House Proceedings — 6 June 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
2025-06-06
Quebec — Debates (Hansard)
(Quinze heures cinq minutes)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Bonjour, Mmes, MM. les
députés. Nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
La Présidente : Alors, les portes de
cette Assemblée sont maintenant fermées, merci de retrouver le silence. J'ai un
petit texte à vous lire, alors tout le monde prend place.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations de
députés.
Avant de poursuivre les affaires courantes, je
vous rappelle que nous sommes réunis à la suite de la lettre que m'a adressée
M. le premier ministre me demandant de prendre les dispositions nécessaires
pour que l'Assemblée se réunisse en séances
extraordinaires à compter de 15 heures ce vendredi 6 juin 2025,
selon le calendrier et l'horaire qui seront déterminés par l'Assemblée,
afin de compléter le processus d'étude du projet de loi n° 69, Loi
assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant
diverses dispositions législatives. Je dépose cette lettre.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Il n'y a pas de dépôt de documents ni dépôt de
rapports de commissions.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes donc maintenant rendus à la
période de questions et de réponses orales, et je cède la parole, en question
principale, au chef de l'opposition officielle.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, nous sommes réunis aujourd'hui en séance extraordinaire sous un
autre signe d'un gouvernement en fin de régime, un gouvernement qui aura été
incapable, Mme la Présidente, autrement que par un bâillon, qui vient
court-circuiter des débats importants.
Je me
rappelle, moi, du premier ministre, lorsqu'il nous avait convoqués, les chefs,
en janvier 2023. J'avais été le
rencontrer à son bureau à Montréal. Et, à ce moment-là, j'avais établi comme
priorité pour l'opposition officielle libérale une jasette nationale sur l'énergie, rappelez-vous, dans le contexte où
Sophie Brochu avait quitté, l'avait demandée, l'avait sollicitée.
Pierre Fitzgibbon, à l'époque, il avait
dit : Pas besoin de ça, j'ai consulté de mon bord, je vais déposer un
projet de loi, ça va venir, ça va venir,
découragez-vous pas. Il a déposé, Mme la Présidente, à la dernière minute, en
2024, un projet de loi qui était le projet de loi n° 69. Pierre
Fitzgibbon démissionne, j'y vais de mémoire, le 5 septembre, et, le 10,
les auditions avec la nouvelle ministre débutaient sur le 69.
Plein de
questions, pas de réponse. Où est le Québec d'abord, dans ce projet de loi là?
Où sont les critères clairement établis
et précis qui feraient en sorte qu'on s'assure que les blocs d'énergie à être
libérés vont être donnés à des entreprises québécoises? Rien dans ce
mauvais projet de loi là, Mme la Présidente.
Également,
rien pour venir protéger nos PME d'un choc tarifaire, 15 % d'augmentation,
et le premier ministre — dans
les trois dernières années — promet
encore plus dans les prochaines années.
Nous sommes réunis aujourd'hui sous le signe,
encore une fois, d'un gouvernement en fin de régime.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente. On est aujourd'hui le 6 juin. C'est la dernière journée de la
session du printemps. Donc, la prochaine session va être le 16 septembre.
Donc, juillet, août, septembre : trois mois.
Donc, ce que
nous disent les trois oppositions, aujourd'hui, c'est : Attendez au
16 septembre et après, pour adopter un projet de loi qui est
important pour le développement économique de nos régions.
Mme la Présidente, actuellement, on
n'a pas juste des menaces, des tarifs de Donald Trump qui ralentissent les
investissements des entreprises, on a la chance, entre autres dans le secteur
de l'éolien, de pouvoir avoir des projets qui
vont créer des emplois dans les régions du Québec. Or, que nous disent le Parti
libéral, Québec solidaire et le PQ? Ça peut attendre à l'automne. Ce
n'est pas grave s'il manque d'emplois cet été. Donc, nous, on veut attendre à
l'automne.
Mme la Présidente, ça
fait 115 heures qu'on débat du projet de loi n° 69, 115 heures.
Est-ce qu'il y a quelqu'un qui nous écoute
ici qui pense qu'après 115 heures on n'a pas pas mal tout dit ce qu'on
avait à dire, du côté de l'opposition? Tu
sais, à un moment donné, de dire : Non, non, non, je n'ai pas tout dit, en
115 heures, soyons sérieux. Parlons d'efficacité, parlons des
régions. On a un gouvernement des régions...
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...on fait face à des partis des syndicats.
Présidente : Première...
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Tanguay :
Mme la Présidente, on nous a fait beaucoup de reproches, au Parti libéral
du Québec, mais très... très certainement pas être le parti des syndicats, là.
Là, le premier ministre, là, je pense, vivement les vacances.
La façon de gérer ce
projet de loi là est à la lumière d'un gouvernement brouillon. En septembre, il
a perdu son ministre. Le ministre était prêt
à rester pour lui livrer jusqu'en décembre, il a dit : Non, pars donc tout
de suite. La ministre ne comprenait pas, a déposé, la semaine passée,
50 amendements. Et c'est ça, c'est un gouvernement brouillon.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
actuellement, il y a des projets, puis on n'est pas le premier gouvernement
à faire ça, qui sont faits par des MRC et
des entreprises privées comme Boralex. Or, le syndicat chez Hydro-Québec
voudrait que tout soit fait par des employés d'Hydro-Québec.
Donc,
Mme la Présidente, on a un parti pragmatique qui est pour le développement des
régions, c'est la CAQ, puis on a trois partis qui défendent le syndicat
d'Hydro-Québec. Bon, on a, en plus, le Parti québécois qui fait du marchandage avec
la présidente de la FTQ. On a QS qui fait compétition au PQ. Puis le Parti
libéral, c'est effectivement surprenant.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay :
Parti libéral du Québec, parti de l'économie, Mme la Présidente, parti qui
n'aurait jamais toléré que 15 %, choc
tarifaire à nos PME, soit imposé sous ce gouvernement-là. Et le premier
ministre, avec ce projet de loi là, leur promet, pour les prochaines années,
d'ajouter encore au fardeau des PME.
Dans
le fond, Mme la Présidente, le tour de force du premier ministre, ça aura été
de changer les factures d'électricité de
nos PME en comptes de taxes. Il veut faire porter le fardeau de ces taxes-là
sur nos PME. Puis, dans le projet de loi, il n'y a rien pour Québec
d'abord. C'est ça, la CAQ brouillon.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
C'est un tableau acceptable, Mme la Présidente. Regardez, ici on a les
libéraux, les libéraux, la croissance du PIB
par habitant, de la productivité. Le Québec, bon dernier, sous les libéraux.
Depuis que la CAQ est là, le Québec bat le reste du Canada et l'Ontario.
Donc,
est-ce que quelqu'un au Québec pense que le Parti libéral, c'est le parti de
l'économie? Bien non. On était derniers dans le temps des libéraux.
Présidente : Et troisième complémentaire.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, ça sent réellement la fin de régime. Honnêtement, là, quand on
voit le premier ministre dire que l'économie va bien, au Québec, puis qu'il
parlait, plus tôt, des finances publiques, voyons donc, ils l'ont échappé sur toute la ligne. Là, en fin de journée, là, les
PME, s'il est le parti de l'économie, il ne peut pas prétendre l'être s'il ne
reconnaît pas que les PME sont doublement perdantes avec ce mauvais projet de
loi là, mal ficelé, projet de loi où les
PME vont payer la facture puis n'auront pas l'électricité, n'auront pas les
blocs d'énergie. C'est ça, un gouvernement en fin de régime.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Mme
la Présidente, si le projet de loi n'est pas adopté, les tarifs pour les
Québécois, résidentiels, vont augmenter de 3,6 %. C'est ça qui est
supporté par les trois partis de l'opposition. Nous, on dit, dans le projet de
loi n° 69 : Le gouvernement va limiter ça à 3 %.
Donc, on a
des partis qui veulent augmenter les tarifs de 3,6 % pour le résidentiel.
Nous, on dit que 3 %, c'est suffisant. On va laisser les Québécois
juger.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci, Mme la
Présidente. Je veux commencer par dire merci à la ministre de l'Énergie, parce
que je pense qu'on a eu des bons échanges en commission. Elle a accepté
plusieurs de nos suggestions d'amendement, puis on a avancé dans ce projet de
loi. Et c'est dommage que ce soit terminé en bâillon, parce que c'est un projet
qui est hyperimportant pour notre société et
pour notre économie, et c'est très dommage qu'on va adopter ce projet de loi en
bâillon sans avoir une vraie étude d'impact économique.
alumineries, qui ont un tarif spécial, ils sont compétitifs présentement, on
voit ça, mais quand même il y a des autres pays qui ont des meilleurs
prix d'électricité que le Québec. Avec le projet de loi n° 69,
c'est quoi, l'impact, pour eux autres? C'est quoi, l'impact à long terme à la
compétitivité des alumineries du Québec?
Est-ce que la
ministre a une étude qui démontre qu'on va toujours demeurer compétitifs... ou
est-ce qu'on va perdre du terrain contre les autres pays, comme les
Émirats et comme Norvège? Question pour vous, Mme la ministre.
Présidente : Et vous vous adressez à la présidente. La réponse
de la ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Mme Fréchette : Merci,
Mme la Présidente. Donc, effectivement, j'ai... tout au long de ces travaux, de
ces 120... 115 heures en commission parlementaire, en plus des
commissions... de la commission qu'on avait tenue l'automne dernier, on a eu plusieurs échanges et on est
parvenus, même, à développer un certain nombre d'idées convergentes, de consensus.
J'avais
espéré que, justement, cette approche-là nous amène à travailler davantage de
manière constructive, mais j'ai dû me
rendre à l'évidence que les oppositions voulaient constamment, constamment
retarder le travail de la commission, de telle sorte qu'on ne puisse pas
adopter un grand nombre d'articles.
Toujours est-il qu'après 115 heures de
commission on a à peine le tiers, le tiers des articles qui ont été adoptés.
C'est largement insuffisant. Et, quand je les entends dire qu'on aurait pu
adopter ça en septembre, je n'y crois pas une seconde,
parce qu'au rythme où on va là, dans un an, à pareille date, on serait encore
en train d'étudier le projet de loi
article par article, imaginez-vous.
Alors, c'est
impensable de faire attendre le Québec tout ce temps. Il y a une urgence pour
faire en sorte de développer le secteur énergétique au Québec et de le
moderniser également.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Kelley : Je
suis prêt à siéger en août, je suis prêt à siéger en septembre, je suis prêt à
siéger en novembre, je suis prêt à siéger en octobre, je suis prêt à siéger en
décembre. Je sais qu'on peut adopter ce projet de loi comme il faut.
Et, encore,
il n'y a aucune étude d'impact économique pour nos gros industriels. Avec ce
projet de loi, ils vont payer une facture... ça va élever leur facture
d'électricité de 60 % sur 10 ans. 60 %.
Présentement, notre industrie d'acier a des
tarifs de 50 % des Américains. Comment ils vont continuer d'être
compétitifs sur les marchés?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Fréchette : Oui, Mme la Présidente, si
on est ici aujourd'hui, c'est parce que les oppositions en ont décidé ainsi, avec leur approche dans le cadre de la
commission parlementaire. Nous, on est le parti de l'économie, on est le parti
de l'énergie. Là, on a les partis des oppositions du statu quo.
Il est important
qu'on puisse aller de l'avant avec cette modernisation du secteur énergétique.
Ça fait presque 30 ans que ça n'a pas
été fait. Et moi, dans ce contexte-là, j'ai deux objectifs fort
importants : d'une part, protéger le portefeuille des Québécois, et on le fait avec la fixation d'un
plafond de hausse de 3 % maximum pour ce qui est du tarif résidentiel, et,
par ailleurs, je protège également la compétitivité du tarif...
Présidente : En terminant.
Mme Fréchette :
...pour qu'il s'applique aux entreprises au Québec.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Kelley : Créer des emplois, c'est
certain que c'est important, pour un gouvernement, mais conserver des jobs payants
en région est aussi hyperimportant. Quand même, après que les éoliennes sont
construites, quand même, après le prochain
parc solaire est construit par les travailleurs, on veut s'assurer qu'il y a
des industries qui sont ici depuis 100 ans qui demeurent très, très
compétitives. Puis présentement nous n'avons aucune étude d'impact économique
sur ce projet de loi. C'est dommage, parce qu'eux autres ce projet de loi va
faire très, très mal.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Fréchette :
Alors, parlons-en, de la compétitivité. Franchement, on est vraiment en
tête de peloton, si on se compare à un grand nombre de villes nord-américaines,
on est tout en haut de la liste. Il n'y a que Winnipeg qui a un tarif
commercial d'électricité plus bas que le nôtre. Et, entre vous et moi, je
préfère pas mal être à Montréal qu'à Winnipeg, à
titre de ministre responsable
de Montréal, entre autres, et de la métropole.
Donc,
on est très compétitifs. On va s'assurer de respecter cette compétitivité-là.
C'est au coeur de notre stratégie. Et on va faire en sorte non seulement
d'assurer la compétitivité, mais, en fait, de générer la création d'emplois,
parce qu'on a de l'énergie verte, de
l'énergie renouvelable, et c'est ça qui est recherché, en cette période de
transition énergétique...
Présidente : En terminant.
Mme Fréchette :
...tout le monde recherche ce type d'énergie, renouvelable, et verte, et
propre.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Merci, Mme la Présidente. La CAQ n'aura jamais été le parti du Québec
d'abord. Au-delà des vides slogans, il y a les faits. Que ce soit pour l'octroi
des blocs d'énergie, politisé avec le projet de loi n° 2,
on constate que nos entreprises qui ont pignon sur rue, elles n'ont pas eu leur
part. Les pertes multiples de pouvoir de la Régie de l'énergie affaiblissent
davantage la transparence et la reddition de comptes, et ce sont les
Québécoises et les Québécois qui vont en
payer le prix. Abandon des obligations des appels d'offres pour Hydro-Québec,
décloisonnement d'Hydro-Québec,
politisation des tarifs, dépôt d'amendements, 52 amendements, dernière
minute, en faveur d'Hydro-Québec. Toutes
ces modifications, Mme la Présidente, mènent à une chose : ce n'est pas...
maintenant, avec la CAQ, ce n'est plus le Québec d'abord, mais plutôt
Hydro-Québec d'abord.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente. C'est les Québécois qui vont bénéficier...
La Présidente :
S'il vous plaît! Je vous rappelle
de garder toutes et tous le silence. Une seule personne a le droit de
parole, et c'est la ministre.
Mme Fréchette :
Ce qu'on permet, Mme la Présidente, avec...
Présidente : Bon, M. le leader de l'opposition officielle, je
vous entends directement. Arrêtez de vous parler, mes deux... leaders,
mes deux leaders.
Mme la ministre, poursuivez, il n'y a que vous
qui avez le droit de parole.
Mme Fréchette : Merci,
Mme la Présidente. Ce qu'on va permettre, avec l'adoption du projet de loi
n° 69, en fait, c'est une
économie de 6 milliards de dollars sur la stratégie éolienne, parce qu'on
va pouvoir devancer, devancer la mise en
oeuvre de cette stratégie-là. On le sait, on a besoin de diversifier nos
sources d'énergie, et le potentiel éolien, au Québec, est fabuleux, et
il faut faire en sorte qu'Hydro-Québec puisse s'activer le plus rapidement
possible pour aller chercher et tirer toutes les retombées de ce potentiel que
l'on a en énergie éolienne et en énergie solaire également.
Alors, on va
pouvoir, donc, débloquer jusqu'à 2 000 mégawatts d'énergie éolienne
un an plus tôt, grâce à l'adoption du projet de loi, ce qui va permettre de
créer des emplois. Et Dieu sait qu'à l'heure actuelle la création d'emplois, c'est
requis, au Québec, avec les très mauvaises
nouvelles que l'on a eues du côté du président américain quant à l'imposition
de nouveaux tarifs sur le secteur de
l'aluminium, sur le secteur de l'acier, et également les pertes d'emploi qui
commencent à se faire sentir dans le secteur de la foresterie. Donc, il
est très important d'aller de l'avant rapidement avec des projets structurants,
et c'est ce qu'on fait.
La Présidente : Première
complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Avec
la CAQ, ce n'est pas le Québec d'abord, c'est Hydro-Québec d'abord, parce que,
justement, avec notre électricité, la CAQ n'aide pas nos PME. La ministre joue
encore à choisir les gagnants et les perdants. La CAQ nous a fait perdre
en forçant Investissement Québec à suivre ses commandes, puis ça nous a donné
un rendement de 0,3 % l'an dernier. Moyenne au bâton? Pas fort. On est
rendus à combien de prises, Mme la Présidente? Ils sont out.
Ils ont-tu un releveur, dans la CAQ?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Fréchette : Oui,
Mme la Présidente. Grâce au projet de loi, en fait, on va pouvoir agir de telle
sorte qu'on puisse intégrer des critères, des critères de sélection, par
exemple, pour des appels d'offres qui pourront avoir lieu dans le secteur énergétique. Parmi ces critères-là, par
exemple, on peut penser au critère de contenu québécois, au critère de
présence de partenaires, tels que les Premières Nations, ou encore les MRC, ou
les municipalités, dans des partenariats avec Hydro-Québec. Donc, tout ça, ça
va générer du développement économique régional important, des retombées économiques, également, importantes et une
diversification des revenus pour un grand nombre de ces partenaires et de ces
acteurs qui vont contribuer au développement énergétique. Et, quand on dit
développement énergétique, au Québec...
La Présidente : En terminant.
Mme Fréchette : ...ça veut dire
aussi développement économique et ça veut dire richesse collective.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Beauchemin : Geler les
354 mégawatts de Northvolt, c'est l'équivalent de 70 fois l'énergie
du Centre Bell. Imaginez ce qu'on pourrait
faire avec cette énergie-là. On pourrait soutenir 70 projets équivalents,
Mme la Présidente. Mais, non, avec la
CAQ, là, on gèle notre énergie, on gaspille des milliards, on force
Investissement Québec à faire des rendements nuls, on a des déficits
records, la dette explose, une décote historique, des services en lambeaux.
Mme la Présidente, est-ce que la CAQ voit
qu'elle nous fait foncer dans le mur?
La Présidente : La réponse du
ministre des Finances.
M. Girard
(Groulx) :
Oui.
Bien, Mme la Présidente, ça fait plusieurs fois que j'entends des
commentaires inexacts. J'ai entendu : La
dette explose. Bon, alors, quels sont les chiffres? Quels sont les chiffres? La
dette, au 31 mars 2019, et,
bien sûr, tout le monde comprend que l'année 2018 est conjointe, l'année
fiscale, était de 43 %, la dette nette par
rapport au PIB. Je répète, 43 %. Quelle est la dette nette au 31 mars
2025?
La Présidente :
En terminant.
M. Girard (Groulx) : 39 %,
Mme la Présidente. De 43 % à 39 %. J'ai terminé.
Présidente :
Article 32. On retrouve le silence. Une seule
personne a le droit de parole. Je reconnais la cheffe du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Ghazal : Merci,
Mme la Présidente. Ce matin, j'ai demandé au premier ministre quel est son legs
pour le Québec. La majorité des
premiers ministres du Québec ont laissé un héritage derrière eux qui nous rend
fiers aujourd'hui. Jean Lesage, le père de la Révolution tranquille, a
bâti le Québec moderne en mettant sur pied, entre autres, un système d'éducation public. René Lévesque, lui, a
nationalisé notre hydroélectricité alors qu'il était ministre des Richesses
naturelles, ce qui nous a enrichis collectivement.
Le premier
ministre, lui, son legs, c'est de dénationaliser Hydro-Québec. Il réalise le
rêve de Pierre Fitzgibbon et de ses
chums, puis, en même temps qu'il réalise le rêve de Fitzgibbon, bien, ce qu'il
fait, c'est qu'il réalise le cauchemar, malheureusement, des Québécois.
Être
nationaliste, c'est bâtir l'avenir de la nation québécoise. Jean Lesage et René
Lévesque ont fait la Révolution tranquille. Le premier ministre, lui, il
oeuvre à la démolition tranquille d'Hydro-Québec.
Il est où, le premier ministre qui se dit
nationaliste? On le cherche, là, en ce moment. Il est rendu ami avec Mark Carney, il veut faire une économie unifiée
avec tout le Canada. Et là il sabre, il dénationalise Hydro-Québec. C'est ça,
être nationaliste?
Est-ce que le
premier ministre est fier d'être le premier ministre qui aura commencé à
démanteler Hydro-Québec?
La Présidente : La réponse du...
La Présidente : On garde le
silence. La réponse du premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
Hydro-Québec a actuellement 200 milliards de projets. C'est le plus grand
chantier de toute l'histoire du Québec, incluant la Baie James et tout ce qui a
été fait par ceux qui étaient là avant moi. En plus, Mme la Présidente, on a
signé une entente avec Terre-Neuve. Il y a plein de premiers ministres libéraux
et péquistes qui ont essayé, ils n'ont pas
réussi. On a réussi à s'entendre, jusqu'en 2075, à en moyenne 0,06 $ le
kilowattheure. C'est imbattable à
travers... à travers l'Amérique du Nord. On augmente le volume de 50 %,
entre autres, en augmentant la puissance
de Churchill Falls puis en développant Gull Island, où c'est Hydro-Québec qui
va être le maître d'oeuvre, au Labrador. Bien, moi, je suis fier de ça.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la Présidente,
on n'a pas besoin du projet de loi n° 69 passé sous bâillon pour faire les
projets dont parle le premier ministre. Le projet de loi n° 69 nous fait
reculer. Il est du mauvais côté de l'histoire, c'est de la privatisation. Le projet de loi n° 69, il privatise la vente
d'électricité, il privatise les barrages. Plus de privé, c'est plus
d'appauvrissement pour le Québec et les Québécois.
Pour qui travaille le premier ministre? Pour les
Québécois ou pour les grosses entreprises étrangères privées comme TES Canada?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente,
il y a actuellement des projets d'éolien en région qui sont faits par les MRC,
des communautés autochtones et des entreprises privées, O.K.? Le syndicat des
employés d'Hydro-Québec voudrait que tout ça soit fait par des employés
d'Hydro-Québec. Pour qui travaille Québec solidaire? Pour les syndicats.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal :
C'est de la politique de la division. Je veux juste rappeler au premier
ministre que les syndicats, les syndicats...
Présidente : ...cheffe. On retrouve le silence. Poursuivez. Deuxième
complémentaire. Allez-y.
Mme Ghazal : Les syndicats, c'est des
travailleurs et des travailleuses, ce n'est pas des lobbys. Nous, on travaille
pour les travailleurs et travailleuses du
Québec. Le premier ministre, il travaille pour les lobbys des entreprises
étrangères puis Fitzgibbon et ses chums, c'est eux qui sont contents.
Pour
nationaliser l'hydroélectricité, René Lévesque était passé par une
élection référendaire. Ça, c'était un grand démocrate. Le premier ministre,
lui, il bâillonne les contre-pouvoirs, comme à son habitude. C'est un premier
ministre autoritaire.
Présidente : Je nous demanderais de rester respectueux. La réponse du premier
ministre.
M. Legault :
Mme la Présidente, soyons clairs, là, il y a actuellement des dossiers, des
projets qui ont été faits, des dossiers, des projets qui sont sur la table,
MRC, communautés autochtones et entreprises privées. O.K.? Est-ce que Québec solidaire est comme le PQ puis s'oppose à ces projets-là? Moi, je voudrais qu'ils
le disent aux Québécois, là, qu'ils se promènent sur la Côte-Nord,
dans le Nord-du-Québec, au Saguenay, en Gaspésie puis au Bas-Saint-Laurent, puis qu'ils aillent dire aux gens là-bas : On s'oppose à
vos projets, on voudrait que tout soit fait par le syndicat d'Hydro-Québec.
Présidente : En terminant.
M. Legault : Qu'elle
ait le courage d'aller se promener dans les régions, cet été, puis de le dire
aux Québécois.
Présidente : Alors, je vous rappelle qu'on ne s'interpelle pas des
deux côtés de la Chambre, personne.
question principale, une seule personne a le droit de parole, et c'est M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Cliche-Rivard : Mme la Présidente, sept ans, sept bâillons, ce sera
ça, le legs de ce gouvernement, une Assemblée nationale muselée pour adopter de
manière expéditive des projets de loi mal ficelés, avec les conséquences qu'on
connaît et qu'on subira encore longtemps.
Bâillon sur le projet
de loi n° 9 en immigration sous le coup d'une injonction, détruisant le
rêve de milliers de familles qui rêvaient du
Québec. Bâillon sur le 21, avec d'importantes contestations judiciaires. Bâillon
sur le 32, sur l'énergie, dans lequel, tiens, tiens, le gouvernement liait les
hausses du prix de l'électricité à l'inflation, forçant des hausses de
tarifs catastrophiques. Bâillon sur le 40, détruisant la démocratie scolaire,
et, encore une fois, contesté devant les tribunaux. Bâillon sur le 15, aux impacts catastrophiques, avec des ratés
par-dessus ratés à Santé Québec. Bâillon sur le p.l. Stablex, désastre
environnemental, expropriation d'une ville au profit d'une multinationale
américaine. Et maintenant un autre bâillon pour privatiser Hydro-Québec, le
fleuron des Québécois.
Vraiment? C'est ça,
le bilan caquiste? C'est désolant, Mme la Présidente.
Présidente : M. le leader du gouvernement. Quel est votre rappel au
règlement?
Jolin-Barrette : ...répondre, Mme la Présidente.
Présidente : Pardon?
M. Jolin-Barrette :
C'est pour répondre.
Présidente : Alors, la réponse du ministre de la Justice.
Jolin-Barrette : Bon, Mme la Présidente, je le sais que la rigueur
n'est pas toujours de mise, à Québec solidaire, sauf qu'on ne parle pas du
projet de loi n° 32, en énergie, on parle du projet de loi n° 34, Mme
la Présidente. Premier élément. Mais ça, c'est à l'image
de Québec solidaire. Ce sont des radicaux brouillons, Mme la Présidente. Ils
sont toujours du côté, Mme la Présidente...
La Présidente : O.K. On retrouve
notre calme et le silence. J'aimerais entendre votre réponse. Allez-y.
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme la
Présidente, la cheffe de Québec solidaire me l'a dit, qu'elle voulait être
considérée comme une radicale, en commission parlementaire, Mme la Présidente.
Et leur comportement est à l'effet d'être
radicaux. Ils préfèrent, Mme la Présidente, être toujours du côté des
syndicats, même lorsqu'ils ont des comportements répréhensibles, lorsque vient le temps d'aller intimider une famille
d'un élu à l'Assemblée nationale, d'aller manifester devant sa maison.
Ils encouragent les gens, les syndicats à attaquer, comme la FTQ...
Présidente : M. le leader... Si vous voulez que je fasse un
rappel au règlement, taisez-vous, je vous prie. Je veux entendre le
leader du deuxième groupe d'opposition. Allez-y. Je veux vous entendre.
Cliche-Rivard : On est très clairement en train de prêter des intentions.
C'est inadmissible, Mme la Présidente.
Présidente : M. le leader du gouvernement, avant que vous
poursuiviez votre réponse, moi, je vous demande de faire attention. Ici, on impute des motifs. Et je vous rappelle qu'il
y a une motion sans préavis qui a été acceptée par tous les députés, à
l'unanimité, pour dénoncer ces actes répréhensibles dont vous...
Présidente : Alors, je vous demande de demeurer respectueux,
poursuivez votre réponse, et de ne pas imputer des motifs. Allez-y.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, Québec solidaire est en faveur
de la désobéissance civile. Ils sont en faveur de traquer, d'attaquer
des membres de cette Assemblée devant chez eux.
La Présidente : Bon. Je suis debout.
Merci. Monsieur...
Présidente : Je suis debout. Vos micros sont fermés, vous
parlez dans le vide. Je suis la seule personne qui a droit de parole ici et je
vais vous nommer un par un pour vous sortir. Je veux vous entendre pour votre
rappel au règlement. Mais je crois déjà savoir ce que vous allez dire,
mais je veux vous entendre.
Cliche-Rivard : Non seulement il prête des intentions, mais, sur
la dernière intervention, je lui demande de retirer les propos, Mme la
Présidente.
Présidente : M. le leader, je vous demande de retirer. C'est un
peu trop loin. Faites attention. Retirez le dernier bout, parce que ce que vous
dites... Et, à d'autres égards, tiens, on va en profiter pour faire un peu de
pédagogie ici, je vous ai déjà dit qu'on ne peut pas prétendre que nos
collègues ont des intentions malveillantes. Ce sont des intentions
malveillantes. Donc, je vous demanderais de retirer les derniers mots
que vous avez dits et de poursuivre. Il vous reste 14 secondes.
Jolin-Barrette : Je le retire, Mme la Présidente. Québec solidaire est d'accord avec la présidente de la FTQ, qui a utilisé ces termes-là.
Ils sont du côté des syndicats puis pas du côté des Québécois. Quand vient le
temps, en cette Assemblée, de dénoncer les attaques qu'un élu a subies
auprès de sa femme et auprès de son domicile, ils refusent de dénoncer ça.
La Présidente : Première... Première
complémentaire. M. le député. On écoute.
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, tout à l'heure, j'entendais la réponse de la ministre, là, qui nous
parlait de l'argument d'une centaine d'heures. C'est quasiment un argument...
En fait, c'est l'argument le plus drôle que j'ai entendu quand on sait à quel point la CAQ a mal géré les travaux en
commission. Après l'adoption du projet de loi n° 69, là, le principe, en octobre dernier, se sont suivis
quatre mois de silence radio, Mme la Présidente. Rien. Niet. Nada. Une
trentaine de jours, 160 heures disponibles, mais la CAQ n'était pas prête
à étudier son projet de loi.
Va-t-elle au moins avoir le courage d'arrêter de
blâmer l'opposition pour ses échecs?
La Présidente : La
réponse du leader.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, la commission a siégé sans
relâche. La démonstration, c'est que, depuis plus d'une année, plus de 115 heures. Le projet de loi, il a été
déposé il y a plus d'un an, Mme la Présidente. Plus d'un an, Mme la Présidente. À un moment donné, si Québec solidaire est sérieux, il apporterait des éléments positifs. Puis on est
capables de discuter ensemble.
On se retrouve, encore une fois, dans une
situation où on utilise les outils parlementaires à la disposition pour faire avancer le Québec, Mme la Présidente, pour
faire en sorte que le projet de loi puisse être adopté, en fonction de nos règles,
ici, qui sont prévues dans le cadre du règlement, pour faire en sorte que les
régions du Québec en bénéficient, Mme la Présidente.
C'est
important, l'économie des régions. Mais c'est sûr que, quand on est concentrés
à Montréal puis qu'on ne se préoccupe pas des régions, c'est difficile
de comprendre les régions, la réalité des gens qui travaillent dans les
régions, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième complémentaire.
Cliche-Rivard : Mme la Présidente, des dizaines d'amendements de
substance déposés par la ministre à la dernière
minute pour corriger son propre projet de loi, des suspensions, question après
question, demandées par une ministre qui ne maîtrise pas son projet de
loi. Si la CAQ veut bâillonner l'Assemblée, c'est parce qu'ils savent très bien
que le projet de loi ne tient pas la route et que la ministre est incapable de
le défendre. Ce n'est juste pas sérieux. C'est gênant. Le Québec mérite mieux,
Mme la Présidente.
La Présidente : Alors, moi, je vous
demanderais à toutes et à tous de demeurer respectueux. La réponse du leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bien, Mme la
Présidente, c'est vrai que le Québec mérite mieux, Mme la Présidente. Le Québec mérite d'avancer, puis c'est pour ça que
les Québécois ont élu la CAQ, Mme la Présidente, pour faire des réformes,
notamment avec Hydro-Québec, pour offrir aux entreprises québécoises, pour
offrir aux travailleurs québécois dans toutes
les régions des emplois et de l'énergie, pour que, justement, l'économie du
Québec croisse. Vous devriez être contents. Ça va nous permettre de tirer plus
de revenus, Mme la Présidente, pour offrir davantage de services publics à la
population, des services de qualité. Vous devriez être en faveur de ça.
Mais, puisque vous êtes des radicaux, puisque vous êtes des dogmatiques, puisque vous êtes du côté du
syndicat, vous n'êtes pas en mesure de voir quel est l'intérêt collectif,
madame...
La Présidente : M. le leader, je
veux juste vous rappeler que vous vous adressez à la présidente et non à vous,
l'autre côté, mais à moi. Et il vous reste quelques secondes.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, vous avez raison. Je suis mieux
de m'adresser à vous, parce que, du côté de Québec solidaire...
La Présidente : En terminant.
M. Jolin-Barrette : ...du côté des
syndicats, l'intérêt collectif...
Présidente : Nous allons maintenant passer à une question
principale. En question principale, je reconnais le député de Maurice-Richard.
La Présidente : Bon, Mme la ministre,
je vous ai entendue. On ne rit pas, on écoute.
En question principale, je reconnais le député
de Maurice-Richard.
Bouazzi : Mme la Présidente, ce gouvernement s'apprête à
augmenter la place du privé dans l'énergie, au Québec, comme jamais.
Pourtant, pour chaque kilowattheure, le privé se prend une cote, et cette
cote-là va aux actionnaires. C'est
1 milliard de dollars que nous avons perdus en 25 ans. Pour
chaque projet, le privé doit s'endetter et paie 8 % d'intérêts aux banques. Quand c'est
des projets d'Hydro-Québec, c'est seulement 4 %. Le privé, c'est aussi
engraisser les banques aux dépens de notre richesse commune, sans
compter qu'on garantit l'achat de chaque kilowattheure au privé et que c'est donc le peuple, à travers Hydro-Québec, qui prend tous les risques de marché. Sans compter que Brookfield,
Énergir, Boralex ont des milliards, des milliards dans des paradis
fiscaux et ils ne paient même pas leur juste part.
Ça fait 25 ans
que tous ces gouvernements-là ont privatisé toutes les éoliennes du Québec.
Est-ce qu'ils ont la moindre étude qui nous explique que c'était rentable
d'aller dans le privé produire de l'électricité?
La Présidente :
La réponse de la ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Mme Fréchette :
Merci, Mme la Présidente.
Permettez-moi, dans un premier temps, de revenir sur le commentaire du leader, là, quant aux suspensions qu'on eues au sein de la
commission, parce que, d'une part, ces suspensions-là, c'était au bénéfice, notamment, du député de Maurice-Richard, parce
qu'il voulait des briefings, et parce qu'on a daigné offrir des
briefings, et ça a été apprécié. Alors, je pense qu'il faudrait savoir le
reconnaître.
par ailleurs je voyais bien qu'il y avait impossibilité d'avancer à un rythme
adéquat dans les travaux parlementaires standards, classiques, alors on suspendait les travaux pour échanger
entre nous, pour avancer plus vite, et ça a fonctionné à quelques occasions, mais, bon, trop peu
nombreuses. Donc, on n'est pas en mesure d'avancer à un rythme acceptable
malgré tout.
Alors, pour ce qui
est de la place d'Hydro-Québec, il faut bien comprendre que, grâce au projet de
loi n° 69, Hydro-Québec va augmenter sa place dans
l'économie québécoise, elle va avoir plus d'impact dans l'économie québécoise.
Hydro-Québec va pouvoir enrichir davantage les Québécois, et c'est ce qui est
souhaité. On va doubler la production
d'Hydro-Québec d'ici 2050. C'est majeur. C'est majeur pour le Québec, c'est
majeur pour notre développement économique et pour la richesse
collective des Québécois, puisqu'Hydro-Québec, ça nous appartient tous...
Présidente : En terminant.
Fréchette : ...et ça va continuer à nous appartenir.
Présidente : Première complémentaire.
M. Bouazzi : Mme
la Présidente, j'aurais préféré que la ministre me réponde sans suspendre. Dans
toutes les commissions que nous avons eues,
malheureusement, il a fallu suspendre longtemps, souvent. Et d'ailleurs je fais
remarquer qu'il n'y a pas eu aucune réponse à ce que je viens de dire,
sur les études qui expliquent que le privé, c'est rentable.
n'est pas juste ça. En 18 mois, son prédécesseur a distribué
2 500 mégawatts d'électricité. Ça, c'est 22 milliards de dollars
sur 20 ans que nous allons transférer au privé.
Est-ce qu'elle a la
moindre étude que la place du privé dans l'énergie, c'est rentable pour le
Québec?
Présidente : La réponse de la ministre.
Fréchette : Ce sur quoi on travaille, Mme la Présidente, c'est
d'augmenter la place d'Hydro-Québec dans l'économie québécoise, d'augmenter son
impact, d'augmenter la richesse collective que le Québec va générer grâce à la
production d'énergie, grâce aux partenariats qu'Hydro-Québec va développer.
Et je pense que le
député de Maurice-Richard est régulièrement revenu sur la place des Premières
Nations dans le cadre du développement énergétique, et c'est exactement ce
qu'on permet avec le projet de loi n° 69. On va
favoriser la signature d'ententes avec des Premières Nations, avec des MRC,
avec des villes et, oui, avec des acteurs du privé, parce qu'ils ont une expertise qui peut être mise de l'avant, puis on le
voit très bien, qu'est-ce que ça a donné au cours des dernières années, dans le domaine éolien. Mais
maintenant Hydro-Québec va avoir la maîtrise d'oeuvre des projets dans le
domaine éolien.
Présidente : En terminant.
Fréchette : Donc, c'est la place accrue d'Hydro-Québec dans ce
secteur-là qui est permise.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Bouazzi : Mme la Présidente, quand nous avons reçu
M. Picard, c'est écrit noir sur blanc, dans leur mémoire, qu'ils
préfèrent ne pas avoir de privé et avoir à gérer directement avec Hydro-Québec.
La vérité,
c'est qu'ils n'ont aucune étude pourquoi il faut doubler la taille, aucune
étude pourquoi il faut autant de privé, aucune étude, aucune étude pourquoi ça
va ramener 6 milliards de dollars, parce que vous avez besoin du
bâillon.
La vérité, c'est que vous n'êtes pas
capables de le défendre démocratiquement devant nous à travers un vrai débat
démocratique, et c'est bien triste, Mme la Présidente.
Présidente : Et je vous rappelle que vous vous adressez à la
présidente. La réponse de la ministre.
Fréchette : Oui. Mme la Présidente, on en voit, des cas d'exemples. On
en a, des études concrètes de projets qui
sont en train de se réaliser. Allez voir du côté de l'Alliance de l'énergie de
l'Est. C'est fabuleux, ce qu'ils sont en train de développer, de
développer et de déployer grâce à des ententes entre les Premières Nations,
entre les villes, et les MRC, et le privé,
en collaboration avec Hydro-Québec. Et c'est ce modèle-là qu'il faut propulser,
déployer davantage à l'échelle du Québec, dans d'autres régions, parce
qu'en plus ça va non seulement bénéficier aux Québécois et à Hydro-Québec, mais
également aux régions.
développement économique régional, c'est central. Pour Québec solidaire, c'est
peut-être plutôt secondaire, mais, dans notre cas, c'est au coeur de
notre vision, et c'est ce à quoi on travaille...
Présidente : En terminant.
Fréchette : ...à travers le projet de loi n° 69.
Présidente : En question principale... Pardon? Vous avez un rappel au
règlement? Quel est-il?
Cliche-Rivard : ...on aimerait qu'elle les dépose, Mme la Présidente.
Présidente : De consentement?
Présidente : Pas de consentement? Pas de consentement.
En question principale,
je reconnais maintenant la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Avec ce projet de loi, la CAQ a
décidé de court-circuiter et de neutraliser
complètement la Régie de l'énergie pour que les tarifs soient décidés par des calculs
politiques, pas par des calculs économiques. C'est une erreur qui va
nous coûter cher.
économie, on apprend une chose, que, pour bien gérer un monopole d'État, il
faut un garde-fou, un régulateur indépendant pour empêcher la
politisation des tarifs et pour empêcher que l'État ait la main directement
dans le plat de bonbons. Mais la CAQ met
tout ça à la poubelle avec son projet de loi. Au diable la Régie de l'énergie,
au diable la saine gouvernance. La
CAQ va se servir d'Hydro-Québec comme une vache à lait, sur le dos des
consommateurs d'électricité, pour tenter de combler son déficit
historique de 13 milliards de dollars.
me demande si c'est le ministre des Finances qui a passé la commande de forcer
ce projet de loi pour augmenter les revenus de l'État avec les factures
d'électricité des Québécois, pour équilibrer son budget désastreux.
Présidente : La réponse de la ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie.
Fréchette : Oui, Mme la Présidente. Il est bien important de rectifier
le tir, en ce qui a trait à la Régie de
l'énergie, parce que la Régie de
l'énergie demeure centrale et continue à avoir un rôle et des responsabilités
importants, et même qu'on lui en donne de nouvelles ou qu'on accroît
celles qu'elle avait déjà, par exemple au niveau des tarifs.
Actuellement, la
Régie de l'énergie fixe les tarifs aux cinq ans. Avec le projet de loi n° 69,
elle va dorénavant fixer les tarifs aux
trois ans. Donc, son rôle va être accru, et la révision des ententes tarifaires
va venir plus rapidement. Elle va pouvoir aussi intervenir sur les tarifs en
tout temps, alors qu'actuellement il y a impossibilité de la faire. Donc, non
seulement, en ce moment, elle le fait aux cinq ans, mais elle ne peut pas
intervenir entre les cinq ans en question, alors que dorénavant ça va
être aux trois ans, et elle va pouvoir intervenir à tout moment pendant les
périodes intérimaires entre les trois ans.
Elle
va, par ailleurs, continuer à approuver les plans d'approvisionnement. Donc, la
régie est quand même centrale dans ce rôle-là de développement énergétique à
travers les plans d'approvisionnement. Et également elle va donner son
avis au sujet du plan de gestion intégrée des ressources énergétiques, le
PGIRE...
Présidente : En terminant.
Mme Fréchette : ...qui est, en fait,
le coeur de ce projet de loi là.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Zaga Mendez : La régie va perdre
du pouvoir parce qu'on fait sauter l'interfinancement. Aujourd'hui, la CAQ demande 3 %, mais demain ça va être
quoi? On n'a aucune garantie. Et les factures, pour les contribuables, bien,
ça va augmenter, c'est inévitable. C'est ça,
la conséquence de faire sauter l'interfinancement, de faire sauter le rôle de
la régie, parce que c'est de ça qu'il s'agit, ce projet de loi là.
Est-ce que le
ministre des Finances peut au moins admettre que ce projet... ce projet de loi,
c'est pour que les Québécois remboursent la baisse d'impôt qui a été
donnée, elle va être...
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Fréchette : Bien, c'est quand même particulier, Mme la
Présidente, là, d'entendre qu'elle se préoccupe pour le portefeuille des
Québécois, parce qu'on le protège, le portefeuille des Québécois, c'est notre
engagement premier, dans le domaine énergétique. Alors, allumons, là. Allo la
terre? Je veux dire, on met un plafond de 3 % maximum pour le tarif
résidentiel, pour les clients d'Hydro-Québec. Je veux dire, il y a une mesure
là qui est centrale pour la pression financière que subissent les Québécois en
matière de finances, en matière d'économie. Donc, on vient vraiment mettre au coeur de nos priorités et de notre stratégie la
protection des Québécois. Et par ailleurs on va s'assurer également, bien sûr,
de la protection de la compétitivité pour les entreprises...
La Présidente : En terminant.
Mme Fréchette : ...pour qu'on
demeure attractifs et compétitifs.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Zaga
Mendez : La CAQ a baissé les impôts d'une main puis, avec
l'autre, elle est en train de jouer dans les tarifs d'hydroélectricité.
La conséquence sur le long terme, c'est qu'il va y avoir une hausse de tarifs
pour les Québécois et Québécoises. C'est ça, faire sauter l'interfinancement.
Puis, quand les tarifs vont augmenter, là, ils
vont faire porter... la CAQ va faire porter le fardeau sur les moins nantis,
parce que les riches, ils vont payer la même chose que les pauvres. En
économie, on appelle ça un tarif régressif, et c'est franchement injuste, Mme
la Présidente.
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente. Donc, je rappelle, donc, qu'on instaure un plafond de maximum 3 % pour ce qui est du tarif résidentiel des
clients d'Hydro-Québec, et, par ailleurs, on vient créer des milliers d'emplois,
des milliers d'emplois pour les Québécois en région tout comme dans la
métropole. On parle de 8 000 emplois, par exemple, sur la Côte-Nord,
dans le Nord-du-Québec. On parle de 8 000 emplois dans la métropole.
On parle de milliers d'emplois également sur le Bas-Saint-Laurent et la
Gaspésie. Tout ça, c'est du développement économique régional qui va améliorer la qualité de vie des gens en
région et partout au Québec, et ce, pour des années à venir, en fait je devrais
dire pour des décennies à venir...
La Présidente : En terminant.
Mme Fréchette : ...et c'est au
bénéfice de nous tous.
La Présidente : En question
principale, je reconnais le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Encore aujourd'hui, le
gouvernement de la CAQ cherche à justifier l'adoption par bâillon du projet de
loi n° 69 sur l'énergie. Avec de la poudre de perlimpinpin, le premier ministre,
la ministre et Michael Sabia vont faire apparaître des projets cet été.
J'ai
demandé, en commission parlementaire, à la ministre : Mais quels projets,
là, nécessitent le projet de loi n° 69 pour démarrer cet été? Aucun.
Quel
article du projet de loi n° 69 est absolument nécessaire pour faire
débloquer cet été des projets? Zéro. Quel
article va nous faire épargner
6 milliards? Aucun. C'est ça qui se passe en commission.
Le bâillon est requis parce que la CAQ veut
refiler aux consommateurs et aux contribuables une facture de 1 milliard de dollars, pour deux raisons.
D'abord, parce qu'on a mis plein de nouveaux trucs dans les tarifs. Jour après
jour, en commission, on a découvert,
ça, ça va dans les tarifs, ça, ça va dans les tarifs, ça, ça va dans les
tarifs, dont les manques à gagner, puis parce que l'année prochaine ce n'est
pas 3,6 %, c'est l'inflation, en vertu du projet de loi n° 34.
Est-ce que la ministre va l'admettre que c'est
ça, la raison du bâillon?
La Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente, donc, comme je l'indiquais, en fait, la stratégie éolienne va
pouvoir être mise de l'avant bien plus tôt.
Donc, on va pouvoir devancer d'un an, notamment, le déblocage de 2 000 mégawatts,
qui va servir au développement des entreprises, au développement des
régions. Et il y a des projets, comme je l'indiquais, qui vont démarrer cet été, notamment celui dans Charlevoix, qui va
pouvoir démarrer cet été, celui, également, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
qui va également démarrer cet été. Donc, il faut voir qu'il y a des impacts à
très court terme. Et on va pouvoir, donc, démarrer cette grande stratégie là de
projets structurants énergétiques qui vont servir à développer le Québec, puis
à nous propulser de l'avant, et à nous positionner aussi dans des secteurs
d'avenir.
Pour ce qui
est des montants, en fait, moi, je vous dirai que j'aurai plus confiance dans
les chiffres d'Hydro-Québec que dans ceux du député de Jean-Talon,
d'autant qu'il semblait, hier, avoir découvert un scoop lorsque j'ai annoncé
qu'on décloisonnait Hydro-Québec Production d'Hydro-Québec Distribution. Il
était convaincu que c'était là une nouvelle dont
il fallait vraiment absolument parler. Or, ça fait quatre ans que c'est
annoncé. Alors, quand il s'agit de me référer à des chiffres, je préfère
me référer aux chiffres d'Hydro-Québec que de ceux du député.
La Présidente : Première
complémentaire.
Paradis : Toujours aucun projet qui est nécessaire, toujours
aucun projet annoncé en vertu du projet de loi n° 69.
Le taux
d'augmentation des tarifs d'électricité, s'il n'y a pas de projet de loi
n° 69, c'est celui prévu par le projet de loi n° 34, c'est
l'inflation, beaucoup moins que 3 %, beaucoup moins que les 4 % à
5 % annoncés par Michael Sabia. Résultat : 1 milliard qu'on
ne veut pas mettre dans le déficit historique du gouvernement de la CAQ.
C'est ça, la
raison du bâillon, et la ministre ne veut pas l'admettre aux Québécois, comme
elle ne veut pas admettre la privatisation.
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Fréchette : Oui, Mme la
Présidente. Donc, il y a un autre élément aussi qui va pouvoir débuter à court
terme, c'est la ligne de transport dans le Bas-Saint-Laurent. Alors, ça aussi,
c'est du développement, développement énergétique et développement économique,
parce qu'au Québec les deux vont de pair. Et je pourrais ajouter même
développement environnemental, parce que, quand on développe l'énergie au
Québec, on développe, on s'engage dans la transition, dans la transition
énergétique encore davantage. Alors, vraiment, on fait un trois dans un.
Alors, il faut absolument adopter ce projet de
loi là parce qu'il va bénéficier à l'ensemble de l'économie et des Québécois.
C'est une richesse collective qui va pouvoir être développée. On a toujours été
avant-gardistes en matière d'énergie verte,
et je pense qu'il est de notre responsabilité de continuer à le demeurer. Et,
avec les investissements qu'on fait aujourd'hui...
La Présidente : En terminant.
Mme Fréchette : ...qui vont
bénéficier aux entreprises de demain puis aux communautés de demain, c'est
exactement ce qu'on fait.
La Présidente : Et cela met fin à la
période de questions et de réponses orale.
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis,
et je reconnais M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente. Deux motions.
Conformément à l'article 26.1 de notre règlement, je propose la motion
suivante :
«Qu'en vue de compléter l'étude du projet de loi
n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques
et modifiant diverses dispositions législatives, l'Assemblée se donne le cadre
temporel suivant :
«Que
l'Assemblée puisse siéger tous les jours à compter de 15 heures jusqu'à ce
qu'elle ait terminé l'étude [détaillée] de l'affaire pour laquelle elle
a été convoquée ou qu'elle décide d'ajourner ses travaux.»
La seconde motion, Mme la Présidente :
«Qu'en vue de compléter l'étude [détaillée] du
projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des
ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
l'Assemblée nationale établisse la procédure législative d'exception telle que
prévue aux articles 182 à 184.2 et 257.1 à 257.10 du Règlement;
«Qu'à tout moment de la séance, le président
puisse suspendre les travaux à la demande d'un ministre ou d'un leader adjoint
du gouvernement.»
La Présidente : Alors, nous en
sommes maintenant rendus au débat sur les motions présentées par M. le leader
du gouvernement. Je vous informe maintenant de la répartition du temps de
parole établi pour le débat restreint sur le motif de la convocation en séances
extraordinaires et sur les deux motions présentées par le leader du
gouvernement, soit la motion fixant le cadre temporel de la séance et la motion
de procédure d'exception.
La répartition du temps de parole pour ce débat
s'effectuera comme suit : 58 min 30 s sont allouées au
groupe parlementaire formant le gouvernement,
30 min 10 s sont allouées au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle, 20 minutes sont allouées au deuxième
groupe d'opposition, 8 min 20 s sont allouées au troisième
groupe d'opposition, 1 min 30 s est allouée à chacun des députés
indépendants. Dans le cadre de ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes
parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires selon les
proportions établies précédemment.
Mis à
part ces consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite
de temps. Enfin, je vous rappelle et
je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours
du débat, ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser
la présidence.
Et je suis
prête à entendre le premier intervenant, qui est, en l'occurrence, le leader du
gouvernement. Et, si vous avez à sortir, je vous invite à le faire dans
le silence et le respect. Merci. M. le leader, nous vous écoutons.
Jolin-Barrette : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, il faut
rappeler et souligner toute l'importance du projet de loi n° 69.
C'est un projet loi qui est important et sur lequel on travaille depuis
longtemps, Mme la Présidente.
On le soulignait lors de la période des
questions, ça fait plus d'un an que le projet de loi n° 69, Loi assurant
la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives, a été déposé, Mme
la Présidente. Plus de 100 heures de commission parlementaire, en termes
de consultation, en termes d'étude détaillée, où tous et chacun ont pu
s'exprimer abondamment, Mme la Présidente, mais il est nécessaire de procéder à
l'adoption finale de ce projet de loi, Mme la Présidente, pour faire en sorte
que le secteur énergétique québécois soit modernisé, ce qui n'a pas été fait
depuis près de 30 ans, Mme la Présidente.
Et, avant de
faire cette modernisation, il est nécessaire d'agir rapidement, considérant le
fait, Mme la Présidente, que le projet
de loi va pouvoir faire démarrer des projets dans le contexte économique et
politique actuel, Mme la Présidente, en
ce qui concerne les tarifs, les changements climatiques, la transition
énergétique, et c'était primordial de s'attaquer à ce dossier-là, Mme la Présidente. Mais les oppositions
voudraient qu'on fasse, encore une fois, du statu quo, Mme la Présidente,
les trois partis du statu quo, le trio du statu quo, Mme la Présidente, c'est
ça qu'ils veulent commander quand ils vont au
restaurant, Mme la Présidente, mais, rappelez-vous, Mme la Présidente, que le
pourboire, maintenant, il est avant taxe.
Alors, Mme la
Présidente, le Québec a toujours été un leader en énergie verte. On se doit de
se donner les moyens pour demeurer ce leader et être en avant de la
parade. On doit également faire en sorte de nous accorder la possibilité d'être
plus agiles, plus efficaces. Hydro-Québec appartient à tous les Québécois.
C'est un fleuron. Il a su s'adapter depuis sa création, depuis 1940, Mme la
Présidente, mais il faut faire en sorte de lui... de continuer de lui permettre
de progresser, Mme la Présidente, pour réaliser sa mission.
Alors, l'objectif du projet de loi n° 69
est de doubler la capacité énergétique du Québec, Mme la Présidente. Ça
appartient aux Québécois de faire en sorte de pouvoir bénéficier de notre
énergie, à l'ensemble de notre économie, mais particulièrement de nos régions,
Mme la Présidente, pour alimenter la vitalité des régions, comme la Côte-Nord, comme la Gaspésie, Mme la Présidente. C'est
toujours surprenant d'entendre des députés des oppositions des régions qui
ne veulent pas participer, Mme la Présidente, au développement de l'économie
régionale, pour donner des emplois de qualité, pour créer des entreprises, pour créer un
écosystème économique, Mme la Présidente, pour attirer des jeunes en région, pour faire vivre les régions du Québec,
Mme la Présidente, pour peupler les régions du Québec, et c'est comme ça
que les régions du Québec vont se
développer, pour créer des emplois payants en région, pour diversifier notre
économie verte grâce à notre grande force, l'hydroélectricité.
Ça ne doit pas nous
empêcher non plus de développer d'autres filières comme le solaire et l'éolien,
Mme la Présidente, c'est la complémentarité,
Mme la Présidente, qui va nous assurer une transition énergétique réussie.
Et, si on veut se libérer des
hydrocarbures comme mes collègues radicaux d'en face le souhaitent toujours,
Mme la Présidente, bien, il faut avoir des outils pour le faire,
utiliser le solaire, utiliser l'éolien, utiliser l'hydroélectricité. Il me
semble qu'on devrait être d'accord avec ça,
du côté du deuxième groupe d'opposition, mais, non, Mme la Présidente, on
refuse encore d'avancer.
Alors, il faut
davantage décarboner notre économie, Mme la Présidente. Alors, avec des effets
concrets pour le projet de loi n° 69, ça va nous permettre de déployer
notre stratégie éolienne un an plus tôt. Ça, c'est 1 000 emplois en région, ça va générer 8 000 mégawatts
d'énergie et des économies de 6 milliards de dollars. Au final, d'ici
2027, les objectifs réalisables vont
créer 25 000 emplois dans toutes les régions du Québec, Mme la
Présidente. Comment voulez-vous être
contre ça, Mme la Présidente? Des emplois payants en région avec de l'énergie
propre, Mme la Présidente, il me semble que ça tombe sous le sens, mais non, on
bloque, le statu quo encore, Mme la Présidente, on refuse d'avancer. On
se demande pour qui les partis d'opposition travaillent, Mme la Présidente. Je
pense qu'on connaît tous la réponse. On connaît tous la réponse.
Mme la Présidente, la
feuille de route, en matière d'énergie, c'est le projet de loi n° 69. Et
on a organisé une tournée, la ministre a
organisé une tournée avec son adjoint parlementaire qui a débuté au mois de
mars dans toutes ces régions-là, là : Montréal, Laval, le Bas-Saint-Laurent,
le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
la Côte-Nord, la Montérégie, l'Estrie,
l'Outaouais, l'Abitibi, la Gaspésie, les Laurentides. La tournée, Mme la
Présidente, n'est pas terminée, parce qu'on va sur le terrain puis on
écoute les gens des régions pour savoir quels sont les projets énergétiques
qu'ils ont en tête, Mme la Présidente, et il faut avoir les outils et les
moyens pour les réaliser, Mme la Présidente.
Alors, en termes de
planification énergétique, il faut regarder le terrain. Il ne faut pas juste
rester à Montréal, Mme la Présidente, puis
être contre tout, Mme la Présidente. Il faut faire en sorte de savoir d'où
provient l'énergie, comment est-ce qu'on la développe, Mme la Présidente. Puis,
oui, Mme la Présidente, si on veut être en mesure, justement, de développer aussi Montréal, bien, ça prend de
l'énergie, parce que c'est bien rare qu'il y a des barrages directement à
Montréal, Mme la Présidente, ils viennent de plus loin, Mme la
Présidente.
M. Jolin-Barrette :
Oui, mais ce n'est pas suffisant pour fournir l'électricité à Montréal, Mme
la Présidente. Ça prend de l'énergie qui est en région, qui s'en vient à
Montréal, pour pouvoir s'éclairer. Le député de Saint-Henri—Sainte-Anne devrait savoir ça, Mme la Présidente. Alors, il faut donner les outils
à Hydro-Québec pour pouvoir se développer, Mme la Présidente.
Alors, Mme la
Présidente, ce n'est jamais agréable... bien, ce n'est pas vrai, c'est toujours
agréable de passer du temps avec vous, Mme
la Présidente, particulièrement la fin de semaine, un vendredi soir avec vous,
Mme la Présidente, dans le cadre de nos relations professionnelles. Cela
étant, Mme la Présidente, on est dans une situation où on se doit... À la fin
de la session, là, on a donné tout le temps voulu aux collègues des
oppositions. La ministre a été disponible pour
expliquer, réexpliquer, offrir des briefings, répondre aux questions des
oppositions, accepter certains amendements.
D'ailleurs, j'ai
entendu les collègues des oppositions remercier la ministre de son ouverture.
Elle travaille en collaboration. Bien, manifestement, Mme la Présidente, la
collaboration, elle s'est faite à sens unique, encore une fois, le gouvernement vers les collègues des
oppositions, hein? On a accepté, mais, quand vient le temps d'avancer pour,
justement, livrer un projet de loi aux Québécois, bien là, on a un blocage et
on se retrouve contraints, liés, forcés d'utiliser la procédure législative d'exception à cause des
collègues de l'opposition. Mme la Présidente, c'est à contrecoeur, c'est à contrecoeur,
Mme la Présidente, à contrecoeur...
M. Jolin-Barrette :
Vous voyez, les collègues, je pense, là, qu'ils se disent : Écoutez,
on ne veut pas se séparer de cette
session-ci sans vivre un moment intense tous ensemble avant de quitter, Mme la
Présidente. Je les comprends, je les comprends.
Cela
étant, ce n'est pas dans l'intérêt des Québécois, le comportement de
l'opposition en commission parlementaire, Mme la Présidente, parce qu'il y a des emplois en région, c'est le
développement économique, le développement régional. Hydro-Québec, ça a
toujours été un moteur de l'économie québécoise dans toutes les régions du
Québec, puis on en est fiers. Je ne pense
pas que les collègues des oppositions veulent renier leur amour pour
Hydro-Québec, pour l'énergie québécoise, l'énergie renouvelable.
est des leaders en matière de lutte contre les changements climatiques, et là
ce qu'on tente de faire, Mme la Présidente,
c'est de ne pas progresser, mais le monde change, Mme la Présidente, le monde
évolue, se transforme, le milieu économique, Mme la Présidente, hein?
Comme le disait l'ancienne députée de Saint-Henri—Sainte-Anne, là, qui était ministre de l'Économie, à l'époque, qui était
vice-première ministre, Mme la Présidente, hein, on n'est pas des proies, on
est des prédateurs. C'est ça qu'elle disait.
Bien, en matière économique, Mme la Présidente, là, en matière
environnementale, en matière énergétique, il faut déployer notre plein
potentiel, puis c'est ce que va permettre le projet de loi n° 69.
Puis c'est toujours
désolant, Mme la Présidente, lorsqu'on est contraints d'agir par la procédure
législative d'exception, mais on nous force à aller dans cette situation-là,
Mme la Présidente. Après tout le débat parlementaire, Mme la Présidente, 12 mois, 12 mois, juin, juillet, août,
septembre, faites le tour du calendrier, puis on revient, toute l'année,
Mme la Présidente, on a été là-dessus, Mme la Présidente, on accouche du projet
de loi aujourd'hui. Ça a été plus long pour ce projet de loi là, Mme la
Présidente, qu'une véritable grossesse, Mme la Présidente. Là, hein, Mme la
Présidente, je pense, là, qu'après tout ce temps-là, Mme la Présidente, après
tout ce débat-là, Mme la Présidente, on est dus pour adopter le projet de loi. Ça a été une étude sérieuse, ça a été une
étude, Mme la Présidente, qui a été complète. Alors, on a siégé
énormément, et il est temps, Mme la Présidente, d'aller de l'avant.
Écoutez, on a même appris que les collègues des
oppositions, après une année, parfois, se questionnaient encore sur le projet de loi, et il y avait une
incompréhension, malgré l'ensemble des briefings de la ministre. Qu'est-ce que
vous voulez que je vous dise, Mme la Présidente? On s'est rendus
disponibles pour aller de l'avant avec le projet de loi, pour faire en sorte de pouvoir l'adopter, mais on
est en situation de blocus, de blocage, de statu quo, et il faut faire en
sorte, Mme la Présidente, de donner les outils pour notre transition
énergétique, et c'est ce qu'on va faire, Mme la Présidente.
Alors, vous allez entendre plusieurs choses
aujourd'hui, Mme la Présidente, sur l'utilisation de la procédure législative
d'exception de la part des oppositions. Je ne les blâme pas, parce qu'ils se
retrouvent dans une situation où ils auraient voulu encore être dans une
situation de statu quo, mais je ne pense pas que c'est ce que les Québécois veulent. Ils veulent qu'on aille de l'avant. Ils
veulent qu'on puisse permettre le développement économique dans les régions.
Ils veulent permettre qu'on ait du développement énergétique pour, justement,
que des emplois de qualité soient créés.
Alors, Mme la Présidente, on va être là pour les
Québécois, aujourd'hui, pour faire en sorte d'avoir des outils. Et, Mme la
Présidente, ce sera un plaisir d'être avec vous ce soir et avec les collègues
également, Mme la Présidente.
La Présidente : Pour le bénéfice des
gens qui nous écoutent, à ces étapes-ci de la motion les députés ont le droit
d'applaudir.
Je reconnais maintenant, pour ses commentaires,
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. J'ai vu le chronomètre, et, je ne sais pas, est-ce que le leader du
gouvernement a manqué d'énergie pour parler d'un projet de loi en énergie?
Parce qu'il avait 59 minutes, mais je pense qu'il n'a pas assez d'énergie
pour parler du projet de
loi sur l'énergie, mais ce n'est pas grave. C'est lui
qui a appelé le bâillon, donc j'espère qu'il a assez d'énergie pour ces heures
du matin.
Mme la Présidente, ce n'est pas des farces,
c'est le deuxième bâillon en énergie sous le règne caquiste. Et le chef a raison quand il parle de fin de régime,
parce qu'il y a des indices de fin de régime, et les indices d'un gouvernement
en fin de régime, c'est l'absence de solution, utiliser des méthodes comme le
bâillon, comme aujourd'hui. Parce que j'entends
le leader du gouvernement qui... j'espère qu'il va relire son livre, j'espère
qu'il va le relire, mais, tout à l'heure, il m'a promis qu'il est en
train de préparer une deuxième édition, il va le mettre à jour pour parler du
cynisme version caquiste. Je peux lui donner pas mal d'idées, Mme la
Présidente, entre autres, entre autres les bâillons.
Mais, vous
savez, je vais faire un bref rappel historique d'un élément extrêmement
important. Le 7 décembre 2019, mon
collègue le député de Marquette me l'a rappelé, c'était le premier bâillon en
énergie pour imposer un point de vue du gouvernement. Et qui était le ministre
responsable? C'était le ministre actuel des Infrastructures. Et le ministre de
l'époque disait... C'est très important, ce
rappel, parce que ça va rafraîchir la mémoire de beaucoup de collègues. Le ministre
de l'époque disait : Le projet de loi — à
l'époque, c'était 34 — est
très clair : on retourne plus de 500 millions, on gèle les
tarifs en 2020 et on augmente... et on augmente à l'inflation.
Déjà, dès que
je vais prononcer le mot «inflation», je vais me souvenir du député de Robert-Baldwin, Carlos Leitão, qui
disait : Mais, ça n'a aucun bon sens. D'ailleurs, le gouvernement s'est
trompé, il s'est trompé complètement sur l'inflation. Il a affirmé haut et fort que, avec le projet de
loi n° 34, la CAQ a raison, il faut prendre le taux d'inflation. L'indice
du prix à la consommation, c'était béton.
Je ne sais pas si ça vous dit... ou si ça peut
vous rafraîchir la mémoire, mais je me rappelle de l'ancien ministre... de l'actuel ministre des Infrastructures, qui
était, à l'époque, le ministre de l'Énergie, avec des réponses colorées, Mme la
Présidente. On connaissait tous la réputation du député de Charlesbourg. On
savait qu'il allait l'échapper et on lui avait dit. Mais c'était quoi, la suite? Le ministre des
Infrastructures l'a tellement échappé qu'il a exposé les Québécois
à des hausses de tarifs d'électricité basées sur un taux d'inflation
incontrôlable.
Et ça a été
la première critique de l'équipe libérale à ce projet de loi. Et je me rappelle
de nos interventions, des collègues qui ont siégé en commission parlementaire.
On disait qu'on s'en allait vers le mur parce que le gouvernement a lié
le taux à l'inflation. Et ça prenait, Mme la Présidente, le premier ministre,
et il a fallu que le premier ministre s'en mêle.
Il a fallu une promesse électorale et le projet de loi n° 2,
qui a confirmé le recul total du gouvernement. Donc, ils ont lancé un
projet en énergie, ils l'ont échappé, ils ont frappé le mur. Et le premier
ministre savait qu'ils frappaient le mur par la suite, parce qu'il a été obligé
de reculer avec un autre projet de loi. On oublie l'IPC, on s'est trompés.
C'était en 2023.
Maintenant,
prenons un instant et reculons, maintenant, au 6 juin 2024. Il y a un an, à peu
près jour pour jour, le ministre Fitzgibbon déposait sa réforme en
énergie. Je me rappelle, nous étions en caucus et on parlait que... tout le monde nous disait :
C'est l'énergie, ça va être l'année de l'énergie, 2024. Mais là, avec le temps,
on voit le film très bien avec des
acteurs dans ce film. C'est que le ministre Fitzgibbon, probablement, la raison
pour laquelle il a quitté, la députée de
Robert-Baldwin l'a dit tout à l'heure, ce n'est plus le Québec
d'abord, elle l'a très bien dit, c'est Hydro-Québec d'abord.
Donc là, maintenant, avec le temps et le recul,
on comprend les réticences de l'ancien ministre de l'Économie et de l'Énergie. Il ne voulait pas être un
serviteur d'Hydro-Québec à l'intérieur de ce Parlement, il voulait jouer
son rôle, et on l'a envoyé s'occuper
de son lave-vaisselle, Mme la Présidente. M. Fitzgibbon le disait :
Il va falloir que les Québécois aient une discussion sur le fond, sur le
sujet. Et il disait qu'il fallait en parler, qu'il fallait une discussion
sérieuse. Et, souvenez-vous, le collègue le
député de Jacques-Cartier parlait de jasette nationale. Le chef l'a
mentionné, il a rencontré le premier
ministre. Pourquoi? Parce qu'au Parti libéral on voulait un vrai débat sur
l'énergie. L'énergie, l'avenir énergétique, ce n'est pas l'affaire des
caquistes, Mme la Présidente, c'est l'affaire de tous les Québécois et les
Québécoises. L'avenir énergétique se conjugue au pluriel, et ce n'est pas
uniquement les caquistes qui détiennent le monopole de l'avenir énergétique.
Rappelez-vous, Mme la Présidente, nous avions
même proposé une commission nationale sur la politique énergétique du Québec. Quand j'entends le premier répondre à notre chef,
sur notre proposition, s'il voulait la collaboration, pourquoi il a refusé notre demande sur une
commission nationale sur l'avenir énergétique? Soyez clairs, aujourd'hui, avec
les Québécois.
gouvernement de fin de régime refuse de débattre. Un gouvernement de fin de
régime, il bâillonne. Un gouvernement de fin de régime est brouillon.
Ça, c'est le constat de l'ensemble des Québécois.
M. Fitzgibbon, quand il a déposé son projet
de loi, qu'est-ce qu'il disait? 6 juin 2024, hein, on est, quoi, presque un an, un an plus tard. Et après j'entends le
leader du gouvernement nous parler que c'est beaucoup, 100 heures. Il a
oublié que quelqu'un a quitté la CAQ. Le superministre, Mme la Présidente,
les a lâchés. Il a quitté. Il ne voulait rien savoir de la CAQ. C'est ça, le résultat. Il n'est plus là. Il a
déposé le projet de loi, il a plié bagage et il a quitté. Il nous a laissé
Northvolt, avec... je ne sais pas le mot que je veux utiliser, avec les
grenouilles et les poissons avec trois yeux.
On a consulté
des experts, des citoyens, des communautés autochtones, des groupes, des
distributeurs, en fait tout le monde. Rappelez-vous, le ministre parlait
même de consensus. Il disait : «La Régie de l'énergie doit évoluer et doit
être renforcée — ça,
c'est l'ancien ministre. La régie doit pouvoir tenir en compte la transition
énergétique dans le cadre de ses décisions et elle doit aussi demeurer
la seule responsable de la fixation des tarifs. Dans un contexte de monopole, c'est essentiel de compter sur un contrepoids.
C'est... En fait, c'est très sain. On veut protéger les clients et leur assurer
une neutralité et une prévisibilité.» C'est toujours Fitzgibbon, 6 juin
Une année plus tard, est-ce qu'on n'a pas le
droit de se poser la question, elle est où, la Régie de l'énergie, dans ce
débat? Est-ce que, maintenant, avec... un an plus tard, on comprend pourquoi
M. Fitzgibbon a quitté? Est-ce qu'il y avait une divergence d'opinions
profonde que M. Fitzgibbon ne voulait pas être le porte-parole d'Hydro-Québec
à l'intérieur du Parlement? Est-ce qu'on peut... On a le droit de se poser la
question que le désaccord profond entre Fitzgibbon et le premier ministre était
sur la façon avec laquelle l'un des deux voyait l'avenir énergétique du Québec.
Et malheureusement, malheureusement, M. Fitzgibbon n'est plus là.
Ce qu'on a aujourd'hui, c'est un gouvernement
qui est en train de nous forcer d'adopter un projet important pour l'avenir
économique du Québec sans mener une réelle discussion nationale sur l'avenir
énergétique. Au final, probablement, M. Fitzgibbon, qui est, au fond de
lui, un libéral, était secrètement d'accord avec nous. Absolument. Bien, pour
les gens qui ne le connaissent pas, M. Fitzgibbon voulait même être
candidat avec le Parti libéral. Je vous invite à l'appeler. Vous allez en avoir
une, réponse. Je vois des rires. Probablement qu'il y en a qui en connaissent
plus que moi. Ce qui est certain... Bien, écoutez, Mme la Présidente, c'est une
coalition, c'est normal qu'il y ait des péquistes et des libéraux. Je ne sais
pas pourquoi ça vous fait rire. Voilà, Mme la Présidente. C'est ça, une
coalition. C'est ça, la troisième voie,
n'est-ce pas? On dirait que je viens de faire une déclaration sur
l'appartenance d'un ancien collègue autour de la table des caquistes.
Ce qui est certain, Mme la Présidente, c'est que
l'ancien ministre était écoeuré de se battre contre le P.D.G. d'Hydro-Québec, et là on le voit. La question de la députée de Robert-Baldwin... D'ailleurs, c'est ma députée, que j'aime, parce que c'est ma
députée, pour vrai, à vrai dire.
M. Derraji : Bien oui. Absolument, absolument, absolument. J'aime
tous mes collègues, mais c'est ma députée. J'aime tous mes collègues,
mais c'est ma députée.
Qu'est-ce
qu'elle a dit tout à l'heure? Qu'est-ce qu'elle a déclaré tout à l'heure? Qu'est-ce
qu'elle a déclaré, la députée de Robert-Baldwin, tout à l'heure? Le Québec d'abord ou Hydro-Québec d'abord? Le
Québec d'abord ou Hydro-Québec
d'abord?
C'est là, le fond du problème, Mme la
Présidente. Le fond du problème, il est là. M. Fitzgibbon a quitté la CAQ parce qu'il ne voulait pas être un
porte-parole d'Hydro-Québec à l'intérieur du Parlement. Il voulait renforcer
les institutions. Il voulait une régie d'énergie fonctionnelle. Il
voulait un contre-pouvoir. C'est ça que les gens... S'ils se posent la question pourquoi nous sommes là,
aujourd'hui, au parlement, pourquoi on parle d'Hydro-Québec d'abord et non pas de Québec d'abord, et les blocs d'énergie,
c'est parce que M. Fitzgibbon n'a pas acheté la version de M. le premier
ministre. Et, on connaît la suite, le
premier ministre a demandé à son superministre d'aller gérer son lave-vaisselle
à la maison plutôt de rester dans les rangs caquistes, et le projet de
loi a, depuis, été complètement dénaturé.
Les collègues
me parlaient, quand on suivait les discussions sur ce projet de loi... ont
parlé des amendements de dernière minute. Et, vous savez, j'entends le
leader du gouvernement... J'ai le droit de faire ça? C'est une photo. C'est son livre. Ah! je vais juste utiliser ça. O.K. Ça, c'est le
livre, c'est le livre du leader du gouvernement, J'ai confiance : réflexions (sans cynisme) d'un jeune politicien . Ce livre, que j'ai lu à plusieurs reprises, on
parle du cynisme et on parle d'un
nouveau Parlement, on parle des ponts à bâtir, dans le
chapitre 2, on parle de
pas mal de citations, Mme la Présidente, un caucus entre amis. Il y a
vraiment une belle table de matières. Mais je ne sais pas si le leader du
gouvernement s'en souvient, mais j'ai un
chapitre que j'aime le plus : Retrouver
la confiance . Retrouver la confiance . Mais, quand on dit «retrouver la confiance»... Et je l'ai entendu,
tout à l'heure, parler du bâillon et des nombres d'heures, les séances que le
gouvernement a mises à notre disposition, mais je tiens à lui rappeler un
fait : le projet de loi a été déposé par un ministre qui n'est plus sur la
table. Fait n° 1. Le projet de loi a été déposé en
juin, juin 2024. Nous avons fait les consultations, et par la suite ça a été
silence radio, silence radio, Mme la Présidente. Septembre, octobre, novembre, décembre 2024, il n'y avait rien, rien, parce que
la ministre n'était pas prête, la ministre n'était pas prête à commencer un
projet de loi. Ce n'est pas elle qui l'a rédigé, Mme la Présidente. Celui qui a
rédigé le projet de loi a quitté la CAQ. C'est là... c'est ça, la réalité.
Maintenant, Mme la Présidente, la séquence qui
était extrêmement importante, le principe a été adopté le premier mois de...
après un mois de travaux réguliers, ça veut dire en octobre 2024. Il n'y avait
rien qui s'est passé jusqu'au février 2025. Cinq mois, cinq mois après
l'adoption du principe, presque une demi-année à ne rien faire en énergie. Et
je vous invite à faire vos calculs, Mme la Présidente, sur 12 mois, le
gouvernement n'a pas passé... même pas... même pas cinq, et, le reste, nous
étions en chômage par rapport à l'énergie.
Et, si vous voulez d'autres statistiques, c'est
très simple, la ministre a décidé, en pleine session parlementaire, sur un
sujet important, très important, de faire une mission en Europe. Je ne discute
pas le but de la mission, mais, si le projet
de loi est important pour l'avenir économique du Québec, et c'était une
priorité, est-ce qu'il y avait une urgence à faire cette mission, Mme la Présidente? Et on vient aujourd'hui nous
donner la leçon de blocage. Bien, s'il y a quelqu'un qui doit se regarder dans le miroir par rapport
aux blocages et à la mauvaise planification, c'est le leader du gouvernement.
Pour
simplifier, Mme la Présidente, c'est un mois de travail normal de
40 heures par semaine de perdu. Nous avons perdu un mois de travail à
cause que la ministre n'était pas disponible, à cause que le gouvernement ne
voulait pas siéger. Et qui est le patron de... le flux des travaux
parlementaires? C'est le leader. Donc, Mme la Présidente, quand on parle de
bâtir la confiance, j'espère que le leader du gouvernement va relire son livre,
parce qu'il va s'inspirer de l'élu qu'il était à l'opposition, parce que le
leader, maintenant, du gouvernement a oublié ce qu'il disait quand il était à
l'opposition. 250 heures, Mme la Présidente, c'est énorme. Si on avait
utilisé les 250 heures en commission, je pense qu'on serait rendus à une
étape extrêmement importante.
Pourquoi on n'a pas pris le temps de parler des
appels d'offres, que maintenant le gouvernement s'apprête à permettre à Hydro-Québec d'aller de l'avant sans
être obligée à faire des appels d'offres? Est-ce que c'est ça, la transparence qu'on
veut? Est-ce que c'est vraiment ça, ce qu'on veut pour Hydro-Québec?
Quand on parle, Mme la Présidente, des blocs
d'énergie, c'est quoi, la stratégie et le plan de ce gouvernement? Quand c'est rendu que des députés caquistes sont
incapables de véhiculer leur idée autour de la table, bien, ils ont préféré
de choisir des médias et des journalistes
pour faire sortir leur message parce qu'il n'y a pas d'écoute à l'intérieur du
caucus caquiste, Mme la Présidente. Sinon, pourquoi ces collègues vont
aller parler avec des médias pour leur dire : On n'a pas les blocs d'énergie qu'on veut? Ça, c'est un
fait, pour les gens qui nous regardent. Pourquoi nous sommes là un vendredi,
à 4 h 30, et on va passer la
soirée jusqu'au petit matin du samedi? C'est parce que le gouvernement a choisi
cette méthode pour bâillonner un projet de loi.
Donc, le fond du problème, on ne le règle pas.
On ne peut pas parler du fond de l'avenir énergétique du Québec. On n'a pas parlé de la distribution des blocs
d'énergie et du Québec d'abord. C'est ça, le Parti libéral. Ce qu'on mène
depuis le début de l'année dernière, de 2024, c'est la distribution des
blocs d'énergie. La CAQ, Mme la Présidente, l'a déjà perdu avec Northvolt. On voit la catastrophe avec Northvolt.
À part qu'on a perdu de l'argent, l'argent des contribuables québécois, nous avons aussi perdu des blocs
d'énergie qu'on n'a pas utilisés, et on a laissé des PME attendre, et on a
laissé des collègues caquistes parler
sur toutes les tribunes que leur gouvernement ne les écoute même pas. C'est là
où on est rendus.
«Mme la Présidente, un bâillon, c'est toujours
un moment triste pour un Parlement, mais aujourd'hui je pense que le moment est
particulièrement triste.» Savez-vous qui a dit ça? Je parlais de démission, tantôt.
C'est le député de La Peltrie, en novembre 2015. Comme nous, il doit être
vraiment triste aujourd'hui, oui. Mais il ne s'arrêtait pas là. Vous savez ce
que j'aime avec le député de La Peltrie? C'est que j'ai les meilleures citations au
Parlement. Aïe! Je peux vous passer des heures et des heures à le citer,
sans parler du fond. Mais, vous me connaissez, je ne peux pas juste faire du
spectacle sans parler de l'énergie, qui est un bon... au mauvais projet de loi.
Mais je ne peux pas, Mme la Présidente, oublier :
«On a regardé le règlement, puis on s'est dit : Aïe! on peut brûler des
étapes, on peut l'enfoncer dans la gorge de l'opposition.» Ça, c'est le
député de La Peltrie.
Une autre? Vous en voulez, Mme la Présidente?
«L'Assemblée nationale n'est pas un jouet qui répond aux caprices du ministre.»
Aïe! Je ne sais pas s'il va croiser la ministre pour lui dire les mêmes paroles
qu'il disait quand il était député à l'opposition. «L'Assemblée nationale est
constituée de députés responsables qui légifèrent de façon responsable, et on a
balisé les procédures pour le faire de façon responsable dans un contexte où
tout le monde peut s'exprimer et travailler
de façon responsable.» Il a parlé au moins six ou sept fois de «responsable».
Mais elle est où, la responsabilité, aujourd'hui, où, dans la même
année, deux bâillons, deux bâillons, un en plein milieu de la session et un autre aujourd'hui, en fin de session? Je suis
triste, moi, aujourd'hui, car je me demandais il est rendu où, le shérif de
La Peltrie d'avril 2017.
Et j'en ai d'autres. «Il y a des façons de
faire, Mme la Présidente, qui alimentent le cynisme des gens qui nous écoutent, c'est de bâillonner.» Mais, sur ce
point, le député de La Peltrie se rejoint à son collègue le leader : les
deux parlent du cynisme, mais ils font le contraire parce qu'ils
alimentent le cynisme, Mme la Présidente.
«On sert à quoi comme
législateurs si on ne peut pas faire notre boulot d'être constructifs,
d'amender des lois?» Qui a dit ça en avril 2015? C'est l'actuel ministre de la
Sécurité publique.
Et revenons, maintenant, sur le fond du projet
de loi. Souvenez-vous, Mme la Présidente, d'une collègue autour de la table qui a fait, je dirais, pas mal de
rencontres sur les trop-perçus. Je ne sais pas si ça vous rappelle des
souvenirs, mais les collègues autour de la table vont se souvenir avec
beaucoup, beaucoup d'attention à des vidéos où elle était à côté d'Hydro-Québec
un peu partout avec une pétition extrêmement importante pour dénoncer les
trop-perçus. Bien, figurez-vous que son gouvernement, le gouvernement caquiste,
réouvre la porte aux trop-perçus chez Hydro-Québec.
Qui ne se rappelle pas du combat de la députée
de Saint-Hyacinthe en 2015 contre les fameux trop-perçus? Bien, nous, on s'en rappelle, Mme la Présidente.
L'actuel premier ministre disait, même, mais il parle du gouvernement :
«Le gouvernement détourne des fonds chez Hydro-Québec. C'est une taxe déguisée. M. le Président, cet argent appartient aux citoyens québécois.» Premier ministre, actuel
premier ministre, à l'époque, il était chef du troisième groupe d'opposition,
1er avril 2015. On parle de détournement de fonds chez Hydro-Québec, Mme la Présidente. On parle d'une taxe déguisée. C'était grave.
10 ans plus tard, le premier ministre amène
par la grande porte les trop-perçus. Bien, finalement, avec la CAQ, Mme la Présidente, est-ce qu'on avance ou on
recule? Est-ce que, vraiment, avec ce projet de loi, on avance ou on recule?
C'est la question qu'on doit tous se poser.
On est rendus
habitués avec les changements de cap du premier ministre. Pour aller plus loin,
exit les appels d'offres, dehors, pas
le gouvernement de la CAQ, mais la Régie
de l'énergie, dehors les contrepoids,
qui, je le rappelle, étaient sains il y a un an. Et, pour faire plaisir
au député de Jacques-Cartier, eh oui, dehors, la CAQ en 2026!
Le premier ministre nous avait promis du
changement, mais jamais je n'aurais pensé qu'il aurait autant changé d'idée. Et, vous savez, Mme la Présidente,
regardez, toute l'équipe libérale, elle est présente. Pourquoi? Nous, on ne va
pas juste dire qu'on est le parti de
l'économie, on l'incarne, on le démontre. Et on va rester debout pour le Québec
d'abord, et non pas pour Hydro-Québec d'abord. C'est ça, le fondement et
du pourquoi que nous, on va continuer à se battre à l'intérieur de ce projet de
loi, parce que c'est très important pour l'avenir économique du Québec.
Et, Mme la Présidente, notre chef n'arrête pas
de le dire, que c'est un gouvernement de fin de régime, et le gouvernement de fin de régime, c'est facile de le
décortiquer, de le voir venir avec un train grande vitesse, même si on ne
l'a pas encore, au Québec, ni au
Canada : c'est parce qu'il n'a aucune vue par rapport aux factures futures
et c'est toujours la faute de quelqu'un d'autre.
Mais l'absence de vision et de leadership en
matière énergétique risque de laisser des séquelles. Notre collègue
porte-parole en économie, tout à l'heure, a exposé des faits réels, que, dans
un contexte économique extrêmement difficile, la CAQ a choisi les perdants et
les gagnants. Ça, ce n'est pas une façon libérale de voir l'économie au Québec.
Quand je vois ma collègue porte-parole du
développement économique régional se lever chaque semaine, parler des PME,
ça, c'est une lecture libérale du
développement économique régional. Mais, Mme la Présidente, le gouvernement a
perdu le contrôle des finances
publiques, le gouvernement a eu sa première décote. Et je pèse mes mots, parce
que, quand je parle avec notre
porte-parole en économie, c'est très sérieux, la décote, ce n'est pas banal et
c'est un très mauvais signal pour notre économie.
Et, Mme la Présidente, depuis 2019, on l'a
répété à maintes reprises, ce gouvernement, malheureusement, est brouillon en matière de projets de loi. Mais, vous
savez, on peut tolérer qu'il était brouillon dans des projets de loi parce qu'on
peut les amender, et revenir, et redéposer un autre projet de loi ou faire des
promesses, et reculer, et revenir. Mais là
ils ont une ministre impeccable, la ministre des Transports. Ils peuvent vous
vendre aujourd'hui le troisième lien, l'année prochaine, vous dire que
le troisième lien, il n'est pas bon, et elle peut revenir la troisième année
vous dire : Ce que je vous ai dit il y a trois ans, c'est la meilleure
réponse, il est bon, le troisième lien. Mais maintenant, Mme la Présidente, en
matière énergétique, on ne s'improvise pas. C'est ça, la façon caquiste de
gérer l'avenir économique du Québec. Parce
qu'il va y avoir de l'impact, l'impact sur les PME, l'impact sur le
développement économique régional, l'impact qu'on ne sait plus où se donner la tête, et ça, ça va influencer des
générations futures. Mais, quand je parle des générations futures,
pensez-vous que je vais avoir l'écho de ce gouvernement qui a sabré dans le
Fonds des générations? Non, Mme la Présidente, non, Mme la Présidente.
La bonne nouvelle, malgré tout ce que je viens
de dire, il y a une bonne nouvelle, et la bonne nouvelle venait de la bouche de
notre chef : la fin de régime est pour bientôt. Donc, Mme la Présidente,
l'année prochaine, 2026, les Québécois vont
dire bye-bye à la CAQ ou, pour faire plaisir à mon collègue le député de
Jacques-Cartier : Dehors, la CAQ! Alors, Mme la Présidente, ils
peuvent savourer aujourd'hui un bâillon, nous sommes prêts. On va passer la
nuit, on va se battre. Nos deux collègues
vont se lever, vont poser les meilleures questions sur les blocs d'énergie, sur
les appels d'offres, sur la transparence, ils vont faire leur travail
avec rigueur. Et les Québécois, en 2026, ils vont se rappeler qu'un
gouvernement, en matière énergétique, il était brouillon, et ils vont leur
montrer la porte, Mme la Présidente. Pourquoi? Parce que ce gouvernement a sous-estimé
l'impact de la hausse des tarifs, mais, pour être populiste et bien faire
passer la pilule au peuple québécois, on ne va pas... on ne va pas augmenter le
tarif à 3 %, mais on va le faire passer d'une manière indirecte. PME,
petites entreprises, nettoyeurs, boulangers, toutes les PME, payez la facture,
parce que le premier ministre, lui, a promis aux Québécois de garder 3 %.
C'est ça, la vision caquiste de l'économie, Mme
la Présidente? C'est ça, la vision caquiste, malheureusement, et c'est ça qui nous
a ramenés dans le trouble. Souvenez-vous de la déclaration de l'ancien ministre
de l'Économie, M. Fitzgibbon, qui
parlait de Northvolt, que c'est un projet que les Québécois n'ont jamais vu.
Effectivement, ils ne l'ont jamais vu. Effectivement, ils ne l'ont
jamais vu, Northvolt. On perd l'argent, on se ramasse avec un terrain qui ne
sert à rien, mais les grenouilles vont rester.
Alors, Mme la Présidente,
c'est triste. Et vous avez vu le visage de mes collègues, ils veulent tous
travailler et ils veulent tous améliorer la vie des Québécoises et des
Québécois, parce qu'au Parti libéral du Québec, on croit que l'avenir
économique et la croissance économique passent par l'énergie, et c'est
extrêmement important.
Nous, on ne parle pas à l'extérieur, on parle à
l'intérieur de notre caucus. Nous avons développé une vision, nous avons demandé une jasette nationale, nous
avons demandé une vraie consultation. Le chef s'est déplacé pour rencontrer
le premier ministre, mais malheureusement le premier ministre a fermé la porte.
S'il voulait être un premier ministre qui va passer dans l'histoire, il aurait
dû accepter la proposition du chef et lancer une consultation nationale en
matière énergétique. C'est ça, l'écoute, c'est ça, la vision, c'est ça, le
leadership. Mais malheureusement, Mme la Présidente, on fait face à un mur, un mur qu'ils n'écoutent plus personne. Est-ce
que je peux dire que c'est de l'arrogance? Peut-être. Est-ce que c'est
l'usure du pouvoir? Peut-être.
Mais, Mme la Présidente, la bonne nouvelle,
encore une fois : la fin est pour bientôt, la fin de régime s'annonce déjà. Heureusement, heureusement, heureusement,
les Québécois vont pouvoir prendre une bonne décision et ils vont donner le temps au leader du gouvernement de faire son
tome II de son livre, et il va avoir le temps en masse, Mme la Présidente.
Alors, Mme la Présidente, c'est une triste
journée où le Parlement est bâillonné. Mes collègues vont faire leur travail, je tiens à rassurer les gens qui nous
écoutent et la population québécoise, nos deux collègues vont amender le projet
de loi, vont aller poser l'ensemble des questions à la ministre. Mais
malheureusement ce n'est pas assez. Mais on doit tous se souvenir que ce gouvernement a joué deux fois dans un projet de
loi extrêmement important, il a changé les règles par rapport à la Régie de l'énergie,
aujourd'hui il bâillonne, et, au lieu d'être Québec d'abord, c'est Hydro-Québec
d'abord.
Là, on comprend pourquoi l'ancien ministre de
l'Économie, M. Fitzgibbon, a quitté la CAQ et a tout lâché, parce qu'aujourd'hui, au lieu de défendre les
Québécoises et les Québécois, nous avons un gouvernement qui s'est transformé
en porte-parole d'Hydro-Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Et je vous annonce,
M. le leader de l'opposition officielle, qu'après la répartition du temps des
indépendants qui ne seront pas présents il vous restera
1 min 40 s. Je reconnais maintenant le leader du deuxième groupe
d'opposition pour son intervention.
M. Cliche-Rivard : Merci, Mme la
Présidente. Pas plus tard que mardi dernier, ma formation politique et moi
avons déposé une motion sans préavis afin de demander au gouvernement de ne pas
recourir à la procédure d'exception dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 69.
Les collègues de l'opposition officielle étaient conjoints sur cette motion,
les collègues de la troisième opposition étaient conjoints également. Une
demande fort simple, Mme la Présidente, une demande
qu'on puisse finir notre travail de manière parlementaire, à la régulière,
qu'on puisse poser toutes les questions nécessaires pour qu'on puisse aller au
fond du projet de loi. Surprise, surprise, la motion a été bloquée par le gouvernement,
mettant fin de manière assez claire au suspense. Le projet de loi n° 69
allait être adopté sous bâillon.
Pourtant,
notre demande était bien simple, était bien raisonnable et respectueuse du
travail parlementaire rigoureux que font tous les collègues ici, Mme la
Présidente, mais ça, vraisemblablement, ce n'est pas important, de l'autre
côté de la Chambre. En effet, ce
gouvernement-là choisit de continuer sur sa lancée et d'y aller avec un
septième bâillon. Je le disais tout à l'heure, dans la période de
questions, sept bâillons en sept ans, sept procédures d'exception en quelques
années, Mme la Présidente, quand même! Et
celui qu'on est en train de vivre en ce moment, c'est pour changer
fondamentalement la mission
d'Hydro-Québec, notre joyau national. Revenons rapidement en arrière pour voir
comment on s'est rendus là, Mme la Présidente.
D'abord, on le mentionnait tout à l'heure, le
projet de loi a été déposé le 6 juin 2024, il y a un an, Mme la Présidente, là. Ça fait un an qu'on nous a
présenté le projet de loi. On a fait des consultations, par contre, au retour
de la relâche, donc en septembre, et
l'adoption de principe s'est faite en octobre, relativement rapidement. Puis,
après ça, silence radio, rien, plus
rien en octobre, en novembre, en décembre, en janvier, en février. Le projet de
loi a complètement disparu du radar pendant des mois où on aurait pu
travailler. Entre octobre et février, pas un mot, pas un
article étudié, parce
que le gouvernement n'était pas prêt. On a repris l'étude détaillée le
11 février seulement, Mme la Présidente. Il s'est écoulé quatre mois,
29 jours, pendant lesquels l'Assemblée siégeait, sans qu'on n'entende
moindrement parler de ce projet de loi là. Ça, Mme la Présidente, c'est
160 heures de travail qui étaient sur la table, qui auraient pu et qui
auraient dû être accordées à l'étude détaillée de ce projet de loi,
160 heures qui auraient permis aux parlementaires ici présents, dans l'opposition, au gouvernement, de faire leur
travail parlementaire de manière diligente. Mais, non, le gouvernement
n'était pas prêt.
Parlant d'heures laissées sur la table, Mme la
Présidente, on a tous entendu la ministre de l'Économie dire, pas plus tard que la semaine dernière, même
aujourd'hui, que c'était la faute des oppositions si l'étude détaillée avait
dépassé la centaine d'heures. Par contre, Mme la Présidente, elle a
oublié de mentionner que c'est elle qui a déposé des dizaines d'amendements à la dernière minute, là, tout
très... tout récemment, des amendements substantiels, pas des amendements
de concordance, pas des modifications puis des légères corrections, des
modifications qui modifiaient des sections et l'essence
même du projet de loi, qui avaient fait l'objet de consultations et qui... là,
évidemment, l'opposition avait besoin de les analyser et de se
positionner correctement sur les 10 articles.
La ministre s'est même plainte du temps de
suspension demandé par les oppositions pour prendre le temps de lire les amendements déposés, comme si c'était à
leur corps défendant qu'ils devaient faire leur travail, comme s'il fallait qu'ils
s'excusent de faire leur travail sur des amendements déposés à la dernière
minute, une cinquantaine de surcroît, qui modifient
substantiellement l'essence d'un projet de loi. N'importe qui qui a siégé en commission
parlementaire sait très bien que c'est
impossible. Et, encore, ça continuait encore cette semaine, les amendements,
et, même cette semaine, alors qu'on
avait encore du temps disponible, le projet de loi n'était pas appelé mardi,
encore des heures laissées sur la table par le leader du gouvernement.
La ministre oublie
aussi de mentionner... C'est un projet de loi complexe et technique, c'est
certain. Il y a des flous, il y a des angles morts, il y a des choses qui
doivent se faire... être expliquées. L'apport des oppositions est grand dans ce
projet de loi là, Mme la Présidente. Les oppositions ont pu relever plusieurs
failles, certaines même cruciales, dans le déploiement du projet de loi qui
nous a été proposé. Moult et moult articles, là, de la part de différents
médias, au quotidien, là, à force et à
mesure qu'on avançait dans le projet de loi, relevaient des incohérences, des
incongruités, des problèmes assez
graves dans l'évolution du projet de loi. Un nombre considérable d'acteurs
aussi de la société civile sont venus
se faire entendre, puis ils se font encore entendre aujourd'hui à l'extérieur,
pour se positionner sur des modifications survenues en cours de route. C'est pour ça qu'il a fallu du temps pour
travailler, Mme la Présidente. C'est pour ça que le travail
parlementaire est très important.
très souvent, c'est Mme la ministre qui exigeait des suspensions suivant les
questions des oppositions ici présentes, de la première opposition, de
la deuxième opposition, de la troisième opposition, plusieurs questions fort
pertinentes, tellement pertinentes que la ministre n'avait pas les réponses.
C'est correct, elle allait consulter, s'assurer de donner la bonne réponse aux Québécois, aux Québécoises, sur
la base du travail important, mais qu'on ne vienne pas nous dire par la suite
que ces suspensions-là qui ont été faites parce que la ministre ne maîtrisait
pas son projet de loi est maintenant imputable au travail des oppositions.
Voyons donc, Mme la Présidente, ça n'a pas de bon sens. C'est une chose, là, que d'aller chercher la réponse, c'en est une
autre que de mettre la faute sur les autres du fait qu'on ne connaît pas sa
réponse. Quand même, il ne faut pas charrier, il ne faut pas exagérer.
n'est pas en bâillonnant l'opposition, Mme la Présidente, qu'on va améliorer le
projet de loi. Malheureusement, ça,
le gouvernement ne l'a pas encore compris, et la ministre et le gouvernement
s'enlignent dans le mur, et les oppositions sont les seules à le réaliser. On a calculé 30 heures de
suspension, Mme la Présidente, d'une énorme majorité demandées par la
partie gouvernementale, pour être capable de fournir des réponses aux questions
précises de l'opposition. Ça, c'est 30 heures laissées sur la table qui
s'ajoutent aux 160 heures laissées sur la table pour la non-convocation du
projet de loi pendant des semaines, sans parler de toutes les semaines
additionnelles où le projet de loi n'était pas convoqué. Parce que, le vendredi, là, tous les partis
jouaient un peu au devin, là, à se demander si, oui ou non, le projet de loi
n° 69 figurerait à l'horaire la semaine suivante. C'était le
roulement de tambour, là. Quand il y a un projet de loi de cette priorité-là, Mme la Présidente, d'un point tel où
le gouvernement a besoin d'appeler la procédure d'exception, le gouvernement
aurait dû s'assurer que chacune des séances,
chacune des semaines, chacune des heures sur la table soient disponibles pour
le travail parlementaire. Il n'en est rien.
La ministre a aussi
dû prendre le temps pour se faire expliquer, elle, une cinquantaine
d'amendements que lui a fournis Hydro-Québec. Mme la Présidente, quand
même la ministre ne comprend pas tous les tenants et aboutissants de son propre projet de loi, c'est le rôle de
l'opposition puis des partis d'opposition de se
questionner, de la questionner et d'étudier autant qu'il le faut chaque
article.
Alors, dans ce
contexte, je ne peux pas croire que la CAQ empêche les oppositions de
poursuivre leur travail de l'étude détaillée
article par article. La CAQ nous a fait comprendre que ce qu'on a à dire, là,
ce que les groupes ont à dire, ce que
la société civile a à dire, ce que les experts ont à dire, là, ce que les
citoyens pensent du projet de loi, ça ne compte plus, ce n'est plus important, parce que c'est ça, véritablement,
imposer le bâillon puis la fermeture sur un projet de loi. C'est de dire que tout ce qu'il reste à
travailler, tout ce qu'il reste à étudier, toutes les questions qu'il reste à
clarifier, tous les amendements qui peuvent être déposés, tout d'un
coup, ne sont plus pertinents.
Une chance, Mme la
Présidente, que, pendant tout ce temps-là, on a travaillé, on a analysé
article
par article, on a questionné les ministres,
on a écouté les groupes, on a proposé des amendements. Et maintenant le projet
de loi change fondamentalement, parce
que, oui, les amendements déposés récemment sont des changements majeurs au
projet de loi, et on doit finir de les étudier. Et ce n'est pas vrai que
quelques heures vont suffire à aller au fin fond de ces changements
substantiels pour l'avenir d'Hydro-Québec.
C'est ça, la
démocratie selon la CAQ? Ce n'est pas la première fois, là. Comme je l'ai dit
plus tôt, on est rendus au septième bâillon caquiste depuis l'arrivée au
pouvoir. On l'a vu avec le projet de loi n° 15. Tout le monde, ici, se souvient du projet de loi n° 15 sur Santé Québec, qui continue d'alourdir le système de santé, qui continue d'exiger des
coupes sans bon sens aux hôpitaux, en leur demandant de couper et de
compter le nombre de Kleenex, les produits menstruels
ou encore fermer des urgences en région. C'est ça, la magnifique réforme adoptée
sous bâillon qui devait, là, nous donner, là, des résultats
extraordinaires, alors que, très tard dans la nuit, on décelait erreur après
erreur sur
article après article, ce que le gouvernement modifiait lui-même,
obligé de constater l'imbroglio et le brouillon dans lequel il s'était lancé. Des centaines d'articles laissés de
côté sur une réforme massive de la santé, c'est ça, le p.l. n° 15. C'est
ça qui nous attend encore une fois ici, Mme la Présidente.
On l'a aussi vu avec
plusieurs autres projets de loi. Je les nommais tantôt dans ma question :
le projet de loi... le projet de loi n° 9 de la précédente législature,
adopté sous le coup d'une injonction de la Cour supérieure, qui allait détruire les rêves de milliers de familles rêvant
de s'établir au Québec; le projet de loi n° 40, Mme la Présidente, sur la
gouvernance scolaire, adopté à la hâte,
corrigé par la suite, adopté, attaqué par... devant les tribunaux. Même
scénario, même méthode, toujours la même improvisation législative
suivie de bâillon, suivi de regrets, qui arrivent trop peu, trop tard, parce
qu'on a décidé trop rapidement d'imposer la procédure d'exception.
Mme la
Présidente, on l'a vu, ce que ça donne, les bâillons caquistes. Les Québécois
et les Québécoises l'ont vu, ce que ça donne de bâillonner le processus
démocratique au profit de leurs intérêts. Le cas de Stablex est encore frais
dans la mémoire de tout le monde ici présent, encore une fois. Dans les
prochaines heures, Mme la Présidente, c'est toute la population québécoise qui va constater à
nouveau la même chose qu'avec Stablex, cette fois-ci pour dénationaliser,
pour privatiser la vente d'électricité au Québec, pour dénationaliser, pour
privatiser Hydro-Québec, le fleuron des Québécois et des Québécoises.
Et, justement, ce
n'est pas la première fois que le gouvernement s'attaque à Hydro-Québec par
bâillon. En effet, on l'a vécu en 2019 sur
les tarifs d'électricité. Tout le monde s'en souvient aussi. C'est pendant ce
bâillon que le ministre de l'Infrastructure, à l'époque, nous a
dit : «Jamais la clientèle n'aura vu ça, une hausse tarifaire aussi
faible. Nous, on pense qu'on ne verra plus
jamais ça, des années d'inflation à 5 %,
6 %.» Bien oui. Bien oui. Des mots qui ont très mal vieilli, Mme la
Présidente. Évidemment, le tout a dû être corrigé en urgence, là, par un autre
projet de loi, alors que des hausses sans
bon sens, vertigineuses attendaient les Québécois et les Québécoises. La preuve
d'un travail mal fait, Mme la Présidente, encore une fois par bâillon.
Les conséquences sont réelles. Le travail de l'opposition puis des oppositions est important. Et, oui, en refusant de
procéder au processus démocratique à la régulière, oui, il s'en commet,
des erreurs, des erreurs importantes, avec des conséquences réelles.
Québec solidaire, notre position n'a jamais changé sur l'importance
d'Hydro-Québec, son caractère public, national. C'est notre héritage collectif. Je suis déçu qu'on voie les choses
autrement, de l'autre côté de la Chambre. La postérité se souviendra très clairement d'eux comme les
architectes de la privatisation et de la dénationalisation d'Hydro-Québec.
Notre
chef parlementaire avait justement dit, en 2019, que les Québécois allaient
être pénalisés avec les changements de tarifs d'Hydro-Québec. L'histoire
lui a donné raison. Quand les oppositions soulèvent des points importants, là,
le ministre, le leader le sait très bien,
quelques années plus tard, la plupart de ces faits deviennent avérés. C'est
pour ça qu'on se trouve à nouveau
devant le gouvernement caquiste aujourd'hui, cette fois-ci pour lui demander de
réviser et de revenir sur sa position
qui va modifier de manière importante la gestion de l'énergie qu'il s'apprête à
faire passer. Avec cette réforme, les
Québécois vont encore écoper. On le sait, ce qui s'en vient, là, les groupes
l'ont dit, les experts l'ont dit, la société civile l'a dit, c'est très
clair. Mais c'est toujours la même chose avec le gouvernement.
la Présidente, un bâillon, c'est une négation du droit démocratique de s'exprimer,
de travailler
article par article, d'améliorer le projet de loi, de poser les
questions, de faire le travail pour lequel tous et chacun d'entre nous avons
été élus, pour faire le contrepoids, pour vérifier la validité des
orientations, des arguments, du bien-fondé, de surcroît sur un projet qui parle de l'avenir énergétique du Québec, qui va
toucher les décennies de générations qui s'en viennent devant nous. Mais
ça, encore une fois, c'est toujours la même chose, c'est une tache de plus au
dossier du gouvernement.
Sept bâillons, sept
ans. Triste bilan. Malheureusement, le gouvernement n'est pas au bout de ses
peines, parce que son bilan, là, il est loin
d'être positif, Mme la Présidente, puis il l'est de moins en moins, en fait.
Alors, quel triste bilan après sept ans, Mme la Présidente! Dommage,
très dommage qu'on en soit rendus là. Mais vous pouvez compter sur nous dans les prochaines heures pour travailler
très fort, de manière proactive, dans l'intérêt des Québécois et des
Québécoises, pour améliorer le projet de loi, pour s'assurer qu'on
décèle les erreurs importantes, qu'on fasse des propositions, qu'on fasse notre
travail qu'on aurait dû faire jusqu'au bout. On ne lâchera pas et on va
s'assurer qu'Hydro-Québec demeure le fleuron qu'il a toujours été pour les
Québécois, Québécoises. Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Et, M. le leader du deuxième groupe d'opposition,
je vous informe qu'il vous reste plus de cinq
minutes à votre groupe pour la suite des choses. Et je reconnais maintenant,
pour son intervention, Mme la députée de Terrebonne.
Mme Gentilcore : Merci, Mme la Présidente.
Écoutez, aujourd'hui marque la fin de cette session parlementaire, une première session parlementaire pour moi. J'ai
fait mon entrée à l'Assemblée nationale le 17 mars dernier et j'en suis
déjà à mon deuxième bâillon.
J'ai vécu un premier
bâillon sur Stablex, hein, un bâillon complètement inacceptable, parce que,
selon le gouvernement, cette compagnie
américaine devait, de manière urgente, trouver un nouveau site pour enfouir ses
déchets dangereux, et un deuxième bâillon aujourd'hui, sur le projet de
loi n° 69, sur l'avenir énergétique du Québec. Ça fait juste deux mois que je suis arrivée à l'Assemblée
nationale, deux mois, deux bâillons. Le gouvernement aime parler de moyenne
au bâton, mais moi, j'aimerais lui parler de moyenne au bâillon. Elle est très
bonne, merci.
Le gouvernement ne
peut pas être fier de ce bilan-là, Mme la Présidente. Ça fait deux fois en deux
mois qu'on suspend les règles habituelles, qu'on suspend les règles de
démocratie. Il s'agit d'une insensibilité démocratique. Et, Mme la Présidente,
je suis très troublée par ce geste qui restreint le débat sur le projet de loi n° 69.
Je dénonce vivement cette décision extrêmement mal avisée du gouvernement. On
ne peut pas ouvrir la porte à la privatisation de la vente d'électricité, on ne
peut pas édenter la Régie de l'énergie, on ne peut pas non plus conférer de
nouveaux pouvoirs discrétionnaires au gouvernement sans débat démocratique.
Merci, Mme la Présidente.
Présidente : Et, pour
ce qui est du troisième groupe deuxième
opposition, il vous reste près de
cinq minutes de propos pour la suite des choses. Je reconnais
maintenant, pour son intervention, le député de Taschereau.
Grandmont : Merci, Mme la Présidente. On est en face...
La Présidente : ...un
instant. On ne s'interpelle pas des deux côtés. Pour ce qui est du deuxième
groupe d'opposition, il vous reste au total 4 min 26 s.
Le temps restant pour la
partie gouvernementale, à
titre d'information, vous
avez 49 min 6 s. Pour les
gens du premier groupe, oui, de l'opposition officielle, pardon, vous avez
1 min 40 s. Et nous ferons les calculs pour le troisième
groupe d'opposition.
Alors, M. le député
de Taschereau.
La Présidente :
Vous avez
4 min 26 s, si vous voulez poursuivre. Et il y a le gouvernement
qui, de son côté, a 49 min 6 s, également, s'il veut
poursuivre. Alors, je reconnais les personnes qui se lèvent.
M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Merci, Mme la Présidente. On est
face à un gouvernement qui est antidémocratique, Mme la Présidente, sept
bâillons en sept ans, sept bâillons en sept ans, une cinquantaine
d'articles qui ont été laissés sur la table, qui ont été amenés à la dernière minute, dans le cadre de l'étude du
projet de loi n° 69, qui n'auront jamais pu être étudiés, analysés,
commentés par les groupes qu'on a reçus en audiences particulières. On n'aura
jamais pu avoir l'avis de ces groupes-là sur une cinquantaine d'articles qui
viennent changer profondément, qui viennent marquer profondément le projet de
loi n° 69. Une surprise comme ça, à la fin, là, c'est ne pas... c'est ne
pas respecter le processus normal de l'étude d'un projet de loi aussi important
sur un enjeu aussi important, Mme la Présidente.
Mardi dernier, on a
déposé une motion simple, une motion raisonnable, pour demander de ne pas
recourir à la procédure d'exception, le
bâillon, lors de l'étude du projet de loi n° 69. Cette motion-là a été
bloquée, Mme la Présidente. Pourquoi? Parce que le gouvernement ne veut
pas faire de débat. Il veut passer en force son projet de loi. C'est déjà le septième bâillon depuis l'arrivée de la CAQ,
sept bâillons pour étouffer notre démocratie puis imposer dans la précipitation
des lois majeures pour le Québec.
Le projet de loi
n° 69 a été déposé à peu près il y a un an, jour pour jour. Il a disparu
de l'agenda parlementaire entre octobre et
février. 160 heures de travail parlementaire auraient pu être consacrées à
l'étude détaillée de ce projet de loi là, mais le gouvernement a choisi
de ne pas appeler le projet de loi pour étude. Lorsque l'étude a repris, la
ministre de l'Économie a accusé les oppositions, on l'a bien réentendu tout à
l'heure dans les deux... plus tôt, aujourd'hui, dans les deux périodes de questions, de ralentir le processus. Elle a accusé
les oppositions de ralentir le processus. Pourtant, c'est elle qui a déposé des dizaines d'amendements de
dernière minute, qui sont venus modifier substantiellement le projet de loi.
Un gouvernement qui
ne maîtrise pas son projet mais qui refuse de laisser le temps au débat, c'est
ça, la réalité, c'est ce qu'on a pu
observer. C'est un projet de loi complexe, technique, qui présente plusieurs
failles majeures, que nous avons déjà
relevées. Notre rôle, là, nous, en opposition, c'est de les dénoncer, de les
soulever et de proposer des corrections, mais ce gouvernement-là refuse
d'écouter, refuse la consultation. Il impose le silence à l'Assemblée
nationale.
n'est pas un cas isolé. Depuis le début du mandat de la CAQ, on a assisté à une
méthode de gouvernance autoritaire, bâillon
sur bâillon, improvisation législative, dégâts inévitables. On l'a vu avec les
projets de loi n° 15 sur la santé, le 34, le 40 et, plus récemment,
le 93, sur Stablex, un projet de loi où, on s'en souviendra, il y avait une
urgence, une urgence qui, finalement, ne s'est pas avérée, Mme la Présidente. Seulement 20 % du terrain est
déboisé. Or, ça urgeait d'adopter ce projet de loi là.
Aujourd'hui, c'est
Hydro-Québec qui est dans la ligne de mire. Ce projet de loi n° 69 n'est
rien d'autre qu'une tentative de privatisation déguisée de notre patrimoine
énergétique, un joyau national qui risque d'être démantelé sans aucun débat
sérieux. Après avoir bâillonné le projet de loi n° 34 en 2019, où on nous
assurait que les hausses tarifaires seraient minimes, cette promesse a été non
tenue depuis, et voilà que la CAQ récidive. Ce gouvernement s'apprête à
dénationaliser Hydro-Québec et à favoriser les intérêts privés au détriment des
Québécoises et des Québécois. C'est un
démantèlement de notre... de notre héritage collectif, une démolition
tranquille de ce qui faisait à la fois la fierté mais aussi la
souveraineté du Québec, en plus d'être un levier économique majeur.
Mme la Présidente, un
bâillon, ce n'est pas banal, c'est une blessure infligée à notre démocratie. Et
aujourd'hui, avec ce projet de loi n° 69, c'est une blessure profonde. On
va tenir le fort. On va mettre le temps et on va...
Présidente : Merci.
C'est le temps dont vous disposiez, M. le député de Taschereau. Maintenant,
j'ai... nous retournons au gouvernement, mais je veux avertir les
collègues du troisième groupe d'opposition que c'est un total de
7 min 4 s dont vous disposez, qu'il vous reste. Vous aviez un
bassin de huit minutes pour commencer.
Je cède maintenant la
parole au prochain intervenant, qui est... Je crois comprendre, mais j'aimerais
avoir la confirmation du leader. Y aura-t-il ou n'y aura-t-il pas d'autres
interventions de la
partie gouvernementale?
Jolin-Barrette : Il n'y en aura pas d'autre, Mme la Présidente. On est
prêts à conclure.
La Présidente :
Alors, comme je l'expliquais d'entrée de jeu, le temps non utilisé sera
réparti, le temps des indépendants mais
également le temps de l'opposition, ce que... du gouvernement, pardon, ce que
permet notre règlement. Donc, il y a
49 min 6 s du gouvernement à répartir dans les oppositions, les
compteurs changeront. Alors, si vous voulez bien que nous suspendions
quelques instants pour faire le bon calcul, pour que vous sachiez combien de
temps dont vous pourrez bénéficier.
Alors, nous
suspendons quelques minutes pour calculer la répartition du temps. Merci.
(Suspension de la séance à
17 h 02)
La Présidente :
...maintenant, de la nouvelle
répartition du temps. Le deuxième groupe d'opposition aura maintenant
40 min 40 s de temps de parole, et le troisième groupe
d'opposition, 16 min 59 s.
Et, comme nous avions
terminé avec une intervention du deuxième groupe d'opposition, je céderai
maintenant la parole, pour son intervention, à un député du troisième groupe
d'opposition. Et je reconnais, pour son intervention, le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Merci,
Mme la Présidente. Moi aussi, ça ne fait pas si longtemps que ça que je suis
élu, et c'est mon troisième bâillon. Quelques semaines après mon entrée à
l'Assemblée nationale, c'était le bâillon sur le projet de loi n° 15 qui
réformait le secteur de la santé. J'avais participé à une
partie des travaux
parlementaires et je voyais des oppositions qui voulaient vraiment travailler à
améliorer un projet de loi qui était plein de trous, qui était plein de problèmes techniques. Et je m'étais levé ici pour faire
un discours déplorant l'utilisation du bâillon. Je disais : Je comprends
que c'est une procédure qui existe dans
notre règlement, mais quelle tristesse que de l'appliquer pour un projet de loi
qui va avoir des changements profonds pour à peu près tout le monde au
Québec! Puis là on nous disait : On va livrer des résultats après Noël, c'est pour ça qu'il y a un bâillon. Puis tout le
monde a vu, au Québec, que c'était du vent, qu'il y en avait... c'était...
Ça n'avait rien à voir. Même un an plus tard, il n'y a toujours pas de
résultat.
Puis il y avait une
chose qui m'avait choqué, comme député, c'est que le gouvernement, quand il
annonçait le bâillon, il y avait eu
plusieurs blagues. Ça cabotinait puis ça rigolait. Et, encore aujourd'hui, le
leader parlementaire, dans l'intervention qu'il a faite, bien qu'il a
dit : Ah! ce n'est pas de gaieté de coeur, il a trouvé le moyen de faire
plein de blagues et de cabotiner. Puis j'ai
entendu, encore une fois, plein de monde rigoler puis trouver ça drôle qu'on invoque
le bâillon.
Honnêtement,
Mme la Présidente, personne ne devrait se réjouir qu'on fasse ça. Je comprends
que le gouvernement peut
invoquer des raisons, puis là je vais en discuter tout à l'heure, mais ce n'est
pas le moment le plus glorieux de nos travaux parlementaires quand on suspend
les règles habituelles et qu'on force l'adoption d'un projet de loi pour
lequel, encore une fois, il y avait un travail sérieux qui était effectué. Puis
je vais y revenir.
Le leader
parlementaire, dans son intervention, a dit : Mais pour qui travaillent
les oppositions? Bien, justement, on travaille pour les Québécois, on travaille
pour les Québécoises qui n'ont pas été consultés sur le projet de loi, sur le projet de loi qui va nous être
enfoncé par la gorge cette nuit. Ils n'ont pas été consultés, d'abord, parce
que c'est une réforme importante, qui a été annoncée comme importante,
du secteur de l'énergie. Et, tout au long des consultations particulières puis
depuis ce temps-là, tout le monde dit : Oui, mais on n'a jamais eu la
vision du gouvernement, qui est : Où
est-ce qu'on s'en va avec ce projet de loi là? On se donne des outils, on trace
une route, mais on ne sait pas où est-ce qu'elle s'en va.
C'est
toujours le cas, mais il y a encore pire, c'est qu'avec des amendements qui ont
été déposés dans les derniers jours, plus de 50, on a radicalement
changé le projet de loi, radicalement, ça n'a plus rien à voir, pas des petits
éléments techniques, on a radicalement changé le projet de loi. Et ça, personne
n'a été entendu là-dessus. Ça a donné quoi? Ça a donné qu'à peu près tout le
monde au Québec, aujourd'hui, est contre l'adoption de ce projet de loi par
bâillon.
C'est
extraordinaire, l'unanimité que le gouvernement de la CAQ a réussi à créer. Des