CRC — 23 April 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
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28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
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27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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Journal des débats de la Commission des relations avec les citoyens
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 23 avril 2025
Vol. 47 N° 71
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 95, Loi favorisant l’équité dans l’accès aux services de garde éducatifs à l’enfance subventionnés dispensés par les titulaires de permis
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
13 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures trente-neuf minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens
ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
aux consultations particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi
n° 95, Loi favorisant l'équité dans l'accès aux services de garde
éducatifs à l'enfance subventionnés dispensés par les titulaires de permis.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) est remplacée par Mme Blouin
(Bonaventure); Mme Prass (D'Arcy-McGee) est remplacée par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis); M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par
Mme Labrie (Sherbrooke); et M. Bérubé (Matane-Matapédia) est remplacé
par M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, Mesdames et Messieurs les députés,
bienvenue à la commission. Nous... voyons, débuterons ce matin - je veux aller
trop vite - par les remarques préliminaires, puis nous entendrons par la suite
le Mouvement laïque québécois, l'Association des garderies privées du Québec.
Alors, j'invite d'ores et déjà la ministre
de la Famille à faire ses remarques préliminaires. Et vous avez six minutes
pour ce faire. Le micro est à vous.
Mme Roy (Verchères) : Merci, Mme
la Présidente. Alors, avant de débuter, vous allez me permettre de saluer les
gens qui m'accompagnent. Donc, M. Carl Renaud, qui est sous-ministre adjoint,
ainsi que son équipe, qui ont travaillé très fort à l'élaboration de ce projet,
alors les députés qui nous accompagnent, donc Marie-Belle Gendron, qui est mon
attachée... mon... j'allais dire «attachée parlementaire», on est tellement...
on travaille tellement en étroite collaboration, qui est mon adjointe
parlementaire...
Mme Roy (Verchères) : …alors,
merci beaucoup, Maribel, pour tout le travail…
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Députée de, on ne mentionne pas les noms.
Mme Roy (Verchères) : Pas les
noms. Ah! oui, c'est comme au salon rouge, hein? Alors, Mesdames, Mesdames les
députées, merci beaucoup Mesdames les députées aussi de l'opposition, qui
siègent à cette commission. Merci beaucoup. Je suis convaincue qu'au cours des
prochaines semaines, on va avoir des échanges enrichissants et on va travailler
en collaboration pour le bien des familles québécoises.
Alors, ce projet de loi favorisant
l'équité dans l'accès aux services de garde éducatifs à l'enfance dans les
centres de la petite enfance et des garderies subventionnées, on a choisi un
très long titre, mais pour être vraiment plus efficaces pour l'équité à
l'intérieur de nos inscriptions dans les services de garde, démontre la volonté
du gouvernement de poursuivre le travail entamé au grand chantier. On cherche à
offrir aux parents un meilleur accès aux services de garde éducatifs à
l'enfance. Le mot clé, je le mentionnais, c'est l'équité.
L'aspect central du projet de loi concerne
les politiques d'admission, je devrais plutôt dire la politique d'admission. Au
cours de la dernière année, le ministère a effectué l'inventaire des
partenariats d'admissions en vigueur dans les CPE et dans les garderies
subventionnées. Et cette… Cette recension nous a permis d'avoir un portrait
global et surtout de constater qu'une grande majorité des CPE et des garderies
subventionnées ont des politiques et des critères très, très variés. On compte
en fait plus de 2 000 politiques d'admission différentes dans
l'ensemble du réseau des services de garde éducatifs à l'enfance. Alors, face à
ce constat, il est important pour nous de revoir le fonctionnement, réduire le
nombre de barrières à l'entrée pour permettre un accès plus équitable aux
places subventionnées.
C'est pourquoi le projet de loi qu'on
souhaite mettre en place va amener une seule politique d'admission uniforme
pour tous les services de garde éducatifs à l'enfance au Québec. Alors, on rappelle
que la
loi sur les services de garde éducatifs à l'enfance repose sur deux
grands principes, l'égalité des chances et la conciliation travail famille
études. Dans le projet de loi, on propose d'y ajouter un troisième grand
principe, celui de la mixité sociale. Et c'est dans cet esprit-là qu'on
souhaite justement limiter le nombre de priorisations à six critères, les
enfants à besoins particuliers, ceux vivant dans un contexte de précarité
socio-économique, les enfants dont le parent travaille pour un employeur donné,
les enfants dont un parent est inscrit dans un établissement d'enseignement,
ainsi que les enfants dont un parent réside sur le territoire d'une
municipalité. Dans les trois derniers cas de figure, alors les services de
garde devront avoir conclu une entente avec un partenaire, incluant une
contrepartie, et ça devra être rendu public par transparence. Finalement, la
sixième priorité d'admission, c'est de permettre aux enfants des Premières
Nations et Inuits en milieu urbain d'avoir accès à des services de garde
éducatifs à l'enfance qui tiennent compte de leur culture. Aucun autre critère
ne sera permis. Alors, c'est l'élément important du projet de loi. Donc, aucun
enfant n'aura accès à une place priorisée, subventionnée en raison de sa langue,
de sa culture ou de sa religion.
La volonté d'abaisser les barrières
d'entrée se traduit également par un minimum de 50 % des places
subventionnées accessibles à tous les enfants. Le projet de loi veut aussi
renforcer la cohérence de l'article 90.1, la
Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfant, en interdisant que le matériel éducatif vise
l'apprentissage d'une croyance, d'un dogme ou d'une religion spécifique. Je
cherche le temps, là, je suis-tu correcte dans le temps, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 1 min 30 s, encore.
Mme Roy (Verchères) : Une
minute 30. Alors, le projet de loi tend à établir un processus d'attribution
des places qui serait encore plus équitable, plus transparent, uniforme à la
grandeur du Québec. Alors, en terminant, je veux adresser un mot aux
différentes organisations, Mme la Présidente, qu'on va avoir le plaisir
d'entendre dans le cadre des consultations particulières et ainsi que ceux qui
déposeront un mémoire. Je les remercie d'avance de leur présence, de leur
contribution, de leur participation à nos travaux. Il est certain que leur
témoignage ne pourra qu'enrichir notre projet de loi. Alors, je nous souhaite à
tous de très bonnes consultations particulières et je suis très heureuse d'être
ici avec vous pour justement travailler au mieux-être des services de garde
pour nos familles.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, la parole est
maintenant à la porte-parole de l'opposition officielle et députée de Westmount—Saint-Louis
pour 3 minutes 36. La parole est à vous.
Mme Maccarone : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, Mme la ministre, aux collègues de la commission. Oui,
c'est toujours un plaisir de…
Mme Maccarone : ...écoute de
tous les groupes qui vont venir témoigner en commission parlementaire, ainsi
que de lire les mémoires, mais j'avoue, on commence, c'est le début d'un projet
de loi, des consultations qui sont un peu inattendues. Je comprends aussi que
c'est un projet de loi pour favoriser l'équité dans l'accès aux services de
garde, mais l'équité, je pense qu'il faut le dire assez rapidement, parce qu'au
moment où on se parle, il y a quand même 62 000 enfants qui sont toujours sur
la liste d'attente pour avoir une place en service de garde éducatif. Alors,
c'est un projet de loi qui ne va rien changer pour eux, ça fait qu'eux ils vont
toujours attendre une place lors de l'adoption de ce projet de loi, si on
arrive à ce moment-là. Alors, il n'y a rien qui change, dans le fond, dans le
réseau pour les enfants et les parents qui attendent.
Quand on va étudier un projet de loi qui
parlera de mixité, je suis vraiment contente de l'entendre, ça fait... deuxième
mandat pour moi, comme parlementaire, et ce n'est pas la première fois que je
viens puis que je parle de la mixité. Parce que, quand on parle de la mixité,
il faut toujours parler, évidemment, de l'intégration des enfants avec des
besoins particuliers. J'ai déposé, pas une fois, mais deux fois, le même mandat
d'initiative demandant au gouvernement que les subventions suivent les enfants
et non l'installation pour assurer une vraie mixité au sein de notre réseau de
services éducatifs à l'enfance. Parce que, malheureusement, je vois, même à ce
jour, toujours, des enfants qui sont expulsés de leur service de garde, parce
qu'il y a un manque de ressources, oui, mais ça aussi, c'est parce qu'on n'a
pas vraiment la mixité qui est souhaitée. Et c'est quand même une exclusion.
Les CPE puis les garderies subventionnées, on sait qu'ils souhaitent intégrer
plus puis on sait aussi que les réseaux privés souhaitent faire leur part,
mais, souvent, ils sont mis de côté en ce qui concerne cette inclusion, cette
mixité puis cet accès équitable à notre réseau.
Alors, en espérant qu'on va pouvoir
peut-être évoluer sur ces sujets-là, parce qu'ils sont fort importants et très
chers pour moi et ma formation politique. Surtout que, j'ajoute, Mme la
Présidente, lors du dépôt du budget du gouvernement, c'était la seule demande
qu'eux, ils avaient, c'était d'avoir l'accès à ces subventions pour les enfants
avec des besoins particuliers. Malheureusement, le gouvernement leur a dit non.
C'est un projet de loi, oui, qui parle beaucoup de mixité, mais sans parler de
laïcité. On ne voit pas le mot à l'intérieur de ce projet de loi. Sauf qu'on
apprend ce matin, lors de la revue de presse, que les signes religieux seront
interdits, probablement, aux CPE. Alors, on apprend aux nouvelles, comme
parlementaires, que c'est quelque chose qui arrive, jour 1 des consultations,
Mme la Présidente, et la ministre responsable de la Laïcité lance ça dans les
airs. C'est un projet de loi qu'on parle aussi du guichet, chose qu'on attend
depuis maintenant quatre ans, qui devrait être un service rendu depuis
l'automne de l'année dernière. Mais les articles de loi dans ce projet,
malheureusement, je ne pense pas qu'ils seront au rendez-vous. C'est quelque
chose qu'on a déjà débattu, mais ils ne sont toujours pas en application.
Alors, on débute les consultations sur un
projet de loi qui est intéressant, inattendu, qui semble un peu, peut-être,
incomplet, mais comme je répète, Mme la Présidente, ne va surtout pas changer
des choses pour les familles qui sont toujours en attente d'une place. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. Mme la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Très brièvement, je suis contente de retrouver mes collègues sur ce
projet de loi. On l'accueille positivement, ce projet de loi. On aura quand
même des remarques pour la question du critère de proximité, qui n'est pas
présent en ce moment, on pourra en discuter plus tard. Globalement, ce qui
m'inquiète aussi quand même, c'est le fait que, dans le projet de loi, il n'y a
rien par rapport à la dégradation de la qualité des services éducatifs, alors
que c'est quelque chose sur lequel la Vérificatrice générale insistait dans son
rapport en 2024. Il y a eu une dégradation de la qualité des services, notamment
parce qu'il y a un déclin du ratio d'éducatrice qualifiée, et ce projet de loi
ne permet pas de remédier à ça, donc, je m'en inquiète quand même. Merci, Mme
la Présidente.
• (11 h 50) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la députée. M. le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, oui, c'est important de s'assurer qu'il n'y a aucune
discrimination à l'entrée dans les CPE. Et ce problème-là, malheureusement, il
a duré depuis beaucoup trop longtemps. Depuis 2020, en fait, on sait qu'il y a
des enjeux de ce côté-là, 2021, rapport de la firme KPMG soulignait des risques
à cet égard-là. Donc, ce n'est pas prématuré qu'on s'en préoccupe.
Même chose, je parlais de 2020, la
Vérificatrice générale, à l'époque, montrait également le système d'attribution
des places, le guichet unique, ça ne fonctionnait pas. Là, on voit que ça va
être intégré dans le projet de loi, vivement que ça fonctionne, que ce soit mis
en place et qu'on puisse aussi, évidemment, là, non seulement garantir l'accès
de façon équitable...
M. Arseneau : ...sans
discrimination, mais aussi rehausser la qualité du réseau. On parle ici des
services de garde en milieu familial, mais les services en installation aussi
devraient bénéficier de toute l'attention du ministère et des parties
concernées. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. le député. Alors, nous allons débuter ce
matin avec le Mouvement laïque québécois, qui est représenté par M. Daniel
Baril, président; ainsi que Mme Lise Boivin, vice-présidente. Bienvenue,
madame, monsieur. Vous allez bénéficier d'une période de 10 minutes pour votre
présentation puis, par la suite, on a une période d'échange avec les
parlementaires. Le micro est à vous.
M. Baril (Daniel) : Merci, Mme la Présidente. Mme la ministre, Mmes, MM. les
députés. Merci de nous avoir invités à cette commission parlementaire sur le
projet de loi n° 95, sur les services de garde éducatifs. Nous l'accueillons,
de façon globale, favorablement ce projet de loi, notamment en ce qui concerne
le resserrement des critères d'admission et ce qui vise à favoriser la mixité
sociale dans les CPE. Nous n'interviendrons que sur la question de la laïcité,
puisque c'est notre raison d'être, la laïcité au Mouvement laïque québécois,
laïcité qui, comme Mme la députée l'a signalé, est absente du projet de loi,
bien que le Québec s'est doté d'une
loi sur la laïcité de l'État.
Donc, la mixité sociale va de pair avec la
laïcité, et on pense que ça devrait être affirmé d'emblée dans le projet de loi
dès l'article... en fait, l'article 1 du projet de loi amende l'article un de
la
Loi sur les services de garde, et on pense que ça devrait être indiqué, dès
le départ, que les services de garde publics ou privés subventionnés doivent
être laïques, puisque l'État du Québec s'est défini comme étant laïque. Et on
pense que l'introduction du concept de laïcité, dans tous les services publics,
même ceux destinés à la petite enfance, devrait introduire, donc, ces
principes-là. On a mis ici les quatre éléments de la laïcité, tels que définis
dans la loi 21, la
Loi sur la laïcité de l'État, qui pourrait orienter certains
éléments de... ou être introduits dans la loi en question, ceci pour, donc,
assurer une meilleure intégration, meilleure compréhension de ce qu'est la
laïcité, meilleure protection de liberté de conscience des enfants. Alors,
on demande de modifier l'article 1 du projet de loi n° 95 pour insérer le mot
«laïques», ce qui donnerait la phrase, comme vous avez au bas de la page 2, qui
modifie, donc, l'article 1 de la
Loi sur les services de garde,«offres de
services de garde éducatifs à l'enfance qu'ils soient soient pérennes et
laïques — on a ajouté et mot "et
laïques" à cet
endroit, virgule — qui contribuent à la mixité sociale, qui tiennent
compte des besoins des parents», etc. À l'article 90.1, on a des éléments qui
peuvent se rapprocher de ça, parce qu'on dit, à l'article 90.1, que «les services
ne doivent pas viser l'apprentissage ou la transmission d'une religion». On
pense qu'il faut accorder cela avec la
Loi sur la laïcité et mettre le principe
de laïcité de façon explicite, donc, dès le premier
article de la loi.
Maintenant, le projet de loi, là on salue
le fait que le projet de loi n° 95 fasse en sorte que des critères de sélection
soient maintenant désormais déterminés par le ministère et ils soient
universels plutôt que laissés au libre choix des détenteurs de permis. Mais, à
notre avis, il semble manquer un mécanisme de contrôle, à moins que ce soit
défini ailleurs, on ne le voit pas dans la loi ni dans le projet de loi. On se
retrouve avec un peu la même lacune que face à la
Loi sur la laïcité, il n'y a
aucune instance pour recueillir des plaintes lorsque la laïcité n'est pas
respectée. Il n'y a aucune instance qui voit au respect de ces principes-là.
Alors, on pense, il devrait... le projet de loi 95 devrait préciser qui
traitera les plaintes en fonction des critères de priorisation, de non-respect
de la mixité sociale et de laïcité.
Maintenant, bon, toujours sur l'article
90.1 de la loi, il précise que «l'apprentissage d'une croyance, d'un dogme ou
de la pratique d'une religion ne doit pas servir de critères d'admission». Ça
nous paraît tout de même incomplet. La phrase introductive de la loi... pas de
la loi, mais de l'article 90.1 dit qu'on veut éviter que l'appartenance
religieuse vienne contrecarrer un peu la cohésion sociale, mais ce n'est pas
dans les critères prescriptifs qui...
M. Baril (Daniel) : ...les points un, deux, trois. L'appartenance religieuse,
c'est différent. Le point un dit que «l'admission des enfants n'est pas liée...
enfin, que le détenteur de permis doit s'assurer que l'admission des enfants ne
soit pas liée à l'apprentissage d'une croyance, d'un dogme ou de la pratique
d'une religion.» On pense qu'il faut préciser là, ce qui est dans la phrase
introductive. C'est-à-dire que l'appartenance religieuse ne doit pas servir de
critère de sélection. L'appartenance religieuse, c'est différent de la
pratique, c'est différent de l'apprentissage d'une croyance, c'est différent de
l'apprentissage d'un dogme. Et c'est... Il serait, on pense, utile de le mettre
de façon spécifique à cet endroit-là, à l'article 0.1 de l'article 90.1.
Donc, que l'admission des enfants ne soit pas liée à une appartenance
religieuse. Ça pourrait être dans le premier... le premier point ou en faire un
point nouveau, un point 4 à ce même
article 90.1.
Maintenant, si l'objectif est vraiment de
favoriser la mixité sociale, il faudrait logiquement cesser de financer tout
service de garde lié à une institution religieuse ou à une organisation
religieuse. On a beau élaborer des critères de sélection qui peut proscrire
l'appartenance religieuse, mais, un service de garde qui est lié à une
organisation religieuse, bien, la sélection va se faire, si on peut dire, de
façon naturelle parce que des parents qui n'appartiennent pas à la religion en
question n'y inscriront pas leurs enfants.
La fin des subventions aux CPE... enfin,
aux services de garde religieux devrait cesser, tout comme devraient cesser les
subventions aux écoles privées religieuses. Ça va de... Ça va de pair avec
cette demande qu'on formule depuis déjà très longtemps. Donc, dans notre
proposition 4, qu'on mette fin au financement aux services de garde liés à
une institution, ou une organisation religieuse, ou encore à un détenteur de
permis qui lui est lié à ces institutions, donc, ou à un centre communautaire
ethnicoreligieux, on pense... en fait, si... c'est notre recommandation
principale, parce que c'est... si on continue de les financer, bien, on
atteint... on ne peut pas atteindre les objectifs de mixité sociale dans ces
endroits-là.
Les accommodements pour congés à caractère
religieux. Nous, on l'a déjà dit dans d'autres projets de loi concernant les
écoles... concernant, oui, c'est ça, les écoles, les congés pour fêtes
religieuses créent des inégalités entre les employés. C'est un facteur de
pression ou de conflit de travail pour des personnes qui fournissent pourtant
le même... le même travail. C'est... Il y a une injustice vis-à-vis des
employés qui, eux, n'ont pas ces congés rémunérés là. Et ça... Donc, ça crée
des tensions qui ne favorisent pas l'harmonie au travail. Donc, nous demandons
que les détenteurs de permis ne puissent autoriser de congés pour motif de fête
religieuse. Ils doivent respecter tous les... pour tous les employés, les
nombres de jours de congés déjà prévus au contrat.
Sur l'interdiction des signes religieux,
oui, on est heureux de voir que le ministre responsable de la laïcité
envisage... en fait, on sait, non seulement il n'a pas explicitement dit que ça
allait être l'intention, mais il dit que c'est sur la table, que ce soit
interdit pour les employés des CPE, ceci afin de favoriser la meilleure
cohésion sociale. C'est pour les mêmes raisons que c'est... que c'est interdit
pour les employés... en fait, les personnels des écoles primaires et
secondaires publiques. Maintenant, ça va être étendu par le projet de loi
n° 94 à tous les personnels des écoles. C'est la même... C'est la même
logique qui devrait prévaloir pour les CPE.
• (12 heures) •
Donc, le port de signes religieux, tel que
défini dans la
Loi sur la laïcité... parce que, dans la
Loi sur la laïcité, ce
n'était pas seulement le port d'une épinglette. Je vous le donne rapidement si
je trouve mon papier. Alors, le port d'un signe religieux, c'est «tout objet,
notamment un vêtement, donc, un symbole, un bijou, une parure, un accessoire,
un couvre-chef qui est soit porté un lien avec une conviction ou une
appartenance religieuse, ou raisonnablement considéré comme référant à une
appartenance religieuse.» Donc, ceci devrait valoir également pour les employés
de CPE.
Le port de signes religieux pour ces
employés, nous... En fait, on a eu deux jours, là, seulement pour se préparer.
Un élément ici que je veux apporter, qui n'est pas dans le mémoire qu'on vous a
soumis, c'est que nous avons toujours été contre la clause de droits acquis,
autant quand on s'est présentés pour la commission parlementaire sur la
loi 21, à l'époque, 94 aujourd'hui... bien, je veux dire, il y a... il y a
deux semaines...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Baril (Daniel) : ...parce que des droits acquis ici créent une inégalité
entre les employés. Dans l'ancien projet de loi n° 60 sur la charte des
valeurs, il y avait même une clause d'extinction, au bout de cinq ans, du droit
acquis, c'était beaucoup trop long. Il pourrait avoir peut-être une période d'ajustement
soit l'année scolaire ou l'année civile en cours, mais il faut qu'il y ait une
clause d'extinction au droit acquis, ne pas le laisser, sinon, on ne réglera
pas le problème qui est soulevé dans le rapport d'enquête sur les écoles et
services de garde en milieu scolaire, où on a relevé beaucoup de signes
religieux qui étaient portés par les employés. Si on donne un droit acquis, bien,
on n'a pas réglé le problème.
En fait, il me reste peut-être une minute.
En conclusion, on pense que les services de garde, qu'ils soient privés ou
publics, c'est le premier lieu de socialisation des enfants, et on pense qu'il
devrait avoir un endroit où cette socialisation puisse se faire...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, M. Baril. Merci.
M. Baril (Daniel) :
...sans contraintes religieuses. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, on va commencer, par contre, la période d'échange
avec les parlementaires, vous allez pouvoir étayer davantage. Mme la ministre,
pour une période de 14 min 5 s, vous et votre banquette.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, plusieurs éléments fort intéressants que
vous avez apportés. Effectivement, on n'a pas mis spécifiquement le mot «laïcité»,
ça ne veut pas dire qu'on ne l'ajoutera pas, mais c'était vraiment au niveau
des critères, donc. On n'a pas non plus mis à la négative tous ceux et celles
qui étaient exclus, on l'a plutôt pris en disant : Voici les six priorités
qui seront possibles, donc, les enfants vulnérables, les enfants à besoins
particuliers. Donc, on l'a... plutôt que de dire «qui est défendu», ce sera les
seuls et uniques critères. Ce qui d'emblée élimine la priorisation au niveau,
par exemple, de la religion, de la langue ou de l'origine ethnique. Ça, c'est
de cette façon-là qu'on l'a fait, mais on pourrait effectivement y donner une
connotation plus claire en y ajustant, en y ajoutant ce désir de laïcité qui,
dans le fond, fait état de fait avec le projet de loi, puisque les critères de
priorisation sont bien définis et qu'aucun autre critère ne pourra être
rajouté. Alors, c'est pour ça qu'on n'a pas pris la peine de les spécifier, ce
qui disparaît.
On est en train de faire des vérifications
au niveau de conventions collectives et des règles, parce que, contrairement
aux écoles, nous ne sommes pas les employeurs. Ce sont les conseils d'administration
des CPE ou les propriétaires de services de garde qui sont les propriétaires.
Alors, on va faire les vérifications s'il y a des éléments qui se retrouvent à
l'intérieur de la convention collective pour ce qui est des congés ou des
motifs de fêtes religieuses. Alors, on va faire des vérifications pour aller
plus loin là-dessus. Concernant le port des signes religieux, on ne le traite
pas dans le projet de loi. Le projet de loi avait vraiment pour but les
critères d'admission, d'amener cette laïcité et d'amener aussi ce que font
actuellement nos services de garde éducatifs à l'enfance en termes de
priorisation pour cette mixité sociale là, donc, les enfants à besoins
particuliers, des enfants vulnérables, les enfants autochtones, aider au niveau
de la conciliation travail famille, la proximité aussi. Donc, ce sont des
éléments qu'on ramène dans le but de mettre en place — puis ça, je
pense que c'est important de comprendre, dans le cas des processus de services
de garde, qui est très, très différent des écoles — le guichet qui
est grandement attendu pour s'assurer que, pour le parent, quand lui va choisir
les endroits où il veut s'inscrire dans un service de garde, il ait toutes les
mêmes informations. Donc, on parle de 2 000 politiques d'admission à 1 000.
Donc, notre objectif, c'est de s'assurer d'éviter
certains éléments qu'on a vus historiquement, et, je vous dirais, là, même,
avant même la création du réseau de mise en place de sélection par ethnie,
langue, religion. Alors, ça, on veut que ça disparaisse, on va pouvoir le
mettre en place en ayant des critères très précis. Et c'est le guichet qui va
donner le nom des enfants qui sont sur la liste d'attente, ce qui n'est pas le
cas de la situation actuelle avec La Place 0-5, qui est plus un bassin de noms
où les gens vont puiser des noms. Donc, ce qui nous a permis de constater des
absurdités comme des CPE entièrement composés de garçons ou de filles, parce
qu'il y avait plus de garçons que de filles dans les cas qu'on a détectés et
les lois ne nous donnaient pas la possibilité... on n'avait pas les outils pour
pouvoir intervenir. Alors, le guichet va vraiment être un outil pour s'assurer
l'équité des familles.
Alors, vos propositions sont très
intéressantes. On va faire des vérifications. On va voir comment on peut
intégrer certains éléments. Mais, clairement, je comprenais que votre objectif
était d'aller plus loin, donc, par la négative. Mais, comme on arrive avec six
critères et aucun autre n'est prévu, on ne sentait pas le besoin d'aller à la
négative, tout ce qui ne peut pas être priorisé...
Mme Roy (Verchères) : ...c'est
tout le reste en dehors des six critères. C'est un peu simple comme approche,
là. Alors, je ne sais pas si ça répond un peu aux interrogations que vous avez.
Puis l'autre question aussi, dans le cas
que la fin du financement des services de garde liées, dans le cas des CPE, ce
sont des conseils d'administration, ils ne sont pas la propriété, par exemple,
d'un organisme communautaire. Certains ont peut-être agi comme ça dans le
passé, mais ils ne pourront plus le faire, justement, parce que le guichet va
donner les enfants sur la liste d'attente. Et c'est vraiment un conseil
d'administration dans le cas des CPE. Dans le cas d'une garderie subventionnée,
ils doivent suivre les principes de la loi qui sont édictés. Alors, je ne sais
pas si vous voulez compléter un peu vos propositions par rapport à ça.
M. Baril (Daniel) : Oui, bien, effectivement, il y a peut-être des détails, là,
administratifs qui peuvent nous échapper, mais quand vous parlez de ne pas
mettre d'élément par la négative, c'est parce que le projet de loi ne reformule
pas l'article 90.1 où, au deuxième paragraphe, à la fin, au point un,
c'est formulé à la négative aussi : que l'admission des enfants n'est pas
liée à l'apprentissage d'une croyance. Là, c'est là qu'on voulait, nous,
ajouter «ou l'appartenance religieuse», parce que c'est différent de tout ce
qui est des éléments qui sont déjà mentionnés là.
On voudrait souligner par contre qu'on est
heureux aussi que vous ayez ajouté au deuxième point de cet article, là, que le
matériel lui aussi doit être exempt d'éléments religieux. Je ne sais pas si je
vous suis bien, mais quand vous dites que vous n'allez pas mettre d'éléments
formulés par la négative, il me semble être formulé de cette façon-là. Et c'est
là aussi qu'on voulait préciser la chose.
Mme Roy (Verchères) : Parce
ce qu'on... on a touché l'article 90.1, c'est véritablement pour spécifier
le matériel. Ça, c'était un élément qu'on a constaté dans les inspections qu'on
a faites. Donc, où on avait... je vais vous le dire exactement comme ça se
passait, quand un inspecteur arrivait, là, s'il ne voyait pas les gens en train
de prier, il ne pouvait pas constater qu'il y avait un lien avec 90.1. Alors,
voilà pourquoi on a fait : bien, on va définir les critères correctement.
Et maintenant ce ne sera que les six critères. Et on a rajouté pour le 90.1,
vraiment, l'élément de matériel, parce qu'on a constaté en visitant certains
services de garde que tout était en place pour faire de l'enseignement religieux,
je vais le dire comme ça. Et là ce ne sera plus possible, on va pouvoir
intervenir par le simple fait de constater que le matériel pédagogique est du
matériel religieux.
M. Baril (Daniel) : C'est très bien reçu.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Terminé?
Mme Roy (Verchères) : Oui.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la députée de...
Mme Roy (Verchères) :
Châteauguay.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Châteauguay. Merci. Il vous reste encore 7 min 20 s.
Allez-y.
Mme Gendron : Merci, Mme la
Présidente. Heureuse de vous revoir. On s'est vus voilà quelque temps, pas très
longtemps, sur un autre projet de loi. J'avais des petites questions, peut-être
des spécifications avec ce que Mme la ministre vient de nommer. Vous cherchiez
le mécanisme mis en place afin de constater qu'il y a des pratiques religieuses
ou quoi. Mais en effet, là, il y a des inspections qui sont faites, puis comme
Mme la ministre le nommait, avec le matériel, les horaires, des calendriers, on
est à même maintenant... bien, avec le futur projet de loi, de constater qu'il
y a vraiment une pratique religieuse à même un CPE. Ça, c'est la première chose
que je voulais simplement vous mentionner aussi.
Aussi, vous sembliez faire une différence
entre appartenance religieuse ou dogme. Est-ce que vous faisiez une... est-ce
que vous pouvez nous en parler davantage?
• (12 h 10) •
M. Baril (Daniel) : Tel que formulé, là, c'est toujours notre
article 90.1, donc : «le détenteur de permis doit s'assurer que
l'admission des enfants n'est pas liée à l'apprentissage d'une croyance, d'un
dogme ou de la pratique d'une religion». Mais je peux avoir une appartenance
religieuse puis je n'entre pas dans ça, là.
Mme Gendron : O.K. Donc...
M. Baril (Daniel) :
C'est-à-dire que l'apprentissage d'une religion, ç se fait de façon... ça se
ferait de façon active dans le CPE, là, comme on comprend ça, mais ça peut se
faire ailleurs. Moi, je peux appartenir à une religion puis j'apprends... je ne
l'apprends pas à l'école, et on ne m'enseigne pas à l'école ou... le dogme ni
la façon de pratiquer cette religion-là, mais c'est mon appartenance qui
pourrait jouer comme critère de sélection dans le CPE, parce que l'appartenance
religieuse et la pratique religieuse, c'est deux choses différentes. Ici au
Québec, peut-être que... les chiffres, là, c'était 60 quelques pour cent, là,
qui se disent catholiques, mais ils ne sont pas tous à l'église, ils ne sont
pas des pratiquants, donc ils ont une appartenance religieuse. Mais peut être
que les dogmes, là... le dogme de la Sainte Trinité, là...
M. Baril (Daniel) : ...la Sainte Vierge, ça ne les préoccupe pas beaucoup.
Mme Roy (Verchères) : Bien,
en fait... possible.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme la ministre, faites juste me regarder.
Mme Roy (Verchères) : Oui,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y. Allez-y. C'est parce que votre micro ne sera pas
ouvert, sinon. Allez-y.
Mme Roy (Verchères) : Ah!
O.K. Alors, ce ne sera plus possible parce que seuls six critères vont pouvoir
être priorisés. Donc, tout ce qui touche la religion, les dogmes, l'origine
culturelle, la langue, tout ça est d'emblée retiré comme possibilité même de
critère de sélection. Mais grâce à ma collègue... j'avais oublié un élément que
vous avez mentionné, qui est extrêmement important, au niveau des plaintes,
alors, merci, Mme la députée. Alors, effectivement, il y a un service de
plaintes au niveau du ministère de la Famille, il y a des enquêteurs, il y a
des inspecteurs et il y a un suivi systématique, dans le cas, effectivement, où
il y a des plaintes, par exemple, où il n'y aurait pas respect. Et le premier
élément qui va nous amener un respect de la loi, c'est qu'ils ne peuvent plus
aller choisir les enfants, ça va être les enfants qui vont être sur la liste.
Et c'est au niveau du ministère que la liste va être gérée, et ils vont
dire : Bien, maintenant, c'est Henriette qui est sur la liste d'attente,
et vous devez prendre Henriette.
M. Baril (Daniel) : Oui, bien, on... qu'on n'a pas, c'est pour ça que j'avais
dit : À moins que ça existe ailleurs, là, mais, dans le projet de loi, on
ne le voyait pas, ni dans la loi elle-même. C'est sûr qu'il y a sûrement une
réglementation qui accompagne la loi.
Mme Roy (Verchères) : Très
bonne question.
M. Baril (Daniel) : Mais on voyait... on se voyait un peu devant le même
problème de la
loi sur la laïcité, où il n'y a pas eu de réglementation qui a
accompagné la loi, puis là, bien, on voit que chaque ministère procède à la
pièce.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Allez-y.
Mme Gendron : J'aimerais
revenir sur le fait... Vous avez discuté du port de signes religieux. Ce n'est
pas dans le cadre du projet de loi, en tant que tel, mais vous avez souligné à
plusieurs reprises, justement, que vous recommandez de refuser, en fait, le
port de signes religieux pour les éducatrices et, j'imagine, peut-être aussi
pour le personnel administratif. Est-ce que c'est également jusque-là que vous
suggérez d'aller?
Mme Boivin (Lise) : Exact.
Pour tout le personnel du service de garde.
Mme Gendron : O.K., parfait.
Puis j'ai une petite question aussi en lien avec ça. Est-ce qu'à ce moment-là
le signe... le port de signes religieux auprès des enfants, comme on peut le
voir, le constater, des fois, ils ont des cordes à la taille ou des choses
comme ça... est-ce que dans votre organisation... est-ce que c'est quelque
chose que vous... Quelle est votre opinion là-dessus?
M. Baril (Daniel) : Bien, pour l'instant, on n'a pas été jusque-là. On va voir,
si ça passe pour les personnels, bien, il faudrait voir dans la pratique. C'est
parce qu'on nous a dit que... on sait que ça existe, là, même des tenues
vestimentaires contraignantes chez des enfants d'âge garderie, là. On l'a vu
dans les écoles. Et, bon, c'étaient des enfants d'école, quand même un peu plus
vieux, six ans, six ans et plus. Il faudrait voir avec... voir, peut-être qu'il
faudrait faire une enquête du même type que celle qui a été faite pour les
écoles qui étaient visées, les 17 écoles, par le rapport d'enquête... le
rapport de vérification, là.
C'est clair que donner des vêtements
religieux contraignants à des enfants, c'est inacceptable, comme les faire
jeûner, c'est inacceptable, puis les envoyer à l'école sans qu'ils aient mangé.
Dans quel état ils sont pour passer les examens ou pour aller au cours
d'éducation physique, là, tu sais? Je pense que les catholiques ne font plus
ça. Alors, s'il y avait une famille qui faisait ça, ce serait peut-être un cas
de maltraitance aux yeux de la DPJ. Ce n'est pas plus acceptable au nom d'une
religion.
Alors on a vu des photos de fillettes en
bas de six ans, là, qui avaient... qui portaient des hidjabs, des robes
longues. Et puis est-ce qu'elles passent leur vie comme ça? Ce serait dommage,
mais comme je vous dis, notre réflexion n'est pas terminée de ce côté-là.
Mme Gendron : J'aimerais
simplement réitérer que les employés, comme Mme la ministre l'a dit, de tous
les services de garde ne sont pas aux... employés de l'État. Ça fait que je
fais simplement dire que je pense que ce serait encore une fois, peut-être, au
conseil d'administration, et tout ça. Mais, merci, c'était une question que
j'avais pour vous. Puis il me reste...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : 30 secondes.
Mme Gendron : Bien, je
voulais vous remercier pour votre présence avec nous aujourd'hui. C'est très agréable
de vous entendre, puis merci pour vos points de vue.
M. Baril (Daniel) : Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Je me tourne maintenant du côté de la
députée de Westmount-Saint-Louis. Vous avez 8min 27 s.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bienvenue. Merci, M. Baril puis Mme Boivin, pour
votre témoignage...
Mme Maccarone : …ainsi que
votre mémoire. Intéressant de vous entendre. Comme la ministre, elle a
expliqué, dans ce projet de loi, on parle vraiment de critères d'admission et
pas nécessairement de l'application de le port de signes religieux. Mais je
pense qu'on a tous, bien entendu, votre point de vue. C'est très clair dans
votre mémoire. Moi, je souhaite vous entendre, si on peut revenir juste sur le
critère d'admission, parce qu'au moins pour le moment, c'est là où on se loge à
l'intérieur de ce projet de loi. Parce que vous, vous parlez de l'application
dans le réseau privé aussi, ça fait que moi, je souhaite comprendre votre point
de vue de comment nous pouvons poursuivre avec votre recommandation et aussi
respecter les droits et libertés de tous les Québécois et Québécoises. Le choix
parental, par exemple, mais le respect minimal des droits étant donné que, dans
le réseau privé, bien, ce n'est pas subventionné par l'État. Alors, comment
avoir cet équilibre?
Mme Boivin (Lise) : En fait,
là, ce qu'on présente aux enfants, que ce soit dans un réseau privé ou public,
ça a le même poids ou la même influence ou la même… le même effet, bénéfique ou
non bénéfique auprès d'un enfant, peu importe que ça vienne du réseau privé ou
du réseau public. Alors pour cette raison-là, il me semble que si on veut que
nos enfants développent une liberté de conscience, progressivement, et ça, on
n'en parle pas beaucoup de la liberté de conscience chez les enfants, je pense
qu'il faut qu'on se donne des mesures, qu'ils soient… comme le matériel laïque,
mais comme un ensemble de processus laïques qui vont permettre ça
éventuellement. Alors que ce soit subventionné… puis si on veut qu'il y ait des
garderies qui soient totalement privées, je pense que, comme les écoles, il
faut que l'État cesse de les subventionner. C'est… on est privé, privé à
100 %, mais pas privé, en étant subventionné partiellement, comme c'est le
cas dans certaines écoles par exemple. Donc, nous, c'est un peu ces mesures-là
qu'on veut mettre de l'avant, là.
Mme Maccarone : Oui. Ma
question c'est vraiment sur le privé privé, ça existe. On a plusieurs
catégories de services de garde éducatifs à l'enfance. Oui, on a le public, les
CPE, on a le privé subventionné, on a les privés, on a le milieu familial.
Alors, quand on parle de privé, on ne reçoit aucun financement de l'État.
Alors, c'est pour ça que je voulais savoir comment vous voulez faire cette
application, parce que vous parlez vraiment du réseau privé, bien… puis je vous
entends. Mais à quelque part, il y a aussi le respect des choix. Il y a un… on
a une charte des droits et libertés, c'est applicable. Alors, c'est de trouver
le juste milieu. Peut-être vous pourriez nous dire votre opinion aussi sur le
milieu familial et l'application, parce que, là, on sait qu'on reçoit des
enfants chez nous, dans un milieu familial. Alors, comment appliquer vos
recommandations puis ces mesures dans ce contexte-là?
Mme Boivin (Lise) : O.K.
Bien, sur le milieu familial, en fait, c'est que les coordonnateurs de services
de garde choisissent… identifient des milieux familial. Ils sont accrédités ou
je ne sais pas la terminologie exacte, là. Et donc il faudrait que ces gens-là
s'engagent à respecter ces critères-là, ou, même façon, si j'envoie un enfant
dans un milieu familial, je ne veux pas apprendre tout à coup, petit à petit,
que mon enfant on lui pousse, je ne sais pas, que Jésus est mort sur la croix
ou quel autre principe de n'importe quelle religion. Alors, je pense qu'il faut
que la maison familiale ou la responsable qui accueille des enfants dans une
garderie en milieu familial accepte les règles de base de… pour avoir une égalité
des chances, une même égalité pour tous les citoyens, citoyennes.
Mme Maccarone : Et s'ils ne
parlent pas de l'enseignement de la religion, mais c'est uniquement le port des
signes religieux, on est chez nous. Je souhaite porter un hijab, pour vous, ce
serait inacceptable dans un milieu familial, chez moi, je souhaite porter ce
signe, mais je ne parle pas de ma religion et ce n'est pas ça que je veux
promouvoir. Alors, dans ce type d'endroit, pour vous, ce serait inacceptable?
• (12 h 20) •
Mme Boivin (Lise) : Bien, si
vous ne… Si on ne veut pas, Mme la Présidente, de promouvoir sa religion, bien,
il faut être conscient que ce qu'on porte promouvoit quelque chose. Quand je
porte un t-shirt avec une inscription Vive le syndicat!, mettons, bien, je
prône… je fais la promotion d'un message. Alors, ma tenue vestimentaire peut
d'elle-même faire la promotion d'un message, et c'est ça qui est nocif chez
l'enfant, qu'on lui pousse des messages idéologiques pendant cinq ans, il va
être là de 0 à 5 ans, la plupart du temps. Donc, c'est ça qu'on trouve qui
n'est pas adéquat pour le développement du citoyen de demain.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup. C'est clair, merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Mme la députée de Sherbrooke. Vous avez
deux minutes 49.
Mme Labrie : Merci. J'aurais
une question pour vous concernant votre proposition...
Mme Labrie : ...recommandation 4,
dans votre mémoire, vous suggérez de mettre fin au financement des services de
garde qui sont liés à une institution ou une organisation religieuse. A partir
du moment où on enlève le critère de sélection, là, basé sur la religion,
qu'est ce que ça veut dire pour vous «être lié»? Est-ce qu'à votre connaissance,
il y en a, des garderies ou des CPE qui sont liés à une organisation
religieuse?
M. Baril
(Daniel) : Il semble que oui, là. Moi, j'ai cru que ça
existait, là. Entre autres dans tout ce qui s'est dit autour de l'école
Bedford, même si c'était une école, il y avait... il y avait des services de
garde aux alentours, là, qui étaient liés à un centre dit communautaire.
Mme Labrie : Mais dans
les garderies subventionnées, par exemple, ou dans les CPE, est-ce qu'à votre
connaissance, il y en a qui sont affiliés ou qui sont liés à une organisation
religieuse? Parce que là vous demandez d'arrêter leur... En tout cas, moi, à ma
connaissance, je n'en... Mais je ne les connais pas tous, hein? Il y en a des
centaines. Donc, est-ce qu'il y en a?
Mme Boivin (Lise) : À ma
connaissance, il y en a, mais il y a... J'ai... Nous avons une membre du
conseil d'administration qui n'est pas ici aujourd'hui, mais qui va témoigner
demain avec le Rassemblement pour la laïcité, qui est issue du milieu des
services de garde. Et je crois qu'elle sera...
Mme Labrie : O.K. On
pourra lui poser la question.
Mme Boivin (Lise) : ...
pouvoir vous donner une idée beaucoup plus précise que nous pouvons le faire.
Nous, on sait que ça a existé, en tout cas jusqu'à récemment. Est-ce qu'il en
reste encore aujourd'hui au moment où on se parle? Faudrait le vérifier.
Mme Labrie : Moi,
j'essaie de comprendre c'est quoi la nature du lien qui est problématique dans
le sens où, à partir du moment qu'il n'y a plus de critères d'admission et si
le service de garde est dans une petite communauté puis qu'il est dans un
sous-sol d'église, par exemple, qui est loué à... au CPE, par exemple. Est-ce
que ça, pour vous, c'est un lien qui est... qui donc mériterait de mettre de
mettre sous subvention ou...
M. Baril
(Daniel) : C'est parce qu'en fait le projet de loi vise à
favoriser la mixité sociale, mais dans ces milieux-là la mixité ne se fera pas.
Par la force des choses, il y a une sélection. Je ne veux pas parler de
sélection naturelle, mais elle va se faire de façon systémique. Si le CPE est
dans un... dans un centre où le... ou encore que le détenteur de permis est
lui-même lié à un centre religieux, là.
Mme Labrie : Mais donc...
M. Baril
(Daniel) : Parce que les parents qui ne sont pas de cette
religion-là, ils n'iront pas, puis ça va... Le recrutement va se faire dans le
milieu naturel de cet organisme-là.
Mme Labrie : Mais pour
vous, donc, le fait de restreindre les critères...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
Mme Labrie : ...comme le
prévoit le projet de loi, ça ne sera pas suffisant pour empêcher cet...
M. Baril
(Daniel) : Non, parce que ce ne serait pas nécessairement de
façon délibérée pour contrecarrer les critères que ça se ferait. C'est ce que
veut dire ma phrase, de façon naturelle par...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Je dois... Je dois vous arrêter. Malheureusement, le
temps... Le temps est compté. On poursuit avec le député des Îles-de-la-Madeleine,
2 min 49 s.
M. Arseneau : Merci
beaucoup. Pardon, Mme la Présidente. Merci à vous pour votre présentation et
votre collaboration à nos travaux, Question d'ordre général. Quelle est votre
principale motivation pour venir vous présenter ici lorsqu'il est question des
services éducatifs à la petite enfance? Est-ce que, pour vous, c'est un petit
peu, là, le point de départ pour bâtir cette société laïque que l'on souhaite?
En quoi est-ce que c'est fondamental pour vous qu'on travaille sur ce projet de
loi là et qu'on inclut les propositions que vous nous avez présentées?
Mme Boivin (Lise) :
Bien, effectivement, les enfants, ils commencent à s'adapter à la vie sociale.
C'est leur première socialisation. Ça se fait dans les premiers moments qu'ils
sortent de chez eux, de leur milieu familial. Donc, dans les premiers moments
de socialisation, je crois qu'il faut déjà que ce soient des milieux laïques
parce que c'est ce qu'on veut. On veut qu'ils grandissent avec cet esprit-là.
C'est le choix que le Québec a fait d'être un État laïc, une société laïque.
Donc, je pense qu'il faut qu'on s'en aille vers là. Puis c'est... Les enfants
de zéro à cinq ans sont très, très, très influençables. Alors, je pense qu'il
faut que... Puis on voit aussi des dérives, comme on a vu à l'école Bedford,
dans la région, Montréal en particulier. On voit des dérives dans les services
de garde, des mêmes genres qu'il y a à l'école Bedford et les écoles, là, qui
ont fait l'objet de... les 18 écoles qui ont fait l'objet d'un rapport
récemment. Et donc moi, je pense qu'il faut qu'on le prenne, le problème,
maintenant puis qu'on dise : Bien, non, on ne va pas exposer nos
tout-petits qui vont devenir les adultes de demain, déjà, toutes sortes de
pressions religieuses. Et il faut vraiment que, dès le jeune âge, ils soient
dans un milieu qui respecte la laïcité.
M. Arseneau : C'est ça.
Si je comprends bien, là, si le Québec a pour l'une de ses valeurs fondamentales,
la laïcité, ce que je comprends de vos propos...
M. Arseneau : ...c'est que,
dans un milieu qui est largement subventionné par l'État, il est incontournable
que ce soit inscrit, nommément parce qu'on a dit que, bon, c'était exclu là,
par la façon dont le projet de loi a été rédigé. Vous, vous dites : Ce
n'est pas juste de... enfin, d'arriver avec un certain nombre de critères qui
sont exclusifs, il faut nommer les choses. C'est ça?
Mme Boivin (Lise) : Moi, je
suis d'avis... nous sommes d'avis qu'il faut nommer les choses, et c'est pour
ça qu'on souhaiterait qu'il soit ajouté là, à côté de la mixité sociale dès
l'article 1, dès l'entrée de jeu, qui vient chapeauter un peu le cadre qu'on
veut donner à ce projet de loi là. Donc, mettons-le là, et faisons cette
déclaration qu'on veut conserver que ce soit laïque d'entrée de jeu. Et puis on
pourrait développer aussi sur l'acquisition de la liberté de conscience d'un
enfant. On en a parlé beaucoup chez les adultes dans la société québécoise,
mais il faudrait trouver du temps pour en parler chez les enfants. Ça commence
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, le temps file vite, hein? C'est ce
qui met fin à cette première audience particulière. Mme Boivin, M. Baril, merci
d'avoir pris part à cet exercice, c'est important.
Je vais suspendre quelques instants, le
temps de recevoir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 12 h 27)
(Reprise à 12 h 31)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, pour notre deuxième audience... privée... nous recevons
l'Association des garderies privées du Québec, qui sont... qui est représentée
par M. Samir Alahmad ainsi que Mme Mona Lisa Borrega. Mme Borrega, nous ne la
voyons pas, mais nous allons, évidemment, l'entendre. Alors, madame...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...vous avez une période de 10 minutes pour faire
votre présentation. Par la suite, nous allons discuter avec les parlementaires.
Alors, la parole est à vous.
Mme Borrega (Mona Lisa) : Merci.
Alors, l'AGPQ est heureuse de pouvoir exprimer son point de vue devant la commission
dans le cadre des consultations du projet de loi n° 95. L'AGPQ et ses
membres accueillent favorablement le principe d'introduire un projet de loi qui
aurait pour but d'améliorer la qualité dans l'accès aux services de garde
éducatifs que nous offrons aux tout-petits. Toutefois, avant de débuter, l'AGPQ
désire souligner à la commission qu'elle est surprise par le contenu du projet
de loi n° 95, car l'AGPQ ainsi que toutes les associations nationales de
services de garde travaillent avec le ministère de la Famille depuis plus de
trois ans sur un comité pour établir les critères d'admission et le
fonctionnement de ce nouveau guichet unique. Et voilà, tout à coup, sans aucune
consultation, que le ministère de la Famille vient tout chambarder et introduit
des éléments nouveaux qui n'ont jamais été discutés auparavant. Si le ministère
de la Famille se sent à l'aide de gaspiller ainsi le temps de ses
fonctionnaires pendant toutes ces années, sachez que les associations ne
partagent pas cette vision, elles n'ont ni le temps ni les ressources pour
procéder de cette manière
Un nouveau slogan. Le projet de loi n° 95
introduit un nouveau slogan : la mixité sociale. C'est la première fois qu'on
entend ce slogan de la part du ministère, ce terme n'a jamais été examiné ou
discuté lors des rencontres de notre comité. Nous vous assurons que nous ne
sommes pas contre le principe de la mixité sociale, mais nous désirons
souligner à la commission que nous sommes outrés par le manque total de respect
pour le travail effectué par les fonctionnaires du ministère de la Famille et
les associations depuis le mois de décembre 2021 dans ce dossier.
Un projet de loi très difficile à suivre.
En effet, pour l'étudier, on doit se référer à plusieurs documents qui sont
interreliés. Le projet de loi lui-même, la
Loi sur les services de garde
éducatifs à l'enfance, le projet de loi n° 1, le
chapitre IX des lois
de 2022, les anciens règlements et probablement les nouveaux règlements. Et
après avoir assimilé tout ça, le fardeau de l'interprétation tombe sur le dos
des gestionnaires de services de garde, alors que dès le début de la première
page des notes explicatives, on menace les gestionnaires en disant que le projet
de loi n° 95 permet au ministre de la Famille de suspendre, de révoquer,
de ne pas renouveler un permis de centre de petite enfance ou de garderie dont
les services de garde sont subventionnés, qui fournit des services de garde de
manière à contourner les dispositions relatives à l'accès aux services de garde
éducatifs à l'enfant et lui permettent, pour le même motif, d'annuler, de
diminuer ou de suspendre une subvention consentie au titulaire d'un tel permis.
Vous ne trouvez pas que ces sanctions sont exagérées? Pour un éventuel litige d'admission
d'un enfant, on menace même la révocation du permis. Les sanctions imposées
doivent être en lien avec la gravité de l'infraction. Ces mesures sont
draconiennes et mettent de la pression énorme sur les gestionnaires qui devront
avoir recours à des spécialistes d'admission et probablement à des juristes
pour se protéger ou défendre. C'est toujours la même chose avec le ministère de
la Famille, le bâton et les menaces sans aucun esprit de collaboration.
Priorisation des enfants à besoins
particuliers. L'AGPQ trouve inacceptable qu'un gouvernement puisse entretenir à
la fois un discours pour promouvoir l'accessibilité des places aux enfants qui
présentent des besoins particuliers sans donner les ressources aux services de
garde pour accueillir adéquatement ces enfants. L'AGPQ désire rappeler à la commission
qu'en résultat de l'orientation du gouvernement, tous les services de garde
souffrent d'un grand manque de financement, d'un manque de ressources
professionnelles comme des éducatrices spécialisées, des éducatrices qualifiées,
des locaux de qualité. L'AGPQ souligne à la commission que le gouvernement ne
finance pas adéquatement les frais d'occupation de locaux qui ont augmenté
excessivement dans les cinq dernières années et que la qualité des locaux est
un élément incontournable dans la qualité des services prodigués aux enfants.
Un réinvestissement majeur s'impose.
L'efficacité versus les méthodes de
travail du ministère de la famille. Alors que la tendance et la nécessité dans
tous les paliers de gouvernement sont de réduire la bureaucratie et la
paperasse, ce projet de loi impose une nouvelle lourdeur administrative...
Mme Borrega (Mona Lisa) : ...administrative
aux déjà... aux titulaires de permis qui sont déjà surtaxés.
Parlons du guichet unique. Il y a quelques
années, ce guichet avait peut-être sa raison d'être, mais aujourd'hui, nous
vivons dans un contexte d'équilibre ou de surplus de places. Ce guichet n'a
plus sa raison d'être. Le gouvernement doit être efficace. Il doit faire le
ménage dans les pratiques désuètes. Il doit minimalement enlever l'obligation
d'adhérer à ce guichet et trouver d'autres moyens pour renforcer la
transparence d'admission sans créer un guichet monstre qui probablement ne
fonctionnera pas adéquatement et coûtera une fortune à créer et à administrer.
Le gouvernement travaille sur ce nouveau
guichet depuis trois ans. D'énormes sommes d'argent et d'énergie ont été dépensées
sur ce projet, alors que les vraies priorités demeurent éclipsées : le
manque de personnel qualifié, le manque de ressources pour les enfants
handicapés, la lourdeur administrative et de gestion imposée aux titulaires de
permis, surtout à cause du manque de personnel, et la bureaucratie.
Nos commentaires. Premièrement, nous
désirons réitérer à quel point il est difficile de comprendre le projet de loi.
Les associations nationales ont mentionné ceci au gouvernement lors de la
présentation PowerPoint qu'elles ont reçue avant le dépôt du projet de loi. Si
les associations nationales ont de la difficulté à comprendre ce projet de loi,
imaginez-vous les titulaires de permis.
En conclusion, l'AGPQ a déjà... de dire,
mentionner qu'elle a déjà participé à plusieurs consultations sur le guichet
unique et a fait
partie du comité du ministère de la Famille depuis sa mise en
place il y a plus de trois ans. L'AGPQ vient la conclusion que les commentaires
et recommandations qu'elle avait donnés au gouvernement dans son mémoire dans
le cadre des consultations sur les services de garde éducatifs à l'enfance, le
31 mai 2021, demeurent encore très pertinents et que le projet de loi ne
viendra pas améliorer la situation. Car, bien au contraire, il ajoute à la
lourdeur administrative du service de garde, il nuit à l'efficacité de gestion
service de garde, il nuit à l'occupation des places, à l'assiduité et à la
bonne gestion des places.
C'est beaucoup d'argent pour combler de 6
à 7 places par année. Environ 20 enfants quittent un service de garde
de 80 places à chaque année, normalement, pour la rentrée scolaire. Parmi
les... les critères de priorité d'admission des enfants, deux font
l'unanimité : la fratrie et les enfants des employés. Donc, une fois qu'on
a admis les frères et soeurs et les enfants des employés, il reste environ 6 à
7 places à combler. Ajouter la lourdeur administrative qu'impliquent le
projet de loi n° 95 et les règlements ne fait qu'augmenter indûment la
charge de travail des gestionnaires, nuit à l'occupation des places et, comme
on l'a vu récemment, comporte un très grand risque à la sécurité des données
des citoyens du Québec.
Continuer à travailler ainsi est
injustifiable et indéfendable. Le guichet unique devrait contribuer à combler
rapidement des places pour éviter que des places disponibles demeurent vacantes
pendant que des parents en cherchent désespérément, des places, et optimiser
l'occupation au travers la province. Malheureusement, dans la réalité, le
guichet unique complique le travail du gestionnaire et augmente le nombre de
places vides.
• (12 h 40) •
Nos recommandations : laisser les
garderies gérer leur propre liste d'attente comme c'était dans le temps, le
tout avec des critères d'admission clairs qui correspondent à l'orientation du
gouvernement, tout en respectant l'autonomie de gestion du service de garde.
Ceci est la solution que nous devons adopter au lieu de rendre obligatoire un
système monstre qui coûte très cher à nous tous et qui n'a jamais fonctionné.
Finalement, si on veut absolument utiliser
une liste d'attente centralisée, celle-ci devrait être facultative et non
obligatoire. L'AGPQ a des doutes raisonnables que ce nouveau monstre
informatique ne fonctionnera pas adéquatement, surtout si on le compare aux projets
informatiques gouvernementaux similaires.
L'AGPQ demande au gouvernement de cesser
de gaspiller l'argent des contribuables sur un guichet unique qui est désuet,
qui ne fonctionne pas et qui cause préjudice à la gestion des garderies et à
l'occupation des places. Le gouvernement doit mettre l'argent aux bons
endroits, offrir des conditions de travail... des bonnes conditions de travail
aux éducatrices, donner les ressources nécessaires aux services de garde afin
qu'ils puissent offrir une haute qualité de service aux enfants et nous
donner...
Mme Borrega (Mona Lisa) : ...les
bons outils pour recevoir les enfants à besoins particuliers. L'AGPQ vous
remercie de votre écoute.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Mme Borrega, 10 minutes, juste. Merci beaucoup pour cette
présentation. On commence la période d'échange avec les parlementaires. Mme la
ministre et la banquette, 11 min 30 s vous sont allouées.
Allez-y.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, merci, Mme Borrega, pour votre
intervention. Évidemment, par contre, vous allez me permettre de faire quelques
spécifications quand je vous entendais parler de surplus de places.
Malheureusement, on n'en est pas rendus là. Je rêve du jour où on sera rendu au
surplus de places, que tous les enfants auront une place dans les services de
garde. Alors, c'est mon plus grand rêve, alors espérons qu'on y arrive bientôt.
Et pour le nombre d'enfants, quand on parle du guichet — je vois que
votre position a changé au niveau de la venue de guichet — c'est
55 000 enfants seulement pour la période de la rentrée scolaire qui
quittent les services de garde éducatifs à l'enfance, donc, pour s'en aller en
réseau scolaire. Et ça, c'était des données au moment où on était à peu près
300 000 enfants dans les services de garde, aujourd'hui, on est rendus à
310 000 enfants. On continue dans cette voie-là.
Alors effectivement, je lisais dans votre
mémoire de laisser les garderies gérer leurs propres listes d'attente, comme
c'était le cas dans le passé. Alors, vous savez très bien, vous l'avez entendu,
vous êtes là depuis des années, d'ailleurs, dans le domaine des services de
garde, vous savez qu'effectivement il y a eu de nombreuses plaintes et
critiques, entre autres face à La Place 0-5, qui était plutôt un bassin qui
servait effectivement pour pouvoir combler des places. Notre objectif, un des
objectifs communs que nous avons avec vous, c'est que les places soient
comblées rapidement, donc, qu'il n'y ait pas de place libre, donc, que ce soit
de plus en plus efficace. Et le guichet nous permet justement de pouvoir aller
plus loin à ce niveau-là. Vous savez, les parents, quand ils doivent s'inscrire
dans des services de garde, faisaient face à 2 000 politiques d'admission
différentes. Alors, c'est le premier élément, le choix du parent de pouvoir
s'inscrire dans des services de garde.
Alors, souvent, les parents nous
mentionnaient à quel point c'était complexe, compliqué. Juste pour vous donner
une idée sur les critères de priorisation, 250 définitions différentes des
critères. Alors, vous comprenez que, pour les familles, c'est extrêmement
difficile. Alors, on se rappelle les travaux qui ont été faits. On a travaillé
sur un règlement, donc, pour s'assurer de voir comment ça va fonctionner avec
le guichet, pour s'assurer effectivement que les noms soient donnés rapidement
aux services de garde. On a aussi interpelé l'ensemble des services de garde
pour nous fournir leurs priorités et leurs missions. Et on a constaté qu'effectivement
près de 70 % des places étaient réservées. Alors, vous comprenez que ça
mettait beaucoup de barrières à l'entrée. Alors, ce qu'on souhaite, ce n'est
pas qu'il y ait des barrières à l'entrée, mais qu'au contraire il n'y ait pas
de place vide. Et, s'il y a des places qui prennent trop de temps, bien, ce
sont des enfants et des familles qui sont en attente. Alors pour nous, c'est
extrêmement important. Alors, j'aimerais ça quand vous me dites de
laisser la liste à chaque service de garde éducatif à l'enfance, comment vous
le voyez, parce que c'est ce qui a amené les plus grandes critiques et les plus
grands reproches de la part des parents qui avaient l'impression qu'il n'y
avait pas d'équité dans l'attribution des places au Québec. Et c'est ce qui a amené
ce chantier qui est arrivé avant moi, mais que je trouve excellent, donc, de ce
chantier, de dire qu'on devait effectivement se doter d'un guichet pour que ça
soit plus facile pour les familles, mais aussi pour les services de garde.
L'objectif est loin d'être celui d'alourdir, mais, bien au contraire, de
faciliter la vie et des parents et des services de garde.
Alors j'aimerais peut-être vous entendre
sur ce revirement, dirais-je, de dire : On ne veut plus de guichet, on
veut pouvoir procéder comme avant, à l'époque où on avait plein, plein de
critiques des parents, justement, sur cette équité à obtenir des services de
garde un peu partout au Québec, et surplus de places, jJ'imagine que vous me
parlez particulièrement de certaines régions et pour certains types de services
de garde. Alors, je vous écoute.
Mme Borrega (Mona Lisa) :
Effectivement.
M. Alahmad (Samir) : Bonjour.
Bonjour, Mme la ministre, bonjour à vous tous. Écoute, c'est sûr et certain,
depuis le début, nous on n'était pas favorables pour un guichet. On n'a pas
changé notre fusil d'épaule. La seule chose, on a dit, à un moment donné, on
est prêt à travailler avec un guichet, puis on va donner la chance au coureur.
Et malheureusement, le guichet 0-5 ans, c'est un... je ne dirais pas...
M. Alahmad (Samir) : ...un
désastre, mais c'était un flop, quand même. Elle n'a jamais bien fonctionné. À
un moment donné, ça nous a limités avec notre travail de gestionnaires.
Là, on nous propose un autre guichet.
Parfait. Mais juste pour vous expliquer une chose, c'est que l'ancien guichet,
il n'avait même pas un tiers de fonctionnalités de ce nouveau guichet et ça n'a
pas fonctionné, point de vue informatique. Nous, on se demande... et
administratif. Nous, on se demande, avec tout ce qu'on ajoute là-dedans jour
après jour, jour après jour, comment on va faire ça? Bien, le guichet va faire
ça. Comment on va faire ça? Le guichet va tout vous envoyer ça. On est très,
très, très sceptiques sur la fonctionnalité de ce nouveau guichet, et de un.
Et de deux, on ne veut pas que ce guichet,
vraiment, alourdit, alourdit pas mal parce que... Je ne peux pas rentrer dans
chaque
article de loi, je veux juste... donne un exemple vite. La gestion de
gestionnaire est déjà très lourde, là. Je vous donne un exemple. On nous oblige
maintenant de documenter chaque communication avec le parent, de documenter
tout, tout, tout, un par un, et on garde ça pendant six ans. C'est un exemple
parmi d'autres. Mais là, qu'est -ce qu'on fait? Ça veut dire... Six ans,
pourquoi, là? Un moment donné, un inspecteur, il va venir me voir cinq ans plus
tard : Aïe! Pourquoi vous avez accepté? Montre-moi ces choses-là. Est-ce
que les parents sont là pour témoigner? Cette lourdeur administrative, cette
lourdeur administrative, à un moment donné, il faudrait qu'on soit conscients
sur une chose... Nous, on ne veut pas qu'on crée des places vides. Parce que,
malheureusement, de la façon... on a tout analysé, ça va créer des places vides
entre deux enfants, entre trois enfants... entre deux enfants, ça va créer...
Comme, avant, je pourrais avoir trois enfants en même temps sur ma liste. Je
peux communiquer avec les trois en même temps et je dis : Il y a une
possibilité d'une place, il y a une possibilité d'une place, puis on dit au
parent : Regarde, qui disponible. Il y a beaucoup de parents, on appelle,
c'est le répondeur. L'autre parent, il a trouvé des places. À un moment donné,
parmi ces trois parents, qui qui rentre le premier? Bien, regarde, il y a de la
place, puis on va dire : Écoute, je m'excuse, là, mais vous êtes le
deuxième. Ces petites choses puis... ça va faire en sorte que ça alourdit
énormément notre gestion, ça alourdit énormément. C'est-à-dire, ça met en
risque un peu qu'on comble les places le plus vite.
Nous, notre objectif, Mme la ministre,
vous le savez très bien, on a discuté à plusieurs reprises, notre
objectif : on ne veut pas des places vides, on ne veut pas des places
vides puis on veut aussi une autre chose, on veut qu'on n'alourdit pas notre
gestion. Ça fait que je vous ai donné un exemple, de prendre des notes puis de
prendre... on dirait que ça me prend quelqu'un à temps plein pour je ne sais
pas quoi, pour commencer à commencer à documenter toute, toute, toute
l'affaire.
Et là où je veux ajouter encore un peu plus...
Mais là on dit, dans le préambule de ce projet de loi no 95, qu'on peut aller
jusqu'à révoquer un permis parce qu'on n'a pas suivi les règles de jeu. Nous,
on trouve... on trouve que, vraiment, à un moment donné, les sanctions doivent
suivre la... doivent suivre l'infraction, c'est-à-dire c'est drastique. C'est
mettre le monde hors jeu, comme on dit, mettre du monde en faillite parce que,
pour une raison ou pour une autre, on a admis un enfant, là, ce n'est... pas de
la bonne façon... tout ça ensemble... puis, après ça, on dit... Je reviens
là-dessus, je reviens là-dessus : dans les services de garde, Mme la
ministre, dans les services de garde, peut-être, il y a 50 000 personnes qui
changent... qui vont changer des choses, mais les trois quarts de ces enfants,
c'est la fratrie, les enfants des employés et des ententes à droite puis à
gauche. Dans nos services de garde à nous, je suis sur le terrain, on gère des
services de garde. Bon an, mal an, chaque année, on a sept... six, sept enfants
qu'on va aller chercher de l'extérieur. Et puis ce que je trouve que... On
peut, oui, on est pour la transparence, on ne veut pas être... des passe-droits
à droite puis à gauche, mais on peut tu avoir quelque chose que... gérable,
qu'on est capable de vivre avec? Parce que je trouve que ce qu'on me propose,
surtout... Là, on vient d'introduire la mixité sociale, on n'a jamais parlé de
ça. Travailler trois ans sur une chose... On n'est pas contre ça, au contraire,
on est pas mal pour le principe de ce projet de loi, on est tout à fait pour le
principe, mais c'est la fonctionnalité qui nous dérange vraiment.
• (12 h 50) •
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup. Quand on parle de mixité sociale, vous savez, c'est peut-être après
avoir constaté des CPE entièrement de garçons ou de filles, où il y avait une
discrimination d'origine ethnique à l'entrée. Alors, malheureusement, trop
d'exemples comme ça. Alors, l'objectif, c'est vraiment de s'assurer justement
que des critères comme on a vus, qui étaient basés sur l'origine ethnique, sur
la langue, sur la religion, déterminaient qui pouvait entrer ou non...
Mme Roy (Verchères) : ...le
service de garde. Ce n'est pas ce qu'on souhaite au Québec dans des services
subventionnés. On a le même objectif, combler rapidement les places. Je peux
vous assurer que je ne veux pas qu'il y ait de places libres, aucune. Je veux
qu'on puisse les combler. Autant pour vous, pour nous que pour les familles, je
pense que c'est très important. On va travailler avec vous, effectivement. On
va continuer au niveau de la fonctionnalité du guichet. On va le partir pour
s'assurer de façon séquentielle... Vous allez avoir le temps de véritablement
bien y travailler, de bien comprendre l'outil, de le travailler au maximum.
Donc, ça, je pense que c'est des éléments qui sont importants.
Je prends bien en note la lourdeur des...
administrative que vous craignez. Je pense qu'on va en tenir compte pour
justement s'assurer... Notre objectif, c'est d'être plus efficaces, non pas
d'être plus lourds.
Le six ans, c'est la norme qui est
appliquée généralement. Dans tous vos dossiers, au niveau du ministère de la
Famille, vous devez conserver vos archives, tant administratives qu'autres,
pour le ministère. C'est déjà la norme qui est appliquée. Mais on va voir à ce
qu'il y ait des moyens d'assouplir. Je pense que votre préoccupation est bien
entendue pour qu'on puisse assouplir les choses. Mais ce que l'on souhaite
avant tout, avec ce projet de loi, c'est d'avoir une meilleure équité, d'avoir
une véritable mixité sociale et qu'on puisse s'assurer que nos familles ont
accès aux services de garde. Dans certaines régions, ce n'est pas des places en
surplus auxquelles on fait face, mais c'est des places réservées tout autour
d'où on vit, d'où on travaille, d'où on étudie. Alors, ça devient difficile
aussi pour les familles.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la ministre. Alors, je me tourne du
côté de l'opposition officielle avec la députée de Westmount-Saint-Louis. Vous
avez sept minutes 4 s.
Mme Maccarone : Merci
beaucoup. Bonjour, M. Alahmad. Bonjour aussi à Mme Borrega.
Mme Borrega (Mona Lisa) : Bonjour!
Ça fait plusieurs fois.
Mme Maccarone : J'ai quelques
questions pour vous. Évidemment, vous savez que la cause des enfants avec des
besoins particuliers puis l'accès de nos services de garde est un enjeu qui me
préoccupe depuis très, très, très longtemps, probablement depuis notre première
rencontre en 2018. Alors... Puis j'étais vraiment contente de voir tout le
rassemblement, tout le réseau en entier qui avait fait une demande en ce qui
concerne l'accès aux subventions, ainsi qu'un rehaussement du financement pour
l'inclusion de ces enfants dans notre réseau de services de garde éducatifs à
l'enfance.
Alors, je voulais savoir, un, si vous avez
reçu une réponse du gouvernement. Parce que je comprends que, lors du dépôt du
budget, ils ont refusé votre seule et unique demande de subvention. Mais est-ce
que vous avez aussi proposé que la subvention suis l'enfant et non
nécessairement l'installation? Ça fait que c'est... c'est deux questions dans
une réponse. Peut-être, Mme Borrega, parce que vous l'avez adressée dans vos
remarques.
Mme Borrega (Mona Lisa) : Bien,
premièrement, vous savez, depuis... depuis la pandémie surtout, là, il y a une
grosse augmentation des enfants à besoins particuliers dans nos installations.
Et malheureusement il y a une énorme baisse des éducatrices qualifiées. Et on
n'arrive pas à avoir aussi des éducatrices spécialisées. Il y a beaucoup,
beaucoup de travail à l'interne qui se fait quand on a un enfant à besoins
particuliers. Il y a... On demande... On demande une subvention pour son
intégration. Et le parent... le parent pense que la subvention est mal
informée. Nous, dans un service de garde, on l'administre, cette subvention-là,
on donne des services aux parents... aux enfants, on fait des rencontres avec
les parents, on réduit des groupes, on met des éducatrices, des «shadows»
spéciales avec cet enfant-là. On fait... On obtient des services à l'extérieur
de... des orthophonistes qui vont venir former le personnel concernant ce qui
peut y avoir avec cet enfant-là. Puis, vous savez, la subvention, là, quand on
fait venir une orthophoniste à la garderie, là c'est entre 100 $ et
150 $ de l'heure, là. La subvention n'est vraiment, vraiment pas de
l'ordre.
Nous, on travaille avec les enfants, on
travaille avec notre personnel. Et puis malheureusement, c'est désolant de voir
qu'on pourrait faire tellement plus, tellement, tellement plus. Puis quand...
Moi, ça fait au-delà de 20 ans, là, que je suis dans le réseau puis que je
travaille dans mes services de garde, et puis on a fait des... on a eu des
beaux succès, vraiment des beaux succès. Et, avec les années, la technologie,
les ressources, on peut aller chercher encore plus.
Puis, ce qui me désole, c'est...
Mme Borrega (Mona Lisa) :
...quand on vient chercher l'enfant tôt , on est capable de… En bout de ligne,
c'est une économie pour le gouvernement, c'est un investissement, c'est un
investissement, non pas seulement argent, mais c'est un investissement dans le
bonheur de la vie future de cet enfant-là.
Mme Maccarone : Merci. J'ai
été surprise en passant en lisant votre mémoire que vous n'avez pas parlé de la
conversion puis l'effet pervers de non-conversion du réseau privé, pour ceux
qui le souhaitent, être convertis. Ça fait
partie des plaintes, des
préoccupations, que je reçois dans le fond, probablement le plus souvent du
réseau, pendant qu'ils sont en attente, il y a plein de fermetures. Est-ce que
ça, ce n'est plus une préoccupation ou c'est parce que vous avez jugé que ce
n'était pas pertinent pour votre mémoire en lien avec ce projet de loi?
M. Alahmad (Samir) : C'est
vraiment pour le projet de loi, comme on dit, on a beaucoup de… beaucoup de
chats à fouetter. Là, il y a énormément de dossiers, le dossier qui vous
préoccupe à coeur, puis ça nous préoccupe nous autres aussi. On a fait une
proposition non partisane au gouvernement, les 4 associations nationales,
de dire : les enfants handicapés, c'est une problématique, on doit faire
quelque chose. C'est les enfants le plus vulnérables de notre société. Puis on
veut qu'ils soient bien. C'est un investissement dans le futur,
malheureusement, c'est sûr, la conversion, nous… tient ça à coeur aussi,
l'offre de services, on tient ça à coeur, la qualité du service offert. On
tient tout à cœur, mais vraiment on a jugé pour ce projet de loi… se concentrer
un peu sur les aspects de… évidemment, de ce projet de loi.
Mme Maccarone : Une question
pour vous en ce qui concerne les places vacantes, c'était très clair, votre
témoignage, ainsi que la façon que c'est écrit dans votre mémoire. Mais ce que
vous proposez, c'est tout ou rien. Alors, est-ce que vous avez un entre-deux à
proposer? Parce que je peux imaginer, encore une fois, c'était très clair, ce
que vous avez présenté comme image, l'attente, les appels, les deux jours, le
répondeur. Ça fait que ça crée vraiment des places qui sont vacantes pour une
période de temps qui est inacceptable. Ce n'est pas ça qu'on souhaite. Ça fait
que… est-ce qu'il y a une autre solution que vous pouvez proposer, qui n'est
pas nécessairement que le guichet ne s'applique pas à vous?
M. Alahmad (Samir) : Mais
c'est sûr, dans le passé… Mme la ministre, depuis le début, on n'était pas tout
à fait d'accord, mais là, on… en même temps, on est capable aussi, si le
guichet, ce soit fonctionnel. C'est-à-dire… comme je disais l'exemple que j'ai
dit : Je peux avoir de l'accès… On a demandé ça, puis ça n'a pas été
accepté. Au lieu de m'envoyer un enfant, que j'attends pendant deux semaines,
pendant que cet enfant-là, puis va-et-vient, va-et-vient, à un moment donné,
peut-être, ça va tomber à l'eau, de nous envoyer trois noms. On a donné des solutions,
de nous donner trois noms en même temps, qu'à ce moment-là on va aller avec le
premier. Comme ça, là, là c'est minuit moins une, on a une place disponible,
envoie-nous au lieu d'un nom, trois noms. Nous, tout ce qu'on veut, que les
places soient comblées. Savez-vous dans… Premièrement, c'est l'argent du
public. Deuxièmement, nous, notre finance à nous, ça ne nous permet pas aussi
en même temps de laisser des places vides non plus.
Mme Maccarone : Peut-être une
dernière question. Il me resterait peu de temps, mais est-ce que nous avons
beaucoup de garderies privées non subventionnées? Parce que là, on parle à
l'intérieur de ce projet de loi, l'application de garderies subventionnées.
Mais est-ce qu'on avait beaucoup, dans le privé qui ont quand même un projet
plus religieux, où des éducatrices, éducateurs qui portent des signes
religieux?
M. Alahmad (Samir) : Mais
regarde, c'est sûr et certain, ce n'est pas une cachette à personne, que ça
existe, ça existe pour tout le monde, ça fait que… puis tout ce que je trouve
un petit peu… un petit peu spécial parce qu'au fil des ans, on a mis pas mal de
règlements, pas mal de lois pour encadrer ça…
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : …vous arrêter, je dois vous arrêter, le temps de l'opposition
officielle est terminé, mais on poursuit avec la deuxième opposition pour une
période de deux minutes 18 secondes. Mme la députée de Sherbrooke.
• (13 heures) •
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente. Je veux revenir sur la
partie de votre présentation où vous avez
parlé de deux critères de priorisation qui sont unanimes, là, chez vos membres
en ce moment, là, soit la fratrie, puis les enfants des employés. Est-ce que
vous nous suggérez d'inclure ces deux critères dans la liste des critères
permis? Je comprends que vous souhaiteriez qu'il n'y ait pas de guichet unique,
mais là, dans la mesure où c'est dans le sens où on travaille, est-ce que vous
voulez que ces deux critères-là soient ajoutés à la liste?
M. Alahmad (Samir) : On l'espère
bien, on l'espère bien. D'ailleurs, ils nous ont confirmé, à moins encore qu'il
y a eu du changement à ce niveau-là, mais ils ont dit : ces critères, ça
reste là, là. Ils nous ont dit : ça reste là parce que c'est majeur, c'est
majeur. Nos employés, si on ne peut pas garder leurs enfants, ils vont… ils
vont aller où? Puis deuxièmement, la fratrie, c'est vraiment… c'est
incontournable ces choses-là, selon moi. Puis, je pense, on a eu la
confirmation, puis Mme la ministre peut confirmer, que ce critère demeure,
demeure.
Mme Labrie : Parfait. Bien, je
suis contente que vous l'ayez abordé. Ça nous a permis de poser la question…
Haut de la page
13 h (version non révisé
e) Mme Labrie : ...puis la
ministre, je la vois hocher la tête effectivement pour nous dire que ce y sera,
parce qu'il y a effectivement des enjeux de recrutement de personnels puis de
logistique familiale aussi qui sont majeurs, ça fait que je vous remercie de le
soulever puis de nous permettre l'éclaircissement. Ça complète.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Oui? Parfait. Merci. Alors, on termine avec le député des Îles-de-la-Madeleine
pour 2 min 16 s.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Merci à vous deux pour votre présentation et pour la participation
à nos travaux. Ma question réfère à votre préambule d'abord. Vous parlez du
travail qui s'effectue depuis trois ans sur un comité concernant à la fois les
critères d'admission et le fonctionnement du nouveau guichet unique. J'aimerais
savoir ce qui vous surprend dans le projet de loi qu'on travaille sur un
guichet unique puis sur des critères d'admission. Alors, vous dites y avoir
pendant trois ans. De quoi avez-vous parlé pendant ces trois années-là? Et est-ce
que ça n'illustre pas justement le caractère impératif du projet de loi parce
qu'on s'est traîné les pieds pendant trois ans sur des comités?
M. Alahmad (Samir) : Écoutez,
on a travaillé pendant plus que trois ans sur ces comités-là. On a commencé de
zéro, vraiment du plancher, puis on a dit : C'est quoi les priorités, c'est
défavorisation sociale, la fratrie, les ententes avec les services de garde? On
a tout, tout travaillé, et puis on a donné un certain poids à chaque critère,
puis on a travaillé, travaillé, travaillé, puis... C'est compliqué. C'est
compliqué de faire un système informatique qui va gérer toutes ces choses là, ça
fait que nous, on n'est pas des informaticiens, mais on a... on avait un écho
comment on va à peu près gérer ça. Non, c'était utile, nos rencontres, c'était
très utile. D'ailleurs, la fratrie, puis les enfants des employés, puis d'autres,
puis d'autres, puis d'autres critères. La seule...
M. Arseneau : De façon plus
précise, monsieur, puis on a un peu de temps, j'aimerais savoir quels sont les
éléments nouveaux? Parce que moi, je pense qu'on n'est pas des informaticiens,
personne ici, là, mais de dire que c'est la fratrie, ou que c'est les enfants
des employés, ou que dire, qu'on ne doit pas discriminer sur une base de genre
ou de religion, quels sont les éléments nouveaux que vous voyez au projet de
loi qui seraient répréhensibles ou à rejeter?
M. Alahmad (Samir) : On n'a
pas dit... on a dit de la mixité sociale, on réserve 50 % de ces places-là.
On n'est pas contre la mixité sociale. La seule chose, on n'était pas assis
pendant tout ce temps-là, elle n'a jamais été mentionnée, la mixité sociale, qu'on
va réserver 50 % des places, mixité sociale. On n'est pas contre, je
répète là-dessus, on n'est pas contre, mais elle n'a jamais été soulevé, cette
question là, on l'a appris avec le dépôt de projet de loi, puis on le déplore, quand
même, c'est important, ça.
M. Arseneau : Mais... je
comprends, est-ce que vous déplorez de n'en avoir jamais parlé pendant trois
ans ou vous déplorez qu'on parle aujourd'hui de mixité sociale? Est-ce qu'il y
a quelque chose de négatif à vouloir qu'on ait une meilleure mixité sociale
dans le réseau de garde éducatif financé par le gouvernement du Québec et les
contribuables?
M. Alahmad (Samir) : On
déplore qu'on a travaillé pendant trois ans puis on n'a jamais mentionné ça. Au
contraire, c'est un élément que nous, on adhère là-dessus. On adhère à
100 % là-dessus. Mais on déplore... quand tu t'assois avec du monde, puis
que tu perdes ton temps, puis que tu travailles, puis tu essaies d'améliorer des
choses, tu apprends une chose majeure à la dernière minute avec le projet de
loi.
M. Arseneau : D'accord. Je
comprends.
M. Alahmad (Samir) : C'est
sûr que ça, on n'est pas contre, on adhère là-dessus. C'est sûr, on adhère
là-dessus.
M. Arseneau : Je comprends
également votre scepticisme sur le guichet unique, mais j'essaie de comprendre
votre point de vue. Vous avez travaillé trois ans sur un guichet unique, aujourd'hui,
on propose une façon de le créer, et vous semblez quelque part rejeter l'idée
même du guichet unique. Est-ce que c'est ce qu'on doit comprendre : vous
ne voulez pas de guichet unique, mais vous y avez travaillé pendant trois ans?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Malheureusement, le temps est complété.
M. Arseneau : Ah, désolé.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, voilà, je vous... madame, monsieur, je vous remercie
beaucoup de votre présence en commission. Ça enrichit nos travaux.
Et, pour là, je vais suspendre jusqu'à 15 heures
après les... le dîner. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 13 h 05)
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 03)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux. Alors, nous poursuivons les
consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 95,
Loi favorisant l'équité dans l'accès aux services de garde éducatifs à l'enfance
subventionnés dispensés par les titulaires de permis, un
titre très, très long.
Alors, cet après-midi, nous entendrons les
représentants des organismes suivants : l'Association des garderies non
subventionnées en installation, le Rassemblement des garderies privées du
Québec, l'association des cadres et des centres de la petite enfance et la
Fédération de la santé et des services sociaux, Confédération des syndicats
nationaux.
Alors, pour la prochaine heure, nous
recevons donc l'Association des garderies non subventionnées en installation,
représentée par M. David Haddaoui, qui en est le président, ainsi que M. Tourif
Belfaji... farji — c'est bien ça? — qui est le membre du
conseil d'administration et directeur de la région métropolitaine de Montréal.
Messieurs, bienvenue. Alors, vous allez disposer d'une période de 10 minutes
pour votre présentation, et, par la suite, nous allons discuter avec les
parlementaires. Le temps débute maintenant.
M. Haddaoui (David) : Merci, Mme
la Présidente. Mme la Présidente, mesdames et messieurs... Mmes et MM. les
députés, Mme la ministre — je ne vous oublie pas — merci de
votre invitation à cette honorable commission. Mesdames et Messieurs, le
présent mémoire vise à analyser les implications du projet de loi n° 95,
déposé par le gouvernement du Québec dans le cadre de la réforme du réseau de
services de garde éducatifs à l'enfance, intitulé la Loi favorisant l'équité dans
l'accès aux services de garde éducatifs à l'enfance subventionnés dispensés par
les titulaires de permis. Mme la Présidente, cette initiative législative s'inscrit
dans la volonté du gouvernement d'améliorer la transparence, la prévisibilité
et l'accessibilité du système des places subventionnées au Québec dans l'octroi
des subventions, et à corriger les inégalités dans l'accès aux services
subventionnés.
Mme la Présidente, l'intention est claire :
parachever le réseau en priorisant l'offre dans les milieux déjà subventionnés.
Depuis plus de... décennies, le Québec s'est engagé dans le dévoilement du
réseau de services de garde éducatifs à l'enfance misant sur l'universalité. Ce
modèle, salué au niveau international, s'est toutefois développé d'une façon
inégale au fil des ans, laissant de nombreuses régions et familles sans accès à
une place subventionnée...
M. Haddaoui (David) : ...et
surtout, je dirais, je préciserais, à contribution réduite. Cependant, une
analyse plus approfondie révèle que ce projet risque de creuser davantage des
inégalités existantes. Les garderies non subventionnées en installation,
pourtant titulaires d'un permis délivré par le ministère de la Famille et
pleinement conforme aux normes de qualité, seront exclues de... prévus dans
cette loi. Cette décision soulève de sérieuses préoccupations en matière de
justice sociale, mesdames et messieurs, de viabilité économique et de cohérence
de réseau. Il y a quelqu'un qui a dit, il y a longtemps, un écrivain anglais
qui a dit : «L'équité véritable ne consiste pas à traiter tout le monde de
la même manière, mais à donner à chacun ce qui est réellement besoin... ce
qu'il a réellement besoin. C'est notre cas aujourd'hui. Actuellement, près
de 65 000 enfants fréquentent nos services de garde non subventionnés
selon — ce n'est pas les données de l'AGNSI — selon les
données de l'Observatoire des tout-petits, 2023. Pour ces familles, le coût
moyen varie entre 800 $ et 1 200 $, ce qui constitue un fardeau
financier énorme, important, surtout dans un contexte économique et financier
actuel et inflationniste. Mesdames et messieurs, l'absence de mesures concrètes
dans le projet de loi pour intégrer ou soutenir ces milieux vient accentuer une
réforme d'exclusion institutionnelle. Historiquement, les garderies non
subventionnées ont été les partenaires essentiels dans la réponse à la crise
des places au Québec. Alors que la liste d'attente s'allongeait — et
on a vécu des périodes de crise comme ça — s'allongeait, comme je
disais, et que le réseau subventionné peinait à se développer pour des raisons
politiques, financières et des grèves, les garderies non subventionnées,
mesdames et messieurs, ont su, avec leurs propres ressources, répondre à la
demande, créer des places de qualité, embaucher des personnes qualifiées et
maintenir un service de proximité de dans leurs villes respectives.
Mme la Présidente, le présent mémoire vise
donc à analyser les impacts concrets du projet de la
loi sur... la loi 95,
pardon, sur ces milieux, et on a ...les risques économiques et sociaux associés
à la marginalisation et à proposer des recommandations pour une réforme
véritable, inclusive. Et la première recommandation que l'AGNSI peut se permettre
de faire aujourd'hui, devant cette honorable commission, c'est la conversion,
oui, la conversion des garderies non subventionnées en garderies subventionnées
apparaît non seulement souhaitable, mesdames et messieurs, mais urgente et
essentielle pour atteindre l'objectif de la loi elle-même 95, qui est la mixité
sociale d'équité, universalité visée par le projet de loi, mesdames et
messieurs.
On intègre... en intégrant, pardon,
progressivement, mais raisonnablement les garderies non subventionnées au
réseau subventionné, le gouvernement pourrait répondre à un double... pardon,
une double urgence, d'une part, soutenir la viabilité économique de ces
services fragilisés par les effets de différentes réformes qu'a connues notre
secteur, au détriment des garderies non subventionnées, je disais, fragilisés
par les effets de différentes réformes et, d'autre part, élargir concrètement
l'accès aux places à contribution réduite, mesdames et messieurs, à toutes les
familles québécoises, incluant les enfants à besoins particuliers, ceux qui...
issus du milieu défavorisé et modeste.
• (15 h 10) •
Mmes et MM. les députés, Mme la ministre,
Mme la Présidente, ce mémoire n'est autre qu'une nouvelle demande adressée au
gouvernement, aux parlementaires, aux décideurs publics, aux experts du réseau
de la petite enfance et aux familles québécoises dans une optique constructive
et coopérative. Merci.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, on va commencer, comme nous le
disions, la période d'échange avec les parlementaires. On va commencer avec le
gouvernement pour une période de... 16 min 30 s, le gouvernement
ainsi que la banquette. Le micro est à vous, Mme la ministre.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. M. Haddaoui, effectivement, je n'ai pas été
surprise par votre mémoire. Vous êtes d'une constance qui est tout à votre
honneur. Vous...
Mme Roy (Verchères) :
...vous l'avez bien mentionné, le réseau s'est développé de façon inégale au
cours des dernières décennies, ce qui a amené des situations qui, dans
plusieurs cas, ont pu défavoriser certaines garderies non subventionnées. Mais
comme vous mentionnez, la conversion est souhaitable. J'en suis et j'en suis
vraiment parce que je pense que, là aussi, il y a une question d'équité. Ce
n'est pas le sujet du projet de loi, mais je pense que c'est un élément
important de notre réseau. Ces démarches de conversion. D'ailleurs, on se
rappelle que depuis la création du réseau, il y a eu de la conversion en début,
à la création du réseau, donc, dans les années 97, 98, mais qu'il n'y a eu
aucune conversion depuis ce temps, sauf dans les trois dernières années, alors,
où effectivement on a près de 10 000 places converties. Je comprends
que ça ne va pas à la vitesse que vous souhaitez, sauf que je tiens quand même
à vous mentionner que ça demeure dans nos orientations et dans notre façon de
voir pour atteindre une plus grande équité. La situation financière fait
peut-être qu'on n'a pas le nombre de places qu'on aurait souhaité avoir à ce
moment-ci, mais je peux vous rassurer sur l'intention de continuer les
conversions, et c'est important, et qu'on comprend et on entend bien votre
message à ce niveau-là. Et effectivement, l'apport des services de garde non
subventionnés ou convertis, parce que maintenant plusieurs de vos membres sont
des services de garde qui sont convertis, est véritablement important,
important pour les services de proximité, important pour les familles et permet
aussi des choix pour les différents types. Puis moi, je le dis souvent, on a un
réseau qui est diversifié. Et ça permet des choix, justement, aux familles pour
choisir des services de garde qui répondent à leurs besoins.
Là, je vais aller plus directement.
J'avais une question plus précise au niveau de votre mémoire à la page 8,
quand vous nous mentionniez la volonté de voir les garderies non subventionnées
conclure des ententes d'accessibilité et de partenariat. C'est déjà possible
entre milieux parce que, dans le projet de loi, ce qu'on a permis, ce qu'on
permet maintenant, c'est que, par exemple, deux milieux subventionnés où on
n'avait que des poupons puis d'autres n'avaient pas de poupons, de pouvoir
faire une passerelle pour permettre à la fratrie, par exemple, d'avoir des
places d'un CPE où il n'y avait pas de poupons, à un CPE où il y aura des
poupons, alors, dans la même famille, toujours, évidemment, si c'est ce que
choisit le parent comme service de garde. Mais vous avez déjà cette
possibilité-là, vous, de faire des ententes avec d'autres garderies non
subventionnées qui, par exemple, auraient n'auraient pas de poupons, pour
répondre aux besoins de fratrie. J'aimerais ça mieux comprendre où vous vouliez
aller quand vous me parliez d'aller jusqu'à des ententes de partenariat entre les
milieux subventionnés et les milieux non subventionnés.
M. Haddaoui (David) : Allez-y.
À votre choix.
M. Belfarji (Toufik) :
Allez, allez. C'est sûr que, Mme la ministre, comme vous me l'avez mentionné,
dans le cas de l'exemple des poupons entre deux installations, par exemple,
subventionner, c'est... Mais des fois, il y a des partenariats à faire entre le
non subventionné et subventionné. Le projet de loi, il ne propose pas de
solution là-dessus. Je donne un exemple. Par exemple, le non subventionné qui a
un enfant a besoin particulier, il ne peut pas l'exporter ou il ne peut pas le
prendre en charge. Il y a des fois un CPE qu'il peut prendre en charge parce
qu'il a les moyens ou la subvention, l'allocation le permet. Donc, ce genre de
partenariat, comme exemple, et comme vous l'avez mentionné aussi tout à
l'heure, il y a pas mal de membres qui sont convertis et des propriétaires,
comme vous l'avez mentionné dans GSGF, il y a maintenant des GSGMF. Donc ça, ce
partenariat, aussi, c'est possible, et même parfois avec les mêmes des
partenaires au niveau de services sociaux, les CISSS et tout ça. Les GMF, ils
travaillent avec ces CLC et, des fois, on essaie de chercher des places,
protocoles dans le CPE, tout ça, mais le guichet, est-ce qu'il va permettre ce
partenariat? Par exemple, quand un enfant qui se trouve dans un GMF ou dans
un... Pour le transférer éventuel partenariat avec un CPE... C'est dans ce
cadre où on doit chercher. C'est ça l'objectif de ce qu'on a, ce qu'on a
proposé ici.
M. Haddaoui (David) :
Vous voyez, Mme la ministre, encore j'ajouterais à ce que dit mon collègue, il
y a un mot très important, entre guillemets, «même propriétaire». Donc, ça veut
dire, pour un propriétaire...
Mme Roy (Verchères) :
Mais est ce que ça passerait direct pour des enfants d'une garderie non
subventionnée à une garderie subventionnée?
M. Haddaoui (David) : À
une garderie subventionnée.
M. Belfarji (Toufik) : Ça
veut dire qu'au fond... qui se retrouve dans le non subventionné, que le GF
d'un propriétaire peut conclure un partenariat là-dessus.es pensionnaires?
Est-ce que le GSP, même propriétaire, peut conclure un partenariat là-dessus?
M. Haddaoui (David) :
Voilà!
Mme Roy (Verchères) : O.K.
Là, je comprends un peu plus votre demande.
M. Belfarji (Toufik) :
Ça, c'est... Quand il y a des ententes, même avec GMF, CPE, ou autre que les
propriétaires en cas de...
M. Belfarji (Toufik) : ...particulier
en cas de référence pour défavoration ou dans un cadre de partenariat avec
CIUSSS ou quelque chose comme ça.
Mme Roy (Verchères) : O.K.
Mais vous avez des services de garde non subventionnés qui ont des ententes
avec des partenaires, par exemple, pour les enfants à besoins particuliers,
avec des organismes ou...
M. Belfarji (Toufik) : Bien,
ce n'est pas toujours facile. Donc, l'accès déjà aux services des CLSC ou des
CIUSSS, c'est très difficile à cause des ressources qui est manquantes dans les
services sociaux, ça, on le sait, dans notre réseau. Et nous, on n'est pas
subventionnés, donc c'est très difficile. Ça, c'est un.
Et, deux, le partenariat, ça se fait
surtout avec les subventionnés dans le cadre de places protocole, par exemple,
ou dans le cadre de suivis dans des allocations ou dans quelque chose comme ça
dans les subventionnés. Mais, les GNS, ils n'ont pas les moyens pour y aller
chercher ce partenariat comme le milieu subventionné. C'est difficile.
Mme Roy (Verchères) : Oui.
Mais vous... Puis, pour la passerelle dont vous me parlez, vous ne voyez pas de
problématique de dire que : Bien, ce qui éviterait... j'oserais le dire
comme ça, là, ça permettrait ou ça éviterait de passer par un guichet puis par
la liste d'ententes centralisée, s'il y avait ce type d'entente là entre des
subventionnées et des non-subventionnées?
M. Haddaoui (David) : En
réalité, il n'y a pas de... comment dirais-je, d'entente entre les garderies
non subventionnées et que ce soient les villes, que ce soit... c'est rare,
rare, rare qu'on peut trouver une collaboration étroite, une garderie non
subventionnée, un organisme. D'abord, le problème majeur, c'est quoi, c'est
moyens de financement. Donc, les gens s'occupent beaucoup plus de leur cuisine
interne pour survivre que d'aller chercher des partenariats, alors que c'est
problématique. Et les garderies non subventionnées, comment elles réagissent,
c'est qu'elles s'attendent à ce que les parents tapent à leur porte pour qu'ils
puissent les inscrire ou aller chercher un enfant dans le guichet... guichet
Place zéro-cinq, que l'AGNSI, depuis pratiquement 10 ans, j'ai dénoncé
personnellement, et toute l'AGNSI a dénoncé la façon de fonctionner, la Place
0-5. On n'a jamais été d'accord avec ça. Et la recommandation que j'avais faite
à l'époque, personnellement, à votre prédécesseur, c'est de rapatrier la au
sein du ministère. On se... On a applaudi pour ça.
Maintenant, le problème des ententes,
c'est que... pourquoi on a soulevé ça exactement, parce qu'il y a des
propriétaires qui ont été convertis. Voyez-vous, là? Donc, ils se trouvent avec
une garderie subventionnée, avec peut-être un protocole, un futur protocole, et
ils ont une autre garderie qui est fonctionnelle avec la loi concernant la
Place zéro-cinq et maintenant guichet unique parce qu'on va piger dans la
liste, à ce moment-là, il se peut qu'il y ait des enfants, des fratries qui
sont répartis entre deux garderies, et la majorité du temps, sont à peu près à
deux ou un kilomètre près l'un de l'autre. Nous pensons qu'il est impératif que
les garderies non subventionnées aient une entente avec une garderie...
propriétaire pour qu'il puisse avoir cette mixité-là et soulager le parent, en
principe.
Mme Roy (Verchères) : Mais ça
ramène ma question sur l'équité, le fait que ça créerait une passerelle par
exemple pour le parent qui serait dans une garderie non subventionnée pour être
transféré en dehors de la liste d'attente, par exemple, dans une garderie
subventionnée. Non?
M. Haddaoui (David) : Mais
vous avez évoqué tout à l'heure qu'il faut des... il y a des règles quand même,
et... commission tout à l'heure, qu'il n'y a pas de... Moi, je ne suis pas
d'accord pour qu'on exclue des règles primaires en ce qui concerne
l'attribution des places. Ça, c'est définitivement. Mais, dans le cas de
partenariats, bien, il y a aussi des règles à tracer, dans quels cas on peut,
le partenariat, pour être efficaces et pour ne pas détourner, n'est-ce pas, ne
pas détourner la loi d'une manière ou d'une autre...
• (15 h 20) •
M. Belfarji (Toufik) : Si
vous permettez, dans le projet de loi, on propose partenariat entre GS-GS, même
propriétaire. Il y a des GS-GNS, même propriétaire. Pourquoi ne pas avoir la
même chose?
M. Haddaoui (David) : Aussi
simple que ça.
Mme Roy (Verchères) : J'avais
une autre petite question concernant le fait que... la possibilité, par
exemple, pour des garderies subventionnées de se désubventionner dans des cas
où il n'y aurait pas ce respect des règles de laïcité qu'on veut implanter.
Alors, vous m'interpeler là-dessus, puis je vous vois, puis, en même temps,
vous me parlez de la libre entreprise. Ça fait que j'essaie de bien comprendre
votre position, là.
M. Haddaoui (David) : On s'y
attendait à cette question, c'est sûr et certain. On... Et je vais vous dire
une chose. On a été échaudés, de plus de 10 ans de ça, d'être traités les
poubelles de services de garde parce qu'on manquait de qualité, alors que les
garderies non subventionnées, c'est l'enfant pauvre de ce réseau. Le ministère
ou le gouvernement n'a jamais pris la peine d'investir un sou dans les garderies
non subventionnées en matière de qualité. Alors, quand les gens me parlent de
qualité, je dis : Je comprends. Et je suis quelqu'un, un farouche
défenseur de la qualité, du moment qu'on nous donne de l'argent pour qu'on
puisse former...
M. Haddaoui (David) : ...et
accompagne les éducatrices pour qu'elles puissent être au niveau de la qualité
demandée par les instances.
Alors, le problème qu'on a dans ce
projet-là... Je ne voudrais pas qu'elle agit ainsi dans sa globalité, je ne
voudrais pas que... Si les gens veulent fuir la mixité sociale, ils vont
aller... dans les garderies non subventionnées pour une raison, et après 10 ans
ou cinq ans... dire : Bien oui, les garderies non subventionnées, bien,
elles n'ont pas de qualité, et en plus il n'y a pas de mixité sociale. Et ça...
c'est pour ça qu'on est contre cet
article que les gens reviennent en arrière,
et je ne comprends pas pourquoi les gens et le gouvernement ne mettent pas des
choses, des barèmes pour que les gens restent subventionnés. S'il ne veut pas,
ça reste... rester subventionné parce qu'on retire un permis, qu'on le donne à
quelqu'un d'autre. Je m'excuse de parler comme... allez-y.
M. Belfarji (Toufik) : La
conversion inverse de GS aux milieux subventionnés vers GNS, nous, ça... On ne
veut pas être un refuge pour les gens, comme il a dit, qui ne respectent pas la
mixité sociale sociale imposée par le projet de loi no 95. Et on ne veut pas...
l'exemple, il y avait l'article de la Presse... CPE... On ne veut pas qu'encore
soit collé dans les GNS, parce qu'on sait, après... ah! vous avez déjà, comme
il l'a dit, des enjeux, et maintenant c'est un enjeu qui va être sur la place
publique, comme quoi ces services de garde, c'est... eux, c'est l'échappatoire
à un comportement de favoriser certains enfants par la langue, par la religion,
par la proximité ou quelque chose comme ça.
Et ça, c'est comme déplacer un problème,
où l'État finançait ces milieux, à un milieu... le déplacer pour le mettre dans
un... pour les garderies, le réseau des non subventionnées. On sait qu'il n'y a
pas de lien à financer, mais ça reste dangereux pour l'application... dans le
projet de loi, de la mixité sociale. Donc, la solution, toujours, c'est que
tout le monde soit uniforme, subventionné, tout le monde va respecter loi.
M. Haddaoui (David) : Converti.
Mme Roy (Verchères) : Merci
beaucoup! Merci beaucoup, puis je ne peux que féliciter votre volonté de
continuer à travailler au niveau de la qualité. s vous êtes un partenaire qui,
effectivement, souhaite la qualité dans l'ensemble du réseau. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci, Mme la ministre. Je vais reconnaître la députée de
Châteauguay pour quatre minutes.
Mme Gendron : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. Belfarji, bonjour, M. Haddaoui. Très contente de vous
recevoir ici, à Québec, aujourd'hui. Merci d'avoir fait le déplacement.
J'avais une petite question. En
introduction, dès l'introduction, vous mentionnez que le projet de loi, bon,
s'adresse seulement aux installations, CPE et les garderies subventionnées, et
que ça contribue à maintenir une iniquité. J'aimerais savoir, vous êtes donc
favorable à ce que l'encadrement de la loi s'adresse également aux garderies
non subventionnées? C'est ce que je comprends.
M. Haddaoui (David) : Bien,
définitivement. On n'a jamais voulu être en dehors de la loi. Et, bien sûr, si
on veut être... Je crois que l'objectif de la loi, c'est une harmonisation
générale de nos réseaux de la petite enfance. On ne peut pas mettre quelque
chose juste pour une
partie et laisser une
partie en dehors. Ça va créer. Moi,
je suis persuadé, et je vous dis solennellement, Mmes et MM. les députés, Mme
la ministre, Mme la Présidente : Si on continue comme ça, dans 10 ans,
cinq ans, on va revenir avec une autre loi pour remédier aux problèmes qui vont
surgir de cette loi. C'est définitif.
Donc, alors, ce que je veux apporter ici,
si on peut... et ramener les modifications nécessaires pour qu'on ne puisse pas
encore, dans cinq ans, dire : Ah! ça ne marche pas, il faut refaire tout,
je pense qu'il faut englober tout le monde. Et le seul moyen, comme il a dit,
mon collègue, tout à l'heure, d'englober tout le monde, vous le connaissez, le
mot qui existe, c'est la conversion. On n'a pas de choix: ramener tout le monde
dans le même bercail et mettons une seule loi pour gérer tout le monde. Moi, je
suis d'accord pour ça.
M. Belfarji (Toufik) : ...par
rapport à votre question, je veux faire référence au point 11 du Grand
chantier, l'équité. L'équité, ça vise la conversion. Donc, Mme la ministre, ce
matin, elle a dit le mot clé, c'est l'équité. Donc, toujours, l'équité pour
toute la famille, c'est que tous les enfants du Québec aient placent à
contribution réduite.
Et dans votre question, est-ce que le
projet de loi, on doit élargir dans le non subventionné... On sait tous que ce
n'est pas possible parce qu'on ne finance pas les places du non subventionné,
aucun lien financier avec le gouvernement. Donc, pour appliquer le projet de
loi no 95 pour tout le réseau, il faut qu'ils soient... C'est ça, la condition.
Et la seule solution, c'est convertir, garderies subventionnées, ou même en
CPE, ça dépend du choix des propriétaires.
Mme Gendron : Je suis
curieuse. Est-ce que, dans le réseau des garderies non subventionnées, vous
trouvez encore des garderies qui ne veulent pas faire
partie de ça, où ils
veulent une autonomie, là, complète...
Mme Gendron : ...tu sais, je ne
suis pas courant. Est-ce qu'il y en a encore aujourd'hui qui désirent vraiment?
Mais comme vous disiez un peu plus tôt, vous favorisez la qualité, et tout ça,
puis ça, je le comprends bien. Donc, peut-être que c'est des gens qui n'ont pas
les mêmes nécessairement objectifs, mais est ce que vous le voyez dans votre
quotidien des garderies non subventionnées qui désirent vraiment leur autonomie
complète?
M. Belfarji (Toufik) : Oui,
ça existe...
Une voix : ...
M. Belfarji (Toufik) : ...ça
existe, mais c'est dans des régions où il n'y a pas des places subventionnées,
ça veut dire, eux, ils