CAT — 10 June 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2021-06-10
Quebec — Committees
On va... Il y a tellement de conflits
d'intérêts, là, je pourrais les énumérer, mais, en fait, j'ai ma collègue... Ma
collègue qui est avec moi ce matin pourra en parler puisqu'elle a été bien
impliquée au niveau des commissions scolaires,
puis c'est pour ça qu'elle est... qu'elle m'accompagne ce matin, là, elle
pourrait justement être plus précise que moi sur ce sujet-là.
Mon point est que... Le fait que la loi
n° 40, là, elle soit contestée, là, ça ne concerne même pas la
problématique de l'élu, là. Ce qui est contesté ou, en fait, ce qui est
suspendu pour le moment, c'est la gouvernance scolaire.
Donc, ce qu'on... le motif, là, l'enjeu, là, la contestation, là, c'est que les
commissions scolaires anglophones veulent
continuer d'avoir des élus dans les commissions scolaires anglophones. C'est
ça, l'enjeu. Ça fait que ça n'a pas de lien direct avec ce qu'on parle
ici, de mettre qu'un élu scolaire anglophone est inéligible à siéger, donc il
n'y a pas d'enjeu — hein,
première fois, je l'ai bien dit — donc, il n'y a pas d'enjeu à cet
effet-là.
Puis ce que
j'ai fait valider, entre autres, c'est que supposons que... Un, ce n'est pas le
même sujet, là, la loi n° 40 qui est contestée puis ce à quoi on
parle ici, là, ce n'est pas la même chose, là. Supposons que la loi n° 40,
ça passe. On va y aller avec les deux
décisions possibles. La décision possible qui dit que, oui, les commissions
scolaires anglophones ont le droit de garder leurs élus, ont le droit de
garder leurs commissaires, bien, super, parce que nous, ici, on va déjà l'avoir intégré, qu'un élu scolaire, un commissaire scolaire
ne peut pas cumuler les deux fonctions, ça va être déjà là, on l'a prévu, c'est ce qui est prévu dans
l'amendement. Si c'est l'inverse, si on vient dire : Bien non, les
commissions scolaires ne... les commissions scolaires anglophones vont
devenir comme des centres de services pareils comme les francophones, il n'y
aura pas d'élu, bien, cet article-là devient caduc, ça ne s'applique pas. Donc,
il n'y en a pas, de problématique, il n'y en a pas, de problématique, là,
juridique à l'intégrer, à intégrer qu'un élu d'une commission scolaire
anglophone ne peut pas siéger. Ça fait que je ne la vois pas, la problématique.
Ça fait que je resoumets, là, l'ensemble de mes arguments.
Puis là où était ma collègue d'Anjou—Louis-Riel,
hier soir, là, ce qu'elle disait, entre autres, là, c'est que, dans le projet
de loi n° 16, là, la ministre, là, elle est intervenue dans un dossier qui
était... dans un dossier qui était... qui
était contesté, qui était déjà dans la machine judiciaire, là, puis on parle du
fonds de pension des policiers. La ministre est intervenue, là, puis ça
a tranché le litige. Puis le litige n'a pas continué en cour, là. Puis même la
cour disait : Bien, on va attendre de
voir comment ça va être tranché par l'Assemblée nationale. Donc, ça a mis un
terme au dossier, là, ça a, bang, fini, là.
Mais ce n'est pas ce qui va arriver ici, là. Je
veux dire, le fait qu'on dise que va être inéligible à siéger un élu d'une commission scolaire, ça ne met pas fin au
litige de la loi n° 40, là, donc ça n'a aucun impact sur la
contestation du projet de loi n° 40. Donc, c'est, entre autres, là,
une
partie de mes arguments sur l'amendement qu'on a déposé.
Mais, si vous me permettez, je peux céder, là,
tout de suite, là, la parole à ma collègue, là, qui peut faire un petit bout de
chemin sur cet amendement-là. Est-ce que c'est possible de le mettre,
l'amendement, à l'écran?
La Présidente (Mme Boutin) : ...il
était là, je pense, puis il a comme disparu. Allez-y, Mme la députée de
Westmount—Saint-Louis,
à vous la parole.
Mme Maccarone : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Un plaisir d'être parmi vous aujourd'hui en ce qui concerne ce
projet de loi et en particulier l'amendement de ma collègue, que je trouve très
à propos et très important. Je pense que la députée de Vaudreuil a fait
vraiment un bel exposé du pourquoi, mais je veux renchérir sur qu'est-ce
qu'elle a partagé, parce qu'on parle vraiment d'un conflit d'intérêts puis on
parle aussi de la concordance.
Je vois en mal pourquoi nous ne pouvons pas
poursuivre avec cet amendement, parce que, peu importe qu'est-ce qui arrive
avec le projet de loi n° 40, en ce qui concerne la communauté anglophone
et le droit d'élire leurs propres commissaires,
on ne sait pas quand est-ce ceci, ce sera réglé. Nous avons actuellement
plusieurs élus scolaires qui sont en attente d'avoir une date pour les
élections, car tout est suspendu pour eux, ça fait que ça reste qu'en ce qui
concerne l'inéligibilité pour les personnes qui peuvent être éligibles pour
être commissaire scolaire, tout ça aussi, c'est suspendu.
Alors, on a un devoir ici, à l'intérieur de
cette commission, de corriger le tir pour s'assurer que nous n'avons pas de conflit d'intérêts. C'était quelque chose
qui était discuté lors du débat en ce qui concerne le projet de loi n° 40,
je pense que tout le monde avait un accord.
Et ma collègue a fait l'exposé aussi, hier, de dire que ce n'est pas une
attaque envers les personnes qui occupent actuellement les deux rôles.
On sait que c'est des personnes qui veulent bien faire, on sait que c'est des
personnes qui sont dévouées à leur communauté, des personnes qui veulent
donner. Surtout être commissaire scolaire, quand on sait que c'est des gens qui
ne sont pas bien rémunérés, c'est beaucoup d'heures de travail, c'est beaucoup d'implication qui est demandée des gens qui sont
presque des bénévoles au sein de leurs commissions scolaires et de leurs
communautés. Mais ça reste que c'est un conflit d'intérêts. Parce qu'au sein
d'une commission scolaire et du partenariat
avec la ville... Écoute, ils sont presque mariés, c'est un couple. La seule
façon qu'une commission scolaire peut
vraiment rayonner dans leur territoire, c'est avec un bon partenariat avec la ville,
alors d'où l'importance d'avoir une séparation entre ces deux états.
On va parler du transport. Les commissions
scolaires, ils vont développer des relations très, très proches avec le
municipal. Si on parle surtout des plus grandes villes qui offrent du transport
public, bien, ils vont développer des ententes, Mme la Présidente, qui vont
être votées au sein de la commission scolaire. Alors, le municipal va faire
l'argent, dans le fond, parce que c'est un contrat de plusieurs millions de
dollars en ce qui concerne le transport de nos élèves au sein des commissions
scolaires. C'est quand même assez gros comme mandat. Alors, on devrait avoir une séparation. On ne devrait pas avoir quelqu'un
qui se retire tout le temps aussi, parce que, si quelqu'un reconnaît que c'est
un conflit d'intérêts puis ils sont un élu scolaire, bien, il va
falloir qu'ils se retirent toujours du débat, alors... parce qu'ils
reconnaissent aussi que c'est un conflit. Alors, nous sommes en train de priver
la population, qui ont voté pour cet élu scolaire, de sa place autour de la
table parce que c'est un conflit d'intérêts. Puis ça, c'est un exemple.
On peut parler des terrains. On sait qu'il y a tellement
une pénurie de terrains, tellement que c'est difficile de trouver des terrains
pour bâtir des écoles, on a dû mettre un amendement à l'intérieur du projet de
loi n° 40 pour donner plus de pouvoirs aux commissions
scolaires pour avoir... et de centres de services scolaires maintenant, pour avoir plus de pouvoirs au sein de la ville pour
négocier et trouver des terrains. Encore
une fois, un conflit d'intérêts assez important en ce qui concerne les élus municipaux et les
élus scolaires. Ils ont des attentes en ce qui concerne tout ce qui est école
publique et la police, parce que c'est aussi un partenaire très important.
Encore un conflit d'intérêts. La communauté, les parcs-écoles, écoute, la liste est longue, Mme la Présidente, en ce qui concerne les conflits
d'intérêts potentiels.
Nous avons vraiment une opportunité en or, aujourd'hui,
de corriger le tir. Je répète, c'est de la concordance avec ce qui est désiré à
l'intérieur du projet de loi n° 40, qui n'était pas
contesté lors des débats. Je pense que tout le monde avait un accord que, oui,
on reconnaît que c'est le temps de faire cette modification, c'est le temps de
faire ce changement. On veut avoir du monde autour de la
table, mais on connaît aussi que c'est un... on reconnaît que c'est un enjeu.
À poursuivre avec l'amendement, qui est maintenant
affiché — merci
beaucoup pour ceci — en
faisant ceci, je pense qu'on envoie un
message que l'éthique, la déontologie, c'est quelque
chose qui nous tient à coeur, c'est quelque chose que nous pensons assez important
de mettre vers l'avant, aujourd'hui, en adoptant cet amendement. Parce que, comme j'ai dit, il y a des élections qui s'en
viennent pour les commissions
scolaires. On ne sait pas quand les
élections s'en viennent, mais ça
reste qu'il y a plusieurs élus qui occupent les deux rôles. Ça fait qu'en adoptant
l'amendement, même si ce n'est
pas pour les élections qui s'en viennent prochainement, ça envoie un message.
Puis on ne
sait pas quand la contestation du projet de loi n° 40 en ce qui concerne
la gouvernance... Ma collègue l'a très bien dit, ce n'est pas lié avec
le conflit d'intérêts entre un élu municipal et un élu scolaire. C'est lié au
droit de la communauté d'expression anglaise
d'élire leurs propres représentants, la démocratie locale qui leur tient à
coeur, le droit de la communauté de
s'exprimer au scrutin de c'est qui qui va être leur représentant, ce n'était
jamais une question d'inéligibilité en ce qui concerne le conflit
d'intérêts. Ce n'était pas ça, le débat, du tout, du tout.
Alors, je
vois en mal comment nous ne pouvons pas poursuivre ici, malgré ce qui se passe
à l'intérieur du projet de loi n° 40, qui est une demande constitutionnelle de reconnaître les droits de
la communauté minoritaire d'expression anglaise,
leur droit de gérer et contrôler leurs institutions en matière d'éducation.
Alors, j'aimerais beaucoup entendre c'est
quoi, les arguments pourquoi nous ne pouvons pas poursuivre avec cet amendement, pour mieux comprendre, pour avoir un débat qui est constructif
avec le gouvernement. Parce que j'y tiens vraiment, à cet amendement qui a été
déposé par ma collègue la députée de Vaudreuil. Merci.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci, Mme
la députée. Mme la ministre, voulez-vous intervenir?
La Présidente (Mme Boutin) : À vous
la parole.
Mme Laforest : Oui. Bien, merci pour
ces informations, en fait, mais, comme on avait mentionné hier, durant la
journée, au niveau des commissions scolaires anglophones, la loi est quand même
suspendue, il y a des décisions qu'on attend, il y a des décisions... des
jugements qui vont... qui se prononceront. Maintenant, c'est pour ça qu'on ne
peut pas l'inclure ici, pour faire un résumé rapide de ce qu'on avait dit hier,
considérant la situation que la loi est
suspendue pour les commissions scolaires anglophones. Donc, ici, on ne peut pas
l'ajouter parce qu'évidemment, si on l'ajoute puis il y a une décision à
l'inverse avec le projet de loi n° 40... bien, on ne peut pas l'ajouter
ici.
Par contre,
c'est comme on a dit hier... puis il ne faudrait pas non plus que
l'article 3 bloque le projet de loi n° 49, pour aller de l'avant, mais, comme on le disait,
on va suivre, durant les prochains mois, les prochaines semaines, notre projet
de loi n° 49, on va suivre les travaux qui se font pour le projet de loi n° 40.
Puis, comme je le disais à mes collègues hier, on va regarder quelle
décision sera rendue. Puis, à ce moment-là, s'il y a lieu, on pourra prendre
des décisions. Mais, pour l'instant,
l'ajouter à l'article 3,
considérant le jugement attendu, comme il devrait se faire normalement
incessamment, on ne peut pas aller de l'avant. Mais je comprends très, très
bien votre préoccupation, c'est certain. On va attendre de voir qu'est-ce qui
va se passer pour la
loi sur les commissions scolaires anglophones.
La Présidente (Mme Boutin) :
Allez-y, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Je suis désolée,
mais je ne comprends pas la réponse, parce que, si nous sommes en train de faire un exposé de c'est qui qui devrait être
éligible ou inéligible, pourquoi ne pas le mettre à l'intérieur de cette liste
malgré qu'est-ce qui se passe? Si le projet de loi n° 40 aurait été adopté
puis il n'y aurait pas de contestation, on l'aurait
mis, on l'aurait mis quand même, je pense. Je pense que... Tu sais? Parce que,
si l'argument, c'est : On ne peut pas le mettre parce qu'on a quand
même une contestation... S'il n'y avait pas de contestation, est-ce qu'on
l'aurait mis? Je pense que oui, parce que ce serait quand même de la
concordance.
Alors, peu importe qu'est-ce qui arrive avec le projet
de loi n° 40, vraiment, je ne comprends pas l'argument de dire : On
ne peut pas le faire parce qu'on attend une réponse ou une décision en ce qui
concerne la contestation, malgré que ça aurait été un critère important pour
faire de la concordance, pour dire que, oui, nous sommes d'accord avec
qu'est-ce qui est écrit dans le projet de loi n° 40.
Laforest : Pas tout à fait,
parce qu'on aurait fait de la concordance avec la décision du projet de loi n° 40, par
rapport à la décision qui était à donner, là, avec les commissions scolaires
anglophones. Ça fait que, dépendamment de
la réponse ou de l'ajout qui aurait été fait dans le projet de loi n° 40, dépendamment de la décision du projet de loi n° 40, on ne l'aurait pas ajouté ici, là,
comme je vous mentionne.
C'est parce que, si le projet de loi n° 40
l'étudie, en fait, et la décision est prise, la décision qu'on attend, là,
pour... avec la décision d'occuper deux fonctions en même temps, là, élus
municipaux et les commissions scolaires, bien, quand... si la décision avait
été rendue ou si encore le projet de loi n° 40 avait été de l'avant avec
cette étude qui est présentement analysée, bien, on ne l'aurait pas ajouté ici
non plus, là. Ça fait que de dire : On va l'ajouter parce que, même si...
En fait, peut-être, je m'exprime mal, là. En
fait, simplement, c'est de dire que, le projet de loi n° 40, si la loi
n'avait pas été étudiée, présentement, pour les commissions scolaires
anglophones, bien, on n'aurait pas eu ici à l'ajouter.
Vous comprenez? Mais là, étant donné... considérant le jugement qui est
attendu, bien, on doit attendre la réponse du jugement. Vous comprenez? Parce
que c'est sûr que, s'il n'avait pas été... si on n'était pas dans la même situation,
actuellement, avec le projet de loi n° 40, qui est suspendu, pour la loi
sur les commissions scolaires anglophones,
évidemment, bien, on n'aurait pas eu non plus à l'ajouter, parce qu'il aurait
été dans l'autre projet de loi.
Ça fait qu'à ce moment-là, évidemment, s'il est
dans l'autre projet de loi, on ne le met pas ici, parce qu'il est déjà dans le projet
de loi n° 40. Vous comprenez que ce qui est dans le projet de loi par
rapport à cette demande-là, s'il l'est dans le projet de loi n° 40, on n'a
pas ici à l'ajouter. Par contre, comme je vous dis, on va suivre les travaux,
on va regarder, tout le monde, tout le long de notre projet de loi, on a quand
même beaucoup d'articles à étudier, on va regarder qu'est-ce qui va se passer,
quelle décision qui sera prise. Puis, comme j'ai dit à mes collègues hier, on
reviendra, s'il faut revenir, cet automne.
Mme Maccarone : Je vais le poser
autrement, Mme la Présidente. Si jamais la communauté d'expression anglaise
gagne leur débat devant le tribunal en ce qui concerne la contestation du projet
de loi n° 40, alors le projet de loi n° 40 ne s'appliquera pas envers
eux. Est-ce que ça veut dire que la ministre est d'accord qu'on peut être un
élu scolaire et un élu municipal?
Mme Laforest : La question est
excellente, mais je n'ai pas à être d'accord ou non. Tu sais, je ne peux pas me
positionner, j'attends la réponse, justement, que la cour va donner. Ça fait
que, dépendamment de la réponse que la cour va donner, on va regarder, après
ça, c'est quoi... comment ça a été jugé, quels points sont étudiés, les
raisons. Tu sais, est-ce que c'est applicable ou non applicable?
Parce que je sais quand même, là... puis on dit
ça comme ça, je sais que c'est pour des grandes commissions scolaires puis
c'est plus vers Montréal évidemment, mais la double fonction d'élu comme là on
le lit dans l'amendement, là : «Qui cumule les fonctions électives au
niveau municipal et scolaire», bien, c'est certain qu'il faut voir qu'il y a
des petites, petites municipalités qu'il n'y a pas de candidat, c'est très,
très difficile à avoir, où il y a moins de conseillers. Parfois même, on a de
la misère à avoir un maire ou une mairesse. Ça fait que, des fois, il y a un
cumul de fonctions.
Maintenant, avec la décision qui sera prise dans
les prochains mois, bien, on pourra peut-être rediscuter ensemble à ce
moment-là. Moi, je suis ouverte à discuter, là, quand la décision sera prise,
sans problème, là. Ce n'est pas du tout, du tout une fermeture. C'est que,
comment je pourrais dire, je n'ai pas... il y a un malaise présentement, là. Tu
sais, quand même, c'est... si moi, je vais de l'avant, tu sais, quand on attend
une décision de la cour, bien, c'est embêtant, la ministre va aller de l'avant
pendant qu'il y a une loi qui est étudiée présentement. Ça fait que vous
comprenez ma position. La seule affaire, c'est que, moi, vous pouvez voir que
j'ai hâte, là, de voir la décision qui sera prise, évidemment, dans le futur.
Ça fait qu'on va attendre de voir la décision. Puis c'est ça.
Puis je ne voudrais pas non plus supposer des
décisions qui seront rendues de la Cour d'appel. Tu sais, ce n'est pas non plus
à moi de faire des suppositions si c'est possible ou non de cumuler deux
fonctions scolaires au niveau municipal. Donc, moi, je pense que je ne veux pas
supposer la décision qui sera prise, ça fait qu'en même temps, moi, ce que je
dis présentement, c'est : même si on discute, comme je l'avais dit hier
soir, là, en longueur de cette demande-là, bien, je pense qu'on va toujours
arriver à la même conclusion.
Mais ce que j'entends, c'est très, très bien.
J'entends de votre part qu'il y a un malaise, puis vous voudriez que ce soit
amélioré dans le projet de loi n° 49. Ça, je l'entends très, très bien.
Maintenant, à suivre.
Mme Maccarone : Je remercie la
ministre pour la réponse, mais ce n'est pas une réponse à ma question. Je ne
demande pas à la ministre non plus de supposer qu'est-ce qui peut arriver
devant le tribunal. Ce n'est pas ça que je
demande. La question est vraiment hypothétique. Si notre tribunal décide en
faveur de la communauté d'expression anglaise,
alors le projet de loi n° 40 ne s'applique pas à eux. Ça veut dire : lors de cette décision, on peut avoir des
élus scolaires qui sont aussi des élus municipaux, puis on ne l'aura pas
corrigé ici. Est-ce que ça veut dire que la ministre est en accord qu'on peut
avoir des élus qui occupent les deux fonctions?
Laforest : Ce sera la même réponse, parce que, si, si, si, je ne peux
pas répondre si. On va attendre de voir la décision qui sera prise, puis je ne peux pas supposer non plus que...
si la décision est favorable ou si la décision n'est pas favorable, je
ne peux pas, là, argumenter sur ça, là. Vous comprenez de toute manière, ça, je
suis convaincue. Maintenant, on va attendre de voir la décision qui sera prise.
Mme Maccarone : Ça fait qu'est-ce
que la ministre est d'avis, d'abord, que c'est au moins un conflit d'intérêts
d'être un élu scolaire et un élu municipal en ce qui concerne des contrats de
transport, de terrain, de parc, de police, de communauté? C'est un conflit
d'intérêts?
Laforest : Bien, comme je vous dis, je vais attendre de voir la
décision qui est prise et les arguments, ça, c'est certain.
Mme Maccarone : Non, non, je ne
parle pas de ça.
Laforest : Puis, suite à ça, suite au travail puis au jugement qui
sera rendu, bien, peut-être qu'après ça je vais pouvoir vous répondre,
mais, pour le moment, je ne peux pas. Tu sais, je ne peux pas répondre parce
que je veux voir
comment... c'est quoi, les dispositions qui seront prises ou les
non-dispositions qui ne seront pas prises non plus, là. Ça fait que moi,
je n'aurai pas la... J'ai un malaise d'avoir la prétention de dire : Oui,
c'est un conflit d'intérêts, non, ce n'est pas un conflit d'intérêts. Est-ce qu'il
y a un conflit d'intérêts entre... pour les décisions des appels d'offres avec le transport, avec les terrains, avec... Tu
sais, c'est pour ça, je dis : Présentement, je suis neutre, considérant la
situation actuelle qui est suspendue. Donc, c'est suspendu, il y a des
gens qui vont se prononcer, puis on va attendre, puis après ça...
Maccarone : C'est quand même intéressant, comme position, étant donné
que le ministre de l'Éducation, votre collègue, Mme la ministre, a dit
que c'était un conflit d'intérêts puis c'était pour cette raison que c'était
écrit en noir et blanc dans le projet de loi n° 40
qu'on ne peut pas être éligible aux deux postes. Alors, je pense que c'est
quand même la position du gouvernement actuel, puis c'est pour ça que c'était
écrit dans le projet de loi n° 40 qu'on ne peut pas
occuper les deux. Alors, si c'est un changement de position puis de réflexion
en ce qui concerne les élus scolaires ainsi
que les élus municipaux, je pense qu'il faut vraiment avoir un discours là-dessus,
parce qu'honnêtement, pour moi, c'est clair, puis je pense que, pour
plusieurs personnes, c'est un conflit d'intérêts. Puis c'est pour ça que
c'était écrit dans le projet de loi qui a été adopté, adopté par votre
gouvernement.
Pour répondre à la question en ce concerne ce que
la ministre a dit pour le cumul de fonctions dans les régions, dans les plus
petites municipalités, je suis d'accord. Écoute, je suis une ancienne
présidente d'une commission scolaire, j'ai
couvert un territoire de trois régions, la grandeur de Belgique,
53 000 kilomètres carrés. Je sais c'est quoi, les défis de trouver des représentants de la communauté.
C'est très, très, très difficile, encore plus difficile dans les populations
qui sont très petites, qui sont très
rurales. Mais, cela étant dit, ça n'enlève pas ce que nous sommes en train de
discuter aujourd'hui.
J'en suis tout à fait
d'accord, qu'il faut trouver des bons candidats, mais il faut aussi faire une
exposition de qu'est-ce qui est un conflit d'intérêts, puis c'est ça, c'est de
ça que nous sommes en train de faire le débat ici, à l'intérieur de ce projet de loi, c'est l'éthique et déontologie. Ce
n'est pas éthique d'occuper les deux fonctions. Ce n'est pas éthique, peu importe qu'est-ce qui arrive avec
le projet de loi n° 40, je suis convaincue. Ce n'est même pas une question
de supposer qu'est-ce que le tribunal va dire, ce n'est pas un conflit
d'intérêts, c'est de la concurrence.
Puis ça envoie aussi
un message ici. On enlève le débat en ce qui concerne les commissaires. Si on
parle d'éligibilité pour les élus municipaux, il n'y a pas de contestation
envers eux, ce n'est pas eux qui ont levé la main pour dire qu'on ne veut pas
être nécessairement élus scolaires. Si on change le débat pour dire que,
maintenant, ce qui s'applique aux élections
municipales, pour les élus municipaux, on dit que vous ne pouvez pas aussi être
élu scolaire, ce n'est pas un conflit
d'intérêts, ça va être... Je lance le défi de trouver la jurisprudence pour
dire que nous ne pouvons pas faire ceci puis de faire adopter cet
amendement en ce qui concerne l'éthique qui s'applique aux élus municipaux.
Les élections sont au
coin, là, ce sont dans quelques mois. Ça va être très important que les gens
sachent qui est éligible, qui n'est pas éligible pour mettre leurs noms et
leurs faces sur un poteau. C'est un message pour la communauté. Ça va aussi
ouvrir des postes. C'est beaucoup de pouvoir pour une personne, c'est une
personne qui va pouvoir influencer plein de
choses. Puis, comme j'ai dit, je n'accuse personne. Je sais que c'est des
bonnes personnes qui veut occuper des postes, qui veut être des
représentants auprès de leur communauté, mais ça reste que c'est des conflits
d'intérêts importants, pour un conseiller municipal, à occuper les deux rôles.
Ça fait que les
élections qui s'en vient, on va avoir des conseillers municipaux qui vont aussi
avoir beaucoup de pouvoir au sein de leurs commissions scolaires. Ce n'est pas
acceptable, ce n'est pas acceptable du tout. C'est difficile pour la gestion
des commissions scolaires, ça va être difficile aussi pour la gestion des
municipalités, parce que l'influence est indue, est inacceptable. On a une
occasion en or, aujourd'hui, de corriger le tir et de mettre tout sur le côté
d'éthique et déontologie.
Vraiment,
il n'y a pas de conflit entre les deux actions de ce qui se passe pour la
contestation du projet de loi
n° 40 et ce que nous pouvons
faire ici, aujourd'hui, ensemble, entre collègues, pour dire qu'est-ce qui est éthique, pour assurer
que, les conflits d'intérêts, on dit que c'est non. C'est ça, le message qu'on
veut envoyer, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Boutin) : Allez-y, Mme la ministre.
Laforest : Oui. Bien, en
fait, juste pour corriger, là, ce n'est pas du tout, du tout un changement de
position, là, ce n'est pas du tout,
du tout un changement de position, puis je veux vraiment le présider... le
«présider», le préciser. Parce que c'est juste la situation que, présentement,
la loi a été suspendue par la cour. Alors, vous comprenez, vous l'avez, la position, de toute manière, comme vous
l'avez mentionné tantôt, avec le projet
de loi n° 40. Vous le savez, la
volonté pour occuper la fonction de deux postes pour les élus, de cumuler les
deux fonctions, si je peux dire, vous l'avez, la position, dans le projet de
loi n° 40, mais vous savez également que notre position est celle-ci,
celle du gouvernement. Maintenant, la loi, considérant qu'elle est suspendue,
on ne peut pas l'ajouter ici présentement, considérant que... Sauf que de dire
qu'il y a un changement de position... pas du tout, du tout, là. Je ne veux
que... je ne veux pas non plus qu'on sous-entende que, présentement, il y
aurait un changement de position pour le cumul des deux fonctions, là.
Ça fait que je veux
quand même vous rassurer. C'est juste que la situation qui est présentement à
l'étude, la suspension, c'est dû à la suspension de la loi, donc c'est pour ça
qu'ici moi, j'ai comme... je ne veux pas l'ajouter. On ne voudrait pas
l'ajouter parce que ça serait comme prétendre... ou encore aller, comment je
pourrais dire... aller devancer une décision qu'on sait très, très bien qui sera
prise bientôt, là, qui sera déterminée bientôt, là, qui sera jugée
prochainement.
Mme Maccarone :
On ne sait pas que ça va être décidé prochainement. Moi, je pense qu'il n'y a
personne qui a une boule en cristal pour dire qu'il y a une décision qui s'en
vient, là. Je pense qu'il faut avoir de prudence en disant ça, parce que ça,
c'est... Tout le monde attend à avoir une réponse à ce sujet.
Ce n'est pas
le projet de loi n° 49 qui est suspendu, là, on est en train de faire le
débat. Alors, tu sais, juste... Parce que
je sais que ma collègue la députée de Vaudreuil, elle veut s'exprimer
là-dessus, mais 49 n'est pas suspendu. Le 49, si tout va bien, après
tout le débat puis avec toutes les bonifications puis les modifications qu'on
aura au sein de ce projet de loi pour le bénéfice de la population québécoise,
sera adopté avec l'amendement qu'on adopte en ce qui concerne l'article 3.
Je ne pense pas que le projet de loi n° 49 serait
suspendu ou qu'il y aura une contestation de la communauté qui dit : Non,
non, non, écoute, moi, je suis contre cet effet que je ne peux pas être un élu
municipal et un élu scolaire.
C'est un faux débat, Mme la Présidente, parce
qu'on fait un exposé de qu'est-ce qu'on a voulu faire à l'intérieur d'un projet
de loi qui est suspendu, mais on les sépare, c'est deux arguments totalement
différents. Lors de l'adoption,
si c'est adopté, le projet de loi n° 49, si on a cet
article qui est adopté puis qui
est entamé dans le projet de loi, ce ne
sera pas suspendu nulle part, il n'y aura pas une contestation par la suite
parce que ce n'était pas ça qui était contesté, ce n'était pas l'inéligibilité
de la communauté qui était contestée.
Mme Laforest : Mme la Présidente,
est-ce que c'est possible de suspendre un petit peu?
La Présidente (Mme Boutin) : Oui, on
va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 01)
La Présidente (Mme Boutin) : Alors,
c'est reparti. Mme la ministre, à vous la parole.
Mme Laforest : Oui. Bien, en fait,
c'est ça, je vais rester sur la même position que je disais précédemment. On a
fait des vérifications, puis je comprends vraiment les inquiétudes de ma
collègue, mais, en même temps, on va rester
sur la position, considérant cette suspension de la loi qui est...
présentement. Ça fait qu'on a fait des validations, mais on doit quand même être prudents. Et c'est la
position que je garderai présentement, avec l'article 3, pour l'ajout
du cumul des deux fonctions.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci.
Mme la députée de Vaudreuil.
Nichols : Merci. Merci, Mme la Présidente. Je voulais juste être
certaine, là, tu sais, oui, on dit : «Cumul des deux fonctions»,
mais je veux juste qu'on comprenne bien. Tu sais, dans le fond, on fait référence
au cumul des fonctions électives,
c'est-à-dire municipale, scolaire, là, mais, tu sais, ce qu'on veut, là, c'est
ajouter qu'il est inhabile à siéger ou qu'il est inéligible... pas à
siéger, là, mais il est inéligible... un élu, un élu scolaire, là. C'est
vraiment, tu sais... là, on a écrit :
«fonctions électives», là, il était, je pense, 10 h 20, hier soir,
là, mais juste... Tu sais, dans le fond, ce qu'on veut, là... tu sais,
on fait souvent l'énumération : les juges des tribunaux judiciaires — je ne
repartirai pas là-dessus — les
directeurs généraux des élections, les membres du Parlement du Canada, mais, tu
sais, ce qu'on veut aussi, c'est qu'il y ait
un point qui dit : Aucun élu scolaire. Puis là c'est sûr que, oui, là, la
problématique, c'est : les élus scolaires, c'est seulement dans les
commissions scolaires anglophones, là.
Mais, moi, ce que je veux dire, là, Mme la
Présidente, là, c'est qu'il n'y en a pas, d'incidence, là. Présentement, il n'y
en a pas. Si on décide d'ajouter, là, que les élus scolaires, là, ne sont pas
éligibles, là, ça ne vient pas influencer le
projet de loi n° 40, là. Puis c'est ce que j'ai validé, là, juridiquement,
là, c'est que ça n'a aucune influence sur
le projet de loi n° 40. Puis, moi, mon inquiétude, là, je vous la partage,
là, c'est qu'il y en a, des élections municipales, le 7 novembre
prochain. Puis ce que je comprends, là, c'est qu'on ne veut pas intervenir puis
qu'on va dire... parce qu'il y en a, là, présentement, là, qui sont présidents
de commission scolaire anglophone puis qui sont maires d'une municipalité, puis
là c'est qu'on va leur dire, le 7 novembre prochain: Vas-y, mon tit-pit,
dépose-la, ta candidature. On l'a traitée,
mais on ne veut pas se prononcer, on est neutres. Ça me fâche, câline, ça me
fâche parce que c'est ici qu'on peut le faire puis c'est ici qu'on a le
pouvoir de le faire, on est les législateurs.
Puis, quand
je dis qu'il n'y en a pas, d'incidence, il n'y en a pas, on le met, puis, au
pire, là, le pire du pire, là, tu sais... je veux dire, il n'y a pas
d'impact négatif, le pire, c'est que, s'il n'y en a plus, d'élus, s'il n'y en a
plus, là, d'élus scolaires, là, si ça n'existe plus, des élus, dans les milieux
anglophones, là, bien, il sera juste caduc, ça sera juste plus bon. Puis, s'il y
en a, bien, on viendra dire : Tu ne peux pas cumuler les deux fonctions.
Tu sais, la problématique, là, la vraie
problématique, là, ce pour quoi on vient légiférer ici... Puis, tu sais, je comprends quand on dit : Oui, mais on va
peut-être avoir moins de candidats. Oui, on va avoir moins de candidats, mais
c'est quoi, on préfère tolérer le conflit d'intérêts? Moi, c'est ce que je lis,
là, entre les lignes, là, tu sais. On va avoir moins de candidats dans les petites municipalités, puis, encore là, tu
sais, on va dire : Oui, mais dans les petites municipalités, il y
en a moins, de candidats. Ah oui, O.K., parce qu'il y a moins de candidats dans
les petites municipalités, on va tolérer le conflit d'intérêts? Non, mais, tu
sais, c'est ça, la réponse, c'est ça, la réponse qu'on nous donne là.
Ici,
là, je le rappelle, on est dans un projet de loi, on est dans le sujet
Introduire de nouveaux motifs d'inéligibilité. C'est ça, le sujet qu'on
traite présentement. Bien, ça, c'en est un, motif. Ça, c'en est un, motif.
Puis, sincèrement, on ne peut pas soulever que la
partie gouvernance scolaire
anglophone est traitée ailleurs parce qu'on ne sait même pas quand est-ce qu'on
va avoir une décision, mais on sait qu'il y a des élections municipales le 7 novembre
prochain, par exemple.
Donc, on va... on ne se penchera pas là-dessus,
on va revenir dans peut-être un an, deux ans, trois ans, puis, pendant ce
temps, bien, il va y en avoir, des conflits d'intérêts, puis on va continuer de
les traiter. Ça fait que, moi, c'est ça qui
me fatigue. Puis, oui, il y a les élections municipales le 7 novembre
prochain, mais il y a sûrement des élections scolaires partielles qui
n'ont pas lieu.
Ça fait que je le réitère, là, tu sais, moi,
quand je vois tout ça, là... Puis les réponses que j'entends ici aujourd'hui,
c'est que, un, ça va avoir une incidence sur le projet de loi n° 40. Ce
n'est pas vrai, ça ne va pas venir trancher le projet de loi n° 40, pas
pantoute. Puis ça, Mme la ministre... Mme la Présidente, là, si je le dis, puis
à Mme la ministre aussi, là, mais si je le
dis, c'est parce que je l'ai validé, là, tu sais, je l'ai validé, là. Il n'y en
aura pas, là, d'incidence sur le projet de loi n° 40, ce n'est pas
ça qui va venir trancher le projet de loi n° 40. Qu'on vienne dire ici que c'est un motif d'inéligibilité, le fait qu'on
soit... je m'en viens bonne, le fait qu'on soit un élu scolaire, là, ce n'est
pas ça qui va venir trancher le débat, là, du projet de loi n° 40, mais
pas du tout.
Mais ce que ça va dire, par exemple, c'est qu'on
met notre pied à terre comme législateur puis on est proactif, on dit qu'il y
en a, des conflits d'intérêts. Ça, on est d'accord, là. Ça, ça a été traité au
projet de loi n° 40, là. Ma collègue
l'a dit, ça a été traité, il y en a, des conflits d'intérêts. Ça a été admis
par la
partie gouvernementale. Il y en a quand on cumule ces deux fonctions-là d'élu municipal puis d'élu
scolaire, il y en a, des conflits d'intérêts. Ça fait que, là, ce qu'on
vient faire, on met notre pied à terre en disant : Bien, regardez, là, que
ça passe ou que ça ne passe pas, il n'y en aura pas, de conflit d'intérêts.
Puis c'est ça qu'on vient légiférer aujourd'hui.
Ça fait que je trouve, tu sais, je trouve...
Bien, en fait, j'aimerais bien qu'on nous oriente, là. Tu sais, on nous dit que
ça a peut-être un impact sur le projet de loi n° 40 puis qu'on aime mieux
rester neutre. Moi, j'aimerais savoir l'ampleur de l'impact sur le projet de
loi n° 40. À quel niveau ça va intervenir sur le projet de loi n° 40?
La Présidente (Mme Boutin) :
Pouvez-vous répondre ou... Allez-y Mme la ministre.
Mme Laforest : Bien, j'ai donné tous
les arguments, j'ai donné toutes les raisons. Puis il faut juste préciser, il
faut faire attention, là, que... il ne faut pas dire qu'il a été... qu'on
aurait entendu que, parce qu'il y a moins d'élus, on va permettre que les élus cumulent deux fonctions. J'ai juste dit des
exemples de situations. Alors, il faut faire attention, je n'ai pas dit que j'étais pour qu'un élu cumule des
fonctions dans des municipalités qu'il n'y a pas beaucoup d'habitants.
Il faut vraiment être prudent, c'est
complètement une autre chose, c'est... considérant la loi qui est suspendue
présentement, ce sera impossible d'ajouter l'amendement qui est proposé présentement.
Donc, il n'y a aucune supposition de mon côté,
là. Parce que, oui, c'est vrai qu'il y a des élus qui cumulent deux fonctions dans des endroits, puis j'ai donné
ça comme exemple dans les petites municipalités, mais c'est beaucoup
plus au niveau de la suspension de la loi, et ce sont pour ces raisons-là.
C'est des bonnes raisons que j'ai données, là, Mme la Présidente.
Nichols : Oui, parfait, mais ma question, c'est à savoir c'est quoi,
l'impact. C'est quoi, tu sais, juridiquement,
là... Puis, écoutez, donnez-moi une réponse, tu sais, convainquez-moi, puis on
va en... Je veux dire, on est capables... tu sais, on est capables de
comprendre, là, mais convainquez-moi que le fait qu'on vienne ajouter ici qu'un
élu scolaire ne peut pas être un élu municipal... en quoi ça viendrait
influencer le projet de loi n° 40. C'est ça, ma
question.
Mme Laforest : Mais c'est ça,
justement, je n'ai pas dit qu'un élu municipal pourrait être élu dans une
commission scolaire anglophone ou encore cumuler les deux fonctions. Je n'ai
jamais dit ça. En quoi ça dérange? Bien, en quoi ça dérange, c'est que,
présentement, on attend un jugement. On va l'avoir, on va avoir la décision de
la cour puis, après ça, on va voir comment
être vraiment... les deux projets de loi, p.l. n° 40,
p.l. n° 49, pour que ça s'applique dans les
deux projets de loi, à ce moment-là, quand la décision sera rendue. Mais,
présentement, moi, c'est certain que... De toute manière, bien, vous le voyez,
là, il y a un malaise, là, c'est important de voir que... on va attendre la décision qui sera prise, mais la position de notre
gouvernement a déjà été prise, là, dans le projet de loi n° 40, et la position était claire dans le projet
de loi n° 40 aussi. Donc, maintenant que cet article... ou ce projet de
loi là est... cette loi est suspendue, pour
mieux le dire, bien, elle est suspendue pour bien répondre à cette
situation-là. Alors, il va y avoir une décision,
puis à ce moment-là on pourra... Possiblement que je serai plus à l'aise quand
la décision sera rendue. Donc, ça va être la même réponse que je vais
avoir, évidemment, là. Donc, il faut juste être prudent. Ce n'est pas une
question que je suis pour cumuler des fonctions, là. Il faut juste faire
attention.
Mme Nichols : Mme la Présidente, on
est au projet de loi n° 49. On ne vient pas ici interpréter le projet de
loi n° 40, ou on ne vient pas non plus s'introduire dans le débat du projet
de loi n° 40, ou on ne vient pas interpréter ou donner une orientation à la décision que pourrait avoir le projet de loi n° 40, pas du tout. On traite du projet de loi n° 49, on est à l'article 3, on parle de
la probité des élus, l'honnêteté, l'intégrité, la droiture, c'est ça, la
probité des élus. On introduit, entre autres, des nouveaux motifs
d'inéligibilité, on parle... puis là on peut en faire... on en a traité, là,
dans les journées, là, précédentes, puis ce qu'on dit, c'est d'introduire le
fait que, si tu es un élu scolaire, tu ne peux pas te présenter
aux élections municipales. C'est problématique présentement sur le terrain. Ça
n'a pas rapport avec le projet de loi n° 40. Le projet de loi n° 40,
ce qu'on comprend, c'est que c'est la gouvernance qui est suspendue. Ce n'est
pas ça qu'on traite, là. Puis c'est comme si on venait me dire : Bien,
aïe, tout qu'est-ce qui est élu scolaire anglophone, là, bannissez ça de votre
vocabulaire, on ne touche plus à ça. Bien, on ne fait rien là-dessus, il y a le
projet de loi n° 40. On ne vient pas demander ici d'interpréter le projet
de loi n° 40, là, ce n'est pas ça qu'on fait, là. On traite le projet de
loi n° 49.
Là, on est dans les endroits où il y a
potentiellement un conflit d'intérêts. Puis on est en 2021, les conflits
d'intérêts puis l'apparence de conflit d'intérêts, on est sensible à
l'apparence de conflit d'intérêts. Des conflits d'intérêts, là, il y en a un
puis un autre, là. On les a entendus quand ils sont venus en commission
parlementaire, des élus, l'UMQ, la FQM. Il y a des conseils municipaux qui nous
ont écrit, des élus municipaux qui nous ont écrit. Des conflits d'intérêts, il y en a, puis c'est pour ça qu'on veut faire,
entre autres, de la formation pour les élus municipaux. C'est pour ça
qu'on veut leur donner cette formation-là, pour qu'ils comprennent les limites
de tout ça. Là, ce qu'on est en train de dire ici, là, c'est qu'il n'y en aura
pas, de limites, là, puis on n'interviendra pas sur cet aspect-là, alors qu'on venir intervenir ailleurs, mais ici on
traite du projet de loi n° 49. On nomme les personnes qui ont
potentiellement un conflit d'intérêts dans leur travail ou dans ce
qu'ils accomplissent dans la vie, qu'il y a un conflit d'intérêts avec le fait d'être un élu municipal. Puis là on vient
dire ici : Bien non, il y en a un, conflit d'intérêts, mais on n'aime
mieux pas se positionner.
Puis je le répète, là, ce n'est pas de se
positionner vis-à-vis le projet de loi n° 40, là. Puis, moi, c'est sur cet
aspect-là, là. Il n'y a pas de préséance d'une
loi sur l'autre, là, le projet
de loi n° 49, là, ne va pas avoir force de loi, préséance sur le projet de
loi n° 40, là, pas du tout, là. Puis la preuve, là, c'est que, peu importe
le résultat du projet de loi n° 40, là, ça va avoir des incidences
partout, là. Il y a plein de lois qui vont devoir s'ajuster en fonction des conclusions du projet de loi n° 40, là.
C'est tout. Puis ici, là, dans le pire des cas, là, dans le pire des cas, là,
on prévient le conflit d'intérêts en rendant inéligible un élu scolaire,
donc on prévient ce conflit d'intérêts là, puis, peu importe le résultat du projet
de loi n° 40, là, ça va s'appliquer, le 49 va s'appliquer. Puis, au pire,
tu sais, au pire, on dira : Bien, ça n'a servi à rien de mettre un élu
scolaire. Mais, quand même, moi, mon devoir en tant que législateur, là...
puis, tu sais, ça, c'est la
partie qui vient me chercher à chaque fois, là,
notre travail en tant que législateurs, notre devoir... Puis on l'étudie ici, hein? On est dans un projet de loi éthique et
déontologie dans le milieu municipal. On veut donner plus de dents à la CMQ d'intervenir quand il y a
des potentiels conflits d'intérêts. Puis ici, là, on n'en a même pas, de dents,
nous autres, pour... de dents, là, je parle de dents, pour intervenir, pour
venir dire : Il y en a un, conflit, mais on va le laisser passer.
Sincèrement, là, Mme la ministre... Puis, pour
vrai, là, hier, je n'étais pas certaine, hier je n'étais pas certaine, puis
c'est pour ça que j'ai approché la
partie gouvernementale d'emblée, dès qu'on a
ouvert l'article 3, pour dire : Est-ce qu'il y a une problématique à
cet effet-là? Puis on nous est revenus rapidement, ça fait que j'ai rapidement compris que la position, c'était : On ne se
positionnera pas, on va attendre le projet
de loi n° 40. Je le réitère, il
n'y en a pas, il n'y a pas d'incidence sur ce qu'on est en train de
faire sur le projet de loi n° 40. Je ne pense pas qu'au projet de loi n° 40 ils vont venir plaider : Oh! Oh! Oh! Au projet de loi n° 49, on a introduit qu'un élu scolaire ne peut pas
être un élu municipal. Sérieux, là, ce
n'est pas ça qui va venir trancher sur la gouvernance des commissions scolaires
anglophones, là, ce n'est pas ça qui
va venir déterminer. Comme ma collègue disait, c'est constitutionnel, là. Les
anglophones soulèvent un droit constitutionnel d'avoir leurs commissions
scolaires avec des élus scolaires. C'est tout.
Ça fait qu'il
n'y a pas... Tu sais, écoutez, là, je l'ai tourné de tous les sens. Je l'ai...
On a fini tard hier soir, puis je me suis permis de déranger des collègues,
des juristes pour valider ce point-là. Ça fait que, tu sais, si on me dit
qu'il n'y a pas de... c'est pour ça, je vous dis : Sortez-moi un argument
en droit, là, sortez-moi un argument en droit que je n'ai peut-être pas étudié, que j'ai... ou qu'on n'a pas porté
attention — je
ne veux pas dire «étudié», parce qu'on s'entend qu'on n'a pas dormi beaucoup
cette nuit, là — mais
sortez-moi un argument en droit qui dit que ce qu'on est en train de faire va avoir une incidence sur le projet de
loi n° 40, puis là je vais dire :
Oui, moi, je ne veux pas aller jouer dans le projet de loi n° 40, je
ne veux pas jouer dans ce film-là. Mais ça n'en a pas, d'incidence. Tu sais,
c'est ça, la problématique.
Moi, mon
rôle, mon devoir, c'est d'être assis ici et de dire : Il y a des conflits d'intérêts là, là, là, puis j'aimerais ça intervenir pour qu'il n'y en ait
pas, de conflits d'intérêts. Ça a été porté à notre attention, c'est ça, notre
devoir, là, en tant que... législateurs — oups! ça va être beau
tantôt — puis
c'est ça qu'on est en train de faire.
Puis, sérieux, là, je n'en ai pas, d'argument,
je n'en ai pas, d'argument. À date, là... puis on essaie des petits arguments, là, on essaie des petites choses. Puis,
tu sais, les conflits d'intérêts potentiels, là, on les a nommés, je pense
que ma collègue, elle les a nommés. Un élu
municipal, là, vous le savez, ça joue un rôle à plusieurs niveaux, au niveau
des transports, au niveau du choix de
terrains. Ça, je pense qu'on est allés, là, sur les... c'est évident, ça saute
aux yeux, là, les potentiels conflits d'intérêts.
Les élus
municipaux, ça touche à peu près à tout, puis c'est vrai qu'on ne peut pas
cumuler ces deux fonctions-là, ça, on ne peut pas, là. Hier, on avait le
député de Chomedey qui était là, qui nous disait que, lui, son prédécesseur
était député puis était aussi... en tout cas, il cumulait les fonctions. Aïe!
ça n'a aucun sens. En 2021, là, ça ne passe pas, ça ne passe pas, on ne peut
pas tolérer ça. Ça fait que moi, je vous le dis, je vous le dis, Mme la
Présidente, c'est hypersensible, ce sujet-là des conflits d'intérêts.
Les élections municipales, c'est le
7 novembre prochain. On est en train de passer un message à l'effet qu'on ne veut pas se prononcer parce qu'il y a un projet
de loi n° 40. Est-ce qu'on est en train de dire : Ah! bien, c'est
correct. Parce qu'il y en a, là, puis ce n'est pas comme s'il n'y avait pas de
situation, là, tu sais, il y en a, il y en a, des situations, là, il y en a, des cas, là, présentement, là. Puis
là on est en train de dire : Bien, on va les tolérer quand même le 7 novembre. Puis je ne pense pas qu'on va rouvrir cette
loi-là dans un avenir rapproché. Ça veut dire que quoi? On va continuer à
tolérer parce que ça ne sera pas inclus dans le projet de loi? Voyons. Il est
ouvert, là, on a la chance. Au pire, là, il
deviendra caduc. C'est pour ça que je dis : Donnez-moi, s'il vous plaît,
là, des arguments pour me convaincre que je ne suis pas sur la bonne
piste.
La Présidente (Mme
Boutin) : Merci, Mme la députée. Est-ce que vous vouliez intervenir,
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
ou Mme la ministre? Non?
Laforest : Mme la Présidente, je pense que je me suis bien expliquée
précédemment. C'est la même explication que je donnerais, ça fait que je vais
rester sur ça.
La Présidente (Mme
Boutin) : Parfait. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, allez-y.
Maccarone : Je pense que
j'irai un petit peu plus loin que ma collègue la députée de Vaudreuil,
en disant qu'il y a des conflits
d'intérêts potentiels, je vous dis, il y a
des conflits d'intérêts. C'est un conflit d'intérêts d'occuper
les deux postes. Actuellement, à ce jour, il y a des conseils de commissaires
qui sont réunis dans leurs réunions, qui sont aussi des élus municipaux qui
sont en train de voter sur des enjeux qui ont une implication au niveau
municipal. Ils occupent les deux rôles.
C'est des conflits d'intérêts, puis pas parce qu'ils veulent mal faire mais
parce qu'ils avaient la permission de le faire. Puis ce n'est pas entamé
nulle part pour dire qu'ils devront se retirer, ils devront se lever la main.
Ça, ça veut dire que, même si c'est ça, la solution temporaire, nous sommes en
train de priver la population de leur droit d'avoir un représentant autour de
la table, que ce soit au niveau municipal ou au niveau des commissions
scolaires, parce que le représentant doit se retirer de tous les débats et tous
les votes.
Et il y en a
plusieurs, ce n'est pas quelque chose qui arrive une fois par année, une fois
par chaque cinq ans, c'est récurrent, ces votes, c'est au quotidien, ces
débats. Il y a trois, quatre, cinq rencontres par mois au sein des commissions
scolaires. Je ne peux pas parler des conseils municipaux, je n'ai pas cette
expérience ou cette expertise. Mais il y en
a plusieurs, rencontres, des séances de travail où nous sommes en train de
discuter ça va être quoi, les prochains terrains, ça va être quoi, le budget, ça va être quoi, le don, ça va
être quoi, le partenariat, ça va être quoi, le contrat que nous aurons
avec la police, ça va être quoi, le contrat que nous aurons avec la communauté.
Puis je rajoute, on a des élections qui s'en
viennent, ceux qui sont actuellement élus scolaires qui se présentent pour être
élus municipaux, ils ont un avantage
sur les autres candidats, parce qu'ils ont accès à une autre communauté, à
d'autres registres, à des parents, à
des électeurs sur leur propre territoire, que les autres candidats n'auront
pas. C'est injuste. On a une opportunité en or de corriger le tir.
Je regrette
presque... Nous avons évoqué le projet de loi n° 40. Moi, j'avais pensé
que ça aurait été important de le soulever,
parce que c'est de la concordance, parce que c'était la position du
gouvernement lors de l'adoption de ce projet
de loi. J'enlèverais ça, je supprimerais même le débat sur le projet de loi
n° 40, parce que ce n'est même pas lié, en ce qui concerne qu'est-ce qui se passe à l'intérieur de ce projet de
loi et ce que nous pouvons faire ici pour
les conflits d'intérêts. Ce n'est pas
potentiel, c'est actuel. C'est ça que nous sommes en train de dire. C'est
correct. C'est ça qui arrive sur le terrain maintenant. C'est un enjeu,
nous avons un devoir de corriger.
Vous savez, Mme la
Présidente, ce qui n'est pas un conflit d'intérêts, c'est d'adopter cet amendement
en ce qui concerne le conflit d'intérêts d'occuper les deux postes. C'est ça
qui n'est pas un conflit d'intérêts, mais c'est un conflit d'intérêts de ne pas
le faire. J'ai un grand malaise si nous n'adoptons pas cet amendement.
Je suis prête à entendre peut-être une solution ou une autre façon de le
«rédacter», de l'insérer à l'intérieur de ce projet de loi, mais on a un devoir
de protéger la population de ce conflit d'intérêts, pas potentiel, réel,
vraiment réel. Pas pour mal faire, mais parce
que c'est comme ça que c'est actuellement en place. Puis nous pouvons le
corriger, nous pouvons mettre quelque chose
en place qui va protéger la population de ce conflit, de ce manque d'éthique.
C'est un manque d'éthique d'occuper les mêmes postes. Puis c'est un faux débat
de dire que nous n'avons pas assez de candidats, etc. Ce n'est pas ça. On va
trouver des bons candidats. Puis, à la limite, je serais prête de dire qu'on
laisse un poste vacant, puis de ne pas avoir un conflit d'intérêts parce
qu'on occupe les deux postes, parce qu'on a un devoir de protéger la
population.
C'est impossible de
se retirer d'un débat au complet en ce qui concerne un terrain pour bâtir une
école. C'est la raison d'être d'une
commission scolaire. Puis de dire que cette personne ne pourra pas s'insérer
dans le débat s'il est président ou présidente de sa commission
scolaire, bien, c'est impossible, c'est la personne qui doit s'exprimer, c'est la porte-parole de la commission scolaire, c'est
la personne qui va faire toutes les rencontres. Bien, écoute, ça va être bien
facile, moi, je suis présidente et je suis conseillère municipale, alors je
vais me parler à moi-même. Je ne peux pas me
retirer de ce débat, c'est impossible, c'est impossible. Nous devons corriger
la Loi électorale, ici, à l'intérieur du projet de loi n° 49, pour éviter ce conflit d'intérêts, pas potentiel, je
répète, Mme la Présidente, actuel, réel. C'est en place, c'est ça qui arrive
aujourd'hui dans nos conseils municipaux et à l'intérieur de nos commissions
scolaires anglophones puis...
La Présidente (Mme
Boutin) : Je suis vraiment désolée. J'ai fait le saut par ma
minuterie, votre temps est écoulé, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis.
Je suis vraiment désolée. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'amendement qui a été présenté par la députée
de Vaudreuil, par appel nominal.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. Pour les membres de
l'opposition officielle, Mme Nichols (Vaudreuil)?
Le Secrétaire :
Mme Laforest (Chicoutimi)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Jacques (Mégantic)?
Le Secrétaire : Mme Boutin
(Jean-Talon)?
Présidente (Mme Boutin) :
Abstention. Alors, l'amendement est rejeté. Oui? De toute façon, il y a encore
du temps pour l'article 3, là. Allez-y, Mme la députée de Vaudreuil.
Nichols : Je vais vous
demander de suspendre, Mme la Présidente. On va déposer un autre amendement.
La Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 31)
La Présidente (Mme Boutin) : C'est
reparti pour notre séance. Alors, Mme la députée de Vaudreuil, je vous
inviterais à nous présenter votre amendement.
Nichols : Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, pas très compliqué, l'article 3 du projet de loi est modifié par l'insertion, après le deuxième alinéa, du
suivant :
«Ne peut exercer les fonctions d'un élu
scolaire.»
La Présidente (Mme Boutin) :
Voulez-vous intervenir?
Mme Nichols : Bien oui, certainement.
La Présidente (Mme Boutin) :
Allez-y.
Nichols : J'attendais votre
directive, Mme la Présidente, j'attendais votre directive. Alors, oui, certainement. Bien, vous comprendrez qu'on
faisait référence, là, au cumul des fonctions. Peut-être que ce n'était pas
superclair. Ici, là, je me dis, là, c'est vraiment
direct, clair, là, c'est qu'on ne peut pas exercer les fonctions d'un élu
scolaire quand... Parce que ce qu'on
fait, c'est une énumération, là, de ceux qui sont inéligibles à siéger. Donc,
on fait... évidemment, là, on fait l'énumération, puis c'est une
énumération, là, qui est encadrée, hein, ce n'est pas une énumération... Donc,
on vient dire ça pour les postes, là, entre autres, là, pour lesquels on
pense qu'ils sont inéligibles, puis on en fait la liste.
Donc, nous, ce qu'on souhaite, c'est que ça soit
ajouté dans la liste, l'élu scolaire. Bien sûr, on sait que, dans les centres
de services scolaires, il n'y en a pas, d'élu scolaire. Donc, quand on fait
référence à l'élu scolaire, pour le moment, c'est bien clair, on parle des commissions
scolaires anglophones.
Mme la Présidente, je vais... je vous le dis
d'emblée, là, on a quand même pensé, puis ça peut peut-être être une des solutions aussi, de le... tu sais, de
rouvrir la Loi électorale, l'article 235, puis c'en fait partie, ça fait
qu'on peut attendre aussi au bloc sur la Loi électorale, parce que ça
fait
partie des lois que nous allons toucher, qui sont touchées dans ce projet
de loi là, puis de l'ajouter dans
l'énumération. Bon, ici, on a décidé, là, de poursuivre, là, dans la même
veine où on était, puis de continuer avec
l'article 3, puis d'ajouter, après le deuxième alinéa, qu'il ne peut pas
exercer les fonctions d'un élu
scolaire. Mais ce n'est pas grave, j'annonce tout de suite mes couleurs que
c'est une des possibilités où on pourrait aussi introduire le même
concept.
Je vais
essayer, Mme la Présidente, de ne pas être redondante, mais vous comprendrez
que l'objectif est le même, la problématique reste la
même, c'est-à-dire que... bien, oui, je le sais, c'est plate, il faut le
répéter, là, c'est comme ça, mais c'est-à-dire que, tu sais, l'objectif est le même. Puis je pense que, tu sais, tout le monde le voit, là, tout le monde
le voit, je pense que c'est évident, les exemples qui ont été donnés
relativement aux conflits d'intérêts, puis pas juste potentiellement conflits d'intérêts, là, ma collègue avait soulevé d'excellents points à l'effet que
le conflit d'intérêts est là, directement sur le terrain, puis
je pense qu'il y aurait même d'autres exemples à cet effet-là.
Moi, là où j'ai un intérêt particulier, c'est
relativement à l'aspect légal. Puis c'est là où j'ai... tu sais, je me dis : Donnez-moi des critères, donnez-moi de
l'information supplémentaire relativement à l'aspect légal. Est-ce que le fait qu'on vienne rajouter ici un élu scolaire,
dans le projet de loi n° 49... c'est quoi, l'incidence sur le projet de loi n° 40? Parce
que je comprends l'argument, tu
sais, c'est ça, tu sais. On reste prudent, la
partie gouvernementale reste prudente, la ministre nous dit : Je reste neutre.
Mais on ne lui demande pas de se prononcer sur le projet de loi n° 40, là.
Ce n'est pas ce qu'on fait ici, là, puis ce n'est pas la place pour le faire
non plus, là, hein? On ne va pas se prononcer ici, dans l'étude détaillée du projet
de loi n° 49, sur l'éthique et la déontologie en matière municipale, entre
autres, dans le bloc 3, sur la probité des élus
municipaux, dans la thématique d'introduire de nouveaux motifs d'inéligibilité.
Bien, ce n'est pas ce qu'on demande, là, ce
n'est pas ici qu'on demande de venir se prononcer sur le projet de loi
n° 40. Au contraire, ce qu'on dit, c'est : Il y en a une,
problématique. Mettons «élu scolaire», puis, au pire, là, dans le pire des cas,
puis je le réitère, là, Mme la Présidente, là, au pire, là, ça sera caduc.
Mais là je me disais : Peut-être que caduc,
ça ne dit pas grand-chose, hein, caduc. Puis là j'ai une collègue anglophone à
côté de moi qui fait : Non, caduc... Bien, peut-être qu'on peut expliquer,
c'est quoi, caduc, peut-être que... Tu sais, caduc, là, ça... Puis ça arrive
souvent, là, puis je le dis, là, ça arrive souvent... ça arrive souvent que,
quand on adopte un nouveau projet de loi, bien, ça rend des articles, dans
d'autres lois qui ont été adoptées, caducs. Ça rend... Ça arrive souvent, là,
c'est quelque chose qui arrive souvent en droit. Puis on le voit souvent quand
on étudie le droit des obligations.
Particulièrement, là, quand on étudie, là, des actes, on dit : Bien,
l'acte est caduc, l'acte est... C'est
intéressant, hein? Mais c'est ça, c'est qu'il y a un effet... «Caduc», c'est
«qui a cessé d'être valable», «qui est périmé», «qui est désuet».
Donc, dans le
fond, ce qu'on dit, c'est que ça signifie que c'était régulier, c'était valable
au moment de son édiction, au moment de sa création, c'était valable.
Donc, quand on le crée, là... comme là on est ici, là, on travaille un projet
de loi, on travaille un
article en particulier, quand on est ici puis on le
crée, bien, c'est sûr que là il va y avoir un effet juridique, il va y avoir
des conséquences, c'est-à-dire qu'il va y avoir des conséquences... entre
autres, quand qu'il est adopté, ça va avoir des conséquences pour le
7 novembre prochain, où, bien sûr, ça va rendre des candidats... tu sais,
ça va mettre un terme, le candidat ne pourra pas être un élu municipal puis un
élu... En fait, il ne pourra pas se présenter aux élections municipales s'il
est déjà élu scolaire, il aura un choix à faire. Puis on le fait, nous autres, quand on arrive au provincial, hein, on le fait,
le choix, là. Puis, bien sûr, on a un code d'éthique, mais on le fait, le
choix.
Donc, moi, ce que je dis, c'est qu'ici on
signifie que c'est régulier, c'est valable lors de l'édiction, lors de la
création... Ah! on va continuer après la période de dîner?
Présidente (Mme Boutin) :
Oui, malheureusement, je suis désolée de vous interrompre, Mme la députée.
Mme Nichols : Pas de problème.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci
beaucoup pour votre belle collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Présidente (Mme Boutin) :
...Loi modifiant la
Loi sur les
élections et les référendums dans les municipalités, la
Loi sur
l'éthique et la déontologie en matière municipale et diverses dispositions
législatives.
Alors, lors de notre suspension, un petit peu
plus tôt aujourd'hui, nous en étions... À vous la parole... Vous aviez la parole, Mme la députée de Vaudreuil,
pour expliquer votre amendement. Alors, je peux vous redonner la parole
dès maintenant.
Mme Nichols : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Donc, c'était notre deuxième amendement, là, en lien avec la problématique... ou, en fait, le conflit
d'intérêts, là, qu'on voit, là,
d'être un élu municipal et un élu scolaire, là, en même temps. On peut peut-être trouver une voie de passage, il
y a des échanges de part et d'autre. Est-ce que je peux vous demander de
suspendre quelques minutes?
La Présidente (Mme Boutin) : Oui. On
va suspendre la séance.
(Suspension de la séance à 15 h 29)
Présidente (Mme Boutin) :
Alors, c'est reparti pour notre séance. Mme la députée de Vaudreuil,
je vous laisse la parole.
Mme Nichols : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Alors, je fais un petit point, là, je veux juste dire que, quand on suspend, c'est parce qu'il y a
des échanges, là, de part et d'autre, là, il y a un travail qui se fait
avec les équipes. Puis, des fois,
c'est parce que c'est plus facile de suspendre, là, les conversations vont plus
vite, puis il n'y a pas nécessairement... En fait, c'est bénéfique parce que
ça nous permet d'avancer.
Vous le
savez, dans l'article 3, il
y a un point auquel on tient ou, en
fait, qu'on voit qu'il y a un conflit
d'intérêts, là, qui nous titille, ce
pour quoi on a déposé, entre autres, là, deux amendements. Je pense qu'on a
exprimé, là, clairement la problématique. Puis on a échangé avec Mme la ministre et avec son équipe, je pense qu'on a trouvé une voie de passage, je
vais le dire comme ça, je pense qu'on a trouvé une voie de passage. Tu sais, l'objectif,
il faut le dire aussi, là, on ne veut pas créer de préjudice à des citoyens ou à des gens qui
voudraient se présenter comme élu municipal, c'est clair, mais on veut aussi les...
les conscientiser à l'effet... — c'est dur, hein, dure semaine. On veut
aussi qu'ils prennent conscience qu'il y a
des choix à faire, quand on devient un élu municipal, puis qu'on ne peut pas...
Tu sais, comme je disais, les conflits d'intérêts, en 2021, c'est
hypersensible.
Donc, pour éviter des préjudices avec des motifs
d'inéligibilité, bien, on regardait voir si on ne pouvait pas plutôt utiliser
le terme d'«inhabile» à siéger. On sait, là, que ça existe déjà. Puis
d'ailleurs, là, je me suis trompée à de nombreuses reprises, ce matin, en
parlant... je faisais plutôt référence à l'inhabilité de siéger. Donc, c'est
sur cet aspect-là qu'on est en train de regarder s'il n'y aurait pas une voie
de passage.
Alors,
relativement à l'article 3 et à notre amendement, là, si la ministre est
d'accord et si l'équipe de la ministre est d'accord, bien, on proposerait, là, de retirer notre amendement, de continuer avec
l'article 3. Si la ministre veut bien, là... je ne veux pas dire
«s'engager formellement», là, mais veut bien nous rassurer puis nous dire que,
oui, il y a une possibilité d'aller vers
l'inhabilité à siéger. Parce qu'il y aura du maillage à faire après. Si on s'en
va sur cet aspect-là, là, il y aurait
du maillage à faire au niveau de la CMQ, il y aura... Puis, bien sûr, bien, il
y a une équipe de juristes, là, qui doit regarder tout ça pour que ça concorde. Sauf que, l'aspect préjudice qui
va être... qui pourra être causé à un citoyen en lui disant d'emblée
qu'il est... qu'il ne peut même pas déposer sa candidature, là, bien, on
enlèverait, entre autres, là, cet aspect-là, qui est quand même, là, assez
rassurant. Donc, est-ce que, Mme la ministre, vous voulez...
Présidente (Mme Boutin) :
Bien, avant de demander le consentement pour le retrait, je vais laisser la
parole à Mme la ministre pour voir qu'est-ce qu'il en est.
Mme Laforest : Oui. Alors, qu'est-ce
qu'il est important de voir, c'est qu'on travaillait sur le concept, sur la
notion d'inéligible, la personne qui est inéligible à se porter candidat, si je
peux dire. Je le dis toujours dans des mots plus confortables pour moi, en fait,
et plus simples, on va travailler plus la notion d'inhabile, d'inhabilité.
Donc, ce qui a été discuté... Il faut voir que
tout le temps qu'on a pris pour discuter est quand même très, très important, parce qu'on a travaillé sur... on va
travailler sur la notion que la personne pourrait être inhabile à siéger si
elle occupe deux postes, deux fonctions en même temps. Donc, c'est important de
voir qu'on ne peut pas toucher aux articles, comme je le disais,
l'article 3 et 4, on s'est bien entendu, si je ne me trompe pas, sauf que,
sur les demandes et sur les discussions
qu'on a eues ce matin, bien, on va plus travailler sur la notion d'inhabile à
siéger ou inhabile à être candidat, exactement. Donc, je pense que le
but est le même, c'est juste qu'on va travailler sur deux notions différentes,
mais qui va donner le même résultat. Parce que l'important, je pense, c'est que
les élus ne siègent pas à deux endroits et qu'il y ait des conflits d'intérêts,
le but, c'est ça, puis je pense qu'on va pouvoir répondre à cette demande-là.
Alors, si on
enlève la notion d'inéligibilité, il faudrait enlever les quatre premiers
points, Mme la Présidente, puis après
ça on va travailler... on va suspendre les premières mesures, parce qu'on parle
toujours d'inhabilité puis d'inéligibilité, et
après ça on tomberait sur le dernier point, qui est «modifier le régime de
paiement des frais de défense des élus municipaux».
Alors, oui, je m'engage, comme vous le demandez, là, à travailler sur ce qui a
été discuté auparavant, mais on va essayer de la travailler sur... avec
la notion d'inhabilité, et, comme ça, je pense qu'on sera, tout le monde, plus
confortables, là. Est-ce que je me suis bien expliquée?
La Présidente (Mme Boutin) : Pour
clarifier le tout, là, être sûre que je comprends bien, puis pour les
téléspectateurs, dans le fond, vous proposez de retirer votre amendement, qu'on
continue l'étude du 3 et du 4 ensuite. Par
la suite, nous allons suspendre les trois mesures suivantes, qui incluent, je
vais les nommer en temps et lieu, là, les articles, là, 28, 29, 30, 31, 38, 40, là, jusqu'à... dans le fond, qu'on irait après sur la dernière ligne, la dernière
mesure. C'est bien ça?
Mme Nichols : Oui, on s'en irait tout
de suite à «modifier le régime de paiement des frais», oui.
Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Bien, de toute façon, là, on va commencer par faire le retrait de l'amendement, continuer l'étude du 3 et du 4. Puis, quand on sera rendus là, bien, de toute façon, je vais avoir besoin de votre
consentement de nouveau pour faire... puis ça va être
fait de manière très claire. C'est bien ce que je comprends? Parfait.
Alors,
j'aurais besoin du consentement pour que Mme
la députée de Vaudreuil
fasse le retrait de son amendement.
Des voix : Consentement.
Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Alors, c'est parfait. Nous pouvons revenir à l'étude de
l'article 3. Alors, j'imagine qu'il y a des interventions.
Mme Nichols : Oui. Bien, oui et non,
là, parce que je pense qu'on avait fait quand même le tour sur l'article 3, là. Puis je pense que qu'est-ce
qui accrochait, là, sur l'article 3, là, c'était... puis je l'avais dit
d'emblée, dès qu'on a commencé, là, l'article 3, j'avais soulevé
la... puis je n'aurais peut-être pas dû le faire, que la problématique, c'était en lien avec le projet de loi n° 40, là, qui est contesté, puis le fait qu'un élu municipal, là, qui... l'élu municipal, là, qui
pouvait aussi se présenter, là, à des élections scolaires.
Parce qu'il faut rappeler, là, que
l'article 3, c'est dans les... tu sais, c'est la probité des élus, hein,
on parle de l'honnêteté, de l'intégrité, donc c'est superimportant, dont les
conflits d'intérêts. Puis ici il y avait des conflits d'intérêts, là, assez évidents, là. Je pense qu'on
en a beaucoup parlé, entre autres, là, cet avant-midi. Donc, moi, ça, c'était
ma préoccupation, c'était une des
préoccupations principales. Puis d'ailleurs on l'avait mis de côté, là, le
temps qu'on nous revienne avec, justement, là, des solutions puis qu'on
regarde, là, certaines voies de passage.
Mais, sur le reste de l'article 3, Mme la
Présidente, là, sincèrement, là, je pense qu'on avait fait le tour. Peut-être
juste une question, parce qu'on fait, entre autres, là, référence à
l'article 235 de la Loi électorale. Je veux juste... Juste au niveau de la
procédure, est-ce que je comprends qu'on va l'ouvrir, là, l'article... on va
ouvrir la
loi sur les élections... la Loi électorale un peu plus tard, vu qu'on
fait référence à ces articles-là? Parce qu'on dit... Tu sais, au début du projet de loi, là, on avait énuméré, là,
toutes les lois que ça venait toucher. Ça fait qu'est-ce qu'on ouvre la Loi
électorale ou on n'ouvre pas la Loi électorale?
La Présidente (Mme Boutin) :
Allez-y, Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Merci, Mme la Présidente. Nicolas Paradis, sous-ministre adjoint aux politiques au ministère
des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Nichols : Consentement jusqu'à
22 heures.
M. Paradis (Nicolas) : Merci. Le
projet de loi n° 49 ne touche pas la Loi électorale, ne modifie pas la Loi
électorale. Le projet de loi modifie la
Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités. Toutes les causes d'inéligibilité
municipale sont prévues dans la
loi sur les élections municipales dans les
municipalités. Et c'est la même chose pour
les causes d'inhabilité, elles sont toutes inscrites dans la
Loi sur les
élections et les référendums dans les municipalités. La Loi électorale
concerne les élus provinciaux.
Ce que fait l'article 3, il ne vient que
chercher des situations de défaut d'un élu provincial ou d'un candidat à un élu provincial qui le rend inéligible au niveau
provincial pour dire que, si tu es inéligible au niveau provincial, tu...
cette cause-là est également valable à
titre
d'inéligibilité au niveau municipal. Mais on ne modifie pas la Loi électorale,
celle-ci ne relevant pas de la ministre des
Affaires municipales et de l'Habitation, bien entendu. La Loi électorale n'est
pas modifiée.
Mme Nichols : Oui, bien, je
comprends le propos, je l'apprécie. C'est juste qu'entre autres, là, dans les
notes explicatives, on parle des lois
modifiées par ce projet de loi, puis, à l'article 3, là, très précisément,
dès le début, on fait référence à l'article 235 de la Loi
électorale. Ça fait que c'était un peu ça, ma question, parce que... Puis je
vais vous le dire puis, je pense, je vous
l'ai déjà dit, là, même dans... Je regardais, là, l'élu scolaire, là, tu sais,
je me demandais même, si on ouvrait la Loi électorale, si on aurait pu
le glisser là. Ça fait que c'était pour ça que je posais la question.
M. Paradis
(Nicolas) : Dans les... Je comprends, oui, effectivement, là, puis ma
collègue légiste indiquait le lien, là, c'est que, dans la version
présentée, il y avait une modification de la Loi électorale en concordance avec
les autres modifications qu'on effectuait, mais ce sont dans les articles qui
sont retirés comme tels.
Mais, ici, dans le cas d'uniquement cet
article-là, ce n'est pas une modification de la Loi électorale. Et puis, même à l'égard des discussions qu'il y a eu à
l'égard des... entre les membres de la commission concernant la
Loi sur les élections scolaires, c'est une inéligibilité
qui est prévue dans la
loi sur les élections scolaires des commissions
scolaires anglophones ou centres de
services anglophones. Donc, c'est dans ce cas-là. Ça fait que... Mais on ne
veut pas toucher au régime qui régit les candidats, les députés de la province,
bien entendu, on ne touche à rien de ça dans le projet de loi.
Mme Nichols : O.K., mais je faisais
référence, entre autres, au projet de loi, pas juste à l'article 3.
M. Paradis (Nicolas) : Oui, oui,
oui.
Mme Nichols : Donc, c'est bon.
Merci, merci pour la précision. Moi, je n'avais pas d'autre question, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Pas
d'autres interventions? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'article 3 par appel nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Présidente (Mme Boutin) :
Abstention. Alors, l'article 3 est adopté. Mme la ministre, je vous
inviterais à nous présenter le prochain article, qui est l'article 4.
Laforest : Oui. Alors, l'article 4, Mme la Présidente :
L'article 65 de cette loi est modifié par l'insertion, après le
premier alinéa, du suivant :
«Est également inéligible, pour la même durée
que celle prévue au premier alinéa, toute personne qui l'est en vertu du
paragraphe 2° du deuxième alinéa de l'article 235 de la Loi
électorale (chapitre E-3.3).»
L'article 4. Dans le même ordre d'idées que
la modification apportée de l'article précédent, il est proposé de modifier
l'article 65 de la LERM pour prévoir que le motif d'inéligibilité prévu au
niveau provincial dans la Loi électorale, soit celui pour un candidat
indépendant non élu de ne pas avoir acquitté toutes ses dettes électorales dans
le délai prescrit, entraîne également une
inéligibilité au palier municipal. La durée de cette inéligibilité serait de
quatre ans.
L'article 65 actuel tel qu'il serait
modifié, l'article 65 : «Est inéligible le candidat indépendant à une
élection antérieure qui n'a pas acquitté toutes les dettes contractées durant
son autorisation conformément à l'article 474, pendant quatre ans à
compter de son défaut.
«Est également inéligible, pour la même durée
que celle prévue au premier alinéa, toute personne qui l'est en vertu du
paragraphe 2° du deuxième alinéa de l'article 235 de la Loi
électorale (chapitre E-3.3).
«L'inéligibilité d'un candidat indépendant élu
cesse toutefois le jour de la transmission du rapport financier constatant
l'acquittement de toutes ces dettes, lorsqu'elle est faite avant l'expiration
de la période de quatre ans.»
Alors, ici, Mme la Présidente, on vient
renforcer la probité des élus municipaux, assurer une plus grande cohérence
entre la LERM et la LE. On empêche que des personnes inéligibles au palier
provincial puissent se porter candidates aux élections municipales. Alors,
merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci,
Mme la ministre. Y a-t-il des interventions? Mme la députée de Vaudreuil,
allez-y.
Mme Nichols : Oui, merci, Mme la
Présidente. Je comprends les notes... bien, en fait, je pense comprendre l'article, là, puis les notes explicatives, là,
mais, dans le fond, ce qu'on vient prévoir ici, là, c'est pour le niveau
provincial. Dans le fond... Oui,
c'est ça, c'est parce que, là, ça vient toucher l'article 65 de la LERM,
là, mais, dans le fond, c'est de prévoir
que le motif, là, qui est prévu au niveau provincial soit le même pour le candidat non... le candidat indépendant.
Laforest : ...personne
n'est pas éligible au palier provincial ne le serait pas non plus au palier
municipal. Bref, quelqu'un
qui n'a pas pu... qui n'est pas éligible pour se présenter avec le gouvernement provincial comme député,
par exemple, ne pourrait pas se présenter aux élections municipales.
Mme Laforest : Je pense que c'est une
bonne mesure.
Présidente (Mme Boutin) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, à vous la parole.
Mme Maccarone : C'est plus une
question de précision de la terminologie. Pourquoi utiliser le jour de la
transmission du rapport et non de l'approbation du rapport? Parce que c'est
deux choses différentes. Mettons, on soumet, puis c'est transmis, mais, si
c'est refusé, si ce n'est pas approuvé, il n'y pas une précision à faire à
l'intérieur de ceci? À moins il y a quelque chose qui m'échappe, parce que je
ne connais pas tout à fait le processus.
Laforest : Pourquoi le jour de la transmission du rapport? Je ne le
sais pas, c'est peut-être plus...
La Présidente
(Mme Boutin) : Me Paradis, peut-être que vous pourriez clarifier.
M. Paradis
(Nicolas) : Oui, merci, Mme la Présidente. C'est lié au fait... à la
nature de l'inéligibilité qui est créée par cet article, en l'occurrence de ne
pas avoir acquitté toutes les dettes qui étaient contractées durant son
autorisation. Alors, ce qu'on dit, dans le fond, c'est que, le jour que le
rapport financier... Ce n'est pas tout d'avoir un rapport financier qui constate
l'acquittement des dettes pour mettre fin à cette clause d'inéligibilité,
encore faut-il qu'il soit transmis. Puis, dès lors qu'il est transmis, bien, à
ce moment-là, c'est là que cesse l'inéligibilité, parce que la personne aura
acquitté son obligation, en réalité, là, donc. Et c'est un élément, ça, qui est
déjà en vigueur et qu'on ne modifie pas, là, c'est les règles qui sont déjà en
vigueur depuis plusieurs, plusieurs années, là.
Maccarone : Je comprends, j'entends. C'est juste que je... il me
semble, ça aurait été prudent d'avoir une
approbation de quelque chose, parce qu'on peut transmettre plein d'affaires
puis que ce n'est pas conforme, il y a de l'information manquante ou ce
n'est pas nécessairement ce qui était attendu. Question de même, à mon avis...
Puis j'entends que c'est quelque chose qui apparaît, évidemment, ailleurs. Je
pense que je suis souvent confrontée avec ça quand on
fait des débats en ce qui concerne des articles, mais est-ce qu'on n'a pas une
manière de le corriger pour que ça soit transmis et approuvé? Ce n'est pas plus
prudent?
Laforest : Que ce soit transmis...
Maccarone : Et approuvé. Parce que, comme j'ai dit, on peut
transmettre plein de rapports, mais, si ce n'est pas le bon rapport, si c'est
un rapport rendu, que c'est transmis, puis, à la réception, on dit que ce n'est
pas approuvé, il y a de l'information manquante, ce n'est pas conforme... On
peut transmettre, dans le fond, n'importe quoi. Puis, encore une fois, je ne
dis pas que c'est... je me fie de la bonne foi des gens qui vont faire ceci,
c'est une question de... On parle d'éthique, déontologie, on parle de conflit
d'intérêts, on parle vraiment de faire des choses d'une façon qui est juste,
alors, à quelque part, je questionne si ce n'est pas nécessaire de mettre aussi
«approuvé».
Parce que, bon, là,
on est des élus, ici, nous, on sait que c'est important que le DGE approuve les
rapports. Je peux soumettre plein de rapports, je peux soumettre des rapports
pour mon association, mais il y a, quelque part... c'est important qu'ils
soient approuvés par le DGE.
Mme Laforest : En fait, dans la
phrase... Oui, est-ce que je peux... Je ne sais pas si, quand c'est
indiqué : «L'inéligibilité d'un
candidat indépendant élu cesse toutefois le jour de la transmission du rapport
financier constatant l'acquittement [des] dettes», ça veut comme
mentionner que, s'il y a un constat de l'acquittement des dettes, à ce
moment-là, le rapport fait foi de tout. Je ne sais pas, on voit ça comme ça.
Me Paradis, vous?
La Présidente (Mme Boutin) :
Allez-y, Me Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : Merci. C'est
qu'en somme il n'y a pas d'approbation ou de... faite par un tiers à l'égard du
rapport. C'est une déclaration, c'est un rapport qui est fait par, dans ce
cas-ci, le candidat indépendant, disant : J'ai acquitté l'ensemble de mes
dettes. Puis il va faire sa démonstration dans le rapport en question.
Qui plus est, en vertu de 492.1 de la LERM, il
est prévu, par ailleurs, que le rapport de dépenses doit être signé par, dans ce cas-ci, le candidat indépendant
et accompagné d'une déclaration de celui-ci selon la forme prescrite par le DGE. Il y a une déclaration comme quoi le
tout est conforme. Bien entendu, s'il s'avère qu'il commet une fausse déclaration, bien là, ça va s'inscrire dans les
manquements, les infractions à
titre de manoeuvre électorale frauduleuse, là,
et il ne respecte pas les obligations qui lui sont imparties dans la loi, là.
Donc... Mais il n'y a pas d'approbation par un tiers qui est effectuée, là.
La Présidente (Mme Boutin) :
Avez-vous d'autres interventions? Mme la députée de Vaudreuil, allez-y.
Mme Nichols : ...puis je le
comprends puis je présume que c'est déjà comme ça, là, que ça fonctionne depuis
un petit bout de temps, mais «la transmission du rapport constatant
l'acquittement de toutes les dettes», là, ça fait que «constatant», là, c'est juste la signature, là, qui vient valider que
les dettes ont été acquittées, là, c'est juste la signature au bas du rapport.
Parce qu'il n'y a pas de... il n'y a pas nécessairement... Tu sais, dans le
fond, on vient présumer que c'est vérifié, acquitté, que c'est...
Mme Laforest : En fait, moi, je
pense que c'est bien expliqué, de dire que le rapport... En fait, le rapport
doit constater l'acquittement des dettes, le
rapport doit le constater. Donc, s'il n'y a pas acquittement des dettes, le
rapport ne peut pas être signé, c'est logique si on va le voir dans le
rapport. Puis c'est bien indiqué que, selon le rapport, si les dettes sont
acquittées, on signe le rapport, tout est correct. Normalement, c'est une
procédure normale.
«Il doit être
accompagné des factures, des reçus et des autres pièces justificatives ou de
copies certifiées conformes de ces documents ainsi que d'une liste de
ceux-ci.» Ah! c'est bien... Il manquait le petit bout. Merci, Me Delisle.
Mme Nichols : Définitivement, là,
c'est plus rassurant de savoir qu'il y a les pièces justificatives, là, qui conforment...
Oui, il manquait ce petit bout là. Merci beaucoup.
Présidente (Mme Boutin) :
Avez-vous d'autres interventions? Non. S'il n'y a pas d'autre intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 4 par appel
nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Tremblay (Dubuc)?
Secrétaire : Pour les membres de l'opposition officielle, Mme Nichols
(Vaudreuil)?
La Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Présidente (Mme
Boutin) : Abstention. Alors, l'article 4 est adopté. Maintenant,
je vais avoir besoin de votre consentement...
Nichols : ...Mme la Présidente, juste avant que vous demandiez le consentement, je voulais juste
savoir : Le rapport, là, des dépenses puis le petit complément d'information
qu'on a apporté, c'était à 492.1 de la LERM?
Mme Nichols :
492 de la LERM. Merci. Je m'excuse, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Il n'y
a pas de problème.
Maintenant, je vais avoir besoin de votre consentement pour suspendre les articles dans les trois prochaines mesures. Je vais
vous nommer les articles. Alors, j'ai besoin de votre consentement pour
suspendre les articles 28, 29, 30, 31, 38, 40, 32, 33, 34, 35, 36, 82,
31.1 et 75.1. Est-ce que j'ai votre consentement?
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme
Boutin) : Il y a un petit...
La Présidente (Mme
Boutin) : Pardon?
La Présidente (Mme Boutin) : Bien, c'est 75.2, mais on m'a dit qu'il y avait
un petit enjeu de numérotation. C'est
maintenant 75.2? Alors, c'est 75.1... En fait, le 75.2 a été
renuméroté en 75.1, c'est bien ça, ce qu'on me dit? Juste être sûre de
suspendre le bon article. Parfait, c'est le même article. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme
Boutin) : Parfait. Alors, nous pouvons maintenant poursuivre avec l'article 93.1,
qui est un nouvel article. Mme la ministre, je vous invite à en faire la
lecture.
Laforest : Oui, alors nous
avons... nous allons discuter des articles qui touchent la modification du régime de paiement des frais de défense des élus municipaux.
Alors,
l'article 93.1 : Insérer, après l'article 93 du projet de loi,
l'article suivant... J'aimerais ça lire l'article 93, si vous êtes
d'accord.
La Présidente (Mme
Boutin) : On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
16 h 15)
La Présidente (Mme Boutin) : C'est reparti. Alors, Mme la ministre, je vous réinvite à nous présenter l'article 93.1.
Laforest : Oui.
L'article 93.1 : Insérer, après
l'article 93 du projet de loi, l'article suivant :
93.1.
L'article 604.6 de cette loi est modifié :
1° par
l'insertion, après le deuxième alinéa, du suivant :
«Les frais engagés en
vertu du deuxième alinéa doivent être proportionnels à la nature et à la
complexité de la procédure visée.»;
2° par l'ajout, à la fin du troisième
alinéa, de la phrase suivante : «Elle est aussi dispensée de ces
obligations dans le cas d'une poursuite de nature criminelle, tant que la
poursuite n'est pas retirée ou rejetée ou que la personne n'est pas acquittée
par un jugement passé en force de chose jugée.»
Alors,
cet amendement apporte deux modifications au régime de paiement des frais de
défense des élus et fonctionnaires municipaux prévu dans la
Loi sur les cités
et villes.
D'une
part, l'amendement propose de prévoir certaines balises pour mieux définir la
notion de frais raisonnables pouvant être payés ou remboursés par une
municipalité au bénéfice de l'élu ou de l'employé qui fait l'objet d'une
poursuite pour un geste posé dans l'exercice de ses fonctions. L'amendement
vient préciser que ces frais doivent être proportionnels
à la nature et à la complexité de la procédure visée, de façon à éviter, par
exemple, certaines situations où le régime de remboursement est utilisé
abusivement pour multiplier les recours coûteux devant les tribunaux,
parfois sans motifs juridiques valables au
soutien de ceux-ci, et dans le but, par exemple, de retarder l'application
d'une décision de première instance ou de faire durer une procédure le
plus longtemps possible.
D'autre part,
l'amendement vient prévoir qu'un élu ou un employé municipal ne peut bénéficier
d'un régime de protection s'il fait l'objet d'une poursuite criminelle pour un
geste posé dans l'exercice de ses fonctions. Dans un tel cas, le régime devient
applicable seulement si la poursuite est retirée ou rejetée ou si la personne
est acquittée par un jugement passé en force
de chose jugée. Cette modification est inspirée du régime de remboursement des
frais de défense des élus provinciaux prévu dans la
Loi sur l'Assemblée
nationale, qui prévoit une telle application conditionnelle du régime à l'égard
des poursuites criminelles.
L'article 604.6
tel qu'il se lirait :
«604.6. Toute municipalité
doit :
«1° assumer la
défense d'une personne dont l'élection comme membre du conseil de la
municipalité est contestée ou qui est le défendeur ou l'intimé dans une
procédure dont est saisi un tribunal et qui est fondée sur l'allégation de
l'inhabilité de la personne à exercer la fonction de membre du conseil, de
fonctionnaire ou d'employé de la municipalité ou d'un organisme mandataire de
celle-ci;
«2° assumer la
défense ou la représentation, selon le cas, d'une personne qui est, soit le
défendeur, l'intimé ou l'accusé, soit le mis en cause, dans une procédure dont
est saisi un tribunal et qui est fondée sur l'allégation d'un acte ou d'une
omission dans l'exercice des fonctions de la personne comme membre du conseil,
fonctionnaire ou employé de la municipalité ou d'un organisme mandataire de
celle-ci; alors
«3° assumer la
défense d'un membre du conseil qui fait l'objet d'une demande en vertu de
l'article 312.1 de la
Loi sur les élections et les référendums dans les
municipalités(chapitre E-22).
«Si la personne
assume, elle-même ou par le procureur de son choix, cette défense ou
représentation, la municipalité doit en payer les frais raisonnables. La
municipalité peut toutefois, avec l'accord de la personne, lui rembourser ces
frais au lieu de les payer.
«Les frais engagés en
vertu du deuxième alinéa doivent être proportionnels à la nature et à la
complexité de la procédure visée.
«La municipalité est
dispensée des obligations prévues aux deux premiers alinéas, dans un cas
particulier, lorsque la personne renonce par écrit, pour ce cas, à leur
application. Elle est aussi dispensée de ces obligations dans le cas d'une
poursuite de nature criminelle, tant que la poursuite n'est pas retirée ou
rejetée ou que la personne n'est pas acquittée par un jugement passé en force
de chose jugée.
«Pour l'application
de la présente sanction, on entend par :
«1° "organisme
mandataire" : tout organisme que la loi déclare mandataire ou agent
de la municipalité et tout organisme dont le conseil est composé majoritairement
de membres du conseil de la municipalité, dont le budget est adopté par
celle-ci ou dont le financement est assuré pour plus de la moitié par celle-ci;
"tribunal" : outre son sens ordinaire, un coroner, un
commissaire-enquêteur sur les incendies, une commission d'enquête ou une
personne ou un organisme exerçant des fonctions quasi judiciaires.»
Alors, l'objectif,
là, de cet... l'objectif de cet
article : assurer un équilibre entre le
risque de poursuite inhérent à la charge
d'élu et la capacité de la municipalité d'assumer une
partie de ce risque. Nous
voulons décharger la municipalité de la responsabilité d'assumer d'emblée les
frais de défense des élus dans les cas de poursuite criminelle ou d'abus
de procédure.
Alors,
l'article 604.7 de la
Loi sur les cités et villes prévoit actuellement
qu'une municipalité peut réclamer le remboursement des frais de défense qu'elle
a versés à un élu municipal lorsque celui-ci a été déclaré coupable dans le cas
d'une procédure de nature criminelle ou pénale.
Pour tenir compte de
la gravité des infractions qui peuvent être en cause, l'article 607.6 de
la
Loi sur les cités et villes est modifié afin de prévoir que, dans le cas
d'une poursuite criminelle, les frais de la défense et les frais judiciaires ne seraient payés que si la poursuite
a été retirée ou rejetée ou que si la personne a été acquittée par un jugement
passé en force de chose jugée ou a été libérée.
outre, l'article 604.6 de la
Loi sur les cités et villes
est également modifié pour préciser que la municipalité est tenue de payer des frais raisonnables, étant
entendu que cette notion ne vise pas uniquement les honoraires facturés en
fonction du travail effectué mais également l'ensemble des honoraires facturés
pour toutes les procédures d'une cause
proportionnellement aux circonstances d'une affaire. Ainsi, une municipalité
estimant qu'une demande en contrôle judiciaire est déraisonnable
pourrait refuser d'assumer des frais de défense de l'élu.
Alors,
le régime applicable aux députés de l'Assemblée
nationale prévoit une mesure
similaire en ce qui concerne les procédures criminelles ou pénales. Ça,
c'est... on parle de la
Loi sur l'Assemblée
nationale, l'article 85.2.
Certains tribunaux se sont déjà
prononcés en faveur de cette interprétation au niveau des frais raisonnables. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci, Mme
la ministre. Alors, y a-t-il des interventions? Mme la députée de Vaudreuil, à
vous la parole.
Nichols : Oui, merci, Mme la Présidente. Oui, bien, en fait, tu sais, des questions,
là, mais c'est surtout, là, beaucoup de précisions, là, puis
d'informations. Entre autres, là, je vais commencer avec les termes, là, qui
méritent de...
Nichols : Oui, c'est ça, bien,
d'être précisés ou, je m'en allais dire, d'être encadrés, là. Puis je vais y
aller tout de suite, comme ça, quand on dit : «Les frais engagés en
vertu du deuxième alinéa doivent être proportionnels», «proportionnels», tu
sais, c'est comme si on dit «frais raisonnables», «délai raisonnable»,
«proportionnels». Tu sais, «proportionnels»,
on se fierait sur quels motifs pour accepter ou refuser, en fonction qu'on se
dit que c'est proportionnel ou pas? Parce qu'on sait, là, souvent,
chaque dossier a sa complexité, là, chaque dossier. Ça fait que, là, on se
dit : Bien, lui, ce dossier-là... Puis,
tu sais, comme, même là, là, «la complexité de la procédure visée», il y a des
procédures qui sont plus complexes,
mais on l'évalue comment, tu sais? Ça fait qu'il y a la nature du dossier, il y
a l'aspect personnel aussi, là, du dossier, là, qui s'y rattache. Ça
fait que c'est pour ça je trouve que c'est... Tu sais, je comprends où on s'en va, mais je ne comprends pas comment on va
faire pour évaluer tout ça, là. La façon que c'est libellé, comme ça, ça
donne juste beaucoup de place à interprétation. Puis, dans le fond, quand on
interprète, on est souvent déjà rendu devant le juge, là.
La Présidente (Mme Boutin) : Mme la
ministre, oui, allez-y.
Mme Laforest : Bien, la notion «proportionnel», je vais laisser
Me Paradis l'expliquer, parce qu'évidemment,
«proportionnel», on parle toujours de... c'est du cas par cas, en fait. Donc,
«proportionnel» voudrait dire du cas par cas, Me Paradis, si on se fie à
cette notion-là? Parce que chaque dossier est différent, c'est un cas d'espèce,
donc c'est en proportion de la situation, des frais encourus.
C'est peut-être bon de mentionner le pourquoi de
cet article-là, quand même. Au départ, Mme la Présidente, c'est qu'on sait très
bien que, parfois, il y a des frais, puis je vais dire le mot sur le bout des
lèvres, déraisonnables par rapport à
certains élus qui vivent... qui ont subi des causes et qui sont reconnus,
parfois, responsables ou coupables. Donc,
ce sont tous les citoyens qui paient pour les frais de défense à ce moment-là. Donc, dans la loi, c'était important de mentionner, depuis le
début, que ce n'est pas aux citoyens de payer pour les frais d'avocat encourus.
C'était vraiment une demande, ça, récurrente que les frais d'avocat ne soient
pas à la responsabilité des citoyens.
Donc, l'article, ici, vient quand même, si je
peux dire, donner une orientation différente, dans le sens que, les élus qui
sont reconnus coupables, bien, à ce moment-là, il y a des frais qui ne seront
pas défrayés par la municipalité.
La Présidente (Mme Boutin) :
Me Paradis.
Mme Laforest : «Proportionnel»,
Me Paradis, c'est cas par cas, c'est... Oui?
M. Paradis (Nicolas) : Merci. Il est
tout à fait juste, là, que cette rédaction-là s'inscrive dans une logique... C'est une situation d'appréciation au cas par cas qui doit être
effectuée par la municipalité. Ça se veut, en somme, une codification d'une règle jurisprudentielle qui a
été reconnue. La loi, à l'article 604.6, prévoit déjà, au deuxième alinéa,
que, si la personne assume elle-même ou par
le procureur de son choix cette défense ou représentation, la municipalité doit en payer les frais
raisonnables. Ça, c'est le volet raisonnable. Et après ça on ajoute le côté
proportionnel selon la nature... à la nature et complexité de la procédure
visée. C'est le volet qui est ajouté par la jurisprudence.
Il y a une décision qui a été rendue, en 2020
par la Cour supérieure, là, en lien, justement, avec une cause en éthique où,
là, il y avait... disons, la procédure... les coûts avaient été engagés de
manière vraiment très grande. Puis c'est... la cour a conclu... Je le résume
comme ça, c'est que ce n'est pas un régime avec un puits sans fin, là, ça, là.
Il y a des paramètres en termes de raisonnabilité, oui, du taux horaire, mais
également de l'ensemble des sommes qui sont assumées par rapport au manquement
reproché, par rapport à la nécessité qui est requise pour véritablement se
défendre. On sait que, lorsqu'on prend un recours judiciaire, il y a différents
moyens qui existent. On peut prendre différents moyens, des recours
interlocutoires, différentes requêtes qui... bien, peut avoir pour effet de
prolonger le processus de manière indue, malheureusement, et pour laisser, dans
le fond, cette appréciation et codifier cette règle que la jurisprudence a
reconnue. C'est déjà ce qui était présent, mais là on le met dans la loi pour
que ce soit clair et que ce ne soit plus appuyé uniquement sur la jurisprudence
des décisions rendues, mais c'est une appréciation au cas par cas. On ne peut
pas...
Mme Nichols : Oui, mais qui
l'apprécie? C'est qui qui va faire l'appréciation du cas par cas?
M. Paradis (Nicolas) : La municipalité
va l'apprécier en fonction de la situation. Il y a autant de dossiers... Il y a
différents types de manquement. Il y a différents contextes. Donc, c'est une
appréciation qui doit se faire par la municipalité.
La Présidente (Mme Boutin) : Vous
pouvez continuer.
Mme Nichols : Oui, j'attendais. Moi, je suis tout à fait d'accord, Mme la ministre, à l'effet que, tu sais, il faut
intervenir, là, il faut faire quelque chose, là. On l'a vu dans les dernières années. Puis je le dis sans vouloir
vexer les municipalités, mais on a vu le cas de Terrebonne, là, qui... hein, c'est des recours
assez onéreux. Là, je ne sais pas à quelle jurisprudence on fait référence,
mais je vais aller... je vais les regarder là, évidemment. On fait référence...
il y en a plusieurs.
Puis c'est vrai, là,
qu'il faut venir encadrer ça. Ça, je suis 100 % d'accord avec ça, parce
que ce n'est pas nécessairement... Si ce n'est pas dans le cadre des fonctions
de l'élu ou même si c'est de nature, entre autres, là, criminelle, là, tu sais,
ce n'est pas au citoyen, là, de payer ces frais-là. Parce que, là, on comprend
que c'est les frais pour l'élu municipal, mais aussi les frais pour le
fonctionnaire municipal, là. Alors, ça peut monter assez vite puis ça peut être...
ça peut faire mal dans un budget, dans le budget de la municipalité.
Mais là où j'ai un
problème, c'est que l'appréciation viendrait des villes. Par le temps que ça se
rende à la municipalité, il y aura peut-être un changement de... ou il y aura
peut-être un changement au niveau du conseil municipal, au niveau du maire puis
il y aura peut-être soit une fermeture complète ou, sinon, si c'est le... si la
personne qui suit, tu sais, c'était le dauphin ou la personne qui avait été
sélectionnée par l'autre d'avant, là, ça sera peut-être le contraire, là, il y
aura peut-être le plat de bonbons dans lequel on pourra piger facilement. Ça
fait que je trouve que cette appréciation-là... ou je trouve qu'on donne
beaucoup de latitude à la municipalité. Puis c'est là où je me demande :
On ne peut pas venir... il n'y a pas une façon où on pourrait peut-être venir
encadrer ça? Puis je le sais, que c'est
délicat, là, puis, tu sais, c'est... mais c'est flou, c'est flou comme... c'est
flou comme notion. Mais, tu sais, on s'entend,
on s'entend qu'à la fin, là, on ne veut pas que ça soit les citoyens qui aient
à débourser pour des défenses ou...
Ça fait que, là,
j'essaie de réfléchir, là, rapidement à une façon qu'on pourrait... qu'on
pourrait encadrer le tout, parce que, tu sais, même... pour mieux définir la
notion de frais raisonnables, tu sais, qu'est-ce qui est des frais
raisonnables, tu sais? Si le meilleur avocat est à 450 $ de l'heure mais
qu'on se dit : Il est peut-être un peu cher, je vais prendre le moins bon,
à 150 $, tu sais, ce n'est pas... Ça fait qu'il y a plein d'aspects, là,
comme ça, là, de frais raisonnables ou de choses proportionnelles, là, qui
m'embêtent... qui m'embêtent... pas juste un peu, là, beaucoup.
Est-ce que la...
Parfait, là, pour le proportionnel, mais je vais revenir, là... ça m'embête
trop, mais on dit que c'est l'appréciation cas par cas puis qu'il y a eu une
règle jurisprudentielle. Est-ce qu'on tient compte, entre autres, de cette
règle jurisprudentielle là pour introduire cette notion-là? Puis, quand on fait
référence, entre autres, à la complexité de la procédure, c'est quoi, la
complexité de la procédure? C'est si... C'est quoi, la complexité de la
procédure, quand on fait référence à la complexité? On l'évalue comment, si la
procédure est simple ou complexe? Là, en partant, une procédure judiciaire, il
n'y a jamais rien de simple.
Laforest : La complexité de la procédure, honnêtement... Vous pouvez y
aller, Me Paradis? Qu'est-ce que vous auriez proposé, à ce moment-là? Ce serait
quoi...
Mme Nichols :
Bien, je voulais savoir, parce qu'on dit que... dans le deuxième... on
dit : «Les frais engagés en vertu du deuxième alinéa doivent être
proportionnels à la nature et à la complexité de la procédure visée.» Bon, on
peut peut-être commencer par la nature, là. Je présume que... bien, je vais
vous laisser... j'ai une idée, là, quelle est la nature, puis après ça on s'en
va avec la complexité de la procédure visée.
La Présidente (Mme
Boutin) : Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Merci. Bien, tout d'abord, la décision qui a été rendue,
celle que j'évoque, là, mais il peut y en avoir d'autres, là, c'est Béliveau c.
Municipalité de Lacolle, une décision rendue en 2020, là, par la Cour
supérieure. Dans ça, le tribunal avait dit qu'il ne remettait pas en question
le fait que les honoraires ont été facturés correctement pour des services
effectivement rendus par les avocats du demandeur. Mais là il insistait : «Il
ne suffit pas de démontrer que les honoraires facturés relèvent du travail
effectué ou que ce travail a été utile, il faut démontrer que les
honoraires sont raisonnables et proportionnels dans les circonstances.» Comme
je vous dis, c'est vraiment la règle jurisprudentielle, et, l'exemple qui
permet bien de l'imager, selon moi, le juge disait : «En prenant [...]
compte de l'objet du litige, replacé dans le contexte [...] du dossier et du
fait que le demandeur a dépensé à ce jour 139 000 $, il ne serait aucunement raisonnable et
proportionnel de dépenser une somme additionnelle de 22 000 $ de
deniers publics pour éviter au demandeur de rembourser [913 $].»
Alors là, il y a une
démonstration, on regarde c'est quoi, la conséquence, c'est quoi, les coûts qui
seraient inhérents au recours judiciaire.
Puis là c'est une appréciation que fait le conseil municipal. Dans ce cas-ci,
c'est : Est-ce que ça vaut la
peine de dépenser 22 000 $ pour vous éviter, conseiller municipal ou
élu municipal, d'assumer 913 $ de... Il y a une proportionnalité de
conséquence versus remède qu'on souhaite assurer, régime de défense, pour
garder un équilibre entre les deux.
Ça fait que c'est ce
que la jurisprudence dit, tout ça dans l'objectif premier de garder quand même
l'équilibre, que le régime de défense, il n'est pas là pour rien, il est là pour
protéger les élus, pour éviter que ceux-ci, que
les individus, les citoyens se sentent... à défaut d'un tel régime, ne soient
pas suffisamment encouragés à se présenter parce qu'ils devraient
assumer tous les risques par leur patrimoine personnel, là.
c'était pour un des volets de la question de Mme la députée. Le deuxième volet,
je ne suis pas sûr que j'y ai répondu, par contre. Si, peut-être, elle
pourrait... Si vous pouviez la reposer, là...
Mme Nichols : Bien, oui. Il y avait,
tu sais, la proportionnalité, là. Ça, je pense que vous avez fait la lecture,
là, dans la jurisprudence, puis ce que je comprends, c'est que... les montants
dépensés relativement à la conclusion recherchée, c'est ce que je comprends
qui...
M. Paradis
(Nicolas) : C'est effectivement l'exemple que... C'est le cas concret,
là. Écoutez, c'est le...
Nichols : C'est la municipalité qui va apprécier ça, pour autoriser ou
pas la dépense... bien, autoriser le...
M. Paradis (Nicolas) : Non. Non, pas
pour autoriser. C'est pour la question du paiement, effectivement.
Mme Nichols : Le remboursement du...
M. Paradis (Nicolas) : Parce qu'à la
base, dans le fond... Il faut remettre ça dans le contexte du régime. Dans le
fond, le droit est créé d'office, à avoir cette défense-là lorsqu'on entre dans
l'une ou l'autre des situations évoquées à l'article 604.6. Donc, dès lors
qu'on est poursuivi pour un acte commis dans l'exercice de nos fonctions d'élu,
le régime de frais de défense s'applique. Donc, la personne a droit au
remboursement de ses frais de défense.
Après ça,
quelle est la hauteur du remboursement qui peut être effectué? C'est là
qu'entre en jeu ce qui était déjà dans la loi, la raisonnabilité des
frais, et, par ailleurs, ce qui a été ajouté et qui a été consacré par la
jurisprudence au préalable, la proportionnalité de ces frais eu égard à la
nature et à la complexité de la procédure visée. Donc, c'est l'équilibre qui
est fait comme ça. Donc, ce n'est pas une question :je décide, moi,
municipalité, de rembourser ou non, ou d'assumer une
partie ou... d'assumer les
frais de défense ou pas.
Mme Nichols : Les frais engagés.
M. Paradis (Nicolas) : Là, c'est à
l'égard de la proportionnalité, la
partie qui peut être engagée. C'est là
qu'est l'appréciation dans ce cas-ci. Mais le régime, à la base, il s'applique.
Comme dans l'exemple que je vous ai soumis,
dans le fond, il y avait 139 000 $, dans la cause, qui avaient déjà
été assumés par la municipalité, mais là il y avait une appréciation pour des montants
supplémentaires, 22 000 $ qui étaient demandés pour 913 $ qui
auraient été assumés par l'élu, là.
Mme Nichols :
Oui, mais ça, c'est parce qu'on a quantifié, là, le montant de 913 $, il y
a un montant quantifié. Mais il y a beaucoup de recours, entre autres,
qui... je donne un exemple, là, tu sais, l'élu pourrait se retrouver avec une
poursuite pour une affaire de ponceau, où il n'y a pas nécessairement de
montant de déterminé. Puis là on ferait comment pour déterminer, par exemple,
la proportionnalité ou ce serait quoi, la référence? Ça fait que, tu sais,
c'est un peu plus facile, là, dans cette jurisprudence-là de l'élaborer, mais,
sinon...
Présidente (Mme Boutin) :
Excusez-moi de vous interrompre. Je dois vous interrompre. Je pense qu'il y
avait consentement pour suspendre les travaux momentanément à
16 h 40. Il est 16 h 40 momentanément. Alors, ça tient
toujours? Je suis désolée de vous interrompre, je cherchais une petite craque.
(Suspension de la séance à 16 h 40)
Présidente (Mme Boutin) :
Alors, c'est reparti. Lors de notre suspension, nous en étions à une discussion qui avait été entamée par Mme la
députée de Vaudreuil.
La Présidente (Mme Boutin) : Je vous
avais interrompue, mais je vous invite à poursuivre.
Mme Nichols : C'est correct, c'était
pour les bonnes raisons. C'est bien correct, Mme la Présidente. Oui, je
reviens, j'avais une discussion, entre autres, à savoir : «Les frais
engagés en vertu du deuxième alinéa doivent être proportionnels [...] à la
nature et la complexité de la procédure visée.» On donnait l'exemple, par
exemple, là, de Béliveau contre la municipalité de Lacolle, en 2020, où il y avait un montant chiffré, puis on était
capable de dire, là, que, bien, ce
n'est pas proportionnel, là, pour une facture de 917 $ ou 931 $,
dépenser 22 000 $. Tu sais, ce n'est pas raisonnable. Mais, quand ce n'est pas quantifié comme ça, je me
demandais comment on fait. Tu sais, l'appréciation... l'appréciation du cas par cas, bien, un, là, ce que je comprends,
c'est que c'est la municipalité qui va faire l'appréciation du cas par cas,
mais je me disais : Est-ce qu'il y a des paramètres, est-ce qu'il
y a des lignes sur lesquelles on peut
se fier, des barèmes ou...
La Présidente (Mme Boutin) :
Me Paradis, voulez-vous y aller?
M. Paradis (Nicolas) : Merci. Bien,
il n'y a pas de barème déterminé, quantifié, comme une charte, là, parce qu'il y a tellement de cas possibles et imaginables que ce n'est pas
déterminé en ce sens-là. Je me dois... je peux juste répéter que c'est du cas par cas, malheureusement, et... mais aussi réitérer, puis c'est comme ça, hein, que, même dans
cette cause-là, la municipalité... la cause à laquelle je référais, eux
l'avaient appliqué sous cet angle-là et ils avaient énoncé
que les sommes qui étaient réclamées n'étaient pas proportionnelles. Donc, le milieu
municipal connaissait déjà cette notion-là et voulait l'appliquer, cet
angle-là. C'est sûr que, là, ils avaient été confrontés, dans un tel cas, à une
poursuite disant : Non, non, il faut que tu les assumes, les frais, mais,
bon, la Cour supérieure est venue reconnaître, là, cette possibilité
qu'a... pour la municipalité d'apprécier le tout avec la proportionnalité.
C'est sûr que, quand on est capable de le quantifier avec des montants... plus
facile, l'exemple que je vous donnais était clair à cet égard-là, évident à cet égard-là. Puis, dans les autres
situations, bien, ils vont pouvoir l'apprécier quant à la nature ou, peut-être,
on pourrait dire même la nature et l'évidence du manquement et l'importance de
celui-ci.
Je pourrais prendre un exemple simple. Supposons
qu'on est dans une dynamique d'un manquement éthique pour... parce que le code
interdit la réception d'un don, qui serait, même, de valeur infime, mettons,
250 $. Ça peut être gros ou pas, là, peu importe, là, 250 $. La
personne avait reçu ce don-là, c'est factuel, c'est démontré, la preuve est
claire, la personne est condamnée par la Commission municipale, et s'ensuit une
série de recours, contrôles judiciaires devant la Cour supérieure. Et, pour
différentes raisons, en appel, la décision de la Cour supérieure, Cour suprême,
la proportionnalité liée à la complexité de la chose n'est peut-être pas
présente.
On comprend que, là, j'ai encore un montant,
mais, peu importe le montant, la complexité n'était peut-être pas à ce point
claire. Sans doute, ça ne se rendra pas à la Cour suprême si c'est simple, là,
mais c'est pour ça que c'est vraiment toute une série d'appréciations liées au
contexte. Et on donne aussi ainsi à la municipalité le soin de l'apprécier, là.
C'est la municipalité qui va l'apprécier aussi face à ce qui lui est présenté
comme demande de remboursement, par ailleurs.
Mme Nichols : Bien, c'est la
partie
qui m'inquiète, c'est la
partie qui m'inquiète, qu'on demande à la municipalité
de l'apprécier, parce qu'elle va apprécier, mettons, cette demande de
remboursement de frais de son prédécesseur... oui, ça peut être le
prédécesseur, là, je vais donner l'exemple de la ville de Terrebonne, là. Ça
fait que c'est cette notion-là, tu sais, de dire : Bien, on était dans la
même équipe, puis c'est vrai, il va se défendre, il peut piger dans le plat de
bonbons, on va tout autoriser, ou de dire : Aïe! Non, lui, c'était mon
adversaire, puis je l'ai battu, puis, tu sais, ce n'est pas vrai que... Ça fait
que, tu sais, c'est cette partie-là que...
Parce que je vais... Il y a deux aspects, là,
superimportants, puis c'est vrai, là, c'est important, ces articles-là, là.
Puis, même, je vais être franche avec vous, là, moi, après avoir pris
connaissance, entre autres, là, de ce qui se passait à la ville de Terrebonne,
je voulais même déposer un projet de loi à l'Assemblée nationale sur ces
articles-là, parce que je voyais une problématique, là, je trouvais, là, qu'il
fallait les amener. Ça fait que je suis bien contente qu'ils soient dans le
présent projet de loi, parce que, tu sais, il faut faire... je pense qu'il faut
protéger. Il y a une double protection à avoir, là, tu sais, il faut protéger
le citoyen pour ne pas qu'il se ramasse avec des factures, parce que c'est le
citoyen qui paie au bout de la ligne, ça fait que... mais aussi il faut
protéger les élus qui sont de bonne foi, parce que je pense que, des fois, puis
on ne se le cachera pas, il y en a, là, des procédures, là, frivoles, là,
contre certains élus. Ça fait que, tu sais, je pense qu'il faut protéger les
élus. Puis, si je ne me trompe pas, là, tant le Code municipal que la
Loi sur
les cités et villes, là, eux autres, ils prévoient, entre autres, ce
mécanisme-là pour protéger les élus puis pour protéger les fonctionnaires
municipaux en cas de poursuite. Ça, c'est clair.
Mais, s'ils sont poursuivis en raison soit d'un
acte ou soit d'une omission dans l'exercice de leurs fonctions, bien, c'est
clair que la municipalité... Tu sais, ce que ça dit, là, le mécanisme dit, là,
c'est qu'un ou l'autre, soit l'élu ou le fonctionnaire, si c'est dans le cadre
de leurs fonctions, bien, c'est la municipalité qui doit assumer la défense,
qui doit payer les frais de défense, puis, si cette personne-là, elle se
représente elle-même, ça sera l'avocat de son choix. Ça, c'est clair.
Puis là ce que je comprends, c'est qu'on vient justement,
là, entre autres, là, légiférer, légiférer autour de ça parce que cette
règle-là était d'application automatique. Je suis d'accord, c'est là que je la
vois, la problématique, puis que... Tu sais,
la municipalité, là, elle ne peut pas nécessairement porter de jugement pour l'éventuelle culpabilité ou responsabilité
de l'élu ou du fonctionnaire, ça fait que... Je ne sais pas, j'ai de la misère
à mettre la... j'ai de la misère à mettre la municipalité dans la boucle, là,
pour lui dire : Bien, tu vas apprécier ou pas le... apprécier ou pas tout ça. Ça
fait que je ne suis pas certaine...
tu sais, la problématique, je la vois, mais je ne suis pas certaine qu'on la
libelle de la même façon. Peut-être, est-ce que vous pourriez
m'expliquer pourquoi, tu sais, pourquoi qu'il est... pourquoi qu'on vient le
légiférer comme ça, l'article 604.6?
Mme Laforest : Pourquoi on vient le
légiférer comme ça?
Mme Nichols : Oui, pourquoi on...
Oui, mais, en fait, expliquez-moi l'objectif, là, de l'apporter comme ça. Est-ce
que c'est parce qu'on... Mais je ne veux pas soumettre mes hypothèses, là, parce
que peut-être que ce n'est pas ça non plus, là, mais... Pourquoi on intervient,
on va... à la base, là, pourquoi on intervient ici?
Mme Laforest : Pourquoi l'article,
en fait, propose ces interventions? Pour peut-être mieux préciser, en fait,
c'est que, depuis le début, on le sait très bien, puis de par le passé, qu'il y
a certaines causes que ce sont les citoyens qui doivent défrayer les coûts,
veux veux pas, là, pour des causes qui sont entendues, à des manquements, là,
de certains conseillers, ou des maires, ou des mairesses, peu importe, là,
c'est pour les élus municipaux. Donc, la question, on va la poser
autrement : Pourquoi ce sont les citoyens qui payeraient?
L'autre, votre question à savoir où donner des
noms de municipalité... puis là c'est certain qu'on ne ciblera pas des municipalités
parce que ça touche toutes les municipalités. Et, en plus, dans l'interrogation
que vous avez, bien, si on regarde l'ajout qui a été fait, là, ça répond à
votre questionnement, parce qu'on dit : «Par l'ajout, à la fin du troisième alinéa, de la phrase suivante : "Elle
est aussi dispensée de ces obligations dans le cas d'une poursuite de nature
criminelle..."» Donc, quand on parle de nature criminelle, bien, à ce
moment-là, tous les frais sont assumés par, si je peux dire, l'élu fautif.
Donc, c'est pour ça qu'on l'a ajouté aussi, pour qu'on ait la notion de
poursuite criminelle, si c'est le cas.
Maintenant, la première des raisons, c'est, un,
que les citoyens n'assument pas les frais des élus municipaux. Ça, on en entend
parler depuis le début. Puis l'autre chose aussi qu'on touche, les causes de
nature criminelle, bien, c'était important
de voir que c'est l'élu qui est responsable de sa faute s'il est reconnu
coupable, pour payer lui-même les frais de défense.
Mme Nichols : On fait référence,
là... Évidemment, vous avez parlé, là, de la nature, là, quand c'est criminel
ou quand c'est civil. «Elle est aussi dispensée de ces obligations dans le cas
d'une poursuite de nature criminelle, tant que la poursuite n'est pas retirée
ou rejetée ou que la personne n'est pas acquittée par un jugement passé en
force de chose jugée.» Dans le fond, là, les frais vont être remboursés...
C'est parce que, là, on parle, là... le remboursement des frais de l'élu ou du fonctionnaire... ou du fonctionnaire municipal.
Les frais vont être remboursés à quel moment? Est-ce qu'au fur et à
mesure de la dépense... Puis je sais que ça avait été traité dans... je sais
que ça a été traité, là, dans des dossiers, là. Les frais vont être remboursés
à quel moment? À la fin? On assume dès le début? Est-ce que ça dépend de la
nature, si c'est civil ou si c'est criminel? Comment ça fonctionne?
Mme Laforest : Me Paradis,
peut-être, vous pourriez y aller, mais c'est tant que le jugement n'est pas...
et les frais ne sont pas complétés... Parce
que, durant la cour, c'est impossible. Donc, c'est à la fin que les montants
seront remboursés s'il y a faute commise.
La Présidente (Mme Boutin) : ...
M. Paradis (Nicolas) : Il y a...
Merci, Mme la Présidente. Effectivement, il y a différents cas de figure, des
situations où ça peut être une facturation qui arrive à la toute fin puis qu'à
ce moment-là la municipalité va payer sur demande de remboursement. La nuance
est importante, c'est en fonction de la nature du recours ou de la poursuite.
S'il s'agit d'une poursuite criminelle, alors, à ce moment-là, avec
l'amendement qui est apporté, la modification par le deuxième alinéa, l'élu visé par la poursuite criminelle assumera tous
les frais de sa défense jusqu'à ce qu'il y ait le résultat final. S'il devait être condamné et reconnu
coupable, il assume entièrement la totalité des frais, ne peut rien demander
à la municipalité. Par contre, s'il devait être acquitté de l'acte reproché et
que celui-ci avait, bien entendu, un lien avec l'exercice de ses fonctions,
bien, à ce moment-là, il pourra demander un remboursement des frais assumés à
la municipalité suivant les paramètres qui existent dans le régime. En matière
civile, la municipalité assume les... la défense
ou la représentation. Il y a différents cas, bien entendu. Et elle peut
l'assumer, puis il peut y avoir de la facturation en cours de route, là, tout comme ça pourrait être
à la fin tout simplement, là, c'est une question comment l'élu organise
le tout avec son avocat en termes de facturation, là.
Mme Nichols : Puis, au niveau
criminel, bien, un, c'est sûr, je comprends, là, il faut que ça soit quand
même... qu'il y ait un lien dans le cadre de ses fonctions pour... Dans le
fond, on ne le paie pas au fur et à mesure, on attend, à la fin, le jugement.
Même s'il y a un lien dans le cadre de ses fonctions, on attend à la fin. À la
fin, s'il y a acquittement, l'élu ou le fonctionnaire peut se retourner vers la
municipalité puis dire : Bien, ça m'a coûté tant, puis il peut se faire
rembourser. Ça, c'est ce que je comprends au niveau criminel.
Au niveau civil, est-ce que, dès le début, si
l'élu ou le fonctionnaire démontre que c'est dans... c'est en lien, entre
autres, avec ses fonctions... donc est-ce que, dès le début, les frais sont
assumés au fur et à mesure ou on va se rendre à la fin, pour avoir le jugement,
pour décider si on rembourse ou pas? Puis est-ce que c'est là qu'il va rentrer,
entre autres, là, la notion de... tu sais, ou est-ce que c'est là qu'il va
rentrer la notion de proportionnel puis de complexité de la procédure, puis
c'est là que la municipalité pourrait intervenir avec son... avec son jugement
ou, en fait