Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 4 June 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2025-06-04
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles - Assemblée nationale du Québec
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32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
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16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
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13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
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12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
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Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 4 juin 2025
Vol. 47 N° 73
Étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
Journal des débats
11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures quarante-trois minutes)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Rivest (Côte-du-Sud) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud) et M. Ciccone (Marquette), par Mme Garceau
(Robert-Baldwin).
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous étions à l'étude de l'article 35
tel qu'amendé, parce que nous avons donc adopté hier, notamment, un amendement.
Par ailleurs, je vous rappelle que l'étude
des articles 36, 39, 111, 112 et 129.1 est suspendue.
Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 35
tel qu'amendé? M. le député de Jean-Talon, il vous reste un peu plus de deux
minutes sur cet article.
M. Paradis : Donc, mais là...
Donc, on est toujours sur la discussion de l'ensemble de l'article 35,
hein?
Le Président (M. Montigny) : De
l'article 35.
M. Paradis : Très bien. Je
supposais... En fait, j'ai eu un échange avec vous, Mme la ministre, hier, et j'indiquais
que de permettre à Hydro-Québec de transférer ses manques à gagner aux
consommateurs québécois, ça lui permet de justifier de meilleurs revenus, et je
m'inquiétais du fait que les... la rémunération de la haute direction d'Hydro-Québec
est liée justement à la maximisation des revenus, c'est vous qui l'avez
confirmé hier. Alors, moi, je vois qu'il y a là un risque. Mais vous, vous nous
avez dit hier que le projet de loi n° 69 doit être adopté parce que ça va
nous permettre d'épargner 6 milliards de dollars. Est-ce que vous
pouvez nous dire, par exemple, cet article-ci, en quoi ça va nous permettre d'épargner
6 milliards de dollars?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Mme la ministre, je vous laisse la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci, M.
le Président. En fait, les épargnes qui ont été... les économies qui ont été
évoquées dans les sorties de presse hier sont en lien avec la mise en œuvre
notamment de la stratégie éolienne, donc, par exemple, le fait qu'Hydro-Québec devienne
maître d'oeuvre des projets, le fait qu'il y ait une création de 1 000 emplois
qui soit devancée, particulièrement en région, sur la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean,
Bas-Saint-Laurent, Gaspésie. Donc, c'est les éléments qui sont à la source de
cette économie-là.
M. Paradis : Mais l'article
qu'on étudie, là, en quoi il va nous permettre d'épargner 6 milliards de
dollars? Ou quel
article du projet de loi n° 69 est absolument essentiel à
ce qu'on avance cet été, là, alors qu'Hydro-Québec a déjà lancé ses projets,
que la stratégie éolienne est annoncée, là, quel
article vous devez faire
adopter par bâillon pour qu'on épargne 6 milliards cet été?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : On n'a pas
indiqué que c'était 6 milliards cet été, là, d'une part. Alors, notamment,
le fait qu'Hydro-Québec puisse mettre en place rapidement son plan de
développement d'ici 2035, ça, ça va générer des économies importantes au
Québec. Ça va nous permettre de devancer également l'obtention des... par
exemple, des éléments d'efficacité énergétique qui sont attendus de ce plan de
développement là. On vient débloquer aussi plus rapidement des mégawatts liés à
des... de l'énergie éolienne. Donc, c'est des exemples. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Paradis : C'est
intéressant, la réponse de la ministre. Elle nous dit : On n'a pas dit cet
été. La différence entre un bâillon, pas de bâillon, c'est cet été. Nous, on
dit : On a beaucoup de travail encore à faire, ça doit se poursuivre l'automne
prochain. Vous allez nous imposer un bâillon, parce que, là, tous les signaux
sont là. Quel
article est nécessaire pour que des projets avancent cet été? Qu'est-ce
qui va se passer entre aujourd'hui ou samedi, le 7, parce que ça va être ça, un
bâillon, puis la Saint-Jean-Baptiste, là, que, vraiment, là, tout le monde
attend ça pour développer des chantiers? Quel chantier va se développer cet été
et quel
article du projet de loi n° 69 est essentiel à ce que ça arrive?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui. M. le
Président...
Mme Fréchette : ...ce que je
rectifiais, c'est le fait que les 6 milliards d'économies ne viendront pas
dans le courant de l'été. Ça va démarrer des projets à partir de cet été. Mais
je précise simplement que, les 6 milliards, ce n'est pas cet été qu'ils
vont être économisés dans leur ensemble. C'est le début d'une stratégie de
devancement qui nous permet d'accélérer les projets. Et, dans le contexte
actuel, particulièrement quand je vois le premier ministre Carney, par exemple,
dire qu'il faut développer des corridors énergétiques, bien, c'est intéressant
d'aller de l'avant.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Paradis : Donc, je
comprends que la ministre n'est pas capable de nous dire que le présent
article
ou un quelconque
article du projet de loi n° 69 est essentiel à ce que des
projets démarrent cet été. Parce que c'est ça la différence. Bâillon, pas
bâillon, c'est cet été.
Nous, on a dit : On a encore beaucoup
de travail à faire, beaucoup de travail. Puis la ministre le sait, on travaille
dur pour débusquer, ici, qu'est-ce qu'on va faire avec chacun des articles.
Est-ce que cet article-ci... Quel
article du projet de loi n° 69 est absolument
essentiel à ce qu'il se passe des choses cet été, si vous le voyez vous-même
dans le long terme?
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
prétendu que chacun des articles permettait ça. C'est un tout. Le projet de
loi, c'est un tout, et l'ensemble nous permet d'aller plus avant, de moderniser
notre cadre énergétique, de s'inscrire dans la transition énergétique. Et, ça,
c'est crucial. C'est crucial pour qu'on puisse de l'avant... aller de l'avant
avec le développement à la fois des régions, à la fois des emplois et de
l'économie, et que ça améliore notre positionnement stratégique.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre. Malheureusement, M. le député, il ne vous reste plus de temps
pour l'article 35. M. le député de Maurice-Richard a demandé la parole et
ainsi que notre cher collègue. Mais M. le député de Maurice-Richard était
avant. Je vous laisse la parole.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Pour rassurer mon collègue du Parti québécois, j'allais exactement
dans le même sens. Si on peut savoir... Bon. On comprend maintenant de ce qu'on
entend, c'est que ce n'est pas cet été qu'on économise 6 milliards. Ça
aurait été difficile à faire de toute façon. Mais c'est quel
article nous
permet d'économiser 6 milliards de toute façon? Juste si on peut
comprendre exactement de quoi on parle.
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, bien sûr que ça débute cet été, mais on ne vient pas ramasser
l'ensemble des économies dès cet été. Je pense que c'est assez facile... facile
à comprendre. Mais, dans le projet de loi, il y a des... il y a des éléments,
notamment concernant les approvisionnements, les approvisionnements
énergétiques, qui vont permettre des partenariats, qui vont permettre de la
flexibilité, qui vont permettre d'aller plus rapidement de l'avant avec les
développements. On va sauver par exemple du temps en matière des autorisations
pour le développement de parcs éoliens, ça va nous permettre d'aller capter à
la fois de l'énergie éolienne plus rapidement, créer des emplois également plus
rapidement. On parle de 1 000 emplois en lien avec le développement
du plan. Donc, voilà, il y a... il y a plusieurs éléments qui vont être...
pouvoir être activés dès cet été grâce à l'adoption d'un projet de loi.
• (11 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. Bouazzi : Donc... Merci,
Mme la ministre. Je ne comprends toujours pas quel article. Par exemple, vous
avez parlé de créer 1 000 emplois. Quel l'article permet de créer
1 000 emplois? Je suis un peu perdu, là, parce qu'Hydro-Québec a déjà
annoncé toutes sortes de choses, là, que ce soient des lignes qui viennent du
nord, que ce soient des partenariats avec les Premières Nations, bien des
affaires. 6 milliards, c'est... c'est... c'est énormément d'argent. Ça
fait que, O.K., bon, déjà, créer 1 000 emplois, ce n'est pas
économiser 6 milliards, mais qu'on prenne l'un ou l'autre, là, quel
article?
Parce que moi, ce que je proposerais à mes
collègues, c'est de sauter vers ces articles le plus vite possible pour nous
faire gagner... nous faire comprendre comment on gagne 6 milliards, là. Je
veux dire, si c'est ça que ça prend, je suis sûr qu'on pourrait se convaincre
toutes et tous d'aller vers ces articles qui nous font gagner 6 milliards
ou qui créent 1 000 emplois.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Par
exemple, ne pas prendre un élément qui est important dans le développement de
notre futur développement énergétique, c'est la collaboration avec les
Premières Nations. Bien, je pense qu'avec l'inclusion d'un certain nombre de
références aux Premières Nations, on va pouvoir accélérer le développement
énergétique et faire en sorte de convenir également d'ententes de partenariats
qui sont essentielles, essentielles pour la mise en place de nos... de nos
projets et le renforcement de la place de l'éolien dans le cadre du
développement énergétique québécois. Donc, ça, c'est un exemple.
M. Bouazzi : Mais, Mme la
ministre, là on parle bien de la production, là? Vous parlez des parcs éoliens,
c'est la production. Aujourd'hui, il n'y a rien qui empêche, nous, on oserait
dire malheureusement, que...
M. Bouazzi : …on laisse plus
de place au privé, mais on pense qu'il y a d'autres moyens de dédommager les
Premières Nations, les municipalités à travers des loyers, des genres de
rentes, sans avoir à privatiser la production d'électricité. Mais aujourd'hui,
là, des exemples où les Premières Nations sont partenaires pour la production,
il y en a plein. Vous parlez tout le temps de la Régie de l'est. Il y en a
aussi au niveau de l'Alliance de l'Est. Il y en a plein au niveau de l'Alliance
de l'Est. Qu'est-ce que… qu'est-ce qui fait que, tout d'un coup, on est plus
capable de faire des alliances et de créer des coquilles financières dans le
gouvernement, pour… énergie et les Premières Nations sont co-actionnaires? Je
veux dire, ça existe déjà, non?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Ce que je
dis, c'est que le projet de loi vient poser les bases d'un partenariat resserré
avec les Premières Nations, et c'est crucial, c'est essentiel pour la poursuite
de nos projets. On le sait, on en a discuté régulièrement qu'il faut avoir une
approche de collaboration. Je pense que les références que l'on a faites aux
Premières Nations, dans différents articles, et l'esprit aussi qui se dégage de
ce renouveau-là, va faciliter, favoriser la réalisation plus rapide de projets
qui requièrent leur partenariat, qui requièrent leur collaboration. Donc, ça,
c'est… c'est un des éléments qui fait
partie de la donne.
M. Bouazzi : On est... on est
9 millions de Québécois et de Québécois, là, c'est 6 milliards, je
n'ai pas fait le calcul, mais disons que c'est 700 $ par personne, là, ça
fait quand même beaucoup d'argent. Je n'ai toujours pas entendu quel
article
nous permet d'économiser autant d'argent, là. Est-ce que vous pourriez… Parce
que, très sérieusement, moi, je proposerais qu'on saute à ces articles-là qui
nous permettent de gagner autant d'argent, le plus vite possible, là, pour même
les améliorer, pour qu'on en gagne 10, 12, des milliards. Pourquoi juste 6, là?
Le Président (M. Montigny) : …alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien, j'ai
déjà répondu. Merci.
Le Président (M. Montigny) :
Bien.
M. Bouazzi : Bien, en tout
respect, je n'ai pas entendu un seul numéro d'article à date, là. Ça fait que,
comme l'idée, c'est de dire quelle
partie du projet de loi… Parce que ce n'est
clairement pas l'article qu'on est en train d'étudier actuellement, ça fait
qu'il y en a… il y en a… il doit y en avoir un, quand même, deux, trois, 10, je
ne sais pas, là, mais peut-on avoir la combinaison des articles qui nous permet
d'économiser 6 milliards, là? On est devant une situation où on annonce
qu'on double Hydro-Québec sans aucune équation. On… On annonce qu'on va gagner
6 milliards sans aucune… on annonce qu'on va bloquer les augmentations
d'électricité sans aucune équation sur la table. À un moment, là, on est-tu
capables d'avoir un minimum de sérieux étant donné la quantité d'argent qui est
en jeu, étant donné le rapport affectif que nous avons, toutes et tous, avec
Hydro-Québec, étant donné les enjeux qui sont… Je ne comprends pas comment
c'est possible de continuer à faire des affirmations comme ça. Même… il
faudrait juste arrêter, là, si on n'est pas capable de démontrer, même en… ça
fait que je continue à attendre un numéro d'article ou une série d'articles qui
nous permettrait d'expliquer comment est-ce que la ministre nous dit qu'on va
gagner 6 milliards de dollars.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
D'autres interventions? Mme la ministre.
Mme Fréchette : …que j'ai
mentionné que c'était un tout, le projet de loi, que c'est dans une multitude
de dimensions que ça se retrouve, cette possibilité de générer plus rapidement
des retombées. Je faisais référence notamment aux articles qui font référence
aux ententes avec les Premières Nations, également sur les approvisionnements.
On a également des articles sur la sobriété énergétique, on a l'inclusion de la
sobriété énergétique, l'inclusion de l'efficacité énergétique, dans ma mission,
dans celle de mon collègue à l'Environnement, dans celle d'Hydro-Québec, dans
celle de la régie. Ça, ça forme un tout. Et c'est ça qu'il faut mettre en
place, mettre en œuvre pour générer des projets en plus grande… plus grand
volume et également de manière accélérée. Merci.
M. Bouazzi : Je rappelle
quand même que, dans le projet de loi au complet, de plus de 150 articles,
le mot «sobriété» n'existe pas. C'est intéressant qu'un des arguments que Mme
la ministre nous donne aujourd'hui, c'est l'importance de la sobriété. C'est
bien la preuve que l'importance du travail parlementaire, malgré toutes les
frustrations associées à notre travail à nous du côté de l'opposition, peut
quand même être utile. Et donc ce serait donc bien dommage de ne pas pouvoir
améliorer le reste du projet de loi, étant donné qu'un de ses arguments pour
dire que c'est un bon projet de loi, c'est quelque chose que les oppositions
ont apporté, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, je
voudrais quand même souligner que le concept de sobriété énergétique existait
dans une référence du projet de loi. Donc, par conséquent, il était présent, de
même que l'efficacité énergétique et la conversion énergétique, on l'a tout de
même inclus, de manière plus claire, mais c'était déjà présent dans le concept
de la… soutenant le projet de loi…
Le Président (M. Montigny) : ...très
bien. Oui, M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je vais continuer un peu sur une annonce qu'honnêtement j'ai
trouvé un peu étonnante hier, quand le journaliste, Nicolas Lachance, le
Journal de Québec , a écrit un
article avec un
titre qui dit : Loi
sur l'énergie : un bâillon... pour des économies de 6 milliards .
Je veux dire, bien, c'est bien intéressant. Pourquoi Hydro-Québec n'a pas...
nous avisé dès la première journée qu'on a commencé cette étude détaillée? Ça
tombe dans la dernière semaine. Bien intéressant.
J'ai écouté avec attention la discussion,
Mme la ministre, que vous avez eue avec mon collègue de Jean-Talon, parce que,
dans l'article, c'est écrit que, selon les sources d'Hydro-Québec, d'attendre
six mois supplémentaires coûterait 6 milliards aux Québécois d'après les
estimations d'Hydro-Québec. J'ai trouvé ça un peu difficile à comprendre que ça
va mettre à risque 6 milliards de dollars de projets. Les calculs
viennent d'où exactement? Et, Mme la ministre, si je comprends bien, si ce
projet de loi n'est pas adopté aujourd'hui, il n'y a aucune question qu'on va
perde 6 milliards de dollars dans les économies. Ça, c'est sur l'échelle
globale, comme vous avez mentionné, c'est bien correct? Je comprends bien
qu'est-ce que vous avez dit?
Le Président (M. Montigny) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, je
mentionnais que le début du processus d'obtention d'économies, ça débute cet
été avec la mise en place déjà de projets qui vont nous permettre d'aller plus
rapidement sur la stratégie éolienne. La stratégie éolienne, elle est d'une
valeur de 30 milliards de dollars et on va pouvoir économiser
20 % de l'équivalent de la valeur de cette stratégie-là, notamment parce
qu'Hydro-Québec devient maître d'oeuvre des projets éoliens, également parce
qu'on resserre les relations avec les Premières Nations, donc on peut favoriser
la signature d'ententes, même chose pour les municipalités. Donc, voilà, c'est
un ensemble d'éléments, d'atouts qui nous font obtenir ces impacts.
M. Kelley : Parfait. Mais il n'y
a aucune question, si ce projet de loi n'est pas adopté avant vendredi, qu'on
va perdre 6 millions de dollars en... des économies... 6
milliards de dollars en économies. C'est certain que ce n'est pas le cas?
Ça, c'est sur 10 ans, c'est bien ça?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Alors, on va
pouvoir entamer dès maintenant, dès cet été, le plan qui va nous permettre
d'économiser 6 milliards de dollars grâce à l'activation plus rapide
de la stratégie éolienne. Et je souligne quand même qu'au rythme où on va, si
on poursuit à ce rythme-là, l'an prochain, à pareille date, on sera encore en
train d'étudier des articles. Donc, je ne sens pas vraiment une volonté très
forte de s'engager dans la transition énergétique, tel qu'il en relève de notre
responsabilité. On veut aller de l'avant avec cette stratégie. La transition
énergétique, c'est au cœur de nos responsabilités et on propose de le faire
avec ce projet de loi, en transformant notamment la mission des organismes que
je citais tout à l'heure.
• (12 heures) •
Le Président (M. Montigny) : Merci.
M. le député de Gaspé, vous avez demandé la parole. Je vous écoute. Question de
règlement ou...
M. Sainte-Croix : Oui, appel
au règlement, M. le Président, 211.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
M. Sainte-Croix : Sur la
pertinence.
Le Président (M. Montigny) : Bien,
en fait, il n'y appartient pas à la présidence de juger de la pertinence des
propos. C'est quand même assez large. Par contre, je nous rappellerais tous que
nous sommes en train d'étudier l'article 35 tel qu'amendé. Alors, voici.
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec l'article 35
tel qu'amendé? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : M. le Président,
je trouve qu'il y a un lien direct. On est en train de parler des trop-perçus
et des manques à gagner. Alors, le fait qu'Hydro-Québec a mis de l'avant dans
les médias le fait que si on n'adopte pas ce projet de loi avant la fin de la
session, ça met à risque des économies de 6 milliards de dollars.
C'est pertinent, il y a un lien direct avec tous les articles qui touchent
aussi les tarifs. C'est en lien directement avec comment... combien ça va
coûter. Alors, je pense qu'il y a un lien pertinent, il faut juste faire
l'argumentaire. Puis je reviens, Mme la ministre... Si ce projet de loi est
adopté en décembre 2025, est-ce que vous avez une idée c'est quoi, les pertes
exactement dans les économies pour Hydro-Québec?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, comme je
répète, c'est à partir de cet été qu'on va pouvoir entamer des économies, à
partir du moment où un projet de loi est adopté, parce qu'on va pouvoir
devancer un grand nombre d'éléments, notamment des projets qui nous permettent
de débloquer jusqu'à 800 mégawatts d'énergie...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) Mme Fréchette : ...d'efficacité
énergétique. On va également débloquer plus rapidement la production de 2 000 mégawatts
en lien avec l'énergie éolienne. Et je pense qu'on va pouvoir aussi resserrer
davantage nos liens avec plusieurs des Premières Nations avec lesquelles on
veut travailler en collaboration et en partenariat. Donc, il y a plusieurs
éléments.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Mais, quand même, tout ça arrive déjà présentement. C'est
toujours... C'est déjà le cas. On signe des ententes avec des groupes
autochtones, on signe des groupes... des ententes avec des producteurs privés.
L'Alliance de l'Est, qu'on parle de souvent ici en commission. Le gouvernement
peut quand même, par décret, permettre Hydro-Québec d'aller de l'avant avec
certains appels d'offres pour gré à gré, qui peut juste avancer. Ça existe, ce
pouvoir-là, déjà, de qu'est-ce que je comprends. Si je me trompe, Mme la
ministre, me corrigez, mais je pense que, quand même, avec la latitude, s'il y
a quelque chose, urgence, un projet, deux projets, trois projets qui doit
absolument commencer demain, je pense que le gouvernement a toujours la
capacité d'agir. Mais, comme je dis, peut- être je me trompe, mais je trouve ça
un peu décevant que, de la part d'Hydro-Québec, de jouer dans ce film-là, qu'il
faut faire ça maintenant, sinon ça va être une perte de 6 milliards de
dollars pour les Québécois et pour Hydro-Québec. Je trouve ça quand même
irresponsable.
On est prêt en... M. le Président. C'est...
Nous sommes dans une démocratie. Ce n'est pas une monarchie. Il n'y a pas juste
un gouvernement puis Hydro-Québec qui décident de tout. Ce n'est pas vrai. Et j'ai
fait la mise en garde, parce que, de notre côté de l'opposition, on a des
ressources limitées puis on demande des études sur chaque article. On répète
souvent : C'est quoi, les impacts sur... si c'est des PME, si c'est des
consommateurs, on demande des questions, est-ce qu'il y a des études, et
souvent, la réponse, c'est non.
Alors, je pense que, de notre côté, on a
un rôle dans cette démocratie, c'est de poser des questions. C'est un projet de
loi très complexe. On prend des pauses. Et encore merci à l'équipe du
gouvernement et l'équipe de la ministre de prendre des temps, des fois, de bien
expliquer les choses parce que ce n'est pas simple. Et, je pense, c'est très
important de poser ces questions-là. Parce qu'il n'y a aucune question
concernant les 6 milliards. Ça va être sauvé avec le fait que ce projet de
loi va être adopté à un certain moment, puis sur 10 ans, on va faire des
économies parce qu'Hydro-Québec va être le maître d'œuvre dans le secteur de l'éolien.
Ça, c'est qu'est-ce que M. Sabia a dit quand il a lancé son plan. C'était écrit
20 % à ce moment-là. Mais, d'arriver à la dernière minute, que si ce n'est
pas adopté aujourd'hui, on perd ça, c'est... honnêtement, c'est irresponsable.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Dans la même voie, très étonnée par l'article qui était dans les
médias. Mais, à ce stade-ci, Mme la ministre, parce que je vois dans l'article
que l'estimé du 6 milliards vient d'Hydro-Québec, est-ce que vous avez
pris connaissance de l'estimé? Est-ce qu'on vous a fourni un document
quelconque qui vient à l'appui de ce 6 milliards?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Bien,
écoutez, un document d'Hydro-Québec qui s'appelle Tracer la voie vers une
réussite collective, qui est une publication dans laquelle vous retrouvez les éléments
que j'ai mentionnés tout à l'heure, par exemple à l'effet qu'Hydro-Québec
peut... pourra devenir maître d'oeuvre des projets éoliens, également avoir des
relations plus étroites avec les municipalités, les MRC, les Premières Nations,
et tout ça. Donc, on y retrouve ces éléments.
Mme Garceau : Mais, Mme la
ministre, on se comprend, là, que vous n'avez pas reçu... Ça, là, ça sort, la
dernière heure, puis je vais le dire franchement, pour comme orchestrer une
urgence pour justifier un bâillon. On le sait très bien qu'il n'y en a pas de
document qui démontre le 6 milliards.
Et aussi j'aimerais qu'on parle quelle est
l'utilité du PGIRE. Parce qu'il me semble, on parle d'une stratégie globale en
ce qui a trait à la transition énergétique. Mais là, tout d'un coup, à la
dernière heure, ah! c'est le plan éolien qu'il faut mettre de l'avant. Mais qu'est-ce
qu'on fait avec tous les autres plans? Il me semble, c'était ça, l'utilité, la
nécessité du projet de loi. Puis, même, c'était de tenir les consultations afin
de déterminer, d'élaborer le PGIRE...
Mme Garceau : ...c'était ça
qui était aussi au cœur de ce projet de loi. On avait besoin d'un projet de loi
afin de pouvoir avancer sur un PGIRE, mais là on dirait qu'on est dans le sens
inverse, là, on est en train déjà de mettre en vigueur des éléments du
peut-être potentiel PGIRE. Il me semble qu'on fait les choses un petit peu, Mme
la ministre, là, à l'envers parce que... je ne sais pas, en termes des
consultations, si vous avez terminé, mais c'était ça, l'objectif du projet de
loi. Et, comme mon collègue de Jean-Talon l'a mentionné, il n'y a absolument
rien qui justifie en ce moment d'accélérer puis d'aller en bâillon quand non
seulement... est-ce que... c'est 156 articles, mais, avec les amendements,
on est au-delà de 200 articles. On est rendus, M. le Président, à
l'article 35. Donc, moi, je reviens aussi à l'élément, l'objectif
principal de ce projet de loi. Puis ça, c'étaient vos paroles, Mme la ministre,
au tout début de nos discussions, c'était : On a besoin du... On a besoin
du projet de loi afin de pouvoir mettre en place un PGIRE. Est-ce que ce n'est
pas encore l'objectif du gouvernement, c'est de mettre en place un PGIRE et,
suite à ça, déterminer les projets qui vont être priorisés?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Donc,
je veux... Bien, en fait, concernant la consultation qui est en cours au sujet
du PGIRE, elle va se conclure la semaine prochaine. On aura la dernière
consultation, pilotée d'ailleurs par le député de René-Lévesque, que je salue
pour son doigté, pour la conduite de ces consultations, et ça, ça va nous
donner des éléments importants. Il faut voir qu'il y a tout un travail qui va suivre
après cette analyse des données. Mais le PGIRE, ça couvre 25 ans. C'est le
premier exercice de la sorte qu'on organise à l'échelle du Québec et pour une
si longue période de temps. Donc, il y aura des bases assurément en éolien, en
solaire, en hydroélectrique qui devront être développées quel que soit le type
de scénario qui sortira du PGIRE. Donc, je pense qu'on ne contrevient
absolument pas à lancer quelques-uns des projets parce qu'on en aura besoin, ça
va faire
partie du socle puis de la base et du mix énergétique dont on aura
besoin. Maintenant, le PGIRE va venir préciser plusieurs éléments, plusieurs
dimensions, d'autant que ça va porter sur une période de 25 ans, dans un
contexte de besoins, très grands besoins d'énergie et de mégawatts.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la députée.
Mme Garceau : Mais, Mme la
ministre, puis je crois que c'est très, très important à ce stade-ci, des
bâillons, c'est des mesures exceptionnelles, il faut qu'il y ait des... un motif
d'urgence en quelque part. Ici, vous allez convenir avec moi qu'il n'y en a
pas, de matière d'urgence à ce stade-ci, on pourrait très bien... des contrats
peuvent être conclus en ce qui a trait aux projets éoliens et qu'on continue
l'étude à notre tour en septembre. Parce qu'on a encore au-delà de
100 articles à étudier. Et je crois qu'à ce stade-ci, en ce qui a trait
aux travaux que nous avons faits comme opposition... je crois que c'est... on a
été très efficaces. On a soumis des amendements qui ont été retenus, on a
bonifié jusqu'à présent le projet de loi, on veut continuer à le faire. C'est
dans l'intérêt des Québécois et des Québécoises. Et nous, on est là pour faire
le travail.
Le Président (M. Montigny) : D'autres
interventions? Alors, à ce stade-ci, je nous rappelle, toujours pour les gens
qui nous écoutent, nous sommes à l'étude de l'article 35 tel qu'amendé.
Merci. Il n'y a pas d'autre intervention pour l'article 35. Alors, nous
serions prêts à sa mise aux voix. Est-ce que l'article 35 est adopté? Oui.
M. Kelley : ...
Le Président (M. Montigny) : Par
appel nominal.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Fréchette (Sanguinet)?
Mme Fréchette : Pour.
La Secrétaire : M. Bussière
(Gatineau)?
M. Bussière : Pour.
La Secrétaire : M. Sainte-Croix
(Gaspé)?
M. Sainte-Croix : Pour.
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
M. Tremblay : Pour.
La Secrétaire : M. Poulin
(Beauce-Sud)?
M. Poulin : Pour.
La Secrétaire : M. Kelley
(Jacques-Cartier)?
M. Kelley : Contre.
La Secrétaire : Mme Garceau
(Robert-Baldwin)?
Mme Garceau : Contre.
La Secrétaire : M. Bouazzi
(Maurice-Richard)?
M. Bouazzi : Contre.
La Secrétaire : M. Montigny
(René-Lévesque)
Le Président (M. Montigny) : Abstention.
Alors, l'article 35...
Le Président (M. Montigny) : ...35,
tel qu'amendé, est donc adopté. Très bien.
Maintenant, dans l'ordre des choses,
l'article 36. Par contre, avant 36, il y a une proposition d'amendement qui a
été déposée, qui a été acheminée, qui est déposée sur Greffier. Alors, je crois
qu'il y a un 35.3 ou... Je vous écoute, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui. Alors,
proposition d'amendement :
Insérer, après l'article 35.2 du projet de
loi, tel qu'amendé, le suivant :
35.3. Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 52.4.1, du suivant :
«52.4.2. La régie peut, à la demande du
distributeur d'électricité, fixer des tarifs et des conditions pour des
services liés à ses programmes et mesures de gestion de la demande et gestion
d'efficacité énergétique dans un lieu de consommation d'électricité.»
Donc, c'est un
article qui insère une
nouvelle disposition dans la
Loi sur la Régie de l'énergie pour prévoir que la
régie puisse fixer des tarifs et des conditions pour des services liés aux
programmes et aux mesures de gestion de la demande et d'efficacité énergétique
d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. Alors, je vous rappelle tous que c'est une
proposition d'amendement qui a pour effet d'ajouter un
article à 35.3. M. le
député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, ça fait
partie de toute une série d'amendements, plus de 50, là, je pense qu'on est rendu
à 50... 55... en tout cas plus de 50 qu'on a reçus dans les derniers jours, un
projet de loi qui est en préparation depuis deux ans sur lequel les
consultations particulières ont eu lieu l'automne dernier sur un autre projet
de loi qui est complètement modifié sur lequel le gouvernement a mis une pause
pendant de longs mois, pas les oppositions, le gouvernement a attendu des mois,
là. Pendant des mois, on ne l'a pas étudié.
Et là, aujourd'hui, alors que le premier
ministre, ce matin, disait que les oppositions font de l'obstruction, moi,
j'aimerais savoir quelles questions qu'on a posées, là... — où ça a
été très difficile d'avoir des réponses, qu'on a eu des heures et des heures de
suspension pour que le gouvernement et la ministre trouvent les réponses, là — j'aimerais
comprendre où est l'obstruction, il n'y en a pas.
Mais là, ça, ça fait
partie de toute une
série d'amendements qu'on vient de recevoir. Je vais être très intéressé de
savoir pourquoi il nous est arrivé à la dernière minute. Mais ma première
question... Je voudrais savoir de la ministre si cet article-là, il est
absolument essentiel cet été. Pourquoi on parle de cet été? Parce que la
différence entre un bâillon puis la reprise de nos travaux à l'automne pour
finir comme il faut ce projet de loi là, c'est l'été. Alors, est-ce que ça fait
partie des articles qui sont nécessaires pour épargner 6 milliards de
dollars? Est-ce que c'est un des articles dont on a absolument besoin cet été?
Parce que c'est vous, là, qui venez de le déposer, c'est vous qui nous avez
déposé ça à la dernière minute... d'un projet de loi qui est commencé depuis
deux ans. Donc, c'est vous qui nous déposez ça à la dernière minute puis c'est
vous qui prétendez, tout comme Michael Sabia... D'ailleurs, remarquez à quel
point les discours sont arrimés. Moi, je le dis... gouvernement, main dans la
main avec Hydro-Québec, c'est Hydro-Québec qui a rédigé ces amendements-là. Là,
on les reçoit. En quoi il est absolument essentiel cet été puis en quoi il nous
fait épargner 6 milliards de dollars, cet article-là? Ou sinon, quel autre
article du projet de loi, là, est absolument essentiel cet été pour épargner 6
milliards de dollars?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous serez prête.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Écoutez, je voudrais juste faire un petit rappel, là, des
travaux, ne serait-ce que de la dernière journée de la semaine dernière :
on a siégé pendant huit heures, on a adopté deux articles. Alors, quand on dit
que ça file à bon rythme, je ne sais pas qu'est-ce qu'on entend par
«efficacité». Et voilà! Hier, on a travaillé pendant deux heures pour adopter
un sous-amendement. Donc, voilà. À ce rythme-là, dans un an, on n'y sera
toujours pas arrivés.
Donc, je voulais rappeler en fait des
éléments qui viennent sous-tendre la proposition d'amendement. C'est qu'on veut
faire en sorte que des populations, des groupes de la population qui sont
encore peu engagés dans des programmes d'efficacité énergétique puissent le
devenir, et j'ai en tête notamment des locataires, des locataires de logement.
On sait que les taux de participation à des programmes d'efficacité énergétique
sont quand même assez bas du côté des locataires. Donc, voilà, on propose...
Mme Fréchette : ...de cet
amendement-là pour que des services, par exemple, tels que des thermopompes ou
des accumulateurs thermiques, puissent être visés par des programmes
d'efficacité énergétique et des services qui sont destinés, donc, à des
locataires, de telle sorte qu'on puisse rehausser leur taux de participation
pour qu'ils puissent contribuer également aux efforts de réduction de la
consommation énergétique. Alors, c'est l'idée derrière cet amendement,
proposition d'amendement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : ...je vais... on
va arriver au fond de cette de cette proposition d'amendement dans quelques
minutes, mais je comprends que la ministre n'est pas capable de nous dire, ni
pour cet article-là ni pour le précédent, qui est absolument essentiel à
l'avenir énergétique du Québec... cet été... puis qui va nous faire épargner 6 milliards
cet été... C'est ça, la période de temps dont on parle. Entre le 7 — samedi,
on va être le 7 juin — puis le début de nos travaux
parlementaires, à l'automne, c'est l'été.
Et la ministre dit : Oui, oui, mais
on a passé... on a passé plusieurs heures pour adopter un nombre limité
d'articles. Ça, c'est le résultat de ce que le gouvernement de la CAQ a décidé
de faire, c'est-à-dire de se lancer dans l'étude de ce projet de loi sans qu'on
ait le plan du gouvernement, sans qu'on ait la vision, sans qu'on comprenne où
est-ce qu'il veut aller avec son projet de loi, avec des déclarations
contradictoires de l'ancien ministre, du premier ministre, qui sont
différentes, maintenant, de ce qu'on entend de la nouvelle ministre.
C'est ça, le problème, de ne pas consulter
les gens, de ne pas établir sa vision, puis de présenter un projet de loi où il
y a des tonnes d'articles, qui changent fondamentalement l'avenir énergétique
du Québec, et surtout, des amendements qui viennent rajouter une couche de
chaos dans le chaos qu'il y avait déjà dans ce projet de loi là. Puis nous, on
n'a pas d'explications. Ça fait plusieurs fois qu'on demande à la ministre de
nous donner des explications sur ce qui s'en vient, de nous...
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Dubuc, là, a demandé la parole. Je crois que c'est sur un enjeu de
règlement. M. le député de Dubuc, je vous écoute.
M. Tremblay : Oui. Bien, en
tout respect, j'invoque 35-6. On prête des intentions. Ce sont des opinions
très personnelles. J'aimerais qu'on se concentre sur le sujet s'il vous plaît.
Merci.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
simplement vous rappeler à la prudence, nous sommes, actuellement, sur l'étude
de l'amendement 35.3. Alors, continuez, M. le député de Jean-Talon.
• (12 h 20) •
M. Paradis : Oui, je
remercie... je remercie le député de Dubuc, je connais sa grande sensibilité.
Mais de dire que le projet de loi crée du chaos, ce n'est pas prêter des
intentions, c'est de parler des impacts que ce projet de loi peut avoir sur
tout le monde et tout le secteur de l'énergie, et c'est d'ailleurs ce qu'une
vingtaine d'organisations sont venues dire hier en point de presse, c'est ce
que disent les représentants des industries, c'est ce que disent les
représentants des PME, c'est ce que disent tous les experts indépendants qui
s'y connaissent en énergie au Québec. Tout le monde a le même message depuis
une semaine. Alors, si prêter sa voix à l'ensemble des acteurs québécois
concernés par le secteur de l'énergie, c'est de prêter des intentions, moi, je
dis plutôt qu'il faut écouter actuellement, les Québécois, qui disent non au
bâillon et qui demandent de retirer ce projet de loi là.
Mais donc les questions qu'on a posées,
j'aimerais savoir, moi, ce que la ministre considère qui n'était pas important,
là, comme celles qu'on va poser sur cet article-là, parce qu'il y a des grandes
conséquences, encore une fois. Est-ce que c'était de parler du fait que,
maintenant, on autorise... hier, c'était ça... on autorise Hydro-Québec à pelleter
ses manques à gagner dans la cour des consommateurs d'électricité, augmentant
ainsi son propre bilan, ce qui va permettre à la haute direction de montrer des
meilleurs revenus, ce qui va leur permettre de toucher des bonis? C'est...
c'est des questions de l'opposition, hier, là, qui ont permis de faire la
lumière là-dessus. Est-ce que c'est de faire la lumière sur la façon dont on va
calculer les tarifs d'électricité de tous les Québécois jusqu'à maintenant?
Ce n'est pas le gouvernement, ce n'est pas
la ministre qui a expliqué ce que ça signifiait, un petit article, quelque
part, dans un alinéa que j'ai débusqué, qui va permettre maintenant au
gouvernement de dire à la Régie de l'énergie de changer les règles de
l'interfinancement, de changer les tarifs. Alors qu'elle fait de la
communication à l'effet contraire, de dire que, maintenant, la différence entre
les revenus puis les coûts des redistributeurs d'électricité, ça va aussi être
calculé pour faire augmenter les tarifs, qu'il y a des ententes avec les
Premières Nations, dont on ne remet pas en cause le bien-fondé, mais dont les
montants qui vont être payés vont être refilés aux consommateurs d'électricité
plutôt qu'aux contribuables. Quelles questions, là-dedans, n'étaient pas
pertinentes pour l'avenir énergétique du Québec? Une chance qu'on était là pour
faire le travail.
Alors, j'aimerais que la ministre me dise,
cet
article 35.3, qu'est-ce qu'il va nous faire, qu'est-ce qui va faire en
sorte qu'il va contribuer à nous faire épargner 6 milliards de
dollars cet...
M. Paradis : ...parce que
c'est vous qui avez dit ça hier, c'est Hydro-Québec qui semble le prétendre.
Sans le projet de loi n° 69, donc sans bâillon, on n'épargnera pas
6 milliards de dollars. Je veux savoir quel article. Est-ce que c'est
celui-ci? Parce que celui-ci vient d'être ajouté, donc ça doit être quelque
part quelque chose qui est tellement urgent qu'on n'a pas pu en parler aux
oppositions avant la semaine passée ou, en tout cas, le moment où ça a été
déposé. Est-ce que ça va nous faire épargner 6 milliards, cet article-là?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Mais je l'ai indiqué tout à l'heure, là, ça vient permettre à une
population qui est peu engagée dans des programmes d'efficacité énergétique à
le devenir. Donc, je pense que c'est un segment de population qui est
important. On parle ici de locataires de logements qui, à mon sens, devraient
pouvoir contribuer davantage à des mesures d'efficacité énergétique, mais c'est
ce que vient proposer cet amendement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Est-ce que la
ministre peut au moins nous expliquer pourquoi cet article-là nous a été balancé
comme ça à la fin, à quelques jours de la fin de la session parlementaire,
alors que ce projet de loi là, le processus qui a mené à ce projet de loi là, a
commencé il y a deux ans? Il a été présenté en juin de l'année dernière. On a
fait des consultations particulières à l'automne. Les gens sont venus se
prononcer sur un projet de loi où il n'y avait pas cet article-là. Puis j'ai
dit : On va arriver au fond dans quelques minutes, ça signifie encore
beaucoup de choses au-delà de ce que la ministre vient juste de dire, là, la
ligne. Pourquoi il est présenté aujourd'hui? Est-ce que vous allez dire, demain
ou après-demain, quand il va y avoir un bâillon, que, ah! ça, ça fait partie.
Les oppositions ont posé des questions là-dessus. On vient de leur envoyer, ça,
il n'y a personne qui s'est prononcé. On a une pile de mémoires, là, qui fait
haut comme ça, il n'y a personne qui s'est prononcé sur cet article-là. Vous
n'avez demandé l'avis de personne. En quoi cet article-là va nous faire
épargner 6 milliards de dollars? Cet été, s'il n'est pas adopté cet
été, on n'épargnera pas 6 milliards. Donc, pourquoi il n'a pas été
présenté avant? En quoi il contribue à votre objectif, là, d'épargner
6 milliards?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
est-ce qu'il y a des interventions? M. le député.
M. Paradis : Pas de réponse.
Pas de réponse. Les Québécois vont noter ça. Parce que ça va s'en venir, la
communication, là : C'est de la faute des... C'est déjà commencé depuis
hier. Aujourd'hui, le premier ministre l'a dit.
Le Président (M. Montigny) : Simplement
vous rappeler que nous sommes à l'étude de l'article 35.3. Ce n'est pas le
rôle de la pertinence de juger... de la présidence de juger de la pertinence.
Par contre, je dois vous rappeler qu'à l'écran il est affiché l'amendement à
l'article 35.3. Merci, M. le député.
M. Paradis : Je vous
remercie, M. le Président. Là, remarquez, je ne vous appelle pas «M.
Pertinence».
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Je suis désolé.
M. Paradis : Mais, oui, c'est
très pertinent, votre appel. Mais on est justement sur le sens de cet
article-là, de cet amendement-là. Je demande d'abord : Est-ce que cet
article-là fait
partie des articles dont l'adoption est nécessaire pour
épargner 6 milliards de dollars, selon les dires de la ministre,
hier, et encore aujourd'hui du premier ministre, oui ou non?
Le Président (M. Montigny) : Mme
la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président. Bien, je rappelle, en fait, que les locataires de logements sont peu
engagés dans des programmes ou des mesures d'efficacité énergétique. Et c'est
dommage. C'est dommage parce qu'on est dans une période de transition
énergétique. Je constate que ce n'est pas une grande urgence pour le Parti
québécois, mais de notre côté, on considère que c'est une urgence. On considère
que c'est important d'y aller rapidement, de s'engager dans cette transition
énergétique, d'autant qu'on a tous les atouts, non seulement pour la réussir,
mais en fait pour également développer nos régions, développer des emplois
intéressants, bien rémunérés dans des secteurs d'avenir grâce à la transition
énergétique.
Alors, pour revenir donc sur le segment
des locataires, eh bien, c'est un des segments de population qui est peu engagé
dans la transition énergétique, alors il faut s'adresser à eux. Et c'est ce que
permet cet article.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député.
M. Paradis : Nous, au Parti
québécois, on pense qu'une réforme comme celle-là, elle demande de la rigueur,
elle demande de la consultation et elle exige qu'on n'arrive pas avec des
amendements de dernière minute qui changent radicalement des principes de base
de la tarification de l'électricité que tous les Québécois et toutes les
Québécoises paient.
Vous voulez le faire adopter par bâillon.
Vous n'êtes pas capables de nous dire, à aucun des articles, qu'il est
absolument nécessaire pour l'été. Donc celui-ci, que les Québécois le notent...
M. Paradis : ...encore une
fois, c'est un autre
article qui n'est pas nécessaire, dont on devrait pouvoir
discuter comme plusieurs autres qui s'en viennent. Et la ministre n'a pas été
capable d'en nommer un seul qui est essentiel, n'a pas été capable de nommer un
seul projet qui n'avancera pas cet été si le projet de loi n° 69
n'est pas adopté. Pas un seul
article n'a été nommé jusqu'à maintenant qui est
essentiel pour débloquer des projets cet été. Ça, c'est la situation.
Maintenant, allons sur le fond. Est-ce que
vous avez fait une analyse d'impact de cet article-là, un? Ce que vous nous
dites : Oui, il y a de bonnes intentions. Généralement, on tient pour
acquis qu'il y a une bonne intention derrière la volonté gouvernementale de
changer l'état du droit. Fort bien. Est-ce que vous avez une étude d'impact de
ce que ça signifie, cet article-là, un?
Deuxièmement, est-ce que vous avez évalué
les risques que ça représente sur la façon dont on fixe les tarifs au Québec?
Parce qu'encore une fois, on introduit une nouvelle règle qui peut avoir des
changements profonds, c'est qu'encore une fois, on sort de la logique.
Hydro-Québec nous dit c'est quoi ses besoins. Elle s'en vient devant la Régie
de l'énergie et elle dit : Voici sur la base de quels calculs quels sont
les coûts. C'est là-dessus que tu devrais fixer des tarifs et conditions. Et
actuellement, cet
article là, bien qu'il semble être justifié par une bonne
intention pourrait radicalement modifier ça. Ça pourrait dire : Bien là,
ce n'est plus une question de coûts, c'est une question de : Je vais arriver...
je vais arriver à la régie, puis là je vais fixer des tarifs et des conditions
qui sont liées à d'autres choses, des mesures de gestion de la demande et
d'efficacité énergétique.
Donc là, quelle justification Hydro-Québec
va devoir présenter pour faire ça? Est-ce que ça, ça peut servir à faire
augmenter les taux d'électricité pour des gens qui sont notamment en situation
de vulnérabilité pour les familles, les foyers les plus pauvres? Je comprends
l'intention. Quelles études vous avez, là, avant de changer ça? Parce que je le
redis, je veux que tout le monde comprenne bien, ça, c'est encore un
article
qui a l'air anodin, ça change complètement la façon dont on fixe les tarifs.
Mes coûts, tu t'en vas à la régie, tu dis : Voici les revenus dont j'ai
besoin pour couvrir mes coûts. Là, il y a une belle intention, mais on sort de
cette logique-là. Qu'est-ce qu'on a fait comme études avant de juste recevoir
la proposition d'amendement d'Hydro-Québec puis nous la présenter aujourd'hui
en catastrophe avant un éventuel bâillon?
• (12 h 30) •
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors, Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci,
M. le Président. Donc, concernant le programme, en fait, c'est un programme qui
permettrait à Hydro-Québec de créer... en fait, c'est un amendement qui
permettrait de créer des programmes qui s'adresseraient aux locataires.
Maintenant, ces programmes-là ne sont pas ficelés déjà, ne sont pas créés déjà.
Ce qui est souhaité ici, c'est de créer la possibilité d'avoir des programmes
qui s'adressent aux locataires, et donc d'inciter les propriétaires de plex, de
logements à adopter, par exemple, des thermopompes et à faire en sorte que les
locataires puissent bénéficier de mesures d'efficacité énergétique. Ça ne vient
pas impacter les tarifs de distribution, c'est un programme qui est tout à fait
dans un autre ordre d'idée. Et, par ailleurs, ce sont des programmes
volontaires. Donc, personne ne sera forcé d'y participer, ce sera sur une base
volontaire que seront offerts ces programmes-là. Mais les analyses vont se
faire ultérieurement dans le sens où l'idée, c'est de créer la possibilité
d'avoir ce genre de programme là. Maintenant, il y a des études qui vont être
faites pour voir le type de programmes qui pourraient être mis en place, qui
s'avèrent les plus efficaces.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, merci. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je repose la
question : Est-ce que vous avez une analyse d'impact? Est-ce que vous avez
réfléchi à ce que ça veut dire? Quels sont les programmes exacts qui sont visés
par ça et pourquoi venir mettre ça dans les dispositions qui concernent la
fixation des tarifs? Parce que vous dites : Ça va être sur une base
volontaire. Moi, je ne vois pas ça dans l'article : «La régie peut, à la
demande du distributeur d'électricité». Ça fait qu'Hydro-Québec arrive avec sa
batterie d'avocats, ses experts puis tout ça, puis ils disent :
Régie : fixe des tarifs et conditions pour des services liés à ces programmes
et mesures de gestion de la demande et d'efficacité énergétique dans un lieu de
consommation d'électricité. Puis je vais vous demander tout à l'heure, là, vous
pouvez la préparer, là, c'est quoi, un lieu de consommation d'électricité? Mais
pour l'instant, je suis sur le principe.
Pourquoi on vient encore jouer dans la
fixation des tarifs puis pourquoi on vient encore permettre à Hydro-Québec
d'arriver avec plein de nouveaux trucs puis de mettre ça dans le gros sac des
tarifs que vont payer les...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) M. Paradis : …consommateur. Où
est-ce qu'elle est, votre base volontaire là-dedans? Je ne la vois pas. Où est-elle?
Puis deuxièmement, c'est quoi, le lien entre ça puis des programmes qui
existent déjà? Est-ce que c'est lié au Fonds vert? En quoi l'achat de
thermopompes, c'est lié à la distribution d'électricité? Est-ce qu'on est en
train… est-ce qu'on n'est pas en train de parler de distribution d'électricité,
ici, de tarifs de distribution?
Là, c'est quoi, là, on va… avec ça, on va…
on va… on va dire que, ah oui! donc là, il y a des gens qui ont… je ne sais
pas, moi, les entreprises de spa, on va leur permettre de faire quelque chose
avec ça, mais on va calculer ça dans les tarifs après ça. Qu'est-ce que ça
vient faire ici? L'avez-vous vraiment analysé, là, avant d'accepter ce qu'Hydro-Québec
vous a envoyé?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, M. le
Président, bien, j'aimerais rappeler, en fait, que l'efficacité énergétique, on
le sait, hein, c'est l'énergie qui est la moins dispendieuse et on a des
segments de population qui sont encore à ce jour peu engagés dans des pratiques
d'économie d'énergie. Puis je pense que c'est souhaitable qu'ils le deviennent.
Et je pense queux mêmes souhaiteraient le devenir, mais les conditions dans
lesquelles ils évoluent sont peu propices à la mise en œuvre, à la mise en
place de programmes qui les concernent, en l'occurrence des locataires, par contre…
par exemple. Donc, on veut, bref, rehausser leur taux de participation à des
mesures d'efficacité énergétique, et c'est ce qui serait proposé, dans le fond,
avec cet amendement-là, qui va venir créer un cadre à partir duquel
Hydro-Québec pourra mettre en place des programmes qui s'adresseront aux locataires,
donc, de logement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Mais j'aime
beaucoup ce que la ministre vient de dire. Vraiment, là-dessus, on est d'accord.
Il y a de bonnes intentions, il y a plein de sujets dont on a parlé, maintenant,
là, les questions difficiles qu'on a posées, où il n'y avait pas de réponses, et
où ça a pris des jours avant de comprendre. Heureusement que l'opposition était
là pour poser la question. C'est le même processus ici, il y a une bonne
intention, mais c'est quoi, le véhicule que vous avez choisi? Pourquoi vous
avez choisi ce véhicule-là? Pourquoi ça… Pourquoi Hydro-Québec, désormais, devrait
avoir le droit d'arriver devant la régie puis de dire : Bon, bien, maintenant,
régie, tu peux fixer des tarifs et des conditions liés à ces programmes-là.
Avez-vous des études d'impact? Avez-vous
géré les risques que ça peut représenter, malgré la bonne intention? Parce que,
je vous le dis, je suis d'accord avec tout ce que vous venez de dire sur les
programmes d'efficacité énergétique, mais moi, je veux savoir comment ça se
fait qu'on sort encore de la logique habituelle. Voici mes coûts pour la
distribution, donc voici les revenus dont j'ai besoin, Hydro-Québec, pour la
distribution, régie, fixe-les comme ça. Vous êtes en train de tout mettre à l'envers,
là. C'est ça, quand je disais, tout à l'heure, le chaos. Est-ce que vous l'avez
étudié ici, ce que ça veut dire?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Oui. Merci, M.
le Président. Bien, je l'ai mentionné tout à l'heure, mais je le réitère, ça n'impacte
pas les tarifs de distribution, cet amendement, c'est dissocié des tarifs de distribution.
Aucun impact, zéro, niet. Ce que ça vise, c'est des locataires, de multiplex,
par exemple, qui, pour l'instant, ont peu accès à des programmes d'efficacité
énergétique. Donc, voilà, en ce sens-là, c'est bénéfique. Je pense qu'on
souhaite tous une réduction de la consommation per capita. Les locataires, c'est
un segment de population important. Donc, Hydro-Québec souhaite passer à l'action
pour ce qui est de parvenir à les rejoindre de manière plus efficace. Et cet
amendement-là lui donnerait le cadre à partir duquel il pourrait œuvrer en ce
sens-là, mais ça n'a pas d'impact, je le répète, sur les tarifs de
distribution.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Je suis très
étonné de la réponse que je viens de recevoir. Cet amendement ajoute un nouvel
article dans le
chapitre IV de la
Loi sur la Régie de l'énergie qui traite
de tarification. Ça, c'est ce que les Québécois vont payer sur leur facture. C'est
de ça dont on parle. Ce n'est pas un programme gouvernemental qui est à part, ce
n'est pas un programme pour les contribuables. On est dans la
section sur la
tarification de la
Loi sur la Régie de l'énergie, et c'est ce que les clients,
les consommateurs, et/ou les PME, et/ou les industries vont avoir sur leur
facture d'électricité. Tout ce chapitre-là concerne notamment les tarifs de
distribution. C'est de ça dont on parle, là.
Je comprends que, là, la ministre essaie
de mettre ça dans des silos, mais on est en train de parler de ce qu'Hydro-Québec
va pouvoir demander d'ajouter ou pas aux tarifs d'électricité que paient les
consommateurs. Et là on ajoute encore quelque chose. Puis on ne sait pas qu'est-ce
que vous avez prévu avec ça. L'intention est bonne, programmes...
M. Paradis : ...d'efficacité
énergétique, enfin, on en parle un peu, mais ça vient modifier la règle de base
de fixation et de gestion des tarifs d'électricité au Québec. Qu'est-ce que
vous avez comme analyse avant de juste nous proposer cet amendement-là à la
dernière minute puis de dire : Ah! voici une nouvelle patente, une
nouvelle façon d'envoyer des tarifs aux consommateurs puis ça va être bon?
L'avez-vous regardé? Avez-vous regardé les risques qu'à la fin, ça coûte plus
cher pour des gens qui ne devraient pas payer plus cher? L'avez-vous étudié
avant de nous le proposer?
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, le
député a déjà posé cette question à laquelle j'ai répondu. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : Donc, la
réponse, c'est non, parce que, si c'était oui, on le saurait puis elle
dirait : Oui, on l'a étudié, M. le député de Jean-Talon. Puis, tenez,
voici la réponse à vos questions. C'est ça qu'on aimerait avoir comme réponse,
hein? Je veux dire : Ah! O.K., donc il y a une justification à quelque
part puis les risques ont été gérés. Donc là, on ne sait pas... En fait, oui,
j'allais dire : On ne sait pas qui va payer pour ces mesures-là. Mais là,
ce que vous êtes en train de dire : Voici encore des mesures
qu'Hydro-Québec va faire payer aux consommateurs, puis on n'a pas de cadre.
Jusqu'à maintenant, c'est les coûts, puis là il y a tout un paquet d'articles
dans la
Loi sur la Régie de l'énergie qui gèrent ça, d'ailleurs, que vous venez
de complètement écarter, ça fait plusieurs fois qu'on a cette discussion-là,
puis là vous avez remplacé ça par plus de pouvoirs discrétionnaires dans les
mains d'Hydro-Québec puis plus de pouvoirs discrétionnaires dans les mains du
gouvernement de dire : Bah, c'est moi qui fixe ça et on le dit. Donc,
c'est une politisation des tarifs puis ça peut varier, donc, en fonction des
intérêts politiques, du contexte politique.
Avant les élections, on a un message fort
de plafonnement, puis, après les élections, ça peut être différent. Ça, c'est
ce que vous faites, mais ça, c'est un autre article, encore une fois, où il n'y
a pas d'études, vous n'êtes pas capable de nous parler des impacts prévus. Il y
a une bonne intention, Hydro-Québec vous a dit : Bien, voici comment on va
le faire. Trois lignes que vous nous annoncez quelques jours avant la fin de la
session et on ne sait pas ce que ça va donner. Bon, donc la réponse, c'est ça,
encore un amendement. Que les Québécois s'en souviennent quand on va discuter
du bâillon sur le rôle de l'opposition, c'est de révéler ça.
Est-ce que vous avez des associations de
consommateurs? Est-ce que vous avez des groupes environnementaux qui sont
d'accord avec la mesure que vous proposez aujourd'hui? Par exemple, dans les
20 groupes qui étaient là hier pour venir demander qu'il n'y ait pas de
bâillon puis pour venir demander de retirer le projet de loi n° 69,
est-ce qu'il y en a un de ces groupes-là qui vous a dit : Cet article-là,
tel qu'il est rédigé, c'est une bonne idée?
• (12 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Avant de laisser la parole à Mme la ministre, simplement vous dire, M. le
député de Jean-Talon, il vous reste peu de temps. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Bien, je pense qu'on l'a tous entendu, là, dans le cadre des
audiences en septembre dernier. Plusieurs groupes veulent qu'on améliore, qu'on
augmente, puis je pense que plusieurs des interventions des députés de l'opposition
aussi s'inscrivaient dans cette orientation-là, à savoir qu'il faille augmenter
les mesures d'efficacité énergétique, qu'il faille rejoindre des nouveaux
publics. Alors, c'est ce qu'on fait avec cet amendement. Donc, ça rejoint en
fait les vœux de bon nombre de groupes qui disent qu'on doit miser davantage
sur l'efficacité énergétique, la sobriété énergétique également. Et avec ce
projet d'amendement, en fait, on vient rejoindre, voilà, une nouvelle
population, un segment de population qui n'est pas banale, par ailleurs, parce
que des locataires au Québec, c'est une portion importante de la population.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Député de Jean-Talon.
M. Paradis : Cet
amendement-là, il vient d'arriver. Il n'y a aucun groupe au Québec qui a
exprimé son accord là-dessus puis il n'y a personne qui a demandé ça. Les gens
ont demandé, oui, des dispositions pour l'efficacité, mais il n'y a personne
qui a dit : Donnez carte blanche à Hydro-Québec d'augmenter les tarifs de
tout le monde sans aucun critère, sans qu'on sache quel est l'impact. C'est ça,
le problème de l'absence de consultation puis c'est ça, le problème des
amendements que vous nous balancez à la dernière minute puis qui vont tout
changer sans que personne ait donné son avis. Il n'y a personne qui a demandé
ça, et je crois qu'il n'y a pas grand monde qui va être d'accord avec le fait
que vous donnez carte blanche à Hydro-Québec. Ça, c'est l'alliance politique
entre Michael Sabia et le gouvernement qui se continue. C'est Hydro-Québec qui
vous a dit quoi faire.
Le Président (M. Montigny) : Il
ne reste plus de temps. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Je n'ai pas
d'intervention.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
le député de Maurice-Richard a demandé la parole ainsi que le député
Jacques-Cartier. Nous allons procéder. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci, M. le
Président. Mme la ministre. Vous avez parlé à plusieurs reprises des
locataires, des thermopompes, etc. Est-ce que vous pourriez nous expliquer plus
comment ça fonctionnerait...
Le Président (M. Montigny) : ...Bien.
Alors, Mme la ministre, quand vous serez prête. Vous avez la parole.
Mme Fréchette : Bien, comme
je l'indiquais, M. le Président, donc, l'objectif, c'est d'encourager, là, des
locataires à ce qu'il y ait une thermopompe, par exemple, qui soit installée
dans leur plex, là, leur complexe immobilier, et qu'ils aient la possibilité
d'en assumer une
partie du coût. Donc, il y aurait la création d'un lien entre
le programme d'Hydro-Québec et l'abonné du compte d'Hydro-Québec. Donc, c'est
une manière, en fait, de rejoindre, comme je l'indiquais tout à l'heure, un
segment de population qui, pour l'instant, a peu accès à des programmes
d'efficacité énergétique.
Le fonctionnement précis de ces
programmes-là, il est à évaluer, il est à planifier, il est à déployer, à
développer. Mais ce que ça vient permettre ici, c'est de rendre possible ce
type de programme, parce que ça précise qu'on peut avoir des mesures
d'efficacité énergétique dans un lieu de consommation donné, et c'est là que la
notion de logement peut donc apparaître, ce qui n'est pas le cas actuellement,
et c'est dommage. Donc, en créant cette notion de «dans un lieu de consommation
d'électricité», on permet, donc, que soient déployés des programmes
d'efficacité énergétique dans des logements.
M. Bouazzi : ...très, très
intéressant. Et ça, c'est des programmes d'Hydro-Québec, c'est ça, ou c'est
n'importe quel...
Mme Fréchette : Ce ne sont
pas des programmes d'Hydro-Québec. Ça va pouvoir devenir des programmes
d'Hydro-Québec. Actuellement, il n'y en a pas de cette nature-là, parce que ce
concept n'existe pas.
M. Bouazzi : Mais donc,
dans...
Mme Fréchette : Mais c'est
futur, en fait.
M. Bouazzi : ...dans
l'avenir, ce serait Hydro-Québec qui mettrait en place un programme pour des
thermopompes dans des logements à... pour des locataires. Et ce que vous dites,
c'est que les locataires... Parce que j'imagine que les thermopompes sont
achetées par les propriétaires, là. Les locataires ne vont pas commencer à
dépenser 3 000 $ ou 4 000 $ pour mettre une thermopompe dans leur six et demie.
Ça fait... j'ai du mal à comprendre comment... qu'est-ce que ça permet, au
juste, qu'est-ce qu'ils y gagneraient, les locataires. C'est qui qui paie quoi,
en fait?
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Alors...
Mme Fréchette : ...peut-être
la sous-ministre adjointe...
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Alors, nous avons besoin du consentement de la commission pour laisser la
parole à Mme la sous-ministre. Nous avons consentement? Mme la sous-ministre,
je vous invite à vous présenter.
Mme Deschênes (Dominique) : Bonjour.
Dominique Deschênes, sous-ministre adjointe à l'énergie. Donc, l'objectif, ici,
c'est, par exemple, de financer en amont, aider les locataires à financer en
amont des mesures d'efficacité énergétique. Donc, thermopompe est un exemple,
là. Ça coûte quand même quelques milliers de dollars, donc Hydro-Québec
pourrait aider le locataire à faire l'acquisition de la thermopompe, qui se
rembourserait sur sa facture d'électricité, avec les économies d'énergie y
étant... dans le fond, qui reviennent à l'installation de l'équipement. Ça peut
être aussi, par exemple, des mesures d'étanchéité du bâtiment.
Donc, l'objectif est d'aider le locataire
à faire l'investissement en amont, puis ensuite à répartir le remboursement sur
la base des économies qu'il irait chercher. Donc, c'est pour ça qu'on dit que
ça doit être… ça doit être discuté à la Régie de l'énergie pour s'assurer que
les montants permettent réellement aux locataires d'aller… d'être à coût nul
sur la période donnée.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
M. Bouazzi : Et ce ne serait
pas que le propriétaire engrange ces… Parce qu'imaginons, là, que, si je mets
des… j'ai des… du chauffage et que je mets des affaires avec un minimum
d'intelligence et de connectivité qui me permet de… quand je quitte la maison
un peu trop longtemps, j'arrête le chauffage ou que je le redémarre, ou que je
participe aux affaires flex, etc. Bon, on peut imaginer qu'un locataire puisse,
avec l'aide d'un électricien, mettre ses petites affaires. J'ai du mal à
imaginer comment est-ce qu'un locataire pourrait être en charge de l'isolation
du bâti, de la… ou d'installer une thermopompe, sachant qu'évidemment, bien,
d'abord, il faudrait que les propriétaires soient d'accord, mais, en plus, s'il
s'en va, il se passe… J'ai du mal à comprendre en fin de compte de… en fait,
même que c'est possible que les exemples qu'on me donne...
M. Bouazzi : …qu'on donne.
Pour la thermopompe, particulièrement, j'ai du mal à voir comment ça rend ceci
possible, en fait.
Le Président (M. Montigny) : Bien.
Mme la ministre ou Mme la ministre, allez-y comme vous voulez. Mme la
sous-ministre, vous avez la parole.
Mme Deschênes (Dominique) : On
va… ça va permettre d'étaler dans le temps, mais vous avez raison, le
propriétaire va devoir donner son accord, là, pour l'installation de la mesure.
Mais dans certains cas, au niveau de la location, les locataires paient
l'énergie. Donc, c'est eux qui ont un tarif d'abonnement à Hydro-Québec, là.
Des fois, ils ont un loyer avec électricité comprise. Donc, c'est un peu ces…
cette clientèle-là qui est visée. Mais tous les paramètres, les modalités fines
du programme vont devoir être débattus et discutés à la Régie de l'énergie au
moment où Hydro-Québec déposera son offre. Toutes… puis les questions que vous
posez pourront être discutées. Ici, ce qu'on veut, c'est permettre le principe
général, mais ensuite ça va être… devoir être débattu, là, à la régie.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. M. le député de Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Ça fait que… bon,
bien, ça fait que je n'ai pas l'impression qu'on est en train de régler un des
problèmes principaux, c'est qu'évidemment le locataire a souvent moins
d'argent, en moyenne, et que, même si on imagine qu'il est capable de débourser
3 000 $ en amont pour les récupérer dans les cinq prochaines années
ou 10 prochaines années sur sa facture d'électricité, bien, on ne règle
pas le problème des gens qui n'ont pas cet argent-là. Mais je comprends que
c'est des programmes qui n'existent pas encore et qu'il va falloir débattre.
Bon, imaginons qu'on prend le principe,
effectivement. Donc, si je lis, «la régie peut, à la demande du distributeur
d'électricité, fixer des tarifs et des conditions pour des services liés à des
programmes et mesures de gestion de la demande de l'efficacité énergétique dans
les lieux de consommation d'électricité». Donc, ça, ça veut dire que, si on
prend l'exemple, si Hydro-Québec fait un programme où il y a plein de
thermopompes pour des locataires, le programme fonctionne. On viendrait moduler
le prix d'électricité, donc baisser le prix d'électricité. Et est-ce qu'il y a
une compensation pour… Est-ce que les… Ça voudrait dire quoi pour les autres
consommateurs d'électricité qui ne sont pas dans le programme? Est-ce qu'on…
Est-ce qu'on s'attend à ce que ça monte? Est-ce qu'on s'attend à ce que les
dividendes baissent, qui sont versés à l'État? C'est quoi, les attentes?
• (12 h 50) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la sous-ministre.
Mme Deschênes (Dominique) : L'objectif
est que ça n'ait pas d'impact sur les tarifs de distribution des autres
consommateurs. Donc, c'est vraiment axé sur le consommateur dans un lieu de
consommation particulier.
M. Bouazzi : Donc, ça
s'autoannulerait pour le… ce serait par foyer sur le long terme.
Mme Deschênes (Dominique) :
Sur une certaine période, oui.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député, vous avez la parole.
M. Bouazzi : O.K. Bien, je
vais peut-être laisser la parole à mes collègues libéraux.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Jacques-Cartier, vous avez demandé la parole et c'est maintenant
le moment.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Mme la ministre, je veux juste comprendre. Alors, avec cette
mesure ici, on peut spécifier comme une résidence, une adresse. Puis, sur leur
facture d'électricité, on peut trouver une autre ligne pour une charge pour
îlot, c'est ça? C'est comme un exemple quand on peut citer? O.K. Parfait.
Merci.
Je pense que c'est important maintenant de
peut-être regarder de l'autre côté, comme pour les entreprises. On donne un
ilot, c'est une chose. On parle des programmes d'efficacité pour un résident,
un locataire. Peut-être, il y a des façons d'être plus efficace avec un certain
programme, mais il me semble qu'il y a aussi une capacité d'Hydro-Québec
d'imposer certaines conditions sur les entreprises, peut-être, quand même les
grosses industrielles, d'ajouter, comme, un programme d'efficacité. Bien, tout
le monde doit, pendant le point, réduire leur consommation d'électricité par
20 %, quelque chose comme ça. Et sinon, vous êtes facturé dans un
programme d'efficacité. Il y a une possibilité que des programmes ne sont pas…
Parce qu'il n'y a rien qui est écrit, je suis d'accord avec mon collègue de
Jean-Talon, il n'y a rien qui est écrit dans cet amendement-là, qui dit que ça
va être juste sur une base volontaire. Hydro-Québec peut imposer, si la régie
accepte certains tarifs et conditions à des entreprises. C'est une possibilité?
Le Président (M. Montigny) : Alors…
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Merci. Donc,
en fait, ça mentionne bien clairement que c'est pour une utilisation de
services liés à des programmes. Et, pour utiliser des programmes, il faut en
faire la demande, pour participer à Hilo, il faut en faire la demande. Donc,
c'est là qu'il y a la notion de volontariat, là, qui est derrière les
programmes.
M. Kelley : Mais, Mme la ministre...
Le Président (M. Montigny) : Juste
une seconde, je veux juste... je veux juste...
M. Kelley : Oui.
Le Président (M. Montigny) : Je
veux juste prendre le temps de signifier que, c'est important, quand vous
n'avez plus de temps, de droit de parole, la parole est seulement au député à
qui... Mais, comme président, je lui donne la parole. M. le député
Jacques-Cartier, il n'y a seulement que vous qui avez la parole pour l'instant.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Pas nécessairement, pas nécessairement, Mme la ministre. Malheureusement, ce
n'est pas écrit comme ça. Oui, c'est lié à des services et des programmes, mais
des services et des programmes peuvent être imposés aussi, c'est une
possibilité. Et, quand même, ça peut permettre Hydro-Québec à dicter certains
programmes d'efficacité à des entreprises. Alors, ce n'est pas sur une base
simplement volontaire, pas du tout. Je vois beaucoup des risques ici, et encore
je reviens à ce que... il y a eu des consultations avec certaines acteurs de..
le côté... si c'est industriel, des groupes qui représentent des entreprises,
parce que ça me semble encore qu'on donne, Hydro-Québec, beaucoup de
possibilités, de pouvoirs d'imposer des frais liés à des services à certains
programmes qu'Hydro-Québec va mettre de l'avant pour avoir... d'être plus
efficace. Et c'est juste... Moi, M. le Président, je suis un peu inquiète qu'on
va trouver une façon de mettre plus le fardeau de la transition énergétique sur
le dos de nos PME puis nos grosses industrielles. Ça laisse la porte grande
ouverte pour Hydro-Québec, de la façon que moi, je lis ça.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
Mme la ministre, quand vous serez prête, vous avez la parole.
Mme Fréchette : Donc, si vous
connaissez des programmes qui sont imposés par Hydro-Québec, j'aimerais que
vous m'en fassiez mention, parce que normalement, des programmes, il faut
vouloir y participer. Et peut-être qu'il y aurait possibilité que des petites
entreprises puissent être intégrées dans un programme de cette nature-là.
Est-ce que ce serait une mauvaise chose? Personnellement, je pense, ça pourrait
être intéressant d'élargir la palette des programmes qui sont proposés à des
PME, peut-être qu'il y aurait là une autre voie d'accès à des programmes
d'efficacité énergétique, mais... L'élément de base au départ qu'on avait en
tête, c'était surtout les locataires, parce que c'est un segment de population
qui n'est pas très engagée, mais peut être qu'il pourrait y avoir aussi des
petites entreprises qui pourraient se joindre à ce programme-là... à ces
programmes-là, parce qu'évidemment, bon, comme je disais, ils ne sont pas
élaborés encore, là, l'idée, c'est d'adopter le principe.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, Mme la ministre. D'autres interventions? M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Bien, si on veut vraiment, vraiment viser les locataires puis... Ça,
c'est une mesure qui vise plus des bâtiments qui ne sont pas efficaces. On va prendre
ça comme un exemple, on sait qu'il y a certains locataires qui habitent dans
des bâtiments qui ne sont pas très efficaces énergétiquement, puis leur
propriétaire n'a pas un grand intérêt d'investir dans des nouvelles fenêtres
dans l'isolation, puis on peut faire la grande liste, puis un client veut être
plus efficace, une façon de s'assurer... bien, qu'il peut participer dans les
nouveaux programmes. Parce que quand même, à ce stade ici, c'est comme avec les
deux programmes... bien, avec Hilo puis quand même... excusez-moi, le nom de
l'autre, LogisVert, des locataires sont admissibles à faire des demandes.
Alors, ça existe déjà. Là encore, c'est de trouver une façon de bien comprendre
comment ça va aider spécifiquement des locataires, quel type de programme. Et
je sais que les programmes ne sont pas ficelés. C'est difficile de donner
l'accord sur un amendement, sur des programmes potentiels qui ne sont pas
ficelés par Hydro-Québec. Particulièrement, si c'est... vraiment, on veut juste
viser des locataires, bien, pourquoi pas... pourquoi ce n'est pas écrit dans
l'amendement et c'est spécifiquement pour ces clients-là? Parce que maintenant,
avec cet amendement-là, on ouvre la porte à des PME, à des...
M. Kelley : ...à des
industrielles, à des autres types de clients. Et encore ça laisse la capacité
d'Hydro-Québec d'imposer et de fixer certains tarifs et les conditions pour les
services liés à ces programmes. Il n'y a rien qui est écrit qui dit que c'est
volontaire de la part des clients. C'est juste que, si Hydro-Québec dit :
Bang, on a un programme, tout le monde doit suivre ça, c'est lié à nos
services, puis on va ajouter une ligne sur votre fracture et vous devrez payer
ça, pas de choix, c'est pour la transition énergétique et pour l'efficacité
énergétique, c'est une bonne chose pour vous, puis il n'y a pas vraiment une
façon de contester, sauf que, si la Régie dit à Hydro-Québec ou un autre type
de distributeur d'électricité... que, non, ça ne fait aucune sens, encore, il
n'y a pas... encore, ce n'est pas... Pour moi, honnêtement, c'est juste... je
ne vois... je ne pense pas que ça vise juste les clients résidentiels et les
locataires, c'est vraiment quelque chose qu'ils disent, tous les clients
d'Hydro-Québec, et ça pose beaucoup de questions, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Merci,
Mme la ministre, peut-être, pour la minute qui nous reste, à peu près.
Mme Fréchette : Oui.
D'accord. Alors, juste simplement souligner que la notion de service auquel il
est fait référence dans l'amendement, c'est, par exemple, de l'installation
d'équipements. Le service, ce n'est pas l'approvisionnement en électricité, là.
Donc, Hydro-Québec ne se présentera pas chez vous si vous ne les avez pas
appelés pour demander l'installation d'un nouvel équipement ou d'un nouveau
programme de services. Donc, c'est en ce sens-là qu'il faut… il faut faire des
démarches pour avoir… obtenir ces services-là. Donc, ça fait référence à de
l'installation, notamment d'équipements.
M. Kelley : …Mme la ministre,
est-ce qu'Hydro-Québec peut charger le client résidentiel pour… s'ils abattent
un arbre sur leur terrain, puis facturer le client directement parce que c'est
bon pour l'efficacité énergétique si on a moins des bris de services.
Des voix : …
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à moins que vous insistiez… Compte tenu de l'heure, là, on pourrait peut-être…
Mme la ministre, je vous laisse la parole, vous avez quelques secondes.
Mme Fréchette : Tout
simplement pour répondre que, bien, s'il s'agit de l'abattement d'un arbre, ce
n'est pas une mesure d'efficacité énergétique, là. Donc, on est dans un autre
département, là.
Le Président (M. Montigny) : Alors…
Mme Fréchette : Ça, c'est
plus la gestion de la végétation.
Le Président (M. Montigny) : Je
vous remercie de votre collaboration. Compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie
et des ressources naturelles reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 69, la Loi assurant la gouvernance
responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions
législatives.
Lors de la suspension de nos travaux ce
midi, nous étions à l'étude de l'amendement introduisant l'article 35.3.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec la proposition d'amendement
à 35.3?
M. Kelley : Oui, M. le
Président.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Encore, M.
le Président, je veux juste voir avec la ministre si encore c'est vraiment...
cet amendement-là, ça vise vraiment plus le côté des locataires puis le côté
plus résidentiel. Parce qu'encore on a commencé à avoir une bonne discussion, j'ai
soulevé comme exemple, O.K., que le contrôle de la végétation, ce n'est pas
nécessairement une mesure ou un programme d'efficacité énergétique, mais des
autres types, peut-être, des façons qu'Hydro-Québec peut charger un client
direct. Puis j'essaie de voir un peu peut-être dans le plan de M.... d'Hydro-Québec,
s'il y a des choses... on sait que l'efficacité énergétique, c'est notre top
priorité, mais je veux peut-être encore parler un petit peu plus... parce que
ces programmes ne sont pas déterminés encore, mais j'imagine que le
gouvernement doit avoir minimum une idée où Hydro-Québec veut aller. Hilo, c'est
une, c'est une possibilité, j'imagine, avec ça, on peut trouver une façon de
charger des clients qui décident d'opter pour la technologie d'Hilo. Mais, j'imagine,
Hydro a des autres programmes en tête pour l'efficacité énergétique où cet
amendement doit être nécessaire. Je me lance dans la discussion, c'est encore
de bien comprendre les programmes qu'on se parle.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Mme la ministre.
Mme Fréchette : Merci, M. le
Président. Donc, c'est vraiment à l'état de l'idéation, je dirais, ce concept-là.
On en est à adopter le principe même, mais au-delà de ça, il n'y a pas de
simulations qui ont été faites ou d'ébauches de programmes. Donc, on voulait s'assurer,
voir s'il y avait possibilité d'avoir ce concept-là qui soit... ce principe-là
qui soit validé avant d'aller plus loin. Donc, on en est à une page blanche, je
vous dirais, sur la suite des choses. Bien sûr, Hydro-Québec a déjà plusieurs
programmes d'économie d'énergie et d'efficacité énergétique. Ils ne voudront
pas répliquer ce qui est déjà fait puisqu'on veut s'adresser à un nouveau
public. Mais, voilà, on voulait s'assurer de la réceptivité du principe et du
concept avant de creuser la chose.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
M. Kelley : Merci beaucoup, Mme
la ministre. Et sur le côté plus de nos entreprises, encore, je reviens à ce
point-là, c'est de penser à certaines fractures qui... excusez moi, une ligne
sur la fracture de ces entreprises que peut être Hydro-Québec décide d'imposer
certains programmes. Un, c'est comme... je sais, pour les gros industriels,
Hydro-Québec a un programme en place qui demande à eux autres de réduire leur consommation...
M. Kelley : ...consommation
de l'énergie par 15 % à 20 %, de mémoire. Alors, c'est envers ce type
de... comme programme, est-ce qu'on peut avoir quelque chose... de plus élargir
que sur point : on demande à nos entreprises de réduire l'énergie à
20 %. Si ça n'arriverait pas, c'est possible pour Hydro-Québec de charger
un tarif supplémentaire pour l'énergie sur le point. Est-ce que ça, c'est
possible?
Et je sais que... là, je comprends, on
n'est pas dans la distribution, mais, quand même, on est dans les tarifs pour
certains services et des programmes. Alors, si un programme est mis en place
pour l'efficacité énergétique, pour gérer le point... c'est peut-être à
l'extérieur...
Mme Fréchette : ...pour la
pointe? O.K... la pointe, pardon.
M. Kelley : Oui, la pointe,
excusez, alors, sur la pointe, oui. C'est possible que ça, c'est autour de les
tarifs de distribution réguliers, et c'est un programme spécifique pour
dire : Bien, pendant la pointe, on veut mieux gérer l'énergie. Et, si
certains clients aller... consomment trop d'énergie, on peut charger eux autres
plus. Alors, c'est... j'essaie d'envisager si c'est possible qu'un type de
programme comme ça est mis sur la facture des entreprises dans l'optique d'un
programme d'efficacité énergétique. Et c'est possible que c'est le service
aussi, alors.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien.
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Alors,
souhaitez-vous suspendre quelques instants?
Mme Fréchette : Non. Merci,
M. le Président. En fait, est-ce que vous suggérez qu'on prenne ça en
considération comme type d'approche ou vous croyez, craignez que ce soit le
cas?
M. Kelley : C'est plus
qu'Hydro-Québec peut imposer un type de programme comme ça. Et c'est comme lié
directement qu'on va demander à des entreprises de réduire leur consommation
d'énergie à 15 % ou 20 %, mais c'est une obligation. On n'est plus
dans un programme volontaire. Et si... ou quand même l'inverse, c'est comme
c'est un programme volontaire, puis votre facture va être réduite si vous...
consomme moins. Quel type d'incentif est mis en place qui peut charger les
autres qui ne sont pas capables plus? Alors, c'est plus dans cette optique-là
qu'Hydro-Québec peut arriver, bien, il dit : Nous, pour notre efficacité
énergétique, c'est absolument nécessaire qu'il y ait une réduction de 15 %
à 20 % de la consommation d'électricité entre les mois de janvier à mars.
Et, si ces entreprises-là ne sont pas capables de réduire leur énergie, ils
sont facturés du plus à... parce que ce programme a été mis en place. Alors,
j'essaie plus de penser à ces types de situations où c'est un peu une
imposition d'Hydro-Québec pour forcer les gens d'être plus efficaces, mais,
s'ils ne sont pas capables, ils sont facturés plus. C'est plus dans ce sens-là.
• (15 h 10) •
Mme Fréchette : En fait,
l'objet de l'article ici, c'est plus d'avoir des programmes volontaires. Donc,
il pourrait y avoir des incitatifs intégrés dans ce programme de façon à le
rendre attractif, intéressant, mais ce n'est pas de l'idée d'imposer. Si on
veut imposer, là, il faudrait changer la réglementation, dans le fond, puis
appliquer cette réglementation à tous les clients concernés, mais ici, c'est
plus l'esprit, évidemment, d'avoir quelque chose de volontaire, attractif. Ça
pourrait inclure effectivement des incitatifs, mais ça, ce sera à Hydro-Québec
à définir comment fonctionnera... fonctionneront les programmes s'il y en a
plus d'un. Et, effectivement, ça pourrait s'adresser peut-être une plus large
variété de clientèle que ce que nous, on avait imaginé au départ. Ce n'est pas
inintéressant, comme on disait tout à l'heure, parce qu'on a besoin d'accroître
l'efficacité énergétique, et, dans la mesure où c'est volontaire, les gens
décideront d'eux-mêmes.
M. Kelley : Est-ce que
certains critères vont être déterminés par règlement? Après, je sais qu'on ne
mentionne pas, mais parce que c'est pas mal vague, l'amendement, ça laisse
beaucoup des portes ouvertes. Est-ce que certaines choses vont être déterminées
plus par règlement après ou ça va être déterminé dans les différentes
politiques d'Hydro-Québec ou, quand même, les autres distributeurs
d'électricité?
Une voix : ...
Mme Fréchette : C'est vrai.
C'est la Régie de l'énergie qui fixe non seulement les tarifs, mais également
les conditions. Donc, ça va être là que ça devra être débattu.
M. Kelley : O.K. Et,
j'imagine, parce qu'on a le mot «peut» ici, la régie peut dire non aussi à une
demande?
Mme Fréchette : Oui.
M. Kelley : O.K. Et cette
demande peut être faite n'importe quand pendant l'année, la demande peut venir
n'importe quand d'un distributeur d'électricité.
Mme Fréchette : On n'a pas
intégré d'obligation en lien avec le calendrier, là, c'est...
M. Kelley : ...O.K. Pour
l'instant, je n'ai pas plus de question. Je ne sais pas si mes autres collègues
veulent intervenir à ce stade ici.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci beaucoup. Est-ce qu'il y a d'autres interventions en lien avec
l'article 35.3? Il n'y en a pas. Alors, nous allons passer à la mise aux voix
de l'article 35.3. Est-ce que l'article 35.3 est adopté?
Des voix : Adopté.
Le Président (M. Montigny) : Alors,
l'amendement 35.3 est adopté. Nous revenons donc maintenant... Nous avons deux
options, là, ça dépend où vous voulez aller.
L'article 36 a été suspendu, mais
il y a un 37.1, là, à 37, là, qu'on pourrait aller aussi... parce qu'il y a un amendement
aussi qui a été présenté. Ça fait qu'on pourrait aller à 37. Ça dépend de...
Une voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Le
36 a été suspendu. On va juste attendre un petit instant, làé
Des voix : ...
Le Président (M. Montigny) : Oui,
nous pouvons susp endre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 14)
(Reprise à 15 h 23)
Le Président (M. Montigny) : Alors,
nous sommes de retour. Mme la ministre, je vous laisse la parole. Vous avez une
proposition à nous faire.
Mme Fréchette : Merci. Oui,
proposition d'amendement, M. le Président. Donc,
article 37.1. Donc, il
est proposé d'insérer, après l'article 37 du projet de loi, le
suivant : 37.1. — juste un moment —
L'article 59
de cette loi est modifié par le remplacement, dans le paragraphe 1° du premier
alinéa de «à tous les trois ans» par «de sa propre initiative ou à la demande
du ministre».
Il y a un commentaire également que je
pourrais vous lire, qui va comme suit. Donc, c'est un amendement qui retire
l'obligation de la Régie de l'énergie de fixer à tous les trois ans un montant
au
titre des coûts d'exploitation que doit supporter un détaillant d'essence ou
de carburant diesel pour l'application de l'article 67 de la
Loi sur les
produits pétroliers.
L'article 67 prévoit une présomption
de pratiques abusives lorsqu'un détaillant vend ses produits à un coût
inférieur à ce qu'il en coûte pour les acheter et les revendre. Le montant au
titre des coûts d'exploitation fixés par la Régie est l'une des composantes de
ce prix plancher.
D'autres amendements proposent de modifier
cet
article 67 pour prévoir que la présomption de pratiques abusives qu'il
prévoit s'applique uniquement sur un territoire que le gouvernement détermine
par règlement. Il est possible que le gouvernement ne détermine aucun
territoire et que la présomption ne trouve pas son application sur le
territoire, ce serait le cas à la date de la sanction du projet de loi.
Ainsi, il n'y a pas lieu que la Régie
continue de déterminer le montant au
titre des coûts d'exploitation à tous les
trois ans. L'amendement prévoit donc que la Régie pourra faire cette
détermination lorsque cela est utile, de sa propre initiative...
(Interruption)
Mme Fréchette : ...youp!, de
sa propre initiative ou à la demande de la ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie. Merci.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci. Est-ce qu'il y a des interventions? Oui, M. le député de
Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, après
l'intervention de Me Marois.
Le Président (M. Montigny) : Oui.
Très bien.
M. Kelley : Mme la ministre,
merci. Je ne sais pas si c'est possible peut-être... ou c'est nécessaire, je
regarde mes autres collègues, de déposer aussi des commentaires, mais bref, de
qu'est-ce que je comprends, ça, c'est le pouvoir de la Régie, que la Régie fixe
à tous les trois ans un montant par litre, mais bref, je suis allé plus dans un
montant par litre au
titre des coûts d'exportation qui doit supporter un
détaillant, etc. Qu'est-ce que je comprends, ça, ça date des années 2000
environ, qu'on a mis ce pouvoir ou capacité de la Régie de regarder cette
question-là. Ça, c'est en lien avec le prix de plancher qui va... plus tard
dans le projet de loi, mais c'est de bien comprendre la nécessité de changer ça
de trois... de chaque trois ans. Pourquoi on ajoute ça maintenant dans notre
projet loi? Alors, j'ai écouté des commentaires, mais en même temps difficile
difficile de... Je pense que, si on est capable d'avoir une copie, M. le
Président, ça va aider, nous, de bien comprendre l'intention du gouvernement
là-dessus. Alors, j'ai plein de choses, M. le Président.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien, très bien. Maintenant, sur la question du collègue, Mme la ministre.
Mme Fréchette : Oui, merci,
M. le Président. Donc, c'est un amendement, en fait, qui devient inopérant dans
la mesure où, avec le projet de loi, on abolit le prix plancher. Et ça, c'est
une responsabilité qui était en lien avec l'existence d'un prix plancher. Donc,
a priori, on n'en aura plus, de prix plancher. Advenant qu'il y en ait un qui
soit appliqué à nouveau sur un territoire donné, eh bien, là, on pourrait à
nouveau avoir la régie qui reprend cette responsabilité-là, mais, dans
l'entre-temps, ce n'est pas... ça devient inopérant, ça devient impraticable.
Je pourrais inviter mon collègue député de Beauce-Sud à compléter mon
intervention.
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Beauce-Sud, on vous écoute.
M. Poulin : M. le député de
Jacques-Cartier a la bonne lecture. Effectivement, c'est un peu en lien avec ce
que nous souhaitons faire plus tard, qui est évidemment l'abolition du prix
plancher. Dans un cas, il y aurait une possibilité de réintroduction. Il faut
savoir que le prix plancher est fixé qui s'appelle le...
M. Poulin : ...IQCA, qui est
un prix qui est fixé, qui comprend le prix d'acquisition, le prix à la rampe,
le prix de transport, on ajoute les taxes et on dit : À peu près, dans telle
région, le prix vendu devrait être, par exemple, de 1,40 $, de
1,37 $, un prix qui est modifié à tous les jours. Alors, nous, évidemment,
ce que l'on souhaite, c'est d'enlever cet indice-là, mais, comme la ministre
l'indique, si jamais il devait y avoir une réintroduction pour différentes
raisons avec le temps, parce que ni vous ni moi sommes éternels dans cette
gouvernance-là et les projets de loi doivent nous survivre, bien, il y a cet
amendement-là qui est fixé et qui est mis en place, tout simplement.
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci, M. le député. M. le député de Jacques-Cartier, vous avez la
parole.
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup. Merci, M. le député, pour l'intervention. Encore, je veux juste...
reviens sur le... quand la ministre ou... sur sa propre initiative versus trois
ans. Est-ce que l'idée, c'est parce qu'un peu avec le prix qu'on voit
présentement de l'essence... l'intention du gouvernement, c'est d'essayer de
demander à la régie de regarder ces questions plus souvent ou c'est... Encore,
je reviens à ce fait qu'on enlève «à tous les trois ans» versus «de sa propre
initiative ou la demande du ministre».
Mme Fréchette : En fait,
c'est pour éviter que la régie ne fasse une opération qui n'est plus nécessaire,
là, qui n'est plus... qui n'est plus requise et qui requiert du temps, des
efforts, des contributions, des audiences. Donc, voilà, c'est pour éviter tout
simplement cette voie-là, dans la mesure où il n'y aurait plus le prix
plancher.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Puis une autre question. Ça, ça ne touche pas... Je sais qu'on va arriver à une
discussion sur le prix de plancher éventuellement, mais est-ce que ça répond un
peu aux inquiétudes de certains groupes qui disent : Bien, le prix de plancher
risque que les grands Costco et puis les autres peuvent nuire à la
compétitivité des petits détaillants en région? Est-ce qu'il y a un lien entre
cette crainte qu'on veut quand même protéger certaines petites... les
dépanneurs en région qui ont une station d'essence, est-ce qu'il y a un lien
avec ça? Et je pose la question par... le dernier bout qui... «elle peut fixer
des montants différents selon des régions qu'elle détermine», alors de...
Est-ce que ça donne, le gouvernement, la capacité de demander à la Régie de
regarder une question comme ça? Ça serait comme la frontière avec l'Ontario? Je
sais que, mon collègue en face de moi, à Gatineau c'est l'enjeu pour certains
détaillants d'essence, que ça risque de fermer leurs portes si le prix de
plancher donne trop... trop de place à des Costco de ce monde.
• (15 h 30) •
Le Président (M. Montigny) : M.
le député de Beauce-Sud a demandé la parole. Je vous la cède immédiatement.
M. Poulin : Oui, absolument.
Je vais me permettre de répondre, évidemment, comme député qui est extrêmement
sensible à cet enjeu, qui a travaillé sur ce dossier-là, qui, en plus, a le
plaisir d'être l'adjoint parlementaire de la ministre. Il y a beaucoup de
questions dans ce que vous dites, il y l'enjeu du transfrontalier que vous
soulevez avec Gatineau, que... puis qui est différent souvent de l'Ontario,
Gatineau, que du Nouveau-Brunswick, qui est une autre réalité différente, on va
y venir.
Maintenant, l'argument du Costco, je pense
qu'il faut l'adresser. Le prix plancher a été mis en place au Québec en 1997, à
contrecœur, par le Parti québécois. Il faut aller lire la revue de presse de
l'époque. Guy Chevrette mentionnait qu'il ne souhaitait pas instaurer un prix
plancher au Québec. Il y avait, à ce moment-là, une guerre de prix où on
pouvait retrouver l'essence vendue à Montréal à 0,25 $, 0,45 $. Il
met en place le prix plancher pour tenter de sauver les indépendants, ce qui
n'a pas eu lieu, on est passé de 5 000 stations d'essence, au Québec,
à 2 779, et, malgré tout ça, le nombre de litres vendus a augmenté. Alors,
malgré tout, on vend plus de litres d'essence avec moins de stations. Alors, le
prix plancher n'a pas permis de protéger ce que l'on dit des indépendants.
Aujourd'hui, des indépendants purs, il en reste 70, O.K.? L'association qui,
jusqu'à présent, s'oppose au prix plancher... Et d'ailleurs, parenthèses, le
prix plancher, seulement en Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard en ont,
l'Ontario n'en ont pas, l'Alberta n'en ont pas, et on réussit à avoir différents
modèles de stations d'essence qui se retrouvent sur le territoire. Maintenant,
ce qu'il faut mentionner également, c'est qu'ils se sont envoyé des stations
d'essence plus de 4 783 mises en demeure dans les dernières années
parce que le concurrent vendait l'essence pas assez cher. Alors, c'est plus de
4 000 occasions d'avoir des rabais dans certaines régions à certains
moments donnés de la semaine pour pouvoir avoir l'essence le moins chère.
Alors, les indépendants, 70 indépendants purs, ceux qui se disent indépendants
présentement, ont parfois plus de 400 stations d'essence sur le
territoire. D'ailleurs, dans plusieurs entrevues, ils mentionnaient, bien avant
qu'on parle du prix plancher de l'essence, de mes sorties en...
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15 h 30 (version non révisé
e) M. Poulin : ...en 2023, il
disait : Notre modèle d'affaires doit être revu pour l'électrification,
mais aussi les stations d'essence, c'est important de le dire, ne vendent pas
seulement de l'essence, dans une très grande proportion, font également du
profit sur la nourriture, sur les produits alcoolisés, sur le lave-auto, s'ils
en ont un, ou autre. Alors, de permettre le libre marché ou la libre
concurrence, il n'y a pas d'automatisme de fermeture, bien au contraire. Et
vous citiez Costco, adressons-le, M. le député, parce que votre question est
extrêmement légitime. De un, Costco ne se trouve pas dans toutes les régions du
Québec, de un. De deux, si jamais il décide de baisser le prix de l'essence, c'est
un libre marché, ils ont la possibilité de pouvoir le faire. Vous savez, des
prix plancher, on ne retrouve pas ça dans les vêtements, on ne retrouve pas ça
dans l'alimentation, à part, évidemment, bon... il y a des enjeux avec le prix
de la bière, mais, dans sa grande généralité... Alors, nous, ce qu'on dit, c'est :
Laissons le marché faire son travail. La population québécoise utilise encore
beaucoup des véhicules à essence, soit davantage de rabais, alors laissons-le
en place.
Maintenant, sur le transfrontalier, il y a
déjà ce qu'on appelle le rabais PPC, O.K., qui est un rabais qui est donné
notamment dans la région de l'Outaouais, moins de cinq kilomètres, et tout,
pour ces enjeux-là. Maintenant, pour certaines stations, abolir le prix
plancher va leur permettre d'être concurrentielles, donc d'arrêter d'avoir une
fuite commerciale vers l'Ontario, le Nouveau-Brunswick. Ils vont pouvoir
descendre à ce prix-là. Dans le cas de certains, présentement, ils doivent
effectivement avoir une disparité. Vous savez, la taxe carbone ici est autour
de 0,09$, payée par celui qui acquiert l'essence, qui distribue l'essence, et, en
Ontario, Nouveau-Brunswick, on est autour de 0,20$. Alors, c'est sûr que ça
crée présentement des disparités causées par le gouvernement fédéral, il y aura
un budget de Mark Carney, puis on a hâte de voir ce qu'il va faire à ce
niveau-là, mais, somme toute, le prix plancher laisse ce libre marché, cette
libre concurrence.
M. Kelley : Merci beaucoup, M.
le député. Et ces 61 stations d'essence se trouvent où sur le territoire du Québec?
Est-ce qu'on... J'imagine, c'est vraiment en région. Est-ce qu'ils sont où on
ne trouve pas le Costco ou est-ce...
M. Poulin : Un peu partout.
Il faut savoir que certains, c'est le fameux modèle du gaz-bar. Alors, par
exemple, la personne a un atelier mécanique et, dans sa municipalité éloignée,
par exemple, a une ou deux stations d'essence. Mais je vous invite à faire l'exercice,
c'est assez rare. Il y en a, on ne dit pas qu'il n'y en a pas, mais, très
souvent, les gens sont associés à des bannières, des bannières. Certains ont
des contrats... Parce que 82 % de l'essence au Québec est gérée par un
centre de prix, c'est important de le dire. Alors, c'est des centres de prix
extrêmement rigoureux qui analysent par municipalité, par exemple, l'essence
vendue. Donc, même dans un plus petit milieu, on peut être associé à une
bannière, et c'est la bannière qui décide du prix qui est vendu à la pompe.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Et merci pour les interventions. C'est clairement un député qui connaît le
dossier très bien, mais encore...
M. Poulin : J'apprécie, M. le
député.
Le Président (M. Montigny) : ...M.
le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. Non,
parfait. Pour l'instant, je n'ai pas plus de questions. Je ne sais pas si mes
autres collègues veulent fouiller un petit peu avec cet amendement, proposition
d'amendement.
Le Président (M. Montigny) : Oui,
il y a une demande du député de Maurice-Richard. M. le député, je vous laisse
la parole... Maurice-Richard.
M. Bouazzi : Merci beaucoup.
Rapidement, sur les prix plancher, est-ce que je comprends que le fait d'avoir
mis des prix plancher n'a pas permis de sauver toutes les stations-service
indépendantes? Bon. Mais peut-être que ça aurait été pire, en fait, sans le...
Est-ce qu'il y a eu des simulations, des analyses qui peuvent prouver que ça
aurait pu être pire sans le prix plancher? Est-ce...
Le Président (M. Montigny) : M.
le député.
M. Bouazzi : ...qu'il y a de
telles...
Le Président (M. Montigny) : Oh!
Excusez-moi, je ne voulais pas vous couper.
M. Bouazzi : Non, non, c'est
très bien.
M. Poulin : Bien, c'est une
excellente question, parce qu'en fait, on a réussi, somme toute, à maintenir au
Québec un nombre de stations d'essence... il y en a qui ont fermé dans certains
territoires, mais on va vous dire qu'à certains endroits, il y a trop de stations
d'essence. Chez nous, c'est 14 stations d'essence dans la même ville. C'est
plus que la moyenne québécoise par 5000 habitants. Et, lorsqu'on a rencontré
les essenceries, ils nous ont dit : Bien, on maintient les prix vers la
hausse chez vous parce qu'on essaie d'être rentable, on n'a pas assez de monde
par station d'essence. Alors, c'est à se demander si, par moment, la
compétition n'a pas nécessairement aidé à une meilleure compétition comme
telle.
Ensuite, ils ont quand même vendu plus de
litres d'essence entre 1997 et aujourd'hui. Pourquoi? Population du Québec qui
a augmenté, évidemment. Donc, des gens qui consomment de l'essence davantage au
cours des dernières années. Donc, les analyses nous prouvent et, on a fait un
rapport avec docteur... pas docteur, mais plutôt Pr Robert Clark, qui mentionne
non seulement qu'on a un nombre de stations d'essence au Québec qui est encore
très correct, où les gens ont le choix... vous vous promenez sur un boulevard,
vous avez quand même relativement le choix, et qu'en plus de ça, bien, leur
marge de profit...
M. Poulin : ...ont augmenté en
2018 et 2023. Donc, le choix que l'on fait, c'est de laisser le marché se
faire. Est-ce qu'on veut protéger un nombre de stations d'essence par région —
c'est la question qu'on se pose — ou est-ce qu'on veut s'assurer que le
consommateur ait le plus de choix à faire? Mais l'impact du prix plancher, en
fait, il est difficile de dire : Est-ce qu'on serait... on en aurait fermé
2 000 de plus, 1 000 de plus, 3 000 de plus? Pas nécessairement,
parce qu'ils ne sont pas tant collés au prix plancher que ça. Dans la dernière
année, oui, vous regardez 2024, beaucoup de stations d'essence se sont collées
au prix plancher. Ça veut dire que certaines auraient descendu en bas, ça veut
dire qu'on aurait pu payer notre essence moins cher. Mais, dans le cas de
d'autres, on est à 0,10 $, 0,15 $ au-dessus du prix plancher. Donc,
pour répondre à votre question, ça n'a pas toujours été un référent pour eux.
M. Bouazzi : J'entends, mais
moi, ce que j'entends dans votre réponse ma question, c'est... bien, en fait,
un, on ne le sait pas, si ça va faire en sorte qu'il y en a qui vont fermer et,
deux, bien, il y a des endroits, ça serait donc... ce serait bien qui... la
concurrence fasse qu'il y en a qui ferme parce que ça va faire que le prix est
moins cher.
M. Poulin : C'est des
observations. Chaque marché est différent. Donc, c'est... Moi, je ne fais pas
cette conclusion-là, je vous fais référence à une rencontre où ils nous ont
mentionné ça notamment.
M. Bouazzi : .K. Mais, je
veux dire, pour l'instant, il n'y a aucune de vos phrases qui dit : Oui,
nous sommes confiants... Parce que l'idée du prix plancher, c'était de
dire : Si on se retrouve avec moins de joueurs et des joueurs qui, tout
d'un coup, sont capables de jouer tout seul et donc, à terme, de tuer une
partie de la concurrence et de relever les prix, une fois que tous les petits
joueurs sont morts, parce qu'ils ne sont pas capables d'avoir des prix aussi compétitifs
que les gros... et donc, en fin de compte, le prix de l'essence va augmenter,
là, c'est comme... c'est pour ça qu'il y avait un prix plancher. Moi, ce que
j'entends de tout ce que vous avez dit, c'est : Nous n'avons aucune preuve
que ça va ou pas fermer des stations-service.
M. Poulin : Bien, rien ne
nous porte à croire qu'il y aura des fermetures de stations-service dans la
mesure où plusieurs d'entre elles ont été très loin du prix plancher au cours
des dernières années, où, à Québec, Chaudière-Appalaches, Côte-Nord,
Bas-Saint-Laurent notamment, ils ont été très loin du prix plancher, alors ils
se sont maintenus en vie en étant très loin. Et puis un élément important que
je ne vous ai pas mentionné, 71 % des stations d'essence présentement sont
propriété des cinq plus gros joueurs avec le prix plancher. C'est important,
ça. Ça veut dire qu'on fait davantage dans un équilibre et la demande. Dans
certaines régions on paie plus, dans d'autres on a des rabais. Je vous donne un
exemple. J'ai demandé pourquoi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on paie moins cher
qu'ailleurs au Québec. On dit : C'est parce qu'il y en a un là-bas, il est
plus agressif. Ah! bien, tant mieux, les gens là-bas paient moins cher leur
essence. C'est une bonne nouvelle. Les lois du marché font leur impact et ont
leur résultante. Alors, la compétition est positive pour le consommateur. Puis,
sur le nombre de stations d'essence, malgré cette présence-là, les stations ont
quand même fermé au cours des dernières années tout en étant parfois très loin
du prix plancher dans certains cas, notamment entre 2018 et 2023, dans
certaines régions, on était loin du prix plancher.
• (15 h 40) •
Le Président (M. Montigny) : Très
bien. Merci.
M. Bouazzi : Je vous entends,
mais... Alors, moi, je ne maîtrise pas le sujet comme vous, parce que vous
semblez effectivement avoir passé beaucoup de temps à l'analyser, mais c'est
juste, je reprends les exemples que vous donnez en parlant de votre propre
circonscription, le fait qu'il y ait trop de vos propres aveux, là.
M. Poulin : Des propos qu'on
a eus d'essenceries, effectivement, rencontres...
M. Bouazzi : Exact. Et donc,
en fait, vous espérez que cette concurrence... enfin, «vous espérez», vous
pensez, j'imagine, que cette concurrence va en tuer un ou deux des 14.
M. Poulin : Non, je n'ai pas
cet objectif-là. Parce que chaque station a un parcours différent. Vous
comprenez que les nouvelles stations qui se sont construites dans les
10 dernières années, par exemple, avec un lave-auto, beaucoup de pieds
carrés, tout ça, ne sont pas rentables, mais on en a d'autres qu'ils le sont.
Alors, c'est ça, les lois du marché, les études de marché qui doivent se faire.
Moi, je souhaite que le portrait demeure le plus intact possible, sauf pour le
prix vendu. D'ailleurs, dans la dernière année, les marges de profit ont
diminué. Donc, ça, c'est une bonne nouvelle. Mais, 2018 à 2023, ce n'est pas
juste chez nous, M. le député, là, la Capitale-Nationale, le Bas-Saint-Laurent,
la Côte-Nord, l'Abitibi a eu des hausses fort importantes en termes de marges
de profit. Donc, c'est à eux qu'il faut penser à ce niveau-là, puis c'est
là-dessus sur lequel on compte travailler. Puis, avant 1997, il n'y en avait
pas. Il y a eu une guerre de prix. Mais, dans le cas des autres provinces à
travers le Québec... à travers le Canada, il n'y a pas de prix plancher, on
laisse le marché pouvoir se faire. Alors, tout dépendant du nombre, pour
répondre à votre question, ils se gouvernent d'une certaine façon.
Le Président (M. Montigny) : Bien,
très bien. Merci, collègue...
Le Président (M. Montigny) : ...est-ce
qu'il y a d'autres interventions? M. le député de Jean-Talon.
M. Paradis : D'abord, je
voudrais juste... Ça va me faire plaisir d'avoir une discussion avec le député
de Beauce-Sud. Mme la ministre, ça vous va... Très bien.
Mme Fréchette : Parfait. J'en
bénéficie moi-même...
M. Paradis : Je sens...
Mme Fréchette : ...connaissance
spécial