le nombre annuel de
manifestations s'élève entre 1 200 et 1 500, mais, quand je lis le
rapport qui a été déposé auprès du Conseil des ministres, on dit que le nombre
annuel, au cours des cinq dernières années, oscille entre 320, en 2021, et 610
en 2024. Alors, la ville de Québec, elle dénombre environ une centaine
annuellement. Est-ce que ça veut dire qu'on a vu une augmentation importante en
2025? Puis est-ce qu'on a ces statistiques...
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
• (10 h 50) •
M. Lafrenière : ...puis tout à
l'heure, quand je l'ai dit, j'ai même rajouté le... c'est 1200,
1500 occasions où des rues ont été fermées. Je veux juste être prudent
là-dedans. Je vais vous donner des exemples, puis ma collègue, étant Montréal,
elle connaît, là. Si on a une vente trottoir, si on a une fête de quartier,
c'est toujours un exemple qu'on a utilisé... M. le Président, après ça, j'ai
rajouté que les automobilistes étaient patients à Montréal. Ça fait que, moi,
c'est tout dans la même phrase, vous comprenez? C'est... c'est autant
d'occasions où des conducteurs ont dû maugréer en disant : Une rue de
fermée! Mais c'est toléré à Montréal, puis c'est rare, les endroits où il y en
a autant. Ça passe. Mais ma collègue fait bien, quand on parle de
manifestations proprement dites, qu'on va définir tantôt, c'est un autre
chiffre. Mais des occasions où les rues sont fermées, moi, je veux juste dire
que les Montréalais sont patients. Ce n'est pas une question d'impatience,
d'intolérance. Ils sont patients. Bien, merci... collègue, parce que, oui, il
faut clarifier ce bout-là.
Mme Maccarone : Mais, quand
on parle des chiffres, est-ce qu'on a les chiffres aussi? Parce qu'ici, comme
j'ai dit, on a le volet manifestation, position et projection d'objets ou de
substances lors des manifestations. On arrête en 2024. Est-ce qu'on a les
chiffres pour 2025? Est-ce que c'est plus élevé, est-ce que c'est moins élevé?
Ou bien est-ce que ça continue? Parce que ça amène peut-être une justification
de pourquoi on continue avec ceci. Parce que, quand même, 610 en 2024, est-ce
que c'est beaucoup? Est-ce que ce n'est pas beaucoup en comparaison, j'essaie
de comprendre.
Le Président (M. Schneeberger) :
Le Président (M. Lafrenière) :
Oui, merci, M. le Président. Les plus récents chiffres, malheureusement, c'est
2024, puis je serais prudent à dire, ce n'est pas... puis je vais me permettre
mon commentaire bien personnel, je ne peux pas dire que c'est une... c'est une
pente qui est ascendante tout le temps. C'est cyclique, hein, c'est comme
d'autres choses. Ça dépend de ce qui se passe dans le monde. L'année passée, ça
a été assez chaud avec certaines décisions qui n'avaient même pas lieu sur le
territoire québécois ou canadien, où les gens ont réagi. C'est assez cyclique,
ça fait que c'est dur à prévoir. Quand je parle de 1200, 1500... moment où des
rues sont fermées, ça, c'est bon an, mal an, c'est assez facile, c'est ce qu'on
appelle les services d'ordre au SPVM. Mais pour les manifs, les vagues de
manifs, les types de manifestations, M. le Président, il faut comprendre que
les chiffres auraient pu être bonifiés si on avait une équipe de hockey qui se
rendait très loin dans la saison, ça rentrerait dans les chiffres. Mais ce serait
très différent d'une marche contre une décision de notre voisin pas toujours
gentil aux yeux de la frontière, mettons.
Mme Maccarone : Est-ce qu'on
a une idée du coût des débordements? Est-ce que ça, c'est chiffré?
M. Lafrenière : M. le Président,
à chaque fois, ce sont des chiffres qui sont sortis par le SPVM. Je vais
laisser le SPVM les sortir, parce qu'honnêtement, je ne les ai pas en mémoire
du tout aujourd'hui, mais c'est... ma collègue amène un bon point. Oui, il y a
un coût à ça. J'étais pour dire, il y a un coût direct puis il y a un coût
indirect aussi. Le coût indirect, puis je veux revenir dans l'élément
prévention, puis ça me ramène à ce qu'on avait vécu, entre autres, là, dans le
printemps érable, où on rencontrait les commerçants avant même qu'il y ait des
manifs. On les rencontrait en disant : Nous avons appris qu'il y aurait
une manifestation, voici le chemin qu'on pense qu'ils vont prendre. Puis on
donnait certains conseils de prévention aux commerçants en disant : Si
vous avez du mobilier urbain qui est face à votre commerce, qui n'est pas fixé,
vous devriez le rentrer à l'intérieur parce que ça peut être utilisé comme
projectile pour briser votre vitrine. Bref, il y a plusieurs choses qu'on
faisait comme ça, et ça aidait, ça aidait. Ce que je suis en train de vous dire
dire, c'est... il n'y a pas un outil qu'on vous présenter qui va tout régler.
Je pense ça prend plusieurs outils, des outils qui sont faits en avance, sont
déployés en prévention... moi, je pense beaucoup aux commerçants, entre autres,
aux gens qui vivent dans un secteur, puis...
Mme Maccarone : La
collectivité.
M. Lafrenière : ...ma collègue
le connaît très bien, des secteurs où, un moment donné, la patience peut être
poussée un petit peu. Ça fait que c'est pour ça qu'on veut agir en amont. Ça
fait que la prévention, absolument, l'encadrement avec la présence policière...
Puis le SPVM vous répondrait qu'ils ont développé des nouvelles tactiques avec
les vélos, avec la cavalerie, avec d'autres façons d'intervenir avec le minimum
de force possible pour que les gens manifestent, de bloquer les rues, de donner
de l'information, de parler à la foule.
M. le Président, quand j'étais au SPVM, on
a développé quelque chose que je suis sûr que mon collègue de la deuxième
opposition connaît, qui s'appelait Manifs en cours. Alors, quand il y avait des
manifestations sur Twitter, c'était le début des médias sociaux, aujourd'hui on
est rendu loin, on avait un hashtag qui s'appelait #Manifs en cours. Il y avait
des milliers de personnes qui s'étaient abonnées pour voir, la manifestation,
elle est rendue où. Parce que pendant plusieurs semaines, mois, moi, je
connaissais des commerçants qui avaient des «shakes» en se disant : Est-ce
qu'ils s'en viennent vers chez nous ou pas, quelle rue va être bloquée? Ça fait
qu'on avisait les gens.
Ça fait
partie de ce qui est développé,
des outils. Puis là je parle beaucoup de Montréal parce que c'est la majorité
qui se passe là. Mais c'est sûr, quand on regarde Québec, ce type de règlement
là, depuis des années, et on réside tous temporairement à Québec, on voit
comment ça se passe... je pense que ce n'est pas du tout le même niveau, au
niveau des dérapages, et tout.
Tantôt, mon collègue disait : Est-ce
que vous avez des chiffres, des statistiques? Puis je ne suis pas capable
d'arriver avec ça aujourd'hui. Puis surtout de la prévention, c'est très
difficile de le nommer. Mais je pense qu'on peut bien voir qu'ici et, par
exemple, où il y a cette réglementation-là, ça se passe majoritairement bien,
même très bien.
Mme Maccarone : ...c'est ça
qui manque actuellement. C'est l'analyse d'impact réglementaire. Je pense que
ça aiderait beaucoup à comprendre le pourquoi. Le ministre a lu un document où
on a parlé de 5 % à 10 % des manifestations terminent en dérapage. Est-ce
qu'on a... Je comprends qu'on a déjà vidé la question. On... On aura voulu...
Mme Maccarone : ...avoir une
copie de l'analyse d'impact réglementaire, parce que ça aide les membres de la
commission de prendre des décisions puis de comprendre les orientations. Mais
le ministre a fait référence à un document où on avait quand même quelques
statistiques. Est-ce qu'on a une analyse, même si ce n'est pas complet? Parce
qu'il manque... Comme, par exemple, j'aurais voulu savoir le coût. Ça se peut
qu'on n'ait pas ces informations. Est-ce qu'on a un autre document qui peut
nous aider à bien comprendre le fondement puis les orientations, comme le 5 %
à 10 % qui terminent en dérapage? Est-ce qu'on a autres statistiques comme
ça qui existent? Et, si oui, est-ce que le ministre serait à l'aise de déposer
ce document pour la bonne compréhension des membres de la commission?
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis la même question s'était posée dans notre premier volet
de notre omnibus, puis la même réponse va se... va se jouer, puis mon collègue
de la deuxième opposition va pouvoir l'entendre. Dans ce type de projet de loi,
ça ne se qualifiait pas pour une analyse de... d'impact.
Mme Maccarone : ...d'accord, parce
que...
M. Lafrenière : Je sais que
ma collègue n'est pas d'accord. Ce qu'on me dit, c'est que ça ne se qualifiait
pas. Mais je vais continuer ma réponse pareil. Alors, en toute transparence, ce
que ma collègue demande, si je l'avais, je lui donnerais avec un grand plaisir.
Ce que j'ai devant moi, c'est les documents qui avaient été déposés au Conseil
des ministres, puis elle y a fait référence tout à l'heure. Pour ce qui est des
pourcentages des chiffres, c'est que, quand on a fait nos consultations, on a
appelé les services de police avant même les grandes consultations, mais je
n'ai pas un rapport, sinon, je lui donnerais. Il n'y a pas de cachette, là, là,
puis je n'ai pas de rapport à ça, M. le Président.
Et pour ce qui est des coûts, ça, je ne
l'ai pas. Le SPVM me répond... de ce que je me rappelle, dans le passé, il
répondait à une demande d'accès à l'information. Je ne me rappelle pas... Puis
je vais faire la vérification diligente, M. le Président, avant qu'on resiège,
je vais quand même faire une vérification, voir si c'est de l'information qui a
déjà été donnée, puis, sinon, je la donnerai, il n'y a pas de cachette. Et le 5 %,
10 %, c'est moi qui l'ai écrit ici, ça venait de de conversations qu'on a
eues, entre autres avec le SPVM, pour voir c'était quoi le nombre de
manifestations qui avaient terminé avec dérapages et/ou arrestations.
Mme Maccarone : ...grande
partie, si ce n'est pas la majorité des projets de loi, quand ils sont déposés,
le gouvernement fait une analyse d'impact réglementaire. Et je dirais que les
critères, si on regarde sur le site Web... écoute, on dit... on l'a pour
favoriser l'accès à un logement, pour modifier des diverses dispositions
concernant le domaine de l'habitation, on l'a. Quand on parle d'installations
sous pression, on l'a. Sur le règlement des aliments, l'insémination
artificielle des bovins domestiques... écoute, la liste continue, normes du travail,
modifications réglementaires visant principalement... c'est allé trop vite, je
ne suis pas capable de lire... l'autorisation pour distribuer l'électricité.
Vous voyez, regarde, on parle des bovines, on parle des choses qui sont très
importantes.
Mais ici, on parle de sécurité civile, on
parle de l'impact sur nos policiers, on parle des droits civils. Il me semble
que... Je suis perplexe, à moins que je ne connaisse pas son... les critères,
de ne pas avoir fait une analyse d'impact réglementaire dans ce qu'ici, à mon
estime à moi c'est essentiel. C'est pratiquement... tous les dossiers du
Conseil de ministres ont une analyse d'impact réglementaire. Puis ici, là, on
parle de quelque chose qui... c'est sûr, il va y avoir une controverse. Ça fait
que je comprends mal pourquoi qu'on n'a pas ce document. Ça fait que,
peut-être, on peut juste vérifier que ce n'est vraiment pas le cas. Si c'est le
cas, je vous dirais, bien, ici, c'est essentiel qu'on ait une idée de c'est
quoi, l'impact réglementaire, une analyse. Ou bien, qu'il dépose les critères,
parce que les critères, ça aussi ça va nous aider.
Moi, j'essaie de comprendre... Le ministre
est très clair avec les orientations, mais ça doit être fondé sur quelque
chose. Puis quand il fait référence à... les pourcentages de dérapage, on n'a
pas ces informations. Ça fait que, c'est sûr, il y a eu un type d'analyse
quelque part. Ça, c'est de l'information qui serait précieuse à déposer pour
les membres ici. Mais de bien comprendre pourquoi qu'on n'a pas fait une analyse
d'impact réglementaire, je pense que ça aussi, ça va être important de répondre
à cette question.
Le Président (M. Schneeberger) :
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis merci à ma collègue, parce ça m'a permis de faire les...
les vérifications. Puis, oui, ce n'est pas le premier projet de loi que je
dépose, mais des projets de loi, toujours, en matière assez sociale. Ça fait
que je n'avais jamais eu... Ma collègue, mon autre collègue n'a pas l'air sûre
que j'ai déposé des projets de loi en matière sociale, là. N° 79,
c'était très social.
• (11 heures) •
Ce qu'on me donne comme information...
Puis, comme je vous dis, je découvre ça, c'est le ministère de l'Économie qui
produit le guide là-dedans, qui dit qu'une analyse d'impact réglementaire est
requise si les modalités d'un projet de loi concernant les... excusez-moi, je
vais le relire... une analyse d'impact réglementaire est requise si les
modalités d'un projet de loi... concernant des entreprises. Alors, on nous dit
que, dans tout notre projet de loi, s'il y a un élément qu'on a pu aller voir,
c'est l'interdiction d'exposer des objets identifiés à une entité à dessein
criminel, de voir quel aurait été l'impact pour une entreprise qui vendait ces
objets-là. Puis, encore là... puis je n'embarquerai pas dans un débat avec...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) M. Lafrenière : ...ma collègue
parce que je comprends ce qu'elle me dit. Puis ce n'est pas parce que je ne
veux pas. Je ne l'ai pas. On me disait qu'on n'avait pas besoin de le faire
suite à ce que je viens de lui lire. Je suis hypertransparent. Dans la loi 79, M.
le Président, oui, c'était une loi aidant à retrouver des enfants disparus ou
assassinés, ça ne s'appliquait pas à ce moment-là, mais on n'en avait jamais
parlé.
Ça fait que j'ai entendu ma collègue. On
en a parlé dans la phase un. Je l'entends encore aujourd'hui. Puis je comprends
ce qu'elle veut dire aussi, comment ça a pu nous aider à baser nos discussions,
et tout. Puis ce n'est pas par manque de volonté. Je réponds platement, comment
ça a été préparé, M. le Président.
Mme Maccarone : ...ce n'est
jamais l'orientation de mes échanges avec vous.
M. Lafrenière : Je le sais.
Mme Maccarone : Juste pour
que ce soit clair. Mais, c'est sûr, il y a un impact sur les entreprises. Parce
que, là... moi, je ne parle pas de la vente. Je parle d'un impact secondaire.
Parce que, si on va avoir un meilleur encadrement... On l'a dit, les
manifestations ont un impact sur les commerçants. Il y a un impact sur les
restaurants. Dans mon comté, j'en ai plein qui sont fermés pendant toute la
manifestation. Ça fait que ça, c'est une analyse, pour moi, est quand même
important, comment qu'on va faire cet accompagnement.
Mais je reviens aussi. Il y a quand même
des statistiques qui ont été partagées par le ministre. Ça, ça sort d'où, là,
le 5 % à 10 %? Est-ce que ça, c'est un document qu'il pourrait aussi
déposer? Mais il y a un impact sur les commerçants. Puis, c'est clair, un
impact qui pourrait être positif. Je ne parle pas de la vente des biens, mais
je parle vraiment de l'impact des manifestations. Parce que, comme je dis, la
question... combien que ça coûte, le débordement? C'est quoi, l'impact sur les
policiers? On a besoin d'avoir plus de policiers, mais ça, il y a des coûts
pour le... pour les municipalités. C'est quoi, l'impact sur la collectivité?
Est-ce qu'il y a des coûts associés... associés à ça? On ne peut pas dire qu'il
n'y a pas d'impact financière.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Puis, en passant, je ne vous prêtais pas de mauvaise
intention. Je sais très bien ce que ma collègue veut... veut démontrer.
Deux points. Un, pour le 5 % à
10 %, c'est vraiment dans des discussions qu'on a eues avant d'entendre le
SPVM. C'étaient des chiffres qu'ils nous ont fournis dans leur total de
manifestations, puis je reviens encore avec le terme, pour moi, c'est
important, là, arrestations et ou dérapages. Ça ne veut pas dire qu'il y a des
arrestations tout le temps ou il y a du dérapage tout le temps, mais c'est un
ou l'autre. Un.
Deuxièmement, pour ce qui est des impacts
commerciaux, je comprends ce que ma collègue veut dire. Je vous dirais que ça
devient difficile à chiffrer. Puis je me demande même si je ne me ferai pas
servir l'inverse, sûrement pas par ma collègue, mais par d'autres gens, en
venant dire que notre projet de loi pourrait prévenir... tant de méfaits sur
les commerçants, et tout. C'est toujours difficile, la prévention. Puis on en a
parlé dans le bloc un, quand on allait avec la non-récidive de personnes
délinquantes avec haut potentiel de récidive. Puis il y avait une... une étude
qui nous avait été soumise. Puis j'avais avoué en commission avoir été très
surpris parce qu'en prévention on a beaucoup de difficulté à avoir des
chiffres. Je comprends ce que ma collègue dit. Puis ça fait du sens quand on
dit : OK, en agissant de la sorte, quel sera l'argent qui va être sauvé
par les commerçants en méfaits, tout. J'aurais de la misère à me tenir devant
vous, M. le Président, en disant : Ce qu'on va présenter aujourd'hui, sans
dire l'assurance, là, mais même le... à quel point il va y avoir moins de
dommages, puis combien on va sauver à ces commerçants-là. Puis je comprends
très bien ce que ma collègue dit.
Puis moi, de mon côté, je vais faire une
vérification diligente, là, parce qu'elle fait référence, à savoir est-ce qu'il
y a d'autres documents. S'il y en a, je m'engage à les fournir. Il n'y a aucune
cachette. Mais je vais faire les vérifications diligentes, M. le Président.
Mme Maccarone : ...serait
apprécié probablement par tout le monde, pour bien comprendre le fondement.
M. Lafrenière : Ah oui,
absolument.
Mme Maccarone : Puis là je
dévoile un peu mes cartes pour ce qui s'en vient, là, les prochaines articles.
Comme on a fait avec l'article le un, avec le registre, je pense que ce serait
intéressant d'avoir une analyse des chiffres par le biais d'un rapport, ou le
recensement de l'information par les corps de police en comparaison avec le
portrait que nous avons d'aujourd'hui, ou bien ce que vous avez déjà mis dans
le rapport qui était déposé auprès du Conseil des ministres. On a des chiffres,
mettons, 2021, 2024, puis 2025, peut-être, nous sommes en train de qualifier,
mais, si on a des données précis de qu'est-ce que nous avons fait, c'était
quoi, les critères, c'était quoi, les sanctions pénales, c'était quoi, les
éléments les plus importants qui nous amènent à déposer ce projet de loi, et
là, après l'adoption du projet de loi, est-ce qu'on a vu une amélioration, un
déclin. Puis ça, ça peut être vu peut-être par le biais de : on n'a pas
déposé aucun sanction. Ça peut être ça. Puis, comme ça, on a quand même un
portrait de l'évolution. Moi, je dirais que ce serait... ce serait intéressant.
Mais en tout cas ce serait intéressant, comme, tu sais, d'ailleurs, on aurait
voulu avoir le document pour le registre que nous avons écrit, là. On attend
toujours ce document qui n'a pas été partagé avec les membres de la commission.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Lafrenière : Je le répète,
M. le Président, je vais faire une vérification diligente. Je sais qu'au SPVQ
on a fait la vérification. Il y a... Il n'y a pas ces chiffres-là. Du côté de
Montréal, normalement, le rapport annuel, pour avoir connu un petit peu comment
ça se passait, rentre quelque chose comme à la fin mars. Puis je vais quand
même faire une vérification diligente. Si on peut avoir des chiffres sur le
nombre de manifs pour la dernière année, parce que ça a l'air loin, 2024...
M. Lafrenière : ...mais 2025,
le rapport annuel n'est pas déposé encore, ça fait que je vais voir ce qu'on
peut avoir, M. le Président, puis, comme je vous le dis, en toute transparence,
je vais le partager aux collègues, je comprends ce besoin de chiffres. Moi
aussi, j'aime bien la volumétrie pour voir à quoi on s'attaque. Je reprends
l'argument je disais à mon collègue tout à l'heure, même si ce n'est pas...
puis on s'entend, là, la majorité se passe bien, mais les dérapages ou les cas
où il y a des blessures, pour moi, ils sont très importants aussi, puis j'ai
toujours eu cette même approche quand j'étais au SPVM, quand je disais :
Écoutez, une année, venir dire qu'on a 10 % moins d'agressions armées,
10 % moins de meurtres, c'est des humains, là. Qu'il y en a eu 30, 20 pour
les gens, là, les familles qui sont touchées, la volumétrie, là, honnêtement,
M. le Président, ça ne les touche pas beaucoup. Ça fait que ce que je veux dire
ici, c'est correct, ça nous permet de voir un petit peu l'amplitude de tout ça,
mais, derrière ces chiffres-là, on a des gens, des gens qui sont blessés, c'est
plus là-dessus qu'on veut agir. Et encore là, voyons, je laisserais le temps à
mon collègue trouver si je le déçois ou pas, mais ce qu'on présente
aujourd'hui, on essaie d'avoir l'atteinte minimale envers le droit de
manifester puis, pour moi, d'y aller, mais de ne pas amener avec lui des objets
dangereux, c'est une atteinte que je que je conserve plus que minimale.
Mme Maccarone : Si vous me
permettez, M. le ministre, je dirais qu'on a quand même des villes que nous
pouvons prioriser pour recenser ces informations suite à une demande, que ce
soit un mémo ou la façon que vous fonctionnez. Parce qu'on sait qu'on a les
règlements... c'est intéressant, on a les règlements à Montréal, on a les
règlements ville de Québec, Sherbrooke, Baie-Comeau et Cowansville. Je ne sais
pas pourquoi Cowansville a ce type de règlement quand on parle de
manifestation, mais on parle d'une autorisation préalable au-delà d'un seuil de
participants. Peut-être on peut commencer là, parce que ça se peut qu'on a
autres villes qui, dans le fond, c'est sûr, ils ne recensent pas ces
informations, mais des plus grands villes puis je note que Laval n'est pas là,
peut-être c'est parce que les gens qui font des manifestations à Laval, ils
vont... ils vont y aller à Montréal, mais... parce qu'on parle d'un
accompagnement, ce serait peut-être intéressant de voir juste les statistiques
de ces villes, puis je ne ne sais pas si c'est possible de faire ce type de
demande par le biais d'un mémo : on souhaite avoir ces informations, parce
que c'est vrai, ce que le collègue il dit, il va y avoir des gens qui vont être
heurtés par les changements, ça fait que je pense qu'on ne fait pas fausse
route si on a une documentation puis de l'information pour parler de
l'encadrement puis le pourquoi.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
M. Lafrenière : M. le
Président, je réitère encore une fois, on va faire la vérification, je
comprends ce que ma collègue demande. Et tantôt je parlais du SPVM, on parlait
du nombre d'interventions, mais là, ce qu'on parle, c'est vraiment... puis je
fais attention au terme «permis de manifester» parce que ça ne se dit pas très
bien, les gens peuvent manifester, ils n'ont pas besoin d'un permis, on parle
plutôt d'une autorisation préalable. Pourquoi? Parce que les gens veulent que
ça se passe bien, ils veulent que les services policiers, que la ville, tout le
monde soient avisés. Ça fait qu'on va faire des vérifications à voir dans
combien de cas. Puis je vous donne l'exemple très clair que je connais à
Montréal, même si la personne décide de faire une manifestation, puis elle n'a
pas avisé la ville avant, sa manifestation va avoir lieu pareil. Mais quand
même, on va faire... Je ne demande que ça, fournir les chiffres si on les a, ça
fait qu'on fait la vérification.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Oui, merci,
M. le Président. Écoutez, j'aimerais... j'aimerais revenir sur un peu l'histoire
des différentes... différentes initiatives, tentatives et actions qui ont été
posées dans le... dans le passé pour encadrer le droit de manifester. On a...
on a déjà abordé la... cet aspect-là et le ministre nous disait que la plupart
de ces... de ces tentatives-là ont échoué, n'ont pas réussi à être appliquées.
Et ce serait intéressant d'avoir... d'avoir une liste de cet historique-là pour
voir qu'est-ce qui n'a pas marché, pourquoi le législateur n'a pas réussi à
valider les propositions qu'il mettait de l'avant, là, et en particulier,
j'aimerais voir avec le ministre la question du test... du test que ces
différentes dispositions-là peuvent subir si jamais ils se rendent devant les
tribunaux. On a... on l'a abordé rapidement dans nos... dans nos échanges, la
question du défunt règlement P6 décrété par la ville de Montréal qui,
après plusieurs années de contestations juridiques, il a fini par par être
invalidé, là. Et, entre autres, il a été invalidé par... lorsqu'il est passé à
travers un test défini par la Cour suprême en 1986, un test détaillé dans la
décision R c. Oakes, où la Cour suprême nous informe que pour...
M. Fontecilla : ...une
restriction du droit à manifester, le législateur doit passer plusieurs étapes.
Par exemple, le... grosso modo, il y en a deux, mais il y a différents
éléments. Le premier, c'est que l'objectif de la restriction se rapporte à des
préoccupations urgentes réelles dans une société libre et démocratique. Le
ministre tantôt nous... à plusieurs reprises, nous a parlé de ce qu'il s'est
passé en 2012, le printemps érable. Quand même, ça fait quoi, 14 ans que
ça s'est passé? Disons que ça s'est passé il y a un... ça fait un petit bout de
temps. Et on serait en droit... Bien, qu'est-ce qui a changé et quelle est la
préoccupation urgente aujourd'hui, là, pour légiférer dans ce sens-là?
• (11 h 10) •
Ensuite, en deuxième lieu, les moyens
choisis et raisonnables et justifiés, et c'est le critère de proportionnalité,
donc j'en ai déjà fait mention, là, qui est utilisé, et celui-ci comprend... la
proportionnalité comprend trois volets: La mesure adoptée n'est ni arbitraire,
ni inéquitable, ni irrationnelle. Ensuite, la mesure adoptée est celle qui
porte le moins atteinte aux droits. Et, en troisième lieu, les effets
bénéfiques de la mesure sont plus importants que les effets préjudiciables.
Et la question que je pose au ministre,
elle est toute simple : Est-ce que le ministre a demandé des avis
juridiques, à savoir si ces dispositions sont en mesure de passer ce test
juridique afin d'éviter des contestations juridiques dans le futur?
Le Président (M. Schneeberger) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je vais y aller dans l'ordre inverse, ma
mémoire est plus vite pour le dernier point que mon collègue a apporté.
Absolument, les légistes ont dû se pencher sur les mesures et... absolument. Je
ne me serais pas présenté devant vous aujourd'hui si ça n'avait pas été revu
par les légistes. Il y a eu un comité de législation aussi par la suite. Ça,
c'est la première question.
La deuxième, le collègue passait au
travers le test qui fait en sorte qu'une règle est acceptée et acceptable. Et
je reviens à ce que je vous disais tantôt, M. le Président, si on allait
dire... si, si la majorité des manifestants se présentaient à Montréal avec des
sacs remplis d'objets puis on décidait du jour au lendemain d'arrêter ça, je comprendrais
qu'on dirait : Écoutez, la mesure, elle est forte un peu. Je reviens à ce
que je disais tantôt, la grande majorité des manifestations se passent bien.
Mon collègue trouvait que je revenais sur
2012 un petit peu trop. Je vais revenir dans le plus récent, avec l'an passé,
où on a vu des manifestations à Montréal, et je suis sûr que mes... mon
collègue les a vus, pro-Palestine, contre Israël, peu importe, je fais toujours
attention parce qu'honnêtement, je l'ai dit tantôt, le but de la manifestation,
honnêtement, on ne doit pas agir là-dessus. Mais, bref, il y avait des groupes
qui étaient opposés, et, oui, il y a des objets qui étaient lancés, et tout.
Et, oui, pas plus tard que l'année passée, dans certaines manifs, il y a des
objets pyrotechniques qui ont été utilisés, puis c'est ce que le SPVM nous a
transmis puis c'est ce qu'ils sont venus nous dire aussi.
Alors, M. le Président, ce que le collègue
approche... apporte, pardon, comme élément en faisant référence à P6 qui a
tombé... Parce qu'on se rappellera, on exigeait de connaître l'itinéraire, on
exigeait que ce soit à visage découvert, sinon on finissait par arrêter les
gens qui y participaient puis c'était tout le monde. Ce n'est pas du tout où on
s'en va aujourd'hui. On vient dire : Si un individu ou un petit groupe
d'individus arrive avec des objets comme ça... puis là on veut prévenir le
crime, on veut protéger la vie. Alors, on n'y va pas du tout dans l'approche
réglementaire qu'on a connue à l'époque, où on disait : Est-ce que tu respectes
le règlement? Sinon, on s'arrête là, on laisse les gens manifester et
l'ensemble des gens peuvent manifester. Mais ceux qui viennent et qui
pourraient causer un crime grave ou blesser quelqu'un, c'est-à-dire avec des
objets comme ça...
Puis tantôt, mon collègue, puis je suis
sûr, ce n'était pas volontaire, parlait de soupçons, en aucun moment notre
projet de loi, M. le Président, permet à un policier de fouiller avec des
soupçons. Ça prend des motifs. Et ça, on va tous le voir plus tard, là, la différence
entre ça... Parce que, sur des soupçons, moi, je n'autoriserai personne autour
de moi... j'étais policier aujourd'hui en charge, comme... je ne laisserai pas
des gens agir sur des soupçons. Alors, ça va prendre des motifs, puis ça, c'est
vraiment important puis c'est comme ça que va s'articuler tout notre projet de
loi qu'on dépose aujourd'hui. Ce n'est pas sur des soupçons, sur des
«feelings», excusez l'expression anglaise, là, ça ne serait pas ça du tout.
Alors, oui, il y a eu des avis juridiques,
je reviens au dernier point, il y a eu des avis juridiques pour pouvoir le
déposer, pour confirmer qu'on est à la bonne place.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Pas d'autre question? Alors, s'il n'y a pas d'autre question, nous allons
mettre l'article aux voix. Est-ce que l'article 1 été adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Schneeberger) : Adopté.
Article 2, M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci,
M. le Président. Pour l'application de la présente section, une manifestation
s'entend d'un rassemblement, d'un attroupement ou d'un défilé de personnes qui
expriment une opinion, un mécontentement ou un soutien à une personne, à un
groupe de personnes ou à une cause et manifester s'entend de la participation à
une telle manifestation.
Comme commentaire à l'article 2, M.
le Président :
L'article 2 définit ce qu'est une manifestation pour
l'application de la présente
section de la Loi visant à favoriser...
M. Lafrenière : ...la paix,
l'ordre et la sécurité publique au Québec et précise que manifester est la
participation à une telle manifestation. M. le Président, on l'a abordé tantôt
puis, en intro, on fait souvent ça, M. le Président, on va un petit peu dans
tous les aspects, puis ça nous permet de mettre la table pour le reste du
travail, et on a dit qu'on s'était grandement inspirés de ce qui avait été
déposé... de ce qui existe, pardon, présentement à Québec, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Questions?
Député